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Afrique du Sud

L'Afrique du Sud, en forme longue la rĂ©publique d'Afrique du Sud, est un pays d'Afrique australe. Sa capitale administrative est Pretoria. Il est frontalier Ă  l'ouest-nord-ouest avec la Namibie, au nord et au nord-nord-est avec le Botswana, au nord-est avec le Zimbabwe, et Ă  l'est-nord-est avec le Mozambique et l'Eswatini. Le Lesotho est pour sa part un État enclavĂ© dans le territoire sud-africain.

RĂ©publique d'Afrique du Sud

(en) Republic of South Africa

(zu) iRiphabhuliki yaseNingizimu Afrika

(xh) iRiphabliki yomZantsi Afrika

(af) Republiek van Suid-Afrika

(nso) Repabliki ya Afrika-Borwa

Devise en ǀxam : !ke e: ǀxarra ǁke (« L'unitĂ© dans la diversitĂ© »)
Hymne Hymne national de l'Afrique du Sud
FĂȘte nationale 27 avril
· ÉvĂ©nement commĂ©morĂ©
Description de l'image South Africa (orthographic projection).svg.
Description de l'image Map_of_South_Africa.svg.
GĂ©ographie
Plus grande agglomération Johannesbourg - Pretoria
Superficie totale 1 219 912 km2
(classé 25e)
Superficie en eau NĂ©gligeable
Fuseau horaire UTC +2
DĂ©mographie
Gentilé Sud-Africain
Sud-Africaine
Population totale (2023) 61 525 521 hab.
(classé 26e)
DensitĂ© 50 hab./km2
Économie
PIB nominal (2021) en augmentation 419,946 43 milliards de $
+ 4,90 % (33e)
PIB (PPA) (2021) en augmentation 849,292 28 milliards de $
+ 4,6 % (29e)
PIB nominal par hab. (2021) en augmentation 6,9942 $
+ 5,532 % (87e)
PIB (PPA) par hab. (2019) en augmentation 14 041,766 $
+ 1,39 % (88e)
Taux de chĂŽmage (2014) 25,100 % de la pop. active
+ 1,52 %
Dette publique brute (2014) Nominale :
1 741,282 milliards de ZAR
+ 13,81 %
Relative :
45,866 % du PIB
+ 5,95 %
Monnaie Rand (ZAR​)

L'Afrique du Sud compte 57,72 millions d’habitants[4] - [5] en 2018 rĂ©partis en 80,2 % de Noirs, 8,8 % de Coloureds, 8,4 % de Blancs et 2,5 % d'asiatiques (sous-continent indien)[4]. Nation aux phĂ©notypes trĂšs variĂ©s, l'Afrique du Sud est ainsi en Afrique le pays prĂ©sentant la plus grande portion de populations dites coloureds, blanches et Asiatiques. Elle est souvent appelĂ©e « nation arc-en-ciel », notion inventĂ©e par l'archevĂȘque anglican et militant des droits de l'homme sud-africain Desmond Tutu pour dĂ©signer la diversitĂ© de la nation sud-africaine et qui a remplacĂ© le concept de sociĂ©tĂ© plurale employĂ© prĂ©cĂ©demment par les thĂ©oriciens de l'apartheid (1948-1991).

L'égalité des revenus entre les différents groupes de populations n'a pas progressé depuis la fin de l'apartheid et l'Afrique du Sud connaßt un taux d'inégalité parmi les plus élevés au monde[6]. C'est toutefois une puissance de référence pour le continent africain[6] avec l'une des économies les plus développées du continent et des infrastructures modernes couvrant tout le pays. C'est la deuxiÚme puissance économique d'Afrique derriÚre le Nigeria[7] - [8]. Le pays se caractérise aussi par une importante population de souche européenne (Afrikaners, Anglo-sud-africains) et par d'importantes richesses miniÚres (or, diamant, charbon, etc.) qui en ont fait un allié indispensable des pays occidentaux durant la guerre froide.

La dĂ©nomination « rĂ©publique d'Afrique du Sud »[N 1] a succĂ©dĂ© Ă  celle d'« Union d'Afrique du Sud » le , lorsque le pays a cessĂ© d'ĂȘtre une monarchie constitutionnelle pour devenir une rĂ©publique.

GĂ©ographie

La république d'Afrique du Sud est entourée au nord par la Namibie (ancienne province sud-africaine du Sud-Ouest africain), le Botswana et le Zimbabwe, au nord-est par le Mozambique et l'Eswatini. Le Lesotho est quant à lui enclavé au sein du territoire sud-africain.

À ce territoire s'ajoute l’archipel des Îles du Prince-Édouard (Ăźle Marion et Ăźle du Prince-Edward) et, jusqu'en 1994, Walvis Bay (enclavĂ©e au sein du Sud-Ouest africain et seul port en eau profonde de la rĂ©gion).

Les frontiĂšres terrestres sud-africaines atteignent 5 244 km (Botswana : 1 969 km; Lesotho : 1 106 km ; Namibie : 1 005 km ; Mozambique : 496 km ; Eswatini : 438 km ; Zimbabwe : 230 km)[9].

Climats

Les climats régionaux du territoire sont[10] :

Pour faire face Ă  la sĂ©cheresse, les autoritĂ©s instaurent en octobre 2019 des restrictions d’eau dans les principales villes du pays. Plusieurs rĂ©gions du centre et du nord du pays avaient dĂ©jĂ  subi des coupures d'eau, notamment en raison de la dĂ©faillance des installations du principal distributeur d’eau d'Afrique du Sud, Rand Water. Dans certaines provinces, comme celles du Cap-Oriental et du Cap-Occidental, la sĂ©cheresse a ruinĂ© les rĂ©coltes et provoquĂ© la mort de troupeaux de bĂ©tail[11].

Espace montagneux

Dans la partie sud du pays se trouvent les monts du Drakensberg, qui s'Ă©tendent du KwaZulu-Natal jusqu'Ă  la province du Cap (ceinture plissĂ©e du Cap), soit sur environ 1 000 km[12].

L'altitude moyenne est de 3 000 m, le point culminant de ce relief Ă©tant le Thabana Ntlenyana, au Lesotho, Ă  3 482 m. C'est dans ce massif que se trouve le plus haut sommet d'Afrique du Sud, le Mafadi, Ă  3 450 m.

Le massif du Drakensberg est plutĂŽt ancien avec des sommets arrondis ; c'est une zone verdoyante et un lieu de vie du peuple San. C'est Ă©galement dans ce massif que le fleuve Orange prend sa source.

Au nord du pays se trouve une ancienne zone volcanique, Pilanesberg. C'est une zone relativement escarpée qui comporte des cratÚres. La faune y est trÚs riche : mammifÚres dont des cervidés, etc.

On y rencontre Ă©galement une flore typique : adansonia, teck, Ă©bĂšne, hibiscus, etc.

Enfin, l'altitude suffisamment Ă©levĂ©e pour cette latitude permet la pratique du ski lors de l'hiver austral. Il n'est pas rare, comme lors du mois de juin 2007, de voir tomber de la neige en quantitĂ© (30 cm en une journĂ©e). Elle reste cependant gĂ©nĂ©ralement cantonnĂ©e aux plus hauts sommets du Drakensberg pendant l'hiver, et mĂȘme si la tempĂ©rature est assez basse pour l'empĂȘcher de fondre, la faiblesse des prĂ©cipitations limite l'enneigement. La neige tombe une fois tous les dix ans sur Johannesburg, mais presque jamais Ă  Pretoria, pourtant distante de seulement 60 kilomĂštres, mais Ă  une altitude plus faible.

Plaines

Les plaines se situent principalement dans le Nord-Ouest et dans l'État libre d'Orange, qui sont les greniers cĂ©rĂ©aliers de l'Afrique du Sud, grĂące Ă  la production de blĂ© et de maĂŻs. Le coton est Ă©galement cultivĂ©. On y pratique aussi l'Ă©levage de moutons. Le pays est au palmarĂšs des huit premiers producteurs de coton d'Afrique de l'est, du sud et du nord au milieu des annĂ©es 2010 et neuviĂšme au palmarĂšs des producteurs africains de thĂ© au dĂ©but de la dĂ©cennie 2010, dominĂ© par le Kenya.

Le sous-sol est Ă©galement trĂšs riche en or, en diamants, en uranium et en charbon, particuliĂšrement dans les villes de Kimberley et Bloemfontein.

Le nord-ouest du pays est occupĂ© par le dĂ©sert du Kalahari qui s'Ă©tend Ă©galement sur le Botswana et la Namibie, et qui a une superficie de prĂšs de million de km2. CaractĂ©risĂ© par ses dunes de sable rouge, c'est un dĂ©sert semi-aride comportant de nombreuses zones de savanes et quelques arbres tels les acacias Ă  Ă©pines et les baobabs. On y observe de nombreuses migrations animales.

Littoraux

L'Afrique du Sud compte 2 898 km de cĂŽtes.

Le long de la façade de l'Atlantique, le littoral est plutĂŽt rĂ©gulier et les cĂŽtes mesurent 2 798 kilomĂštres[13]. Dans le Namaqualand on observe une explosion florale pendant un mois, oĂč plus de 4 000 espĂšces vĂ©gĂ©tales fleurissent en mĂȘme temps, lys, aloes, protea, etc. entre mi-aoĂ»t et mi-septembre. Cette zone est trĂšs touristique. La zone du cap de Bonne-EspĂ©rance est principalement rocheuse et des colonies de manchots y sont installĂ©es. On trouve Ă©galement l'Ăźle aux Phoques Robben Island qui accueille des phoques venant principalement de l'Antarctique.

Plus Ă  l'est, le littoral est une alternance de cĂŽtes rocheuses et de plages de sable fin.

Les principales stations balnéaires sont dans l'est du pays, East London, Jeffreys Bay, Port Elizabeth, Durban


On trouve Ă©galement des zones maritimes protĂ©gĂ©es dans le cadre de parcs Nationaux comme la rĂ©serve Phinda (en), s'Ă©tendant sur terre et au large, oĂč l'on peut pratiquer la plongĂ©e sous-marine.

Faune et flore

L'Afrique du Sud possĂšde, grĂące Ă  sa grande variĂ©tĂ© d'Ă©cosystĂšmes, une faune et une flore trĂšs diversifiĂ©es. Les dĂ©serts, savanes arides, savanes humides, forĂȘts, fynbos, montagnes et cĂŽtes, offrent de nombreuses niches Ă©cologiques pour les nombreuses espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales. Des populations trĂšs importantes de mammifĂšres marins vivent aux abords des cĂŽtes, notamment atlantiques, parmi lesquelles des baleines, des dauphins, des globicĂ©phales et de trĂšs importantes colonies de pinnipĂšdes. Elle fait partie des dix-sept pays mĂ©gadivers, pays dont la biodiversitĂ© est la plus importante de la planĂšte.

  • La protea royale, emblĂšme vĂ©gĂ©tal du pays.
    La protea royale, emblÚme végétal du pays.
  • Antilope springbok, emblĂšme animal de l'Afrique du Sud.
    Antilope springbok, emblĂšme animal de l'Afrique du Sud.

Depuis le début du XXe siÚcle, 37 espÚces de plantes ont disparu en Afrique du Sud, principalement victimes de la déforestation[14].

GĂ©ographie administrative

Carte d'Afrique du Sud avec les nouvelles frontiĂšres provinciales (2005).

Traditionnellement, l'on a reconnu historiquement trois capitales officielles Ă  l'Afrique du Sud, l'une, administrative, Ă  Pretoria, l'autre, lĂ©gislative, au Cap et enfin une troisiĂšme, judiciaire, Ă  Bloemfontein. Toutefois dĂ©sormais seule la ville du Cap est mentionnĂ©e par la Constitution en tant que siĂšge du parlement. Par ailleurs, l'instance judiciaire suprĂȘme du pays, la Cour constitutionnelle, siĂ©geant Ă  Johannesbourg, la ville de Bloemfontein ne mĂ©rite dĂšs lors plus son surnom de capitale judiciaire. La mĂ©tropole de Johannesbourg, la plus riche du pays et siĂšge de la Bourse sud-africaine, est Ă©galement considĂ©rĂ©e comme sa capitale Ă©conomique.

En avril 1994, les quatre provinces et les dix bantoustans qui constituaient géographiquement et politiquement l'Afrique du Sud ont été dissous pour former neuf nouvelles provinces intégrées :

  1. Cap-Occidental (Western Cape) : Sud-Ouest de l'ancienne province du Cap ainsi que les deux üles de l'archipel du Prince-Édouard ;
  2. Cap-Nord (Northern Cape) : Nord de l'ancienne province du Cap ;
  3. Cap-Oriental (Eastern Cape) : Bantoustans indépendants du Transkei, du Ciskei et Sud-Est de l'ancienne province du Cap ;
  4. KwaZulu-Natal : Natal et Zoulouland ;
  5. État Libre (Free State) : État libre d'Orange et quelques homelands intĂ©grĂ©s ;
  6. Nord-Ouest (North West) : ancien Transvaal-Ouest, nord de la province du Cap et bantoustan du Bophuthatswana ;
  7. Gauteng : ancien Pretoria-Witwatersrand-Vereeniging, au centre du Transvaal ;
  8. Mpumalanga : ancienne région du Transvaal-Est ;
  9. Limpopo (province) : ancienne région du Transvaal-Nord, appelée province du Nord entre 1995 et 2002.

Chacune de ces provinces est divisée en municipalités métropolitaines et en districts municipaux. Ces derniers sont à leur tour divisés en municipalités locales. Les municipalités locales et métropolitaines sont divisées en circonscriptions électorales appelées wards.

Les municipalitĂ©s mĂ©tropolitaines exercent l’intĂ©gralitĂ© du pouvoir municipal, contrairement aux autres territoires dans lesquels le pouvoir est partagĂ© entre les districts et les municipalitĂ©s locales[15].

Les municipalitĂ©s mĂ©tropolitaines sont dirigĂ©es par un conseil municipal dont les conseillers sont directement Ă©lus lors d’un scrutin proportionnel par liste[16].

Les huit municipalités métropolitaines correspondent aux plus grandes agglomérations du pays : Buffalo City (East London), Le Cap, Ekurhuleni (East Rand), eThekwini (Durban), Johannesbourg, Mangaung (Bloemfontein), Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth), et Tshwane (Pretoria)[15] - [17].

Les districts ont la charge de nombreuses missions dont le dĂ©veloppement Ă©conomique, l’entretien des routes et les transports publics. Les conseillers municipaux des districts sont Ă©lus au scrutin proportionnel par liste pour 40 % d’entre eux, les 60 % restants Ă©tant nommĂ©s au sein des conseils des municipalitĂ©s locales[16].

Les districts municipaux sont divisĂ©s en 226 municipalitĂ©s locales. GĂ©nĂ©ralement, elles englobent une ou plusieurs villes ainsi que les villages et les zones rurales aux alentours. Les municipalitĂ©s locales exercent le pouvoir local en complĂ©ment des attributions des districts. Les conseillers sont Ă©lus pour moitiĂ© au scrutin proportionnel par liste, l’autre moitiĂ© Ă©tant Ă©lue au scrutin uninominal dans les wards (circonscriptions Ă©lectorales).

Histoire

Origines

Les KhoĂŻsan, regroupant les KhoĂŻkhoĂŻs et les Sans, sont les premiers habitants connus de l'Afrique du Sud (40 000 av. J.-C.).

Les premiers peuples de langues bantoues, venant à l'origine du grassland camerounais actuel, atteignent l'actuelle province du KwaZulu-Natal vers l'an 500 de notre Úre. Au Xe siÚcle, des xhosas s'installent dans la région de la Fish River (Transkei).

Arrivée des européens et colonisation

Arrivée de Jan van Riebeeck dans la baie de la Table en 1652 pour y fonder une station de ravitaillement et premiers contacts avec les Khoïkhoïs.

En 1488 le navigateur portugais Bartolomeu Dias atteint le cap des TempĂȘtes (cap de Bonne-EspĂ©rance), suivi en 1497 par le navigateur portugais Vasco de Gama qui longe la cĂŽte du Natal.

L'implantation définitive d'Européens en Afrique du Sud date de 1652 avec l'établissement, pour le compte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, d'une station de ravitaillement au Cap dirigée par le Néerlandais Jan van Riebeeck.

En 1657, plusieurs salariĂ©s de la compagnie sont autorisĂ©s Ă  s'Ă©tablir dĂ©finitivement au Cap alors que des esclaves sont dĂ©portĂ©s de Batavia et de Madagascar pour pallier le manque de main d'Ɠuvre sur place. En 1688, deux cents huguenots français rejoignent les 800 administrĂ©s du comptoir commercial et fondent Franschhoek. En 1691, la colonie du Cap est mise en place.

C'est en 1770 que sont relatĂ©s les premiers contacts entre les bantous et les boers (les fermiers libres d'origine franco-nĂ©erlandaise) Ă  la hauteur de la Great Fish River (Ă  900 km Ă  l'est de la citĂ© mĂšre). Les relations sont rapidement conflictuelles et, en 1779, dĂ©bute la premiĂšre des neuf guerres cafres (1779-1878).

Entre 1795 et 1804, les Britanniques occupent l'Afrique du Sud. La colonie est restituée briÚvement aux Néerlandais, entre 1804 et 1806.

En 1806, les Néerlandais cÚdent définitivement la place aux Britanniques qui deviennent la nouvelle puissance coloniale.

De 1818 Ă  1825, lors du Mfecane, le Roi des Zoulous, Chaka, Ă©tend son empire sur l'est de l'Afrique du Sud au prix d'une conquĂȘte sanglante sur les autres peuples tribaux.

Le grand Trek et les conflits anglo-zoulous et anglo-boers

En 1835, les Boers quittent la colonie du Cap pour les territoires intĂ©rieurs de l'Afrique du Sud afin d'Ă©chapper Ă  l'administration britannique. C'est le Grand Trek, parsemĂ© de tragĂ©dies et de batailles (bataille de Blood River contre les Zoulous en 1838). Deux rĂ©publiques boers indĂ©pendantes sont finalement fondĂ©es et reconnues par le Royaume-Uni : la rĂ©publique sud-africaine du Transvaal (1852) et l'État libre d'Orange (1854).

En 1866, la colonie du Cap étend également son territoire et annexe la cafrerie britannique alors que les premiers diamants sont découverts à Kimberley, puis des gisements d'or dans le Witwatersrand au Transvaal.

En 1879, durant la Guerre anglo-zouloue, les Britanniques subissent une défaite historique lors de la bataille d'Isandhlwana avant de finalement s'imposer au Zoulouland.

AprĂšs l'annexion d'autres territoires tribaux, une des plus grandes spĂ©culations de l'histoire boursiĂšre provoque la crise boursiĂšre des mines d'or sud-africaines de 1895, au moment du Raid Jameson, perpĂ©trĂ© par les britanniques, en vue du percement de mines jusqu'Ă  4 kilomĂštres sous terre.

MotivĂ©e en partie par ces mines d'or, la seconde guerre des Boers (1899-1902) et l'annexion du Transvaal et de l'État libre d'Orange consacre la domination britannique sur la majeure partie de l'Afrique australe, au prix de l'internement et de la mort de milliers de civils boers dans des camps de concentration britanniques.

L'Union sud-africaine (1910-1961)

Le , huit ans aprÚs la fin de la seconde guerre des Boers et aprÚs quatre ans de négociations, le South Africa Act accorde l'indépendance nominale, en créant l'union d'Afrique du Sud. Le pays est fondé à partir du regroupement des colonies du Cap, du Natal, du Transvaal et de l'Orange. Le South Africa Act établit une démocratie parlementaire sur le modÚle de Westminster avec un régime de type monarchie constitutionnelle et un parlement souverain. Les modalités d'octroi du droit de vote diffÚrent cependant entre les quatre nouvelles provinces (si le corps électoral est essentiellement blanc, les provinces du Natal et du Cap accordent sous condition censitaire le droit de vote aux personnes de couleur dites « civilisées »). Le général boer Louis Botha devient le premier chef du gouvernement sud-africain.

En 1912, un parti politique, le CongrÚs national africain (ANC), est fondé à Bloemfontein, revendiquant une plus grande participation des populations noires aux affaires du pays. L'année suivante, le Native land act est adopté. Basé sur le systÚme des réserves établi à l'époque coloniale et dans les républiques boers, il divise le territoire sud-africain entre les terres indigÚnes (7 % puis 13 % du territoire) et les terres destinées aux Blancs et aux administrations publiques (87 % du territoire).

En 1915, engagées dans la PremiÚre Guerre mondiale, les troupes sud-africaines subissent de lourdes pertes dans la Somme (France). En Afrique, elles prennent le contrÎle du Sud-Ouest africain allemand (future Namibie) qui leur est octroyé sous mandat par la Société des Nations en 1920.

En 1918, le Broederbond, une société secrÚte est fondée avec pour objectif la promotion politique, sociale et économique des Afrikaners (la dénomination devenue usuelle des Boers).

La rĂ©volte ouvriĂšre des Afrikaners du Witwatersrand en 1922, durement rĂ©primĂ©e, permet aux nationalistes blancs de s'unifier et de remporter les Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1924 sous la direction de James Barry Hertzog. En 1934, face Ă  la crise Ă©conomique, Hertzog s'unit nĂ©anmoins aux libĂ©raux de Jan Smuts pour former un gouvernement d'union nationale. À la mĂȘme Ă©poque, des anthropologues et des linguistes de l'universitĂ© de Stellenbosch comme Werner Max Eiselen forgent un nouveau concept social et politique qui donnera naissance Ă  l'idĂ©ologie de l'apartheid : rejetant l'idĂ©e de sociĂ©tĂ© unique sud-africaine, ils proposent de sĂ©parer gĂ©ographiquement, politiquement et Ă©conomiquement les noirs et les blancs d'Afrique du Sud ainsi que les diffĂ©rentes ethnies entre elles, afin de maintenir et renforcer leurs identitĂ©s ethniques et linguistiques et de lutter contre les effets qu'ils estiment acculturants de l'urbanisation et du travail migrant sur les structures traditionnelles africaines[18] - [19] - [20]. En 1936, la franchise Ă©lectorale des populations noires au Cap est supprimĂ©e. En 1939, le pays, sous la direction de Smuts, s'engage aux cĂŽtĂ©s des alliĂ©s dans la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Smuts participe Ă  la rĂ©daction du prĂ©ambule de l'Organisation des Nations unies.

L'Union puis la RĂ©publique sud-africaine sous l'apartheid (1948-1991)

Le premier gouvernement nationaliste afrikaner en 1948
Au premier rang : JG Strijdom, Nicolaas Havenga, DF Malan (premier ministre), E.G. Jansen, Charles Swart
Au second rang : A.J. Stals, P.O. Sauer, Eric Louw, S.P. le Roux, Theophilus Dönges, F.C. Erasmus et Ben Schoeman.
Panneau formalisant les lois de l'apartheid (1948-1991).
La plage de Muizenberg en 1985 : interdite aux non-blancs et aux chiens

En 1948, le parti national remporte les élections générales. Le nouveau premier ministre, Daniel François Malan, met en place la politique d'apartheid, renforcée en 1956 par la suppression de la franchise du droit de vote des Coloureds (gouvernement Strijdom). En 1958, Hendrik Verwoerd devient premier ministre.

En 1960, le massacre de Sharpeville puis l'interdiction de l'ANC et des mouvements nationalistes africains mÚnent à la condamnation de la politique d'apartheid par les Nations unies et par la communauté internationale.

Le , le pays devient une rĂ©publique Ă  la suite d'un rĂ©fĂ©rendum oĂč les Ă©lecteurs votent majoritairement pour la fin de la monarchie. La rĂ©publique d'Afrique du Sud est alors proclamĂ©e, et le dernier gouverneur gĂ©nĂ©ral du pays, Charles Swart, devient ainsi le premier prĂ©sident de l'État. Le pays se retire Ă©galement du Commonwealth. L'ANC dĂ©bute alors la lutte armĂ©e dans l'Umkhonto we Sizwe.

En 1963, Nelson Mandela, l'un des chefs de Umkhonto we Sizwe est condamné à perpétuité pour terrorisme et les autres chefs de l'ANC sont emprisonnés ou exilés. En 1966, Hendrik Verwoerd, premier ministre d'Afrique du Sud et grand architecte de l'apartheid, est assassiné.

En 1976, les émeutes dans le township de Soweto contre l'enseignement obligatoire en afrikaans conduisent le gouvernement à déclarer l'état d'urgence alors que le Bantoustan du Transkei est déclaré indépendant dans le cadre de la politique d'apartheid.

En 1984, pour sortir du blocage politique, le rĂ©gime politique est prĂ©sidentialisĂ© et un parlement tricamĂ©ral, ouvert aux Indiens et aux Coloureds, est inaugurĂ©. NĂ©anmoins, l'Ă©tat d'urgence est de nouveau proclamĂ© en 1986 alors que des sanctions Ă©conomiques et politiques internationales isolent le pays en dĂ©pit de l'abrogation de lois symboliques de l'apartheid comme le passeport intĂ©rieur. Seul l'État d'IsraĂ«l continue d'avoir des relations discrĂštes et collabore avec le pouvoir au point de vue militaire et sĂ©curitaire : Ă©changes de technologies, contrats de licences de fabrication d'armement, Ă©changes techniques en matiĂšre de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et savoir-faire d'espionnage.

En 1990, le nouveau président sud-africain, Frederik de Klerk, légalise l'ANC, le parti communiste sud-africain et tous les mouvements noirs. Nelson Mandela est libéré.

En juin 1991, le gouvernement abolit les derniĂšres lois de l'apartheid et entame un processus de transition constitutionnelle (Codesa).

L'Afrique du Sud post-apartheid

Ce processus de nĂ©gociations dĂ©bouche sur un projet intĂ©rimaire de constitution en 1993 qui rĂ©organise l'État sud-africain autour des valeurs-clĂ©s de libertĂ©, Ă©galitĂ©, dignitĂ© et place en son sommet une Cour constitutionnelle et sur les premiĂšres Ă©lections au suffrage universel sans distinctions raciales ou censitaires de l'histoire du pays le . Ces Ă©lections sont remportĂ©es par le congrĂšs national africain ce qui permet Ă  Nelson Mandela d'ĂȘtre Ă©lu par la nouvelle assemblĂ©e constituante en tant que premier prĂ©sident noir du pays. Par la mĂȘme occasion, le pays rĂ©intĂšgre le Commonwealth.

Nelson Mandela, président de l'Afrique du Sud à la suite des premiÚres élections nationales au suffrage universel

En 1995, une Commission vérité et réconciliation est mise en place, puis l'année suivante, le [21] est adoptée la nouvelle constitution sud-africaine, principalement fondée sur la constitution provisoire de 1993.

De 1999 à 2008, le pays est présidé par Thabo Mbeki. Est ainsi apparue aux cÎtés de la bourgeoisie blanche une bourgeoisie noire ; ni l'ANC, ni le parti communiste, ni le syndicat COSATU (« CongrÚs des syndicats sud-africains ») n'ont remis en cause l'ordre économique et social. Au contraire, les privatisations se sont multipliées. L'Afrique du Sud est un des pays les plus inégalitaires du monde, ainsi que l'atteste son coefficient de Gini évalué à 0,63 en 2014 par la Banque mondiale, faisant ainsi de l'Afrique du Sud le pays le plus inégalitaire parmi les 168 territoires étudiés par la Banque mondiale (les autres pays n'ayant pas fourni assez de données)[22].

À la suite des difficultĂ©s Ă©conomiques et sociales apparues lors du second mandat de Thabo Mbeki, caractĂ©risĂ©es en 2008 par une grave pĂ©nurie d'Ă©lectricitĂ© en Afrique du Sud et la dĂ©gradation des infrastructures, son parti l'ANC lui retire son mandat le . Thabo Mbeki remet sa dĂ©mission au Parlement[23] qui Ă©lit alors Kgalema Motlanthe pour terminer son mandat jusqu'aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 2009.

AprĂšs les Ă©lections gĂ©nĂ©rales du , remportĂ©es par l'ANC, Jacob Zuma, ancien vice-prĂ©sident de 1999 Ă  2005, devient le nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique. Il prĂȘte serment le et forme un gouvernement plus ouvert aux partis politiques minoritaires, dont le parti communiste mais aussi, pour la premiĂšre fois depuis 1994, le front de la libertĂ© (droite afrikaner). Le massacre de Marikana en 2012, oĂč la police tire sur des salariĂ©s grĂ©vistes faisant des dizaines de morts, entache la gouvernance de l'ANC au sein de son Ă©lectorat mais lors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales sud-africaines de 2014, Jacob Zuma est rĂ©Ă©lu pour un second mandat, l'ANC restant nettement en tĂȘte dans l'Ă©lectorat bien qu'en recul face Ă  l'Alliance dĂ©mocratique et aux Combattants pour la libertĂ© Ă©conomique de Julius Malema.

Visé par des affaires de corruption, Jacob Zuma démissionne sous la pression de son parti début 2018, aprÚs avoir été menacé de destitution, et Cyril Ramaphosa lui succÚde comme président de la République par intérim[24] - [25]. Le , le Parlement élit formellement Cyril Ramaphosa président de la République[26].

Il est rĂ©Ă©lu chef de l’État le , Ă  l’issue d’élections gĂ©nĂ©rales lors desquelles l’ANC obtient le plus faible score de son histoire (57,5 %), passant sous la barre des 60 % pour la premiĂšre fois depuis un quart de siĂšcle et payant ainsi les errements et les scandales de l'Ăšre Zuma, son prĂ©dĂ©cesseur[27].

Il doit Ă©galement faire face Ă  une opposition interne au sein de l'ANC, avec un clan restĂ© fidĂšle Ă  Jacob Zuma, ayant Ă  sa tĂȘte le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ANC, Ace Magashule, et son adjointe, Jessie Duarte[28]. Une vague de xĂ©nophobie vis-Ă -vis des migrants, les « Ă©trangers », secoue Ă©galement le pays[29].

Le 10 février 2020, Cyril Ramaphosa prend la présidence de l'Union africaine, succédant à Abdel Fattah al-Sissi[30].

Politique et administration

SiĂšge du gouvernement Ă  Pretoria.
Le parlement sud-africain au Cap.

Organisation des pouvoirs

Le rĂ©gime est parlementaire depuis le South Africa Act en 1910 et le suffrage universel en vigueur depuis 1994. La constitution sud-africaine, la cinquiĂšme de l’État sud-africain, fut promulguĂ©e par le PrĂ©sident Nelson Mandela le et est entrĂ©e en vigueur le .

Les fonctions de chef du gouvernement et de chef d'État se confondent sous le titre de prĂ©sident de la rĂ©publique d'Afrique du Sud. Ce dernier est Ă©lu par le parlement.

Le parlement d’Afrique du Sud est composĂ© de deux chambres : une chambre basse, l’AssemblĂ©e nationale et une chambre haute, le Conseil national des Provinces (en anglais : National Council of Provinces, NCoP). Les 400 membres de l'assemblĂ©e nationale sont Ă©lus par scrutin proportionnel de liste. Le NCoP, qui a remplacĂ© le SĂ©nat en 1997, est composĂ© de 90 membres reprĂ©sentant les neuf provinces.

Chaque province est dotĂ©e d'une lĂ©gislature provinciale monocamĂ©rale, et d'un conseil exĂ©cutif prĂ©sidĂ© par un premier ministre (premier en anglais et en afrikaans). Les provinces sont moins autonomes que celles, par exemple, du Canada ou que les États aux États-Unis. Il s'agit alors d'un systĂšme fĂ©dĂ©ral modĂ©rĂ©. L'État compte 11 langues officielles qui, en pratique, sont traitĂ©es diffĂ©remment, l'afrikaans perdant du terrain devant l'anglais favorisĂ© par l'ANC.

Cour constitutionnelle, Johannesburg.

Enfin, le systĂšme judiciaire sud-africain est hybride en ce sens qu'il se fonde sur le systĂšme du common law s'agissant des activitĂ©s administratives, alors que le droit privĂ© est essentiellement imprĂ©gnĂ© par la tradition romano-germanique. L'organisation judiciaire est divisĂ©e, Ă  l'image du modĂšle anglo-saxon, entre cours locales, Magistrates' Courts, hautes-cours provinciales d'appel et une Cour suprĂȘme d'appel lorsque des causes non constitutionnelles sont en jeu. Le systĂšme judiciaire sud-africain est chapeautĂ© par une Cour constitutionnelle, instance suprĂȘme du pays chargĂ©e d'exercer un contrĂŽle de la constitutionnalitĂ© des actes du parlement et du gouvernement et de toute autre cause si l'intĂ©rĂȘt de la justice le commande. La Cour constitutionnelle, de type Cour suprĂȘme mixte, siĂšge Ă  Constitution Hill, Braamfontein, Johannesburg.

Tendances politiques, partis et Ă©lections

Des élections générales de 1994 à celles de 2014, l'ANC domine la vie politique et demeure de loin le premier parti du pays notamment parce qu'il est le seul à avoir pu réaliser un complet maillage électoral du pays, disposant de militants jusque dans les bourgades les plus reculées.

Le gouvernement doit rĂ©soudre le problĂšme des violences qui touchent les campagnes du pays : la rĂ©forme agraire impose la redistribution des terres aux Noirs et les fermiers afrikaners doivent souvent vendre leurs exploitations au gouvernement, ce qui suscite des rĂ©sistances. Ces fermiers, au nombre de 35 000 environ, sont parfois attaquĂ©s par des bandes organisĂ©es et certains s'inscrivent Ă  des stages commandos pour pallier le manque d'aide du gouvernement. Plusieurs partis d'extrĂȘme droite continuent de recruter au sein d'une frange de cette population qui se sent dĂ©laissĂ©e.

Cependant, depuis l'Ă©lection de Jacob Zuma en 2009, les performances Ă©lectorales de l'ANC sont contestĂ©es par une opposition hĂ©tĂ©roclite qui, bien que morcelĂ©e, progresse fortement. En 2014, si l'ANC remporte nettement, pour la cinquiĂšme fois, les Ă©lections gĂ©nĂ©rales avec 62,15 % des voix, il rĂ©alise son plus mauvais score national face notamment Ă  l’Alliance dĂ©mocratique (22,23 %) et aux Combattants pour la libertĂ© Ă©conomique (6,35 %), un jeune parti radical dirigĂ© par Julius Malema. Lors des Ă©lections municipales sud-africaines de 2016, l'ANC enregistre sa plus forte baisse Ă©lectorale et son plus faible score national (53,91 %). S'il parvient Ă  encore conserver la trĂšs grande majoritĂ© des municipalitĂ©s, en particulier en zone rurale (Ă  l'exception notable des municipalitĂ©s du Cap-Occidental), l'ANC est battu dans les plus grandes mĂ©tropoles du pays (Le Cap, Tshwane, Johannesbourg, Nelson Mandela Bay) au profit de Alliance dĂ©mocratique, alliĂ©e parfois pour la circonstance au parti de Malema. Cette baisse nationale de l'ANC peut ĂȘtre analysĂ©e comme liĂ©e aux scandales de corruption visant le prĂ©sident Jacob Zuma et aux mauvaises performances Ă©conomiques de l'Afrique du Sud. Lors de la derniĂšre Ă©lection, tenue le 8 mai 2019, l'ANC a remportĂ© 57,5% des voix et 230 siĂšges, tandis que la principale opposition, l'Alliance dĂ©mocratique (DA), a remportĂ© 20,77% des voix et 84 siĂšges. Les combattants de la libertĂ© Ă©conomique (EFF), fondĂ©s par Julius Malema, ancien prĂ©sident de la Youth Wing de l'ANC ( ANC Youth League ) qui a ensuite Ă©tĂ© expulsĂ© de l'ANC, ont remportĂ© 10,79% des voix et 44 siĂšges. L'ANC est le parti politique au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l'apartheid[31].

Politique environnementale et énergétique

En 2011, 93 % de l'électricité de l'Afrique du Sud provient du charbon. C'est l'un des pays les plus dépendant de ce combustible ; le port de Richards Bay abrite le premier terminal portuaire exportateur de charbon au monde[32].

Le pays dispose de la seule centrale nucléaire du continent africain, située à Koeberg, entrée en service en 1982. Pour assurer son développement et sa croissance économique, le pays doit cependant continuer à investir dans le secteur énergétique[6], notamment nucléaire, mais aussi thermique, pour assurer ses besoins immédiats : construction d'une centrale à charbon à Medupi.

En 2019, l'Afrique du Sud peine Ă  produire les besoins en Ă©lectricitĂ© du pays, et le pays fait face Ă  de nombreuses coupures. Pour remĂ©dier Ă  cette situation, en partie liĂ©e Ă  des sabotages ou des problĂšmes de gouvernance mais Ă©galement Ă  un manque d'Ă©quipements, l'État a dĂ©cidĂ© de crĂ©er de nouvelles centrales Ă  charbon. Toutefois, la sociĂ©tĂ© publique Eskom demeure trĂšs endettĂ©e[33].

L'Afrique du Sud est le premier pollueur du continent africain, et le quatorziÚme au niveau mondial, de par ses émissions de carbone. Le gouvernement instaure en 2019 une taxe carbone pour tenter d'inciter les entreprises à faire des efforts. Bien que soutenue par les organisations environnementales, cette initiative est jugée insuffisante et peu dissuasive[34].

La pollution de l'air reprĂ©senterait un coĂ»t annuel de deux milliards d’euros[35].

Énergies renouvelables

Le pays bénéficie de caractéristiques naturelles adéquates pour la production d'énergie verte : ensoleillement, vent ou encore espaces maritimes.

Organisation des forces de défense

La South African National Defence Force (SANDF) a été créée en 1994[36] en tant que force militaire volontaire composée de l'ancienne South African Defence Force, des forces des groupes nationalistes africains (uMkhonto we Sizwe et Azanian People's Liberation Army), et des anciennes forces de défense des Bantoustans.

La SANDF est subdivisée en quatre branches :

  1. l'armée sud-africaine
  2. l'armée de l'air sud-africaine
  3. la marine sud-africaine
  4. le service de santé militaire sud-africain[37].

Elle a servi dans des forces multinationales de maintien de la paix des Nations unies. Selon la puissance de feu mondiale, l'Afrique du Sud est classĂ©e 26e armĂ©e la plus puissante du monde et 2e en Afrique[38].  

L'Afrique du Sud est le seul pays africain à avoir développé avec succÚs des armes nucléaires. Il est devenu le premier pays (suivi de l'Ukraine) doté d'une capacité nucléaire à renoncer volontairement à son programme et à le démanteler, et a signé dans la foulée le traité de non-prolifération nucléaire en 1991[38]. L'Afrique du Sud a entrepris un programme d'armement nucléaire dans les années 1970[38]. Selon le président F.W. de Klerk, la décision de construire une « dissuasion nucléaire » a été prise dÚs 1974 dans un contexte de menace expansionniste soviétique[39]. En 2017, l'Afrique du Sud a signé le traité des Nations unies sur l'interdiction des armes nucléaires[40].

Drapeau

Les 6 drapeaux historiques symbolisant le pouvoir politique ayant administré Le Cap (à l'exception de ceux des républiques boers).

Le drapeau de l'Afrique du Sud a été adopté le et est officiellement l'emblÚme du pays depuis le .

Son prédécesseur était contesté pour son symbolisme exclusivement lié à l'histoire afrikaner et britannique du pays.

Les six couleurs symbolisent à la fois les diverses tendances politiques du pays, les couleurs prédominantes des anciens drapeaux utilisés par l'Afrique du Sud au cours de son histoire ainsi que ses ressources naturelles.

Instances internationales

Le 21 octobre 2016, l'Afrique du Sud annonce son retrait de la Cour pénale internationale (CPI)[41].

Population

RĂ©partition par groupe de population en Afrique du Sud (2011).
Proportion de Blancs par municipalité lors du recensement de 2011

La population sud-africaine compte 59,3 millions d'habitants en 2020 ; c'est le 24e pays le plus peuplĂ© au monde[42]. Elle est inĂ©galement rĂ©partie : la plupart des habitants rĂ©sident dans l'Est du pays. Le Gauteng est la rĂ©gion la plus peuplĂ©e suivie par le KwaZulu-Natal[43]. L'ariditĂ© explique en partie les faibles densitĂ©s du Nord-Ouest.

Selon le recensement de 2010, 79,4 % des Sud-Africains sont noirs, 9,2 % sont blancs, 8,8 % sont coloureds (métis) et 2,6 % des sud-africains sont indo-asiatique[44] - [45].

La population noire se rĂ©partit en diffĂ©rentes ethnies dont les plus importantes sont les Zoulous et les Xhosas. ConcentrĂ©e dans l'Est du pays, elle est cependant minoritaire dans les deux provinces du Cap-Occidental et du Cap-Nord. Parmi la population blanche du pays, la plus ancienne, les Afrikaners (ou Boers) reprĂ©sentent une proportion de 60 % des Blancs du pays. Les ancĂȘtres de ces Afrikaners Ă©taient originaires des Pays-Bas ou d'Europe du Nord. Une partie non nĂ©gligeable Ă©taient Ă©galement des huguenots français (voir aussi l'article huguenots d'Afrique du Sud) qui s'installĂšrent dans la colonie du Cap durant les guerres de religion en France (ces derniers font cependant partie de la communautĂ© Afrikaner, on estime d'ailleurs que 25 % des noms de familles afrikaners sont d'origine française). Les autres blancs (40 %) sont surtout d'origine britannique, portugaise et allemande.

Selon un rapport de la SAIRR (institut sud-africain des relations raciales), environ 900 000 blancs, soit un sixiĂšme de la population, ont quittĂ© le pays depuis 1994. Ces dĂ©parts massifs, surtout de jeunes Sud-Africains diplĂŽmĂ©s, ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s par l'opposition qui a attaquĂ© l'ANC sur ces trop nombreux dĂ©parts. Cependant, on constate depuis un nouveau phĂ©nomĂšne, la « rĂ©volution du retour au foyer »[46].

Beaucoup d’enfants issus des rĂ©gions rurales n'ont pas de piĂšce d’identitĂ© ou d'acte de naissance, parfois trop coĂ»teux Ă  aller chercher pour les parents. L’ONG Scalabrini Center estime Ă  40 % la part de ces enfants qui demeurent hors du systĂšme Ă©ducatif[47].

Santé

L'Apartheid a doté l'Afrique du Sud d'un systÚme de santé de renommée mondiale mais circonscrit aux zones géographiques blanches. Depuis la fin de l'Apartheid, la situation s'est détériorée en raison d'un plan de départ de fonctionnaires et médecins blancs lancé par le gouvernement et du développement de la corruption[48].

L’espĂ©rance de vie a chutĂ© de 62 ans en 1990 Ă  51 ans en 2005[49], avant de remonter a 60 ans en 2011[50].

Le pays a le taux d’incidence du VIH le plus Ă©levĂ© au monde, avec 5,6 millions de citoyens — plus de 10 % de la population — porteurs du virus[51] - [52].

En 2012, selon l'UNICEF, 17,9 % de la population adulte vit avec le VIH[53] - [54].

L'espĂ©rance de vie des hommes est de 56,5 ans[55], celui des femmes de 60,2 ans[55]. Le taux annuel de croissance de la population est de 1,07 %, selon les chiffres des statistiques sud-africaines[55]. Le taux de natalitĂ© s'Ă©lĂšve Ă  23,8 â€° (en 2009)[55]. Le taux de mortalitĂ© atteint 16,77 â€° en 2001, et 11 â€° en 2002, celui de la mortalitĂ© infantile 45,70 â€° en 2009[55]. En 2009, le taux de fĂ©conditĂ© Ă©tait de 2,38 enfants/femme[55].

Langues

Répartition des langues officielles dominantes par région :

Il n'y a pas de langue maternelle majoritairement dominante en Afrique du Sud.

En 1910, le nĂ©erlandais Ă©tait, avec l'anglais, l'une des deux langues officielles reconnues par les nouvelles institutions de l'union de l'Afrique du Sud. En mai 1925, l'afrikaans a Ă©tĂ© promu au rang de langue officielle Ă  la place du nĂ©erlandais (Union Act No 8 of 1925)[56]. L'Afrique du Sud adhĂšre au dĂ©but du XXIe siĂšcle Ă  l'Union linguistique nĂ©erlandaise, mais 60 000 citoyens seulement savent encore parler cette langue.

Depuis 1994, onze langues officielles (anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, swati, ndebele, sesotho, sepedi, setswana, xitsonga, tshivenda[57]) sont reconnues par la Constitution sud-africaine[58] Selon l'article 6 de la constitution sud-africaine de 1996, l'État et les provinces doivent aussi faire la promotion des langues parlĂ©es par les diverses communautĂ©s vivant dans le pays ; les principales sont : l'allemand, le grec, le gujarĂątĂź, l'hindi, le portugais, le tamoul, le tĂ©lougou, l'ourdou, l'arabe, l'hĂ©breu, le sanskrit[59].

Dans les faits, le zoulou est la langue maternelle la plus pratiquĂ©e dans les foyers sud-africains (environ ÂŒ des habitants)[60], suivi par le xhosa (17,6 %). En troisiĂšme place arrive l'afrikaans avec 14 %[61] de locuteurs maternels. Mais comme elle est employĂ©e en seconde langue par plus de 30 % des citoyens sud-africains, l'afrikaans est indirectement la deuxiĂšme langue la plus parlĂ©e du pays. Cependant elle souffre de la concurrence de l'anglais, qui paraĂźt plus utile et reste la langue des affaires et de la communication[62].

D'une maniÚre générale, l'anglais progresse dans tous les milieux et particuliÚrement chez les jeunes éduqués, dont beaucoup exigent de suivre un enseignement supérieur dans cette langue, et fait ainsi figure de langue véhiculaire. Aussi, du temps de l'Apartheid, l'anglais était vu comme la langue de la liberté, pour communiquer avec le monde extérieur. Si l'anglais est la premiÚre des secondes langues et que 85 % de la population du pays la parle (dont plus de 90 % chez les Blancs) ou en a des notions, elle n'est réellement la langue maternelle que d'un peu moins de 5 millions des citoyens de l'Afrique du Sud[63]. Elle reste de plus incomprise dans des zones rurales ou bien chez des personnes ùgées et des membres de tribus locales assez isolées.

En 2020, l'anglais est la langue maternelle de 10 % de la population Sud-Africaine, et est la seconde langue de 85 % des Sud-Africains. Donc, 95 % de la population (2020) Sud-Africaine parle anglais couramment, ou Ă  des notions plus ou moins importante de cette langue. Souvent, l'anglais est assez mal parlĂ©, surtout par le prolĂ©tariat noir, ou des travailleurs actifs qui ont commencĂ© une vie professionnelle assez jeunes. 5 % de la population Sud-Africaine, en revanche, ne sait pas parler anglais, souvent des noirs ou des Afrikaners ĂągĂ©s, ou des populations noires souvent trĂšs Ă©loignĂ©s des centres urbains, ou des migrants (Angolais, Mozambicains, etc.). Avec la scolarisation obligatoire, l'anglais devrait ĂȘtre parlĂ© par au moins 98 % de la population en 2050, mais avec des niveaux variables.

Religion

L'Ă©glise anglicane Holy Trinity Ă  Port Elizabeth.

Selon un recensement de 2016[64]:

Culture

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s

Musique

Johnny Clegg est un chanteur sud-africain, surnommé le « zoulou blanc », sa chanson la plus célÚbre est « Asimbonanga » (1987), rend hommage à Nelson Mandela, alors incarcéré depuis plus de 20 ans. Ses chansons sont principalement axées sur la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud et pour la défense de la culture africaine. Il est connu aussi pour sa chanson « Scatterlings of Africa » (1982), reprise pour la bande originale du film « Rain Man » (1988).

Miriam Makeba est une chanteuse de jazz sud-africaine, connue pour son tube « Pata, Pata » et a Ă©normĂ©ment ƓuvrĂ© pour lutter contre l’apartheid.

Littérature

Alan Paton est un écrivain sud-africain surtout connu pour son premier roman, "Cry, the Beloved Country" (1948), qui a attiré l'attention internationale sur les injustices raciales de l'apartheid sud-africain.

Nadine Gordimer est une femme de lettres sud-africaine, elle a reçu le prix Nobel de littĂ©rature qui rĂ©compense un Ă©crivain dont « l’Ɠuvre Ă©pique a rendu Ă  l'humanitĂ© d'Ă©minents services ».

J.M. Coetzee est romancier et professeur en littérature né au Cap. Il obtient de nombreux prix littéraires pour ses romans dont le prestigieux prix Nobel de littérature en 2003. Ce dernier récompense l'auteur "qui, sous d'innombrables formes, dépeint l'implication surprenante de l'outsider"[66].

Sport

Sud-Africaines et enfant sud-africain, grimés aux couleurs nationales, célébrant au Cap l'attribution de la coupe du monde de football 2010 à l'Afrique du Sud.

Dans le domaine sportif, l'Afrique du Sud est surtout connue pour son équipe de rugby à XV, majoritairement joué par les classes aisées et blanches, qu'ont représentée des joueurs tels que François Pienaar, Frik du Preez, Joost van der Westhuizen, André Venter, Os du Randt, Percy Montgomery, Bryan Habana etc.

Pieter-Steph du Toit (élu meilleur joueur du monde World Rugby en 2019) et Cheslin Kolbe sont actuellement classés parmi les meilleurs joueurs du monde.

En sept participations, l'Afrique du Sud remporte trois fois la Coupe du monde : le Ă  Johannesbourg (Ellis Park) : Afrique du Sud 15-12 Nouvelle-ZĂ©lande (aprĂšs prolongation), le Ă  Saint-Denis (Stade de France) : Afrique du Sud 15-6 Angleterre et le 2 novembre 2019 au Japon : Afrique du Sud 32-12 Angleterre. L'Ă©quipe nationale est donc championne du monde en titre.

Le rugby Ă  XIII, interdit pendant l’Apartheid car surtout pratiquĂ© par les Noirs, peine Ă  s'implanter malgrĂ© un fort succĂšs auprĂšs des couches sociales petites et moyennes.

En 2010, l'Afrique du Sud organise la coupe du monde de football 2010, devenant ainsi le premier pays du continent africain à accueillir cette compétition. L'Afrique du Sud possÚde de bons joueurs évoluant en Europe. Les vuvuzelas, sortes de trompettes africaines émettant un bruit de ruches d'abeilles, sont le socle d'une véritable culture du football. Le pays fut champion d'Afrique de football 1996 à Johannesbourg (FNB Stadium).

L'Afrique du Sud a organisé la coupe du monde de cricket en 2003.

L'Afrique du Sud compte notamment Jody Scheckter qui fut champion du monde de Formule 1 en 1979 sur Ferrari et son fils Tomas qui fait une carriĂšre en IRL. Le pays a par ailleurs accueilli un Grand Prix du championnat du monde de formule 1 entre 1967 et 1993 sur les circuits d'East London et Kyalami.

L'Afrique du Sud organise aussi plusieurs Ă©preuves du championnat du monde de surf.

Bianca Buitendag, surfeuse professionnelle, finit médaille d'Argent sur l'épreuve de surf lors des Jeux olympiques d'été de 2020 se tiennent à Tokyo, au Japon.

L'Afrique du Sud compte notamment Cameron van der Burgh qui possĂšde les records du monde au 50 mĂštres brasse grand bassin (26 s 67) et au 50 mĂštres brasse petit bassin (25 s 25) 100 mĂštres brasse (55 s 61).

L'Afrique du Sud compte dans ses rangs l'athlĂšte Wayde van Niekerk, recordman du 400 m en 43 s 03 en finale des Jeux Olympiques de Rio en 2016. Il est Ă©galement le seul homme Ă  avoir rĂ©alisĂ© les trois temps suivants en une carriĂšre : 100 m en moins de 10 s ; 200 m en moins de 20 s et enfin 400 m en moins de 44 s.

L'Afrique du Sud est aussi bien représentée au golf. Les golfeurs sud-africains les plus connus sont Bobby Locke, Gary Player et Ernie Els. De nombreuses compétitions internationales se déroulent en Afrique du Sud.

Kristen NeuschÀfer, navigatrice, remporte le 27 avril 2023 aux Sables d'Olonne la mythique course autour du monde à la voile sans escale et sans assistance électronique, la Golden Globe Race 2022. Elle est la premiÚre femme à remporter un tour du monde à la voile en solitaire.

Pauvreté, chÎmage et mouvements migratoires

Évolution de la dĂ©mographie entre 1961 et 2004 (chiffre de l'FAO, 2006). Population en millions d'habitants.
Les Scouts de la région du Mpumalanga coordonnent les projets des travaux de la Aktion Tagwerk au travers de l'action « Ta journée pour l'Afrique »[67].

Selon l'indice de dĂ©veloppement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD), l'Afrique du Sud a reculĂ© de 35 places dans leur classement entre 1990 et 2005, constatant l'appauvrissement gĂ©nĂ©ral de la population. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil d'extrĂȘme pauvretĂ© a doublĂ© en dix ans, passant de 1,9 Ă  4,2 millions, soit 8,8 % de la population. PrĂšs de 40 % des villes en Afrique du Sud sont composĂ©es de townships et cette diffĂ©rence entre les riches et les pauvres est trĂšs visible ainsi que trĂšs prĂ©sente, elle est Ă  l'origine de beaucoup de tension entre les deux classes sociales. Plus de 43 % de la population vit avec moins de 3 000 rands (260 euros) par mois[68]. Le chĂŽmage a un taux officiel de 23,2 % selon l'OIT[69], mais les syndicats l'estiment proche de 40 %[70]. En 2013, le revenu de la tranche la plus pauvre de la population (40 % des Sud-Africains), est infĂ©rieur de moitiĂ© Ă  celui qu’il Ă©tait en 1993.

Une partie de la minoritĂ© blanche effrayĂ©e par la hausse de la criminalitĂ© (3 037 fermiers blancs ont Ă©tĂ© assassinĂ©s entre la fin de l'apartheid et fĂ©vrier 2009[71]), par la discrimination positive, par la pandĂ©mie du Sida, et par les Ă©vĂ©nements survenus au Zimbabwe Ă  l'encontre des fermiers blancs, Ă©migre massivement en Australie ou en Nouvelle-ZĂ©lande. Ainsi, prĂšs d'un million de Sud-Africains blancs auraient quittĂ© le pays depuis 1994. De nombreux Ă©migrĂ©s d'Afrique du Sud affirment que la criminalitĂ© est un facteur majeur qui explique leur dĂ©cision de quitter le pays[72]. On assisterait cependant Ă  un retour de beaucoup de Blancs confrontĂ©s Ă  la crise mondiale, et qui retrouvent au pays natal des conditions de vie plus enviables[73].

En mai 2008, Johannesbourg et d'autres villes du pays connaissent de violentes Ă©meutes anti-immigrĂ©s qui font environ 50 morts, 25 000 sans-abris[74] et provoquent l'exode de plusieurs milliers d'immigrĂ©s clandestins[75]. Ces Ă©pisodes de xĂ©nophobie relativement frĂ©quents se reproduisent fin mars 2015 dans un contexte d'immigration importante et de chĂŽmage massif.

Le jeudi 16 aoĂ»t 2012, trente-quatre mineurs ont Ă©tĂ© tuĂ©s et soixante-dix-huit blessĂ©s dans des affrontements entre grĂ©vistes et policiers Ă  la mine de platine Lonmin de Marikana, au nord de Johannesbourg, selon un bilan officiel de la police nationale. Les mineurs, qui vivent dans des taudis accolĂ©s Ă  la mine, sans eau courante, touchent environ 4 000 rands par mois (400 euros). « Nous sommes exploitĂ©s, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus Ă  notre aide », a dĂ©clarĂ© l'un d'eux. « Les sociĂ©tĂ©s miniĂšres font de l'argent grĂące Ă  notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie dĂ©cente. Nous vivons comme des animaux Ă  cause des salaires de misĂšre »[76]. Toutefois, le gouvernement sud-africain s'est dit prĂȘt Ă  compenser financiĂšrement « dans les prochains mois » les familles des victimes du massacre de Marikana[77].

En 2019, le salaire moyen des Sud-africains blancs est 3,5 fois plus élevé que celui des Sud-africains noirs. Le chÎmage frappe 27 % de la population[78] et à cause de la pandémie de Covid-19 le pourcentage du chÎmage dépasse 34 % au deuxiÚme trimestre de l'année[79].

Criminalité

À la suite de l'augmentation des cambriolages au dĂ©but des annĂ©es 1990, les Sud-Africains ont commencĂ© Ă  se barricader chez eux, Ă©levant des clĂŽtures et des murs pour se protĂ©ger de la rue, puis de leurs voisins. Devant la hardiesse des cambrioleurs, les plus aisĂ©s d'entre eux ont installĂ© des dĂ©tecteurs de mouvement et des alarmes dans leurs maisons puis des grilles Ă©lectrifiĂ©es Ă  9 000 volts et des barriĂšres Ă  infrarouges. Les malfaiteurs s'en sont alors pris Ă  leurs victimes devant chez elles, leur mettant un pistolet sur la tempe pour les forcer Ă  ouvrir leur maison et Ă  dĂ©samorcer le systĂšme d'alarme[80]. Les habitants aisĂ©s de Johannesbourg se sont retranchĂ©s dans des quartiers aux allures de forteresses, murĂ©s et sĂ©curisĂ©s, uniquement accessibles par un portail surveillĂ© vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si dans ces quartiers la criminalitĂ© a chutĂ©, parfois de 70 %, les municipalitĂ©s ont souvent cependant interdit de se barricader de la sorte, afin notamment d'Ă©viter le repli des riches entre eux[80].

D'aprĂšs le journal Le Monde du , l'Afrique du Sud bat des records en matiĂšre de criminalitĂ© : on y compte environ 25 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols et environ 300 000 cambriolages. Le taux de violence sexuelle en Afrique du Sud Ă©tait, en 2000, le plus Ă©levĂ© au monde. En 2009, on estimait qu'un Sud-Africain sur quatre avait commis un viol[81], qu'un enfant Ă©tait violĂ© toutes les trois minutes[82] - [83]. En 2013, les statistiques avancent que « 40 % des Sud-Africaines seront violĂ©es dans leur vie »[84].

En 2005, l'Afrique du Sud a comptĂ© quelque 19 000 personnes assassinĂ©es, 55 000 personnes violĂ©es et 120 000 attaques Ă  main armĂ©e selon les chiffres citĂ©s par le Sunday Times. Pour les annĂ©es 2007 et 2008, les statistiques ont encore recensĂ© quelque 240 000 cambriolages chez les particuliers, pas moins de 60 000 vols dans les magasins, les usines et les bureaux, prĂšs de 140 000 cas de dĂ©gradation lourde de matĂ©riel, ainsi que 18 487 assassinats et 18 795 tentatives de meurtre. Les violences se concentrent au Cap, Ă  Durban, mais aussi Ă  Johannesbourg et Ă  Pretoria. Les fermiers sont aussi frĂ©quemment victimes d'attaques[85]. Ainsi, presque tous les habitants d'Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l'expĂ©rience directe de la criminalitĂ©[86].

L'État sud-africain dispose pourtant de 200 000 policiers et de 60 000 militaires pour rĂ©tablir l'ordre et la sĂ©curitĂ© mais les agents de police sont gĂ©nĂ©ralement mal formĂ©s et mal payĂ©s. La police fait elle-mĂȘme surveiller certains commissariats par des sociĂ©tĂ©s privĂ©es[80]. Ces derniĂšres, qui emploient 420 000 agents de sĂ©curitĂ© privĂ©s, sont Ă  ce jour chargĂ©es de la protection d'un million et demi d'entreprises et de foyers sud-africains[86].

En septembre 2011, les chiffres officiels de la criminalitĂ© indiquent Ă  nouveau une forte baisse dans presque tous les types de crimes (15 940 meurtres — pour comparaison 662 au Royaume-Uni —, tentatives de meurtre, cambriolages, violences), confirmant la nette tendance des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Le nombre de meurtres qui avait atteint il y a quelques annĂ©es des records mondiaux, est retombĂ© Ă  des valeurs semblables aux annĂ©es prĂ©cĂ©dant la fin de l'apartheid en 1994. Seuls les explosions des distributeurs de billets, ou encore les crimes liĂ©s Ă  la consommation de drogue ou d'alcool dont la rĂ©pression a Ă©tĂ© renforcĂ©e, ont augmentĂ©[87]. Ces chiffres sont toutefois Ă  relativiser car les taux et les modalitĂ©s de dĂ©clarations de crimes sont plus performants en Afrique du Sud que dans le reste de l'Afrique subsaharienne. Si en 2013, le taux d'assassinats Ă©tait encore de 31,8/100 000, c'est dĂ©jĂ  deux fois moins qu'en 1994. C'est moins qu'en CĂŽte d'Ivoire (56,9/100 000) qui arrive juste derriĂšre la JamaĂŻque et le Honduras au niveau mondial. C'est aussi moins qu'en Zambie (38 pour 100 000 habitants), en Ouganda (36,3), au Malawi (36) et au Lesotho (35,2)[88].

Économie

Revenu personnel par habitant annuel, par groupes raciaux en Afrique du Sud par rapport aux niveaux du groupe racial blanc.
Propriété viticole sud-africaine.

Longtemps premiÚre puissance économique du continent, le produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique du Sud est[89], depuis 2014, classé derriÚre celui du Nigeria à la suite d'un changement de calcul statistique bien que ce pays demeure largement derriÚre l'Afrique du Sud pour ce qui est du développement ou du PIB par habitant[6].

Pays capitaliste favorable Ă  l'Ă©conomie de marchĂ©, l'Afrique du Sud a optĂ© pour un libĂ©ralisme Ă©conomique tempĂ©rĂ© par une forte implication de l'État afin de rĂ©guler l'Ă©conomie, de modifier la rĂ©partition inĂ©galitaire des richesses et d'assurer une meilleure protection des catĂ©gories sociales historiquement et Ă©conomiquement les plus dĂ©favorisĂ©s. L'Afrique du Sud reprĂ©sente un quart du PIB africain avec un taux de croissance moyen de 5 % par an[6]. Son rĂ©seau de transports, ses installations Ă©nergĂ©tiques (avec la seule centrale nuclĂ©aire du continent Ă  Koeberg), en ont fait un pays quasi dĂ©veloppĂ©[6]. Le pays bĂ©nĂ©ficie d'un sous-sol riche en matiĂšres premiĂšres comme l'or, dont il est l'un des principaux producteurs mondiaux, du platine et des mĂ©taux prĂ©cieux, et surtout d'immenses rĂ©serves de charbon, premiĂšre production miniĂšre du pays en 2016[90] En outre, les multinationales sud-africaines sont prospĂšres et compĂ©titives sur les marchĂ©s internationaux[70]. Ainsi, sur les 100 plus grandes entreprises africaines, 61 sont sud-africaines[6]. En 2022, l’Afrique du Sud est classĂ©e en 61e position pour l'indice mondial de l'innovation[91].

Économie de l'Afrique du Sud[92]
PIB 419,95 milliards de dollars US - PIB (2021)
PIB par habitant 6 994,2 dollars US - PIB (2021)
Taux de croissance 4,9% (2021)
Taux de croissance de la production industrielle 6,2 % (2007)
Part dans les importations mondiales 0,62 % (2006)
Part dans les exportations mondiales 0,48 % (2006)
DĂ©penses militaires 1,3 % du PIB (2008)
Exportations d'armes 39 millions de dollars (2005)
DĂ©penses d'Ă©ducation 5,4 % du PIB (2006)
Consommation Ă©lectrique 4 884 kWh par habitant (2004)
Émissions de CO2 9,19 tonnes par habitant (2004)

Classement des principales puissances Ă©conomiques en Afrique

Trois plus grandes Ă©conomies africaines en 2013[93]
Rang État PIB
1 Drapeau du Nigeria Nigeria 510 milliards de dollars US
2 Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 370 milliards de dollars US
3 Drapeau de l'Égypte Égypte 350 milliards de dollars US

Discrimination « positive »

Depuis 1994, les autoritĂ©s sud-africaines ont mis en Ɠuvre une politique d'affirmative action ou regstellende aksie (discrimination positive), visant Ă  promouvoir une meilleure reprĂ©sentation de la majoritĂ© noire dans les diffĂ©rents secteurs du pays (administration, services publics et parapublics, sociĂ©tĂ©s nationalisĂ©es et privĂ©es). Ainsi, dans de nombreux secteurs, des Blancs ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  faire valoir leurs droits Ă  la retraite ou Ă  accepter des licenciements, moyennant une indemnitĂ© de dĂ©part. Un des rĂ©sultats fut l'appauvrissement d'une partie de cette minoritĂ© blanche (10 % de ses membres vivent aujourd’hui avec 1 000 euros par an).

Ce programme a cependant contribuĂ© au dĂ©veloppement d'une classe moyenne noire. Les black diamonds, qui gagnent plus de 6 000 rands par mois (520 euros), reprĂ©sentent environ 10 % de la population noire mais ceux-ci sont en gĂ©nĂ©ral trĂšs endettĂ©s et souffrent de l'augmentation rĂ©guliĂšre des taux d'intĂ©rĂȘt. Il est Ă©galement reprochĂ© Ă  cette politique de discrimination positive de ne favoriser qu'une toute petite partie de la population des noirs, ceux qui sont diplĂŽmĂ©s, vivant dans des centres urbains[70].

Par ailleurs, une Ă©tude rendue publique en 2006, et portant sur la pĂ©riode 1995-2005, montre que les blancs qualifiĂ©s Ă©migrent en masse : en dix ans, 16,1 % des Sud-Africains blancs auraient quittĂ© le pays. À la suite des critiques des partis d'opposition, le gouvernement sud-africain redĂ©finit sa politique de discrimination positive en cherchant Ă  favoriser le retour au pays de ces expatriĂ©s trop nombreux et trop qualifiĂ©s. C'est la vice-prĂ©sidente Phumzile Mlambo-Ngcuka qui est chargĂ©e de mettre cette rĂ©forme en Ɠuvre en promouvant des salaires incitatifs Ă  ceux qui reviendraient au pays[94].

En , l'Ă©crivain sud-africain AndrĂ© Brink s'en prend Ă  la mise en Ɠuvre de la politique de discrimination positive constatant que l’application de celle-ci a « atteint des extrĂȘmes ridicules qui ont conduit Ă  l’exil bon nombre des personnes les plus qualifiĂ©es et les plus habiles du pays, tandis que le gouvernement et ses officines remplacent avec constance la compĂ©tence rĂ©elle par la mĂ©diocritĂ© et l’infĂ©rioritĂ© »[95].

En , des membres de la nouvelle direction de l'ANC, mise en place par Jacob Zuma, reconnaissaient, auprĂšs des entrepreneurs et des reprĂ©sentants de la minoritĂ© blanche, les errements pratiquĂ©s dans le domaine de la discrimination positive et promettaient d'inflĂ©chir la politique du prochain gouvernement qui succĂ©derait Ă  celui de Thabo Mbeki[96]. Ainsi, Mathews Phosa, trĂ©sorier gĂ©nĂ©ral de l’ANC, reconnaissait le « dĂ©ficit de compĂ©tences dans des secteurs comme la gestion financiĂšre, les technologies de l’information, la gestion du systĂšme judiciaire et des questions sĂ©curitaires » causĂ© par la pratique de la discrimination positive. Il indiquait par ailleurs que le « personnel Blanc qualifiĂ© serait bien accueilli par la prochaine administration » en 2009.

RĂ©forme agraire

Terres agricoles en Afrique du Sud.

AprĂšs la seconde guerre des Boers (1899-1902), la spoliation des populations noires a Ă©tĂ© institutionnalisĂ©e. En 1913, le Natives Land Act limite la propriĂ©tĂ© fonciĂšre des personnes noires Ă  7 % du territoire (Ă©tendu Ă  13 % en 1936). Quatre millions de paysans perdent alors les terres qu'ils possĂ©daient encore et deviennent gĂ©nĂ©ralement mĂ©tayers ou mineurs, une main d’Ɠuvre peu couteuse pour les propriĂ©taires[97].

En 1994, 87 % des terres arables d'Afrique du Sud appartenaient Ă  des fermiers blancs. L'objectif de la rĂ©forme agraire alors mise en place est de redistribuer 30 % des terres aux populations noires d’ici 2014[98]. Selon le procĂ©dĂ© mis en place, l’État sud-africain rachĂšte les propriĂ©tĂ©s au prix du marchĂ© pour les redistribuer selon le principe du volontariat. Les deux tiers des 79 000 rĂ©clamations, enregistrĂ©es avant la date butoir fixĂ© au , sont satisfaites mais il s'agit majoritairement de terres en zones urbaines et non dans les rĂ©gions agricoles[99]. En 2006, seules un peu plus de 3 % des terres concernĂ©es avaient effectivement Ă©tĂ© redistribuĂ©es[97]. L'objectif de 30 % est par la suite repoussĂ© Ă  2025[100]. La loi prĂ©voit que les descendants des fermiers noirs, dĂ©possĂ©dĂ©s par la force ou injustement indemnisĂ©s dans le cadre des lois adoptĂ©es depuis 1913, peuvent demander la restitution de leurs terres. En , la majoritĂ© des 4 000 participants au « Sommet sur la terre », a recommandĂ© des expropriations alors que la vice-prĂ©sidente Phumzile Mlambo-Ngcuka demandait d'« importer des experts du Zimbabwe ».

À la mi-2011, sur 24,6 millions d’hectares, prĂšs de 2 millions d'hectares (8 %) ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s Ă  1,2 million de noirs alors que 60 000 blancs possĂšdent et gĂšrent 80 % des surfaces cultivables. Selon d’autres estimations, la part des transferts ne serait pas supĂ©rieure Ă  5 %[101]. Ce faible pourcentage s'explique par la volontĂ© de l’État sud-africain d’éviter un effondrement de la production comme au Zimbabwe voisin au dĂ©but des annĂ©es 2000, parce que de nouveaux acquĂ©reurs, incapables de maintenir des rendements Ă©quivalents, ont eux-mĂȘmes revendu leurs terres, et surtout parce que le gouvernement devrait dĂ©bourser jusqu'Ă  5 milliards d’euros pour dĂ©dommager les propriĂ©taires pour atteindre les 30 % escomptĂ©s[101]. Le gouvernement ne veut pas que cette redistribution affecte la rentabilitĂ© Ă©conomique de ces terres (l'Afrique du Sud est un pays Ă©mergent oĂč l'agriculture ne reprĂ©sente cependant que 3 % du PIB). Dans la province du Limpopo, 90 % des terres agricoles font l’objet de rĂ©clamations mais les restitutions effectuĂ©es ont majoritairement tournĂ© au dĂ©sastre, marquĂ© par une sous-exploitation de ces terres laissĂ©es en dĂ©shĂ©rence, faute d'encadrement technique et financier[102]. L’UniversitĂ© de Pretoria estime ainsi que dans 44 % des cas, la production a significativement baissĂ© quand elle n'a pas tout simplement cessĂ© dans 24 % des cas[98].

Le , sous la pression politique de Julius Malema, le jeune chef de la ligue de jeunesse de l'ANC, le ministre de la RĂ©forme agraire prĂ©sente un nouveau projet de redistribution des terres dont l'objectif est de restreindre la propriĂ©tĂ© fonciĂšre privĂ©e, de restreindre l’achat de terres par des Ă©trangers mais aussi de transfĂ©rer des terres appartenant aux Blancs Ă  des agriculteurs noirs[101].

L'Afrique du Sud est au palmarÚs des huit premiers producteurs de coton d'Afrique de l'est, du sud et du nord au milieu des années 2010 et neuviÚme au palmarÚs des producteurs africains de thé au début de la décennie 2010, dominé par le Kenya. Le secteur agricole doit cependant faire face à la sécheresse : dans la province du Cap, celle-ci a fait baisser la production de 20 % en 2019[97].

En 2018, 30 000 fermes commerciales emploient environ 840 000 ouvriers agricoles. Les conditions de vie de ces derniers sont souvent difficiles ; beaucoup vivent dans des taudis dĂ©pourvus d'eau courante. La directrice de l'association pour l'avancement rural, Laurel Oettle, souligne que « les saisonniers n'ont pas de revenus pendant des mois. Certains sont parfois payĂ©s en produits agricoles. Les cas d'abus sexuels sont nombreux. L'accĂšs aux tombes des ancĂȘtres donne lieu Ă  des conflits[97]. »

RĂ©quisition d'actifs d'entreprises par le pouvoir politique

Depuis 1994, pratiquement tous les grands groupes miniers et les banques ont cĂ©dĂ© entre 10 et 26 % de leur capital Ă  des noirs, indiens et Coloureds. Dans un premier temps, une petite Ă©lite noire, issue des leaders de l'ANC, s'est reconvertie avec succĂšs dans les affaires en bĂ©nĂ©ficiant de grosses cessions de capital d'entreprises. Le plus riche d'entre eux est Patrice Motsepe qui est devenu le 2e Noir le plus riche au monde avec 3,3 milliards de dollars derriĂšre le NigĂ©rian Aliko Dangote avec 13,3 milliards de dollars selon le magazine Forbes en 2011.

Depuis 2000, des objectifs précis ont été négociés dans certains secteurs (mines, banques, distribution du pétrole, etc.). Ainsi, selon la charte miniÚre de 2002, toutes les compagnies doivent céder 26 % de leur capital d'ici à 2014. Les Noirs devront représenter 40 % des cadres en 2009. Les compagnies qui ne respecteront pas ces conditions pourront perdre leurs droits d'exploitation.

Un arsenal législatif est d'ailleurs en cours d'adoption. Des objectifs précis seront fixés notamment en matiÚre de cession de capitaux et de promotion interne des Noirs dans les entreprises.

Toutes les entreprises y compris les PME devront remplir un bulletin de note (ceux qui auront les meilleures notes auront plus de chance de remporter les marchés publics). Les multinationales sont cependant exemptées.

Fluctuations du rand et inflation

En 2007, la monnaie nationale, le rand, s'était nettement dépréciée par rapport à l'euro et au dollar. En 2010-2011 par contre, elle s'est renchérie significativement. En 2012, le rand montre sa résistance face à l'euro.

Si en 1970, un rand valait un dollar, la monnaie sud-africaine n'a cessĂ© de se dĂ©prĂ©cier depuis les annĂ©es 1980. En , l'euro valait plus de 11 rands alors que le dollar valait 7,50 rands (soit une perte de 12 % de sa valeur depuis le dĂ©but de la mĂȘme annĂ©e). En 2011, l'euro ne vaut plus que 9,90 rands et le dollar vaut 7,10 rands, ce qui semble confirmer la valeur refuge que le rand peut constituer face aux turbulences rencontrĂ©es en Europe et aux États-Unis. Depuis lors, en 2011, les taux ont sensiblement baissĂ©, passant de 15 % en 2007 Ă  moins de 9 % en 2011.

En 2007, l'inflation qui avait Ă©tĂ© jusque-lĂ  maĂźtrisĂ©e, atteint 8,6 % alors que la hausse des prix dĂ©passe les 6 %, obligeant la Banque centrale sud-africaine Ă  augmenter Ă  quatre reprises ses taux d'intĂ©rĂȘt[70]. En 2011, l'inflation retombe Ă  4 %.

Difficultés structurelles de l'économie sud-africaine

Évolution du PIB rĂ©el par habitant de diffĂ©rents pays d'Afrique australe.

Dans les annĂ©es 1950, l'Afrique du Sud avait dĂ©veloppĂ© une large gamme d’hydrocarbures synthĂ©tiques. Elle y Ă©tait contrainte par deux facteurs : l'Apartheid, qui avait entraĂźnĂ© un blocus des produits pĂ©troliers, puis, bien plus tard, en 1979, par l’arrĂȘt des livraisons en provenance de l’Iran, seul fournisseur de l’Afrique du Sud jusqu'Ă  la rĂ©volution qui renversa le rĂ©gime du Shah[103].

En 2008, la croissance sud-africaine a Ă©tĂ© minĂ©e par des coupures d'Ă©lectricitĂ© qui ont paralysĂ© les grandes villes, provoquent des embouteillages monstres sur les grandes artĂšres et menacent l'Ă©conomie du pays et de la rĂ©gion, en provoquant notamment la fermeture provisoire des principales mines d'or, de platine et de diamant. À la suite de cette crise qui remet en cause l'activitĂ© salariĂ©e de 450 000 personnes, le gouvernement fait son mea culpa pour n'avoir pas modernisĂ© ou construit de centrales Ă©lectriques depuis la fin de l’apartheid. Cette crise a menacĂ© un temps la valeur du Rand en baisse constante Ă  l'Ă©poque ainsi que la capacitĂ© de l'Afrique du Sud Ă  organiser la Coupe du monde de football en 2010[104]. Ces prĂ©visions alarmistes se sont vĂ©ritablement vĂ©rifiĂ©es aux vues des pertes engendrĂ©es par la Coupe du Monde de football et ce malgrĂ© la mise en marche de nouvelles centrales Ă©lectriques. Cette Coupe du Monde aura eu un effet dĂ©vastateur sur l'emploi, et entraĂźnĂ© des pertes financiĂšres estimĂ©es Ă  2,1 milliards d'euros. 85 % de l'Ă©lectricitĂ© sud-africaine est produite Ă  partir de centrales thermiques fonctionnant au charbon, dont certaines sont vieillissantes[90].

Pour pallier cette pénurie, de nouvelles centrales électriques sont en construction, comme la centrale solaire de Khi Solar One dans le Cap-Nord, ou le parc éolien West Cost One dans le Cap-Occidental[90].

Néanmoins, à la fin du mandat du président Thabo Mbeki en 2008, de nombreuses faiblesses ou erreurs de sa gestion sont mises en exergue par la presse occidentale, notamment la dégradation de l'état des routes (qui demeure le meilleur réseau routier d'Afrique, devant celui du Maroc), les carences du systÚme de santé publique[70], la dégradation des hÎpitaux publics et des écoles publiques. La corruption et l'inefficacité de l'administration, par manque de personnel, de motivation et de moyens complÚtent le tableau des difficultés structurelles auxquelles fait face l'Afrique du Sud[105].

En 2018, d'aprĂšs la gĂ©ographe spĂ©cialiste de l'Ă©nergie Bernadette MĂ©renne-Schoumaker, l'un des grands dĂ©fis de l'Ă©conomie sud-africaine est de diversifier son mix Ă©nergĂ©tique dans l'optique d'une transition Ă©nergĂ©tique, sans abandonner un secteur minier qui reprĂ©sente plus de 455 000 emplois dans un pays oĂč le chĂŽmage dĂ©passe 27 %[90].

Tourisme

L'Afrique du Sud connaĂźt un essor touristique continu[106]. La dĂ©couverte des parcs nationaux et autres rĂ©serves d'animaux aux excellentes structures d’accueil reste l'un des arguments principaux du sĂ©jour, mais le pays prĂ©sente de nombreux autres attraits.

Faune

En partant du nord-est vers le sud-ouest, on trouve en Afrique du Sud l'une des plus grandes diversités d'animaux du continent[106] - [107] :

Paysages et randonnées

Un Ă©lĂ©ment notable des paysages sud-africains est une longue barriĂšre montagneuse, le Drakensberg, qui court des confins du Mozambique jusqu'Ă  la province du Cap. Les panoramas que le Drakensberg a engendrĂ©s dans le Transvaal, tout particuliĂšrement ceux du Blyde River Canyon (26 km) comptent parmi les plus beaux du pays. Ils attirent les randonneurs dont les plus chevronnĂ©s se lancent, Ă  l'est du KwaZulu-Natal et du pays zoulou, vers les sommets au-dessus de 3 000 m de Cathedral Peak ou du parc national de Royal Natal.

Au sud, les paysages gagnent en diversité : on peut aussi bien apprécier les reliefs tourmentés et déchiquetés de la région désertique du Karoo et de la vallée de la Désolation que la douceur de la route des vins, à l'est du Cap.

Les huguenots chassés de France se sont installés dans cette région : « le coin des Français » (Franschhoek) et ces vignobles en sont un fort symbole.

On peut Ă©galement choisir des visites ponctuelles : tout prĂšs du Cap, le jardin botanique national de Kirstenbosch, le plus riche du pays grĂące Ă  ses 4 500 espĂšces, ou les grottes du Cango, rĂ©putĂ©es notamment parce qu'elles renferment des fresques et des motifs sans.

D'autres peintures et gravures bochimans sont visibles dans le KwaZulu-Natal, le long de la frontiĂšre est du Lesotho (parc national de Royal Natal, Giant's Castle (en)), oĂč il est aussi possible de se familiariser avec les coutumes du peuple zoulou.

Deux curiositĂ©s caractĂ©risent la rĂ©gion du fleuve Orange : Les spectaculaires chutes d'Augrabies, d'une hauteur de 146 m, et les mines de diamant de Kimberley.

La majorité de ces sites bénéficient d'une excellente structure touristique et d'un important réseau national de grandes randonnées.

Divers

  • L'Afrique du Sud est membre de l'Union astronomique internationale ;
  • Lignes de tĂ©lĂ©phone : 4,642 millions (en 2007)
  • TĂ©lĂ©phones portables : 42 millions (en 2007)
  • Postes de radio : 13,75 millions (en 1997)
  • Postes de tĂ©lĂ©vision : 5,2 millions (en 1997)
  • Utilisateurs d'Internet : 5,1 millions (en 2005)
  • Nombre de fournisseurs d'accĂšs Internet : 44 (en 2000)
  • Routes : 362 099 km (dont 73 506 km goudronnĂ©s) (en 2002)
  • Voies ferrĂ©es : 20 872 km (en 2006)
  • Voies navigables : n.c.
  • Nombre d'aĂ©roports : 728 (dont 146 avec des pistes goudronnĂ©es) (en 2007)
  • Compagnie aĂ©rienne nationale : South African Airways
  • Compagnie nationale d'Ă©lectricitĂ© : Eskom

Codes

L'Afrique du Sud a pour codes :

Notes et références

Notes

  1. La typographie française prescrit, pour la graphie des noms d’unitĂ©s administratives et politiques, des traits d'union entre les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments d’un nom composĂ© et une capitale Ă  tous les Ă©lĂ©ments sauf pour les articles
 Il serait donc lĂ©gitime d’écrire « Afrique-du-Sud » (Le Petit Robert des noms propres 2006). NĂ©anmoins, le nouvel État a Ă©tĂ© admis aux Nations unies sous la forme française sans traits d'union. Le nom « RĂ©publique sud-africaine » employĂ© en français, est incorrect

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Voir aussi

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Romans sur l'Afrique du Sud

Films sur l'Afrique du Sud

Articles connexes

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