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BoĂźte de conserve

Une boĂźte de conserve[N 1], ou une boite de conserve[N 2], est un contenant mĂ©tallique hermĂ©tique permettant la mise en conserve des aliments et leur maintien Ă  tempĂ©rature ambiante. Traditionnellement, elle s’ouvre Ă  l’aide d’un ouvre-boĂźte qui dĂ©coupe le couvercle, Ă  moins qu’elle ne soit dotĂ©e, comme c’est de plus en plus frĂ©quemment le cas au XXIe siĂšcle, d’un dispositif d’ouverture facilitĂ©e.

Vue partielle d’une Ă©tagĂšre Ă  deux niveaux devant un lattis peint en vert assez pĂąle ; sur les deux planches, une trentaine de boĂźtes de conserve anciennes, parfois rouillĂ©es, prĂ©sentent diffĂ©rents types d’étiquettes qui mettent en Ă©vidence soit le nom de la denrĂ©e, soit le nom de la marque ; des cruches et des tasses sont suspendues par l’anse Ă  des clous plantĂ©s dans la tranche de la planche du bas.
Collection de boĂźtes anciennes toujours pleines, Ă  Port Lockroy (Antarctique) en 2010.
Photo en noir et blanc, en vue plongeante, de sept boßtes de conserve empilées en décalage contre trois morceaux de panneaux.
Oliver Castaño, Installation de panneaux et boßtes de conserve, Bristol, 2004.
Des boĂźtes de conserves de la marque Campbell's dĂ©tournĂ©es par l’artiste Andy Warhol, notamment dans son Ɠuvre Campbell's Soup Cans.

InventĂ©e au dĂ©but du XIXe siĂšcle pour rĂ©pondre aux besoins de la marine et des armĂ©es, elle est utilisĂ©e par les collectivitĂ©s avant de pĂ©nĂ©trer, peu Ă  peu, dans les foyers ; dĂšs le milieu du XXe siĂšcle, elle est utilisĂ©e partout dans le monde, principalement par l’industrie agroalimentaire, pour la conservation de la viande, du poisson, des lĂ©gumes, des fruits, des plats cuisinĂ©s, des produits laitiers et des aliments pour animaux.

Du soin mis Ă  sa fabrication et de la qualitĂ© hygiĂ©nique des produits conservĂ©s dĂ©pend la qualitĂ© sanitaire de la nourriture consommĂ©e par des millions d’ĂȘtres humains.

La boĂźte de conserve a eu un fort impact Ă©conomique dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pĂȘche et de la mĂ©canisation. Sur le plan social, elle a bouleversĂ© les conditions de travail, en particulier pour les femmes. Dans la vie quotidienne, elle a modifiĂ© les comportements alimentaires et donnĂ© la possibilitĂ© de rĂ©duire fortement le temps de prĂ©paration des repas.

Cet objet, devenu banal dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle, est aussi devenu l’un des symboles de la sociĂ©tĂ© de consommation. Son recyclage est pris en compte dans celui des dĂ©chets et des autres emballages qui constitue l’un des enjeux des politiques de dĂ©veloppement durable du XXIe siĂšcle. Une fois utilisĂ© dans son usage premier, il peut constituer un motif d’inventivitĂ© dans la vie domestique, oĂč il se voit affectĂ© Ă  divers usages, surtout comme contenant lĂ©ger et rĂ©sistant. Dans le domaine de l’art, dĂ©gagĂ© de sa fonction alimentaire, il sert de matĂ©riaux ou d’opportunitĂ© de rĂ©flexions sur la sociĂ©tĂ©.

Histoire : de l’invention Ă  la gĂ©nĂ©ralisation

Atelier de remplissage et de soudure des boĂźtes au XIXe siĂšcle.

L’origine de la boĂźte de conserve remonte Ă  la seconde partie du XVIIIe siĂšcle : la marine des Pays-Bas utilise alors des boĂźtes en fer-blanc pour la conservation dans la graisse de denrĂ©es alimentaires. À la fin du siĂšcle, ce pays possĂšde une petite industrie pour la mise en boĂźte de saumon salĂ©, fumĂ© et conservĂ© dans du beurre salĂ© ou de l’huile[1].

Les tablettes de bouillon sont conservĂ©es en France avant 1804 dans des boĂźtes en fer-blanc soudĂ©es[2] ; ce type de rĂ©cipient est utilisĂ© dĂšs avant 1810 pour la conservation de sardines dans le beurre, le vinaigre ou l’huile[3].

L’essor de cet emballage dans le monde ne se produit cependant qu’au XIXe siĂšcle avec la gĂ©nĂ©ralisation de la pratique de l’appertisation, mĂ©thode stĂ©rilisatrice dont le nom dĂ©rive de celui de son inventeur, le Français Nicolas Appert qui l’a dĂ©couverte empiriquement : l’aliment est placĂ© dans un rĂ©cipient rendu Ă©tanche et celui-ci est soumis Ă  une tempĂ©rature Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  100 °C, ce qui permet de dĂ©truire de nombreux micro-organismes qui altĂšrent normalement la nourriture et la rendent impropre Ă  une consommation diffĂ©rĂ©e.

Les pionniers des boßtes appertisées

Portait-croquis de l’inventeur portant un bonnet et une redingote à trùs haut col qui enveloppe largement le cou et monte quasiment jusqu’au lobe des oreilles.
Nicolas Appert,
gravure sur bois, anonyme, 1841.

En janvier 1810 et sur proposition du ministre de l’IntĂ©rieur Jean-Pierre de Montalivet, Nicolas Appert, dont la marine française avait testĂ© les conserves dĂšs 1803, reçoit une somme de 12 000 francs[4] en rĂ©compense de ses travaux sur sa mĂ©thode de conservation des denrĂ©es en bouteille de verre type champagne puis ultĂ©rieurement en bocaux de verre. Il a choisi cette matiĂšre car son pĂšre, travaillant Ă  l’élaboration de vins de champagne, connaissait ses avantages et ses inconvĂ©nients. Il savait donc qu’une bouteille, pour rĂ©sister Ă  la pression du gaz, doit rĂ©sister Ă  la chaleur. Il souligne aussi son manque de confiance dans le grĂšs qui ne le satisfait pas[N 3]. Il sera aussi rĂ©ticent Ă  utiliser des boĂźtes fabriquĂ©es avec du fer-blanc car Ă  cette Ă©poque, dit-il, le mĂ©tal produit en France est loin d’atteindre la qualitĂ© de celui fabriquĂ© en Angleterre[5].

L’octroi des 12 000 francs est assorti de l’obligation de publier la dĂ©couverte Ă  compte d’auteur, et Nicolas Appert s’y soumet en Ă©ditant en juin L’Art de conserver pendant plusieurs annĂ©es toutes les substances animales et vĂ©gĂ©tales[6] ; deux cents exemplaires de l’ouvrage sont adressĂ©s par le Gouvernement de l’Empire aux prĂ©fets français pour diffusion du procĂ©dĂ© et le livre est traduit en allemand dĂšs octobre 1810 par Charles Mohr sous le titre Buch fĂŒr alle Haushaltungen, oder die Kunst alle thierische und vegetabilische Nahrungsmittel mehrere Jahren vollkommen genießbar zu erhalten[7].

En aout 1810, un commerçant anglais du nom de Peter Durand se voit accorder par le roi George III du Royaume-Uni le brevet 3372 pour une mĂ©thode de conservation d’aliments pĂ©rissables dans des « vaisseaux »[N 4] de verre, de cĂ©ramique, de fer-blanc ou d’autres mĂ©taux appropriĂ©s. Un brevet dans lequel il mentionne ne pas ĂȘtre l’inventeur du procĂ©dĂ© mĂȘme de la conservation mais en avoir reçu communication par un Ă©tranger vivant Ă  l’étranger[N 5] ; Durand Ă©crit qu’il a pratiquĂ© des expĂ©riences Ă  grande Ă©chelle et qu’il a remplacĂ© les contenants en verre par des boĂźtes en fer Ă©tamĂ© (« I substituted tin cases instead of glass jars or bottles »[8]).

L’inventeur de la mĂ©thode est considĂ©rĂ© ĂȘtre, dĂšs 1810 en France, Nicolas Appert. Celui-ci, en 1814, se fait reconnaitre par les savants anglais lors de son voyage Ă  Londres[9], mais doit se battre, en 1822[10], pour faire reconnaitre ses droits d’inventeur car sa mĂ©thode a Ă©tĂ© utilisĂ©e par la marine russe et l’introduction de Johann Adam von Krusenstern au rĂ©cit de voyage de Kotzebue en a attribuĂ©, en 1821, la paternitĂ© Ă  un certain Donkin[5] - [11].

Peter Durand a vendu son brevet Ă  Bryan Donkin, un industriel anglais travaillant avec John Hall, le fondateur de la Dartford Iron Works[1]. DĂšs 1811, Donkin, utilisant le nom de Durand pour rĂ©soudre le problĂšme lĂ©gal dĂ©coulant de l’attribution du brevet, a proposĂ© Ă  l’amirautĂ© britannique de tester un lot de conserves dont on ne sait quel Ă©tait le matĂ©riau utilisĂ© pour fabriquer les rĂ©cipients. Il est avĂ©rĂ© par contre qu’en 1814, la firme Donkin, Hall and Gamble, qui a fondĂ© une usine de conserves en boĂźtes mĂ©talliques Ă  Bermondsey en 1812[12], a obtenu une importante commande de conserves de viande en boĂźtes de fer-blanc qui furent expĂ©diĂ©es au vice-amiral Alexander Cochrane[5].

Gravure représentant un trois-mùts sur une mer légÚrement agitée.
L’un des navires commandĂ©s par Krusenstern, gravure du XIXe siĂšcle.

Comme le soulignent von Krusenstern[13] et de nombreux autres auteurs du XIXe siĂšcle, la boĂźte de conserve prĂ©sente beaucoup d’avantages pour ceux qui font de longs voyages en mer : son utilisation et sa manipulation sont aisĂ©es (particuliĂšrement pour les boĂźtes mĂ©talliques moins fragiles que les bocaux en verre) ; l’espace de stockage de ces vivres « frais », disponibles en permanence dans la cambuse, est plus rĂ©duit que celui nĂ©cessitĂ© par la prĂ©sence de bestiaux – ceux-ci fournissent de la viande fraiche mais « exigent une immense quantitĂ© de foin et d’autres provisions pour leur nourriture, et que l’on peut d’ailleurs perdre tout Ă  coup malgrĂ© les prĂ©cautions les plus minutieuses »[11] ; la boĂźte procure une disponibilitĂ© de nourriture qui pallie les difficultĂ©s de trouver des vivres frais aux escales ; elle constitue le moyen de supprimer le scorbut qui fait alors d’effrayants ravages parmi les marins[N 6]. Les explorateurs de l’époque sont donc ravis d’emporter des boĂźtes de conserves fiables[N 7] et la marine plus encore : la premiĂšre cause de mortalitĂ© sur les bateaux de guerre du XVIIIe siĂšcle Ă©tait en effet la maladie et non les combats[14].

En 1819, l’Anglais Thomas Kensett lance son entreprise de conserves Ă  New York en partenariat avec son beau-pĂšre Ezra Daggett. Trois ans plus tard, ils font paraitre dans le New York Evening Post une publicitĂ© pour leurs conserves en boĂźtes de mĂ©tal et prennent un brevet en 1825. Un autre Anglais, Charles Underwood tente en vain de trouver des partenaires commerciaux Ă  La Nouvelle-OrlĂ©ans et finit par crĂ©er son entreprise Ă  Boston avec d’abord, comme Kensett, des conserves en bocaux puis en boĂźtes mĂ©talliques ; sa production est destinĂ©e Ă  l’AmĂ©rique du Sud et Ă  l’ExtrĂȘme-Orient[15].

En 1813, Pietro Polli fonde l'entreprise Polli Alimentari qui sera l'une des premiÚres firmes italiennes à utiliser la boßte de conserve pour pouvoir vendre tout au long de l'année le surplus de production des fruits et légumes.

La boĂźte de conserve est dĂ©sormais fabriquĂ©e en Europe (oĂč les aliments en boĂźte de conserve sont reconnus articles de commerce en 1820 par l’Angleterre et la France[1], et oĂč Nicolas Appert se met Ă  utiliser le rĂ©cipient mĂ©tallique) comme en AmĂ©rique.

L’essor industriel

BoĂźtes fin XIXe siĂšcle.

Les mineurs, les trappeurs et les colons qui Ɠuvrent au dĂ©veloppement de l’Est des États-Unis dĂ©pendent fortement des conserves. Gail Borden, qui a dĂ©jĂ  crĂ©Ă© le biscuit de viande, remporte un franc succĂšs avec ses boĂźtes de lait condensĂ© non seulement auprĂšs de cette population mais aussi dans les villes oĂč le lait, issu de vaches nourries de dĂ©chets provenant des distilleries d’alcool, est vendu en vrac dans des conditions d’hygiĂšne douteuses[16]. Sa rĂ©ussite financiĂšre n’est pourtant pas due Ă  l’intĂ©rĂȘt manifestĂ© par la population pour les qualitĂ©s sanitaires du lait mais bien aux importantes commandes qui lui sont passĂ©es par les États de l’Union ; ses conserves ne seront vraiment lancĂ©es auprĂšs du public qu’aprĂšs la Guerre de SĂ©cession et c’est alors seulement que les achats des particuliers constitueront la majeure partie de ses gains[17].

Le succĂšs de Gail Borden incite d’autres producteurs d’aliments Ă  conditionner en boĂźtes mĂ©talliques des denrĂ©es qui Ă©taient traditionnellement disponibles en futs dans les magasins gĂ©nĂ©raux, et donc contaminables par les insectes, les parasites et l’humiditĂ©. Chewing-gum, bicarbonate de soude, sirop d'Ă©rable, talc, produits cosmĂ©tiques et pharmaceutiques, tabac, la liste des produits en boĂźte touche tous les domaines de la vie quotidienne[16].

La Guerre de SĂ©cession a offert aux fabricants de conserves amĂ©ricains et français une merveilleuse opportunitĂ© de dĂ©veloppement : en quatre ans, de 1861 Ă  1865, la production aux États-Unis est multipliĂ©e par six[16]. Les armĂ©es de terre autant que la marine apprĂ©cient la commoditĂ© de la boĂźte puisqu’il n’est pas toujours possible de rĂ©quisitionner la nourriture ou d’emmener le bĂ©tail avec soi car il supporte mal les longs transports[18]. L’organisation de la cantine va ĂȘtre simplifiĂ©e et soldats comme prisonniers vont ĂȘtre nourris de boĂźtes de corned-beef avant de connaitre, au XXe siĂšcle, les diffĂ©rentes versions de la « ration K ».

L’habitude prise par les soldats et les marins de manger des produits en conserve va se rĂ©percuter dans la vie civile, au niveau de leurs mĂ©nages d’abord, se rĂ©pandant ensuite dans toute la population.

Une difficile pénétration dans les foyers

L’introduction de la boĂźte de conserve dans les foyers ne se fait cependant pas sans difficultĂ©, notamment pour des raisons financiĂšres et sociales.

En 1812, le gastronome Grimod de La ReyniĂšre se dĂ©sole de voir Appert nĂ©gliger de prĂ©parer ses conserves aprĂšs la publication de son livre ; il constate avec regret qu’il est difficile de s’en procurer et espĂšre qu’on pourra Ă  nouveau se « pourvoir abondamment de ces petits Pois, de ces FĂšves de marais, de ces Abricots, Cerises et PĂȘches en bouteilles qui figuroient pendant l’Hiver sur nos tables, de maniĂšre Ă  croire que l’ordre de la Nature Ă©toit interverti »[19]. Ceux qui, comme lui, ont appartenu aux classes aisĂ©es ont pu s’offrir le luxe de la conserve lorsqu’elle est apparue sur le marchĂ©, mais la grande majoritĂ© de la population n’a pas Ă©tĂ© pendant longtemps en mesure de payer le produit.

D’autre part, comme l’écrit Freddy RaphaĂ«l, « toute sociĂ©tĂ© est le lieu d’un affrontement entre les facteurs de maintien et les facteurs de changement »[20]. Parmi ces facteurs de maintien figurent le rĂŽle traditionnel de la femme dans la prĂ©paration des repas et les habitudes alimentaires « d’autant plus tenaces qu’elles contribuent puissamment aux sentiments d’appartenir Ă  un clan, un groupe, une classe sociale ou encore une nation (apparemment les immigrĂ©s abandonnent plus facilement des rites liturgiques que leur cuisine) »[17]. L’exemple des Italiens immigrĂ©s aux États-Unis est rĂ©vĂ©lateur : fortement attachĂ©s Ă  leur art culinaire et Ă  l’emploi intensif de la tomate, ils crĂ©ent en AmĂ©rique des commerces qui proposent leurs aliments Ă©laborĂ©s de façon traditionnelle (comme le pain ou le fromage), mais aussi des firmes comme Eureka, spĂ©cialisĂ©e en sauce tomate en conserve, indiquant ainsi qu’ils veulent s’intĂ©grer Ă  leur nouvelle nation. L’étiquetage des boĂźtes, en anglais, attire les Italiens en voie d’amĂ©ricanisation comme les AmĂ©ricains intĂ©ressĂ©s par l’exotisme d’une cuisine italienne[21].

Dans un cadre cintrĂ©, une femme en coiffe de dentelle blanche et tablier turquoise Ă  longues manches est reprĂ©sentĂ©e de profil, vidant une boĂźte de conserve dans un plat posĂ© sur un plan de travail ; Ă  l’arriĂšre-plan, deux autres boĂźtes sont rangĂ©es prĂšs du mur carrelĂ©. Le nom de la marque, au-dessus du cintre, suit la courbure de celui-ci ; le bas de l’affiche indique, en nĂ©erlandais, dans un cadre rectangulaire : « LĂ©gumes fins. LĂ©gumes maison. Soupes et sauces. »
Affiche publicitaire de Hoogstraaten & Co, 1899, d’aprùs Johann Georg van Caspel.

La boĂźte de conserve, d’abord utilisĂ©e par les collectivitĂ©s, peine Ă  pĂ©nĂ©trer dans les mĂ©nages pour d’autres raisons encore[22] :

  • il faut Ă©tablir une stratĂ©gie commerciale pour inciter le dĂ©sir d’achat d’un consommateur qui, au dĂ©part, n’a pas besoin du produit ou ne pense pas en avoir besoin, en ciblant correctement le client[N 8] ;
  • il faut lancer les campagnes publicitaires correspondantes ;
  • il faut crĂ©er les rĂ©seaux d’acheminement et de distribution.

Cela pose peu de problĂšmes aux industriels amĂ©ricains qui ont dĂ©veloppĂ© une production de masse lors de la Guerre de SĂ©cession et qui veulent Ă©couler leur marchandise standardisĂ©e. Mais il faut aussi proposer un prix de vente attrayant, identifier le produit et, surtout en matiĂšre d’alimentation, assurer le client de son innocuitĂ©, c’est-Ă -dire Ă©tablir une confiance sociale. Au contraire du bocal, la boĂźte en fer-blanc ne permet pas de juger de l’état du contenu avant l’achat et l’ouverture mĂȘme du rĂ©cipient. Pendant quelques dizaines d’annĂ©es, les producteurs vont devoir convaincre responsables politiques et consommateurs de la qualitĂ© des produits mis en boĂźte, d’autant que les fraudes et falsifications existent dans d’autres domaines alimentaires (exemple : la falsification du beurre) et que des additifs (colorants, sel de cuivre, borax, etc.) se sont ajoutĂ©s aux denrĂ©es stĂ©rilisĂ©es. Certains allĂšguent aussi que les denrĂ©es en boĂźtes sont pauvres en vitamines puisque celles-ci sont sensibles Ă  la chaleur et dĂ©truites par l’appertisation. Une lĂ©gislation se met progressivement en place qui rĂ©glemente quelque peu l’étiquetage[22].

Les nouveaux produits lancĂ©s dans le commerce exigent d’autre part l’acquisition d’une technique de consommation ; la boĂźte de conserve n’échappe pas Ă  la rĂšgle d’autant qu’elle est vendue au grand public, soit prĂ©alablement garnie de denrĂ©es « en conserve » (dans la majoritĂ© des cas), soit comme simple support pour l’appertisation rĂ©alisĂ©e au sein de la famille. Une littĂ©rature spĂ©cifique se dĂ©veloppe en consĂ©quence, servant tant Ă  expliciter qu’à rassurer, et proposant gĂ©nĂ©ralement de nombreuses recettes de cuisine[23].

La généralisation

L’usage de la boĂźte mĂ©tallique industrielle se gĂ©nĂ©ralise et se dĂ©veloppe partout dans le monde aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, en mĂȘme temps que se propage un mode de vie « Ă  l’amĂ©ricaine »[24] - [25] - [26]. En plus des boĂźtes de sardines, de thon, de saumon, de petits pois, de tomates, de corned-beef, de pĂȘches en morceaux, d’ananas en tranches, de riz au lait, etc. qui ont Ă©tĂ© d’abord proposĂ©es, se dĂ©veloppent progressivement des gammes de soupes, nouilles, plats prĂ©parĂ©s (comme la choucroute, le cassoulet, les carbonnades) et de produits exotiques divers.

L’emballage mĂ©tallique prĂ©sente cinq avantages pour la mise en conserve :

  1. Il est mécaniquement résistant ;
  2. Il joue un rîle de barriùre contre les UV, la lumiùre et l’oxygùne ;
  3. Il protĂšge durablement les aliments ;
  4. Il peut ĂȘtre recyclĂ© ;
  5. Sa présentation est diversifiée.
Vue cavaliĂšre de plusieurs rayons d’un supermarchĂ© bourrĂ©s de boĂźtes de conserve.
Des boßtes de conserve dans un supermarché allemand en 2007.

L’usage du verre et des matiĂšres plastiques concurrence pourtant fortement le conditionnement mĂ©tallique qui va connaitre dans les annĂ©es 2000 une croissance infĂ©rieure Ă  la croissance moyenne de la part de marchĂ© des produits d’emballage[27].

Le Can Manufacturers Institute[N 9] a publiĂ© des statistiques concernant le volume des boĂźtes de conserve fabriquĂ©es par ses membres et transportĂ©es par bateau pour la pĂ©riode 1970-2005 ; on y relĂšve le nombre de 22 855 milliards de boĂźtes en 2005, dont 1 794 pour les viandes et volaille et 1 618 pour les fruits de mer[28].

En 2008, plus de 25 milliards de boĂźtes mĂ©talliques, acier et aluminium, ont Ă©tĂ© produites en Europe[29]. Selon l’APEAL qui affirme reprĂ©senter 95 % de la production totale europĂ©enne[30], quelque cinq millions de tonnes d’acier pour emballage sont produites annuellement et 12 000 emplois sont concernĂ©s directement ou indirectement[31] ; 54 % de l’emballage mĂ©tallique concerne la nourriture contre 12 % pour les boissons[32].

La boßte métallique est aussi l'un des contenants les plus efficients pour l'industrie en termes de vitesse de remplissage sur les chaines[33].

L’histoire de l’emballage mĂ©tallique retient les noms de sociĂ©tĂ©s nĂ©es Ă  la fin du XIXe siĂšcle ou au cours du XXe siĂšcle, et notamment : Pechiney (France), Schmalbach-Lubeca (Allemagne), Thomassen & Drijver (Pays-Bas), Continental Can Company (États-Unis), Sobemi (Belgique), Strojobal A.S. et Obalex A.S. (TchĂ©coslovaquie), Vaja factory (Hongrie), Capolo (Italie), Amco Buftea (Roumanie), Heinz États-Unis Starkist (É.-U.), Mivisa (ex. Vivancos) et Megasa (Espagne), etc. À la suite des multiples fusions intervenues Ă  la fin du XXe siĂšcle, les principaux producteurs mondiaux deviennent les groupes Crown Cork (qui a absorbĂ© le franco-britannique CarnaudMetalbox), Impress et le japonais Toyo Seikan Kaisha, ArcelorMittal Ă©tant l’un des leaders mondiaux pour la fabrication de mĂ©tal d’emballage.

Fabrication : l’industrie mĂ©tallurgique

De l’artisanat à l’industrie

DĂšs le dĂ©part, la forme cylindrique est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la cubique ou Ă  la parallĂ©lĂ©pipĂ©dique. Appert a fait confectionner des boĂźtes sur base carrĂ©e Ă  la demande des marins qui envisageaient l’aspect pratique de l’arrimage, mais y a renoncĂ© devant l’accroissement du travail et du cout qu’elles gĂ©nĂ©raient ; il a constatĂ© de plus que lors du traitement thermique, « la boĂźte carrĂ©e se dĂ©prime sur les six faces, ce qui prĂ©sente pour l’arrimage dans les caisses une quantitĂ© de vides que ne cause point la boĂźte ronde, dĂ©primĂ©e seulement dessus et dessous[5] » ; il admet cependant que pour les conserves de volaille ou de gibier, les boĂźtes ovales sont prĂ©fĂ©rables. Les progrĂšs de l’industrie permettent au XXIe siĂšcle de proposer d’autres formes qui correspondent aux demandes du marketing.

Les premiĂšres boĂźtes, fabriquĂ©es une Ă  une par un ferblantier, sont en fer-blanc et nĂ©cessitent des feuilles d’acier Ă©tamĂ© exemptes de pailles (dĂ©faut du mĂ©tal laminĂ©) au risque de voir l’étain se soulever et provoquer l’oxydation des denrĂ©es, ou de voir les pailles se dĂ©tacher lors de la dilatation causĂ©e par le procĂ©dĂ© d’appertisation et laisser, aprĂšs le refroidissement, des interstices qui peuvent passer inaperçus mais qui laissent entrer air et micro-organismes, occasionnant ainsi la fermentation ou la putrĂ©faction des denrĂ©es alimentaires. L’épaisseur de la feuille est fonction de la taille de la boĂźte : plus fine pour les petits rĂ©cipients, plus Ă©paisse pour ceux qui peuvent contenir jusqu’à 20 kg de nourriture. La bande de fer-blanc qui doit former le corps de la boĂźte est arrondie sur une bigorne pour former un cylindre ; ses deux extrĂ©mitĂ©s, se superposant de 4 Ă  lignes, sont ensuite soudĂ©es au plomb, intĂ©rieurement et extĂ©rieurement ; le fond est dĂ©coupĂ© de telle façon que son diamĂštre dĂ©passe de 2 Ă  3 lignes celui du corps pour qu’on puisse le rabattre avec prĂ©cision Ă  l’intĂ©rieur du corps avant de le souder extĂ©rieurement. Le couvercle, de mĂȘme dimension que la base mais percĂ© d’un petit trou, est enfin posĂ© sur le corps, rabattu et soudĂ© soigneusement[5].

On utilise peu aprĂšs du fer battu dont l’ouvrier brase le fond sur le corps avant qu’on ne plonge la boĂźte dans un bain d’étain fin. Le rĂ©cipient est bien plus solide et plus sĂ»r car il ne comporte plus que la soudure du couvercle ; il peut aussi ĂȘtre utilisĂ© Ă  plusieurs reprises[5] aprĂšs dĂ©coupage du couvercle soudĂ©.

Double schĂ©ma en coupe du haut d’un corps de boĂźte de conserve ; le schĂ©ma supĂ©rieur, intitulĂ© « Couvercle soudĂ© », prĂ©sente le couvercle insĂ©rĂ© dans le bord de la boĂźte avec mention « Soudure Ă  l’étain » ; le schĂ©ma infĂ©rieur, intitulĂ© « Couvercle prĂȘt Ă  subir le sertissage », montre le couvercle posĂ© sur le corps de la boĂźte, dĂ©passant largement le bord de celui-ci qui saille horizontalement Ă  l’extĂ©rieur ; entre ce bord et celui du couvercle, un trait Ă©pais reprĂ©sente le « Joint de caoutchouc ».
Différence entre soudure du couvercle et sertissage.
Gravure reprĂ©sentant un haut appareil dont la forme peut faire penser Ă  un microscope ; la base en fonte Ă©tait vissĂ©e au sol ; la boĂźte Ă©tait placĂ©e Ă  l’endroit oĂč on dĂ©poserait l’objet Ă  examiner au microscope ; le mĂ©canisme est fait de tiges de fer, de courroie, de ressort.
Sertisseuse « qui n’éclabousse pas », appareil de 1,70 m de haut fixĂ© au sol.

Mais le fer-blanc reste le matĂ©riau le plus utilisĂ© jusqu’au milieu du XXe siĂšcle.

Les soudures se font au plomb et vont s’avĂ©rer dangereuses pour le consommateur. L’intoxication par le plomb des boĂźtes de conserve semble bien avoir Ă©tĂ© l’une des causes de la mort de membres de l’expĂ©dition Franklin (1845-1847) enterrĂ©s sur l’üle Beechey[34]. Dans la France de 1879, le ComitĂ© consultatif d’hygiĂšne recommande, au grand dam de la chambre syndicale des ouvriers boitiers de Nantes, l’utilisation d’étain fin et les prĂ©fets sont priĂ©s par circulaire d’interdire l’usage du plomb dans la fabrication des boĂźtes de conserve[35] ; l’exĂ©cution de cette interdiction ne va ĂȘtre effective qu’en 1891 sans ĂȘtre toutefois vraiment appliquĂ©e dans le dĂ©tail puisqu’en 1908 Jean Leclerc de Pulligny rappelle dans les Annales d’hygiĂšne publique et de mĂ©decine lĂ©gale l’arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du 23 mai de la mĂȘme annĂ©e qui interdit la vente de boĂźtes peintes ou vernies avec des couleurs au plomb Ă  partir du 1er aout 1909 tant pour les produits français que pour les Ă©trangers[36].

La soudure au plomb du fond ou du couvercle est donc progressivement remplacĂ©e par celle Ă  l’étain ou par le sertissage qui offre davantage encore de sĂ©curitĂ© et dont la mĂ©thode de sertissage avec joint a Ă©tĂ© inventĂ©e en 1888 par l’AmĂ©ricain, d’origine allemande, Max Ams[37] - [38]. Dans les annĂ©es 1920, un grand nombre de boĂźtes ont un systĂšme de fermeture mixte : le fond est soudĂ© et le couvercle serti[39].

La fabrication devient peu à peu industrielle, les meilleures machines étant américaines.

Typologie

Photo en noir et blanc d’une boĂźte de conserve cylindrique au corps partiellement moulurĂ© ; on aperçoit distinctement la soudure verticale de jonction de la tĂŽle enroulĂ©e formant le corps, celle assurant la jonction du corps et de la base et, sous le rebord du haut, les traces laissĂ©es par le sertissage.
Boßte de conserve soudée électriquement et sertie.

On distingue, dans les années 1930, deux types de boßtes utilisées pour les conserves :

1. récipients fermés hermétiquement et le demeurant pendant la stérilisation (soudés et/ou sertis) :

FabriquĂ©es industriellement, ces boĂźtes sont principalement utilisĂ©es par l’industrie de la conserve et assez peu par les particuliers car, Ă  moins de possĂ©der une sertisseuse, l'usager est dans l’obligation de porter ses rĂ©cipients, au risque d’en renverser le contenu, chez le soudeur ou le sertisseur qui doit opĂ©rer immĂ©diatement la fermeture pour Ă©viter une premiĂšre fermentation. Autres inconvĂ©nients : la boĂźte n’est pas rĂ©utilisable (puisque le couvercle doit ĂȘtre dĂ©coupĂ© Ă  l’ouvre-boĂźte) et le risque de dĂ©tĂ©rioration de la denrĂ©e existe si la sertisseuse est mal rĂ©glĂ©e ou si la soudure est mal faite. Par contre, cette mĂ©thode permet de garder aux viandes fumet et jus rĂ©sultant de la cuisson par stĂ©rilisation[23] ;
Dessin contrastĂ© de deux boĂźtes de conserve, l’une haute et cylindrique, l’autre basse et ovale, dont le couvercle est fixĂ© au corps par, respectivement, six et huit agrafes bien emboitĂ©es autour des rebords supĂ©rieurs.
Boßtes avec couvercle agrafé.

2. récipients métalliques avec fermeture élastique à soupape, utilisés avec des agrafes mobiles :

Plus pratiques pour le particulier, ces rĂ©cipients possĂšdent un couvercle, indĂ©pendant du corps, muni d’un joint de caoutchouc sous le rebord ; le couvercle est maintenu sur le bocal par des agrafes dont le nombre est laissĂ© au choix de l’utilisateur. La fermeture Ă©lastique Ă  soupape ne laisse dĂ©tendre la pression intĂ©rieure que de la quantitĂ© nĂ©cessaire lors de l’appertisation. Ce type de rĂ©cipient, cylindrique ou ovale, est recommandĂ© pour les pĂątĂ©s et les conserves de foie au naturel, les rillettes et les champignons. Incassable, plus lĂ©ger que le bocal de verre, il supporte les chocs d’un transport et rĂ©duit les couts d’expĂ©dition[N 10]. La boĂźte en fer-blanc coute aussi moins cher Ă  l’achat et les piĂšces de rechange sont disponibles en quincaillerie ; par contre elle doit ĂȘtre trĂšs soigneusement essuyĂ©e pour Ă©viter la rouille, et son usage est d’assez courte durĂ©e[23].

Pour le particulier, un avantage supplĂ©mentaire de la boĂźte mĂ©tallique sur le bocal en verre est qu’elle supporte aisĂ©ment l’immersion dans l’eau froide directement aprĂšs la stĂ©rilisation ; le refroidissement brutal donne plus de fermetĂ© Ă  la denrĂ©e, ce qui est intĂ©ressant pour la prĂ©sentation ultĂ©rieure des fruits et lĂ©gumes[23].

Types d’ouvertures

Il a fallu attendre les annĂ©es 1850 pour voir apparaitre l’outil pratique qui permet d’ouvrir les boĂźtes.

Avant l’ouvre-boĂźte, il fallait percer le mĂ©tal Ă©pais de la boĂźte avec burin et marteau ou utiliser un fer Ă  souder rougi.

« Beaucoup de consommateurs sont assez embarrassĂ©s pour ouvrir ces boĂźtes [de fer-blanc soudĂ©es] ; ils les brisent, les dĂ©chirent pour jouir plutĂŽt des Sardines, qui alors se conservent moins bien, parce que l’air s’introduit en grande quantitĂ© par ces fentes. Nous leur conseillons d’employer Ă  cette opĂ©ration un fer Ă  souder bien rouge ; alors le couvercle se sĂ©parera de la boĂźte avec beaucoup de facilitĂ© et sans aucun dommage[40]. »

Photo d’une tige mĂ©tallique dont l’une des extrĂ©mitĂ©s est fendue afin de pouvoir y insĂ©rer la languette du couvercle de la boĂźte et dont l’autre est recourbĂ©e en ovale pour former la poignĂ©e.
Clé universelle pour boßte à ouverture par décollage.

Les efforts d’amĂ©lioration de l’ouverture des boĂźtes portent leurs fruits. En 1894 nait la boĂźte de sardine Ă  ouverture par dĂ©collage : il suffit d’introduire dans une clĂ© spĂ©ciale une languette qui dĂ©passe du bord du couvercle et d’effectuer un mouvement de rotation de la clĂ© pour que le couvercle, se dĂ©collant du corps de la boĂźte, s’enroule autour de la clĂ©. Ce systĂšme est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© pour les conserves de sardine[41] - [Peltier 1]. Une clĂ©, dite universelle, va ĂȘtre vendue sĂ©parĂ©ment dans le commerce : de plus grande dimension et plus solide que la clĂ© Ă  usage unique qui accompagnait, au dĂ©part, chaque boĂźte vendue, elle permet d’ouvrir des boĂźtes Ă  dĂ©collage de diffĂ©rentes dimensions. En 1932 apparaissent les premiĂšres boĂźtes en acier Ă  amincissement : le systĂšme d’enroulement autour d’une clĂ© est identique mais c’est une languette de mĂ©tal qui se dĂ©tache sur le pourtour de la boĂźte, sĂ©parant le couvercle du corps comme pour les boĂźtes de corned-beef ; un systĂšme semblable mais permettant de se passer de la clĂ© et de tirer simplement la languette par la main sera mis en point en 1979[Peltier 2].

C’est grĂące Ă  l’invention, brevetĂ©e par Ermal Fraze[42] en 1967[43], du principe de l’ouverture facile pour les emballages mĂ©talliques que la grande majoritĂ© des boĂźtes fabriquĂ©es au dĂ©but du XXIe siĂšcle peuvent ĂȘtre ouvertes sans ouvre-boĂźte. De 77 % en 2002, le taux de boĂźtes Ă  ouverture par un anneau fixĂ© au couvercle prĂ©incisĂ©, par rĂ©duction (au micromĂštre prĂšs) de l’épaisseur du mĂ©tal sur la ligne d’ouverture, passe Ă  86 % en 2007 ; l’ouverture par languette permettant le dĂ©collage de l’opercule thermoscellĂ© pelable a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1990[Peltier 3] - [44] ; ce systĂšme thermoscellĂ© n’est utilisĂ© que pour des boĂźtes de moins de 400 ml. En 1995, apparait au BrĂ©sil le couvercle Dot top : en dĂ©collant une pastille plastique, on libĂšre la pression interne ce qui permet de soulever sans effort le couvercle qui peut ĂȘtre replacĂ© sur la boĂźte entre deux usages[Peltier 3].

  • Ouverture par ouvre-boĂźte.
    Ouverture par ouvre-boĂźte[N 11].
  • Ouverture au moyen d’une clĂ© par rupture d’une zone de mĂ©tal amincie sur le pourtour de la boĂźte.
    Ouverture au moyen d’une clĂ© par rupture d’une zone de mĂ©tal amincie sur le pourtour de la boĂźte[N 12].
  • Ouverture facile par anneau.
    Ouverture facile par anneau[N 13].

Quant au métal[45]

À la fin des annĂ©es 1950, l’étamage Ă  chaud, rĂ©alisĂ© par trempage des feuilles d’acier dans un bain d’étain en fusion, est progressivement[46] abandonnĂ© en faveur de l’étamage Ă©lectrolytique qui assure la maitrise de la quantitĂ© d’étain dĂ©posĂ© et permet une rĂ©duction du cout. Dans les annĂ©es 1960 dĂ©bute l’utilisation de l’aluminium (moins couteux que le fer Ă©tamĂ©) vernis sur ses deux faces, qui offre, avec une Ă©gale rĂ©sistance Ă  la corrosion par son alliage au magnĂ©sium ou au manganĂšse, une plus grande mallĂ©abilitĂ© et permet, par emboutissage, la fabrication en une seule piĂšce du corps et du fond. La boĂźte en deux piĂšces est nĂ©e.

Au dĂ©but des annĂ©es 1970, un nouveau matĂ©riau est employĂ© : le fer chromĂ© appelĂ© ECCS (Electrolytic Chromium/chromium oxyde Coated Steel) ou TFS (Tin Free Steel) et, Ă  partir de 1996, fabriquĂ© industriellement[47] par la sociĂ©tĂ© japonaise Nippon Steel. Ce nouveau matĂ©riau, moins cher que le fer-blanc et dont le mĂ©tal de base lui est identique, est recouvert par Ă©lectrolyse de chrome et d’oxyde de chrome au lieu d’étain ; verni sur ses deux faces, il est surtout utilisĂ© pour la fabrication des fonds, des couvercles (standards ou avec ouverture facilitĂ©e) et des boĂźtes embouties en deux piĂšces, rondes ou rectangulaires comme les boĂźtes Ă  sardines et Ă  filets de maquereaux, ou ovales comme les boĂźtes Ă  pilchards. Ce matĂ©riau ne peut servir de corps pour les boĂźtes en trois piĂšces car on ne peut le souder Ă©lectriquement en l’état.

Au milieu des annĂ©es 1970, l’épaisseur du mĂ©tal est rĂ©duite ; cela permet une nouvelle rĂ©duction du cout de production et l’augmentation des performances en matiĂšre de rĂ©sistance conduit Ă  l’abandon de la technique du recuit sous cloche pour le recuit en continu et Ă  la pratique d’un deuxiĂšme laminage Ă  froid. À la fin des annĂ©es 1970, la coulĂ©e de l’acier en fusion en lingots est remplacĂ©e progressivement (car cela implique de lourds investissements) par la coulĂ©e continue qui, outre le gain en termes de cout vis-Ă -vis de la coulĂ©e en lingots, donne au mĂ©tal des performances supĂ©rieures.

Quant Ă  la boĂźte[45]

La rĂ©duction de l’épaisseur du mĂ©tal a conduit Ă  gĂ©nĂ©raliser et Ă  optimiser le moulurage des corps de boĂźtes pour obtenir, voire amĂ©liorer, les performances mĂ©caniques des boĂźtes (rĂ©sistance axiale utile pour le gerbage (stockage par superposition) et rĂ©sistance radiale nĂ©cessaire pour supporter les contraintes de pression et dĂ©pression lors du cycle d’appertisation).

Le principe du soudage Ă©lectrique des corps de boĂźtes apparait vers la fin des annĂ©es 1960[48] et remplace progressivement, Ă  partir de 1975, l’agrafage et le soudage lequel Ă©tait effectuĂ© jusqu’alors avec un alliage Ă©tain/plomb. Cette technique permet de rĂ©duire la surĂ©paisseur du mĂ©tal (nĂ©faste lors du sertissage du fond ou du couvercle) provoquĂ©e par la soudure avec alliage. Elle permet aussi de supprimer tous les risques de contamination par des souillures plombifĂšres plus ou moins prĂ©sentes Ă  l’intĂ©rieur des boĂźtes et d’éviter le saturnisme.

Dans les annĂ©es 1980, le sertissage est optimisĂ© : l’emploi d’un mĂ©tal plus mince et plus dur a rĂ©duit la quantitĂ© de mĂ©tal Ă  sertir, ce qui a provoquĂ© la diminution du diamĂštre de coupe initial des fonds ou des couvercles, et Ă  diminuer aussi la largeur du bord Ă  sertir des corps de boĂźte ; le cout en est rĂ©duit d’autant.

La crĂ©ation des boĂźtes empilables, au milieu des annĂ©es 1990, induit la fabrication de fonds plus petits (donc moins chers) que les couvercles et la formation d’un rĂ©treint[N 14] d’un cĂŽtĂ© sur le corps de boĂźte.

Certaines denrĂ©es, comme le beurre ou le ghĂź, n’étant pas directement utilisĂ©es dans leur entiĂšretĂ© aprĂšs l’ouverture de la boĂźte, les fabricants munissent celle-ci d’un couvercle supplĂ©mentaire amovible, en plastique, qui protĂšge le produit le temps de sa consommation.

Processus de fabrication au XXIe siĂšcle

Photo d’un morceau de tĂŽle rectangulaire partiellement moulurĂ©e, lĂ©gĂšrement concave, issu d’un corps de boĂźte dont on a enlevĂ© par dĂ©coupe le fond et le couvercle, puis remis Ă  plat.
Tîle d’une boüte de conserve.

L’acier utilisĂ© comporte une faible teneur en carbone (de 0,03 Ă  0,13 %) ; il est fabriquĂ© sous forme de bande qui est mise en bobine aprĂšs avoir Ă©tĂ© laminĂ©e Ă  chaud et dĂ©capĂ©e Ă  la dĂ©calamineuse puis par un bain d’acide sulfurique ou chlorhydrique. L’épaisseur de la bande est ensuite rĂ©duite par un laminage Ă  froid qui Ă©tire la bande, la rendant plus solide mais cassante. AprĂšs le dĂ©graissage par brossage des deux faces de la bande et par bain dĂ©graissant chauffĂ© Ă  96 °C, le mĂ©tal est recuit pour provoquer une nouvelle cristallisation de l’acier et lui rendre de la souplesse. L’écrouissage, un lĂ©ger laminage Ă  froid, lui donne un peu de raideur et l’état de surface nĂ©cessaire. La bande d’acier est alors revĂȘtue d’étain ou de chrome avant d’ĂȘtre cisaillĂ©e aux dimensions dĂ©sirĂ©es[49].

Le fer-blanc est Ă©tamĂ© par un procĂ©dĂ© Ă©lectrolytique en continu et peut recevoir une quantitĂ© diffĂ©rente d’étain en fonction de l’extĂ©rieur ou de l’intĂ©rieur de la future boĂźte. Il est principalement utilisĂ© pour les corps de boĂźtes comportant une soudure Ă©lectrique. Le fer chromĂ© par Ă©lectrolyse Ă  partir d’un bain d’acide chromique pour l’usage alimentaire reçoit toujours une protection organique (vernis, polymĂšre) ; il est particuliĂšrement utilisĂ© pour les boĂźtes embouties et les fonds standards ou les couvercles Ă  ouverture facile[50].

Vernis

Le vernis, ou revĂȘtement organique, est utilisĂ© pour plus de 95 % des boĂźtes et constitue l’interface entre le mĂ©tal et le produit conservĂ©. Outre sa fonction de protection du contenant et du contenu qui pourrait ĂȘtre affectĂ© par un contact direct avec le mĂ©tal, il facilite la mise en forme du fer chromĂ© et de l’aluminium et amĂ©liore l’esthĂ©tique Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’extĂ©rieur de la boĂźte. Il est constituĂ© d’une base de polymĂšres, dite rĂ©sine, qui donne un film transparent, et de pigments qui opacifient le film et renforcent son inertie chimique[51].

En fonction des caractĂ©ristiques de la rĂ©sine et de son utilisation, on choisit parmi plusieurs familles de polymĂšres : les Ă©poxyphĂ©noliques (obtenus par condensation de l’épichlorhydrine et du bisphĂ©nol A, puis par polymĂ©risation) sont utilisĂ©s pour le corps et le fond des boĂźtes 3 piĂšces et pour les emboutis moyens en raison de l’équilibre qu’ils prĂ©sentent entre souplesse et rĂ©sistance ; les Ă©poxyaminoplastes conviennent aux canettes alimentaires 2 piĂšces en raison de leur inertie et peuvent ĂȘtre appliquĂ©s au pistolet ; les Ă©poxyanhydrides pigmentĂ©s Ă  l’oxyde de titane, pour leur Ă©quilibre entre souplesse et rĂ©sistance, constituent un revĂȘtement blanc intĂ©rieur et servent aux boĂźtes 3 piĂšces pour leur compatibilitĂ© au pigment de TiO2 ; les polyesters souples sont utilisĂ©s pour les intĂ©rieurs emboutis et les couvercles Ă  ouverture facile, et peuvent ĂȘtre associĂ©s en couches Ă  d’autres vernis ; les organosols vinyliques, Ă©galement souples mais qui permettent de former un film de plus de 10 Â”m, servent pour les emboutis profonds et les couvercles Ă  ouverture facile[51].

Pour les feuilles et bandes de mĂ©tal, les vernis sont appliquĂ©s « Ă  plat », avant le formage des boĂźtes, par diverses machines ; pour les boĂźtes 2 piĂšces formĂ©es et le rechampissage des soudures, ils sont appliquĂ©s au pistolet ; pour certains rechampissages et les rĂ©parations, on utilise la technique du poudrage Ă©lectrostatique ou de l’électrodĂ©position. Les vernis sont ensuite cuits (sĂ©chĂ©s) pour assurer l’évaporation des solvants et des produits volatils et, Ă©ventuellement, les rĂ©actions de polymĂ©risation nĂ©cessaires[51].

L’efficacitĂ© du revĂȘtement organique dĂ©pend de sa continuitĂ©, de sa permĂ©abilitĂ©, de sa rĂ©sistance Ă  la stĂ©rilisation et aux acides. AdhĂ©rence, souplesse, porositĂ©, rĂ©sistance Ă  la stĂ©rilisation et rĂ©sistance chimique et inertie organoleptique sont contrĂŽlĂ©s pendant et aprĂšs la fabrication des boĂźtes ; certaines de celles-ci, dĂ»ment remplies et stĂ©rilisĂ©es, sont conservĂ©es pendant plusieurs annĂ©es et pĂ©riodiquement examinĂ©es[51].

BoĂźtes en fer-blanc

Deux boĂźtes identiques, Ă  l’étiquette noire et orange avec un texte en lettre dorĂ©es annonçant des cuisses de canard confites, sont empilĂ©es exactement l’une au-dessus de l’autre. Les bords et le rĂ©treint sont en mĂ©tal dorĂ©.
Le rĂ©treint permet l’empilement sans risque d’effondrement rapide.

On dĂ©coupe d’abord des feuilles Ă  partir des bobines de fer-blanc, puis on les vernit intĂ©rieurement ou extĂ©rieurement si nĂ©cessaire ; de mĂȘme, on les imprime Ă©ventuellement.

Ces feuilles (vernies ou non, imprimées ou non) sont découpées en flans, qui sont ensuite soudés électriquement pour former les corps de boßtes.

Les soudures sont rechampies (dĂ©pĂŽt d’un vernis selon une bande d’environ 10 mm de large) Ă  l’intĂ©rieur par un vernis alimentaire (Ă©ventuellement posĂ© aussi Ă  l’extĂ©rieur).

Pour les boĂźtes non-empilables, on effectue le bordage du corps de boĂźte des deux cĂŽtĂ©s, ce qui est indispensable pour former le crochet de corps lors du sertissage ; pour les empilables, on forme simultanĂ©ment un rĂ©treint/bordage[N 15] d’un cĂŽtĂ© du corps de la boĂźte et un bord Ă  l’autre extrĂ©mitĂ©.

Si nĂ©cessaire, le moulurage (qui renforce la rigiditĂ©) peut ensuite ĂȘtre effectuĂ© avant le sertissage du fond ou du couvercle. La palettisation termine le processus[45].

ContrÎles de qualité

Formats

Sous un chapiteau, une quarantaine de grandes boĂźtes de haricots verts en morceaux sont ouvertes et prĂȘtes Ă  ĂȘtre cuisinĂ©es ; deux personnes, gantĂ©es, s’en occupent.
Grands formats pour collectivités.

L’industrie de l’emballage mĂ©tallique propose une gamme de formats trĂšs Ă©tendue : boĂźtes rondes, embouties (en fer-blanc ou aluminium), rectangulaires (de type boĂźte Ă  sardines ou barquettes pour plats cuisinĂ©s), trapĂ©zoĂŻdales (corned-beef), coniques, emboitables, aisĂ©ment ouvrables, permettant une haute qualitĂ© d’impression du dĂ©cor et tous les types de rĂ©chauffage — four, bain-marie, micro-ondes.

En boĂźtes rondes, elle utilise les formats qui dĂ©coulent du diamĂštre nominal du corps : 55, 65, 73, 83, 99, 105 et 153 ; dans chacun de ces diamĂštres, il existe plusieurs hauteurs de boĂźtes en fonction de leur contenance. À titre d’information, voici les plus importants formats utilisĂ©s en France avec leur principale destination, les fabricants des États-Unis utilisant d’autres standards[53] :

Données pour les boßtes rondes[54]
Dimensions en mm (⌀ × h) Contenance en mL Appellation Destination
55 × 37 71 1/12 ConcentrĂ© de tomates
55 × 73 142 1/6 ConcentrĂ© de tomates
65 × 70 212 1/4 US Sauces, maïs doux, champignons, etc.
65 × 100 325 Soupe
73 × 54 212 1/4 LĂ©gumes, sauces, champignons, etc.
73 × 109 425 1/2 haute LĂ©gumes, plats cuisinĂ©s, champignons, aliments pour animaux, etc.
83 × 85 425 1/2 moyenne LĂ©gumes, maĂŻs, etc.
99 × 60 425 1/2 basse Plats cuisinĂ©s, aliments pour animaux
99 × 118 850 4/4 LĂ©gumes, plats cuisinĂ©s, champignons, aliments pour animaux, etc.
105 × 205 1250 3/2 Aliments pour animaux, etc.
153 × 180 2250 ³⁄₁ LĂ©gumes, plats cuisinĂ©s pour collectivitĂ©s, etc.
153 × 240 4250 ⁔⁄₁ LĂ©gumes, plats cuisinĂ©s pour collectivitĂ©s, etc.

Pour les boĂźtes destinĂ©es aux conserves de poissons, on utilise d’autres formats dont la base est le « 4/4 poisson » de capacitĂ© 750 ml. Il existe aussi les formats de boĂźtes de formes rectangulaires.

Étiquetage et formes

Reproduction en noir et blanc d’une Ă©tiquette composĂ©e de trois parties : l’une sous la marque Hoosier Poet prĂ©sente le dessin d’un Ă©pi de maĂŻs et quelques mentions ; la seconde, plus Ă©troite, indique le nom du fabricant ; la troisiĂšme prĂ©sente le portait de James Whitcomb Riley, dit le poĂšte de l’Indiana (Hoosier Poet).
Étiquette pour conserve de maïs à l’image de James Whitcomb Riley, 1895.

Au dĂ©but, la boĂźte ne porte qu’une Ă©tiquette en papier collĂ©e sur le corps de la boĂźte ou une plaquette de fer, cuivre ou laiton, estampillĂ©e et soudĂ©e au rĂ©cipient pour permettre l’identification du produit[Peltier 4].

L’impression du dĂ©cor de la boĂźte qui intĂšgre les informations relatives Ă  son contenu est ensuite rĂ©alisĂ©e sur papier selon les techniques d’impression traditionnelles, puis par vitrauphanie avant qu’on ne passe Ă  l’impression directe sur l’acier. Les premiers essais utilisent le stencil vers 1840 ; le motif imprimĂ© en nĂ©gatif sur une feuille de papier permĂ©able est reportĂ© par pression sur le mĂ©tal[Peltier 4]. À partir de 1860 se dĂ©veloppent deux techniques : l’impression indirecte oĂč des feuilles de carton, imprimĂ©es par lithographie avec du vernis fort sont intercalĂ©es entre les feuilles de mĂ©tal, le tout Ă©tant soumis Ă  une presse Ă  bras, et l’impression directe par chromolithographie avec utilisation d’un blanchet (cylindre en caoutchouc). Le remplacement de la pierre lithographique par une plaque de zinc intervient en 1895 et la photogravure remplace la chromolithographie aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale[Peltier 4].


Au XXIe siĂšcle, le support peut ĂȘtre le papier, le plastique ou le mĂ©tal mĂȘme de la boĂźte. Les procĂ©dĂ©s d’impression sont l’hĂ©liogravure, la flexographie, la sĂ©rigraphie et l’offset[55]. Certaines boĂźtes pour sardines ou maquereaux par exemple, non dĂ©corĂ©es, ne portent que la date de pĂ©remption, les autres indications et le dĂ©cor commercial Ă©tant imprimĂ©s sur l’emballage cartonnĂ© dans lequel elles sont vendues.

Les designers graphiques doivent tenir compte des espaces nĂ©cessaires pour les indications obligatoires, variables selon les lĂ©gislations commerciales. On y retrouve gĂ©nĂ©ralement la marque, la nature des ingrĂ©dients et les additifs, la composition en protĂ©ines, lipides, glucides, etc., le type de traitement (pasteurisation, surgĂ©lation, ionisation, etc.), le poids, la date limite d’utilisation optimale ou la date limite de consommation[56], un code-barres.

Au XXIe siĂšcle, l’évolution des qualitĂ©s du mĂ©tal permet aux designers de faire preuve de crĂ©ativitĂ©, de jouer sur la forme de la boĂźte pour amĂ©liorer la vente des conserves. Dans l’uniformitĂ© gĂ©nĂ©rale des boĂźtes alignĂ©es sur les rayons, une forme nouvelle, un volume original peuvent influencer l’acheteur ; le directeur du marketing de SiebertHead (Royaume-Uni), Satkar Gidda, soulignait en 2005 : « La dĂ©cision s’effectue sur le point de vente. La liste des commissions ne comporte pas de marques, aussi le packaging a un rĂŽle critique dans le processus d’achat[57]. »

Remplissage : l’industrie agroalimentaire

Conserveries

Carte commerciale sĂ©pia montrant l’usine de conserve des frĂšres Weiss, dans l’actuelle Budapest (Hongrie), reprĂ©sentĂ©e en vue plongeante oblique. Quatre longs et imposants corps de bĂątiments entourent une cour au centre de laquelle se dresse une haute cheminĂ©e fumante, adossĂ©e Ă  un bĂątiment plus petit et Ă  son annexe. Les murs extĂ©rieurs, percĂ©s de nombreuses hautes fenĂȘtres identiques dans leur forme, donnent sur deux rues oĂč des gens, des bovins et des oies cĂŽtoient Ă  mĂȘme la chaussĂ©e une diligence et deux chariots tirĂ©s par des chevaux ; l’une des rues est bordĂ©e du mur d’une propriĂ©tĂ© bordĂ©e d’arbres, l’autre d’un chemin de fer oĂč passe un train de marchandise tractĂ© par une locomotive Ă  vapeur.
PremiĂšre usine de conserve hongroise, 1885.

Outre les modifications que la boĂźte de conserve a apportĂ©es dans l’alimentation des collectivitĂ©s, dans les habitudes alimentaires d’une grande partie des populations et dans la prĂ©paration des repas domestiques, il faut prendre en compte son impact dans d’autres domaines.

Produit de la mĂ©tallurgie, la boĂźte de conserve est le lieu de rencontre direct ou indirect de l’agriculture, de l’élevage, de la pĂȘche, de la mĂ©canisation, de l’évolution du langage et d’industries diverses. Parmi ces derniĂšres, on peut citer la moutarderie (le conditionnement des sardines en sauce moutarde, fort populaire aux États-Unis, a provoquĂ© le dĂ©veloppement de la production de moutarde par mouture Ă  pierre dans le Nord-Est du Maine de 1870 Ă  1980[58]).

En ce qui concerne les fruits et lĂ©gumes, leur mise en boĂźte est naturellement liĂ©e aux pĂ©riodes traditionnelles de production. Des recherches permettent de crĂ©er des variĂ©tĂ©s prĂ©coces pour prolonger le travail des conserveries qui dĂ©pendent des saisons. Pour les petits pois, les producteurs ont d’abord crĂ©Ă© des variĂ©tĂ©s Ă  haut rendement mais elles prĂ©sentaient le dĂ©savantage de donner un pois dur ; comme le critĂšre de qualitĂ© prĂ©fĂ©rĂ© est celui de la tendretĂ© que prĂ©sentent habituellement les pois jeunes et de petit calibre, l’industrie de la conserve a obligĂ© les agriculteurs Ă  en tenir compte et a introduit l’évaluation par tendĂ©romĂštre. On attribue Ă  la mise en conserve et en surgĂ©lation le quintuplement de la production globale du pois potager entre 1950 et 1970 en France[59].

Conserve et semi-conserve

La boĂźte mĂ©tallique est utilisĂ©e tant pour les conserves appertisĂ©es que pour les semi-conserves. Ces derniĂšres sont des produits pasteurisĂ©s, parfois stĂ©rilisĂ©s ou saumurĂ©s, destinĂ©s Ă  une conservation limitĂ©e et qui doivent ĂȘtre conservĂ©s au froid. Les semi-conserves comportent gĂ©nĂ©ralement une date de fabrication et une date limite de consommation[60].

Remplissage et processus de contrĂŽle

Le remplissage de la boĂźte s’est fait manuellement durant des dĂ©cennies puis a Ă©tĂ© automatisĂ©. Les processus sont diffĂ©rents en fonction du produit Ă  conserver et l’industrie tente en permanence de les amĂ©liorer. Voici, en exemple, une proposition de technique permettant de rĂ©duire les couts de production des produits prĂ©sentĂ©s entiers dans les boĂźtes (comme les longes de poisson) et dont la prĂ©sentation ne peut ĂȘtre altĂ©rĂ©e : ces produits sont mis en forme cylindrique dans un boyau, puis ces boyaux sont dĂ©posĂ©s dans la boĂźte. Le cout de la main-d’Ɠuvre peut ĂȘtre rĂ©duit par la section mĂ©canique au ras du corps de la boĂźte des boyaux insĂ©rĂ©s automatiquement dans les rĂ©cipients maintenus verticaux. Le dispositif fonctionne en continu et permet de remplir quelque 200 boĂźtes par minute[61].

L’opacitĂ© du matĂ©riau mĂ©tallique rendant difficile l’apprĂ©ciation visuelle du niveau par d’autres moyens, les procĂ©dĂ©s de contrĂŽle du remplissage des boĂźtes destinĂ©es aux boissons lactĂ©es notamment, font intervenir des sources radioactives. Les rĂ©cipients sont placĂ©s entre une source de rayons gamma et un dĂ©tecteur. L’intensitĂ© du rayonnement faiblit lorsque le contenu de la boĂźte vient s’interposer entre la source radioactive et le dĂ©tecteur. L’arrĂȘt du remplissage est alors dĂ©clenchĂ©[62]. Les industries utilisant ces procĂ©dĂ©s sont soumises au respect des rĂšgles de radioprotection.

Impact Ă©conomique et social

En ce qui concerne la mise en conserve de poisson, le cas de la boĂźte de sardines bretonne permet d’expliciter les modifications qui interviennent sur le plan Ă©conomique et social par l’utilisation de la boĂźte de conserve.

Tout atteste, en Bretagne, d’une mise en conserve de la sardine depuis prùs de vingt siùcles quand la boüte de conserve y fait son apparition :

Les dĂ©couvertes archĂ©ologiques montrent que les cuves pour salaison de l’époque gallo-romaine tout autour de la baie de Douarnenez ont existĂ© dans des proportions supĂ©rieures aux nĂ©cessitĂ©s locales, la sardine salĂ©e Ă©tant ensuite broyĂ©e pour devenir aprĂšs macĂ©ration une sorte de garum[Cadoret 1]. Les archives de Quimper du tout dĂ©but du XVe siĂšcle indiquent des exportations de ce poisson[Cadoret 2] et les comptes de notaires bordelais comme ceux du port de Nantes prouvent que l’exportation en futs s’est faite Ă  Ă©chelle industrielle dĂšs 1500, la sardine dite blanche Ă©tant conservĂ©e dans la saumure tandis que la « rouge » Ă©tait fumĂ©e[Cadoret 3]. Un mĂ©moire de Louis BĂ©chameil de Nointel, Ă  la fin du XVIIe siĂšcle, parle de sardines « pressĂ©es ». Un nouveau procĂ©dĂ© de conservation est en effet apparu au dĂ©but de ce siĂšcle[Cadoret 4] : la sardine prĂ©alablement salĂ©e est comprimĂ©e dans un baril par une barre de presse pour exprimer l’huile du poisson ; aprĂšs 10 Ă  12 jours de compression, les quatre Ă  cinq mille sardines contenues dans le baril se conservent sept ou huit mois. Cette mĂ©thode donnait du travail, peu avant la RĂ©volution française Ă  15 190 personnes dont 4 500 femmes[Meyer 1].

L’enjeu est modifiĂ© peu aprĂšs 1820[63] quand le Nantais Pierre-Joseph Colin (1785-1848) choisit d’utiliser la mĂ©thode d’Appert. Jusqu’alors ce confiseur[N 16] utilisait « du beurre fondu aux aromates versĂ© sur des sardines bien pressĂ©es dans un pot de grĂšs » pour prĂ©parer ses conserves « Ă  l’ancienne »[64] alors que d’autres confiseurs, comme le Nantais P. Sellier, utilisaient des boĂźtes en fer-blanc soudĂ©es[3]. En 1824, Colin ouvre une vĂ©ritable usine[65] - [N 17] et vend aux navires au long cours des sardines frites appertisĂ©es qui se conservent plusieurs annĂ©es, d’abord dans des bocaux puis, trĂšs vite, dans des boĂźtes mĂ©talliques.

Entre deux corps de bùtiments se faisant face, un trÚs grand espace est entiÚrement occupé par une trentaine de longues tables dressées sur des tréteaux de bois. Une quarantaine de femmes en coiffes blanches, longues robes sombres à manches longues et tabliers, disposent, bien espacées, des sardines à sécher sur cinq tables, les autres plateaux étant déjà garnis.
SĂ©chage des sardines.

À la suite du succĂšs de Colin, l’industrie de la conserve se dĂ©veloppe Ă  Nantes pendant le XIXe siĂšcle (Cassegrain, Amieux, Saupiquet, etc.) et nombre d’usines sont crĂ©Ă©es par les industriels nantais sur les cĂŽtes bretonne et vendĂ©enne. À la fin du siĂšcle, l’association d’un ferblantier, Jules Joseph Carnaud, et d’une usine sidĂ©rurgique locale, les Forges de Basse-Indre, aboutit Ă  la crĂ©ation en 1902 de l’entreprise qui va devenir leader en France dans le domaine de la boĂźte de conserve : JJ Carnaud et Forges de Basse-Indre (en abrĂ©gĂ© Carnaud-Basse-Indre).

Si la « presse » conserve pendant plusieurs dĂ©cennies la faveur des petits producteurs (car elle ne demande ni connaissances ni matĂ©riel particulier et se rĂ©alise Ă  la maison), elle va devoir cĂ©der le pas Ă  la boĂźte de conserve. Les sardines, salĂ©es, triĂ©es par taille, Ă©tĂȘtĂ©es, vidĂ©es sans abimer l’arĂȘte principale, sont lavĂ©es avant d’ĂȘtre saumurĂ©es puis exposĂ©es au soleil pour sĂ©chage, cuites, relavĂ©es (Ă  l’eau de mer), plongĂ©es dans de l’huile chauffĂ©e Ă  120 ou 130 °C, emboitĂ©es « en blanc » (le ventre en l’air) ou « en bleu » (le dos au-dessus)[66], couvertes d’huile ; les boĂźtes sont ensuite soudĂ©es et appertisĂ©es[Meyer 2]. La pĂȘche de la sardine Ă©tant saisonniĂšre, les usines fonctionnent aussi grĂące au maquereau, au thon et, dĂšs les annĂ©es 1850, par la mise en boĂźte de lĂ©gumes en certains endroits, de salaisons ailleurs[64]. À partir de 1861, les sardines françaises, grĂące Ă  la signature du TraitĂ© franco-anglais de 1860 (un traitĂ© de libre-Ă©change), s’exportent vers les colonies anglaises, l’AmĂ©rique et l’Australie. Elles profitent de la guerre de CrimĂ©e puis de la guerre de SĂ©cession car les armĂ©es ont besoin d’aliments en conserves. La France devient le premier exportateur mondial de sardines en boĂźte[17] ; en 1880, elle produit cinquante millions de boĂźtes de sardines par an[67]. En 1888 pourtant, les ouvriers soudeurs se mettent en grĂšve car leur salaire est menacĂ© d’une rĂ©duction de 25 % ; le succĂšs qu’ils remportent ne sera pas renouvelĂ©[Meyer 3]. Vers 1890, les marins dĂ©pendent totalement des usines de conserve qui leur imposent des prix de vente dĂ©risoires. La concurrence entre usiniers provoque une modification des conditions de pĂȘche, tant au niveau de l’architecture mĂȘme des bateaux qu’à celui des conditions de vente ; les premiers trains de marĂ©e[N 18] sont crĂ©Ă©s, qui fixent une heure de retour obligatoire sans tenir compte des conditions maritimes ou atmosphĂ©riques[Cadoret 5]. En 1896, on compte 21 grĂšves qui Ă©chouent ; les machines remplacent les hommes et ce sont des femmes qui y travaillent pour un salaire de loin infĂ©rieur[Meyer 3]. L’introduction des sertisseuses permet de fermer 300 Ă  400 boĂźtes par heure alors qu’un soudeur pouvait en clore 70 dans le mĂȘme laps de temps[Meyer 4]. L’arrivĂ©e de nouvelles machines qui rĂ©duisent encore le nombre d’emplois des ouvriers soudeurs, en 1906-1907, provoque une importante crise sociale et des Ă©meutes, d’autant que la Bretagne a connu plusieurs saisons de pĂȘche peu rentables et la concurrence des conserves Ă©trangĂšres[Cadoret 6]. La PremiĂšre Guerre mondiale redonne un temps souffle Ă  la conserverie mais les conditions de travail restent des plus mĂ©diocres et provoquent la grĂšve des sardiniĂšres.

Travail des femmes

Une dizaine de femmes jeunes et ĂągĂ©es sont assises, serrĂ©es, de part et d’autre de deux tables, qui sur un tonneau servant de siĂšge, qui sur un banc, occupĂ©es Ă  nettoyer des lĂ©gumes ; deux d’entre elles Ă©changent quelque mots sous le nez d’une troisiĂšme tandis qu’une surveillante, debout, les observe. Certaines sont en cheveux, d’autres sont coiffĂ©es d’un foulard de couleur unie ou d’une coiffe blanche ; les corsages, souvent bleu-gris ou vert grisĂątre sont parfois cachĂ©s d’un chĂąle croisĂ© sur la poitrine et nouĂ© dans le dos.
Préparation des denrées, 1879, tableau de Max Liebermann.
Photographie en noir et blanc d’une immense salle que les verriĂšres du plafond, qui repose sur des poutres et des pilastres, Ă©clairent chichement. À perte de vue se rĂ©pĂštent les rangĂ©es de mĂȘmes machines actionnĂ©es par des femmes assises, en coiffes et longs tabliers blanc. De rares hommes dĂ©ambulent dans les allĂ©es, surveillant

Fabrication des boßtes dans les années 1900.

Comme dans les biscuiteries, les chocolateries et les confiseries, la main-d’Ɠuvre est essentiellement fĂ©minine au XIXe siĂšcle dans les petites ou grandes entreprises, que ce soit au niveau de la fabrication de la boĂźte pour le sertissage, ou au niveau de la conserverie oĂč les denrĂ©es sont prĂ©parĂ©es et mises en boĂźte. Pour reprendre l’exemple de la sardine bretonne : en 1905, Ă  Douarnenez, « il y avait Ă  peu prĂšs trente femmes pour un homme. Les hommes travaillaient dans les mĂȘmes usines, mais sĂ©parĂ©s. Il y avait les soudeurs, puis ceux qui sertissaient les boĂźtes. Au fur et Ă  mesure qu’on ne soudait plus, il y avait besoin de moins d’hommes[65]. » ; la grĂšve des ouvriĂšres Ă©clate et les patrons usiniers proposent d’accepter les revendications des sardiniĂšres Ă  condition d’acheter moins cher le poisson ; comme ces femmes sont en majoritĂ© Ă©pouses de pĂȘcheurs, cela revient au mĂȘme sur le plan des revenus mais Ă©quivaut Ă  mettre en balance, dans le domaine privĂ©, le travail de la femme et de l’homme[Meyer 4]. En 1910, la pĂȘche bretonne occupe 20 000 marins et donne du travail Ă  30 000 ouvriĂšres[Meyer 5]. Mais pour celles qui sont Ă©pouse ou mĂšre de marins, le ramendage (rĂ©paration) et la tannĂ©e (trempage avec du sulfate de fer) des filets, et encore le ravaudage des cirĂ©s de toile blanche qui Ă©corche les mains s’ajoutent Ă  la tenue du foyer et au travail de l’usine oĂč le salaire dĂ©pend du nombre de sardines traitĂ©es et non du temps travaillĂ©. La revendication d’un salaire horaire par les sardiniĂšres de Douarnenez lors de la grĂšve des « Penn[N 19] sardines », du 21 novembre 1924 au 6 janvier 1925, menĂ©e par 1 606 femmes pour 495 hommes, va avoir un retentissement national[65]. Manifestations et incidents graves se succĂšdent et atteignent le point culminant lors de l’utilisation d’armes Ă  feu par les briseurs de grĂšve engagĂ©s par les patrons ; six personnes, dont le maire communiste Daniel Le Flanchec, sont atteintes. Les grĂ©vistes obtiennent finalement quasi-satisfaction (1 franc de l’heure Ă  la place du 1,25 franc demandĂ©, le paiement d’heures supplĂ©mentaires et le droit syndical[68]) et lors des Ă©lections municipales de la mĂȘme annĂ©e, JosĂ©phine Pencalet (1886-1972) est Ă©lue conseillĂšre municipale ; elle ne peut cependant siĂ©ger car, les femmes ne disposant pas alors du droit de vote, le scrutin va ĂȘtre invalidĂ©. Penn sardines, un tĂ©lĂ©film de Marc RiviĂšre tournĂ© en 2004, rappelle cette grĂšve.

Au XXIe siÚcle, dans les pays en développement, par exemple au Ghana, ce sont encore des femmes qui sont majoritairement employées dans la conserverie de thon[69].

Utilisation : le consommateur

« Une boĂźte de conserve, par exemple, caractĂ©rise mieux nos sociĂ©tĂ©s que le bijou le plus somptueux ou que le timbre le plus rare. Il ne faut donc pas craindre de recueillir les choses mĂȘme les plus humbles et les plus mĂ©prisĂ©es [
] En fouillant un tas d’ordures, on peut reconstituer toute la vie d’une sociĂ©tĂ© »

— Marcel Mauss[70].

Banalisation

Photographie en noir et blanc d’un Ă©picier souriant, cravatĂ©, portant un tablier blanc Ă  bretelle unique passant derriĂšre le cou, coiffĂ© d’un calot publicitaire ; l’homme s’appuie Ă  une machine distributrice de cafĂ© et Ă  un comptoir surmontĂ© de panneaux publicitaire ou annonçant les prix de marchandises. DerriĂšre lui, l’étagĂšre qui court tout le long du mur est remplie d’une multitude de boĂźtes de conserve, parfois cachĂ©es par des calicots publicitaires supplĂ©mentaires, donnant l’impression qu’il n’y a plus 1 cm2 de disponible.
Magasin américain en 1941.

Avec le dĂ©barquement de la Seconde Guerre mondiale, les G.I.[N 20] popularisent fortement la boĂźte de conserve qui va devenir en Europe un objet des plus banals, comme elle l’est dĂ©jĂ  en AmĂ©rique, et l’un des symboles de la sociĂ©tĂ© de consommation[71]. Elle contribue en deux gĂ©nĂ©rations, avec la machine Ă  laver, le rĂ©frigĂ©rateur et la gaziniĂšre, Ă  modifier l’environnement technique domestique et donc la reprĂ©sentation mentale de la conception mĂȘme du travail, du temps, de l’argent, etc.

Elle est la marque d’une production uniformisĂ©e, standardisĂ©e Ă  laquelle s’opposent les produits du terroir qui incarnent les valeurs du passĂ©[72].

Il en va de mĂȘme pour la boĂźte mĂ©tallique utilisĂ©e pour les boissons, fabriquĂ©e quasiment de la mĂȘme maniĂšre dans les annĂ©es 1960, mais dont le contenu n’est pas appertisĂ© : si l’eau et les sodas sont vendus en canettes de mĂ©tal, les biĂšres trappistes et les grands crus de vin, par exemple, ne sont pas conditionnĂ©s de cette façon.

En temps de crise (comme celle de 2008), les consommateurs se dĂ©tournent des produits frais au profit de ceux en conserve[73], Ă©conomiquement plus abordables malgrĂ© une hausse de l’ordre de 20 % Ă  25 % du prix des boĂźtes essentiellement due aux aciĂ©ristes qui avaient appliquĂ©, en 2009, une hausse de 45 % Ă  50 % du mĂ©tal pour emballage[74].

Pour les animaux

Vue en couleur, tout en longueur, d’un interminable rayon de nourriture pour animaux : au sol, ce sont les sacs de croquettes, au-dessus cinq Ă©tages sont remplis de boĂźtes de conserve et le sixiĂšme et dernier supporte les boĂźtes en cartons de biscuits en forme d’os. La seule rupture de cet alignement est un Ă©troit renfoncement central oĂč sont prĂ©sentĂ©s jouets et laisses.
Rayon du pet food dans un supermarché, à New York.

Il semble que l’utilisation de la boĂźte de conserve pour la nourriture animale ait commencĂ© aux États-Unis, aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale avec la mise en conserve de viande de cheval par P. M. Chapel, sous la marque Ken-L-Ration ; l’étiquette insistait sur le fait que cette nourriture proposĂ©e au chien Ă©tait aussi pure que celle servie Ă  la table des maitres et mettait en scĂšne des chiens anthropomorphisĂ©s jouant au poker[75] afin de convaincre les propriĂ©taires d’animaux de ce que les restes de table ne constituaient pas une nourriture satisfaisante pour leurs animaux.

Les firmes Gaines Food et Chappel Brothers Ltd produisent des boĂźtes pour chiens et chats dans les annĂ©es 1930 en Angleterre mais ce secteur d’activitĂ© connait une crise importante durant la Seconde Guerre mondiale en raison du rationnement du mĂ©tal et du fait que ce type de produit n’est pas considĂ©rĂ© comme essentiel[76]. Durant cette mĂȘme guerre, le Dr Mark Morris qui avait dĂ©jĂ  commercialisĂ© des aliments pour chiens en bocaux au New Jersey, utilise la boĂźte de conserve pour pallier la fragilitĂ© du verre et son manque de disponibilitĂ©[77].

Le marché des aliments en conserve (dits aussi produits humides, par opposition aux produits secs que constituent les croquettes) pour animaux de compagnie dépend dÚs le milieu du XXe siÚcle de groupes comme Mars Incorporated, Nestlé, Colgate-Palmolive, etc. et va se développer ; ses produits appertisés[78] (en boßtes métalliques, en barquettes et en sachets souples), soumis au contrÎle des agences de sécurité alimentaires, se vendent en épicerie, au supermarché et dans les animaleries[79]. La boßte de conserve a totalement intégré la sphÚre domestique.

Dans le langage

Par mĂ©tonymie, on se met Ă  utiliser au XXe siĂšcle l’expression « boĂźte de conserve » pour parler du contenu des boĂźtes et non de la boĂźte mĂ©tallique elle-mĂȘme (exemple trouvĂ© sur un forum : « Quelle est la valeur nutritive (nutriments, minĂ©raux, vitamines) d’une boĂźte de conserve aprĂšs plusieurs annĂ©es de conservation au-delĂ  de la date limite de pĂ©remption [80]? »).

Produit de masse qui enferme hermĂ©tiquement quelque chose, destinĂ© Ă  ĂȘtre jetĂ© aprĂšs usage, la boĂźte mĂ©tallique prĂ©sente parfois une connotation nĂ©gative qui peut s’exprimer durement. Ainsi le comitĂ© d’étude des rĂ©sultats de la consultation nationale auprĂšs des jeunes demandĂ©e par Édouard Balladur en 1994, qui Ă©tablit une typologie de six catĂ©gories de jeunes, leur donne des noms imagĂ©s, notamment : « « l’Ɠuf » : le jeune Ă  la recherche d’un cocon protecteur et manquant de stabilitĂ©, « l’oursin » : repliĂ© sur lui-mĂȘme et vivant sur la dĂ©fense, « la balle » : le jeune capable de rebondir, optimiste et issu des milieux favorisĂ©s, « la boĂźte de conserve Ă©crasĂ©e » signifiant les exclus [81] ! »

Nutrition

Photo de huit boßtes de conserve, rondes et de faible hauteur, numérotées.
Nourriture pour astronautes : 1. Bacon, 2. BƓuf, 3. Fromage, 4. Mets de viande accompagnĂ©e de prunes et lĂ©gumes, 5. ƒufs brouillĂ©s au jambon, 6. Aspic d’esturgeon en sauce tomate, 7. Poulet aux Ɠufs, 8. Caviar dans un aspic de sauce tomate. Technik Museum Speyer Ă  Spire.

Olivier Picot, ancien prĂ©sident de l’Uppia (Union interprofessionnelle pour la promotion des industries de la conserve appertisĂ©e) et de la FIAC (FĂ©dĂ©ration française des industries d’aliments conservĂ©s), auteur de L’avenir est dans la boĂźte, fait remarquer que « le vocabulaire lui-mĂȘme piĂšge la conserve au petit jeu des paradoxes : qui dit conserve pense conservateur. Par dĂ©finition, il n’est besoin d’aucun produit conservateur dans la conserve[Peltier 5]. » L’appertisation permet en effet de rester au plus proche du produit frais, ne modifiant pas sa composition en protĂ©ines, glucides et lipides. La qualitĂ© du produit mis en boĂźte ne dĂ©pend que de celle des denrĂ©es de base et du soin mis Ă  la fabrication tant du contenant que du contenu.

En ce qui concerne les vitamines, celles (A et B) qui sont hydrosolubles se retrouvent partiellement dans l’eau de cuisson — raison pour laquelle il est conseillĂ© d’intĂ©grer l’« eau » de la boĂźte Ă  la prĂ©paration culinaire[Peltier 6]. On considĂšre que le produit appertisĂ© conserve en moyenne 70 % des vitamines alors qu’il en garde de 83 Ă  53 % selon le mode de prĂ©paration mĂ©nagĂšre[Peltier 6]. L’appertisation prĂ©serve aussi correctement les omĂ©ga-3 et mieux, dans la durĂ©e, que la congĂ©lation[Peltier 6].

La rapiditĂ© de traitement, pour la mise en boĂźte, des fruits et lĂ©gumes, viandes et poissons, permet Ă  l’aliment de garder plus de qualitĂ©s nutritionnelles que pour des produits vendus frais mais qui ont dĂ» subir le dĂ©lai d’entreposage et de transport nĂ©cessaires pour passer du lieu de production au lieu de vente. Exemple : une seule journĂ©e d’entreposage fait perdre 20 % de vitamine C aux haricots verts, 30 % aux Ă©pinards et 40 % aux asperges[Peltier 7].

Le contenu de boĂźtes appertisĂ©es, soumis au Nevada en 1955 Ă  des tests de la dĂ©fense civile contre la bombe atomique, s’est rĂ©vĂ©lĂ© apte Ă  la consommation[82].

La mise en conserve a permis de varier des menus souvent composĂ©s de fĂ©culents et de cĂ©rĂ©ales. Mais celle en boĂźte mĂ©tallique prĂ©sente l’avantage sur celle en bocal de la robustesse, de la facilitĂ© de manipulation et d’ouverture ; elle convient donc davantage Ă  ceux qui voyagent ou se trouvent dans des situations de survie, mettant aussi Ă  leur disposition beurre et fromage[83]. Elle est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e par les associations humanitaires et les banques alimentaires qui apportent leur soutien aux dĂ©munis.

AbritĂ© par un auvent mi-jaune, mi-bleu Ă  rayures blanches, un commerçant emmitouflĂ© dans une veste chaude et portant casquette et Ă©charpe, se tient debout derriĂšre son Ă©tal oĂč se trouve empilĂ©e une centaine de boĂźtes de formes et contenances variĂ©es de produits fins.
Étal de conserves fines sur un marchĂ© parisien.

Gastronomie

La boĂźte de conserve offre aussi au consommateur la possibilitĂ© d’acheter des produits finis, Ă  simplement rĂ©chauffer ou Ă  consommer directement au sortir de l’emballage, dans une gamme qui va des mets les plus simples aux plus raffinĂ©s, ceux-ci bĂ©nĂ©ficiant du dĂ©veloppement du tourisme pour les classes aisĂ©es. Le Guide Tinnenbrock des Environs de Paris indique d’ailleurs, en 1885[84], les adresses oĂč se procurer des « boĂźtes de conserve Ă  chauffoir indispensables Ă  toute partie de campagne ». Ces boĂźtes sont munies, dans leur partie infĂ©rieure d’un rĂ©servoir d’esprit-de-vin dans lequel trempe une mĂšche qui, une fois allumĂ©e, permet de rĂ©chauffer l’aliment[85].

La boĂźte a offert et offre toujours aux producteurs la possibilitĂ© d’étendre la vente de mets traditionnels au-delĂ  de l’aire habituelle de diffusion, faisant ainsi connaitre certains produits dans le monde entier et perpĂ©tuant un savoir-faire local qui aurait pu disparaitre par abandon de la cuisine ou des conserves familiales traditionnelles[Peltier 8].

Si le cassoulet, le confit de volaille, le vol-au-vent, les carbonades, le couscous, le taboulĂ© ou la choucroute entrent dans la gamme alimentaire courante de certains pays, d’autres mets, jadis considĂ©rĂ©s comme produits de luxe accessibles aux seuls riches gourmands dans les mĂȘmes rĂ©gions, comme la bisque, la truffe ou le foie gras, deviennent accessibles — quoique souvent rĂ©servĂ©s aux repas gastronomiques ou de fĂȘte —, dans la seconde partie du XXe siĂšcle, Ă  une large frange de la population, et diverses firmes ont pu garder et dĂ©velopper leur notoriĂ©tĂ©, nĂ©e dans la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, grĂące Ă  la conserve mĂ©tallique.

Risques

Au sortir de la stĂ©rilisation, les boĂźtes qui ont Ă©tĂ© soumises Ă  une forte chaleur, prĂ©sentent une dĂ©formation des fonds et des couvercles vers l’extĂ©rieur ; lors de la phase de refroidissement qui suit, ils reprennent leur aspect primitif. S’ils ne le font pas ou s’ils se dĂ©forment Ă  nouveau aprĂšs un temps plus ou moins long, la boĂźte est dite « bombĂ©e ». Une boĂźte peut ĂȘtre bombĂ©e (gonflĂ©e) Ă  la suite :

  1. du dĂ©gagement de gaz provoquĂ© par la multiplication des microorganismes encore actifs dans la denrĂ©e soit en raison d’une stĂ©rilisation insuffisante, soit par recontamination du produit correctement stĂ©rilisĂ© Ă  cause d’une fuite dans la boĂźte ;
  2. du dégagement de gaz par suite de réactions chimiques dans le récipient ;
  3. du dégagement de gaz contenus dans la denrée ;
  4. d'une surpression par dilatation des fibres du produit ;
  5. d'une surpression par congélation de la denrée.

Il peut arriver qu’une boĂźte bombĂ©e, subissant une pression intĂ©rieure de 2 Ă  3 bars, explose[86].

Agrandissement photographique de la coupe de deux sertis ; celui de gauche est incorrect car le mĂ©tal n’est pas correctement recourbĂ© et permet Ă  l’air de s’infiltrer Ă  l’intĂ©rieur de l’emballage, celui de droite est correct car les crochets constituants le serti sont parfaitement juxtaposĂ©s et jointifs.
Coupes d’un serti de boüte. Incorrect à gauche, correct à droite.

Le premier cas est celui du bombage biologique qui rĂ©sulte gĂ©nĂ©ralement de fuites minimes qui donnent accĂšs aux micro-organismes pendant la pĂ©riode de refroidissement, quand se produit la dĂ©pression intĂ©rieure. Ces fuites ne sont ensuite pas repĂ©rables Ă  l’Ɠil nu car au retour de la pression normale, elles sont bouchĂ©es par des particules du contenu et retrouvent une Ă©tanchĂ©itĂ© qui dissimule le fait que la denrĂ©e ait Ă©tĂ© contaminĂ©e. Il peut arriver aussi que la soudure du corps de boĂźte ou le sertissage n’ont pas Ă©tĂ© correctement effectuĂ©s, ce qui est indĂ©tectable sans procĂ©der Ă  une analyse minutieuse de toute la boĂźte.

Le second cas peut rĂ©sulter de l’action chimique du produit sur le mĂ©tal lorsque celui-ci, par exemple, attaquĂ© par les acides des fruits, provoque un dĂ©gagement d’hydrogĂšne.

Le troisiĂšme cas ne provoque habituellement qu’un lĂ©ger flochage (le fond ou le couvercle gonfle sous un choc mais reprend sa position et la garde lorsqu’on comprime manuellement la boĂźte) ; la stĂ©rilisation a arrĂȘtĂ© l’action des microorganismes mais a fait se dĂ©gager les gaz inhĂ©rents au produit (comme les champignons qui renferment beaucoup de gaz). Un prĂ©chauffage (dit « exhaust ») du produit avant la stĂ©rilisation proprement dite Ă©limine ce type d’inconvĂ©nients.

La surpression par dilatation des fibres du produit rĂ©sulte d’un remplissage excessif de la boĂźte avec, par exemple, des petits pois ou des haricots.

La congĂ©lation de la denrĂ©e produit une pression par augmentation du volume d’eau sans qu’il y ait quelque contamination que ce soit.

Le bombage de la boĂźte doit dans tous les cas alerter le consommateur qui ne consommera pas le produit. C’est aux experts qu’il appartient de dĂ©terminer, par diverses mĂ©thodes comme celles de Belser, Cheftel ou Mormann, si la responsabilitĂ© du bombage doit ĂȘtre attribuĂ©e au fabricant de la conserve ou Ă  celui de la boĂźte.

SchĂ©ma lĂ©gendĂ© prĂ©sentant la couche de fer recouverte d’une couche d’étain, le tout Ă©tant surmontĂ© d’eau, avec une petite perforation du revĂȘtement mĂ©tallique par laquelle l’eau s’infiltre.
Corrosion galvanique d’une tĂŽle d’acier Ă©tamĂ©e en milieu aqueux.

Étant donnĂ© que la fabrication de la boĂźte met en contact des mĂ©taux (acier et Ă©tain), il peut se produire une corrosion galvanique (pouvant aller jusqu’au percement de la boĂźte) en prĂ©sence d’eau ou de l’acide citrique frĂ©quent dans les liquides alimentaires.

Dans la boĂźte, l’étain, rĂ©agissant comme une anode sacrificielle, se dissout trĂšs lentement mais son absorption par l’homme ne parait pas donner d’effets nĂ©gatifs Ă  long terme. « Le risque potentiel majeur couru par certains individus du fait d’une ingestion aiguĂ« semble ĂȘtre une irritation gastrique »[27]. Cette dissolution de l’étain, connue pour garder Ă  certains aliments (asperges, fruits clairs, jus de fruits clairs et produits Ă  base de tomates) leurs caractĂ©ristiques de gout et de couleur peut modifier la coloration d’autres comme les betteraves ou les baies ; c’est l’une des raisons de l’utilitĂ© des vernis appliquĂ©s Ă  l’intĂ©rieur des boĂźtes. L’épaisseur de ce revĂȘtement dĂ©pend du type de produit Ă  conserver ; une Ă©paisseur de 4-ÎŒm suffit pour les abricots ou les haricots mais il en faut 8-12 ÎŒm pour le concentrĂ© de tomate[27].

Un autre danger pourrait dĂ©couler du non-respect des rĂšgles d’hygiĂšne lors du traitement des conserves potentiellement rĂ©cupĂ©rables car il arrive qu’on reconditionne des denrĂ©es pour pouvoir remettre en Ă©tat leur rĂ©cipient[87].

Recommandations

Photo en couleurs d’une canette de boisson rouillĂ©e et percĂ©e, abandonnĂ©e sur un terrain caillouteux.
VĂ©rifier attentivement l’état de la boĂźte


De façon gĂ©nĂ©rale, il est vivement dĂ©conseillĂ© de consommer le contenu de boĂźtes bombĂ©es ou bosselĂ©es[88] - [89] - [90], rouillĂ©es ou suintantes[N 21]. Bien que des conserves appertisĂ©es aient rĂ©vĂ©lĂ© que les denrĂ©es Ă©taient encore bonnes des dizaines d’annĂ©es aprĂšs leur conditionnement, il est strictement recommandĂ© de ne pas utiliser de conserves sans date de pĂ©remption ou Ă  la date de pĂ©remption dĂ©passĂ©e[88], oĂč que ce soit dans le monde, sans oublier que des conserves pĂ©rimĂ©es sont en circulation[91]. La date limite d’utilisation optimale (DLUO) figurant sur les boĂźtes de conserve appertisĂ©es limite la pĂ©riode de responsabilitĂ© de la conserverie : si le contenu prĂ©sente avant cette date une odeur ou un aspect anormal, le fabricant est tenu pour responsable ; aprĂšs cette date, c’est au consommateur d’apprĂ©cier l’état des denrĂ©es et de choisir de les consommer ou non[N 22].

Des bacilles d’Eberth prĂ©sents dans une eau de refroidissement qui n’avait pas Ă©tĂ© chlorĂ©e ont contaminĂ© le contenu de boĂźtes de corned-beef mal fermĂ©es en 1964 ; le bilan a Ă©tĂ© de 400 personnes atteintes de fiĂšvre typhoĂŻde[92]. D’autre part, en 1982, l’hospitalisation d’un couple belge pour soupçon de botulisme et le dĂ©cĂšs du mari ont ouvert une enquĂȘte de la FDA qui a provoquĂ© l’examen de 500 000 boĂźtes de saumon d’Alaska (parmi lesquelles 22 Ă©taient dĂ©fectueuses) et le rappel de plus de 50 millions de boĂźtes ; le dĂ©faut consistait en un minuscule orifice produit par une machine de remise en forme des boĂźtes qui Ă©tait utilisĂ©e dans toutes les conserveries de l’Alaska[93].

Toxicité du bisphénol A

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA), qui avait dĂ©clarĂ© le bisphĂ©nol A sans danger en 2008, a conclu en janvier 2010 sur la foi de nouvelles Ă©tudes Ă  « des effets potentiels sur le cerveau et sur la prostate des bĂ©bĂ©s et des fƓtus »[94]. À la suite de cela, et en vertu du principe de prĂ©caution, elle soutient les industriels amĂ©ricains qui ont dĂ©cidĂ© de ne plus utiliser le bisphĂ©nol A dans les revĂȘtements intĂ©rieurs des boĂźtes de conserve contenant des aliments pour bĂ©bĂ©s[95]. Ce monomĂšre intervient dans la fabrication industrielle par polymĂ©risation de plastiques de type polycarbonate et de rĂ©sines Ă©poxy, ces derniĂšres entrant dans la composition des vernis utilisĂ©s pour le revĂȘtement intĂ©rieur et extĂ©rieur des boĂźtes de conserve. Subsistant partiellement en fin de rĂ©action de la prĂ©paration du polymĂšre, il peut contaminer l’aliment alors qu’il prĂ©sente un potentiel de toxicitĂ©. En 2010, les agences de sĂ©curitĂ© alimentaire canadiennes[96] et europĂ©ennes[97] Ă©tudient attentivement ce produit suspectĂ© d’affecter la santĂ© humaine comme l’affirme le WWF[98].

En France, la présence du Bisphénol A est interdite depuis le 1er janvier 2015[99] et y est remplacé notamment par les bisphénol B et bisphénol S, tous deux aussi nocifs sinon plus[100] - [101] - [102] - [103] - [104].

Dans une étude de 2010, les aliments en conserve qui contenaient le plus de bisphénol A étaient le thon et la soupe concentrée, ce qui pourrait s'expliquer par une plus haute teneur en matiÚres grasses, facilitant la migration du bisphénol[105].

Pollution et recyclage

Dans un grand hall en bĂ©ton gris, une quinzaine d’énormes parallĂ©lĂ©pipĂšdes rectangles forment comme un haut mur ; chacun est formĂ© de centaines de boĂźtes de conserve compressĂ©es.
BoĂźtes compressĂ©es prĂȘtes Ă  partir au recyclage.
Dans une sorte de trĂ©mie-canal mĂ©tallique peinte en vert, passent des dizaines de canettes de boisson usagĂ©es qu’un homme noir de peau, gantĂ© et en uniforme de travail, surveille attentivement.
Tri manuel à l’US Navy, 2005.
Devant une maison, un enfant gantĂ© tient la laniĂšre plastique d’un sac fermĂ©, quatre Ă  cinq fois pour gros que le garçonnet. Tout autour, ce ne sont qu’autres sacs plastiques, de toutes dimensions, ouverts ou Ă©ventrĂ©s, contenant tous des canettes, boĂźtes de conserve ou bouteilles usagĂ©es. Dans l’encoignure de la porte, prĂšs d’une chaise vide, une femme en robe Ă  carreaux bleus et blanc regarde discrĂštement le photographe comme le fait aussi une autre, chapeautĂ©e, qui est partiellement dissimulĂ©e par l’enfant.
Enfant procédant au tri de déchets parmi lesquels on trouve des canettes de boissons en vue de leur réutilisation ou de leur recyclage à HÎ Chi Minh-Ville.

Plus de 80 milliards[106] de boĂźtes sont produites chaque annĂ©e dans le monde, soit quasiment autant de dĂ©chets qui doivent ĂȘtre gĂ©rĂ©s. En acier ou aluminium, la boĂźte de conserve est recyclable et l’étain est rĂ©cupĂ©rĂ© grĂące au chlorure d'Ă©tain(IV).

Les pays industrialisĂ©s considĂšrent que ce recyclage constitue l’un des points essentiels de leur politique de dĂ©veloppement durable, d’autant que la boĂźte peut atteindre un taux de recyclage pratique trĂšs Ă©levĂ© (le taux thĂ©orique est de 100 % et le mĂ©tal recyclĂ© peut ĂȘtre lui-mĂȘme recyclĂ© entiĂšrement et indĂ©finiment). Un tri sĂ©lectif des dĂ©chets a Ă©tĂ© organisĂ© auprĂšs des particuliers et des entreprises.

Pour rĂ©pondre Ă  la directive europĂ©enne 75/442/CEE de 1975 qui a inscrit dans son article 3 : « Les États membres prennent les mesures appropriĂ©es pour promouvoir la prĂ©vention, le recyclage et la transformation des dĂ©chets, l’obtention Ă  partir de ceux-ci de matiĂšres premiĂšres et, Ă©ventuellement, d’énergie, ainsi que toute autre mĂ©thode permettant la rĂ©utilisation des dĂ©chets », les États de l’Union europĂ©enne ont favorisĂ© la mise en place de filiĂšres qui rassemblent producteurs de mĂ©tal, fabricants d’emballages et conserveries. Selon l’APEAL, plus de 2,5 millions de tonnes d’emballages mĂ©talliques (boĂźtes et canettes) ont Ă©tĂ© recyclĂ©es en 2007 en Europe[107] - [108].

D’autre part, les progrĂšs de l’industrie mĂ©tallurgique ayant permis la rĂ©duction de l’épaisseur des boĂźtes (de 20 Ă  30 %), celles-ci, plus Ă©conomes en matiĂšres premiĂšres et en Ă©nergie, sont devenues plus lĂ©gĂšres ; comme l’amĂ©lioration des formes a rendu ces emballages plus compacts et empilables, de grandes quantitĂ©s de produits peuvent ĂȘtre transportĂ©s dans un volume plus limitĂ©. Ces diffĂ©rents facteurs permettent de diminuer l’empreinte carbone.

Dans bien des pays, cependant, le recyclage n’est pas encore organisĂ© et les dĂ©charges constituent des lieux de travail pour adultes comme enfants.

DĂ©tournement

Récupération / transformation

La boĂźte de conserve est l’objet idĂ©al de rĂ©utilisation dans la vie courante ; elle a Ă©tĂ© transformĂ©e en outils (arrosoir contre la poussiĂšre dans les classes d’école[109], clou, marteau et protĂšge-piquet[110], Ă©pandeur[111]), ustensiles de cuisine (bouchon[112], couteau, mortier, fourneau[113], faisselle[114], gamelle[115], verre doseur pour les pays pauvres[116] - [117] - [118]), jeux (ballon de football[119] et jeu « de massacre » — dit aussi « Chamboule tout » — Ă  la maison, Ă  l’école ou sur les foires) ou tĂ©lĂ©phone acoustique (systĂšme qui fut Ă  la base de la crĂ©ation du tĂ©lĂ©phone par Elisha Gray[120]). Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a permis aux prisonniers de guerre de se fabriquer des rĂ©chauds de fortune Ă  combustion lente, la « choubinette »[121]. Sur l'Ăźle de NiuafoÊ»ou, elle a Ă©tĂ© Ă©galement utilisĂ©e pour transmettre le courrier[122].

Mais elle sert aussi d’antenne directionnelle pour la transmission en liens points-Ă -points de courte et moyenne distance[123] (la boĂźte de conserve en acier Ă©tamĂ© forme la base d’une antenne cornet fabriquĂ©e par des radioamateurs et utilisĂ©e par les membres des communautĂ©s de rĂ©seaux sans fil[N 23]). Elle peut ĂȘtre encore un objet de culte[124] ou un instrument de musique[125] qui a donnĂ© le surnom de « chanteurs Ă  boĂźte de conserve » aux nouveaux griots peuls[126].. Les boĂźtes de conserve sont aussi utilisĂ©es pour faire des maracas en les remplissant de cailloux ou de graines aux Antilles. Elle est devenue un objet d’artisanat africain[127] que l’on retrouve dans les magasins Oxfam, mais on en a aussi fait des bombes[128]. Mangeoire pour oiseaux, simple vase voire toilettes en cas de nĂ©cessitĂ©, la boĂźte de conserve est Ă©galement utilisĂ©e comme sĂ©bile en tous pays, et notamment par les enfants talibĂ©s[129].

Source d’inspiration artistique

DĂšs le XIXe siĂšcle, les dessinateurs d’affiches publicitaires et d’étiquettes sont sollicitĂ©s par les services de marketing. La boĂźte de conserve entre au XXe siĂšcle dans les galeries d’art et les musĂ©es.

Peinture et sculpture

AprÚs Marcel Duchamp, des artistes utilisent des objets quotidiens de la société de consommation et tiennent un discours sur ces produits.

L’un des plus connus, Andy Warhol, figure centrale du pop art amĂ©ricain, substitue Ă  l’Ɠuvre unique, la production de l’ouvrage en sĂ©rie. C’est sa BoĂźte de soupe Campbell, qui devient Campbell's Soup Cans, qui fait Ă©crire Ă  Marcel Duchamp : « Vous prenez une boĂźte de soupe Campbell's et vous la rĂ©pĂ©tez cinquante fois, c’est que l’image rĂ©tinienne ne vous intĂ©resse pas. Ce qui vous intĂ©resse, c’est le concept qui veut mettre cinquante boĂźtes de soupe Campbell's sur une toile »[130]. Warhol a produit d’autres Ɠuvres reprĂ©sentant cette boĂźte au cours de sa carriĂšre. L’artiste doit une partie de sa notoriĂ©tĂ© Ă  la boĂźte de conserve et Campbell's une partie de la sienne au peintre[131].

  • Deux boĂźtes de soupe Campbell's, comme celles qui ont inspirĂ© Andy Warhol.
    Deux boßtes de soupe Campbell's, comme celles qui ont inspiré Andy Warhol[N 28].
  • Campbell's Soup Cans, au MoMA, New York
    Campbell's Soup Cans, au MoMA, New York[N 29]
  • DĂ©coration des piliers de la Royal Scottish  Academy of Music and Drama pour le 20e anniversaire de la mort d'Andy Warhol, Ă  Édimbourg.
    DĂ©coration des piliers de la Royal Scottish Academy of Music and Drama pour le 20e anniversaire de la mort d'Andy Warhol, Ă  Édimbourg[N 30].
  • MusĂ©e d’art moderne Andy Warhol Ă  Medzilaborce, Slovaquie.
    MusĂ©e d’art moderne Andy Warhol Ă  Medzilaborce, Slovaquie[N 31].

Dans la mĂȘme mouvance, on connait une sculpture en bronze Painted Bronze (1960) et une lithographie Ale Cans[132] de Jasper Johns reprĂ©sentant deux boĂźtes. Un autre artiste influencĂ© par Duchamp, Piero Manzoni, crĂ©e en 1961 Merda d'Artista avec 90 petites boĂźtes de conserves, sur lesquelles la mention « merde d’artiste » figure en diffĂ©rentes langues et qui contiennent chacune trente grammes d’excrĂ©ments ; le sculpteur Bernard Bazile a interrogĂ© des acquĂ©reurs des boĂźtes et en a tirĂ© en 2004 le film documentaire, BoĂźte de merde, en coproduction avec l’Institut d'art contemporain de Villeurbanne en 2004[133] - [134]. La rumeur sur Internet affirme que certaines boĂźtes ont explosĂ© et d’autres, n’étant pas Ă©tanches, ont posĂ© quelques problĂšmes aux collectionneurs ; il semble tout au moins qu’il y ait eu un problĂšme de fuite pour l’une d’entre elles exposĂ©e au musĂ©e d’art de Randers[135].

Avec Max Ernst, la boĂźte de conserve percĂ©e devient l’outil du peintre ; Jackson Pollock l’utilise aussi dans sa pratique de l’Action Painting.

Dans sa période de travail sur la compression, le sculpteur français César compresse en un bloc des boßtes de caviar Petrossian[136].

Dans les annĂ©es 1970, le peintre et sculpteur grec Yannis GaĂŻtis associe dans de trĂšs nombreuses Ɠuvres boĂźtes de conserve, cylindriques ou de type « Ă  sardines » Ă  dĂ©collage avec sa clĂ©, et profils d’hommes-robots chapeautĂ©s ; les personnages sont littĂ©ralement mis en boĂźte ou ornent la paroi extĂ©rieure du rĂ©cipient qui contient un puzzle[137].

Autres secteurs artistiques

La boĂźte mĂ©tallique se retrouve dans d’autres secteurs artistiques.

Cinéma

La voiture des jeunes mariĂ©s qui s’éloigne, bringuebalant derriĂšre elle une flopĂ©e de boĂźtes de conserve, comme on le voit dans Rock ou dans Shrek, est devenue un clichĂ©. Dans la scĂšne finale de Gros DĂ©gueulasse (en 1985), le personnage principal interprĂ©tĂ© par Maurice Risch se suicide en s'ouvrant les veines avec une boĂźte de conserve. Dans Le Pianiste (en 2002), Roman Polanski utilise une boĂźte de conserve portant une Ă©tiquette naĂŻvement illustrĂ©e et le nom d’un lĂ©gume pour illustrer un passage de l’autobiographie de WƂadysƂaw Szpilman et fait de cet Ă©pisode « le pire moment de dĂ©gradation sociale »[138]. Dans les deux films Dans une galaxie prĂšs de chez vous, et dans la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e dont ils sont tirĂ©s, le vaisseau spatial Romano Fafard n’est qu’un assemblage incongru de boĂźtes de conserve gĂ©antes.

Musique

La boĂźte de conserve est parfois utilisĂ©e comme rĂ©sonateur de la Sanza. Le nom du groupe de blues-rock amĂ©ricain Canned Heat est inspirĂ© par un vieux blues de Tommy Johnson, Canned Heat Blues. Le Canned Heat Ă©tait une boĂźte de conserve qui contenait de l’alcool quasiment pur utilisĂ© comme produit de mĂ©nage[139]. En pleine prohibition, les plus dĂ©munis en tiraient une boisson hautement toxique — Tommy Johnson en Ă©tait consommateur. Bien que son nom ne soit qu’un homonyme de l’anglais can, le groupe allemand Can fait figurer une boĂźte de gombos sur la pochette de son troisiĂšme album, Ege Bamyasi (1972). À Quimper dans le FinistĂšre, un couple rĂ©alise en 2014 des boĂźtes Ă  musique Ă  partir des conserves HĂ©naff notamment, baptisĂ©es « Pennarbox »[140].

Littérature

La boĂźte de conserve fait partie de l’univers de Claude Simon, qui dĂ©finit d’ailleurs le livre comme une boĂźte de conserve remplie de gĂ©latine conservant tous les Ă©lĂ©ments du roman[141]. Chez Edmond JabĂšs, elle fait partie du paysage urbain[142]. Voyage dans une boĂźte de conserve est une nouvelle de science-fiction de RaphaĂ«l Aloysius Lafferty publiĂ©e dans Le Livre d'or de la science-fiction : RaphaĂ«l Lafferty.

Bande dessinée

La boĂźte de conserve est prĂ©sente dĂšs 1889, oĂč le dessinateur de comic strips Frederick Burr Opeer crĂ©e, dans le New York Journal le personnage Happy Hooligan, « vagabond coiffĂ© d’une boĂźte de conserve, toujours naĂŻf, toujours bernĂ©, maltraitĂ© par les « cops » et trahi par ses proches[143]. » ; ce personnage est repris sous le nom de FortunĂ© dans l’hebdomadaire français Jumbo en 1935[144]. Elle apparait dans Le Soir-Jeunesse du 17 octobre 1940, lorsque commence la publication de la derniĂšre aventure des seuls Tintin et Milou, Le Crabe aux pinces d'or, oĂč Tintin s’intĂ©resse Ă  la mort d’un marin, en lien avec une boĂźte de crabe vide que Milou a trouvĂ©e en fouillant dans une poubelle. Le marin avait Ă©crit un message sur un bout de papier qui, vraisemblablement, faisait partie de l’emballage de cette boĂźte de conserve, et comportait le nom du cargo, Karaboudjan. Tintin dĂ©couvre que l’équipage du Karaboudjan pratique le trafic d’opium, et que les boĂźtes de conserve stockĂ©es sur le navire ne contiennent pas du crabe, contrairement Ă  ce que leur emballage laisserait Ă  penser, mais servent en fait Ă  transporter la drogue — un systĂšme qui s’est rĂ©ellement pratiquĂ©. La boĂźte de conserve est l’un des dĂ©guisements de Gaston Lagaffe. Dans un Ă©pisode des Tuniques bleues, un sergent est ridiculisĂ© par un Ă©claireur indien qu’il voulait impressionner par un tir d’éclat sur une boĂźte de conserve lancĂ©e dans les airs. Dans la version britannique des Lucky Luke de Morris et Goscinny, Rantanplan, le « chien le plus bĂȘte de l’Ouest » (selon Jolly Jumper) est rebaptisĂ© Rin Tin Can, en rĂ©fĂ©rence Ă  la fois Ă  Rintintin (dont il est inspirĂ©) et Ă  la boĂźte de conserve en Ă©tain (tin can en anglais). Dans sa bande dessinĂ©e autobiographique Couma acĂČ, Edmond Baudoin, s’interrogeant sur la notion d’Ɠuvre, Ă©voque son grand-pĂšre, bĂątisseur de murets (land art), qui signait ses Ɠuvres en y incorporant une boĂźte de conserve.

Architecture

La firme agroalimentaire amĂ©ricaine Hormel Foods Corporation s’enorgueillit d’avoir crĂ©Ă© pour son usine de Beloit au Wisconsin la plus grande boĂźte de conserve de chili con carne dans le style de l’architecture « canard ».

Autres aspects culturels

La boĂźte de conserve peut aussi ĂȘtre utilisĂ©e dans des activitĂ©s autres que la conserve alimentaire, de mĂȘme que son nom peut dĂ©signer d’autres objets par analogie.

Ersatz du pigeon d’argile, ou, mieux, de la palombe, lancĂ©e dans les airs, elle est de nombreuses fois trouĂ©e par les apprentis tireurs comme on peut le voir au cinĂ©ma ou dans la bande dessinĂ©e.

La forme des Z 6100 et des Z 5300, des rames automotrices Ă©lectriques, composĂ©es d’une « caisse » en acier inoxydable, lui vaut le surnom, entre autres de « boĂźte de conserve ». La sensation d’enfermement dans un habitacle de tĂŽle fait appeler « boĂźte de conserve » le char de combat[145].

vide
Une 2 CV de 1961 exposée au Mondial de l'automobile de Paris en 2012.

La CitroĂ«n 2 CV, petite voiture Ă©conomique Ă  la tenue de route lĂ©gendaire qui possĂ©dait deux phares, un dĂ©marreur (pour pouvoir ĂȘtre conduite par des femmes) et le chauffage[146], est raillĂ©e par la presse Ă  son lancement : « Quelle horreur, ça une voiture ? PlutĂŽt une boĂźte de conserve avec quatre roues ! Personne n’osera rouler lĂ -dedans ! »[147]. L’expression « boĂźte de conserve Ă  quatre roues » est passĂ©e dans le langage courant pour dĂ©signer un vĂ©hicule de bas de gamme ou de mauvaise qualitĂ©.

L’équipage de l’IsbjĂžrn qui trouva le corps de Knut FrĂŠnkel mort lors de l’expĂ©dition polaire de S. A. AndrĂ©e en 1897, dĂ©couvrit Ă©galement une boĂźte de conserve contenant un film photographique rĂ©alisĂ© par Nils Strindberg[148].

La boĂźte sert d’écrin pour un parfum de Jean-Paul Gaultier en 1995[Peltier 9].

La boĂźte est aussi un gadget touristique : on trouve dans les magasins des « boĂźtes d’air de Berlin » contenant, dit-on, de l’air de cette ville ; la boĂźte est parfois accompagnĂ©e d’une explication qui renvoie Ă  un air connu de Paul Lincke (Das ist die Berliner Luft Luft Luft
)[149]

C’est une boĂźte de conserve qui permet Ă  Jacques Lacan de dĂ©couvrir quelque chose sur lui-mĂȘme, de modifier « la relation imaginaire qu’il entretient avec son moi » et qui va l’amener Ă  Ă©crire :

« Pour ce qui est de reconnaitre le passage, le pas, la marque, la trace, la paume de l’homme, nous pouvons ĂȘtre tranquilles — lĂ  oĂč nous trouvons une accumulation titanesque d’écailles d’huitres, ça ne peut manifestement ĂȘtre que des hommes qui sont passĂ©s par lĂ . LĂ  oĂč il y a une accumulation de dĂ©chets en dĂ©sordre, il y a de l’homme[150]. »

Notes et références

Notes

  1. Selon l’orthographe traditionnelle.
  2. Selon les rectifications orthographiques du français de 1990.
  3. À la demande de M. Peligot, administrateur des hĂŽpitaux, il fit pourtant, en 1817, des essais avec des pots en grĂšs ; les denrĂ©es, conservĂ©es dans les pots en grĂšs qui n’avaient pas explosĂ©, Ă©taient toutes plus ou moins avariĂ©es et n’étaient plus comestibles. Voir Nicolas Appert, Le Livre de tous les mĂ©nages ou l’art de conserver pendant plusieurs annĂ©es toutes les substances animales et vĂ©gĂ©tales, 4e Ă©d., Barrois l’ainĂ©, Paris, 1831, p. 27 Ă  29.
  4. Dans son sens premier (vieilli), un vaisseau (de la mĂȘme Ă©tymologie que vaisselle) est un rĂ©cipient.
  5. Jean-Paul Barbier a retrouvĂ© aux Archives nationales, sous la rĂ©fĂ©rence F12 2384, une lettre de mars 1817 de Nicolas Appert au ministre de l’IntĂ©rieur ; Appert y Ă©crit : « DĂšs l’annĂ©e 1810 un Français M. Girard, fabriquant de lampes, ayant acquis mon ouvrage, se rendit en Angleterre, oĂč il eut l’effronterie de se dire l’inventeur du procĂ©dĂ© » ; ce Girard, fabricant de lampes, semble bien ĂȘtre Philippe de Girard qui a inventĂ© la lampe hydrostatique Ă  niveau constant. Dans l’édition de Le livre de tous les mĂ©nages de 1831, Nicolas Appert signale d’autre part que c’est un Français nommĂ© GĂ©rard qui apporta Ă  Londres un exemplaire de la premiĂšre Ă©dition de son livre. Certains supposent que Girard fut le correspondant de Peter Durand alors que celui-ci affirme pourtant, dans son brevet dĂ©posĂ© le 25 aout 1810, qu’il a appris le procĂ©dĂ© plus d’un an auparavant (« When I received from a friend abroad, more than a year ago, a communication of the discovery above described
 »).
  6. DĂšs le XVIIe siĂšcle cependant, l’introduction de la pomme de terre dans les vivres de bord avait permis de rĂ©duire les risques de scorbut, maladie Ă©radiquĂ©e en Europe de l'Ouest dĂšs la gĂ©nĂ©ralisation de la consommation de ce tubercule, fait signalĂ© par le Chevalier Mustel en 1767.
  7. Le Can Manufacturers Institute indique qu’une boĂźte de 4 livres de veau rĂŽti, emportĂ©e par William Edward Parry lors de ses expĂ©ditions de 1819-1821, a Ă©tĂ© conservĂ©e comme exemple d’artefact dans un musĂ©e jusqu’à son ouverture, en 1938, pour analyse. Plus de cent ans aprĂšs la mise en conserve, le mets Ă©tait parfaitement conservĂ© et avait gardĂ© la plupart de ses nutriments ; il servit Ă  nourrir un chat qui n’émit aucune plainte. Voir (en) « Complete history. Empire », Can Manufacturers Institute (consultĂ© le ).
  8. Un exemple de fiasco est donnĂ© par Georges-Maurice HĂ©nault et Martine Spence dans Marketing international. Synergie, Ă©thique et liens, Presses de l’UniversitĂ© du QuĂ©bec, 2006, 235 p. (ISBN 2-7605-1405-6), p. 67 : des boĂźtes de poisson qui se vendaient bien en Ontario n’ont obtenu aucun succĂšs au QuĂ©bec car l’illustration et le texte publicitaire, traduit de l’anglais, ne correspondaient en rien aux habitudes culturelles des QuĂ©bĂ©coises.
  9. Association professionnelle de l’industrie manufacturiĂšre des boĂźtes en mĂ©tal et de ses fournisseurs aux États-Unis.
  10. À cette Ă©poque, il est courant d’envoyer des conserves Ă  son fils pendant son service militaire ou aux enfants qui habitent en ville.
  11. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : vue plongeante sur une boĂźte de conserve dont le couvercle, tailladĂ© Ă  l’ouvre-boĂźte sur les trois-quarts du pourtour, a Ă©tĂ© pliĂ© et soulevĂ© Ă  angle presque droit.
  12. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : boĂźte classique de corned-beef non Ă©tiquetĂ©e ; le couvercle, lĂ©gĂšrement soulevĂ©, laisse apercevoir le bloc de viande et ne tient plus au corps de la boĂźte que par le point d’attache de la languette enroulĂ©e autour de la petite clĂ©.
  13. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : vue du dessus d’une boĂźte traditionnelle de sardines, fermĂ©e ; sur le plat, Ă  cĂŽtĂ© de l’anneau qui doit servir de tirette, deux dessins numĂ©rotĂ©s, accompagnĂ©s de flĂšches, expliquent la manƓuvre Ă  effectuer pour l’ouverture.
  14. Rétreint/rétreinte : « Lexicographie : rétreint », Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le ).
  15. Le rĂ©treint est la diminution du diamĂštre d’un cĂŽtĂ© du corps de boĂźte pour permettre l’empilage de la boĂźte, une fois fermĂ©e des deux cĂŽtĂ©s.
  16. Le confiseur Ă©tait alors le marchand qui prĂ©pare et vend des produits macĂ©rĂ©s pour conservation dans l’alcool, le vinaigre, les graisses ou le beurre, le sel et le sucre. L’action de confire comme le produit macĂ©rĂ© Ă©taient nommĂ©s confiture. La mĂ©thode et le lieu de fabrication Ă©taient la confiserie. Voir la rĂ©fĂ©rence MinistĂšre de la culture et de la communication, Cultures du travail: identitĂ©s et savoirs industriels dans la France contemporaine. SĂ©minaire de Royaumont, janvier 1987.
  17. Cette usine, situĂ©e dans le secteur industriel du port de Nantes (rue des Salorges) a Ă©tĂ© rachetĂ©e en 1923 par les frĂšres Louis et Maurice Amieux dans le but d’y crĂ©er un musĂ©e rĂ©trospectif de la conserve (lire Sylvette DenĂšfle, IdentitĂ©s et Ă©conomies rĂ©gionales, L’Harmattan, Paris, 1992, 398 p. (ISBN 2-7384-1405-2), p. 79) ; le musĂ©e, crĂ©Ă© en 1928, offert Ă  la ville en 1934 et qui traitait finalement des activitĂ©s portuaires, industrielles et commerciales de Nantes, a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© au ChĂąteau des ducs de Bretagne dans les annĂ©es 1950 Ă  la suite de la destruction de l’ancienne usine par les bombardements de 1943 selon les informations figurant sur le Site web du ChĂąteau.
  18. Le train est dans le transport maritime une file de bateaux remorqués ou halés.
  19. Penn signifie « tĂȘte » en breton.
  20. G.I. Ă©tait, Ă  l’époque de la PremiĂšre Guerre mondiale, l’abrĂ©viation de Galvanised iron et faisait rĂ©fĂ©rence au mĂ©tal des boĂźtes de conserve.
  21. En Belgique, l’arrĂȘtĂ© royal (A.R.) du 3 janvier 1975 relatif aux denrĂ©es et substances alimentaires considĂ©rĂ©es comme dĂ©clarĂ©es nuisibles (paru au Moniteur belge le 18 fĂ©vrier 1975, modifiĂ© par A.R. du 15 mars 1982 paru au Moniteur belge le 24 mars 1982) est toujours d’application au 12 mai 2010. Il prĂ©cise que sont considĂ©rĂ©es comme dĂ©clarĂ©es nuisibles les denrĂ©es alimentaires contenues en boĂźtes mĂ©talliques a) lorsque la boĂźte est rouillĂ©e ou lorsqu’elle prĂ©sente des fuites, b) lorsque la boĂźte est bosselĂ©e ou prĂ©sente d’autres dĂ©formations, de telle sorte qu’elle peut devenir permĂ©able aux gaz, aux liquides ou aux micro-organismes, c) lorsque les parois planes de la boĂźte sont bombĂ©es (A.R. 5 mars 1982). Cette information nous a Ă©tĂ© communiquĂ©e par l’AFSCA.
  22. Ne pas confondre la DLUO avec la Date limite de consommation (DLC).
  23. Cette antenne est aussi appelĂ©e « Antenne RicorĂ© » en raison de l’adaptation de la taille de la boĂźte aux caractĂ©ristiques techniques demandĂ©es.
  24. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : croquis de deux femmes en chignon, longue robe Ă  longues manches, fort cintrĂ©e Ă  la taille qui tiennent chacune un cylindre formant l’extrĂ©mitĂ© d’un fil bien tendu ; la dame de gauche tient l’appareil formant rĂ©cepteur Ă  l’oreille et Ă©coute les paroles que la dame de droite prononce Ă  l’autre bout du fil face au cylindre qui forme l’émetteur.
  25. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : un garçonnet en tee-shirt vert, tenant des balles bleues et rouges et photographiĂ© de dos, vient d’en lancer une pour faire tomber la dizaine de boĂźtes non Ă©tiquetĂ©es disposĂ©es en pyramide sur une petite table nappĂ©e d’une sorte de tenture. Le projectile, qui apparait trĂšs flou en raison du mouvement, devrait atteindre la base de la pyramide.
  26. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : schĂ©ma d’un cylindre reprĂ©sentant une boĂźte de conserve placĂ©e horizontalement avec indication de l’emplacement du connecteur.
  27. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : Feu contenu dans une boĂźte de conserve utilisĂ© comme rĂ©chaud.
  28. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : deux boĂźtes de soupe cĂŽte Ă  cĂŽte ; la partie supĂ©rieure de l’étiquette, pourpre, porte la mention de la marque Campbell's en blanc et en grand, Ă©crite en cursive, au-dessus du texte Condensed rĂ©digĂ© en capitales dorĂ©es ; le bas de l’étiquette, blanc, indique sur l’une des boĂźtes Chicken Noodle Soup et sur l’autre Tomato Soup, les ingrĂ©dients Ă©tant Ă©crits en pourpre, et le mot Soup en capitales dorĂ©es. À la jonction des parties blanches et pourpres, un mĂ©daillon dorĂ© rappelle le prix obtenu Ă  l’exposition internationale de Paris en 1900.
  29. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : vue d’une salle parquetĂ©e, aux murs uniformĂ©ment blancs, du musĂ©e oĂč dĂ©ambule une douzaine de visiteurs ; sur le mur qui fait face au photographe, 32 panneaux sont accrochĂ©s Ă  intervalles rĂ©guliers, formant un grand rectangle de 4 rangĂ©es superposĂ©es de 8 panneaux, chacun prĂ©sentant la mĂȘme boĂźte de soupe rouge et blanche.
  30. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : les huit colonnes doriques qui forment la façade du portique et soutiennent le fronton d’un imposant bĂątiment isolĂ©, Ă  front de rue, sont chacune entourĂ©es d’un dĂ©cor cylindrique reprĂ©sentant 3 boĂźtes de soupe Ă  la tomate, superposĂ©es, pourpres et blanches, de la marque Campbell's. Entre les quatre colonnes centrales, trois banniĂšres aux tons blanc et bleu annoncent l’exposition Andy Warhol. Une trentaine de personnes marchent sur le trottoir, devant le bĂątiment, ou sont assises sur les marches du portique.
  31. Description de l’image par souci d’accessibilitĂ© : Ă  l’angle des rues qui longent l’énorme bĂątiment blanc du musĂ©e, une gigantesque boĂźte de soupe Campbell's, rouge et blanche mais taggĂ©e, ouverte sur sa hauteur, comme dĂ©structurĂ©e, constitue un abri avec siĂšge pour les passants. Deux autres boĂźtes rappelant la mĂȘme soupe sont placĂ©es dans une pelouse le long d’un des murs du bĂątiment.

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  1. Nathalie Meyer-SablĂ©, Familles de marins-pĂȘcheurs et Ă©volution des pĂȘches. Littoral morbihannais 1830-1920, L’Harmattan, Paris, 2005, 238 p. (ISBN 2-7475-9453-X), p. 19.
  2. op. cit., p. 120.
  3. op. cit., p. 54.
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  5. op. cit., p. 21.
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  2. op. cit., p. 13 et 15.
  3. op. cit., p. 15.
  4. op. cit., p. 20.
  5. op. cit., p. 60.
  6. op. cit., p. 68.
  7. op. cit., p. 73.
  8. op. cit., p. 50.
  9. op. cit., p. 56.

Annexes

Bibliographie

  • Fabrice Peltier, Rachelle Lemoine et Éric Delon, La BoĂźte, solution d’avenir, Pyramyd, 2006, 100 p. (ISBN 2-350-17050-0).

Articles connexes

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