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Alpes dinariques

Les Alpes dinariques ou Dinarides sont un massif montagneux des Balkans occidentaux qui doivent leur nom au mont Dinara. Elles s'√©l√®vent entre la plaine de Pannonie au nord-est et la mer Adriatique au sud-ouest, en plusieurs cha√ģnes montagneuses orient√©es principalement selon un axe nord-ouest/sud-est, de la Slov√©nie au nord de l'Albanie o√Ļ culmine leur plus haut sommet, √† 2 692 m√®tres d'altitude : le Maja e Jezerc√ęs. Elles couvrent au total six pays reconnus internationalement, auxquels peut s'ajouter le Kosovo. La plus grande ville est Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herz√©govine. Trois climats distincts influencent le massif : m√©diterran√©en √† l'ouest, montagnard au centre, o√Ļ le relief est le plus √©lev√©, et continental √† l'est.

Alpes dinariques
Carte topographique des Alpes dinariques.
Carte topographique des Alpes dinariques.
Géographie
Altitude 2 692 m, Maja e Jezerc√ęs
Massif Ceinture alpine
Longueur 645 km
Largeur 200 km
Superficie 175 000 km2
Administration
Pays Drapeau de la Slovénie Slovénie
Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Drapeau de la Serbie Serbie
Drapeau du Monténégro Monténégro
Drapeau du Kosovo Kosovo
Drapeau de l'Albanie Albanie
Géologie
√āge 50 √† 100 millions d'ann√©es
Roches Roches sédimentaires

Le massif est principalement composé de calcaire, notamment dans sa moitié occidentale, émergé peu de temps après le soulèvement alpin. Cette roche constitue le facteur déterminant sous un grand nombre d'aspects. L'eau, qui est une ressource abondante et relativement peu exploitée, a créé un relief karstique, issu de phénomènes érosifs, offrant des cavités parmi les plus profondes au monde et qui font le bonheur des spéléologues. La région du Carso, haut-plateau situé au nord, a même offert son nom à ce phénomène. La faune et la flore, souvent fragilisées, sont adaptées aux différents habitats naturels et abritent de nombreuses espèces endémiques, protégées entre autres par dix-sept parcs nationaux.

Les glaciations, peu importantes, n'ont quasiment pas eu d'effet sur le relief. La raret√© des cols pour communiquer d'une vall√©e √† une autre rend difficile la circulation √† travers le massif, pourtant habit√© depuis pr√®s de 3 500 ans originellement par des tribus nomades pastorales. Cet isolement a pu le pr√©server d'une multitude d'invasions tout au long de l'histoire mais a √©galement engendr√© une mosa√Įque de peuplements, avec chacun leur langue, leur religion, leur tradition.

L'économie tente de profiter des quelques richesses naturelles du massif (bois, minerai, énergie hydroélectrique, géothermie, tourisme), mais reste globalement en retard sur la moyenne européenne. Même si l'agriculture est le principal domaine d'activité, la population, affectée par des guerres successives, reste dépendante de l'aide alimentaire extérieure.

Toponymie et étymologie

Les Alpes dinariques, √©galement appel√©es Dinarides, doivent leur nom √† la Dinara, une montagne situ√©e sur la fronti√®re entre la Croatie et la Bosnie-Herz√©govine. Son nom actuel d√©riverait d‚Äôune ancienne tribu illyrienne, les Dindari, √©tablie sur son versant oriental[1]. Le massif est appel√© dans les langues locales Dinarsko gorstvo en slov√®ne, Dinarsko gorje ou Dinarske planine ou encore Dinaridi en croate, en bosnien, en serbe latin et en mont√©n√©grin, –Ē–ł–Ĺ–į—Ä—Ā–ļ–ĺ –≥–ĺ—Ä—ė–Ķ ou –Ē–ł–Ĺ–į—Ä—Ā–ļ–Ķ –Ņ–Ľ–į–Ĺ–ł–Ĺ–Ķ en serbe cyrillique, et Maleve Dinarike ou Masiv Dinarik en albanais.

Géographie

Situation

Les Alpes dinariques s'√©l√®vent dans les Balkans, au sud de la plaine de Pannonie, et plongent en un chapelet d'√ģles dans la mer Adriatique. Elles sont situ√©es √† l'extr√©mit√© orientale de l'arc alpin et couvrent entre 140 000[2] et 175 000 km2[3] selon les approches, sur une longueur de 645 km, des limites des Alpes juliennes, au nord de la Slov√©nie, jusqu'aux pieds des monts ҆ar en Albanie et aux monts Kopaonik en Serbie. Alors qu'elles s'√©tendent sur environ 200 km[2] dans leur partie la plus large, au sud, elles atteignent moins de 50 kilom√®tres au nord. Sept pays se partagent la cha√ģne de montagnes du nord au sud : la Slov√©nie, la Croatie, la Bosnie-Herz√©govine, la Serbie, le Mont√©n√©gro, le Kosovo (non internationalement reconnu) et l'Albanie.

Le contour des Alpes dinariques coupe en deux la p√©ninsule d'Istrie du sud au nord en passant par Trieste jusqu'aux plaines du Frioul, remonte le cours de l'Isonzo en direction de Tolmin, en Slov√©nie, puis celui de son affluent l'Idrijca en prenant la direction de l'est et en serpentant entre les collines d'Idrija et de Cerkno. Il continue ensuite vers Logatec, Vrhnika et les faubourgs de la capitale Ljubljana. Il oblique le long de la Krka jusqu'au bassin de son confluent, la Save, qu'il longe sur 400 kilom√®tres en direction du sud-est, en entrant sur le territoire croate aux portes de Zagreb, puis bosnien en laissant les vieux monts Kozara et Motajica au nord, et enfin serbe au sud des monts Cer. Il laisse alors le bassin de la Save en prenant la direction du sud le long du cours de la Kolubara, au niveau de la petite ville de Ljig et en passant √† l'ouest des monts Rudnik. Il atteint la rivi√®re Zapadna Morava puis emprunte le cours de son affluent, l'Ibar, au travers d'un profond canyon bord√© √† l'est par les monts Kopaonik, jusqu'√† Mitrovica au Kosovo. √Ä partir de Prizren, au nord des monts ҆ar, il suit en direction de l'ouest le Drin qui entre en Albanie et se jette peu apr√®s Shkod√ęr dans la mer Adriatique, en marquant la fronti√®re avec la Dalmatie croate. Toutes les √ģles le long de la c√īte, √† l'exception des minuscules √ģlots volcaniques de Jabuka et Brusnik, √† l'ouest de Vis, appartiennent √† l'ensemble des Alpes dinariques[4].

Caractéristiques du relief

Les Alpes dinariques sont form√©es de cha√ģnes montagneuses orient√©es globalement selon un axe nord-ouest/sud-est qui se complexifie l√©g√®rement dans la partie m√©ridionale du massif. Certaines de ces cha√ģnes montagneuses (Velebit, Biokovo, Prenj, Durmitor, Tara, Zlatibor, Prokletije, Orjen) sont clairement d√©coup√©es, s√©par√©es par des vall√©es karstiques ou fluviales. Il existe en revanche peu de cols, ce qui rend la travers√©e du massif difficile[5]. Les Alpes dinariques sont domin√©es par un relief calcaire caract√©ris√© par l'existence du profond karst dinarique (holokarst) sur la moiti√© de la superficie du massif et la pr√©sence de quelque 130 polj√©s. Mais les cha√ģnes montagneuses pr√©sentent n√©anmoins une grande vari√©t√© de formations topographiques en raison de l'activit√© tectonique et des processus d'√©rosion dict√©s par l'eau, le vent, le gel ou les anciens glaciers. La majorit√© des sommets ont une altitude modeste comprise entre 1 000 et 2 000 m√®tres, sauf dans la partie centrale du massif o√Ļ ils atteignent 2 694 m√®tres au Maja e Jezerc√ęs, dans le nord de l'Albanie[4].

Subdivisions

Carte des subdivisions des Alpes dinariques (l√©gende en bo√ģte d√©roulante).

Les Alpes dinariques, sur le mod√®le des Alpes, ont √©t√© d√©coup√©es en groupes, sous-groupes, massifs et cha√ģnons. Cependant, l√† o√Ļ le relief des Alpes, avec ses rivi√®res, ses vall√©es glaciaires et ses cols, permet l'identification rapide d'ensembles distincts, celui des Alpes dinariques, combin√© √† l'absence de litt√©rature, √† des traditions et appellations h√©t√©rog√®nes suivant les r√©gions et √† des fronti√®res historiques relativement mouvantes, est plus difficile √† r√©partir en ensembles distincts. Finalement, la g√©omorphologie reste le facteur le plus d√©terminant, suivie des perceptions populaires. Ainsi, les Alpes dinariques ont √©t√© d√©coup√©es en trois ¬ę ceintures ¬Ľ parall√®les partageant une unit√© g√©omorphologique, elles-m√™mes identifi√©es par diff√©rentes r√©gions g√©ographiques montagneuses. Ensuite, chaque r√©gion est divis√©e en groupes morphologiques ou tectoniques formant la plupart du temps des massifs traditionnels, ou parfois constitu√©s de quelques sous-groupes ou cha√ģnons montagneux, regroupant plusieurs sommets[4].

Ceinture sud-occidentale ou ceinture maritime ou Alpes dinariques maritimes

Elle longe la c√īte adriatique depuis la fronti√®re entre l'Italie et la Slov√©nie au nord-ouest jusqu'√† l'Albanie au sud-est, et offre 6 000 km de c√ītes[6]. Elle est divis√©e en quatre r√©gions g√©ographiques[4].

Le plateau calcaire et karstique du Carso, Kras en slovène, plonge dans la mer Adriatique, ici dans la région de Trieste.

Les montagnes de l'Adriatique Nord sont typiquement compos√©es de calcaire. Cette roche forme les hauteurs et les √ģles de la r√©gion. Elles sont s√©par√©es des autres r√©gions de la ceinture maritime par une plaine situ√©e au niveau de la ville croate de Zadar. Les montagnes d'Istrie et du Kras culminent √† 1 394 m√®tres d'altitude au mont Vojak, dans le massif d'Uńćka. Elles sont principalement constitu√©es d'un immense plateau karstique qui, entre le golfe de Trieste, la vall√©e de Vipava et les collines de la r√©gion de GoriŇ°ka, s'√©l√®ve √† 1 025 m√®tres d'altitude au mont Vremscica, ainsi que de deux massifs, celui d'Uńćka et celui de ńĆińćarija ou Cicceria qui s'√©l√®ve √† 1 272 m√®tres d'altitude au Veliki Planik, tous deux face √† la baie de Kvarner. Les √ģles de l'Adriatique Nord culminent √† 648 m√®tres d'altitude au mont Gorice sur l'√ģle de Cres. Les autres √ģles principales sont Krk (568 m√®tres au mont Obzova), Rab (408 m√®tres au mont Kamenjak), LoŇ°inj (589 m√®tres au mont Osorscica) et Pag (349 m√®tres au Sveti Vid). Ce groupe constitue en fait la partie submerg√©e du prolongement des montagnes d'Istrie et du Kras, au sud de la ville de Rijeka[4].

Le Biokovo √† Tuńćepi.

Les montagnes de Dalmatie ont une altitude relativement faible qui leur vaut le surnom de Ravni kotari (les ¬ę comitats plats ¬Ľ). La cha√ģne de Dalmatie centrale est bord√©e par le massif de Dinara √† l'est et entour√© par les villes de Split, ҆ibenik, Knin et Sinj. Elle est aussi appel√©e Dalmatinska zagora ou Dalmatie int√©rieure. Elle est form√©e de sommets relativement isol√©s, hormis dans le massif de Svilaja culminant √† 1 509 m√®tres d'altitude au pic √©ponyme. La cha√ģne de Dalmatie maritime est en fait constitu√©e de deux ensembles montagneux. Le premier est une cha√ģne c√īti√®re haute et allong√©e au sud-ouest, entre les fleuves Krka et Neretva, form√©e par les massifs du Biokovo (1 762 m√®tres au Sveti Jure, point culminant de la cha√ģne) le long de la Makarska riviera, et du Mosor (1 339 m√®tres au Veliki Kabal), ainsi que quelques sommets isol√©s ne d√©passant pas 1 000 m√®tres d'altitude. Le second est une cha√ģne plus basse, en retrait √† l'int√©rieur des terres, √† la limite de l'Herz√©govine, au nord de Vrgorac. La cha√ģne de Dalmatie m√©ridionale et d'Herz√©govine se situe entre le delta de la Neretva et la faille tectonique qui d√©limite l'Orjen au nord. Le long de son versant nord-est s'√©tend le Popovo polje, tandis que son versant sud-ouest domine en partie la r√©gion de Dubrovnik. Elle culmine au Sveti Ilija, le sommet principal de la SnijeŇĺnica. Les √ģles de l'Adriatique Sud sont, comme celles de l'Adriatique Nord, d'anciennes montagnes aujourd'hui partiellement immerg√©es. La p√©ninsule de PeljeŇ°ac fait aussi partie de ce groupe et abrite son point culminant, √©galement appel√© Sveti Ilija et s'√©levant √† 961 m√®tres d'altitude. Les √ģles principales sont Brańć, Hvar, Korńćula et Mljet[4].

Les bouches de Kotor et le massif de l'Orjen, au Monténégro.

Les montagnes du Mont√©n√©gro maritime et central sont une profonde r√©gion karstique calcairo-dolomitique parfaitement individualis√©e : elle est bord√©e par la mer Adriatique, le fleuve Bojana (ou Buna), le lac de Shkodra, la plaine de la Zeta, le Niksicko polje, les gorges et la d√©pression de Duga et la route Gacko-Bileńáa-Trebinje en Herz√©govine orientale. √Ä l'int√©rieur m√™me de ce plateau, le ¬ę Vieux Mont√©n√©gro ¬Ľ (Stara Crna Gora), on distingue trois groupes montagneux. √Ä l'ouest, les montagnes du Mont√©n√©gro maritime forment une longue ar√™te essentiellement constitu√©e par le massif de l'Orjen. Celui-ci culmine √† 1 849 m√®tres d'altitude au Zubańćki kabao, le plus haut sommet de la ceinture maritime. Ces remparts montagneux plongent profond√©ment dans la mer Adriatique. Le mont Lovńáen est une autre montagne importante de ce groupe montagneux. Il poss√®de deux pics principaux, le ҆tirovnik (1 769 m√®tres) et le Jezerski vrh (1 657 m√®tres), et domine les bouches de Kotor. √Ä l'est, le groupe de Garańć est un plateau de forme trap√©zo√Įdale, entre la rivi√®re Zeta et le lac de Shkodra, o√Ļ s'√©l√®vent quelques sommets. Le plus √©lev√© est le Milunova bobija, le pic principal du mont Garańć, √† 1 436 m√®tres d'altitude. Au nord, le groupe de NjegoŇ° est une r√©gion montagneuse √©galement appel√©e Oputne Rudine. Elle culmine √† la Ravna glava, le pic principal du mont NjegoŇ°, √† 1 721 m√®tres d'altitude[4].

Les montagnes de basse Herz√©govine ne poss√®dent qu'un seul groupe montagneux significatif, au sud-est de la Neretva. Au sein de celui-ci s'√©tendent deux massifs parall√®les, entre les villes de Stolac et Trebinje. Le cha√ģnon de la Bjelasnica, entre le Popovo polje et la rive droite de la TrebiŇ°njica au sud et une ligne reliant Stolac, Ljubinje et le bassin de Ljubomir au nord, culmine √† 1 395 m√®tres d'altitude. Le cha√ģnon de Sitnica, entre cette m√™me ligne au sud et le polj√© de Dabar (Dabarsko polje) et les localit√©s de Fatnica et Bileńáa au nord, culmine √† 1 419 m√®tres d'altitude au pic Kobilja glava[4].

Ceinture centrale ou hautes Alpes dinariques

Elle s'étend depuis la Slovénie jusqu'à la frontière entre l'Albanie et le Monténégro, en traversant une grande partie du territoire de la Bosnie-Herzégovine. Elle comprend les plus hauts sommets des Alpes dinariques et s'élève progressivement en direction du sud-est. Elle est divisée en six régions géographiques[4].

Le lac de Lokvar dans le Gorski Kotar.

Les hauts plateaux karstiques de Slov√©nie et de Croatie sont structur√©s par trois failles importantes qui d√©limitent chacun des groupes de cette r√©gion. Plusieurs cols (col de Postojna, col de Vrata) permettent de circuler √† travers ces plateaux par ailleurs peu peupl√©s et dens√©ment bois√©s. Le groupe de Trnovski gozd, au nord-ouest, est bord√© par le Carso, l'Isonzo, la vall√©e de Vipava, la Pivka et l'Idrijca. C'est un plateau situ√© entre 900 et 1 400 m√®tres d'altitude et qui culmine √† 1 495 m√®tres au Mali Golaki, le pic principal du Trnovski gozd. Au nord, le plateau se confond avec les premi√®res hauteurs des Alpes juliennes. Le groupe de SneŇĺnik-Risnjak, au sud-ouest, s'√©l√®ve entre l'arri√®re-pays de Rijeka (mont Snijeznik √† 1 505 m√®tres, mont Obruc √† 1 376 m√®tres) et la r√©gion montagneuse du Gorski Kotar (mont Risnjak √† 1 528 m√®tres) en Croatie et la Carniole-Int√©rieure en Slov√©nie o√Ļ culmine le mont SneŇĺnik √† 1 796 m√®tres d'altitude. Le large plateau de Carniole-Int√©rieure et Basse-Carniole, au nord-est, est une r√©gion de moyenne montagne couverte de bois et de p√Ęturages en altitude et de champs dans les vall√©es. Il est constitu√© de trois cha√ģnons : les collines de Krim (Krimsko hribovje, 1 107 m√®tres) au sud de Ljubljana, les hauteurs autour du plateau de Bloke (1 114 m√®tres au mont Slivnica) et finalement la r√©gion de Końćevsko-ribniŇ°ko ou Potocansko visocje (1 289 m√®tres au mont GoteniŇ°ki SneŇĺnik). Le groupe de Velika Kapela, au sud-est, est √† cheval sur la moiti√© m√©ridionale du Gorski Kotar et sur une partie de la Lika. Il est compos√© de plusieurs cha√ģnons parall√®les, orient√©s du nord-ouest au sud-est, s√©par√©s par de profondes d√©pressions : le cha√ģnon principal qui culmine √† 1 534 m√®tres au mont Kula, le pic principal de la Bjelolasica, le cha√ģnon central (1 375 m√®tres au Velika Javornica), le cha√ģnon oriental (1 289 m√®tres au Bijela kosa) et le cha√ģnon occidental (1 428 m√®tres au Visevica)[4].

La partie centrale du Velebit.

Les montagnes de la Lika s'articulent tout autour de ce vaste plateau avec d'une part la longue cha√ģne du Velebit √† l'ouest et d'autre part les massifs de Kapela et de Lińćka PljeŇ°ivica √† l'est. Le Velebit est la plus longue cha√ģne des Alpes dinariques. Elle s'√©tend le long de la mer Adriatique sur 145 kilom√®tres de long du col de Vratnik pr√®s de Senj √† la haute-vall√©e de la Zrmanja. Sur son versant oriental, il borde l'ouest du plateau de la Lika. Ce massif est g√©n√©ralement divis√© en quatre parties distinctes : la partie septentrionale entre les cols de Vratnik et Veliki Alan, culminant au Mali Rajinac (1 699 m), la partie centrale entre les cols de Veliki Alan et BaŇ°ke OŇ°tarije, culminant au ҆atorina (1 624 m), la partie m√©ridionale entre OŇ°tarije et Mali Alan, culminant au Vaganski vrh (1 757 m) et la partie sud-est avec le sommet remarquable du Crnopac (1 404 m). La cha√ģne de Mala Kapela s'inscrit dans le prolongement des cha√ģnons orientaux de Velika Kapela √† l'est du col de Kapela (888 m√®tres d'altitude, sur la route Karlovac-Senj) jusqu'aux limites septentrionales du plateau de la Lika, tandis que la cha√ģne de Lika centrale (Licko sredogorje) s'√©tend plus au sud, entre les limites orientales du plateau et le polj√© de Corbavie (Krbavsko polje). Elles culminent respectivement √† 1 280 m√®tres d'altitude au Seliski vrh et √† 1 268 m√®tres au Mrsinj. Le massif de Lińćka PljeŇ°ivica est s√©par√© de la cha√ģne de Mala Kapela sur une quarantaine de kilom√®tres par les lacs de Plitvice, jusqu'√† son plus haut sommet, l'Ozeblin √† 1 657 m√®tres d'altitude, puis continue vers le sud sur encore une soixante de kilom√®tres entre les gorges des rivi√®res Zrmanja et de la haute Una[4].

Le mont Dinara.

Les montagnes de Bosnie occidentale et Dinara sont compos√©es de longues cha√ģnes qui commencent √† fr√īler les 2 000 m√®tres d'altitude et s√©par√©es par de vastes d√©pressions karstiques qui s'enfoncent jusqu'√† 700 m√®tres d'altitude. Le massif de la Dinara s'√©tend sur un peu moins de 100 kilom√®tres de long, entre la Dalmatie et la Bosnie-Herz√©govine. Il comprend cinq sommets majeurs : l'Ilica (1 654 m√®tres), le Dinara (1 830 m√®tres, aussi appel√© Sinjal), le Bat (1 854 m√®tres), le Troglav (1 913 m√®tres) et le KameŇ°nica (1 855 m√®tres au pic Konj). Seuls les deux plus bas sont bois√©s. Le massif est bord√© par les polj√©s de Grahovo (Grahovsko polje) au nord-est, de Livno (Livanjsko polje) √† l'est, de Peruńća et Sinj (Peruńćko polje et Sinjsko polje) ainsi que la vall√©e de la Cetina au sud, et les rivi√®res Krńćińá et ButiŇ°nica au sud-ouest et √† l'ouest. La cha√ģne du ҆ator, sommet relativement central s'√©levant √† 1 875 m√®tres d'altitude est situ√©e entre les polj√©s de Livno et Grahovo √† l'ouest et au sud-ouest, et de Drvar (Drvarsko polje) et Glamońć (Glamocko polje) au nord et au nord-est. Il s'√©tend du canyon de l'Una au nord-ouest jusqu'au col de Koricina (1 113 m√®tres) au sud-est. Il culmine √† 1 893 m√®tres d'altitude au Velika Golija. Le groupe du Cincar, du nom de son plus haut sommet √† 2 006 m√®tres d'altitude, est compris entre le col de MliniŇ°te 1 273 m√®tres) au nord et le lac de BuŇ°ko au sud-ouest, et les polj√©s de Glamoc √† l'ouest, Kupres (Kupresko polje) au sud-est et Duvno (Duvanjsko polje) √† l'est. Le Nord de ce groupe montagneux est bois√© tandis que le sud offre davantage de p√Ęturages. Le groupe de la Klekovańća est situ√© au nord-est de l'Uvac et du polj√© de Drvar, √† l'est de l'Una, au sud et √† l'ouest de la Sana et au nord-ouest du col de MliniŇ°te. Il est compos√© de deux cha√ģnons : celui de Klekovańća culminant √† 1 961 m√®tres d'altitude et celui de Grmec √† 1 604 m√®tres. Le groupe de la RaduŇ°a longe la rive gauche du Vrbas, √† l'ouest de son cours sup√©rieur, et s'√©tend entre Jajce et Prozor-Rama. Il culmine √† 1 956 m√®tres d'altitude, √† l'Idovac, le pic principal de la RaduŇ°a. Ces montagnes, peu fr√©quent√©es, sont tr√®s dens√©ment bois√©es et abritent les ours bruns parmi les plus gros d'Europe[4].

La ńĆvrsnica depuis la haute-vall√©e de la Neretva.

Les montagnes de haute Herz√©govine sont g√©omorphologiquement dans le prolongement des montagnes karstiques de Bosnie occidentale, avec de larges polj√©s et d'imposants massifs montagneux. Elles s'organisent autour de la moyenne et haute vall√©e de la Neretva. Le groupe de la ńĆvrsnica est situ√© sur la rive droite du fleuve, au nord-ouest de Mostar et √† l'est du lac de BuŇ°ko et du polj√© de Duvno. Il culmine √† 2 228 m√®tres d'altitude au Plońćno, le pic principal de la ńĆvrsnica. Un autre sommet important est le Veliki Vran, √† 2 074 m√®tres[4]. Le massif de Prenj est blotti dans le coude form√© par la moyenne vall√©e de la Neretva au niveau du lac de Jablanica et de la ville de Konjic, au nord. Il poss√®de pas moins de onze sommets de plus de 2 000 m√®tres, le plus haut √©tant le Zelena glava (2 115 m√®tres). Le groupe du Velez se situe au sud-est de Mostar et au nord des polj√©s de Dabar et de Fatnica. Il approche les 2 000 m√®tres d'altitude au pic Botin (1 969 m)[7]. Le Lebrsnik culmine √† 1 985 m√®tres d'altitude au pic Orlovaca et domine de quelques dizaines de m√®tres le Crvanj (1 920 m√®tres au pic Zimomor, la ¬ę colline au cr√©puscule d'hiver ¬Ľ), une montagne entour√©e du polj√© de Nevesinj au sud et de la vall√©e de la Neretva au nord et au nord-est[8].

Vue sur le Crnogorski Maglińá depuis le Bosanski Maglińá.

La r√©gion de Bosnie-Herz√©govine centrale poss√®de les plus hauts sommets du pays et d√©borde l√©g√®rement sur le Mont√©n√©gro voisin. Les parties basses des montagnes ont des pentes arrondies. Le groupe de la Vranica est g√©ologiquement plus ancien que les massifs environnants mais morphologiquement similaire. L'√©tagement de la v√©g√©tation y est marqu√© avec des vall√©es bois√©es et des sommets au-del√† de l'√©tage alpin. Le plus haut d'entre eux est le Nadkrstac, le pic principal de la Vranica, √† 2 110 m√®tres d'altitude[4]. Au sud de Sarajevo et jusqu'√† Konjic s'√©l√®vent plusieurs montagnes, dont la plus haute est la Treskavica (2 086 m√®tres au pic Djokin toranj). Mais les plus connues, en raison de leurs installations datant des Jeux olympiques d'hiver de 1984, restent la BjelaŇ°nica et le mont Igman, respectivement √† 2 067[9] et 1 502 m√®tres d'altitude[10]. La quatri√®me montagne importante dans le groupe de la BjelaŇ°nica est constitu√©e par les monts Visońćica (1 965 m au Dzamija, la ¬ę mosqu√©e ¬Ľ), √† l'ouest de la Ljuta, √† l'est et au sud de la Rakitnica et au nord du plateau de Bjelimici et de la Neretva[11]. Le groupe de Zelengora est situ√© entre les rivi√®res Bistrica au nord, Drina √† l'est, Sutjeska au sud-est, Jabuńćnica au sud et Neretva √† l'ouest. Il est bord√© par le plateau de Zagorje au nord-ouest. Il est constitu√© de calcaire et dolomie et recouvert de gr√®s ce qui fait qu'il est riche en sources et √©tendues d'eau. Il s'√©l√®ve √† 2 032 m√®tres d'altitude au mont Lelija dans la partie occidentale du massif de Zelengora. Le groupe du Maglińá se trouve √† la limite de la Bosnie, de l'Herz√©govine et du Mont√©n√©gro, entre les rivi√®res Sutjeska, Piva et Vrbnica. Les plus hauts sommets sont le Veliki Vitao (2 397 m√®tres, au Mont√©n√©gro), le pic principal du mont Biońć, le Crnogorski Maglińá (2 388 m√®tres, au Mont√©n√©gro) et le Bosanski Maglińá (2 386 m√®tres, en Bosnie-Herz√©govine dont il est le point culminant), les deux pics du Maglińá, puis le Volujak (2 336 m√®tres, au Mont√©n√©gro), pic principal du Vlasulja, et enfin le Studenac (2 296 m√®tres, en Bosnie-Herz√©govine), le pic principal du mont Volujak. Tous ces sommets encerclent litt√©ralement le lac de Mratinje. Ils sont tr√®s marqu√©s par l'√©rosion karstique et glaciaire et abondent de gorges, de cirques et de moraines[4].

Vue sur le Prokletije avec le Maja Jezerc√ę en arri√®re-plan.

La r√©gion mont√©n√©grine des hauts plateaux et montagnes de PovrŇ°i et Brda et le Prokletije constituent la partie la plus √©lev√©e des Alpes dinariques. De nombreux sommets de plus de 2 000 m√®tres s'√©l√®vent au cŇďur de vastes plateaux d'altitude d√©coup√©s par des rivi√®res, des gorges et des canyons[4]. Le groupe de Vojnik-Golija est compos√© de deux petits massifs montagneux formant les contreforts septentrionaux d'une des plus hautes cha√ģnes du Mont√©n√©gro. Ils sont s√©par√©s par le col de Javorak et culminent respectivement √† 1 998 m√®tres d'altitude au Veliki Vojnik (ou Vrh Vojnika) et √† 1 942 m√®tres. Ils se situent au nord du polj√© de NikŇ°ińá (NikŇ°ińáko polje), au sud de celui de PluŇĺine et √† l'ouest de la vall√©e de ҆avnik et du plateau de Krnovo[12]. Le groupe de Prekornica prolonge le pr√©c√©dent en direction du sud-est. Son pic principal est le Kula, √† 1 927 m√®tres d'altitude[12]. Le massif de Durmitor, au nord du Mont√©n√©gro, dresse les parois min√©rales d'une dizaine de sommets de plus de 2 000 m√®tres d'altitude au-dessus du plateau de ŇĹabljak. Son point culminant, le Bobotov Kuk (2 523 m√®tres), entour√© de lacs et for√™ts, borde au nord l'immense canyon de la Tara, profond par endroits de plus de 1 200 m√®tres, que l'on peut descendre en radeau, et au sud et √† l'ouest la rivi√®re Piva. Le Durmitor est prolong√© au sud-ouest par les monts Pivska[13]. Le massif de Sinjajevina s'√©tire sur 40 kilom√®tres de long et 15 kilom√®tres de large entre les rivi√®res Tara, Morańća, Bukovica et Tusinja, dans le prolongement oriental du Durmitor et de la Jezerska povrs (le ¬ę plateau des lacs ¬Ľ). Il a √©t√© sculpt√© par de puissants glaciers aujourd'hui disparus. Il est quasiment d√©pourvu d'arbres et uniquement constitu√© de p√Ęturages. Ses plus hauts sommets, √† commencer par le Babji zub (2 227 m√®tres), se situent principalement au sud-est[14]. Les monts Morańća, du nom d'un canyon creus√© par la rivi√®re au nord et au nord-est, sont situ√©s au centre de la cha√ģne form√©e par le groupe de Vojnik-Golija √† l'ouest et du Prekornica au sud[12]. Ils s'√©tirent √† l'ouest du canyon de la Tara et pr√©sentent une s√©rie de hauts sommets : le Lastva, pic principal du Kapa Moracka, √† 2 226 m√®tres d'altitude, mais aussi les monts Donje Vuńćje (1 506 m), Umovi (1 945 m), Gornji Sto (2 167 m), Tali (2 063 m au Kule, 2 020 m au Ruda Glavica) et sa fameuse paroi calcaire, ou encore StoŇĺac (2 141 m), Zagradac (2 217 m), Zurim (2 036 m), Lola (2 129 m au Veliki Zebalac) et le cha√ģnon de Maganik (2 139 m au Medjedji vrh)[15]. Le groupe de la LjubiŇ°nja s'√©tend au nord du Mont√©n√©gro, avec une petite partie situ√©e en R√©publique serbe de Bosnie, dans la municipalit√© de Fońća ; la ville mont√©n√©grine la plus proche est celle de Pljevlja. La LjubiŇ°nja poss√®de un pic unique, le Dernjańćista, √† 2 238 m√®tres d'altitude. Elle se trouve au nord du massif du Durmitor et √† l'est des monts Maglińá. Le sommet est bord√© par le canyon de la Tara au sud, par la Drina √† l'ouest et par la vall√©e de la rivi√®re ńĆeotina au nord[16]. Il abrite une mine de plomb et de zinc, appel√©e ҆uplja Stijena. Sur ses pentes se trouve le village minier de ҆ula. Le massif de Bjelasica est situ√© entre la Tara √† l'ouest, le Lim √† l'est et ses affluents Ljepesnica et Ljubovidja au nord. Il est limit√© au sud par le col de Tresnjevik. C'est un massif d'origine volcanique fortement remodel√© par les glaciers avec cons√©quemment peu de pics ac√©r√©s, le plus haut, le Crna Glava, s'√©levant toutefois √† 2 139 m√®tres d'altitude. Le massif est couvert de for√™ts primaires et de lacs aliment√©s par de nombreuses sources[4]. Le groupe de Komovi et de Mojan (Marljules en albanais) est le troisi√®me plus haut massif des Alpes dinariques. Plus d'une quinzaine de sommets ac√©r√©s, parmi lesquels le Kom Kucki √† 2 487 m√®tres d'altitude, d√©passent les 2 000 m√®tres, au milieu de plateaux avoisinant les 1 900 m√®tres en moyenne, entre le Lim √† l'est, la Tara √† l'ouest et la Drcka au nord[17]. Le groupe du Visitor est le plus petit des Alpes dinariques mais plusieurs sommets s'√©l√®vent cependant √† plus de 2 000 m√®tres d'altitude, avec en particulier le mont Bandera, ou Plana, pic principal du Visitor (2 211 m√®tres). Il est coinc√© entre le groupe de Komovi √† l'ouest, avec lequel il poss√®de des diff√©rences g√©omorphologiques notables, et le Prokletije √† l'est, dont il est s√©par√© g√©ographiquement par le Lim du nord au sud. Les monts Kuńćka krajina sont un massif pr√©serv√©, au nord-est de Podgorica, √† cheval sur la fronti√®re entre l'Albanie et le Mont√©n√©gro. Il est bord√© √† l'ouest par la Morańća et la Mala rijeka (¬ę petite rivi√®re ¬Ľ), au sud par la Zeta et √† l'ouest par la Cijevna. Il culmine au Surdup, √† 2 184 m√®tres d'altitude. Le Prokletije ou Bjeshet e Nemuna en albanais (les ¬ę monts maudits ¬Ľ) est une large cha√ģne montagneuse sauvage et difficile d'acc√®s qui s'√©tend √† l'extr√©mit√© sud-est des Alpes dinariques, depuis le lac de Shkodra au sud jusqu'√† la haute vall√©e de l'Ibar au nord. Elle d√©note fortement du reste du massif en s'allongeant sur une direction nord-est/sud-ouest, en raison de l'obstacle exerc√© par les vieux monts ҆ar lors du soul√®vement de la cha√ģne. Elle est bord√©e √† l'ouest par les rivi√®res Cijevna et Lim, √† l'est par le fleuve Drin, et le bassin de la M√©tochie. Elle abrite les plus hauts sommets des Alpes dinariques, √† commencer par le Maja Jezerc√ę (2 694 m√®tres) et le ńźeravica (2 656 m√®tres). Ses hautes ar√™tes ont abrit√© de vastes glaciers qui ont profond√©ment entaill√© les montagnes calcaires et dolomitiques et creus√© d'importantes vall√©es glaciaires[4].

Ceinture nord-orientale

Elle fait face à la plaine de Pannonie, depuis la frontière entre la Croatie et la Slovénie jusqu'à la Serbie. Elle est divisée en cinq régions géographiques[4].

Le massif de Gorjanci/ŇĹumberak.

Les montagnes de la r√©gion slov√®ne de Dolenjska et de Croatie nord-occidentale sont une zone de transition entre les Alpes dinariques et la cha√ģne des Alpes. Le groupe du Kocevski rog se situe au sud de l'autoroute entre Ljubljana et Zagreb et au nord-est d'une longue d√©pression occup√©e √† ses extr√©mit√©s par les petites communes de Końćevje et Ribnica. C'est un ensemble montagneux peu peupl√© et fortement bois√© avec 800 km2 de for√™ts. Il culmine √† 1 077 m√®tres au Kopa, le pic principal du Kocevski rog. Le groupe de Gorjanci/ŇĹumberak s'√©tend au sud de la Slov√©nie dans la Dolenjska et au nord-ouest de la Croatie, dans une direction sud-ouest/nord-est peu commune due √† la tectonique. Il comprend aussi les collines de Samobor. Il s'√©l√®ve √† 1 178 m√®tres d'altitude au Sveta Gera[18]. Bien que l'altitude du sommet ne soit pas tr√®s importante, la faible altitude des r√©gions proches donne une impression de hauteur[19]. Du c√īt√© slov√®ne s'√©coule la Krka alors que le versant oriental croate alimente le bassin de la rivi√®re Kupa[4].

Le mont VlaŇ°ińá.

Les montagnes de Bosnie centrale et orientale s'√©l√®vent entre les moyennes vall√©es des rivi√®res Vrbas, Bosna et Drina, au nord d'une ligne form√©e par le bassin de Sarajevo et les rivi√®res ŇĹeljeznica, Bistrica et Drina. Le groupe du VlaŇ°ińá, qui culmine √† 1 943 m√®tres d'altitude, se situe au sud de Banja Luka et √† l'ouest de Zenica et de la Bosna. Il est principalement constitu√© de sommets avoisinant les 1 300 m√®tres d'altitude. Le groupe de Bosnie centrale s'√©tend au nord-est du cours de la Bosna entre Sarajevo et Zenica, et au sud-ouest de la Krivaja. Il s'√©l√®ve √† 1 652 m√®tres d'altitude au Veliki Lupoglav, le pic principal du Romanija. Le relief, constitu√© de moyennes montagnes, est peu marqu√©. Le groupe de Bosnie orientale est situ√© entre la Krivaja et la Drina, √† l'ouest de la r√©gion de Srebrenica. Il est principalement constitu√© de trois cha√ģnons : Konjuh, Javornik et Devetak. Le pic principal est le Veliki Zep, √† 1 537 m√®tres d'altitude. Le massif du Jahorina est compris entre Sarajevo et GoraŇĺde. Il poss√®de six sommets de plus de 1 500 m√®tres d'altitude : outre le Jahorina √† 1 913 m√®tres, le Trebevińá, culmine par exemple au-dessus de la capitale bosnienne √† 1 629 m√®tres d'altitude[4].

Les monts Zlatibor.

Les montagnes de Stari Vlah et RaŇ°ka-SandŇĺak s'√©l√®vent entre la Drina √† l'ouest et l'Ibar √† l'est. Le groupe du Kovańć, qui culmine √† 1 530 m√®tres d'altitude au Strazbenica, son pic principal, se situe au nord de la ńĆeotina, √† l'est de la Drina et au sud-ouest du Lim. La cha√ģne de Zlatar est une cha√ģne de montagne qui s'√©tend dans la r√©gion du SandŇĺak, √† cheval sur la fronti√®re entre le Mont√©n√©gro et la Serbie, entre le Lim et l'Ibar. Il s'√©l√®ve √† 1 755 m√®tres d'altitude au Krstańća, le pic principal du Hum. La cha√ģne est constitu√©e de montagnes allong√©es culminant autour de 1 600 m√®tres en moyenne. Les montagnes de Stari Vlah forment le groupe le plus √©tendu des Alpes dinariques. Il est constitu√© de nombreux massifs montagneux, dont les plus connus sont les monts Tara et Zlatibor, mais qui s'√©l√®vent √† 1 883 m√®tres d'altitude au Jankov kamen dans les monts Golija. Ces trois massifs en particulier sont situ√©s dans le cha√ģnon central. Deux autres cha√ģnons font partie du groupe de Stari Vlah : un au nord des monts Golija et √† l'est de la Moravica qui culmine au Radońćelo (1 643 m) et l'autre dans la r√©gion d'UŇĺice qui culmine au Varda (1 388 m)[4].

Les montagnes de Serbie nord-occidentale sont form√©es d'un unique groupe, les montagnes de Podrinje-Valjevo, constitu√©es, comme leur nom l'indique, de deux cha√ģnons. Celui de Podrinje, au nord-ouest, culmine au Jablanik (1 275 m√®tres) tandis que celui de Valjevo, au sud-est, s'√©l√®ve un peu plus haut, au Mali Povlen (1 347 m√®tres). Dans l'ensemble, ce groupe montagneux reste compos√© de massifs de basse altitude situ√©s au nord de la Zapadna Morava, √† l'ouest de la Kolubara et √† l'est de la Drina. Il s'√©tend de Loznica √† ńĆańćak[4].

Versant du Kozara nommé Kozaracki kamen au-dessus de la ville de Kozarac.

Les autres montagnes p√©ri-pannoniennes et pr√©-dinariques n'appartiennent pour certaines pas √† proprement parler aux Alpes dinariques : elles sont plus anciennes et ont √©t√© ¬ę captur√©es ¬Ľ lors du soul√®vement des Alpes dinariques. Ces montagnes arrondies sont relativement √©parses et situ√©es en Croatie (Zrinska gora, 616 m√®tres ; Petrova gora, 507 m√®tres ; Hrastovińćka gora, 415 m√®tres), en Bosnie-Herz√©govine (Kozara, 978 m√®tres ; Majevica, 915 m√®tres ; Motajica, 652 m√®tres ; Trebovac, 618 m√®tres ; Kriva Glava, 446 m√®tres ; Prosara, 363 m√®tres ; Vuńćjak, 352 m√®tres) ou en Serbie (Cer, 689 m√®tres ; VlaŇ°ińá planina, 447 m√®tres ; Iverak, 426 m√®tres)[4].

Principaux sommets et cols

Les principaux sommets des Alpes dinariques sont les suivants :

Sommet Altitude (en mètres) Massif Pays
Maja Jezerc√ę 2 692 Prokletije Albanie
Djeravica 2 656 Prokletije Kosovo
Bobotov Kuk 2 528 Durmitor Mont√©n√©gro
Kom Kucki 2 487 Komovi Mont√©n√©gro
Maglińá 2 388 Groupe du Maglińá Bosnie-Herz√©govine
Babin zub 2 277 Sinjajevina Mont√©n√©gro
ńĆvrsnica 2 228 Groupe du ńĆvrsnica - Haute-Herz√©govine occidentale Bosnie-Herz√©govine
Kapa Moracka 2 226 Monts Morańća Mont√©n√©gro
Surdup 2 184 Monts Kuńćka krajina Mont√©n√©gro
Zelena Glava 2 155 Prenj Bosnie-Herz√©govine
Crna Glava 2 139 Bjelasica Mont√©n√©gro
Treskavica 2 088 Groupe du BjelaŇ°nica Bosnie-Herz√©govine
BjelaŇ°nica 2 067 Groupe du BjelaŇ°nica Bosnie-Herz√©govine
Lelija 2 032 Zelengora Bosnie-Herz√©govine
Veliki Vojnik 1 998 Vojnik Mont√©n√©gro
VlaŇ°ińá 1 943 Groupe du VlaŇ°ińá Bosnie-Herz√©govine
Veliki Troglav 1 913 Dinara Bosnie-Herz√©govine
Jahorina 1 913 Groupe du Jahorina Bosnie-Herz√©govine
Zubańćki kabao 1 894 Orjen Mont√©n√©gro
Velika Jastrebica 1 862 Bijela gora (Orjen) Bosnie-Herz√©govine / Mont√©n√©gro
KameŇ°nica 1 852 Dinara Croatie / Bosnie-Herz√©govine
Dinara 1 831 Dinara Croatie / Bosnie-Herz√©govine
SneŇĺnik 1 796 Groupe du SneŇĺnik-Risnjak Slov√©nie
Sveti Jure 1 762 Biokovo Croatie
Vaganski vrh 1 757 Velebit Croatie
Hum 1 755 Zlatar Serbie / Mont√©n√©gro
Mont Lovńáen 1 749 Cha√ģne maritime mont√©n√©grine Mont√©n√©gro
Stolac 1 673 Zvijezda (Tara) Bosnie-Herz√©govine
Ozeblin 1 657 Lińćka PljeŇ°ivica Croatie
Trebevińá 1 627 Groupe du Jahorina Bosnie-Herz√©govine
Bjelolasica 1 534 Velika Kapela Croatie
Risnjak 1 528 Groupe du SneŇĺnik-Risnjak Croatie
Igman 1 502 Groupe du BjelaŇ°nica Bosnie-Herz√©govine

Les principaux cols des Alpes dinariques sont les suivants :

Col Altitude (en mètres) Pays
Cakor 1 849 Mont√©n√©gro
TreŇ°njevik 1 579 Mont√©n√©gro
Cemerno 1 329 Bosnie-Herz√©govine
MliniŇ°te 1 273 Bosnie-Herz√©govine
Vaganj 1 137 Croatie / Bosnie-Herz√©govine
Koricina 1 113 Bosnie-Herz√©govine
Crkvine 1 045 Mont√©n√©gro
Ivan-sedlo (la ¬ę selle d'Ivan ¬Ľ) 967 Croatie
Kapela 888 Croatie
Vrata (la ¬ę porte ¬Ľ) 850 Croatie
Kninska vrata (la ¬ę porte de Knin ¬Ľ) 700 Croatie
Vratnik 700 Croatie
Postojnska vrata (la ¬ę porte de Postojna ¬Ľ
aussi appel√© ¬ę porte des peuples ¬Ľ)
606 Slovénie

Hydrographie

Des chutes sur la Pliva, près de Jajce.

Les Alpes dinariques sont parsem√©es de lacs et de rivi√®res aux nombreuses chutes d'eau et cascades. Le massif d√©limite deux bassins hydrographiques. 75 % des cours d'eau s'√©coulent vers celui de la mer Noire. Le plus important d'entre eux, m√™me s'il na√ģt dans les Alpes juliennes et marque la limite septentrionale des Alpes dinariques, est la Save, le plus long affluent du Danube avec ses 1 005 kilom√®tres depuis sa source jusqu'√† sa confluence √† Belgrade et son bassin de 95 720 km2. En effet, il per√ßoit directement en rive droite la plupart des rivi√®res s'√©coulant vers le nord : la Krka (95 km), la Kupa (296 km), l'Una (214 km), le Vrbas (192 km), la Bosna (271 km) ou encore la Drina (346 km). Les autres rivi√®res notables appartenant √† ce bassin sont la Korana (144 km), la MreŇĺnica (64 km), la Dobra, la Sana (140 km), la Pliva (33 km), la LaŇ°va (49 km), la Spreńća (137 km), la Rama, la Tara (144 km), la Piva (120 km), le Lim (220 km), l'Ibar (276 km), la Zapadna Morava (308 km) et la Kolubara (123 km). Les 25 % des cours d'eau restants s'√©coulent vers le bassin de la mer Adriatique. Parmi ceux-ci figurent l'Isonzo (136 km), la Krka (73 km), la Cetina (105 km), la Zrmanja (69 km), la Neretva (225 km), la Zeta (86 km), la Morańća (113 km), la Bojana (41 km) et le Drin (160 km). Les rivi√®res de ce bassin coulent √† travers des zones plus karstiques que les premi√®res ; elles sont plus courtes et leurs eaux sont plus vives[4]. Une autre de ces rivi√®res est le Jadro, r√©put√© pour avoir √©t√© la source en eau potable du palais de Diocl√©tien[20], dans le cŇďur historique de l'actuelle ville de Split. La puret√© des roches, la pauvret√© en s√©diments et la faible pollution[21] sont telles que les rivi√®res sont cristallines et riches en poissons.

Le village de Trebinje et la TrebiŇ°njica, rivi√®re dont le cours emprunte de nombreuses pertes karstiques.

Par ailleurs, une des particularit√©s des Alpes dinariques est la pr√©sence de longues rivi√®res souterraines. Elles forment le plus vaste r√©seau de la sorte en Europe[22]. Ainsi, la TrebiŇ°njica, en Herz√©govine occidentale, avec un total de 89 kilom√®tres sur 187 sous terre, est la plus longue de ce type en Europe. La Reka, la Gacka, la Lika, la Lińćanka, la Lokvarka, la Pazinńćica, la Pivka ou encore la Krbava partagent √©galement ces caract√©ristiques[23].

Les vallées les plus larges dans lesquelles s'écoulent ces rivières sont des voies de communication à travers le massif. La Neretva est la seule qui traverse à la fois la ceinture centrale et la ceinture maritime, et elle communique avec la vallée de la Bosna en franchissant le col de l'Ivan-sedlo. En revanche, les plus étroites, à l'instar du canyon de la Tara, restent infranchissables et ont historiquement servi de frontière entre les clans[4].

Il existe plus de 200 lacs, de toute origine (karstique, tectonique, glaciaire, travertine, fluviale, artificielle) dans les Alpes dinariques. La plupart n'exc√®dent pas 10 km2. Les lacs karstiques sont form√©s par l'√©rosion, essentiellement dans la moiti√© occidentale calcaire du massif ; ils sont souvent pr√©sents au fond de profonds puits naturels. Lorsque les pluies sont abondantes, les polj√©s sont inond√©s et des lacs temporaires apparaissent. Les lacs travertins se cr√©ent par accumulation de s√©diments marneux dans le lit des rivi√®res, comme √† Plitvice ou Krka. Le lac de Shkodra, de loin le plus grand du massif (391 km2, 44 m√®tres de profondeur), est √† la fois d'origine karstique et tectonique. Les lacs glaciaires se trouvent principalement au Mont√©n√©gro et en Bosnie-Herz√©govine, dans les massifs de Durmitor et Bjelasica, ou plus pr√®s des pi√©monts (lac de Plav, lac de Biograd)[4].

Le lac Bańćinska (Bańćinska jezero) pr√®s du delta de la Neretva, en Croatie.

Tectonique

Le syst√®me structural des Alpes dinariques fait partie des cha√ģnes alpines p√©rim√©diterran√©ennes (ou cha√ģnes p√©ri-t√©thysiennes). Au cours du Cr√©tac√© sup√©rieur, le rapprochement des plaques arabo-africaine et eurasiatique met un terme √† l'ouverture de la mer T√©thys et une zone de subduction se met en place. Elle est suivie √† l'Oligoc√®ne par une collision continentale qui donne naissance aux Alpes centrales par compression de la sous-plaque adriatique contre la sous-plaque dinarique[23]. Le soul√®vement en marge des Alpes dinariques est plus tardif et se poursuit actuellement comme le prouve l'activit√© sismique mod√©r√©e, en particulier le long des failles.

Il existe une discontinuité entre les Alpes et les Alpes dinariques en raison de la tectonique du Pliocène qui est à l'origine des structures géologiques actuelles[24]. En paléogéographie, l'unité entre les Dinarides et les Hellenides au sud est désignée sous le terme d'orogenèse dinaro-hellenique. Les unités morphostructurelle, géotectonique et géomorphologique des Alpes dinariques sont aussi une section des systèmes montagneux néoalpins[25].

Pétrologie

Le ¬ę karst vert ¬Ľ au mont Risnjak, dans le Gorski Kotar.

Les Alpes dinariques sont principalement constitu√©es de roches s√©dimentaires comme de la dolomie et du calcaire form√©s dans la T√©thys il y a 200 millions d'ann√©es, du gypse ou des roches d√©tritiques (sable, flysch, conglom√©rats), form√©es au cours du M√©sozo√Įque et du Pal√©og√®ne dans les mers et les lacs qui recouvraient la r√©gion. Le calcaire forme un ensemble distinctif parmi les Balkans, en particulier en raison des terrains karstiques que l'√©rosion engendre. Le Carso ou haut-plateau karsique, situ√© entre le Frioul et le nord-ouest de la Croatie en passant par l'ouest de la Slov√©nie, est tout √† fait typique de ce ph√©nom√®ne, au point de lui donner son nom. L'eau acide charg√©e en dioxyde de carbone soluble r√©agit avec la calcite pour former un compos√© instable qui fragilise et creuse la roche. Mais ce relief d√©sol√© s'√©tend bien au-del√† de cette r√©gion, sur environ 50 % de la superficie des Alpes dinariques, soit 60 000 km2 dans toute la ceinture maritime de la cha√ģne plus 18 000 km2 √©pars dans la ceinture centrale[24]. Malgr√© d'importantes pr√©cipitations, les cours d'eau sont rares √† cause de l'infiltration de l'eau et de la faible couverture v√©g√©tale qui ne retient pas les sols, ce qui vaut √† la roche le nom de ¬ę karst nu ¬Ľ. En s'√©loignant des r√©gions c√īti√®res, bien que l'on trouve encore des r√©gions karstiques √©parses, appel√©es ¬ę karst vert ¬Ľ en raison de leur plus grande fertilit√©, le calcaire se fait plus rare et laisse progressivement la place √† du schiste ou de l'ardoise (Prokletije), de la grauwacke, de la serpentine (Zlatibor) et des roches cristallines. Ainsi, parall√®lement aux distinctions g√©ographiques, les Alpes dinariques sont traditionnellement divis√©es en deux zones : les Dinarides externes au sud-ouest, calcaires et s√®ches, et les Dinarides internes au nord-est, humides et plus vari√©es dans leur structure. Pour autant, le massif est relativement pauvre en minerai, √† l'exception des montagnes du centre et du nord de la Bosnie, et d'autres r√©gions isol√©es o√Ļ des roches plus anciennes sont pr√©sentes[4].

Orogenèse et géomorphologie

Durant le soul√®vement alpin, commenc√© il y a 50 √† 100 millions d'ann√©es, de colossales pressions lat√©rales plissent les roches et les font chevaucher en arc contre les anciens terrains rigides au nord-est. Les Alpes dinariques sont repouss√©es en cha√ģnons plus ou moins parall√®les, orient√©s globalement du nord-ouest au sud-est, sauf dans la r√©gion du Prokletije o√Ļ ils rencontrent l'obstacle exerc√© par les vieux monts ҆ar. Elles s'√©tendent des limites des Alpes juliennes jusqu'aux terrains plus souples formant le bassin du Drin, dans l'actuelle Albanie, et les plaines du Kosovo. Elles se prolongent plus au sud avec les monts ҆ar et Korab puis avec le Pinde en Gr√®ce, jusqu'au P√©loponn√®se, la Cr√®te, Rhodes et les monts Taurus au sud de la Turquie.

Les glaciations du Quaternaire ont eu relativement peu d'influence directe sur la g√©omorphologie des Balkans. Aucune calotte glaciaire n'a exist√© et peu d'indices mettent en √©vidence une glaciation importance, mis √† part dans le Prokletije. Autrement, seuls les plus hauts sommets du Durmitor, de l'Orjen et du Prenj poss√®dent des vall√©es glaciaires et des moraines √† des altitudes pouvant atteindre 600 m√®tres.

Les calcaires des Alpes dinariques sont durs et r√©sistants √† l'√©rosion. Ils sont travers√©s par des syst√®mes de failles responsables de la formation de falaises abruptes o√Ļ s'√©coulent des rivi√®res sculptant par corrosion des gorges et des canyons vertigineux caract√©ristiques de la cha√ģne de montagnes. Ceux du Vrbas, de la Neretva, de la Tara, et du Lim sont r√©put√©s. Mais l'eau, qui s'infiltre aussi dans la roche, a √©galement cr√©√© au cours des mill√©naires tout un r√©seau karstique de fissures, de tunnels souterrains, de dolines, de polj√©s, d'avens, de vall√©es s√®ches ou encore de r√©surgences. Toutes ces formations sont reli√©es et composent des r√©seaux hydrologiques qui, lorsqu'ils sont suffisamment importants, comme ceux de la Pivka avec la grotte de Postojna (Slov√©nie), de la Buna (Bosnie-Herz√©govine) ou de la Reka avec les grottes de ҆kocjan (Slov√©nie), constituent de vastes cavit√©s o√Ļ se forment des stalactites et des stalagmites. Les polj√©s sont tr√®s importants car ces d√©pressions offrent, en surface, de rares oasis fertiles √† fond plat, o√Ļ se sont entass√©es des alluvions, et parcourues par des ruisseaux √©merg√©s de la surface par un c√īt√© et qui s'√©chappent de l'autre par un ponor. Parfois, lorsque les pluies sont abondantes et que l'√©vacuation est inf√©rieure au d√©bit, les polj√©s se transforment en lacs provisoires[4].

Climat

Les Alpes dinariques sont sous l'influence de trois systèmes climatiques distincts[23].

Tempête de bora dans le Carso (Janez Vajkard Valvasor, 1689).

L'√©troite ceinture maritime conna√ģt un climat m√©diterran√©en avec des √©t√©s chauds et secs et des hivers doux et pluvieux. En altitude, le climat est toutefois un peu plus complexe. Les versants ensoleill√©s des montagnes sont particuli√®rement soumis √† la s√©cheresse en √©t√©. Le reste de l'ann√©e, l'air humide provenant de la mer rencontre fr√©quemment des masses d'air plus froides en s'√©levant et se condense. Cela provoque alors d'abondantes pr√©cipitations sur les premiers massifs √† s'opposer √† ces flux d'air (Orjen, Velebit, Gorski Kotar) se traduisant par des hauteurs d'eau annuelles de 3 000 √† 5 000 mm, ce qui les range parmi les plus √©lev√©es d'Europe. Le record absolu est d√©tenu par Crkvice dans l'Orjen avec une moyenne annuelle de 4 640 mm de pr√©cipitations depuis 1960 et des hauteurs d√©passant parfois 7 000 mm (8 036 mm en 1937). L'hiver ces pr√©cipitations tombent sous forme d'importantes quantit√©s de neige sur les sommets[4]. Ces premi√®res barri√®res montagneuses sont un obstacle pour les influences climatiques m√©diterran√©ennes. Dans certaines r√©gions, notamment le Velebit et le Biokovo, elles sont limit√©es √† une frange de seulement quelques kilom√®tres de large le long du littoral. Ailleurs, elles p√©n√®trent dans les terres en remontant le long des bassins form√©s par les fleuves et leurs affluents (Neretva, Zeta, Krka) ou en franchissant les cols les moins √©lev√©s, parfois jusqu'aux contreforts de la ceinture centrale. √Ä Mostar, √† 40 km de la c√īte, aux limites de la basse et de la haute Herz√©govine, l'influence m√©diterran√©enne chaude affronte les climats montagnard et continental froids et rend les pr√©visions m√©t√©orologiques difficiles sur le massif du Prenj au nord de la ville[4]. De plus, la partie septentrionale de cette ceinture maritime, l√† o√Ļ la cha√ģne montagneuse est peu large et peu √©lev√©e entre le sud de la Slov√©nie et le nord-ouest de la Croatie, est soumise √† la bora. Il s'agit d'un vent catabatique froid et sec g√©n√©r√© par la diff√©rence de temp√©rature, en particulier l'hiver, entre les masses d'air d'Europe de l'Est et de la mer Adriatique[26] - [27]. Le vent souffle du nord-est et ¬ę retombe ¬Ľ au niveau de la c√īte, principalement sur Trieste et sur le versant occidental du Velebit, o√Ļ il peut souffler √† plus de 220 km/h[28]. Le jugo, le nom local du sirocco, souffle pour sa part du sud-ouest ou du sud-est, au printemps et √† l'automne. Il provient du Maghreb, charg√© du sable du Sahara, ou d'Arabie, et traverse la mer M√©diterran√©e o√Ļ il se refroidit et se charge en humidit√©. Il peut atteindre pr√®s de 100 km/h √† l'approche du massif[29].

La large ceinture centrale subit un climat montagnard ou alpin classique pour les r√©gions d'altitude, avec d'importantes pr√©cipitations, des √©t√©s courts et frais et des hivers longs et extr√™mement neigeux. Durant l'hiver, l'air froid descend des sommets vers les plateaux et les vall√©es ; il se produit alors un ph√©nom√®ne d'inversion des temp√©ratures. L'√©t√©, les r√©gions basses se r√©chauffent naturellement plus vite que les montagnes. Les records de temp√©ratures des Alpes dinariques, inf√©rieurs √† ‚ąí40 ¬įC, ont √©t√© mesur√©s non pas au niveau des sommets mais sur les plateaux appel√©s mrazista signifiant ¬ę lieu glac√© ¬Ľ, √† l'instar de ceux de PeŇ°ter (Pesterska visija/visoravan), du Igman ou du Gorski Kotar[4].

La ceinture nord-orientale et les zones de piémonts qui s'avancent vers la plaine de Pannonie possèdent un climat modéré mélangeant influences montagnardes et continentales de type Europe centrale ou Balkans, avec des étés chauds et des hivers froids[4].

Faune et flore

Les changements socio-√©conomiques durant les guerres de Yougoslavie ont entra√ģn√© de profonds changements dans l'exploitation des ressources du massif et dans ses paysages. D√©sormais, des projets d'infrastructures (autoroutes, ol√©oducs, pipeline, am√©nagements hydrologiques) menacent la faune et la flore. Pourtant, la connaissance des diff√©rents habitats naturels des Alpes dinariques est encore tr√®s partielle et fait toujours l'objet d'√©tudes dans le cadre de la directive habitats de l'Union europ√©enne et de son r√©seau Natura 2000[23]. Le but est d'√©tablir un inventaire des esp√®ces menac√©es, dont le taux d'end√©misme est estim√© entre 10 et 20 %, et d'√©valuer l'importance des diff√©rents √©cosyst√®mes[22].

En raison de l'altitude et de la prédominance du climat méditerranéen sur une grande partie du massif, l'étagement est peu marqué dans le massif et se cantonne généralement entre l'étage collinéen et l'étage subalpin. Seuls quelques sommets en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro possèdent de véritables zones alpines. Deux autres facteurs sont tout aussi importants dans le zonage de la faune et de la flore. La situation géographique et climatique découpe les Alpes dinariques en quatre grandes régions naturelles : au nord-ouest et au centre-sud, elles possèdent un caractère très proche des Alpes orientales, au sud-ouest les espèces méditerranéennes sont dominantes, au sud-est elles sont influencées par les Balkans, tandis qu'au centre-nord et au nord-est les espèces sont proches de celles présentes dans les steppes continentales. Le type de sol est également déterminant. Ainsi, entre quatre et sept sous-régions existent au sein de ces régions naturelles[23].

Les for√™ts de feuillus et les grandes prairies sont surtout pr√©sentes sur le versant de la mer Noire. Les esp√®ces v√©g√©tales dominantes sont les h√™tres (europ√©ens, tortillards), les ch√™nes (chevelus, rouvres) et les charmes[23]. On y trouve aussi des sapins, des √©pic√©as et des pins sylvestres. Ces for√™ts abritent notamment des cerfs, des sangliers, des chats sauvages, des lapins, des faisans, des perdrix et autres oiseaux[30]. Dans les r√©gions karstiques, principalement c√īti√®res, ces for√™ts, √† l'origine denses, ont connu deux phases de r√©gression. Tout d'abord, d√®s 1500 av. J.-C, les Illyriens, qui sont connus pour avoir pratiqu√© le pastoralisme, br√Ľlent de nombreuses parcelles pour fournir des p√Ętures √† leurs troupeaux. Dans un second temps, √† partir du Moyen √āge jusqu'au XIXe si√®cle, le bois fait l'objet d'une exploitation en vue de fournir des ressources pour les besoins agraires, domestiques (chauffage, charbon de bois, fabrication d'outils) et en construction navale. En revanche, il semblerait que seules les for√™ts des parties les plus septentrionales du Carso, en Istrie, aient pu r√©ellement fournir une quantit√© notable de bois √† la construction de la ville de Venise, alors souveraine sur ces territoires. Les sols, fragilis√©s par ces phases de d√©forestation successives, laissent place √† la roche nue. Ces r√©gions devenues d√©sertiques sont visibles depuis l'espace par leur blancheur : Pag, la Dalmatie int√©rieure, la basse Herz√©govine et le Mont√©n√©gro int√©rieur. En s'√©loignant de la c√īte ou en prenant de l'altitude, la for√™t est plus apte √† se d√©velopper : r√©gion de Carniole-Int√©rieure en Slov√©nie, Gorski Kotar en Croatie, nord-ouest de la Bosnie. Cependant, il existe depuis le XIIe si√®cle et plus r√©guli√®rement depuis les XVIIIe et XIXe si√®cles des plans ou d√©crets de reboisement qui ont servi d'√©tude √† des sp√©cialistes de l'Europe enti√®re. Le succ√®s de ces actions a √©t√© facilit√© par l'urbanisation et la stricte limitation officielle des populations de ch√®vres depuis 1953 en Yougoslavie. La plupart des plantations artificielles, principalement constitu√©es de pins noirs de Dalmatie (pinus nigra ssp. dalmatica), sont d√©sormais auto-suffisantes et voient leur surface s'accro√ģtre, tandis que les anciennes p√Ętures sont de nouveau naturellement recouvertes par les herbes et les arbustes. Dans le Carso, en moins d'un si√®cle, la surface recouverte de for√™t est pass√©e de 20 % √† 40 %[31].

Les forêts de sapin blanc poussent dans les escarpements rocheux calcaires les plus abrupts des Alpes dinariques, en particulier dans le massif de l'Orjen.

Les for√™ts de sapin blanc (Abies alba) des Alpes dinariques calcaires sont end√©miques de la ceinture maritime du massif. Elles se d√©veloppent dans les escarpements rocheux de l'Orjen, du Velebit, du Biokovo et du Prenj, entre 1 200 et 1 500 m√®tres d'altitude. Malgr√© l'abondance des pr√©cipitations, les sols sont tr√®s secs et ces arbres, pourtant courants dans les r√©gions montagneuses d'Europe centrale, ne poussent ici que dans les zones les plus humides du massif, principalement sur les versants septentrionaux. De plus, elles sont fortement labiles et sont √† la merci des temp√™tes de bora et de sirocco qui sont fr√©quentes le long du littoral. En raison de cette fragilit√© et de la raret√© des plantes qu'elles abritent, ces for√™ts constituent un des plus int√©ressants types de formation v√©g√©tale des Balkans et n√©cessitent une protection √©troite. On peut y trouver des sp√©cimens de sapin blanc de trente-cinq m√®tres de hauteur avec des troncs d'un m√®tre de diam√®tre. Pour autant, ces for√™ts abritent de nombreuses autres plantes : une esp√®ce de pivoine (Paeonia daurica Andrews), le noisetier de Byzance (Corylus colurna), le fr√™ne √©lev√© (Fraxinus excelsior), le h√™tre europ√©en (Fagus sylvatica), le tilleul √† petites feuilles (Tilia cordata), l'√©rable sycomore (Acer pseudoplatanus), l'alisier blanc (Sorbus aria), le fusain d'Europe (Euonymus europaeus), le cerisier prostr√© (Prunus prostrata), l'Asphod√®le blanc (Asphodelus albus), le lis martagon (Lilium martagon ssp. cattaniae), l‚Äôiris d'Orjen (Iris orjenii), le tamier (Dioscorea communis), la Foug√®re aigle (Pteridium aquilinum), la violette de Rivinus (Viola riviniana), le Sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratumou Polygonatum officinale), la laitue des Alpes (Cicerbita alpina), la Vesce craque (Vicia cracca), le G√©ranium Herbe √† Robert (Geranium Robertianum) ou encore le fameux pin de Bosnie (Pinus heldreichii)[32]. Les esp√®ces animales qui peuplent ces for√™ts sont nombreuses : ours brun (Ursus arctos), lynx (Lynx lynx), loup (Canis lupus), Carabus croaticus, loir (Glis glis), muscardin (Muscardinus avellanarius), l√©rotin commun (Dryomys nitedula), salamandre noire (Salamandra atra), barbastelle commune (Barbastella barbastellus), murin de Bradt (Myotis brandtii), oreillard commun (Plecotus auritus), noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), Microtus (multiplex) liechtensteini, chouette chev√™chette (Glaucidium passerinum), chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), chouette de l'Oural (Strix uralensis) et le pic tridactyle (Picoides tridactylus)[23]. En 1990, en Croatie, la population de loups est estim√©e √† 50 individus et consid√©r√©e comme gravement menac√©e. Les causes de mortalit√© sont principalement l'abattage et les accidents de la route. Depuis 1995, ils b√©n√©ficient d'une mesure de protection. Aujourd'hui, leur nombre est en hausse. En 2000 on estimait leur population √† 150 individus environ et en 2006 √† 210 environ, regroup√©s en quelque 40 meutes r√©parties entre la Dalmatie, la Lika et le Gorski Kotar[33].

La v√©g√©tation des versants rocheux calcaires est tr√®s d√©pendante de l'exposition et de l'altitude. Les esp√®ces les plus caract√©ristiques des falaises sont des centaur√©es et des campanules. Elles abritent entre autres des escargots (Delima, Medora). Entre l'√©tage collin√©en et l'√©tage montagnard, on trouve des plantes √† fleurs de la famille des Brassicaceae (Fibigia triquetra). La faune associ√©e est compos√©e d'oiseaux (Sittelle de Neumayer ou Sitta neumayeri), de l√©zards (Algyroides nigropunctatus, Lacerta oxycephala) et de chauves-souris (Hypsugo savii, Tadarida teniotis) dans les escarpements. Entre l'√©tage montagnard et l'√©tage subalpin, ils laissent la place √† l'escargot Vidovicia coerulans, aux l√©zards Iberolacerta horvathi et Lacerta mosorensis, et √† la chauve-souris Vespertilio murinus, qui migre depuis l'Europe du Nord durant l'automne. Dans les √©boulis le long des c√ītes, au milieu des plants de Drypis spinosa var. jaqeniana vivent une petite musaraigne, le pachyure √©trusque (Suncus etruscus), et un mulot, Apodemus epimelas. En altitude, la taille des blocs rocheux est tr√®s variable. Degenia velebitica, une esp√®ce de plante √† fleurs end√©mique de la Croatie, pousse uniquement parmi les pierres les plus petites. Ces √©boulis d'altitude sont un refuge pour le campagnol des neiges (Chionomys nivalis) et la vip√®re ammodyte (Vipera ammodytes). Le campagnol de Martino (Dinaromys bogdanovi) est √©galement end√©mique et vit naturellement dans de profondes crevasses du sous-sol karstique dinarique, mais s'adapte tr√®s bien √† l'environnement urbain o√Ļ il est consid√©r√© comme nuisible. Il se nourrit aussi bien d'invert√©br√©s que de petits vert√©br√©s[23].

Le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum).
Un protée anguillard dans son milieu naturel. C'est un animal symbolique des Alpes dinariques.

Les quelque 8 000 grottes du massif offrent un habitat riche et vari√© √† des esp√®ces terrestres, d'eau douce ou amphibies. Certaines de ces grottes sont directement reli√©es √† l'Adriatique et leurs eaux se m√©langent √† l'eau de mer. D'autres, plus rares, contiennent des fumerolles sulfur√©es et des sources chaudes. Dans les grottes s√®ches, les esp√®ces sont adapt√©es √† la temp√©rature qui y r√®gnent. En altitude, la temp√©rature est inf√©rieure √† 5 ¬įC et quasiment seuls des col√©opt√®res (Astagobius angustatus, Astagobius hadzii, Duvalius biokovensis, Duvalius comes, Speoplanes giganteus) survivent. Entre 5 ¬įC et 8 ¬įC, les chauves-souris (Miniopterus schreibersi, Rhinolophus ferrumequinum, Rhinolophus euryale, Rhinolophus blasii, Myotis myotis, Myotis blythii, Myotis capaccinii, Myotis emarginatus) trouvent un abri ad√©quat pour leur hibernation et peuvent constituer des colonies allant jusqu'√† 20 000 individus. Les grottes temp√©r√©es, entre 8 ¬įC et 14 ¬įC, sont riches en esp√®ces de Carabidae, de Necrophorus, de Pseudoscorpionida, d‚ÄôIsopoda, de Diplopoda, d‚ÄôOpiliones, d‚ÄôAraneae et d'escargots cavernicoles. Les grottes chaudes, les galeries et les conduits d'acc√®s, o√Ļ la temp√©rature avoisine 20 ¬įC et l'humidit√© est √©lev√©e, servent d'abris saisonniers pour l'√©levage des jeunes colonies de chauves-souris. Leur guano abrite de nombreuses esp√®ces. Les grottes d'eau douce sont diff√©renci√©es en deux groupes. Dans les grottes inond√©es en permanence, on trouve le fameux prot√©e anguillard, end√©mique au versant occidental des Alpes dinariques, mais aussi des esp√®ces d'isopodes (Spheromides virei), de Dendrobranchiata (Troglocaris anophthalmus, Spelaeocaris pretneri), de Niphargus (Niphargus hadzii), de cloporte (Monolistra bolei, Monolistra calopyge, Monolistra spinosissima, Asellus aquaticus, Proasellus parvulus, Proasellus slovenicus), de gast√©ropodes (Lanzaia, Plagygeyria, Orientalina, Hauffenia, Hadziella, Belgrandiella, Acroloxus, Theodoxus) et de Hydrozoa (Velkovrhia aenigmatica). Dans les grottes inond√©es de mani√®res non-permanentes et dans les ponors vivent des esp√®ces de cop√©podes, d'amphipodes, de vers (Marifugia cavatica), de bivalves (Congeria kusceri) et d'isopodes ambhibies. Dans les grottes humides o√Ļ l'eau est pr√©sente le long des parois par lente infiltration, des esp√®ces de col√©opt√®res (Hadzia, Radziella, Croatodirus, Velebitodromus) se nourrissent des d√©tritus provenant de la surface. On trouve aussi des esp√®ces d'isopodes (Tithanethes), des amphipodes (Typhlogammarus mrazeki), des sangsues (Croatobranchus mestrovi). Toutefois, en raison des am√©nagements hydrauliques, ces grottes humides, surtout pr√©sentes en Herz√©govine, tendent √† dispara√ģtre. Dans les grottes qui communiquent avec la mer, suivant le degr√© de salinit√©, vivent des cop√©podes de l'ordre des Calanoida (Speleohvarella spp., Badiella spp.), des √©ponges (Oopsacas minuta, Asbestopluma hypogea), des crevettes (Salmoneus sketi, Hadzia fragilis, Salentinella angelieri, Niphargus hvarensis) ou encore un poisson vivipare, Oligopus ater[23].

Les rivières et les lacs pérennes et leurs rives sont peuplés d'amphipodes de la famille des Gammaridae, d'écrevisses (Austropotamobius torrentinum dans le bassin de la mer Noire, Austropotamobius pallidus dans celui de la mer Adriatique, Gammarus balcanicus), d'insectes de l'ordre des Trichoptera (Drusus croaticus) ou des Ephemeroptera (Siphlonurus croaticus) et de poissons (Telestes spp., Delminichtys spp., Aulopyge huegeli, Salmothymus obtusirostris, Squallius illyricus). Des espèces de mousses (Cinclidotus spp.) contribuent à la formation des tufs, à l'instar des lacs de Plitvice, qui sont autant de barrières freinant la migration des poissons[23].

Il existe de nombreuses surfaces inondables temporaires dans les zones karstiques du massif et de véritables lacs intermittents peuvent se former, comme celui de Cerknica en Slovénie. Ce sont les milieux privilégiés du Triton alpestre (Triturus alpestris ou Ichthyosaura alpestris), du Crapaud vert (Bufo viridis), du Loche d'étang (Misgurnus fossilis), d'espèces de sangsues, d'escargots voire de mollusques (Chirocephalus croaticus). Les touffes d’Eleocharis palustris ou de Renouée amphibie (Polygonum amphibium ou Persicaria alpina) accueillent les larves de nombreux insectes[23].

Le Scille des prés est une espèce de plante à fleurs endémique des zones humides des Alpes dinariques.

Lorsque les eaux de ces surfaces inondables stagnent, typiquement dans les polj√©s, elles forment des marais et des zones humides. Ils ont progressivement disparu au cours des si√®cles derniers √† cause des am√©nagements hydrauliques. Ceux qui subsistent sont peupl√©s de poissons end√©miques menac√©s ou √©teintes : Leuciscus ukliva, Phoxinellus spp., Aulopyge huegeli. Les autres animaux sont plus communs : Lusciniole √† moustaches (Acrocephalus melanopogon), Blongios nain (Ixobrychus minutus), Busard cendr√© (Circus pygargus), Hibou des marais (Asio flammeus), Loutre d'Europe (Lutra lutra), Campagnol terrestre (Arvicola amphibius), Musaraigne aquatique de Miller (Neomys anomalus), Cistude d'Europe (Emys orbicularis), criquet Chrysochraon dispar, le Damier de la succise (Euphydryas aurinia), la Grenouille agile (Rana dalmatina), R√Ęle des gen√™ts (Crex crex). Le Scille des pr√©s (Scilla litardierei), Edreianthus dalmaticus, le Renoncule √Ęcre (ou bouton d'or, Ranunculus acris), la Succise des pr√©s (Succisa pratensis), Peucedanum coriacea ssp. pospichali, la Molinie bleue (Molinia caerulea), Sesleria uligonosa sont les esp√®ces de plantes les plus communes. Les zones humides alcalines et les tourbi√®res acides abritent les esp√®ces de plantes Schoenus nigricans, Pinguicola vulgaris, Tofieldia calyculata ou encore Spiranthes aestivalis[23].

Les landes se trouvent sur les sols karstiques des poljés, en particulier celui de la Lika, ou au niveau de l'étage subalpin des montagnes. Les plantes les plus typiques sont la Fougère aigle (Pteridium aquilinum), le Genévrier commun (Juniperus communis), le Genévrier nain (Juniperus nana), la Bruyère callune (Calluna vulgaris) et Genista radiata. Elles abritent le Moiré des luzules (Erebia oeme), le lézard des souches (Lacerta agilis) et Iberolacerta horvathi, la Musaraigne bicolore (Crocidura leucodon) et pygmée, le lérotin (Dryomys nitedula), le muscardin (Muscardinus avellanarius), le campagnol de Fatio (Microtus multiplex ou liechtensteini) mais aussi dans les arbustes de nombreux oiseaux : Merle à plastron (Turdus torquatus), Accenteur mouchet (Prunella modularis), Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos), Pipit des arbres (Anthus trivialis), Rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), Mésange nonnette (Parus palustris). Parmi les invertébrés : le perce-oreille Chelidurella acanthopygia, l'opilion Mitopus morio, le ver de terre Octodrylus lissaensis, le mille-pattes Leptoiulus trilineatus, les carabides Nebria dahli velebitica, Cychrus attenuatus et Pterostichus metallicus[23].

Les alpages, ou pelouses alpines, sont très variés dans les Alpes dinariques. Entre le massif de Mala Kapela et les sommets de Bosnie-Herzégovine, ils constituent un habitat endémique, avec la présence de nombreux papillons des espèces d’Erebia et de Melitaea, de l'Apollon (Parnassius apollo) ou encore du Moiré dalmate (Proterebia afra), mais aussi d'autres insectes comme la Magicienne dentelée (Saga pedo), Prionotropis hystrix, Poecilimon elegans ou Polysarcus denticauda, des oiseaux parmi lesquels le Pipit spioncelle (Anthus spinoletta), le Pipit rousseline (Anthus campestris), l'Accenteur alpin (Prunella collaris), l'Alouette lulu (Anthus campestris) et le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), des reptiles comme la Vipère d'Orsini (Vipera ursinii var. macrops) et les lézards Podarcis melisellensis et Lacerta agilis et chez les mammifères les Campagnols des champs (Microtus arvalis) et souterrains (Microtus subterraneus) et le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus)[23].

Populations

Groupes ethniques

Au cours de l'histoire, diverses populations (pal√©o-balkaniques, celtiques, latines, slaves) se sont succ√©d√© et se sont m√©lang√©es ; ayant adopt√© diff√©rentes variantes des ¬ę religions du Livre ¬Ľ, elles forment, pour les sociologues, des enclaves ethnico-religieuses connues sous le nom de ¬ę mosa√Įque des Balkans ¬Ľ[34]. Pour les linguistes, les langues slaves m√©ridionales forment un continuum linguistique et font partie de l'union linguistique balkanique[35] - [36] - [37] - [38] ; enfin pour les anthropologues, il existe en outre un ¬ę groupe dinarique ¬Ľ partageant de nombreuses caract√©ristiques biologiques et ethnologiques (musique, coutumes, traditions pastorales) quelle que soit leur nationalit√©[39]. Ainsi, d'une mani√®re g√©n√©rale, les habitants des Alpes dinariques sont reconnus comme les plus grands d'Europe, avec une taille moyenne de 185,6 cm chez les adolescents m√Ęles de 17 ans contre 184 cm chez leurs homologues hollandais, et 171 cm chez les adolescentes du m√™me √Ęge, ce qui les place de peu en seconde position. Les sujets de tr√®s grande taille d√©passant 1,90 m√®tre repr√©sentent 28 % du panel, contre 20 % aux Pays-Bas et 1,5 % en France[40]. Ils partagent √©galement une coutume patrimoniale et patriarcale issue des zadruga, o√Ļ les fils restaient dans les familles. Cette tendance a longtemps √©t√© renforc√©e par l'isolement du massif et par les guerres r√©gionales[41].

Carte des races europ√©ennes par Joseph Deniker of European races (1899) ; la ¬ę race dinarique ¬Ľ y est identifi√©e en tant que groupe dominant dans certaines r√©gions d'Europe centrale, du Nord de l'Italie et du Nord-Ouest des Balkans.

Le terme de ¬ę race dinarique ¬Ľ, √©galement nomm√© ¬ę race adriatique ¬Ľ ou ¬ę race √©pirote ¬Ľ a longtemps √©t√© utilis√© en anthropologie physique, d√©finissant une sous-cat√©gorie de la ¬ę race caucasienne ¬Ľ ou ¬ę race blanche ¬Ľ selon les travaux de Joseph Deniker en 1900[42], puis dans les travaux men√©s par Hans F. K. G√ľnther and Carleton S. Coon. Les caract√©ristiques ¬ę dinariques ¬Ľ √©taient une grande taille, une forte musculature, de longues jambes, un tronc court et une envergure moyenne au niveau des bras ; la bo√ģte cr√Ęnienne √©tait class√©e comme brachyc√©phale voire hyperbrachyc√©phale (indice compris entre 81 et 86). Plusieurs th√©ories sur la gen√®se de ce ph√©notype affirment √† l'√©poque qu'il serait autochtone de son habitat actuel depuis le N√©olithique : les campaniformes de l'√Ęge du bronze auraient des traits dinariques au moins partiels[43]. Toutefois pour Coon, d√©j√†, ce groupe et d'autres ¬ę ne sont pas des ¬ę races ¬Ľ mais des expressions visibles de la variabilit√© g√©n√©tique des groupes mixtes auxquels ils appartiennent ¬Ľ. Il se r√©f√®re en cela √† la cr√©ation des diff√©rents ph√©notypes issus du m√©lange d'anciens groupes, menant √† la ¬ę dinarisation ¬Ľ. Selon lui, le groupe dinarique est un type sp√©cifique engendr√© par le m√©lange des caract√®res de groupes m√©diterran√©ens et alpins[39]. Depuis que la g√©n√©tique est devenue le principal facteur de classification humaine, le terme de ¬ę race dinarique ¬Ľ n'a plus de cr√©dit dans la communaut√© scientifique, mais peut en garder dans les publications protochronistes.

Quoi qu'il en soit, la th√©orie du ¬ę groupe dinarique ¬Ľ r√©duisait les diff√©rences ethniques √† la seule religion, ce qui en fit l'objet de critiques de la part des milieux panslavistes, nationalistes et communistes yougoslaves. Ainsi Tito consid√©rait officiellement les peuples Slaves du Sud comme des nations certes ¬ę unies et fraternelles ¬Ľ, mais ¬ę distinctes ¬Ľ[44].

À ce titre, d'après les recensements nationaux, les Alpes dinariques sont peuplées principalement de Serbes, de Yougoslaves (communautés qui ne se reconnaissent d'aucune nationalité, à la suite de la dissolution de la Yougoslavie : majoritairement des communautés juives), de Monténégrins, de Croates, de Slovènes, de Musulmans (considérés comme une nationalité), de Bosniaques, d'Albanais et d'Italiens. Les Valaques ont laissé des toponymes comme Romanija Planina ou Stari Vlah, mais ont depuis de nombreuses générations adopté la langue serbo-croate et comme ils sont orthodoxes, ils font donc partie des Serbes[45]. Les minorités hongroises, tsiganes et macédoniennes sont quasiment absentes du massif.

Villes et villages

Vue de Sarajevo depuis l'est.

Les Alpes dinariques restent peu dens√©ment peupl√©es, avec moins de 100 hab./km2. Une des principales raisons est la g√©ologie du massif, souvent carbonat√©e, donc karstique, o√Ļ les eaux ne restent pas en surface. Les principales villes √† l'int√©rieur du massif sont Sarajevo (304 100 habitants), Shkod√ęr (200 000 habitants), Split (179 900 habitants), Banja Luka (166 000 habitants), Rijeka (143 800 habitants), Podgorica (139 500 habitants), Mostar (128 400 habitants), Zenica (127 300 habitants), Bihańá (105 000 habitants), Peńá (97 300 habitants), Gjakov√ę (90 000 habitants), Zvornik (79 000 habitants), ńĆańćak (73 200 habitants), Zadar (69 600 habitants), NikŇ°ińá (58 200 habitants), UŇĺice (54 700 habitants) et Novi Pazar (54 600 habitants).

Habitat et monuments

L'architecture dans les Alpes dinariques est très bien adaptée aux ressources disponibles et au climat.

L'église Saint-Donat et le forum romain de Zadar (XVe siècle, Croatie).

Dans la ceinture maritime du massif, le mat√©riau principal est la pierre calcaire blanche. Les exemples les plus √©vidents sont les villes dalmates de Zadar, ҆ibenik et Dubrovnik entre autres.

Dans la ceinture centrale du massif, les constructions typiques sont les katuni, des cabanes faites la plupart du temps de branchages scellés avec de la boue et recouvertes d'herbe[46]. Elles sont fréquemment entourées de murs en pierre sèche. Elles sont présentes en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, au Monténégro, au Kosovo et dans le Nord de l'Albanie. Ce sont des habitats de bergers qui avaient une vocation saisonnière.

L'√©glise en bois de Drvengrad (K√ľstendorf).
Une maison ancienne à Jabuka, près de Prijepolje.

Dans la ceinture orientale du massif, le mat√©riau traditionnel principalement utilis√© est le bois. Les maisons sont construites avec des poutres en pin travaill√©es √† la main et reposant sur un soubassement en pierres ; les fen√™tres sont de dimension r√©duite et la porte d'entr√©e est toujours compos√©e de deux battants. La maison est g√©n√©ralement constitu√©e de deux espaces s√©par√©s, une grande salle commune, la cuisine, et la chambre. La cuisine, avec son foyer central, ne poss√®de ni plancher ni plafond ; elle donne sur la chambre √† coucher, de taille plus modeste[47]. √Ä proximit√© de la maison d'habitation, se trouvent les b√Ętiments r√©serv√©s au travail, comme la laiterie[48] ou l'√©table[49]. Beaucoup de ces villages traditionnels sont aujourd'hui abandonn√©s et presque en ruine. Certains sont class√©s en tant qu'√©comus√©e. Pr√®s de Nova VaroŇ°, dans les monts Zlatar, par exemple, se trouve le petit ethno-village de ҆titkovo, qui conserve des maisons de la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, typiques de la r√©gion de Stari Vlah et plac√©es sous la protection de l'√Čtat[50]. Le village de Sirogojno, situ√© √† l'est des monts Zlatibor, abrite un √©comus√©e ouvert en 1985 et appel√© Staro Selo, le ¬ę vieux village ¬Ľ ou le ¬ę village d'autrefois ¬Ľ[51]. Il couvre une superficie de 15 ha et s'organise autour de l'√©glise des Ap√ītres-Pierre-et-Paul, construite en 1764. Les plus belles maisons traditionnelles de la r√©gion, d√©m√©nag√©es de leur emplacement d'origine, ont √©t√© remont√©es dans cet ethno-village. Rassemblant ainsi de nombreuses maisons en bois qui en font un conservatoire architectural, le mus√©e s'est √©galement donn√© comme mission de pr√©senter les m√©tiers et les activit√©s telles qu'elles √©taient au XIXe si√®cle. Un autre √©comus√©e se trouve √† proximit√© du village de Mokra Gora, sur les pentes septentrionales des monts Zlatibor et il porte le nom de Drvengrad ou K√ľstendorf, le ¬ę village en bois ¬Ľ ; il a √©t√© construit de toutes pi√®ces par le r√©alisateur Emir Kusturica pour les besoins de son film La vie est un miracle. Il s'agit de la reconstitution d'un village serbe typique du XIXe si√®cle[52]. En raison de sa qualit√©, le village a remport√© en 2005 le prix europ√©en d'architecture Philippe Rotthier pour la reconstruction de la ville[53]. Il est aujourd'hui une destination particuli√®rement appr√©ci√©e des touristes.

On trouve aussi bien, dans le massif, des églises catholiques que des mosquées, des monastères orthodoxes ou encore des synagogues.

Coutumes et traditions

Les Alpes dinariques mêlent les influences culturelles méditerranéenne, balkanique, d'Europe centrale et d'Europe de l'Est.

Le massif abrite trois religions majeures : le catholicisme principalement en Slov√©nie et en Croatie, l'islam principalement en Bosnie-Herz√©govine, en Albanie et au Kosovo et l'orthodoxie en Serbie et au Mont√©n√©gro. Il existe √©galement des minorit√©s pratiquant le juda√Įsme.

Quatre langues sont parlées : le serbo-croate (bosnien, croate, serbe et monténégrin), l'albanais, le slovène et l'italien (vénitien). Elles s'écrivent dans deux alphabets différents, le latin et le cyrillique.

Le bańülama √† manche long fait partie de la famille des saz.
Un gusle serbe.

Depuis des si√®cles, le chant des bergers trouve √©cho dans les montagnes des Alpes dinariques. Cette musique appel√©e ojkanje en Bosnie-Herz√©govine est une sorte de yodel mixant des voix masculines et f√©minines. Il √©tait souvent accompagn√©e du gluho kolo ou ¬ę danse des sourds ¬Ľ lors de c√©l√©brations qui voyaient les jeunes des villages former des cercles sur le rythme de la musique. Le ganga est un chant profond, non instrumental, la plupart du temps r√©serv√© aux hommes, principalement parmi les populations √† majorit√© croate. En Serbie, le gusle (en albanais : lahuta) est un genre de guitare traditionnelle qui accompagne des r√©cits s√©culaires. Dans le Nord-Ouest de la Bosnie-Herz√©govine, leur √©quivalent est jou√© avec des Ň°argija. Dans les villes, le saz est un luth d'origine perse qui accompagne des musiques traditionnelles. Aujourd'hui, la sc√®ne rock des pays de l'ex-Yougoslavie remplace progressivement la musique folk, souvent nostalgique, d'origine bosniaque musulmane d'√©poque ottomane, appel√©e sevdalinka.

ńÜevapńćińái en pr√©paration.

La gastronomie dinarique et balkanique est un m√©lange de cuisines m√©diterran√©enne, grecque, turque et centrale-europ√©enne. Elle utilise des √©pices vari√©es mais en faible quantit√©. Les plats sont souvent pr√©par√©s dans du bouillon de l√©gumes. Ils se composent de tomates, pommes de terre, oignons, ail, poivre, concombres, carottes, choux, champignons, √©pinards, haricots, pois ou encore courgettes. Les ńáevapi ou ńáevapńćińái sont un mets incontournable d'origines bosniaque et serbe, que l'on trouve √©galement en Croatie et au Mont√©n√©gro. Elles se pr√©sentent sous la forme de saucisses grill√©es √† base de viande de bŇďuf ‚ÄĒ plus rarement de porc ‚ÄĒ √©minc√©e et d'oignons ou d'√©pices, pouvant √™tre servies dans une assiette avec des frites ou dans un pain pita (lepinja ou somun)[54]. Le sarma est un rouleau de chou farci ‚ÄĒ parfois remplac√© par des feuilles de blette ou de vigne ‚ÄĒ avec de la viande hach√©e de bŇďuf, de porc ou de veau, m√©lang√©e avec du riz, des oignons, des √©pices et des herbes aromatiques, √©galement d'origine ottomane. L'ajvar est une pur√©e de poivron, d'aubergine, d'ail et de piment d'origine mac√©donienne populaire en Croatie, en Serbie, en Bosnie-Herz√©govine et en Slov√©nie. Le kańćamak est un genre de polenta √† base de pomme de terre et de farine de ma√Įs pr√©sente notamment en Serbie, au Mont√©n√©gro et en Bosnie-Herz√©govine. Les b√∂reks sont des p√Ętisseries sal√©es tr√®s populaires dans les anciens pays de l'Empire ottoman. Ils sont fourr√©s avec du fromage, des √©pinards, de la viande hach√©e ou parfois des pommes de terre. Ils se vendent en p√Ętisserie ou dans des √©choppes sp√©cialis√©es ‚ÄĒ appel√©es buregdŇĺinica en ex-Yougoslavie ‚ÄĒ en Bosnie-Herz√©govine, en Croatie, en Serbie ou en Albanie. Le climat est localement propice √† la production de vin. Les liqueurs fameuses sont la rakija √† base de fruits ferment√©s et le pelinkovac tir√© de l'armoise.

Histoire

Au cours des siècles, les Alpes dinariques ont été les témoins de migrations, d'invasions, de combats et de révoltes. Les ruines de nombreuses forteresses parsèment les paysages du massif, comme autant de preuves des siècles de guerres déroulées dans ces montagnes et des refuges ou obstacles qu'elles ont constitués pour des forces militaires variées.

Antiquité

Répartition des Illyriens avant la conquête romaine.

De souche indo-europ√©enne, les peuples illyriens investissent progressivement le massif et s'installent d√©finitivement le long de la mer Adriatique vers 1300 av. J.-C. Rarement pourvus d'unit√© politique au cours du Ier mill√©naire av. J.-C., les Illyriens sont hell√©nis√©s autour des comptoirs Grecs. La derni√®re unification est l'Ňďuvre de Bardylis Ier qui prend Shkodra comme capitale du royaume. L'historien Polybe et les √©crits des ¬ę annalistes ¬Ľ, connus de Tite-Live, rapportent l'existence d'un langage propre aux Illyriens mais d√©crivent surtout leurs conflits. La disparition des textes dans cette langue rend difficile la connaissance de l'histoire et des traditions de ces peuples[55].

Accusée de soutenir la piraterie contre la flotte marchande de la République romaine, d'entraver le commerce dans la mer Adriatique et de menacer la sécurité des communautés insulaires et littorales, la reine Teuta assassine un ambassadeur romain. Ce meurtre justifie la première invasion des guerres d'Illyrie en 229 av. J.-C. et 228 av. J.-C.[55] - [56]. Le gouverneur Démétrios de Pharos trahit Teuta et obtient une partie de ses possessions en récompense, de la part des Romains[57]. Pensant ces derniers occupés par les Celtes de la Gaule cisalpine et par les Carthaginois, Démétrios s'allie avec le royaume de Macédoine et se retourne contre les Romains, en 220 av. J.-C., à la tête de 90 vaisseaux. Battu, il est forcé à s'exiler à la fin de la seconde guerre d'Illyrie, en 219 av. J.-C.[55] - [58].

Rome conquiert finalement l'int√©gralit√© de l'Illyrie en 168 av. J.-C., durant la troisi√®me Guerre mac√©donienne[59], mais la r√©sistance dans le protectorat continue de nombreuses ann√©es, en particulier entre 156 av. J.-C. et 76 av. J.-C.. Elle se poursuit jusqu'√† la capitulation totale de la province romaine nouvellement cr√©√©e de Dalmatie en 10, apr√®s la pacification exerc√©e par Tib√®re, beau-fils et futur successeur de l'empereur Auguste. La Dalmatie se romanise lentement. La capitale de la province est install√©e √† Salona (Solin, pr√®s de Split), les cit√©s de Iader (Zadar), Narona (Vid, pr√®s de Metkovińá) ou encore Doclea (Podgorica) se d√©veloppent et l'urbanisation, jadis cantonn√©e au littoral, s'√©tend √† l'int√©rieur des terres. La culture du bl√©, de la vigne et des oliviers est introduite. Le bois des for√™ts et de grandes mines de fer alimentent l'artisanat et la fabrication des armes destin√©es aux champs de bataille de la plaine de Pannonie. Des routes sont construites, d'abord le long de la c√īte, puis au travers des quelques vall√©es. La naissance d'une √©lite installe durablement la plupart des traditions latines[55].

Le partage de 395. Le long des frontières de l’Empire, les traits noirs correspondent au limes.

Apr√®s avoir fourni des guerriers d√©vou√©s pour se battre contre les Goths, les Carpes et les Quades[55], c'est dans les Alpes dinariques que s'√©tablit en Europe, entre la fin du IIIe si√®cle et le d√©but du IVe si√®cle, √† l'instigation de l'empereur d'origine dalmate Diocl√©tien, la fronti√®re marquant la division de l'Empire romain. Les hautes cimes du sud du massif constituent une fronti√®re d√©fensive naturelle. Avant de se retirer dans son palais de Split, Diocl√©tien instaure la t√©trarchie afin de mieux lutter contre la pression des barbares aux fronti√®res. Constantin Ier, n√© √† Naissus (NiŇ°), parvient √† r√©tablir une br√®ve unit√© imp√©riale. Il se convertit au christianisme et convoque le premier concile de Nic√©e, favorisant sa r√©unification et encourageant son extension, en particulier dans le massif. La Dalmatie passe d√©finitivement sous le contr√īle ostrogoth vers 490.

Moyen √āge

√Ä l'est des Alpes dinariques, des tribus slaves s'installent progressivement en Rascie entre les VIe et VIIe si√®cles. Les Albanais se r√©fugient dans les montagnes √† plus de 3 000 m√®tres.

Vers 614, les Avars repoussent les populations romanes de l'int√©rieur vers le littoral, entra√ģnant la fondation de Split, sur l'emplacement du palais de Diocl√©tien, et de Dubrovnik. Leurs derniers descendants √©taient les Istro-roumains, appel√©s ńÜiribirci ou ńÜińái, r√©fugi√©s en Istrie, autour de Barban et de Labin, lors des invasions ottomanes. Quelques villes c√īti√®res comme Zadar ou Trogir, ainsi que la plupart des √ģles, demeurent des possessions isol√©es de l'Empire byzantin.

Les territoires serbes au IXe siècle, essentiellement d'après De Administrando Imperio.

En 640, les ńĆerno-hrobates quittent la Croatie blanche pour se diriger vers le sud-ouest et la plaine de Pannonie. Vainqueurs des Avars, ils fondent des principaut√©s, bient√īt f√©d√©r√©es en un duch√©, puis en un royaume de Croatie du Xe au XIIe si√®cle. Il a au cours des si√®cles plusieurs capitales, parmi lesquelles Nin, Biograd, ҆ibenik, Knin, Split, OmiŇ°, ou encore Solin.

Vers la fin du IXe si√®cle, sous l'autorit√© de la dynastie des Vlastimirovińá, les populations slaves de Rascie sont christianis√©es √† leur tour, par les saints Cyrille et M√©thode, bien que le paganisme perdure en partie, jusqu'√† l'av√®nement de Saint Sava. Mais, une nouvelle division survient dans la r√©gion, opposant l'√Čglise catholique romaine et l'√Čglise orthodoxe lors du Schisme d'Orient en 1054. Les populations chr√©tiennes de l'ouest du massif se rattachent au catholicisme tandis qu'√† l'est elles se tournent majoritairenement vers l'orthodoxie.

Les Balkans √† l'√©poque de Stefan UroŇ° IV DuŇ°an (XIVe si√®cle).

En 1102, la Croatie s'unit √† la Hongrie. De 1115 √† 1403, la Dalmatie est le th√©√Ętre de nombreuses confrontations entre le Royaume hongro-croate et la R√©publique de Venise, qui a h√©rit√© des √ģles dalmates de l'Empire byzantin. √Ä la longue, par la guerre, la n√©gociation ou l'achat, Venise finit par √©tendre son domaine en Dalmatie continentale, √† l'exclusion de la R√©publique de Raguse, rest√©e autonome, mais √©galement romane.

Apr√®s avoir connu un d√©clin de deux si√®cles d√Ľ √† sa d√©pendance vis-√†-vis des Byzantins et √† son opposition aux √Čtats alli√©s des Bulgares (Diocl√©e, Zachlumie), vers le XIIIe si√®cle, la Rascie r√©int√®gre l'ensemble des territoires √† l'est et au sud des Alpes dinariques et retrouve son extension maximale : elle inclut les limites actuelles de la Serbie, du Mont√©n√©gro, de l'Herz√©govine, du Kosovo, de l'Albanie, de la Mac√©doine du Nord, de la Mac√©doine grecque et de l'√Čpire. Ce premier √Čtat serbe m√©di√©val est gouvern√© par la dynastie des Nemanjińá. En 1159, sa capitale est install√©e √† Ras, dans la cha√ģne du Zlatar. De son c√īt√©, la Bosnie devient ind√©pendante en 1377 et Tvrtko Ier se fait couronner roi.

√Čpoque moderne

√Ä partir du d√©but du XIVe si√®cle, les arm√©es turques se font pressantes. √Ä la suite de la bataille de Kosovo Polje en 1389, les Ottomans prennent peu √† peu le contr√īle du sud et de l'est des Alpes dinariques. Ce contr√īle devient effectif en 1459 avec la chute de Smederevo et du despotat de Serbie, en d√©pit d‚Äôune farouche r√©sistance nationale albanaise rassembl√©e derri√®re le seigneur Gjergj Kastriot Skanderbeg. Les Turcs s'emparent de la Bosnie en 1463, s'assurant ainsi le contr√īle du centre du massif. Ils cr√©ent des pachaliks et des sandjaks dans toutes les r√©gions conquises et mettent en place l'administration ottomane des millets, entra√ģnant la conversion √† l'islam de nombreux Slaves du Sud[60] - [61] particuli√®rement en Bosnie et dans les territoires actuels de l'Albanie et du Kosovo. Les conflits de l'Empire ottoman avec ses voisins provoquent de nombreux mouvements de population. En raison de la deuxi√®me guerre austro-turque, entre 40 000[60] et 60 000 Serbes[61] quittent le Kosovo pour la Vo√Įvodine lors de la grande migration de 1690. Les Turcs ont plus de mal √† imposer leur autorit√© dans les zones montagneuses ; dans les monts Tara et Zlatar, de nombreux monast√®res, foyers de r√©sistance, sont incendi√©s[61].

Les Provinces illyriennes sous l'Europe napoléonienne, en 1812.

Apr√®s la conqu√™te par Bonaparte de la R√©publique de Venise lors de la campagne d'Italie et apr√®s la fondation de la R√©publique cisalpine, en 1797, la Dalmatie devient possession de l'archiduch√© d'Autriche par le trait√© de Campo-Formio. Elle passe sous la domination des Fran√ßais entre 1805 et 1806 au sein du Royaume d'Italie nouvellement cr√©√© par Napol√©on, tout comme la R√©publique de Raguse, dont le si√®ge par les flottes russes et mont√©n√©grines sous domination ottomane est lev√© par l'Empereur, et qui est dissoute en 1808. En 1809, les Provinces illyriennes sont cr√©√©es dans la bordure occidentale des Alpes dinariques, avant d'√™tre r√©cup√©r√©es par l'Empire d'Autriche au Congr√®s de Vienne en 1815. Les Autrichiens, plus encore que les V√©nitiens, y favorisent le d√©veloppement de la culture croate, d'autant qu'ils y voient un moyen de contrer l'irr√©dentisme des Italiens de la c√īte.

Au d√©but du XIXe si√®cle, une forte r√©sistance se met en place en Serbie. Un premier soul√®vement serbe de 1804 √† 1813 est √©cras√©, mais une seconde r√©volte de 1815 √† 1817 aboutit √† l'autonomie du pays ; MiloŇ° Obrenovińá, le chef de la seconde insurrection, devient le souverain de la Principaut√© de Serbie. Cette autonomie est suivie par l'ind√©pendance du pays en 1878, reconnue en m√™me temps que celle Mont√©n√©gro, par le Congr√®s de Berlin, √† l'issue de la guerre russo-turque de 1877-1878[62] ; par voie de cons√©quence, le nord-est des Alpes dinariques redevient serbe mais la cha√ģne du Zlatar, au sud-est, reste officiellement ottomane au sein du Sandjak de Novi Pazar et ne redevient serbe qu'√† l'issue des guerres des Balkans (1912-1913)[63]. Parall√®lement, l'Autriche-Hongrie occupe la Bosnie en 1878. √Ä cette date, environ la moiti√© de la population est musulmane ; l'autre moiti√© se partage entre les catholiques, proches des Croates, et les orthodoxes, favorables au rattachement √† la Serbie. L'annexion officielle de cette r√©gion des Alpes dinariques en 1908 intensifie les tensions entre l'Autriche et la Serbie et pousse certains Serbes de Bosnie au terrorisme, comme lors de l'assassinat, √† Sarajevo, le , de l'archiduc Fran√ßois-Ferdinand d'Autriche, √† l'origine du d√©clenchement de la Premi√®re Guerre mondiale[64]. Apr√®s des ann√©es de r√©voltes durement r√©prim√©es, la partie albanaise du massif voit le d√©part des Ottomans, l'Albanie devenant √† son tour ind√©pendante en novembre 1912, apr√®s les d√©faites de la Sublime Porte dans les guerres balkaniques.

√Čpoque contemporaine

Carte des alliances militaires en Europe en 1914 : le Nord-Ouest des Alpes dinariques est sous domination austro-hongroise.

L'Autriche-Hongrie soup√ßonne le Royaume de Serbie, son rival des Balkans, d'avoir pilot√© l'attentat de Sarajevo. En raison du refus serbe d'accepter l'enqu√™te des autorit√©s austro-hongroises sur son territoire, l'empire d√©clare une guerre ¬ę pr√©ventive ¬Ľ le et provoque l'escalade qui m√®ne au d√©clenchement de la Premi√®re Guerre mondiale[65]. Les offensives d'ao√Ľt et novembre 1914 sont des √©checs, mais en octobre 1915, le sud-ouest du massif est finalement envahi par les Empires centraux lors de la campagne de Serbie qui voit la difficile retraite de l'arm√©e serbe √† travers les hauts cols montagneux d√©j√† enneig√©s[66]. Une guerre de position se met en place au sud des Alpes dinariques jusqu'en 1918, date √† laquelle le nord de l'Albanie et les pays qui formeront le Royaume des Serbes, Croates et Slov√®nes sont lib√©r√©s.

La cr√©ation de ce royaume en 1918, autour du roi Alexandre Ier, de la dynastie serbe des KarańĎorńĎevińá, marque un moment important de l'histoire des Alpes dinariques : pour la premi√®re fois depuis la dislocation de l'Empire romain, le massif presque tout entier se trouve r√©uni dans un seul pays. Mais des tensions li√©es aux revendications de l'Italie sur des territoires, principalement situ√©s en Dalmatie, que les Alli√©s lui avaient promis en √©change de son entr√©e en guerre, persistent dans les ann√©es 1920. En 1929, en raison de heurts politiques, le roi Alexandre Ier abolit la constitution et rebaptise le pays Royaume de Yougoslavie (¬ę pays des Slaves du Sud ¬Ľ). Un r√©gime autoritaire est mis en place, qui organise la censure des journaux et poursuit tous les opposants, communistes, autonomistes croates (dans la Lika notamment) ou mac√©doniens. L'√Čtat yougoslave est r√©organis√© en banovinas et la Banovina de Croatie devient autonome en 1939.

Les Alpes dinariques sont touch√©es par la Seconde Guerre mondiale. Au d√©but du conflit, le Royaume de Yougoslavie reste neutre mais, le , le r√©gent Paul KarańĎorńĎevińá, esp√©rant tenir le royaume √† l'√©cart de la guerre[67], signe un pacte avec les puissances de l'Axe qui, de leur c√īt√©, souhaitent s'ouvrir un passage vers le front grec. Face aux importantes manifestations que cette d√©cision d√©clenche √† Belgrade, le roi Pierre II de Yougoslavie, appuy√© par des officiers favorables aux Alli√©s, organise un coup d'√Čtat deux jours plus tard et d√©nonce le pacte. En repr√©sailles, Hitler fait alors envahir la Yougoslavie le 6 avril. Le pays est occup√© et d√©mantel√© : le sud de la Slov√©nie est occup√© par l'arm√©e italienne[68], tout comme une partie de la Dalmatie. Le 15 juin, le r√©gime collaborationniste des Oustachis est plac√© √† la t√™te de l'√Čtat ind√©pendant de Croatie nouvellement cr√©√© sur le territoire de l'actuelle Croatie et Bosnie-Herz√©govine, la Serbie est plac√©e sous administration militaire allemande, le Kosovo est annex√© au sein de l'Albanie italienne et le Mont√©n√©gro, redevenu officiellement ind√©pendant, passe sous occupation italienne.

Dans l'√Čtat ind√©pendant de Croatie, les Oustachis dirig√©s par Ante Pavelińá font r√©gner la terreur. Les Serbes orthodoxes, consid√©r√©s comme oppresseurs pendant de nombreuses ann√©es, sont convertis de force, chass√©s ou extermin√©s[69]. Ainsi, entre 550 000 et 700 000 d'entre eux auraient √©t√© victimes des seuls Oustachis[70]. Par ailleurs, suivant fid√®lement la politique nazie, le r√©gime croate aurait √©galement fait ex√©cuter pr√®s de 30 000 Juifs, soit 80 % de la population croate de cette confession[71], 40 000 Tsiganes et de nombreux opposants communistes.

En Slov√©nie, un front de lib√©ration se met en place d√®s le mais son passage d√©finitif sous la mainmise communiste au printemps 1943 et les crimes perp√©tr√©s contre ceux qui sont tax√©s de collaboration suscitent l'√©moi et la cr√©ation des Slovensko Domobranstvo (SD, ¬ę d√©fenseurs de la Slov√©nie ¬Ľ), soutenus par le clerg√©[68]. En septembre 1943, √† la signature de l'armistice par les Italiens, les SD aident les troupes de l'Allemagne nazie √† les remplacer et accentuent la guerre civile[68]. √Ä la fin de la guerre, alors que les Partisans communistes lib√®rent le pays, quelque 12 000[72] √† 17 000[68] de leurs anciens opposants sont emprisonn√©s ou tu√©s et enterr√©s dans des fosses communes. En effet, en 1943, 100 000 Partisans sont actifs en Croatie, soit un tiers environ des membres du mouvement dirig√© par Josip Broz Tito, et onze des vingt-six divisions dans toute la Yougoslavie[73]. Les Partisans se battent principalement dans les montagnes[74]. Le Conseil territorial antifasciste du mouvement de lib√©ration nationale de Croatie nomme le premier gouvernement de lib√©ration, en avril 1945[73]. Les Partisans installent successivement leur si√®ge √† UŇĺice, Bihańá, Jajce et Drvar. Les Tchetniks, la seconde organisation de r√©sistance, royalistes serbes dirig√©s par DraŇĺa Mihailovińá aussi appel√©s ¬ę arm√©e yougoslave de la patrie ¬Ľ (en serbe, Jugoslovenska vojska u otadŇĺbini), s'opposent d'abord aux actions des Oustachis, puis sont les premiers √† r√©sister aux troupes d'occupation allemandes en Serbie. Dans un premier temps, ils m√®nent occasionnellement des actions communes avec les Partisans. Cependant, rapidement, des d√©saccords se font jour quant √† l'avenir de la Yougoslavie. Ils adoptent alors progressivement une attitude attentiste. Le soutien des Alli√©s, plus prompts √† s'inqui√©ter des vell√©it√©s croates et influenc√©s par la propagande communiste anti-tchetnik, se fait de moins en moins vigoureux[74]. Durant la bataille de la Neretva au printemps 1943, les forces titistes combattent les Allemands en collaboration avec la Dinarska Divizia (Division dinarique tchetnik). Toutefois, lors de la victoire, Tito s'attribue le seul m√©rite et en profite pour jeter le discr√©dit sur les troupes pro-royalistes, en les faisant passer pour des tra√ģtres pro-allemands, ce qui pousse les Alli√©s, lors de la conf√©rence de T√©h√©ran, puis le gouvernement yougoslave lors du trait√© de Vis, √† reconna√ģtre les Partisans comme la seule force de r√©sistance l√©gitime en Yougoslavie. √Ä la lib√©ration, beaucoup de Tchetniks sont arr√™t√©s et pers√©cut√©s. Leur chef est fusill√© le . Tito, alors l√©gitim√© par la r√©sistance aux Allemands et par ses efforts pour ne pas privil√©gier une nationalit√© plut√īt qu'une autre[69], fonde la R√©publique f√©d√©rative populaire de Yougoslavie qu'il dirige √† partir de 1953 et jusqu'√† sa mort en 1980. Au total, les pertes d√©mographiques imputables √† des massacres ou √† des faits de guerre s'√©l√®vent √† environ un million pour l'ensemble de la Yougoslavie[69].

La R√©publique f√©d√©rale populaire de Yougoslavie est r√©organis√©e en un √Čtat socialiste f√©d√©r√© compos√© des r√©publiques socialistes de Bosnie-Herz√©govine, de Croatie, de Mac√©doine, du Mont√©n√©gro, de Serbie et de Slov√©nie, auxquelles s'ajoutent deux provinces autonomes, la Vo√Įvodine et le Kosovo.

Entre 1991 et 2001, les guerres de Yougoslavie laissent de nombreuses mines dans le massif, principalement en Bosnie-Herz√©govine et le long des r√©gions croates correspondant au territoire ayant √©t√© sous contr√īle de la R√©publique serbe de Krajina[75].

Activités

Secteur primaire

La sylviculture et l'exploitation des mines demeurent les activit√©s √©conomiques les plus rentables. Elles offrent encore un potentiel de d√©veloppement important pour des pays comme la Bosnie-Herz√©govine[76] o√Ļ la production de bois s'√©levait d√©j√† √† l'√©chelle nationale √† cinq millions de m√®tres cubes en 2004, dont le quart pour le chauffage, et une marge sur la balance commerciale de quarante millions de dollars, soit la deuxi√®me industrie du secteur primaire quant au chiffre d'affaires, mais la seule exc√©dentaire[77]. Dans ce pays, la fili√®re sylvicole est une tradition qui remonte √† la seconde moiti√© du XIXe si√®cle. Elle s'appuie sur une grande vari√©t√© de bois, plus ou moins durs. 50 % du pays est recouvert de for√™t, soit 27 000 km2 repr√©sentant potentiellement un volume de 300 millions de m√®tres cubes en augmentation[78]. En Serbie[79], comme en Bosnie-Herz√©govine[78], ce bois est utilis√© par les industries papeti√®res, les scieries, pour la confection de panneaux, la menuiserie et l'√©b√©nisterie, ainsi que la construction et la bio√©nergie. √Ä l'instar de la Croatie, dont la 43,5 % de sa superficie est bois√©e, et qui poss√®de un potentiel et un niveau de production comparables √† son voisin bosniaque, la gestion des ressources en bois dans les Alpes dinariques se fait en accord avec la protection de la nature[80]. En Bosnie-Herz√©govine, les bassins de Tuzla, Sarajevo-Zenica et Mostar sont les principaux centres miniers nationaux[81]. Ils concentrent de nombreuses activit√©s de recherche appliqu√©e dans ce domaine[76]. Le Kosovo est riche en minerai. L'ouest de son territoire, recouvert par les Alpes dinariques, abrite plusieurs mines d'o√Ļ sont extraits chrome, zinc, plomb et bauxite[82]. Parmi elles, la mine de Trepca a un potentiel estim√© √† 60 millions de tonnes de minerai, dont 5 millions de tonnes de zinc et de plomb. D√©j√† au XIVe si√®cle on y extrayait l'argent. Ses gisements ont par ailleurs aliment√© les mus√©es de min√©ralogie du monde entier[83]. Mais, contrairement √† la sylviculture, ses cons√©quences sur la qualit√© environnementale sont difficilement ma√ģtrisables. Ainsi, dans le nord-ouest du massif, de part et d'autre de la fronti√®re entre la Croatie et de la Slov√©nie, des √©tudes ont mis en √©vidence une forte pollution au mercure, accompagn√©e d'une pr√©sence anormalement √©lev√©e d'arsenic, de chrome, de cuivre et de plomb, ainsi que des traces d'autres m√©taux, dans les cours d'eau des bassins de l'Isonzo et de la Kupa[84].

Dans les Alpes dinariques, l'installation durable d'une tradition pastorale remonte √† 3 500 ans et a √©t√© responsable de la d√©forestation de toute la frange maritime, plus fragile[31]. Des chemins de transhumance des troupeaux de ch√®vres et de moutons ont √©t√© mis en √©vidence, suivant un mod√®le c√īte Adriatique vers p√Ętures de montagnes durant l'√©t√©. Des cabanes (katuni) √©taient construites de mani√®re plus ou moins permanente, pouvant mener √† la cr√©ation de v√©ritables villages de montagne parall√®les saisonniers, attest√©s dans le Velebit. √Ä l'ouest, le mod√®le √©tait en quelque sorte invers√©, puisque les groupes nomades valaques vivaient traditionnellement sur les plateaux et descendaient l'hiver dans la plaine de Pannonie. Ces d√©placements sont en partie responsables de l'apparition d'un groupe dinarique[85]. Aujourd'hui encore, l'agriculture est plus extensive et moins dynamique que la moyenne europ√©enne[23], avec des efforts n√©cessaires afin d'arriver √† l'auto-suffisance alimentaire[76]. Ainsi, la Bosnie-Herz√©govine re√ßoit par exemple 30 millions de dollars d'aide internationale par an[77]. Pourtant, l'agriculture continue d'√™tre l'activit√© √©conomique qui emploie la plus grande part de la population dans la plupart des pays de l'ancienne Yougoslavie[81]. Les principales productions sont les c√©r√©ales (bl√© et ma√Įs principalement), les fruits et l√©gumes, la production laiti√®re et les tubercules (pommes de terre, carottes, betteraves, etc.), la production de viande arrivant loin derri√®re[77].

Industrie hydroélectrique et géothermie

Barrage sur la rivière Cetina, en Croatie.

Il existe, gr√Ęce au relief et aux fortes pr√©cipitations qui assurent un d√©bit important et r√©gulier des eaux fluviales[86], un fort potentiel hydro√©lectrique dans les Alpes dinariques. Les plus importantes installations sont construites entre Bajina BaŇ°ta et Zvornik sur le cours de la Drina, au niveau du r√©servoir de Jablanica, √† 25 kilom√®tres de Mostar, et √† ńĆapljina respectivement sur la Neretva et son affluent la Krupa, ainsi que sur le cours de la Rama. En 2001, la houille blanche fournissait ainsi 46 % de l'√©nergie produite par la Bosnie-Herz√©govine. Pourtant, ce potentiel de d√©veloppement reste largement inexploit√©[81] avec une capacit√© r√©partie sur les bassins versants de la Drina, de la Neretva et de la TrebiŇ°njica estim√©e √† 6 100 MW. En 2003, seul 38,5 % de ce potentiel √©tait exploit√©, soit 40 % de la production nationale bosniaque[87]. En Slov√©nie, dont deux des trois bassins hydrographiques, celui de la Save et celui de l'Isonzo, recouvrent les Alpes dinariques, la capacit√© hydro√©lectrique repr√©sente pr√®s de 800 MW, soit entre 25 et 30 % de sa consommation, mais seulement un tiers du potentiel dans ce domaine[88]. Des projets sur le cours sup√©rieur de la Tara et de la Morańća, au Mont√©n√©gro, sont en concurrence avec la cr√©ation d'un nouveau parc national, le parc de Biogradska Gora[89].

Au niveau de la ceinture orientale, les roches du M√©sozo√Įque offrent un fort potentiel g√©othermique. Au sud-ouest de la Serbie, l'√©paisseur de la cro√Ľte terrestre atteint 40 kilom√®tres et son rapport par rapport √† l'√©paisseur de la lithosph√®re y est le plus √©lev√©. La densit√© de chaleur dissip√©e peut y atteindre 100 mW/m2, bien sup√©rieure au reste de l'Europe. Ainsi, on trouve au sud-ouest du pays plus de 150 sources chaudes, comme √† JoŇ°anińćka Banja, entre les Alpes dinariques et les monts Kopaonik, o√Ļ l'eau jaillit √† 78 ¬įC. Ces sources sont issues de 60 syst√®mes de convection ind√©pendants, dont 25 dans les seules Alpes dinariques serbes. Dans le reste du massif, la lithosph√®re peut atteindre 150 kilom√®tres d'√©paisseur et ce potentiel g√©othermique est beaucoup plus r√©duit[90], comme dans le sud de la Croatie[91].

Infrastructures

En raison du relief et des guerres, les communications routi√®res et ferroviaires sont peu d√©velopp√©es et souvent en mauvais √©tat. Deux liaisons ferr√©es uniquement traversent la cha√ģne d'est en ouest : Zagreb-Split-҆ibenik et Sarajevo-Mostar-Plońće. Seules les voies de communication p√©riph√©riques sont r√©ellement en bon √©tat puisqu'elles supportent le trafic international vers les diff√©rentes capitales de l'ex-Yougoslavie. Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, l'¬ę autoroute de la Fraternit√© et de l'Unit√© ¬Ľ est construite au nord du massif, entre la fronti√®re autrichienne et Skopje, en passant par Ljubljana, Zagreb, Belgrade et NiŇ° (E70 et E75)[92]. Dans les ann√©es 1960, le d√©veloppement du tourisme entra√ģne la construction d'une route, au sud, entre Rijeka et la fronti√®re albanaise (E65). Dans les ann√©es 1990, des routes transversales sont construites entre ces deux autoroutes : la E73 relie Osijek √† Metkovińá via Sarajevo et Mostar en empruntant la vall√©e de la Neretva, la M19 relie Sarajevo √† Novi Sad, la E661 relie Zenica √† Banja Luka et la E761 relie Jajce √† Karlovac[93]. Au d√©but des ann√©es 2000, l'¬ę autoroute Adriatique ¬Ľ (ou Jadranska Magistrala, A1) est venue d√©doubler la E65 mais pr√®s de dix ans plus tard elle ne s'√©tend pas au-del√† de ҆estanovac. Des a√©roports desservent la capitale bosnienne Sarajevo au cŇďur du massif, Dubrovnik, Split et Zadar sur sa bordure dalmate, Belgrade, Zagreb, Ljubljana, Skopje, Podgorica et Pula dans sa grande p√©riph√©rie. Les principaux ports maritimes marchands sont Rijeka, Split, Bar et Plońće, auxquels s'ajoutent Zadar, ҆ibenik et Drvenik pour les croisi√®res et l'acc√®s aux √ģles[93].

Protection environnementale

Carte des parcs nationaux des Alpes dinariques.

Le massif abrite dix-sept parcs nationaux sur cinq pays différents. Il comprend aussi de nombreuses réserves naturelles et zones protégées créées dans le but de sauvegarder une grande variété de paysages, d'écosystèmes et d'espèces endémiques. Malheureusement, les zones à protéger sont souvent à cheval sur les régions périphériques de deux ou trois pays entre lesquels la coopération n'est pas toujours évidente. Le Dinaric Arc est une initiative visant à préserver l'héritage et l'identité du massif en mettant en place un réseau de zones protégées et à promouvoir le dialogue interculturel et la coopération scientifique. Il est soutenu par de nombreux organismes internationaux (WWF, UNESCO, Conseil de l'Europe, FAO, etc.)[94].

Parc national de Thethi
Cr√©√© le , il couvre une superficie de 26,3 km2 dans l'extr√™me nord de l'Albanie[95]. Le parc abrite la cascade de Grunasi, haute de trente m√®tres, ainsi qu'une flore et une faune riches, parmi lesquelles la plus dense population de lynx d'Eurasie des Alpes dinariques, avec une cinquantaine d'individus[96].
Parc national de la vallée de Valbona
La vallée de Valbona.
Cr√©√© en 1966 sur une superficie de 32,37 km2[97], puis agrandi le , il prot√®ge d√©sormais sur 80 km2[98] une grande vari√©t√© de paysages, de hautes cimes jusqu'√† de profondes vall√©es, et une grande biodiversit√©. Il abrite de nombreuses grottes, en particulier celle de Dragobia qui rec√®le la d√©pouille de Bajram Curri, un h√©ros national albanais[99].
Parc national de l'Una
Cr√©√© le , il a une superficie de 198 km2 et tire son nom de la rivi√®re Una qui le traverse, √† l'extr√™me ouest de la Bosnie-Herz√©govine[100] - [101].
Parc national de Sutjeska
Cr√©√© en 1962, il est le plus ancien parc national de Bosnie-Herz√©govine. Il couvre une superficie d'environ 172 km2 autour de la vall√©e de la rivi√®re Sutjeska qui s√©pare le Zelengora du Maglińá. Il abrite une des derni√®res for√™ts primaires d'Europe. Cette for√™t porte le nom de Peruńáica. La for√™t est compos√©e de h√™tres atteignant 60 m√®tres de haut et aussi de l'esp√®ce end√©mique du pin noir. Le parc abrite des ours et des loups[102].
Parc national de Kozara
Cr√©√©e en 1967, la zone est d√©clar√©e for√™t nationale par le dirigeant yougoslave Tito. Le parc, d'une superficie de 35,2 km2, est compos√© de for√™ts et de zones vallonn√©es, au cŇďur de la montagne Kozara. Avec plus de 900 esp√®ces v√©g√©tales, dont certaines end√©miques, on le qualifie de ¬ę beaut√© verte de la Krajina ¬Ľ[103].
Parc national de Risnjak
Cr√©√© le , il est situ√© dans les Gorski Kotar, la r√©gion la plus montagneuse et bois√©e de Croatie, √† environ 15 kilom√®tres de la mer Adriatique √† l'int√©rieur des terres. Le parc couvre une superficie de 63,5 km2, incluant les zones centrales des massifs de Risnjak et SneŇĺnik et la source de la rivi√®re Kupa. L'administration du parc et les am√©nagements pour l'accueil du public sont situ√©s √† Crni Lug, un village sur le secteur oriental du parc[104].
Le sentier p√©dagogique de Leska fut cr√©√© par l'administration du parc en 1993. C'est un chemin circulaire de 4,5 km de long, qui d√©bute et s'ach√®ve au centre d'accueil des visiteurs de Crni Lug. Le sentier traverse des zones de v√©g√©tation diverses et plusieurs caract√©ristiques karstiques[105].
Parc national des lacs de Plitvice
Chemin de randonnée dans les lacs inférieurs.
Créé le et ajouté sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979[106], il se situe à mi-chemin entre les villes de Zagreb et Zadar au sein d'un plateau karstique. Il était l'un des principaux lieux de combats pendant la guerre serbo-croate.
Le parc, d'une superficie de 295 km2, comprend non seulement les lacs de Plitvice (en croate Plitvińćka jezera) qui forment un ensemble de seize grands lacs reli√©s entre eux par quatre-vingt douze cascades ou des petites rivi√®res tourment√©es mais aussi la for√™t environnante (for√™t de type primitif compos√©e principalement de h√™tres et de pins) o√Ļ na√ģt la rivi√®re Korana et qui abrite de nombreuses esp√®ces animales et v√©g√©tales rares dont les repr√©sentants les plus connus sont l'ours brun et le loup. La faune et la flore y sont donc prosp√®res comme en t√©moigne la richesse piscicole des lacs. Dans les rivi√®res et les lacs du parc, les truites peuvent atteindre un m√®tre[107].
Un chemin en rondin de bois fait le tour du parc, mais il est aussi possible de le visiter en utilisant un train panoramique et de traverser les plus grands des lacs en bateaux. Hormis le chemin et les quelques aménagements pour les touristes, la nature est laissée sauvage, aucune intervention humaine n'y étant autorisée.
Parc national de Paklenica
Des gorges dans le parc national de Paklenica.
Cr√©e le , ce site class√© de 96 km2 attire de nombreux alpinistes venus du monde entier en raison de ses particularit√©s g√©ologiques. Il est situ√© dans la partie du sud-ouest du Velebit, pr√®s de Starigrad. Le parc national comprend une des for√™ts les plus √©tendues de la r√©gion m√©diterran√©enne et deux canyons pittoresques : Velika (¬ę Grande ¬Ľ) et Mala (¬ę Petite ¬Ľ) Paklenica. Les parois de Velika Paklenica s'√©l√®vent √† 400 m√®tres. Le canyon est plus large en un endroit nomm√© Anińáa Kuk (714 m) ; c'est une des destinations pr√©f√©r√©es des grimpeurs. Dans la direction oppos√©e se trouve Mniti Zub, un haut sommet calcaire. Il abrite aussi l'entr√©e de la plus fameuse grotte de la r√©gion, Manita Peńá (longueur 175 m, deux larges salles avec des stalagmites et stalactites)[108].
Parc national de Sjeverni Velebit
Cr√©√© le , il est le plus r√©cent parc national de Croatie. La zone de 109 km2, localis√©e au sud de Senj, dans la partie septentrionale du massif du Velebit, a √©t√© choisie gr√Ęce √† sa g√©ologie particuli√®re et la richesse de sa biodiversit√©. Le parc est sillonn√© par de nombreux sentiers de randonn√©es, mais √† l'int√©rieur du parc, il est interdit de traverser la r√©serve totale des cr√™tes de Hajduńćki et RoŇĺanski, √† l'exception du sentier de PremuŇĺińá. Elle est r√©serv√©e aux chercheurs munis d‚Äôautorisations officielles. Dans le pass√©, la zone √©tait uniquement habit√©e par des √©leveurs de moutons et de vaches. Des vestiges de leurs habitations sont prot√©g√©s √† l‚Äôint√©rieur du parc[109].
Parc national de Krka
Série de chutes à Skrabinski Buk.
Cr√©e le , il s'√©tend √† quelques kilom√®tres de ҆ibenik, en Croatie sur pr√®s de 109 km2. Les sept chutes d'eau de la rivi√®re Krka constituent sa principale attraction. Charg√©e du calcaire du karst croate, cette rivi√®re de 72 km coule sur les deux tiers de sa longueur dans de profonds canyons en se frayant sa voie vers la mer Adriatique. La r√©gion de la rivi√®re Krka est riche en traces d‚Äôanciens peuplements, en monuments historiques, en √©difices religieux et en forteresses[110]. Le barrage hydro√©lectrique a √©t√© le premier du genre √† produire du courant √©lectrique continu en Croatie.
Parc national de Mljet
Cr√©√© le , il se situe dans la partie septentrionale de l'√ģle de Mljet, en mer Adriatique. Une partie du parc se trouve en milieu marin[111].
Il a été classé en raison de ses particularités rocheuses, de ses lacs salés qui abritent une flore endémique, de la fragilité de ses forêts, de la présence d'anciens monastères, basiliques ou palais romains et de sa richesse historique en général[111].
Parc national des Kornati
Chapelet d'√ģles dans l'archipel des Kornati.
Cr√©√© le , il prot√®ge 89 √ģles de l'archipel des Kornati, en Croatie. Le parc s'√©tend sur une superficie totale de 220 km2 et comporte 238 km de c√ītes[112]. Les √ģles pr√©sentent la caract√©ristique de poss√©der d'immenses falaises qui se jettent dans la mer Adriatique. Les zones marines du parc sont √©galement tr√®s riches d'un point de vue biodiversit√©, avec 700 √† 800 esp√®ces de plantes et de nombreux oiseaux marins, mais aussi par la g√©ologie des fonds[113].
Parc national de Durmitor
Cr√©√© le , et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, il inclut sur 390 km2 le massif du Durmitor, le canyon de la Tara, la SuŇ°ica et la Draga, et la partie sup√©rieure du plateau du canyon de Komarnica, ce qui en fait le plus grand parc national du Mont√©n√©gro[114]. Il abrite des for√™ts tr√®s denses avec une importante flore end√©mique, ainsi que de nombreux petits lacs[115].
Parc national de Biogradska gora
Proclam√© parc national en 1952, il prot√®ge une for√™t primaire avec des arbres de plus de 500 ans situ√©e dans le massif de Bjelasica au centre du Mont√©n√©gro. Avec 54 km2, il s'agit du plus petit des quatre parcs nationaux du pays. Dans le pass√©, la for√™t √©tait connue sous le nom de Branik Kralja Nikole. Les sommets y d√©passent les 2 000 m√®tres et on y trouve plusieurs lacs glaciaires dont le lac de Biograd. Le si√®ge du service de gestion du parc est localis√© dans la municipalit√© de KolaŇ°in[116].
Parc national du lac de Skadar
Cr√©√© en 1983, le parc est essentiellement constitu√© du lac de Shkodra (Skadarsko jezero). Ce dernier a une superficie qui varie entre 370 km2 et 530 km2 en fonction du niveau de l‚Äôeau. Il s‚Äôagit du plus important lac de la p√©ninsule balkanique. Sa profondeur moyenne est de 6 m√®tres mais elle peut atteindre les 60 m√®tres. Environ deux tiers du lac sont situ√©s au Mont√©n√©gro alors que le dernier tiers appartient √† l‚ÄôAlbanie. La superficie du parc est de 400 km2. Le lac est situ√© √† seulement km de la mer Adriatique. Ses eaux s‚Äôy d√©versent par l‚Äôinterm√©diaire du fleuve Bojana[117].
Le lac poss√®de de nombreuses baies et ses rives sont g√©n√©ralement mar√©cageuses. La partie sud du parc est plus rocailleuse et une for√™t de ch√Ętaigniers y est pr√©sente. Le lac dispose √©galement de plusieurs petites √ģles[117].
Le parc abrite 264 espèces d’oiseaux, en particulier le Pélican frisé, emblème du parc, 48 espèces de poissons[118], 930 espèces d’algues[119] et une forêt de feuillus[120].
Parc national du Lovńáen
Cr√©√© en 1952, il englobe une partie du mont Lovńáen, en particulier ses deux pics principaux, sur une superficie de 62,2 km2[121]. Bien que la v√©g√©tation sur le sommet des montagnes soit assez r√©duite, la flore est riche de 1 300 esp√®ces de plantes[122]. On trouve environ 200 esp√®ces d‚Äôoiseaux dans le parc ainsi que de nombreux insectes[123].
Le parc accueille aussi, pr√®s du pic Jezerski vrh, le mausol√©e du po√®te et philosophe Petar II Petrovińá-NjegoŇ°[121].
Parc national de Tara
Les monts Tara et la Drina.
Seul parc national des Alpes dinariques serbes, il a √©t√© cr√©√© le [124] et s'√©tend sur les monts Tara et Zvijezda, dans une large boucle que forme la Drina ; class√© dans la cat√©gorie II de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), celle des ¬ę aires prot√©g√©es g√©r√©es principalement dans le but de prot√©ger les √©cosyst√®mes et √† des fins r√©cr√©atives ¬Ľ, il couvre une superficie d'environ 192 km2[125], √† une altitude comprise entre 1 000 et 1 500 m ; l'administration du parc est situ√©e dans la ville de Bajina BaŇ°ta[126].
En raison de sa richesse en avifaune, la plus grande partie du massif est √©galement consid√©r√©e comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (en anglais : Important Bird Area, en abr√©g√© : IBA ; en fran√ßais abr√©g√© : ZICO). La zone de protection couvre une superficie de 360 km2, dont 70 % sont couverts de for√™ts[127].
À l'intérieur même du parc de Tara, ou dans ses environs immédiats, dix réserves naturelles[128] un sanctuaire historique[129] font l'objet d'une protection et d'un classement particuliers.

Randonnée et alpinisme

M√™me si les sentiers europ√©ens de grande randonn√©e ¬ę √©vitent ¬Ľ les Alpes dinariques, la libert√© de d√©placement √† proximit√© des zones frontali√®res est relativement large pour les touristes, notamment entre la Slov√©nie et la Croatie, ou entre la Bosnie-Herz√©govine et le Mont√©n√©gro. Cependant, l'acc√®s √† certaines r√©gions o√Ļ le trafic de contrebande est intense est strictement contr√īl√©, en particulier entre le Mont√©n√©gro et l'Albanie. L'approche des camps militaires, comme autour de la fronti√®re du Kosovo, ou la photographie de certaines installations civiles sensibles, sont √©galement d√©licates[4].

En Slov√©nie, la Haute-Carniole compte dix-huit refuges de montagne. Le plus √©lev√© est le refuge Drago Karolina, au sommet du SneŇĺnik, √† 1 796 m√®tres d'altitude[130]. Il poss√®de 8 lits et 20 couchettes[131]. La Basse-Carniole en compte six, tous √† 1 000 m√®tres ou moins[132].

La Croatie poss√®de plusieurs sentiers de grande randonn√©e dans les Alpes dinariques. La Rijeńćka Transverzala relie la c√īte d'Istrie au massif d'Uńćka. Le Mrkopaljski planinarski put traverse les paysages calcaires de Samarske stijene. Le Kapelski planinarski put traverse le Velika Kapela. Le VihoraŇ°ki put en est la partie la plus impressionnante entre Ratkovo skloniŇ°te et le planinarska kuńáa de Bijelim stijenama. Le Goranski planinarski put est un itin√©raire circulaire qui part de la fronti√®re entre la Croatie et la Slov√©nie, passe par le SneŇĺnik et le Risnjak, le Gorski Kotar, le Bjelolasica, le Samarske stijene, le Bijele stijene puis le mont Klek dans le Velika Kapela, jusqu'√† Ogulin. Le Spojni planinarski put relie le Velika Kapela au nord du Velebit, du Bijele stijene √† Oltare en passant par le Kolovratske stijene. Le Velebitski planinarski put est le plus long sentier de grande randonn√©e de Croatie ; il traverse tout le Velebit d'Oltare, au nord, jusqu'au parc national de Paklenica et √† Starigrad, au sud. Le PremuŇĺińáeva staza est la remarquable section septentrionale et centrale du VPP, s'√©tendant du planinarski dom du ZaviŇĺan √† BaŇ°ke OŇ°tarije. Le Biokovska planinarska staza et sa variante le Pouńćni ekoloŇ°ki put traversent le Biokovo. Quelques sentiers permettent √©galement de gravir les sommets du Mosor : Debelo brdo, Ljubljan, Vickov stup, Veliki Kabal ou Kozik. Des sentiers sillonnent aussi les √ģles accident√©es de PeljeŇ°ac, Brańć, Cres et LoŇ°inj dans l'Adriatique[133]. Pr√®s de soixante-dix itin√©raires sont certifi√©s par le Club alpin croate[134]. Cette association (anciennement Hravtski planinarski druŇĺtvo ‚ÄĒ HPD ‚ÄĒ, d√©sormais Hravtski planinarski savez ‚ÄĒ HPS), fond√©e en 1874, est le neuvi√®me plus ancien club alpin au monde[135]. Il a entre autres pour mission le balisage des itin√©raires au travers de la Croatie[136]. Il est assist√© depuis 1950 du Service de secours en montagne croate (HGSS) qui dispose de quinze postes d'intervention dans tout le pays[137]. Les quelque 127 refuges de montagne que compte le pays[138] se classent en trois cat√©gories : les planinarski dom sont des g√ģtes employant du personnel et accessibles √† tous ; les planinarska kuńáa sont des refuges ouverts seulement sur r√©servation aupr√®s des clubs alpins ou d'organismes priv√©s ; les skloniŇ°te sont des abris sommaires gratuits libres d'acc√®s en toute saison. Certains dom et kuńáa ont des p√©riodes d'ouverture limit√©es √† la p√©riode estivale voire seulement le week-end. Il est tol√©r√© de bivouaker en montagne en dehors des parcs nationaux[133].

Panneau avertissant de la présence de mines antipersonnel en Bosnie-Herzégovine.

De nombreux refuges sont √©galement pr√©sents en Bosnie-Herz√©govine, en particulier dans les environs de Sarajevo. Parmi ceux-ci se trouve le dom Stanari (1 585 m) construit en 1949 sur le BjelaŇ°nica et disposant de 46 couchettes[139]. Il est domin√© depuis 1950 par le kuńáa Hranisava √† 1 960 m√®tres d'altitude, √† une centaine de m√®tres sous le sommet de la montagne[140]. Le dom ҆avnici (940 m) a √©t√© construit en 1951 mais incendi√© en 1999 ; il a √©t√© restaur√© et est devenu un refuge populaire avec 10 couchettes mises √† disposition des randonneurs, √† proximit√© de Sarajevo[141]. Le kuńáa Podgradina est situ√© √† 1 350 m d'altitude, sous le Gradinske stijene, et offre 20 couchettes[142]. Le dom Sitnik (1 765 m) a √©t√© construit en 1949 et dispose de 15 couchettes[143]. Le Hrasnińćki stan (1 315 m) a √©t√© construit en 1950 sur le mont Igman[144], tout comme le kuńáa Javornik (1 498 m) qui compte actuellement 20 lits[145]. Malheureusement, la Bosnie-Herz√©govine reste de loin le pays le plus touch√© par la pr√©sence de mines antipersonnel depuis la guerre de Bosnie-Herz√©govine. M√™me si de nombreux sentiers ont √©t√© s√©curis√©s, l'acc√®s √† certaines r√©gions montagneuses, le long des anciennes lignes de front, est fortement d√©conseill√©. Ainsi, l'ascension de la Treskavica, au sud de Sarajevo, n'est raisonnablement possible qu'en hiver, lorsque le manteau neigeux recouvre les champs de mine[4]. Les chiffres officiels pour 2009 estiment √† 220 000 le nombre d'objets non explos√©s, en 13 000 points diff√©rents couvrant 1 573 km2 de zones suspect√©es, soit 3,1 % de la superficie totale du pays[146].

En Serbie, dix-huit chemins de randonn√©e, enti√®rement balis√©s, sillonnent le parc national de Tara et forment un r√©seau de 100 kilom√®tres[147]. De nombreux parcours prennent comme point de d√©part Mitrovac, comme le sentier qui passe par Krnja Jela et, apr√®s 10 kilom√®tres de marche, conduit au mont ZboriŇ°te[148]. √Ä l'ouest du massif, le dom Javor, √† Predov krst, constitue le point de d√©part de nombreux autres circuits[149] ; un parcours passe √† Bulibanovac et rejoint le mont ZboriŇ°te, un autre passe par Manastirski stanovi (KaluńĎerski stanovi) et rejoint le monast√®re de Rańća[147]. Tous ces parcours, compris entre 3 et 18 kilom√®tres, sont en g√©n√©ral consid√©r√©s comme de difficult√© moyenne[150]. Les monts Zlatibor offrent √©galement de nombreuses possibilit√©s d'excursions ou de randonn√©es pour les amateurs de nature. Il est possible de gravir ses sommets toute l'ann√©e[151].

Au Mont√©n√©gro, les refuges sont rares et sommaires compar√©s √† leurs homologues croates, √† tel point qu'il est parfois pr√©f√©rable d'envisager le camping. Parmi les quelques exceptions figurent les refuges de Lokvice, de ҆krńćko, le dom Orjen sedlo ou encore le dom za Vratlo. Il existe de nombreux sentiers de grande randonn√©e dans le pays. Le plus connu est la Crnogorsko transverzala qui relie sur une distance de 120 kilom√®tres le Durmitor aux monts Kuńćka krajina, en passant par le Sinjajevina, le Bjelasica, le Komovi et le Maglińá. D'autres itin√©raires permettent de d√©couvrir l'Orjen, le mont Lovńáen et le Prokletije[152]. Les cirques, les couloirs et les pics du Durmitor, du Prokletije et du Komovi offrent de belles possibilit√©s pour les alpinistes.

Spéléologie

La grotte de Postojna (Postojnska jama) fait partie du plus grand syst√®me souterrain ‚ÄĒ 20 570 m√®tres de longueur, 115 m√®tres de profondeur ‚ÄĒ et constitue la principale attraction de la Slov√©nie.
La grotte de KriŇĺna (KriŇĺna jama), dans le sud de la Slov√©nie : 8 273 m√®tres de longueur, 32 m√®tres de profondeur. Elle abrite de nombreux lacs souterrains.
Une des grottes de ҆kocjan, seul site slov√®ne inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Au fond de cette grotte s'√©coule la rivi√®re Reka.
Formations calcaires dans la grotte de Barac (Baraceve jama), en Croatie.

De nombreuses cavités existent dans les Alpes dinariques, en raison de la nature calcaire du massif. Ces grottes sont très propices à la pratique de la spéléologie. Mais elles peuvent également abriter d'importantes richesses naturelles et historiques.

En Slov√©nie, le Carso offre parmi les plus longues cavit√©s du monde. Le syst√®me de la grotte de Postojna, avec les grottes d'OtoŇ°ka, Magdalena, Pivka et ńĆrna, sur les municipalit√©s de Postojna et Pivka, compte 20 570 m√®tres de galeries et s'enfonce √† 155 m√®tres de profondeur. La grotte de Kańćna (Kańćna jama), dans la municipalit√© de Divańća, a une longueur de 13 250 m√®tres et une profondeur de 280 m√®tres. Le syst√®me de Predjama, qui inclut PoŇĺiralnik Lokve et Jama v Grapi, √©galement dans la municipalit√© de Pivka, poss√®de 13 092 m√®tres de galeries jusqu'√† 143 m√®tres de profondeur. Au total, la Slov√©nie abrite pr√®s de 70 grottes d√©passant les 1 000 m√®tres de longueur[153]. Parmi elles figure encore le syst√®me des grottes de ҆kocjan qui inclut √©galement la grotte de Krastańća. Il est situ√© dans un parc r√©gional de 413 ha et localis√© sur la commune de Divańća. Il s'agit de la plus grande zone humide souterraine au monde et, depuis 1986, les grottes sont inscrites √† ce titre sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[154]. Le syst√®me de grottes est long de 6 200 m√®tres avec une profondeur maximale de 223 m√®tres[155]. Toutefois, une partie des grottes slov√®nes se situe dans les Alpes juliennes et les Alpes kamniques, plus au nord, en particulier les gouffres les plus profonds du pays, √† plus de 1 000 m√®tres sous terre[153]. Pas moins de 45 associations permettent de d√©couvrir ces cavit√©s[156].

Le plus vieux t√©moignage connu sur les grottes de Croatie date de 1096. Il s'agit d'un document eccl√©siastique en latin d√©crivant les environs du monast√®re de Sveti KrŇ°evana sur l'√ģle d'Ugljan. Cette cavit√© est report√©e de nouveau en 1166, 1652 et 1737 tandis qu'elle est repr√©sent√©e pour la premi√®re fois sur une carte en 1716. Elle est explor√©e par Mirko Malez en 1952. En 1584, Nikola Vitov Gucetińá est l'auteur de la premi√®re th√®se scientifique en sp√©l√©ologie de Croatie. En 1886, le comit√© de pr√©paration touristique de la grotte de Samograd, √† PeruŇ°ińá, constitue la premi√®re association sp√©l√©ologique nationale. En 1910, Dragutin Gorjanovińá Kramberger fonde le premier comit√© d'exploration scientifique au sein du Comit√© g√©ologique du Royaume de Croatie-Slavonie, ce qui en fait la premi√®re soci√©t√© professionnelle du pays. L'exploration des profonds gouffres de Croatie commence r√©ellement en 1957 avec celle du gouffre de ńĆudinka (203 m√®tres de profondeur). Suivent celui de Vrtlina (‚ąí195 m) dans le sud du Velebit en 1961, celui de Puhaljka (‚ąí318 m) en 1975 ou encore celui de Ponor Bunovac (‚ąí534 m). Des exp√©ditions sont men√©es dans le syst√®me des grottes de Lukina (nomm√©e d'apr√®s Ozren Lukic, un sp√©l√©ologue tu√© dans le massif alors qu'il combattait pendant la guerre de Croatie) et de Trojama, au sein du parc national de Sjeverni Velebit, entre 1993 et 1995. La profondeur de 1 392 m√®tres est atteinte, ce qui en fait √† l'√©poque la neuvi√®me plus profonde cavit√© du monde, et √† ce jour encore la plus profonde de Croatie[157]. Trois micro-couches climatiques distinctes composent la grotte : √† l'entr√©e, la temp√©rature est de 1 ¬įC, dans la partie m√©diane elle est de 2 ¬įC, tandis que le fond atteint 4 ¬įC. Des cours d'eau dont le niveau varie selon la saison sont pr√©sents en dessous de 550 m√®tres de profondeur. Une esp√®ce de sangsue troglobie end√©mique, Marifugia cavatica, a √©t√© d√©couverte, mais la pr√©sence de Niphargus croaticus, Aplpioniscus hercegowiniensis, Hassia stenopodium, Astagobius angustatus ainsi qu'une esp√®ce de chauve-souris a √©galement √©t√© constat√©e[158]. En 2003, le gouffre Velebita est d√©couvert et la profondeur de 1 026 m√®tres est atteinte, soit la troisi√®me plus importante du pays, derri√®re la grotte de Slovańćka (‚ąí1 320 m). Mais il est surtout remarquable par la hauteur de son puits qui, avec 513 m√®tres, constitue la plus grande verticalit√© souterraine du monde connue √† ce jour[157]. La temp√©rature varie de 3,2 √† 5,8 ¬įC et l'humidit√© de 70 √† 96 %. L'air est le plus chaud et le plus sec √† l'entr√©e, o√Ļ le vent souffle √† 2,5 m/s. Une des plus importantes colonies de sangsues (esp√®ce end√©mique Croatobranchus mestrovi) d√©couvertes jusqu'√† pr√©sent vit au fond de la grotte, dans de petites vasques et cours d'eau[159]. Au total, 14 gouffres de plus de 500 m√®tres et 39 suppl√©mentaires entre 500 et 250 m√®tres ont √©t√© explor√©s en Croatie. 61 % se trouvent dans le Velebit, 18 % dans le Biokovo et 6 % dans le Gorski Kotar. Trois syst√®mes de grottes d√©passent 10 000 m√®tres de galeries connues interconnect√©es : ńźulin ponor - Medvedica (16 396 m), Panjkov ponor- KrŇ°lje (12 385 m) et Kita GańáeŇ°ina (10 572 m). 48 autres d√©passent 1 000 m√®tres de long. 30 % se trouvent dans le Velika Kapela, 21 % dans la Lika, 19 % dans le Velebit, 8 % dans les massifs c√ītiers de la Dalmatie[160]. En 2006, 9 500 rapports d'exploration avaient √©t√© recens√©s en Croatie. La surfr√©quentation de certaines grottes ainsi que la contamination ext√©rieure des sols, drain√©e durant les p√©riodes de forte pluie, ont g√©n√©r√© une pollution et une fragilisation des formations karstiques[157].

La plus grande grotte de Bosnie-Herz√©govine est Vjetrenica, pr√®s du village de Zavala dans la municipalit√© de Ravno, au niveau du polj√© de Popovo. Elle poss√®de 6 700 m√®tres de galeries explor√©es, avec un boyau principal de 2 470 m√®tres de long orient√© vers le sud. Toutefois, les g√©ologues estiment qu'elle pourrait couvrir entre 15 et 20 kilom√®tres et rejoindre la mer Adriatique. Elle abrite de nombreux lacs souterrains, dont le Veliko Jezero (¬ę Grand lac ¬Ľ) et accueille une centaine d'esp√®ces dont le tiers sont end√©miques, ce qui en fait la plus riche au monde. L'air est √† une temp√©rature constante de 11 ¬įC et soumis √† un fort vent r√©gulier. Il est fait mention de cette grotte pour la premi√®re fois par Pline l'Ancien en 77 dans Historia naturalis, mais c'est Karel Absolon qui fait les d√©couvertes les plus importantes dans les ann√©es 1910, avant que de nouvelles recherches soient r√©guli√®rement men√©es. Ainsi, en 1968, plusieurs ossements animaux sont mis au jour, dont un squelette complet de l√©opard. Des gravures typiques des tombes (steńáak) de la Bosnie m√©di√©vale ont √©galement √©t√© d√©couvertes √† l'entr√©e de la grotte[161]. Pr√®s de Stolac, la grotte de Badanj (Badanj Peńáina) est fameuse pour ses Ňďuvres pari√©tales datant de 12 000 √† 16 000 ans[162].

En Serbie, le syst√®me des grottes d'UŇ°ańćki (UŇ°ańćki peńáinski sistem), dans le polj√© de PeŇ°ter sur la municipalit√© de Sjenica, a √©t√© explor√© en 1973 et a une longueur connue de 6 185 m√®tres, ce qui en fait le deuxi√®me du pays, et une profondeur de 65 m√®tres. Le ponor de Dragov, dans la municipalit√© de Valjevo, a une profondeur de 200 m√®tres. Le gouffre de Velikom IgriŇ°tu (Jama na Velikom IgriŇ°tu) ou gouffre de Cvijińáeva, dans le village de ńĆestobrodica dans la municipalit√© de PoŇĺega, a √©t√© explor√© en 1984 et a une profondeur de 171 m√®tres[163].

Au Mont√©n√©gro, les dimensions de ces cavit√©s sont √©galement impressionnantes. La grotte de VraŇĺjim Firovima (Peńáina nad VraŇĺjim Firovima), dans le polj√© de PeŇ°ter dans la municipalit√© de Bijelo Polje, est explor√©e depuis 1987 et a une longueur connue de 10 550 m√®tres, mais celle-ci pourrait d√©passer les 11 750 m√®tres, tandis que sa profondeur atteint 120 m√®tres. La grotte de Lipska (Lipska peńáina), dans la municipalit√© de Cetinje, a une longueur de 3 410 m√®tres. La grotte de NjegoŇ° (NjegoŇ° peńáina), sur le mont Lovńáen, a √©t√© explor√©e entre 2003 et 2007 et a une longueur de 3 315 m√®tres pour une profondeur de 340 m√®tres. Au moins six autres cavit√©s ont une longueur comprise entre 1 000 et 3 000 m√®tres dans le pays. Le gouffre de Vjetrenim brdima (Jama na Vjetrenim brdima), dans la municipalit√© de ŇĹabljak, dans le Durmitor, a √©t√© explor√© en 1984, 1985, 2002 et 2004 et a pour sa part une profondeur de 775 m√®tres. Koz√≠ D√≠ra, dans l'Orjen, a √©t√© exlor√© entre 2000 et 2007 et a une profondeur de 654 m√®tres. Le gouffre de Malom Lomnom dolu (Jama u Malom Lomnom dolu), √©galement dans la municipalit√© de ŇĹabljak, dans le Durmitor, a √©t√© explor√© en 1984 et 1985 et a une profondeur de 605 m√®tres. Duboki do, sur le mont Lovńáen, a √©t√© explor√© pour la derni√®re fois entre 2003 et 2007, et a une profondeur de 506 m√®tres et une longueur de 2 178 m√®tres. Au moins six autres cavit√©s ont une profondeur comprise entre 300 et 500 m√®tres[164].

Sports d'hiver

Quelques stations de sports d'hiver, g√©n√©ralement de taille modeste, sont install√©es sur les montagnes des Alpes dinariques. En Slov√©nie, toutefois, elles sont exclusivement tourn√©es vers les Alpes juliennes et les Karavanke, qui offrent des sommets plus √©lev√©s et de meilleures conditions d'enneigement. Sur les quatre stations principales que compte la Croatie, deux se trouvent dans les Alpes dinariques. Bjelolasica est le centre olympique national, situ√© dans le Velika Kapela, pr√®s de Karlovac. Il accueille six remont√©es m√©caniques et sept pistes de ski alpin, mais aussi des installations pour la pratique du ski de randonn√©e[165] et des activit√©s hors-saison. Platak se trouve √† 26 kilom√®tres de Rijeka et offre six remont√©es m√©caniques[166]. Sarajevo a accueilli les Jeux olympiques d'hiver de 1984. La ville, v√©ritable capitale des Alpes dinariques, est entour√©e de montagnes √©quip√©es d'installations pour la pratique des sports d'hiver : le BjelaŇ°nica, le Jahorina et le mont Igman regroupent au total dix-sept remont√©es et vingt-quatre pistes repr√©sentant trente-trois kilom√®tres[167], et offrent aussi un snowpark. Blidinje, toujours en Bosnie-Herz√©govine, poss√®de trois remont√©es et cinq pistes[168] entre les monts ńĆvrsnica et Vran. Busovańća et IgriŇ°ta sont deux petites stations situ√©es respectivement √† proximit√© de Travnik et Vlasenica et comptant deux remont√©es m√©caniques chacune. Kupres offre quatre remont√©es et cinq pistes[169]. Enfin, le mont VlaŇ°ińá accueille quatre remont√©es et six pistes[170]. Au Mont√©n√©gro, la station de KolaŇ°in, √† quinze minutes du centre-ville, dans les monts Bjelasica, offre cinq remont√©es m√©caniques et vingt kilom√®tres de pistes[171]. ŇĹabljak-Durmitor est une station constitu√©e de trois domaines diff√©rents qui poss√®dent au total huit remont√©es et huit pistes[172]. En Serbie, la ville de Zlatibor et le mont Tornik abritent des installations pour la pratique des sports d'hiver[173], mais les plus grandes stations sont tourn√©es vers les monts Kopaonik. Au Kosovo et dans le nord de l'Albanie, quelques petites stations de ski locales sont install√©es aux pieds des monts Prokletije, √† l'instar de Bog√ę qui compte une remont√©e pour autant de pistes, mais la plupart se situent dans les monts ҆ar, mieux abrit√©s et au relief plus propice, ce qui fait que beaucoup sont aujourd'hui d√©saffect√©es, faute de fonds financiers.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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  10. (en) Conservation areas & national parks / BjelaŇ°nica - Igman.
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  13. (en) Durmitor, SummitPost.org.
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  15. (en) Morańćke Planine.
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