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Moscou

Moscou (en russe : –ú–ĺ—Ā–ļ–≤–į, Moskva, [m…źňąskva][1] ) est la capitale de la Russie et compte environ 13 100 000 habitants intra muros (2021) sur une superficie de 2 510 km2[2], ce qui en fait la ville la plus peupl√©e √† la fois du pays et d'Europe. Sur le plan administratif Moscou fait partie du district f√©d√©ral central et a le statut de ville d'importance f√©d√©rale qui lui donne le m√™me niveau d'autonomie que les autres sujets de la Russie. Elle est quasiment enclav√©e dans l'oblast de Moscou, mais en est administrativement ind√©pendante. Ses habitants sont les Moscovites. Moscou se situe dans la partie europ√©enne de la Russie au milieu d'une r√©gion de plaine. Sa latitude √©lev√©e lui vaut un climat froid et continental. Le Kremlin, son cŇďur historique, est √©difi√© sur une colline qui domine la rive gauche de la rivi√®re Moskova.

Moscou
(ru) –ú–ĺ—Ā–ļ–≤–į
Blason de Moscou
Héraldique
Drapeau de Moscou
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
District fédéral Central
Sujet fédéral Moscou
Maire Sergue√Į Sobianine
Code postal 101000-129999
Code OKATO 45
Indicatif +7 495
+7 499
Démographie
Gentilé Moscovite
Population 13 010 112 hab. (2021)
Densit√© 5 118 hab./km2
Géographie
Coordonn√©es 55¬į 45‚Ä≤ 09‚Ä≥ nord, 37¬į 37‚Ä≤ 23,11‚Ä≥ est
Superficie 254 200 ha = 2 542 km2
Fuseau horaire UTC+03:00 (MSK)
Heure de Moscou
Cours d'eau Moskova
Divers
Fondation 1147
Localisation
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Moscou
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Moscou
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Moscou
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Moscou
Liens
Site web www.mos.ru

    Moscou a jou√© un r√īle central dans l'histoire de la Russie. Petit point d'appui militaire cr√©√© vers 1150 dans le nord de la Rus' de Kiev, elle prend progressivement le relais de Kiev, apr√®s la d√©composition politique de cet √Čtat et les invasions mongoles du XIIIe si√®cle. Elle devient la capitale du grand-duch√© de Moscou, tsarat de Russie puis de l'Empire russe qui √©tend progressivement son territoire jusqu'√† la fronti√®re avec la Pologne √† l'ouest, la Crim√©e au sud et l'oc√©an Pacifique √† l'est. Elle perd son r√īle de capitale au profit de Saint-P√©tersbourg lorsque Pierre le Grand au d√©but du XVIIIe si√®cle d√©cide de moderniser son pays √† marche forc√©e. N√©anmoins, au cours des XVIIIe et XIXe si√®cles, Moscou devient un centre industriel majeur et le cŇďur du r√©seau de communications ferr√© et routier d'un pays qui compte d√©sormais parmi les grandes puissances europ√©ennes. La r√©volution d'Octobre en 1917 redonne le r√īle de capitale √† Moscou et met en place un r√©gime communiste qui acc√©l√®re en deux d√©cennies l'industrialisation de la ville et quadruple la population qui passe de un √† quatre millions d'habitants. Ayant √©chapp√© de peu √† l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, la ville renoue avec une croissance √©conomique et d√©mographique effr√©n√©e √† l'issue de celle-ci. Elle devient la capitale d'une des deux superpuissances mondiales. L'effondrement du r√©gime communiste en 1991 entra√ģne une profonde transformation de la ville qui abandonne presque compl√®tement son r√īle de centre industriel au profit d'une position de p√īle tertiaire compl√®tement converti √† l'√©conomie de march√©. La construction du Centre de commerce international de Moscou est le symbole de cette transformation.

    Moscou concentre une part particuli√®rement importante de la richesse √©conomique du pays : elle produit 25 % du PIB de la Russie. La ville est le si√®ge de nombreuses institutions universitaires et culturelles du pays. Mais cette mutation ne s'est pas faite sans poser de probl√®mes, les √©carts socio-√©conomiques √©tant devenus consid√©rables : une part de la population s'est fortement enrichie, tandis que l'augmentation du co√Ľt de la vie a aggrav√© les conditions de vie des plus modestes. Moscou a du mal √† adapter ses structures routi√®res √† l'explosion du parc des v√©hicules des particuliers et √† une croissance d√©mographique qui se poursuit dans un contexte national pourtant d√©prim√© sur ce plan.

    Moscou dispose d'un important patrimoine artistique et architectural dont trois ensembles inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ce sont notamment le Kremlin avec ses palais et √©glises, la cath√©drale Saint-Basile-le-Bienheureux sur la place Rouge, la galerie Tretiakov, le couvent de Novodievitchi, l'√©glise de Kolomensko√Įe ainsi que les sept gratte-ciel staliniens.

    Géographie

    Le Kremlin vu d'avion.
    La Moskova et les quartiers sud-est de Moscou.

    Situation

    Moscou se trouve √† 893 km √† l'est-sud-est d'Helsinki, √† 1 151 km √† l'est-nord-est de Varsovie, √† 1 569 km au nord-est de Budapest, √† 1 649 km au nord-nord-ouest de Tbilissi, √† 2 273 km √† l'ouest-nord-ouest de Noursoultan et √† 4 635 km au nord-ouest d'Oulan Bator.

    Topographie et hydrographie

    Moscou est situ√©e au milieu de la plaine d'Europe orientale, une immense r√©gion couvrant la majeure partie de l'est de l'Europe caract√©ris√©e par des reliefs peu accentu√©s et parcourue par de nombreux fleuves. Lors de la derni√®re p√©riode glaciaire, qui s'est achev√©e il y a 10 000 ans, la r√©gion de Moscou se situait √† la limite de l‚Äôinlandsis (glacier continental) qui occupait le nord-ouest de la Russie. Ce glacier a largement fa√ßonn√© les reliefs et les sols. Au nord-est de Moscou le plateau de Russie, un ensemble de collines et de plateaux culminant √† 300 m√®tres, est form√© par les moraines laiss√©es par le glacier. √Ä l'est de Moscou se trouve la Mechtchera, une r√©gion mar√©cageuse couverte de lacs et comprenant des tourbi√®res. Celle-ci constituait la plaine d'√©pandage des eaux s'√©coulant devant le front du glacier (sandur). Dans la r√©gion le socle rocheux est profond√©ment enfoui sous les d√©p√īts morainiques : la raret√© de la pierre explique la pr√©dominance du bois dans l'habitat traditionnel y compris dans les villes. La r√©gion est couverte en grande partie d'une for√™t mixte[3].

    Le cŇďur de la capitale a √©t√© construit sur les berges de la rivi√®re Moskova qui la traverse de part en part du nord-ouest au sud-est en formant de nombreux m√©andres. Cette rivi√®re, a form√© successivement au cours du temps trois terrasses, la plus ancienne dominant le lit actuel d'une trentaine de m√®tres. Le Kremlin est construit sur une avanc√©e de cette troisi√®me terrasse (dite Khodynka ou Borova√Įa) qui surplombe la rive gauche de la rivi√®re et en fait un site d√©fensif naturel. Les quartiers de Taganski et de Loublino situ√©s √† l'est du Kremlin sont construits sur la deuxi√®me terrasse dite Mnevnikovska qui domine d'une vingtaine de m√®tres le lit de la rivi√®re. Enfin la premi√®re terrasse, la plus r√©cente, se situe √† une hauteur interm√©diaire entre le lit et la deuxi√®me terrasse[4].

    La Moskova est un affluent de l'Oka, qui coule plus au sud avant de se jeter dans la Volga principal fleuve de la Russie europ√©enne. La Moskova a un d√©bit moyen de 120 m3/s dont 60 % sont apport√©es par le canal de Moscou long de 128 kilom√®tres qui partant de la capitale la relie √† la Volga. Ce canal a son point de d√©part sur la Moskova en amont du centre-ville et se dirige vers le nord apr√®s avoir travers√© une s√©rie de lacs artificiels qui constituent autant de zones de loisirs pour les moscovites. Deux petites affluents d'une quarantaine de kilom√®tres de long, la Setoun (rive droite) et la Iaouza (rive gauche), ont leur source √† l'ext√©rieur de la rocade MKAD et se jettent dans la Moskova respectivement en amont et en aval du cŇďur de la cit√©. La Neglinna√Įa, un petit affluent de km prenant sa source au nord du centre-ville, arrosait autrefois les douves du kremlin mais circule aujourd'hui dans des tunnels enfouis sous le sol.

    Moscou, dont l'altitude est comprise entre 120 et 200 m√®tres, ne comporte pas de reliefs marqu√©s. Le point haut le plus remarquable est la colline des moineaux qui s'√©l√®ve sur la rive droite de la Moskova √† 60-70 m√®tres au-dessus du niveau du fleuve.

    Limites et structure de la ville

    Moscou s'est d√©velopp√© en occupant des cercles concentriques de diam√®tre croissant. Contrairement √† Paris la ville a incorpor√© ses banlieues et occupe une superficie de 1 100 km2 (en excluant les villes satellites peu denses situ√©es √† l'ext√©rieur de la rocade routi√®re MKAD mais rattach√©es √† la ville qui repr√©sentent une population de 300 000 habitats sur 1 420 km2). On peut comparer cette superficie aux 814 km2 de la M√©tropole du Grand Paris. Avec douze millions habitants dans cette partie de la ville (2017), la densit√© est de 10 900 hab./km2 sup√©rieure √† celle de la petite couronne parisienne (9 000 hab./km2) malgr√© la pr√©sence importante de for√™ts et de parcs[5].

    Au cŇďur de la ville et pratiquement √† son centre g√©om√©trique, se trouve le Kremlin (du russe kreml, fortin), une forteresse de forme triangulaire de 500 m√®tres de c√īt√© √©rig√©e sur la colline Borovitski dominant la rive gauche de la Moskova. Le Kremlin est entour√© par une muraille en briques rouges de 2 230 m√®tres de long comprenant 19 tours. Elle abrite la pr√©sidence de la R√©publique, des services administratifs, plusieurs palais et mus√©es ainsi que des parcs. Une premi√®re muraille entourait autrefois le Kremlin et le quartier de Kita√Į Gorod, noyau initial de la capitale situ√© imm√©diatement √† l'est du kremlin et de la place Rouge. Sur son emplacement se trouve aujourd'hui un large cours bord√© d'√©difices publics tels que les th√©√Ętres du Bolcho√Į et le Maly, le parlement f√©d√©ral (la Douma), la Grande Biblioth√®que, le Man√®ge, plusieurs grands h√ītels, le mus√©e d'Histoire et le si√®ge des services secrets russes (FSB) (ex KGB). L'anneau des boulevards (Koltso), un boulevard circulaire plant√© d'arbres occupe l'emplacement de la deuxi√®me muraille √©difi√©e au 16e si√®cle et longue de sept kilom√®tres qui d√©limitait Bely Gorod (la ville blanche). Il n'est pas complet car il reste cantonn√© √† la rive gauche de la Moskova[6].

    La troisi√®me ceinture, la Sado√Įava (Anneau des Jardins), est constitu√©e par un boulevard √† grande circulation long de 15,6 kilom√®tres formant un cercle complet de 2,5 kilom√®tres de rayon franchissant la Moskova. Elle est situ√©e √† l'emplacement d'une muraille de terre √©difi√©e √† la fin du XVIe si√®cle et d√©limitant les faubourgs (la ville de terre ou Zemly Gorod). L'anneau des Jardins d√©limite le centre historique de la ville. Celui-ci pr√©sente une architecture peu homog√®ne car la conservation du patrimoine historique est une pr√©occupation r√©cente. On y trouve les principales administrations et les si√®ges sociaux de grandes entreprises. Cette partie de Moscou comprend de nombreux commerces. √Ä l'int√©rieur de cette zone de Moscou, la densit√© de la population, chass√©e par l'afflux des commerces et des entreprises, est relativement basse. Le troisi√®me anneau routier de Moscou long de 35 kilom√®tres de long situ√© √† cinq kilom√®tres du centre a √©t√© construit entre 1960 et 2003. Il englobe la ville du XIXe si√®cle et en particulier la plupart des gares ferroviaires terminus. C'est dans cette partie de la ville urbanis√©e entre le XVIIIe si√®cle et 1917, que se sont √©difi√©s les quartiers industriels, d√©sormais souvent abandonn√©s ou reconvertis sous l'impulsion de la mairie. Celle-ci a pour objectif de cr√©er des centres secondaires regroupant des commerces et des services pour all√©ger la fr√©quentation du centre. C'est l√† qu'a √©t√© √©difi√© au cours de la d√©cennie 2010 Moskva-city un ensemble de gratte-ciel accueillant de grandes entreprises du secteur tertiaire[7]. Le dernier anneau routier, le MKAD, de 16 kilom√®tres de rayon et 109 kilom√®tres de circonf√©rence, est form√© par une autoroute de 2 √ó 5 voies inaugur√©e au d√©but des ann√©es 1960 qui englobe la ville du XXe si√®cle[8] - [9].

    • Plans de Moscou
    • Plan simplifi√© de Moscou montrant les zones construites (beige), les parcs et for√™ts (vert) et les principales avenues : K : Kremlin - M : Moskova - C : Canal de Moscou - 1 : Anneau des boulevards - 2 : Anneau des Jardins (limite ext√©rieure du Moscou historique) - 3 : Troisi√®me anneau routier de Moscou - 4 : Rocade MKAD.
      Plan simplifié de Moscou montrant les zones construites (beige), les parcs et forêts (vert) et les principales avenues : K : Kremlin - M : Moskova - C : Canal de Moscou - 1 : Anneau des boulevards - 2 : Anneau des Jardins (limite extérieure du Moscou historique) - 3 : Troisième anneau routier de Moscou - 4 : Rocade MKAD.
    • La partie de Moscou entour√©e par la rocade MKAD et qui comprend la majeure partie de la population de la capitale (12 millions habitants) est compar√©e √† l'ensemble form√© par Paris et sa petite couronne (7 millions habitants). Le cercle int√©rieur en pointill√© le plus petit correspond √† l'Anneau des Jardins qui d√©limite le Moscou historique.
      La partie de Moscou entourée par la rocade MKAD et qui comprend la majeure partie de la population de la capitale (12 millions habitants) est comparée à l'ensemble formé par Paris et sa petite couronne (7 millions habitants). Le cercle intérieur en pointillé le plus petit correspond à l'Anneau des Jardins qui délimite le Moscou historique.

    L'énorme espace compris entre l'ancienne muraille de terre et la rocade MKAD a été progressivement occupé dans le cadre d'une gigantesque plan d'expansion de Moscou lancé par Staline dans les années 1930 mais dont la réalisation n'a véritablement démarré qu'au début des années 1960. D'anciens villages ont été remplacés par des quartiers d'immeubles collectifs initialement relativement bas (quatre à cinq étages) pour ne pas avoir à installer d’ascenseurs. Aujourd'hui ces cités sont constituées de barres de 12 à 18 étages et longues de plusieurs centaines de mètres comportant des établissements scolaires mais souvent mal desservis dans le domaine des transports et des commerces. Cette partie de Moscou accueille la plus grande partie de la population moscovite. De nombreuses zones naturelles, constituées de parcs, lacs et forêts ont été préservés entre les différents ensembles et constituent une des caractéristiques les plus frappantes de Moscou. Le développement de la circulation automobile dans les années 1990 a conduit à la construction de grands centres commerciaux au niveau des échangeurs situés aux intersections entre le MKAD et les grands axes routiers rayonnant depuis le centre de la capitale. L'urbanisation s'est étendue au-delà de cette rocade dès les années 1970[8].

    Moscou est reli√© aux r√©gions voisines par ce r√©seau de routes radiales (prospekt) qui coupent les diff√©rentes rocades construites au fur et √† mesure du d√©veloppement de la capitale. Dans le centre ces art√®res radiales sont souvent des rues √† la fois prestigieuses et anim√©es comme la rue Tverska√Įa (rue de Tver). Leur intersection avec les rocades circulaires est souvent d√©di√© au commerce et aux communications comme la place Pouchkine et la place Soukharev. La population ais√©e est install√©e principalement dans les quartiers occidentaux du centre-ville comme le vieux quartier de l'Arbat. Celui-ci se prolonge √† l'ouest par des quartiers plus r√©cents tels que Kounts√©vo et S√©r√©briany Bor habit√©s par l'ancienne Nomenklatura remplac√©e par la nouvelle classe poss√©dante et qui sont am√©nag√©s autour des plans d'eau de la plaine de la Moskova[8].

    Climat

    Températures moyennes (rouge) et précipitations (bleu) à Moscou.
    Comparaison climatique avec Paris et Berlin
    Donnée Moscou Paris Berlin
    Temp. minimale moyenne2,1 ¬įC8,9 ¬įC5,9 ¬įC
    Temp. maximale moyenne9,6 ¬įC16 ¬įC13,4 ¬įC
    Précipitations (mm)705637570
    Ensoleillement (heures)1 7311 6611 626

    Moscou se situe √† une latitude relativement √©lev√©e, √† peu pr√®s au m√™me niveau que la capitale du Danemark, Copenhague (55,5¬įN), mais √©tant plus √©loign√©e des oc√©ans la ville subit un climat plus continental caract√©ris√© par de fortes variations de temp√©rature entre l'√©t√© et l'hiver. Compte tenu de sa latitude, la temp√©rature annuelle moyenne est basse (6,7 ¬įC) et l'hiver est long et froid avec une temp√©rature hivernale qui se maintient en moyenne en dessous de 0 ¬įC entre le et le . Le mois le plus froid de l'ann√©e est f√©vrier (temp√©rature moyenne ‚ąí6,7 ¬įC). Le printemps et l'automne sont brefs et peuvent conna√ģtre de fortes variations de temp√©rature sur quelques jours. Les √©t√©s sont chauds avec une temp√©rature moyenne sup√©rieure √† 17 ¬įC entre juin et aout et une temp√©rature maximale moyenne de 25 ¬įC en aout. La plus forte temp√©rature enregistr√©e a √©t√© de 38,2 ¬įC le [10] et la plus faible de ‚ąí42,2 ¬įC en . Les pr√©cipitations (707 mm par an et 142 jours de pluie par an) sont r√©parties tout au long de l'ann√©e mais avec des quantit√©s plus √©lev√©es l'√©t√© que l'hiver. La neige recouvre le sol en moyenne 138 jours par an de la mi-novembre √† la fin mars. La hauteur de neige peut atteindre jusqu'√† 80 cm au milieu de l'hiver. Le nombre d'heures d'ensoleillement est de 1731 heures (1 900 heures sur la d√©cennie 2000) avec un d√©s√©quilibre tr√®s important entre l'hiver et l'√©t√©. Les brouillards (15 jours par an) et les orages (29 jours par an) sont des ph√©nom√®nes fr√©quents. Moscou connait parfois des ph√©nom√®nes m√©t√©orologiques violents comme des tornades et des pr√©cipitations tr√®s violentes.

    Normales et records pour la période 1991-2020 à Moscou
    Mois jan. f√©v. mars avril mai juin jui. ao√Ľt sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
    Temp√©rature minimale moyenne (¬įC) ‚ąí8,7 ‚ąí8,8 ‚ąí4,2 2,3 8,1 12,2 14,8 13 8 3 ‚ąí2,4 ‚ąí6,5 2,6
    Temp√©rature moyenne (¬įC) ‚ąí6,2 ‚ąí5,9 ‚ąí0,7 6,9 13,6 17,3 19,7 17,6 11,9 5,8 ‚ąí0,5 ‚ąí4,4 6,3
    Temp√©rature maximale moyenne (¬įC) ‚ąí3,9 ‚ąí3 3 11,7 19 22,4 24,7 22,7 16,4 8,9 1,6 ‚ąí2,3 10,1
    Record de froid (¬įC)
    date du record
    ‚ąí42,1
    1940
    ‚ąí38,2
    1929
    ‚ąí32,4
    1913
    ‚ąí21
    1879
    ‚ąí7,5
    1885
    ‚ąí2,3
    1916
    1,3
    1886
    ‚ąí1,2
    1885
    ‚ąí8,5
    1881
    ‚ąí20,3
    1920
    ‚ąí32,8
    1890
    ‚ąí38,8
    1892
    ‚ąí42,1
    1940
    Record de chaleur (¬įC)
    date du record
    8,6
    2007
    8,3
    1989
    19,7
    2014
    28,9
    2012
    33,2
    2007
    34,8
    2021
    38,2
    2010
    37,3
    2010
    32,3
    1890
    24
    1915
    16,2
    2013
    9,6
    2008
    38,2
    2010
    Ensoleillement (h) 33 72 128 170 265 279 271 238 147 78 32 18 1 731
    Précipitations (mm) 53 44 39 37 61 78 84 78 66 70 52 51 713
    dont neige (cm) 24 35 29 2 0 0 0 0 0 0 4 12 106
    Record de pluie en 24‚ÄĮh (mm)
    date du record
    20
    1965
    36
    1966
    26
    2013
    31
    1965
    39
    1976
    65
    2017
    62
    1981
    88
    2016
    49
    2004
    41
    1997
    30
    1967
    23
    1981
    88
    2016
    Nombre de jours avec précipitations 8 6 9 15 16 16 15 16 16 17 13 8 155
    Humidité relative (%) 85 81 74 68 67 72 74 78 82 83 86 86 78
    Nombre de jours avec neige 25 23 15 6 1 0 0 0 0,3 5 17 24 116
    Nombre de jours d'orage 0,2 0,1 0,3 1 3 7 7 4 1 0,3 0,1 0 24
    Nombre de jours avec brouillard 0,2 0,4 0,3 1 0,2 0,3 1 1 1 1 1 1 8
    Source : –ü–ĺ–≥–ĺ–ī–į –ł –ö–Ľ–ł–ľ–į—ā[11].
    Diagramme climatique
    JFMAMJJASOND
    ‚ąí3,9
    ‚ąí8,7
    53
    ‚ąí3
    ‚ąí8,8
    44
    3
    ‚ąí4,2
    39
    11,7
    2,3
    37
    19
    8,1
    61
    22,4
    12,2
    78
    24,7
    14,8
    84
    22,7
    13
    78
    16,4
    8
    66
    8,9
    3
    70
    1,6
    ‚ąí2,4
    52
    ‚ąí2,3
    ‚ąí6,5
    51
    Moyennes : ‚ÄĘ Temp. maxi et mini ¬įC ‚ÄĘ Pr√©cipitation mm

    Histoire

    Fondation

    Les principautés composant la Rus' de Kiev en 1237.

    En Europe de l'Est √©merge en 862 la Rus de Kiev, un √©tat fond√© par des princes vikings r√©gnant sur des peuplades slaves. Sa richesse et son pouvoir r√©sultent de sa position sur la route commerciale qui relie la mer Baltique et la mer Noire. Sa capitale est Kiev. Ses souverains adoptent au tournant du mill√©naire la foi orthodoxe. Au XIe si√®cle, les rivalit√©s entre les descendants des dirigeants am√®nent √† un morc√®lement de l'√©tat. Il se cr√©e une cinquantaine de principaut√©s quasi ind√©pendantes comme Novgorod et Vladimir-Souzdal. Moscou est mentionn√© pour la premi√®re fois en 1147, sous le nom de Moskov, dans un √©crit relatant la rencontre de Iouri Dolgorouki prince de Vladimir-Souzdal et du prince Sviatoslav Olgovitch de Novgorod-Severski sur ce territoire appartenant aux Souzdal[12] - [13]. En 1156 Iouri Dolgorouki y √©difie un simple fortin de bois sur une petite √©minence qui domine de 30 m√®tres la rive gauche de la rivi√®re Moskova. La forteresse est situ√©e au confluent de la Moskova et la Neglinna√Įa, petit cours d'eau dont les eaux sont utilis√©es pour remplir les douves[14]. Un pont permet de passer sur la rive droite basse et mar√©cageuse qui reste inoccup√©e. Le site est brul√© √† plusieurs reprises. La superficie totale de ce bourg ne d√©passe pas les cinq hectares aux XIe et XIIe si√®cles. La ville poursuit son expansion durant les si√®cles suivants essentiellement sur la rive gauche car la rive droite est occup√©e par des prairies inond√©es au moment de la d√©b√Ęcle et est ouverte aux invasions venues du sud[15].

    Au XIIIe si√®cle, Moscou devient le bien patrimonial des fils cadets de la dynastie des princes de Souzdal. Une r√©sidence princi√®re est √©difi√©e ainsi que trois √©glises en bois dont la plus ancienne, Saint-Jean-Baptiste, s‚Äô√©l√®ve sur l'emplacement d'un temple pa√Įen. En 1223, d√©bute l'invasion de la Rus' par les tribus nomades venues de Mongolie qui va bouleverser pour des si√®cles l'histoire de la r√©gion. Sous la direction du khan Batu, les envahisseurs d√©font en 1238 tous les princes russes en laissant derri√®re eux un sillage de destruction et de mort. C'est la fin de la puissance dominante locale, la Rus de Kiev. Durant ce conflit Moscou est d√©truite[16]. Toutes les principaut√©s russes doivent se soumettre et d√©sormais payer tribut aux mongols. Ceux-ci s'installent d√©finitivement sur la basse-Volga d'o√Ļ ils font et d√©font les dirigeants russes. Ils y cr√©ent un √©tat la Horde d'or qui s'√©tend sur plusieurs millions de km2.

    Jusque là Moscou n'était qu'une simple bourgade, mais sa position à l'orée de la forêt lui offre une certaine sécurité contre les attaques mongoles, tout en étant située sur les routes commerciales menant aux bassins de la Volga, de la Neva et du Don. Alexandre Nevski en fait une principauté indépendante qu'il confie à son fils Daniel de Moscou (1272-1303). Celui-ci élargit le territoire avec la ville de Pereslavl-Zalesski et la forteresse de Kolomna à l'est[17].

    Vladimir-Souzdal, dont la capitale est la ville de Vladimir, est √† cette √©poque la principaut√© russe dominante qui est charg√©e de lever le tribu pour le compte des mongols. Mais les dirigeants des principaut√©s vassales, en particulier Tver et Moscou, se disputent le pouvoir. Michel III le Saint Vladimirski, prince de Tver est le titulaire du tr√īne de la principaut√© de Vladimir-Souzdal qui a √©t√© adoub√© par les mongols. Mais le prince de Moscou Iouri III Moskovski, utilisant les liens matrimoniaux forg√©s avec la sŇďur du khan des mongols, obtient sa d√©position (1317) et sa mort. Son triomphe est bref car il est assassin√© par le fils de Michael III. Le fr√®re de Iouri, Ivan Ier, avec l'accord du khan des mongols, prend √† son tour le titre de prince de Vladimir-Souzdal. Il profite d'une r√©volte de Tver contre les Mongols en 1327 pour se joindre √† ceux-ci et d√©vaster les terres de Tver. Les Mongols lui accordent le titre de Grand Prince de Moscou. Ivan devient l'interm√©diaire principal entre les seigneurs mongols et les principaut√©s russes, qui versent par ailleurs un suppl√©ment de tribut aux dirigeants de Moscou. Moscou prosp√®re et b√©n√©ficie, en tant que principal collaborateur, d'une protection contre les bandes Mongols qui ravagent p√©riodiquement les autres principaut√©s. Cette s√©curit√© relative attire les nobles et leurs serviteurs qui viennent s'installer sur les terres contr√īl√©es par Moscou[18]. Les services rendus aux mongols lui permettent d'obtenir certains privil√®ges notamment de transmettre le contr√īle de la principaut√© √† l'a√ģn√© et non de la diviser entre tous les enfants. Par ailleurs le Khan renforce le r√īle de Moscou en autorisant le transfert du si√®ge de l'√©glise orthodoxe de Vladimir √† Moscou. Sous le r√®gne d'Ivan la superficie du territoire double passant de 20 000 √† 40 000 km2[19].

    Lutte contre les Tatars et montée en puissance

    Expansion de la Russie entre 1300 et 1796.

    Au cours de la seconde moiti√© du XIVe si√®cle, les princes moscovites prennent la t√™te de la lutte contre le joug des Mongols. C'est √† cette √©poque (1366-1368) que Dimitri Donsko√Į remplace la palissade en bois qui entourait le Kremlin de Moscou par une enceinte en pierre blanche. Les Mongols sont √©cras√©s en 1380 √† Koulikovo par les troupes russes emmen√©es par Dimitri. N√©anmoins deux ans plus tard Moscou est prise et brul√©e par le khan Tokhtamych. Dimitri doit se soumettre. La lutte se poursuit au cours des d√©cennies suivantes contre la Horde d'or mais √©galement contre les autres princes russes hostiles √† la politique expansionniste men√©e par les dirigeants moscovites. Ivan III annexe les principaut√©s voisines, dont Novgorod, et contraint les Tatars √† renoncer √† leur tribut. Par son mariage avec Zo√© Pal√©ologue, ni√®ce du dernier empereur byzantin, Constantin XI, tu√© lors de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, Ivan III revendique pour Moscou le r√īle de ¬ę Troisi√®me Rome ¬Ľ. Moscou devient la capitale du plus grand pays de l'Europe orientale. Pour mat√©rialiser ce changement de statut, Ivan III fait construire entre 1475 et 1509 √† l'int√©rieur de l'enceinte de la ville plusieurs √©difices qui deviendront des symboles de la capitale : des artisans russes dirig√©s par des architectes italiens √©difient la cath√©drale de la Dormition qui accueillera par la suite le couronnement des tsars, la cath√©drale de l'Archange o√Ļ sont enterr√©s les tsars jusqu'√† Pierre le Grand et l'√Čglise de la D√©position. La ville s'entoure d'une couronne de monast√®res fortifi√©s destin√©e √† repousser les raids mongols : Simonov, Andronikov, Novospasski, Danilov. C'est √©galement √† cette √©poque que sont √©difi√©s les monast√®res de Novodievitchi et Donsko√Į. Ces constructions attirent des peintres d'ic√īne qui viennent d√©corer ces √©difices, dont le plus c√©l√®bre est Andre√Į Roublev. L'enceinte du kremlin de Moscou est reconstruite en brique par les architectes italiens Marco Ruffo et Pietro Antonio Solari qui s'inspirent du ch√Ęteau des Sforza √† Milan. Les remparts cr√©nel√©s √† l'italienne sont flanqu√©s de vingt tours auxquelles viendront s'ajouter par la suite quelques tours suppl√©mentaires[15]. Moscou sous la menace permanente d'un assaut, est √† l'√©poque une ville dont le r√īle est essentiellement militaire. Ses artisans sont sp√©cialis√©s dans la fabrication d'armures, de canons, de poudre et d'√©quipements de cuir (pour les chevaux)[20]. Sous le r√®gne d'Ivan III, la superficie de la Russie est pass√©e de 430 000 √† 2 millions de kilom√®tres carr√©s[19].

    Au cours du si√®cle pr√©c√©dant le r√®gne d'Ivan le Terrible, le vaste territoire occup√© par les mongols de la Horde d'or au sud de Moscou s'est morcel√© en plusieurs khanats rivaux. Ivan, qui est le premier souverain russe √† se donner le titre de Tsar (C√©sar), fait la conqu√™te du khanat de Kazan en 1552 et du khanat d'Astrakhan en 1556. La conqu√™te de la Sib√©rie est √©galement engag√©e sous son r√®gne et √† sa mort la superficie du territoire de la Russie atteint cinq millions de kilom√®tres carr√©s[19]. Mais la tyrannie d'Ivan le Terrible et des souverains russes suivants conduit √† un affaiblissement de l'√Čtat russe. En 1571, les Tatars de Crim√©e de l'Empire ottoman prennent d'assaut Moscou et br√Ľlent la ville. C'est apr√®s cet √©pisode qu'est √©difi√©e entre 1580 et 1590 la deuxi√®me enceinte de Moscou, longue de 7,5 kilom√®tres, qui entoure la ville blanche (Bely Gorod). Une deuxi√®me enceinte ext√©rieure, constitu√©e par une lev√©e de terre, formant un cercle complet de 2,5 kilom√®tres de rayon franchissant la Moskova, est √©galement √©difi√©e √† cette √©poque. Durant le temps des troubles (1598), le pouvoir √† Moscou change √† cinq reprises de main. L'un des pr√©tendants demande le soutien de la Pologne et entre 1610 et 1612 des troupes polonaises occupent Moscou. Cependant l'arm√©e polonaise n'est que partiellement soutenue par l'aristocratie polonaise et son √©quivalent russe men√© par le prince Pojarski obtient l'√©lection de Michel Romanov fondant la dynastie des Romanov qui va r√©gner sur la Russie jusqu'en 1917.

    Moscou sous les Romanov (1613-1917)

    Rue de Tver au XIXe siècle.

    Vers 1700, Moscou compte 200 000 habitants. Mais le tsar Pierre le Grand choisit, dans le cadre d'une modernisation √† marche forc√©e de son pays, de construire une nouvelle capitale √† Saint-P√©tersbourg. Celle-ci remplace en 1703 Moscou qui devient une simple ville provinciale. Le d√©part du gouvernement et de la Cour entraine une chute de la population qui ne reviendra √† son niveau ant√©rieur qu'un si√®cle plus tard. En 1708 Pierre le Grand cr√©e une nouvelle subdivision administrative, le gouvernement √† la t√™te de laquelle est plac√©e un gouverneur charg√© d'administrer l'entit√©. La Russie, dont la superficie atteint √† l'√©poque 17 millions de kilom√®tres carr√©s pour une population d'environ 15 millions d'habitants[19] est divis√©e en huit gouvernements dont le gouvernement de Moscou. Malgr√© la disparition de son r√īle politique, Moscou continue de se d√©velopper sur le plan √©conomique. L'industrie textile est dominante. En 1725 la ville compte 23 manufactures qui travaillent la laine, le lin et la soie dont la cour des Draps qui emploie 1 500 ouvriers. En 1755 la premi√®re universit√© de Russie est fond√©e √† Moscou sous l‚Äôimpulsion du plus grand des scientifiques russes de l‚Äô√©poque, Mikha√Įl Lomonossov. Elle occupe initialement une partie du b√Ętiment devenu depuis le Mus√©e historique d'√Čtat de Moscou donnant sur la place Rouge. L'activit√© th√©√Ętrale se d√©veloppe. Une classe bourgeoise se constitue et une organisation municipale est mise en place en 1785 avec un maire √©lu par un suffrage censitaire tr√®s s√©lectif. La noblesse qui n'a plus l'obligation de servir l'√Čtat √† compter de 1762 et donc de r√©sider √† Saint-P√©tersbourg, se fait construire des r√©sidences √† Moscou et dans les environs comme les ch√Ęteaux de Kouskovo, d'Ostankino et d'Arkhangelskoe. De nombreuses √©glises sont √©difi√©es √† cette √©poque et une premi√®re √©bauche de plan d'urbanisme est √©tablie en 1739. N√©anmoins Moscou est encore fortement marqu√©e par la vie rurale. √Ä la fin du XVIIIe si√®cle, sur ses 175 000 habitants, 115 000 sont des paysans exer√ßant √©ventuellement une deuxi√®me activit√©[20].

    Le , quand Napol√©on Ier envahit Moscou √† la t√™te d'une partie de la Grande arm√©e (moins de 100 000 hommes sur 400 000), la ville est incendi√©e par le gouverneur Rostoptchine en application de la politique de la terre br√Ľl√©e adopt√©e depuis l'entr√©e des troupes fran√ßaises sur le territoire russe. L'empereur Alexandre Ier refuse toute n√©gociation et Napol√©on Ier quitte Moscou le . La retraite des troupes fran√ßaises se transforme en d√©route. √Ä Moscou seuls les b√Ętiments construits en ma√ßonnerie, Kremlin, monast√®res, √©glises et palais subsistent. Mais 10 ans plus tard, la ville est reconstruite et conna√ģt un essor √©conomique durant la d√©cennie 1820-1840. En 1848 la ville compte 350 000 habitants. Le r√īle √©conomique de Moscou s'affirme √† cette √©poque. Les manufactures se multiplient : le nombre d'ouvriers passe de 23 000 (1817) √† 46 000 (1853) travaillant √† 80 % dans l'industrie du textile. Moscou est au cŇďur d'un r√©seau de routes qui la relie √† Saint-P√©tersbourg (premi√®re route de Russie empierr√©e en 1830), Iaroslavl, Nijni-Novgorod, Kharkov, Kiev, Varsovie et la Sib√©rie via Perm et Iekaterinbourg[21]. La premi√®re ligne de chemin de fer russe, qui relie Moscou √† Saint-P√©tersbourg, est inaugur√©e en 1851. La ville est connect√©e par la voie ferr√©e √† Kharkov, important centre industriel, en 1896, √† Minsk et Varsovie en 1871. Le r√©seau en √©toile s'√©tend √† l'ensemble de la Russie europ√©enne puis, avec la cr√©ation du Transsib√©rien, dessert la Sib√©rie. La suppression du servage en 1861, qui entra√ģne un exode rural vers les villes, ainsi que la pr√©sence d'un r√©seau ferroviaire centr√© sur Moscou acc√©l√®rent la croissance d√©mographique et √©conomique de la ville. La population double en 1882 (753 000 habitants) et d√©passe le million en 1897. Vers la fin du XIXe si√®cle sont construites les premi√®res entreprises m√©tallurgiques qui utilisent le charbon et le fer venus du Donbass et de l'Oural et les transforme en produits finis. La forte croissance industrielle des ann√©es 1890 puis une crise √©conomique au d√©but du XXe si√®cle d√©clenche une concentration des entreprises qui emploient d√©sormais parfois plusieurs milliers d'ouvriers[15] - [20].

    Image panoramique
    Panorama de Moscou en 1867.

    Au d√©but du XXe si√®cle, Moscou conserve encore un caract√®re semi-rural. Seul le centre est construit en pierre. Dans cette partie de la ville la plupart des maisons sont r√©centes et construites dans un style n√©o-russe (ou pseudo-russe) ancien. Comportant plusieurs √©tages leur fa√ßade sobre fait contraste avec les constructions officielles et quelques r√©sidences de charme. Les quartiers p√©riph√©riques sont souvent constitu√©s de maisons en bois ne comportant parfois qu'un √©tage unique. La croissance √©conomique cr√©e une bourgeoisie d'affaires prosp√®re dont le train de vie creuse un √©cart de plus en plus profond avec les habitants des quartiers ouvriers d√©crits dans la pi√®ce de th√©√Ętre de Maxime Gorki Les Bas-Fonds. Les conditions sont r√©unies pour que d√©bute une lutte des classes. En 1905, un soviet ouvrier √©difie des barricades dans les rues et tient la ville durant dix jours. La r√©pression est s√©v√®re et l'opposition entre dans la clandestinit√©.

    Des mouvements de grève rassemblant des dizaines de milliers d'ouvriers ont néanmoins lieu entre 1912 et 1914. Ces mouvements de grève se poursuivent en 1915 et 1916 alors que la Russie est entrée en guerre avec l'Allemagne[20].

    Moscou durant l'ère soviétique avant guerre (1917-1940)

    Immeuble précurseur du style stalinien sur la perspective Koutouzovski.
    Schéma du gigantesque Palais des Soviets dont la construction sera définitivement abandonnée à la suite du déclenchement de la guerre.

    Les √©v√©nements qui aboutissent au renversement du r√©gime tsariste en f√©vrier 1917, puis √† la prise du pouvoir par les communistes en se d√©roulent principalement dans la capitale de l'√©poque Saint-P√©tersbourg. Les forces bolch√©viques prennent Moscou d√©but √† l'issue de combats acharn√©s qui les opposent aux monarchistes et aux Socialistes r√©volutionnaires (S-R)[22]. Les dirigeants bolch√©viques, qui se sont engag√©s sur la voie d'une dictature en dissolvant l'assembl√©e constituante, qui avait √©t√© √©lue pour d√©terminer les nouveaux principes de fonctionnement de l'√Čtat, choisissent en de faire de Moscou la capitale du pays dans la crainte d'un soul√®vement des quartiers ouvriers de Saint-P√©tersbourg contre le nouveau r√©gime. Ce sera chose faite en mars 1918. La guerre civile qui oppose entre 1918 et 1923 les forces bolcheviks √† diff√©rents mouvements d'oppositions et arm√©es √©trang√®res √©pargne Moscou. Mais la capitale perd momentan√©ment la moiti√© de sa population qui se r√©fugie dans la campagne car le ravitaillement ne parvient plus dans les villes.

    √Ä l'issue de la guerre civile, les ann√©es 1920 sont marqu√©es par une explosion culturelle. L'avant-garde intellectuelle promeut un art de gauche en accord avec l'utopie d'une soci√©t√© future id√©ale que le nouveau r√©gime communiste annonce vouloir mettre en place. En architecture, la traduction de ce mouvement est le constructivisme. Les architectes sovi√©tiques adh√©rents √† ce mouvement mettent en avant l'abstraction, les formes √©l√©mentaires mais √©galement un mode de vie collectif dans lequel certaines fonctions seraient pratiqu√©es en commun : laveries, cantines. Mais cette vision n'est partag√©e ni par les habitants de la ville, souvent d'origine rurale et aux go√Ľts conservateurs, ni par la nouvelle bureaucratie qui se met en place. Elle ne se traduit que par quelques r√©alisations comme le Centrosoyouz de Le Corbusier et le club ouvrier des fr√®res Vesnine. Le premier plan quinquennal sonne le glas de ce mouvement moderniste dont le caract√®re froid, bourgeois, d√©cadent et √©tranger au patrimoine russe est d√©nonc√© en 1929 par les instances dirigeantes sovi√©tiques. Ce d√©but de l'√®re stalinienne est caract√©ris√© par une r√©pression brutale qui touche toutes les professions intellectuelles et par la volont√© du nouveau r√©gime √† la fois de marquer les esprits et de s'inscrire dans la continuit√© de l'histoire nationale. Ces principes donnent naissance √† l'architecture stalinienne, un style n√©oclassique monumental dans lesquels les figures et les symboles du r√©gime sont mis en √©vidence de mani√®re outranci√®re et qui pr√©sente beaucoup de traits communs avec les choix architecturaux des r√©gimes fascistes qui se mettent en place √† la m√™me √©poque en Italie et en Allemagne[23].

    La crise du logement √† Moscou atteint un pic √† partir de 1934 (qui durera jusqu'en 1955) avec une surface de logement moyenne par habitant de m2 du fait du quasi doublement de la population entre 1925 et 1935 (3,6 millions habitants). Pourtant durant les quinze premi√®res ann√©es du r√©gime la priorit√© est donn√©e √† la construction de logements dans les quartiers p√©riph√©riques. En 1935, un plan g√©n√©ral de reconstruction de Moscou est adopt√© dont l'objectif est de faire de Moscou une capitale moderne √† la hauteur de son nouveau r√īle en tant que capitale du socialisme. Le plan s'attaque √† la r√©organisation du centre-ville rest√© peu modifi√© depuis le d√©but de la R√©volution. Il maintient le principe d'une ville dense au sch√©ma radio-concentrique avec percement de nouvelles voies radiales et concentriques et √©largissements des voies existantes. Le centre de gravit√© de la ville doit √™tre le palais des Soviets, un immeuble monumental de 400 m√®tres de haut qui doit √©difi√© √† l'ouest du Kremlin √† l'emplacement de la cath√©drale du Christ-Sauveur de Moscou dynamit√©e en 1932. La taille de chaque √ģlot doit √™tre port√©e √† 10/15 hectares contre trois en moyenne dans le centre historique. Hauts de 6 √† 7 √©tages les immeubles encadrent un grand square central accueillant des √©quipements de proximit√©. Les usines doivent √™tre expuls√©es du centre au profit des logements. Une ceinture verte de 50 kilom√®tres est pr√©vue autour de la ville. Ce plan d√©bouchera effectivement sur l'√©largissement et le percement de certaines avenues accompagn√©s de la destruction de plusieurs monuments et immeubles historiques. Mais la r√©alisation des √ģlots pr√©vus ne sera mise en Ňďuvre que 20 ans plus tard dans les quartiers sud-ouest de Moscou autour de l'universit√© Lomonossov[24] - [25].

    La construction du m√©tro de Moscou est lanc√©e en 1931. √Ä ses d√©buts, ce chantier ne b√©n√©ficie d'aucune attention architecturale particuli√®re. Mais d√®s la deuxi√®me phase des travaux qui d√©butent en 1935 apr√®s l'inauguration de la premi√®re ligne, le m√©tro devient un enjeu politique et b√©n√©ficie d'un budget consid√©rable. Le style stalinien, spectaculaire et monumental, est utilis√© en particulier dans des stations comme Ma√Įakovska√Įa (1938), Elektrozavodska√Įa et Partizanska√Įa (1944). La politique industrielle volontariste des nouveaux dirigeants entra√ģne un accroissement √©norme de la population qui passe entre 1917 et 1939 de 1,8 million √† 4,6 millions habitants. La ville connait une crise aigu√ę du logement malgr√© la construction d'immeubles collectifs √† l'ext√©rieur de la Sado√Įava.

    Les ann√©es 1930 voient la mise en place d'une dictature particuli√®rement sanglante en Union sovi√©tique au cours desquels la capitale joue un r√īle de premier plan. C'est la p√©riode des proc√®s de Moscou (1936-1938) qui permettent √† Joseph Staline d'√©liminer tous les dirigeants historiques du parti communiste. Ces parodies de justice se produisent alors qu'en toile de fond les purges staliniennes font r√©gner la terreur dans le pays en aboutissent au cours des ann√©es 1930 √† l'√©limination physique au minimum de plus de 600 000 personnes et √† la d√©portation au Goulag de plus d'un million de personnes. La Loubianka, immeuble situ√© au cŇďur de Moscou, devient un centre de tortures o√Ļ le NKVD ex√©cute sans proc√®s ou √† l'issue de proc√®s truqu√©s des milliers de personnes.

    La Seconde Guerre mondiale (1941-1945)

    Le , les troupes allemandes envahissent l'Union sovi√©tique dans le cadre de l'op√©ration Barbarossa. La Wehrmacht progresse de mani√®re foudroyante an√©antissant les unes apr√®s les autres les arm√©es sovi√©tiques. Les troupes allemandes arrivent aux portes de Moscou fin et une offensive est lanc√©e pour prendre en tenaille les forces qui d√©fendent la capitale. Le la ville est bombard√©e par l'aviation allemande. La ville est en partie √©vacu√©e et les civils sont appel√©s en renfort pour construire les lignes de d√©fense anti-tanks et renforcer les troupes. Au cours de la bataille de Moscou qui se d√©roule entre et , les forces allemandes parviennent jusqu'√† 23 km du Kremlin, mais malgr√© leur sup√©riorit√© num√©rique, elles sont arr√™t√©es pour la premi√®re fois depuis leur entr√©e sur le territoire sovi√©tique[Note 1]. L'ennemi est repouss√© mais le front reste proche et la menace ne dispara√ģt qu'en octobre 1943 lorsque la ville de Smolensk est reprise.

    • Moscou durant la Seconde Guerre mondiale
    • DCA sur le toit de l'h√ītel de Moscou (ao√Ľt 1941).
      DCA sur le toit de l'h√ītel de Moscou ().
    • Troupes sovi√©tiques montant au front (novembre 1941).
      Troupes soviétiques montant au front ().
    • Des femmes et des vieillards √©difient un foss√© anti-char pour d√©fendre la capitale (octobre-novembre 1941).
      Des femmes et des vieillards édifient un fossé anti-char pour défendre la capitale (octobre-).

    L'après guerre (1945-1991)

    Malgr√© les √©normes destructions de la Seconde Guerre mondiale qui ont frapp√© toutes les r√©gions occup√©es par les allemands et le d√©ficit de logements criant notamment √† Moscou, les projets de prestige reprennent dans la capitale imm√©diatement apr√®s la fin du conflit. La construction du m√©tro de Moscou, seul chantier rest√© en activit√© durant la guerre, s'acc√©l√®re. Les stations de m√©tro construites en 1944, toujours aussi monumentales, constituent les premiers m√©moriaux permanents de la Grande guerre patriotique. Les travaux sur le canal Don-Volga √† grand gabarit long de 101 kilom√®tres qui avaient √©t√© interrompus par la Seconde Guerre mondiale sont repris en 1948. La construction est r√©alis√©e en partie par des prisonniers de guerre allemands et des prisonniers du Goulag. Le canal permet au fret fluvial du bassin de la Volga d'atteindre Moscou et alimente en eau la Moskova et la population moscovite. Sept gratte-ciel, repr√©sentants particuli√®rement spectaculaires de l'architecture stalinienne, sont √©difi√©s entre 1952 et 1955. Le plus haut de ces b√Ętiments, le b√Ętiment principal de l'universit√© d'√Čtat de Moscou, culmine √† 240 m√®tres et reste longtemps le plus haut √©difice d'Europe.

    Moscou, hiver 1961
    Photo Ivan Shagin.

    √Ä la mort de Staline, la plupart des habitants de Moscou, s'entassent encore dans des appartements communautaires surpeupl√©s ou habitent des maisons en bois. Dans les ann√©es 1950, beaucoup de districts du Moscou contemporain sont encore occup√©s par des villages constitu√©es d'isbas. Pour combler le d√©ficit de logement et faire face √† l'accroissement de la population qui passe de 4,6 √† 8,4 millions d'habitants entre 1939 et 1979 des grands ensembles sont construits en masse dans les espaces rest√©s ruraux jusque l√†. Ces immeubles d'un style uniforme sont baptis√©s ironiquement du nom du secr√©taire du parti communiste au pouvoir √† l'√©poque de leur √©dification (khrouchtchevkas)[26]. Comprenant 4 √† 5 √©tages pour √©viter l'installation d'un ascenseur (on les baptise √©galement ¬ę Cinq √©tages ¬Ľ) ils sont r√©alis√©s √† partir de plaques de b√©ton fabriqu√©es en usine et assembl√©es sur place. Utilisant des mat√©riaux de mauvaise qualit√©, exigus, souffrant de probl√®mes d'isolation et d'√©tanch√©it√©, d√©pourvus de tout confort et sans cave, ils sont cens√©s constituer un habitat provisoire en attendant l'av√®nement du communisme mais 50 ans plus tard, ils sont toujours occup√©s. En 1980, Moscou accueille les Jeux olympiques d'√©t√© de 1980. Le d√©roulement est marqu√© par le boycott d'une cinquantaine de nations (dont les √Čtats-Unis, le Canada, le Japon, la Cor√©e du Sud et l‚ÄôAllemagne de l'Ouest) √† la suite de l'invasion de l'Afghanistan par l'Union Sovi√©tique qui a d√©but√© en 1979. Un certain nombre d'infrastructures sportives sont construites √† Moscou pour accueillir les √©preuves[27].

    √Čclatement de l'Union sovi√©tique

    La Maison blanche après les événements d'octobre 1993.

    Moscou est au cŇďur des √©v√©nements qui accompagnent l'√©clatement de l'Union sovi√©tique et l'effondrement du r√©gime communiste ainsi que des soubresauts qui lui succ√®dent. Le , veille de la signature du trait√© qui concr√©tise l'autonomie acquise par les r√©publiques constituant l'URSS, les tenants de la ligne dure du parti communiste tentent d'effectuer un coup d'√©tat avec l'appui de quelques unit√©s militaires. Mais, faute de soutien, le putsch √©choue et acc√©l√®re la d√©claration d'ind√©pendance des diff√©rents √©tats[Note 2] qui constituaient jusque l√† l'Union sovi√©tique. Moscou est d√©sormais la capitale de la Russie, un pays dont la taille et la population sont nettement plus r√©duites. Le pr√©sident de la Russie Boris Eltsine d√©clenche imm√©diatement un train de r√©formes √©conomiques qui visent √† ins√©rer le pays dans le mouvement de mondialisation. Mais cette adh√©sion √† l'√©conomie de march√© appliqu√©e brutalement se traduit par une hyperinflation et un effondrement de l'activit√© √©conomique. Par ailleurs l‚Äôex√©cutif devenu lib√©ral par n√©cessit√© se heurte au corps l√©gislatif rest√© sur des positions beaucoup plus conservatrices. En le programme du pr√©sident est bloqu√© par l'opposition du Congr√®s des d√©put√©s du peuple ce qui d√©clenche une grave crise constitutionnelle. Eltsine d√©cide de dissoudre le Congr√®s mais certains de ses membres refusent de plier. Eltsine fait alors intervenir des unit√©s militaires qui bombardent la Maison blanche, si√®ge du Congr√®s. Pr√®s de 200 personnes p√©rissent durant ces affrontements. Cette intervention vient √† bout de la r√©sistance parlementaire. Le parti communiste et les partis nationalistes qui avaient pris parti contre le pr√©sident sont bannis et le nouveau parlement √©lu √† la suite de ces √©v√©nements accepte d'appuyer les r√©formes entreprises par Eltsine.

    Moscou à l'épreuve de la globalisation

    √Čvolution des emplois par branche (%)[28]
    Branche 1970 1990 2004
    Industrie30,222,612,8
    B√Ętiment10,311,713,5
    Transports8,17,26,1
    Communications1,41,41,6
    Commerce, restauration9,59,422,9
    Services communaux5,54,43,8
    Santé publique4,66,35,5
    √Čducation5,26,36,5
    Art et culture1,41,721,9
    Recherche17,519,67
    Services financiers0,51,43
    Administration4,243,3
    Nbres totaux actifs
    (millions)
    4,4255,1966,079
    Siège de Gazprom inauguré en 1995.
    Les portes de la Résurrection donnant sur la place Rouge démolies en 1931 sont reconstruites en 1995.
    Les cinq étages de l'ère socialiste au premier plan sont remplacés par des immeubles plus hauts et plus modernes visibles en arrière plan dans les quartiers résidentiels.

    Les cons√©quences pratiques de ces r√©formes sur la capitale et ses habitants durant la d√©cennie qui suit sont √©normes. Moscou perd la position sur la sc√®ne internationale que lui conf√©rait son r√īle de capitale de l'URSS, un √©tat de dimension comparable pour la population aux √Čtats-Unis, et plus g√©n√©ralement du camp socialiste. Le Comecon et le pacte de Varsovie, qui avaient leur si√®ge √† Moscou, disparaissent avec l'effondrement du r√©gime. Toutefois Moscou reste la capitale d'un √©tat peupl√© dont le caract√®re centralis√© n'est pas remis en cause. Aussi toutes les grandes entreprises russes, qui se constituent √† partir des d√©bris des minist√®res de branches sovi√©tiques, telles que Gazprom ou Lukoil, installent leur si√®ge √† Moscou. De nombreuses entreprises √©trang√®res cr√©ent des filiales en Russie pour profiter des opportunit√©s engendr√©es par le changement de r√©gime. Elles choisissent d'implanter le si√®ge √† Moscou lieu de pouvoir et √©galement cŇďur du syst√®me de communications et du r√©seau de transports du pays. Le ph√©nom√®ne de concentration des richesses s'accroit au point qu'en 2001 un tiers du chiffre d'affaires du commerce de d√©tail en Russie est r√©alis√© √† Moscou qui ne rassemble pourtant que 8 % de la population du pays[29].

    Le secteur du service, quasi inexistant durant l'√®re sovi√©tique, explose : les petits commerces se multiplient, les services de proximit√© (garages, cordonniers...) se d√©veloppent. Le secteur financier, (banque et assurance) embryonnaire jusque l√†, accompagne l'envol du commerce et l'apparition d'un march√© de l'immobilier pour les particuliers et les entreprises. Le ph√©nom√®ne est g√©n√©ral en Russie mais la sp√©cificit√© moscovite est le d√©veloppement des services aux entreprises : services bancaires aux entreprises, bourse, soci√©t√©s de conseil. Des boutiques de luxe se multiplient et s'installent dans les anciens passages et dans les galeries du Goum. Cette grande surface de d√©tail √† l'√®re sovi√©tique est colonis√©e par les grandes marques internationales. Contrepoint de ces d√©veloppements le secteur industriel, qui √©tait d√©j√† en r√©gression dans les ann√©es 1980, se contracte violemment en passant de 1,1 million √† 600 000 emplois entre 1990 et 1994 victime de plusieurs facteurs : crise √©conomique, transition difficile vers l'√©conomie de march√©, apparition de contraintes de rentabilit√©, ouverture du march√© √† la concurrence √©trang√®re proposant des produits de meilleure qualit√©[29].

    La transformation de la ville

    Iouri Loujkov, maire de Moscou entre 1992 et 2010, nomm√© initialement par Boris Eltsine, joue un r√īle central dans la transformation de Moscou. Sous sa l√©gislature, la ville est profond√©ment restructur√©e par les programmes immobiliers. La mairie, qui dispose des pleins pouvoirs en mati√®re d'urbanisme, pratique une politique dirigiste tout en privil√©giant la rapidit√© d‚Äôex√©cution. Dans un pays marqu√© de tous temps par la corruption, cette strat√©gie encourage les collusions entre d√©cideurs et milieux d'affaires au b√©n√©ficie des deux parties[Note 3]. La municipalit√© est propri√©taire d'une grande partie du patrimoine foncier de la ville. Dans un premier temps le maire refuse de brader celui-ci et accorde des baux de 47 ans qui procurent des rentr√©es importantes dans les caisses de la ville. Ces fonds peuvent √™tre investis dans les projets moscovites. De mani√®re d√©lib√©r√©e, le centre de Moscou, √† l'int√©rieur de la ceinture des Jardins, qui abritait des populations diverses, est d√©sormais r√©serv√© aux entreprises et aux nouvelles √©lites sans aucune mixit√© sociale. Toutefois la municipalit√© pratique en parall√®le une politique sociale qui se traduit par la reconstruction dans les quartiers r√©sidentiels des immeubles collectifs (les ¬ę 5 √©tages ¬Ľ) de tr√®s mauvaise qualit√© dans lesquels logent encore la majorit√© de la population et qui dataient de l'√®re socialiste. Ceux-ci sont remplac√©s par des immeubles d'un standing correct comportant beaucoup plus d'√©tages qui contribuent toutefois √† accentuer la s√©v√©rit√© du paysage urbain de Moscou[29].

    Il cherche notamment √† attirer les investisseurs internationaux et fait b√Ętir, √† partir de 1998, le quartier d'affaires Moskva-City. Il doit cependant faire face √† la mauvaise image que donne alors la ville de Moscou, le taux d‚Äôhomicides ayant quadrupl√© au cours de la premi√®re moiti√© des ann√©es 1990. Avec son √©pouse Elena Batourina, la patronne de l'entreprise de construction Inteko (laquelle devient la premi√®re femme milliardaire de Russie au cours du premier mandat de son mari), il lance des projets urbains visant √† estomper la marque de l'√®re sovi√©tique et √† rappeler la p√©riode tsariste. Ainsi, la cath√©dral du Christ-Sauveur est reconstruite entre 1995 et 2000, et une grande statue en l'honneur de Pierre le Grand est inaugur√©e en 1997[30].

    Son administration fait falsifier en masse, à la fin des années 2000, les signatures de propriétaires d'appartement pour confier à des syndics dirigés par des proches la gestion des immeubles d'habitation de la ville. Cette mesure contribue à le discréditer[30].

    D'un point de vue architectural, jusqu'√† l'√©clatement de l'Union sovi√©tique, les dirigeants voulaient faire du centre de Moscou la vitrine du monde socialiste en gommant les sp√©cificit√©s russes. Avec le changement de r√©gime, les objectifs s'inversent. Il s'agit d√©sormais de montrer combien Moscou est russe (slogan repris √† l'√©poque ¬ę Moscou au cŇďur de la Russie ¬Ľ). Le nouveau quartier d'affaires Moskva-City, ensemble constitu√© des gratte-ciel les plus hauts d'Europe, est une concession relativement isol√©e au mondialisme. De mani√®re convergente avec le pouvoir et l'√©glise orthodoxe, la mairie encourage les r√©alisations ancr√©es dans le pass√© telles que la reconstruction de la cath√©drale Saint-Sauveur, des portes de la R√©surrection et de l'√©glise de Notre-Dame de Kazan[29]. De nombreuses √©glises orthodoxes sont √©galement √©difi√©es dans le cadre du programme-200 lanc√© en 2010 par le patriarcat de Moscou visant √† construire 200 √©glises orthodoxes √† Moscou. Les lieux vis√©s sont en particulier les cit√©s dortoirs des quartiers p√©riph√©riques qui, √©difi√©es durant l'√®re socialiste, en sont souvent d√©pourvues[31] - [Note 4]. Il s'agit sans doute moins sur le fond de ramener la population vers la religion que de russifier la ville. Par ailleurs la Russie profonde est √©voqu√©e par des constructions en bois dans les parcs (chapelles, mobilier urbain, parc de jeux pour enfants). Les fa√ßades historiques sont restaur√©es parfois de mani√®re un peu criarde. Ces entreprises de recr√©ation du pass√© se font toutefois sans beaucoup de respect du patrimoine. Il s'agit plus souvent de pastiches, de fa√ßadisme. Mais le r√©sultat donne au centre-ville une physionomie pimpante[29].

    Le r√©seau routier, qui fait face √† une explosion du parc des v√©hicules de particuliers, est renforc√© (construction du Troisi√®me anneau routier de Moscou) ou am√©lior√© (MKAD). Le r√©seau de transports en commun est √©tendu mais son √©volution peine √† suivre la croissance d√©mographique qui fait passer la population de la ville de 9 √† 11,5 millions habitants entre 1991 et 2010. Durant cette p√©riode, la ceinture verte qui entourait Moscou est progressivement mit√©e par la multiplication des datchas. L'agglom√©ration d√©borde de la rocade du MKAD et la population des villes satellites, qui entourent Moscou, croit. Les limites administratives de la ville sont √©tendues. En 1991 la ville nouvelle de Zelenograd situ√©e 37 kilom√®tres au nord-est du Kremlin, est rattach√©e √† Moscou. En 2012, la ville s'accroit de 1 500 km2 et 230 000 habitants en absorbant les districts de Novomoskovski et Tro√Įtski tous deux situ√©s au sud-est de la ville.

    Futurs développements

    Fin 2013, la mairie de Moscou pr√©sente ses objectifs de d√©veloppement pour les ann√©es √† venir. Le principal besoin identifi√© concerne les syst√®mes de transport. La population intra muros est de 12 millions habitants, mais le nombre de personnes effectivement pr√©sentes au quotidien est comprise entre 15 et 20 millions lorsque sont pris en compte les migrants non enregistr√©s, les travailleurs habitant dans les cit√©s p√©riph√©riques et les touristes. Par ailleurs la population de Moscou continue de croitre (126 000 nouveaux arrivants officiels pour la seule ann√©e 2010). D'ici 2035, il est pr√©vu que quatre millions de nouveaux habitants s'installent √† Moscou et que le nombre de d√©placements double de volume. Le trafic automobile est une pr√©occupation particuli√®rement grave car le parc automobile a doubl√© entre 2000 et 2012 passant de 2,6 √† 4,5 millions de v√©hicules. Par ailleurs la s√©paration beaucoup plus nette que par le pass√© entre les zones d'emplois et les quartiers r√©sidentiels a engendr√© une forte augmentation des d√©placements. Pour traiter ces besoins, la mairie a pr√©vu d'investir 329 milliards de roubles dans les transports en commun et l'infrastructure routi√®re. En 2013, 60 % des d√©placements dans les transports en commun sont assur√©s par le m√©tro de Moscou dont le trafic devrait augmenter de trois millions de passagers par jour. Aussi la mairie pr√©voit d'acc√©l√©rer le rythme d'extension de ce r√©seau en construisant 73 stations d'ici √† 2020. La mairie pr√©voit √©galement d'am√©liorer les services sociaux par des mesures directes ou indirectes : acc√®s gratuits aux services de sant√©, assistance aux personnes √† faible revenu, √Ęg√©es ou souffrant de handicaps physiques[32].

    Il reste, en 2017, 8 000 immeubles √† cinq √©tages datant de l'√©poque socialiste et logeant 1,6 million de Moscovites. La mairie annonce √† cette date que ces immeubles vont √™tre d√©molis et ses habitants relog√©s dans des immeubles plus confortables. Toutefois les propri√©taires des lieux s'inqui√®tent d'un projet dont le co√Ľt (environ 60 milliards d'euros) repr√©sente deux ann√©es du budget de la mairie et dont l'objectif r√©el est sans doute la r√©cup√©ration des terrains situ√©s pr√®s du centre de Moscou[33].

    La menace terroriste

    Moscou n'est pas √† l'abri des √©v√©nements qui secouent la nation et le monde. La ville est secou√©e au tournant des ann√©es 2000 par une vague d'attentats. En , deux immeubles d'habitations sont d√©truits entra√ģnant la mort de plus de 200 personnes. La ville subit sporadiquement au cours des ann√©es suivantes d'autres actes de violence dont la prise d'otages dans un th√©√Ętre faisant environ 170 victimes en 2002, des attentats dans le m√©tro en 2004 et 2010 et un attentat-suicide en 2011 √† l'a√©roport Domodedovo.

    √Čtymologie

    Moscou, ¬ę –ú–ĺ—Ā–ļ–≤–į ¬Ľ, le nom de la ville, vient de la Moskova[Note 5], la rivi√®re qui la traverse. De nombreuses √©tymologies ont √©t√© propos√©es, mais le nom est probablement d'origine slave ou balte, et signifierait ¬ę humide ¬Ľ ou ¬ę d√©tremp√© par la neige ¬Ľ[34]. Pierre Lorrain note que les r√®gles de formation des toponymes √©tant diff√©rentes en fran√ßais et en russe, Moscou est masculin en fran√ßais, mais f√©minin en russe. Cette diff√©rence de genre grammatical conf√®re √† la ville un c√īt√© viril - et l'associe √† des personnages terribles (comme Ivan le Terrible ou Staline) pour le francophone et f√©minin et maternel (–ú–į—ā—É—ą–ļ–į –ú–ĺ—Ā–ļ–≤–į, ¬ę Maman Moscou ¬Ľ)[Note 6] - [35] pour le russophone.

    Administration

    H√ītel de ville de Moscou rue Tverska√Įa.
    Carte des districts de Moscou.

    Moscou est une des trois villes d'importance f√©d√©rale de Russie. Elle constitue un des 85 sujets de la f√©d√©ration de Russie disposant en propre d'un parlement et d'un ex√©cutif √©lus ainsi que d'une cour constitutionnelle. Elle fait partie du district f√©d√©ral central qui comprend √©galement 17 oblasts formant le cŇďur de la Russie historique et abritant 39 millions habitants.

    Le pouvoir l√©gislatif, qui √©labore les lois et contr√īle l'action du pouvoir ex√©cutif, est exerc√© par une assembl√©e, la Douma de Moscou, qui comprend 45 membres √©lus pour une dur√©e de cinq ans. Depuis la cr√©ation de la f√©d√©ration de Russie, le mode d'√©lection √† Moscou a oscill√© entre scrutin uninominal et plurinominal. Ce dernier est en vigueur depuis 2014. La Douma √©lue en 2014 est compos√©e de 28 d√©put√©s du parti au pouvoir Russie unie, cinq d√©put√©s du Parti communiste, un d√©put√© du Rodina (ultra-nationaliste), un d√©put√© du Parti lib√©ral-d√©mocrate de Russie (ultra-nationaliste lib√©ral) et de dix d√©put√©s de la liste ¬ę Mon Moscou ¬Ľ[36]. Le maire de Moscou est le responsable de l‚Äôex√©cutif de la ville. Il joue le r√īle du gouverneur ou du pr√©sident dans les autres types de sujet. Il est √† la t√™te du gouvernement de Moscou constitu√© par des maires adjoints et des responsables de d√©partement qui sont tous choisis par lui. Le maire de Moscou est √©lu pour une p√©riode de cinq ans par les habitants de la ville. En 2004, la l√©gislation avait √©t√© modifi√©e √† la demande de Vladimir Poutine pour que les responsables des sujets (dont le maire de Moscou) soient choisis par le chef de l'√Čtat mais √† la suite de manifestations, Poutine avait renonc√© √† ce mode de d√©signation en 2013. Depuis 2010, le maire de Moscou est Sergue√Į Sobianine. Celui-ci apr√®s avoir √©t√© choisi par Dmitri Medvedev, a √©t√© r√©√©lu en 2014 avec une large majorit√©[37]. La ville de Moscou est divis√©e en 12 districts administratifs et 125 districts municipaux (rayons).

    Numéro District Désignation russe Nbre districts
    municipaux
    Superficie
    km2
    Habitants
    (Chiffres de 2017)[38]
    Densité
    1 Central –¶–Ķ–Ĺ—ā—Ä–į–Ľ—Ć–Ĺ—č–Ļ 10 66,176 769 630 11 630
    2 Nord –°–Ķ–≤–Ķ—Ä–Ĺ—č–Ļ 16 113,726 1 160 576 10 205
    3 Nord-est –°–Ķ–≤–Ķ—Ä–ĺ-–í–ĺ—Ā—ā–ĺ—á–Ĺ—č–Ļ 17 101,883 1 415 283 13 891
    4 Est –í–ĺ—Ā—ā–ĺ—á–Ĺ—č–Ļ 16 154,836 1 507 198 9 734
    5 Sud-est –ģ–≥–ĺ-–í–ĺ—Ā—ā–ĺ—á–Ĺ—č–Ļ 12 117,56 1 385 385 11 784
    6 Sud –ģ–∂–Ĺ—č–Ļ 16 131,773 1 776 789 13 483
    7 Sud-ouest –ģ–≥–ĺ-–ó–į–Ņ–į–ī–Ĺ—č–Ļ 12 111,362 1 427 284 9 326
    8 Ouest –ó–į–Ņ–į–ī–Ĺ—č–Ļ 13 153,034 1 368 731 8 943
    9 Nord-ouest –°–Ķ–≤–Ķ—Ä–ĺ-–ó–į–Ņ–į–ī–Ĺ—č–Ļ 8 93,281 990 696 10 621
    10 Zelenograd –ó–Ķ–Ľ–Ķ–Ĺ–ĺ–≥—Ä–į–ī—Ā–ļ–ł–Ļ 5 37,22 239 861 6 444
    11 Novomoskovski –Ě–ĺ–≤–ĺ–ľ–ĺ—Ā–ļ–ĺ–≤—Ā–ļ–ł–Ļ 11 360 216 709 602
    12 Tro√Įtski –Ę—Ä–ĺ–ł—Ü–ļ–ł–Ļ 10 1 060 122 522 116
    Total 125 2 542 12 380 664 4 869

    Démographie

    Selon le recensement de 2010, la population de la ville √©tait de 11 514 330 personnes. Cependant, ce chiffre ne tient compte que des r√©sidents l√©gaux et non pas des immigr√©s ill√©gaux vivant dans la ville. Les principaux viennent du Caucase (Azerba√Įdjan, Arm√©nie, G√©orgie), de l'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzb√©kistan, Tadjikistan), ainsi que d'Ukraine et de Moldavie. On constate √©galement une augmentation des flux de pays qui n'ont pas appartenu √† l'ex-URSS comme de Chine, du Vietnam ou de Cor√©e.

    La ville de Moscou est une des rares villes de la f√©d√©ration de Russie √† conna√ģtre une croissance d√©mographique positive, la natalit√© en 2014 √©tait de 11,4 pour mille, et la mortalit√© de 9,7 pour mille. L'√©cart entre les d√©c√®s et les naissances a √©t√© n√©gatif √† Moscou entre 1987 et 2010. La natalit√© est √©galement en hausse rapide et constante : on enregistre 94 271 naissances en 2006 contre environ 70 000 au d√©but des ann√©es 2000. D√®s 2010, on enregistre plus de 123 142 naissances, gr√Ęce, entre autres, √† la politique nataliste lanc√©e par le gouvernement. La mortalit√© a √©galement consid√©rablement baiss√© et l'esp√©rance de vie est de six ans plus √©lev√©e que la moyenne nationale, elle √©tait de 72,96 ans pour les hommes et de 80,36 ans pour les femmes, en 2015, pour une moyenne de 76,77 ans alors que la moyenne nationale au cours de la m√™me ann√©e √©tait de 71,39 ans[39].

    Le taux de natalit√© de 11,4 pour mille en 2014 (contre 11,3 pour mille en 2013) est sup√©rieur au taux de mortalit√© qui √©tait de 9,7 pour mille (contre 9,7 pour mille l'ann√©e pr√©c√©dente). Entre janvier-, il y eut 65 702 naissances (contre seulement 65 256 l'ann√©e pr√©c√©dente) et 58 829 d√©c√®s (contre 58 809 d√©c√®s l'ann√©e pr√©c√©dente).

    La composition sociale de la population de Moscou selon le recensement de 1989 était constituée à 99,6 % d'ouvriers et d'employés[40].

    √Čvolution d√©mographique de Moscou entre 1710 et 2015
    1710 1725 1738 1775 1785 1811 1813 1825 1840 1856
    160 000145 000138 400161 000188 700270 200215 000241 500349 100368 800
    1868 1871 1888 1897 1912 1920 1926 1939 1959 1970
    416 400601 969753 4591 038 6001 617 1571 027 3002 101 2004 609 2006 133 1007 194 300
    1979 1989 2002 2010 2014 2015 2016 2017 2021 -
    8 142 2008 972 30010 383 00011 503 50112 108 25712 197 59612 330 12612 380 66412 655 050-

    Statistiques

    Structure par √Ęge (%)
    Année0-14 ans15-64 ans+ 65 ans
    2010 12,074,014,0
    2015 13,371,315,4
    2016 13,770,615,7
    √āge m√©dian en 2010
    TotalHommesFemmes
    39,737,342,1

    Religions

    La cath√©drale du Christ-Sauveur, d√©truite en 1931 et reconstruite en 2000, t√©moigne du poids de l'√Čglise orthodoxe dans la Russie contemporaine.

    Cinquante religions sont officiellement enregistrées dans la ville mais la population est majoritairement orthodoxe. Les orthodoxes moscovites représentent 500 organisations, plus de 700 édifices religieux (dont 645 en fonction), quatre monastères masculins et cinq monastères féminins. La ville compte aussi une communauté de Vieux Croyants ayant à disposition une douzaine d'églises.

    La communaut√© juive de Moscou, compos√©e par environ 80 000 personnes, a beaucoup perdu en nombre avec la vague d'√©migration vers Isra√ęl dans les ann√©es 1990 et dispose dans le centre d'une synagogue chorale. La ville comporte √©galement une communaut√© musulmane constituant environ 6 % de la population totale (selon un sondage t√©l√©phonique r√©alis√© en 2020), essentiellement des immigrants originaires de l'ex-URSS[42]. Bien que plus de 80 % d'entre eux n'aient pas la nationalit√© russe, Moscou compte quatre mosqu√©es et une vingtaine d'organisations. Il existe plusieurs communaut√©s protestantes (notamment les baptistes) avec une quarantaine de lieux de pri√®res. L'√Čglise catholique comporte trois paroisses, dont l'√©glise Saint-Louis-des-Fran√ßais, construite au d√©but du XIXe si√®cle.

    Comme partout ailleurs en Russie l'appartenance et la pratique religieuse ont énormément augmenté durant la dernière décennie et les chantiers (plus d'une quarantaine à ce jour) de construction d'églises à Moscou sont devenus fréquents, en particulier dans les périphéries, l'exemple le plus marquant étant la reconstruction de la cathédrale du Christ-Sauveur pendant les années 1990.

    Ressortissants non russes de Moscou selon le recensement de 2010.

    L'immigration reste un sujet sensible comme partout ailleurs en Russie. L'ancien maire de Moscou, Iouri Loujkov, ayant annonc√© pendant son mandat qu'il r√©duirait le nombre de permis de travail de 800 000 √† 500 000. Les expulsions de clandestins devraient par ailleurs se poursuivre. Ce climat agit√© autour de l'immigration se d√©montre √©galement par les assassinats et les agressions √† caract√®re raciste toujours plus courants dans la capitale. Moscou comporte √©galement un syst√®me de passeport interne qui interdit aux non-r√©sidents de rester dans la capitale plus de 90 jours sans enregistrement aupr√®s des autorit√©s. L'augmentation de la x√©nophobie dans toutes les couches de la soci√©t√© est av√©r√©e par de multiples enqu√™tes et sondages, ainsi que l'orientation politique vers l'extr√™me droite d'un nombre croissant de r√©sidents.

    Selon le recensement de la population de Moscou effectu√© en 2010[43], les personnes ayant accept√© de d√©clarer une appartenance ethnique se sont d√©clar√©s √† 94,6 % Russes 10 530 410 (94,6 %) et pour 5,4 % (668 409 ont d√©clar√© une appartenance ethnique diff√©rente).

    √Čconomie

    Le secteur des services et de la distribution, stimulé par l'existence d'une importante classe moyenne et supérieure est le plus gros employeur. Moscou est le principal centre financier de la Russie. Les directions et services centraux des grandes banques et des compagnies d'assurance russes sont installées dans la capitale. Moscou était un important centre industriel, mais le recul général du secteur a été renforcé par une décentralisation de certaines industries. Moscou occupe encore une place majeure dans les secteurs de l'aérospatiale, de la défense, de l'électronique et de l'informatique. La ville accueille les bureaux d'études mais les établissements industriels sont souvent installés dans des villes situées immédiatement à la périphérie comme Khimki (Energomach, Lavotchkine, MKB Fakel), Korolev (RKK Energia, Kompozit) ou Dzerjinski. Il n'existe plus, en 2018, qu'une seule usine d'assemblage de véhicules civils détenue par Renault (ex constructeur Moskovitch). Enfin la ville accueille un grand nombre de centres de recherche et de bureaux d'études. Une raffinerie d'une capacité de dix millions de tonnes est implantée à Kapotnia dans la partie sud-est de Moscou.

    Place de la ville dans l'économie russe

    Moscou et sa r√©gion concentrent pr√®s du tiers de l'activit√© russe, contre environ 10 % de la population. La ville b√©n√©ficie de la majorit√© des investissements √©trangers et la croissance y est plus forte qu'au niveau national. Moscou concentre la forte majorit√© des filiales d'entreprises √©trang√®res √©tablies dans le pays. La quasi-totalit√© des grandes entreprises y ont leur si√®ge social Un foss√© s√©pare √©galement la ville du reste du pays : le salaire moyen est plus de 3 fois plus √©lev√© √† Moscou qu'ailleurs dans le pays. Le ch√īmage y est inexistant et la grande pauvret√© faible. Les classes moyennes et ais√©es sont largement sur-repr√©sent√©es dans la capitale.

    Co√Ľt de la vie

    Durant l'√©poque sovi√©tique, les appartements √©taient ¬ę assign√©s ¬Ľ aux familles, qui n'en √©taient ni propri√©taire ni locataire (pas de loyer mais juste des taxes sur les fluides). Chaque famille devait id√©alement disposer d'un nombre fix√© de m√®tres carr√©s par personne (avec quelques r√©gimes de faveur pour certains artistes, scientifiques, h√©ros communistes, etc.), et les appartements √©taient assign√©s en cons√©quence, ce qui imposait, ou permettait, de changer d'appartement au gr√© de la taille de la famille. La propri√©t√© priv√©e √©tait limit√©e aux datchas. Depuis 1990 et la chute de l'URSS, les habitants ont eu la possibilit√© de ¬ę privatiser ¬Ľ l'appartement o√Ļ ils habitaient pour une somme symbolique : sont ainsi apparus des propri√©taires et, plus lentement, des locataires. Ceci explique une r√©alit√© qui peut √™tre difficile √† comprendre en Occident : les propri√©taires ne constituent pas forc√©ment une classe plus ais√©e que les locataires, les premiers ayant pu privatiser leur appartement √† peu de frais tandis que les seconds doivent √™tre capables de payer des loyers assez √©lev√©s.

    L'ancien r√©gime est cependant toujours en vigueur : certaines familles n'ont toujours pas privatis√© leur appartement, que ce soit parce que cette privatisation s'accompagne de nouveaux imp√īts locaux que la frange la plus fragile de la population n'est pas √† m√™me de payer, ou bien parce que la n√©cessit√© d'obtenir l'accord de toutes les personnes ¬ę enregistr√©es ¬Ľ dans un appartement (c'est-√†-dire l'habitant officiellement) pour le privatiser entra√ģne des conflits. L'√Čtat russe fixe assez r√©guli√®rement des ultimatums pour forcer √† privatiser ces derniers appartements, ultimatums pour l'instant toujours ajourn√©s. Ces prix ont compliqu√© la vie de beaucoup de Moscovites souhaitant changer de r√©sidence pour d√©m√©nager dans une autre r√©sidence plus confortable ou simplement plus grande. Cependant la hausse des prix fl√©chit, notamment en raison du nombre √©lev√© de nouvelles constructions.

    Ch√īmage et niveau de vie

    En 2006, pr√®s de 8,5 millions de Moscovites sont actifs. 1,73 million sont employ√©s par l'√Čtat, 4,42 millions par des compagnies priv√©es et deux millions par des petites et moyennes entreprises. Le taux de ch√īmage dans la ville varie, selon les estimations, entre 0,5 % et 1,2 % de la population active. Sur les 74 400 ch√īmeurs recens√©s en 2006, pr√®s de la moiti√© √©taient √©ligibles pour des indemnit√©s.

    Depuis 2006, Moscou est class√©e comme √©tant la ville la plus ch√®re au monde pour les expatri√©s principalement √† cause du prix de l'immobilier. La raret√© de l'immobilier surtout l'immobilier de standing, le renforcement du rouble et la pr√©sence importante des nouveaux millionnaires russes expliquent en partie pourquoi Moscou occupe cette premi√®re place. De plus, certains prix sont beaucoup plus √©lev√©s pour les √©trangers que pour les habitants. Les habitants occupent souvent de petits appartements qui leur ont √©t√© donn√©s gratuitement ou vendus √† des prix symboliques durant la p√©riode sovi√©tique ou au d√©but des ann√©es 1990, ceci s'ajoutant aux prix tr√®s faibles des services publics et de l'√©nergie et √† un imp√īt sur le revenu de seulement 13 %, qui permettent de fortement diminuer le co√Ľt global de la vie pour les habitants de la capitale. Ce faible imp√īt sur le revenu et ces bas co√Ľts du logement et de l'√©nergie (√©lectricit√© et gaz) ont comme cons√©quence principale de faire que la part du revenu pouvant √™tre mis dans la consommation est beaucoup plus √©lev√©e qu'en Europe occidentale.

    La chute du rouble depuis 2014, sous l'effet de la chute des cours des mati√®res premi√®res, des sanctions europ√©ennes et dans une moindre mesure am√©ricaines, le ralentissement de la croissance chinoise (surtout en 2014 avec environ 4 % d'augmentation r√©elle) ont fait baisser les prix, √† l'exception de ceux de beaucoup de produits alimentaires qui, eux, ont beaucoup cr√Ľ en raison de l'embargo russe sur les produits alimentaires europ√©ens depuis 2014.

    En 2014, Moscou abrite au moins 80 milliardaires et de 20 000 √† 40 000 sans abris. D'apr√®s Lev Goudkov, le directeur de l‚Äôinstitut de sondage Centre analytique Levada, ¬ęEn l‚Äôespace de vingt ans, Moscou, plus que le reste de la Russie, a connu de profondes transformations socio-√©conomiques. Le march√© du travail, la structure et les sources de revenus ont compl√®tement chang√©, le ch√īmage est devenu une r√©alit√©, les diff√©rences de revenus et de salaires se sont accentu√©es‚ÄĮ¬Ľ[44].

    Voies de communication et transports

    La gare de Bi√©lorussie d'o√Ļ partent les trains qui desservent Minsk et les pays d'Europe.

    Moscou dispose d'un syst√®me de transports et d'un ensemble de voies de communications qui doit faire face aux mouvements d'une quinzaine de millions de r√©sidents auxquels il faut ajouter les travailleurs migrants venus des villes satellites ou de plus loin et les touristes. Capitale d'un √©tat tr√®s centralis√©, Moscou est la plaque tournante des liaisons ferroviaires (dix gares terminus) et a√©riennes (quatre a√©roports internationaux, 89 millions de passagers, la moiti√© du trafic a√©rien domestique). La desserte de la ville est assur√©e principalement par le r√©seau du m√©tro de Moscou (348 km, 206 stations et neuf millions de passagers en jour ouvr√©), les trains de banlieue (1,4 million de passagers par jour) et une combinaison de lignes de bus, de tramways et de trolleybus (six millions de passagers). Le r√©seau de transports en commun est en cours d'extension avec l'inauguration d'une ligne ferroviaire circulaire en 2016 et la construction d'une deuxi√®me ligne de m√©tro en rocade (ligne 11) qui devrait s'achever en 2022. L'explosion du nombre de voitures de particuliers post√©rieure au changement de r√©gime a port√© √† la saturation le r√©seau routier malgr√© la construction de nombreuses routes et rocades[45].

    Transport ferroviaire

    Moscou dispose de neuf gares terminus qui sont chacune dédiées à la desserte de certaines des régions de la Russie et des pays limitrophes. Elles sont implantées près du centre non loin de la ceinture des Jardins qui constituait la limite de la ville à l'époque de leur création (deuxième moitié du XIXe siècle). Leur nom évoque généralement leur destination principale. La gare de Kiev dessert l'Ukraine occidentale et l'Europe du Sud-Est tandis que la gare de Koursk dessert l'Ukraine orientale, la Russie du sud, le Caucase et la Crimée. La gare de Leningrad dessert Saint-Pétersbourg au nord, l'Estonie et la Finlande. La Kazan dessert l'Oural et le sud de la Sibérie occidentale. La gare de Paveliets dessert l'Oural et le sud (Samara) tandis que la gare de Iaroslavl dessert la Sibérie, l'extrême orient russe, la Chine et la Mongolie. La Gare de Biélorussie dessert Minsk et les pays d'Europe (Varsovie, Vienne, Berlin, Paris). La gare de Saviolovone dessert que la banlieue. La gare de Riga est la plus petite des gares terminus ne desservant que la banlieue et Riga[46]. De ces gares partent des trains grandes lignes (dalnij) comme le célèbre Transsibérien), des trains de banlieue (prigorodnij) et des lignes desservant des aéroports. Le réseau et les trains sont généralement gérés par la compagnie des chemins de fer russes (RJD) sauf les lignes desservant les aéroports assurées par des sociétés privées. Les banlieues sont desservies par des automotrices électriques de type Elektrichka qui transportent chaque jour 1,7 million de passagers[45].

    Métro

    La station de m√©tro Ma√Įakovska√Įa.

    Le m√©tro de Moscou, dont la premi√®re ligne fonctionne depuis 1935, comporte aujourd'hui quatorze lignes et 224 stations, desservant assez uniform√©ment √† peu pr√®s toute la ville avec une distance moyenne entre stations de 1,79 kilom√®tre atteignant parfois quatre ou cinq kilom√®tres. Avec quelque huit √† neuf millions de passagers transport√©s quotidiennement c'est un des m√©tros les plus fr√©quent√©s du monde apr√®s Tokyo, P√©kin, S√©oul et Shangha√Į. Le r√©seau long de 364,1 kilom√®tres comprend onze lignes radiales qui se croisent au centre de la capitale et sont en correspondance avec une ligne circulaire (ligne 5 Koltseva√Įa) r√©alis√©e au niveau de la Ceinture des Jardins et qui relie entre elles certaines des sept des gares terminus de Moscou. Le m√©tro de Moscou est c√©l√®bre pour la d√©coration de ses stations, dont certaines sont de v√©ritables Ňďuvres d'art (peintures murales, mosa√Įques, lustres, vitraux, marbres). Les lignes sont g√©n√©ralement souterraines sauf la ligne 7 dont la partie a√©rienne est plus longue que la partie souterraine. Hormis les lignes 4 et 12 les stations ont une longueur de 162 m√®tres de long et permettent d'accueillir des rames comprenant huit voitures de longueur standard (19 m√®tres de long). Les rames circulent sur des voies √† √©cartement large (1 520 mm) et sont aliment√©es par troisi√®me rail[47].

    La construction d'une seconde ligne circulaire √† l'ext√©rieur de la ligne 5 est un projet ancien dont les travaux n'ont d√©but√© que dans les ann√©es 2010. La ligne Bolcha√Įa Koltseva√Įa (ligne 11 baptis√©e Grande ligne circulaire) constitue un premier tron√ßon long de 13,5 km, inaugur√© en . L'ach√®vement de la ligne compl√®te qui comprendra 69 kilom√®tres et 31 stations dont 18 en correspondance avec l'ensemble des lignes radiales √©tait en 2018 pr√©vu vers 2022. En 2016, a √©t√© inaugur√©e la Ceinture centrale de Moscou (ligne 14), une troisi√®me ligne circulaire r√©alis√©e en surface en r√©utilisant l'infrastructure ferroviaire de l'ancienne petite ligne circulaire ferroviaire de Moscou. Son trac√© est parfois int√©rieur, parfois ext√©rieur √† celui de la ligne 11. Longue de 54 kilom√®tres et comprenant 31 stations elle comprend plusieurs correspondances avec des lignes de banlieue et des lignes de m√©tro. La fr√©quence de desserte est comprise entre six et quinze minutes[48]. La ville dispose √©galement d'une ligne de monorail de 4,7 kilom√®tres inaugur√©e en 2004 desservant un quartier situ√© au nord dont le d√©mant√®lement pour des raisons financi√®res et d'efficacit√© est envisag√©.

    Tramways

    Rame moderne de tramway à Moscou.

    Le r√©seau de tramway de Moscou, ouvert le a jou√© un r√īle majeur jusqu'√† la construction du m√©tro de Moscou puis les lignes ont √©t√© progressivement ferm√©es et remplac√©es par des bus et des trolleybus. En 1934, alors que la population de la ville atteignait quatre millions d'habitants, il transportait quotidiennement, sur un r√©seau de pr√®s de 280 kilom√®tres, 2,6 millions de personnes. Aujourd'hui le r√©seau est long d'environ 180 kilom√®tres. En 2011, il transportait chaque jour environ 214 000 passagers. Le r√©seau est principalement situ√© √† l'est du centre-ville et au nord-ouest. Les rames circulent sur des voies √† √©cartement large de 1 524 mm et sont aliment√©es par cat√©naire en 550 Volts. Le parc m√©lange des rames modernes comportant plusieurs voitures et des rames plus anciennes √† une seule voiture. Le nombre total de voitures est environ de 900. Le r√©seau de tramways est g√©r√© par Mosgortrans, un √©tablissement public responsable du r√©seau de bus, de tramways et de trolleybus de Moscou et de la r√©gion de Moscou.

    Bus et trolleybus

    Le r√©seau de surface, desservi par des bus, bus √©lectriques et trolleybus, est tr√®s d√©velopp√© et couvre bien la ville. Il comprend 800 lignes (en incluant le tramway) et 12 000 arr√™ts. Certaines lignes fonctionnent 24 heures sur 24[49]. Il y a √©galement plusieurs gares routi√®res permettant de relier la proche banlieue ou des villes distantes.

    Transport aérien

    En 2017 environ 89 millions de passagers ont transité par les aéroports de Moscou. La capitale dispose de trois aéroports internationaux.

    L'aéroport de Cheremetievo situé à une trentaine de kilomètres au nord de Moscou a vu passer quarante millions de passagers en 2017 et se classe au premier rang au niveau national. Il a été inauguré en 1964.

    L'aéroport de Domodedovo situé à environ 40 kilomètres au sud-sud-est de Moscou a vu passer 30,7 millions de passagers en 2017.

    L'aéroport de Vnoukovo situé à 28 kilomètres au sud-ouest de Moscou a été emprunté en 2017 par dix-huit millions de passagers.

    Les trois a√©roports sont tous reli√©s au centre-ville par des trains rapides qui arrivent respectivement aux gares Bielorusska√Įa, Paveletska√Įa et Kievska√Įa.

    Un quatri√®me a√©roport, l'a√©roport de Moscou-Ramensko√Į√©/Jukovski situ√© au sud-est de Moscou non loin de l'ancien a√©roport de Bykovo ferm√© depuis le d√©but des ann√©es 2010 d'une capacit√© th√©orique de quatre millions de passagers, a √©t√© inaugur√© en 2016.

    Réseau routier

    √Čchangeur entre la MKAD et la radiale Leningradskoe.

    Le r√©seau routier est constitu√© de trois anneaux de p√©riph√©rique. Le p√©riph√©rique le plus ext√©rieur, l'autoroute MKAD, a une longueur de 109 km). Des grandes art√®res radiales souvent tr√®s larges (jusqu'√† 16 voies) forment un r√©seau assez peu dense au moins hors du centre. En effet la ville sortie du centre la ville est form√©e de grands √ģlots assez verts parsem√©s de grandes tours d'habitation.

    Le trafic automobile a connu une explosion spectaculaire depuis la fin des années 1990, créant quotidiennement des bouchons gigantesques. Les autorités de la ville construisent de nouvelles routes pour fluidifier le trafic et réaménagent les grandes artères, comme l'avenue Leninski[50]. Parmi les métropoles mondiales, Moscou était classé en 2018 au deuxième rang après Los Angeles pour le temps passé par ses conducteurs dans les bouchons[51].

    Autres

    Voiture à la société BelkaCar.

    Le canal de Moscou dont l'extr√©mit√© sud se trouve √† Moscou sur la Moskova permet √† des navires de grand gabarit de relier Moscou √† la Volga art√®re fluviale principale de la Russie d'Europe ce qui vaut √† la capitale la d√©nomination de port des cinq mers. Les √©cluses sur ce canal font toutes 290 m√®tres de long pour 30 m√®tres de largeur et permettent d'accueillir des navires ayant 5 m√®tres de tirant d'eau. En raison du gel hivernal des eaux du canal, la voie n'est navigable que la moiti√© de l'ann√©e. Le canal √©tait autrefois utilis√© pour le transport de passagers par des lignes r√©guli√®res utilisant des hydropt√®res rapides mais cette activit√© non rentable a √©t√© arr√™t√©e. D√©sormais le canal est emprunt√© par des navires d'excursions qui peuvent emmener leurs passagers pour des croisi√®res de plusieurs jours et par des p√©niches qui transportent des mat√©riaux utilis√©s sur les chantiers, des containers... √Ä Moscou il y a une gare passagers active, le terminal nord du port de Moscou (en) et deux ports pour la manutention du fret (sud et nord) qui traitent environ 3 millions tonnes par an.

    Le programme de vélos en libre-service nommé Velobike (3000 vélos sur 300 stations) a été lancé le . Il est compatible avec le système de transport public Troika et accessible également aux utilisateurs occasionnels[52]. Moscou dispose également d'un système de voitures en libre-service.

    • Transports √† Moscou
    • Terminal fluvial nord du port de Moscou.
      Terminal fluvial nord du port de Moscou.
    • Train √† grande vitesse reliant Moscou √† Saint-P√©tersbourg.
      Train à grande vitesse reliant Moscou à Saint-Pétersbourg.
    • Trolleybus.
      Trolleybus.

    Urbanisme

    Pendant longtemps, la vue de la ville est dominée par de nombreuses églises orthodoxes. L'aspect de la ville change énormément durant l'époque soviétique, notamment sous l'action de Joseph Staline qui décide de mettre en place une politique de modernisation de la ville à grande échelle. Il fait percer de larges avenues, certaines contenant jusqu'à dix voies et n'hésite pas à détruire un grand nombre d'ouvrages architecturaux d'importance historique, comme la cathédrale de Kazan et la cathédrale du Christ-Sauveur, ces deux cathédrales ayant été reconstruites à l'identique durant les années 2000.

    L'architecte Vladimir Choukhov est l'auteur de nombreux b√Ętiments moscovites durant les premi√®res ann√©es de la Russie sovi√©tique. La tour Choukhov est l'une des tours hyperbolo√Įdes qu'il a fait construire entre 1919 et 1922, comme tour de transmission pour la compagnie russe de retransmission. Choukhov a √©galement laiss√© un h√©ritage √† l'architecture constructiviste de la Russie sovi√©tique. Il cr√©e de spacieuses galeries commerciales, et r√©am√©nage le Goum sur la place Rouge, √† l'architecture raffin√©e. √Ä l'√©poque communiste, l'on assista √† la construction massive d'ensembles r√©sidentiels collectifs √† la p√©riph√©rie de la ville, comme partout ailleurs en Europe de l‚ÄôEst.

    Les gratte-ciel staliniens sont des √©l√©ments importants du paysage et un signe distinctif de la ville, ainsi que des t√©moins de l'urbanisme du temps du communisme triomphant. L'h√ītel Moskva offre une fa√ßade asym√©trique : deux projets diff√©rents auraient √©t√© propos√©s sur une m√™me feuille √† Staline et celui-ci aurait sign√© le document sans pr√©ciser lequel il pr√©f√©rait. Par crainte, le b√Ętiment aurait √©t√© construit en reprenant la moiti√© de chaque projet. Seule la fa√ßade du nouveau b√Ętiment donnant sur la place des Th√©√Ętres changera d'aspect.

    Les √©glises orthodoxes ont cependant bien r√©sist√© √† la vague de destruction du communisme et sont toujours visibles aujourd'hui et pars√®ment le cŇďur historique de la ville. De plus, de nouvelles √©glises ont √©t√© construites apr√®s la chute du communisme ou sont encore aujourd'hui en chantier. Le quartier de l'ancien Arbat et les ruelles de la rue Tverska√Įa sont des exemples d'architectures imp√©riale ou bourgeoise. Moscou comporte √©galement nombre de palais de l'aristocratie imp√©riale qui sont aujourd'hui r√©nov√©s et ouverts √† la visite. Ils attirent de nombreux touristes, moscovites et √©trangers. La r√©novation de l'architecture pr√©-communiste est un √©l√©ment important de la politique urbaine d'aujourd'hui, afin de redonner tout son √©clat au centre historique de la ville.

    La rue Tverska√Įa est l'avenue principale de la ville.

    Monuments

    Le monastère Andronikov en centre-ville.

    Le Kremlin

    Le Kremlin de Moscou, situ√© au centre g√©ographique et historique de Moscou, est la partie la plus ancienne de la ville qui forme avec la place Rouge un ensemble architectural remarquable inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1990. √Ä compter du XIIIe le Kremlin est la r√©sidence officielle du pouvoir supr√™me, le centre de la vie s√©culaire et spirituelle de l‚Äô√Čtat russe. Les murs en pierre et les tours √©rig√©s entre 1485 et 1516 et conserv√©es jusqu'√† aujourd'hui en font une des plus importantes fortifications d‚ÄôEurope √† cette √©poque. Le Kremlin comprend un ensemble de monuments religieux de grande qualit√© qui sont regroup√©es sur la place des Cath√©drales et qui ont √©t√© presque toute con√ßues par des architectes italiens invit√©s, comme le r√©v√®le clairement le style architectural[53] :

    Parmi les plus anciens √©difices du Kremlin de Moscou figurent √©galement plusieurs √©difices civils. Le Palais √† Facettes (1487‚Äď1491) est le plus remarquable. Les architectes italiens Marco Ruffo et Pietro Antonio Solari le construisirent comme un grand hall pour la tenue de c√©r√©monies et des c√©l√©brations d‚Äô√Čtat et pour la r√©ception des ambassadeurs √©trangers. La construction civile la plus notable du XVIIe si√®cle construite par des ma√ģtres russes est le Palais des T√©rems[53].

    La place Rouge

    La place Rouge, √©troitement li√©e au Kremlin, s‚Äô√©tend au pied de son mur est. √Ä l‚Äôextr√©mit√© sud se trouve la cath√©drale Pokrovski (cath√©drale Saint-Basile-le-Bienheureux), un des monuments les plus magnifiques de l‚Äôarchitecture russe traditionnelle. Elle a √©t√© √©rig√©e entre 1555 et 1560 pour comm√©morer la victoire d‚ÄôIvan le Terrible sur la Khanat de Kazan. Au XVIIe si√®cle, la cath√©drale prend son apparence actuelle avec le rev√™tement d√©coratif de ses d√īmes et les peintures qui ornent l‚Äôint√©rieur et l‚Äôext√©rieur de la cath√©drale. La construction de la place Rouge fut achev√©e au XIXe si√®cle avec l‚Äô√©rection du Mus√©e historique imp√©rial (aujourd‚Äôhui Mus√©e historique d‚Äô√Čtat) ; les Galeries marchandes sup√©rieures (Goum) et les Moyennes galeries commerciales. En 1929 fut achev√© le Mausol√©e de L√©nine, con√ßu par Alexe√Į Chtchoussev, exemple remarquable de l‚Äôarchitecture monumentale sovi√©tique[53].

    Les autres monuments

    Deux autres monuments de Moscou sont inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco. L'ensemble du couvent Novodievitchi faisait partie d‚Äôun ensemble monastique s‚Äôinscrivant dans le syst√®me de d√©fense de la ville. Le couvent a √©t√© directement associ√© √† l‚Äôhistoire politique, culturelle et religieuse de la Russie, et plus √©troitement encore au Kremlin de Moscou. Il √©tait fr√©quent√© par des femmes de la famille du tsar et de l‚Äôaristocratie. Des membres de la famille et de l‚Äôentourage du tsar reposent dans son cimeti√®re. Le couvent offre un des exemples les plus brillants de l‚Äôarchitecture russe, avec ses int√©rieurs richement orn√©s et une vaste collection de peintures et d‚Äôobjets pr√©cieux[54]. L'√Čglise de l'Ascension √† Kolomensko√Įe construite en 1532 dans le domaine imp√©rial de Kolomensko√Įe, √† proximit√© de Moscou, pour c√©l√©brer la naissance de celui qui devait devenir Ivan le Terrible. C'est l'un des premiers exemples d'√©glises traditionnelles √† toits en pavillon sur une structure de pierre et de brique et elle a eu une grande influence sur le d√©veloppement de l'architecture religieuse russe[55].

    • La Moskova gel√©e devant le Kremlin.
      La Moskova gelée devant le Kremlin.
    • Le couvent de Novodievitchi en √©t√©.
      Le couvent de Novodievitchi en été.
    • Le palais du Kremlin photographi√© de nuit
      Le palais du Kremlin photographié de nuit
    • Int√©rieur de l'√©glise Notre-Dame de l'ic√īne d'Iveron √† Vspolie √† Moscou, ao√Ľt 2018.
      Int√©rieur de l'√©glise Notre-Dame de l'ic√īne d'Iveron √† Vspolie √† Moscou, .
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    Espaces verts

    Le pont des Figurines (–§–ł–≥—É—Ä–Ĺ—č–Ļ –ľ–ĺ—Ā—ā ou pont Figourny) dans le parc du palais de Tsaritsyno.

    Il y a 96 parcs et 18 jardins √† Moscou, dont quatre jardins botaniques. Au total, les espaces verts repr√©sentent 450 km2, sans compter plus de 100 km2 de for√™t. Si on la compare aux villes de m√™me taille d'Europe de l‚ÄôOuest ou d'Am√©rique, Moscou est une ville relativement riche en verdure. Chaque Moscovite dispose en moyenne de 27 m2, contre 6 √† Paris, 8,6 √† New York et 7,5 √† Londres. On trouve souvent dans les parcs de Moscou des statues de personnalit√©s du pays : Nicolas Gogol et Alexandre Pouchkine font ainsi partie des nombreuses personnes immortalis√©es dans les espaces verts de Moscou. La quasi-totalit√© des statues de personnalit√©s de l'√®re sovi√©tique ont disparu. Beaucoup ont √©t√© regroup√©es dans le parc des Statues sur les bords de la Moskova, non loin du centre.

    • Le parc Gorki, du nom de l'√©crivain Maxime Gorki, fut fond√© en 1928. Sa partie principale, d'une superficie de 69 hectares le long de la Moskova, contient des estrades, des jeux pour enfants parmi lesquels les √©tangs de la Grande Roue dans lesquels flottent bateaux et v√©lo aquatiques, des courts de tennis et d'autres installations sportives.
    • Le parc Gorki longe le jardin Neskoutchni, le plus vieux parc de la ville, ancienne r√©sidence de l'Empereur, d'une superficie de 41 hectares, qui contient le th√©√Ętre de Verdure, l'un des plus vastes amphith√©√Ętres √† toit ouvert d'Europe, d'une capacit√© de 15 000 personnes.
    • Le parc Izma√Įlovski cr√©√© en 1931 est l'un des plus grands au monde. Il a une superficie de 15,34 km2, soit six fois celle de Central Park √† New York.
    • Le parc Sokolniki, est l'un des plus anciens de Moscou et sa superficie de km2 est le quadruple du parc londonien de Hyde Park. Il comporte un labyrinthe compos√© de chemins verdoyants.
    • Le parc national Lossiny Ostrov (–Ě–į—Ü–ł–ĺ–Ĺ–į–Ľ—Ć–Ĺ—č–Ļ –Ņ–į—Ä–ļ ¬ę–õ–ĺ—Ā–ł–Ĺ—č–Ļ –ě—Ā—ā—Ä–ĺ–≤¬Ľ, litt√©ralement ¬ę parc national de l'√éle aux √Člans ¬Ľ), en bordure du parc Sokolniki, d'une superficie de plus de 116 km2 est le premier parc de Russie, situ√© dans l'oblast de Moscou. Il est aussi connu sous le nom de Ta√Įga urbaine, et on y trouve facilement des √©lans en libert√©.
    • Le jardin botanique de Moscou, dit jardin Tsitsyne de l'Acad√©mie des sciences, fond√© en 1945 dans l'ancien domaine des comtes Cheremetiev, est le plus grand d'Europe, couvrant un territoire de 3,61 km2, en bordure du centre panrusse des expositions. Plus de 20 000 esp√®ces diff√©rentes de plantes de diff√©rentes parties du monde y sont expos√©es. Il comporte aussi un laboratoire de recherche scientifique.
    • Le parc du palais de Tsaritsyno et le parc Kouzminki sont des immenses parcs paysagers pris√©s des promeneurs.
    • Le parc VDNKh est une foire-exposition commerciale et d'amusement permanente dans le quartier d'Ostankinski.
    • Le parc Zariadi√© est un jardin public cr√©√© en 2017 au centre de la ville.

    Le zoo de Moscou est le domicile de presque un millier d'esp√®ces et de plus de 6 500 sp√©cimens. C'est une attraction tr√®s pris√©e qui accueille chaque ann√©e plus de 1,2 million de visiteurs adultes.

    Développements récents

    Moskva City est le quartier d'affaires de la ville. Il est situ√© hors du centre historique, dans le district de Presnenski. La zone de Moskva City conna√ģt un d√©veloppement intense. Le projet fut initialement con√ßu en 1992 et vise √† d√©velopper une zone √©conomique et un nouveau quartier d'habitations. La taille de la zone est d'un kilom√®tre carr√©. Cette zone est la seule pouvant accueillir un tel projet de grande √©chelle, car elle n'abritait que des usines et de vieux complexes industriels. La tour de la F√©d√©ration achev√©e en 2017 et qui est la plus haute tour d'Europe (373 m√®tres). Elle devait √™tre d√©pass√©e par la tour de Russie, dont la hauteur devait atteindre pratiquement 650 m√®tres, mais la construction de cette tour s'est arr√™t√©e le , √† cause de la crise √©conomique. Le complexe inclut √©galement de nombreux autres gratte-ciel de verre, des centres commerciaux, un centre aquatique ainsi que d'autres centres r√©cr√©atifs. Le centre abrite √©galement l'immeuble de l'administration de Moscou, ainsi que des tours r√©sidentielles de haut standing. Quatre nouvelles stations de m√©tro relient ce quartier au reste de la ville. Il est pr√©vu d'en construire d'autres, ainsi qu'une ligne directe jusqu'√† l'a√©roport international Cheremetievo.

    Dans l'oblast de Moscou, une part toujours plus importante de logements neufs est occupée par les maisons individuelles (très rares à Moscou) qui fleurissent dans des zones autrefois boisées et des complexes d'appartements dans les limites de la ville même. Les grues sont visibles partout dans la ville et l'on construit, en plus des logements, toujours plus de centres commerciaux, complexes sportifs et récréatifs et des bureaux. La rénovation est également un phénomène qui touche toutes les parties de la ville : dans la périphérie l'on rénove toujours plus de quartiers datant de l'ère communiste.

    √Čducation

    Le b√Ętiment principal de l'universit√© d'√Čtat de Moscou est un des sept gratte-ciel staliniens.

    La ville de Moscou abrite de nombreuses universités et instituts d'études supérieures et près d'un million d'étudiants y suivent des cours[56].

    Parmi les autres √©tablissements sup√©rieurs remarquables figure l'√Čcole des hautes √©tudes en sciences √©conomiques cr√©√©e en 1992 qui est la plus reconnue des institutions apparues apr√®s le changement de r√©gime dans le but de former des cadres adapt√©s √† l'√©conomie de march√©. La Premi√®re Universit√© de m√©decine Ivan Setchenov de Moscou est la principale facult√© de m√©decine de la ville. L'universit√© russe de l'Amiti√© des Peuples (URAP) est une universit√© cr√©√©e en 1960 pour former des cadres des pays d'Asie, d'Afrique et d'Am√©rique latine dans le contexte de la d√©colonisation et de la lutte d'influence avec les √Čtats-Unis avec en toile de fond la Guerre froide. L'Acad√©mie militaire des forces arm√©es de la f√©d√©ration de Russie est l'√©cole de formation des officiers sup√©rieurs de l'arm√©e russe.

    Moscou concentre de nombreux institutions et √©tablissements tourn√©s vers la recherche d'envergure nationale. La ville h√©berge notamment l'Acad√©mie des sciences de Russie, l'Institut Kourtchatov (√©quivalent du CEA fran√ßais), l'Institut de physique th√©orique et exp√©rimentale, l'Institut de math√©matiques Steklov et l'Institut de recherche spatiale de l'Acad√©mie des sciences de Russie. La ville dispose d'un r√©seau de plusieurs centaines de biblioth√®ques publiques. La Biblioth√®que d'√Čtat de Russie, cr√©√©e en 1862, h√©berge les Ňďuvres fournies au titre du d√©p√īt l√©gal. Elle conserve 17,5 millions de volumes et 25 millions articles de diff√©rentes natures (magazines, journaux, estampes et photographies, microfiches, th√®ses‚Ķ

    Culture

    Moscou est une ville dynamique o√Ļ la culture occupe une place privil√©gi√©e. La ville offre ainsi de nombreux spectacles, ballets et pi√®ces de th√©√Ętre ainsi que plusieurs mus√©es mondialement connus comme la galerie Tretiakov (art russe), le mus√©e Pouchkine (beaux-arts), le Bolcho√Į ou encore le palais des Armures (arts d√©coratifs).

    Musées et galeries d'art

    Les musées et galeries moscovites mondialement reconnus ainsi que leurs collections, font partie des plus grands et importants musées du monde. Les expositions artistiques, qu'il s'agisse de l'art classique ou moderne, y sont très fréquentes, comme à l'époque ayant précédé la période révolutionnaire. Elles regroupent toutes les branches artistiques : la peinture, la photographie, la sculpture…

    Galerie Tretiakov

    L'un des mus√©es les plus c√©l√®bres de Moscou est la galerie Tretiakov (–ď–ĺ—Ā—É–ī–į—Ä—Ā—ā–≤–Ķ–Ĺ–Ĺ–į—Ź –Ę—Ä–Ķ—ā—Ć—Ź–ļ–ĺ–≤—Ā–ļ–į—Ź –≥–į–Ľ–Ķ—Ä–Ķ—Ź), fond√©e par Pavel Mikha√Įlovitch Tretiakov, un riche philanthrope qui fit don de son importante collection personnelle √† la ville. La galerie Tretiakov est actuellement scind√©e en deux b√Ętiments : l'Ancien Tretiakov, la galerie originelle situ√©e dans le quartier Tretiakovska√Įa, sur la rive sud de la Moskova, abrite les ouvrages traditionnels russes. On peut y trouver les travaux de c√©l√®bres peintres pr√©-r√©volutionnaires, comme Ilia R√©pine, ainsi que des ic√īnes de l'ancienne Russie. Les visiteurs peuvent m√™me y voir de pr√©cieux originaux de l'iconographe du XVe si√®cle Andre√Į Roublev. Le Nouveau Tretiakov, cr√©√© durant la p√©riode sovi√©tique, contient principalement des Ňďuvres d'artistes sovi√©tiques, ainsi que celles de quelques artistes contemporains, mais la chronologie des deux galeries se chevauche au d√©but du XXe si√®cle. La nouvelle galerie inclut une reconstitution du c√©l√®bre Monument √† la Troisi√®me Internationale de Vladimir Tatline et un m√©lange de travaux d'artistes d'avant-garde tels que Kasimir Malevitch et Wassily Kandinsky. Des √©l√©ments du r√©alisme socialiste peuvent √©galement √™tre aper√ßus dans cette nouvelle galerie.

    Musée des beaux-arts Pouchkine

    Un autre mus√©e moscovite important est le mus√©e des beaux-arts Pouchkine (–ď–ĺ—Ā—É–ī–į—Ä—Ā—ā–≤–Ķ–Ĺ–Ĺ—č–Ļ –ľ—É–∑–Ķ–Ļ –ł–∑–ĺ–Ī—Ä–į–∑–ł—ā–Ķ–Ľ—Ć–Ĺ—č—Ö –ł—Ā–ļ—É—Ā—Ā—ā–≤ –ł–ľ–Ķ–Ĺ–ł –ź. –°. –ü—É—ą–ļ–ł–Ĺ–į), qui fut fond√© entre autres par le p√®re de la po√©tesse Marina Tsvetaeva. Le Mus√©e Pouchkine ressemble au British Museum de Londres dans la mesure o√Ļ ses salles sont un croisement des civilisations du monde, riches de nombreuses fontes de pl√Ętre d'anciennes sculptures. Cependant, il abrite √©galement des peintures c√©l√®bres de toutes les √®res de l'art occidental et on y trouve aussi bien des Ňďuvres de Claude Monet ou Paul C√©zanne que celles de Pablo Picasso. Les mus√©es du palais de Tsaritsyno ont ouvert en 2007 et le grand palais de Tsaritsyno a pour objectif de devenir un grand mus√©e d'art international.

    Mus√©e historique d'√Čtat

    Le Mus√©e historique d'√Čtat de Russie (–ď–ĺ—Ā—É–ī–į—Ä—Ā—ā–≤–Ķ–Ĺ–Ĺ—č–Ļ –ė—Ā—ā–ĺ—Ä–ł—á–Ķ—Ā–ļ–ł–Ļ –ľ—É–∑–Ķ–Ļ) est un mus√©e d'histoire russe situ√© entre la place Rouge et la place du Man√®ge √† Moscou. Ses expositions sont de nature variable, des reliques de tribus pr√©historiques ayant v√©cu dans la Russie actuelle √† des dessins d'une valeur inestimable acquis par les membres de la dynastie des Romanov. Le nombre total d'objets appartenant √† la collection du mus√©e est de l'ordre de plusieurs millions.

    Musée Polytechnique et Musée de l'astronautique

    Le Mus√©e Polytechnique (–ü–ĺ–Ľ–ł—ā–Ķ—Ö–Ĺ–ł—á–Ķ—Ā–ļ–ł–Ļ –ľ—É–∑–Ķ–Ļ) fond√© en 1872 est le plus grand mus√©e technique de Russie, et expose une vaste √©tendue d'inventions historiques et technologiques, incluant des automates humano√Įdes du XVIIIe si√®cle et les premiers ordinateurs sovi√©tiques. Il contient plus de 160 000 objets. Le Mus√©e m√©morial de l'astronautique est consacr√© au programme spatial russe et sovi√©tique qui dominait le d√©but de l'√®re spatiale avec des sections consacr√©s aux programmes spatiaux des autres nations. Il est install√© dans le socle du monument des Conqu√©rants de l'Espace.

    Musée-Panorama Borodino

    Le Mus√©e-Panorama Borodino, situ√© sur l'avenue Koutouzov permet aux visiteurs de vivre l'exp√©rience d'un champ de bataille gr√Ęce √† un diorama de 360¬į. Il fait partie de l'immense m√©morial historique comm√©morant la victoire de la Guerre Patriotique de 1812 face √† l'arm√©e napol√©onienne, qui inclut √©galement l'Arc de Triomphe √©rig√© en 1827.

    Th√©√Ętres et arts du spectacle

    Les arts du spectacle sont bien repr√©sent√©s √† Moscou. La ville est r√©put√©es pour ses repr√©sentations de ballet, ses concerts de musique symphonique et sa vie th√©√Ętrale. La ville dispose de 93 th√©√Ętres, 132 salles de cin√©mas et 24 salles de concert.

    Parmi les nombreux th√©√Ętres et ballets moscovites, on trouve notamment le Th√©√Ętre Bolcho√Į (en russe, Grand Th√©√Ętre) et le Th√©√Ętre Maly (Petit Th√©√Ętre), ainsi que le th√©√Ętre Vakhtangov et le Th√©√Ętre d'art de Moscou (–ú–ĺ—Ā–ļ–ĺ–≤—Ā–ļ–ł–Ļ –•—É–ī–ĺ–∂–Ķ—Ā—ā–≤–Ķ–Ĺ–Ĺ—č–Ļ –ź–ļ–į–ī–Ķ–ľ–ł—á–Ķ—Ā–ļ–ł–Ļ –Ę–Ķ–į—ā—Ä). Les r√©pertoires d'une saison typique √† Moscou couvrent un large spectre musical et les interpr√©tations modernes d'Ňďuvres classiques, qu'il s'agisse d'op√©ra ou de th√©√Ętre, sont fr√©quemment √† l'affiche. La Salle de concert Rossiya (–ď–ĺ—Ā—É–ī–į—Ä—Ā—ā–≤–Ķ–Ĺ–Ĺ—č–Ļ —Ü–Ķ–Ĺ—ā—Ä–į–Ľ—Ć–Ĺ—č–Ļ –ļ–ĺ–Ĺ—Ü–Ķ—Ä—ā–Ĺ—č–Ļ –∑–į–Ľ ¬ę –†–ĺ—Ā—Ā–ł—Ź ¬Ľ), connue pour ses ballets et ses repr√©sentations, √©tait un lieu de concerts fr√©quents de pop-stars comme Alla Pougatcheva et se trouvait √† l'h√ītel Rossiya, le plus grand h√ītel d'Europe, aujourd'hui d√©moli. Une nouvelle salle de concert doit √™tre inaugur√©e au m√™me emplacement mais au milieu du Parc Zariadi√©.

    Le Th√©√Ętre Et Cetera.

    Moscou poss√®de plusieurs orchestres symphoniques de renom, au premier rang desquels l'Orchestre philharmonique de Moscou et l'Orchestre national de Russie. On peut √©galement citer l'Orchestre symphonique Tcha√Įkovski de la Radio de Moscou, l'Orchestre symphonique de la f√©d√©ration de Russie et l'Orchestre symphonique Capella de l'√Čtat de Russie. Le Centre International des Arts du Spectacle de Moscou, ouvert en 2003, aussi connu sous le nom de Maison Internationale de la Musique de Moscou (–ú–ĺ—Ā–ļ–ĺ–≤—Ā–ļ–ł–Ļ –ľ–Ķ–∂–ī—É–Ĺ–į—Ä–ĺ–ī–Ĺ—č–Ļ –Ē–ĺ–ľ –ľ—É–∑—č–ļ–ł), est r√©put√© pour ses spectacles de musique classique. Il poss√®de √©galement le plus grand orgue de Russie, install√© dans la salle Svetlanov.

    La ville de Moscou comporte √©galement deux grands cirques dont les artistes sont connus sur la sc√®ne internationale sous l'appellation cirque de Moscou : il s'agit du Grand cirque d‚Äô√Čtat de Moscou et du Cirque Nikouline, le plus ancien, qui comportait dans ses rangs le c√©l√®bre acteur et clown Youri Nikouline.

    L'industrie du cinéma soviétique fait partie intégrante de l'histoire du film et le studio Mosfilm a produit de nombreux films classiques soviétiques artistiques ou d'une veine plus populaire. Toutefois, malgré la présence continue et la réputation de cinéastes russes reconnus sur le plan international, les studios autrefois prolifiques se sont faits plus discrets. Les films historiques rares sont projetés au cinéma Salut (films de la collection du Musée du Cinéma).

    Sports

    √Čquipements sportifs

    Le stade Loujniki est dédié aux matchs nationaux.

    La ville dispose de quatre grands stades principalement utilis√©s pour les comp√©titions de football. Le stade Loujniki est le plus grand stade du pays. Sa capacit√© est de 81 000 spectateurs. Il dispose de 102 loges pour les spectateurs VIP, 2 000 places pour la presse et 300 places pour les personnes handicap√©es. La reconstruction du stade a cout√© 24 milliards roubles[58]. Le stade Spartak (Otkrytie Arena), inaugur√© en 2017; compte 45 360 places et constitue le stade √† domicile du club de football FK Spartak Moscou. Il a √©t√© construit dans le cadre d‚Äôun projet urbain de d√©veloppement sur l'emplacement de l‚Äôancien a√©roport de Touchino qui comprend √©galement des sites commerciaux et publics d‚Äôaffaires, des centres de culture physique et de sant√©, des courts de tennis, des palais des sports aquatiques et des sports de glace, des jardins d‚Äôenfants et √©coles, des polycliniques et aussi des de cr√©ation[59]. La ville comprend deux autres grands stades : Stade Lokomotiv et Stade Dynamo.

    √Čquipes

    La ville compte plusieurs des grandes équipes de sport collectif du pays.

    Clubs de football : CSKA Moscou, FK Dynamo Moscou, Lokomotiv Moscou, FK Spartak Moscou, FK Moscou, Torpedo Moscou.

    Clubs de volley-ball : CSKA Moscou (volley-ball masculin), Dynamo Moscou (volley-ball masculin), MGTU Moscou (volley-ball masculin), Dynamo Moscou (volley-ball féminin), CSKA Moscou (volley-ball féminin).

    Clubs de basket-ball : CSKA Moscou (basket-ball), MBK Dynamo Moscou, ŇĹBK Dynamo Moscou.

    Clubs de hockey sur glace : CSKA Moscou (hockey sur glace), Dynamo Moscou (hockey sur glace), HC Spartak Moscou.

    • √Čquipements sportifs
    • Palais des sports Krylatsko√Įe stade √† domicile des √©quipes f√©minine et masculine de basketball du MBK Dynamo Moscou.
      Palais des sports Krylatsko√Įe stade √† domicile des √©quipes f√©minine et masculine de basketball du MBK Dynamo Moscou.
    • RZD Arena stade √† domicile de l'√©quipe de football Lokomotiv Moscou.
      RZD Arena stade à domicile de l'équipe de football Lokomotiv Moscou.

    √Čv√©nements sportifs

    En 1980, Moscou a accueilli les Jeux olympiques d'été, mais les régates ont lieu à Tallinn. En 2018, la ville accueille 12 matchs de la Coupe du monde de football de 2018 dont la finale au Stade Loujniki. L'Otkrytie Arena a également accueilli 5 matchs de la compétition[60]. La ville a également accueilli de multiples Championnats du monde ou d'Europe.

    Moscou dans les arts

    Littérature

    Th√©√Ętre

    Bande dessinée

    Musique

    Peinture

    • Plusieurs peintures du peintre russe Apollinaire Vasnetsov repr√©sentent diff√©rents lieux de la ville, tels que :
      • Au Kremlin de Moscou, visible sur ce lien ;
      • Chambre de torture √† Moscou. Fin du XVIe, 1912, visible sur ce lien ;
      • Le Kremlin de Moscou √† l'√©poque d'Ivan Kalita, 1921, visible sur ce lien ;
      • Place Rouge dans la seconde moiti√© du XVIIe si√®cle, 1925, visible sur ce lien ;
    • C'est aussi le cas pour certaines Ňďuvres du peintre moscovite Konstantine Iouon, dont[61] :
      • Vue du Kremlin, 1908, visible sur ce lien ;
      • Moscou. Kremlin, 1910 ;
      • L'Universit√© de Moscou, 1911, visible sur ce lien ;
      • Moscou. Vue du Stade Loujniki √† Luzhniki, 1956 ;

    Jumelages

    Vue du Kremlin (Constantin Juon, 1908)

    Moscou est jumelée avec :

    Personnalités célèbres nées à Moscou

    .

    Notes et références

    Notes

    1. L'avancée extrême du front est indiqué sur la route de l'aéroport Cheremetievo, au niveau de la commune de Khimki, par d'énormes chevaux de frise.
    2. Ukraine, Kazakhstan, Arm√©nie, G√©orgie, Bi√©lorussie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Tadjikistan, Azerba√Įdjan, Moldavie, Turkm√©nistan, Ouzb√©kistan, Kirghizstan.
    3. La femme du maire, Elena Batourina fonde en 1991 le groupe Inteko et devient √† l'issue des deux mandats de son mari (qui dispose d'un pouvoir discr√©tionnaire sur le b√Ęti moscovite), la femme la plus riche de Russie en construisant des ensembles immobiliers dans Moscou.
    4. L'objectif du patriarcat est de faire en sorte qu'il y ait au moins une √©glise pour 20 000 habitants.
    5. En russe, les deux désignations sont parfaitement homonymes.
    6. Pierre Lorrain reconna√ģt cependant que cette diff√©rence de genre n'explique pas toute la complexit√© des relations des Russes avec leur capitale. Il pr√©cise aussi que la terminaison en ¬ę ou ¬Ľ vient probablement de la prononciation de la ville √† l'accusatif, un cas utilis√© en russe pour d√©signer un mouvement ¬ę vers ¬Ľ.

    Références

    1. Prononciation en russe retranscrite selon la norme API.
    2. "–ě—Ü–Ķ–Ĺ–ļ–į —á–ł—Ā–Ľ–Ķ–Ĺ–Ĺ–ĺ—Ā—ā–ł –Ņ–ĺ—Ā—ā–ĺ—Ź–Ĺ–Ĺ–ĺ–≥–ĺ –Ĺ–į—Ā–Ķ–Ľ–Ķ–Ĺ–ł—Ź –Ņ–ĺ —Ā—É–Ī—ä–Ķ–ļ—ā–į–ľ –†–ĺ—Ā—Ā–ł–Ļ—Ā–ļ–ĺ–Ļ –§–Ķ–ī–Ķ—Ä–į—Ü–ł–ł". Federal State Statistics Service. Retrieved September 1, 2022.
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    Voir aussi

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