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Hongrie

La Hongrie (en hongrois : Magyarorsz√°g, /ňąm…í…ü…í…ĺo…ĺsaňźg/) est une r√©publique constitutionnelle unitaire situ√©e en Europe centrale. Elle a pour capitale Budapest, pour langue officielle le hongrois et pour monnaie le forint. Son drapeau est constitu√© de trois bandes horizontales, rouge, blanche et verte, et son hymne national est le Himnusz. D'une superficie de 93 030 km2, elle s'√©tend sur 250 km du nord au sud et 524 km d'est en ouest. Elle a 2 009 km de fronti√®res avec l'Autriche √† l'ouest, la Slov√©nie et la Croatie au sud-ouest, la Serbie au sud, la Roumanie au sud-est, l'Ukraine au nord-est et la Slovaquie au nord.

Hongrie

(hu) Magyarorsz√°g

Hymne en hongrois : Himnusz (¬ę Hymne ¬Ľ)
F√™te nationale 20 ao√Ľt
¬∑ √Čv√©nement comm√©mor√©
Fondation de la Hongrie par saint √Čtienne ()
Description de cette image, également commentée ci-après
La Hongrie en Europe (l'Union européenne en vert clair).
Description de l'image Carte de Hongrie.png.
Géographie
Plus grande ville Budapest
Superficie totale 93 028 km2
(classé 110e)
Superficie en eau 0,74 %
Fuseau horaire

UTC +1 (CET) ;

Heure d'été : UTC+2 (CEST)
Démographie
Gentilé Hongrois
Population totale (2020[2]) 9 771 827 hab.
(classé 93e)
Densit√© 105 hab./km2
√Čconomie
PIB nominal (2022) en augmentation 197,813 milliards de $
+ 7,17 %[3]
PIB (PPA) (2022) en augmentation 398,278 milliards de $
+ 10,23 % [3]
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 20 335,818 $
+ 7,20 %[4] (57e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en augmentation 40 944,278 $
+ 10,27 % [4] (48e)
Taux de ch√īmage (2022) 4,2 % de la pop. active
+ 4,88 %
Dette publique brute (2022) Nominale
47 260,253 milliards de Ft
+ 9,91 %
Relative
75,935 % du PIB
- 2,78 %
Monnaie Forint (HUF‚Äč)
Développement
IDH (2021) en diminution 0,846[5] (très élevé ; 46e)
IDHI (2021) en diminution 0,792[5] (33e)
Coefficient de Gini (2020) 29,7 %[6]
Indice d'inégalité de genre (2021) 0,221[5] (55e)
Indice de performance environnementale (2022) en augmentation 55,1[7] (33e)

Apr√®s des si√®cles o√Ļ le territoire actuel de la Hongrie √©tait habit√© par les Celtes, les Romains, les Huns, les Slaves, les G√©pides et les Avars, la Hongrie est fond√©e √† la fin du IXe si√®cle par le prince et commandant militaire √Ārp√°d apr√®s la conqu√™te du territoire (honfoglal√°s). Son arri√®re-petit-fils √Čtienne Ier de Hongrie, en l'an 1000, convertit le pays au catholicisme. En 1526, apr√®s la bataille de Moh√°cs, la Hongrie perd sa souverainet√© au profit de l'Empire ottoman (1541‚Äď1699). Elle fut sous la tutelle des Habsbourg et, plus tard, fit partie de l'Empire austro-hongrois (1867‚Äď1918).

La Hongrie partage des fronti√®res avec sept pays (dont cinq sont, comme elle, membres de l'Union europ√©enne), 2 189 km au total[2]. Elles sont toutes trac√©es pour d√©limiter la deuxi√®me r√©publique de Hongrie, fin 1918 et d√©but 1919, √† la suite de la dislocation de l'Autriche-Hongrie et de la premi√®re r√©publique hongroise. √Ä deux exceptions pr√®s (environs de Sopron en 1922, et de Bratislava en 1946), la d√©limitation est effectu√©e par la commission internationale Lord o√Ļ des g√©ographes comme Robert Seton-Watson (en), Emmanuel de Martonne ou encore l'historien Ernest Denis jouent un r√īle important. Ces fronti√®res sont officialis√©es par les trait√©s de Trianon (1920) et de Paris (1947)[8]. Pour l'opinion hongroise, le trait√© de Trianon est une trag√©die nationale (que le gouvernement envisage de comm√©morer solennellement en 2020[9]), car, par rapport √† son territoire ant√©rieur, le pays a perdu 71 % de sa superficie et 32 % des magyarophones, devenus citoyens autrichiens (dans le Burgenland), tch√©coslovaques (aujourd'hui slovaques ou ukrainiens), roumains ou yougoslaves (aujourd'hui slov√®nes, croates ou serbes).

La situation de ces populations hongroises se retrouvant hors des nouvelles fronti√®res du pays motive de la part de la Hongrie une politique explicitement irr√©dentiste et explique ainsi le ralliement du pays √† l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. L'ancienne domination hongroise dans le bassin des Carpates ainsi que le sort des minorit√©s hongroises sont toujours au cŇďur des relations que la Hongrie entretient avec ses pays voisins. Pendant les quatre d√©cennies de communisme (1947‚Äď1989), le pays attire l'attention internationale avec la r√©volution de 1956 et l'ouverture de la fronti√®re du rideau de fer avec l'Autriche en 1989, qui acc√©l√®re la chute du bloc sovi√©tique.

Peupl√©e d'environ 10 millions d'habitants, la Hongrie est une puissance moyenne √† l'√©chelle de l'Europe. Elle est dot√©e d'une √©conomie de type capitaliste mais garde un secteur public encore important. Comme de nombreux pays anciennement communistes, son mod√®le productif a longtemps √©t√© domin√© par l'industrie (fabrication de camions, d'autobus, de mat√©riel ferroviaire et de moteurs dans le cadre du Comecon). Sa capacit√© agricole est tr√®s √©lev√©e mais le secteur s'est d√©lest√© d'une part importante de sa main-d'Ňďuvre au b√©n√©fice de sa modernisation. La viticulture est bien d√©velopp√©e, la Hongrie est un pays vinicole r√©put√©. Comme de nombreux pays europ√©ens, l'√©conomie de la Hongrie s'est consid√©rablement tertiaris√©e ces derni√®res ann√©es. La Hongrie se distingue enfin dans le secteur de la recherche et de l'innovation technologique. Elle compte quatre Prix Nobel (John Harsanyi, George de Hevesy, Imre Kert√©sz et Philipp Lenard) et ses √©changes scientifiques sont de haut niveau.

La Hongrie est membre du groupe de Visegrád, de l'Union européenne, de l'OTAN, de l'OMC et de l'ONU.

Nom et attributs

√Čtymologie

Carte historique de l'Ungaria par Sambucus, 1578.

Le royaume de Hongrie fond√© en 1001 et disparu en 1946 portait en hongrois le nom de Magyar Kir√°lys√°g dont est issue l'appellation de la Hongrie contemporaine : Magyarorsz√°g ¬ę le pays des Magyars ¬Ľ. En hongrois, magyar d√©signe √† la fois l'√Čtat et le nom du groupe ethnique issu de l'Oural et leurs descendants suppos√©s. Du mot magyar est issu l'adjectif et le substantif ¬ę magyar ¬Ľ en fran√ßais ou encore magyarisch et Magyar en allemand. Dans la plupart des langues du monde, c'est pourtant la racine latine Hungaria qui est utilis√©e pour d√©signer l'√Čtat, qu'il s'agisse du royaume ou de la r√©publique. C'est notamment le cas, outre le fran√ßais, de l'anglais (Hungary), de l'espagnol (Hungr√≠a) ou de l'italien (Ungheria).

En slovaque, en slov√®ne et en croate et serbe, le terme magyar et la racine latine hungaria coexistent et permettent justement de diff√©rencier le sens politique (la nation hongroise comme construction politique, ainsi que sa mat√©rialisation g√©opolitique : l'√Čtat hongrois) du sens ethno-culturel (les minorit√©s magyares). Dans ces langues, avant la partition du trait√© de Trianon en 1920, la ¬ę Hongrie ¬Ľ √©tait d√©sign√©e sur la base latine : Uhorsko (slovaque), Ogrska (slov√®ne) et Ugarska/–£–≥–į—Ä—Ā–ļ–į (croate et serbe) tandis que depuis 1920, on lui pr√©f√®re l'adjectif ethnique substantiv√© : MańŹarsko (slovaque), MadŇĺarska (slov√®ne) et MańĎarska/–ú–į—í–į—Ä—Ā–ļ–į (croate et serbe). Cette √©volution de la d√©signation du territoire hongrois ne se retrouve pas chez les Autrichiens, les Roumains et les Ukrainiens : respectivement Ungarn, Ungaria et –£–≥–ĺ—Ä—Č–ł–Ĺ–į (UhorŇ°ńćyna). Pourtant, les racines latine et hongroise de l'ethnonyme sont bien pr√©sentes en roumain pour diff√©rencier l'habitant de la Hongrie (ungur) du ¬ę Hongrois ethnique ¬Ľ, minorit√© officielle de Roumanie : maghiar.

Quant aux termes ¬ę Hongrie ¬Ľ et ¬ę hongrois ¬Ľ, il semble que leur racine soit issue d'une confusion chez certains peuples (dont les Occidentaux) entre les Magyars et des peuples turcs dont certains s'√©taient joints √† eux durant les migrations, notamment les Onoghours (en latin Hungari, ou ¬ę Hunnougour issus des hordes hunniques ¬Ľ chez Th√©ophylacte Simocatta).

Armoiries, drapeau et fêtes nationales

Les √©l√©ments des armoiries de la Hongrie datent du Moyen √āge. Le blason actuel est utilis√© pour la premi√®re fois sous le r√®gne de Louis Ier (1342 ‚Äď 1382). La couronne surplombant le blason appara√ģt sous le r√®gne de Ladislas Ier Jagellon (1440 ‚Äď 1444). Il s'agit √† l'origine d'un diad√®me classique, mais sur le sceau de Matthias Corvin de 1464, elle commence √† ressembler davantage √† la couronne d'√Čtienne Ier de Hongrie. La version d√©finitive des armoiries est √©labor√©e sous le r√®gne de Matthias II, au d√©but du XVIIe si√®cle. Son usage devient r√©gulier sous le r√®gne de Marie-Th√©r√®se d'Autriche.

Armorial de la Hongrie
Blason de Armorial de la Hongrie Blason
Parti, au premier fasc√© de huit pi√®ces de gueules et d‚Äôargent, au deuxi√®me de gueules √† la croix patriarcale patt√©e d‚Äôargent, issante d‚Äôune couronne d‚Äôor, plant√©e au sommet d‚Äôun mont de trois coupeaux de sinople. Le blason est timbr√© de la couronne de saint √Čtienne.
Détails
Les √©l√©ments composant le blason actuel sont apparus selon l'ordre suivant. La croix de Lorraine est le symbole national hongrois, √Čtienne Ier de Hongrie ayant re√ßu le titre de roi apostolique du pape Sylvestre II (la croix de Lorraine est appel√©e √©galement la croix apostolique) en raison de sa participation active √† la christianisation du pays. Elle est utilis√©e depuis le r√®gne de Charles-Robert Ier, membre de la dynastie angevine, d√©tentrice de la couronne hongroise au XIVe si√®cle. Les trois collines sont le produit des rapports dynastiques avec Naples au XIIIe si√®cle. Au d√©but, la croix de Lorraine reposait sur trois pieds. Ensuite, ces trois pieds sont devenus des collines blanches, qui se sont encore transform√©es pour donner celles que nous avons aujourd'hui. L'association de la croix et des collines est √©galement pr√©sente dans les armoiries de la Slovaquie. Les bandes rouges et blanches sont apparues √† la fin du XIIe, d√©but XIIIe : elles sont les couleurs, dispos√©es ainsi, de la banni√®re d'√Ārp√°d, fondateur de la premi√®re dynastie des rois de Hongrie et chef des tribus magyares lors de l'Honfoglal√°s en 896. La couronne sous la croix de Lorraine est quant √† elle pr√©sente depuis 600 ans.
Statut officiel
Drapeau hongrois.

Le drapeau de la Hongrie est composé de trois bandes horizontales rouge (dessus), blanche et verte. Sa forme tricolore est inspirée du drapeau français et des idées de la Révolution de 1789 alors que ses couleurs sont une reprise des armoiries historiques de la Hongrie. Le drapeau fait sa première apparition lors de la Révolution hongroise de 1848 mais ne s'impose au sein de l'Autriche-Hongrie bicéphale qu'en 1867. Jusqu'en 1945, le drapeau est frappé d'une couronne royale en son centre. La loi fondamentale de la Hongrie entrée en vigueur en 2012 donne une interprétation officielle des couleurs : le rouge pour la force, le blanc pour la fidélité, le vert pour l'espoir.

La figuration d'un blason sur sa partie centrale a été l'objet de forts enjeux symboliques durant tout le XXe siècle. Lors de l'insurrection de Budapest en 1956, les insurgés découpent les armes du régime communiste et leur préfèrent un trou symbole de la liberté retrouvée. La forme actuelle du drapeau est ainsi adoptée en 1957. Depuis 1990, la version blasonnée est tolérée et parfois utilisée par les pouvoirs publics.

Il existe trois f√™tes officielles en Hongrie. Le 15 mars, le Nemzeti √ľnnep (¬ę f√™te nationale ¬Ľ) comm√©more la R√©volution hongroise de 1848. Le 20 ao√Ľt, le Szent Istv√°n √ľnnepe (¬ę f√™te de saint √Čtienne ¬Ľ, f√™te de l'√Čtat) c√©l√®bre la fondation de l'√Čtat hongrois en 1000. Enfin, le 23 octobre, le Forradalom √ľnnepe est organis√© en l'honneur de l'insurrection de Budapest de 1956. Selon l'article J de la nouvelle loi fondamentale, le 20 ao√Ľt occupe d√©sormais le premier rang puisque c'est la seule ¬ę f√™te d'√Čtat officielle ¬Ľ (hivatalos √°llami √ľnnep).

Regalia

Le trésor de la couronne royale exposé sous la coupole du Parlement à Budapest.

Les regalia sont les symboles de la souverainet√© hongroise. Elles sont constitu√©es de plusieurs pi√®ces : la couronne de saint √Čtienne (Szent Istv√°n Korona), le sceptre (jogar), l'orbe (orsz√°galma), le manteau du couronnement (pal√°st) et l'√©p√©e (kard).

La couronne des rois de Hongrie √©tait utilis√©e depuis le XIIIe si√®cle. Chaque couronnement fait r√©f√©rence √† celui d‚Äô√Čtienne Ier, couronn√© roi de Hongrie le avec une couronne envoy√©e par le pape Sylvestre II. La couronne avait √©t√© apport√©e par le l√©gat Ast√©ric (ou Anastase), futur archev√™que d‚ÄôEsztergom. La couronne que l‚Äôon peut voir aujourd‚Äôhui est diff√©rente de l‚Äôoriginal. √Čtienne Ier perdit son fils unique et renvoya avant de mourir sa couronne au Vatican, en signe de soumission. Depuis, elle a √©t√© vol√©e et on perd sa trace au XVIe si√®cle.

Les spécialistes considèrent que la couronne actuelle se compose d’une partie byzantine (corona græca), datant des années 1070. Cette dernière a été offerte par le basileus Michel VII à la princesse Synadene, qui était l’épouse du roi Géza Ier. L’autre partie est plus récente et a probablement été ajoutée au XIIIe siècle, sous le règne de Béla III de Hongrie.

La l√©gende veut que la croix surmontant la couronne du roi de Hongrie soit pench√©e en raison d'un voyage mouvement√© entre Rome et la Hongrie, le pape Sylvestre II ayant fait envoyer ladite couronne par une escorte √† cheval. Ab√ģm√©e au cours de ce voyage, la couronne aurait √©t√© apport√©e ainsi au roi √Čtienne Ier (Istv√°n Ier). Il pourrait s'agir aussi du fait que lorsque les Turcs ont envahi le pays, elle aurait √©t√© enterr√©e pour √™tre cach√©e, mais d√©form√©e.

Cas unique en Europe, les regalia m√©di√©vales de Hongrie sont toutes parvenues jusqu‚Äô√† nos jours, mis √† part les chausses qui ont br√Ľl√© pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis le , elles sont conserv√©es au Parlement hongrois, sauf le manteau du couronnement qui est visible au mus√©e national hongrois. Le sceptre du Xe si√®cle est surmont√© d‚Äôune boule de cristal grav√©e de lions. L‚Äô√©p√©e est une production italienne du XIVe si√®cle. L‚Äô√©p√©e du couronnement d‚Äô√Čtienne Ier est gard√©e dans la cath√©drale Saint-Vitus depuis 1368.

Géographie

Topographie et hydrographie

La Hongrie pr√©sente une altitude moyenne de 200 m√®tres. Bien qu'il existe quelques sommets montagneux, seuls 2 % du territoire national d√©passent les 300 m d'altitude. Le point culminant de la Hongrie est le K√©kes dans les monts M√°tra qui culmine √† 1 014 m√®tres. Le point le plus bas est situ√© √† Csongr√°d-Csan√°d pr√®s de la rivi√®re Tisza √† 77,6 m de hauteur. Les principales rivi√®res du pays sont le Danube et la Tisza, dont 444 km sont navigables. Les affluents mineurs du Danube se trouvent aux abords de la fronti√®re croate : il s'agit de la Drave, du Raab, du Some»ô, du Si√≥ et de la fronti√®re slovaque : l'Ipeńĺ.

Situ√© dans la moiti√© ouest du pays, le lac Balaton est le lac le plus vaste d'Europe centrale (592 km2) devan√ßant le lac L√©man (581 km2) et le lac de Constance (536 km2). Vient ensuite le lac FertŇĎ cog√©r√© avec l'Autriche (82 km2 se trouvent en Hongrie). Parmi les autres lacs importants figurent le lac de Velence (¬ę lac de Venise ¬Ľ) et le lac Tisza.

Géologie et géomorphologie

Bien que l'altitude de la plus grande partie du pays n'exc√®de pas 300 m√®tres, on trouve plusieurs cha√ģnes de montagnes moyennes en Hongrie. Il existe quatre r√©gions g√©ographiques montagneuses, d'ouest en est : Alpokalja, massif de Transdanubie, Mecsek, massif du Nord. L'Alpokalja (en allemand : Alpenenstrand, les ¬ę contreforts des Alpes ¬Ľ) est situ√© le long de la fronti√®re avec l'Autriche. Son point culminant est le K√©kes, ou K√©kestetŇĎ (1 014 m). Le massif de Transdanubie s'√©tend du lac Balaton jusqu'au Danube pr√®s de Budapest o√Ļ elles rencontrent le massif du Nord et culminent √† 757 m (Pilis). Mecsek est la cha√ģne montagneuse la plus m√©ridionale, situ√©e au nord de P√©cs. Son point culminant est le ZengŇĎ (682 m). Le massif du Nord s'√©tend au nord de Budapest et se d√©ploie vers le nord-est en direction du sud de la fronti√®re avec la Slovaquie. Ses hautes cr√™tes tr√®s bois√©es sont riches en minerai de charbon et de fer. L'extraction de minerai est une ressource importante de la r√©gion et fut d'ailleurs la base de l'industrie des cit√©s avoisinantes. La viticulture est aussi importante avec la culture du fameux Tokay. Son point culminant est le K√©kes, situ√© dans la cha√ģne du M√°tra.

Climat et sols

Carte topographique de la Hongrie.

La Hongrie se situe au carrefour de quatre influences climatiques. D'une part, l'influence continentale de l'Europe de l'Est produit des saisons marquées avec des températures fortement négatives en hiver et élevées en été, mais tempérées par les masses d'air de la façade atlantique. D'autre part, c'est dans le bassin des Carpates que se rencontrent les influences sibériques du nord et l'influence méditerranéenne des Balkans.

La temp√©rature moyenne annuelle est de 8 √† 12 ¬įC, ce qui est relativement √©lev√©, avec des amplitudes de 20 √† 2 ¬įC. En janvier, la temp√©rature varie entre ‚ąí4 ¬įC et 7 ¬įC. Le nombre d'heures d'ensoleillement par an oscille entre 1 700 et 2 100 heures, avec les p√©riodes les plus importantes dans l'Alf√∂ld et les plus courtes dans les r√©gions montagneuses du nord. La pluviom√©trie annuelle moyenne est de 500 √† 1 000 mm (500- √† 600 mm dans l'Alf√∂ld et de 800 √† 1 000 mm dans les montagnes). Les vents dominants viennent du nord-ouest. La temp√©rature la plus basse jamais enregistr√©e en Hongrie a √©t√© ‚ąí35 ¬įC le √† G√∂r√∂mb√∂lytapolca pr√®s de Miskolc. La plus haute temp√©rature jamais enregistr√©e a √©t√© 41,9 ¬įC le √† Kiskunhalas.

Les terres arables sont une importante ressource naturelle pour la Hongrie. Elles couvrent 49,58 % de la superficie du pays, c'est-à-dire une partie très importante comparée aux autres pays du monde[10]. La plus grande partie de ces terres est de bonne qualité.

Aires faunistiques et floristiques

La Hongrie compte une dizaine de parcs nationaux, 145 réserves naturelles et 35 aires protégées. Les parcs nationaux de Aggtelek et de Hortobágy sont également inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de patrimoine naturel.

La population de loutres de Hongrie est la plus grosse d'Europe avec plus de 10 000 individus.

Sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco

La Hongrie compte 8 sites classés Unesco, dont 7 sites culturels et un naturel.

Budapest, Holl√≥kŇĎ, Grottes du karst d‚ÄôAggtelek, Abbaye b√©n√©dictine de Pannonhalma, Parc national de Hortob√°gy, N√©cropole pal√©ochr√©tienne de P√©cs, Paysage culturel de Fert√∂, Paysage culturel historique de la r√©gion viticole de Tokaj[11].

Réseau européen Natura 2000

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.

En décembre 2018, la Hongrie comptait 525 sites dont :

La superficie totale est de 19 949 km2, ce qui repr√©sente 21,4 % de la surface terrestre du territoire de la Hongrie[12].

Cartographie des sites Natura 2000 de la Hongrie

Histoire

Proto-histoire et Antiquité

A magyarok bej√∂vetele, l'arriv√©e des Magyars dans la plaine danubienne, par √Ārp√°d Feszty.

Vers 350 av. J.-C., aux Illyriens (en Pannonie), aux Agathyrses (dans la plaine danubienne) et aux Thraces (dans le bassin de la Tisza) vivant dans le bassin hydrographique du moyen-Danube s'ajoutent des Scythes et des Celtes puis, au Ier si√®cle, les Romains qui occupent la rive occidentale du Danube et transforment la Pannonie en province romaine. Au IVe si√®cle celle-ci subit les invasions des Ostrogoths, eux-m√™mes contraints de quitter la r√©gion en 409 par la pouss√©e des G√©pides, Huns et Avars √† l'est. Au VIe si√®cle arrivent les Slaves puis, au IXe si√®cle, des tribus magyares chass√©es par les Petch√©n√®gues de l'Etelk√∂z (o√Ļ subsistent n√©anmoins les Cs√°ng√≥). Men√©es par √Ārp√°d, elles franchissent le col de Verecke et s'installent dans la grande plaine.

Cette installation (Honfoglalás) permet d'offrir aux tribus une base arrière pour les nombreux raids entrepris vers l'Europe occidentale. Ceux-ci sont interrompus lors de la bataille du Lechfeld qui signe leur défaite devant l'empereur germanique Otton Ier du Saint-Empire. Dès lors, les tribus organisent leur domination militaire dans la plaine danubienne, y assimilent les populations déjà sédentarisées (comme les Slaves) et forment ainsi l'embryon du territoire et de la nation hongroise.

Naissance du royaume de Hongrie

√Ä la fin du Xe si√®cle, le prince G√©za, descendant d'√Ārp√°d, impose sa domination sur toutes les tribus et se fait baptiser avec toute sa famille. Lors de sa succession, le jeune Vajk, futur √Čtienne Ier de Hongrie, d√©fend l'alliance avec l'Europe occidentale et l'√Čglise de Rome contre Kopp√°ny qui, lui, s'√©tait alli√© √† Byzance. Ainsi, le couronnement d'√Čtienne Ier de Hongrie en l'an 1000, avec la b√©n√©diction du pape Sylvestre II, signe √† la fois la naissance formelle du royaume de Hongrie et l'inscription du nouvel √Čtat dans le giron occidental.

Vajk megkeresztel√©se, le bapt√™me de Vajk, futur √Čtienne Ier de Hongrie, par Gyula Bencz√ļr.

L'organisation d'un clerg√© hongrois est le signe de la reconnaissance de l'ind√©pendance du royaume, notamment face au Saint-Empire romain germanique. Assur√© de sa l√©gitimit√©, le roi √Čtienne renforce son pouvoir sur la noblesse naissante et occupe la Transylvanie. Le syst√®me tribal est alors remplac√© par une organisation du royaume en comitats (v√°rmegye), banats (b√°ns√°g) et un vo√Įvodat transylvain (vajdas√©g) √† laquelle s'ajoute sous le r√®gne de Ladislas Ier de Hongrie le royaume de Croatie en union personnelle (Horv√°t kir√°lys√°g). La mort du roi √Čtienne en 1038 ouvre une longue p√©riode de conflits autour de sa succession, menant √† une vassalisation du royaume envers l'Empereur germanique. Le r√®gne d'Andr√© Ier de Hongrie entre 1047 et 1060 marque un retour √† l'ind√©pendance. La politique d'expansion est poursuivie par Coloman jusque dans les Balkans et vers le bas-Danube (vassalisation de la Serbie, Valachie, Moldavie)[13], mais est contrari√©e par la puissance byzantine sous Basile II. Le r√®gne de B√©la III de Hongrie entre 1172 et 1196 inaugure le premier apog√©e du royaume.

La bulle d'or (Aranybulla).

Progressivement, la noblesse hongroise tente de faire valoir son pouvoir au sein du royaume qui compte alors 2 000 000 d'habitants. En 1222, Andr√© II de Hongrie proclame la bulle d'or qui exon√®re la petite noblesse de l'imp√īt et limite les privil√®ges royaux. Le pouvoir royal est davantage affaibli par l'invasion mongole[14] et tatare en 1241 qui d√©peuple consid√©rablement le pays. Dans le sillage des Mongols et des Tatars sont signal√©s les premiers Roms[15]. Le royaume se dote alors d'un r√©seau de ch√Ęteaux forts afin d'assurer sa s√©curit√© et des villes se peuplent alors au b√©n√©fice d'une bourgeoisie de plus en plus active. En 1301, la mort d'Andr√© III de Hongrie signe la fin de la maison √Ārp√°d et le d√©but de la domination angevine.

C'est sous la dynastie Anjou-Luxembourg que la Hongrie conna√ģt son deuxi√®me apog√©e avec le renforcement du pouvoir royal par Charles Ier Robert et l'extension du territoire sous le r√®gne de Louis Ier le Grand. Le royaume de Hongrie int√®gre alors la Bosnie et compte sur ses flancs Sud et Est une douzaine de b√°ns√°g et de vajdas√©g vassaux, peupl√©s de slaves (t√≥tok) et de valaques (ol√°hok) b√©n√©ficiant de franchises nomm√©es vlach jog. Successeur de Charles Ier Robert, Sigismond Ier du Saint-Empire cumule la couronne imp√©riale, celle de Hongrie et celle de Boh√™me mais perd la Dalmatie au profit de Venise. Sur le plan int√©rieur, il doit faire face √† la mont√©e en puissance du pouvoir urbain. De 1437 √† 1440, sa succession ouvre une √©ni√®me p√©riode de troubles durant laquelle les Jagellons prennent le pouvoir.

Miniature ottomane représentant la bataille de Mohács.

Apr√®s la mort de Ladislas III Jagellon √† Varna lors d'une offensive hongroise, serbe et roumaine contre l'Empire ottoman en 1444, la r√©gence du royaume revient √† Jean Hunyadi, vo√Įvode (vajda) de Transylvanie. Celui-ci contient l'avanc√©e ottomane devant Belgrade en 1456 mais meurt peu apr√®s. La Hongrie est alors un pays peupl√© de 4 000 000 d'habitants, prosp√®re malgr√© le contr√īle commercial exerc√© par les Allemands. L'acc√®s au tr√īne de Matthias Corvin signe le d√©but de la Renaissance en Hongrie. Sous son r√®gne, l'administration est r√©organis√©e et centralis√©e et le pouvoir bourgeois favoris√© face √† l'aristocratie. Il conquiert la Boh√™me, la Moravie et la Sil√©sie tout en d√©veloppant dans sa capitale Buda une cour florissante, foyer centre-europ√©en de l'humanisme. Son r√®gne laisse un souvenir amer √† la noblesse, qui choisit pour lui succ√©der un prince plus faible : Vladislas IV de Boh√™me. Les magnats reprennent le pouvoir et entra√ģnent l'affaiblissement du royaume. La d√©faite hongroise, lors de la bataille de Moh√°cs en 1526, face √† l'Empire ottoman, signe la partition du pays entre les territoires occup√©s et les lambeaux de la Hongrie royale.

Hongrie ottomane, Hongrie royale et indépendance de la Transylvanie

En 1526, le royaume de Hongrie est divis√© en deux, puis en trois parties. Ferdinand Ier du Saint-Empire s'empare de la Haute-Hongrie (actuelle Slovaquie) et de l'Ouest du royaume tandis que le vo√Įvode de Transylvanie, Jean Ier Zapolya, conserve le Centre et l'Est. √Ä sa mort en 1540, Soliman le Magnifique, sultan ottoman, occupe la plaine danubienne et prend Buda. La principaut√© de Transylvanie (agrandie du Nord-Est de la Hongrie royale, le partium) a le choix entre deux vassalit√©s : envers les Autrichiens ou envers les Turcs : les vo√Įvodes choisissent la seconde option, qui leur laisse plus d'ind√©pendance, tant politique que religieuse (pacte de tol√©rance). Entre 1591 et 1606, les Habsbourgs utilisent leur arm√©e pour faire pression sur la Haute-Hongrie et la Transylvanie. √Čtienne II Bocskai m√®ne alors un soul√®vement qui pousse l'Empire autrichien √† reconna√ģtre les privil√®ges de la Hongrie royale et la souverainet√© de la Transylvanie. Alors que Buda est occup√©e, la capitale hongroise devient Pressburg (actuelle Bratislava).

En Transylvanie, le prince Georges Ier R√°k√≥czi (1630 ‚Äď 1648) m√®ne une politique de libert√© et de tol√©rance politique et religieuse. Mais la politique belliqueuse de Georges II R√°k√≥czi envers l'Empire ottoman provoque une r√©action des Turcs qui alourdissent la vassalit√© de la Transylvanie, en r√©duisent le territoire et affaiblissent ainsi les ressources strat√©giques de la Hongrie royale qui tombe sous la coupe des Habsbourg. Sous L√©opold Ier d'Autriche, la Hongrie royale est le th√©√Ętre d'une r√©volte opposant la noblesse et la paysannerie au nouveau pouvoir central autrichien. L'insurrection est contenue lorsque les arm√©es autrichiennes reconqui√®rent la plaine danubienne contre les Ottomans (paix de Karlowitz en 1699). Cette avanc√©e autrichienne (et catholique) est suivie par un vaste soul√®vement nobiliaire (surtout protestant) men√© par le prince transylvain Fran√ßois II R√°k√≥czi, proclam√© prince souverain en 1704. La r√©pression de ce soul√®vement s'ach√®ve par la restauration du territoire royal et par un changement de vassalit√© en Transylvanie, qui √©chappe aux sultans pour devenir un grand-duch√© autrichien. Les r√©voltes nobiliaires ne cessent pas pour autant : en 1707, la Di√®te de Hongrie proclame (vainement) la d√©ch√©ance des Habsbourg et l'ind√©pendance de la Hongrie.

De la domination autrichienne au compromis de 1867

Carte de l'Autriche (rouge)-Hongrie (vert) avec la Bosnie-Herzégovine (jaune) jusqu'en 1918.

Les magnats hongrois n√©gocient alors un compromis avec la maison autrichienne et favorisent l'arriv√©e au pouvoir de Charles VI d'Autriche. En 1715, celui-ci proclame ainsi l'indivisibilit√© de la Hongrie et des provinces h√©r√©ditaires des Habsbourg. Ceux-ci organisent l'installation de colons allemands dans toute la plaine danubienne, sp√©cifiquement sur les rives du fleuve (Allemands du Banat). Apr√®s plusieurs tentatives des souverains autrichiens de r√©former l'administration et imposer l'allemand comme langue de la Cour, L√©opold II d'Autriche reconna√ģt en 1792 la sp√©cificit√© des lois et des coutumes hongroises. La R√©volution fran√ßaise de 1789 cr√©e une union sacr√©e de la noblesse hongroise autour de la maison imp√©riale, mais les id√©es lib√©rales et nationales se diffusent malgr√© tout en Hongrie et donnent naissance √† un courant r√©formiste important, revendiquant l'√©galit√© devant la loi et devant l'imp√īt et la fin des privil√®ges.

Ce courant est incarn√© par Ferenc K√∂lcsey, Ferenc De√°k et Lajos Kossuth, r√©volutionnaires qui proclament en 1848 l'unification de la Hongrie, comprenant la Hongrie royale, la Croatie et la Transylvanie, et revendiquent l'ind√©pendance face √† l'empire d'Autriche. Mais, en Croatie et Transylvanie, les r√©volutionnaires locaux r√©clamaient leur propre ind√©pendance, que Kossuth leur refusait. Les Autrichiens en profit√®rent pour rallier √† leur cause l'avocat transylvain Jank√≥ √Āvr√°m qui l√®ve des troupes contre Kossuth, et le g√©n√©ral croate Josip Jelańćińá, qui prend la t√™te d'une arm√©e et envahit la Hongrie. Pour y faire face, Kossuth constitue un Comit√© national de d√©fense qui parvient √† refouler les troupes croates et r√©prime le soul√®vement transylvain. Alors que l'ind√©pendance de la Hongrie est proclam√©e, l'Autriche fait appel au tsar Nicolas Ier de Russie pour mater le gouvernement r√©volutionnaire. Les Habsbourg organisent alors la r√©pression et imposent leur pouvoir par la force. En 1866, l'affaiblissement de l'empire sur le front italien et surtout la d√©faite contre la Prusse les incitent √† apaiser les tensions internes. C'est ce long processus qui aboutit au Compromis austro-hongrois de 1867 et √† la naissance de l'Autriche-Hongrie.

L'Empire des Habsbourg est alors partag√© entre l'empire autrichien et le royaume hongrois. Ce dernier se dote d'un syst√®me bicam√©ral : une Chambre des magnats et une Chambre des repr√©sentants, mais elle reste li√©e √† l'Autriche par la dynastie Habsbourg et la concentration des affaires √©trang√®res, des finances et de la guerre au sein d'un minist√®re d'Empire. Les privil√®ges des magnats et le syst√®me √©lectoral laissent les minorit√©s non-magyares, soit 55 % de la population de la Grande Hongrie, sans repr√©sentation parlementaire, et, de plus, la politique de magyarisation forc√©e des minorit√©s dresse les Croates, les Slovaques, les Ruth√®nes, les Roumains, les Serbes et m√™me les Allemands contre les Hongrois. L'Autriche-Hongrie, ayant perdu la Premi√®re Guerre mondiale, est le premier √Čtat vis√© par les ¬ę 14 points ¬Ľ du pr√©sident am√©ricain Woodrow Wilson, visant √† d√©membrer cet empire multiculturel, que L√©nine avait qualifi√© de ¬ę prison des peuples ¬Ľ. Apr√®s des √©meutes √† Budapest en 1918, un Conseil national, compos√© d'ind√©pendantistes, de sociaux-d√©mocrates et de radicaux, men√© par Mih√°ly K√°rolyi refuse le pouvoir √† Charles IV et proclame la R√©publique d√©mocratique hongroise le .

La Hongrie au gré des guerres mondiales

Plan des Habsbourg pour réunir, en cas de victoire, les couronnes d'Autriche, de Hongrie et de Roumanie en 1918.
Groupes ethno-linguistiques du royaume de Hongrie en 1910.

L'effondrement de l'Autriche-Hongrie √† l'issue de la Premi√®re Guerre mondiale entra√ģne son √©clatement selon le principe des √Čtats-nations. Les ind√©pendantistes hongrois prennent le pouvoir √† Budapest le 30 octobre et, le 16 novembre, la R√©publique d√©mocratique hongroise est proclam√©e, mais le gouvernement de Mih√°ly K√°rolyi ne parvient pas √† emp√™cher les minorit√©s de l'ancien royaume de Hongrie de proclamer leurs propres ind√©pendances ou unions avec des pays voisins. En d√©cembre 1918, la Grande Hongrie est d√©membr√©e de facto. En avril 1919, les communistes de B√©la Kun, alli√©s aux sociaux-d√©mocrates, prennent le pouvoir et proclament la R√©publique des conseils de Hongrie, deuxi√®me r√©gime communiste de l'histoire apr√®s la Russie sovi√©tique. Le r√©gime ne dure que trois mois : une attaque contre la Tch√©coslovaquie et la Roumanie, visant √† r√©cup√©rer les territoires perdus, tourne √† la d√©b√Ęcle et les communistes sont chass√©s du pouvoir.

L'entre-deux-guerres ouvre une p√©riode paradoxale pour le pays. D'une part, elle signe l'√©mancipation de la Hongrie de sa voisine autrichienne et le recouvrement de sa souverainet√©. D'autre part, l'ancienne Hongrie royale se voit amput√©e de 32 % de magyarophones et des deux tiers de son territoire, dont son acc√®s √† la mer, la totalit√© de ses mines d'or, d'argent, de mercure, de cuivre et de sel, cinq de ses dix villes les plus peupl√©es et entre 55 % et 65 % des for√™ts[16], en vertu de l'application du trait√© de Trianon en 1920. Cette partition se fait au nom de deux principes : celui d'√Čtat-nation cher aux √Čtats-Unis et celui de la permanence des fronti√®res cher aux g√©ographes fran√ßais. C'est ce dernier principe qui motive les congressistes √† c√©der ainsi √† la Tch√©coslovaquie les rives septentrionales du Danube pourtant majoritairement peupl√©es de Hongrois, entre Bratislava et KoŇ°ice. √Ä la t√™te d'un royaume sans roi et d'un pays sans acc√®s √† la mer, l'amiral Mikl√≥s Horthy instaure une p√©riode de r√©gence aux orientations tr√®s conservatrices. Sa politique irr√©dentiste le pousse dans les bras de l'Allemagne nazie en 1940. La Hongrie r√©cup√®re d'abord le Nord de la Transylvanie au d√©triment de la Roumanie en ao√Ľt 1940, puis participe en 1941 √† l'invasion de la Yougoslavie, r√©cup√©rant ainsi la Vo√Įvodine et s'engage ensuite sur le front de l'Est lors de l'invasion de l'URSS.

Du pacte de Varsovie à la construction européenne

En 1944, Mikl√≥s Horthy proclame la neutralit√© de son pays alors que les arm√©es sovi√©tiques et roumaines franchissent les fronti√®res hongroises. La Hongrie est alors envahie √† l'ouest par l'Allemagne, qui renverse Horthy et le remplace par le dirigeant hungariste Ferenc Sz√°lasi, chef du parti fasciste hongrois des Croix fl√©ch√©es. Les Sovi√©tiques et les Roumains chassent les Allemands de Hongrie en avril 1945. Occup√©e par l'URSS, la R√©publique hongroise est soumise √† une prise de pouvoir progressive par les communistes hongrois dont les Sovi√©tiques imposent la pr√©sence au sein du gouvernement de coalition de l'apr√®s-guerre. La Hongrie signe le Trait√© de Paris en 1947, aux c√īt√©s des autres r√©gimes vaincus par les Alli√©s. M√°ty√°s R√°kosi, secr√©taire g√©n√©ral du Parti des travailleurs hongrois, devient le principal dirigeant de la R√©publique populaire de Hongrie, nouveau r√©gime communiste officiellement proclam√© le .

Véhicule de transport blindé soviétique BTR-152 en flammes à Budapest en novembre 1956.

Le , la Hongrie se soul√®ve contre l'URSS. Initi√©e en faveur du soutien au Premier ministre r√©formateur Imre Nagy, l'insurrection de Budapest est √©cras√©e entre le 4 et le 11 novembre par l'arm√©e sovi√©tique, tuant 3 000 personnes et entra√ģnant le d√©part de plus de 200 000 Hongrois. J√°nos K√°d√°r devient Premier ministre et premier secr√©taire du Parti socialiste ouvrier hongrois, nouveau nom du parti unique. Imre Nagy et ses compagnons sont arr√™t√©s et ex√©cut√©s deux ans plus tard. En 1968, K√°d√°r introduit le ¬ę nouveau m√©canisme √©conomique ¬Ľ, ouvrant l'√©conomie administr√©e √† un petit secteur priv√©. Il s'agit du ¬ę socialisme du goulash ¬Ľ tenu pour responsable de la relative prosp√©rit√© de l'√©conomie hongroise en comparaison des autres √Čtats satellites de l'URSS en Europe. En 1988, J√°nos K√°d√°r, malade, doit quitter le pouvoir. Le communiste r√©formateur Mikl√≥s N√©meth prend sa succession.

Le , la Hongrie autorise le d√©mant√®lement du rideau de fer √† la fronti√®re autrichienne. Ex√©cut√© par le r√©gime, Imre Nagy est √©galement r√©habilit√© lors d'une grande c√©r√©monie nationale. Le , le Parti socialiste ouvrier hongrois est dissous et remplac√© par le Parti socialiste hongrois. Le , le pr√©sident de la R√©publique M√°ty√°s SzŇĪr√∂s met fin √† la R√©publique populaire de Hongrie et proclame solennellement la nouvelle r√©publique de Hongrie. Apr√®s la chute de l'Union sovi√©tique en 1991, la Hongrie rejoint le giron de l'Europe occidentale et adh√®re √† l'OTAN en 1999 et √† l'Union europ√©enne le . Avec la Pologne, la Slovaquie et la Tch√©quie, elle forme le groupe de Visegr√°d.

Alors que les deux d√©cennies de la transition sont marqu√©es par un jeu politique √©quilibr√© entre la gauche et la droite √† la t√™te du pays, le parti conservateur Fidesz remporte les √©lections parlementaires √† une √©crasante majorit√© au printemps 2010. Marginalis√©s, les partis progressistes MSzP et LMP ne parviennent pas √† emp√™cher le Premier ministre Viktor Orb√°n de faire adopter le par l'Orsz√°ggyŇĪl√©s une nouvelle loi fondamentale. Entr√©e en vigueur le , elle inscrit dans le marbre de nombreuses dispositions tr√®s conservatrices. Ce changement constitutionnel s'accompagne d'un activisme l√©gislatif tr√®s important permettant un remodelage profond de l'organisation institutionnelle et politico-administrative du pays et laissant entrevoir le retour d'un √Čtat fort.

Organisation politico-administrative

Organisation de l'√Čtat

Le Parlement hongrois, o√Ļ si√®ge l'Assembl√©e nationale (Orsz√°ggyŇĪl√©s).

Le pr√©sident de la R√©publique est √©lu au suffrage indirect par l'Assembl√©e nationale (Orsz√°ggyŇĪl√©s) tous les cinq ans. Il est le chef de l'√Čtat et le garant des institutions. Il nomme le Premier ministre qui compose son gouvernement et √† qui il appartient seul le droit de r√©voquer les ministres. Chaque nomination minist√©rielle doit faire l'objet d'auditions consultatives devant des commissions parlementaires et √™tre formellement approuv√©e par le pr√©sident.

L'Assemblée nationale est la chambre unique du Parlement hongrois. Il comprend 199 membres (386 jusqu'aux dernières élections) et exerce le pouvoir législatif en votant des lois d'initiative gouvernementale ou parlementaire. Un parti doit gagner au moins 5 % au niveau national pour former une faction parlementaire. Les élections législatives ont lieu tous les quatre ans.

La Cour constitutionnelle, composée de 15 membres, juge de la constitutionnalité des lois.

Collectivités territoriales et collectivités des minorités

La loi LXV de 1990 sur les collectivités territoriales (helyi önkormányzat) est considérée comme l'un des actes juridiques les plus importants de la transition post-communiste car elle redéfinit profondément le maillage administratif de la Hongrie avec comme objectif la création d'un système de démocratie locale en rupture totale avec le système communiste. Il s'agit alors de redistribuer les différentes compétences administratives de façon à réduire substantiellement le pouvoir des comitats, considérés alors comme les pivots de l'ancienne nomenclature administrative socialiste. Le modèle privilégié est alors le contenu de la Charte du Conseil de l'Europe sur les collectivités locales.

La localit√© (telep√ľl√©s) correspond au d√©coupage politique ultime du territoire hongrois. On y distingue trois cat√©gories : les communes (k√∂zs√©g), les villes (v√°ros) et les villes de droit comital (megyei jog√ļ v√°ros). La localit√© est une collectivit√© locale (telep√ľl√©si √∂nkorm√°nyzat) dirig√©e par un conseil local et un bourgmestre (polg√°rmester) √©lus tous les quatre ans au suffrage universel ainsi qu'un organe administratif de l'√Čtat, op√©rateur de l'administration publique et de services obligatoires d√©finis par la loi. La Hongrie compte 3 152 localit√©s pour presque dix millions d'habitants. La localit√© correspond au niveau LAU 2 de la nomenclature d'unit√©s territoriales statistiques europ√©enne.

Le comitat (v√°rmegye) est la subdivision politique interm√©diaire entre l'√Čtat et les localit√©s. Au nombre de 19, on y ajoute traditionnellement Budapest, qui b√©n√©ficie cependant d'un statut particulier. Les comitats maillent le territoire hongrois de mani√®re contigu√ę. En raison de la centralisation politico-administrative de la Hongrie, les comp√©tences des collectivit√©s comitales (v√°rmegyei √∂nkorm√°nyzat) restent tr√®s limit√©es. Celles-ci concernent les services qui s'appliquent sur l'ensemble du territoire comital, les √©tablissements scolaires secondaires (coll√®ges), les √©tablissements m√©dicaux sp√©cialis√©s ainsi qu'un r√īle de coordination de l'am√©nagement du territoire. De plus, elles ne s'appliquent pas aux villes de droit comital qui disposent de leur propre conseil comital (v√°rmegyei k√∂zgyŇĪl√©s) superpos√© au conseil local. Le comitat correspond au niveau NUTS 3 de la nomenclature d'unit√©s territoriales statistiques europ√©enne.

Chaque chef-lieu de comitat est une ville de droit comital. S'y ajoutent cinq autres villes de plus de 50 000 habitants :

Il existe treize minorités nationales, ethniques et religieuses reconnues officiellement par la loi en Hongrie : les Bulgares, les Roms, les Grecs, les Croates, les Polonais, les Allemands, les Arméniens, les Roumains, les Ruthènes, les Serbes, les Slovaques, les Slovènes et les Ukrainiens.

La loi de 1993 leur donne le droit de voter √† l'√©chelle nationale ainsi qu'√† l'√©chelon de chaque collectivit√© territoriale (comitats et localit√©s) pour leurs propres repr√©sentants. Ces derniers forment des collectivit√©s des minorit√©s (kisebbs√©gi √∂nkorm√°nyzat) qui disposent de comp√©tences particuli√®res pour fixer le calendrier de leurs f√™tes et c√©l√©brations, contribuer √† la pr√©servation de leurs traditions et participer √† l'√©ducation publique. Ces collectivit√©s particuli√®res peuvent ainsi g√©rer des th√©√Ętres publics, des biblioth√®ques, des institutions scientifiques et artistiques, attribuer des bourses d'√©tudes et dispenser des services en direction de leur communaut√© (aides juridiques notamment).

Il faut au moins cinquante membres d'une minorit√© dans les villes de moins de 10 000 habitants pour former une collectivit√© communautaire et cent membres pour les villes plus peupl√©es. Dans les faits, ces collectivit√©s sont plus faciles √† former dans les grandes villes que dans les petites localit√©s. Les conditions de leur cr√©ation d√©pendent √©galement du taux de concentration des minorit√©s sur le territoire hongrois.

Outre les treize minorités officielles, les Juifs ainsi que les Bunjevci revendiquent régulièrement une reconnaissance publique. De manière plus anecdotique, des Hongrois clamant leur ascendance hunnique ont aussi déposé une demande officielle allant dans ce sens.

Magyars d'outre-frontières et diaspora hongroise

Répartition des Magyars d'outre-frontières dans les pays limitrophes, dont le Pays sicule.

Les Magyars d'outre-fronti√®res (hat√°ron t√ļli magyarok) d√©signent les populations magyares autochtones vivant sous le statut de minorit√© nationale ou de communaut√© ethnique dans les pays frontaliers de la Hongrie. Ils b√©n√©ficient d'un traitement sp√©cifique de la part de la loi hongroise qui leur permet d'acc√©der √† la citoyennet√© hongroise (magyar √°llampolg√°rs√°g), de b√©n√©ficier de bourses d'enseignements, de recevoir des aides financi√®res en faveur du maintien et du d√©veloppement de leur culture et de leur langue et de disposer d'organisations repr√©sentatives reconnues par le gouvernement hongrois. L'activisme l√©gislatif de la Hongrie √† l'√©gard de ces populations est souvent per√ßu par les pays voisins comme autant d'intrusions dans leurs affaires politiques nationales. Depuis deux ans, sous le gouvernement de Viktor Orb√°n, les Magyars d'outre-fronti√®res peuvent d√©sormais b√©n√©ficier du droit de vote, m√™me s'ils ne vivent pas sur le territoire hongrois.

La diaspora hongroise (magyar diaspora) désigne les citoyens hongrois (magyar állampolgárok) ayant émigré de Hongrie vers des pays du monde entier. Elle s'est surtout structurée par les différentes vagues d'émigrations de la Hongrie au cours du XXe siècle. On peut ainsi distinguer des premiers départs au début du siècle pour des raisons essentiellement économiques, en grande partie vers l'Europe occidentale et les Amériques, une émigration juive pendant et après la Seconde Guerre mondiale, une émigration politique lors de l'insurrection de Budapest en 1956 puis de manière plus sporadique quelques départs après la chute du communisme, mais davantage sous la forme d'expatriation que d'émigration définitive. Contrairement aux Magyars d'outre-frontières, la diaspora hongroise ne bénéficie pas de la même reconnaissance de la part du gouvernement hongrois. Ils n'ont par exemple pas le droit de vote s'ils ne disposent pas d'une résidence permanente en Hongrie.

Système éducatif

Le syst√®me √©ducatif hongrois est un syst√®me d√©centralis√©. Le Secr√©tariat d'√Čtat √† l'√Čducation fixe les conditions de scolarit√© ainsi que les exigences des √©preuves nationales sanctionnant le parcours scolaire. Les collectivit√©s locales sont propri√©taires des √©tablissements pr√©-√©l√©mentaires, √©l√©mentaires et secondaires. Chaque √©tablissement jouit d'une grande autonomie budg√©taire et de fonctionnement. Certains √©tablissements sont directement g√©r√©s par les collectivit√©s des minorit√©s et peuvent ainsi dispenser des cours dans les langues minoritaires, en plus du hongrois.

Le syst√®me √©ducatif est divis√© en plusieurs niveaux : pr√©-√©l√©mentaire (√≥voda) de 3 √† 6 ans, √©l√©mentaire (√°ltal√°nos iskola) de 6 √† 14 ans, secondaire (gimn√°zium) jusqu'√† 18 ans, professionnel (szakmunk√°sk√©pzŇĎ iskola) jusqu'√† 17 ans, technique (szakk√∂z√©piskola) jusqu'√† 18‚Äď19 ans et sup√©rieur. Il faut prendre √©galement en compte les √©coles de rattrapages (szakiskola).

Droit du travail

En d√©cembre 2018 deux nouvelles lois sur le droit du travail provoquent un mouvement de protestation soutenu par l‚Äôensemble des partis politiques en dehors de celui de l‚Äôex√©cutif [17]. Organis√©e √† l‚Äôappel des partis d‚Äôopposition, des syndicats et de mouvements issus de la soci√©t√© civile, la manifestation se poursuit en janvier 2019 pour d√©noncer la nouvelle loi sur les heures suppl√©mentaires qualifi√©e d‚Äô¬ę esclavagiste ¬Ľ ‚Äď les chefs d‚Äôentreprise peuvent exiger de leurs employ√©s jusqu‚Äô√† 400 heures suppl√©mentaires par an, soit l‚Äô√©quivalent de deux mois de travail, payables trois ans plus tard [18].

Politique étrangère et militaire

Avion MiG-29 de l'Armée hongroise.

Depuis le milieu des années 1990, la politique étrangère hongroise s'inscrit dans une démarche de convergence avec les objectifs de l'Union européenne. Après avoir déposé son adhésion le et ouvert les négociations le , la Hongrie devient membre de l'Union le et intègre l'espace Schengen le .

De par sa taille, la Hongrie ambitionne de devenir un acteur régional au sein d'une Europe centrale élargie, bien au-delà de ses pays frontaliers. Au nord, elle s'implique avec la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie à la construction du groupe de Visegrád, afin de renforcer les politiques de coopération régionale, notamment sur le plan économique et énergétique. Cet espace privilégié est cependant régulièrement soumis à de nombreuses perturbations liées à l'activisme politique de la Hongrie à l'égard des Magyars d'outre-frontières particulièrement nombreux en Slovaquie.

Au sud, la Hongrie est un soutien actif de l'int√©gration des pays balkaniques √† l'Union europ√©enne. Lors de la pr√©sidence hongroise du Conseil de l'Union europ√©enne en 2011, le gouvernement Ňďuvre √† faire progresser les dossiers de candidature de la Croatie et de la Mac√©doine[19]. La Hongrie est aussi √† l‚Äôorigine du processus de Szeged pour le soutien √† la d√©mocratisation de la Serbie, du Mont√©n√©gro, de l‚ÄôAlbanie, de la Mac√©doine et de la Bosnie-Herz√©govine et du processus de Ny√≠regyh√°za, √† destination de l‚ÄôUkraine. √Ä l'ouest et √† l'est, la Hongrie est un des principaux acteurs de la Strat√©gie europ√©enne du Danube (en), dont l'objectif est de valoriser le potentiel √©conomique du fleuve et de favoriser l'int√©gration politique des pays riverains.

Sur le plan de la géopolitique énergétique, la Hongrie est particulièrement active pour accueillir les projets South Stream et Nabucco afin de devenir une plaque tournante de l'énergie au sein de l'Union européenne. Dans le même esprit, le gouvernement hongrois poursuit une forte politique de coopération avec la Russie et la Chine en termes de construction de liaisons routières et ferroviaires de façon à devenir la porte d'entrée de l'Asie en Europe[20].

La participation de la Hongrie √† la communaut√© internationale passe surtout par son activit√© militaire au sein de l'OTAN et son alignement strat√©gique aux c√īt√©s des √Čtats-Unis. La Hongrie est engag√©e militairement sur plusieurs th√©√Ętres ext√©rieurs, dans le cadre de la PSDC ou de l‚ÄôOTAN : en Afghanistan (433 soldats), au Kosovo (223), √† Chypre (77), en Mac√©doine et en Bosnie.

Vie publique et corps intermédiaires

Représentation politique

Rassemblement de soutien au MSzP en 2006.

Entre 1990 et 2010, la d√©mocratie parlementaire a surtout √©t√© rythm√©e par les alternances successives entre le centre-droit repr√©sent√© par le Forum d√©mocrate hongrois (Magyar Demokrata For√ļm, MDF) puis par le Fidesz (Fidesz-Magyar Polg√°ri Sz√∂vets√©g) et le centre-gauche, repr√©sent√© par le Parti socialiste hongrois (Magyar Szocialista P√°rt, MSzP) et Alliance des d√©mocrates libres (Szabad Demokrat√°k Sz√∂vets√©ge, SzDSz). Ces alternances refl√®tent alors un certain √©quilibre des forces politiques proche de celui des d√©mocraties occidentales. La gauche hongroise est l'h√©riti√®re √† la fois des anciens r√©formateurs du Parti socialiste ouvrier hongrois (MSzMP devenu MSzP) et de ses opposants lib√©raux (SzDSz). Sa composante sociale-d√©mocrate majoritaire pr√īne le lib√©ralisme politique et √©conomique ainsi qu'une politique pro-europ√©enne volontaire. L'extr√™me gauche est scind√©e entre le Parti communiste ouvrier hongrois (Magyar Kommunista Munk√°sp√°rt, MKM) stalinien et la Gauche verte (Z√∂ld Baloldal P√°rt, ZB) altermondialiste. Depuis les derni√®res √©lections, un nouveau venu, La politique peut √™tre diff√©rente (Lehet m√°s a politika, LMP) de sensibilit√© √©cologiste a fait son apparition et en m√™me temps son entr√©e dans l'Orsz√°ggyŇĪl√©s. Enfin, la d√©faite de la gauche en 2010 est en train d'amener une profonde reconfiguration de l'√©chiquier politique comme l'illustre la fondation de la Coalition d√©mocratique (Demokratikus Koal√≠ci√≥, DK) ou encore d'Ensemble 2014 (Egy√ľtt 2014), respectivement par les anciens Premiers ministres socialistes Ferenc Gyurcs√°ny et Gordon Bajnai.

Manifestation de la Garde hongroise en 2009 à Békéscsaba.

La droite hongroise est quant √† elle issue d'anciens courants chr√©tiens-d√©mocrates, conservateurs et agrariens clandestins pendant le communisme (notamment le Parti civique ind√©pendant des petits propri√©taires et des travailleurs agraires, F√ľggetlen Kisgazda-, F√∂ldmunk√°s- √©s Polg√°ri P√°rt, FKgP). Si son premier objectif est la d√©collectivisation rapide du pays d√®s le d√©but des ann√©es 1990 ainsi que le d√©veloppement des institutions d√©mocratiques, elle endosse √† la fin des ann√©es 2000 des accents plus nationalistes et souverainistes. Cette √©volution est principalement le fait de Viktor Orb√°n, chef du Fidesz et autrefois proche du SzDSz. Elle se caract√©rise par une attitude revancharde sur le plan de la politique int√©rieure en votant des lois destin√©es √† poursuivre devant les tribunaux les principaux protagonistes du r√©gime communiste, mais aussi sur le plan de la politique √©trang√®re en cherchant √† reconstituer la communaut√© nationale hongroise au-dessus de la partition territoriale du trait√© de Trianon.

L'extr√™me droite hongroise a ses racines dans l'hungarisme, aliment√© par la nostalgie de la Grande Hongrie. Autrefois incarn√©e par le Parti hongrois de la justice et de la vie (Magyar Igazs√°g √©s √Člet P√°rtja, MI√ČP, aujourd'hui soutien du Fidesz-MPSz), elle est d√©sormais assimil√©e au Jobbik. Apr√®s des ann√©es de discr√©tion, l'extr√™me droite hongroise s'est illustr√©e ces derni√®res ann√©es par de nombreuses d√©monstrations de force, notamment par l'interm√©diaire des d√©fil√©s de la Garde hongroise, milice fasciste ouvertement anti-Roms, dans des villages du Nord-Est.

Le retour au pouvoir de Viktor Orb√°n apr√®s huit ans de gouvernement socialiste, alors que ses soutiens repr√©sentent les deux tiers de l'Orsz√°ggyŇĪl√©s, s'inscrit ainsi dans le prolongement du tournant nationaliste du Fidesz.

Représentation syndicale

Il existe six conf√©d√©rations syndicales en Hongrie membres du Conseil national de conciliation (Orsz√°gos √ČrdekegyeztetŇĎ Tan√°cs) aux c√īt√©s des organisations des employeurs et des repr√©sentants de l'√Čtat. La Conf√©d√©ration des syndicats autonomes (Auton√≥m Szakszervezetek Sz√∂vets√©ge) regroupe essentiellement les syndicats des secteurs de transport, de l'√©nergie et de l'industrie ; le Bloc des syndicats professionnels d√©fend les int√©r√™ts des ing√©nieurs, chercheurs et dipl√īm√©s de l'enseignement sup√©rieur (√Črtelmis√©gi Szakszervezeti T√∂m√∂r√ľl√©s) ; la Ligue d√©mocratique des syndicats ind√©pendants (F√ľggetlen Szakszervezetek Demokratikus Lig√°ja) est historiquement compos√©e d'employ√©s du secteur de l'√©nergie √©lectrique ; la Conf√©d√©ration nationale des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezetek Orsz√°gos Sz√∂vets√©ge) revendique son ancrage √† gauche ; la F√©d√©ration nationale des conseils de travailleurs (Munk√°stan√°csok Orsz√°gos Sz√∂vets√©ge) est affili√©e au syndicalisme chr√©tien ; enfin, le Forum pour la coop√©ration des syndicats (Szakszervezetek Egy√ľttmŇĪk√∂d√©si F√≥ruma) est proche du Parti socialiste hongrois. .

Médias

Depuis la transition d√©mocratique de 1989, les m√©dias - et en particulier les m√©dias publics - sont consid√©r√©s comme un instrument fondamental par les partis politiques pour transmettre leurs messages aux √©lecteurs et, pour cette raison, ne sont pas √† l'abri de toute influence politique[21]. Apr√®s 1989, les hommes politiques de gauche et les lib√©raux se sont efforc√©s de consolider leurs positions dans les m√©dias et ont essay√© d'exercer une fonction de contr√īle. Au lieu de laisser les m√©dias assumer leurs propres fonctions de contr√īle et d'information, une guerre m√©diatique a √©clat√©. Pour beaucoup, le p√©ch√© originel a √©t√© lorsque le pr√©sident de la t√©l√©vision publique a refus√© de diffuser une interview du Premier ministre J√≥zsef Antall, peu avant les √©lections municipales de 1990, en la qualifiant de d√©claration de parti politique[21]. D√®s le d√©but du retour √† la d√©mocratie, les lib√©raux de gauche ont ainsi essay√© de dominer les m√©dias, tandis que les conservateurs pensaient qu'ils √©taient sous-repr√©sent√©s et r√©prim√©s[21].

La loi de 1996 sur les m√©dias √©tayera davantage cette polarisation des m√©dias, son objectif n'√©tant pas de minimiser l'influence politique mais de donner √† chaque parti une part dans les m√©dias. Le financement des m√©dias publics √©tant fortement tributaire du budget de l'√Čtat, leur vuln√©rabilit√© vis-√†-vis de la politique √©tait inscrite dans le syst√®me. Les frais d'abonnement √† la t√©l√©vision - impopulaires, mais qui auraient pu permettre un mode de financement plus ou moins ind√©pendant - sont supprim√©s en 2002, de sorte que la t√©l√©vision et la radio publiques sont devenues de fait financ√©es par l'√Čtat (sur le budget)[21].

Apr√®s son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orb√°n reprend en main la t√©l√©vision publique, selon France TV info, pour l'instrumentaliser √† des fins de propagande. Les m√©dias priv√©s sont progressivement rach√®t√©s par des oligarques proches du pouvoir. D√©sormais, le Premier ministre serait √† la t√™te d‚Äôun empire m√©diatique : une grande cha√ģne commerciale, toute la presse quotidienne r√©gionale, des sites Internet ; pr√®s de 500 m√©dias au total. Ce conglom√©rat couvrirait pr√®s de 80 % du paysage m√©diatique[22]. N√©anmoins, la cha√ģne de t√©l√©vision la plus regard√©e, RTL, dont le programme d'information constitue un m√©dia essentiel, et les principaux m√©dias hebdomadaires et Internet sont tous critiques vis-√†-vis du gouvernement[21].

Depuis 2010, la libert√© de la presse est encadr√©e par un Conseil des m√©dias (Media Tan√°cs) charg√© de v√©rifier, selon les termes de la loi, le traitement √©quitable de l'actualit√© et le respect de la dignit√© humaine[23]. La presse quotidienne repr√©sente bien les diff√©rentes tendances politiques dominantes, de la gauche vers la droite. Ancien organe officiel du Parti socialiste ouvrier hongrois, N√©pszabads√°g est rest√© dans le giron du MSzP. N√©anmoins, la chute de son lectorat passant de 200 000 exemplaires au d√©but des ann√©es 2000 √† moins de 40 000 en 2016 et ses importantes pertes financi√®res conduisent √† sa fermeture en 2016[24]. N√©pszava est toujours explicitement l'expression du Parti social-d√©mocrate de Hongrie. Cr√©√© par le Conseil national de la R√©publique populaire de Hongrie, Magyar H√≠rlap est devenu dans les ann√©es 1990 proche de l'Alliance des d√©mocrates libres (centre-gauche) puis au cours des ann√©es 2000 un journal de centre-droit proche de l'√Čglise catholique en Hongrie et du Fidesz. Fond√© en 1938, Magyar Nemzet est le journal historique des opposants au r√©gime communiste ; il s'agit du grand journal des intellectuels conservateurs. Vil√°ggazdas√°g et Napi Gazdas√°g sont deux quotidiens √©conomiques de centre-gauche. Metropol est enfin le quotidien gratuit, surtout diffus√© √† Budapest.

Les principaux hebdomadaires sont Heti Vil√°ggazdas√°g (HVG), d'inspiration lib√©rale de gauche ; Heti V√°lasz, qui rassemble les plumes d'intellectuels de droite ; Demokrata, d'extr√™me droite, 168 √ďra proche du parti MSzP ; Magyar Narancs, le grand journal d'actualit√© culturelle et politique de la jeunesse urbaine progressiste, centre gauche ; √Člet √©s Irodalom, journal de critique litt√©raire orient√© √† gauche ; Magyar F√≥rum proche du MI√ČP ; FigyelŇĎ d'ob√©dience n√©olib√©rale ; √öj Ember, journal catholique ; √öj √Člet, expression de la communaut√© juive progressiste ; Szombat, expression des Juifs conservateurs ; Magyar Jelen (en), proche du parti Jobbik et Hetek, n√©o-√©vang√©lique et n√©oconservateur.

Il existe également de nombreux portails d'information de type pure player : Index, Stop et Origo (gauche), Hirszerzo et Gondola (conservateurs), Kitekinto (indépendant), Barikad et Kuruc (extrême-droite).

Les revues les plus importantes sont Besz√©lŇĎ (centre-gauche et √©cologiste), Magyar Szemle (conservateur), Komment√°r (n√©oconservateur), M√ļlt √©s J√∂vŇĎ (communaut√© juive), Erec (sioniste), Polg√°ri Szemle (conservateur), Mozg√≥ Vil√°g (social-d√©mocrate, proche du parti MSzP) et Eszm√©let (extr√™me gauche).

Le pays compte sur de nombreuses cha√ģnes de t√©l√©vision publiques et priv√©es. Deux soci√©t√©s distinctes assurent le service public : Magyar Telev√≠zi√≥, h√©riti√®re de la t√©l√©vision d'√Čtat communiste, qui produit √† destination du march√© int√©rieur les cha√ģnes M1 (g√©n√©raliste), M2 (jeunesse), M3 (histoire), M4 (hu) (sport) et M5 (hu) (culture) et Duna M√©diaszolg√°ltat√≥ qui produit et diffuse les cha√ģnes Duna Telev√≠zi√≥ et Duna World, √† destination tant du march√© int√©rieur que de la diaspora hongroise. Ces deux cha√ģnes g√©n√©ralistes proposent une grille g√©n√©raliste et plusieurs journaux t√©l√©vis√©s chaque jour. Les principales cha√ģnes priv√©es sont RTL Klub, RTL II, TV2 et ATV. Toutes diffusent des √©missions vari√©es (information, divertissement, s√©ries, dessins anim√©s, films). H√≠r TV et Echo TV sont des cha√ģnes d'information en continu.

La radio publique est repr√©sent√©e par Magyar R√°di√≥ et ses sept stations th√©matiques : MR1 (hu) ¬ę Kossuth R√°di√≥ ¬Ľ (g√©n√©raliste, informations), MR2 (hu) ¬ę PetŇĎfi R√°di√≥ ¬Ľ (jeunesse), MR3 (hu) ¬ę Bart√≥k R√°di√≥ ¬Ľ (musique classique), MR4 (hu) ¬ę Nemzetis√©gi Ad√°sok ¬Ľ (minorit√©s ethniques), MR5 (hu) ¬ę Parlamenti Ad√°sok ¬Ľ (informations parlementaires et politiques), MR6 (hu) ¬ę R√©gi√≥ R√°di√≥ ¬Ľ (programmes r√©gionaux) et MR7 (hu) ¬ę Dalok √©s dallamok ¬Ľ (folklore). Duna World R√°di√≥ (en) √©met par satellite et internet une programmation √† destination de la diaspora. Enfin, de tr√®s nombreuses stations priv√©es √©mettent au niveau national ou r√©gional.

Les Hongrois passent en moyenne plus de 4 heures par jour (4,7 heures) devant la t√©l√©vision. La Hongrie est le deuxi√®me pays d‚ÄôEurope centrale o√Ļ l‚Äôon regarde le plus la t√©l√©vision[22].

Organisation de la société civile

Religions et mouvements spirituels

√Čglise √† J√°k.
Appartenance religieuse en Hongrie (2011)[25]
DénominationsPopulation %
Christianisme5 385 55754,2
Catholicisme3 871 92239,0
Catholiques romains3 691 38937,1
Catholiques grecs179 1761,8
Protestantisme1 451 45214,6
Calvinistes1 153 45411,6
Luth√©riens215 0932,2
Baptistes18 2110,2
Unitariens6 8200,1
Autres protestants57 9640,6
Chr√©tiens orthodoxes13 7100,1
Autres chr√©tiens48 3830,5
Juda√Įsme10 9650,1
Islam5 5790,1
Autres religions13 5670,1
Total des religions5 415 48654,5
Sans religion1 806 40918,2
Ne souhaite pas r√©pondre2 698 84427,2
Ne sait pas16 8890,2
Total9 937 628100,00

La religion la plus importante en Hongrie est le christianisme (54,2 %) r√©partie entre l'√Čglise catholique (39 %), les √Čglises protestantes (14,6 %) et les √Čglises orthodoxes (0,1 %). Les religions non chr√©tiennes sont tr√®s minoritaires (0,2 %). Le reste de la population se divise entre les sans religion (18,2 %) et ceux qui n'ont pas souhait√© r√©pondre (27,2 %).

Comme d'autres pays en Europe, la Hongrie conna√ģt un ph√©nom√®ne de d√©christianisation. Ainsi, les chiffres du recensement men√© en 2011 montrent que le nombre des Hongrois qui se d√©clarent catholiques est tomb√©, en dix ans, de 5,5 millions √† 3,8 millions, les r√©form√©s calvinistes passent de 1,6 million √† 1,1 million et les √©vang√©liques luth√©riens de 305 000 √† 215 000. Se d√©clarent ¬ę sans confession ¬Ľ plus de 1,6 million de personnes et, 147 386 personnes se disent ¬ę ath√©es ¬Ľ. Pr√®s de 2,7 millions de Hongrois refusent d‚Äôindiquer leur appartenance confessionnelle[26].

La Loi sur la libert√© de conscience et le statut juridique des √Čglises (loi CCVI de 2011) est une loi organique hongroise portant sur la libert√© de culte et de conscience, √©tablissant par ailleurs la liste des √Čglises, communaut√©s et mouvements religieux reconnus officiellement par l'√Čtat hongrois.

La liste des quatorze √Čglises ou confessions religieuses officiellement reconnues et qui ont d√©sormais seules le droit de revendiquer l'appellation d'√Čglise figure en annexe de la loi. Les crit√®res retenus pour √©tablir cette liste sont √©minemment li√©s √† la promotion des √Čglises nationales hongroises d'une part et √† la pr√©servation des cultes des treize minorit√©s nationales et ethniques officiellement reconnues par la loi hongroise. En voici la liste :

Grande Synagogue de Budapest
  1. l'√Čglise catholique en Hongrie ;
  2. l'√Čglise r√©form√©e de Hongrie (protestants calvinistes) ;
  3. l'√Čglise √©vang√©lique de Hongrie (protestants luth√©riens) ;
  4. la Fédération des Communautés juives de Hongrie ;
  5. la Communauté israélite unie de Hongrie ;
  6. la Communauté israélite orthodoxe autonome de Hongrie ;
  7. l'√Čparchie de Buda ;
  8. l'Exarchat orthodoxe de Hongrie du Patriarcat Ňďcum√©nique de Constantinople ;
  9. l'√Čglise orthodoxe bulgare de Hongrie ;
  10. l'√Čv√™ch√© orthodoxe roumain de Hongrie ;
  11. le diocèse de Budapest et de Hongrie ;
  12. l'Arrondissement eccl√©siastique unitarien de Hongrie (√Čglise unitarienne hongroise) ;
  13. l'√Čglise baptiste de Hongrie ;
  14. et l'Assemblée de la Foi.

Population et société

Données démographiques

√Čvolution de la d√©mographie entre 1870 et 2003.

La population d√©cro√ģt depuis le d√©but des ann√©es 1980. Il est estim√© qu'elle comptera huit (variante basse) √† dix (variante haute) millions d'habitants vers 2050[27].

Structure sociale

La stratification sociale de la soci√©t√© hongroise est marqu√©e par l'h√©ritage du collectivisme et les conditions de la d√©collectivisation. Au d√©but des ann√©es 1950, le pouvoir communiste restreint consid√©rablement la propri√©t√© priv√©e, notamment fonci√®re, ce qui aboutit √† une forte diminution des in√©galit√©s sociales h√©rit√©es de la Hongrie d'avant-guerre. Parall√®lement √† cette diminution, la nouvelle division du travail entra√ģne malgr√© cela l'√©mergence d'une nouvelle forme de hi√©rarchisation sociale selon la forme suivante, de haut en bas :

  1. les gestionnaires et les intellectuels ;
  2. les travailleurs non-manuels (fonctionnaires) ;
  3. les travailleurs qualifiés ;
  4. les travailleurs semi-qualifiés ;
  5. les travailleurs non qualifiés ;
  6. les manŇďuvres agricoles.

Les inégalités sociales se concrétisent par une inégalité en termes de revenus et de conditions de logements. L'intensification de l'industrialisation participe dans les années 1960 à une amélioration des conditions de vie des plus pauvres, sans pour autant résorber les écarts de conditions de vie. Les modalités de distinction sociale, marquées par la position des individus au sein de la division du travail, s'appuient entre autres sur des privilèges quant à l'accès au logement et sur le système scolaire quant à la reproduction des élites.

Dans les ann√©es 1970, le d√©clin des anciennes √©lites bourgeoises est av√©r√© et l'on constate la mont√©e en puissance d'une nouvelle √©lite d'entrepreneurs. Celle-ci s'appuie notamment sur le d√©veloppement d'un petit secteur priv√© en marge de l'√©conomie planifi√©e. L'autonomie de petites entreprises priv√©es et l'affaiblissement de l'√Čtat au profit des collectivit√©s locales font prosp√©rer la constitution de nouveaux groupes s'appuyant √† la fois sur leur position √©conomique et politique. Parall√®lement √† cela, le pouvoir laisse se d√©velopper une forte √©conomie parall√®le (¬ę seconde √©conomie ¬Ľ) qui devient un vivier d'emplois pour la population hongroise. De nombreuses personnes cumulent alors un emploi partiel priv√© en compl√©ment de leur emploi principal. Ce recours est particuli√®rement r√©pandu dans l'agriculture, mais aussi dans le secteur de la construction, du b√Ętiment, de la manutention, de l'artisanat, etc. Cette √©conomie parall√®le permet ainsi √† 75 % des familles hongroises de compl√©ter leurs revenus.

Il se développe alors une nouvelle structure sociale, fondée à la fois sur la position issue de la division administrative du travail et sur le cumul de cette position avec la capacité à tirer des revenus complémentaires au sein de l'économie parallèle. On peut alors distinguer trois grands groupes :

La d√©collectivisation amorc√©e dans les ann√©es 1980 et surtout le changement de r√©gime politique en 1990 s'accompagnent de la restructuration profonde de l'√©conomie hongroise et du retour de la propri√©t√© priv√©e comme r√©gime pr√©valent. L'instauration de l'√©conomie de march√© signe une am√©lioration notable du niveau de vie, mais l'arriv√©e de la crise d√®s 1993 ach√®ve l'embellie. La r√©organisation de la division du travail entra√ģne ainsi une nouvelle matrice de production des in√©galit√©s, fond√©e √† la fois sur le capital √©conomique et culturel accumul√© durant la p√©riode communiste, mais √©galement sur les nouvelles opportunit√©s d'emploi et d'enrichissement. Les ¬ę gagnants ¬Ľ de la transition sont ainsi les entrepreneurs priv√©s des ann√©es 1980, les membres de l'√©lite politique et √©conomique locale (anciens directeurs et cadres des coop√©ratives agricoles par exemple ou d'entreprises d'√Čtat) ainsi que les intellectuels. Les ¬ę perdants ¬Ľ √©tant les ouvriers non qualifi√©s, les travailleurs agricoles et les petits paysans priv√©s.

La nouvelle structure sociale hongroise tend ainsi √† converger avec celle des pays d'Europe occidentale, avec une d√©gradation tr√®s forte de la position sociale des ouvriers et paysans et une perte importante du pouvoir d'achat des retrait√©s. L'instauration de l'√©conomie de march√© signifie √©galement la baisse du taux d'employabilit√© et l'augmentation cons√©quente du ch√īmage. En 1993, ce taux atteint 24 % des personnes scolaris√©es pendant huit ans, 17 % des personnes ayant une formation d'ouvrier qualifi√©, 11 % des dipl√īm√©s de l'enseignement secondaire et 4 % des dipl√īm√©s de l'enseignement sup√©rieur. Les indicateurs relatifs aux biens de consommation et au logement montrent des disparit√©s encore plus importantes.

Si la petite production agricole (orientée essentiellement vers l'auto-production de subsistance) caractéristique de la Hongrie a longtemps permis d'amortir les inégalités de développement entre les zones urbaines et la campagne, l'arrivée d'investissements étrangers massifs dans l'agglomération budapestoise ainsi qu'à l'Ouest du pays génère de nouvelles inégalités territoriales. Par ailleurs, la perte de vitesse de l'industrie lourde concentrée au nord-est et à l'est achève de plonger ces régions dans une crise économique et sociale de longue durée.

L'existence d'une économie parallèle permettant à une majorité de Hongrois de s'assurer des revenus complémentaires dès la fin des années 1970, les effets de la transition se mesurent donc à la fois en termes de montée des inégalités mais également de dégradation substantielle du niveau de vie. La combinaison de l'augmentation des inégalités et la baisse du niveau de vie génèrent alors l'émergence d'une nouvelle pauvreté essentiellement rurale ou périurbaine[30].

Minorités ethniques

Il y a plusieurs minorités ethniques, comme les Roms (3 %), les Allemands (1,3 %), les Slovaques (0,30 %), les Croates (0,24 %), les Roumains (0,27 %), les Slovènes (0,02 %).

Ce tableau comporte les données statistiques sur les minorités ethniques (nemzetiségek) en Hongrie.

2001 2011[31]
Magyars 9 416 045 8 314 029
Roms 189 984 308 957
Allemands 62 105 131 951
Slovaques 17 693 29 647
Roumains 7 995 26 345
Croates 15 597 23 561
Serbes 3 816 7 210
Polonais 2 962 5 730
Ukrainiens 5 070 5 633
Grecs 2 509 3 916
Bulgares 1 358 3 556
Ruth√®nes 1 098 3 323
Arm√©niens 620 3 293
Slov√®nes 3 025 2 385

Langues

La langue officielle en Hongrie est le hongrois[1]. La Constitution reconna√ģt √©galement les langues des minorit√©s ethniques et la langue des signes hongroise.

Selon le recensement du pays de 2011, 99,6 % de la population parle le hongrois dont 98,9 % en tant que langue maternelle[32], une langue finno-ougrienne complètement différente des langues des pays voisins.

Traditionnellement, et surtout du temps ou la Hongrie était partie intégrante de l'empire d'Autriche-Hongrie, l'allemand était la seconde langue du pays (élites et institutions). Mais de nos jours, surtout depuis la sortie de ce pays du communisme, l'anglais est la langue étrangère la plus parlée, mais l'allemand arrive tout de suite après. Entre 1947 et 1986, le russe était obligatoire dans l'enseignement, vu que le pays était un pays communiste, satellite de l'URSS. Après 1986, l'apprentissage de la langue russe a considérablement baissé. Le russe est donc une langue généralement connue des générations scolarisées entre 1947 et 1986.

√Čconomie

En 2022, la Hongrie est classée en 34e position pour l'indice mondial de l'innovation[33].

Emploi

Plus de 600 000 personnes, sur une population de moins de 10 millions d'habitants, ont quitt√© la Hongrie depuis le d√©but des ann√©es 2010. Le pays est d√®s lors confront√© √† une p√©nurie de main-d'Ňďuvre. Le pouvoir adopte en janvier 2019 une loi de ¬ę flexibilisation ¬Ľ, que l'opposition qualifie de ¬ę loi esclavagiste ¬Ľ : les employeurs ont d√©sormais la possibilit√© d'exiger de leurs salari√©s d'effectuer jusqu'√† 400 heures suppl√©mentaires par an (contre 250 jusqu'alors et 144 au d√©but des ann√©es 1990) et de ne les r√©mun√©rer que trois ans[34] plus tard. La Conf√©d√©ration des syndicats hongrois d√©nonce un dispositif qui ¬ę conduira √† une d√©t√©rioration significative des conditions de travail et √† un niveau √©lev√© d‚Äôexploitation des travailleurs ¬Ľ[35].

Agriculture

√Čtalage de produits frais en Hongrie.

Les plus importantes zones agricoles se situent dans le Petit Alf√∂ld (qui b√©n√©ficie des terres les plus fertiles), la Transdanubie et l'Alf√∂ld. Cette derni√®re zone couvre plus de la moiti√© du pays (52 000 km2) et a des qualit√©s de sol extr√™mement variables. On y trouve m√™me une petite r√©gion herbeuse semi-d√©sertique appel√©e puszta (steppe) utilis√©e pour l'√©levage ovin et bovin.

Les principales productions agricoles hongroises sont le ma√Įs, le bl√©, l'orge, l'avoine, le tournesol, le pavot, la pomme de terre, le millet, la betterave, le lin et bien d'autres plantes. On cultive aussi d'autres esp√®ces implant√©es plus tardivement comme l'amarante. La consommation de pavot fait partie de la cuisine hongroise traditionnelle. Le pays est renomm√© pour la qualit√© tr√®s √©lev√©e de son piment appel√© paprika. La production fruiti√®re comprend beaucoup de vari√©t√©s de pommes, poires, p√™ches, raisins, abricots, past√®ques, melons, etc.

Industrie

Dans le secteur industriel et de la métallurgie, en raison de ressources en bauxite, l'industrie de l'aluminium s'est bien développée.

Secteur tertiaire

La dette publique brute de la Hongrie était de 72 milliards d'euros à fin 2013, à hauteur de 79,2 % du PIB[36].

√Čquipements et infrastructures

Réseau routier

Le r√©seau routier national est g√©r√© par l'√Čtat. Il se d√©ploie en un r√©seau de routes principales (fŇĎ√ļt) doubl√© d'autoroutes (aut√≥p√°lya) sur l'ensemble du pays, avec pour nŇďud de r√©seau principal Budapest.

Télécommunication et Internet

Le Haut débit est disponible depuis mai 2004.

√Čnergie

Les deux blocs de la centrale nucléaire de Paks, qui produit plus de 40 % de l'électricité du pays.

Depuis la fin du communisme, les besoins énergétiques de l'industrie et de la population hongroises augmentent de façon continue. Les installations peinent à suivre la demande et le pays est ainsi obligé d'importer 62 % de sa consommation d’énergies fossiles, dont 82 % du gaz naturel en provenance de Russie. Cette dépendance s'explique par la vétusté des équipements de production thermique et l'obsolescence des installations existantes. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables est particulièrement faible (7,3 %).

Depuis juillet 2011, une strat√©gie gouvernementale fixant √† l'horizon des vingt prochaines ann√©es l'ind√©pendance √©nerg√©tique a d√©limit√© trois grands principes de mise en Ňďuvre de cette strat√©gie : la durabilit√©, la comp√©titivit√© √©conomique et la s√©curit√© de l‚Äôapprovisionnement. La Hongrie participe √©galement au d√©ploiement d'un r√©seau √©nerg√©tique europ√©en, notamment au sein du Groupe de Visegr√°d. Elle est √©galement sensible √† d'autres initiatives de coop√©ration internationale, notamment le projet South Stream avec la Russie[37].

La Hongrie est relativement d√©pendante du secteur nucl√©aire dans sa production √©lectrique. La part d'√©lectricit√© d'origine nucl√©aire s'√©l√®ve √† 46 % contre 54 % pour la Slovaquie et 35 % pour la Tch√©quie[38]. L‚Äôobjectif du gouvernement est de passer de 2000 √† 4 400 MW d‚Äôici 2030 en adjoignant deux nouveaux r√©acteurs de troisi√®me g√©n√©ration √† la centrale de Paks, de mani√®re √† augmenter la part du nucl√©aire dans la g√©n√©ration d‚Äô√©lectricit√© de 46 √† 50 %, compte tenu de l'accroissement pr√©visible des besoins en √©lectricit√©. Pour maintenir le niveau de production nucl√©aire au-del√† de 2037, la construction d'une nouvelle centrale, la deuxi√®me apr√®s la centrale nucl√©aire de Paks, compos√©e de deux r√©acteurs √† eau pressuris√©e de troisi√®me g√©n√©ration est envisag√©e[39].

Patrimoine culturel

Peinture

Le peintre hongrois le plus connu du XVe si√®cle est Michele Ongaro (dit Pannonio). Il travaillait √† la cour de Ferrare en Italie. Les peintres hongrois des XVIIe et XVIIIe si√®cles travaillaient √©galement surtout √† l'√©tranger. Au XIXe si√®cle la peinture de sc√®nes d'histoire a pris de l'importance (Gyula Bencz√ļr, Bertalan Sz√©kely, M√≥r Than). Mikl√≥s Barab√°s, portraitiste, est le premier √† avoir acquis une certaine reconnaissance dans son pays. Les tableaux de Mih√°ly Zichy et de G√©za M√©sz√∂ly (en) sont influenc√©s par le romantisme. Mih√°ly Munk√°csy a reli√© dans plusieurs compositions des √©l√©ments r√©alistes de la vie paysanne √† la peinture impressionniste de plein air. Il en est de m√™me pour P√°l Szinyei Merse.

Au d√©but du XXe si√®cle, des colonies d'artistes comme celle de Nagyb√°nya, men√©e par K√°roly Ferenczy, ont pris de l'ampleur le plus souvent dans une peinture romantique d'apr√®s nature aux couleurs r√©alistes. Le style du r√©alisme socialiste et de la peinture historique √©tait privil√©gi√© dans les ann√©es 1950 et 1960. Victor Vasarely, Zsigmond Kem√©ny et L√°szl√≥ Moholy-Nagy sont les peintres hongrois les plus connus du XXe si√®cle, travaillant √† l'√©tranger. Aujourd'hui on conna√ģt surtout Istv√°n SzŇĎnyi, JenŇĎ Barcsay, L√°szl√≥ Lakner (hu), Aur√©l Bern√°th (hu) et Anna Be√∂thy Steiner.

Musique

János Csík (hu) lors du concert de Csík zenekar au Sziget Festival de 2009, à Budapest.

La musique hongroise occupe une place particuli√®re en Europe. Si elle est encore souvent assimil√©e √† la musique tzigane, il s'agit bien de traditions assez diff√©rentes. Le destin politique de la Hongrie ayant marqu√© de nombreux coups d'arr√™t au d√©veloppement d'une musique nationale, c'est finalement sous l'influence non plus de traditions orales issues de l'Asie et des Turcs, mais gr√Ęce √† l'importation de la musique classique occidentale qu'elle prend un v√©ritable essor (Franz Liszt, B√©la Bart√≥k).

Les chŇďurs et le quatuor √† cordes classique y sont tr√®s pr√©sents, mais on y trouve aussi des instruments moins connus, comme le piano tsigane (le cymbalum) et des percussions comme le tambour √† friction k√∂cs√∂gduda. De m√™me un instrument tel le t√°rogat√≥ qui est aujourd'hui utilis√© par les Roms est √† l'origine un symbole de la r√©sistance anti-imp√©riale.

Contrairement aux autres pays d'Europe centrale, le r√©gime communiste n'a pas favoris√© l'√©mergence d'une musique faklorique, pr√©f√©rant d√©velopper la connaissance et la pratique de la musique classique ou semi-classique. Si la musique traditionnelle a √©t√© pr√©serv√©e, c'est surtout gr√Ęce au mouvement culturel des t√°nch√°z pendant les ann√©es 1980 et un v√©ritable engouement populaire en faveur de groupes traditionnels, tels Cs√≠k zenekar.

Le compositeur György Ligeti est l'un des compositeurs les plus influents de la deuxième moitié du XXe siècle.

Le groupe contemporain hongrois de musique traditionnelle le plus connu, notamment en France, est le groupe folk Kolinda qui a sorti ses trois premiers albums ‚Äď Kolinda 1, Kolinda 2 et 1514 (respectivement en 1976, 1977, 1979) ‚Äď sur le label discographique fran√ßais Hexagone.

Danse

Danse hongroise, 1816.

Cinéma

En 1896 √† Budapest eut lieu la premi√®re s√©ance de cin√©ma √† la suite de l‚Äôinitiative d‚Äôun marchand de chapeaux nomm√© Arnold Szikla√Į qui a assist√© √† une projection des films √† Paris. Il a alors d√©cid√© de ramener chez lui l‚Äôappareil de projection et quelques petits films ont √©t√© tourn√©s et projet√©s. En 1898, Mor Ungerleilern le directeur du Velence, et Jozsef Neumann, un homme d'affaires, ont fond√© ¬ę Projectograph ¬Ľ; la premi√®re soci√©t√© de production cin√©matographique hongroise. Ces productions connues : Un maniaque des √©checs (1898) et des copies de films : La danse de B√©la Zsitkovski (1901), Les sŇďurs d'√Ėd√∂n Uher (1905) et Aujourd'hui et demain de Mihaly Kert√©sz (1912). Les sc√©narios du cin√©ma hongrois en 1910 √©taient principalement des adaptations de romans ou de pi√®ces de th√©√Ętre, et √† partir de 1919, le cin√©ma d√©pendait des r√©gimes politiques qui jouaient un r√īle primordial sur la cr√©ativit√© des cin√©astes. D√©but 1919 fut une p√©riode faste o√Ļ furent produits 31 films, mais sous le r√®gne fasciste jusqu‚Äô√† 1931, plusieurs acteurs (Peter Lorre, B√©la Lugosi), metteurs en sc√®ne (Kertesz, Alexander Korda, Benedek, Andr√© de Toth, George Pal, Paul Fejos), et auteurs (Emeric Pressburger) quitt√®rent le pays. En 1944, √† la fin de la Seconde Guerre mondiale, la production locale avait repris un peu. On accordait une grande importance au cin√©ma sous le r√©gime marxiste et en 1960 l'√Čcole sup√©rieure de Th√©√Ętre et de cin√©ma fut cr√©√©e. Pendant une p√©riode de lib√©ralisme, et dans les festivals europ√©ens quelques cin√©astes de grand talent ont √©t√© connus, citons Zolt√°n F√°bri, qui tournera Quatorze vies en danger (1954), Un petit carrousel de F√™te et Professeur Hannibal (1956), K√°roly Makk pour Liliomfi (1955) ou F√©lix M√°ri√°ssy qui r√©alise Printemps √† Budapest (1955). Mais en 1956, l'Arm√©e rouge sovi√©tique a mis fin √† ce r√©gime lib√©ral.

En 1959, une nouvelle g√©n√©ration de cin√©astes a √©merg√© gr√Ęce au studio Bela Balazs utilisant des moyens techniques nouveaux venus de l‚ÄôOuest ce qui leur a permis une grande libert√© de cr√©ation.

Les pr√©sentations des films hongrois dans les festivals vont contribuer √† faire conna√ģtre de v√©ritables auteurs tels que Remous d'Istv√°n Ga√°l (1963), Les Intraitables d'Andr√°s Kov√°cs (1964), Les Sans-Espoir de Jancs√≥ et Jours glac√©s de Kov√°cs (1966), Les Dix mille soleils de Ferenc K√≥sa (1967), Silence et Cri de Mikl√≥s Jancs√≥ (1968), Les Faucons d'Istvan Gall (1970), Jeunesse dor√©e (1974) de Janos Rosza, Adoption de M√°rta M√©sz√°ros. En 1989 √† la fin de la p√©riode communiste, de nouveaux cin√©astes apparaissent tels que B√©la Tarr : Le Tango de Satan (Satantango) (1994) et Les Harmonies Werckmeister (2000), La derni√®re fronti√®re de P√©ter Goth√°r (1995), Ombres sur la neige d'Attila Jamish (1991) et Longs Cr√©puscules (1997) ou Georges Feher, Twilling (1990) et Passion (1998)[40].

Sciences et innovations

Entrée de l'université d'Europe centrale à Budapest.

La Hongrie est particuli√®rement bien dot√©e en universit√©s et laboratoires de recherche. L'universit√© Lor√°nd E√∂tv√∂s (E√∂tv√∂s Lor√°nd Tudom√°nyegyetem) est l'h√©riti√®re de l'Universitas de Nagyszombat fond√©e par P√©ter P√°zm√°ny en 1635, de l'universit√© de Pest et de l'universit√© de Budapest. L'universit√© Corvinus de Budapest (Budapesti Corvinus Egyetem) dispense une formation en sciences de l'√©conomie depuis 1948. L'universit√© polytechnique et √©conomique de Budapest (Budapesti MŇĪszaki √©s Gazdas√°gtudom√°nyi Egyetem) est r√©put√©e pour avoir form√© des ing√©nieurs illustres au nombre desquels on compte ErnŇĎ Rubik, Dennis Gabor ou encore Le√≥ Szil√°rd. En dehors de Budapest, les plus grandes villes du pays disposent √©galement d'universit√©s importantes, √† l'instar de Debrecen (universit√© de Debrecen), G√∂d√∂llŇĎ (universit√© Szent Istv√°n), GyŇĎr (universit√© Istv√°n Sz√©chenyi), Kaposv√°r (universit√© de Kaposv√°r), Miskolc (universit√© de Miskolc), P√©cs (universit√© de P√©cs), Sopron (universit√© de Hongrie occidentale), Szeged (universit√© de Szeged) et Veszpr√©m (universit√© de Pannonie).

Apr√®s la r√©forme des universit√©s de 2000, de nombreux √©tablissements d'enseignement sup√©rieur sont devenus des universit√©s √† part enti√®re. Parmi celles-ci, de nombreuses √©coles r√©put√©es dans les domaines artistiques ont vu leur statut √©voluer, √† l'instar de l'universit√© hongroise des beaux-arts (Magyar K√©pzŇĎmŇĪv√©szeti Egyetem), l'universit√© de musique Franz-Liszt (Liszt Ferenc ZenemŇĪv√©szeti Egyetem), l'universit√© d'art appliqu√© Moholy-Nagy (Moholy-Nagy MŇĪv√©szeti Egyetem) et l'universit√© d'art dramatique et cin√©matographique (Sz√≠nh√°z- √©s FilmmŇĪv√©szeti Egyetem).

Parmi les universit√©s priv√©es g√©n√©ralistes, la plus visible sur le plan international reste l'universit√© d'Europe centrale (K√∂z√©p-Eur√≥pai Egyetem) fond√©e par le milliardaire am√©ricain d'origine hongroise George Soros afin de promouvoir le lib√©ralisme politique et √©conomique dans les anciens pays communistes. Financ√©e par des l√§nder allemands, l'Autriche et la Suisse, l'Universit√© germanophone Gyula Andr√°ssy de Budapest (Andr√°ssy Gyula Budapesti N√©met NyelvŇĪ Egyetem) est une universit√© de langue allemande au statut priv√©.

L'Acad√©mie hongroise des sciences joue un r√īle de premier plan dans la structuration de la recherche en Hongrie. En sciences sociales, la Hongrie se distingue par la qualit√© de ses sociologues marxistes ou post-marxistes (Iv√°n Szel√©nyi, Istv√°n Kem√©ny et Georg Luk√°cs), de ses linguistes, de ses historiens (Fran√ßois FejtŇĎ), de ses psychologues et psychanalystes (Mih√°ly Cs√≠kszentmih√°lyi et surtout S√°ndor Ferenczi) et de ses √©conomistes (Karl Polanyi, B√©la Balassa, John Harsanyi).

Mais la Hongrie est surtout connue pour la qualit√© de ses physiciens, chimistes et math√©maticiens, souvent √† l'origine d'innovations technologiques de grande importance. Il en va ainsi de √Ānyos Jedlik, inventeur du moteur √©lectrique et de la dynamo, d'ErnŇĎ Rubik, inventeur du Rubik's Cube, de John von Neumann (architecture de von Neumann), de L√°szl√≥ Bir√≥ (stylo √† bille), d'Albert Szent-Gy√∂rgyi (vitamine C), de J√°nos Irinyi (hu) (allumettes), de Tivadar Pusk√°s (t√©l√©phone central), de Dennis Gabor (holographie), de G√°bor Domokos (hu) et P√©ter V√°rkonyi (G√∂mb√∂c) ou encore de Charles Simonyi, ma√ģtre d'Ňďuvre des logiciels Word et Excel chez Microsoft. Par ailleurs, sur les quelques physiciens associ√©s √† l'√©laboration du projet Manhattan, trois √©taient des immigr√©s hongrois : Le√≥ Szil√°rd, Edward Teller et Eugene Wigner.

Gastronomie

Préparation d'un Paprikás krumpli dans un bogrács (de).

La cuisine hongroise (magyar konyha) classique est, pour simplifier les choses, un m√©lange de cuisine fran√ßaise adapt√©e par l‚Äôinterm√©diaire de l‚ÄôAutriche et de plats rustiques typiquement hongrois dont de nombreux proviennent d‚ÄôAsie. La cuisine hongroise fait r√©f√©rence √† une tradition gastronomique originaire de Hongrie, partag√©e par les habitants du pays et les minorit√©s magyares vivant en Slovaquie, Ukraine, Roumanie et Serbie. Utilisant les m√™mes ingr√©dients que la plupart des cuisines d'Europe centrale (chou et de nombreuses vari√©t√©s de racines et tubercules, bŇďuf, porc, volaille), elle se distingue par une forte influence orientale (turque et balkanique) et l'utilisation privil√©gi√©e du poivron, sous forme de l√©gume ou de poudre de paprika. Elle est √©galement inspiratrice de nombreux plats de la cuisine juive ashk√©naze.

P√Ętes aux Ňďufs de type souabe "Galuska" ou "Sp√§tzle"

De ces ingr√©dients sont pr√©par√©s de nombreux plats de viande √©pic√©s (p√∂rk√∂lt, paprik√°s, fas√≠rt), des sp√©cialit√©s de saucisses (saucisses de Debrecen, de Gyula), des soupes paysannes (goulasch, bableves) ou de p√™cheurs (hal√°szl√©), des l√©gumes marin√©s, farci ou mac√©r√©s (t√∂lt√∂tt k√°poszta, salades de chou, cornichons lacto-ferment√©s, etc.). Outre le paprika, la sp√©cificit√© de la cuisine hongroise est due √† la qualit√© des b√™tes √† viande disponibles dans la plaine hongroise tel que le bŇďuf gris de Hongrie ou le porc laineux mangalitsa. Les vari√©t√©s de bl√© donnent √©galement au pays une vraie tradition de p√Ętes aux Ňďufs de type souabe (galuska, nokedli, tarhonya, etc).

Si la p√Ętisserie hongroise b√©n√©ficie de l'influence autrichienne (Dobostorta), les desserts sont moins r√©put√©s. On trouve n√©anmoins en Hongrie de nombreuses vari√©t√©s de cr√™pes de type Palatchinten (cr√™pes √©paisses) comme le palacsinta de Hortob√°gy ou le Gundel palacsinta.

La charcuterie √† base de porc est vari√©e (t√©liszal√°mi, petits sal√©s, saucissons au paprika) tandis qu'il existe peu de sp√©cialit√©s de fromage (camemberts et fromages √† p√Ęte molle).

Le petit-d√©jeuner hongrois est √† dominante sal√©e : de la charcuterie est d√©gust√©e avec tomate et poivron dans des petits pains (zsemle et kifli), avec des fruits et une boisson chaude. Le d√©jeuner commence avec une soupe, se poursuit sur un plat en viande accompagn√© de p√Ętes et une salade de chou ou de cornichon mac√©r√© et s'ach√®ve sur un produit sucr√©. Le d√ģner peut ressembler au petit-d√©jeuner ou se limiter √† une simple soupe. Les d√©jeuners sont arros√©s de vin rouge produit dans la r√©gion du Balaton ou dans les massifs autour d'Eger ; les ap√©ritifs de vins blancs liquoreux de type Tokay.

Rayonnement culturel international

Depuis le Moyen √āge, la Hongrie poss√®de un r√īle influent dans l‚Äôhistoire artistique, culturelle, intellectuelle et politique de nombreux pays d'Europe centrale. En particulier, les anciennes possessions du royaume de Hongrie (Slovaquie, Transylvanie et Croatie notamment) perp√©tuent encore des traditions administratives et juridiques h√©rit√©es de l'√Čtat hongrois (le syst√®me de comitat notamment). Le renouveau linguistique (Nyelv√ļj√≠t√°s) initi√© √† la fin du XVIIIe si√®cle puis le mouvement nationaliste hongrois du XIXe si√®cle participent √† une offensive culturelle contre l'allemand, alors langue de l'√©lite politique hongroise et de la Cour imp√©riale. Cette offensive s'accompagne d'une politique de magyarisation tr√®s forte aupr√®s des Slovaques, Roumains et Croates vivant dans le royaume. Celle-ci √©choue d√©finitivement lorsque l'ancien royaume de Hongrie est disloqu√© √† la suite du trait√© de Trianon en 1920.

Par la suite, la diffusion du hongrois hors des fronti√®res nationales est assur√©e par la diaspora hongroise et l'appui financier et logistique de l'√Čtat hongrois en direction des Magyars d'outre-fronti√®res. La diplomatie culturelle et linguistique hongroise est mise en Ňďuvre par le biais de l'Institut Balassi et l'ensemble du r√©seau des instituts culturels hongrois pr√©sents partout dans le monde. Dans la r√©gion du bassin des Carpates, de nombreuses associations participent √† la scolarisation en hongrois des minorit√©s magyarophones, sp√©cifiquement les Cs√°ng√≥s, dont la langue hongroise archa√Įque est menac√©e par la progression du roumain comme langue de socialisation. La cha√ģne Duna Telev√≠zi√≥ est la t√™te de pont internationale de la magyarophonie dans le monde.

La langue hongroise est √©galement le pr√©texte pour de nombreuses formes de coop√©rations interculturelles avec des pays ou des collectivit√©s territoriales de pays de langues finno-ougriennes. Ainsi, la Hongrie entretient des relations privil√©gi√©es avec la Finlande, l'Estonie et le district autonome des Khantys-Mansis, notamment gr√Ęce √† l'action scientifique de l'Acad√©mie hongroise des sciences, membre fondatrice du Congr√®s international finno-ougrien.

La Hongrie est un pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie.

Hongrois célèbres

Divers

La Hongrie a pour codes :

  • HU, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2 ;
  • HUN, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3 ;

Galerie

Notes et références

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Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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