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Pau

Pau (prononcé [ˈpo] en français et [ˈpaw] en béarnais) est une commune du sud-ouest de la France, préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle-Aquitaine.

Pau
Pau
En haut : le boulevard des Pyrénées et le pic du Midi d'Ossau.
Au milieu : le pic du Midi de Bigorre et le palais Beaumont.
En bas : le chùteau de Pau et vue générale.
Blason de Pau
Blason
Pau
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
RĂ©gion Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
(préfecture)
Arrondissement Pau
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées
(siĂšge)
Maire
Mandat
François Bayrou (MoDem)
2020-2026
Code postal 64000
Code commune 64445
DĂ©mographie
Gentilé Palois
Population
municipale
75 665 hab. (2020 en diminution de 2,35 % par rapport Ă  2014)
DensitĂ© 2 401 hab./km2
Population
agglomération
201 784 hab. (2020)
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 43° 18â€Č 06″ nord, 0° 22â€Č 07″ ouest
Altitude Min. 165 m
Max. 245 m
Superficie 31,52 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Pau
(ville-centre)
Aire d'attraction Pau
(commune-centre)
Élections
DĂ©partementales Cantons de Pau-1, Pau-2, Pau-3 et Pau-4
(bureau centralisateur)
LĂ©gislatives TroisiĂšme circonscription
Localisation
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Pau
Liens
Site web pau.fr

    La ville se situe au cƓur de l'ancienne principautĂ© souveraine de BĂ©arn, dont elle est la capitale depuis 1464. La citĂ© occupe une position d'interface entre plaine et montagne, un carrefour oĂč se rejoignent la vallĂ©e du gave de Pau, la plaine du Pont-Long et les chemins transpyrĂ©nĂ©ens. Jusqu'Ă  la pĂ©riode romaine, cette zone conserve une fonction de lande exploitĂ©e extensivement par des occupants transhumants. C'est au XIIe siĂšcle que les plus anciennes traces de la citĂ© paloise apparaissent, les seigneurs de BĂ©arn faisant construire un chĂąteau pour surveiller un guĂ© stratĂ©gique sur le gave. DĂ©terminĂ©s Ă  contrĂŽler une terre vitale pour leurs activitĂ©s pastorales, les premiers Palois sont en grande partie originaires d'Ossau.

    La ville et son chĂąteau prennent une nouvelle dimension comme siĂšge des souverains de Navarre au XVIe siĂšcle, devenant un centre politique et intellectuel de premier plan. L'histoire de Pau est durablement marquĂ©e par la naissance du futur Henri IV en 1553 dans le chĂąteau royal. Avec la fin de l'indĂ©pendance bĂ©arnaise en 1620, Pau perd de son influence mais reste Ă  la tĂȘte d'une province largement autonome jusqu'Ă  la RĂ©volution. C'est au XVIIIe siĂšcle que naĂźt le palois Jean-Baptiste Bernadotte, roi de SuĂšde et de NorvĂšge de 1818 Ă  1844. La Belle Époque marque un nouvel essor pour Pau avec l'afflux de riches touristes Ă©trangers (dont britanniques), venant y passer l'hiver, notamment pour les bienfaits du climat palois dĂ©crits par Alexander Taylor. Pau se transforme avec la construction de villas, palaces et Ă©quipements publics (bains, casino, funiculaire). À cette pĂ©riode, Pau devient l'une des capitales mondiales de l'aĂ©ronautique naissante sous l'influence des frĂšres Wright.

    Avec la fin du tourisme de villĂ©giature au cours du XXe siĂšcle, l'Ă©conomie paloise — et celle de son agglomĂ©ration — s'oriente peu Ă  peu vers les industries aĂ©ronautique et pĂ©trochimique, avec la dĂ©couverte du gisement de gaz de Lacq en 1951. Pau est en 2017 une commune d'environ 77 000 habitants, ville-centre d'une agglomĂ©ration de prĂšs de 200 000 habitants. Principale commune de l'aire urbaine de Pau et de la communautĂ© d'agglomĂ©ration Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es, Pau joue un rĂŽle moteur pour le BĂ©arn mais Ă©galement pour une grande partie du bassin de l'Adour. Capitale administrative, elle bĂ©nĂ©ficie d'un tissu Ă©conomique dense en matiĂšre d'activitĂ©s de services. Pau joue Ă©galement le rĂŽle de capitale culturelle avec de nombreux Ă©vĂ©nements, notamment sportifs. Ville d'art et d'histoire depuis 2011, le panorama remarquable sur la chaĂźne des PyrĂ©nĂ©es — en particulier depuis le boulevard des PyrĂ©nĂ©es — est protĂ©gĂ© par l'appellation des Horizons palois.

    GĂ©ographie

    Localisation

    Pau se situe sur l'axe Atlantique - Toulouse - MĂ©diterranĂ©e, Ă  25 kilomĂštres des premiers contreforts des PyrĂ©nĂ©es[Note 1]. Elle est Ă©loignĂ©e de plus de 110 km de Bayonne et de l'ocĂ©an Atlantique (la plage de Capbreton se situe Ă  112 km par la route et l'autoroute[Note 2]) ; au nord, elle est Ă  216 km de Bordeaux et, Ă  l'est, dans la rĂ©gion voisine d'Occitanie, elle est distante de 40 km de Tarbes, 46 km de Lourdes et 196 km de Toulouse. L'Espagne — Ă©loignĂ©e de cinquante kilomĂštres Ă  vol d'oiseau[Note 3] — est accessible via Gan puis Oloron-Sainte-Marie, par le col du Somport (1 631 mĂštres), et via Gan puis Laruns, par le col du Pourtalet (1 794 mĂštres). Sa localisation au pied des PyrĂ©nĂ©es lui confĂšre un vaste panorama sur la chaĂźne des PyrĂ©nĂ©es en particulier depuis le boulevard des PyrĂ©nĂ©es. Ce panorama unique a fait dire Ă  Alphonse de Lamartine : « Pau est la plus belle vue de terre comme Naples est la plus belle vue de mer »[RP 1].

    Communes limitrophes

    Les communes limitrophes sont Buros, BillÚre, Bizanos, Gelos, Idron, Jurançon, Lons, Montardon et Morlaàs.

    Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de dix autres communes dont l'une par un quadripoint :

    Relief et géologie

    La capitale bĂ©arnaise se situe au cƓur de la vallĂ©e du gave de Pau ; celle-ci est encadrĂ©e par de puissantes collines sur environ 75 km, de Montaut Ă  l'est jusqu'Ă  Orthez Ă  l'ouest. Entre le gave de Pau et le gave d'Oloron plus au sud, les collines qui forment l'entre deux gaves n'excĂšdent pas 400 mĂštres d'altitude[M 1]. Au sud de Pau, l'orientation nord-sud est imposĂ©e par les vallĂ©es Ă©troites et profondes des diffĂ©rents affluents du gave de Pau (le Soust, le Neez, les HiĂšs, la Juscle, etc.). Au nord de la commune, les collines des landes du Pont-Long sont plus douces et tournĂ©es vers la Gascogne avec plusieurs affluents directs ou indirects de l'Adour (l'Ayguelongue, le Luy de BĂ©arn, le Luy de France, le Gabas, etc.). À l'approche de Pau par l'est, la vallĂ©e du gave se resserre progressivement entre le Pont-Long et les coteaux de Jurançon[Note 4]. L'agriculture cĂšde Ă©galement sa place Ă  l'urbanisation de l'agglomĂ©ration paloise.

    Pau occupe la position d'un guĂ© au-dessus du gave, celui-ci Ă©tant un torrent pyrĂ©nĂ©en qui peut s'avĂ©rer ĂȘtre difficile Ă  traverser lors de ses nombreuses crues violentes. Ces derniĂšres sont l'occasion de l'accumulation sur ses berges de galets ainsi que de la crĂ©ation d'Ăźlots temporaires couverts d'une vĂ©gĂ©tation fournie. Au-dessus de la plaine alluviale se dresse un abrupt presque vertical, le rebord de ce plateau prend la forme d'un Ă©peron Ă  l'ouest car la riviĂšre du HĂ©das dĂ©coupe une laniĂšre en pointe avant de se jeter dans le gave. Le rebord mĂ©ridional est lui creusĂ© par un Ă©troit ravin appelĂ© bie cabe (« la rue en creux » en bĂ©arnais).

    Le lit actuel du gave de Pau s’inscrit dans le vaste synclinal dit de « MorlaĂ s »[M 2]. Les formations rencontrĂ©es sous les dĂ©pĂŽts quaternaires sont constituĂ©es de couches sĂ©dimentaires de la pĂ©riode tertiaire : molasse et flysch[M 2]. Ces terrains ont Ă©tĂ© recouverts au quaternaire par des formations alluviales provenant de la divagation des diffĂ©rents glaciers et cours d’eau de la chaĂźne pyrĂ©nĂ©enne. La ville de Pau s’est installĂ©e sur les terrasses du gave qui a Ă©tabli son cours actuel au cours des pĂ©riodes quaternaires, en taillant son lit dans les dĂ©pĂŽts continentaux du tertiaire supĂ©rieur[M 2]. Le gave et les anciens glaciers qui lui ont donnĂ© naissance ont dĂ©posĂ© plusieurs sĂ©ries sĂ©dimentaires formant un systĂšme de terrasses. La terrasse alluviale sur laquelle se situe Pau (dite nappe de Pont Long[M 2]) est l’une des plus importantes du piĂ©mont bĂ©arnais. Elle est constituĂ©e de galets altĂ©rĂ©s entourĂ©s d’une gangue argileuse ocre.

    La superficie de la commune est de 3 151 hectares d'aprĂšs l'Institut national de l'information gĂ©ographique et forestiĂšre (IGN)[1], son altitude varie entre 165 et 245 mĂštres.

    Bassin du Luy de BĂ©arn

    Au nord de l'A64, le bassin du Luy de BĂ©arn est reprĂ©sentĂ© par le rĂ©seau hydrographique du Luy de BĂ©arn constituĂ© par le cours d'eau du Luy de BĂ©am et de ses affluents : le Larlas, l'Ayguelongue et ses affluents (le Bruscos et le Lata) et l'Uzan[PPRI 1]. Le Luy de BĂ©arn est un ruisseau de plaine Ă  pente faible et peu encaissĂ© qui prend sa source Ă  Andoins Ă  330 m d'altitude, Ă  environ 15 km de Pau, parcourt 63 km avant de confluer avec le Luy. Il constitue la limite communale nord[PPRI 2]. Le Larlas, quant Ă  lui, traverse la partie extrĂȘme nord de la commune avant de confluer avec le Luy de BĂ©arn dans la commune limitrophe Serres-Castet. Ce cours d'eau, comme les autres affluents du Luy de BĂ©arn, Ă  savoir l'Ayguelongue (7 200 m Ă  Pau), le Lata (1 300 m Ă  Pau), le Bruscos (1 500 m) et l'Uzan (4 500 m), traversent principalement des parcelles agricoles destinĂ©es Ă  la culture du maĂŻs et des zones boisĂ©es[PPRI 2].

    Bassin du gave de Pau

    Photographie en couleurs d'un cours d'eau aux rives boisées ; chùteau en surplomb en arriÚre-plan.
    Le chĂąteau et le gave depuis Gelos.

    Au sud de l'A64, le bassin du gave de Pau comprend trois rĂ©seaux : l'Ousse des Bois et ses affluents (la Garle, le Labedaa et le Perlic), le Lescourre et ses affluents — situĂ©s presque exclusivement en dehors de la commune (le LaĂŒ, la Cavette, le MohĂ©dan, le Canal des Moulins et le Lagoue) — et le rĂ©seau du gave de Pau et de ses affluents directs (le Soust, le LaherrĂšre, l'Ousse et le canal HeĂŻd).

    L'Ousse des Bois traverse le nord du territoire de la commune d'est en ouest, entre la rocade est en amont et la RD 834 Ă  l'aval. Sur l'ensemble de ce tronçon, ce cours d'eau est Ă  ciel ouvert et comporte 11 ouvrages de franchissement des voies routiĂšres. Il recueille les eaux des terrains compris globalement entre le chemin Cami SaliĂ© au nord et le boulevard de la Paix au sud[PPRI 3]. Concernant le rĂ©seau du Lescourre, le LaĂŒ est situĂ©, en aval de la RD 943, entiĂšrement en zone urbanisĂ©e. Il prĂ©sente deux tronçons distincts : Ă  l'amont de l'avenue des Lilas, il est en grande partie Ă  ciel ouvert, puis il est entiĂšrement busĂ© jusqu'Ă  l'aval de Pau[PPRI 4].

    Le gave de Pau[2] — gave est le nom donnĂ© Ă  un torrent dans les PyrĂ©nĂ©es — prend sa source au cirque de Gavarnie (Hautes-PyrĂ©nĂ©es) et est le principal affluent de l'Adour, dans lequel il se jette aprĂšs avoir parcouru 190,7 kilomĂštres. Il traverse la commune au sud de la zone urbanisĂ©e. Le LaherrĂšre, qui prend sa source au niveau de l'avenue des Lilas sur la commune de Pau Ă  environ 208 m d'altitude et se jette dans le gave de Pau Ă  Lons, est busĂ© sur la commune de Pau dans sa quasi-totalitĂ©. L'Ousse, affluent rive droite du gave de Pau qui prend sa source sur la commune de BartrĂšs Ă  570 m d'altitude, au pied de l'agglomĂ©ration lourdaise, et conflue avec le gave de Pau sur la commune de Pau Ă  170 m d'altitude, traverse une zone entiĂšrement urbanisĂ©e de la commune, comme d'ailleurs le canal HeĂŻd et le Soust[PPRI 5].

    Hydrographie

    La commune est drainĂ©e par le gave de Pau, le Luy de BĂ©arn, l'Ousse des Bois, le ruisseau de l'Ousse, l'AĂŻgue Longue, le Soust, le Lata, le Lau, le ruisseau MerdĂ©, la HerrĂšre, et par divers petits cours d'eau, constituant un rĂ©seau hydrographique de 26 km de longueur totale[3] - [4].

    Le gave de Pau, d'une longueur totale de 192,8 km, prend sa source dans la commune de Gavarnie-GĂšdre et s'Ă©coule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans l'Adour Ă  Saint-Laurent-de-Gosse, aprĂšs avoir traversĂ© 88 communes[5].

    Le Luy de BĂ©arn, d'une longueur totale de 76,6 km, prend sa source dans la commune d'Andoins et s'Ă©coule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Luy Ă  Gaujacq, aprĂšs avoir traversĂ© 30 communes[6].

    L'Ousse des Bois, d'une longueur totale de 32,3 km, prend sa source dans la commune de Limendous et s'Ă©coule d'est en ouest. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau Ă  Denguin, aprĂšs avoir traversĂ© 13 communes[7].

    L’Ousse, d'une longueur totale de 42,4 km, prend sa source dans la commune de BartrĂšs et s'Ă©coule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau Ă  Gelos, aprĂšs avoir traversĂ© 19 communes[8].

    L'AĂŻgue Longue, d'une longueur totale de 24,4 km, prend sa source dans la commune de Pau et s'Ă©coule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Luy de BĂ©arn Ă  Momas, aprĂšs avoir traversĂ© 13 communes[9].

    Le Soust, d'une longueur totale de 24,4 km, prend sa source dans la commune de SĂ©vignacq-Meyracq et s'Ă©coule du sud vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau Ă  Pau, aprĂšs avoir traversĂ© 7 communes[10].

    • Carte schĂ©matisant les riviĂšres et ruisseaux d'une ville.
      RĂ©seau hydrographique de Pau.
    • Carte en couleur prĂ©sentant les rĂ©seaux hydrographiques de la commune
      RĂ©seaux hydrographique et routier de Pau

    Climat

    Sa situation gĂ©ographique, non loin des PyrĂ©nĂ©es, confĂšre Ă  la ville un climat contrastĂ©, de type ocĂ©anique. Les tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă  −10 °C sont trĂšs rares et celles infĂ©rieures Ă  −15 °C exceptionnelles ; il faut constater tout de mĂȘme −15 °C en et −17,5 °C en . La tempĂ©rature moyenne par an est de 13,5 °C (minimale moyenne : 8,6 °C ; maximale moyenne : 18,4 °C). En Ă©tĂ©, les maximales sont de l'ordre de 20 °C Ă  30 °C, et atteignent trĂšs rarement des tempĂ©ratures supĂ©rieures Ă  35 °C. Certains jours d'hiver, le foehn — vent chaud du sud — peut faire monter la tempĂ©rature Ă  plus de 20 °C, et ce pendant plusieurs jours. La pluviomĂ©trie est forte mais sur un nombre de jours moyens (125), de l'ordre de 1 069 mm de pluie par an, tandis que l'ensoleillement tourne autour de 1 880 heures par an[11]. C'est surtout la faible prĂ©sence de vent qui caractĂ©rise le climat de la rĂ©gion : les vents trĂšs forts sont trĂšs rares ; en gĂ©nĂ©ral, ils sont nuls ou trĂšs faibles[RP 2]. Sur une annĂ©e, la commune compte en moyenne 30 jours avec rafales de vent[12]. Il neige entre 6 et 12 jours par an.

    Ce climat permet à Pau de devenir, à la fin du XIXe siÚcle, un lieu de villégiature hivernale prisé par la bourgeoisie britannique, américaine et russe. En 1842, le médecin écossais Alexander Taylor attribue, en effet, des vertus curatives « sédatives » au climat palois[13].

    Statistiques 1991-2020 et records Station PAU-UZEIN (64) Alt: 183m 43° 23â€Č 06″ N, 0° 24â€Č 54″ O
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 2,4 2,5 5 7,4 11 14,1 15,8 15,7 12,8 9,8 5,5 3 8,8
    Température moyenne (°C) 6,8 7,4 10,3 12,5 16 19,1 20,9 21,1 18,3 15 10 7,5 13,7
    Température maximale moyenne (°C) 11,2 12,3 15,5 17,5 21 24,1 25,9 26,5 23,9 20,1 14,5 12 18,7
    Record de froid (°C)
    date du record
    −14,8
    08.1985
    −15
    13.1956
    −8,9
    06.1971
    −6
    13.1958
    −1,3
    02.1945
    5,3
    08.1954
    5,4
    30.1986
    1,7
    01.1925
    −1
    30.1936
    −4,2
    29.1940
    −9,6
    26.1942
    −12,6
    18.1933
    −15
    1956
    Record de chaleur (°C)
    date du record
    24,5
    17.1930
    27,8
    28.1960
    31
    25.1955
    30,8
    30.2005
    34,1
    30.1996
    39,4
    18.2022
    39,2
    08.1982
    39,9
    01.1947
    38,9
    12.2022[14]
    34
    05.1921
    27,1
    01.1999
    27,2
    04.1985
    39,9
    1947
    Ensoleillement (h) 100,6 121,6 163,7 167 186,4 196,2 213,2 210,9 193 150,3 107,4 99,4 1 909,7
    PrĂ©cipitations (mm) 101,8 82,8 85,7 106,4 104,2 85,7 64,1 64,7 76,8 91,5 132 98,1 1 093,8
    dont nombre de jours avec prĂ©cipitations ≄ 1 mm 11,8 10,4 10,5 12,7 12,2 9,8 8,5 8 9 10,6 12,1 11,1 126,8
    dont nombre de jours avec prĂ©cipitations ≄ 5 mm 6,2 5,3 5,3 6,8 6,3 5 3,7 3,4 4,6 5,2 7,7 6,1 65,8
    dont nombre de jours avec prĂ©cipitations ≄ 10 mm 3,7 2,8 3,1 3,6 3,3 2,9 2,2 2,2 2,5 3,3 4,9 3,5 37,8
    Source : [MétéoFrance] « Fiche 64549001 », sur donneespubliques.meteofrance.fr, edité le : 06/12/2022 dans l'état de la base

    Paysages

    Entités paysagÚres

    Quatre entitĂ©s paysagĂšres peuvent ĂȘtre distinguĂ©es sur la commune[15] : le gave et sa vallĂ©e visible depuis les diffĂ©rents ponts menant Ă  Pau ; la zone urbaine au sud et au nord du gave ; le plateau agricole au nord de l’autoroute A64, rural et forestier ; les coteaux de MorlaĂ s et des communes voisines. Pour protĂ©ger le patrimoine architectural, urbain et paysager de Pau, la ville s'est dotĂ©e d'une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) le [M 3]. Cette ZPPAUP introduit, entre autres, des prescriptions relatives au paysage en prenant en compte la loi paysage du [M 4].

    Sites classés

    L’ensemble du boulevard des PyrĂ©nĂ©es — balcon construit entre 1869 et 1899 en rive droite du gave de Pau — est classĂ© en 1924 par le MinistĂšre de l’instruction publique et des Beaux arts « parmi les sites et monuments naturels de caractĂšre artistique ». Plusieurs fois Ă©tendu, le site paysager aujourd'hui classĂ© comprend la terrasse sud du chĂąteau de Pau, prolongĂ©e par le boulevard des PyrĂ©nĂ©es[16]. La notion d'Horizons palois fait elle rĂ©fĂ©rence Ă  la volontĂ© de protection des Ă©lĂ©ments majeurs qui structurent la vue si particuliĂšre depuis Pau sur son environnement naturel. La vue depuis les hauteurs de Pau englobe les saligues[Note 5] du gave de Pau, puis les coteaux de Jurançon et enfin la chaĂźne des PyrĂ©nĂ©es. Dix-sept sites sont ainsi inscrits en 1944 au titre des Horizons palois, afin de les protĂ©ger de toute construction ou altĂ©ration pouvant dĂ©tĂ©riorer le panorama qui est notamment visible depuis le boulevard des PyrĂ©nĂ©es et le chĂąteau[17].

    Huit autres sites et paysages sont eux inscrits, il s'agit de la promenade publique autour de la place de Verdun depuis 1942, des immeubles bordant le boulevard des Pyrénées, du jardin du chùteau, des jardins de la gare et belvédÚre (square d'Aragon), du parc du lycée ainsi qu'une partie du parc Beaumont depuis 1944, des allées de Morlaàs depuis 1945, de la place Gramont depuis 1958 et enfin l'espace appelé « Zones urbaines à Pau » depuis 1974. Cette derniÚre zone est voulue par le nouveau maire de l'époque, André LabarrÚre, pour protéger des zones situées entre des parties classées ou inscrites pouvant évoluer anarchiquement[18].

    Zonages réglementaires

    Le territoire communal de Pau compte deux sites Natura 2000 : le gave de Pau, classĂ© Site d'importance communautaire (SIC) en 2003 et Zones SpĂ©ciales de Conservation (ZSC) en 2014, et le parc boisĂ© du chĂąteau de Pau, classĂ© SIC en 2004 et ZSC en 2006[19]. D'une superficie de 8 212 ha, le site Natura 2000 du gave de Pau s'Ă©tend sur 107 communes dont Pau, il est constituĂ© Ă  60 % d'eaux douces intĂ©rieures (eaux stagnantes, eaux courantes), 20 % de marais, bas-marais et tourbiĂšres et 10 % de landes, broussailles, maquis et garrigues, phrygana. Il est de qualitĂ© du fait du vaste rĂ©seau hydrographique qui le constitue avec un systĂšme de saligues encore vivace, des boisements humides oĂč abondent les saules[20]. La faune aquatique est caractĂ©risĂ©e par la mulette (Margaritifera margaritifera), la cordulie Ă  corps fin (Oxygastra curtisii), le gomphe de Graslin (Gomphus graslinii), l'Ă©crevisse Ă  pattes blanches (Austropotamobius pallipes), la lamproie de Planer (Lampetra planeri), le saumon atlantique (Salmo salar) et le chabot commun (Cottus gobio)[21]. Le site du parc boisĂ© du chĂąteau de Pau est plus petit puisqu'il concerne 19 ha et s'Ă©tend sur deux communes dont Pau. Il est de qualitĂ© du fait de la prĂ©sence d'un grand nombre de vieux arbres. Il s'agit en outre du seul site du scarabĂ©e pique-prune (Osmoderma eremita) connu en PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, une espĂšce en rĂ©gression, menacĂ©e et protĂ©gĂ©e[22].

    Le rĂ©seau hydrographique du gave de Pau est Ă©galement inscrit Ă  l’inventaire des zones naturelles d'intĂ©rĂȘt Ă©cologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)[23]. Il s'agit d'une ZNIEFF de type II[Note 6] d'une surface de 3 000 hectares. Son territoire est en partie couvert par la zone Natura 2000 du gave de Pau. Aussi, le corridor de l'Ousse-des-Bois est un espace acquis par le conservatoire rĂ©gional d'espaces naturels d'Aquitaine Ă  des fins de protection[24]. Depuis une forte pollution en 2010, le site est sous Ă©troite surveillance[RP 3].

    Parcs et jardins

    Photographie en couleurs de fleurs multicolores sur fond de paysage enneigé.
    Pau se présente comme une « ville jardin ».

    Pau est une ville particuliÚrement verdoyante avec plus de 750 hectares d'espaces verts communaux[M 5]. Grùce à un climat doux et plutÎt humide, les jardins sont agrémentés de plantes provenant de régions plus exotiques comme les palmiers de Chine, mais aussi des séquoias géants et des magnolias à grandes fleurs lauriers-tulipiers d'origine américaine. Dans son palmarÚs 2022, le Conseil national de villes et villages fleuris de France a attribué quatre fleurs à la commune[25].

    Différents parcs et jardins sont aménagés dans la cité, avec notamment le parc Beaumont qui compte un lac, une riviÚre et une cascade, de nombreux massifs de fleurs et une roseraie. Les 12 hectares du parc abritent 110 essences d'arbres. Certains sujets sont « remarquables » par leur taille, leur ùge ou leur rareté : cyprÚs chauve de Louisiane, plaqueminier de Virginie ou Séquoia géant[M 6]. Le parc Lawrence, parc aux arbres centenaires, abrite lui une des nombreuses villas anglaises du XIXe siÚcle de Pau. Le domaine national du chùteau de Pau est composé d'un jardin Renaissance avec plantes médicinales et d'un parc. Il est le lointain héritier des vastes jardins du chùteau développés au cours du XVIe siÚcle sous Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, des jardins vus comme « parmi les plus beaux d'Europe » par des visiteurs contemporains[26].

    Urbanisme

    Typologie

    Pau est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densitĂ© intermĂ©diaire, au sens de la grille communale de densitĂ© de l'Insee[Note 7] - [27] - [28] - [29]. Elle appartient Ă  l'unitĂ© urbaine de Pau, une agglomĂ©ration intra-dĂ©partementale regroupant 55 communes[30] et 201 784 habitants en 2020, dont elle est ville-centre[31] - [32] - [33].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pau, dont elle est la commune-centre[Note 8]. Cette aire, qui regroupe 228 communes, est catĂ©gorisĂ©e dans les aires de 200 000 Ă  moins de 700 000 habitants[34] - [35].

    Occupation des sols

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnĂ©es europĂ©enne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquĂ©e par l'importance des territoires artificialisĂ©s (72 % en 2018), en augmentation par rapport Ă  1990 (68,8 %). La rĂ©partition dĂ©taillĂ©e en 2018 est la suivante : zones urbanisĂ©es (49,2 %), zones industrielles ou commerciales et rĂ©seaux de communication (14,6 %), terres arables (10,5 %), forĂȘts (10,4 %), espaces verts artificialisĂ©s, non agricoles (8,2 %), zones agricoles hĂ©tĂ©rogĂšnes (7,1 %)[36].

    L'IGN met par ailleurs Ă  disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires Ă  des Ă©chelles diffĂ©rentes). Plusieurs Ă©poques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aĂ©riennes : la carte de Cassini (XVIIIe siĂšcle), la carte d'Ă©tat-major (1820-1866) et la pĂ©riode actuelle (1950 Ă  aujourd'hui)[Carte 1].

    DĂ©veloppement urbain

    La mairie de Pau distingue vingt-six quartiers et six secteurs dans la commune[M 7] : Foirail - Triangle/Les Anglais - Hypercentre ; Haute-Plante/Trianon - Basse-Plante/Etigny/Quartier du HĂ©das - XIV-Juillet - Rives du Gave ; Lartigue/Hippodrome - Lilas - UniversitĂ© - Saragosse - Saint-Joseph/Fouchet ; Pouguet/HĂŽpital - Copernic - Hameau ; Peyroulet - AllĂ©es de Morlaas - Peboue - Indusnort/Stade du Hameau ; Trespoey - Le Buisson. Le centre-ville de Pau est notamment dĂ©limitĂ© par le boulevard d'Alsace-Lorraine au nord, par l'avenue Édouard-VII Ă  l'est, l'Ousse et le gave au sud, puis l'avenue Gaston-PhƓbus Ă  l'ouest.

    Le développement du castelnau
    • Le borg vielh (sĂ©lection).
    • Photographie en couleurs d'une rue piĂ©tonne pavĂ©e.
      Rue du chĂąteau.
    • Photographie en couleurs d'un vieille immeuble construit en galets et briques.
      Immeuble du borg vielh.
    • Photographie en couleurs d'une vieille porte cloutĂ©e.
      Une porte du borg vielh.
    • Photographie en couleurs en couleurs d'une petite rue sur laquelle passe l'arche en pierre d'un pont.
      Rue du Moulin.
    • Photographie en couleurs d'un hĂŽtel particulier Ă  Ă©tage.
      HÎtel de Peyré face au chùteau.
    • Photographie en couleurs d'une maison Ă  colombages de bois.
      Maison Ă  colombages.

    L'urbanisation du centre-ville de Pau s'étend principalement du XIe siÚcle à la premiÚre moitié du XXe siÚcle ; ce mouvement est façonné par des contraintes topographiques trÚs caractéristiques de la commune qui ont largement affecté, voire freiné, son développement au cours des siÚcles. Le chùteau est implanté à l'angle sud-ouest d'un éperon rocheux délimité en contrebas par le gave (au sud) et par le Hédas (au nord). Cet éperon s'élargit ensuite vers l'est au sein d'un plateau, permettant l'implantation d'un village protégé par le chùteau et ces frontiÚres naturelles. Cette configuration explique que le développement urbain de la ville se soit dans un premier temps déroulé vers l'est, puis vers le nord lorsque le Hédas est franchi avec la construction de différents ponts au XVIIe siÚcle.

    Le castelnau mĂ©diĂ©val s'installe au sein d'un triangle dont la base atteint 250 mĂštres[M 8] Ă  l'endroit oĂč est implantĂ© le premier mur de protection du faubourg Ă  l'est Ă  partir de 1384[B 1]. Les lourds travaux entrepris au XIVe siĂšcle par FĂ©bus pour renforcer les dĂ©fenses du chĂąteau permettent un large essor du castelnau primitif qui est dĂ©sormais nommĂ© borg major puis borg vielh. Deux portes sont amĂ©nagĂ©es au sein du mur d'enceinte : la porte du Moulin (toujours existante) en contrebas cĂŽtĂ© gave et la porte deu Miey[Note 9] (« du milieu » en bĂ©arnais) qui est dĂ©truite en 1793 mais qui est dĂ©jĂ  insĂ©rĂ©e dans le tissu urbain en 1468[M 8]. Au XIVe siĂšcle, la future capitale bĂ©arnaise est composĂ©e de quatre rues[Note 10] et de 128 foyers. Le bourg nau (bourg neuf[B 3] ou borguet[B 4]) se dĂ©veloppe ensuite au XVe siĂšcle puisque le mur d'enceinte est dĂ©placĂ© plus Ă  l'est, la porte d'ArribĂšre[Note 11] remplaçant dans sa fonction la porte deu Miey comme extrĂ©mitĂ© est de la citĂ©.

    La résidence royale
    Illustration en couleurs d'un marché.
    La place Reine-Marguerite accueille le vieux marché de Pau.

    À partir du dĂ©but XVIe siĂšcle, le mouvement de croissance de la citĂ© vers l'est s'accentue. DĂ©sormais capitale du BĂ©arn, la ville fait construire un hĂŽpital Ă  l'est de la jonction de la porte d' ArribĂšre et de la cĂŽte de la Fontaine[Note 12] et fait dĂ©placer les boucheries ainsi que le cimetiĂšre Ă  l'est des murs[M 8]. Un faubourg se constitue Ă©galement au sud de la porte de la Monnaie, Ă  la place du camp Batalher cĂ©lĂšbre pour la pratique des duels judiciaires. Ce mĂȘme XVIe siĂšcle offre Ă  Pau le titre de rĂ©sidence royale, les souverains de Navarre achĂšvent la transformation du chĂąteau forteresse en un palais Renaissance avec de grands parcs et des jardins. La prĂ©sence de la cour entraĂźne Ă©galement des transformations dans l'aspect de la ville avec les constructions successives d'un nouveau pont[Note 13] sur le gave, d'un hĂŽtel de ville[Note 14] et d'un palais de justice[Note 15]. L'hygiĂšne devient une nouvelle prĂ©occupation pour les jurats palois, avec la rĂ©daction d'un premier rĂšglement visant Ă  imposer le nettoyage des rues, l'arrĂȘt du dĂ©versement des latrines dans la rue et l'interdiction de l'Ă©levage d'animaux Ă  l'intĂ©rieur de l'enceinte[M 8]. En 1568, Jeanne d'Albret tente Ă©galement d'imposer le remplacement du chaume par des couvertures en ardoise ainsi que le pavage des rues mais les guerres de religion retardent le projet.

    À la fin du XVIe siĂšcle, la citĂ© paloise est toujours entiĂšrement contenue dans les mĂȘmes bornes que celles qui prĂ©valaient deux siĂšcles auparavant. Quatre portes[B 4] existent alors : la toujours porte du Moulin ainsi que la porte de Gassion en contrebas cĂŽtĂ© sud, la porte du Portalet au niveau de l'actuel hĂŽtel de Gassion et la porte d'ArribĂšre. La place Reine-Marguerite est amĂ©nagĂ©e au niveau de cette derniĂšre porte en 1590 pour accueillir les premiĂšres halles de la ville, il s'agit de la plus ancienne place paloise. De nouvelles fortifications plus lĂ©gĂšres sont Ă©difiĂ©es entre 1632 et 1646[M 8] pour protĂ©ger les faubourgs construits progressivement Ă  l'est du borguet, la porte-Neuve[Note 16] verrouille alors Pau en direction de Tarbes.

    L'ouverture de la ville

    L'ouverture totale de la ville vers l'est, avec la fin de la ville fortifiée, coïncide avec le franchissement du ravin du Hédas au milieu du XVIIe siÚcle[Note 17]. La cité paloise va dÚs lors se désenclaver à l'est et au nord avec l'installation de nombreux ordres religieux notamment. Ces derniers profitent du rétablissement du culte catholique en Béarn à partir de 1620 pour investir la cité. La ville éclate alors en plusieurs pÎles d'urbanisation, la vieille ville originelle (borg vielh et borguet) est séparée de ces extensions par des coupures végétales et agricoles[M 8]. Les jésuites, les cordeliers, les ursulines ou encore les orphelines[Note 18] établissent de nouvelles bornes de croissance pour la ville au XVIIe siÚcle.

    Au milieu du XVIIIe siÚcle, l'ouverture de la ville marque une nouvelle étape avec la construction du pont Royal vers l'actuel quartier du XIV-Juillet. Ce pont est pour la premiÚre fois entiÚrement réalisé en maçonnerie et d'une largeur suffisante pour supporter le trafic et permettre un réel développement vers le sud de la ville. Ce XVIIIe siÚcle est également marqué par l'ouverture du pont Bordenave d'AbÚre en 1786, il permet de relier la vieille ville à la route de Bordeaux au nord par-dessus le Hédas. Néanmoins, il n'existe pas encore de liaison directe entre le nouveau pont Royal et la route de Bordeaux sans passer par la vieille ville (par la cÎte du Moulin). Un projet urbain particuliÚrement complexe est mis en place par l'ingénieur Louis Pollart afin de créer un axe entre les deux voies. L'actuelle rue Marca n'est ouverte qu'à la Révolution par une décision du [M 8].

    La ville climatique
    • La ville climatique (sĂ©lection).
    • Photographie en couleurs d'une chaĂźne de montagnes enneigĂ©es en arriĂšre-plan d'un paysage boisĂ©.
      La ville s'ouvre peu à peu aux Pyrénées.
    • Photographie en couleurs d'un bĂątiment dont le rez-de-chaussĂ©e est constituĂ© d'arcades ouvertes.
      Arcades de la Place Gramont.
    • Phohographie en couleurs d'une rue formant belvĂ©dĂšre et remplie de passants.
    • Phohographie en noir-et-blanc d'un ancien hĂŽtel au dĂ©but du XXe siĂšcle.
      L'hĂŽtel de France en 1912.
    • Plan en noir-et-blanc d'un quartier de ville au XIXe siĂšcle.
      Centre-ville de Pau en 1885.

    Au lendemain de la RĂ©volution, la vente des biens nationaux entraĂźne des changements profonds dans la physionomie de la ville. Les parcs du chĂąteau sont ainsi utilisĂ©s pour divers projets urbanistiques, la basse-plante permet en partie la rĂ©alisation de la place Gramont de 1817 Ă  1840 tandis que la haute-plante voit s'installer la caserne Bernadotte Ă  partir de 1830 ainsi que le nouveau cimetiĂšre de la ville. Certains Ă©difices religieux changent Ă©galement de fonction, le couvent de la Foy est transformĂ© en hĂŽtel de prĂ©fecture, le couvent Notre-Dame[Note 19] reçoit la mairie jusqu'en 1808 et le collĂšge royal des jĂ©suites est transformĂ© en Ă©cole centrale puis en lycĂ©e Ă  partir de cette mĂȘme annĂ©e 1808. Dans la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, la capitale bĂ©arnaise poursuit Ă©galement son expansion vers le nord avec la crĂ©ation de la rue Serviez qui enjambe le HĂ©das par un nouveau pont construit en 1802. Par la suite, cette rue est prolongĂ©e pour ĂȘtre reliĂ©e Ă  la route de Bordeaux dĂšs 1840 Ă  la demande d'un groupe d'habitants du quartier des Cultivateurs[Note 20]. Cette nouvelle liaison prend le nom de Montpensier en la mĂ©moire du prince Antoine d'OrlĂ©ans, fils de Louis-Philippe et duc de Montpensier, qui vĂźnt inaugurer la statue d'Henri IV place Royale en 1843[Note 21].

    C'est au milieu du XVIIIe siĂšcle que la capitale bĂ©arnaise commence Ă  accueillir un nombre croissant[Note 22] de touristes Ă©trangers qui viennent profiter du climat prĂ©tendument sĂ©datif de Pau en hiver. Ce tourisme climatique s'accompagne de plusieurs amĂ©nagements dans la ville : systĂšme de numĂ©rotation des maisons, rĂ©seau d'Ă©clairage Ă  l'huile puis au gaz dĂšs 1840, des trottoirs sont amĂ©nagĂ©s et multiplication du nombre des fontaines dĂ©cidĂ©e dĂšs 1835[M 8]. Le boulevard du Nord (nommĂ© Alsace-Lorraine dĂ©sormais) est crĂ©Ă© autour de 1870[M 8] pour densifier le tissu urbain sur son cĂŽtĂ© intĂ©rieur, il occupe ce rĂŽle jusque vers 1925. L'axe constituĂ© par la rue Serviez et la nouvelle rue Montpensier profite de cette volontĂ©, le premier quartier anglais voit le jour autour de l'actuelle Ă©glise Saint-Andrew's et de l'ancien Grand HĂŽtel. Pau devient alors une station de sĂ©jour de renommĂ©e mondiale avec prĂšs de 6 000 hivernants dans les annĂ©es 1880[B 5] (l'Ă©quivalent de 20 % de la population Ă  l'Ă©poque). C'est sous cette influence que plusieurs dĂ©cisions importantes sont prises Ă  cette Ă©poque concernant l'amĂ©nagement urbain de la citĂ©, la premiĂšre d'entre elles est la crĂ©ation du boulevard du Midi de 1854 Ă  1871 et l'achat du domaine de Beaumont en 1878. Le boulevard du Midi[Note 23] constitue l'amorce du futur boulevard des PyrĂ©nĂ©es construit de 1893 Ă  1899 pour relier la vieille ville Ă  la ville neuve, il fait Ă©galement de Pau une vĂ©ritable ville belvĂ©dĂšre.

    Les derniĂšres grandes modifications
    photographie en noir et blanc d'une fontaine et d'une statue, avec des montagnes en arriĂšre plan.
    Les palais des Pyrénées dans les années 1930.

    Le centre-ville de Pau prend sa forme actuelle dĂšs la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle avec la rĂ©alisation de plusieurs projets d'envergure, dont la crĂ©ation du palais des PyrĂ©nĂ©es et sa jonction au boulevard du mĂȘme nom par le boulevard d'Aragon. À l'orĂ©e des annĂ©es 1930, le maire Alfred de Lassence souhaite recentrer la ville autour de la place Clemenceau[37] en remplacement de la place Royale. L'Ă©quipe municipale rĂ©pond ainsi favorablement Ă  la proposition de l'entrepreneur Henri Lillaz, il souhaite bĂątir sur cette place un Ă©difice prĂ©curseur des centres commerciaux modernes pour y installer des commerces de luxe. Un accord est trouvĂ© dĂšs [M 8] pour une ouverture l'annĂ©e suivante, le tout nouveau palais des PyrĂ©nĂ©es prend la place de l'ancien couvent des Ursulines et de la nouvelle halle[Note 24]. Cette construction entraĂźne d'autres changements dans le centre-ville palois puisque l'accord entre le maire et Henri Lillaz prĂ©voit en contrepartie que ce dernier doit Ă©difier une bibliothĂšque et un musĂ©e Ă  ses frais. C'est chose faite dĂšs 1930, avec la construction de deux bĂątiments de style Art dĂ©co au nord[Note 25] du lycĂ©e Louis-Barthou.

    La construction du palais des Pyrénées entraßne également le percement du boulevard d'Aragon pour relier ce nouveau centre de la ville au boulevard des Pyrénées. DÚs 1928 le boulevard d'Aragon est achevé, permettant la construction successive de plusieurs immeubles, dont le palais d'Aragon et le palais d'Ossau. Par la suite, le centre-ville est traversé par diverses opérations d'urbanisme mais qui visent à renouveler plutÎt qu'à bouleverser les équilibres obtenus dans les années 1930. La cité Paul-Doumer[Note 26] est construite dÚs 1932, l'« opération taudis »[Note 27] se tient de 1953 à 1962, tandis que plusieurs équipements voient le jour comme le théùtre de verdure en 1952 ou le Foirail en 1964.

    XIV-Juillet

    Cette zone de Pau est composĂ©e par la partie de la ville situĂ©e rive gauche du gave (Ă©galement nommĂ©e quartier de la Croix du Prince). L'urbanisation de la rive gauche du gave dĂ©bute Ă  partir de 1740 avec la fin de la construction du pont Royal (actuel pont du XIV-Juillet), cet espace Ă©tant jusqu'alors compris dans les frontiĂšres de la commune de Jurançon. DĂšs 1794, la municipalitĂ© paloise envisage d'annexer ce quartier, mais ce n'est que le [38] que la zone est transfĂ©rĂ©e Ă  Pau malgrĂ© les protestations jurançonnaises. Le quartier du XIV-Juillet (nom donnĂ© depuis 1881) est alors composĂ© de 504 habitants, sur 48 hectares. Avec la proximitĂ© du gave, de la ligne ferroviaire et de la route vers les vallĂ©es bĂ©arnaises et l'Espagne qui le traverse, le quartier se dĂ©veloppe rapidement au cours du XIXe siĂšcle. De petites industries[38] s'installent telles que des moulins et des scieries hydrauliques, des tanneries, des abattoirs et des savonneries[Note 28]. Depuis les annĂ©es 1970, le quartier a subi de nombreuses mutations avec la fermeture des usines, une certaine paupĂ©risation des habitants et la fermeture de plusieurs commerces Ă  cause de la concurrence des grandes surfaces de pĂ©riphĂ©ries[RP 4]. L'emblĂšme du quartier — le stade de la Croix-du-Prince — attend toujours un nouveau souffle aprĂšs le dĂ©part des rugbymen de la Section paloise au dĂ©but des annĂ©es 1990[RP 5].

    Dufau-Tourasse

    photographie en couleurs de barres d'immeubles an arriÚre-plan d'un terrain engazonné.
    Les résidences Carlitos en 1966.

    La zone Dufau-Tourasse — dĂ©limitĂ©e par le boulevard d'Alsace-Lorraine au sud, l'avenue des Lilas Ă  l'est et le boulevard Tourasse au nord — comprend plusieurs grands ensembles de logements, dont les rĂ©sidences Carlitos et le quartier Saragosse, ainsi que la citĂ© administrative de Pau. Le nord-est de Pau n'a prĂ©sentĂ© aucun obstacle naturel Ă  son urbanisation, ainsi un plan d'urbanisme est dĂ©fini dĂšs 1928 par LĂ©on Jaussely. Ce plan visait notamment Ă  prolonger la rue Carnot afin de crĂ©er un nouvel axe vecteur de dĂ©veloppement d'une ville verte. Si le plan Jaussely est abandonnĂ© en 1933[M 8], l'idĂ©e d'une voie prolongeant la rue Carnot vers la forĂȘt de Bastard est maintenue. Ce nouvel axe prend la forme de la coulĂ©e verte qui distribue l'ensemble de la zone Dufau-Tourasse puis toute la partie septentrionale de la ville jusqu'Ă  la rocade nord construite Ă  partir de 1968.

    La limite nord de la ville de Pau Ă©tait le boulevard d'Alsace-Lorraine jusque dans les annĂ©es 1950. Au nord de cet axe, l'exploitation agricole occupait la majoritĂ© des parcelles, alors reliĂ©es au centre de la ville par la rue des Cultivateurs, devenue la rue Carnot. Le tissu urbain est le tĂ©moin de cette histoire puisqu'il reprend l’alignĂ© du ruisseau et chemin « La HerrĂšre», actuelle avenue Saragosse et celui du ruisseau de « La CoudĂšres», aujourd’hui rue HonorĂ©-Baradat. Le chemin Tourasse est devenu le boulevard Tourasse et Jean Sarrailh, anciennement domaine de nombreux maraĂźchers qui approvisionnaient la ville.

    L'ensemble Dufau-Tourasse est le plus important plan de logements collectifs construits dans la ville dans le cadre des ZUP des annĂ©es 1960. Cette opĂ©ration concerne 35 hectares de terrains achetĂ©s par la ville, dont 22 rĂ©servĂ©s Ă  la construction de 2 000 logements[M 10]. AndrĂ© Remondet, laurĂ©at du grand-prix de Rome en 1936, est chargĂ© de la conception du plan-masse par le ministĂšre de la Construction. Il organise celui-ci autour de l'axe nord-sud constituĂ© par l'avenue Dufau[Note 29] et par plusieurs axes est-ouest : avenue de Saragosse, boulevard Tourasse, boulevard Jean-Sarrailh. Remondet combine des barres linĂ©aires avec d'autres en zigzag afin de rompre la monotonie des Ăźlots[39]. L'axe principal nord-sud est composĂ© de bĂątiments de cinq niveaux, tandis que les quatre points cardinaux de la zone sont Ă©quipĂ©s des bĂątiments les plus Ă©levĂ©s[Note 30]. Les Ă©quipements publics du quartier (Ă©glise Saint-Pierre, Ă©cole Jean-Sarrailh notamment) sont en grande partie situĂ©s sur l'ancienne pĂ©piniĂšre de la ville[39]. La citĂ© administrative est, quant Ă  elle, rĂ©alisĂ©e progressivement entre les annĂ©es 1970 et 1980, les terrains ont longtemps Ă©tĂ© convoitĂ©s pour la rĂ©alisation d'un grand hĂŽpital[39] qui sera finalement construit plus au nord de la ville.

    Pau Sud

    La zone Pau Sud — dĂ©limitĂ©e par l'avenue Édouard-VII Ă  l'ouest et l'avenue des Lilas puis le boulevard de la Paix au nord-est — est composĂ©e des quartiers du Trespoey et du Buisson[SO 1] en limite de Bizanos et par le quartier Saint-Cricq. Cette zone est marquĂ©e par la prĂ©sence de villas suburbaines construites Ă  la grande pĂ©riode du tourisme climatique palois. L'avenue Trespoey ainsi que les allĂ©es de MorlĂ as sont toujours imprĂ©gnĂ©es de cet urbanisme guidĂ© par les thĂ©ories de l'hygiĂ©nisme urbain[SO 2]. Cette mode issue de la Belle Époque voulait que les rues et avenues soient aĂ©rĂ©es et que les espaces bĂątis soient en retrait des voies dans de grandes parcelles[M 8]. AppliquĂ©e, notamment sous le mandat du maire Patrice O'Quin, la ville gagne son surnom d'« Hygiapolis »[B 7]. Outre les rĂ©serves fonciĂšres indispensables Ă  ce concept, la gĂ©ographie du quartier Trespoey est alors particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e des riches hivernants. Le quartier est traversĂ© par une ligne de crĂȘte surplombant le gave, qui offre une vue directe sur la chaĂźne des PyrĂ©nĂ©es.

    Le Hameau

    Il s'agit d'une vaste zone composĂ©e par les quartiers du LaĂŒ, Berlioz et de l'Ousse des Bois et dĂ©limitĂ©e par l'allĂ©e Condorcet puis l'avenue de Buros Ă  l'ouest ainsi que par le boulevard Tourasse puis le boulevard de la Paix au sud. Le quartier Berlioz est marquĂ© par la prĂ©sence de logements issus du mouvement des Castors, celui-ci s'est dĂ©roulĂ© de 1953 Ă  1956 sous le nom « Les Chalets PyrĂ©nĂ©es »[M 11]. Outre des espaces rĂ©sidentiels, la zone du Hameau se caractĂ©rise par un important tissu Ă©conomique[RP 6], avec en tĂȘte le centre scientifique et technique Jean-FĂ©ger du groupe Total. La plaine du Hameau constitue un point central pour le monde sportif palois avec de nombreux terrains disponibles et le stade du Hameau pour les Ă©vĂ©nements rugbystiques notamment.

    Le quartier de l'Ousse des Bois est l'un des grands ensembles de la ville de Pau construit dans les annĂ©es 1960, ce dernier Ă©tant Ă  l'origine composĂ© de 880 logements pouvant accueillir jusqu'Ă  5 000 habitants. Il est prĂ©vu pour accueillir les ouvriers recrutĂ©s aprĂšs la dĂ©couverte du gisement de Lacq, mais Ă  partir des annĂ©es 1970 il devient l'un des quartiers utilisĂ©s pour l'accueil des immigrĂ©s : Pieds-noirs, Portugais, Espagnols puis MaghrĂ©bins. En proie Ă  des difficultĂ©s sociales puis Ă  plusieurs Ă©meutes dans les annĂ©es 1990, un vaste projet de rĂ©novation est lancĂ© Ă  partir de 1999 pour transformer le quartier. L'idĂ©e est notamment de casser l'effet « barre » et de mieux intĂ©grer le quartier dans la ville[SO 1]. PrĂšs de 45 millions d'euros sont ainsi engagĂ©s lorsque survient le dispositif ANRU en 2006 qui donne un second souffle au projet avec 20 millions d'euros supplĂ©mentaires. Au total, 335 logements sont dĂ©molis tandis que 130 logements sont construits en type pavillonnaire[SO 3].

    Pau Nord

    La zone Pau Nord — dĂ©limitĂ©e par le cours LĂ©on BĂ©rard, l'allĂ©e Condorcet et le boulevard de la Paix au sud et par l'avenue de Buros Ă  l'est — est composĂ©e des quartiers rĂ©sidentiels Lartigue, des Lilas, Barincou, Touquet et Trianon. Cette zone comprend Ă©galement de nombreux grands Ă©quipements palois comme l'hippodrome (1842, rĂ©novĂ© entre 1969 et 1971), le campus (1962-1977), le centre hospitalier (1975-1988), le palais des Sports (1991), le ZĂ©nith (1992) et le complexe de pelote (2006). La partie de cette zone situĂ©e au nord de l'autoroute A64 n'est que trĂšs peu urbanisĂ©e, elle est occupĂ©e par le domaine hippique de Sers ainsi que par la forĂȘt de Bastard. Cette derniĂšre est une ancienne forĂȘt royale de 300 hectares[SO 4] situĂ©e sur la lande du Pont-Long. La plaine des Sports est traversĂ©e par un antique[Note 31] axe est-ouest nommĂ© le Cami SaliĂ© (« chemin du sel » en bĂ©arnais), il s'agit du chemin historique allant du plateau de Ger vers Salies-de-BĂ©arn et sa production de sel.

    Logement

    Vue en contre-plongée des étages supérieurs et du clocheton d'un bùtiment ; statue d'Henri IV au premier plan.
    Logements bordant la place Royale.

    En 2016, le nombre total de logements dans la commune Ă©tait de 52 517, contre 50 246 en 2011[Ico 1]. Parmi ces logements, 81,3 % Ă©taient des rĂ©sidences principales, 2,4 % des logements secondaires et 16,3 % des logements vacants. Ces logements Ă©taient pour 17,4 % des maisons et 81,5 % des appartements[Ico 1]. La proportion des rĂ©sidences principales, propriĂ©tĂ©s de leurs occupants Ă©tait de 38,3 %, en baisse par rapport Ă  2011 (39,4 %). La part de logements HLM louĂ©s vides Ă©tait de 19,6 % contre 16,7 % cinq ans plus tĂŽt, leur nombre Ă©tant Ă©galement en augmentation (8 351 contre 7 107[Ico 2]). Le style architectural des quartiers historiques de Pau est reprĂ©sentatif du style urbain de la maison bĂ©arnaise, avec l'utilisation des galets du gave comme Ă©lĂ©ments de maçonnerie et d'ardoises ou de tuiles plates pour la couverture du toit.

    Routes et ponts

    Photographie en couleurs d'un pont enjambant une riviĂšre avec un chĂąteau en deuxiĂšme plan.
    Le pont du XIV-Juillet.

    Pau se trouve Ă  l'intersection de deux autoroutes. L'autoroute A64 - E80 (sous son appellation europĂ©enne) dite la PyrĂ©nĂ©enne, rejoint, Ă  l'est, Tarbes, en 30 minutes, et Toulouse, en 2 heures[40]. À l'ouest, elle rejoint Bayonne et la cĂŽte basque en un peu plus d'une heure (1 h 12[40]). L'autoroute A65 - E7 (sous son appellation europĂ©enne) dite A'LiĂ©nor - autoroute de Gascogne, relie Pau Ă  Bordeaux en plus de deux heures (2 h 7[40]) via l'autoroute A62 entre Bordeaux et Langon, point de raccordement des deux autoroutes. Son inauguration a lieu le [RP 7]. Pau est Ă©galement traversĂ©e par plusieurs routes nationales dĂ©classĂ©es par la suite : la route nationale 117 (Bayonne - Tarbes - Toulouse) devenue RD 817, la route nationale 637 (Pau -Montgaillard) devenue RD 937, la route nationale 643 (Pau - Auch) devenue RD 943 et la route nationale 645 (Pau - Sault-de-Navailles) devenue RD 945. La route nationale 134 existe toujours pour relier le sud de Pau au col du Somport.

    Construite Ă  la confluence du gave de Pau, de l'Ousse et de l'ancien ruisseau du HĂ©das, Pau dispose d'un rĂ©seau de ponts ayant permis son dĂ©veloppement urbain progressif. Une fragile passerelle de bois permet initialement de traverser le gave au niveau de l'actuelle tour de la Monnaie[RP 8]. Cette passerelle Ă©tant rĂ©guliĂšrement emportĂ©e par des crues, elle est remplacĂ©e par un pont en bois reposant sur des piles en maçonnerie en 1592[41]. Finalement, un pont entiĂšrement maçonnĂ© (pierres de taille, briques, galets) est rĂ©alisĂ© Ă  cĂŽtĂ© de l'ancien pont vers 1740. Il prend tout d'abord le nom de pont Royal puis de pont du XIV-Juillet jusqu'Ă  aujourd'hui, il est Ă©largi plusieurs fois en 1840 puis 1872[RP 8]. Depuis 1969[42], il est aussi possible de franchir le gave par le biais du pont d'Espagne. Le ravin creusĂ© par l'ancien ruisseau du HĂ©das offre une protection naturelle Ă  la vieille-ville de Pau, mais empĂȘche Ă©galement son dĂ©veloppement. La rĂ©alisation de plusieurs ponts permet progressivement Ă  la ville de s'Ă©tendre vers le nord du XVIe siĂšcle au dĂ©but du XXe siĂšcle. Sont successivement crĂ©Ă©s, la porte Corisande (rue Lassansaa) sous la rĂ©gence de Catherine de Bourbon[43], le pont des Cordeliers en 1678[RP 9], le pont Neuf (rue Bordenave d'AbĂšre) en 1786[M 8], le pont Samonzet en 1840[RP 9] et enfin le pont Serviez en 1902[RP 9]. La rĂ©alisation du boulevard des PyrĂ©nĂ©es entraĂźne Ă©galement la construction du pont de la cĂŽte du Moulin en 1867[RP 8] et du pont Oscar en 1897[RP 8].

    Transports collectifs

    RĂ©seau de bus Idelis

    Le rĂ©seau Idelis, exploitĂ© par la SociĂ©tĂ© des transports de l'agglomĂ©ration paloise (STAP), dessert Pau et son agglomĂ©ration. Plus de 8,5 millions de dĂ©placements sont effectuĂ©s chaque annĂ©e sur ce rĂ©seau[44], composĂ© de 24 lignes urbaines et de 75 circuits scolaires en 2023. La commune est desservie par une ligne de bus Ă  haut niveau de service (BHNS). Cette ligne part de la gare de Pau pour rejoindre l'hĂŽpital François-Mitterrand. Les travaux dĂ©marrent Ă  la fin de 2014, la ligne est mise en service le tandis que le premier FĂ©bus circule le [SO 6].

    Plusieurs catĂ©gories de trains relient la gare de Pau Ă  d'autres centres urbains français ou europĂ©ens. Il s'agit des TGV, qui relient Paris-Montparnasse Ă  Tarbes ; des IntercitĂ©s, qui relient Hendaye Ă  Toulouse-Matabiau ; des TER, qui relient notamment Bordeaux-Saint-Jean Ă  Tarbes. Deux projets de construction ferroviaire sont Ă  l'Ă©tude depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000[45] : une ligne Ă  grande vitesse depuis Bordeaux vers l'Espagne via l'est des Landes dont les travaux devraient ĂȘtre achevĂ©s en 2032[46], et la rĂ©ouverture de la liaison transfrontaliĂšre Pau-Canfranc (Espagne) qui relierait Pau Ă  Saragosse[47]. Le funiculaire de Pau, inaugurĂ© en 1908[B 8], assure, Ă  titre gratuit, la liaison entre le quartier de la gare et le boulevard des PyrĂ©nĂ©es. Il passe prĂšs d'un arrĂȘt dĂ©finitif en 1970, Ă©tant considĂ©rĂ© comme vĂ©tuste et « ringard »[SO 7]. Il est finalement conservĂ© aprĂšs une lourde rĂ©novation qui aboutit en 1978. En 2017, il transporte en moyenne 500 000 passagers par an, et fonctionne tous les jours. Jusqu'en 1931, la ville de Pau est desservie Ă©galement par le chemin de fer de Pau-Oloron-MaulĂ©on (POM), dont la gare principale se trouve place de la RĂ©publique.

    L'aĂ©roport de Pau-PyrĂ©nĂ©es, situĂ© Ă  12 km sur la commune d'Uzein, est reliĂ© directement aux aĂ©roports Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly (9 allers-retours par jour), Ă  Lyon (3 allers-retours par jour), Marseille et Nantes (9 liaisons par semaine), Marrakech (1 Ă  2 liaisons par semaine), ainsi que Strasbourg, Lille, Brest, Quimper, Metz, Nice ou Ajaccio dans des liaisons saisonniĂšres[48]. En 2018, il enregistre 612 580 passagers[49].

    Planification de l'aménagement

    Le schĂ©ma de cohĂ©rence territoriale (ou SCOT) du pays du Grand Pau est approuvĂ© par le comitĂ© syndical le . Lors de son Ă©laboration, il concerne 145 communes et 9 intercommunalitĂ©s qui regroupaient 221 000 habitants, 110 000 logements et 100 000 emplois en 2010[50]. Dans son diagnostic territorial, le SCOT prĂ©voit une population de 263 000 habitants Ă  l'horizon 2030[51], soit une augmentation de 42 000 habitants en 20 ans. Afin de satisfaire cette Ă©volution, le besoin de production annuelle de logements est estimĂ© Ă  1 450. Les Ă©lus font pour cela le choix d'un modĂšle de dĂ©veloppement en « archipel », organisĂ© autour d'un espace central renforcĂ© — « CƓur de Pays »[Note 32] —, de polaritĂ©s structurantes et de communes supports. Le SCOT prĂ©voit de renforcer l'attractivitĂ© du « CƓur de Pays » en y concentrant 60 % de la production annuelle de logement du Grand Pau — soit 865 logements par an — contre 750 logements annuels (53 %) sur la pĂ©riode 1999-2009.

    Autre document, le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) est approuvĂ© par le conseil communautaire de l'agglomĂ©ration Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es le [M 12], il remplace pour Pau son PLU communal adoptĂ© en 2006. Les objectifs de ce plan sont de mettre en Ɠuvre un document unique sur l'intĂ©gralitĂ© du pĂ©rimĂštre de l'agglomĂ©ration, afin « d'apporter une rĂ©ponse collective aux grands enjeux urbains et pĂ©riurbains, rĂ©pondre aux avancĂ©es rĂ©glementaires les plus rĂ©centes, et poser un cadre plus cohĂ©rent et mieux Ă©quilibrĂ© entre les bassins de vie ». Le PLUi se donne notamment pour objectif de diminuer de 50% la consommation fonciĂšre due Ă  l’habitat et Ă  l’activitĂ© Ă©conomique par rapport Ă  la pĂ©riode 2005-2015[52]. La commune de Pau dispose Ă©galement de l'outil site patrimonial remarquable afin de protĂ©ger et mettre en valeur le patrimoine architectural, urbain et paysager de son centre historique[M 13].

    Risques naturels et technologiques

    La commune est soumise aux risques majeurs suivants : inondation, risques climatiques, sĂ©isme et transport de matiĂšres dangereuses[53]. Afin d'informer la population sur ces risques majeurs, la commune Ă©labore en 2008 un dossier d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM)[DICRIM 1]. Elle a Ă©laborĂ© Ă©galement en 2012 un plan communal de sauvegarde qui fixe l’organisation nĂ©cessaire Ă  la diffusion de l’alerte, prĂ©cise des consignes de sĂ©curitĂ©, recense les moyens disponibles et dĂ©finit la mise en Ɠuvre des mesures d’accompagnement et de soutien de la population[M 14].

    Les inondations qui peuvent se produire Ă  Pau sont de deux types[DICRIM 2] : par dĂ©bordement direct lors de crues rapides submergeant les berges des cours d'eau[Note 33] et par dĂ©bordement indirect dĂ» soit aux eaux de ruissellement, soit aux remontĂ©es des eaux du rĂ©seau d'assainissement. Le risque d'inondation est pris en compte dans l'amĂ©nagement du territoire de la commune par le biais du plan de prĂ©vention du risque inondation (PPRI) de Pau qui est approuvĂ© le [PPRI 6]. Le PPRI s'impose au PLUi qui doit conditionner les autorisations de construire selon les risques et intĂ©grer la gestion de l’eau dans ces projets (crĂ©ation de bassin de rĂ©tention, prĂ©servation d’espaces permĂ©ables, etc.)[DICRIM 3]. ParallĂšlement, la commune fait partie du territoire Ă  risques importants d'inondation (TRI)[Note 34] de Pau[56]. Au total, onze arrĂȘtĂ©s reconnaissant l'Ă©tat de catastrophe naturelle ont Ă©tĂ© pris pour la commune de Pau Ă  la suite d'inondations entre 1988 et 2014[53].

    Parmi les autres risques pouvant impacter la commune, les alĂ©as climatiques pouvant affecter la ville de Pau sont des Ă©pisodes de tempĂȘtes venteuses (vents dĂ©passant 89 km/h), d’orages de grĂȘle, de fortes chutes de neige, de grand froid ou inversement de canicule[DICRIM 4] - [Note 35]. Du fait de sa proximitĂ© de la chaĂźne pyrĂ©nĂ©enne[Note 36], Pau est situĂ©e dans une zone de sismicitĂ© de niveau 4, qualifiĂ© de « moyen », sur une Ă©chelle qui en comporte 5[DICRIM 5], ce qui implique des contraintes constructives pour de nombreuses habitations. Enfin Pau est soumise au risque de transport de matiĂšres dangereuses (TMD), consĂ©cutif Ă  un accident se produisant lors du transport de telles matiĂšres par voies routiĂšres, ferroviaires, voies d’eau ou canalisations. La rocade, l’autoroute A64, mais aussi les voies secondaires constituent des zones Ă  risques[DICRIM 6].

    Qualité de l'environnement

    La commune de Pau est situĂ©e dans le bassin hydrographique Adour-Garonne. Chaque bassin Ă©labore un document de planification dans le domaine de l’eau, le schĂ©ma directeur d'amĂ©nagement et de gestion des eaux (SDAGE), faisant un Ă©tat des lieux et visant Ă  atteindre un objectif de qualitĂ© des eaux Ă  un horizon donnĂ©. 31,7 % du territoire communal est classĂ© en zone sensible Ă  l'eutrophisation et donc particuliĂšrement sensibles aux pollutions et la totalitĂ© de la commune est en zone vulnĂ©rable, c'est-Ă -dire sensible aux nitrates d'origine agricole[57]. Parmi les mesures visant Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© des eaux et concernant la commune figure le plan de gestion des Ă©tiages Luys Louts, couvrant les bassins-versants du Louts et des Luys (Luy de France et Luy de BĂ©arn)[58].

    Concernant les sols, le MinistĂšre de la transition Ă©cologique et solidaire (MEDDE) met Ă  disposition du public la base de donnĂ©es BASOL sur les sites et sols polluĂ©s[59]. Sur le territoire de la commune de Pau aucune pollution n'est recensĂ©e[Note 37]. Le plans de protection de l'atmosphĂšre (PPA), de l'agglomĂ©ration de Pau, est approuvĂ© par arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral le [61]. Il dĂ©finit les objectifs et les mesures dans les thĂ©matiques du transport, de l’habitat, du tertiaire et des comportements individuels et enfin de l’industrie permettant de ramener les concentrations en polluants atmosphĂ©riques Ă  un niveau infĂ©rieur aux valeurs limites rĂ©glementaires[62] - [63].

    L'autoroute A64 est classĂ©e comme ayant un impact sonore sur une bande de 300 m de part et d'autre de l'infrastructure[Note 38].

    Toponymie

    Le toponyme Pau est retrouvé dans la charte de Barcelone de 1154[65], il apparaßt sous les formes Castrum de Pado[65] (cartulaire de Sainte-Foi de Morlaàs, XIIe siÚcle), Castellum de Pal[65] (cartulaire de Lescar, XIIe siÚcle), Palum[65] (registres de Bordeaux), Lo pont de Pau[65] et Sant-Martii de Pau[65] (notaires de Pau, respectivement en 1484 et 1488). Son nom béarnais est Pau (prononcé paw).

    Plusieurs hypothĂšses viennent expliquer le nom de la commune. La premiĂšre tient son origine dans la traduction du mot bĂ©arnais pau, qui signifie « pieu » ou « palissade »[66]. La lĂ©gende raconte que les Ossalois — propriĂ©taires de fait de la plaine du Pont-Long — auraient accordĂ© l'emplacement de l'Ă©peron rocheux surplombant le gave aux vicomtes de BĂ©arn pour y bĂątir une forteresse. Pour dĂ©limiter l'Ă©tendue du domaine accordĂ©, trois pieux auraient Ă©tĂ© plantĂ©s[B 9], ce qui aurait donc donnĂ© le nom Ă  la ville. Paul Raymond souligne que « si l'origine du nom de notre ville Ă©tait tirĂ©e des trois pieux lĂ©gendaires, on aurait dit paus au pluriel et non pau. ». Vastin Lespy plaide donc pour la signification au singulier « palissade » de pau[67], Ă  l'image de l'ancien français plessis[67] qui a donnĂ© de nombreux toponymes dans la moitiĂ© nord de la France. Plus rĂ©cemment, d'autres auteurs — comme Michel Grosclaude[68] ou Dominique Bidot-Germa[B 10] — plaident pour une origine prĂ©-indoeuropĂ©enne du terme pau, renvoyant Ă  la racine *pal, indiquant un rocher escarpĂ©, comme c'est le cas pour d'autres toponymes pyrĂ©nĂ©ens (col de Pau, pic Palas, etc.). Enfin, Simin Palay mentionne l'hypothĂšse d'un lien avec le latin palus, qui signifie « marĂ©cageux »[66].

    Histoire

    Préhistoire et Antiquité

    Au carrefour entre la vallĂ©e fluviale est-ouest du gave — et son parallĂšle la plaine du Pont-Long — et les chemins nord-sud transpyrĂ©nĂ©ens, la zone paloise se caractĂ©rise du PalĂ©olithique infĂ©rieur jusqu'Ă  la Protohistoire par des traces d'occupation laissĂ©es par des groupes humains mobiles[B 11]. Des traces de chasseurs cueilleurs mobiles sont dĂ©celĂ©es autour de Pau, Ă  l'interface entre plaine et montagne[B 12]. Le NĂ©olithique permet d'identifier le dĂ©veloppement de l'Ă©levage sur le site, avec la dĂ©couverte d'un grattoir Ă  silex au pied du donjon du chĂąteau[B 13]. Le territoire palois confirme son rĂŽle de relais entre la plaine et les vallĂ©es de montagne, et notamment l'Ossau[B 13]. Aucune trace d'habitat bĂąti n'est dĂ©couvert pour cette pĂ©riode nĂ©olithique, seuls des sites Ă  pierres chauffĂ©es sont prĂ©sents dans la rĂ©gion paloise, indiquant des occupations lĂ©gĂšres, rĂ©pĂ©titives, de courte durĂ©e, de populations dont l'Ă©conomie est marquĂ©e par la mobilitĂ©[B 14]. De nombreux tumuli sont Ă©rigĂ©s au Bronze ancien et moyen sur la plaine du Pont-Long, dont plusieurs tertres situĂ©s sur la commune de Pau[B 15], tandis que les donnĂ©es vont dans le sens d'une activitĂ© pastorale entre la vallĂ©e d'Ossau et la zone du Pont-Long[B 16].

    Vue d'artiste d'un paysage, chĂąteau, pont sur une riviĂšre et montagnes au loin.
    La zone paloise assure l'interface entre plaine et montagne.

    Pau est l'un des rares chefs-lieux de dĂ©partement français Ă  ne pouvoir revendiquer une quelconque racine antique[B 17]. PubliĂ©e en 1994, la Carte archĂ©ologique de la Gaule ne recense sur le territoire de Pau que trois ou quatre dĂ©couvertes archĂ©ologiques pouvant ĂȘtre rapportĂ©es Ă  l'Ă©poque romaine, ces derniĂšres Ă©tant toutes anciennes ou douteuses[B 17]. Il faut sortir des limites de la commune pour trouver des traces d'occupation, notamment au sud avec la villa du Pont d'Oly Ă  Jurançon, et surtout Ă  l'ouest avec Lescar-Beneharnum[B 18]. Cette agglomĂ©ration urbaine se dĂ©veloppe dĂšs la fin du rĂšgne d'Auguste, avec des infrastructures de grande qualitĂ© et un profil semi-rural de quelques centaines d'habitants[B 18]. L'absence d'Ă©tablissement permanent sur le Pont-Long durant cette pĂ©riode permet d'estimer que le territoire palois conserve alors un rĂŽle de lande exploitĂ©e extensivement, sous le contrĂŽle de Lescar-Beneharnum[B 19]. La citĂ© paloise prend sa naissance au Moyen Âge sous l'impulsion des vicomtes de BĂ©arn, telle l'hĂ©ritiĂšre de la proche Lescar[B 20] et comme une quasi-colonie ossaloise[Note 39].

    Moyen Âge

    La ville mĂ©diĂ©vale est construite sur un emplacement aux qualitĂ©s trĂšs particuliĂšres. Le gave de Pau — qui descend des PyrĂ©nĂ©es — est une riviĂšre assez difficile Ă  franchir, et sur une distance d'environ 50 km, seuls trois guĂ©s existent : Nay Ă  l'est, Orthez Ă  l'ouest et Pau entre les deux. Il sert notamment au passage des bergers en transhumance entre les montagnes d'Ossau et les pĂąturages de la plaine du Pont-Long, via le camin ossalĂ©s (chemin ossalois[B 22]). L'extrĂ©mitĂ© nord d'un Ă©peron rocheux, en forme de pointe, surplombe ce guĂ© de presque 80 mĂštres. C'est donc un emplacement naturel idĂ©al pour contrĂŽler le passage et les arrivants des PyrĂ©nĂ©es, et un petit poste de surveillance y est construit vers l'an mille[Note 40], simple fort entourĂ© d'une palissade. Il possĂšde alors la caractĂ©ristique d'ĂȘtre situĂ© Ă  Ă©gale distance de Lescar, siĂšge des Ă©vĂȘques, et de MorlaĂ s, capitale des vicomtes de BĂ©arn. Bien aprĂšs Oloron, mais aussi MorlaĂ s, Lescar, Orthez ou Sauveterre-de-BĂ©arn, l'Ă©vocation de la citĂ© paloise dans les Ă©crits fait d'elle l'une des derniĂšres-nĂ©es des citĂ©s du BĂ©arn[B 24]. La plus ancienne mention de Pau provient de la charte primitive du for de MorlaĂ s, concĂ©dĂ©e entre 1090 et 1131, celle concernant le chĂąteau de Pau est issue du cartulaire de Lescar sous l’épiscopat de Guy de Lons dans la premiĂšre moitiĂ© du XIIe siĂšcle[B 24]. Ces documents mentionnent l'importance qu'a dĂ©jĂ  pris le chĂąteau et la petite localitĂ© l'entourant pour la vie du pays bĂ©arnais.

    Photographie en couleurs représentant la statue en pied d'un personnage regardant une chaßne de montagnes au loin.
    La statue de Fébus face aux Pyrénées.

    Jusqu'au XIIe siĂšcle, le chĂąteau est consolidĂ© et quelques maisons s'y sont accolĂ©es, le tout constituant un petit hameau. Il n'est cependant pas possible de savoir si le chĂąteau prĂ©cĂšde la constitution du village, ou inversement[B 25]. Les seigneurs de BĂ©arn accordent alors le statut de viguerie[Note 41] Ă  ce nouveau village qui continue lentement de s'Ă©tendre. En 1188, Gaston VI de BĂ©arn y rĂ©unit sa cour majour afin de rĂ©nover le for gĂ©nĂ©ral devant tous les barons de BĂ©arn. Ce document est particuliĂšrement important dans l'histoire du pays et rĂ©affirme l'attachement des seigneurs bĂ©arnais Ă  leurs traditionnelles libertĂ©s, tout en lançant un avertissement Ă  quiconque serait tentĂ© de les violer[Note 42]. Au XIIIe siĂšcle, Pau devient un castelnau[B 3] — signe de l'importance et de l'agrandissement de la citĂ© — avec un bailli nommĂ© par les vicomtes bĂ©arnais. Affirmant l'indĂ©pendance du BĂ©arn en 1347, Gaston FĂ©bus reste trĂšs attachĂ© Ă  l'indĂ©pendance de son petit pays durant son rĂšgne. Il entame de grands travaux pour renforcer les places fortes du BĂ©arn, notamment le chĂąteau de Pau dans lequel il rĂ©side occasionnellement. De 1370 Ă  1378, il y fait ajouter un donjon en briques ainsi qu'une enceinte fortifiĂ©e extĂ©rieure avec la tour de la Monnaie. Le chĂąteau de Pau complĂšte la puissante barriĂšre de dĂ©fense que FĂ©bus Ă©rige pour faire respecter l'indĂ©pendance du BĂ©arn, face aux Anglais installĂ©s Ă  Bayonne, Dax, en Soule et Ă  Lourdes[B 1], ainsi que vis-Ă -vis du comtĂ© d'Armagnac. En 1385, Pau est alors une citĂ© de 128 feux rĂ©partis le long de quatre rues et autour d'une modeste Ă©glise paroissiale Ă  l'est du chĂąteau[M 15].

    C'est au milieu du XVe siĂšcle que Pau prend toute son importance au sein de l'organisation bĂ©arnaise. Les vicomtes ont alors abandonnĂ© ce titre pour se prĂ©senter comme seigneurs du pays souverain de BĂ©arn, Louis XI de France respecte cette l'indĂ©pendance du pays de BĂ©arn en ordonnant Ă  son grand Ă©cuyer de descendre l'Ă©pĂ©e royale en pĂ©nĂ©trant dans le territoire bĂ©arnais[69] - [B 26]. Le BĂ©arn, encore indĂ©pendant, peut Ă©chapper l'intention de l'annexion de ce roi, grĂące au mariage, conclu en 1462, de sa sƓur Madeleine de France avec le fils aĂźnĂ© de Gaston IV, Gaston de Foix, qui symbolise l'alliance entre le royaume de France et le BĂ©arn. Le [B 27], Gaston IV de Foix-BĂ©arn — aprĂšs avoir Ă©pousĂ© l'infante ÉlĂ©onore de Navarre et ainsi rĂ©cupĂ©rĂ© le titre de prince hĂ©ritier du royaume de Navarre — transfĂšre sa cour d'Orthez Ă  Pau. Pau devient ainsi la quatriĂšme capitale historique du BĂ©arn, aprĂšs Lescar, MorlaĂ s et Orthez. L'objectif de Gaston IV est notamment de construire un appareil judiciaire moderne[B 27] autour d'un pouvoir central[Note 43], chose difficile Ă  Orthez, ville excentrĂ©e par rapport au reste du pays. Pau est dotĂ©e d'une charte communale ; un marchĂ© hebdomadaire ainsi que trois foires annuelles s'y dĂ©roulent, tout comme les États du BĂ©arn et la cour de son sĂ©nĂ©chal (tribunal). Gaston IV transforme le chĂąteau-fort de FĂ©bus en rĂ©sidence princiĂšre sous l'influence des chĂąteaux français de la Touraine, de l'Anjou et du Berry.

    Une cité royale

    Carte en couleurs des provinces françaises au XVe siĂšcle.
    Situation du BĂ©arn et de la Navarre par rapport Ă  la France en 1477.

    Le petit-fils de Gaston IV et d'ÉlĂ©onore de Navarre, François FĂ©bus, est couronnĂ© roi de Navarre en 1479 Ă  Pampelune. Les seigneurs de BĂ©arn rĂ©cupĂšrent dĂšs lors la couronne du royaume de Navarre crĂ©ant de fait un État BĂ©arn-Navarre Ă  cheval sur les deux versants de la chaĂźne pyrĂ©nĂ©enne[70]. Cette position se rĂ©vĂšle particuliĂšrement inconfortable pour les seigneurs bĂ©arnais[Note 44]. Afin de garder la neutralitĂ© du pays de BĂ©arn, l'Ă©clatement de ce nouvel État pyrĂ©nĂ©en devient inĂ©vitable. Le mariage de la sƓur, et hĂ©ritiĂšre, de François FĂ©bus scelle dĂ©finitivement l'avenir du BĂ©arn et de sa capitale. Ainsi, les États de BĂ©arn rĂ©unis Ă  Pau en 1483 se prononcent pour que Catherine de Foix Ă©pouse Jean d'Albret sous les conseils du roi de France, au lieu du fils des rois catholiques ibĂ©riques[71]. Les seigneurs bĂ©arnais deviennent donc alliĂ©s du roi de France, sans perdre l'indĂ©pendance de leur pays. Ce choix provoque en 1512 la prise de Pampelune par les troupes de Ferdinand le Catholique, qui ne pouvaient laisser les troupes françaises s'installer durablement au sud des PyrĂ©nĂ©es. Pau devient donc Ă  partir cette date la capitale des rois de Navarre, bien que les seigneurs du BĂ©arn perdent de fait une grande partie du territoire de la Navarre, ne conservant que la basse-Navarre au prix d'une contre-attaque franco-bĂ©arnaise menĂ©e en 1513.

    DĂ©sormais citĂ© royale, Pau se dote au cours de ce XVIe siĂšcle de plusieurs institutions qui renforcent son rĂŽle central pour le BĂ©arn. À cĂŽtĂ© de la cour du sĂ©nĂ©chal (compĂ©tence civile), Henri d'Albret (fils de Catherine et Jean), instaure en 1519 le conseil souverain (compĂ©tence criminelle). Puis en 1525, c'est au tour d'une Chambre des comptes d'ĂȘtre implantĂ©e dans la citĂ©, avant que l'atelier de la monnaie soit transfĂ©rĂ© de MorlaĂ s vers Pau[Note 45]. La monnaie bĂ©arnaise est frappĂ©e jusqu'Ă  la RĂ©volution française dans la tour de la Monnaie. AprĂšs avoir combattu et Ă©tĂ© fait prisonnier aux cĂŽtĂ©s du roi de France François Ier Ă  la bataille de Pavie, Henri d'Albret Ă©pouse Marguerite d'AngoulĂȘme, la sƓur de son compagnon d'armes. Ensemble ils transforment le chĂąteau dans le style Renaissance[B 29]. La cour de Navarre voit alors dĂ©filer une cohorte d'esprits brillants et de personnages illustres accompagnĂ©s d'une suite nombreuse, la vie de la citĂ© paloise est animĂ©e par cette activitĂ© qui place Pau comme une capitale intellectuelle de premier plan en Europe. L'Ɠuvre d'embellissement du chĂąteau voulue par Henri et Marguerite est poursuivie par leur fille Jeanne d'Albret et son Ă©poux Antoine de Bourbon, qui participent Ă  la crĂ©ation de magnifiques jardins, dĂ©crits alors par des visiteurs comme Ă©tant « les plus beaux d'Europe ».

    Au cƓur des guerres de religion

    Peinture en couleurs d'un homme et d'une femme dans un palais Renaissance.
    Jeanne d'Albret mĂšne le parti protestant.

    Cette mĂȘme Jeanne d'Albret donne naissance au plus illustre des Palois ; le , elle accouche du futur Henri IV de France dans le chĂąteau de son pĂšre[Note 46]. Bien que n'ayant vĂ©cu que peu de temps dans son chĂąteau natal, le « bon roi Henri » garde cher Ă  son cƓur ce lieu oĂč il est nĂ© prince de BĂ©arn[B 30]. Henri fait Ă©galement en sorte de fournir Ă  la ville le palais de justice dont elle a besoin (siĂšge du futur Parlement de Navarre), il affranchit les Palois de certaines taxes et confirme le titre de ville Ă  la citĂ©. La deuxiĂšme moitiĂ© du XVIe siĂšcle est une pĂ©riode trouble pour Pau et le BĂ©arn. Jeanne d'Albret suit l'exemple de sa mĂšre Marguerite en introduisant la rĂ©forme protestante au sein de la cour de Navarre et de ses possessions. Jeanne d'Albret montre une rigueur morale et une intransigeance religieuse particuliĂšrement fortes face au catholicisme[Note 47]. En 1563, cette derniĂšre fait enlever de l'Ă©glise Saint-Martin les emblĂšmes de la religion catholique, elle fait aussi brĂ»ler devant le chĂąteau les retables et les ornements du culte. Ce geste provoque un profond Ă©moi au sein de la cour de France comme des États de BĂ©arn qui protestent[B 31]. En 1569, Pau est prise par les troupes catholiques de Charles IX de France mais avec des dĂ©gĂąts bien moindres que pour les villes voisines[Note 48]. Quatre mois plus tard, la ville est reprise par Jeanne d'Albret grĂące aux troupes du comte de Montgommery. Jeanne d'Albret fait massacrer Ă  Pau les chefs catholiques rendus prisonniers Ă  Orthez. Le nombre de victimes de cette pĂ©riode n'est pas Ă©levĂ© pour la ville de Pau, mais la libertĂ© religieuse est pour longtemps abolie avec, en point d'orgue, l'ordonnance de 1571 qui Ă©dicte les peines des plus sĂ©vĂšres contre ceux qui s'efforcent d'« enseigner quelque fausse doctrine au peuple[B 32] ».

    Le , Henri IV Ă©tend sa politique d'apaisement Ă  son pays de BĂ©arn natal. Un an aprĂšs celui de Nantes pour les Français, il proclame l'Ă©dit de Fontainebleau pour les catholiques du BĂ©arn. Ce libre exercice du culte est progressivement Ă©tendu aux localitĂ©s bĂ©arnaises[Note 49]. Avec la mort d'Henri IV en 1610, l'agitation religieuse repart de plus belle[Note 50]. En 1617, le jeune roi Louis XIII (fils d'Henri IV) promulgue l'arrĂȘt de Fontainebleau qui rĂ©tablit dans tout le BĂ©arn la religion catholique et impose la restitution des biens aux catholiques[B 33], la rĂ©volte gronde peu Ă  peu vis-Ă -vis du roi de France[Note 51]. AprĂšs l'Ă©chec des essais de conciliation, le roi Louis XIII prend finalement la dĂ©cision de marcher sur le BĂ©arn Ă  la tĂȘte d'une importante armĂ©e[B 34]. Il fait son entrĂ©e Ă  Pau le devant une population hostile face Ă  cette dĂ©monstration guerriĂšre. AprĂšs s'ĂȘtre assurĂ© de la soumission de la place forte bĂ©arnaise de Navarrenx, le souverain retourne dans la capitale bĂ©arnaise le dans une ambiance plus amicale[Note 52]. DĂšs le lendemain, le , le culte catholique est rĂ©tabli en BĂ©arn par une solennelle procession suivie par Louis XIII[Note 53]. Ce mĂȘme jour Louis XIII publie un Ă©dit pour porter union et incorporation du BĂ©arn et de la Navarre Ă  la couronne de France. Bien que trĂšs attachĂ©s Ă  leur indĂ©pendance, et trĂšs mĂ©contents lorsque les États gĂ©nĂ©raux avaient demandĂ© l'incorporation du BĂ©arn en 1614, la rĂ©action des BĂ©arnais se fait globalement[Note 54] sans excĂšs. Le roi assure les BĂ©arnais de conserver « leurs fors et privilĂšges[B 36] », garantissant une large autonomie Ă  la nouvelle province française. Louis XIII transforme le conseil souverain de BĂ©arn en Parlement de Navarre, y intĂ©grant la cour de Saint-Palais (Basse-Navarre). La ville de Pau passe du statut de citĂ© royale Ă  celui de citĂ© parlementaire[Note 55].

    Le Parlement de Navarre reste pendant prÚs de 170 ans le principal élément de l'activité sociale de Pau, une aristocratie provinciale s'y développe[Note 56]. Aussi, Louis XIII influe considérablement sur la reconstruction catholique de la cité[B 38]. Il dote la ville de deux nouvelles institutions, le couvent des Capucins et le collÚge des Jésuites (actuel lycée Louis-Barthou), afin de répandre la religion catholique auprÚs des habitants et notamment de la jeunesse. De nombreuses autres fondations éducatives ou charitables s'installent par la suite à Pau pour compléter la volonté royale, à l'image des Cordeliers, des Orphelines ou encore des Ursulines. Toutes ces institutions imprÚgnent alors peu à peu la cité paloise d'une profonde atmosphÚre catholique, elles bouleversent également la physionomie de la ville avec de vastes établissements qui structurent encore aujourd'hui la capitale béarnaise. En parallÚle, la premiÚre université de Pau est établie à partir de 1722[Note 57], elle est l'héritiÚre du collÚge de Béarn et de l'académie protestante du Béarn fondés en 1549 et 1583 à Lescar et Orthez mais fermés en 1620 par Louis XIII.

    Révolution française et Empire

    Photographie en couleurs d'un chĂąteau, d'un clocher et d'un beffroi.
    Le chñteau, la religion et le parlement sont au cƓur de la vie paloise.

    Soucieux de conserver sa libertĂ©, le Parlement de Navarre connaĂźt une premiĂšre grave crise entre 1760 et 1764 qui conduit Ă  l'exil de la plus grande partie des prĂ©sidents et des conseillers[Note 58]. L'ordre revient[Note 59] en 1775 avec le retour des exilĂ©s accompagnĂ© d'une explosion de joie populaire[B 41]. Une nouvelle crise — la derniĂšre — se joue en 1788 avec la volontĂ© du roi d'obliger les provinces Ă  faire enregistrer des Ă©dits augmentant les impĂŽts malgrĂ© le refus des diffĂ©rents parlements, dont le parlement de Navarre. Les parlementaires bĂ©arnais, soutenus par la population, protestent et se rĂ©voltent contre ce passage en force. Le roi Louis XVI ordonne alors que le parlement cesse immĂ©diatement ses fonctions et que ses troupes marchent sur le BĂ©arn[B 42]. Il recule finalement face au soulĂšvement gĂ©nĂ©ral provoquĂ© dans toute la France pour convoquer les États gĂ©nĂ©raux, qui se rĂ©vĂšlent bien tardifs. La RĂ©volution française entraĂźne la fin des vieux privilĂšges, et c'est dans ce mouvement que les BĂ©arnais acceptent de sacrifier leur antique constitution pour la nouvelle constitution française[B 43].

    La période révolutionnaire se déroule à Pau avec moins de noirceur que dans bien d'autres cités. La ville jouit d'un long passé d'attachement à l'aristocratie parlementaire, elle est fortement imprégnée par le christianisme et le tempérament béarnais exÚcre toute forme d'extrémisme. Les troubles proviennent essentiellement de l'extérieur[Note 60] tandis que dix-neuf personnes sont condamnées et exécutées entre et à Pau[B 44]. Le chùteau des rois de Navarre est lui épargné, démontrant encore une fois l'attachement des Palois pour ce lieu de mémoire. Le changement institutionnel que provoque la Révolution est, lui, beaucoup plus profond pour la ville, puisque le , elle est déclarée, aprÚs Navarrenx, nouveau chef-lieu du département des Basses-Pyrénées, constitué du Béarn, de la Basse-Navarre, de la Soule, du Labourd et de quelques communes gasconnes[Note 61]. Pau devient également le siÚge de l'un des vingt-neuf tribunaux d'appel français, avec pour ressort les départements des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées et des Landes.

    Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, Pau est une « modeste bourgade »[B 45] d'environ 10 000 habitants, vivant principalement de son activitĂ© juridique et administrative (avec les fonctionnaires, ou gratte-papĂšs). NapolĂ©on Ier visite Pau et ses environs le en compagnie de JosĂ©phine, il dĂ©clare : « La ville est mĂ©diocre, le chĂąteau en ruine mais quel paysage merveilleux »[B 46] - [B 45]. L'Empereur contribue, par la suite, Ă  remettre la citĂ© en valeur[Note 62]. Il montre Ă©galement son intĂ©rĂȘt pour le chĂąteau en participant Ă  sa sauvegarde, tout comme Louis-Philippe et NapolĂ©on III aprĂšs lui. L'un des compagnons d'armes de NapolĂ©on entre dans la postĂ©ritĂ© en devenant roi de SuĂšde et de NorvĂšge en 1818 : le marĂ©chal d'Empire palois Jean-Baptiste Bernadotte initie une dynastie qui rĂšgne toujours sur la SuĂšde en ce XXIe siĂšcle.

    XIXe siĂšcle

    AprĂšs la chute de NapolĂ©on Ier, l'Europe se pacifie et permet aux Britanniques de voyager sur le continent. Pau devient alors une des stations climatiques et sportives les plus rĂ©putĂ©es d'Europe occidentale. DĂšs 1819, Lord Selkirk fait un passage remarquĂ© dans la citĂ© et bĂ©nĂ©ficie d'une rĂ©mission qualifiĂ©e de « miraculeuse »[B 47]. C'est Ă  partir de 1842 que l'engouement pour la ville se dĂ©veloppe rĂ©ellement auprĂšs des Britanniques, le mĂ©decin Ă©cossais Alexander Taylor y prĂ©conise la cure hivernale dans un ouvrage Ă  succĂšs[13], tandis que l'Ă©crivaine Sarah Ellis publie des notes sur le mĂȘme sujet dans Summer and Winter in the Pyrenees[B 48]. Le succĂšs de ces Ă©crits est important et Pau devient un lieu de villĂ©giature prisĂ© des Britanniques[Note 63]. Les Anglais s'y installent et profitent du premier Golf Club du continent, de la chasse au renard (Pau fox hunt[B 49]) et des courses tenues sur l'hippodrome du Pont-Long. Le peintre paysagiste Paul Huet, aprĂšs avoir Ă©tĂ© soignĂ© Ă  Eaux-Bonnes sĂ©journe Ă  Pau oĂč naĂźt sa fille EdmĂ©e le 1846.

    À partir des annĂ©es 1870 le boulevard du Midi est progressivement prolongĂ© vers l'ouest et vers l'est pour constituer l'actuel boulevard des PyrĂ©nĂ©es, le palais d'hiver et des hĂŽtels de renommĂ©e internationale — le Gassion et le France — offrent un cadre luxueux aux concerts et rĂ©ceptions qui s'y dĂ©roulent. La physionomie de Pau est bouleversĂ©e en quelques dizaines d'annĂ©es seulement, les mƓurs des Palois auparavant trĂšs simples sont directement impactĂ©es par toute cette modernitĂ© et ce luxe ambiant[B 50].

    Pau est reliĂ© Ă  la ligne de chemin de fer Toulouse-Tarbes-Bayonne en 1863 puis Ă  partir de 1894, la ville est desservie par un rĂ©seau de tramways qui disparaĂźt en 1931. En mĂȘme temps que la ville-haute prospĂšre du fait de la venue des riches touristes europĂ©ens, la ville-basse se spĂ©cialise dans l'industrie. De nombreuses petites structures se dĂ©veloppent progressivement aux pieds du chĂąteau, la production se concentre sur le textile et l'agro-alimentaire. Plusieurs d'entre elles ont marquĂ© ce tissu industriel, comme les teintures Courriades[RP 10], la minoterie HeĂŻd ou encore l'usine des tramways. NĂ©anmoins, ce tissu industriel reste isolĂ© de la citĂ© et Pau laisse Ă  d'autres villes voisines (comme Tarbes) le soin d'entretenir cette activitĂ©. La capitale bĂ©arnaise se contente de dĂ©velopper son commerce, notamment liĂ© au luxe afin de satisfaire ses hĂŽtes Ă©trangers nombreux (environ 6 000 hivernants dans les annĂ©es 1880[B 5]).

    XXe et XXIe siĂšcles

    Affiche en couleurs une dame de la Belle Époque avec chapeau et ombrelle.
    L'inauguration du Palais d'hiver en 1900.

    Au dĂ©but du XXe siĂšcle, Pau est toujours un lieu de villĂ©giature couru par la noblesse europĂ©enne pour y passer la saison hivernale. AprĂšs le pic de frĂ©quentation des annĂ©es 1880, la ville connaĂźt une seconde apogĂ©e dans les annĂ©es 1909-1911[B 51] avec la rĂ©alisation du boulevard des PyrĂ©nĂ©es. La bonne sociĂ©tĂ© anglaise, amĂ©ricaine, russe, espagnole ou prussienne se cĂŽtoie au sein de la citĂ© bĂ©arnaise. De nombreux Ă©quipements publics sont issus de cette pĂ©riode, dont le funiculaire de Pau pour relier la gare Ă  la ville haute. À cĂŽtĂ© de ces amĂ©nagements publics, les visiteurs Ă©trangers fortunĂ©s font construire des villas pour amĂ©liorer les conditions de leurs sĂ©jours. Tout d'abord rĂ©alisĂ©es au centre-ville, ces demeures s'Ă©cartent de plus en plus pour profiter du grand air et de la vue prisĂ©e sur les PyrĂ©nĂ©es. Entre 1850 et 1910, de nombreuses rĂ©sidences sont construites et Ă©voquent toujours aujourd'hui le faste de cette pĂ©riode. Cette pĂ©riode dorĂ©e du tourisme climatique palois s'arrĂȘte brusquement lors du dĂ©clenchement de la guerre 1914-1918.

    La Belle Époque paloise est Ă©galement marquĂ©e par l'aĂ©ronautique. Les premiers vols en ballon se dĂ©roulent Ă  Pau en 1844 et les premiers vols en avion le [73] grĂące aux frĂšres Wright. Ces derniers dĂ©mĂ©nagent leur Flyer Ă  Pau — sur la lande du Pont-Long — aprĂšs de premiers vols au Mans. Sous les conseils de leur Ă©lĂšve Paul Tissandier, les frĂšres amĂ©ricains se laissent convaincre pour rejoindre le climat palois plus propice Ă  l'essai de leur avion[73]. Les vols se succĂšdent rapidement en prĂ©sence d'une foule nombreuse, composĂ©e de curieux bĂ©arnais, de riches hivernants ou encore des rois d'Espagne Alphonse XIII et du Royaume-Uni Édouard VII[B 52]. Le dernier vol de Wilbur Wright Ă  Pau se tient le , il laisse ensuite Ă  Paul Tissandier le soin de diriger l'Ă©cole Wright de Pau pour la formation des clients du Flyer. Il s'agit alors de la premiĂšre Ă©cole d'aviation organisĂ©e au monde[73]. Cette premiĂšre installation est suivie de celle de Louis BlĂ©riot le [M 16]. Pau devient vite un centre aĂ©ronautique d'importance avec l'installation de six Ă©coles civiles et militaires dĂšs 1911[B 53]. L'activitĂ© militaire devient intense Ă  partir de 1912[73] et la construction d'un hangar par l'armĂ©e française, elle se renforce avec le dĂ©clenchement de la guerre 1914-1918. Durant cette pĂ©riode, environ 6 000 pilotes issus d'une dizaine de pays sont formĂ©s Ă  Pau[73] - [M 16]. Parmi eux on retrouve les Français Georges Guynemer, RenĂ© Fonck, Charles Nungesser, Roland Garros, Jules VĂ©drines ou l'amĂ©ricain Norman Prince, initiateur de l'escadrille La Fayette[M 16].

    • Photographie en couleurs reprĂ©sentant divers bĂątiments surplombant un cours d'eau.
      Pau à l'orée du XXe siÚcle.
    • Photographie en noir et blanc d'un homme devant un attelage bovin ; carte postale ancienne.
      ScÚne du marché au bois de Pau.
    • Photographie en noir et blanc de deux hommes dans un avion ancien ; carte postale ancienne.
    • Photographie en noir et blanc de personnages montant des chevaux.
      Des soldats français de la guerre 14-18 à Pau.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande se traduit par l'installation de la Gestapo au sein de la villa Saint-Albert (aujourd'hui dĂ©truite) Ă  partir de et par l'utilisation de la caserne Bernadotte comme prison[Note 64] jusqu'au . Le marĂ©chal PĂ©tain choisit la ville pour adresser un discours aux « paysans » le [B 54]. La rĂ©sistance est active Ă  Pau et dans son agglomĂ©ration, l'entrepĂŽt des rĂ©sistants est situĂ© rue SolfĂ©rino[RP 11]. L’hĂŽtel Continental recueille Ă©galement des rĂ©fugiĂ©s, dont des juifs traquĂ©s par Vichy et les nazis, mĂȘme lorsque les militaires de la Wehrmacht rĂ©quisitionnent deux Ă©tages de l'hĂŽtel[74]. Un total de vingt-et-un Palois[75] sont honorĂ©s du titre de Juste parmi les nations. La ville de Pau est libĂ©rĂ©e le [B 55], quelques jours plus tard un petit groupe de rĂ©sistants trouvent le dĂ©nommĂ© charnier du Pont-Long[RP 12], constituĂ© de quatre fosses et renfermant 45 corps de prisonniers et de rĂ©sistants[Note 65].

    À partir de 1947, et durant les quatre mandats du maire Louis Sallenave, la ville de Pau connaĂźt un fort dĂ©veloppement. En 1957, l'exploitation du gisement de gaz de Lacq — dĂ©couvert en 1951 — donne un nouvel essor Ă  toute la rĂ©gion avec le dĂ©veloppement industriel du BĂ©arn et de la rĂ©gion de Lacq, la population de la ville doublant en 20 ans. La renommĂ©e et le prestige de la ville augmentent grĂące Ă  la confĂ©rence des États indochinois de juin Ă  [76] - [77], Ă  des visites de chefs d'État comme le prĂ©sident Charles de Gaulle en ou le premier secrĂ©taire Nikita Khrouchtchev en dĂ©placement Ă  Lacq en 1960. La capitale bĂ©arnaise est par la suite marquĂ©e par la figure d'AndrĂ© LabarrĂšre[78] — maire de 1971 Ă  2006 — qui est un Ă©dile bĂątisseur flanquĂ© du surnom de toque manettes (« qui serre les mains » en bĂ©arnais)[79].

    Politique et administration

    DĂ©coupage territorial

    QuatriÚme ville de la région Nouvelle Aquitaine, Pau est la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

    Cantons

    Sur le plan électoral et depuis la mise en application de la réforme cantonale de 2014, Pau est bureau centralisateur de quatre cantons :

    Intercommunalité

    Photographie en couleurs d'un bùtiment richement décoré précédé d'un vestibule à colonnes.
    L'hÎtel de France, siÚge de la communauté d'agglomération.

    La commune fait partie de la communautĂ© d'agglomĂ©ration Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es, qui regroupe trente-et-une communes au [80] avec l'application de la Loi portant nouvelle organisation territoriale de la RĂ©publique (loi NOTRe). Les compĂ©tences obligatoires de cette structure s’étendent au dĂ©veloppement Ă©conomique, Ă  l'amĂ©nagement de l'espace communautaire, Ă  l'Ă©quilibre social de l'habitat et enfin Ă  la politique de la ville. D'autres compĂ©tences sont Ă©galement possibles, mais de maniĂšre optionnelle, comme l'assainissement, les Ă©quipements culturels et sportifs ou encore l'action sociale. En 2014, Pau adhĂšre Ă  quatre autres structures intercommunales : le syndicat d'Ă©nergie des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, le syndicat d'amĂ©nagement hydraulique du bassin de l'Ousse, le syndicat intercommunal du centre de loisirs de Narcastet, ainsi que le syndicat intercommunal de dĂ©fense contre les inondations du gave de Pau[M 17].

    Conseil municipal et maire

    Le nombre d'habitants de la commune au dernier recensement Ă©tant compris entre 60 000 et 79 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 49[81]. Depuis les Ă©lections municipales de 2014, la rĂ©partition politique des conseillers municipaux est la suivante[MI 1] :

    Composition du conseil municipal de Pau en 2014.
    GroupePrésidentEffectifStatut
    MoDem - UDI - LRFrançois Bayrou40majorité
    PSDavid Habib9opposition

    L'exécutif communal, est constitué par le maire, élu par le conseil municipal, parmi ses membres, pour un mandat de six ans, c'est-à-dire pour la durée du mandat du conseil. François Bayrou est maire depuis 2014. Cinq maires se sont succédé depuis 1947.

    PĂ©riodeIdentitéÉtiquetteAutres fonctions
    26 mars 1971 Louis Sallenave Centre droit
    26 mars 1971 16 mai 2006[Note 66] André LabarrÚre PS Député de la 1re circonscription des Pyrénées-Atlantiques de 1967 à 1968 puis de 1973 à 1986, et député de la 3e circonscription des Pyrénées-Atlantiques de 1986 à 2001 ;
    sénateur de 2001 à 2006 ;
    ministre chargé des relations avec le Parlement de 1981 à 1986 ;
    vice-président de l'Assemblée nationale de 1973 à 1974 ;
    président du conseil régional d'Aquitaine de 1979 à 1981 ;
    président de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées de 2000 à 2006.
    30 mai 2006[83] 21 mars 2008 Yves Urieta[83] PS Président de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées de 2006 à 2008.
    21 mars 2008 4 avril 2014 Martine LigniÚres-Cassou PS Députée de la 1re circonscription des Pyrénées-Atlantiques de 1997 à 2017 ;
    présidente de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées de 2008 à 2014.
    4 avril 2014[84] En cours François Bayrou MoDem Président de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées de 2014 à 2016
    puis de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées depuis 2016 ;
    ministre de la Justice du 17 mai au

    Tendances politiques et résultats

    Les Palois privilégient majoritairement les candidats de gauche aux élections ayant une résonance nationale (aux élections présidentielles et aux élections régionales notamment) mais se montrent plus contrastés pour les élections locales. L'étiquette politique rentre alors peu en ligne de compte, les Palois se concentrant sur la personnalité et le projet du candidat. Les Palois, comme les Béarnais, élisent des candidats faisant preuve de modération politique[85] - [B 56].

    Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012, François Hollande, PS, obtient 59,36 % des suffrages et Nicolas Sarkozy, UMP, 40,64 % des suffrages ; le taux de participation est de 78,35 %[MI 2]. Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron, En marche !, obtient 78,96 % des suffrages et Marine Le Pen, FN, 21,04 % des suffrages ; le taux de participation est de 73,7 %[MI 3].

    Finances communales

    Pau appartient Ă  la strate des communes ayant une population comprise entre 50 000 et 100 000 habitants. Le tableau ci-dessous prĂ©sente l'Ă©volution de la capacitĂ© d'autofinancement, un des indicateurs des finances locales de Pau, sur une pĂ©riode de neuf ans[86] :

    Capacité d'autofinancement à Pau de 2009 à 2018
    RĂ©sultats exprimĂ©s en €/habitant.
    Strate : communes de 50 000 et 100 000 habitants appartenant Ă  un groupement fiscalisĂ©.
    2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
    Pau 257 256 251 242 248 219 221 185 172 215
    Moyenne de la strate 146 169 176 172 166 148 169 184 197 209

    La capacitĂ© d'autofinancement de la commune[Note 67], comparĂ©e Ă  la moyenne de la strate, est significativement supĂ©rieure Ă  la moyenne depuis 2009. Depuis 2010, le fonds de roulement[Note 68], par contre, est rĂ©guliĂšrement infĂ©rieur Ă  la moyenne de la strate. Le montant de la taxe d'habitation, indicateur de fiscalitĂ© directe, s'Ă©tablit dĂ©but 2018 Ă  1 842 â‚Ź/habitant, contre 1 473 € en moyenne pour les communes de mĂȘme importance[86].

    Jumelages

    Au , la commission nationale de la coopération décentralisée du ministÚre de l'Europe et des Affaires étrangÚres indique que Pau est jumelée avec :

    et a signé en 2008 un accord de coopération décentralisée avec les communes de JyvÀskylÀ et Mikkeli en Finlande[89]. Le site de la mairie indique un jumelage complémentaire avec la commune de Pistoia en Italie, en 1975[M 18].

    Équipements et services publics

    Production et distribution d'eau potable

    Le service public d’eau potable est une compĂ©tence obligatoire des communes depuis l’adoption de la loi du 30 dĂ©cembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques[90] mais est un service trĂšs ancien assurĂ© par la ville de Pau. En 2017, la production et la distribution de l'eau potable sur le territoire communal sont assurĂ©es par la commune elle-mĂȘme grĂące Ă  une rĂ©gie municipale, la RĂ©gie de l'eau de Pau. Cette rĂ©gie est l'hĂ©ritiĂšre directe du service municipal des eaux qui prend naissance en 1862 par un dĂ©cret impĂ©rial de NapolĂ©on III dĂ©clarant d’utilitĂ© publique l’acquisition par la ville de Pau de la rĂ©surgence de l'ƒil du NĂ©ez (l'Oelh deth NĂ©ez en bĂ©arnais) Ă  RĂ©bĂ©nacq, Ă  20 km de Pau, pour alimenter en eau les Palois. En 1910, une premiĂšre installation de traitement par filtration est construite sur les coteaux de Guindalos sur la commune de Jurançon. Elle est complĂ©tĂ©e par une deuxiĂšme installation sur le mĂȘme site dans les annĂ©es 1970, puis par un puits draĂźnant Ă  Uzos construit dans les annĂ©es 1980, pompant de l’eau sur la nappe alluviale du gave de Pau et utilisĂ© aujourd'hui pour le secours et la maintenance. Ces trois installations ont permis la production de 6 632 484 m3 d'eau potable en 2014 et la vente de prĂšs de 5 800 000 m3, Ă  prĂšs de 15 000 abonnĂ©s, correspondant Ă  environ 80 000 habitants[M 19]. L’eau produite est acheminĂ©e aux abonnĂ©s par un rĂ©seau de 310 km de canalisations. Le site de Guindalos dispose de cinq sites de stockage, pour une capacitĂ© totale d'environ 20 000 m3. La reconstruction de l'usine de Guindalos est engagĂ©e en 2015. D'un coĂ»t de dix millions d'euros HT, cette nouvelle usine permet de desservir les 100 000 habitants de Pau et des communes adhĂ©rentes au syndicat d’eau potable de la ville de Lescar[SO 8].

    Assainissement des eaux usées

    La compĂ©tence assainissement, qui recouvre obligatoirement la collecte, le transport et l’épuration des eaux usĂ©es, l’élimination des boues produites, ainsi que le contrĂŽle des raccordements aux rĂ©seaux publics de collecte, est assurĂ©e par la CommunautĂ© d’AgglomĂ©ration de Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es. Le rĂ©seau d’assainissement de la ville de Pau, d’une longueur de 327 km en 2002, est un rĂ©seau de type unitaire, Ă  l’exception des rĂ©seaux desservant le Parc d’ActivitĂ©s Pau-PyrĂ©nĂ©es et le bassin-versant de l’Ousse des Bois qui sont en partie traitĂ©s en systĂšme sĂ©paratif et par substitution du rĂ©seau unitaire existant. Les effluents d'eaux sont acheminĂ©s, Ă©ventuellement par l’intermĂ©diaire de stations de relevage, jusqu'Ă  la station d'Ă©puration de la communautĂ© d’agglomĂ©ration, situĂ©e sur le territoire de la commune de Lescar. Cette station d'Ă©puration, mise en service en 1982, puis agrandie en 2004, traite les effluents des 8 communes de l'agglomĂ©ration de Pau et de quatre autres, soit 140 000 habitants. Depuis 2006, la communautĂ© d'agglomĂ©ration est propriĂ©taire de l'installation et son exploitation est dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  la sociĂ©tĂ© Veolia. Cet Ă©quipement utilise un procĂ©dĂ© d'Ă©puration biologique dit « Ă  boues activĂ©es ».

    L’assainissement non collectif (ANC) dĂ©signe les installations individuelles de traitement des eaux domestiques qui ne sont pas desservies par un rĂ©seau public de collecte des eaux usĂ©es et qui doivent en consĂ©quence traiter elles-mĂȘmes leurs eaux usĂ©es avant de les rejeter dans le milieu naturel[91]. La CommunautĂ© d’AgglomĂ©ration de Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es assure en rĂ©gie le service public d'assainissement non collectif (SPANC), qui a pour mission de vĂ©rifier la bonne exĂ©cution des travaux de rĂ©alisation et de rĂ©habilitation, ainsi que le bon fonctionnement et l’entretien des installations[92] - [M 20] - [93].

    Collecte et traitement des déchets

    La collecte, le traitement et la valorisation des dĂ©chets est une compĂ©tence exclusive de la communautĂ© Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es depuis sa crĂ©ation le [94]. La collecte des dĂ©chets mĂ©nagers (rĂ©siduels[Note 69] et multimatĂ©riaux) est effectuĂ©e en porte-Ă -porte sur toutes les communes de la communautĂ© urbaine. Un rĂ©seau de cinq dĂ©chĂšteries accueille les encombrants et autres dĂ©chets spĂ©cifiques (dĂ©chets verts, dĂ©chets dangereux, gravats, cartons
) : Pau (rue Ramadier), Bizanos, Bosdarros, Jurançon et Lescar[M 21]. La communautĂ© EmmaĂŒs Pau-Lescar assure Ă©galement une activitĂ© de recyclage. En 2015, 84 487 tonnes de dĂ©chets ont Ă©tĂ© collectĂ©s, soit 582 kg/habitant[95].

    Depuis le , les compĂ©tences transfert/transport et traitement des dĂ©chets sont confiĂ©es au Syndicat mixte de traitement des dĂ©chets mĂ©nagers et assimilĂ©s du Bassin est (SMTD), dĂ©sormais dĂ©nommĂ© Valor BĂ©arn[94]. Selon la nature des dĂ©chets collectĂ©s, le traitement est effectuĂ© dans des sites diffĂ©rents : les dĂ©chets mĂ©nagers sont envoyĂ©s sur le site Cap Ecologia sur la commune de Lescar oĂč ils sont incinĂ©rĂ©s ou valorisĂ©s, les emballages mĂ©nagers sont traitĂ©s sur la commune de SĂ©vignacq, les dĂ©chets verts vers la plateforme de compostage de Lescar, le verre est traitĂ© en Gironde, les textiles sont recyclĂ©s dans des centres spĂ©cialisĂ©s. Plusieurs unitĂ©s de traitement des dĂ©chets sont regroupĂ©es sur le site Cap Ecologia de la commune de Lescar : une usine d’incinĂ©ration permettant la valorisation Ă©nergĂ©tique (l’incinĂ©ration des dĂ©chets mĂ©nagers rĂ©siduels) crĂ©Ă©e en 1973 et amĂ©liorĂ©e en 2006 avec un traitement spĂ©cifique des fumĂ©es, une plate-forme de maturation des mĂąchefers, une plate-forme de compostage et un centre de transfert des dĂ©chets.

    Petite enfance

    En 2020, la ville de Pau compte dix structures multi-accueil, anciennement connues sous l'appellation crĂšches et halte-garderies (six municipales et quatre privĂ©es), deux maisons des assistances maternelles, un relais assistance-maternelle (RAM), lieu d'information et de documentation sur la petite enfance et 4 lieux d'accueils parents-enfants[96].

    Prévention individuelle et collective et aide sociale à l'enfance

    En matiĂšre de prĂ©vention individuelle, une mission locale chargĂ©e d’accompagner les jeunes 16/25 ans dans leur insertion sociale et professionnelle est installĂ©e Ă  Pau. De mĂȘme le dispositif RSP (« Reprendre sa place ») de Pau a pour mission de mettre en place une prise en charge spĂ©cifique auprĂšs de jeunes de 18 Ă  24 ans cumulant des problĂ©matiques liĂ©es Ă  la santĂ©, le logement, la justice[97]. En prĂ©vention collective, diffĂ©rentes structures d'animation socio-Ă©ducative sont recensĂ©es sur Pau : 10 centres de loisirs, 3 maisons des jeunes et de la culture et deux lieux d'Ă©coute pour les jeunes[98]. En prĂ©vention spĂ©cialisĂ©e, le comitĂ© dĂ©partemental d’animation de la parentalitĂ© (CDAP) a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 1999 et le RĂ©seau Appui Parents 64 (RAP 64) concernant toutes les familles ayant des enfants, adolescents et jeunes de moins de 18 ans constitue une action collective trĂšs reconnue[99]. Plus de 300 structures associatives ont adhĂ©rĂ© au RAP 64 depuis sa crĂ©ation. 8 lieux d'accueils parents-enfants sont installĂ©s Ă  Pau[96]. En matiĂšre de protection de l'enfance, le foyer de l'enfance[Note 70] du BĂ©arn Ă  Pau dispose de 18 places[100] - [101].

    Enseignement

    Enseignements primaire et secondaire

    En 2019, la Ville de Pau compte 20 groupes scolaires publics : neuf Ă©coles maternelles, sept Ă©coles Ă©lĂ©mentaires et onze Ă©coles primaires. Ces Ă©tablissements publics comportent 207 classes qui accueillent 4 612 enfants[M 22]. Par ailleurs dix Ă©coles privĂ©es et une Ă©cole Calandreta[M 23] de 166 places complĂštent le dispositif[102]. Trois collĂšges publics[Note 71] et cinq collĂšges privĂ©s[Note 72] permettent de dĂ©buter l'enseignement de second degrĂ©. Le second cycle du second degrĂ© est assurĂ© par quatre lycĂ©es publics[Note 73], dont le lycĂ©e Louis-Barthou[Note 74], auxquels s'ajoutent cinq autres lycĂ©es privĂ©s[Note 75].

    Enseignement supérieur

    La ville de Pau possĂšde une ancienne tradition universitaire puisqu'une universitĂ© est crĂ©Ă©e Ă  Pau en 1722[103], prenant la suite de l'AcadĂ©mie protestante du BĂ©arn fondĂ©e au XVIe siĂšcle Ă  Lescar et Orthez. Le campus de Pau, situĂ© au nord de la ville, regroupe un pĂŽle universitaire et pluridisciplinaire (droit, Ă©conomie, sciences, sciences humaines), un IUT et un IAE. Le site palois compte 8 440 Ă©tudiants[104] et 623 enseignants au cours de l'annĂ©e universitaire 2018-2019. Il accueille le siĂšge de l'universitĂ© de Pau et des pays de l'Adour (UPPA).

    Outre son université, Pau compte plusieurs grandes écoles qui complÚtent l'offre en matiÚre d'enseignement supérieur. La ville est dotée de plusieurs écoles d'ingénieurs, dont l'ENSGTI dans le domaine des technologies industrielles, l'EISTI et l'exia.CESI dans le domaine informatique, ou encore l'ei.CESI qui propose diverses spécialités. Elle comporte également, une école de commerce avec le Groupe ESC Pau et des écoles d'art dont le Conservatoire Pau Béarn Pyrénées et l'école supérieure d'art des Pyrénées[105]. Plusieurs autres établissements sont à citer, comme l'école des troupes aéroportées (ETAP) qui forme tous les parachutistes français, l'institut du travail social Pau-Pyrénées Pierre Bourdieu, un IFSI et un IFAS au centre hospitalier de Pau, ou encore CESI Entreprises et CESI Alternance pour des formations par apprentissage et les formations continues.

    Santé

    Pau concentre une grande partie des services hospitaliers de l’agglomĂ©ration paloise et du BĂ©arn. L'Ă©quipement hospitalier propose des services de mĂ©decine, d’obstĂ©trique, de chirurgie et de soins psychiatriques. Le dispositif du centre hospitalier de Pau est composĂ© de l’hĂŽpital François-Mitterrand, du centre Hauterive (rĂ©Ă©ducation fonctionnelle, unitĂ© de SSR et mĂ©decine nuclĂ©aire) et du centre Jean-Vignalou pour la gĂ©rontologie. L'offre sanitaire paloise se complĂšte de plusieurs cliniques, dont notamment la polyclinique de Navarre[Note 76], la clinique Princess et la clinique des Jeunes ChĂȘnes.

    En mĂ©decine gĂ©nĂ©rale, si certains territoires sont qualifiĂ©s de « dĂ©serts mĂ©dicaux », la situation est moins dĂ©favorable en PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques. Avec 185 mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes pour 100 000 habitants en 2014, le nombre est plus Ă©levĂ© que dans de nombreux autres dĂ©partements (France mĂ©tropolitaine : 155)[RP 14]. NĂ©anmoins Ă  Pau, la situation se dĂ©grade puisque le nombre de mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes a diminuĂ© de plus de 7 % entre 2007 et 2016 et les projections relatives aux prochains dĂ©parts Ă  la retraite n'annoncent pas un retournement de tendance[RP 15].

    Autonomie et personnes ùgées

    Les Ă©tablissements accueillant des personnes ĂągĂ©es de 60 ans ou plus et localisĂ©s Ă  Pau peuvent ĂȘtre distinguĂ©s selon trois catĂ©gories adaptĂ©es au niveau de dĂ©pendance[106] : Deux Ă©tablissements non mĂ©dicalisĂ©s[107] - [108] - [109], 14 maisons de retraite mĂ©dicalisĂ©es qui sont toutes des Ă©tablissements d’hĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes (EHPAD)[Note 77], et une unitĂ© de soins de longue durĂ©e (USLD) — le centre Jean Vignalou — adossĂ©e au centre hospitalier de Pau. Trois Ă©tablissements pour personnes handicapĂ©es sont localisĂ©s Ă  Pau : un foyer d'hĂ©bergement (le Cairn), un foyer de vie (Au jour le jour) et un service d'accompagnement Ă  la vie sociale (SAVS trisomie 21)[112].

    Justice, sécurité et défense

    Le Palais de Justice.
    Le Palais de Justice.

    La commune est le siĂšge de la cour d'appel de Pau, qui a pour ressort les dĂ©partements des Landes, des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques et des Hautes-PyrĂ©nĂ©es. Pau est Ă©galement le siĂšge d'une cour d'assises, d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d'un tribunal administratif, d’un tribunal pour enfants, d'un tribunal des affaires de sĂ©curitĂ© sociale, d'un conseil de prud'hommes et d'un tribunal de commerce[113]. Pau dĂ©pend de la cour administrative d'appel de Bordeaux. La commune accueille un commissariat de police, le groupement de gendarmerie nationale des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, ou encore une recette-perception des impĂŽts.

    En lien avec la tradition aĂ©ronautique et militaire de la commune, Pau abrite depuis le le 5e rĂ©giment d'hĂ©licoptĂšres de combat (5e RHC) surnommĂ© « RĂ©giment du BĂ©arn »[114]. ImplantĂ© depuis 1961 au sein de la caserne Bernadotte, le Centre des archives du personnel militaire (CAPM) rassemble en un lieu unique l'ensemble des archives administratives de l'ArmĂ©e de terre, du service national et des services communs[115]. L'histoire militaire de la commune est aussi marquĂ©e par l'installation du 18e rĂ©giment d'infanterie (18e RI), du 18e rĂ©giment de chasseurs parachutistes (18e RCP) et du 1er rĂ©giment de chasseurs parachutistes (1er RCP) qui participent aux diffĂ©rents conflits du XXe siĂšcle avant d'ĂȘtre dissous ou transfĂ©rĂ©s dans d'autres communes. Une antenne du Bataillon de Joinville, l'École nationale d'entraĂźnement physique militaire, occupe jusque dans les annĂ©es 1980 le site du Hameau.

    Population et société

    Évolution dĂ©mographique

    L'Ă©volution du nombre d'habitants est connue Ă  travers les recensements de la population effectuĂ©s dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque annĂ©e Ă  la suite d'une enquĂȘte par sondage auprĂšs d'un Ă©chantillon d'adresses reprĂ©sentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement rĂ©el tous les cinq ans[116] - [Note 78].

    En 2020, la commune comptait 75 665 habitants[Note 79], en diminution de 2,35 % par rapport Ă  2014 (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques : +3 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

    Évolution de la population [ modifier ]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    8 7568 4659 29311 44411 28512 60713 84116 17016 196
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    18 67121 88124 56327 30028 90829 97130 62433 11133 012
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    34 26835 04437 14935 66537 71138 96240 45146 15848 320
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    59 93774 00583 49883 79082 15778 73283 90379 79877 251
    2020 - - - - - - - -
    75 665--------
    De 1962 Ă  1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[117] puis Insee Ă  partir de 2006[118].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    La population paloise connaĂźt un accroissement net et rĂ©gulier tout au long du XIXe siĂšcle et de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, hormis un recul occasionnĂ© par la PremiĂšre Guerre mondiale. Le taux de croissance annuel est alors d'environ 2,8 % entre 1800 et 1936. La croissance dĂ©mographique de Pau s'accĂ©lĂšre aprĂšs la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec un taux de croissance annuel de 3,3 % entre 1954 et 1975. La population atteint alors un plateau autour de 80 000 habitants avec une diminution du taux de natalitĂ© et des dĂ©parts au profit des communes de premiĂšre couronne qui se dĂ©veloppent nettement.

    Analyse des soldes de variation annuelle de la population[Ico 3].
    1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2006 2006 - 2011 2011 - 2016
    Taux de variation annuel de la population + 1,7 + 0,0 - 0,2 - 0,5 + 0,9 - 1,0 - 0,6
    Solde naturel + 0,9 + 0,5 + 0,4 + 0,2 + 0,2 + 0,2 + 0,1
    Solde migratoire + 0,9 - 0,5 - 0,6 - 0,7 + 0,7 - 1,2 - 0,7

    Pyramide des Ăąges

    La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un Ăąge infĂ©rieur Ă  30 ans s'Ă©lĂšve Ă  37,2 %, soit au-dessus de la moyenne dĂ©partementale (30,9 %). À l'inverse, le taux de personnes d'Ăąge supĂ©rieur Ă  60 ans est de 28,1 % la mĂȘme annĂ©e, alors qu'il est de 30,5 % au niveau dĂ©partemental.

    En 2018, la commune comptait 35 312 hommes pour 40 963 femmes, soit un taux de 53,70 % de femmes, lĂ©gĂšrement supĂ©rieur au taux dĂ©partemental (52,08 %).

    Les pyramides des ùges de la commune et du département s'établissent comme suit.

    Pyramide des Ăąges de la commune en 2018 en pourcentage[119]
    HommesClasse d’ñgeFemmes
    0,9
    90 ou +
    2,9
    7,9
    75-89 ans
    12,7
    14,2
    60-74 ans
    16,7
    17,5
    45-59 ans
    17,1
    18,8
    30-44 ans
    16,2
    25,8
    15-29 ans
    22,2
    14,8
    0-14 ans
    12,1
    Pyramide des ùges du département des Pyrénées-Atlantiques en 2018 en pourcentage[120]
    HommesClasse d’ñgeFemmes
    0,9
    90 ou +
    2,5
    8,6
    75-89 ans
    11,7
    18,2
    60-74 ans
    19
    21,3
    45-59 ans
    20,6
    18,1
    30-44 ans
    17,3
    16,4
    15-29 ans
    14,2
    16,7
    0-14 ans
    14,7

    Activité de la population

    Le taux d'activité local (68,1 % en 2016) est plus faible que celui des Pyrénées-Atlantiques (74,3 % en 2016)[Note 80].

    ActivitĂ© et emploi de la population de 15 Ă  64 ans par Ăąge en 201615 _Ă _ 64 ans_par_sexe_et_Ăąge_322-0">[Ico 4].
    Population Actifs Taux d’activitĂ© en % Actifs ayant un emploi Taux d’emploi en %
    Ensemble 49 613 33 795 68,1 27 303 55,0
    15 Ă  24 ans 12 652 4 525 35,8 3 213 25,4
    25 Ă  54 ans 28 245 24 517 86,8 19 955 70,6
    55 Ă  64 ans 8 716 4 753 54,5 4 135 47,4

    La population de l'unitĂ© urbaine de Pau connaĂźt une lĂ©gĂšre croissance sur la pĂ©riode 2011-2016, passant de 197 157 habitants Ă  198 223 habitants[Iuu 1]. L'aire urbaine de Pau bĂ©nĂ©ficie d'une dynamique Ă©galement lĂ©gĂšrement favorable sur la mĂȘme pĂ©riode, passant de 240 898 habitants Ă  243 901 habitants[Iau 1]. Une tendance qui confirme les gains pris par la deuxiĂšme couronne de l'agglomĂ©ration paloise durant ces derniĂšres annĂ©es, au dĂ©triment de la ville centre.

    Culte catholique

    Pau dĂ©pend du diocĂšse de Bayonne, Lescar et Oloron, suffragant depuis 2002 de l’archidiocĂšse de Bordeaux[121].

    Outre les principales Ă©glises Saint-Martin et Saint-Jacques, le centre-ville de Pau compte plusieurs autres lieux de culte catholique avec Saint-Louis-de-Gonzague, Notre-Dame, Saint-Joseph et Saint-Charles qui sont rĂ©unis au sein de la paroisse du Christ-Sauveur[122]. Au nord de Pau se trouvent les Ă©glises Saint-Pierre et Saint-Paul, au sein de la paroisse du mĂȘme nom. Au nord-est, les Ă©glises Saint-Jean-Baptiste et Saint-Vincent-de-Paul dans la paroisse Sainte-Marie-du-Hameau. Les Ă©glises Sainte-Bernadette et Sainte-ThĂ©rĂšse se situent Ă  l'est de la ville, dans la paroisse Sainte-Famille[123]. L'Ă©glise Notre-Dame du Bout du Pont se situe Ă  Pau mais est gĂ©rĂ©e par la paroisse Notre-Dame-de-l'EspĂ©rance de Jurançon[124].

    Culte protestant

    Le protestantisme dispose d'une implantation trĂšs ancienne Ă  Pau, la RĂ©forme s'y organise Ă  partir du XVIe siĂšcle avec Marguerite de Navarre et surtout sa fille Jeanne d'Albret. Celle-ci rend obligatoire la religion rĂ©formĂ©e en 1571 dans l'ensemble du BĂ©arn. L’Évangile est alors prĂȘchĂ© Ă  Pau dans l’église primitive de Saint-Martin[125]. DĂšs 1620, et l'annexion du BĂ©arn Ă  la France par Louis XIII, la religion rĂ©formĂ©e perd en influence. La rĂ©vocation de l'Ă©dit de Nantes en 1685 par Louis XIV renforce cette Ă©volution avec des persĂ©cutions et la fuite de nombreux huguenots vers des pays refuge[126]. La plupart des protestants bĂ©arnais, et donc palois, continuent leurs pratiques religieuses dans l'intimitĂ© du cadre familial. Cela explique la faiblesse du patrimoine bĂąti pour ce culte pourtant trĂšs ancien dans la ville. AprĂšs 1789, la libertĂ© de conscience est accordĂ©e aux protestants par la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen. Le temple protestant de Pau, paroisse de l'Église protestante unie de France, est aujourd'hui active au sein de l'ancienne Christ Church anglicane, situĂ©e rue Serviez et datant de 1841[127].

    L'afflux d'une importante, et aisĂ©e, communautĂ© anglaise au cours du XIXe siĂšcle Ă  Pau amĂšne la construction de plusieurs lieux de cultes de l'Église anglicane au sein de la ville. La Christ Church en 1841 (actuel temple protestant) ou encore la Holy Trinity Church en 1862[B 57] (qui accueille le cinĂ©ma Le MĂ©lies) prĂ©cĂšdent la construction de l'Église Saint-Andrew en 1888[128]. Cette Ă©glise reprĂ©sente dĂ©sormais le dernier lieu de culte anglican de la ville, avec la tenue d'offices hebdomadaires[129] - [SO 9]. La totalitĂ© de l'Ă©difice est inscrite Ă  la liste des monuments historiques depuis 2015[SO 10].

    D'autres lieux de cultes protestant se trouvent dans la ville :

    Autres cultes

    L’église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevsky de Pau est inaugurĂ©e en 1867, rue Jean-RĂ©veil. AprĂšs celle de Nice (1859) et Paris (1860), elle est la troisiĂšme plus ancienne Ă©glise orthodoxe de France[RP 16]. Elle est rĂ©alisĂ©e, Ă  l'origine, pour satisfaire la communautĂ© russe venant passer l'hiver dans la capitale bĂ©arnaise. En 2017, elle accueille un culte mensuel pour une communautĂ© regroupant une centaine de fidĂšles. La synagogue de Pau a Ă©tĂ© inaugurĂ©e en 1880 sur un terrain situĂ© sur l'ancien passage d'Alsace (dĂ©sormais rue des Trois FrĂšres Bernadac). La prĂ©sence d'une communautĂ© juive paloise est attestĂ©e depuis le dĂ©but du XIXe siĂšcle, elle est notamment prouvĂ©e par la crĂ©ation en 1822 d'un cimetiĂšre juif, rĂ©pertoriĂ© Ă  l'inventaire des monuments historiques depuis 1995. La ville de Pau hĂ©berge une mosquĂ©e, situĂ©e avenue des Lilas. Elle est le siĂšge de l'association de la mosquĂ©e de Pau[135]. En 2013, ce lieu fait la Une de la presse lorsqu'il apparaĂźt que l'auteur des tags sur ses murs Ă©tait l'imam lui-mĂȘme[136].

    Vie associative

    En 2017, 5 213 associations sont recensĂ©es sur le site de la commune[M 24], se rĂ©partissant selon les catĂ©gories suivantes : ActivitĂ©s politiques (37), Philanthropie & confĂ©rences (30), Droits, discrimination & civisme (92), Justice (10), Media & communication (123), Arts & culture (665), Clubs & loisirs (117), Action socioculturelle (419), Histoire & patrimoine (29), Sports & plein air (375), Chasse & pĂȘche (3), Amicales, entraide & solidaritĂ© (113), Éducation & formation (133), Recherche (332), SantĂ© (110), Services et Ă©tablissements mĂ©dico-sociaux (11), Aides sociales (443), Associations caritatives & humanitaires (66), Famille & sĂ©niors (22), Transports, Entreprises & gestion (88), ReprĂ©sentation & dĂ©veloppement Ă©conomique (79), Environnement & cadre de vie (64), Emploi & vie locale (40), Logement (22), Tourisme & voyages (1), Secours & protection civile (4), Militaires & anciens combattants (17), Religion & spiritualitĂ© (32), Divers (1 736). En appui de la ville, un collectif d'associations, le rĂ©seau PALVA (Points d'appui locaux Ă  la vie associative), contribue Ă  promouvoir la vitalitĂ© de cette vie associative.

    MĂ©dias

    L'actualitĂ© de Pau et de sa rĂ©gion est couverte par plusieurs mĂ©dias de diffĂ©rente nature. Au niveau de la presse Ă©crite, trois quotidiens locaux dĂ©pendant du Groupe Sud Ouest sont actifs : le Sud Ouest (Ă©dition BĂ©arn et Soule), L'Éclair PyrĂ©nĂ©es et La RĂ©publique des PyrĂ©nĂ©es. CommunĂ©ment appelĂ© La RĂ©publique, ou La Rep, il s'agit du quotidien le plus lu du BĂ©arn et de la Soule avec 143 000 lecteurs au numĂ©ro moyen[RP 17]. Une antenne de France 3 Aquitaine se situe Ă  Pau, elle traite quotidiennement de l'actualitĂ© en BĂ©arn lors du dĂ©crochage local du 19/20 dans son Ă©dition « France 3 Pau Sud-Aquitaine ». La ville accueille Ă©galement plusieurs antennes radiophoniques, dont Virgin Radio Sud Aquitaine, RFM BĂ©arn, ou encore France Bleu BĂ©arn. Les radios locales associatives Voix du BĂ©arn[137] (crĂ©Ă©e en 1981) et RĂ dio PaĂ­s (crĂ©Ă©e en 1983) ont leur siĂšge dans l'agglomĂ©ration paloise.

    Économie

    Revenus de la population et fiscalité

    En 2011, le revenu fiscal mĂ©dian par mĂ©nage Ă©tait de 22 636 €, ce qui plaçait Pau au 28 361e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 mĂ©nages en mĂ©tropole[138]. En 2016, 47 % des foyers fiscaux Ă©taient imposables[Ico 5].

    Emploi

    En 2016, la population ĂągĂ©e de 15 Ă  64 ans s'Ă©levait Ă  49 613 personnes, parmi lesquelles on comptait 68,1 % d'actifs dont 55,0 % ayant un emploi et 13,1 % de chĂŽmeurs15 _Ă _ 64 ans_par_type_d'activitĂ©_350-0">[Ico 6]. On comptait alors 50 134 emplois dans la zone d'emploi, contre 49 601 en 2011. Le nombre d'actifs ayant un emploi rĂ©sidant dans la zone d'emploi Ă©tant de 2 775, l'indicateur de concentration d'emploi est de 180,5 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre prĂšs de deux emplois pour un habitant actif[Ico 7].

    Entreprises et commerces

    Pau est la capitale économique du Grand Pau, la ville joue plus globalement un rÎle majeur pour l'ensemble du bassin de l'Adour par sa position centrale et la densité des services proposés. Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Pau selon leur secteur d'activité[Ico 8] :

    Structure de l’économie Ă  Pau au 31 dĂ©cembre 2017.
    Nombre d’établissements concernĂ©s
    TOTAL 7 093
    Industrie 327
    Construction 459
    Commerce, transport, hĂ©bergement et restauration 1 953
    Services aux entreprises 2 340
    Services aux particuliers 2 014
    Champ : activités marchandes hors agriculture.

    Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de salariés[Ico 9] :

    Établissements actifs par secteur d'activitĂ© au 31 dĂ©cembre 2015.
    Total % 0
    salarié
    1 Ă  9
    salariés
    10 Ă  19
    salariés
    20 Ă  49
    salariés
    50 salariés
    ou plus
    Ensemble 8 951 100,0 5 886 2 432 288 209 136
    Agriculture, sylviculture et pĂȘche 33 0,4 29 3 0 0 1
    Industrie 316 3,5 170 104 25 10 7
    Construction 542 6,1 430 74 24 8 6
    Commerce, transports, services divers 6 367 71,1 4 069 1 966 169 110 53
    dont commerce et rĂ©paration automobile 1 323 14,8 745 516 35 20 7
    Administration publique, enseignement, santĂ©, action sociale 1 693 18,9 1188 285 70 81 69
    Champ : ensemble des activités.

    En 2018, 934 nouvelles entreprises sont créées, dont 760 individuelles. Plus de 52 % de ces entreprises interviennent dans le domaine des services aux particuliers ou aux entreprises[Ico 10].

    Artisanat et industrie

    Photo d'un bĂątiment en brique et en verre, au premier plan le nom de l'entreprise.
    Le CSTJF du groupe Total, 3e centre de R&D en France[RP 18].

    Malgré son statut de capitale politique du Béarn depuis 1464, Pau a beaucoup plus de mal à imposer sa prééminence économique sur le reste du territoire[41]. Nay, Oloron ou Pontacq restent les principaux centres de l'artisanat béarnais, notamment dans le domaine textile[41]. Il faut attendre le XIXe siÚcle, et l'arrivée du chemin de fer, pour voir se développer une industrie paloise significative avec l'installation de plusieurs établissements en basse-ville, qui profitent également de la présence du gave[RP 19]. Moulins, tanneries, teintureries, brasseries ou minoteries sont alors présents. Le ravin du Hédas accueille lui aussi plusieurs activités artisanales, dont les teintureries Daran et les bérets Cazenave[RP 9].

    Ces industries disparaissent progressivement mais Pau connaĂźt parallĂšlement un essor Ă©conomique important durant le XXe siĂšcle, avec la dĂ©couverte du gisement de gaz de Lacq. DĂ©couvert en 1951 par l'ingĂ©nieur Jean FĂ©ger, le gisement permet alors d'inaugurer en 1957 la plus grande usine de gaz en Europe et permet Ă  la France de satisfaire jusqu'Ă  30 % de sa consommation de gaz dans les annĂ©es 1970[139]. Pau accueille depuis de nombreux acteurs liĂ©s Ă  cette industrie pĂ©trochimique, comme le groupe TerĂ©ga, Schlumberger ou Baker Hughes. Dans un autre registre, la ville accueille la maison de prĂȘt-Ă -porter CourrĂšges[SO 11].

    Le centre Jean-FĂ©ger

    En lien avec l'exploitation du gaz de Lacq, Pau accueille le centre scientifique et technique Jean-FĂ©ger (CSTJF) de Total. Il s'agit du 1er centre de recherche pour l’exploration et la production de gaz et de pĂ©trole en Europe[SO 12], et le 3e centre de recherche en France tous secteurs confondus[RP 18]. Il concentre plus de 2 800 personnes, dont environ 900 docteurs et ingĂ©nieurs en gĂ©osciences, rĂ©sultant de la fusion des moyens d’Elf Aquitaine et de Total[RP 18]. La recherche en gĂ©osciences repose aussi sur des partenariats universitĂ©/entreprises notamment avec la FĂ©dĂ©ration de recherche appliquĂ©e au gĂ©nie pĂ©trolier (IPRA)[Note 81]. La recherche et l'ingĂ©nierie en gĂ©osciences sont Ă©galement prĂ©sentes au sein d'une multitude de sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es, pour la plupart prĂ©sentes sur le site de la technopole HĂ©lioparc.

    • BĂątiment Newton de la technopole HĂ©lioparc.
      BĂątiment Newton de la technopole HĂ©lioparc.
    • BĂątiment PoincarĂ©.
      Bùtiment Poincaré.

    Activités de services

    En tant que capitale administrative, Pau regroupe des institutions de dimensions dĂ©partementales voire rĂ©gionales : Conseil dĂ©partemental des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, cour d'appel pour les dĂ©partements des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, des Landes et du Gers, centre hospitalier, chambre de commerce et d'industrie Pau BĂ©arn[Note 82], chambre des mĂ©tiers des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, chambre d'agriculture des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, SDIS 64, MSA, universitĂ© de Pau et des Pays de l'Adour, etc. Les NTIC ont connu un important dĂ©veloppement avec le dĂ©ploiement de la fibre optique dans l'agglomĂ©ration et l'implantation de sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans l'informatique, les rĂ©seaux et le traitement de l'image. Les technopĂŽles HĂ©lioparc avec 1 300 emplois[RP 20] ou encore Pau CitĂ© MultimĂ©dia avec ses 1 200 emplois[140] concentrent un grand nombre de SSII. Pau est la troisiĂšme ville d'Europe, aprĂšs Stockholm et Milan[141], Ă  avoir dĂ©veloppĂ© un rĂ©seau de trĂšs haut dĂ©bit (THD) en fibre optique.

    À la rencontre des axes est-ouest, entre Toulouse et le port de Bayonne, et nord-sud, entre Bordeaux et l'Espagne via le col du Somport, Pau possĂšde une longue tradition commerciale[41]. La foire aux bestiaux de la Haute-Plante (actuelle place de Verdun), Ă  l'occasion de la Saint-Martin, en est le meilleur exemple jusqu'au dĂ©but du XXe siĂšcle[SO 13] - [B 58]. Cette tradition commerciale se traduit aujourd'hui par la tenue de plusieurs marchĂ©s alimentaires, dont celui quotidien des Halles de Pau[M 25]. La Foire de Pau se tient annuellement au Parc des expositions, en 2019 se tient la 71e Ă©dition de l’évĂ©nement[RP 21]. La ville accueille Ă©galement plusieurs grandes enseignes de la distribution, comme E.Leclerc, les Galeries Lafayette ou Auchan.

    Pau concentre une activité ancienne, et particuliÚrement résistante[RP 22], en matiÚre d'édition. Les maisons Marrimpouey (1689[RP 22]) ou Tonnet (1797[142]) en sont les exemples les plus fameux.

    Activités de services liées au tourisme

    Photographie en couleurs d'un paysage de montagnes enneigées en arriÚre-plan d'une vallée boisée.
    Vue depuis l'Ă©glise Saint-Martin.

    La ville de Pau est située à 45 minutes des Pyrénées et de ses stations de ski. C'est un lieu de passage pour les touristes des Pyrénées amateurs de nature et également un lieu de découvertes pour les adeptes d'un tourisme plus urbain et culturel[RP 23].

    Pau est également une ville de congrÚs, de colloques et de tourisme d'affaires avec des infrastructures qui permettent d'accueillir des événements nationaux et internationaux : le centre de congrÚs du Palais Beaumont, le parc des expositions, des hÎtels 3 étoiles (HÎtel Continental, HÎtel Roncevaux, HÎtel Bristol), un hÎtel 4 étoiles (HÎtel de Gramont) et deux hÎtels 5 étoiles (hÎtel Parc-Beaumont, hÎtel Villa Navarre). La ville, ancienne station climatique, accueille un casino.

    Au , 23 hĂŽtels de la commune offraient 980 chambres aux visiteurs[Ico 11], mais aucun camping n'Ă©tait dĂ©nombrĂ©[Ico 12]. L'infrastructure touristique de l'unitĂ© urbaine de Pau vient complĂ©ter l'offre locale avec 1 868 chambres rĂ©parties sur prĂšs de 49 hĂŽtels[Iuu 2] et 5 campings proposant 242 emplacements[Iuu 3].

    Sports et Ă©quipements

    La ville dispose d'une culture sportive ancienne et dense, associĂ©e au dĂ©veloppement des sports anglais Ă  la Belle Époque. Elle est alors surnommĂ©e la reine des sports, tandis qu'Ă  la mĂȘme Ă©poque James Gordon Bennett junior dĂ©crit la ville comme Ă©tant « le centre du sport mondial » (« Pau is the hub of the sporting world »)[73] - [B 59] dans l'International Herald Tribune. Tennis, golf, polo, jeu de paume, ski, randonnĂ©es, pĂȘche au saumon, chasse Ă  l'ours et Ă  l'isard, tir au pigeon ou rugby sont alors pratiquĂ©s Ă  Pau ou dans les environs, avec le cheval comme passion centrale[B 59]. Faire de Pau une ville sportive est un argument fort de la municipalitĂ© et des publicitaires pour attirer les riches hivernants anglais[B 60]. Outre ces activitĂ©s de plein-air pratiquĂ©es, principalement, par l'aristocratie britannique dans leurs clubs-houses, la vie sportive paloise s'organise au tournant du XIXe siĂšcle et du XXe siĂšcle. HĂ©ritier d'une trĂšs ancienne tradition hippique[Note 83], le sport moderne palois se dĂ©veloppe d'abord autour du cyclisme et de la natation. Le VĂ©loce club bĂ©arnais est crĂ©Ă© en 1883[B 61] tandis que Louis PĂ©guilhan ouvre une premiĂšre Ă©cole de natation en 1904[B 62]. Pau devient Ă©galement un centre majeur du « sport Ă©ducatif » sous l'impulsion de Philippe TissiĂ© dĂšs 1901[B 63]. Pau est labellisĂ©e « Ville europĂ©enne du Sport 2018 ».

    • Affiche promotionnelle avec l'inscription « PAU LA REINE DES SPORTS ».
      Pau, « La reine des sports ».
    • Photographie en noir et blanc de cavaliers sur leur chevaux et de chiens de chasse.
      Chasse Ă  courre au chenil de Pau.
    • Photographie en noir et blanc d'un dirigeable survolant un hippodrome.
      Un dirigeable survole l'hippodrome du Pont-Long.
    • Photographie d'un homme fĂ©licitant des cavaliers.
      Le roi d'Angleterre remet les récompenses aux lauréats.
    • Photographie noir et blanc d'hommes jouant au golf.
      Le Pau Golf Club est le plus ancien golf d'Europe continentale.

    Sports collectifs

    Un groupe de sportifs pose pour une photographie en noir-et-blanc.
    La Section paloise en 1921.

    Le rugby Ă  XV apparaĂźt Ă  Pau dĂšs 1899 avec le Stade palois[B 64], celui-ci est par la suite incorporĂ© Ă  la Section paloise omnisports, le grand club omnisports de la ville [Note 84] . La Section paloise dĂ©bute cette pratique en 1905 Ă  la place de la barrette. La Section paloise remporte trois titres de champion de France (1928, 1946 et 1964), trois coupes de France (1939, 1952, 1997), un Challenge europĂ©en (2000) et un titre de champion de France de deuxiĂšme division (2015). Le club figure de nouveau dans l'Ă©lite — Top 14 — depuis 2015[RP 24]. L'Ă©quipe professionnelle Ă©volue depuis 1990 au stade du Hameau (capacitĂ© de 18 324 places), tandis que les Ă©quipes de jeunes jouent toujours dans l'emblĂ©matique stade de la Croix du Prince. La ville connaĂźt un club de rugby Ă  XIII, nommĂ© Pau XIII, crĂ©Ă© le qui disparait Ă  la LibĂ©ration, faute de terrain de jeu, puis qui rĂ©apparaĂźt dans les annĂ©es 1970 pour disparaitre Ă  nouveau[146].

    L'Élan bĂ©arnais Pau-Orthez possĂšde l'un des palmarĂšs les plus fournis parmi les clubs français de basket-ball. Il compte neuf titres de champion de France (1986, 1987, 1992, 1996, 1998, 1999, 2001, 2003 et 2004), trois coupes de France (2002, 2003, 2007), trois tournois des As (1991, 1992, 1993), une semaine des As (2003), un titre de vainqueur de la coupe Korać (1984) et un titre de champion de France de deuxiĂšme division (2010). Il forme avec le CSP Limoges le duo incontournable de l'Ă©lite française[147]. Le club Ă©volue au sein du palais des sports, d'une capacitĂ© de 7 707 places assises en configuration basket. InaugurĂ© en 1991, il sert Ă  plusieurs reprises Ă  des Ă©preuves de tennis — dont la coupe Davis —, de handball ou de volley-ball.

    Le club phare du football palois est le Pau Football Club, qui Ă©volue en Championnat de France de football de Ligue 2 depuis la saison 2020-2021. AprĂšs avoir cohabitĂ© avec le rugby au stade du Hameau, le Pau FC dispose de son propre stade depuis 2018, avec une capacitĂ© de 1 200 places[M 26]. FondĂ©s respectivement en 1902, 1904 et en 1920, la Jeanne d'Arc Le BĂ©arn, le FA Bourbaki et les Bleuets sont les plus anciens clubs de la ville[RP 25]. L'Association Bourbaki, patronage catholique, a entretenu une longue rivalitĂ© sportive avec la laĂŻque Section paloise jusqu'Ă  la Seconde Guerre mondiale[148].

    Sports automobiles et Ă©questres

    Le Grand Prix automobile de Pau ainsi que le Grand Prix historique sont organisés sur le circuit urbain de Pau une fois par an. AprÚs la fondation de l'Automobile-Club Basco-Béarnais en 1898 et une premiÚre course reliant Pau à Bayonne l'année suivante, le terme "Grand Prix de Pau" fait son apparition pour désigner le prix remis au vainqueur du "Circuit du Sud-Ouest" en 1900. La premiÚre véritable édition du Grand Prix de Pau a lieu l'année suivante sous l'appellation "Grand Prix du Sud-Ouest", il s'agit de la premiÚre utilisation du terme « Grand Prix » pour une course automobile (auparavant réservé à l'hippisme[149]). Une édition du Grand Prix automobile de France se tient en 1930 sur un circuit situé en périphérie. La course en ville débute en 1933. Le tracé, directement inspiré par le circuit de Monaco, n'a plus bougé depuis 1935. Tout au long de son histoire, le Grand Prix a accueilli de nombreuses figures marquantes du sport automobile comme Jim Clark et Juan Manuel Fangio. Désormais le Grand Prix se déroule lors d'une manche du championnat d'Europe de Formule 3.

    L'hippodrome du Pont-Long est l'un des principaux centres d'entraĂźnement hippique de France, avec Chantilly et Maisons-Laffitte[150]. Le centre d'entraĂźnement de Sers abrite ainsi six cents chevaux. L'hippodrome accueille un total de vingt-sept rĂ©unions d'obstacles et de plat lors de la pĂ©riode hivernale[151]. De plus, le Concours complet international de Pau, nommĂ© les Étoiles de Pau, se dĂ©roule chaque annĂ©e au domaine de Sers. Il s'agit de la seule Ă©preuve de ce niveau (CCI*****) en France. Toute cette activitĂ© Ă©quine fait suite Ă  une tradition plus que sĂ©culaire en la matiĂšre Ă  Pau et dans le BĂ©arn, avec des courses de chevaux dĂ©jĂ  donnĂ©es prĂšs de MorlaĂ s au XIIe siĂšcle[B 65].

    Autres sports

    Pau est derriĂšre Bordeaux la ville de province ayant Ă©tĂ© le plus de fois ville-Ă©tape dans l'histoire du Tour de France. La ville reçoit le Tour pour la 71e fois en 2019[152]. La capitale bĂ©arnaise profite notamment de sa situation gĂ©ographique pour se placer comme le vĂ©ritable camp de base des Ă©tapes pyrĂ©nĂ©ennes. Afin de marquer cet attachement au Tour, la ville dĂ©cide d'installer sur le stade TissiĂ© (siĂšge de l'ancien VĂ©loce-Club bĂ©arnais) une exposition permanente[RP 26] consacrĂ©e aux champions de la Grande Boucle. Le canoĂ«-kayak est notamment pratiquĂ© par le club universitaire palois PyrĂ©nĂ©es-Eaux-Vives (CUPPEV), celui-ci compte plusieurs membres mĂ©daillĂ©s dans des compĂ©titions internationles, dont Patrice Estanguet, Tony Estanguet, Fabien LefĂšvre et Julien Billaut. La pratique est possible sur le Gave de Pau et Ă©galement sur le stade d'eaux vives Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es qui ouvre en 2008. Il accueille en particulier le pĂŽle Ă©lite de l'Ă©quipe de France de kayak ainsi que le pĂŽle espoir. Autre grand Ă©quipement destinĂ© aux sports aquatiques : le stade nautique. Celui-ci est inaugurĂ© en 2014, en remplacement de l'ancien stade rue Nitot construit en 1964[RP 27], il peut accueillir 1 420 personnes en mĂȘme temps[RP 28].

    C'est en 1896 que l'aristocratie paloise crĂ©e la premiĂšre sociĂ©tĂ© sportive d'escrime de la ville. Le domaine militaire prend la suite pendant un demi-siĂšcle, que ce soit Ă  la salle d'armes de Bourbaki ou au Cercle militaire d'escrime, situĂ© dans la caserne Bernadotte. La Section paloise escrime prend ensuite le relais de cette tradition sportive paloise[RP 29]. Depuis 1959, la Section assure la continuitĂ© de cette discipline olympique avec Ă  son actif, trois mĂ©dailles mondiales, plusieurs places de finalistes en coupe du monde et 26 titres de champion de France. Le Pau Golf Club, situĂ© Ă  BillĂšre, est crĂ©Ă© par des Écossais en 1856[B 66]. Il est le premier parcours du continent europĂ©en et l'un des plus anciens du monde. Il offre un parcours de 18 trous et son club-house de style victorien abrite un restaurant et un bar Ă  l'ambiance britannique. Ce parcours officiel est le descendant d'un premier link de 9 trous, tracĂ© en 1814 par des officiers du duc de Wellington aprĂšs leur sĂ©jour bĂ©arnais Ă  la suite de la bataille d'Orthez[B 66] - [Note 85].

    La pelote basque est notamment pratiquĂ©e au sein du complexe de pelote inaugurĂ© en 2006, l'Ă©quipement est constituĂ© d'un jaĂŻ-alaĂŻ, d'un mur Ă  gauche et d'un trinquet et d'un fronton place libre. C'est l'une des plus grandes installations de pelote basque en Europe avec plus de 2 000 places. La Section paloise est un club phare dans le domaine. Aussi, Pau dispose d'un plantier pour le jeu de quilles de 9, ancĂȘtre du bowling. Le sport se pratique avec une boule de 6,2 kg et neuf quilles de 96 cm[153].

    Patrimoine

    Le patrimoine bĂąti de Pau couvre une pĂ©riode s’étalant du XIIe au XXIe siĂšcle, au travers de nombreux sites et monuments au premier rang desquels est son chĂąteau. Le centre-ville de Pau est caractĂ©risĂ© par son dĂ©veloppement historique et progressif vers l'est, contraint en cela par la gĂ©ographie des lieux. Ce n'est qu'Ă  partir du XVIIe siĂšcle que le franchissement du HĂ©das permet Ă  la citĂ© de s'Ă©tendre vers le nord. Cette particularitĂ© explique la typologie du patrimoine du centre-ville, qui se distribue essentiellement le long de trois axes orientĂ©s ouest/est : la rue Joffre, la rue Louis-Barthou et le boulevard des PyrĂ©nĂ©es. Le patrimoine de la ville s'enrichit fortement au XIXe siĂšcle avec le dĂ©veloppement du tourisme climatique, nombre de touristes fortunĂ©s venant de l'Europe entiĂšre viennent passer l'hiver Ă  Pau pour profiter des bienfaits supposĂ©s du climat sĂ©datif dĂ©crit par Alexander Taylor. Il en rĂ©sulte aujourd'hui un ensemble de villas, palaces et parcs.

    Pau compte 15 monuments[154] et 177 objets[155] rĂ©pertoriĂ©s Ă  l'inventaire des monuments historiques.

    Jusqu'au XVIIIe siĂšcle

    Le patrimoine civil de Pau est dominĂ© par la figure de son chĂąteau, dont les parties les plus anciennes datent du XIIe siĂšcle, sans qu'il soit possible de dire s'il prĂ©cĂšde la constitution du village, ou inversement[B 25]. Celui-ci est toujours le symbole de la ville et attire prĂšs de 100 000 visiteurs chaque annĂ©e. Le patrimoine de Pau ne se rĂ©sume nĂ©anmoins pas Ă  ce seul Ă©difice, d'autres monuments reflĂštent l'histoire de ce petit castelnau devenu capitale d'un État indĂ©pendant puis citĂ© royale. La ville offre un patrimoine particuliĂšrement diversifiĂ© du Moyen Âge, Ă  la Renaissance en passant par la Belle Époque et jusqu'Ă  nos jours.

    Le chĂąteau de Pau domine le gave. Ses deux tours les plus anciennes datent du XIIe siĂšcle, tandis que le donjon quadrangulaire en brique est Ă©levĂ© par Sicard de Lordat au XIVe siĂšcle. À la mĂȘme Ă©poque est construite la tour de la Monnaie, d'abord tour de guet dĂ©fensive voulue en contrebas du chĂąteau par Gaston FĂ©bus, puis un temps dite tour du Moulin[Note 86], la tour de la Monnaie doit aujourd'hui son nom Ă  Henri d’Albret qui, en 1554, en fait un atelier monĂ©taire[Note 87]. La forteresse ainsi constituĂ©e est transformĂ©e en palais Renaissance par Marguerite d'AngoulĂšme puis restaurĂ©e sous Louis-Philippe et NapolĂ©on III. En rĂ©sumĂ©, le chĂąteau est donc successivement forteresse des vicomtes du BĂ©arn, chĂąteau fort de FĂ©bus, berceau du bon roi Henri IV (Nouste Enric) et rĂ©sidence royale Ă  la Renaissance.

    • Photographie en couleurs reprĂ©sentant un chĂąteau dans la perspective d'une longue allĂ©e.
    • Photographie en couleurs reprĂ©sentant un dĂ©cor mural sculptĂ©.
      Armoiries du BĂ©arn au chĂąteau de Pau.
    • Photographie en couleurs reprĂ©sentant une gargouille d'un chĂąteau.
      Une gargouille du chĂąteau.
    • Photographie en couleurs d'un berceau de bĂ©bĂ© dans une piĂšce dĂ©corĂ©e de tentures et d'Ă©tendards.
      Berceau d'Henri IV.
    • Photographie en couleurs d'une tour carrĂ©e portant des mĂąchicoulis et une toiture pyramidale.
      Tour de la Monnaie.
    • Photographie en couleurs reprĂ©sentant une vieille tour grise.
      Tour du Bourreau (Tor deu BorrĂšu) du XVIIe siĂšcle.

    L'annexion du BĂ©arn Ă  la couronne de France en 1620, par Louis XIII, entraĂźne la mise en place de diffĂ©rentes institutions visant Ă  marquer ce nouveau rattachement. Ainsi, Ă  proximitĂ© du chĂąteau, le Parlement de Navarre est instaurĂ© pour Ă©dicter les textes de loi (en bĂ©arnais) de la nouvelle province du BĂ©arn ainsi que de la Basse-Navarre et de la Soule. Il s'Ă©tablit, en rĂ©alitĂ©, dans un plus ancien palais de justice qui est construit dĂšs 1585[B 30] notamment en lieu et place de la maison de l'Ă©vĂȘque de Lescar. IncendiĂ© en 1716, il est rebĂąti mais trĂšs vite abandonnĂ© au profit du palais de justice actuel. Le conseil dĂ©partemental s'y est depuis installĂ© et y tient toujours ses sessions. Afin de complĂ©ter le rattachement du BĂ©arn Ă  la France, le rĂ©tablissement du culte catholique est une nĂ©cessitĂ© de premier plan. Un collĂšge de jĂ©suites est construit Ă  l'appel du roi Louis XIII probablement entre 1622 et 1645. Devenu lycĂ©e Louis-Barthou, il abrite toujours certains bĂątiments d'origine, ces derniers sont bĂątis dans le pur style bĂ©arnais avec des toits en ardoise Ă  forte pente et des murs en galets du gave.

    La maison natale de Bernadotte est un témoignage architectural plus modeste, mais intéressant pour reconstituer la vie des familles de notables palois au XVIIIe siÚcle. Elle abrite depuis 1951[B 67] un musée en particulier incontournable pour les touristes suédois. Jean-Baptiste Bernadotte, sous-officier français né à Pau, devient général de Napoléon puis roi de SuÚde sous le nom de Charles XIV Jean et roi de NorvÚge sous le nom de Charles III Jean.

    XIXe siùcle et Belle Époque

    Le XIXe siĂšcle, et particuliĂšrement la Belle Époque, sont une pĂ©riode faste pour la constitution du patrimoine civil actuel de Pau. Le tourisme climatique emmĂšne avec lui la construction de nombreuses demeures luxueuses pour agrĂ©menter le sĂ©jour des riches hivernants europĂ©ens, mais plus globalement un vĂ©ritable renouveau de la ville s'est opĂ©rĂ© avec la construction de nombreux nouveaux Ă©quipements publics pour leur accueil et Ă©galement pour accompagner la forte poussĂ©e dĂ©mographique de la citĂ©[Note 88].

    L'accueil des riches touristes europĂ©ens est notamment assurĂ© par deux palaces en directe concurrence, l'hĂŽtel de Gassion et l’hĂŽtel de France qui sont situĂ©s sur le boulevard des PyrĂ©nĂ©es. L'hĂŽtel de Gassion est situĂ© entre le chĂąteau de Pau et l'Ă©glise Saint-Martin, il abrite des appartements dĂ©sormais. L'hĂŽtel de France est lui situĂ© Ă  l’est de la place Royale, il abrite actuellement les services de la communautĂ© d'agglomĂ©ration Pau BĂ©arn PyrĂ©nĂ©es. Le tourisme climatique a Ă©galement permis de laisser comme hĂ©ritage un ensemble de villas de prestige. Les riches touristes anglais, amĂ©ricains et russes se font construire des villas afin de rendre leurs sĂ©jours toujours plus confortables lors de la saison hivernale. Ces bĂątisses, de style anglais, sont principalement construites Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Ces villas ont dĂ©sormais divers usages : hĂŽtel de luxe (HĂŽtel Villa-Navarre Ă©difiĂ©e entre 1865 et 1888[RP 30]), salle de rĂ©ception (villa Saint Basil's Ă©difiĂ©e en 1889), appartements (Palais Sorrento en 1888), rĂ©sidence du prĂ©fet (villa Sainte-HĂ©lĂšne), etc.

    • photographie en couleurs d'un grand bĂątiment carrĂ© Ă  Ă©tages, tours dans les angles.
    • Photographie en couleurs d'un bĂątiment rectangulaire Ă  porche Ă  colonnes.
      La villa Ridgway.
    • Photographie en couleurs d'une villa dont la façade porte deux balcons.
      La villa Lawrance.
    • Photographie en couleurs d'un manoir aux murs en moellons chaĂźnĂ©s de pierre de taille et brique.
      La villa Nitot.
    • Photographie en couleurs d'une villa dont la toiture porte un clocheton central ; immeuble moderne en arriĂšre-plan.
      La villa Tissié.

    Les services municipaux successifs font tout pour capter et maintenir cette riche clientĂšle Ă  Pau. Ils font ainsi construire diffĂ©rents Ă©quipements visant Ă  amĂ©liorer le sĂ©jour de leurs hĂŽtes. Le premier d'entre eux est la gare dĂšs 1864 pour l'ouverture de la ligne et 1871 pour l'inauguration du bĂątiment. Un funiculaire s'installe ensuite en 1908[SO 14], afin d'assurer la liaison entre la ville-haute, centre historique, et la gare en contrebas. L'HĂŽtel des Postes est bĂąti en 1900, et le Palais Beaumont, originellement dĂ©nommĂ© palais d'Hiver, voit lui le jour en 1900 afin de divertir les hivernants et les Palois par des jeux, des spectacles, des fĂȘtes et des rencontres. MĂ©langeant les styles architecturaux, il est plusieurs fois remaniĂ© et doit ĂȘtre rĂ©habilitĂ© en 1996 aprĂšs un demi-siĂšcle d'oubli. Il accueille dĂ©sormais un casino et surtout un centre de congrĂšs, thĂ©Ăątre de diverses manifestations tels des sĂ©minaires ou des salons.

    L'importance dĂ©mographique prise par la ville au cours du XIXe siĂšcle implique la rĂ©alisation de diffĂ©rents Ă©quipements afin de lui fournir les moyens nĂ©cessaires Ă  sa bonne gouvernance. Les services municipaux dĂ©mĂ©nagent ainsi dans l'actuel hĂŽtel de ville Ă  partir de 1878. Le bĂątiment, situĂ© au nord de la place Royale, est en rĂ©alitĂ© un ancien thĂ©Ăątre datant de 1862, le projet visant Ă  y Ă©difier l'Ă©glise Saint-Louis lancĂ© en 1685 et relancĂ© en 1788 n'ayant jamais abouti. Ainsi, s'explique la statue de Thalie, muse de la ComĂ©die au front Ă©toilĂ©, qui orne son fronton. L'actuel palais de justice est Ă©difiĂ© entre 1847 et 1856[B 68] sur l'emplacement de l'ancien couvent des Cordeliers. La place de la LibĂ©ration participe aujourd'hui Ă  la majestĂ© de ce bĂątiment dont la façade est classiquement ornĂ©e de colonnes elles-mĂȘmes surplombĂ©es d'un fronton en marbre blanc. C'est tout naturellement Ă©galement qu'est Ă©difiĂ©e progressivement de 1821 Ă  1875[B 68] une caserne Ă  Pau, ville prĂ©fectorale proche de la frontiĂšre. La caserne Bernadotte, oĂč sont aujourd'hui situĂ©es les archives nationales de l'ArmĂ©e de terre, accueille ainsi dĂšs 1830, deux rĂ©giments. L'actuelle place de Verdun devenue parking et anciennement dĂ©nommĂ©e place NapolĂ©on, Ă©tant, Ă  cette Ă©poque, une zone d'exercices close.

    AprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale

    Photographie en couleurs de l'allée centrale à ciel ouvert d'une galerie commerciale.
    Palais des Pyrénées au petit matin.

    Le dĂ©clenchement de la PremiĂšre Guerre mondiale marque le dĂ©clin brutal du tourisme climatique palois. Durant la pĂ©riode de l'entre-deux-guerres, plusieurs projets d'envergure voient malgrĂ© tout le jour afin de relancer cette activitĂ© autrefois prospĂšre. Le palais des PyrĂ©nĂ©es (ou palais du Commerce et des FĂȘtes) est construit en 1930, dans un style art dĂ©co, afin de signaler par un Ă©difice-phare[37] la crĂ©ation de ce nouveau quartier en centre-ville[Note 89]. Ce vĂ©ritable centre-commercial avant l'heure propose de nombreuses activitĂ©s[Note 90], dont prĂšs de 80 commerces. Le retour Ă  l'esprit originel du lieu commence en 1951 avec la destruction de la couverture de l'allĂ©e centrale, les Palois retrouvant la vue sur les PyrĂ©nĂ©es. Quatre immeubles sont ensuite construits par surĂ©lĂ©vation en 1957. C'est, cependant, en 2006 qu'il apparaĂźt, agrĂ©mentĂ© d'auvents de verre et d'acier, sous son apparence actuelle. C'est Ă  cette mĂȘme pĂ©riode de l'entre-deux-guerres qu'est construit le palais d'Aragon qui symbolisa l'Ă©chec de la reconquĂȘte touristique de Pau. Construit sur le boulevard des PyrĂ©nĂ©es de 1929 Ă  1931 sous les plans de Georges Wybo, il ne devient jamais le palace prĂ©vu mais se transforme aprĂšs de nombreuses pĂ©ripĂ©ties[Note 91] en un immeuble d'appartements.

    Le début des années 1960 voit la population de Pau s'accroßtre de maniÚre trÚs importante, à la fois sous l'effet du baby boom et de l'exploitation du gisement de gaz de Lacq en 1965. Cette période est marquée par l'émergence de plusieurs éléments caractéristiques du patrimoine architectural palois de la seconde moitié du XXe siÚcle. Le nord de la ville est notamment aménagé par la coulée verte, voulue par le prix de Rome André Remondet, qui distribue entre autres l'ensemble Dufau-Tourasse[Note 92], la Cité administrative[Note 93] et le campus[Note 94].

    Au XXIe siĂšcle

    Le début du XXIe siÚcle est marqué par l'inauguration en 2001 au pied du Parlement de Navarre originel, de l'hÎtel du département des Pyrénées-Atlantiques, édifice de verre sur lequel se reflÚtent certaines bùtisses du boulevard des Pyrénées. Il regroupe aujourd'hui la totalité des services administratifs qui lui sont liés. Il reçoit en 2002 le prix d'architecture AMO[156]. L'emménagement des archives communautaires de l'agglomération de Pau-Pyrénées dans l'ancienne usine des tramways[Note 95] en 2011, ainsi que la réalisation de la médiathÚque André-LabarrÚre en 2012 sont également des éléments incontournables du patrimoine palois contemporain.

    Patrimoine religieux

    Le patrimoine religieux de Pau est relativement rĂ©cent puisque ses deux principales Ă©glises datent du XIXe siĂšcle. MalgrĂ© son statut de capitale politique du BĂ©arn depuis 1464, la capitale religieuse de l'État reste Lescar avec notamment sa cathĂ©drale Notre-Dame siĂšge de l'ancien diocĂšse de Lescar. Pau n'est pas dĂ©pourvu d'Ă©difices religieux avant le XIXe siĂšcle, l'Ă©glise primitive Saint-Martin datant du XVe siĂšcle, mais il s'agit de rĂ©alisations modestes qui n'ont pu survivre au temps et Ă  la croissance trĂšs importante de la citĂ©. Au XVe siĂšcle sont construits les abattoirs et le temple protestant de Pau, les cagots travaillent aux deux constructions[157].

    Deux Ă©glises majeures sont prĂ©sentes en centre-ville. RĂ©alisĂ©e d'aprĂšs les plans de l’architecte Émile Boeswillwald, la construction de l'Ă©glise Saint-Martin, d'influence nĂ©ogothique, dĂ©bute en 1863 pour se terminer en 1871. L'Ă©glise Saint-Jacques est construite par une souscription populaire des Palois en rĂ©ponse au chantier de l'Ă©glise Saint-Martin, cette derniĂšre Ă©tant vue comme le projet des touristes. Également d'influence nĂ©ogothique, faisant suite Ă  l'ancienne chapelle du couvent des Cordeliers, elle est achevĂ©e en 1868. Elle retrouve ses deux flĂšches en 2012[RP 31], qui ont Ă©tĂ© enlevĂ©es en 2001 en raison de leur fragilisation par la tempĂȘte Martin de 1999.

    D'autres Ă©glises remarquables sont visibles Ă  Pau. CoiffĂ©e d’une monumentale statue de la Vierge Ă  l’enfant, l'Ă©glise Notre-Dame, d'inspiration Art dĂ©co, s'Ă©lĂšve, dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, en continuitĂ© avec l'ancienne Ă©glise vouĂ©e au pĂšlerinage qui la prĂ©figure. L'Ă©glise Saint-Joseph, Ɠuvre de l'architecte Jacques LaffillĂ©e, est construite en 1935. De style nĂ©o-byzantin, elle est reconnaissable Ă  ses coupoles et son clocher en ciment armĂ© haut de 50 mĂštres. Quant Ă  l'Ă©glise Saint-Pierre, elle est Ă©difiĂ©e en 1970 par l'architecte prix de Rome AndrĂ© Remondet. En grande partie recouverte d'ardoises, elle marie sa structure moderne avec les bĂątiments de bĂ©ton qui l'entourent.

    La citĂ© paloise accueille Ă©galement quelques chapelles notables, dont celle de l'ancien couvent des RĂ©paratrices, qui abrite aujourd'hui l'École nationale de musique et de danse et allie ainsi architecture ancienne et architecture contemporaine. L'Ă©glise Saint-Louis-de-Gonzague, Ă  l'architecture classique, accompagne l'implantation d'un collĂšge de JĂ©suites (actuel lycĂ©e Louis-Barthou). CommencĂ©e en 1679, elle n'est achevĂ©e qu'en 1851.

    Ancien lieu de culte des Ursulines de Pau, l'Église Notre-Dame du Bout du Pont construite en 1872 a une histoire particuliĂšre puisqu'elle a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e en 1932. Le couvent des Ursulines devait, en effet, ĂȘtre dĂ©moli pour laisser place au Palais des PyrĂ©nĂ©es sur l'actuelle place Clemenceau. L'Ă©glise est donc dĂ©montĂ©e pierre par pierre (chacune Ă©tant numĂ©rotĂ©e) puis rĂ©Ă©difiĂ©e Ă  son emplacement actuel, de l'autre cĂŽtĂ© du gave de Pau.

    Culture

    Langue

    Le bĂ©arnais (bearnĂ©s ou biarnĂ©s) dĂ©signe l'ensemble des parlers occitano-romans du BĂ©arn. Il s'agit d'un parler roman, qui forme un ensemble homogĂšne avec le gascon au sein du triangle PyrĂ©nĂ©es-Atlantique-Garonne, un territoire nommĂ© Aquitania par Jules CĂ©sar. Du milieu du XIIIe siĂšcle jusqu'Ă  la RĂ©volution française, le bĂ©arnais est la lange institutionnelle de la principautĂ©[158] - [159]. MalgrĂ© la disparition du bĂ©arnais dans ce cadre administratif aprĂšs la RĂ©volution, son usage reste encore majoritaire auprĂšs des BĂ©arnais Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle. Comme toutes les langues et parlers rĂ©gionaux de France, le bĂ©arnais recule ensuite notamment Ă  partir de la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle, en partie sous la pression de l'Ă©cole française[160]. L'ensemble des appareils de l'État français ainsi que des reprĂ©sentants des classes dominantes est Ă  l'origine de cette volontĂ© de supprimer les langues rĂ©gionales[160]. En 1972, Georges Pompidou dĂ©clare « il n'y a pas de place pour les langues et cultures rĂ©gionales dans une France qui doit marquer l'Europe de son sceau. »[161].

    Aujourd'hui, la langue bĂ©arnaise est mise en valeur par plusieurs Ă©vĂ©nements palois tout au long de l'annĂ©e, notamment le Carnaval biarnĂ©s et le festival Hestiv'Òc. La ville compte Ă©galement une Ă©cole et un collĂšge Calandreta, d'autres Ă©tablissements bĂ©nĂ©ficient d'un enseignement en bĂ©arnais fourni par des maĂźtres itinĂ©rants. Plusieurs associations, comme l'Ostau BearnĂ©s[162] et l'Institut bĂ©arnais et gascon dĂ©fendent la pratique de cette langue dans la commune. En 2018, un projet de tiers-lieu bĂ©arnais se dĂ©veloppe, il doit aboutir Ă  la crĂ©ation d'ici 2021 de la Ciutat dans le quartier du HĂ©das, une citĂ© crĂ©ative de la culture bĂ©arnaise[M 27].

    Équipements culturels

    Salles de spectacles et de congrĂšs

    Le ZĂ©nith de Pau est le plus grand Ă©quipement culturel de la ville. InaugurĂ© en 1992 il est dotĂ© de 7 500 places (ou jusqu'Ă  4 418 places assises[163]). Il accueille des artistes nationaux et internationaux au sein d'opĂ©ras, concerts, cabarets, spectacles de cirque et sur glace. Le Palais Beaumont est un centre de congrĂšs accueillant environ 250 Ă©vĂšnements par an[164]. Construit en 1900, il fut tour Ă  tour palais d'hiver, casino municipal et hĂŽpital pendant la guerre. Il dispose d'un auditorium et sert notamment de lieu de rĂ©sidence pour l'Orchestre de Pau Pays de BĂ©arn. La Centrifugeuse[165] est un autre espace disponible pour l'expression scĂ©nique au sein de l'UPPA. Le parc des expositions de Pau est lui situĂ© Ă  l'ouest de la ville, Ă  cheval sur Pau et BillĂšre, il accueille 450 000 visiteurs et 200 manifestations par an[166]. La Foire de Pau est l’évĂ©nement majeur du parc, elle s'y dĂ©roule chaque annĂ©e depuis 1949.

    La ville compte plusieurs complexes cinĂ©matographiques. Le cinĂ©ma Le MĂ©liĂšs[167], classĂ© art et essai, est amĂ©nagĂ© dans une ancienne Ă©glise anglicane. Il est dotĂ© de deux salles, le cinĂ©ma propose des soirĂ©es thĂ©matiques et des Ă©vĂ©nements en partenariat avec divers acteurs culturels (Cin'es'pace, Un Ă©tĂ© au cinĂ©, etc.) et organise tous les deux ans le festival international du film de Pau[RP 32]. Deux cinĂ©mas du groupe CGR accompagnent l'offre en la matiĂšre, le MĂ©ga CGR situĂ© Ă  proximitĂ© de l'universitĂ© est Ă©quipĂ© de 12 salles numĂ©riques et 3D, et le CGR Saint-Louis en centre-ville qui est Ă©quipĂ© de 7 salles numĂ©riques rĂ©novĂ©es en [SO 15].

    Musées

    Le musĂ©e national du chĂąteau de Pau est crĂ©Ă© en 1929 dans le lieu qui voit naĂźtre le futur Henri IV le . À la fois forteresse mĂ©diĂ©vale, palais Renaissance, rĂ©sidence royale, ce musĂ©e situĂ© au cƓur de la ville est visitĂ© en moyenne par 100 000 personnes par an. Les visiteurs peuvent s'attarder devant la lĂ©gendaire carapace de tortue qui servit de berceau au bon roi Henri[168]. Le chĂąteau recense prĂšs de 12 000 Ć“uvres et objets, les conservateurs successifs s'attachent Ă  rĂ©unir tableaux, objets d'art et documents ayant trait au temps d'Henri IV. Le musĂ©e des Beaux-Arts de Pau est, quant Ă  lui, inaugurĂ© en 1864 sous l'initiative de la SociĂ©tĂ© bĂ©arnaise des amis des arts, avec une donation notable du collectionneur d'origine bĂ©arnaise Louis La Caze en 1872. Il est le premier musĂ©e, en 1878, Ă  exposer une Ɠuvre importante de Degas, Le bureau du coton Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans. Il prĂ©sente des Ɠuvres allant du XVIIe siĂšcle au XXe siĂšcle, avec des peintres issus de diverses Ă©coles europĂ©ennes comme Brueghel, Jordaens, Morisot ou Rubens mais aussi des artistes rĂ©gionaux comme Victor Galos. Le musĂ©e est situĂ© depuis 1931 dans un bĂątiment style Art dĂ©co qui lui est destinĂ©[Note 96].

    Avec ces deux musĂ©es majeurs de la ville, Pau compte d'autres espaces, dont le musĂ©e Bernadotte. Celui-ci est situĂ© dans une modeste maison de tonnelier qui voit naĂźtre et grandir Jean-Baptiste Bernadotte, qui devient marĂ©chal de France puis roi de SuĂšde en 1818 et fondateur de l'actuelle famille rĂ©gnante de ce pays. Il renferme une collection d’Ɠuvres et d'objets ayant trait Ă  l'histoire de ce cĂ©lĂšbre BĂ©arnais, il permet Ă©galement de se rendre compte des conditions de vie classique d'une famille du XVIIIe siĂšcle Ă  Pau[M 28]. La villa Lawrance, construite en 1855, abrite les collections du Cercle anglais[Note 97] qui perpĂ©tue la tradition britannique dans la ville[169] ainsi que les archives de l'Ă©quipage du Pau-Hunt. Cercle littĂ©raire Ă  sa crĂ©ation, ce club de gentlemen met en valeur et prĂ©serve ses collections[170] qui constituent un Ă©lĂ©ment majeur du patrimoine historique et culturel de « Pau ville anglaise ». En 2019, le musĂ©e de la rĂ©sistance et de la dĂ©portation dĂ©mĂ©nage de la villa Lawrance vers la cyber-base de Pau[RP 33]. Enfin le musĂ©e des parachutistes, ouvert en 1984 sur la plaine du Pont-Long prĂšs de l'ETAP, est un musĂ©e national gĂ©rĂ© par la SAMParas (SociĂ©tĂ© des Amis du MusĂ©e des Parachutistes)[171].

    Théùtres

    La ville de Pau est propriĂ©taire du thĂ©Ăątre Ă  l'italienne Saint-Louis, disposant d'une capacitĂ© de 430 places[M 29]. Il est le thĂ©Ăątre historique de Pau et se situe prĂšs de la place Royale, dans l'enceinte de la mairie. Construit au XIXe siĂšcle par un promoteur privĂ© pour en faire un casino, avec ses salles de jeux, de concert et donc ce thĂ©Ăątre Ă  l'italienne, l'Ă©difice est rachetĂ© par la ville avant mĂȘme son ouverture, Ă  la suite de la faillite du propriĂ©taire. La salle du conseil municipal y est installĂ©e dans la salle de bal. AprĂšs avoir Ă©tĂ© exploitĂ©, le thĂ©Ăątre est fermĂ© en 1960 puis restaurĂ© et rouvert en 1983[172].

    En complément du théùtre Saint-Louis, théùtre municipal, sont exploités des théùtres privés : le théùtre Monte-Charge[173], Espaces Pluriels[174] (scÚne conventionnée danse-théùtre au théùtre Saragosse) et le Tam-Tam théùtre[175] (créé en 1998 dans une ancienne écurie). Plusieurs compagnies théùtrales exercent également à Pau, comme la compagnie l'Auberge Espagnole[176], l'Art ScÚne[177], Printemps théùtre et le Chat Bus[178].

    MĂ©diathĂšques et archives

    Photographie en couleurs d'un bùtiment vert avec façade vitrée.
    La médiathÚque André LabarrÚre.

    Le rĂ©seau des mĂ©diathĂšques de l’AgglomĂ©ration Pau-PyrĂ©nĂ©es se compose de 10 mĂ©diathĂšques dont 5 sur le territoire de la ville de Pau : les mĂ©diathĂšques AndrĂ© LabarrĂšre (ouverte en ), Trait d'Union, Les AllĂ©es, de la Montagne et de la PĂ©piniĂšre[M 30]. Le service dĂ©partemental des archives collecte, conserve et diffuse les archives publiques ou privĂ©es. Il est installĂ© depuis 1971 Ă  l'entrĂ©e de la citĂ© administrative et occupe un ensemble de deux bĂątiments, l'un destinĂ© Ă  la conservation des documents, l'autre Ă  leur consultation. Les archives communautaires et la bibliothĂšque patrimoniale de la ville de Pau sont quant Ă  elles situĂ©es dans l'ancienne usine des tramways[M 31].

    Vie culturelle

    L'orchestre de Pau Pays de BĂ©arn (OPPB) est dirigĂ© depuis 2002 par Fayçal Karoui. Cet orchestre symphonique se produit dans l'auditorium Alfred-de-Vigny du palais Beaumont, mais aussi en France et Ă  l'Ă©tranger (Saragosse, Nantes, la Roque-d'AnthĂ©ron, Ravenne, Venise, Paris pour le festival PrĂ©sences). En 2012 l'orchestre se dĂ©place Ă  Nantes, Bilbao et Tokyo pour « les Folles JournĂ©es » de ces trois villes. L'ensemble orchestral de Pau (EOP) complĂšte l'offre orchestrale dans la capitale bĂ©arnaise, il se produit depuis 1958[179]. L'ÉtĂ© Ă  Pau est un festival musical organisĂ© tous les Ă©tĂ©s au thĂ©Ăątre de verdure du parc Beaumont. Les concerts sont gratuits pour le public, plusieurs tĂȘtes d'affiche sont venues comme Barbara, James Brown, Jacques Higelin, I Muvrini, Catherine Ringer, Thomas Dutronc, Les Tambours du Bronx, Pony Pony Run Run et C2C[M 32].

    Les idĂ©es mĂšnent le Monde[180] est une rencontre littĂ©raire dont la premiĂšre Ă©dition a eu lieu en 2014 au Palais Beaumont sur le thĂšme du bonheur et attire 20 000 visiteurs[SO 16] sur trois journĂ©es en 2015. Le salon Un aller-retour dans le noir[181] se concentre lui sur le polar depuis 2008, il vise Ă  prĂ©senter toute la richesse de la littĂ©rature noire et policiĂšre au travers de rencontres, dĂ©bats, projections et lectures. D'autres Ă©vĂ©nements marquent Ă©galement la vie paloise tout au long de l'annĂ©e, comme Urban session autour des danses hip-hop, le festival AccĂšs(s)[182] qui vise Ă  prĂ©senter les dĂ©marches artistiques liĂ©es aux technologies Ă©lectroniques et numĂ©riques, qui mĂȘle concerts et confĂ©rences-dĂ©bats, ou encore le Tremplin Salsa, concours international de salsa crĂ©Ă© en 2008.

    Parmi les principaux Ă©vĂ©nements annuels palois, on retrouve le Carnaval biarnĂ©s[183], qui se dĂ©roule durant une semaine environ au mois de fĂ©vrier avant le carĂȘme. Le carnaval bĂ©arnais symbolise le retour d'exil de sa MajestĂ© Sent Pançard et de sa cour Ă  travers les villages bĂ©arnais puis la capitale paloise. Sent Pançard reflĂšte tous les maux et les vices de la sociĂ©tĂ©. Autre manifestation cĂ©lĂ©brant la culture locale, Hestiv'Òc[184], « festival des musiques et cultures du Sud » a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 2005. Durant quatre jours le week-end du , plusieurs centaines d'artistes et 60 000 festivaliers[SO 17] se rassemblent dans les rues de Pau pour des spectacles gratuits afin de partager et diffuser la culture occitane.

    Gastronomie

    Pau offre des spĂ©cialitĂ©s gastronomiques du sud-ouest et des plats typiquement bĂ©arnais ou palois. On retrouve par exemple la garbure qui est un potage fait Ă  base de chou, de haricots blancs, de confit d'oie, de jambon ou de lard. La poule au pot, popularisĂ©e par Henri IV, est une sorte de pot-au-feu dans lequel une poule farcie est bouillie. Le jambon de Bayonne est en rĂ©alitĂ© un jambon d'origine essentiellement bĂ©arnaise[185], fabriquĂ© Ă  partir de porcs des vallĂ©es d'Ossau et d'Aspe. Ce jambon Ă©tait historiquement salĂ© Ă  Salies-de-BĂ©arn puis exportĂ© via l'Adour depuis le port de Bayonne d'oĂč l'appellation jambon de Bayonne. Actuellement, la zone de transformation des jambons (salage, sĂ©chage, affinage, dĂ©sossage) est la zone gĂ©ographique française correspondant au bassin de l'Adour[Note 98].

    Le fromage des PyrĂ©nĂ©es est un autre Ă©lĂ©ment remarquable de la gastronomie paloise et bĂ©arnaise. Ce fromage est fait Ă  partir de lait de brebis, l'appellation la plus connue est l'ossau-iraty (AOC). Ce fromage peut ĂȘtre dĂ©gustĂ© en particulier avec de la confiture de cerises noires. Les coteaux de Jurançon, situĂ©s Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la ville, apportent deux autres spĂ©cialitĂ©s. Tout d'abord le miel, dont le BĂ©arn est l'une des premiĂšres rĂ©gions productrices[SO 18]. Il est utilisĂ© dans les sauces, desserts et mariĂ© aux produits Ă  base de canard (magret au miel). Enfin, et surtout, les vins blancs de Jurançon qui sont eux aussi liĂ©s Ă  la lĂ©gende du bon roi Henri et de son cĂ©lĂšbre baptĂȘme bĂ©arnais[Note 99].

    Pau dans les arts

    Tableau en couleurs d'un paysage d'une ville au bord d'un cours d'eau.
    Le chùteau d'Henri IV et une partie de la ville de Pau, Basses Pyrénées. 14 juin 1821 , par Marianne Colston.

    La ville de Pau est mentionnĂ©e dans la littĂ©rature dĂšs le Moyen Âge. Jean Froissart en fait une description dans le livre III — Voyage en BĂ©arn — de ses Chroniques[B 69]. Jusqu'au XVe siĂšcle, Pau n'est Ă©voquĂ©e qu'Ă  travers son chĂąteau[B 70]. En devenant capitale du BĂ©arn en 1464 puis du Royaume de Navarre aprĂšs 1512, la ville dĂ©colle rĂ©ellement et tend Ă  se dĂ©tacher de son chĂąteau dans les rĂ©cits[B 71]. La mort d'Henri IV, en 1610, donne le signal d'un intĂ©rĂȘt national pour sa citĂ© natale[B 72]. La ville est alors rĂ©duite au souvenir de la naissance du cĂ©lĂšbre souverain. DĂšs 1611 dans Discours des faicts hĂ©roĂŻques de Henry le Grand, Hierosme de BĂ©nevent Ă©crit : « Si jamais il vient Ă  propos de louer la ville de Pau, pour toute louange, il suffira de dire que c'est le lieu oĂč le grand Henri vit premiĂšrement la lumiĂšre. »[186] - [B 72]. La mĂ©moire « henricienne » monopolise les Ă©crits littĂ©raires sur Pau jusqu'au XIXe siĂšcle, la Restauration puis la Monarchie de Juillet sont autant d'occasions de rappeler ce lien indĂ©fectible entre Pau et Henri IV[B 73].

    La deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle marque un dĂ©placement du regard des Ă©crivains du chĂąteau d'Henri IV vers la nature pyrĂ©nĂ©enne[B 51]. La vue de Pau sur son environnement est consacrĂ©e, dans l'Ă©lan liĂ© au romantisme. Avec l'essor du tourisme climatique, Pau se transforme en ville-belvĂ©dĂšre et attire les peintres comme Antoine Ignace Melling, Franz Schrader, Roger de BouillĂ©, Louis-François Lejeune ou François-Édouard Picot[187]. LiĂ© Ă  la vogue du PyrĂ©nĂ©isme, de nombreux auteurs entament un sĂ©jour pyrĂ©nĂ©en et font de Pau un prĂ©liminaire indispensable de l'exploration touristique[B 74]. C'est le cas d'Alphonse de Lamartine en 1838 avec son cĂ©lĂšbre « Pau est la plus belle vue de terre comme Naples est la plus belle vue de mer »[187], Stendhal la mĂȘme annĂ©e ou Victor Hugo en 1843 : « Vers midi on ne distinguait les PyrĂ©nĂ©es qu'Ă  quelques stries blanches Ă  l'horizon, comme si la robe bleue du ciel Ă©raillĂ©e par places laissait voir sa trame d'argent. »[187]. Le comte Henry Russell conclut en 1902 dans PyrenaĂŻca : « Au merveilleux panorama de Pau, je ne reproche qu'une seule chose, c'est de ne pas toujours se laisser voir. »[187].

    • Estampe en couleurs d'une riviĂšre et d'un chĂąteau en surplomb.
      ChĂąteau et pont de Pau, par Thomas Allom.
    • Toile en couleur de personnes se promenant dans un parc avec un chĂąteau en fond.
      Vue du chùteau de Pau pris du Parc (Basses Pyrénées) , par Louis-Julien Jacottet.
    • Toile en couleurs d'une scĂšne de marchĂ©.
      Marché au bois, place de Verdun, par Camille Félix Bellanger.
    • Photographie en noir et blanc d'une scĂšne de marchĂ©.
      Carte postale Le marché au bois.
    • Affiche en couleur avec l'inscription « PAU SON CLIMAT... SES SPORTS ».
      Pau : son climat... ses sports.

    Plusieurs chansons en langue béarnaise s'intéressent à Pau, comme La vila de Pau de Marilis Orionaa[B 75], Un trin que se'n va de Pau du groupe Nadau[B 76], et le célÚbre[B 77] BÚth cÚu de Pau de Charles Darrichon, interprété notamment par Marcel Amont, Adrien Arudy, André Dassary ou André Minvielle. Différents films prennent place dans la capitale béarnaise, comme Et vint le jour de la vengeance en 1964[RP 34] de Fred Zinnemann ou plus récemment Les Combattants de Thomas Cailley en 2014[RP 35]. Dans le domaine de l'humour, le sketch Le train pour Pau est devenu culte[188] grùce au duo Chevallier et LaspalÚs.

    Personnalités liées à Pau

    Tableau représentant un souverain en armure, une fraise autour du cou.
    Portrait d'Henri IV[Note 100].

    Les princes de BĂ©arn jouent un rĂŽle central dans la crĂ©ation de la citĂ© paloise au Moyen Âge, avec l'Ă©tablissement de son chĂąteau fort. Pau devient un centre vicomtal notable entre la fin du XIe siĂšcle et le dĂ©but du XIIe siĂšcle, vraisemblablement sous Gaston IV le CroisĂ©[B 78]. Ses hĂ©ritiers — Gaston VI et Gaston VII — y sĂ©journent rĂ©guliĂšrement. Le prince Gaston FĂ©bus fait mener d'importants travaux de fortification sur le chĂąteau au XIVe siĂšcle[B 79], en faisant l'un des maillons essentiels de son systĂšme de dĂ©fense. Avec Gaston IV de Foix-BĂ©arn, Pau affirme son importance et devient la nouvelle capitale du BĂ©arn par une dĂ©cision du , elle profite alors de sa position centrale au sein de la principautĂ© souveraine. Par la suite, les couples royaux Henri et Marguerite de Navarre puis Jeanne d'Albret et Antoine de Bourbon font vivre la cour du royaume de Navarre dans la citĂ©, procĂ©dant Ă  d'importants travaux dans le chĂąteau et son domaine tout au long du XVIe siĂšcle. Premier — et seul — prince de BĂ©arn nĂ© Ă  Pau[189], le futur Henri IV voit le jour le dans le chĂąteau de ses ancĂȘtres. Premier roi de la lignĂ©e des Bourbon, l'image de ce roi rĂ©conciliateur et bon-vivant marque depuis profondĂ©ment l'image de la ville et de son chĂąteau natal.

    Plusieurs personnages historiques liĂ©s Ă  Pau se distinguent ensuite, comme Jean de Gassion au XVIIe siĂšcle. MarĂ©chal de France sous Louis XIII et Louis XIV, sa maison natale existe toujours Ă  proximitĂ© du chĂąteau de Pau. Au XVIIIe siĂšcle, le Palois Jean-Baptiste Bernadotte devient marĂ©chal d'Empire sous NapolĂ©on puis roi de SuĂšde et de NorvĂšge, une dynastie qui rĂšgne toujours actuellement sur la SuĂšde[190]. Pau devient un centre de villĂ©giature courue par la bonne sociĂ©tĂ© internationale au XIXe siĂšcle. Le mĂ©decin Ă©cossais Alexander Taylor — installĂ© Ă  Pau dĂšs 1837 — contribue Ă  la notoriĂ©tĂ© de la ville en publiant en 1842 un traitĂ© vantant les mĂ©rites de son climat dans De l’influence curative du climat de Pau et des eaux minĂ©rales des PyrĂ©nĂ©es sur les maladies[SO 19]. La colonie britannique qui s'installe alors marque la ville de sa prĂ©sence, comme le pyrĂ©nĂ©iste Henry Russell ou l'aviateur amĂ©ricain Norman Prince, fondateur de l'escadrille La Fayette[191]. De cette Ă©poque, plusieurs artistes liĂ©es Ă  la commune se distinguent, comme Paul-Jean Toulet, Paul Mirat ou Saint-John Perse. Le sculpteur et aquarelliste Ernest Gabard — crĂ©ateur du Caddetou — laisse une trace forte, avec plusieurs de ses sculptures toujours prĂ©sentes Ă  Pau comme « La femme au puits »[RP 37]

    Dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle, la capitale bĂ©arnaise est marquĂ©e par l'action de plusieurs hommes politiques, dont Louis Sallenave et AndrĂ© LabarrĂšre. Les deux Ă©diles occupent la fonction pendant respectivement 24 ans et 35 ans. Maire depuis 2014, François Bayrou est leader du mouvement centriste du MoDem, il occupe plusieurs postes de ministre durant sa carriĂšre. Durant cette pĂ©riode, la commune de Pau est marquĂ©e par l'activitĂ© du couturier palois AndrĂ© CourrĂšges, par les dĂ©buts sur scĂšne du chanteur Daniel Balavoine, ou encore par les carriĂšres universitaires de Pierre Tucoo-Chala et Georges Laplace. SurnommĂ©e « La reine des sports », plusieurs sportifs liĂ©s Ă  Pau se distinguent, comme deux des emblĂ©matiques capitaines de la Section paloise François Moncla et Robert Paparemborde, les basketteurs de l'Élan bĂ©arnais Pau-Orthez FrĂ©dĂ©ric Fauthoux et Didier Gadou, le triple champion olympique de canoĂ« Tony Estanguet, la handballeuse Alexandra LacrabĂšre, ainsi que le tennisman JĂ©rĂ©my Chardy. La prĂ©sentatrice du Canal Rugby Club sur Canal +, Isabelle Ithurburru, est native de la ville.

    HĂ©raldique, logotype et devise

    Blason de Pau
    • Selon Paul Raymond (archiviste) dans son Dictionnaire topographique BĂ©arn-Pays basque (p. 133) les armes de Pau se blasonnent ainsi :
      • D'azur Ă  la barriĂšre de trois pals aux pieds fichĂ©s d'argent, sommĂ©e d'un paon rouant d'or, accompagnĂ©e en pointe et intĂ©rieurement de deux vaches affrontĂ©es et couronnĂ©es du mĂȘme ; au chef aussi d'or chargĂ© d'une Ă©caille de tortue au naturel surmontĂ©e d'une couronne royale fermĂ©e d'azur rehaussĂ©e d'or, accompagnĂ©e Ă  dextre de la lettre H capitale et Ă  senestre du chiffre IV romain aussi d'azur
    Blason de Foix BĂ©arn
    Blason de Foix BĂ©arn
    • Remarques
      • Ces armes sont des armes parlantes de forme « rĂ©bus » (pau signifie « palissade » en bĂ©arnais), et de forme « Ă -peu-prĂšs » (le paon se dit pavon ou pau [paw]).
      • De la famille de Foix-BĂ©arn dont Pau dĂ©pendait, ses armes s'inspirent des trois pals de Foix et des deux vaches du BĂ©arn.
      • Dans le blasonnement, l'expression (accompagnĂ©...)"du chiffre IV romain" est fautive (IV est un nombre composĂ© de deux chiffres romains). Meilleur serait : (accompagnĂ©...) « d'un IV en chiffres romains ».
    • Devise
      • La devise de Pau est en latin : Urbis palladium et gentis (« Protectrice de la ville et de son peuple »)
    Blason de Pau
    • Selon Malte-Brun dans La France illustrĂ©e de 1882, elles se blasonnent ainsi :
      • d'azur Ă  trois pals fichĂ©s et alĂ©zĂ©s d'argent, rĂ©unis par une fasce de mĂȘme, le pal du milieu surmontĂ© d'un paon faisant la roue en chef, et deux vaches affrontĂ©es d'argent en pointe.
    • Remarques
      • Le chef, ajoutĂ© en 1829, n'est pas Ă©voquĂ© dans sa France IllustrĂ©e datant pourtant de 1882.
      • Les vaches ici ne sont pas couronnĂ©es, donc plus proches de celles des armes des seigneurs du BĂ©arn, Ă©galement non couronnĂ©es.
      • Le paon n'a pas de couleur prĂ©cisĂ©e. Il Ă©tait probablement « au naturel ». On le trouve parfois blasonnĂ© ainsi pour le blason actuel.
    Ancien blason de Pau
    • Toujours selon Paul Raymond dans son Dictionnaire topographique BĂ©arn-Pays basque (p. 133) les anciennes armoiries Ă©taient
      • d'argent Ă  trois pals de gueules avec un paon rouant du mĂȘme perchĂ© sur celui du milieu.
    • Selon des notes de Gaston du Breuille (de Pau, 1896) Les anciennes armoiries concĂ©dĂ©es, en 1482, par François FĂ©bus, roi de Navarre, Ă©taient :
      • d'argent, Ă  trois pals de gueules, au paon rouant d'azur perchĂ© sur le milieu.
    • Remarques :
      • Ces blasonnements sont certainement incomplets ou dĂ©fectueux, car on voit mal comment un paon (ou quoi que ce soit) pourrait ĂȘtre posĂ© sur un pal qui par dĂ©finition va jusqu'au sommet de l'Ă©cu. La contradiction pour la couleur du paon est secondaire ("De gueules" - "du mĂȘme" que les pals- pour Raymond ou « d'azur » pour Du Breuille)
      • Toutefois A. Fourcade dans son Album pittoresque et historique des PyrĂ©nĂ©es (p. 9), dĂ©crit en langage profane ces armoiries: trois pals, sur l'un desquels, savoir celui du milieu, est perchĂ© un paon faisant la roue.
      • Il semble donc qu'en fait il ne s'agit pas de « pal-piĂšce honorable », mais d'un meuble « pieux », qui prĂ©figure dĂ©jĂ , Ă  la couleur prĂšs, les pals alaisĂ©s au pied fichĂ© qui composent la barriĂšre du blason actuel.

    Historique des logos de la commune

    • Logo reprĂ©sentant un bĂątiment stylisĂ© au trait noir ; lĂ©gende bleu et vert-bleu : Pau ville authentique.
      Ancien logo de Pau.
    • Logo de Pau avec le slogan « La vie rĂȘvĂ©e des villes ».
      Logo de Pau avec le slogan « La vie rĂȘvĂ©e des villes ».
    • Logo reprĂ©sentant une montagne et un arbre stylisĂ©s au trait bleu et vert ; lĂ©gende ocre-orange et bleue : Pau ville des PyrĂ©nĂ©es ocĂ©anes.
      Logo de Pau.
    • Logo composĂ© de trois lettres P ocre, vert et bleu ; lĂ©gende noire et bleue :Pau Porte des PyrĂ©nĂ©es - ville de Pau.
      Logo de 2011 Ă  2018.
    • Logo bleu avec l'inscription « VILLE DE PAU ».
      Nouveau logo depuis 2018.

    Voir aussi

    Bibliographie

    Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

    Bibliographie non exhaustive.

    • Dominique Bidot-Germa, CĂ©cile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : notice gĂ©nĂ©rale, Atlas Historique des Villes de France, . Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • Dominique Bidot-Germa, CĂ©cile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : sites et monuments, Atlas Historique des Villes de France, . Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • Dominique Bidot-Germa (dir. publication), Jean-Pierre Allinne, Jean-Pierre BarraquĂ© et FrĂ©dĂ©ric Bidouze, MĂ©moire de Pau, Éditions Cairn, , 277 p. (ISBN 978-2-3506-8197-9). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • AndrĂ© LabarrĂšre, Pau, ville-jardin, Marrimpouey, , 209 p. (ISBN 2-85302-088-6).
    • Paul Mirat, Pau autrefois, Atlantica, , 245 p. (ISBN 2-8439-4648-4). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • AmĂ©dĂ©e Saupiquet, Petite histoire de Pau : la ville de Pau aux trois phases de son histoire, Princi negue Ă©ditions, , 192 p. (ISBN 2-8461-8168-3). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • Pierre Tucoo-Chala, Histoire de Pau, Privat, , 317 p. (ISBN 2-7089-8238-9). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
    • Pierre Tucoo-Chala, Pau, ville amĂ©ricaine, Cairn, , 2e Ă©d. rev. et complĂ©tĂ©e Ă©d. (ISBN 978-2-35068-271-6).
    • Pierre Tucoo-Chala, Pau, ville anglaise, SociĂ©tĂ© nouvelle d'Ă©ditions rĂ©gionales et de diffusion, . Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes et cartes

    • Notes
    1. La commune d'Arudy marque l'entrée dans la vallée d'Ossau.
    2. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Pau de Capbreton, est indiquĂ©e par « Orthodromie entre "Pau" et "Capbreton" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consultĂ© le ).
    3. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Pau d'Urdos, au pied du col du Somport, est indiquĂ©e par « Orthodromie entre "Pau" et "Urdos" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consultĂ© le ).
    4. La vallée du gave de Pau s'élargit ensuite aprÚs Lescar.
    5. Vastes forĂȘts alluviales en perpĂ©tuelle Ă©volution.
    6. Les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
    7. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
    8. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
    9. Emplacement qui correspond à l'intersection des actuelles rues Maréchal-Joffre, rue Bordenave-d'AbÚre et rue Gassion. Elle est appelée « Porte du Basque » jusqu'à la seconde moitié du XVe siÚcle, puis elle prend le nom de porte de l'Horloge à partir de 1552 car un cadran y est ajouté[B 2].
    10. La bie Cabe (actuelle rue du Moulin), la rue Longue (actuelle rue du ChĂąteau), la Rue (actuelle rue du Parlement), la rue de Castegmedo (en partie l'actuelle rue Sully).
    11. Actuellement située à la bordure est de la place Reine-Marguerite.
    12. Actuellement rue René-Fournets.
    13. En remplacement d'une passerelle reposant sur des piles de bois, qui était réguliÚrement détruite par les crues du gave. DÚs 1524 une solution technique fut proposée, mais la réalisation n'arriva totalement qu'entre 1592 et 1593 avec le financement de Catherine de Bourbon.
    14. Donnant sur l'actuelle place des États.
    15. Actuel Parlement de Navarre.
    16. Située vers l'actuel bùtiment de la banque de France.
    17. Le pont de la rue Samonzet est terminé en 1640 par exemple.
    18. Emplacements correspondant respectivement au lycée Louis-Barthou, à l'église Saint-Jacques et à la place Clemenceau pour les deux derniers ordres.
    19. DĂ©truit en 1838 pour la construction de la nouvelle halle, sur l'actuelle place Clemenceau.
    20. De la rue des Cultivateurs, actuelle rue Carnot.
    21. Cette visite donna Ă©galement son nom au quartier de la Croix du Prince, rive gauche du gave.
    22. 200 Ă  300 personnes vers 1830, 1 000 vers 1850.
    23. La construction du boulevard du Midi fait l'objet d'un vaste débat dans la société paloise, entre ses défenseurs et les « Tranistes » qui souhaitent élargir les rues adjacentes à la place Gramont (et donc notamment la rue Tran)[B 6].
    24. Ce qui fit des halles de la place de la République le seul marché central de Pau.
    25. Sur les vestiges de l’ancien asile d’aliĂ©nĂ©s[M 9].
    26. Premier grand ensemble palois.
    27. Notamment dans le quartier du HĂ©das.
    28. « Comme la cĂ©lĂšbre savonnerie Roussille qui donna l'expression longtemps utilisĂ©e des Palois « ça sent Roussille » les jours oĂč l'odeur des effluves de l'usine s'Ă©chappent jusqu'Ă  la ville haute ».
    29. Qu'il double avec le cours Lyautey pour créer un espace boisé au centre de la nouvelle artÚre.
    30. Trois barres de quinze niveaux au sud, à l'est et à l'ouest. Une tour de vingt niveaux était prévue au nord, elle fut finalement remplacée par l'actuelle maison de l'Agriculture.
    31. « Le Cami SaliĂ© est Ă©voquĂ© dĂšs 1 500 ans avant JĂ©sus[SO 5] ».
    32. Pau et ses 8 communes les plus agglomérées.
    33. Principalement le Gave de Pau, sur la partie basse de la ville et le secteur de la gare, et deux cours d’eau secondaires, l’Ousse au sud de la ville (secteur Bizanos et de la gare) et l’Ousse des Bois qui traverse tout le nord de la ville d'est en ouest[PPRI 2].
    34. En application de la Directive inondation du qui vise Ă  crĂ©er un cadre commun permettant d'Ă©valuer et de rĂ©duire les risques d'inondation sur le territoire de l'Union europĂ©enne[54], une Ă©valuation du risque d'inondation a Ă©tĂ© entreprise en France en 2011 au niveau de chaque bassin hydrographique dont le bassin Adour-Garonne et a permis de dresser une cartographie des zones inondables de la ville de Pau[55]. Sur le bassin Adour-Garonne, 18 territoires Ă  risques importants d'inondation (TRI) ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par le prĂ©fet coordonnateur de bassin le . Pour le dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, deux TRI ont Ă©tĂ© retenus : celui de Pau (34 communes dont Pau) et celui du CĂŽtier Basque (13 communes)[56].
    35. La tempĂȘte du 6 au a touchĂ© de nombreux dĂ©partements — dont les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques — et a donnĂ© lieu Ă  un arrĂȘtĂ© de catastrophe naturelle concernant, entre autres, la commune de Pau.
    36. Les PyrĂ©nĂ©es sont soumises Ă  une activitĂ© sismique issue de la confrontation de deux plaques tectoniques (l’ibĂ©rique et l’eurasiatique).
    37. La zone polluĂ©e la plus proche est sur la commune de Bizanos, Ă  7 km, oĂč une ancienne usine produisant du gaz Ă  partir de la houille a Ă©tĂ© dĂ©saffectĂ©e en 1950 puis dĂ©mantelĂ©e[60].
    38. En vertu de la loi relative Ă  la lutte contre le bruit, certaines infrastructures de transports doivent ĂȘtre classĂ©es par rapport Ă  leur impact sonore. Il s'agit des routes supportant plus de 5 000 vĂ©hicules/jour au moment du classement ainsi que les projets routiers pour lesquels les prĂ©visions de trafic Ă  la mise en service sont Ă©galement supĂ©rieures Ă  5 000 VĂ©h/J, mais aussi les voies ferrĂ©es supportant plus de 50 trains par jour[64].
    39. Les premiers Palois sont en grande partie originaires d'Ossau, la plaine du Pont-Long Ă©tant vitale pour les intĂ©rĂȘts Ă©conomiques des Ossalois[B 21].
    40. Les plus anciennes mentions du chùteau de Pau remontent à 1100, mais ces documents évoquent l'importance qu'ont déjà pris le chùteau et la localité qui se construit autour de lui pour la vie du pays[B 23].
    41. Petite circonscription administrative au Moyen Âge.
    42. RĂ©fĂ©rence Ă  la mĂ©saventure qu'un chevalier de Bigorre a connu pour ne pas avoir respectĂ© les fors. Celui-ci fut nommĂ© seigneur du BĂ©arn durant un an avant d'ĂȘtre rapidement exĂ©cutĂ© pour ses manquements[B 23].
    43. La tradition béarnaise d'alors, garantie par les Fors, est que la justice soit rendue par le pouvoir directement dans les villages ou vics.
    44. Avec la conquĂȘte de tout le Sud-Ouest par les rois de France et l'unification de la pĂ©ninsule ibĂ©rique par les rois catholiques.
    45. L'atelier de la monnaie prend place dans la tour du Moulin, désormais rebaptisée tour de la Monnaie. Selon les sources, ce transfert a eu lieu en 1524 ou 1554[B 28].
    46. Jeanne d'Albret accouche en chantant un cantique béarnais à la sainte Vierge, afin que son fils ne soit « ni peureux, ni rechigné ». La légende dit que les lÚvres du futur monarque furent baptisées avec du vin de Jurançon et de l'ail.
    47. La mort de son mari Antoine de Bourbon en 1562 constituant la bascule qui pousse Jeanne vers plus d’extrĂ©mitĂ©s avec sa volontĂ© d'imposer Ă  son peuple sa foi personnelle[B 31].
    48. En 1569, la région est secouée par une année de terribles guerres religieuses qui entraßnent de nombreuses pertes à Orthez, Tarbes, Navarrenx ou encore Mont-de-Marsan.
    49. Il faut attendre 1615 pour que l'Ă©glise Saint-Martin retrouve le culte catholique.
    50. Entre les protestants, appuyĂ©s par le conseil souverain de BĂ©arn, et les catholiques, menĂ©s par les Ă©vĂȘques de Lescar et Oloron.
    51. Le conseil souverain de BĂ©arn dĂ©nonce l'arrĂȘt royal Ă  partir de 1618 et refuse son application.
    52. Face à un Louis XIII conciliant, dont toutes les actions démontrent sa volonté d'apaisement et d'oubli du passé, les Palois reçoivent le roi de France sous les acclamations le . Le souvenir encore vivace du bon roi Henri jouant sûrement un rÎle dans l'accueil de ce fils plein de grùce et de prestance[B 35].
    53. La procession ramĂšne du faubourg Ă  l'Ă©glise Saint-Martin le Corpus Christi avec le roi Louis XIII qui suit tĂȘte nue et un cierge Ă  la main. Une foule immense est alors prĂ©sente dans les rues de la citĂ©, les maisons sont pavoisĂ©es et les murailles tapissĂ©es de riches tentures pour le rĂ©tablissement officiel du culte catholique Ă  Pau et dans le BĂ©arn.
    54. Un soulÚvement est organisé par le marquis de La Force, gouverneur du Béarn, mais stoppé par le duc de Guyenne. L'exécution de Jean-Paul de Lescun en 1622, un ancien membre du Conseil souverain, marque le symbole de la défaite du parti protestant en Béarn.
    55. Au lendemain de l'annexion officielle, Louis XIII repart en ordonnant de prélever du chùteau des canons, une collection de quatre-vingt-quinze tableaux, des tapisseries et objets émaillés, pour les ramener à Paris[72].
    56. Avec un goût particulier pour les arts et les sciences et un attachement profond aux traditions, aux libertés et aux usages locaux[B 37].
    57. Cette université de droits, de lettres et de philosophie est un centre trÚs actif, et bénéficie d'une grande notoriété jusqu'à la Révolution[B 39].
    58. La révolte gronde dans la population paloise, qui se révÚle toujours trÚs attachée à cette institution et se rend compte de son importance pour la prospérité de la cité[B 40].
    59. Le Parlement montre sa reconnaissance envers la clémence royale mais fait toujours preuve d'une grande méfiance quant à la défense d'un peuple toujours plus opprimé par des contributions de plus en plus lourdes.
    60. Avec notamment le représentant en mission Monestier de la LozÚre qui s'empresse de faire cesser l'exercice du culte dans les églises paloises et de détruire leurs clochers.
    61. Ce statut lui est enlevé le au profit d'Oloron, puis définitivement rendu le .
    62. Par un décret du , il décide d'agrandir la place qui porte son nom (actuelle place Royale) pour que celle-ci s'étende jusqu'à la riviÚre et dévoile ainsi son panorama face aux Pyrénées.
    63. Un des fonds les plus riches de la bibliothĂšque de Pau est le Fonds anglais (9 000 vol.), hĂ©ritĂ© de l’ancienne English Library de Pau. De nombreuses Ă©ditions du XIXe siĂšcle aux cartonnages et illustrations remarquables. Ce fonds doit faire l’objet d’un catalogue complet et d’une mise en valeur par le biais de publications et d’expositions.
    64. UtilisĂ©e Ă  la fois par les SS et la Gestapo, elle Ă©tait dotĂ©e de quatre cellules individuelles et d'une grande cellule collective, la prison pouvait accueillir jusqu'Ă  une cinquantaine de prisonniers en mĂȘme temps.
    65. Les deux premiÚres fosses renfermaient 38 corps mutilés de prisonniers torturés, la troisiÚme les corps de 6 résistants tués prÚs de Monein et dans la derniÚre le corps de Jean Mathie.
    66. André LabarrÚre, maire, meurt le d'un cancer, durant la mandature[82].
    67. La « capacitĂ© d'autofinancement » (CAF) est l’excĂ©dent dĂ©gagĂ© en fonctionnement ; cet excĂ©dent permet de payer les remboursements de dettes. Le surplus (CAF - remboursements de dettes) s’ajoute aux recettes d’investissement (dotations, subventions, plus-values de cession) pour financer les dĂ©penses d’équipement. Ce montant reprĂ©sente le financement disponible de la commune[87].
    68. Le « fonds de roulement », différence entre les financements à plus d'un an et les immobilisations, permet de combler le décalage entre l'encaissement des recettes et le paiement des dépenses[88].
    69. Les déchets ménagers résiduels comprennent les déchets obtenus aprÚs extraction des autres fractions, valorisables, de déchets.
    70. Les foyers de l'enfance ont pour mission d'accueillir tout mineur en difficulté ou en danger confié par sa famille ou par mesure judiciaire au service de l'Aide sociale à l'enfance.
    71. Le collĂšge Clermont, le collĂšge Jeanne-d'Albret et le collĂšge Marguerite-de-Navarre.
    72. Les collÚges Immaculée-Conception, Saint-Dominique, Sainte-Ursule, Saint-Maur et calendreta.
    73. Le lycée Louis-Barthou (enseignement général et technologique), le lycée Saint-Cricq (enseignement général et technologique), le lycée Saint-John-Perse (enseignement général et technologique) et le lycée professionnel Honoré-Baradat.
    74. Le lycée Louis-Barthou est le plus ancien de la ville, il est fondé en 1622 sous Louis XIII et accueille d'illustres élÚves au fil des ans comme Lautréamont, Louis Barthou, Saint-John Perse, Pierre Bourdieu, Daniel Balavoine ou encore Henri Emmanuelli.
    75. Le lycĂ©e ImmaculĂ©e-Conception (enseignement gĂ©nĂ©ral et technologique), le lycĂ©e Saint-Dominique (enseignement gĂ©nĂ©ral et technologique), les lycĂ©es professionnels Beau-FrĂȘne, Montpensier et Saint-Vincent-de-Paul.
    76. La polyclinique Marzet, située boulevard Alsace-Lorraine, a été rachetée par la polyclinique de Navarre en 2013. Le nouvel ensemble compte 400 lits et emploie prÚs de 700 personnes[RP 13].
    77. C’est-Ă -dire qu’elles ont signĂ© une convention tripartite avec le reprĂ©sentant de l’État, Ă  savoir l’Agence rĂ©gionale de santĂ© et le DĂ©partement[110] - [111].
    78. Par convention dans WikipĂ©dia, le principe a Ă©tĂ© retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations lĂ©gales postĂ©rieures Ă  1999, que les populations correspondant Ă  une enquĂȘte exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des annĂ©es 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la derniĂšre population lĂ©gale publiĂ©e par l’Insee pour l'ensemble des communes.
    79. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.
    80. Le taux d’activitĂ© reprĂ©sente la part des actifs dans la population totale.
    81. ConstituĂ©e d’équipes mixtes de recherche CNRS/universitĂ© de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et Total (L'IPRA reprĂ©sente 130 enseignants, chercheurs et allocataires, un budget annuel d'1,5 million d’euros et 6 masters scientifiques).
    82. La chambre de commerce et d'industrie de Pau Béarn gÚre l'aéroport Pau-Pyrénées, le groupe ESC Pau, l'hÎtel consulaire, le CNPC et l'IPC de Pau.
    83. L'hippodrome du Pont-Long est créé en 1842, des courses hippiques ont lieu dÚs le XIe siÚcle à Morlaàs.
    84. Un autre club de rugby palois a existé, le Béarn Sporting Club, qui est finaliste de la 4éme édition du Championnat de France de 4e série en 1923 face à Carmaux[143]. Le club créé le 24 avril 1922 avait son siÚge au Quartier du Chùteau au 10 Rue Jeanne d'Albret, et accÚde à la finale aprÚs avoir éliminé en quart de finale le CA Moulin d'Ars à Bordeaux sur le terrain du BEC[144] - [145].
    85. La légende de Wellington à Pau.
    86. Le canal la longeant actionnant dĂšs le XVe siĂšcle la minoterie du chĂąteau.
    87. On y battit monnaie jusqu'Ă  la RĂ©volution.
    88. La population paloise fut quasiment multipliée par quatre durant le XIXe siÚcle.
    89. Profitant de la démolition de l'ancien marché couvert, le maire Alfred de Lassence décida de doter la ville d'un nouveau centre au niveau de la place Clemenceau.
    90. Une salle des fĂȘtes, un cinĂ©ma, un casino, un dancing, un mini-golf.
    91. Alors que l'aile sud était en construction en 1929, le krach boursier entraßna la mise en faillite de la Société des hÎtels et casinos de Pau et de ce fait la démission du maire Alfred de Lassence. L'aménagement des appartements se poursuivra jusqu'à l'aprÚs deuxiÚme Guerre mondiale.
    92. Construit dans le cadre des ZUP pour accueillir 2 000 logements ainsi que divers Ă©quipements publics comme l'Ă©glise Saint-Pierre et l'Ă©cole Jean-Sarrailh.
    93. Constituée notamment des Archives départementales en 1971, de la direction départementale des Pyrénées-Atlantiques et de la maison de l'Agriculture au début des années 1980.
    94. Construit progressivement de 1962 à 1977 sur une vingtaine d'hectares avec des bùtiments de faible hauteur dans un parc arboré et gazonné.
    95. Fondée en 1899 pour produire le courant nécessaire à la circulation des rames du tramway palois, le réseau est remplacé en 1931 par des autobus qui utilisent les lieux comme dépÎt jusqu'en 1985.
    96. À l'origine le musĂ©e occupe le premier Ă©tage du palais de Justice dans une unique salle. Il est transfĂ©rĂ©, en 1881, dans les galeries de l’ancien asile, au centre de la ville, avant de trouver son emplacement final.
    97. L'English Club ou Cercle Anglais de Pau est un club social masculin fondé en 1856 et comprenant statutairement 100 membres.
    98. Elle comprend le département des Pyrénées-Atlantiques et une partie des départements des Hautes-Pyrénées, des Landes et du Gers.
    99. Selon la légende, Henri d'Albret frotte les lÚvres de son petit-fils avec une gousse d'ail puis lui humecte les lÚvres avec du vin de Jurançon pour lui donner force et vigueur.
    100. Portrait réalisé du vivant d'Henri IV par François II Bunel, et acquis par la ville de Pau en mai 2016[RP 36].
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