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Le Croisic

Le Croisic (prononcĂ© /lə kʁwazik/) est une commune de l'ouest de la France, situĂ©e dans le dĂ©partement de la Loire-Atlantique en rĂ©gion Pays de la Loire. LocalisĂ©e sur une Ăźle granitique qui reste sĂ©parĂ©e de celle de Batz-sur-Mer et du continent jusqu'au IXe siĂšcle, elle fait Ă  prĂ©sent partie de la cĂŽte sauvage de la presqu'Ăźle guĂ©randaise. À l'exception de l'isthme Ă©troit qui le rattache Ă  Batz-sur-Mer au sud-est, le territoire de la commune est entourĂ© d'eau, alternant plages et falaises exposĂ©es Ă  l'ocĂ©an Atlantique et un port protĂ©gĂ© par la jetĂ©e du TrĂ©hic et ouvert sur le traict.

Le Croisic
Le Croisic
Le Croisic vu de Pen-Bron.
Blason de Le Croisic
Blason
Le Croisic
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
RĂ©gion Pays de la Loire
DĂ©partement Loire-Atlantique
Arrondissement Saint-Nazaire
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Presqu'ßle de Guérande Atlantique
Maire
Mandat
Michelle Quellard
2020-2026
Code postal 44490
Code commune 44049
DĂ©mographie
Gentilé Croisicaise, Croisicais
Population
municipale
4 114 hab. (2020 en augmentation de 2,24 % par rapport Ă  2014)
DensitĂ© 914 hab./km2
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 47° 17â€Č 33″ nord, 2° 31â€Č 15″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 20 m
Superficie 4,5 km2
Type Commune urbaine et littorale
Unité urbaine Saint-Nazaire
(banlieue)
Aire d'attraction Le Pouliguen
(commune du pĂŽle principal)
Élections
DĂ©partementales Canton de La Baule-Escoublac
LĂ©gislatives SeptiĂšme circonscription
Localisation
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Le Croisic
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Le Croisic
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Le Croisic
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Le Croisic
Liens
Site web lecroisic.fr

    Cette situation privilĂ©giĂ©e justifie la prĂ©sence de l'Homme dĂšs la fin du PalĂ©olithique ; le territoire fait l'objet de combats frĂ©quents entre les Romains et les hordes successives d'envahisseurs jusqu'au Ve siĂšcle, Ă©poque Ă  laquelle Le Croisic devient une des stations prĂ©fĂ©rĂ©es des marins saxons. Au Moyen Âge, la localitĂ© jouit d'une aisance Ă©conomique que lui assurent ses activitĂ©s maritimes et d'une aura politique importante gagnĂ©e par son soutien sans faille au duchĂ© de Bretagne puis aux rois de France. Les annĂ©es qui prĂ©cĂšdent la RĂ©volution sont marquĂ©es par une stagnation Ă©conomique qui fait perdre au Croisic son rĂŽle rĂ©gional de premier plan. La localitĂ© est un des lieux de la dĂ©bĂącle française que constitue la bataille des Cardinaux en 1759. Au XIXe siĂšcle, Le Croisic profite de l'engouement pour les bains de mer pour diversifier l'origine de ses ressources Ă©conomiques et se moderniser, attirant nombre de cĂ©lĂ©britĂ©s comme Alfred de Musset ou HonorĂ© de Balzac.

    Au XXIe siÚcle, Le Croisic est confrontée au vieillissement important de sa population. Avec des ressources maritimes toujours importantes et un environnement naturel protégé ou inventorié (ZNIEFF) de qualité, distinguant les zones cÎtiÚres et celles des marais salants, la ville s'est tournée vers le tourisme en valorisant son riche patrimoine architectural et traditionnel.

    De nombreuses personnalités du monde maritime, de Nicolas Bouchart à Jacques-Yves Le Toumelin, ou du domaine artistique ou scientifique, comme Ferdinand du Puigaudeau ou Henri Becquerel, ont marqué l'histoire et fait la renommée de la localité.

    GĂ©ographie

    Localisation

    Carte montrant le territoire de la commune et les localités limitrophes.
    FrontiĂšres du Croisic avec les communes limitrophes.

    Le Croisic est situĂ©e sur le littoral du dĂ©partement de la Loire-Atlantique, Ă  l’extrĂȘme nord-ouest de la presqu'Ăźle du Croisic qui sĂ©pare les marais salants de GuĂ©rande de l'ocĂ©an Atlantique. Elle est distante de 22 kilomĂštres Ă  vol d’oiseau de Saint-Nazaire, chef-lieu de l’arrondissement auquel appartient la localitĂ©[Note 1]. La commune fait partie de la presqu'Ăźle guĂ©randaise et du Pays de GuĂ©rande[1].

    Le Croisic est limitrophe de Batz-sur-Mer au sud-est ; La Turballe au nord-est et Guérande à l'est sont séparées de la localité par les traicts du Croisic.

    Communes limitrophes du Croisic
    Océan Atlantique La Turballe
    Océan Atlantique Croisic Guérande
    Océan Atlantique Batz-sur-Mer

    GĂ©ologie et relief

    Carte d’une presqu’üle avec la typologie du littoral.
    Le littoral du Croisic.

    La superficie de la commune est de 450 hectares ; son altitude varie entre zĂ©ro et vingt mĂštres[2].

    Le Croisic, Batz-sur-Mer et Le Pouliguen se sont dĂ©veloppĂ©es sur d'anciens Ăźlots rocheux reliĂ©s au continent par un dĂ©pĂŽt de sable dont une autre accumulation a Ă©galement formĂ©, plus Ă  l'est, les dunes de La Baule-Escoublac. La configuration actuelle du littoral jusqu’au sillon de GuĂ©rande[Note 2], ainsi que la formation de la plaine salicole qui s'Ă©tend entre les affleurements cristallins que constituent l'Ăźle de Batz et le sillon citĂ© ci-avant, sont relativement rĂ©centes.

    C'est en effet au PlĂ©istocĂšne supĂ©rieur — entre 37 000 et 24 000 ans av. J.-C., c’est-Ă -dire Ă  l'apogĂ©e du dernier stade glaciaire — que les Ăźlots rocheux de SaillĂ© et de Lanclis sont rattachĂ©s au sillon de GuĂ©rande, par l’accumulation d’alluvions ; cette phase est contemporaine de la naissance de la presqu'Ăźle de Pen-Bron[4]. Les schorres argileux, aujourd'hui utilisĂ©s pour la culture du sel, se sont constituĂ©s durant la transgression flandrienne, alors que les dĂ©pressions du Massif armoricain — qui est, dans sa partie sud, en grande partie constituĂ© de granites d'origine hercynienne[Note 3] — sont envahies par l’ocĂ©an[5]. À une pĂ©riode comprise entre la fin de la PrĂ©histoire et le dĂ©but de la Protohistoire, de nouveaux apports sableux, tant maritimes que fluviaux, consolident la grande falaise de Pen-Bron et le cordon d’Escoublac[4]. La fin de la transgression semble intervenir Ă  peu prĂšs au IIe siĂšcle avant notre Ăšre, et les modifications du trait de cĂŽte se sont poursuivies jusqu'Ă  une Ă©poque rĂ©cente, entre le VIIe et le Xe siĂšcle. La formation du traict du Croisic est due au dĂ©pĂŽt d'alluvions fines dans la lagune, portĂ©es par les marĂ©es et la puissance des courants du delta de Pen-Bron jusqu'Ă  une ligne de rivage stabilisĂ©e aux IIIe et IVe siĂšcles[4].

    Le sous-sol de l'Ăźle du Croisic, comme celui de l'Ăźle de Batz, est constituĂ© de granite, mĂȘlĂ© de gneiss traversĂ© de filons de pegmatites. Les feldspaths gneissiques, sous l'influence marine, se dĂ©composent ; les silicates alcalins se transforment alors en silicates hydratĂ©s d'alumine, sous forme de kaolinite[HM 1].

    Les deux Ăźles du Croisic et de Batz — Ă©lĂ©ments du sillon du Croisic[3] - [Note 4] — sont restĂ©es sĂ©parĂ©es du littoral par un bras de mer jusqu'au IXe siĂšcle. Plusieurs flĂšches sablonneuses se sont alors Ă©tablies : celle de la plage Valentin, aujourd'hui sur le territoire de Batz-sur-Mer, a rĂ©uni les deux Ăźles — le dĂ©troit de La BarriĂšre, point de sĂ©paration des communes du Croisic et de Batz-sur-Mer, relie aujourd’hui les deux Ăźles[FG 1] — alors que, plus au nord-ouest et au nord de l'Ăźle du Croisic, celle de Pen-Bron est restĂ©e incomplĂšte[6].

    Le sable marin du Croisic est un sable grossier, de couleur gris-verdùtre, contenant du cristal de roche (quartz hialin), des paillettes de mica en grand nombre, ainsi que des fragments de schiste micacé, de quartzite et de grenat. Des débris de mollusques s'ajoutent à ces minéraux[HM 2].

    Carte d’une cîte, avec le continent en jaune et la mer en bleu.
    GĂ©omorphologie de la presqu’üle du Croisic.

    Au nord de la commune, se trouve le port d'Ă©chouage situĂ© Ă  l'entrĂ©e du Grand traict — l'un des deux bras de mer s'enfonçant dans les terres et alimentant les marais salants. Ainsi placĂ© sur une sorte d'estuaire, il est d'autant plus protĂ©gĂ© des caprices de l'ocĂ©an que, depuis 1840, une digue en granite de 850 mĂštres de long, la jetĂ©e du TrĂ©hic, le protĂšge Ă  l'ouest des vents et courants venus du large. En face, en direction du nord, Ă  environ 550 mĂštres de celui-ci, se trouve l'extrĂ©mitĂ© sud de la pointe de Pen-Bron, situĂ©e sur le territoire de la commune de La Turballe et consolidĂ©e par un mĂŽle en 1724[HM 3]. Cette pointe est reliĂ©e Ă©galement au continent par des dĂ©pĂŽts de sable qui ont formĂ© la dune de Pen-Bron[HM 1].

    Ces deux ceintures de sable ont isolĂ© cette zone marine que sont les traicts, aux eaux plus calmes que l'ocĂ©an, et qui s'est ainsi transformĂ©e en vasiĂšre, amĂ©nagĂ©e depuis plus de mille ans pour former les marais salants de GuĂ©rande. Au sud des traicts, la presqu'Ăźle du Croisic est l'un des rares exemples français de double tombolo — terme gĂ©omorphologique qui dĂ©crit un cordon littoral sableux reliant une Ăźle au continent —, celui de La Baule et celui de Pen-Bron[7].

    Le Croisic. Vue générale prise de Pen Bron
    EugĂšne Boudin, 1897
    Musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre

    Au nord-ouest, ouest et sud de la commune, la cĂŽte, rocheuse et dunaire, moins densĂ©ment urbanisĂ©e, a Ă©tĂ© baptisĂ©e CĂŽte sauvage. Sur la cĂŽte sud de la presqu'Ăźle, en partant de la pointe du Fort, qui clĂŽt l'ouest de la plage Valentin batzienne, on pĂ©nĂštre sur le territoire communal croisicais au niveau du lieu-dit la BarriĂšre. En se dirigeant vers l'ouest, on trouve successivement la baie du Crucifix, la plage de Port Lin[T 1] — anse sableuse, autrefois appelĂ©e « anse des Bonnes-Femmes[HM 4] » et bordĂ©e Ă  l'est par la pointe du Fort —, la baie de Jumel et celle des Sables-Menus[T 1]. La cĂŽte devient ensuite rocheuse, avec des falaises d'une hauteur moyenne de cinq mĂštres[P 1], et se succĂšdent alors, en se dirigeant toujours vers l'ouest, le rocher du Grand-Autel, la pierre Longue, le rocher de l'Ours, puis celui de Jean-Leroux et enfin, la pointe du Croisic[8].

    L'orientation du rivage dĂ©vie alors vers le nord. Port-aux-Rocs est une petite baie devant laquelle Ă©mergent quatre Ăźlots. Une source d'eau douce, signalĂ©e par une inscription de Guillaume Pichon, y sourd Ă  1,5 mĂštre en dessous du niveau le plus haut des marĂ©es[HM 5]. L'Ăźle de Port-Val se situe Ă  environ 800 mĂštres du rivage, avant d'arriver Ă  la pointe de la FaĂŻence. La cĂŽte s'inflĂ©chit Ă  nouveau, vers l'est, Ă  la pointe du Port-de-la-Paille.

    En se dirigeant vers l'est et l'intĂ©rieur du traict, se prĂ©sente la baie du Castouillet[T 1], qui abrite l'Ăźlot du Lin. La saline du Castouillet, au sud de la baie homonyme, est Ă  prĂ©sent dĂ©saffectĂ©e et des constructions s'y dressent. Elle prĂ©cĂšde le lieu-dit PrĂ© BrĂ»lĂ© et la baie du mĂȘme nom. Le toponyme Ă©voque une parcelle souvent endommagĂ©e par l'eau de mer, avant la construction de la route[HM 5]. À l'est toujours, s'ouvre la baie de Saint-Goustan[T 1], qui prĂ©cĂšde la jetĂ©e du TrĂ©hic. Le trait cĂŽtier se dirige alors au sud-est, avant de parvenir au mont artificiel LĂ©nigo, puis au port proprement dit, qui se distingue par la succession de trois jonchĂšres, celle du LĂ©nigo, la grande, puis la petite jonchĂšre. Il s'agit d'Ăźlots artificiels constituĂ©s du lest des navires, puis consolidĂ©s au cours des ans. Le chenal des Vaux suit la cĂŽte vers le sud ; la cĂŽte est ensuite bordĂ©e par l'Ă©tier de TorgouĂ«t, une fois dĂ©passĂ© le Mont-Esprit, autre Ă©lĂ©vation artificielle. Le pourtour de la presqu'Ăźle s'achĂšve alors Ă  l'arrivĂ©e au lieu-dit la BarriĂšre par la cĂŽte nord, Ă  l'entrĂ©e sur le territoire de Batz-sur-Mer.

    • Littoral du Croisic (sĂ©lection).
    • Vue aĂ©rienne d'une cĂŽte maritime avec une jetĂ©e en premier plan.
      La pointe de Pen-Bron et la jetée du Tréhic, en arriÚre le Petit traict et les marais salants.
    • CĂŽte rocheuse peu Ă©levĂ©e contre laquelle des vagues viennent se briser, sur fond de ciel bleu.
    • Rive de sable et de roche au bord d'une anse emplie d'eau calme laissant apparaĂźtre des algues.
      CÎte rocheuse de la pointe du Croisic, sur le lieu-dit « Port-aux-Rocs ».
    • Vue d'une plage de sable, ouverte sur une mer calme sur fond de ciel bleu.
      La plage de Port Lin.
    • Vue d'une grĂšve marine au soleil couchant.
      Le traict, avec au fond Ă  gauche, le clocher du Croisic.

    Hydrographie

    Le territoire de la commune n'est traversé par aucun cours d'eau. Néanmoins des sources d'eau douce ont permis le peuplement de la presqu'ßle[9]. Ainsi, prÚs de la plage Valentin, affleurent les sources de la BarriÚre, anciennement sur le territoire de Batz-sur-Mer[10]. Comme indiqué ci-avant, une source d'eau douce jaillit sous le niveau le plus haut des marées parmi les rochers de Port-aux-Rocs[HM 5]. Une fontaine est également signalée à proximité de la falaise de Saint-Goustan[B 1].

    Climat

    La station météorologique la plus proche est, depuis 1994, celle du village de Saillé, sur la commune de Guérande, à moins de 10 km[Note 5] - [ME 1].

    Le climat du Croisic est de type ocĂ©anique, pluvieux et doux, engendrĂ© par la proximitĂ© de l'ocĂ©an Atlantique ; l’anticyclone des Açores repousse en Ă©tĂ© vers le nord les dĂ©pressions, caractĂ©risĂ©es par des vents froids et des fortes pluies ; l’hiver il tempĂšre le refroidissement[12]. La moyenne annuelle des tempĂ©ratures relevĂ©es Ă  SaillĂ© depuis 1994 est de 12,8 °C, avoisinant les 7,4 °C de dĂ©cembre Ă  fĂ©vrier — alors qu'elle est de 6 °C Ă  Saint-Nazaire sur la mĂȘme pĂ©riode[ME 2] — et les 18,5 °C de juin Ă  aoĂ»t. Ces tempĂ©ratures rĂ©sultent de minima essentiellement nocturnes et de maxima principalement diurnes. L'amplitude minimale — Ă©cart entre tempĂ©ratures minimales et maximales — a Ă©tĂ© enregistrĂ©e en janvier avec 4,5 °C alors qu'elle a Ă©tĂ© maximale en aoĂ»t avec 7,2 °C.

    Les relevĂ©s effectuĂ©s depuis 1994 dans la rĂ©gion de GuĂ©rande montrent que le nombre de jours avec une tempĂ©rature sous abri excĂ©dant 30 °C est de 4,7 jours, Ă  comparer aux 5 jours relevĂ©s Ă  Saint-Nazaire et aux 9 jours Ă  Nantes[Note 6]. De mĂȘme en hiver, la station de SaillĂ© n'a enregistrĂ© que 17,3 jours de gel contre 32 jours Ă  Nantes[ME 2]. Le record absolu de tempĂ©rature de la station a Ă©tĂ© enregistrĂ© le avec 36,6 °C[ME 3].

    Les vents dominants s'inscrivent dans le quartier ouest - nord-est, avec une nette prĂ©dominance des vents d'ouest moyens — de 16 Ă  29 km/h — associĂ©s Ă  de fortes perturbations et, l'Ă©tĂ©, Ă  des brises de mer ; provoquĂ©es par les fortes variations thermiques estivales, elles peuvent atteindre prĂšs de 60 km/h. Les vents de nord-est s'accompagnent, quant Ă  eux, de pĂ©riode de temps stable[ME 4]. La pointe du Croisic est trĂšs ventĂ©e en hiver[FG 2]. Les tempĂȘtes se forment surtout en novembre et en dĂ©cembre[FG 3].

    La pluviomĂ©trie relevĂ©e rĂ©vĂšle un niveau annuel de 642,4 mm, trĂšs infĂ©rieur aux 896 mm d'Herbignac, localitĂ© situĂ©e Ă  moins de 25 km[Note 7] et mĂȘme aux de 838 mm de Nantes[ME 5]. La faible pluviomĂ©trie estivale justifie l'implantation salicole dans la rĂ©gion. En effet, le nombre de jours de pluie — caractĂ©risant les jours recevant plus d'un millimĂštre de pluie — est de 108 par an. Statistiquement, il ne pleut que 4,7 fois au mois de juin. La frĂ©quence mensuelle augmente faiblement jusqu'au mois de septembre[ME 6]. Les records journaliers varient de moins de 20 mm : de 20,6 mm le Ă  40 mm le [ME 6].

    Relevé météorologique de Guérande et sa région pour la période 1994-2008.
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 5 4,8 6,4 8,3 11,5 14,1 15,7 15,5 14 11,6 7,2 5 9,9
    Température moyenne (°C) 6,8 7,4 9,2 11,3 14,6 17,4 18,9 19,1 17,1 14,2 10,2 7 12,8
    Température maximale moyenne (°C) 9,5 9,9 12,4 14,5 17,9 20,9 22,2 22,7 21,1 17 12,7 10 15,9
    Record de froid (°C) −10,3 −6,5 −6 −0,4 2,8 6,9 9,9 9,2 5,8 −0,8 −4,4 −7,5 −10,3
    Record de chaleur (°C) 14,4 16,9 23,2 26,3 29,7 33,5 34,5 36,6 32,4 26,9 18,7 15,6 36,6
    Précipitations (mm) 62 45,5 53,6 61,2 48,8 25,4 38,9 34,6 50,7 79,8 75,5 76,4 642,4
    Source : Climatologie mensuelle de Guérande (période 1994-2008)[ME 2] - [Note 8].

    Urbanisme

    Typologie

    Le Croisic est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densitĂ© intermĂ©diaire, au sens de la grille communale de densitĂ© de l'Insee[Note 9] - [15] - [16] - [17]. Elle appartient Ă  l'unitĂ© urbaine de Saint-Nazaire, une agglomĂ©ration intra-dĂ©partementale regroupant 17 communes[18] et 184 837 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[19] - [20].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Pouliguen, dont elle est une commune du pĂŽle principal[Note 10]. Cette aire, qui regroupe 3 communes, est catĂ©gorisĂ©e dans les aires de moins de 50 000 habitants[21] - [22].

    La commune, bordĂ©e par l'ocĂ©an Atlantique, est Ă©galement une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[23]. Des dispositions spĂ©cifiques d’urbanisme s’y appliquent dĂšs lors afin de prĂ©server les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre Ă©cologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilitĂ©, en dehors des espaces urbanisĂ©s, sur la bande littorale des 100 mĂštres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prĂ©voit[24] - [25].

    Occupation des sols

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnĂ©es europĂ©enne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquĂ©e par l'importance des territoires artificialisĂ©s (66,5 % en 2018), en augmentation par rapport Ă  1990 (63,4 %). La rĂ©partition dĂ©taillĂ©e en 2018 est la suivante : zones urbanisĂ©es (54,6 %), prairies (14,6 %), zones agricoles hĂ©tĂ©rogĂšnes (12,5 %), zones industrielles ou commerciales et rĂ©seaux de communication (11,9 %), milieux Ă  vĂ©gĂ©tation arbustive et/ou herbacĂ©e (6,1 %), zones humides cĂŽtiĂšres (0,3 %), eaux maritimes (0,1 %)[26].

    L'IGN met par ailleurs Ă  disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires Ă  des Ă©chelles diffĂ©rentes). Plusieurs Ă©poques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aĂ©riennes : la carte de Cassini (XVIIIe siĂšcle), la carte d'Ă©tat-major (1820-1866) et la pĂ©riode actuelle (1950 Ă  aujourd'hui)[27].

    Urbanisme ancien

    La configuration du port au dĂ©but du XVIe siĂšcle est assez proche de celle connue au dĂ©but du XXe siĂšcle Ă  l’exception de la jetĂ©e, dont la construction s’étale de 1839 Ă  1844. Le quai du LĂ©nigo est Ă©difiĂ© en 1559 Ă  l’entrĂ©e nord-ouest de la chambre dite « des Portugais » et Ă  cette mĂȘme pĂ©riode, le pourtour des jonchĂšres, constituĂ©es de lests de navires, est entiĂšrement consolidĂ© par des quais[HM 6]. Le LĂ©nigo sĂ©pare le vieux Croisic Ă  l’ouest de quartiers plus rĂ©cents Ă  l’est tels que Sauzon, Aulonne — disparu avant le XXe siĂšcle — et le Requer, Ă  proximitĂ© du chĂąteau-fort[HM 7]. Un rapport de 1561 du contrĂŽleur du roi, Claude MĂ©ance Destambe, signale sur la pointe du Croisic, une tour « Ă  un petit quart de lieue [destinĂ©e Ă  la] sĂ»retĂ© du navigage de la mer et Ă  la dĂ©fense et sĂ»retĂ© des habitants dudit lieu du Croisic, Ăźle et paroisse de Batz, et Ă  ce que, en temps de guerre et hostilitĂ©, ils ne soient surpris par les ennemis du royaume, pirates et Ă©cumeurs de mer [
][HM 8] ».

    Jusqu’en 1754 a subsistĂ© un Ă©tier salĂ© — « Ă©troit et bref bras de mer » —, situĂ© entre l’actuelle place d’Aiguillon jusqu’à l’entrĂ©e de l’église, sĂ©parant en deux groupes principaux reliĂ©s par un pont, l’ancienne localitĂ© du Croisic. Onze quartiers — ou « cueillettes » — se rĂ©partissent de part et d’autre de cet Ă©tier ; d’une part Haut-Lenigo, Bas-Lenigo, le Lingorzec (« la butte-aux-joncs »), le Lin-Thibaud et le Rohello (« les rochers ») et d’autre part Saint-Christophe, Jaglouet, Kerval (« le fort village »), la Rue-Neuve, Saint-Yves et Jagousaut[HM 9].

    Urbanisme contemporain

    Le plan local d'urbanisme (PLU) en vigueur en 2016 a été approuvé le et amendé le . Il tient compte des recommandations du dispositif précisant la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) approuvé en 2006 ; celle-ci spécifie les servitudes liées au patrimoine historique de la localité[M 1]. La loi Grenelle II du a remplacé la ZPPAUP en aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP ou AMVAP)[28]. L'AVAP détermine quatre secteurs. Le port et le centre-ville ancien est un quartier situé dans la partie nord-est de la commune, face au traict. Le bord de mer et le quartier de Port Lin forment un ruban qui, à l'exception du port, suit le pourtour maritime. Le paysage rural et le manoir de Kervaudu est une zone qui couvre prÚs de 50 % du territoire, à l'ouest de la commune. Enfin la zone entourant la chapelle du Crucifix est une petite parcelle située au sud-est de la localité, juste avant la limite avec Batz-sur-Mer[M 1] - [M 2]. Ces quatre secteurs font l'objet d'un rÚglement spécifique défini par la ZPPAUP mis à jour en [M 3].

    Le PLU est d'autre part en conformité avec le schéma de cohérence territoriale défini par la communauté d'agglomération de la Presqu'ßle de Guérande Atlantique à laquelle appartient la commune et approuvé le [29].

    Anciennes voies de communication et arrivée du chemin de fer

    Au début du XIXe siÚcle, l'accÚs au Croisic se fait par une route, qui en provenance de Guérande, emprunte la chaussée de Pen-Bron et parvient au bord du traict. Il faut alors faire appel à un passeur et à sa barque pour atteindre la localité[BV 1].

    « À Pen-Bron, la barque vient s'amarrer Ă  une digue bĂątie pour protĂ©ger le Grand Traict de l'invasion des sables. Mais le batelier se tient sur la rive du Croisic et bien souvent les appels doivent ĂȘtre longtemps renouvelĂ©s. Parfois, l'Ă©tat de la mer ne lui permet pas de passer ou l'empĂȘche d'aborder Ă  Pen-Bron. [
] S'il fait nuit, une lanterne donne au passeur le signal convenu. Avec un peu de chance, cette lumiĂšre sera aperçue et le passeur viendra
 si l'heure n'est pas trop tardive. »

    — Édouard Richer, Description du Croisic et d'une partie de la cîte voisine, [30].

    Il est également possible, au XIXe siÚcle, de joindre le Mont-Esprit à partir de Sissable, lieu-dit de Guérande, en empruntant une voie carrossable mais submergée à marée haute. La croix du Traict se dresse encore sur cette ancienne voie de communication. Placée sous le patronage de saint Christophe, elle sert de refuge au voyageur surpris par la marée[BV 2].

    Enfin, toujours avant le XXe siĂšcle, la route de Batz permet Ă©galement de rejoindre le continent. Des chemins muletiers parcourent les dunes instables, entre marais et mer, pour rallier la terre ferme, sur un chemin souvent inondĂ©. Le Pouliguen n’est accessible au dĂ©but du XIXe siĂšcle que par un bac qui traverse l’étier ou Ă  guĂ©[FG 3]. Ce n'est qu'Ă  partir de 1839 que la route dĂ©partementale no 8 permet de joindre la MoĂ«re — commune de Savenay — au Croisic[BV 2].

    Alors que le premier train de la Compagnie du chemin de fer de Tours Ă  Nantes parvient Ă  Nantes le , le conseil municipal du Croisic rĂ©clame en 1862[Note 11] au conseil gĂ©nĂ©ral l'extension de la ligne jusqu'Ă  la localitĂ©. Pour justifier cette demande, des arguments militaires et Ă©conomiques sont avancĂ©s. En effet, la cĂŽte Ă©tant considĂ©rĂ©e comme une frontiĂšre, la troupe doit pouvoir y ĂȘtre acheminĂ©e rapidement. Plus prosaĂŻques, l'Ă©coulement des produits de la pĂȘche et de la saliculture, de mĂȘme que l'avĂšnement des bains de mer qui justifie des mouvements importants de voyageurs, sont des arguments qui sont mis en avant lors de la demande de prolongation. AprĂšs plusieurs ajournements, le dĂ©cret impĂ©rial du dĂ©clare le chemin de fer jusqu'au Croisic d'utilitĂ© publique. Les travaux de la nouvelle gare dĂ©butent durant l'Ă©tĂ© 1873[BV 4].

    L'inauguration des 35 km de la ligne qui mÚne de Saint-Nazaire au Croisic a lieu le , sous le mandat du maire Augustin Maillard[Note 12]. Conséquence directe de l'ouverture de la voie ferrée jusqu'au Croisic, le commerce de cabotage, intéressant de nombreux foyers entre Saint-Nazaire et le Croisic, commence à péricliter ; malgré une tentative de relance, la ligne de caboteurs à vapeur, qui fait escale au Croisic à partir de 1898, change de destination pour les installations de Saint-Nazaire, mieux équipées, en 1911[BV 5].

    Voies de communication et transports

    L'accĂšs du Croisic par la route se fait par la D245 en provenance du bourg de Batz-sur-Mer. OrientĂ©e suivant un axe est-ouest, elle constitue le seul axe routier menant Ă  la commune. Sur le Croisic, elle suit le pourtour de la presqu'Ăźle sous les noms de D245 et D45. Des voies communales et des chemins vicinaux permettent de sillonner l’intĂ©rieur du territoire de la localitĂ©.

    La commune possĂšde sa propre gare SNCF, terminus de la ligne en provenance de Saint-Nazaire, elle-mĂȘme prolongement de la ligne venant de Tours ; elle est actuellement desservie par les TER Pays de la Loire, par le TER Interloire et les TGV en provenance notamment de Paris-Montparnasse.

    En outre, les autocars dĂ©partementaux du rĂ©seau Lila, notamment par la ligne E (Le Croisic - La Baule - Saint-Nazaire) et la ligne interne K Croisi'bus, desservaient en tout 21 arrĂȘts situĂ©s sur le territoire de la commune[31]. À partir de la rentrĂ©e 2015, le rĂ©seau Lila est remplacĂ© par le rĂ©seau Lila Presqu'Ăźle dans toute la Presqu'Ăźle guĂ©randaise. Le Croisic est alors desservie par les lignes 5 (Le Croisic - Batz-sur-Mer - GuĂ©rande) et 6 (Le Croisic - Batz-sur-Mer - La Baule) et toujours par la ligne interne Croisi'bus, cette fois-ci renommĂ©e ligne 30.

    • La gare du Croisic (sĂ©lection).
    • Vue d’une petite gare aux murs blancs, trois voitures garĂ©es devant.
      Le bùtiment voyageurs et l'entrée de la gare.
    • Vue d’une locomotive en gare.
      Rame TER au quai central en gare du Croisic.
    • Vue d'un wagon bleu et blanc sur un quai de gare.
      Train Interloire au quai latéral en gare du Croisic.
    • Vue d’une fin de rails ferroviaires.
      Fin des rails au Croisic en 2007, un TGV Atlantique et un Interloire Ă  quai.

    Logement

    En 2012, le nombre total de logements dans la commune Ă©tait de 5 286, alors qu'il Ă©tait de 5 302 en 2007[Insee 1].

    Parmi ces logements, 38,3 % étaient des résidences principales, 58,6 % des résidences secondaires et 3,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 61,1 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 38,6 % des appartements[Insee 2].

    La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 69,2 %, stable par rapport à 2007 (68,9 %). La part de logements HLM loués vides était de 8,9 % contre 8,4 %, leur nombre étant en augmentation, 180 contre 168[Insee 3].

    Des statistiques précédentes, il ressort que l'habitat en 2012 est essentiellement individuel, et que les immeubles collectifs sont une minorité.

    Architecture médiévale et Renaissance

    Le centre du Vieux Croisic recĂšle prĂšs de 60 maisons anciennes et 25 d’entre elles se concentrent sur 600 des 2 400 m de quai, face au port[BV 6]. Le ministĂšre de la Culture a classĂ© cinq de ces maisons dont la construction s’étale du XVe au XVIIe siĂšcle. Ainsi, la maison Le Bouistre, monument historique depuis 1992 pour ses façades Ă  pans de bois et ses toitures en ardoise, est, avec la maison la Gabelouse et celle du Portal, l’une des plus anciennes de la localitĂ©[32].

    Du XVIe siĂšcle, la maison Guillaume AndrĂ© allie pierres de taille et pans de bois en façade, tout comme la maison du 33, rue Saint-Christophe[33] ; elle date de la fin des annĂ©es 1550[34]. La façade d’une maison du quai de la Grande-Chambre justifie Ă©galement l’inscription de l’édifice, construit en 1637[35].

    Architecture balnéaire

    L’enquĂȘte menĂ©e en 1997 par le conseil rĂ©gional des Pays de la Loire souligne le caractĂšre remarquable du patrimoine architectural des XIXe et XXe siĂšcles, Ă  l’époque oĂč l’engouement pour la balnĂ©othĂ©rapie apparaĂźt en Loire-InfĂ©rieure, favorisĂ© au Croisic par l’arrivĂ©e du chemin de fer Ă  partir de 1879[38]. Les Ă©tablissements de santĂ© et l’offre hĂŽteliĂšre locale ne pouvant accueillir tous les visiteurs, principalement des familles modestes, des projets immobiliers sont alors lancĂ©s, dont les innovations sont reprises par les stations voisines prestigieuses, La Baule-Escoublac, Pornichet et Le Pouliguen[39]. Compte tenu de la nature escarpĂ©e de la partie ouest de la presqu’üle et de l’absence de plan d’ensemble, le dĂ©veloppement immobilier n’a pas eu l’ampleur de celui des stations oĂč les terrains se sont trouvĂ©s plus facilement disponibles[38].

    Si les constructions locales sont majoritairement l’Ɠuvre d’artisans et de maĂźtres d’Ɠuvre locaux, des programmes immobiliers pour classes moyennes voient le jour, comme le rĂ©vĂšle le fonds MarĂ©chal[Note 13]. L'architecte ClĂ©ment Josso fournit par ailleurs une contribution remarquable par son projet d’un nouveau quartier entre la gare et la baie de Port Lin, qui, s’il est abandonnĂ© faute de financement, inspire les gĂ©nĂ©rations suivantes. Les commanditaires de ces projets se retrouvent parmi les fonctionnaires des rĂ©gions limitrophes, en provenance de villes moyennes[38].

    Pas moins de 166 Ă©difices ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s sur le territoire communal par l’enquĂȘte de 1997 portant sur la villĂ©giature balnĂ©aire[40]. Cette liste inclut par exemple l’hĂŽtel de la Gare, construit en 1881[41], la salle des fĂȘtes de 1910[42] et l’hĂŽtel des Bains, Ă©difiĂ© entre 1845 et 1847 par l’instigateur des premiers Ă©tablissements de bains, Silvain Deslandes-OriĂšre[43].

    Projets d'aménagement

    La préparation du PLU approuvé en 2012 a nécessité la définition d'un projet d'aménagement et de développement durable (PADD). Le périmÚtre restreint de la localité et les contraintes physiques et environnementales offrent des possibilités d'innovation limitées, dans une commune à la population vieillissante et dont l'activité est fortement tournée vers le tourisme balnéaire et maritime en déclin depuis le début du XXIe siÚcle[44].

    Le projet dĂ©fini en 2012 propose d'amĂ©nager et de valoriser l’entrĂ©e de ville et les abords de la gare, par la crĂ©ation d'un habitat individuel et de bureaux, et l'amĂ©nagement d'un parking paysager. Il insiste Ă©galement sur la nĂ©cessitĂ© de mettre en valeur la zone rurale, qualifiĂ©e de « coulĂ©e verte », par le renforcement des mesures de protection, incluant le dĂ©veloppement de sentiers et de pistes cyclables, par l'implantation d'un parc botanique et enfin, par le dĂ©veloppement d'un tourisme de qualitĂ©. Enfin, en bordure de la « coulĂ©e verte », trois sites sont destinĂ©s au dĂ©veloppement d'Ă©co-quartiers, accueillant des maisons de ville[44].

    Un des projets sélectionnés est le lotissement Kervaudu, sur une parcelle de plus de cinq hectares destinée à accueillir une trentaine de logements destinés aux primo-accédants et aux moins de quarante ans ; cette mesure s'intÚgre dans l'action contre le vieillissement de la population[BV 7].

    Risques naturels liés à l'activité marine

    Compte tenu de son exposition maritime, le territoire du Croisic a fait l'objet d'un plan de prĂ©vention des risques littoraux Presqu'Ăźle guĂ©randaise Saint-Nazaire, prescrit le et qualifiant les risques d'inondation par submersion marine et lors des tempĂȘtes[45].

    Des phĂ©nomĂšnes liĂ©s aux chocs mĂ©caniques rĂ©sultant de l'action des vagues et aux inondations, coulĂ©es de boue et mouvements de terrain ont donnĂ© lieu Ă  des arrĂȘtĂ©s publiĂ©s au Journal officiel en — tempĂȘtes Lothar et Martin — et [45] — tempĂȘte Xynthia. Celle-ci, reconnue catastrophe naturelle par arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du , atteint les cĂŽtes atlantiques durant la nuit du 27 au 2010 au maximum de son dĂ©veloppement, son centre dĂ©pressionnaire affichant une dĂ©pression de 969 hPa[P 2]. Selon les observations du service hydrographique et ocĂ©anographique de la Marine (SHOM) sur le littoral de la Loire-Atlantique, des extrĂȘmes de niveaux marins, observĂ©s durant cette tempĂȘte, ont dĂ©passĂ© d'au moins 10 Ă  50 centimĂštres ceux d'extrĂȘme d'occurrence centennale. Auparavant, la tempĂȘte du provoque la destruction de l'encorbellement de la plage de Port Lin et l'effondrement d'une partie de la falaise proche du lieu-dit Vigie de la Romaine[P 1].

    La partie nord de la presqu'Ăźle, du port de la commune jusqu'Ă  Port-aux-Rocs, est un secteur menacĂ© par la convergence des houles. DĂšs lors, le risque de tempĂȘte concerne non seulement le trait de cĂŽte mais s'Ă©tend Ă  l'ensemble de la commune[P 2]. Ainsi, les tempĂȘtes des 12 et et du — lors de laquelle des vents ont Ă©tĂ© mesurĂ©s Ă  158 km/h Ă  Saint-Nazaire — ont entraĂźnĂ© des chĂ»tes d'arbres, des dĂ©gĂąts de toitures, des projections d'objets et des incendies gĂ©nĂ©rĂ©s par des cĂąbles Ă©lectriques[P 2].

    Bien que le risque de raz-de-marĂ©e ne se soit pas matĂ©rialisĂ© au cours des derniers siĂšcles, la frĂ©quence Ă©levĂ©e des tempĂȘtes alliĂ©e Ă  des marĂ©es de vive-eau rend possible l'envahissement des terres par les eaux marines[P 3]. Le secteur le plus menacĂ© par les consĂ©quences d'une surcote se situe entre le port de la localitĂ© et Port-aux-Rocs, le long de la route littorale CD 45 et plus particuliĂšrement Ă  l'extrĂ©mitĂ© ouest de la plage du Castouillet[P 4]. En revanche, le secteur dĂ©limitĂ© par le centre hĂ©lio-marin et l'entrĂ©e du port est Ă  l'abri de la jetĂ©e du TrĂ©hic. Bien que le trait de cĂŽte soit protĂ©gĂ© par de nombreux ouvrages, la discontinuitĂ© de ceux-ci n'oblitĂšre pas complĂštement le risque de submersion marine. Au Croisic, les zones basses — caractĂ©risĂ©es par des altitudes situĂ©es entre 0 et 5 m suivant la norme IGN69 — sont particuliĂšrement sensibles au risque de pĂ©nĂ©tration marine ; il s'agit plus spĂ©cifiquement du nord du port et des quartiers Saint-Goustan, PrĂ© BrulĂ©, La Maison Rouge et Port Val[P 4].

    Le littoral exposĂ© au sud, bien que protĂ©gĂ© par les falaises, prĂ©sente de petites criques qui peuvent permettre la submersion marine. C'est le cas, le , de la baie de Jumel qui voit la rue de Kerneval inondĂ©e. À la mĂȘme date, toujours dans cette zone, le CD 45 est ponctuellement interrompu par l'accumulation de prĂšs d'un mĂštre d'Ă©cume de mer[P 4].

    La presqu'Ăźle — et en particulier les secteurs du port et de la gare — peut Ă©galement souffrir d'une submersion marine provenant d'une remontĂ©e des eaux marines dans le Grand Traict.

    Outre le risque d'envahissement par les eaux marines, les 9 km de littoral prĂ©sentent deux secteurs oĂč des mouvements de terrains pourraient se matĂ©rialiser sous la pression marine. La convergence de houles, qui caractĂ©rise le secteur nord compris entre la jetĂ©e du TrĂ©hic et Port-aux-Rocs, favorise l'Ă©rosion littorale et donc le recul du trait de cĂŽte[P 5]. Le littoral sud — la cĂŽte sauvage, du Port-aux-Rocs Ă  la pointe du Fort — est protĂ©gĂ© par ses falaises vives[Note 14], mais la puissance des tempĂȘtes accĂ©lĂšre l'altĂ©ration des façades rocheuses. La falaise situĂ©e entre la baie du Sable-Menu et le Masque de NapolĂ©on subit, de plus, des assauts amplifiĂ©s par la prĂ©sence de grottes dans sa partie basse[P 5]. La tempĂȘte du a d'ailleurs provoquĂ© l'effondrement d'un pan de falaise au niveau de la Vigie de la Romaine[P 5].

    Autres risques

    La commune est concernée par des aléas de retrait-gonflement des argiles pouvant fragiliser les fondations des bùtiments[46]. Ces phénomÚnes sont provoqués par des variations de volumes de sols argileux soumis à des évolutions de la teneur en eau[P 6]. Le Croisic est soumise à des aléas faible et moyen face à ce risque[P 7], selon l'échelle définie par le Bureau de recherches géologiques et miniÚres (BRGM)[47].

    La localité est située en zone de sismicité modérée de niveau 3 sur une échelle de 1 à 5[48] ; le risque sismique dans la Loire-Atlantique augmente de faible (niveau 2) au nord du département à modéré (niveau 3) au sud[P 8].

    L’absence d’activitĂ©s industrielles lourdes dans la presqu’üle guĂ©randaise ne justifie pas la prise en compte de risque liĂ© au transport de matiĂšres dangereuses (TMD) autre que celui engendrĂ© par la desserte routiĂšre. Il concerne essentiellement la route dĂ©partementale D 245[P 9]. Les risques Ă©ventuels sont constituĂ©s par le rĂ©approvisionnement de deux stations services, ainsi que par des livraisons de gaz et de carburant aux particuliers et aux entreprises — activitĂ© portuaire en particulier — de la localitĂ©. NĂ©anmoins, le rĂ©amĂ©nagement routier du centre-ville a fortement rĂ©duit le risque TMD[P 10].

    Le littoral dĂ©partemental en gĂ©nĂ©ral et communal en particulier a Ă©tĂ© fortement affectĂ© par l’échouage du pĂ©trolier Erika le 12 dĂ©cembre 1999 ; ceci dĂ©montre que le TMD par voie d’eau reprĂ©sente un risque non nul[P 11].

    Toponymie

    Description du Croisic en 1130, par Al Idrissi[HM 10].

    « Celui qui veut faire, par eau, le tour de la pĂ©ninsule de Bretagne, part de Nantes et se rend Ă  RaĂŻs [Le Croisic]. C'est une jolie ville, importante par ses bazars ; il y existe en outre, des chantiers de construction pour les navires, et un port trĂšs sĂ»r [
] ».

    L'Ă©tymologie du toponyme Croisic a Ă©tĂ© trĂšs discutĂ©e. À la fin du VIe siĂšcle, Venance Fortunat le nomme Vicus Cruciatus en l'honneur de la conversion des Saxons qui y sont prĂ©sents en ce mĂȘme siĂšcle. Le symbole de la croix, portĂ©e par les Saxons, apparaĂźt dans la forme proposĂ©e[49]. Celle-ci est Ă  rapprocher d'une des hypothĂšses d'une Ă©tymologie bretonne Kroaz = « croix » en breton, liĂ© Ă  la terminaison diminutive -ic (Ă©quivalent de -ig[50]). Le Croisic signifierait, dans ce cas, « la petite croix »[51] - [52]. Selon Nicolas Travers, des chartes anciennes mentionnent Ă©galement Crociliacus pour dĂ©signer la localitĂ©[49].

    Au XVIe siÚcle, Bertrand d'Argentré indique la graphie Trosic « pour la venue et édification de Brutus[HM 11] », alors que la graphie Le Croezic est mentionnée à Batz-sur-Mer en 1406[53].

    Le Croisic possĂšde Ă©galement un nom gallo, la langue d'oĂŻl de Haute-Bretagne : Le CroĂšzic (en Ă©criture ELG) ou Le CouĂązi (en MOGA). En gallo, le nom de la commune se prononce [lkwɑ.zi][54] - [55].

    D'autres lieux-dits ou quartiers possĂšdent Ă©galement des Ă©tymologies bretonnes, tel « LĂ©nigo » qui provient de Lennig gozh, « le vieux petit Ă©tang[HM 7] ». On trouve Ă©galement Lanigo, Linigo ou Lanigoff[HM 12]. Kerval (« le fort village »), Lingorzec (« la butte aux joncs ») et Rohello (« les rochers ») en sont d’autres exemples[56].

    Histoire

    Préhistoire

    L'Homme a occupĂ© la falaise au sud de la pointe du Croisic Ă  la fin du PalĂ©olithique — post-Azilien caractĂ©risĂ© par la fin des grands froids et la remontĂ©e du niveau marin. Le climat est alors borĂ©al et la forĂȘt recouvre les terres Ă©mergĂ©es[57] — c'est-Ă -dire vers 9 500 ans avant notre Ăšre. L'ocĂ©an est alors Ă©loignĂ© d'une quarantaine de kilomĂštres du site Ă©tudiĂ© Ă  partir de 1984 ; l'emplacement est un point d'observation des vastes dĂ©pressions environnantes[58]. Le site de la Vigie de la Romaine a rĂ©vĂ©lĂ© prĂšs de quatre mille silex utilisĂ©s pour les flĂšches et outils de chasseurs-cueilleurs[59].

    Antiquité

    La prĂ©sence romaine est avĂ©rĂ©e dans la rĂ©gion guĂ©randaise, comme en tĂ©moignent les vestiges d'un mur mis au jour Ă  Clis[BV 8] — actuellement sur le territoire de GuĂ©rande. De fait, en 56 avant notre Ăšre, les NamnĂštes s'allient aux VĂ©nĂštes face aux lĂ©gions de Jules CĂ©sar. La flotte de Decimus Junius Brutus Albinus remporte alors une victoire, sous les yeux de Jules CĂ©sar, sur celle des VĂ©nĂštes dans une mer qui pourrait ĂȘtre le golfe du Morbihan, la baie de Quiberon ou la rade du Croisic[BV 9] - [Note 15]. Cette bataille marque le dĂ©but de l'emprise de l'Empire romain sur les citĂ©s armoricaines ; la romanisation est trĂšs rapide jusqu'Ă  l'arrivĂ©e des hordes barbares Ă  la fin du IIIe siĂšcle[BV 8]. Les envahisseurs burgondes, francs, angles, goths et saxons ravagent tour Ă  tour la Gaule[HM 13]. La dĂ©fense romaine de la presqu'Ăźle guĂ©randaise est alors assurĂ©e par le poste militaire de ChĂąteau-Grannon de Clis[HM 14].

    • Navires en prĂ©sence lors de la guerre des VĂ©nĂštes (sĂ©lection).
    • Dessin en noir et blanc d’un voilier, voile rectangulaire au vent.
      Essai de reconstitution d'un navire vénÚte.
    • Dessin en noir et blanc d’un deux-mĂąts Ă  voiles rectangulaires dĂ©ployĂ©es.
      Essai de reconstitution d'un navire vénÚte à deux mùts.
    • Peinture d'une galĂšre romaine, voiles dĂ©ployĂ©es, de profil.
      Une galĂšre de guerre romaine.

    DĂšs le milieu du Ve siĂšcle, le Croisic devient une des stations prĂ©fĂ©rĂ©es des marins saxons. De nombreux combats les opposent aux forces romaines. L’opiniĂątretĂ© des Saxons Ă  conserver la place du Croisic s'explique par la position privilĂ©giĂ©e du site[61].

    Moyen Âge

    Vers 593, les armĂ©es de Waroch ravagent les diocĂšses de Nantes et de Rennes et Waroch s'empare des territoires du Croisic et de Batz[HM 15]. La partie occidentale de la Bretagne, vers 753, est alors sous le contrĂŽle absolu des Bretons d'origine insulaire, immigrĂ©s de Grande-Bretagne aprĂšs 460[HM 16]. Il semble que Le Croisic ait alors fait partie de la Romania — par opposition avec la Britania, oĂč l'ancien breton est parlĂ© —, oĂč le gallo-roman prĂ©domine et du comtĂ© de Nantes, avec quelques pĂ©riodes imprĂ©cises d'appartenance au comtĂ© et Ă  l'Ă©vĂȘchĂ© de Vannes[HM 16].

    Le mois de voit les Vikings pĂ©nĂ©trer l'embouchure de la Loire, durant l'une de leurs quatre incursions des IXe et Xe siĂšcles en pays guĂ©randais[FG 4] ; ils dĂ©vastent complĂštement le bourg du Croisic dans leur conquĂȘte qui les rend maĂźtres de toute la zone situĂ©e entre La Loire et le Blavet, la position portuaire de la localitĂ© constituant une de leurs bases maritimes principales[HM 17]. Bothon, important guerrier du jarl Rollon, tente de prendre la ville lors d'une expĂ©dition mais en est dissuadĂ© par une apparition de Saint-Aubin, ĂȘveque d'Angers, Ă  la tĂȘte des assiĂ©gĂ©s croisicais[62].

    Sous le rĂšgne du duc Alain Barbetorte — premier duc de Bretagne de 936 Ă  952 —, le comtĂ© nantais est constituĂ© de fiefs, dont l'un recouvre la presqu'Ăźle guĂ©randaise. L'Ăźle de Batz dans son ensemble, comprenant donc Le Croisic, constitue une paroisse unique dans le terrouer de GuĂ©rande et son Ă©glise paroissiale est situĂ©e Ă  Batz-sur-Mer[HM 18].

    Au XIIe siÚcle, Le Croisic est un port important. Il arme de forts navires et a développé une importante activité commerciale[HM 19]. La fidélité de ses habitants aux ducs d'abord, puis aux rois de France, héritiers des ducs, reste si complÚte que des privilÚges considérables lui sont assurés[HM 20]. Nicolas Bouchart, amiral de Bretagne né à Batz[FG 5], tenant pour Jean de Montfort contre Charles de Blois, fortifie la ville et y bùtit un chùteau vers 1379[Note 16]. Outre le chùteau, rasé en 1597 par le capitaine La Tremblaye et dont il ne reste aucun vestige depuis l'époque moderne, l'ouvrage défensif comprend également un rempart de pierres de taille, protégeant au lieu-dit La BarriÚre l'accÚs à la péninsule[HM 21] - [Note 17].

    Si jusqu'au XIIIe siÚcle rien ne distingue administrativement Le Croisic du reste de la presqu'ßle de Batz, au XIVe siÚcle la localité a, sans conteste, acquis le statut de commune. Sa défense est mise sous l'autorité d'un gouverneur, capitaine nommé par le duc en titre ; ce magistrat gÚre toutes les affaires de la communauté, conseillé par un conseil de nobles et de bourgeois[HM 23]. Ce conseil est composé d'un minimum de huit membres, élus par les habitants du Croisic, propriétaires d'immeubles ou pouvant justifier d'une profession. Il traite principalement d'affaires maritimes. Voulant se libérer de la tutelle de Guérande, la localité mÚne une politique subtile pour se signaler indépendamment à l'attention des princes[HM 24].

    C'est du Croisic que part, en , la flottille de trois navires — armĂ©s de canons et commandĂ©e par Pierre de LesnĂ©rac, connĂ©table de Nantes — pour aller chercher la future 3e Ă©pouse de Jean IV de Bretagne, Jeanne de Navarre, qui rĂ©side alors Ă  Pampelune[HM 25].

    Au XVe siĂšcle, Le Croisic est le vassal direct de la couronne de Bretagne et jouit de privilĂšges confirmĂ©s par la suite par les rois de France successifs, de Charles VIII Ă  Louis XV. Il s'agit d'exemptions de taxes de fouage, de soutiens aux frais de guerre et de dĂ©fense et de contributions « ordinaires et extraordinaires ». Les Croisicais sont en outre constituĂ©s en milice, « personnellement, obligatoirement, solidairement astreints au guet, non seulement Ăšs ville et chĂąteau, mais quand besoin Ă©tait, sur la cĂŽte, de jour par fumĂ©e, et de nuit par signes de feu Ă  l'accoutumĂ©e [
][HM 26] ».

    Le duc François II arme une flotte au Croisic, et accorde aux habitants plusieurs privilĂšges dont ils se montrent reconnaissants. Non seulement ils font lever Ă  l'armĂ©e de Charles VIII le siĂšge de Nantes, mais encore ils contribuent Ă  reprendre la ville de Vannes, enlevĂ©e par les Français[HM 27]. Plus tard, l'union de la Bretagne et de la France ayant Ă©tĂ© consommĂ©e, les Croisicais ne marchandent pas leur dĂ©vouement au nouveau souverain. Ils s'occupent avec ardeur des armements nĂ©cessaires pour rĂ©primer les incursions des Anglais sur les rivages bretons. Quatre de leurs navires obtiennent l'honneur de la journĂ©e oĂč si malheureusement pĂ©rit le trop impĂ©tueux Portzmoguer, dit Primauguet, et oĂč est dĂ©truit le vaisseau la CordeliĂšre, construit par la reine Anne de Bretagne (1513)[61].

    Époque moderne

    Lettres patentes de François Ier, du [HM 28].

    « Le Croisic est un port qu'il est besoin touchant Ă  la chose publique entretenir, garder et augmenter plus que jamais, parce que du prĂ©sent, dedans icelui, va grand nombre de grands navires que ses marins ont pris, de bonne guerre, sur les ennemis et adversaires de nous et de notre royaume [
] ».

    Le XVIe siĂšcle s'ouvre sur une pĂ©riode faste au Croisic ; la ville compte en 1501 pas moins de quatre mille habitants, selon la bulle d'Alexandre VI du [B 2], dont prĂšs de quatre cents marins ; cette population est Ă  comparer aux deux cents habitants de Saint-Nazaire[BV 11], qui Ă  cette Ă©poque ne dispose pas encore d'un port adaptĂ© pour la pĂȘche et les Ă©changes commerciaux.

    Sous le rĂšgne de François Ier, les Croisicais demeurent fidĂšles Ă  leur engagement Ă©conomique et guerrier en soutien du roi, sous les ordres de leurs gouverneurs successifs. Ils repoussent ainsi plusieurs tentatives de dĂ©barquement anglaises ou espagnoles, comme c'est le cas Ă  la crique de Port-aux-Rocs en 1516. Le , les autoritĂ©s croisicaises mettent quatre navires Ă  disposition de l'entreprise royale de dĂ©barquement en Écosse[Note 18].

    En 1557, la flotte espagnole parvient Ă  s’emparer de Belle-Île-en-Mer. Le duc d'Étampes, gouverneur de Bretagne fait alors appel aux Croisicais pour reprendre l’üle[HM 30]. « Le [
] les habitants du Croisic Ă©crivirent au duc d'Étampes, pour lui apprendre qu'ils avaient chassĂ© les Espagnols de Belle-Île et pris une de leurs barques, oĂč il s'Ă©tait trouvĂ© du sucre et des olives, et lui annoncer qu'ils lui conservaient quatre pains de sucre et un baril d'olives provenant de cette prise[61] ».

    Jusqu'en 1597, le Croisic demeure au rang des plus fortes places bretonnes ; Ă  cette Ă©poque Henri IV, vainqueur de la Ligue, achĂšve de pacifier le comtĂ© nantais. Le capitaine La Tremblaye vient assiĂ©ger et rĂ©duit la ville qui accueille une communautĂ© calviniste ; il en dĂ©molit les fortifications et le chĂąteau. Le capitaine impose au Croisic une rançon de trente mille Ă©cus, s’assurant du paiement de cette somme imposante en prenant 22 notables en otage[HM 31].

    C’est en 1617 que s’établit, au Croisic, la communautĂ© des FrĂšres mineurs capucins et la premiĂšre pierre du couvent est posĂ©e le [HM 32] ; ils sont Ă©galement Ă  l’origine de la construction d’une Ă©glise consacrĂ©e le Ă  saint François d'Assise et d’une chapelle bĂ©nite le , dĂ©diĂ©e Ă  saint Antoine de Padoue[HM 33].

    En 1629, Louis XIII autorise la construction d’une mairie — celle-ci a Ă©tĂ© dĂ©truite en 1908 —, Ă  l’emplacement du chĂąteau-fort rasĂ© par La Tremblaye, sur l’actuelle place de Dinan ; il rĂ©compense ainsi la fidĂ©litĂ© des Croisicais parmi lesquels il vient d’effectuer, le , une levĂ©e de cent hommes pour participer au siĂšge de La Rochelle[HM 34].

    Le Croisic, Ă  l'instar de GuĂ©rande et d’une quarantaine d'autres villes de Bretagne, est reprĂ©sentĂ©e aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles aux États de la province Bretagne, cour souveraine du duchĂ© ayant des compĂ©tences principalement financiĂšres[64].

    Les aléas du commerce maritime

    Noël nouveau cité en 1836 par Auguste Lorieux (sous le pseudonyme Gustave Grandpré)[65].

    « Ceux du Croisic, avec allégresse,
    Avec Batz n’engendrent point paresse,
    Portant poisson,
    Comme saumon,
    Aussi morue salée et bon vin de Pornichet
    Pour visiter l'accouchée. »
    .

    Au XVIIe siĂšcle, Le Croisic fait partie des premiers ports Ă  envoyer des bateaux pĂȘcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve — les morutiers. Jusqu'Ă  douze navires, Ă©quipĂ©s de seize Ă  trente canons obtiennent l'autorisation royale pour aller pĂȘcher dans ces eaux, apportant Ă  la localitĂ© la fortune et l'aisance[HM 35]. Louis XV approuve les derniĂšres tentatives par lettre patente datĂ©e du [Note 19].

    Au milieu du XVIe siĂšcle, prĂšs d'une centaine de navires de plus de cent tonneaux sont enregistrĂ©s au port du Croisic[HM 36]. La localitĂ© commerce avec la NorvĂšge, l’Espagne et le Portugal, de la Baltique Ă  la MĂ©diterranĂ©e ; en 1558, ce sont pas moins de 61 bĂątiments du Croisic dont le passage est enregistrĂ© Ă  Lisbonne[HM 37]. Le port accueille, en provenance du Nord, du bois, du fer, de l’étain, de la houille, des Ɠufs de poisson — appelĂ©s « rogue » — et des tissus ; en Ă©change, les navires repartent avec du sel et du vin[HM 37]. Il faut noter que le sel du pays guĂ©randais jouit d’une excellente rĂ©putation qui se reflĂšte dans les prix de vente ; le quartaut local de 48 livres se vend en effet Ă  55 sous contre 35 sous pour une mĂȘme mesure de sel du Portugal ou d’Espagne[HM 37]. Pour accompagner le dĂ©veloppement maritime, la commune consent des amĂ©nagements importants des quais et jonchĂšres ; significatif de l’importance des relations commerciales avec le Portugal, l’un des quais reçoit l’appellation « quai des Portugais »[HM 6].

    Le XVIIIe siĂšcle est en revanche marquĂ© par la stagnation Ă©conomique, voire la rĂ©cession. Les raisons tiennent Ă  la suppression d'avantages fiscaux et Ă  l'Ă©mergence du port de Nantes au dĂ©triment de celui du Croisic, qui engendre la migration des armateurs[B 3]. À ces causes Ă©conomiques s'ajoutent deux Ă©vĂ©nements naturels. En 1709, en effet, de trĂšs fortes tempĂȘtes dĂ©truisent la protection de dunes qui relient Pen-Bron Ă  La Turballe ; le sable envahit alors le traict et bloque le trafic du port du Croisic, empĂȘchant le mouvement des navires mĂȘme Ă  marĂ©e haute. La situation n'est restaurĂ©e qu'Ă  partir de 1715, par le dĂ©but de la construction de la digue de Pen-Bron — formalisĂ©e par la dĂ©cision de Louis XIV en date du — et l'Ă©limination naturelle par le jusant de l'Ă©norme masse de sable accumulĂ©e[B 3]. Les consĂ©quences de cette catastrophe naturelle se trouvent amplifiĂ©es par une pĂ©riode de production salicole dĂ©sastreuse liĂ©e au manque de main d'Ɠuvre — les guerres du roi nĂ©cessitent en effet des efforts toujours plus importants en contingents de marins ; 1 200 marins du Croisic ont disparu sur les vaisseaux du roi entre 1746 et 1751[Note 20]. La famine s'installe au Croisic Ă  partir du milieu du siĂšcle[B 4].

    Le calvinisme au Croisic

    C'est vers le milieu du XVIe siĂšcle que le calvinisme pĂ©nĂštre au Croisic, sous l'action fervente de François d'Andelot, seigneur de La Roche-Bernard, de la famille de Coligny[HM 38]. C'est sur son instigation qu'au printemps 1558, les pasteurs Gaspard Carmel dit Fleury et Loiseleur dit Villiers, du consistoire de Paris, viennent prĂȘcher dans l'Ă©glise Notre-Dame-de-PitiĂ©[Note 21].

    Le , l'Ă©vĂȘque de Nantes, Antoine de CrĂ©quy, rĂ©agit en organisant une procession d'expiation au Croisic, durant laquelle il porte lui-mĂȘme l'ostensoir. Cette procession donne lieu Ă  une bagarre entre catholiques et protestants ; les meneurs de ces derniers se retirent au chĂąteau de Careil, propriĂ©tĂ© de Jean du Bois, sieur de Baulac, tandis qu'une couleuvrine dĂ©truit la maison de Guillaume Le Ray, qui hĂ©berge les pasteurs[Note 22]. PrĂšs de 500 coups de canon sont tirĂ©s, trois personnes sont tuĂ©es et cinq maisons sont livrĂ©es au pillage[BV 12].

    Les protestants du XVIe siĂšcle se rĂ©unissent dans la chapelle de Saint-Yves de Kermartin, dont la fondation est antĂ©rieure au XVe siĂšcle, dans la rue du mĂȘme nom[HM 40] ; elle a aujourd'hui disparu. En 1562, Ă  l'occasion d'un mariage que les dimensions de la chapelle ne permettent pas d'accueillir, les protestants utilisent de nouveau l'Ă©glise Notre-Dame-de-PitiĂ©. La chaire de ce monument catholique, « prostituĂ©e au mensonge et Ă  l'erreur », est alors dĂ©truite[HM 40].

    La Paix d'Amboise, traitĂ© de paix signĂ© le , pacifie quelque peu les relations entre les deux communautĂ©s religieuses du Croisic. L'Église rĂ©formĂ©e du Croisic est alors menĂ©e par le pasteur François Baron, de Piriac. Elle est reprĂ©sentĂ©e au synode des Ă©glises bretonnes, tenu Ă  VitrĂ© le [HM 41]. La promulgation de l'Ă©dit de Nantes, le , donne encore un peu plus d'aisance aux calvinistes dans la pratique de leur culte. Mais en 1665, la pratique du culte protestant est interdite au Croisic. La rĂ©vocation de l'Ă©dit de Nantes d' renforce l'interdiction et la plupart des protestants croisicais prennent des distances avec leur localitĂ© jusqu'Ă  une disparition totale du culte local[HM 41] - [Note 23].

    La bataille des Cardinaux

    Tableau d’une bataille navale, aux teintes dominantes jaune et noir.
    La Bataille de la Baie de Quiberon, : le Jour d'AprĂšs de Richard Wright. À droite, Le Soleil-Royal et Le HĂ©ros, en feu; au centre, HMS Resolution et HMS Essex, Ă©chouĂ©s; Ă  gauche, Le Formidable, amarinĂ© par une frĂ©gate.

    La bataille des Cardinaux s'est dĂ©roulĂ©e le dans un triangle de 7 milles marins formĂ© par les Ăźles d'HƓdic et Dumet et la pointe du Croisic[67]. Épisode de la guerre de Sept Ans, elle oppose les flottes française et britannique. Le combat se dĂ©roule au milieu des Ă©lĂ©ments dĂ©chaĂźnĂ©s, comme le rapporte un tĂ©moin postĂ© en haut du clocher du Croisic :

    « Je montais [
] Ă  la tour Ă  une heure ou environ et de temps Ă  autre dans les Ă©claircies nous apercevions quelques voiles sans en pouvoir prĂ©cisĂ©ment dĂ©terminer le nombre. Vers les trois heures, nous dĂ©couvrĂźmes une grande quantitĂ© de vaisseaux qui tous couraient au nord-est, nous nous doutĂąmes que c'Ă©taient les escadres de M. de Conflans et de Hawke. Nous ne fĂ»mes pas longtemps dans l'incertitude, car dans l'instant nous nous aperçûmes qu'ils se canonnaient, ce qui continua jusque vers les cinq heures et demie du soir, les vents au nord-nord-ouest, grand vent et par grains[68] [
] »

    — Olivier Chaline, confĂ©rence donnĂ©e au Croisic, le .

    Selon le tĂ©moignage du guetteur du Croisic, le combat cesse vers 17 h 30 : « la nuit Ă©tant venue nous n’entendĂźmes plus tirer[69] [
] ». Une partie de la flotte française est au mouillage au sud-ouest de l’üle Dumet, pĂȘle-mĂȘle avec les navires britanniques alors que onze vaisseaux se rĂ©fugient Ă  l’embouchure de la Vilaine[Note 24] et que quelques navires français tentent de rejoindre l’üle d'Aix[71] - [Note 25].

    Entre 21 h 30 et 22 h, le HMS Resolution s'Ă©choue sur le plateau du Four au large du Croisic et dĂ©mĂąte, avec Ă  bord, des prisonniers français du Formidable ; au matin du , le HMS Essex anglais, qui vient Ă  sa rescousse s’y Ă©ventre Ă  son tour[71]. L’amiral de Conflans, « par une manƓuvre sans excuses comme sans prĂ©cĂ©dent dans la marine française [son vaisseau et son Ă©quipage sont encore intacts], fait couper les cĂąbles du Soleil-Royal et vient s'Ă©chouer Ă  l'entrĂ©e du port du Croisic vers sept heures du matin ». Le HĂ©ros vient Ă  son tour s’échouer Ă  l’extĂ©rieur du port[73]. Les deux navires sont Ă©vacuĂ©s et partiellement sabordĂ©s et incendiĂ©s ce jour-lĂ  pour ne pas ĂȘtre capturĂ©s alors que le reste de l'escadre s'est enfui[74]. L'amiral de Conflans, dĂ©barquĂ© en mĂȘme temps que les 1 100 hommes du Soleil Royal, remet son Ă©pĂ©e Ă  Michel Armand, marquis de Broc, commandant la place du Croisic[Note 26] : « Tenez, Monsieur, je doute dĂ©sormais en avoir encore besoin [
][76] ».

    L'action se concentre alors pour plusieurs semaines au Croisic. Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, duc d’Aiguillon et coordinateur du « Grand dessein de Louis XV[Note 27] », rĂ©cemment installĂ© dans la localitĂ©, refuse Ă  Hawkes la restitution du HĂ©ros, qui bien qu’ayant amenĂ© son pavillon durant la bataille, s’est esquivĂ© et a repris le combat. La demande britannique s’étend bientĂŽt au Soleil Royal. Devant le refus d’Aiguillon, les Anglais s’approchent, au dĂ©but de , de l’épave du Soleil Royal et parviennent Ă  s’emparer de plusieurs canons et d’une statue de Louis XV[73], non sans avoir adressĂ© aux Croisicais un ultimatum portant « que si l'on tentait de s'y opposer [au retrait des canons], ils bombarderaient la ville et la rĂ©duiraient en cendres ». La garnison du Croisic, obĂ©issant aux ordres du marquis de Broc, et quoique assez faible[Note 28], ouvre alors le feu sur les bĂątiments anglais pour les Ă©loigner des Ă©paves[Note 29]. IrritĂ©s, le les Britanniques s'embossent et ouvrent le feu Ă  leur tour. Pendant trois jours, les champs sont sillonnĂ©s par des boulets. Une bombe tombe dans le milieu du Croisic, devant la porte principale de l'Ă©glise. Devant la rĂ©sistance croisicaise, l'amiral Hawkes dĂ©cide de relĂącher sa pression sur la localitĂ©[73]. Les blessĂ©s des combats des bĂątiments Ă©chouĂ©s ont Ă©tĂ© pris en charge par les capucins du Croisic[Note 30].

    Un canon du Soleil Royal, propriété du musée national de la Marine, est demeuré sous la responsabilité de la localité depuis sa découverte en 1955[T 2] - [Note 31].

    Révolution française et Empire

    Les Croisicais participent au mouvement rĂ©volutionnaire dĂšs 1788. Le , ils votent une dĂ©libĂ©ration « pour obtenir l'effet de toutes ces rĂ©clamations et de toutes celles qui seront sollicitĂ©es par le vƓu unanime des dĂ©putĂ©s du tiers Ă©tat de la province, [ils] prie[nt] M. David de DrĂ©ziguĂ©, dĂ©putĂ© de cette ville aux États, de requĂ©rir l'adhĂ©sion de tous les membres du Tiers et de s'y rĂ©unir, afin d'opĂ©rer de concert le bien-ĂȘtre de la classe utile et molestĂ©e, et comme les francs-fiefs[Note 32] des marais salants regardent particuliĂšrement notre territoire, d'en poursuivre l'adoucissement jusqu'aux pieds de Sa MajestĂ©, et de prendre les mesures les plus convenables[HM 42] ».

    Le , la ville célÚbre, « par des feux de joie et des illuminations, la Révolution créée par le serment de la salle du Jeu de paume[HM 43] ». Par la loi du , Le Croisic est rattaché au district de Guérande[HM 44]. Le décret du et la Constitution du 5 fructidor an III créent le canton du Croisic auquel sont rattachés Batz et Le Pouliguen le [HM 45].

    Le , GuĂ©rande est attaquĂ©e par un fort parti de paysans emmenĂ©s par Thomas de Caradeuc et GuĂ©rif de Lanouan, officiers de l'Association bretonne contre-rĂ©volutionnaire ; ils disposent de deux canons pris aux batteries de la cĂŽte[80]. Le , le district et la municipalitĂ© de GuĂ©rande capitulent et les insurgĂ©s dĂ©clarent la restauration de la royautĂ©. Le mĂȘme jour, ils somment les Croisicais d'envoyer « douze otages pour preuve de soumission, faute de quoi les corps administratifs exerçant un pouvoir usurpĂ©, seront personnellement et sur leurs tĂȘtes responsables des malheurs qui en seront la suite[HM 46] ». Par 88 votes sur 166 bulletins exprimĂ©s, le conseil gĂ©nĂ©ral de la commune accepte de fournir les douze otages demandĂ©s. La ville est nĂ©anmoins pillĂ©e le [HM 47]. Les rebelles mettent en place une municipalitĂ© royaliste qui prĂȘte serment Ă  Louis XVII[80]. Le gĂ©nĂ©ral Beysser, accouru Ă  La Roche-Bernard avec des troupes rĂ©publicaines, intime aux Croisicais, le , de restaurer la municipalitĂ© rĂ©publicaine, ce qui est fait le [Note 33].

    Les années 1830 sont marquées par une forte épidémie de choléra. En 1832, 56 décÚs liés à l'épidémie sont relevés, soit prÚs de la moitié des 115 morts enregistrées cette année-là dans la commune[B 5]. Ils sont enterrés dans un cimetiÚre particulier, situé prÚs de la chapelle Saint-Goustan, sur décision municipale[Note 34]. L'épidémie prend fin au mois d'[B 5].

    La digue du Tréhic

    Ce n'est qu'en 1809 que commencent les travaux de la future digue du TrĂ©hic, qui relie la falaise de Saint-Goustan au rocher du TrĂ©hic, avec la pose des premiers gros blocs de lest[B 4]. Les travaux d'amĂ©lioration du port sont lents et, en 1824, la digue ne s'Ă©lĂšve qu'Ă  1,5 m en moyenne au-dessus des eaux Ă  marĂ©e haute. Il faut de nombreuses requĂȘtes des maires successifs[Note 35] et de la direction des ponts et chaussĂ©es — enfin rĂ©compensĂ©es par la loi du relative Ă  l'amĂ©lioration des ports de la mĂ©tropole —, pour qu'un budget important soit attribuĂ© Ă  la construction dune jetĂ©e de 858 m[B 6]. C'est finalement le que la premiĂšre pierre de la jetĂ©e actuelle est scellĂ©e. L'adjudicataire de la deuxiĂšme tranche des travaux est Silvain Deslandes-OriĂšre, que l'on retrouve plus tard Ă  l'origine du complexe de bains de mer Deslandes[B 7]. La derniĂšre pierre de la jetĂ©e est posĂ©e le [B 8]. Le phare est construit de 1869 Ă  1872[B 9].

    L'essor des bains de mer, prélude à la modernisation de la commune

    DĂšs 1800, le dĂ©partement de la Loire-InfĂ©rieure voit se dĂ©velopper les bains de mer, d'abord Ă  Pornic, pour bĂ©nĂ©ficier des bienfaits de la source thermale de Malmy, puis au Croisic[B 10]. En 1823, Édouard Richer dĂ©crit « l'anse du Sable-Menu oĂč les dames vont prendre les bains de mer [et les petites grottes] retraites oĂč les baigneuses se dĂ©shabillent[82] ». Cinq ans plus tard, en 1828, c'est Auguste Lorieux, sous le pseudonyme Gustave GrandprĂ©, qui Ă©crit :

    « [
] Depuis quelque temps, les bains de mer sont fort Ă  la mode. Aux eaux minĂ©rales, on prĂ©fĂšre les ondes de l'ocĂ©an ; Dieppe fait oublier BagniĂšre et Le Croisic a remplacĂ© Dinan. Durant la belle saison, les rivages de la mer sont le rendez-vous de la bonne compagnie ; c'est lĂ  que s'assemblent tous les dĂ©sƓuvrĂ©s du monde[83][
] »

    — Gustave GrandprĂ©, Promenade au Croisic, 1828.

    Durant la construction de la jetĂ©e du TrĂ©hic Ă  partir de 1840, Silvain Deslandes-OriĂšre — ou plus couramment, Silvain Deslandes — remarque le potentiel du site de Saint-Goustan, Ă  prĂ©sent protĂ©gĂ© des vents par la digue. Il entreprend en 1845 de remplacer les vastes bĂątiments en bois Ă©rigĂ©s pour les besoins du chantier par un Ă©tablissement de bains, pouvant accueillir plus de cent lits. DĂšs lors, les bains de mer sont lancĂ©s au Croisic et prĂšs de cinq cents baigneurs les frĂ©quentent chaque annĂ©e dĂšs son ouverture[HM 49], pour atteindre deux mille baigneurs annuels Ă  la fin des annĂ©es 1860[B 11]. Une partie de la clientĂšle est logĂ©e en ville, faute de place dans le nouvel Ă©tablissement. Les premiers chalets de la grande cĂŽte — le plus ancien Ă©tant construit prĂšs de la falaise du Sable-Menu — voient alors le jour avant 1875, tels le chalet Douillard Ă  Port Lin, puis les chalets Blot, Chenantais, de VeillechĂšse ou la propriĂ©tĂ© Panneton-Levesque[HM 50].

    L'hĂŽtel Deslandes accueille des cĂ©lĂ©britĂ©s comme Alfred de Musset, amateur rĂ©gulier de la nouvelle station, tout comme Charles Monselet ou Jean-Auguste-Dominique Ingres[HM 51]. À leur tour, Narcisse DĂ­az de la Peña, JosĂ©-Maria de Heredia et HonorĂ© de Balzac profitent des services et du climat de la station[HM 52] ; ce dernier s'inspire d'ailleurs du site pour la rĂ©daction de son roman BĂ©atrix. Il Ă©crit Ă©galement, lors de son sĂ©jour dans les annĂ©es 1830 Ă  Batz-sur-Mer, Un drame au bord de la mer, court rĂ©cit romanesque qui inspire Marcel L'Herbier en 1920 pour son film L'Homme du large, et qui a pour cadre Le Croisic et la CĂŽte sauvage (« Grande CĂŽte »).

    Cet engouement pour Le Croisic pousse la commune Ă  moderniser la localitĂ© et son activitĂ© Ă©conomique traditionnelle. Les premiĂšres rĂ©gates sont organisĂ©es en 1837 ; l'Ă©clairage public apparaĂźt en 1846 et huit rĂ©verbĂšres Ă  huile illuminent les nuits des estivants ; les chaussĂ©es des rues et places principales font l'objet de rĂ©fections de 1847 Ă  1853[Note 36]. Le , le conseil municipal vote les travaux qui vont aboutir Ă  l'ouverture de la route dĂ©partementale no 8 du Croisic Ă  Nantes[HM 53]. De mĂȘme l'adoption le de la rĂ©solution portant sur la construction d'un pont mixte, fixe, sur l'Ă©tier du Pouliguen, est un prĂ©lude Ă  la jonction ferroviaire qui voit son aboutissement en 1879[HM 54].

    Les Ă©tablissements Deslandes s'agrandissent Ă  plusieurs reprises jusque dans les annĂ©es 1870 et la station demeure trĂšs frĂ©quentĂ©e jusqu'en 1885[B 12]. Le fondateur du complexe Deslandes, dĂ©sormais appelĂ© hĂŽtel de la Plage, dĂ©cĂšde le Ă  l'Ăąge de 94 ans[B 13]. Ce dĂ©cĂšs coĂŻncide avec le ralentissement de l'activitĂ© balnĂ©aire du Croisic, Ă©bauchĂ© dĂšs 1885. La station est alors concurrencĂ©e par celle du Pouliguen et surtout par l'essor de La Baule, oĂč en 1882, l'architecte paysagiste François Aubry dessine ce qui va devenir le quartier BenoĂźt, prĂ©lude Ă  l'impressionnante expansion de la baie du Pouliguen qui s'Ă©tend jusqu'Ă  Pornichet[B 14].

    Époque contemporaine

    Les annĂ©es 1870 voient d’autres efforts de modernisation de la localitĂ©. Le conseil municipal d’ vote une Ă©tude sur la distribution d’eau potable et d'un service d’eau. Le , le maire est mandatĂ© pour signer un contrat de cinquante ans relatif Ă  la fourniture du gaz nĂ©cessaire Ă  l’éclairage public[HM 55]. La criĂ©e au poisson rĂ©sulte d’une dĂ©libĂ©ration du conseil municipal du , qui approuve la construction d’un marchĂ© couvert pour la vente aux enchĂšres du poisson frais, place de la Motte[HM 56], transformĂ©e de 2006 Ă  2008 en espace de culture, de spectacles et d'expositions sur l’actuelle place Boston[M 4].

    Le Croisic attire toujours, en cette fin de XIXe siĂšcle, les intellectuels et artistes tels que Paul Bourget (1878) et Jean Richepin ; Paul Bourget, aprĂšs Cruelle Ă©nigme Ă©crit une courte nouvelle se rapportant au Croisic dans Une amoureuse de village, tandis que Richepin recueille dans la localitĂ© les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  son roman La Glu (1881)[HM 57]. À son tour, Jules Verne sĂ©journe dans la localitĂ© en chez son ami Paul Levesque[BV 14].

    Sorti en 1913, le film muet La Glu, réalisé par Albert Capellani avec dans sa distribution Mistinguett et Paul Capellani a Le Croisic parmi ses lieux de tournage[85].

    La commune n’échappe pas aux conflits mondiaux du XXe siĂšcle et son monument aux morts rappelle les noms des morts sur les diffĂ©rents thĂ©Ăątres des deux conflits mondiaux[86]. À partir de 1917, des centres d’aviation maritime produisant des hydravions de combat sont crĂ©Ă©s en Bretagne — Camaret-sur-Mer, Aber-Wrac'h et Lorient ; l’un d’eux s'installe au Croisic[87].

    À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la localitĂ© n’est libĂ©rĂ©e que le ; la commune constitue le dernier port libĂ©rĂ© de France[M 5]. Cette situation particuliĂšre est liĂ©e au dĂ©veloppement de la poche de Saint-Nazaire, Ă  partir du , zone de repli des troupes allemandes de Loire-InfĂ©rieure autour du port et de la base sous-marine de Saint-Nazaire.

    Politique et administration

    Situation administrative

    Le Croisic appartient au canton de La Baule-Escoublac, qui compte six communes et 43 284 habitants au recensement de 2012 ; depuis mars 2015, Gatien Meunier et Danielle Rival sont les conseillers dĂ©partementaux. La commune est rattachĂ©e Ă  l'arrondissement de Saint-Nazaire et Ă  la 7e circonscription de la Loire-Atlantique, dont la dĂ©putĂ©e est Sandrine Josso (Modem), depuis 2017.

    Tendances politiques et résultats

    Les électeurs du Croisic ont toujours accordé la majorité de leurs suffrages à un candidat de droite lors des scrutins locaux depuis 2002. Dans un cadre non régional, seule l'élection européenne de 2004 a vu un candidat de gauche s'imposer, face à un candidat de droite.

    Élection prĂ©sidentielle la plus rĂ©cente

    Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2022, Emmanuel Macron (Ensemble), élu, a recueilli 64,47 % des suffrages et Marine Le Pen (RN), 35,33 % des suffrages ; le taux de participation était de 76,83 %[88].

    Élection municipale la plus rĂ©cente

    Le nombre d'habitants au recensement de 2011 Ă©tant compris entre 3 500 et 4 999, le nombre de membres du conseil municipal pour l'Ă©lection de 2014 est de 27[89].

    Lors des élections municipales de 2014, les 27 conseillers municipaux ont été élus dÚs le premier tour ; le taux de participation était de 68,70 %. Trois conseillers ont été élus au conseil communautaire. Les deux listes en présence se présentaient avec l'étiquette divers droite (LDVD)[90].

    Liste des maires

    Sept maires se sont succédé depuis 1977 :

    Liste des maires successifs depuis 1977
    PĂ©riode IdentitĂ© Étiquette QualitĂ©
    26 mars 1977[91] 12 mars 1983 Pierre ThomĂšre DVD Inspecteur divisionnaire honoraire
    12 mars 1983 3 février 1986[92]
    (décÚs)
    Louis Jaunay RPR Retraité
    Conseiller général du Croisic (1982-1986)
    13 février 1986[93] 17 mars 1986[94]
    (décÚs)
    Jacques Guilleux RPR Retraité, ancien premier adjoint
    25 mars 1986[95] mars 1989 Jean Auffret[96] DVD Mareyeur
    Conseiller général du Croisic (1986-1994)
    mars 1989 19 juin 1995 Marcel Laurent DVD Peintre retraité
    19 juin 1995[97] 21 mars 2008 Christophe Priou[Note 37] RPR puis UMP Cadre Ă  la chambre de commerce et d'industrie
    Député de la Loire-Atlantique (7e circ.) (2002-2017)
    Conseiller général du Croisic (1994-2002)
    Vice-président du conseil général (2001-2002)
    21 mars 2008[98] En cours MichÚle Quellard[Note 38] DVD Retraitée
    9e vice-présidente de Cap Atlantique

    Instances juridiques et administratives

    Dans le ressort de la cour d'appel de Rennes, Le Croisic relĂšve de Saint-Nazaire pour toutes les juridictions, Ă  l'exception du tribunal administratif, de la cour administrative d'appel et de la cour d’assises, situĂ©s tous les trois Ă  Nantes[99].

    La commune se trouve dans la circonscription de gendarmerie de Saint-Nazaire et la brigade de proximité la plus proche est située dans la localité[100]. La brigade de sapeurs-pompiers du Croisic est constituée de pompiers volontaires[M 6].

    Ordures ménagÚres

    La commune, au sein de la communautĂ© d'agglomĂ©ration de la Presqu'Ăźle de GuĂ©rande Atlantique, organise le tri des ordures mĂ©nagĂšres en collectant sĂ©parĂ©ment les journaux et les magazines, ainsi que les emballages lĂ©gers[101] - [M 7]. Une dĂ©chĂšterie permettant la collecte des encombrants est en fonction au Croisic. Plus de 25 points d’apport volontaire sont Ă©galement rĂ©partis, en 2016, sur le territoire de la commune[102] - [103].

    Depuis le , les ordures mĂ©nagĂšres des communes adhĂ©rant Ă  la communautĂ© d’agglomĂ©ration Cap Atlantique transitent uniquement par la station de transfert de GuĂ©rande ; celle-ci a traitĂ© en 2012 prĂšs de 30 000 t de dĂ©chets[104]. En revanche, les ordures encombrantes et le tout-venant sont orientĂ©s sur la station Keraline d’Herbignac qui a reçu, en 2012, plus de 8 000 t de rebuts. Les dĂ©chets recyclables sont, quant Ă  eux, gĂ©rĂ©s Ă  GuĂ©rande ; les quantitĂ©s d’emballages lĂ©gers et de journaux et magazines se sont Ă©levĂ©es en 2012 respectivement Ă  1 270 t et 2 700 t pour l’ensemble de la communautĂ© d’agglomĂ©ration. Pour l’annĂ©e 2012, le coĂ»t de collecte et de traitement s’est montĂ© Ă  159 € par foyer, une donnĂ©e stable depuis 2010[104].

    QualitĂ© de l’eau

    Le Croisic fait partie du pĂ©rimĂštre du schĂ©ma directeur d'amĂ©nagement et de gestion des eaux (SDAGE) finalisĂ© en 1996. À ce titre, les abords du rĂ©seau hydrographique ont Ă©tĂ© maintenus en « zone naturelle strictement inconstructible » par le PLU de 2012 ; le rĂ©seau du systĂšme d’épuration a Ă©tĂ©, en outre, Ă©largi de façon Ă  respecter l’extension des zones urbanisables[M 1].

    La commune dĂ©lĂšgue Ă  la communautĂ© d'agglomĂ©ration de la Presqu'Ăźle de GuĂ©rande Atlantique la gestion et la collecte des eaux potables et pluviales et l’assainissement des eaux usĂ©es. Cap Atlantique a confiĂ© Ă  SEPIG, une filiale du groupe Saur la gestion des stations d’épurations et de l’ensemble des Ă©quipements du rĂ©seau d’eaux usĂ©es, ainsi que la collecte, le transport et le traitement des eaux usĂ©es[105]. Le Croisic relĂšve de la station d’épuration de Livery, Ă  GuĂ©rande, inaugurĂ©e en septembre 2008[106].

    En , la qualitĂ© de l’eau du traict est jugĂ©e mĂ©diocre par l’association DECOS. Celle-ci constate la pollution pĂ©riodique et rĂ©guliĂšre des eaux par des bactĂ©ries, telle Escherichia coli, ayant entraĂźnĂ© des interdictions de pĂȘche en janvier et . D’autre part, pour l’exploitation conchylicole qui nĂ©cessite une autorisation relative Ă  la qualitĂ© des eaux, la catĂ©gorisation en 2014 des eaux croisicaises est de niveau B. Un passage en niveau C signifie, selon l’association, l’émission d’une interdiction d’exploitation, en particulier pour les coquillages fouisseurs (coques et palourdes) qui reprĂ©sentent l’essentiel de la production au Croisic[107].

    Finances locales

    Le Croisic appartient Ă  la strate des communes ayant une population comprise entre 3 500 et 5 000 habitants.

    Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement, un des indicateurs des finances locales du Croisic sur une période de neuf ans[108] :

    Capacité d'autofinancement au Croisic de 2005 à 2014
    RĂ©sultats exprimĂ©s en €/habitant.
    Strate : communes de 3 500 Ă  5 000 habitants appartenant Ă  un groupement fiscalisĂ©.
    2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
    Le Croisic 245 290 383 289 336 402 697 515 641 810
    Moyenne de la strate 155 159 158 152 155 166 181 181 177 165
    Graphique représentant l'évolution des données chiffrées précédemment citées.
    Capacité d'autofinancement au Croisic de 2005 à 2013
    RĂ©sultats exprimĂ©s en €/habitant.
    Strate : communes de 3 500 Ă  5 000 habitants appartenant Ă  un groupement fiscalisĂ©.

    La capacité d'autofinancement de la commune[Note 39], comparée à la moyenne de la strate, semble observer des cycles assez longs ; elle est supérieure à la moyenne pendant les dix ans considérés[Note 40]. De 2010 à 2014, le fonds de roulement[Note 41], est réguliÚrement inférieur à la moyenne de la strate[108].

    Le montant de la taxe d'habitation, indicateur de fiscalitĂ© directe, s'Ă©tablit en 2014 Ă  3 725 â‚Ź/habitant, contre 1 296 € en moyenne pour les communes de mĂȘme importance. Cette hiĂ©rarchie est stable sur les quatre annĂ©es prĂ©cĂ©dentes[108].

    Intercommunalité

    La commune est membre de la communautĂ© d'agglomĂ©ration de la Presqu'Ăźle de GuĂ©rande Atlantique[111] - [M 8]. Elle adhĂšre Ă©galement au syndicat intercommunal Ă  vocation unique (SIVU) de la CĂŽte Sauvage — aux cĂŽtĂ©s de Batz-sur-Mer et du Pouliguen, pour des activitĂ©s culturelles et socioculturelles —, au syndicat intercommunal pour le dĂ©veloppement Ă©conomique de la CĂŽte d’Amour, ainsi qu’au syndicat intercommunal de la fourriĂšre pour animaux de la presqu’üle guĂ©randaise[112] et au SIVU centre de voile de PenchĂąteau, crĂ©Ă© pour l'acquisition d'un ensemble immobilier en vue de la crĂ©ation d'un centre de voile.

    Jumelages

    La ville est jumelée avec :

    Population et société

    DĂ©mographie

    Selon le classement établi par l'Insee en 2020, Le Croisic est une commune urbaine, une des 17 communes de l'unité urbaine de Saint-Nazaire, qui s'étend au nord et au sud de l'estuaire de la Loire[114]. Elle fait partie de l'aire d'attraction du Pouliguen[115].

    Évolution dĂ©mographique

    L'Ă©volution du nombre d'habitants est connue Ă  travers les recensements de la population effectuĂ©s dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquĂȘte de recensement portant sur toute la population est rĂ©alisĂ©e tous les cinq ans, les populations lĂ©gales des annĂ©es intermĂ©diaires Ă©tant quant Ă  elles estimĂ©es par interpolation ou extrapolation[116]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en 2008[117].

    En 2020, la commune comptait 4 114 habitants[Note 42], en augmentation de 2,24 % par rapport Ă  2014 (Loire-Atlantique : +7,32 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

    Évolution de la population [ modifier ]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    2 1612 3102 2122 3082 2882 4712 5392 4022 524
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    2 2012 1822 4163 3442 1512 3542 4592 4182 428
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    2 4272 4622 4632 2742 3682 4962 7213 4264 086
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
    4 0174 1024 2434 3134 4284 2674 1214 0734 036
    2018 2020 - - - - - - -
    4 1204 114-------
    De 1962 Ă  1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[118] puis Insee Ă  partir de 2006[119].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Pyramides des Ăąges

    La population de la commune est relativement ĂągĂ©e. Le taux de personnes d'un Ăąge supĂ©rieur Ă  60 ans (53,6 %[Insee 4]) est en effet plus du double du taux national (25,9 %) et du taux dĂ©partemental (23,8 %)[120] - [121]. À l'instar des rĂ©partitions nationale et dĂ©partementale, la population fĂ©minine de la commune est supĂ©rieure Ă  la population masculine. Le taux (54,6 %) est supĂ©rieur de trois points au taux national (51,6 %)[Insee 5] - [120] - [121].

    Pyramide des Ăąges au Croisic en 2018 en pourcentage[Insee 5]
    HommesClasse d’ñgeFemmes
    1,5
    90 ans ou +
    5,2
    14,5
    75 Ă  89 ans
    20,9
    33,1
    60 Ă  74 ans
    31,3
    19,3
    45 Ă  59 ans
    16,8
    10,8
    30 Ă  44 ans
    9,5
    11,6
    15 Ă  29 ans
    8,2
    9,1
    0 Ă  14 ans
    8,2
    Pyramide des Ăąges de la Loire-Atlantique en 2018 en pourcentage[120]
    HommesClasse d’ñgeFemmes
    0,6
    90 ans ou +
    1,7
    5,8
    75 Ă  89 ans
    9,6
    14,7
    60 Ă  74 ans
    16,0
    19,6
    45 Ă  59 ans
    18,9
    20,1
    30 Ă  44 ans
    19,2
    19,2
    15 Ă  29 ans
    17,5
    20,0
    0 Ă  14 ans
    18,0

    Enseignement

    Le Croisic est rattachĂ©e Ă  l’acadĂ©mie de Nantes, dans la zone B du calendrier scolaire[122]. La commune dispose d'une Ă©cole primaire publique — l'Ă©cole Ă©lĂ©mentaire Jacques-Cartier — et d'un Ă©tablissement privĂ©, — l’école primaire Saint-Goustan.

    Les collĂšges les plus proches sont ceux du Pouliguen — le collĂšge public Jules-Verne[123] — et de GuĂ©rande — les collĂšges publics du Pays-Blanc[124] et Jacques-Brel[125], et privĂ© Saint-Jean-Baptiste[126].

    Vie associative

    Au , pas moins de 67 associations regroupent les activités des Croisicais. On dénombre en particulier seize associations sportives, neuf groupements civiques promouvant l'action familiale et sociale et trente associations culturelles ou artistiques[M 9].

    Tous les deux ans, la ville organise un forum des associations, permettant la présentation des différents groupements aux Croisicais. Elle édite, en outre, un guide des associations pour promouvoir et encourager le mouvement associatif[M 10].

    Manifestations culturelles et festivités

    Depuis plus de quarante ans, le carnaval du Croisic se dĂ©roule Ă  la fin du mois d'avril, ponctuĂ©, le dimanche des fĂȘtes, par un dĂ©filĂ© de chars et de carnavaliers et par l'autodafĂ© du pĂšre Mathurin, un gigantesque mannequin de paille[M 11]. Le mois de mai voit, depuis 2009, l'organisation par l'association Arts et balises, du festival Tempo piano classique durant quatre jours Ă  partir du jeudi de l'Ascension[127].

    Durant l'Ă©tĂ©, chaque lundi soir de juillet et d'aoĂ»t, les quais du port accueillent des artistes de rue, en parallĂšle d'un marchĂ© nocturne[M 12]. Le mois d'aoĂ»t est marquĂ© par la fĂȘte de la mer, cĂ©lĂ©bration localement plus que centenaire — 1893 — de la protection de la Vierge Marie portĂ©e aux pĂȘcheurs[M 13].

    Le mois de septembre est lui placĂ© sous le signe de la littĂ©rature, puisqu'il accueille le salon du livre Plumes d'Équinoxe, prĂ©sentant en particulier des auteurs rĂ©gionaux[M 14]. Enfin, depuis 2006 est organisĂ© en octobre le festival de cinĂ©ma De la page Ă  l'image[128].

    Sports

    Seize associations sportives sont recensées par la commune en 2016, parmi lesquelles le Stade croisicais rassemble les activités omnisports, boule lyonnaise, force athlétique et gymnastique[M 15].

    Entre 2003 Ă  2011, le marathon de la CĂŽte d'Amour s'est Ă©lancĂ© du Croisic pour rejoindre Pornichet sur la distance de 42,195 km. L'Ă©preuve n'a pas Ă©tĂ© renouvelĂ©e ensuite, compte tenu de points de vue divergents entre les organisateurs et les responsables politiques locaux[129].

    Équipements culturels et sportifs

    Outre l’ancienne criĂ©e aux poissons, transformĂ©e en salle d’exposition Ă  partir de 2006, la commune dispose d'une galerie, la galerie Chapleau, inaugurĂ©e en 2014 aprĂšs restauration en tant qu'espace culturel communal[130]. Cette galerie est installĂ©e dans un ancien hĂŽpital datant du XVIIe siĂšcle, dont la partie centrale est rachetĂ©e, en 1932, par le peintre-fresquiste EugĂšne-Jean Chapleau[T 3]. À sa mort, en 1996, la veuve de l'artiste lĂšgue l'atelier et les Ɠuvres qu'il contient Ă  la ville du Croisic[M 16]. La galerie prĂ©sente des peintures et des sculptures du peintre Chapleau ainsi que d'autres artistes rĂ©gionaux[M 16]. Le jardin qui est accolĂ© Ă  la galerie fait partie des parcs et jardins remarquables distinguĂ©s par le conseil dĂ©partemental de la Loire-Atlantique[T 4].

    La maison du patrimoine croisicais présente depuis 2015 des expositions temporaires du patrimoine régional, comme les faïences du Croisic. Elle est située au nord du parc de Penn-Avel[T 5].

    L'ocĂ©arium du Croisic, situĂ© Ă  400 mĂštres de la mer, fait partie des plus grands aquariums privĂ©s français. CrĂ©Ă© en 1968, il a intĂ©grĂ© de nouveaux locaux en 1992 et a accueilli plus de 250 000 visiteurs en 2015[131]. L'ancienne saline de Saint-Goustan abrite de son cĂŽtĂ© une ferme marine privĂ©e, ouverte aux visites, spĂ©cialisĂ©e dans les algues alimentaires et l'Ă©closerie de coquillages[T 6].

    • Équipements culturels (sĂ©lection).
    • Photographie d’une porte en bois de plein cintre.
      Entrée de la galerie Chapleau.
    • Vue de la façade d’un entrepĂŽt avec une porte d’entrĂ©e et 2 fenĂȘtres en plein cintre.
      Façade de l'ancienne criée du Croisic.

    La localitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e pour la qualitĂ© de ses installations sportives, le , par l'attribution du label ville la plus sportive de Loire-Atlantique dans la catĂ©gorie des communes comptant de 1 000 Ă  4 000 habitants ; la rĂ©compense fait suite Ă  un vote organisĂ© par le ComitĂ© rĂ©gional olympique et sportif des Pays de la Loire et le comitĂ© dĂ©partemental olympique et sportif[M 17]. Outre un terrain multi-sports, accueillant football et tennis, la commune propose, entre autres possibilitĂ©s sportives, un pas de tir Ă  l'arc, un parcours de golf de neuf trous, des terrains de boules lyonnaises et de pĂ©tanque et un parcours de santĂ©, situĂ© dans le parc de 9 ha de Penn-Avel[M 17].

    La cÎte sauvage du Croisic est également un lieu notable d'escalade en Loire-Atlantique, avec plus de 200 voies[132]. Le site n'étant pas équipé de relais normés, il est classé terrain d'aventure[133].

    Santé

    Pour les soins, la commune accueille notamment cinq mĂ©decins, un chirurgien-dentiste, plusieurs auxiliaires mĂ©dicaux— infirmiers, kinĂ©sithĂ©rapeutes, podologue — et deux pharmacies[T 7]. Les habitants du Croisic ont Ă©galement accĂšs Ă  l'hĂŽpital intercommunal de la Presqu'Ăźle, rĂ©sultant de la fusion en 2003 du centre hospitalier de GuĂ©rande et de l'hĂŽpital local du Croisic[134]. Les urgences peuvent Ă©galement ĂȘtre traitĂ©es Ă  Saint-Nazaire par le centre hospitalier, la polyclinique de l'Europe et l'hĂŽpital CitĂ© sanitaire, situĂ©s Ă  quelque vingt-deux kilomĂštres[Note 43].

    Cultes

    Batz-sur-Mer fait partie de la paroisse catholique Saint-Yves de la CĂŽte sauvage, qui dĂ©pend du diocĂšse de Nantes, suffragant depuis 2003 de la province ecclĂ©siastique de Rennes qui regroupe les diocĂšses des rĂ©gions Bretagne et Pays de la Loire. Jean-Paul James est l’évĂȘque de ce diocĂšse depuis le . La paroisse regroupe les Ă©glises de Batz-sur-Mer, du Croisic et du Pouliguen[136] - [137]. Deux lieux de culte sont utilisĂ©s en 2016 pour des services paroissiaux, l’église Notre-Dame-de-PitiĂ© et la chapelle du Crucifix[136].

    Aux XVIe et XVIIe siÚcles, le protestantisme est présent au Croisic. La chapelle Saint-Yves, sur l'actuelle place homonyme, accueillait alors le culte calviniste[T 8].

    Économie

    Histoire Ă©conomique

    Il semble qu'une activitĂ© de production de faĂŻence ait existĂ© du XVIe au XVIIe siĂšcle, tirant profit de la bonne qualitĂ© des kaolins des zones de Saint-Goustan et du Sable-Menu[BV 15]. Cette faĂŻencerie, dont Henri Moret attribue la crĂ©ation Ă  GĂ©rard Demigennes, auquel succĂšdent semble-t-il des Italiens de Faenza et de Venise[HM 58], n'est pas formellement attestĂ©e au Croisic[138]. Il en demeure nĂ©anmoins un style — qui porte le nom de « faĂŻence du Croisic » —, caractĂ©risĂ© par une base blanche, dĂ©corĂ©e de « rinceaux, d'armoiries, d'oiseaux et de fleurs en bleu et jaune citrin »[HM 58].

    Au XIXe siĂšcle, en parallĂšle du tourisme balnĂ©aire, l’industrialisation de la pĂȘche se confirme par l’installation de conserveries de poisson — appelĂ©es Ă©galement « confiseries » — des industriels nantais Philippe, Jacquier, Levesque, Blon et Charbonnier dĂšs 1874. PrĂšs de trente chalutiers Ă  voile de fort tonnage approvisionnent rĂ©guliĂšrement le port[HM 57] — les premiers chalutiers Ă  vapeur rejoignant Le Croisic en 1898, qu'ils dĂ©laissent en 1911 au profit des ports de Saint-Nazaire et de Lorient[HM 59].

    Photographie d’un sloop sardinier, voiles oranges et blanche sur fond de ciel bleu.
    Le sloop sardinier Grand Norven de Piriac-sur-Mer.

    En 1803, la pĂȘche de la sardine emploie 150 hommes, Ă  bord de 20 bateaux. En 1819, ce sont pas moins de 100 chaloupes sardiniĂšres qui approvisionnent Le Croisic, oĂč le pressage traditionnel des poissons concurrence la conservation jusqu’au milieu des annĂ©es 1850[BV 16]. En crise au Croisic Ă  partir de 1881, l'industrie de la sardine se redresse Ă  partir de 1920 et trois nouvelles conserveries ouvrent leurs portes, dont la derniĂšre, la maison Le Bayon, en 1940[BV 17]. L’usine Philippe et Canaud, premiĂšre conserverie crĂ©Ă©e au Croisic, rachetĂ©e par l’entreprise nantaise Saupiquet, cesse son activitĂ© en 1974, fermant le chapitre de la conservation du poisson dans la localitĂ©[BV 18].

    Autre entreprise prospĂšre au XIXe siĂšcle, le raffinage du sel, qui, aprĂšs le lavage et l’élimination des impuretĂ©s, permet l’obtention de sel fin cristallisĂ© par Ă©bullition, est prĂ©sent du Pouliguen au Croisic. Le sel traitĂ© provient, bien entendu, des marais salants de GuĂ©rande, mais aussi de l’üle de RĂ© et de Bayonne. À la fin du XIXe siĂšcle, deux ateliers emploient une quarantaine d’ouvriers et produisent prĂšs de 30 000 t de sels lavĂ©s ou raffinĂ©s. L’un d’eux, l’établissement BenoĂźt, continue son exploitation jusqu’en 1917[BV 19].

    L’hĂŽtel-casino Deslandes trouve une nouvelle vocation en 1893, se transformant en sanatorium, accueillant jusqu’à 200 enfants en 1913[BV 20]. Il devient institut d'Ă©ducation motrice (IEM) en 1975, puis, en 1990, accueille des adultes handicapĂ©s physiques[BV 21].

    La construction navale, prospĂšre au XVIIe siĂšcle, renait au Croisic Ă  partir de 1867 sous l’action de Jean-Baptiste BihorĂ©. Menuisier de marine, il est l’un des premiers Ă  utiliser la machine Ă  vapeur dans ses ateliers[BV 22]. Pas moins de quatre chantiers navals sont installĂ©s sur la commune au dĂ©but du XXe siĂšcle. On trouve ainsi le chantier de Pierre et Paul François, fondĂ© en 1926 et l’établissement Bureau pĂšre et fils, installĂ© comme le prĂ©cĂ©dent sur la jonchĂšre du Prince. Le chantier Leroux, quant Ă  lui, se rend cĂ©lĂšbre par la construction Ă  partir de 1946 du Kurun (« Tonnerre » en breton), pour le navigateur Jacques-Yves Le Toumelin ; ce cotre de plaisance de type norvĂ©gien est classĂ© au titre d’objet par le ministĂšre de la Culture[139]. Enfin, le maĂźtre charpentier Ă  l’origine du Kurun fonde en 1948 sa propre entreprise, le chantier Moullec[BV 23]. En 1979, les Constructions nautiques du Pouliguen (CNP) s’installent Ă  leur tour au Croisic, se spĂ©cialisant dans les matĂ©riaux composites dans le domaine naval.

    Revenus de la population et fiscalité

    En 2011, le revenu fiscal mĂ©dian par mĂ©nage Ă©tait de 27 927 €, ce qui plaçait Le Croisic au 19 710e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 mĂ©nages en mĂ©tropole[140]. En 2012, 31,9 % des foyers fiscaux n'Ă©taient pas imposables[Insee 6].

    Emploi

    En 2012, la population ĂągĂ©e de 15 Ă  64 ans s'Ă©levait Ă  2 017 personnes, parmi lesquelles on comptait 63,4 % d'actifs dont 54,5 % ayant un emploi et 8,9 % de chĂŽmeurs[Insee 7].

    On comptait alors 1 261 emplois dans la zone d'emploi, contre 1 546 en 2007. Le nombre d'actifs ayant un emploi rĂ©sidant dans la zone d'emploi Ă©tant de 1 122, l'indicateur de concentration d'emploi est de 112,5 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un peu plus d’un emploi par habitant actif[Insee 8].

    Entreprises et commerces

    Au , Le Croisic comptait 512 Ă©tablissements : 35 dans l’agriculture-sylviculture-pĂȘche, 16 dans l'industrie, 44 dans la construction, 363 dans le commerce-transports-services divers et 54 Ă©taient relatifs au secteur administratif[Insee 9]. En 2014, 31 entreprises ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es au Croisic[Insee 10], dont 20 par des auto-entrepreneurs[Insee 11].

    Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de salariés[Insee 9] :

    Établissements actifs par secteur d'activitĂ© au 31 dĂ©cembre 2012.
    Total % 0
    salarié
    1 Ă  9
    salariés
    10 Ă  19
    salariés
    20 Ă  49
    salariés
    50 salariĂ©s
    ou plus
    Ensemble 512 100,0 359 142 6 2 3
    Agriculture, sylviculture et pĂȘche 35 6,8 20 15 0 0 0
    Industrie 16 3,1 8 7 0 1 0
    Construction 44 8,6 36 8 0 0 0
    Commerce, transports, services divers 363 70,9 255 100 6 1 1
    dont commerce et réparation automobile 71 13,9 42 28 0 0 1
    Administration publique, enseignement, santé, action sociale 54 10,5 40 12 0 0 2
    Champ : ensemble des activités.

    L'examen de ce tableau amĂšne quelques remarques[Note 40] : l'essentiel de l'activitĂ© Ă©conomique est assurĂ© par des entreprises du secteur tertiaire ; l'agriculture et surtout la pĂȘche reprĂ©sentent une part encore significative de la vie Ă©conomique de la localitĂ© avec 35 Ă©tablissements actifs ; moins de 5 % de l'activitĂ© est assurĂ© par des entreprises du secteur industriel, qui reste concentrĂ© sur des structures de moins de dix salariĂ©s, tout comme les activitĂ©s liĂ©es Ă  la construction qui regroupent moins de 10 % des Ă©tablissements ; l'administration publique, l’enseignement, la santĂ© et l’action sociale forment une activitĂ© qui regroupe plus de 10,5 % des entreprises et comptent deux des trois Ă©tablissements employant plus de 50 salariĂ©s. Il s'agit de la mairie de la localitĂ©[141] et de l'antenne locale de l'hĂŽpital intercommunal de la presqu'Ăźle ; cette derniĂšre emploie plus de 220 agents[142].

    Le site de l'enseigne française de grande distribution Intermarché est le troisiÚme employeur de la commune avec 50 salariés[143]. La société Polyway, spécialisée dans la réparation navale et les matériaux composites[144], emploie, quant à elle, 40 personnes. Les activités liées au tourisme fournissent deux employeurs importants ; le Grand hÎtel de l'Océan occupe 35 salariés et le camping de l'Océan, 25[145].

    La pĂȘche professionnelle et activitĂ©s connexes

    Le port de la localitĂ© rassemble les activitĂ©s liĂ©es Ă  la pĂȘche professionnelle ; il est gĂ©rĂ© par la chambre de commerce et d'industrie de Nantes et de Saint-Nazaire. Le port du Croisic est le premier de France pour la pĂȘche Ă  la crevette rose (Palaemon)[146]. Le gĂ©ographe Roger Brunet indique des prises annuelles de 2 600 t toutes espĂšces confondues, desquelles les langoustines reprĂ©sentent 370 t et les seiches 300 t ; viennent ensuite, de l'ordre de 150 Ă  200 t par an, les soles, les araignĂ©es de mer et les merlus ; enfin plus de 100 t de coquilles Saint-Jacques et de crabes sont pĂȘchĂ©es annuellement[145].

    La pĂȘche professionnelle s'entoure d'activitĂ©s connexes, criĂ©e, rĂ©paration navale — Polyway est la nouvelle appellation de la CNP, sociĂ©tĂ© du Pouliguen installĂ©e depuis 1979 au Croisic[BV 24]. — et conchyliculture, cette derniĂšre Ă©tant apparue dĂšs 1863[145] - [Note 44].

    Industrie et Ă©nergie

    Le projet de construction d’un parc Ă©olien, appelĂ© parc Ă©olien en mer de Saint-Nazaire, se situe au large de la cĂŽte du sud du Croisic, en direction du sud-ouest. Il est composĂ© de 80 Ă©oliennes d'une capacitĂ© unitaire de 6 MW, soit une puissance totale de 480 MW, sur une zone de 78 km2 localisĂ©e Ă  un peu plus de douze kilomĂštres du littoral[147]. La mise en service du projet est programmĂ©e Ă  partir de 2018[148]. Le projet a donnĂ© lieu Ă  une enquĂȘte publique du au [149]. L’association de dĂ©fense de l’environnement DECOS a Ă©mis un avis favorable sous rĂ©serves en [150].

    Commerces et tourisme

    En 2016, neuf hĂŽtels sont Ă©tablis dans la commune, auxquels six cents places, rĂ©parties dans quatre campings, viennent s’ajouter Ă  l’offre de logement touristique[145] - [T 9]. Un Ă©tablissement GĂźtes de France[151] vient complĂ©ter les capacitĂ©s d’accueil de la localitĂ©.

    Le port de plaisance est composĂ© d'un bassin Ă  Ă©chouage dans la chambre des vases et de bouĂ©es dans le Pool[152]. Il est exploitĂ© par une sociĂ©tĂ© anonyme d'Ă©conomie mixte locale (SAEML), Loire-Atlantique PĂȘche et Plaisance[153]. En 2016, il offre 363 emplacements, dont 27 sont rĂ©servĂ©s aux visiteurs[154].

    Le Croisic propose plusieurs types de marchĂ©s, selon les saisons et les jours de la semaine. On compte ainsi un marchĂ© de plein air[M 18] et un marchĂ© couvert[M 19], auxquels viennent s'ajouter une brocante saisonniĂšre[M 20], un marchĂ© estival du terroir[M 21], un marchĂ© artisanal nocturne, Ă©galement en haute saison[M 22] et enfin un marchĂ© au poisson fonctionnant toute l'annĂ©e[M 23]. Selon le site de la mairie consultĂ© en 2016, la commune dispose Ă©galement d’une offre de commerces de proximitĂ© et touristiques couvrant l'art et l’artisanat (cinq commerces), beautĂ© et bien-ĂȘtre (huit commerces) et art floral (deux commerces)[M 24], aux cĂŽtĂ©s de commerces alimentaires classiques[T 10].

    D'autres activitĂ©s, orientĂ©es vers le tourisme, se sont dĂ©veloppĂ©es, notamment l'Espace escargots — ferme hĂ©licicole qui propose des visites[T 11] — et l'ocĂ©arium ; inaugurĂ© en 1992, il remplace l'ancien aquarium de la CĂŽte d’Amour crĂ©Ă© en 1972, qui se trouvait alors sur le port[131].

    Culture locale et patrimoine

    Carte d’une presqu’üle avec des points de couleur indiquant la localisation du patrimoine.
    Localisation du patrimoine du Croisic.

    Lieux et monuments

    La localité compte quatorze monuments répertoriés aux monuments historiques[155] et un lieu et monument répertorié à l'Inventaire général du patrimoine culturel[156]. Par ailleurs, elle compte 44 objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[157] et 73 objets répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[158].

    Le Croisic, aux cÎtés de Piriac et Batz-sur-Mer, a reçu en 2006 le label « Petites cités de caractÚre[159] ». Ce label impose aux communes distinguées un effort permanent de mise en valeur du patrimoine architectural et naturel remarquable ; il inclut des initiatives de réhabilitation, de promotion et d'animation[BV 26].

    Patrimoine civil et militaire

    La pierre Longue est un menhir datant du NĂ©olithique, classĂ© monument historique depuis 1889. Il a servi d’amer aux navires[160]. EndommagĂ© durant la Seconde Guerre mondiale, il est dĂ©placĂ© Ă  son emplacement actuel, sur le front de mer[BV 27].

    Le manoir de Kervaudu est une gentilhommiĂšre datant de la fin du XVe siĂšcle. Ce domaine de l'homme noir (« Kervaudu ») semble avoir appartenu successivement Ă  partir du XVIe siĂšcle Ă  plusieurs familles protestantes[BV 28]. Vendu comme bien national pendant la RĂ©volution française avant d'ĂȘtre transformĂ© en ferme au XIXe siĂšcle, il devient la rĂ©sidence de Ferdinand du Puigaudeau, peintre postimpressionniste, en 1907 jusqu'Ă  sa mort en 1930. C'est le premier manoir breton Ă  ĂȘtre classĂ© monument historique en 1921[161].

    L’hĂŽtel d'Aiguillon est un ancien hĂŽtel particulier, bĂąti dans les annĂ©es 1670[162]. Il semble avoir Ă©tĂ© occupĂ© temporairement par Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, duc d’Aiguillon[HM 60]. Une verriĂšre de la chapelle de Pen-Bron Ă  La Turballe, intitulĂ© Comment notre seigneur JĂ©sus Christ guĂ©rit un enfant paralysĂ©, reprĂ©sente l’hĂŽtel[163]. Il a accueilli la mairie de 1908 Ă  2008.

    Le manoir de Pen Castel est l'ancien fort de la BarriĂšre, du nom du lieu-dit en limite de territoire avec Batz-sur-Mer[164]. Le manoir est construit en 1864, Ă  l'emplacement d’une ancienne batterie de 1747, dĂ©saffectĂ©e en 1853. Henri Becquerel y dĂ©cĂšde en 1908[BV 29]. Le site accueille depuis 1959 une colonie de vacances appartenant Ă  la fĂ©dĂ©ration des associations d'Ă©lĂšves et d'amis des Ă©coles publiques d'Eure-et-Loir[164]. Autre exemple d’un emplacement militaire rĂ©habilitĂ©, la Vigie de la Romaine est construite sur les fondations d’un ancien corps de garde construit en 1744, puis dĂ©truit en 1943 pour permettre l’installation d’un radar militaire. Elle est rebĂątie Ă  partir de 1949 par AndrĂ© Chauvet. L’habitation doit Ă  sa proximitĂ© avec la pierre Longue son nom de vigie, alors que romaine rĂ©sulte du breton run (« tertre ») et men (« pierre »)[BV 30].

    Le fort de la Pointe, actuel hĂŽtel du Fort de l’OcĂ©an depuis 1997, est, quant Ă  lui, un ancien corps de garde datant de 1861 et dĂ©sarmĂ© en 1880[165]. À l’origine, le fort est une construction carrĂ©e, entourĂ©e de douves avec pont-levis. Il est par la suite restaurĂ© dans le style nĂ©o-gothique sous le nom de fort HikĂ©ric[BV 31].

    Le manoir de Saint-Goustan est construit en 1909[166].

    De nombreux moulins sont attestĂ©s ou encore visibles dans la localitĂ©. Pas moins de 15 d’entre eux existaient encore au XIXe siĂšcle[BV 32]. Ils fournissaient la farine nĂ©cessaire Ă  la consommation de la population. Il demeure au XXIe siĂšcle le moulin de la Providence dans l'enceinte du parc de Penn-Avel, restaurĂ© en 2011[M 25] et celui de Bauvran, transformĂ© en belvĂ©dĂšre sur la cĂŽte sauvage.

    Patrimoine religieux

    L’église Notre-Dame-de-PitiĂ© date des XVe et XVIe siĂšcles[Note 45]. De style gothique flamboyant, elle domine le port de sa tour lanterne du XVIIe siĂšcle, haute de 56vmĂštres. Cette Ă©glise est devenue paroissiale le [HM 61]. Elle rĂ©sulte des souscriptions des fidĂšles locaux et d'une partie du droit de billot, taxe dont Ă©tait frappĂ© le vin commercialisĂ© au dĂ©tail, dans la presqu’üle[HM 62]. L'intĂ©rieur prĂ©sente une nef courte, un chevet plat Ă©clairĂ© d'une baie flamboyante, et trois bas-cĂŽtĂ©s[167]. Elle recĂšle de nombreux objets, statues et tableaux classĂ©s Ă  titre d’objets[157]. Des verriĂšres dĂ©corent le retable du grand autel, inspirĂ©s de la Passion, alors que les ÉvangĂ©listes et des saints bretons sont reprĂ©sentĂ©s sur les vitraux qui ornent le reste de l’église. Le granit ayant servi Ă  la construction de l’église provient d’une carriĂšre situĂ©e prĂšs de Port-aux-Rocs[HM 63]. Elle est saccagĂ©e le par des volontaires en garnison au Croisic et sa croix de fer est remplacĂ©e par un drapeau tricolore et un bonnet phrygien en 1794[HM 64]. En 1917, Henri Moret note que « le niveau moyen des marĂ©es d’équinoxe s’élĂšve Ă  soixante-dix centimĂštres environ des premiĂšres marches du temple, et Ă  un mĂštre, trente centimĂštres Ă  peine du dallage intĂ©rieur[HM 64] ».

    La chapelle du Crucifix date de la mĂȘme Ă©poque — XVe et XVIe siĂšcles[168] ; elle est sise Ă  l’entrĂ©e de la localitĂ©. De style ogival flamboyant, en granit et Ă  simple nef, elle est contemporaine de l’apparition du protestantisme au Croisic[HM 40]. Au XVIe siĂšcle, elle fait l’objet d’un pardon le premier dimanche de mai. Elle est confisquĂ©e lors de la RĂ©volution française et sert de magasin Ă  poudre pendant la premiĂšre moitiĂ© du XIXe siĂšcle. Aux cĂŽtĂ©s des pratiques religieuses, une superstition s’est dĂ©veloppĂ©e jusqu’au XIXe siĂšcle, « [les] Croisicaises [
] balayaient le dallage du lieu consacrĂ©, et [
] recueillaient la poussiĂšre pour la lancer ensuite dehors, du cĂŽtĂ© de l’horizon qu'il convenait que le vent soufflĂąt. Le rite Ă©tait accompagnĂ© des paroles suivantes, chantĂ©es sur l’air An hini coz — ou an hini gozh « la vieille », chanson populaire bretonne — : Tourne vent et tourne girouette / Vers la poussiĂšre que je jette[HM 65] ».

    La chapelle Saint-Goustan est également contemporaine des deux édifices religieux décrits ci-avant[169].

    « Édifice religieux et son clocher en pyramide, le tout recouvert d’ardoises, avec un cimetiĂšre au bout, vers le soleil levant, cernĂ© de murailles, comme le tout se contient, situĂ© au bord de la mer, se dĂ©bordant vers le septentrion, la cĂŽte et la mer, vers le midi et autres parts les communs et avenues de la chapelle[HM 66]. »

    — Titre domanial du , citĂ© par Henri Moret, Le Croisic, 1917.

    Ici encore, des croyances sont attachĂ©es Ă  la chapelle : malades venant se baigner dans une piscine attenante Ă  l’édifice, femmes de marins accourant les jours de tempĂȘte pour demander la protection des proches partis en mer, ou jeunes filles jetant des Ă©pingles par la lucarne de l’édifice pour s’enquĂ©rir d’un mariage prochain[BV 33]. La RĂ©volution ne l’épargne pas ; elle est pillĂ©e et saccagĂ©e puis transformĂ©e en corps de garde. IntĂ©grĂ©e en 1896 au manoir de Saint-Goustan, elle est alors restaurĂ©e[BV 33].

    Le territoire du Croisic est jalonné de croix de chemins comme les croix de Kervaudu du XVIIe siÚcle[170], des Douaniers du XVIIIe siÚcle ou à ma fille du XIXe siÚcle[171].

    Patrimoine maritime

    Le phare du TrĂ©hic a Ă©tĂ© construit de 1869 Ă  1872 par l'ingĂ©nieur des ponts et chaussĂ©es Chatonay et l'entrepreneur nantais Pierre Jeanneau sur le musoir de la jetĂ©e du TrĂ©hic. ÉlectrifiĂ© en 1950, il signale l'accĂšs au port du Croisic, problĂ©matique en raison de la prĂ©sence de hauts-fonds. Sa tourelle de neuf mĂštres de haut en pierres de taille des carriĂšres de Batz-sur-Mer est surmontĂ©e d'une lanterne mĂ©tallique, remplacĂ©e en 1963, aux vitres teintĂ©es de vert[172]. Le phare du plateau du Four est lui situĂ© au large, sur le plateau du Four, Ă  2 milles Ă  l'ouest du Croisic[172]. Construit de 1816 Ă  1821, il fait l’objet d’une inscription par le ministĂšre de la Culture au titre des monuments historiques en 2011[173] et est classĂ© par arrĂȘtĂ© du [174].

    Le Kurun, classĂ© depuis 1993, est un voilier de plaisance, conçu, construit et basĂ© au Croisic[139]. À son bord, le navigateur français Jacques-Yves Le Toumelin effectue un tour du monde de 1949 Ă  1952, puis une croisiĂšre aux Antilles en 1954-1955.

    Patrimoine culturel

    Le Croisic a fait partie de la zone bretonnante jusqu'au XVIIIe siÚcle[Note 46] et des locuteurs bretons sont attestés à Batz-sur-Mer, localité limitrophe, jusque dans les années 1960[176].

    L’Atlas linguistique de la Basse-Bretagne de Pierre Le Roux mentionne qu’en 1911 une bretonnante de 72 ans est recensĂ©e au Croisic et que « seules les personnes de son Ăąge parlent bien le breton[177] ».

    Les espaces protégés

    Le territoire du Croisic appartient partiellement à deux espaces protégés et gérés, inscrits à l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)[178]. Il s'agit du site de Penn-Avel[179] et la zone humide des marais salants de Guérande et du MÚs[180].

    Le parc de Penn-Avel s'étend sur plus de 9 ha ; il a été acquis par le Conservatoire du littoral en 1977 et fait l'objet d'une protection depuis 1979[181].

    Les marais salants de GuĂ©rande et du MĂšs sont une zone humide protĂ©gĂ©e par la Convention de Ramsar. Couvrant plus de 5 000 ha, elle abrite en particulier une sous-espĂšce de la Philoscie des mousses (Philoscia muscorum), appelĂ©e Philoscia muscorum muscorum (Scopoli, 1763)[180].

    Les zones d'intĂ©rĂȘt

    Le territoire du Croisic est concernĂ© par 3 espaces naturels inventoriĂ©s, appelĂ©s zones naturelles d'intĂ©rĂȘt Ă©cologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)[182]. Cette classification ne constitue pas une mesure de protection rĂ©glementaire mais un inventaire recensant les espaces naturels terrestres remarquables. Dans le cas du Croisic, on distingue une zone de type I — c'est-Ă -dire pour le cas du Croisic, des espaces d'un grand intĂ©rĂȘt fonctionnel pour le fonctionnement Ă©cologique local — et deux de type II, de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiĂ©s, qui offrent des potentialitĂ©s biologiques importantes[183].

    La zone de type I est dĂ©nommĂ©e « Marais salants de Batz-GuĂ©rande-Le Croisic » et couvre une superficie de 2 658 ha[184]. Il s'agit d'un territoire essentiellement constituĂ© de marais salants. Outre une flore d'une grande richesse, la zone prĂ©sente un intĂ©rĂȘt ornithologique qualifiĂ© d'exceptionnel par l'Inventaire national — et comprenant des grands Ă©chassiers (Grallae), des limicoles (Charadrii), des rapaces, des SternidĂ©s (Sterninae) et des passereaux — ainsi que trois espĂšces prioritaires au titre de la directive habitats[185], qui sont la Loutre d'Europe (Lutra lutra), le Triton crĂȘtĂ© (Triturus cristatus) et l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)[186].

    L'une des zones de type II, « Pointe de Pen-Bron, marais salants et coteaux de GuĂ©rande », recouvre un secteur de 3 832 ha[187]. Il s'agit de nouveau d'une zone comprenant majoritairement des marais salants inondĂ©s ; son intĂ©rĂȘt environnemental est trĂšs proche de celui de la zone de type I dĂ©jĂ  dĂ©crite[188].

    La seconde zone de type II porte l'appellation « CÎte rocheuse, landes et pelouses du Croisic, Batz, Le Pouliguen » et correspond à un territoire de 148 ha[189]. Outre la cÎte rocheuse qui alterne avec des criques sableuses, la zone traite également de falaises, de pelouses et de landes littorales partiellement boisées. Quelques anciennes carriÚres accueillent une faune de batraciens et de libellules[190].

    Le rĂ©seau Natura 2000, qui rassemble des habitats naturels ou semi-naturels ayant une grande valeur patrimoniale du fait de leur faune et de leur flore, a sĂ©lectionnĂ© l'ensemble « Marais salants de GuĂ©rande, traicts du Croisic et dunes de Pen-Bron » sous deux rĂ©fĂ©rences, la seconde rĂ©pondant plus particuliĂšrement Ă  la directive oiseaux[191]. Le premier site s'intĂ©resse Ă  un territoire de 3 622 ha[192] et le second, de 4 376 ha[193], recouvrant partiellement le prĂ©cĂ©dent.

    Autres espaces verts

    Le Mont-Esprit, immĂ©diatement Ă  l'ouest de la gare, occupe un espace concĂ©dĂ© Ă  la ville en 1722 pour y amonceler le lests des navires, d’oĂč l’origine probable du toponyme « lest pris »[HM 67]. L’amĂ©nagement en parc, surmontĂ© d'un promontoire hĂ©licoĂŻdal est entrepris en 1816. À l’approche de l’hiver, alors que la pĂȘche Ă  la sardine s’est rĂ©vĂ©lĂ©e pauvre, en addition Ă  une saison salicole dĂ©sastreuse, la situation de la population est « des plus inquiĂ©tantes et des plus dĂ©sespĂ©rantes » comme l’indique le procĂšs-verbal des dĂ©libĂ©rations municipales du [HM 67]. Le maire Gallerand, profitant d’une aide financiĂšre allouĂ©e le par le sous-prĂ©fet et soutenu par le chirurgien du Croisic, Yves Chellet, dĂ©cide de crĂ©er un chantier d’amĂ©nagement pouvant employer une quarantaine d’indigents[HM 68]. Des plantations d’arbres sont Ă©galement entreprises en complĂ©ment de la plateforme hĂ©licoĂŻdale. Du sommet du belvĂ©dĂšre actuel, le regard embrasse une large vue, de Batz Ă  l'ocĂ©an[BV 34].

    Le mont LĂ©nigo est Ă©galement issu d’un amoncellement de lests anciens, dont l’amĂ©nagement date du XIXe siĂšcle. Un mat sĂ©maphorique y est alors dressĂ© Ă  son extrĂ©mitĂ© nord-ouest pour indiquer la hauteur des marĂ©es[HM 12]. Il est au XIXe siĂšcle la conclusion d'une procession pour les cĂ©rĂ©monies religieuses de premiĂšre communion et de l’Assomption[HM 69]. Il accueille jusqu’en 1880 un magasin d’artillerie, avant de devenir un lieu de promenade[T 12].

    Le jardin de l’hĂŽtel de ville recĂšle une collection de plantes Ă  majoritĂ© sud-amĂ©ricaines en souvenir de la mission menĂ©e en 1735 par un des enfants de la ville, Pierre Bouguer, aux cĂŽtĂ©s de Charles Marie de La Condamine, Louis Godin et Joseph de Jussieu, expĂ©dition chargĂ©e de mesurer Ă  l'Équateur l'arc du mĂ©ridien[T 13].

    Personnalités liées à la commune

    On retrouve bien sûr, parmi les personnalités qui ont marqué la commune, une population liée aux activités maritimes. Ainsi Nicolas Bouchart, amiral breton du XIVe siÚcle né dans la localité voisine de Batz-sur-Mer, est chargé par Jean IV de Bretagne de défendre Le Croisic contre les attaques de Charles de Blois[HM 70]. Il y construit vers 1379 de nouvelles défenses dont le fort de la BarriÚre est un vestige[194].

    Le quai principal du Croisic porte le nom d’HervĂ© Rielle, nĂ© au Croisic le et mort dans la localitĂ© le . Il est un pilote-cĂŽtier embarquĂ© dans la flotte du vice-amiral de Tourville aprĂšs la bataille de la Hougue en 1692[195]. Une statue de bronze par RenĂ© Paris honore sa mĂ©moire sur la place d'armes de la localitĂ© depuis 1913. La plaque commĂ©morative apposĂ©e sur le monument indique qu'il « sauva 22 vaisseaux de la flotte française [
] qu’il fit entrer, Ă  marĂ©e basse, en rade de Saint-Malo le [196]. »

    Pierre Bouguer est le fils de Jean Bouguer, professeur Ă  l’école d’hydrographie crĂ©Ă©e au Croisic par dĂ©cision du Parlement du et auteur d’un TraitĂ© complet de la Navigation[HM 71]. Pierre Bouguer naĂźt au Croisic le . MathĂ©maticien, physicien et hydrographe, il est membre de l’AcadĂ©mie des sciences et de la SociĂ©tĂ© royale de Londres et astronome Ă  l’Observatoire de Paris. Avec La Condamine et Godin, il rĂ©dige sa ThĂ©orie de la figure de la Terre, rĂ©sultat de l’expĂ©dition dans la rĂ©gion Ă©quatoriale envoyĂ©e mesurer un arc de mĂ©ridien[HM 72]. L’école d’hydrographie du Croisic ferme ses portes en 1880, aprĂšs avoir formĂ© nombre d'officiers rĂ©gionaux de la marine marchande, dont Christophe-Martial Simonin, nĂ© en 1763, auteur prolifique de traitĂ©s maritimes et d’astronomie[HM 72].

    Jacques-Yves Le Toumelin (1920-2009) est un navigateur français lié au Croisic par le cotre qu'il y fait concevoir et construire, le Kurun[197]. Le , il quitte Le Croisic sur le Kurun pour un tour du monde en solitaire de trois années. En 1987, la ville du Croisic acquiert le navire[BV 35].

    Outre les personnalitĂ©s attirĂ©s par les atouts balnĂ©aires du Croisic au XIXe siĂšcle, d’autres personnages du monde des arts sont attachĂ©s Ă  la localitĂ©. Ainsi Paul Desforges-Maillard, nĂ© en 1699 au Croisic oĂč il meurt en 1772, est un avocat et poĂšte. Ses Ɠuvres ne rencontrant pas le succĂšs escomptĂ©, il fĂ©minise son nom en Mlle Malcrais de La Vigne. Sous ce pseudonyme, il abuse Voltaire et Antoine de Laroque ; ce dernier, propriĂ©taire du Mercure de France qui avait refusĂ© des textes Ă  Desforges-Maillard avant la mystification, s’éprend d’ailleurs de la « Minerve du Croisic » et lui Ă©crit : « je vous aime, ma chĂšre Bretonne ; pardonnez-moi cet aveu, mais le mot est lĂąchĂ© »[HM 73]. Auguste Lorieux, nĂ© au Croisic en 1796, est un autre homme de lettres, aprĂšs avoir Ă©tĂ© jurisconsulte, qui publie sous un pseudonyme, Gustave GrandprĂ©. Il illustre son attachement Ă  la commune dĂšs 1828 par la publication de son Promenade au Croisic.

    Le peintre postimpressionniste français Ferdinand du Puigaudeau (1864-1930) s'installe au Croisic au manoir de Kervaudu dĂšs 1907, oĂč sa fille, l'ethnologue Odette du Puigaudeau, passe son enfance et oĂč lui-mĂȘme dĂ©cĂšde[BV 36] Le peintre a laissĂ© de nombreux tĂ©moignages picturaux de sa prĂ©sence sur la presqu'Ăźle. Jean Émile Laboureur (1877-1943), peintre et lithographe, choisit lui-aussi de prendre un pied-Ă -terre au Croisic, quai de la Petite-Chambre, oĂč il passe plusieurs mois par an[BV 37]. Le peintre-fresquiste EugĂšne-Jean Chapleau, mort en 1996, s’est Ă©galement installĂ© au Croisic. Son atelier est dĂ©sormais une galerie ouverte au public.

    Enfin, quelques personnalitĂ©s de renom sont issues de la localitĂ©, y demeurent ou y sont dĂ©cĂ©dĂ©es ; ainsi, le prix Nobel de physique Henri Becquerel meurt au Croisic en 1908 dans le manoir de Pen Castel, propriĂ©tĂ© que sa belle-famille, les Lorieux, possĂšde au Croisic. Philippe Avron, acteur, y naĂźt, le , le pĂšre de La Morandais, cofondateur de l'« aumĂŽnerie des politiques » et de Radio Notre-Dame, animateur de radio et chroniqueur de tĂ©lĂ©vision, le , ainsi que l'humoriste et animateur de tĂ©lĂ©vision Jean-Christophe Le Texier dit Tex, le . Le cinĂ©aste de rĂ©putation internationale Claude Chabrol, qui frĂ©quente dĂ©jĂ  la commune depuis de nombreuses annĂ©es[198], possĂšde Ă  partir de 2004 une maison traditionnelle rue du Pont-de-Chat dans le centre-ville[199], oĂč il vit une grande partie de l'annĂ©e, et prĂ©side le jury du festival local De la page Ă  l'image Ă  partir de 2007. AprĂšs sa mort en 2010, le cinĂ©ma croisicais Le Hublot baptise une salle Claude-Chabrol en 2015, et appose Ă  cette occasion une plaque commĂ©morative prĂšs de celle-ci, en prĂ©sence de sa troisiĂšme Ă©pouse Aurore et de son fils Thomas[200].

    HĂ©raldique

    Blason de Le Croisic Blason
    Un pal fleurdelysé, accosté de deux croissants adossés[201].
    DĂ©tails
    (Sceau 1557)
    Historique
    Blason de Le Croisic Blason
    Devise
    Crociliacis signum insigna[Note 47]
    DĂ©tails
    Armes aujourd'hui semblables à celles de la famille de Terves ; blason sculpté vers 1630 en l'hÎtel de Coislin.
    Officiel

    Voir aussi

    Bibliographie

    Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

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      Gildas Buron (19
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      Jean-Charles-Marie Caillo (1798-1870) est un négociant et armateur du Croisic, également correspondant de la Société académique de Nantes et de la Société de l'histoire de France[204].
    • Michel Évain, « Douceur et chaleur ocĂ©aniques sur le littoral », Histoire et culture en rĂ©gion nazairienne, no 5,‎ (ISBN 978-2-9546607-2-1).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
      Michel Évain est responsable de l'Ă©comusĂ©e la Maison des paludiers Ă  SaillĂ©[205].
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      Fernand Guériff (1914-1994) est un compositeur, également collecteur d'airs populaires dans la presqu'ßle guérandaise[206].
      Gaston Le Floc'h (1914-1987) est un poĂšte, Ă©galement illustrateur[207].
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      Henri Moret (18
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      Luc Philamant (19
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) est un enseignant de langue française, docteur en langues et littĂ©ratures anglaises et anglo-saxonnes[211].
    • BĂ©atrice Verney, Le Croisic : l’établissement de bains de mer Silvain Deslandes de 1844 Ă  1893, avant, pendant, aprĂšs, Batz-sur-Mer, BĂ©atrice Verney, , 207 p. (ISBN 978-2-9543480-0-1, BNF 43508971).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
      Béatrice Verney (1948-
) est une auteure et ancienne directrice du centre de rééducation de Saint-Jean-de-Dieu du Croisic[212].
    • BĂ©atrice Verney (photogr. Éric Fonthieure), Se souvenir du Croisic : une histoire prestigieuse de la PrĂ©histoire au XXIe siĂšcle, La CrĂšche, Geste Ă©ditions, coll. « Se souvenir du », , 211 p. (ISBN 978-2-36746-161-8, BNF 43812294).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Le Croisic de Saint-Nazaire, est indiquĂ©e par Lionel Delvarre, « Orthodromie entre Le Croisic et Saint-Nazaire », sur le site Lion 1906 (consultĂ© le ).
    2. Le sillon de GuĂ©rande dĂ©signe l’abrupt coteau de GuĂ©rande, par analogie avec le sillon de Bretagne[3] - [4].
    3. La phase hercynienne, débutant il y a 330 millions d'années, est à l'origine des granites qui constituent l'ossature du Massif armoricain.
    4. Le sillon du Croisic est prolongĂ© Ă  l'est par les Évens, Baguenaud et d’autres Ăźles.
    5. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Le Croisic de GuĂ©rande est de 7,6 km[11].
    6. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Le Croisic de Nantes est de 72,7 km[13].
    7. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Le Croisic d'Herbignac est de 23 km[14].
    8. Le maximum de température a été enregistré le et le minimum, le [ME 3].
    9. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
    10. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
    11. Conseil municipal du Croisic du , sous la prĂ©sidence du maire Édouard BenoĂźt[BV 3].
    12. Augustin Maillard est également conseiller général et vice-consul de SuÚde et de NorvÚge[BV 5].
    13. Émile MarĂ©chal exerce rĂ©guliĂšrement au Croisic de 1912 Ă  1928 et demeure agent voyer du Croisic jusqu’à sa mort. Son fils Gustave lui succĂšde en 1928, avant de se consacrer Ă  des constructions de style nĂ©o-breton Ă  La Baule-Escoublac[38].
    14. Lorsqu'une falaise n'est plus du tout en contact avec l'eau par des sédiments ou à la suite d'une baisse locale du niveau de la mer, on parle de falaise morte ou de falaise fossile. Dans le cas contraire, on parle de falaise vive.
    15. Dans un espace maritime limitĂ© par Houat, HoĂ«dic, l’üle Dumet, Sarzeau et l’entrĂ©e du golfe, dans la baie de Quiberon[60].
    16. « [
] ce fait, le comte de Montfort se retira en la ville du Croisic, et lĂ  se estoit rendu par mer, son admiral qu'il fist faire quelque chĂąteau et place forte au Croisic, ce que ledit Nicolas Bouchart fist faire bien volontiers parce qu'il etoit natif dudit Croisic, et y fit Ă©difier un chĂąteau. Ceux du Croisic avoient moult bien confortĂ© le comte de Montfort en son grant affaire, coulez la conduite du dessus dit admiral, de navires et gens car jamais ceux du party de Blois ne les purent gagner ni conquĂ©rir [
][63] - [BV 10] ».
    17. Le chùteau était vraisemblablement situé sur l'actuelle place de Dinan, et selon, Henri Moret, constitué d'« un corps de bùtiment circonscrivant une cour intérieure, flanqué de tours en saillie[HM 21] ». Le financement des dépenses d'édification fut assuré par la création d'une taxe de 5 % sur la consommation du sel et son exportation, complétée en 1478 par un prélÚvement sur la vente au détail du vin commercialisé dans la presqu'ßle[HM 22].
    18. Il s'agit de « la Marie, de cent quatre-vingt tonneaux de jauge et cent hommes d'Ă©quipage [
] ; la Mer-de-Piriac, de cent quarante tonneaux et quatre-vingt hommes [
] ; la Marie-Guillemet, de cent quarante tonneaux et quatre-vingts hommes Ă©galement [
] et la Françoise, de quatre-vingt tonneaux et soixante hommes [
][HM 29] ».
    19. « Louis, [
] nos chers et biens aimĂ©s les maire, notables, habitants et procureur-syndic de la ville du Croisic, nous ont fait exposer qu'il est certain que le port du Croisic jouissait autrefois de la libertĂ© de faire la pĂȘche de la morue ; que c'est Ă  la navigation de Terre-Neuve que cette ville doit son existence, cette branche de commerce ayant Ă©tĂ© le principe de toutes les fortunes qui s'y sont faites. On sait que les Ă©difices publics qui dĂ©corent cette ville, l'Ă©lĂ©vation des deux tours de Batz et du Croisic sont le fruit du commerce de la morue. On ignore comment et par quelle raison ce commerce a Ă©tĂ© abandonnĂ©. [
] Toutes ces considĂ©rations ont dĂ©terminĂ© les exposants Ă  prendre une dĂ©libĂ©ration, le , de toute la communautĂ©, tendant Ă  ĂȘtre autorisĂ©s Ă  demander l'Ă©tablissement du commerce de la pĂȘche Ă  la morue [
] À ces causes, voulant seconder le zĂšle des exposants pour le commerce, nous avons permis [
][HM 36] ».
    20. Le Breton de Pont-Neuf, maire du Croisic, Ă©crit le Ă  l'intendant de la province : « [
] dans cette paroisse on y compte au moins 1 500 filles Ă  marier mais Ă  peine y trouverait-on 200 garçons. Le nombre de veuves peut bien ĂȘtre de 700 Ă  800 : la guerre, les navigations de GuinĂ©e et de l'AmĂ©rique ont dĂ©truit l'espĂšce des hommes de ce pays. Je serais en Ă©tat de donner une liste de plus de 1 200 marins pĂ©ris depuis sept ans sur les vaisseaux du roy, dans les prisons ou sur les vaisseaux marchands [
][66] ».
    21. On retrouve ces deux pasteurs, le , dans la chapelle Notre-Dame-du-Mûrier de Batz-sur-Mer[HM 38].
    22. Guillaume Le Ray est un philosophe et philanthrope croisicais[HM 39].
    23. En 1763, le secrĂ©taire dĂ©lĂ©guĂ© de GuĂ©rande Ă©crit : « il n'y a plus de protestants dans la circonscription [
][BV 13] ».
    24. Les vaisseaux le Glorieux, le Robuste, l’Inflexible, le Dragon, l’ÉveillĂ©, le Brillant et le Sphinx, deux frĂ©gates — la Vestale et l’Aigrette — et deux corvettes — la Calypso et le Prince Noir — se sont rĂ©fugiĂ©s au pied du corps de la pointe de Pen Lan (Billiers) qui est armĂ© de canons supplĂ©mentaires pour rĂ©sister Ă  la flotte anglaise et protĂ©ger les rĂ©fugiĂ©s[70].
    25. Sept navires se dirigent vers Rochefort, le Tonnant, L'Orient, l' Intrépide, le Magnifique, le Dauphin Royal, le Northumberland, le Solitaire et le Bizarre[72]
    26. Michel Armand, marquis de Broc, naßt en 1707 et meurt en 1775. Il combat à la bataille de Prague, à Dettingen et à Fontenoy. Il est colonel-lieutenant du régiment de Bourbon durant la guerre de Sept Ans. Sous le commandement du duc d'Aiguillon, il est l'un des chefs militaires qui remporte la bataille de Saint-Cast[75].
    27. Afin d’en finir au plus vite avec le conflit qui oppose la France, aux cĂŽtĂ©s de la Prusse, de la Russie et de la SuĂšde, Ă  l’Autriche de Marie-ThĂ©rĂšse et Ă  l’Angleterre, et qui l’asphyxie financiĂšrement, le secrĂ©taire d’État Ă  la Guerre, le marĂ©chal de Belle-Isle conçoit un plan concentrĂ© sur l’Angleterre. Il s’agit de « franchir la Manche, envahir l’Angleterre, attaquer Londres [et] pousser George II demander grĂące, pour que l’Europe retrouve la paix [
][77] ».
    28. Broc dispose seulement de trois canons de 24 livres et d’une centaine d’hommes du rĂ©giment de Dinan, appuyĂ©s par les Ă©quipages dĂ©barquĂ©s dĂ©pourvus d’armes[76].
    29. La rĂ©ponse du marquis de Broc au capitaine Paul Ourry, porteur du message de l’amiral Hawkes est la suivante : « L’honneur que j’ay de commander, Monsieur, me met dans le cas de refuser la proposition que vous me faites. J’ignore les droits que vous prĂ©tendez avoir de lever les canons du Soleil Royal et du HĂ©ros, en supposant que vous en ayez [
]. Si vous entrepreniez d’approcher du Soleil Royal et du HĂ©ros, je vous dĂ©clare que j’employerais tous les moyens que j’ay pour m’y opposer [
] ». AprĂšs ĂȘtre parvenu Ă  s’emparer de canons du Soleil Royal, Ourry laisse un message Ă  l’attention de Broc, clouĂ© sur le mĂąt de misaine : « Celle-ci servira de rĂ©ponse Ă  la vĂŽtre. J’ai rempli mon objet en retirant du Soleil Royal les canons dont j’avais besoin. J’en ai pris possession ainsi que vous l’avez vu par le pavillon anglais que j’y ai arborĂ©. J’en ai pris les Ă©toiles, et j’y travaillerai quand il me plaira. Vous avez fait votre devoir et j’espĂšre que mon gĂ©nĂ©ral sera content du mien. Je suis fĂąchĂ© de ne pouvoir faire connaissance avec vous. Je suis, Monsieur, votre 
 Paul Ourry[76] ».
    30. « Je m’en rapporte Ă  vous de dĂ©livrer aux Capucins du Croisic quelques morceaux de bois de ces dĂ©bris, pour l’indemnitĂ© que vous jugerez Ă  propos de leur accorder pour l’embarras qu’ils ont eu par le logement dans leur couvent des malades sauvĂ© du Soleil Royal et du HĂ©ros [
][78] ».
    31. Claude Carré signale que la ville du Croisic a reçu, en outre, deux canons du Juste, coulé à l'entrée de l'estuaire de la Loire[79].
    32. Le franc-fief est un impÎt payé par les roturiers au roi, tous les vingt ans, pour les fiefs qu'ils ont en jouissance[HM 42].
    33. Lettre du gĂ©nĂ©ral Beysser Ă  la municipalitĂ© du Croisic, en date du : « J'apprends que votre ville est tombĂ©e au pouvoir des brigands, que l'Ă©tendard de la contre-rĂ©volution flotte sur vos murs, et qu'il s'y est organisĂ© un fantĂŽme de gouvernement au nom d'un prĂ©tendu roi et d'un prĂ©tendu rĂ©gent. On m'assure de plus qu'il s'est trouvĂ© parmi vous des hommes assez lĂąches et assez parjures pour accepter des fonctions publiques dans cet attroupement de conspirateurs et de brigands. ou vous ĂȘtes leurs complices, ou vous ĂȘtes leurs victimes. Dans le premier cas, les amis de la LibertĂ© doivent tourner leurs armes contre vous et sauront bien vous rĂ©duire ; dans le second, je vous somme, au nom de la loi et de vos serments, de vous rĂ©unir Ă  nous pour briser le joug honteux, que vous ne pouvez porter sans crime. Emparez-vous des postes, emparez-vous des armes, mettez en Ă©tat d'arrestation les chefs des rebelles, prouvez-nous votre amour pour la RĂ©publique par votre promptitude Ă  reconnaĂźtre les lois et Ă  me livrer les ennemis ; la moindre hĂ©sitation, je vous en prĂ©viens, serait regardĂ©e comme un acte hostile. Je vous apporte la paix ou la guerre : choisissez[HM 48] ».
    34. Le , le maire du Croisic, Vincent Caillard, Ă©crit au curĂ© du Croisic, l'abbĂ© Cottineau : « [
] J'ai l'honneur de vous informer qu'en vertu de la dĂ©libĂ©ration que vient de prendre la commission sanitaire de cette ville, les personnes qui dĂ©cĂ©deront par suite du cholĂ©ra Ă©pidĂ©mique seront enterrĂ©es dans le terrain vague situĂ© auprĂšs de la chapelle Saint-Goustan [
][B 5] ».
    35. Lettre du maire du Croisic au prĂ©fet, datĂ©e du : « La population [
] vit de commerce et de pĂȘche, ses seuls moyens de salut ; il est donc de premiĂšre nĂ©cessitĂ© que le port du Croisic soit accessible pour les navires de tonnage plus considĂ©rable et de chercher Ă  trouver le moyen de creuser l'entrĂ©e du port[81] [
] ».
    36. Il s'agit des rues Nantaise, du Pilori, de l'Église, ainsi que des places d'Aiguillon, de l'Église et du MarchĂ©-aux-LĂ©gumes[HM 52].
    37. RĂ©Ă©lu en 2001.
    38. RĂ©Ă©lue en 2014 et 2020. ,
    39. La « capacitĂ© d'autofinancement » (CAF) est l’excĂ©dent dĂ©gagĂ© en fonctionnement ; cet excĂ©dent permet de payer les remboursements de dettes. Le surplus (CAF - remboursements de dettes) s’ajoute aux recettes d’investissement (dotations, subventions, plus-values de cession) pour financer les dĂ©penses d’équipement. Ce montant reprĂ©sente le financement disponible de la commune[109].
    40. Ces remarques ne résultent pas d'une étude statistique des données présentées ; elles n'ont qu'une valeur indicative.
    41. Le « fonds de roulement », différence entre les financements à plus d'un an et les immobilisations, permet de combler le décalage entre l'encaissement des recettes et le paiement des dépenses[110].
    42. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.
    43. L’orthodromie considĂ©rĂ©e, sĂ©parant Le Croisic de Saint-Nazaire est de 22,1 km[135].
    44. La sociĂ©tĂ© Les Jardins de la Mer produit annuellement dans les annĂ©es 2010 10 millions de palourdes et autant d’huitres[BV 25].
    45. « Pitié » signifie dans ce cas « résignation, patience[HM 61] ».
    46. En 1700, une carte montre la paroisse en zone bretonnante[175].
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    Références

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