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Lion

Panthera leo

Panthera leo
Description de cette image, également commentée ci-après
Un m√Ęle adulte.

Espèce

Panthera leo
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

Répartition géographique

Description de l'image Lion-map-2.png.

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2abcd : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 04/02/1977
Panthera leo

Le Lion (Panthera leo) est une esp√®ce de mammif√®res carnivores de la famille des F√©lid√©s. La femelle du lion est la lionne, son petit est le lionceau. Le m√Ęle adulte, ais√©ment reconnaissable √† son importante crini√®re, accuse une masse moyenne qui peut √™tre variable selon les zones g√©ographiques o√Ļ il se trouve, allant de 145 √† 180 kg pour les lions d'Asie √† plus de 225 kg pour les lions d'Afrique. Certains sp√©cimens tr√®s rares peuvent d√©passer exceptionnellement 300 kg. Un m√Ęle adulte se nourrit de kg de viande chaque jour contre kg chez la femelle. Le lion est un animal gr√©gaire, c'est-√†-dire qu'il vit en larges groupes familiaux, contrairement aux autres f√©lins. Son esp√©rance de vie, √† l'√©tat sauvage, est comprise entre 7 et 12 ans pour le m√Ęle et 14 √† 20 ans pour la femelle, mais il d√©passe fr√©quemment les 30 ans en captivit√©.

Le lion m√Ęle ne chasse qu'occasionnellement, il est charg√© de combattre les intrusions sur le territoire et les menaces contre la troupe. Le lion rugit. Il n'existe plus √† l'√©tat sauvage que 16 500 √† 30 000 individus dans la savane africaine, r√©partis en deux sous-esp√®ces, et environ 300 dans le parc national de Gir Forest (nord-ouest de l'Inde). Il est surnomm√© ¬ę le roi des animaux ¬Ľ car sa crini√®re lui donne un aspect semblable au Soleil, qui appara√ģt comme ¬ę le roi des astres ¬Ľ. Entre 1993 et 2017, sa population a baiss√© de 43 %[1].

Description

Biométrie

Lion m√Ęle adulte.

Le lion est le deuxi√®me plus grand f√©lid√©, apr√®s le tigre, et ainsi le plus grand carnivore d'Afrique. Un m√Ęle mesure de 172 √† 250 centim√®tres de long[2] du bout du museau √† la base de la queue et poss√®de une queue d‚Äôen moyenne 90 centim√®tres[3]. Les m√Ęles atteignent une masse comprise entre 145 et 225 kilogrammes √† l'√Ęge adulte[3]. Les femelles adultes mesurent de 158 √† 192 centim√®tres[2] sans la queue et poss√®de une queue mesurant environ 85 cm. Elles p√®sent entre 83 et 168 kg[3] et ont une corpulence en moyenne 20 √† 50 % moins importante que celle d'un m√Ęle[4].

La taille au garrot peut varier de 100‚Äď128 cm[2] (en moyenne, 123 cm pour les m√Ęles et 107 cm pour les femelles[3]). Les plus grands m√Ęles pouvant exceptionnellement atteindre une taille √† l'√©paule de 1,50 m[5]. Ils peuvent ainsi avoir une taille √† l'√©paule de 30 cm plus importante que celle des tigres mais sont moins longs que ces derniers. Si une taille de 189‚Äď300 cm[6] du bout du museau √† la base de la queue a souvent √©t√© √©voqu√© pour le tigre, il est admis que le tigre est au maximum de 30 cm plus long que le lion soit une longueur de 2,80 m[7] du bout du museau √† la base de la queue. Les plus grands lions vivent dans le sud de l‚ÄôAfrique, les plus petits en Asie. Le record du monde dans la vie sauvage est d√©tenu par un lion du Transvaal de 313 kg[8]. Les lions en captivit√© ont tendance √† √™tre plus gros que les lions vivant dans la nature, dans certains cas, les lions ont atteint en captivit√© un poids de 375 kg, notamment le c√©l√®bre lion √† crini√®re noire ¬ę Simba ¬Ľ du zoo de Colchester en Angleterre dont la masse a √©t√© reconnue par le Livre Guinness des records[9] - [10].

Tête

Portrait de deux m√Ęles et d'une femelle, dans la r√©serve du Masa√Į-Mara, au Kenya.

Avec une longueur de cr√Ęne de 26,7 √† 42 cm[11] en moyenne, il est g√©n√©ralement admis que c'est le lion qui poss√®de la plus grande longueur de cr√Ęne parmi les grands f√©lins[11], devan√ßant ainsi dans ce domaine le tigre de Sib√©rie qui est la sous-esp√®ce de tigre ayant le cr√Ęne le plus imposant avec une longueur en moyenne de 25,3 √† 38 cm[11] environ.

Les lions ont des yeux ambre voire jaunes et une truffe noire. Leurs oreilles, couleur sable, sont arrondies. Leurs canines peuvent atteindre six centimètres de long[4]. Leur langue est recouverte de papilles cornées recourbées leur permettant de saisir la nourriture, mais aussi de se débarrasser des parasites.

Crinière

Les m√Ęles poss√®dent une longue crini√®re, le plus souvent brun fonc√©, mais √©galement dans certains cas, noire, brun clair ou fauve. Les lions du Tsavo, sont quant √† eux d√©pourvus de crini√®res. La crini√®re appara√ģt vers l'√Ęge de trois ans et s'√©tend des joues jusqu'au-dessus des √©paules, quelquefois aussi sur le ventre et sur la poitrine. La forme et la couleur des m√Ęles peuvent varier non seulement entre les individus, mais √©galement chez un m√™me individu au cours de sa vie en fonction de sa constitution physique.

Une crini√®re longue et fonc√©e est un indicateur d'une bonne constitution et d'une grande force de combat, car le statut hormonal et la nutrition ont des cons√©quences sur l'√©paisseur ainsi que sur la longueur de la crini√®re[12]. Des examens exp√©rimentaux avec des crini√®res empaill√©es ont montr√© que les femelles r√©agissent positivement aux mod√®les avec une crini√®re longue et sombre, et que les m√Ęles √©vitent les mod√®les aux crini√®res prononc√©es. L'explication en est qu'une crini√®re fonc√©e et √©paisse constitue un handicap, car elle capte et conserve la chaleur. Les m√Ęles ainsi handicap√©s, mais n√©anmoins ¬ę survivants ¬Ľ, se r√©v√®lent donc √™tre les porteurs de meilleurs g√®nes. Cela est av√©r√© par le fait qu'un animal affaibli d'une mani√®re ou d'une autre pr√©sente une crini√®re plus claire et moins importante (des changements d'aspect de la crini√®re ont √©t√© observ√©s chez un m√™me individu au cours du temps)[13].

En pratique, la crini√®re pourrait √™tre une protection contre les coups de griffes lors de combats contre des m√Ęles rivaux.

Par ailleurs, les derni√®res recherches ont √©galement prouv√© que la temp√©rature a aussi un effet important sur la longueur de la crini√®re, et les m√Ęles de r√©gions plus froides, m√™me ind√©pendamment de leur sous-esp√®ce, forment une crini√®re plus importante que ceux vivant dans des r√©gions tr√®s chaudes. Ainsi, les individus m√Ęles des zoos de r√©gions au climat plus continental forment le plus souvent une crini√®re bien plus importante que celle de leurs cong√©n√®res rest√©s dans des pays plus chauds[13] - [14].

Chez les lions d'Asie, ainsi que certains spécimens d'Afrique de l'Ouest (au parc de la Pendjari au Bénin, par exemple), la crinière est clairement moins prononcée que chez leurs cousins d'Afrique, les poils ont la particularité d'être également plus fins.

Vibrisses

Tout comme les autres f√©lins, le lion a de nombreuses moustaches √©paisses, √©galement connues sous le nom de vibrisses. Ces longs poils sensibles aux vibrations aident le lion √† se diriger dans l'obscurit√©, ou quand son champ visuel est obstru√©. La majeure partie de sa chasse se d√©roulant la nuit, ils l'aident presque √† ¬ę sentir ¬Ľ son chemin dans l'obscurit√©, le nez vers le ciel. Les plus longues moustaches sont sur sa l√®vre sup√©rieure ; ce sont les vibrisses mystaciales. Les moustaches au-dessus des yeux sont appel√©es les vibrisses superciliaires. Il y a √©galement des vibrisses sur l'une ou l'autre joue, appel√©es les vibrisses g√©niales. Les vibrisses peuvent se d√©velopper non seulement sur le visage, mais aussi bien sur le dos des pattes : ces derni√®res sont appel√©es poils de carpelle et sont utilis√©es pour ressentir des vibrations terrestres[15].

Il est possible d'identifier les lions en dénombrant les points noirs qui mouchettent leur peau au-dessus de leurs babines, à la base des poils de leurs moustaches.

Corps

Animal en posture de sphinx. Belle crinière, qu'on croirait peignée, autour de la figure.
Un lion m√Ęle, √† six ans, dans la Phinda Private Game Reserve (en) (Afrique du Sud).

Les lions ont une musculature imposante et tr√®s d√©velopp√©e. Leur corps est allong√© et trapu sur d'√©paisses pattes muscl√©es. Celles-ci permettent de mettre √† terre des proies pouvant faire plusieurs fois leur propre taille et poss√®dent des griffes r√©tractiles qui sont prot√©g√©es par des fourreaux de chair. Leur m√Ęchoire est puissante pour √™tre capable de d√©chirer l'√©paisse peau des proies (telles que les gnous), et pour rester accroch√©e sur une proie qui chercherait √† faire tomber le pr√©dateur de son dos. Les muscles des pattes sont √©galement capables d'infliger de s√©rieux dommages. Un grand coup de patte d'un lion est assez puissant pour provoquer la rupture des organes internes et m√™me pour casser des os[15].

Couleur du pelage

Lion blanc.

Leur pelage court est de couleur sable, jaune-or ou ocre fonc√©. La face int√©rieure des pattes est toujours plus claire, tout comme le ventre, chamois√© chez le m√Ęle, presque blanc chez la femelle. Les jeunes lionceaux ont des taches sombres sur l'ensemble du corps, mais qui disparaissent d√©j√† au cours de la premi√®re ann√©e. Dans des cas tr√®s rares, ces taches restent encore visibles √† l'√Ęge adulte, mais demeurent insignifiantes, n'√©tant visibles que de pr√®s[4].

Comme chez les tigres, il existe chez les lions des cas occasionnels de leucistisme ; moins d'une centaine de spécimens[16] dans le monde possèdent cette particularité génétique due à un gène récessif, qui donne une couleur blonde, crème voire blanche au pelage. Le leucistisme est différent de l’albinisme, et ne pose aucun problème direct sur la physiologie de l'animal[Note 1]. Les yeux conservent leurs pigments et restent le plus souvent de couleur normale (noisette ou or), mais peuvent également être bleu-gris ou vert-gris. Les lèvres et les coussinets restent également normalement pigmentés.

Chez le m√Ęle leucistique, la crini√®re ainsi que l'extr√©mit√© de la queue, normalement sombres voire noires, sont tr√®s p√Ęles. Les sp√©cimens les plus connus sont sans doute les lions blancs de Timbavati en Afrique du Sud, o√Ļ deux lions blancs sont n√©s d'une lionne et d'un lion de couleur fauve dans une r√©serve naturelle priv√©e[17]. Chris McBride a √©t√© le premier √† les observer en octobre 1975 et a √©crit deux livres sur le sujet[18] - [19]. En 2005, deux lionceaux au pelage blanc et aux yeux bleus sont n√©s dans un parc zoologique √† proximit√© d'Agen[16] et quatre au parc zoologique de Jurques, pr√®s de Caen, le , de deux parents blancs √©galement[20]. Le zoo de Beauval en Loir-et-Cher fut le premier parc fran√ßais √† pr√©senter un couple de lions blancs au public[21].

Il n'existe aucune preuve tangible de l’existence de lions mélaniques (noir)[22].

Excroissance caudale

Le plus √©tonnant chez les lions est leur queue se terminant par un pinceau de poils noirs ; non seulement cette derni√®re est indispensable contre les mouches, mais √† l'extr√©mit√© se trouve une vert√®bre non d√©velopp√©e, d√©couverte par Didyme d'Alexandrie. Ce dernier trouva √† l'extr√©mit√© de la queue, cach√© au milieu des poils, un ergot corn√© noir√Ętre, et il supposa que c'√©tait l√† l'organe qui, lorsque le lion, au moment du danger, agitait violemment sa queue, lui piquait les flancs √† la mani√®re d'un √©peron et l'excitait √† se jeter sur ses ennemis. Cette observation passa presque inaper√ßue, et soit que les naturalistes modernes n'en eussent pas connaissance, soit qu'ils la r√©voquassent en doute, aucun d'eux n'en parla jusqu'√† Johann Friedrich Blumenbach, qui confirma l'exactitude du fait anatomique rapport√© par Didyme, mais sans adopter l'opinion de celui-ci relative aux usages de cette partie.

Tout √† l'extr√©mit√© de la queue du lion, l'ergot noir√Ętre de consistance corn√©e, de 8 √† 11 mm de longueur, est entour√© √† sa base par un repli annulaire de la peau et adh√®re fermement √† un follicule unique d'apparence glanduleuse ; la couleur est celle de la corne, devenant d'ailleurs de plus en plus obscure, jusqu'√† l'extr√©mit√© qui est presque noire. Il est comprim√© lat√©ralement dans toute son √©tendue ; droit depuis la pointe jusqu'au tiers de sa longueur, il se coude l√©g√®rement en ce point, qui est marqu√© par une faible d√©pression ; √† partir de cette courbure, il s'√©largit rapidement jusqu'√† sa base. Ces parties, si petites, et la pointe corn√©e sont litt√©ralement ensevelies au milieu de la touffe terminale de la queue. G√©rard Paul Deshayes, en 1829, d√©crit cette partie comme une sorte d'ongle ou de production corn√©e ayant la forme d'un c√īne un peu recourb√© vers la pointe, adh√©rant par sa base √† la peau seulement, et non √† la derni√®re vert√®bre caudale, dont il est s√©par√© de 4 √† mm. Cet ergot peut √™tre assez facilement d√©tach√©, l'adh√©rence n'est pas bien forte et il reste mou √† sa base dans toute la partie qui adh√©rait √† la peau. Il manque fr√©quemment sur les sp√©cimens ; la pr√©sence de cet organe semble cependant ind√©pendante de l'√Ęge ainsi que du sexe[23].

Performances physiques

Il est commun√©ment admis que les lionnes sont plus rapides que les m√Ęles et peuvent atteindre des vitesses maximales proches de 60 km/h[24] - [25], mais cette vitesse ne peut √™tre maintenue que sur de faibles distances. Tr√®s muscl√©s et longs, ils peuvent faire des sauts remarquables, de 3,70 m en hauteur et 11 m de longueur[26].

Taxinomie

Le lion, tout comme le léopard, le tigre, le jaguar et l'once, fait partie du genre Panthera de la famille des Felidae.

Phylogenèse

Schéma du squelette d'un lion des cavernes.

La phylogen√®se est l'√©tude de l'apparition et de la formation d'une esp√®ce gr√Ęce √† des fossiles. Le plus ancien fossile de lion a √©t√© d√©couvert √† Laetoli en Tanzanie ; d'apr√®s les datations, il aurait probablement 3,5 Ma.

Panthera leo est identifi√© pour la premi√®re fois en Europe, sur le site italien d'Isernia, par le fossile d'un lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) √Ęg√© de plus de 700 000 ans. Une m√Ęchoire inf√©rieure de lion des gorges d'Olduvai en Tanzanie, plus vieille de 1,75 Ma, montre des ressemblances frappantes avec le lion des cavernes primitif. Ceux-ci sont consid√©r√©s comme les plus grands lions d'Europe et ont chass√© pendant l'interglaciaire crom√©rien, il y a plus de 500 000 ans, pr√®s de Wiesbaden en Hesse et pr√®s de Heidelberg dans le Bade-Wurtemberg. Quelques sp√©cimens √©taient presque aussi longs que les plus grands lions de l'histoire de la Terre, les lions am√©ricains (Panthera leo atrox) de Californie qui ont atteint un record de longueur : jusqu'√† 3,60 m√®tres de long avec la queue (longueur hors queue, environ 2,40 m√®tres). La plupart des d√©couvertes de lions en Europe sont des lions des cavernes (Panthera leo spelaea) ; apparus lors de la p√©riode glaciaire de Mindel, ils correspondent √† une √©volution des lions des cavernes primitifs. Bien qu'il ne soit sp√©cialement apparent√© avec aucune des sous-esp√®ces, les √©tudes sur l'ADN ont confirm√© que le lion des cavernes √©tait un lion authentique[27] - [28]. Une autre sous-esp√®ce a v√©cu, quant √† elle, en Asie nord-orientale, en B√©ringie - au niveau de l'actuel d√©troit de B√©ring - appel√©e lion de Sib√©rie orientale et de B√©ringie (Panthera leo vereshchagini). En Europe centrale, Asie du Nord et en Am√©rique, les lions √©taient, jusqu'√† la fin du Pl√©istoc√®ne, une esp√®ce fr√©quente de la faune locale qui disparut √† la fin de la derni√®re p√©riode de glaciation.

Sous-espèces modernes

Lion asiatique à Bristol.

Douze sous-espèces étaient traditionnellement reconnues, la plus grande étant le lion de l'Atlas disparu de la nature au cours du XXe siècle mais qui existe encore en captivité. Les différences majeures entre ces différentes subdivisions de l'espèce étaient la localisation et la taille de la crinière et du corps : la plupart de ces formes anciennement décrites sont à présent considérées comme invalides car ne prenant pas en compte la variabilité naturelle entre les individus. De plus, certaines descriptions de sous-espèces étaient basées sur des spécimens détenus par des zoos, dont l'origine n'était pas toujours certaine[29]. En 2004, seules huit sous-espèces sont reconnues[30] - [31] - [32] - [Note 2] ; parmi les sept sous-espèces africaines proposées, le lion du Cap (Panthera leo melanochaita) est probablement non valide[30].

Toutefois, de r√©centes analyses g√©n√©tiques men√©es sur diff√©rentes sous-esp√®ces de lion ont conduit √† r√©duire le nombre de sous-esp√®ces √† deux : en 2008, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne reconna√ģt ainsi que le Lion d'Afrique (Panthera leo leo) et le lion d'Asie (Panthera leo persica)[33].

  • Le lion d'Afrique (Panthera leo leo) : auparavant r√©pandu dans toute l'Afrique et Europe m√©ridionale, il ne se trouve √† pr√©sent qu'√† partir du sud du Sahara jusqu'au nord de l'Afrique du Sud.
  • Le lion d'Asie (Panthera leo persica) est tr√®s semblable au lion africain. D'apr√®s les recherches biomol√©culaires, il se s√©para il y a 50 000 √† 100 000 ans de son cousin africain. Il poss√®de une crini√®re moins importante et un pli au milieu du ventre. √Ä cela il faut encore ajouter une pilosit√© beaucoup plus importante au niveau du coude. Le lion asiatique est en g√©n√©ral plus petit que l'africain, il est de 10 √† 20 % plus petit que le lion d'Afrique[2]. Un m√Ęle adulte a une masse corporelle comprise entre 160 et 190 kilogrammes, une femelle entre 110 et 120 kilogrammes. Il s'√©tendait autrefois sur l'ensemble du sous-continent indien. La taille du groupe est en moyenne moins importante que celle de son homologue africain. Au d√©but du XXe si√®cle, la sous-esp√®ce semblait destin√©e √† dispara√ģtre : il n'y avait alors plus qu'une vingtaine d'individus. La for√™t de Gir et ses alentours furent alors d√©clar√©s ¬ę prot√©g√©s ¬Ľ et en 1965 fut cr√©√© le parc national de la for√™t de Gir ; la population put √† nouveau augmenter √† hauteur de 300 animaux, qui toutefois sont menac√©s par un territoire bien trop petit (250 km2) et par un fort croisement d'animaux apparent√©s, qui a men√© √† la perte de la diversit√© g√©n√©tique de ces lions.

Les sous-esp√®ces ¬ę des cavernes ¬Ľ

Les lions des cavernes sont aujourd'hui tous √©teints. Ils vivaient en Eurasie et en Am√©rique. On peut supposer qu‚Äôils poss√©daient une touffe de poils noirs au bout de leur queue, tout comme les lions modernes. On pense que, contrairement aux lions actuels, ils chassaient seuls ou en couple. Cela a √©t√© prouv√© par les lions de Rancho La Brea, en Californie, o√Ļ les jeunes avaient des dents plus us√©es que les jeunes lions modernes. Ils ont pu habiter des grottes ou dans des failles pendant l‚Äôhiver.

Peinture d'un lion des cavernes par Heinrich Harder.
  • Le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) est le lion du Pl√©istoc√®ne sup√©rieur. Il √©tait pr√©sent dans l'Europe enti√®re. L'extinction de ces animaux associ√©s √† des milieux ouverts de climat temp√©r√© ou froid est sans doute li√©e √† un changement climatique (et √©ventuellement √† la disparition des proies dont ils se nourrissaient) plut√īt qu'√† une chasse intensive par les groupes humains. D√©couvert au XIXe si√®cle, il a tout d'abord √©t√© rapproch√© des esp√®ces modernes de taille voisine, √† savoir les tigres et les lions. En d√©crivant le cr√Ęne type de Gailenreuth, Georg August Goldfuss estima qu'il √©tait distinct des taxons modernes. Il est consid√©r√© aujourd'hui comme une sous-esp√®ce ind√©pendante, avec toutefois suffisamment de caract√®res l√©onins pour justifier son rattachement √† l'esp√®ce Leo. Il s'agit de l'anc√™tre direct du lion moderne[27]. Il est possible que les m√Ęles n'aient pas eu de crini√®re, ou qu'ils en aient eu une tr√®s petite et primitive. En effet, les repr√©sentations de lion dans l'art pal√©olithique ne pr√©sentent pas de crini√®re aussi fournie que celle des lions actuels. On ne sait pas non plus s'ils avaient des sortes de taches dispers√©es sur leur pelage ou bien si leur couleur √©tait uniforme.
  • Le lion de Sib√©rie orientale et de B√©ringie (Panthera leo vereshchagini) n'existait que dans la province de Yakoutie en Russie, en Alaska et dans le territoire du Yukon au Canada. Une analyse men√©e sur des cr√Ęnes fossiles et leurs mandibules montre que ce lion est bel et bien une nouvelle sous-esp√®ce, diff√©rente des autres lions pr√©historiques √† savoir, le lion d'Am√©rique par une taille sup√©rieure et le lion des cavernes par une taille inf√©rieure[34] - [27].
  • Le lion d'Am√©rique (Panthera leo atrox) √©tait pr√©sent de l'Alaska au P√©rou pendant tout le Pl√©istoc√®ne sup√©rieur. Ces lions ressemblaient beaucoup aux lions modernes, mais √©taient bien plus grands. D'apr√®s certaines repr√©sentations dans les cavernes, le lion am√©ricain aurait poss√©d√© quelques rayures, mais bien moins importantes que celles du tigre. On suppose qu'ils chassaient alors des animaux moins rapides mais plus robustes, comme le bison, mais leur force et leur poids leur permettaient d‚Äôabattre la proie au sol. Ils s‚Äôattaquaient √©galement aux chevaux, √† des cervid√©s, et m√™me √† de jeunes mammouths. Beaucoup de lions ont √©t√© retrouv√©s dans les restes de camps humains dat√©s du Pal√©olithique, cela laisse penser que les lions √©taient chass√©s par les hommes. Dans l'Idaho, des restes de lion am√©ricain ont √©t√© retrouv√©s dans les d√©bris d'une grotte appel√©e ¬ę Jaguar Cave ¬Ľ, ils sont dat√©s de 10 300 ans. Plusieurs autres fossiles prouvent que ces lions ont √©t√© chass√©s par les premiers Am√©rindiens[35].

Hybrides

La cryptozoologie s'est longtemps intéressé aux Marozis[36], prétendus lions tachetés, à courte crinière qui vivaient dans les hauts plateaux du Kenya. La peau d'un lion de ce genre est gardée encore aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de Londres. Depuis la fin des années 1930, il n'y a plus eu d'apparitions. Aujourd'hui, certains supposent qu'il s'agissait d'hybrides, produits d'un croisement entre un lion et un autre félin.

Les noms des hybrides sont composés de la première syllabe du père, suivie d'une syllabe de la mère :

Parent m√Ęle Parent femelle Nom de l'hybride
Lion Tigresse Ligre
Tigre Lionne Tigron
Lion Jaguar Liguar
Jaguar Lionne Jaglion
Lion Léopard Liard
Léopard Lionne Léopon

Les m√Ęles sont le plus souvent st√©riles, √† cause de la fragilit√© des spermatozo√Įdes, mais les femelles peuvent √™tre fertiles (r√®gle d'Hardane)[37].

Répartition géographique

Répartition ancienne

Ancienne localisation des espèces de lions.
Homme combattant un lion européen. Relief en creux sur une bague en or d'époque mycénienne, XVIe siècle av. J.-C., Grèce.

Autrefois, le lion devait posséder la répartition géographique la plus étalée de tous les mammifères terrestres. Le lion d'Amérique (Panthera atrox) était présent du Pérou à l'Alaska pendant tout le pléistocène supérieur, tandis que des cousins (Panthera spelaea, le lion des cavernes) occupaient la Sibérie et l'Europe centrale, et d'autres encore étaient répartis entre l'Inde et l'Afrique du Sud. L'étendue de la répartition perd toutefois de son importance à la fin de la dernière glaciation.

La r√©partition du lion durant l'Holoc√®ne (l'√©poque g√©ologique et climatique actuelle) jusqu'aux temps historiques est plus restreinte mais a cependant √©t√© importante. Elle couvrait presque toute l'Afrique, mais aussi l'Europe de l'Est et du Sud, ainsi que le Moyen-Orient et l'Inde. Les rares ossements retrouv√©s montrent qu'en Europe il √©tait pr√©sent au moins dans la p√©ninsule Ib√©rique (nord de l'Espagne) au d√©but de l'Holoc√®ne, tandis que dans la seconde moiti√© de l'Holoc√®ne (N√©olithique et √Ęge du bronze) des lions vivaient en Europe de l'Est (Hongrie, Ukraine, sud de la Russie), dans les Balkans et en Europe du Sud[38]. Le lion a perdur√© en Europe jusqu'√† l'Antiquit√©. Il a √©t√© un symbole fort dans la culture europ√©enne, abondamment repr√©sent√© dans l'art myc√©nien puis dans l'art grec classique et l'art scythe entre autres. De nombreux auteurs qui leur √©taient contemporains ont rapport√© leur pr√©sence en Europe : H√©rodote consid√©rait le lion comme √©tant abondant en Thrace dans le nord de la Gr√®ce en son temps au Ve si√®cle av. J.-C., mais Aristote le consid√®re d√©j√† comme rare au IVe si√®cle av. J.-C., et au Ier si√®cle de notre √®re il semble avoir enti√®rement disparu. Sa disparition en Europe est probablement due √† la concurrence avec l'homme (expansion de l'√©levage pastoral), √† la chasse de prestige dont il a longtemps fait l'objet (les sc√®nes de chasses et de combats avec des lions sont omnipr√©sentes dans l'art antique), ainsi que par leur capture intensive pour les ar√®nes romaines. Il est cependant encore signal√© au Daghestan au Moyen √āge[39]. Il √©tait √©galement autrefois bien pr√©sent en Anatolie, en Transcaucasie et au Proche-Orient, et il est ainsi mentionn√© dans la Bible[40]. Mais il a disparu du Levant au Moyen √āge, puis au XIXe si√®cle d'Anatolie et de l'est de la Syrie (Haute M√©sopotamie), puis du sud de l'Irak en 1918, et enfin les derniers sp√©cimens d'Iran sont mentionn√©s dans les ann√©es 1940.

De la m√™me mani√®re, les populations de lions d'Asie (Panthera leo persica) ont en quasi-int√©gralit√© disparu au XXe si√®cle. Un dernier groupe de survivants s'est toutefois r√©fugi√© dans le parc national de la for√™t de Gir dans l'√Čtat de Gujarat, en Inde.

Les derniers sp√©cimens sauvages de lions de l'Atlas (Panthera leo leo) ont disparu au milieu du XXe si√®cle. Le dernier √† √™tre abattu l'a √©t√© au Maroc en 1942 √† Taddert (versant nord du Tizi n'Tichka, Haut Atlas), et les autres ont d√Ľ dispara√ģtre lors de la destruction des for√™ts de Kabylie, au nord de S√©tif, en 1958, durant la guerre d‚Äôind√©pendance alg√©rienne.

Répartition actuelle

Répartition géographique actuelle du lion en Afrique.

Aujourd'hui, sa diffusion est largement limit√©e √† l'Afrique subsaharienne. N√©anmoins, l'extr√™me sud de l'Afrique ne compte plus de lions depuis les ann√©es 1860, √©poque de l'extinction du lion du Cap (Panthera leo melanochaita). En Afrique du Nord, le lion de l'Atlas (Panthera leo leo) s'est √©teint dans les ann√©es 1920. Les populations significatives de lions africains sont localis√©es dans les parcs nationaux du Kenya, de Tanzanie et d'Afrique du Sud et se font rares en dehors des zones prot√©g√©es. Class√© comme ¬ę vuln√©rable ¬Ľ par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le lion est expos√© √† un risque d'extinction.

En Inde le lion d'Asie ne vit plus que dans un ultime refuge : le parc national de la for√™t de Gir dans l'√Čtat de Gujarat. Apr√®s √™tre pass√© assez pr√®s de l'extinction au XXe si√®cle, des mesures efficaces de protection ont permis √† la population de lions d'augmenter √† nouveau ces derni√®res d√©cennies dans cette r√©serve, pour atteindre en 2017 environ 650 sp√©cimens (contre 523 en 2015 et 411 en 2010)[41]. La r√©serve √©tant d√©sormais trop petite pour supporter une telle population de lions en croissance rapide, des projets de r√©introduction dans d'autres r√©gions d'Inde et en Iran sont r√©guli√®rement discut√©s.

Habitat, écologie

Bien qu'√©tant aujourd'hui confin√© presque uniquement √† la savane africaine, la r√©partition pass√©e du lion montre qu'il a une grande capacit√© d'adaptation et peut vivre dans de nombreux habitats et sous des climats tr√®s diff√©rents (temp√©r√©s √† tropicaux). Le lion est cependant inf√©od√© aux milieux ouverts ou semi-ouverts plut√īt secs. En Afrique l'habitat naturel du lion est donc principalement la savane, mais aussi les for√™ts d√©cidues semi-ouvertes (for√™t tropicale s√®che) et les semi-d√©serts. L'esp√®ce manque ainsi naturellement dans les for√™ts tropicales humides denses d'Afrique centrale, dans les marais √† v√©g√©tation trop haute, et dans les d√©serts les plus arides de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient. En Inde le lion d'Asie pouvait vivre autrefois dans les m√™mes r√©gions que le tigre, car ils n'occupaient pas les m√™mes habitats et ne chassaient pas les m√™mes proies, le tigre vivant plut√īt dans les for√™ts denses et autres v√©g√©tations tr√®s fournies comme les marais. Il n'y avait donc que peu de concurrence entre ces deux esp√®ces, leur niche √©cologique √©tait bien diff√©renci√©e.

Mode de vie

Comportement social

Un vieux lion dans le parc national de Chobe.
Lion m√Ęle dans le Serengeti.

Contrairement aux autres fauves, plut√īt solitaires, les lions vivent dans des troupes, qui sont des unit√©s sociales permanentes, compos√©es de femelles apparent√©es entre elles, de m√Ęles non apparent√©s aux femelles et de leur prog√©niture. La dimension du territoire et le nombre de proies d√©terminent la dimension du groupe qui varie de 3 √† 30 individus. Il y a habituellement dans le groupe un √† sept m√Ęles adultes et d'une √† dix-huit femelles. Le territoire d'une troupe couvre 20 √† 500 km2. Dans le parc national du Serengeti en Tanzanie, la densit√© des lions peut atteindre un individu par kilom√®tre carr√©. Dans l'ancien crat√®re du Ngorongoro, le nombre maximum d'individus est 1,6 √† 2,4 au km¬≤. Les fronti√®res de leur territoire sont d√©limit√©es par leurs selles et leur urine, qui indiquent qu'il y a d√©fense de p√©n√©trer dans la zone. Ils grattent √©galement la terre avec leurs pattes avant et arri√®re, d√©posant une substance s√©cr√©t√©e par des glandes situ√©es dans leurs coussinets[42].

Les jeunes m√Ęles restent environ deux √† trois ans dans le groupe, jusqu'√† ce qu'ils aient atteint leur maturit√© sexuelle. Ils sont ensuite chass√©s par le lion dominant. Les femelles par contre passent g√©n√©ralement toute leur vie dans le groupe de naissance et s'y reproduisent. Ceci permet d'√©viter la consanguinit√©.

Quand les jeunes m√Ęles ont √©t√© chass√©s du groupe par leurs p√®res, ils deviennent nomades et forment ensemble une ¬ę coalition ¬Ľ, parfois rejoints par d'autres jeunes m√Ęles. Le lien entre les m√Ęles est tr√®s fort. Les jeunes m√Ęles parcourent ensemble des distances tr√®s importantes, ne respectent pas les fronti√®res des territoires, mais ne fondent pas leur propre territoire. Puisque les m√Ęles ont tr√®s peu de succ√®s √† la chasse, comparativement aux femelles, les jeunes nomades se nourrissent surtout de charognes.

De telles coalitions de jeunes m√Ęles vont essayer de prendre la t√™te d'une troupe en √©vin√ßant les m√Ęles r√©sidents. Toutefois, cela n'est pas toujours une r√©ussite. De telles luttes sont g√©n√©ralement sanglantes, et il n'est pas rare qu'elles s'ach√®vent mortellement. Si les vieux m√Ęles du groupe perdent la lutte, ils sont chass√©s et m√®nent ensuite une vie de solitaires. Souvent, ils meurent des cons√©quences de leurs blessures. Si les nouveaux venus gagnent, ils en viennent fr√©quemment √† l'infanticide, c'est-√†-dire qu'ils tuent les petits de leurs pr√©d√©cesseurs. Ce comportement permet aux femelles de retrouver rapidement un Ňďstrus et donc d'√™tre √† nouveau aptes √† la reproduction. Les m√Ęles peuvent ainsi s'accoupler plus t√īt et assurer leur propre descendance. Ce comportement est adaptatif : en effet, la comp√©tition est rude entre les coalitions de m√Ęles et de jeunes m√Ęles viendront bient√īt essayer de les d√©tr√īner pour prendre √† leur tour la t√™te du groupe. Les m√Ęles n'ont donc pas de temps √† perdre et ils doivent tenir √† la t√™te du groupe jusqu'√† ce que les lionceaux soient assez grands pour √™tre √©pargn√©s. Les m√Ęles restent rarement plus de trois ou quatre ans √† la t√™te du groupe, et n'ont donc pas le temps d'attendre que les port√©es des pr√©d√©cesseurs soient devenues adultes pour se reproduire. Il arrive fr√©quemment que les femelles attaquent le m√Ęle assassin[43].

En général, les lions ne pratiquent pas de toilettes mutuelles complètes, seul le dos du nez est nettoyé ; mais, lors de salissures grossières, par exemple par le sang des proies, il peut arriver qu'un membre effectue des soins de fourrure.

Communication

Deux jeunes lions rugissant.

Les lions communiquent entre eux par de nombreux moyens. Ce sont des animaux sociaux et de ce fait la communication est plus d√©velopp√©e que pour les autres f√©lins. Leur communication vocale se compose de grognements, grondements, sifflements, g√©missements, miaulements, et du c√©l√®bre rugissement. Leur os hyo√Įde n'est que partiellement ossifi√©, c'est cette disposition qui leur permet de rugir, mais de ce fait, ils ne sont pas en mesure de ronronner √† proprement parler ; mais ils le font, comme d'autres fauves, par expiration. On l'entend quand deux lions agissent l'un sur l'autre sur une base amicale. Le ronronnement ne retentit pas comme celui d'un petit chat, mais plut√īt comme un grognement ou un ronflement grave. Le rugissement a diverses significations, selon la situation dans laquelle il est employ√©. Rugir est employ√© pour d√©limiter le territoire, appeler les autres membres du groupe, intimider les rivaux et renforcer le lien ¬ę familial ¬Ľ entre les membres du groupe. Les rugissements du m√Ęle sont plus forts et plus profonds que ceux de la femelle. Par une puissante expiration, les lions rugissent, rentrant leurs flancs et gonflant la poitrine, souvent dans un bas grondement commen√ßant par quelques bas grognements et g√©missements, qui indiquent √† d'autres lions qu'un groupe vit dans le secteur, et de rester en dehors du territoire. Par une nuit claire, il peut √™tre entendu jusqu'√† cinq kilom√®tres de distance[44]. Les femelles emploient un bas grognement pour appeler leurs petits.

Le langage corporel est d'√©gale importance. Les lions ont un c√©r√©monial complexe de salutation au cours duquel ils g√©missent doucement l'un et l'autre, balancent la t√™te lat√©ralement et gardent la queue lev√©e vers le haut, voire pos√©e sur le dos de l'autre lion. Comme certains autres f√©lins, les lions se cognent la t√™te en se saluant. Le l√®chement de la t√™te, des √©paules et du cou est √©galement un signe d'affection. Les lions, tout comme d'autres f√©lins sauvages, ont les oreilles noires avec de grands cercles blancs sur leur dos. Ces grands cercles blancs permettent d'indiquer l'humeur : quand ils sont f√Ęch√©s, les lions et d'autres carnivores √©tendent leurs oreilles √† plat contre leur t√™te. Il est difficile de dire si un f√©lin est f√Ęch√© √† distance, mais si vous voyez les cercles blancs clignotants, vous pouvez savoir √† distance que ce dernier est furieux et qu'il vaut mieux ne pas s'en approcher. Cela permet d'√©viter beaucoup de combats[15].

Reproduction

Accouplement d'un lion et d'une lionne (région de Savuti, au nord du Botswana).
Un lionceau de 4 mois, qui vient de manger, dans la Tswalu Kalahari Reserve (en).

Les lions atteignent leur maturit√© sexuelle et sociale √† l'√Ęge de trois ou quatre ans[45], leur maturit√© physiologique √† trente mois pour les m√Ęles et 24 mois pour les femelles[46]. Il n'y a pas de saison de reproduction d√©finie. Pour v√©rifier la f√©condit√© d'une femelle, le m√Ęle utilise l'organe de Jacobson, se situant sur le palais, sous la surface int√©rieure du nez. Pour ce faire, le lion rel√®ve la l√®vre sup√©rieure et ouvre la gueule. Ce processus est qualifi√© de flehmen.

M√™me si un m√Ęle arrive au sommet de la hi√©rarchie, il ne peut se reproduire avec une femelle qu'avec son consentement. C'est en tournant autour de lui, en se roulant √† ses pieds, en frottant sa t√™te contre son cou, que la femelle provoque le m√Ęle dominant. Elle se met √† plat ventre et rel√®ve la croupe ; cette position, appel√©e lordose, permet au m√Ęle une meilleure p√©n√©tration. Pendant l'accouplement, le lion garde la nuque de la femelle dans sa gueule et la mord au cou. Cela la garde instinctivement calme ; le p√©nis du m√Ęle est garni de protub√©rances √©pineuses et lorsqu'il se retire, on suppose que la lionne ressent de la douleur. C'est ainsi qu'elle proteste en rugissant et se retourne fr√©quemment contre lui dans une posture agressive. C'est la p√©n√©tration qui d√©clenche la ponte des ovules qui seront f√©cond√©s par les spermatozo√Įdes[15] - [47] Si une lionne accepte de se reproduire, ils s'accoupleront toutes les quinze minutes et ce, jusqu'√† cinquante fois par jour, auquel cas chaque rapport dure environ trente secondes, jusqu'√† ce que l'Ňďstrus de la femelle, qui ne dure que quatre jours[46], soit termin√©[48].

Apr√®s une gestation d'environ quatre mois[49], la lionne, cach√©e loin du groupe, met au monde un √† quatre[46] lionceaux, aveugles, de 1,1 √† 1,37 kg[46]. Durant leurs six premi√®res semaines de vie environ[50], ils ne seront qu'allait√©s par la m√®re dans la cache par ses quatre glandes mammaires. Si cette derni√®re est assez √©loign√©e du groupe, la m√®re ira seule √† la chasse. Il peut arriver que les petits restent jusqu'√† 48 heures seuls dans la cache ce qui peut s'av√©rer dangereux, particuli√®rement √† cause des hy√®nes et de bien d'autres pr√©dateurs. Apr√®s trois √† quatre semaines[46], la lionne am√®ne ses petits dans le groupe et ils se m√™lent √† d'autres lionceaux. Les probl√®mes d'acceptation sont rares.

√Ä partir de ce moment, les jeunes lions t√®tent non seulement leur m√®re, mais √©galement les autres lionnes, de sorte que l'√©ducation incombe √† toutes les femelles du groupe. Vers l'√Ęge de six mois[51], les lionceaux sont sevr√©s ; ils restent encore environ deux ans aupr√®s de leur m√®re[46].

La dur√©e de vie d'un lion s'√©l√®ve de douze √† quatorze ans √† l'√©tat sauvage, rarement plus de vingt ans[46]. Toutefois, seules les femelles atteignent un tel √Ęge. Les m√Ęles sont g√©n√©ralement tu√©s par un plus jeune concurrent ou, apr√®s une longue errance, ne trouvent plus de groupe et meurent de faim. Quelques lions ont toutefois v√©cu en parc zoologique jusqu'√† l'√Ęge de 29 ans[46].

Certains observateurs ont rapporté que deux lions ou lionnes pouvaient également interagir entre eux et montrer des signes d'homosexualité. Dans la nature, environ 8 % des rapports sexuels se font entre lions, tandis que les activités homosexuelles entre lionnes ne sont toutefois observables qu'en captivité[52] - [53].

Reproduction et infanticide

Seuls les m√Ęles au sommet de la hi√©rarchie peuvent se reproduire, car le dominant a pleine autorit√© sur le harem. Mais cette p√©riode ne dure en moyenne que deux √† quatre ans[48]. Or, chaque femelle n'√©levant qu'une seule port√©e √† la fois, un m√Ęle dominant nouvellement arriv√© au sommet de la hi√©rarchie ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'√† deux ans avant de pouvoir s'accoupler. Pour rendre des femelles f√©condables, il n'h√©site donc pas √† tuer des petits[51].

Alimentation et chasse

Scène de chasse : cette lionne rampe dans l'herbe sur plus de cent mètres pour arriver à bonne distance d'un cobe à croissant (Moremi Game Reserve, Botswana).
Arrivée à moins de vingt mètres, la lionne charge le cobe à croissant, qui cherche sans succès à se réfugier dans l'eau (Botswana)...
... puis la lionne tue le cobe, après une brève lutte dans l'eau (Botswana)...
... enfin vient le difficile transport de la proie, qu'il faut rapidement mettre à l'abri des autres prédateurs (Botswana).
Bataille pour la proie.
√Čl√©phanteau ayant √©t√© la proie de lionnes √† Savuti.

Le lion ne chasse g√©n√©ralement que dans l'obscurit√© ou aux heures fra√ģches du matin ; l'obscurit√© et les temp√©ratures plus cl√©mentes constituent un avantage important. De plus, le lion est inactif de 20 √† 21heures par jour, dont 10 √† 15 heures de sieste[54]. Il consomme en moyenne kg de viande par jour[48]. Toutefois, si la chasse a √©t√© bonne et si elle a manqu√© quelques repas, la lionne peut avaler jusqu'√† 30 kg de viande en une seule fois, tandis que le m√Ęle peut en avaler jusqu'√† 40 kg[55]. Les lions ne chassent que lorsque leur r√©serve de nourriture est √©puis√©e.

Les proies principales sont les bovidés de grande, moyenne et petite taille :

Il chasse aussi des buffles, jeunes éléphants, phacochères, zèbres, girafes, lapins, oiseaux et quelquefois poissons. Dans certaines régions, des lions se spécialisent même pour un type de proie précis. Ainsi des groupes importants de lions, d'environ 30 individus, attaquent régulièrement des éléphants adultes. Dans les zones humides du Savuti et du Linyanti, il arrive même qu'ils s'attaquent à des hippopotames. Mais généralement la plupart des hippopotames, rhinocéros, éléphants sont trop imposants de par leurs statures, en effet les lions fuient généralement les éléphants et rhinocéros en colère.

Les antilopes très rapides, telles que les gazelles, les topis, les springboks et les impalas sont généralement exclues de leurs proies, les lions sont contraints à chasser des animaux moins rapides et plus gros.

Vers l'√Ęge de deux ans, les lionceaux apprennent l'art de la chasse et partent √† trois ans avec leur m√®re chasser une premi√®re fois. Dans la savane, milieu ouvert, les lions sont facilement rep√©rables par leurs proies. De plus, un animal vigoureux peut venir √† bout d'un chasseur solitaire. Un jeune buffle du Cap a √©t√© observ√© luttant avec une lionne pendant 90 minutes pour ne perdre finalement que sa queue. La chasse √† deux ou √† plusieurs offre donc de meilleures chances de succ√®s et permet des prises imposantes. Les lionnes assurent de 80 √† 90 % des prises lors de la chasse. Les m√Ęles, plus lourds, moins rapides et plus facilement rep√©rables par leur corpulence et leur crini√®re, sont moins efficaces.

Les lionnes et les lions utilisent des techniques diff√©rentes selon le terrain, leurs pr√©f√©rences et les m√©thodes de d√©fense des proies. La lionne chasse en g√©n√©ral √† l'aube ou au cr√©puscule, ou encore √† la faveur de la nuit. √Ä l'aff√Ľt, tapie derri√®re les hautes herbes, elle attend qu'un animal ait baiss√© la t√™te pour brouter, manifeste des signes d'inattention ou se trouve en position isol√©e. Elle risque alors une approche discr√®te jusqu'√† 30 m environ, puis elle charge et projette violemment sa proie √† terre. Pesant de tout son poids sur elle, elle la saisit √† la gorge. Trach√©e et Ňďsophage sectionn√©s, la victime meurt en quelques minutes. Les lionnes maintiennent souvent leur proie par le museau jusqu'√† ce que celle-ci √©touffe.

Lorsqu'elles chassent en groupe, les lionnes encerclent la proie, voire le troupeau, et s'en approchent ensemble ; elles rampent √† plat ventre souvent sur plusieurs centaines de m√®tres jusqu'√† leur proie, auquel cas l'environnement est utilis√© le plus intelligemment possible pour se camoufler. Lorsqu'une distance d'environ 30 m est atteinte, alors la proie est charg√©e. Chaque bond fait environ m de long et peut atteindre le double en longueur et quatre m√®tres en hauteur[56]. La proie est alors tu√©e par une forte morsure √† la nuque ou au cou de fa√ßon √† atteindre la veine jugulaire ou la carotide.

Comme les lionnes chassent dans des espaces ouverts, la chasse commune augmente la chance de frapper avec succès une proie. Elles se renvoient aussi la proie entre elles. En outre, la proie dans le groupe peut être défendue plus facilement contre des voleurs comme les lycaons et les hyènes tachetées.

Le pourcentage de tentatives réussies varie également selon l'espèce pourchassée : environ 14 % s'il s'agit d'antilopes (damalisques, cobes, koudous, élands, bubales, oryx), 38 % pour les zèbres et les gnous et 47 % pour les phacochères. La chasse nocturne se solde par 33 % de succès, contre 21 % pour la chasse diurne, et les attaques dans les buissons (41 %) ont 3,5 fois plus de chances de réussir que les attaques en terrain découvert (12 %) - d'après des études[24]. En période de sécheresse, les lions mangent même des animaux morts de maladie ou des restes d'autres prédateurs. Dans le parc du Serengeti en Tanzanie, lorsque la plupart des ongulés ont migré à la recherche d'herbes tendres et d'eau, les lions s'attaquent aux animaux sédentaires : girafes, phacochères, petits mammifères (antilopes naines, lapins), oiseaux, serpents ou jeunes crocodiles. Les nuits de saisons sèches, les lionnes chassent parfois les impalas à la nuit tombée ; antilopes africaines très communes vivant dans les milieux semi-forestiers, sédentaires, très rapides, agiles et vigilantes la journée, mais elles sont plus vulnérables dans l'obscurité à cause de leur vue nettement inférieure à celle des fauves.

Les m√Ęles du groupe ne participent qu'exceptionnellement √† la chasse, par exemple si des proies tr√®s grandes sont attaqu√©es comme des buffles, des girafes ou des √©l√©phants pr√©adultes ; leur principal r√īle est de prot√©ger la troupe des autres lions. Apr√®s un succ√®s, la hi√©rarchie du groupe entre en application : le m√Ęle peut manger en premier ; suivent ensuite les femelles haut plac√©es et enfin les petits. Il y a rarement, aupr√®s du cadavre, des luttes de rang o√Ļ les membres du groupe s'infligent d'importantes blessures.

Souvent, les lions sont amen√©s √† manger des charognes. Les lions m√Ęles qui ont √©t√© chass√©s d'un clan sont contraints de se nourrir exclusivement de ce type d'alimentation. Cela les am√®ne √† prot√©ger leur butin d'autres animaux charognards comme les l√©opards ou les hy√®nes tachet√©es.

Relations avec les autres espèces de prédateurs

Lions et hyènes se disputant une proie.
Un lion dans le parc National Kruger.

Les relations entre lions et hy√®nes tachet√©es dans les zones o√Ļ ils coexistent sont uniques dans leurs complexit√©s et leurs intensit√©s. Les lions et les hy√®nes sont au sommet de la cha√ģne alimentaire, se nourrissant des m√™mes proies, et sont donc en concurrence directe. √Ä ce titre, ils luttent souvent pour se voler et √† l'occasion se tuer. Bien que les hy√®nes aient la r√©putation d'√™tre des charognards opportunistes profitant de la chasse du lion, le cas inverse est tr√®s fr√©quent. Au crat√®re du Ngorongoro, la population des hy√®nes d√©passe de beaucoup celle des lions r√©sidents, aussi ces derniers obtiennent une grande partie de leur nourriture en volant les proies des hy√®nes. La querelle entre les deux esp√®ces ne d√©passe cependant pas une simple bataille pour l'alimentation, c'est en fait la limite des territoires respectifs qui fixe les limites de ces conflits car contrairement aux autres esp√®ces, les territoires ne se chevauchent pas, comme si les groupes de hy√®nes et de lions appartenaient √† la m√™me esp√®ce. Cependant, les m√Ęles sont tr√®s agressifs envers les hy√®nes, ils les tuent quand ils le peuvent, quelquefois sans les manger. Dereck et Beverly Joubert ont observ√© plusieurs cas de lions m√Ęles s'attaquant syst√©matiquement aux hy√®nes, m√™me lorsque celles-ci √©taient en avantage num√©rique. Le plus c√©l√®bre lion tueur de hy√®nes avait pour nom ¬ę Ntchwaidumela ¬Ľ, ses assauts meurtriers contre les hy√®nes, sans raison apparente, ont donn√© lieu √† des documentaires, comme Lions et Hy√®nes, face √† face mortel[57]. Inversement, les hy√®nes sont les principales pr√©datrices des lionceaux (avec les l√©opards), harcelant les lionnes[58].

Les lions dominent les félins plus petits qu'eux comme les guépards. Ils volent leurs proies et tuent leurs petits, parfois l'adulte. Un guépard a 50 % de chances de perdre sa proie vis-à-vis d'autres prédateurs[59] et les lions sont les principaux prédateurs de ses petits ; on estime même à neuf petits sur dix tués par un lion dans leurs premières semaines de vie. Pouvant survivre avec de petites proies et grimper dans les arbres, les léopards souffrent moins de cette prédation[60].

Les lions sont également en concurrence avec les crocodiles du Nil, et il arrive, en fonction des tailles respectives, que l'un mange l'autre. Des lions ont été vus tuant des crocodiles[61] et des morceaux de lion ont été trouvés dans des estomacs de crocodile[62].

L'homme et la chasse au lion

Mosa√Įque de la chasse au lion de Pella.
Lion chassé par les Tswanas, illustration du XIXe siècle.

¬ę Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront √† glorifier le chasseur. ¬Ľ

‚ÄĒ Proverbe africain

Depuis l'Antiquit√© l'homme chasse le lion. C'est d'ailleurs, lorsque l'animal est adulte, son seul pr√©dateur (les lionceaux laiss√©s seuls peuvent √™tre la proie des l√©opards, des hy√®nes ou m√™me de lions √©trangers au groupe). L'homme chasse le lion pour assurer la s√©curit√© de ses troupeaux, pour se prot√©ger, mais aussi comme preuve d'un signe ext√©rieur de vaillance[63] ou m√™me pour les spectacles que constituaient les jeux romains. D√®s lors, les chasses et les battues ont fait dispara√ģtre bon nombre de sous-esp√®ces. L'invention de l'arme √† feu et de la ¬ę chasse sportive ¬Ľ va acc√©l√©rer le processus, au rythme de la disparition des autres gros mammif√®res les Big 5.

En Afrique de l'Est, d√®s les ann√©es 1900, des mesures de protection, qui consist√®rent en la cr√©ation de r√©serve de chasse comme le Parc national de Kilimandjaro et √† une interdiction de chasser dans ces zones, ont √©t√© prises. Le droit de tuer s'achetant, le co√Ľt limitant les prises par une sorte d'ench√®re calcul√©e sur les demandes pass√©es. Les chasses rituelles continuent √©galement et il n'est pas rare de voir des lions mutil√©s. Les chasses rituelles pratiqu√©es se terminent par la vente des troph√©es, liant cette pratique √† des int√©r√™ts √©conomiques. Le Kenya Wildlife Service rapporte qu'entre 1999 et 2003, 49 lions ont √©t√© tu√©s par les Masa√Į. Les populations de lion ont continu√© √† chuter si bien que dans les ann√©es 2000, cette m√©thode de gestion de la faune a √©t√© remise en cause. En effet, la population totale des lions africains passe de 50 000 sp√©cimens √† 15 000 (au pire) au cours des ann√©es 1990[64]. La chasse, le braconnage et la diminution des aires sauvages rendent l'esp√®ce vuln√©rable si bien qu'il a fallu prendre de nouvelles mesures de protection. Les lions de cirques, ceux destin√©s au domptage et aux zoos ne sont plus pr√©lev√©s dans la nature. La chasse traditionnelle et le braconnage sont combattus. La chasse sportive au Botswana est interdite en par le service de gestion de la faune locale bien que, avec 53 troph√©es comptabilis√©s en 2000, la chasse ait rapport√© cinq millions de dollars √† l‚Äôindustrie de la chasse et 100 000 dollars aux caisses de l‚Äô√Čtat[64], la ¬ę taxe d'abattage ¬Ľ se situant autour de 80 000 euros contre 3 000 pour un gu√©pard[65]. L'office de la gestion de la faune zambienne a lui-m√™me pris une mesure d'interdiction la m√™me ann√©e[64]. En Afrique du Sud, pr√®s de 300 √©leveurs √©l√®vent environ 5 000 lions pour la chasse ; 480 lions, dont 444 √©lev√©s en captivit√©, ont √©t√© chass√©s dans le pays, pour un prix variant de 6 000 √† 8 000 USD la femelle et de 20 000 √† 30 000 USD le m√Ęle[66]. Une loi viserait √† interdire cette pratique.

En Asie, le lion a pratiquement disparu depuis le milieu du XIXe siècle à l'état sauvage, autant par la chasse que par la réduction de son habitat.

Conséquences de la réduction de l’habitat

Les maladies repr√©sentent un autre probl√®me, surtout dans le Parc national Kruger en Afrique du Sud. Depuis qu'en 1995, un premier cas mortel de tuberculose est apparu chez les lions, des √©tudes approfondies ont √©t√© men√©es dans le parc. D'apr√®s le bilan, le taux de contamination des animaux du secteur sud du parc par les bact√©ries mortelles s'√©levait √† plus de 90 %. L'infection venait des buffles chass√©s par les lions qui, par contact avec des bovins domestiques, ont introduit la maladie dans le parc et contamin√© les lions. Environ 70 % des bovins souffrent d'une tuberculose pulmonaire (phtisie), tandis que chez les lions, la maladie se manifeste surtout dans le syst√®me digestif. Les animaux deviennent plus faibles, maigrissent √©norm√©ment et meurent en quelques ann√©es. √Ä c√īt√© de la tuberculose, il existe une seconde maladie tr√®s fr√©quente. Environ 60 √† 70 % des lions du parc Kruger sont contamin√©s par le virus de l'immunod√©ficience f√©line, qui ¬ę paralyse ¬Ľ le syst√®me immunitaire de l'animal et ouvre ainsi la voie √† la tuberculose. Contre les deux virus exterminateurs, il n'existe aucune vaccination.

En 1994, un tiers des lions du parc national du Serengeti sont morts à la suite de la contraction de la maladie de Carré[67] - [68] face à laquelle ils sont très vulnérables.

Les populations de lions sont tr√®s concentr√©es car contenues dans des parcs ou des r√©serves, les autres zones devenant impropres √† leur survie en devenant des terres agricoles. La perte de diversit√© g√©n√©tique entra√ģne l'apparition de maladies comme on a pu l'observer dans la r√©serve d'Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud, o√Ļ les 120 lions pr√©sents dans les ann√©es 2000 descendent de 3 lions des ann√©es 1960[69]. Or certains biologistes estiment √† 500 √† 1 000 individus adultes la diversit√© g√©n√©tique n√©cessaire pour qu'une de leur population soit consid√©r√©e comme viable, c‚Äôest-√†-dire disposant du minimum de diversit√© g√©n√©tique n√©cessaire √† la survie[70] - [71] - [72]. Peu de ces populations correspondent √† ce crit√®re. En 2007, ces populations de lions ne sont pourtant pas consid√©r√©es comme des populations √† risque bien qu'aucune √©tude sur ce probl√®me ne soit r√©alis√©e. Contrairement √† d'autres esp√®ces, aucun transfert pr√©ventif √† grande √©chelle n'est effectu√© afin de diminuer le risque de perte du patrimoine g√©n√©tique. Cependant, pour r√©soudre des probl√®mes ponctuels de la r√©serve du Hluhluwe-Umfolozi, des tentatives d'ins√©mination artificielle ont √©t√© effectu√©es avec difficult√© pour √©viter les probl√®mes d'int√©gration sociale li√©s aux introductions[69].

Prédation sur l'homme

Lion du Tsavo naturalisé au Musée Field de Chicago.

Les attaques de lions sur l'homme ne sont pas tr√®s fr√©quentes. Mais il arrive cependant que des lions s'attaquent √† l'homme. Tr√®s souvent, les populations m√®nent ensuite des repr√©sailles contre les lions. Les causes de la pr√©dation sur des personnes sont souvent examin√©es par les scientifiques au cas par cas. Entre 1990 et 2005, 563 villageois ont √©t√© attaqu√©s par des lions en Tanzanie, ce qui correspond √† une augmentation consid√©rable[73]. Il semble qu'ils attaquent parce que leurs proies deviennent rares alors que la population humaine augmente sur le territoire des lions. En Tanzanie, ces attaques ont eu lieu dans la r√©serve du Selous, le district de Rufiji et la r√©gion de Lindi o√Ļ l'homme √©tend son implantation et o√Ļ la population des lions augmente gr√Ęce aux mesures de protection[73]. Certains lions peuvent √™tre contraints de s'attaquer √† l'homme √† cause d'un probl√®me physique, ne pouvant pas attaquer d'autres proies. En 2006, un lion soup√ßonn√© d'avoir tu√© 35 personnes[74] avait un d√©faut de dents.

Il a exist√© quelques lions qui semblaient chercher plus particuli√®rement des proies humaines. Mais les histoires des traques et des morts de ces rares sp√©cimens appel√©s ¬ę mangeurs d'hommes ¬Ľ ont souvent √©t√© √©crites par leurs chasseurs. John Henry Patterson en 1907 a √©crit The Man-eaters of Tsavo dont on a tir√© plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Le sp√©cimen de Mfuwe est aussi connu.

Protection

Approximativement 16 500 √† 30 000 lions vivent encore en libert√©[32]. L'UICN est partie en 2004 du principe que le nombre de lions a diminu√© dans le monde entier au cours des vingt derni√®res ann√©es de 30 √† 50 %. Les raisons de ce recul ne sont pas compl√®tement connues. On suppose que la r√©duction du gibier chass√© par le lion, les conflits entre l'homme et le lion et la d√©gradation de son habitat sont les principales raisons de la diminution des populations de lions. √Ä travers l'Afrique, le lion a disparu sur plus de 80 % de son ancien territoire. Le lion africain est consid√©r√© comme ¬ę vuln√©rable ¬Ľ sur la liste rouge des esp√®ces menac√©es de l'UICN, en raison de la baisse constante de l'effectif de cette esp√®ce. En Afrique de l'Ouest, le nombre des lions est inf√©rieur √† 1 500. Cette esp√®ce r√©pond au crit√®re de ¬ę menac√©e au niveau r√©gional ¬Ľ. Il n'y a plus que 200 √† 300 individus en Asie, gravement menac√©s par la perte de leur patrimoine g√©n√©tique.

Les nouvelles strat√©gies de protection du lion visent √† renforcer les chances d'une coexistence pacifique √† l'avenir entre les lions et les hommes : une exploitation des terres int√©gr√©e avec la faune, une r√©duction des conflits entre l'homme et le lion et la pr√©vention du commerce ill√©gal du lion et de ses produits d√©riv√©s. L'avenir de ces ¬ę gros chats ¬Ľ semble d√©j√† sur une meilleure voie dans quelques grandes r√©serves de l'Afrique du Sud et de l'Est tandis que tr√®s pr√©caire en Asie ; afin de pallier ce dernier point, le gouvernement indien a mis en place dans les ann√©es 2000 un projet de r√©introduction du lion dans le Kuno Wildlife Sanctuary : l'Asiatic Lion Reintroduction Project[75].

Le lion en captivité

Les lions vivent en captivité depuis l'Antiquité, sur des périodes ponctuelles. Les Romains les utilisaient dans leurs Jeux par exemple. Il y a des lions en permanence en occident depuis la création des ménageries, ancêtres des parcs zoologiques, au XVIIIe siècle. En Amérique, le premier lion fut d'ailleurs exhibé à Boston en 1716. En outre, les activités de divertissement, comme le domptage dans les cirques ou même les combats de lion, nécessitent la mise en place d'élevages. Les lions se reproduisent très bien en captivité et peuvent y vivre une vingtaine d'années, le record étant détenu par une lionne du zoo d'Honolulu née en 1986[76].

Historique

Les monarques assyriens en élevaient au IXe siècle av. J.-C.[77] et Alexandre le Grand, selon la légende, vivait avec des lions apprivoisés par les Malhi du nord-ouest de l'Inde[78]. Plus tard, les Romains organisateurs des jeux en conservaient. Ainsi des Romains célèbres comme Sylla, Pompée, Jules César, ont ordonné la capture de centaines de lions à la fois[79]. Marco Polo rapporte que les princes indiens continuaient à en apprivoiser et que Kublai Khan gardait même des lions à l'intérieur de ses habitations[80].

William de Malmesbury rapporte lui que des lions ont été conservés en Angleterre, à Woodstock par la volonté d'Henri Ier[81], le lion étant présent sur les héraldiques anglaises.

Les zoos

Comme les tigres ou les requins, le lion attire le public[82], ils sont donc très présents dans les parcs zoologiques. Aussi les 2002 zoos existants détiennent environ 1000 lions africains et 100 lions asiatiques dans les années 2000. Ils permettent de sensibiliser le public à l'environnement et à la conservation de ces espèces[82].

Accouplement d'un lion et d'une lionne (zoo de Denver).

Des programmes d'échange existent depuis longtemps pour diversifier le patrimoine génétique des lions en captivité, cependant ils ne tenaient pas compte des sous-espèces, créant une pollution génétique au sein des populations de diverses origines. Les programmes actuels commencent à en tenir compte[83] et essaient de ne plus reproduire ensemble des lions de sous-espèces différentes. Le Species Survival Plan est une coordination des efforts en ce sens par l'Association américaine des Zoos et des Aquariums. En 1982, des procédures ont été mises en place en Amérique du Nord pour préserver le patrimoine génétique du lion asiatique. Le volet pour les lions africains a débuté lui en 1993, plus particulièrement pour la sous-espèce sud-africaine. La plupart des individus détenus sont cependant d'origine incertaine, ce qui rend leur réintroduction impossible ou presque[29].

La sous-espèce du lion de l'Atlas n'est existante qu'à travers d'animaux détenus par des zoos. On peut en apercevoir douze au zoo de Port Lympne dans le Kent, au Royaume-Uni. Ceux-ci descendent tous d'animaux ayant appartenu au roi du Maroc. Onze spécimens, considérés comme des lions de l'Atlas, sont également détenus par le zoo d'Addis-Abeba, un spécimen est identifié au Neuwied Zoo[84], quelques spécimens au zoo d'Amnéville[85]. La WildLink International, en collaboration avec l'Université d'Oxford, ont lancé un programme international ambitieux d'élevage conservatoire appelé Barbary Lion Project et qui vise à identifier et à reproduire ces lions afin de les réintroduire dans un parc national du Maroc[84] - [85].

Les spectacles de lions
Lithographie de dompteur de 1873.

Les combats d'animaux générant des paris étaient courants au XVIIIe siècle. Des combats entre lions et chiens en général ont été organisés à Vienne en Autriche à partir de 1800 et en Angleterre à partir de 1825[86] - [87].

Les pionniers du domptage sont Henri Martin[88] - [89] - [90], un Fran√ßais, et Isaac Van Amburgh, un am√©ricain. Ils ont commenc√© au milieu du XIXe si√®cle et leurs techniques ont √©t√© tr√®s rapidement copi√©es[91]. Martin cr√©era lors du troisi√®me Cirque Olympique √† Paris en 1831, une pantomime √† grand spectacle, abrit√© derri√®re un grillage, appel√©e ¬ę les Lions de Mysore ¬Ľ avec ses lions N√©ron et Cobourg, son tigre Atyr. Isaac Van Amburgh fit une tourn√©e en Angleterre, devant la reine Victoria. Il copia rapidement le spectacle du Fran√ßais. Plus que le traditionnel domptage de chevaux, le domptage de fauve voulait marquer la sup√©riorit√© humaine sur les forces brutes naturelles[91]. Jean-Baptiste Pezon est un autre dompteur de lions c√©l√®bre. Clyde Beatty est probablement le premier dompteur √† avoir utilis√© le support sur√©lev√© sur lequel les fauves viennent s'asseoir[92].

Cette tradition est toujours vivace ; certains dompteurs actuels, comme le duo de magiciens Siegfried & Roy et leurs lions blancs, sont toujours célèbres. Les dompteurs et dompteuses sont aussi actifs dans le Cirque et le cirque-parc, surtout depuis la popularisation du zoo et l'aménagement des zoos comme attractions touristiques. Ainsi, de véritables zoos de fauves existent : le zoo de San Diego (Californie), le parc des félins de Thoiry (Yvelines), etc.

La détention de lions

Certains individus ou entreprises privées élèvent des lions, leur détention est soumise pour de nombreux pays à des autorisations spécifiques. Bien souvent ces animaux sont détenus dans des conditions ne permettant pas leur bien-être du fait entre autres du manque d'espace[93]. En France, régulièrement, des actions de saisie ont été menées par l'administration[94] même si certaines associations les trouvent peu virulentes[95]. L'Inde interdit même la possession de lion depuis 1998[94]. En outre, de nombreux animaux s'évadent, donnant lieu à des battues qui se soldent souvent par l'abattage de l'animal[96].

En Afrique, le couple George et Joy Adamson est célèbre pour avoir élevé et apprivoisé la lionne Elsa. Son histoire a été à l'origine de plusieurs livres, de documentaires, d'une adaptation cinématographique ainsi qu'une série télé.

Le trafic de lions
Le lionceau d'Amnéville arrivant à l'Espace Zoologique de Saint Martin la Plaine avec de graves carences.

Si la d√©tention de ce genre d'animaux est interdite pour les particuliers (Animaux dangereux/Code de l'environnement)[97], le trafic de f√©lin conna√ģt une triste mode et s'est accentu√© ces derni√®res ann√©es avec les r√©seaux sociaux[98]. D'apr√®s l'association One Voice, les cirques procureraient les animaux ill√©galement en cachant les naissances[99].

En , un lionceau a √©t√© saisi en banlieue parisienne √† Valenton chez un particulier et une petite lionne de quelques semaines f√Ľt d√©couverte le m√™me jour dans un garage √† Marseille. La sant√© de cette derni√®re √©tait tr√®s pr√©occupante. Ils ont √©t√© pris en charge par l'√©quipe de l'Espace Zoologique de Saint Martin la Plaine, dans les locaux de l'association Tonga Terre d'Accueil, refuge pour animaux sauvages saisis ou abandonn√©s, afin d'y √™tre soign√©[100]. Quelques semaines plus tard, en , un troisi√®me lionceau est d√©couvert par des policiers. Celui-ci f√Ľt trouv√© √† Paris sur les Champs-√Člys√©es dans une Lamborghini[101]. Fin novembre, les trois lionceaux seront r√©unis pour qu'ils puissent grandir ensemble[102]. En , une nouvelle lionne de deux mois est abandonn√©e par un particulier devant le zoo d'Amn√©ville, le f√©lin sera √©galement plac√© √† l'association Tonga Terre d'Accueil √† l'Espace Zoologique de Saint Martin la Plaine et y rejoindra les trois autres lionceaux[103].

En , un an après l'arrivée des premiers lionceaux, l'association Tonga Terre d'Accueil annonce le départ des quatre lionceaux dans un sanctuaire d'Afrique du Sud[104]. Ils quitteront Saint Martin la Plaine le .

Lion dans les mythologies et religions
Statère du satrape Mazaios représentant un lion dévorant un taureau.

Dans de nombreuses cultures antiques, le lion jouait un r√īle symbolique important. En √Čgypte, les pharaons furent repr√©sent√©s par des sphinx, lions √† la t√™te humaine[105]. La plus c√©l√®bre de ces repr√©sentations est le Grand Sphinx de Gizeh. Sekhmet fut v√©n√©r√©e en tant que d√©esse au corps humain et √† t√™te de lionne, envoy√©e par R√™ contre les √Čgyptiens qui complotaient contre lui[4]. Des divinit√©s mineures, comme le g√©nie Nebneryou qui accueille les d√©funts au royaume des morts[106] ou Mihos, le fils de Bastet √† t√™te de lion[107], ont exist√©, comme de nombreuses divinit√©s hybrides poss√©dant une partie du corps du lion : Pachet, Aker, D√©doun ou Tefnout par exemple[108].

Dans la mythologie grecque, les lions apparaissent dans diverses fonctions : le lion de N√©m√©e, repr√©sent√© comme une b√™te mangeuse d'hommes √† la peau imp√©n√©trable, fut tu√© par H√©rakl√®s, durant ses douze travaux[4]. Dans l'histoire d'Androcl√®s, une des fables d'√Čsope, le h√©ros, un esclave √©chapp√©, retire une √©pine de la patte d'un lion ; quand, plus tard, pour le punir de son √©vasion, il fut jet√© par son ma√ģtre au lion pour √™tre d√©vor√©, l'animal le reconnut et refusa de tuer l'homme.

Dans les religions jud√©o-chr√©tiennes, le lion est un animal polys√©mique, surtout d√©peint √† travers les images positives de saint J√©r√īme et son lion, du t√©tramorphe (lion de saint Marc) et de Daniel √©pargn√© par les lions[109] ; cependant, une connotation n√©gative lui est associ√©e par un passage de Pierre faisant r√©f√©rence √† Satan qui d√©ambule ¬ę tel un lion cherchant une proie √† d√©vorer ¬Ľ[110]. Ainsi, le lion revient tr√®s souvent dans les √©glises catholiques car il repr√©sente la force du croyant combattant le p√©ch√©, et dans les objets : bracelets en patte de lion, si√®ge √©piscopal sculpt√© √† l'effigie du lion, sur le socle des chandeliers, les portails d'√©glise[106]‚Ķ √Ä l'√©poque romaine, pendant les pers√©cutions, les chr√©tiens √©taient jet√©s aux lions ; d'o√Ļ l'expression ¬ę √™tre jet√© aux lions ¬Ľ.

Premières représentations du lion au Paléolithique

Les chasseurs du Pal√©olithique sup√©rieur (Aurignacien) repr√©sentaient d√©j√† le lion il y a plus de 30 000 ans. Le lion des cavernes peut √™tre facilement identifi√© en raison de la pr√©sence d'un toupet de poil au bout de la queue dans les repr√©sentations du Pal√©olithique[111]. Le lion est repr√©sent√© la face tourn√©e vers l'observateur et non de profil dans l'art pr√©historique africain en raison de l√©gendes qui lui attribuent des pouvoirs magiques li√©s √† son regard[109]. L'homme lion, sculpture d'ivoire de mammouth de pr√®s de 30 centim√®tres de haut, repr√©sentant le corps d'un homme surmont√© d'une t√™te de lion des cavernes, compte parmi les Ňďuvres d'art les plus impressionnantes de cette √©poque, mais √©galement parmi les plus anciennes de toute l'histoire de l'humanit√©. Elle incarnait peut-√™tre une divinit√©[112].

Représentations en Occident
Nominor Leo - Tableau de Jean-L√©on G√©r√īme, expos√© au Mus√©e Georges-Garret de Vesoul.
Lion criblé de flèches.
Bas-relief dans le palais nord de Ninive.

Le lion est aussi souvent repr√©sent√© dans les arts figuratifs. Le lion prend l'image de la royaut√© et du Soleil et se d√©veloppe dans tout le Proche-Orient. √Ä Babylone par exemple, la voie processionnelle est d√©cor√©e de bas-reliefs en carreaux de c√©ramique en forme de lion du temps de Nabuchodonosor II[106]. L‚Äôart assyrien, qui a influenc√© l'art des steppes puis l'art des nombreuses peuplades conquises par les nomades guerriers, d√©peint √©galement de nombreuses chasses aux lions, tr√®s r√©alistes. Ce type de repr√©sentations visait √† glorifier le roi, ma√ģtre des b√™tes, et √©galement repr√©senter la d√©faite de l'ennemi. Le th√®me d'un dangereux animal sauvage, souvent un f√©lin ou un ours, se jetant sur sa proie est tr√®s fr√©quent. L'art assyrien a apport√© le go√Ľt du r√©alisme et du naturalisme √† ses peuplades, qui s'est ensuite transmis dans toute l'Eurasie, et notamment les peuples germaniques et asiatiques[109].

Chez les Grecs et les Romains, le lion fait figure de gardien ; ainsi, la porte des lionnes prot√®ge le palais d'Agamemnon contre les ennemis et les d√©mons[109]. Dans l'art grec, le motif des sc√®nes de chasse du lion de N√©m√©e dont la peau est l'attribut de H√©rakl√®s est tr√®s pr√©sent. Chez les Romains, il est √©galement tr√®s repr√©sent√© comme animal du cirque, combattant contre des gladiateurs[106]. Dans l'art chr√©tien, le lion accompagne parfois saint J√©r√īme, ou la force, c'est le symbole de Marc l'√Čvang√©liste, de la royaut√©. Roi des animaux dans le bestiaire m√©di√©val, il est tr√®s pr√©sent dans l'art monumental.

√Ä partir de la Renaissance, les repr√©sentations animales deviennent de plus en plus anatomiquement pr√©cises : les artistes s'exercent √† la repr√©sentation de sujets r√©els d√©tenus dans les zoos[109]. Le Douanier Rousseau est c√©l√®bre pour ses peintures de la jungle, et notamment pour La boh√©mienne endormie o√Ļ un lion solitaire s'approche d'une boh√©mienne endormie dans le d√©sert. Au XIXe si√®cle, de nombreuses illustrations zoologiques faites par les naturalistes montrent pr√©cis√©ment le lion[106]. En sculpture, le Lion de Lucerne a √©t√© sculpt√© pour comm√©morer les 760 morts et 350 survivants mercenaires suisses lors de la prise d'assaut du Palais des Tuileries √† Paris par les r√©volutionnaires.

Représentations asiatiques
Lions gardant la Cité interdite.

Le lion n'est présent en Asie que dans la péninsule indienne, il est pourtant très présent dans l'art statuaire de l'ensemble des pays asiatiques. Des lions, représentés avec une crinière bouclée, montent la garde devant les pagodes, comme celle de Kuthodaw ou dans les temples bouddhistes[4]. Originaire d'Inde[113], la danse du lion est une danse traditionnelle effectuée au nouvel an chinois pour faire fuir les démons et apporter la chance[4].

Une figure héraldique
Blason de la Norvège.

La fascination des hommes pour cet animal est visible dans la multiplicit√© d'√©cussons sur lesquels il est illustr√©, au point qu'un proverbe affirme : ¬ę Qui n'a point d'armes porte un lion ¬Ľ[114] - [Note 3]. Ainsi, on le retrouve, entre autres, sur les blasons de l'√Čcosse[115], de la Norv√®ge[116], de la Belgique[106], de la Tch√©quie ou de villes comme Lyon[117]. Le lion est repr√©sent√© le plus souvent rampant, c'est-√†-dire dress√© sur ses pattes arri√®re, mais de tr√®s nombreuses formes existent : l√©opard√©, lampass√©, ramass√©, morn√©, etc. Le lion en h√©raldique est appel√© lion avec la t√™te de profil et l√©opard avec la t√™te en face ; ainsi les lions du blason anglais sont des l√©opards. Une symbolique bas√©e sur la figure du lion a pu √™tre cr√©√©e ; par exemple, un lion d'argent sur champ de sinople symboliserait la temp√©rance[118] et, selon Marcel Brion, les divers lions h√©raldiques sont issus de lointaines croyances pr√©historiques[109]. Bien qu'il soit consid√©r√© comme le ¬ę roi des animaux ¬Ľ, le lion est sans autorit√© sur les oiseaux. C'est cet antagonisme entre l'aigle, seigneur des cieux et symbole du pouvoir imp√©rial, et le lion qui va motiver le choix de faire figurer l'animal sur des armoiries. La connaissance du lion par les Europ√©ens remonte au temps o√Ļ le lion s'√©tendait autour de la M√©diterran√©e.

Le lion est le symbole national de l'Inde, et figure sur ses armoiries sous la forme des lions de l'empereur indien Ashoka[4].

Utilisation commerciale

La figure du lion est utilisée par de nombreuses marques, non seulement pour le symbole considéré comme positif, mais aussi par récupération. Par exemple, la marque automobile Peugeot utilise comme symbole les armoiries de Sochaux depuis 1847. Ce lion héraldique est déposé en tant que logo depuis 1858. Plusieurs banques utilisent la symbolique positive liée au lion. Le Crédit lyonnais a un lion pour mascotte. Le groupe bancaire ING utilise un logo qui contient un lion orange. Plusieurs lions ont été utilisés pour créer le célèbre logo de Metro-Goldwyn-Mayer, société de production cinématographique américaine.

Littérature et cinéma
Yvain sauve un lion attaqué par un serpent. Manuscrit enluminé non identifié, peut-être XVe siècle.

Le Roman de Renart et Yvain ou le Chevalier au lion sont de grands ouvrages du Moyen √āge d√©peignant le lion[119]. L'Ňďuvre litt√©raire antique ayant le plus influenc√© le Moyen √āge occidental reste le Physiologus, bestiaire antique √©crit en grec au IIe ou IIIe si√®cle √† Alexandrie, puis traduit en latin au IVe si√®cle. Cette base antique a donn√© au lion son image de roi des animaux et son assimilation au Christ ; c'est √©galement du Physiologus que sont issues les caract√©ristiques attribu√©es au lion au Moyen √āge[120] : il se tient en haut des montagnes, ses yeux sont ouverts m√™me lorsqu'il dort[Note 4] et il r√©anime ses lionceaux mort-n√©s au bout de trois jours. Ces th√®mes sont bien illustr√©s dans les enluminures des bestiaires m√©di√©vaux[106].

Jean de La Fontaine, imitant √Čsope dans plusieurs de ses fables, fait du lion un des personnages principaux (notamment Le Lion et le Rat o√Ļ le f√©lin, imp√©tueux, est oppos√© au rongeur, petit, faible mais patient). Joseph Kessel, en 1958, en a fait un roman : Le Lion, racontant l'histoire de la fille d'un directeur de parc naturel en Afrique qui est li√©e d'amiti√© avec King, un lion de la r√©serve et qui se voit demander en mariage par un guerrier masa√Į ; ce dernier, pour conqu√©rir son cŇďur, veut lui montrer sa valeur en tuant un lion qui se trouve √™tre King[4]. C. S. Lewis dans sa saga du Monde de Narnia utilise le symbole du lion, ¬ę roi des animaux ¬Ľ, √† travers Aslan[Note 5], dieu vivant combattant le mal, se sacrifiant pour le salut de son peuple et ressuscitant peu apr√®s. Dans l‚Äôheptalogie Harry Potter de J. K. Rowling, Gryffondor, l‚Äôune des maisons de l‚Äô√©cole de sorcellerie Poudlard, est repr√©sent√©e par un lion. Ce lion symbolise le courage, la hardiesse, la force et la g√©n√©rosit√©, traits de caract√®re que sont cens√©s avoir les √©l√®ves appartenant √† cette maison[121].

Au cinéma avec, entre autres, le film d'animation à succès de Walt Disney Pictures Le Roi lion. Le lion est un personnage récurrent de nombreux films, de Tarzan au Magicien d'Oz, et de séries télévisées avec par exemple Daktari[4]. Le lion est aussi décrit comme une menace pour l'homme comme dans The Man-eaters of Tsavo de John Henry Patterson en 1907 et dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la Proie en 1996.

Le lion et les noms propres

Le lion est √† l‚Äôorigine des pr√©noms L√©on et Lionel, un diminutif[122]. En h√©breu, on trouve les pr√©noms Ari√© (‚Äôaryeh, lion en h√©breu et Ariel : ¬ę lion de Dieu ¬Ľ[123] et dans Lavi (◊ú◊Ď◊ô◊ź).

En arabe, pr√®s de trois cents noms d√©signent le lion. Une consultation partielle du grand dictionnaire arabe - fran√ßais de Kazimirski confirme ce nombre. Parmi eux figurent Assad (‚Äôasad, le nom zoologique[Note 6]), Abbas (`abb√Ęs : ¬ę s√©v√®re, renfrogn√© ¬Ľ) et Hamza[124]. Le turc conna√ģt les formes Aslan (nom zoologique) et Arslan, cette derni√®re √©tant aussi la forme mongole. Ce pr√©nom a donn√© en russe Rouslan[125]. Le persan shir est connu par le g√©n√©ral Shirkuh (¬ę lion des montagnes ¬Ľ), oncle de Saladin, par la m√©dersa Shir-Dor (ou Cher-Dor) (¬ę porte des lions ¬Ľ) √† Samarcande et, avec un √©largissement de sens au tigre en hind√ģ[126], par Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle.

Que le lion ait l'image d'un animal fort et courageux[127] s'explique par le fait que, jusqu'il y a peu, des hommes de guerre √©taient surnomm√©s par son nom. Parmi les plus r√©cents, le seigneur de guerre afghan Ahmed Chah Massoud √©tait appel√© par ses partisans le ¬ę lion du Panshir ¬Ľ, l'empereur √©thiopien Hail√© S√©lassi√© se fit appeler le ¬ę lion conqu√©rant de la tribu de Juda ¬Ľ. Si le futur roi de France Louis VIII fut surnomm√© ¬ę le lion ¬Ľ pour son courage lorsqu'il vainquit les Anglais √† la bataille de la Roche-aux-Moines, a contrario, pour Richard Ier d'Angleterre ce ne sont ni sa force ni son courage, mais ses sautes d'humeur qui lui valurent, en France, d'√™tre surnomm√© ¬ę CŇďur de Lion ¬Ľ, en r√©f√©rence √† l'impr√©visibilit√© de l'animal.

Le qualificatif de lion est aujourd'hui √©logieux, le joueur de football camerounais de l'√©quipe des Lions indomptables Roger Milla √©tait appel√© ¬ę le vieux lion ¬Ľ par ses compatriotes parce qu'il fut le plus vieux joueur de champ et le plus vieux buteur de l'histoire de la Coupe du monde de football.

Notes et références

Notes

  1. Cependant, des conséquences indirectes existent, comme le fait d'être plus visible dans la nature, donc plus vulnérable.
  2. Les huit sous-espèces sont les suivantes :
  3. Ou la variante suivante : ¬ę Qui n'a point de blason porte un lion ¬Ľ
  4. On retrouve ici une idée de gardien toujours en alerte.
  5. À noter qu'aslan signifie lion en turc.
  6. Interwiki ōßŔĄōĻōĪō®Ŕäō© (arabe) : ō£ō≥ōĮ (‚Äôasad)

Références

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Sources

Voir aussi

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Filmographie

Articles connexes

Liens externes

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