AccueilđŸ‡«đŸ‡·Chercher

Turquie

La Turquie, en forme longue la rĂ©publique de Turquie, en turc : TĂŒrkiye et TĂŒrkiye Cumhuriyeti , est un pays transcontinental situĂ© aux confins de l'Asie et de l'Europe. Elle a des frontiĂšres avec la GrĂšce et la Bulgarie Ă  l'ouest-nord-ouest, la GĂ©orgie et l'ArmĂ©nie Ă  l'est-nord-est, l'AzerbaĂŻdjan (Nakhitchevan) et l'Iran Ă  l'est, l'Irak (Gouvernement rĂ©gional du Kurdistan) et la Syrie Ă  l'est-sud-est. Il s'agit d'une rĂ©publique Ă  rĂ©gime prĂ©sidentiel dont la langue officielle est le turc. Sa capitale officielle est Ankara depuis le 13 octobre 1923. La Turquie est bordĂ©e au nord par la mer Noire, Ă  l'ouest par la mer ÉgĂ©e et au sud-ouest par la partie orientale de la mer MĂ©diterranĂ©e : le bassin Levantin. La Thrace orientale (Europe) et l'Anatolie (Asie) sont sĂ©parĂ©es par la mer de Marmara.

RĂ©publique de Turquie

(tr) TĂŒrkiye Cumhuriyeti

Devise en turc : Yurtta sulh, cihanda sulh (« Paix dans le pays, paix dans le monde »), non officielle
Hymne en turc : Ä°stiklĂąl MarĆŸÄ± (« Hymne de l’indĂ©pendance »)
FĂȘte nationale 29 octobre
· ÉvĂ©nement commĂ©morĂ©
Proclamation de la RĂ©publique ()
Description de l'image Turkey (orthographic projection).svg.
Description de l'image Carte de la Turquie FR.png.
GĂ©ographie
Plus grande ville Istanbul
Superficie totale 783 562 km2
(classé 37e)
Superficie en eau 1,3 %
Fuseau horaire UTC +3
DĂ©mographie
Gentilé Turc, Turque
Population totale (2022[2]) 85 279 553 hab.
(classé 18e)
DensitĂ© 110 hab./km2
Économie
PIB nominal (2022) en augmentation 905,501 milliards de $
+ 12,14 % (20e)
PIB (PPA) (2022) en augmentation 3 320 milliards de $
+ 10,95 % (11e)
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 10 655 $
+ 11,7 % (77e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en augmentation 38 760 $
+ 11,12 % (46e)
Taux de chĂŽmage (2021) 12 % de la pop. active
- 8,4 %
Dette publique brute (2022) Nominale :
4 952,367 milliards de livres turques
+ 66,22 %
Relative :
43,692 % du PIB
+ 4,91 %
Monnaie Livre turque
(TĂŒrk Lirası, TL) (TRY​)
DĂ©veloppement
IDH (2021) en augmentation 0,838[3] (trÚs élevé ; 48e)
IDHI (2021) en augmentation 0,717[3] (48e)
Coefficient de Gini (2019) en stagnation 41,9 %[4]
Indice d'inégalité de genre (2021) 0,272[3] (65e)
Indice de performance environnementale (2022) en augmentation 26,3[5] (172e)

Les détroits du Bosphore (à l'est-nord-est) et des Dardanelles (à l'ouest-sud-ouest) relient respectivement cette mer à la mer Noire et à la Méditerranée. Ces deux bras de mer forment ce qu'on appelle les Détroits.

La Turquie possĂšde une partie de son territoire en Europe par la Thrace orientale (qui Ă©quivaut Ă  3 % de sa surface territoriale mais qui reprĂ©sente 14 % de sa population, soit plus de 10 millions de personnes[6]). Par sa localisation gĂ©ographique, pays d'Asie avec une petite portion sur l'Europe, au carrefour des axes Russie — MĂ©diterranĂ©e et Balkans — Moyen-Orient, sur l'antique route de la soie, aujourd'hui sur le tracĂ© d'olĂ©oducs d'importance stratĂ©gique, cette rĂ©gion a toujours Ă©tĂ© un carrefour d'Ă©changes Ă©conomiques, culturels et religieux. Elle a fait le lien entre l'Orient et l'Occident, d'oĂč sa position gĂ©ostratĂ©gique de premier plan qui se renforce au vu des Ă©vĂšnements politiques qui secouent tant le Moyen-Orient que le marchĂ© des hydrocarbures ou les tensions liĂ©es au problĂšme de l'eau.

La Turquie moderne, fondĂ©e sous l'impulsion de Mustafa Kemal AtatĂŒrk en 1923 sur les ruines de l'Empire ottoman, dĂ©fait Ă  la suite de la PremiĂšre Guerre mondiale et entachĂ© par les gĂ©nocides armĂ©nien, assyrien et grec pontique, est une rĂ©publique parlementaire, laĂŻque, unitaire et constitutionnelle. Depuis 1945, elle n'a eu de cesse de se rapprocher de l'Occident en se joignant, par exemple, Ă  des organisations de coopĂ©ration : l'OTAN, l'OCDE, l'OSCE, le Conseil de l'Europe ou le G20.

La Turquie est officiellement candidate depuis 1963 Ă  l'entrĂ©e dans la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (CEE), l'actuelle Union europĂ©enne (UE), avec qui elle a conclu un accord d’union douaniĂšre en 1995, en vigueur depuis 1996. Les nĂ©gociations pour l'entrĂ©e de la Turquie dans l'UE sont officiellement en cours depuis 2005. ParallĂšlement, la Turquie a su conserver des liens privilĂ©giĂ©s avec les pays Ă  population majoritairement musulmane comme elle, ainsi qu'avec le Moyen-Orient et l'Asie centrale en participant notamment Ă  l'Organisation de la coopĂ©ration islamique, l'Organisation de coopĂ©ration Ă©conomique, et l'Organisation des États turciques.

Étymologie

La « Turquie » se dit TĂŒrkiye en turc. Ce nom peut ĂȘtre divisĂ© en deux composants : l'ethnonyme TĂŒrk, et le suffixe -iye, signifiant « possesseur », « pays de » ou « de la mĂȘme famille que » (dĂ©rivĂ© du suffixe arabe -iyya, similaire aux suffixes grec et latin -ia). Le premier usage enregistrĂ© du terme TĂŒrk ou TĂŒrĂŒk comme auto-dĂ©nomination se trouve dans les inscriptions en Orkhon des GöktĂŒrks (Turcs bleus, c'est-Ă -dire « cĂ©lestes » en turc) d'Asie centrale (env. VIIIe siĂšcle apr. J.-C.). Tu-kin est enregistrĂ© depuis 177 av. J.-C. comme nom donnĂ© par les Chinois aux gens vivant au sud des montagnes AltaĂŻ d'Asie centrale.

Le mot français « Turquie » vient du latin mĂ©diĂ©val Turquia ou Turchia (env. 1369), de Turcus (turc), qui vient lui-mĂȘme du grec byzantin Î€ÎżáżŠÏÎșÎżÏ‚, issu du perse et de l'arabe ŰȘŰ±Ùƒ.

Le , sur demande de la mission permanente de Turquie, l’ONU adopte le nom local « TĂŒrkiye » en français et dans les autres langues officielles[7] - [8]. Le nom est Ă©galement adoptĂ© en français par l’Organisation internationale de normalisation[9].

Histoire

Préhistoire, Protohistoire et Antiquité

La péninsule anatolienne (ou Asie Mineure), qui représente aujourd'hui 97 % de la Turquie moderne, compte parmi les régions du globe qui ont continuellement été habitées tout au long de l'histoire de l'humanité.

Les premiĂšres implantations comme celles de ÇatalhöyĂŒk, ÇayönĂŒ, Hacılar, Göbekli Tepe et Mersin comptent parmi les plus anciennes au monde. Le toponyme turc Göbekli Tepe se traduit en français par « la colline au nombril », en rĂ©fĂ©rence Ă  sa forme. Sur ce site repose le plus ancien temple de pierre jamais dĂ©couvert (datation estimĂ©e entre 11 500 et 10 000 avant le prĂ©sent).

L'agglomĂ©ration de Çatal HöyĂŒk situĂ©e dans la plaine de Konya, en Anatolie centrale, sur les bords de la riviĂšre ÇarƟamba, est l'un des plus grands sites du NĂ©olithique du Proche-Orient. Il fut fondĂ© vers 7000 av. J.-C. et devint un centre important seulement entre 6500 et 5700 av. J.-C.

Le premier empire à émerger en Anatolie a sans nul doute été l'Empire hittite, du XVIIIe au XIIIe siÚcle av. J.-C. Par la suite, les Phrygiens, un autre peuple indo-européen, ont gouverné ces terres jusqu'à leur anéantissement par les Cimmériens au VIIe siÚcle av. J.-C. D'autres peuples indo-européens se sont succédé en Anatolie, dont les Lydiens et les Lyciens.

Vers 1200 av. J.-C., les Grecs Ă©oliens et ioniens dominent la cĂŽte ouest de l'Anatolie. Puis l'Empire perse achĂ©mĂ©nide envahit toute l'Asie Mineure aux VIe et Ve siĂšcles av. J.-C.. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand, commençant ses grandes conquĂȘtes, envahit l'Anatolie, qui se divise aprĂšs sa mort en royaumes hellĂ©nistiques comme ceux de Bithynie, de Cappadoce, de Pergame ou du Pont.

Ces derniers sont submergĂ©s par la conquĂȘte romaine. En 324 apr. J.-C., l'empereur romain Constantin Ier choisit Byzance comme nouvelle capitale de l'Empire. Sous le nom de Constantinople, elle devient la nouvelle Rome.

Empire seldjoukide et premiers Turcs d'Anatolie

Les Turcs, peuple nomade originaire des plaines de Mongolie Ă  celles de l'Asie centrale, ont connu un vaste et continu mouvement d'Ă©migration vers l'ouest du continent asiatique. OrganisĂ©s en tribus et en fĂ©dĂ©rations de tribus non exclusivement turques, ils ont constituĂ© au cours du temps des royaumes (comme celui des GöktĂŒrk ou Turcs cĂ©lestes) plus ou moins vastes et plus ou moins durables. La premiĂšre fois que l'histoire retient le nom des Turcs au Moyen-Orient, c'est en tant que mercenaires du califat abbasside, qu'ils dirigent de fait dĂšs le Xe siĂšcle. Les Seldjoukides, des Turcs oghouzes, fondent un empire qui s'Ă©tend des plaines d'Asie centrale jusqu'Ă  l'Anatolie. Les invasions mongoles de Gengis Khan ruinent l'Empire seldjoukide, dĂ©jĂ  mis Ă  mal par les croisades et des luttes internes.

Empire ottoman (1299 Ă  1923)

Carte des conquĂȘtes de l'Empire ottoman jusqu'en 1683.

En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de MocadÚne. Cet événement est considéré comme le début de l'Empire ottoman. DÚs lors, l'Empire ne va cesser d'accroßtre son territoire et il atteint son apogée au XVIe siÚcle sous le rÚgne de Soliman le Magnifique[10].

Les Balkans sont conquis dÚs la fin du XIVe siÚcle et la Serbie est entiÚrement annexée en 1459. 1453 voit la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. C'est la fin de l'Empire byzantin.

C'est à cette époque que de nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l'islam pour ne pas payer le haraç (impÎt sur les non-musulmans) et deviennent ottomans.

Au XVIe siĂšcle, l'Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique europĂ©en oĂč il est un alliĂ© traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourg dĂšs le rĂšgne de François Ier. La dĂ©faite de l'Empire Ă  la bataille de LĂ©pante en 1571 porte un premier coup Ă  la puissance ottomane.

L'Empire dĂ©cline Ă  partir du XVIIe siĂšcle. La dĂ©faite Ă  la bataille de Vienne de 1683 marque le dĂ©but du dĂ©clin effectif et des premiĂšres pertes territoriales. Au XIXe siĂšcle, l'Empire dĂ©sagrĂ©gĂ© tente de se reconstruire en se modernisant par de nombreuses rĂ©formes. Mais cette pĂ©riode de rĂ©formes, appelĂ©e Tanzimat, s'achĂšvera en 1876 sans empĂȘcher la perte de l'Égypte, aprĂšs celle de la GrĂšce, et de l'AlgĂ©rie des annĂ©es bien avant. Au cours du siĂšcle, ce sont les Balkans qui retrouvent leur libertĂ©. Dans le mĂȘme temps, les populations armĂ©niennes se rĂ©voltant pour obtenir davantage de droits et de libertĂ©s deviennent un vĂ©ritable problĂšme au sein de l'Empire. Le sultan AbdĂŒlhamid II ordonne de les massacrer entre 1894 et 1896. Les massacres hamidiens font 200 000 victimes armĂ©niennes[11].

En 1912, à l'issue de la guerre italo-turque, l'Empire ottoman perd la Tripolitaine et la Cyrénaïque (Libye) ainsi que Rhodes.

En 1913, la dĂ©faite de la PremiĂšre guerre balkanique amĂšne les Jeunes-Turcs (Parti Union et ProgrĂšs) au pouvoir. À l'instigation de ceux-ci, l'Empire ottoman entre en guerre en 1914 aux cĂŽtĂ©s de l'Allemagne et ses alliĂ©s.

En 1915, face aux menaces russe (campagne du Caucase) et franco-britannique (dĂ©barquement des Dardanelles), le noyau dur du parti, et notamment Talaat Pacha, met en place et organise, entre 1915 et 1917, le gĂ©nocide armĂ©nien qui coĂ»te la vie, selon une majoritĂ© d'historiens, Ă  1,2 million d'ArmĂ©niens d'Anatolie et du haut-plateau armĂ©nien[12], soit les deux tiers de la population armĂ©nienne locale, sans que les puissances occidentales interviennent. Le gĂ©nocide armĂ©nien est parfois qualifiĂ© de « premier gĂ©nocide du XXe siĂšcle »[13].

Le palais de Topkapı est un palais d'Istanbul, en Turquie. De 1465 à 1853, il est la résidence de ville, principale et officielle, du sultan ottoman.

Le 13 octobre 1918, les dirigeants Jeunes-Turcs sont écartés du pouvoir. L'armistice de Moudros signé le 30 octobre avalise la défaite militaire de l'Empire ottoman et son démembrement. Le 12 novembre, les troupes britanniques, françaises et italiennes entament l'occupation de Constantinople (1918-1923).

Guerre d'indépendance (1919-1923) : fin de l'Empire et traité de Lausanne

Le , mettant officiellement un terme Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale, le traitĂ© de SĂšvres partage l’Empire ottoman ; il prĂ©voit un Kurdistan autonome et une ArmĂ©nie indĂ©pendante, attribue la Thrace orientale et la rĂ©gion de la mer ÉgĂ©e Ă  la GrĂšce et met les territoires arabes sous contrĂŽle de la France et du Royaume-Uni.

Entre 1920 et 1923, Mustafa Kemal AtatĂŒrk mĂšne la guerre rĂ©publicaine destinĂ©e Ă  rĂ©cupĂ©rer une grande partie des territoires perdus par le traitĂ© de SĂšvres.

La déposition de Mehmed VI, dernier sultan ottoman et avant-dernier calife du monde musulman, intervient le 1er novembre 1922.

Le , le traitĂ© de Lausanne annule le traitĂ© de SĂšvres en attribuant toute l’Anatolie et la Thrace orientale Ă  la Turquie. La minoritĂ© grecque de Turquie fait l'objet d'un Ă©change de populations avec la minoritĂ© turque de GrĂšce (1,6 million de Grecs d'Anatolie contre 385 000 musulmans de GrĂšce). Toutefois, sont exclus de l'Ă©change de populations les habitants grecs de Constantinople et des Ăźles de Imbros et Tenedos, ainsi que les habitants musulmans de la Thrace occidentale[14] ; les derniers ArmĂ©niens sont chassĂ©s, sauf Ă  Istanbul.

Le est instituée à Ankara la Turquie moderne, républicaine et indépendante.

RĂ©publique de Turquie (depuis 1923)

La rĂ©volution kĂ©maliste parachĂšve le mouvement initiĂ© par les Jeunes-Turcs Ă  travers la crĂ©ation d'un État unitaire, la rĂ©publique de Turquie. Le mouvement rĂ©volutionnaire prend racine en Anatolie, y compris dans les parties occupĂ©es par la GrĂšce, la France ou l'Italie[15]. Il redĂ©finit l'identitĂ© nationale turque et rĂ©duit la dimension religieuse Ă  un islam sunnite Ă©troitement contrĂŽlĂ© et rĂ©gulĂ© par l'État. Des communautĂ©s musulmanes non sunnites comme les alevi bektachi[16] ou non turciques comme les Lazes et les Kurdes[17] jouent un rĂŽle de premier plan lors de la guerre d'indĂ©pendance. Toutefois, les diffĂ©rents partis politiques qui se succĂ©deront Ă  la tĂȘte de l'État n'intĂšgreront pas le caractĂšre pluriel de la rĂ©volution turque dans les textes fondateurs du nouvel État. En revanche, pour rĂ©compenser leur rĂŽle actif lors de la guerre d'indĂ©pendance, Mustafa Kemal AtatĂŒrk accordera aux femmes turques le droit de vote et d'Ă©ligibilitĂ© en 1930, pour les Ă©lections municipales, et en 1934 pour les Ă©lections lĂ©gislatives[18].

Révolution kémaliste et parti unique

Mustafa Kemal AtatĂŒrk, fondateur et premier prĂ©sident de la RĂ©publique.

Le , le parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti rĂ©publicain du peuple) est crĂ©Ă©. C'est le dĂ©but des rĂ©formes kĂ©malistes. Le , Ankara devient la nouvelle capitale en remplacement d'Istanbul[19]. Le , la Grande AssemblĂ©e nationale de Turquie proclame la RĂ©publique avec Ă  sa tĂȘte Mustafa Kemal Pacha (AtatĂŒrk) qui devient ainsi le premier prĂ©sident de la RĂ©publique. En 1924, une nouvelle constitution est adoptĂ©e. Le califat est aboli, les 144 membres de la famille impĂ©riale (la dynastie ottomane) sont dĂ©chus de leur nationalitĂ© et expulsĂ©s du pays.

En 1925, la rĂ©volte kurde menĂ©e par Cheikh SaĂŻd et soutenue par les Britanniques, est rĂ©primĂ©e. Ä°smet Ä°nönĂŒ est nommĂ© Premier ministre.

En 1926, les codes civil et pĂ©nal sont adoptĂ©s, la polygamie est interdite, le mariage civil est instaurĂ© comme seul type de mariage reconnu par l'État. En 1928, l'alphabet latin est adoptĂ©. L'Ă©cole primaire devient gratuite et obligatoire. La rĂ©fĂ©rence Ă  l'islam comme religion officielle dans la constitution est supprimĂ©e.

Mustafa Kemal AtatĂŒrk (centre) avec Ali Fethi Okyar (Ă  sa gauche, fondateur du Parti libre de la RĂ©publique) et la fille de Okyar, Nermin Hanım (Nermin Kırdar, Ă  sa droite) Ă  Yalova, .

En 1930, AtatĂŒrk a demandĂ© Ă  son ami proche, camarade et collĂšgue Ali Fethi Okyar d'Ă©tablir un parti d'opposition, afin de commencer la dĂ©mocratie multipartite en Turquie. Le , Okyar crĂ©e le Serbest Cumhuriyet Fırkası (Parti libre de la RĂ©publique). Toutefois, le parti est bientĂŽt dominĂ© par les opposants islamistes aux rĂ©formes d'AtatĂŒrk, en particulier en ce qui concerne la laĂŻcitĂ©. Le , Okyar dĂ©cide de dissoudre ce parti : il pense que les rĂ©formes kĂ©malistes ont besoin de plus de temps pour ĂȘtre consolidĂ©es pleinement avant de se confronter Ă  un parti d'opposition.

En 1930, les femmes turques obtiennent le droit de vote et d'éligibilité pour les élections municipales, et en 1934 pour les élections législatives. 18 femmes parlementaires sont élues au Parlement turc lors des élections législatives de 1935[18].

Depuis le , l'appel à la priÚre, récité cinq fois par jour à partir des minarets, est fait en turc (tr) en remplacement de l'arabe (cette mesure a été modifiée pour revenir à l'arabe le ). Porter l'habit religieux en dehors des lieux de culte est interdit. Le port de costumes et chapeaux de style occidental moderne est rendu obligatoire par des lois et rÚglements.

En 1934, une loi (Soyadı Kanunu, « loi sur les noms de famille ») est adoptĂ©e obligeant les Turcs Ă  prendre des noms de famille : le Parlement turc accorde Ă  Mustafa Kemal Pacha le nom de famille honorifique d'AtatĂŒrk (« PĂšre des Turcs »).

Édouard VIII et AtatĂŒrk Ă  Istanbul le .

En 1935, le dimanche est adoptĂ© comme jour de repos hebdomadaire en remplacement du vendredi. En 1936, la convention de Montreux rĂ©tablit la souverainetĂ© totale de la Turquie sur les dĂ©troits turcs. En 1937, via un amendement constitutionnel, la Turquie est officiellement dĂ©finie comme un État laĂŻque.

En 1938, environ 40 000 Zazas (kurdophones de confession alĂ©vie) sont tuĂ©s dans la rĂ©volte de Dersim. Le 10 novembre 1938, Mustafa Kemal AtatĂŒrk meurt. Le nouveau prĂ©sident, dĂ©signĂ© par le parlement, est Ä°smet Ä°nönĂŒ.

En 1939, la France s'assure de la neutralité de la Turquie en lui cédant le sandjak d'Alexandrette, d'abord déclaré indépendant puis annexé. En 1941, un pacte de non-agression est signé avec le TroisiÚme Reich. En 1945, la Turquie s'engage finalement dans la Seconde Guerre mondiale contre l'Allemagne, deux mois avant la capitulation de celle-ci. Elle devient l'un des 51 membres fondateurs de l'ONU. En 1945, le systÚme de parti unique prend fin.

Post-kemalisme et multipartisme

Roosevelt, Ä°nönĂŒ et Churchill. Seconde confĂ©rence du Caire, 4-6 dĂ©cembre 1943.
La Turquie est un membre fondateur de l'OCDE (1961) et du Groupe des vingt (1999).
Istanbul, historiquement connue sous le nom de Byzance et plus tard sous le nom de Constantinople, est la plus grande ville de Turquie et l'ancienne capitale impériale du pays jusqu'en 1923.
Le Pont du Bosphore (1973) à Istanbul est le plus ancien des trois ponts suspendus et deux tunnels souterrains qui traversent le détroit du Bosphore et relient les cÎtés européen et asiatique de la ville.
Ankara est la capitale de la Turquie depuis le 6 octobre 1923 et la deuxiĂšme ville du pays, aprĂšs Istanbul.

L'aprĂšs-guerre et les dĂ©cennies qui suivent se caractĂ©risent par un lent abandon des principes de Mustafa Kemal, le retour graduel et de maniĂšre lĂ©gale des forces religieuses qui peu Ă  peu rĂ©investissent l’espace public. Ce mouvement gĂ©nĂ©ral n'Ă©tant freinĂ© que par les coups d'État successifs de l’armĂ©e (27 mai 1960, 12 mars 1971, 12 dĂ©cembre 1980, et 28 fĂ©vrier 1997), qui se pose comme la gardienne des valeurs kĂ©malistes et la garante des principes fondateurs de la rĂ©publique[20].

En 1946, le Demokrat Parti (DP) est crĂ©Ă© par Celal Bayar, opposant de longue date d'Ä°nönĂŒ. En 1947, la Turquie bĂ©nĂ©ficie du plan Marshall (225 millions de $).

Le 14 mai 1950, le Demokrat Parti (DP) gagne les élections législatives. Adnan Menderes devient Premier ministre et Celùl Bayar président de la République. Voulant asseoir sa popularité, le parti adopte dÚs le départ une ligne clairement favorable à l'islam.

De nombreuses interdictions religieuses datant d'AtatĂŒrk sont abandonnĂ©es. L'appel Ă  la priĂšre est de nouveau rĂ©citĂ© en arabe.

Un processus de libĂ©ralisation Ă©conomique, avec la diminution du poids de l'État est mis en place. Le nouveau gouvernement engage un plan de dĂ©veloppement Ă©conomique important des provinces rurales. Le DP favorise l'accroissement de la mĂ©canisation agricole (le nombre de tracteurs passant de 1 000 en 1950 Ă  42 000 en 1960), la hausse des crĂ©dits Ă  la culture de cĂ©rĂ©ales (blĂ©, mais
). Cette politique, couplĂ©e Ă  la rhĂ©torique islamique du DP assoit sa popularitĂ© dans le monde rural turc (80 % de la population). Mais elle se traduit par la coupure des crĂ©dits Ă  l'industrie (exportatrice), un dĂ©ficit public Ă©levĂ©, un gonflement important de la dette, des dĂ©ficits de la balance des paiements et une forte inflation, masquĂ©e par l'aide amĂ©ricaine. Le parti remporte les Ă©lections de 1954 et 1957 et reste au pouvoir jusqu'au coup d'État de 1960.

Le , la Turquie devient membre de l'OTAN.

En 1952, le journaliste pro-kémaliste Ahmet Emin Yalman a survécu à une tentative d'assassinat par une organisation religieuse clandestine. Le DP, alors au pouvoir, prend des mesures pour lutter contre les mouvements islamistes.

En 1953, le gouvernement dissout de nombreuses organisations et associations religieuses.

Les et , la communauté grecque orthodoxe d'Istanbul est attaquée et ses biens sont pillés.

En 1955, le pays connaßt une grave crise économique, liée à la faible industrialisation du pays et à la fin des crédits américains. Le gouvernement Menderes engage une politique de rigueur budgétaire, couplée à une remise en cause des libertés fondamentales.

Le , un coup d'État militaire a lieu. Le parti DP est dissous et l'État d'urgence instaurĂ©. Adnan Menderes et deux autres figures importantes du Demokrat Parti sont jugĂ©s par un tribunal spĂ©cial et pendus pour haute trahison en .

En 1961, une nouvelle constitution est adoptĂ©e par rĂ©fĂ©rendum avec 67 % de pour. Bien plus dĂ©mocratique que la premiĂšre, elle instaure un Conseil de sĂ©curitĂ© nationale (MGK) qui conforte le rĂŽle politique de l'armĂ©e. Le Cumhuriyet Halk Partisi arrive au pouvoir. Ä°smet Ä°nönĂŒ redevient Premier ministre, tandis que le chef des putschistes, Cemal GĂŒrsel, est Ă©lu quatriĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique.

Le 11 février 1961 est créé le Parti de la Justice (PJ), qui succÚde au Demokrat parti (DP).

Le , une tentative de coup d'État est menĂ©e par le colonel Talat Aydemir. Le putsch a avortĂ© sans faire de victimes par la rĂ©sistance Ă©nergique du Premier ministre Ä°nönĂŒ. Aydemir s'est rendu Ă  condition de ne pas ĂȘtre jugĂ©. Le , une seconde tentative de coup d'État est menĂ©e par le colonel Talat Aydemir. Des accrochages ont eu lieu dans les rues d'Ankara entre les forces d'Aydemir et celles restĂ©es fidĂšles au gouvernement, faisant 8 morts. Talat Aydemir s'est finalement rendu. Il est jugĂ© et condamnĂ© Ă  mort en 1964.

En décembre 1963, la premiÚre crise chypriote a lieu.

En 1965, le Adalet Partisi (PJ) gagne les Ă©lections lĂ©gislatives avec 52,87 % des voix. SĂŒleyman Demirel est nommĂ© Premier ministre. Il poursuit la politique du « retour Ă  l'islam » du DP. On notera le dĂ©veloppement des premiers mouvements islamistes (alors qu'ils Ă©taient absents en 1950) dont le PJ devra tenir compte pour espĂ©rer conserver le pouvoir.

En 1966, Cevdet Sunay devient le cinquiÚme président de la République.

La mĂȘme annĂ©e, le Parti de la Justice voit apparaitre en son sein une fraction de dĂ©putĂ©s et de militants politiques (Ă  laquelle appartient le futur dirigeant islamiste Necmettin Erbakan) rĂ©clamant une politique beaucoup plus orientĂ© vers l'islam.

En 1969, la Turquie adhÚre à l'Organisation de la coopération islamique. Sous l'impulsion de Mustapha Kemal, la Turquie avait quitté la conférence de La Mecque en 1926, estimant que sa participation à une conférence islamique était contraire à son esprit laïque.

En 1970, une crise Ă©conomique a lieu avec un climat de violence et des attentats d’extrĂȘme gauche.

Le , SĂŒleyman Demirel dĂ©missionne Ă  la suite d'une dĂ©claration musclĂ©e de l'État-major. Les mouvements de gauche connaissent une rĂ©pression violente. La libertĂ© de la presse et des droits syndicaux sont limitĂ©es. Le Parlement reste en fonction et des gouvernements technocrates sont formĂ©s par des hommes politiques « indĂ©pendants », proches de l'État-major.

En 1973, Fahri KorutĂŒrk est Ă©lu le sixiĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique. Les Ă©lections lĂ©gislatives sont remportĂ©es par le Cumhuriyet Halk Partisi de BĂŒlent Ecevit qui devient Premier ministre.

Le , le pont du Bosphore est inauguré.

Le , l'opĂ©ration Attila dĂ©bute. À la suite d'un coup d'État des nationalistes grecs contre le gouvernement chypriote en place visant Ă  rattacher l'Ăźle Ă  la GrĂšce, et en s'appuyant sur le traitĂ© de garantie de la Constitution de 1960, la Turquie intervient militairement Ă  Chypre, et occupe le Nord de l'Ăźle en deux jours. Cette rapide victoire de l'armĂ©e turque aboutira Ă  la division de l'Ăźle et Ă  la chute de la dictature des colonels en GrĂšce. Un embargo militaire amĂ©ricain est mis en place.

En 1975, les premiers attentats terroristes de l’ArmĂ©e secrĂšte armĂ©nienne de libĂ©ration de l'ArmĂ©nie ont lieu. Jusqu’en 1997, 120 attentats et 22 assassinats contre des diplomates turcs seront perpĂ©trĂ©s par l'ASALA qui cherche par lĂ  Ă  forcer le gouvernement turc Ă  reconnaĂźtre le gĂ©nocide armĂ©nien — et, Ă  dĂ©faut, attirer l'attention internationale sur la question armĂ©nienne. Au total, le bilan des attentats imputĂ©s Ă  l'ASALA est de 46 morts et 299 blessĂ©s.

En 1977, le dĂ©filĂ© traditionnel du 1er mai est attaquĂ© par des militants de l'extrĂȘme-droite, faisant 27 morts. Ce carnage marque le dĂ©but d'une quasi-guerre civile entre les fractions de gauche et de droite qui feront plus de 5 000 morts jusqu'en 1980.

Le , 111 citoyens alevis sont tuĂ©s durant le massacre de MaraƟ.

De mai Ă  juillet 1980, 57 militants de gauche principalement alevis sont tuĂ©s durant le massacre de Çorum. En mai 1980, une grĂšve gĂ©nĂ©rale proteste contre les violences de l'extrĂȘme droite.

La Turquie est confrontée à un chaos sécuritaire et économique tel que le haut état-major se prépare à faire de nouveau intervenir l'armée pour garantir la sécurité du pays.

Le , un coup d’État militaire entraĂźne l'arrestation de 250 000 personnes ainsi que la dissolution du parlement et l'interdiction des partis politiques. Le chef d'Ă©tat-major Kenan Evren devient prĂ©sident de la RĂ©publique[21].

En novembre 1982, une nouvelle constitution rédigée par les militaires est adoptée par référendum ; les anciens partis restent interdits. L'armée rend progressivement le pouvoir aux civils, introduit l'instruction religieuse primaire obligatoire[21], mais renforce son contrÎle politique sur le gouvernement et le parlement par le biais du Conseil de sécurité nationale (MKG).

En décembre 1982, une crise financiÚre a lieu ; des dizaines de milliers d'épargnants perdent leurs économies.

Le , la république turque de Chypre du Nord est créée, mais elle est uniquement reconnue par la Turquie.

Retour au régime civil

En dĂ©cembre 1983 : retour au rĂ©gime civil. L'Anavatan Partisi, nouvellement crĂ©Ă©, gagne les Ă©lections lĂ©gislatives et Turgut Özal est nommĂ© Premier ministre. Eu lieu un virage nĂ©o-libĂ©ral (vague de privatisations).

Le , l'avortement est légalisé.

Le , la guĂ©rilla menĂ©e par le PKK d’Abdullah Öcalan dĂ©bute. Les affrontements avec les forces gouvernementales qui s'ensuivent feront plus de 42 000 morts jusqu’en 2010 et de trĂšs nombreux dĂ©placĂ©s.

Le , une fusillade a lieu dans la synagogue Névé-Shalom à Istanbul, perpétrée par des terroristes palestiniens, elle fait 22 morts.

Le , une tentative d'assassinat est perpĂ©trĂ©e contre le Premier ministre Turgut Özal lors du congrĂšs de son parti. Il est lĂ©gĂšrement blessĂ©. Le tireur, Kartal Demirağ, un ultra-nationaliste, affirme avoir agi seul.

En 1989, Turgut Özal est Ă©lu prĂ©sident par le Parlement. Yıldırım Akbulut est nommĂ© Premier ministre.

En 1990, les premiĂšres diffusions radiotĂ©lĂ©visĂ©es privĂ©es dĂ©butent. Le monopole de l'État sur l'audiovisuel ne sera levĂ© officiellement qu'en 1993.

En 1991, Mesut Yılmaz (ANAP) devient Premier ministre. En 1991, SĂŒleyman Demirel, est nommĂ© Premier ministre Ă  la suite des Ă©lections lĂ©gislatives du .

Le , le prĂ©sident Turgut Özal meurt, il est remplacĂ© par SĂŒleyman Demirel, qui devient ainsi le neuviĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique.

Tansu Çiller est une Ă©conomiste et femme d'État turque. Elle est la premiĂšre et la seule femme Ă  avoir exercĂ© la charge de Premier ministre dans ce pays.

En juin 1993, Tansu Çiller (Doğru Yol Partisi) est la premiùre femme à occuper le poste de Premier ministre.

Montée des mouvements islamistes et premier gouvernement

En 1990, une vague d'assassinats politiques attribuĂ©s aux islamistes touche l'universitaire Muammer Aksoy (le 31 janvier), le rĂ©dacteur en chef du journal HĂŒrriyet Çetin Emeç (le 7 mars), l'essayiste Turan Dursun (le 4 septembre) et l'universitaire et dĂ©putĂ©e Bahriye Üçok (le 6 octobre).

Le , Uğur Mumcu, chroniqueur du journal Cumhuriyet, est assassinĂ©. Ses funĂ©railles se transforment en une grande manifestation en faveur de la laĂŻcitĂ©. Le , 37 intellectuels alĂ©vis meurent dans l'incendie criminel de l'hĂŽtel Madımak Ă  Sivas, attribuĂ© aux islamistes.

Le , les Ă©lections municipales sont massivement remportĂ©es par les islamistes du Parti du Bien-Être (Refah Partisi, crĂ©Ă© en 1983). Recep Tayyip Erdoğan devient le premier maire islamiste d'Istanbul.

Le , des émeutes dans la banlieue défavorisée de Gazi à Istanbul, majoritairement alévi, font 17 morts.

En dĂ©cembre 1995, des Ă©lections lĂ©gislatives ont lieu, le parti islamiste du bien-ĂȘtre sort vainqueur. En juillet 1996, un gouvernement islamiste du chef du RP Necmettin Erbakan est mis en place. Il est poussĂ© Ă  dĂ©missionner 11 mois plus tard, en juin 1997, sous la pression de l'armĂ©e et de la sociĂ©tĂ© civile (mĂ©dias, milieux d'affaires et universitĂ©s). Mesut Yılmaz redevient Premier ministre.

Gouvernements de coalition

En octobre 1998, des pressions politico-militaires sont faites sur la Syrie pour forcer cette derniĂšre Ă  extrader Abdullah Öcalan, le chef du PKK. Damas rĂ©siste, mais sous la pression de la communautĂ© internationale, elle accepte finalement de l'expulser. Öcalan se rend d'abord en Russie, puis en Italie via la GrĂšce.

En janvier 1999, BĂŒlent Ecevit est nommĂ© Premier ministre d'un gouvernement minoritaire. En fĂ©vrier 1999, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, est arrĂȘtĂ© au Kenya. Il est jugĂ© et condamnĂ© Ă  mort en , mais sa peine est commuĂ©e en prison Ă  vie lors de l'abolition de la peine capitale quelques annĂ©es plus tard.

En mai 1999, les Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es voient le DSP (parti d'Ecevit) en sortir vainqueur. BĂŒlent Ecevit devient Premier ministre d'une coalition rassemblant la gauche (DSP), le centre-droit (ANAP) et l'extrĂȘme-droite nationaliste (MHP).

Le , un tremblement de terre dĂ©vastateur au nord-ouest du pays fait 17 000 morts.

Le : Ahmet Necdet Sezer devient le dixiÚme président de la République.

En fĂ©vrier 2001, une grave crise financiĂšre induit la dĂ©valuation de 50 % de la lire turque, des centaines de milliers de gens perdent leur emploi. En 2001, Kemal DerviƟ, ministre de l'Économie, met en place d'importantes rĂ©formes Ă©conomiques, avec la mise en place de l'autonomie de la banque centrale et la recapitalisation, la restructuration ou la saisie d'Ă©tablissements financiers.

En août 2002, la peine de mort est abolie officiellement, sauf en temps de guerre (abolition totale en 2004) ; la derniÚre exécution date en fait de 1984.

Rapprochement avec l'Union européenne

En 1949, la Turquie est cooptĂ©e (en mĂȘme temps que la GrĂšce) par les membres fondateurs du Conseil de l'Europe trois mois aprĂšs la signature du traitĂ© de Londres.

En 1959, la Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE. En 1963, un accord d'association est signé entre la Turquie et la CEE.

En avril 1987, la Turquie demande son adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne. En dĂ©cembre 1989, la Commission europĂ©enne dĂ©clare la Turquie Ă©ligible Ă  la candidature, mais elle diffĂšre l'examen du dossier.

Le , l'union douaniÚre entre l'Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d'importation sur les produits venant de l'Union européenne.

En décembre 1999 : l'Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d'Helsinki et souligne la « vocation européenne » du pays, mais elle fixe à son entrée dans l'UE des conditions que la Turquie accepte.

En octobre 2010, la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir les critĂšres politiques fixĂ©s par l'Union europĂ©enne[22]. Paradoxalement, ces modifications qui s'inscrivent dans la logique occidentale minent la volontĂ© de laĂŻcisation introduite par AtatĂŒrk : la disparition du rĂŽle politique de l'armĂ©e « favorise les partis de centre droit favorables Ă  la rĂ©islamisation de la sociĂ©tĂ© turque »[23].

En dĂ©cembre 2013, un accord sur l'immigration est signĂ© entre la Turquie et l'Union europĂ©enne : la premiĂšre rĂ©cupĂ©rera dĂ©sormais les migrants illĂ©gaux arrivĂ©s en Europe par son territoire ; en Ă©change, l'Union europĂ©enne accĂšde Ă  sa demande de mettre fin aux visas exigĂ©s des ressortissants turcs pour pouvoir entrer dans l'espace Schengen, selon un calendrier de nĂ©gociations dont la durĂ©e initialement prĂ©vue est de trois ans et demi[24]. La mise en place effective de cet accord est cependant remise en doute en 2016 Ă  la suite des tensions diplomatiques apparaissant lors des purges suivant la tentative de coup d'État de juillet[25].

AKP et Erdoğan

L'arrivĂ©e au pouvoir le du parti AKP et de Recep Tayyip Erdoğan qui devient Premier ministre (en mars 2003) consacre le succĂšs de la stratĂ©gie liant libĂ©ralisme constitutionnel et Ă©conomique et valeurs traditionnelles de l'islam sunnite[20].

Cette arrivĂ©e au pouvoir des conservateurs dĂ©termine un inflĂ©chissement de la politique Ă©trangĂšre en direction du monde sunnite tout en restant un alliĂ© important des États-Unis dans la rĂ©gion. Le , le Parlement turc refuse de permettre le stationnement des troupes amĂ©ricaines sur le sol turc lors du dĂ©clenchement de la guerre en Irak. Ce repositionnement diplomatique est Ă©galement marquĂ© par l'attaque du Mavi Marmara en 2010 qui entraĂźne une sĂ©rieuse dĂ©gradation des relations entre IsraĂ«l et la Turquie[26], puis depuis 2011 face Ă  la guerre civile syrienne, par l'engagement actif d'Ankara s'efforçant de provoquer la chute du rĂ©gime alaouite de Bachar el-Assad[27] et au contraire, en 2014, son refus de s'engager dans la lutte contre l'État islamique[28].

Les 15 et 20 novembre 2003 deux attentats Ă  la voiture piĂ©gĂ©e d'Al-QaĂŻda Ă  Istanbul, sont mis en place, contre des intĂ©rĂȘts juifs et britanniques faisant 60 morts.

En 2004, la diffusion audiovisuelle des langues minoritaires est autorisĂ©e. Les premiĂšres Ă©missions en langue kurde Ă  la tĂ©lĂ©vision publique, sur la TRT, voient le jour. En 2005, une nouvelle livre turque (YTL) est introduite (1 YTL = 1 000 000 TL (3 212,072 milliards)). Le , un nouveau code pĂ©nal est adoptĂ© accordant plus de libertĂ©s individuelles et plus conforme aux exigences europĂ©ennes. Le , les nĂ©gociations d'adhĂ©sion avec l'Union europĂ©enne dĂ©butent.

Le , Hrant Dink, rĂ©dacteur en chef du journal Agos (publiĂ© Ă  Istanbul en turc et en armĂ©nien), est assassinĂ©. 200 000 personnes assistent Ă  ses funĂ©railles le 23 janvier.

En avril et , une crise politique a lieu autour de l'élection du nouveau président par l'Assemblée nationale, ce qui déclenche des élections anticipées. Malgré la fin de son mandat le 16 mai, le président Sezer garde son poste en attendant son successeur.

Le , aux Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es, l'AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de Premier ministre.

Le , Abdullah GĂŒl est Ă©lu onziĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique grĂące Ă  la majoritĂ© parlementaire de l'AKP. Le , par un amendement constitutionnel par rĂ©fĂ©rendum (70 % pour), le prĂ©sident de la RĂ©publique sera dĂ©sormais Ă©lu au suffrage universel.

Le , un amendement constitutionnel est mis en place pour supprimer l'interdiction du foulard islamique à l'université. Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle, le sur la base de l'article 2 de la Constitution, qui garantit la laïcité. Le , la Cour constitutionnelle rejette une demande d'interdiction du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, accusé d'activités anti-laïques. La Cour avait été saisie le par le procureur en chef de la Cour de cassation.

1 lire turque Ă  l'effigie de AtatĂŒrk (groupe d'Ă©missions E-9, qui est entrĂ© circulation le ).

Le des Ă©lections municipales ont lieu. L'AKP, au pouvoir, perd des voix mais reste la premiĂšre formation politique du pays.

Le , Ă  la suite de l'appel de l'ancien chef du PKK Abdullah Öcalan (emprisonnĂ© sur l'Ăźle d'Imrali en Turquie), le PKK envoie en Turquie un groupe, qu'il appelle groupe de paix composĂ© de 34 personnes (8 membres du PKK et 26 citoyens turcs d'origine kurde du camp de Mahmour en Irak) pour une rĂ©solution de la question kurde[29].

En novembre 2009 commence le procĂšs Ergenekon. Plus de 300 personnes (militaires, hommes politiques, universitaires et journalistes) pro-kĂ©malistes sont arrĂȘtĂ©es pour complot contre l'État. À partir de cette date, Recep Tayyip Erdoğan entame une politique beaucoup plus favorable Ă  l'islam (autorisation du voile dans l'administration, restriction de la consommation d'alcool, fin de la mixitĂ© Ă  l'Ă©cole, etc.)[30].

Le , la Turquie approuve par référendum une réforme de la Constitution à 57,9 % et avec une participation de 77,6 %.

Le , le Parti de la justice et du développement (AKP) remporte les élections législatives.

Le , les manifestations du parc Taksim Gezi s'opposent Ă  un projet immobilier Ă  Istanbul, soutenu fortement par le pouvoir. Le mouvement se transforme rapidement en un mouvement de contestation massif du pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan. Les rassemblements de contestation Ă  Istanbul et dans 24 villes du pays durent plus de deux mois et sont durement rĂ©primĂ©s (4 morts).

La place Taksim est une vaste place publique.

Le , Recep Tayyip Erdoğan est Ă©lu douziĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique, pour la premiĂšre fois au suffrage universel.

Lors des élections législatives de juin 2015, l'AKP perd la majorité absolue. Les tractations politiques ne permettent pas la formation d'un gouvernement. Les principaux points d'achoppement sont la mise en place d'une justice indépendante refusée par l'AKP et le rÚglement de la question kurde ignorée par le MHP.

Le l'attentat le plus meurtrier de l'histoire de la république turque fait 102 morts à Ankara et vise des militants de gauche manifestant pour la paix[31]. Les deux bombes humaines étaient affiliées à Daech. Malgré une note interne des services de sécurité, aucune mesure n'est prise par le ministÚre de l'Intérieur pour assurer le bon déroulement du meeting[32].

L'AKP retrouve la majorité absolue au parlement lors des élections législatives turques de novembre 2015.

Le , une tentative de coup d'État militaire menace le pouvoir d'Erdoğan. Celui-ci appelle ses partisans Ă  braver le couvre-feu[33]. La tentative de coup d’État est avortĂ©e. Elle aura fait au moins 290 morts dont 104 putschistes abattus, et plus de 1 440 blessĂ©s. Environ 7 500 membres des forces armĂ©es ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s[34]. S'ensuivent Ă©galement des purges visant des dizaines de milliers de personnes et, parallĂšlement, un durcissement prĂ©alable de la loi sur internet permet la poursuite du blocage de milliers de sites (dont WikipĂ©dia, Youtube, Vimeo, Twitter, Dailymotion, Blogger ou encore Wordpress).

En fĂ©vrier 2023, une sĂ©rie de sĂ©ismes affecte 14 millions de personnes, soit un sixiĂšme de la population turque[35] et fait plus de 50 000 victimes. Les dommages matĂ©riels sont Ă©normes. On recense 61 722 bĂątiments Ă  reconstruire, soit environ 270 000 appartements[36].

GĂ©ographie

Carte géographique de la Turquie.

La Turquie est situĂ©e pour sa majeure partie (97 %) en Asie (Anatolie), oĂč se trouve sa capitale Ankara, mais une petite partie du pays se trouve en Europe (3 %), la Thrace orientale.

La principale ville est Istanbul. Elle s’est auparavant appelĂ©e Byzance jusqu'en 330 puis a Ă©tĂ© renommĂ©e Constantinople par l'empereur Constantin, nom qu'elle conservera jusqu'en 1930, date Ă  laquelle Mustafa Kemal AtatĂŒrk lui donnera son nom actuel. Elle est situĂ©e Ă  cheval entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville Ă©tant sĂ©parĂ©es par le dĂ©troit du Bosphore.

GĂ©ologie et paysage du pays

La Turquie se compose de deux chaĂźnes de montagnes, les monts Taurus et la chaĂźne pontique, qui enserrent le plateau anatolien et le haut-plateau armĂ©nien. Ce sont des formations gĂ©ologiques jeunes, toujours actives, comme l'indiquent les nombreuses failles et plissements. Environ 80 % du pays se trouve dans une zone tectonique extrĂȘmement active. Le nord de la Turquie est bordĂ© par une faille trĂšs active : la faille nord-anatolienne. La Turquie possĂšde huit principaux bassins hydrographiques dont les plus importants sont ceux de l'Euphrate (Firat) et du Tigre (Dicle). Environ un quart du pays est couvert de forĂȘts — pins, Ă©picĂ©as, cĂšdres et arbres Ă  feuilles caduques.

Vue panoramique d'Istanbul, vue du Bosphore. De gauche à droite Mosquée bleue, Sainte-Sophie, Palais de Topkapı, et quartier d'affaires de Levent.

Relief

Chaßne pontique, région de la mer Noire.

Dans le Nord du pays, la chaßne pontique voit se succéder d'ouest en est le massif schisteux de l'Istranca Dai (Thrace orientale), les plateaux de Bithynie et la série des chaßnons montagneux de plus en plus élevés dominant la mer Noire. Les deltas du Kizil Irmak et du Yesil Irmak forment les deux seules plaines littorales.

Au sud, le Taurus, second grand ensemble montagneux, dessine deux grands arcs séparés par le rentrant du golfe d'Antalya et de la plaine de Pamphylie.

Taurus et chaĂźne pontique se rejoignent en Anatolie orientale, appelĂ© Ă©galement haut-plateau armĂ©nien (ArmĂ©nie occidentale) oĂč le mont Ararat (5 165 m), sur lequel l'arche de NoĂ© se serait Ă©chouĂ©e aprĂšs le DĂ©luge, constitue le point culminant du pays.

Climat

Par sa position au nord-est du Bassin méditerranéen, la Turquie appartient, globalement, au domaine climatique méditerranéen : l'hiver est doux, tandis que l'été est chaud et sec. Toutefois, la position périphérique des principaux reliefs introduit de profondes perturbations dans ce schéma. Ainsi toutes les régions intérieures sont-elles marquées par la continentalité : hivers plus froids, total de précipitations plus faible, maximum pluviométrique décalé vers le printemps. Inversement, la région pontique, abordée de plein fouet par des masses d'air humidifiées au-dessus de la mer Noire, reçoit des précipitations abondantes et réguliÚres.

Environnement

Les associations Ă©cologistes turques se mobilisent en 2013 contre la « loi de conservation de la nature et de la biodiversitĂ© » qui rendra possible des projets industriels ou d'urbanisation dans les espaces naturels s'ils rĂ©pondent Ă  un « intĂ©rĂȘt public supĂ©rieur ». Une notion floue qui « ouvre la porte Ă  toutes les dĂ©rives », selon les associations[37].

En 2013, la construction d'une soixantaine de centrales à charbon est en cours ou en projet. Selon Greenpeace, le gouvernement « ne laisse que trÚs peu de place aux projets d'énergie renouvelable » et les émissions de gaz à effet de serre sont en augmentation.

GĂ©ographie politique et historique

Provinces et régions actuelles, et régions historiques.

La Turquie a connu cinq principaux découpages régionaux successifs, chacun ayant évolué au cours du temps :

DĂ©coupage administratif actuel

La capitale de la Turquie est Ankara. Le territoire national est divisĂ© en 81 provinces (en turc : il). Les provinces sont organisĂ©es en 7 rĂ©gions (bölge) instituĂ©es pour procĂ©der au recensement national ; cependant, elles ne reprĂ©sentent pas une structure administrative. Chaque province est elle-mĂȘme dĂ©coupĂ©e en districts (ilçe), soit un total de 957 districts.

Les provinces et les arrondissements sont administrĂ©s respectivement par des prĂ©fets (vali) et des sous-prĂ©fets (kaymakam) nommĂ©s par l’État. La province est la circonscription Ă©lectorale pour l’élection des dĂ©putĂ©s au parlement. Les maires de commune (belediye baƟkanı) sont Ă©lus au suffrage universel, en mĂȘme temps que les maires de quartier ou de village (muhtar). Dans certaines grandes villes, il existe un niveau administratif regroupant plusieurs communes, la municipalitĂ© de mĂ©tropole (bĂŒyĂŒkƟehir).

Les provinces ont le mĂȘme nom que leur capitale provinciale, aussi appelĂ©e district central ; les seules exceptions sont Hatay (capitale : Antakya), Sakarya (capitale : Adapazarı) et Kocaeli (capitale : Izmit). Les provinces les plus peuplĂ©es sont Istanbul (+12,6 millions), Ankara (+4,5 millions), Izmir (+3,7 millions), Bursa (+2,5 millions), Adana (+2 millions) et Konya (+1,9 million). Dix-neuf provinces ont des populations de plus d'un million d'habitants, vingt provinces entre 500 000 et un million et seulement deux provinces ont des populations infĂ©rieures Ă  100 000 habitants.

La plus grande ville et la capitale prĂ©-rĂ©publicaine Istanbul est le cƓur financier, Ă©conomique et culturel du pays[38]. Les autres villes importantes sont Izmir, Bursa, Adana, Trabzon, Malatya, Gaziantep, Erzurum, Kayseri, Kocaeli, Konya, Mersin, EskiƟehir, Diyarbakır, Antalya et Samsun.

Environ 75 % de la population turque est citadine.

RĂ©gions

Kanlıca, un quartier d'Istanbul sur la cÎte anatolienne du Bosphore.

La Turquie comporte sept régions divisées en quatre-vingt-une provinces :

Provinces

Les sept régions de la Turquie sont divisées en quatre-vingt-une provinces.

DĂ©mographie

Avenue Ä°stiklal (Grande Rue de PĂ©ra) Ă  Beyoğlu, Istanbul.
Taux de fécondité par province en 2022[39].
  • 3 Ă  4 enfants par femme
  • 2 Ă  3
  • 1,5 Ă  2
  • 1 Ă  1,5

La Turquie comptait 76 667 864 habitants au auxquels s'ajoute 1,9 million de rĂ©fugiĂ©s syriens[40]. La population urbaine reprĂ©sente 75 % de la population.

La croissance dĂ©mographique turque est nettement supĂ©rieure Ă  celle des autres pays europĂ©ens (environ 1,3 % par an). En 2020, le taux de fĂ©conditĂ© s'Ă©lĂšve Ă  1,76 enfant par femme[41].

En 2020, la rĂ©gion de la Mer Noire Occidentale a le taux de fĂ©conditĂ© le plus bas de Turquie, avec 1,46 enfant par femme tandis que la rĂ©gion de l'Anatolie du Sud-Est atteint 2,83 enfants par femme[41].

L'espĂ©rance de vie en 2019 est estimĂ©e en moyenne Ă  78,3 annĂ©es (75,6 ans pour les hommes, et 81 ans pour les femmes)[42].

Composition ethnique

Le peuple turc est une mosaĂŻque d'ethnies, chacune contribuant Ă  la richesse culturelle et linguistique de l'Anatolie :

Données génétiques

Voir aussi : Études gĂ©nĂ©tiques sur le peuple turc (en)

L'analyse en composantes principales de plus de 500 000 gĂ©notypes de SNP rĂ©vĂšle un chevauchement important entre les Turcs actuels et les Moyen-Orientaux et une relation avec les EuropĂ©ens et les Asiatiques du Sud et du Centre. D'aprĂšs cette Ă©tude, l'ascendance gĂ©nĂ©tique des Turcs est Ă  38 % europĂ©enne, 35 % du Moyen-Orient, 18 % d'Asie du Sud et 9 % d'Asie centrale[43]. La structure gĂ©nĂ©tique dans les Ă©chantillons observĂ©s Ă©tait homogĂšne et unique[43].

Religions et spiritualité

La mosquée Sultanahmet, plus connue sous le nom de Mosquée bleue pour les mosaïques bleues qui ornent les murs de son intérieur. La mosquée Sultanahmet est une des mosquées historiques d'Istanbul ayant le privilÚge de présenter six minarets.
Religion Pourcentage[44]
Islam 98,0 %
Agnosticisme, athéisme 1,2 %
Christianisme 0,4 %
Autres 0,4 %

Le pourcentage de personnes se considérant pieuses tend à diminuer : 55 % en 2008, contre 51 % en 2018[45].

Islam

L’islam est prĂ©sent dans la rĂ©gion de l'actuelle Turquie depuis la seconde moitiĂ© du XIe siĂšcle, lorsque les Seldjoukides ont commencĂ© Ă  s'Ă©tendre depuis l'Est vers l'Anatolie orientale. Selon Halil Ä°nalcık, Ă  cette Ă©poque et pendant la fondation de l'Empire ottoman, l'Anatolie est majoritairement alevi bektachi[46]. Ainsi, la famille Çandarlı — qui est Ă  l'origine de la crĂ©ation de l'Empire — est membre de la confrĂ©rie ahilik c'est-Ă -dire bektachi[46]. De plus, les tribus turkmĂšnes arrivĂ©es en Anatolie sont spirituellement influencĂ©es par de grande figures de l'islam soufie et hĂ©tĂ©rodoxe comme Ahmed Yesevi, Yunus Emre, Haci Bektas Veli, Mevlana, Ibn Arabi, Abdal Musa (tr) et Kaygusuz (en)[46]. La premiĂšre mĂ©dersa (universitĂ© thĂ©ologique) est crĂ©Ă©e par Davud el-KayserĂź (tr) qui y enseigne le concept de Wahdat al-wujud[46]. Pour Levent Kayapinar, au XIVe siĂšcle et XVe siĂšcle les alevis bektachis sont majoritaires dans les provinces de l'Anatolie et de nombreux Ă©lĂ©ments laissent Ă  penser que les fondateurs de l'Empire Ă©taient membres de tariqa hĂ©tĂ©rodoxes proches du bektachisme[47]. Ainsi, Sheikh EdĂ©bali est membre de la Tariqa VefĂąi (babailik)[47]. Gazi Evrenos Bey (tr) de la tribu kayı dont est issue la dynastie ottomane Ă©tait Ă©galement acquit Ă  la cause de l'ahl al-bayt[47]. L'annĂ©e 1517 marque un tournant dans l'histoire confessionnelle de l'Anatolie[48]. Avant 1517, l'Empire ottoman n'a pas de religion ou ne repose pas sur un systĂšme religieux[48]. En 1516, les Ottomans mettent un terme au califat des Mamelouks puis Yavuz Sultan Selim s'empare des insignes du pouvoir califal dĂ©tenus au Caire (fin du Al-Mutawakkil III). En 1517 Yavuz Sultan Selim fait du sunnisme la religion officielle de l'Empire[48]. Ce faisant il se dĂ©marque de son grand rival Chah Ismail Ier acquit Ă  la cause de l'ahl al-bayt. Environ deux mille oulĂ©mas sont importĂ©s de la mosquĂ©e al-Azhar d'Égypte pour « sunniser » le pays et les chefs religieux alevi, bektachi et mevlevi qui sont Ă  l'origine de l'islamisation de l'Anatolie et des Balkans sont exĂ©cutĂ©s ou exilĂ©s[48]. DĂšs lors, l'alĂ©visme est considĂ©rĂ©e comme hĂ©rĂ©tique par le pouvoir central sunnite ottoman. Yavuz Sultan Selim lance une politique de dĂ©nigrement, de rĂ©pression et d'assimilation ou de conversion des alevis qui perdure jusque sous l'Ăšre rĂ©publicaine.

Aujourd'hui l'islam est la religion trÚs majoritaire de la Turquie et le courant principal est le sunnisme. Toutefois, l'islam anatolien n'est pas uniforme et présente de nombreuses variantes : le courant principal est le sunnisme hanafite, suivi par l'alévisme-bektachisme, le sunnisme chaféite et le jafarisme.

Selon les références,

La majoritĂ© des alĂ©vis sont d’origine turque et turkmĂšne (environ 70 %), kurdes kurmandjis ou zazas. Il est difficile de quantifier le nombre de ceux-ci en Turquie :

  • en 1826, date des massacres qui mirent fin au corps des janissaires, Ă©troitement associĂ©s Ă  l'ordre des bektachis, l'Empire ottoman comptait sept millions d'alevis bektachis[49] ;
  • aucune source statistique de l'Ăšre rĂ©publicaine ne fournit aujourd'hui des indications fiables permettant une Ă©valuation dĂ©mographique de cette minoritĂ©. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement, ils sont entre 10 et 15 % mais d’aprĂšs les sources alĂ©vies ils reprĂ©senteraient 20 Ă  25 % de la population nationale[50]. Les rĂ©pressions exercĂ©es sur la communautĂ© sous l'Empire ottoman[51] et la RĂ©publique ont provoquĂ© chez les alevis un sentiment de peur qui les a contraints Ă  pratiquer leur culte en secret ou « takiye ». Aussi, tant que la libertĂ© de conscience religieuse et politique ne sera pas totale en Turquie, aucune estimation ne pourra ĂȘtre fiable. Les dĂ©mographes et les universitaires avancent le chiffre de 15 Ă  20 millions[52].

Une enquĂȘte publiĂ©e en dĂ©cembre 2004 dans The Wall Street Journal, version europĂ©enne, annonce que 96 % des Turcs se dĂ©finissent comme musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam. Deux tiers des femmes turques portent le voile islamique[53].

Le prĂ©sident conservateur Recep Tayyip Erdoğan mĂšne une politique d'islamisation, qui suscite les critiques des milieux laĂŻques. En 15 ans, le budget du Diyanet İƟleri BaƟkanlığı, la direction des Affaires religieuses, chargĂ©e de financer la construction de mosquĂ©es et de payer les imams, a Ă©tĂ© multipliĂ© par dix, atteignant 1,75 milliard d'euros en 2016, soit le double de celui du ministĂšre de la SantĂ© et le triple de celui du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres[54].

Autres religions

L'Anatolie (Asie Mineure) est l'un des berceaux du christianisme. Selon les Actes des ApĂŽtres, c'est Ă  Antioche que les disciples reçurent pour la premiĂšre fois le nom de chrĂ©tiens. Saint Paul est originaire de Tarse et il voyagea beaucoup en Asie Mineure : Antakya, Konya, Ankara (capitale des Galates), ÉphĂšse. Cette derniĂšre ville est attachĂ©e Ă  la mĂ©moire de saint Jean. Selon la tradition, la Vierge Marie passa ses derniĂšres annĂ©es prĂšs d'ÉphĂšse, Ă  Selçuk. La grotte des Sept Dormants d'ÉphĂšse se situe prĂšs d'ÉphĂšse comme son nom l'indique. Les Sept Églises d'Asie ou Sept Églises de l'Apocalypse sont sept communautĂ©s diocĂ©saines mentionnĂ©es dans le livre de l'Apocalypse dans le Nouveau Testament (les siĂšges Ă©piscopaux Ă©taient situĂ©s en Asie Mineure (Anatolie), aujourd'hui en Turquie). Saint Nicolas, qui Ă©tait nĂ© Ă  Patara et mourut Ă  Myre, Ă©tait originaire de la rĂ©gion de Lycie en Anatolie. Les sept conciles ƓcumĂ©niques (NicĂ©e I, Constantinople I, ÉphĂšse, ChalcĂ©doine, Constantinople II, Constantinople III, NicĂ©e II) se rassemblĂšrent en Turquie actuelle (Ă  NicĂ©e, Constantinople, ÉphĂšse, ChalcĂ©doine). Deux des cinq Églises de la Pentarchie (Église de Constantinople et d'Antioche) sont dans l'actuelle Turquie. On trouve des vestiges du christianisme primitif (en Cappadoce) et mĂ©diĂ©vaux (dans la rĂ©gion de Trabzon). À Constantinople, les chrĂ©tiens reprĂ©sentaient 40 % de la population au XVIe siĂšcle et au tout dĂ©but du XXe siĂšcle, encore plus de 20 %[55].

Au XVIe siÚcle, de nombreux Juifs se réfugient dans l'empire ottoman en raison des expulsions ordonnées en Espagne par Isabelle la Catholique. Au XIXe siÚcle, la multiplication des pogroms en Europe provoque de nouvelles vagues de réfugiés[54].

Cette diversité religieuse diminue fortement à partir du début du XXe siÚcle avec la volonté de l'Empire ottoman d'homogénéiser et de turquifier le pays, en éradiquant tout groupe ethniquement non turc et non musulman. La nouvelle Turquie kémaliste poursuivra cette politique[55].

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, des ArmĂ©niens chrĂ©tiens vivaient en Turquie orientale sur le haut-plateau armĂ©nien et des Grecs orthodoxes sur la cĂŽte de la mer ÉgĂ©e ainsi que sur les cĂŽtes septentrionales et mĂ©ridionales (TrĂ©bizonde, Antalya, Smyrne
). Au cours de la PremiĂšre Guerre mondiale, la plupart des ArmĂ©niens ont Ă©tĂ© tuĂ©s, dĂ©portĂ©s ou ont fui lors du gĂ©nocide armĂ©nien. Les Grecs ont d'abord fui aprĂšs l'incendie de leurs maisons par les forces turques[56], pendant la guerre grĂ©co-turque de 1920-1922, ensuite ont Ă©tĂ© sujets Ă  un Ă©change de populations entre la GrĂšce et la Turquie entre 1923 et 1927, avec un transfert de populations grecques d'Anatolie vers la GrĂšce et des populations turques de la GrĂšce vers la Turquie.

Représentant encore 20 % de la population à la veille de la PremiÚre Guerre mondiale, les chrétiens n'en représentent plus qu'entre 0,2 % en 2015[57] et 2 % de la population[58].

Le nombre des chrĂ©tiens en Turquie ne dĂ©passerait pas Ă  ce jour les 200 000, bien que la plus grande ville du pays, Istanbul, soit le siĂšge de deux patriarcats prestigieux : celui des Grecs et des ArmĂ©niens. Les ArmĂ©niens constituent la plus grande communautĂ© chrĂ©tienne du pays (60 000 dont 45 000 Ă  Istanbul[59]), rĂ©partis en trois communautĂ©s : apostoliques (57 000), catholiques (3 000) et protestants (500) Ă  Istanbul, Antakya et Kayseri). On peut Ă©galement citer les Syriaques (15 000 dont 2 000 catholiques, Ă  Istanbul et Mardin), les ChaldĂ©ens (10 000, pour la plupart de nationalitĂ© irakienne), les Latins (5 000, concentrĂ©s Ă  Istanbul et Izmir ; de petites communautĂ©s Ă  Bursa, Konya, Mersin, Tarsus, Antakya, Iskenderun, Samsun, Trabzon), les orthodoxes grecs (3 000, Ă  Istanbul, Antakya, Gökçeada et Bozcaada). Il convient aussi d'ajouter les « nouveaux » protestants, soit les musulmans convertis au protestantisme Ă©vangĂ©lique, qui sont au nombre de 5 000. En 2018, les TĂ©moins de JĂ©hovah sont 3 506[60].

Les juifs (25 000) sont concentrĂ©s Ă  Istanbul (22 000), Ä°zmir (2 500), Bursa (env. 500) et Çanakkale. PrĂšs de 10 000 Turcs de confession juive auraient quittĂ© le pays depuis l'arrivĂ©e au pouvoir de l'AKP en 2002, par crainte de la montĂ©e de l'islamisme militant. Ils ne sont plus que 15 000 en Turquie en 2016. De nombreux responsables de l'AKP tiennent occasionnellement un discours antisĂ©mite, leur attribuant notamment les difficultĂ©s Ă©conomiques ou les mouvements de protestation contre le prĂ©sident Erdogan[54]

Un autre groupe religieux, issu du judaĂŻsme, est celui des sabbatĂ©ens ou Dönme (+/- 20 000). On trouve Ă©galement des bahaĂŻs (dont Edirne est la ville sainte) et des yĂ©zidis (d'origine kurde) en nombre rĂ©duit.

Principaux lieux « saints » en Turquie
Le mausolée de Djalùl ad-Dßn Rûmß de Konya.

Laïcité

Alors que la Constitution du [62] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l'État turc est l’islam » (« TĂŒrkiye Devletinin dini, DĂźn-i Ä°slĂąmdır »). Cette mention est conservĂ©e dans la Constitution du [63] (dont l’article 75 proclame pourtant la libertĂ© de conscience et de culte — Ă  condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimĂ©e le et remplacĂ©e le par « l’État turc est rĂ©publicain, nationaliste, populiste, Ă©tatiste, laĂŻque et rĂ©formateur »[64], les « six principes d’AtatĂŒrk »[65].

Tout cela s’est traduit sous AtatĂŒrk par :

  • l’accord du droit de vote aux femmes en 1934 ;
  • la fermeture de certains lieux de pĂšlerinage ;
  • l’interdiction des confrĂ©ries religieuses (nakƟibendis, nurcus
) ;
  • l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et les Ă©coles publiques.

Certaines de ces mesures ont Ă©tĂ© abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti dĂ©mocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restĂ©e sous le contrĂŽle de l’État.

Bien que des rĂ©formes allant dans le sens de la laĂŻcitĂ© aient Ă©tĂ© accomplies sous AtatĂŒrk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un État strictement laĂŻc dans le sens oĂč il n’y a pas de sĂ©paration entre la religion et l’État, mais plutĂŽt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances.

C’est ainsi que la religion est mentionnĂ©e sur les papiers d’identitĂ© et qu’il existe une administration dite « PrĂ©sidence des affaires religieuses »[66] (Diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour lĂ©gitimer l’État et qui gĂšre les 77 500 mosquĂ©es du pays. Cet organisme Ă©tatique, mis en place par Mustafa Kemal AtatĂŒrk le 3 mars 1924, finance uniquement le culte musulman sunnite, les cultes non sunnites doivent assurer un fonctionnement financiĂšrement autonome[67], quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif Ă  ce mĂȘme fonctionnement. Lors de la rĂ©colte de l'impĂŽt, tous les citoyens turcs sont Ă©gaux. Le taux d'imposition ne change pas en fonction de la confession religieuse. Toutefois, Ă  travers la « PrĂ©sidence des affaires religieuses » ou Diyanet, les citoyens turcs ne sont pas Ă©gaux devant l'utilisation des recettes. La PrĂ©sidence des affaires religieuses, qui est dotĂ©e d'un budget de plus de 2,5 milliards de $ US en 2012, ne finance que le culte musulman sunnite. Cette situation pose d'ailleurs problĂšme d'un point de vue thĂ©ologique, dans la mesure oĂč l'islam stipule Ă  travers la notion du haram[68] qu'il faut « donner la juste mesure et le bon poids, en toute justice ». Or, depuis sa crĂ©ation, le Diyanet, Ă  travers l'impĂŽt, utilise les ressources de citoyens non sunnites pour financer son administration et ses lieux de culte exclusivement sunnites. Ainsi, les musulmans cĂąferĂźs (principalement des AzĂ©ris) et alevis bektachis (principalement des TurkmĂšnes) participent au financement des mosquĂ©es et au paiement des salaires des imams sunnites alors que leurs lieux de cultes, qui ne sont pas officiellement reconnus par l'État, ne reçoivent aucun financement. Pourtant, l'islam alevi bektachi constitue la seconde croyance en Turquie aprĂšs l'islam sunnite. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement ils sont entre 10 et 15 % mais d’aprĂšs les sources alĂ©vies ils reprĂ©senteraient entre 20 et 25 % de la population nationale. L'Islam cĂąferĂź compte officiellement 3 millions de croyants en Turquie.

En théorie, la Turquie, à travers le traité de Lausanne de 1923, reconnaßt les droits civils, politiques et culturels des minorités non musulmanes.

En pratique, la Turquie ne reconnaßt que les minorités religieuses grecques, arméniennes et israélites sans pour autant leur accorder tous les droits cités dans le traité de Lausanne.

Les musulmans alevis bektachis et cùferßs[69], les catholiques latins et les protestants ne font l'objet d'aucune reconnaissance officielle. La Turquie est réguliÚrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation des droits des alévis[54].

Situation des cultes en Turquie
Culte Population estimée Mesures
d'expropriation[70]
Reconnaissance officielle dans la Constitution ou Ă  travers les traitĂ©s internationaux Financement des lieux de culte et du personnel religieux par l'État
Islam – sunnite 70 Ă  85 % (52 Ă  64 millions) Non Oui Ă  travers le Diyanet citĂ© dans la Constitution (art. 136)[71] Oui Ă  travers le Diyanet[72]
Islam – duodĂ©cimain bektachi 15 Ă  25 % (11 Ă  19 millions) Oui[69] Non. Balim Sultan assure une mainmise totale sur le corps des janissaires dont le bektachisme sera la rĂ©fĂ©rence religieuse principale[49]. En 1826, Mahmoud II met dĂ©finitivement un terme au systĂšme des janissaires[49]. L'ordre des bektachis est mis hors la loi, de nombreux dignitaires de la capitale sont exĂ©cutĂ©s, d'autres sont dĂ©portĂ©s en Anatolie. Les tekke sont fermĂ©s, dĂ©truits ou attribuĂ©s Ă  des institutions orthodoxes comme l'ordre des Naqshbandiyyas[49]. Non[72]
Islam – duodĂ©cimain alevi Non[73]. Au dĂ©but du XVe siĂšcle[74], l’oppression ottomane envers les alĂ©vis devient insupportable et ces derniers soutiennent le Chah Ismail Ier d'origine turkmĂšne. Ses partisans, qui portent un bonnet de couleur rouge avec douze plis en rĂ©fĂ©rence aux 12 imams du chiisme duodĂ©cimain se font appeler Qizilbash. Les Ottomans qui s’étaient persanisĂ©s et arabisĂ©s considĂ©raient comme ennemis les Qizilbash (alĂ©vis) d'origine turkmĂšne[74]. Aujourd'hui, les cemevis, lieux de culte communs aux alevis bektachis n'ont aucune reconnaissance juridique. Pourtant, le cemevi le plus ancien connu Ă  ce jour en Turquie date de 1224 (Onarlı KöyĂŒ, arrondissement de Arapgir Ă  Malatya)[75].
Islam – duodĂ©cimain cĂąferĂź 4 % (3 millions)[76] Non[73] Non[72]
Islam – duodĂ©cimain alaouites ou nusayris 300 Ă  350 000[77] Non[73] Non[72]
JudaĂŻsme 20 000 Oui[70] Oui Ă  travers le traitĂ© de Lausanne en 1923[73] Non[72]
ChrĂ©tien – protestant 5 000 Non[73] Non[72]
ChrĂ©tien – catholiques latins Non[73] Non[72]
ChrĂ©tien – catholiques grecs Oui[70] Oui Ă  travers le traitĂ© de Lausanne en 1923[73] Non[72]
ChrĂ©tien – orthodoxe – grec (patriarcat ƓcumĂ©nique de Constantinople) Oui[70] Oui Ă  travers le traitĂ© de Lausanne en 1923[73] Non[72]
ChrĂ©tien – orthodoxe – armĂ©nien (patriarcat armĂ©nien de Constantinople) 57 000 Oui[70] Oui Ă  travers le traitĂ© de Lausanne en 1923[73] Non[72]
ChrĂ©tien – catholiques chaldĂ©ens (armĂ©nien) 3 000 Oui[70] Oui Ă  travers le traitĂ© de Lausanne en 1923[73] Non[72]
ChrĂ©tien – Églises de thĂ©ologie et rite syriaques (orthodoxes et catholiques) 15 000 Oui[70] Non[73] Non[72]
YĂ©zidisme 377 Non[73] Non[72]
Budget Diyanet 2013, Présidence des Affaires Religieuses - Source: TBMM 2013.

Avec plus de 100 000 fonctionnaires, le Diyanet est une sorte d’État dans l'État[78].

En 2013, le Diyanet ou MinistÚre des Affaires religieuses, occupe le 16e poste de dépense du gouvernement central.

Le budget allouĂ© au Diyanet est en 2013 de 4,6 milliards de livres turques[71].

Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10 % en 1920 à 0,3 % au début du XXIe siÚcle. Les chrétiens subissent également des agressions en raison de leur confession[79].

Sous Turgut Özal, l’enseignement religieux dans le secondaire est devenu obligatoire.

En , le Parlement turc a voté une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités[53] ; cette loi fut annulée par la Cour constitutionnelle en .

Toute critique envers l'islam peut valoir Ă  son auteur une condamnation en vertu de l'article 216 du Code pĂ©nal turc qui punit d'une peine de six mois Ă  un an de prison toute personne coupable d'avoir dĂ©nigrĂ© les valeurs religieuses de la population. C'est en vertu de ce principe que l'Ă©crivain Nedim GĂŒrsel est actuellement poursuivi aprĂšs la publication de son livre Les Filles d'Allah[80].

Condition des femmes

Proportion de siĂšges occupĂ©s par des femmes dans les parlements nationaux. La Turquie est classĂ©e 110e au niveau mondial – Source : 2012, Banque mondiale.
  • La Turquie est le pays d'Europe oĂč les femmes ont le moins le statut de salariĂ©es :
    • 49,3 %[81] des femmes turques qui occupent un emploi, sont indĂ©pendantes ou ont une activitĂ© non salariĂ©e ;
    • 50,7 %[81] des femmes turques qui occupent un emploi, sont salariĂ©es : c'est le plus faible taux d'Europe. Dans l'Union europĂ©enne, 87,4 % des femmes qui occupent un emploi bĂ©nĂ©ficient des avantages du statut de salariĂ©e (sĂ©curitĂ© sociale, cotisation chĂŽmage et retraite). Pour comparaison, cet indicateur est de 95,8 % en NorvĂšge et de 92,4 % en France ;
  • la Turquie est l'un des pays d'Europe qui envoie le moins ses filles dans l'enseignement supĂ©rieur : seulement 49,9 %[81] des Turques en Ăąge de s'inscrire, sont inscrites dans l'enseignement supĂ©rieur contre 68,7 % dans l'Union europĂ©enne ;
  • en 2005, 11,4 %[81] des entreprises turques sont dĂ©tenues par des femmes contre 41,6 % en Irlande, 34,1 % en Espagne, 20,3 % en Allemagne, 26 % en Roumanie et 21,5 % en Bosnie-HerzĂ©govine ;
  • en 2016, 26 % des filles sont mariĂ©es avant l'Ăąge de 18 ans[54].
  • la Turquie, sous l’impulsion de Mustafa Kemal AtatĂŒrk, accorde le droit de vote aux femmes en 1930 et l'Ă©ligibilitĂ© en 1934, soit bien avant la France (1944). Huit dĂ©cennies aprĂšs l'obtention de ces droits, la reprĂ©sentation des femmes turques dans leur parlement national est trĂšs faible. En 2012, seulement 14,2 %[81] des siĂšges du parlement national turc (TBMM) sont occupĂ©s par des femmes. Cette proportion est infĂ©rieure Ă  celle de la SuĂšde (44,7 %), du SĂ©nĂ©gal (42,7 %), de la Tanzanie (36 %), de l’AlgĂ©rie (31,6 %), de l'Éthiopie (27,8 %), de l’Afghanistan (27,7 %), de la France (26,9 %), de la Tunisie (26,7 %), de l’Irak (25,2 %), du Soudan (24,6 %), du Pakistan (22,5 %), de la Bosnie-HerzĂ©govine (21,4 %), du Bangladesh (19,7 %) et du Tadjikistan (19 %). En Europe, la Turquie est dans le bas du tableau mais elle devance la Roumanie (11,2 %), Chypre (10,7 %) et la Hongrie (8,8 %). Aucun chapitre de la constitution turque ou de la lĂ©gislation n'impose aux partis politiques de prĂ©senter autant de candidats masculins que fĂ©minins.

La Turquie, qui avait été la premiÚre à ratifier en 2012 la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique annonce s'en retirer le 19 mars 2021[82]. Selon l'association « Nous mettrons fin aux féminicides », les meurtres de femmes ont augmenté ces derniÚres années et atteint 300 en 2020[83].

Éducation

Le ministĂšre de l'Éducation nationale est responsable de l'Ă©ducation. Celle-ci est obligatoire et dure douze ans : quatre ans pour chaque cycle depuis l'Ă©cole primaire, le collĂšge, puis le secondaire. Moins de la moitiĂ© des Turcs de 25 Ă  34 ans ont terminĂ© leur scolaritĂ© secondaire, comparativement Ă  la moyenne de l'OCDE qui est de plus de 80 %. L'Ă©ducation de base en Turquie est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant en retard par rapport aux autres pays de l'OCDE, avec des diffĂ©rences significatives entre les Ă©lĂšves de haut et de bas niveau. La Turquie est classĂ©e 32e sur 34 dans l'Ă©tude PISA de l'OCDE. L'accĂšs Ă  une Ă©cole de haute qualitĂ© dĂ©pend fortement du rĂ©sultat obtenu dans les examens d'entrĂ©e du secondaire, au point que certains Ă©lĂšves commencent Ă  suivre des cours particuliers de tutorat lorsqu'ils ont 10 ans. Le taux global d'alphabĂ©tisation des adultes en 2011 Ă©tait de 94,1 % dont 97,9 % pour les hommes et 90,3 % pour les femmes.

En 2017, il existe 190 universitĂ©s en Turquie. L'entrĂ©e dans l'enseignement supĂ©rieur dĂ©pend du systĂšme de sĂ©lection et de placement des Ă©tudiants (ÖSYS). En 2008, le quota d'Ă©tudiants admis Ă©tait de 600 000, contre 1 700 000 qui ont passĂ© l'examen d'enseignement supĂ©rieur en 2007. À l'exception des facultĂ©s d'Ă©ducation ouverte (AÖF) Ă  Anadolu, Istanbul et Ă  l'universitĂ© AtatĂŒrk, l'entrĂ©e est rĂ©glementĂ©e par l'examen national ÖSYS. AprĂšs quoi les diplĂŽmĂ©s du secondaire sont affectĂ©s dans les universitĂ©s selon leurs rĂ©sultats. Selon les classements universitaires mondiaux de l'enseignement supĂ©rieur de 2012-2013, la premiĂšre universitĂ© en Turquie est l'universitĂ© technique du Moyen-Orient (classĂ©e entre 201 et 225), suivie de l'universitĂ© Bilkent et de l'universitĂ© Koç (toutes deux dans la tranche 226-250), puis l'universitĂ© technique d'Istanbul et l'universitĂ© du Bosphore (dans la tranche 276-300). Toutes les universitĂ©s publiques et privĂ©es sont sous le contrĂŽle du Conseil de l'enseignement supĂ©rieur (YÖK), dont le chef est nommĂ© par le prĂ©sident de la Turquie. Depuis octobre 2016, le prĂ©sident nomme, en outre, directement tous les recteurs de toutes les universitĂ©s publiques et privĂ©es. La Turquie est membre de l'Espace europĂ©en de l'enseignement supĂ©rieur et participe activement au processus de Bologne.

Depuis 2019, la thĂ©orie de l'Ă©volution est bannie des programmes scolaires du secondaire (collĂšge et lycĂ©e) pour n'ĂȘtre abordĂ© que dans l'enseignement supĂ©rieur[84].

Il existe plusieurs écoles francophones dans le pays : le lycée français Charles-de-Gaulle, le lycée français Pierre-Loti, le lycée Saint-Benoßt d'Istanbul, lycée Tevfik Fikret (un à Ankara et un à İzmir), le lycée Notre-Dame de Sion, le lycée Sainte-Pulchérie, le lycée Saint-Michel, le lycée Saint-Joseph (un à Istanbul et un autre à Izmir), le lycée de Galatasaray, l'université Galatasaray et le lycée Burak Bora.

Protection sociale

L'hÎpital de Acıbadem Altunizade.

La protection sociale en Turquie s’articule entre diffĂ©rents mĂ©canismes dont l’ensemble ne couvre pas l’intĂ©gralitĂ© de la population turque (67,3 millions d’habitants en 2000). Quatre systĂšmes publics de protection sociale coexistent en Turquie : le Memur Saglik est destinĂ© aux actifs de la fonction publique et leurs ayants droit directs ; l’Emekli Sandigi concerne les retraitĂ©s de la fonction publique, ainsi que leurs ayants droit directs ; la SSK couvre les employĂ©s du secteur privĂ© et les ouvriers du secteur public ; le Bag-Kur assure les artisans, les commerçants et les membres des professions libĂ©rales.

Il existe une forme d’assurance personnelle qui permet d’adhĂ©rer volontairement Ă  la SSK. Cette adhĂ©sion est individuelle ou collective, volontaire ou obligatoire. Individuellement, toute personne peut volontairement adhĂ©rer Ă  la SSK en Ă©change du versement d’une prime d’assurance. Collectivement, l’assurance est soit volontaire, soit collective. Volontaire, elle concerne des groupes exclus du bĂ©nĂ©fice automatique de la SSK et qui nĂ©gocient librement leur affiliation contre versement d’une cotisation ; obligatoire, le dispositif est identique mais les groupes choisissent de contraindre leurs membres Ă  l’affiliation.

On compte une trentaine de sociĂ©tĂ©s d’assurances privĂ©es regroupant 300 000 personnes ; elles offrent leurs services aux personnes ne disposant pas de couverture sociale et ne pouvant financiĂšrement assumer le coĂ»t de l’adhĂ©sion. Le nombre de leurs adhĂ©rents a augmentĂ© durant les annĂ©es 1990.

Ces différents mécanismes ne couvrent pas la totalité de la population turque. Sont exclus, en particulier, les agriculteurs et les pauvres urbains, dont le niveau de revenu exclut tout recours à des assurances complémentaires privées. La réforme de la SSK (qui couvre la moitié de la population turque), imposant une durée de cotisation minimale de 120 jours avant toute prise en charge, a renforcé cet état de fait. Pour pallier les carences de la couverture sociale, plusieurs dispositifs ont été mis en place : la carte verte ; le fonds d'aide sociale ; les systÚmes municipaux ; les fondations[85].

SystĂšme hospitalier

La faculté de médecine de l'université d'Istanbul est l'école de médecine de premier plan dans le pays.
École impĂ©riale de mĂ©decine dans le quartier HaydarpaƟa, actuellement un campus de l'universitĂ© de Marmara.

Deux grandes catĂ©gories se distinguent : les hĂŽpitaux privĂ©s et les hĂŽpitaux publics, et — au sein de ces derniers — les hĂŽpitaux d’État et ceux de la SSK. Les hĂŽpitaux de l’État se rĂ©partissent Ă  leur tour entre hĂŽpitaux du ministĂšre de la SantĂ©, hĂŽpitaux dĂ©pendant de tel ou tel ministĂšre (DĂ©fense, Police, IntĂ©rieur
), et hĂŽpitaux universitaires.

Au total, la Turquie compte 1 256 Ă©tablissements hospitaliers publics regroupant 176 121 lits, auxquels il faut ajouter le rĂ©seau des dispensaires. Ces derniers sont au nombre de 5 700 environ, ils couvrent une population de 7 500 personnes et contrĂŽlent plusieurs sous-unitĂ©s (trois Ă  quatre en moyenne).

Les établissements publics de santé se répartissent entre :

  • les Ă©tablissements du ministĂšre de la SantĂ© (communĂ©ment appelĂ©s « hĂŽpitaux d’État ») ;
  • les hĂŽpitaux particuliers des ministĂšres (DĂ©fense, Police
), qui en possĂšdent plusieurs. Ce sont aussi des hĂŽpitaux d’État dont l’accĂšs est rĂ©servĂ© en principe aux agents des ministĂšres en question ;
  • les hĂŽpitaux universitaires : hĂŽpitaux d’État qui, Ă  l’instar de leurs homologues français, ont une vocation d’enseignement et de recherche ;
  • les hĂŽpitaux de la SSK, la sĂ©curitĂ© sociale turque. Ce sont des hĂŽpitaux publics, mais qui ne dĂ©pendent pas de l’État.

L’étanchĂ©itĂ© initiale entre les hĂŽpitaux publics — particuliĂšrement entre hĂŽpitaux d’État et de la SSK — cĂšde peu Ă  peu la place Ă  une forme d’intĂ©gration, encore trĂšs parcellaire et incomplĂšte.

À elle seule, la mĂ©tropole d’Istanbul dispose de 39 hĂŽpitaux du ministĂšre de la SantĂ©, 3 hĂŽpitaux universitaires, 16 hĂŽpitaux de la SSK ; elle regroupe 234 dispensaires, dont 220 reliĂ©s au ministĂšre de la SantĂ©.

On compte environ 150 hĂŽpitaux privĂ©s qui regroupent 11 500 lits. Ce secteur de la santĂ© est en plein dĂ©veloppement, en particulier Ă  l’incitation des grands organismes financiers internationaux qui exigent des autoritĂ©s turques une libĂ©ralisation de l’offre de soins. Comme exemples d’institutions privĂ©es, on peut citer la chaĂźne d’hĂŽpitaux Acibadem, l’Universal Vatan (52 Ă©tablissements). À Istanbul, les hĂŽpitaux « nationaux » sont trĂšs prĂ©sents : français, amĂ©ricain, allemand, italien, bulgare, armĂ©nien, grec


Les hĂŽpitaux privĂ©s sont souvent particuliĂšrement bien dotĂ©s en personnel et trĂšs bien Ă©quipĂ©s : le premier TEP Scan installĂ© dans le monde par la sociĂ©tĂ© Siemens l’a Ă©tĂ© dans un hĂŽpital d’Acibadem. Ils disposent de l’ensemble des outils de diagnostic et de traitement : laboratoires, centre de transfusion sanguine, services d’urgence.

Sexualité

Marche des fiertés à Istanbul.

La minoritĂ© homosexuelle est restĂ©e largement invisible jusqu'aux annĂ©es 1970. Durant celle dĂ©cennie, la Turquie vit une pĂ©riode de libĂ©ration sociale relative. En 1980, le coup d’État militaire change la donne : le petit mouvement LGBT est sujet Ă  une virulente rĂ©pression avec le reste de la gauche alternative et est dĂ©cimĂ©[54].

L'homosexualitĂ© est lĂ©gale en Turquie mais les personnes homosexuelles peuvent ĂȘtre exposĂ©es Ă  des discriminations dans l'accĂšs Ă  l'emploi et l'armĂ©e les refuse dans ses rangs. Parmi les principaux partis politiques, l'AKP est ouvertement hostile Ă  l'homosexualitĂ©. Le CHP social-dĂ©mocrate s'est peu Ă  peu relativement ouvert mais seul le HDP dĂ©fend les revendications LGBT[54].

Sécurité

Les missions rĂ©galiennes de sĂ©curitĂ© sont assurĂ©es en Turquie par la Gendarmerie turque et la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ©. Elles ont Ă©tĂ© placĂ©es sous la direction du ministĂšre de l'intĂ©rieur depuis la tentative de coup d'État de 2016. Les forces de sĂ©curitĂ© turques comptent plus de 400 000 hommes chargĂ©s de maintenir l'ordre sur le territoire national.

Aujourd'hui, la gendarmerie et la police turque sont massivement engagĂ©es avec l'armĂ©e dans les violents affrontements avec le PKK dans le Kurdistan. En parallĂšle, elles ont Ă©tĂ© chargĂ©es par le gouvernement de mener une importante Ă©puration politique en Turquie depuis l'Ă©chec du coup d'État de juillet 2016.

En 2017, plus de 50 000 personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es par les services de sĂ©curitĂ© et 200 000 autres dĂ©mis de leur fonction[86].

Les violences par arme à feu ont augmenté de 60 % entre 2015 et 2018[54].

Culture

Une des portes principales du palais de Dolmabahçe.

La Turquie a une culture trĂšs diverse qui est un mĂ©lange des Ă©lĂ©ments des cultures et traditions oghouzes, anatoliennes (armĂ©niennes, grecques, kurdes, aramĂ©ens, lazes
), ottomanes (qui elles-mĂȘmes sont une continuation des cultures grĂ©co-romaines et islamiques) et occidentales, qui a commencĂ© avec l'occidentalisation de l'Empire ottoman et continue encore aujourd'hui. Ce mĂ©lange a commencĂ© par la rencontre des Turcs et leur culture avec celles des peuples qui Ă©taient sur le chemin de leur migration d'Asie centrale vers l'ouest[87] - [88]. Avec la transformation progressive d'un Empire ottoman fondĂ© sur la religion en un État-nation moderne, avec une sĂ©paration forte de l'État et de la religion, les mĂ©thodes d'expression artistique se sont dĂ©veloppĂ©es. Pendant les premiĂšres annĂ©es de la RĂ©publique, le gouvernement investit beaucoup de ressources dans les beaux-arts, les musĂ©es, les thĂ©Ăątres, les opĂ©ras et l'architecture. Les diffĂ©rents facteurs historiques jouent un rĂŽle important dans la dĂ©finition de l'identitĂ© turque contemporaine et la culture turque est le produit des efforts pour ĂȘtre « moderne » et occidental avec la nĂ©cessitĂ© Ă©prouvĂ©e de maintenir des valeurs traditionnelles, religieuses et historiques[87].

Musique

Il existe plusieurs instruments typiquement turcs, tels que le saz, le ney qui sont toujours pratiqués dans la vie moderne turque. Le rap et le rock sont surtout appréciés par les jeunes.

Les diffĂ©rentes influences culturelles que subit la Turquie se retrouvent au cƓur de sa musique, mĂȘlant sonoritĂ©s traditionnelles et occidentales.

La musique pop de Turquie a fait une croissance aprÚs l'ouverture de nouvelles chaßnes de télévision dÚs le début des années 1990. Pour citer quelques artistes turcs, il y a Sezen Aksu, Tarkan (avec un album qui l'a rendu célÚbre en Europe), Sertab Erener qui a gagné le grand prix de l'Eurovision en 2003.

Littérature

À la fin du XIe siĂšcle, les Turcs ont commencĂ© Ă  s'installer en Anatolie, et, en plus des traditions orales, il s'est dĂ©veloppĂ© une tradition littĂ©raire Ă©crite proche du style arabe et de la littĂ©rature persane. Les 900 ans suivant, jusqu'Ă  peu de temps avant la chute de l'Empire ottoman en 1922, les traditions orales et Ă©crites restent largement indĂ©pendantes l'une de l'autre.

Avec les rĂ©formes du Tanzimat au XIXe siĂšcle, les styles europĂ©ens et Ɠuvres littĂ©raires (romans et piĂšces de thĂ©Ăątre) ont commencĂ© Ă  apparaĂźtre dans la littĂ©rature turque.

Avec la fondation de la République turque en 1923, et les réformes visant à moderniser la langue turque, une nouvelle littérature turque nationale a été formé, de plus en plus influencé par les styles occidentaux.

Orhan Pamuk (laurĂ©at du prix Nobel de littĂ©rature en 2006) et Elif ƞafak sont parmi les romanciers majeurs turcs de nos jours.

MĂ©dias

La tour de Camlica Ă  Istanbul.

Si le dĂ©but du mandat (2003) de Recep Tayyip Erdoğan est marquĂ© par quelques assouplissements concernant la libertĂ© de la presse, comme le remplacement des peines de prison de la loi relative Ă  la presse par des amendes[89], les lois amendĂ©es contiennent cependant des dispositions permettant d'envoyer les journalistes en prison[89]. D'autres lois et articles de code rĂ©pressifs envers la presse restent inchangĂ©s[89].

Les années suivantes pendant lesquelles le Parti de la justice et du développement (AKP) est au pouvoir se caractérisent par un durcissement envers les médias et une limitation de la liberté de la presse. Cette tendance se traduit par le net recul de la Turquie dans le classement mondial de la liberté de la presse. Entre 72 et 97 journalistes turcs sont en prison en 2012[90] - [91], contre 13 fin 2002[89], l'année de l'arrivée au pouvoir de l'AKP. L'affaire Ergenekon (2007-2009) voit la condamnation en 2013 d'une vingtaine de journalistes à de lourdes peines de prison[92] et permet de porter un coup à une opposition laïque journalistique de plus en plus critique contre le régime. Le pouvoir intente systématiquement des procÚs à l'encontre des journaux d'opposition, si bien que ces journaux sont l'objet de saisies ou sont fortement pénalisés par les amendes. L'opposition de gauche fait surtout les frais de ces procÚs, comme en 2011 le journal du Parti des travailleurs Aydınlık[93]. En 2012, la Turquie est considérée par Reporters sans frontiÚres « premiÚre prison au monde pour les journalistes »[91].

En 2015, la dĂ©rive autoritaire se renforce : 15 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision sont ainsi saisies ou interdites d’émettre par le pouvoir[94], des centaines de journalistes sont sous le coup de poursuites pour avoir « insultĂ© le prĂ©sident ». En novembre 2015, les journalistes Can DĂŒndar et Erdem GĂŒl, sont accusĂ©s d'« espionnage » pour avoir publiĂ© en mai un article sur les livraisons d'armes des services secrets turcs (MIT) Ă  des groupes rebelles en Syrie[95].

Le dans le contexte de rĂ©pression suivant la tentative de coup d'État de juillet 2016, le rĂ©dacteur en chef Murat Sabuncu et son reprĂ©sentant Ă  Ankara GĂŒray Öz ainsi que 16 journalistes et caricaturistes du journal Cumhuriyet, sont arrĂȘtĂ©s et mis en garde Ă  vue[96]. Survenant aprĂšs la fermeture de quinze quotidiens, magazines et agences de presse, basĂ©s pour la plupart dans le Sud-Est Ă  majoritĂ© kurde, ces arrestations sont interprĂ©tĂ©es comme une volontĂ© du pouvoir turc de faire taire le « dernier grand quotidien d'opposition du pays »[97].

Selon l'Association des journalistes de Turquie (TGC), depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet, 170 organes de presse ont Ă©tĂ© fermĂ©s, 105 journalistes placĂ©s en dĂ©tention et 777 cartes de presse annulĂ©es. Au classement mondial de la libertĂ© de la presse en 2016, la Turquie est 151e juste devant la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo[97].

Actuellement, prÚs de 90 % des médias turcs sont proches du gouvernement et de l'AKP. Les autres sont cependant confrontés à un degré élevé de censure[54].

Quotidiens nationaux

Cumhuriyet, HĂŒrriyet, Milliyet, Posta, Radikal, Zaman.

Télévision

La tĂ©lĂ©vision fait son apparition dans le pays en 1968. La TRT (TĂŒrkiye Radyo Televizyon Kurumu) ou Radio-tĂ©lĂ©vision de Turquie conserve thĂ©oriquement un monopole d'État sur les ondes jusqu'en 1993[98] (dans les faits, la chaĂźne privĂ©e Star TV fait ses premiers pas en 1990).

Depuis lors, de nombreuses chaĂźnes privĂ©es ont fait leur apparition, et sont diffusĂ©es Ă  la fois sur le rĂ©seau hertzien, sur les rĂ©seaux cĂąblĂ©s des grandes villes et par satellite. Les principales chaĂźnes publiques sont TRT 1 (gĂ©nĂ©raliste), TRT Haber (information en continu), TRT Spor (sport), TRT Çocuk (dessins animĂ©s) et TRT MĂŒzik (en) (variĂ©tĂ©s). TRT KurdĂź Ă©met Ă  destination des populations kurdophones et TRT Avaz Ă  destination des peuples turcs d'Asie centrale. Enfin, TRT TĂŒrk (anciennement TRT Int) sert de vitrine au pays dans le monde entier. DiffusĂ©e exclusivement en turc, elle diffuse des journaux tĂ©lĂ©visĂ©s et des magazines traitant de la vie en Turquie et de la culture turque.

Parmi les chaĂźnes privĂ©es, les principales sont ATV, Kanal D, Show TV, Samanyolu TV, Hayat TV (gĂ©nĂ©ralistes), PowertĂŒrk TV, MTV TĂŒrkiye (musicales), CNN TĂŒrk, CNBC-e, NTV (information en continu) et Lig TV (sport). Disponibles sur le territoire national, elles sont Ă©galement dĂ©clinĂ©es en versions internationales Ă  destination de la diaspora turque en Europe, sous un nom un peu diffĂ©rent (Kanal D devenant Euro D et Star TV, EuroStar TV, par exemple).

Sports

Le football est trĂšs probablement le sport le plus populaire ; la vie s’arrĂȘte pratiquement lors des rencontres entre Galatasaray, Fenerbahçe, BeƟiktaƟ et Trabzonspor. La Turquie participe au Championnat d'Europe de football. Elle est Ă©galement membre de l'UEFA (Union des associations europĂ©ennes de football). Entre ces 4 Ă©quipes, l'Ă©quipe stambouliote du Galatasaray est la seule Ă  avoir remportĂ© la Coupe d'Europe le et la Supercoupe de l'UEFA 2000. L'Ă©quipe nationale quant Ă  elle est arrivĂ©e 3e de la Coupe du monde 2002 en CorĂ©e du Sud et au Japon[99] - [100].

La Turquie a Ă©galement de bons joueurs de basket-ball comme Mehmet Okur, champion NBA en 2003-04 avec Detroit Pistons, premier Turc sĂ©lectionnĂ© pour le All-Star de la NBA en 2007, ou Hidayet TĂŒrkoglu, meilleur sixiĂšme homme lors de sa deuxiĂšme saison (2007-2008), rĂ©alisant deux triple-doubles et meilleure progression NBA Most Improved Player en 2008. Au niveau europĂ©en, deux grands clubs turcs font partie du top europĂ©en : Efes Pilsen et Fenerbahçe Ülker. Ces deux clubs sont constamment en Euroligue. L'Ă©quipe nationale fĂ©minine remporte la mĂ©daille d'argent du championnat d'Europe 2011.


Le volley-ball et le beach-volley sont trĂšs apprĂ©ciĂ©s par les femmes comme par les hommes. L'Ă©quipe de volley-ball fĂ©minine turque a fait de grands progrĂšs depuis quelques annĂ©es et est devenue l'une des Ă©quipes les plus fortes d'Europe, notamment grĂące Ă  Eylem Dağli trĂšs populaire Ă  Istanbul.

En 2007, Kenan Sofuoğlu est devenu le premier Turc champion du monde d'un sport mĂ©canique : il a remportĂ© le championnat de Mondial Supersport, une compĂ©tition de moto rĂ©servĂ©e aux 600 cm3. La ville d'Istanbul organise aussi une course de Formule 1 chaque annĂ©e depuis 2005.

La lutte gréco-romaine est le sport national en Turquie. Les combats les plus importants ont lieu durant le Kirpinar Yagli Guresi qui se déroule dans la province d'Edirne.

Le pays compte beaucoup de mĂ©dailles et de records en haltĂ©rophilie, notamment grĂące Ă  Naim SĂŒleymanoğlu et Halil Mutlu.

Semih Saygıner a apporté de nombreuses médailles en billard à la Turquie. AprÚs ses performances, la Turquie s'est dotée d'une fédération.

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s

CĂ©lĂ©brations de la FĂȘte de la jeunesse et des sports (19 mai).
FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s
DateNom françaisNom turc
1er janvier Jour de l'an YılbaĆŸÄ±
23 avril FĂȘte des enfants Milli Egemenlik ve Çocuk Bayramı
19 mai FĂȘte de la jeunesse et des sports Gençlik ve Spor Bayramı
30 aoĂ»t FĂȘte de la victoire Zafer Bayramı
29 octobre FĂȘte nationale Cumhuriyet Bayramı
10 novembre Minute de silence Ă  9 h 5 pour l’anniversaire de la mort de Mustafa Kemal AtatĂŒrk[101]
AprĂšs le Ramadan (pendant trois jours) AĂŻd el-Fitr, fĂȘte du Ramadan Ramazan Bayramı
Dix semaines aprĂšs la fin du Ramadan AĂŻd el-Kebir, fĂȘte du sacrifice Kurban Bayramı
(depuis 2016) FĂȘte de la dĂ©mocratie Demokrasi Bayramı

Politique

La Cour de cassation Ă  Ankara.

La rĂ©putation Ă©lectorale de la Turquie Ă©tait assez bonne jusqu’en 2018. En effet, l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 2018 a fait l’objet de dĂ©bats. Les conditions dans lesquelles s'est dĂ©roulĂ©e cette campagne, remportĂ©e par le chef de l'État sortant Recep Tayyip Erdogan et son parti, n'ont pas Ă©tĂ© Ă©quitables, selon les observateurs de l'Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE)[102].

Les scrutins en eux-mĂȘmes ne donnent pas lieu Ă  des fraudes massives. Cela n'exclut pas la persistance de pratiques clientĂ©listes ou d'intimidation, voire de quelques manipulations Ă©lectorales dans les provinces de l'Est. Des Ă©lections se tiennent rĂ©guliĂšrement et des missions d'observation de plusieurs institutions internationales sont souvent prĂ©sentes. Le parti au pouvoir dispose cependant de la quasi-totalitĂ© du temps de parole mĂ©diatique et met Ă  contribution des moyens publics pour soutenir ses campagnes. AprĂšs la reprise de la guerre opposant l'État au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti dĂ©mocratique des peuples (HDP, souvent dĂ©signĂ© comme pro-kurde) a Ă©tĂ© ciblĂ© par des attaques terroristes. L'AssemblĂ©e parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a estimĂ© la campagne pour les Ă©lections lĂ©gislatives de 2015 « entachĂ©e par l'iniquitĂ© et, dans une mesure inquiĂ©tante, par la peur »[54].

Pour certains observateurs, la pertinence du clivage gauche/droite en Turquie est discutable, le paysage politique turc lĂ©gal ayant toujours Ă©tĂ© dominĂ© par des partis de droite. Un Parti communiste fut fondĂ© en 1920 mais ses dirigeants sont presque aussitĂŽt liquidĂ©s et ses militants persĂ©cutĂ©s. L'interdiction du communisme fut inscrite dans le code pĂ©nal. En 1960, un coup d'État militaire permet l'adoption d'une Constitution plus libĂ©rale. Les premiers partis et syndicats socialistes lĂ©gaux sont alors fondĂ©s. En 1980, un autre coup d'État entraĂźne une nouvelle Ă©radication de la gauche lĂ©gale, les exĂ©cutions et arrestations se comptent en dizaines de milliers. Des partis de la droite libĂ©rale ont ensuite monopolisĂ© le pouvoir, s'alliant parfois aux droites nationaliste ou islamiste, jusqu'Ă  l'irruption de l'AKP[54].

La notion « d'État profond » est courante dans le vocabulaire politique turc. Elle dĂ©signe une structure politique qui dĂ©ciderait dans l'ombre : un État derriĂšre l'État, voire le cƓur de l'État lui-mĂȘme. L'une des manifestations les plus connues de cet État profond est le scandale de Susurluk, qui expose les liens Ă©troits entretenus Ă  l'Ă©poque entre dirigeants politiques, police et mafia, sur fond de guerre contre le PKK et de contrĂŽle du trafic de drogue. En 2007 se tient le procĂšs du rĂ©seau Ergenekon, qui rassemblait des militants ultranationalistes, des officiers de l'armĂ©e et de la gendarmerie, des mafieux et des magistrats. Le rĂ©seau est accusĂ© de meurtres de journalistes et de l'organisation d'escadrons de la mort anti-kurdes[54].

Politique intérieure

Palais présidentiel à Ankara.

La Turquie est une république de type présidentiel.

La constitution en vigueur date de 1982. Elle a été plusieurs fois modifiée, en particulier à la suite du référendum du 12 septembre 2010 et du référendum du 17 avril 2017[103].

Le prĂ©sident de la RĂ©publique est chef de l’État et chef du gouvernement. Élu par le Parlement jusqu'en 2007, il l'est aujourd'hui au suffrage universel et pour un mandat de cinq ans. Le prĂ©sident de la RĂ©publique choisit le(s) vice-prĂ©sident(s) et nomme les hauts fonctionnaires du pouvoir judiciaire ; il est aussi chef des armĂ©es. Le poste de Premier Ministre a Ă©tĂ© supprimĂ© le 8 juillet 2018[104].

Le pouvoir législatif est exercé par la Grande Assemblée nationale de Turquie désormais composée de 600 siÚges renouvelés tous les cinq ans.

RĂ©gime politique

La Turquie est selon sa constitution dotée d'un régime présidentiel[104]. La Turquie est régie par la constitution de 1982, promulguée par la junte militaire[105]. Elle a été amendée à de nombreuses reprises et, en particulier, par le référendum de 2017 à l'issue duquel le régime parlementaire antérieur a cédé la place à un régime présidentiel.

L'AKP arrive au pouvoir en 2002 avec une image réformatrice et une stratégie de rapprochement avec l'Union européenne[106]. Le pouvoir prévoit de renommer les « critÚres de Copenhague » (« critÚres d'Ankara ») pour poursuivre la démocratisation du pays en cas de blocage européen[107]. La politique intérieure se durcit sur des questions sociétales et la gestion du mouvement de contestation de Gezi ainsi que les affaires de corruption touchant les proches du président est autoritaire[106] - [108]. Selon The Economist Group, l'Indice de démocratie de la Turquie classe le pays 97e sur 167 avec le qualificatif de régime politique dit « hybride »[109]. En matiÚre de liberté de la presse, Reporters sans frontiÚres classe la Turquie 151e sur 180 (2016).

Évolution de l'Indice de dĂ©mocratie de la Turquie entre 2008 et 2011.
Manifestations du parc Taksim Gezi: certains protestataires se sont identifiés sous la forme #OccupyGezi.

Du Gladio turc au putsch de l'été 2016

La Özel Harp Dairesi est une organisation secrĂšte crĂ©Ă©e pendant la guerre froide dans le cadre du SHAPE (commandement de l'OTAN) et en Ă©troite collaboration avec la CIA. Jusque dans les annĂ©es 1990, les gouvernements n'avaient aucune connaissance de cette structure qui recevait directement les ordres du SHAPE ou de la CIA. Équivalent du Gladio italien, la Özel Harp Dairesi, appelĂ©e Ă©galement « stay-behind » ou « contre-guĂ©rilla », avait pour objectif d'organiser une forme de rĂ©sistance en cas d'invasion des troupes du pacte de Varsovie. L’extrĂȘme droite et les mouvements religieux sont mis Ă  contribution pour crĂ©er un climat de terreur afin d’accroĂźtre l'autoritarisme et faire barrage Ă  la progression Ă©lectorale des mouvements progressistes[110] - [111]. Mehmet Ağar (en), homme clĂ© de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure dans les annĂ©es 1990, dĂ©clare en 2016 qu'avec du recul « les organisations de gauche contrairement Ă  ce que nous pensions Ă©taient sans danger »[112]. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par des meurtres non Ă©lucidĂ©s d'intellectuels ou de sympathisants de gauche. Le Gladio turc est aussi Ă  l'origine des coups d’État qui se succĂšdent en Turquie. Avec le putsch de 1982, menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Kenan Evren, et l'arrivĂ©e de Turgut Özal au pouvoir, l’État turc endommage durablement le principe de laĂŻcitĂ© constitutionnel en favorisant le dĂ©veloppement et l'intrusion des courants religieux dans les sphĂšres du pouvoir[113] - [114]. Ainsi, Fethullah GĂŒlen s'entretient tour Ă  tour avec Turgut Özal, SĂŒleyman Demirel, Tansu Çiller, Mesut Yılmaz et BĂŒlent Ecevit et la Hizmet amplifiera ses activitĂ©s et son rĂ©seau[113]. L'imbrication des gĂŒlenistes et de l'AKP est telle que lors de leur rupture le prĂ©sident dĂ©clare : « qu'avez-vous sollicitĂ© que nous n'ayons pas rĂ©alisĂ© »[115]. MalgrĂ© les mises en garde des renseignements militaires et de l'opposition, le rĂ©seau infiltre toutes les sphĂšres de l'État en collaboration avec l'AKP[116] - [117]. La justice n'Ă©chappe pas Ă  la toile de la hizmet et c'est de lĂ  qu'une campagne est lancĂ©e a l'encontre de fonctionnaires de gauche ou de kĂ©malistes au prix de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s, injustices et falsifications judiciaires[118] - [119] - [120]. InculpĂ© dans l'affaire Ergenekon par les juristes gulĂ©nistes, le gĂ©nĂ©ral Ä°lker BaƟbuğ dĂ©clare « aujourd’hui nous subissons, demain ça sera vous »[114]. Cette traque vise Ă©galement les minoritĂ©s religieuses et de nombreux cas rapportent le licenciement de l'administration de citoyens alĂ©vis[121] - [122]. En 2003, dans le cadre des nĂ©gociations d'adhĂ©sion Ă  l'Union europĂ©enne, l'AKP entreprend une sĂ©rie de rĂ©formes pour soumettre l'armĂ©e au pouvoir civil[123]. En dĂ©cembre 2013, des proches du prĂ©sident sont impliquĂ©s dans une affaire de corruption[124]. Erdoğan accuse alors le mouvement GĂŒlen et ses disciples d'avoir fomentĂ© un « coup judiciaire » contre lui et ses proches[124].

En juillet 2016, une faction d'officiers tente un putsch militaire[125]. La loyautĂ© de nombreux officiers kĂ©malistes envers les institutions de l’État empĂȘche le renversement d'Erdogan[123] - [126]. L'Ă©chec du putsch s'explique aussi par le ralliement de l'opposition kĂ©maliste, kurde et nationaliste[127] au gouvernement en place. Par ailleurs, les mĂ©dias et les rĂ©seaux sociaux, mis Ă  mal par l'AKP depuis les Ă©vĂšnements de Gezi[128] - [129], permettent au prĂ©sident de lancer un appel Ă  la population via CNN TĂŒrk et FaceTime[123]. L’exĂ©cutif accuse les gĂŒlenistes renommĂ©s FETÖ/PDY d'ĂȘtre Ă  l'origine du putsch et depuis le 20 juillet 2016 la Turquie vit sous un rĂ©gime d’état d'urgence[130]. DĂšs lors, le mouvement gĂŒleniste est rĂ©primĂ© et une purge sans prĂ©cĂ©dent affecte l'administration qui se vide de plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires[131].

Conséquences du putsch

AprĂšs les premiĂšres purges, le pouvoir manifeste briĂšvement quelques signes d'ouverture, d'unitĂ© nationale et le prĂ©sident s'excuse en public pour avoir dĂ©veloppĂ© des liens Ă©troits avec les confrĂ©ries religieuses et appelle Ă  lutter contre l'exploitation de la religion[132] - [133]. Une nouvelle constitution corĂ©digĂ©e avec l'opposition est annoncĂ©e[134], des fonctionnaires de justice Ă©cartĂ©s de leur poste par les juristes gĂŒlenistes sont rĂ©intĂ©grĂ©s[135] et le prĂ©sident retire des plaintes dĂ©posĂ©es pour « injures » Ă  son encontre[136].

Les personnes accusĂ©es d'avoir pris part au putsch sont arrĂȘtĂ©es et poursuivies en justice[137] et les autoritĂ©s annoncent la victoire de la dĂ©mocratie[138]. Toutefois, les restrictions des libertĂ©s, dĂ©clarĂ©es non conformes au statut d’état d'urgence par l'ONU et l'OSCE[139], augmentent l'autoritarisme et plongent la Turquie dans un rĂ©gime politique oĂč l'État de droit a disparu[140] - [141] - [142] - [143] - [144] - [145] - [146] - [147] - [148]. Selon Nils MuiĆŸnieks, commissaire europĂ©en chargĂ© des droits de l'homme, « les pouvoirs discrĂ©tionnaires presque illimitĂ©s des autoritĂ©s engendrent un pouvoir arbitraire »[149] - [150]. Il ajoute que « contrairement a ce que le gouvernement turc avance, l’état d'urgence en Turquie n'est pas comparable a celui de la France ou le gouvernement n'agit pas par dĂ©cret ». Toute forme de critique du gouvernement, de dĂ©fense des droits des minoritĂ©s kurdes et le simple fait de soutenir la relance du processus de paix est passible de mise en examen pour apologie du terrorisme[151] - [152] - [153]. Le prĂ©sident promet le retour de la peine de mort[154] et des cas de torture sont signalĂ©s[155] - [156] - [157] - [158] - [159]. Cette « chasse aux sorciĂšres »[160] - [161] - [162] touche la mouvance gĂŒlĂ©niste accusĂ©e d’ĂȘtre Ă  l'origine du putsch mais aussi la gauche laĂŻque traditionnellement opposĂ©e aux liens avec les confrĂ©ries religieuses[163] - [164] - [165] et la presse d'opposition (Cumhuriyet, ÖzgĂŒr GĂŒndem et Evrensel) est privĂ©e de ses journalistes incarcĂ©rĂ©s ou fermĂ©e temporairement[166] - [167] - [168]. Le Parti dĂ©mocratique des peuples, troisiĂšme force politique du pays, voit son dirigeant Selahattin DemirtaƟ et des responsables de haut rang emprisonnĂ©s[169].

L'Union europĂ©enne[170], l'OSCE[171], l'ONU[172] et l'OTAN[173] condamnent le coup d'État tout en critiquant les restrictions des libertĂ©s fondamentales qui remettent en cause la place de la Turquie dans certaines de ces institutions. Pour John Kerry, la Turquie devra Ă©viter « tout dĂ©rapage » pour ne pas remettre en cause son rĂŽle au sein de l'OTAN[174]. Pour Jens Stoltenberg, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, « il est essentiel pour la Turquie, comme pour tous les autres alliĂ©s, de respecter pleinement la dĂ©mocratie et ses institutions, l’ordre constitutionnel, l’État de droit et les libertĂ©s fondamentales »[174]. Le Parlement europĂ©en demande le gel des nĂ©gociations d'adhĂ©sion de la Turquie[175] et le chancelier autrichien, Christian Kern, dĂ©clare que l’Union europĂ©enne doit mettre un terme aux nĂ©gociations d’adhĂ©sion[176] (la Turquie a entrepris des nĂ©gociations d'adhĂ©sion Ă  l'UE en 2005). Quant Ă  Martin Schulz, prĂ©sident du Parlement europĂ©en, des sanctions Ă©conomiques sont envisageables[177] (la Turquie est membre de l'Union douaniĂšre depuis 1996).

Relations internationales

La Turquie est membre de l'OTAN depuis 1952, avec la deuxiĂšme armĂ©e en effectifs de l’organisation aprĂšs l’armĂ©e amĂ©ricaine.

La Turquie est membre fondateur de l'ONU (1945), OCDE (1960), l'Organisation de la coopĂ©ration Islamique OCI (1969), OSCE (1973), G-20 (1999) et membre (non fondateur) du Conseil de l'Europe (depuis le 9 aoĂ»t 1949) et l’OTAN (depuis le 18 fĂ©vrier 1952). Elle abrite des bases amĂ©ricaines Ă  Ä°ncirlik, Izmir et Ankara. La Turquie est un alliĂ© historique important des États-Unis depuis la guerre froide du fait de sa position par rapport Ă  l'URSS. Cette entente a nĂ©anmoins faibli durant la derniĂšre guerre d'Irak, oĂč les deux pays se sont opposĂ©s sur la question kurde, la Turquie craignant qu'un pouvoir kurde trop fort en Irak ne favorise les prĂ©tentions indĂ©pendantistes des Kurdes de Turquie. La Turquie tient une position proche de l'Iran sur cette question.

Pays dont la langue officielle est d'origine turque
Pays dont la langue officielle est d'origine turcique.

Du fait que la langue turque fait partie des langues altaïques[178], parlées par les peuples turcs d'Asie mineure et d'Asie centrale, la Turquie participe également à plusieurs organismes de coopération économique et culturelle internationaux :

  • la TIKA (Agence de coopĂ©ration turcophone – Turk Isbirligi ve Kalkinma Ajansi) ;
  • la TÜRKSOY: (Organisation internationale pour la culture turque – Uluslararası TĂŒrk KĂŒltĂŒrĂŒ TeƟkilatı) ;
  • le TURKPA, Conseil de coopĂ©ration des États de langue turcique, reconnu observateur de l'organisation des Nations unies depuis 2011.

La Turquie est le premier pays Ă  majoritĂ© musulmane Ă  reconnaĂźtre l’État d’IsraĂ«l dĂšs 1949 et le seul Ă  entretenir de bonnes relations avec lui. Elle ravitaille IsraĂ«l en eau douce : les deux États ont ainsi signĂ© un accord portant sur 50 millions de mĂštres cubes par an pendant vingt ans, pour une valeur d'environ un milliard d’euros. Une coopĂ©ration militaire trĂšs Ă©troite se dĂ©veloppe entre IsraĂ«l et la Turquie depuis 1996, avec plusieurs accords sur la dĂ©fense et l’échange de haute technologie. Les deux États entreprennent Ă©galement des manƓuvres militaires conjointes, Ă©paulĂ©es par les États-Unis. Mais depuis le mois de juin 2010 les relations entre la Turquie et IsraĂ«l se sont fortement dĂ©gradĂ©es Ă  la suite de l'assaut de Tsahal sur un convoi humanitaire turc Ă  destination de Gaza.

La Turquie ne reconnaĂźt pas la rĂ©publique de Chypre, dont elle a occupĂ© la partie nord du territoire, mais est le seul État Ă  reconnaĂźtre la rĂ©publique turque de Chypre du Nord crĂ©Ă©e aprĂšs l’intervention en 1974 par l’armĂ©e turque. Des tensions apparaissent sporadiquement avec la GrĂšce au sujet de la mer ÉgĂ©e.

AprĂšs les premiĂšres victoires de l'armĂ©e armĂ©nienne sur l'armĂ©e azĂ©rie lors de la guerre du Haut-Karabagh, le prĂ©sident turc SĂŒleyman Demirel dĂ©crĂšte en 1993 un embargo contre l’ArmĂ©nie. La Turquie est solidaire avec les AzĂ©ris, un peuple turc, et a toujours maintenu des relations houleuses avec les ArmĂ©niens (notamment la diaspora armĂ©nienne) sur la question du gĂ©nocide. L'embargo est aujourd'hui toujours en vigueur, les deux pays n'entretiennent aucune relation diplomatique officielle et la frontiĂšre reste fermĂ©e. La Turquie accueille le rĂ©cent olĂ©oduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan conjointement avec l'AzerbaĂŻdjan et la GĂ©orgie. Ces trois pays sont les principales nations pro-occidentales dans le Caucase, opposĂ©es Ă  l'axe Russie-ArmĂ©nie. L'intĂ©rĂȘt de cet olĂ©oduc pour les Occidentaux est d'accĂ©der au pĂ©trole de la mer Caspienne en contournant la Russie et l'Iran. Cependant, le , Ă  l'occasion d'une rencontre entre les deux Ă©quipes nationales de football comptant pour les Ă©liminatoires de la Coupe du monde 2010, le prĂ©sident turc se rend Ă  Erevan pour assister au match au cĂŽtĂ© de son homologue armĂ©nien.

La Turquie est actuellement candidate Ă  l’adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne.

La Turquie est candidate Ă  l’adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne; les nĂ©gociations ont commencĂ© en octobre 2005. La Turquie occupant depuis 1974 la partie nord de la rĂ©publique de Chypre, pays membre de l'Union europĂ©enne, les nĂ©gociations traĂźnent.

Les conditions à remplir les plus souvent évoquées constituant les critÚres de Copenhague sont adaptées à la situation de la Turquie :

  • l’indĂ©pendance du pouvoir civil face Ă  l’armĂ©e (ce qui est problĂ©matique car l'armĂ©e est garante de la laĂŻcitĂ©) ;
  • la reconnaissance de la rĂ©publique de Chypre, la normalisation des relations avec ce pays, le dĂ©part des colons anatoliens et le retour des Chypriotes turcs et grecs ;
  • l’application des normes de protection des minoritĂ©s, en particulier la minoritĂ© kurde ;
  • la promotion du droit des femmes ;
  • le respect de l'environnement.
Depuis 2016, la Turquie connaĂźt une dĂ©tĂ©rioration de ses relations internationales Ă  la suite d'un changement de politique diplomatique menĂ© par le prĂ©sident Erdoğan. Cette dĂ©gradation s'exprime en MĂ©diterranĂ©e en 2020[179] au travers de fortes tensions avec les pays europĂ©ens riverains (GrĂšce, France, Chypre
). Cette dĂ©tĂ©rioration s'est Ă©largie Ă  des pays arabes riverains dont l'Égypte[180]

A contrario, la Turquie tente un rapprochement avec la Chine, premiĂšre puissance mondiale en devenir, qui investit dans l'Ă©conomie turque au prix d'un silence sur la situation des OuĂŻghours[181]

[style Ă  revoir]

.

Défense et géopolitique

Un Boeing 737 AEW&C (premier plan) et l'empennage d'un Boeing KC-135R Stratotanker (arriÚre-plan) de l'Armée de l'air turque à Izmir.

Pendant des dĂ©cennies, l'armĂ©e turque a pesĂ© trĂšs lourd en tant qu'acteur de la vie politique. La sĂ©paration entre l'État dĂ©mocratique et les gĂ©nĂ©raux Ă©tait floue, au point que la notion de dĂ©mocratie pouvait s'effacer devant la tentation du nationalisme. À ce niveau, l'appartenance Ă  l'OTAN et les longues nĂ©gociations avec l'Union europĂ©enne ont permis une sĂ©paration plus nette, mais la guerre intĂ©rieure contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et la frontiĂšre commune avec l'Irak n'ont pas permis un changement important.

Conflit kurde

En 29 ans, le bilan humain du conflit entre l’État turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan est le suivant :

  • dĂ©cĂšs de plus de 45 000 personnes[182] ;
  • meurtres non Ă©lucidĂ©s : entre 2 000 et 17 000[183] ;
  • dĂ©placement de 386 000 habitants dans 14 dĂ©partements ;
  • lourd traumatisme dans la sociĂ©tĂ© turque[183].

Depuis la reprise des attaques kurdes autour de Diyarbakir et la multiplication d'interventions militaires dans la zone tampon du Nord de l'Irak, les généraux turcs tentent de multiplier les pressions pour obtenir des prérogatives extraordinaires dans le cadre de « luttes contre le terrorisme ». Ces prérogatives seraient antidémocratiques :

  • augmentation des ripostes militaires dĂ©cidĂ©e par l'État-Major ;
  • droit de perquisition sans l'autorisation du procureur ;
  • libertĂ© d'intervention dans les zones contrĂŽlĂ©es par la police ;
  • allongement des pĂ©riodes de dĂ©tention des suspects[184].

La participation des Kurdes Ă  la vie politique de la Turquie a souvent Ă©tĂ© contrariĂ©e. Les Kurdes ont notamment commencĂ© Ă  s'investir dans la vie politique institutionnelle au dĂ©but des annĂ©es 1960, avec la crĂ©ation du Parti ouvrier de Turquie (TIP) par des syndicalistes de gauche qui contestaient le syndicalisme pro-amĂ©ricain en Turquie. Le parti s'est dĂ©veloppĂ© grĂące au soutien des militants kurdes et a obtenu quinze Ă©lus Ă  l’AssemblĂ©e, parmi lesquels plusieurs Kurdes. Le TIP a Ă©tĂ© interdit aprĂšs le coup d’État de 1971 pour avoir dĂ©clarĂ© que « le peuple kurde a le droit d’exercer ses droits politiques en Turquie ». Par la suite, les Kurdes militants ont cherchĂ© une issue politique autonome. AprĂšs le coup d’État de 1980, c’est le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a lancĂ© la lutte armĂ©e et obtenu un soutien significatif au Kurdistan turc. Lors des Ă©lections lĂ©gislatives de 1991, le Parti du travail du peuple (HEP) fait Ă©lire vingt-deux dĂ©putĂ©s kurdes. Quand sa chef de file Leyla Zana a prĂȘtĂ© serment en kurde, elle et ses compagnons ont Ă©tĂ© dĂ©chus de leur mandat et condamnĂ©s Ă  quinze ans de prison pour trahison et liens avec le terrorisme[185].

Des partis issus du courant dit « pro-kurde » se sont rĂ©guliĂšrement constituĂ©s avant d'ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement interdits : le Parti du travail du peuple (HEP, crĂ©Ă© en 1990 et interdit en 1993) ; le Parti de la libertĂ© et de la dĂ©mocratie (Ozdep, crĂ©Ă© en 1993 et interdit en 1993) ; le Parti de la dĂ©mocratie (DEP, crĂ©Ă© en 1993 et interdit en 1994) ; le Parti de la dĂ©mocratie du peuple (Hadep, crĂ©Ă© en 1994 et interdit en 2003) ; le Parti dĂ©mocratique du peuple (Dehap, crĂ©Ă© en 1997 et interdit en 2005) ; le Parti pour une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique (DTP, crĂ©Ă© en 2005 et interdit en 2009) ; le Parti pour la paix et la dĂ©mocratie (BDP, crĂ©Ă© en 2008) ; et le Parti dĂ©mocratique des peuples (HDP, crĂ©e en 2012)[185].

Économie

Levent est l'un des principaux quartiers d'affaires d'Istanbul.
TCDD HT80000 (Siemens Velaro) du service YHT au nouveau terminal ATG Ă  Ankara, ouvert en 2016.

La lire turque a perdu 30 % de sa valeur en 2018 et le taux de chĂŽmage a l'annĂ©e suivante atteint 14,7 % [188]. L'inflation est de plus de 30 % pour les produits alimentaires en 2019. La Turquie est aussi confrontĂ©e Ă  l'Ă©migration d'une partie de sa jeunesse Ă©duquĂ©e en consĂ©quence de la crise Ă©conomique et de la rĂ©pression politique. Le nombre de dĂ©parts est en forte augmentation avec 113 326 dĂ©parts en 2017, soit 63 % de plus par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente[189].

La place de l'Ă©conomie informelle est importante et tend Ă  croĂźtre. En 2015, une Ă©tude de l'OCDE indique que la part des activitĂ©s productrices de biens et services Ă©chappant au contrĂŽle de l’État dĂ©passe les 28 % du PIB. Travail sans contrat, Ă©vasion fiscale, corruption et trafics illĂ©gaux de biens sont en hausse. La guerre en Syrie a provoquĂ© l'immigration en Turquie de millions de rĂ©fugiĂ©s syriens, qui forment une main d’Ɠuvre exposĂ©e Ă  l'exploitation ; beaucoup de ces travailleurs ne sont pas dĂ©clarĂ©s par leurs employeurs et sont trĂšs peu rĂ©munĂ©rĂ©s[54].

La Turquie occupe une position gĂ©ographique stratĂ©gique ; elle se trouve au carrefour des grandes routes de l'Ă©nergie, et use de cette position pour tenter de s'imposer dans un rĂŽle de courtier. Elle peut ainsi dĂ©fendre sa sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique et les intĂ©rĂȘts de ses entreprises sur le plan rĂ©gional, et augmenter ses revenus en prĂ©levant des taxes sur les olĂ©oducs et gazoducs passant sur son territoire[54]. La Turquie cesse totalement en 2019 l'achat de pĂ©trole iranien pour se conformer aux sanctions instaurĂ©es par les États-Unis[190].

Selon les donnĂ©es du Nasdaq, le 10 septembre 2020, le taux de chĂŽmage de la Turquie est passĂ© Ă  13,4 % et la participation a lĂ©gĂšrement augmentĂ© au cours de la pĂ©riode de mai Ă  juillet au cours de laquelle un verrouillage du coronavirus a Ă©tĂ© levĂ© et une interdiction de licenciement est restĂ©e en place. L'Institut statistique turc a montrĂ© que les travailleurs se disaient trop dĂ©couragĂ©s pour chercher un emploi, atteignant un record de 1,38 million, malgrĂ© la rĂ©ouverture de l’économie au dĂ©but de juin[191].

Quelques indicateurs

Évolution de la paritĂ© euro / lire turque (TL) entre 2002 et 2016.
Évolution du PIB rĂ©el par habitant en Turquie depuis 1990.
  • La monnaie nationale est la livre turque.
  • Un marchĂ© de plus de 75 millions de consommateurs.
  • 7e Ă©conomie d'Europe (par rapport au PIB $ US courants).
  • 11e rĂ©serve d'or mondiale[192].
  • Des finances publiques maĂźtrisĂ©es en 2014 : la dette du gouvernement central reprĂ©sente 33 % du PIB. Le ratio dette publique/PIB passe d’environ 70 % en 2004 Ă  33 % en 2014. Durant la mĂȘme pĂ©riode, la dette extĂ©rieure passe de 147 milliards $ en 2004 Ă  401 milliards $ en 2014, soit 40 % du PIB[193].
  • Bilan du commerce extĂ©rieur en 2013 : dĂ©ficit proche de 100 milliards $. Le commerce extĂ©rieur est dĂ©crit comme structurellement dĂ©ficitaire[194].
  • Borsa Ä°stanbul ou BIST, la Bourse d'Istanbul, est la 8e plus grande bourse d'Europe juste derriĂšre la Bourse de Milan.
  • Membre du Groupe des vingt.
  • Membre de l'Union douaniĂšre europĂ©enne.
  • Membre de l'OCDE.
  • PIB 2016 :
    • 864 milliards $ US courants, en diminution de 9 % par rapport au maximum enregistrĂ© en 2013[195]. Ce chiffre fait de la Turquie la 17e puissance Ă©conomique mondiale[196] ;
    • 1 941 milliards $ PPA internationaux courants soit la 13e puissance Ă©conomique mondiale[197].
  • PIB par habitant 2016 :
    • 11 230 $ US courants, en recul de 11 % par rapport Ă  2013[195].
  • DĂ©penses en recherche et dĂ©veloppement en % du PIB : 1.0 en 2015[198].
  • Taux de chĂŽmage en 2016 : 13,3 (statistique Eurostat). En une annĂ©e celui-ci a augmentĂ© de 1,9 point.
  • 1er janvier 2005 : introduction de la nouvelle livre turque (YTL, environ 0,50 euro) qui remplace 1 million de livres turques (TL).
  • Inflation, prix Ă  la consommation en 2017: 11.9 % annuel[199].
  • En 2011 les exportations turques se montent Ă  134,9 milliards de dollars.
  • En 2017 les agences de notation ont dĂ©gradĂ© la dette turque dans la catĂ©gorie spĂ©culative[200].
  • Projection Ă  horizon 2050. Selon une projection de Goldman Sachs faite en 2012 sur la base d'une croissance annuelle de 3 %[201], la Turquie pourrait devenir la 2e puissance Ă©conomique d'Europe en 2050.
Les traités de libre échange signés par la Turquie.

SynthĂšse

SynthÚse de l'économie turque en 2010. Analyse en composantes principales. Données : Banque mondiale.
Évolution de la dette extĂ©rieure de la Turquie.
Entrepreneuriat et indice de démocratie.
Articles de journaux scientifiques et techniques pour 10 000 habitants en 2009.
Demandes de brevet pour 10 000 habitants en 2009.

En 2010, la Turquie est la 1re puissance Ă©conomique du Moyen-Orient devant l'Iran et l'Arabie saoudite[203], la 7e puissance Ă©conomique d'Europe[204] et la 15e puissance Ă©conomique mondiale[205]. Membre du Groupe des vingt et de l'Union douaniĂšre, la Turquie a officiellement entamĂ© ses nĂ©gociations d’adhĂ©sion avec l’Union europĂ©enne en octobre 2005.

Selon le magazine Forbes, Istanbul comptait un total de 37 milliardaires en 2013, se classant 5e au monde, derriĂšre Moscou (84 milliardaires), New York (62 milliardaires), Hong Kong (43 milliardaires) et Londres (43 milliardaires)[206].

En 2000, le pays connait la plus grave crise financiĂšre de son histoire moderne.

En 2001, Kemal DerviƟ, ministre de l'Économie, met en place d'importantes rĂ©formes Ă©conomiques :

  • autonomie de la banque centrale ;
  • recapitalisation des deux plus grandes banques publiques et de certaines banques privĂ©es ;
  • saisie ou fermeture de banques insolvables ;
  • restructuration des principaux Ă©tablissements.

Ces réformes sont à l'origine de la solidité actuelle du secteur financier de la Turquie.

La stabilité politique (majorité parlementaire AKP depuis 2002), le début des négociations d'adhésion avec l'Union européenne, la mise en circulation d'une nouvelle monnaie et la maßtrise des dépenses publiques améliorent également la confiance des agents économiques envers les autorités politiques et monétaires du pays et contribuent à la stabilisation du niveau général des prix et au renforcement du secteur financier.

En 2010, la Turquie affiche un taux de croissance de +9,1 %, supérieur à celui du Brésil (+7,5 %) ou de l'Allemagne (3,7 %). La structure de la production de la Turquie est caractérisée par une surreprésentation de l'industrie et de l'agriculture et une sous représentation des services. La Turquie est un pays industriel ou l'agriculture occupe une place importante dans la production de la richesse nationale. La valeur ajoutée de l'industrie représente 26,6 % du PIB contre 63,7 % pour les services et 9,6 % pour l'agriculture.

La vitalité de l'économie turque s'explique par :

  • la prĂ©sence d'un grand marchĂ© intĂ©rieur (75 millions de consommateurs): la consommation privĂ©e est soutenue et son pouvoir d'achat augmente. La Turquie affiche un taux de croissance du PIB par habitant de 7,8 % contre 1,4 % au Royaume-Uni ;
  • des investissements importants : ces derniers reprĂ©sentent une part importante du PIB en 2010 (20 % contre 17,3 % en Allemagne).

L'Ă©conomie turque est une Ă©conomie relativement ouverte. Les Ă©changes extĂ©rieurs reprĂ©sentent 48 % du PIB contre 22 % au BrĂ©sil et 88 % en Allemagne. L’Union europĂ©enne est le premier partenaire commercial du pays. En 2010, le commerce extĂ©rieur du pays est largement dĂ©ficitaire. Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, la Turquie renforce son ouverture Ă©conomique en signant une sĂ©rie d'accords de libre Ă©change. Ce faisant, elle ouvre de nouveaux dĂ©bouchĂ©s Ă  ses entreprises exportatrices et favorise leur approvisionnement en matiĂšre premiĂšre. ParallĂšlement, le gouvernement turc mĂšne une politique de suppression des visas avec des pays tiers pour faciliter la prospection des chefs d'entreprises turcs. Pour le centenaire de la RĂ©publique turque (2023), l'objectif du gouvernement est d'atteindre les 500 milliards de dollars d'exportation. Pour atteindre cet objectif, la Turquie doit :

  • augmenter ses efforts en matiĂšre de recherche et dĂ©veloppement (0,73 % du PIB en Turquie contre 2,68 % pour l'Allemagne) ;
  • exporter des produits Ă  forte valeur ajoutĂ©e pour retrouver un Ă©quilibre de sa balance commerciale (les exportations de produits de haute technicitĂ© reprĂ©sentent 1,93 % des exportations de biens manufacturĂ©s en Turquie contre 11,2 % pour le BrĂ©sil et 15,2 % pour l'Allemagne).

La consommation privĂ©e soutenue, le taux d'investissements Ă©levĂ© et le dĂ©ficit de la balance commerciale pousse le pays Ă  recourir aux flux de capitaux Ă©trangers (IDE et investissements de portefeuille). Le taux d'Ă©pargne (14,5 % du PIB) bien que supĂ©rieur Ă  celui du Royaume-Uni (12,9 %) ou des États-Unis (11,6 %) ne suffit pas Ă  pourvoir les sommes nĂ©cessaires au dĂ©veloppement Ă©conomique du pays. La vigueur de l'Ă©conomie turque en 2010 s'accompagne de tensions inflationnistes (+8,7 %).

En 2010, les finances publiques sont maßtrisées et la Turquie aura remboursé la totalité de sa dette auprÚs du Fonds monétaire international en avril 2013 :

  • la dette du gouvernement se monte Ă  50,7 % du PIB contre 117 % pour l'Italie et 56 % pour l'Allemagne ;
  • le dĂ©ficit budgĂ©taire reprĂ©sente -2,25 % du PIB contre -3,14 % en Allemagne.

et le pays dispose de réserves en mois d'importation relativement bonnes.

Le risque pays se rapproche des pays europĂ©ens. Toutefois, l'Ă©pargne turque est insuffisante et le pays, dĂ©pendant des capitaux Ă©trangers, voit son endettement privĂ© extĂ©rieur fortement augmenter, augmentant le risque de change. Entre 2000 et 2010, la dette extĂ©rieure de la Turquie est multipliĂ©e par 3 et atteint les 294 milliards de $US. Le risque politique est encore soulignĂ© par les agences de notation. Pour Ă©viter les troubles sociaux, la Turquie doit instaurer une forte dĂ©mocratie, seul moyen de faire adhĂ©rer l'ensemble de sa population aux objectifs de dĂ©veloppement national. En pensant la dĂ©mocratie comme un levier de croissance, en accordant une rĂ©elle libertĂ© de pensĂ©e et d'expression Ă  ses intellectuels-chercheurs, en accordant des droits Ă  ses minoritĂ©s ethniques (kurde, zaza, laze, tatar, azĂ©ri, roms, abkhaze
), en accordant des droits Ă  ses minoritĂ©s religieuses (alevi bektachi, cĂąferĂź, chrĂ©tien et musevi), la Turquie s’éloignera des tensions religieuses et ethniques que sa gĂ©ographie lui impose, elle assurera sa stabilitĂ© politique et accroĂźtra son attractivitĂ© Ă©conomique. Ce faisant, plusieurs milliards de dollars dĂ©pensĂ©s chaque annĂ©e pour sa politique sĂ©curitaire seront allouĂ©s au dĂ©veloppement humain et Ă©conomique du pays. La rĂ©daction de la nouvelle constitution turque est l'occasion d'ancrer solidement la Turquie dans le cercle des pays dĂ©mocratiques, pacifiĂ©s et stables. Aux politiciens turcs d'en relever le dĂ©fi et d'y associer, sans sectarisme, l'ensemble des composantes de la sociĂ©tĂ© turque.

En 2010, la Turquie est la 15e puissance économique mondiale pour ce qui est du PIB[207] mais concernant l'indice de développement humain, le classement est moins favorable et montre que la Turquie doit intensifier ses investissements dans l'éducation, la recherche et la santé et mener des politiques moins inégalitaires. En 2021, l'IDH de la Turquie s'élÚve à 0,838[3]. Au niveau mondial, la Turquie est classée 48e].

L'éclatement de scandales de corruption en 2013[208], la tournure autoritaire du pouvoir politique et la fin du processus de paix avec les Kurdes en 2015 augmente les lacunes en matiÚre de transparence, d'indépendance de la justice et de stabilité. Ces carences apparaissent comme des freins au bon développement économique du pays et à l'attrait de capitaux étrangers. Les responsables d'entreprises qui s'opposent politiquement aux gouvernements sont systématiquement sanctionnés. Ainsi, les sociétés faßtiÚres Koç et İpek Koza sont punies la premiÚre pour son soutien aux manifestants de Gezi et la deuxiÚme pour l'opposition politique de sa branche média. Les moyens utilisés par le gouvernement vont de l'annonce d'amendes fiscales records à la mise sous tutelle des entreprises sans décision de justice[209] - [210].

  • en matiĂšre d'indĂ©pendance de la justice, la Turquie est classĂ©e 88e sur 142 en 2012[211] ;
  • en matiĂšre d'indĂ©pendance de la presse, la Turquie est classĂ©e 148e sur 179 en 2012[211] ;
  • en matiĂšre de corruption la Turquie est classĂ©e 64e sur 175 en 2014[211].

L'Union européenne envisage en 2021 de placer la Turquie sur sa liste des paradis fiscaux, lui reprochant de ne pas respecter ses engagements en matiÚre d'évasion fiscale[212].

Tourisme

Plage et marina Ă  Kemer prĂšs d'Antalya sur la Riviera turque (CĂŽte Turquoise). Le tourisme en Turquie possĂšde une trĂšs grande variĂ©tĂ© de destinations telles que des lieux historiques, des zones archĂ©ologiques mais aussi de trĂšs nombreuses stations balnĂ©aires le long de la mer MĂ©diterranĂ©e et de la mer ÉgĂ©e. Les nombreuses cultures que le pays a connues tout au long de son histoire et le climat trĂšs favorable donnent un atout majeur Ă  la Turquie dans le tourisme. Plus de 36,7 millions de touristes Ă©trangers ont visitĂ© la Turquie en 2012, la Turquie est la 6e destination touristique mondiale.
Pamukkale : « Chùteau de coton ».

La Turquie est la sixiĂšme destination touristique mondiale. Plus de 51 millions de touristes Ă©trangers ont visitĂ© la Turquie en 2019. Le tourisme a rapportĂ© au pays plus de 34 milliards de dollars la mĂȘme annĂ©e[213] - [214].

La Turquie est un pays trĂšs visitĂ© grĂące Ă  des sites naturels attractifs et Ă  une histoire singuliĂšre dans le monde, comme le tĂ©moigne la ville d'Istanbul. Antalya se trouve Ă  la quatriĂšme et Istanbul Ă  la dixiĂšme place des villes les plus visitĂ©es au monde en 2013. Les grandes rĂ©gions touristiques de Turquie sont principalement Istanbul, les cĂŽtes de la mer ÉgĂ©e et de la mer MĂ©diterranĂ©e et la Cappadoce.

DÚs le début des années 2000, le WWF avait souhaité l'émergence en Méditerranée de différentes formes de tourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt années suivantes, un groupe de pays méditerranéens comme le Maroc, la Tunisie, la GrÚce, la Turquie et la Croatie, subiront une pression croissante du tourisme étranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de constructions sauvages[215] et non concertées d'hÎtels, stations balnéaires et villages de vacances[215]. Il avait appelé l'industrie du tourisme à adopter et encourager des pratiques plus responsables[215] afin de renverser la vapeur en défendant des programmes de développement écologiques et en sensibilisant la clientÚle au respect de l'environnement[215].

Le tourisme médical est une nouvelle constante dans le secteur touristique turc, bon nombre d'Européens viennent passer des vacances tout en se soignant. Le pays dispose de bon nombre de sources thermales qui tirent le tourisme des cÎtes vers le centre du pays. Le trekking et le tourisme sportif connaissent également une grande expansion, grùce aux investissements du privé.

Syndicats des salariés

Dans le privé :

Dans le public :

Syndicats d'entrepreneurs

  • Organisations patronales :
    • TÜSÄ°AD (tr) (Association des industriels et des hommes d’affaires turcs), qui pĂšse fortement sur les dĂ©cisions Ă©conomiques et politiques (adhĂ©sion Ă  l'UE, rĂ©formes constitutionnelles
)[216] ;
    • TUSKON (ConfĂ©dĂ©ration des hommes d’affaires et des industriels de Turquie)[216] ;
    • MÜSIAD (Organisation indĂ©pendante des industriels et hommes d’affaires), le pendant de la TÜSIAD pour les petites et moyennes entreprises, qui a dĂ©veloppĂ© un rĂ©seau trĂšs actif Ă  l'international[216].
  • Associations sectorielles :
    • ÇEÄ°S (Çimento EndĂŒstrisi İƟverenleri Sendikası) ;
    • Ä°NTES (TĂŒrkiye Ä°nƟaat Sanayicileri İƟveren Sendikası) ;
    • KAMU-İƞ (Kamu İƟletmeleri İƟverenleri Sendikası) ;
    • MESS (TĂŒrkiye Metal Sanayicileri Sendikası) ;
    • PÜİS (Petrol ÜrĂŒnleri İƟverenler Sendikası) ;
    • TÄ°SK (TĂŒrkiye İƟveren Sendikaları Konfederasyonu) ;
    • TÜTSIS (TĂŒrkiye Tekstil Sanayii İƟverenleri Sendikası).

Climat social

  • mai-juin 2012 : grĂšve dans le transport aĂ©rien. Le parlement turc adopte une loi interdisant la grĂšve dans le transport aĂ©rien.
  • mai 2012 : grĂšve nationale du secteur public. Les syndicats protestent contre l'augmentation trop faible des salaires.

Travail des enfants

Selon un rapport du gouvernement turc sur le travail des enfants datant de 2012, environ 900 000 enfants travaillaient dans diffĂ©rentes industries, notamment dans l'agriculture. Cela s'explique notamment par le fait que les entreprises agricoles de moins de 50 employĂ©s ne sont pas soumises au Code du travail[217].

Les mauvaises conditions de travail sont réguliÚrement pointées par les associations de défense des droits des travailleurs. La directrice de l'innovation et de la recherche pour la Fair Labor Association, Richa Mittal, indique qu'« en six ans de suivi, nous n'avons jamais trouvé une seule ferme de noisettes en Turquie dans laquelle toutes les normes de base d'un travail décent étaient respectées ». En 2018, 67 enfants et adolescents sont morts sur leur lieu de travail selon des données officielles[217].

Codes

La Turquie a pour code :

Bibliographie

  • Turquie, Istanbul, Mert Turquie, , 167 p. (ISBN 975-285-029-4).
  • Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Fayard, 1989.

Notes et références

  1. Correcteurs, « Turquie (la) *Nom officiel* : RĂ©publique de Turquie
 », sur typo.mondediplo.net (consultĂ© le )
  2. (en) Institut statistique de Turquie, « The Results of Address Based Population Registration System, 2022 », sur data.tuik.gov.tr.
  3. Rapport sur le développement humain 2021/2022 : Temps incertains, vies bouleversées : façonner notre avenir dans un monde en mutation, New York, Programme des Nations unies pour le développement, , 337 p. (ISBN 978-92-1-126452-4, lire en ligne).
  4. (en) « Gini index », sur Banque mondiale (consulté le ).
  5. (en) Martin J. Wolf, John W. Emerson, Daniel C. Esty, Alex de Sherbinin, Zachary A. Wendling et al., 2022 Environmental Performance Index, New Haven, Connecticut, États-Unis, Yale Center for Environmental Law & Policy, , 192 p. (lire en ligne [PDF]).
  6. (tr) « Institut des statistiques turques, recensement de 2014 »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?).
  7. L'Obs avec AFP, « Ne l’appelez plus jamais Turquie : pourquoi Erdogan a changĂ© le nom du pays Ă  l’ONU », sur nouvelobs.com, L'Obs, (consultĂ© le ).
  8. (en) « UNTERM », sur un.org (consulté le ).
  9. https://www.iso.org/obp/ui/fr/#iso:code:3166:TR
  10. Olivier Bouquet : Pourquoi l'Empire ottoman ? : Six siĂšcles d'histoire, 2022, Éditeur Folio; Ă©dition illustrĂ©e (ISBN 2072941431)
  11. François Surbezy, Les Affaires d'Arménie et l'intervention des puissances européennes (de 1894 à 1897), Université de Montpellier, [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  12. Ce chiffre est celui gĂ©nĂ©ralement admis par la communautĂ© des historiens ; mais du fait de leur caractĂšre gĂ©nocidaire, le bilan des massacres et dĂ©portations des ArmĂ©niens ne fait pas l'unanimitĂ©, les estimations allant de 400 000 Ă  2 millions de victimes armĂ©niennes. Cette derniĂšre estimation est avancĂ©e par les ArmĂ©niens eux-mĂȘmes, lire « Ankara choquĂ© par une loi française » dans Le Nouvel Observateur du 8 octobre 2006, [lire en ligne].
  13. Barbara Lefebvre et Sophie Ferhadjian, Comprendre les génocides du XXe siÚcle : comparer-enseigner, Rosny-sous-Bois, Bréal, , 319 p. (ISBN 978-2-7495-0722-4 et 2749507227, LCCN 2008366435, lire en ligne), p. 190.
  14. http://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/9_16_17.pdf.
  15. (en) Sina AkƟin, Turkey from empire to revolutionary republic : the emergence of the Turkish nation from 1789 to the present, p. 126
    « People's defence unit called National Forces (Kuvay-ı Milliye) were organised and financed throughout the country by the notables of each Region »
    .
  16. Élise Massicard, The Alevis in Turkey and Europe: Identity and Managing Territorial Diversity.
  17. J. Craig Jenkins, Esther E. Gottlieb, Identity Conflicts: Can Violence be Regulated?.
  18. Hazal Atay, « En Turquie, « la politique porte toujours la moustache » », sur Orient XXI, (consulté le ).
  19. Jean-François Pérouse, « Anakara », sur EncyclopÊdia Universalis (consulté le ).
  20. « TancrĂšde Josseran, la nouvelle puissance turque : l’adieu Ă  Mustapha Kemal », lesclesdumoyenorient.com, 6 septembre 2012.
  21. Jean-François Pérouse, Erdogan : Nouveau pÚre de la Turquie ?, Bourin éditeur, , 440 p. (ISBN 979-10-252-0173-2, lire en ligne).
  22. « La Turquie vote « oui » à la réforme constitutionnelle », La Tribune.
  23. Jean-Pierre Maury, « Turquie, Constitution 1924, MJP », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le ).
  24. Laure Marchand, « L'UE et Ankara signent un accord sur l'immigration », Le Figaro, mardi 17 décembre 2013, page 10.
  25. « Turquie : le pacte migratoire avec l'UE, victime collatérale du putsch raté? », sur fr.news.yahoo.com (consulté le ).
  26. « « Mavi-Marmara », l'affaire qui a consommé la rupture entre Israël et la Turquie », lemonde.fr, 27 mai 2014.
  27. « Kobané, ville symbole du triple jeu de la Turquie », marianne.net, 14 octobre 2014.
  28. « Le jeu dangereux de la Turquie avec les califoutraques islamiques finit-il par justifier que l’Union europĂ©enne rejette officiellement sa candidature ? », entretien avec Alexandre del Valle, atlantico.fr, 30 septembre 2014.
  29. « Turquie : « un groupe de paix » du PKK », sur lefigaro.fr (consulté le ).
  30. SolĂšne Cordier, « Quelles sont les derniĂšres atteintes Ă  la laĂŻcitĂ© en Turquie ? », lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  31. « Attentat d'Ankara : Le bilan passe de 99 à 102 tués », 20 minutes.
  32. (tr) « İƟte Ankara katliamındaki ihmalin belgesi », sur radikal.com.tr (consultĂ© le ).
  33. « Tentative de coup d’État en Turquie : le Premier ministre parle d’un «retour Ă  la normale» », sur lesoir.be (consultĂ© le ).
  34. « En direct : l'armĂ©e turque annonce que le putsch a Ă©chouĂ©, plus de 1 500 militaires arrĂȘtĂ©s », sur France 24, (consultĂ© le ).
  35. Remi BANET, « SĂ©isme en Turquie, un mois plus tard: 45 000 morts, plus de 3 millions de dĂ©placĂ©s et un pays traumatisĂ© », La Presse,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  36. « Deprem Felaketinin TĂŒrkiye'ye Maliyeti Ne Olacak? - Tuna Öztunç Ä°le TGRT Ana Haber » (consultĂ© le )
  37. « Turquie : une politique environnementale vivement critiquée », sur Novethic.fr (consulté le ).
  38. BibliothÚque du CongrÚs, « Geography of Turkey », BibliothÚque du CongrÚs.
  39. « TURKSTAT Corporate », sur data.tuik.gov.tr (consulté le )
  40. Hana Jaber, « Qui accueille vraiment les rĂ©fugiĂ©s ? », Le Monde diplomatique, no 739,‎ (rĂ©sumĂ©).
  41. (en + tr) « Birth Statistics, 2020 », Turkstat, (consultĂ© le )
  42. (tr) « Turkey »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), (consultĂ© le ).
  43. (en) Uğur Hodoğlugil et Robert W. Mahley, « Turkish Population Structure and Genetic Ancestry Reveal Relatedness among Eurasian Populations », Annals of Human Genetics, vol. 76, no 2,‎ , p. 128–141 (ISSN 0003-4800, DOI 10.1111/j.1469-1809.2011.00701.x, lire en ligne, consultĂ© le ).
  44. (en)The Pew Forum - Global Religious Landscape.
  45. « En Turquie, une jeunesse moins pratiquante », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  46. « YouTube », sur www.youtube.com (consulté le ).
  47. (tr) Atilla HanKRKK, « Levent Kayapınar- Bizans, Osmanlı ve Balkanlardaki TĂŒrk Varlığı », (consultĂ© le ).
  48. (tr) « 20 Kasım 2014 PerƟembe », sur TV CNN TĂŒrk (consultĂ© le ).
  49. Altan Gokalp, « Une minoritĂ© chĂźite en Anatolie : les AlevĂź », Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 35,‎ , p. 748–763 (DOI 10.3406/ahess.1980.282666, lire en ligne, consultĂ© le ).
  50. Ali Kazancigil, La Turquie, Éditions du Cavalier bleu, , 126 p. (ISBN 978-2-84670-195-2, lire en ligne).
  51. Ugur Kaya, Dynamiques contemporaines en Turquie : Ruptures, continuitĂ©s ?, Éditions L'Harmattan, , 240 p. (ISBN 978-2-296-44673-1, lire en ligne).
  52. « La vérité est dans l'homme » (consulté le ).
  53. « En Turquie, le Parlement autorise le port du voile Ă  l'universitĂ© », lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  54. Dorothée Schmid, La Turquie en 100 questions, Texto, .
  55. Joseph Yacoub, Comment la Turquie a éradiqué ses minorités chrétiennes, lefigaro.fr, 19 novembre 2020
  56. Extrait du 4e chapitre du livre de E. Dourmoussis, La Vérité sur un drame historique, la catastrophe de Smyrne, septembre 1922, Paris, Caffin, 1928, George Horton.
  57. Nicola Mirkovic, « Les Balkans sous le joug ottoman », La Nouvelle Revue d'histoire, hors-série, no 12H, printemps-été 2016, p. 32-35.
  58. (en) « Religion », sur ipsosglobaltrends.com, (consulté le ).
  59. (en) Foreign Ministry : 89,000 minorities live in Turkey.
  60. « Rapport 2018 », sur jw.org (consulté le ).
  61. (en) « Haci Bektas Veli Complex - UNESCO World Heritage Centre », sur whc.unesco.org (consulté le ).
  62. (tr) Constitution du 20 janvier 1921, sur le siteanayasa.gen.tr.
  63. (tr) Constitution du 20 avril 1924, sur le site anayasa.gen.tr.
  64. (tr) TĂŒrkiye Devleti, CumhĂ»riyetçi, Milliyetçi, HĂąlkçı, Devletçi, Laik ve Ä°nkılĂąpçı’dır.
  65. Élise Massicard, « L'organisation des rapports entre État et religion en Turquie », CRDF,‎ , p. 120 (lire en ligne).
  66. (tr) BAƞBAKANLIK DİYANET İƞLERİ BAƞKANLIĞI.
  67. Samim AkgönĂŒl, Religions de Turquie, religions des Turcs : nouveaux acteurs dans l'Europe Ă©largie, Paris, Éditions L'Harmattan, , 196 p. (ISBN 978-2-7475-9489-9 et 2747594890, LCCN 2006382557, lire en ligne), p. 69.
  68. « Coran (Saint Coran) : Nouvelle traduction de Tawhid », sur hisnulmuslim.com (consulté le ).
  69. Gloria L. Clarke, The World of the Alevis: Issues of Culture and Identity.
  70. François-Xavier Maigre, « Le gouvernement turc va restituer des biens saisis Ă  des minoritĂ©s religieuses », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consultĂ© le ).
  71. « TÜRKÄ°YE BÜYÜK MÄ°LLET MECLÄ°SÄ° », sur tbmm.gov.tr (consultĂ© le ).
  72. « http://obtic.org/Dosyalar/Cahiers%20de%20l%27Obtic/CahiersObtic_2.pdf »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?) (consultĂ© le ).
  73. « La Commission europĂ©enne rend son rapport annuel d’évaluation de la candidature de la Turquie » (consultĂ© le ).
  74. Jean-Louis BacquĂ©-Grammont, « Notes et documents sur les Ottomans, les Safavides et la GĂ©orgie, 1516-1521 », Cahiers du monde russe et soviĂ©tique, vol. 20,‎ , p. 239–272 (DOI 10.3406/cmr.1979.1359, lire en ligne, consultĂ© le ).
  75. (tr) « ONAR KÖYÜ’NDEKÄ° TARÄ°HÄ° CEMEVÄ° | », sur cemvakfi.org.tr (consultĂ© le ).
  76. Rapport Minority Rights Group Bir eƟitlik arayÄ±ĆŸÄ±: TĂŒrkiye’de azınlıklar Uluslararası Azınlık Hakları Grubu 2007 Dilek Kurban.
  77. « http://www.psakd.org/dunyada_turkiyede_nusayrilik1.html »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?) (consultĂ© le ).
  78. Emel Parlar Dal, La politique turque en question : entre imperfections et adaptations, Paris, Éditions L'Harmattan, , 252 p. (ISBN 978-2-336-00305-4, lire en ligne).
  79. DerniĂšre en date (Reuters, 18.04.2007, 17 h 47) : « Trois personnes, dont un ressortissant allemand, ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es Ă©gorgĂ©es, les pieds et les poings liĂ©s, dans une maison d'Ă©dition chrĂ©tienne Ă  Malatya [
] Les victimes Ă©taient des chrĂ©tiens Ă©vangĂ©liques [
] Quatre personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es par la police Ă  la suite de cette attaque, la derniĂšre en date contre des minoritĂ©s religieuses dans un pays en quasi-totalitĂ© musulman, mais officiellement laĂŻc oĂč la place de la religion suscite des tensions. » Voir aussi (AFP / 18 avril 2007 15 h 04) : « Plusieurs attaques ont visĂ© dans le passĂ© des religieux chrĂ©tiens ou leurs lieux de culte en Turquie, officiellement Ă  99 % musulmane et qui abrite plusieurs petites minoritĂ©s chrĂ©tiennes (syriaque, armĂ©nienne, orthodoxe, protestante et catholique). En juillet 2006, un prĂȘtre français a Ă©tĂ© blessĂ© Ă  coups de poignard par un individu dĂ©crit comme mentalement instable Ă  Samsun (nord, sur la mer Noire). Et en fĂ©vrier de la mĂȘme annĂ©e, un prĂȘtre catholique, le pĂšre Andrea Santoro, 61 ans, a Ă©tĂ© tuĂ© par balle Ă  Trabzon, un bastion nationaliste situĂ© Ă  une centaine de kilomĂštres plus Ă  l'est. ».
  80. Information de France-info du 5 mai 2009.
  81. « Data | The World Bank » (consulté le ).
  82. « Manifestations en Turquie aprĂšs que le pays s’est retirĂ© de la convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  83. Erdogan provoque la colÚre en quittant le traité contre les violences faites aux femmes, republicain-lorrain.fr, 20 mars 2021.
  84. « Turquie : la théorie de l'évolution bannie des programmes scolaires », lepoint.fr, 23 juin 2017.
  85. Robert Holcman, « Atomisation de la protection sociale et fractionnement de l’offre hospitaliĂšre en Turquie », Revue internationale de SĂ©curitĂ© sociale, vol. 57, no 2, avril-juin 2004, p. 183-108, disponible sur [PDF]robertholcman.net.
  86. « La Turquie sombre dans la dictature, des officiers turcs de l'Otan demandent l'asile », echo.be,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  87. (en) Ä°brahim Kaya, Social Theory and Later Modernities : The Turkish Experience, Liverpool, Liverpool University Press, , 180 p., poche (ISBN 978-0-85323-898-0 et 0-8532-3898-7, LCCN 2004445219, lire en ligne).
  88. (en) Royal Academy of Arts, Turks - A Journey of a Thousand Years : 600–1600, Royal Academy of Arts, .
  89. Attacks on the Press 2002: Turkey, CPJ, 31 mars 2003.
  90. (en) « Charges Against Journalists Dim the Democratic Glow in Turkey », NYTimes,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  91. « La Turquie, premiĂšre prison au monde pour les journalistes »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), Reporters sans frontiĂšres, 19 dĂ©cembre 2012.
  92. « Affaire Ergenekon : une vingtaine de journalistes lourdement condamnés », fr.rsf.org, 7 août 2013.
  93. « Turquie : 7,5 ans de prison requis contre 18 journalistes pour la publication d’une photo », sur europeanjournalists.org, .
  94. Avec AFP, « Turquie : la police prend d'assaut deux tĂ©lĂ©visions de l'opposition », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne).
  95. Marie JĂ©go, « En Turquie, 2 journalistes poursuivis pour des rĂ©vĂ©lations sur des livraisons d’armes aux rebelles syriens », lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  96. (tr) « Cumhuriyet'e operasyon; Genel Yayın Yönetmeni Murat Sabuncu gözaltında, 16 yazar ve yönetici için gözaltı kararı! », sur T24, (consulté le ).
  97. Étienne Jacob, « La justice turque s'attaque au dernier grand quotidien d'opposition du pays », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne).
  98. Turquie : Nouvelle loi sur la diffusion, Base de données d'informations juridiques relatives au secteur audiovisuel en Europe.
  99. « Coupe du monde 2002 »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), sur coupe-du-monde.pl, (consultĂ© le ).
  100. « Allemagne-Uruguay, un festival de buts pour se consoler ? », sur lemonde.fr, (consultĂ© le ) : « En 2002, la Turquie et la CorĂ©e du Sud avaient ainsi offert une victoire 3 Ă  2, avec un match Ă  rebondissements, et notamment le but le plus rapide de l'histoire de la compĂ©tition marquĂ© par Hakan ĆžĂŒkĂŒr en 11 secondes. ».
  101. « Minute de silence pour AtatĂŒrk », LibĂ©ration 10 novembre 2006.
  102. « Turquie: Les observateurs de l'OSCE parlent d'une campagne inéquitable »
  103. France 3, « Référendum en Turquie : le oui à un régime présidentiel fort », sur Francetvinfo.fr, (consulté le ).
  104. « Turquie : Erdogan réélu pour un mandat présidentiel renforcé », sur L'Obs, (consulté le ).
  105. Lucie DrechselovĂĄ et Joseph Richard, « En Turquie, le spectre du coup d’État de septembre 1980 », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  106. « Turquie : le durcissement de la politique d’Erdogan en quelques dates », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  107. (tr) « Erdoğan AB ĂŒyelerine seslendi: "ÖnĂŒmĂŒzĂŒ keserseniz, Ankara kriterleri ile yolumuza devam ederiz" », sur turkishjournal.com (consultĂ© le ).
  108. Valentin Germain, « Mouvement de protestation en Turquie : décryptage », sur lesclesdumoyenorient.com, (consulté le ).
  109. http://www.yabiladi.com/img/content/EIU-Democracy-Index-2015.pdf.
  110. « Turkey's "Deep-State" and the Ergenekon Conundrum », sur Middle East Institute (consulté le ).
  111. (en) Suleyman Elik, Iran-Turkey Relations, 1979-2011, , 260 p. (ISBN 978-1-136-63088-0, lire en ligne), p. 50.
  112. (tr) « Mehmet Ağar'a tepki yağıyor : Hayatlarını kararttı Ɵimdi 'iyi çocuklardı' diyor », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  113. (tr) « İƟte 'FETÖ' sözlĂŒÄŸĂŒ », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  114. (tr) « Ä°lker BaƟbuğ : MÄ°T 8 yıl bilgi vermedi », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  115. (tr) « Erdoğan'dan bir bĂŒyĂŒk çeliƟki daha! », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  116. (tr) « Hilmi Özkök, AKP'nin FETÖ'nĂŒn miladı 2013'tĂŒr tezini Ă§ĂŒrĂŒttĂŒ », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  117. (tr) « IĆŸÄ±k KoƟaner : FETÖ'nĂŒn ordu içindeki faaliyetlerinden haberdardık », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  118. Whttp://www.slate.fr/story/81495/gulen-etat-turquie-erdogan.
  119. (en) « Government supported ‘Ergenekon’ case, says Turkey’s former military chief », sur Hurriyetdailynews.com, (consultĂ© le ).
  120. (en) « Turkish Military Conspiracy Case Collapses », sur Voice of America (consulté le ).
  121. (tr) « 'Alevi olduğu için cemaat kurbanı' emniyet amirinden açıklama », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  122. (tr) « Tutuklu akademisyenin eƟi : Mezhebi gereği FETÖ ile ilƟkisi olamaz », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  123. SĂŒmbĂŒl Kaya, « Comment M. Erdoğan a matĂ© l’armĂ©e turque », Le Monde diplomatique,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  124. « Turquie : accusĂ© de corruption, Erdogan contre-attaque », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  125. « Ce que l’on sait de la tentative de coup d’Etat en Turquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  126. http://www.cumhuriyet.com.tr/haber turkiye592170Astsubay_Omer_Halisdemir_in_ailesi_CHP_li_cikti__yardimlari_kabul_etmediler.html.
  127. (en) Zvi Bar'el, « Sleeping with the enemy: The Turkish opposition’s terrible dilemma », Haaretz,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  128. « La Turquie 151e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse », sur Reporters sans frontiÚres, (consulté le ).
  129. « Le mouvement Gezi en procÚs à Istanbul », sur ARTE Info (consulté le ).
  130. « La Turquie prolonge l’état d’urgence de trois mois Ă  partir du 19 octobre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  131. « En Turquie, des gĂ©nĂ©raux limogĂ©s, des journaux et des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision fermĂ©s », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  132. « CumhurbaƟkanı Erdoğan : “Rabbimden af milletimden özĂŒr diliyorum” », sur euronews, (consultĂ© le ).
  133. « Erdoğan'dan 'Terör örgĂŒtĂŒne destek' itirafı : Verecek hesabımız var », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  134. « Turquie : le gouvernement veut une nouvelle Constitution », L'Obs,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  135. « Cemaat mağduru hĂąkimler görevde », sur Com.tr (consultĂ© le ).
  136. « Turquie : Erdogan lĂąche (un peu) du lest », Les Échos,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  137. « Turquie: manifestations Ă  Istanbul et Ankara aprĂšs le coup d'Etat avortĂ© », L'Express,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  138. (tr) « BaƟbakan Binali Yıldırım: "Demokrasinin zaferi, milletin destanı" - GĂŒndem Haberleri », sur www.haberturk.com (consultĂ© le ).
  139. (tr) « BM ve AGÄ°T'ten TĂŒrkiye'ye eleƟtiri : Bu kısıtlamalar OHAL'de dahi uygun değil », sur Com.tr (consultĂ© le ).
  140. « Turquie : "on n'est clairement plus dans un état de droit" », sur Francetvinfo.fr, (consulté le ).
  141. http://www.arte.tv/guide/fr/070096-000-A/erdogan-l-ivresse-du-pouvoir.
  142. « Olivier Bertrand, journaliste arrĂȘtĂ© en Turquie: le pays plonge "dans une dictature" », L'Express,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  143. (en) Dexter Filkins, « Erdogan’s March to Dictatorship in Turkey », The New Yorker, (consultĂ© le ).
  144. (en) « Erdogan's Putsch: Turkey's Post-Coup Slide into Dictatorship », Spiegel Online,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  145. « La Turquie vire Ă  la dictature en toute tranquillitĂ© », L'HumanitĂ©,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  146. (en) « Crunch time approaches for EU-Turkey relations », sur ft.com (consulté le ).
  147. (en) Orhan Kemal Cengiz, « Turkey's path to dictatorship », Al-Monitor, (consulté le ).
  148. Associated Press, « Austrian leader suggests Turkey heading toward dictatorship », sur foxnews.com, (consulté le ).
  149. (tr) « Avrupa Konseyi'nden TĂŒrkiye raporu : Temel haklar askıya alınamaz », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  150. « Document not found - Council of Europe », sur coe.int (consulté le ).
  151. (tr) « BĂŒyĂŒk gözaltı », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  152. Marie JĂ©go, « L’écrivaine Asli Erdogan dans la tourmente des purges en Turquie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  153. (tr) « Çocuklarımızın tabutu yan yana duracağına, dirisi yan yana dursun diyen doktor aĂ§Ä±ÄŸa alındı », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  154. « En Turquie, Erdogan promet le retour de la peine de mort « pour bientĂŽt » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  155. Clara Lahellec, « Des Ă©tudiants et des professeurs exilĂ©s en France dĂ©noncent la rĂ©pression en Turquie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  156. (tr) « Taylan Kulaçoğlu gözaltında gördĂŒÄŸĂŒ iƟkenceyi anlattı : TecavĂŒzle tehdit ettiler », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  157. (tr) « Selahattin DemirtaƟ : EƟ Genel BaƟkan Yardımcımız emniyette iƟkence gördĂŒ », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  158. (tr) « Eski iƟkence aletleri geri döndĂŒ », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  159. (tr) « Avukattan acı itiraf : Korktum, iƟkenceye sessiz kaldım », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  160. Olivier Perrin, « Purges massives: la chasse aux sorciĂšres a commencĂ© en Turquie », Le Temps,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  161. Delphine Minoui, « En Turquie, chasse aux sorciĂšres contre les universitaires », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  162. « La chasse aux sorciÚres se poursuit en Turquie », sur 7sur7.be, (consulté le ).
  163. (tr) « Tiyatroda cadı avı : Çok sayıda oyuncu ve yönetmen aĂ§Ä±ÄŸa alındı », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  164. (tr) « Kılıçdaroğlu'nun danÄ±ĆŸmanı aĂ§Ä±ÄŸa alındı : Bu olay deli saçmasıdır
 », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  165. « Turquie : Le journalisme Ă  l’heure de la purge massive », sur Reporters sans frontiĂšres (consultĂ© le ).
  166. franceinfo, « Turquie : RSF rĂ©clame la libĂ©ration de son reprĂ©sentant, Erol Önderoglu, arrĂȘtĂ© Ă  Istanbul », sur Francetvinfo.fr, (consultĂ© le ).
  167. Le Monde avec Reuters, « Turquie : arrestation du rĂ©dacteur en chef du quotidien d’opposition « Cumhuriyet » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  168. (tr) « Kapatılan ÖzgĂŒr GĂŒndem'e yeni operasyon : Aslı Erdoğan gözaltında, Ragıp Zarakolu'nun evi basıldı », sur cumhuriyet.com.tr (consultĂ© le ).
  169. « Turquie: les dirigeants d'un parti d'opposition prokurde placĂ©s en dĂ©tention », L'Express,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  170. « La tentative de coup d'état a fait au moins 60 morts à Ankara, dont 17 policiers », sur RTL.fr (consulté le ).
  171. (en) « Refworld - UN and OSCE experts condemn Turkey's crackdown on media », sur Refworld (consulté le ).
  172. « Turquie : des responsables de l'ONU condamnent la tentative de coup d'Etat de vendredi », sur ONU Info, (consulté le ).
  173. « DĂ©claration du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OTAN aprĂšs la tentative de coup d’État en Turquie », sur NATO (consultĂ© le ).
  174. CĂ©cile Ducourtieux et Jean-Pierre Stroobants, « Bruxelles joue les Ă©quilibristes face Ă  la Turquie aprĂšs le putsch », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  175. « Le Parlement europĂ©en demande le gel des nĂ©gociations d’adhĂ©sion avec la Turquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  176. « Juncker estime que fermer la porte de l’UE Ă  la Turquie serait une « grave erreur » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  177. (tr) « AB'den ekonomik yaptırım uyarısı », sur cumhuriyet.com.tr (consulté le ).
  178. « Famille altaïque », sur axl.cefan.ulaval.ca (consulté le ).
  179. « Article journal », sur lemonde.fr, .
  180. Yves Bourdillon, « L'Egypte menace d'intervenir contre la Turquie en Libye », sur lesechos.fr, .
  181. Ayca AlemdarogluSultan Tepe, « La Turquie peut dire merci à son grand frÚre chinois », sur courrierinternational.com, .
  182. « La Turquie et le PKK, un conflit de trente ans », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consultĂ© le ).
  183. (tr) « 30 yılın terör bilançosu: 35 bin 576 ölĂŒ! », sur Radikal (consultĂ© le ).
  184. « Les nouvelles exigences des militaires inquiÚtent les Turcs », Le Figaro, 10 octobre 2008, avec en particulier l'avis de Volkan Aytar (tr).
  185. Chris den Hond, « Une histoire mouvementée des Kurdes de Turquie », sur Orient XXI,
  186. « These Airlines Fly to Most Countries », garfors.com.
  187. International Flight Destinations & Special Offers - Turkish Airlines.
  188. « Turquie-Bond du chÎmage à 14,7%, au plus haut depuis 10 ans », sur Investir (consulté le ).
  189. « Les jeunes diplĂŽmĂ©s fuient la Turquie d’Erdogan », Courrier international,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  190. « Ankara a cessé d'acheter du pétrole iranien pour respecter les sanctions américaines », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le ).
  191. (en) « Turkey unemployment up to 13.4% as more looked for work », sur Nasdaq (consulté le ).
  192. Michel Lhomme, « La Turquie aime l’or », sur metamag.fr, (consultĂ© le ).
  193. « La chute de la livre inquiÚte le gouvernement turc », middleeasteye.net.
  194. « Le commerce extérieur de la Turquie en 2013 » [PDF], sur diplomatie.gouv.fr.
  195. (en) « The Wold Bank Data ».
  196. The World Bank: World Development Indicators Database. Gross Domestic Product 2013. Last revised on 22 September 2014.
  197. The World Bank: World Development Indicators Database. Gross Domestic Product 2013, PPP. Last revised on 22 September 2014.
  198. (en) « File:Gross domestic expenditure on R & D by sector, 2015 (% of GDP) YB17-fr.png », sur Eurostat.
  199. « Inflation historique Turquie - Inflation IPC », sur Inflation.eu.
  200. « Fitch ferme son bureau Ă  Istanbul », sur Les Échos.
  201. http://www.goldmansachs.com/our-thinking/view-from/a-view-from-turkey/index.html.
  202. WIPO, « Indice mondial de l'innovation 2022 », sur Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (consulté le )
  203. Par rapport au PIB $ US courants et PIB $ PPA internationaux courants.
  204. Par rapport au PIB $ US courants.
  205. Par rapport au PIB $ PPA internationaux courants.
  206. (en) « Forbes Top 10 Billionaire Cities - Moscow Beats New York Again », Forbes, (consulté le ).
  207. $ PPA internationaux courants.
  208. « La Turquie enterre un énorme scandale de corruption », sur 7sur7.be (consulté le ).
  209. (tr) « İpek Koza'ya darbe », sur radikal.com.tr (consulté le ).
  210. (tr) « Koç grubu'na 'Gezi' cezası », sur cumhuriyet.com.tr (consulté le ).
  211. (en) « Transparency International - Country Profiles », sur transparency.org (consulté le ).
  212. « Paradis fiscaux: la Turquie évite la liste noire de l'UE », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  213. « La Turquie a accueilli plus de 46 millions de visiteurs en 2018 », sur trt.net.tr, (consulté le ).
  214. (tr) « TĂŒrkiye'ye gelen turist sayısı 46 milyon 112 bin 592'ye ulaƟtı », sur iha.com.tr, (consultĂ© le ).
  215. "Le Fonds mondial pour la Nature prĂŽne un tourisme "responsable"", AFP Royaume-Uni le 20 mars 2001
  216. « Les organisations patronales turques », sur tresor.economie.gouv.fr (consulté le ).
  217. Des enfants dans la chaßne de production de Ferrero Rocher, Slate, 21 décembre 2019

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplĂ©mentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimĂ©dias.