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France

pays d'Europe de l'Ouest

Cet article concerne le pays aujourd'hui appel√© ¬ę¬†R√©publique fran√ßaise¬†¬Ľ. Pour d'autres usages du nom ¬ę¬†France¬†¬Ľ, voir France (homonymie). Pour d‚Äôautres usages du nom ¬ę¬†R√©publique fran√ßaise¬†¬Ľ, voir R√©publique fran√ßaise (homonymie). Pour une pr√©sentation g√©n√©rale du r√©gime politique de la R√©publique fran√ßaise, voir R√©gime r√©publicain en France.

La France (), en forme longue depuis 1875 la R√©publique fran√ßaise (), est un √Čtat souverain transcontinental dont le territoire m√©tropolitain est situ√© en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin est situ√© dans les oc√©ans Indien, Atlantique et Pacifique ainsi qu'en Am√©rique du Sud. Il s'agit de l'unique pays au monde √† s'√©tendre sur treize fuseaux horaires. Le pays a des fronti√®res terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne et les deux principaut√©s d'Andorre et de Monaco en Europe, auxquelles s'ajoutent les fronti√®res terrestres avec le Br√©sil, le Suriname et les Pays-Bas aux Am√©riques. La France dispose d'importantes fa√ßades maritimes sur l'Atlantique, la M√©diterran√©e, le Pacifique et l'oc√©an Indien, lui permettant de b√©n√©ficier de la plus vaste zone √©conomique exclusive du monde[6].

République française
Description de cette image, également commentée ci-après
Territoires de la R√©publique fran√ßaise dans le monde et en Europe (l'Union europ√©enne en jaune p√Ęle).
Démographie
Gentilé Français, Française
Population totale () en augmentation 68 014 000[N 3],[I 1] hab.
(classé 20e[3])
Densité en augmentation 107,2[N 4] hab./km2
√Čconomie
PIB nominal (avril 2019) en augmentation 2 775,252 milliards de $
+1,7 % (6e/193)
PIB (PPA) (avril 2019) en augmentation 2 962,799 milliards de $
+1,4 % (9e/193)
PIB nominal par hab. (avril 2019) en augmentation 42 878 $
+1,4 % (19e/193)
Taux de ch√īmage (2021) Decrease Positive.svg 7,7¬†% de la pop. active
Dette publique brute (juin 2020) Increase Negative.svg 2¬†674,3¬†milliards ‚ā¨
(116,4 % du PIB)[4]
IDH (2019) en diminution 0,901 (très élevé[5] ; 26e)
Monnaie Euro et franc Pacifique[N 5] (EUR et XPF‚Äč)
Divers
Code ISO 3166-1 FRA, FR‚Äč
Domaine Internet .fr[N 6]
Indicatif téléphonique +33 (métropole)
+590 (Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy)
+594 (Guyane)
+596 (Martinique)
+262 (La Réunion, Mayotte)
+508 (Saint-Pierre-et-Miquelon)
+681 (Wallis-et-Futuna)
+687 (Nouvelle-Calédonie)
+689 (Polynésie française)
Code sur plaque minéralogique F
Organisations internationales Drapeau des Nations unies ONU : 1945
Drapeau de l'OTAN OTAN : 1949
Logo du Conseil de l'Europe (version révisée 2013).svg COE : 1949
Union européenne UE : 1957
Drapeau de l'OMC OMC : 1995
Drapeau de l'Organisation internationale de la francophonie OIF : 1970
OCDE logo.svg OCDE : 1961
G7 et G20

La France est une r√©publique constitutionnelle unitaire ayant un r√©gime semi-pr√©sidentiel. La devise de la R√©publique est depuis 1875 ¬ę¬†Libert√©, √Čgalit√©, Fraternit√©¬†¬Ľ et son drapeau est constitu√© des trois couleurs nationales¬†: bleu, blanc, rouge. Son hymne national est La Marseillaise, chant patriotique h√©rit√© de la R√©volution fran√ßaise. Son principe constitutif est la d√©mocratie¬†: le ¬ę¬†gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple¬†¬Ľ. Elle a pour capitale Paris et pour langue officielle le fran√ßais depuis 1539, rempla√ßant le latin. Ses monnaies sont l'euro depuis 2002 dans la majeure partie du pays et le franc Pacifique dans ses territoires de l'oc√©an Pacifique.

La France s'appelle ainsi depuis 1214, lorsque les troupes du roi Philippe Auguste battent celles de l‚Äôempereur germanique √† Bouvines. La France tire son nom des Francs, peuple germanique qui a institu√© les premiers fondements de son √Čtat sur les bases de la Gaule romaine. C'est au fil des si√®cles, par des guerres, des mariages politiques et des unions souveraines, que cet √Čtat monarchique et catholique va peu √† peu constituer autour de lui une v√©ritable f√©d√©ration de provinces, qui finira par se cristalliser en une nation unique sous l‚Äôeffet d‚Äôune politique d'uniformisation administrative et culturelle, port√©e √† son aboutissement par la R√©volution fran√ßaise et la fin du r√©gime f√©odal.

Du milieu du XVIe¬†si√®cle au milieu du XXe¬†si√®cle, elle poss√®de un vaste empire colonial. √Ä partir des ann√©es 1950, elle est l'un des acteurs de la construction de l'Union europ√©enne. Deuxi√®me arm√©e europ√©enne derri√®re la Russie, quatri√®me puissance nucl√©aire et spatiale mondiale[7],[8], cinqui√®me puissance militaire mondiale[9], l'un des cinq membres permanents du Conseil de s√©curit√© des Nations unies et membre de l'OTAN, la France est √©galement membre du G7, du G20, du Conseil de l'Europe, de la zone euro, de l'espace Schengen, de la commission de l'oc√©an Indien, de la communaut√© du Pacifique, et abrite le si√®ge de plusieurs organisations internationales dont le Conseil de l'Europe, l'UNESCO, l'OCDE, Interpol, le Centre International de Recherche sur le Cancer. Elle exerce ainsi une influence notable en mati√®re politique, √©conomique, militaire et culturelle, en Europe et dans le reste du monde, elle est class√©e en 2019 au premier rang mondial de l'indice Soft Power 30 gr√Ęce √† sa vaste port√©e diplomatique, sa richesse culturelle et √† la forte ma√ģtrise internationale du pr√©sident de la R√©publique[10].

Seul pays au monde √† exercer sa souverainet√© sur des territoires r√©partis sur quatre oc√©ans et deux continents[11],[N 7], elle joue un important r√īle g√©opolitique au niveau mondial, gr√Ęce √† un r√©seau d'ambassades et de consulats √©tendu, le deuxi√®me au monde derri√®re celui des √Čtats-Unis, et elle dispose de bases militaires sur tous les continents et de la troisi√®me puissance nucl√©aire militaire mondiale. Du fait de son territoire √©tendu et r√©parti sur l'ensemble de la plan√®te, la France est de surcro√ģt un des premiers pays du monde pour la vari√©t√© de ses milieux maritimes et leur biodiversit√©[12].

La France est, avec un PIB nominal de 2¬†938¬†milliards de dollars US en 2021 selon le FMI, la troisi√®me √©conomie europ√©enne derri√®re l'Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que la septi√®me √©conomie mondiale[13]. Malgr√© un taux de ch√īmage de 8¬†% (juin 2021), elle affiche un niveau de vie ¬ę¬†tr√®s √©lev√©¬†¬Ľ (24e au classement IDH en 2018). Elle figure parmi les chefs de file mondiaux dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'a√©ronautique, de l'automobile, du tourisme, du nucl√©aire, leader mondial dans le secteur du luxe. Au , la population de la France est d'environ 67,8¬†millions d'habitants, selon les estimations publi√©es par l'Insee¬†: 65¬†018¬†000 dans les r√©gions m√©tropolitaines, 2¬†169¬†000 dans les r√©gions ultramarines et 608¬†200 dans les collectivit√©s d'outre-mer et en Nouvelle-Cal√©donie.

L'un des pays les plus peuplés d'Europe[N 8] (très proche du Royaume-Uni, elle n'est devancée nettement que par l'Allemagne)[14], la France est le plus vaste pays de l'Union européenne et le troisième pays le plus vaste d'Europe[15]. Sa culture et sa civilisation sont diffusées par les pays francophones à travers le monde, réunis dans l'Organisation internationale de la francophonie. Traditionnellement utilisé comme langue de la diplomatie, le français est la dixième langue maternelle la plus parlée au monde, la cinquième langue la plus parlée en nombre total de locuteurs, et une des langues ayant la plus grande diffusion internationale. Il est une des six langues officielles et une des deux langues de travail (avec l'anglais) de l'Organisation des Nations unies, l'une des deux langues officielles du Comité international olympique, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales. Le français est également l'une des trois langues de travail de l'Union européenne, avec l'allemand et l'anglais.

Sommaire

Géographie

Article détaillé : Géographie de la France.

Localisation, frontières et superficie

Articles détaillés : Frontières de la France et Superficie de la France.

La partie européenne de la France est appelée France métropolitaine. Elle est située à l'extrémité occidentale de l'Europe, et sa délimitation est restée inchangée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le traité de Paris en 1947. Elle est bordée par la mer du Nord au nord, la Manche au nord-nord-ouest, la mer Celtique à l'ouest-nord-ouest, le golfe de Gascogne à l'ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de la Belgique au nord-nord-est, du Luxembourg au nord-est, de l'Allemagne à l'est-nord-est, de la Suisse à l'est, de l'Italie à l'est-sud-est, de Monaco au sud-est et de l'Espagne et Andorre au sud-sud-ouest.

Les frontières à l'est, au sud-est et au sud-ouest du territoire métropolitain sont établies en s'appuyant sur des cours d'eau et des massifs montagneux, à savoir le Rhin, le Jura, le Léman, les Alpes et les Pyrénées[N 9], tandis qu'au nord-est la frontière ne se fonde pas sur des éléments naturels.


La France est également composée de nombreux territoires situés en dehors du continent européen, couramment appelés France d'outre-mer, qui lui permettent d'être présente dans tous les océans du monde sauf l'océan Arctique.

Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale de la France et sont situés :


La France possède des frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname en Guyane, ainsi qu'avec les Pays-Bas via la partie française de Saint-Martin.

La longueur du littoral de la France métropolitaine est de 5 853 km et de 15 945 km, Outre-Mer inclus[16].

Selon l'Insee, la France métropolitaine couvre 543 940 km2, tandis que l'IGN, qui prend en compte toutes les surfaces jusqu'à la laisse de basse mer, comptabilise une superficie de 551 695 km2 qui constitue la valeur officielle.

Des différences similaires apparaissent pour la superficie de la France métropolitaine et des DOM qui s'établit à 633 109 km2 pour l'Insee (superficie cadastrale) et à 641 184 km2 pour l'IGN (superficie géodésique). La superficie de la France entière, comprenant les DROM, les COM et les TOM[N 12], mais hors Terre Adélie s'établit à 672 051 km2.

La France est le 42e plus grand √Čtat du monde par sa surface terrestre. C'est aussi le troisi√®me plus grand pays d'Europe, apr√®s la Russie et l'Ukraine, ou le deuxi√®me si on inclut les d√©partements ultra-marins, et le plus grand de l'Union europ√©enne.

Géologie, topographie et hydrographie

Topographie de la France métropolitaine.
Géologie de la France métropolitaine.

Le territoire m√©tropolitain de la France offre une grande vari√©t√© d'ensembles topographiques et de paysages naturels[b 1]. De vastes parties du territoire europ√©en actuel de la France ont √©t√© soulev√©es lors de plusieurs √©pisodes tectoniques, notamment la surrection hercynienne √† l'√®re pal√©ozo√Įque qui est √† l'origine des massifs armoricain, central, morvandiau, vosgien, ardennais et Corse[b 2]. Les massifs alpin, pyr√©n√©en et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et poss√®dent des formes moins √©rod√©es[b 2] ‚ÄĒ¬†les Alpes culminent √† 4¬†808¬†m√®tres d'altitude au mont Blanc[17]. Bien que 60¬†% des communes soient class√©es comme pr√©sentant des risques sismiques, ceux-ci restent mod√©r√©s[18].

Ces massifs d√©limitent plusieurs bassins s√©dimentaires, notamment le Bassin aquitain au sud-ouest et le Bassin parisien au nord[b 2] ‚ÄĒ¬†ce dernier comprend plusieurs r√©gions au sol particuli√®rement fertile, notamment les plateaux limoneux de la Beauce et de la Brie[b 3]. En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que la vall√©e du Rh√īne, permettent des communications ais√©es[b 4]. Les littoraux offrent des paysages assez contrast√©s¬†; il s'agit tant√īt de retomb√©es de massifs montagneux (la C√īte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la C√īte d'Alb√Ętre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc)[b 5].

Le r√©seau hydrographique de la France est principalement organis√© autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rh√īne[b 6], auxquels on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France, mais majeurs √† l'√©chelle europ√©enne. Le bassin versant fran√ßais des quatre premiers correspond √† plus de 62¬†% du territoire m√©tropolitain[b 6].

Les territoires ultramarins, de par leur dispersion dans diff√©rents oc√©ans et continents, pr√©sentent tous des caract√©ristiques topographiques sp√©cifiques. Ils partagent toutefois un certain nombre de points communs, notamment des contraintes, des risques ou des potentialit√©s physiques, √† commencer par l'insularit√© (√† l'exception de la Guyane)[19]. La plupart de ces √ģles sont d'origines volcaniques, sous la forme d'arcs volcaniques li√©s √† une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barth√©lemy et Saint-Martin dans les Petites Antilles, les √ģles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les √ģles Loyaut√© en Nouvelle-Cal√©donie), de chapelets d'√ģles form√©s initialement autour de points chauds sur la lithosph√®re oc√©anique (les archipels constitutifs de la Polyn√©sie fran√ßaise ou des TAAF, La R√©union, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton), de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont les terres √©merg√©es forment l'archipel du m√™me nom et celui de l'archipel Crozet dans les TAAF) ou de composantes en partie immerg√©es d'un massif montagneux sur la lithosph√®re continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi li√© √† l'orogen√®se des Appalaches)[20].

Les √Ęges plus ou moins anciens des √©pisodes volcaniques qui ont provoqu√© leur formation expliquent des degr√©s divers d'√©rosion des reliefs, de subsidences, de formations de r√©cifs coralliens et de d√©p√īts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces √ģles conservent un reliquat rocheux plus ou moins √©lev√© des anciens volcans (les ¬ę¬†√ģles hautes¬†¬Ľ, avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des √ģles hautes de Polyn√©sie fran√ßaise comme Tahiti, les √ģles Matthew et Hunter en Nouvelle-Cal√©donie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les √ģles Kerguelen en TAAF), potentiellement actifs (l'√ģle de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs (la Soufri√®re sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pel√©e en Martinique, le piton de la Fournaise √† La R√©union, Mehetia dans l'archipel de la Soci√©t√© en Polyn√©sie fran√ßaise, les √ģles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF)[20]. C'est dans ces √ģles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer fran√ßais. Les deux seuls territoires ultramarins √† avoir des sommets d√©passant les 2¬†000¬†m d'altitude sont La R√©union (culminant au piton des Neiges √† 3¬†070,5¬†m) et Tahiti (le mont Orohena atteint 2¬†241¬†m).

Les √ģles les plus anciennes ou touch√©es par d'autres ph√©nom√®nes g√©ologiques ont des reliefs beaucoup moins √©lev√©s et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polyn√©sie fran√ßaise), des atolls sur√©lev√©s (Grande-Terre, Marie-Galante, La D√©sirade et les √ģles de la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barth√©lemy, les √ģles Loyaut√© mais aussi l'√ģle des Pins en Nouvelle-Cal√©donie, Alofi √† Wallis-et-Futuna, Makatea dans les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Soci√©t√© en Polyn√©sie fran√ßaise, l'√ģle Tromelin dans les √ģles √Čparses de l'oc√©an Indien et les TAAF) ou des atolls (nombreux en Polyn√©sie fran√ßaise, √©galement dans les r√©cifs d'Entrecasteaux en Nouvelle-Cal√©donie, les √ģles √Čparses de l'oc√©an Indien dans les TAAF)[20].

Par ailleurs, l'archipel de la Nouvelle-Cal√©donie pr√©sente la particularit√© parmi les ensembles insulaires de l'Outre-mer fran√ßais de n'avoir aucun lien avec une activit√© volcanique, ayant √©t√© form√© par une s√©rie d'obductions du manteau au-dessus d'une partie des terres √©merg√©es du microcontinent Zealandia, ce qui explique sa richesse en roches ultramafiques (p√©ridotites) et, par l'alt√©ration de ces derni√®res, en nickel. La Grande Terre, qui constitue la plus grande √ģle fran√ßaise, et l'ensemble des √ģles qui la prolonge au nord-ouest (B√©lep) et au sud-est (l'√ģle des Pins) sont entour√©es d'une barri√®re de corail de 1¬†600¬†km de long (le deuxi√®me plus grand ensemble corallien au monde apr√®s la Grande Barri√®re de corail) d√©limitant l'un des plus grands lagons du monde (24¬†000¬†km2)[20].

Seuls territoires continentaux de la France d'outre-mer, la Guyane et la Terre Ad√©lie, sont tous les deux des composantes de cratons d'√Ęges Pr√©cambriens o√Ļ pr√©dominent les roches m√©tamorphiques (respectivement le plateau des Guyanes et celui d'Antarctique oriental) et, pour leurs littoraux comme pour les sols immerg√©s, de marges continentales. Toutes deux pr√©sentent √©galement le point commun d'√™tre recouvertes, pour une grande majorit√© de leurs territoires, de milieux naturels sp√©cifiques tr√®s peu touch√©s par les activit√©s humaines¬†: la for√™t amazonienne pour la premi√®re et l'inlandsis de l'Antarctique pour la seconde[20].

La France dispose de 11 millions de km2 d'eaux marines sous sa juridiction, dans trois océans et à 97 % en outre-mer[21].

Climat

Carte des climats de France métropolitaine hors Corse en 2010.
Article détaillé : Climat de la France.

Le climat de la France m√©tropolitaine est fortement influenc√© par l'anticyclone des A√ßores, mais √©galement par le Gulf Stream comme le reste de l'Europe de l'Ouest[22], avec des variantes r√©gionales ou locales assez marqu√©es. La France m√©tropolitaine conna√ģt des √©v√©nements climatiques aux cons√©quences importantes¬†: des temp√™tes (celles de d√©cembre 1999 ont abattu 7¬†% des arbres des for√™ts fran√ßaises[b 7]), des canicules (la canicule europ√©enne de 2003 a fait 15¬†000¬†morts[b 7]), des incendies et des inondations.

On distingue usuellement le climat oc√©anique strict tr√®s marqu√© √† l'ouest[23] Il s'√©tend de la Flandre au Pays basque, sur une bande c√īti√®re de quelques dizaines de kilom√®tres (la limite est difficile √† d√©finir), plus √©troite au nord et au sud, plus large en Bretagne qui est concern√©e en quasi-totalit√© par ce climat. Le climat oc√©anique aquitain du sud-ouest est plus chaud, car plus au sud[24]. Le climat de la fa√ßade nord-ouest est oc√©anique, mais plus frais que le climat oc√©anique aquitain¬†; l'intensit√© des vents d'ouest y est beaucoup plus forte. Le climat oc√©anique d√©grad√© de plaine situ√© au centre-nord, est parfois appel√© ¬ę¬†parisien¬†¬Ľ car il correspond approximativement au bassin parisien, pour lequel le climat oc√©anique est plus faiblement alt√©r√©. Le climat semi-continental au nord-est et au centre-est (Alsace, plaines de Sa√īne ou du moyen-Rh√īne, plaines dauphinoises, auvergnates ou savoyardes) est lui-m√™me subdivis√© et poss√®de des caract√©ristiques encore plus modifi√©es par le voisinage des massifs montagneux. Un climat semi-continental m√©ridional caract√©ris√© par un climat chaud existe dans les plaines de la vall√©e du Rh√īne autour de Lyon ainsi que celles du Forez. La Limagne et la r√©gion autour de Clermont-Ferrand conna√ģt le m√™me climat par l'effet de foehn et une position g√©ographique dans la moiti√© sud de la France. Le climat semi-continental oriental quant √† lui est pr√©sent de la Bourgogne jusqu'aux Ardennes. Enfin le climat montagnard est pr√©sent, principalement en altitude dans les Alpes, les Pyr√©n√©es, le Massif central, les Vosges, le Jura et la montagne Corse.

Une grande partie de la France d'outre-mer est également soumise à des climats tropicaux (avec de fortes disparités)[b 8], auxquels il faut ajouter le climat équatorial de la Guyane[25], le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon[26] et les climats océanique et polaire[27] des Terres australes et antarctiques françaises.

La temp√©rature moyenne en France s'est √©lev√©e de 0,1¬†¬įC en moyenne par d√©cennie au cours du XXe¬†si√®cle[b 9]. Le √† V√©rargues, le thermom√®tre atteint 46¬†¬įC, √©tablissant un nouveau record absolu de temp√©rature en France m√©tropolitaine depuis que les relev√©s existent[28].

Paysages et environnement

La France m√©tropolitaine poss√®de une grande vari√©t√© de paysages, avec des plaines agricoles ou bois√©es, des cha√ģnes de montagnes plus ou moins √©rod√©es, des littoraux diversifi√©s et des vall√©es m√™lant ville et nature. La France d'outre-mer poss√®de quant √† elle une importante biodiversit√©, par exemple dans la for√™t √©quatoriale guyanaise ou dans les lagons de Nouvelle-Cal√©donie[29]. La France est un des pays les plus bois√©s d'Europe occidentale, les for√™ts occupant 31¬†% du territoire m√©tropolitain. La superficie foresti√®re en m√©tropole est constitu√©e de 67¬†% de feuillus, 21¬†% de conif√®res et 12¬†% de peuplement mixte[30]. Les zones humides, qui concernent potentiellement environ un quart de la surface de la France, ont fortement r√©gress√© depuis le XIXe¬†si√®cle[31].

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Cette diversit√© des paysages et des √©cosyst√®mes est menac√©e par la fragmentation √©cologique des milieux due √† un dense r√©seau routier[32], par le d√©veloppement horizontal de l'urbanisation qu'il favorise, par l'artificialisation des c√ītes et par la pollution de son eau et de ses sols. Un tiers des eaux de surface sont de mauvaise, voire de tr√®s mauvaise qualit√©, principalement √† cause des pollutions industrielles[b 10]¬†; les pollutions agricoles li√©es √† l'usage d'engrais et de pesticides ont quant √† elles fortement d√©t√©rior√© la qualit√© des nappes phr√©atiques dans plusieurs r√©gions, en particulier en Bretagne[b 11]. La littoralisation du peuplement et des activit√©s[b 12] entra√ģne une extension et une densification du b√Ęti sur les c√ītes[b 13], malgr√© la loi littoral de 1986 et l'intervention du Conservatoire du littoral[b 14] ainsi que le caract√®re inondable de certains secteurs. Quant aux infrastructures de transport, notamment routi√®res, elles exposent leurs riverains √† une pollution atmosph√©rique, sonore et visuelle importante[32].

Gr√Ęce √† une politique de limitation de l'usage des produits p√©troliers et √† l'importance de l'√©nergie nucl√©aire, les √©missions fran√ßaises de CO2 par t√™te sont inf√©rieures √† celles de la plupart de ses voisins europ√©ens, et a fortiori de celles des √Čtats-Unis[33]. Cependant, selon une √©tude du minist√®re de l'√Čcologie, de l'√Čnergie, du D√©veloppement durable et de la Mer publi√©e en 2010, ¬ę¬†sur plusieurs points, le bilan environnemental demeure pr√©occupant, voire se d√©t√©riore¬†¬Ľ[34]. Les √©missions de gaz √† effet de serre sur le territoire fran√ßais repr√©sentaient en 2017 environ 1¬†% des √©missions mondiales. Le profil des Fran√ßais serait celui d'un ¬ę¬†pollueur moyen¬†¬Ľ √©tant donn√© qu'ils forment environ 1¬†% de la population mondiale[35]. Ce chiffre de 1¬†% ne prend pas en compte l'ensemble de la pression exerc√©e par le pays sur le climat. En effet, l'empreinte carbone de la France est environ 1,8 fois plus importante que ses √©missions territoriales[36].

Avec une empreinte écologique par habitant de 4,9 hectares globaux (Hag) et une biocapacité par habitant de 3 Hag en 2011, la France est en déficit écologique[37].

La production de plastique en France a augmenté de 7,8 % entre 2016 et 2017[38]. Chaque année, 11 200 tonnes de déchets plastiques français sont déversées dans la Méditerranée[39]. Les rivières sont également atteintes par la pollution aux microplastiques[40].

En 2015, une commission d'enqu√™te parlementaire indique que la pollution de l'air repr√©sente un co√Ľt annuel de 101,3¬†milliards d'euros pour la France[41].

Préservation de l'environnement

Les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis environnementaux. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés depuis 1967 les parcs naturels régionaux[42], qui mêlent conservation et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel[c 1] et couvrent, en 2018, 15 % du territoire français[43]. Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau du pays[44],[b 10].

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En , le réseau Natura 2000 compte en France 1 779 sites, dont 212 sites marins, comprenant :

La superficie totale est de 200 364 km2, ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre métropolitaine (soit 7 millions d'hectares) et 33 % de la surface marine de la zone économique exclusive (soit 12,3 millions d'hectares)[45],[46],[47],[48].

L'estuaire de la Gironde est classé parc naturel marin et appartient au réseau Natura 2000. La rive gauche fait partie du parc naturel régional du Médoc. Couvrant une superficie de 635 km2, c'est le plus vaste estuaire d'Europe[49].

Répartition spatiale des hommes et des activités

Article détaillé : Aire d'attraction d'une ville.
Ici figure une carte d√©mographique de la France, montrant les densit√©s de population par d√©partement et faisant figurer la ¬ę diagonale du vide ¬Ľ et la ligne Le Havre-Marseille.
Carte synth√©tique de la r√©partition de la population en France m√©tropolitaine en 2010. Sont indiqu√©es les densit√©s de population par d√©partement, les 18 aires urbaines de plus de 400¬†000 habitants, la ligne Le Havre-Marseille et les limites approximatives de la ¬ę¬†diagonale des faibles densit√©s¬†¬Ľ.
  • + de 5¬†000¬†hab./km2
  • de 300 √† 1¬†000¬†hab./km2
  • de 150 √† 250¬†hab./km2
  • de 100 √† 150¬†hab./km2
  • de 70 √† 100¬†hab./km2
  • de 40 √† 70¬†hab./km2
  • - de 40¬†hab./km2
Densité de population par km2 dans la partie européenne de la France en 2009.

La France m√©tropolitaine est marqu√©e par des d√©s√©quilibres spatiaux multiples. D'une part, elle poss√®de l'originalit√© d'avoir une capitale six fois plus peupl√©e que la deuxi√®me aire d'attraction du pays[N 13], regroupant un quart des √©tudiants[I 2] et la quasi-totalit√© des si√®ges de grandes entreprises du pays[50]. D'autre part, la ligne Le Havre‚ÄďMarseille est souvent consid√©r√©e comme la limite entre un ouest longtemps rest√© agricole et qui b√©n√©ficie actuellement d'un important essor d√©mographique et √©conomique[n 1], et un est √† l'industrie et √† l'urbanisation anciennes, aujourd'hui en d√©clin. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une ¬ę¬†diagonale des faibles densit√©s¬†¬Ľ, caract√©ris√©e par un peuplement faible compar√© au reste du pays et une √©conomie souvent en difficult√©[51].

Après un long exode rural au XIXe siècle et jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle[n 2], le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans les années 1990[n 1]. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre[n 2]. Le tableau ci-dessous liste les principales villes du pays en 2017, classées par défaut en fonction de la population de leur aire urbaine (plus de 500 000 habitants).

Ville Aire urbaine[52] P√īle urbain[53] Commune[54]
Paris 12 628 266 10 784 830 2 187 526
Lyon 2 323 221 1 659 001 516 092
Marseille et Aix-en-Provence 1 760 653 1 590 867 863 310
142 482
Toulouse 1 360 829 968 638 479 553
Bordeaux 1 247 977 927 445 254 436
Lille 1 191 117 1 043 621 232 787
Nice 1 006 201 942 886 340 017
Nantes 972 828 650 081 309 346
Strasbourg 790 087 467 438 280 966
Rennes 733 320 335 092 216 815
Grenoble 689 840 510 858 158 454
Rouen 666 035 467 575 110 145
Toulon 629 334 575 347 171 953
Montpellier 616 296 440 997 285 121
Douai et Lens 539 666 503 966 39 700
31 415
Avignon 530 267 457 684 91 921
Saint-√Čtienne 520¬†640 374¬†243 172¬†565

Axes de communication et transports

Article détaillé : Transport en France.

En raison de sa situation géographique qui forme un carrefour européen, la France est un pays de passage[b 15]. Elle est, en effet, le passage obligé pour les hommes et les marchandises circulant par voie terrestre entre la péninsule Ibérique et le reste de l'Europe ainsi que, depuis l'ouverture en 1994[55] du tunnel sous la Manche, entre le Royaume-Uni et le continent[b 15]. Héritages de l'histoire, les réseaux de transports français sont très centralisés autour de Paris[b 16] ; cette centralisation est particulièrement forte dans les transports ferroviaires et aériens, même si elle commence à diminuer[56].

Le transport routier est le principal mode de transport utilisé en France, en 2014, il représentait 83 % des trafics voyageurs et 85 % des trafics marchandises[N 14],[57]. La France compte près d'1,1 million de kilomètres de routes en 2014, dont la quasi-totalité est revêtue[58]. Depuis la Libération, la France s'est dotée d'un réseau autoroutier étendu, qui totalise 11 560 km en 2014[58]. Depuis quelques décennies, les politiques publiques s'attachent à réduire les accidents mortels sur la route, dont les principales causes identifiées sont la vitesse et l'alcool[j 1], et cherchent à promouvoir d'autres moyens de transport moins polluants que la voiture individuelle[i 1].

Le r√©seau ferr√© national, quant √† lui, date pour l'essentiel du milieu et de la fin du XIXe¬†si√®cle¬†; en 2018, il compte environ 28¬†000¬†km de lignes, dont plus de la moiti√© sont √©lectrifi√©es et 2¬†800¬†km de lignes √† grande vitesse[59]. L'essentiel du trafic est g√©r√© par la soci√©t√© anonyme √† capitaux publics SNCF sur des lignes appartenant √† l'√Čtat et attribu√©es √† SNCF R√©seau, une filiale de la soci√©t√©. Depuis les ann√©es 1980, le trafic voyageurs augmente en France gr√Ęce √† la prise en charge par les r√©gions du trafic r√©gional et local et surtout gr√Ęce √† la naissance et √† l'extension continue du r√©seau de lignes √† grande vitesse parcouru par le TGV[60]. En revanche, le trafic fret est en constante diminution. Par ailleurs, les principales villes du pays sont dot√©es d'un r√©seau ferroviaire urbain, de type m√©tro (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Rennes), tramway (Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Montpellier et Nice notamment) ou RER (Paris)¬†; le m√©tro de Paris, n√© en 1900, forme l'un des r√©seaux les plus anciens et denses au monde[61].

Quant au transport a√©rien, il est particuli√®rement centralis√©¬†: les deux a√©roports parisiens ‚ÄĒ¬†Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly¬†‚ÄĒ ont accueilli 101,5¬†millions de passagers en 2017, quand le premier a√©roport r√©gional, Nice-C√īte d'Azur, en accueillait 13,3¬†millions[62]. Les a√©roports r√©gionaux sont, en effet, concurrenc√©s par le TGV pour le trafic national, tandis que les a√©roports parisiens accueillent la quasi-totalit√© du trafic long-courrier[b 17]. La France est √©galement le si√®ge de l'une des premi√®res compagnies a√©riennes mondiales en nombre de passagers transport√©s (Air France-KLM[63]) et du premier constructeur a√©ronautique civil (Airbus[b 18],[N 15]) d'Europe, deuxi√®me du monde.

D'autres modes de transport sont utilis√©s en France, mais ils sont plus marginaux. Le trafic fluvial assure une part n√©gligeable du trafic voyageurs et tr√®s secondaire du trafic marchandises, principalement en raison de l'inadaptation d'une grande partie du r√©seau au trafic moderne[64]. Le trafic maritime est important¬†: Calais est le deuxi√®me port mondial pour le trafic de passagers. En ce qui concerne le fret maritime, les ports de Dunkerque, du Havre, de Nantes‚ÄďSaint-Nazaire et de Bordeaux sont moins importants que leurs rivaux de la mer du Nord comme ceux de Rotterdam, d'Anvers et de Hambourg et sont d√©sormais largement devanc√©s par ceux d'Amsterdam et de Br√™me-Bremerhaven[65]¬†; le port de Marseille, au premier rang fran√ßais par son trafic, et un des premiers terminaux d'Europe pour les croisi√®res, est le deuxi√®me port de la M√©diterran√©e, derri√®re Alg√©siras (Espagne)[65].

Le mode de transport par bicyclette conna√ģt aujourd'hui un regain d'int√©r√™t, notamment en r√©ponse √† la pr√©occupation environnementale des Fran√ßais, gr√Ęce au d√©veloppement des r√©seaux urbains de pistes cyclables et √† la mise en place de v√©los en libre-service dans plusieurs villes du pays[i 2]. N√©anmoins, la qualit√© de ces am√©nagements est tr√®s in√©gale selon les territoires[66].

Histoire

La France m√©tropolitaine actuelle occupe la plus grande partie de l'ancienne Gaule celtique, conquise par Jules C√©sar au Ier¬†si√®cle¬†av. J.-C., mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s'y installa √† partir du Ve¬†si√®cle. La France est un √Čtat dont l'unification est ancienne, et fut l'un des premiers pays de l'√©poque moderne √† tenter une exp√©rience d√©mocratique.

Préhistoire, protohistoire et Antiquité

Lascaux cave paintings: a horse from Dordogne facing right brown on white background
Un des chevaux de Lascaux, Dordogne, environ 18.000 av. J.-C.

La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ 1 800 000 ans[e 1]. L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie[e 1]. La France compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont deux des plus célèbres sont la grotte de Lascaux[e 1] (Dordogne, -18 000 environ[67]) et la grotte Chauvet (Pont d'Arc, -36 000 environ).

Vers -10 000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit[e 1]. À partir de -7 000 environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions[e 2]. Après un fort développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires, la métallurgie fait son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et du bronze, puis avec celui du fer au VIIIe siècle[e 3].

En -600, des Grecs originaires de la ville de Phoc√©e fondent la ville de Marseille, au bord de la M√©diterran√©e[e 4]¬†; √† la m√™me √©poque, quelques peuples celtes p√©n√®trent dans le territoire de la France actuelle, mais cette occupation ne se g√©n√©ralise √† la totalit√© de ce territoire qu'entre les Ve et IIIe¬†si√®cles¬†av. J.-C.[e 5]. La notion de Gaule, őďőĪőĽőĪŌĄőĮőĪ en grec[68], appara√ģt alors¬†; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyr√©n√©es, l'Atlantique et la M√©diterran√©e[e 6].

Contrairement √† la vision r√©ductrice qu'en donne C√©sar dans sa Guerre des Gaules, ce vaste espace g√©ographique est occup√© par une mosa√Įque de plus d'une centaine de peuples dont l'organisation est tr√®s diverse, mais qui ont tous un point commun¬†: ¬ę¬†qu‚Äôil s‚Äôagisse de l‚Äôagriculture, de l‚Äôurbanisme, du commerce ou encore de l‚Äôart, ils partagent un savoir-faire avanc√©¬†¬Ľ[69].

√Ä partir de -125, le sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par la R√©publique romaine √† la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne[e 7]. En -58, Jules C√©sar prend pr√©texte d'une demande d'aide des √Čduens pour se lancer √† la conqu√™te du reste de la Gaule. D'abord battu √† Gergovie, il vainc √† Al√©sia.

Les riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord[e 8]. De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon (Lugdunum) en -43, appelée à être la capitale de la Gaule romaine[e 9] qui connait alors la paix pendant environ deux siècles.

Au IIIe¬†si√®cle, la Gaule romaine conna√ģt une crise grave, le limes, fronti√®re fortifi√©e prot√©geant l'Empire des incursions germaniques, √©tant franchi √† plusieurs reprises par les Barbares[e 10]. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclam√© en 260 qui √©chappe √† la tutelle romaine jusqu'en 274[e 11]. Pendant la premi√®re moiti√© du IVe¬†si√®cle, la Gaule romaine conna√ģt une p√©riode de renouveau et de prosp√©rit√©[e 12]. Toutefois, les invasions barbares reprennent √† partir de la seconde moiti√© du IVe¬†si√®cle[e 13] et le , les Vandales, Su√®ves et Alains franchissent le Rhin et traversent la Gaule jusqu'en Espagne[e 14]. Au milieu du Ve¬†si√®cle, les Alamans et les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression sur les g√©n√©raux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule[e 15].

Pour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des visites de paléoesquimaux[70] ; les Antilles françaises sont animées par une période précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques[71] ; la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3 000, et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire av. J.-C. ; les autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période.

Naissance, crises et transformations du royaume de France au Moyen √āge

animated gif showing expansion of Franks across Europe
Expansion des Francs de 481 à 843/870.
Une représentation artistique du baptême de Clovis, dans la Sainte-Chapelle à Paris.
Le baptême de Clovis, représenté dans la Sainte-Chapelle à Paris (anonyme).
Photographie montrant le ch√Ęteau de Montsoreau et la Loire
Le ch√Ęteau de Montsoreau (c.‚ÄČ1450) dans le Val de Loire, construit sur ordre de Charles VII, annonce la Renaissance en France.

La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptis√© √† Reims le 24 d√©cembre 496 par l'√©v√™que saint R√©mi, fait de lui l'alli√© de l'√Čglise et lui permet de conqu√©rir l'essentiel de la Gaule au tournant des Ve et VIe¬†si√®cles[e 16]. La fusion des h√©ritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une soci√©t√© guerri√®re aux lois tr√®s √©loign√©es du droit romain et des principes chr√©tiens[e 17]. Tandis que la faiblesse d√©mographique que conna√ģt le royaume des Francs entra√ģne un d√©clin des villes, le christianisme s'installe par la fondation d'√©glises rurales et surtout de tr√®s nombreux monast√®res[e 18]. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie m√©rovingienne doit bient√īt faire face √† de graves difficult√©s[e 19]¬†; elle dispara√ģt en 751 lorsque P√©pin le Bref est sacr√© roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne[e 20].

P√©pin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent consid√©rablement le royaume des Francs, qui s'√©tend √† la fin du VIIIe¬†si√®cle sur plus d'un million de kilom√®tres carr√©s[e 21]. L'immense empire carolingien est contr√īl√© par une administration centralis√©e bas√©e √† Aix-la-Chapelle, des comtes repr√©sentant Charlemagne dans tout l'empire et surveill√©s par les missi dominici[e 22]. Charlemagne, couronn√© en 800 empereur d'Occident, relance les arts lib√©raux dans l'√©ducation et le palais d'Aix-la-Chapelle accueille une activit√© intellectuelle et artistique de haut niveau[e 23]. N√©anmoins, apr√®s la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu √† peu √† rendre leur fonction h√©r√©ditaire, et les petits-fils de Charlemagne se partagent l'Empire au trait√© de Verdun (843)¬†; Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les fronti√®res varieront peu jusqu'√† la fin du Moyen √āge[e 24]. Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions diff√©rentes aux IXe et Xe¬†si√®cles, men√©es par les musulmans, les Vikings et les Hongrois[e 25]. √Ä la m√™me √©poque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal diminue[e 26]¬†; une soci√©t√© f√©odale se met en place, caract√©ris√©e par sa division en trois ordres¬†: le clerg√©, la noblesse et le tiers √©tat[e 27].

Jeanne d'Arc conduit l'armée française à plusieurs victoires importantes pendant la guerre de Cent Ans et ouvre la voie vers la victoire finale.

En 987, Hugues Capet est √©lu roi par ses pairs, c'est-√†-dire les nobles du royaume[N 16]¬†; la monarchie redevient h√©r√©ditaire[e 28] et les Cap√©tiens r√®gneront sur la France pendant plus de huit si√®cles. N√©anmoins, les premiers rois cap√©tiens ne contr√īlent directement qu'une portion tr√®s faible du territoire fran√ßais, appel√©e le domaine royal, et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux[e 29]. Au XIIe¬†si√®cle, le pouvoir royal commence √† s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face √† partir des ann√©es 1150 √† la naissance d'un ¬ę¬†empire Plantagen√™t¬†¬Ľ regroupant dans un m√™me ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France[e 30].

Le royaume cap√©tien atteint son premier apog√©e au XIIIe¬†si√®cle, la monarchie reprenant le pouvoir qu'elle avait perdu[e 31] tandis que l'art et la culture fran√ßaise s'affirment en Europe[e 32]. Philippe Auguste (1180-1223) parvient √† conqu√©rir l'essentiel des possessions fran√ßaises des Plantagen√™t, mettant temporairement fin √† la menace anglaise et agrandissant consid√©rablement le domaine royal par la m√™me occasion[e 33]. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chr√©tient√© et participe aux septi√®me et huiti√®me croisades, et sera rapidement canonis√© par l'√Čglise catholique[e 34].

Le XIVe¬†si√®cle et la premi√®re moiti√© du XVe¬†si√®cle voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples[e 35]. La guerre de Cent Ans, men√©e contre l'Angleterre et n√©e d'un probl√®me de succession √† la t√™te du royaume de France, ravage le pays[e 36]. Toutefois, la crise des XIVe et XVe¬†si√®cles n'est pas seulement politique ou militaire¬†; elle est aussi d√©mographique¬†: √† partir de 1347, la peste noire tue au moins un tiers de la population du royaume[N 17]¬†; sociale¬†: les insurrections paysannes et urbaines se multiplient¬†; mais √©galement √©conomique et religieuse[e 37]. Si la monarchie est √©galement touch√©e par cette crise, elle en sort renforc√©e¬†: le pouvoir central, qui s'est d√©plac√© dans la vall√©e de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une arm√©e et un imp√īt permanents, et amorce le passage du Moyen √āge √† la Renaissance[e 38],[72].

De la Renaissance à la monarchie absolue (XVIe au XVIIIe siècle)

Territoire du premier empire colonial français en Amérique, appelé la Nouvelle-France (1534-1763).
Tableau en couleur d'un homme à la chevelure longue et noire, posant debout, en tenue royale, bleue et blanche.
Louis XIV, le ¬ę¬†Roi-Soleil¬†¬Ľ, √©tait le monarque absolu de la France et en a fait la premi√®re puissance europ√©enne.

À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis contre l'empereur Charles Quint[73]. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu[74], et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l'Italie[75].

En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du royaume[e 39]. Toutefois, l'unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes[e 40]. Cette crise religieuse se double d'une crise économique et surtout politique[76]. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l'édit de Nantes, qui donne une liberté de culte partielle aux protestants[e 41].

Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face √† l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs[e 42]. √Ä la m√™me √©poque, la France m√®ne plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et commence √† former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes[e 43]. Louis XIV affirme plus que jamais le caract√®re absolu de son pouvoir[N 18]¬†: le ¬ę¬†Roi-Soleil¬†¬Ľ se consid√®re comme le ¬ę¬†lieutenant de Dieu sur Terre[e 44]¬†¬Ľ et fait construire le ch√Ęteau de Versailles, symbole de son pouvoir[e 45]. Il s'entoure d'artistes et de savants et travaille √† l'unit√© religieuse de son royaume[e 46] en reprenant la pers√©cution des protestants et en r√©voquant l'√©dit de Nantes par l'√©dit de Fontainebleau. Malgr√© la situation financi√®re critique de la monarchie, Louis XIV m√®ne plusieurs guerres face √† une Europe coalis√©e contre lui[e 47] tandis que le marquis de Vauban fait construire un r√©seau de villes fortifi√©es aux fronti√®res du royaume[e 48]. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps √† des victoires fran√ßaises, plusieurs d√©faites militaires et des famines ternissent la fin de son r√®gne[e 49].

Louis XV (1715-1774), arri√®re-petit-fils et successeur de Louis XIV, m√®ne lui aussi plusieurs guerres, aux r√©sultats contrast√©s[e 50]. En 1763, par le trait√© de Paris qui met fin √† la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Am√©rique du Nord, mais acquiert dans la m√™me d√©cennie la Lorraine et la Corse[e 51]. Pendant ce temps, la France conna√ģt une forte vitalit√© d√©mographique et √©conomique. La croissance de la production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel[e 52]. Toutefois, Louis XVI, qui acc√®de au tr√īne en 1774, se r√©v√®le incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les √©tats g√©n√©raux en 1789[e 53].

Révolutions, républiques, monarchies et empires (1789-1914)

La prise de la Bastille, le , est l'un des premiers faits marquants de la Révolution française.
La partie européenne du territoire de la Première République découpé en départements.

Les d√©l√©gu√©s envoy√©s aux √Čtats g√©n√©raux qui s'ouvrent le outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribu√©s et s'√©rigent en une Assembl√©e nationale constituante[e 54]. Le roi ne peut alors emp√™cher l'assembl√©e constituante de d√©cider l'abolition des privil√®ges dans la nuit du 4 ao√Ľt puis d'adopter le 26 ao√Ľt la D√©claration des droits de l'homme et du citoyen[e 55]. La devise Libert√©, √Čgalit√©, Fraternit√© appara√ģt dans le d√©bat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien Robespierre sur l'organisation de la Garde nationale[77]. Apr√®s un essai de monarchie constitutionnelle, la R√©publique na√ģt le , et Louis XVI, condamn√© pour trahison, est guillotin√© par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793[e 56]. La France r√©volutionnaire conna√ģt alors plusieurs ann√©es de guerres et d'ex√©cutions jusqu'√† l'instauration du Directoire en 1795[e 57]. C'est le 27 pluvi√īse an II (), que le drapeau tricolore est instaur√© par la Convention nationale, par d√©cret indiquant que ¬ę¬†le pavillon et le drapeau national seront form√©s des trois couleurs nationales dispos√©es en trois bandes √©gales de mani√®re que le bleu soit attach√© √† la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant¬†¬Ľ[78].

Napoléon Ier, empereur des Français, a construit avec sa Grande Armée un vaste empire à travers l'Europe. Il a aidé à répandre les idéaux révolutionnaires français, et ses réformes juridiques ont eu une influence majeure dans le monde entier.

Le , le g√©n√©ral Napol√©on Bonaparte renverse le Directoire par un coup d'√Čtat et lui substitue le Consulat¬†; cinq ans plus tard, il est couronn√© Empereur des Fran√ßais[e 58]. Napol√©on Ier cr√©e ou r√©forme de nombreuses institutions[N 19], et ses multiples victoires militaires mettent la moiti√© de la population europ√©enne sous son contr√īle au d√©but des ann√©es 1810[e 59]. Le d√©clin sera n√©anmoins rapide¬†: apr√®s une √©ph√©m√®re abdication puis un bref retour au pouvoir, l'Empereur est d√©finitivement vaincu √† Waterloo le [e 60].

La France entame alors une seconde exp√©rience de monarchie constitutionnelle, pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la R√©volution[e 61]. Quelques semaines apr√®s avoir conquis Alger, Charles X est renvers√© en 1830 par les Trois Glorieuses, un mouvement r√©volutionnaire qui porte sur le tr√īne Louis-Philippe[e 62]. Si ce dernier est alors consid√©r√© comme r√©formateur, la contestation monte bient√īt, malgr√© l'essor √©conomique que conna√ģt la France √† cette √©poque[e 63].

En , une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques, mais aussi sociaux[e 64]. L'éphémère Seconde République qui est alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l'esclavage dans les colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique[e 65]. Toutefois, elle est renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte, qui est couronné empereur en 1852[e 66].

Territoire du second empire colonial français (de 1815 à 1958, date du début des indépendances).

Si les premières années du Second Empire sont celles d'un régime autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n'empêche pas une montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire s'accélère[e 67]. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d'unification, en 1870 et 1871, est un double tournant dans l'histoire du pays : l'empereur capitule le et la République est proclamée le , tandis que la Prusse annexe l'Alsace-Lorraine[e 68]. La défaite française suscite en outre l'épisode dramatique de la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales.

Malgr√© sa naissance chaotique, la Troisi√®me R√©publique est le plus long des r√©gimes politiques qu'a connu la France depuis 1789[e 69]. Les r√©publicains mettent peu √† peu en place leur projet politique¬†: l'√©cole est rendue gratuite, la√Įque et obligatoire en 1881-1882, les libert√©s de presse et de r√©union sont accord√©es en 1881, le divorce et les syndicats sont autoris√©s en 1884, et les √Čglises sont s√©par√©es de l'√Čtat en 1905[e 70]. √Ä la m√™me √©poque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxi√®me au monde apr√®s celui du Royaume-Uni en 1914[e 71]¬†: aux possessions en Inde et √† l'Alg√©rie viennent s'ajouter au fil des ann√©es l'Indochine, les protectorats de Tunisie et du Maroc, l'Afrique √©quatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises politiques se succ√®dent ‚ÄĒ¬†crise boulangiste, scandale des d√©corations, scandale de Panama, affaire Dreyfus¬†‚ÄĒ, la menace principale pour la R√©publique vient d√©sormais de l'ext√©rieur, o√Ļ la guerre appara√ģt de plus en plus imminente[e 72].

La France dans les deux guerres mondiales (1914-1945)

Une carte représentant la division du territoire français, durant la Seconde Guerre mondiale, entre une zone libre correspondant à un large tiers sud-est du pays et une zone occupée correspondant au nord du pays et au littoral atlantique.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la France m√©tropolitaine est divis√©e entre une ¬ę¬†zone occup√©e¬†¬Ľ au nord et √† l'ouest et une ¬ę¬†zone libre¬†¬Ľ au sud, auxquelles s'ajoutent d'autres zones de taille plus restreintes au statut sp√©cial.
Autochrome of the 114 Infantery regiment in París, on 14 July 1917, with French flag unfurled laying on stacked arms
Les poilus français ont subi le plus grand nombre de pertes parmi les Alliés lors de la Première Guerre mondiale.

Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au d√©but du mois d'ao√Ľt 1914 contre l'Allemagne, aux c√īt√©s du Royaume-Uni et de l'Empire russe[e 73]. La Premi√®re Guerre mondiale, qui fait 1,4¬†million de victimes fran√ßaises et entra√ģne de nombreuses destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de la Triple-Entente[e 74]. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine, la France recevra une partie des r√©parations allemandes pr√©vues par le trait√© de Versailles tout en obtenant des garanties de s√©curit√©. N√©anmoins, celles-ci ne suffisent pas √† √©viter en 1940, une nouvelle invasion par l'Allemagne √† la suite de la reconstruction de l'arm√©e allemande et de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin.

Georges Clemenceau est c√©l√®bre tant pour sa politique int√©rieure que pour son r√īle dans la Premi√®re Guerre mondiale. Il fait preuve d'une grande d√©termination¬†: ¬ę¬†Ma politique √©trang√®re et ma politique int√©rieure, c'est tout un. Politique int√©rieure¬†? Je fais la guerre. Politique √©trang√®re¬†? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. La Russie nous trahit¬†? Je continue √† faire la guerre. La malheureuse Roumanie est oblig√©e de capituler¬†? Je continue √† faire la guerre, et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure, car c'est nous qui aurons le dernier quart d'heure¬†!¬†¬Ľ Une fois l'Allemagne vaincue, il est surnomm√© ¬ę¬†P√®re la Victoire¬†¬Ľ. Guillaume II dira dans ses m√©moires¬†: ¬ę¬†ce ne sont pas les Alli√©s qui nous ont battus, mais c'est le petit vieillard de Clemenceau¬†!¬†¬Ľ

Apr√®s quelques ann√©es de reconstruction laborieuse, marqu√©e par un effort d'immigration et de productivit√© pour pallier la p√©nurie de main-d'Ňďuvre dans les mines, l'acier ou l'automobile, la France peine √† retrouver sa vigueur √©conomique d'avant-guerre[e 75] avant de vivre une forte croissance √† partir de 1924. Elle sera touch√©e bien apr√®s la plupart des autres puissances par la crise des ann√©es 1930[79]. Toutefois, si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficult√©s √©conomiques s'ajoute une crise politique, malgr√© l'espoir suscit√© par l'arriv√©e au pouvoir en 1936 du Front populaire[80]. Finalement, lorsque la France d√©clare le 3 septembre 1939 la guerre √† l'Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu'ait connue la Troisi√®me R√©publique[e 76].

Apr√®s huit mois sans combats (la ¬ę¬†dr√īle de guerre¬†¬Ľ), la Wehrmacht envahit le le nord-est de la France et le mar√©chal Philippe P√©tain demande l'armistice le 22 juin[e 77]. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le , signant ainsi la fin de la Troisi√®me R√©publique et la naissance du r√©gime de Vichy. Celui-ci m√®ne une politique conservatrice, traditionaliste et antis√©mite, et collabore avec le Troisi√®me Reich. Toutefois, la r√©sistance s'organise √† l'int√©rieur et √† l'ext√©rieur du pays[e 78]. Le d√©barquement alli√© du en Normandie sonne la fin de l'occupation nazie et le d√©but de la lib√©ration de l'Europe[e 79]. Au total, ce conflit aura tu√© moins de militaires fran√ßais que le pr√©c√©dent[N 20] mais les victimes civiles sont nombreuses ‚ÄĒ¬†au moins 330¬†000¬†victimes civiles, dont 75¬†000¬†Juifs install√©s sur le territoire fran√ßais qui ont √©t√© tu√©s lors de la Shoah[81],[N 21]¬†‚ÄĒ et les blessures psychologiques et politiques dues √† la d√©b√Ęcle de 1940, √† la collaboration puis aux r√®glements de compte lors de l'√©puration sont longues √† cicatriser[e 79].

La Libération, gaullisme et crise politique (1945-1968)

Carte animée de la croissance et du déclin de l'empire colonial français.
Charles de Gaulle seated in uniform looking left with folded arms
Charles de Gaulle a pris une part active à de nombreux événements majeurs du XXe siècle : combattant lors de la Première Guerre mondiale, chef des Français libres pendant la Seconde Guerre mondiale puis chef du Gouvernement provisoire, premier président de la Ve République, il a facilité la décolonisation, a maintenu la France parmi les puissances majeures et a surmonté la révolte de Mai 68.

Une p√©riode de renouveau commence alors pour la France[e 80]. Si le g√©n√©ral de Gaulle, chef de la France libre, ne peut emp√™cher l'adoption d'une constitution proche de celle de la Troisi√®me R√©publique, l'apr√®s-guerre voit la cr√©ation de la S√©curit√© sociale et le droit de vote accord√© aux femmes[e 81]. La France de la Quatri√®me R√©publique choisit le camp occidental dans la guerre froide qui s'ouvre √† cette √©poque, entame avec difficult√©s (guerres d'Indochine puis d'Alg√©rie) la d√©colonisation de l'Asie et de l'Afrique et participe aux d√©buts de la construction europ√©enne[e 82]. Le pays entame dans le m√™me temps une p√©riode de modernisation et de forte croissance √©conomique que l'√©conomiste Jean Fourasti√© appellera ¬ę¬†Trente Glorieuses[e 83],[82]¬†¬Ľ.

Le , lors d'une grave crise politique li√©e √† la guerre d'Alg√©rie, le g√©n√©ral de Gaulle est investi pr√©sident du Conseil par l'Assembl√©e nationale avec pour mission de donner √† la R√©publique une nouvelle constitution¬†: la Cinqui√®me R√©publique donne au pr√©sident des pouvoirs plus larges face au Parlement[e 84]. Charles De Gaulle poursuit et ach√®ve la d√©colonisation de l'Afrique et affirme l'ind√©pendance de la France face aux √Čtats-Unis[e 85]. √Ä cette fin, il dote la France du nucl√©aire civil et militaire, et d'un programme spatial qui fera de la France la troisi√®me puissance spatiale de l'histoire. Mais la crise √©tudiante et sociale de mai 1968 r√©v√®le une fracture entre des aspirations de la jeunesse (notamment estudiantine) face √† un pouvoir d√©peint comme trop conservateur. Cependant, le g√©n√©ral de Gaulle reprend en main la situation en provoquant la dissolution de l'Assembl√©e nationale le apr√®s laquelle les Fran√ßais lui donnent une large majorit√© pr√©sidentielle[83]. Il d√©missionne en 1969 √† la suite de l'√©chec du r√©f√©rendum sur la r√©forme du S√©nat et de la r√©gionalisation[84]. Toutefois, le gaullisme se maintient au pouvoir cinq ans de plus, sous la figure du pr√©sident de la R√©publique Georges Pompidou[e 86].

De Mai 68 à 2021

En 1974, s'ouvre une p√©riode post-gaulliste avec l'√©lection d'un pr√©sident issu du centre-droit¬†: Val√©ry Giscard d'Estaing[e 87]. Alors que la France entre peu √† peu dans la crise des ann√©es 1970, les premi√®res ann√©es de son mandat sont marqu√©es par plusieurs lois actant les mutations de la soci√©t√© fran√ßaise, comme la loi Veil qui l√©galise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement de 21 √† 18¬†ans de l'√Ęge de la majorit√© civile[e 88]. Un autre tournant a lieu en 1981, lorsqu'un pr√©sident socialiste, Fran√ßois Mitterrand, est √©lu[e 89]. Face √† la situation √©conomique qui s'aggrave, celui-ci tente dans un premier temps une politique de relance[e 90], tout en adoptant des mesures symboliquement fortes comme l'abolition de la peine de mort[85]. Si Fran√ßois Mitterrand est r√©√©lu en 1988, la France conna√ģt entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995 deux p√©riodes de ¬ę¬†cohabitation¬†¬Ľ, situation jusque-l√† in√©dite o√Ļ le pr√©sident n'appartient pas au m√™me parti que son gouvernement et qui offre une lecture nouvelle des institutions[e 91]. Cette situation se reproduit entre 1997 et 2002, mais de fa√ßon invers√©e, alors qu'un pr√©sident de droite, Jacques Chirac, est √©lu en 1995, et que les √©lections l√©gislatives de 1997 am√®nent le socialiste Lionel Jospin √† la t√™te du Gouvernement[e 92].

La France met l'euro en circulation le et met fin à l'usage du franc français le .

En 2002, la France abandonne sa monnaie nationale pour adopter la monnaie unique europ√©enne[86]. L'√©lection pr√©sidentielle de 2002 est marqu√©e par l'√©limination de Lionel Jospin d√®s le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat de l'extr√™me droite[87]. Une grande partie des √©lecteurs se reportent alors sur Jacques Chirac qui est r√©√©lu[87]. Les gouvernements Raffarin puis Villepin se soulignent par l'opposition de la France √† la guerre d'Irak[88]. En 2005, une majorit√© de citoyens vote ¬ę¬†non¬†¬Ľ lors du r√©f√©rendum sur la ratification du trait√© √©tablissant une constitution pour l'Europe[89]. Si Nicolas Sarkozy, pr√©sident √† partir de 2007, dirigeait le parti de son pr√©d√©cesseur au moment de son √©lection et √©tait membre de son gouvernement, la politique qu'il m√®ne se veut de ¬ę¬†rupture[90]¬†¬Ľ. Le gouvernement ¬ę¬†d'ouverture¬†¬Ľ que Fran√ßois Fillon forme avec des personnalit√©s issues non seulement de la droite, mais aussi du centre et de la gauche[90], doit cependant faire face √† la crise √©conomique venue en 2008-2009 des √Čtats-Unis[91].

En 2012, le socialiste Fran√ßois Hollande est √©lu pr√©sident, apr√®s √™tre devenu candidat de son parti √† l'issue des premi√®res primaires ouvertes de l'histoire de la R√©publique. Avec une majorit√© socialiste dans les deux chambres du Parlement pour la premi√®re fois sous la Ve R√©publique, il conduit une politique marqu√©e par une hausse de la fiscalit√© puis par un virage social-lib√©ral et par l'ouverture du mariage civil aux couples de m√™me sexe. L'√©lection pr√©sidentielle de 2017 suit la tenue de primaires ouvertes dans les deux camps politiques pourvoyeurs jusque-l√† des pr√©sidents de la Ve R√©publique, mais voit l'√©limination de leurs candidats d√®s le premier tour. Emmanuel Macron, ancien secr√©taire g√©n√©ral adjoint du cabinet du pr√©sident Hollande puis ministre de l'√Čconomie, fonde son propre mouvement et remporte les deux tiers des suffrages du second tour de l'√©lection face √† la candidate du Front national, Marine Le Pen. √Člu √† 39¬†ans, il est le plus jeune pr√©sident fran√ßais de l'histoire[92] et le second plus jeune chef d'√Čtat fran√ßais depuis la d√©signation en 1799 de Napol√©on Bonaparte comme Premier consul (√† 30¬†ans).

Depuis 1945, la France a été touchée par plusieurs vagues d'attentats terroristes, en particulier par le terrorisme islamiste depuis 1995, qui mène la même année à la création du plan Vigipirate. Après une série d'attentats particulièrement meurtriers en 2015, le président François Hollande décrète l'état d'urgence, qui est prolongé jusqu'en novembre 2017[93].

En 2020, la pandémie de Covid-19 provoque une crise sanitaire majeure et une importante récession économique[94] ; le président Emmanuel Macron décrète l'état d'urgence sanitaire, qui impose notamment un confinement généralisé de la population[95], et fait adopter des mesures budgétaires massives pour soutenir l'économie[96].

Politique et administration

Article détaillé : Régime républicain en France.

La France est une d√©mocratie lib√©rale, dont le gouvernement a la forme d'une r√©publique. Les fondements de l'organisation politique et administrative actuelle de la France ont √©t√© fix√©s en 1958 par la Constitution de la Cinqui√®me R√©publique. Selon l'article premier de la Constitution, ¬ę¬†la France est une R√©publique indivisible, la√Įque, d√©mocratique et sociale¬†¬Ľ. Depuis 2003, ce m√™me article affirme en outre que ¬ę¬†son organisation est d√©centralis√©e¬†¬Ľ.

Organisation des pouvoirs

Article détaillé : Cinquième République (France).
Gérard Larcher (gauche) est le président du Sénat depuis le , et Richard Ferrand (droite) est le président de l'Assemblée nationale depuis le 12 septembre 2018.
L'actuel pr√©sident de la R√©publique est Emmanuel Macron (gauche). √Člu le , il a pris ses fonctions le . Il a nomm√© l'actuel Premier ministre, Jean Castex (droite), le .
Un organigramme des institutions de la Cinquième République, reproduisant et enrichissant le fonctionnement décrit ci-dessus.
Organigramme des institutions de la Cinquième République.

L'organisation des pouvoirs en France est d√©finie par la Constitution de 1958, amend√©e √† plusieurs reprises[k 1]¬†; le r√īle de chaque institution est cependant d√©fini tant par la pratique observ√©e depuis 1958 que par le texte de la Constitution[k 1]. La France poss√®de un r√©gime politique original par le large pouvoir dont disposent √† la fois le Parlement et le pr√©sident de la R√©publique, ce qui a amen√© les constitutionnalistes √† parler de ¬ę¬†r√©gime parlementaire pr√©sidentialis√©¬†¬Ľ, de ¬ę¬†r√©gime semi-pr√©sidentiel¬†¬Ľ ou encore de ¬ę¬†r√©gime parlementaire birepr√©sentatif[N 22]¬†¬Ľ.

Le pouvoir législatif appartient au Parlement français, formé de deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat[k 2]. L'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, est formée de 577 députés[97], élus pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions découpées au sein des départements[k 3]. Le Sénat, la chambre haute, est formé de 348 sénateurs[98] élus pour six ans par 150 000 grands électeurs (principalement des élus locaux)[99] et est de ce fait considérée comme moins représentative que l'Assemblée nationale[k 4]. L'Assemblée nationale est plus puissante que le Sénat en cas de désaccord prolongé sur l'adoption d'une loi avec ce dernier[k 5].

Le pouvoir ex√©cutif appartient en premier lieu au pr√©sident de la R√©publique[k 6], √©lu pour cinq ans[100] au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire √† deux tours[k 7]. Le pr√©sident de la R√©publique est le chef de l'√Čtat et le chef des arm√©es, il promulgue les lois et peut dissoudre l'Assembl√©e nationale[k 8]. Il nomme le Premier ministre, et, sur proposition de celui-ci, les membres du Gouvernement[k 9]. Le Gouvernement peut √™tre renvers√© par une motion de censure adopt√©e par l'Assembl√©e nationale[k 5]. Lorsque la majorit√© parlementaire et le pr√©sident n'appartiennent pas au m√™me parti politique, on parle alors de cohabitation[k 2].

Le pouvoir judiciaire, quant √† lui, est s√©par√© des deux autres, bien que le pr√©sident de la R√©publique dispose d'un droit de gr√Ęce[101]. Il est lui-m√™me subdivis√© entre un ordre administratif, dont la plus haute juridiction est le Conseil d'√Čtat, et un ordre judiciaire, dont la plus haute juridiction est la Cour de cassation[k 10]. Le droit fran√ßais, de tradition romano-civiliste[102], dispose que tout accus√©, avant d'√™tre condamn√©, est pr√©sum√© innocent, et qu'une affaire peut √™tre rejug√©e en appel sur demande d'une des parties[N 23],[103].

La conformit√© des lois √† la Constitution, la r√©gularit√© des scrutins et, plus largement, le respect des institutions sont contr√īl√©s par le Conseil constitutionnel[k 11].

Gouvernement

Liste des membres du gouvernement Jean Castex depuis le [104]
Fonction Titulaire
Premier ministre Jean Castex
Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian
Ministre de la Transition écologique Barbara Pompili
Ministre de l'√Čducation nationale, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer
Ministre de l'√Čconomie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire
Ministre des Armées Florence Parly
Ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin
Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion √Člisabeth Borne
Ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu
Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault
Garde des Sceaux, ministre de la Justice √Čric Dupond-Moretti
Ministre de la Culture Roselyne Bachelot
Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran
Ministre de la Mer Annick Girardin
Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien Denormandie
Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Amélie de Montchalin
Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne Marc Fesneau
Ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de l'√Čgalit√© entre les femmes et les hommes, de la Diversit√© et de l'√Čgalit√© des chances √Člisabeth Moreno
Ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité Franck Riester
Ministre délégué chargé du Tourisme, des Français de l'étranger, de la Francophonie et des Petites et Moyennes Entreprises Jean-Baptiste Lemoyne
Ministre déléguée chargée du Logement Emmanuelle Wargon
Ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari
Ministre déléguée chargée des Sports Roxana Maracineanu
Ministre délégué chargé des Comptes publics Olivier Dussopt
Ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher
Ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises Alain Griset
Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq
Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa
Ministre déléguée chargée de l'Insertion Brigitte Klinkert
Ministre déléguée chargée de la Ville Nadia Hai
Ministre déléguée chargée de l'Autonomie Brigitte Bourguignon
Secr√©taire d'√Čtat charg√©e des Personnes handicap√©es Sophie Cluzel
Secr√©taire d'√Čtat aupr√®s du Premier ministre, Porte-parole du Gouvernement Gabriel Attal
Secr√©taire d'√Čtat charg√© des Affaires europ√©ennes Cl√©ment Beaune
Secr√©taire d'√Čtat charg√©e de la Biodiversit√© B√©rang√®re Abba
Secr√©taire d'√Čtat charg√©e de l'√Čducation prioritaire Nathalie √Člimas
Secr√©taire d'√Čtat charg√©e de la Jeunesse et de l'Engagement Sarah El Ha√Įry
Secr√©taire d'√Čtat charg√© de la Transition num√©rique et des Communications √©lectroniques C√©dric O
Secr√©taire d'√Čtat charg√©e de l'√Čconomie sociale, solidaire et responsable Olivia Gr√©goire
Secr√©taire d'√Čtat charg√© des Retraites et de la Sant√© au travail Laurent Pietraszewski
Secr√©taire d'√Čtat charg√© de la Ruralit√© Jo√ęl Giraud
Secr√©taire d'√Čtat charg√© de l'Enfance et des Familles Adrien Taquet

Découpage territorial et décentralisation

Carte des 18 régions françaises, à compter du .

On distingue d'une part, la France m√©tropolitaine et les r√©gions d'outre-mer, qui sont administr√©es dans le cadre des r√®gles g√©n√©rales, et d'autre part, la Nouvelle-Cal√©donie, les collectivit√©s d'outre-mer et les territoires d'outre-mer, qui disposent de statuts diff√©rents. La France m√©tropolitaine et les r√©gions d'outre-mer sont divis√©es en de multiples collectivit√©s territoriales r√©parties sur trois niveaux¬†: la commune, le d√©partement et la r√©gion. Il existe √©galement des collectivit√©s territoriales √† statut particulier telles que les collectivit√©s territoriales uniques qui englobent les comp√©tences du d√©partement et de la r√©gion ou encore la collectivit√© europ√©enne d'Alsace. Ces collectivit√©s territoriales sont en m√™me temps des circonscriptions administratives dans lesquelles l'√Čtat intervient au travers de ses services d√©concentr√©s. Les communes, au nombre de 35¬†416 en m√©tropole au [105], correspondent g√©n√©ralement au territoire d'une ville ou d'un village¬†; elles sont dirig√©es par un conseil municipal[k 12], qui √©lit un maire, √† la fois agent de la collectivit√© territoriale et repr√©sentant de l'√Čtat dans la commune[k 13]. Depuis les ann√©es 1990, la coop√©ration entre les communes a √©t√© renforc√©e par l'√©mergence d'√©tablissements publics de coop√©ration intercommunale, dont le r√īle s'accro√ģt[k 14]. Les d√©partements, cr√©√©s pendant la R√©volution fran√ßaise[k 15], sont aujourd'hui au nombre de 99 dont 5 en Outre-mer. Ils sont dirig√©s par un conseil d√©partemental dont les membres sont √©lus au sein des cantons[k 16] et l'√Čtat y est repr√©sent√© par un pr√©fet[k 17]. Quant aux 18 r√©gions fran√ßaises, dont l'existence est plus r√©cente[k 17], elles sont dirig√©es par un conseil r√©gional[k 18] et l'√Čtat y est repr√©sent√© par un pr√©fet de r√©gion[k 12]. √Ä ces collectivit√©s territoriales s'ajoutent d'autres divisions territoriales, telles que le canton, l'arrondissement ou plus r√©cemment le pays mais elles ne poss√®dent pas de dirigeants √©lus[N 24].

Comparée à ses voisins européens, la France a longtemps été marquée par une forte centralisation politique, les collectivités territoriales disposant de pouvoirs relativement faibles[k 15]. Néanmoins, cette situation a beaucoup évolué depuis le début des années 1980, d'abord en 1982 et 1983 avec les lois Defferre (appelées a posteriori l'acte I de la décentralisation), puis entre 2002 et 2004 sous le gouvernement Raffarin (acte II)[106]. En 2010, les compétences des collectivités territoriales sont nombreuses, et concernent notamment les établissements scolaires, les transports, le développement économique et l'action sociale[107]. Néanmoins, la superposition de multiples échelons et la limite souvent floue entre les compétences des différentes collectivités territoriales est la source de débats sur l'avenir de la décentralisation sur lequel le gouvernement Fillon s'est penché entre 2008 et 2010[108]. Le gouvernement Valls poursuit ce processus, appelé l'acte III de la décentralisation en proposant un nouveau découpage en 18 régions, effectif à partir du et des élections régionales de décembre 2015[109].

France d'outre-mer

Article détaillé : France d'outre-mer.
Une carte de la France d’outre-mer, montrant que la France est présente dans tous les océans.
France métropolitaine et d'outre-mer (bleu).

Les territoires fran√ßais situ√©s en dehors de l'Europe g√©ographique, qui correspondent √† d'anciennes colonies rest√©es fran√ßaises, sont quant √† eux soumis √† des r√©gimes administratifs et juridiques tr√®s diff√©rents les uns des autres[110]. Ces territoires, dont la situation √©conomique est globalement moins bonne que celle de la m√©tropole, b√©n√©ficient de nombreuses aides de l'√Čtat[111].

La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et, depuis 2011, Mayotte[N 25] sont des départements et régions d'outre-mer. Ces cinq territoires se distinguent du reste de la France d'outre-mer par leur statut en tout point similaire à celui des régions métropolitaines, bien que les lois françaises puissent prévoir des dispositions spécifiques les concernant[112]. Ces régions ultramarines font partie des régions ultrapériphériques de l'Union européenne, et sont soumises à la législation européenne[113], qui s'y applique de plein droit.

En revanche, les autres territoires fran√ßais d'outre-mer, √† l'exception des collectivit√©s de Saint-Barth√©lemy et de Saint-Martin, ne font pas partie de l'Union europ√©enne, bien que leurs habitants disposent de la citoyennet√© europ√©enne[114]. Il s'agit tout d'abord des cinq collectivit√©s d'outre-mer, aux statuts tr√®s vari√©s¬†: la Polyn√©sie fran√ßaise, Saint-Barth√©lemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna[115]. Bien que l'√Čtat y conserve certaines pr√©rogatives exclusives, elles sont soumises en grande partie √† une l√©gislation sp√©cifique et b√©n√©ficient de la sp√©cialit√© l√©gislative[110]. La Nouvelle-Cal√©donie, de son c√īt√©, est une collectivit√© territoriale sui generis, √† l'autonomie tr√®s pouss√©e, o√Ļ la question de l'ind√©pendance fait partie du d√©bat au sein du territoire, y compris par r√©f√©rendum[116]. Enfin, les Terres australes et antarctiques fran√ßaises et l'√ģle de Clipperton, qui n'accueillent aucun habitant permanent, sont g√©r√©es directement par l'√Čtat ou son repr√©sentant[116],[117].


Tendances politiques, partis et élections

√Čvolution du paysage politique fran√ßais de 1958 √† nos jours. Extr√™me-droite (en bleu fonc√©)¬†; droite (en bleu)¬†; centre-droit (en bleu-clair)¬†; centre et centre-gauche (en jaune)¬†; √©cologistes (en vert)¬†; gauche (en rose)¬†; extr√™me-gauche √† gauche radicale (en rouge).

France
577 députés
(1er tour)
(2d tour)
Assemblée nationale élue
Par groupes
Diagramme
Résultats officiels et Résultats officiels

Le syst√®me politique fran√ßais, et notamment le suffrage uninominal majoritaire qui pr√©vaut lors des √©lections pr√©sidentielles et l√©gislatives, tend √† une bipolarisation ou √† une tripolarisation de la vie politique[n 3]. Par cons√©quent, on observe depuis les d√©buts de la Cinqui√®me R√©publique une tendance au regroupement des partis avec de fr√©quents retours en arri√®re[k 19]. Cependant, l'audience des principaux partis tend √† diminuer au profit des petites formations[N 26]. Le paysage politique fran√ßais conna√ģt trois √©volutions majeures depuis les ann√©es 1980¬†: la chute de l'audience du Parti communiste fran√ßais[n 4], la baisse progressive de l'√©lectorat centriste et la hausse du vote pour des partis d'extr√™me droite[n 3]. Par ailleurs, l'abstention concerne un nombre de plus en plus √©lev√© d'√©lecteurs[118].

Depuis les ann√©es 1990, les deux principaux partis fran√ßais sont Les R√©publicains (LR) ‚ÄĒ¬†Rassemblement pour la R√©publique (RPR) avant 2002, puis Union pour un mouvement populaire (UMP) de 2002 √† 2015¬†‚ÄĒ et le Parti socialiste (PS)[119]. Le mouvement Les R√©publicains est un parti de droite et de centre-droit[120], membre du Parti populaire europ√©en. Le Parti socialiste est un parti de gauche et de centre-gauche[120], membre du Parti socialiste europ√©en. En 2012, le pr√©sident de la R√©publique, le Premier ministre, la plupart des ministres, des d√©put√©s, des s√©nateurs et des pr√©sidents de conseils r√©gionaux ou g√©n√©raux en sont membres. De nombreux autres partis participent √† la vie politique de la France¬†: les plus importants sont le Front national (FN, extr√™me-droite nationaliste[121], populiste[122],[123], souverainiste et oppos√© √† l'immigration[124]), l'Union des d√©mocrates et ind√©pendants (UDI, centre et centre-droit), le Mouvement d√©mocrate (MoDem, centre), le Mouvement radical, social et lib√©ral (centre-gauche √† centre-droit), Europe √Čcologie Les Verts (√©cologistes)[N 27],[n 5], le Parti communiste fran√ßais (PCF, gauche communiste) et La France insoumise (gauche radicale et √©cosocialiste).

Les élections présidentielles puis législatives de 2017 ont toutefois abouti à une recomposition du paysage politique français, marquée par une élimination dès le premier tour des candidats des deux partis ayant occupé la présidence de la République auparavant, et l'élection d'un jeune candidat entré en politique active sous la présidence de François Hollande sans être membre actif du PS, Emmanuel Macron[125]. Le mouvement créé par ce dernier sur une ligne centriste, europhile et sociale-libérale, et réunissant des personnalités du centre-gauche, du centre, du centre-droit et de la société civile, La République en marche, obtient ensuite la majorité à l'Assemblée nationale. Cette formation reste toutefois encore peu représentée au Sénat et dans les assemblées des collectivités locales.

Des mouvements indépendantistes, nationalistes périphériques ou régionalistes existent dans plusieurs territoires métropolitains ou ultramarins, mais peu d'entre eux ont acquis une importance effective (par le biais d'une représentation parlementaire ou la participation aux exécutifs locaux), par exemple : l'Union démocratique bretonne (UDB, gauche à centre-gauche socialiste et social-démocrate, régionaliste et autonomiste) et Pour la Bretagne ! (gauche écologiste, socialiste et régionaliste) en Bretagne ; la coalition Pè a Corsica (nationaliste, unissant des autonomistes et des indépendantistes) en Corse ; le Partit occitan (POC, gauche écologiste, occitaniste et autonomiste) dans le Midi ; le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM, gauche indépendantiste et régionaliste), le Parti pour la libération de la Martinique (PALIMA, extrême-gauche indépendantiste), le Parti progressiste martiniquais (PPM, gauche socialiste et autonomiste) et le Rassemblement démocratique pour la Martinique (RDM, centre-gauche social-démocrate autonomiste) en Martinique ; le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS, constitué lui-même de plusieurs partis, nationaliste kanak, indépendantiste et socialiste mélanésien) en Nouvelle-Calédonie ; le Tavini huiraatira (ou simplement Tavini, gauche à centre-gauche indépendantiste) en Polynésie française.

Finances publiques

En France, les pr√©l√®vements obligatoires repr√©sentaient 46,2¬†% du PIB en 2017[126], soit le taux le plus √©lev√© parmi les pays membres de l'OCDE[126], et ce taux a tendance √† augmenter[a 1]. Les cotisations sociales repr√©sentent pr√®s de 38¬†% du total, dix points de plus que la moyenne des pays de l'OCDE[a 2]¬†; √† l'inverse, la France est le pays d√©velopp√© o√Ļ les imp√īts sur le revenu et sur les soci√©t√©s repr√©sentent la part la plus faible du total des pr√©l√®vements obligatoires[a 3].

Malgré le taux élevé des prélèvements obligatoires, les dépenses publiques les dépassent nettement, totalisant 56,8 % du PIB en 2015[127]. Dès lors, le déficit public est élevé, atteignant 2,68 % du PIB en 2017[128], il baisse cependant de manière continue depuis 2009, année à laquelle il avait atteint 7,17 % du PIB[128]. Depuis 1974, la France n'a jamais réalisé d'excédent budgétaire[129].

La dette publique de la France s'établit à 98,4 % du PIB à la fin de l'année 2018, soit 2 315,3 milliards d'euros[130]. Depuis 2002, la dette publique de la France n'a jamais été inférieure à 60 % du PIB. La France est néanmoins tenue de respecter les critères du Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro, qui limite le déficit budgétaire à 3 % du PIB et la dette publique à 60 % du PIB[a 4], ainsi que les critères du Pacte budgétaire européen de 2012 qui limite le déficit structurel à 0,5 % du PIB pour l'objectif budgétaire à moyen terme.

Ici sont visibles deux diagrammes : le premier montre la r√©partition des recettes fiscales de l‚Äô√Čtat par imp√īt et permet d‚Äôobserver la pr√©pond√©rance de la Taxe sur la valeur ajout√©e, de la Contribution sociale g√©n√©ralis√©e, de l‚ÄôImp√īt sur le revenu des personnes physiques et de l‚ÄôImp√īt sur les soci√©t√©s ; le deuxi√®me permet d‚Äôobserver le poids des pr√©l√®vements obligatoires dans le PIB, et leur r√©partition, principalement au b√©n√©fice de la S√©curit√© sociale et de l‚Äô√Čtat.
Répartition des prélèvements obligatoires et des bénéficiaires institutionnels en 2007 (sources[131] et précisions[N 28]).

Jusqu'en 2012, les trois principales agences de notation financière attribuaient toutes à la France leur notation maximale. Cependant, à cause de la dégradation de l'état des finances publiques françaises à la suite de la crise économique de 2007-2008, elles revoient leur notation à la baisse. Le 19 novembre 2012, Moody's rabaisse sa note de Aaa à Aa1, puis le 18 novembre 2015, de Aa1 à Aa2. Standard & Poor's baisse sa note de AAA à AA+ le 13 janvier 2012, puis de AA+ à AA le 8 novembre 2013. Enfin, l'agence Fitch revoie sa note de AAA à AA+ le 12 juillet 2013, puis de AA+ à AA le 12 décembre 2014[132]. Les agences de notation ont salué l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République en 2017 et ont relevé leur perspective de notation[133]. Au 19 avril 2018, l'agence de notation chinoise Dagong attribuait la note de A à la France avec une perspective stable, elle estimait que, malgré l'amélioration de la situation économique du pays, les réformes menées par le gouvernement pour réduire le niveau de la dette publique et accélérer le taux de croissance étaient trop lentes[134].

Défense

Soldats français engagés dans l’opération Serval, en 2013.
Forces françaises engagées à Gao (Mali) dans le cadre de l'opération Serval, en 2013.
Sous-marin nucléaire lanceur d'engins français, Le Téméraire.
L'Hexagone Balard, siège du ministère de la Défense.

La France a le cinqui√®me budget de la D√©fense au monde, selon les donn√©es du SIPRI[142]. Elle est la troisi√®me puissance nucl√©aire militaire mondiale, l'un des cinq membres permanents du Conseil de s√©curit√© des Nations unies et, √† ce titre, juridiquement reconnue comme un des cinq ¬ę¬†√Čtats dot√©s d'armes nucl√©aires¬†¬Ľ (EDAN) par le trait√© sur la non-prolif√©ration des armes nucl√©aires[143]. Elle est l'un des membres de l'OTAN o√Ļ elle dispose du commandement alli√© Transformation (ACT), qui est un des deux postes de commandement militaires. L'Arm√©e fran√ßaise est l'une des cinq plus dot√©es financi√®rement dans le monde et assure avec l'Arm√©e britannique l'essentiel des op√©rations militaires europ√©ennes[144]. La France lui consacre 2,2¬†% de son PIB en 2013 (soit un budget de 45,32¬†milliards d'euros). Les forces militaires sont divis√©es en quatre arm√©es principales¬†: l'Arm√©e de terre, la Marine nationale, l'Arm√©e de l'air et de l'espace et la Gendarmerie nationale[145]. Depuis 1996, l'Arm√©e est devenue professionnelle et le service militaire obligatoire a √©t√© remplac√© par une Journ√©e d√©fense et citoyennet√© mixte[146]. D'une capacit√© d'environ 350¬†000¬†hommes[145], elle est d√©ploy√©e √† travers le monde, dans le cadre d'op√©rations ext√©rieures au Sahel (Mali et Tchad notamment), en R√©publique centrafricaine, au Liban et en Irak[147], mais aussi dans le cadre de forces pr√©-positionn√©es en vertu de trait√©s internationaux √† Djibouti, au S√©n√©gal[N 29], en C√īte d'Ivoire, au Gabon et aux √Čmirats arabes unis[148], sans oublier les troupes positionn√©es dans la France d'outre-mer[149]. Elle mobilise en outre plus de 1¬†000¬†hommes dans le cadre du plan Vigipirate[150].

Le pays est par ailleurs le 3e plus gros exportateur mondial d'armement, et est √† ce sujet critiqu√© et mis en cause par plusieurs organisations non gouvernementales pour le r√īle que jouent ces armes dans diff√©rents conflits internationaux[151],[152].

Appartenance à des organisations internationales

Schéma des pouvoirs exécutif et législatifs français depuis le traité de Lisbonne.

La France est un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et participe à la vie de multiples organisations internationales, comme l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Conseil de l'Europe, le G7, le G20 ou l'Organisation internationale de la francophonie.

Depuis 1945, quelle que soit la majorit√© au pouvoir, l'Europe est un axe majeur de la politique √©trang√®re fran√ßaise. Deux des sept P√®res de l'Europe ‚ÄĒ¬†Jean Monnet et Robert Schuman¬†‚ÄĒ sont fran√ßais[153],[154]¬†; l'un des objectifs √©tait alors d'√©viter une nouvelle guerre mondiale en facilitant la r√©conciliation franco-allemande[155]. N√©anmoins, le positionnement de la France et des Fran√ßais vis-√†-vis de l'Europe a souvent √©t√© ambigu¬†: du rejet par l'Assembl√©e nationale du trait√© cr√©ant la Communaut√© europ√©enne de d√©fense en 1954[156] √† celui par r√©f√©rendum du trait√© √©tablissant une constitution pour l'Europe en 2005[89], les coups d'arr√™t fran√ßais √† la construction europ√©enne ont √©t√© nombreux.

Depuis le trait√© de Maastricht en 1992, les domaines dans lesquels l'Union europ√©enne a comp√©tence exclusive sont de plus en plus nombreux[k 20]. Une grande partie du droit applicable en France est en 2010 d'origine europ√©enne[k 21], d'autant plus qu'actuellement le droit europ√©en prime sur le droit national[k 22],[d 1]. La France, cinqui√®me puissance, p√®se encore davantage sur la sc√®ne mondiale gr√Ęce √† l'Union europ√©enne[d 2]. L'unification du march√© europ√©en et l'instauration d'une monnaie unique en 1999 ont entra√ģn√© de profondes mutations de l'√©conomie fran√ßaise[d 3], dont le caract√®re b√©n√©fique fait d√©bat[d 4],[157]. M√™me si la France est le premier b√©n√©ficiaire de la politique agricole commune[158], elle fait partie des pays contributeurs nets au budget de l'Union europ√©enne[159].

Politique étrangère et diplomatie

Depuis la pr√©sidence du g√©n√©ral de Gaulle (1958-1969), la politique √©trang√®re de la France est caract√©ris√©e par une volont√© d'ind√©pendance, notamment vis-√†-vis des √Čtats-Unis[160], ce qui s'est traduit par la mise au point par la France d'armes nucl√©aires et par le retrait de la France du commandement int√©gr√© de l'OTAN de 1966 √† 2009[160]. La France est vue des ann√©es 1960 au d√©but des ann√©es 2000 comme un alli√© du monde arabo-musulman, critique vis-√†-vis de la politique de l'√Čtat d'Isra√ęl[161].

Le réseau des représentations diplomatiques de la France est le troisième du monde[162], avec actuellement 156 ambassades et 97 postes consulaires répartis sur les cinq continents[162].

La France aide les pays en voie de développement, notamment d'Afrique[N 30],[163]. L'aide publique au développement représente 0,36 % du revenu national brut français en 2014, un taux en baisse, et inférieur à ceux du Royaume-Uni ou de l'Allemagne[164].

Symboles républicains

Article détaillé : Emblèmes de la France.
Le logotype de la République française, adopté en 1999, refondé en 2020.
Le logotype du Gouvernement de la République française, adopté en 1999, refondé en 2020. Utilisé officiellement, il n'est cependant pas inscrit dans la Constitution.

Selon la constitution de la Cinqui√®me R√©publique, la France poss√®de plusieurs embl√®mes, datant pour l'essentiel de la R√©volution fran√ßaise. Le drapeau de la France est constitu√© de trois bandes verticales d'√©gale largeur, de couleurs bleu, blanc et rouge[165]. L'hymne national est La Marseillaise[165], un chant compos√© par Rouget de Lisle √† Strasbourg pendant la R√©volution fran√ßaise et parfois critiqu√© depuis pour la violence de son texte[166]. Enfin, la R√©publique fran√ßaise a pour devise¬†: Libert√©, √Čgalit√©, Fraternit√©[165].

En outre, plusieurs symboles officieux existent pour représenter la France. En particulier, le buste de Marianne, une femme portant le bonnet phrygien, orne les mairies, et son visage est représenté sur les timbres-poste et les faces françaises des centimes d'euro[N 31],[167].

Depuis 1999, le Gouvernement français s'est doté d'un logotype rappelant le drapeau et la devise du pays, ainsi que la figure de Marianne. Ce logo figure en entête de tous les documents publiés par l'administration française. En 2020, la charte graphique gouvernementale est modernisée pour s'adapter aux nouveaux formats et aux nouveaux usages de la communication[168].

Population et société

Article détaillé : Français (peuple).

Démographie

√Čvolution de la population de la France m√©tropolitaine depuis 1801, compar√©e aux populations allemande et britannique (base 100 = 1800 ou 1801)[169].

D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), 67 064 000 personnes vivent en France au (hors COM et Nouvelle-Calédonie), dont 64 898 000 en métropole et 2 166 000 dans les départements d'outre-mer[170]. Si on inclut également les environ 628 000 habitants des collectivités d'outre-mer (Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et de Nouvelle-Calédonie, la population de l'ensemble des territoires français atteint environ 67,7 millions d'habitants, soit environ 0,9 % de la population mondiale[171]. Un recensement national général était organisé à intervalles réguliers depuis 1801, mais depuis janvier 2004, le recensement est réalisé tous les ans dans les communes de 10 000 habitants ou plus, hors collectivités d'outre-mer, et tous les cinq ans ailleurs[I 3].

Apr√®s avoir √©t√© relativement faible au XIXe¬†si√®cle et au d√©but du XXe¬†si√®cle ‚ÄĒ¬†la France a connu une transition d√©mographique rapide et peu marqu√©e[i 3]¬†‚ÄĒ, la croissance d√©mographique de la France est devenue l'une des plus fortes d'Europe, combinant un taux de natalit√© sup√©rieur √† la moyenne europ√©enne (800¬†000¬†naissances en 2015 contre 600¬†000¬†d√©c√®s) et un solde migratoire positif (environ 47¬†000¬†individus en 2015)¬†: la population de la France s'est accrue de 0,4¬†% en 2015[I 4].

En 2015, le taux de fécondité en France est d'environ 1,96 enfant par femme[172]. En 2014, 29,2 % des nouveau-nés (hors Mayotte, COM et Nouvelle-Calédonie) avaient au moins un parent né à l'étranger et 25,7 % au moins un parent né hors de l'Union européenne[173].

D'après les projections d'Eurostat, la France devrait compter 72,7 millions d'habitants en 2040, 75,6 millions en 2060, et 78,8 millions en 2080 (en excluant les territoires d'outre mer et la Nouvelle Calédonie).

En outre, la structure de la pyramide des √Ęges √©volue depuis le d√©but du XXIe¬†si√®cle. La part de la population la plus √Ęg√©e augmente, en raison √† la fois de la progression de l'esp√©rance de vie (la France jouit d'une des plus grandes esp√©rances de vie au monde[N 32]) et de l'arriv√©e au troisi√®me √Ęge de la g√©n√©ration du baby boom ‚ÄĒ¬†ph√©nom√®ne commun√©ment appel√© le papy boom. La proportion des plus de 60 ans dans la population fran√ßaise est ainsi pass√©e de 17¬†% √† 25¬†% entre 1980 et 2016, et devrait approcher le tiers en 2050 selon l'Insee[174].

Immigration, population étrangère et minorités visibles

Article détaillé : Immigration en France.

En 2015, selon l'historien Pascal Blanchard, entre 12 et 14 millions de Français (soit 18 % à 22 % de la population totale) ont au moins un de leurs grands-parents né dans un territoire non européen[175]. Le 19 février 2020, le président de la République Français déclara que 10 millions d'habitants de la France de nationalité française avait des parents en Afrique[176],[177],[178].

√Čvolution du nombre d'immigr√©s en France depuis 1921.

En 2010, la France accueille, selon la d√©finition internationale des Nations unies (¬ę¬†personne n√©e dans un autre pays que celui o√Ļ elle r√©side¬†¬Ľ), 7,2¬†millions d'immigr√©s, soit 11,1¬†% de la population, dont 5,1¬†millions (7,8¬†%) n√©s hors de l'Union europ√©enne. Elle se classe au sixi√®me rang mondial, derri√®re les √Čtats-Unis (42,8¬†millions), la Russie (12,3), l'Allemagne (9,8), l'Arabie saoudite (7,3), le Canada (7,2) mais elle devance en revanche le Royaume-Uni (7,0), l'Espagne (6,4) et l'Italie (4,8)[179],[180]. La France est √©galement l'un des pays de l'Union europ√©enne qui compte proportionnellement le plus de personnes issues de l'immigration (1re et 2e g√©n√©rations) parmi les personnes √Ęg√©es de 25 √† 54¬†ans avec 13,1¬†% d'immigr√©s et 13,5¬†% d'enfants d'au moins un immigr√©, soit un total de 26,6¬†%, devant notamment le Royaume-Uni (24,4¬†%), les Pays-Bas (23,5¬†%), la Belgique (22,9¬†%), l'Allemagne (21,9¬†%) et l'Espagne (20,2¬†%)[181]. Selon la d√©finition fran√ßaise (INSEE), plus restrictive (n√©s √©trangers hors du territoire), la France comptait en 2015, 6,170¬†millions d'immigr√©s, soit 9,3¬†% de la population.

Depuis 1946, le nombre et la part d'immigrés en France augmente de manière continue : 1,986 millions en 1946 (4,98 % de la population totale), 4,037 millions en 1982 (7,43 % de la population totale), 5,342 millions en 2008 (8,44 % de la population totale). Les enfants d'immigrés représentaient 10,4 % de la population totale en 2013. Il y avait donc 12,5 millions d'immigrés et enfants d'immigrés en France en 2013, soit 19,3 % de la population. Les immigrés vivant en France en 2015 étaient originaires à 44,6 % d'Afrique (27 % en 1975), à 35,4 % d'Europe (66 % en 1975), à 14,3 % d'Asie (4 % en 1975) et à 5,6 % d'Amériques ou d'Océanie (2 % en 1975). En 2015, 2,997 millions d'immigrés étaient de sexe masculin et 3,171 millions d'immigrés étaient de sexe féminin. En 2013, 39 % des immigrés en France disposaient de la nationalité française, ce chiffre était de 28 % en 1975 et 16 % en 1911[182],[183]. La France a un solde migratoire positif. Selon l'INSEE, l'excédent migratoire en 2014, en France était de 32 300 personnes, soit 0,05 % de la population totale[184].

D'après Michèle Tribalat, il y aurait 3,8 millions personnes d'origine maghrébine en France en 2011[185]. Il y aurait aussi, selon Jean-Paul Gourévitch, environ 3,5 millions de personnes noires en France en 2008, dont 2,4 millions vivant en France métropolitaine[186]. En 2018, la communauté turque est estimée à 630 000 personnes en France[187]. En 2014, il y avait près de 600 000 Chinois en France, dont 50 000 étaient étudiants[188]. En 2010, on estime à 150 000 le nombre de Vietnamiens en France, ils vivent très majoritairement en région parisienne[189].

Pays d'origine de l'immigration en France (2006).

Les immigr√©s per√ßoivent des revenus inf√©rieurs d'un tiers en moyenne √† ceux des non-immigr√©s[i 4], sont deux fois plus nombreux √† ne pas √™tre dipl√īm√©s[i 4] et trois fois plus nombreux √† vivre sous le seuil de pauvret√©[i 4]. Toutefois, √† situation sociale √©gale, leur formation scolaire et leurs revenus sont proches de ceux des Fran√ßais n√©s en France[i 5]. Selon des travaux, publi√©s en 2015, de l'√©conomiste Hippolyte d'Albis, les migrants permettent une augmentation du PIB par habitant et une baisse du taux de ch√īmage, en cela ils ont un effet positif sur l'√©conomie[190].

Les populations d'origine immigr√©e, et celles qui appartiennent √† des minorit√©s visibles, sont parfois victimes de discriminations en France[i 6]. Pour des raisons ind√©termin√©es et sujettes √† d√©bats, une partie de cette population se tourne vers le fondamentalisme religieux[i 7]. Pourtant, on assiste √† une certaine convergence des modes de vie des populations immigr√©es et des Fran√ßais de longue date[i 8]. En 2019, le taux de ch√īmage des personnes immigr√©es est de 16,3¬†%. Quelque 5,4 millions d'emplois sont interdits aux immigr√©s non-europ√©ens, soit plus d'un emploi sur cinq. Par ailleurs, 26,1¬†% des familles immigr√©es vivent dans un logement trop √©troit, soit 3,7 fois plus que les personnes non immigr√©es[191].

Famille, sexualité et égalité des sexes

Article connexe : LGBT en France.

La France est, en 2009, le troisième pays le plus fécond d'Europe après l'Islande et l'Irlande[192], avec une descendance finale des femmes nées en 1959 de 2,12 enfants et un indicateur conjoncturel de fécondité de 1,99 enfant par femme (1,98 en France métropolitaine)[I 5].

Les mutations qu'a connues la famille en France entre les années 1960 et les années 2000 sont aussi nombreuses que profondes. Les naissances sont dans la majeure partie planifiées, en raison de la légalisation de la contraception (en 1967) et de l'interruption volontaire de grossesse (en 1975). Plus de 200 000 avortements sont pratiqués chaque année en France[I 6]. Une partie grandissante des couples préfère au mariage l'union libre, le concubinage, ou le pacte civil de solidarité (PACS), un contrat d'union plus souple que le mariage[i 9]. Quant aux divorces, leur nombre a été multiplié par 3,2 entre le début des années 1970 et la fin des années 2000[i 10].

Autrefois assimilée à un crime, l'homosexualité en France a été peu à peu dépénalisée à partir de la fin du XVIIIe siècle[193]. À partir des années 1980, les couples homosexuels acquièrent progressivement des droits similaires aux couples hétérosexuels. En 1999, le PACS permet à des personnes de même sexe de conclure une union. Depuis 2013, le mariage et l'adoption d'enfants par des personnes de même sexe sont autorisés par la loi[194]. Parallèlement, l'homophobie devient un délit.

La place des femmes dans la société française a beaucoup évolué au cours du XXe siècle, dans un mouvement tendant vers une égalité effective entre les sexes. Cette évolution s'est accompagnée de mesures législatives[i 11] (par exemple, le droit de vote accordé aux femmes). Elle se manifeste particulièrement dans le monde du travail. Ainsi, le taux d'activité des femmes est passé de 58,2 % en 1990 à 67,5 % en 2014[195] (contre 75,5 % pour les hommes). Les femmes continuent cependant de travailler significativement moins que les hommes : selon l'OCDE, en 2017, le temps de travail hebdomadaire moyen des femmes était de 33,8 heures alors qu'il était de 38,4 heures pour les hommes[196]. En 2011, les femmes représentaient également la moitié des doctorants ainsi que la moitié des effectifs en IEP et en ESC. Les femmes sont également de mieux en mieux représentées dans la politique. Elles représentent, 38,8 % des députés élus en 2017 (pour 42,4 % des candidats) ; en comparaison, elles n'étaient que 12,1 % en 2002 (39,3 % des candidats) et 1,2 % en 1973 (6,6 % des candidats)[197]. De plus, depuis 2012, le Gouvernement français est composé à parité d'hommes et de femmes[198]. Enfin, à métier, entreprise et fonction équivalentes, l'écart salarial entre femmes et hommes est de 2,7 %[199].

Le logo de la francophonie symbolisant les cinq continents.

Langues

Le fran√ßais est la langue tr√®s majoritairement parl√©e en France et est officiellement ¬ę¬†la langue de la R√©publique¬†¬Ľ depuis la loi constitutionnelle de 1992. La France est le deuxi√®me pays francophone le plus peupl√© du monde apr√®s la R√©publique d√©mocratique du Congo[200], mais le premier en termes de locuteurs. La France m√®ne une politique linguistique active en faveur du fran√ßais[201]. Celle-ci peut √™tre visible entre autres au sein de l'Organisation internationale de la francophonie dont la France fait partie de m√™me qu'au sein de l'Assembl√©e parlementaire de la francophonie dont la France fait aussi partie.

Selon un rapport du linguiste Bernard Cerquiglini (1999), soixante-quinze langues autres que le français sont parlées en France, en comptant les langues régionales, les langues issues de l'immigration et les dialectes parlés dans l'Outre-mer[202].

Religions

Article détaillé : Religion en France.
La montée de l'irréligion en France suit un chemin inverse du déclin du catholicisme[203].

Depuis la loi du 9 d√©cembre 1905, les √Čglises sont strictement s√©par√©es en droit de l'√Čtat en France¬†: ¬ę¬†La R√©publique ne reconna√ģt, ne salarie ni ne subventionne aucun culte[204].¬†¬Ľ Pour des raisons historiques, l'Alsace-Moselle et la Guyane font exception. La premi√®re, car elle n'√©tait pas fran√ßaise en 1905 et a conserv√© son droit local apr√®s la r√©unification¬†; le culte catholique, deux cultes protestants et le culte isra√©lite y sont reconnus[205]. La deuxi√®me, car la loi de 1905 sur la s√©paration de l'√Čglise et de l'√Čtat ne s‚Äôapplique pas en Guyane qui reste sous le r√©gime de l‚Äôordonnance royale de Charles X du [206]. La religion catholique est √©galement toujours reconnue dans certains d√©partements et territoires d'outre-mer. La notion de la√Įcit√© et la r√©glementation qui en d√©coule sont l'objet de d√©bats comme, en 2003-2004, au sujet de la loi sur les signes religieux dans les √©coles publiques[207].

La France est un pays la√Įc avec une grande tradition catholique ancienne, et bien que le poids de l'√Čglise soit en train de diminuer, 48¬†%[208] des personnes interrog√©es se d√©claraient catholiques lors de sondages publi√©s en 2019, tandis qu'une part importante de la population se dit agnostique, ath√©e ou sans religion. De plus, d'autres religions sont pr√©sentes dans des proportions moins importantes, notamment le juda√Įsme depuis l'Antiquit√©, diff√©rentes branches du protestantisme depuis la R√©forme et l'islam depuis l'arriv√©e en France d'immigr√©s du Maghreb et du Moyen-Orient au XXe¬†si√®cle. Diverses √Čglises chr√©tiennes (n√©o-apostolique, apostolique arm√©nienne, Mormons, T√©moins de J√©hovah, mennonites‚Ķ) et d'autres religions (hindouisme, bouddhisme, baha√Įsme, al√©visme‚Ķ) sont √©galement pr√©sentes sur le territoire national, parfois depuis plusieurs si√®cles (mennonites d'Alsace).

On dénombre en France 42 258 églises et chapelles paroissiales[209], 2 449 lieux de culte musulmans[210] et 794 synagogues[211].

Au-del√† de ces valeurs, la perte d'influence des religions est un aspect majeur de l'√©volution de la soci√©t√© fran√ßaise aux XIXe et XXe¬†si√®cles, bien qu'elle s'√©value tr√®s diff√©remment d'une r√©gion √† l'autre. Pr√®s de 80¬†% des hommes et 70¬†% des femmes qui se disent d'origine catholique n'assistent jamais √† un service religieux[i 12]. M√™me chez les catholiques les plus fervents, l'ob√©issance stricte aux pr√©ceptes de l'√Čglise diminue¬†: 31¬†% des pratiquants assidus ayant eu des enfants entre 1995 et 2004 les ont eus hors mariage[i 13].

Les Fran√ßais ont une image plut√īt n√©gative de la religion en g√©n√©ral. Selon un sondage Ipsos publi√© en 2017, 61¬†% des Fran√ßais pensent que la religion cause plus de tort que de bien, et seulement 16¬†% des Fran√ßais pensent que les personnes croyantes font de meilleurs citoyens[212].

√Čducation

Organisation de l'enseignement supérieur français.
Organisation de l'enseignement primaire et secondaire français.

En France, l'√©cole publique est la√Įque et gratuite[i 14],[213]. Si la formation et la r√©mun√©ration des enseignants, ainsi que le choix des programmes, sont du ressort de l'√Čtat, la gestion des √©tablissements scolaires primaires et secondaires revient aux collectivit√©s territoriales[N 33],[214]. L'instruction est actuellement obligatoire pour les enfants √Ęg√©s de six √† seize ans. En mars 2018, le pr√©sident Emmanuel Macron annonce vouloir abaisser l'√Ęge obligatoire de scolarisation √† trois ans d√®s la rentr√©e 2019[215].

L'enseignement primaire se d√©roule en deux phases. L'√©cole maternelle, qui accueille les tr√®s jeunes enfants, se donne pour but leur √©veil, leur socialisation et la mise en place des outils fondamentaux que sont le langage et le nombre[216]. Puis, vers l'√Ęge de six ans, les enfants sont accueillis par l'√©cole √©l√©mentaire, dont les premiers objectifs sont l'apprentissage de la lecture, de l'√©criture et du calcul, et l'√©ducation civique[217].

L'enseignement secondaire se d√©roule lui aussi en deux cycles. Le premier est dispens√© au coll√®ge et aboutit au dipl√īme national du brevet[218]. Le deuxi√®me est dispens√© au lyc√©e et aboutit √† des examens finaux et nationaux¬†: le baccalaur√©at (professionnel, technologique ou g√©n√©ral) et le certificat d'aptitude professionnelle (CAPA dans l'enseignement agricole)[219]. Par ailleurs, pr√®s de 17¬†% des √©l√®ves de l'enseignement primaire et secondaire sont scolaris√©s dans des √©tablissements priv√©s[220], la plupart sous contrat d'association avec l'√Čtat et souvent confessionnels.

L'enseignement sup√©rieur fran√ßais pr√©sente la particularit√© de faire cohabiter les universit√©s et le syst√®me des grandes √©coles, o√Ļ l'on entre g√©n√©ralement par concours √† l'issue des classes pr√©paratoires[221]. Les enseignements sup√©rieurs pour le brevet de technicien sup√©rieur et les classes pr√©paratoires aux grandes √©coles sont dispens√©s dans des lyc√©es[221] ou dans des √©tablissements priv√©s. Tous les dipl√īmes reconnus en France doivent √™tre pr√©sents dans le r√©pertoire national des certifications professionnelles.

La France a connu depuis la Lib√©ration un √©largissement consid√©rable de la scolarisation. En 1936, moins de 3¬†% d'une classe d'√Ęge obtenait le baccalaur√©at¬†; ce pourcentage est pass√© √† 30¬†% en 1985 et 60¬†% en 1995[i 14]. N√©anmoins, cette d√©mocratisation de l'enseignement ne supprime pas les in√©galit√©s sociales¬†: 25¬†% des enfants d'ouvriers n√©s entre 1974 et 1978 sont dipl√īm√©s de l'enseignement sup√©rieur, contre 77¬†% des enfants de cadres[i 15]. Ces in√©galit√©s sont encore plus fortes dans les grandes √©coles¬†: seuls 2,9¬†% des √©tudiants admis √† l'√Čcole nationale d'administration en 2008 avaient un parent ouvrier[i 16].

Selon le programme PISA de comparaison des syst√®mes √©ducatifs nationaux, les r√©sultats du syst√®me √©ducatif fran√ßais sont d√©cevants par rapport aux autres √Čtats membres de l'OCDE[222], en particulier par l'accroissement des in√©galit√©s depuis l'enqu√™te PISA de 2003. Malgr√© les plans de pr√©vention, l'illettrisme touche 3,1¬†millions de personnes, soit 9¬†% de la population √Ęg√©e de 18 √† 65¬†ans ayant √©t√© scolaris√©e en France[223].

L'origine sociale des élèves influe considérablement sur leurs résultats scolaires. En CE2, les élèves issus du quart le plus pauvre obtiennent en 2019, une note moyenne de 57 sur 100 en français et 58 en mathématiques, contre respectivement 87 et 85 pour ceux issus du quart le plus riche. Les inégalités s'accentuent après le collège, avec un taux d'accès en seconde générale ou technologique deux fois plus élevé pour les élèves issus de milieux favorisés que pour les autres[191].

La premi√®re √©valuation du minist√®re de l'√Čducation nationale a r√©v√©l√© que la ¬ę¬†continuit√© p√©dagogique¬†¬Ľ pendant le verrouillage au milieu de la pand√©mie de COVID-19 √©tait positif. Selon l'enqu√™te, sept enseignants sur dix et huit parents sur dix ont √©t√© jug√©s satisfaits.[224]

Santé et protection sociale

Protection sociale

Depuis sa cr√©ation en 1945[a 5], la S√©curit√© sociale est au cŇďur du syst√®me de protection sociale fran√ßais, bien que l'√Čtat, les collectivit√©s territoriales et les mutuelles aient √©galement un r√īle important[a 6]. Le maintien des r√©gimes de protection sociale dont disposaient certaines professions avant 1945 explique la grande complexit√© du syst√®me[a 7], qui ne compte pas moins de 120 r√©gimes de base et 1¬†200 r√©gimes compl√©mentaires[a 8]. Le r√©gime g√©n√©ral de la S√©curit√© sociale, qui compte de loin le plus grand nombre d'affili√©s[a 7], est divis√© en quatre branches correspondant aux quatre risques majeurs, la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, les risques li√©s √† la vieillesse et la famille[a 7]. Si cette protection sociale ne concernait dans un premier temps que les personnes actives, elle s'est peu √† peu √©tendue √† toute la population active comme inactive dans beaucoup de domaines, par exemple, lors de la cr√©ation de la couverture maladie universelle (CMU) en 1999[a 5]. En outre, √† la fin des ann√©es 1990, six millions de personnes d√©pendaient des minima sociaux[d 5].

Les prestations sociales sont principalement financ√©es par les cotisations sociales vers√©es par les actifs (65,5¬†% du total en 2005[a 9]), mais aussi ‚ÄĒ¬†et de plus en plus¬†‚ÄĒ par l'√Čtat et les collectivit√©s territoriales[a 9]. En 2005, les d√©penses de protection sociale ‚ÄĒ¬†au sens le plus large du terme[N 34]¬†‚ÄĒ repr√©sentaient pr√®s de 30¬†% du PIB et plus de 45¬†% du revenu disponible ajust√© des m√©nages[a 10]. Malgr√© les efforts men√©s par les gouvernements successifs pour ma√ģtriser les d√©penses sociales[a 11], celles-ci augmentent rapidement[a 12], du fait notamment de l'augmentation des d√©penses de sant√© des m√©nages[a 13] et du vieillissement de la population[a 14] ‚ÄĒ¬†le rapport actifs sur inactifs de plus de 60¬†ans, qui √©tait de 3 en 1970, devrait atteindre 2,07 en 2010 et 1,36 en 2050 en m√©tropole, selon l‚ÄôInsee[a 15].

Santé

Article détaillé : Système de santé français.
Le CHU de la Piti√©-Salp√™tri√®re, un h√īpital d'enseignement √† Paris, l'un des plus grands h√īpitaux d'Europe[225].

Le syst√®me de sant√© fran√ßais est en grande partie financ√© par la branche maladie de la S√©curit√© sociale. Le nombre de m√©decins pour 1¬†000¬†habitants √©tait de 3,22 en 2008, un des taux les plus √©lev√©s au monde[226]. Les Fran√ßais b√©n√©ficient √©galement d'une des esp√©rances de vie les plus longues du monde[i 17], m√™me si le taux de mortalit√© pr√©matur√©e (avant 65¬†ans) est √©lev√©[i 18]. Les d√©penses de sant√© par habitant √©taient de 4¬†719¬†$ par an en 2008[227], ce qui place la France au-dessus de ses grands voisins europ√©ens, mais en dessous de la Suisse, de la Norv√®ge, du Danemark, du Luxembourg, et des √Čtats-Unis. De 1950 √† 2006, la d√©pense consacr√©e aux soins et aux biens m√©dicaux est pass√©e de 2,5¬†% √† 8,8¬†% du PIB[i 19].

Néanmoins, la santé des habitants de la France n'est pas optimale dans tous les domaines. Malgré la chute de la consommation de vin depuis les années 1960[i 19], les Français demeurent les seconds consommateurs d'alcool d'Europe occidentale, après les Irlandais[i 18]. 29 % des 18-75 ans fumaient quotidiennement en 2005, malgré les intenses campagnes de lutte contre le tabagisme[i 20]. Quant aux drogues illicites, la plus consommée est le cannabis : 39 % des hommes de 18 à 25 ans en auraient consommé en 2005, selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies[i 20].

Contrairement aux idées reçues, la France ne consomme pas significativement plus d'antidépresseurs que les autres pays[228], le taux de suicide n'y est pas non plus particulièrement plus élevé que dans les autres pays développés[229],[230]. Le taux de troubles de la santé mentale et l'abus de substances, bien qu'élevé, est comparable à celui des autres pays occidentaux[231].

Médias

Audiences des quatre principales cha√ģnes fran√ßaises de 1996 √† 2020.

En France, c'est la loi du 29 juillet 1881 qui a institué et en même temps encadré la liberté de la presse[k 23].

L'agence France-Presse (AFP) créée en 1835 par Charles Havas, est l'une des trois grandes agences généralistes de presse mondiale, avec Reuters et Associated Press[232].

Si les presses régionale, hebdomadaire et thématique se vendent bien en France[N 35],[233], la presse quotidienne nationale d'information généraliste est peu diffusée hors de la capitale. Dès lors, les cinq principaux titres de cette catégorie (Le Figaro, Le Monde, Aujourd'hui en France, Libération et La Croix) ne vendent réunis que moins d'un million d'exemplaires chaque jour en 2010[234].

Depuis 1981 et la l√©galisation des ¬ę¬†radios libres¬†¬Ľ[235], les stations de radio publiques g√©r√©es par Radio France sont concurrenc√©es par des stations priv√©es, souvent propri√©t√©s de grands groupes de m√©dias[236]. D√®s lors, parmi les quatre premi√®res stations de radio en audience cumul√©e en novembre-d√©cembre 2009 (RTL, NRJ, France Inter et Europe 1[237]), seule la troisi√®me est publique. De m√™me, depuis l'apparition de la premi√®re cha√ģne de t√©l√©vision priv√©e (Canal+) en 1984, plusieurs centaines de cha√ģnes de t√©l√©vision priv√©es ont vu le jour, diffus√©es par le canal hertzien, par c√Ęble, par satellite ou plus r√©cemment par la t√©l√©vision num√©rique terrestre (TNT). Les trois principales cha√ģnes sont TF1, France 2 et M6[238], seule France 2 appartient au groupe public France T√©l√©visions.

Quant à l'accès au réseau internet, il ne s'est vraiment démocratisé qu'au début des années 2000[239]. En décembre 2018, la France comptait 52,8 millions d'utilisateurs d'internet, soit une hausse de 13 millions par rapport à décembre 2012[240].

Entre 2002 et 2009, la France est passée de la 11e à la 43e place dans le classement de la liberté de la presse dans le monde établi par Reporters sans frontières[241]. En 2019, la France était remontée à la 32e place sur 180[242].

En juillet 2020, une plateforme unique pour toutes les radios publiques et priv√©es a √©t√© cr√©√©e en tant que service num√©rique commun. Il a r√©uni des succursales de plusieurs radios, dont Lagard√®re News, Radio France, les radios du Groupe M6 et Les Ind√©s Radios, o√Ļ les utilisateurs pouvaient √©couter tous les programmes en un seul endroit sans aucun co√Ľt[243].

Sport

Article détaillé : Sport en France.
Les joueurs de l'équipe de France de football soulevant, le à Moscou, le trophée de la 21e édition de la Coupe du monde.

La France est caract√©ris√©e par une tradition sportive ancienne et une grande vari√©t√© de disciplines pratiqu√©es √† haut niveau. Le pays a un r√īle pr√©pond√©rant dans l'organisation du sport moderne[N 36] et son palmar√®s, depuis la fin du XXe¬†si√®cle. Avec un total de 840 m√©dailles remport√©es (716 en √©t√© et 124 en hiver), la France est la cinqui√®me nation la plus r√©compens√©e de l'histoire des Jeux olympiques. L'escrime et le cyclisme sont les disciplines dans lesquelles la France est la plus titr√©e (respectivement 44 et 41 titres olympiques apr√®s les Jeux de Vancouver en 2010)[244]. Paris est la ville h√īte des Jeux olympiques d'√©t√© en 1900 et en 1924¬†; elle le sera pour une troisi√®me fois en 2024[245]. La France a √©galement accueilli les Jeux olympiques d'hiver √† trois reprises¬†: Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992[246].

Parmi ses autres distinctions notables, la France a remporté la Coupe du monde de football à deux reprises, la Coupe Davis à dix reprises ou encore le Tournoi des Six Nations à 25 reprises.

D'apr√®s le minist√®re des Sports, en 2010, 69¬†% des personnes de plus de 15¬†ans faisaient du sport au moins une fois par semaine en France. La marche, la natation et le v√©lo √©taient les principales activit√©s physiques d√©clar√©es. En 2016, l'ensemble des f√©d√©rations sportives fran√ßaises comptait 16¬†102¬†957¬†licenci√©s¬†; 37,5¬†% d'entre eux √©taient des filles. En 2017, les sports les plus pratiqu√©s en France √©taient¬†: le football (2¬†135¬†193¬†licenci√©s, 5,7¬†% de filles), le tennis (1¬†052¬†127¬†licenci√©s, 29,1¬†% de filles), l'√©quitation (673¬†026¬†licenci√©s, 82,9¬†% de filles), le judo (552¬†815¬†licenci√©s, 26,7¬†% de filles), le basketball (513¬†727¬†licenci√©s, 36¬†% de filles), le handball (513¬†194¬†licenci√©s, 35,8¬†% de filles) et le golf (407¬†569¬†licenci√©s, 27,8¬†% de filles)[247]. Pr√®s de sept millions de Fran√ßais pratiquent le ski chaque hiver, le plus souvent en dehors de toute organisation sportive[248]. Le domaine skiable fran√ßais √©tait en 2015, le domaine le plus fr√©quent√© du monde, devant ceux des √Čtats-Unis et de l'Autriche[249].

En 2013, la d√©pense sportive nationale s'√©tablissait √† 38,1¬†milliards d'euros (la moiti√© √©tant √† la charge de l'administration publique), soit 1,8¬†% du PIB. En 2015, le secteur sportif priv√© en France employait 124¬†286¬†salari√©s. Chaque ann√©e, le minist√®re des Sports d√©livre environ 12¬†000¬†dipl√īmes sportifs, dont pr√®s de 8¬†000¬†BPJEPS[46].

Le tournoi de tennis international de Roland-Garros, à Paris, et le Tour de France cycliste sont des événements annuels importants, tout comme peuvent l'être des événements ponctuels tels que l'Euro de football de 2016.

La France s'intéresse également de plus en plus à l'e-sport. En 2016, le gouvernement Valls II crée l'association France Esports. En 2018, 5 millions de Français avaient déjà regardé au moins une compétition d'e-sport et 930 000 y avaient déjà participé[250]. Elle possède l'une des plus performantes structure e-sport d'Europe et du monde avec la Team Vitality.

Outre les couleurs du drapeau, pour les fédérations sportives françaises, le coq est aussi utilisé comme symbole, mais ce n’est pas un symbole officiel.

Sécurité et criminalité

Engagement associatif, syndical et politique

Manifestation contre le CPE à Paris en 2006.

Si les taux de participation aux √©lections diminuent, la participation protestataire, en revanche, se d√©veloppe[i 21]. En 2008, 42¬†% des Fran√ßais ont particip√© √† une manifestation, contre 25¬†% en 1981[i 21]. En comparaison des autres pays d√©velopp√©s, la France est souvent vue comme un pays o√Ļ les manifestations et les gr√®ves sont fr√©quentes[251],[252].

Mais cette participation ponctuelle à des événements contestataires ne se traduit pas, tant s'en faut, par un engagement important dans les partis politiques[k 24]. Quant au taux de syndicalisation (8 %), il est le plus faible des pays riches, même s'il est plus important dans le secteur public[i 22]. En revanche, les Français sont très impliqués dans le milieu associatif : 14 millions de bénévoles sont membres de plus d'un million d'associations[i 22], qui bénéficient du statut accordé par la loi du [253],[k 25].

√Čconomie

L'économie de la France est une économie sociale de marché fondée sur la propriété privée. Il y a une intervention étatique relativement forte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celle-ci soit remise en cause depuis les années 1980[c 2]. L'économie française est principalement tournée vers les services[254],[j 2]. Les prélèvements obligatoires représentent 46,2 % du PIB en 2017, soit le taux le plus élevé parmi les pays membres de l'OCDE[126], et les dépenses publiques totalisent 56,8 % du PIB en 2015, soit le deuxième taux le plus élevé de l'OCDE[127].

Revenus de la population et développement humain

Article connexe : Pauvreté en France.
In√©galit√© des revenus (2013) au sein des pays, mesur√© par le coefficient de Gini¬†: 0 correspond √† une √©galit√© parfaite (toutes les personnes ont les m√™mes richesses), et 100 √† une in√©galit√© totale (o√Ļ une personne poss√©derait tout). Les pays en rouge sont plus in√©galitaires que les pays en vert.

En 2018, il y avait 2,147 millions de millionnaires (en dollars américains) en France, soit 5 % des millionnaires dans le monde[255]. Selon le magazine Forbes, il y avait, cette même année, 39 milliardaires en France, ce qui fait de la France le 9e pays au monde avec le plus de milliardaires[256].

Inégalités de revenu en France, 1900-2014.

En 2014, selon le World Inequality Database, en France, les 1¬†% les plus ais√©s captaient 10,8¬†% du revenu national avant imp√īt (ce chiffre √©tait de 11,0¬†% en 2000, 11,5¬†% en 1960 et 20,1¬†% en 1920), les 10¬†% les plus ais√©s en captaient 32,6¬†% (ce chiffre √©tait de 33,1¬†% en 2000, 37,7¬†% en 1960 et 47,3¬†% en 1920), les 50¬†% les plus pauvres en captaient 22,5¬†% (ce chiffre √©tait 21,5¬†% en 2000, 18,6¬†% en 1960 et 14,6¬†% en 1920). Les in√©galit√©s de revenus en France au XXIe¬†si√®cle sont donc plus faibles qu'au XXe¬†si√®cle et, sur le long terme, ont tendance √† se r√©duire[257].

Les revenus des Français et leur pouvoir d'achat ont augmenté durant l'ensemble du XXe siècle et des années 2000[j 3], mais de façon inégale au sein de la population, ce qui a accru les inégalités économiques entre ménages[d 6]. Depuis 2014, le pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages augmente de manière continue en France, quoique relativement lentement : +1,2 % en 2014, +0,9 % en 2015, +1,8 % en 2016 et +1,3 % en 2017. En 2017, le taux d'épargne (en % du revenu disponible brut) était de 14,3 % et le taux d'épargne financière (en % du revenu disponible brut) était de 4,4 %[258].

En France, le salaire mensuel net moyen s'élevait en 2015 à 2 250 euros[259]. En 2016, selon l'INSEE, le salaire mensuel net médian était de 1 680 euros[260] et le revenu disponible brut par habitant était de 1 402 euros (+1 % par rapport à 2008)[261]. En 2015, le revenu disponible moyen des ménages était de 36 300 euros et le revenu disponible médian des ménages était de 30 040 euros[261]. En France, à métier, entreprise et fonction équivalentes, l'écart salarial entre femmes et hommes est de 2,7 %[199].

En 2015, en France m√©tropolitaine, le niveau de vie m√©dian de la population s'√©l√®ve √† 20¬†300¬†euros annuels, soit un niveau l√©g√®rement plus √©lev√© qu'en 2014 en euros constants. Le seuil de pauvret√© mon√©taire, qui correspond √† 60¬†% du niveau de vie m√©dian de la population, s'√©tablit √† 1¬†015¬†euros mensuels¬†; 14,2¬†% de la population vit sous ce seuil de pauvret√©, un des niveaux les plus bas de l'Union europ√©enne. Les ch√īmeurs ont le plus fort taux de pauvret√© (37,3¬†%). De 1970 √† 1990, le taux de pauvret√© s'est fortement r√©duit (-4,1¬†points) sous l'effet notamment de l'am√©lioration de la situation relative des retrait√©s, dont le taux de pauvret√© a diminu√© de plus de moiti√© gr√Ęce √† l'am√©lioration de leur retraite et au minimum vieillesse. Depuis 1996, les √©volutions du taux de pauvret√© sont de moindre amplitude. Ce taux a diminu√© de 1,9 point entre 1996 et 2004, est remont√© entre 2004 et 2011 (+1,8 point), notamment du fait de la crise de 2008, et depuis √©volue peu[261].

En 2017, selon les Nations unies, l'indice de développement humain (IDH) de la France était de 0,901, la plaçant au 24e rang du classement mondial de l'IDH. À titre de comparaison, en 1990, l'IDH de la France s'élevait à 0,779[262]. Selon la Banque mondiale, le PIB par habitant en dollars courant de la France s'élevait à 38 467 dollars en 2017, soit le 24e PIB par habitant le plus élevé au monde[263]. L'indice de Gini, qui mesure les inégalités, était calculé à 32,7 pour la France en 2015[264].

Au premier trimestre 2012, l'INSEE dénombrait 141 500 SDF en France[265]. En outre, 800 000 personnes n'ont pas de domicile personnel[191].

Emploi

Graphique montrant l‚Äô√©volution du taux de ch√īmage en France (au sens du Bureau international du travail) entre 1975 et 2009. De 3 % environ en 1975, on est pass√© √† plus de 10 % en 2014, avec de nombreuses fluctuations entre temps.
√Čvolution du taux de ch√īmage en France (au sens du Bureau international du travail) entre 1975 et 2014.
Articles d√©taill√©s¬†: March√© du travail en France et Ch√īmage en France.

Si la France a connu durant les Trente Glorieuses une situation proche du plein emploi ‚ÄĒ¬†au cours des seules ann√©es 1960, l‚Äô√©conomie fran√ßaise a cr√©√© 1,6 million d‚Äôemplois[i 23]¬†‚ÄĒ, elle fait face depuis la fin des ann√©es 1970 √† une situation de ch√īmage √©lev√©, malgr√© des fluctuations qui ont fait esp√©rer le retour du plein emploi[i 23]. Le ch√īmage touche particuli√®rement les jeunes, les moins dipl√īm√©s et les √©trangers. Les ch√īmeurs de longue dur√©e repr√©sentent un tiers de l'ensemble des ch√īmeurs et sont ceux pour qui la r√©insertion est souvent la plus difficile[d 7]. Selon l'Insee, le taux de ch√īmage fran√ßais s'est √©tabli en ao√Ľt 2019 √† 8,5¬†% (son niveau le plus bas depuis 2009)[266]. Au deuxi√®me trimestre de 2019, le taux de ch√īmage longue dur√©e √©tait de 3,2¬†%[266]. Selon l'√©conomiste √Čric Heyer, il y aurait eu 150¬†000¬†emplois non pourvus en France en 2017[267].

En moyenne, en 2017, 29,3¬†millions de personnes de 15 √† 64¬†ans en France (hors Mayotte) √©taient actives, soit 71,5¬†% de cette tranche d'√Ęge. Parmi elles, 26,5¬†millions avaient un emploi et 2,8¬†millions √©taient au ch√īmage au sens du Bureau international du travail (BIT)¬†; 11,7¬†millions √©taient inactives, c'est-√†-dire ne travaillaient pas et ne recherchaient pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un. En 2017, le taux d'emploi en France √©tait de 64,7¬†% et le taux d'activit√© √©tait de 71,5¬†%[268]. En 2017 comme en 2016, 18,8¬†% des personnes ayant un emploi travaillaient √† temps partiel[268].

À la fin de l'année 2017, le secteur privé en France employait 19,27 millions de salariés (+1,3 % par rapport à l'année 2016)[269].

Les salariés représentaient 88,4 % des actifs occupés en France en 2017 : 84,6 % sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires, 10,8 % en contrat à durée déterminée (CDD), 3,0 % en intérim et 1,6 % en apprentissage[268].

En 2017, les professions interm√©diaires et les cadres repr√©sentaient 43,7¬†% des actifs occup√©s, proportion en l√©g√®re hausse sur un an. La part des ouvriers, qui avait baiss√©, de fa√ßon quasi ininterrompue, de pr√®s de 10¬†points depuis le d√©but des ann√©es 1980, a augment√© l√©g√®rement en 2017 (+ 0,5 point, √† 20,8¬†%)¬†; celle des employ√©s (27,2¬†%) a recul√© l√©g√®rement (‚Äď 0,2 point), dans la lign√©e du repli observ√© depuis une dizaine d'ann√©es. Les ouvriers et employ√©s non qualifi√©s repr√©sentaient en 2017, un actif occup√© sur cinq[268].

En 2017, 5,664 millions de personnes travaillaient dans la fonction publique en France. 62,5 % des personnes travaillant dans la fonction publique sont des femmes et 37,5 % sont des hommes. Les statuts dans la fonction publique sont variés, il y a 67,8 % de fonctionnaires, 17,9 % de contractuels, 5,5 % de militaires et 2,5 % de contrats aidés (les 6,3 % restant ont un autre statut)[270].

En 2017, en France, selon l'OCDE, le temps de travail hebdomadaire moyen des hommes était de 38,4 heures (soit un chiffre en légère baisse depuis les années 1980, il était de 40,1 heures en 1983) et celui des femmes était de 33,8 heures (également en légère baisse depuis les années 1980, il était de 35,5 heures en 1983). En moyenne, les Français ont travaillé 36,1 heures par semaine en 2017, un chiffre extrêmement stable depuis 1996 (il faut remonter à 1995 pour avoir un temps de travail hebdomadaire moyen supérieur à 37,0 heures)[196].

Principaux secteurs d'activité

L'économie française est largement tournée vers le secteur des services. Selon le World Factbook de la CIA, en 2017, les services composaient 78,8 % du PIB de la France, l'industrie 19,5 % et l'agriculture 1,7 %[271]. Selon l'INSEE, en 2018, 76,1 % de la population en emploi travaillait dans le secteur tertiaire, 13,3 % dans le secteur de l'industrie, 6,7 % dans le secteur de la construction et 2,5 % dans le secteur de l'agriculture[272].

Par branche d'activité, la production en euros courants en 2018 en France était, selon l'INSEE, de 2 215,2 milliards d'euros pour les services marchands (1 187,7 milliards d'euros en valeur ajoutée), 939,4 milliards d'euros pour l'industrie manufacturière (280,2 milliards d'euros en valeur ajoutée), 615,8 milliards d'euros pour les services non marchands (467,5 milliards d'euros en valeur ajoutée), 303,7 milliards d'euros pour la construction (117,4 milliards d'euros en valeur ajoutée) et 90,0 milliards d'euros pour l'agriculture (38,2 milliards d'euros en valeur ajoutée)[273].

Agriculture et agroalimentaire

Article détaillé : Agriculture en France.
Photographie d‚Äôune r√©colte de ma√Įs √† √Čp√īne, pr√®s de Paris.
Une r√©colte de ma√Įs √† √Čp√īne, pr√®s de Paris.
√Člevage bovin de race charolaise.

La France a connu, comme d'autres pays industrialis√©s, des ph√©nom√®nes d'exode rural et de chute de l'emploi agricole[b 19], m√™me si ce dernier reste proportionnellement plus important que dans les autres pays d'Europe occidentale[b 20]. L'agriculture fran√ßaise a √©t√© consid√©rablement modernis√©e et m√©canis√©e dans la seconde moiti√© du XXe¬†si√®cle[b 21], notamment au moyen de la politique agricole commune (PAC)[b 19]. La sp√©cialisation r√©gionale de la France par type de production s'accentue[b 19], et certaines appellations d'origine de produits agricoles (transform√©s ou non) sont pr√©serv√©es gr√Ęce au syst√®me AOC, qui prend en consid√©ration un terroir[b 22], c'est-√†-dire un savoir-faire agricole populaire et historique attach√© √† un territoire[I 7]. La France se tourne progressivement vers l'agriculture biologique depuis la fin du XXe¬†si√®cle. Le label Agriculture biologique est cr√©√©e en 1985¬†; depuis 2009, il est align√© sur les crit√®res du label bio de l'Union europ√©enne.

La France comptait 451 606 exploitations agricoles sur son territoire métropolitain en 2013. Elle en comptait 1,02 million en 1988. La superficie moyenne des exploitations agricoles est de 61 hectares. Le nombre d'exploitations d'agriculture biologique était de 25 000 en 2013[274].

En 2015, il y avait 885¬†400¬†exploitants agricoles en France (-8¬†% par rapport √† 2010). L'√Ęge moyen des chefs d'exploitation, coexploitants et associ√©s est de 51¬†ans. 30¬†% des actifs permanents agricoles sont des femmes[274].

La production agricole française se chiffre pour l'année 2017 à 78,8 milliards d'euros en incluant les services et les subventions sur les produits, soit 3,5 % du PIB français, contre quelque 7 % en 1980. La France a dégagé en 2016, un excédent commercial agroalimentaire (produits bruts et transformés) de 6,1 milliards d'euros[274]. L'agriculture française est généreusement soutenue par l'Union européenne. Elle a bénéficié en 2015 de 8,95 milliards d'euros de financement de la part de la PAC, soit 21 % de son budget total[275].

La France est le premier producteur agricole de l'Union europ√©enne¬†: elle repr√©sentait, en 2016, 17¬†% de la production totale de l'UE[276]. La France est le premier producteur europ√©en de viande bovine, d'Ňďufs, de surimi, de c√©r√©ales et de sucre de betteraves. Elle est le sixi√®me producteur mondial de beurre et le premier exportateur mondial de pommes de terre. Elle est √©galement le deuxi√®me producteur mondial de vin, le deuxi√®me producteur europ√©en de lait et le troisi√®me producteur europ√©en de fruits et de l√©gumes[277],[278],[279].

Champagne dans une fl√Ľte
Le champagne, considéré comme un produit de luxe, originaire du vignoble de Champagne dans le nord-est de la France.

Selon l'ONUAA (donn√©es 2018), la France est le 8e producteur mondial d'abricots, le 8e producteur mondial d'artichauts, le 5e producteur mondial de bl√©, le 2e producteur mondial de c√©r√©ales m√©lang√©es, le 6e producteur mondial de c√©r√©ales enti√®res, le 8e producteur mondial de champignons et truffes, le 1er producteur mondial de chanvre, le 8e producteur mondial de fibres de chanvre, le 9e producteur mondial de choux-fleurs et brocolis, le 4e producteur mondial de colza, le 7e producteur mondial d'√©pinards, le 7e producteur mondial de f√®ves s√®ches, le 7e producteur mondial de fruits √† noyau, le 8e producteur mondial de graines de lin, le 9e producteur mondial de graines de tournesol, le 2e producteur mondial de haricots verts, le 8e producteur mondial de kiwis, le 1er producteur mondial de fibres et √©toupes de lin, le 8e producteur mondial de ma√Įs frais, le 9e producteur mondial de moutarde, le 10e producteur mondial de myrtilles, le 8e producteur mondial de noisettes, le 9e producteur mondial de noix, le 4e producteur mondial d'oeuillettes, le 2e producteur mondial d'orge, le 5e producteur mondial de poireaux, le 3e producteur mondial de pois frais, le 7e producteur mondial de pois secs, le 9e producteur mondial de pommes, le 8e producteur mondial de pommes de terre, le 2e producteur mondial de racines de chicor√©e, le 5e producteur mondial de raisins, le 3e producteur mondial de sarrasin, le 2e producteur mondial de betteraves √† sucre et le 3e producteur mondial de triticales[280].

Les émissions de gaz à effet de serre par l'agriculture française ont significativement diminué au cours des dernières années, passant de 76 198 équivalent CO2 en 1995 à 69 353 équivalent CO2 en 2016, soit une baisse d'environ 10 %[281].

Tourisme

Article détaillé : Tourisme en France.
La Joconde au musée du Louvre
La Joconde est le plus célèbre des tableaux[282], en exposition permanente au musée du Louvre, le musée le plus visité du monde[283].

Gr√Ęce √† la richesse de ses paysages naturels et de son patrimoine culturel, la France est le pays le plus visit√© au monde par les touristes √©trangers avec pr√®s de 90¬†millions de visites en 2018[284]. Pr√®s de 70¬†millions des touristes internationaux venant en France sont en provenance d'Europe[285].

Les recettes li√©es au tourisme international en France s'√©l√®vent pour l'ann√©e 2017 √† 69,89 milliards de dollars US. Ainsi, la France est le deuxi√®me pays aux recettes touristiques les plus √©lev√©es, derri√®re les √Čtats-Unis et devant l'Espagne et la Tha√Įlande[286]. En 2015, la consommation touristique int√©rieure s'√©l√®ve √† 160¬†milliards d'euros, soit 7,2¬†% du PIB de la France[287].

En 2017, Paris est la 3e ville la plus visitée au monde, avec 17,44 millions de touristes internationaux ; elle est devancée par Londres (19,83 millions de touristes) et Bangkok (20,05 millions de touristes)[288]. Cependant, si l'on considère Paris en tant qu'agglomération (comme c'est le cas pour Londres et Bangkok dans le classement car, dans leurs cas, la ville-centre se confond avec l'agglomération contrairement à Paris), le nombre de touristes internationaux monte à 33,8 millions[289]. Le musée du Louvre est le musée le plus visité au monde (10 millions de visiteurs en 2018)[290] et Notre-Dame de Paris est le monument le plus visité d'Europe (14 millions de visiteurs en 2018)[291].

Le mont Saint-Michel, en Normandie, √ģlot rocheux particuli√®rement reconnaissable o√Ļ culmine l'abbaye du mont Saint-Michel
Le mont Saint-Michel est l'un des monuments les plus visités et les plus reconnaissables en France. Il est le premier des 45 sites du patrimoine mondial de l'UNESCO en France.

Les motifs de ce tourisme sont vari√©s¬†: il s'agit tout √† la fois d'un tourisme culturel (notamment √† Paris)[b 13], baln√©aire (notamment sur la C√īte d'Azur)[b 13], naturel[b 13], d'affaires (Paris est la premi√®re destination mondiale pour ce type de tourisme)[b 13], de loisirs (Disneyland Paris est de loin le parc d'attractions le plus fr√©quent√© d'Europe)[292] et de sports d'hiver (dans les Alpes du Nord notamment)[c 3]. Les sites touristiques payants les plus fr√©quent√©s sont, dans leur majorit√©, situ√©s en √éle-de-France (Disneyland Paris, mus√©e du Louvre, tour Eiffel, ch√Ęteau de Versailles‚Ķ)[293]¬†; quelques sites de r√©gion attirent √©galement de nombreux touristes, comme les ch√Ęteaux de la Loire, le mont Saint-Michel, Rocamadour, le ch√Ęteau du Haut-KŇďnigsbourg, le mus√©e Unterlinden de Colmar, le centre Pompidou-Metz ou le parc du Futuroscope[293].

Commerce et artisanat

Depuis les ann√©es 1970, le secteur du commerce a √©t√© boulevers√© par l'irruption de la grande distribution, qui repr√©sente les deux tiers des d√©penses alimentaires des Fran√ßais en 2008[j 4]. Par cons√©quent, de nombreux petits commerces ont disparu, m√™me si l'on assiste en 2009 √† une timide reprise, notamment dans les centres-villes[j 5]. La puissance de quelques grandes entreprises de la grande distribution ‚ÄĒ¬†Carrefour par exemple est le deuxi√®me groupe mondial du secteur[294]¬†‚ÄĒ leur permet d'imposer, dans une certaine mesure, des prix bas aux producteurs[j 4]. Malgr√© la concurrence des entreprises industrielles, l'artisanat de son c√īt√© est parvenu √† conserver une place importante dans l'√©conomie fran√ßaise[j 4].

Industrie

La France est la quatrième puissance industrielle mondiale. Malgré la tertiarisation de l'économie française, les entreprises industrielles représentaient 12,6 % du PIB et 96,5 % des exportations françaises en 2014[295].

Son industrie est caract√©ris√©e par des √©volutions contrast√©es¬†: √† c√īt√© d'industries modernes et dynamiques, qui font de la France un des leaders mondiaux dans de nombreux domaines (automobile, a√©ronautique, a√©rospatiale, agroalimentaire, √©lectronique, nucl√©aire civil, pharmacie, cosm√©tique, luxe‚Ķ)[b 23], de nombreuses industries traditionnelles (mines, textile, bois, chaussure, construction navale, sid√©rurgie‚Ķ) voient leurs effectifs et leurs chiffres d'affaires chuter[b 24], obligeant des r√©gions enti√®res (Nord-Pas-de-Calais et Lorraine notamment) √† une douloureuse reconversion[b 25]. √Ä la d√©centralisation industrielle des ann√©es 1960, qui a permis le d√©veloppement de nombreuses villes de l'ouest et du sud du pays[b 26], a succ√©d√© une p√©riode de croissance faible de la production industrielle[b 27], qui s'explique parfois par des d√©localisations vers des pays √† la main-d'Ňďuvre peu on√©reuse[b 27].

M√™me si la production se fait de plus en plus souvent √† l'√©tranger, les entreprises fran√ßaises restent pr√©dominantes dans de nombreux domaines[b 28], certaines occupent la premi√®re place du march√© mondial dans leur domaine (par exemple L'Or√©al dans les cosm√©tiques[296] ou Michelin dans les pneumatiques[297]). En 2018, 28¬†entreprises fran√ßaises figurent dans le classement Global 500 du magazine Fortune, ainsi la France est le cinqui√®me pays avec le plus d'entreprises dans le classement, derri√®re les √Čtats-Unis, la Chine, l'Allemagne et le Japon. Les six entreprises fran√ßaises figurant dans le top 100 sont Axa (rang 27), Total (rang 28), BNP Paribas (rang 44), Carrefour (rang 68), Cr√©dit agricole (rang 82) et EDF (rang 94)[298].

L'industrie française de l'armement représente 165 000 emplois en 2013[299]. Elle couvre un large spectre avec notamment la construction navale (Naval Group), l'aviation militaire (Dassault Aviation, Airbus, Safran) et les systèmes d'armement (MBDA, Thales), la fabrication de véhicules blindés (Nexter, Arquus). L'ensemble du complexe militaro-industriel est coordonné par la direction générale de l'Armement (DGA). La France est en outre un acteur mondial majeur dans le secteur de la défense : les exportations d'armement de la France atteignaient 16 milliards d'euros en 2015[300] et plus de 20 milliards d'euros en 2016.

√Čnergie

Articles d√©taill√©s¬†: √Čnergie en France et √Člectricit√© en France.
Une photographie de la Centrale nucléaire de Chooz, construite et exploitée par EDF.
La centrale nucléaire de Chooz, construite et exploitée par EDF.

Apr√®s la disparition compl√®te de la production fran√ßaise de charbon en 2005[b 24], le p√©trole, le gaz et surtout l'√©lectricit√© sont les principales √©nergies consomm√©es en France[b 24]. Si la France ne produit plus de p√©trole brut que de fa√ßon marginale[301], les treize raffineries implant√©es sur le territoire permettent de satisfaire plus de 90¬†% de la demande nationale[b 24]. Le groupe fran√ßais Total, qui poss√®de des concessions dans le monde entier, est la sixi√®me entreprise mondiale et la cinqui√®me du secteur[294]. La part du gaz dans la consommation √©nerg√©tique fran√ßaise a fortement augment√© depuis les ann√©es 1970[b 24], mais il s'agit √† 97¬†% de gaz import√©, notamment de Russie, d'Alg√©rie et de la mer du Nord[b 24]. En revanche, la France produit plus d'√©lectricit√© qu'elle n'en consomme[I 8], notamment gr√Ęce √† 56 r√©acteurs nucl√©aires[302] en 2021 (le second parc mondial apr√®s le parc am√©ricain)[303] qui produisaient en 2013 pr√®s de 74¬†% de l'√©lectricit√© du pays[I 8], permettant √† l'√©lectricit√© fran√ßaise d'√™tre tr√®s peu carbon√©e, mais dont le bilan environnemental est l'objet de d√©bats[304]. La France poss√®de la plus puissante centrale nucl√©aire d'Europe √† Gravelines, exploit√©e par EDF. Quant aux √©nergies renouvelables, leur part dans la production √©lectrique fran√ßaise augmente et repr√©sente en 2019 17,2¬†% de la consommation finale brute d'√©nergie[305], en grande partie gr√Ęce √† l'hydro√©lectrique.

Une nation avec un programme spatial autonome dans un cadre européen

Articles détaillés : Histoire du vol spatial et Programme spatial français.
La fusée Diamant
Le lanceur Diamant.

Outre l'aviation civile, le g√©n√©ral de Gaulle fait de l'espace une priorit√© nationale pour pr√©server l'ind√©pendance de la France[306]. La plus importante agence spatiale en Europe, le CNES est cr√©√© en 1961, et permet √† la France de devenir en 1965, la troisi√®me nation, apr√®s l'Union sovi√©tique (Spoutnik 1, 1957) et les √Čtats-Unis (Explorer 1, 1958), √† envoyer un satellite dans l'espace par ses propres moyens¬†; la fus√©e Diamant A envoie le satellite Ast√©rix A1 depuis la base d'Hammaguir (Alg√©rie). En 1973, la France propose aux pays europ√©ens un lanceur commun, Ariane[306], exploit√© par l'Agence spatiale europ√©enne depuis 1975 depuis le sol fran√ßais, au Centre Spatial Guyanais. Le programme continue depuis et constitue un important succ√®s technologique et commercial. En 2011, le lanceur russe Soyouz d√©colle pour la premi√®re fois du sol fran√ßais, marquant le d√©but d'une collaboration tr√®s pouss√©e avec le secteur spatial russe.

Maquette d'Ariane 5 au Bourget.

Enfin, la France participe au projet Galiléo est le système européen de positionnement par satellite visant à concurrencer le système américain GPS[307], ainsi qu'à diverses sondes d'exploration interplanétaires (Rosetta, BepiColombo, Mars Express, etc.).

Recherche

La France consacre une part moyennement élevée de son PIB à la recherche et développement[h 1] (2,02 % en 2009[308]), mais ces dépenses sont davantage financées par le secteur public[h 1] (41 % en 2008[309]) et consacrées à la recherche fondamentale[h 2] que dans les autres pays de l'Union européenne et a fortiori de l'OCDE. Si la recherche française est à l'origine de nombreuses découvertes et a été récompensée à de multiples reprises (voir infra), le nombre de brevets déposés par des entreprises françaises est relativement faible[h 3], d'autant que les relations entre les entreprises privées et la recherche publique sont souvent jugées médiocres[h 2]. En 2015, environ 280 000 chercheurs travaillaient en France, dont 170 000 en entreprise et 110 000 dans la fonction publique[310]. Ces derniers sont regroupés dans des universités ou dans des établissements publics[h 1] comme le CNRS (généraliste), le CEA (nucléaire), l'INRIA (informatique et mathématiques appliquées), l'INRA (agronomie). Parmi ces établissements, le LETI se positionne comme l'un des principaux laboratoires en microélectronique et nanotechnologies dans le monde[311], jouxtant le complexe Minatec, principal centre de recherche en Europe sur les nanotechnologies.

La France accueille par ailleurs sur son territoire de grands instruments de recherche internationaux comme l'European Synchrotron Radiation Facility, l'Institut Laue-Langevin ou l'Institut de radioastronomie millim√©trique et demeure un acteur majeur du CERN. Depuis 2002, la plupart de ces centres de recherche sont organis√©s en r√©seaux avec des universit√©s et des entreprises, pour former des p√īles de comp√©titivit√© (71 en 2007[312]).

Finance et assurance

Le secteur bancaire français a longtemps été caractérisé par sa faible concentration, par la ferme réglementation qui l'encadrait et par la part importante du secteur public, mais cette situation a changé au cours des années 1990[h 4] et 2000. Les banques françaises BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se placent respectivement aux quatrième, neuvième et dixième places mondiales du secteur en 2009[315]. Le secteur des assurances occupe également une place importante dans l'économie française, Axa étant la première compagnie d'assurance européenne[316].

La bourse de Paris, filiale d'Euronext depuis 2000, est le marché officiel des actions en France. L'indice CAC 40 est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière flottante qui reflète la performance des 40 actions les plus importantes et les plus activement échangées cotées sur Euronext Paris. Au 30 septembre 2020, la capitalisation boursière totale des composantes du CAC 40 était de 1 529 milliards d'euros. La capitalisation boursière médiane des composantes de l'indice était de 23,77 milliards d'euros, et LVMH, Sanofi et Total étaient les trois plus grosses entreprises de l'indice[317],[318].

Place de la France dans l'économie mondiale

En 2018, selon le FMI, le PIB nominal de la France s'élevait à 2 775,25 milliards de dollars ; selon ce critère, la France est la 7e économie mondiale[13]. Selon le Crédit suisse, la France disposait en 2018 d'une richesse totale (en) estimée à 13 883 milliards de dollars, faisant de la France le 6e pays la plus riche du monde et le 3e plus riche d'Europe selon ce critère[255].

D'apr√®s le Global Competitiveness Report 2018 publi√© par le Forum √©conomique mondial, la France est la 17e (sur 140) √©conomie la plus comp√©titive du monde (gain d'une place par rapport √† l'ann√©e 2017). Le rapport salue la qualit√© des infrastructures fran√ßaises et le haut niveau de sant√© publique, mais il reproche √† la France son nombre trop important de r√©gulations, les faibles comp√©tences num√©riques de sa main d'Ňďuvre, le nombre trop faible d'enseignants √† l'√©cole, le nombre trop √©lev√© de barri√®res non-tarifaires, le manque de flexibilit√© de son march√© du travail et le niveau trop √©lev√© d'imposition[319]. Dans le 2019 Index of Economic Freedom de l'Heritage Foundation, qui mesure le degr√© de libert√© √©conomique de chaque pays dans le monde, la France n'obtient que la 71e place (sur 186¬†pays class√©s) √† cause du niveau √©lev√© de ses d√©penses publiques, des r√©gulations rigides de son march√© du travail et de son important taux de pr√©l√®vements obligatoires[320].

L'économie française est fortement extravertie[a 16], notamment vis-à-vis de ses partenaires européens (65 % des exportations françaises[321]). Cette situation est en partie liée à l'épuisement ou à l'insuffisance des ressources minières et énergétiques du pays, qui l'obligent à importer[d 8], et à la taille relativement réduite de ce pays. Mais elle s'explique également par l'importance des exportations. Selon l'OMC, en 2017, la France est le 8e exportateur (535 milliards de dollars d'exportations) et le 6e importateur (625 milliards de dollars d'importations) mondial de marchandises. En ce qui concerne les services, elle en est le 4e exportateur (248 milliards de dollars d'exportations) et 4e importateur (240 milliards de dollars d'importations) mondial[322].

N√©anmoins, le commerce ext√©rieur de la France conna√ģt d'importantes difficult√©s. Depuis 2004, la France conna√ģt un d√©ficit de sa balance commerciale, de plus en plus creus√©[a 17] (‚ąí75,4¬†milliards de dollars en 2009[323]), une situation qui s'explique en partie par le niveau √©lev√© de l'euro face au dollar[a 17]. Entre 1990 et 2006, la part de march√© mondiale de la France dans les exportations de marchandises est pass√©e de 6,3 √† 4,1¬†%[a 18]¬†; la France n'est plus en 2009 que le cinqui√®me importateur et le sixi√®me exportateur mondial[323]. Selon Eurostat, cette d√©gradation du commerce ext√©rieur fran√ßais serait en partie due √† une augmentation des co√Ľts salariaux horaires[a 19]. Le solde commercial continue d'√™tre d√©ficitaire en 2017¬†: le solde des biens et services enregistre un d√©ficit de 38,3 Md‚ā¨ (26,8 Md‚ā¨ en 2016). Cette d√©gradation refl√®te principalement la dynamique de la demande int√©rieure fran√ßaise port√©e par la reprise de la consommation des m√©nages et de l'investissement des entreprises qui ont soutenu les importations de biens¬†: +6,8¬†% √† 535,5 Md‚ā¨ apr√®s +0,1¬†% en 2016. Par ailleurs, la facture √©nerg√©tique (39 Md‚ā¨) s'alourdit en 2017 et p√®se fortement sur la balance commerciale, √©quivalant √† 63¬†% du d√©ficit total[324].

Culture

Article connexe : Culture française.
La Libert√© guidant le peuple (Eug√®ne Delacroix, 1830) repr√©sente symboliquement la R√©publique fran√ßaise, associant sa culture √† l'un des tenants de sa devise¬†: Libert√©, √Čgalit√©, Fraternit√©.

Au fil du temps, la France a été un lieu pour le développement des arts et de la culture. Des nombreux artistes français importants, ainsi que des immigrés, ont trouvé refuge dans le pays ; ils participent à la reconnaissance en Occident et dans le monde entier de sa riche tradition culturelle. La création du ministère de la Culture en 1959 a aidé à préserver le patrimoine culturel du pays et à le rendre accessible au public. Le ministère de la Culture a été très actif dans l'octroi de subventions aux artistes, la promotion de la culture française dans le monde, le soutien aux festivals et événements culturels, la protection des monuments historiques. Le Gouvernement a également réussi à maintenir une exception culturelle pour défendre le cinéma français.

Avec pr√®s de 90¬†millions de visiteurs en 2018, la France est la premi√®re destination touristique dans le monde, en grande partie gr√Ęce aux nombreux √©tablissements culturels et b√Ętiments historiques implant√©s sur tout le territoire[284]. Elle compte 1¬†200¬†mus√©es accueillant plus de 50¬†millions de personnes chaque ann√©e[325]. Les sites culturels les plus importants sont g√©r√©s par le Gouvernement, par exemple, par l'interm√©diaire du Centre des monuments nationaux, qui est responsable d'environ 85 monuments historiques nationaux.

Architecture

Article connexe : Architecture en France.
La Sainte Chapelle de Saint Louis illustre l'influence française du Gothique sur l'architecture religieuse du XIIIe siècle.

La France poss√®de un patrimoine architectural riche, t√©moin d'une longue histoire et de la rencontre de diff√©rents traits civilisationnels. Les 43¬†180¬†b√Ętiments prot√©g√©s au titre des monuments historiques comprennent principalement des r√©sidences (nombreux ch√Ęteaux) et des √©difices religieux (cath√©drales, basiliques, √©glises), mais aussi des monuments et des jardins.

Inscrits sur la liste du patrimoine mondial

L'UNESCO a inscrit 44 sites en France sur la liste du patrimoine mondial[326].

Sur les 845 biens culturels[N 37] inscrits sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO en , 39 sont français, ce qui fait de la France, avec l'Allemagne, le quatrième pays du monde en nombre de sites culturels bénéficiant de la reconnaissance mondiale[N 38],[327].

Le patrimoine architectural fran√ßais inscrit sur la liste du patrimoine mondial comporte √† la fois des √©difices d'architecture religieuse (l'abbaye de Fontenay par exemple), civile (les ch√Ęteaux de la Loire), industrielle (la saline royale d'Arc-et-Senans), militaire (les sites majeurs fortifi√©s par Vauban) et urbaine (la place Stanislas de Nancy, le centre historique de Strasbourg). Il comporte des exemples d'architecture de toutes les √©poques, de l'architecture romaine (le pont du Gard) √† l'architecture d'apr√®s-guerre (le centre reconstruit du Havre), en passant par des chefs-d'Ňďuvre de l'architecture romane (l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe), gothique (la cath√©drale de Chartres) et classique (le canal du Midi).

B√Ętiments d'int√©r√™t historique

En France, depuis 1840, les b√Ętiments d'int√©r√™t historique, architectural, patrimonial ou culturel peuvent √™tre inscrits ou class√©s au titre des monuments historiques par l'√Čtat, de m√™me que certains biens mobiliers (cloches), ce qui leur assure une protection juridique, ainsi que des aides √† la restauration et √† l'entretien. Au , la France comptait 45¬†264¬†monuments historiques inscrits ou class√©s[330]. D'importants architectes fran√ßais ont fa√ßonn√© le patrimoine architectural, en France et en Europe, √† toutes les √©poques, avec des figures telles que Montreuil au Moyen √āge, Lescot, Delorme et Androuet du Cerceau √† la Renaissance, Mansart, Le Vau, Hardouin-Mansart, Gabriel et Ledoux aux √©poques classique et n√©oclassique, Viollet-le-Duc, Garnier et Eiffel au XIXe¬†si√®cle, Auguste Perret, Le Corbusier et Jean Nouvel √† l'√©poque contemporaine.

Arts visuels et plastiques

Articles détaillés : Peinture française et Sculpture française.

Si des productions artistiques sont attest√©es dans l'espace correspondant √† la France actuelle d√®s la Pr√©histoire[m 1], on ne peut parler d'¬ę¬†art fran√ßais¬†¬Ľ avant le d√©but du IIe¬†mill√©naire de notre √®re, √† l'√©poque o√Ļ un √Čtat et une nation commencent √† se former[f 1]. √Ä partir de cette √©poque, les Beaux-Arts fran√ßais vont √™tre en grande partie similaires √† ceux du reste de l'Europe occidentale, voyant se succ√©der un art roman aux XIe et XIIe¬†si√®cles et un art gothique du XIIe au XVe¬†si√®cle[m 2]¬†; la c√©l√©bration de la puissance de la monarchie fran√ßaise[f 2], d'un ¬ę¬†espace privil√©gi√©¬†¬Ľ (A. Chastel)[f 3] et la repr√©sentation du sacr√©[f 4] font partie des th√®mes privil√©gi√©s d'un art principalement command√© par le pouvoir politique ou religieux.

La Renaissance et le développement du classicisme au XVIIe siècle puis du néoclassicisme au XVIIIe siècle sont l'expression à la fois d'une recherche de l'ordre et de l'apparat et d'influences antiques et italiennes[m 3] ; c'est également à l'époque moderne qu'émergent des figures individuelles d'artistes, telles les peintres Fouquet, Poussin, La Tour, le Lorrain, Watteau, Boucher, Chardin, Fragonard, Greuze, David, Gros et Ingres, ou les sculpteurs Goujon, Girardon, Coysevox, Puget et Houdon[m 4].

Aux XIXe et XXe¬†si√®cles, la France joue un r√īle majeur dans les grands courants et r√©volutions artistiques occidentaux¬†: le romantisme (Delacroix et G√©ricault), le r√©alisme (Courbet), l'impressionnisme (Monet, Renoir, Manet, Degas) et le n√©o-impressionnisme (Seurat, Van Gogh, C√©zanne, Gauguin), le fauvisme (Matisse, Derain, Vlaminck), le cubisme (Braque, Picasso, L√©ger) ou encore le surr√©alisme (Duchamp) comptent des artistes fran√ßais parmi leurs principaux repr√©sentants[m 4],[m 5]. Rodin, de son c√īt√©, r√©volutionne la sculpture √† la fin du XIXe¬†si√®cle[m 6].

Littérature et poésie

Parmi les grandes figures de la littérature française, Michel de Montaigne (gauche) a un impact direct dans la culture mondiale, ses essais étant considérés comme certains des textes les plus influents de l'histoire[331],[332]. Victor Hugo (droite) est l'un des écrivains les plus importants, parfois même considéré comme le plus grand écrivain français de tous les temps[333].

Les lettres fran√ßaises comptent de nombreuses figures qui √† toutes les √©poques ont contribu√© √† la r√©putation culturelle du pays[m 7]. Il serait vain de tenter d'en faire la liste, mais il est possible de citer, concernant le Moyen √āge les po√®tes Chr√©tien de Troyes et Villon[m 4]¬†; au XVIe¬†si√®cle, le romancier Rabelais, l'essayiste Montaigne et les po√®tes Du Bellay et Ronsard marquent la Renaissance[m 4].

Au XVIIe siècle, les dramaturges Corneille, Racine et Molière, le poète Boileau, le fabuliste La Fontaine et le philosophe Pascal s'attachent à maintenir ou rétablir l'ordre par la raison[m 4] ; au XVIIIe siècle, les auteurs des Lumières Voltaire, Diderot, Montesquieu et Rousseau, les romanciers Prévost, Laclos et Sade et les dramaturges Marivaux et Beaumarchais fustigent la société de leur époque tout en abordant des sujets jusque-là prohibés[m 4].

Au XIXe¬†si√®cle, le roman conna√ģt un apog√©e avec Stendhal, Balzac, Hugo, Dumas, Flaubert et Zola, mais les autres genres ne sont pas en reste, comme le montrent le m√©morialiste Chateaubriand et les po√®tes Lamartine, Musset, Baudelaire, Vigny, Rimbaud et Mallarm√©[m 4]¬†; aussi les th√©oriciens Comte et Durkheim.

Le XXe¬†si√®cle marqu√© les probl√©matiques qui ont suivi les productions contemporaines¬†; on peut citer les po√®tes Apollinaire, √Čluard, Aragon, Char et Pr√©vert¬†; les romanciers et essayistes Proust, Gide, C√©line, Sartre, Beauvoir, Yourcenar, Duras, Saint-Exup√©ry, Vian, Camus, Duras, Sagan, Gracq, Sarraute, Deleuze, Derrida, Foucault, Guattari, Bourdieu, RicŇďur, Lacan et L√©vi-Strauss¬†; aussi les dramaturges Giraudoux, Cocteau et Ionesco[m 4].

Au XXIe¬†si√®cle, des noms √©mergent, dont ceux de J.M.G. Le Cl√©zio, Patrick Modiano, Virginie Despentes, Jacques Ranci√®re, Alain Badiou, Didi-Huberman, Michel Houellebecq, Erik Orsenna, √Čric-Emmanuel Schmitt, Pascal Quignard, Pierre Michon, Christine Angot, ou Eliette Abecassis.

À ce jour, la France est le pays qui possède le plus de prix Nobel de littérature, avec quinze lauréats[334].

La France est le 4e¬†pays publiant le plus de livres au monde derri√®re la Chine, les √Čtats-Unis et le Royaume-Uni. Ainsi, en 2015, 107¬†000 nouveaux livres ont √©t√© √©dit√©s en France[335].

Arts du spectacle

Article détaillé : Spectacle vivant.

Depuis une loi de 1999, la cat√©gorie administrative de ¬ę¬†spectacle vivant¬†¬Ľ a √©t√© invent√©e pour regrouper tous les spectacles publics se d√©finissant par ¬ę¬†la pr√©sence physique d'au moins un artiste du spectacle percevant une r√©mun√©ration lors de la repr√©sentation en public d'une Ňďuvre de l'esprit¬†¬Ľ, c'est-√†-dire les arts acad√©miques du th√©√Ętre, de la danse, de la musique orchestrale et de l'op√©ra, avec des arts populaires comme le cirque, les arts de la rue, les arts de la marionnette, le th√©√Ętre musical, le spectacle de rue et la musique instrumentale.

Th√©√Ętre

Article d√©taill√©¬†: Histoire du th√©√Ętre.
Molière et Jean Racine comptent parmi les auteurs les plus joués à la Comédie-Française et dans le pays, et sont des références de la littérature universelle[336],[337].

Les premiers vestiges du th√©√Ętre sur le territoire fran√ßais actuel datent de la culture grecque antique. Il se d√©veloppe ensuite dans toute la Gaule durant la p√©riode romaine, si bien qu'on retrouve nombre d'√©difices de cette √©poque encore aujourd'hui. Il prend ensuite diff√©rentes formes au fil des √©poques[338].

Au Moyen √āge, les drames liturgiques constituent le genre le plus populaire. Le genre s'enrichit davantage √† la Renaissance¬†: farces, comme Pathelin (1485)¬†; trag√©dies et com√©dies, avec des dramaturges humanistes comme √Čtienne Jodelle, Jacques Grevin ou Robert Garnier¬†; ou encore Commedia dell'arte, import√©e par des com√©diens italiens.

Fran√ßois H√©delin et Pierre Corneille met profondes r√©formes au m√©tier, qui fait il s'impose du baroque au mouvement du classicisme dans le XVIIe¬†si√®cle, puis Moli√®re et Jean Racine, entre autres, s'ach√®vera √† la fondation de la Com√©die-Fran√ßaise en 1680, la plus ancienne compagnie au monde aujourd'hui en fonctions. L'apparition du th√©√Ętre n√©o-classique des Lumi√®res, supposera une √©poque des grandes changes au XVIIIe¬†si√®cle, domin√© par Regnard, Marivaux et Beaumarchais, l'affaire du Mariage de Figaro (1778) qui annonce l'avenir de la R√©volution fran√ßaise, par exemple.

Le ouvrage de Fran√ßois-Joseph Talma marque un d√©but au XIXe¬†si√®cle¬†; le th√©√Ętre romantique est codifi√© par Victor Hugo dans la pr√©face de Cromwell (1827), et son d√©veloppement met diverses confrontations entre ses contemporains, Musset et Vigny, particuli√®rement √† la Bataille d'Hernani. En contestation, il assimile les courants du r√©alisme avec Eug√®ne Scribe et du naturalisme avec √Čmile Zola, qui vaut d√©clencher profondes r√©flexions au sujet de l'art dramatique, inspirant le travail de importantes figures telles que Chekhov, Ibsen et Stanislavski. En r√©ponse, le symbolisme fait son apparition, avec Paul Fort, Lugn√©-Poe et Maeterlinck.

Le d√©but du XXe¬†si√®cle et les apports d'Alfred Jarry, sont propices √† des grands changements et r√©flexions sur le sujet. Le th√©√Ętre de l'absurde refuse les explications simples et abandonne des personnages trop traditionnels, son auteur le plus connu est Eug√®ne Ionesco¬†; le th√©√Ętre d'avant-garde a √©t√© profond√©ment marqu√© par le dada√Įsme et le surr√©alisme, la technique s'accordant particuli√®rement bien au th√©√Ętre, notamment chez Antonin Artaud et Guillaume Apollinaire, cernait les routes du th√©√Ętre exp√©rimental, la performance et beaucoup des mouvements et expressions de l'art contemporain.

D'autres exp√©riences de th√©√Ętre impliquaient la d√©centralisation, le th√©√Ętre r√©gional, le ¬ę¬†th√©√Ętre populaire¬†¬Ľ (destin√© √† amener la classe ouvri√®re au th√©√Ętre). Le Festival d'Avignon a √©t√© cr√©√© en 1947 par Jean Vilar, qui a √©galement jou√© un r√īle important dans la cr√©ation du Th√©√Ętre national populaire. Apr√®s mai 1968, une grande partie de la cr√©ation th√©√Ętrale provint des MJC, instaur√©es par Andr√© Malraux un peu partout en France¬†; parmi les principales figures th√©√Ętrales contemporaines, on compte Jacques Lecoq, Ariane Mnouchkine, Bernard-Marie Kolt√®s, Jean-Luc Lagarce, Claude R√©gy, Christian Sim√©on ou encore Florian Zeller. La France s'exprime lors d'√©v√©nements prestigieux tels que le grand prix de litt√©rature dramatique, le prix SACD et la c√©r√©monie des Moli√®res, qui constitue la plus importante remise de prix pour le th√©√Ętre en France.

Danse

Articles détaillés : Histoire de la danse et Danse historique.
La systématisation du ballet est un des principaux apports français à la danse (Wilfride Piollet dans Le Lac des cygnes, 1977).

La danse est un vecteur majeur de la culture française, particulièrement la danse classique ou ballet, mais également les danses de cour à la Renaissance. Thoinot Arbeau publie en 1589, le traité le plus complet des danses pratiquées au XVIe siècle, l'Orchésographie, manuel pédagogique de danse et méthode de tambour[339].

Au XVIIe siècle, le développement de la danse classique part des premiers ballets de cour organisés par Balthazar de Beaujoyeulx en commande de Catherine de Médicis, par exemple le Ballet des Polonais et le Ballet comique de la reine. La danse conquiert alors la cour de Louis XIV qui fonde l'Académie royale de danse en 1661. Héritière de cette institution, la compagnie du ballet de l'Opéra national de Paris, la plus ancienne au monde, est considérée comme une des meilleures[340]. Pierre Beauchamp codifie les cinq positions classiques et met au point un système de notation de la danse[341], favorisant ainsi le développement de la danse baroque qui s'intègre aux représentations des tragédies lyriques, des opéra-ballets de Lully et Rameau, et des comédies-ballets de Pierre Corneille et de Molière[342],[343].

Le Cancan (Troupe de Mlle √Čglantine de Toulouse-Lautrec, 1895).

Au XVIIIe¬†si√®cle, Jean-Georges Noverre continue cette codification avec ses Lettres sur la danse, texte fondateur pour le nouveau ballet d'action (ou ballet-pantomime)[344]. √Ä cette √©poque, les femmes, encombr√©es par les paniers, corsets, perruques et talons hauts, ne jouent qu'un r√īle secondaire. Le tout premier ballet d'action du r√©pertoire est le Don Juan de Gluck, √©crit selon les indications de Noverre. Cette Ňďuvre majeure est l'anc√™tre direct des grands ballets romantiques du XIXe¬†si√®cle. Auguste Vestris d√©veloppe une m√©thode dont se sont inspir√©s Marius Petipa ou Auguste Bournonville.

Avec les apports de Fran√ßois Delsarte et √Čmile Jaques-Dalcroze, des grandes figures comme Isadora Duncan, Lo√Įe Fuller et Rudolf Laban d√©finissent des principes de danse moderne qui, au cours du XXe¬†si√®cle, sont d√©velopp√©s par Martha Graham, Merce Cunningham, Pina Bausch et Alwin Nikolais et le Centre national de danse contemporaine.

La pratique de la danse en France est régulée par la Fédération française de danse, divisés en des danses de spectacle (le ballet, le cancan, la danse contemporaine...), de société (traditionnelle, la quadrille...) et de compétition (sportives, acrobatiques).

Musique

Article détaillé : Musique française.

Musique savante

Partag√©e au Moyen √āge entre deux voies diff√©rentes, l'art polyphonique (ars antiqua, ars nova) ancr√© sur le chant gr√©gorien et l'art du chant profane monodique des troubadours et des trouv√®res[345], la musique fran√ßaise conna√ģt un rayonnement certain en Europe. La p√©riode baroque est √©galement tr√®s importante dans la France des XVIIe et XVIIIe¬†si√®cles, avec des compositeurs comme Lully, Charpentier, Rameau, Couperin. Romantisme et p√©riode moderne voient √©galement de grands compositeurs comme Berlioz, Chopin, Gounod et Bizet au XIXe¬†si√®cle, ou Ravel, Faur√©, Debussy au XXe¬†si√®cle. La p√©riode contemporaine peut √™tre repr√©sent√©e entre autres par Olivier Messiaen, Pierre Henry, Henri Dutilleux et plus r√©cemment par Pierre Boulez, Iannis Xenakis, Jean-Claude Risset, Fran√ßois Bayle, Philippe Hersant ou encore Betsy Jolas[346].

Chanson populaire et variétés

La chanson fran√ßaise avant le XXe¬†si√®cle √©tait souvent repr√©sent√©e par des chantres de villages ou des chanteurs de cabaret qui ont connu un certain succ√®s jusqu'au d√©but du XXe¬†si√®cle, comme Mistinguett. Le d√©veloppement de la musique en France a r√©ellement commenc√© pendant l'entre-deux-guerres, notamment avec Jean Sablon, Charles Tr√©net, √Čdith Piaf ou encore Mireille, permettant au music-hall de se d√©velopper, avec des artistes comme Jos√©phine Baker et Maurice Chevalier. Des maisons de disques sont cr√©√©es, et la chanson prend alors une vraie place dans la soci√©t√© et la culture fran√ßaise¬†: alors que dans les ann√©es 1930 les ventes de disques √©taient infimes (moins de 3 millions de disques par an)[347], le march√© explose √† partir des ann√©es 1960 (25 millions de disques vendus par an)[348], atteignant les 150 millions de disques vendus par an √† la fin des ann√©es 1970[349],[350]. La musique dite ¬ę¬†populaire¬†¬Ľ prend son essor, m√™lant des genres propres √† la France, comme la chanson fran√ßaise, √† des genres import√©s, comme le rock, la pop ou le rap.

Au début des années 2000, la variété française demeure toujours présente, tandis que le rap poursuit son ascension. Cependant, la crise du disque commence à se faire ressentir : les ventes de disques s'effondrent d'année en année, passant de 165 millions en 2002[351] à seulement 30 millions en 2018[352], à cause notamment du téléchargement illégal et de l'arrivée du streaming.

Parmi les chanteurs français les plus connus et ceux qui ont vendu le plus de disques, on peut noter :

  • Tino Rossi, dont la chanson Petit papa No√ęl demeure le titre le plus vendu en France.
  • √Čdith Piaf, chanteuse fran√ßaise la plus connue √† l'√©tranger, notamment gr√Ęce √† sa chanson La Vie en rose.
  • Charles Aznavour, auteur-compositeur-interpr√®te franco-arm√©nien de renomm√©e internationale.
  • Serge Gainsbourg, auteur-compositeur-interpr√®te qui a souvent jou√© avec la langue fran√ßaise et marqu√© le public par ses multiples provocations.
  • Dalida, chanteuse au destin tragique ayant embrass√© plusieurs styles musicaux, tels que le twist, le ra√Į et le disco.
  • Johnny Hallyday, chanteur et rocker devenu une v√©ritable ic√īne. Il demeure le plus gros vendeur de disques fran√ßais.
  • Claude Fran√ßois, dont la chanson Comme d'habitude est devenue un standard international sous le titre My Way.
  • Michel Sardou, chanteur populaire et engag√©, devenu le deuxi√®me plus gros vendeur de disques en France.
  • Jean-Jacques Goldman, auteur-compositeur-interpr√®te ayant sign√© de nombreux succ√®s pour lui et pour d'autres artistes.
  • Myl√®ne Farmer, auteure-compositrice-interpr√®te qui r√©volutionne la chanson fran√ßaise √† travers ses clips et ses concerts spectaculaires.
  • MC Solaar, pionnier du rap fran√ßais.

Cinéma

Article détaillé : Cinéma français.
Le tapis rouge du Festival de Cannes en 2018.

Le cinéma, inventé en 1895 à Lyon par les frères Lumière, reste une activité importante en France, malgré la concurrence hollywoodienne, et au monde entier. En 2005, la France est le sixième producteur mondial[N 39] et le premier producteur européen de longs-métrages[353]. Cette vitalité est soutenue par la politique d'exception culturelle de la France, qui se manifeste, par exemple, par l'imposition de quotas de films français diffusés à la télévision[354]. Elle s'exprime lors d'événements prestigieux tels que les César, les Prix Lumières, et le Festival international du film, organisé chaque année à Cannes, qui est l'événement culturel le plus médiatisé au monde[355].

Existant depuis une centaine d'ann√©es, le cin√©ma fran√ßais se r√©v√®le tr√®s riche quant √† la diversit√© de ses r√©alisateurs (Georges M√©li√®s, Jean-Luc Godard, Luc Besson...) de ses acteurs (Jean Marais, Louis de Fun√®s, G√©rard Depardieu, Audrey Tautou...) et des films qu'il a produits (Les Mis√©rables, La Grande Vadrouille, Emmanuelle, Le Grand Bleu, Intouchables...). Cependant, depuis les ann√©es 1980, une grande partie de la production est plus sp√©cifiquement tourn√©e vers les com√©dies (Le D√ģner de cons, Les Visiteurs, Bienvenue chez les Ch'tis...) et les films d'auteurs (La Haine, Le Fabuleux Destin d'Am√©lie Poulain, The Artist...).

Lors de la crise sanitaire en France, l'√Čtat a fait le plan de relance de 2 milliards d'euros pour soutenir les secteurs culturels. Le 28 ao√Ľt 2020, le Premier ministre Jean Castex a annonc√© que 165 millions d'euros seraient utilis√©s pour soutenir la cr√©ation cin√©matographique du planifi√© de 2 milliards d'euros. Par ailleurs, 432 millions d'euros ont d√©j√† √©t√© allou√©s pour aider le secteur du spectacle vivant[356].

Mode

Article détaillé : Histoire de la mode en France.

La mode est une industrie importante en France depuis le XVIIe siècle, et c'est encore aujourd'hui un vecteur majeur de la culture française à l'étranger. En ce début de XXIe siècle, Paris se revendique comme la capitale mondiale de la mode[357],[358], (de même que Londres, Milan et New York) et accueille les sièges de maisons de mode de premier plan.

C'est durant le r√®gne de Louis XIV[359], quand les industries de biens de luxe ont √©t√© mises sous le contr√īle du roi, que la France a acquis une place pr√©pond√©rante dans la mode. La cour royale fran√ßaise s'est alors progressivement √©rig√©e en arbitre du go√Ľt et du style en Europe, au XVIIIe¬†si√®cle. Dans les ann√©es 1860-1960 les grandes maisons de couture ont insuffl√© une dynamique nouvelle. L'expression ¬ę¬†haute couture¬†¬Ľ est originaire de Paris et date des ann√©es 1860. C'est un nom prot√©g√© par la loi, qui garantit certaines normes de qualit√© et une exclusivit√©.

Dans les années 1960, la haute couture, considérée comme trop élitiste, subit les critiques de la culture de la jeunesse. En 1966, le couturier Yves Saint Laurent rompt avec les normes établies par le lancement d'un prêt-à-porter, inaugurant l'expansion de la mode française dans la fabrication de masse. Dans les années 1970 et 1980, Sonia Rykiel, Thierry Mugler, Claude Montana, Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix établissent de nouvelles tendances, en mettant l'accent sur le marketing et la fabrication. Dans les années 1990, se constituent des conglomérats regroupant de nombreuses maisons de couture françaises, avec notamment les géants du luxe LVMH, Kering et L'Oréal. Au début des années 2020, le secteur de la parfumerie française, industrialisé au tout début du XXe siècle par François Coty, reste leader mondial.

Gastronomie

Article détaillé : Cuisine française.
Bouteilles de champagne Veuve Clicquot.

La cuisine fran√ßaise jouit d'une tr√®s grande renomm√©e, notamment gr√Ęce √† ses productions agricoles de qualit√©¬†: nombreux vins (champagne, vins de Bordeaux, de Bourgogne ou d'Alsace,¬†etc.) et fromages (roquefort, camembert,¬†etc.)[360],[361], et gr√Ęce √† la haute gastronomie qu'elle pratique depuis le XVIIIe¬†si√®cle[g 1].

Une tranche de roquefort, l'un des fromages français les plus réputés.

La cuisine fran√ßaise est extr√™mement vari√©e. Elle est essentiellement constitu√©e de sp√©cialit√©s r√©gionales[g 2], comme la choucroute alsacienne, la quiche lorraine, les rillettes du Mans, le bŇďuf bourguignon, le foie gras p√©rigourdin, le cassoulet languedocien, la tapenade proven√ßale ou les quenelles lyonnaises. On peut tracer de v√©ritables fronti√®res culinaires, entre un nord utilisant le beurre et l'√©chalote et un sud leur pr√©f√©rant l'huile et l'ail[g 3],[l 1], et entre des r√©gions √† la cuisine terrienne (le P√©rigord par exemple) et d'autres √† la cuisine r√©solument tourn√©e vers la mer (la Provence)[g 4]. N√©anmoins, ces diff√©rences ont tendance √† s'estomper aujourd'hui, en raison de la jonction des modes de vie et de l'essor discut√© de la malbouffe ainsi que d'une mode de la cuisine mondialis√©e[g 5].

En plus de sa forte tradition viticole, la France est également un important producteur de bière. Les trois principales régions brassicoles françaises sont l'Alsace (60 % de la production nationale), le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine.

Le repas gastronomique des Fran√ßais a √©t√© inscrit en 2010 √† la liste repr√©sentative du patrimoine culturel immat√©riel de l'humanit√© de l'UNESCO[362]. Il se compose g√©n√©ralement d'une entr√©e, d'un plat garni et d'un dessert (parfois compl√©t√© par du fromage, servi avant). Le soir, l'entr√©e est souvent remplac√©e par un potage ou une soupe (d'o√Ļ l'appellation de ¬ę¬†souper¬†¬Ľ pour ce repas). Le repas dominical est plus √©labor√©¬†: deux entr√©es (une froide, une chaude), r√īti de bŇďuf ou volaille (le plus couramment), salade, plateau de fromages et dessert. Les heures de repas vont de midi (Nord et Est), √† 13¬†h (la moyenne), 13¬†h¬†30 dans le Sud¬†; le soir, de 18¬†h¬†30 (Flandres) √† 19¬†h¬†30 (moyenne) et 20¬†h¬†30 (Sud).

Philosophie et science

La France est depuis le Moyen √āge un foyer de connaissances et de d√©couvertes majeur. L'universit√© de Paris, cr√©√©e en 1200, a √©t√© d√®s son origine et jusqu'√† l'√©poque contemporaine l'une des plus importantes d'Occident[363].

Au XVIIe¬†si√®cle, Ren√© Descartes d√©finit une m√©thode pour l'acquisition d'un savoir scientifique, tandis que Blaise Pascal resta c√©l√®bre pour son travail sur les probabilit√©s et la m√©canique des fluides. Le XVIIIe¬†si√®cle fut marqu√© par les travaux du biologiste Buffon et du chimiste Lavoisier, qui d√©couvrit le r√īle de l'oxyg√®ne dans la combustion, tandis que Diderot et D'Alembert publiaient l'Encyclop√©die. Au XIXe¬†si√®cle, Augustin Fresnel fut le fondateur de l'optique moderne, Sadi Carnot posa les bases de la thermodynamique, et Louis Pasteur fut un pionnier de la microbiologie.

Au XXe siècle, on peut citer le mathématicien et physicien Henri Poincaré, les physiciens Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie (elle-même d'origine polonaise), restés célèbres pour leurs travaux sur la radioactivité, le physicien Paul Langevin ou encore le virologue Luc Montagnier, codécouvreur du virus du sida.

En 2018, avec 62 prix Nobel remport√©s, la France est le 4e¬†pays le plus r√©compens√©, derri√®re l'Allemagne (83 prix), le Royaume-Uni (113 prix) et les √Čtats-Unis (376 prix)[364]. Dans le domaine des math√©matiques, les math√©maticiens fran√ßais ont remport√© 4 prix Abel[365] et 12 m√©dailles Fields[366], faisant de la France la 2e¬†nation la plus prim√©e pour ces deux r√©compenses.

Influence internationale

Carte du monde francophone.
  • Langue maternelle
  • Langue administrative
  • Langue de culture
  • Minorit√©s francophones

Depuis le Moyen √āge, la France joue un r√īle majeur dans l'histoire artistique, culturelle, intellectuelle et politique du monde[l 2]. En particulier, beaucoup de ses anciennes colonies utilisent encore aujourd'hui sa langue, son droit, ses institutions politiques ou encore son syst√®me fiscal[l 2]. La politique culturelle est depuis le milieu du XXe¬†si√®cle un aspect majeur de la politique √©trang√®re de la France[367].

L'influence culturelle mondiale de la France passe notamment par le français, langue de l'élite européenne et de la diplomatie jusqu'au début du XXe siècle[l 3]. La France est le deuxième pays francophone du monde, après la république démocratique du Congo[200]. Le français, parlé par quelque 220 millions de locuteurs dans le monde[N 40],[l 3], est une des deux langues de travail de l'Organisation des Nations unies et de ses agences, une des trois principales langues de travail de la Commission européenne et de l'Union africaine. La France est un membre fondateur de l'Organisation internationale de la francophonie, qui regroupe 75 pays en 2011 et promeut la langue française, ainsi que les valeurs démocratiques et les droits de l'homme[368].

La pr√©sence culturelle de la France √† l'√©tranger est entretenue non seulement par ses repr√©sentations diplomatiques, mais aussi par le r√©seau √©tendu de l'Alliance fran√ßaise[369] et par les plus de 400 √©tablissements scolaires fran√ßais √† l'√©tranger[370]. De plus, la France est √† l'origine de la cr√©ation de m√©dias √† vocation internationale, tels que la radio RFI ou les cha√ģnes de t√©l√©vision TV5 Monde (commune √† plusieurs pays) et France 24[371].

Codes pays

La France a pour codes :

Notes et références

Notes

  1. 543 940 km2 pour la France métropolitaine, 89 489 km2 pour les DOM-ROM, 23 201 km2 pour les COM, 7 659 km2 pour les TAAF et 7 km2 pour Clipperton). La Terre Adélie (432 000 km2) est exclue de ce décompte.
  2. La date du baptême est incertaine.
  3. Au , 67 406 000 personnes vivent en métropole et dans les départements d’outre-mer (y compris Mayotte)[1]. Si on inclut également les 608 212 habitants des collectivités d’outre-mer (Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et de Nouvelle-Calédonie, la population de l’ensemble des territoires français atteint environ 68,01 millions.
  4. Cette valeur concerne toute la France : métropolitaine et départements d'outre-mer. La densité de population en France métropolitaine est de 117,9 hab./km2.
  5. Franc Pacifique dans les collectivités du Pacifique :
    1¬†000¬†XPF = 8,38¬†EUR exactement, soit 1¬†EUR ‚Čą 119,331¬†7¬†XPF environ (source officielle IEOM).
  6. .gp, .mq, .gf, .re, .pm, .yt, .tf, .wf, .pf et .nc pour les départements, régions et collectivités d’outre-mer, ainsi que .eu (partagé avec les autres pays de l’Union européenne).
  7. La France est présente en Europe et en Amérique du Sud (Guyane) ainsi que dans les océans Atlantique (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon), Indien (Réunion, Mayotte, TAAF), Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Clipperton) et l'Austral (Îles Kerguelen).
  8. La Russie et la Turquie, dont une partie du territoire est européen, ne sont pas considérées ici mais ont une population totale supérieure à la population française.
  9. Une partie de la frontière entre l'Allemagne et la France correspond néanmoins au cours du Rhin.
  10. La délimitation de l'océan Austral fait débat mais les iles Kerguelen y sont régulièrement cité dedans pour leur condition météorologique.
  11. La souveraineté de la France sur ce territoire, contestée par l’Australie, est en outre limitée par les clauses du traité sur l’Antarctique.
  12. Ne sont considérées aujourd'hui comme territoires d'Outre-Mer que les Terres australes et antarctiques françaises.
  13. L'aire d'attraction parisienne comptait en 2018 13 064 617 habitants, contre 2 259 411 pour l'aire d'attraction lyonnaise. À titre de comparaison, Rome est la troisième aire métropolitaine d'Italie et compte 1,75 fois moins d'habitants que la première Milan ; Berlin possède une population comparable à celles de Francfort, Munich, Stuttgart et Hambourg ; Barcelone est proche de Madrid en termes d'aire métropolitaine.
  14. Ces valeurs concernent l’année 2014, et correspondent à la part du transport routier dans le total des transports de voyageurs et marchandises cette année-là, respectivement en voyageurs-km et en tonnes-km.
  15. Airbus est issu de la coopération de la France avec ses voisins allemand, espagnol et britannique.
  16. Depuis la fin du IXe siècle, les rois sont élus par les grands du royaume et ne sont plus systématiquement carolingiens.
  17. Cette valeur est issue des chroniques du contemporain Jean Froissart. Mais, selon des travaux récents portant sur quelques provinces du royaume, la population de ces provinces aurait été divisée par deux, voire par trois entre 1315 et 1450, la peste étant le principal facteur de cette chute démographique.
  18. Derrière cet absolutisme apparent, le pouvoir de Louis XIV reste néanmoins limité par les multiples franchises, privilèges et libertés qu’ont obtenus au cours des siècles précédents de nombreuses entités politiques régionales ou locales.
  19. Napoléon Ier est notamment à l’origine de la création de la Banque de France, des lycées, des chambres de commerce, des cours d’appel, de la Légion d’honneur ou encore des préfectures. C’est également sous son règne que sera adopté le code civil français.
  20. 238 000 militaires français auraient été tués au cours de la Seconde Guerre mondiale, selon Histoire : Le monde de 1939 à nos jours (manuel scolaire de terminale), Nathan, 1998.
  21. Jacob Robinson donne le nombre de 83 000 Juifs exterminés en France ou à partir du territoire français (Jacob Robinson, Encyclopaedia Judaica, cité par Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, t. 2, Seuil, , p. 527 ).
  22. L‚Äôexpression de ¬ę¬†r√©gime semi-pr√©sidentiel¬†¬Ľ est due √† Maurice Duverger, celle de ¬ę¬†r√©gime parlementaire birepr√©sentatif¬†¬Ľ √† Marie-Anne Cohendet.
  23. N√©anmoins, ce droit d‚Äôappel n‚Äôexiste pas dans certains cas o√Ļ le litige ou les r√©quisitions du plaignant sont consid√©r√©es comme de faible importance. Le pourvoi en cassation reste cependant toujours possible. Voir √† ce sujet l‚Äôarticle Organisation juridictionnelle (France).
  24. Il faut également ajouter à cette liste le cas de certaines entités au statut particulier. La Collectivité territoriale de Corse possède un statut à part, distinct de celui des régions. Quant aux trois plus grandes communes du pays (Paris, Marseille et Lyon), elles sont divisées en arrondissements municipaux, au sein desquels un conseil d’arrondissement est élu, mais ce conseil d’arrondissement ne possède que des pouvoirs limités et généralement subordonnés à l’accord du conseil municipal.
  25. En 2009, les habitants de Mayotte se sont prononcés par référendum pour la départementalisation de leur collectivité, dont le statut était déjà proche de celui des départements.
  26. Entre 1974 et 2002, au premier tour de chaque élection présidentielle, la part des suffrages exprimés obtenue par les trois premiers candidats cumulés n’a cessé de diminuer, de presque 91 % en 1974 à un peu moins de 53 % en 2002. Néanmoins, cette évolution a été contredite par l’élection présidentielle de 2007 : les trois premiers candidats ont obtenu plus de 75 % des suffrages exprimés, un résultat qui s’explique en partie par la crainte des électeurs de ne pas voir, comme en 2002, le candidat d’un des deux principaux partis se qualifier pour le second tour.
  27. Depuis 2009, les Verts sont associ√©s √† d‚Äôautres partis √©cologistes dans l‚Äôalliance √©lectorale Europe √Čcologie.
  28. Le diagramme de gauche repr√©sente les principaux imp√īts en pourcentage des recettes fiscales de l‚Äô√Čtat en 2007. Le diagramme de droite repr√©sente la part du PIB fran√ßais revenant aux administrations publiques et de s√©curit√© sociale apr√®s pr√©l√®vements obligatoires et transferts. IR = Imp√īt sur le revenu des personnes physiques¬†; CSG = Contribution sociale g√©n√©ralis√©e¬†; IS = Imp√īt sur les soci√©t√©s¬†; TVA = Taxe sur la valeur ajout√©e¬†; TIPP = Taxe int√©rieure sur les produits p√©troliers.
  29. Un retrait prochain des forces françaises du Sénégal est annoncé.
  30. En 2008, 41 des aides et 49¬†% du personnel √† l‚Äô√©tranger de l‚ÄôAgence fran√ßaise de d√©veloppement concernaient l‚ÄôAfrique subsaharienne. Parmi les sept principaux √Čtats b√©n√©ficiaires des fonds de l‚ÄôAFD (Afrique du Sud, Chine, S√©n√©gal, Maroc, Indon√©sie, √Čgypte et Tunisie), cinq sont africains et trois sont d‚Äôanciennes colonies fran√ßaises.
  31. La France poss√®de de nombreux autres symboles officieux, notamment le coq gaulois, l‚Äôhexagone, les majuscules associ√©es ¬ę¬†RF¬†¬Ľ ou encore la figure de Jeanne d‚ÄôArc.
  32. Le CIA World Factbook l’estime à 82 ans en 2015, ce qui place la France au huitième rang mondial (source).
  33. Les communes gèrent des écoles maternelles et élémentaires, les départements gèrent les collèges et les régions les lycées.
  34. C‚Äôest-√†-dire en incluant les prestations sociales stricto sensu, les prestations des services sociaux (l‚Äôacc√®s gratuit ou √† tarif r√©duit √† l‚Äôhospitalisation publique, aux transports en commun pour les RMIstes, les personnes √Ęg√©es et les jeunes enfants, etc) et les prestations fiscales (notamment l‚Äôapplication du quotient familial dans le calcul de l‚Äôimp√īt sur le revenu), mais sans prendre en compte les d√©penses des mutuelles de sant√©.
  35. Selon l‚ÄôOJD, le quotidien r√©gional Ouest-France est vendu √† plus de 762¬†000 exemplaires chaque jour, le magazine hebdomadaire TV Mag √† plus de 6¬†millions d‚Äôexemplaires et le quotidien sportif L‚Äô√Čquipe √† plus de 303¬†000 exemplaires (en ne comptant que son √©dition g√©n√©rale).
  36. C’est à Paris que s’est réuni le premier congrès olympique en 1894, sous la direction du Français Pierre de Coubertin, qui décida le rétablissement des Jeux olympiques.
  37. En incluant les sites dits mixtes, à l’intérêt à la fois naturel et culturel.
  38. Derrière l’Italie (54), la Chine (47) et l’Espagne (44) et ensemble avec l'Allemagne (39).
  39. En nombre de films produits, derri√®re l‚ÄôInde, le Nigeria, les √Čtats-Unis, le Japon et la R√©publique populaire de Chine.
  40. Ces valeurs ne concernent que les personnes parlant effectivement le français (et non celles vivant dans un pays francophone sans parler cette langue) et sont des estimations de l’Organisation internationale de la francophonie.

Références

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  4. Les noms cités dans l’article sont tous cités dans les pages 85 à 95.
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Annexes

Bibliographie

Liens externes