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Basile II

Basile II dit le Bulgaroctone (en grec : Basileios Bulgaroktonos ‚ÄĒ őíőĪŌÉőĮőĽőĶőĻőŅŌā őí Ļ őíőŅŌÖőĽő≥őĪŌĀőŅőļŌĄŌĆőĹőŅŌā, ¬ę tueur de Bulgares ¬Ľ) est un empereur byzantin de 960 √† 1025, n√© vers 958 probablement √† Didymotique ou √† Constantinople[1], mort le 15 d√©cembre[note 1] 1025, fils de Romain II et de Th√©ophano Anastaso. C'est la figure la plus marquante de la dynastie dite ¬ę mac√©donienne ¬Ľ install√©e sur le tr√īne par Basile Ier, issue d‚Äôune famille d‚Äôorigine arm√©nienne √©tablie en th√®me de Mac√©doine (la r√©gion d'Andrinople).

Basile II
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Basile II
Basile II, miniature du Psautier de Basile II, vers 1018.
Règne
Co-empereur : -
Empereur : -
49 ans, 11 mois et 5 jours
Période Macédonienne
Précédé par Jean Ier Tzimiskès
Co-empereur Romain II (960-963)
Constantin VIII (962-1028)
Nicéphore II Phocas (963-969)
Jean Ier Tzimiskès (969-976)
Suivi de Constantin VIII
Biographie
Naissance vers 958
(probablement Didymotique ou Constantinople)
Décès (~67 ans)
(Constantinople)
Père Romain II
Mère Théophano Anastaso
√Čpouse Aucune femme
Descendance Aucun

La p√©riode d'expansion de l'Empire byzantin, qui avait commenc√© en 945, a √©t√© l'Ňďuvre de plusieurs hommes politiques et administrateurs remarquables. Basile II est de ceux-l√†. Il donne √† l'Empire ce qui correspond √† son espace g√©ographique √† son apog√©e de l'√©poque m√©so-byzantine : la p√©ninsule des Balkans, l'Asie mineure, le Nord de la Syrie, la Haute M√©sopotamie, l'Arm√©nie et l'Italie du Sud ; l'empire qu'il laisse √† son fr√®re Constantin VIII est le plus vaste de l'histoire byzantine depuis le temps de Justinien.

Le r√®gne effectif de Basile II dure pr√®s de 50 ans[note 2] et est le plus long de toute l'histoire byzantine, et m√™me le plus long de tous les empereurs romains √©tant l'un des trois seuls empereurs √† d√©passer la dur√©e du r√®gne d'Auguste avec Th√©odose II et Constantin VII. Avec Justinien, son r√®gne est s√Ľrement l'un des plus glorieux. Cependant les deux empereurs sont diff√©rents √† bien des √©gards. Alors que Justinien √©tait un intellectuel, Basile II est d'abord un soldat qui passe une grande partie de son temps avec son arm√©e. Autocrate, il gouverne seul et ne poss√®de aucune attirance pour l'art ou les sciences[2]. N√©anmoins, Basile est un tr√®s bon gestionnaire et un extraordinaire homme politique ; mais avant d'arriver √† son but, le basileus a d√Ľ conqu√©rir le pouvoir et √©carter des usurpateurs.

Accession au tr√īne

Prise du pouvoir

Basile II et son beau-père, Nicéphore II Phocas, sur un nomisma en or.

√Ä la mort de son √©poux Romain II, survenue en 963, Th√©ophano Anastaso, m√®re de Basile II et de Constantin VIII, assume la r√©gence avec l'eunuque Joseph Bringas ; en effet, Basile, bien que d√©j√† couronn√© co-empereur par son p√®re le 22 avril 960[3], n'est alors √Ęg√© que de 5 ans. Peu apr√®s, une r√©volte militaire impose Nic√©phore II Phocas comme co-empereur. Il √©pouse Th√©ophano, mais celle-ci se d√©barrasse de lui six ans plus tard, en 969, pour mettre sur le tr√īne son amant Jean Ier Tzimisk√®s. Pour asseoir son autorit√© et sa l√©gitimit√©, celui-ci reconna√ģt Basile II et son jeune fr√®re Constantin VIII co-empereurs.

La mort de Jean Ier, en janvier 976, sans enfants, laisse le tr√īne aux jeunes empereurs, sous la tutelle du parakimom√®ne Basile L√©cap√®ne, leur grand-oncle. D√®s le d√©but du r√®gne des jeunes empereurs, l'aristocratie militaire et terrienne s'efforce de garder le pouvoir acquis. Mais le heurt des ambitions des grandes maisons avec la famille imp√©riale provoque une rivalit√© qui d√©g√©n√®re en treize ann√©es de guerre civile. Bardas Skl√®ros, d√©chu de ses fonctions de chef des arm√©es byzantines d‚ÄôOrient et rel√©gu√© en M√©sopotamie par Basile II[4], s'efforce tout d'abord d'enlever au parakimom√®ne la tutelle des empereurs. Acclam√© basileus par ses troupes, il met en d√©route plusieurs arm√©es byzantines gr√Ęce √† son alliance avec d'autres peuples (Arm√©niens, Arabes)[5]. Pour Anthony Kaldellis, sa r√©volte vise surtout √† tester la solidit√© du r√©gime, sans pour autant renverser la dynastie mac√©donienne[6]. Bardas Skl√®ros arrive assez vite en vue de Constantinople, apr√®s avoir notamment pris C√©sar√©e de Cappadoce. Le parakimom√®ne fait alors appel √† Bardas Phocas le Jeune qui chasse l'usurpateur du Bosphore mais se fait battre √† Amorium le 19 juin 978. L'ann√©e suivante, de nouveau pr√®s d'Amorium, les deux Bardas s'affrontent en duel singulier et Bardas Phocas est vainqueur[7].

√Ä l'issue de cette longue guerre civile, le prestige de l'Empire est touch√©, des difficult√©s surviennent avec les Arabes, les Bulgares et Otton II en Italie. Basile II, √† ce moment, commence √† s'int√©resser aux affaires de l'√Čtat et √† intervenir. Le parakimom√®ne n'appr√©cie pas cet engagement du jeune basileus et s'allie avec Bardas Phocas et L√©on Meliss√©nos. Basile, conscient du danger, fait enfermer le parakimom√®ne dans un monast√®re, retire la dignit√© de domestique des Scholes √† Bardas Phocas, qui devient duc d'Antioche, et pardonne √† L√©on Meliss√©nos. Basile II est d√®s lors seul au pouvoir. Son fr√®re Constantin VIII, co-empereur, n'intervient jamais dans les affaires de l'√Čtat.

Révolte de l'armée

Cependant, la prise de pouvoir n'est pas du go√Ľt des g√©n√©raux. Ces derniers, lors de la premi√®re campagne de l'empereur, font preuve de beaucoup de mauvaise volont√©. Bardas Skl√®ros, qui s'est r√©fugi√© en territoire arabe, se fait de nouveau entendre, et une nouvelle fois se fait proclamer basileus. Bardas Phocas d√©cide de s'allier avec l'usurpateur. Cependant, cet accord ne tient pas longtemps et Bardas Phocas enferme Bardas Skl√®ros dans un ch√Ęteau, puis s'approche de Constantinople. Basile II a peu de troupes √† opposer √† son adversaire qui poss√®de celles des th√®mes d'Asie. Mais l'empereur fait appel au grand-prince de Kiev Vladimir Ier[8], qui songe √† √©pouser une princesse porphyrog√©n√®te. Un accord est sign√© entre les deux souverains et le monarque de Kiev envoie 6 000 hommes au basileus. Basile II force le pr√©tendant √† se replier sur Abydos et c'est √† cet endroit que ce dernier livre une bataille o√Ļ ses troupes sont d√©faites et y meurt[9]. Avec ces troupes de Ruth√©nie ki√©vienne, Basile II cr√©e la garde varangienne.

Toutefois, Bardas Skl√®ros r√©ussit √† s'enfuir de la forteresse o√Ļ il √©tait gard√© et se met tout de suite en campagne. Basile II r√©ussit cependant √† le convaincre que s'il arr√™te son entreprise, il obtiendra son pardon. Le basileus tient sa promesse et Skl√®ros se retire √† Dymotika o√Ļ il meurt le 6 mars 991[10]. Cependant, Basile II est plus ferme avec le clan des Phocas durement ch√Ęti√©[11]. Ces treize ann√©es de guerre civile qui affaiblissent l'Empire contribuent aussi √† renforcer le caract√®re de Basile II. Celui-ci perd toute attirance pour les plaisirs auxquels il go√Ľtait sans limitation du temps de sa jeunesse. Il devient m√©fiant, ne fait confiance √† personne et refuse tout conseil[2]. Il est un autocrate au sens premier du terme et cette opposition √† sa mont√©e sur le tr√īne motive sa politique int√©rieure centr√©e sur l'opposition √† l'influence trop pr√©gnante des puissants sur la destin√©e de l'Empire.

Administration intérieure

Une fois le tr√īne solidement acquis, Basile peut s'occuper des affaires de l'√Čtat. Se rappelant les troubles qui ont √©maill√© son d√©but de r√®gne, Basile II ne prend aucun Premier ministre. Cependant le basileus sait s'entourer d'hommes de confiance, capables d'ex√©cuter les t√Ęches que l'empereur leur confie. Tout au long de sa vie le but principal de Basile dans sa politique int√©rieure a √©t√© d'accro√ģtre le Tr√©sor gr√Ęce √† ses nombreuses conqu√™tes et aux butins qu'il a rassembl√©s. √Ä sa mort Basile laisse 200 000 livres d‚Äôor et √©norm√©ment de bijoux et autres joyaux enfouis dans un labyrinthe[12]. Basile doit aussi maintenir l'ordre dans l'Empire et n'a √† r√©primer qu‚Äôun seul mouvement s√©cessionniste (1022), celui de Nic√©phore Xiphias, strat√®ge des Anatoliques, et du fils de Bardas Phocas.

Basile II et Constantin VIII sur une pièce d'or.

En 989, l'Empire conna√ģt une mauvaise ann√©e, l'hiver y est extr√™mement froid et le 25 octobre un tremblement de terre √† Constantinople d√©truit plusieurs tours de d√©fense et √©glises dont la grande coupole de la basilique Sainte-Sophie qui s'effondre et que Basile fait reconstruire par Tiridate[10].

Une des grandes Ňďuvres de Basile est la protection des paysans petits propri√©taires. En effet, les nobles, en prenant les terres des pauvres, oppriment la population, ce qui est dangereux pour l'√Čtat car cela coupe le lien direct entre les citoyens et l'empereur[note 3]. Le 1er janvier 996, Basile II publie une novelle dans laquelle il rend aux pauvres tous les biens qui leur avaient √©t√© confisqu√©s depuis Romain Ier L√©cap√®ne. La loi est appliqu√©e avec la plus grande s√©v√©rit√© et ne tol√®re aucun √©cart[13], √† l'image de Philocal√®s, simple paysan ayant acquis des biens ill√©galement et qui fut rabaiss√© √† sa condition premi√®re (ses √©difices furent m√™me d√©truits)[note 4].

En 1004, Basile II remet en place l'All√®lengyon (caution mutuelle) qui oblige les puissants √† payer les imp√īts √† la place des pauvres, sans pour autant pouvoir tirer profit des terres pour lesquelles ils s'acquittent de cet imp√īt[14]. Les grands propri√©taires, ainsi que le patriarche Serge II de Constantinople, sont r√©volt√©s par ces mesures, mais Basile II reste inflexible[15]. Cette r√©sistance patriarcale d√©montre que les biens de l'√Čglise ne d√©rogent pas √† la r√®gle. C'est certainement lors de ses voyages en Orient et dans le Caucase, alors qu'il est re√ßu en grande pompe par les puissantes familles d'Anatolie et de Cappadoce qui occupent abusivement des domaines imp√©riaux et communaux, qu'il devient convaincu de la n√©cessit√© d'une telle mesure[16]. Ainsi, Eustathe Maleinos, l'un des principaux propri√©taires terriens, profite du passage de Basile II et de son arm√©e de retour d'une campagne en Orient pour faire une d√©monstration de sa richesse en approvisionnant l'ensemble des soldats sur ses propres deniers. L'empereur r√©agit en l'exilant √† Constantinople. Une autre mesure destin√©e √† combattre les puissants clans d'Anatolie est la d√©cision du patriarche Sisinios II qui durcit la l√©gislation sur le mariage et les liens de parent√© pour √©viter les alliances matrimoniales[17]. Toutefois, ces mesures sont d'une efficacit√© contrast√©e. Ainsi, les propri√©taires terriens pouvant b√©n√©ficier de l'All√®lengyon s'av√®rent peu nombreux, r√©duisant l'utilit√© de la r√©forme.

Affaires religieuses

À Byzance

Basile II s'immisce aussi dans les affaires religieuses. Le basileus, selon certains chroniqueurs, manifeste son esprit autoritaire dans les affaires de l'√Čglise et souvent les patriarches sont choisis par lui plut√īt que par le synode, √† l'image de Nicolas II Chrysoberg√®s qui est √©lu patriarche apr√®s un interr√®gne de quatre ans, ce qui laisse penser √† un conflit entre le gouvernement et le synode[18]. La question des rapports entre Constantinople et Rome a s√Ľrement influenc√© le choix des diff√©rents patriarches. Les papes subissant une certaine ing√©rence de la part des empereurs germaniques qui ont aussi repris leurs attaques sur les th√®mes byzantins d'Italie, l'empereur byzantin soutient logiquement les papes issus de l'aristocratie romaine plut√īt que ceux pro-germaniques. Le successeur de Serge, Eustathe, fait n√©anmoins une visite √† Rome pour demander au pape Jean XIX une division en deux du gouvernement de l'√Čglise[19]. Ce projet est sur le point d'aboutir mais l'affaire est r√©v√©l√©e par plusieurs hauts dignitaires de l'√Čglise occidentale et le pape doit y renoncer. Le dernier acte d'ing√©rence de Basile II dans les affaires de l'√Čglise est l'intronisation sans l'avis du synode de l'higoum√®ne du monast√®re de Stoudios, Alexis Studite, au patriarcat (rempla√ßant Eustathe mort peu de temps auparavant) le [20].

Conversion des Slaves orientaux au christianisme

L'√©v√©nement religieux le plus consid√©rable de l'√©poque de Basile II est sans doute la conversion de la Ruth√©nie ki√©vienne (ou Rus' de Kiev) au christianisme, ce qui contribue √† agrandir la zone d'influence de l'Empire. Depuis 989, le christianisme est d√©j√† pr√©sent en Ruth√©nie par l'interm√©diaire de missionnaires venus de Scandinavie et de Moravie. Selon plusieurs textes, Vladimir se serait fait baptiser de son propre chef par des pr√™tres ruth√®nes deux ann√©es avant son mariage avec la princesse byzantine Anna Porphyrog√©n√®te. Basile II ayant trop tard√© √† lui envoyer sa sŇďur Anna, en √©change de l'intervention du Rus' de Kiev durant la guerre civile[21], Vladimir a annex√© la ville de Cherson√®se. Finalement le basileus envoie la princesse Anna √† Vladimir qui restitue Cherson√®se et l'aide √† chasser les derniers Khazars de Crim√©e, nouvel exemple de l'adresse qu'eut toujours Byzance √† combiner la force des armes, l'habilet√© diplomatique et la propagande religieuse[22]. Ce mariage entre une princesse imp√©riale et un prince √©tranger est √† l'√©poque rarissime et t√©moigne de la n√©cessit√© dans laquelle se trouve Basile. En effet, jusqu'au XIe si√®cle, les membres de la famille imp√©riale se marient presque exclusivement avec des Byzantins, une tradition qui s'effrite √† partir du r√®gne de Basile[23]. √Ä Kiev, le prince ruth√®ne convertit son peuple de gr√© ou de force. Une certaine r√©sistance a lieu √† Novgorod. L'organisation de l'√Čglise slave √† ses d√©buts est inconnue du fait du manque de sources mais les nouvelles autorit√©s religieuses sont des m√©tropolites grecs (Th√©ophylacte, m√©tropolite de S√©baste, devient le premier m√©tropolite de Ruth√©nie ki√©vienne)[24]. Il semble cependant certain que la venue de la princesse Anna contribue √† accro√ģtre l'influence byzantine dans le Rus' de Kiev, l'√©volution culturelle de la r√©gion √©tant un temps subordonn√© √† Byzance[2]. Pendant plusieurs ann√©es encore, les rites des slaves orientaux sont emprunt√©s √† la fois √† l'√Čglise orthodoxe et √† l'√Čglise catholique, mais finalement le rite byzantin finit par s'imposer.

Politique extérieure

Les pr√©d√©cesseurs imm√©diats de Basile avaient concentr√© leurs forces sur la lutte contre les Arabes. La politique de Basile II est de plus grande envergure. Le basileus trouve les ressources n√©cessaires pour lutter sur quatre fronts diff√©rents. Son effort principal est dirig√© contre les Bulgares, mais il conquiert encore des territoires aux √©mirs arabes, pousse la p√©n√©tration byzantine jusqu'aux peuples caucasiens et r√©ussit √† pr√©server les territoires en Italie. Basile II conna√ģt parfaitement l'organisation de l'arm√©e et a lu √©norm√©ment d'ouvrages de strat√©gie. Pendant 39 ans (986-1025), le basileus conduit son arm√©e sur tous les champs de bataille. Il trouve les points faibles de l'adversaire, toutes ses offensives sont raisonn√©es et il n'h√©site pas √† lancer des campagnes en hiver.

Renaissance de la Bulgarie (980-989)

Carte de l'Empire bulgare et de l'Empire byzantin vers l'an 1000.

Les pr√©d√©cesseurs de Basile II n'avaient pu soumettre que la partie orientale de la Bulgarie. Le tsar de Bulgarie Samuel s'√©tait r√©fugi√© en Mac√©doine-Occidentale. Les Bulgares constituant une menace directe pour l'Empire, Basile y concentre le plus de troupes. De 976 √† 989, les troubles du d√©but de r√®gne de Basile II profitent aux Bulgares qui reconstituent leur √Čtat. En 980, Samuel d√©cide d'attaquer la Gr√®ce, prend Larissa en 986[25] et s'avance jusqu'√† Corinthe. Basile, impatient d'en d√©coudre, chasse Samuel de Gr√®ce mais est battu par les Bulgares le devant Sofia dans la bataille des Portes de Trajan. √Ä la suite de cet √©chec, la r√©volte des deux Bardas se d√©clenche.

Expansion de la Bulgarie (989-1001)

De 989 jusqu'√† l'ann√©e 1001, deuxi√®me partie du r√®gne, Basile II est en paix avec la Rus' de Kiev et le califat fatimide ; les efforts du basileus se tournent vers la Bulgarie. Les Bulgares marchent sur Thessalonique, s'emparent de V√©ria (cit√© barrant l‚Äôacc√®s occidental de Thessalonique)[26] et gagnent la bataille de Thessalonique (995). Pendant la guerre civile, Samuel s'est d√©j√† empar√© de la Dalmatie, du port de Dyrrachium et r√®gne sur les deux tiers de la p√©ninsule balkanique. Basile organise la d√©fense de Thessalonique et, apr√®s une lutte de 4 ans, reprend V√©ria. Appel√© sur le front oriental, Basile confie au g√©n√©ral Nic√©phore Ouranos les forces luttant contre les Bulgares. Apprenant le d√©part de Basile, Samuel avance vers Thessalonique, mais, devant la grande ville, renonce √† l'assi√©ger et se dirige vers Corinthe, puis bat en retraite vers le Sperchios, o√Ļ il se fait battre par Nic√©phore Ouranos. Les Bulgares, subissant une grave d√©faite, doivent s'enfuir vers les monts de Thessalie. Basile ne peut exploiter cette victoire et ordonne √† Nic√©phore de ravager la Bulgarie. Malgr√© cela, Samuel envahit la Diocl√©e (actuel Mont√©n√©gro)[27].

Coup d’arrêt à l’expansion bulgare (1001-1005)

Basile II, en 1001-1002, m√®ne campagne dans la plaine de Sofia. Le basileus r√©cup√®re la Bulgarie danubienne et s'y maintient. Ensuite, il reconstruit les places-fortes de Thessalie. Peu apr√®s il s'empare d'√Čdessa, puis en 1004 conquiert Vidin apr√®s huit mois de si√®ge. Samuel tente une diversion en s'emparant d'Andrinople, dont il massacre les habitants[28], mais le tsar, apprenant l'arriv√©e de Basile, bat en retraite. Finalement, les deux arm√©es se rencontrent sur le Vardar devant Skopje. Les Bulgares sont d√©faits et doivent abandonner le butin d'Andrinople. Pour parachever sa victoire, Basile II conquiert Skopje. En quatre ans, Samuel a perdu la moiti√© de son empire. Les Byzantins, pour compl√©ter leur succ√®s, r√©cup√®rent Dyrrachium, vendue par son gouverneur Achot Taronit√®s, gendre de Samuel[29].

Expansion byzantine (1005-1014)

La défaite des Bulgares à Kleidion.

Entre 1005 et 1014, on poss√®de peu de renseignements sur les op√©rations de Basile II ; on sait surtout qu'il se rapproche peu √† peu du centre de l'Empire bulgare. Selon Stephenson, une tr√™ve de dix ans est sign√©e jusqu'√† la reprise des hostilit√©s en 1014[30]. Il ne reste plus √† Samuel que la r√©gion des grands lacs, les montagnes de l'Albanie ainsi que la r√©gion du Strymon. C'est dans cette r√©gion que se livre une bataille cruciale pour l'avenir de la Bulgarie. Le 29 juillet 1014, Basile emprunte la passe de Kimbalongos, barr√©e par l'arm√©e bulgare. Finalement Basile contourne cette derni√®re et enl√®ve la victoire lors de la bataille de la Passe de Kleidion. Selon une l√©gende √† l'origine du surnom de Bulgaroctone donn√© √† Basile II, le basileus fait crever les yeux des soldats survivants et renvoie les 14 000 √† 15 000 Bulgares aveugles au tsar conduits par un borgne √©pargn√© pour cent aveugles[31]. Devant l'arriv√©e de cette troupe, Samuel meurt d'apoplexie. Cependant, les historiens modernes doutent fortement de la v√©racit√© de cette histoire ainsi que du nombre de prisonniers faits. En effet, la mise hors de combat de pr√®s de 15 000 hommes (sans compter les morts lors de la bataille) aurait drastiquement r√©duit le potentiel militaire de la Bulgarie qui continue pourtant de r√©sister durant quatre ans[32].

Ultimes combats (1014-1018)

Le fils de Samuel, Gabriel Radomir, succ√®de √† son p√®re √† la t√™te des Bulgares. Basile II, exploitant sa victoire, occupe Melnik (fin 1014) et envahit la Mac√©doine-Occidentale, les Bulgares ne poss√©dant alors plus que les hautes terres de P√©lagonie. Basile prend en 1016 la forteresse de Mogl√©na dans le sud-est de la Mac√©doine. Pendant cette ann√©e √©clate une guerre civile chez les Bulgares et Gabriel Radomir est tu√© par son cousin Ivan Vladislav. Ce dernier tente de faire la paix avec le basileus mais Basile refuse[33]. Basile II continue la conqu√™te de la Bulgarie en prenant Ohrid (la capitale de Samuel). Les Bulgares tentent alors de s'allier avec les Petch√©n√®gues. Lorsqu'il apprend cela, Basile abandonne le si√®ge de Kastoria et remonte vers le nord. Puis, apprenant l'√©chec de cette alliance, il revient en P√©lagonie o√Ļ Ivan Vladislav tente de l'arr√™ter ; ce dernier est finalement battu (fin 1017). Dans une tentative d√©sesp√©r√©e, le dernier tsar bulgare l√®ve une arm√©e et tente de reprendre Dyrrachium (janvier 1018) mais il est tu√© dans le combat. L'exp√©dition de Basile en 1018 est une promenade et son retour √† Constantinople est un triomphe[34]. La victoire des Byzantins sur les Bulgares est s√Ľrement due √† la sup√©riorit√© de l'organisation de leur arm√©e, ainsi qu'√† l'habilet√© strat√©gique de Basile II qui a su diviser l'ennemi. Il acquiert la victoire aussi gr√Ęce √† la grande mobilit√© de ses troupes ; Basile est aussi toujours pr√™t √† abandonner un champ de bataille pour r√©parer une erreur commise sur un autre. Enfin, la donation de titres et de dignit√©s aux derniers grands nobles bulgares lui permit d'assurer la conqu√™te d√©finitive des vestiges de l'Empire bulgare[17].

La conqu√™te de la Bulgarie permet √† l'Empire byzantin de repousser sa fronti√®re sur le Danube et √©limine un empire qui depuis sa cr√©ation a toujours √©t√© un grand danger, mena√ßant √† plusieurs reprises Constantinople et n√©cessitant la pr√©sence de nombreuses troupes qui ont manqu√© de nombreuses fois aux exp√©ditions des empereurs byzantins contre les Arabes. Cependant, cela ne fait pas dispara√ģtre tout danger pour l'Empire byzantin sur le front danubien, du fait du danger ruth√®ne qui se fait de plus en plus pressant et de l'apparition agressive des Petch√©n√®gues.

√Ä la suite de la conqu√™te de la Bulgarie, Basile II fait preuve d'une tr√®s grande intelligence dans l'organisation de cette nouvelle province. Elle est divis√©e en deux duch√©s (la Bulgarie √† l'ouest et le Paristrion √† l'est). Il est aussi tr√®s tol√©rant dans l'organisation eccl√©siastique de l'√Čglise bulgare dont le patriarcat, ramen√© au rang d'archev√™ch√© n'est soumis qu'√† la volont√© de l'empereur et reste ind√©pendant du patriarche de Constantinople[35]. Ceci a permis d'√©viter toute tentative de r√©volte des Bulgares. En outre, les grands dirigeants militaires re√ßoivent diff√©rents postes √† l'image d'A√Ęron nomm√© duc du Vaspourakan puis duc de M√©sopotamie. Des alliances matrimoniales entre noblesses bulgares et byzantins ont √©galement lieu, notamment entre Isaac Comn√®ne et Catherine de Bulgarie[36].

Enfin, il ne faut pas n√©gliger l'importance de cette extension de l'Empire sur la politique int√©rieure byzantine. En repoussant les fronti√®res de Byzance sur le Danube, Basile II r√©duit consid√©rablement l'influence des grandes familles aristocratiques d'Asie mineure qui perdent la pr√©√©minence qu'elles poss√©daient depuis plusieurs si√®cles. En cela, la politique ext√©rieure de Basile II concorde avec sa politique int√©rieure o√Ļ il combat le poids trop important de la noblesse[37].

Guerre contre les Arabes (979-999)

Sans se d√©sint√©resser du front arabe, Basile II s'occupa plut√īt du sort des Bulgares. N√©anmoins, strat√®ge avis√©, le basileus continue la politique d'expansion et conquiert quelques territoires arabes.

Premier répit (979-995)

De 976 √† 989, l'√©mir d'Alep Sa√Įd se tient √† l'√©cart des guerres civiles bien qu'il tente de s'affranchir du tribut que son pr√©d√©cesseur Bagkour s'√©tait engag√© √† payer √† l'Empire byzantin. Il avait fallu trois exp√©ditions de Bardas Phocas le Jeune (en 981, 983 et 986) pour le faire rentrer dans le rang. Apr√®s la derni√®re exp√©dition, Basile II entre en conflit avec le califat fatimide, Sa√Įd s'√©tant mis sous la protection de ce dernier. Mais, en pleine guerre civile, il signe un trait√© avec le calife dans lequel il s'engage √† ne pas attaquer l'√©mir d‚ÄôAlep et que son nom soit prononc√© dans les pri√®res de la mosqu√©e de Constantinople pr√©sente depuis le VIIIe si√®cle[38]. Basile II doit aussi lutter contre les Arabes en Sicile.

Lutte contre le califat fatimide (995-999)

En 992, le nouveau calife fatimide Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah, profitant de la mort de l'√©mir hamdanide Saad al-Dawla (991) qui laisse un fils en bas √Ęge, assi√®ge Alep. Le r√©gent de l'√©mir hamdanide Loukoul el K√©bir fait alors appel √† Basile II pour l'aider face aux Fatimides qui ont vaincu le duc d'Antioche Michel Bourtz√®s √† la bataille des gu√©s de l'Oronte (15 septembre 994)[39]. Alors qu'il lutte contre les Bulgares, Basile d√©cide en 995 de transf√©rer ses troupes √† Alep. Ordonnant √† ses soldats de monter chacun une mule rapide, il r√©ussit l'exploit de traverser l'Asie mineure en 16 jours et en plein hiver. Devant l'arriv√©e subite des Byzantins qui ont rejoint les forces du duc d'Antioche, les Arabes prennent peur et se replient √† Damas. Apr√®s la prise de quelques places syriennes, Basile II est de retour √† Constantinople en 995[16].

En 999, Basile II doit de nouveau abandonner le th√©√Ętre bulgare. En effet, le calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah, successeur d'al-Aziz Billah, inflige une d√©route au duc d'Antioche Damien Dalass√®ne qui est tu√© en combattant (19 juillet 998). Le basileus a comme but de d√©gager Antioche, ensuite de soumettre les √©mirs et de s'assurer l'ob√©issance de ceux qui √©taient les vassaux de l'Empire. Basile est √† Antioche le 20 septembre, il s‚Äôempare de C√©sar√©e et de Homs (en octobre), mais √©choue devant Tripoli (6-17 d√©cembre). √Ä la suite de cette campagne, il passe l'hiver √† Tarse[40]. L'empereur ne peut continuer la lutte car il doit assurer les positions byzantines du Caucase. Il signe donc un trait√© de paix de dix ans avec Al-Hakim[41]. La paix entre Byzance et les Arabes permet √† Basile II de concentrer toutes ses forces dans la campagne de Bulgarie.

Campagne de Géorgie (1000)

Basile II représenté en ange et terrassant les démons. Enluminure du Ménologe de Basile II, Bibliothèque apostolique vaticane.

En 1000, √† la suite de sa campagne de Syrie, Basile II s'appr√™te, apr√®s avoir pass√© l'hiver √† Tarse, √† repartir en campagne contre les √©mirs arabes lorsqu'il apprend l'assassinat de David III d'Ib√©rie, le roi de Haute-G√©orgie[42]. Ce dernier, qui avait apport√© son aide √† Bardas Phocas le Jeune qui s'√©tait r√©volt√©, s'√©tait engag√© pour √©viter de perdre son royaume √† le c√©der √† sa mort √† l'Empire. Basile marche donc vers le royaume de Haute-G√©orgie pour r√©cup√©rer son d√Ľ. Le basileus arrive √† M√©lit√®ne, o√Ļ il est accueilli en grande pompe par les chefs arm√©niens. Continuant sa route, il passe √† proximit√© des sources du Tigre et franchit l'Euphrate. Finalement il arrive √† Havatchich sur l'Araxe o√Ļ il est accueilli par les princes g√©orgiens auxquels il distribue des titres et des terres. Apr√®s avoir annex√© toutes les terres de David et re√ßu le serment de fid√©lit√© de ses vassaux, il revient √† Constantinople apr√®s une campagne militaire facile. Ces nouvelles conqu√™tes font grandir le prestige de l'Empire chez les peuples caucasiens[43].

Campagne de Transcaucasie (1018-1022)

Tr√®s peu de temps apr√®s la destruction de l'√Čtat bulgare, Basile II part en campagne en Transcaucasie, car Georges Ier, roi de G√©orgie, a pris en sa possession les territoires de son p√®re Bagrat III de G√©orgie, mort en 1014, qui avait c√©d√© ses terres ainsi que de la r√©gion de Basian (entre la haute vall√©e de l'Araxe et le bras oriental de l'Euphrate) √† l'Empire byzantin en √©change du titre de curopalate. Craignant la migration des Seldjoukides, Basile attache beaucoup d'importance √† ces terres et veut montrer √† ses vassaux que, malgr√© leur √©loignement, il viendrait toujours ramener l'ordre. Sans d√©voiler le but de son exp√©dition, le basileus rassemble son arm√©e √† Philom√©lion dans le th√®me des Anatoliques. L'empereur se dirige vers Karin (Erzurum) au printemps de l'ann√©e 1021. Devant le refus de Georges Ier de G√©orgie de se soumettre[44], il rejoint la plaine de Basian en traversant la cha√ģne s√©parant l'Araxe de l'Euphrate. Il rencontre l'arm√©e de Georges Ier, qu'il vainc √† la difficile bataille de Shirimni le et qui se replie vers l'Abkhazie, poursuivie par les Byzantins. Apr√®s avoir br√Ľl√© les villes de G√©orgie, Basile p√©n√®tre dans la r√©gion de Tiflis o√Ļ aucun empereur n'avait p√©n√©tr√© depuis H√©raclius.

Basile II passe l'hiver √† Tr√©bizonde, o√Ļ le roi d'Arm√©nie, Hovhann√®s-Smbat III d'Arm√©nie, ancien alli√© de Georges, lui fait sa soumission et lui promet de transf√©rer son royaume √† l'Empire √† sa mort. Le basileus traite aussi avec le roi S√©n√©q√©rim-Hovhann√®s de Vaspourakan (sud du lac de Van) qui, ne pouvant pas se d√©fendre contre les Seldjoukides, donne son royaume √† Basile en √©change du poste de strat√®ge du th√®me de S√©bast√©e qui lui est donn√© en apanage[45]. Georges Ier de G√©orgie, apprenant que Basile II se pr√©pare √† attaquer l'Abkhazie, se soumet √† l'empereur byzantin et lui c√®de les territoires en litige[46].

Révolte de Nicéphore Xiphias (1022-1023)

Basile II se pr√©pare √† quitter le Caucase lorsqu'il apprend que Nic√©phore Xiphias, strat√®ge des Anatoliques, un des meilleurs g√©n√©raux de la campagne de Bulgarie, se r√©volte de concert avec Nic√©phore Phocas Barytrachelos ¬ę au col tors ¬Ľ, fils de Bardas Phocas. Basile envoie le strat√®ge des Arm√©niaques contre les rebelles alors que lui se dirige contre Georges, instigateur de cette r√©volte. Exasp√©r√© par le comportement du chef caucasien qui a refus√© de renouveler sa soumission, il marche dans la plaine de Basian et lui inflige une d√©route compl√®te ()[44]. Georges s'enfuit en abandonnant son camp. Suivi de pr√®s par l'arm√©e imp√©riale, il implore la paix ; Basile II la lui accorde dans les m√™mes termes que le trait√© pr√©c√©dent mais le chef caucasien doit en plus livrer de nombreux otages dont son fils unique √† Basile. Le basileus continue sa marche et fait une d√©monstration de forces aux limites des terres chr√©tiennes aux alentours du lac d'Ourmia. Finalement, Basile bat en retraite et rentre √† Constantinople au d√©but de l‚Äôann√©e 1023[47]. Il a achev√© la conqu√™te de l'Arm√©nie et de la G√©orgie.

Campagne contre les Khazars (1016)

La steppe pontique en 1015. L'aire en bleu représente le territoire des Khazars.

Bien que la puissance du khaganat khazar ait été mise à mal par les princes de Kiev au cours des années 960, les Byzantins n'ont pas pu exploiter cette baisse de pouvoir des Khazars et reconstituer leur domination sur l'ensemble de la Crimée et d'autres secteurs autour de la mer Noire. En 1016, l'armée byzantine, avec celle de Mstislav de Tchernigov, attaque la Crimée. Georges Cédrène rapporte que le chef khazar Georges Tzoul, battu à Kertch, est capturé et son royaume détruit. Les Byzantins rétablissent ensuite leur domination sur la Crimée méridionale.

Affirmation de Venise

Pendant son r√®gne, Basile II entreprend de s'allier avec Venise et, par ce geste, il contribue en grande partie √† la naissance en tant que grande puissance maritime de Venise. Il est significatif que Basile ne s√©pare pas la question de l'Italie de celle de l'Adriatique, dont les rives sont occup√©es par Venise encore en partie vassale de l'Empire, par la Croatie, par le th√®me de Dyrrachium et par celui d'Italie. Tous ces territoires sont menac√©s par les m√™mes ennemis : les Bulgares, les pirates slaves et les Sarrasins[48]. Basile, qui se consacre √† la guerre en Bulgarie, d√©cide donc de s'allier avec Venise dont il se consid√®re le suzerain. En 992, il accorde des droits commerciaux √† la jeune puissance maritime et abaisse le droit de passage de ses navires √† la douane d'Abydos √† deux sous d'or. En √©change les V√©nitiens doivent mettre leurs navires √† la disposition du basileus si ce dernier veut d√©barquer des troupes en Italie. En 998, Basile autorise le doge Pietro II Orseolo √† d√©fendre les villes du th√®me de Dalmatie contre les attaques des pirates slaves. Ce dernier s'acquitte tr√®s bien de cette t√Ęche ; en effet l'exp√©dition d'Orseolo en 1001 est un triomphe pour Venise. Cet √©v√©nement marque le d√©but des pr√©tentions v√©nitiennes sur les villes dalmates. Enfin en 1004, les V√©nitiens envoient une flotte au secours de la capitale du th√®me byzantin d'Italie, Bari, assi√©g√©e par les Arabes et qui s'appr√™tait √† succomber[49]. En remerciement de cet acte, Basile autorise le fils du doge √† venir √† Constantinople pour se marier avec une patricienne ; une nouvelle puissance maritime est alors n√©e dans l'Adriatique.

Invasion germanique (981-983)

Pendant la guerre civile, l'Italie est abandonn√©e √† son sort, mal d√©fendue et prot√©g√©e seulement par des milices locales. Alors que les Sarrasins de Sicile continuent leurs raids en Italie, Otton II, l'empereur germanique, malgr√© son mariage avec la ni√®ce de Jean Ier Tzimisk√®s, Th√©ophano Skleraina, veut continuer le projet de son p√®re et envahir les possessions byzantines. Le gouvernement byzantin tente sans succ√®s de dissuader l'empereur germanique qui commence ses incursions √† partir de l‚Äô√©t√© 981. Il est dans l'Italie centrale lorsqu'un de ses meilleurs alli√©s, Pandolf T√™te de Fer, prince de Salerne et de B√©n√©vent, meurt. Malgr√© cette perte, Otton II envahit en 982 l'Apulie byzantine qu'il parcourt pendant 5 mois en prenant la plupart des villes. Cependant, alors qu'il arrive en Calabre, Otton II se heurte aux Sarrasins de Sicile qui lui infligent une lourde d√©faite pr√®s de Stilo (le 13 juillet 982). L'empereur ne doit son salut qu'en poussant son cheval dans les flots o√Ļ il est recueilli par un navire byzantin. Reformant son arm√©e √† Rossano, Otton se replie et meurt √† Rome au mois de d√©cembre 983[50]. Finalement, la victoire des Byzantins leur permet de r√©tablir leur domination sur l'Apulie avec la prise d'Ascoli Satriano par Kalokyros Delphinas en 982[51].

Incursions arabes (991-1002)

L'empereur Basile II, psautier de Basile II, f.IIIr.

√Ä la fin du Xe si√®cle, il ne se passe que peu d'√©v√©nements importants en Italie et les possessions byzantines ne sont gu√®re menac√©es. Cependant, des incursions des Arabes de Sicile (si√®ge de Tarente en 991, prise de Matera en Calabre en 994)[29] et des r√©voltes lombardes (Smaragdus qui s'allie avec les Sarrasins et tient la campagne de 997 √† l'an 1000) oblige les Byzantins √† rester sur leurs gardes, les milices locales ne sont pas assez fortes pour tenir t√™te aux envahisseurs. La cons√©quence directe de ce manque de d√©fense est la vie mis√©rable qu'ont les habitants de l'Apulie. Heureusement pour les Byzantins, il n'y a plus d'incursions germaniques notamment parce que Th√©ophano meurt en 991. Otton III, empereur germanique, envoie donc une ambassade en 996 dirig√©e par Jean Philathagos et Bernward de Hildesheim pour r√©clamer la main d'une nouvelle porphyrog√©n√®te √† Basile II. Cependant, il faut attendre 1001 et une nouvelle ambassade men√©e par Arnolfo II, l'archev√™que de Milan, pour que les n√©gociations aboutissent. Mais lorsque la porphyrog√©n√®te arrive en Italie √† Bari (1002), elle apprend qu'Otton III est mort √† l‚Äô√Ęge de 22 ans.

Révolte lombarde

Pendant que les Arabes continuaient leurs incursions sur le territoire byzantin, un grand danger pour l'Italie byzantine se profile. En effet, le 9 mai 1009 éclate une insurrection à Bari dirigée par deux aristocrates lombards : Mélès et son beau-frère Datto. Ces derniers chassent la garnison byzantine de la ville sans chef depuis la mort du catépan[52]. Les forces byzantines en Italie, trop faibles, ne pouvant pas protéger la population des Arabes et l'insolence des fonctionnaires avec les indigènes sont les causes directes de la révolte. Avec l'aide des milices, le mouvement s'étend à toute l'Apulie. Finalement, dix mois après le début de la révolte, Basile II envoie des forces en Italie (mars 1010).

Après un siège de 61 jours, Basile Argyre reprend Bari et y rétablit l'autorité byzantine. Mélès, qui allait être capturé, s'enfuit à Bénévent et de là en Allemagne. L'empereur germanique Henri II lui confère le titre de prince d'Apulie[52].

Mais un autre danger se profile pour l'Empire : depuis le XIe si√®cle, les Normands quittent leur pays √† cause d'une population trop grande pour les ressources qu'il peut offrir et d'un gouvernement qui ne leur laisse pas assez d'ind√©pendance. Ces guerriers et marchands se trouvent partout en Europe. En effet, ils vont souvent en p√®lerinage. Certains de ces Normands fr√©quentaient le p√®lerinage de saint Michel au Monte Gargano. C'est √† cet endroit que M√©l√®s les rencontre et les exhorte √† combattre les Byzantins. Cependant, il est plus probable que ce soit le prince de Salerne, Guaimar III de Salerne, qui ait fait appel aux chevaliers normands par l‚Äôinterm√©diaire d'√©missaires. Finalement les Normands se joignent aux Lombards r√©volt√©s et M√©l√®s vainc √† plusieurs reprises le catapan L√©on Tornikios durant le printemps 1017. En quelques mois, les r√©volt√©s occupent toutes les Pouilles. Basile II d√©cide de remplacer L√©on Tornikios par Basile Bojoann√®s, homme plus √©nergique. En dix mois, ce dernier r√©prime la r√©volte lombarde et, en octobre 1018, inflige un d√©sastre √† l'arm√©e lombardo-normande √† Cannes (actuelle Barletta) sur la rive droite de l'Aufide. M√©l√®s r√©ussit √† s'√©chapper en Allemagne o√Ļ il meurt en 1020[53].

À la suite de cette victoire, l'autorité impériale est rétablie en Italie méridionale et Basile Bojoannès crée une marche militaire qui bloque le massif du Gargano et construit une ville nouvelle, Troia, qui protège la route de Bénévent ainsi que toute une ligne de forteresses contre laquelle vient échouer Henri II[54].

À la suite de sa campagne en Arménie, Basile II a comme projet de réduire le repaire des pirates arabes qu'est la Sicile[54]. En avril 1025, une armée dirigée par le protospathaire Oreste débarque en Italie et se dirige vers Reggio de Calabre. Basile Bojoannès commence la campagne de Sicile en s'emparant de Messine, mais il ne peut continuer car Oreste a subi un échec[55]. Basile II, qui s'apprête à embarquer pour l'Italie, meurt le 15 décembre 1025 ; ceci stoppe les opérations en Sicile.

Bilan

L'Empire byzantin tel que l'a laissé Basile II à sa mort, en 1025.

Sur le plan politique, Basile II, mort sans enfant, laisse √† son fr√®re Constantin VIII un empire plus puissant et plus √©tendu qu‚Äôil ne l'avait jamais √©t√© depuis Justinien. Pour la premi√®re fois depuis plusieurs si√®cles, l'autorit√© imp√©riale est r√©tablie dans les Balkans gr√Ęce √† l'√©limination de l'√Čtat bulgare. Basile a aussi √©cart√© le danger arabe, notamment gr√Ęce √† des d√©monstrations de force qui lui ont permis au passage de conqu√©rir plusieurs villes importantes comme C√©sar√©e, tout en se rapprochant de J√©rusalem et du cŇďur du christianisme. Il r√©ussit en outre √† √©tendre son autorit√© aux lointains royaumes caucasiens, terres o√Ļ aucun Byzantin n'avait p√©n√©tr√© depuis H√©raclius[46]. Basile a r√©ussi gr√Ęce √† une politique audacieuse, tant sur le plan diplomatique que militaire, √† conserver toutes les possessions byzantines en Italie et ouvre la voie √† ses successeurs pour la conqu√™te de la Sicile arabe. Plus au nord, au-del√† des zones bulgares, si Basile II n'arrive pas √† soumettre les Daces, et la Dacie (actuelle Roumanie), celle-ci n'en sera pas moins vassale de l'Empire byzantin, qui contr√īlera quand m√™me le delta o√Ļ finit le Danube (actuelle Dobroudja).

Sur le plan √©conomique, Basile II fut un bon gestionnaire et il laisse √† sa mort un tr√©sor consid√©rable. L'administration a √©t√© r√©form√©e, les petites propri√©t√©s ont √©t√© r√©tablies, r√©duisant ainsi l'oppression des pauvres et permettant √† l'√Čtat d'√™tre plus puissant. En effet, en emp√™chant l'acquisition de territoires et de biens au d√©triment des pauvres, il emp√™che l'aristocratie byzantine d'√™tre trop puissante et de devenir dangereuse.

Enfin dans le domaine religieux, Basile a sensiblement augmenté l'aire d'influence de Constantinople : avec la conversion de Kiev au rite constantinopolitain, l'Empire byzantin acquiert un grand prestige spirituel dans le monde slave. Sur le plan matériel, sa richesse y suscite cependant des convoitises.

Selon Michel Choniat√®s, dont l'analyse est reprise par Georg Ostrogorsky, Basile II est le plus grand empereur byzantin avec H√©raclius[56]. Prolongeant l'analyse du chroniqueur byzantin, Ostrogorsky identifie ces deux r√®gnes comme les bornes de la p√©riode glorieuse de l'Empire byzantin sous sa forme m√©di√©vale[57]. Gustave Schlumberger est aussi particuli√®rement s√©duit par le personnage de Basile II. Enfin, Jean-Claude Cheynet indique que les contemporains de Basile le placent parmi les plus grands souverains de l'histoire byzantine aux c√īt√©s de Justinien et d'H√©raclius et qu'apr√®s la perte de ses conqu√™tes, son r√®gne reste un √©l√©ment de nostalgie profonde au sein de la population de l'Empire[58]. Toutefois, Cheynet rappelle aussi que la destruction des √Čtats tampons du Caucase place l'Empire byzantin au voisinage de menaces de plus en plus grandes[note 5] et que les conqu√™tes de Basile s'av√®rent difficiles √† conserver √©tant donn√© l'effort financier et militaire qu'elles ont demand√©[58].

Conclusion

Basile II[59] se pr√©pare √† mener une grande exp√©dition en Sicile, lorsqu'il meurt brutalement le , √Ęg√© de 67 ans. Apr√®s un tel r√®gne, on ne peut gu√®re attendre qu'un d√©clin[60].
C'est effectivement ce qui va se passer. L'ann√©e 1025 marque le z√©nith de l'Empire byzantin. Moins √©tendu qu'√† l'√©poque de Justinien, il est plus compact et donc plus homog√®ne : 1,2 million de Km2, 20 millions d'habitants, de la Calabre √† la Syrie, du Danube √† l'Arm√©nie, solidement camp√© √† cheval sur les d√©troits, redout√© pour sa flotte et ses arm√©es, prosp√®re par son commerce et sa monnaie, dot√© de villes actives, d'institutions solides autour de l'empereur et d'une Eglise pour une fois unie derri√®re son patriarche Ňďcum√©nique. Entre une Europe occidentale encore √† la recherche de ses bases et un Monde arabo-musulman qui se morcelle, l'Empire byzantin est sans doute la principale puissance m√©diterran√©enne en ce d√©but du XIe si√®cle[61].

Famille

Basile II √©tant le fils de Th√©ophano Anastaso et de Romain II, il est donc de la dynastie mac√©donienne ; il a pour fr√®re et sŇďur :

En véritable ascète, Basile II ne se maria pas et n'eut donc aucun enfant[2]. Dans les faits, c'était un empereur constamment au combat, et en campagne militaire, jusqu'au bout de son existence. C'était un empereur qui vivait avec ses soldats, et qui était obsédé par l'idée d'être un jour victime d'un complot, et assassiné. Ainsi, il voulait s'épargner à vivre le complot éventuel de son propre assassinat, et celui de sa famille.

Notes et références

Notes

  1. Le 12 d√©cembre selon YahyńĀ d'Antioche.
  2. À partir du 10 janvier 976.
  3. La thèse ancienne de la féodalisation de l’Empire byzantin est abandonnée de nos jours.
  4. Selon Louis Bréhier, Basile le punit avant même la publication de sa novelle.
  5. Au premier rang desquels se placent les Turcs qui commencent à lancer leurs premiers raids contre l'Empire byzantin dans les années 1040.

Références

  1. Les chroniqueurs divergent sur la date et le lieu de sa naissance. Que ce soit Th√©ophane continu√©, Jean Skylitz√®s ou Michel Psellos, aucun ne donne une date exacte et lui donnent des √Ęges diff√©rents √† sa mort : Georges Ostrogorsky, Histoire de l‚Äô√Čtat byzantin, Payot, 1956 et 1983 (ISBN 2-228-07061-0), p. 334-335.
  2. Georg Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 331.
  3. Jean Skylitz√®s, Synopsis histori√īn, p. 248.
  4. Jean Skylitz√®s, Synopsis histori√īn, p. 315.
  5. (en) Catherine Holmes, ¬ę Basil II (A.D. 976-1025) ¬Ľ, sur De Imperatoribus Romanis, (consult√© le ).
  6. Kaldellis 2017, p. 83.
  7. Zonaras, Epit√īme, XVII, p. 108-109.
  8. Michel Kaplan, Alain Ducelier, Byzance : du IVe au XVe siècle, p. 52.
  9. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 180.
  10. YahyńĀ d‚ÄôAntioche, t. II, p. 430.
  11. Cheynet 2007, p. 36-37.
  12. Michel Psellos, Chronographie 676-1077, p. 19-20.
  13. Paul Lemerle, Histoire de Byzance, p. 92.
  14. Louis Bréhier, Les institutions de l'Empire byzantin, p. 212.
  15. Jean Skylitz√®s, Synopsis histori√īn, p. 347.
  16. John Julius Norwich (trad. Dominique Peters), Histoire de Byzance (330-1453), Paris, Librairie Académique Perrin, (1re éd. 1999) [détail des éditions] (ISBN 2-262-01333-0), p. 246-247.
  17. Cheynet 2007, p. 37.
  18. Zonaras, √Čpitome.
  19. Jugie, Le schisme byzantin, p. 168.
  20. Gustave Schlumberger, L’épopée byzantine à la fin du Xe siècle.
  21. Georg Ostrogorsky, op. cit., p. 330.
  22. Paul Lemerle, Histoire de Byzance, coll. ¬ę Que sais-je ? ¬Ľ.
  23. Cheynet 2007, p. 73.
  24. (en) E. Honnigmann, Studies in Slavic Church History, byzantion, 17 (1944-1945), p. 128 et suite.
  25. Kékauménos, Stratégikon (Récits d’un grand seigneur byzantin du XIe siècle), p. 169-170.
  26. Léon le Diacre, Histoires, ch. 10, p. 908-909.
  27. (en) Steven Runciman, A History of The First Bulgarian Empire, p. 430-433.
  28. Kédrènos, cité dans (en) Steven Runciman, op. cit., p. 454-455.
  29. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 190.
  30. Stephenson 2000, p. 68-69.
  31. Paul Lemerle, op. cit., p. 91.
  32. Cheynet 2007, p. 456.
  33. Jean Skylitz√®s, Synopsis histori√īn, p. 353.
  34. Kédrènos, cité dans (en) Steven Runciman, op. cit., p. 208.
  35. Georg Ostrogorsky, op. cit., p. 337.
  36. Cheynet 2007, p. 457.
  37. Georg Ostrogorsky, op. cit., p. 338-339.
  38. Kédrènos, cité dans (en) Steven Runciman, op. cit., p. 489-480.
  39. YahyńĀ d‚ÄôAntioche, t. II, p. 455-456.
  40. (de) Ernest Honigmann, Die Ostgrenze des byzantinisches Reiches von 363 bis 1071.
  41. YahyńĀ d‚ÄôAntioche, t. II, p. 457-461.
  42. Gustave Schlumberger, op. cit., p. 159.
  43. YahyńĀ d‚ÄôAntioche, t. II, p. 184.
  44. Gustave Schlumberger, L‚Äô√Čpop√©e byzantine √† la fin du Xe si√®cle, p. 468.
  45. Louis Bréhier, Les institutions de l'Empire byzantin, p. 235.
  46. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 194.
  47. Gustave Schlumberger, op. cit., p. 533-536.
  48. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance.
  49. Gay, L’Italie méridionale et l’Empire byzantin, p. 368-369.
  50. Gay, L’Italie méridionale et l’Empire byzantin, p. 335-339.
  51. Holmes 2005, p. 507.
  52. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie.
  53. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 197.
  54. A. Ducellier, M. Kaplan et B. Martin, Le Proche-Orient médiéval, éditions Hachette Université, p. 83.
  55. Gay, L’Italie méridionale et l’Empire byzantin, p. 420-429.
  56. Michel Choniatès, II, éditions Lambros, p. 354.
  57. Georg Ostrogorsky, op. cit., p. 340.
  58. Cheynet 2007, p. 38.
  59. L’apogée de l’empire sous la dynastie de Macédoine (867-1081).
  60. L'Empire byzantin, entre grandeur et décadence. Basile II le Bulgaroctone, un second Justinien (976 à 1025) .
  61. Basile II : l'apog√©e de Byzance, in Histoire du Moyen √āge, Georges Minois.2019, (ISBN 978-2262079376).

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages utilisés pour la rédaction de l'article
  • Louis Br√©hier, Vie et Mort de Byzance, Albin Michel, , 632 p. (ISBN 2-226-17102-9, pr√©sentation en ligne).
  • Louis Br√©hier, Les institutions de l'Empire byzantin, Albin Michel, coll. ¬ę L'√©volution de l'humanit√© ¬Ľ, (ISBN 978-2-226-04722-9 et 2-226-04722-0).
  • (en) Catherine Holmes, Basil II and the Governance of Empire (976-1025), Oxford, Oxford University Press, , 625 p. (ISBN 978-0-19-927968-5 et 0-19-927968-3, pr√©sentation en ligne).
  • (en) Anthony Kaldellis, Streams of gold, rivers of blood : the rise and fall of Byzantium, 955 A.D. to the First Crusade, New York, Oxford University Press, , 399 p. (ISBN 978-0-19-025322-6, lire en ligne)
  • Michel Kaplan et Alain Ducellier, Byzance : Du IVe au XVe si√®cle, Hachette Sup√©rieur, (ISBN 978-2-01-145577-2 et 2-01-145577-4).
  • Michel Kaplan, Alain Ducellier et Bernadette Martin, Le Proche-Orient m√©di√©val, Hachette universit√©, (ISBN 978-2-01-005523-2 et 2-01-005523-3).
  • Paul Lemerle, Histoire de Byzance, Presses universitaires de France, coll. ¬ę Que sais-je ? ¬Ľ, (ISBN 978-2-13-045545-5 et 2-13-045545-X).
  • John Julius Norwich (trad. Dominique Peters), Histoire de Byzance (330-1453), Paris, Librairie Acad√©mique Perrin, (1re √©d. 1999) [d√©tail des √©ditions] (ISBN 2-262-01333-0).
  • Georg Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, Payot,, , 647 p. (ISBN 978-2-228-90206-9).
  • Gustave Schlumberger, L'√Čpop√©e byzantine √† la fin du Xe si√®cle, (lire en ligne).
  • Jean Skylitz√®s, Synopsis histori√īn, texte traduit par Bernard Flusin et annot√© par Jean-Claude Cheynet, P. Lethielleux, Paris, 2003, (ISBN 2283604591), ¬ę Basile et Constantin ¬Ľ, p. 263-306 et 314-369.
  • Jean-Claude Cheynet, Le Monde byzantin, tome II : L'Empire byzantin (641-1204), PUF, coll. ¬ę Nouvelle Clio ¬Ľ, .
  • Jean-Claude Cheynet, ¬ę La politique militaire byzantine de Basile II √† Alexis Comn√®ne ¬Ľ, ZRVI, vol. 29-30,‚Äé , p. 61-74.
Autres ouvrages sur le sujet
  • En fran√ßais :
    • L√©on Bloy, Byzance et Constantinople, Mercure de France, .
    • Louis Br√©hier, Vie et mort de Byzance, Paris, Albin Michel, .
    • Jean-Claude Cheynet, Byzance : L'Empire romain d'Orient, Paris, Armand Colin, 2e √©dition, , 191 p. (ISBN 2-200-34689-1).
    • (collectif), Byzance, l'Empire d'Orient, S√©lection du Reader‚Äôs Digest, (ISBN 978-2-7098-1496-6 et 2-7098-1496-X)
      d'apr√®s ¬ę A concise history of Byzantium ¬Ľ de Warren Treadgold (Palgrave / Macmillan 2001)
    • Paul Gautier, Encyclop√©die Larousse en 20 volumes, vol. 3, Paris, (ISBN 978-2-03-000903-1 et 2-03-000903-2), Basile II.
    • Paul Gautier, Encyclop√©die Larousse en 20 volumes, vol. 4, Paris, (ISBN 978-2-03-000904-8 et 2-03-000904-0), Byzantin (Empire).
  • En anglais :
    • (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, New York et Oxford, Oxford University Press, , 1re √©d., 3 tom. (ISBN 978-0-19-504652-6 et 0-19-504652-8, LCCN 90023208).
    • (el) P. C. Ntelta, The Age of the Bulgar-slayer, ESTIAS Publishing co, .
    • (en) Paul Stephenson, The Legend of Basil the Bulgar-Slayer, Cambridge, Cambridge University Press, .
    • (en) Warren Treadgold, A History of Byzantine State and Society, Stanford University Press, .
    • (en) Mark Whittow, The Making of Byzantium, University of California Press, .
    • Paul Stephenson, Byzantium's Balkan Frontier : A Political Study of the Northern Balkans, 900-1204, Cambridge University Press, .

Articles connexes

Auteurs contemporains de Basile II
Articles généraux

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