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Maroc

Le Maroc (en arabe : ŔĪŔĄŔíŔÖŔéōļŔíōĪŔźō®, al-Mań°rib ; en amazighe : ‚Ķé‚Ķď‚ĶĒ‚īį‚īĹ‚Ķď‚Ķõ[24], murakuc), ou, depuis 1956, en forme longue le royaume du Maroc, autrefois appel√© Empire ch√©rifien, est un √Čtat unitaire r√©gionalis√© situ√© en Afrique du Nord. Son r√©gime politique est une monarchie constitutionnelle semi-parlementaire unitaire et r√©gionalis√©e. Sa capitale administrative et politique est Rabat et sa plus grande ville, ainsi que sa capitale √©conomique, est Casablanca.

Royaume du Maroc

(ar) ŔĪŔĄŔíŔÖŔéŔÖŔíŔĄŔéŔÉŔéō© ŔĪŔĄŔÖŔéōļŔíōĪŔźō®ŔźŔäŔéŔĎō©

(zgh) ‚Ķú‚īį‚ī≥‚Ķć‚ī∑‚ĶČ‚Ķú ‚ĶŹ ‚Ķé‚Ķď‚ĶĒ‚īį‚īĹ‚Ķď‚Ķõ[1]

Devise

en arabe : ōßŔĄŔĄŔáōĆ ŔĪŔĄŔíŔąŔéō∑ŔéŔÜōĆ ŔĪŔĄŔíŔÖŔéŔĄŔźŔÉ (¬ę Dieu, la Patrie, le Roi ¬Ľ)

en amazighe : ‚Ķē‚īĪ‚īĪ‚ĶČ, ‚īį‚Ķé‚Ķď‚ĶĒ, ‚īį‚ī≥‚Ķć‚Ķć‚ĶČ‚ī∑[2] (¬ę Dieu, la Patrie, le Roi ¬Ľ)
Hymne en amazighe : ‚ĶČ‚Ķ£‚Ķć‚ĶČ ‚īį‚ĶŹ‚īį‚Ķé‚Ķď‚ĶĒ
en arabe : ōßŔĄŔÜōīŔäōĮ ōßŔĄŔąō∑ŔÜŔä (¬ę Hymne national ¬Ľ)
Fête nationale 30 juillet
¬∑ √Čv√©nement comm√©mor√©
Intronisation du Roi Mohammed VI ()
Description de cette image, également commentée ci-après
La zone en vert clair d√©signe le Sahara occidental (ex-¬ę Sahara espagnol ¬Ľ), consid√©r√© comme un territoire non autonome par l'ONU[3] et majoritairement administr√© de facto par le Maroc, qui le revendique dans son int√©gralit√©, tout comme le Front Polisario.
Description de cette image, également commentée ci-après
Maroc de facto. En gris, zone sous contr√īle du Front Polisario.
Géographie
Plus grande ville Casablanca
Superficie totale 446 550 km2 (hors Sahara occidental)[5] - [6]
710 850 km2 (Sahara occidental inclus) km2
(classé 57 ou 39e)
Superficie en eau 0,05 %
Fuseau horaire UTC + 1[7]
UTC + 0 (pendant le Ramadan)[8] - [9] - [10] - [11]
Démographie
Gentilé Marocain(s), Marocaine(s)
Population totale (2021[19]) 37 344 787 hab.
(classé 40e)
Densité 76,84 hab./km2 (hors Sahara occidental)
48,27 hab./km2 (Sahara occidental inclus) hab./km2
√Čconomie
PIB nominal (2022) en augmentation 133,062 milliards de $
+ 1,21 %[20] (40e)
PIB (PPA) (2022) en augmentation 331,542 milliards de $
+ 7,44 % (56e)
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 3 628,641 $
+ 0,22 % (125e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en augmentation 9 041,236 $
+ 6,40 % (115e)
Taux de ch√īmage (2022) 11,7 % de la pop. active
- 1,36 %
Dette publique brute (2022) Nominale
956,242 milliards de DH
+ 6,07 %
Relative :
77,119 % du PIB
+ 1,08 %
Monnaie Dirham marocain (MAD‚Äč)

Le Maroc se compose de zones montagneuses ou d√©sertiques, et il est un des seuls pays ‚ÄĒ avec l'Espagne et la France ‚ÄĒ √† comporter des rivages sur la mer M√©diterran√©e d'un c√īt√© et l'oc√©an Atlantique de l'autre. Sa population est de pr√®s de 37 millions d'habitants en 2023 et sa superficie de 446 550 km2[25] (76,84 hab./km2), ou de 710 850 km2 en incluant le Sahara occidental[26] - [27] ‚ÄĒ ex-¬ę Sahara espagnol ¬Ľ, consid√©r√© comme un territoire non autonome par l'Organisation des Nations unies[3] ‚ÄĒ dont il administre de facto environ 80 % et qu'il revendique dans sa totalit√©, tout comme le Front Polisario. Sa culture est berb√©ro-arabe depuis plusieurs si√®cles et s'est √©tendue principalement au Maghreb et dans le Sud de l'Espagne.

Le territoire marocain poss√®de les traces d'une pr√©sence d'hominid√©s datant d'environ 700 000 ans et fut habit√© d√®s la pr√©histoire par des populations diverses. L'√Čtat marocain, en tant qu'entit√© distincte, est fond√© en 789 par Idris Ier.

Par ailleurs, il fait partie de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union africaine[28], de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de l'Organisation internationale de la francophonie, du Groupe des 77, de l'Union pour la Méditerranée et candidat à l'adhésion à la CEDEAO.

La constitution royale marocaine d√©finit l'Islam, l'arabit√© et l'amazighit√© comme ¬ę composantes fondamentales ¬Ľ de l'identit√© du peuple marocain. Cette constitution est ¬ę forg√©e par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, [‚Ķ] nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, h√©bra√Įque et m√©diterran√©en ¬Ľ. L'Islam y est d√©fini comme religion d'√Čtat, √Čtat qui garantit √† tous le libre exercice des cultes.

Toponymie

Caravane saharienne au sud du Maroc.

Le nom arabe al-Maghrib (en arabe : ŔĪŔĄŔíŔÖŔéōļŔíōĪŔźō®) signifie ¬ę le couchant ¬Ľ. Pour les r√©f√©rences historiques, les historiens et les g√©ographes arabes m√©di√©vaux ont d√©sign√© par Maghrib une aire g√©ographique plus large, et ont √©voqu√© le Maroc sous le terme al-Maghrib al-Aqsa (en arabe : ōßŔĄŔÖōļōĪō® ōßŔĄō£ŔāōĶŔČ, qui signifie ¬ę l'Occident le plus lointain ¬Ľ) pour le distinguer de r√©gions historiques voisines appel√©es al-Maghrib al-Awsat (en arabe : ōßŔĄŔÖōļōĪō® ōßŔĄō£Ŕąō≥ō∑, ce qui signifie ¬ę le Moyen-Ouest ¬Ľ) et al-Maghrib al-Adna (en arabe : ōßŔĄŔÖōļōĪō® ōßŔĄō£ōĮŔÜŔČ, qui signifie ¬ę l'Occident le plus proche ¬Ľ).

Le mot fran√ßais ¬ę Maroc ¬Ľ est d√©riv√© du nom de Marrakech[29]. Ce dernier est probablement issu du berb√®re *Amur n YakuŇ°, o√Ļ amur a pour significations ¬ę part, lot, promesse, protection ¬Ľ[30] et YakuŇ° (et ses variantes YuŇ° et AkuŇ°) signifie ¬ę Dieu ¬Ľ[31].

Les prononciations portugaise et espagnole, Marrocos et Marruecos, d√©rivent √©galement de Marrakech, ainsi que les appellations du pays dans plusieurs autres langues indo-europ√©ennes (Marocko en su√©dois, Morocco en anglais et Marokko en allemand, norv√©gien et n√©erlandais). Les Persans emploient directement le nom ¬ę Marrakech ¬Ľ pour d√©signer le Maroc (en persan : ŔÖōĪōßŕ©ōī).

Les Turcs l'appellent Fas, qui vient du nom de l'ancienne capitale du Maroc sous les dynasties m√©rinide, wattasside et alaouite (avant 1912), F√®s. Dans l'Antiquit√©, les Grecs appelaient les habitants de la r√©gion les Maurusiens. √Ä partir de cette appellation, la r√©gion compos√©e du Maroc et de l'Alg√©rie occidentale fut connue sous le nom de Maur√©tanie (√† ne pas confondre avec la Mauritanie). La r√©gion fut par la suite divis√©e en deux provinces par les Romains : la Maur√©tanie tingitane, avec Volubilis pour capitale (ancienne cit√© berb√®re d'Oulil), et la Maur√©tanie c√©sarienne, avec Cesarea (Cherchell) pour capitale (centre et ouest de l'Alg√©rie). Le Maroc √©tait le pays o√Ļ les Grecs anciens situaient le mythique jardin des Hesp√©rides.

Le Maroc √©tait connu sous le nom de ¬ę royaume de Marrakech ¬Ľ sous les trois dynasties qui avaient cette ville comme capitale, puis sous le nom de ¬ę royaume de F√®s ¬Ľ, sous les dynasties qui r√©sidaient √† F√®s. Au XIXe si√®cle, les cartographes europ√©ens mentionnaient toujours un ¬ę royaume de Maroc ¬Ľ, en indiquant l'ancienne capitale ¬ę Maroc ¬Ľ (pour Marrakech). Sous la dynastie des Alaouites, toujours au pouvoir, le pays est pass√© de l'appellation d'¬ę Empire ch√©rifien ¬Ľ √† celle de ¬ę royaume du Maroc ¬Ľ en 1957[32], le sultan Sidi Mohammed ben Youssef en devenant le roi, en tant que Mohammed V. Il peut √™tre aussi surnomm√© ¬ę Royaume ch√©rifien ¬Ľ, en r√©f√©rence au souverain alaouite, descendant du proph√®te de l'islam, Mahomet, qualifi√© de ¬ę ch√©rif ¬Ľ.

Géographie physique

Localisation, frontières et espaces maritimes

Le Maroc est un pays de l'h√©misph√®re nord situ√© au nord-ouest de l'Afrique et dont le territoire est positionn√© √† 32¬į Nord et 5¬į Ouest. Le pays partage des fronti√®res terrestres avec l'Alg√©rie, la Mauritanie, le Sahara occidental qu'il revendique et contr√īle en grande partie et l'Espagne (notamment via Ceuta et Mellila). Sa superficie s'√©tend sur 446 550 km2 (hors Sahara occidental) ou 710 850 km2 (Sahara occidental inclus). Le territoire marocain est aussi bord√© par l'oc√©an Atlantique, √† l'ouest, et la mer M√©diterran√©e, au nord. En cela, le cap Spartel (promontoire situ√© √† la limite occidentale du d√©troit de Gibraltar) mat√©rialise la jonction entre les littoraux atlantique et m√©diterran√©en. Le pays partage des fronti√®res maritimes avec l'Alg√©rie, l'Espagne et le Portugal, et sa ZEE s'√©tend sur 274 577 km2.

Territoires limitrophes

Les distances indiquées séparent entre elles les capitales des pays nommés.

Territoires limitrophes du Maroc
Groenland, √† 4 520 km Espagne, √† 765 km Italie, √† 1 900 km
√Čtats-Unis, √† 6 150 km Maroc Alg√©rie, √† 950 km
√éles Canaries, √† 1 050 km Mauritanie, √† 2 000 km

Topographie

Les montagnes occupent plus des deux tiers du territoire marocain et renferment quatre principales cha√ģnes : le Rif au Nord, le Moyen Atlas √† l'Est, le Haut Atlas et l'Anti-Atlas. Plusieurs sommets franchissent la barre des 4 000 m. Le djebel Toubkal, culminant √† 4 167 m, est le plus haut d'entre eux.

  • Carte topographique du Maroc.
    Carte topographique du Maroc.
  • Carte g√©ologique du Maroc.
    Carte géologique du Maroc.

Relief

Le massif du Toubkal.

Montagnes

Quatre grandes cha√ģnes montagneuses composent le territoire marocain :

  • Le Moyen Atlas : s√©par√© du Rif par les plaines arides de l'est et fertiles de l'ouest, il est dissoci√© du Moyen Atlas par la fameuse trou√©e de Taza. Le massif se compose de deux sous-parties dont l'une, vers l'est, est escarp√©e et compte des sommets de plus de 3 100 m (Djebel Bou Naceur ou Bouiblane) tandis que l'autre, vers l'ouest, s'adoucit et laisse place √† des reliefs plus abordables et quelques petits plateaux.
  • Le Haut Atlas : cha√ģne dont le plus haut sommet culmine √† pr√®s de 4 167 m, ceinture le pays d'est en ouest.
  • L'Anti-Atlas : cha√ģne de montagnes situ√©e au sud-ouest du pays et orient√©e sud-ouest et nord-est sur pr√®s de 600 km, entre le Haut Atlas central et du Souss au Tafilalet.

Plaines

Les plaines sont souvent tr√®s √©tendues et s'√©tirent des montagnes du Rif jusqu'au Moyen Atlas. Le bassin de Sebou (36 000 km2) se compose de bas plateaux, de cours d'eau, quelques collines et des plaines fertiles. La plaine du Gharb (r√©gion agricole) se distingue des autres par la pr√©sence de la for√™t de Ma√Ęmora (notable pour l'exploitation de ch√™nes-li√®ges et d'eucalyptus).

Au-del√† du pays de Za√Įr, le plateau des phosphates ainsi que de vastes plaines apparaissent comme : Chaouia, Doukkala et plus √† l'est, au pied du Moyen Atlas, Tadla. Tandis que plus au sud, on retrouve la plaine du Haouz et celle du Souss (formant un triangle entre oc√©an, Haut Atlas et Anti-Atlas). Enfin, d'autres plaines et vall√©es fertiles de moindres tailles sont localis√©es surtout au nord : Lukos, Nekkor, Trifa, vall√©e des oueds Ouergha, Baht, Inaouen.

Désert

Erg Chebbi.

Dans le sud du pays, l'Erg Chebbi est la deuxi√®me plus vaste √©tendue de pierres et de sable √† l'int√©rieur du Maroc apr√®s l'Erg Chegaga. Certaines dunes peuvent atteindre 200 m de hauteur.

Littoral

Le littoral marocain est diversifi√© par sa nature car compos√© √† la fois de la mer M√©diterran√©e au nord et de l'oc√©an Atlantique √† l'Ouest. Comptabilisant un total de 3 500 km[33] de c√ītes, le Maroc est le pays au plus grand littoral du continent africain : il comprend 512 km de c√ītes en M√©diterran√©e et 2 934 km[33] sur l'oc√©an Atlantique[33].

Les eaux marocaines sont réputées pour être parmi les plus poissonneuses au monde[34].

Hydrographie

Le Maroc possède plusieurs cours d'eau (fleuves et oueds) tels que :

Vue sur les cascades d'Ouzoud, √† 150 km de Marrakech.

Les grands fleuves tels que le Bouregreg, l'Oum Errabi√Ę, la Moulouya et le Sebou ont des d√©bits tr√®s variables entre les saisons, et aussi d'ann√©e en ann√©e.

De nombreux cours d'eau moins importants (les oueds) peuvent m√™me √™tre √† sec une partie de l'ann√©e (ou m√™me plusieurs ann√©es de suite dans les zones pr√©-d√©sertiques). Le manque d'eau et la grande variabilit√© des d√©bits repr√©sentent un grand probl√®me pour le Maroc, notamment pour l'agriculture (irrigu√©e ou non). Par ailleurs, le Maroc est confront√© √† une situation de crise aigu√ę du stress hydrique, la consommation de sa population d√©passant largement la quantit√© d'eau disponible. Ses ressources en eau par habitant ont √©t√© divis√©es par cinq entre 1960 et 2019, passant de 2 500 m3 par habitant et par an √† 500 m3. Le Royaume occupe le 23e rang des pays les plus menac√©s par les p√©nuries d'eau, selon le World Resources Institute (WRI)[35].

Climat

Carte de la répartition des climats au Maroc.

Le climat marocain est principalement de type méditerranéen mais peut toutefois être divisé en sept sous-zones, déterminées par les différentes influences que subit le pays : influences océaniques, méditerranéennes, montagnardes, continentales et sahariennes.

D'un point de vue g√©n√©ral, au niveau des plaines, on observe une influence de courants atlantiques marqu√©e par une saison s√®che et chaude doubl√©e d'une saison froide et humide ; la fin de la p√©riode chaude √©tant marqu√©e par les pluies d'octobre. Les influences maritimes att√©nuent les √©carts de temp√©rature, temp√®rent les saisons et accro√ģt l'humidit√© de l'air (400 √† 1000 mm de pluies sur le littoral). Dans l'int√©rieur, le climat varie en fonction de l'altitude. Les √©t√©s sont chauds et secs, surtout lorsque souffle le sirocco br√Ľlant ou le chergui, vent d'√©t√© venant du Sahara. En cette saison, les temp√©ratures moyennes sont de 22 ¬įC √† 24 ¬įC. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et neige. La temp√©rature moyenne √©volue alors de - 2 ¬įC √† 14 ¬įC et peut descendre jusqu'√† - 26 ¬įC. Dans les r√©gions montagneuses, les pr√©cipitations sont tr√®s importantes (plus de 2 000 mm de pr√©cipitations au Rif ou encore 1 800 mm au Moyen-Atlas). Le Maroc pr√©-saharien et saharien a un climat d√©sertique sec.

Paysage et environnement

Paysage

Le Maroc est un pays avec une grande diversité de paysages : montagnes, désert, plaines, plateaux, oasis…

Environnement

Le Maroc est un pays m√©diterran√©en par excellence, le botaniste fran√ßais Louis Emberger en parle en 1934 dans la citation suivante : ¬ę R√©unissant sur son territoire toutes les formes du climat m√©diterran√©en, le Maroc peut √™tre consid√©r√© comme le type phylog√©ographique m√©diterran√©en au sens syst√©matique du mot. La v√©g√©tation des autres pays group√©s autour de la M√©diterran√©e pourra √™tre examin√©e et appr√©ci√©e en fonction de celle de l'Empire ch√©rifien. Le Maroc est, √† lui seul, une synth√®se m√©diterran√©enne. ¬Ľ

Depuis 2009, le roi Mohammed VI s'int√©resse au d√©veloppement durable poussant les centrales solaires. En 2016, le pays accueille la COP 22[36]. De m√™me, depuis f√©vrier 2017, le Maroc s'est dot√© d'une ¬ę police de l'environnement ¬Ľ qui se chargera de lutter contre les infractions environnementales[37].

Faune et flore terrestres

Faune

Parmi quelques esp√®ces d'animaux qu'h√©berge le territoire marocain, citons parmi les oiseaux : l'√©chassier, l'aigrette garzette, la Courvite isabelle, le flamant rose, le vautour percnopt√®re, l'aigle royal ; et parmi les mammif√®res : le cerf de Barbarie, l'√©cureuil de Barbarie, le dromadaire, le fennec, le Loup dor√©, la hy√®ne ray√©e (en voie rapide d'extinction), le renard de R√ľppell (tr√®s rare), le renard roux, le Lynx caracal (menac√© d'extinction), le serval (menac√© d'extinction), la panth√®re (menac√©e d'extinction imm√©diate), le gu√©pard (menac√© d'extinction, des individus survivraient √† la fronti√®re maroco-alg√©rienne), les gazelles dorcas et gazelle de Cuvier (en rar√©faction), le magot (menac√© par la mort lente de la c√©draie et les captures par les trafiquants) et le dauphin.

√Čgalement, peuvent √™tre cit√©s parmi les reptiles : la sous-esp√®ce du cobra √©gyptien (s'est consid√©rablement rar√©fi√©e et a disparu de r√©gions enti√®res), l'Eryx jaculus (esp√®ce de tout petit boa fouisseur), de nombreuses couleuvres et quelques vip√®res. Au Maroc, la majorit√© des serpents sont inoffensifs (17 esp√®ces sur 25) et les quelques esp√®ces venimeuses existantes n'attaquent jamais.

Le territoire marocain héberge encore une trentaine d'espèces de scorpions (de nouvelles espèces sont presque chaque année identifiées au Maroc), dont une ou deux seulement sont potentiellement dangereuses pour l'homme[38] (par ex. Androctonus mauritanicus), notamment pour les petits enfants. Toutefois, un scorpion n'attaque presque jamais, il ne fait que se défendre[39].

Protection

L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) indique que ¬ę pr√®s de la moiti√© des esp√®ces d'oiseaux est menac√©e ¬Ľ au Maroc[40].

Le lion de l'Atlas a disparu (exterminé) à l'état sauvage, le dernier abattu en 1943. Il en existe encore toutefois, bien que potentiellement mélangés avec des lions d'Afrique subsaharienne (environ 90 dans différents zoos du monde, dont 35 au zoo de Rabat)[41]. Des gravures récemment découvertes dans des grottes près de Ouarzazate indiquent que des crocodiles, des léopards et des éléphants vivaient dans ces lieux avant leur extinction naturelle ou leur extermination par l'homme. Les derniers spécimens vivants de crocodiles du Maroc, qui étaient localisés dans des gueltas de Tizgui Remz et de Taffagount, auraient disparu dans les années 1950[42]. Quant à l'ours de l'Atlas, jadis très présent dans les montagnes marocaines, il se serait éteint au XIXe siècle.

En revanche, les oiseaux sont encore relativement très présents avec une grande diversité d'espèces, bien que l'autruche à cou rouge, par exemple, ait été totalement exterminée, ainsi au Sahara que l'Outarde houbara. Un assez grand nombre d'espèces de serpents (25 dont 17 espèces non dangereuses ; les 8 autres restantes n'attaquent jamais et sont moins répandues), et de lézards sont présentes au Maroc, dont un pourcentage important d'endémiques.

Toutefois nombreuses sont les espèces menacées. Elles sont victimes de l'ignorance, de la cruauté de la population et de l'irresponsabilité en matière d'écologie.

Flore

Palmeraie de Marrakech.

Le Maroc poss√®de une flore riche du fait de sa position strat√©gique. En effet, il poss√®de deux fa√ßades maritimes totalisant plus de 3 500 km, dont 500 en mer M√©diterran√©e. Il re√ßoit de ce fait les courants charg√©s de pluie de l'oc√©an qui s'accumulent contre la barri√®re montagneuse de l'Atlas, ce qui permet de fortes pr√©cipitations √† Rabat, Casablanca, F√®s et la formation des neiges √† Ifrane et Azrou et dans les hauts sommets de l'Atlas, pendant que le sud et l'est restent arides.

Cédraie, région d'Ifrane.

Plus de 4 500 esp√®ces configurent la flore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des √©l√©ments fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'int√©r√™t botanique du Maroc est intense et on citera seulement les 2 500 000 hectares de for√™t qui contiennent des c√®dres, des palmiers, des thuyas, des dattiers, des amandiers, des figuiers, des oliviers, des acacias, des fruitiers, des ch√™nes verts, des ch√™nes-li√®ges, des pins, l'eucalyptus, des arbousiers, l'alfa et l'end√©mique arganier, dont le Maroc est le seul pays au monde √† disposer de cette esp√®ce qui est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. La for√™t repr√©sente environ 15 % de la surface totale.

Géographie humaine

Villes principales

La capitale administrative et politique du Maroc est Rabat tandis que la capitale économique et la plus grande ville du pays est Casablanca.
Les sept plus grandes villes du Maroc, selon le recensement général de la population 2014, sont dans l'ordre : Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech, Salé, Meknès et Rabat.

Liste des villes ayant plus de 300 000 habitants en 2014
Ville Divers Population (2014)
Casablanca
  • Capitale √©conomique
  • 1re m√©tropole du Maroc et du Maghreb
  • Chef-lieu du Casablanca-Settat
3 359 818
F√®s 1 112 072
Tanger 947 952
Marrakech
  • 1re ville touristique du royaume
  • Ville imp√©riale
  • Chef-lieu du Marrakech-Safi
928 850
Sal√© 890 403
Meknès
  • Capitale agricole
  • Capitale isma√©lienne
  • Ville imp√©riale
  • Une ville principale de F√®s-Mekn√®s
632 079
Rabat 577 827
Oujda 494 252
Kénitra
  • 3e p√īle industriel du pays
431 282
Agadir
  • Ville agricole par excellence
  • Plus grand port de p√™che
  • Chef-lieu du Souss-Massa
421 844
Tétouan
  • Perle du Nord
380 787
Taounate 67 942
T√©mara 313 510
Safi
  • Important port d'exportation de sardines
308 508

Villes du Sahara occidental contr√īl√©es par le Maroc (provinces du Sud) :

  • Vue sur Casablanca, plus grande ville et capitale √©conomique du Maroc.
    Vue sur Casablanca, plus grande ville et capitale économique du Maroc.
  • Vue sur Marrakech, 1re ville touristique du royaume.
    Vue sur Marrakech, 1re ville touristique du royaume.
  • Agadir.
    Agadir.
  • Vue sur la vieille M√©dina de F√®s, capitale spirituelle du royaume.
    Vue sur la vieille Médina de Fès, capitale spirituelle du royaume.
  • Vue depuis Rabat, capitale administrative du royaume, sur la marina de Sal√©.
    Vue depuis Rabat, capitale administrative du royaume, sur la marina de Salé.
  • Vue sur la m√©dina de Mekn√®s, la capitale isma√©lienne.
    Vue sur la médina de Meknès, la capitale ismaélienne.

Subdivisions administratives

Carte des régions du Maroc depuis le nouveau découpage régional de 2015.

Le Maroc compte douze r√©gions ayant chacune √† sa t√™te un wali, ainsi qu'un Conseil r√©gional, repr√©sentatif des ¬ę forces vives ¬Ľ de la r√©gion. Ces r√©gions ont le statut de collectivit√© locale[43]. L'article 101 de la Constitution indique : ¬ę Elles [Les collectivit√©s locales] √©lisent des assembl√©es charg√©es de g√©rer d√©mocratiquement leurs affaires dans les conditions d√©termin√©es par la loi. Les gouverneurs ex√©cutent les d√©lib√©rations des assembl√©es provinciales, pr√©fectorales et r√©gionales dans les conditions d√©termin√©es par la loi. ¬Ľ

  1. Tanger-T√©touan-Al Hoce√Įma ;
  2. Oriental ;
  3. Fès-Meknès ;
  4. Rabat-Salé-Kénitra ;
  5. Béni Mellal-Khénifra ;
  6. Casablanca-Settat ;
  7. Marrakech-Safi ;
  8. Dr√Ęa-Tafilalet ;
  9. Souss-Massa ;
  10. Guelmim-Oued Noun ;
  11. La√Ęyoune-Sakia el Hamra, dont la majeure partie est au Sahara occidental ;
  12. Dakhla-Oued Ed-Dahab, dans le Sahara occidental.

Axe de communication et transport

Routes principales au Maroc.

En 2016, le r√©seau g√©r√© par le minist√®re de l'√Čquipement, du Transport et de la Logistique totalisait 57 673 km de routes class√©es, dont 78,3% rev√™tues se r√©partissant en 1 770 km d'autoroutes, 10 203 km de routes nationales, 9 370 km de routes r√©gionales et 23 745 km de routes provinciales, 1 093 km des routes √©tant des voies express.

Les routes nationales marocaines sont des voies importantes ou qui traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes régionales ou provinciales. S'agissant des routes régionales, celles-ci traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes nationales ou provinciales. Par ailleurs, leur usage est gratuit et leur accès autorisé à tous types de véhicules.

Réseau Express Régional

Taxis stationnés sur le port de Tanger.

Deux RER circulent au Maroc : l'un à Casablanca et l'autre à Rabat. Deux réseaux de tramway sont en fonction : l'un à Rabat et l'autre à Casablanca. Le projet de métro de Casablanca a été abandonné en juillet 2014, faute de budget.

Taxi collectif

Les taxis collectifs appel√©s localement Grands taxis constituent un √©l√©ment indispensable pour le bon fonctionnement du syst√®me de transport urbain et interurbain et un mode de transport populaire gr√Ęce √† la rapidit√© des trajets et √† la flexibilit√© de ce type de transport, ils r√©pondent aux besoins des habitants et pallient partiellement l'insuffisance des transports priv√©s ou publics, individuels ou collectifs.

Ports

Le Maroc dispose de nombreuses infrastructures portuaires de commerce comme : le port de Tanger Med (39 millions de tonnes), le port de Casablanca (25 millions de tonnes), le port d'El Jadida-Jorf el sfar (22 millions de tonnes) le port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes), le port de Safi (6,2 millions de tonnes) ou le port d'Agadir (4,2 millions de tonnes).

Parmi les ports passagers, citons ceux de : Tanger Med (environ 2,15 millions passagers), Tanger ville (1,45 million passagers), Nador Beni Nsar (450 000 passagers), Al Hoceima (42 000 passagers), Layone (desserte des √ģles Canaries en 7 heures) et Tarfaya (desserte des √ģles Canaries en 3 heures, fermeture temporaire en attente d'agrandissement).

Aéroports

Façade de l'aéroport Rabat-Salé.

Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures a√©roportuaires dont 18 a√©roports internationaux, 10 principaux a√©roports nationaux et des petits a√©roports √† usages touristiques. Le Maroc est desservi par 50 compagnies a√©riennes, le transport a√©rien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) d√©tient presque la moiti√© du trafic. Le total de passagers enregistr√©s au sein des a√©roports marocains en 2014 s'√©l√®ve √† 17,30 millions de passagers 4.8 %. Quelques compagnies a√©riennes ont choisi d'installer une base au Maroc.

Compagnies principales :

  • Royal Air Maroc ( 8 bases : Casablanca, Marrakech, Agadir, Oujda, Tanger, Rabat, Fes et Beni Mellal )"
  • Air Arabia ( 6 bases : Casablanca, Tanger, Marrakech, Fes, Agadir , Nador)
  • Ryanair ( 5 bases : Fes, Marrakech, Essaouira, Nador, Oujda )

Histoire

Préhistoire et protohistoire

Les premi√®res traces d'une pr√©sence d'hominid√©s sur le territoire marocain datent d'environ 700 000 ans. De cette p√©riode dite acheul√©enne, on a retrouv√© un certain nombre d'outils, notamment dans la plaine de la Chaou√Įa et plus pr√©cis√©ment √† proximit√© imm√©diate de l'actuelle agglom√©ration casablancaise. Outre l'outillage, on a d√©couvert un certain nombre de fragments humains notamment dans les carri√®res Thomas, pr√®s de Casablanca (mandibules, maxillaires et fragments cr√Ęniens d'Homo erectus)[44].

De l'√©poque moust√©rienne (120 000 √† 40 000 ans BP), le site le plus explicite est celui de Jbel Irhoud situ√© √† mi-chemin entre les villes de Marrakech et de Safi et o√Ļ ont √©t√© d√©couverts deux cr√Ęnes d'hominid√©s, des outils associ√©s √† l'industrie levalloiso-moust√©rienne ainsi que d'importants restes d'animaux aujourd'hui disparus.

Extension de la culture ibéromaurisienne.

L'√©poque at√©rienne (60 √† 40 000 ans BP[45]) a apport√© son lot d'outils p√©doncul√©s retrouv√©s dans de nombreuses grottes situ√©es sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2)[46]. N√©anmoins cette p√©riode a surtout √©t√© marqu√©e par de profonds bouleversements climatiques ayant entra√ģn√© une d√©sertification sans pr√©c√©dent du territoire marocain ainsi que la rar√©faction voire la disparition d'un grand nombre d'esp√®ces animales et v√©g√©tales. Cette dynamique a cependant √©t√© contrecarr√©e par le rempart naturel que constituent les cha√ģnes de l'Atlas et du Rif, que ce soit au Maroc ou dans le reste du Maghreb.

L'arriv√©e d'Homo sapiens au Maghreb avant l'√Čpipal√©olithique a √©t√© d√©montr√©e puisque les industries at√©riennes ne sont pas l'Ňďuvre de l'homme de N√©andertal, dont l'aire de r√©partition est exclusivement eurasiatique, mais bel et bien d'Homo sapiens pr√©sentant des caract√©ristiques archa√Įques. Les plus anciens restes d'Homo sapiens au monde ont √©t√© d√©couverts au Maroc √† Djebel Irhoud en juin 2017 et datent de plus de 300 000 ans[47].

Il y a environ 21 000 ans, la civilisation ib√©romaurusienne voit le jour. Elle se caract√©rise par des rites fun√©raires plut√īt √©volu√©s et par un raffinement de l'outillage utilis√©. N√©anmoins, il n'est pas encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la r√©gion d'Oujda correspond au plus grand gisement de l'√©poque. Cette civilisation se maintient et se r√©pand sur l'ensemble du Maghreb avant de se m√©tisser progressivement vers le neuvi√®me mill√©naire avant notre √®re avec les populations capsiennes, anc√™tres des Berb√®res modernes. Les premiers √©l√©ments d√©couverts correspondant √† cette p√©riode (N√©olithique) datent d'environ 6 000 ans. Ceux-ci t√©moignent d'une s√©dentarisation d√©j√† avanc√©e ainsi que d'une ma√ģtrise relative des techniques agricoles.

Maroc antique

  • Carte de la Maur√©tanie et de la Numidie, √† la fin de l'√©poque de Jugurtha
    Carte de la Maurétanie et de la Numidie, à la fin de l'époque de Jugurtha
  • Villes de l'Afrique romaine
    Villes de l'Afrique romaine
  • Carte de la province romaine de Maur√©tanie tingitane avec ses routes et cit√©s principales
    Carte de la province romaine de Maurétanie tingitane avec ses routes et cités principales
  • Villes et voies de circulation en Maur√©tanie tingitane
    Villes et voies de circulation en Maurétanie tingitane
  • Table de Peutinger : Colonnes d'Hercule
Ruines de Lixus.
Menhir du cromlech de M'zora, monument m√©galithique unique en Afrique du Nord, dont le tumulus aurait abrit√© selon la l√©gende le corps du g√©ant Ant√©e vaincu par Hercule. Il s'agirait probablement du mausol√©e d'un chef berb√®re de l'√©poque de l'√Ęge du cuivre.
Buste retrouvé à Volubilis à l'effigie de Juba II roi de Maurétanie.
Mosa√Įque romaine de Volubilis repr√©sentant Cupidon entre Bacchus et Ariane.
Papposilène endormi, sculpture de marbre de style gréco-romain de Volubilis.
Temple du Capitole à Volubilis.

√Ä partir du IIIe mill√©naire av. J.-C., se d√©veloppe au Maroc la culture campaniforme. D√®s lors, le pays entre dans l'√Ęge du bronze et on assiste √† la diffusion d'une c√©ramique noire sp√©cifique dont la pr√©sence est attest√©e dans un certain nombre de s√©pultures de la r√©gion rifaine.

Au XIe si√®cle av. J.-C., les hardis commer√ßants ph√©niciens, venus du Liban actuel, atteignent les c√ītes marocaines et notamment le littoral atlantique. Ils fondent de nombreux comptoirs qui serviront de bases √† de nombreuses cit√©s romaines puis arabes (dont les principaux furent Tingis et Lixus, actuelles Tanger et Larache), ainsi que Thymiat√©ria (Mehdia), Chellah, pr√®s de Rabat, Azama et Rusibis, et Cern√©, localis√©e √† Essaouira ou plus au sud √† Dakhla. C'est √† cette p√©riode d√©j√† que l'on date les toutes premi√®res installations de populations juives au Maroc.

L'autonomie progressive de Carthage profite aux comptoirs fond√©s sur les c√ītes marocaines dans la mesure o√Ļ ils seront davantage mis en valeur du fait de la proximit√© relative avec la nouvelle capitale africaine de la thalassocratie ph√©nicienne originaire de Tyr. L'influence de la civilisation carthaginoise se fait grandement sentir aupr√®s des populations indig√®nes, dont l'organisation se structure parall√®lement. Ainsi, les tribus berb√®res se f√©d√®rent progressivement, fondant des √Čtats comme le royaume de Maur√©tanie (sous le r√®gne de Baga), d'abord confin√© au nord de l'actuel Maroc, et dont les souverains portent le titre d'aguellid, √† l'instar des rois du royaume de Numidie. Le sud du pays est peupl√© par les G√©tules et les √Čthiopiens occidentaux, l'ouest par les Atlantes et l'est par les Numides du peuple des Mass√¶syles. Les Maures sont les h√©ritiers d'une culture tr√®s ancienne, atlanto-m√©diterran√©enne, comme en t√©moigne le cromlech de M'zora qui peut √™tre mis en relation avec les monuments m√©galithiques comparables comme ceux de ń¶ań°ar Qim √† Malte et de Stonehenge en Grande-Bretagne. La Maur√©tanie n'est pas inconnue de la mythologie grecque, qui y situe le fabuleux jardin des Hesp√©rides.

Du fait du soutien apport√© par la Maur√©tanie √† l'Empire romain lors de la destruction de Carthage, il se nouera une √©troite amiti√© entre les deux √Čtats (d'o√Ļ l'√©viction du roi numide Jugurtha, ennemi des Romains). Le roi Bocchus se voit m√™me d√©cerner le titre d'Ami de Rome par le S√©nat romain et gagne l'estime du consul Caius Marius. Sous le r√®gne de Bogud, la Maur√©tanie devient un royaume vassal rejoignant les troupes de Jules C√©sar contre Juba Ier roi de Numidie. La Maur√©tanie et la Numidie seront unifi√©es en 25 av. J.-C. sous commandement de l'empereur Auguste. √Ä la t√™te de la Maur√©tanie unifi√©e, Juba II si√©gera comme roi-client, royaume qui sera r√©put√© pour ses exportations de pourpre, de bois de c√®dre et de produits maritimes, assez riche pour produire sa propre monnaie d'or. Une brillante civilisation urbaine se d√©veloppe, influenc√©e √† la fois par l'h√©ritage carthaginois et par les courants artistiques provenant de la Gr√®ce hell√©nistique et de l'√Čgypte lagide. Ces influences du bassin oriental m√©diterran√©en sont sans doute dues au m√©c√©nat de la propre √©pouse de Juba II, la reine Cl√©op√Ętre S√©l√©n√©, qui est la fille de Marc Antoine et de Cl√©op√Ętre VII. Juba, roi √©rudit, fait explorer le Haut Atlas ainsi que Mad√®re et les √ģles Canaries (nomm√©es alors √ģles Fortun√©es), et une partie du Sahara. Il n'h√©site pas √©galement √† faire remonter sa g√©n√©alogie jusqu'au demi-dieu Hercule. L'opulence de la Maur√©tanie attise toutefois les convoitises de Rome. Ptol√©m√©e, fils et successeur de Juba II, va tragiquement en subir les cons√©quences.

Au cours d'un d√©placement √† Lyon en Gaule romaine, le dernier roi maur√©tanien est en effet assassin√© sur ordre de l'empereur Caligula. Ce meurtre entra√ģne deux ann√©es de troubles (r√©sistance men√©e contre les l√©gions romaines par Aedemon, un esclave affranchi de Ptol√©m√©e), puis une annexion de la Maur√©tanie (42 ap. J.-C.) √† l'Empire romain que l'on d√©signe d√®s lors sous le nom de Maur√©tanie tingitane pour la partie √† l'ouest de la Moulouya, d√©cr√©t√©e officiellement province imp√©riale de rang militaire par Claude, successeur de Caligula. Seul le nord-ouest du Maroc actuel est effectivement sous domination romaine, le reste du territoire √©tant contr√īl√© par des tribus ind√©pendantes, notamment g√©tules comme celle des Autololes. Les Romains fondent des colonies prosp√®res √† Volubilis (non loin de l'actuelle Mekn√®s), ainsi qu'√† Banasa et √† Thamusida dans la plaine du Gharb. N√©anmoins la capitale administrative demeure Tingis (future Tanger), si√®ge du procurateur, le gouverneur de la province qui a le statut de chevalier romain. Une grande autonomie est accord√©e aux tribus les plus loyales, notamment aux Baquates (comme en t√©moignent les fameuses tables de Banasa), mais la constante pression des peuplades m√©ridionales puis les crises internes √† l'Empire auront progressivement raison de la Maur√©tanie tingitane. √Ä la fin du IIIe si√®cle sous le r√®gne de Diocl√©tien la province est r√©duite √† la r√©gion de Tingis et de Ceuta, √† Sala (actuelle Sal√©) et aux √éles Purpuraires de Mogador, puis rattach√©e au dioc√®se d'Hispanie et donc incluse dans la pr√©fecture des Gaules.

Au cours de la p√©riode romaine, les cit√©s, colonies et municipes de droit romain ou latin, se dotent de monuments civiques et utilitaires (temples, forums, basiliques, arcs de triomphe, thermes, et m√™me th√©√Ętres √† Lixus et √† Zilil), et de r√©sidences priv√©es orn√©es d'Ňďuvres d'art (sculptures, mosa√Įques) qui appartiennent √† l'√©lite romano-africaine. Les plaines cultiv√©es sont partag√©es par l'aristocratie locale, qui s'enrichit notamment de l'exploitation de l'olivier dont l'huile extraite est export√©e dans les provinces voisines et fait la richesse de la Maur√©tanie Tingitane. Les terrains de parcours plus lointains sont laiss√©s aux tribus nomades ou semi-nomades. Les ports de Tingis et de Sala connaissent une intense activit√© commerciale.

Les autorit√©s imp√©riales recrutent des auxiliaires militaires parmi les Maures, destin√©s √† servir notamment dans la cavalerie. Le plus c√©l√®bre d'entre eux, Lusius Quietus, fils d'un amghar (chef tribal amazigh), r√©alise une brillante carri√®re sous le r√®gne de Trajan. Au nom de l'Empire, il combat les Daces et les Parthes, et conquiert l'Arm√©nie, la M√©die et la Babylonie, puis pacifie la Jud√©e en proie aux r√©voltes anti-romaines. Le prestige de Lusius Quietus devient tel qu'il envisage de briguer la succession de Trajan avec l'appui d'une partie du S√©nat imp√©rial, avant d'√™tre √©limin√© par Hadrien. Son assassinat entra√ģne un soul√®vement de la Maur√©tanie Tingitane, sa province d'origine o√Ļ sa popularit√© √©tait grande parmi les tribus locales.

En 429, pr√®s de 80 000 Vandales venus de Germanie traversent le d√©troit de Gibraltar et d√©barquent √† Tingis, mais dans leur course vers Carthage et vers l'Afrique proconsulaire, ces envahisseurs ne contr√īlent que le littoral m√©diterran√©en de la Maur√©tanie. Un si√®cle plus tard les Byzantins, command√©s par le g√©n√©ral B√©lisaire, an√©antissent le Royaume vandale et s'emparent d'une partie de l'ancienne province de Tingitane, se heurtant toutefois aux Maures du roi Garmul, dont le pouvoir s'√©tend d'Altava jusqu'√† Volubilis. Le gouvernement de Constantinople, sous Justinien Ier, cr√©e dans le Nord marocain la province de Maur√©tanie Seconde, qui englobe les cit√©s de Tanger, Ceuta, Lixus, ainsi que l'Espagne byzantine, et d√©pend directement de l'Exarchat de Carthage. Cette occupation byzantine, perp√©tuellement menac√©e par les Wisigoths d'Espagne et par les Maures, va cependant subsister jusqu'√† la conqu√™te musulmane du Maghreb au d√©but du VIIIe si√®cle.

De la conquête arabo-musulmane aux troubles anomiques

En 649 d√©bute la conqu√™te du Maghreb par les troupes arabes. 35 ans plus tard ces troupes p√©n√®trent v√©ritablement dans le territoire marocain. Les tribus berb√®res install√©es aussi bien dans les contreforts montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les fertiles plaines atlantiques soutiendront dans un premier temps les Byzantins install√©s sur les c√ītes m√©diterran√©ennes qu'ils pr√©f√©reront aux Arabes notamment √† cause d'erreurs diplomatiques. La destruction des installations byzantines aux alentours de l'an 700 aura finalement raison de la r√©sistance berb√®re qui se convertira d√®s lors √† l'islam apport√© par les conqu√©rants arabes.

D√®s les d√©buts de la conqu√™te musulmane du Maghreb, les Kharijites originellement bas√©s en Irak envoient des repr√©sentants au Maghreb pour tenter de rallier les populations berb√®res. Les Berb√®res accoutum√©s au syst√®me de communaut√© √©galitaire et supportant mal la domination arabe, finissent par trouver dans le kharijisme un redoutable moyen de contestation politique. En 739, Maysara, mandat√© par les populations du Maghreb Al Aqsa, conduit √† Damas une d√©l√©gation aupr√®s du calife Hicham pour pr√©senter les dol√©ances des Berb√®res : √©galit√© dans le partage du butin et arr√™t de la pratique qui consiste √† √©ventrer les brebis pour obtenir la fourrure des fŇďtus (le mouton √©tant un √©l√©ment essentiel de l'√©conomie pastorale des tribus berb√®res)[48].

Les plaintes parviennent au calife omeyyade qui ne donne pas suite, ce qui déclenche une insurrection à Tanger. Maysara s'empare de la ville, tue le gouverneur Omar Ibn Abdallah et se proclame calife. Il réussit à empêcher le débarquement d'une armée arabe envoyée d'Espagne. Le gouverneur d'Espagne Uqba ibn al-Hajjaj intervient en personne mais ne parvient pas à reprendre Tanger, tandis que Maysara s'empare du Souss dont il tue le gouverneur. Puis Maysara, se conduisant comme un tyran, est déposé et tué par les siens, et remplacé par Khalid ibn Hamid al-Zanati. Sous son commandement, les Berbères sont victorieux d'une armée arabe sur les bords du Chelif, au début de 740[49].

Les troupes arabes ayant √©t√© battues, HichńĀm envoie des troupes de Syrie dirig√©es par le g√©n√©ral Kulthum ibn Iyad. Elles sont battues par les Berb√®res sur les rives du Sebou en octobre 741[49]. Le gouverneur √©gyptien Handhala Ibn Safwan intervient √† son tour et arr√™te les deux arm√©es kharidjites au cours de deux batailles √† Al-Qarn et √† El-Asnam (actuelle Alg√©rie) alors qu'elles mena√ßaient Kairouan (actuelle Tunisie) (printemps 742)[50]. Quand survient la chute des Omeyyades de Syrie (750), l'ouest de l'Empire √©chappe totalement au pouvoir central damasc√®ne. L'Espagne revient aux √©mirs omeyyades de Cordoue et le Maghreb se morcelle en plusieurs petits √Čtats ind√©pendants (de 745 √† 755).

H√Ęroun ar-Rach√ģd, calife abbasside de Bagdad, instigateur de l'assassinat d'Idris Ier.

L'histoire des Idrissides est indissociable de la personne d'Idris Ier, descendant d'Ali et de Fatima, gendre et fille du proph√®te de l'islam Mahomet, qui fuyant les massacres dont √©tait victime son entourage et sa famille vint se r√©fugier dans le Moyen Atlas, √† Volubilis, ancienne cit√© romaine d√©chue. Obtenant l'aval des tribus locales, il fonda en 789 la ville de F√®s dans la plaine du Sa√Įss dont il fit la capitale de son nouveau royaume proclam√© en 791. Apr√®s son assassinat par un envoy√© du calife H√Ęroun ar-Rach√ģd, son fils Idris II lui succ√®de apr√®s une r√©gence. Il √©tend sa capitale ainsi que son royaume et avance au-del√† de Tlemcen, pris par son p√®re d√®s 789 et assujettit de nombreuses tribus Zenata. Son successeur Mohammed fera construire la prestigieuse mosqu√©e Quaraouiyine, qui abrite la plus ancienne universit√© encore en activit√© dans le monde. √Ä cette p√©riode, F√®s devient un des principaux centres intellectuels du monde arabe et attire d'√©minents scientifiques et th√©ologiens. Le royaume idrisside √©tend r√©guli√®rement ses fronti√®res mais se retrouve menac√© par la puissante dynastie des Fatimides √† l'est. Indiqu√©s califes de Cordoue au d√©but du Xe si√®cle, les Idrissides subiront √©galement au nord la pression des Omeyyades. En 985, les Fatimides et leurs vassaux d'Alg√©rie poussent les Idrissides √† se r√©fugier en Al-Andalus.

D√®s le milieu du Xe si√®cle, l'affaiblissement des Idrissides du fait non seulement des pressions externes mais surtout des dissensions internes entra√ģne un regain d'activit√© des grandes tribus berb√®res qui fondent et conqui√®rent de nombreuses cit√©s. Les √Čtats de Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant cette p√©riode.

Royaume des Berghouata (entre les VIIIe et Xe siècles)

Les Barghawata (ou encore Barghwata ou Berghouata) forment un √©mirat berb√®re, appartenant au groupe de l'ethnie des Masmoudas. Apr√®s que les kharijites ont √©chou√© dans leur r√©bellion au Maroc contre les califes de Damas, ils √©tablissent (744 ‚Äď 1058) un royaume dans la r√©gion de Tamesna sur les c√ītes de l'Atlantique entre Safi et Sal√© sous l'√©gide de Tarif al-Matghari[51]. La particularit√© de cet √Čtat est de cr√©er une religion purement berb√®re, s'appuyant sur un livre saint inspir√© du Coran, et dirig√© par un gouvernement th√©ocratique fixant les rituels d'un nouveau culte empruntant √† la fois √† l'islam, au juda√Įsme et aux antiques croyances locales. Les Barghwata maintiennent leur supr√©matie dans la r√©gion des plaines atlantiques durant quatre si√®cles, et entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec le califat omeyyade de Cordoue qui voit probablement en eux des alli√©s potentiels contre les Fatimides et leurs alli√©s z√©n√®tes. Il semble que sur les vingt-neuf tribus constitutives de ce royaume, douze aient adopt√© r√©ellement la religion barghwata, les dix-sept autres √©tant rest√©es fid√®les au kharijisme[52] - [51].

Royaume de Sijilmassa (758-1055)

Un √©mirat fond√© par les Z√©n√®tes √©merge dans la r√©gion du Tafilalet √† partir de 758. Dirig√© par la dynastie des Midrarides (dont le fondateur est Semgou Ibn Ouassoul), il prend pour capitale la cit√© de Sijilmassa. Ce royaume professe officiellement le kharidjisme de rite sufrite mais finit par reconna√ģtre √† partir de 883 la supr√©matie religieuse du califat sunnite des Abbassides. Les Midrarides se consacrent cependant √† maintenir une alliance avec les autres √Čtats kharidjites, comme le royaume des Rost√©mides de Tahert, et √† √©tablir un fructueux commerce caravanier de l'or avec le royaume du Ghana, √† l'√©poque ma√ģtre des plus importants gisements aurif√®res de l'Afrique de l'Ouest. L'√©mirat de Sijilmassa atteint ainsi son apog√©e au IXe si√®cle gr√Ęce √† son r√īle de plaque tournante du trafic des m√©taux pr√©cieux, et sa renomm√©e s'√©tend ainsi jusqu'aux pays m√©diterran√©ens et au Moyen-Orient. C'est pr√©cis√©ment cette position de d√©bouch√© de l'or africain qui excite les convoitises des Omeyyades et des Fatimides qui s'affrontent pour sa domination. Ce sont finalement les Almoravides qui s'emparent du royaume midraride en 1055. Par la suite, la fondation de Marrakech √©clipse d√©finitivement le prestige de Sijilmassa.

Dynastie idrisside (789-985)

Carte du royaume idrisside.
Mosquée de l'Université Al Quaraouiyine à Fès fondée sous le règne des Idrissides.

L'histoire des Idrissides commence lorsqu'un prince arabe chiite de la famille d'Ali (quatri√®me calife de l'islam) et son affranchi Rachid Ben Morched El Koreichi se r√©fugient dans le Moyen-Atlas. Fuyant la menace des Abbassides (qui avaient massacr√© des Alides et leurs partisans chiites lors de la bataille de Fakh pr√®s de la Mecque), ils s√©journent en √Čgypte avant de s'installer √† Walilah (Volubilis), sous la protection de la tribu berb√®re des Awerbas. Parvenant √† rallier les tribus √† sa cause, Idriss est investi Imam et fonde la ville de F√®s en 789 sous le nom d'Idris Ier. C'est le d√©but de la dynastie des Idrissides.

Idris Ier est assassin√© par un √©missaire du calife abbasside H√Ęroun ar-Rach√ģd, un certain Sulayman Ibn Jarir Achammakh, qui avait √©t√© en fait avis√© par le puissant vizir barm√©cide Yahya ben Khalid[53]. Ne se doutant point que la femme d'Idris Ier (Kenza al-Awrabiya) est enceinte, les ma√ģtres de Bagdad pensent que la menace est vaincue. Mais, quelques mois plus tard, na√ģt Idris II. Son √©ducation a √©t√© confi√©e √† l'affranchi de son p√®re, Rachid.

Apr√®s onze ann√©es sous la tutelle de Rachid, Idriss II est proclam√© Imam des croyants. Au fil des ann√©es son sens pour la politique s'affirme nettement et il r√©ussit √† f√©d√©rer un plus grand nombre de populations. La puissance du corps militaire (qui se professionnalise et dans lequel s'engagent notamment des Qaysites issus des tribus du nord de la p√©ninsule Arabique) lui permet de d√©velopper et d'√©tendre le noyau de principaut√© dont il avait h√©rit√©. Le royaume idrisside englobe ainsi toute la portion de territoire s'√©tendant de Tlemcen √† l'est jusqu'au Souss au sud. Il semble que la dynastie idrisside, du moins √† ses d√©buts, ait profess√© le chiisme et plus pr√©cis√©ment le za√Įdisme, r√©put√© √™tre le plus mod√©r√© des rites chiites[54].

Sanctuaire et mausolée d'Idriss Ier dans la cité sainte de Moulay Driss Zerhoun.

Se consid√©rant √† l'√©troit √† Walilah, Idriss II quitte l'antique cit√© romaine pour F√®s, o√Ļ il fonde le quartier des Kairouanais (√©galement appel√© Al-Alya) sur la rive gauche de l'oued F√®s (Idris Ier s'√©tait √©tabli sur la rive droite, le quartier des Andalous). Les Kairouanais sont issus de familles arabes orientales et arabo-persanes (originaires du Khorassan) √©tablies en Ifriqiya depuis l'√©poque abbasside. Elles sont expuls√©es de Kairouan en raison des pers√©cutions politiques que leur infligent les Aghlabides et notamment l'√©mir Ibrahim Ier. Les Andalous qui s'installent √† F√®s sont quant √† eux des opposants aux Omeyyades, originaires des faubourgs cordouans qui s'√©taient r√©volt√©s contre l'√©mir omeyyade d'Al-Andalus Al-Hakam Ier (notamment du faubourg de Rabed, d'o√Ļ le nom de Rabedis attribu√© aux √©l√©ments de cette premi√®re vague d'immigration andalouse au Maroc)[55].

Sanctuaire abritant le mausolée d'Idriss II à Fès.

Le royaume idrisside conna√ģt une importante phase d'urbanisation, illustr√©e par la cr√©ation de villes nouvelles comme Sal√©, Wazzequr, Tamdoult et Basra, cette derni√®re inspir√©e de la Basra irakienne. Ces nouveaux centres sont des foyers de diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation en pays profond√©ment berb√®re[56]. La fondation de la mosqu√©e Al Quaraouiyine en 859, qui abrite √©galement une universit√© homonyme, assure √† F√®s un rayonnement qui fera participer la cit√© idrisside √† l'√āge d'or de l'Islam des sciences, des arts et des lettres, aux c√īt√©s de m√©tropoles aussi prestigieuses que Cordoue, Le Caire et Bagdad.

√Ä cette m√™me √©poque, les Vikings venus de la lointaine Scandinavie et men√©s par Hasting et le prince su√©dois Bj√∂rn Ironside, attir√©s par les ressources potentielles de l'Afrique du Nord, se signalent par leurs incursions d√©vastatrices sur les c√ītes du Maroc (notamment dans les r√©gions d'Assilah et de Nador)[57]. L'historien et g√©ographe andalou Al-Bakri d√©signera les envahisseurs vikings par le terme de Majus et relatera particuli√®rement leurs exactions contre le royaume des Banu Salih de Nekor dans le Rif[58].

En 985, les Idrissides perdent tout pouvoir politique au Maroc et sont massivement exil√©s en Al-Andalus. Install√©s √† Malaga, ils r√©cup√®rent peu √† peu leur puissance, au point d'engendrer une dynastie pendant l'√©poque des ta√Įfas, les Hammudites. Ces derniers vont jusqu'√† revendiquer la fonction califale √† Cordoue en remplacement des Omeyyades d√©chus en 1016[59].

Les soulèvements zénètes (954-1059)

Oujda est fondée par les Zénètes de la tribu des Maghraouas.

Vers 954 et selon Ibn Khaldoun, trois grandes confédérations tribales zénètes[60] se soulèvent et s'emparent de plusieurs villes et régions du Maghreb el Aksa (appellation arabe du Maroc), à savoir Fès, Oujda (fondée en 994 par le Maghraoui Ziri Ibn Attia), Salé (fondée au cours du Xe siècle par les Banou Ifrens, Sijilmassa), ou encore les régions du Souss et du Haouz, et ce consécutivement à l'affaiblissement de la dynastie arabe chérifienne des Idrissides.

Pendant la conqu√™te, ces trois conf√©d√©rations z√©n√®tes, les Maghraouas, les Banou Ifrens et les Meknassas, fond√®rent chacune un royaume autour de leur zone d'influence mais assez rapidement, leurs points de vue diverg√®rent, provoquant une instabilit√© sur l'ensemble du territoire. Les diverses tribus maghraouas √©taient tant√īt alli√©es aux Omeyyades tant√īt aux Fatimides. Les Banou Ifrens demeur√®rent r√©fractaires √† toute alliance avec les puissances arabes.

Les Fatimides profitent de ces divisions entre les trois confédérations zénètes et envoient les Zirides de l'Ifriqiya pour conquérir le Maghreb el Aksa (le Maroc actuel). Le Ziride nommé Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En 971, son fils Bologhine ibn Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes. Durant cette période, les Berghouatas (confédération tribale masmouda et sanhadja) seront donc attaqués par les Zirides. Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyyades. Ces derniers acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires, en particulier ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée omeyyade venue d'Al-Andalus par voie maritime et qui s'installe à Ceuta[60]. Par la suite, Ziri Ibn Attia des Maghraouas entre en conflit avec les chefs des Banou Ifrens et des Meknassas. Une lutte au pouvoir sera acharnée entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens attaquent les Berghouata et prennent plusieurs fois Fès, place forte maghraoua. Ces derniers rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el Aksa[60]. Le règne des trois confédérations zénètes s'achèvera par l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides vers le XIe siècle en 1059. Les Zénètes seront évincés par les Almoravides du Maghreb el Aksa[60].

De tout temps, les Z√©n√®tes √©taient seuls ma√ģtres des routes et du commerce dans la r√©gion. Cette p√©riode est caract√©ris√©e par une certaine pr√©pond√©rance des pratiques d√©mocratiques tribales, comme ce fut d√©j√† le cas deux si√®cles auparavant lors des r√©voltes kharijites[61]. Les Z√©n√®tes ont d√©montr√© par leur histoire qu'ils pouvaient n√©gocier avec toutes les tribus au Maghreb. Plusieurs alliances et trait√©s ont √©t√© √©labor√©s pendant cette p√©riode. La construction s'est d√©velopp√©e et plusieurs villes ont connu un v√©ritable essor (construction de mosqu√©e[62], de kala√Ę, ksours, etc.). En 1068, les trois ¬ę dynasties ¬Ľ chutent tant √† cause du z√®le manifeste de certains chefs que du fait de leur d√©termination √† se lancer dans des guerres saintes[60].

Dynastie almoravide (1055-1147)

"Empire almoravide"
Conquêtes almoravides (XIe siècle).
Coupole almoravide de Marrakech.
Carte du monde connu réalisée par le géographe Al Idrissi sous le règne des Almoravides.

Les Almoravides sont issus des tribus berb√®res sanhadjas des Lamtounas et des Guzzalas qui nomadisaient dans le d√©sert saharien entre l'Adrar mauritanien et le Tafilalet. Ces tribus guerri√®res se structurent au sein d'un puissant mouvement religieux, sous l'impulsion du pr√©dicateur Abdellah ben Yassin. Leur but est d'instaurer l'islam sunnite de rite mal√©kite dans toute l'√©tendue de l'Occident musulman (Al-Andalus et Afrique du Nord). Ainsi leur vient leur nom d'al-Murabitoun, c'est-√†-dire les combattants du ribat, une forteresse de la guerre sainte dress√©e contre leurs ennemis animistes. Les Almoravides sont victorieux dans leur guerre contre les royaumes noirs du Tekrour et l'empire du Ghana. Ils s'emparent ainsi du Ghana et de sa capitale Aoudaghost, √† la t√™te d'une grande r√©gion productrice et exportatrice d'or, et parviennent √† remonter les pistes caravani√®res sahariennes jusqu'au Tafilalet dans les ann√©es 1050, o√Ļ ils mettent fin √† l'existence de l'√©mirat de Sijilmassa sous domination z√©n√®te. Les chefs des Almoravides sont successivement Abou Bakr ben Omar puis Youssef ben Tachfine.

Alors que le ¬ę Maroc utile ¬Ľ est en proie aux convoitises des entit√©s politiques voisines ainsi qu'aux d√©chirements internes, trois grandes tribus berb√®res se partagent les r√©gions sahariennes. Les Lemtouna, Massoufa et Goddala (ou Gadala, lointains descendants des antiques G√©tules), tous trois membres de la conf√©d√©ration Sanhadja et islamis√©s deux si√®cles et demi plus t√īt, guerroient et vagabondent r√©guli√®rement en direction du sud o√Ļ ils menacent l'empire du Ghana et d'autres √Čtats soudano-sah√©liens animistes. De la tribu Lemtouna, l'√©mir Yahya ben Ibrahim part, vers 1035, accomplir le p√®lerinage √† La Mecque. L√†-bas, il prend conscience de la n√©cessit√© de parfaire l'islam de ses cong√©n√®res des r√©gions de l'Adrar. En halte √† Kairouan, il tente pour cela d'obtenir un appui logistique de la part d'√©minences religieuses locales, mais sans r√©sultat.

Tombeau du célèbre prince et poète Al Mutamid ibn Abbad de Séville, condamné à finir sa vie dans une prison d'Aghmat au sud de Marrakech.

La guerre √©clate entre les Almoravides et les Z√©n√®tes. Les Banou Ifren et les Maghraouas perdent alors tout pouvoir apr√®s la victoire finale des Almoravides. C'est Youssef ben Tachfine qui fonde Marrakech en 1062, au d√©part simple campement nomade destin√© √† devenir la capitale d'un empire. Les Almoravides font dispara√ģtre dans les r√©gions qu'ils contr√īlent toutes les doctrines qu'ils suspectent d'h√©r√©sie. C'est ainsi qu'ils suppriment le chiisme de Taroudant[63], dernier legs fatimide dans le Souss, et qu'ils d√©truisent le royaume berghouata qui prosp√©rait dans les plaines centrales de la Tamesna (correspondant aux actuelles r√©gions de Doukkala et de Chaouia) et du Tadla. Partout les Almoravides imposent le sunnisme mal√©kite le plus strict, tel qu'enseign√© par les √©coles th√©ologiques de M√©dine et de Kairouan. Cette unification religieuse se double d'une unification politique. Les Almoravides √©tendent ainsi leurs conqu√™tes jusqu'au Maghreb central, √† la limite du royaume hammadide.

Un chrétien et un musulman disputant une partie de jeu d'échecs en Al-Andalus.

En 1086, Youssef Ibn Tachfin, appel√© par les rois des ta√Įfas d'Al-Andalus, franchit le d√©troit de Gibraltar √† la t√™te de ses forces sahariennes compos√©es de nomades Sanhadjas et de guerriers africains du Bilad as-S√Ľdan, et parvient ainsi √† briser l'offensive du roi de Castille Alphonse VI √† Zallaqa (bataille de Sagrajas). Les Almoravides mettent fin au r√®gne des roitelets, exilent l'√©mir de S√©ville Al Mutamid ibn Abbad et celui de Grenade, Abdallah ben Bologhin, √† Aghmat pr√®s de Marrakech. Ils unifient ainsi Al-Andalus, qui est incorpor√©e √† leur empire √† partir de 1090. Ils ne parviennent cependant √† r√©cup√©rer Tol√®de tomb√©e aux mains des Castillans en 1085. Youssef Ibn Tachfin, qui a pris le titre d'√Čmir des Musulmans (et non celui de calife, consid√©rant ce privil√®ge comme d√©volu aux seuls Abbassides dont les Almoravides reconnaissent d'ailleurs la pr√©√©minence religieuse)[64], r√®gne sur un ensemble g√©opolitique s'√©tendant du S√©n√©gal jusqu'aux abords des Pyr√©n√©es et des c√ītes atlantiques marocaines jusqu'√† Alger.

Cette domination almoravide se manifeste par une symbiose des identit√©s andalouse, ouest-maghr√©bine et saharienne, pr√©parant la voie √† l'√©mergence d'une civilisation hispano-mauresque √† cheval sur la p√©ninsule ib√©rique et le Maghreb occidental. Les √©difices subsistant √† Marrakech, Tlemcen et Alger montrent ainsi une forte influence de l'√©cole artistique cordouane adapt√©e aux canons esth√©tiques nord-africains. Dans le domaine √©conomique, l'√Čtat almoravide se distingue par sa ma√ģtrise des flux de l'or, dont il contr√īle les zones de production et les voies d'acheminement, du Ghana jusqu'au bassin m√©diterran√©en. Le dinar d'or almoravide, appel√© marabotin, circule sur tous les grands march√©s commerciaux comme devise de r√©f√©rence.

Apr√®s la mort de Youssef Ibn Tachfin en 1106, son fils Ali ben Youssef lui succ√®de, mais la dynastie est d√©j√† contest√©e aussi bien en Espagne qu'en Afrique. La famille r√©gnante prend en effet go√Ľt aux plaisirs et aux d√©lices d'une vie de cour raffin√©e h√©rit√©e des califes de Cordoue et des √©mirs ta√Įfas d'Al Andalus. Dans le m√™me temps, les populations subissent la dictature rigoriste des cadis mal√©kites et les exactions locales des chefs militaires d'origine sanhadja qui s'appuient parfois sur des milices de mercenaires chr√©tiens comme celle du chevalier catalan Reverter. Une telle conjoncture politique favorise un m√©contentement g√©n√©ralis√© dans l'ensemble de l'empire almoravide gravement affaibli.

Dynastie almohade (1147-1269)

Empire almohade entre 1147 et 1269.
Drapeau almohade.

Mohammad Ibn Toumert est le futur Mahdi autoproclam√© du mouvement almohade ancien empire marocain et le fils d'un amghar, chef de village de la tribu des Harga, dans le Haut-Atlas. Tr√®s pr√©cocement anim√© par un z√®le religieux, il entreprit d√®s sa jeunesse de multiples voyages l'amenant √† visiter Bagdad, Le Caire et peut-√™tre m√™me Damas o√Ļ il d√©couvre toute l'ampleur de la tradition musulmane, et notamment le soufisme. Rapidement, il entretient une profonde aversion pour l'√©troitesse du malikisme r√©gnant en ma√ģtre en sa patrie. C'est en 1117 qu'il regagne le Maghreb, via Tripoli, puis Tunis et enfin B√©ja√Įa o√Ļ ses pieux pr√™ches galvanisent les foules. √Ä Melalla, il se lie d'amiti√© avec le Z√©n√®te Abd El Moumen. C'est en compagnie de ce dernier qu'Ibn Toumert d'Almohades (d'¬ę Al-Muwahid√Ľn ¬Ľ, ōßŔĄŔÖŔąō≠ōĮŔąŔÜ), les Unitaires.

C'est √† Tinmel, au cŇďur de la tr√®s isol√©e vall√©e du N'fis, qu'il √©tablit sa ¬ę capitale ¬Ľ.

Ses pr√™ches rencontrent un √©cho consid√©rable et il clame ouvertement son intention de liguer toutes les tribus insoumises des montagnes contre les Almoravides. Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage d'inqui√©tudes de la part des Almoravides qui lancent contre lui en 1121 une exp√©dition militaire command√©e par le gouverneur du Souss, Abou Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni. L'exp√©dition est litt√©ralement √©cras√©e. √Ä la suite de cette d√©convenue, ses d√©sirs s'estomp√®rent un temps mais en 1127 (ou 1129), une nouvelle exp√©dition parvint dans les contreforts du Haut Atlas aux environs d'Aghmat dans l'espoir de frapper un grand coup en pays Hintata, fief de la doctrine ¬ę Unitaire ¬Ľ. Mais Abd El Moumen et El B√©chir contrari√®rent ce plan et profitant de l'effet de surprise, ils parvinrent m√™me √† assi√©ger ponctuellement Marrakech, capitale almoravide. Cependant, leurs faiblesses en combat de plaine les pouss√®rent √† se retrancher en toute h√Ęte. El B√©chir mourut suivi quelques mois plus tard, en septembre 1130, par Ibn Toumert.

Intérieur de la mosquée de Tinmel, fief originel de la doctrine almohade.

Abd El Moumen succ√©da d'abord secr√®tement au fondateur de la secte et privil√©gia une politique d'alliance avec les tribus de l'Atlas. Pour ce faire, il joua non seulement de ses origines z√©n√®tes mais aussi de ce qui restait de cercles d'initi√©s qu'avait fond√© son pr√©d√©cesseur. D√®s 1140, une intense campagne permet aux Almohades de s'attirer les faveurs des oasis du sud. Taza puis T√©touan sont les premi√®res grandes cit√©s √† tomber. √Ä la faveur du d√©c√®s d'Ali ben Youssef en 1143, il s'empare de Melilla et d'Al Hoce√Įma, faisant ainsi du nord du Maroc sa v√©ritable base logistique. La mort du redoutable Reverter en 1145, suivie la m√™me ann√©e de celle de Tachfine ben Ali, permet aux Almohades les prises respectives d'Oran, de Tlemcen, d'Oujda et de Guercif. S'ensuit ensuite le long et √©prouvant si√®ge de F√®s qui durera neuf mois durant lesquels Abd El Moumen se charge personnellement de prendre Mekn√®s, Sal√© et Sebta. La conqu√™te du Maroc s'ach√®vera finalement en mars 1147 par la prise de Marrakech, capitale du d√©sormais d√©chu empire almoravide et dont le dernier roi Ishaq ben Ali sera ce jour-l√† impitoyablement tu√©. Pour f√™ter cette victoire, Abd El Moumen fit b√Ętir la tr√®s c√©l√®bre mosqu√©e Koutoubia sur les ruines de l'ancien Dar El Hajar.

Minaret de la mosquée almohade de la Koutoubia à Marrakech.

De mani√®re assez in√©dite, les premiers efforts militaires d'Abd El Moumen d√©sormais intronis√© comme calife de l'Occident musulman (pour marquer son ind√©pendance religieuse par rapport aux Abbassides d'Orient) se tournent vers l'est du Maghreb, sous le double p√©ril des Normands de Sicile men√©s par Roger II (qui ont pris le contr√īle de Djerba et Mahdia et menacent la prosp√®re B√©ja√Įa) et des tribus b√©douines (Banu Hilal) envoy√©es depuis la Haute-√Čgypte par les souverains fatimides du Caire, furieux de voir Zirides et Hammadides √©chapper √† leur contr√īle. Les op√©rations lanc√©es s'av√®rent largement fructueuses puisque les B√©douins sont compl√®tement √©cras√©s √† B√©ja√Įa puis S√©tif en 1152. En 1159, une puissante arm√©e terrestre est lev√©e depuis Sal√©, second√©e par une flotte de soixante-dix navires, obligeant les Normands √† se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi l'Empire almohade s'√©tendait-il √† la fin des ann√©es 1150 des rivages de l'oc√©an Atlantique jusqu'au Golfe de Syrte, englobant toute l'Afrique musulmane √† l'ouest de l'√Čgypte.

En Andalousie la fin de la p√©riode almoravide a permis la r√©surgence des reinos de taifas et un regain de vigueur des Chr√©tiens. En 1144 les Castillans s'emparent temporairement de Cordoue. √Ä l'ouest, Lisbonne et Santarem sont prises par les Portugais. Almer√≠a est √©galement prise par les Aragonais pour une d√©cennie enti√®re. Dos au mur, les taifas se voient oblig√©s de faire de nouveau appel aux ma√ģtres du Maghreb. Ainsi, avant m√™me la prise de Marrakech par les Almohades, Jerez et Cadix s'offrent √† ces derniers. Dans le sillage de la prise de Marrakech, des corps exp√©ditionnaires permettent la conqu√™te de tout le sud de la p√©ninsule (Grenade, S√©ville, Cordoue‚Ķ) puis de Badajoz. En 1157, Almer√≠a est reprise. Abd El Moumen d√©c√©dera finalement en 1163 √† Sal√©. Son fils Abu Yaqub Yusuf lui succ√®de, d'abord reconnu √† S√©ville puis √† Marrakech. Il s'efforcera jusqu'√† son d√©c√®s en 1184 de r√©gner en v√©ritable ¬ę despote √©clair√© ¬Ľ, soucieux de desserrer l'√©tau d'orthodoxie religieuse pesant sur le Maghreb.

Sous son impulsion fleurissent des arts bien plus √©panouis que sous la dynastie pr√©c√©dente. L'architecture en particulier atteint son apog√©e, se traduisant par la construction de la Giralda √† S√©ville, fra√ģchement honor√©e du statut de capitale andalouse, ainsi que de la tour Hassan √† Rabat (dont le minaret ne fut jamais achev√©) et de la Koutoubia √† Marrakech, toutes trois b√Ęties sur un mod√®le sensiblement √©quivalent. Dans d'autres registres, le palais de l'Alhambra est √©rig√© sur les hauteurs de Grenade par les Nasrides, et les Jardins de l'Agdal sont plant√©s √† Marrakech qui se dote √©galement d'une Casbah califale abritant les palais du souverain almohade (cf. l'article Art almoravide et almohade). C'est √©galement sous les Almohades que v√©cut le brillant philosophe Averro√®s (de son vrai nom Ibn R√Ľshd ōßō®ŔÜ ōĪōīōĮ) ainsi que Mo√Įse Ma√Įmonide qui ira n√©anmoins s'exiler au Caire afin de pouvoir pratiquer librement sa religion (il √©tait de confession juive). Les intellectuels du califat almohade mettent √† l'honneur la philosophie antique comme partout ailleurs dans le monde musulman, et plus particuli√®rement celle d'Aristote dont le rationalisme s√©duit notamment Averro√®s.

√Ä la mort d'Abu Yaqub Yusuf, les Almoravides demeur√©s ma√ģtres des √éles Bal√©ares s'en vont porter le glaive l√† o√Ļ jadis s√©vissaient les Normands. Ils arrachent Alger, Miliana, Gafsa et Tripoli aux Almohades et subventionnent des tribus b√©douines d'Ifriqiya ainsi que les mercenaires turkm√®nes Ghuzz[65], qui s'en iront mener des razzias dans tout le Maghreb m√©dian et descendront m√™me jusque dans les oasis du Dr√Ęa. Mat√©es par les vigilantes milices d'un certain gouverneur Abu Yusf, les tribus b√©douines seront par la suite s√©dentaris√©es dans l'Ouest marocain, dans l'ancien pays berghouata o√Ļ elles contribueront √† l'effort d'arabisation des plaines du Gharb et de la Chaouia. Quant aux Ghuzz, ils sont incorpor√©s dans l'arm√©e almohade pour former des unit√©s d'archers d'√©lite. Apr√®s la victoire d'Alarcos durant laquelle Alphonse VIII de Castille est battu par le souverain Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, les derniers fauteurs de troubles almoravides sont √©cras√©s dans le Sud tunisien. C'est l'√Ęge d'or almohade.

Tour Hassan construite par le calife almohade Yacoub El Mansour à Rabat.
Miniature maroco-andalouse d'époque almohade illustrant le conte de Bayad et Riyad.
Averroès (Ibn Rushd), philosophe, cadi, mathématicien, médecin andalou de la Cour almohade, mort à Marrakech en 1198.

Muhammad an-Nasir succ√®de √† son p√®re en 1199. Le 16 juillet 1212, son arm√©e de 30 000[66] - [67] hommes est mise en d√©route par une coalition de pr√®s de 62 000 chr√©tiens venus de France, d'Aragon, de Catalogne, du Comt√© de Portugal, de Le√≥n et de Castille. C'est la bataille de Las Navas de Tolosa que l'histoire retiendra comme l'√©v√®nement charni√®re de la Reconquista. Dans le m√™me temps, an-Nasir re√ßoit une √©trange proposition d'all√©geance de Jean sans Terre, alors en froid avec les souverains chr√©tiens du continent europ√©en, de faire du lointain royaume d'Angleterre un vassal du califat almohade de Marrakech[68].

L'autorit√© des Almohades sur leur empire sera durablement affaiblie par cette d√©b√Ęcle, au point que Muhammad an-Nasir renoncera √† son tr√īne l'ann√©e suivante, le c√©dant √† son fils. √Ä 16 ans, Yusuf al-Mustansir acc√®de donc au tr√īne. D√©pourvu d'autorit√©, il voit rapidement le Maghreb m√©dian lui √©chapper. Il en va de m√™me en Andalousie o√Ļ le gouverneur almohade de Murcie r√©clame une r√©gence et franchit le d√©troit pour le faire savoir. √Ä S√©ville, Al-Mamoun fait sensiblement de m√™me. Les ta√Įfas renaissent de leurs cendres et imposent le malikisme. √Ä Marrakech m√™me les cheikhs souhaitent proc√©der √† l'√©lection d'un nouveau calife, ne laissant d'autre choix au jeune souverain que la fuite pour un temps. Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succ√®de en 1223. Il mourra √©trangl√© l'ann√©e m√™me.

Les cheikhs de Marrakech proc√©deront alors √† l'√©lection d'Abu Muhammad al-Adil. Les Hafsides, du nom d'Ab√Ľ Muhammad ben ach-Chaykh Ab√ģ Hafs, autrefois vizir de Muhammad an-Nasir d√©clarent leur ind√©pendance en 1226, sous l'impulsion de Ab√Ľ Zakariy√Ę Yahy√Ę. La mort d'Abu Muhammad al-Adil marquera le d√©but de l'ing√©rence du royaume de Castille dans les affaires marocaines. Ferdinand III de Castille soutiendra Abu al-Ala Idris al-Mamun tandis que les cheikhs soutiendront le fils de Muhammad an-Nasir, Yahya al-Mutasim. C'est le premier qui prit pour un temps l'ascendant, parvenant √† prendre Marrakech et √† massacrer les cheikhs. Il renia la doctrine religieuse almohade au profit du malikisme et consentit en paiement de sa dette √† construire l'√©glise Notre-Dame de Marrakech en 1230. L'√©difice fut d√©truit deux ans plus tard.

En 1233, son fils Abd al-Wahid ar-Rachid reprit Marrakech et chassa de F√®s les Bani Marin, futurs M√©rinides (ces derniers faisaient payer √† la ville et √† sa voisine Taza un tribut depuis 1216), permettant de r√©unifier le Maroc. En Andalousie, Cordoue tombe aux mains de Ferdinand III de Castille d√®s 1236. Valence lui embo√ģtera le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour de S√©ville en 1248. Entre-temps, Abu al-Hasan as-Sa√Įd al-Mutadid parviendra √† r√©tablir un semblant d'unit√© sur le Maroc mais accumulera les √©checs face aux M√©rinides dont l'avanc√©e est irr√©sistible sur le Maroc septentrional. Pour une trentaine d'ann√©es, les Almohades survivront, retranch√©s sur la plaine du Haouz et payant un tribut √† leurs voisins septentrionaux. En 1269, Marrakech tombe. En 1276, c'est au tour de Tinmel. Un si√®cle et demi plus tard, la boucle almohade est boucl√©e et la dynastie √† l'origine du puissant califat de l'ouest dispara√ģt d√©finitivement.

Au cours des croisades

L'Empire almohade, sous le r√®gne d'Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, √©tablit un partenariat strat√©gique avec l'√Čgypte du sultan Saladin. Le point d'orgue de cette relation est l'ambassade d'Abu Al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoy√© par Saladin aupr√®s de la Cour califale de Marrakech, qui concr√©tise l'alliance entre Almohades et Ayyoubides. Cette mission d√©bouche sur la participation de la flotte almohade aux op√©rations maritimes contre les Crois√©s (sur les c√ītes du Proche-Orient ainsi qu'en mer Rouge). Apr√®s la prise de J√©rusalem par Saladin en 1187, une partie de la ville sainte est repeupl√©e de populations provenant de l'Empire almohade[69] qui fonderont et habiteront un quartier sp√©cifique[70] - [71], dont l'un des vestiges les plus connus est la Porte des Maghr√©bins[72].

Dynastie des Mérinides (1269-1465)

√Čvolution territoriale de l'empire m√©rinide.

Contrairement aux deux dynasties pr√©c√©dentes, la mont√©e en puissance des M√©rinides n'est pas √† mettre sur le compte d'une d√©marche personnelle associable √† un individu mais plut√īt √† l'affirmation collective d'une tribu. L'autre rupture que marque l'accession au pouvoir des M√©rinides est l'abandon du leitmotiv de la purification religieuse au profit d'une conception de la conqu√™te du pouvoir plus classique, plus conforme √† l'identit√© tribale des protagonistes.

Une des portes de Fès Jdid, la capitale des Mérinides à partir de 1276.

La tribu en question est une tribu z√©n√®te dont les origines sont issues des Wassin[73]. Toujours est-il que les Beni Merin (ou Bani Marin) constituent tout au long du XIIe si√®cle l'arch√©type d'une tribu berb√®re quelconque, nomadisant entre le bassin de la Haute-Moulouya √† l'ouest (entre Guercif et Missour) et le Tell alg√©rien, au sud de Sidi Bel Abb√®s √† l'est. La premi√®re occurrence de la tribu des Beni Merin dans l'historiographie marocaine co√Įncide avec leur participation en tant que groupe √† la bataille d'Alarcos (1196), bataille finalement remport√©e par le camp almohade. C'est √† cette occasion que s'illustre Abd al-Haqq consid√©r√© comme le v√©ritable fondateur de la dynastie m√©rinide. De retour au pays, la tribu retombe dans un anonymat relatif jusqu'√† la cinglante d√©faite almohade de Las Navas de Tolosa √† l'issue de laquelle les troupes M√©rinides iront d√©faire 10 000 soldats almohades. √Ä la suite de ce succ√®s, les M√©rinides s'installent temporairement dans le Rif, soutenus par des Meknassas s√©dentaris√©s au nord de Taza.

D√®s 1216, ils se faisaient payer tribut par les cit√©s de F√®s et Taza. Les Almohades soucieux de restaurer leur autorit√© sur tout leur territoire lancent de nombreuses contre-offensives, le plus souvent vaines. C'est au cours d'une de ces manŇďuvres que d√©c√®de Abd al-Haqq. Son fils Uthman ben Abd al-Haqq lui succ√®de. D√®s 1227, toutes les tribus entre le Bouregreg et la Moulouya ont fait all√©geance aux M√©rinides. En 1240, Uthman ben Abd al-Haqq d√©c√®de, assassin√© par son esclave chr√©tien. C'est son fr√®re Muhammad ben Abd al-Haqq qui lui succ√®de, assi√©geant avec un succ√®s relatif Mekn√®s. Il d√©c√®de en 1244, tu√© par des milices chr√©tiennes au service des Almohades. Au milieu de la d√©cennie 1240, les troupes almohades sont mises en d√©route √† Guercif. Les M√©rinides s'engouffrent alors dans la tr√®s strat√©gique Trou√©e de Taza, tremplin qui leur permit d'entreprendre le si√®ge de F√®s en ao√Ľt 1248 et d'envisager la prise de toute la moiti√© nord du Maroc. Mais la moiti√© sud n'est pas en reste. Abu Yahya ben Abd al-Haqq ayant pr√©c√©demment succ√©d√© joue des amiti√©s traditionnelles des Beni Merin avec les B√©ni-Ouara√Įn du Moyen Atlas et d'autres tribus du Tafilalet pour contr√īler les oasis et d√©tourner les revenus du commerce transsaharien de Marrakech vers F√®s, d√©sign√©e comme capitale m√©rinide.

Drapeau des Mérinides, empire islamique.

En 1258, Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq succède à son frère enterré dans l'antique nécropole de Chellah qu'il avait commencé à réhabiliter[74]. Le début de son règne est marqué par une lutte avec son neveu qui réclamait la succession. Ce dernier parvient à prendre Salé. La situation à l'embouchure du Bouregreg profite à la Castille qui occupera la ville pendant deux semaines en 1260, sur l'ordre d'Alphonse X. L'ouest du Rif fut également en proie à de nombreuses insurrections Ghomaras tandis que Ceuta et Tanger étaient alors aux mains d'un sultan indépendant, un dénommé El Asefi. Rapidement le nouveau souverain exprima son désir d'en découdre rapidement avec les Almohades retranchés dans le Haouz, l'est des Doukkala et une partie du Souss. Une première tentative en ce sens se solda par un échec en 1262. Les Almohades pressèrent alors les Abdalwadides d'attaquer leurs rivaux Mérinides par surprise. Yaghmoracen Ibn Ziane, célèbre souverain abdalwadide fut défait en 1268. L'année suivante, Marrakech fut définitivement prise[75].

M√©dersa Attarine de F√®s construite sous le r√®gne du sultan Ab√Ľ Sa√Įd Uthm√Ęn ben Yaqub (1310-1331).

Durant les ann√©es qui suivirent, il bouta les Espagnols hors de tous leurs √©tablissements atlantiques jusqu'√† Tanger. En 1276, F√®s, la capitale du royaume, se voit augment√©e d'un nouveau quartier, √† l'√©cart de l'ancienne ville, o√Ļ se c√ītoient notamment le palais royal et le Mellah (F√®s El Jedid). Globalement la ville conna√ģtra sous l'√®re m√©rinide un second √Ęge d'or, apr√®s celui connu sous les Idrissides. Apr√®s la pacification totale du territoire et la prise de Sijilmassa aux Abdalwadides, le sultan franchit le d√©troit et tente de reconstituer la grande Al-Andalus musulmane des Almohades. Les entreprises espagnoles des M√©rinides furent complexes mais n'accouch√®rent que de peu de r√©sultats concrets. √Ä la suite du si√®ge de X√©r√®s, un trait√© de paix stipulant le retour de nombreux documents et ouvrages d'art andalous (tomb√©s aux mains des Chr√©tiens lors des prises de S√©ville et Cordoue) vers F√®s. En 1286, Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq d√©c√®de √† Alg√©siras. Il est inhum√© √† Chellah. Son fils Abu Yaqub Yusuf[74], plus tard dit an-nńĀsr, lui succ√®de et se voit confront√© d√®s son intronisation √† un durcissement des r√©voltes dans le Dr√Ęa et √† Marrakech et √† un d√©saveu de certains membres de sa famille, s'alliant tant√īt avec les Abdalwadides ou les r√©volt√©s. Il rendit Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne volont√© mais six ans plus tard, en 1291, ces derniers, alli√©s aux Castillans dont ils sont les vassaux, entreprennent de bouter d√©finitivement les M√©rinides de la p√©ninsule Ib√©rique. Apr√®s quatre mois de si√®ge, Tarifa est prise par les Castillans. Mais les yeux d'Abu Yaqub Yusuf an-Nasr sont plut√īt riv√©s sur Tlemcen, capitale des √©ternels rivaux des Beni Merin que sont les Abdalwadides. Il se dirige vers Tlemcen √† la t√™te d'une arm√©e cosmopolite puisqu'essentiellement compos√©e de mercenaires chr√©tiens (Castillans et Aragonais principalement), de Turkm√®nes et de Kurdes. Le si√®ge durera huit ans et se poursuivra jusqu'√† l'assassinat du souverain, des mains d'un des eunuques de son harem, en 1307.

Jusqu'√† l'av√®nement d'Abu al-Hasan ben Uthman en 1331, la dynastie est marqu√©e par une forme de d√©cadence dont les signes principaux sont la multiplication des querelles de succession, des r√©voltes populaires et des soul√®vements militaires. En 1331 donc, Abu al-Hasan ben Uthman (surnomm√© le Sultan noir) succ√®de √† son p√®re, quelques mois seulement apr√®s avoir obtenu son pardon. Rapidement, l'obsession de ses a√ģn√©s pour Tlemcen le rattrape. Il entame un nouveau si√®ge sur la ville qui s'av√®rera vain. Il √©vince ceux qui dans son entourage familial le jalousent mais sait faire preuve d'une grande dext√©rit√© dans sa gestion des ambitions tribales. Tlemcen tombe enfin en 1337. Abu al-Hasan ben Uthman est aur√©ol√© de gloire. Cette victoire lui ouvre la voie du Maghreb m√©dian mais avant de s'engouffrer dans cette br√®che ouverte en direction d'Ifriqiya, le souverain tient √† venger la mort de son fils Abu Malik, surpris par les Castillans apr√®s son succ√®s √† Gibraltar en 1333. La bataille de Tarifa, le 30 octobre 1340 se solde par une lourde d√©faite qui signera la fin d√©finitive des ambitions marocaines en terre espagnole.

Sept ann√©es plus tard, le sultan et ses arm√©es parviennent √† soumettre l'Ifriqiya. L'ann√©e suivante pourtant, les M√©rinides essuient une cuisante d√©faite √† Kairouan. L'√©cho de la d√©convenue est grand, au point que na√ģt et se r√©pand une folle rumeur selon laquelle le Sultan noir serait mort au combat. √Ä Tlemcen, Abu Inan Faris est alors intronis√©. C'est de sa volont√© qu'√©manera la construction de la m√©dersa Bou Inania de F√®s.

Il a d'ailleurs √©galement parachev√© la construction de la Medersa Bou Inania de Mekn√®s, entam√© par son a√ģn√©. Ce dernier tentera un vain retour via Alger puis Sijilmassa. Il est finalement d√©fait et tu√© par les arm√©es de son fils sur les rives de Oum Errabi√Ę. Abu Inan Faris, profond√©ment chagrin√© par ce d√©c√®s, tentera alors de faire asseoir son autorit√© sur l'ensemble du royaume, de nouveau fragilis√© par la recrudescence des volont√©s insurrectionnelles. Il s'entoure √† ces fins d'Ibn Khaldoun, penseur de g√©nie et v√©ritable pr√©curseur de la sociologie moderne. Son neveu, ma√ģtre de F√®s, est ex√©cut√©, mais √† l'occasion de ce d√©placement au Maroc, c'est Tlemcen qui se soul√®ve. Une intense campagne permet un certain regain de vigueur des M√©rinides mais Abu Inan est √©trangl√© des mains d'un de ses vizirs, un certain al-Foudoudi, le 3 d√©cembre 1358, neuf ans seulement apr√®s son accession au pouvoir.

Bab el-Mrissa porte de l'arsenal maritime militaire de Salé construit par les Mérinides à la suite de l'attaque de la flotte du roi Alphonse X en 1260.

L'anarchie est alors √† son paroxysme. C'est le premier grand d√©clin de la dynastie. Chaque vizir tente de porter sur le tr√īne le pr√©tendant le plus faible et manipulable. Les richesses patiemment accumul√©es par les souverains pr√©c√©dents sont pill√©es. Un premier pr√©tendant venu de Castille parvient √† se soustraire pour un temps √† ce diktat des vizirs. Il s'appelle Ab√Ľ Ziy√Ęn Muhammad ben Ya`q√Ľb plus simplement appel√© Muhammad ben Yaqub. Reconnu et acclam√© dans le nord du Maroc, il r√®gne √† partir de 1362 sur un royaume dont seule la moiti√© nord (de la Tadla aux contreforts m√©ridionaux du Rif) est demeur√©e loyale √† l'autorit√© m√©rinide. Tout au long de son bref r√®gne, il tentera de faire √©vincer un √† un les vizirs jug√©s encombrants mais ce sont des mains d'un de ces derniers, le grand vizir Omar, qu'il p√©rira en 1366.

Omar d√©sincarc√®re alors le fils d'Abu l'Hasan, Abu Faris Abd al-Aziz ben Ali ou plus simplement Abd al Aziz. Apr√®s avoir r√©ussi le tour de force d'√©vincer bon nombre de vizirs dont celui qui l'a port√© au pouvoir, il parvient √† mater le pouvoir parall√®le en place √† Marrakech (pouvoir dit d'Abou l'Fadel, vaincu en 1368). Il parvient √† asseoir son autorit√© en pays Hintata, puis dans le Souss et √† Sijilmassa. En 1370, Tlemcen, o√Ļ s'√©tait reconstitu√© le pouvoir abdalwadide, retombe aux mains des M√©rinides. Mais deux ans plus tard seulement, il meurt. Le royaume est √† nouveau scind√© en deux, les zaou√Įas prenant le pouvoir √† Marrakech. La peste noire provoque de graves ravages.

Medersa Bou Inania de Meknès achevée sous le règne du sultan Abu Inan Faris.

S'ensuivent 21 ann√©es de d√©clin durant lesquelles se multiplient les intrigues dynastiques, les coups politiques des diff√©rents vizirs, les ing√©rences nasrides et de vaines tentatives de coups d'√©clat militaires face √† Tlemcen. Durant les deux p√©riodes de d√©clin, la pratique de la piraterie se d√©veloppe, tant dans le Nord, dans les environs de Tanger et Ceuta, que sur la c√īte atlantique (√† Anfa notamment, qui sera d'ailleurs d√©truite en repr√©sailles par les Portugais en 1468).

En 1399, alors que le Maroc est en proie √† une anarchie des plus totales, le roi Henri III de Castille arme une exp√©dition navale destin√©e √† annihiler la pratique de la course depuis T√©touan. En fait, la ville est non seulement mise √† sac mais √©galement totalement vid√©e de sa population (la moiti√© est d√©port√©e en Castille). En 1415, c'est au tour de Ceuta de tomber aux mains des troupes de Jean Ier, roi du Portugal, lui aussi en croisade contre la course maritime des cit√©s c√īti√®res marocaines.

La dynastie m√©rinide connait un tragique d√©clin[76]. Ab√Ľ Sa√Įd Uthm√Ęn III dit Abu Said succ√®de √† Abu Amir Abd Allah dans des circonstances troubles. Prince taciturne, il se tourne √† nouveau vers Tlemcen. Mais le vent a tourn√© et Abou Malek, souverain abdalwadide, p√©tri de haine √† l'encontre des ma√ģtres de F√®s, parvient √† prendre la ville et impose un souverain fantoche. Les documents concernant cette p√©riode sont tr√®s flous et se contredisent. Toujours est-il que Abu Muhammad Abd al-Haqq succ√®de √† Abu Said alors qu'il n'a qu'un an (1421). Cette accession au tr√īne appela bien s√Ľr une r√©gence. Les vizirs wattassides s'av√©reront incontournables.

Dynastie idrisside, branche des Joutey (1465-1471)

Mohammed ibn Ali al-Idrissi al-Amrani al-Joutey (arabe : ŔÖō≠ŔÖōĮ ō®ŔÜ ōĻŔĄŔä ōßŔĄōĻŔÖōĪōßŔÜŔä ōßŔĄō¨Ŕąō∑Ŕä ōßŔĄō•ōĮōĪŔäō≥Ŕä) est le 20e descendant en ligne directe d'Idris Ier. Chef de file des chorfas de F√®s au milieu du XVe si√®cle, il est proclam√© sultan du Maroc √† la suite de la r√©volte de 1465 qui aboutit √† l'assassinat du sultan m√©rinide Abd al-Haqq II, mort sans laisser d'h√©ritier[77]. Il ne r√©ussit cependant pas √† imposer son autorit√© bien au-del√† de F√®s et de sa r√©gion.

Le règne de Mohammed ibn Ali dure jusqu'en 1471, date à laquelle il est renversé par Mohammed ach-Chaykh, qui fonde la dynastie des Wattassides[77].

Wattassides (1472-1554)

Les Wattassides, Ouattassides ou Ban√Ľ Wat√Ęs, sont une tribu de Berb√®res z√©n√®tes comme les M√©rinides. Cette tribu, qui serait initialement originaire de l'actuelle Libye, √©tait √©tablie dans le Rif, au bord de la M√©diterran√©e. De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu √† peu √©tendu leur puissance aux d√©pens de la famille r√©gnante m√©rinide (voir l'article d√©taill√© sur les Wattassides).

Ces deux familles √©tant apparent√©es, les M√©rinides ont recrut√© de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides s'imposent peu √† peu au pouvoir. Le dernier sultan m√©rinide est d√©tr√īn√© en 1465. Il s'ensuit une p√©riode de confusion qui dure jusqu'en 1472. Le Maroc se trouve coup√© en deux, avec √† Marrakech les √©mirs Hintata auxquels succ√®de la dynastie arabe √©mergente des Saadiens, et √† F√®s le sultanat wattasside d√©clinant. Plus au nord, √† T√©touan et √† Chaouen, appara√ģt une principaut√© √† dominante andalouse peupl√©e par les r√©fugi√©s du royaume de Grenade (conquis par les Espagnols catholiques en 1492) et dirig√©e par une femme nomm√©e Sayyida al-Hurra[78]. Sayyida al-Hurra (ou Sitt al-Hurra) m√®ne une lutte implacable contre les Portugais qui occupent Ceuta depuis 1415, et contracte une alliance matrimoniale avec les Wattassides en √©pousant le sultan Abu al-Abbas Ahmad ben Muhammad. Sur le plan strat√©gique elle joint ses forces √† celles de l'amiral turc Arudj Barberousse qui lutte contre les Espagnols en M√©diterran√©e occidentale.

Le Maroc au début du XVIe siècle : en rouge, le domaine des Wattasides ; en rose, les vassaux des Wattassides.

En 1472, les sultans wattassides ont perdu tous leurs territoires d'importance et ne contr√īlent plus la rive marocaine du d√©troit de Gibraltar. Les Portugais prennent possession de Tanger en 1471 puis c√®dent la ville √† l'Angleterre en 1661 comme dot apport√©e par Catherine de Bragance √† son √©poux Charles II d'Angleterre.

Durant la domination portugaise (1471-1661, avec un interm√®de espagnol entre 1580 et 1640), Tanger constitue la capitale de l'Algarve d'Afrique, car il existe alors deux Algarves, celle d'Europe et celle d'Afrique, toutes deux consid√©r√©es comme territoires relevant personnellement de la dynastie d'Aviz puis de la dynastie de Bragance (le roi du Portugal porte aussi le titre de roi des Algarves). Durant la domination anglaise, Tanger est une place forte strat√©gique, dot√©e d'un statut sp√©cial et √©lisant des repr√©sentants √† la Chambre des communes √† Londres, mais l'entretien d'une garnison importante se rel√®ve trop co√Ľteux aux yeux de l'opinion anglaise[79]. Cela pousse Charles II √† faire √©vacuer la place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en 1684.

Citerne aux vo√Ľtes gothiques, construite par les Portugais √† El Jadida (Mazagan) en 1514.

Sous les r√®gnes successifs d'Alphonse V, Jean II et Manuel Ier (p√©riode marquant l'apog√©e de l'expansion portugaise) l'Algarve africaine englobe presque tout le littoral atlantique marocain, √† l'exception de Rabat et de Sal√©. Les Portugais contr√īlent la portion c√īti√®re s'√©tendant de Ceuta √† Agadir et √† Boujdour, avec pour points de jalon les places fortes de Tanger, Assilah, Larache, Azemmour, Mazagan, Safi et Castelo Real de Mogador. Ces possessions forment des fronteiras, √©quivalent portugais des presidios espagnols, et sont utilis√©es comme escales sur les routes maritimes du Br√©sil et de l'Inde portugaise. N√©anmoins la plus grande partie du Maroc portugais est reconquise par les Saadiens en 1541. La derni√®re fronteira de la Couronne lusitane est Mazagan, r√©cup√©r√©e par les Marocains en 1769. Les Espagnols pour leur part s'attribuent la c√īte m√©diterran√©enne avec les pr√©sides de Melilla et le rocher de V√©lez de la Gomera, ainsi que la r√©gion de Tarfaya faisant face aux √ģles Canaries. Ils prennent √©galement le contr√īle de Ceuta √† l'issue de la d√©b√Ęcle portugaise √† la Bataille des Trois Rois qui se solde par l'Union ib√©rique (1580).

De cette époque, émerge la figure étonnante de Mustapha Zemmouri, plus connu sous le nom d'Estevanico (ou Esteban le Maure), Marocain natif d'Azemmour revendu par les Portugais comme esclave à Andrés Dorantes de Carranza, et qui s'illustre par son exploration de l'Amérique du Nord dans les rangs des conquistadors espagnols au début du XVIe siècle[80].

Les Wattassides affaiblis donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne (les Saadiens) en 1554.

Liens avec Al-Andalus

¬ę Cour des Lions ¬Ľ de l'Alhambra √† Grenade, le palais des sultans nasrides qui eurent d'√©troites relations avec les M√©rinides.
La ville de Chefchaouen dans le nord du Maroc fut peuplée par des populations andalouses fuyant la disparition du royaume de Grenade en 1492.

En 1492, sept siècles après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, le dernier royaume musulman en Espagne, Grenade, est reconquis par les rois catholiques.

Dès le début des succès de la Reconquista au XIIe siècle, certains Andalous avaient commencé à se replier vers le Maroc ; mais la majorité d'entre eux a été contrainte de quitter l'Espagne principalement en deux temps : à la chute de Grenade en 1492, et en 1609 avec l'expulsion des Morisques. Par ailleurs les ultimes descendants de la dynastie nasride menés par Boabdil se réfugièrent à Fès après la chute du dernier royaume musulman andalou de Grenade.

L'exode de ce peuple, que le pays devra intégrer dans ses tissus sociaux et économiques, va marquer un nouveau tournant dans la culture, la philosophie, les arts et la politique. L'immigration andalouse sera plus délicate dans certaines villes marocaines. Les Andalous vont soit habiter dans d'anciennes cités, soit en construire de nouvelles ; néanmoins, ils s'installeront surtout dans le nord du pays, notamment à Tanger, Tétouan, Oujda, Chefchaouen, mais aussi à Rabat, Salé et Fès.

Les Morisques install√©s √† Rabat (dite Sal√©-le-Neuf) et Sal√© (aussi dite Sal√©-le-Vieil) form√®rent une r√©publique corsaire inspir√©e des R√©gences barbaresques d'Alger et de Tunis, vivant de courses commerciales fructueuses qui les emmen√®rent √† n√©gocier avec de nombreux √Čtats (Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande).

Dynastie des Saadiens (1554-1659)

L'Empire saadien à son extension maximale (fin du XVIe siècle).
Tombeau des sultans saadiens à Marrakech.

Les Saadiens, appel√©s parfois Zaydanides[81], constituent une dynastie arabe ch√©rifienne originaire de la vall√©e du Dr√Ęa. Elle arrive au pouvoir en 1511 avec le sultan Muhammad al-Mahdi al-Qaim bi-Amr Allah et choisit Marrakech pour capitale d√©finitive apr√®s Taroudant. √Ä partir de 1554 elle contr√īle enti√®rement le Maroc, alors que le Maghreb central et oriental est sous la domination des Ottomans. Mohammed ech-Cheikh est un adversaire r√©solu du sultan-calife ottoman Soliman le Magnifique.

Pour conjurer la menace exercée par les gouverneurs turcs d'Alger, le sultan saadien n'hésite pas à chercher l'alliance des Espagnols qui occupent Oran et lui permettent de s'emparer de la région de Tlemcen.

Cependant en 1554 les troupes turques de Salah Ra√Įs bousculent le dispositif saadien √©tabli autour de Tlemcen, et poussent l'offensive jusqu'√† F√®s avec l'intention d'occuper la moiti√© nord du Maroc et de l'incorporer √† l'Empire ottoman[82]. Alors que l'arm√©e command√©e par le pacha d'Alger s'appr√™te √† p√©n√©trer dans la vall√©e du Sebou, une sortie des forces espagnoles du comte d'Alcaudete, gouverneur d'Oran, oblige les Ottomans √† √©vacuer pr√©cipitamment leur √©ph√©m√®re conqu√™te marocaine et √† revenir d√©fendre l'Ouest alg√©rien menac√© par les Espagnols. Ce retrait turc est profitable aux Saadiens qui r√©cup√®rent ainsi F√®s et les marches orientales du nord-est marocain. Charles Quint a √©galement √©vit√© de voir les Ottomans atteindre la rive sud du d√©troit de Gibraltar et devenir ainsi des voisins directs de l'Espagne[83].

L'alliance strat√©gique hispano-saadienne a montr√© ainsi son efficacit√©. Mais la diplomatie pro-espagnole de Mohammed ech-Cheikh lui vaut l'inimiti√© tenace de la Sublime Porte. En effet, en 1557 des assassins √† la solde du beylerbey d'Alger Hassan Pacha d√©capitent le sultan marocain et envoient sa t√™te en troph√©e √† Constantinople, o√Ļ Soliman la fera accrocher aux remparts de la forteresse d'Europe sur les bords du Bosphore. Ce meurtre n'a cependant pas d'incidence sur le front militaire et consolide m√™me les assises de la dynastie saadienne.

Le sultan Ahmed al-Mansour, dont le règne (1578-1603) marque l'apogée de la dynastie saadienne.
Le sultan ottoman Mourad III, qui aida les princes saadiens Abd al-Malik et Ahmed (futur al-Mansour) √† reconqu√©rir le tr√īne du Maroc contre Muhammad al-Mutawakkil en 1576 (miniature ottomane extraite du Livre du Bonheur, 1582).
La mosqu√©e Djingareyber √† Tombouctou, grande cit√© des Songha√Į conquise par les Saadiens, capitale du pachalik du Soudan marocain √† partir de 1591.

L'influence ottomane qui caract√©rise pourtant ensuite l'√©volution de l'√Čtat saadien[84] s'explique par l'exil des princes Abu Marwan Abd al-Malik et Ahmed (futur Ahmed al-Mansour) √† Alger et √† Constantinople durant le r√®gne de leur demi-fr√®re Abdallah el-Ghalib qui avait voulu les √©liminer afin d'√™tre l'unique repr√©sentant de la dynastie. Le soutien du sultan ottoman Mourad III aux pr√©tentions des deux princes saadiens peut para√ģtre paradoxal en raison des conflits permanents entre Marocains et Turcs, mais Abd al-Malik puis son fr√®re savent exploiter intelligemment cet appui pour r√©cup√©rer le tr√īne, prendre F√®s avec l'aide des forces ottomanes command√©es par Ca√Įd Ramdan, et √©liminer leur neveu Muhammad al-Mutawakkil (fils d'al-Ghalib) qui de son c√īt√© s'√©tait alli√© au Portugal. La mort de Murad III en 1595 met fin par ailleurs aux app√©tits h√©g√©moniques de la Sublime Porte et renforce ainsi l'ind√©pendance marocaine[85].

Si les Turcs sont surtout pr√©sents dans l'√©tat-major et dans l'artillerie, l'essentiel de l'arm√©e saadienne est compos√© de ren√©gats d'origine europ√©enne et de tribus militaires arabes Cheragas ainsi que de contingents du Souss (les Ehl el-Souss, constituant l'ossature militaire de la dynastie)[86]. Cette force consid√©rable, estim√©e √† 40 000 hommes par l'historien Henri Terrasse[87], fait du sultan Ahmed al-Mansur le plus puissant chef politique et militaire de cette partie de l'Afrique. Il le prouve en lan√ßant un de ses plus brillants officiers, le g√©n√©ral Djoudar Pacha, √† la conqu√™te de l'Empire songha√Į du Mali qui devient apr√®s la bataille de Tondibi et la d√©faite des Songha√Į, le pachalik marocain de Tombouctou et du Bilad as-S√Ľdan (le Soudan occidental situ√© autour du fleuve Niger, par opposition au Soudan oriental o√Ļ coule le Nil), incluant les prestigieuses cit√©s de Gao et de Djenn√©. Sur le plan religieux, la primaut√© du califat saadien est reconnue jusqu'au Tchad par Idrńęs Alaoma, roi du Kanem et du Bornou[88]. Cette all√©geance spirituelle marque une victoire ind√©niable pour le sultan al-Mansur sur la sc√®ne africaine au d√©triment de l'Empire ottoman qui entendait user √©galement de son statut de puissance religieuse califale aupr√®s des royaumes musulmans du Sahel.

Pavillon saadien des jardins de la Ménara à Marrakech.

Marrakech retrouve une partie de sa gloire de l'√©poque almohade. Les sultans font b√Ętir des m√©dersas (la c√©l√®bre m√©dersa Ben Youssef), des mosqu√©es, r√©am√©nagent les jardins (comme celui de la M√©nara), mais c'est surtout le fabuleux palais El Badi, r√©alis√© en mat√©riaux pr√©cieux, qui contribue au rayonnement de la capitale saadienne et √† la r√©putation fastueuse de la dynastie. L'attrait culturel pour le Maroc s'exprime jusqu'en Europe avec les √©crits de Th√©odore Agrippa d'Aubign√© et ceux de Michel de Montaigne[89], mais aussi avec William Shakespeare et son Othello. Ahmed al-Mansur, qui ma√ģtrise parfaitement l'italien (appris au cours de son exil de jeunesse √† Alger), entretient une correspondance avec √Člisabeth Ire d'Angleterre, Henri III et Henri IV, et se montre fort int√©ress√© par les avanc√©es techniques de la Renaissance occidentale, ainsi que par la d√©couverte du Nouveau Monde (il proposera m√™me aux Anglais une offensive conjointe anglo-marocaine contre les colonies espagnoles d'Am√©rique)[90]. Le prestige des Saadiens aupr√®s des chancelleries europ√©ennes remonte √† la Bataille des Trois Rois √† Ksar El K√©bir le , au cours de laquelle l'arm√©e du sultan Abdelmalik met en d√©route la croisade du roi S√©bastien Ier du Portugal, marquant ainsi la fin d√©finitive de l'h√©g√©monie portugaise sur la fa√ßade atlantique du Maghreb.

La dynastie s'ach√®ve avec le r√®gne du dernier sultan El Abbas tu√© en 1659 dans une lutte de pouvoir au sein de son propre entourage men√© par Kerroum al-Hajj de la tribu Cheb√Ęnat qui s'empare alors de Marrakech.

Dynastie des Alaouites (1666-présent)

Empire chérifien alaouite vers 1700.
Le sultan Moulay Ismail (1672-1727) représenté sur une gravure française du XVIIe siècle.

Les Alaouites (al-Alaouiyoune, √† ne pas confondre avec les Alaouites de Syrie), sont au pouvoir au Maroc depuis le XVIIe si√®cle. D'apr√®s la l√©gende, les Alaouites descendent de Mohamed Nefs Zakiya (¬ę √āme Pure ¬Ľ), lui-m√™me fils de Abdallah El-Kamil, fils de Hassan El-Mouthanna, fils de Hassan Sibt, fils a√ģn√© d'Ali ibn Abi Talib, gendre et cousin du proph√®te de l'islam, Mahomet. Mohamed Nefs Zakya fut proclam√© Mahdi en 737 et tu√© au combat en 762. Th√©ologien √©minent, il a laiss√© la r√©putation d'un saint homme et v√©cut sous le r√®gne du calife Al-Mansour.

Les Ch√©rifs alaouites se disent originaires de Yanbo√Ę an-Nakhil, une oasis situ√©e dans la p√©ninsule Arabique, appel√©s √† venir au Maroc par de nobles p√®lerins berb√®res du Tafilalet au XIIIe si√®cle : Hassan Dakhil, se r√©clamant 21e descendant du proph√®te Mahomet, 17e descendant de Nefs Zakya, se serait install√© alors en 1266 √† Sijilmassa. Son 5e descendant, Moulay Mohamed ben Cherif, est le p√®re du premier sultan de la dynastie alaouite, Moulay Rachid ben Ch√©rif.

Entrée de Dar el-makhzen, palais royal de Meknès construit sous le règne de Moulay Ismail.

Lointains descendants d'Ali, gendre du proph√®te Mahomet, les Alaouites gouvernent aujourd'hui encore le royaume du Maroc. Originaire du Tafilalet, le fondateur de leur dynastie n'est autre que Moulay Ali Cherif qui, en 1631 r√®gne comme √©mir ind√©pendant sur sa r√©gion natale. Apr√®s sa mort pr√©matur√©e en 1636, son successeur Moulay Mohammed Ier d√©cide de reprendre les r√™nes et continue ce que son p√®re avait commenc√©. Organisateur m√©ticuleux et fin strat√®ge, il va prendre graduellement le pouvoir aux Saadiens en plein d√©clin depuis la mort d'al-Mansur en 1603. Son fr√®re, Moulay Rachid, va l'aider dans cette t√Ęche en s'emparant du Rif, de Taza et de F√®s, puis de la r√©publique des corsaires de Sal√©. Les rivaux potentiels, comme la puissante zaou√Įa de Dila dans le Tadla, et le royaume soufi du Tazeroualt dirig√© par les Semlalides, √Čtats locaux √† base th√©ocratique et tribale, sont vaincus et soumis. Moulay Rachid devient sultan du Maroc en 1666 et √©crase les r√©voltes qui s√©vissent encore √† Marrakech. Une chute de cheval qui lui est fatale projette son successeur, Moulay Ismail, √† la t√™te du sultanat en 1672.

Abdellah Bena√Įcha ambassadeur du Maroc aupr√®s de Louis XIV, √† Paris en 1699.

Cette date rime avec autorit√©, le nouveau sultan purge √† coups de s√©v√®res r√©pressions toute forme d'opposition √† son r√©gime. Ce qui permettra enfin √† l'Empire ch√©rifien d'acc√©der √† la puissance, √† la s√©curit√© et √† la cr√©dibilit√© aupr√®s de ses partenaires et de ses adversaires √©trangers. Moulay Isma√Įl forme une grande arm√©e compos√©e essentiellement d'esclaves-soldats noirs originaires d'Afrique de l'Ouest, (les Abid al-Bukhari ou Bouakhers, √©quivalent marocain des janissaires et des mamelouks de l'Empire ottoman) et de soldats issus de tribus militaires arabes (tribus guich) comme les Oudayas. Des unit√©s sont √©galement lev√©es parmi les Rifains, r√©put√©s pour leurs qualit√©s guerri√®res, pour former le Jaysh al-Rifi[91].Gr√Ęce √† cette force dont l'effectif atteint 150 000 hommes[92] Isma√Įl m√®ne une guerre continuelle contre les tribus rebelles du Moyen et du Haut-Atlas (qu'il finit par soumettre) mais aussi contre les ennemis ext√©rieurs : les Espagnols qui occupent Larache et Assilah, les Anglais de la colonie britannique de Tanger jusqu'en 1684, et les Turcs de l'Alg√©rie ottomane voisine qui convoitent incessamment Oujda et les provinces orientales. Le sultan √©tend l'autorit√© ch√©rifienne sur la Mauritanie jusqu'au fleuve S√©n√©gal gr√Ęce au concours des √©mirs maures et hassanis de l'Adrar, du Trarza, du Tagant et du Brakna, r√©affirmant la souverainet√© du makhzen sur le pays de Bilad Chenguitt. √Ä l'est, les oasis du Touat reconnaissent l'autorit√© du pouvoir central de Mekn√®s. Durant les ann√©es 1700, Isma√Įl livre √©galement des campagnes militaires contre quelques-uns de ses propres fils d√©sireux de se tailler des principaut√©s dans le Souss, √† Marrakech et dans l'Oriental.

De 1727 √† 1757, le Maroc conna√ģt une grave crise dynastique au cours de laquelle les Bouakhers font et d√©font les sultans, tandis que les tribus guich se soul√®vent et razzient les villes imp√©riales. Les autres tribus profitent de l'anarchie pour entrer en dissidence (siba). De cette p√©riode troubl√©e √©merge la personnalit√© du sultan Abdallah ben Isma√Įl, renvers√© et r√©tabli √† plusieurs reprises entre 1729 et 1745. Sa m√®re la sultane douairi√®re Khnata bent Bakkar, veuve de Moulay Ismail issue de l'une des plus prestigieuses tribus des provinces sahariennes, joue alors un r√īle pr√©dominant de r√©gente et tente de pr√©server les institutions fondamentales de l'Empire ch√©rifien[93].

Abdallah doit subir les s√©cessions de ses demi-fr√®res qui fondent des quasi-royaumes dans chacune des provinces qu'ils contr√īlent (Gharb, F√®s, Marrakech, Tafilalt), avec l'appui des diff√©rentes factions arm√©es des Bouakhers ou des guich. Les habitants de Sal√© et de Rabat renouent avec l'autonomisme corsaire, tandis que dans le Nord les pachas de la famille Rifi √©tablissent une v√©ritable dynastie qui contr√īle Tanger et T√©touan. Les puissantes conf√©d√©rations tribales berb√®res nagu√®re soumises au makhzen ismailien, comme les A√Įt Idrassen et les Guerrouanes, participent √† la dissidence politique et s'emparent du trafic caravanier qui relie les centres commerciaux au nord de l'Atlas aux oasis sahariennes et au Soudan marocain. Les gouverneurs de Tombouctou se comportent √©galement en princes ind√©pendants, et font reculer l'autorit√© marocaine dans la r√©gion de la boucle du Niger en traitant s√©par√©ment avec les Touaregs et les Peuls.

Traité de paix et de commerce franco-marocain de 1767.
Lettre de George Washington adressée à Mohammed III à l'occasion du traité de paix et d'amitié maroco-américain signé à Marrakech en 1787.

L'ordre est r√©tabli par Mohammed III (1757-1790) qui restaure l'unit√© du sultanat et l'autorit√© du makhzen. La politique de Mohammed III se caract√©rise par l'ouverture diplomatique et commerciale de l'√Čtat marocain qui entend percevoir les taxes douani√®res afin d'all√©ger la pression fiscale int√©rieure[94]. Des trait√©s sont conclus avec les principales puissances europ√©ennes (royaume de France, royaume de Grande-Bretagne, royaume d'Espagne, royaume de Naples, r√©publique de Venise, Su√®de, Autriche), qui entretiennent des consulats et des compagnies de commerce dans les ports marocains fond√©s par Mohammed III. L'exemple le plus connu des nouvelles places √©conomiques est Mogador (Essaouira), enti√®rement cr√©e et con√ßue par l'ing√©nieur fran√ßais Th√©odore Cornut pour le compte du souverain ch√©rifien. Les ports d'Anfa (Casablanca) et de F√©dala (Mohamm√©dia) sont √©galement am√©nag√©s et symbolisent le d√©veloppement du littoral atlantique, lib√©r√© de toute occupation √©trang√®re apr√®s la reconqu√™te de Mazagan qui marque la fin d√©finitive du Maroc portugais en 1769. Mohammed III est √©galement le premier chef d'√Čtat √† reconna√ģtre l'ind√©pendance des √Čtats-Unis en 1777. Le sultan √©tablit une amiti√© √©pistolaire avec George Washington[95], ce qui vaut aux √Čtats-Unis, en vertu de la ¬ę politique de la porte ouverte ¬Ľ, de conclure avec le Maroc un trait√© de paix, d'amiti√© et de commerce le (pour une dur√©e de cinquante ans, renouvel√© par le trait√© de Mekn√®s de 1836)[96].

Mosquée de Sidi Ahmed Tijani construite à Fès sous le règne du sultan Moulay Slimane (1792-1822).

Moulay Slimane (1792-1822) m√®ne une politique isolationniste, √† l'inverse de Mohammed III. Le sultan ferme le pays au commerce √©tranger, notamment europ√©en, et supprime les postes de douane cr√©√©s par son p√®re. Sur le plan interne, ses dahirs d'inspiration ouvertement salafiste provoquent des r√©voltes tribales et urbaines, li√©es √† sa d√©cision d'interdire les moussems et le soufisme militant des zaou√Įas tr√®s influentes dans certaines r√©gions. Les Berb√®res du Moyen Atlas, notamment les A√Įt Oumalou, se regroupent sous la direction du chef de guerre Boubker Amhaouch et forment une grande coalition tribale √† laquelle se joignent m√™me les Rifains et la puissante zaou√Įa d'Ouezzane[97]. Durant les ann√©es 1810, l'arm√©e makhzen essuie ainsi de lourdes d√©faites entra√ģnant la chute de F√®s et le repli du sultan sur les provinces de l'ouest qui lui sont rest√©es loyales. Les tribus insurg√©es et la ville de F√®s vont jusqu'√† essayer d'imposer les princes Moulay Ibrahim et Moulay Sa√Įd, fils de l'ancien sultan Yazid et neveux de Sulayman sur le tr√īne ch√©rifien, mais finissent par √©chouer dans leur tentative de changement du pouvoir[98].

Sur le plan ext√©rieur, le sultan parvient √† √©carter les vell√©it√©s de pression exerc√©es par Napol√©on Ier et par son fr√®re Joseph Bonaparte intronis√© roi d'Espagne √† Madrid, proches voisins de l'Empire ch√©rifien depuis l'occupation de la p√©ninsule Ib√©rique par les troupes fran√ßaises en 1808, et affiche une neutralit√© bienveillante √† l'√©gard des Britanniques qui occupent les pr√©sides espagnols du Maroc depuis 1808. Sulayman noue des relations diplomatiques avec Saoud ben Abdelaziz, prince de l'√Čmirat saoudien du Najd en Arabie, manifestant un int√©r√™t certain pour le salafisme wahhabite en pleine progression[99]. Ce rapprochement strat√©gique s'explique par les affinit√©s anti-ottomanes que partagent le sultan alaouite et l'√©mir saoudien, ainsi que par les sensibilit√©s salafistes du ch√©rif[100]. Profitant de sa campagne militaire contre les Turcs d'Alg√©rie, Moulay Sulayman parvient √† expulser d√©finitivement les troupes ottomanes du bey d'Oran qui occupaient l'est du Maroc et √† r√©tablir ainsi son pouvoir sur le Touat et les autres oasis du Sahara oriental, en y nommant des ca√Įds repr√©sentants du makhzen.

Le sultan finit n√©anmoins par abdiquer en 1822 au profit de son neveu Abderrahmane ben Hicham, apr√®s la lourde d√©faite inflig√©e √† l'arm√©e makhzen par la zaou√Įa Cherradia pr√®s de Marrakech[101]. Moulay Abd ar-Rahman (1822-1859) essaie de sortir l'Empire ch√©rifien de son isolement ext√©rieur, mais ses volont√©s sont contrecarr√©es par les premi√®res agressions du colonialisme europ√©en moderne. Le r√®gne de ce sultan correspond en effet √† la conqu√™te de l'Alg√©rie par la France, dans laquelle le Maroc se trouve impliqu√© en apportant son soutien √† l'√©mir Abdelkader ibn Muhieddine mais se retrouve d√©fait √† la bataille d'Isly (campagne militaire fran√ßaise du Maroc de 1844). La fin du r√®gne est √©galement assombrie par la guerre hispano-marocaine de 1859-1860, suscit√©e par des incidents entre la garnison de Ceuta et la tribu des Anjra, et qui s'ach√®ve par l'occupation espagnole de T√©touan jusqu'en 1862.

√Ä la suite de ce conflit catastrophique pour le makhzen, qui doit payer aux Espagnols une indemnit√© de guerre de plusieurs millions de livres sterling emprunt√©s aupr√®s des banques britanniques, Mohammed IV (1859-1873) successeur de Moulay Abd al-Rahman amorce une politique de modernisation de l'Empire ch√©rifien. L'arm√©e est le premier champ de ces r√©formes structurelles. Le syst√®me des tribus guich est aboli et remplac√© par un recrutement au sein de toutes les tribus noua√Įbs (soumises √† l'imp√īt r√©gulier) qui sont tenues de fournir des tabors (unit√©s) d'askars (soldats). Leur formation est confi√©e √† des conseillers militaires turcs puis europ√©ens, √† l'instar de l'√Čcossais Harry Mac-Lean (nomm√© ca√Įd pour avoir cr√©√© un r√©giment d'√©lite sur le mod√®le britannique[102]), et l'armement est achet√© aupr√®s d'entreprises √©trang√®res telles que la firme Krupp[103](ce qui marque le d√©but de l'ing√©rence allemande dans les affaires marocaines), quand il n'est pas fabriqu√© localement. En 1871 le sultan envisage de demander la protection politique et militaire des √Čtats-Unis du pr√©sident Ulysses S. Grant sortis de leur guerre de S√©cession, afin de se soustraire aux pressions anglo-espagnoles[104].

Combats entre cavaliers espagnols et marocains durant la guerre de 1860.
Hassan ben Mohammed, sultan de 1873 à 1894.

Parall√®lement √† cette modernisation de l'arm√©e, des industries sont cr√©√©es, comme l'arsenal de Dar al-Makina fond√© √† F√®s par des Italiens[105], des progr√®s techniques sont enregistr√©s comme l'installation de la premi√®re imprimerie arabe du Maroc, √©galement √† F√®s depuis 1865. Mais cette politique entra√ģne de consid√©rables d√©penses qui n√©cessitent d'importants financements. Le makhzen, ruin√© par les cons√©quences de la guerre de 1860 contre l'Espagne et par les emprunts bancaires contract√©s aupr√®s des Anglais, se voit donc contraint de lever des taxes suppl√©mentaires non conformes √† la Loi islamique, rapidement impopulaires et d√©sapprouv√©es par les oul√©mas et l'ensemble des corps sociaux et professionnels. Les tensions li√©es √† cette d√©cision √©clatent au lendemain de la mort de Mohammed IV et √† l'av√®nement de son successeur Hassan ben Mohammed en 1873. Elles prennent dans les villes la forme d'√©meutes sociales violemment r√©prim√©es, dont la r√©volte des tanneurs de F√®s est un exemple illustratif[106]. Le r√®gne de Hassan Ier correspond √† la volont√© du sultan de concilier les exigences d'une modernisation de l'√Čtat aux complexit√©s sociales et politiques du Maroc. Ce r√®gne s'inscrit de plus dans la perspective des rivalit√©s imp√©rialistes europ√©ennes qui deviennent plus pressantes encore √† la suite de la Conf√©rence de Madrid de 1880, qui pr√©figure le futur partage de l'Empire ch√©rifien sur l'√©chiquier international. √Ä l'instar de la Turquie, de l'Iran ou de la Chine de cette √©poque, le Maroc devient un homme malade selon l'expression consacr√©e dans les milieux colonialistes et expansionnistes europ√©ens du XIXe si√®cle[107].

Abdelaziz, sultan de 1894 à 1908.

Par le biais des concessions économiques et du système des emprunts bancaires, chacune des puissances européennes intéressées, notamment la France, l'Espagne, le Royaume-Uni puis l'Allemagne, espère préparer la voie à une conquête totale du pays. L'habileté du makhzen est de savoir tenir à distance les convoitises conjuguées de l'impérialisme européen et de jouer des rivalités entre les puissances. Mais le décès de Hassan Ier, survenu au cours d'une expédition dans le Tadla en 1894, laisse le pouvoir au très jeune Abdelaziz ben Hassan, fils d'une favorite circassienne du harem sultanien du nom de Reqiya et originaire de Constantinople[108], qui par ses intrigues et son influence, favorise l'ascension du grand vizir Ahmed ben Moussa dit Bahmad[109].

Une ambassade marocaine en partance à Berlin, vers 1890 ou 1900.

Une v√©ritable r√©gence est alors exerc√©e jusqu'en 1900 par le grand vizir Bahmad ben Moussa, issu de l'ancienne corporation des Abid al-Bukhari du Palais imp√©rial. Le grand-vizir sait continuer intelligemment la politique pragmatique de Hassan Ier, mais sa disparition entra√ģne une aggravation de l'anarchie et des pressions √©trang√®res, de m√™me qu'une rivalit√© entre Moulay Abdelaziz et son fr√®re Moulay Abdelhafid, khalifa du sultan √† Marrakech, rivalit√© qui finit par g√©n√©rer une guerre de course au pouvoir.

Apr√®s la victoire d'Abdelhafid sur Abdelaziz (qui est exil√© sous la protection des troupes fran√ßaises qui occupent Casablanca et sa r√©gion depuis 1907), des intellectuels r√©formateurs influenc√©s par la r√©volution des Jeunes-Turcs dans l'Empire ottoman et par la Nahda venue d'√Čgypte et du Levant, et dont les id√©es sont exprim√©es par le journal tang√©rois Lisan Al-Maghrib, tentent de soumettre au nouveau sultan un projet de Constitution ch√©rifienne le [110]. Cependant la crise profonde des institutions du sultanat et la pression de l'imp√©rialisme europ√©en rendent impossible l'aboutissement du projet constitutionnel.

Jilali Ben Driss Zerhouni, alias Bou Hamara (1903)

La faiblesse du makhzen permet en outre √† un aventurier du nom de Jilali Ben Driss plus connu comme √©tant le rogui Bou Hmara de se faire passer pour un fils de Hassan Ier, de se faire reconna√ģtre comme sultan dans l'ensemble du nord-est du pays et de mettre en d√©route l'arm√©e ch√©rifienne pendant quelques ann√©es avant d'√™tre finalement captur√© et ex√©cut√© √† F√®s en 1909.

Un autre rebelle, el-Raisuni, √©tablit son fief dans la r√©gion des Jebalas et provoque par ses enl√®vements de ressortissants am√©ricains l'intervention du pr√©sident des √Čtats-Unis Theodore Roosevelt qui menace le makhzen d'envoyer des navires de l'US Navy d√©barquer des troupes pour occuper Tanger[111]. La lib√©ration des otages √©vite une invasion am√©ricaine, dans un contexte international tendu marqu√© par la rivalit√© entre la France et l'Allemagne au sujet de l'avenir du Maroc.

Protectorat franco-espagnol (1912-1956)

Abdication du sultan Abdelhafid qui avait signé le traité de protectorat avec la France en 1912.

En 1906, la Conf√©rence d'Alg√©siras place le Maroc sous contr√īle international et accorde √† la France des droits sp√©ciaux[112]. Ces droits sont n√©anmoins contest√©s par l'Allemagne de Guillaume II, qui convoite l'Empire ch√©rifien et se heurte aux app√©tits fran√ßais : affaires marocaines de la crise de Tanger et du coup d'Agadir en 1905 et 1911 : √† Tanger le Kaiser vient prononcer un discours orient√© contre la France, tandis qu'√† Agadir la marine imp√©riale allemande est sur le point de d√©barquer des troupes, ce qui provoque l'√©moi dans toute l'Europe[113].

Carte du Maroc après le Traité de Fès de 1912, l'Empire chérifien est divisé en plusieurs zones de domination, française, espagnole et internationale.

√Ä la suite du trait√© conclu entre la France et le Maroc le , pour l'organisation du Protectorat fran√ßais dans l'Empire ch√©rifien, le Nord et le Rio de Oro sont attribu√©s √† l'Espagne, tandis que les r√©gions centrales avec leurs villes principales et la c√īte atlantique o√Ļ se situent les grands ports reviennent √† la France. Dans le syst√®me de protectorat, le sultan et le makhzen traditionnel sont maintenus, mais le pouvoir appartient en r√©alit√© au r√©sident g√©n√©ral et au haut-commissaire, qui repr√©sentent respectivement la puissance de tutelle fran√ßaise √† Rabat et espagnole √† T√©touan. La ville de Tanger constitue une zone internationale gouvern√©e par une commission o√Ļ si√®gent les √Čtats-Unis et les pays europ√©ens poss√©dant des int√©r√™ts dans l'Empire ch√©rifien. Ce syst√®me est contest√© par le mouvement national marocain √† partir des ann√©es 1930, et surtout √† l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, l'ensemble du territoire marocain n'est soumis aux puissances coloniales qu'√† l'issue d'une longue guerre de conqu√™te, dite pacification du Maroc, qui s'√©chelonne de 1907 √† 1934. De 1921 √† 1926 la guerre du Rif men√©e par Abdelkrim el-Khattabi contre l'Espagne et la France conna√ģt un retentissement plan√©taire.

Immeuble de la période du protectorat français à Casablanca.

En 1943, après le débarquement des forces américaines en Afrique du Nord, Casablanca abrite une grande conférence alliée qui décide d'obtenir la reddition inconditionnelle de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo et d'ouvrir de nouveaux fronts en Europe occidentale pour soulager l'Union soviétique de la pression militaire nazie.

Le Maroc accède officiellement à l'indépendance en 1956, après les sursauts d'une lutte de plus en plus rude entre les autorités coloniales et le mouvement national. La tension est très forte dès la fin de l'année 1952, qui voit se dérouler les émeutes des 7 et 8 décembre 1952 à Casablanca, causant de cent à trois cents morts selon les historiens[114] - [115].

L'armée de libération nationale et la guerre d'indépendance

L'Arm√©e de lib√©ration nationale (Maroc) fond√©e d'apr√®s une id√©e d'Abdelkrim el-Khattabi (Comit√© de Lib√©ration du Maghreb) est issue au d√©part de l'Istiqlal et chapeaut√©e politiquement par le comit√© de T√©touan. Elle viendra se greffer sur un d√©but de r√©volte de la tribu Igzenayen cons√©cutif √† la non signature par ses chefs (sur ordre de Mohand ben Messaoud Ababou) des p√©titions lanc√©es par les Ca√Įds de l'atlas, visant √† d√©poser le sultan Mohammed Ben Youssef (futur M5 ) au profit de Mohammed ben Arafa, impos√© par la France et le Glaoui[116] - [117] - [118] - [119].√Ä partir de 1953 et la nomination du capitaine Taddi √† Boured, la tribu connaitra une p√©riode d'extr√™me tension entre ses chefs et les autorit√©s fran√ßaises[120].

Profitant de la proximité de la zone espagnole et de la protection de Cheikh Messaoud Ababou, membre du comité de Tétouan qui la chapeaute politiquement[121], l'ALN sera en mesure de s'entrainer en pleins territoire des Asht Assem des Igzenayen de 1954 à son premier, coup d'éclat, l'attaque simultanée de trois bureaux indigènes (Boured, Tizi ouasli , Imouzzer Marmoucha ) dont la principale à Boured le 2 octobre 1955. Ce fut le commencement de la guerre d'indépendance aussi appelé "La deuxième guerre du Rif"[122] - [123]. Les combats, d'une rare intensité et mobilisant 15 000 soldats français dureront jusqu'au mois de Mars 1956, principalement sur le territoire des Igzenayen (le front rifain étant le seul à se développer), et au retour du Roi puis à la proclamation de l'indépendance à travers les accords d'Aix-les-Bains en 1955[116] - [117] - [118].

L'ALN a √©t√© fond√©e politiquement par des gens de tout le Maroc (Abbas, Khatib etc), le Chef des op√©rations √©tait Hassan Zkriti (Igzenayen), le Chef Militaire Mohamed Ghabouchi ( Igzennayen) et le coordinateur front nord (principalement depuis Nador) √©tait Abbas Mesaa√Ędi cependant l'immense majorit√© de ses troupes combattantes et de ses commandants (Mohamed Ghabbouchi, Hassan Zkriti, Massoud Akjoud, Akoudad etc ) √©taient issus de Igzennayen, Ait Ammart et dans une moindre mesure Ait Ouriaghel[116] - [117] - [118].√Ä son plus fort elle est compos√©e de pr√™t de 5 000 hommes[124].

Le 29 mars 1956, à la suite de l'appel au calme du sultan Sidi Mohammed ben Youssef après l'annonce de l'indépendance du Maroc, le haut commandement de l'ALN en accord avec le Mouvement de la Résistance annonce dans un tract la cessation provisoire des opérations militaires notamment dans le Rif, tout gardant ses positions jusqu'à ce que la souveraineté marocaine soit entièrement libérée sans condition ni réserve[125].Le 31 mars, le sultan reçoit trente chefs de l'ALN, venant des secteurs du Rif, du Maroc oriental, de l'Atlas et des confins algéro-marocains, confirmant leur allégeance et obéissance à la monarchie et l'ALN est intégrée officiellement au Far le 14 mai 1958[125], elle est alors composée des effectifs de l'ALN et l'ALN sud (ALNS).

Maroc indépendant (depuis 1956)

Le Maroc acc√®de √† son ind√©pendance le 2 mars 1956 et se trouve confront√© d√®s lors √† de nombreux enjeux d'ordre politique, √©conomique et social (parach√®vement de l'int√©grit√© territoriale et stabilisation de la situation int√©rieure). En 1961, le d√©c√®s de Mohammed V, qui a √©t√© le dernier sultan de l'Empire ch√©rifien et le premier roi du Maroc moderne (le titre de roi remplace celui de sultan en 1957), laisse le tr√īne √† son fils Hassan II qui doit relever d√®s lors un ensemble de d√©fis, consolider son pouvoir et assurer la place du Maroc dans le contexte mondial de la guerre froide et de la d√©colonisation.

Le roi Hassan II à Marrakech en 1967.

En 1963, lors de la Guerre des Sables, le Maroc et l'Alg√©rie nouvellement ind√©pendante s'opposent pour le contr√īle des r√©gions des confins situ√©es entre Figuig et Tindouf. Le pays est marqu√© en 1965 par les √©meutes de Casablanca, et par la disparition du chef de l'opposition de gauche et chef de file du tiers-mondisme Mehdi Ben Barka (enlev√© √† Paris en collaboration entre le pouvoir monarchique marocain et les services secrets fran√ßais), ce qui conduit √† la proclamation de l'√©tat d'exception jusqu'en 1970. Les deux ans qui suivent connaissent l'√©chec de deux coups d'√Čtat militaires ‚ÄĒ dits ¬ę de Skhirat ¬Ľ ( lieutenant-colonel Ababou et g√©n√©ral Medbouh le 10 juillet 1971), et ¬ę des aviateurs ¬Ľ ( G√©n√©ral Oufkir 16 ao√Ľt1972, ) ‚ÄĒ, entre lesquels la Constitution a √©t√© modifi√©e. En novembre 1975, l'ensemble des partis politiques joignent leurs efforts avec le souverain dans son projet de la Marche verte pour la r√©cup√©ration des Provinces du Sud dans l'ancien Sahara espagnol. Au fil du temps, le royaume retrouve sa stabilit√© politique. Durant les deux derni√®res d√©cennies du XXe si√®cle, une succession d'ann√©es de s√©cheresses ainsi que le plan d'ajustement structurel impos√© par le Fonds mon√©taire international entra√ģnent une crise √©conomique et sociale tr√®s profonde.

√Ä partir des ann√©es 1990, une op√©ration de grande envergure pour la privatisation des entreprises publiques est men√©e par le roi et Andr√© Azoulay, le conseiller √©conomique de la monarchie. Le groupe fran√ßais Accor a ainsi pu acqu√©rir six h√ītels de la cha√ģne marocaine Moussafir et la gestion du palais Jama√Į de F√®s. Cette op√©ration de privatisation permet d'une part aux notables marocains proches du pouvoir de contr√īler les entreprises publiques les plus en vue, et, d'autre part, aux soci√©t√©s fran√ßaises d'op√©rer un retour en force dans l'√©conomie du pays. La famille royale acquiert notamment le groupe minier Monagem[126].

Un gouvernement d'alternance, domin√© par la Koutla et men√© par Abderrahman Youssoufi de l'USFP, est form√© √† la suite des √©lections l√©gislatives de 1997. Apr√®s le d√©c√®s de Hassan II en juillet 1999, Mohammed VI acc√®de au tr√īne.

En 2011, douze ann√©es apr√®s le d√©but du r√®gne, le Maroc est touch√© par les remous du Printemps arabe et conna√ģt une s√©rie de manifestations populaires. Le roi fait alors approuver une nouvelle Constitution par r√©f√©rendum. Les √©lections l√©gislatives qui s'ensuivent sont remport√©es par les islamistes mod√©r√©s du PJD, qui forment un gouvernement de coalition avec d'autres partis politiques, men√© par Abdel-Ilah Benkiran.

Le PJD remporte √† nouveau les √©lections l√©gislatives en 2016. Cette ann√©e-l√†, le Maroc op√®re un virage strat√©gique en direction de la Russie[127] et de la Chine[128]. En outre le royaume r√©int√®gre l'Union africaine en 2017[129], et a fait une demande d'adh√©sion √† la Communaut√© √©conomique des √Čtats de l'Afrique de l'Ouest[130].

Armoiries
Armes du Maroc (1957)

Les armes du Maroc se blasonnent ainsi : ¬ę de gueules, avec en chef un soleil naissant √† quinze rayons d'or sur champ azur, soutenu d'une fasce divis√©e vo√Ľt√©e de sinople, fusel√©e d'or et d'argent ; le tout surcharg√© d'un pentalpha de sinople. L'√©cu est timbr√© de la couronne royale marocaine d'or, orn√©e de perles de gueules et de sinople altern√©es et surmont√©e d'une √©toile (pentalpha) d'or ; il est bord√© de lambrequins d'or soutenus de deux cornes d'abondance et support√© par lions au naturel : celui de dextre √©tant de profil et celui de senestre est l√©opard√©, et pour devise, sur un listel d'or : (Arabe : ō•ŔÜ ō™ŔÜōĶōĪŔąōß ōßŔĄŔĄŔá ŔäŔÜōĶōĪŔÉŔÖ) Si vous glorifiez Allah, il vous donnera la gloire (le verset 7 de la sourate XLVII du Coran) ¬Ľ.

√Čconomie

√Čvolution du PIB r√©el par habitant de Maroc.

Le Maroc est la cinqui√®me puissance √©conomique en Afrique en √©tant class√© onzi√®me pays africain en nombre d'habitants et 25e en superficie. Il est certes la troisi√®me puissance √©conomique d'Afrique du Nord, derri√®re l'√Čgypte et l'Alg√©rie, class√©es respectivement troisi√®me et huiti√®me populations africaines et douzi√®me et premier pays plus vastes du continent, n√©anmoins, le royaume ch√©rifien devient deuxi√®me[131] pays investisseur sur son propre continent. L'√©volution de l'√©conomie marocaine a manifest√© un degr√© de r√©silience remarquable au sein de son environnement r√©gional : le Maroc a enregistr√© un rythme de croissance parmi les plus √©lev√©s de la zone MENA, r√©gion ayant, relativement bien surmont√© la crise mondiale en r√©alisant une croissance moyenne sup√©rieure √† la zone euro, les PECO et l'Am√©rique latine. Ainsi, le Maroc a r√©alis√© une croissance annuelle moyenne de 4,3 %[132] durant la p√©riode 2008-2013 contre 4 % pour la zone MENA, -0,3 % dans la zone euro, 2,3 % dans les PECO et 3,2 % dans l'Am√©rique latine et Cara√Įbes. Cette performance est le r√©sultat de la hausse de 9,2 % par an de la valeur ajout√©e du secteur primaire et de la bonne tenue du secteur non agricole, gr√Ęce, notamment, aux performances du secteur tertiaire. De 2004 √† 2014 le PIB marocain est pass√© de 56 √† 107 milliards de dollars avec une inflation bien ma√ģtris√©e se situant √† une moyenne annuelle de 1,8 %. Selon le minist√®re de l'√©conomie le Maroc a enregistr√© en 2015 une inflation de 1,6 % et une croissance de 4,8 %[133] tir√©e par une bonne ann√©e agricole, un chiffre sup√©rieur aux pr√©visions de la loi de finances 2015 qui tablait sur une croissance de 4,4 %. En 2022, le Maroc est class√© en 67e position pour l'indice mondial de l'innovation[134].

Répartition de l'économie marocaine en 2014.

En 2014 la valeur ajoutée du secteur tertiaire atteint 55,8 %[135] du PIB suivie de 29,6 % pour l'industrie et 13,6 % pour l'agriculture. L'industrie manufacturière est dominée par le textile, les articles de cuir, la transformation des aliments, du raffinage de pétrole et du montage électronique. De nouveaux secteurs offrent un potentiel de croissance élevé et diminuent la dépendance du royaume à son secteur agricole : chimie, équipement automobile, informatique, électronique et industrie aéronautique.

En 2019, le Maroc ¬ę reste le pays le plus in√©galitaire du nord de l'Afrique et dans la moiti√© la plus in√©galitaire des pays de la plan√®te, En 2018, les trois milliardaires marocains les plus riches d√©tenaient √† eux seuls 4,5 milliards de dollars, soit 44 milliards de dirhams. L'augmentation de leur fortune en un an repr√©sente autant que la consommation de 375 000 Marocains parmi les plus pauvres sur la m√™me p√©riode ¬Ľ, souligne un rapport de l'ONG Oxfam[136].

Le Maroc progresse r√©guli√®rement au classement Doing Business ‚ÄĒ ou ¬ę indice de facilit√© de faire des affaires ¬Ľ ‚ÄĒ √©tablit chaque ann√©e par la Banque mondiale. En 2020, il occupe la 53e place, ce qui repr√©sente un progr√®s de sept rangs par rapport √† l'ann√©e pr√©c√©dente. N√©anmoins, les investissements ne profitent qu'√† une faible portion de la population. L'indice de d√©veloppement humain (IDH) √©tabli par le Programme des Nations unies pour le d√©veloppement (PNUD) place en 2021 le royaume √† la 123e place, loin derri√®re l'Alg√©rie (91e) et la Tunisie (97e). L'√©conomiste Ta√Įeb Aisse, conseiller du gouvernement marocain, ¬ę remarque qu'il y a 10 % de citoyens en situation de pauvret√© extr√™me, totale ; c'est-√†-dire qu'ils n'ont rien, aucun revenu ; c'est tr√®s dangereux[137]. ¬Ľ

Sources : Fonds monétaire international[138]
Indicateur 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Produit intérieur brut en milliards de dollars US 65,64 74,41 85,21 91,41 90,80 99,17 100,35 105,50 107 112*
Croissance du PIB (prix constants) 7,8 % 2,7 % 6,5 % 5,5 % 3,6 % 4,2 % 3,1 % 4,1 % 2,4 %[139] 4,8 %[133]
PIB par habitant en dollars US 2 151* 2 422* 2 901* 2 868 2 823* 3 044* 2 900* 3 095* 3 140* 3 275*
Taux d'inflation1 3,3 % 2,0 % 3,7 % 1,0 % 1,0 % 0,9 % 1,3 % 1,9 % 0,4 % 1,6 %[133]

(*) Donnée estimée (1) Banque mondiale

PIB par région

Centre des affaires de Rabat.
Gare ONCF de Tanger ville.
Baie d'Agadir (2011).
Ifrane en Hiver.
Ancien découpage régional
Rang Régions La part du PIB total PIB régionalisé (million de $)/équivalent
1 Grand Casablanca 18,8 % 16 709 Drapeau de Bahre√Įn Bahre√Įn
2 Souss-Massa-Dr√Ęa 12,2 % 10 843 Drapeau du S√©n√©gal S√©n√©gal
3 Rabat-Sal√©-Zemmour-Za√ęr 9,8 % 8 710 Drapeau du Cambodge Cambodge
4 Marrakech-Tensift-Al Haouz 8,2 % 7 288 Drapeau de la Mac√©doine Mac√©doine
5 Tanger-T√©touan 7,4 % 6 577 Drapeau du Mali Mali
6 L'Oriental 7,1 % 6 310 Drapeau de Malte Malte
7 Gharb-Chrarda-Beni Hssen 6,9 % 6 132 Drapeau d'Ha√Įti Ha√Įti
8 Doukkala-Abda 5,4 % 4 799 Drapeau du Nicaragua Nicaragua
9 Chaouia-Ouardigha 5,2 % 4 621 Drapeau de la Guin√©e Guin√©e
10 Dr√Ęa-Tafilalet 4,9 % 4 355 Drapeau de la Moldavie Moldavie
11 F√®s-Boulemane 4,2 % 3 732 Drapeau de la Mongolie Mongolie
12 Tadla-Azilal 4,2 % 3 732 Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan
13 Provinces du Sud 3,0 % 2 666 Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
14 Taza-Al Hoce√Įma-Taounate 2,7 % 2 399 Drapeau du Togo Togo

Direction des √Čtudes et des Pr√©visions Financi√®res (DEPF)[140]

Le nouveau découpage territorial marocain comporte douze régions ; le Maroc dans sa nouvelle constitution adoptée en 2011 donne une grande autonomie et responsabilité aux régions afin d'agir pour le développement économique local. L'objectif du nouveau découpage est de former des régions assez grandes en vue d'une meilleure complémentarité économique et sociale, contrairement à plusieurs pays européens qui ont eu une expérience plus avancée en organisations territoriales qui spécifient des langues locales à introduire dans l'enseignement public par régions, au Maroc deux langues officielles sont retenues (l'arabe, et l'amazigh) et qui sont enseignées dans toutes les régions. Afin de mieux organiser les départs en vacances un calendrier de vacances scolaires décalées selon les régions est en cours d'élaboration.

Les am√©nagements futurs du territoire seront calqu√©s sur ce d√©coupage r√©gional actuel √† savoir les nouvelles zones d'activit√©s √©conomiques, les zones logistiques, les nouveaux a√©roports, les nouvelles autoroutes pour relier les r√©gions, les voies express, les lignes ferroviaires et les nouveaux ports. Mis √† part les trois r√©gions centrales qui n'ont pas acc√®s √† la mer toutes les autres r√©gions qui n'ont pas de port commercial seront dot√©es chacune d'un port en eau profonde, la r√©gion 6 quant √† elle, h√©rite de deux grands ports avec le nouveau d√©coupage, le port de Casablanca et le port de Jorfsfar. Rabat qui n'avait pas de port dans l'ancien d√©coupage aura √† disposition le futur grand port K√©nitra Atlantique, le grand port de Safi en construction sera baptis√© le port de Marrakech sa capitale de r√©gion (r√©gion 7), pour les r√©gions qui n'ont pas acc√®s √† la mer un arc d'autoroute de 900 km reliera les r√©gions 7, 5, 3 et 1 sous forme d'une nouvelle autoroute Safi - Marrakech - Beni Mellal - F√®s - Tanger. La r√©gion 11 d√©tient un grand port commercial √† La√Ęyoune, la r√©gion 12 voisine sera dot√©e d'un port en eau profonde (Dakhla Atlantique), ces deux r√©gions seront reli√©es aux r√©gions 9 et 10 par une voie express de 1 200 km partant de Agadir - Tiznit - La√Ęyoune - Dakhla[141].

Carte des nouvelles régions (depuis 2015)
Nouveau découpage (depuis janvier 2015[142])
Rang Régions Part du PIB total Population PIB/Habitant (en $)/équivalent
1 Casablanca-Settat 24,5 % 6 085 000 en augmentation 4 369 Drapeau de la Tunisie Tunisie
2 Rabat-Sal√©-K√©nitra 15,8 % 4 272 901 en augmentation 4 025 Drapeau du Paraguay Paraguay
3 Marrakech-Safi 11 % 4 108 000 en diminution 2 870 Drapeau des Philippines Philippines
4 Souss-Massa 10,5 % 2 475 143 en augmentation 4 681 Drapeau de la Jordanie Jordanie
5 Fes-Meknes 9 % 4 022 128 en diminution 2 407 Drapeau du Honduras Honduras
6 BeniMellal-khenifra 8,1 % 2 611 499 en augmentation 3 333 Drapeau de l'Eswatini Eswatini
7 Oriental-Rif 7,6 % 2 434 870 en diminution 3 127 Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka
8 Tanger-T√©touan 7,2 % 2 830 101 en diminution 2 751 Drapeau du Vanuatu Vanuatu
9 Dr√Ęa‚ÄźTafilalet 3,3 % 1 392 501 en diminution 2 716 Drapeau de la Bolivie Bolivie
10 La√Ęyoune‚ÄźSaguia al Hamra 1,4 % 364 000 en augmentation 4 993 Drapeau de la Jama√Įque Jama√Įque
11 Guelmim‚ÄźOued Noun 1,2 % 428 857 en augmentation 3 210 Drapeau de l'√Čgypte √Čgypte
12 Ed Dakhla‚ÄźOued ed Dahab 0,3 % 152 000 en diminution 2 140 Drapeau de la Moldavie Moldavie

Croissance commerciale

Accords de libre échange :
  • Maroc
  • Accord de libre √©change Maroc - √Čtats Unis
  • Accord de libre √©change Maroc - Union Europ√©enne
  • Accord d'Agadir
  • Accord de libre √©change Maroc - Turquie
  • Accord de libre √©change Maroc - √Čmirats arabes unis
  • Accord de libre √©change Maroc - EFTA

Le Maroc dispose d'un produit int√©rieur brut relativement fort au regard de la moyenne africaine. La population marocaine constitue 2,5 % du continent africain, en 2008 avec ses 85,2 milliards de dollars son produit int√©rieur brut contribuait √† hauteur de 9 % du PIB global du continent, fin 2013 apr√®s que le baril de p√©trole d√©passa 100 dollars ce ratio s'est r√©tr√©cie √† 5 %. Le Maroc est appel√© √† consolider ce point puisque malgr√© une croissance relativement rapide depuis l'accession au tr√īne du souverain Mohammed VI en 1999, cette derni√®re demeure variable et volatile car tributaire des r√©sultats de plusieurs facteurs internes et externes. La proximit√© du Maroc avec le continent europ√©en a favoris√© l'√©conomie nationale dans la mesure o√Ļ cette derni√®re a tr√®s largement b√©n√©fici√© des nombreuses d√©localisations effectu√©es par les entreprises europ√©ennes.

Depuis le début des années 2000, le Maroc a mis en place une politique fiscale attractive en matière de délocalisation, à tel point que l'OCDE plaçait en 2008 le royaume en troisième position dans la progression des emplois créés par le secteur de l'offshoring, derrière l'Estonie et la Chine[143]. L'exemple le plus typique en la matière est celui des centres d'appel. On peut aussi évoquer l'exemple aéronautique.

Carte synthétique des nouvelles industries de Tanger Med : Tanger Tech, Tanger Automotive City, et les principales voies de transport : voie rapide ferroviaire Tanger-Casablanca, aéroports et port de Tanger-Med.

Longtemps repouss√©e au second plan sous le r√®gne de Hassan II, la fa√ßade m√©diterran√©enne marocaine a souvent √©t√© retard√©e malgr√© le potentiel immense qu'offre cette route maritime, preuve de l'incomp√©tence des anciens responsables du secteur maritime marocain avant les deux derni√®res d√©cennies. Ces derniers voulaient √©riger le nouveau port tang√©rois sur la c√īte atlantique[144]. Replac√© sur la route majeure du trafic de conteneurs, la construction du port de Tanger Med a constitu√© un tournant majeur pour le transport maritime marocain. Lanc√© en 2004 √† 22 km √† l'est de l'ancien port de Tanger ville sur l a c√īte m√©diterran√©enne √† 15 km des c√ītes sud espagnoles, le nouveau port tangerois est inaugur√© en 2007[145]. En 2014, ce complexe portuaire a pu totaliser le traitement de 3 millions[146] de conteneurs. Deux autres tranches, Tanger Med 2 et Tanger Med 3 sont pr√©vues afin d'atteindre une capacit√© maximale de 8,5 millions de conteneurs, ce qui ferait de lui le plus grand port africain en mati√®re de transport de marchandises. La construction de Tanger Med 2 a √©t√© confi√©e en 2009[147] au groupe Bouygues, le m√™me concepteur que Tanger Med 1 qui a prouv√© son efficience. L'infrastructure portuaire est √† pr√©sent termin√©e depuis janvier 2015 et livr√©e aux gestionnaires des terminaux pour finaliser les √©quipements portuaires. La zone franche adjacente accueille entre autres la nouvelle usine Renault depuis 2012.

Le Maroc est par ailleurs le troisi√®me producteur mondial de phosphates avec ses 26,40 millions de tonnes produites en 2013, soit 12 % du total de la production mondiale, estim√©e √† 220 millions de tonnes derri√®re la Chine, premier producteur mondial (100 millions de tonnes) et les √Čtats-Unis (27,10 millions de tonnes). Le phosphate est une ressource mini√®re n√©cessaire √† la fabrication d'engrais, et ses cours ont fortement augment√© avant la crise mondiale de 2008, pour atteindre 400 dollars la tonne quand cette ressource constituait presque 5 % du PIB marocain. Le phosphate a d√©j√† baiss√© de plus de 60 % et intervient pour moins de 3,5 % du PIB face √† la mont√©e en puissance de la production chinoise assurant leur autosuffisance, et au dumping de l'Arabie saoudite, d√©tentrice de gisements quasiment en surface et qui a rafl√© une bonne partie des march√©s d'Asie et d'Afrique de l'Est. La baisse du prix du phosphate est donn√©e comme irr√©versible et devrait atteindre 75 dollars la tonne en 2025[148]. Cependant, cela semble ne pas √™tre en mesure de provoquer de maladie hollandaise au Maroc, √† l'instar des autres pays mono-exportateurs africains qui s'appuient sur un PIB issu √† 90 % d'une seule richesse mini√®re. √Ä la suite du dumping de l'Arabie saoudite, beaucoup de mines de phosphates √† travers le monde, notamment au S√©n√©gal, en Tunisie, en Jordanie et en √Čgypte sont redevenues d√©ficitaires, et les mines marocaines ont perdu en rentabilit√©. Pr√®s du gisement d'Ouled Abdoun dans la province de Khouribga, √† 120 km au sud-est de Casablanca, se trouve le premier centre minier de phosphate au monde, export√© par le biais des ports de Casablanca et de Jorf Lasfar, un nouveau port construit en 1982 √† proximit√© d'El Jadida. Le transfert vers Jorf Lasfar est assur√© par convois ferroviaires. Deux autres sites phosphatiers sont exploit√©s au nord de Marrakech √† Ben Guerir (Gantour) et √† Chichaoua (Meskala), et leurs produits transport√©s par train vers le port de Safi. L'Office ch√©rifien des phosphates est la premi√®re entreprise publique du pays. En 2014 les exportations de phosphates sont d√©tr√īn√©es par le secteur agricole et l'industrie automobile[149]. Une partie des r√©serves se trouve √† Bocraa au Sahara, mise en production par Phosbocraa, une filiale de l'OCP. Le front Polisario consid√®re cette activit√© comme un pillage de richesses, bien que le groupe OCP affirme que cette mine a toujours √©t√© d√©ficitaire, de 1976 √† 2008[150]. Selon l'OCP, les sites de Meskala et Bocraa ont constamment √©t√© d√©ficitaires et vivent aux d√©pens des mines de Khouribga et de Ben Guerir. En cons√©quence, la mine de Skala est ferm√©e temporairement √† l'heure actuelle, par contre le site de Bocraa continue son activit√© afin de p√©renniser les 3 000 emplois de cette filiale. Le phosphate produit est achemin√© par bande transporteuse sur 150 km jusqu'au port de La√Ęyoune. √Čtant donn√© la volatilit√© des prix du phosphate, l'OCP a mis en place en 2014 un min√©roduc entre Khouribga et le port de Jorf Lasfar et projette d'√©riger un deuxi√®me pipeline √©galement entre Ben Guerir et le port de Safi afin de minimiser les co√Ľts de transport. L'OCP souhaite ainsi rester comp√©titif face aux groupes asiatiques qui commencent √† acheter les compagnies africaines d√©ficitaires[151] afin de produire du phosphate pour garantir leur future autosuffisance alimentaire.

Malgré les récentes contre-performances consécutives à la crise financière de 2008, la bourse des valeurs de Casablanca a temporairement consolidé son statut de deuxième place boursière africaine, derrière celle de Johannesbourg et devant celle du Caire, avant que le Printemps arabe n'affecte négativement les deux places financières nord africaines qui restent au coude à coude tout en étant devancées par l'émergence de la bourse de Lagos.

Marché de l'emploi

Emploi par secteur de l'économie en 2014.

Le Maroc n'ayant jamais √©t√© affect√© par un syst√®me √† √©conomie dirig√©e, beaucoup d'habitants des r√©gions rurales ont constitu√© des entreprises familiales dans le domaine de la p√™che et de l'agriculture de telle mani√®re √† assurer une autonomie alimentaire et exporter les surplus de la production. √Ä la suite de s√©cheresses importantes survenues √† partir des ann√©es 1980, les populations rurales migrent en masse vers les villes et provoquent plusieurs crises induites entra√ģnant le d√©veloppement de bidonvilles, du ch√īmage et de l'ins√©curit√©. La r√©ponse des autorit√©s fut relativement tardive mais cela a permis de stopper l'h√©morragie : le roi Hassan II dans un de ses c√©l√®bres discours promet d'irriguer un million d'hectares √† l'horizon de l'an 2000. Un programme de construction de barrages est lanc√©, des canalisations d'eau sont √©rig√©es, des milliers d'√©coles rurales construites et les cr√©dits bancaires furent facilit√©s pour les agriculteurs. Cependant, le manque de d√©veloppement routier constituait encore un grand fardeau dans les zones rurales marocaines, l'exode rural continuant et augmentant le taux de ch√īmage en ville.

Le taux de ch√īmage au Maroc, comme dans tous les autres pays d'Afrique du Nord, est assez approximatif. Il varie entre 9 et 10 % selon les chiffres officiels (HCP, minist√®re du Travail), mais quelques organisations marocaines non gouvernementales tablent sur des chiffres plus √©lev√©s. Derni√®rement, le gouvernement a mis en place une allocation en cas de perte d'emploi et se penche sur l'√©ventualit√© de cr√©er une allocation pour les nouveaux dipl√īm√©s.

Comme tous les pays du tiers-monde, l'√©conomie informelle est toujours pr√©sente au Maroc dans plusieurs secteurs et emp√™che des centaines de milliers de travailleurs d'avoir acc√®s √† une couverture sociale. Durant la derni√®re d√©cennie, les autorit√©s ont lanc√© un programme de couverture sociale et d'assurance maladie obligatoires pour les petits artisans et les diff√©rents secteurs d'activit√©. Fin 2014 la CNSS couvre 3 millions d'affili√©s[152] sur une population active de 12 millions. Malgr√© les diff√©rentes incitations gouvernementales, la croissance moyenne de la couverture sociale tourne autour de 7 % par an depuis 2009. Les mentalit√©s des couches marocaines ais√©es sont souvent de tendance lib√©rale, relativement semblables √† la soci√©t√© am√©ricaine, l'ironie du sort √©tant qu'une grande partie des non-inscrits √† la CNSS sont les ind√©pendants qui b√©n√©ficient d'un revenu assez confortable (m√©decins, architectes, cadres) qui ne souhaitent pas cotiser et exprimer leur devoir de solidarit√© avec les autres couches sociales. Concernant l'Assurance Maladie Obligatoire g√©r√©e elle aussi par la CNSS, le nombre d'employ√©s couvert atteint 4,9 millions.

Pour les demandeurs d'emploi et les ind√©pendants dans des secteurs pr√©caires, l'√Čtat marocain a d√©velopp√© un programme baptis√© R√©gime d'assistance m√©dicale (RAMED) qui englobe 9 millions[153] de b√©n√©ficiaires √† bas revenus, venant s'ajouter aux 288 000 √©tudiants et 20 000 immigrants, soit 64 % de la population totale couverte. L'objectif √† court terme est d'atteindre un taux de 95 %[154] de la population, et un projet de loi a √©t√© adopt√© en ce sens. Afin d'anticiper les d√©ficits de la caisse de retraites une loi a √©t√© adopt√©e afin de passer l'√Ęge de la retraite de 60 √† 63 ans et de relever le minimum des pensions de retraites √† 1 500 dirhams par mois √† partir de 2018[154], Si cette somme peut sembler d√©risoire compar√© aux retraites appliqu√©es dans les pays membres de l'OCDE (√©quivalente √† 160 $), cette allocation correspond aux salaires minimums des autres pays d'Afrique du Nord et au double de la moyenne des salaires minimums des pays d'Afrique subsaharienne.

La situation de l'emploi a souffert pendant les ann√©es 1970-1980 d'√©v√©nements internes et externes : la hausse de la natalit√©, les chocs p√©troliers, la baisse de la parit√© du dirham, le plan d'ajustement structurel, sont des circonstances qui ont port√© atteinte aux √©quilibres financiers de l'√Čtat et entra√ģn√© la baisse des d√©penses d'investissement et de promotion de l'emploi. Les √©meutes sociales des ann√©es 1981, 1984 et 1990 s'inscrivent dans cette logique d'ensemble.

Les besoins √©normes en main-d'Ňďuvre de l'Europe occidentale afin d'assurer la reconstruction apr√®s la Seconde Guerre mondiale ont √©t√© combl√©s en faisant appel √† des vagues successives de travailleurs issus du Maghreb et de l'Europe du Sud durant les Trente Glorieuses. Les populations berb√®res marocaines et alg√©riennes pers√©cut√©es par les ann√©es de plomb sous les pouvoirs autoritaires de Hassan II et de Boum√©di√®ne constitu√®rent les premi√®res vagues d'√©migration. Depuis son ind√©pendance, le Maroc n'a jamais √©t√© gouvern√© par un parti unique, et son mod√®le politique se caract√©rise par son multipartisme et son aspect lib√©ral. Il en r√©sulte que la plus grande partie des r√©formes a √©t√© conduite par des gouvernements lib√©raux moins protecteurs des acquis sociaux, except√© dans le secteur public. Le salaire minimal (SMIG) au Maroc est de 3 000 dirhams (300 $) dans le secteur public. Le gouvernement a souhait√© appliquer le m√™me minimum salarial au priv√©, mais les organisations patronales s'y sont fermement oppos√©es. Un accord a √©t√© trouv√© sur une augmentation effective de 10 % des salaires pour atteindre un SMIG de 2 567 dirhams (265 $). En cons√©quence, bien que le royaume ch√©rifien ne d√©tienne aucune richesse mini√®re de valeur, le SMIG appliqu√© au Maroc est de loin le plus √©lev√© du continent africain, y compris au sein des quatre puissances √©conomiques africaines riches en ressources mini√®res et √©nerg√©tiques :

PaysSalaire minimum interprofessionnel garanti
Drapeau du Maroc Maroc265 $
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud175 $
Drapeau de l'Alg√©rie Alg√©rie165 $
Drapeau de l'√Čgypte √Čgypte155 $
Drapeau du Nigeria Nigeria90 $

Les SMIG au sein des 5 premiers PIB africains (Source : ILO.org)

Manifestation pour l'obtention de réformes devant engager les partis et les syndicats (2011)

Il existe presque autant de partis politiques marocains qu'il existe de syndicats leur étant fidèles. Pendant les années 1970, de grandes luttes ouvrières eurent lieu, à la suite desquelles le roi Hassan II eut recours à l'armée[155] pour faire conduire les trains et les bus publics. Depuis lors, la plus grande partie des transports a été privatisée, mais cela n'a pas empêché le premier ministre Abdelilah Benkirane de faire appel à l'armée pour assurer un service minimum dans le transport ferroviaire durant la journée de grève générale du 24 février 2016[155], une grève organisée par les syndicats contre le projet de réforme des retraites[156] en cours.

Pendant longtemps les diff√©rents gouvernements successifs marocains embauchaient d'office une grande partie des jeunes dipl√īm√©s dans les administrations ou les entreprises publiques par client√©lisme voire par corruption. Les entreprises publiques, √† la masse salariale √©lev√©e, avaient une productivit√© tr√®s faible. Apr√®s de vastes programmes de privatisations partielles ou totales d'entreprises publiques, les derniers gouvernements ont supprim√© les recrutements automatiques de dipl√īm√©s ch√īmeurs. Les postes √† pourvoir sont accessibles selon les besoins et par un concours, aussi de grands plans de d√©parts volontaires ont eu lieu. Gr√Ęce √† ces r√©formes les entreprises marocaines sont aujourd'hui √† l'√©chelle continentale largement en t√™te en mati√®re de comp√©titivit√©, seul le Kenya a √©t√© capable de mener des r√©formes aussi audacieuses et r√©ussies. La baisse des recrutements dans la fonction publique engendra des manifestations √©normes de jeunes dipl√īm√©s devant le parlement.

Depuis l'alternance politique en 1997, l'économie marocaine s'est ouverte progressivement avec le démantèlement des droits de douane, les privatisations, la réforme du secteur bancaire, la réforme du code de travail, la création de zones industrielles, la promotion fiscale, les grands chantiers, dynamisant ainsi quelque peu le marché de l'emploi. Depuis le début du millénaire, la situation de l'emploi a connu une nette amélioration par rapport aux années 1990, mais l'offre n'arrive pas à couvrir toutes les catégories, et ne touche pas certaines régions pauvres et enclavées du royaume.

La mise en place récente des agences nationales pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) ainsi que l'instauration d'une assurance maladie obligatoire (AMO) couvrant les affiliés de la CNSS et leurs familles, démontre une prise en compte et une sensibilité améliorée aux sujets sociaux.

D√©but 2014, le taux de ch√īmage au Maroc grimpe √† 10,2 %[157] avant de repasser l√©g√®rement sous la barre de 10 % en 2015[158]. Le taux de ch√īmage des jeunes serait de 42,8 % en 2017. Environ 80 % des emplois sont informels et les √©carts de revenus tr√®s √©lev√©s[159].

Depuis les ann√©es 1970, les autorit√©s ont fait le choix de tout miser sur l'√©conomie de march√© et sur le secteur priv√©, largement subventionn√© par l'√Čtat, avec l'id√©e qu'il allait s'autonomiser et devenir le principal investisseur. Cette politique a pourtant abouti √† un √©chec patent. Outre qu'il investit faiblement, le priv√© ne salarie que 10 % de la population active. D'autre part, au sein de ces 12 millions de personnes actives, 2 millions sont recens√©es comme telles, mais ne sont pas r√©mun√©r√©es, constituant la cat√©gorie dite des ¬ę travailleurs fant√īmes ¬Ľ. Figurent notamment dans cette cat√©gorie les ouvriers agricoles employ√©s au sein de l'exploitation familiale ou les jeunes travaillant dans l'artisanat[137].

Pêche et pisciculture

Port de pêche d'Agadir

Dot√© d'une double fa√ßade maritime, atlantique et m√©diterran√©enne, le Maroc dispose d'une zone de p√™che exclusive de 3 500 km de c√ītes riches et vari√©es tant par leur biodiversit√© que par la sp√©cificit√© de leurs √©cosyst√®mes. Les c√ītes marocaines, constitu√©es d'une zone √©conomique exclusive (ZEE) de plus d'un million de km2 sont r√©put√©es parmi les plus poissonneuses au monde ; selon la FAO, le Maroc occupe le rang de 1er producteur de poissons en Afrique et est 18e √† l'√©chelle mondiale.

En 2014, le secteur de la p√™che maritime a g√©n√©r√© huit milliards de dirhams soit environ 2 % du PIB national. Pour ce qui est des emplois, la fili√®re p√™che cr√©e plus de 170 000 emplois directs, soit 1,5 % de la population active, et pr√®s de 500 000 emplois indirects. En 2009, le Maroc a lanc√© un programme baptis√© ¬ę Halieutis ¬Ľ visant √† cr√©er 115 000 nouveaux emplois dans le secteur et √† g√©n√©rer trois milliards de dollars √† l'export.

Agriculture

Agriculture marocaine

Depuis son ind√©pendance, le Maroc a d√©ploy√© d'importants efforts pour le d√©veloppement agricole, aussi bien des zones irrigu√©es par la mobilisation des ressources hydrauliques et l'am√©nagement de grands p√©rim√®tres irrigu√©s, que des zones bour par des op√©rations de grande envergure, des mesures d'incitation, d'encadrement et de soutien des prix; en plus de la formation des cadres, composante essentielle √† la conception et la mise en Ňďuvre des programmes de d√©veloppement. En d√©pit des moyens humains et financiers mis en Ňďuvre, les projets et programmes de d√©veloppement retenus n'ont pas toujours r√©alis√© les objectifs escompt√©s aussi bien en mati√®re de s√©curit√© alimentaire qu'en mati√®re d'am√©lioration des conditions de vie et de production des exploitants agricoles.

Le secteur de la culture mara√ģch√®re, largement domin√© par des petits agriculteurs, a moins souffert de variations cycliques de productions gr√Ęce √† l'irrigation et √† la pers√©v√©rance des propri√©taires locaux, en revanche quelques domaines agricoles ont √©t√© g√©r√©s d'une mani√®re d√©sastreuse par des compagnies publiques sous forme de grands kolkhozes d'une gouvernance qui laisse √† d√©sirer. Les compagnies publiques SODEA et SOGETA sont deux exemples de cette mauvaise gestion, ces deux derni√®res ont provoqu√© un retard criant de leurs domaines respectifs en laissant derri√®re elles une ardoise monstre prouvant encore une fois l'incomp√©tence du capitalisme d'√Čtat dans ce secteur √©conomique pr√©cis qui n√©cessite beaucoup d'attention et d'innovation. Cependant, les employ√©s se sont toujours oppos√©s √† la privatisation de ces deux entreprises, Il a fallu attendre le d√©but des ann√©es 2000 pour commencer la privatisation de ces deux compagnies agricoles.

Application de produits ecoSan (digestat) à Dayet Ifrah

En 2008, le plan ¬ę Maroc Vert ¬Ľ est lanc√© afin de dynamiser l'agriculture marocaine, dot√© d'un budget de 174 milliards de dirhams (16,1 milliards d'euros), le Plan Maroc Vert entend moderniser le secteur et le rendre plus concurrentiel √† l'√©chelle internationale, tout en proposant des aides cibl√©es aux petits exploitants pour une croissance plus inclusive dans les zones rurales. Ce plan devrait permettre la cr√©ation de quelque 1,15 million d'emplois dans le secteur d'ici 2020 et multiplier par trois les revenus de trois millions de ruraux. Le secteur agricole, confort√© par une valeur ajout√©e qui a augment√© de 50 % depuis 2008, connait une progression soutenue comme en t√©moignent les indicateurs qui affichent une croissance des exportations agricoles de 34 %. La valeur ajout√©e agricole a augment√© de 70 MMDH en 2008 √† 105 milliards de DH en 2014, ce qui montre qu'elle progresse plus rapidement que celle du reste de l'√©conomie. Ces chiffres signifient que le revenu/t√™te a progress√© de 48 % dans le monde rural depuis 2008. La hausse des exportations agricoles a √©t√© accompagn√©e d'une intensification des investissements dans l'√©conomie agricole, en progression de 170 % entre 2008 et 2014, et cela particuli√®rement en amont. La part des investissements destin√©s √† l'amont de la fili√®re a permis de renforcer les syst√®mes de production contre l'al√©a climatique.

Le secteur agricole marocain a eu une haute r√©colte c√©r√©ali√®re en 2015 : onze millions de tonnes[160]. Le secteur agricole, repr√©sente 15 √† 20 % du PIB et fournit des emplois directs √† plus de quatre millions de personnes[160]. √Ä l'international, depuis 2008 et selon les pr√©cipitations, les importations agricoles marocaines repr√©sentent entre 14 et 24 % des importations globales, quant aux exportations agricoles, elles repr√©sentent entre 15 et 21 % du total des exportations. En 2015, le Maroc a produit 5,6 millions de tonnes de bl√© tendre et 2,4 de bl√© dur[161]. Avant la moisson 2020, les stocks sont d'un peu plus de 3 millions de tonnes[161] - [162].

Mines

Cristaux d'√©rythrite et de quartz issus des mines d'Aghbar de Tazenakht, r√©gion du Souss-Massa-Dra√Ę

Le sol du sud-est marocain est riche en pr√©cieux minerais : mangan√®se, barytine, fer oligiste, cobalt, sel, zinc, plomb, pyrophyllite, argent et or. La r√©gion de Dr√Ęa-Tafilalet repr√©sente √† elle seule 40 % des permis d'exploitation de mines au Maroc[163].

Les conditions de travail des mineurs sont souvent très dures. La législation est peu protectrice et les entreprises du secteur multiplient les subterfuges pour se dérober aux dispositions favorables aux ouvriers. La législation marocaine a ainsi été critiquée par l'Organisation internationale du travail[163].

De nombreux sous-traitants sont employés sur un même site minier. D'autre part, pour éviter de prendre en charge les maladies professionnelles de leurs salariés, les sociétés de sous-traitance peuvent recourir à des licenciements. Les syndicats et les mineurs grévistes peuvent être exposés à des pressions[163].

Industrie

Teinture du cuir au Maroc. Janvier 2017.

Pendant longtemps l'économie du Maroc était basée principalement sur l'agriculture et la pêche maritime, ceci fut le cas notamment au siècle dernier quand les populations rurales dépassaient la moitié de la démographie du pays. L'industrie marocaine contribuait à 16 % du PIB et employait 12 % de la population active, l'industrie lourde fut relativement négligée aux dépens des activités pressenties nécessaires à l'autosuffisance alimentaire et vestimentaire. Cela a eu comme conséquence de développer l'industrie textile et agroalimentaire pour la consommation locale et l'export : jusqu'à 2002 presque trois quarts des exportations marocaines de produits manufacturés étaient constituées d'articles de cuir, textile et d'aliments transformés.

En 2005, le minist√®re de l'industrie marocain a engag√© le cabinet McKinsey[164] afin d'√©laborer une √©tude sur les modalit√©s de stimulation de l'industrie. L'√©tude est int√©gr√©e dans un programme d'ensemble baptis√© Plan National Emergence I (PNE I) ayant comme objectif de cr√©er 250 000 emplois. Ce dernier programme est loin de r√©aliser les objectifs escompt√©s.

En 2009, un nouveau programme Plan National Emergence II (PNE II) est mis en place avec des objectifs clairs et des secteurs bien définis et baptisés les Métiers Mondiaux du Maroc que seront :

  1. Offshoring : Positionnement sur le nearshore francophone et hispanophone ‚Äď Ambitions : + 100 000 emplois - + 15 Mds DH en VA ;
  2. Automobile : Cr√©ation d'une base industrielle autour d'un tissu d'√©quipementiers ‚Äď Ambitions : + 70-80 000 emplois - +10 Mds DH en VA ;
  3. √Člectronique : Focalisation sur l'√©lectronique de sp√©cialit√© et int√©gr√© ‚Äď Ambitions : + 10 000 emplois - +5 Mds DH en VA ;
  4. Halieutique : Valorisation industrielle et commerciale des p√©lagiques et d√©veloppement des produits congel√©s ‚Äď Ambitions : 35 000 emplois - + 3 Mds DH en VA ;
  5. A√©ronautique : Offre int√©gr√©e ‚Äď Ambitions : + 10 000 emplois - +3 Mds DH en VA ;
  6. Textile et cuir : Repositionnement sur le fast fashion et co-traitance ‚Äď Ambitions : 50 000 emplois - + 5 Mds DH en VA ;
  7. Agroalimentaire : D√©veloppement de 8 √† 10 fili√®res √† fort potentiel autour de projets int√©gr√©s ‚Äď Ambitions : 6 000 emplois - + 5 Mds DH en VA.

Ainsi, ces sept secteurs consid√©r√©s comme strat√©giques et porteurs ont √©t√© cibl√©s. Orient√©s vers l'export, ces moteurs de croissance ambitionnent de repr√©senter 70 % de la croissance industrielle au Maroc √† partir de 2015, doper la croissance annuelle du PIB de 1,6 % (soit 90 Mds DH additionnels) et cr√©er 400 000 emplois. Afin de parer au manque de r√©sultats r√©alis√©s par le premier programme Emergence I, plusieurs mesures ont √©t√© prises dont :

  • La mise √† niveau des infrastructures de transport par la cr√©ation de zones et plateformes industrielles d√©di√©es ;
  • un cadre fiscal attrayant pour les investissements industriels ;
  • un programme de formation int√©gr√©, sp√©cialement con√ßus pour acc√©l√©rer le d√©veloppement de ces branches.

L'analyse globale des sept derni√®res fili√®res motrices √† l'export permet de relater la fragilit√© du secteur textile face √† la concurrence asiatique. Cependant, l'offshoring, l'a√©ronautique et l'industrie automobile ont relativement bien progress√©. L'offshoring a permis au Maroc de jouer la carte linguistique et la proximit√© en fuseau horaire par rapport aux principaux march√©s √©metteurs, cette forme de nearshoring a m√™me pouss√© quelques professionnels de pays concurrents comme l'Inde[165] et l'√Čgypte[166] √† installer leurs antennes au Maroc.

Concernant l'a√©ronautique et l'automobile ces deux secteurs ont largement √©volu√© au Maroc passant d'√† peine quelques rares soci√©t√©s op√©rant dans chacun de ces deux domaines √† 150 √©quipementiers automobiles[167] et 120[168] autres groupes op√©rant dans l'a√©ronautique install√©s au Maroc fin 2015, dont les derniers implant√©s sont Hexcel, St√©lia, Bombardier et Lat√©co√®re. Sans compter la valeur produite pour le march√© interne, en 2015 le secteur automobile a g√©n√©r√© 68,50 milliards de dirhams en croissance de 20 % par rapport √† 2014 comprenant 48,60[169] milliards de dirhams en voitures et composants automobiles destin√©s aux usines europ√©ennes et 19,90[169] milliards de c√Ęblage. Le secteur a√©ronautique a export√© environ 15 milliards de dirhams (7,20[169] milliards en pi√®ces et 7,70[169] milliards en √©lectronique).

En 2014, une nouvelle feuille de route baptis√©e ¬ę Plan d'acc√©l√©ration industrielle 2014-2020 ¬Ľ est mise en place pour dynamiser l'industrie, un budget de 20 milliards de dirhams est r√©serv√© pour mener √† bien ce projet qui vise √† accueillir une centaine d'√©quipementiers a√©ronautiques suppl√©mentaires et plusieurs usines automobiles afin de doubler les capacit√©s de productions actuelles qui sont de 400 000 voitures.

Bancassurance

Malgr√© la faible population du Maroc, son march√© d'assurance s'est hiss√© en 2014[170] √† la deuxi√®me place √† l'√©chelle continentale et au 45e rang mondial en gagnant deux places par rapport √† l'ann√©e 2013. Sur ce secteur comme sur le secteur bancaire depuis ces derni√®res ann√©es les groupes marocains et les sud-africains sont les seuls acteurs actifs sur la sc√®ne africaine. Quatre groupes d'assurances marocains sont partis √† la conqu√™te de l'Afrique pour atteindre la moiti√© des pays du continent : Wafa Assurances, RMA, Atlanta et Saham qui a √©t√© le plus agressif dans sa prolif√©ration. Ayant √©t√© convoit√© par le g√©ant mondial Axa[171], Saham a pr√©f√©r√© s'associer √† un groupe d'assurances sud-africain (Sanlam) en lui c√©dant 30 %[172] de ses actions. L'accord s'inscrit dans un cadre gagnant gagnant qui permettra √† Saham de s'appuyer sur son associ√© sud africain Sanlam afin d'√©toffer son march√© qui comprenait 20 implantations africaines en s'introduisant dans les pays d'Afrique de l'est et d'Afrique australe. En √©change, le groupe sud africain, gr√Ęce √† cette m√™me participation, int√©grera le juteux march√© de l'assurance des pays de la zone MENA[173] en se basant sur son partenaire marocain d√©j√† pr√©sent au Moyen-Orient. √Čtant donn√© l'immense potentiel du march√© saoudien de l'assurance automobile o√Ļ jusqu'√† tr√®s r√©cemment, les femmes furent interdites de conduire et o√Ļ l'assurance de v√©hicules ne fut pas obligatoire, l'assureur sud-africain Sanlam frappe un grand coup en s'associant √† Saham. D'autre part, le g√©ant mondial de l'assurance Axa r√©alise de bonnes performances sur le march√© marocain, il d√©crocha en 2014 une licence au sein du hub financier Casablanca Finance City (CFC) afin d'y centrer ses activit√©s africaines.

Le secteur bancaire marocain est le fruit d'une politique lib√©rale qui a fait ses preuves face √† des mod√®les √† √©conomie dirig√©e. Alors que m√™me en Europe occidentale il existe plusieurs banques d√©tenues totalement ou partiellement par des √Čtats, toutes les grandes banques marocaines sont priv√©es[174]. Fin 2015 il existe 29 banques accr√©dit√©es[175] aupr√®s de la Banque centrale marocaine, dont 11 banques r√©gionales et 18 banques op√©rant √† l'√©chelle nationale. Les banques r√©gionales marocaines ont pour objectif de participer au d√©veloppement inclusif des r√©gions gr√Ęce au financement des projets de proximit√©, elles sont en ce sens un compl√©ment au cr√©dit agricole marocain et √† Al Barid Bank qui sont relativement ax√©s sur l'accompagnement des couches sociales les plus modestes, respectivement en milieu rural et urbain.

Parts de marché des banques marocaines en 2012.

La fusion de deux banques priv√©es Wafa Bank et Attijari Bank en 2003 a donn√© naissance √† un grand groupe bancaire marocain baptis√© Attijariwafa Bank (AWB) qui a pu avoir les moyens de partir √† la conqu√™te du continent, pendant ces dix derni√®res ann√©es ce dernier a √©t√© rejoint par les deux banques marocaines Banque populaire (BP) et BMCE Bank[176]. Depuis 2012 sur les 29 banques accr√©dit√©es, les trois derni√®res banques constituent deux tiers de parts de march√© au Maroc. Elles sont √©galement pr√©sentes en Afrique o√Ļ elles repr√©sentent un pr√©cieux atout dans le financement des petites et moyennes entreprises africaines, notamment avec des produits adapt√©s aux populations locales semblables aux r√©gions marocaines. Le mod√®le des microcr√©dits aux petits agriculteurs au Maroc a √©t√© transf√©r√© avec succ√®s aux pays subsahariens. Les banques marocaines √©ditent depuis longtemps des cartes de cr√©dit pr√©pay√©es √† leurs clients afin de limiter les incidents bancaires et les p√©nalit√©s, aussi les guichets des banques marocaines permettent le transfert d'argent des expatri√©s avec des frais r√©duits √† partir de leurs agences situ√©es en Europe vers leurs propres agences ouvertes aussi bien en Afrique du Nord qu'en Afrique subsaharienne. Depuis 2006 les banques marocaines ont ouvert plus d'agences en zone UEMOA que l'ensemble des autres groupes bancaires locaux[177].

Casablanca Finance City

Casablanca Finance City (CFC) est une plateforme financi√®re r√©gionale marocaine lanc√©e en 2010 et qui ambitionne de nouer des partenariats avec les principales places financi√®res mondiales afin d'ouvrir les flux financiers vers le continent africain. L'objectif fix√© d√®s le d√©but de ce projet fut d'atteindre un background de 100 groupes mondiaux qui souhaiteraient investir en Afrique et profiter de la croissance de ce continent. En pleine crise financi√®re mondiale, le d√©part fut poussif et le bouclage des entreprises certifi√©es CFC a mis plus de temps que pr√©vu. N√©anmoins, fin 2015, Casablanca Finance City r√©ussit √† attirer 101 groupes[178] financiers diff√©rents. En mars 2015, CFC s'est class√©e 42e place financi√®re mondiale selon le GFCI (en), gagnant 20 places en un an et prenant la seconde place continentale, derri√®re Johannesburg, un an plus tard le selon le m√™me indice la place financi√®re de Casablanca d√©tr√īne son homologue sud-africaine[179] et se hisse au premier rang africain et √† la 33e place mondiale[180].

Le 15 mars 2016 Bank of China s'installe au CFC pour accompagner le développement des entreprises chinoises sur le continent africain[181]. L'arrivée de Bank Of China arrive à peine un an après l'installation de la première banque chinoise Exim Bank Of China au Maroc. Exim Bank ambitionne de couvrir 26 pays africains à partir du Maroc[182].

Monétique, billets de banque, biométrie

Fin 2014, le Maroc compte onze millions de cartes bancaires en circulation, au sein d'un continent o√Ļ le taux de bancarisation reste encore en dessous de 10 % de la population. Le Maroc est leader √† l'√©chelle continentale avec un taux de 64 % de bancarisation, suivi de l'Afrique du Sud avec 52 %, un pays qui souffre encore des s√©quelles de l'apartheid envers sa population noire. Alors que la majeure partie des pays africains n'ont pas encore usage des cartes bancaires 3D secure, les premi√®res banques marocaines ont commenc√© √† utiliser cette technologie depuis plusieurs ann√©es, et la Banque nationale a demand√© aux banques restantes de passer obligatoirement √† cette technologie √† partir de la fin 2013, afin de promouvoir le commerce √©lectronique. N√©anmoins, la technologie NFC commence √† peine √† faire son apparition[183].

Les cartes et les syst√®mes s√©curis√©s de paiement sont assur√©s par trois entreprises marocaines de pointes (HPS, M2M group et S2M) qui op√®rent dans plusieurs pays √† travers le monde. L'adoption pr√©coce des cartes bancaires √† puces a conf√©r√© une assez large avance aux soci√©t√©s mon√©tiques marocaines face √† leurs rivales sud-africaines qui utilisaient des cartes bancaires magn√©tiques. Les sp√©cialistes mon√©tiques M2M et HPS sont leaders √† l'√©chelle du continent[184], HPS ayant une longueur d'avance gr√Ęce √† sa solution HPS Powercard, class√©e par le cabinet Gartner depuis 2008 dans le top 5 mondial des meilleures solutions de paiement √©lectronique[185]. En 2008, HPS voulait s'offrir 100 %[186] de sa rivale S2M, mais cette tentative d'achat s'est av√©r√©e infructueuse[187] en raison de la crise mondiale. En 2011, la banque fran√ßaise Cr√©dit agricole choisit la solution PowerCard de HPS pour sa filiale CEDICAM[188]. En 2015, HPS est pr√©sent dans 85 pays sur les 5 continents et compte parmi ses clients quelques-unes des 100 plus grandes institutions financi√®res mondiales, son dernier grand client en date √©tant la banque sud-africaine FNB Bank[189].

S2M est entr√© en Bourse √† la suite de son rachat avort√©, et le groupe est aujourd'hui pr√©sent dans 35 pays dont 20 en Afrique. Au Maroc, il est √©metteur de 70 % des cartes bancaires en circulation, et en Afrique subsaharienne o√Ļ les distributeurs automatiques de billets sont encore rares, S2M y implante des solutions de M-Banking. Malgr√© l'instabilit√© de la Syrie, la Libye et l'Iran (√† cause des conflits et des sanctions internationales), trois pays o√Ļ est pr√©sent S2M, le groupe a relativement bien consolid√© son chiffre d'affaires. Afin de minimiser les risques d'investissement, notamment √† cause de la loi 49/51, le groupe mon√©tique S2M a pr√©f√©r√© s√©lectionner un int√©grateur local (CACM) pour le march√© alg√©rien[190]. Le 9 d√©cembre 2015, S2M √©met la premi√®re carte bancaire NFC au Maroc en faveur de AttijariWafa Bank[191].

M2M Group est plus pr√©sent sur le segment de la biom√©trie, des documents officiels s√©curis√©s et des titres de transport, bien qu'il g√®re √©galement les solutions de paiement de la plus grande institution √©mettrice de cartes bancaires en Alg√©rie, Alg√©rie poste. M2M, apr√®s avoir d√©ploy√© avec succ√®s sa solution MX de cartes multiservices sans contacts aux 100 000 √©tudiants du campus de Dakar[192], M2M Group a d√©croch√© un contrat pour √©quiper les quinze universit√©s marocaines de ce syst√®me, permettant aux √©tudiants de recevoir leurs allocations d'√©tudes sur leurs cartes, d'emprunter des livres, retirer de l'argent, r√©gler les photocopies, le restaurant universitaire, acc√©der aux espaces prot√©g√©s, etc. Gr√Ęce √† la derni√®re g√©n√©ration de sa solution MX Payment de transactions √©lectroniques s√©curis√©es, M2M Group a accompagn√© la fusion de deux banques mauriciennes, MPCB et NCB[193]. La nouvelle plateforme impl√©ment√©e est op√©rationnelle depuis janvier 2016. Le Maroc est actuellement parmi les pays leaders √† l'√©chelle continentale en mati√®re de biom√©trie, toutes les cartes d'identit√© et documents de voyages sont biom√©triques, ainsi que les cartes grises et permis de conduire.

Concernant les titres bancaires, depuis 1987 le royaume ch√©rifien inaugura son propre h√ītel des monnaies baptis√© Dar As-Sikkah et fabrique sa propre monnaie et ses propres billets de banque ainsi que les billets de banque de plusieurs autres pays ; √† titre d'exemple, √† peine quelques mois avant les printemps arabes, les billets de banque syriens furent imprim√©s √† Dar As-Sikkah. En effet, l'Iran l'alli√© majeur de la Syrie en zone MENA ne disposant pas de mat√©riel √† la pointe √† cause de l'embargo occidental. Le 25 novembre 2014, la Banque centrale du Maroc conclut avec le groupe am√©ricain Crane Currency, un partenariat strat√©gique dans la fabrication des billets de banque pour le march√© international. Si cette alliance est b√©n√©fique pour le fabricant mondial de produits fiduciaires depuis plus de 200 ans, en lui permettant ¬ę de soutenir l‚Äôexpansion de son activit√© fiduciaire √† l‚Äô√©chelle mondiale ¬Ľ, elle l‚Äôest surtout pour Dar As-Sikkah qui profitera d√©sormais des commandes de Crane Currency via les contrats que ce dernier passera pour chacun des projets de fabrication de billets au profit des clients √† l‚Äôinternational. Le groupe am√©ricain dispose d'un r√©seau de plus de 50 banques centrales qui lui ont fait confiance pour la conception et la fabrication de leurs billets de banque nationaux. Du pain b√©nit donc pour Dar As-Sikkah. ¬ę Le partenariat strat√©gique entre Bank Al Maghrib et le Groupe Crane vise √† se positionner, ensemble, sur le march√© international, pour r√©aliser des projets de fabrication de billets au profit de diff√©rents clients potentiels, se trouvant sur tous les continents, avec une pr√©f√©rence naturelle pour le march√© africain ¬Ľ, explique une source officielle √† Bank Al Maghrib.

Grande distribution

Supermarché du groupe Marjane

Le Maroc, de par sa d√©mographie, constitue un petit march√© compar√© √† d'autres pays du continent africain, l'ensemble du commerce int√©rieur y est inf√©rieur √† 10 milliards de dollars soit environ 10 % du PIB. Le commerce emploie 13 % de la population[194]. La grande distribution est apparue au Maroc √† partir du d√©but des ann√©es 1990, depuis, la croissance moyenne annuelle des GMS durant les cinq derni√®res ann√©es est de 15 % et de 600 % de 2002 √† 2012, o√Ļ le secteur repr√©sente 2,5 milliards de dollars pour un nombre de 250 GMS, correspondant en majeure partie aux chiffres des hypermarch√©s et supermarch√©s des groupes Inna, SNI et Hyper SA. Les statistiques du hard discounter turc qui d√©tient √† lui seul 258 points de vente ne figurent pas dans ces chiffres car ses sup√©rettes sont g√©n√©ralement inf√©rieures √† 1 000 m2 et ne peuvent donc √™tre qualifi√©es de moyenne surface. Le groupe Inna ne poss√®de pas de formule supermarch√©, il exploite 13 hypermarch√©s sous l'appellation commerciale Aswak Assalam de 5 000 m2 de surface moyenne. Les groupes SNI et Hyper SA exploitent des points de vente sous forme de supermarch√©s de 2 000 m2 √† 3 000 m2 de surfaces moyennes et des hypermarch√©s de surfaces plus grandes.

En 2012 les parts de marché des différents acteurs sont comme suit :

Ces chiffres correspondent √† 2012 quand le groupe hard discounter turc BIM d√©tenait 200 points de vente et r√©alisait 70 millions de dollars de chiffre d'affaires. BIM envisage d'ouvrir 1 000 sup√©rettes d'ici 2020. Cependant, malgr√© la prolif√©ration rapide des points de vente du hard discounter BIM le march√© de la grande distribution est toujours largement domin√© par les holdings SNI et Hyper SA avec 260 000 m2 et 152 000 m2 de surface de vente et respectivement 13 milliards de dirhams (1,30 milliard de dollars) et 6 milliards de dirhams (600 millions de dollars) de chiffres d'affaires r√©alis√©s en 2014.

√Ä la fin 2012, le Maroc dispose de cinq malls compos√©s de 4 000 points de vente issus de 584 franchises diff√©rentes dont, parmi les plus connues, Galeries Lafayette et la Fnac. En 2008, le minist√®re du commerce a con√ßu un plan baptis√© ¬ę Rawaj ¬Ľ en vue de moderniser le commerce int√©rieur gr√Ęce √† l'√©laboration de 15 nouveaux malls, 50 hypermarch√©s et 600 supermarch√©s en 2020 ; l'objectif est de g√©n√©rer 106 000 emplois et de porter la part du commerce de 10 √† 15 % du PIB en 2020[194].

Les supermarch√©s Marjane et Labelvie avaient annonc√© √† leur tour qu'ils s'appr√™tent √† s'installer dans cinq pays africains. Afin de pr√©parer son entr√©e en C√īte d'Ivoire, Labelvie se retrouve en comp√©tition avec son partenaire Carrefour sur le sol marocain[195]. On ignore si les deux groupes vont s'associer pour attaquer ensemble le march√© de la CEDEAO, comprenant le Nigeria. Outre l'alimentaire, les grandes surfaces sp√©cialis√©es sont encore moins d√©velopp√©es au Maroc, les plus r√©pandues sont actives dans le pr√™t-√†-porter ou les mat√©riaux comme Bricoma (12 magasins), Mr Bricolage (4 magasins), Decathlon (4 magasins), etc.

Concernant les meubles, l'activit√© au Maroc rec√®le tout un art de vivre avec une comp√©tition constante en zone MENA entre les produits types salons marocains et salons turcs, h√©rit√©s des deux anciens empires du monde musulman, d'autant plus que ces deux derniers pays sont soumis √† un accord de libre-√©change commercial. Autrefois concentr√© dans les zones sp√©ciales r√©serv√©es aux artisans des villes imp√©riales, le secteur de la construction des meubles constituait une activit√© ancestrale au Maroc, depuis environ un demi-si√®cle ce secteur s'est enrichi gr√Ęce √† deux groupes marocains qui prosp√®rent dans ce domaine : Richbond[196] et Dolidol[197] qui r√©alisent de bons r√©sultats en interne et √† l'export. Plus tard Kitea (22 magasins) est venu agrandir l'offre avec des meubles modernes, Le groupe Kitea a commenc√© depuis 20 ans avant qu'il soit rejoint par un autre groupe marocain, Mobilia qui totalise 23 points[198] de vente, puis par le g√©ant turc Istikbal avec dix magasins et le fran√ßais Atlas avec cinq magasins. Le groupe su√©dois Ikea a construit un premier hypermarch√© de meubles et projette d'ouvrir √† terme cinq points de vente[199]. Affect√© par la rude concurrence sur le march√© marocain, Kitea s'est associ√© avec le groupe belge Casa √† qui il a rebaptis√© ses petits magasins au nom de la marque belge. Kitea s'est aussi install√© dans sept autres pays d'Afrique (Angola, Burkina, Guin√©e, RDC, Centrafrique et Congo).

C√īt√© culture, il existe un seul magasin FNAC au Morocco Mall de Casablanca, cependant, alors que Virgin Megastore ferme son activit√© en France, cette derni√®re enseigne disposait quatre magasins[200] au Maroc et pr√©voit d'en ouvrir quatre autres. L'enseigne Megarama a ouvert trois complexes cin√©matographiques √† F√®s, Marrakech et Casablanca et a mis en chantier trois autres complexes √† Agadir, Rabat et Tanger. La date d'ouverture du Megarama de Tanger est programm√©e pour mars 2016 simultan√©ment avec l'inauguration du Mall Tanger City Center[201].

Cafés-restaurants

Restaurant Argana sur la place Djeema el-Fna de Marrakech (2010)

Le secteur des enseignes de caf√©s modernes et de restauration rapide est relativement r√©cent au Maroc et constitue un grand potentiel mais se confronte √† la difficult√© de trouver du foncier pour une expansion rapide. McDonald's qui d√©tient une relative grande force de frappe a pu d√©crocher beaucoup d'emplacements privil√©gi√©s sur des corniches avec vue sur mer. Actuellement la cha√ģne am√©ricaine totalise 35 restaurants et un premier McCaf√© inaugur√© en 2014 √† la Gare de Casa-Port. L'enseigne de restauration rapide am√©ricaine se voit en comp√©tition avec la belge Quick comme nouvel arrivant et le groupe Burger King qui comprend cinq restaurants. √Ä d√©faut d'avoir les m√™mes moyens que son concurrent pour une prolif√©ration rapide, Burger King a r√©ussi √† trouver un partenariat avec le groupe p√©trolier Shell[202] afin d'√©quiper ses aires de repos autorouti√®res de points de restauration estampill√©es Burger King.

L'art de servir le thé au restaurant Dar Naji de Rabat

Une autre mani√®re d'acc√©l√©rer l'expansion des enseignes de restauration est le syst√®me des aires de restauration qui est relativement nouveau au Maroc. Elles sont disponibles dans les premiers centres commerciaux ouverts ainsi qu'au sein de l'a√©roport de Casablanca. L'enseigne franco-belge Quick inaugure son premier restaurant √† Rabat le 11 f√©vrier 2016[203], deux autres restaurants en travaux seront livr√©s √† Marrakech et Casablanca courant du premier semestre 2016. Quick projette d'atteindre 15 restaurants au Maroc dans les cinq ans √† venir[203]. Pizza Hut et KFC sont pr√©sents avec respectivement 35 et 12 restaurants, Pomme de Pain dispose de sept points de vente, l'enseigne bretonne Brioche dor√©e trois restaurants, Paul, pr√©sent dans 35 pays diff√©rents d√©tient sept boulangeries actuellement au Maroc parmi lesquelles sa boulangerie casablancaise de la villa Z√©vaco o√Ļ elle r√©alise le cinqui√®me plus grand chiffre d'affaires[204] √† l'√©chelle mondiale ces derni√®res ann√©es. La prestigieuse marque de boulangerie fran√ßaise a implant√© son site de production √† Mohamm√©dia et exp√©rimente des produits adapt√©s aux habitudes alimentaires locales. Elle ambitionne de d√©crocher des partenariats avec l'ONCF et l'ONDA pour servir les passagers des gares et des a√©roports marocains.

¬ę Caf√© Maroc ¬Ľ par Constantin Westchiloff (av. 1945)

√Ä c√īt√© des t√©nors de la restauration rapide, plusieurs enseignes de caf√©s modernes ont fait leur apparition au Maroc, mais il est difficile de leur assurer une expansion aussi rapide que la restauration moderne. En effet, la consommation du th√© au Maroc est toute une institution, notamment du fait que ce pays maghr√©bin n'a pas √©t√© colonis√© par l'empire ottoman qui a propag√© la consommation du caf√© dans toutes ses anciennes colonies et √† travers ses exportations vers l'Europe continentale. G√©n√©ralement la consommation du caf√© est largement inf√©rieure √† la consommation du th√© au Maroc, cependant, cela n'a pas emp√™ch√© plusieurs enseignes internationales de s'installer au royaume ch√©rifien, √† commencer par le num√©ro un mondial Starbucks qui d√©marre avec six caf√©s, du britannique et num√©ro deux mondial Costa Coffee, de l'enseigne fran√ßaise Columbus Caf√©, et des deux marques prestigieuses, l'√©mirati Rotana Cafe et l'allemand Cafe extrablatt (de), qui ont mis un grand accent sur la qualit√© de leurs d√©cors, aussi originaux que somptueux.

Il n'existe pas √† ce jour de grande enseigne de caf√© marocaine, n√©anmoins, dans un pays o√Ļ il fait souvent plus de 30 degr√©s √† l'ombre, un glacier marocain, Venezia Ice, a le vent en poupe ces derni√®res ann√©es. Il d√©tient 13 glaceries dans plusieurs villes diff√©rentes, et est confront√© √† plusieurs enseignes europ√©ennes dont le dernier arrivant est la marque fran√ßaise Amorino qui projette d'ouvrir 10 points de vente[205] en cinq ans.

Commerce en ligne

Le secteur du commerce en ligne est comparativement assez en retard en Afrique en général et assez récent au Maroc en particulier. À l'échelle continentale, sans doute plusieurs facteurs entravent ce mode de consommation, à savoir la sécurité informatique, le taux de bancarisation, l'émergence de classes moyennes, etc. Au Maroc le commerce électronique serait certes affecté par la qualité de la logistique, cependant, ce secteur connait une croissance rapide ces dernières années, la Fédération Nationale du E-commerce au Maroc (FNEM) comptabilise à ce jour 500 sites de commerce électronique. Les premiers sites à voir le jour furent des sites de vente de produits high tech à l'instar de Microchoix.ma, supercou.ma, suivis de sites de ventes de différentes marchandises allant de produits frais avec epicerie.ma, de discounter comme Jumia.ma jusqu'au prêt-à-porter avec Laredoute.ma.

Offshoring

Le secteur de l'offshoring (d√©localisation) a connu une croissance soutenue de 2003 √† 2013, ann√©e o√Ļ le secteur a connu sa premi√®re stagnation pour se stabiliser √† un chiffre d'affaires de 7,30 milliards de dirhams. Onze soci√©t√©s principales r√©alisent la majeure partie des revenus du secteur dont le groupe marocain Intelcia qui ambitionne de franchir la barre d'un milliard[206] de dirhams de chiffre d'affaires en 2016. Intelcia poss√®de plusieurs sites au Maroc et a √©galement investi en France o√Ļ le groupe marocain r√©alise 40 % de son chiffre d'affaires. Afin de rester comp√©titif Intelcia s'appr√™te √† ouvrir des sites en Afrique subsaharienne francophone dont la premi√®re ouverture sera r√©alis√©e au Cameroun[206] avec un investissement de 18 millions de dirhams et un recrutement de 500 collaborateurs camerounais. Le Maroc ambitionne d'atteindre 15 milliards de dirhams en valeur ajout√©e et une masse salariale de 100 000 employ√©s en offshoring √† l'horizon de l'an 2020.

Tourisme

Le tourisme occupe une bonne partie de l'√©conomie marocaine, le nombre d'arriv√©es de touristes est pass√© de 4,4 millions en 2001 √† 9,3 millions en 2010 avec une croissance des revenus touristiques passant de 31 milliards de dirhams √† pr√®s de 60 milliards de dirhams √† la veille du printemps arabe. La progression du secteur touristique au Maroc a √©t√© accompagn√©e par un plan strat√©gique dit vision 2010 d'un objectif de 10 millions de touristes vers l'ann√©e 2010, un plan enclench√© le 10 janvier 2001 √† Marrakech[207].

Vue panoramique de la Médina de Fès.

Le Maroc lance le 30 novembre 2010 le nouveau programme baptis√© vision 2020 ambitionnant d'atteindre 20 millions de touristes horizon 2020. La crise √©conomique des principaux march√©s √©metteurs ainsi que les instabilit√©s post printemps arabe ont beaucoup affect√© le tourisme marocain qui a stagn√© depuis 2010. En 2015, le nombre d'arriv√©es touristiques au Maroc a m√™me subi une baisse de 0,2 % totalisant 10,25 millions contre 10,28 millions en 2014. Cependant, malgr√© cette baisse, le Maroc conserve la premi√®re place √† l'√©chelle continentale en nombre d'arriv√©es de touristes depuis 2013[208].

Oasis de Figuig.
Village du Haut Atlas

Afin de rem√©dier aux baisses de tourisme sur ses march√©s classiques le Maroc se pr√©pare √† d√©velopper les march√©s √©mergents de Russie, Br√©sil, Asie, Europe de l'Est et des Am√©riques. Dans ce m√™me objectif l'ouverture de 57 nouvelles[158] lignes a√©riennes est projet√©e afin de cibler les touristes issus des march√©s √©mergents, et notamment capter une bonne partie de touristes russes boycottant l'√Čgypte, la Turquie et les pays europ√©ens √† cause des crises syrienne et ukrainienne. Le fait marquant dans cette cr√©ation de lignes consiste √† assurer des dessertes directes des villes de Marrakech et d'Agadir via des lignes long courrier vers la Russie, les Am√©riques et le Moyen-Orient, ce qui sera en soi une premi√®re. N√©anmoins, concernant l'Asie, la compagnie nationale RAM ne disposant pas d'une flotte d'avions long-courriers cons√©quente vendra des vols long-courriers vers plusieurs destinations asiatiques en partage de code avec Qatar Airways.

A la fin des années 2000, des propositions tentent de déterminer la juste place du tourisme durable dans la stratégie de développement de ce secteur d'activité, qui est l'un des tout premiers pour l'économie du pays. Ce fut le cas aussi à la fin de la décennie précédente dans le sillage de la crise financière des "subprime": le Maroc a en particulier observé en 2008 que les touristes voyagent "moins loin", en visant un meilleur rapport qualité-prix"[209],ce qui avait renforcé la volonté de "construire un tourisme durable et solide", selon le ministre marocain du Tourisme[209]. Selon lui, "plus de 65% des touristes" au Maroc arrivaient de France et d'Espagne[209] et la même proportion allaient nulle part ailleurs que Marrakech et Agadir[209]. Le pays avait alors annoncé un plan pour mobiliser auprès des banques marocaines environ 50 milliards de dirhams (4,5 milliards d'euros) sur cinq ans de prêts au secteur touristique, afin de favoriser une diversification touristique au Maroc et d'accueillir 10 millions de touristes en 2010 contre 8 millions de touristes en 2008[209], objectif qui ne sera finalement atteint que trois ans plus tard, en 2013.

Nombre de touristes par an[208] (millions)
Pays20102011201220132014
Drapeau du Maroc Maroc9,299,349,3810,0510,28
Drapeau de l'√Čgypte √Čgypte14,059,5011,209,179,63
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud8,078,349,199,549,55
Drapeau de la Tunisie Tunisie6,904,795,956,276,07
Drapeau de l'Algérie Algérie2,072,402,632,73N.C.

Tourisme au sein des 5 premières destinations africaines (Source : afbd.org[208])

Le Maroc a accueilli en 2014 un total de 10,28 millions de touristes, en hausse de 2 % par rapport √† 2013 (10,05 millions) g√©n√©rant 57,4 milliards de dirhams de recettes en baisse de 4,3 % par rapport aux 60 milliards de dirhams r√©alis√©es en 2013, ci-dessous les statistiques du tourisme pour l'ann√©e 2014[210] :

  • arriv√©es aux postes fronti√®res : 10 282 944 touristes ;
  • nuit√©es dans les √©tablissements class√©s : 19 633 475 nuit√©es ;
  • capacit√© d'h√©bergement (en lits) : 216 386 lits ;
  • taux d'occupation des chambres : 30 % ;
  • recettes voyages (en dirham MOR) : 57 400 milliards MAD.
Jamea el Fna de Marrakech.

La ville de Marrakech est la premi√®re ville touristique du Maroc. En 2014, la ville poss√©dait une capacit√© d'h√©bergement √©quivalente √† 65 640 lits devant Agadir avec 34 773 lits et Casablanca avec 16 529 lits.

En 2001, le Fonds mondial pour la Nature (WWF) avait exhort√© les professionnels du tourisme r√©unis √† Londres √† d√©velopper dans les pays de la M√©diterran√©e un tourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt prochaines ann√©es, un groupe de pays m√©diterran√©ens comme le Maroc, la Tunisie, la Gr√®ce, la Turquie et la Croatie, subiront une mont√©e du tourisme √©tranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de constructions sauvages[211] et non concert√©es d'h√ītels, stations baln√©aires et villages de vacances[211]. Il avait appel√© l'industrie du tourisme √† adopter et encourager des pratiques plus responsables[211] afin de renverser la vapeur en d√©fendant des programmes de d√©veloppement √©cologiques et en sensibilisant la client√®le au respect de l'environnement[211].

Le Maroc est le 2e pays le plus touristique d'Afrique et le 29e √† l'√©chelle mondiale. Le programme baptis√© vision 2020 ambitionnait de placer le Maroc en tant que 20e destination touristique mondiale, les efforts en mati√®re de construction d'h√ītel haut de gamme n'ont pas manqu√© en plus des destinations classiques comme Marrakech et Agadir qui totalisaient √† elles seules 45 % des capacit√©s class√©es. D'autres complexes luxueux ont √©t√© construits √† Mazagan, Tanger, Saidia et Casablanca sauf que la crise √©conomique conjoncturelle a lourdement affect√© les budgets des touristes habituels de la destination Maroc. Cela se traduit par un faible taux de remplissage des h√ītels class√©s, le taux global de remplissage passe de 44 % en 2008 √† 30 % en 2014. Afin de financer les campagnes de communication de l'Office du tourisme le gouvernement marocain adopte une taxe a√©roportuaire sur les vols internationaux, une taxe que l'Association internationale du transport a√©rien jugeait[212] comme pouvant avoir l'effet inverse. Ladite taxe de 100 dirhams est certes relativement supportable pour les classes √©conomiques, cependant elle s'√©l√®ve √† 400 dirhams pour les vols premi√®res classes ce qui aurait pu affecter le tourisme de luxe.

Ci-dessous la répartition des capacités d'hébergement (en nombre de lits) en 2014

[213] :

En 2017, le Maroc est le pays le plus visit√© en Afrique avec 11,35 millions de touristes[214].

Transport routier

Autoroute A3 Rabat-Casablanca en 2008

L'apparition de la voiture, et sa propagation, co√Įncide avec l'incidence de l'imp√©rialisme fran√ßais dans le Maghreb au d√©but du XXe si√®cle. Le Maroc tout comme la Tunisie furent consid√©r√©s comme des territoires sous protectorat, contrairement √† l'Alg√©rie qui fut consid√©r√©e comme un territoire soumis √† la France, et par voie de cons√©quence, soumis aux m√™mes obligations d'am√©nagement du territoire que les autres r√©gions fran√ßaises. Il en r√©sulte qu'√† l'ind√©pendance le Maroc et la Tunisie h√©ritent d'un r√©seau routier d'√† peine environ une dizaine de milliers de kilom√®tres bitum√©s chacun contre approximativement une centaine de milliers de kilom√®tres de routes √©rig√©es en Alg√©rie pendant la m√™me p√©riode.

Apr√®s l'ind√©pendance, le Maroc central, anciennement sous protectorat fran√ßais, d√©couvre d'abord l'√©tat encore plus d√©labr√© des infrastructures routi√®res dans le Rif, anciennement sous protectorat espagnol. Dans la foul√©e, la premi√®re route lanc√©e par le roi Mohammed V, baptis√©e Tariq el Wahda (route de l'union), fut la route reliant F√®s √† Al Hoce√Įma, traversant des r√©gions tr√®s montagneuses. Une fois achev√©e, le Maroc lance la premi√®re √©tude du sch√©ma routier national en 1969 afin d'√©tendre le r√©seau routier existant. En 1972, une autre √©tude fut lanc√©e pointant l'insuffisance des infrastructures routi√®res autour de Casablanca, notamment vers le nord malgr√© les trois routes existantes qui reliaient cette ville √† Rabat. Il fut d√©cid√© de convertir la route principale entre ces deux villes en autoroute. D√®s 1975, ann√©e marquant le d√©but de ce projet autoroutier, l'Espagne se retire du Sahara occidental et le Maroc se retrouve en pleine guerre ouverte contre le front Polisario, massivement appuy√© par un soutien technique des pays du bloc sovi√©tique et par un g√©n√©reux soutien financier des mannes p√©troli√®res des leaders r√©volutionnaires Boum√©di√®ne et Khadafi √† partir du sol alg√©rien. Le Maroc se trouve l√Ęch√© par les Am√©ricains, occup√©s par le d√©veloppement du marxisme sur leur propre continent, et le seul soutien symbolique au Maroc √©manait de la France, qui le consid√©rait comme alli√© contre l'avanc√©e des Sovi√©tiques en Afrique. Le soutien de la France a √©t√© d√©terminant pour infl√©chir le r√īle de la Mauritanie et la rendre neutre dans ce conflit. Pendant toute la dur√©e de ce conflit, et notamment les premi√®res ann√©es o√Ļ le choc p√©trolier a alourdi la facture du Maroc tout en permettant √† Khadafi d'accorder des ressources importantes au Polisario, le d√©veloppement des infrastructures de transport au Maroc √©tait quasi-nul. Ainsi, au lieu de lancer l'autoroute Casablanca - Rabat, le projet initial a √©t√© converti en un simple doublement partiel de la route principale sur 40 km de Casablanca vers le nord. Ce doublement est lanc√© en 1975 et achev√© en 1978[215]. Parall√®lement √† ce doublement routier partiel, et afin de limiter les importations de p√©trole, les autorit√©s marocaines ont lanc√© un chantier unique en son genre √† cette √©poque en Afrique : le doublement des voies de chemin de fer √©lectrique pour le trafic des passagers entre Rabat et Casablanca. Ce projet est inaugur√© par un train rapide en 1984, soit 25 ans avant le Gautrain qui a vu le jour √† la veille de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010, sur une portion de 20 km de Johannesburg √† son a√©roport[216].

A3 Rabat-Casablanca après triplement en 2013.

La mise en service du Train navette rapide a laiss√© un peu de r√©pit aux autorit√©s de tutelle pour imaginer un sch√©ma global de r√©seau autoroutier. Plusieurs √©tudes compl√©mentaires ont √©t√© effectu√©es durant les ann√©es 1980 et ont mis en exergue la croissance du trafic routier de 6 % par an et la n√©cessit√© de se doter √† l'horizon 2010 d'une armature autorouti√®re nationale de 1 500 km. La soci√©t√© ADM est cr√©√©e afin d'√©tendre le r√©seau vers K√©nitra et Larache au nord, puis Settat vers le sud de Casablanca. Par la suite plusieurs autoroutes viennent se greffer √† ce r√©seau initial, notamment vers l'Oriental, et la consolidation du r√©seau autoroutier s'est vue consid√©r√©e comme une priorit√© nationale. G√©r√© par la Soci√©t√© nationale des autoroutes du Maroc, le r√©seau autoroutier marocain est √† ce jour un des plus denses en Afrique avec 1 588 km ouverts √† la circulation, et il dessert toutes les villes de plus de 200 000 habitants, √† savoir entre autres Tanger, T√©touan, F√®s, Mekn√®s, Larache, Oujda, El Jadida, Marrakech, Agadir et B√©ni Mellal. √Ä l'horizon 2015, il devrait compter 1 804 km et desservir les villes de Oualidia et de Safi.

Le d√©veloppement des infrastructures routi√®res au Maroc devrait aussi passer par le renforcement du r√©seau de voies express, alternatives int√©ressantes aux autoroutes puisque moins co√Ľteuses. En 2013, le r√©seau comporte 730 km de voies en service et devrait √™tre √©tendu √† plus de 1 600 km d'ici 2016.

Le Maroc comptait en 2007 68 550 kilom√®tres de routes dont 69 % √©taient goudronn√©es. Le r√©seau routier est g√©n√©ralement consid√©r√© comme de qualit√© satisfaisante et l'un des meilleurs d'Afrique[217] - [218]. Le deuxi√®me Programme National des Routes Rurales (PNRR2) envisage la construction de 15 500 kilom√®tres de routes rurales suppl√©mentaires √† l'horizon 2015 afin de faire passer le taux de d√©senclavement rural de 54 % √† 80 % √† cette m√™me √©ch√©ance[219]. Toutefois, 22 % des localit√©s demeurent injoignables en v√©hicule et 35 % sont difficiles d'acc√®s[220].

Transport ferroviaire

A contrario, le chemin de fer a longtemps p√Ęti au Maroc du manque de volontarisme de la part des pouvoirs publics. L'ONCF, entreprise publique charg√©e de l'exploitation du r√©seau ferroviaire marocain semble cependant avoir repris les choses en main. L'op√©rateur marocain a mis√© avant tout sur la qualit√© et semble a priori r√©ussir son pari : selon le dernier classement du Forum √©conomique mondial, le Maroc se classe premier en Afrique et 34e √† l'√©chelle mondiale en ce qui concerne la qualit√© du r√©seau ferroviaire[221]. En mati√®re de ferroviaire, l'h√©ritage colonial, notamment concernant les parties du territoire sous protectorat espagnol, a fait du Maroc un des pays les moins √©quip√©s d'Afrique au regard de sa population au moment de l'ind√©pendance. La ligne de chemin de fer Marrakech - Agadir a √©t√© projet√©e durant les ann√©es 1970[222], mais stopp√©e par la guerre du Sahara. Cependant, durant les deux derni√®res d√©cennies, le Maroc a beaucoup modernis√© son r√©seau, notamment concernant l'√©lectrification. En 2013, l'ONCF dispose de 3 657 km[223] de voies ferroviaires √† √©cartement standard UIC, dont 2 238 km de voies √©lectrifi√©es, ce qui repr√©sente plus que l'ensemble de tous les pays[224] du continent africain r√©unis. Les 3 657 km de voies ferr√©es sont g√©r√©es par l'ONCF comme op√©rateur unique, y compris les embranchements particuliers vers ses clients cimentiers, ports, sid√©rurgistes, industriels, agricoles, miniers, etc. Autrefois l'OCP g√©rait ses propres lignes mini√®res, mais il a confi√© depuis la fin du si√®cle dernier la gestion et la maintenance de ses embranchements miniers √† l'ONCF. Au premier janvier 2014, le r√©seau marocain de voies ferr√©es est compos√© comme suit :

  • 3 657 km de voies ferroviaires en activit√© (dont 2 238 km √©lectrifi√©es) ;
  • 2 921 km de voies de circulation principales ;
  • 736 km d'embranchements particuliers, de voies de service et de traitement logistique ;
  • 2 110 km de lignes principales √† √©cartement UIC exploit√© pour le transport de fret et passagers ;
  • 1 965 km de ces lignes sont en Long Rail Soud√© (LRS) (93 % du r√©seau principal) ;
  • 1 300 km de lignes √©lectrifi√©es (60 % du r√©seau principal) ;
  • 640 km de lignes √† double voies (30 % du r√©seau principal).

Le r√©seau de l'ONCF s'√©tend sur 2 110 km en 2014. Il est certes d'un lin√©aire assez modeste (8e r√©seau en Afrique), cependant, malgr√© sa taille restreinte il est de loin le r√©seau qui totalise le plus de passagers √† l'√©chelle continentale. En effet, les pays anglophones africains introduisent les chiffres des passagers du m√©tro et des trains de banlieue alors que le transport passagers longue distance est quasiment r√©duit √† n√©ant depuis l'arriv√©e des autoroutes. Le r√©seau actuel marocain est √† √©cartement uniforme UIC et relativement bien entretenu : 93 % du rail marocain est renouvel√© et transform√© en Long Rail Soud√© (LRS) ce qui conf√®re un bon confort d'usage pour le trafic passager, notamment pour les trains couchettes. L'axe le plus sollicit√© du r√©seau est situ√© entre Casablanca et Tanger (~400 km). Il est en cours de triplement gr√Ęce √† une nouvelle ligne √† grande vitesse Tanger - K√©nitra et un triplement de lignes classiques K√©nitra - Casablanca. Le taux d'√©lectrification (actuellement de 60 %) est cens√© atteindre 90 % en 2018 avec la mise en service de la LGV K√©nitra - Tanger et l'√©lectrification de la ligne F√®s - Oujda.

Les infrastructures ferroviaires actuelles devraient être augmentées de deux lignes de TGV :

Gare de train de Casablanca Port.
Gare de Marrakech.

La premi√®re LGV Tanger - K√©nitra a √©t√© contract√©e de gr√© √† gr√© sans appel d'offres. Il en r√©sulte que l'Allemagne s'est oppos√©e √† un financement aupr√®s de la banque europ√©enne. Afin de finaliser le march√© la France a financ√© une bonne partie de ce contrat, d'autres pays du Golfe sont venus √† la rescousse in extremis afin de sauver ce projet qui paraissait hors de port√©e des moyens de l'ONCF[226]. In fine m√™me si l'√Čtat marocain n'a eu √† financer que 30 % du co√Ľt de cette LGV, beaucoup d'opposants au TGV se sont manifest√©s pour r√©clamer son annulation et r√©aliser √† la place plus de lin√©aires de lignes classiques.

L'ONCF a proc√©d√© √† la r√©novation de plusieurs gares, √† l'achat de nouvelles rames, a √©tendu son r√©seau vers deux ports m√©diterran√©ens (Tanger Med et Nador en 2009) et envisage de relier d'autres villes telles qu'Essaouira, B√©ni Mellal, T√©touan, La√Ęyoune et Dakhla[227], et d'√©tendre son r√©seau classique de 2 700 km parall√®lement √† la mise en place du r√©seau LGV pour le m√™me prix (10 milliards de dollars). En attendant cette √©ch√©ance, les r√©alisations accomplies en 2009 faisaient partie d'un contrat-programme 2005-2009 ayant co√Ľt√© 18 milliards de dirhams (1,5 milliard d'euros) et ayant permis l'optimisation des dessertes aussi bien fret que pour les passagers comme suit :

  • Cr√©ation de 209 km de nouvelles voies pour le fret (117 km Taourirt vers Nador port, 47 km Sidi Yahya vers Belciri et 45 km Tanger vers Tanger Med) ;
  • √Člectrification de 302 km de voies existantes (255 km de Sidi Kacem vers Tanger Med et 47 km de Sidi Yahya √† Belciri) ;
  • Doublement de voies sur 258 km (115 km de Sidi Kacem vers F√®s + 143 km de Casablanca vers El Jadida[228] et vers Sidi A√Įdi) ;
  • Augmentation des dessertes de 110 trains par jour en 2005 √† 228 trains par jour en 2010[229] ;
  • Raccourcissement des temps de trajet d'une heure sur l'axe Rabat - Tanger ainsi que Rabat - F√®s ;
  • Passage de 18,5 millions de passagers en 2005 √† 30 millions en 2010 ;
  • Augmentation du trafic fret de 4 millions de tonnes en 2005 √† 9 millions en 2010 ;
  • √Člectrification de toute la ligne atlantique et ses ramifications permettant d'utiliser du mat√©riel roulant performant et moderne, les rares locomotives Diesel sont √©cart√©es vers la partie non encore √©lectrifi√©e √† l'est du pays.

√Ä l'issue du contrat-programme 2005-2009, l'ONCF a port√© le montant de ses investissements √† 33 milliards de dirhams dans son nouveau contrat programme 2010-2015 sign√© avec l'√Čtat. Ce programme est baptis√© Rihane 50 par la compagnie, faisant allusion √† son ambition initiale d'atteindre 50 millions de passagers et 50 millions de fret en 2015. 20 milliards de ce budget sont allou√©s √† la grande vitesse et 13 milliards restant √† la modernisation du r√©seau classique.

Le projet Rihane 50 d√©marrant en m√™me temps que le printemps arabe, il a connu du retard dans son d√©veloppement, la ligne LGV Tanger - K√©nitra initialement pr√©vue pour 2015 √©tant repouss√©e √† 2018, et l'√©lectrification de la ligne F√®s - Oujda tardant √©galement √† se concr√©tiser. En 2014 l'ONCF r√©alise 39 millions de transports de passagers et 35 millions de transports de marchandises. Il sera vraisemblablement peu probable d'atteindre 50 millions de tonnes fret et de voyageurs √† court terme. En attendant le parach√®vement des phases du dernier contrat-programme, l'ONCF est en cours d'√©laboration de trois plans simultan√©s compl√©mentaires : Strat√©gie 2025, Plan Maroc Rail 2040 et Plan Dessertes R√©gionales (PDR). Le premier programme d√©cennal porte principalement sur le renouvellement des gares et du mat√©riel roulant, le Plan Maroc Rail 2040 (PMR-2040) est un projet √† long terme portant sur l'extension du r√©seau ferr√© de 1 500 km de LGV et de 2 700 km de lignes conventionnelles pour atteindre un r√©seau ferroviaire de 6 300 km en 2040. Quant au programme dessertes r√©gionales, ce dernier vise √† promouvoir le transport ferroviaire r√©gional, l'id√©e principale est de r√©server toutes les dessertes longues distances au TGV et garder les trajets inf√©rieurs √† 200 km aux trains classiques.

Transport maritime

Vue aérienne du complexe portuaire Tanger Med

Le Maroc occupe une assez large façade maritime sur la Méditerranée et l'Atlantique, son secteur maritime est doté de 38 ports répartis comme suit :

Après le succès des zones franches du port de Tanger Med, le Maroc projette de construire trois nouveaux ports similaires : Nador West Med, Kénitra Atlantique et Dakhla Atlantique.

Au terme de l'année 2014, l'activité des ports marocains a atteint un nouveau record, avec un volume de 115 millions de tonnes, marquant ainsi une augmentation exceptionnelle de 14,3 % par rapport à l'année précédente[230]. Cette hausse est tirée par la bonne orientation aussi bien du trafic domestique (Import Export) que du trafic de transbordement des conteneurs au port de Tanger Med, ayant marqué une consolidation du positionnement du Maroc sur ce segment avec une amélioration des volumes manipulés.

Principaux ports de commerce :

  • Tanger Med (39 millions de tonnes) ;
  • Port de Casablanca (25 millions de tonnes) ;
  • Port de El Jadida-Jorf el sfar (22 millions de tonnes) ;
  • Port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes) ;
  • Port de Safi (6,2 millions de tonnes) ;
  • Port de Agadir (4,2 millions de tonnes) ;
  • Port de Layoune (3,2 millions de tonnes) ;
  • Autres ports (0,5 million de tonnes).

Transport aérien

Lignes Aériennes Latécoère, c.1918.

Si de tous les modes de transports actuels l'a√©rien est le plus r√©cent, la position g√©ographique du Maroc lui a permis d√®s le d√©part de jouer un r√īle essentiel dans ce domaine : la premi√®re ligne a√©rienne intercontinentale fut la ligne postale a√©rienne[231] Toulouse - Rabat qui a commenc√© le suivie d'un service passagers un an plus tard[232]. Par la suite, cette ligne a √©t√© prolong√©e √† Dakar puis jusqu'en Am√©rique latine. Cette ligne fut exploit√©e par le groupe priv√© Lat√©co√®re. Par la suite et devant le manque d'a√©rodromes au d√©but du si√®cle dernier, les premiers avions passagers furent des hydravions afin de pouvoir atterrir dans les villes c√īti√®res ainsi que pour r√©aliser plus facilement des atterrissages d'urgence en mer. L√† encore, le Maroc et le S√©n√©gal ont jou√© un r√īle fondamental gr√Ęce √† l'√©tendue de leurs fa√ßades maritimes. On ne dispose pas avec exactitude des chiffres de passagers transport√©s les premi√®res ann√©es, ce service restant assez exceptionnel et on√©reux. Cependant, concernant le transport du courrier une convention a √©t√© sign√©e entre les postes marocaines et fran√ßaises le 10 mars 1919, √† partir de d√©but septembre √† fin d√©cembre de la m√™me ann√©e, 9 124 lettres[233] ont √©t√© achemin√©es par voie a√©rienne au Maroc.

La crise √©conomique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale ont lourdement handicap√© le secteur a√©rien civil. Il aura fallu attendre 1946 pour voir la premi√®re ligne a√©rienne marocaine (Air Atlas), suivie par la cr√©ation de la compagnie Air Maroc en 1948. En 1951 le gouvernement marocain d√©cide par d√©cret royal de conc√©der l'exclusivit√© du transport public √† Air Atlas en la rebaptisant Compagnie Ch√©rifienne de Transport A√©rien Air Atlas (CCTA) avec un capital partag√© entre l'√Čtat marocain, Air France et la compagnie Air Maroc qui s'est sp√©cialis√©e dans la maintenance. La fin du protectorat survint le 2 mars 1956, cependant, la totalit√© des pilotes de la CCTA √©taient europ√©ens, en majorit√© fran√ßais. L'incident du d√©tournement de l'avion[234] des leaders du FLN a beaucoup marqu√© le roi Mohammed V. Selon quelques sources, il aurait propos√© aux autorit√©s fran√ßaises d'√©changer son fils le prince Hassan II contre les chefs de la r√©sistance alg√©rienne. Mohammed V demanda la cr√©ation d'une √©cole de formation de pilotes pour √©viter de tels incidents. Le 1er juillet 1957 les compagnies CCTA et Air Maroc ont fusionn√© sous le nom de Royal Air Maroc qui d√©marra avec huit avions (trois DC3, quatre DC-4 et un L749 Constellation). Le Centre de Formation Professionnelle (CFP) arrive en 1958 et le premier pilote marocain form√© fut Mohammed Kabbaj qui d√©buta ses services en 1964.

Le Maroc est actuellement connect√© √† 51 pays et 113 a√©roports √©trangers via des lignes r√©guli√®res contre 29 pays et 43 a√©roports une d√©cennie plus t√īt. Le trafic a√©rien au Maroc a presque tripl√© en passant de 7 millions de passagers en 2004 √† plus de 17 millions en 2014. Lors de la 7e conf√©rence World Connect qui s'est tenue √† Marrakech en octobre 2015 le ministre des transports marocain annonce l'objectif d'atteindre 70 millions de passagers en 2030[235]. Vu le nombre de touristes escompt√© √† cette date, il para√ģt difficile d'atteindre ce chiffre sans d√©velopper le trafic a√©rien interne, qui reste encore assez on√©reux et restreint. Le Maroc est desservi par 50 compagnies a√©riennes, le transport a√©rien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) d√©tient 45 % du trafic √† la suite de l'entr√©e des compagnies low-cost europ√©ennes. Avant l'OpenSky, la compagnie marocaine atteignait 62 % du trafic a√©rien. Le nombre total de passagers enregistr√©s au sein des a√©roports marocains en 2014 s'√©l√®ve √† 17,3 millions (en augmentation4,8 %).

Boeing 787 de Royal Air Maroc

La compagnie nationale Royal Air Maroc est l'une des premières compagnies africaines pour le trafic voyageur, elle a transporté en 2014 plus de 6 millions de passagers juste devant Ethiopian Airlines et derrière EgyptAir et South African Airlines (SAA) ayant tous deux transporté 7 millions de passagers[236]. Malgré une population marocaine assez modeste comparée à ces trois derniers pays et en dépit du fait que la Royal Air Maroc est la seule compagnie africaine soumise à la concurrence féroce des compagnies low-cost, la compagnie marocaine est en pleine croissance tout comme sa rivale éthiopienne. Ces deux compagnies qui sont au coude à coude rêvent de profiter des grandes contre-performances actuelles d'Egypt Air et de la SAA pour devenir leader à l'échelle continentale. La RAM détient le plus de trafic international comparé au reste des compagnies africaines. En effet, les trois autres compagnies aériennes africaines majeures réalisent le gros de leurs trafics sur des lignes internes à cause de la décadence ou de l'arrêt de leur transport ferroviaire interurbain.

Vue de l'aéroport international Mohammed V de Casablanca

Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures a√©roportuaires dont 18 a√©roports internationaux, 10 principaux a√©roports nationaux et des petits a√©roports √† usage touristique, militaire ou de sports a√©riens. Le dernier a√©roport construit est l'a√©roport de B√©ni Mellal. La strat√©gie du transport arien actuelle au Maroc porte sur l'agrandissement de plusieurs a√©roports dont une bonne partie est en cours mais aussi sur la construction de 3 grands a√©roports nouveaux : un nouvel a√©roport passager √† Marrakech, un a√©roport sp√©cial fret √† Casablanca-Ben Slimane et un nouvel a√©roport mixte √† Tanger-T√©touan[237]. En 2014, l'a√©roport Mohammed-V de Casablanca avoisine 8 millions de passagers soit 45 % du total du trafic a√©rien suivi de Marrakech avec 4 millions de passagers. Un √©v√©nement majeur est survenu en 2013 lorsque l'a√©roport de Casablanca a d√©tr√īn√© Londres comme porte d'entr√©e et sortie du continent africain[238]. √Ä ce jour, le premier hub a√©roportuaire africain est paradoxalement toujours Paris-Charles-de-Gaulle, un a√©roport non-africain, suivi de l'a√©roport de Casablanca, et la premi√®re compagnie de transport d'Europe vers l'Afrique est Air France avec une croissance de 3 % suivie de Royal Air Maroc avec une croissance √† deux chiffres. Air France b√©n√©ficie d'une longueur d'avance avec ses lignes Paris - Tunis et Paris - Alger encore relativement rentables car non soumises √† la comp√©tition des compagnies low-cost, cependant, cette derni√®re compagnie projette de cr√©er un hub √† Abidjan[239] afin de servir tous les a√©roports des pays de la CEDEAO.

Le transport aérien de marchandises est très limité au Maroc, étant donné la proximité avec l'Europe, la plus grande partie des marchandises exportées du Maroc est des produits frais acheminés par transport TIR frigorifié vers le réseau autoroutier européen. La RAM possède un seul avion spécial fret, et un avion mixte modulable. La messagerie express et les colis à haute valeur ajoutée donnent de l'activité aux avions de DHL et FedEx.

Internet et Télécoms

OpérateurChiffres d'affairesEffectifFibre optique (km)
Maroc Telecom28,5 milliards de Dh *11 50035 000
Inwi6,2 milliards de Dh1 1954 500
Orange Maroc5,5 milliards de Dh1 1604 000



* Chiffres fin 2013, sur les 28,5 milliards de dirhams, Maroc Telecom r√©alise 8 milliards √† l'international.

Bureau du Télégraphe, Poste et Téléphone à Rabat

En raison du fort pourcentage de la population rurale au Maroc durant le siècle dernier, l'accès à la téléphonie fixe était assez faible pendant cette période. Cependant, l'opérateur national a démarré la numérisation de son réseau longtemps avant ses homologues sur le continent, dès le milieu des années 1980 l'ensemble du réseau téléphonique interurbain marocain était enfui sous terre et numérisé. L'objectif de ce programme était de se préparer à profiter au maximum du juteux marché des communications fixes. Par la suite, cette numérisation s'est avérée aussi rentable quant au marché d'Internet et d'appels mobiles.

Au Maroc comme dans le reste des pays africains francophones, l'apparition d'Internet est survenue relativement tard, le premier pays africain √† √™tre connect√© √† la toile mondiale fut l'Afrique du Sud d√®s 1991, cependant, le retard de la num√©risation du r√©seau t√©l√©phonique dans ce pays y a longtemps limit√© la propagation rapide de l'usage d'Internet. La proximit√© des pays nord-africains avec l'Europe a aussi permis aux op√©rateurs de ces derniers de passer des c√Ębles de fibre optique sous-marins peu on√©reux depuis l'Europe et offrir ainsi une assez confortable bande passante bon march√© √† leurs clients. Internet est apparu au Maroc en 1995, ce dernier est √† pr√©sent connect√© √† plusieurs c√Ębles de fibre optiques intercontinentaux m√™me si les donn√©es Internet passent par les c√Ębles de ses propres op√©rateurs, √† savoir un c√Ęble sous-marin de Meditel vers l'Espagne, deux c√Ębles sous-marins de Maroc Telecom (un vers Marseille, l'autre vers l'Espagne) et un c√Ęble international terrestre de Maroc Telecom vers plusieurs pays du Sahel. Fin 2013, les backbones de fibre optique des op√©rateurs marocains sont de 35 000 km[240] pour Maroc Telecom, 5 500 km[241] pour Inwi et 4 000 km pour Meditel. L'ensemble des trois op√©rateurs commercialisent des forfaits 3G/4G, l'op√©rateur historique Maroc T√©l√©com propose depuis plusieurs ann√©es des offres dual play et triple play en ADSL2+ allant jusqu'√† 20 Mbit/s, √† partir de fin 2015 les deux op√©rateurs alternatifs ont lanc√© leurs propres offres ADSL dual play Internet et t√©l√©phone illimit√©s √† prix plus comp√©titifs.

Avant l'av√®nement de la 4G et de la mise en place du d√©groupage total, le plus gros du trafic Internet marocain transitait par les serveurs de Maroc Telecom gr√Ęce √† ses forfaits ADSL allant de 4 √† 20 Mbit/s, les deux op√©rateurs alternatifs ne voyaient pas d'urgence √† investir dans un point d'√©change Internet (IXP). √Ä la suite du lancement de leurs offres ADSL d√©group√©es, un IXP est lanc√© en f√©vrier 2016[242] au Maroc afin d'optimiser les trafics de donn√©es inter-op√©rateurs marocains et d'am√©liorer les pings des usagers, aussi depuis le le Maroc s'est dot√© d'une copie du serveur racine du DNS afin d'am√©liorer les requ√™tes de r√©solutions des noms de domaines Internet et d'acc√©l√©rer ainsi le chargement des pages web[243]. Le Maroc rejoint de ce fait le Kenya et l'Afrique du Sud, les deux seuls pays africains √† h√©berger des copies de serveurs racine DNS du r√©seau Internet mondial.

Concernant la bande passante Internet internationale, le Maroc est leader √† l'√©chelle de son continent avec une bande passante internationale de 412 Gbit/s[158] fin 2013[244], suivi de l'Afrique du Sud b√©n√©ficiant de 200 Gbit/s et de l'√Čgypte, l'Alg√©rie et la Tunisie qui sont dot√©es d'une bande passante allant de 100 √† 200 Gbit/s[245]. La bande passante Internet internationale marocaine a √©t√© multipli√©e par 5,5 de 2010 √† 2014 passant de 75 Gbit/s en 2010 √† 266 Gbit/s en 2012 puis √† 412 Gbit/s fin 2013[158]. L'accroissement de cette bande passante internationale et la concurrence f√©roce entre les trois op√©rateurs T√©l√©coms ont permis de baisser les prix et d'augmenter le nombre d'usagers ainsi que leurs bandes passantes effectives. Il en r√©sulte que le Maroc d√©tenait fin 2013 le plus fort pourcentage d'utilisateurs d'Internet en Afrique avec 56 %[246] de la population devant l'√Čgypte, l'Afrique du Sud et la Tunisie d√©tenant tous trois un taux d'internautes inf√©rieur √† la moiti√© de leurs populations respectives. Fin juin 2015, le nombre d'internautes au Maroc progresse √† 60,60 % (soit 20,2 millions) et se voit devanc√© par le Kenya qui atteint 63,60 %[247] puis l'√ģle Maurice √† 60 % et l'√Čgypte √† 54,6 %.

Au 30 septembre 2015, les chiffres d'Internet et téléphone sont :

  • Nombre d'utilisateurs d'Internet : 20,5 millions ;
  • Nombre d'abonnements Internet : 13,9 millions[248] en augmentation23,5 % :

- Internet mobile : 12,8 millions (92,2 %) en augmentation21,5 %
- Internet ADSL : 1,1 million (7,9 %) en augmentation2 %

- IAM : 41,8 %
- Meditel : 31,8 %
- Inwi : 26,5 %

- IAM : 1,73 million (75 %)
- Inwi : 0,57 million (25 %).

Offres illimitées

Si Maroc Telecom (IAM) profite encore de l'√©tendue de son r√©seau et de sa plus forte couverture pour recruter ou garder ses clients, de l'autre c√īt√© une concurrence f√©roce est constat√©e entre les deux op√©rateurs alternatifs Inwi et Meditel qui ont recrut√© deux managers fran√ßais exp√©riment√©s (F. Debord et M. Paulain) afin de prendre des parts de march√© √† l'op√©rateur historique. D√©but septembre 2014, Inwi lance pour la premi√®re fois au Maroc un forfait mobile illimit√©[249], un mois plus tard Maroc Telecom riposte[250]. Les deux derniers forfaits illimit√©s n'ayant pas eu le succ√®s escompt√© √† cause de leur prix √©lev√©, entre-temps Meditel multipliait les offres promotionnelles √† ses abonn√©s pr√©pay√©s pour les garder et constatant l'√©chec des offres illimit√©es √† 499 Dirhams lance √† son tour son forfait illimit√© data et voix √† 199 dirhams (20 $)[251] sans engagement. Pour les clients ayant besoin d'appeler en Europe, Meditel lance une option Europe limit√©e √† 17 contacts pour un forfait global √† 399 dirhams soit 100 dirhams de moins que ses concurrents. Orange d√©tenait 40 % de Meditel et venait de passer √† 49 %. Orange √©tant pr√©sente sur plusieurs pays en Europe, le co√Ľt des appels fixe vers le vieux continent ne lui co√Ľterait sans doute pas grand-chose, et surtout avec une limitation √† 17 contacts, Michel Paulin, DG de Meditel, prenait donc moins de risque. De son c√īt√© l'offre lanc√©e par Fr√©deric Debord, DG de Inwi, s'est av√©r√©e √™tre un √©chec total, d'autant plus que ce dernier est le seul op√©rateur marocain qui ne d√©tient pas sa propre fibre optique sous-marine. √Ä peine quelques mois plus tard, Debord est remplac√©[252] √† la t√™te d'Inwi.

Partage des infrastructures

Pendant longtemps Maroc Telecom a essayé de garder son monopole sur le fixe et retarder le lancement de la 4G qu'elle considérait être une grande menace à son ADSL, tout en s'activant dans le déploiement de son réseau de fibre optique pour les particuliers. Les tractations ont duré longtemps entre Maroc Telecom et l'ANRT qui stipulait dans le cahier des charges d'obtention de la licence 4G le partage obligatoire de ses infrastructures avec ses concurrents ainsi que l'ouverture de son réseau de boucle locale (le dégroupage)[253] à ces derniers avec des tarifs convenables.

Après un appel d'offres 4G publié en novembre 2014, les trois opérateurs mobile décrochent leur licence en mars 2015[254]. Meditel lance le premier son offre 4G le 8 juin 2015 suivi par Inwi et Maroc Telecom deux mois plus tard. À l'heure actuelle le partage des infrastructures 4G n'est toujours pas effectif, les deux opérateurs mobiles alternatifs bénéficient donc d'une couverture 4G dans les villes mais en zones rurales leurs abonnés basculent en 3G.

Apr√®s avoir publi√© des offres de d√©groupage de la boucle locale jug√©es on√©reuses en 2014 Maroc Telecom a √©t√© somm√© par l'ANRT de publier des offres moins on√©reuses au plus tard le 15 octobre 2015. Aussit√īt que ce fut fait les op√©rateurs alternatifs Meditel et Inwi lancent leurs offres ADSL double play phone fixe et Internet respectivement le 23 octobre 2015[255] et le 24 novembre 2015[256], les deux au prix de 249 Dirhams (25 $) appels fixe et Internet illimit√© sans quota avec portabilit√© du num√©ro.

Internet 4G LTE

Malgré l'obligation faite par l'ANRT aux opérateurs de partager leurs infrastructures de communication 4G les modalités d'application ne sont pas encore fixées et début 2016 chaque opérateur utilise toujours ses propres bornes 4G. À peine 6 mois après l'introduction de la 4G LTE au Maroc les opérateurs marocains réalisent de très bonnes performances en matière de bande passante avec 16 Mbit/s de moyenne en classant le royaume chérifien premier en Afrique et 26e mondial selon le cabinet britannique OpenSignal[257], suivi de l'Afrique du Sud 59e mondial avec 8 Mbit/s. La couverture 4G atteint 66 % avec Maroc Telecom[258], 62 % pour Inwi et 42 % de la population pour Meditel selon le même cabinet. En définitive, le lancement de la 4G LTE au Maroc ayant pris plus de temps que prévu pour redistribuer le spectre de fréquence entre les télécoms, la télévision TNT et les fréquences GSM-R ferroviaires, les trois opérateurs avaient déjà anticipé le déploiement de leurs antennes 4G avec des équipements plus modernes. C'est sans doute ce facteur ou la faible proportion d'abonnés qui partagent la bande passante au Maroc qui placerait ce pays devant des pays pionniers en nouvelles technologies comme l'Allemagne classée 34e mondial selon la même étude, le Brésil (42e), le Japon (44e) ou encore Hong Kong (48e), des pays qui ont déployé leur 4G LTE depuis plusieurs années et avec des équipements d'anciennes générations.

Internet par satellite

En 2000 l'op√©rateur norv√©gien Telenor a cr√©√© au Maroc une filiale sp√©cialis√©e dans la connexion Internet par satellite baptis√©e Nortis[259]. Au d√©but l'activit√© de cette soci√©t√© se concentrait sur les entreprises agricoles et les √©coles rurales. Depuis 2014, Nortis est achet√© par le groupe espagnol Quantis qui l'a ouvert aux particuliers et aux artisans p√™cheurs. √Ä fin 2015, Nortis totalise 4 712 √©coles rurales connect√©es par satellite au Maroc[260].

Fibre optique

Lignes de fibre optique terrestre de Maroc Telecom (2013)

La connexion Internet par fibre optique est assez rare en Afrique en g√©n√©ral et au Maroc en particulier, m√™me si depuis plusieurs ann√©es Maroc Telecom fournissait la fibre optique √† ses clients professionnels et institutionnels. En 2004, Maroc Telecom assurait un r√©seau de recherche scientifique baptis√© Marwan 2 connectant les universit√©s marocaines √† une bande passante de 155 Mbit/s. En 2009 l'appel d'offres pour la nouvelle version Marwan 3 est remport√© par Meditel qui fournit un d√©bit de 300 Mbit/s √† la communaut√© scientifique marocaine[261]. Depuis le d√©but des ann√©es 2000, les deux op√©rateurs s'activent pour √©quiper les locaux des entreprises en fibre optique. La fibre optique pour les particuliers (FFTH) a d√©marr√© depuis 2014 avec Maroc Telecom gr√Ęce √† des offres 50 et 100 Mbit/s commercialis√©es respectivement √† 600 et 1 000 dirhams (60 et 100 $)[262].

√Čnergies

Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, ainsi que de l'électricité éolienne et hydraulique[263].

Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, mais dépend tout de même des importations.

√Čnergie √©lectrique

Le Maroc consomme essentiellement du pétrole (importé en grande partie) ainsi que du charbon et du gaz pour son électricité[264].

Le Maroc est l'une des grandes √©conomies africaines qui est parmi les plus d√©pendantes des importations d'√©nergie, avec 95 % de sa consommation import√©e. La production d'√©lectricit√© n'√©chappe pas √† cette r√®gle. Conscient de ce handicap le royaume ch√©rifien a √©t√© le seul pays africain √† adopter un mod√®le MARKAL clair et int√©gr√© √† son espace r√©gional notamment les pays ib√©riques. Le mod√®le marocain consiste √† diversifier son mix √©nerg√©tique par √©tapes avec une ambition de 42 % d'√©nergies renouvelables en 2020, 52 % en 2030[265] et de l'√©nergie nucl√©aire au-del√† de 2030[266]. Longtemps le Maroc a b√©n√©fici√© d'un bon ratio d'√©nergie propre gr√Ęce √† la production d'√©nergie hydraulique des barrages au si√®cle dernier. L'√©lectrification rapide des zones rurales et l'augmentation de l'industrie ont cr√©√© une si forte demande sur l'√©nergie √©lectrique qu'il a fallu satisfaire la demande aussi rapidement que possible et d'une fa√ßon peu on√©reuse. Le moyen le plus comp√©titif trouv√© fut le charbon qui constituait 48 % √† lui seul de la production nationale en 2010. La m√™me ann√©e l'√©lectricit√© hydraulique s'est r√©tr√©cie √† 16 %, l'apparition de l'√©olien assurait 3 % de la production, le reste √©tant assur√© par les centrales √† gaz et √† p√©trole. En 2007 le Maroc avait lanc√© un programme afin d'installer 2 000 MW de moyen de production d'√©lectricit√© solaire, et 2 000 MW d'√©olien pour atteindre 42 % d'√©nergie renouvelable en 2020. Afin d'optimiser son r√©seau de distribution l'ONE projette de d√©ployer la technologie des smart grid[267]. L'ONE est en cours de d√©ploiement d'une nouvelle solution de l'ERP allemand SAP afin d'optimiser les co√Ľts de gestion de sa client√®le. En milieu rural, afin d'√©viter les impay√©s et les frais de justice l'ONE a mis en place un mod√®le de compteur √©lectrique fonctionnant avec une carte √† puce pr√©pay√©e. C'est le m√™me mod√®le que ce dernier utilise dans quelques pays d'Afrique subsaharienne et qui donne enti√®rement satisfaction dans la mesure o√Ļ cela √©vite les soup√ßons de fraudes et de raccordements sauvages de la part des voisins.

De par sa position strat√©gique le Maroc joue un r√īle primordial dans les plans d'interconnexions √©lectriques. Il relie √† ce jour le continent africain √† l'Europe par deux c√Ębles √† haute tension sous le d√©troit de Gibraltar. √Ä terme le Maroc projette de rajouter une troisi√®me interconnexion avec l'Espagne et une nouvelle interconnexion de 1 000 MW avec le Portugal[268]. D'autre part, √† long terme le Maroc ambitionne d'exporter son √©nergie √©lectrique vers l'Afrique subsaharienne via la Mauritanie[268] o√Ļ l'ONE poss√®de d√©j√† des concessions dans plusieurs pays sur le continent. En effet, depuis la derni√®re d√©cennie[269] l'ONE investit en Mauritanie, au S√©n√©gal, en Gambie, au Niger, en Libye, au Sierra Leone et au Tchad en participant √† la construction des centrales et des r√©seaux, √† l'assistance technique et au transport. En 2006, l'ONE avait d√©croch√© des concessions de production de MW √† Nouadhibou en Mauritanie, ou encore une production de 15 MW √† Freetown, au Sierra Leone. Cette politique de coop√©ration r√©gionale ferait du Maroc un carrefour √©nerg√©tique entre l'Europe, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

√Čnergies renouvelables

Le Maroc s'est engagé dans une démarche volontariste en matière de développement de ses ressources renouvelables.

√Čnergie solaire

Le Maroc dispose d'un potentiel solaire important (environ 3 000[270] heures d'ensoleillement par an). Le royaume est particuli√®rement bien dot√© en termes d'ensoleillement direct (utile pour la technologie CSP - Concentrated Solar Power). Ce potentiel solaire est √©valu√© √† 20 000 MW[271].

À travers le développement de projets solaires multi-technologiques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine solaire[272].

Aussi, ces projets devraient permettre d'√©viter l'√©mission d'au moins 3,7 millions de tCO2[273].

Le Maroc explore les technologies solaires les plus matures pour répondre aux besoins de consommation électrique du pays et aux spécificités de chaque site solaire.

Jusqu'en 2018, le royaume a recours aux deux principales technologies[274] solaires : le CSP (Concentrated Solar Power) et le PV (photovolta√Įque).

La solution hybride CSP-PV retenue par Masen pour la centrale Noor Midelt I[275] a permis, en 2019, de réduire considérablement le prix du kilowatt-heure.

Plusieurs autres sous-technologies solaires sont test√©es au niveau de la plateforme R&D[276] de Ouarzazate : notamment la technologie du photovolta√Įque concentr√© (CPV), la technologie Fresnel, ou encore le d√©monstrateur CSP dish stiring.

Fin 2019[277], on compte au Maroc 700 MW install√©s dans le solaire et pas moins de 2 700 MW engag√©s.

√Čtat des lieux des projets solaires fin 2019 :

Projets solaires Capacité installée
Projets en exploitation Noor Ouarzazate 582 MW[278]
Noor La√Ęyoune I 85 MW[279]
Noor Boujdour I 20 MW[279]
Ain Beni Mathar 20 MW[280]
Projets engagés Noor Midelt I 800 MW[281]
Noor Midelt II 400 √† 800 MW[282]
Noor Tafilalet (√† travers 3 centrales pr√©vues √† Arfoud 40 MW, Zagoura 40 MW et Missour 40 MW) 120 MW[283]
Noor PV II (√† travers les 9 centrales pr√©vues √† La√Ęyoune, Boujdour, Taroudant, Kelaa Sraghna, Khouribga, Lhajeb, Guercif, Sidi Bennour et Jerada)


800 MW[284]
Noor Atlas (à travers 7 centrales prévues à Tantan, Tata, Outat El Haj, Ain Beni Mathar, Boudnib, Bouanane, Enjil) 200 MW[285]
√Čnergie √©olienne
Parc éolien Khalladi

Au Maroc, le potentiel √©olien est √©valu√© √† 25 000 MW pour l'onshore et 250 000 MW pour l'offshore[286].

Dans le cadre du plan éolien lancé en 2010, le Maroc à travers le développement de projets éoliens répartis aux quatre coins du pays vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine éolienne[287].

L'éolien onshore (technologie qui consiste à installer les éoliennes sur une terre ferme pour convertir la force motrice du vent en électricité) est la technologie utilisée par les projets éoliens marocains.

Fin 2019[277], le Maroc dispose d'une capacit√© install√©e de 1 207 MW et d'une capacit√© engag√©e de 1 320 MW.

√Čtat des lieux des projets √©oliens fin 2019 :

Projets éoliens Capacité installée
Projets en exploitation Abdelkhalek Torres (Koudia El Baida) 50 MW[288]
Amougdoul (Essaouira) 60 MW[289]
Tanger I 140 MW[290]
Tarfaya 300 MW[291]
Projets privés *: Akhfenir I & II, Foum Al Oued, Haouma, Aftissat, Jbal Khalladi, Cimar, Lafarge


657 MW[292]
Projets engagés Koudia El Baida (projet de Repowering) 120 MW[293]
Programme √©olien int√©gr√© (PEI) : Jbel Hdid 200 MW, Tiskrad 100 MW, Tanger II 70 MW, Midelt 180 MW, Boujdour 300 MW 850 MW[294]
Aftissat II* 200 MW[295]
Projet éolien intégré Taza I et II 150 MW[296]

*Ces projets s'inscrivent dans le cadre de la loi 13-09 adoptée depuis 2010.

Pour faire monter en comp√©tence les entreprises locales, et faire du Plan √©olien un levier durable de d√©veloppement industriel, le Maroc favorise l'int√©gration industrielle des projets √©oliens[297]. Le PEI 850 MW (Projet √©olien int√©gr√©) est de ce point de vue un cas d'int√©gration industrielle r√©ussi (65 % pour la phase de construction) permettant par ailleurs la cr√©ation de plus de 600 emplois directs[298].

√Čnergie hydraulique
√Čvolution du nombre de grands barrages au Maroc

Dès les années 1960, le Maroc se lance dans une politique des barrages qui intègre la production d'électricité propre[299].

148 barrages ont été édifiés, dont plus de 24 hydroélectriques et 1 STEP[300].

À travers le développement de projets hydrauliques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine hydraulique[272].

Le Maroc a recours à deux technologies de production d'électricité d'origine hydraulique :

  • La technologie ¬ę √† r√©servoir ¬Ľ qui permet le stockage pendant de longues p√©riodes particuli√®rement utile pour r√©pondre au pic de consommation ;
  • La technologie ¬ę STEP ¬Ľ (Station de Transfert d'√Čnergie par Pompage), est une technologie efficace de stockage qui contribue √† maintenir l'√©quilibre entre production et consommation sur le r√©seau √©lectrique.

Fin 2019, le Maroc dispose d'une capacit√© install√©e de pr√®s de 1 770 MW d'origine hydraulique.

Par ailleurs une STEP de 350 MW est en cours de construction[301].

Projets hydrauliques Capacité installée
Projets en exploitation Barrages hydro√©lectriques 1 305 MW
STEP avec stockage 464 MW
Projets en construction STEP Abdelmoumen 350 MW[301]

Accès à l'eau et à l'électricité

Nouveau projet américain de l'USAID permettant à des associations humanitaires d'aider le Maroc rural à bénéficier de subventions pour l'accès à l'eau potable et l'assainissement (2011).

Au Maroc l'ensemble des habitants en milieu urbain sont raccord√©s aux commodit√©s, et il n'existe pas de raccordements sauvages ni de coupures intempestives d'√©lectricit√© ou d'eau courante, contrairement √† une grande partie des pays africains, y compris au Nigeria, Afrique du Sud, Alg√©rie ou √Čgypte, o√Ļ les coupures d'eau et d'√©lectricit√© sont assez fr√©quentes[302]. L'acc√®s √† l'eau potable, √† l'√©lectricit√© et, dans une moindre mesure, √† l'assainissement, a augment√© de mani√®re significative au Maroc depuis 1990[303].

Concernant l'√©lectricit√©, il existe toujours un seul distributeur pour les particuliers. La loi a √©t√© amend√©e pour permettre la lib√©ralisation du march√©, n√©anmoins, seulement quelques grandes entreprises ont demand√© une licence pour produire leur propre √©lectricit√©, souvent √©olienne. La nouvelle loi oblige l'Office National d'√Člectricit√© (ONE) √† acheter l'√©lectricit√© d'op√©rateurs priv√©s produisant de l'√©lectricit√© verte. √Ä l'heure actuelle, le plus grand fournisseur d'√©lectricit√© √©cologique de l'ONE est l'entreprise NAREVA[304].

En outre, concernant la distribution d'eau potable, plusieurs communes ont lancé un appel d'offres et ont délégué ce service à des opérateurs privés, notamment à Casablanca, Mohammédia, Rabat, Salé, Témara, Bouznika, Tanger, Tétouan…, tandis qu'elle est encore assurée par des régies municipales dans 13 autres villes, et par l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEP) dans 500 communes intermédiaires et rurales.

Le pays connait depuis 2015 des mouvements sociaux li√©s √† l'eau, d'abord √† Tanger, puis dans le Rif en 2017 et √† Zagora en 2018. En 2019 encore, de nouvelles manifestations ont eu lieu dans la r√©gion de Tanger. Les coupures de plusieurs semaines ne sont pas rares. Le syst√®me de gestion de l'eau marocain est jug√© complexe et hybride : distribution privatis√©e √† Casablanca ou √† Tanger, publique √† Marrakech ou dans le Sud, o√Ļ les entreprises mandat√©es ne respectent pas toujours le cahier des charges. Pour l'√©conomiste Nejib Akesbi, ¬ę les entreprises √©trang√®res qui ont obtenu des concessions n'ont apport√© aucune valeur ajout√©e ni expertise en comparaison de ce qu'offraient d√©j√† les op√©rateurs publics marocains ¬Ľ. Surtout, le Maroc subit une inqui√©tante crise environnementale. ¬ę La situation de p√©nurie hydrique au Maroc est alarmante puisque ses ressources en eau sont √©valu√©es √† moins de 650 m3/habitant/an, contre 2 500 m3 en 1960, et devraient baisser en de√ß√† de 500 m3 √† l'horizon de 2030 ¬Ľ rel√®ve le Conseil √©conomique social et environnemental (CESE) en appelant le gouvernement √† ¬ę entreprendre des mesures urgentes ¬Ľ[305].

Si la quasi-totalité des urbains sont rattachés à un réseau d'eau potable, cette proportion tombe à 64 % dans les zones rurales[159].

Santé et Enseignement

Le syst√®me de sant√© marocain est compos√© d'un secteur public et d'un secteur priv√© (incluant des prestataires √† but lucratif et non lucratif). Le secteur public comprend 2.689 centres de soins de sant√© primaires et 144 h√īpitaux √† diff√©rents niveaux : local, provincial, r√©gional et tertiaire. Le nombre total de lits hospitalier est de 22.146. Le secteur priv√© est compos√© de 6.763 cabinets priv√©s et de 439 cliniques, concentr√©es dans les zones urbaines et dans le nord de la c√īte Atlantique. Le Maroc a fait des progr√®s significatifs dans la r√©duction de la pr√©valence des maladies infectieuses, et a √©radiqu√© la polio, le paludisme, gr√Ęce √† une vari√©t√© de programmes de sensibilisation sur la fa√ßon de traiter et de pr√©venir les maladies transmissibles, en plus des campagnes de vaccination √©largies et de l'introduction de nouveaux m√©dicaments sur le march√©. Bien que largement sous contr√īle, des maladies telles que l'h√©patite sont encore r√©pandues et des efforts sont en cours pour r√©duire le nombre de patients affect√©s.

Les maladies non transmissibles constituent une priorité encore plus grande pour le secteur. Selon une étude récente menée par le ministère de la Santé (MS), les maladies non transmissibles sont à l'origine de 75% des décès, comme les maladies cardiovasculaires (34%), le diabète (12%) et le cancer (11%)

Le budget du Minist√®re de la Sant√© repr√©sente 6,9% du budget de l'√Čtat en 2021 soit moins que la norme de 10% recommand√©e par l'OMS. En 2021, plus de 60% des d√©penses de sant√© sont pay√©es directement par les familles marocaines, de plus il reste perfectible notamment en milieu rural[306].


Au niveau de la scolarit√©, le Maroc a consenti d'importants efforts pour g√©n√©raliser I'acc√®s au primaire. Un taux de d√©perdition important est enregistr√© d'un cycle √† l'autre ramenant la moyenne nationale de scolarisation √† 87,6% au coll√®ge et a 61,1% au lyc√©e. L'enseignement scolaire au Maroc est obligatoire pour les enfants √Ęg√©s de 6 √† 15 ans depuis 1963. Depuis 1989, la langue d'enseignement dans les √©coles est l'arabe. Depuis 2015, certaines √©coles primaires ont commenc√© √† offrir un enseignement en tamazight. L'enseignement primaire dure 6 ans pour les enfants de 6 √† 12 ans et se termine par le certificat d'√©tudes primaires. L'enseignement secondaire de trois ans, appel√© enseignement secondaire coll√©gial, est offert aux enfants de 13 √† 15 ans. Cette phase se termine par l'attribution du brevet d'enseignement coll√©gial. Le programme de d√©veloppement et de g√©n√©ralisation du pr√©scolaire a √©t√© lanc√© en 2018, avec pour objectif d'atteindre 100% de taux de scolarisation en 2028[307].

Politique

Le Maroc a pour régime politique une monarchie constitutionnelle dont le souverain actuel est le roi Mohammed VI, de la dynastie alaouite, établie depuis 1666 et l'une des plus anciennes du monde contemporain.

Le Maroc est membre de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union du Grand Maghreb, de la Francophonie, de l'Organisation de la coop√©ration islamique, du Groupe des 77, de l'Union pour la M√©diterran√©e et de la Communaut√© des √Čtats sah√©lo-sahariens.

Le Maroc est le seul pays africain √† ne pas faire partie de l'Union africaine jusqu'au 30 janvier 2017 o√Ļ il finit par la r√©int√©grer[308]. En 1987, le Maroc a tent√©, sans succ√®s, d'adh√©rer √† la CEE, et s'est vu octroyer en 2008 un ¬ę statut avanc√© ¬Ľ aupr√®s de l'UE[309]. Le , il a rejoint le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe[310]. En , le Maroc est d√©sign√© en tant qu'alli√© majeur non-membre de l'OTAN par les √Čtats-Unis[311].

Selon l'historien Bernard Lugan, c'est entre autres l'attrait des richesses provenant du commerce du Sud (Sahara) vers le Nord (l'Occident) qui va attirer les convoitises de diverses tribus avec pour ville carrefour Marrakech qui deviendra naturellement la capitale de diverses dynasties, en particulier celles venant du Sud (Almoravides, Almohades, Saadiens) ; toute l'histoire du Maroc (des Idrissides aux Alaouites) est ainsi marquée par le commerce des richesses du Sud vers le Nord. L'histoire du Maroc fut partiellement marquée par des liens commerciaux avec le Sahara[312].

Carte des principales localités du Maroc incluant le Sahara occidental contesté.

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Sa constitution est celle proposée par le roi Mohammed VI et votée par référendum en 2011, augmentant les pouvoirs du parlement bien que ceux-ci restent toujours limités sur certains points.

La première constitution a été promulguée par Hassan II en 1962. Elle avait été modifiée et enrichie en 1970, 1972, 1992 et 1996.

En effet, l'essentiel du pouvoir est concentr√© entre les mains du roi, monarque h√©r√©ditaire. Actuellement, le pouvoir ex√©cutif est exerc√© par le gouvernement sous la direction du roi. Le pouvoir l√©gislatif, bicam√©ral, est exerc√© par la Chambre des repr√©sentants compos√©e de 395 membres √©lus tous les cinq ans au suffrage universel, et la Chambre des conseillers qui comprend entre 90 et 120 membres renouvel√©s par tiers tous les trois ans, ainsi que par le roi qui peut l√©gif√©rer par d√©cret.

La justice est le troisi√®me pouvoir. Ce pouvoir est en forte mutation depuis quelques ann√©es, gr√Ęce √† la cr√©ation de nouvelles juridictions sp√©cialis√©es (tribunaux administratifs, tribunaux de commerce).

√Ä l'international, le roi Mohammed VI s'est construit au cours de son r√®gne, rappelle la chercheuse en relations internationales Khadija Mohsen-Finan, ¬ę une image de meilleur alli√© de l'Occident dans le monde arabe. Sa coop√©ration est jug√©e pr√©cieuse, puisqu'il surveille le d√©troit de Gibraltar, autorise le survol de son territoire en cas de guerre, et joue un r√īle important dans la gestion des flux migratoires, en emp√™chant l'immigration africaine de passer en Europe[313]. ¬Ľ

Droits de l'homme

Le Maroc a fait des progr√®s consid√©rables depuis la fin des ¬ę ann√©es de plomb ¬Ľ du r√®gne du roi Hassan II (1961-1999). N√©anmoins, malgr√© la modernisation apport√©e par son fils le roi Mohammed VI, le respect du droit international sur ce point n'est pas encore complet. En 2011, une nouvelle constitution, approuv√©e par r√©f√©rendum, r√©serve une place importante aux droits de l'homme, tant politiques, sociaux, √©conomiques que civils[314]. Malgr√© cette nouvelle constitution, les gouvernements n'ont depuis pas proc√©d√© √† la mise en place l√©gislative de l'abrogation des lois sanctionnant ces droits, devenues inconstitutionnelles. Sous l'impulsion du ministre de la Justice et des Libert√©s El Mostafa Ramid en 2015, un projet de Code p√©nal aggravant les sanctions[315] est retir√© en 2016 sous la pression populaire[316].

En 2019, l'Association marocaine des droits humains d√©plore une ¬ę escalade des violations des droits humains et des libert√©s publiques et individuelles ¬Ľ au Maroc, l'√Čtat ¬ę se soustrayant √† ses engagements internationaux et ignorant recommandations et rapports ¬Ľ sur le sujet. L'ONG fait notamment √©tat ¬ę d'actes de torture ou de traitements cruels ou d√©gradants ¬Ľ en d√©tention, en particulier √† la suite du mouvement de protestation Hirak. En 2018, l'ONG souligne d√©j√† l'augmentation du nombre de prisonniers politiques dans le royaume[317].

En juin 2022, environ 2 000 migrants et réfugiés d'Afrique subsaharienne tentent de rejoindre l'Espagne depuis le Maroc par la frontière de Melilla, résultant dans la mort d'au moins 37 personnes et la disparition d'au moins 76 autres[318].

Droit des femmes

Depuis l'accession au tr√īne de Mohammed VI, des r√©formes sur la condition de la femme ont √©t√© adopt√©es. √Ä la suite des luttes du mouvement f√©minin et du mouvement d√©mocratique et malgr√© la farouche r√©sistance oppos√©e par le mouvement int√©griste et les conservateurs, le roi Mohammed VI a jou√© un r√īle d'arbitre en sa qualit√© de commandeur des croyants qui lui est conf√©r√© par la constitution marocaine. Il constitua une commission consultative royale charg√©e de r√©pondre aux attentes des militantes f√©ministes qui avaient d√©nonc√© toutes les injustices endur√©es par les femmes marocaines. Apr√®s des concertations de plus de trente mois avec toutes les parties concern√©es, le roi a tranch√© en pr√©sentant devant le parlement, le , le nouveau projet de code de la famille, appel√© Moudawana, discut√©, amend√© et adopt√© √† l'unanimit√© par toutes les forces repr√©sent√©es au parlement en janvier 2004.

Le nouveau code de la famille est fond√© sur l'√©galit√© entre les sexes et abolit la tutelle exerc√©e sur les femmes. La notion de ¬ę chef de famille ¬Ľ est abolie et remplac√©e par la coresponsabilit√© entre les √©poux.

Le mariage d'une jeune femme n'√©tait possible qu'en pr√©sence de son p√®re en tant que tuteur, seules les filles ayant perdu leur p√®re pouvaient se marier sans tutelle. D√©sormais, une femme peut se marier en toute libert√©, que son p√®re soit vivant ou d√©c√©d√©. L'√Ęge l√©gal de mariage pour la jeune femme a √©t√© revu √† la hausse : il est maintenant de dix-huit ans pour les filles et les gar√ßons au lieu de quinze ans auparavant pour les filles. Enfin, et cela repr√©sente une grande avanc√©e, la femme mari√©e a le droit d'obtenir le divorce de son mari sans √™tre oblig√©e comme c'√©tait le cas auparavant de fournir des preuves et des t√©moignages pour justifier les raisons de sa demande[319].

En 2006, un nouveau chapitre ajouté au code de la Famille rend possible pour la mère marocaine de transmettre la nationalité marocaine de plein droit et automatiquement à ses enfants nés de père étranger, dans le cadre d'un mariage[320].

Le mariage de la Marocaine musulmane n'est légal qu'avec un époux musulman, et un Marocain musulman ne peut se marier avec une non-musulmane, sauf si sa religion est monothéiste.

Les Marocains de confession juive sont soumis aux r√®gles du statut personnel h√©bra√Įque marocain[321].

Analphabétisme

En 2010, le pays compte un taux d'analphabétisme à l'échelle nationale de 30 %[322] plus élevé chez les femmes et en milieu rural. Le taux d'activité s'élève à 86,9 % chez les hommes contre 47,9 % chez les femmes[323].

Agressions sexuelles

En dépit de ces progrès législatifs, les agressions sexuelles envers les femmes seraient selon le quotidien Le Monde de plus en plus fréquentes et resteraient impunies. Dans ce climat de violence, le port du voile deviendrait un moyen pour se protéger des agressions. Le journal avance que ces agressions sont la plupart du temps ignorées par les autorités[324].

Organisations internationales et régionales

Le Maroc est membre fondateur de l'Organisation de l'unit√© africaine (OUA devenue Union africaine) mais s'en est retir√© en 1984 pour protester contre l'admission de la ¬ę R√©publique arabe sahraouie d√©mocratique[325] ¬Ľ ; et du comit√© Al Qods dont la pr√©sidence est assur√©e par le roi marocain. L'organisation d√©cide de r√©int√©grer le Maroc le 30 janvier 2017[326].

√Ä l'√©chelle r√©gionale, le Maroc est √©galement membre de l'Union du Maghreb arabe, qui r√©unit au sein d'une m√™me entit√© r√©gionale les pays du Maghreb tel qu'on le con√ßoit traditionnellement (Maroc, Alg√©rie et Tunisie) ainsi que la Libye et la Mauritanie. Fond√©e √† Marrakech en 1989, l'Union du Maghreb arabe a d√Ľ revoir au fil des ann√©es ses ambitions √† la baisse au vu des dissensions persistantes qui existent entre les deux principales puissances r√©gionales, √† savoir le royaume du Maroc et l'Alg√©rie. Le si√®ge actuel de l'organisation se trouve √† Rabat.

Le Maroc est √©galement membre de l'Union pour la M√©diterran√©e, fond√©e √† Paris le 13 juillet 2008. Le royaume a en outre fait savoir dans un premier temps qu'il comptait abriter le si√®ge de l'UPM. Rabat (ou Tanger pour certains) est donc en lice aux c√īt√©s de La Valette, Marseille, Barcelone et Tunis. Il fait aussi partie de diff√©rentes organisations internationales, dont la Banque africaine de d√©veloppement, l'Organisation des Nations unies, l'Organisation internationale de la francophonie, l'Organisation mondiale de la sant√©, l'Organisation mondiale du commerce et entretient des liens √©troits avec l'OCDE et l'OTAN.

Rangs internationaux

L'indice de d√©veloppement humain du Maroc en 2008 (0,706, cat√©gorie ¬ę moyen ¬Ľ) le classe √† la 127e place. Un classement que conteste[327] le Maroc sous pr√©texte que le taux r√©el de pauvret√© est de 9 %[328] de la population au lieu de 28 %, le chiffre sur lequel est bas√© cet indice.

Standard & Poor's (S&P) a revu √† la hausse la cote financi√®re du Maroc en haussant la note de sa dette de BB √† BB+ en 2005. Depuis le , Standard & Poor's a rehauss√© la note du Maroc du cr√©dit souverain de la dette √† long terme en devises de ¬ę BB+ ¬Ľ √† ¬ę BBB- ¬Ľ et de la dette en monnaie locale √† long terme de ¬ę BBB ¬Ľ √† ¬ę BBB+ ¬Ľ avec des perspectives stables. Attribuant ainsi au Maroc la note ¬ę Investment grade[329] ¬Ľ, alors que Fitch Ratings a attribu√© le l'Investment grade au royaume du Maroc. Selon cette agence, la cote attribu√©e au Maroc refl√®te les progr√®s remarquables accomplis aussi bien sur le plan politique, √©conomique que social au cours des derni√®res ann√©es, ce qui s'est traduit par des am√©liorations sensibles du niveau de vie.

Dans le contexte régional et conjoncturel, plusieurs pays africains sont d'un écosystème économique tellement fragile qu'ils ne sont notés par aucun des trois cabinets de notation. Cependant, la Coface permet d'avoir une estimation de risque concernant tous les pays du continent africain. Le , la Coface établit la notation A4/A4 à perspective stable concernant le Maroc, une notation à nouveau confirmée en janvier 2016. Sur la même période, la Coface place sous surveillance négative les deux derniers pays du top 10 des économies africaines à avoir été noté A4 en risque pays, avant de les rétrograder à B en janvier 2016[330] en pleine dégringolade du cours des matières premières.

En 2021, le Maroc est 123e sur 191 pays au classement mondial de l'indice de développement humain (IDH), derrière l'Algérie (91e) et la Tunisie (97e)[21]. Il est le pays le plus inégalitaire d'Afrique du Nord selon l'ONG Oxfam[159].

Notations Coface en janvier 2023 des cinq premières économies africaines
PaysRisque paysEnvironnement des affaires
Drapeau du Maroc MarocBA4
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du SudCA4
Drapeau de l'√Čgypte √ČgypteCB
Drapeau de la Tunisie Tunisie C B
Drapeau de l'Algérie AlgérieCC
Drapeau du Nigeria NigeriaDD
Drapeau de la Libye Libye E E
Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe E E
(1) Pays rétrogradés de A4 à B depuis le

Intégrité territoriale

Espace géographique communément revendiqué par les tenants de la thèse du Grand Maroc.

Les diff√©rends territoriaux entre le Maroc et deux de ses voisins, l'Alg√©rie et l'Espagne, sont nombreux et sont le r√©sultat direct de la d√©colonisation franco-espagnole. Le Maroc revendique et contr√īle majoritairement le Sahara occidental, mais sa souverainet√© sur ce territoire n'est pas reconnue internationalement. Il y est confront√© √† un mouvement ind√©pendantiste, le Front Polisario, soutenu par l'Alg√©rie.

√Čtapes de construction du mur des sables.

Le Maroc compte comme soutien la quasi-totalit√© des pays membres de la Ligue Arabe ainsi qu'une grande partie de l'Afrique subsaharienne[331] - [332], d'autres soutiennent les revendications du Polisario mais plusieurs de ces derniers commencent √† revoir leur position, √† l'image de l'√Čthiopie qui auparavant √©tait un fervant soutien de la RASD[333], cependant la plupart ne prennent pas parti[334] - [335] - [336].

Le Maroc r√©clame toutes les positions espagnoles sur ses c√ītes nord : Ceuta, Melilla, les √ģles Chafarinas, l'√ģle Albor√°n, l'√élot Persil et le rocher V√©lez de la Gomera[337]. Des tensions naissent √©galement entre l'Espagne et le Maroc quant √† la fixation des limites des eaux par le Maroc. Ce dernier consid√©rant le Sahara occidental comme l√©gitimement marocain, il fixe les limites aquatiques selon cette id√©e et √©tend sa zone exclusive √©conomique (ZEE) plus au sud[338] - [339].

Terrorisme

Le Maroc est confronté depuis plusieurs années au terrorisme islamiste, malgré une présence accrue des autorités sur le terrain de la lutte antiterroriste : l'une des principales cellules islamistes est le Groupe islamique des combattants marocains (GICM).

Les attentats de Casablanca du 16 mai 2003, qui visent en particulier la communaut√© juive (un centre social, un cimeti√®re et une pizzeria casher) font 45 morts[340] et une centaine de bless√©s. Fin d√©cembre 2006, deux islamistes marocains sont condamn√©s √† mort[340] par le tribunal antiterroriste de Sal√© pour ¬ę pr√©paration d'actes terroristes au Maroc ¬Ľ.

En 2007, plusieurs attentats-suicides touchent Casablanca, dans un cybercaf√© le 11 mars √† Sidi Moumen et trois autres dans le quartier El Farah le 10 avril. Deux policiers sont bless√©s lors de la deuxi√®me explosion, un succombe √† ses blessures lors de son transfert √† l'h√īpital, l'autre a des blessures moins lourdes et survit[341].

Le samedi , un terroriste s'est fait exploser devant le Centre am√©ricain de langue, alors qu'un autre s'est fait exploser quelques secondes apr√®s √† une centaine de m√®tres de lui. Ces explosions n'ont fait aucun mort sauf les kamikazes eux-m√™mes. La police a r√©ussi dans la journ√©e √† arr√™ter le chef de la cellule terroriste ainsi que son adjoint, et a pu localiser leur laboratoire o√Ļ ils fabriquaient les explosifs[342].

Les attentats de 2007 ont été perpétrés à l'aide d'explosifs artisanaux de très faible puissance. Aucun lien entre ces derniers attentats et le terrorisme islamiste international n'a pu être établi de façon certaine, contrairement aux attentats de 2003.

Le jeudi , au centre de Marrakech, a lieu un attentat dans le café Argana tuant 17 personnes dont plusieurs touristes[343].

Le dimanche , au lendemain des attentats perpétrés en France par des islamistes radicaux, le Maroc a dépêché son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Salaheddine Mezouar pour représenter le royaume. Le ministre marocain a été le seul à poser des conditions basées sur des considérations religieuses à sa participation à la marche multiconfessionnelle pour dénoncer les attentats. Le Maroc a été le seul pays représenté officiellement à ne pas participer à la marche de solidarité[344] - [345].

Démographie

√Čvolution de la d√©mographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Populations donn√©es en milliers d'habitants.

D'apr√®s le recensement de la population l√©gale de 2014, le Maroc comptait alors environ 33,84 millions d'habitants, dont 86 206 √©trangers[346].

Le pays a connu tout au long du XXe si√®cle une forte croissance d√©mographique qui a multipli√© par 6 sa population depuis 1912. Durant la m√™me p√©riode, la proportion de citadins a augment√© constamment atteignant 55 % en 2005 : le pays compte aujourd'hui une trentaine de villes de plus de 100 000 habitants (alors qu'il n'en existait aucune un si√®cle auparavant) ; trois agglom√©rations comptent plus d'un million d'habitants : Casablanca, Rabat-Sal√© et F√®s.

Le Maroc est un des premiers pays d'Afrique après la Tunisie et l'Algérie à avoir entamé sa transition démographique : l'indice de fécondité synthétique a chuté de 7,2 à 2,5 entre 1962 et 2004[347].

√Čvolution d√©mographique
Année191219361952196019711982199420042014
Population totale579,111,615,420,426,129,933,8
Population urbaine0,41,42,43,45,48,713,416,520,4
Pourcentage8 %20 %26 %29 %35 %43 %51 %55 %60,3 %
Source 2005[348]

Arabes, Berbères et Noirs

La population marocaine est principalement de souche berbère (berbérophones et Berbères arabisés), arabe et juive. Les principales ethnies berbères sont les Chleuhs, les Rifains et les Zayanes. Une partie des arabophones des plaines atlantiques et du Sahara descend des Banu Hilal et des Banu Maqil venus sous le règne des Almohades et des Mérinides. La traite des Noirs, probablement présente dès le VIIe siècle[349] et qui ne s'achève qu'au début du XXe siècle[350] a également contribué à un certain métissage de la population[351].

A partir de la fin du XVe siècle et jusqu'au début du XVIIe siècle, le Maroc accueille des populations fuyant la chute d'Al-Andalus : Andalous principalement arabophones, Juifs megorachim et enfin Morisques.

Le XXe si√®cle voit le bouleversement des structures sociales et d√©mographiques marocaines, marqu√© par l'exode juif vers Isra√ęl, l'Europe et l'Am√©rique du Nord, les mouvements de migration internes dus √† l'exode rural, ainsi que l'installation de communaut√©s europ√©ennes √† partir de la premi√®re moiti√© du XXe si√®cle puis africaines subsahariennes √† partir du d√©but du XXIe si√®cle.

Turcs, convertis et Jenkanes

On trouve aussi plus rarement des éléments d'origine turque ou kouloughlis, témoins d'échanges historiques entre le Maroc et l'Empire ottoman, et qui sont établis dans certaines villes comme Oujda, Tétouan et Rabat[352] - [353], et d'autres éléments, d'ascendance européenne, liés à la présence multiséculaire de renégats occidentaux convertis à l'islam[354] (parmi les renégats les plus connus de l'histoire marocaine figurent l'Espagnol Jawdar Pacha, le Néerlandais Murad Reis, l'Anglais Ahmed El Inglizi et la Corse Dawia Franceschini).

Par ailleurs, le Maroc aurait également accueilli une population de Gitans nommés les Jenkanes[355] et probablement apparentés aux Doms.

Juifs

Exécution d'une juive au Maroc (Sol Hachuel) par Dehodencq (1860)
Inscription funéraire au nom en grec de Caecilianus, qualifié de chef de la communauté juive de Volubilis et fondateur sa synagogue (IIIe siècle).

Install√©s dans l'actuel Maroc depuis l'Antiquit√© (entre 1500 et 600 av. J.-C.), les Juifs connaissent ensuite la p√©riode romaine de la Maur√©tanie tingitane[356], la p√©riode pr√©-islamique des Vandales et des Byzantins puis la conqu√™te musulmane du pays[357] - [358] - [359], pour devenir durant des si√®cles des sujets tol√©r√©s dans leur statut de dhimmis, payant l'imp√īt de capitation (la djizia) mais subissant toujours une rigueur et une discrimination religieuses et sociales faites de pers√©cutions antijuda√Įques ou antis√©mites, selon les historiens[360], qui humilient, maltraitent, appauvrissent, massacrent ou assimilent de force une grande partie de cette communaut√©, √† coups d'abus de pouvoir et d'arbitraire[361] - [362]. Ainsi, certaines familles fassies descendent de Juifs islamis√©s √† l'√©poque des Almohades et sont nomm√©es les Beldiyin[363].

Leur condition varie ¬ę avec des degr√©s de gravit√© plus ou moins diff√©rents selon le contexte politique, la conjoncture √©conomique et la localisation g√©ographique ¬Ľ au Maroc[361].

Traditionnellement, les Juifs citadins devaient résider dans des quartiers nommés mellahs et situés dans les villes principales dans le voisinage des palais du sultan et porter des vêtements qui les discriminent[361].

La communauté juive était généralement bilingue voire polyglotte et employait outre le français (depuis le début du XXe siècle), le dialecte judéo-marocain, le judéo-espagnol local (haketiya), la darija marocaine ou l'une des différentes langues amazighes en fonction de son origine géographique et culturelle (séfarade andalouse avec les Megorachim ou berbère autochtone avec les Tochavim) ; l'hébreu étant alors exclusivement réservé à la liturgie religieuse et à l'étude des textes de la Torah et du Talmud.

Ruines du mellah de Mogador

Apr√®s la cr√©ation de l'√Čtat d'Isra√ęl, suivie des √©meutes antijuives de Oujda et J√©rada en 1948[364], celle de Petit-Jean (Sidi Kacem) en 1955 (et malgr√© les paroles rassurantes de Mohammed V dans son discours du Tr√īne)[365], apr√®s les pers√©cutions antijuives des ann√©es 1960 par les Oul√©mas, l'Istiqlal ou le ministre Allal El Fassi[366] - [367] - [368], et apr√®s les diff√©rentes guerres isra√©lo-arabes qui suscitent de nouveaux troubles, l'essentiel de la minorit√© juive marocaine (forte de plus de 350 000 personnes au moment de l'ind√©pendance en 1956)[369] - [370] - [371] quitte le pays avec difficult√©, en raison de l'opposition des autorit√©s[366] - [367]. De nos jours, il reste moins de 3 000 Juifs[372] vivant √† Casablanca et dans les grandes villes marocaines[373] mais les petites communaut√©s rurales juives berb√©rophones (notamment de l'Atlas, la vall√©e du Draa et l'Anti-Atlas) ont totalement disparu.

Depuis 1997, Casablanca abrite le mus√©e du Juda√Įsme marocain[374] et depuis 2016, son annexe le mus√©e El Mellah.

Etrangers

La plupart des étrangers vivant au Maroc sont des Français, des Algériens et des Espagnols, auxquels s'ajoutent des Africains subsahariens, des Indiens (communauté établie depuis les années 1930[375]), des Chinois[376] et des Syriens réfugiés fuyant la guerre qui ravage leur pays. De plus en plus de retraités européens viennent vivre au Maroc, en particulier à Marrakech et à Agadir.

Islam

C√©l√©bration de l'A√Įd el-Fitr au Maroc

La religion la plus représentée est l'islam, qui regroupe 99,9 % des croyants. L'islam est la religion officielle, mais la coexistence avec les autres religions est effective (la pratique des autres religions révélées est d'ailleurs garantie par la Constitution).

La journ√©e est rythm√©e par cinq appels √† la pri√®re. La vie religieuse suit le calendrier musulman. Il d√©bute en 622, l'ann√©e o√Ļ le proph√®te Mahomet quitta La Mecque pour s'√©tablir √† M√©dine o√Ļ il avait beaucoup plus d'adeptes. L'ann√©e h√©girienne, ann√©e lunaire, se compose de douze mois, mais est plus courte que l'ann√©e solaire. Le mois de Ramadan et les grandes f√™tes religieuses varient par rapport au calendrier gr√©gorien.

La vie civile est régie par le calendrier grégorien. À la différence d'autres pays musulmans, le week-end se compose du samedi et du dimanche. Le vendredi n'est pas férié mais administrations et services publics allongent leur pause-déjeuner pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière[377].

Juda√Įsme, christianisme, baha√Įsme

Jeunes juifs lors des festivités de Pourim à Demnate (1955)

Le juda√Įsme et le christianisme (ce dernier reste principalement repr√©sent√© par les r√©sidents europ√©ens et par un certain nombre de ressortissants subsahariens) suivent avec respectivement 0,01 % et 0,2 % de la population[25].

Sur les 265 000 Juifs qui vivaient au Maroc il y a une cinquantaine d'ann√©es[370], 35 000 Juifs √©migr√®rent en Isra√ęl avant 1954, 33 000 Juifs apr√®s 1956 ; la majorit√© d'entre eux quitt√®rent le Maroc lors de la guerre du Kippour (1973), craignant l'antis√©mitisme ou que le Maroc ne rejoigne ce conflit[361]. Seulement environ 3 000 en 2013, et environ 2 200 en 2017 vivent au Maroc √† l'heure actuelle[378] - [372], o√Ļ ils sont devenus des citoyens √† part enti√®re. En tout, les deux tiers des anciens Juifs marocains se sont expatri√©s sur le territoire isra√©lien[379] et les autres notamment au Canada, en France voire en Espagne[380] - [361].

Cimetière chrétien à Oujda

Divers dirigeants chr√©tiens locaux estiment qu'entre 2005 et 2010, il y a 5 000 citoyens marocains convertis au christianisme (principalement protestantisme √©vang√©lique) qui fr√©quentent r√©guli√®rement les √©glises de maison et vivent principalement dans le sud[381]. Certains dirigeants chr√©tiens marocains estiment qu'il pourrait y avoir jusqu'√† 8 000 chr√©tiens dans tout le pays, mais nombre d'entre eux ne se r√©uniraient pas r√©guli√®rement par crainte de la surveillance du gouvernement et de la pers√©cution sociale[382]. Le nombre de Marocains convertis au christianisme (la plupart gardent leur foi secr√®te pour ne pas √™tre pers√©cut√©s) est estim√© entre 8 000 et 50 000[383] - [384] - [385] - [386].

La communauté baha'ie, située dans les zones urbaines, compte 350 à 400 personnes[382].

Langues

Les langues officielles du Maroc sont le berbère[387] et l'arabe classique qui se décline lui-même en plusieurs dialectes parlés selon les régions, comme les parlers hilaliens dans les plaines occidentales par exemple.

Le pays considère comme autres langues culturelles le français et l'espagnol (au Sahara occidental).

Littéraire

La langue enseignée dans les écoles publiques et employée à l'écrit, dans les discours formels et les médias est l'arabe littéraire.

Elle n'est bien ma√ģtris√©e que par la population la plus √©duqu√©e.

Dialectal

Par un phénomène de diglossie, le dialecte arabe couramment parlé dans la rue et la vie quotidienne est la darija, ou arabe marocain, langue maternelle des Marocains arabophones (environ 60 % de la population[388]) et pratiquée également par les berbérophones dans leur grande majorité (bien que beaucoup d'hommes et de femmes, surtout en milieu rural, ne parlent que le berbère). La darija diffère peu des autres dialectes du Maghreb mais est incompréhensible pour les locuteurs du Machrek, contrairement à l'arabe littéraire qui sert alors de lingua franca.

Le hassanya, dialecte arabe utilisé dans le Sahara et les régions du sud (Guelmim, Assa, Tarfaya, M'Hamid El Ghizlane), est cité lui aussi dans la Constitution, après l'arabe et l'amazighe[387].

Amazighe (berbère)

Environ 40 %[388] de la population parle l'amazighe[389]. La reconnaissance de l'amazighe est une revendication ancienne des mouvements berb√®res qui s'estiment culturellement opprim√©s par la politique d'arabisation men√©e apr√®s l'ind√©pendance. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI a cr√©√© l'Institut royal de la culture amazighe[1], r√©gi par le dahir royal no 1-01-299 et qui a pour vocation de donner avis ¬ę sur les mesures de nature √† sauvegarder et √† promouvoir la langue et la culture amazighes dans toutes ses formes et expressions ¬Ľ.

Le , la Constitution approuv√©e par r√©f√©rendum √† plus de 98 %[390], fait de l'amazighe une langue officielle du Maroc, apr√®s l'arabe, et institue un Conseil national des langues et de la culture marocaine ¬ę charg√© notamment de la protection et du d√©veloppement des langues arabe et amazighe ¬Ľ. Cette mesure, consid√©r√©e comme une d√©faite par certains arabophones[391], ne satisfait pas pleinement les amazighophones qui notent que seul l'arabe, dans la Constitution, b√©n√©ficie de la protection et des efforts de d√©veloppement de la part de l'√Čtat.

√Čtant une langue de tradition principalement orale, la langue berb√®re pr√©sente de nombreuses variantes r√©gionales ou locales dans toute l'Afrique du Nord. Pour ce qui concerne le Maroc, les linguistes ont coutume de distinguer trois principaux parlers, le rifain au Nord, le tachelhit au Sud et le ¬ę tamazight du Maroc central ¬Ľ[392], en plus de dialectes parl√©s par un nombre plus restreint de locuteurs comme le chleuh de Figuig √† l'est, le ghomari[393] au nord et le sanhadji de Srayr[393] dans le sud du Rif. Cependant cette classification reste tr√®s th√©orique, la transition entre ces diff√©rentes variantes √©tant progressive ; de plus, les mouvements de population et notamment l'√©migration vers les villes modifient la r√©partition traditionnelle.

L'amazighe développé par l'IRCAM se veut une langue commune à toutes les régions du royaume, empruntant un peu à tous les dialectes et réinventant l'alphabet tifinagh, au risque de créer un sabir incompréhensible pour tous.

Français

Le fran√ßais est la langue de l'√©conomie, des √©tudes sup√©rieures scientifiques et techniques, et la langue de travail de plusieurs minist√®res. Il est enseign√© dans les √©coles primaires, coll√®ges et lyc√©es, dans toutes les universit√©s et dans les √©coles sup√©rieures. Le fran√ßais intervient √©galement de facto comme langue administrative √† c√īt√© de l'arabe. La forte persistance du fran√ßais dans la vie administrative est en partie due au r√®gne du roi Hassan II (1961-1999), monarque notoirement connu pour sa ma√ģtrise de cette langue et ayant effectu√© l'int√©gralit√© de ses √©tudes en France.

L'enseignement dans les √©coles publiques ayant √©t√© arabis√© puis islamis√© dans les ann√©es 1980, les familles issues de l'√©lite marocaine pr√©f√®rent scolariser leurs enfants dans le priv√© afin de leur donner une meilleure ma√ģtrise du fran√ßais et une meilleure ouverture sur le monde.

Selon une enqu√™te publi√©e en 2010[394], le fran√ßais est tr√®s largement ma√ģtris√© au Maroc : 10 366 000 personnes sont consid√©r√©es comme francophones (sachant le lire et l'√©crire), soit 32 % de la population totale ou 39 % de la population √Ęg√©e de 10 ans et plus. Ceci n'inclut pas les personnes sachant parler le fran√ßais mais qui ne savent pas l'√©crire ou le lire. Le fran√ßais est bien plus parl√© en ville qu'en milieu rural.

Plusieurs régions marocaines sont membres de l'Association internationale des régions francophones[395] et le Maroc fait partie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Autres langues

L'espagnol reste pratiqué dans le nord du pays et dans le Sahara, du fait de l'ancienne présence espagnole.

L'anglais, l'allemand et l'italien sont aussi très pratiqués dans le secteur touristique.

√Čducation sup√©rieur

[137]

Une √©tude de la Revue internationale d'√©ducation de S√®vres juge ¬ę vitale une r√©forme radicale qui permettra au syst√®me √©ducatif marocain de progresser et de remplir ses missions ¬Ľ. Une classe peut ainsi comprendre une cinquantaine d'√©l√®ves[137].

Il existe au Maroc une quinzaine d'universit√©s publiques comprenant 230 000 √©tudiants, et plusieurs universit√©s priv√©es dont l'universit√© Al Akhawayn √† Ifrane et l'Universit√© internationale de Rabat. Le Maroc compte aussi un grand nombre de grandes √©coles d'ing√©nieurs et de commerce telles que l'Acad√©mie internationale Mohammed VI de l'aviation civile, l'EHTP, l'EMI, l'ISCAE et l'ENCG.

Immigration

Il existe au Maroc une importante communaut√© alg√©rienne issue notamment des vagues d'exil datant de la p√©riode coloniale (ces vagues concernent aussi la Tunisie). Le Maroc accueillait √©galement en 2007 une communaut√© d'expatri√©s fran√ßais de l'ordre de 120 644 individus[396]. Enfin, les divers protocoles d'accords culturels sign√©s avec de nombreux pays africains et portant notamment sur l'octroi de bourses d'√©tudes ont permis au Maroc d'accueillir en 2007 une communaut√© de 9 500 √©tudiants subsahariens (chiffre repr√©sentant 70 % de l'ensemble de la communaut√© estudiantine √©trang√®re)[397].

Par ailleurs une communaut√© chinoise commence √† se constituer √† Casablanca, notamment au sein du quartier commer√ßant de Derb Omar[398]. Signe de relations anciennes avec l'Asie, le Maroc abritait d√©j√† une communaut√© indienne historique √©tablie depuis les ann√©es 1930[375]. Depuis le d√©clenchement de la guerre civile syrienne en 2011, le Maroc accueille √©galement des r√©fugi√©s originaires de Syrie. Une importante communaut√© belge existe aussi au Maroc. En f√©vrier 2016, 4 000 Belges r√©sident au Maroc et sont inscrits au consulat belge, et entre 20 000 et 40 000 Belges y s√©journent l'essentiel de l'ann√©e[399].

Armée et police

Les diff√©rents corps d'autorit√© ayant un pouvoir de police sont la Direction g√©n√©rale de la S√Ľret√© nationale (DGSN ‚ÄĒ police urbaine √† statut civil), la Gendarmerie royale (police rurale √† statut militaire), les Forces auxiliaires (garde nationale et territoriale ‚ÄĒ rurale, urbaine, aux fronti√®res ‚ÄĒ √† statut militaire), la Direction g√©n√©rale des affaires int√©rieures (police pr√©fectorale et provinciale, avec contr√īle administratif et territorial par les moqqademns, chioukhs, ca√Įds, pr√©fets, walis), la Douane (police fiscale), la Protection civile (sapeurs-pompiers de protection), la Brigade des eaux et for√™ts (police des eaux et for√™ts).

Parmi ces différents corps, seules la DGA, la Protection civile et la Brigade des eaux et forêts ne sont pas armés. Certains corps sont régis comme paramilitaires (Gendarmerie royale, Forces auxiliaires, Protection civile).

La fonction d'autorit√© est attribu√©e √† tous ces corps. La fonction de police est attribu√©e √† la DGSN, √† la Gendarmerie royale, aux Forces auxiliaires et √† la DGA. Quant √† la fonction militaire de d√©fense, elle est attribu√©e √† la Gendarmerie, aux Forces auxiliaires et bien s√Ľr aux Forces arm√©es.

Les armées marocaines se composent de :

  • une arm√©e r√©guli√®re professionnelle de 256 000 hommes, les Forces arm√©es royales, d√©pendant de l'Administration de la d√©fense nationale (ADN) ;
  • une garde nationale de 45 000 militaires, les Forces auxiliaires, qui d√©pendent du minist√®re de l'Int√©rieur ;
  • une r√©serve de 250 000 militaires.

Soit 301 000 militaires professionnels et 250 000 militaires r√©servistes, au total environ 550 000 soldats.

En effectif, l'armée marocaine est la deuxième armée d'Afrique, derrière l'armée égyptienne, et la 21e armée au monde.

En ao√Ľt 2018, le gouvernement marocain adopte un projet de loi r√©tablissant le service militaire obligatoire dans le royaume, o√Ļ la conscription avait √©t√© abolie depuis 2006[400].

Forces armées royales

Les Forces arm√©es royales sont un ensemble de cinq arm√©es d√©pendant de l'Administration de la d√©fense nationale. Le roi du Maroc porte le titre de ¬ę chef supr√™me et chef d'√©tat-major g√©n√©ral des Forces arm√©es royales ¬Ľ. Celles-ci ont √©t√© cr√©√©es le 14 mars 1956, √† la fin du r√©gime du Protectorat (la Marine royale a seulement √©t√© fond√©e en 1960). Elles ont combattu lors de la guerre des Sables en 1963, puis sur le front du Golan en 1973, contribu√© √† sauver le r√©gime za√Įrois en 1977 lors des guerres du Shaba, se sont illustr√©es lors des affrontements avec le Polisario pour le contr√īle du Sahara occidental, surveillent le mur marocain et ont particip√© en 1991 √† la guerre du Golfe. Elles sont √©galement intervenues en Somalie en 1993 et au Kosovo en 1999.

Le , elles ont d√©fil√© sur les Champs-√Člys√©es, ce qui √©tait alors exceptionnel pour une arm√©e non fran√ßaise, √† l'invitation du pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise de l'√©poque : Jacques Chirac[401].

Aujourd'hui, elles participent aux missions de paix (MONUC, ONUCI, EUFOR, KFOR‚Ķ). Elles sont tr√®s bien entra√ģn√©es et consid√©r√©es comme l'une des meilleures arm√©es africaines. De nombreux g√©n√©raux, mais aussi officiers et sous-officiers africains, sont form√©s √† l'√©cole militaire de Rabat o√Ļ l'ancien souverain Hassan II a √©t√© form√©.

Composition

Plaque d'immatriculation des voitures de l'Armée royale du Maroc

Les FAR sont des armées régulières et comprennent cinq armées :

Elles disposent aussi d'une r√©serve de 250 000 militaires.

Les FAR sont compos√©s ainsi de 256 000 militaires professionnels et 250 000 militaires r√©servistes, soit au total 506 000 soldats.

Garde royale
Drapeau de la garde royale marocaine.

La Garde royale marocaine est un corps d'armée chargé de la sécurité du roi et des palais royaux. Elle a aussi une fonction protocolaire.

Elle est compos√©e aujourd'hui de plus de 5 000 hommes r√©partis en quatre bataillons d'infanterie et services, et deux groupes d'escadrons √† cheval.

La Garde royale puise ses origines dans la prestigieuse Garde noire qui fut cr√©√©e en 1088 par l'√Čmir almoravide Youssef Ibn Tachfine pour assurer sa protection. Elle doit ce nom de garde noire √† l'origine de ses troupes, traditionnellement recrut√©es aux confins m√©ridionaux des territoires du sultan, dans la r√©gion du fleuve S√©n√©gal et sur l'ancien territoire de l'Empire songha√Į du Mali, appel√© alors Soudan marocain, ainsi qu'en Guin√©e.

Gendarmerie royale

√Ä l'ind√©pendance du Maroc, la Gendarmerie royale marocaine fut cr√©√©e par le d√©cret-loi (Dahir) du et prit la rel√®ve de la l√©gion de gendarmerie fran√ßaise du Maroc. Elle se compose aujourd'hui de 23 000 hommes. Le d√©cret-loi reprend tr√®s largement le d√©cret organique fran√ßais du et prolonge ainsi l'organisation, les principes d'action et les missions de l'ex-l√©gion dissoute. Depuis octobre 1999, la gendarmerie royale est membre de l'Association internationale de gendarmeries et forces de police √† statut militaire (FIEP).

La gendarmerie fait partie intégrante de l'Administration de la défense nationale, notamment en sa qualité de Police militaire judiciaire. Il s'agit d'une armée dans l'armée, tant cette gendarmerie concentre des pouvoirs et moyens (financiers et militaires) très importants (Gendarmerie marine, de l'air, de terre, de police administrative, de police judiciaire, de police militaire judiciaire, mobile, d'intervention (GIGR), de sécurité royale, et la fameuse élite de gendarmerie qui constitue le corps de la Garde royale). Ainsi l'on voit que la gendarmerie royale est l'élite des forces armées marocaines.

Elle est rattachée pour emploi au roi, chef suprême et chef de l'état-major général des forces armées royales, et pour administration et gestion au Secrétariat général pour l'administration de la défense nationale qui reçoit délégation du Premier ministre. Elle assure d'ailleurs la sécurité du souverain.

La gendarmerie relève également du ministre de la Justice, pour l'exercice de la police judiciaire, et du ministre de l'Intérieur pour l'exercice de la police administrative.

Les principes d'action sur le service de la gendarmerie royale sont contenus dans le Dahir du 14 : la gendarmerie royale assure des missions de police judiciaire (à la campagne), administrative, militaire (en temps de paix ou en temps de guerre), de service d'ordre, de maintien de l'ordre…

Forces auxiliaires marocaines

Les Forces auxiliaires marocaines sont des forces paramilitaires non arm√©es qui ¬ę concourent avec les autres forces de police ¬Ľ et que l'on retrouve aupr√®s des diff√©rents corps d'autorit√© du Maroc. Les agents des Forces auxiliaires sont anciennement nomm√©s Mkhaznis ou Mrouds. Autrefois pr√©sents partout y compris en ville pour disperser les manifestations, les attroupements de hooligans les jours de match, assurer les couvre-feux apr√®s minuit jusqu'√† 1985, et garder des b√Ętiments publics, voire des banques priv√©es. Aujourd'hui tous les √©tablissements publics ont √©t√© forc√©s de faire appel √† des soci√©t√©s de s√©curit√© priv√©es, except√© les tribunaux et les prisons qui sont gard√©es par des policiers. √Ä cause de leurs r√īles comme forces anti√©meutes pendant les ann√©es 1980, les √©l√©ments des Forces auxiliaires ont √©t√© pendant longtemps m√©pris√©s par la soci√©t√© marocaine, m√™me une fois d√©ploy√©s en zones rurales o√Ļ ils apportent un grand soutien √† la pr√©vention des feux de for√™ts, participent aussi √† √©teindre les feux avec les pompiers, aident les populations rurales en cas de sinistres. Les FA sont aussi post√©es sur les rives maritimes, prot√®gent les randonneurs et surveillent les zones de baignade dangereuse, gardent les c√ītes contre les trafics d'armes, de drogues, d'√©migration clandestine et de vol de sable en zone fragile.

Malgr√© leur disponibilit√©, ces derniers sont les premiers √† intervenir en cas d'inondation par exemple. Les Marocains, notamment les jeunes, gardaient encore une relative haine envers les FA ; cependant, depuis un triste √©v√©nement survenu en 2010 o√Ļ pendant une de leurs interventions √† Gdeim Izik dans une zone rurale √† une dizaine de kilom√®tres de La√Ęyoune pour disperser un campement sauvage d'activistes Sahraouis, les FA ont perdu onze de leurs membres assassin√©s[402] par des jeunes militants Sahraouis pro-Polisario. Une partie de ces onze membres assassin√©s ont √©t√© √©gorg√©s par les militants ind√©pendantistes sahraouis, film√©s et post√©s sur YouTube. Depuis cet incident les Forces auxiliaires b√©n√©ficient d'un grand √©lan de sympathie de la part de la population marocaine, un √©lan qui a √©t√© exploit√© par quelques membres de ces Forces qui postaient anonymement sur internet la situation pr√©caire de leurs revenus. √Ä la suite de cela, des collectes de dons en faveur des enfants des membres de FA assassin√©es et plusieurs p√©titions ont eu lieu pour r√©clamer la mise √† niveau de leurs salaires, chose qui a √©t√© accomplie en 2011[403] puis en 2014[404]. La r√©√©valuation des salaires des Forces auxiliaires fut compliqu√©e. Tout d'abord du fait que le Maroc est une d√©mocratie et donc contrairement aux nombreuses dictatures militaires du tiers-monde o√Ļ les seuls fonctionnaires bien entretenus sont les militaires, au Maroc g√©n√©ralement pour le m√™me niveau d'√©tudes, un civil est mieux r√©tribu√© qu'un militaire. Les FA ont un statut militaire mais d√©pendent du minist√®re de l'int√©rieur, cependant le revenu des forces auxiliaires rel√®ve du budget du minist√®re de la D√©fense. Alors qu'au minist√®re de l'Int√©rieur les plus bas √©chelons de r√©mun√©ration des policiers d√©passaient 3 000 dirhams ou 4 000 s'ils sont mari√©s, le revenu des forces auxiliaires avant 2011 √©tait d√©risoire (√† peine 1 400 dirhams) quoiqu'ils officiaient souvent en zones rurales et b√©n√©ficiaient d'un logement de fonction. Depuis 2011 au moins trois augmentations majeures ont eu lieu les concernant mais on ne conna√ģt toujours pas leur salaire actuel.

Les Forces auxiliaires se composent de 47 000 hommes[403] et constituent l'un des six corps des Forces arm√©es du Maroc, √† c√īt√© de la Gendarmerie, de l'Arm√©e de terre, de l'aviation, de la marine et de la Garde royale. Les FA sont en tr√®s grande majorit√© des unit√©s paramilitaires non arm√©es, elles ne portent que des matraques en caoutchouc. Cependant, les unit√©s servant de gardes-c√ītes et assistant √† la surveillance des fronti√®res sont arm√©es. Comme armement, elles poss√®dent des MAS 36, des AK-47, des MAG et des v√©hicules blind√©s Thyssen Henschel UR-416, Panhard AML.

Protestations sociales

Manifestation réclamant des réformes et plus de démocratie (février 2011)

De 2011 √† 2013, le Maroc a connu une grande vague de protestations sociales sans pr√©c√©dent o√Ļ des centaines de manifestations immenses ont eu lieu dans tout le pays ; dans les villes la s√©curit√© des cort√®ges a √©t√© assur√©e par des policiers afin d'√©viter les pillages de magasins et les √©chauffour√©es. Dans les petits villages et en zone rurale ce sont les forces auxiliaires qui ont jou√© le r√īle d'unit√©s anti√©meutes.

35 arrestations et des dizaines de blessés lors d'une manifestation à Casablanca (22 mai 2011)

Alors qu'on a dénombré des morts assassinés par les forces de l'ordre par centaines voire par milliers dans la plupart des pays lors du printemps arabe, au Maroc les manifestants descendirent dans la rue chaque dernier dimanche du mois par millions sans qu'aucune victime ne soit à déplorer dans aucune manifestation.

Les forces auxiliaires qui sont souvent d'un √Ęge tr√®s avanc√© qui les emp√™che de communiquer avec les jeunes semblaient avoir bien pris conscience que ce furent ces m√™mes jeunes qui ont r√©ussi √† leur obtenir leur augmentation salariale gr√Ęce √† leurs p√©titions Facebook, les jeunes manifestants distribuaient parfois des fleurs aux forces anti√©meutes. Le chef de file du mouvement du 20 f√©vrier qui fut √† l'origine de ces grandes manifestations est fils d'un policier au plus bas de l'√©chelle, que sa hi√©rarchie harcelait et avait tout fait pour qu'il change l'avis de son fils qui habitait encore sous son toit.

S√Ľret√© nationale

La S√Ľret√© nationale est un corps d'autorit√© et de police nationale √† statut civil, agissant dans les communes urbaines et d√©pendant du minist√®re de l'Int√©rieur.

Avec pr√®s de 60 000 policiers, la S√Ľret√© nationale est divis√©e en plusieurs services :

  • police judiciaire ;
  • s√©curit√© publique ;
  • syst√®mes d'information, de la communication et du diagnostic ;
  • renseignements g√©n√©raux ;
  • ressources humaines ;
  • √©quipement et budget.

L'importance des services et attributions de la S√Ľret√© nationale font d'elle un puissant corps d'autorit√©, √† statut civil mais rival de la Gendarmerie.

Sous la tutelle du ministère de l'Intérieur

Sous la tutelle du ministère de la Défense

Culture

Même si la grande majorité de sa population est musulmane avec un fond ethnique berbère prédominant, le Maroc se veut un pays multiculturel de par ses contacts multiples et plus ou moins importants tout au long de son histoire, notamment avec les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Vikings, les Arabes, les Juifs, les Portugais, les Ottomans, les Africains subsahariens, les Espagnols et les Français[405] - [406] - [407].

L'√©tat civil marocain n'autorise pas de nombreux pr√©noms que des parents marocains souhaitent donner √† leurs enfants pour des raisons de ¬ę rupture avec l'identit√© marocaine ¬Ľ[408]. Alors que cette mesure concernait surtout les pr√©noms berb√®res, elle ¬ę est de plus en plus √©largie aux appellations d‚Äôorigine arabe, li√©s √† l'islam ou parfois inspir√©s des c√©l√©brit√©s de cin√©ma[408]. ¬Ľ

Artisanat

Chromo vantant l'artisanat marocain (1937)

La région est réputée pour ses tapis de campagne, ses paniers et ses différents autres objets de grande utilité. Le tissage de tapis modernes et la broderie sont très prospères surtout dans les complexes artisanaux.

D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans de la région, tels que les tajines, les jarres, etc.

Les artisans marocains sont √©galement r√©put√©s pour avoir le sens de la ligne et de la couleur dont t√©moignent les objets en tout genre qu'ils fabriquent et ornementent. ¬ę Les plaques de m√©tal martel√©es repouss√©es cisel√©es sont populaires au Maroc. Le damasquinage, qui consiste √† ench√Ęsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent sur une surface de fer ou d'acier, se retrouve dans l'ornementation des armes, sabres et fusils. Les lanternes ajour√©es, aux verres multicolores et aux cuivres d√©coup√©s, sont d'un art d√©licat et fragile ¬Ľ[409]. En poterie, fa√Įences, c√©ramiques, les Marocains r√©v√®lent tout leur art dans la d√©coration des amphores, des terrines, des grands plats‚Ķ

Caftan marocain

Caftan marocain du XIXe siècle.

Les caftans du Maroc sont des v√™tements originaires de l'Andalousie mauresque (Al-Andalus) o√Ļ les √©lites arabo-musulmanes de l'Empire omeyyade (dont Zyriab, le p√®re de la musique arabo-andalouse) ont apport√© √† partir du IXe si√®cle les caftans emprunt√©s aux Perses.

Tajines in a pottery shop in Morocco

Entre le IXe et le XVe siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles, alors que l'Andalousie mauresque des Omeyyades de Cordoue s'est construite en opposition vis-à-vis de l'Empire abbasside de Bagdad. Cette divergence va se traduire entre autres par la divergence des tenues vestimentaires.

Fantasia

La célèbre fantasia marocaine.

Au vu des diverses archives actuelles, il est clair que cette tradition est bien inscrite dans le patrimoine séculaire équestre marocain.

Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en 1956 du pays), cette démonstration de fantasia va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse : les tribus guerrières rurales l'associeront, avec la collaboration active de la population, aux Moussem (fête des semailles, de la moisson) et à la fête d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire. La fête des saints a été instaurée au XVe siècle par les Mérinides[410].

Musées

Depuis 1997, Casablanca abrite le mus√©e du Juda√Įsme marocain[374]. M√©connu du grand public, il est probablement le seul mus√©e juif dans un pays arabe avec son annexe le mus√©e El Mellah √©galement √† Casablanca et inaugur√© en 2016. √Ä Rabat, le Mus√©e de l'histoire et des civilisations expose tout le patrimoine arch√©ologique du Maroc, de la Pr√©histoire jusqu'√† l'√©poque islamique en passant par les phases ph√©niciennes et romaines. Des sculptures de bronze et de marbre provenant de Volubilis sont notamment mises en valeur, comme le buste de Juba II ancien roi de Maur√©tanie.

Médias

Le premier journal √† appara√ģtre au Maroc √©tait un hebdomadaire anglophone appel√© ¬ę Maghreb Al Aksa ¬Ľ, en 1877. De telles publications n'√©taient g√©n√©ralement pas disponibles dans les villes marocaines jusqu'en 1908.

Pendant le protectorat fran√ßais, √† partir de 1920, commen√ßa l'apparition des publications fran√ßaises comme L'√Čcho du Maroc et La Vigie marocaine. Elle fut suivie par le lancement d'un groupe de presse appel√© Mas, qui publia Farmhouse ainsi que les quotidiens Le Petit Marocain et L'√Čcho du Maroc, bien que ces derniers continu√®rent √† s'adresser principalement aux √©trangers.

Ensuite, les nationalistes marocains tels que Mohamed Hassan Ouazzani commenc√®rent leurs propres publications. En 1933, ce dernier fonda ¬ę L'Action du peuple ¬Ľ, un hebdomadaire francophone. Plus tard, Abdelkhalek Torres et Mohamed Bennouna, √† T√©touan, publi√®rent en arabe, respectivement deux publications : ¬ę Al Salam ¬Ľ et ¬ę Al-Hayat ¬Ľ. Ces journaux donn√®rent aux nationalistes une plateforme pour exprimer leurs revendications ind√©pendantistes vis-√†-vis de la France et de l'Espagne. De plus en plus de journaux √©trangers furent publi√©s au Maroc.

Plus tard, le Maroc √©dita un ¬ę code de la presse ¬Ľ, le [411].

Actuellement

Le gouvernement marocain dispose de nombreux moyens audiovisuels comme la radio et la télévision marocaine (2M, Arriyada).

L'agence de presse marocaine Maghreb Arabe Presse et un quotidien en langue arabe Al-Anbaa sont des organes officiels du gouvernement. Des organes semi-officiels sont les suivants : le quotidien Assahra Al Maghribia, le quotidien de langue française Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Les Marocains ont √† leur disposition environ 2 000 publications locales ou √©trang√®res.

Gastronomie

Pastilla au poisson.
le Tajine.

La cuisine marocaine traditionnelle est extrêmement riche, elle tient un rang élevé dans le classement international des meilleures gastronomies[412].

Le couscous et le tajine sont consid√©r√©s comme des sp√©cialit√©s classiques et constituent les plats de r√©sistance des repas qui commencent par des assortiments de salades vari√©es (compos√©es de tomates, poivrons, oignons, carottes, etc.). Ils sont pr√©par√©s avec du mouton, du bŇďuf, (voire du dromadaire, principalement dans le Sud), de la volaille ou du poisson, accompagn√©s de l√©gumes ou de fruits secs. Le tajine de khlii aux Ňďufs, la bissara, les grillades de brochettes, les fritures de poissons et de fruits de mer, les sandwichs de type bocadillo (h√©ritage de l'influence espagnole dans le Nord), constituent les mets populaires par excellence, ainsi que les escargots vendus par les marchands ambulants et servis dans un bouillon aromatis√©. Durant les f√™tes, on mange d'autres plats plus raffin√©s : les pastillas, le tajine d'agneau au miel et pruneaux, le tajine de poulet aux olives et citron confit, la mrouzia, la seffa, la rfissa, le couscous tfaya, les briouates sal√©es farcies de kefta (viande hach√©e et √©pic√©e) et assez proches des samoussas, le m√©choui. Les soupes, comme la harira ou la hssoua, occupent une place importante, notamment pendant les repas de rupture du je√Ľne de ramadan.

Etals de p√Ętisseries marocaines (souk de Marrakech)

Le cumin, le safran, le ras el-hanout, le gingembre ou la cannelle agrémentent tous ces plats pour leur donner des colorations et des saveurs particulières.

Les p√Ętisseries traditionnelles, souvent √† base d'amandes, sont √©galement tr√®s diverses, et incluent par exemple les c√©l√®bres cornes de gazelle, les chebakias, ou les sabl√©s comme les ghoribas. Les beignets sfenj sont en outre largement consomm√©s pour accompagner le th√© √† la menthe, de m√™me que les cr√™pes msemmen et baghrir.

Danse

Ahidous au Maroc

Le ahidou est une danse collective traditionnelle, typique des Berbères du Moyen Atlas. Un demi-cercle se forme : hommes et femmes se croisent et se tiennent la main. Au milieu, un ou plusieurs chefs de troupe mènent la danse au son du bendir, un grand tambourin.

Cette danse symbolise l'unit√© de la communaut√© et un moyen pour r√©soudre des conflits quelquefois meurtriers qui se d√©roulaient autrefois au sein des tribus, comme le rappellent les pacifiques joutes po√©tiques (abraz) mais aussi les sabres, fusils, b√Ętons, utilis√©s par les danseurs.

Musique

Magasin vendant des instruments de musique marocains à Marrakech.

La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes ou familles de musique : la musique berbère (amazigh), la musique africaine, la musique internationale, la musique hassanie des régions du sud et la musique arabe.

La chanteuse marocaine Oum, en concert à Rabat.

Chaque groupe est lui-m√™me constitu√© de sous-groupes. Ainsi la musique arabe au Maroc est-elle constitu√©e de musique arabe moderne influenc√©e par la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (√Čgypte, Liban, Syrie, √Čmirats arabes unis, etc.), la musique arabe du terroir (populaire) propre √† chaque r√©gion du Maroc, g√©n√©ralement chant√©e en arabe dialectal de chaque r√©gion, la musique ¬ę classique ¬Ľ arabo-andalouse, elle-m√™me compos√©e de sous-groupes de F√®s, Rabat, Sal√©, T√©touan, Oujda (gharnati). Le Rif et les B√©ni Snassen constituent le berceau de la musique folklorique aarfa qui est la source de plusieurs genres de musique guerri√®re comme reggada, allaoui, n√Ęari. Il y a aussi le ra√Į de la r√©gion d'Oujda trouvant sa source √† proximit√© de la fronti√®re alg√©rienne (Oran, Tlemcen, Sa√Įda). La musique berb√®re du Souss se distingue par son syst√®me pentatonique, ce qui la rapproche de la musique √©thiopienne ou encore de la musique asiatique.

Enfin, il existe une nouvelle g√©n√©ration de jeunes, qui cr√©e une musique qui synth√©tise l'esprit marocain aux influences venues du monde entier (blues, rock, metal, reggae, rap marocain, etc.), soit une musique fusion. Un des √©v√®nements les plus importants de cette sc√®ne ¬ę underground ¬Ľ, est le festival du Boulevard des jeunes musiciens qui a lieu tous les ans √† Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un m√™me √©v√©nement culturel.

Le Festival Mawazine-Rythmes du Monde est un festival de musique organis√© chaque ann√©e aux mois de mai et juin, √† Rabat et Sal√© depuis 2001. Selon un classement de la chaine MTV, Mawazine est le deuxi√®me plus grand festival de musique dans le monde en 2013. La musique amazighe (berb√®re) est, elle aussi, divis√©e en sous-groupes, g√©n√©ralement suivant les diverses r√©gions et parl√©s : amazigh, tachelhite, tarifite, etc. Cette musique est aussi divis√©e en ¬ę moderne ¬Ľ et ¬ę traditionnelle ¬Ľ.

La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que le sud du Maroc, les paroles sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.

Cinéma

¬ę Cin√©ma indig√®ne ¬Ľ √† F√®s (1918)

Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au Maroc.

√Ä l'oppos√© d'autres cin√©mas d'Europe ou du Maghreb, l'√Čtat marocain a longtemps laiss√© son cin√©ma trouver par lui-m√™me les moyens n√©cessaires √† sa survie et son √©panouissement national et international, cr√©ant ainsi un d√©s√©quilibre entre cin√©ma commercial (souvent m√©diocre) et cin√©ma esth√©tisant √† public essentiellement √©litiste.

Festival de musique de Casablanca mettant à l'honneur les étudiants du cinéma (2011)

Le Protectorat fran√ßais du Maroc (1912-1956) avait √©tabli une commission de censure ayant surv√©cu √† l'ind√©pendance. Cet organisme de r√©glementation s'est occup√© jusqu'aux ann√©es soixante-dix surtout de contr√īler la distribution des films √©trangers en raison d'une production nationale encore faible compar√©e √† celle des pays francophones voisins[413]. De ce fait, le Maroc a laiss√© le champ libre √† d'autres cin√©mas concurrents qui se sont affirm√©s ais√©ment aupr√®s du public marocain ; aujourd'hui, il doit lui faire face avec plusieurs ann√©es de retard. Il en est de m√™me pour d'autres secteurs artistiques tel que la musique par exemple.

Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion du Festival international du film de Marrakech) et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voir infra). À ce jour, le cinéma marocain progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses ; le cinéma marocain est de plus en plus sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux, ce qui encourage de plus en plus de jeunes à se lancer dans une carrière dans le 7e art (voir infra). Ce progrès sert également de référence au cinéma africain.

Fronton du cin√©ma Teatro Espa√Īol √† T√©touan (2019)

Les cas de censures religieuses malgr√© la constitution de 2011 sont de plus en plus nombreux. Le film Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott (√©voquant l'exode hors d'√Čgypte des H√©breux) a tout d'abord obtenu son visa d'exploitation par le Centre cin√©matographique marocain, visa retir√© quelques heures avant la projection pour ¬ę raisons religieuses ¬Ľ[414] avant d'√™tre √† nouveau autoris√© apr√®s la censure de certaines sc√®nes.

En mai 2015, alors qu'il √©tait pr√©sent√© devant un parterre de professionnels lors de la Quinzaine des r√©alisateurs √† Cannes, le film Much Loved de Nabil Ayouch a √©t√© s√©v√®rement critiqu√© au Maroc au travers de quatre bandes-annonces mises √† disposition du Festival de Cannes. Le film, qui traite la r√©alit√© de la prostitution (f√©minine et masculine) au Maroc, et en particulier √† Marrakech, a d√©plu aux int√©gristes religieux et au gouvernement qui a d√©cid√© pour raison politique et religieuse une censure totale avant m√™me que la demande de visa d'exploitation ne soit d√©pos√©e, pr√©textant avoir visionn√© le film (alors qu'il n'a pas encore √©t√© diffus√© ailleurs qu'√† Cannes). Les motifs invoqu√©s sont de montrer la pure r√©alit√© de la prostitution, contrairement √† l'id√©ologie forcen√©e pr√īn√©e par le gouvernement islamiste et les int√©gristes religieux qu'il n'y a ni prostitution ni homosexualit√© au Maroc, et surtout √† Marrakech. Pourtant, un pr√©c√©dent film de 2012 du m√™me Nabil Ayouch, Les Chevaux de Dieu (√©voquant les attentats-suicides de Casablanca de 2003), plusieurs fois prim√©, montre une sc√®ne de viol d'un gar√ßonnet de 10 ans par un autre de 14 ans, situation qui a alors sembl√© ¬ę normale ¬Ľ aux institutions.

Sport

Le Maroc s'illustre dans de nombreux sports au niveau continental et mondial et constitue la locomotive du d√©veloppement du sport du continent africain et du monde arabe. √Ä titre d'exemple, l'augmentation √† cinq du nombre de pays africains √† repr√©senter l'Afrique √† la Coupe du monde de football est en partie due aux bonnes prestations que le Maroc r√©alise ces trois derni√®res d√©cennies dans ce sport. Il s'illustre √©galement dans d'autres comp√©titions internationales telles que l'athl√©tisme, la motomarine, le taekwondo, la boxe tha√Įe, la p√©tanque, etc. Voici quelques sportifs et √©quipes ayant marqu√© le sport marocain :

Athlétisme

Football

Tennis

Sports de combat

Pétanque

Le Maroc est champion du monde de pétanque à quatre reprises.

Galerie

Patrimoine national

Patrimoine naturel

La conscience sur le patrimoine naturel du Maroc est faible. Le film documentaire Le Fil vert aborde en 2010 le problème de la conservation de l'environnement et la biodiversité.

Monuments et sites remarquables du Maroc

Codes

Le Maroc a pour codes :

Notes et références

  1. ¬ę ‚īį‚Ķô‚ĶČ‚ĶŹ‚īį‚ī≥ ‚īį‚ī≥‚Ķć‚ī∑‚īį‚ĶŹ ‚ĶŹ ‚Ķú‚Ķď‚Ķô‚Ķô‚ĶŹ‚īį ‚Ķú‚īį‚Ķé‚īį‚Ķ£‚ĶČ‚ĶĖ‚Ķú ¬Ľ, sur www.ircam.ma (consult√© le ).
  2. (zgh) ‚īį‚ī∑‚Ķď‚Ķô‚Ķú‚Ķď‚ĶĒ ‚ĶŹ ‚Ķú‚ī≥‚Ķć‚ī∑‚ĶČ‚Ķú ‚ĶŹ ‚Ķć‚Ķé‚ĶĖ‚ĶĒ‚ĶČ‚īĪ [¬ę Constitution du Royaume du Maroc ¬Ľ] (trad. Mohamed LADIMAT), Rabat, Institut Royal de la Culture Amazighe,‚Äé (ISBN 978-9920-739-39-9, lire en ligne).
  3. United Nations, ¬ę Semaine de solidarit√© avec les peuples des territoires non autonomes | Nations Unies ¬Ľ, sur United Nations (consult√© le ).
  4. Voir l'article 1 de la Constitution de 2011.
  5. (en) Organisation des Nations unies, ¬ę Morocco ¬Ľ, (consult√© le ).
  6. ¬ę Territoire (km carr√©s) - Morocco ¬Ľ, Banque mondiale,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  7. ¬ę D√©cret royal n¬į 455-67 du 23 safar 1387 (2 juin 1967) portant loi relatif √† l'heure l√©gale ¬Ľ, sur Banque de Donn√©es Juridiques (consult√© le ).
  8. Esta es la fecha del cambio de horario en Marruecos.
  9. Cambio de hora y jornada laboral intensiva por Ramad√°n.
  10. Se acabó el Ramadán, Marruecos cambia de hora.
  11. ¬ę Changements d'heure pour ramadan, quels impacts ? ¬Ľ, sur TelQuel (consult√© le ).
  12. Ruth Cyr, Twentieth Century Africa, iUniverse, 2001 (ISBN 9780595189823), p.345 : ¬ę In 788 Idris, the first Arab ruler of the whole of Morocco, united the Berbers and Arabs under his rule, creating the first Moroccan state. He founded the Idrisid dynasty that reigned for almost two hundred years. ¬Ľ
  13. Ch.-A. Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, de la conqu√™te arabe √† 1830 - Tome II, p. 44 (√©d. Payot, 1961) : ¬ę Idriss Il n'√©tait pas seulement un fondateur de villes, il fut le fondateur du premier √Čtat marocain. ¬Ľ
  14. ¬ę tradition (...) reaches back to the origins of the modern Moroccan state in the ninth century Idrisid dynasty which founded the venerable city of Fes. ¬Ľ (G Joffe, ¬ę Morocco: Monarchy, legitimacy and succession ¬Ľ, in : Third World Quarterly, 1988.)
  15. ¬ę The Idrisids, the founder dynasty of Fas and, ideally at least, of the modern Moroccan state (...). ¬Ľ (¬ę Moroccan dynastic shurfa‚Äô‚Äźhood in two historical contexts: idrisid cult and ‚ÄėAlawid power ¬Ľ, The Journal of North African Studies, Volume 6, Issue 2, 2001 .)
  16. Pierre Houpert, ¬ę Ce jour-l√† : le 18 novembre 1955 √† Rabat, Mohammed V annonce la fin du protectorat fran√ßais sur le Maroc ¬Ľ, sur jeuneafrique.com, (consult√© le ).
  17. ¬ę Les √©tapes d√©cisives de l'ind√©pendance du Maroc ¬Ľ, sur Telquel.ma, (consult√© le ).
  18. ¬ę Le nouveau gouvernement de Guy Mollet poursuit la m√™me politique et une d√©claration commune, le 2 mars 1956, reconna√ģt la caducit√© du trait√© de F√®s de 1912. Des accords, conclus le 28 mai, d√©finissent les nouveaux rapports entre les deux pays. La mention ¬ę Protectorat de la R√©publique fran√ßaise au Maroc ¬Ľ, encore pr√©sente au Bulletin officiel de l'Empire ch√©rifien du 2 mars 1956, no 2263, a disparu du num√©ro suivant ¬Ľ (lire en ligne sur mip.univ-perp.fr).
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    De m√™me, l‚Äôamazigh constitue une langue officielle de l‚Äô√Čtat, en tant que patrimoine commun √† tous les Marocains sans exception.
    ...
    L'√Čtat Ňďuvre √† la pr√©servation du Hasani, en tant que partie int√©grante de l'identit√© culturelle marocaine unie, ainsi qu'√† la protection des parlers et des expressions culturelles pratiqu√©s au Maroc ¬Ľ
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