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Belgique

La Belgique (/bɛlʒik/[alpha 1] ; en nĂ©erlandais : BelgiĂ« /ˈbɛlÉŁiǝ/[alpha 2] ; en allemand : Belgien /ˈbɛlgiən/[alpha 3] ), en forme longue le royaume de Belgique[alpha 4], est un pays d’Europe de l'Ouest, bordĂ© par la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et la mer du Nord. Politiquement, il s'agit d’une monarchie constitutionnelle fĂ©dĂ©rale Ă  rĂ©gime parlementaire. Elle est l’un des six pays fondateurs de l’Union europĂ©enne et accueille, dans sa capitale Bruxelles, le Conseil de l'Union europĂ©enne et le Conseil europĂ©en, la Commission europĂ©enne, les Commissions parlementaires et six sessions plĂ©niĂšres additionnelles du Parlement europĂ©en, ainsi que d’autres organisations internationales comme l’OTAN. Le pays accueille Ă©galement, Ă  Mons, le Grand Quartier gĂ©nĂ©ral des puissances alliĂ©es en Europe (SHAPE). La Belgique couvre une superficie de 30 688 km2[5] avec une population de 11 507 163 habitants au [1], soit une densitĂ© de 373,97 habitants/km2.

Royaume de Belgique

(nl) Koninkrijk België

(de) Königreich Belgien

Devise

en français : L'union fait la force
en néerlandais : Eendracht maakt macht

en allemand : Einigkeit macht stark
Hymne La Brabançonne
FĂȘte nationale 21 juillet
· ÉvĂ©nement commĂ©morĂ©
Description de cette image, également commentée ci-aprÚs
Situation de la Belgique dans :
- l'Union européenne (vert clair) ;
- l'Europe (gris foncé).
Description de l'image Be-map-fr.png.
DĂ©mographie
Gentilé Belge
Population totale (1er janvier 2021[1]) 11 507 163 hab.
(classé 82e)
DensitĂ© 375 hab./km2
Économie
PIB nominal (2022) en augmentation 609,887 milliards de $
+ 1,64 % (21e)
PIB (PPA) (2022) en augmentation 715,658 milliards de $
+ 8,48 % (38e)
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 52 484,570 dollars
+ 1,17 % (17e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en augmentation 61 586,771 dollars
+ 7,97 % (20e)
Taux de chĂŽmage (2022) 5,9 % de la pop. active
- 4,58 %
Dette publique brute (2022) Nominale :
581,379 milliards d’euros
+ 5,93 %
Relative :
107,473 % du PIB
- 0,72 %
Monnaie Euro (EUR​)
DĂ©veloppement
IDH (2021) en augmentation 0,937[2] (trÚs élevé ; 13e)
IDHI (2021) en augmentation 0,874[2] (12e)
Coefficient de Gini (2020) 26,0 %[3]
Indice d'inégalité de genre (2021) en stagnation 0,048[2] (10e)
Indice de performance environnementale (2022) en augmentation 58,2[4] (21e)

SituĂ©e Ă  mi-chemin entre l’Europe germanique et l’Europe romane, la Belgique abrite principalement deux groupes linguistiques : les francophones, membres de la CommunautĂ© française et les nĂ©erlandophones, membres de la CommunautĂ© flamande. Elle comprend Ă©galement une minoritĂ© germanophone reprĂ©sentant environ 1 % de la population et constituant la CommunautĂ© germanophone de Belgique.

Les régions administratives de Belgique sont des entités fédérées comprenant : la Région de Bruxelles-Capitale au centre, une zone officiellement bilingue mais trÚs majoritairement francophone, la Région flamande néerlandophone, au nord, et la Région wallonne francophone, au sud[6]. C'est dans l'est de la région wallonne que réside la Communauté germanophone, dans les cantons d'Eupen et Malmedy, frontaliers avec l'Allemagne[7].

La diversité linguistique de la Belgique et ses conflits politiques connexes sont reflétés dans son histoire politique et dans son systÚme de gouvernement complexe[8] - [9].

Historiquement, la Belgique, le royaume des Pays-Bas et le grand-duchĂ© de Luxembourg Ă©taient connus, aux XVe – XVIIe siĂšcles, sous le nom de Pays-Bas, rĂ©gion qui correspondait Ă  un territoire un peu plus vaste que l’actuel Benelux, puisque les rĂ©gions de Lille, Arras, Douai, Valenciennes, MontmĂ©dy, ou encore Thionville en faisaient partie. La rĂ©gion qui couvrait donc une partie de la Belgique ainsi que du nord et de l'est de la France Ă©tait qualifiĂ©e de « Belgica » dans les documents rĂ©digĂ©s en latin, ce qui Ă©tait le nom qui avait Ă©tĂ© repris pour dĂ©signer les deux provinces romaines entre lesquelles la Gallia Belgica, conquise par Jules CĂ©sar et crĂ©Ă©e province romaine par Auguste, fut divisĂ©e en 297 sous DioclĂ©tien, l'une, la Belgica prima ayant pour capitale TrĂšves et l'autre, la Belgica secunda ayant pour capitale Reims. De la fin du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siĂšcle, le territoire correspondant Ă  la Belgique est un centre commercial et culturel prospĂšre et relativement cosmopolite dans ses principales villes. Du XVIe siĂšcle jusqu’à la rĂ©volution belge en 1830, quand la Belgique fait sĂ©cession des Pays-Bas, le territoire belge fut le thĂ©Ăątre de nombreuses batailles — essentiellement diplomatiques — entre diffĂ©rentes puissances europĂ©ennes, ce qui l’amĂšne Ă  ĂȘtre qualifiĂ© de « champ de bataille de l’Europe »[10], une rĂ©putation qui fut renforcĂ©e par les Guerres mondiales. Depuis son indĂ©pendance, la Belgique participa Ă  la rĂ©volution industrielle[11] - [12] en ayant Ă©tĂ© notamment la deuxiĂšme puissance industrielle du monde pendant prĂšs d'un siĂšcle[13] - [14] et, durant le cours du XXe siĂšcle, elle possĂ©da plusieurs colonies en Afrique[15]. La deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle a Ă©tĂ© marquĂ©e par des tensions entre les Flamands et les Wallons en raison des diffĂ©rences de langues et du dĂ©veloppement Ă©conomique inĂ©gal des deux rĂ©gions. Ce conflit a menĂ© Ă  plusieurs rĂ©formes de grande envergure, dont une transition d’un État unitaire Ă  un État fĂ©dĂ©ral.

Toponymie

La premiĂšre mention de la Belgica est apparue dans les Commentaires sur la guerre des Gaules, relatant la conquĂȘte du territoire par Jules CĂ©sar. Ces termes disparaissent presque complĂštement aprĂšs les grandes invasions, en ne subsistant que sous la plume de quelques ecclĂ©siastiques. Ils ne rĂ©apparaissent qu'Ă  la seconde moitiĂ© du IXe siĂšcle aprĂšs la scission de l'empire de Charlemagne avec la crĂ©ation de la Lotharingie. Les clercs de l'Ă©poque utilisent le terme Belgica pour dĂ©signer le royaume de Lothaire II situĂ© entre la Gallia de Charles le Chauve et la Germania de Louis le Germanique. Les dĂ©nominations Belgae, Belgica, Gallia Belgica disparaissent de nouveau au XIIe siĂšcle aprĂšs la disparition de la Lotharingie. « Ses habitants sont appelĂ©s Belgae. Aux yeux des clercs se piquant de purisme antique, le mot Lotharingia n'est qu'un monstrueux barbarisme. Belgica est beaucoup plus noble : ce nom a une vĂ©ritable sonoritĂ© antique. AprĂšs le morcellement de la Lotharingie, Ă  la fin du XIIe siĂšcle, l'emploi des termes Belgae, Belgica, Gallia Belgica dans leur acception « lotharingienne » disparaĂźt complĂštement du vocabulaire politique. » Ils rĂ©apparaĂźtront sous les ducs de Bourgogne[16].

Aux XVe et XVIe siĂšcles, les diffĂ©rents territoires se retrouvent peu Ă  peu sous la mĂȘme autoritĂ©. Le terme Belgica rĂ©apparaĂźt avec les humanistes de la Renaissance, mais son utilisation reste limitĂ©e dans les cercles intellectuels et rĂ©pond Ă  un besoin car on cherche des dĂ©nominateurs communs pour ces principautĂ©s. Sous Philippe le Bon, duc de Bourgogne unificateur des provinces de ce que l'on appelle d'un nom trĂšs gĂ©nĂ©ral les « Pays-Bas bourguignons », apparaĂźt la dĂ©nomination Leo Belgicus, signifiant Lion belgique, ce qui se traduit sur les cartes par un lion dressĂ© dont la silhouette recouvre plus ou moins la forme gĂ©ographique des possessions bourguignonnes. Un autre terme apparaĂźt : Belgium, Belgia. À cette Ă©poque, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Nord de la France actuels Ă©taient connus comme les Pays-Bas ou les Provinces belgiques (« belgique » Ă©tant alors un qualificatif), qui couvraient plus ou moins le territoire des Dix-sept Provinces, sans la principautĂ© de LiĂšge qui a toujours Ă©tĂ© une enclave.

Plus tard, aprÚs les soulÚvements populaires contre la politique oppressive du successeur de Charles Quint, la division des dix-sept provinces des Pays-Bas bourguignons donne naissance à deux noms propres pour désigner les deux pays, Belgica Foederata pour les Pays-Bas du Nord, Belgica Regia pour ceux du Sud, ces derniers occupant, sur la carte de l'Europe occidentale, la place de ce qui sera plus tard celle de la Belgique moderne.

Aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles, le mot Belgique redevient donc un terme administratif et Ă©galement le nom d'une allĂ©gorie reprĂ©sentant la « nymphe des Pays-Bas ». Sa portĂ©e sĂ©mantique se rĂ©duit cependant aprĂšs la division des Dix-sept provinces qui rĂ©sulte de la guerre de Quatre-Vingts Ans : il est de plus en plus utilisĂ© pour ne parler que des provinces mĂ©ridionales et ses habitants mais reste un synonyme de nĂ©erlandais y compris en nĂ©erlandais. Les États belgiques unis est la dĂ©nomination officielle de la nation Ă©phĂ©mĂšre nĂ©e de la RĂ©volution brabançonne de 1789. Cela se dit Verenigde Nederlandse Staten en nĂ©erlandais lors de l'annexion par la France[17], ainsi que la rĂ©union de la PrincipautĂ© de LiĂšge Ă  la RĂ©publique française[18]. Le terme belge est alors courant pour dĂ©signer les habitants des rĂ©gions de l'actuel royaume de Belgique. En 1830, le mot Belgique devient un substantif et le mot belge le remplace comme qualificatif.

Symboles nationaux

Drapeau belge flottant au vent.
Blason du Royaume de Belgique.

Selon la constitution, la Belgique possĂšde plusieurs emblĂšmes. L’hymne national est la Brabançonne ; avant celui-ci la Belgique a eu deux autres hymnes[19] : celui de Charles Rogier et celui de Hymans. La Brabançonne est tirĂ©e de la derniĂšre strophe de l'hymne de Charles Rogier. La devise belge est « L’union fait la force » en français, « Eendracht maakt macht » en nĂ©erlandais et « Einigkeit macht stark » en allemand. Le drapeau belge se constitue de trois bandes verticales noire, jaune et rouge Ă  partir de la hampe, symbolisant respectivement la Force, la Sagesse et le Courage. Le blason de la Belgique reprend celui du Brabant, qui se blasonne comme suit : de sable au lion d'or armĂ© et lampassĂ© de gueules.

GĂ©ographie physique

Situation

Le signal de Botrange, point culminant de la Belgique Ă  694 m.
Image satellite de la Belgique.

Le royaume de Belgique se situe dans l’hĂ©misphĂšre nord et Ă  l’est du mĂ©ridien de Greenwich (latitude nord et longitude est). Le territoire du pays s’étend en latitude sur deux degrĂ©s, de Meerle au nord (51° 30â€Č) Ă  Torgny au sud (49° 30â€Č), et compte moins de quatre degrĂ©s en longitude, de La Panne comme point le plus Ă  l’ouest (2° 33â€Č) Ă  Manderfeld Ă  l’est (6° 24â€Č). Son centre gĂ©ographique se situe Ă  Nil-Saint-Vincent, dans le Brabant wallon, Ă  50° 38â€Č de latitude nord et 04° 40â€Č de longitude est. Il s’étire sur une longueur maximale de 318,2 kilomĂštres entre La Panne et Arlon.

La Belgique partage ses frontiĂšres avec la France (645,6 km) au sud, les Pays-Bas (459,6 km)[20] au nord, l’Allemagne (153,4 km)[21] et le Luxembourg (150,4 km) Ă  l’est et possĂšde 73,1 km de frontiĂšres maritimes[22] le long de la mer du Nord. La superficie du pays est de 30 528 km2 et de 33 990 km2 en ajoutant les eaux territoriales[23].

Contrairement à ses voisins français et néerlandais, le royaume de Belgique n'a aucun territoire ultramarin.

Relief et climat

Relief de la Belgique.

Son relief est peu Ă©levĂ© : il s’étage graduellement de la cĂŽte vers le sud-est du pays, pour culminer Ă  694 mĂštres au signal de Botrange. Trois zones gĂ©ographiques peuvent ĂȘtre distinguĂ©es : la Basse Belgique (moins de 100 mĂštres d’altitude), la moyenne Belgique (de 100 Ă  200 mĂštres) et la Haute Belgique (de 200 Ă  plus de 550 mĂštres). La Basse Belgique commence aprĂšs le littoral, une bande de plages de sable et de dunes, par des polders (c’est uniquement cette partie du pays que l’on appelle le plat pays) pour s’enfoncer Ă  l’intĂ©rieur des terres avec la plaine flamande et la Campine. La moyenne Belgique s’élĂšve progressivement vers les vallĂ©es de la Sambre et de la Meuse, c’est une zone qui se compose de bas plateaux limoneux fertiles avec Ă  l’ouest le plateau hennuyer-brabançon et Ă  l’est la Hesbaye. Au sud du sillon Sambre-et-Meuse commence la Haute Belgique, la rĂ©gion la moins peuplĂ©e et la plus boisĂ©e du pays, avec le plateau du Condroz et les vallĂ©es de la Meuse et de l’Ourthe. Il y a aussi le pays de Herve qui s’étend Ă  l’est entre la Meuse et la Vesdre, puis la rĂ©gion de la Fagne-Famenne au sud du Condroz, et ensuite encore plus au sud l’Ardenne et Ă  l’est les Hautes Fagnes qui culminent Ă  694 mĂštres au signal de Botrange. Il y a Ă©galement la Gaume, ou Lorraine belge, qui jouit d’un climat plus clĂ©ment, surtout au flanc de la troisiĂšme cuesta oĂč l’on cultive aussi la vigne.

Le climat est ocĂ©anique tempĂ©rĂ© avec des prĂ©cipitations rĂ©guliĂšres, deux cents jours de pluie par an en moyenne[24], et frĂ©quentes sur toute l’annĂ©e (Cfb dans la classification de Köppen). Les vents dominants soufflent du secteur sud-ouest. Le risque sismique est localement significatif[25].

Mer et hydrographie

À cause de sa densitĂ© de population Ă©levĂ©e, la Belgique fait face Ă  de sĂ©rieux problĂšmes environnementaux. Un rapport de 2003 suggĂšre que la qualitĂ© des eaux de surface de Belgique est la pire des 122 pays Ă©tudiĂ©s[26]. Dans l’étude de 2008 sur l’indice de performance Ă©cologique, la Belgique a obtenu un score total de 78,4 % et est classĂ©e antĂ©pĂ©nultiĂšme des pays de l’Union europĂ©enne, bien qu’elle soit 57e sur 149 pays[27].

Le littoral marin est long d’environ 65 km, ouvrant sur un « territoire marin » de 3 454 km2[28], (0,5 % de toute la mer du Nord[28]) avec une colonne d’eau de 20 Ă  45 m de profondeur[28]. Les terres de Flandre sont en partie gagnĂ©es sur la mer et menacĂ©es par l’érosion du littoral et la montĂ©e des ocĂ©ans. Le pays gĂšre donc aussi un patrimoine maritime et portuaire. L’environnement marin est encore riche en biodiversitĂ© mais ses ressources halieutiques ont Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©es par la surpĂȘche, le chalutage, les rejets de boues de dragage ainsi que par des sĂ©quelles de guerre (munitions immergĂ©es du banc du Paardenmarkt et nombreuses Ă©paves de guerre). S’ajoutent les effets chroniques ou accidentels de la pollution terrigĂšne et celle libĂ©rĂ©e par le trafic maritime (particuliĂšrement intense entre le pas de Calais, l’Angleterre et les grands ports belgo-nĂ©erlandais).

Dans le cadre de la stratĂ©gie marine europĂ©enne, le gouvernement belge a dĂ©veloppĂ© une planification spatialisĂ©e d’exploitation et de gestion plus durable des ressources de la mer du Nord[28], qui inclut des zones oĂč l’extraction de sable et gravier sera autorisĂ©e, et deux zones dĂ©diĂ©es Ă  la construction de deux « atolls Ă©nergĂ©tiques » (l’un au large de Zeebruges sur le Wenduinebank, et l’autre, beaucoup plus grand Ă  hauteur de Blankenberge-De Haan) et des couloirs dĂ©diĂ©s aux cĂąbles sous-marins qui transporteront notamment le courant produit par les Ă©nergies marines et l’atoll Ă©nergĂ©tique, sans toucher aux zones naturelles classĂ©es. La zone autorisĂ©e Ă  la petite pĂȘche artisanale passe de 3 milles Ă  4,5 milles, et les Ă©oliennes pourraient ĂȘtre utilisĂ©es comme support Ă  l’aquaculture durable[29] en mer (« monocultures » interdites[28]).

Du fait d'une mauvaise gestion climatique, le niveau de la mer risque d'augmenter et de recouvrir la majorité de la cÎte belge d'ici 2050[30]

En effet, selon le GIEC, la ville de Bruges, ainsi qu'une partie des provinces de Flandre-Orientale et d'Anvers sont menacées. Le nord du pays a déjà débloqué un budget de 300 millions d'euros en 2011 pour faire face à la montée des eaux[31].

Paysages et nature


Un certain nombre d'espÚces animales et végétales ont reçu l'épithÚte spécifique belgicus, belgica ou belgicum en l'honneur de la Belgique, et un genre d'insectes diptÚres est nommé Belgica.

Préservation de l'environnement

Le jour du dĂ©passement (date de l’annĂ©e Ă  partir de laquelle l’humanitĂ© est supposĂ©e avoir consommĂ© l’ensemble des ressources que la planĂšte est capable de rĂ©gĂ©nĂ©rer en un an) de la Belgique est le 6 avril[32].

La Belgique est l'un des pays les plus fortement atteints par la pollution de l'air[33].

Réseau européen Natura 2000

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.

En décembre 2018, la Belgique comptait 310 sites dont :

GĂ©ographie humaine

Langues

Langues officielles en Belgique.

Le pays, lieu de rencontre des cultures germanique et romane, comprend diffĂ©rentes communautĂ©s linguistiques et culturelles. Les trois langues officielles sont le nĂ©erlandais, le français et l’allemand. Elles sont placĂ©es sur un pied d’égalitĂ© au niveau fĂ©dĂ©ral. Parmi les diffĂ©rentes rĂ©gions, seule la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale (habitĂ©e par un peu plus de 10 % de la population) est officiellement bilingue (français et nĂ©erlandais). La RĂ©gion flamande (habitĂ©e par prĂšs de 58 % de la population), situĂ©e dans le Nord, est officiellement unilingue nĂ©erlandophone. La RĂ©gion wallonne (habitĂ©e par prĂšs de 32 % de la population), situĂ©e dans le Sud et le Sud-Est, est officiellement unilingue francophone, Ă  l’exception de la rĂ©gion de la CommunautĂ© germanophone de Belgique, laquelle comprend environ 78 000 personnes, soit moins d'1 % de la population belge. Des minoritĂ©s linguistiques sont prĂ©sentes dans les rĂ©gions unilingues, leurs importances respectives ne peuvent ĂȘtre qu’estimĂ©es, les recensements linguistiques Ă©tant interdits par la loi en Belgique. Les nĂ©erlandophones reprĂ©senteraient 57 % Ă  60 % de la population belge, et les francophones 40 % Ă  43 %[35]. En mĂȘme temps que les langues officielles, sont parlĂ©es des langues rĂ©gionales endogĂšnes ou des dialectes. Il s’agit du brabançon, du champenois, du flamand occidental, flamand oriental, du francique ripuaire, du limbourgeois, du lorrain, du luxembourgeois, du picard et du wallon. La diversitĂ© linguistique provoque souvent des conflits politiques, liĂ©s Ă  d’autres enjeux (la position arithmĂ©tiquement minoritaire des francophones, celle, plus socioculturelle de la langue nĂ©erlandaise au dĂ©part, la francisation de Bruxelles, la politique Ă©trangĂšre de l’entre-deux-guerres, les problĂšmes Ă©conomiques wallons, surtout Ă  partir des annĂ©es 1960, etc.), qui ont engendrĂ© un systĂšme de gouvernance complexe.

DĂ©mographie

Évolution de la population en Belgique depuis 1948.

Au , la Belgique comptait 11 569 034 habitants[36]. En 2009, 1 419 905 Ă©taient nĂ©s Ă  l’étranger ce qui reprĂ©sentait 12,9 % de la population totale, dont 715 456 (6,5 %) nĂ©s dans un pays de l’Union europĂ©enne (UE) et 704 449 (6,4 %) nĂ©s hors de l’UE[37].

D’aprĂšs une estimation publiĂ©e dĂ©but 2012 par le sociologue Jan Hertogen, dont les mĂ©thodes de calculs sont contestĂ©es par certains de ses pairs[38], 2 700 000 habitants sont d’origine Ă©trangĂšre. Ceux-ci reprĂ©sentent 22 % de la population totale, 56 % (1 313 000) sont d’origine de l’UE 27 (Italie, Portugal, France, Pays-Bas), et 44 % (950 000) sont d’origine non UE 27[39] (Maroc, Turquie, AlgĂ©rie, RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et autres)[40].

Selon des chiffres publiés par le SPF Intérieur[41], au il y avait :

Le pays est 77e au classement mondial par population totale[42].

Évolution de la population

Le graphique suivant reprend sa population résidente au 1er janvier de chaque année[43] (x 1.000)

Chiffres divers

Histoire

HabitĂ©e dĂšs le MĂ©solithique (stations dans la vallĂ©e de la Meuse), la Belgique connut une occupation humaine ininterrompue pendant la PrĂ©histoire (nombreux sites nĂ©olithiques) puis la protohistoire (nombreux sites de l’ñge du bronze et de l’ñge du fer).

Dans les temps anciens, cette partie de l’Europe accueillait l’homme de NĂ©andertal, puis l’Homo sapiens, comme l'attestent divers restes dont l’homme de Spy, l’homme d’Engis et l'homme de Flavion. L’arrivĂ©e de tribus celtes Ă  l’ñge du fer (800 av. J.-C.) suivie de la conquĂȘte romaine, autour de 57 avant notre Ăšre, marque le dĂ©but de l’entrĂ©e de la Belgique dans l’histoire lorsque Jules CĂ©sar la dĂ©signe sous le nom de province Belgica, composante du nord de la Gaule.

AprĂšs quatre siĂšcles durant lesquels la conquĂȘte romaine façonna la gĂ©ographie politique du pays, celui-ci fut le thĂ©Ăątre des invasions germaniques et de nouveaux pouvoirs s’installent. Ceux-ci donnĂšrent naissance Ă  la fĂ©odalitĂ© qui allait s’épanouir dans toute l’Europe durant prĂšs d’un millĂ©naire. C’est ce que les historiens appellent le Moyen Âge qui commence avec Clovis en 476. Clovis hĂ©rita de son pĂšre, ChildĂ©ric Ier, d’un petit royaume franc qui allait de l’Aisne au Rhin. Il se fit sacrer roi de tous les Francs Ă  Reims et agrandit son royaume jusqu’à la MĂ©diterranĂ©e.

AprĂšs les MĂ©rovingiens, les Carolingiens en 731 prennent le pouvoir et Charlemagne agrandit son royaume en Empire europĂ©en en conquĂ©rant l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie. Le traitĂ© de Verdun en 843 partagea son Empire en trois États entre ses petits-fils. Le territoire fut partagĂ© entre l’influence carolingienne, Francie occidentale (France), Lotharingie (Pays-Bas Ă  l’Italie) et Francie orientale (Germanie).

La quasi-totalitĂ© de son territoire (Ă  l’exception des principautĂ©s de LiĂšge et de Stavelot-Malmedy) fut rĂ©unie par les ducs de Bourgogne au XVe siĂšcle pour former un tout, les Dix-Sept Provinces.

De la fin du Moyen Âge jusqu’à la rĂ©volution politico-religieuse du XVIIe siĂšcle, ce territoire est un centre commercial et culturel prospĂšre mais ne forme pas encore le pays actuel. Sa quasi-totalitĂ© (Ă  l’exception des principautĂ©s de LiĂšge et de Stavelot-Malmedy) fait partie des Dix-sept Provinces rĂ©unies par les ducs de Bourgogne au XVe siĂšcle, que l’on dĂ©nomme, dans les atlas du temps, Belgica Foederata ou Belgica Regia selon les Ă©poques[46].

Suivant les rĂšgles du droit fĂ©odal, la dynastie bourguignonne a hĂ©ritĂ© lĂ©gitimement des territoires des ducs de Brabant et d’autres fĂ©odaux, ce qui permet Ă  Philippe le Bon d’arrondir encore les possessions bourguignonnes par des alliances et des achats. Il peut ainsi espĂ©rer devenir assez puissant pour s’affranchir de la tutelle du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique auxquels appartiennent ses possessions. Des cartes reprĂ©sentent les possessions bourguignonnes du nom de Leo Belgicus, Lion belgique. Cette dĂ©nomination allie le vieux nom de Belgique, venu de l’AntiquitĂ© Ă  travers la relation par Jules CĂ©sar de la guerre des Gaules, avec le nom de l’animal qui a impressionnĂ© les croisĂ©s en Orient et dont ils ont fait un symbole de force et de beautĂ© que l’on trouve dans l’hĂ©raldique de nombreux pays europĂ©ens. Ce nom apparaĂźt sur des cartes qui utilisent la forme gĂ©nĂ©rale des grands Pays-Bas pour y superposer la forme d’un lion dressĂ©.

La dĂ©faite Ă  la guerre et la mort du fils de Philippe le Bon, Charles le TĂ©mĂ©raire mettent fin au rĂȘve d’une monarchie bourguignonne. Mais, Ă  l’avĂšnement de Charles Quint, descendant des Bourguignons, nĂ© Ă  Gand, considĂ©rĂ© comme un enfant du pays et acceptĂ© par la population et les États gĂ©nĂ©raux comme souverain lĂ©gitime, les Dix-Sept Provinces s’inscrivent dans un vaste ensemble europĂ©en, ce qui les protĂšge des entreprises d’annexion des rois de France, leur garantissant une indĂ©pendance de fait. Car Charles Quint respecte en principe les privilĂšges que sont les droits locaux arrachĂ©s au cours des siĂšcles par les villes et principautĂ©s dans leurs luttes contre la fĂ©odalitĂ©. Il promulgue la Pragmatique sanction qui constitue ce territoire en un tout indissociable, la GĂ©nĂ©ralitĂ©, ancĂȘtre des futurs royaumes de Belgique et des Pays-Bas. Mais les tentatives des citĂ©s, comme Gand, d’imposer un accroissement de leurs libertĂ©s au dĂ©triment du pouvoir du souverain engendrent cependant la rĂ©pression de celui qui est aussi roi d’Espagne, titre obtenu par hĂ©ritage, et empereur d’Allemagne. Cette dignitĂ©, il l’a obtenue en se ralliant les votes de la DiĂšte germanique.

Au XVIe siĂšcle, Charles Quint, le descendant des ducs de Bourgogne (et autres fiefs) nĂ© Ă  Gand est roi dans les Dix-Sept Provinces, mais aussi empereur du Saint-Empire romain germanique. InstallĂ© Ă  Bruxelles dans le palais qui fut celui des ducs de Brabant, puis de Bourgogne, il prĂ©side les États gĂ©nĂ©raux des Pays-Bas (dix-sept provinces) et octroie Ă  celles-ci une autonomie par rapport au Saint-Empire Germanique et Ă  l’Espagne. C’est la Pragmatique Sanction de 1549. En vertu de ses titres d’empereur germanique et des titres dont il a hĂ©ritĂ© dans les dix-sept provinces, ainsi que de son titre de roi d’Espagne, Charles Quint est un roi trĂšs chrĂ©tien investi par le pape. Il se sent chargĂ© de la mission de lutter contre le protestantisme. Sous le rĂšgne de son fils Philippe II, roi d’Espagne qui dirige le pays depuis Madrid, la rĂ©pression continue et une rĂ©volte Ă©clate dans la population de la GĂ©nĂ©ralitĂ© soutenue par une partie de la noblesse locale. Le conflit est motivĂ© par les empiĂ©tements du pouvoir espagnol sur les libertĂ©s locales, la lutte contre le protestantisme servant de prĂ©texte pour appesantir l’autoritĂ© de Madrid par l’intermĂ©diaire de gouverneurs dont le duc d’Albe. Celui-ci fait mettre Ă  mort les principaux chefs rebelles, les comtes d’Egmont et de Hornes. Il s’ensuit la guerre de Quatre-Vingts Ans qui est ponctuĂ©e de nombreuses batailles entre les troupes espagnoles et celles des États-GĂ©nĂ©raux, mais aussi d’intrusions guerriĂšres venues d’Allemagne et de France. À l’issue de ce conflit, les Dix-Sept Provinces et le nord sont scindĂ©s. La Belgica Foederata — les futurs Pays-Bas — devient indĂ©pendante, tandis que la Belgica Regia — la Belgique actuelle sans les deux principautĂ©s de LiĂšge et de Stavelot-Malmedy — retombe sous l’autoritĂ© espagnole.

Le sac d'Anvers par les tercios espagnols révoltés.

L’apparition du protestantisme engendre une rĂ©pression, dĂ©jĂ  sous Charles Quint, qui sera amplifiĂ©e sous le rĂšgne de Philippe II, son fils. Philippe, qui rĂ©side en Espagne, n’est pas ressenti comme souverain local contrairement Ă  son pĂšre. Il ne fait d’ailleurs rien pour cela. Au contraire et il en rĂ©sultera une vĂ©ritable rĂ©volution anti-espagnole dont les mobiles mĂȘlent la revendication de la libertĂ© religieuse au refus de taxations de plus en plus lourdes. Mais, finalement, c’est seulement la partie nord des Pays-Bas qui devient indĂ©pendante, portant d’abord le nom de Belgica Foederata (« Belgiques FĂ©dĂ©rĂ©es »), le futur Nederland, tandis que le sud, Belgica Regia (« Belgiques Royales »), reprĂ©sentant la future Belgique reste sous la domination des Espagnols. Ceux-ci, essentiellement l’armĂ©e et certains nobles locaux acquis aux Espagnols, composent de mauvais grĂ© avec les États gĂ©nĂ©raux des Pays-Bas du sud reprĂ©sentant la noblesse, l’Église et la bourgeoisie. La scission d’avec les Pays-Bas du nord engendre d’ailleurs des guerres avec ceux-ci, jalonnĂ©es, en plus, de soulĂšvements au sud. D’autre part, les tentatives de conquĂȘte française entraĂźnent des batailles et des pillages qui achĂšvent de faire du XVIe siĂšcle, un « siĂšcle de malheur ».

Les puissances europĂ©ennes veulent s’approprier le pays. La France et l’Espagne s’affrontent militairement durant les XVIIe et XVIIIe siĂšcles. MĂȘme l’Angleterre intervient lors des campagnes du duc de Marlborough.

Vient alors la transmission du pouvoir des Habsbourgs d’Espagne Ă  ceux d’Autriche en 1713-1714. Le rĂ©gime installĂ© par l’empereur d’Autriche s’engage, par traitĂ©, Ă  respecter « leur autonomie sĂ©culaire, leur indĂ©pendance intĂ©rieure
 coutumes et libertĂ©s »[47] que les États gĂ©nĂ©raux, la bourgeoisie et la noblesse n’ont cessĂ© de dĂ©fendre. D’autant plus que la dĂ©couverte, Ă  Bruxelles, de chartes et traitĂ©s remontant Ă  des siĂšcles, et qui avaient Ă©tĂ© dissimulĂ©s au moment les pires de la domination espagnole, ravive un esprit national dans les Pays-Bas du sud. À Vienne est installĂ© un bureau belge et, Ă  Bruxelles, siĂšge un gouverneur. En Belgique existe, chez les intellectuels, deux camps, l’un est partisan du retour intĂ©gral aux traditions, l’autre, influencĂ© par les idĂ©es des LumiĂšres prĂŽne des idĂ©es dĂ©mocratiques comme celles dĂ©fendues par les encyclopĂ©distes. Une tentative de rĂ©forme de l’empereur Joseph II prĂ©tend introduire des rĂ©formes, comme la suppression de plusieurs congrĂ©gations religieuses et la diminution du nombre de jours chĂŽmĂ©s. En rĂ©action, l’opinion publique se soulĂšve. C’est la rĂ©volution brabançonne. Les États gĂ©nĂ©raux lĂšvent une armĂ©e sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Jean-AndrĂ© van der Mersch et l’armĂ©e autrichienne est battue Ă  la bataille de Turnhout en 1789. Les vainqueurs installent alors un rĂ©gime d’indĂ©pendance sous le nom d’États belgiques unis. Mais les luttes intestines entre les conservateurs groupĂ©s derriĂšre l’avocat van der Noot et les progressistes de l’avocat Vonck minent le nouveau rĂ©gime et affaiblissent sa dĂ©fense, d’autant plus que van der Meersch, le chef emblĂ©matique de l’armĂ©e, est emprisonnĂ© par le camp conservateur qui a pris le dessus. Les Autrichiens en profitent pour revenir en force et battre les troupes nationales.

La restauration autrichienne ne dure pas, car les armées de la Révolution française envahissent une premiÚre fois le territoire en 1792 avec la bataille de Jemappes, mais celui-ci repasse sous le contrÎle de l'empereur à l'issue de la bataille de Neerwinden (18 mars 1793). Au lendemain de la bataille de Fleurus, les coalisés abandonnent la Belgique et battent en retraite dans le Saint-Empire romain germanique. Les Impériaux perdent définitivement le contrÎle de cette région. Les Français prennent Bruxelles (10 juillet) et Anvers (27 juillet) alors que le corps expéditionnaire anglais est rembarqué. Le territoire devient français à la suite du Traité de Campo-Formio. Il s'ensuit d'abord les nombreuses destructions et aliénations de biens patrimoniaux (ventes comme bien national) et plus tard, les levées militaires de conscrits entraßnées par les guerres de Napoléon Ier.

À la chute de l’Empire français, les grandes puissances dĂ©cident, lors du traitĂ© de Vienne, de rĂ©unir la Belgique avec les anciennes Provinces-Unies pour reformer l’ancien Leo Belgicus du temps des ducs de Bourgogne. C’est la crĂ©ation du Royaume uni des Pays-Bas dont le roi appartient Ă  la famille d’Orange-Nassau qui descend d’un des initiateurs, au XVIe siĂšcle, de la rĂ©volution contre l’Espagne. L’amalgame des provinces belges et nĂ©erlandaises maintient les deux capitales, La Haye dans le nord et Bruxelles dans le sud. Mais, en fait, le pouvoir est Ă  La Haye.

En deux siĂšcles, de telles diffĂ©rences sont apparues entre les deux parties des grands Pays-Bas reconstituĂ©s que la partie mĂ©ridionale se soulĂšve contre le Nord et cette nouvelle rĂ©volution aboutit Ă  l’indĂ©pendance. Les Belges s’unissent, de la gauche libĂ©rale Ă  la droite clĂ©ricale. C’est l’unionisme qui se dresse contre la domination, dans la politique et l’armĂ©e, des populations du Nord contre celle de la Belgique. Alors que cette derniĂšre est la plus peuplĂ©e, son influence est minorĂ©e.

La rĂ©volution belge, qui Ă©clate Ă  Bruxelles en 1830, met fin Ă  l’amalgame avec les Pays-Bas, les Belges rejetant dĂ©finitivement la prĂ©dominance Ă©conomique et linguistique imposĂ©e par la dynastie de La Haye. AprĂšs des combats qui embrasent tout le pays et l’intervention des grandes puissances qui contraignent le roi de Hollande Ă  renoncer Ă  ses prĂ©tentions, la partie mĂ©ridionale du royaume des Pays-Bas devient, en 1831, une monarchie constitutionnelle sous le nom de « royaume de Belgique ». Le trĂŽne en est d'abord offert au duc de Nemours (fils du roi des Français Louis-Philippe Ier), lequel dĂ©cline l'offre, craignant l'hostilitĂ© des grandes puissances europĂ©ennes Ă  un retour de l'influence française en Belgique Ă  peine quinze ans aprĂšs la chute de NapolĂ©on, qui avait inclus la Belgique dans l'empire français Ă  la suite de la conquĂȘte par la Ire RĂ©publique française. Finalement, le , c'est le prince allemand LĂ©opold de Saxe-Cobourg-Gotha, oncle de la reine Victoria, qui devient LĂ©opold Ier, premier roi des Belges.

L’histoire de la Belgique indĂ©pendante est marquĂ©e par une industrialisation prĂ©coce, par la colonisation du Congo, par les deux guerres mondiales et par l’émergence de conflits politiques entre les deux principales communautĂ©s linguistiques du pays, les Flamands, d’expression nĂ©erlandaise, et les Wallons, francophones.

À partir de 1970, le pays s’oriente progressivement vers le fĂ©dĂ©ralisme, ce qui aboutit Ă  la crĂ©ation de six entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es : trois communautĂ©s (flamande, française et germanophone) et trois rĂ©gions (flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale). Celles-ci sont dotĂ©es d’une autonomie lĂ©gislative. Le caractĂšre fĂ©dĂ©ral de l’État est reconnu officiellement depuis 1993.

Les Archives gĂ©nĂ©rales du Royaume conservent les archives des institutions centrales des Pays-Bas bourguignons, espagnols et autrichiens jusqu’en 1795, des organismes publics centraux de la pĂ©riode française (1795-1815) et de celle du royaume des Pays-Bas (1815-1830). Elles conservent Ă©galement les archives des institutions centrales du gouvernement national, puis fĂ©dĂ©ral, de la fondation de la Belgique (1830) Ă  nos jours, Ă  l’exception des ministĂšres de la DĂ©fense et des Affaires Ă©trangĂšres.

Préhistoire

Iguanodon bernissartensis, espùce type de son genre (vue d’artiste).
Engis 1, crĂąne d’un homme du nĂ©olithique, un des crĂąnes dĂ©couverts par Philippe-Charles Schmerling en 1830 Ă  Engis - Collection du Grand Curtius.

DĂšs le CrĂ©tacĂ© supĂ©rieur, on a dĂ©couvert que des iguanodons vivaient en Europe. En effet, l’iguanodon a Ă©tĂ© dĂ©couvert au XIXe siĂšcle dans les mines de charbon Ă  Bernissart avec un troupeau de plus d’une trentaine de squelettes fossiles, pour la plupart presque complets. Ces fossiles sont actuellement exposĂ©s au MusĂ©um des sciences naturelles Ă  Bruxelles et au MusĂ©e de l’Iguanodon Ă  Bernissart. Les plus anciennes traces humaines en Belgique ont Ă©tĂ© trouvĂ©es au site de la Belle-Roche Ă  Sprimont, et tĂ©moignent d’une occupation ancienne d’environ 500 000 ans.

Il s’en fallut de peu pour que l’homme de NĂ©andertal, dĂ©couvert en 1856, ne porte le nom de la localitĂ© belge de Spy. C’est lĂ  qu’en 1886 les restes de deux squelettes humains furent identifiĂ©s comme Ă©tant contemporains de ceux de NĂ©andertal : l’homme de Spy. DĂšs 1830, des restes humains sont retrouvĂ©s Ă  Engis, mais ils ne furent pas directement reconnus comme appartenant Ă  un homme fossile. Au cours du XXe siĂšcle, de nombreuses stations palĂ©olithiques et mĂ©solithiques ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans la vallĂ©e de la Meuse, principalement dans des abris sous roches et des cavernes naturelles (HastiĂšre, Han-sur-Lesse, Sclayn) mais aussi en terrain dĂ©couvert (Namur). Au NĂ©olithique (vers 4 000 av. J.-C. en Belgique), la population humaine gagne les plateaux d’Ardenne, du Condroz, ainsi que les plaines de Flandre et de Hesbaye : de nombreux sites d’occupation ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s.

Protohistoire

Outre de nombreux Ă©perons barrĂ©s dans la vallĂ©e de la Semois, plusieurs centaines de tombelles de l’ñge des mĂ©taux ont Ă©tĂ© identifiĂ©es Ă  travers tout le pays. Le territoire se trouvait en effet dans la zone d’influence de la civilisation celte.

Antiquité

La conquĂȘte romaine intervient en Gaule autour de 57 avant notre Ăšre. Conquise par Jules CĂ©sar sur les Celtes, la province romaine de Gallia Belgica rĂ©unit les territoires compris entre la Seine et le Rhin. La plus vieille utilisation des termes Belgae et Belgica qui nous est parvenue est dans les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules CĂ©sar. Il divise la Gaule qu’il a conquise en trois parties : les Gaulois proprement dits, les Aquitains et les Belges. Ces derniers sont sĂ©parĂ©s des Gaulois par la Seine et la Marne. Sous Auguste, la Gaule est divisĂ©e par Marcus Agrippa en trois provinces et l’une d’entre elles porte le nom de Belgica. Cette derniĂšre sera rĂ©organisĂ©e sous Domitien qui la divise en trois nouvelles provinces, Gaule belgique, Germanie infĂ©rieure et Germanie supĂ©rieure. En 297, la Gallia Belgica est encore divisĂ©e en Belgica Prima, Belgica Secunda et Maxima Sequanorum. La Belgique actuelle est un reste de ces provinces romaines.

Moyen Âge

Une arrivĂ©e graduelle de tribus germaniques franques Ă  partir du dĂ©but du IVe siĂšcle et durant le Ve siĂšcle profite de la lente dĂ©sagrĂ©gation du pouvoir romain en Gaule ; le territoire passe aux mains des MĂ©rovingiens, unifiĂ©s sous l’autoritĂ© de Clovis. Il meurt en 511. RenversĂ©s en 731 Ă  la faveur d’un coup d’État, les derniers rois mĂ©rovingiens cĂšdent le pouvoir aux Carolingiens. En 843, lors du traitĂ© de Verdun, l’empire est partagĂ© entre les petits-fils de Charlemagne. Le territoire de l’actuelle Belgique passe aux mains de Lothaire, avant d’ĂȘtre partagĂ© entre le royaume de France et ce qui deviendra l’empire germanique. Peu Ă  peu, des entitĂ©s politiques plus ou moins indĂ©pendantes se constituent sur le territoire de la future Belgique : comtĂ© de Flandre, duchĂ© de Brabant, principautĂ© de LiĂšge. À la fin du Moyen Âge, par le jeu des alliances et des mariages, l’essentiel du territoire de la Belgique passe entre les mains des ducs de Bourgogne. Le troisiĂšme duc de Bourgogne, Philippe le Bon, le grand unificateur, unira le pays sous le nom de Leo Belgicus, comme en tĂ©moigne une carte officielle de l’époque. AprĂšs la chute de son fils, Charles le TĂ©mĂ©raire et parce que celui-ci n’avait qu’une fille, Marie de Bourgogne, le pays, par son mariage, passera sous l’autoritĂ© des Habsbourg, laquelle culminera sous le rĂšgne de Charles Quint (petit-fils de Marie de Bourgogne).

C’est du Moyen Âge et surtout de la dynastie bourguignonne que date un dĂ©coupage du territoire prĂ©figurant, plus ou moins, les futures provinces. C’est aussi l’ñge oĂč les citĂ©s arrachent aux seigneurs fĂ©odaux des droits que l’on appelle les « privilĂšges ». Les ducs de Bourgogne ont cherchĂ© Ă  les remettre en cause, mais ils se sont heurtĂ©s Ă  divers soulĂšvements populaires et ont dĂ» se rĂ©soudre Ă  s’adresser aux Ă©tats gĂ©nĂ©raux pour obtenir des contributions financiĂšres et militaires.

Époque moderne

En 1500, le futur empereur Charles Quint, descendant des ducs de Bourgogne, nait Ă  Gand. Il est considĂ©rĂ© comme un enfant du pays et est Ă©levĂ© Ă  Malines par sa tante Marguerite d’Autriche avant de prĂȘter serment Ă  Bruxelles pour devenir roi. Son hĂ©ritage comprend l’Espagne et les Dix-Sept Provinces et il parvient Ă  se faire Ă©lire par la diĂšte germanique empereur du Saint-Empire romain germanique. Par la Pragmatique Sanction de 1549, il acte dĂ©finitivement l’union juridique des Dix-Sept Provinces sous un mĂȘme souverain tout en appesantissant son pouvoir sur la principautĂ© de LiĂšge qui conserve une indĂ©pendance interne sous ses princes-Ă©vĂȘques[48]. C’est l’époque oĂč la rĂ©gion profite de l’essor d’Anvers, premiĂšre place boursiĂšre mondiale, qui relie l’Inde Ă  l’AmĂ©rique.

Libération de Leyde, 3 octobre 1574.

Mais l’unitĂ© des Pays-Bas sera brĂšve dĂšs lors que les guerres de Religion et les appĂ©tits politiques la feront voler en Ă©clats. La guerre de Quatre-Vingts Ans, de 1568 Ă  1648, finira par diviser le territoire en deux : une rĂ©publique fĂ©dĂ©rale dans le Nord, les Provinces-Unies (Belgica Foederata), protestantes, et, dans le Sud, les Pays-Bas mĂ©ridionaux (Belgica Regia), catholiques, toujours dirigĂ©s par la couronne des Habsbourg espagnols. Sous Charles Quint, le pouvoir reste dĂ©volu Ă  ce que l’on peut considĂ©rer comme un gouvernement local hĂ©ritĂ© de l’époque des ducs de Bourgogne et qui s’appelle le Conseil d’État. Il est composĂ© de seigneurs et prĂ©sidĂ© par des gouverneurs, dont, notamment, la « gouvernante » Marie de Hongrie. La dĂ©fense des droits locaux face Ă  l’autoritĂ© Ă©trangĂšre Ă©tait une des principales prĂ©occupations d’une partie de la noblesse qui, en cela, rencontrait l’approbation du peuple qui avait lui-mĂȘme bĂ©nĂ©ficiĂ©, au long des siĂšcles, de la conquĂȘte des droits arrachĂ©s par les citĂ©s contre les pouvoirs fĂ©odaux et dĂ©fendus par les États gĂ©nĂ©raux. La manifestation la plus importante en fut le « compromis des Nobles » qui dressa la noblesse des Pays-Bas du Nord et du Sud contre les abus du fils de Charles Quint, Philippe II. Celui-ci, aprĂšs avoir assistĂ© Ă  Bruxelles Ă  l’abdication de son pĂšre, rĂ©sida toute sa vie en Espagne, s’efforçant de rĂ©duire les droits de ses sujets du nord. Il en rĂ©sulta des persĂ©cutions, dont l’exĂ©cution sur la Grand-Place de Bruxelles des comtes d’Egmont et de Hornes, les principaux meneurs du Compromis des Nobles dans la dĂ©fense de ce que l’on appelait les « privilĂšges », le mot recouvrant les divers droits qui avaient Ă©tĂ© conquis au long des siĂšcles contre les abus du pouvoir. À cela se mĂȘlait une guerre de religion entre les catholiques et les protestants. La persĂ©cution des Espagnols catholiques contre les protestants et leurs abus de pouvoir contre tout le monde entraĂźnĂšrent des alliances de circonstance entre protestants et catholiques contre l’Espagne. Il en rĂ©sulta une longue suite de ravages et d’exĂ©cutions dus Ă  une longue guerre contre le pouvoir espagnol sous l’autoritĂ© du prince Guillaume d’Orange-Nassau, dit le Taciturne, un catholique qui avait Ă©tĂ© un des proches de Charles Quint, mais qui finit par passer dans le camp protestant lorsqu’il dut se rĂ©signer Ă  se retirer dans les Pays-Bas du Nord (Belgica Foederata). Les Pays-Bas du Nord parvinrent finalement Ă  l’indĂ©pendance aprĂšs ce que l’on a appelĂ© « le siĂšcle de malheur », ceux du Sud reprĂ©sentant la future Belgique restant sous l’autoritĂ© espagnole. Cette partie comprend Ă  peu prĂšs tout le territoire de la Belgique moderne, Ă  l’exception de la PrincipautĂ© de LiĂšge, mais en incluant le Nord de la France pas encore conquis mais convoitĂ© par la monarchie française.

En plus des luttes contre l'autoritĂ© des souverains Ă©trangers qui affirmaient, de longue date, avoir des droits sur le pays hĂ©ritĂ©s de l'Ă©poque fĂ©odale, il fallait compter avec les souverains français, et notamment Louis XIV qui affirmait des prĂ©tentions sur la possession des Pays-Bas (ancien territoire des Francs Saliens). Le pays fut donc le thĂ©Ăątre de beaucoup de batailles des guerres franco-espagnoles et franco-autrichiennes auxquelles Ă©taient mĂȘlĂ©es les populations comme victimes ou acteurs, de nombreux gĂ©nĂ©raux Ă©tant issus de la noblesse locale, tels Bernard de Fontane ou Tilly (qui gagna, en Europe centrale, la bataille de la Montagne Blanche). Venant aprĂšs les malheurs du XVIIe siĂšcle, ceux du XVIIIe siĂšcle valurent au pays de porter le surnom de « champ de bataille de l'Europe » (une rĂ©putation qui sera renforcĂ©e par les deux guerres mondiales).

En 1713, les Pays-Bas mĂ©ridionaux, aprĂšs avoir fait partie des Pays-Bas espagnols, sont rattachĂ©s Ă  la branche autrichienne des Habsbourgs et deviennent les Pays-Bas autrichiens sous la gouverne de Charles VI (1685-1740). La Pragmatique Sanction, que ce dernier signe en 1713, permettra Ă  sa fille aĂźnĂ©e Marie-ThĂ©rĂšse (1717-1780) d'hĂ©riter de l'empire. Celle-ci fait plusieurs rĂ©formes et crĂ©e notamment l'AcadĂ©mie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts (1772), qui sera surnommĂ©e « la ThĂ©rĂ©sienne ». Son fils Joseph II (1741-1790) est un despote Ă©clairĂ© qui veut rĂ©former en profondeur l'administration du pays. À cette fin, il prend une imposante sĂ©rie de mesures qui lui attirent les foudres de la noblesse ainsi que du clergĂ© catholique, dont il brise le monopole par son Édit de tolĂ©rance, proclamĂ© en 1781[49].

Révolutions de 1789 et annexion française

La Belgique intégrée dans la PremiÚre République Française.

La RĂ©volution liĂ©geoise dĂ©bute en 1789 en l'absence du prince-Ă©vĂȘque, les mouvements rĂ©volutionnaires Ă©clatent alors presque simultanĂ©ment Ă  Paris et Ă  LiĂšge. En 1789 Ă©clate Ă  Bruxelles une nouvelle rĂ©volution qui couvait depuis 1787, cette fois contre les abus de l'absolutisme autrichien. C'est la RĂ©volution brabançonne. L'armĂ©e autrichienne est battue Ă  Turnhout et les rĂ©volutionnaires proclament les États belgiques unis. Les chefs de Bruxelles et de LiĂšge tentent de s'entendre, mais aucune des deux rĂ©volutions ne peut se maintenir longtemps du fait des luttes intestines Ă  Bruxelles entre statistes (les conservateurs) et vonckistes (les libĂ©raux) et par le retour Ă  LiĂšge du prince-Ă©vĂȘque appuyĂ© par la Prusse. La force armĂ©e autrichienne revient alors en force Ă  LiĂšge et Ă  Bruxelles[50]. Elle se heurte aux forces françaises commandĂ©es par le gĂ©nĂ©ral Dumouriez. Celui-ci remporte la victoire, mais rĂ©prime violemment, le , une manifestation Ă  Bruxelles pour l'indĂ©pendance de la Belgique[51].

En France, l'abolition de la royautĂ© est proclamĂ©e en septembre 1792 aboutissant Ă  la naissance de la PremiĂšre RĂ©publique française. Les citoyens de LiĂšge votent le rattachement Ă  la RĂ©publique française en 1793 dans l'Ă©lan de la RĂ©volution liĂ©geoise. AprĂšs les campagnes militaires de 1794 de la RĂ©volution française, les Pays-Bas autrichiens sont annexĂ©s par la PremiĂšre RĂ©publique française le 1er octobre 1795[52]. Les États gĂ©nĂ©raux des Provinces-Unies, qui avaient assurĂ© le rĂŽle de corps souverain suprĂȘme des institutions tant sous le rĂ©gime espagnol que sous le rĂ©gime autrichien, sont abolis. La RĂ©volution liĂ©geoise, progressiste et influencĂ©e par la philosophie des LumiĂšres se distingue alors de la RĂ©volution brabançonne plutĂŽt conservatrice et qui est mĂȘme parfois appelĂ©e « contre-rĂ©volution ». Cette distinction se remarque Ă©galement dans l'attitude vis-Ă -vis de la RĂ©publique française. Ainsi, dans le cas de LiĂšge, le rattachement Ă  la France, prĂ©parĂ© par les autoritĂ©s françaises installĂ©es sur place, est largement plĂ©biscitĂ© par la population. Par contre, le rattachement Ă  la France des Pays-Bas autrichiens est marquĂ© par une trĂšs forte abstention.

Le régime français s'installe pour longtemps, entraßnant une conscription militaire de plus en plus lourde. Il en résulte une opposition qui finit par aboutir à une guerre des Paysans, surtout dans la partie wallonne et, notamment dans l'Ardenne, contrée forestiÚre accidentée propice à une guérilla dans laquelle s'activent les chefs Magonette et Géna. En 1814, l'Empire français est vaincu et renversé par la SixiÚme Coalition, puis en 1815, aprÚs le retour éphémÚre de Napoléon, par la SeptiÚme Coalition.

AprĂšs la chute dĂ©finitive de NapolĂ©on, les grandes puissances victorieuses, qui dĂ©cident de dĂ©membrer l'empire français, rĂ©unifient d'autoritĂ©, au congrĂšs de Vienne, les anciens Pays-Bas de l'Ă©poque de Charles Quint dans le but d'en faire un État tampon. Cette construction politique, le royaume uni des Pays-Bas, ne durera pas et aboutira Ă  la rĂ©volution belge de 1830.

  • La Belgique intĂ©grĂ©e dans le Premier Empire français.
    La Belgique intégrée dans le Premier Empire français.
  • Le Premier Empire (bleu foncĂ©), les États conquis par l'Empire français (bleu clair) et les États qui lui sont librement soumis (vert).
    Le Premier Empire (bleu foncĂ©), les États conquis par l'Empire français (bleu clair) et les États qui lui sont librement soumis (vert).

XIXe siÚcle et révolution belge de 1830

Les anciennes frontiÚres de la Belgique, avant le traité des XXIV articles de 1839, comprenaient l'actuel Grand-duché de Luxembourg et l'actuel Limbourg néerlandais.

La réunification ne tient pas. Sous le pouvoir jugé trop « napoléonien » de Guillaume Ier, la restriction des libertés politiques et religieuses, la sous-représentation politique et l'« exploitation fiscale » des provinces méridionales font naßtre une opposition catholique et libérale qui aboutit à une alliance entre ces deux grands courants d'opinion du Sud du pays. Cet unionisme devient « spécifiquement belge et énonce des griefs spécifiquement belges »[53]. L'autorité du régime périclite alors dans le Sud, un climat pré-révolutionnaire rÚgne, le roi ne pouvant se maintenir en Belgique que par l'usage de la force[54].

À sa crĂ©ation en 1830, la Belgique Ă©tait peuplĂ©e en majoritĂ© de nĂ©erlandophones mais Ă©tait dirigĂ©e par des francophones, dont de nombreux Flamands : en effet, toute la bourgeoisie et toute la noblesse flamandes parlaient français. La Cour, la classe politique, la magistrature, les milieux d'affaires s'exprimaient en français. Plus tard, les Flamands ont luttĂ© pour voir reconnaĂźtre officiellement leur langue. Cette lutte fut longue : ce n'est qu'en 1898 avec l'adoption de la loi Coremans-De Vriendt dite « Loi d'ÉgalitĂ© », que le nĂ©erlandais deviendra une langue officielle.

La rĂ©volution belge de 1830 entraĂźne la dĂ©faite de l'armĂ©e hollandaise. MalgrĂ© une courte tentative de retour offensif, les Hollandais doivent renoncer Ă  la Belgique avec l'accord des grandes puissances qui veulent Ă©teindre au plus vite un foyer de sĂ©dition comme l'Ă©tait Bruxelles, oĂč grouillaient des rĂ©fugiĂ©s politiques de toute l'Europe : nostalgiques de la RĂ©publique et de l'Empire français, intrigants appartenant Ă  des sectes politiques comme la Charbonnerie, les derniers partisans de Babeuf, ainsi que Buonarroti et des Polonais rescapĂ©s de la rĂ©pression tsariste et mĂȘme des exilĂ©s sud-amĂ©ricains.

Dans son ouvrage Talleyrand le prince immobile[55], l'historien Emmanuel de Waresquiel consacre un chapitre entier, intitulé « La Belgique et la paix », au rÎle trÚs important joué par Talleyrand - ambassadeur de France auprÚs du Royaume-Uni depuis l'accession au trÎne de Louis-Philippe -, dans le processus conduisant à la reconnaissance de l'indépendance belge par les puissances européennes signataires des traités qui, en 1815, ont incorporé les provinces belges au Royaume des Pays-Bas.

Le soulÚvement belge éveillait la perspective de voir les événements belges contaminer d'autres pays, alors que les suites du soulÚvement polonais contre les Russes et leurs échos en Allemagne ne sont pas éteints.

Dans l'esprit des reprĂ©sentants des puissances, en particulier du Royaume-Uni, au congrĂšs de Vienne, durant lequel Talleyrand reprĂ©sentait dĂ©jĂ  la France - jusqu'au retour de NapolĂ©on lors des Cent-Jours -, le Royaume des Pays-Bas devait ĂȘtre un État tampon destinĂ© Ă  bloquer les visĂ©es expansionnistes françaises. «Toute la politique anglaise va donc consister Ă  se prĂ©munir contre la France en faisant construire le long de la frontiĂšre des Pays-Bas une ligne de forteresses destinĂ©es Ă  surveiller et contenir son vieil ennemi » [55]. Il s'agissait pour les Anglais de prĂ©server leur commerce international en gardant le contrĂŽle sur l'Escaut et le port d'Anvers.

Talleyrand va s'efforcer de réduire cet antagonisme partagé par les autres puissances, en particulier la Prusse, en participant activement aux « conférences sur le rÚglement de la crise belge (qui) s'ouvrent à Londres le 4 novembre 1830 » et vont se prolonger jusqu'en janvier 1832. Il va défendre avec opiniùtreté l'idée de l'indépendance et de la neutralité de la Belgique, tout en essayant - sans succÚs - d'obtenir quelques concessions territoriales au profit de son pays. « Au-delà des résultats, ces deux années de marathon diplomatique constituent à elles seules une performance pour un homme de presque quatre-vingts ans.»[55].

DĂ©route d'une division hollandaise par la porte de Flandre.

Cette seconde indĂ©pendance belge en moins de cinquante ans aboutit Ă  la reconnaissance par les puissances d'un État neutre, dans un premier temps sous l'autoritĂ© d'un gouvernement provisoire et d'un congrĂšs national. Avec l'installation de LĂ©opold de Saxe-Cobourg-Gotha comme premier roi des Belges, la Belgique devient une monarchie constitutionnelle et une dĂ©mocratie parlementaire. L'unionisme entre catholiques et libĂ©raux, scellĂ© en 1827-1828, est consacrĂ© par un compromis en 1830 : la construction d'un État libĂ©ral oĂč il n'y a pas de politique anticlĂ©ricale et oĂč le catholicisme est reconnu comme religion de la majoritĂ©, le tout fondĂ© sur une constitution intouchable Ă  leurs yeux, qui garantit un nombre Ă©levĂ© de libertĂ©s comparĂ© aux autres lois fondamentales de l'Ă©poque[56].

Cet unionisme se transforme aprĂšs l'indĂ©pendance en « une coalition Ă©lectorale et gouvernementale permanente, constituĂ©e de membres modĂ©rĂ©s des deux partis qui n'ont pas oubliĂ© les leçons de la RĂ©volution brabançonne »[57]. Le pays est alors dirigĂ© par une oligarchie Ă©lue au suffrage censitaire et capacitaire Ă  reprĂ©sentation majoritaire[58], dont la langue est de facto le français[59]. L'unionisme persistera tant que la peur d'une annexion nĂ©erlandaise ou française sera forte. Les libĂ©raux crĂ©ent ensuite leur parti et il s'ensuivra une pĂ©riode avec un systĂšme bipolaire entre tendances libĂ©rales et catholiques. L'apparition d'un parti catholique organisĂ© en 1869 voit les conservateurs en 1884 s'installer au pouvoir pendant trente ans, et les socialistes crĂ©ent le parti ouvrier en 1885. Le pays connaĂźt le vote plural Ă  reprĂ©sentation proportionnelle le et – plus tardivement et par Ă©tapes – le suffrage universel ainsi que les premiĂšres avancĂ©es en matiĂšre de droits linguistiques comme la loi Coremans-De Vriendt en 1898. Il faut toutefois attendre le pour voir une version complĂšte en nĂ©erlandais de la Constitution officiellement reconnue[60], et 1991 pour la version en allemand[61].

GrĂące Ă  une industrialisation prĂ©coce dĂšs les dĂ©buts de la rĂ©volution industrielle au XIXe siĂšcle, favorisĂ©e par des territoires dotĂ©s de charbon et densĂ©ment peuplĂ©s, la Belgique connaĂźt une forte expansion Ă©conomique et devient une puissance industrielle importante[62]. Par l'interventionnisme de l'État, le pays se dote rapidement du premier rĂ©seau ferroviaire du continent europĂ©en, qui restera le plus dense[63].

Au cours des cinq années suivant la révolution belge, la Société générale de Belgique investit dans une quarantaine d'entreprises belges, dont quinze aciéries et sept grandes mines de charbon, introduites en Bourse de Bruxelles, qui vit alors l'essor le plus rapide de l'histoire des bourses de valeurs. La forte croissance économique mondiale des années 1830 fait doubler la production de charbon belge. La Belgique est le berceau d'avancées technologiques dans de nombreux domaines comme la chimie avec la découverte d'un procédé de fabrication industrielle de la soude par Ernest Solvay.

Par l'initiative de son deuxiĂšme roi, LĂ©opold II, qui a reçu l'État indĂ©pendant du Congo Ă  titre privĂ© aprĂšs la confĂ©rence de Berlin en 1884-1885 afin d'Ă©viter un conflit ouvert entre les grandes puissances, la Belgique devient un empire colonial en 1908 aprĂšs que le roi a lĂ©guĂ© l'administration de son domaine Ă  l'État belge pour faire face Ă  ses dettes liĂ©es Ă  ses nombreuses rĂ©alisations en Belgique. La reprise par l'État de l'administration du Congo (77 fois la superficie de la Belgique actuelle) s'impose Ă  la fin de 1905 aprĂšs notamment le rapport d'une commission d'enquĂȘte dĂ©plorant l'exploitation des populations congolaises et les abus subis sous l'occupation de LĂ©opold II, particuliĂšrement pour la rĂ©colte du caoutchouc naturel[64]. En 1955, le roi Baudouin, au cours d'un voyage au Congo, instruira l'administration locale de ne plus verser aux crĂ©anciers de LĂ©opold II les fonds rĂ©coltĂ©s. Le Congo avait remboursĂ© quatre fois les sommes dues aux puissances occidentales qui avaient parrainĂ© LĂ©opold II dans sa mission d'exploitation des matiĂšres premiĂšres. Cinq ans plus tard, le Congo accĂ©dera Ă  la souverainetĂ© internationale Ă  l'instigation, entre autres, des États-Unis d'AmĂ©rique.

PremiĂšre Guerre mondiale

Fantassins de la Garde civique participant à la défense de LiÚge en .
Soldats de l'occupation allemande Ă  LiĂšge durant la PremiĂšre Guerre mondiale.

En 1914, la PremiĂšre Guerre mondiale Ă©clate. L'Empire allemand ignore la neutralitĂ© de la Belgique et l'envahit en appliquant le Plan Schlieffen pour prendre Ă  revers les armĂ©es françaises. AprĂšs la bataille de LiĂšge, bataille d'arrĂȘt livrĂ©e du 5 au 16 aoĂ»t par l'armĂ©e belge appuyĂ©e sur les forts de la ceinture fortifiĂ©e Ă©tablie en avant de la ville, c'est la victoire de Haelen contre les Uhlans appuyĂ© par de l'infanterie, puis le siĂšge d'Anvers qui commence le 25 aoĂ»t par des sorties de l'armĂ©e de campagne surgissant de la ceinture fortifiĂ©e Ă©difiĂ©e Ă  plus ou moins vingt kilomĂštres de la ville. RepoussĂ©s trois fois les Allemands parviennent en vue de la deuxiĂšme ceinture de forts le 26 septembre et commencent le siĂšge proprement dit avec leur grosse artillerie. Le 5 octobre, la troisiĂšme ceinture, qui est constituĂ©e de forts du XIXe siĂšcle, est Ă©crasĂ©e et l'armĂ©e belge doit se retirer le 8 octobre. Ainsi, en agissant sur les arriĂšres de l'armĂ©e allemande, l'armĂ©e belge a contribuĂ© Ă  soulager l'armĂ©e française attaquĂ©e au nord-est de la France. Les soldats belges sont d'autant plus motivĂ©s que l'ennemi se livre Ă  de nombreuses atrocitĂ©s contre la population en invoquant que des francs-tireurs civils combattent en guĂ©rilla[65]. Ce sont surtout les combats devant LiĂšge et Ă  Haelen qui, en retenant 150 000 soldats allemands, privĂšrent l'Ă©tat-major allemand de disposer de tous ses effectifs lors de la bataille de la Marne, ce qui explique le vide laissĂ© entre les armĂ©es allemandes Ă  un moment crucial de la bataille, ce dont le gĂ©nĂ©ral Joffre sut tirer parti en y lançant ses troupes. Aussi, la presse française ne tarit-elle pas d'Ă©loges sur la rĂ©sistance de la Belgique. Comme l'Ă©crit L'Écho de Paris : « Nous, Français, nous devons aux Belges, plus que de l'admiration, nous leur devons une inoubliable reconnaissance », « Une page glorieuse de l'histoire contemporaine » Ă©crit encore le quotidien français Le journal[66]. MalgrĂ© tout, la Belgique sera finalement presque entiĂšrement occupĂ©e. Finalement, pour prĂ©server un dernier morceau de territoire national commence alors, du 20 octobre au 17 novembre, une trĂšs dure bataille entre les belgo-franco-britanniques retranchĂ©s derriĂšre le fleuve Yser et l'armĂ©e allemande qui lance des assauts rĂ©pĂ©tĂ©s qui lui coĂ»tent beaucoup de pertes. Des inondations de la basse plaine renforcent encore la dĂ©fense alliĂ©e et, finalement, l'empereur d'Allemagne venu assister Ă  ce qu'il croit devoir ĂȘtre un triomphe, doit repartir. Pour l'Empire allemand, l'espoir est perdu de foncer Ă  travers les plaines maritimes en contournant les alliĂ©s, surtout les Français. Le gouvernement belge, installĂ© Ă  Sainte-Adresse en France, y restera durant toute la guerre, mais le roi Albert Ier reste au commandement de l'armĂ©e qui combat pendant quatre ans sur les rives de l'Yser dĂ©fendant le dernier morceau de territoire restĂ© libre[67].

En Belgique occupĂ©e, l'occupant allemand installera, dĂšs 1915, une Flamenpolitik destinĂ©e Ă  diviser la Belgique en deux États satellites de l'Allemagne, la Flandre et la Wallonie.

En Afrique, l'armĂ©e du Congo belge Ă©paule les forces britanniques et remporte plusieurs victoires contre les forces de l'Afrique orientale allemande, jusqu'Ă  la prise de Tabora le dans le cadre d'une concertation trĂšs gĂ©nĂ©rale avec les Britanniques. Aussi, faudra-t-il beaucoup d'efforts pour que l'Empire britannique – qui compte s'approprier la totalitĂ© de la colonie allemande – concĂšde l'Ă©tablissement d'une base militaire Ă  Kisumu[alpha 5] - [68] puis Ă  Mwanza afin de permettre l'approvisionnement des troupes via la ligne de chemin de fer reliant ces villes au port de Mombasa.

AprÚs la guerre, la quatriÚme partie du traité de Versailles de 1919, appelée « Accords Orts-Milner » donne à la Belgique les territoires du Ruanda-Urundi[69].

Le traitĂ© donne aussi, Ă  l'est de la Belgique, la circonscription prussienne d'Eupen-Malmedy, rattachement sanctionnĂ© par un plĂ©biscite controversĂ©. Historiquement, le territoire d'Eupen avait appartenu jusqu'en 1815 au duchĂ© du Brabant (les Pays d'Outre-Meuse et le duchĂ© de Limbourg), Sankt-Vith faisait partie du duchĂ© de Luxembourg et Malmedy de la principautĂ© abbatiale indĂ©pendante de Stavelot-Malmedy. Le vote n'est pas Ă  bulletin secret, ce qui fait craindre aux Ă©lecteurs des reprĂ©sailles : seuls 271 sur 33 726 Ă©lecteurs dĂ©clarent leur attachement Ă  la Prusse[70]. La libĂ©ration est Ă©galement l'occasion pour le roi d'instaurer le suffrage universel masculin, grĂące Ă  une « petite entorse » au droit constitutionnel belge[71].

Entre-deux-guerres

Durant l'entre-deux-guerres, l'histoire de la Belgique est similaire au reste de l'Europe occidentale : une reconstruction Ă©nergique durant les annĂ©es folles, une crise Ă©conomique entre 1931 et 1935, l'Ă©mergence de partis fascistes avec la flambĂ©e rexiste de 1936-1937 autour de LĂ©on Degrelle et le VNV flamand de Staf Declercq. Les mouvements wallons et flamands connaissent aussi une radicalisation et un raffermissement aprĂšs la pĂ©riode de patriotisme belge Ă  la fin de la guerre. En 1934, le roi Albert Ier dĂ©cĂšde inopinĂ©ment et son fils LĂ©opold III lui succĂšde. Mais, l'instabilitĂ© ministĂ©rielle et les divisions nationales s'aggravent, suscitant l'apparition, dans une partie de l'opinion publique, d'un courant de pensĂ©e politique autoritaire prĂŽnant un ordre fort dont on dit qu'il ne laisse pas le roi indiffĂ©rent. MalgrĂ© ce qui semble avoir Ă©tĂ© une tentative de putsch menĂ©e en amateur par LĂ©on Degrelle, chef du parti REX, partisan de Mussolini et tentĂ© par l'exemple d'Hitler, la dĂ©mocratie est protĂ©gĂ©e, le roi ne faisant rien pour favoriser une dĂ©rive anti-dĂ©mocratique. En 1936, sous son impulsion et avec l'appui du parlement et du gouvernement, la Belgique dĂ©nonce l'alliance de 1920 avec les Franco-britanniques et se replie dans une stricte neutralitĂ©, affirmant refuser toute coopĂ©ration avec les Ă©tats-majors alliĂ©s, alors mĂȘme que la menace hitlĂ©rienne s'affirme aux frontiĂšres. Il s'agit de ne pas provoquer l'Allemagne, vu l'Ă©tat d'insuffisance de la dĂ©fense belge. C'est aussi l'insuffisance des anciens alliĂ©s français et britannique, tant sur le plan militaire que politique, qui motive la politique de neutralitĂ© accompagnĂ©e d'un imposant programme de rĂ©armement. Le sacrifice de la TchĂ©coslovaquie abandonnĂ©e par les puissances Ă  l'appĂ©tit d'Hitler, lors du traitĂ© de Munich, donne tout Ă  craindre de futures revendications allemandes sur la Belgique si les puissances europĂ©ennes abandonnent celle-ci comme elles ont abandonnĂ© la TchĂ©coslovaquie. Le roi, qui a des contacts dans l'aristocratie britannique, sait par ceux-ci que le gouvernement britannique a cru pouvoir apaiser les appĂ©tits de conquĂȘte de Hitler en lui offrant le Congo, quitte Ă  obliger par la force la Belgique Ă  accepter. Hitler, surtout intĂ©ressĂ© par ses visĂ©es d'expansion Ă  l'est, ne s'intĂ©resse pas Ă  ce projet, d'autant plus que l'Allemagne n'a pas les moyens militaires d'intervenir en Afrique. Mais il est clair que la Belgique doit pouvoir se dĂ©fendre contre les tentatives de l'assujettir dans une combinaison reprenant le marchandage de Munich conclu sur le dos de la TchĂ©coslovaquie. Mais l'ennemi reste avant tout l'Allemagne. La Belgique doit pouvoir se dĂ©fendre seule, dans la crainte que les Britanniques, et peut-ĂȘtre mĂȘme les Français ne garantissent pas de la secourir. C'est le sens du rĂ©gime de la neutralitĂ© armĂ©e votĂ© par le parlement, une solution qui pourrait, espĂšre-t-on, Ă©viter d'ĂȘtre entraĂźnĂ© dans un conflit entre l'Allemagne et les Franco-britanniques. DĂšs 1938, il apparaĂźt clairement que la Belgique et la France sont visĂ©es par l'impĂ©rialisme allemand. Alors que la Belgique est en plein rĂ©armement sous les apparences de la neutralitĂ©, des informations sont communiquĂ©es secrĂštement Ă  la France rĂ©vĂ©lant que les services de renseignement ont acquis la conviction que l'attaque allemande se ferait par le Sud de l'Ardenne belge. En atteste le gĂ©nĂ©ral en chef français Maurice Gamelin qui rĂ©vĂšle dans son livre de mĂ©moires – Servir – qu'il avait avec le roi des Belges en personne, LĂ©opold III, une communication directe grĂące aux attachĂ©s militaires[72]. Mais ce gĂ©nĂ©ral n'en tire aucun profit pour organiser sa stratĂ©gie, prĂ©fĂ©rant s'en remettre Ă  l'avis du marĂ©chal PĂ©tain qui avait dĂ©clarĂ© l'Ardenne impraticable pour une armĂ©e moderne. Or, c'est bien par lĂ  que se manifestera l'offensive principale de la Wehrmacht.

Seconde Guerre mondiale

En , la Belgique est de nouveau envahie par l'Allemagne. Commence alors la campagne des 18 jours. Tandis que l'armĂ©e des Pays-Bas reflue prĂ©cipitamment vers la ZĂ©lande devant la Blitzkrieg allemande, l'armĂ©e française est percĂ©e Ă  Sedan, comme prĂ©vu dans les plans allemands dont les Français n'avaient pas voulu tenir compte malgrĂ© les renseignements de l'espionnage français et belge et les avertissements du roi LĂ©opold au gĂ©nĂ©ral en chef français Gamelin qui Ă©tait en relation directe avec le roi, comme il l'a reconnu dans son livre de mĂ©moires Servir[72]. L'Ă©tat-major français avait donc eu le temps de parer cette offensive entre l'entrĂ©e de la Wehrmacht en Ardenne, le 10 mai, et son attaque sur les positions françaises. Un dĂ©lai dĂ» Ă  la rĂ©sistance des chasseurs ardennais, une troupe d'Ă©lite de l'armĂ©e belge, qui retardĂšrent les Allemands pendant deux jours puisque ceux-ci ne commencĂšrent Ă  franchir la Meuse que le 12. Ce recul français Ă  Sedan, menaçait l'armĂ©e belge sur sa droite, alors qu'elle Ă©tait tournĂ©e sur sa gauche Ă  la suite de la dĂ©fection des Hollandais (qui allaient se rendre quatre jours plus tard) et qu'elle Ă©tait elle-mĂȘme percĂ©e en son centre, sur le canal Albert par la prise du fort d'Eben-Emael rĂ©duit Ă  l'impuissance au bout de vingt-quatre heures par l'utilisation d'un nouveau type d'explosif allemand. L'armĂ©e ne cessera, dĂšs lors, de devoir reculer en mĂȘme temps que les Français et les Britanniques, sans que ceux-ci et les Belges puissent rĂ©tablir un front face aux pointes profondes des attaques allemandes qui menacent sans cesse de rĂ©aliser l'encerclement des alliĂ©s. C'est d'abord la bataille de la Dendre, puis la bataille de la Lys, seule bataille d'arrĂȘt de toute la campagne, oĂč l'armĂ©e belge rĂ©siste cinq jours, abandonnĂ©e par l'armĂ©e britannique qui se retire Ă  Dunkerque pour y rembarquer sans que rien soit prĂ©parĂ© pour Ă©vacuer les Belges. Le roi se rĂ©signe, le 28 mai 1940, au terme d'une campagne de dix-huit jours qui laisse l'armĂ©e Ă  bout de forces et de munitions, Ă  envisager une reddition. Il est prouvĂ© qu'il avait prĂ©venu le gĂ©nĂ©ral en chef de l'armĂ©e française du Nord, comme en attestaient des captations des communications militaires hertziennes franco-belges. Attestation en est faite par un gaulliste de la premiĂšre heure, le colonel RĂ©my[73]. Le roi prĂ©vient aussi l'attachĂ© militaire britannique qui l'attestera dans un livre de mĂ©moires[74]. Aussi, le conflit qui Ă©clate entre le roi et les ministres porte-t-il moins sur la reddition que sur la date de celle-ci et sur la question de savoir si le gouvernement doit s'exiler en emmenant le roi avec lui. Le roi refuse, estimant que son statut de chef de l'armĂ©e lui fait obligation, de par la constitution, de rester avec celle-ci, Ă  faute d'ĂȘtre considĂ©rĂ© comme dĂ©serteur. Le roi tombe alors aux mains des allemands comme « prisonnier de guerre » et le gouvernement belge, qui veut continuer la guerre, mĂȘme sans le chef de l'État, dĂ©clare celui-ci « dans l'impossibilitĂ© de rĂ©gner » (du fait de la constitution qui fait un devoir au gouvernement d'assumer seul ses responsabilitĂ©s et collĂ©gialement, sans le blanc seing royal lorsque le roi n'a plus sa libertĂ© d'action).

Carte de l'administration de la Belgique par l'Allemagne nazie.

Le gouvernement du premier ministre Hubert Pierlot, en exil, se rĂ©fugie Ă  Londres (aprĂšs toute une odyssĂ©e en France achevĂ©e en ce qui concerne Hubert Pierlot et Paul-Henri Spaak, ministre des affaires Ă©trangĂšres, par une traversĂ©e clandestine de l'Espagne aux mains d'un gouvernement pro-allemand). Le gouvernement belge pleinement lĂ©gal et disposant du Congo va alors mettre les forces de la colonie, ses productions agricoles et minĂ©rales – notamment l'uranium – Ă  la disposition des alliĂ©s. En mĂȘme temps, il organise la reconstitution d'une infanterie militaire belge et la participation de trois escadrilles belges dans la Royal Air Force, ainsi que l'effort de la marine marchande au service des alliĂ©s et la campagne victorieuse des troupes belges d'Abyssinie qui remportent la victoire de SaĂŻo contre les Italiens. En Belgique, se dĂ©veloppe une rĂ©sistance armĂ©e soutenue par des parachutages d'armes et des Ă©missions de propagande par la radio belge de Londres. Le roi, lui, reste silencieux durant toute l'occupation et ne donne aucun signe apparent d'appui Ă  la rĂ©sistance, au gouvernement de Londres et Ă  la cause alliĂ©e. Des rĂ©vĂ©lations publiĂ©es longtemps aprĂšs la guerre rĂ©vĂšlent cependant qu'il a Ă©crit par deux fois Ă  Hitler pour protester contre des dĂ©portations, mais sans autre effet que la menace d'ĂȘtre dĂ©portĂ© lui-mĂȘme avec sa famille, ce qui finira d'ailleurs par ĂȘtre exĂ©cutĂ© par les nazis. Il y a aussi eu un Ă©change de communications entre le roi et le gouvernement en exil Ă  Londres, Ă  l'initiative de celui-ci qui tentait un rapprochement dans le but d'apaiser le conflit nĂ© en mai 1940. Le propre beau-frĂšre du premier ministre Pierlot se dĂ©voua pour quitter l'Angleterre afin de rentrer clandestinement en Belgique pour apporter au roi une communication du gouvernement en exil. ArrĂȘtĂ© par les Allemands alors qu'il tentait de quitter le pays pour porter en Angleterre la rĂ©ponse du roi, il sera exĂ©cutĂ© et l'on ne saura peut-ĂȘtre jamais ce que l'entrevue avait pu donner.

En mai 1940, des millions de Belges ont pris le chemin de l'exil vers la France, « craignant, comme le confirme l'historien Max Lagarrigue (en), de subir les mĂȘmes atrocitĂ©s que durant la Grande Guerre »[75]. Accueillis pour leur grande majoritĂ© dans le Midi de la France, ils rentrent pour la plupart en septembre-octobre 1940. « Les Allemands vont faciliter et encourager leur retour afin de remettre en marche le bassin sidĂ©rurgique belge qui participera Ă  l'effort de guerre de l'occupant »[75].

Accueil des troupes britanniques Ă  Bruxelles le 4 septembre 1944.

Les Belges vivent sous l'occupation jusqu'Ă  la LibĂ©ration par les forces alliĂ©es en septembre 1944. Les quatre annĂ©es passĂ©es sous l'administration militaire allemande, dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Alexander von Falkenhausen, voient notamment la dĂ©portation sans retour de 25 000 Juifs du pays vers Auschwitz-Birkenau, avec la collaboration parfois des autoritĂ©s. La municipalitĂ© d'Anvers envoie sa police collaborer aux rafles allemandes, celle de LiĂšge livre Ă  l'occupant des listes de Juifs, mais celle de Bruxelles s'y refuse et son bourgmestre, le docteur « Jef » Van de Meulebrouck est arrĂȘtĂ©.

Le collĂšge des secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux de ministĂšres se contente de gĂ©rer le pays comme il le peut, confrontĂ© aux exigences et aux rĂ©quisitions allemandes. Certains secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux seront limogĂ©s et remplacĂ©s par des collaborateurs des Allemands. AidĂ© des collaborationnistes, l'occupant traque les rĂ©sistants qui sont arrĂȘtĂ©s par milliers, souvent torturĂ©s et dĂ©portĂ©s en camps de concentration depuis le fort de Breendonk. À la suite d'attentats de la rĂ©sistance, prĂšs de trois cents otages sont Ă©galement fusillĂ©s en reprĂ©sailles. LivrĂ© au pillage, Ă  la faim et au marchĂ© noir, le pays voit aussi plusieurs centaines de milliers des siens envoyĂ©s travailler de force dans les usines de guerre nazies outre-Rhin. La sympathie de certains milieux flamands pour l'occupant, qui ne va pas hĂ©siter Ă  attiser la division des Flamands et des Wallons pour mieux rĂ©gner, contribuera Ă  nourrir de nouvelles rancƓurs inter-communautaires aprĂšs la libĂ©ration. La collaboration Ă©conomique a Ă©tĂ© forte dans l'ensemble du pays. Le fasciste wallon LĂ©on Degrelle, d'origine française par ses parents et partisan avant la guerre des thĂ©ories de Charles Maurras (extrĂȘme-droite française), s'est reconverti en pro-nazi et a dĂ©clarĂ©, en 1941, le « caractĂšre germanique » de la Wallonie. Des « volontaires » flamands et wallons vont combattre en Russie aux cĂŽtĂ©s de la Wehrmacht. AprĂšs la libĂ©ration de 1944 par les Britanniques accompagnĂ©s des forces belges du gĂ©nĂ©ral Piron, une derniĂšre offensive allemande oppose la Wehrmacht et des troupes spĂ©ciales de SS aux G.I. amĂ©ricains. C'est la bataille des Ardennes avec son cortĂšge d'atrocitĂ©s perpĂ©trĂ©es par des SS contre la population. Mais, Ă  la fin de dĂ©cembre 1944, les derniers soldats allemands sont chassĂ©s de Belgique.

AprĂšs-Guerre

La LibĂ©ration est mouvementĂ©e. Les mouvements de rĂ©sistance rechignent Ă  rendre leurs armes et Ă  se dissoudre. Le plan de reconstitution de l'armĂ©e prĂ©voit l'engagement de volontaires autour de la brigade Piron qui a collaborĂ© Ă  la libĂ©ration du territoire et cela servira d'exutoire au mĂ©contentement des milieux rĂ©sistants. Mais l'exaltation nationale, qui peut faire penser Ă  celle que l'on avait constatĂ©e en 1918, est modĂ©rĂ©e par les sĂ©quelles de l'incivisme et de la collaboration, beaucoup plus qu'aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale. Le contexte est passionnĂ© par une opposition entre wallons et flamands, les premiers soulignant la collaboration pro-nazie de cercles flamands hĂ©ritiers du VNV d'avant-guerre. Mais les francophones ont eu aussi leurs collaborateurs autour du wallon d'origine française LĂ©on Degrelle. Un certain nombre de personnes sont condamnĂ©es judiciairement[76] tandis que l'Ă©puration civique se fait aussi de maniĂšre extra-judiciaire, notamment par des sanctions administratives[76]. Cette politique de rĂ©pression donne lieu Ă  des dĂ©rapages qui conduisent Ă  la dĂ©mission de plusieurs ministres de la Justice. Cela, plus une diffĂ©rence de climat sensible en Flandre fait Ă©merger une nouvelle revendication dans le mouvement flamand : l'amnistie[77]. En plus de la rĂ©pression et des demandes d'amnistie, la question royale pĂšse lourdement sur la vie politique du pays : le roi LĂ©opold III, transfĂ©rĂ© dans le Reich en [78], ne peut rentrer au pays aprĂšs sa libĂ©ration en mai 1945, car son « testament politique » rĂ©digĂ© au printemps 1944, peu amĂšne pour les AlliĂ©s et le gouvernement en exil et ignorant la rĂ©sistance, a montrĂ© son dĂ©calage avec le gouvernement Pierlot, l'opinion publique et l'Ă©volution gĂ©nĂ©rale du monde. Pour supplĂ©er Ă  l'absence du roi, le parlement appelle son frĂšre, le prince Charles, Ă  prĂȘter le serment constitutionnel qui fait de lui le prince-rĂ©gent de Belgique habilitĂ© Ă  participer au pouvoir exĂ©cutif au mĂȘme titre que le roi.

Remise en question du régime

La question du retour du roi se cristallise autour d'un clivage politique et communautaire : les sociaux-chrétiens et la forte majorité des Flamands y sont favorables, les autres partis et la majorité des Wallons hostiles[77]. Cette question royale conduira à l'abdication de Léopold III et à l'intronisation de son fils Baudouin en juillet 1951. Les partis politiques s'affrontent également dans une nouvelle guerre scolaire dans les années 1950 avec comme épilogue le Pacte scolaire de 1958, avec un rapport de force différent selon la région, présageant la prochaine importance du clivage linguistique et des problÚmes communautaires[79] - [80].

Les Flamands ont demandĂ© la fin de l'État unitaire. Ils l'obtinrent le avec une nouvelle Constitution dont l'article premier spĂ©cifie que « la Belgique est un État fĂ©dĂ©ral ».

Colonies

Ancien empire colonial belge.

La prĂ©sence coloniale belge en Afrique s'arrĂȘte en 1960 avec la souverainetĂ© du Congo et en 1962 avec l'indĂ©pendance du Burundi et du Rwanda dont la Belgique est, depuis l’issue de la PremiĂšre Guerre mondiale, le pays mandataire par la SociĂ©tĂ© des Nations aprĂšs la dĂ©faite allemande. Les deux guerres ont mis le Congo Ă  contribution avec les levĂ©es de soldats congolais et les victimes qui en rĂ©sultĂšrent. D'abord, de 1914 Ă  1918, lors des deux campagnes qui chassĂšrent les Allemands de l'Afrique Orientale Allemande. Ensuite, en 1941 et 1942, lors des victoires contre les troupes italiennes d'Éthiopie achevĂ©es par la victoire d'Asosa. Outre les morts et les blessĂ©s, une importante participation civile fut organisĂ©e par les Belges, durant les deux guerres, avec l'organisation de colonnes d'approvisionnement, tandis que l'agriculture et les richesses minĂ©rales du Congo Ă©taient exploitĂ©es pour appuyer l'effort de guerre. C'est surtout pendant la Seconde Guerre mondiale que les richesses miniĂšres du Congo furent utilisĂ©es pour conforter le rĂŽle de la Belgique dans le camp alliĂ©, notamment par l'exploitation de l'Ă©tain, du cuivre et de l'uranium. Cet apport du Congo permit Ă  la Belgique de sortir de la guerre sans dette.

Au terme de la PremiĂšre Guerre mondiale, la SociĂ©tĂ© des Nations (SDN) a confiĂ© un mandat Ă  la Belgique sur une partie de l'ancienne colonie allemande d'Afrique orientale (Ă  savoir le Ruanda-Urundi). C'Ă©tait dans des conditions qui voulaient se fonder sur ce qu'une commission de la SDN considĂ©rait ĂȘtre les traditions ethniques locales qu'il Ă©tait impĂ©ratif, pour les Belges, de respecter. Il s'agissait de conserver la politique de clivage social des colonisateurs allemands. Longtemps aprĂšs, lors du gĂ©nocide rwandais, en 1994, il en rĂ©sultera d'Ăąpres polĂ©miques, avec la dĂ©couverte des consĂ©quences de cette politique coloniale belge qui avait continuĂ© la politique des anciens colonisateurs allemands de clivage entre les communautĂ©s hutu et tutsi Ă  la suite de pressions de la SociĂ©tĂ© des Nations. Cependant, dans les derniĂšres annĂ©es de la prĂ©sence belge, on avait voulu mettre fin aux sĂ©quelles de cette situation qui avait imposĂ© la mention de l'ethnie sur les cartes d'identitĂ©. Mais une tradition de prĂšs d'un siĂšcle, implantĂ©e dans la conscience populaire, ne pouvait s'effacer. Une Ă©lite dominante se substitua aux Belges pour renforcer encore une opposition qui finit par dĂ©gĂ©nĂ©rer en un conflit meurtrier. Soutenus par la politique britannique qui reprenait son idĂ©ologie d'expansion dans le bassin du Congo, des immigrĂ©s parvinrent Ă  mettre fin Ă  la guerre civile en imposant leur loi et la langue anglaise, au point que le pays, qui faisait partie des Ă©tats francophones depuis la colonisation belge, demanda et obtint son entrĂ©e dans le Commonwealth britannique en 2007.

AprĂšs 1960

En 1960, la Belgique est Ă©galement secouĂ©e par une crise politique. Pour faire face aux difficultĂ©s dues Ă  la fin de la prĂ©sence belge au Congo et les nouvelles conditions de compĂ©tition Ă©conomique en Europe, la coalition socio-chrĂ©tienne et libĂ©rale Ă©labore un programme de relance Ă©conomique et d'austĂ©ritĂ© – la loi unique – qui entraĂźne durant l'hiver 1960-1961 la plus grande grĂšve gĂ©nĂ©rale que la Belgique ait connue. Celle-ci est initiĂ©e par la partie wallonne de la FGTB et est bien plus suivie en Wallonie oĂč elle s'accompagne de la menace de scinder le pays de la part des militants wallons[81]. Ces Ă©vĂ©nements marquent le dĂ©but de la cristallisation du clivage linguistique qui entraĂźne de nouvelles lĂ©gislations linguistiques dont la fixation de la frontiĂšre linguistique, la scission de l'universitĂ© de Louvain, et surtout marque la fin de l'État unitaire belge par la crĂ©ation des CommunautĂ©s en 1970 et des RĂ©gions en 1980 par une suite de rĂ©visions de la constitution[82]. Les annĂ©es 1980 sont marquĂ©es par le passage Ă  un État fĂ©dĂ©ral qui est officiellement reconnu par la constitution de 1993.

La Belgique connaßt à partir des années 1960 ses premiÚres vagues importantes d'immigration extra-européenne, venant principalement de la région du Rif marocain pour travailler dans les houillÚres de Wallonie puis vers la Flandre quand celles-ci cesseront progressivement leur activité[83].

Les annĂ©es 1960 et 1970 ont vu la Flandre devenir la rĂ©gion la plus productive et puis la plus riche du pays, et l'anglais parfois remplacer le français comme premiĂšre langue Ă©trangĂšre en Flandre. Le dĂ©clin wallon a rĂ©sultĂ© d'un dĂ©sinvestissement relatif des grands holdings du secteur privĂ©. Mais dans les annĂ©es 1990, la rĂ©forme du systĂšme de retraite en Belgique a amenĂ© les industriels, l'État et les syndicats Ă  rechercher une plus forte croissance Ă©conomique en remĂ©diant aux problĂšmes des prĂ©retraites et du faible taux d'emploi des seniors en Wallonie.

Relations européennes et internationales

SiÚge de la Commission européenne à Bruxelles (bùtiment Berlaymont).

La Belgique a participé à la naissance de l'Union européenne avec la création du Benelux le , la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier le et du Traité de Rome le .

Auparavant, la Belgique a signé le traité de Bruxelles en 1948 et de l'OTAN le .

Comme membre de l'OTAN, la Belgique a participĂ© Ă  l'effort de dĂ©fense commun des pays signataires jusqu'Ă  la fin de la guerre froide. Depuis, comme dans d'autres pays occidentaux, l'effort militaire s'est relĂąchĂ©, la zone d'occupation du « crĂ©neau » belge en Allemagne a Ă©tĂ© abandonnĂ©e et le service militaire a Ă©tĂ© supprimĂ©. La dĂ©fense est rĂ©duite Ă  un corps d'armĂ©e professionnel qui conserve les composantes fondamentales de la force terrestre, navale et aĂ©rienne, mais un effort de modernisation des armements est consenti qui n'est contestĂ© par aucun parti. Aussi, des troupes belges terrestres et aĂ©riennes ont-elles Ă©tĂ© envoyĂ©es en Afghanistan, aprĂšs la participation aĂ©rienne aux opĂ©rations de l'OTAN en Yougoslavie. En 2011, le gouvernement belge en affaires courantes, appuyĂ© par le parlement fĂ©dĂ©ral, a dĂ©cidĂ© une participation militaire aux opĂ©rations contre la Jamahiriya arabe libyenne. De concert avec les forces aĂ©riennes des États-Unis, de la France et d'autres pays europĂ©ens, la force aĂ©rienne belge a envoyĂ© six chasseurs bombardiers F-16 participer aux opĂ©rations d'exclusion aĂ©rienne du ciel libyen dĂ©cidĂ©es par le Conseil de SĂ©curitĂ© de l'ONU pour empĂȘcher l'aviation libyenne de bombarder les populations rĂ©voltĂ©es contre le rĂ©gime de Kadhafi. Des victimes civiles de cette opĂ©ration de l'OTAN ont Ă©tĂ© relevĂ©es au sein de ces mĂȘmes populations.

Politique

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et parlementaire, dont le roi actuel est Philippe de Belgique, septiĂšme roi des Belges, depuis le .

Le roi des Belges, Philippe de Belgique, et le Premier ministre belge actuel, Alexander De Croo.

État fĂ©dĂ©ral

La Belgique est un État fĂ©dĂ©ral depuis 1993 composĂ© de diffĂ©rentes entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es. La Constitution dĂ©crit la Belgique de la façon suivante[84] :

La population belge est rĂ©partie comme suit : 1,2 million d’habitants vivent en rĂ©gion bruxelloise (10,55 %), 6,6 millions en rĂ©gion flamande (57,72 %) et 3,6 millions en rĂ©gion wallonne (31,73 %). La Belgique a trois langues officielles : l’allemand, le français et le nĂ©erlandais.

Organisation politique

L'organisation politique de la Belgique est réglée principalement par la Constitution belge et par des lois à majorité spéciales prises en exécution de celle-ci.

Gouvernement fédéral

  • Au niveau fĂ©dĂ©ral, le pouvoir lĂ©gislatif se compose de la Chambre des reprĂ©sentants (150 membres), Ă©lue tous les cinq ans, et du SĂ©nat (60 siĂšges, 50 issus des entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es et 10 cooptĂ©s), dĂ©signĂ© tous les cinq ans. Le pouvoir lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral rĂ©dige les lois et contrĂŽle le pouvoir exĂ©cutif. Il est ainsi exercĂ© par le Parlement et dans une moindre mesure par le roi qui sanctionne et promulgue les lois.
  • Le pouvoir exĂ©cutif est composĂ© du roi, des ministres et des secrĂ©taires d'État (le Premier ministre Ă©tant un primus inter pares). Le pouvoir exĂ©cutif dirige le pays en ce qui concerne les matiĂšres nationales (armĂ©es, affaires intĂ©rieures et Ă©trangĂšres, finances, etc.). Il fait en sorte que les lois soient correctement appliquĂ©es et qu’elles soient respectĂ©es. Depuis le , le Premier ministre belge est Alexander De Croo.
  • Le pouvoir judiciaire est, quant Ă  lui, exercĂ© par les cours et les tribunaux. Il se prononce en matiĂšre de litiges. Il contrĂŽle Ă©galement la lĂ©galitĂ© des actes du pouvoir exĂ©cutif.

Commission commune de Bruxelles

Les domaines communautaires de Bruxelles, région bilingue, sont gérés soit conjointement par les francophones et les néerlandophones, au sein de la CoCCom (Commission communautaire commune), soit séparément et en fonction de l'appartenance au groupe linguistique des citoyens concernés, au sein de la CoCoF (Commission communautaire française) ou de la VGC (Vlaamse gemeenschapscommissie).

Ordres et décorations

L’ordre de prĂ©sĂ©ance en Belgique comporte 158 places. La liste est officieuse et est gĂ©rĂ©e par le ministĂšre de l'IntĂ©rieur[85].

Partis politiques

Tous les grands partis sont, depuis la fĂ©dĂ©ralisation du pays en 1970, les reprĂ©sentants de leur communautĂ© linguistique. Deux exceptions, les Ă©cologistes, flamands Groen et wallons Écolo, qui forment un groupe politique uni au parlement fĂ©dĂ©ral ainsi que les communistes du PTB/PVDA qui se revendiquent ouvertement unitaires . Mais les partis socialistes, ex sociaux-chrĂ©tiens et libĂ©raux se rĂ©partissent entre francophones et flamands qui concluent occasionnellement des accords sur la base qui les rapproche, celle de la doctrine socialiste, libĂ©rale ou humaniste pour les anciens sociaux-chrĂ©tiens. On parle, dans ce cas, de « familles » politiques, l'Open VLD pour la rĂ©gion flamande avec le MR pour la rĂ©gion wallonne, les partis socialistes, PS francophone et sp.a flamand, les deux partis chrĂ©tiens dĂ©mocrates de Flandre et de Bruxelles-Wallonie CD en V et CDH. La crĂ©ation de formations « mineures » est rĂ©guliĂšrement tentĂ©e et n'est d'ailleurs pas un phĂ©nomĂšne nouveau. On a connu, dans les annĂ©es soixante et ultĂ©rieures, des formations anti-fiscales, ainsi que, plus tard, la naissance de formations indĂ©pendantistes. Seules les formations Vlaams Blok, devenu Vlaams Belang, et, en 2010, la N-VA flamande ont connu un relatif succĂšs pouvant aller jusqu'Ă  reprĂ©senter 27 % des voix, mais en Flandre seulement. Cela ne reprĂ©sente que 16 % des voix sur le plan gĂ©nĂ©ral des Ă©lecteurs belges.

Crise politique

AprĂšs les Ă©lections fĂ©dĂ©rales du , les partis libĂ©raux et sociaux-chrĂ©tiens tentĂšrent en vain de former un gouvernement fĂ©dĂ©ral. Cette grave crise de plusieurs mois, sur un fond de profond dĂ©saccord communautaire, constitua un fait sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire politique du pays. Un accord obtenu plus de six mois aprĂšs les Ă©lections, en dĂ©cembre 2007, a mis un terme (provisoire) Ă  cette crise par la mise en place d’un gouvernement « transitoire » dirigĂ© par le premier ministre sortant Guy Verhofstadt.

Le , aprĂšs neuf mois de nĂ©gociations, Yves Leterme devient premier ministre et le nouveau gouvernement est installĂ©[86]. Cependant la dĂ©mission du Premier ministre Yves Leterme le (bien que non acceptĂ©e par le roi des Belges Albert II) replonge le pays dans l’incertitude d’une crise politique en ne permettant la prolongation du gouvernement actuel que sous une forme de plus en plus tronquĂ©e et reportant les sujets brĂ»lants Ă  des dates ultĂ©rieures, relançant le dĂ©bat sur l’opportunitĂ© de voter anticipativement en 2009, lors du scrutin rĂ©gional, et, ainsi, d’unifier Ă  nouveau les Ă©lections rĂ©gionales et lĂ©gislatives. Il propose la dĂ©mission de son gouvernement les 19 et , et le roi Albert II accepte finalement la seconde proposition de dĂ©mission. Le gouvernement Van Rompuy prĂȘte serment devant le roi le 30 dĂ©cembre 2008 et remplace le gouvernement Leterme.

Un sondage rĂ©alisĂ© par les quotidiens La Voix du Nord et Le Soir dĂ©but juillet 2008 a rĂ©vĂ©lĂ© que 49 % des Wallons interrogĂ©s favorisent, parmi plusieurs options thĂ©oriques, un rattachement Ă  la France en cas de scission de la Belgique, alors qu'ils n’étaient que 29 % en janvier de la mĂȘme annĂ©e[87] - [88]. Mais les Ă©lections n’accordent que 1,5 Ă  0,5 % des voix aux listes de petits partis prĂŽnant le rattachement Ă  la France. Cette disparitĂ© entre les opinions et les votes semble courante en Belgique, car de telles diffĂ©rences s’étaient dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©es dans un passĂ© proche.

À la suite de la nomination d'Herman Van Rompuy au poste de prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Yves Leterme redevient Premier ministre le et forme un nouveau gouvernement. Le , la Belgique s'enfonce dans une nouvelle crise politique avec la demande de dĂ©mission du gouvernement Ă  la suite du conflit entre francophones et nĂ©erlandophones sur des questions linguistiques concernant l’arrondissement judiciaire et circonscription Ă©lectorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ce Ă  deux mois de la prĂ©sidence du Conseil de l’Union europĂ©enne que doit assumer le pays Ă  partir du . Le , le roi Albert II, aprĂšs une tentative de mĂ©diation, accepte de fait la dĂ©mission du gouvernement, mais l'arrĂȘtĂ© royal entĂ©rinant celle-ci ne paraĂźt pas dans le journal officiel le Moniteur Belge. Le gouvernement se restreint pourtant Ă  ne s’occuper, dĂšs lors, que des affaires courantes sur la base de crĂ©dits budgĂ©taires votĂ©s par le parlement, dits douziĂšmes provisoires, qui reprĂ©sentent le budget nĂ©cessaire pour faire fonctionner la Belgique de mois en mois. Il faut savoir que la notion d’affaires courantes est variable et peut aller loin si l'on sait que le gouvernement en affaires courantes, entĂ©rinĂ© par le roi Ă  l'Ă©poque, avait signĂ© le traitĂ© de Lisbonne et put le faire approuver par un parlement sans avoir une majoritĂ© stable.

De nouvelles Ă©lections ont lieu le et voient la percĂ©e de la Nieuw-Vlaamse Alliantie, le parti indĂ©pendantiste flamand prĂ©sidĂ© par Bart De Wever[89]. Comme trois ans plus tĂŽt, les partis Ă©prouvent des difficultĂ©s Ă  former un gouvernement. Le , cette nouvelle crise devient la plus longue de l’histoire politique belge avec 195 jours sans gouvernement de plein exercice, le gouvernement sortant se bornant Ă  exercer les affaires courantes, ce qui, en Belgique, a un sens large tel que le pays peut continuer Ă  fonctionner[90] - [91] - [92]. Alors que le roi continue Ă  consulter les hommes politiques en tentant de les accorder sur un programme gouvernemental, le , le record d'Europe sans gouvernement est battu (208 jours sans gouvernement)[93]. Le gouvernement mis en place par Yves Leterme gĂšre les affaires courantes. Le sens Ă  donner Ă  celles-ci est cependant large, au point que le pays fonctionne sans que les citoyens constatent une diffĂ©rence par rapport Ă  une pĂ©riode normale ! L'essentiel, dans cette situation, est que le gouvernement dispose toujours des votes mensuels des chambres pour pouvoir disposer d'un budget (les douziĂšmes provisoires). La marge de manƓuvre d'un gouvernement dans cette situation est telle qu'il a pu envoyer six chasseurs bombardiers F 16 participer aux opĂ©rations de Libye. Le , le record du monde est battu avec 249 jours sans gouvernement de plein exercice et, le , la Belgique passe le cap d'une annĂ©e sans gouvernement de plein exercice. Enfin, aprĂšs 541 jours sans gouvernement, sur la base d'un accord de rĂ©forme constitutionnelle approfondissant la dĂ©centralisation, Elio Di Rupo est enfin nommĂ© Premier ministre par le roi le . Il devient le premier socialiste francophone Ă  diriger le gouvernement belge depuis Edmond Leburton. Il nomme, le lendemain, un gouvernement de douze ministres, dont six vice-premiers ministres.

MalgrĂ© ces dĂ©bats politiques animĂ©s, certains observateurs extĂ©rieurs estiment que le pays garde une rĂ©elle cohĂ©rence et de nombreux points communs entre ses diffĂ©rentes communautĂ©s. Tel que le dĂ©clare notamment en 2013 l'ambassadeur des États-Unis en Belgique de 2009 Ă  2013, Howard Gutman : « Je viens d’un pays profondĂ©ment divisĂ© sur le plan politique ! Comme je l’ai dit aux Belges, y compris au Roi, la Belgique est le pays du monde le plus uni politiquement ! (
) Mon pays est divisĂ© Ă  51 % contre 49 % sur de trĂšs nombreux sujets politiques : le droit Ă  l’avortement, le mariage et les droits des homosexuels, le droit au port d’armes Ă  feu, l’accĂšs aux soins de santĂ© pour tous, le choix entre une stratĂ©gie transatlantique ou un leadership seul
 Sur chaque sujet majeur, on retrouve cette division 51-49. Sur toutes ces questions, on a presque du 98 % contre 2 % en Belgique
 je le rĂ©pĂšte, la Belgique est le pays le plus uni au monde sur le plan politique. »[94].

Politique Ă©trangĂšre

La Belgique est membre fondateur de l'Union européenne et de l'OTAN. Son territoire abrite les principales institutions de ces deux organisations internationales. La Belgique est aussi un membre ou est affiliée à de nombreuses organisations internationales : ACCT, AEN, AID, AIE, AIEA, BAfD, BAsD, BEI, Benelux, BERD, BID, BIRD, BRI, CCC, CE, CERN, CIO, CNUCED, Comité Zangger, CPA, CPEA, CPI, ESA, FAO, FIDA, FISCR, FMI, Groupe d'Australie, GFN, G-10, Inmarsat, Interpol, ISO, MICR, MINUK, MONUC (observateurs), OACI, OCDE, OEA (observateur), OEB, OTAN, OHI, OIAC, OIM, OIT, OMC, OMD, OMI, OMM, OMPI, OMS, ONU, ONUDI, ONUST, OSCE, SFI, UE, UEM, UIT, UNECE, UNESCO, UNHCR, UNMOGIP, UNRWA, UPU.

La Belgique est aussi membre de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Politique environnementale

La Belgique était en 2014 la cinquiÚme empreinte écologique mondiale par habitant[alpha 6] - [95]. Avec une densité humaine parmi les plus importantes au monde, elle présente un bilan carbone élevé, un déficit agricole, une surconsommation de bois. La congestion automobile entraßne la pollution de l'air, et il existe également une pollution de l'eau. La gestion des déchets semble en revanche bonne.

Protocole de Kyoto

SignĂ© le 29 avril 1998 et approuvĂ© le 21 mai 2002 par l’ensemble des membres de l'UE, dont il est dĂ©sormais une condition Ă  l’adhĂ©sion, le Protocole de Kyoto est entrĂ© en vigueur le 16 fĂ©vrier 2005. En vertu du protocole, la Belgique doit rĂ©duire ses Ă©missions de gaz Ă  effet de serre de 7,5 % par rapport aux Ă©missions enregistrĂ©es en 1990. Elle a dĂšs lors rĂ©parti son engagement de rĂ©duction entre les RĂ©gions et le fĂ©dĂ©ral de la façon suivante :

  • rĂ©gion wallonne : -7,5 % ;
  • rĂ©gion flamande : -5,2 % ;
  • rĂ©gion bruxelloise : +3,475 % ;
  • le fĂ©dĂ©ral comblera la diffĂ©rence par l’achat d’unitĂ©s de rĂ©duction liĂ©es aux mĂ©canismes de flexibilitĂ© du Protocole de Kyoto (plus ou moins 2,46 millions de tonnes de CO2 par an).

Comme la compétence est trÚs transversale entre les régions et le fédéral, deux institutions ont été créées :

  • la Commission Nationale Climat (concertation sur les dossiers intrabelges) ;
  • le Groupe Ă  effet de serre (concertation sur les dossiers internationaux).

Organisation de l’État fĂ©dĂ©ral

Armoiries de la Belgique.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle, particratique et parlementaire. Le chef de l’État est le roi Philippe mais le pouvoir est exercĂ© par un Parlement bicamĂ©ral Ă©lu tous les cinq ans et un gouvernement. Reflet des rĂ©partitions linguistiques de la population, le pays est divisĂ© depuis 1970 en trois communautĂ©s linguistiques et trois rĂ©gions territoriales. La Constitution fut amendĂ©e en 1993 pour adopter un systĂšme fĂ©dĂ©ral afin d'Ă©viter la rupture entre nĂ©erlandophones et francophones. MalgrĂ© cela, les tensions politiques, culturelles, linguistiques et Ă©conomiques existent entre les deux communautĂ©s. Deux partis politiques flamands, le Vlaams Belang et la N-VA, prĂŽnent ainsi l'indĂ©pendance de la Flandre Ă  court terme tandis qu'un parti francophone trĂšs minoritaire, le RWF, souhaite le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles Ă  la France. Ces deux mouvements sont d'obĂ©dience rĂ©publicaine par nature.

Le fĂ©dĂ©ralisme belge, qui contient des traits de confĂ©dĂ©ralisme, est bĂąti sur le concept d’équipollence des normes, c’est-Ă -dire que le niveau de pouvoir fĂ©dĂ©ral n'a aucune prĂ©sĂ©ance par rapport aux entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es. Un dĂ©cret votĂ© au Parlement wallon ne peut ainsi pas ĂȘtre contredit par une loi belge. De plus, comme les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es ont, pour l’essentiel, des compĂ©tences exclusives (y compris sur la scĂšne internationale), une mĂȘme compĂ©tence ne peut pas ĂȘtre dĂ©tenue Ă  la fois par les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es et par l'État belge.

Structure de l'État belge
Nom Territoire de compétence Législatif Exécutif
État fĂ©dĂ©ral Tout le pays
CommunautĂ© flamande et RĂ©gion flamande Les cinq provinces de la RĂ©gion flamande, ainsi que les 19 communes de la RĂ©gion bilingue de Bruxelles-Capitale oĂč elles n’exercent de compĂ©tences que pour les matiĂšres communautaires Parlement flamand (Vlaams Parlement) Gouvernement flamand (Vlaamse Regering)
CommunautĂ© française (Ă©galement appelĂ©e FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles) Les cinq provinces de la RĂ©gion wallonne (Ă  l’exception des 9 communes germanophones), ainsi que les 19 communes de la RĂ©gion bilingue de Bruxelles-Capitale Parlement de la CommunautĂ© française Gouvernement de la CommunautĂ© française de Belgique
CommunautĂ© germanophone Les 9 communes germanophones des cantons de l’Est Parlement de la CommunautĂ© germanophone (Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft) Gouvernement de la CommunautĂ© germanophone (Regierung der Deutschsprachigen Gemeinschaft)
RĂ©gion wallonne Les cinq provinces wallonnes Parlement wallon Gouvernement wallon
RĂ©gion de Bruxelles-Capitale Les 19 communes bruxelloises Parlement bruxellois Gouvernement de la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale
Région bilingue de Bruxelles-Capitale Assemblées des Commissions communautaires (Cocom, Cocof et VGC) CollÚge réuni (Cocom, Cocof et VGC)
Représentants Nombre
Sénateurs fédéraux 60
Députés fédéraux 150
Députés wallons 75
Députés de la Fédération Wallonie-Bruxelles 94
Députés bruxellois 89
Députés flamands 124
Députés germanophones 25
Ministres et SecrĂ©taires d’État du Gouvernement fĂ©dĂ©ral 20
Ministres de la RĂ©gion de Bruxelles Capitale 8
Ministres du Gouvernement wallon 8
Ministres du Gouvernement flamand 9
Ministres de la Communauté Wallonie-Bruxelles 7
Ministres du Gouvernement germanophone 4
Gouverneurs provinciaux (dix provinces) 10
Bruxelles Capitale possĂšde Ă©galement son Gouverneur 1
Députés provinciaux 60
Conseillers provinciaux 574

En 1980 lors de la création des Régions, les Flamands ont immédiatement transféré toutes leurs compétences régionales à la Communauté flamande, comme l'autorise la Constitution. Les six députés du Parlement flamand provenant de la Région de Bruxelles-Capitale ne votent pas les décrets concernant les matiÚres régionales.

Le pouvoir fĂ©dĂ©ral est entre les mains du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les Ă©lections de , les dĂ©mocrates-chrĂ©tiens (communautĂ© flamande) et les libĂ©raux francophones (communautĂ© française) disposent ensemble de la majoritĂ© Ă  la Chambre des reprĂ©sentants (81 des 150 siĂšges). L'État fĂ©dĂ©ral est compĂ©tent dans tous les domaines d'intĂ©rĂȘt national, tels que la dĂ©fense et les affaires internationales, toute la sĂ©curitĂ© sociale, 95 % de la fiscalitĂ©, l’économie, la justice, les tĂ©lĂ©communications et d’importantes compĂ©tences semi-fĂ©dĂ©ralisĂ©es, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et dans l'enseignement (Ăąge de l’obligation scolaire, diplĂŽmes
).

Les CommunautĂ©s – française, flamande, germanophone – sont responsables de la culture et de l’éducation (Ă©coles, bibliothĂšques, thĂ©Ăątres, audiovisuel
), ainsi que de l'aide aux personnes (santĂ©, affaires sociales
). Les RĂ©gions – flamande, wallonne, Bruxelles-Capitale – s'occupent des problĂšmes territoriaux et Ă©conomiques (transports, plan d'amĂ©nagement du territoire, logement, environnement, emploi, commerce extĂ©rieur, etc., et du tourisme, Ă  l'exception de la CommunautĂ© germanophone) pour la rĂ©gion qui les concerne. CommunautĂ©s et RĂ©gions maĂźtrisent, en outre, les relations internationales relevant des matiĂšres de leur compĂ©tence, Ă  l'exception de l'aide au tiers-monde dans ces mĂȘmes domaines.

Chaque province et chaque commune appartient Ă  une RĂ©gion, et est soumise Ă  sa tutelle.

Provinces Territoire de la Province (5 provinces flamandes, 5 provinces wallonnes, et la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale) La province a deux rĂŽles :
  • exĂ©cuter certaines dĂ©cisions prises Ă  d’autres niveaux ;
  • dĂ©velopper des initiatives propres.

À Bruxelles, le rĂŽle de la province est exercĂ© par la RĂ©gion. La RĂ©gion a son propre gouverneur chargĂ© d’exĂ©cuter les dĂ©cisions du pouvoir fĂ©dĂ©ral comme dans les provinces, et un vice-gouverneur chargĂ© de faire respecter les accords linguistiques dans les administrations.

Communes Territoire de la Commune (19 communes bruxelloises, 262 communes wallonnes et 300 communes flamandes[96] ; soit 581 au total) Sous la tutelle de la RĂ©gion Ă  laquelle la commune appartient, elle doit exercer un ensemble de missions obligatoires (CPAS, Ă©tat-civil, enseignement primaire communal
).

Entités fédérées et subdivisions spécifiques

Principales villes de Belgique.

RĂ©gions

Les Régions (Région wallonne, Région flamande et Région de Bruxelles-Capitale) sont les entités fédérées principalement compétentes en matiÚre d'économie régionale.

  • Le pouvoir lĂ©gislatif se compose d'un parlement Ă©lu par les rĂ©gions, dont le mandat est renouvelĂ© tous les cinq ans ; l'Ă©chĂ©ance est la mĂȘme pour les trois rĂ©gions du pays (la prochaine est fixĂ©e au mois de mai 2019). Le parlement rĂ©gional adopte des dĂ©crets ayant force de loi dans les compĂ©tences rĂ©gionales (infrastructures, transports, tourisme, budget, etc.) et contrĂŽle l'exĂ©cutif rĂ©gional. La RĂ©gion de Bruxelles-Capitale, contrairement aux deux autres, adopte des ordonnances. Les ordonnances ont force de loi au mĂȘme titre que les dĂ©crets et les lois fĂ©dĂ©rales, Ă  seule exception que le fĂ©dĂ©ral peut intervenir dans certains cas trĂšs spĂ©cifiques, lorsqu'une ordonnance est considĂ©rĂ©e comme susceptible de menacer le rĂŽle international de Bruxelles.
  • Le pouvoir exĂ©cutif est dĂ©signĂ© parmi les membres Ă©lus du Parlement, il veille Ă  l'application des lois fĂ©dĂ©rales et des dĂ©crets rĂ©gionaux.
  • Il n'y a pas de pouvoir judiciaire rĂ©gional ; la justice est une compĂ©tence fĂ©dĂ©rale mais les arrondissements judiciaires reflĂštent les rĂ©alitĂ©s linguistiques de leur territoire.

Communautés

Les CommunautĂ©s (CommunautĂ© française, CommunautĂ© flamande et CommunautĂ© germanophone) sont les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es qui sont compĂ©tentes en matiĂšre culturelle et gĂšrent les matiĂšres dites personnalisables. Les communautĂ©s sont subsidiĂ©es par l’État fĂ©dĂ©ral.

  • Le pouvoir lĂ©gislatif se compose d'un parlement Ă©lu selon des dispositions spĂ©cifiques Ă  chaque communautĂ©, dont le mandat est renouvelĂ© tous les cinq ans ; l'Ă©chĂ©ance est la mĂȘme que pour les trois rĂ©gions du pays (la prochaine est fixĂ©e au mois de mai 2019). Le parlement communautaire rĂ©dige des dĂ©crets ayant force de loi dans les compĂ©tences qui lui sont assignĂ©es (enseignement, usage des langues reconnues, petite enfance et aide Ă  la jeunesse, etc.).
  • Le pouvoir exĂ©cutif des communautĂ©s est exercĂ© par les ministres Ă©lus parmi les membres Ă©lus du Parlement de la CommunautĂ©. Les membres des gouvernements des trois communautĂ©s peuvent siĂ©ger Ă©galement dans un Gouvernement rĂ©gional.

Le 27 septembre 2011, la Communauté française a été rebaptisée Fédération Wallonie-Bruxelles[97].

Provinces et chefs-lieux

RĂ©gions et provinces de Belgique.

La Région flamande et la Région wallonne sont divisées chacune en cinq provinces. Tandis que la Région de Bruxelles-Capitale n'en comporte aucune.

Provinces flamandes (avec chefs-lieux entre parenthÚses, en français et en néerlandais) :

Provinces wallonnes (avec chefs-lieux entre parenthĂšses) :

Francophonie

Les villes de Bruxelles, LiĂšge, Namur, Charleroi, Mons, de mĂȘme que l'Union des villes et communes de Wallonie[98] font partie de l'Association internationale des maires francophones (AIMF). De plus, la rĂ©gion de Wallonie est membre de l'Association internationale des rĂ©gions francophones (AIRF)[99]. En 2017, le groupe CĂ©lĂ©naSophia remporte la mĂ©daille de bronze aux Jeux de la Francophonie en CĂŽte d’Ivoire Ă  Abidjan[100].

Culture

Nuit de fĂȘte place Flagey.

Religion

La libertĂ© de religion est inscrite dans la Constitution. C'est un pays de tradition catholique romaine, mais l'influence de l'Église et de la religion catholique sur la sociĂ©tĂ© belge a connu un dĂ©clin marquĂ©. De fait, le nombre de fidĂšles dans les Ă©glises diminue depuis les annĂ©es 1950[101].

La religion catholique reste cependant la plus rĂ©pandue. D'autres, telles que l’islam, le protestantisme, le judaĂŻsme et le christianisme orthodoxe sont pratiquĂ©es en Belgique.

La Belgique subventionne les églises et les organisations philosophiques non confessionnelles reconnues sur son territoire. Cette particularité est inscrite dans l'article 181 de la Constitution belge :

« Les traitements et pensions des ministres des cultes sont Ă  charge de l'État ; les sommes nĂ©cessaires pour y faire face sont annuellement portĂ©es au budget. [
][102] »

À ce titre, l'État belge a dĂ©pensĂ© en 2003[103] :

  • culte catholique romain : 458,62 millions d'euros ;
  • laĂŻcitĂ© organisĂ©e : 75,36 millions d'euros ;
  • culte islamique : 20,33 millions d'euros ;
  • culte protestant Ă©vangĂ©lique : 18,80 millions d'euros ;
  • culte israĂ©lite : 3,21 millions d'euros ;
  • culte orthodoxe : 2,36 millions d'euros ;
  • culte anglican : 0,46 million d'euros.

Un septiĂšme culte pourrait ĂȘtre reconnu : le bouddhisme. Celui-ci est fort de 30 000 Ă  50 000 adeptes. Il existe Ă©galement les TĂ©moins de JĂ©hovah avec plus de 25 000 adeptes en 2010[104].

La Belgique compte environ 623 000 musulmans en 2010, ce qui reprĂ©sente 5,8 % de la population totale[105].

Arts

DĂšs le Moyen Âge, la rĂ©gion correspondant aujourd'hui Ă  la Belgique a Ă©tĂ© le berceau de mouvements artistiques majeurs qui ont eu une influence trĂšs importante sur l’art europĂ©en. L'art mosan, la peinture flamande (terme global qui englobe l'ensemble du territoire belge), de la Renaissance, la peinture baroque, les architectures romane, gothique, Renaissance, baroque et Art nouveau ainsi que la musique classique de la Renaissance sont des Ă©lĂ©ments majeurs de l'histoire de l’art.

Le genre des Primitifs flamands, auquel sont attribuĂ©es quelques-unes des plus importantes Ɠuvres de l'histoire de l'art, apparut Ă  Bruges au XVe siĂšcle et devint trĂšs important dans d'autres grandes villes belges par la suite.

La peinture baroque flamande apparut et se développa à Anvers et devint une véritable industrie grùce à sa popularité auprÚs de la noblesse européenne du XVIIe siÚcle.

Les surrĂ©alistes sont largement reprĂ©sentĂ©s en Belgique avec des artistes comme RenĂ© Magritte ou encore James Ensor, on dit mĂȘme que le surrĂ©alisme, c'est l'Ăąme belge.

La Belgique compte de nombreux peintres célÚbres dont Jan van Eyck, Rogier van der Weyden, Dirk Bouts, JérÎme Bosch, Pieter Brueghel l'Ancien, son fils et son petit-fils, Antoine van Dyck, Pierre Paul Rubens, Fernand Khnopff, Paul Delvaux, Félicien Rops, Léon Spilliaert, James Ensor, Constant Permeke, Gustave van de Woestijne, René Magritte et Rik Wouters.

La Belgique est connue pour sa contribution à la bande dessinée, qui y est un art à part entiÚre.

Le portail BALaT de l'Institut royal du patrimoine artistique permet de consulter 700 000 images sur l'art belge, dont 650 000 sont gratuitement tĂ©lĂ©chargeables.

Architecture

Le palais de Marguerite d'Autriche Ă  Malines, construit en 1517.

Aux Pays-Bas, comprenant la Belgique, le style de la Renaissance n'a pas eu Ă  s'imposer et fut assimilĂ© assez rapidement, formant dans un premier temps un style hybride, donnant naissance Ă  des bĂątiments de conception gothique et de dĂ©cor antiquisant, tout en prĂ©servant le pignon Ă  gradins, symbole local. Le style Renaissance venu tout droit d'Italie s'adapta sans trop de peine aux traditions architecturales locales, dĂšs 1517 en effet, le palais Ă©levĂ© pour Marguerite d'Autriche Ă  Malines marqua le dĂ©but de l'architecture Renaissance dans le territoire qui deviendra plus tard la Belgique. On y remarque que le pignon dentelĂ© de gradins est toujours en faveur, et que l'Ă©lĂ©vation sans ressauts du palais dĂ©montre la persistance de traditions architecturales trop bien implantĂ©es pour ĂȘtre si rapidement abandonnĂ©es. À partir des annĂ©es 1530, ce sont Ă©galement les maisons privĂ©es, les maisons de corporations qui seront Ă©levĂ©es dans ce nouveau style, telles la maison des Bateliers (1531) Ă  Gand et celle du Saumon (1530-1534) Ă  Malines. Ces maisons n'ont pas connu de modification majeures puisqu'elles continuaient de superposer leurs baies au sein d'un pignon Ă  gradins mais leur dĂ©cor fut mis au goĂ»t de la Renaissance[106].

Il n'y a cependant en Belgique pas une seule grande Ă©glise de style Renaissance, et on prĂ©fĂšre conserver la structure gothique Ă  laquelle on vient accoler une chapelle, une sacristie, un portail italianisant, car la croisĂ©e d'ogives comme l'arc brisĂ© restent en usage. À l'intĂ©rieur des Ă©glises, l'influence italienne se fait davantage sentir dans les monuments tels que les autels, les jubĂ©s, les confessionnaux, les stalles ou encore les tombeaux.

Le style de la Renaissance put d'autant plus prendre son essor que Pierre Coecke traduisit dĂšs 1539 en flamand les RĂšgles d'architecture de Serlio. Cependant, rares sont les constructions dans le pur style italien, les traditions dĂ©coratives et constructives locales sont vivaces et l'on ne peut guĂšre citer que l'hĂŽtel du cardinal de Granvelle construit Ă  Bruxelles en 1550 par SĂ©bastien van Noyen comme exemple d'un palais fidĂšle aux canons italiens de la Renaissance. L'hĂŽtel de ville d'Anvers, bĂąti en 1561 par Corneille de Vriendt, constitue une Ɠuvre unique dans le passage d'un style renaissance encore soumis aux traditions locales Ă  l'acceptation d'un style classique bien plus proche de celui des palazzo romains. Cependant, cette Ɠuvre reste une expĂ©rience personnelle et isolĂ©e, et bien vite les vieilles formules reprirent le dessus. C'est en dĂ©coration que la Renaissance italienne fit le plus de progrĂšs, avec l'apparition sur les façades d'arabesques comprenant des rinceaux, des amours, des mĂ©daillons en vogue de 1530 Ă  1550, puis de guirlandes de fruits, de grotesques Ă  partir de 1550 jusqu'Ă  la fin du siĂšcle. Cette dĂ©coration sculptĂ©e, interprĂ©tation flamande de modĂšles italiens, est un peu Ă©paisse, lourde, mais elle est dynamique, originale, et souvent ces ornements prennent une importance inattendue dans la composition des façades[106].

Vie culturelle

La vie culturelle belge concernant essentiellement le thĂ©Ăątre et la littĂ©rature a eu tendance Ă  se dĂ©velopper dans chaque communautĂ©. La Belgique en tant que telle est culturellement connue pour son art raffinĂ© et son architecture. Il y a lieu de remarquer que l'Internet est aussi un Ă©lĂ©ment de fracture communautaire dans la mesure oĂč les deux communautĂ©s ne participent pratiquement Ă  aucune communication en ligne commune que ce soit sur le plan culturel, scientifique, technique ou mĂȘme les loisirs. Les francophones frĂ©quentent plutĂŽt les cercles français et les nĂ©erlandophones s'organisent entre eux.

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s

Tableau des fĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s nationaux[107], rĂ©gionaux et communautaires
DateNomTypeRemarques
1er janvierjour de l'anfériénational
Date mobilecarnavalfĂȘtedĂ©pend des traditions de la ville
Date mobilePùquesfériénational
Lendemain de Pùqueslundi de Pùquesfériénational
15 avrilanniversaire du roi Philippefériémilitaires uniquement
1er maifĂȘte du TravailfĂ©riĂ©national
6e jeudi aprÚs PùquesAscensionfériénational
8 mai (ou autre date dans la premiĂšre semaine de mai)fĂȘte de l'IrisfĂȘtefonctionnaires de la RĂ©gion bruxelloise uniquement
2e dimanche de maifĂȘte des MĂšresfĂȘtesauf Ă  Anvers oĂč elle est commĂ©morĂ©e le 15 aoĂ»t
7e dimanche aprÚs PùquesPentecÎtefériénational
Lendemain de la PentecÎtelundi de la PentecÎtefériénational
2e dimanche de juinfĂȘte des PĂšresfĂȘtenational
11 juilletcommĂ©moration de la bataille des Éperons d'OrfĂ©riĂ©fonctionnaires de la CommunautĂ© flamande uniquement
21 juilletfĂȘte nationalefĂ©riĂ©national
15 aoûtAssomption de Mariefériénational
3e dimanche de septembrefĂȘte de WalloniefĂ©riĂ©fonctionnaires de la RĂ©gion wallonne uniquement
27 septembrecommémoration des Journées de septembre 1830fériéfonctionnaires de la Communauté française de Belgique uniquement
1er novembreToussaintfériénational
11 novembrearmistice de 1918fériénational
15 novembrefĂȘte de la CommunautĂ© germanophonefĂ©riĂ©fonctionnaires de la CommunautĂ© germanophone uniquement
15 novembrefĂȘte du RoifĂ©riĂ©fonctionnaires fĂ©dĂ©raux uniquement
25 décembreNoëlfériénational

Cuisine belge

La cuisine belge est variée et connaßt des variations régionales significatives. Elle est aussi influencée par les cuisines traditionnelles des pays voisins proches que sont l'Allemagne, la France et les Pays-Bas.

Hors du pays, la Belgique est principalement connue pour le chocolat, les gaufres (de Bruxelles et de LiĂšge), les frites et la biĂšre.

Enseignement

Économie

Représentation graphique des exportations de produits de la Belgique dans 28 catégories de couleur.

Le PIB belge est de 337,45 milliards d'euros, plaçant le pays au neuviĂšme rang parmi les pays de l'Union europĂ©enne (en 2009).

La dette publique s'Ă©levait Ă  341,6 milliards d'euros ou 101,5 % du PIB en 2010.

En 2018, plus de 20 % de la population belge est menacée de pauvreté selon l'office statistique européen (Eurostat)[108].

En 2022, la Belgique est classée en 26e position pour l'indice mondial de l'innovation[109].

La Belgique a la population mĂ©diane la plus riche d'Europe parmi les pays de plus de 1 million d'habitants[110].

Le tourisme reprĂ©sente 2,3% du PIB national, jouant un rĂŽle important dans l'activitĂ© Ă©conomique du pays, qui accueille chaque annĂ©e 10 millions de touristes dont plus de 6 millions venant de l'Ă©tranger. Le manque d'information claire et l'indiffĂ©rence des autoritĂ©s sont considĂ©rĂ©s comme des freins au dĂ©veloppement du tourisme durable, secteur qui se dĂ©veloppe dans de nombreux pays. Une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e en 2017 pour le tour-opĂ©rateur TUI a montrĂ© qu'Ă  peine 10% des touristes tiennent compte du tourisme durable lors du choix de leurs vacances[111]. Peu avant les Ă©tudiants de la Haute Ă©cole Robert Schuman de Libramont et leur professeur Hadelin de Beer ont constatĂ© qu'"aucun guide n'existait encore en la matiĂšre"[111] ce qui les a amenĂ© Ă  publier la premiĂšre Ă©dition du "Guide du tourisme durable en Wallonie" en 2016[111].

Transports

  • Voies navigables : 2 043 km

Télécommunications

  • Lignes de tĂ©lĂ©phone fixe : 4 718 682 soit 44,9 pour 100 habitants (en 2006) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • TĂ©lĂ©phones mobiles : 10 959 819 soit 98,9 pour 100 habitants (en 2012) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Postes de radio : 8,075 millions (en 1997)
  • Postes de tĂ©lĂ©vision : 3 556 235 (en 2001) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Utilisateurs d'Internet : 9,1 millions (en 2012) soit 77,6 % de la population ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Nombre de fournisseurs d'accĂšs Internet : 10 (en 2007) ; source (www.astel.be)

Armée

L'ArmĂ©e belge compte, en 2019, 27 881 hommes[113], soit 10 500 hommes dans l'armĂ©e de terre, 8 600 dans l'aviation, 2 400 dans la marine et 2 000 au service mĂ©dical. Le recrutement y est essentiellement fondĂ© sur le volontariat de carriĂšre depuis la suspension du service militaire (le ). À cela s'ajoutent les principes de rĂ©serve volontaire (militaire de carriĂšre ou civil ayant signĂ© un engagement) et obligatoire, uniquement pour les membres du cadre et ce, pendant une durĂ©e dĂ©terminĂ©e. Leur chef est, depuis 1831, S.M. le Roi des Belges.

Sécurité civile

Véhicule d'Intervention médicalisé (VIM) du service SMUR de l'HÎpital de la Citadelle de LiÚge, en intervention lors d'un incendie avec les pompiers de LiÚge.

La sécurité civile belge se scinde en deux parties :

Une rĂ©forme est en cours afin de regrouper les services rĂ©gionaux d'incendie en zones de secours, Ă  l'instar des zones de police et de rĂ©unir les deux entitĂ©s (pompiers et protection civile) sous une mĂȘme direction : la direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© civile.

Le numéro d'appel d'urgence belge est le 112 (numéro d'urgence européen).

Codes

La Belgique a pour codes :

Notes et références

Notes

  1. Prononciation en français de Belgique ainsi qu'en français standard retranscrite selon la norme API. La prononciation /bɛlʒikǝ/ est une variante locale.
  2. Prononciation en néerlandais standard retranscrite selon la norme API
  3. Prononciation en allemand standard retranscrite selon la norme API.
  4. En néerlandais : Koninkrijk België ; en allemand : Königreich Belgien.
  5. Une base militaire belge a fonctionné à Kisumu avec certitude d'avril 1916 à mars 1917.
  6. D'aprÚs le rapport « PlanÚte Vivante » du Fonds mondial pour la Nature (WWF).

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  19. Il n’a pas Ă©tĂ© tenu compte des entitĂ©s de Baerle-Duc.
  20. Le tracé de la Vennbahn a été exclu du calcul.
  21. Pour la limite cÎtiÚre, le tracé de la digue a servi de référence, en passant par la ligne des constructions du port maritime de Zeebruges.
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  34. La population belge s’établit au Ă  11 250 585 habitants. Elle se dĂ©compose de la façon suivante :
    • rĂ©gion flamande : 6 471 996 habitants ;
    • rĂ©gion wallonne : 3 598 058 habitants ;
    • rĂ©gion de Bruxelles-Capitale : 1 180 531 habitants.
    Le nombre de francophones peut ĂȘtre objectivement estimĂ© comme suit :
    • la population de la rĂ©gion wallonne (moins la communautĂ© germanophone estimĂ©e Ă  75 000 habitants), soit 3 521 467 personnes ;
    • la population francophone de la rĂ©gion de Bruxelles-Capitale (estimĂ©e entre 80 % et 90 %, source : RĂ©gion de Bruxelles-Capitale), soit entre 944 000 et 1 062 000 personnes ;
    • la minoritĂ© francophone de la rĂ©gion flamande, estimĂ©e entre 200 000 et 250 000 personnes (Source : Dossier de La Libre sur BHV) suivant un sondage de presse de 2010.
    Soit une estimation basse de 4 665 000 personnes (soit 41,5 % de la population belge) et une estimation haute de 4 833 000 personnes (soit 43 %). Il n’est pas possible d’ĂȘtre plus prĂ©cis en l’absence des donnĂ©es objectives que pourrait fournir un recensement des langues, tout recensement linguistique Ă©tant interdit par la loi. DĂšs lors, il semble raisonnable et prudent d’estimer que les francophones reprĂ©senteraient entre 40 % et 43 % de la population belge. En complĂ©ment, les nĂ©erlandophones reprĂ©senteraient 57 % Ă  60 %.
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Voir aussi

Bibliographie

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  • Lode Wils (trad. Chantal Kesteloot), Histoire des nations belges [« Garant uitgevers »], Bruxelles, Labor,

Articles connexes

Liens externes

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