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IsmaĂŻl Ier

Ismaïl Ier (en azéri : Şah Ismayıl Səfəvi[1], en persan : شاه اسماعیل یکم / Šâh Esmâʿil-e Yekom), né à Ardabil (actuel Iran) le et mort à Tabriz le , est chah de Perse de 1501 à sa mort.

IsmaĂŻl Ier
Illustration.
Chah Ismaïl, le fondateur de la dynastie des Séfévides.
Titre
Chah de Perse
–
(22 ans, 5 mois et 1 jour)
Successeur Tahmasp Ier
Biographie
Dynastie Séfévides
Date de naissance
Lieu de naissance Ardabil (Empire timouride)
Date de décès (à 36 ans)
Lieu de décès Tabriz (Séfévides)
Père Cheikh Heidar
Mère Halima
Enfants Tahmasp Ier
Religion Islam chiite

Il est le fondateur de la dynastie des Séfévides.

Biographie

Origines

Shah Ismail Hatayi, né en 1487, est le petit-fils du cheikh Seyfettin Erdebili de la principauté turque oghouze d'Ardabil, né de Haydar Erden et Halime Begüm Alemşah. Le cheikh Seyfettin Erdebili est un érudit islamique qui a vécu entre 1252 et 1334. En plus d'être un érudit islamique, il avait l'identité d'un homme d'État dont la renommée s'étendait parmi le peuple et qui était honoré avec respect. Son descendant, Sheikh Haydar, est considéré comme le fondateur de l'alévisme turc anatolien actuel. Il a organisé les Turkmènes en Anatolie, au Khorasan, en Iran et en Irak et se les est subordonnés. L'une de ses pratiques, qui a survécu jusqu'à nos jours, consistait à faire porter à ses sujets des bonnets rouges (Qizilbash) sur la tête afin de les reconnaître facilement. Ainsi, les Turcs portant un bonnet rouge sur la tête indiquaient qu'ils étaient des soldats du cheikh Haydar. Les Turcs appelés aujourd'hui Qizilbash sont l'armée de Haydar, c'est-à-dire l'armée du père de Shah Ismail. Halime Begum était la fille d'Uzun Hasan, le dernier souverain de l'État d'Aq Qoyunlu[2] - [3] - [4].

Chah

Inquiet de la puissance et de la popularité montante de Djunayd, le petit-fils de Khodja Ali, les souverains Akkoyunlu les chassent d'Ardabil. En 1500, un Qurultay (réunion des armées) est organisé à Erzincan. Là se réunissent les tribus turques d'Anatolie et d'Azerbaïdjan : Shamlu, Ustadjlu, Tekelü, Dzulqadir, Jepni, Rumlu, Varsak, Bayat, Qadjar, Karamanlu, Afchars, Karadaĝlu, etc.

Au printemps 1501, Ismaïl revient en force à la tête de son armée, défait les armées du dernier souverain Akkoyunlu, et se fait couronner chah à Tabriz.

Après la bataille, les Qizilbashs sont rejoints par les Akkoyunlu et Karakoyunlu.

Lorsqu'Ismaïl s'empare de Tabriz, puis se fait couronner Shah, il déclare le chiisme religion d'État[5] et la langue turkmène la langue de toute l'administration[6].

ConquĂŞtes

De 1503 Ă  1508, IsmaĂŻl Ier fait la conquĂŞte de l'Iran central (1503), des provinces du sud de la mer Caspienne (1504) et de l'Irak actuel (1505-1508).

En 1506, les Ouzbeks anéantissent les derniers Timourides et menacent les Séfévides qui décident de marcher contre eux. La rencontre a lieu à Merv en 1510 et c'est une victoire totale, le Khorassan revient aux Séfévides.

Inquiet des victoires d'IsmaĂŻl, SĂ©lim Ier, le nouveau sultan ottoman, prend des mesures drastiques notamment en massacrant 40 000 Qizilbashs dans l'Empire ottoman[7]. La rencontre a lieu le 23 aoĂ»t 1514 Ă  Tchaldiran : les Ottomans Ă©crasent — grâce Ă  leur artillerie lourde — l'armĂ©e sĂ©fĂ©vide.

Après cette bataille, Ismaïl se décide à renforcer son empire qui s’étendait de l'Euphrate à l'Amou-Daria. Il meurt le .

Poète

Divan de Khatai

Ismaïl a également pratiqué l'art de la poésie tout au long de sa vie. Il signait ses poèmes sous le nom de Khatai.

Khatai a renouvelé les thèmes traditionnels du lyrisme turc. Les accents très personnels sur la bravoure, sur les martyrs et les combattants de la foi lui ont valu un grand renom.

En plus de son « Divan », on lui doit un long poème épique « Dehname » et un mesnevi philosophique « Nasihatname ».

Chah Ismaïl aime à s'entourer des gens de poésie notamment Süruri, Şahi, Matami, Tüfeyli, Qasımi et Habibi.

Mécène

Ismaïl est aussi un grand mécène. À sa cour sont réunis les plus grands miniaturistes du monde islamique notamment Kemaleddin Behzad, Sultan Mehemmed Tabrizi, Shah Mahmud Nishaburi etc. Ces maîtres donnent naissance à l'école de Tabriz qui forme des miniaturistes talentueux notamment Mir Ali Khattat, Mir Seyyid Ali Müsavvir, Sadiq bey Afshar (aussi grand écrivain) et Agha Mirak Khan (aussi grand architecte).

Notes et références

  1. Massoume Price, Iran's Diverse Peoples: A Reference Sourcebook, ABC-CLIO, 2005, p. 66, (ISBN 978-1-57607-993-5), « The Shah was a native Turkish speaker and wrote poetry in the Azerbaijani language ».
  2. W. Barthold, Soçineniya, C. II, bölüm I, Moskova, 1963, s. 748.
  3. Âlem-i Ârâ-yi Safevî, s. 11.
  4. Heyyət, C. “Azərbaycanın Türkləşməsi və Azəri Türkçəsinin Təşəkkülü”, Varlıq, Tehran 1992, s. 9-12.
  5. « Chronologie », Qantara no 75, avril 2010
  6. Au XVIe siècle, la famille turcophone séfévide d'Ardabil en Azerbaïdjan, probablement d'origine iranienne turquisée (ou kurde), conquiert l'Iran et établit l'azéri, comme langue vernaculaire de l'empire, influençant le perse parlé, tandis que le perse écrit, langue de la littérature et de l'administration, demeure inchangé - John R. Perry, « Turkic-Iranian contacts », Encyclopædia Iranica, 24 janvier 2006
  7. Abolala Soudavar, p. 30

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Shah Abbas, empereur de Perse, 1587-1629, Ă©d. Perrin 1998 (Prix Eugène Colas, AcadĂ©mie française)
  • Abolala Soudavar, « Le Fer, le verbe et le pinceau », in Qantara no 75, , traduit par Jeanne Bouniort
  • Hashmat, Aizid I. Das, Sakti., The penis, Lea & Febiger, (ISBN 0-8121-1508-2 et 978-0-8121-1508-6, OCLC 59891455)

Liens externes

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