AccueilđŸ‡«đŸ‡·Chercher

Lynx

Les lynx (genre Lynx) sont des félins de la sous-famille des Félinés. Parmi les félins, les lynx sont aisément reconnaissables à leur face ornée de favoris, à leurs oreilles triangulaires surmontées d'une touffe de poils noirs, et à leur corps doté d'une courte queue et de longues pattes. Parmi les caractéristiques moins visibles, les lynx ne possÚdent que 28 dents, au lieu des 30 dents habituelles chez les félins.

Descendants du Lynx d'Issoire, les lynx ont connu plusieurs classifications taxinomiques différentes et les diverses espÚces ont tour à tour été sous-espÚces puis espÚces à part entiÚre. Depuis la fin du XXe siÚcle, seules quatre espÚces sont reconnues : le Lynx du Canada (Lynx canadensis), le Lynx boréal (Lynx lynx), le Lynx pardelle (Lynx pardinus) et le Lynx roux (Lynx rufus). Le Caracal, qui, physiquement ressemble aux lynx, a longtemps fait partie du genre Lynx et est encore appelé « lynx du désert ».

PrĂ©dateurs de l'hĂ©misphĂšre Nord, les lynx ont pour habitat prĂ©fĂ©rĂ© la forĂȘt borĂ©ale. ConsidĂ©rĂ©s comme trĂšs largement rĂ©pandus, exception faite du Lynx pardelle gravement menacĂ©, ils font partie des rares fĂ©lins dont on estime les populations stables. Alors qu'ils tenaient une place importante dans la mythologie amĂ©rindienne, les lynx Ă©taient fort mĂ©connus en Europe et y ont souffert d'une rĂ©putation de bĂȘte fĂ©roce.

Le lynx est exclusivement carnivore ; sa proie principale est le LiÚvre d'Amérique. Il mange également des souris, des écureuils et des oiseaux tels que le tétras.

CaractĂšres communs aux lynx

Corps

Les lynx ont une silhouette caractéristique avec leur courte queue et leurs longues pattes. Ici, Lynx boréal d'un zoo suédois.

Le physique trĂšs reconnaissable des lynx peut difficilement ĂȘtre confondu avec les membres d'un autre genre de fĂ©lins, hormis peut-ĂȘtre le Caracal. Le corps est caractĂ©risĂ© par une dĂ©marche chaloupĂ©e du fait de leurs membres postĂ©rieurs trĂšs dĂ©veloppĂ©s, ce qui est une particularitĂ© du genre, les fĂ©lins ayant gĂ©nĂ©ralement la partie antĂ©rieure du corps plus puissante[1]. Les jambes sont longues et les pattes volumineuses comparĂ©es au reste du corps ; il s'agit d'une adaptation au dĂ©placement dans la neige : les longues pattes permettent de se dĂ©gager plus facilement d'un Ă©pais manteau neigeux et les pieds trĂšs larges agissent comme des raquettes afin de ne pas s’enfoncer dans la neige[2] - [3]. De plus, la largeur des coussinets Ă©touffe le bruit des pas et assure une dĂ©marche totalement silencieuse. Les lynx exercent une pression trĂšs faible sur le sol, mĂȘme en comparaison avec d'autres carnivores : ainsi le Lynx borĂ©al exerce une pression sur le sol trois fois plus faible que celle du Chat sauvage (Felis silvestris)[Note 1] et on estime ce ratio entre 4,1 et 8,8 pour le Lynx du Canada et le Coyote (Canis latrans). L'empreinte des lynx, aussi longue que large, ressemble Ă  celle du chat domestique. La piste est quasiment rectiligne, surtout lorsqu'ils avancent au pas[2].

La queue est courte, comme tronquĂ©e et se termine en manchon[4] ; elle mesure Ă  peine 20 Ă  25 cm de long[5]. La taille totale varie selon les espĂšces, mais reste dans les mĂȘmes proportions : seul le Lynx borĂ©al se diffĂ©rencie par son gabarit pouvant ĂȘtre deux fois plus Ă©levĂ© que celui des autres espĂšces. Le dimorphisme sexuel est important : les mĂąles sont en moyenne un quart plus gros que les femelles[2].

La quantitĂ© de taches et la couleur de la robe des lynx varient selon les espĂšces et la latitude. Quatre types de robes sont reconnus : tachetĂ©, rayĂ©, uni et Ă  rosettes[2]. Chaque individu a une disposition particuliĂšre des marques. Parmi les quatre espĂšces de lynx, le Lynx pardelle a une fourrure trĂšs tachetĂ©e, tandis que le Lynx du Canada a peu ou pas de taches, notamment parce que sa longue fourrure a tendance Ă  attĂ©nuer les marques. Au nord, les robes des lynx sont plutĂŽt de couleur grise tandis qu’au sud elles tendent vers le roux[5]. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les joues, le ventre, l'intĂ©rieur des pattes, le menton et le tour des yeux sont de couleur crĂšme. Le Lynx du Canada et le Lynx borĂ©al ont une fourrure particuliĂšrement dense, notamment sur le dos oĂč la concentration de poils atteint 9 000 poils/cm2 contre 4 600 sur le ventre ; on compte Ă©galement douze ou treize poils de bourre pour un poil de jarre[2].

Taille et poids des différentes espÚces du genre Lynx
Lynx boréal[6] Lynx du Canada[7] Lynx pardelle[8] Lynx roux[9]
Longueur 77 Ă  135 cm 85 Ă  114 cm 85 Ă  110 cm 76 Ă  124 cm
Hauteur au garrot 65 Ă  75 cm 60 Ă  65 cm 42 Ă  47 cm 45 Ă  68 cm
Poids 9 Ă  35 kg 8 Ă  14 kg 9 Ă  13 kg 6 Ă  13 kg

TĂȘte

CrĂąne de lynx dĂ©couvert dans la forĂȘt de Jougne (Doubs).
La tĂȘte d'un lynx est munie d'oreilles triangulaires surmontĂ©es de pinceaux noirs et de favoris autour des joues. Ici, un Lynx pardelle.

La tĂȘte des lynx, de forme arrondie et portĂ©e par un cou court, est Ă©galement assez caractĂ©ristique. Les oreilles sont triangulaires, longues et ornĂ©es d'une touffe de poils noirs appelĂ©e « pinceau ». Ces pinceaux auriculaires ne se trouvent que chez les espĂšces du genre Lynx et Ă©galement chez le Caracal, le Chat des marais[10] et certaines races de chat domestique[Note 2]. Il se pourrait que cela permette de capter la direction du vent[10]. De longs poils le long des joues, appelĂ©s « favoris », forment une collerette qui leur donne un air un peu joufflu[4]. L’utilitĂ© de la forme du visage des lynx, notamment des pinceaux auriculaires, a Ă©tĂ© discutĂ©e. Matjuschkin a proposĂ© une analogie avec la face du hibou, trĂšs ronde, avec des petites plumes dressĂ©es sur la tĂȘte[Note 3] : les favoris autour des joues du lynx formeraient un miroir parabolique permettant de mieux capter les sons, tandis que les pinceaux amĂ©lioreraient la localisation sonore[11].

Les lynx ont pour caractĂ©ristique de n'avoir que 28 dents au lieu des trente habituelles chez les fĂ©lins[1] : ils ne possĂšdent que deux prĂ©molaires sur la mĂąchoire supĂ©rieure, ce qui est une caractĂ©ristique du genre Lynx[12]. Le raccourcissement des mĂąchoires conduit Ă  l’augmentation de la puissance de la morsure[5]. Au sein du genre Lynx, seul le Lynx borĂ©al a la possibilitĂ© d'avoir une dent surnumĂ©raire[13]. La dentition lactĂ©ale des lynx ne comprend pas de molaires, l'ordre d'apparition des dents est canine - incisive - prĂ©molaire, puis, pour la dentition finale incisive - canine - prĂ©molaire - molaire[14].

Comparaison des formules dentaires du genre Lynx et de sa famille des Felidae
Formule dentaire
mùchoire supérieure
1 2 1 3 3 1 2 1
1 2 1 3 3 1 2 1
mùchoire inférieure
Total : 28 dents
Lynx
Formule dentaire
mùchoire supérieure
1 3 1 3 3 1 3 1
1 2 1 3 3 1 2 1
mùchoire inférieure
Total : 30
Denture commune aux Felidae

Capacités physiques

Comme tous les fĂ©lins, les lynx ont une vision trĂšs sensible en faible luminositĂ© et trĂšs prĂ©cise pour dĂ©tecter le mouvement. L’odorat est puissant, mais il ne sert qu’à la communication intraspĂ©cifique (marquage du territoire par exemple), et jamais pour la chasse comme pour les canidĂ©s[5]. Les vibrisses, souvent appelĂ©es « moustaches », se trouvent sur le museau, au-dessus des yeux, sur les joues et au niveau des pattes : comme pour tous les fĂ©lins, elles sont un organe du toucher trĂšs sensible[15]. Les lynx ne rĂ©agissent pas Ă  la cataire (herbe Ă  chat) en captivitĂ©, mais seraient attirĂ©s par son odeur en libertĂ©[16].

Ils sont capables de nager quand il le faut, et d’excellents sauteurs et grimpeurs[17], grĂące Ă  leurs membres postĂ©rieurs particuliĂšrement adaptĂ©s au bond[2]. Des lynx captifs se sont par exemple Ă©vadĂ©s en sautant par-dessus leur clĂŽture de trois[18] Ă  quatre[19] mĂštres. Comme tous les fĂ©lins, les lynx sont de trĂšs mauvais coureurs de fond. Cette faible endurance peut ĂȘtre corrĂ©lĂ©e Ă  la petite taille du cƓur : le poids du cƓur d'un lynx ne reprĂ©sente que 3,4 Ă  6,4 % de sa masse totale[Note 4]. Les lynx connaissent trois allures : le pas, qui est l'allure la plus utilisĂ©e, le trot et le bond[2].

Solitaire et territorial

Les lynx parcourent leur territoire Ă  la recherche de proies.
Ici, un Lynx roux.

Comme tous les fĂ©lins, les lynx sont territoriaux. Le territoire du mĂąle recouvre celui d'une ou plusieurs femelles. Les territoires, tous sexes confondus, comportent cependant des « zones neutres » oĂč il est possible de circuler sans qu’il y ait affrontement : les limites du territoire sont frĂ©quemment des zones neutres chez les lynx. La taille du territoire dĂ©pend de la densitĂ© en proies et de l’espĂšce de Lynx considĂ©rĂ©e[20]. Le territoire du mĂąle peut atteindre 300 km2 en AmĂ©rique du Nord. Le lynx mĂąle est intolĂ©rant envers les autres mĂąles traversant son territoire, mĂȘme si ce sont les femelles qui restent les plus vindicatives entre elles[21].

Les marquages olfactifs, qui permettent de signaler sa présence sur le territoire, sont le plus souvent effectués sur un support facilement repérable. Il s'agit le plus souvent de jets d'urine et de marques de griffures[Note 5]. Les marquages sont plus fréquents au centre du territoire que sur sa périphérie[22].

Les lynx sont généralement solitaires, excepté les femelles avec leurs petits. Les seules rencontres entre mùle et femelle se déroulent durant la période de reproduction, pendant laquelle le mùle suit la femelle dans tous ses déplacements[20].

ExtrĂȘmement discrets, les lynx sont rarement visibles. A titre d'exemple, dans le parc national de BaviĂšre, oĂč le Lynx borĂ©al a Ă©tĂ© rĂ©introduit, 10 000 promeneurs annuels empruntent un sentier Ă  trois cents mĂštres du lieu de reproduction du lynx ; l’ensemble du parc de 13 000 hectares, contenant six lynx rĂ©sidents, Ă©tait visitĂ© par 1,3 million de personnes en 1976. Pourtant, seules six Ă  huit observations annuelles ont Ă©tĂ© rapportĂ©es[11].

Chasse

Les lynx sont surtout actifs au crĂ©puscule et au lever du soleil. Ils chassent principalement Ă  l'affĂ»t. Comme la plupart des fĂ©lins, les lynx asphyxient gĂ©nĂ©ralement leurs proies par une morsure Ă  la gorge[5], sans utiliser leurs pattes pour les assommer[2]. Ils peuvent parcourir leur territoire Ă  la recherche de proies sur plusieurs kilomĂštres. La frĂ©quence de chasse est d’une proie tous les deux Ă  trois jours[23]. Le taux de rĂ©ussite de la chasse varie Ă©normĂ©ment selon les individus. Pour le Lynx borĂ©al, on estime que les femelles accompagnĂ©es de leurs petits rĂ©ussissent leur chasse dans 60 Ă  70 % des cas, les mĂąles dans 40 Ă  60 % des cas et les subadultes dans 10 Ă  20 % des cas. La distance entre l’attaque et la mise Ă  mort est gĂ©nĂ©ralement de moins de vingt mĂštres. Les lynx ne poursuivent leur proie sur plus de deux cents mĂštres que dans 1 Ă  5 % des attaques[11].

Les proies capturĂ©es sont diffĂ©rentes selon les espĂšces. La plupart du temps, les lynx se nourrissent de petites proies comme les lagomorphes ou les oiseaux. Le Lynx borĂ©al est le seul Ă  s’attaquer de prĂ©fĂ©rence aux petits ongulĂ©s comme le chevreuil ou le chamois, bien qu'il arrive que le Lynx roux s’attaque aux Cerfs de Virginie et que le Lynx du Canada chasse le Caribou. Le lynx n’est pas un charognard et refuse toute nourriture en Ă©tat de dĂ©composition trop avancĂ©[5]. Les lynx peuvent s'attaquer au bĂ©tail : la pression de prĂ©dation sur les animaux domestiques est trĂšs variable selon les rĂ©gions. Des cas de lynx spĂ©cialisĂ©s dans la chasse au mouton ont Ă©tĂ© rapportĂ©s. Lors de rĂ©introductions de lynx, on constate une augmentation brusque des attaques sur le bĂ©tail suivie d'une pĂ©riode de stabilisation. En Europe, l'action des lynx sur le bĂ©tail est considĂ©rĂ©e comme mineure comparĂ©e Ă  celles du loup et de l'ours[24]. Les lynx n'attaquent pas l'ĂȘtre humain, pas mĂȘme lorsque celui-ci s'approche de leur progĂ©niture[25].

Les lynx mangent en position accroupie en commençant par les parties charnues de leur proie, comme les cuisses ou les épaules et n'attaquent jamais l'estomac ni les intestins. La peau et les poils sont repoussés peu à peu durant le repas et la peau retroussée finit souvent par « empaqueter » les parties du corps non mangées[26]. Les oiseaux sont plumés[11]. Les lynx peuvent également tirer leur proie sous le couvert des arbres afin de manger au calme[26].

Les attaques du lynx sur les troupeaux de cervidés favoriseraient la dispersion des hardes, permettant ainsi une meilleure répartition de l'espÚce sur l'ensemble du territoire [27]. Cela pourrait avoir un impact sur les jeunes pousses mangées par les chevreuils et garantir un meilleur équilibre des écosystÚmes.

Cycle de vie

Malgré la protection apportée par la mÚre, la mortalité des jeunes est importante.

Le cycle de reproduction des lynx est soumis Ă  de grandes variations. Ainsi, le cycle du Lynx du Canada est en Ă©troite connexion avec celui du LiĂšvre Ă  raquettes (Lepus americanus) et sa population fluctue environ tous les dix ans[28]. De mĂȘme, les observations menĂ©es sur le Lynx borĂ©al montrent que selon les annĂ©es, seuls 43 Ă  64 % des femelles donnent naissance Ă  des jeunes[14].

La saison des amours se situe majoritairement Ă  la fin de l'hiver. AprĂšs une parade amoureuse de plusieurs jours, le mĂąle retourne Ă  ses occupations tandis que la femelle part en quĂȘte d'un gĂźte pour mettre bas aprĂšs une gestation d'environ deux mois. Elle Ă©lĂšve seule ses petits et leur apprend Ă  chasser. Ils quitteront leur mĂšre quelques semaines avant la naissance de la gĂ©nĂ©ration future. Ces subadultes chercheront un nouveau territoire : la dispersion est assez faible puisque les jeunes s'installent sur des territoires proches de ceux dĂ©jĂ  occupĂ©s[22].

Statistique de la reproduction des différentes espÚces du genre Lynx
Lynx boréal[29] Lynx du Canada[30] Lynx pardelle[31] Lynx roux[32]
Gestation 63 Ă  68 jours 63 Ă  70 jours 63 Ă  68 jours 50 Ă  70 jours
Taille de la portée 1 à 4 jeunes 1 à 8 jeunes 1 à 5 jeunes 1 à 8 jeunes
Âge d'Ă©mancipation 10 mois 10 mois 7 Ă  10 mois 12 mois
MaturitĂ© sexuelle ♂ : 30 mois
♀ : 20 à 24 mois
♂ : 24 mois
♀ : 22 à 23 mois[Note 6]
♂ : 33 mois
♀ : 21 mois
♂ : 18 mois
♀ : 9 à 12 mois

Les lynx sont trÚs peu vecteurs de la rage. Sur mille lynx de Slovaquie capturés ou tués sur dix ans, seuls 0,6 % étaient infectés par le virus rabique. De plus, les lynx ne développent pas la forme agressive de la maladie et ont tendance à faire diminuer les populations de renards (trÚs sensibles à la rage) par pression de prédation[11]. Les décÚs par maladie ne représentent qu'un quart des décÚs totaux. Les trois quarts des décÚs des adultes sont dus à l'activité humaine, soit par une pression de chasse et/ou de braconnage, soit par le trafic routier[Note 7]. Pour les jeunes, c'est avant tout la famine et les maladies parasitaires qui déciment les populations (80 % des jeunes n'atteignent pas l'ùge de procréer chez le Lynx boréal)[33]. Les lynx ont assez peu de prédateurs naturels en dehors de l'Homme. Selon les espÚces, ours, loups, pumas et gloutons peuvent attaquer et tuer un lynx[34]. La longévité est d'une quinzaine d'années dans la nature et d'environ trente ans en captivité[29] - [30] - [31] - [32].

Taxonomie et Ă©volution

Histoire de la taxonomie du genre Lynx

La classification des lynx a fait l'objet d'un dĂ©bat : les lynx devaient-ils ĂȘtre classĂ©s dans leur propre genre Lynx ou ĂȘtre un sous-genre de Felis ? En effet, jusque dans les annĂ©es 1980, presque tous les fĂ©lins Ă©taient inclus dans le genre Felis, exceptĂ© les grands fĂ©lins du genre Panthera et le guĂ©pard du genre Acinonyx : c’est la classification de Simpson. La taxonomie actuelle admet Ă  prĂ©sent que les lynx appartiennent Ă  leur propre genre, mais les synonymes Felis lynx, Felis rufus ou encore Felis pardinus subsistent dans la littĂ©rature[35].

Le nombre d'espĂšces de lynx a beaucoup variĂ©, du fait de la grande fluctuation morphologique, tant au niveau de la taille que de la couleur, des diffĂ©rents individus : jusqu’à sept espĂšces de lynx ont Ă©tĂ© proposĂ©es par Pocock et Balestri. Dans les annĂ©es 1980, on comptait uniquement deux espĂšces : le Lynx borĂ©al et le Lynx roux. Un autre modĂšle Ă  deux espĂšces a existĂ© qui admettait uniquement le Lynx borĂ©al et le Lynx pardelle. Au sein de l’ensemble des diffĂ©rents modĂšles Ă  deux espĂšces, la seule variation Ă©tait l’aire de distribution du Lynx borĂ©al qui tour Ă  tour englobait celle du Lynx du Canada ou du Lynx pardelle[13] : les espĂšces actuelles, surtout le Lynx du Canada et le Lynx pardelle devenaient alors des sous-espĂšces du Lynx borĂ©al Lynx lynx canadensis ou Felis lynx canadensis[35] et Lynx (Felis) lynx pardinus[36].

Le Caracal, du fait de similitude morphologique (tĂȘte, denture, queue) a longtemps Ă©tĂ© classĂ© dans le genre Lynx. L’absence totale de taches, puis, plus tard, les analyses gĂ©nĂ©tiques, l’ont Ă©cartĂ© du genre Lynx vers son propre genre Caracal[13]. Le Manul (Otocolobus manul) a lui aussi temporairement fait partie du genre Lynx[37].

Analyse génétique

La phylogĂ©nie s'est longtemps basĂ©e sur l'Ă©tude des fossiles d'un animal afin de prĂ©ciser l'apparition et l'Ă©volution d'une espĂšce. La phylogĂ©nie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses gĂ©nĂ©tiques en raison du nombre peu important de fossiles de fĂ©lins. Le premier fĂ©lin daterait d'il y a 11 millions d'annĂ©es. L’ancĂȘtre commun des lignĂ©es Leopardus, Lynx, Puma, Prionailurus et Felis aurait traversĂ© la BĂ©ringie et colonisĂ© l’AmĂ©rique du Nord il y a environ 8 Ă  8,5 millions d’annĂ©es[38]. Il y a 7,2 millions d’annĂ©es, la lignĂ©e des lynx diverge de celle des pumas. Le dernier ancĂȘtre commun Ă  tous les lynx date d’il y a 3,2 millions d’annĂ©es au PliocĂšne[38].

Le Lynx d'Issoire

Ossements de lynx dans une grotte en Espagne.

Bien que les fossiles soient rares chez les fĂ©lins, les lynx font exception[39]. Le Lynx d'Issoire (Lynx issodoriensis) est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme l'ancĂȘtre commun du genre Lynx. PossĂ©dant une aire de rĂ©partition trĂšs large, Lynx issiodorensis prĂ©sentait une morphologie proche des fĂ©linĂ©s tout en ayant les caractĂ©ristiques des lynx[37] - [40] : une queue courte et la denture Ă  28 dents. Plusieurs hypothĂšses d'« apparitions » des lynx modernes au travers de la forme intermĂ©diaire du Lynx d'Issoire ont Ă©tĂ© proposĂ©es. Une premiĂšre hypothĂšse suggĂšre une divergence en trois lignĂ©es distinctes : L. pardinus, L. lynx, et L. rufus ; dans cette premiĂšre hypothĂšse, L. canadensis descend de L. lynx[37].

Le Lynx d’Issoire aurait migrĂ© en AmĂ©rique du Nord par le dĂ©troit de BĂ©ring durant la glaciation du PlĂ©istocĂšne il y a cinq Ă  deux millions d’annĂ©es : des preuves de sa prĂ©sence il y a 2,5 Ă  2,4 millions d’annĂ©es ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes au Texas. Le Lynx d’Issoire aurait ensuite Ă©voluĂ© en une forme intermĂ©diaire Lynx issiodorensis kurteni puis vers l'actuel Lynx roux (Lynx rufus)[39].

Les premiĂšres formes de Lynx pardinus pourraient dater de fossiles attribuĂ©s Ă  Lynx issiodorensis du PlĂ©istocĂšne moyen selon Argant (1996). Le Lynx des cavernes Lynx pardinus speleus[41] ou Lynx spelaea[37], dont des traces ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans les grottes de l’Observatoire Ă  Monaco et de Grimaldi en Italie, possĂšde des caractĂ©ristiques intermĂ©diaires entre Lynx lynx et Lynx pardinus. Il est possible que le Lynx d’Issoire ait Ă©voluĂ© vers le Lynx des cavernes qui par la suite a Ă©voluĂ© vers le Lynx pardelle[41]. Des Ă©tudes menĂ©es tant sur la morphologie que sur le squelette du Lynx pardelle ont mis en Ă©vidence la sympatrie entre le Lynx pardelle et le Lynx borĂ©al au sud-ouest de l’Europe durant le PlĂ©istocĂšne. Les deux espĂšces sont Ă  prĂ©sent considĂ©rĂ©es comme allopatriques[36].

Le Lynx d'Eurasie Lynx lynx est plus Ă©loignĂ© de Lynx issiodorensis que le Lynx pardelle. La dentition de cette espĂšce est diffĂ©rente de celle des autres lynx et il est Ă©galement plus grand que les autres espĂšces de lynx[41] ; une hypothĂšse proposĂ©e est que le Lynx borĂ©al, originaire d'Asie, aurait repoussĂ© le Lynx pardelle sur la pĂ©ninsule espagnole[37]. Le Lynx du Canada et le Lynx borĂ©al sont en fait issus du mĂȘme ancĂȘtre commun asiatique[35]. Bien aprĂšs la premiĂšre colonisation ayant abouti au Lynx roux, une forme de Lynx d'Issoire a effectuĂ© une nouvelle colonisation des AmĂ©riques depuis l’Asie qui serait Ă  l’origine du Lynx du Canada moderne (Lynx canadensis)[42] - [43].

Classification classique

La classification classique range le genre Lynx dans la sous-famille des Felinae, qui contient historiquement tous les félins qui ne rugissent pas[44].

─o Carnivora
 └─o Feliformia
   └─o Felidae
     ├─o Pantherinae
     └─o Felinae
       ├─o Nombreux genres tels que Prionailurus, Felis, Caracal, 

       └─o Lynx
         ├─o Lynx canadensis
         ├─o Lynx lynx
         ├─o Lynx pardinus
         └─o Lynx rufus

Classification phylogénétique

La classification phylogénétique divise les félins en huit lignées distinctes ; les lynx constituent la cinquiÚme lignée. Les quatre espÚces auraient évolué dans cet ordre : Lynx roux, Lynx du Canada, Lynx boréal et Lynx pardelle[38].

Lynx

Lynx rufus - Lynx roux




Lynx canadensis - Lynx du Canada




Lynx lynx - Lynx d’Eurasie



Lynx pardinus - Lynx pardelle





EspĂšces et sous-espĂšces

Le genre Lynx est subdivisé en quatre espÚces distinctes : le Lynx du Canada (Lynx canadensis), le Lynx boréal (Lynx lynx), le Lynx pardelle (Lynx pardinus) et le Lynx roux (Lynx rufus). La validité des sous-espÚces est fortement débattue, notamment celle du Lynx roux : il n'existe pas moins de douze sous-espÚces[45] divisées selon des critÚres géographiques et morphologiques (taille et couleur)[46]. Selon Mammal Species of the World, le Lynx du Canada n'admet que trois sous-espÚces, le Lynx boréal cinq et le Lynx pardelle aucune[44]. Pour le Lynx boréal, il est possible que le Lynx de Sardaigne (Lynx lynx sardiniae) ne soit en fait qu'une sous-espÚce de Chat sauvage (Felis silvestris)[37].

Hybridations

L’hybridation naturelle entre le Lynx roux et le Lynx du Canada existe[47] : aux États-Unis, on appelle le rĂ©sultat d’un tel croisement un « Blynx » ou un « Lynxcat », contraction du terme « Bobcat » dĂ©signant le Lynx roux et « Lynx » dĂ©signant le Lynx du Canada. En 2004, des Ă©tudes gĂ©nĂ©tiques menĂ©es sur ces deux espĂšces ont confirmĂ© que trois spĂ©cimens sauvages du Minnesota Ă  l’origine ambiguĂ« Ă©taient issus de l’hybridation. L’ensemble des hybrides Ă©tudiĂ©s avait un Lynx du Canada pour mĂšre[48]. Les signalements d’hybrides sauvages sont, pour l’instant, confinĂ©s au sud de l’aire de rĂ©partition du Lynx du Canada. Ces hybrides naturels partagent les caractĂ©ristiques morphologiques des deux espĂšces dont ils sont issus[49].

Des hybridations en captivitĂ© avec l’Ocelot, le Caracal et le Serval ont Ă©tĂ© signalĂ©es[50]. Une lĂ©gende, probablement colportĂ©e par la crĂ©atrice de la race dans les annĂ©es 1980 aux États-Unis, veut Ă©galement que le pixie-bob soit une race de chat issue du croisement naturel entre un Lynx roux et un chat domestique[51]. C'est Ă©galement le cas pour le bobtail amĂ©ricain[52] et le lynx domestique[53] ; bien que des observations d'accouplement entre le chat domestique et un lynx aient Ă©tĂ© rapportĂ©es, aucun test gĂ©nĂ©tique n'a jamais confirmĂ© ce genre d'hybridation[52].

Chorologie

Habitat

Les forĂȘts borĂ©ales, comme ici en SibĂ©rie, constituent l'habitat prĂ©fĂ©rĂ© des lynx.

Les lynx vivent prĂ©fĂ©rentiellement dans les forĂȘts borĂ©ales et mixtes Ă  feuillage caduc ; le Lynx roux accepte un plus large panel d'habitats qui vont des aires semi-dĂ©sertiques aux marĂ©cages humides de Floride bien qu'il prĂ©fĂšre les forĂȘts, mais contrairement aux autres espĂšces de lynx, il n’en dĂ©pend pas exclusivement[54]. Le Lynx pardelle prĂ©fĂšre les forĂȘts de pins et la garrigue[8].

Distribution et effectifs

RĂ©partition des lynx.

L'ensemble des espÚces de lynx est situé dans l'hémisphÚre nord. Le Lynx roux et le Lynx du Canada vivent en Amérique du Nord[7] - [9], le Lynx pardelle se trouve exclusivement sur de petites portions de la péninsule ibérique[8] et le Lynx boréal possÚde la plus large distribution qui s'étend sur toute l'Europe et l'Asie[6].

L'aire de rĂ©partition des lynx s'est rĂ©duite plus ou moins fortement selon les espĂšces, mais c'est en Europe que la rĂ©duction a Ă©tĂ© la plus importante. Le Lynx borĂ©al Ă©tait prĂ©sent partout en Europe puis il a disparu de l’ouest de l’Europe et des Alpes avant l’ours et le loup, bien qu’il ait Ă©tĂ© persĂ©cutĂ© moins intensivement[Note 8] - [5]. Les populations de lynx rĂ©gressĂšrent partout en Europe, puis eurent tendance Ă  s’accroĂźtre au milieu du XXe siĂšcle, du fait de sa protection lĂ©gale[40]. Le lynx pardelle, extrĂȘmement menacĂ©, a vu ses populations chuter drastiquement durant la fin du XXe siĂšcle en raison des Ă©pidĂ©mies de myxomatose qui a dĂ©cimĂ© sa proie principale, le lapin, et d'importants rĂ©seaux routiers qui ont fragmentĂ© son habitat et augmentĂ© le nombre de collisions avec des vĂ©hicules[55] : les populations de lynx pardelle ont diminuĂ© de 80 % en l'espace de vingt ans[56]. En AmĂ©rique, les populations ont moins rĂ©gressĂ© ; toutefois, en raison de changements d’habitat dus aux pratiques agricoles modernes, le Lynx roux n’est plus prĂ©sent dans le Midwest des États-Unis et dans le sud du Minnesota, l’est du Dakota du Sud, l’Iowa et une grande partie du Missouri[57]. Le Lynx du Canada est encore prĂ©sent sur 95 % de son aire de rĂ©partition historique au Canada mais a rĂ©gressĂ© aux États-Unis[58].

Excepté pour le Lynx pardelle, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considÚre que les populations de lynx sont stables et abondantes ; par conséquent, elles sont classées en « Préoccupation mineure » (LC). Le Lynx pardelle est en « danger critique d'extinction » (CR) de 2002 à 2014, puis est classé comme « En danger » en 2015 en raison de l'accroissement de ses populations[59] - [60] - [56] - [58].

Statut légal

Le commerce des animaux sauvages est rĂ©gi par la Convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d'extinction (CITES). À part le Lynx pardelle qui est classĂ© en Annexe I (toutes formes de commerce interdites) depuis 1990, l'ensemble des espĂšces de lynx sont en Annexe II de la CITES depuis 1977[61]. Les États-Unis ont lancĂ© une demande de retrait du Lynx roux de l’appendice II Ă  la CITES en raison de l'accroissement des populations[46], mais celle-ci fut refusĂ©e[59].

La chasse au Lynx borĂ©al est rĂ©glementĂ©e en Russie, en NorvĂšge, en Finlande, en Pologne, en Roumanie, en Turquie[62], en Estonie, en Lettonie, en Slovaquie jusqu'en 2001 date Ă  laquelle il fut totalement protĂ©gĂ©, en Croatie et en SlovĂ©nie[63]. En France et en Suisse, les lynx Ă  problĂšme sont dĂ©placĂ©s[63]. Le Lynx pardelle est protĂ©gĂ© sur l'ensemble de son aire de rĂ©partition. La chasse au Lynx roux et au Lynx du Canada est rĂ©glementĂ©e au Canada, aux États-Unis et au Mexique, mais la lĂ©gislation peut varier selon les États[64].

Élevage conservatoire

Seul le Lynx boréal fait l'objet d'un studbook européen (ESB) visant à créer un arbre généalogique fiable des individus détenus par les zoos[65]. Selon l'Association mondiale des zoos et des aquariums, les lynx sont gardés dans les parcs zoologiques à des fins d'éducation et pour la sympathie nouvelle du public[66] - [67]. Selon l'International Species Information System (ISIS), 667 lynx sont détenus par des zoos le , les espÚces les plus représentées étant le Lynx boréal et le Lynx roux[68].

Un programme d'Ă©levage du Lynx pardelle a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en urgence en . Le parc national de Doñana met en place plusieurs systĂšmes permettant de fournir aux lynx sauvages de quoi se nourrir sans Ă©mousser leur instinct de chasseur : des lapins sont contenus dans des enclos spĂ©ciaux, difficiles d'accĂšs et proposant de nombreuses cachettes[55]. En parallĂšle, le centre de reproduction permet d'accroĂźtre rapidement la population : toutes les naissances devraient, Ă  terme, ĂȘtre rĂ©introduites[69].

RĂ©introductions

Quatorze projets de rĂ©introduction du lynx ont Ă©tĂ© mis en Ɠuvre en Europe de 1970 Ă  2006, qui ont donnĂ© les meilleurs rĂ©sultats en SlovĂ©nie, dans les Alpes suisses et dans le Jura. Le Lynx borĂ©al a Ă©tĂ© rĂ©introduit en SlovĂ©nie, en Croatie, dans le parc national de BaviĂšre en Allemagne, en Suisse dans le Jura, le canton de Vaud (Alpes et Jura), le canton d'Obwald et le parc national des Grisons et le parc national du Grand-Paradis en Italie[40]. Des tentatives de rĂ©introduction du Lynx du Canada ont Ă©tĂ© menĂ©es dans l’État de New York et dans le Colorado[7] ; pour ce dernier la rĂ©introduction semble ĂȘtre un succĂšs[58]. Le Lynx roux a Ă©tĂ© rĂ©introduit sur l’üle de Cumberland et dans le New Jersey[9].

Pour capturer des lynx Ă  des fins de rĂ©introduction, les scientifiques utilisent la tendance des fĂ©lins Ă  emprunter toujours les mĂȘmes passages. Une cage Ă  deux portes coulissantes est placĂ©e de telle maniĂšre que le fĂ©lin puisse voir sa piste au-delĂ  du piĂšge, sur un chemin frĂ©quemment utilisĂ©. Le lynx est souvent capturĂ© au dĂ©but ou Ă  la fin de l’hiver, il subit ensuite une pĂ©riode de quarantaine avant d’ĂȘtre relĂąchĂ©, de prĂ©fĂ©rence en couple, Ă  la belle saison. Les individus capturĂ©s sont souvent des jeunes, gĂ©nĂ©ralement des mĂąles[11].

Lynx dans la culture

Étymologie et sĂ©mantique

Le terme « lynx » [lΔ̃:ks] est directement issu du latin « lynx », lui-mĂȘme tirĂ© du grec ancien « Î»ÏÎłÎŸ / lunx » qui dĂ©signe tout simplement l'animal[70]. Le mot « lynx » est une rĂ©fection du XVIIe siĂšcle (1677) par souci Ă©tymologique, remplaçant les formes anciennes « linz » (attestĂ© peu aprĂšs 1150 dans le domaine anglo-normand), « linx » (XIIIe siĂšcle) ou « lins » (vers 1278)[70].

Au sens figuré, un lynx est une personne trÚs rusée[71]. Le terme « Lynx du désert » ou « Lynx désertique » fait référence au Caracal (Caracal caracal), qui était autrefois placé dans le genre Lynx.

Le Lynx borĂ©al est anciennement nommĂ© « loup-cervier » ou « loup cervier » [lusɛʀvje], du latin Lupus cervarius qui signifie littĂ©ralement « loup qui attire les cerfs ». Au dĂ©part, ce terme ne dĂ©signait que la femelle du lynx et le fĂ©minin « louve-cerviĂšre » est antĂ©rieur au masculin. Une forme fĂ©minine « loup-cerve » est proposĂ©e dans certains dictionnaires[72]. Le Lynx du Canada est encore appelĂ© « loup-cervier » en français du Canada[35]. Outre la dĂ©signation de l'animal, le terme loup-cervier peut symboliser un homme sans scrupule, travaillant dans le secteur de l'Ă©conomie (banquier par exemple)[72].

L'expression « Avoir des yeux de lynx » signifie avoir une trĂšs bonne vue ; on la retrouve dans plusieurs langues (« tener ojos de lince » en espagnol, « Luchsaugen haben » en allemand, « lynx-eyed » en anglais)[73]. Cette expression est issue d'une confusion avec « avoir des yeux de LyncĂ©e », en rĂ©fĂ©rence Ă  l’argonaute LyncĂ©e, pilote du navire Argo, qui possĂ©dait un regard perçant au point de voir Ă  travers les nuages et les murailles, et a Ă©tĂ© Ă  l'origine de la lĂ©gende sur les bons yeux du lynx[73] - [40] - [74]. Ainsi, la constellation du Lynx aurait Ă©tĂ© appelĂ©e ainsi par Hevelius au XVIIe siĂšcle car il faut avoir les yeux de lynx pour l'apercevoir[73] - [75].

Mythologie amérindienne

Dans la mythologie amĂ©rindienne, la figure du lynx est souvent associĂ©e Ă  celle du Coyote, dans un thĂšme de gĂ©mellitĂ©[Note 9]. Le lynx et le coyote sont respectivement associĂ©s au vent et au brouillard, deux Ă©lĂ©ments opposĂ©s dans le folklore amĂ©rindien. Les lĂ©gendes varient lĂ©gĂšrement entre les peuples nord-amĂ©ricains, et des mythes Ă©quivalents existent en AmĂ©rique du Sud, comme au BrĂ©sil par exemple. Les figures du Lynx et du Coyote dans les mythes des Indiens d’AmĂ©rique ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es par Claude LĂ©vi-Strauss, dans son livre Histoire de Lynx. Selon lui, ces jumeaux opposĂ©s et de force inĂ©gale reprĂ©sentent un monde en perpĂ©tuel dĂ©sĂ©quilibre. Cette analyse lui permet d’interprĂ©ter les comportements amicaux des AmĂ©rindiens lors de leurs premiers contacts avec des EuropĂ©ens : pour les AmĂ©rindiens, l’existence de leur peuple impliquait l’existence d’autres peuples dont ils attendaient la venue. Toujours selon LĂ©vi-Strauss, les versions plus tardives sont le rĂ©sultat du contact rĂ©gulier avec les EuropĂ©ens[76] - [77].

Dans une lĂ©gende Shawnee, le lynx, un des quatre protecteurs de l’étoile du matin, se fait entourlouper par un lapin : alors que ce dernier est acculĂ© dans un arbre, prĂȘt Ă  ĂȘtre attrapĂ© par le lynx, il suggĂšre Ă  son prĂ©dateur de faire un feu pour le rĂŽtir ; le lapin saute alors de l’arbre, et les braises s’éparpillent sur la fourrure du lynx et dessinent des taches marron foncĂ© sur sa robe[78]. Les Mojaves croient que rĂȘver souvent d’un objet ou d’un ĂȘtre vivant leur donne leurs caractĂ©ristiques. S’ils rĂȘvent des deux divinitĂ©s que reprĂ©sentent le lynx et le puma, ils pensent que cela va leur donner des compĂ©tences Ă  la chasse supĂ©rieures Ă  celles des autres tribus[79]. Les colons europĂ©ens ont aussi admirĂ© ce fĂ©lin, et aux États-Unis, il reste prĂ©Ă©minent dans les anthologies du folklore national.

Un animal imaginaire aux bons yeux

Le Lynx borĂ©al est quasiment absent des mythologies europĂ©ennes ; toutefois, il a fait l’objet de nombreuses superstitions colportĂ©es dans les bestiaires. Le lynx apparaĂźt comme un loup aux taches de panthĂšre, dont la femelle ne peut enfanter qu'une seule fois[80].

Une autre superstition veut que le lynx aient de bons yeux. Cette croyance est nĂ©e d’une confusion avec l’argonaute LyncĂ©e qui possĂ©dait une vision perçante[40]. On pensait Ă©galement que les yeux brillants du lynx[Note 10] Ă©clairaient la route et pouvaient rendre aveugle tant la lumiĂšre Ă©tait intense[81]. Ses yeux Ă©tincelants avaient prĂ©tendument la facultĂ© de voir Ă  travers les murs[73]. La lĂ©gende du loup-cervier raconte que le lynx peut se transformer en loup pour se nourrir de cervelle humaine[82].

Le lyncurius, une pierre fabuleuse
L'urine du lynx se solidifie pour former le lyncurius. Bestiaire médiéval du XIIIe siÚcle.

L’urine de lynx avait la propriĂ©tĂ© de se solidifier pour former une pierre prĂ©cieuse rouge, le lyncurium[73], lyncurius ou lapis lyncurius[80]. Afin de cacher cette pierre et par jalousie, le lynx recouvre son urine de terre. La pierre fabuleuse est capable de soigner l’ictĂšre et de faire disparaĂźtre les calculs de la vessie[40]. Selon Theophrastus (Ve siĂšcle av. J.-C.), la pierre attire Ă  elle la paille, les copeaux de bois, le cuivre et le fer ; elle est de meilleure qualitĂ© si elle provient d'individus sauvages et masculins[80]. Bien que personne n'ait jamais vu cette pierre fabuleuse, les Ă©crits de Theophrastus seront repris par plusieurs auteurs classiques comme Ovide (Ier siĂšcle), Pline l'Ancien (Ier siĂšcle) et Isidore de SĂ©ville (VIIe siĂšcle)[80] jusqu'au XVIIe siĂšcle oĂč il disparaĂźt progressivement des lapidaires, sans que les croyances de Theophrastus ne soient jamais remises en doute[83].

Un félin trÚs peu connu jusqu'au XXe siÚcle

Représentation d'un lynx sur le schiste de la Madeleine, en Dordogne.
Les félins dans le Livre de Chasse de Gaston Fébus (1331-1391)

La premiĂšre description du Lynx borĂ©al nous vient de Pline l'Ancien, qui n'hĂ©sita pas Ă  le comparer au loup : « Effligie lupi, pardorum macullis », c'est-Ă -dire « Ressemblant au loup, tachetĂ© comme une panthĂšre ». De plus, selon Pline l'ancien, il existe deux formes de lynx, le « loup-cervier » utilisĂ© Ă  Rome lors des jeux du cirque, et le « lynx », crĂ©ature fabuleuse venue d'Éthiopie[81]. Ces descriptions, pourtant trĂšs peu prĂ©cises, servirent de base Ă  l'ensemble des travaux et Ă©crits sur le lynx. CombinĂ© Ă  l'extrĂȘme discrĂ©tion de ce fĂ©lin que personne ou presque ne rencontrait, il devint un animal fantasmagorique, rĂ©putĂ© fĂ©roce. Ainsi, au Moyen Âge, le loup-cervier est toujours assimilĂ© au loup. On appelait ainsi le lynx « loup Ă  robe zĂ©brĂ©e ou mouchetĂ©e », et tout le monde Ă©tait terrifiĂ© par cet animal. Le lynx Ă©tait trĂšs mĂ©connu, absent de la Bible[40]. Il apparaĂźt dans le livre de Marco Polo, le Devisement du monde[84] et pour la premiĂšre fois illustrĂ© dans le Livre de chasse de Gaston FĂ©bus[40]. Au Moyen Âge, les griffes et les dents du Lynx borĂ©al servaient d’amulettes et il Ă©tait Ă©galement chassĂ© pour sa fourrure[82].

Pendant longtemps, le lynx et le loup-cervier sont considĂ©rĂ©s comme deux espĂšces diffĂ©rentes. Bien que les premiĂšres superstitions soient Ă©cartĂ©es, les connaissances sur cet animal sont erronĂ©es ; par exemple, au XIXe siĂšcle, Pierre Boitard Ă©crit que « [Le loup-cervier] fait ensuite un trou derriĂšre le crĂąne [de ses proies], et leur suce la cervelle par cette ouverture, au moyen de sa langue recouverte de petites Ă©pines[85]. ». L'animal est considĂ©rĂ© comme fĂ©roce et sanguinaire. Ainsi, la bĂȘte de la Gargaille, sorte de bĂȘte du GĂ©vaudan jurassienne, aurait terrorisĂ© la population durant l'annĂ©e 1819. Les descriptions trĂšs contradictoires pointent l'action d'un lynx. Cependant, l'histoire aurait Ă©tĂ© gonflĂ©e en vĂ©ritable massacre par le prĂ©fet tandis que le louvetier dĂ©crivait de simples vĂȘtements dĂ©chirĂ©s[81]. Le fĂ©lin est si mĂ©connu que les vĂ©ritables dĂ©pouilles de lynx capturĂ©s en Europe de l'Ouest sont prises pour quelques « animaux exotiques » et cela jusqu'au XIXe siĂšcle. Les Ă©crits Ă  propos du lynx restent empreints de lĂ©gendes jusqu'au XXe siĂšcle oĂč des recherches sĂ©rieuses ne sont entreprises qu'Ă  partir des annĂ©es 1980[81].

EmblĂšmes et personnages de fictions

En hĂ©raldique, lynx et loup-cervier sont deux figures diffĂ©rentes. Le lynx est passant dans l'Ă©cu et tout comme le loup-cervier symboliserait la perspicacitĂ©[86] - [87]. Le loup-cervier, reprĂ©sentĂ© comme une panthĂšre tachetĂ©e avec la queue d'un chat et la face d'un lynx, est trĂšs peu prĂ©sent. Le lynx par dĂ©faut est passant, la tĂȘte de front[88], et peut ĂȘtre confondu avec le loup bien qu'il ait le plus souvent la queue entre les jambes[89].

Le lynx est considĂ©rĂ© comme un symbole de la MacĂ©doine et est prĂ©sent sur le cĂŽtĂ© pile de la piĂšce de 5 denars[90]. Le lynx est choisi comme emblĂšme par de nombreuses universitĂ©s et Ă©quipes sportives d’AmĂ©rique du Nord, comme les Bobcats de Charlotte, ou les Lynx de Toronto[91].

Les lynx sont assez peu prĂ©sents dans les Ɠuvres de fiction. À la tĂ©lĂ©vision, Bonkers D. Bobcat est un Lynx roux anthropomorphique crĂ©Ă© par les studios Disney. Le Lynx roux Bubsy est un personnage de jeux vidĂ©o ; une sĂ©rie de dessins animĂ©s consacrĂ©e au personnage a Ă©tĂ© produite, mais seul un Ă©pisode existe[92]. Le jeu vidĂ©o Shelter 2, sorti en 2015, propose d'incarner une maman lynx devant protĂ©ger ses petits lors d'un voyage[93].

Utilisations du lynx

Peaux de Lynx roux.

Au Moyen Âge, les griffes et les dents du Lynx borĂ©al servaient d’amulettes et il Ă©tait Ă©galement chassĂ© pour sa fourrure[82]. La fourrure du Lynx du Canada est recherchĂ©e depuis le dĂ©but de la colonisation du Canada par les EuropĂ©ens. Les trappeurs de la cĂŽte nord du Canada et les peuples autochtones mangent sa chair[35].

La peau de Lynx roux est la plus vendue parmi celles des fĂ©lins. La fourrure de Lynx roux sert Ă  faire des manteaux, des tapis ou des dĂ©corations murales ; c’est la fourrure du ventre qui est la plus recherchĂ©e[94]. La plupart des exportations viennent des États-Unis, dont les exportations annuelles moyennes sont passĂ©es de plus de 13 000 dans les annĂ©es 1990 Ă  un peu moins de 30 000 dans les annĂ©es 2000[59].

Attitudes actuelles envers le lynx

Le changement de mentalitĂ© de l'homme envers la nature et plus particuliĂšrement envers les carnivores a Ă©tĂ© profitable au lynx. 70 Ă  80 % des habitants des pays d'Europe de l'Ouest sont favorables au retour des lynx, les citadins Ă©tant bien plus favorables au retour du lynx que les habitants des milieux ruraux. Les principaux dĂ©tracteurs des lynx sont les chasseurs, qui l'accusent de faire diminuer la population de gibier, et les Ă©leveurs, prĂ©occupĂ©s par les prĂ©lĂšvements sur leurs troupeaux[95]. Pourtant, l'impact du lynx est considĂ©rĂ© comme bĂ©nĂ©fique au gibier[Note 11]. Par exemple en Suisse, la population de lynx, qui compte environ 150 individus, tue 8 000 chevreuils par an contre 40 000 tuĂ©s par la chasse et 9 000 tuĂ©s par la circulation automobile[25] sur un effectif d'environ 130 000 chevreuils[96] - [Note 12]. De nombreux moyens ont Ă©tĂ© testĂ©s pour minimiser l'impact du lynx sur le bĂ©tail : les plus efficaces restent l'emploi du chien patou, le gardiennage et l'utilisation de clĂŽtures. De plus, si la prĂ©sence des lynx est parfois mal vĂ©cue lors de leur rĂ©introduction, on constate que dans les pays oĂč les lynx n'ont jamais disparu aucune accusation ni demande d'extermination n'est effectuĂ©e[97].

Selon une Ă©tude menĂ©e au Cumberland Island National Seashore oĂč le Lynx roux a Ă©tĂ© rĂ©introduit, l’évaluation des connaissances a une note moyenne de 3,8/10, les chasseurs ayant obtenu les meilleurs scores (5,1/10). Selon les auteurs, ce score si faible peut ĂȘtre corrĂ©lĂ© avec la nature discrĂšte du Lynx roux : les opportunitĂ©s d’apprentissage par contact direct sont faibles[98]. De plus, peu de reportages animaliers lui sont dĂ©diĂ©s, Ă  l’inverse de ce qu’on peut voir pour le lion, le tigre, ou encore le puma[99].

Notes et références

Notes

  1. Le Lynx boréal est de trois à dix fois plus gros que le Chat sauvage.
  2. Les races telles que le maine coon peuvent ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©es pour avoir ce type de pinceaux.
  3. Il ne s’agit pas d’oreilles.
  4. À titre de comparaison, ce ratio est de 0,43 % chez l'Homme.
  5. Le rÎle des fÚces dans le marquage du territoire est encore assez mal identifié, la plupart étant enterrées.
  6. Lorsque les proies sont abondantes, la maturitĂ© sexuelle peut ĂȘtre acquise dĂšs dix mois.
  7. Afin d'éviter les collisions mortelles avec un véhicule, la création d'écoducs complÚte la mise en place de corridors biologiques.
  8. L’explication rĂ©side dans une plus grande sensibilitĂ© du lynx face Ă  la destruction de son habitat et Ă  la diminution des effectifs de ses proies naturelles.
  9. « Lynx » est un terme générique dans les descriptions mythologiques, mais implique trÚs souvent le Lynx roux sur la majorité du territoire nord-américain.
  10. Les yeux des félins reflÚtent la lumiÚre dans la nuit en raison du tapetum lucidum.
  11. Les prédateurs s'attaquent aux individus les plus faibles et les écartent donc de la reproduction.
  12. Le chevreuil et le chamois constitue alors 90 % du régime alimentaire du lynx en Suisse.

Références

  1. (fr) Peter Jackson et Adrienne Farrell Jackson (trad. DaniÚle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espÚces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothÚque du naturaliste », , 272 p., relié (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0), p. 10.
  2. Patrice Raydelet, Le lynx boréal : histoire, mythe, description, moeurs, protection, Lonay (Suisse)/Paris, Les sentiers du naturaliste, 191 p. (ISBN 978-2-603-01467-7 et 2-603-01467-6), « Sentier physiologique », p. 42-57.
  3. (fr) Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse, , 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108)., p. 19.
  4. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 195.
  5. (fr) KORA, « Documentation Lynx prĂ©parĂ©e Ă  la demande de l'Office fĂ©dĂ©ral de l'environnement, des forĂȘts et du paysage (OFEFP) - lien cassĂ© », sur http://www.bafu.admin.ch/, KORA (Projets de recherches coordonnĂ©s pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse) (consultĂ© le ).
  6. Rémy Marion, op. cit., « Lynx boréal Lynx lynx », p. 43-46.
  7. Rémy Marion, op. cit., « Lynx du Canada Lynx canadensis », p. 40-42.
  8. Rémy Marion, op. cit., « Lynx pardelle Lynx pardinus », p. 47.
  9. Rémy Marion, op. cit., « Lynx roux Lynx rufus », p. 48-51.
  10. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 14.
  11. C. Kempf, A. Balestri, U. Wotschikowsky et M. Fernex, Chez nous Le Lynx ? Mythes et rĂ©alitĂ©, Paris, Les guides Gesta, , 149 p. (ISBN 2-903191-01-8), op. cit., « Écologie du lynx », p. 33-74.
  12. (en) Michael R. Peterson, « The Biogeography of Bobcat (Lynx rufus) », sur http://bss.sfsu.edu/, UniversitĂ© d’État de San Francisco, (consultĂ© le ).
  13. C. Kempf, op. cit., « Zoologie » p. 17-32.
  14. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier de la vie », p. 78 - 89.
  15. RĂ©my Marion, op. cit., p.128.
  16. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 16.
  17. RĂ©my Marion, op. cit., p. 135.
  18. « Un lynx s'échappe de Jura Parc à Vallorbe », sur https://www.tdg.ch/lynx-echappe-jura-parc-2009-09-21, La tribune de GenÚve, (consulté le ).
  19. « Espagne : un Lynx pardelle s’évade en sautant une clĂŽture Ă©lectrifiĂ©e de 4 mĂštres de haut », sur http://actulynx.wordpress.com, Actu'Lynx, (consultĂ© le ).
  20. RĂ©my Marion, op. cit., p. 149.
  21. RĂ©my Marion, op. cit., p. 165.
  22. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier du quotidien », p. 58-77.
  23. RĂ©my Marion, op. cit., p. 151.
  24. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier gastronomique », p. 114-133.
  25. « Le Lynx dans nos forĂȘts », sur http://www.pronatura.ch, Pronatura (consultĂ© le ).
  26. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier de la chasse », p. 90-113.
  27. Stratégie panalpine de conservation du lynx, 2003, p. 12.
  28. (fr) Robert E. Ricklefs et Gary L. Miller, Écologie, De Boeck UniversitĂ©, , 821 p. (ISBN 978-2-7445-0145-6, lire en ligne), p. 350.
  29. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 84.
  30. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 206.
  31. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 88.
  32. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 200.
  33. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier de la mort », p. 134.
  34. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 82, 198 et 204.
  35. (fr) Clément Fortin et Josée Tardif, « Situation du Lynx du Canada (Lynx canadensis) au Québec », sur http://www.fapaq.gouv.qc.ca, Direction du développement de la faune, (consulté le ).
  36. (en) Rosa Garcia-Perea, « Phylogeny and Conservation of Iberian Lynxes », CAT NEWS, no 27,‎ (lire en ligne).
  37. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier généalogique », p. 8-41.
  38. Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'Ă©volution des chats », Pour la science, no 366,‎ (ISSN 0153-4092) basĂ©e sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ .
  39. (en) Kevin Hansen, Bobcat: master of survival, Oxford University Press US, , 212 p. (ISBN 0195183037 et 9780195183030, lire en ligne), p. 16.
  40. C. Kempf, op. cit., « Historique des populations », p. 83-120.
  41. Les lynx, essai de paléontologie et formes actuelles sur FERUS.
  42. (en) William J. Zielinski, Thomas E. Kuceradate, American Marten, Fisher, Lynx, and Wolverine: Survey Methods for Their Detection, DIANE Publishing, , 77–78 p. (ISBN 0788136283).
  43. (en) Carron Meaney, Gary P. Beauvais, « Species Assessment for Canada lynx (Lynx Canadensis) in Wyoming », United States Department of the Interior, Bureau of Land Management, (consulté le ).
  44. (en) Référence Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Lynx .
  45. (en) Référence Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Lynx rufus .
  46. (fr) « Examen des propositions d’amendement des annexes I et II : suppression de Lynx rufus de l’annexe II », CITES, (consultĂ© le ).
  47. (en) Mills, L. Scott, Conservation of Wildlife Populations: Demography, Genetics, and Management, Blackwell Publishing, (ISBN 1405121467), p. 48.
  48. (en) M.K. Schwartz, K.L. Pilgrim, K.S. McKelvey, L.F. Ruggiero, E.L. Lindquist, S. Loch, J.J. Claar, « Hybridization between Canada lynx and bobcats: Genetic results and management implications », Conservation Genetics, no 5,‎ , p. 349-355 (lire en ligne).
  49. (en) J.A.Homyack, J.H. Vashon, C. Libby, E.L. Lindquist, S. Loch, D.F. McAlpine, K.L. Pilgrim, M.K. Schwartz, « Canada lynx-bobcat (Lynx canadensis × L. rufus) hybrids at the southern periphery of lynx range in Maine, Minnesota and New Brunswick », American Midland Naturalist, no 159,‎ , p. 504-508 (lire en ligne).
  50. (en) « Lynx and bobcat hybrids », sur http://www.messybeast.com/ (consulté le ).
  51. (en) Jessi Clark-White, « Bobcat Hybrids - Myth or Reality ? », sur http://www.exoticcatz.com/ (consulté le ).
  52. (en) Sarah Hartwell, « Domestic hybrids with bobcat and lynx », sur http://www.messybeast.com/, Messybeast (consulté le ).
  53. (fr) « Lynx domestique », sur http://www.royalcanin.fr/, Royal Canin, (consulté le ).
  54. Peter et Adrienne Jackson, op. cit., p. 196.
  55. (fr) François Moutou et Vincent Vignon, « Le lynx pardelle », sur http://ferus.org/, FERUS, (consulté le ).
  56. (en) Référence UICN : espÚce Lynx pardinus Temminck, 1827.
  57. (en) John O. Whitaker, W. J. Hamilton, Mammals of the Eastern United States, Cornell University Press, (ISBN 0801434750), p. 493–496.
  58. (en) Référence UICN : espÚce Lynx canadensis Kerr, 1792.
  59. (en) Référence UICN : espÚce Lynx rufus Schreber, 1777.
  60. (en) Référence UICN : espÚce Lynx lynx Linné, 1758.
  61. (fr) « Annexes I, II et III valables à compter du 22 mai 2009 », sur http://www.cites.org/, CITES (consulté le ).
  62. Peter et Farrell Jackson, op. cit., p. 84.
  63. (en) « Legal status », sur http://www.kora.ch/, Eurasian Lynx Online Information System for Europe (consulté le ).
  64. Peter et Farrell Jackson, op. cit., p. 200 et 204-205.
  65. (en) « European Studbook Programmes (ESBs) », sur http://www.quantum-conservation.org/, (consulté le ).
  66. (en) Silvia Geser et Peter Dollinger, « Eurasian lynx », sur http://www.waza.org/, WAZA, (consulté le ).
  67. (en) Silvia Geser et Peter Dollinger, « North American Lynx », sur http://www.waza.org/, WAZA, (consulté le ).
  68. (en) ISIS, Lynx sur le site d'ISIS Species Holdings. Consulté le 26 mars 2009.
  69. (es) « Programa de Conservacion Ex-Situ », sur http://www.lynxexsitu.es/ (consulté le ).
  70. Alain Rey (sous la direction de), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, (ISBN 2-85036-187-9), article lynx, tome 1, page 1156
  71. Informations lexicographiques et étymologiques de « Lynx » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  72. Informations lexicographiques et étymologiques de « Loup-cervier » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  73. Maurice Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Paris, Larousse, , 446 p., article lynx, p238
  74. Alain Rey et Sophie Chantreau, Dictionnaire des expressions et locutions, Paris, Le Robert, coll. « Les usuels du Robert », , 1322 p. (ISBN 2 85036 103-8), article lynx, page 720
  75. (fr) « Les Constellations », sur http://www.ueaf.net/, UEAF (consulté le ).
  76. (en) Nur Yalman, « LĂ©vi-Strauss in Wonderland: Playing Chess with Unusual Cats: The Story of Lynx », American Ethnologist, vol. 23, no 4,‎ , p. 902 (DOI 10.1525/ae.1996.23.4.02a00120).
  77. (fr) Claude LĂ©vi-Strauss, Histoire de Lynx, Paris, Pocket, , 358 p. (ISBN 2-266-14744-7).
  78. (en) « Florida Bobcat Bio Facts », Jacksonville Zoo and Gardens, (consulté le ).
  79. (en) Kroeber, A. L., « Preliminary Sketch of the Mohave Indians », American Anthropologist, vol. 4, no 2,‎ , p. 279.
  80. (en) « Lynx », sur www.bestiary.ca, The Medieval Bestiary (consulté le ).
  81. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier de l'imaginaire », p. 158-167.
  82. Rémy Marion, op. cit., « La réintroduction du lynx en France », p. 212-213.
  83. (en) Steven A. Walton, « Theophrastus on Lyngurium: Medieval and Early Modern Lore from the Classical Lapidary Tradition », Annals of Science, vol. 58, no 4,‎ , p. 357-379 (DOI 10.1080/000337900110041371, lire en ligne, consultĂ© le ).
  84. « Il a encore bien grant quantité de leus cerver que tuit sunt afaités à beste prandre » (1298, ch. 92).
  85. (fr) Pierre Boitard, Le jardin des plantes : description et mƓurs des mammifĂšres de la mĂ©nagerie et du Museum d'histoire naturelle, Paris, G. Barba, (lire en ligne), p. 90.
  86. (fr) « Lynx », sur http://www.blason-armoiries.org/, Au blason des armoiries (consulté le ).
  87. (fr) « Loup-cervier », sur http://www.blason-armoiries.org/, Au blason des armoiries (consulté le ).
  88. (fr) « Glossaire, dictionnaire héraldique: évolution de 1679 à 1905 - lettre L », sur http://www.euraldic.com/, Euraldic.com (consulté le ).
  89. (en) Arthur Charles Fox-Davies, A Complete Guide to Heraldry, Skyhorse Publishing Inc., , 647 p. (ISBN 9781602390010, lire en ligne).
  90. (en) Konstantin Testorides, « Macedonia Wildcats Fight for Survival », sur https://www.washingtonpost.com, Washington Post.
  91. Kevin Hansen, op. cit., p. 10.
  92. (en) « What is Bubsy ? », sur http://www.bluies-island.com/BubsyHQ/ (consulté le ).
  93. Romendil, Test du jeu Shelter 2, 3 avril 2015, Jeuxvideo.com.
  94. Peter et Adrienne Farrell Jackson, op. cit., p. 198.
  95. (en) ELOIS, « Lynx and humans », sur http://www.kora.ch/en/proj/elois/online/index.html, Kora (consulté le ).
  96. Effectif Chevreuil, Toute la Suisse: 2000 - 2013, Statistique fédérale de la chasse, OFEV, consulté le 15 avril 2015.
  97. Patrice Raydelet, op. cit., « Sentier de la cohabitation », p. 148 - 158.
  98. (en) J.J. Brooks, R.J. Warren, M.G. Nelms, M.A. Tarrant, « Visitor attitudes toward and knowledge of restored bobcats on Cumberland Island National Seashore, Georgia », Wildlife Society Bulletin, vol. 27,‎ , p. 1089-1097 (lire en ligne).
  99. Kevin Hansen, op. cit., p. 4.

Bibliographie

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Associations

  • (fr) Association FERUS association nationale de protection des grands carnivores ayant pour but de favoriser le retour et le maintien des populations de lynx (dossiers, actus, actions...)
  • (en) ELOIS : Eurasian Lynx Online Information System

Références taxonomiques

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplĂ©mentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimĂ©dias.