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Mont Ventoux

Le mont Ventoux est un sommet situ√© dans le d√©partement fran√ßais de Vaucluse en r√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur. Culminant √† 1 910 m√®tres, il fait environ 25 kilom√®tres de long sur un axe est-ouest pour 15 kilom√®tres de large sur un axe nord-sud. Surnomm√© le G√©ant de Provence ou le mont Chauve, il est le point culminant des monts de Vaucluse et le plus haut sommet de Vaucluse. Son isolement g√©ographique le rend visible sur de grandes distances. Il constitue la fronti√®re linguistique entre le nord et le sud-occitan.

Mont Ventoux
Vue de la face nord du mont Ventoux depuis les Baronnies.
Vue de la face nord du mont Ventoux depuis les Baronnies.
Géographie
Altitude 1 910 m[1]
Massif Monts de Vaucluse (Alpes)
Coordonn√©es 44¬į 10‚Ä≤ 26‚Ä≥ nord, 5¬į 16‚Ä≤ 42‚Ä≥ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
R√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur
Département Vaucluse
Ascension
Première par Pétrarque
Voie la plus facile Route venant de Sault.
Géologie
√āge 95 millions d'ann√©es
Roches Calcaires
Type Crêt
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Mont Ventoux
Géolocalisation sur la carte : Vaucluse
(Voir situation sur carte : Vaucluse)
Mont Ventoux
Vue du versant nord du mont Ventoux.

Avant d'être parcourue par trois routes principales, qui ont permis le développement du tourisme vert et des sports de pleine nature aussi bien en été qu'en hiver notamment avec l'organisation de grandes courses cyclistes, de bolides motorisés ou autres événements, la montagne était sillonnée de drailles tracées par les bergers à la suite de l'essor de l'élevage ovin entre le XIVe et le milieu du XIXe siècle. Ces chemins ont désormais été transformés en sentiers de randonnée, à l'instar des GR 4 et GR 9.

Sa nature essentiellement calcaire explique sa vive couleur blanche et d'une intense karstification due à l'érosion par l'eau, avec la présence de nombreux pierriers dans la partie sommitale. Les précipitations sont particulièrement abondantes au printemps et à l'automne. L'eau de pluie s'infiltre dans des galeries et rejaillit au niveau de résurgences au débit variable telles la fontaine de Vaucluse ou la source du Groseau. Le mont Ventoux est soumis à un régime méditerranéen dominant, responsable parfois l'été de températures caniculaires, mais l'altitude induit aussi une grande variété de climats, jusqu'au sommet à l'influence continentale de type montagnard, en passant par un climat tempéré à mi-pente. En outre, le vent peut être très violent et le mistral souffle pratiquement la moitié de l'année. Cette géomorphologie et ce climat particuliers en font un site environnemental riche et fragile, constitué de nombreux étages de végétation, comme en témoigne son classement en réserve de biosphère par l'UNESCO et en site Natura 2000.

Si des peuplements humains sont av√©r√©s au niveau des pi√©monts durant la Pr√©histoire, la premi√®re ascension document√©e jusqu'au sommet serait l'Ňďuvre, le , du po√®te P√©trarque depuis Malauc√®ne sur le versant nord. Il ouvre la voie, plus tard, √† de nombreuses √©tudes √† caract√®re scientifique. Par la suite, pendant pr√®s de six si√®cles, le mont Ventoux va √™tre intens√©ment d√©bois√©, au profit des constructions navales √† Toulon, des fabricants de charbon de bois et des √©leveurs ovins. Durant la Seconde Guerre mondiale, la montagne abrite le maquis Ventoux. Depuis 1966, le sommet est coiff√© d'une tour d'observation de plus de quarante m√®tres de haut surmont√©e d'une antenne TDF.

Alors que l'√©levage ovin a presque disparu, l'apiculture, le mara√ģchage et la viticulture, la r√©colte des champignons parmi lesquels la truffe, ainsi que la culture de la lavande sont toujours pratiqu√©s.

En raison de ces particularités, le mont Ventoux est une figure symbolique importante de la Provence ayant alimenté récits oraux ou littéraires, et représentations picturales artistiques ou cartographiques.

Toponymie

Le mont Ventoux, avec les noms principaux de ses cols et de ses abrupts
1 = Mont Ventoux - 2 = Col des Tempêtes - 3 = Tête de la Grave - 4 = Chalet Reynard - 5 = Pas de la Frache - 6 = Flassan - 7 = Rocher de Cachillan - 8 = Tête de Chauve - 9 = Tête du gros Charne - 10 = Tête du Fribouquet - 11 = Cime Saint Vincent - 12 = Grand Barbeirol

En occitan provençal, mont Ventoux se dit Mont Ventor selon la norme classique ou Mount Ventour selon la norme mistralienne.

Le nom d'origine Ventour appara√ģt d√©j√† au IIe si√®cle sous sa forme latine Vń≠ntur sur trois inscriptions votives √† un dieu celte[2]. La premi√®re est d√©couverte au XVIIIe si√®cle, √† Mirabel-aux-Baronnies, sur le site de Notre-Dame de Beaulieu par Esprit Calvet. Elle indique VENTVRI / CADIENSES / VSLM[N 1]. La seconde, qui provient d'Apt, est relev√©e, en 1700, par Joseph-Fran√ßois de R√©merville, lequel note VENTVRI / VSLM / M. VIBIVS[N 2]. La troisi√®me est exhum√©e lors des fouilles de 1993, √† la chapelle Saint-V√©ran, pr√®s de Goult, seul VINTVRI[N 3] restait lisible sur un fragment[a 1].

Si cet oronyme est pass√© dans la langue proven√ßale sans grand changement, il n'en est pas de m√™me de son savant rhabillage latin Mons Ventosus qui est document√© d√®s le Xe si√®cle et qui est le vocable employ√© par P√©trarque au XIVe si√®cle[a 2]. √Ä la suite du po√®te, il a √©t√© r√©interpr√©t√© pendant longtemps comme ¬ę mont venteux ¬Ľ[3] tant il est vrai que le mistral y souffle souvent √† plus de 100 km/h, et parfois jusqu'√† 300 km/h[4].

Certains auteurs[5] ont cherch√© √† l'analyser comme un *Ven-topp, qui aurait signifi√© ¬ę cime enneig√©e ¬Ľ en gaulois ou par *uindo / *vindo ¬ę blanc ¬Ľ[N 4]. Mais la phon√©tique fait difficult√© et la finale reste inexpliqu√©e[a 2]. Le linguiste Xavier Delamarre √©met l'hypoth√®se d'une racine celtique vent[6] d√©signant des lieux de sacrifice gaulois (de uanos[7] ¬ę tueur de ¬Ľ). Le mont Ventoux aurait donc √©t√© un lieu sacr√© pour les Celtes. La toponymie celtique est rarement descriptive[8]. La plupart des noms de lieux celtes renvoient √† des mots qui ont un sens religieux ou une fonction (√©conomique, politique ou militaire).

Actuellement, en se fondant sur les formes anciennes biens connues, on met en avant la racine *Vin-. Elle se retrouve dans la montagne Sainte-Victoire, qui √©tait un Mons Venturi transform√© en Sanct√¶ Venturii √† partir de 1345, ainsi qu'en r√©gion proven√ßale dans Venasque, Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Dr√īme), Vence, Ventabren, Ventavon ou en Corse dans Venaco et Ventiseri[9]. Elle appara√ģt aussi dans le Pi√©mont, o√Ļ se trouve un Venasca, ainsi que dans les Pyr√©n√©es avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donn√© son nom √† la vall√©e de B√©nasque. Cette racine pr√©-latine, r√©pandue sur un large territoire, d√©signe √† chaque fois une hauteur ou un lieu √©lev√© et dans le cas du Ventoux et de la Sainte-Victoire son suffixe -tur indique une distance. Le Ventoux serait donc ¬ę la montagne qui se voit de loin ¬Ľ[a 2].

Géographie

Situation

Carte topographique du mont Ventoux et de ses environs.

Le mont Ventoux est un sommet culminant √† 1 910 m√®tres dans le Comtat Venaissin et dont le pi√©mont s'√©tend jusqu'en Provence[1]. C'est le point culminant des monts de Vaucluse et le plus haut sommet du d√©partement de Vaucluse. Il fait environ 25 kilom√®tres de long sur un axe est-ouest pour 15 kilom√®tres de large sur un axe nord-sud et couvre environ 26 000 hectares. Onze communes se partagent le massif : Aurel, Beaumont-du-Ventoux, B√©doin, Brantes, Flassan, Malauc√®ne, Monieux, Saint-L√©ger-du-Ventoux, Sault, Savoillan et Villes-sur-Auzon[a 3].

Situ√© √† moins de 20 kilom√®tres √† vol d'oiseau au nord-est de Carpentras, il est suffisamment √©loign√© des autres sommets de la r√©gion ‚ÄĒ la montagne de Lure (1 825 m) se trouvant √† plus de 40 kilom√®tres √† l'est ‚ÄĒ pour para√ģtre plus haut qu'il ne l'est en r√©alit√©, ce qui lui vaut le surnom de G√©ant de Provence. De fait, par temps d√©gag√©, on d√©couvre du sommet un panorama exceptionnel sur toute la cha√ģne des Alpes, le Massif central et les C√©vennes, la basse vall√©e du Rh√īne dont on peut parfaitement voir les m√©andres en direction d'Avignon, la Camargue, la plaine de la Crau, la mer M√©diterran√©e avec l'ensemble du golfe du Lion, l'√©tang de Berre, la montagne Sainte-Victoire, le massif de la Sainte-Baume, jusqu'√† Notre-Dame-de-la-Garde et les montagnes environnantes de Marseille (massif de l'√Čtoile, massif du Garlaban, massif de Marseilleveyre, massif de Saint-Cyr).

Réseau routier interne

La RD 974 tracée à travers le pierrier calcaire.

L'acc√®s au sommet par le versant septentrional se fait depuis Malauc√®ne par la D 974, dite route du mont Serein. Sa construction a √©t√© d√©cid√©e en 1931 pour desservir la station de ski[a 4]. Longue de 21 kilom√®tres, avec une pente de 7,5 %, elle a √©t√© inaugur√©e en 1932[a 5].

Sur le versant m√©ridional, la D 974, dite route de l'Observatoire, venant de B√©doin rejoint au niveau du chalet Reynard la route qui monte depuis Sault en direction du sommet[a 4]. Inaugur√©e au printemps 1882, elle est longue de 21,6 kilom√®tres, avec des pentes oscillant entre 7,4 et 10 %. Elle n'est goudronn√©e qu'en 1934[a 4]. En 2016, la route a fait l'objet d'une campagne de mesures de son altitude en plusieurs points par une √©quipe de g√©om√®tres du conseil d√©partemental de Vaucluse, permettant d'√©tablir son sommet √† 1 897 m√®tres[10] - [11].

La D 164, ou route du Ventouret, prend son d√©part √† Sault[a 5]. Empruntant la combe de la Font de Margot et la combe Brune, elle a 19 kilom√®tres de long et une pente de seulement 3,5 %[a 5]. Les travaux ont √©t√© achev√©s en un an et elle a √©t√© inaugur√©e le par √Čdouard Daladier et Charles Martel, pr√©sident du Conseil g√©n√©ral de Vaucluse[a 6].

Réseau routier périphérique

Ces voies aux origines anciennes ou récentes contournent le massif mais rejoignent toujours un point d'accès menant à l'intérieur de celui-ci. La D 1, ou route de la Gabelle, a été construite en 1821. Elle était dite alors route d'Avignon à Sault[a 6]. Elle est aujourd'hui doublée par la D 3 qui passe par le col des Abeilles. La D 942, ou route de la Nesque[a 6], a été mise en service en 1920[a 7]. Elle emprunte les gorges de la Nesque et conduit de Villes-sur-Auzon à Sault par Monieux. La D 40, ou route du Toulourenc, a été tracée dès le XVIIIe siècle. Elle conduit de Malaucène à Montbrun-les-Bains en suivant la vallée du Toulourenc[a 7].

Drailles et chemins

Les drailles sont des voies liées à la transhumance. La plupart d'entre elles sont devenues actuellement des chemins de randonnée. Elles sont rares dans le sens nord-sud, à l'exception des deux partant de Flassan vers Verdolier et vers Brantes. À ces chemins pastoraux s'ajoute un chemin de pèlerinage, celui de Sainte-Croix qui, partant des Baux, se dirige vers le sommet par la combe Fiole[a 8].

Les anciennes drailles sont plus fr√©quentes d'est en ouest. Les plus importantes restent celles de Malauc√®ne √† Saint-L√©ger, de Mormoiron √† Sault et de B√©doin √† Flassan. Cette derni√®re, devenue le GR 9, est d√©nomm√©e ¬ę draille traversi√®re ¬Ľ. Son trac√© d√©limitait la plaine cultiv√©e de la montagne bois√©e. Pour faciliter les passages plusieurs ponts de bois ou ma√ßonn√©s avaient √©t√© construits. Il en reste six de pierre, dont quatre enjambant le Toulourenc et deux situ√©s dans la vall√©e de l'Ouv√®ze[a 8].

Géologie

Le massif du Ventoux est s√©par√© du massif des Baronnies par l'accident tectonique du Toulourenc[12], et fait partie du Panneau de couverture Nord-Proven√ßal (PCNP) dont il constitue le front septentrional avec la montagne de Lure. Au sud, cette plateforme urgonienne, quasi rectangulaire, se termine par la montagne de la Tr√©varesse, tandis qu'elle est d√©limit√©e √† l'est par la faille de la Durance et √† l'ouest par celle de Salon-Cavaillon. Dans le tiers inf√©rieur se trouvent le Luberon, les Dentelles de Montmirail, le plateau d'Albion et les monts de Vaucluse occupant le tiers sup√©rieur. Ce gigantesque ¬ę bulldozer ¬Ľ calcaire est le responsable du ridement et du plissement du massif des Baronnies essentiellement marneux[a 9].

Il y a plus de 155 Ma, un bassin sédimentaire profond existe à la place du Ventoux avant le début du Jurassique supérieur[a 10].

De -155 √† -95 Ma, √† la fin de l'Oxfordien, le site de cette fosse profonde (marnes noires avec g√©odes) se met √† √©voluer vers une bordure de bassin o√Ļ se forment des calcaires urgoniens blanch√Ętres massifs, pendant tout le Cr√©tac√© inf√©rieur. √Ä la m√™me p√©riode, une ride orient√©e est/ouest s√©pare le bassin vocontien marneux, o√Ļ se forme le massif des Baronnies, de la plateforme calcaire proven√ßale au sud[a 10]. Cette ride est le r√©sultat des mouvements tectoniques induits par les failles de Crillon, Loriol, Sarrians-Mollans et N√ģmes-Entrechaux[13]. Actuellement, la vall√©e du Toulourenc s'est creus√©e sur le passage de ces deux derni√®res failles parall√®les[a 10].

De -95 √† -40 Ma, la premi√®re √©mersion du bloc Ventoux-Lure a lieu au cours du C√©nomanien. Elle est rep√©rable actuellement par la pr√©sence de sables blancs et ocre ainsi que par des substrats ferrugineux et siliceux. La phase pyr√©n√©enne, qui se d√©veloppa tout au cours du Cr√©tac√© sup√©rieur, par sa compression nord/sud provoque la formation de grands plis est/ouest. Sa pression est telle qu'elle fait rejouer les failles mais accentue fortement le relief de ce qui va devenir la cha√ģne Ventoux-Lure[a 10]. C'est durant cette phase orog√©nique que le massif prend son aspect d'anticlinal d√©vers√© et pouss√© vers le nord chevauchant √† l'aplomb la vall√©e du Toulourenc[14].

De -40 √† -16 Ma, l'√©l√©vation importante du sommet fait chevaucher les roches de la montagne sur les terrains plus au nord, jusqu'au d√©but du Tertiaire. Cette compression pyr√©n√©o-proven√ßale se termine √† la fin de l'√Čoc√®ne. Elle laisse place √† une phase extensive au cours de laquelle se forment de grands bassins (Carpentras, Malauc√®ne, Vaison) et des foss√©s d'effondrement (Aurel-Sault et Le Barroux) qui commencent √† individualiser le Ventoux. Puis, pendant la p√©riode burdigalienne, la mer Ligure s'ouvre et envahit le futur site de la Provence[a 10]. Cette mer peu profonde p√©n√®tre dans l'actuelle vall√©e du Rh√īne et, durant 20 millions d'ann√©es, d√©pose des s√©diments tandis que le mont Ventoux, les monts de Vaucluse et le massif du Luberon forment des √ģles[15].

De -16 √† -2 Ma, la surrection alpine qui se d√©roule au cours du Mioc√®ne moyen, donne au massif sa structure actuelle[a 10]. La tectonique des plaques ayant provoqu√© la fermeture du d√©troit de Gibraltar le niveau de la mer M√©diterran√©e baisse de 1 500 m√®tres, ce qui provoqua une importante phase d'incision dans le massif dont restent t√©moins les gorges de la Nesque et du Toulourenc[a 11].

Depuis deux millions d'ann√©es, durant le Quaternaire, la surrection de rides et le creusement du r√©seau hydrographique se poursuivent[a 11]. Lors de l'ultime phase de la glaciation de W√ľrm, le niveau de la M√©diterran√©e baisse de 100 m√®tres et provoque les derniers encaissements des talwegs √† 30 m√®tres au-dessous du sol actuel[16]. L'alternance de glaciations et de p√©riodes plus chaudes donna au Ventoux son faci√®s actuel avec le d√©veloppement de la karstification et la formation des √©boulis cryoclastiques de la calotte sommitale[a 11].

Les reliefs et leur histoire

La dissym√©trie entre les versants nord et sud du Ventoux est d'origine s√©dimentaire. Elle a √©t√© accentu√©e par la tectonique et par l'√©rosion tout en √©tant rendue plus complexe par le jeu des failles qui fracturent le massif. Son sommet occupe le centre d'une cr√™te orient√©e est / ouest et longue de 25 kilom√®tres. Sa face nord, dont la base est compos√©e de calcaires tendre d'origine n√©omancienne et le sommet de calcaire urgonien tr√®s compact, domine la vall√©e du Toulourenc de 1 500 m√®tres. Le versant sud a sa partie orientale plus affaiss√©e que l'occidentale √† la structure courbe et r√©guli√®re. Les monts de Vaucluse, qui se situent au centre, sont entaill√©s de combes et de vallons (Combe-Obscure, Combe de Curnier, Combe de Malaval)[a 12].

Si le Ventoux en tant que massif s'est individualis√© tout au long d'une p√©riode couvrant l'√Čoc√®ne sup√©rieur et l'Oligoc√®ne, sa forme actuelle n'a √©t√© d√©termin√©e qu'au cours du Quaternaire. Pendant celui-ci, les deux glaciations de Riss et de W√ľrm, conjointement avec le mistral de la vall√©e du Rh√īne, ont model√© ses formes actuelles particuli√®rement sur sa partie sommitale[a 12].

Sur le versant nord, une érosion toujours très active provoque des éboulements et la force torrentielle du Toulourenc érode la base[a 13]. Sur le versant sud, l'érosion, moins active, remodèle les hauts versants et les structures périglaciaires[a 12]. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'influence de l'homme a été primordiale sur la structure du massif, un intensif déboisement ayant accéléré l'érosion[a 13].

Structures superficielles et karstification

La calotte sommitale du Ventoux couverte de lauzes et vue sur le col des Tempêtes.

Le sommet est recouvert uniform√©ment par un pierrier d√Ľ √† l'action r√©p√©t√©e du gel et du d√©gel qui a fait √©clater le calcaire en lauzes. La face nord pr√©sente de nombreuses br√®ches ou √©boulis ciment√©s. Sous l'action d'un ruissellement intensif, celles-ci ont tendance √† se d√©sagr√©ger. D'une fa√ßon g√©n√©rale, sur le versant sud, les √©boulis ont √©t√© stabilis√©s par la v√©g√©tation. Ils restent actifs ponctuellement sur les pentes fortes des combes et des ravins[a 13].

De plus, la dissolution du calcaire sous l'action des eaux de pluie plus ou moins acides provoque la formation de lapiaz ainsi que celle de grottes et d'avens. Si les lapiaz ne sont visibles que sur de faibles étendues, car le plus souvent masqués par des éboulis, ils sont le siège d'écoulements sporadiques mais puissants lors des violents orages[a 14].

Il n'existe pas sur les flancs du Ventoux de cavit√©s de grandes dimensions comme dans les monts de Vaucluse ou le plateau d'Albion. Mais la pr√©sence de concr√©tions stalagmitiques, retrouv√©es en surface, ou d'avens √† larges ouvertures sont la preuve d'un important affaissement de la surface[a 14]. De plus des indices d'anciennes √©mergences existent dans la Combe de Canaud ainsi que dans l'aven des Fourches pr√®s de Sault[a 15]. La cavit√© la plus importante est la grotte du Vent (ou Trou Soufflant), sur la face nord, qui atteint une profondeur explor√©e de 140 m√®tres et qui est en relation avec la fontaine de Vaucluse. Plus vers l'est, l'exploration de l'aven du Gros Collet a montr√© qu'il avait √©t√© rapidement colmat√©[a 15].

Les seules r√©surgences actives preuves d'une forte karstification du massif sont situ√©es √† sa base. Quatre sources ont des d√©bits sup√©rieurs √† 10 l/s, la Font Martin, la r√©surgence de Notre-Dame des Anges, le Groseau et la fontaine de Vaucluse[17].

La Font de Martin, qui est situ√©e sur la rive droite du Toulourenc, d√©verse entre 30 et 100 l/s. Ses eaux proviennent des √©coulements gravitaires du front septentrional du Ventoux et du versant oriental de la montagne de Bluye. La fontaine vauclusienne de Notre-Dame des Anges, sur la rive gauche du Toulourenc, d√©bite de 40 √† 100 l/s. Sa galerie s'enfonce sous la montagne de Rissas[17]. Son siphon, profond de 100 m√®tres, la rend tr√®s int√©ressante au point de vue sp√©l√©ologique[a 15]. Son impluvium se compose du Rissas, au sud, de la montagne de Bluye, au nord et au nord-est, et du sommet de la Plate au sud-est[17]. Sur ce site, on observe un ensemble de petites sources p√©rennes presque dans le lit de la rivi√®re et, quelques m√®tres plus haut, la grotte de la Baume, de quelques dizaines de m√®tres de long sur deux √† trois m√®tres de haut, se termine sur un conduit noy√©, qui fonctionne comme un siphon lors des p√©riodes de forte pluviom√©trie.

Le Groseau, ainsi nomm√© d'apr√®s le nom du dieu celte Gras√©los et des nymphes Gras√©lides, est un ensemble de sources p√©rennes jaillissant √† flanc de rocher. Elles ont servi √† alimenter en eau Vaison-la-Romaine gr√Ęce √† la construction d'un ouvrage par les Romains ; des traces du conduit ont d'ailleurs √©t√© retrouv√©es sur la route de Malauc√®ne. Le Groseau d√©verse entre 50 et 170 l/s. Cette source vauclusienne, hydrologiquement proche du syst√®me de Notre-Dame-des-Anges, sourd au pied de la falaise marquant une faille orient√©e NE / SO. Elle draine les eaux de pluie de la partie occidentale du Ventoux et du r√©servoir calcaire de la montagne de Piaud.

La structure karstique du Ventoux participe avec la montagne de Lure et les monts de Vaucluse, √† l'alimentation de la Fontaine de Vaucluse (premi√®re r√©surgence de France et cinqui√®me mondiale), avec un d√©bit de 22 000 l/s. Elle devance, en France, les sources de la Touvre, en Charente, qui d√©versent 13 000 l/s et du Lez, au nord de Montpellier, qui atteint 3 500 l/s. L'impluvium de la Fontaine couvre le massif du Ventoux, le plateau d'Albion, les monts de Vaucluse et la montagne de Lure[17].

Sources

Fontaine de la Grave entre le chalet Reynard et le sommet du mont Ventoux.

Dans la vall√©e du Toulourenc, d'autres r√©surgences apparaissent √©galement tout le long du lit, d√©celables lorsqu'elles jaillissent dans la rivi√®re par leur temp√©rature constante √† environ 11 √† 12 ¬įC toute l'ann√©e.

Des sources existent aussi sur les versants du massif. Pr√®s du sommet, sur le versant nord, √† 1 788 m, la source de Fontfiole (ou Font-Fiole) coule avec une eau √† 4 √† 5 ¬įC[18]. Il s'agit de la source la plus haute du d√©partement de Vaucluse. Sur le versant m√©ridional, entre le sommet et le chalet Reynard, on observe la Fontaine de la Grave (ou Font des pastres), une source capt√©e par une petite fontaine, ainsi que la Font d'Angiou, la Font de l'Arjelas et la Fontaine de Saint-Sidoine[a 16].

Galeries drainantes

Des galeries creus√©es dans la molasse gr√©seuse du pi√©mont du Ventoux recueillent par infiltration l'eau des reliefs karstiques. Appel√©es ¬ę mines ¬Ľ dans le Comtat Venaissin, il s'agit de qanats, un type d'am√©nagement par creusements, dont les plus anciens ont √©t√© d√©couvertes en Iran et en Arm√©nie et ont √©t√© dat√©s du IIe mill√©naire avant notre √®re[a 17]. Ils sont semblables √† ceux que l'on retrouve en Espagne (cimbras ou minas), au Maroc (khettara) ou dans les oasis sahariennes (foggara)[a 17].

Leur longueur d√©pendait de leur usage. Les plus petites n'ont que quelques m√®tres de profondeur. Elles servaient √† alimenter d'une fa√ßon p√©renne de petits bassins r√©serv√©s √† l'irrigation de cultures en terrasses[a 17]. Les plus grandes galeries se prolongent sur plusieurs kilom√®tres. Creus√©es par des baumeurs et surveill√©es par des fontainiers, outre l'irrigation, elles alimentaient fontaines publiques et lavoirs. D'apr√®s les contrats existant dans diff√©rentes archives, leur utilisation s'est surtout av√©r√©e utile entre 1750 et 1860, et c'est gr√Ęce √† une rigoureuse gestion collective que ces galeries ont assur√© pendant plus d'un si√®cle une alimentation communale en eau toute l'ann√©e[a 18].

Lacs artificiels

Lac du Paty à Caromb.

Outre les nombreuses retenues collinaires cr√©√©es, au milieu des ann√©es 1980, pour l'irrigation des ¬ę terrasses du Ventoux ¬Ľ, il existe trois importantes retenues artificielles li√©es √† l'hydrographie du massif. La premi√®re en date est celle du Paty, sur la commune de Caromb. C'est un barrage sur Lauzon, √©difi√© entre 1764 et 1766, selon les plans dress√©s par le P√®re Morand, professeur de math√©matiques au coll√®ge des J√©suites d'Avignon. Il a √©t√© construit en pierres de taille et mesure 80 m√®tres sur sa partie sup√©rieure, 20 m√®tres de haut et a une √©paisseur de 6 √† 7 m. Sa capacit√© de retenue est de 120 000 m3[a 19].

La seconde se trouve √† Monieux. C'est l'√©tang du Bourget qui a √©t√© cr√©√© en 1965 afin de permettre l'alimentation en eau des travaux d'installation de la base militaire d'Albion. Il a une superficie de 2,4 hectares.

Enfin, √† Mormoiron, l'√©tang des Salettes, retenue √©difi√©e sur la rivi√®re √©ponyme, au confluent de trois valats (Maupas, Borel et Marquetton), couvre 2 hectares. Ces trois retenues sont de nos jours devenues des centres de loisirs[a 19].

Sismicité

√Ä l'exception des cantons de Bonnieux, d'Apt, de Cadenet, de Cavaillon et de Pertuis class√©s en zone Ib (risque faible), tous les cantons du d√©partement sont class√©s en zone Ia (risque tr√®s faible). Ce zonage correspond √† une sismicit√© ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de b√Ętiments[19].

Pourtant des indices de déformations quaternaires (paléoséismes estimés le plus souvent à une magnitude supérieure à 6) existent sur le front septentrional du Ventoux. La vitesse de déplacement de ces failles reste inférieure au millimètre par an[a 11]. Ces faibles déformations suffisent pour maintenir le relief sans qu'il puisse être affirmé qu'actuellement elles sont dues à la tectonique ou à des relaxations sous l'action de la gravité[a 12].

Climat

Ce massif poss√®de toutes les caract√©ristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est le cha√ģnon le plus occidental. De m√©diterran√©ennes au bas, elles √©voluent en fonction de l'altitude vers un climat temp√©r√© puis continental de type montagnard au sommet[a 20]. Outre la pr√©sence du mistral, il est marqu√© par trois autres donn√©es importantes : la proximit√© de la mer M√©diterran√©e, son altitude √©lev√©e et sa dissym√©trie, un ubac tr√®s raide faisant pendant √† un adret tr√®s long[a 20]. Cette conjugaison est √† l'origine de la richesse de sa flore (400 genres floristiques pour plus de 1 000 esp√®ces de plantes sur cinq √©tages de v√©g√©tation observ√©s) et de sa faune (dont plus de 100 esp√®ces d'oiseaux).

Ensoleillement et températures

Le taux d'ensoleillement est tr√®s important puisque le versant m√©ridional, tel la plaine comtadine, re√ßoit en moyenne 2 800 heures par an de rayonnement direct. La situation est diff√©rente au sommet. Tr√®s souvent empanach√© de nuages, il baigne dans le brouillard plus de 200 jours par an[a 21]. L'ensemble du massif est le si√®ge d'importantes variations de temp√©rature selon la saison. Caniculaire en √©t√© du fait de la forte r√©verb√©ration du soleil sur les lauzes blanches, elle peut descendre √† ‚ąí30 ¬įC en hiver (conditions similaires au d√©sert). √Ä l'√©tage inf√©rieur, vers 1 400 m√®tres, la moyenne annuelle tourne autour de 6 ¬įC[a 21]. √Ä une altitude de 700 m√®tres, la m√™me moyenne passe √† 11 ¬įC, ce qui a permis d'√©valuer pr√©cis√©ment le gradient de diminution de temp√©rature sur les pentes du Ventoux √† 0,6 ¬įC par tranche de 100 m√®tres de hauteur. Un autre √©l√©ment important est √† comptabiliser, depuis 1980 : on assiste √† une augmentation de 1 ¬įC dans la moyenne annuelle des temp√©ratures[a 21].

Piémont

Mois Janv F√©v Mars Avr Mai Juin Juil Ao√Ľt Sept Oct Nov D√©c Ann√©e
Temp√©ratures maximales moyennes (¬įC) 9 11 14 18 22 26 30 29 25 20 13 10 18,9
Temp√©ratures minimales moyennes (¬įC) 1 3 4 7 11 14 17 16 14 10 5 2 8,7
Temp√©ratures moyennes (¬įC) 5 7 9 13 16 20 23 23 19 15 9 6 13,8
Source : Archives climatologiques mensuelles - Orange (1961-1990)

Sommet du Ventoux

Mois Janv F√©v Mars Avr Mai Juin Juil Ao√Ľt Sept Oct Nov D√©c Ann√©e
Temp√©ratures maximales moyennes (¬įC) -0,7 -0,7 0,4 2,0 6,9 11,4 15,1 14,5 10,9 6,8 2,7 0,3 5,8
Temp√©ratures minimales moyennes (¬įC) -5,1 -5,8 -4,3 -2,3 2,2 5,8 9,1 8,9 6,0 2,3 -2,1 -4,1 0,9
Temp√©ratures moyennes (¬įC) -2,9 -3,3 -2,0 -0,2 4,6 8,6 12,1 11,7 8,5 4,1 0,3 -1,9 3,3
Source : Archives climatologiques mensuelles - Période 1948/1999

L'amplitude thermique est moindre au sommet du Ventoux qu'en plaine et ce contrairement à la plupart des stations de montagne. Ceci s'explique en très grande partie à cause du vent, très violent au sommet tout au long de l'année et qui a un effet fortement modérateur sur les températures. En effet, en présence de vent, la température baisse moins la nuit et augmente moins la journée.

Précipitations

Face nord du Ventoux en hiver.

Le r√©gime des pr√©cipitations est typiquement m√©diterran√©en puisque soumis √† un rythme √† quatre temps : deux saisons s√®ches (une br√®ve en hiver, une tr√®s longue et accentu√©e en √©t√©), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps. Au bas du Ventoux, la moyenne annuelle est de 700 mm d'eau, ce qui correspond √† 90 jours de pluie[a 22]. √Ä 700 m√®tres d'altitude, il tombe entre 900 et 950 mm/an, et √† 1 400 m√®tres, de 1 000 √† 1 150 mm au chalet Reynard, sur le versant m√©ridional, tandis que la face septentrionale en re√ßoit 1 600[a 23]. A contrario, le sommet est beaucoup moins arros√© puisque les pr√©cipitations se situent entre 800 et 900 mm. L'explication peut r√©sider en les vents violents (plus de 60 km/h) qui soufflent 121 jours par an[a 23], mais aussi dans les ph√©nom√®nes de pression li√©s √† l'altitude.

Si la neige est rare sur le pi√©mont, elle se maintient au sommet en moyenne 140 jours par an[20]. Les relev√©s qui ont √©t√© √©tablis depuis le milieu du XXe si√®cle √† partir de 1 000 m√®tres d'altitude montrent que sur l'adret la neige au sol persiste 35 jours par an, tandis que pour l'ubac, elle y reste 50 jours[a 24].

Vents

Le vent est sup√©rieur √† 90 km/h les deux tiers de l'ann√©e et au sommet, il souffle en moyenne pendant 240 jours, soit deux jours sur trois[a 25]. On distingue principalement trois types de vent. Le mistral, tout d'abord, qui se subdivise en ¬ę mistral blanc ¬Ľ et ¬ę mistral noir ¬Ľ[a 25]. Le premier, le plus connu, descend le long de la vall√©e du Rh√īne et sa force rend le ciel d'un bleu lumineux. Le second souffle avec des retours d'est et apporte un ciel nuageux. Au sommet du Ventoux, il souffle en moyenne pendant 151 jours. Sa plus grande vitesse a √©t√© enregistr√©e √† 313 km/h le [a 26].

Le ¬ę marin ¬Ľ est un vent du sud qui apporte la pluie. C'est lui qui d√©tient le record de vitesse puisqu'il a √©t√© enregistr√© √† deux reprises les [4] et , √† 320 km/h[a 26]. En effet, le mont s'√©tendant perpendiculairement au vent, il s'y produit un effet Venturi acc√©l√©rant le flux d'air, comme sur l'extrados d'une aile d'avion[4]. Le troisi√®me est la ¬ę ventoureso ¬Ľ ou brise du Ventoux. Cet air froid et sec, tr√®s rafra√ģchissant l'√©t√©, descend des Alpes du Sud et souffle jusqu'en Camargue[a 27].

Dictons populaires

Comme partout ailleurs en France pour d'autres montagnes, le Ventoux a √©t√© et reste pour la population environnante un ¬ę marqueur m√©t√©orologique ¬Ľ tr√®s important. Nombre de dictons font allusion √† son ¬ę chapeau ¬Ľ ou √† son ¬ę manteau ¬Ľ pour pr√©voir le temps dans un avenir plus ou moins proche[a 28].

Un dicton usuel dans l'ensemble de la Provence et du Languedoc rhodanien se retrouve d√©clin√© en diff√©rentes versions en fonction de l'endroit d'o√Ļ le sommet du massif est observ√© :

Provence[a 29]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
Se pl√≤u pas ara, plour√° l√®u[N 5]. ¬Ľ

Apt[a 29]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
Ei de plueia o ben de n√®u[N 6]. ¬Ľ

Malaucène[a 29]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
E Sant-Amant, son mantèu
Ei de la plueia per ben l√®u[N 7]. ¬Ľ

Entrechaux[a 28]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
Arfuien, son mantèu
Plour√° l√®u[N 8]. ¬Ľ

Mormoiron[a 28]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
E la Durença, son mantèu
Plour√° l√®u[N 9]. ¬Ľ

Comtat Venaissin[a 29]

¬ę Quand lo Ventor a son cap√®u
E lo Ròse soun mantèu
Plour√° l√®u[N 10]. ¬Ľ

Les deux derniers dictons sortent de ce schéma traditionnel.

Camaret-sur-Aigues[a 28]

¬ę Quand i a lo barri sus lo Ventor
Se part d'en bas, siam a la bisa
Se part d'en aut, siam √† la plueia[N 11]. ¬Ľ

Comtat Venaissin[a 30]

¬ę Quand i a la bugadiera
Se plòu pas aujornd'uei
Plour√° l√®u[N 12]. ¬Ľ

Flore

Lavande sauvage au mont Ventoux.
Saxifrage à feuilles opposées.
Cèdre de l'Atlas, une des espèces ayant servi au reboisement du mont Ventoux.
Cèdre de la première génération (1863).

Le mont Ventoux pr√©sente une flore d'une diversit√© rare : gr√Ęce √† la configuration du massif, √† ses versants tr√®s diff√©rents et √† son histoire humaine, on rencontre une flore m√©diterran√©enne, une m√©dioeurop√©enne, des esp√®ces alpines, des for√™ts de m√©l√®zes, de sapins ou de c√®dres. Au sommet, zone d'√©boulis thermoclastiques, soumise √† un climat extr√™me, on trouve m√™me des esp√®ces observ√©es en r√©gion arctique[21], telles que la saxifrage du Spitzberg et le petit pavot velu du Groenland. Nombreuses sont les esp√®ces prot√©g√©es ; certaines, tr√®s rares, ne se rencontrent que sur le Ventoux. Alors pour pr√©server l'environnement, la cueillette des v√©g√©taux, m√™me non prot√©g√©s, est d√©conseill√©e.

Les flancs du mont Ventoux sont couverts de plantes méditerranéennes comme le chêne vert, mais aussi de cèdres de l'Atlas, de pins et de quelques cultures d'oliviers ou encore de lavande sur les piémonts[21].

Le mont Ventoux se distingue par un profil topographique tr√®s asym√©trique. Le versant sud (adret) est en pente douce, ouvert sur la plaine du comtat Venaissin, bien expos√© au soleil et la v√©g√©tation y est m√©diterran√©enne presque jusqu'au sommet. Parmi les v√©g√©tations dominantes, on trouve[22] des pins d'Alep entre 300 et 430 m√®tres d'altitude, puis des ch√™nes verts entre 480 et 540 m√®tres ; de la garrigue aux herbes aromatiques comme le thym et la lavande vraie jusqu'√† 1 150 m√®tres d'altitude ; ensuite, des h√™tres de 1 130 √† 1 660 m√®tres et des pins √† crochets (sous-esp√®ce de pins de montagnes) entre 1 480 et 1 650 m√®tres d'altitude. Enfin, le secteur alpin au-dessus de 1 810 m√®tres d'altitude[21].

Le versant nord (ubac) est moins ensoleill√©. Ses pentes sont abruptes, faites d'√©boulis et de falaises et sa flore y est m√©dioeurop√©enne et non plus m√©diterran√©enne. Parmi les v√©g√©tations dominantes du versant nord[22], on trouve des ch√™nes verts jusqu'√† 620 m√®tres d'altitude puis des noyers de 620 √† 800 m√®tres. De la garrigue aux herbes aromatiques comme le thym et la lavande vraie entre 800 et 910 m√®tres d'altitude. Ensuite, des h√™tres de 910 √† 1 380 m√®tres et des pins √† crochets (sous-esp√®ce de pins de montagne) jusqu'√† 1 720 m√®tres d'altitude. Enfin, le secteur alpin au-dessus de 1 720 m√®tres d'altitude[21].

La partie sommitale du mont Ventoux est couverte d'√©boulis calcaires, ce qui peut faire penser, vu de loin, qu'il y a de la neige √† son sommet toute l'ann√©e. Au milieu de cet apparent d√©sert de pierres se cache une grande vari√©t√© d'esp√®ces v√©g√©tales d'affinit√©s alpines, dont certaines sont extr√™mement rares voire end√©miques. Cette pr√©sence est tr√®s originale au cŇďur de la r√©gion m√©diterran√©enne. Le pavot du Groenland (Papaver aurantiacum ou Papaver rhaeticum) ou le lys martagon, pr√©sents dans les √©boulis sommitaux, pourraient en √™tre les embl√®mes[a 31].

Le mont Ventoux est devenu, gr√Ęce au reboisement effectu√© √† partir de la deuxi√®me moiti√© du XIXe si√®cle, et qui s'est prolong√© dans la premi√®re moiti√© du XXe si√®cle, la plus grande for√™t communale fran√ßaise[23], constituant un poumon vert de 6 300 hectares d‚Äôun seul tenant, avec diff√©rentes esp√®ces d'arbres qui se sont acclimat√©es et qui varient en fonction de l'attitude. Pour un des responsables locaux de l‚ÄôOffice national des for√™ts, ¬ę le g√©nie √©cologique de l‚Äô√©poque a consist√© √† mettre les bonnes essences aux bons niveaux d‚Äôaltitude ¬Ľ[24]. Dans le contexte de l'√©volution climatique en cours au XXIe si√®cle, ¬ę le Ventoux est une sentinelle, il se situe √† l‚Äôextr√™me-sud du massif alpin, c‚Äôest ici que l‚Äôon verra en premier les effets : les esp√®ces vont devoir migrer vers le haut pour √©chapper au r√©chauffement ou dispara√ģtre ¬Ľ, indique Lenka Brousset, chercheuse √† l‚ÄôInstitut m√©diterran√©en de biodiversit√© marine et continentale[24].

Grands ongulés

Chamois.

La présence des grands ongulés est récente car essentiellement liée au reboisement des pentes du Ventoux[a 32]. Outre le sanglier (Sus scrofa scrofa), plus traditionnel, se sont aujourd'hui parfaitement acclimatés le cerf élaphe (Cervus elaphus), le cerf Sika (Cervus nippon), le chamois (Rupicapra rupicapra), le mouflon corse (Ovis gemelini × ovis sp.) et le chevreuil (Capreolus capreolus), soit six des onze espèces vivant en France[a 32].

Loup

Loup (Canis lupus italicus).

Depuis longtemps et durant la préhistoire, le loup (Canis lupus) a fréquenté les pentes du Ventoux. Ses restes ont été identifiés à Entrechaux dans les grottes de la Masque et des Puces, ainsi qu'à Monieux, au bau de l'Aubesier[a 33]. Plusieurs toponymes en ont aussi gardé la trace tels que la Loubatière, la Louvière, le ravin du Pra du Loup, l'Espère du Loup, la Font du Loup et Chanteloube[a 34]. Un statu quo entre lui et l'homme s'établit jusqu'au XVIIIe siècle, puis les grandes battues sont transformées en traque avec 797 loups abattus, puis 147 au siècle suivant. Dès 1850, le loup se fait rare. Il se cantonne dans le Ventoux, les monts de Vaucluse et le Luberon[a 33]. Des campagnes d'empoisonnement achèvent les dernières meutes[a 34].

Selon la tradition, le dernier loup du Ventoux est tu√© au d√©but du XXe si√®cle. Depuis sa r√©apparition, via l'Italie, dans le massif du Mercantour-Argentera, en 1992, ses d√©placements l'ont dirig√© vers l'ouest et il s'est install√© dans une grande partie des Alpes du Sud. Dans ce secteur, en 2005, 21 zones d'habitat avaient √©t√© rep√©r√©es, dont 14 occup√©es par des meutes. Ils ont √©t√© alors estim√©s √† 130 individus. Depuis lors, le loup s'est install√© dans la montagne de Lure et des indices de sa pr√©sence ont √©t√© d√©couverts √† √Čourres, commune qui se situe √† 20 kilom√®tres √† vol d'oiseau du Ventoux[a 35]. En , un loup a √©t√© abattu ill√©galement sur le territoire de la commune de B√©doin[25].

Autres mammifères et petit gibier

Outre les pr√©l√®vements ponctuels de grands mammif√®res, toujours r√©alis√©s sous le contr√īle des organismes gestionnaires[a 36], la pr√©sence de li√®vres, lapins, renards et blaireaux est av√©r√©e[26]. Si les deux premiers constituent le gibier le plus courant, les deux autres esp√®ces ne sont chass√©es qu'en tant que nuisibles[a 36]. Sur les onze communes du massif les seules esp√®ces aviennes pouvant √™tre chass√©es sont la perdrix rouge, le faisan commun, les grives, le merle noir, la b√©casse des bois et l'√©tourneau sansonnet[a 36].

Oiseaux

L'avifaune comprend environ 120 espèces différentes, rapaces ou nicheurs[26], dont certaines sont rares à l'exemple de la Gélinotte des bois, du Merle de roche ou de la Chouette de Tengmalm, originaire des grandes forêts boréales et qui fut observée au cours des années 1960[a 37]. Les quatre étages de la forêt abritent chacun les espèces qui lui sont spécifiques.

√Čtage du ch√™ne vert

Dans cette partie arbor√©e, o√Ļ se trouve aussi le ch√™ne kerm√®s qui caract√©rise la garrigue, on rencontre les trois types de fauvettes typiquement m√©diterran√©ennes : fauvette m√©lanoc√©phale, fauvette pitchou et fauvette passerinette. S'y joignent les esp√®ces ubiquistes telles que le tarier p√Ętre, le serin cini, le chardonneret, le verdier, le bruant zizi, l'alouette des champs[a 37], l'alouette lulu et le pouillot v√©loce[21].

Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus).
√Čtage du ch√™ne blanc

C'est aussi celui de tous les chênes pubescents et des érables. Sa diversité sylvestre a attiré une avifaune très riche. C'est là que nidifient et se nourrissent le geai des chênes, le pic épeiche, le pigeon ramier, la tourterelle des bois, le merle noir ou le pinson des arbres, mais aussi la grive musicienne et la grive draine. S'y retrouvent aussi pouillot véloce et pouillot de Bonelli, roitelet huppé et roitelet triple-bandeau, pipit des arbres, fauvette à tête noire et rouge-gorge. Cet écosystème accueille encore l'accenteur mouchet, les mésange charbonnière et mésange à longue queue, la sittelle torchepot, le grimpereau et le troglodyte. Des rapaces y ont établi leurs aires comme le circaète Jean-le-Blanc, le rapace le plus emblématique du Ventoux, l'autour des palombes[a 38], le faucon pèlerin et l'aigle royal[21].

√Čtage du h√™tre

Il est aussi d'une extrême richesse en avifaune puisque la précédente a aussi colonisé ce système écologique. mais l'on y trouve en plus la mésange nonnette, le bouvreuil[a 38] et le pic noir[21].

√Čtage du pin √† crochet

Cet ultime √©cosyst√®me se poursuit jusqu'√† la calotte sommitale du Ventoux en passant par un couvert sylvestre d√©grad√© o√Ļ r√®gne le gen√©vrier. On y rencontre le venturon, le bec-crois√© des sapins[a 38] et le bruant fou[21]. Une v√©g√©tation de plus en plus clairsem√©e attire ensuite le traquet motteux, la linotte m√©lodieuse, le pipit rousseline et le pipit spioncelle[a 38].

En une trentaine d'années, depuis le reboisement, une dizaine d'espèces, initialement présentes uniquement sur le versant septentrional du Ventoux, ont colonisé le versant méridional dont la buse variable, la grive musicienne et le merle à plastron[a 39].

Reptiles et amphibiens

Pélobate cultripède (Pelobates cultripes) ou crapaud à couteau.

Dans le massif ont été répertoriées treize espèces de reptiles dont deux vipères : la vipère aspic et la vipère d'Orsini[a 40]. S'y ajoutent sept espèces de couleuvres : couleuvre verte et jaune, couleuvre d'Esculape, couleuvre à échelons, couleuvre de Montpellier, couleuvre vipérine, coronelle lisse et coronelle girondine. Quant aux lézards, il en a été relevé quatre espèces : lézard ocellé, lézard vert, lézard des murailles et lézard psammodrome[a 41].

Huit espèces d'amphibiens se trouvent dans le Ventoux dont la salamandre tachetée, le crapaud commun, le crapaud calamite, la rainette méridionale, le pélodyte ponctué, l'alyte accoucheur et la grenouille rieuse. Une mention spéciale doit être faite pour le crapaud à couteau ou pélobate cultripède, espèce rarissime, dont le département de Vaucluse est l'un des derniers refuges[a 41].

Insectes

Le premier entomologiste qui √©tudie le Ventoux est Jean-Henri Fabre au XIXe si√®cle. Mais il faut attendre 1978 pour disposer de la premi√®re √©tude sur un groupe d'insectes. Elle est r√©alis√©e par G√©rard Luquet sur les sauterelles, les criquets et les grillons. Il la poursuit en 2000 sur les l√©pidopt√®res. L'entomologiste observe 1 425 esp√®ces de papillons, soit 28 % des 5 100 esp√®ces r√©pertori√©es en France. Dans ce panel, quatre esp√®ces ne sont connues que dans le Ventoux, dix-neuf y ont √©t√© r√©pertori√©es puis identifi√©es par ailleurs et vingt-neuf d√©crites pour la premi√®re fois[a 42].

√Čchiquier d'Occitanie (Melanargia occitanica).

Ils occupent trois zones bien distinctes. La premi√®re qui s'√©tage jusqu'√† 800 m√®tres d'altitude au sud et 600 m√®tres au nord, est class√©e en tant que zone m√©diterran√©enne. Parmi ces l√©pidopt√®res, les plus remarquables sont le zyg√®ne de la millefeuille, l'alexanor, le machaon, la vanesse de l'ortie et le citron, ainsi qu'une esp√®ce du genre Zerynthia. Les col√©opt√®res sont repr√©sent√©s par la c√©toine dor√©e et par le genre Trichodes, les criquets par l'Ňďdipode turquoise et l'Ňďdipode √† ailes rouges[a 42]. Dans cette zone trois esp√®ces sont end√©miques : un papillon diurne, l'√©chiquier d'Occitanie (Melanargia occitanica), et un nocturne, Orenaia ventosalis, auxquels se joint un criquet, l'arcypt√®re proven√ßale (Arcyptera kheili)[a 43].

Au-dessus, se trouve la zone subalpine au couvert de pins noirs et de chênes blancs. Sa faune la plus remarquable comprend parmi les sauterelles, Euthystira brachyptera ; pour les coléoptères, le dorcadion, Acanthocinus aedilis et Rhagium inquisitor et pour les papillons, une espèce de mélitée[a 43].

Dans la zone alpine se distinguent parmi les lépidoptères Hipparchia semele et deux espèces endémiques, Elophos unicoloraria occidentalis et Colostygia stilpna, ainsi que la rosalie des Alpes (Rosalia alpina) et le carabe du Ventoux (Carabus auratus honnoratii natio fabrei f.i. ventouxensis) pour les coléoptères[a 43]. Le pierrier sommital a été colonisé par deux des 64 espèces de fourmis qui se trouvent sur les pentes du Ventoux, Formica lemani et Tetramorium caespitum. On y trouve aussi le criquet Stauroderus scalaris et deux papillons, l'apollon (Parnassius apollo) et le mélitée orangée (Melitae diadema)[a 44].

Histoire

Découverte paléontologique : l'ours brun du mont Ventoux

Le milieu karstique du mont Ventoux poss√®de de nombreux avens. Ce n'est qu'en 1996, dans une cavit√© d√©couverte deux ans plus t√īt dans le versant nord, sur la commune de Brantes, et form√©e d'un puits de 17 m√®tres de profondeur, que des sp√©l√©ologues mettent au jour une grande quantit√© d'ossements fossilis√©s d'ours bruns. Leur pr√©sence est rare en Vaucluse, avec seulement trois sites connus, contemporains de l'homme de N√©andertal. Plus tard, c'est dans une dizaine des dix-sept avens connus sur ce m√™me versant, entre 1 300 et 1 600 m√®tres d'altitude, que le Groupe sp√©l√©ologique de Carpentras trouvera √† nouveau les restes d'environ 500 ours, ce qui en fait un des gisements les plus importants d'Europe[26]. Des √©tudes montrent que l'origine de cette esp√®ce est balkanique et que sa pr√©sence date du Pl√©istoc√®ne sup√©rieur. Tous les indices donnent √† penser par ailleurs que ces ours sont tomb√©s naturellement, pour la plupart √† la sortie de l'hibernation, dans ces v√©ritables pi√®ges naturels. La pr√©sence de l'homme √† la m√™me √©poque est √©galement av√©r√©e, par le biais d'outils et de fl√®ches retrouv√©es dans les couches stratigraphiques. Les traces de charbon de bois montrent qu'il est, depuis des si√®cles, √† l'origine des premiers d√©boisements, afin de d√©velopper le pastoralisme. Des restes de nombreuses esp√®ces associ√©es ont aussi √©t√© trouv√©s : fouines au N√©olithique, chamois √† l'√Ęge du bronze, carnivores, ongul√©s, insectivores, rongeurs, chiropt√®res, oiseaux, preuves d'une grande diversit√© biologique. La pr√©sence de l'ours brun en Vaucluse est av√©r√©e jusqu'au XXe si√®cle[27].

Les trompettes du Ventoux

Une grande quantit√© de fragments de poteries a √©t√© mise au jour au sommet du mont Ventoux, lors du creusement des fondations de l'observatoire m√©t√©orologique. Une reconstitution a permis d'identifier des embouchures, des pavillons et des formes semi-circulaires et de d√©terminer que ceux-ci provenaient de trompettes en terre cuite. Le docteur Hyacinthe Chobaud, qui a rendu compte de cette d√©couverte et en a fait la description, explique que ce d√©p√īt votif a √©t√© fait par une antique civilisation pastorale pour conjurer les effets du ¬ę ma√ģtre vent ¬Ľ, surnom donn√© au mistral en Provence. Il note que ces trompettes poss√©daient deux anses trou√©es leur permettant de glisser une lani√®re pour √™tre port√©es √† l'√©paule[28]. C'est la premi√®re trace d'une occupation humaine temporaire du sommet du Ventoux.

Moyen √āge

Itinéraire probable suivi par Pétrarque lors de son ascension du mont Ventoux, le .

La premi√®re ascension relat√©e serait celle entreprise le par le po√®te humaniste italien P√©trarque, qui d√©crit le panorama extraordinaire offert depuis le sommet[29]. Cependant, la lettre du r√©cit, probablement antidat√©e, n'aurait √©t√© √©crite qu'en 1352 ou 1353[30], et la date aurait √©t√© choisie symboliquement[N 13]. En effet, le du calendrier julien correspond au du calendrier gr√©gorien et, au XIVe si√®cle, l'Europe est au d√©but du petit √Ęge glaciaire, ce qui fait que le mont Ventoux √©tait certainement encore enneig√©[31]. Par ailleurs, il semblerait que P√©trarque ait √©t√© devanc√© au sommet quelques ann√©es auparavant, vers 1334, par le philosophe fran√ßais Jean Buridan[31] - [32] - [33]. P√©trarque raconte en outre avoir rencontr√© un vieux p√Ętre ¬ę vers le milieu de la montagne ¬Ľ qui lui dit avoir d√©j√† fait pareille chose cinquante ann√©es plus t√īt[34].

Renaissance

Chapelle Sainte Croix.

Au XVe siècle, une chapelle dédiée à la Sainte-Croix est construite au sommet sur décision de Pierre Valétariis, évêque de Carpentras et neveu du pape Sixte IV[N 14]. À la fin du XVIe siècle, à la suite des guerres de religion, il n'en reste plus que l'abside. César de Vervins, prêtre et chanoine théologal du chapitre métropolitain d'Avignon[N 15], la fait reconstruire et, par testament du , laisse une rente de douze livres pour son entretien[35].

Cette chapelle, sans doute pour sa difficult√© d'acc√®s, sert de lieu de p√®lerinage pour invoquer la protection divine contre la peste, comme en 1518. Pour fuir le ¬ę mal contagieux ¬Ľ, les consuls d'Avignon se r√©fugient √† Montfavet. En ce lieu, le Conseil de Ville, lors de sa s√©ance du mois de juin, mandate Joachin de Saze, consul, et Baudichon Falcon, ¬ę courrier de la ville ¬Ľ, pour aller br√Ľler un cierge √† la Sainte-Croix[N 16]. Toujours debout √† la fin XIXe si√®cle, la chapelle sert d'abri lors de la construction du premier observatoire. Abandonn√©e au milieu du XXe si√®cle, elle est ras√©e. Elle est maintenant remplac√©e par une chapelle moderne qui a √©t√© inaugur√©e le [36].

Déforestation et reboisement

Si le reboisement du Ventoux est considéré comme une réussite exemplaire[a 45], c'est que la montagne a été pendant des siècles l'objet d'une déforestation intense. Les chantiers navals de Toulon, dès le XIIe siècle, utilisent les arbres qui poussent sur ses pentes. Cette ponction est aggravée, dès le , par la généreuse donation faite par Barral des Baux, seigneur de Bédoin. Il cède, en pleine propriété, la montagne à la communauté des villageois. Cette cession va se révéler, au cours des siècles, une catastrophe pour la forêt[a 46].

Surexploit√©e par des coupes claires afin de permettre la p√Ęture des troupeaux de moutons, seuls restent bois√©s au XIXe si√®cle les lieux inaccessibles de l'ubac, comme le Contrat et les Serres Gros. Une premi√®re prise de conscience pour un n√©cessaire reboisement a lieu en 1840 au niveau municipal. Mais le maire est mis en minorit√© par ses conseillers, g√©n√©ralement gros propri√©taires de troupeaux[a 46].

Reboisement du massif le long de la route au départ de Bédoin.

Il faut attendre 1858, pour que Jean-Charles Eyraud, le nouveau maire, avec l'aide de Fran√ßois Tichadou[37], inspecteur des Eaux et For√™ts, dans le cadre de vastes travaux appel√©s ¬ę restauration des terrains de montagne ¬Ľ, retourne la situation[29]. Les deux hommes proposent de planter massivement des ch√™nes truffiers, ce qui est accept√© dans l'enthousiasme. Aussi, entre 1860 et 1890, les nouvelles truffi√®res de B√©doin approvisionnent-elles le march√© de Carpentras et assoient-elles la r√©putation des truffes du Ventoux[a 46].

Des essences locales sont aussi utilis√©es, notamment le h√™tre, le pin, mais aussi des esp√®ces exotiques comme le pin noir d'Autriche qui s'acclimatent tr√®s bien. Mais l'essence la plus importante du second volet du reboisement est le c√®dre de l'Atlas[38] dont l'implantation va constituer la premi√®re c√©draie de France[a 46]. Ensemenc√©e entre 1862 et 1865, √† partir de c√īnes import√©s de l'Atlas alg√©rien[39], elle couvre 60 hectares entre 800 et 1 000 m√®tres d'altitude[a 47].

Pour reconstituer la for√™t, et en particulier la c√©draie, de nouvelles plantations sont effectu√©es √† partir de 1922. Cette essence couvre aujourd'hui 2 000 hectares et se r√©g√©n√®re naturellement gr√Ęce √† la diss√©mination des graines par le vent[a 47]. Depuis, entre Sault et le chalet Reynard, de nouvelles esp√®ces de sapins ont √©t√© acclimat√©es, dont le sapin de C√©phalonie, le sapin de Nordmann et le sapin d'Andalousie. Elles participent √† la grande diversit√© des essences du massif[a 47].

Avec la signature de l'armistice par le mar√©chal P√©tain ‚ÄĒ chef de l'√Čtat fran√ßais ‚ÄĒ avec l'occupant allemand, cette politique de reboisement est remise en cause en raison des restrictions qui s'ensuivent. Le massif redevient une zone intense d'exploitation foresti√®re pour fournir en bois les gazog√®nes[a 48].

Charbonnières du Ventoux

Charbonnière.

Au m√™me niveau que le pastoralisme, la production de charbon de bois, une activit√© traditionnelle, a largement particip√© au d√©boisement. Les charbonniers se sont install√©s dans le massif d√®s le Moyen √āge. Leur activit√© est telle, qu'en 1549, les √Čtats du Comtat s'alarment du d√©boisement[a 49]. Cette pratique √©tant g√©n√©ralis√©e en France, une ordonnance royale tente d'y mettre fin en 1635. Elle n'a aucun effet dans le Comtat Venaissin. Le r√©sultat attendu de cette surexploitation arrive en 1838 : il ne reste plus un seul arbre sur les pentes du Ventoux entre 500 et 1 000 m√®tres d'altitude. Les charbonniers d√©sertent le secteur et s'en vont travailler dans les monts de Vaucluse[a 49].

Pour construire une meule ou charbonni√®re, il fallait utiliser entre 10 et 50 tonnes de bois, provenant essentiellement du h√™tre et du ch√™ne blanc ou vert[a 50]. Leurs troncs √©taient √©tag√©s autour d'une chemin√©e centrale et cette demi-sph√®re recouverte de terre humide et de feuillage pour en assurer l'√©tanch√©it√©. La combustion √©tait ma√ģtris√©e par le charbonnier gr√Ęce au percement de ¬ę trous d'√©vent ¬Ľ dans le rev√™tement terreux[a 50]. Au bout de quelques jours avait lieu le d√©fournement, cinq tonnes de bois avaient fourni une tonne de charbon[a 49].

La reconstitution d'une charbonnière a été réalisée sur le territoire de la commune de Villes-sur-Auzon[a 51] et, au sud du hameau de La Gabelle, un sentier-découverte permet de visiter une vingtaine de plateformes utilisées jadis par les charbonniers[a 51].

Glacières du Ventoux

Au XVIIe si√®cle, la fabrication par accumulation et tassement de neige dans des cavit√©s et l'exploitation des cubes de glace transform√©e durant l'√©t√© est une activit√© importante permettant, entre autres choses, la fabrication des sorbets ou la conservation des cadavres. Ce commerce, contr√īl√© par les vice-l√©gats pontificaux, s'√©tend jusqu'√† Avignon, Marseille et Montpellier[40].

En 1724, l'historien Joseph Fornery indique que ce sont les habitants de B√©doin, durant l'hiver, qui font des magasins de neige dans la montagne pour en faire ensuite un commerce consid√©rable[a 52]. Bien que sur le versant septentrional se retrouve la ¬ę combe de la Glaci√®re ¬Ľ, c'est sur le versant m√©ridional que cette pratique est la plus r√©pandue gr√Ęce √† la facilit√© du transport vers la plaine comtadine[a 52]. La technique de production reste connue. Durant tout l'hiver, des hommes chaudement v√™tus de peaux de b√™te partent √† dos de mulet, entre la combe Fiole et le combe du Grand Clos, pour entasser de la neige fra√ģche dans des foss√©s pr√©par√©s √† l'avance puis la recouvrent de branchages et de feuilles afin de la conserver[a 53].

Quelques textes provenant de la comptabilit√© des ¬ę fermiers de la glace ¬Ľ donnent une id√©e de la production. En 1719, ce sont 22 tonnes qui parviennent √† Montpellier, soit, avec une perte estim√©e √† 50 %, 45 tonnes qui sont parties du Ventoux. Vers la fin du XVIIIe si√®cle, les fermiers re√ßoivent 6 000 livres pour leurs livraisons, ce qui correspond √† la vente de 1 500 tonnes de glace[a 53].

Entre 1707 et 1716, ce sont surtout Carpentras, Avignon, Orange et Arles qui passent des contrats avec les fermiers. Plus ponctuellement apparaissent N√ģmes et Montpellier. La livraison s'effectue de nuit avec halte le jour, la neige pil√©e √©tant alors entrepos√©e et tass√©e dans des glaci√®res locales. Les charrois mettent une nuit pour atteindre Carpentras ou Avignon, deux nuits pour N√ģmes et trois nuits pour Montpellier[a 53]. Ce commerce va perdurer jusqu'√† la fin du XIXe si√®cle, la commune de B√©doin comptant alors neuf conserves de neige[41] d'environ 25 m3[42] - [a 54]. L'apparition de la glace artificielle en 1890 met un terme √† ce trafic[a 54].

Premières ascensions scientifiques

Le , le P√®re Antoine-Jean Laval effectue l'ascension de nuit dans le but de conna√ģtre la situation g√©ographique du sommet et d'effectuer des observations astronomiques. Il publie ses r√©sultats dans le Journal de Tr√©voux de [a 55]. Quant √† Michel Darluc, m√©decin √† Aix-en-Provence, en compagnie de son confr√®re le docteur Gavot, il fait l'ascension le pour des √©tudes botaniques et g√©ographiques[a 56]. Parti de Sault, √† dos de mulet, il rejoint B√©doin par le col des Abeilles, puis arrive au sommet o√Ļ il fait toute une s√©rie d'observations et de mesures barom√©triques et thermom√©triques[a 57]. Il publie ses r√©sultats, en 1782, dans Histoire naturelle de la Provence, contenant ce qu'il y a de plus remarquable dans les r√®gnes v√©g√©tal, min√©ral, animal et g√©oponique[43].

Toujours en 1711, Antoine de Jussieu, jeune botaniste de 25 ans, surintendant du Jardin du roi, entreprend le même périple avec l'intention de recenser la flore. Parti à pied de Beaumont-d'Orange, il herborise au mont Serein, descend ensuite à Bédoin pour envoyer à Paris une pleine caisse de plantes, puis repart pour Sault[a 56]. Là, il est contraint et forcé de faire une halte afin d'acheter une paire de chaussures. Puis, il reprend la route pour rejoindre Sisteron par la vallée du riou de Jabron[a 56].

Un peu plus tard, en 1775, le docteur Jean-Claude Pancin, professeur de botanique à l'université d'Avignon, réalise plusieurs ascensions pour enrichir son herbier et dresse le premier catalogue de la faune du Ventoux[a 56].

En 1823, l'ing√©nieur-g√©ographe Joseph Delcros mesure la hauteur du sommet √† 1 911 m, ce qui permet de rectifier les anciennes valeurs souvent bien diff√©rentes de la r√©alit√©[44]. Malgr√© les mesures de Delcros, plusieurs ann√©es apr√®s, certains ouvrages continuent de pr√©senter des valeurs largement au-del√†[45] ou en de√ß√†. Parmi ces valeurs, celle de 1 000 toises[46], soit une √©tendue naturelle d'environ 1 800 m√®tres, ce qui le rapprochait ainsi de la valeur th√©orique du mont Olympe[N 17], mais reste en fait bien en dessous de la r√©alit√©. D'autres ont m√™me abaiss√© cette valeur √† 958 toises soit une √©tendue naturelle d'environ 1 724 m√®tres seulement, r√©sultat d'un probl√®me dans la technique de mesure par observations barom√©triques[47].

Mais ce sont surtout des botanistes et des entomologistes que la montagne passionne[29]. Ainsi, durant toute la fin du XIXe siècle, Jean-Henri Fabre s'intéresse à la flore et aux insectes du Ventoux, emmenant avec lui, durant ses expéditions, plusieurs scientifiques[48].

Premières ascensions touristiques

La première véritable excursionniste est Amélie de Sade, marquise de Montbrun[N 18]. De 1783 à 1788 en compagnie de l'abbé Jean-Antoine Constantin, curé d'Aurel, elle fait plusieurs expéditions qui la conduisent au sommet du Ventoux[a 57].

En , le cur√© botaniste narre √† Esprit Calvet, l'ascension nocturne √† laquelle a particip√© le chevalier Robert de Lamanon et lui indique qu'il a eu le plaisir, lors du retour, d'entendre ¬ę Madame de Sade conf√©rer avec Monsieur de Lamanon d'histoire naturelle ¬Ľ[a 57].

Au cours de l'automne 1844, Agricol Perdiguier et deux de ses compagnons, dont un d√©nomm√© Vidal, d√©cident d'entreprendre le ¬ę voyage au Mont Ventoux ¬Ľ. Ils montent par le chemin des p√®lerins et arrivent √† la chapelle Sainte-Croix. Surpris par un orage, ils descendent en urgence et Vidal se blesse gri√®vement dans une chute[a 58].

Th√©odore Aubanel, Pierre Grivolas et Fr√©d√©ric Mistral entreprennent l'exp√©dition de nuit un jour de septembre de la seconde moiti√© du XIXe si√®cle pour assister au lever du soleil √† son sommet. Ce dernier relate cet √©v√®nement en ces mots : ¬ę Nous v√ģmes le soleil surgir, tel un superbe roi de gloire, entre les cimes √©blouissantes des Alpes couvertes de neige ¬Ľ[49].

Eug√®ne Barr√®me, un Aixois, directeur de la Revue Sextienne, en 1878, d√©cide avec un groupe d'amis de se lancer √† l'assaut du Ventoux. Ils le font savoir et lors de la travers√©e de Carpentras ¬ę ils sont applaudis, couverts de vivats et sur le point d'√™tre port√©s en triomphe ¬Ľ. Ils font √©tape √† Sault et entreprennent la mont√©e par la voie la moins raide. Arriv√©s au sommet, ils sont pris dans un violent orage et le directeur de la revue en donna une description qui pl√Ľt √† ses lecteurs :

¬ę Quelle plume pourrait d√©crire cette lutte terrible des √©l√©ments ligu√©s contre le Ventoux ? De tous c√īt√©s, √† nos pieds m√™me, des √©clairs jaillissent, z√©brent le brouillard et l'illuminent de leur clart√© blafarde[a 59]. ¬Ľ

Observatoire du Ventoux

Terrasse de l'observatoire dans les années 1930.
La tour de l'Observatoire située au sommet du mont Ventoux.
Le rad√īme pour le contr√īle a√©rien.

Depuis 1882, on trouve au mont Ventoux un observatoire de la m√©t√©orologie nationale qui a √©t√© construit selon les plans de l'ing√©nieur Henri Bouvier (1828-1898)[50]. Cet observatoire cesse son activit√© au d√©but de la Premi√®re Guerre mondiale[a 60]. Puis un nouveau service m√©t√©orologique est install√© jusqu'au , date √† laquelle il rejoint ses nouveaux locaux √† Carpentras-Serres[a 60]. Depuis juillet 2016, le Syndicat mixte d'am√©nagement et d'√©quipement du mont Ventoux, autour du projet de parc naturel r√©gional du Mont-Ventoux, et l'association Infoclimat ont de nouveau rendu possible l'observation m√©t√©orologique, gr√Ęce √† l'installation de capteurs modernes sur la tour de t√©l√©communications Orange[51] - [52].

Le b√Ętiment principal, avec sa tour de 42 m√®tres de hauteur surmont√©e d'une antenne de 20 m√®tres, a √©t√© √©difi√© en 1966. Il est actuellement affect√© √† la base a√©rienne 115 Orange-Caritat[a 60]. Un √©metteur de t√©l√©vision, d'une puissance de 195 kW et dont le signal est si puissant qu'on peut le recevoir √† plus de 90 kilom√®tres √† la ronde, a √©t√© construit √† son sommet dans les ann√©es 1960, utilisant un pyl√īne de 50 m√®tres[4]. Depuis le , cet √©metteur diffuse la TNT.

Le rad√īme, install√© en 1995 sur l'ar√™te occidentale par la direction g√©n√©rale de l'Aviation civile, prot√®ge un radar qui assure avec dix-neuf autres stations la s√©curit√© de l'espace a√©rien[a 61]. Au d√©but du XXIe si√®cle, dans un abri souterrain au col des Temp√™tes, a √©t√© mis hors-service le r√©seau de transmission hertzien affect√© aux missiles de la force strat√©gique du plateau d'Albion[a 61]. Aujourd'hui le sommet du Ventoux est d√©sign√© sous le nom de l'observatoire : ¬ę Je suis all√© jusqu'√† l'observatoire ¬Ľ signifiant avoir atteint le sommet[a 2].

Maquis Ventoux

Le Maquis Ventoux, appartenant au r√©seau d√©sign√© sous le nom de code R2, est au cours de la Seconde Guerre mondiale l'un des plus importants maquis de Provence. Il le doit d'abord √† la position strat√©gique du massif dans la vall√©e du Rh√īne puis au nombre de r√©fractaires s'y √©tant r√©fugi√©s entre 1939 et 1940 ainsi qu'√† l'accueil de la population sur place [a 48].

Le , la capitulation de l'Italie fasciste am√®ne le retrait de Provence de sa IVe Arm√©e. Celle-ci laisse la place √† la Wehrmacht. Sa premi√®re attaque contre le Maquis Ventoux a lieu le , au sud du ch√Ęteau de Javon et elle est men√©e par des commandos de la Division Brandenburg. Face √† ces forces motoris√©es, les effectifs du maquis subissent de lourdes pertes[a 62].

Le débarquement de Provence a lieu le et le le Maquis Ventoux entre en contact avec une patrouille de reconnaissance américaine à Banon. Un plan d'action est décidé et à partir du , par leurs accrochages à Bédoin, au Barroux, à Mollans et à Saint-Jean-de-Sault, les maquisards réussissent à retarder ou à bloquer la retraite des colonnes allemandes. Les missions du Maquis Ventoux prennent fin après la libération de Vaison-la-Romaine par les troupes alliées le [a 63].

Courses à pied

La premi√®re est organis√©e en 1908 par l'Union sportive de Carpentras. Ce ¬ę Marathon du Ventoux ¬Ľ est remport√© par le carpentrassien Joyerot. Pendant sept d√©cennies, cette √©preuve subit une √©clipse. Elle est relanc√©e le par le club d'athl√©tisme de l'Union Sault/Apt - Luberon/Ventoux. Pierre Liardet, originaire de Sault, parcourt les 26 km de la mont√©e en 1 heure 39 minutes et 9 secondes. En 1988 et 1989, la ville de B√©doin propose une troisi√®me et quatri√®me √©dition, la course se d√©roulant sur 21,600 km. Le record est √©tabli par Aim√© Arnaud en 1 heure et 35 minutes[a 64].

Atterrissage en avion

Le , jour de course automobile, Gustave Daladier, pour la première fois, pose son avion sur un petit plateau au col des Tempêtes[53].

Montée avec un vélo sans selle

Julien Bouteille, un professeur √† la retraite √Ęg√© de 70 ans, se lance sur la route du versant sud, le dimanche et fait l'ascension en 1 h 54 min 35 s. Arriv√© au sommet, il r√©alise une descente √† pied vers Malauc√®ne en 1 h 19 min[a 64].

Ascension en triporteur

Avec son engin pesant 52 kg, le , Andr√© Derve, de Valr√©as, r√©alise une mont√©e par le versant nord en 4 h 3 min[a 64].

Course en roller

La premi√®re mont√©e est r√©alis√©e en 2003 par Thibaut Dejean. Enthousiasm√©, il fonde avec Cyril Abbas une section roller au sein du P.U.C.[a 64]. L'ann√©e suivante, au cours du mois de juillet, des dizaines de passionn√©s les rejoignent pour le premier ¬ę Roller aventoux ¬Ľ. Christophe Martinet est vainqueur en 1 heure et 49 minutes. Ce record est battu de 2 minutes, lors de l'√©dition du par Beno√ģt Gamba qui r√©alise une ascension √† 14 km/h de moyenne[a 65].

Le Ventoux et la montagne de Lure frontière entre deux variantes de l'occitan : le provençal et le vivaro-alpin.
Record de montée à vélo en 24 heures

Il existe sous deux versions. Celui par le versant sud, avec 11 montées, appartient à Jean-Pascal Roux, de Bédoin, depuis le . Le précédent, avec 9 ascensions, appartenait à Jean-Michel Robert d'Avignon. Le second, sur le versant nord, est la propriété de Stéphane Rubio, un Picard, depuis le avec lui aussi 11 ascensions[a 64].

Ventoux : frontière linguistique

Le Ventoux et la montagne de Lure marquent une frontière linguistique entre deux variétés de la langue occitane. Celle-ci traverse d'ailleurs toute la langue d'oc de la frontière italienne jusqu'à l'Atlantique. C'est une prononciation différentes du K et du G devant la voyelle A qui détermine ces deux grands ensembles linguistiques : le nord-occitan et le sud-occitan[a 66].

Le nord-occitan correspond aux parlers vivaro-alpin, auvergnat et limousin, le sud-occitan au provençal, languedocien et gascon. Le tableau ci-dessous montre quelques exemples de cette palatalisation dans le langage courant[a 66].

Français Sud-occitan Nord-occitan
chantercantarchantar
chèvrecabrachabra
coqgaujau
chargercargarcharjar

Ces diff√©rences de prononciation se retrouvent aujourd'hui essentiellement dans les toponymes. Sur les th√®mes latins capra-, on trouve un Cabri√®res en Vaucluse, et un Chabrillan dans la Dr√īme ; campus-, donne un Campredon, quartier de L'Isle-sur-la-Sorgue, et un Champtercier dans le nord des Alpes-de-Haute-Provence ; canta-, Cantarel, √† Avignon, et Chantemerle, dans la Dr√īme, et castrum- se d√©cline en Castellane, dans le sud des Alpes-de-Haute-Provence, et Chastel-Arnaud, dans la Dr√īme[54]. Sur un th√®me pr√©-latin garg- (pierre) a form√© Gargas, en Vaucluse, et son √©quivalent Jarjayes, dans les Hautes-Alpes[55].

Activités

√Člevage ovin

Aiguier sur le versant sud du Ventoux.
Troupeau de moutons à proximité du mont Serein.

L'√©levage ovin est pratiqu√© sur les pentes du Ventoux depuis des mill√©naires. √Ä tel point que d√®s la fin du N√©olithique, le pastoralisme et son associ√© traditionnel le feu sont √† l'origine du premier d√©boisement du massif[a 67]. Datant de cette p√©riode, des vestiges de bergeries rupestres ont √©t√© identifi√©s dans la combe de Malaval[a 68]. Les flancs de la montagne constituent un immense espace pastoral de 25 000 hectares[53]. L'√©levage du mouton a connu son premier grand essor au Moyen √āge et plus particuli√®rement au XIVe si√®cle au temps des papes d'Avignon. D'√©normes troupeaux paissaient landes, sous-bois, terres apr√®s moisson ou en jach√®re[a 69]. De nombreux jas en t√©moignent encore : jas des Melettes, jas de Couanche, jas de Perrache, jas des Land√©rots, jas de Pi√© Gros, jas de Baumasson, bergerie de l'Avocat au mont Serein, etc. Il en a √©t√© r√©pertori√© 60 √† B√©doin, 20 √† Flassan et 10 √† Villes-Sur-Auzon avec les citernes et les aiguiers attenants[a 69]. Ces jas √©taient en pierres s√®ches et autrefois couverts de tuiles creuses[56].

  • Le jas des Land√©rots (1 016 m) sur le sentier GR91B.
    Le jas des Land√©rots (1 016 m) sur le sentier GR91B.
  • Le jas du Roussas (1 207 m).
    Le jas du Roussas (1 207 m).
  • Le jas de Perrache (1 058 m).
    Le jas de Perrache (1 058 m).

Les premi√®res estimations pr√©cises ne datent pourtant que du XIXe si√®cle. Le nombre d'ovins est alors estim√© √† 30 000 t√™tes. Ce cheptel subdivis√© en petits troupeaux, ou trenteniers, est plac√© sous la garde de jeunes bergers dont un bon nombre sont issus des hospices d'Avignon et de Carpentras[a 70]. D√©j√† les agneaux de la race locale ¬ę Pr√©alpes du Sud ¬Ľ sont vendus aux foires annuelles de Sault[a 70].

Un net recul de cet √©levage va r√©sulter de la politique de reboisement qui va affecter la zone de p√Ęturage √† partir de 1 000 m√®tres d'altitude. Entre 1866 et 1929, ce sont la moiti√© des troupeaux qui disparaissent sur le versant sud et le versant nord n'a plus qu'un tiers √† un quart de son cheptel initial[a 71]. En 1970, on comptabilise encore 6 000 ovins diss√©min√©s en 70 troupeaux. En l'an 2000, le chiffre est rest√© identique mais avec seulement 28 troupeaux r√©partis sur les territoires des communes de Monieux, Sault, Aurel, Montbrun et B√©doin. √Ä ce chiffre s'ajoute l'estive qui fait monter sur les p√Ęturages du Ventoux entre 800 et 1 000 t√™tes en provenance de Sarrians et de Jonqui√®res[a 71].

Le cachat ou ¬ę fort du Ventoux ¬Ľ est pr√©par√© √† partir du lait de ch√®vre ou de brebis de ces troupeaux.

Apiculture

Si l'apiculture semble avoir √©t√© une activit√© traditionnelle dans le massif et le pi√©mont du Ventoux, aucun texte n'y fait allusion avant le XVIIIe si√®cle[a 72]. Le premier document est dat√© de 1777 : il s'agit d'une ordonnance prise par les consuls de Sault qui interdit de couper la lavande afin de sauvegarder les abeilles[a 72]. Quant √† Fr√©d√©ric Mistral, dans son po√®me Calendau[57], √©dit√© en 1867, il narre les aventures de son h√©ros descendant le long du Rocher du Cire pour aller r√©colter le miel des ruches sauvages. Quelques ann√©es plus tard, F√©lix Achard, l'archiviste d√©partemental de Vaucluse, √©crit dans le R√©publicain de Vaucluse, en , que les milliers de ruchers install√©s sur les pentes du Ventoux transforment celui-ci en mont Hymette[a 72]. La production de miel, √† la fin du XIXe si√®cle dans l'arrondissement de Carpentras, confirme cette impression puisqu'il y est r√©colt√© 35 tonnes par an[a 73].

Aujourd'hui cette activit√© se concentre essentiellement sur le plateau de Sault o√Ļ l'on assiste en saison d'√©t√© √† une v√©ritable transhumance de ruches[a 73]. Les apiculteurs y r√©coltent un miel ¬ę toutes fleurs ¬Ľ (thym, sarriette, romarin, sainfoin, etc.) et surtout le miel de lavande, entre fin juin et d√©but ao√Ľt. Ces miels b√©n√©ficient d'une IGP ¬ę Miel de Provence ¬Ľ depuis 2005[a 73].

Cultures mara√ģch√®res et fruiti√®res

De par la protection climatique que le mont Ventoux lui conf√®re, la partie m√©ridionale du Comtat Venaissin b√©n√©ficie d'un micro-climat favorable aux cultures maraich√®res et fruiti√®res, mais le v√©ritable essor de ces cultures s'est produit dans la seconde moiti√© du XIXe si√®cle gr√Ęce au d√©veloppement du r√©seau d'irrigation √† partir des eaux de la Durance et des Sorgues par le canal de Carpentras et √† la construction du premier chemin de fer reliant Paris √† la M√©diterran√©e, ce qui a valu √† la r√©gion son surnom de ¬ę jardin de la France ¬Ľ[58].

Parmi les fruits et l√©gumes les plus cultiv√©s aujourd'hui figurent la cerise des coteaux de Vaucluse, la fraise (connue sous le nom de fraise de Carpentras), le melon, l'abricot, les asperges et bien s√Ľr le raisin de table. L'ancienne vari√©t√© embl√©matique de raisin blanc gros vert du Ventoux est aujourd'hui abandonn√©e au profit du raisin noir qui fut commercialis√© sous le nom de muscat de Hambourg, du nom de la vari√©t√© de vigne import√©e d'Italie au XVe si√®cle dont il est issu, et qui b√©n√©ficie depuis 1997 de l'AOC muscat du Ventoux.

Vignes : AOC Ventoux, raisin de table et pépinière viticole

Le vignoble d'appellation Ventoux sur la commune de Flassan.

Au pied de son versant m√©ridional, dans la r√©gion du Comtat Venaissin, riche en vignobles, une appellation d'origine contr√īl√©e porte le nom de c√ītes-du-ventoux. Un arr√™t√© du d√©finit d'abord les conditions de production du VDQS de ce vin. Puis la reconnaissance en AOC se fait √† la date du . Le d√©cret est modifi√© en 1980 et 1994. Les vins produits sont blanc, ros√©, rouge. Il existe aussi une production de ces vins en primeur[59]. Cette appellation est la seconde en importance de la vall√©e du Rh√īne[60] et elle regroupe environ le tiers des vignerons de Vaucluse[61]. Depuis le mill√©sime 2008, le nom de l'appellation a √©t√© simplifi√© pour devenir AOC Ventoux[62].

Le muscat du Ventoux, vari√©t√© de raisin de table, est produit sur ce terroir depuis le XIXe si√®cle. Ce sont pr√®s de quatre cents producteurs r√©partis sur 48 communes de Vaucluse qui produisent annuellement 2 000 tonnes de muscat. Cette vari√©t√© b√©n√©ficie depuis 1997 de l'AOC[63].

Muscat du Ventoux.

Il est cultiv√© sur des coteaux d'altitude sup√©rieure √† 200 m√®tres sur les terrasses du Ventoux et dans la vall√©e du Calavon qui se situent sur les cantons de Mormoiron, Pernes-les-Fontaines, Malauc√®ne, Vaison-la-Romaine, Carpentras, Bonnieux, Apt, Gordes, Cavaillon et L'Isle-sur-la-Sorgue. Plus de 60 % des parcelles sont irrigu√©es[63].

Lors de l'apparition du phyllox√©ra au milieu des ann√©es 1860, si le d√©partement de Vaucluse est l'un des premiers d√©partements touch√©s, la profession viticole se rend vite compte que sur le pi√©mont du Ventoux des communes comme B√©doin, Mormoiron, Flassan et Caromb ont vu leurs vignes pr√©serv√©es[64]. Une demande urgente de la part des autres vignobles se fait jour et ces plants de vignes locaux, multipli√©s sous couche, approvisionnent un march√© qui s'√©tend de l'Espagne jusqu'√† la Crim√©e[64]. Puis entre 1880 et 1885, se d√©veloppe la technique du greff√©/soud√© dont les vignerons du Ventoux se font une sp√©cialit√©. Gr√Ęce √† elle le phyllox√©ra est vaincu et une nouvelle profession est n√©e : les p√©pini√®ristes-viticulteurs. Le seul march√© physique au monde des plants greff√©s se tient toujours chaque vendredi √† Carpentras de novembre √† mars et fixe les cours du march√© international[64].

Champignons du Ventoux

Panier de truffes du Ventoux.

Le pi√©mont du Ventoux est, avec le Tricastin voisin, le premier producteur en France de Tuber melanosporum[a 74]. Son march√© reste hors normes car c'est la seule production √† √©chapper aux inspecteurs de l'administration fiscale, aucune transaction n'√©tant r√©gl√©e par ch√®que[a 74]. En saison, c'est le march√© de Carpentras, un des plus importants de la r√©gion avec Richerenches, qui fixe les prix. Depuis la fin , il se tient tous les vendredis dans la cour d'honneur de l'H√ītel-Dieu. Les rabassiers (trufficulteurs) y affirment, pour justifier les prix, que le ¬ę diamant noir ¬Ľ na√ģt entre les pluies des deux Vierges[N 19]. C'est loin d'√™tre faux puisque les sp√©cialistes ont v√©rifi√© qu'une bonne ann√©e d√©pend √† la fois d'un fort ensoleillement estival suivi de pluies entre la mi-ao√Ľt et la mi-septembre[65].

Grisets, lactaires sanguins et délicieux.

La truffe du Ventoux se r√©colte entre 500 et 1 000 m√®tres d'altitude. Pr√©f√©rant les terrains calcaires, elle se d√©veloppe toujours en symbiose avec le ch√™ne blanc ou vert, le fr√™ne et le charme. Il est affirm√© que les plus fines poussent √† l'ombre du tilleul[65].

Parmi la centaine d'esp√®ces de champignons li√©e aux diff√©rentes essences poussant sur les pentes du massif, une esp√®ce se distingue particuli√®rement : le ¬ę griset du Ventoux ¬Ľ (Tricholoma portentosum). Ce tricholome, typique de cette r√©gion, se consomme g√©n√©ralement √† la persillade, en omelette ou en accompagnement d'un gigot d'agneau[a 75].

Cultures des hauts plateaux : petit épeautre et lavande

Le petit √©peautre est un bl√© rustique dont les arch√©ologues ont retrouv√© la trace dans des couches dat√©es de 9 000 ans avant notre √®re. Cette c√©r√©ale se complait dans des sols pauvres et accepte des hivers longs et froids[a 76]. Elle se s√®me en septembre-octobre et son cycle v√©g√©tatif est de onze mois[a 77]. Cette culture, tr√®s populaire sur le plateau de Sault et les pentes du Ventoux jusqu'au XIXe si√®cle, a √©t√© reprise dans les ann√©es 1980. Dans le cadre de la SICA ¬ę C√©r√©ales Ventoux ¬Ľ, une cinquantaine de producteurs approvisionnent un march√© qui absorbe 200 tonnes par an[a 77].

Li√©e au soleil et aux vacances, la lavande, dont Jean Giono a dit qu'elle est ¬ę l'√Ęme de la Haute-Provence ¬Ľ, n'est plus actuellement l'¬ę or bleu ¬Ľ du Ventoux, des Baronnies et de la montagne de Lure[a 77]. Cueillie pendant des si√®cles √† l'√©tat sauvage, sa r√©colte n'a √©t√© organis√©e qu'√† partir du XVIe si√®cle en m√™me temps que la distillation de sa fleur[a 78]. Son √Ęge d'or se situe au d√©but du XXe si√®cle. Et c'est au cours des ann√©es 1920 qu'il y a une v√©ritable fi√®vre de plantation. Apr√®s la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, le march√© est √† nouveau demandeur √† partir de 1955 pour entrer en crise cinq ans plus tard[a 79]. La m√©canisation de la r√©colte, une meilleure organisation du march√© et l'obtention d'une AOC pour l'¬ę huile essentielle de lavande de Haute-Provence ¬Ľ, en 1981, aurait d√Ľ relancer la production[a 80]. Mais celle-ci de l'ordre de 200 tonnes au d√©but des ann√©es 1980 a chut√© √† 25 tonnes dans les ann√©es 1990 pour enfin remonter √† 80 tonnes en 2003[a 81].

Tourisme

Hormis l'agriculture et l'√©levage, l'√©conomie la plus facilement identifiable autour du mont Ventoux est li√©e au tourisme. M√™me les producteurs viticoles semblent tenir compte du d√©veloppement du tourisme et un nombre grandissant de domaines proposent, en plus de la traditionnelle d√©gustation, de v√©ritables cours d'initiation √† l'Ňďnologie.

On peut consid√©rer trois principales sortes de tourisme sur le mont Ventoux. Tout d'abord, le tourisme d√©tente, qui se traduit par un important d√©veloppement des chambres d'h√ītes, de l'h√ītellerie et de la location saisonni√®re, par une concentration importante de piscines et par des animations comme les march√©s proven√ßaux. Ensuite, le tourisme vert, qui profite du cadre prot√©g√© qu'offrent le mont Ventoux et ses environs. Enfin, le tourisme sportif car nombreux sont les touristes qui viennent voir cette montagne mythique du Tour de France et parfois m√™me s'y essayent sur une partie du parcours, ou encore viennent pratiquer la randonn√©e ou faire du ski[a 82].

Cyclisme

Borne kilométrique sur la D 974.

Le lundi , Adolphe Beno√ģt, qui vient d'ex√©cuter la mont√©e puis la descente du Ventoux sur son v√©locip√®de, fait parvenir une carte postale repr√©sentant l'Observatoire √† l'un de ses amis et narre :

¬ę L'ascension du Mont-Ventoux demande 7 heures en voiture[N 20], 6 heures √† pied et 3 h ¬Ĺ pour un cycliste entra√ģn√© (d√©veloppement 3 m au maximum). La descente vertigineuse, en roue libre, sur les pentes caillouteuses √† 12 % est une dangereuse acrobatie. J'ai br√Ľl√© deux freins et une paire de jantes en bois. Avis aux amateurs[66]. ¬Ľ

La premi√®re ascension officiellement chronom√©tr√©e a lieu le , lors du marathon du Ventoux. Le cycliste Gabriel Jacques escalade les 21,6 kilom√®tres en 2 heures et 29 minutes avec un d√©veloppement de 5 m√®tres 10[53].

Trois itinéraires d'ascension sont possibles pour le mont Ventoux :

  • B√©doin (sud) est la plus embl√©matique des ascensions et l'itin√©raire le plus souvent emprunt√© par le Tour de France. √Ä partir de la sortie du village, ce sont 21,6 kilom√®tres et 1 610 m√®tres de d√©nivel√© : facile jusqu'√† Saint-Est√®ve, la pente se durcit pour atteindre une moyenne d'environ 9 % pendant presque 10 km jusqu'au chalet Reynard. De l√† il reste km avec des cailloux √† perte de vue et souvent un vent violent dans les derniers kilom√®tres. Si les quatre kilom√®tres qui suivent le chalet Reynard sont moins pentus que dans la for√™t, les deux derniers offrent en revanche un final redoutable. Depuis 2007, l'ascension dispose d'un chronom√©trage permanent qui permet √† chaque cycliste de situer sa performance par rapport aux nombreux autres qui se mettent √† l'√©preuve sur cette ascension[67] ;
  • Malauc√®ne (nord) offre, malgr√© des passages √† 12 %, une difficult√© un peu inf√©rieure √† l'itin√©raire sud, avec 21 kilom√®tres et 1 570 m√®tres de d√©nivel√©, et on y est mieux prot√©g√© du vent ;
  • Sault (est) est la plus longue mais la plus facile des ascensions, avec 26 kilom√®tres, 1 220 m√®tres de d√©nivel√© et des pentes √† 5 %.

Le Tour de France propose r√©guli√®rement l'ascension mythique de ce sommet, connu pour la raideur de sa mont√©e tout autant que pour la chaleur qu'il y fait en juillet et le vent qui y souffle. Le peloton franchit pour la premi√®re fois le Ventoux en 1951 au cours de l'√©tape Montpellier-Avignon. Charly Gaul en 1958, Raymond Poulidor en 1965, Eddy Merckx en 1970, Bernard Th√©venet en 1972, Jean-Fran√ßois Bernard en 1987, Eros Poli en 1994, Marco Pantani en 2000, Richard Virenque en 2002, Juan Manuel G√°rate en 2009 et Christopher Froome en 2013 s'y sont notamment illustr√©s. Le record actuel de l'ascension par B√©doin est d√©tenu depuis le par l'Espagnol Iban Mayo en 55 minutes et 51 secondes et a √©t√© √©tabli lors du Crit√©rium du Dauphin√© lib√©r√© 2004. Mais les plus grands y ont √©galement connu des d√©faillances. Ainsi, lors de l'√©dition de 1967, le Britannique Tom Simpson est mort apr√®s un malaise ayant provoqu√© une chute, victime du dopage et de d√©shydratation[68], sous une chaleur √©touffante de 35 ¬įC.

Le Masterseries est un défi organisé chaque année fin juin ou début juillet. La pratique du VTT se développe également.

En 2019, le Mont Ventoux Dénivelé Challenge, une course professionnelle sur route d'un jour dévolue aux grimpeurs est créée[69]. Elle est disputée le lendemain de la Santini Granfondo Mont Ventoux, une cyclosportive.

Courses motorisées

C'est en 1885 qu'est mise en service la première route d'accès au Ventoux. Le , trois véhicules automobiles de la marque De Dion-Bouton se lancent à l'assaut de ses pentes.

Ascension du Ventoux en 1904.
Arrivée au sommet, en 1906, d'une voiture Richard-Brasier.

Organis√©es par l'Automobile Club d'Avignon et le journal l'Auto-V√©lo, d√®s 1902, des courses de c√īte automobiles ont lieu r√©guli√®rement chaque ann√©e au mont Ventoux. Elles impliquent √©galement des motos et des side-cars. Le premier vainqueur, M. Chauchard, sur Panhard-Levassor, parcourt les 21,6 kilom√®tres en 27 minutes 17 secondes soit une moyenne de 47,501 km/h. L'ann√©e suivante, le record est battu par Dejean sur Richard-Brasier en 25 minutes 25 secondes, puis en 1904, il est descendu √† 21 minutes 12 seconde par Henri Rougier sur Turcat-M√©ry. L'ann√©e suivante, la course de vitesse se d√©roule le . Elle avait √©t√© pr√©c√©d√©e par une course de voiturettes gagn√©e par M. de la Touloubre, sur Darracq en 25 minutes 39 secondes et par celle des motocyclettes dont le vainqueur avait √©t√© Dominique Lamberjack, sur Griffon, en 25 minutes 18 secondes[70]. Le record de la mont√©e est pulv√©ris√© par Cagno, sur Fiat, en 19 minutes 13 secondes qui r√©alise une moyenne de 66,441 km/h. Le , Bablot, un pilote marseillais, au volant de sa Brasier quatre cylindres, abaisse le record √† 19 minutes 8 secondes soit une moyenne de 67 km/h[53]. Victor Vermorel, un passionn√© de la traction automobile, con√ßoit un v√©hicule pour la comp√©tition en 1908. Il l'engage dans la course de c√īte du mont Ventoux, la plus dure √©preuve existant alors. La Vermorel arrive en t√™te de la course en ligne et remporte √† nouveau la victoire, quelques jours apr√®s au mont Pilat[71].

Le chalet Reynard.
Victor Vermorel et sa Vermorel 1908.

L'histoire de cette course est traditionnellement divis√©e en trois √©poques : de 1902 √† 1913, c'est le temps des pionniers automobilistes, de 1921 √† 1936, celui des ¬ę gentlemen drivers ¬Ľ et de 1947 √† 1976, les temps modernes. Depuis la premi√®re course, le record automobile a √©t√© battu 26 fois, 21 fois √† moto et 15 fois en side-car. La moyenne de 100 km/h est d√©pass√©e en 1957 par Willy Daetwyler sur Maserati. En 1969, Peter Schetty sur Ferrari 212 E √©tablit le record de 129,422 km/h. De 1902 √† 1936, le d√©part est donn√© √† B√©doin et l'arriv√©e au sommet ; de 1937 √† 1976, le d√©part se fait au fameux virage de Saint-Est√®ve et l'arriv√©e au chalet Reynard, √† 6 kilom√®tres du sommet. Enfin, depuis la restauration de la course en 1988, le trac√© se d√©roule sur 10 kilom√®tres[72] - [73].

Athlétisme

Depuis 2010, le sommet du mont Ventoux accueille l'arriv√©e du s–Ķm—Ė-m–įr–įth–ĺn au d√©part de B–Ķd–ĺ—Ėn. Il s'agit d'une √©preuve en s–ĺl–ĺ ou en r–Ķl–į—Ės de course sur routes d√©partementales affichant 1 610 m de d√©nivel√© positif[74].

La station de sports d'hiver du mont Serein

Sur le versant nord du mont Ventoux, au pied du mont Serein culminant √† 1 445 m d'altitude, se trouve une station de ski install√©e depuis le milieu des ann√©es 1920.

L'écrivain, peintre et alpiniste Pierre de Champeville, fondateur et premier directeur du syndicat d'initiative de Carpentras[N 21], est le premier à être convaincu de la possibilité de créer une station de sports d'hiver sur l'un des versants du Ventoux. Après une reconnaissance positive de sa part en , il organise au cours de l'hiver 1925-1926 plusieurs excursions avec démonstration de ski dans le vallon des Pointes.

Face au succès rencontré, la nécessité d'offrir un abri aux skieurs incite les Syndicats d'Initiative d'Avignon et de Carpentras à aider Eugène Reynard, un apiculteur de Bédoin, propriétaire d'un terrain au mont Serein, à édifier sur celui-ci un refuge connu depuis sous le nom de chalet Liotard.

Station de ski du mont Ventoux à proximité du mont Serein.

Dès 1927, sous l'impulsion de Champeville, commence la mise en état du plateau du Contrat et les premières pistes sont fréquentées l'année suivante. L'équipement du site Contrat / mont Serein terminé, le ski-club du Ventoux d'Avignon prend à son tour l'initiative de faire construire le refuge Chanvert sur le versant nord. Dans le même temps, les hommes politiques interviennent pour faire tracer une nouvelle route allant de Malaucène vers le sommet du Ventoux via le mont Serein.

La popularisation de ces aménagements est faite par Champeville lui-même au cours des années 1930-1931 avec une série d'articles qui paraissent dans la presse nationale et locale[N 22].

Aujourd'hui la station du mont Serein offre 12 kilom√®tres de pistes de ski alpin et 7 kilom√®tres de ski nordique, et un h√ītel-restaurant. La station a su diversifier ses activit√©s en proposant des loisirs l'√©t√© comme l'√©quitation, le v√©lo tout terrain, la tyrolienne, la grimpe d'arbres ou l'initiation √† l'astronomie. La pratique du parapente sur le mont Ventoux est apparue √† la fin du XXe si√®cle[75].

Randonnée

Vue du sommet.
Vue dans la direction nord, du col des Tempêtes.

Le mont Ventoux possède trois sentiers de grande randonnée : le GR 4, le GR 9 et le GR91 avec ses variantes GR 91a, GR 91b et GR 91c[76].

Le GR 4 d√©bute l'ascension √† Malauc√®ne √† l'ouest, emprunte la combe de Comentige avant d'atteindre le col du Comte et en continuant par la combe de Pr√© Long jusqu'√† la station du mont Serein, o√Ļ un changement de direction au sud permet d'atteindre le sommet. Le sentier redescend par la cr√™te vers l'est, en passant par le col des Temp√™tes et le col de la Frache, puis en direction du sud-est jusqu'√† Sault.

Le GR 9 passe par Buis-les-Baronnies et s'oriente rapidement vers le sud o√Ļ il rejoint peu apr√®s le col de Font Combran le GR 91. Il franchit le Toulourenc √† Brantes et rejoint la station du mont Serein √† l'ouest. Contrairement au GR 4, il ne monte pas jusqu'au sommet du mont Ventoux, mais bifurque √† l'est √† flanc de montagne, 400 √† 500 m√®tres sous la cr√™te. Il s'oriente ensuite vers le sud, en direction des gorges de la Nesque, et finalement √† l'est jusqu'au hameau de Saint-Jean au sud de Sault[77].

Le GR 91 propose une option de contournement par l'ouest, en suivant le Toulourenc au nord du sommet, jusqu'à Malaucène puis en s'orientant franchement vers le sud. La variante GR 91a relie par le bas du versant sud le GR 91 et le GR 9. Le GR 91b propose une option assez similaire et parallèle, mais un peu plus haute, sous les crêtes. Le GR 91c propose une option de contournement par l'est, en reliant le GR 9 - 91 au niveau du Toulourenc au GR 4 à Sault.

Plusieurs GR de Pays (Tour des Baronnies, Tour des Dentelles de Montmirail, Pays de la Pierre) approchent également les versants du mont Ventoux.

Aires protégées

Mont Ventoux *
Image illustrative de l’article Mont Ventoux
Panneau représentant la réserve de biosphère du mont Ventoux.
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Pays Drapeau de la France France
R√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur
Département Vaucluse
Coordonn√©es 44¬į 10‚Ä≤ nord, 5¬į 17‚Ä≤ est
Création 1990
Superficie CŇďur : 2 126 ha
Zone tampon : 26 830 ha
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Au cours des ann√©es 1970, d'importantes recherches et √©tudes sont men√©es par l'INRA sur le th√®me ¬ę √©quilibres biologiques au mont Ventoux ¬Ľ. D√®s 1990, pour soutenir ces travaux, l'UNESCO classe le massif en ¬ę r√©serve de biosph√®re ¬Ľ[a 83].

Ce classement a pour but d'encourager et de développer trois missions. La première est la conservation des écosystèmes, des paysages et de la diversité génétique. La seconde a trait au développement durable en liaison avec les communes avoisinantes. La dernière apporte son soutien aux activités de recherche, de surveillance, d'éducation et de formation[a 83].

Pour ce faire, trois types de zones ont √©t√© d√©termin√©es. Tout d'abord, six zones centrales, sont d√©limit√©es afin de prot√©ger les paysages, les √©cosyst√®mes et les esp√®ces qui y cohabitent, sur une superficie totale de 2 126 hectares[a 84]. Le sommet du Ventoux (963 hectares), au-del√† de 1 000 m√®tres, est une zone d'√©boulis calcaires poss√©dant une flore rare. Le mont Serein (409 hectares) pr√©sente un m√©lange de for√™ts et d'alpages. La h√™traie nord (98 hectares) poss√®de des arbres tr√®s anciens, fait rare sur les pentes du Ventoux. La c√©draie de B√©doin (98 hectares) est le r√©sultat d'une op√©ration de reboisement particuli√®rement r√©ussie. La T√™te de l'√Čmine (81 hectares) pr√©sente une flore exceptionnelle abritant de nombreuses esp√®ces d'oiseaux. Enfin, les gorges de la Nesque (963 hectares), la zone la plus basse en altitude, offre des falaises vertigineuses creus√©es dans la roche calcaire entre le mont Ventoux et les monts de Vaucluse, abritant de nombreuses esp√®ces et recelant des tr√©sors arch√©ologiques[a 84].

Une aire tampon de 26 830 hectares, faiblement peupl√©e, entoure ces zones centrales et abrite des activit√©s traditionnelles. Elle a fonction de protection. Une zone de transition, plus dens√©ment peupl√©e, compl√®te le dispositif de la r√©serve et incite √† des actions de d√©veloppement durable[21]. Trente quatre communes du d√©partement de Vaucluse autour du Ventoux, soit le tiers de celles du d√©partement, b√©n√©ficient de cette d√©signation prestigieuse en reconnaissance de son patrimoine naturel exceptionnel, de ses paysages, de son histoire et de ses activit√©s humaines respectueuses de la nature qui ont fa√ßonn√© ce terroir[a 84]. Toutes ces actions sont anim√©es par le ¬ę Syndicat mixte d'Am√©nagement et d'√©quipement du mont Ventoux ¬Ľ[a 85].

Le sommet du mont Ventoux avec les éboulis.

Dans le cadre de la mise en place d'un r√©seau √©cologique europ√©en[a 85], des mesures de protection existent √©galement dans le cadre d'un p√©rim√®tre Natura 2000 sur une superficie de 3 140 hectares[21]. Le but est de conserver ou de pr√©server esp√®ces et habitats menac√©s ou remarquables[a 85]. Sur cette aire comprise entre 700 et 1 900 m√®tres d'altitude, deux sites ont √©t√© retenus dans le massif : les gorges de la Nesque (1 200 hectares) et le sommet du Ventoux (3 128 hectares)[a 85]. Des donn√©es tr√®s pr√©cises d√©crivent le milieu : 25 % de roches et √©boulis, 18 % de landes et broussailles, 15 % de r√©sineux, 15 % de for√™ts mixtes, 10 % de pelouses s√®ches, 10 % de pelouses alpines, 5 % de caducifoli√©es et 2 % d'esp√®ces sempervirentes non r√©sineuses[78]. Ces deux zones font partie de la trame verte nationale, d√©cid√©e par le Grenelle Environnement en 2007.

Deux espèces endémiques à cette région ont été trouvées au mont Ventoux : Lithobius delfossei, uniquement connue en Isère, dans les Hautes-Alpes et en Vaucluse, et Lithobius subtilis geoffroyi dans les Alpes-de-Haute-Provence et en Vaucluse[21].

Les lamas du Ventoux

Sur la commune du Barroux, depuis 1984, une ¬ę ferme exp√©rimentale d‚Äô√©levage de lamas ¬Ľ[79] est install√©e par Pierre-Andr√© Scherrer sur sa propri√©t√© de 33 hectares. Confront√© aux risques d‚Äôincendie de ses garrigues, il s‚Äô√©tait procur√© aupr√®s du Mus√©um national d'histoire naturelle de Paris cinq de ces cam√©lid√©s andins pour leur faire d√©broussailler les sous-bois.

Cette exp√©rience, soutenue par la municipalit√© et l‚ÄôOffice national des for√™ts, retient d√®s 1988-1989, l‚Äôattention du Conseil g√©n√©ral de Vaucluse, du Conseil r√©gional de Provence-Alpes-C√īte d'Azur, du minist√®re de l'environnement et de la CEE. En , un protocole est sign√© avec le Centre d'√©tudes et de r√©alisations pastorales Alpes-M√©diterran√©e (CERPAM). D√©sormais le lama est consid√©r√© comme un outil de d√©broussaillement, au m√™me titre qu‚Äôun engin m√©canique dont il faut financer les journ√©es de travail.

Fort de cette exp√©rience sur le pi√©mont du Ventoux, √† pr√©sent des lamas interviennent sur les garrigues entourant la raffinerie Shell √† Berre, dans les Bouches-du-Rh√īne, dans l'√ģle du Levant pour le compte de la Marine nationale, pour l‚ÄôArm√©e de l'air, afin d‚Äôentretenir le couloir de s√©curit√© autour de la base a√©rienne d'Orange, etc. La ferme exp√©rimentale, inscrite depuis 1996 au ¬ę Registre national des fermes p√©dagogiques ¬Ľ, a re√ßu en 1999 le troph√©e du ¬ę tourisme industriel et technique ¬Ľ d√©cern√© par EDF. Depuis , c'est Marie, l‚Äô√©pouse de Pierre-Andr√© Scherrer, qui a pris la direction de l‚Äôexploitation.

Représentations du mont Ventoux

Littérature

P√©trarque, √† l'√Ęge de 32 ans, √©crit L'ascension du mont Ventoux. Cette narration r√©dig√©e imm√©diatement apr√®s celle-ci et adress√©e √† son confesseur et ami, Dionigi da Borgo san Selpolcro, professeur de th√©ologie √† la Sorbonne, constitue l'une des plus c√©l√®bres lettres de la tradition occidentale[a 86]. Habitant √† Avignon et fascin√© par cette montagne, il d√©cide, apr√®s une d√©ception amoureuse, de la gravir. Le r√©cit, pauvre mais tr√®s pr√©cis sur cette ascension par ses d√©tails topographiques[a 86], est une all√©gorie √† Dieu, emplie de transcendance physique et de contemplation[80]. En fait, la lettre qui nous est parvenue a √©t√© retravaill√©e, jusqu'√† devenir ¬ę la recomposition litt√©raire d‚Äôune exp√©rience personnelle ¬Ľ[81].

Le , en pleine √©pid√©mie de peste, Thomas Platter en compagnie de son ami b√Ęlois Lucas Justus et de Ma√ģtre Adolphe, un m√©decin du Comtat Venaissin, partent √† 2 heures du matin de B√©doin et arrivent √† midi au sommet[a 86]. Les trois hommes sont contraints de s'abriter dans la chapelle Sainte-Croix en partie occup√©e par une cong√®re[a 55] et Thomas peut d√©crire pour la premi√®re fois la flore du Ventoux[N 23].

En 1634, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc est inform√© par G. Boule, le pasteur de Vinsobres, de l'existence de la grotte du Vent qui se situe √† 1 450 m√®tres d'altitude[a 55]. Dans le cadre de son √©tude sur la source des vents, il d√©crit la grotte nord du Ventoux[82] ou celle de la Baume de l'Or, une galerie de mine, situ√©e √† 1 200 m√®tres[a 55]. Il fait l'ascension du mont en compagnie de son ami l'astronome et math√©maticien Athanase Kircher qui vivait alors √† Avignon depuis deux ans[83].

Joseph Roumanille d√©crit sous forme de lettres pour sa sŇďur Toinette une ascension qu'il a effectu√©e en 1852 lors d'un p√®lerinage[84]. Fr√©d√©ric Mistral relate en 1906 son ascension du mont Ventoux dans Mes origines, m√©moires et r√©cits (Moun espelido, Mem√≤ri e Raconte)[49]. Alphonse Daudet imagine son ch√Ęteau de Trinquelage au sommet du mont Ventoux, dans Les Trois Messes basses (1875). Jean Giono cite le Ventoux dans son Ňďuvre Provence (√©crite entre 1936 et 1965). Quant √† Jean-Henri Fabre, qui a effectu√© 25 ascensions[84] et d√©crit scientifiquement lieux et plantes[48], il n'a pas manqu√© de c√©l√©brer Lou Ventour dans un po√®me dont voici les premi√®res strophes :

L'ivèr fini, quand lou vanèu
Is alo loungarudo passo,
Eilamoundaut, sus l'esquinasso
Dóu Ventour se foundon li nèu ;
A l'alen dóu marin, la reialo flassado
D'eici, d'eila, se rout e pendoulo estrassado[85]

En 2007, le po√®te Micha√ęl La Chance remporte le Prix de la bande de Moebius avec Le venturier au sommet, une reconstitution po√©tique du voyage de P√©trarque[86].

En 1962, René Barjavel publie le roman Colomb de la lune. Le mont Ventoux, transformé en base spatiale par des scientifiques français afin d'envoyer sur la Lune un homme du nom de Colomb, est le principal lieu de l'action.

Premières représentations

Depuis le XVe si√®cle, le mont Ventoux a fait l'objet de nombreuses peintures et gravures, soit comme sujet principal, soit en arri√®re-plan de paysage. Sa plus ancienne repr√©sentation est Le couronnement de la Vierge, Ňďuvre r√©alis√©e de 1453 √† 1454 par Enguerrand Quarton et actuellement conserv√©e au mus√©e Pierre-de-Luxembourg de Villeneuve-l√®s-Avignon[87]. La Piet√† de Villeneuve-l√®s-Avignon, peinte vers 1455, est attribu√©e au m√™me artiste. Le tableau est actuellement expos√© au mus√©e du Louvre[a 87]. Un autre peintre, dont le nom s'est perdu, repr√©sente en 1480 le mont Ventoux dans le Retable des P√©russis[87]. Cette Ňďuvre fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art de New York[a 88].

  • Le couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton. Le mont Ventoux est figur√© sur la partie basse du tableau.
    Le couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton. Le mont Ventoux est figuré sur la partie basse du tableau.
  • La Pieta de Villeneuve-l√®s-Avignon d'Enguerrand Quarton. Le mont Ventoux est figur√© derri√®re et √† droite du cardinal.
    La Pieta de Villeneuve-lès-Avignon d'Enguerrand Quarton. Le mont Ventoux est figuré derrière et à droite du cardinal.

Cartes anciennes

Entre le XVIe si√®cle et le milieu du XVIIIe si√®cle, on assiste √† une floraison de cartes. La premi√®re est une figuration du Comtat Venaissin intitul√©e Venuxini comitatus nova descr[iptio] et r√©alis√©e en 1574 par Stefano Ghebellini, dont un exemplaire est archiv√© √† la Biblioth√®que nationale. Le Ventoux y appara√ģt fort symbolis√© par une suite de petites collines. Suit une peinture murale r√©alis√©e en 1583 par Ignazio Danti pour la ¬ę galerie des cartes g√©ographiques ¬Ľ du Vatican, l√† aussi le massif est repr√©sent√© mais toujours sous forme de collines successives seule une √©l√©vation sugg√®re son sommet. Il faut attendre Jacques de Chi√®ze et 1627 pour avoir une carte un peu plus conforme. Celle-ci, grav√©e √† Amsterdam, montre le Ventoux en √©l√©vation et somm√© par la chapelle Sainte-Croix. Les deux derni√®res cartes majeures repr√©sentant le massif sont d'une toute autre facture. D'abord celle due au talent du R.P. Bonfa, professeur de math√©matiques au coll√®ges des j√©suites d'Avignon, et grav√©e en 1696 √† la demande des √Čtats du Comtat[88]. Le Ventoux y est repr√©sent√©, en vue cavali√®re, massif et imposant[a 89]. Puis est r√©alis√©e, √† la demande de Louis XV, la c√©l√®bre s√©rie des ¬ę Cartes Cassini ¬Ľ. Celle repr√©sentant le Ventoux est √©dit√©e en 1744 par C√©sar-Fran√ßois Cassini[a 90].

  • Le Ventoux r√©duit √† une succession de collines sur la premi√®re carte du Comtat Venaissin (vers 1580).
    Le Ventoux réduit à une succession de collines sur la première carte du Comtat Venaissin (vers 1580).
  • Le Ventoux repr√©sent√© dans la Galerie des cartes g√©ographiques du Vatican.
    Le Ventoux représenté dans la Galerie des cartes géographiques du Vatican.
  • Carte grav√©e et peinte √† Amsterdam montrant le Ventoux somm√© de la chapelle Sainte-Croix (1627).
    Carte gravée et peinte à Amsterdam montrant le Ventoux sommé de la chapelle Sainte-Croix (1627).

Peintres du XVIIIe au XXe siècles

Mont Ventoux vu de Carpentras, gravure de G. A. Hackert, d'apr√®s la peinture de J. P. Hackert, mus√©e de Vend√īme.

C'est √† partir de la derni√®re moiti√© du XVIIIe si√®cle, que des peintres vont √† nouveau √™tre attir√©s par ¬ę cette majestueuse montagne baign√©e par la lumi√®re ¬Ľ[a 91]. Le premier √† deviner cette potentialit√© est Claude Joseph Vernet (1714-1789), qui peint en 1774 Les environs d'une foire o√Ļ le Ventoux figure[a 91]. Mais c'est un peintre allemand, Jacob Philipp Hackert, qui en 1778 va v√©ritablement innover en prenant pour la premi√®re fois le massif comme seul th√®me dans son tableau Vue du mont Ventoux depuis les environs de Carpentras[a 91]. C'est ensuite au tour de Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1846) de reprendre le flambeau vers 1808 en peignant Vue de l'aqueduc et du mont Ventoux[a 91].

La p√©riode romantique est l√†. Jean-Joseph Bonaventure Laurens (1801-1890) durant toute sa carri√®re va r√©aliser plusieurs centaines de dessins et d'aquarelles[a 92] et son fr√®re Jules Laurens (1825-1901), jusqu'alors peintre orientaliste, le rejoint en 1880 et accumule huiles et croquis. Leur Ňďuvre est expos√©e au mus√©e Duplessis de Carpentras[a 92]. Louis des Isnards (1805-1888) est moins prolifique mais sa toile Le Ventoux au lever du soleil fait partie des collections du mus√©e Calvet[a 92].

√Ä leur suite, de nombreux peintres vont prendre le Ventoux et ses alentours, ses villages ou encore ses habitants comme mod√®les[89]. Le premier d'entre eux est Pierre Grivolas (1823-1906), professeur √† l'√Čcole des Beaux-Arts d'Avignon, et fondateur d'une v√©ritable √©cole, qui va peindre la montagne sous ses diff√©rentes faces[90]. Lui et son fr√®re Antoine Grivolas (1843-1902), lequel s'√©tait d'abord passionn√© pour les fleurs sur la C√īte d'Azur, sont consid√©r√©s comme les peintres majeurs du Ventoux[90].

D'autres comme Paul Vayson (1842-1911)[89], Joseph Eyss√©ric (1860-1932)[90], Marius Jouve (1865-1909)[89] ou Eug√®ne Martel (1869-1947)[90] les suivent dans cette voie. Pour mieux appr√©hender la montagne, certains s'installent au pied du massif comme Ren√© Seyssaud (1867-1952) qui, d√®s 1899, vit √† Villes-sur-Auzon et va faire du Ventoux son th√®me r√©current jusqu'en 1930[90]. C'est aussi le cas d'Auguste Roure (1878-1936), dit le ¬ę peintre des garrigues ¬Ľ, qui, √† partir de Malauc√®ne, va r√©aliser de nombreuses toiles[90], ainsi que Jean-Pierre Gras (1879-1964), fils de F√©lix Gras[90], et d'Alfred Bergier (1881-1971)[89] dont les Ňďuvres sont essentiellement consacr√©es √† cette montagne.

Se trouvent aussi √©blouis par la d√©couverte du massif, Pierre de Champeville (1885-1950), professeur de dessin nomm√© √† Carpentras, qui a laiss√© de nombreuses aquarelles r√©alis√©es au cours de ses excursions, Paul Surtel (1893-1985), qui suit son √©pouse elle aussi nomm√©e √† Carpentras en 1951 et d√©couvre la majest√© du Ventoux[90], Gilbert Blanc (1906-1993), qui installe son atelier √† B√©doin et peint la montagne en tous temps et en toutes saisons[90] et enfin Pierre Ambrogiani (1907-1985), qui quitte Marseille, en 1955, et s'installe √† Aurel pour √™tre au cŇďur de son nouveau th√®me pictural[90].

Photographie

Deux photographes ont consacr√© une partie de leur vie √† prendre des milliers de clich√©s du Ventoux. Tout d'abord Charles Bart√©sago (1878-1973), dont le fonds de 4 800 photos a √©t√© acquis par le mus√©e Calvet et d√©pos√© aux Archives de la ville d'Avignon[a 93], et Firmin Meyer (1899-1976), qui suivit Pierre de Champeville dans ses exp√©ditions et prit des milliers de photos en noir et blanc. Il est consid√©r√© comme le plus grand photographe du Ventoux au XXe si√®cle[a 94].

Outre ces deux photographes, bien d'autres professionnels de la photographie l'ont utilisé comme modèle. Parmi les plus récents figurent Alain Christof ou encore Stepffen Lipp.

Cinéma et documentaires télévisés

Le mont Ventoux a servi de décor à un certain nombre de longs métrages, documentaires et productions originales :

  • Bagarres, Henri Calef, 1948, d'apr√®s le roman de Jean Proal ;
  • La M√©moire du feu, Andr√© Ughetto, 1976 ;
  • Le Mont Ventoux, Jean Fl√©chet, 1978 ;
  • Le V√©lo de Ghislain Lambert, Philippe Harel, 2000 ;
  • Des Lamas en Ventoux[91], Philippe d'Hennezel, 1991, prix de la recherche au festival Vert de Meaux ;
  • Un peu de Bedoin[92], de Waldeck Weisz, film-documentaire de 30 minutes r√©alis√© en 2001 ;
  • Paysvisages du Ventoux[93], de Waldeck Weisz, film-documentaire de 32 minutes r√©alis√© en 2004 ;
  • L'Ascension du Mont Ventoux[94], de Guy Seligmann et Marcel Rodriguez, film-documentaire de 42 minutes r√©alis√© en 2005 ;
  • Lo Gigant, √Čric Eratostene, documentaire de 26 minutes, 2001, AMDA production ;
  • Ventoux, Nicole Van Kilsdonk (Pays-Bas), long-m√©trage, 2014 ;
  • Speed with Guy Martin (Grande-Bretagne), reportage, 2014 ;
  • Meurtres au Mont Ventoux, Thierry Peythieu avec Ingrid Chauvin, t√©l√©film pour France 3, 2014 ;
  • Dead Man Cycling, Wildcat Documentaries pour la BBC (Grande-Bretagne), documentaire, 2015[95].

Autre média

Il existe, sous le nom de ¬ę ventoux-tv.com ¬Ľ, un projet de t√©l√©vision locale diffus√©e sur internet sans abonnement[96].

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • P√©trarque, L'ascension du mont Ventoux, Mille et une nuits (ISBN 284205573X) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Les Carnets du Ventoux - Revue semestrielle puis trimestrielle. Para√ģt depuis 1986.
  • Alain Christof, Jacques Galas, Eaux et fontaines des pays du Ventoux, Edisud, (ISBN 2857445822)
  • Jacques Galas (et photographies de Alain Christof), Les pays du Ventoux, Edisud, (ISBN 2857448589) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Dominique Bottani, Le mont Ventoux et ses villages, Equinoxe, (ISBN 2841351718)
  • Jean-Louis Ramel, Le g√©ant de Provence - R√©cits et l√©gendes au pays du Ventoux, PolEN, (ISBN 2-9509912-1-1)
  • Olivier Madon, La flore du mont Ventoux. Des plantes et des hommes, Connaissance des pays du Ventoux. √Čditions A. Barth√©lemy, Avignon, 1999-2001
  • Bernard Mondon, Voyages au mont Ventoux, floril√®ge litt√©raire, √Čditions Alain Barth√©l√©my, (ISBN 2879231698)
  • Jacques Galas, Ventoux, le mythe au quotidien, √Čditions Alain Barth√©l√©my, (ISBN 2879232317)
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclop√©die d'une montagne proven√ßale, Alpes de Lumi√®res, (ISBN 978-2-906162-92-1) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Biotope (coord.), Ventoux G√©ant de nature, R√©serve de biosph√®re-Parth√©nope √©ditions,

Ouvrages principalement photographiques :

  • Steffen Lipp (introduction de Jean-Paul Clebert), Mont Ventoux, edisud, (ISBN 2-85 744-417-6)
  • Steffen Lipp, texte de Bernard Mondon, Le Mont Ventoux, Lumi√®re du sud, √©quinoxe, (ISBN 2 84135 133-5)

Liens externes

Notes

  1. √Ä Vintur, les Cadienses se sont acquitt√©s de leurs vŇďux, de bon gr√© et √† juste titre, CIL, XII, 134 et add. p. 185.
  2. √Ä Vintur, Marcus Vibius s'est acquitt√© de son vŇďu, de bon gr√© et √† juste titre, CIL, XII, 1104, et ILN, IV, Apt, 17.
  3. À Vintur, ILN, IV, Apt, 143.
  4. L'adjectif aurait √©t√© le deuxi√®me terme comme dans l'anthroponyme celtique Penn-uindos ¬ę t√™te blanche ¬Ľ.
  5. Quand le Ventoux a son chapeau, s'il ne pleut pas maintenant, il pleuvra bient√īt.
  6. Quand le Ventoux a son chapeau, c'est de la pluie ou de la neige.
  7. Quand le Ventoux a son chapeau, et Saint-Amand, son manteau, c'est de la pluie pour bient√īt. La colline de Saint-Amand, est l'un des sommets des Dentelles de Montmirail.
  8. Quand le Ventoux a son chapeau, Arfuyen, son manteau, il pleuvra bient√īt. Arfuyen est une cr√™te √† l'ouest de Malauc√®ne.
  9. Quand le Ventoux a son chapeau, et la Durance, son manteau, il pleuvra bient√īt.
  10. Quand le Ventoux a son chapeau, et le Rh√īne, son manteau, il pleuvra bient√īt.
  11. Quand il y a le casque sur le Ventoux, s'il part d'en bas, il y aura le mistral, s'il part d'en haut, il y aura la pluie.
  12. Quand il y a la bugadi√®re, s'il ne pleut pas aujourd'hui, il pleuvra bient√īt. La bugadi√®re (du proven√ßal bugada = lessive) est un nuage horizontal qui stationne autour du massif √† une altitude de 1 000 m√®tres.
  13. Ce n'est pas l'opinion de Pierre Dubrunquez, pr√©facier de L'ascension du Mont Ventoux (√Čd. S√©quences, Rez√©, 1990) qui n'√©met, quant √† lui, aucun doute sur la v√©racit√© de cette date du 26 avril 1336. Il explique : ¬ę Deux dates sont ici d√©cisives qui concernent l'√©pisode de la mont√©e du Ventoux. La rencontre en 1333 √† Avignon de Dionigi Roberti da Borgo San Sepolcro, le p√®re augustin qui devait l'initier √† la lecture de l'√©v√™que d'Hippone. Les deux ann√©es de retraite asc√©tique aussi qu'en 1337-1338, il v√©cut aupr√®s de son jeune fr√®re Gherardo ¬Ľ.
  14. Pierre Valétariis, constructeur de la chapelle sommitale du Ventoux, resta sur le siège épiscopal de Carpentras de 1482 à 1514.
  15. C'est ce m√™me C√©sar de Vervins qui fait √©difier, pr√®s du sommet, la Halte du Jas, dite de Gerbaud ou du Compagnon, qui est plac√©e sous la garde d'un ermite. Cette bergerie se situe toujours √† 1 500 m√®tres du sommet, dans la Combe Fiole. Cf. Georges Brun, Le mont Ventoux, recueil de textes anciens et modernes, Le Nombre d'Or, Carpentras, 1977.
  16. Baudichon Falcon eut l'heureuse idée de justifier sur une note tous les frais de l'expédition. Celle-ci a été retrouvée et publiée par le docteur P. Pansier.
  17. Bernoulli donne 1 017 toises pour le mont Olympe.
  18. Marie Françoise Amélie de Bimard, héritière par sa mère Marie Françoise Amélie Pape de Saint-Auban, du marquisat de Montbrun, avait épousé Jean-Baptiste Joseph David de Sade, seigneur d'Eyguières.
  19. Les pluies doivent être abondantes entre l'Assomption () et la Nativité de Notre-Dame ().
  20. Cette voiture n'était pas automobile mais une patache.
  21. La ville de Carpentras a honor√© Pierre de Champeville (1885-1950) en donnant son nom √† l'un de ses squares, la plaque comm√©morative c√©l√®bre en lui ¬ę l'ap√ītre du Ventoux ¬Ľ.
  22. Les articles de Pierre de Champeville ont été archivés à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras par le conservateur Robert Caillet, coauteur avec Champeville de Carpentras et le Mont-Ventoux, imp. Batailler, Carpentras, 1934. Il s'agit de Nos sports d'hiver au Mont-Ventoux, les Tablettes d'Avignon, 2 mars 1930, Neiges comtadines, sur la face nord du Ventoux, les Tablettes d'Avignon, 20 avril 1930, Les sports d'hiver au Mont-Ventoux, La Montagne, revue du Club Alpin Français, janvier-février 1931, Sports d'hiver au Mont-Ventoux, le Grand Silence Blanc, les Tablettes d'Avignon, 1er mars 1931 et Autour du Mont-Ventoux, Revue du Touring-Club de France, avril 1931.
  23. Le récit de l'ascension de Thomas Platter a été publié à 190 exemplaires, en 1842, sous le titre Notes de voyage, par la Société des Bibliophiles de Montpellier. Il a été à nouveau édité en 2000 avec une présentation d'Emmanuel Le Roy Ladurie.

Références

  1. ¬ę Carte IGN classique ¬Ľ sur G√©oportail.
  2. Les trois inscriptions au dieu Vintur.
  3. Mons Ventosus.
  4. La tour hertzienne du mont Ventoux.
  5. Bullet, 1784, cité par Paul Peyre, Encyclopédie Ventoux, op. cit., 240.
  6. Xavier Delamarre, Les noms des gaulois, Les Cent Chemins, (ISBN 978-1-5468-6932-0 et 1-5468-6932-8, OCLC 1023509935), p. 111-113
  7. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, √Čditions Errance, (ISBN 978-2-87772-631-3 et 2-87772-631-2, OCLC 1055598056), p. 306
  8. Xavier Delamarre, Les noms des gaulois, Les Cent Chemins, (ISBN 978-1-5468-6932-0 et 1-5468-6932-8, OCLC 1023509935), p. 35
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire √©tymologique des noms de lieux en France, √Čd. Larousse, 1968, p. 1949.
  10. Jean-Luc Blatière, Le mont Ventoux mesure en fait..., Le Dauphiné libéré, 11 juin 2016.
  11. Mont Ventoux : l'altitude revue à la baisse, Midi libre.
  12. C. Montenat et al., L'accident tectonique du Toulourenc : une limite tectonique entre la plate-forme proven√ßale et le Bassin vocontien √† l'Aptien‚ÄďAlbien (SE France), C. R. Geoscience 336, 2004.
  13. Georges Truc, L'eau en Vaucluse, √Čd. Conseil g√©n√©ral de Vaucluse, Avignon, 1991, p. 48-49 et 61.
  14. Georges Truc, L'eau en Vaucluse, √Čd. Conseil G√©n√©ral de Vaucluse, Avignon, 1991, p. 22.
  15. Destination Ventoux - Le Mont Ventoux - une √ģle mioc√®ne et sa r√©serve de biosph√®re !.
  16. Georges Truc, L'eau en Vaucluse, √Čd. Conseil G√©n√©ral de Vaucluse, Avignon, 1991, p. 69.
  17. Georges Truc, op. cit., p. 27.
  18. Annales, Station centrale d'hydrobiologie appliquée, Paris (France), 1953.
  19. Zonage sismique règlementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, p. 48.
  20. Météo-France, Centre département de Carpentras.
  21. La réserve de biosphère du mont Ventoux.
  22. Jacques Galas, Les pays du Ventoux, p. 32.
  23. ¬ę Le territoire du Parc en quelques chiffres ¬Ľ, sur parcduventoux.fr (consult√© le )
  24. C√©cile Cazenave, ¬ę Sur le mont Ventoux, le contre-la-montre de la nature ¬Ľ, Le Monde,‚Äé
  25. Mélanie Ferhallad, Le cadavre d'un loup a été retrouvé dans le Ventoux, site de La Provence, 31 janvier 2012.
  26. Destination mont Ventoux - Comtat Venaissin - Pays de Sault, livret d'information touristique, p. 11.
  27. Museum d'histoire naturelle d'Avignon : l'ours brun du mont Ventoux.
  28. Hyacinthe Chobaud, Mémoire de l'Académie de Vaucluse, T. VI, 1906.
  29. Destination Ventoux - Les premiers explorateurs.
  30. Odile Marcel, Paysages, modes d'emploi : pour une histoire des cultures de l'aménagement, éd. Champ Vallon, 2006, p. 261.
  31. Histoire de lettre, édition du 18 avril 2001, La Poste.
  32. Sylvain Jouty, Hubert Odier, Dictionnaire de la montagne, Paris, Arthaud, coll. ¬ę Albums Montagne ¬Ľ, 1998, p. 686-687 (ISBN 2700312015).
  33. Marjorie Hope Nicolson, Mountain Gloom and Mountain Glory: The Development of the Aesthetics of the Infinite, Ithaca, Cornell University Press, 1959 (ISBN 0295975776).
  34. Charles Martins, Charles-Fr√©d√©ric Martins, Du Spitzberg au Sahara : √©tapes d'un naturaliste au Spitzberg, en Laponie, en √Čcosse, en Suisse, en France, en Italie, en Orient, en Egypte et en Alg√©rie, J.B. Bailli√®re, 1866, p. 406.
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  36. Robert Bailly, Répertoire des prieurés, chapelles et abbayes du département de Vaucluse, Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1966.
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