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Massif de Saint-Cyr

Le massif de Saint-Cyr est l'un des massifs montagneux qui bordent la ville de Marseille. Il est situĂ© au nord des calanques de Marseille. Son point culminant est le mont Carpiagne (645 mètres) qui est aussi celui du parc national des Calanques.

Massif de Saint-Cyr
Localisation du massif de Saint-Cyr dans le département des Bouches-du-Rhône.
GĂ©ographie
Altitude 645 m, Mont Carpiagne
Massif Chaîne pyrénéo-provençale
Administration
Pays Drapeau de la France France
RĂ©gion Provence-Alpes-CĂ´te d'Azur
DĂ©partement Bouches-du-RhĂ´ne
GĂ©ologie
Roches calcaire

GĂ©ographie

Marseille vue du sommet du mont Saint-Cyr

Le massif de Saint-Cyr est situé au sud-est de la ville de Marseille, entre la vallée de l'Huveaune au nord et le mont Puget au sud. La plus grande partie du massif est situé sur la commune de Marseille, dans les 9e, 10e et 11e arrondissements ; le nord-est se partage entre La Penne-sur-Huveaune et Aubagne.

Le cĹ“ur du massif est une pyramide, qui a deux sommets proches l'un de l'autre : Carpiagne (645 mètres) et Saint-Cyr (610 mètres), sĂ©parĂ©s par le col Sabatier (513 mètres). C'est le sommet de Saint-Cyr, le plus visible depuis la ville de Marseille, qui a donnĂ© son nom au massif.

Le col Sabatier et le mont Carpiagne vus du mont Saint-Cyr.

Ă€ l'est, le sommet du mont Lantin (570 mètres) a la particularitĂ© Ă  son ubac de prĂ©senter un Ă©boulis oĂą pousse une petite forĂŞt d'Érable de Montpellier (Acer monspessulanum) et d'Alisier blanc (Sorbus aria). Il s'agit d'un vestige d'une forĂŞt de feuillus jadis beaucoup plus Ă©tendue.

Quelques sommets secondaires avancés bordent le massif au nord :

  • le mont Sainte-Croix (319 mètres) au-dessus du quartier de Saint-Tronc ;
  • le rocher de la Croix (302 mètres) au-dessus de Saint-Marcel ;
La croix Saint-Marcel sur l'itinéraire de montée au mont Saint-Cyr.

Au sud-ouest une cassure importante dans le relief a reçu le nom Ă©vocateur de « Muraille de Chine Â». Ă€ l'est, le massif se prolonge par des collines aux reliefs marquĂ©s jusqu'aux confins du dĂ©partement du Var.

Le massif, entièrement constitué de roches calcaires, est entaillé de nombreux vallons qui évoquent un réseau hydrographique en étoile autour des sommets, mais dont aucun n'est parcouru par un cours d'eau, sauf après de fortes pluies. La seule source cartographiée, dite source des Eaux-Vives, en haut du vallon de la Barasse, coule rarement.

L'ancienne végétation, abondante, de bois et de garrigue, a pour l'essentiel disparu entre le XIXe et le XXe siècle, détruite par le pacage des troupeaux, l'alimentation en bois des fours à chaux, et les incendies. La végétation résiduelle est maigre et ingrate (ajonc de Provence, souvent appelé genêt épineux ou argeras, kermès, romarin), sur un sol caillouteux et sec, sauf dans les fonds de vallons où on trouve quelques résineux ou feuillus.

Vue des monts Saint-Cyr Ă  gauche et Carpiagne Ă  droite depuis Notre-Dame-de-la-Garde.

En ubac des sommets de Carpiagne et de Saint Cyr existent encore, malgrĂ© les incendies, les restes de l'association endĂ©mique des hautes crĂŞtes calcaires ventĂ©es de basse Provence : l'association du GenĂŞt de Lobel (Genista lobelii) avec la Tulipe de Cels, la ValĂ©riane tubĂ©reuse, la Stipe pennĂ©e, et un arbrisseau rare en basse Provence, l'Épine-vinette (Berberis vulgaris). Le sommet du mont Carpiagne (645 m) atteint la limite infĂ©rieure de l'Ă©tage supramĂ©diterrannĂ©en caractĂ©risĂ© par le ChĂŞne pubescent, l'amĂ©lanchier, les alisiers, le GenĂŞt cendrĂ© etc. qui existaient encore jusqu'en 1979, date d'un important incendie. La prĂ©sence de ces espèces d'altitude s'explique aussi par la frĂ©quence et la violence du mistral qui refroidit davantage le sommet, oĂą tombe une ou deux fois par an de la neige en petite quantitĂ©.

L'occupation humaine

De par sa nature calcaire et son relief accentuĂ©, le massif n'est pas favorable Ă  l'occupation humaine. Il a surtout constituĂ© jusqu'au dĂ©but du XXe siècle un espace de pâturages, dont tĂ©moignent encore quelques ruines de « jasses Â» (bergeries) et quelques restes de « restanques Â» (terrasses cultivĂ©es). Seul le vallon de la BĂ©gude, Ă  l'est, enclavĂ© dans le domaine militaire de Carpiagne, abrite encore une importante exploitation agricole. On trouve ci et lĂ  des restes d'anciennes carrières, dont une de marbre, inattendue, au sommet d'une colline dominant Saint-Marcel. Au vallon de Toulouse, cĂ´tĂ© ouest, l'importante carrière PĂ©rasso est toujours en activitĂ©.

La ville, proche sur tout le pourtour ouest et nord du massif, a peu empiĂ©tĂ© sur le relief. Seuls quelques groupes de villas ont grignotĂ© la colline aux Trois-Ponts, et pĂ©nĂ©trĂ© les vallons de Vaufrèges, de la Panouse, de la Forbine ou des Escourtines. La sĂ©paration, anciennement marquĂ©e, entre l'espace urbain et la « colline Â», reste visible, notamment sous forme de longs murs localement bien conservĂ©s.

Aucune route ne pĂ©nètre le massif, si ce n'est les ruelles en cul-de-sac desservant les maisons abritĂ©es au fond des quelques vallons habitĂ©s. La route Marseille - Cassis, qui marque au sud la sĂ©paration avec le massif de Puget, offre un seul point d'accès, au col de la Gineste (altitude 326 mètres). Ă€ pied, la circulation n'est possible que sur quelques sentiers tracĂ©s dans les vallons, sur les crètes, ou les rĂ©centes « routes du feu ».

Près de la moitié du massif, au sud-est du sommet de Carpiagne, est occupée par le camp militaire de Carpiagne, site d'entraînement et d'instruction de l'armée de terre. L'accès au domaine d'entraînement est interdit.

En bordure de la ville, plusieurs espaces de nature sont ouverts au public :

  • le parc des Bruyères, parc municipal amĂ©nagĂ© ;
  • le parc de la Forbine et le vallon de la Barasse, domaines dĂ©partementaux, sauvages.

Le site de la Muraille de Chine est protégé (réserve de faune et de flore, accès interdit du 1er janvier au ). Il est inclus dans le parc national des Calanques[1].

Les résidus d’aluminium

En 1908, PĂ©chiney a installĂ© une usine d’alumine au bord de l’Huveaune au lieu-dit La Barasse, dont le crassier de boues rouges s’est en partie dĂ©versĂ© dans le fleuve cĂ´tier. « Ă€ partir de 1948, les dĂ©chets sont amenĂ©s par tĂ©lĂ©phĂ©rique dans les collines voisines de Saint-Cyr aujourd’hui intĂ©grĂ©es au parc national des Calanques. Un barrage bloque la sortie du vallon. Il est rehaussĂ© au fur et Ă  mesure des arrivĂ©es des dĂ©chets. En 1966, il atteignait 60 mètres et la plate-forme de boues rouges couvrait 7 ha. En 1989, une tentative de vĂ©gĂ©talisation et de limitation des envols de poussières a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’aide de pins d’Alep et d’érables de Montpellier. Les dĂ©chets faiblement radioactifs sont aujourd’hui sous la responsabilitĂ© du groupe minier anglo-saxon Rio Tinto Â»[2].

L'incendie de l'été 2009

Le , un tir à balles traçantes effectué à l'intérieur du camp de Carpiagne a mis le feu à la végétation particulièrement sèche dans cette zone. Le vent de sud-est qui soufflait ce jour-là a immédiatement poussé les flammes en direction de la crête, et les secours importants déployés n'ont pas pu le maîtriser.

Les habitations les plus menacées ont pu être protégées, mais l'incendie a ravagé la totalité de la partie ouest du massif, y compris la réserve naturelle de la Muraille de Chine et le parc des Bruyères, rares réserves naturelles du massif.

Activités

Sentier dans le maquis qui monte au mont Saint-Cyr (au centre) avec le mont Carpiagne (au fond Ă  gauche).

De nombreux sentiers balisés permettent d'accéder à l'intérieur du massif depuis les différents quartiers urbains qui bordent le massif : les Trois-Ponts, Saint-Thys, Saint-Marcel, la Barasse, La Penne-sur-Huveaune. L'accès au mont Carpiagne, réglementé, est aussi possible depuis le col de la Gineste. Ces accès sont caillouteux, parfois raides, mais sans difficulté particulière. De tous les sommets, principaux et secondaires, on jouit d'une vue dégagée sur la ville de Marseille, la rade et les massifs environnants (Étoile, Garlaban, Sainte-Baume, montagne Sainte-Victoire). Du sommet du mont Carpiagne ou du mont Saint-Cyr, on voit la mer au large des calanques au sud, la baie et les falaises de Cassis au sud-est. On aperçoit même, par temps clair, la chaîne des Alpes, le mont Ventoux et le massif du Luberon (en regardant derrière le massif de l'Étoile)[3].

RĂ©glementation

Le site officiel du parc national des Calanques précise que l'ascension des monts Lantin, Carpiagne et Saint-Cyr sont interdits aux randonneurs, traileurs, etc. pour raison de sécurité (proximité des champs de tir)[4]. Toutefois, un panneau du Conservatoire du littoral, installé au col Sabatier (dans la zone interdite), informe de l'interdiction de se rendre à la Muraille de Chine pendant la période de reproduction d'espèces protégées. La présence de ce panneau sous-entend que l'accès au col et ses abords reste possible mais sous certaines conditions, notamment celle d'effectuer une demande d'autorisation préalable auprès des autorités militaires (DMD 13) à Marseille[5]. Par ailleurs, si les fonds de carte de randonnée disponibles sur internet indiquent des itinéraires menant aux sommets incriminés, les sentiers sur le terrain ne sont pas, officiellement, balisés (suppression de la signalétique directionnelle).

Panneau d'information Ă  l'attention des visiteurs au col Sabatier.

Notes et références

  1. « Muraille de Chine », sur www.conservatoire-du-littoral.fr (consulté le )
  2. Association Robin des Bois, Atlas de la France toxique, Flammarion, 2016, encadrĂ© « Les boues rouges Ă  terre Â»
  3. « Monts Saint-Cyr et Carpiagne, deux géants marseillais », sur www.visorando.fr,
  4. « Le massif de Saint-Cyr », sur www.calanques-parcnational.fr (consulté le )
  5. « Massif de Carpiagne : attention danger ! », sur www.cd-bouches-du-rhone-ffcam.fr (consulté le )

Voir aussi

Liens externes

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