AccueilđŸ‡«đŸ‡·Chercher

Festival de Cannes

Le Festival de Cannes (appelé Festival international du film de 1946 à 2002) est un festival de cinéma international se déroulant chaque année à Cannes (Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-CÎte d'Azur, France) durant douze jours pendant la seconde quinzaine du mois de mai. Les principales projections ont lieu au Palais des festivals situé à l'entrée de la promenade de la Croisette.

Festival de Cannes
Festival international
du Film (de 1939 Ă  2002)
Image illustrative de l’article Festival de Cannes
Logo du Festival de Cannes.
Image illustrative de l’article Festival de Cannes
Logo du Festival de Cannes
Festival international
du Film (de 1939 Ă  2002)

Date de création
Créateur Philippe Erlanger, Jean Zay et Albert Sarraut
Prix principal Palme d'or
(voir aussi la liste des prix décernés)
Président Iris Knobloch
Délégué général Thierry Frémaux
Édition courante Festival de Cannes 2023
Durée 12 jours
Lieu Palais des festivals et des congrĂšs de Cannes Drapeau de la France France
Site web www.festival-cannes.com
Le tapis rouge sur les marches du Palais des Festivals Ă  Cannes.
La Palme d'or, rĂ©compense suprĂȘme du Festival, dans son format de 1979.

Il est fondĂ© le d'aprĂšs une idĂ©e de Philippe Erlanger soumise Ă  Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du Front populaire et Albert Sarraut, ministre de l'IntĂ©rieur. La premiĂšre Ă©dition prĂ©vue, fixĂ©e au , est annulĂ©e en raison de la dĂ©claration de la Seconde Guerre mondiale.

ParallĂšlement Ă  la sĂ©lection officielle du Festival (films en et hors compĂ©tition), plusieurs sections sont crĂ©Ă©es au fil des ans dont la Quinzaine des rĂ©alisateurs, la CinĂ©fondation, la Semaine de la critique ou Un certain regard. Le MarchĂ© du film de Cannes attire 11 000 participants.

Le festival est Ă  l'origine crĂ©Ă© pour rĂ©compenser le meilleur film (grand prix), le meilleur rĂ©alisateur (prix de la mise en scĂšne), le meilleur acteur et la meilleure actrice (prix d'interprĂ©tation masculine et prix d'interprĂ©tation fĂ©minine) de la compĂ©tition internationale. D'autres prix dĂ©cernĂ©s par un jury de professionnels, d'artistes et d'intellectuels, apparaissent plus tard comme le prix du jury et surtout, rĂ©compense suprĂȘme, la Palme d'or.

Le Festival de Cannes fait partie des trois principaux festivals cinĂ©matographiques internationaux avec la Mostra de Venise et la Berlinale. Ces trois festivals reconnus pour leur prestige du point de vue de la critique cinĂ©matographique ont tendance Ă  ĂȘtre opposĂ©s aux Oscars du cinĂ©ma amĂ©ricains.

Il est également désigné, localement, sous l'acronyme « FIF » (Festival international du film), notamment par les professionnels de l'hÎtellerie.

Le , le Conseil d’Administration de l’Association Française du Festival International du Film nomme comme PrĂ©sidente du Festival de Cannes Iris Knobloch. Elle succĂšde Ă  Pierre Lescure.

Histoire

GenÚse et premiÚre édition annulée (1939)

Note de 1939 avec la dĂ©cision du Gouvernement français de ne plus participer Ă  la Mostra de Venise, mais d’organiser son propre festival Ă  Biarritz, Cannes ou Nice.
Affiche du film Le Magicien d'Oz de Victor Fleming qui aurait dû faire partie de la sélection du 1er festival avorté en 1939.

La France ressent dĂšs l'exposition universelle de 1937 le dĂ©sir de consolider son prestige culturel en organisant une compĂ©tition internationale de films. À la fin des annĂ©es 1930, choquĂ©s par l’ingĂ©rence des gouvernements nazi allemand et fasciste italien dans la sĂ©lection des films de la Mostra de Venise — inaugurĂ©e en aoĂ»t 1938 par Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich —, Philippe Erlanger, directeur de l'Association française d'action artistique, et les critiques de cinĂ©ma Émile Vuillermoz et RenĂ© Jeanne, tous trois membres du jury international de la Mostra, soumettent Ă  Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts (qui a conservĂ© dans le nouveau gouvernement son portefeuille du Front populaire) et Albert Sarraut, ministre de l'IntĂ©rieur[1], l'idĂ©e d'un festival international de cinĂ©ma, politiquement indĂ©pendant, en France[note 1] - [2]. Jean Zay, intĂ©ressĂ© par la proposition, donne une rĂ©ponse favorable le [3] et est encouragĂ© par les AmĂ©ricains et les Britanniques qui ont boycottĂ© la Mostra de Venise : Harold Smith, reprĂ©sentant Ă  Paris de la Motion Picture Association of America et Neville Kearney, dĂ©lĂ©guĂ© officiel du cinĂ©ma britannique en France, s'engagent Ă  soutenir ce « festival du monde libre » et Ă  y amener des vedettes[note 2]. Le festival se veut un partenariat franco-amĂ©ricain qui crĂ©e le plus grand marchĂ© du film mondial[4].

Plusieurs villes françaises de villĂ©giature disposant des capacitĂ©s d'accueil sont candidates, Aix-les-Bains[5] - [6], Biarritz[6], Cannes[6], dont Henri-Georges Clouzot apprĂ©cie l’agrĂ©ment et l’ensoleillement, Le Touquet[6] et Vichy[6] mais aussi d'autres villes hors de France mĂ©tropolitaine, Alger, Lucerne et Ostende. Finalement, le responsable du projet, Philippe Erlanger, qui forma l'idĂ©e du festival dans le wagon-lit lors de son retour de la Mostra de Venise en 1938[7], retient deux villes : Biarritz et Cannes, les autres ne pouvant en quelques mois construire et amĂ©nager une salle de projection pouvant accueillir un millier de spectateurs[6]. Les comitĂ©s de tourisme et les directeurs de palace des deux villes se livrent alors une bataille pour obtenir le festival[6]. Deux personnalitĂ©s cannoises, les directeurs de palaces Henri Gendre, propriĂ©taire du Grand HĂŽtel, et Jean Fillioux, propriĂ©taire du Palm Beach, mettent en avant leurs chambres, leurs Ă©quipements ainsi que la salle de projection du Casino municipal de Cannes pouvant accueillir un millier de spectateurs. Le gouvernement dĂ©cide alors de crĂ©er un comitĂ© de coordination composĂ© des reprĂ©sentants des diffĂ©rents ministĂšres concernĂ©s par le festival[6], pour Ă©tudier les atouts de chaque ville, envoyĂ© ses reprĂ©sentants sur place et les dĂ©partager. Alors que la rumeur donne Cannes gagnante, c'est Biarritz qui est choisie le pour des raisons financiĂšres, cette ville ayant dĂ©cidĂ© de verser une subvention[6].

Mais la ville de Cannes contre-attaque[6]. Les directeurs des palaces recontactent les ministĂšres et le comitĂ© dĂ©cide de rĂ©Ă©tudier le dossier[6]. La ville de Cannes s'engage Ă  augmenter sa participation financiĂšre[6] Ă  600 000 francs, Ă  mettre Ă  la disposition du comitĂ© ses salles de rĂ©ception et promet de construire un palais spĂ©cialement destinĂ© au festival[note 3]. Biarritz fait une contre-offre mais pas suffisante et dĂ©cide finalement de retirer sa candidature[6]. Le festival est officiellement attribuĂ© Ă  Cannes avec la signature le d'un contrat entre cette ville et l'État[6].

Philippe Erlanger est le premier délégué général du Festival[8].

En 1939, la sĂ©lection française est arrĂȘtĂ©e et comprend L'Enfer des anges de Christian-Jaque, La Charrette fantĂŽme de Julien Duvivier, La Piste du nord de Jacques Feyder et L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli.

Parmi les films Ă©trangers, on retrouve Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille, Au revoir Mr. Chips (Goodbye Mr Chips) de Sam Wood et Les Quatre Plumes blanches (The Four Feathers) de Zoltan Korda.

Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois d'adoption — dont la villa, lĂ©guĂ©e aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa femme Ă  la municipalitĂ© de Cannes, est mise, depuis les annĂ©es 1990, Ă  la disposition du comitĂ© pour les dĂ©libĂ©rations du jury[9] — crĂ©e la cĂ©lĂšbre affiche du 1er Festival qui montre une femme applaudissant, le dos nu, la chevelure luxuriante, aux cĂŽtĂ©s d'un homme en habit, les deux premiers spectateurs du Festival[10] - [11] - [12]. La « Coupe LumiĂšre », du nom du prĂ©sident d'honneur du « festival du monde libre », ainsi nommĂ©e pour s'opposer Ă  la coupe Mussolini de la Mostra de Venise, doit rĂ©compenser le meilleur film[13] - [14].

DĂšs le mois d'aoĂ»t, les vedettes affluent et la Metro-Goldwyn-Mayer affrĂšte un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer et George Raft. On prĂ©voit des fĂȘtes ; inspirĂ©s par le film Quasimodo, les AmĂ©ricains projettent de construire une rĂ©plique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes[8]. Le 1er septembre, jour de l'ouverture, les troupes allemandes pĂ©nĂštrent en Pologne, et le Festival est dĂ©finitivement annulĂ©.

DĂ©buts du Festival

Charles Boyer, ici dans Elle et lui (1939) est le narrateur de La Bataille du rail de René Clément, Palme d'or du premier festival en 1946.

La premiĂšre Ă©dition du Festival se dĂ©roule Ă  l'automne, aprĂšs la guerre, du au [15], dans les salles du Casino municipal de Cannes, sur les volontĂ©s de Philippe Erlanger, chef du service des Échanges artistiques au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, et de la ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du travail[16] (CGT) dont le rĂ©alisateur Louis Daquin est membre.

Le Service cinĂ©matographique des armĂ©es (SCA) et le ComitĂ© de libĂ©ration du cinĂ©ma français (CLCF) ont fait partie des premiers producteurs juste aprĂšs la guerre ou mĂȘme pendant les derniers Ă©pisodes de celle-ci. Le CLCF a notamment filmĂ© des actions rĂ©elles de RĂ©sistants. Les « premiers films libres » sont ainsi inspirateurs de l'image de la RĂ©sistance intĂ©rieure française au cinĂ©ma.

Sur fond de pénurie de pellicule et d'électricité , la coopérative du CLCF a produit quelques films à gros succÚs[17], dont La Bataille du rail de René Clément[17], avec l'aide de la SNCF, et Le 6 juin à l'aube de Jean Grémillon[17].

Le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres et la ville de Cannes[note 4] - [18] - [19] prennent en charge le financement.

Il est un temps question que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance[20]. La France et les professionnels du cinéma ignorent cet accord[21]. En 1946, le Festival est un succÚs et les cinéastes attendent une nouvelle édition en 1947[21]. Lorsque l'accord est dévoilé, il est vivement critiqué : certains parlent d'une « capitulation de la France »[21], d'aprÚs le magazine La Technique française.

Le gouvernement refuse de financer un festival annuel et le Palais des Festivals est construit dans la précipitation par le syndicat pour accueillir l'édition de 1947[22]. Encore aujourd'hui, la Fédération CGT des syndicats du spectacle siÚge au conseil d'administration du Festival[23]. Cette année, les organisateurs du Festival décident que le jury se compose d'un représentant par pays[24].

Le Palais des Festivals (également appelé Palais Croisette), construit grùce au maire de Cannes, le Docteur Raymond Picaud (fils du Docteur André Picaud et de Marthe Pabot du Chatelard) est inauguré le soir du (le Festival dura du 12 au 25). La toiture, inachevée[note 5], s'envole lors d'un orage à la fin du Festival. Le bal de clÎture et la remise des prix ont lieu au Casino municipal de Cannes[25].

Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival en 1947 et instaure le principe de la Commission de sĂ©lection : le Centre national de la cinĂ©matographie doit donner Ă  la commission de sĂ©lection les dates et rĂšglements des autres festivals internationaux en prĂ©cisant les dĂ©lais de l'envoi des films. Les producteurs sont ensuite informĂ©s et peuvent envoyer leur(s) film(s) Ă  la Commission, qui Ă©tablit ensuite la sĂ©lection. Ces films doivent alors ĂȘtre conformes aux rĂšgles de censure de l'Ă©poque. Pendant la Guerre froide, la liste est validĂ©e par le ministĂšre chargĂ© de la CinĂ©matographie et celui des Affaires Ă©trangĂšres[26]. Ainsi, durant l'annĂ©e 1947, le Festival s'institutionnalise et trouve ses marques au sein de l'Europe, oĂč les festivals de cinĂ©ma se multiplient. Le Festival n'a pas eu lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problĂšmes budgĂ©taires[27], et peut-ĂȘtre Ă  cause d'un contrat avec la Mostra de Venise qui les faisait se dĂ©rouler en alternance un an sur deux[20].

Depuis 1951, le Festival a lieu durant le printemps, et abandonne une date proche de celles de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno. La Palme d'or est crĂ©Ă©e en 1955, Ă  l'initiative de Robert Favre Le Bret, pour remplacer le « grand prix du Festival international du film » que l'on dĂ©cerne au rĂ©alisateur du meilleur film de la compĂ©tition. Le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral rĂ©unit le conseil d'administration et invite des joailliers de toute l'Europe prĂ©senter le trophĂ©e de la Palme d'or[28]. Le conseil opte pour un dessin de Lucienne Lazon. La premiĂšre Palme est remise cette mĂȘme annĂ©e Ă  Delbert Mann pour Marty. Le grand prix reprend sa place de 1964 Ă  1974 puis disparaĂźt Ă  jamais au profit de la Palme d'or.

À partir des annĂ©es 1950, Cannes devient le plus grand Ă©vĂ©nement du cinĂ©ma mondial[4]. Peu Ă  peu, comme le souhaite le critique AndrĂ© Bazin, le festival s'occupe plus de cinĂ©ma, et moins de mondanitĂ©s, de patriotisme et de diplomatie (jusque dans les annĂ©es 1970, les ambassades prĂ©sentaient les films choisis par leur gouvernement)[29]. De grands cinĂ©astes y prĂ©sentent des Ɠuvres majeures : Roberto Rossellini, Federico Fellini, Ingmar Bergman, Elia Kazan, Joseph L. Mankiewicz, Robert Wise, William Wyler, Michelangelo Antonioni, Vittorio De Sica, Andrzej Wajda, Satyajit Ray, Luis Buñuel et Akira Kurosawa.

Nouvelles ambitions

En 1959, le prix de la mise en scÚne récompense François Truffaut pour Les Quatre Cents Coups, qui fustigeait quelques années auparavant un festival de promotion et de théùtre politique condamné à disparaßtre. Alain Resnais présente en parallÚle Hiroshima mon amour qui choque, trois ans aprÚs le scandale de son documentaire sur les camps de concentration Nuit et Brouillard[29]. La nouvelle vague est lancée.

Cette mĂȘme annĂ©e a lieu le premier marchĂ© du film, qui facilite les Ă©changes entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du cinĂ©ma, et est devenu la premiĂšre plate-forme mondiale pour le commerce international du film[30]. En 2007, il a accueilli plus de 10 000 participants provenant de 91 pays[31].

Dans les années 1960, la notion de « film de festival » fait débat[29] mais on découvre des réalisateurs dont le talent est immédiatement reconnu et le travail largement récompensé : Andreï Tarkovski, Miklós Jancsó, Istvån Szabó ou encore Glauber Rocha.

En 1962 a lieu la premiĂšre Semaine internationale de la critique[32], crĂ©Ă©e afin « de mettre Ă  l’honneur les premiĂšres et deuxiĂšmes Ɠuvres des cinĂ©astes du monde entier »[33]. La Semaine internationale de la critique visionne d'autres films que les sept courts et sept longs mĂ©trages en compĂ©tition. Ainsi François Ozon, Alejandro GonzĂĄlez Iñårritu, Julie Bertuccelli et ÉlĂ©onore Faucher y ont Ă©tĂ© dĂ©couverts[34]. En 1965, le Festival rend hommage Ă  Jean Cocteau, dĂ©cĂ©dĂ© le , en le nommant prĂ©sident d'honneur du Festival Ă  vie. L'annĂ©e suivante, Olivia de Havilland est la premiĂšre femme Ă  prĂ©sider le jury[35].

Le Festival de Cannes 1968 est interrompu le . Les sĂ©ances de projections officielles du Festival sont annulĂ©es Ă  cause de manifestants Ă©tudiants[36]. DĂšs le 13 mai, les Ă©tudiants envahissent le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Claude Berri, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre LĂ©aud se mĂȘlent au mouvement Ă©tudiant qui agite Cannes[32]. Ils se rĂ©voltent aussi contre le ministre de la culture AndrĂ© Malraux qui dĂ©met alors Henri Langlois de son poste de directeur de la CinĂ©mathĂšque française[36]. Pour aider ces cĂ©lĂ©britĂ©s, Alain Resnais, Carlos Saura et MiloĆĄ Forman retirent leur film de la compĂ©tition. Le Festival est pris d'assaut et devient le thĂ©Ăątre d'affrontements politiques. Le 19 mai, les organisateurs annulent le Festival[36].

Changements majeurs

Jacques Tati sur les marches du Palais des Festivals en 1976.

En 1969, Pierre-Henri Deleau crée la Quinzaine des réalisateurs qu'il dirige trente ans. Cet événement est créé pour présenter des films étrangers réalisés par des cinéastes méconnus[37], qui ne font pas partie de la sélection. La maxime de la Quinzaine est « Cinéma en liberté ». Pour sa premiÚre édition, l'événement est organisé en à peine deux mois, pas assez pour sélectionner les films : 62 longs métrages et 26 courts métrages sont projetés[38] gratuitement, accessible à tous. La PremiÚre charge, du cubain Manuel Octavio Gómez, qui ouvre la premiÚre édition de la Quinzaine, reçoit immédiatement aprÚs sa projection une attention médiatique remarquée.

En 1977, la Quinzaine des réalisateurs met Henri Langlois, décédé le , au premier plan sur l'affiche du Festival. De 1981 à 1983, la Quinzaine lance la section Super 8, sans grand succÚs[39].

En 1972, Robert Favre Le Bret est nommĂ© prĂ©sident et Maurice Bessy est Ă©lu dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral. Avant cette date, les films prĂ©sentĂ©s au Festival sont choisis par les États[40]. Maurice Bessy instaure un comitĂ© de sĂ©lection pour la France et un pour le cinĂ©ma international. Ce systĂšme pose problĂšme pour la sĂ©lection du Festival de Cannes 1972[40]. L'annĂ©e suivante, est inaugurĂ©e la section Perspectives du cinĂ©ma français, aujourd'hui disparue. Les plus grandes modifications ont lieu en 1978[41].

Gilles Jacob arrive alors au poste de dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du Festival et crĂ©e la CamĂ©ra d'or qui rĂ©compense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermĂ©diaire d'un jury indĂ©pendant. Le gagnant se voit alors offrir un rĂ©seau d'affichage publicitaire grĂące Ă  un partenariat Ă©tablit avec les affichages Dauphin, partenaire officiel du festival[42]. Il met Ă©galement sur pied une nouvelle section de la sĂ©lection officielle : le Certain regard qui aide les films en marge de la distribution. Un film en ressort gagnant parmi 20 sĂ©lectionnĂ©s. Le CinĂ©ma de genre est souvent mis Ă  l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob rĂ©duit la durĂ©e du Festival de 15 Ă  13 jours (il passe plus tard Ă  onze jours) et diminue le nombre de films sĂ©lectionnĂ©s[41]. Sous son impulsion, le festival dĂ©fend la libertĂ© d'expression et de crĂ©ation contre la volontĂ© de rĂ©gimes autoritaires d'imposer leurs films officiels. Il prend aussi partie contre la censure et les pressions internationales[29]. De fait, les rĂ©alisateurs Carlos Saura, Luis GarcĂ­a Berlanga et Juan Antonio Bardem luttent mieux contre les prescriptions de la dictature franquiste, et le GĂ©orgien Otar Iosseliani, bien accueilli par les festivaliers, Ă©vite les foudres de Moscou[note 6]. Des cinĂ©astes issus de pays en voie de dĂ©veloppement comme le Malien Souleymane CissĂ© peuvent trouver une audience internationale, et le financement et la diffusion de leurs Ɠuvres peuvent ĂȘtre facilitĂ©s[29].

Le festival devient une manifestation autonome. D'autres modifications surviennent, surtout dans la constitution des jurys. Depuis ses dĂ©buts, le jury est en grande partie composĂ© de membres de l'AcadĂ©mie française et est dĂ©sormais essentiellement constituĂ© de cĂ©lĂ©britĂ©s de l'industrie du cinĂ©ma. Cette orientation est prise dĂšs les annĂ©es 1960 : aprĂšs que Georges Simenon, prĂ©sident du jury en 1960, couronne La dolce vita de Federico Fellini sous les huĂ©es du public ; Fritz Lang est le premier grand cinĂ©aste Ă  prĂ©sider le jury en 1964 et consacre Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg. MĂȘme si les jurĂ©s sont parfois des artistes n'appartenant pas au monde du 7e art ou des intellectuels (journalistes, Ă©crivains, critiques, historiens du cinĂ©ma
), le prĂ©sident du jury est aujourd'hui obligatoirement une personnalitĂ© du cinĂ©ma internationalement reconnue. Le dernier non-professionnel Ă  avoir prĂ©sidĂ© le jury est l'auteur amĂ©ricain William Styron en 1983.

Studio de télévision annuel Canal+ sur la plage de l'HÎtel Martinez pendant le Festival de Cannes

À la tĂ©lĂ©vision, le Festival est couvert par Antenne 2 dans les annĂ©es 1970 et 1980, puis Canal+ depuis les annĂ©es 1990. Depuis 1993, les cĂ©rĂ©monies d'ouverture et de clĂŽture, pendant lesquelles un maĂźtre (ou une maĂźtresse) de cĂ©rĂ©monie appelle sur scĂšne les jurys et cĂ©lĂ©britĂ©s qui remettent les prix, sont tĂ©lĂ©diffusĂ©es en clair et en direct[43].

En 1983, le Palais des Festivals est remplacĂ© par ce que les festivaliers appellent un « Bunker »[44] de 10 000 m2, plus confortable et spacieux, qui est critiquĂ©[45]. Les travaux, pris en charge trop tard, manquent de provoquer l'arrĂȘt du festival[44]. Les prix de l'Ă©dition 1983 sont remis dans la poussiĂšre.

Pierre Viot est élu président du Festival en 1984, en remplacement de Robert Favre Le Bret. Gilles Jacob lui succÚde ensuite en 2001 et nomme Thierry Frémaux à son ancien poste de délégué général. En 2014, Pierre Lescure devient président du Festival à la suite du départ à la retraite de Gilles Jacob aprÚs la 67e édition[46].

2016 sonne un changement pour les affiches du Festival : jusqu'Ă  prĂ©sent, elles reprĂ©sentaient une figure du cinĂ©ma. Cette annĂ©e, c'est un film qui illustre la 69e Ă©dition du Festival, Le MĂ©pris, de Jean-Luc Godard, oĂč Michel Piccoli monte des marches avec la MĂ©diterranĂ©e en fond[47].

Cinéfondation

En 1998, Gilles Jacob a crĂ©Ă© la CinĂ©fondation pour soutenir la crĂ©ation d'Ɠuvres de cinĂ©ma dans le monde et permettre aux nouveaux cinĂ©astes de cĂŽtoyer des cĂ©lĂ©britĂ©s[48]. Chaque annĂ©e, on accueille Ă  Cannes une dizaine de rĂ©alisateurs ayant rĂ©alisĂ© un ou deux courts mĂ©trages de fiction. Depuis sa crĂ©ation jusqu'en 2007, 70 cinĂ©astes d'une quarantaine de pays ont ainsi participĂ© au Festival. La CinĂ©fondation met Ă  disposition des rĂ©alisateurs une rĂ©sidence Ă  Paris et une aide Ă  l'Ă©criture d'un scĂ©nario. De plus, elle leur offre 800 euros par mois, et un accĂšs gratuit Ă  plusieurs salles parisiennes[48]. Depuis les annĂ©es 2000 on a projetĂ© plus de mille films d'Ă©tudiants, qui reflĂštent la diversitĂ© et le dynamisme des jeunes cinĂ©astes.

L'Atelier est une section de la Cinéfondation, créée en 2005 afin de mettre en contact les jeunes réalisateurs avec des célébrités pour la production ou la distribution de leur film[49].

En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de Festival de Cannes, qui le désignait couramment.

Parité

En 2018, le festival est, avec la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique, le premier à signer la Charte pour la parité et la diversité dans les festivals de cinéma portée par le Collectif 50/50. Il s'engage ainsi à fournir des statistiques genrées, en particulier sur le nombre de films soumis à sélection, de publier la liste des membres des comités de sélection et programmateurs et enfin de s'engager sur un calendrier de transformation des instances dirigeantes pour parvenir à la parfaite parité[50].

Graphique de comparaison des réalisateurs en compétition officielle au Festival de Cannes (1999-2019)[51].

Sur les soixante-quatorze éditions du festival, onze femmes à peine ont exercé la fonction de présidente du Jury : Olivia de Havilland, Sophia Loren, MichÚle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert, Jane Campion et Cate Blanchett[52].

La situation est semblable concernant les sĂ©lections. En 2018, Ă  l'occasion du 50e anniversaire du festival et Ă  la suite du mouvement MeToo, 82 femmes gravissent les marches du Palais des festivals de Cannes pour rĂ©clamer l'Ă©galitĂ© des sexes dans l'industrie cinĂ©matographique. Elles reprĂ©sentent les 82 films rĂ©alisĂ©s par des femmes qui ont Ă©tĂ© admis en sĂ©lection officielle au cours des 71 annĂ©es d'existence du festival, contre 1 866 films pour les hommes[53]. En 2023, un nombre record de sept femmes sont admises en compĂ©tition, ce qui reprĂ©sente 33 % des rĂ©alisateurs en lice pour la Palme d'or, soit le pourcentage le plus Ă©levĂ© jamais atteint[53].

Quant aux laurĂ©ates, le constat est sans appel : seules trois rĂ©alisatrices ont reçu la Palme d'or. Ce sont la nĂ©o-zĂ©landaise Jane Campion, pour La Leçon de piano en 1993 — en la partageant avec le cinĂ©aste chinois Chen Kaige qui l'a obtenue ex-aequo la mĂȘme annĂ©e pour Adieu ma concubine[54] — et deux françaises Julia Ducournau, pour Titane en 2021[55] suivie en 2023 par Justine Triet, rĂ©compensĂ©e pour son film Anatomie d'une chute.

Les Françaises Palmes d'or 2021 et 2023, Julia Ducournau et Justine Triet font partie de la quinzaine de rĂ©alisatrices animant le collectif 50/50, fondĂ© en Ă  l’initiative de l'association fĂ©ministe Le DeuxiĂšme regard, Ă  la suite de l'affaire Weinstein d' dans le milieu du cinĂ©ma qui avait dĂ©clenchĂ© le Mouvement MeToo. Le collectif 50/50 promeut l'Ă©galitĂ© des femmes et des hommes et la diversitĂ© dans le cinĂ©ma et l'audiovisuel[56] par le recours Ă  des Ă©tudes chiffrĂ©es sur les inĂ©galitĂ©s salariales ou la proportion de femmes par mĂ©tiers de la production cinĂ©matographique.

Un festival toujours d'actualité

Ancien logo de la 66e Ă©dition du festival en 2013.
Ancien logo de la 70e Ă©dition du festival en 2017.

Au départ simple manifestation touristique et mondaine[note 7], le Festival de Cannes est devenu, au fil des années, le festival de cinéma le plus médiatisé au monde[57], notamment lors de la cérémonie d'ouverture et la montée des marches : le tapis rouge et ses vingt-quatre « marches de la gloire ».

Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, des cinéastes, des vedettes, des professionnels de l'industrie cinématographique (producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux
) et des milliers de journalistes se déplacent à Cannes. Les principales projections ont lieu au palais des festivals et des congrÚs situé sur la promenade de la Croisette[58].

Depuis l'explosion mondiale du phénomÚne festivalier dans les années 2000, le Festival de Cannes, qui prévaut sur ceux de Venise et de Berlin, est concurrencé par le Festival de Toronto, qui a une approche plus commerciale et moins culturelle que Cannes[note 8]. Néanmoins, le festival de Toronto se déroule en septembre et empiÚte plus sur la Mostra[59].

En 2007, pour la 60e Ă©dition (mais soixante et une annĂ©es aprĂšs sa premiĂšre Ă©dition en 1946), le Festival fĂȘte ses soixante ans, et Ă©voque son histoire en invitant Bernard Thibault, qui salue la volontĂ© de « marquer sa fidĂ©litĂ© Ă  l'histoire d'un festival oĂč la CGT est presque chez elle, mĂȘme s'il a beaucoup changĂ© »[note 9]. Un film Ă  sketch, Chacun son cinĂ©ma, est organisĂ© Ă  cette occasion, 35 rĂ©alisateurs mettent en scĂšne des courts mĂ©trages sur la salle de cinĂ©ma.

Le Festival projette à cette occasion son film le plus long, The War de Ken Burns, un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale de 14 h, battant Parsifal (4 h 40 min) et Nos meilleures années (6 h). De plus, Luc Besson, ancien président du Festival de Cannes 2000, crée le Festival Cannes et Banlieues[60], dont le slogan est : Si tu ne peux pas aller à Cannes, c'est Cannes qui viendra à toi !, afin d'organiser dans plusieurs villes de banlieue parisienne des projections de films de la sélection officielle, accompagnées d'un court métrage retraçant les 60 ans du Festival de Cannes.

En 60 ans, le Festival de Cannes a promu de nouveaux réalisateurs et cinématographies. Le numérique fut récemment installé dans les salles cannoises, et les cinémas de genre et d'animation font maintenant partie de la sélection.

En 2014, nouvelle Úre pour le Festival, Gilles Jacob devient président d'honneur aprÚs 38 ans de direction du Festival, son successeur est Pierre Lescure. Ce dernier est réélu en 2017, puis en 2020[61].

En 2017, le festival fĂȘte sa 70e Ă©dition, en invitant des cinĂ©astes palmĂ©s, des projections de sĂ©ries de grands cinĂ©astes.

L'édition 2022 est la derniÚre pour Pierre Lescure qui passera le relais de la présidence du Festival de Cannes à Iris Knobloch le [62].

Dans les années 2020, la sélection officielle se veut le reflet de la production cinématographique mondiale. La compétition met généralement en exergue le cinéma d'auteur ou de recherche. La question se pose de la création d'un prix de la musique originale.

En 2023, le quotidien britannique The Guardian titre son article sur la gagnante de la Palme d'or qui a critiquĂ© la "rĂ©pression" des manifestations contre la rĂ©forme des retraites[63]. Le journal observe un peu plus tard que la laurĂ©ate du prestigieux prix “a dĂ©clenchĂ© une polĂ©mique politique” par une attaque “contre les politiques culturelles du gouvernement français” suivie d'une contre-attaque de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak[63] - [64].

Organisation

Sections

Le Festival projette au total au moins 80 films répartis dans différentes sections.

SĂ©lection officielle

  • CompĂ©tition des longs mĂ©trages : rassemble une vingtaine de longs mĂ©trages chaque annĂ©e, c'est la section la plus rĂ©putĂ©e, la plus mĂ©diatisĂ©e avec de nombreux cinĂ©astes expĂ©rimentĂ©s ou habituĂ©s du festival.
  • Hors-CompĂ©tition : des longs mĂ©trages, souvent grand public et Ă  gros budget, sont prĂ©sentĂ©s dans des galas mais Ă©galement dans des sĂ©ances spĂ©ciales, sĂ©ances de minuits, films d'ouverture et de clĂŽture.
  • Un certain regard : la section fut crĂ©Ă©e en 1978 mais resta non compĂ©titive jusqu'en 1998, quand fut fondĂ© le prix Un certain regard ainsi que des prix annexes variant chaque annĂ©e. La section propose souvent une vingtaine de films de cinĂ©astes dĂ©butants (les premiers films sont courants dans un certain regard mais rares en compĂ©tition) mais peut aussi proposer des films en marge, expĂ©rimentaux, venant parfois de grands cinĂ©astes.
  • Courts mĂ©trages : les films de moins de 15 min y sont projetĂ©s pour la Palme d'or du court mĂ©trage.
  • CinĂ©fondation : depuis 1998, les films de moins d'une heure, venant de diffĂ©rentes Ă©coles de cinĂ©ma, y sont projetĂ©s et sont aidĂ©s Ă  la production grĂące Ă  l’atelier de la cinĂ©fondation.
  • Cannes Classics : depuis 2004, projette plusieurs films anciens, voire classiques, de cinĂ©astes cultes.
  • CinĂ©ma de la Plage : depuis 2001 des projections thĂ©matiques en plein air sont offertes tous les soirs au public des Cannois et des festivaliers.

Sections parallĂšles

D'autres organismes créÚrent leurs propres sections qui ne sont pas rattachées avec l'institution officielle du festival mais qui se déroulent durant celui-ci[65].

Semaine de la critique

La Semaine de la critique fut créée en 1962 par le Syndicat français de la critique de cinéma[66]. Ce syndicat rassemble des centaines de critiques et remet chaque année ses prix dans divers domaines cinématographiques.

La particularitĂ© de cette section est de ne sĂ©lectionner que des premiers et seconds films de cinĂ©astes, afin de les faire dĂ©couvrir aux festivaliers, et bien souvent d'ĂȘtre ensuite sĂ©lectionnĂ© en compĂ©tition officielle[67]. Plusieurs grands cinĂ©astes furent dĂ©couverts mĂȘme s'ils ne peuvent plus concourir dans cette section[68]. En 1988 apparut la sĂ©lection des courts mĂ©trages (qui ne sont pas obligatoirement les premiers films de leurs auteurs). Seuls une dizaine de longs mĂ©trages et une dizaine de courts sont sĂ©lectionnĂ©s afin que chacun ait une plus grande visibilitĂ©[69].

Un grand prix est attribué au meilleur film de la section. Jusqu'en 2009, il était décerné par les journalistes conviés, depuis 2010, un jury composé de cinéastes et critiques récompense le film. D'autres récompenses sont apparues dans les années 2000 mais il s'agit de prix remis avec des partenaires ou des organismes extérieurs.

Quinzaine des cinĂ©astes (appelĂ©e « Quinzaine des rĂ©alisateurs Â» jusqu’en juin 2022)

La section, non compĂ©titive, quinzaine des cinĂ©astes, fut crĂ©Ă©e en 1969 par la sociĂ©tĂ© des rĂ©alisateurs de films. Il s'agit d'un dĂ©sir de marginalisation aprĂšs mai 68 qui entraĂźna l'interruption du festival la mĂȘme annĂ©e.

La quinzaine sélectionne une vingtaine de longs métrages et une dizaine de courts, sans restrictions, de différents milieux.

À l'exception de la CamĂ©ra d'or et des prix dĂ©cernĂ©s par un jury et des partenaires indĂ©pendants (tel le CICAE et l'Europa cinema award), la section est non compĂ©titive. La seule rĂ©compense remise par la sociĂ©tĂ© des rĂ©alisateurs de films est le Carrosse d'or, une distinction honorifique pour un rĂ©alisateur.

Programmation ACID

La section non compétitive « Programmation ACID » fut créée en 1993 par l'Association pour le cinéma indépendant et sa diffusion[70].

Rassemblant une dizaine de longs mĂ©trages et quelques courts, la section sĂ©lectionne souvent des Ɠuvres de cinĂ©astes dĂ©butants, dont beaucoup n'ont pas de distributeurs.

La section est plus en marge que les autres : les premiers films ne sont pas éligibles à la Caméra d'or et il est rare que les prix multi-sélections prennent en compte l'ACID.

SĂ©lection d'un film

Le public dĂ©couvre la sĂ©lection finale, qui comprend une vingtaine de longs mĂ©trages en compĂ©tition, un mois avant le Festival : certains films sont choisis tardivement, et d'autres sont rĂ©servĂ©s officieusement depuis plusieurs mois pour que le Festival ait l'exclusivitĂ© de diffusion. Un long mĂ©trage a la possibilitĂ© d'ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© sans que le montage final soit achevĂ© et une version intermĂ©diaire (work in progress) est prĂ©sentĂ©e[71]. Un film ne peut ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes s'il a participĂ© Ă  un autre festival international, s'il a Ă©tĂ© diffusĂ© sur Internet, s'il a Ă©tĂ© projetĂ© en salles ou distribuĂ© ailleurs que dans son pays d'origine et si son tournage s'est achevĂ© plus d'un an avant le dĂ©but du Festival[72]. La durĂ©e maximum d'un film court, sĂ©lectionnable pour la compĂ©tition du court mĂ©trage, est de quinze minutes[72]. Une Ɠuvre dont la durĂ©e varie entre quinze et soixante minutes ne peut ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e[72].

L'ancien dĂ©lĂ©guĂ© du Festival, Gilles Jacob, instaure dĂšs sa premiĂšre annĂ©e Ă  ce poste le principe du film surprise avec L'Homme de marbre de Andrzej Wajda. Le film, interdit en Pologne, a passĂ© la frontiĂšre sous un faux titre. L'Homme de fer, du mĂȘme Andrzej Wajda, a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© aprĂšs le dĂ©but de la compĂ©tition, alors que le festival suivait son cours[73] - [74]. Gilles Jacob a dit dans une interview pour Studio Magazine qu'il s'agit du « seul cas de figure oĂč un autre candidat aurait pu protester ».

Depuis plusieurs années, il existe des compléments de sélection, si le film est fini de maniÚre plus tardive, ou s'il y eut des hésitations, aprÚs la conférence de presse d'annonce de la sélection à la mi-avril. Les Palmes d'or de 2008 et 2017, Entre les murs et The Square, furent concernées par ce dispositif[75] - [73] - [76].

Avant la crĂ©ation de la « DĂ©tente » en 1972, le comitĂ© de sĂ©lection indĂ©pendant du Festival, les films de la compĂ©tition sont choisis par les États qui tentent ensuite de faire pression sur le jury[77].

Actuellement, il existe deux comitĂ©s de sĂ©lection[78]. L'un, crĂ©Ă© par Gilles Jacob, visionne les films Ă©trangers. Ce comitĂ©, qui reçoit les conseils de correspondants Ă  l'international, est composĂ© de quatre membres : un journaliste, un rĂ©alisateur, un cinĂ©phile et Laurent Jacob, le fils de Gilles Jacob[79] - [80]. Le deuxiĂšme comitĂ©, dont les membres ne sont ni nommĂ©s ni connus, prend en charge les films français[79]. Normalement, le rĂšglement impose une limite de trois longs mĂ©trages français Ă  la compĂ©tition mais par deux fois, une dĂ©rogation est prise Ă  titre exceptionnel : lors du Festival 2011, The Artist est basculĂ© en compĂ©tition Ă  la derniĂšre minute et devient le quatriĂšme film français Ă  y prendre part et, lors de l'Ă©dition 2013, l'organisation annonce que six productions françaises concourent pour la Palme d'or[81] - [82]. La mĂȘme chose se reproduit en 2015, mais des polĂ©miques ont frĂ©quemment lieu sur la qualitĂ© de certains films et leur lĂ©gitimitĂ© Ă  ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s en compĂ©tition.

Les deux comitĂ©s, soumis au secret professionnel et encadrĂ©s par Thierry FrĂ©maux, visionnent plus de six films par jour[79] - [80]. Avec l'introduction des documentaires, des films d'animation et des films de genre, le comitĂ© a visionnĂ© 3 200 longs mĂ©trages en 2005, et 4 000 en 2007[78]. L'avis des membres du comitĂ© est consultatif et le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral a toujours la dĂ©cision finale sur la sĂ©lection[79] - [80]. Selon Thierry FrĂ©maux, il existe un comitĂ© de prĂ©sĂ©lection pour faire un tri large avant la sĂ©lection[83]. Et que la sĂ©lection commence dĂšs la fin du prĂ©cĂ©dent festival de Cannes, en prenant en compte le planning des tournages pour l'annĂ©e suivante[84]. MĂȘme si cette mĂ©thode est aussi dĂ©cortiquĂ©e par Paris Match pour Ă©laborer un prĂ©-programme qui vise souvent juste[85] - [86] ainsi que par les journalistes pour faire des pronostics sur la sĂ©lection, en basant sur les films prĂȘts pour le festival et sur le statut du rĂ©alisateur qui peut ĂȘtre un « habituĂ© », en sachant que certains films annoncĂ©s ne sont pas finis, voire pas tournĂ©s[73] - [87].

Prix décernés

Clint Eastwood qui a reçu en 2008, le prix spécial du 61e anniversaire

Alors qu'en 1946, un grand prix est remis Ă  un film sans mention particuliĂšre au genre, un prix du meilleur film est attribuĂ©, en 1947, par catĂ©gories : on retrouve celle des films d’aventure et policiers, des dessins animĂ©s, des films psychologiques ou d’amour, des films sociaux et des comĂ©dies musicales. C’est d'ailleurs la seule annĂ©e oĂč ce systĂšme de rĂ©compenses est utilisĂ©. DĂšs le dĂ©but, des prix pour la meilleure interprĂ©tation et la meilleure rĂ©alisation sont dĂ©cernĂ©s. Dans les premiĂšres annĂ©es, la compĂ©tition n'a pas d'importance rĂ©elle : le Festival cherche surtout Ă  briller par son prestige mondain, touristique et diplomatique et la grande majoritĂ© des films sĂ©lectionnĂ©s est assurĂ©e de repartir avec un prix[note 10]. Il faut attendre la dĂ©cennie suivante pour que le palmarĂšs cannois soit considĂ©rĂ© par le monde culturel et valorise un nombre d’Ɠuvres restreint[88].

Dans les années 1950, et particuliÚrement sous la présidence de Jean Cocteau, plusieurs prix à l'appellation fantaisiste sont décernés tels que le prix du film lyrique (1952), le prix international du film de la bonne humeur (1953) ou encore le prix International du film le mieux raconté par l'image (1953). Néanmoins, le prix du jury s'impose comme un classique et devient la seconde récompense majeure aprÚs le grand prix du Festival.

Avec l'arrivĂ©e de la Palme d'or en 1955, le titre des prix octroyĂ©s s'homogĂ©nĂ©ise mĂȘme si l'on trouve encore un prix de l'humour poĂ©tique en 1957, dĂ©cernĂ© Ă  Ingmar Bergman pour Sourires d'une nuit d'Ă©tĂ©. Dans les annĂ©es 1960, le prix spĂ©cial du jury apparaĂźt en complĂ©ment du prix du jury et change rĂ©guliĂšrement d'intitulĂ©, entre « grand prix spĂ©cial du jury » et « grand prix du jury » avant d'ĂȘtre finalement « grand prix ». À l'origine il a la mĂȘme valeur que la Palme, le premier allant au meilleur film dans la catĂ©gorie « Art et Essai » et la seconde au meilleur film destinĂ© au grand public[88]. Mais cette dĂ©finition n'a jamais Ă©tĂ© comprise, ni vraiment appliquĂ©e par les jurys successifs et cette distinction est aujourd'hui dĂ©finitivement perçue comme infĂ©rieure Ă  la Palme d'or, mĂȘme si elle reste l'honneur le plus important aprĂšs celle-ci[88]. Par la suite, il est de nouveau crĂ©Ă© des prix-fantaisie pour rĂ©compenser des films n'ayant pas obtenu de rĂ©compenses « officielles » mais mĂ©ritant tout de mĂȘme, selon le jury, d'ĂȘtre mentionnĂ©s au palmarĂšs. Ainsi, sont distribuĂ©s le prix de la meilleure Ă©vocation d’une Ă©popĂ©e rĂ©volutionnaire en 1963 Ă  La TragĂ©die optimiste de Samson Samsonov, le prix du 20e Festival en 1966 Ă  Falstaff d'Orson Welles et le prix de l'audace artistique pour Crash de David Cronenberg en 1996.

Ces prix sont, la plupart du temps, dĂ©cernĂ©s de maniĂšre occasionnelle car le rĂšglement du Festival n'interdit pas au jury de crĂ©er des rĂ©compenses alternatives[89]. Ainsi, pour que Mort Ă  Venise de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du 25e anniversaire. Le rĂ©alisateur dira : « celui-lĂ , au moins, personne d'autre ne l'aura ! »[note 11]. Cette idĂ©e originale fait aujourd'hui partie de l'institution. Depuis, les membres du jury peuvent, s'ils le souhaitent, attribuer un prix spĂ©cial en l'honneur des grandes dates anniversaires du festival tous les cinq ans. GĂ©nĂ©ralement, cette distinction couronne l'Ɠuvre d'un grand metteur en scĂšne prĂ©sent dans la compĂ©tition : Michelangelo Antonioni (prix du 35e anniversaire), Federico Fellini (prix du 40e anniversaire), James Ivory (prix du 45e anniversaire), Youssef Chahine (prix du 50e anniversaire) et Gus Van Sant (prix du 60e anniversaire) ont eu droit Ă  cet honneur. Pour rĂ©compenser la carriĂšre de Clint Eastwood et de Catherine Deneuve, le jury prĂ©sidĂ© par Sean Penn a eu, dans cet esprit, l'autorisation de crĂ©er un prix spĂ©cial pour le 61e anniversaire en 2008[90]. De mĂȘme, la prĂ©sidente du jury Isabelle Huppert a pu dĂ©cerner un prix exceptionnel Ă  Alain Resnais en 2009 pour souligner sa contribution majeure Ă  l'histoire du cinĂ©ma[91]. Ce dernier s'est dĂ©clarĂ© surpris et ravi d'obtenir « un prix non attendu dans une catĂ©gorie tout Ă  fait surprenante »[92].

À noter que les jurĂ©s peuvent par moments innover sur l'attribution des rĂ©compenses conventionnelles : en 1983, le prix de la meilleure rĂ©alisation est remplacĂ© par le grand prix du cinĂ©ma de crĂ©ation et est remis Ă  l'unanimitĂ© Ă  Robert Bresson et AndreĂŻ Tarkovski pour leurs films L'Argent et Nostalghia et l'ensemble de leurs carriĂšres car le jury n'arrivait pas Ă  les dĂ©partager[note 12] - [93]. En 2006, les prix d'interprĂ©tation fĂ©minine et masculine, normalement dĂ©cernĂ©s chacun Ă  une seule personne, reviennent respectivement Ă  toute la distribution de Volver de Pedro AlmodĂłvar et IndigĂšnes de Rachid Bouchareb[89].

Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes reste la Palme d'or, remise au meilleur film de la compétition. Le deuxiÚme prix le plus prestigieux est donc le grand prix.

Le trophée de la Palme d'or est actuellement fabriqué par Chopard. Il est basé sur un rectangle de diamant. Des versions miniatures - dites « mini-palmes » - sont données pour les prix d'interprétation depuis 2000 et pour les autres prix depuis 2018[94]. Les autres prix de la compétition officielle étaient alors sous forme de diplÎmes (tout comme les prix du certain regard et de la cinéfondation). Il n'y a pas de « Palme d'argent », contrairement à l'Ours d'argent de la Berlinale et au Lion d'argent de la Mostra. La Caméra d'or a aussi droit à un trophée stylisé.

Prix officiels

Ceci est la liste des prix remis par l’institution officielle. Tous sont remis durant la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture (sauf les prix du certain regard et de la cinĂ©fondation qui sont remis Ă  part).

PrixDescription
Longs métrages de la compétition officielle la Palme d'Or
Section Un certain regard
  • Le prix Un Certain Regard rĂ©compense le meilleur film de la sĂ©lection parallĂšle
  • D'autres prix spĂ©ciaux sont remis au Certain Regard, mais les prix attribuĂ©s changent annuellement selon le jury (prix du jury, prix spĂ©cial, prix d'interprĂ©tation
)
Courts métrages de la compétition officielleLa Palme d'or du court métrage est décernée au meilleur court métrage
CinéfondationLes prix de la Cinéfondation récompensent les meilleurs courts-métrages des étudiants d'école de cinéma
Caméra d'orElle récompense le meilleur premier film parmi ceux de la sélection officielle, de la Quinzaine des réalisateurs et de la Semaine de la critique.

Autres prix

Sauf les prix de la semaine de la critique, les autres prix sont remis par des organismes extĂ©rieurs au festival et aux sections parallĂšles. Ainsi le prix FIPRESCI ou le prix ACID consacrent le meilleur film selon un jury (ou vote des adhĂ©rents) Ă  part. Certains de ces prix ne concernent qu'une seule sĂ©lection quand d’autres prennent en compte tous les films projetĂ©s. Et certains de ces prix consacrent des films selon des thĂ©matiques prĂ©cises (l'altersexualitĂ© pour la Queer Palm, le journalisme pour le prix François-Chalais
).

Constitution du jury

L'acteur et réalisateur américain Sean Penn, président du jury en 2008.

L'organisation du Festival compose les jurys de la compétition, du Certain Regard, de la caméra d'or et un jury s'occupant de la Cinéfondation et du court métrage.

Les jurés du long métrage attribuent les sept récompenses majeures : Palme d'or, grand prix, prix de la mise en scÚne, prix d'interprétation féminine et masculine, prix du scénario et prix du jury[97].

Le choix du prĂ©sident du jury se fait sur la lĂ©gitimitĂ© : les rĂ©alisateurs de la compĂ©tition doivent ĂȘtre rassurĂ©s sur le fait qu'ils seront jugĂ©s par une personnalitĂ© de renommĂ©e mondiale, dotĂ©e d'une excellente connaissance du cinĂ©ma et d'un bon discernement[98]. Selon Thierry FrĂ©maux, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident doit Ă©galement avoir le niveau et la crĂ©dibilitĂ© de mener un jury, conduire des dĂ©bats et Ă©laborer un palmarĂšs[98]. Il se doit par ailleurs de tenir compte de l'avis de ses collĂšgues et de se mettre Ă  leur place[98]. La nomination du prĂ©sident est faite Ă  la suite de plusieurs propositions annuelles de la direction, formulĂ©es Ă  l'automne puis soumises au conseil d'administration du festival qui les valide[98]. À noter qu'en 2015, la direction innove avec une double prĂ©sidence du jury, sans prĂ©cĂ©dent dans l'histoire du Festival, tenue par les frĂšres-cinĂ©astes amĂ©ricains Joel et Ethan Coen[99]. Les autres jurĂ©s, majoritairement issus de l'industrie du cinĂ©ma international, sont choisis ultĂ©rieurement selon leur degrĂ© de notoriĂ©tĂ© ou le niveau de reconnaissance par leurs pairs[98]. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, un jury se compose selon plusieurs critĂšres diplomatiques et artistiques : il doit ĂȘtre le reflet d'une certaine diversitĂ©, tant sur le plan des nationalitĂ©s, des horizons (Ă©crivains, critiques, artistes, historiens du cinĂ©ma
) que des sensibilitĂ©s esthĂ©tiques[98]. S'y cĂŽtoient alors aussi bien des vedettes que des personnes apparentĂ©es au cinĂ©ma de recherche[98].

Les personnalités françaises et étrangÚres appelées à composer le jury sont donc nommées par le président et le délégué général et leur choix est validé par le conseil d'administration[100]. Ne peut en faire partie quiconque a participé ou est lié à la production, la distribution et la promotion d'un film en compétition[100].

RÚglement et délibérations

Le cinéaste américain Steven Spielberg, président du jury de l'édition 2013.

Le rĂšglement concernant les dĂ©libĂ©rations a Ă©voluĂ© avec le temps afin de pallier les excĂšs. AprĂšs que Barton Fink, en plus de la Palme d'or, obtint les prix de la meilleure rĂ©alisation et de la meilleure interprĂ©tation masculine en 1991, les jurĂ©s n’eurent alors plus le droit de donner plusieurs prix Ă  un mĂȘme film. Seul l'un des deux prix d’interprĂ©tation pouvait s’ajouter Ă  une autre rĂ©compense[note 14]. Par trois fois, les membres du jury ont toutefois dĂ©rogĂ© Ă  la rĂšgle, Ă  savoir en 1999 et en 2001 avec le grand prix et les deux prix d'interprĂ©tation attribuĂ©s respectivement Ă  L'humanitĂ© de Bruno Dumont[101] et Ă  La Pianiste de Michael Haneke[102] puis en 2003, annĂ©e oĂč quatre films seulement ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s. Le prĂ©sident du jury Patrice ChĂ©reau avait en effet, Ă  ce moment-lĂ , rĂ©clamĂ© une « violation exceptionnelle du rĂšglement » qu'il s'Ă©tait vu accorder et trois films Ă©taient repartis avec deux trophĂ©es chacun, dont Elephant de Gus Van Sant, aurĂ©olĂ© de la Palme d'or et du prix de la mise en scĂšne[103].

Depuis, pour assurer un certain Ă©quilibre du palmarĂšs, le rĂšglement s'est durci : le jury n'a droit qu'Ă  une seule mention ex ĂŠquo pour un prix et cette disposition ne peut plus s'appliquer Ă  la Palme d'or[97]. De plus, une Ɠuvre ne peut obtenir qu'une seule rĂ©compense au palmarĂšs mĂȘme si le film laurĂ©at du prix du jury ou du prix du scĂ©nario peut Ă©ventuellement, et uniquement sur la dĂ©livrance d'une dĂ©rogation spĂ©ciale par le prĂ©sident du festival, recevoir l'un des deux prix d'interprĂ©tation en complĂ©ment[97].

Le contenu des discussions du jury n'est pas rĂ©vĂ©lĂ© Ă  la presse. Il n'est pas interdit aux jurĂ©s de lire les journaux ou de regarder la tĂ©lĂ©vision, mais cela leur est fortement dĂ©conseillĂ©[104]. Ils arrivent Ă  Cannes la veille de l'ouverture afin que leur soit expliquĂ© le rĂšglement[98]. Il leur est dĂ©fendu de rĂ©vĂ©ler leur opinion Ă  d'autres qu'eux ou de la rendre publique[105]. La discrĂ©tion est la rĂšgle d'or et le secret des dĂ©bats doit ĂȘtre gardĂ© Ă  jamais[106]. Plusieurs mesures sont prises pour permettre aux dĂ©libĂ©rations de se dĂ©rouler dans une sĂ©rĂ©nitĂ© optimale et une extrĂȘme confidentialitĂ©[106]. Les membres du jury choisissent l'horaire de la sĂ©ance du film en compĂ©tition Ă  laquelle ils souhaitent assister et sont amenĂ©s Ă  la derniĂšre minute dans la salle de projection[106]. Ils sont ensuite raccompagnĂ©s avant que les lumiĂšres se rallument afin d'Ă©viter rumeurs et conjectures[107]. NĂ©anmoins, la presse Ă©met, chaque annĂ©e, de nombreuses hypothĂšses sur les prĂ©fĂ©rences du jury[106].

Il appartient au prĂ©sident du jury d'organiser les rĂ©unions prĂ©liminaires[98]. En clĂŽture des dĂ©bats, les jurĂ©s procĂšdent Ă  un vote Ă  scrutin secret pour dĂ©signer les gagnants[100]. La dĂ©cision des votants est prise Ă  la majoritĂ© absolue aux deux premiers tours de scrutin et Ă  la majoritĂ© relative aux deux tours suivants[100]. Le prĂ©sident du festival et le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral assistent aux dĂ©libĂ©rations, mais n'y participent pas[100]. Ils veillent malgrĂ© tout Ă  leur bon dĂ©roulement. Il est interdit au jury de prendre ses dĂ©cisions avant le dimanche de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture et celles-ci ne sont rĂ©vĂ©lĂ©es qu'au soir, lors de la proclamation du palmarĂšs par le prĂ©sident du jury[107]. Ce dernier n'a pas de double voix mĂȘme s'il lui appartient de trancher en cas d'Ă©galitĂ©[108]. Toutefois, le choix du nombre impair de jurĂ©s (neuf au total) depuis les annĂ©es 2000 Ă©vite ce problĂšme. Le lieu de la dĂ©libĂ©ration finale a longtemps Ă©tĂ© gardĂ© secret pour Ă©viter les fuites et les tentatives d'espionnage[106]. À partir des annĂ©es 1980, sauf rares exceptions, elle se dĂ©roulait dans la villa Domergue, ancienne demeure du peintre Jean-Gabriel Domergue et actuelle propriĂ©tĂ© de la mairie de Cannes, situĂ©e sur les hauteurs de la ville[109]. Le dernier jour du festival, le quartier Ă©tait bouclĂ© par la police et interdit aux photographes, aux badauds ou aux curieux[104]. Le jury y passait la journĂ©e coupĂ© du monde, privĂ© d'Internet et de tĂ©lĂ©phones portables[110]. NĂ©anmoins, depuis 2013, les organisateurs changent une nouvelle fois de point de rĂ©union et la nouvelle villa est Ă  nouveau tenue secrĂšte. Depuis 2004, les jurĂ©s ont la possibilitĂ© de s'exprimer sur leurs choix lors d'une confĂ©rence de presse suivant la remise des trophĂ©es, sans toutefois ĂȘtre autorisĂ©s Ă  Ă©voquer le contenu de leurs dĂ©libĂ©rations ni les longs mĂ©trages Ă©cartĂ©s du palmarĂšs[111].

D'un point de vue logistique, le prĂ©sident et le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du festival assistent aux dĂ©libĂ©rations afin de prendre connaissance tout au long de la journĂ©e des noms des vainqueurs, et de les contacter immĂ©diatement pour leur faire savoir que leur prĂ©sence est souhaitĂ©e le soir mĂȘme, lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture.

Pour certaines vedettes, il est de coutume qu'elles ne soient que de passage au festival, lors d'un aménagement fait dans leur calendrier de tournage pour qu'elles puissent y présenter leurs autres films ; il s'agit donc pour elles de revenir à Cannes au plus vite afin de recevoir leur prix en propre. Cette tradition amÚne à de nombreuses spéculations lors de la derniÚre journée du festival, certains guettant les allées et venues à l'aéroport pour établir des pronostics sur les heureux élus[112].

Direction du Festival

Année Président Directeur général Secrétaire général
1949 Jean Touzet
1952 Robert Favre Le Bret
1972 Robert
Favre Le Bret
Maurice Bessy
1978 Gilles Jacob
1984 Pierre Viot
1985 Michel P. Bonnet
1991 François
Erlenbach
2001 Gilles Jacob Directeur général
VĂ©ronique Cayla
Délégué artistique
Thierry Frémaux
2005 Catherine DĂ©mier
2007 Thierry Frémaux
2014 Pierre Lescure
2017
2020
2023 Iris Knobloch
Thierry Frémaux, Gilles Jacob et Véronique Cayla, accueillant les équipes invitées au Festival de Cannes 2009.

Le Festival de Cannes est dirigé par plusieurs personnes, aux postes trÚs différents[46]. Les diverses fonctions qu'exige Cannes s'expliquent par l'évolution et de la croissance du Festival. Jusqu'en 2000, deux personnes se chargent de la direction : le président et le délégué général qui occupe à la fois les places de directeur général et de délégué artistique[46]. Le secrétaire général est placé à l'intendance. Le président est élu par le conseil d'administration du Festival, officiellement nommé « Association française du Festival international du film »[46]. Cette instance repose sur un équilibre entre le monde du cinéma et les pouvoirs publics[113]. Elle comprend 28 membres dont deux représentants de l'exécutif : un délégué du MinistÚre de la Culture et un du MinistÚre des Affaires étrangÚres puis des représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat et enfin des professionnels du cinéma : producteurs et distributeurs mais aussi des membres de sociétés d'auteurs comme l'ARP (société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) ou la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) et de syndicats influents dans le monde du spectacle tels que la CGT[46].

Pierre Lescure, président de 2015 à 2022.

Le président bénéficie d'un mandat de trois ans renouvelable[114]. Il nomme les membres de son équipe, dont le Délégué général, avec l'aval du conseil d'administration qui décide, ou non, de les reconduire dans leurs fonctions[115] - [116].

Le tableau ci-dessus présente les personnes qui ont occupé ces fonctions depuis la création du Festival jusqu'à aujourd'hui.

En 2001, lorsque Gilles Jacob est promu président, deux personnes sont employées pour le remplacer à son ancien poste de délégué général : une directrice générale (Véronique Cayla) est chargée de l'organisation de l'événement et un délégué artistique (Thierry Frémaux) s'occupe, quant à lui, uniquement de la sélection des films. Un contrÎleur financier entre également dans le cercle de la direction du Festival.

Avec le départ de Véronique Cayla au poste de directrice générale, Thierry Frémaux devient en 2007 délégué général et retrouve les fonctions que Gilles Jacob avait auparavant divisées. Aujourd'hui, le délégué général a des responsabilités administratives, financiÚres et comptables accrues[117]. Il est à la fois celui qui décide du contenu artistique du Festival et gÚre les ressources humaines, la logistique et l'intendance.

Pour fonctionner, le Festival a un budget annuel de 20 millions d'euros dont la moitiĂ© provient de fonds publics (ministĂšre de la Culture et le CNC pour majoritĂ©, collectivitĂ©s territoriales — Ville de Cannes, conseil rĂ©gional de Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur et conseil dĂ©partemental des Alpes-Maritimes — et ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres)[113], l'autre moitiĂ© de fonds privĂ©s tels que les contrats avec des sponsors ou la vente des droits tĂ©lĂ©visuels[118].

FonctionRĂŽle
SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ralLe secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral s'occupe de la rĂ©ception d'Ɠuvres et de questions pratiques.
DĂ©lĂ©guĂ© artistiquePour ĂȘtre dĂ©lĂ©guĂ© artistique au Festival de Cannes, il faut avoir une haute connaissance de l'histoire de l'art et du cinĂ©ma. Cette personne doit ensuite suivre une formation intensive aux techniques cinĂ©matographiques puisqu'elle s'occupe de la sĂ©lection des films. Elle est chargĂ©e de la programmation des longs mĂ©trages et Ă©tablit le dĂ©roulement artistique du Festival (rencontres, hommages, leçons de cinĂ©ma, etc.).
Délégué généralLe délégué général s'occupe de la coordination. Il vérifie que les tùches se déroulent normalement et les encadre. Il veille sur l'organisation, le déroulement du programme quotidien et l'intendance, rÚgle les problÚmes de fonctionnement et est aussi le représentant des techniciens auprÚs du président.
PrésidentLe président est le plus haut dirigeant de la manifestation. Son poste est non-rémunéré[119]. Il représente le Festival devant les partenaires financiers, les pouvoirs publics et les médias[119]. Il accueille les célébrités du monde du cinéma en haut des marches durant l'événement[119]. Mais il dirige aussi toutes les autres personnes travaillant pour Cannes[119]. Il a autorité sur la configuration du Festival et les options prises quant à son évolution[119]. Il définit la stratégie, décide des modifications et gÚre le budget de la manifestation[119]. Cependant, il ne s'occupe pas du contenu artistique, notamment la sélection des films qui incombe au seul délégué artistique[120].
Directeur généralLe Directeur général est là pour superviser ou attribuer les tùches aux différents services et veiller au bon déroulement global de l'événement. Il gÚre les besoins, s'occupe des questions administratives et financiÚres et statue sur les effectifs de travail. Il s'agit de la deuxiÚme place la plus importante du Festival.

Le cinéma français au Festival

Descente des marches par l'équipe du film Entre les murs, lauréat français de la Palme d'or en 2008.

Bien qu'organisĂ© en France, le Festival de Cannes ne privilĂ©gie pas pour autant le cinĂ©ma français. En effet les laurĂ©ats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et Maurice Pialat (avec Sous le soleil de satan) en 1987, mais, plus rĂ©cemment, Laurent Cantet (avec Entre les murs) en 2008, Abdellatif Kechiche (avec La Vie d'AdĂšle) en 2013, et Julia Ducournau (avec Titane) en 2021. En 2007, trois films français sur vingt-deux Ă©taient en compĂ©tition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un Français est rĂ©compensĂ© par le prix suprĂȘme. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatriĂšme pays dans le classement du nombre de laurĂ©ats de la Palme[121].

Par ailleurs, le cinĂ©ma français, est soumis Ă  un comitĂ© de sĂ©lection spĂ©cifique, et fournit gĂ©nĂ©ralement trois des vingt-deux candidats de la sĂ©lection officielle. Jusque dans les annĂ©es 1980, le ComitĂ© de sĂ©lection français, composĂ© de quatre Ă  vingt personnes selon les annĂ©es, Ă©tait nommĂ© par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadent le ministre de laisser le Festival sĂ©lectionner les films français. Pour Ă©viter une surcharge de travail, Gilles Jacob crĂ©e la mĂȘme annĂ©e un comitĂ© de sĂ©lection consacrĂ© aux films français dont il choisit lui-mĂȘme les conseillers et dont le nombre n’est pas prĂ©dĂ©fini[note 15].

Depuis 1946, les lauréats français du grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont au nombre de onze : Jean Delannoy avec La symphonie pastorale en 1946, Henri-Georges Clouzot avec Le Salaire de la peur en 1953, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle avec Le Monde du silence en 1956, Henri Colpi avec Une aussi longue absence en 1961, Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Claude Lelouch avec Un homme et une femme en 1966, Maurice Pialat avec Sous le soleil de Satan en 1987, Laurent Cantet avec Entre les murs en 2008, Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux et AdÚle Exarchopoulos avec La Vie d'AdÚle en 2013, Jacques Audiard avec Dheepan en 2015, et Julia Ducournau avec Titane en 2021.

Les leçons

Le Festival de Cannes inaugure en 1991 La leçon de cinéma. Cette leçon est dirigée par un célÚbre cinéaste[122]. On remarque notamment Nanni Moretti, Oliver Stone, Stephen Frears, Francesco Rosi, Wong Kar-wai, Martin Scorsese, Quentin Tarantino et Sydney Pollack. Ainsi, de par leur style, ils illustrent leurs moments forts, leur parcours d'artiste dans le monde du cinéma et leurs visions du film idéal. Ces leçons ont été conçues pour faire aimer et découvrir le cinéma dans un esprit de dialogue créatif et ouvert. Les admirateurs de célébrités pourront ainsi les découvrir plus concrÚtement qu'à la montée des marches, par exemple. Le public pourra par ailleurs apprendre à connaßtre le métier de réalisateur, et découvrir la cinématographie. Des leçons de cinéma de cette envergure n'ont jamais été présentées dans des festivals internationaux auparavant, comme à la Mostra de Venise ou durant la Berlinale, il aura fallu attendre l'idée de Gilles Jacob pour pouvoir y participer.

En 2003, La leçon de musique est créée sur le modÚle des Leçons de cinéma. C'est ici qu'un grand compositeur de musiques de film partagera sa carriÚre musicale avec le public. Se sont succédé Nicola Piovani, Howard Shore et Alexandre Desplat par exemple.

Puis, en 2004, c'est au tour de la Leçon d'acteur d'ĂȘtre innovĂ©e. On a dĂ©jĂ  retrouvĂ© Catherine Deneuve, Max Von Sydow et Gena Rowlands.

Le public, qui a rarement accĂšs aux projections officielles, peut alors avoir un contact direct avec les cĂ©lĂ©britĂ©s devenues « professeurs ». C'est sur le ton de la confession intime qu'un Ă©change unique dans le monde a Ă©tĂ© mis en place par Gilles Jacob. C'est un partage concret oĂč chaque professionnel se livre aux questions des plus curieux, en racontant ses expĂ©riences vĂ©cues.

Protocole cannois

Une starlette Ă  Cannes en 1979.

Pendant une douzaine de jours, la ville de Cannes est phagocytĂ©e par le Festival. Le centre-ville est quadrillĂ© par la police, la circulation automobile est bouleversĂ©e et le parcours des transports en commun modifiĂ©. La Promenade de la Croisette et son Palais des festivals et des congrĂšs sont assaillis par plus de 4 500 journalistes et les abords des palaces par les curieux de tous horizons quand les vedettes sortent pour se rendre au Palais des Festivals. Durant les deux premiĂšres semaines de mai[note 16], Cannes monte en puissance. Face aux marches, une zone est mise Ă  disposition des chasseurs d'autographes et des photographes amateurs en quĂȘte du clichĂ© exclusif, Ă©quipĂ©s d'Ă©chelles et d'escabeaux cadenassĂ©s au mobilier urbain et aux barriĂšres de sĂ©curitĂ© durant la pĂ©riode du Festival[123]. Les quelque 200 photographes professionnels sont situĂ©s en bas et de part et d'autre des marches rĂ©partis sur des estrades Ă  trois niveaux, aux places numĂ©rotĂ©es, afin d'immortaliser les stars sous les projecteurs et les camĂ©ras de tĂ©lĂ©vision.

Outre les traditionnelles photos prises à leur arrivée au Palais des Festivals, les vedettes et personnalités du cinéma sont astreintes à un photocall, séance de photos individuelle ou de groupe rassemblant sur le toit du Palais acteurs, réalisateur d'un film, etc[124] - [125]. Ces personnalités sont également conviées à participer à la conférence de presse à l'intérieur du Palais, face à un parterre de journalistes et de professionnels de l'industrie du film français et étrangers venus les interroger sur certains aspects du film présenté[126].

Pour cet évÚnement, le secteur du Palais des Festivals et de la Croisette est métamorphosé [127]: les plages privées installent des structures démontables qui augmentent leur capacité d'accueil, les toits et terrasses des palaces sont transformés en sites destinés aux réceptions, cocktails ou zones de presse et d'interviews[128]. Les façades des résidences sont parées de banderoles au nom des sociétés de production qui louent des appartements sur la Croisette ou des yachts. Le boulevard de la Croisette et, plus généralement, le quartier du Centre - Croisette sont pavoisés avec des oriflammes sur le thÚme du festival ou des affiches qui retracent l'histoire de l'industrie cinématographique[129]. La plage publique Macé est aménagée en salle de projection à ciel ouvert le temps du Festival[130]. Les navettes d'hélicoptÚres se multiplient entre Cannes et l'aéroport de Nice-CÎte d'Azur qui vit également au rythme des arrivées des vedettes du cinéma[131] - [132].

Les échelles et escabeaux des photographes amateurs face à la montée des marches.

Un protocole de rigueur est mis en place. Le tout premier soir a lieu la cĂ©rĂ©monie d'ouverture pendant laquelle le maĂźtre ou la maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie prĂ©sente les membres du jury et invite sur scĂšne l'Ă©quipe du film choisi pour ouvrir les festivitĂ©s. Le choix du film d'ouverture s'axe sur une Ɠuvre destinĂ©e Ă  attirer le maximum d'attention de la part des mĂ©dias et du public. Il ne prĂ©figure en rien la sĂ©lection officielle[133]. La projection est suivie d'un dĂźner protocolaire dont le coĂ»t est traditionnellement partagĂ© entre le festival et les producteurs ou distributeurs du film[118]. Le dernier jour, la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture met fin au suspense de la compĂ©tition et le prĂ©sident du jury annonce le nom des laurĂ©ats. Ces derniers se font remettre leur rĂ©compense par une cĂ©lĂ©britĂ© du cinĂ©ma et ont droit Ă  un discours de remerciements. Un film de clĂŽture en prĂ©sence de l'Ă©quipe est projetĂ© et un dĂźner, pris en charge en partie par les producteurs et distributeurs, clĂŽt les festivitĂ©s[118]. À noter qu'en 2014, la direction fait le choix de projeter un film de rĂ©pertoire en clĂŽture, Pour une poignĂ©e de dollars de Sergio Leone, dont la sĂ©ance est prĂ©sentĂ©e par Quentin Tarantino en l'honneur du cinquantenaire du western spaghetti[134] - [135].

Façades d'hÎtels et de résidences ornées de banderoles des sociétés de production dans le centre-ville de Cannes.

Quotidiennement, les activitĂ©s se dĂ©roulent selon un rituel bien Ă©tabli. Pour tous les films de la sĂ©lection (en et hors compĂ©tition, Un certain regard et Cannes Classics), l'Ă©quipe prĂ©sente est invitĂ©e Ă  participer Ă  une confĂ©rence de presse et un photo-call avant d'assister Ă  une projection officielle oĂč les invitĂ©s foulent le tapis rouge, posent devant les photographes et montent les 24 marches du Palais surnommĂ©es les « 24 marches de la gloire »[136]. La montĂ©e des marches et du tapis rouge est une idĂ©e du journaliste Yves Mourousi, chargĂ© en 1984 par le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral Gilles Jacob de mettre un peu d'ordre Ă  l'entrĂ©e du Palais des Festivals[137]. La mythique montĂ©e des marches est filmĂ©e et ses images sont diffusĂ©es dans le monde entier. Elle est aussi l'occasion pour les couturiers de faire connaĂźtre leurs derniĂšres crĂ©ations[138]. Plusieurs centaines de badauds se massent derriĂšre les barriĂšres de sĂ©curitĂ© et attendent des heures pour apercevoir des stars et rĂ©clamer un autographe ou un selfie.

Quelques Cannois Ă©voquent le Festival d'antan avec nostalgie, au moment oĂč ceux-ci participaient pleinement Ă  la manifestation et recevaient facilement des invitations[139]. La comĂ©dienne Marina Vlady avoue dans le documentaire Cannes, 60 ans d'histoire qu'avant les starlettes venaient Ă  Cannes pour un rendez-vous d'amour et d'amitiĂ©, que les cĂ©lĂ©britĂ©s pouvaient parler aux passants dans la rue. Tandis que maintenant, elle blĂąme les voitures blindĂ©es, les gardes du corps
 L'actrice dit de plus que le Festival de Cannes vient de perdre un rapport social[note 17]. L'ancien prĂ©sident du Festival Gilles Jacob exprime lui-mĂȘme, en 2012, un regret face Ă  la monumentalitĂ© de l’évĂ©nement qui aurait perdu de son humanitĂ© face au temps oĂč Kirk Douglas jouait au football avec des journalistes et que les stars se rendaient Ă  pied sur la plage : « Il faudrait que le Festival s'arrĂȘte de grandir, pour ne pas devenir une gĂȘne. Cannes est la plus belle ville qui soit pour un festival de cinĂ©ma, mais il faut que ça reste un plaisir, pas une contrainte. [
] Il y a de plus en plus de gens et de mĂ©dias qui veulent venir, on ne peut pas leur interdire. [
] Quand les vedettes descendent au bas des marches, certaines parlent aux gens, d'autres non. Beaucoup ne donnent que du convenu, consacrent une petite journĂ©e Ă  la presse, et s'en vont. C'est presque l'usine. »[140] - [141].

En gĂ©nĂ©ral, deux films de la compĂ©tition sont projetĂ©s chaque jour. Sauf exception pour certaines Ɠuvres n'ayant qu'une projection unique, deux Ă  trois sĂ©ances quotidiennes pour chaque long mĂ©trage sont prĂ©vues. Une seule projection est dĂ©signĂ©e comme l'officielle. Cette derniĂšre se dĂ©roule en fin d'aprĂšs-midi ou en soirĂ©e dans le Grand Auditorium LumiĂšre du Palais des Festivals oĂč ont Ă©galement lieu les cĂ©rĂ©monies d'ouverture et de clĂŽture. À noter que des sĂ©ances de rattrapage sont organisĂ©es le lendemain pour les festivaliers retardataires. La presse est conviĂ©e la veille pour la projection de ces mĂȘmes films ou bien aux sĂ©ances du matin ouvertes aux personnes possĂ©dant une invitation officielle et aux mĂ©dias. Les projections officielles, de l'aprĂšs-midi et du soir, se font en prĂ©sence de l'Ă©quipe du film et se dĂ©roulent aprĂšs la cĂ©lĂšbre montĂ©e des marches. Plusieurs invitĂ©s s'y pressent : vedettes, notables, professionnels, personnalitĂ©s politiques, reprĂ©sentants des groupes-partenaires de l'Ă©vĂ©nement et dirigeants d'organismes influents. Quelques festivaliers amateurs, ne pouvant recevoir d'invitations officielles, attendent au pied des marches pour que quelques privilĂ©giĂ©s daignent bien leur en offrir mais rares sont les chanceux.

De plus, une priorité d'entrée aux projections est accordée à la presse. Les accréditations des milliers de journalistes, photographes ou rédacteurs présents sont réparties selon cinq niveaux stricts qui déterminent l'ordre d'entrée dans la salle[139]. L'attribution des niveaux d'accréditation est décidée par le service de presse qui tranche en fonction de l'importance des tirages, de l'ampleur de la couverture par le titre, de la fréquence de parution et du nombre d'accréditations demandées[note 18].

Il y a Ă©galement diffĂ©rents niveaux d'accrĂ©ditation pour les professionnels du cinĂ©ma. Les accrĂ©ditations considĂ©rĂ©es comme les « moins importantes » sont les « Cannes CinĂ©philes », rĂ©servĂ©es aux membres d’associations vouĂ©es Ă  la promotion du cinĂ©ma, aux personnes exerçant une activitĂ© cinĂ©phile rĂ©guliĂšre et Ă  des groupes scolaires de section CinĂ©ma et Audiovisuel en lycĂ©es ou universitĂ©s[142]. Ceux-ci ont plus de difficultĂ©s Ă  assister aux projections car les autorisations qui leur sont confĂ©rĂ©es varient en fonction du quota de places disponibles. Au cours de l'Ă©dition 2009, la rĂ©glementation change subitement et les « Cannes CinĂ©philes », mĂȘme munis d'un billet pour les projections, n'ont plus eu la possibilitĂ© d'entrer dans le Palais. Aucune explication n'est donnĂ©e Ă  cette interdiction impromptue mais il semble simplement que les dirigeants du Festival de Cannes ne considĂšrent pas les « Cannes CinĂ©philes » comme assez importants pour bĂ©nĂ©ficier d'un droit d'entrĂ©e. Nombre de festivaliers jugent cette dĂ©cision comme Ă©tant un grave coup portĂ© Ă  la culture, puisque le Festival se prive ainsi brutalement de milliers de cinĂ©philes[143].

Une tenue stricte est exigĂ©e lors de la montĂ©e des marches[139]. Les hommes sont tenus traditionnellement de porter un smoking et un nƓud papillon (des hĂŽtesses au bas des marches en vendant pour les oublieux ou les rĂ©calcitrants)[118] et les femmes une robe de soirĂ©e, souvent signĂ©e par des couturiers de renommĂ©e mondiale[144]. NĂ©anmoins, Pablo Picasso se permet, dans un geste de dĂ©sinvolture, de monter les marches avec une veste en peau de mouton lors du Festival 1953[note 19].

Depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, le Festival a tendance Ă  s'ouvrir plus largement au public, les dirigeants ont crĂ©Ă© des soirĂ©es de projections de longs mĂ©trages divers hors-compĂ©tition gratuites oĂč tout le monde peut entrer. De plus, les cinĂ©mas de la ville de Cannes, Ă  l'instar de La Licorne situĂ© Ă  La Bocca, sont invitĂ©s Ă  participer Ă  la manifestation et ouvrent leurs salles aux films de la sĂ©lection officielle.

Pendant le Festival, plusieurs soirĂ©es, dĂźners et galas sont organisĂ©s dans lesquels se mĂȘlent VIP et privilĂ©giĂ©s munis d'une invitation.

Musique

Pendant toute la durĂ©e du festival, on entend le mĂȘme extrait musical avant la diffusion de chaque film dans la salle du Palais des Festivals : il s'agit d'Aquarium, l'une des piĂšces musicales de la suite Le Carnaval des animaux de Camille Saint-SaĂ«ns. L'organisation du festival a essayĂ© d'en changer, mais elle a dĂ» faire marche arriĂšre tant cet extrait est dorĂ©navant une « marque auditive » du festival[note 20]. Depuis quelques annĂ©es, lors de chaque remise de prix Ă  la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture, on entend un extrait d'une musique de film comme lors du 63e festival (2010), pour la remise du grand prix on entend la musique I Rise, You Fall de Steve Jablonsky qui est une musique du film Transformers 2 : La Revanche.

La bande originale du film Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles (The Land Before Time) de Don Bluth, composée par James Horner, est aussi utilisé de maniÚre récurrente pour le générique des cérémonies du festival[145].

Cannes fait le mur

Rendez-vous annuel depuis 2004, « Cannes fait le mur » est une exposition de diverses photographies grandeurs nature de cinĂ©astes, exposĂ©es entre les maisons, ou sur des monuments. Ces photos sont imprimĂ©es sur des kakĂ©monos, de grandes bĂąches perforĂ©es pour ne pas se balancer avec la pression du vent. AttachĂ© au projet, c'est Denis Rouvre, photographe professionnel, qui s'occupe du choix des images, et des lieux oĂč elles seront suspendues. On les retrouve notamment sur l'espace Ranguin, l'immeuble Alexandra Ă  La Bocca, sur le lycĂ©e Jules Ferry, la mairie de Cannes, ou encore sur l'hĂŽtel Renoir.

Pour ce faire, Corbis-Outline place ses Ɠuvres dans le domaine public et Multiplast fournit gratuitement les bĂąches[146]. MalgrĂ© ce volontariat, ce sont 40 000 â‚Ź dĂ©pensĂ©s pour le montage et le dĂ©montage des toiles.

Cet évÚnement est organisé en collaboration entre la mairie de Cannes et le Festival de Cannes[147].

Loin des photographes et des touristes, le studio montable n'est en fait qu'un photomaton, et seul, le cinéaste photographié est totalement libre de faire ses photographies, comme il l'entend. Dévoilés au cannois, sept artistes sont exposés durant le Festival de Cannes dans toute la ville. Parmi les célébrités exposées, on retrouve Samuel L. Jackson, Elijah Wood, Rossy de Palma, Kevin Bacon ou encore Maïwenn.

Portée et influence du Festival

Marché du film

Vue sur l'affiche du 74e Festival du film dans une rue de Cannes.

CrĂ©Ă© en 1959, le MarchĂ© du film est une des facettes commerciales du Festival international du film de Cannes[148]. Son objectif est de promouvoir des films en chantier et de faire dĂ©couvrir aux producteurs et distributeurs du monde entier de nouveaux projets[149]. Il est l'un des rendez-vous les plus importants au monde en ce qui concerne les rencontres, nĂ©gociations et transactions de l'industrie du cinĂ©ma, notamment au niveau des ventes internationales[148]. Chaque annĂ©e, il offre un aperçu de la production actuelle en projetant plus de quatre mille films, du cinĂ©ma d'auteur aux grosses productions[148]. Le MarchĂ© est devenu trĂšs important, il comptait dix-mille participants de quatre-vingt-onze pays en 2000[148]. Les producteurs et distributeurs y trouvent des partenaires pour le financement de leurs projets de films, et vendent les Ɠuvres dĂ©jĂ  tournĂ©es aux distributeurs et tĂ©lĂ©visions du monde entier.

Il se déroule sur douze jours pendant le Festival de Cannes. Pour les producteurs, ce marché est trÚs significatif, puisque porter son badge revient à pouvoir participer à toutes les projections officielles[148].

Il se démarque des projets parallÚles en étant le premier et le seul à proposer trente salles équipées en matériel numérique.

En 2004, le Marché crée le Producers Network, sous-section de ce dernier, qui aura un succÚs dÚs sa premiÚre édition[150]. Cette section est réservée aux producteurs d'au moins un film sorti en salles au cours des trois années précédentes. Le Producers Network aide à la coproduction internationale, par le biais de dialogues entre professionnels. Pour ce faire, les producteurs possÚdent chacun vingt minutes pour présenter leur projet à d'autres producteurs plus importants. Chaque année, il accueille cinq cents producteurs étrangers[151].

Pour faciliter ces Ă©changes de vingt minutes, et la production, le Producers Network a inaugurĂ© en 2004 une salle oĂč sont disposĂ©es des tables rondes, oĂč tous les matins, pendant le Festival, les producteurs viendront dĂ©jeuner, et discuter de leurs projets[151]. Le Producers Network se dĂ©roule au cƓur du Village International.

Il a aussi créé en 2007 le Speed dating, soirée thématique, réalisé en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) et le Centre national de la cinématographie (CNC).

Sponsors et médias

Penélope Cruz, lauréate du prix d'interprétation féminine en 2006 et critiquée pour son parrainage de la firme L'Oréal.

Si le Festival de Cannes est le deuxiĂšme Ă©vĂ©nement le plus mĂ©diatisĂ© au monde, c'est grĂące aux trois cents chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision prĂ©sentes sur place, comme rĂ©cemment Orange TĂ©lĂ©vision mais surtout Canal+ qui a dĂ©boursĂ© six millions et demi d'euros pour l'Ă©dition 2007 par exemple[152], et aux multiples parraineurs. On remarque en particulier Kerry Washington, Gong Li et Andie MacDowell lors de la montĂ©e des marches 2007, reprĂ©sentant L'OrĂ©al, groupe industriel français spĂ©cialisĂ© dans les cosmĂ©tiques et la beautĂ©. D'ailleurs, PenĂ©lope Cruz qui avait remportĂ© le prix d'interprĂ©tation fĂ©minine pour Volver avait Ă©tĂ© critiquĂ©e pour son parrainage avec ce groupe industriel[153]. La collaboration entre le Festival et L'OrĂ©al a fĂȘtĂ© ses dix ans en 2007 et ses vingt ans en 2017[154].

De multiples journaux de presse Ă©crite sont aussi prĂ©sents sur la Croisette, comme Paris Match, ou Le Monde. On retrouve de mĂȘme des magazines de cinĂ©ma avec PremiĂšre, ou CinĂ© Live.

Le transport des cĂ©lĂ©britĂ©s dans Cannes est trĂšs prisĂ©. Renault est le transporteur officiel des cĂ©lĂ©britĂ©s jusqu'au Palais des Festivals et des CongrĂšs, et sa Vel Satis fĂȘte, en 2007, ses vingt-cinq ans de collaboration[155]. Par ailleurs, Audi a signĂ© un contrat avec Jean-Roch, directeur du VIP Room, pour trois ans[155]. À partir de 2022, BMW remplace Renault comme transporteur officiel des cĂ©lĂ©britĂ©s, alors que cela faisait environ 40 ans que Renault occupait ce rĂŽle[156].

Aussi, les maĂźtres de cĂ©rĂ©monie sont-ils habillĂ©s par des « grands de la mode », qui en profitent pour ĂȘtre vus du public et des mĂ©dias : Diane Kruger, maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie de l'Ă©dition 2007, a portĂ© une robe drapĂ©e en satin bleu nuit de Chanel, firme de la haute couture. Cette robe avait Ă©tĂ© spĂ©cialement crĂ©Ă©e pour elle par Karl Lagerfeld. C'est ici une autre maniĂšre de se faire remarquer par les foules[157].

Des cinéphiles critiquent d'ailleurs la présence qu'ils jugent trop imposante des médias et des grands groupes industriels et financiers, notamment liés au luxe et la mode. Ils soulignent le fait que les prix remis dans les différentes sections sont aussi touchés par les sponsors : la Palme d'or a été redessinée et refondue en 1997 par le joaillier suisse Chopard. Mercedes-Benz s'occupe de la remise du prix de la Semaine de la critique et la Fondation Gan sponsorise les prix du Certain Regard[158]. Depuis 2015, Kering est partenaire officiel du Festival[96].

Le Festival cherche ainsi Ă  ĂȘtre multi-sponsorisĂ©. Les mĂ©dias retransmettent l’évĂ©nement dans le monde entier et les sponsors se servent du Festival pour faire leur publicitĂ©. Les marques attirent les foules. Le phĂ©nomĂšne « Ă©vĂ©nement mondial et mondain » marche ainsi : les publicitaires se battent pour devenir partenaire officiel du Festival et ainsi ĂȘtre vus de tous. Voici les propos du groupe Maxell : « Ce sponsoring est une excellente occasion pour Maxell, le Festival de Cannes est un Ă©vĂ©nement planĂ©taire, diffusĂ© dans le monde entier, et qui jouit d’une reconnaissance importante »[159].

Voici en quelques chiffres la présence des médias (en 2017)[160] :

Festival de Cannes en chiffre clé
JournalistesJournaux de presse écriteChaßnes de télévisionAgences de presseRadiosPhotographesSite web
4 1791 2441 412458347400796
Festival de Cannes en chiffre clé (2018)[161]
Le nombre de feuilles d'or qui composent la cĂ©lĂšbre Palme en or 18 carats est 19, d'une valeur totale de 20 000 euros, fournie dans le cadre d'un partenariat avec le joaillier suisse Chopard.
1800 mÚtres de tapis rouge utilisé pendant le Festival. Un tapis changé deux fois par jour et recyclé en granulés de polypropylÚne et réutilisés dans la plasturgie (pare-chocs ou tableaux de bord).
40 000 professionnels du 7e sont accrĂ©ditĂ©s dont 4500 journalistes du monde entier (plus de 2000 mĂ©dias de 90 pays)[162].
Le budget du Festival de Cannes est de 20 000 000, dont L'État et les collectivitĂ©s locales (Ville de Cannes, Conseil rĂ©gional Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur, Conseil gĂ©nĂ©ral des Alpes Maritimes) en financent la moitiĂ©. Le reste provient des sponsors.

Influence du Festival

Le Festival de Cannes est devenu au long des annĂ©es l'une des plus importantes cĂ©rĂ©monies de cinĂ©ma au monde. Il est l'un des premiers Ă©vĂ©nements mĂ©diatiques et culturels internationaux[163]. Ce mĂȘme Festival est reconnu d'utilitĂ© publique et comme PremiĂšre grande manifestation culturelle internationale de l'AprĂšs-guerre en 1972 par le MinistĂšre de la Culture[164]. Dans le livre European Cinema : An Introduction, Jill Forbes et Sarah Street affirment que « Cannes est devenue extrĂȘmement important pour les intĂ©rĂȘts de la critique et du commerce, de plus les cinĂ©astes peuvent y promouvoir leurs films
 »[165].

Le Festival a acquis une notoriĂ©tĂ© qui se fonde sur l'Ă©quilibre entre la qualitĂ© artistique des films et leur impact commercial. De nombreuses cĂ©lĂ©britĂ©s du cinĂ©ma mondial souhaitent venir assister Ă  la montĂ©e des marches afin de se crĂ©er une image de marque auprĂšs des diffĂ©rents mĂ©dias prĂ©sents pour l’évĂ©nement. La presse attaque parfois le Festival, mais celui-ci garde son image. De plus, son influence tend Ă  augmenter d'annĂ©e en annĂ©e[166], avec un nombre toujours plus grand de visiteurs venus de l'Ă©tranger[note 21].

Selon L'Express, ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes correspond Ă  « recevoir la lĂ©gion d'honneur » ou « entrer dans la mythologie d'un Ă©vĂ©nement »[163]. La prĂ©sentation d'un long mĂ©trage en sĂ©lection officielle ou dans les sections parallĂšles (Semaine de la Critique, Quinzaine des rĂ©alisateurs, ACID) revĂȘt une importance capitale pour sa promotion française et internationale. Sa valeur au MarchĂ© du film en dĂ©pend[163]. Si la rĂ©ception de la critique et des festivaliers est positive, les enchĂšres montent : son prix de vente croĂźt soudainement[163]. Pour plusieurs distributeurs, les sĂ©ances cannoises servent de projections-tests[163]. Sur le plan marketing, certains profitent depuis quelques annĂ©es de l' « effet Cannes » en sortant le film en salles le jour-mĂȘme de sa prĂ©sentation au Festival[163].

Producteurs, distributeurs et artistes rĂȘvent Ă©galement d'une rĂ©compense qui est la « cerise sur le gĂąteau »[167]. Un prix dĂ©cernĂ© par le jury officiel est un label pour la presse, les cinĂ©philes et le monde du spectacle[167]. La Palme d'or est notamment considĂ©rĂ©e comme l'une des rĂ©compenses cinĂ©matographiques les plus prestigieuses : gage de qualitĂ© pour le public français et international, elle assure Ă  son rĂ©cipiendaire d'obtenir une renommĂ©e mondiale, de trouver facilement un distributeur et de multiplier par dix, voire par cent, le nombre de spectateurs en salles[167]. Il n'est pas rare de voir des films primĂ©s Ă  Cannes recevoir, l'annĂ©e suivante, plusieurs prix et nominations lors des cĂ©rĂ©monies de rĂ©compenses les plus importantes dont les Oscars du cinĂ©ma (La Leçon de piano, Le Pianiste, The Artist, Amour
)[168].

Le Festival a, de plus, un impact local : durant les deux semaines de Festival, la ville de Cannes voit sa population tripler, de 70 000 Ă  210 000 habitants[169], le chiffre d'affaires des commerces, hĂŽtels, restaurants de Cannes augmente Ă©normĂ©ment. Dans les heures prĂ©cĂ©dant l'ouverture du Festival, l'aĂ©roport et la gare de Cannes sont bouleversĂ©s. La ville est entiĂšrement rĂ©novĂ©e pour le Festival international du film qui rend Cannes rayonnante[170].

Personnalités les plus récompensées

Cannes se veut la cĂ©lĂ©bration des plus grands cinĂ©astes internationaux. Parmi tous les rĂ©alisateurs en compĂ©tition Ă  Cannes, nombre d'entre eux ont Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©s pour leur art, leur style ou leur genre. Leur cinĂ©ma leur a valu d'ĂȘtre rĂ©compensĂ©s plusieurs fois. D'ailleurs, sur l'affiche officielle du Festival de Cannes 2007, mĂ©moire des 60 ans du Festival, ont Ă©tĂ© rassemblĂ©es neuf cĂ©lĂ©britĂ©s chouchous du Festival. On retrouve Souleymane CissĂ©, PenĂ©lope Cruz, Wong Kar-Wai, Juliette Binoche, Jane Campion, GĂ©rard Depardieu, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, et Pedro AlmodĂłvar[171].

Neuf rĂ©alisateurs ont obtenu deux fois la Palme d'or : Francis Ford Coppola (avec Conversation secrĂšte et Apocalypse Now — partagĂ© avec un autre film dans le deuxiĂšme cas) ; Bille August (avec Pelle le ConquĂ©rant et Les Meilleures Intentions — accompagnĂ© du prix d'interprĂ©tation fĂ©minine pour Pernilla August dans le second cas) ; Shƍhei Imamura (avec La Ballade de Narayama et L'Anguille — partagĂ© avec un autre film dans le deuxiĂšme cas) ; Emir Kusturica (avec Papa est en voyage d'affaires et Underground) ; Luc et Jean-Pierre Dardenne (avec Rosetta et L'Enfant) ; Michael Haneke (avec Le Ruban blanc et Amour) ; Ken Loach (avec Le vent se lĂšve et Moi, Daniel Blake) et Ruben Östlund (avec The Square et Sans filtre). Le cinĂ©aste suĂ©dois Alf Sjöberg avait aussi reçu la rĂ©compense suprĂȘme du festival Ă  deux reprises mais il ne s'agissait pas encore de la Palme d'or. Notons qu'en plus de ses deux palmes, Emir Kusturica a obtenu Ă  Cannes le prix de la mise en scĂšne (meilleur rĂ©alisateur) pour Le Temps des Gitans et le prix de l'Éducation nationale pour La vie est un miracle. Les frĂšres belges Jean-Pierre et Luc Dardenne ont quant Ă  eux reçu en complĂ©ment un grand prix pour Le Gamin au vĂ©lo, un prix du scĂ©nario pour Le Silence de Lorna et leurs comĂ©diens Émilie Dequenne et Olivier Gourmet se sont vu dĂ©cerner un prix d'interprĂ©tation chacun, respectivement pour Rosetta et Le Fils. Michael Haneke a, lui, Ă©tĂ© aurĂ©olĂ© d'un grand prix pour La Pianiste (Ă©galement laurĂ©at d'un double prix d'interprĂ©tation pour Isabelle Huppert et BenoĂźt Magimel) et d'un prix de la mise en scĂšne pour CachĂ©. Avec 13 films en compĂ©tition, Ken Loach a lui aussi Ă©tĂ© plusieurs fois rĂ©compensĂ© en dehors de la palme avec trois prix du jury (Secret dĂ©fense, Raining Stones et La Part des Anges), un prix d'interprĂ©tation masculine dĂ©cernĂ© Ă  Peter Mullan (pour My Name Is Joe) et un prix du scĂ©nario pour son scĂ©nariste attitrĂ© Paul Laverty (Sweet Sixteen).

Beaucoup d'autres cinĂ©astes ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s Ă  plusieurs reprises : les frĂšres Coen, laurĂ©ats d'une Palme d'or (pour Barton Fink), ont gagnĂ© le grand prix du jury en 2013 pour Inside Llewyn Davis et le prix de la meilleure rĂ©alisation Ă  trois reprises : pour Barton Fink en 1991, Fargo en 1996 et The Barber en 2001. L'un de leurs comĂ©diens fĂ©tiches, John Turturro, a par ailleurs reçu le prix du meilleur acteur pour Barton Fink en 1991 et Irma P. Hall, comĂ©dienne principale de Ladykillers, le prix du jury en 2004. Wim Wenders, lui aussi rĂ©cipiendaire d'une Palme en 1984 pour Paris, Texas, est reparti avec le prix du meilleur rĂ©alisateur pour Les Ailes du dĂ©sir trois ans plus tard ainsi qu'avec le grand prix en 1993 pour Si loin, si proche !. Michelangelo Antonioni a Ă©galement obtenu plusieurs fois les faveurs du jury avec la Palme d'or pour Blow-Up, le prix SpĂ©cial du jury pour L'avventura et L'Éclipse puis le prix du 35e anniversaire pour Identification d'une femme. Plus rĂ©cemment, on note que le Roumain Cristian Mungiu a Ă©tĂ© systĂ©matiquement honorĂ© : Palme (4 mois, 3 semaines, 2 jours), prix du scĂ©nario et prix de la meilleure actrice ex-ĂŠquo pour Cosmina Stratan et Cristina Flutur (Au-delĂ  des collines) ou encore prix de la meilleure mise en scĂšne (BacalaurĂ©at).

Lars von Trier, récompensé à plusieurs reprises au Festival.

Avant d'ĂȘtre palmĂ©s, plusieurs rĂ©alisateurs sont passĂ©s par de nombreuses rĂ©compenses intermĂ©diaires comme Lars von Trier, dĂ©tenteur de deux prix de la Commission supĂ©rieure technique (pour Element of Crime et Europa), d'un prix du jury (pour Europa) et d'un grand prix (pour Breaking the Waves) avant de triompher avec Dancer in the Dark et de permettre Ă  trois de ses actrices de remporter le prix d'interprĂ©tation fĂ©minine (Björk, Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst). Theo Angelopoulos a reçu le prix du scĂ©nario et le prix FIPRESCI de la Critique internationale pour Voyage Ă  CythĂšre et Le Regard d'Ulysse et le grand prix (pour Le Regard d'Ulysse) avant la Palme dĂ©cernĂ©e Ă  L'ÉternitĂ© et Un Jour. Costa-Gavras a, de son cĂŽtĂ©, gagnĂ© le prix du jury pour Z (qui a Ă©galement valu le prix d'interprĂ©tation Ă  Jean-Louis Trintignant) et le prix de la mise en scĂšne pour Section spĂ©ciale avant de remporter la Palme d'or pour Missing qui permet de plus Ă  Jack Lemmon d'ĂȘtre Ă©lu « meilleur acteur ». Par ailleurs, Nuri Bilge Ceylan a obtenu deux grand prix (pour Uzak, Ă©galement rĂ©compensĂ© d'un double prix d'interprĂ©tation masculine et Il Ă©tait une fois en Anatolie) ainsi qu'un prix de la mise en scĂšne (pour Les Trois Singes) avant que la Palme d'or lui soit attribuĂ©e pour Winter Sleep (KÄ±ĆŸ Uykusu). Enfin, Jacques Audiard a reçu le prix du scĂ©nario pour Un hĂ©ros trĂšs discret et le grand prix pour Un prophĂšte avant d'ĂȘtre palmĂ© avec Dheepan.

En outre, plusieurs cinĂ©astes sont des habituĂ©s du palmarĂšs mĂȘme s'ils n'ont jamais gagnĂ© la Palme d'or comme Robert Bresson ou encore AndreĂŻ Tarkovski qui a obtenu trois fois le grand prix, Ă  savoir pour Solaris, Nostalghia et Le Sacrifice. Xavier Dolan a remportĂ© de nombreux prix Ă  Cannes, dont le prix du jury pour Mommy et le grand prix pour Juste la fin du monde, mais n'a pas remportĂ© de Palme d'Or. Bruno Dumont, lui, a remportĂ© deux fois le grand prix du jury : pour L'humanitĂ© (qui a de plus permis Ă  SĂ©verine Caneele et Emmanuel SchottĂ©, acteurs non professionnels, de gagner le prix d'interprĂ©tation) et pour Flandres. Il a Ă©galement reçu une mention spĂ©ciale CamĂ©ra d'or pour la Vie de JĂ©sus, son premier long mĂ©trage. On note aussi la prĂ©sence rĂ©pĂ©tĂ©e dans les palmarĂšs du Français RenĂ© ClĂ©ment et du Japonais Masaki Kobayashi.

Peu d'acteurs ont obtenu deux prix d'interprĂ©tation masculine : Marcello Mastroianni (pour son rĂŽle dans Drame de la jalousie et Les Yeux noirs) ; Dean Stockwell (pour son rĂŽle dans Le GĂ©nie du mal et Long voyage vers la nuit — Ă  chaque fois partagĂ© avec deux autres acteurs) ; Jack Lemmon (pour son rĂŽle dans Missing et Le Syndrome chinois).

Quatre actrices ont Ă©galement obtenu deux prix d'interprĂ©tation fĂ©minine : Isabelle Huppert (pour son rĂŽle dans Violette NoziĂšre et La Pianiste — partagĂ© avec une autre actrice dans le premier cas) ; Helen Mirren (pour son rĂŽle dans Cal et La Folie du roi George) ; Barbara Hershey (pour son rĂŽle dans Le Bayou et Un monde Ă  part — partagĂ© avec deux autres actrices dans le deuxiĂšme cas) ; Vanessa Redgrave (pour son rĂŽle dans Morgan et Isadora). En 1981, Isabelle Adjani reçoit un double prix d'interprĂ©tation pour deux films prĂ©sentĂ©s en compĂ©tition : Possession et Quartet; un cas sans prĂ©cĂ©dent qui ne s'est encore jamais reproduit. À noter qu'Isabelle Huppert dĂ©tient le record absolu de films en sĂ©lection officielle pour un acteur, hommes et femmes rĂ©unis (20 au total)[172].

Certains cinéastes ont souvent vu leurs films sélectionnés par le Festival de Cannes. Le record absolu est détenu par Ken Loach, avec 17 sélections au festival de Cannes (dont 12 films en compétition). On peut citer Federico Fellini et Carlos Saura (avec 11 films sélectionnés) ; Ingmar Bergman et André Téchiné (avec 10 films sélectionnés) ; Wim Wenders, Luis Buñuel, Michel Cacoyannis, Ettore Scola et Andrzej Wajda (avec 9 films sélectionnés) et enfin Claude Lelouch (avec 7 films sélectionnés).

Autour du Festival

Cannes et le Festival

Dans le monde, Cannes est connue par son Festival[173], et évoque les célébrités du monde du cinéma et la montée des marches.

Le Festival de Venise ou le Festival de Berlin se déroulent dans des villes célÚbres par ailleurs. Il y a peu de chansons sur Cannes, hormis Cannes la braguette de Léo Ferré et Cannes des VRP, qui en donnent une image négative.

Certains considĂšrent que le Festival est fameux sans ĂȘtre populaire[174], car seuls les professionnels peuvent accĂ©der aux sĂ©lections officielles.

FĂȘtes du Festival

À ses dĂ©buts, le Festival Ă©tait surtout un Ă©vĂ©nement mondain et les films Ă©taient un prĂ©texte pour se rencontrer, lors de rĂ©ceptions et de fĂȘtes dans les villas de la CĂŽte d'Azur. Ces fĂȘtes organisĂ©es pour la plupart par La Begum, la femme de l'Agha Khan, dans sa villa Yakimour ont fait la rĂ©putation de Cannes[note 22].

Aujourd'hui, le Festival est considĂ©rĂ© comme un lieu de promotion unique Ă  l'international pour les films et les acteurs. En dehors des confĂ©rences de presse habituelles, la tradition s'est imposĂ©e de donner une fĂȘte pour les grosses productions. Ces fĂȘtes ont un thĂšme qui est liĂ© aux films, et leur organisation donne lieu Ă  une surenchĂšre de moyens pour marquer les esprits. Il est aussi difficile d'y entrer que dans les projections de la compĂ©tition officielle.

De nombreuses célébrités assistent à des soirées privées avec, aux platines, des discs jockey de réputation internationale. C'est l'occasion pour beaucoup de se montrer[175].

Les soirĂ©es organisĂ©es depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000 dans les franchises Ă©phĂ©mĂšres des plus grandes discothĂšques du monde ont nĂ©anmoins donnĂ© un sĂ©rieux coup de frein Ă  l'esprit des fĂȘtes organisĂ©es dans des villas sur les collines environnantes de Cannes[note 23]. Pour des raisons Ă©conomiques, mais aussi par facilitĂ©, de plus en plus de sociĂ©tĂ©s font appel Ă  ces grandes discothĂšques (ou sont dĂ©marchĂ©es par celles-ci plusieurs mois Ă  l'avance) afin d'y organiser leur soirĂ©e annuelle, au dĂ©triment des soirĂ©es en villa[note 24]. De l'avis gĂ©nĂ©ral (festivaliers et journalistes), les soirĂ©es dans ces discothĂšques conventionnelles sont trĂšs loin d'ĂȘtre aussi exceptionnelles que celles en villa, et servent surtout Ă  promouvoir des marques n'ayant aucun rapport avec le cinĂ©ma[note 25]

Le Grand Prix automobile de Monaco, l'une des plus célÚbres épreuves de compétition automobile, se déroule tous les ans en pleine période de festival et beaucoup de célébrités du cinéma s'y rendent parfois, du fait de la proximité entre Cannes et la principauté, à quelques minutes en hélicoptÚre. L'association des deux événements sur une période de week-ends et jours fériés entraßne un pic de fréquentation[176] de la bande littorale des Alpes-Maritimes et une offre hÎteliÚre particuliÚrement réduite et à des tarifs prohibitifs[177].

La CCAS sur l’esplanade de la Pantiero

Depuis 1995, la Caisse centrale d'activitĂ©s sociales des Ă©lectriciens et gaziers s'installe sur la promenade de la Pantiero, lors du Festival de Cannes. Sur une superficie de 3 000 m2, l'espace offre prĂšs de 300 places aux Cannois et touristes. L'entrĂ©e est libre et gratuite[139]. Les films projetĂ©s proviennent de pays peu prĂ©sentĂ©s pendant la cĂ©rĂ©monie[178]. En 1998, le cinĂ©ma algĂ©rien avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©.

Puis en 1999, c'est le cinĂ©ma africain qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© ainsi que le cinĂ©ma noir amĂ©ricain. On y a projetĂ© le film de Jacques KĂ©badian sur les Sans papiers, celui de Paul Vecchiali sur Victor SchƓlcher et l'abolition de l'esclavage.

Le but de ce projet était à la base de se ré-approprier ce qui, au départ, leur appartenait[178], la CGT et le mouvement ouvrier ayant joué un rÎle prépondérant lors de la création du Festival en 1946.

Lors de ce rendez-vous, le Soleil d'or est remis par les organisateurs de la CCAS à un film de la Quinzaine des réalisateurs.

Critiques adressées au festival

Le Festival de Cannes est souvent attaqué par la presse[179].

Critiques sur le choix des Ɠuvres et des auteurs

Seules trois femmes ont obtenu la Palme d'or, Jane Campion la premiÚre en 1993 avec La Leçon de piano[180], honneur partagé avec Chen Kaige pour Adieu ma concubine.

Le Festival est aussi critiquĂ© pour la trop forte reprĂ©sentation du cinĂ©ma occidental : en 2011, la presse note que, depuis sa crĂ©ation, 377 films amĂ©ricains, 351 français et 185 italiens ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s en sĂ©lection officielle au dĂ©triment d'Ɠuvres venues d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique[181].

Sur les 69 Palmes d'or décernées, 51 sont revenues à des longs métrages nord-américains ou européens, soit 73 %[181]). Le cinéma américain s'est taillé la part du lion avec 16 Palmes d'or remportées depuis 1955 (environ 23 %) contre 9 pour l'Italie et 9 pour la France (environ 13 %)[181].

ParalĂšllement, en 79 ans, le festival n'a pĂ» donner la Palme d'or Ă  tous les rĂ©alisateurs, malgrĂ© la place qu'occupent dans l'histoire du 7e art des cĂ©lĂ©britĂ©s comme Jean Renoir, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, AndreĂŻ Tarkovski, Michael Powell, Clint Eastwood, Steven Spielberg, Satyajit Ray, Sergio Leone, John Cassavetes, Douglas Sirk, Manoel de Oliveira, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, AndrĂ© TĂ©chinĂ©, François Truffaut[182], Alain Resnais[92] ou encore Pedro AlmodĂłvar qui, malgrĂ© plusieurs sĂ©lections et un statut de favori, n'est reparti qu'avec des prix mineurs (mise en scĂšne, scĂ©nario
). Il est d'ailleurs surnommĂ© « le Poulidor de la Croisette » par la presse[183].

Le suĂ©dois Ingmar Bergman n'a jamais non plus remportĂ© de Palme malgrĂ© plusieurs prix subsidiaires : un prix du jury pour Le SeptiĂšme Sceau, une Mention spĂ©ciale pour La Source, un prix de la mise en scĂšne pour Au seuil de la vie et mĂȘme un prix de l'humour poĂ©tique pour Sourires d'une nuit d'Ă©tĂ©[note 26]. Mais le jury du Festival de Cannes 1992 a attribuĂ© la Palme d'or aux Meilleures Intentions du Danois Bille August que le rĂ©alisateur avait choisi pour raconter l'histoire de ses parents et pour lequel il avait signĂ© le scĂ©nario. Le cinĂ©aste suĂ©dois s'est d'ailleurs vu offrir la Palme des palmes pour le cinquantenaire du Festival en 1997. Woody Allen, qui rejette catĂ©goriquement la mise en concurrence des artistes a, lui, toujours refusĂ© les Ă©gards de la compĂ©tition cannoise[note 27]. Mais il est lui aussi venu plusieurs fois prĂ©senter ses films hors compĂ©tition et a Ă©galement acceptĂ© une Palme d'honneur en 2002[note 28].

Jean-Luc Godard non plus n'a jamais eu droit Ă  cet honneur, certainement parce que ses films ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s tardivement en compĂ©tition, Ă  savoir seulement Ă  partir des annĂ©es 1980 avec Sauve qui peut (la vie), Passion et plus tard avec DĂ©tective et Nouvelle Vague[29]. En 2014, Godard reçoit Ă  83 ans sa premiĂšre rĂ©compense cannoise aprĂšs huit sĂ©lections infructueuses : le prix du jury pour Adieu au langage[184]. Si l'on met de cĂŽtĂ© l'annĂ©e 1959, on remarque que le festival est restĂ© assez distant face au phĂ©nomĂšne « nouvelle vague » puisque les films de rĂ©alisateurs tels qu'Éric Rohmer, Jacques Rivette ou encore Claude Chabrol ont Ă©tĂ© assez peu sĂ©lectionnĂ©s[29].

Critiques sur la présidence du jury

Il a fallu attendre 2006 pour qu'un réalisateur asiatique, le Chinois Wong Kar-wai, accÚde à l'honneur de présider le jury[185].

De mĂȘme, peu de femmes ont exercĂ© cette fonction. Sur 69 Ă©ditions, seules dix personnalitĂ©s fĂ©minines ont eu cette chance : Olivia de Havilland, Sophia Loren, MichĂšle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert, Jane Campion qui reste Ă  ce jour la seule rĂ©alisatrice Ă  avoir prĂ©sidĂ© le jury et Cate Blanchett[186] - [180]. Catherine Deneuve, qui n'a jamais acceptĂ© la prĂ©sidence du jury[note 29], fut vice-prĂ©sidente en 1994.

Certains notent par ailleurs que les films de genre sont trÚs peu représentés à Cannes : peu ou pas de films d'horreur, de kung-fu, etc. ont été sélectionnés en compétition officielle[note 30].

Depuis quelque temps, le cinĂ©ma de genre est entrĂ© dans le cercle fermĂ© des projections officielles. Un journal Ă©crira mĂȘme : « OĂč va le Festival de Cannes ? »[179] Ă  propos de ce nouveau style. Les organisateurs rĂ©pondront qu'« il va lĂ  oĂč va le CinĂ©ma ». Avec l'Ă©mergence du cinĂ©ma d'animation, ou du documentaire, le Festival de Cannes devait se mettre Ă  jour. 2009 semble avoir marquĂ© un renouveau puisque la sĂ©lection a fait la part belle aux films de genre revisitĂ©s.

Critiques sur l'idéalisation à l'étranger

Cannes donne avant tout aux auteurs une crĂ©dibilitĂ© artistique. À l'Ă©tranger, Cannes est idĂ©alisĂ©e[179]. Apichatpong Weerasethakul, rĂ©alisateur thaĂŻlandais, a Ă©tĂ© connu grĂące, en partie, au Festival de Cannes, il dĂ©clare d'ailleurs : « une sĂ©lection donnait un bol d'air Ă  toute la production nationale pendant deux ans » Ă  Thierry FrĂ©maux. Ainsi, beaucoup de rĂ©alisateurs encore mĂ©connus ont pu bĂ©nĂ©ficier d'une audience internationale grĂące Ă  Cannes et jouir d'une reconnaissance de leur travail. Le festival joue le rĂŽle de tremplin et a lancĂ© plusieurs carriĂšres dont celle de Quentin Tarantino avec la sĂ©lection en 1992 de son premier long-mĂ©trage Reservoir Dogs en sĂ©ance spĂ©ciale puis avec la Palme d'or dĂ©cernĂ©e Ă  Pulp Fiction deux ans plus tard. TrĂšs reconnaissant, le rĂ©alisateur dĂ©clare d'ailleurs : « Cannes m'a fait gagner dix ans. »[187].

La presse est un pilier central du Festival de Cannes et elle s'attend Ă  voir les chefs-d'Ɠuvre qui font vibrer le monde. Si Cannes la déçoit, elle attaque.

Critiques d'un festival commercial

Depuis les annĂ©es 2000, certains reprochent au Festival de Cannes un mĂ©lange des genres contre-productif, Ă  savoir de mettre sur un mĂȘme plan les paillettes et le cinĂ©ma d'auteur[188]. D'autres dĂ©plorent le fait qu'il n'invite que des personnalitĂ©s internationales dont la renommĂ©e est acquise et qui n'ont fondamentalement pas besoin des lumiĂšres de la sĂ©lection officielle[189]. Ainsi, il lui est reprochĂ© de se dĂ©cinĂ©philiser progressivement sous l'emprise d'un marketing efficace et surpuissant[188]. La presse lui donne mĂȘme le nom de « Festival dĂ©suet » et le compare aux grandes marques, dont la nĂ©cessitĂ© n'est pas Ă©vidente, mais dont l'intĂ©rĂȘt commercial est mis en valeur[189]. Certains lui accordent le rang de plate-forme publicitaire[note 31] pour les films Ă  succĂšs amĂ©ricains, par exemple avec la sĂ©lection d'un film de la saga Star Wars en 2005 (Star Wars, Ă©pisode III : La Revanche des Sith) et en 2006 avec la prĂ©sentation en ouverture du Da Vinci Code, adaptĂ© du best-seller homonyme de Dan Brown. AprĂšs sa projection Ă  Cannes, Da Vinci Code sort dans 20 000 cinĂ©mas. Au box-office, il gĂ©nĂšre 24 000 000 dollars en un week-end. Il s'agit du second meilleur dĂ©marrage financier de l'histoire du cinĂ©ma[note 32]. Pourtant, lors de l'ouverture du Festival, cette superproduction reçoit un accueil des moins chaleureux de la part des 2 000 journalistes prĂ©sents pour l'occasion. Elle essuie en effet lazzi, rires glaciaux, huĂ©es et papiers assassins, Ă  l'opposĂ© de l'engouement public en salles.

L'intĂ©rĂȘt pour les super-productions des journalistes est aussi déçu par le nombre d'entrĂ©es des films ayant reçu la Palme d'or : depuis vingt ans, seuls cinq laurĂ©ats de la palme ont dĂ©passĂ© le million d'entrĂ©es en France[188].

D'aprĂšs certains journalistes, ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© dans la compĂ©tition cannoise signifie une sortie dans les salles françaises. En ce qui concerne les autres sections, les films bĂ©nĂ©ficieront d'une vente prononcĂ©e Ă  l'Ă©tranger. Effectivement, la prĂ©sence de plus de 4 000 distributeurs offre une perspective formidable pour les producteurs.

Cannes est devenu depuis quelques annĂ©es un festival pour les grands auteurs[188]. En compĂ©tition, on retrouve beaucoup de cĂ©lĂ©britĂ©s du monde du cinĂ©ma, qui ont dĂ©jĂ  concouru en sĂ©lection officielle[188]. David Lynch, Clint Eastwood ou David Cronenberg sont des habituĂ©s du Festival (mais l'on remarquera, en 2007, que treize films sur vingt-deux sont de rĂ©alisateurs encore jamais venus Ă  Cannes)[190]. En 2009, la comĂ©dienne Sandrine Bonnaire a par ailleurs exprimĂ© sa dĂ©ception face Ă  ce qu'elle estime ĂȘtre un « manque d'audace » de la part des sĂ©lectionneurs, ajoutant : « Lars Von Trier, Quentin Tarantino, Pedro Almodovar
 : on voit toujours les mĂȘmes »[191].

On lui reproche ainsi de n'inviter que des stars confirmĂ©es. Pourtant, lorsque des amateurs sont rĂ©compensĂ©s, la salle les siffle[192]. Effectivement, en 1999, le prix d'interprĂ©tation masculine revient Ă  Emmanuel SchottĂ©, celui de l'interprĂ©tation fĂ©minine Ă  SĂ©verine Caneele et Émilie Dequenne. Lors de leur discours de remerciements, les deux jeunes femmes essuient les huĂ©es du public. Certains festivaliers confient Ă  des journalistes : « On veut du strass et des paillettes ». D'autres expliquent avoir souhaitĂ© des longs mĂ©trages plus glamour et grand public au palmarĂšs. David Cronenberg, qui prĂ©side la 52e Ă©dition, dĂ©fend les choix de son jury : « On ne se sentait pas animĂ©s d'une volontĂ© radicale ou antihollywoodienne. Hollywood a fait subir un lavage de cerveau au monde entier. Pourquoi avoir un jury, au bout du compte ? Si la popularitĂ© est le seul critĂšre d'apprĂ©ciation, il faut tout simplement laisser les spectateurs d'un film voter, et vous obtiendrez le prix du film le plus populaire »[193].

Le journal Le Monde diplomatique[note 33] Ă©crira que des rĂ©alisateurs ne rĂ©alisent des films que pour ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s au Festival et utilisent ainsi cette sĂ©lection officielle comme une justification de leur travail dans leur pays, malgrĂ© le peu de succĂšs commercial qu’ils y rencontrent.

Une partie de la presse regrette également une quasi-absence de prise de risques chez les sélectionneurs et une sous-représentation des cinémas du Sud[194] avec oubli systématique de films venus d'Afrique ou d'Inde[189]. En effet, pour certains, si quelques films de pays en voie de développement sont sélectionnés, c'est qu'ils bénéficient de crédits internationaux et qu'ils imposent une lecture simple ou schématique des problÚmes, de la culture ou du mode de pensée de leur pays, faite uniquement pour toucher le public occidental[189]. Cannes, en ce sens, sous couvert de défendre une forme cinématographique originale et avant-gardiste, deviendrait le temple des nouveaux académismes[189].

Les organisateurs du Festival international seront aussi accablés d'avoir oublié que le cinéma était un art populaire plutÎt qu'une industrie[189].

Scandales et controverses célÚbres

Le Festival de Cannes a souvent Ă©tĂ© animĂ© par des scandales et des controverses, impliquant indiffĂ©remment des journalistes, des cĂ©lĂ©britĂ©s ou le monde politique. D'autres festivals internationaux comme la Mostra de Venise ou la Berlinale semblent moins exposĂ©s Ă  ce phĂ©nomĂšne, peut-ĂȘtre en partie parce qu'ils sont moins mĂ©diatisĂ©s. En effet, si certains professionnels du cinĂ©ma essaient ostensiblement d'Ă©viter les photographes, il n'est pas impensable que d'autres cherchent Ă  faire Ă©vĂšnement, sinon scandale, pour tirer profit de la grande concentration de mĂ©dias durant le Festival de Cannes.

À cause du public

Le public se manifeste quelquefois contre les professionnels du cinĂ©ma durant la remise des prix. En 1960, L'avventura, premier volet d'une trilogie aussi composĂ©e de L'Éclipse et La Nuit, de Michelangelo Antonioni reçoit un accueil trĂšs froid Ă  Cannes. Le film est huĂ© par le public lors de sa projection car l'absence d'Ă©claircissement sur la disparition d'Anna a Ă©tĂ© mal comprise. De plus, le public lance des tomates sur le rĂ©alisateur et l'actrice lors de la remise du prix du jury[note 34]. Une rĂ©action plus isolĂ©e mais non moins radicale a lieu durant le Festival de 1987. Cette annĂ©e-lĂ , le film Yeelen de Souleymane CissĂ© reprĂ©sente le cinĂ©ma africain Ă  Cannes — pour la premiĂšre fois depuis 1946 — et remporte le prix du jury. Lors de la remise du prix, un homme s'empare du micro et crie : « Alors, sale nĂšgre, quel effet ça te fait d’avoir un prix ? ». Le rĂ©alisateur lui arrache le micro et le lui lance au visage. Maurice Pialat, qui a Ă©tĂ© encouragĂ© par Souleymane CissĂ© lorsque son film a Ă©tĂ© huĂ© par le public, s'interpose. C'est la premiĂšre fois que deux rĂ©alisateurs prĂ©sents au Festival de Cannes s'unissent contre un membre du public[195].

Les séances de remises de Palmes d'or ne sont pas épargnées par les réactions hostiles du public, notamment durant l'édition 1987, lorsque Maurice Pialat est récompensé pour Sous le soleil de Satan, ou encore en 1994 lors de la remise du prix à Quentin Tarantino pour son Pulp Fiction. Les deux réalisateurs réagissent vivement : Pialat répond au public « Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ! », et lÚve le poing au ciel ; Tarantino répond quant à lui par un doigt d'honneur[196].

À propos du jury

Les décisions du jury suscitent à plusieurs reprises des polémiques, et sont souvent mal accueillies par la presse et le public. Les présidents du jury, en particulier, sont impliqués dans de nombreuses controverses, notamment pour leur népotisme supposé, leur point de vue jugé hasardeux ou leur parti pris censé outrepasser le simple jugement artistique[197] - [198].

L'Ă©crivain Françoise Sagan est l'actrice d'un des plus grands scandales ayant Ă©claboussĂ© la manifestation. Sept mois aprĂšs avoir prĂ©sidĂ© l'Ă©dition 1979, elle dĂ©nonce le fonctionnement de l'institution dans Le Matin de Paris. Selon Sagan, la direction du Festival aurait tentĂ© d'influencer le jury (qui penchait plutĂŽt pour Le Tambour de Volker Schlöndorff) en faveur d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola[199]. Normalement, les membres du jury sont tenus de garder le secret Ă  vie sur les dĂ©libĂ©rations conduisant au choix des gagnants. Françoise Sagan ne tient donc pas promesse. Finalement, les deux films partagent la Palme d'or ex ĂŠquo. Cette rĂ©vĂ©lation provoque un mouvement de rĂ©volte dans les magazines qui critiquent largement le Festival. Ce dernier rĂ©pond Ă  ces provocations en rendant publiques les notes de frais faramineuses laissĂ©es par Sagan[199] dont 10 000 F (4 925,4 €2019) d'hĂŽtel[200].

Il n'est pas rare de voir l'organisation faire preuve d'ingérence dans les choix des jurés. Ces derniers ne jouissent d'une entiÚre souveraineté que dans les années 1980, ce qui a fait l'objet de nombreuses discordes. Par exemple, lorsque Roberto Rossellini accepte de présider le jury du 30e Festival à condition qu'on l'autorise à animer un colloque sur l'avenir du cinéma, la préférence du président du festival Robert Favre Le Bret pour la Palme va à Une journée particuliÚre d'Ettore Scola[note 35]. Pour éviter toute prescription, Rossellini ruse pour ne pas dévoiler son opinion et cherche à réunir son jury sans jamais prévenir la direction. Un conflit éclate lorsque les jurés refusent que les organisateurs assistent aux ultimes délibérations et la décision finale est prise en toute hùte[note 36]. La Palme d'or revint à Padre padrone des frÚres Taviani et le film de Scola repart bredouille, ce qui déclenche la colÚre de Favre Le Bret qui boycotte la cérémonie de clÎture et menace de supprimer la compétition ou du moins de ne plus nommer au jury des « amateurs éclairés »[note 37]. Rossellini meurt d'une crise cardiaque une semaine aprÚs la fin du festival.

Il arrive aussi que les controverses prennent origine dans les dĂ©saccords, les conflits ou les coups d'Ă©clat au sein du jury. Lors du Festival de Cannes 1987, le long mĂ©trage Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov est largement favori. Mais le rĂ©alisateur soviĂ©tique Elem Klimov aurait dĂ©clarĂ© : « Si cette ordure, ce salopard de Mikhalkov est rĂ©compensĂ©, je me retire du jury et ferai connaĂźtre ma dĂ©cision avec Ă©clats »[199]. Ses camarades auraient cĂ©dĂ© Ă  cette exigence impĂ©rieuse et dĂ©cernĂ© la Palme d'or Ă  Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan, huĂ©, lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture, par l'assistance dont les faveurs allaient au film de Mikhalkov et aux Ailes du dĂ©sir de Wim Wenders[199]. NĂ©anmoins, Yves Montand, qui prĂ©side l'Ă©dition, justifie fiĂšrement ce choix en affirmant que la Palme a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  l'unanimitĂ© : « Nous avons considĂ©rĂ© que le travail qu'a essayĂ© de faire Pialat et qu'il a rĂ©ussi, mettait le cinĂ©ma sur un autre niveau, Ă  un autre Ă©tage. On peut forcĂ©ment ĂȘtre sensible Ă  des films un peu plus abordables, un peu plus faciles mais heureusement qu'il y a des Pialat, des Godard et des Resnais pour porter le cinĂ©ma Ă  une autre hauteur. Je me rĂ©jouis que nous ayons votĂ© Ă  l'unanimitĂ©. »[201].

En 2009, l'ancien prĂ©sident du festival Gilles Jacob rompt le silence et dĂ©voile les coulisses de la manifestation[note 38]. Il rĂ©vĂšle le secret de dĂ©libĂ©rations et met au jour l'autoritarisme de certains prĂ©sidents du jury. Kirk Douglas, par exemple, imposa un ex ĂŠquo en 1980 pour la Palme d'or et put ainsi voir triompher Que le spectacle commence de Bob Fosse. Il prĂ©texta ensuite une maladie pour ne pas rejoindre ses camarades qui souhaitaient revoter le prix pour le seul Akira Kurosawa avec Kagemusha, l'ombre du guerrier[note 39]. En 1989, Wim Wenders qui remplaçait Francis Ford Coppola, dĂ©missionnaire de la prĂ©sidence du jury, fait attribuer d'autoritĂ© la Palme d'or Ă  Sexe, Mensonges et VidĂ©o, le premier long mĂ©trage de Steven Soderbergh et le prix d'interprĂ©tation masculine Ă  James Spader, souhaitant mĂȘme accorder au film tous les prix[202]. En 1991, Roman Polanski n'aime aucun film et prive ses jurĂ©s de toute parole[note 40] jusqu'Ă  ce qu'arrive Barton Fink des frĂšres Coen. Il s'agit de la seule Ɠuvre qu'il apprĂ©cie, Ă©tant par ailleurs trĂšs proche de son propre cinĂ©ma[108] - [note 41] - [197]. Il n'hĂ©site pas Ă  dĂ©sorganiser le vote et Ă  multiplier les entorses au rĂšglement[203] : la veille des dĂ©libĂ©rations, il fait voter la Palme d'or Ă  ses collĂšgues aprĂšs les avoir fait boire et refuse toute remise en cause du prix le lendemain[note 42]. Polanski Ɠuvre ensuite pour que deux nouveaux trophĂ©es (ceux de la meilleure mise en scĂšne et du meilleur acteur) soient dĂ©cernĂ©s aux frĂšres Coen Ă  dĂ©faut de toutes les rĂ©compenses du palmarĂšs comme le fut son souhait[note 43]. Le cas ne s'Ă©tait jamais produit et Barton Fink devient le film le plus primĂ© de l'histoire du festival[note 44]. Gilles Jacob doit prendre des mesures pour Ă©viter qu'un film ne puisse, Ă  l'avenir, gagner trop de prix[204]. En 1997, la prĂ©sidence d'Isabelle Adjani est aussi Ă©maillĂ©e d'incidents. La comĂ©dienne rĂ©gente d'une main de fer l'emploi du temps de ses collĂšgues, les forçant notamment Ă  assister aux sĂ©ances du matin et Ă  suivre son rĂ©gime alimentaire[note 45]. En consĂ©quence, elle dĂ©clenche une fronde au sein du jury et ne sait affirmer son choix pour la Palme qu'elle souhaite attribuer, sans en faire mystĂšre, Ă  De beaux lendemains d'Atom Egoyan[110]. À la suite d'une proposition manƓuvriĂšre du cinĂ©aste italien Nanni Moretti, elle accepta que la rĂ©compense suprĂȘme soit attribuĂ©e ex ĂŠquo Ă  deux films, sans s'assurer au prĂ©alable que son film favori soit l'un d'entre eux[205]. Le vote est sans appel : L'Anguille de Shƍhei Imamura et Le GoĂ»t de la cerise d'Abbas Kiarostami sont palmĂ©s et De beaux lendemains se contente du grand prix[note 46] - [206] - [193].

Récemment, les critiques ont accueilli avec circonspection la décision des présidents Quentin Tarantino (en 2004) et Isabelle Huppert (en 2009), soupçonnés de partialité et de favoritisme dans l'attribution de la Palme d'or[207] - [208]. Le premier récompense Michael Moore pour Fahrenheit 9/11 (les deux cinéastes sont produits par Bob et Harvey Weinstein et Moore dénonce violemment la politique de George W. Bush avant les élections présidentielles de 2004)[209]. La seconde honore Michael Haneke pour Le Ruban blanc, un cinéaste qui compte parmi ses amis et avec qui elle a tourné quatre films dont La Pianiste qui lui a valu son second prix d'interprétation cannois[210].

Lors de la 65e Ă©dition, Nanni Moretti, qui prĂ©side le jury, se voit soupçonnĂ© d'avoir cĂ©dĂ© Ă  un conflit d'intĂ©rĂȘts en privilĂ©giant son producteur et distributeur français historique Jean Labadie et des amis cinĂ©astes comme Ken Loach et Matteo Garrone[211] - [212] - [213] - [214] - [215] - [216] - [217]. NĂ©anmoins, Thierry FrĂ©maux rappelle que les dĂ©libĂ©rations sont soumises Ă  un rĂšglement strict dans la mesure oĂč les gagnants sont dĂ©signĂ©s par un vote oĂč chaque jurĂ©, prĂ©sident compris, n'a qu'une seule voix[218].

Imprévus et coups d'éclat

Les cérémonies et les conférences de presse sont retransmises en direct et sont donc émaillées d'incidents ou doivent faire face à des imprévus de taille.

En 1999, Sophie Marceau, qui remet la Palme d'or, suscite les huĂ©es et sifflets du public pour ses hĂ©sitations et achoppements verbaux durant son discours sur scĂšne[219]. Kristin Scott Thomas, maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie, doit intervenir. Coupant la parole Ă  Sophie Marceau, elle demande directement Ă  David Cronenberg, prĂ©sident du jury, d'annoncer le nom des deux gagnants (Jean-Pierre et Luc Dardenne, pour Rosetta). Le discours erratique de Sophie Marceau pourrait ĂȘtre transcrit ainsi : « PlutĂŽt que de faire la guerre, on fait du cinĂ©ma et je vous dis que ça fait rĂȘver les gens, et ça leur donne un
 un but, un projet, euh
 Ă  court terme et quelque chose qui reste pour toujours, euh
 »[220]. L'incident ne met pas fin Ă  la carriĂšre de l'actrice (qui a tournĂ© une vingtaine de films depuis lors), et le Festival se poursuit normalement par un discours des frĂšres Dardenne.

En 2007, pour les 60 ans du Festival, trente-cinq réalisateurs ont participé au film à sketches Chacun son cinéma. L'un d'entre eux, Roman Polanski, critique les journalistes lors de la conférence de presse aprÚs la projection officielle. Il évoque, pour la presse, « une occasion unique d'avoir une assemblée de metteurs en scÚne importants », gùchée selon lui par « des questions tellement pauvres ». Le réalisateur franco-polonais décide ensuite qu'il est temps d'aller manger et quitte la salle[221] - [note 47].

Affaire Lars von Trier

La Croisette lors du Festival.

AprĂšs avoir fait souffler un vent de scandale sur la Croisette en 2009 avec son film Antichrist[222] - [223] - [224], le cinĂ©aste danois multi-rĂ©compensĂ© Lars von Trier multiplie les provocations, lors du Festival 2011, Ă  l'occasion de la projection de Melancholia[225]. Lors de la confĂ©rence de presse[226], lorsqu'une journaliste du Times revient sur des propos tenus dans une interview pour un magazine danois dans laquelle il avoue son « goĂ»t pour l'esthĂ©tique nazie », notamment pour Albert Speer, il revient sur ses origines qu'il a longtemps cru juives avant de dĂ©couvrir que son pĂšre Ă©tait allemand[227], affirmant, tout en faisant volontairement l'amalgame : « J'ai alors dĂ©couvert que j’étais un nazi, car ma famille est allemande »[228]. Il poursuit sa provocation en parlant d'Hitler : « Aussi ça m'a fait plaisir. Que puis-je dire, je comprends Hitler, mais je pense qu'il a fait beaucoup de mal. Je crois que je comprends l'homme, l'homme n'est pas intrinsĂšquement bon, mais je le comprends dans un sens »[228], « J’ai un peu d’empathie pour lui »[229] - [230], « Mais je ne suis pas pour la Seconde Guerre mondiale, je ne suis pas contre les juifs, surtout pas »[228]. Il complĂšte ensuite ses dires avec un commentaire sur la situation actuelle : « Je suis trĂšs en faveur des juifs, non pas trop car IsraĂ«l pose des problĂšmes »[228]. Prenant conscience de l'ambiguĂŻtĂ© de sa dĂ©claration, il annonce : « Je ne sais pas comment je vais me sortir de cette phrase » avant de conclure « Je suis un nazi ! »[231]. Il revient Ă©galement sur la question de dĂ©part de la journaliste en expliquant Ă  propos de Speer : « MĂȘme s'il ne fut peut-ĂȘtre pas l'une des meilleures crĂ©atures de Dieu, il avait ce talent qu'il a pu exercer [grĂące au rĂ©gime nazi] »[232].

Le soir mĂȘme, sur la demande de la direction du festival[228], von Trier publie un communiquĂ© d'excuses : « Si j'ai pu blesser quelqu'un par les propos que j'ai tenus ce matin, je tiens sincĂšrement Ă  m'en excuser. Je ne suis ni antisĂ©mite, ni raciste, ni nazi »[232]. La direction cannoise fait savoir, dans un autre communiquĂ©, que le cinĂ©aste s'est « laissĂ© entraĂźner Ă  une provocation »[232] et « tient Ă  rĂ©affirmer qu'elle n'admettra jamais que la manifestation puisse ĂȘtre le thĂ©Ăątre, sur de tels sujets, de semblables dĂ©clarations. »[228]. La presse s'empare rapidement des propos polĂ©miques du rĂ©alisateur[228] et en diffuse des extraits sans toujours les contextualiser ni en retranscrire la tonalitĂ© gĂ©nĂ©rale[231]. MalgrĂ© les excuses de Lars von Trier, la direction du festival, Ă  l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire[233], le dĂ©clare « persona non grata » mais laisse son film Melancholia en compĂ©tition, cherchant Ă  dissocier clairement « l'homme de l'Ɠuvre »[234]. Tout en rĂ©itĂ©rant ses excuses, von Trier accepte cette dĂ©cision, se disant « fier d'avoir Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© persona non grata »[233] et soulignant le fait qu'il s'agisse de « la premiĂšre fois dans l'histoire du cinĂ©ma que cela se produit »[233], ce que confirme Gilles Jacob[233]. Par la suite, le rĂ©alisateur s'explique longuement sur cette affaire, affirmant avoir seulement souhaitĂ© faire preuve d'un humour volontairement choquant et regrettant que celui-ci ait Ă©tĂ© mal interprĂ©tĂ©[235]. Il confesse : « C'Ă©tait vraiment bĂȘte »[236]. Il rĂ©itĂšre par ailleurs ses excuses et son respect envers la direction du festival et sa dĂ©cision[236] tout en soulignant le fait qu'il considĂšre la Shoah comme « le pire des crimes jamais perpĂ©trĂ©s » et rappelant que son goĂ»t pour l'esthĂ©tique nazie n'est en rien liĂ© Ă  ses convictions politiques[236]. Toutefois, il estime que son exclusion du festival s'explique ainsi : « Les Français ont eux-mĂȘmes maltraitĂ© les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale [
] c'est un sujet sensible pour eux »[236].

Scandales politiques et censure

La sĂ©lection des films au Festival, qui implique initialement la participation des États[note 48] est parfois l'objet de rapports de force diplomatiques et politiques pouvant, dans un cas extrĂȘme, conduire Ă  la censure d'un film. Le rĂšglement du Festival stipule que les films projetĂ©s ne doivent pas heurter la sensibilitĂ© des autres pays prĂ©sents Ă  Cannes (article 5 du rĂšglement[237]). Ainsi, en 1956, la France accĂšde Ă  la demande de l'Allemagne (Jacques Mandelbaum montre que la France anticipa cette demande[238]), qui souhaite le retrait de la sĂ©lection officielle d'un documentaire d'Alain Resnais, Nuit et Brouillard, qui traitait de la Shoah, des camps de concentration et des camps d’extermination. Cette censure suscite de vives protestations en France et outre-Rhin[238] - [239]. La dĂ©lĂ©gation allemande finit d'ailleurs par claquer la porte en raison de la non-sĂ©lection du film d'Helmut KĂ€utner Ciel sans Ă©toiles, dĂ©cision prise pour ne pas choquer la dĂ©lĂ©gation russe[240].

Ce mouvement ne reste pas sans effet, car depuis cette Ă©dition du Festival, aucun film n'a Ă©tĂ© retirĂ© d'une sĂ©lection dĂ©jĂ  communiquĂ©e au public pour des motifs similaires. François GuĂ©rif affirme cependant qu'en 1966, La Guerre est finie d'Alain Resnais a Ă©tĂ© radiĂ© de la compĂ©tition « aprĂšs opposition du gouvernement espagnol »[240]. Le rĂ©alisateur Claude Pinoteau explique quant Ă  lui que son film Le Silencieux (1973) a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes mais qu'il a Ă©tĂ© retirĂ© quand le rĂ©alisateur soviĂ©tique SergueĂŻ Bondartchouk a Ă©tĂ© nommĂ© prĂ©sident du jury[241] ; cette affirmation est sujette Ă  caution dans la mesure oĂč Bondartchouk ne figure pas dans le jury de 1973. En 2007, la Fondation du cinĂ©ma Farabi, rattachĂ©e au ministĂšre de la culture iranien, adresse une critique par courrier Ă  l'attachĂ© culturel de l'ambassade de France de TĂ©hĂ©ran, estimant que la sĂ©lection du film Persepolis de Marjane Satrapi est « un acte politique ou mĂȘme anticulturel » qui prĂ©sente « un tableau irrĂ©el des consĂ©quences et des rĂ©ussites de la rĂ©volution islamique »[note 49] - [242]. Ainsi, le Festival de Cannes a beaucoup Ă©voluĂ© depuis 1956, la censure ayant apparemment disparu bien que les pressions diplomatiques demeurent.

D'autres fois, malgrĂ© une pression de l'État, des acteurs, ou rĂ©alisateurs, viennent prĂ©senter leurs films Ă  Cannes. Ainsi, Jiang Wen, dont le film Les DĂ©mons Ă  ma porte (Guizi lai le) a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par le grand prix du jury en 2000, a Ă©tĂ© interdit de tournage durant plus de cinq ans en Chine[243]. Les autoritĂ©s de PĂ©kin trouvent alors son film antipatriotique, notamment pour sa reprĂ©sentation, jugĂ©e dĂ©gradante, de villageois veules et opportunistes durant l'occupation japonaise dans les annĂ©es 1940[244] - [245]. Il est de plus reprochĂ© Ă  l'auteur d'avoir prĂ©sentĂ© son film Ă  Cannes sans visa officiel[244].

Certaines personnalitĂ©s mĂ©diatiques sont Ă©galement Ă  l'origine de vives polĂ©miques. Lorsque la Palme d'or est attribuĂ©e Ă  Underground d'Emir Kusturica en 1995, au lendemain du massacre de Tuzla, Alain Finkielkraut publie une tribune dans Le Monde intitulĂ©e « L'imposture Kusturica »[246]. L'auteur y accuse le cinĂ©aste de capitaliser sur la souffrance des martyrs de Sarajevo et de se livrer Ă  une propagande pro-serbe honteuse sous couvert d'exprimer sa nostalgie de l'ancienne Yougoslavie[246] - [247]. Bernard-Henri LĂ©vy renchĂ©rit dans Le Point et reproche au rĂ©alisateur d'avoir « choisi le camp des bourreaux » lors des guerres yougoslaves et de faire d'Underground une arme idĂ©ologique au service des nationalistes serbes[246]. Kusturica exerce son droit de rĂ©ponse dans la tribune « Mon imposture » oĂč il rĂ©cuse les accusations profĂ©rĂ©es Ă  son encontre[246]. Il affirme Ă©galement que ni Finkielkraut ni LĂ©vy n'ont vu le film, ce que les intĂ©ressĂ©s confirment tout en maintenant leurs dĂ©clarations[248] - [249].

MalgrĂ© le prestige mondial et l'entiĂšre autonomie dont jouit le Festival aujourd'hui, de nombreux scandales politiques Ă©clatent encore en raison la sĂ©lection de certains films. En 2010 par exemple, Sandro Bondi le ministre italien de la Culture dĂ©cide de boycotter le festival en raison de la projection hors-compĂ©tition du film Draquila - L'Italie qui tremble de Sabina Guzzanti traitant de la maniĂšre dont le gouvernement Berlusconi a gĂ©rĂ© les consĂ©quences du sĂ©isme de 2009 Ă  L'Aquila[250] - [251]. Cette mĂȘme annĂ©e, est organisĂ©e Ă  l'initiative du dĂ©putĂ© Lionnel Luca, une manifestation pour protester contre la prĂ©sentation en compĂ©tition du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, taxĂ© de rĂ©visionnisme, de falsification de l'histoire franco-algĂ©rienne et de dĂ©gradation volontaire de l'image des Français lors du massacre de SĂ©tif en 1945[252] - [253]. Quelques jours plus tard, c'est la prĂ©sentation du film Soleil trompeur 2 qui s'accompagne d'une polĂ©mique touchant son metteur en scĂšne Nikita Mikhalkov, accusĂ©, par 97 rĂ©alisateurs russes pĂ©titionnaires, de despotisme, de dĂ©tournement des aides publiques et de trop grande proximitĂ© avec le premier ministre d'alors, Vladimir Poutine, dans sa gestion de l'Union des cinĂ©astes russes[254].

Le , une tribune publiée dans Le Monde à l'initiative du groupe féministe La Barbe est largement reprise par les médias, en France et à l'étranger. Elle dénonce le fait que les vingt-deux films de la sélection officielle du 65e Festival ont tous été réalisés par des hommes[255]. Le lendemain, Thierry Frémaux se défend de sexisme dans l'hebdomadaire L'Express[256]. Gilles Jacob met fin à la polémique en affirmant que Thierry Frémaux et son équipe seraient à l'avenir plus « sensibles » à la sélection de films de femmes[257].

Église et sĂ©lection

Il est rare que l'Église s'immisce dans le monde du cinĂ©ma et celui du Festival de Cannes. Il lui est toutefois arrivĂ© de condamner certains films. En 1960, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, publie sept virulents articles contre le film italien La dolce vita de Federico Fellini qui venait d'obtenir la Palme d'or[258]. Les catholiques sont menacĂ©s d'excommunication s'ils voient le film[258], et ce n'est qu'en 1994, quelques mois aprĂšs la mort du rĂ©alisateur Federico Fellini, que l'Église lĂšve son interdiction. En revanche, les JĂ©suites dĂ©fendent le film[259]. Le MinistĂšre de la Culture censurera des parties du film[258].

En 1961, le film Viridiana de Luis Buñuel est interdit dans son pays, l'Espagne, alors sous dictature franquiste[260] et condamnĂ© fermement par l'Église catholique qui le juge blasphĂ©matoire[note 50]. Cela n'empĂȘcha pas le jury du Festival de lui dĂ©cerner la Palme d'or.

Les diffĂ©rends entre Cannes et l'Église catholique se poursuivent de nos jours, par exemple en 2006, pour le Da Vinci Code de Ron Howard. Ce long mĂ©trage ouvre le Festival de Cannes 2006, bien qu'il est critiquĂ© dans le monde religieux. Des associations catholiques dĂ©noncent le film, mĂȘme si le Vatican condamne tout boycott et action contre ce long mĂ©trage, affirmant qu'« il y [a] plus important Ă  faire dans le monde, que les faits du film [sont] faux, et qu'il ne [sert] donc Ă  rien de se dĂ©fendre »[note 51].

Controverses

Alfred Hitchcock n'a pas eu de chance lors de la projection de son film Les Enchaßnés.

Le Festival de Cannes a souvent eu des imprĂ©vus, des controverses. Des starlettes qui se font photographier, Ă  une partie de la poitrine qui sort de la robe, souvent ce sont des imprĂ©vus qui crĂ©aient du mouvement Ă  la montĂ©e des marches. En 1946, premiĂšre vraie Ă©dition du Festival, les organisateurs proposent des projections gratuites au public et aux professionnels. Mais, les commerçants ne l'entendent pas de la mĂȘme oreille, et font grĂšve durant la totalitĂ© du Festival : ils pensent que cela pourrait nuire Ă  leurs activitĂ©s Ă©conomiques[261]. Cette mĂȘme annĂ©e, lors de la premiĂšre projection, celle du film d'Alfred Hitchcock Les EnchaĂźnĂ©s, les techniciens mĂ©langĂšrent les bobines de pellicule et la projection est une vraie catastrophe[262]. Il n'y a pas eu de nouvelle sĂ©ance et le film repart bredouille du festival. Lors de l'Ă©dition 1967, Gunter Sachs, le mari de Brigitte Bardot, aurait marchandĂ© la venue de sa conjointe en Ă©change de la projection du documentaire Batouk qu'il a produit.

Autre controverse majeure en 1975 avec l'explosion du Palais des Festivals. Cet attentat a été provoqué par Le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple, fort heureusement pour la direction du Festival, personne n'a été blessé, et la cérémonie a pu continuer[263].

Photographes et célébrités féminines

Les photographes ont parfois provoqué une médiatisation alternative du Festival à cause de quelques célébrités féminines, notamment pour des raisons plus ou moins érotiques.

Lors du Festival de Cannes 1954, alors que le festival n'en est qu'à sa 8e édition, Simone Silva pose au bord de l'eau avec Robert Mitchum pour des photographes. Alors que le soleil chauffait, les photographes demandent une pose sexy à l'actrice qui finit par enlever son soutien-gorge, l'acteur pressant alors ses seins contre lui[264]. Le cliché fait le tour du monde, provoquant un énorme scandale autour du Festival et de l'actrice[note 52]. Simone Silva est contrainte de quitter le festival.

En 1983, alors que les travaux inachevĂ©s du nouveau Palais des Festivals menacent de mettre fin Ă  la 36e Ă©dition, Isabelle Adjani refuse de participer Ă  la confĂ©rence de presse et au photocall du film L'ÉtĂ© meurtrier et provoque la premiĂšre, et unique, grĂšve des photographes : ils dĂ©posent leurs appareils au pied des marches et tournĂšrent le dos Ă  la star lors de sa montĂ©e des marches pour protester contre son attitude[note 53].

Sophie Marceau lors du festival de 2005.

Un autre événement fit le tour du monde en 2005 : alors qu'elle monte les marches, une bretelle de la robe de Sophie Marceau se détache et un de ses seins est accidentellement mis à nu. Sans le vouloir, elle devient l'un des événements du Festival de Cannes 2005 et celui de 2015. En 2008, l'actrice porno Yasmine provoque quant à elle un scandale volontaire en soulevant sa robe sur les marches alors qu'elle n'a pas de culotte en dessous[266]. Autre événement, l'actrice Bella Hadid fait parler d'elle en robe ultrasexy ultrafendue lors du Festival de Cannes 2017[267]

Critique et journalistes

Le Festival de Cannes a souvent été critiqué[note 54]. Mais il n'est pas le seul à avoir été touché, quelques films ont aussi dû subir les commentaires de certains magazines.

Lors du Festival de Cannes 1973, une partie des critiques présents, accompagnés par le public, se déchaßnent contre le long métrage La Grande Bouffe de Marco Ferreri : « Immonde et scatologique » pour Télé 7 jours, « cinéma de pot de chambre » pour Minute, « l'enfer et l'ordure, le cauchemar et la complaisance, l'ennui et les latrines » pour Jean Cau dans Paris Match. Mais l'équipe du film n'en tient pas compte et riposte. Ainsi, Philippe Noiret déclare plus tard : « Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie »[268]. On verra aussi le réalisateur, Marco Ferreri, du haut d'un balcon, envoyer des baisers aux gens qui le huent, avec la braguette ouverte[269].

Cette mĂȘme annĂ©e, La Maman et la Putain de Jean Eustache provoque Ă©galement une forte polĂ©mique du fait de ses dialogues crus et la rĂ©ception par le rĂ©alisateur du prix spĂ©cial du jury, lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture, sera accompagnĂ©e de sifflets[268].

En 1985, ce n'est pas la critique qui se déchaßne, mais le journaliste Noël Godin qui a alors décidé d'entarter Jean-Luc Godard, venu présenter son film Détective.

Pannes techniques

Les pannes techniques, essentiellement causées par des prestataires, peuvent perturber les projections du festival comme cela fut le cas, dans le Grand Théùtre LumiÚre du Palais du Festival, pour le film Okja du Sud-Coréen Bong Joon-ho, en lice pour la Palme d'or, avec une interruption de 7 à 8 minutes pour un problÚme technique[270].

Quelques beaux moments

En 1955, le Prince Rainier de Monaco rencontra Grace Kelly alors qu'il venait voir La Main au collet d'Alfred Hitchcock en projection officielle[271]. Ils se mariĂšrent l'annĂ©e suivante. De mĂȘme, en 1980, Kirk Douglas rencontra sa future Ă©pouse Anne Buydens.

Peu de temps aprÚs la mort de François Truffaut, lors du Festival de Cannes 1985, ses comédiens principaux se réunissent sur scÚne pour un dernier hommage et une photo. Quelques années plus tard, en 1989, les enfants et petits enfants de Charlie Chaplin montent sur scÚne pour le centenaire de sa naissance.

En l'honneur de Jeanne Moreau, présidente du jury en 1995, la chanteuse et actrice Vanessa Paradis a interprété Le Tourbillon de la vie, chanson du film Jules et Jim[272]. Les cinq acteurs principaux du film IndigÚnes, Samy Naceri, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan, ont chanté Le Chant des tirailleurs lors de la remise du prix d'interprétation masculine en 2006.

En 1998, Roberto Benigni était en sélection officielle avec son long métrage La Vie est belle. Lorsque Martin Scorsese, le président de cérémonie, lui remit le grand prix, il sursauta sur son siÚge en entendant son nom et baisa les pieds du président[273].

En 2002, Thierry Frémaux inaugure avec Pépé le Moko[274] la projection cinéma numérique de films classiques restaurés.

Le Festival en chiffres

De 1946 à 2009, des milliers de films ont été projetés. Voici en bref les chiffres les plus marquants du Festival[275] :

  • Les cinq pays qui ont prĂ©sentĂ© le plus de films Ă  Cannes sont :
    • États-Unis : 376 films en sĂ©lection officielle.
    • France : 348 films en sĂ©lection officielle.
    • Italie : 183 films en sĂ©lection officielle.
    • Royaume-Uni : 161 films en sĂ©lection officielle.
    • Allemagne : 80 films en sĂ©lection officielle.
  • Au total 2 062 films qui ont Ă©tĂ© projetĂ©s en 62 festivals dont le premier fut Les EnchaĂźnĂ©s d'Alfred Hitchcock.
  • De 1946 Ă  2011, 67 grands prix et palmes du meilleur film ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©s. Voici le classement des nations les plus rĂ©compensĂ©es par la Palme d'or depuis 1955 :
    • États-Unis : 16 palmes.
    • Italie : 9 palmes.
    • France : 8 palmes.
    • Royaume-Uni : 7 palmes.
    • Japon : 3 palmes.
    • Danemark : 3 palmes.

La palme d'or a fait son apparition en 1955 et a été remplacée entre 1964 et 1974 par le terme grand prix du festival.

  • Les journalistes ont Ă©tĂ© de plus en plus prĂ©sents au Festival :
    • 1966 : 700 journalistes.
    • 1973 : 1 154 journalistes.
    • 1984 : 2 762 journalistes.
    • 1989 : 1 680 journalistes.
    • 1991 : 2 795 journalistes.
    • 1993 : 2 975 journalistes.
    • 1995 : 3 183 journalistes.
    • 1996 : 3 325 journalistes.
    • 2007 : 3 611 journalistes.
    • 2008 : 5 000 journalistes.
  • Le Festival de Cannes est aussi frĂ©quentĂ© par de nombreux visiteurs :
    • 1993 : 2 170 Ă©trangers et 1 555 français.
    • 1994 : 2 238 Ă©trangers et 1 488 français.
    • 1996 : 2 262 Ă©trangers et 1 605 français.
    • 2009 : 14 160 Ă©trangers et 10 667 français.

Le Festival au cinéma et à la télévision

Le Festival de Cannes a été le décor, voire le sujet, de tout ou partie des films suivants :

Notes et références

Notes

  1. Chronique du Cinéma, Paris, Chroniques, , 24 p..
  2. (en) Marijke de Valck, Film festivals : from European geopolitics to global cinephilia, Amsterdam University Press, , 276 p. (lire en ligne), p. 48.
  3. Loredana Latil, Le festival de Cannes sur la scĂšne internationale, Nouveau monde, , p. 38.
  4. Henri-Jean Servat, La LĂ©gende de Cannes : de A Ă  Z, Paris, Assouline, , 13 p. (ISBN 2-84323-564-2).
  5. Henri-Jean Servat, La LĂ©gende de Cannes : de A Ă  Z, Paris, Assouline, , 64 p. (ISBN 2-84323-564-2).
  6. Gilles Jacob, La Vie passera comme un rĂȘve, Ă©dition Robert Laffont, Paris, 2009, chapitre 10 « Le cheval de la rue TaganskaĂŻa », p. 75
  7. Interview de Gilles Jacob dans Studio magazine, mai 1997
  8. Manuel Alduy, Les palmes de Cannes valent toujours de l'or, Challenges, .
  9. Cité sur le site du Festival. [lire en ligne].
  10. Pierre Billard, D'or et de palmes : le Festival de Cannes, Ă©dition DĂ©couvertes Gallimard, Paris, 1997, p. 92.
  11. Studio, no 122, mai 1997, p. 119.
  12. Le Nouvel Obs, Hors-série no 29 spécial Cannes, p. 74.
  13. Mais il peut aussi revenir Ă  une actrice (en 2004, Irma P. Hall dans The Ladykillers) ou encore Ă  un technicien (2001, prix du jury Ă  Duu-Chih Tu pour le son de Millennium Mambo et de Et lĂ -bas, quelle heure est-il ?). Il fut nommĂ© prix de la meilleure premiĂšre Ɠuvre prĂ©cĂ©demment.
  14. Interview de Gilles Jacob dans Studio, mai 1997, no 122.
  15. Studio, no 122, mai 1997, interview de Gilles Jacob.
  16. À noter qu'il arrive que ce soit les deux derniĂšres semaines du mois qui soient choisies pour la durĂ©e du Festival, comme en 2009.
  17. Archive d'interview de Virgina Vladi dans Cannes, 60 ans d'histoire de Gilles Nadeau
  18. D'aprĂšs les dires d'un journaliste-enquĂȘteur, Sept Ă  Huit, TF1, Thomas Hugues et Laurence Ferrari, .
  19. Hors-série de Studio magazine pour les 60 ans du Festival de Cannes, mai 2007.
  20. Les liaisons heureuses de Gilles Jacob sur France Inter le .
  21. Voir la section le Festival en chiffre de l'article.
  22. Studio, no 122, mai 1997, p. 152.
  23. Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Paris, Nil Édition, , 240 p. (ISBN 2-84111-074-5), p. 25.
  24. Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Paris, Nil Édition, , 240 p. (ISBN 2-84111-074-5), p. 42.
  25. Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Paris, Nil Édition, , 240 p. (ISBN 2-84111-074-5), p. 36.
  26. Pierre Billard, op-cit, p. 92.
  27. Gilles Jacob, op-cit, chapitre 12 « Un Woody gros comme le Ritz », p. 86.
  28. Ibid, p. 91.
  29. Gilles Jacob, ibid, chapitre 69 « Catherine », p. 363.
  30. Nidam Abdi, interview de Thierry Frémaux, Le Point, mai 2007
  31. D'aprĂšs les dires de Jonas Geirnaert : « le Festival de Cannes devrait ĂȘtre un peu moins business et un peu plus festival de cinĂ©ma »
  32. Laurent Cotillon, Ciné Live, mai 2006, no 101, p. 42.
  33. Dans son Ă©dition de mai 2007
  34. D'aprÚs le long métrage Cannes, 60 ans d'histoire de Gilles Nadeau.
  35. Gilles Jacob, op-cit, chapitre 24 « Le colloque Rossellini », p. 167.
  36. Ibid, p. 170.
  37. Ibid, p. 171.
  38. Ibid, chapitre 1 « Bulle de vie », p. 11.
  39. Ibid, chapitre 64 « Ettero Scola », p. 331.
  40. Ibid, chapitre 54 « Till l'espiÚgle (un cas d'école) », p. 291.
  41. Ibid, p. 292.
  42. G. Jacob, Ibid, chapitre 56 « La razzia Barton Fink », p. 296.
  43. Ibid, p. 298.
  44. Ibid, p. 300.
  45. Ibid, chapitre 30 « La présidence Adjani », p. 202.
  46. Ibid, chapitre 32 « Le palmarÚs », p. 207.
  47. Nicolas Moscovici, Le Journal du Dimanche, 20 mai 2007
  48. Voir la section de cet article consacrĂ©e Ă  la sĂ©lection des films par leur État : SĂ©lection des films.
  49. Cf. Nicole Vulser, « Le débat politique s'invite à Cannes », Le Monde, (ISSN 0395-2037), 26 mai 2007 [lire en ligne] et AFP, « Téhéran dénonce la présence de Persepolis à Cannes », sur Libération, 2007mai (consulté le ).
  50. Iris Mazacuratti, Ciné Live no 101, mai 2006, page 37, « Cannes, la sélection décodée », sous section : scandales et histoires, publié par Cyber Press Publishing.
  51. Laurent Cotillon et Véronique Trouillet, Ciné Live, mai 2006, no 101, page 38, Interview de Thierry Frémaux.
  52. Extrait d'Ă©mission Scandale sur Arte[265]
  53. Gilles Nadeau, Cannes, 60 ans d'histoire, 2006, partie 1.
  54. D'aprÚs la section de cet article consacré aux critiques : Critiques faites au Festival.

Références

  1. « Le Festival de Cannes, soixante-dix années dans les coulisses du cinéma », sur Le Monde, (consulté le ).
  2. Marie Persidat, « Val-d’Oise : quand l’ancien maire de Valmondois crĂ©ait le Festival de Cannes : À la demande du ministre Jean Zay, Georges Huisman avait organisĂ© le premier festival de cinĂ©ma cannois en 1939. Une exposition retrace cet Ă©pisode historique fort », Le Parisien, Ă©dition du Val-d'Oise,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  3. « Cinéma et Festival international du film », sur cannes.com (consulté le ).
  4. (en) Vanessa Schwartz, It's So French! Hollywood, Paris, and the Making of Cosmopolitan Film Culture, Chicago, The University of Chicago Press, , 259 p..
  5. « 1939, premier festival de Cannes
 et la Croisette capitula », TĂ©lĂ©rama,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  6. C. T., « Et si le festival de Cannes avait Ă©tĂ© le festival
 de Biarritz ? », Sud-Ouest,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  7. (en) « 1946 : "First Cannes Film Festival" », sur History.com (consulté le ).
  8. [vidéo] « 60 ans de Festival de Cannes », sur Institut national de l'audiovisuel, (consulté le ).
  9. Laurence Guidicelli, « La citadelle du 7e art », Le Point,‎ (lire en ligne).
  10. AlomĂ©e Planel, 40 ans de Festival. Cannes, le cinĂ©ma en fĂȘte, Londreys, , p. 26.
  11. « Cannes 1939 », sur franceculture.fr.
  12. « Naissance d'un Festival », sur festival-cannes.com.
  13. François Forestier, « "Le Festival de Cannes est nĂ© en rĂ©ponse aux fascistes" », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  14. « Juin 1939, une "coupe LumiÚre" annoncée dans la presse azuréenne », sur expos-historiques.cannes.com.
  15. CĂ©line Keller, « PARCOURS THÉMATIQUE1938-1951 : Naissance du Festival », sur ina.
  16. Mariano Saiu, « Historique du syndicat HCR-CGT », Page 4, conférence d'avril 2004 (consulté le ).
  17. "Le Parti communiste français et le cinéma (1944-1953)" par l'historien Jean-Pierre Jeancolas en 2018 dans la revue 1895
  18. « Festival 1946 », sur Écran Noir, (consultĂ© le ).
  19. « Le Festival en Chiffre », sur Infos jeunes, (consulté le ).
  20. « Entretien de Philippe Erlanger et du dirigeant de la Mostra de Venise », sur Commune de Cannes, Chapitre : Cannes et Venise en concurrence (consulté le ).
  21. Se Divertir, « Retrospective du Festival de Cannes » (consulté le ).
  22. [vidéo] Institut national de l'audiovisuel, « Fresque interactive du Festival de Cannes », Voir l'année 1947 (consulté le ).
  23. Thierry Marck, « Ouverture de "Visions sociales" à Cannes », CCASfr, (consulté le ).
  24. « Rétrospective du Festival de Cannes », sur cannes-on-line.com, Chapitre : Un concours équitable (consulté le ).
  25. « Rétrospective du Festival de Cannes », sur cannes-on-line.com, Chapitre : L'Ambiance made in Cannes (consulté le ).
  26. « Rétrospective du Festival de Cannes », sur Commune de Cannes, Chapitre : Robert Favre Le Bret et la Commission de sélection entrent en scÚne (consulté le ).
  27. « Histoire du Festival », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  28. « Petite histoire de la Palme d'or », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  29. Encyclopédie Encarta, article sur le Festival international du film, consulté le 18 juin 2009
  30. Festival de Cannes, « Histoire du Festival de Cannes » (consulté le ).
  31. JérÎme Paillard, « Le marché du film de Cannes, le premier au monde, invente le speed dating », sur actualite.aol.fr, AFP (consulté le ).
  32. Commune de Cannes, « Histoire du Festival de Cannes » (consulté le ).
  33. « La Semaine internationale de la critique », sur DVDRama (consulté le ).
  34. « Semaine internationale de la critique », sur semainedelacritique.com (consulté le ).
  35. Anne Audigier, « Elles, présidentes du jury », sur franceinter.fr, .
  36. Site du Festival de Cannes, « Festival de Cannes 1968 » (consulté le ).
  37. Jean-Luc Douin, « A la Quinzaine des réalisateurs, la ligne ténue entre reportage et fiction », sur Le Monde (consulté le ).
  38. « La Quinzaine des rĂ©alisateurs, site officiel », Chapitre : Édition 1969 (consultĂ© le ).
  39. « La Quinzaine des rĂ©alisateurs, site officiel », Chapitre : Édition 1981 (consultĂ© le ).
  40. « Festival de Cannes 1972 », sur Festival de Cannes, Chapitre : Contexte (consulté le ).
  41. « Festival de Cannes 1978 », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  42. Affichages Dauphin Cannes 1988, « Cannes 1988 ».
  43. « Festival de Cannes en direct », sur myCANAL.
  44. Festival de Cannes, « Édition 1983 » (consultĂ© le ).
  45. Festival de Cannes, « Édition 1983, critique du Palais » (consultĂ© le ).
  46. « Pierre Lescure officiellement Ă  la tĂȘte du Festival de Cannes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  47. « Festival de Cannes: l'affiche rend hommage au film "Le Mépris" et à Michel Piccoli », sur Le Parisien (consulté le ).
  48. « site officiel », sur Ciné fondation (consulté le ).
  49. « Atelier, sous section de la ciné fondation », sur Ciné fondation (consulté le ).
  50. « Cannes, premier signataire d'une charte de parité femmes-hommes dans les festivals », sur Le Point, (consulté le ).
  51. Assma Maad et Gary Dagorn, « Le Festival de Cannes, une compĂ©tition d’hommes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  52. (en) Anne Thompson, « Cate Blanchett Will Preside Over 2018 Cannes Jury », sur IndieWire, (consulté le ).
  53. (en) Melanie Goodfellow, « Gender Equality Groups Take Stock In Cannes On Five-Year #MeToo Milestone: “The Powers & Forces Against Us Are Still Very Significant” », sur Deadline, (consultĂ© le ).
  54. Terriennes, Frantz Vaillant, « Cannes : derriÚre la Palme, trouvez les femmes », sur TV5 Monde, .
  55. « Julia Ducournau, dame de « Titane » : portrait d’une rĂ©alisatrice nourrie au cinĂ©ma d’horreur et Ă  la mythologie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  56. « 300 personnalités du cinéma lancent le collectif "5050 pour 2020" pour l'égalité dans le cinéma », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
  57. Macha Séry, « L'événement culturel le plus médiatisé au monde », sur Le Monde, (consulté le ).
  58. « Palais des "Festivals de Cannes" », sur Palaisdesfestivals.com (consulté le ).
  59. « Pour Hollywood, l'étoile du Festival de Cannes brille de moins en moins », sur Le Figaro / AFP, .
  60. « Festival de Cannes », sur Comme au cinéma (consulté le ).
  61. « Pierre Lescure reconduit à la présidence du Festival de Cannes », sur Franceinfo, (consulté le ).
  62. EnguĂ©rand Renaud, « Iris Knobloch Ă©lue Ă  la tĂȘte du festival de Cannes », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  63. "Cannes Palme d’Or winner criticises Macron’s ‘repression’ of protests" par Vanessa Thorpe et Christy Cooney dans The Guardian le 27 mai 2023
  64. Courrier International
  65. « La SIC, et le Festival de Cannes », sur Allociné (consulté le ).
  66. « semaine de la critique », sur unifrance.
  67. « Semaine de la critique : 50 ans de découvertes », sur le site de Semaine de la critique.
  68. « Cannes 70 : les dĂ©couvertes de la critique », sur Écran Noir, .
  69. « Historique de la semaine de la critique ».
  70. « Festival de Cannes : qu’est-ce que l’ACID ? », sur CNC, .
  71. « Qui sommes-nous ? », sur Festival de Cannes (version du 29 mai 2012 sur Internet Archive).
  72. « Inscrire un film », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  73. « Thierry Frémaux : "Les pronostics, c'est pour les turfistes, pas pour le sélectionneur de Cannes" », sur Télérama, .
  74. « Andrzej Wajda, palme d'or à Cannes en 1981 pour l'Homme de fer », sur La Croix, .
  75. « Laurent Cantet, James Gray et Fernando Meirelles complÚtent l'affiche de Cannes », sur Libération, .
  76. « Cannes 2016 : Asghar Farhadi rejoint la compétition, Jean-François Richet en séance spéciale », sur Télérama, .
  77. Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeune, « Comment est sélectionné un film ? » (consulté le ).
  78. Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeunes, « Comment est sélectionné un film ? » (consulté le ).
  79. « Cannes, mode d'emploi », sur Allociné, (consulté le ).
  80. « Festival 2004 », sur Festival de Cannes, (version du 16 janvier 2014 sur Internet Archive).
  81. « «The Artist », itinéraire d'un film gùté », sur L'Obs, (consulté le ).
  82. « Cannes 2013 : Ce qu'il faut savoir sur la sélection ! », sur Allociné, (consulté le ).
  83. Michel Ciment et Hubert Niogret, « Entretien avec Thierry FrĂ©maux : Le festival est un tout », Positif, no 651,‎ .
  84. « Cannes 2015 : "Le cinéma sert encore à combattre" pour Thierry Frémaux », sur Allociné, .
  85. « Festival de Cannes 2016 : Le Pré-programme », sur Paris Match, .
  86. « Festival de Cannes 2017: demandez le pré-programme », sur Paris Match, .
  87. « Cannes 2015 : une sélection à moindre risque », sur Libération, .
  88. Ibid, p. 92.
  89. AlloCiné « Cannes mode d'emploi : le jury peut-il inventer des prix ? », consulté le 17 juillet 2013.
  90. Article Allociné sur le palmarÚs 2008, consulté le 5 juin 2009.
  91. Le Point, « Hommage : le jury crée un prix spécial pour Alain Resnais », consulté le 5 juin 2009.
  92. Pierre Murat, « Haneke, certes, mais Resnais? », Télérama, consulté le 27 mai 2009.
  93. PalmarÚs du Festival de Cannes 1983, commenté par France Roche - Ina [vidéo].
  94. « Chopard, créateur des Palmes d'or », sur Paris-Match, .
  95. Google Info, « Le prix de l'Éducation nationale au Ruban blanc de Michael Haneke », consultĂ© le 25 mai 2009.
  96. (en-US) Carita Rizzo, « Kering’s Women in Motion Program Expands Scope for Cannes », sur Variety, (consultĂ© le ).
  97. Site officiel du Festival de Cannes, Article 8 du rÚglement 2009 concernant le palmarÚs, consulté le 6 juin 2009.
  98. Thierry FrĂ©maux, « Le choix du Festival », Site du Festival de Cannes,‎ (lire en ligne).
  99. Étienne Sorin, « Festival de Cannes : les frĂšres Coen, un fauteuil pour deux », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  100. Site officiel du Festival de Cannes, Article 7 du rÚglement 2009 concernant le jury, consulté le 5 juin 2009.
  101. Fiche Allociné sur L'humanité de Bruno Dumont, consulté le 4 juin 2009
  102. Fiche Allociné sur La Pianiste de Michael Haneke, consulté le 4 juin 2009.
  103. « Palme d'or : "Elephant" », sur le Site officiel du Festival de Cannes (consulté le 4 juin 2009).
  104. Danielle Attali, Le Journal du dimanche, « Embouteillage au PalmarÚs! », consulté le 19 juin 2009.
  105. Magazine PremiÚre, « Rencontre entre Sean Penn et Isabelle Huppert, deux présidents du jury d'exception », consulté le 19 juin 2009
  106. AlloCiné « Cannes mode d'emploi : qui compose le jury de la sélection officielle ? », consulté le 17 juillet 2013.
  107. « Thierry FrĂ©maux: "Les images parlent
 mais ne disent pas la vĂ©ritĂ©" », sur L'Express, (consultĂ© le ).
  108. AurĂ©lien Ferenczi, « MystĂšres PrĂ©sidents », TĂ©lĂ©rama,‎ (lire en ligne).
  109. Gilles Jacob, op-cit, chapitre 32 « Le palmarÚs », p. 205-206.
  110. Ibid, chapitre 32 « Le palmarÚs », p. 206.
  111. « La conférence de presse du jury », sur le site officiel du Festival de Cannes (consulté le 19 juin 2009).
  112. « Comment se passent les délibérations du jury de Cannes ? », sur Télérama, .
  113. AFP, « Pierre Lescure dĂ©signĂ© Ă  la prĂ©sidence du Festival de Cannes », France 24,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  114. Site du MinistÚre de la Culture, « Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, félicite Pierre Lescure pour son élection à la présidence du Festival de Cannes dont le mandat de trois ans débutera le 1er juillet 2014 », consulté le 26 janvier 2014.
  115. Didier PĂ©ron, « Palme pilote », LibĂ©ration,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  116. AFP, « Gilles Jacob quittera la prĂ©sidence du festival de cannes en 2015 », LibĂ©ration,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  117. AFP, « Gilles Jacob prendra sa retraite du Festival de Cannes en 2015 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  118. Sophie Benamon, « A quoi sert le festival de Cannes ? », sur L'Express, .
  119. Laurent Carpentier, « Festival de Cannes : Pierre Lescure enfile le costume prĂ©sidentiel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  120. « Festival de Cannes : Lescure concĂšde que sa "relation" avec Hollande a pu jouer », RTL,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  121. « Le Festival de Cannes en chiffres », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  122. Ciné mémento, « Les leçons du Festival de Cannes » (consulté le ).
  123. « Festival de Cannes : le peuple des escabeaux », sur bfmtv.com, .
  124. « Le photocall de Cannes : et si c'était là, le vrai rendez-vous mode du Festival ? », sur Madame Figaro, .
  125. « Cannes 2022 : Bérénice Béjo et Romain Duris complices pour le photocall de Coupez ! », sur Elle, .
  126. Festival de Cannes : Dans les coulisses du film « Coupez ! », www.tv78.com, 19 mai 2022
  127. « Cannes pendant le Festival du film », sur www.plages.tv (consulté le ).
  128. « Le Festival de Cannes se vit aussi sur les rooftops, les terrasses de la ville », sur France 3 Régions, .
  129. « Festival de Cannes 2022 : quand la ville se mue sous nos yeux en capitale mondiale du cinéma », sur France 3 Régions, .
  130. « Le Cinéma de la Plage 2022 », sur festival-cannes.com, .
  131. « Festival de Cannes : l'arrivée remarquée de Tom Cruise en hélicoptÚre sur le tapis rouge », sur Midi libre, .
  132. « Festival de Cannes 2022 : arrivage de stars à l'aéroport de Nice », sur Madame Figaro, .
  133. Jean-Michel Frodon, « « Grace de Monaco »: A quoi sert un film d'ouverture (?) », sur Slate, .
  134. AlloCiné « Cannes 2014 : film de clÎture - Pour une poignée de dollars présenté par Tarantino », consulté le 11 septembre 2014.
  135. Olivier PÚre, « Cannes 2014, jour 3 : Pour une poignée de dollars de Sergio Leone (Cinéma de la Plage) », sur Arte.tv (consulté le 11 septembre 2014).
  136. Associated Press (AP), « Ouverture officielle du 60e Festival de Cannes »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), (consultĂ© le ).
  137. Clémence Rigny, « Les secrets du tapis rouge du Festival de Cannes », sur Grazia, .
  138. « "Le Festival de Cannes, c'est l'élégance à la française" pour le couturier Jean Fournié, un habitué des tapis rouges », sur France 3 Régions, .
  139. « Protocole Cannois au Festival », Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeunes, consulté le 9 juin 2007
  140. « Pour Gilles Jacob, le Festival de Cannes "manque d'humanitĂ© " », CinĂ©Obs,‎ (lire en ligne).
  141. JĂ©rĂŽme Beales, « Cannes 2012 : pour Gilles Jacob, le Festival "manque d'humanitĂ©" », TF1 News,‎ (lire en ligne).
  142. site officiel de Cannes Cinéphile, consulté le 27 juillet 2013.
  143. Citizen Cannes (Blog officiel du Festival de Cannes 2009), consulté le 10 juin 2009.
  144. Publicitaire de Cannes, « Tendances de mode à Cannes », sur tendances-de-mode.com (consulté le ).
  145. YouTube - festival de cannes generique ceremonie clĂŽture
  146. F.M., Cannes et sa région, « Cannes fait le mur », sur Cannes.maville.com (consulté le 12 août 2007)
  147. « Cannes fait le mur », sur cannes.com (consulté le ).
  148. « Site officiel du Marché », Marché du film de Cannes, rubrique : Présentation du Marché, consulté le 9 juin 2007
  149. AlloCiné « Cannes mode d'emploi : en quoi consiste le Marché du film ? », consulté le 17 juillet 2013.
  150. [doc] « Lettre d'information de la compagnie Wallonie Bruxelles Images », sur cfwb.be, Chapitre : Compte rendu des marchés et Festivals (consulté le ).
  151. « Site officiel du Marché du Film », Marché du film de Cannes, rubrique : Présentation du Producers Network, consulté le 9 juin 2007.
  152. « Sponsors et médias à Cannes », sur Le Monde, (consulté le ).
  153. « Penelope Cruz et L'oréal, un dilemme pour Cannes », sur Le Monde, (consulté le ).
  154. « L'Oréal Paris célÚbre 20 ans de partenariat avec le Festival de Cannes », sur L'Oréal, (consulté le ).
  155. « Sponsors à Cannes, Audi / Renault ? », sur Caradisiac (consulté le ).
  156. « BMW va remplacer Renault au Festival de Cannes », sur Caradisiac.com (consulté le ).
  157. (en) « 60 ans de Cannes », sur Pretigium Fashion (consulté le ).
  158. « Semaine de la critique - Festival de Cannes (Du 9 au 17 mai 2018 (57Úme édition)) », sur Fondation-gan.com (consulté le ).
  159. « Maxell et Cannes », sur Sonovision (consulté le ).
  160. [PDF] « Tableau statistique Presse 1966-2017 », sur Festival de Cannes, (consulté le ).
  161. « Le 71e Festival de Cannes en chiffres », sur La DĂ©pĂȘche du Midi, (consultĂ© le ).
  162. « CANNES 2019 : Les chiffres fous du festival », sur Télé Star, (consulté le ).
  163. Christophe CarriĂšre, « Festival de Cannes 2013: Gare aux coups de Cannes », L'Express,‎ (lire en ligne).
  164. « Histoire du Festival », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  165. (en) Cette section est basée partiellement sur la traduction littérale de l'article anglais de Wikipédia : Cannes Film Festival.
  166. Nicolas Schaller, PremiÚre, mai 2007, numéro « spécial 60 ans de Festival »
  167. Le Figaro, « La Palme d'or fait souvent recette », consulté le 30 octobre 2010.
  168. Emilie BablĂ©, « Amour, toujours plus fort Ă  la veille des nominations aux Oscars », CinĂ©Movies,‎ (lire en ligne).
  169. Actualité sur le net, « Le Festival de Cannes en détail » (consulté le ).
  170. « Le Festival de Cannes en Détail », sur plusnews.fr (consulté le ).
  171. « Affiche du Festival de Cannes 2007 », sur Festival de Cannes, (consulté le ) [image].
  172. Alain LorfĂšvre, « Cannes: Isabelle Huppert signe son 20e film en compĂ©tition », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  173. L'exception, mai 2007, lire en ligne : « Les Cannois et le Festival », consulté le 9 juin 2007
  174. L'Exception, mai 2007, lire en ligne : « Les Cannois et le Festival », consulté le 9 juin 2007
  175. « Les fĂȘtes de Cannes », sur DVD Critiques (consultĂ© le ).
  176. « À Cannes, les commerçants dĂ©roulent le tapis rouge au Festival », sur Le Figaro, .
  177. « Cannes : Entre le festival du film et l'affluence touristique, l'Ă©tĂ© promet d'ĂȘtre "trĂšs chargĂ©" », sur 20 Minutes, .
  178. MichĂšle Levieux, « https://www.humanite.fr/journal/1999-05-13/1999-05-13-289459 »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), sur L'HumanitĂ©, (consultĂ© le ).
  179. Eric Libiot, L'Express, interview de Thierry Frémaux le 25 avril 2004 : « Cannes c'est l'écho du monde », lire en ligne, consulté le 9 juin 2007
  180. « Jane Campion, prĂ©sidente du 67e Festival de Cannes », Le Point,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  181. City DZ Magazine, « Cannes 2010 : Les chemins tortueux de la fausse gloire », consulté le .
  182. Festival de Cannes, « Le Festival en Chiffre », rubrique : « Les grands absent des Palmes d'or » (consulté le ).
  183. Christophe Ayad, Philippe Azoury, Bruno Icher, Gérard Lefort et Oilvier Séguret, Libération, « Haneke enrubanné », consulté le .
  184. « Jean-Luc Godard enfin rĂ©compensĂ© Ă  Cannes », Le Point,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  185. Mathieu Menossi, Evene.fr « Kar-Wai président ! », consulté le .
  186. [vidéo] « Isabelle Huppert, dixiÚme femme à présider le jury cannois », France 3, mai 2009, consulté le .
  187. Sophie Grassin et Gilles Médioni, L'Express (consacré au fesival de Cannes 1997), « Cannes 97 - A l'ombre des palmes », consulté le .
  188. AurĂ©lien Ferenczi, « Tout savoir sur Cannes : le Festival en dix questions », TĂ©lĂ©rama,‎ (lire en ligne).
  189. Philippe Person, « Cannes, un Festival qui tourne à vide », Le Monde diplomatique, mai 2006, consulté le .
  190. Caroline Lebrun, « Le Festival en chiffre », sur 01men.com, (consulté le ).
  191. Commeaucinéma.com, « Sandrine Bonnaire critique la sélection officielle », consulté le .
  192. AmĂ©ly Charnay, « Scandale sur la croisette »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), sur 01men.com, (consultĂ© le ).
  193. JĂ©rĂ©mie Couston, « PrĂ©sidents de Cannes : notre palmarĂšs des plus dĂ©pensiers, machiavĂ©liques, sĂ©vĂšres, capricieux
 », TĂ©lĂ©rama,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  194. [vidĂ©o] « Le 62e Festival de Cannes rĂ©vĂšle sa sĂ©lection », commentaires d'Élizabeth Tchoungui, France 24, consultĂ© le .
  195. « Les plus beaux moments du Festival », sur Allociné, (version du 2 août 2007 sur Internet Archive).
  196. [vidéo] « Voir la vidéo (doigt d'honneur de Tarantino) », sur INA, .
  197. Jonathan Schel, « Cinéma: les copains d'abord », sur Slate, (consulté le ).
  198. [vidéo] Ina, « Spécial Cannes 1994 », émission animée par Serge Toubiana, consulté le .
  199. Pascal MĂ©rigeau, le Nouvel Observateur, no 2218.
  200. Gauthier Jurgensen, « Festival de Cannes : 7 choses étonnantes à savoir sur le PalmarÚs », sur Allociné, .
  201. [vidéo] « Yves Montand, Maurice Pialat, Gérard Depardieu, Marcello Mastroianni et Barbara Hershey interviewés à Cannes aprÚs l'annonce du palmarÚs », sur INA, archives pour tous, (consulté le ).
  202. [vidéo] France Inter, Interview de Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, consulté le .
  203. [vidéo] cinematake, « Histoires des Palmes d'or, épisode 1 », consulté le .
  204. Fiche sur Barton Fink, Allociné
  205. Allociné, « 65e Festival de Cannes : Nanni Moretti président du jury ! », consulté le .
  206. Paris Match, « Les goûts de Nanni Moretti », consulté le .
  207. 1956-2004 : deux documentaires palmés - Le Monde du silence, Fahrenheit 9/11, Allociné, consulté le .
  208. La Croix, « Un palmarÚs radical et controversé », consulté le 25 mai 2009
  209. Coup de projecteur sur Michael Moore, sur FilmDeCulte.fr, consulté le .
  210. La Voix du Nord, « La Palme d'or pour Michael Haneke, cinéaste fétiche d'Isabelle Huppert », consulté le .
  211. Thierry ChÚze, « Festival de Cannes 2012: analyse du palmarÚs par Thierry ChÚze de Studio Ciné Live », L'Express, (consulté le ).
  212. Gilles Klein, « Cannes/Moretti : conflit d'intĂ©rĂȘt ? (France Inter) », sur ArrĂȘt sur images, (consultĂ© le ).
  213. Ozap, Soupçon de "conflit d'intĂ©rĂȘt" sur le palmarĂšs du 65e Festival de Cannes, consultĂ© le .
  214. Aureliano Tonet, « Les internautes soulignent un conflit d'intĂ©rĂȘts pour Nanni Moretti », Le Monde, consultĂ© le .
  215. ÉvĂšne, « Cannes 2012 : quel prĂ©sident peut ĂȘtre Nanni Moretti ? », consultĂ© le .
  216. Serge Kaganski, « Bonne compÚte, mauvais palmarÚs », Les Inrocks, consulté le .
  217. Vincent Malausa, « Festival de Cannes 2012 : un terne palmarÚs pour une édition sinistre », Le Nouvel Observateur, consulté le .
  218. PhalÚne de La Valette et Olivier Delcroix, « PalmarÚs cannois : Frémaux dément tout favoritisme », sur Le Figaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  219. MaĂ«lys Peiteado, « Le jour oĂč Sophie Marceau a Ă©tĂ© huĂ©e au festival de Cannes », sur Marie Claire, .
  220. [vidéo] « Vidéo en ligne », sur YouTube, (consulté le ).
  221. le Nouvel Observateur, « 35 cinĂ©astes fĂȘtent le cinĂ©ma », consultĂ© le 9 juin 2007
  222. Raphaël Jullien, « Lars von Trier, expérimentateur iconoclaste (3/3) », sur abusdecine.com (consulté le ).
  223. (en) Director defiant after "Antichrist" jeered dĂ©pĂȘche Reuters du 18 mai 2009
  224. « PolĂ©mique : "Antichrist" avec Charlotte Gainsbourg
 retirĂ© des salles de cinĂ©ma ! », sur purepeople.com, (consultĂ© le ).
  225. (en) « Cannes : Lars Von Trier Is Prouder of His New Tattoo Than of His New Movie
 », sur New York, (consultĂ© le ).
  226. Conférence de presse disponible dans son intégralité sur le site du festival. Version audio : « Lars Von Trier : "J'aime la notion de souffrance et de culpabilité que véhicule la mélancolie" », sur festival-cannes.com (consulté le ) et version vidéo : « Conférence de presse de "MELANCHOLIA" de Lars VON TRIER », sur festival-cannes.com (consulté le ).
  227. Lars von Trier dit avoir dĂ©couvert ses origines allemandes Ă  la mort de sa mĂšre en 1989, pensant jusque-lĂ  que son pĂšre Ă©tait un Juif danois : « Lars von Trier sympathise avec Hitler », sur La DĂ©pĂȘche du Midi, (consultĂ© le ).
  228. Romain Blondeau, « Lars von Trier confie son bonheur d’ĂȘtre un nazi devant la presse », cannes.lesinrocks.com, 18 mai 2011, consultĂ© le 31 mai 2011.
  229. Yasmine Youssi, Lars von Trier expose sa Melancholia et son empathie pour Hitler, la tribune.fr, 19 mai 2010, consulté le 4 janvier 2011
  230. Olivier De Bruyn, À cannes, de la sympathie pour Hitler ne peut pas faire de mal, Rue89, 10 aoĂ»t 2010 (consultĂ© le 4 janvier 2011)
  231. NordEclair « Cannes : on se calme, on boit frais et on oublie Lars
 », consultĂ© le 20 mai 2011.
  232. Le Monde « À Cannes, Lars von Trier jette un froid en Ă©voquant Hitler », consultĂ© le 22 novembre 2012.
  233. L'Express « Lars von Trier persona non grata et fier de l'ĂȘtre », consultĂ© le 22 novembre 2012.
  234. « Lars von Trier viré du festival de Cannes », sur Libération, (consulté le ).
  235. PurePeople « Cannes 2011 : Lars von Trier, le provocateur, fier d'ĂȘtre persona non grata ! », consultĂ© le 22 novembre 2012
  236. CommeauCinĂ©ma « Lars von Trier "fier" d'ĂȘtre non grata Ă  Cannes, rĂ©itĂšre ses excuses », consultĂ© le 22 novembre 2012.
  237. le Nouvel Observateur, Hors série no 29, spécial Cannes 60 ans.
  238. Jacques Mandelbaum, « Nuit et Brouillard, affaire trouble », Le Monde, (ISSN 0395-2037), 22 août 2006 [lire en ligne].
  239. Gilles Gony, « Nuit et Brouillard », Centre National de la Documentation Pédagogique (consulté le ).
  240. François GuĂ©rif, CinĂ© miscellanĂ©es, Paris, Éditions Payot & Rivages, , 363 p. (ISBN 978-2-228-90596-1), p. 266.
  241. Claude Pinoteau, Merci la vie ! : aventures cinématographiques, Paris, Le cherche midi, , 388 p. (ISBN 2-7491-0455-6), p. 249.
  242. Didier Péron, « « Persepolis » anime Téhéran », sur Libération, (consulté le ).
  243. Bérénice Reynaud, « Nouvelles Chines, nouveaux cinéma », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
  244. Jean-Luc Douin, « Le Soleil se lĂšve aussi, chronique des tentations pendant la rĂ©volution culturelle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  245. Jiang Wen sur l'encyclopÊdia Universalis, consulté le 13 décembre 2013.
  246. Sophie Grassin, « Faut-il brĂ»ler Underground ? », L'Express,‎ (lire en ligne).
  247. Anastasia Levy, « Kusturica, la Palme de l'obscurantisme », Slate,‎ (lire en ligne).
  248. Dispute Leads Bosnian to Quit Films; The New York Times, 5 December 1995.
  249. Sarajevan's Journey From Cinema Hero to 'Traitor';Los Angeles Times, 6 October 1997.
  250. L'exĂ©cutif italien boycotte Cannes dĂ©pĂȘche AFP du 8 mai 2010.
  251. AFP, « Le ministre de la Culture italien boycotte le festival de Cannes », sur Libération, (consulté le ).
  252. Le Parisien, « La folle journée de Hors-la-loi », consulté le 22 mai 2010.
  253. France Info.com, « La projection de Hors-la-loi, sur fond de manifestation à Cannes », consulté le 22 mai 2010
  254. L'Express, « Cannes: Mikhalkov répond à ses détracteurs par les chiffres », consulté le 22 mai 2010.
  255. Fanny Cottençon, Virginie Despentes et Coline Serreau, « A Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes, leurs films », sur Le Monde, (consulté le ).
  256. Thierry Frémaux, « "Nous ne sélectionnerons jamais un film juste parce qu'il est réalisé par une femme" », sur L'Express, (consulté le ).
  257. AFP, « Gilles Jacob: chercher les films de femmes avec "davantage de soin" », sur L'Express, (consulté le ).
  258. Pascal Mérigeau, le Nouvel Observateur, no 2218, spécial 60 ans de Cannes.
  259. Premiùre, L'Église pardonne, p. 26, Nicolas Schaller.
  260. [PDF] « L’Ange exterminateur, dossier pĂ©dagogique », BibliothĂšque du film (BiFi) et le CNC, (consultĂ© le ).
  261. « Festival de Cannes 1946 », sur Festival de Cannes, Chapitre « Pas plus loin que le bout du nez » (consulté le ).
  262. « Festival de Cannes, plus de détails », sur Festival de Cannes (consulté le ).
  263. Aurélie Gerlach, « Cannes : 60 ans d'émotion et de scandales », sur Femme actuelle, (consulté le ) (voir archive).
  264. Laurent Rigoulet, « Cannes et les Américains (2/5) : 1954, Mitchum et les seins nus », sur Télérama, (consulté le ).
  265. [vidéo] « Scandale! Simone Silva montre ses seins à Robert Mitchum au festival de Cannes », sur Dailymotion, .
  266. VĂ©ronique TĂ©treault, « 2008: À Cannes sans culotte », sur Fr.canoe.ca, (consultĂ© le ).
  267. Véronique Tétreault, « Bella Hadid à Cannes, en robe ultrafendue ou rien », sur Madame Figaro, (consulté le ).
  268. [image] [txt] Amélie Charnay, « Scandales sur la Croisette », 16 mai 2007, consulté le 9 juin 2007.
  269. [vidéo] « La Grande Bouffe à cannes : Marco Ferreri », sur INA, (consulté le ).
  270. Sifflets et problĂšme technique Ă  Cannes, Le Parisien, 19 mai 2017.
  271. [vidéo] « Grace Kelly et le Prince Rainier se rencontrent à Cannes », sur INA, archives pour tous, (consulté le ).
  272. [vidéo] Vanessa Paradis, « Le Tourbillon de la Vie par V. Paradis », Allocine, (consulté le ).
  273. « Benigni, Xavier Dolan, IndigĂšnes
 : quelques moments forts des cĂ©rĂ©monies de clĂŽture de Cannes », sur Le Berry rĂ©publicain, (consultĂ© le ).
  274. Pépé le Moko.
  275. « Le Festival en chiffre », sur cannes-fest.com (consulté le ).

Voir aussi

Histoire du Festival

  • Henri Cartier-Bresson, Les vingt marches aux Ă©toiles, Paris, Alain Lefeuvre, , 567 p. (ISBN 2-85939-508-3)
  • Maurice Bessy, Cannes : trente-cinq ans, Cannes, Festival de Cannes,
  • Claude-Jean Philippe, Cannes, le Festival, Lyon, Nathan, , 171 p. (ISBN 2-09-290554-6)
  • J. M. G. Le ClĂ©zio et Robert Chazal, Les annĂ©es Cannes, 40 ans de festival, Paris, 5 Continents, , 148 p. (ISBN 2-218-07979-8)
  • Jean Bresson, La Fabuleuse Histoire de Cannes : ces demeures qui ont fait Cannes, Paris, Éditions du Rocher, , 350 p. (ISBN 2-268-00100-8)
  • Gilles Jacob, Les Visiteurs de Cannes. CinĂ©astes Ă  l'Ɠuvre, Paris, Hatier, , 300 p. (ISBN 2-218-05187-7)
  • Cannes : un demi-siĂšcle de chef-d'Ɠuvre, Paris, L'Express,
  • Marcel Ruby, Jean Zay, OrlĂ©ans, Corsaire, , 416 p.
  • Pierre Billard, D'or et de Palmes, le Festival de Cannes, Paris, Gallimard, coll. « DĂ©couvertes Gallimard / Arts » (no 314), , 92-128 p. (ISBN 2-07-053377-8)
  • François Gaurin, Cannes : 50 ans de jeunes talents, Paris, Casterman,
  • GĂ©rard Pangan, Cannes, les annĂ©es Festival, Brest, Arte,
  • Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Antibes, Nil Édition, , 240 p. (ISBN 2-84111-074-5)
  • Emmanuel Ethis (dir.), Aux marches du palais. Le festival de Cannes sous le regard des sciences sociales, Paris, La Documentation Française, coll. « Questions de Culture », , 259 p. (ISBN 2-11-004832-8)
  • François Cheval, Peter Knapp, et StĂ©phane Kossman, Observations sur les marches de Cannes, Montpellier, Marval, , 136 p. (ISBN 2-86234-376-5)
  • Henry-Jean Servat, La LĂ©gende de Cannes : de A Ă  Z, Cannes, Assouline, , 168 p. (ISBN 2-84323-564-2)
  • Yves Manciet, Cannes : PremiĂšres annĂ©es du Festival, Paris, Thoba's, , 92 p. (ISBN 2-9520137-1-3)
  • Nathalie Cuman, Cannes fait son cinĂ©ma, Paris, TimĂ©e, , 146 p. (ISBN 2-9518952-9-1)
  • GĂ©rard Uferas et Marc Bessou, Les Coulisses du Festival : Cannes, Carlton, Lille, Flammarion, , 160 p. (ISBN 2-08-011397-6)
  • Jacques Barozzi, Le GoĂ»t de Cannes, Paris, Mercure de France, , 120 p. (ISBN 2-7152-2614-4)
  • Jean A. Gili, Charles Tesson et Daniel Sauvaget, Les Grands rĂ©alisateurs, Paris, Larousse, , 239 p. (ISBN 2-03-505563-6)
  • Jacqueline Monsigny et Edward Meeks, Le Roman du Festival de Cannes, Cannes, Éditions du Rocher, , 381 p. (ISBN 978-2-268-06193-1 et 2-268-06193-0)
  • Élisabeth Quin et NoĂ«l Simsolo, Ils & elles ont fait le Festival, Paris, Cahiers du cinĂ©ma,
  • Emanuele Scorcelletti, Le Festival de Cannes vu par Emanuele Scorcelletti, Paris, Michel Lafon,
  • 100 Photos du Festival de Cannes pour la libertĂ© de la presse, Paris, Reporters sans frontiĂšres, , 100 p.
  • FrĂ©dĂ©ric Mitterrand, Le Festival de Cannes, Paris, Éditions Robert Laffont, , 256 p. (ISBN 978-2-221-10881-9 et 2-221-10881-7)
  • Jean OllĂ©-Laprune, Le Festival de Cannes, Paris, Hugo & cie, , 207 p. (ISBN 978-2-7556-0143-5 et 2-7556-0143-4)
  • Antoine de Baecque, Les leçons de cinĂ©ma du Festival de Cannes, Cannes, Éditions du Panama, , 114 p. (ISBN 978-2-7557-0255-2 et 2-7557-0255-9)
  • Thierry FrĂ©maux, Cannes, c'est l'Ă©cho du Monde, Cannes, L'Express,
  • Henry-Jean Servat, Si le Festival de Cannes Ă©tait contĂ©, Cannes, Filipacchi, illustration de Paris Match, , 183 p. (ISBN 978-2-85018-938-8 et 2-85018-938-3)
  • Cannes 1939, le festival qui n'a pas eu lieu, Olivier Loubes, Ă©ditions Armand Colin, , (ISBN 9782200613556)
  • Jean-Marie Palach, Du sang sur le Tapis rouge, Pavillon noir, 2016
  • Carlos Gomez, Voir Cannes & survivre. Les dessous du festival, L'artilleur, 2017
  • Gilles Jacob, Dictionnaire amoureux du festival de Cannes, Plon, 2018.

TĂ©moignages

Romans

  • Pierre Rocher, IrĂšne et le Festival, Paris, Plon,
  • ThĂ©o LumiĂšres, Meurtre au Festival de Cannes, Paris, Calmann-LĂ©vy, coll. « Les Lieux du crime », , 238 p. (ISBN 2-7021-1859-3)
  • J B Livingstone, Crime au Festival de Cannes, Paris, GĂ©rard de Villiers, coll. « Les Dossiers de Scotland Yard », (rĂ©impr. 1995, 2001), 254 p. (ISBN 2-7386-5727-3)
  • Gonzague Saint Bris, Un ruban de rĂȘve. Le premier festival de Cannes, Steinkis Groupe / Éditions Prisma, , 112 p. (ISBN 978-2-36846-045-0 et 2-36846-045-4, lire en ligne)

Autour du Festival de Cannes

Vidéos sur ina.fr

Articles connexes

Liens externes

Bases de données et notices

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplĂ©mentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimĂ©dias.