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Guerres turco-byzantines

Les guerres entre les peuples turcs[N 1] et l’Empire byzantin s’étalent sur une période de près de quatre siècles, du milieu du XIe siècle à la chute de Constantinople en 1453.

Guerres turco-byzantines
Description de cette image, également commentée ci-après
L'entrée de Mehmed II dans Constantinople peinte par Fausto Zonaro (1854-1929).
Informations générales
Date milieu du XIe si√®cle ‚Äď 1453
Lieu Anatolie, Balkans
Issue Victoires des Turcs
Effondrement de l'Empire byzantin
Commandants
Empereurs byzantinsSultans turcs

Batailles

Guerres byzantino-seldjoukides
Guerres byzantino-ottomanes

Ces guerres ont aussi compt√© parmi les √©l√©ments d√©clencheurs des croisades, entra√ģn√© la destruction de l‚ÄôEmpire byzantin, le successeur de l‚ÄôEmpire romain de l‚ÄôAntiquit√©, et permis √† l‚ÄôEmpire ottoman de devenir une des plus grandes puissances de l‚Äô√©poque.

Les premi√®res escarmouches remontent au milieu du XIe si√®cle lorsque des bandes turques compos√©es de Turcomans et de Seldjoukides s'installent √† la fronti√®re orientale de l'Empire byzantin. L'installation durable des Turcs sur le territoire de l'ancien califat abbasside apr√®s 1055 permet aux Seldjoukides de se renforcer et de s'√©tendre aux d√©pens de l'Empire byzantin. La victoire seldjoukide lors de la bataille de Manzikert coupl√©e aux guerres civiles byzantines permettent aux Turcs de s'installer en Asie mineure. L'arriv√©e au pouvoir des Comn√®ne et la premi√®re croisade obligent les Seldjoukides √† refluer des parties occidentales de l'Asie mineure, sans pour autant que les Byzantins puissent r√©cup√©rer l'ensemble de la p√©ninsule anatolienne ‚ÄĒ ils sont m√™me battus √† Myriok√©phalon. Le d√©clin byzantin de la fin du XIIe si√®cle entra√ģne la perte de certains territoires asiatiques au profit des Seldjoukides, qui ne peuvent pourtant pas profiter de la division de l'Empire byzantin apr√®s 1204, √† cause de leur d√©faite √† Antioche du M√©andre, mais aussi parce que les Mongols soumettent les Seldjoukides dont le territoire est bient√īt divis√© en de multiples factions turques.

Apr√®s 1261 et la reprise de Constantinople aux Latins par les Byzantins, les diff√©rents √©mirs turcs qui succ√®dent √† l'√Čtat seldjoukide s'√©tendent aux d√©pens des territoires asiatiques de l'Empire byzantin et au d√©but du XIVe si√®cle, la quasi-totalit√© de l'Anatolie est aux mains des Turcs malgr√© l'intervention de la compagnie catalane. C'est l'√©mirat ottoman qui tire le plus grand profit des difficult√©s byzantines ; il prend possession de Nic√©e et de Nicom√©die vers 1330. Bient√īt, les Ottomans traversent le Bosphore et s'installent en Europe, o√Ļ ils soumettent progressivement l'ensemble des √Čtats chr√©tiens de la p√©ninsule balkanique. Sous le r√®gne de Bayezid Ier, √† partir de 1389, Constantinople subit un blocus rarement mis en d√©faut par l'intervention de quelques aventuriers occidentaux. √Ä cette date, l'Empire byzantin est r√©duit √† la p√©riph√©rie imm√©diate de Constantinople et au despotat de Mor√©e. La d√©faite de Bayezid √† la bataille d'Ankara en 1402 contre Tamerlan affaiblit l'Empire ottoman qui, pendant pr√®s d'une d√©cennie, est en proie √† une guerre civile et √† la r√©volte d'√©mirats jadis soumis. Mais l'Empire byzantin ne profite gu√®re de ce sursis et tr√®s vite, sa situation redevient semblable √† celle de 1402. Apr√®s un premier si√®ge en 1422, les Ottomans, conduits par Mehmed II, r√©ussissent √† s'emparer de la capitale byzantine en 1453. C'est la fin de ce qui subsistait encore de l'Empire romain.

Causes de la confrontation entre Seldjoukides et Byzantins

Premières implantations turques

√Ä l‚Äôorigine, les Turcs sont originaires de r√©gions d‚ÄôAsie centrale correspondant aux actuels Kazakhstan, Ouzb√©kistan, Turkm√©nistan, Kirghizistan et Tadjikistan. Durant plusieurs si√®cles, ils sont frontaliers avec les terres du califat abbasside. Parmi ces peuples, il n‚Äôexiste pas d‚Äôentit√©s politiques communes, mais plut√īt diff√©rentes tribus se partageant le territoire (Karlouks ou Oghouzes). Certains d'entre eux sont peu √† peu devenus musulmans, mais d'autres ont gard√© des pratiques religieuses traditionnelles proches du chamanisme.

Peu de contacts existent entre musulmans et Turcs, mais les califes abbassides prennent l'habitude de prendre √† leur service des mercenaires turcs pour leur garde personnelle. Cette tradition, qui d√©bute sous le r√®gne d'Al-Ma'mŇęn, entra√ģne peu √† peu les √©l√©ments turcs √† participer aux intrigues palatines et aux prises de d√©cision du calife[1]. Cependant, √† la fin du Xe si√®cle apparaissent les premiers √Čtats turcs r√©ellement solides, tandis que ceux-ci subissent l‚Äôexpansion mongole qui les repousse vers l'ouest[2].

Les Ghaznévides
Frontière de l'Empire ghaznevide vers 1040

Les Turcs sont traditionnellement employ√©s comme mercenaires par les musulmans de la dynastie samanide. Certains en profitent pour accro√ģtre leur prestige et prendre le pouvoir dans certains territoires. C‚Äôest le cas de Subuktig√ģn, fondateur des Ghazn√©vides, qui agrandit son domaine tout en restant vassal des Samanides. Son successeur Mahmoud de Ghazni r√®gne de 998 √† 1030. Il implante la capitale de son territoire √† Ghazni, lance des incursions en territoire indien √† l'image de son pr√©d√©cesseur[3] et se constitue en territoire autonome. Ses successeurs s‚Äôefforcent de consolider leur territoire, qui correspond √† la zone situ√©e au sud de l‚ÄôAmou-Daria de l‚Äôancien pays samanide[4]. N√©anmoins, ils subissent de nombreux assauts et doivent reconna√ģtre le protectorat des Seldjoukides[5].

Les Karluks ou Qarakhanides
Le royaume des Qarakhanides.

Cette autre tribu turque r√©ussit √† contr√īler aux d√©pens des Samanides le bassin du Tarim. S‚Äôalliant aux Ghazn√©vides, ils se partagent le territoire des Samanides vaincus avec ces derniers. Ils prennent alors le nom de Qarakhanides et occupent la Transoxiane[2]. Contrairement au domaine des Ghazn√©vides, la Transoxiane voit une forte immigration turque d‚Äôorigine oghuz, qui aboutit √† une sorte de syncr√©tisme entre traditions iraniennes et turques[6].

Arrivée et émergence des Seldjoukides

Les Seldjoukides tirent leur nom du chef oghouz Seldjouk, converti √† l‚Äôislam. Avec ses fils, il entre au service des Qarakhanides √† la fin du Xe si√®cle. Cette tribu est cependant vaincue en 1025 par Mahmoud de Ghazni, qui d√©porte une grande partie de ses membres (dirig√©s par Arslan-Isra`√ģl, un des fils de Seldjouk) au Khorassan. L‚Äôautre partie se r√©fugie sur les bords de la mer d'Aral. Arslan-Isra`√ģl, envoy√© dans des campagnes √† l‚Äôouest par Mahmoud, en vient √† se trouver aux fronti√®res de l‚ÄôEmpire byzantin o√Ļ il fait peser le d√©but d'une menace[6].

Au sein du Khorasan, les fils d'Arslan-Mikha'√ģl (un des fils de Seldjouk), Toghrul-Beg et Cagri Beg (ou Tshagri Beg), commencent √† envahir le territoire des Ghazn√©vides. √Ä la bataille de Dandanakan en 1040, ils r√©ussissent √† en prendre le contr√īle.

Toghrul-Beg (1040-1063) devient alors le dirigeant de la partie occidentale du territoire des Ghazn√©vides[6] - [N 2]. Confront√© √† la menace que pourraient repr√©senter les Turkm√®nes implant√©s du c√īt√© de l‚ÄôAzerba√Įdjan et de l‚ÄôArm√©nie, il pr√©f√®re s'allier avec eux et participer √† la prise de forteresses byzantines frontali√®res, sans pour autant menacer l‚Äôint√©grit√© de l‚ÄôEmpire byzantin. En 1055, il entre dans Bagdad et obtient le titre de Sultan[7] en r√©compense de son combat contre les √©mirs bouyides[8], devenant le protecteur du califat abbasside et augmentant la l√©gitimit√© des Seldjoukides. Pendant ce temps, les Turkm√®nes r√©ussissent √† prendre le contr√īle de l‚ÄôArm√©nie, y compris la ville d'Ani, en 1064, puis √† annexer les territoires g√©orgiens (1068)[9] ; ils s'enfoncent de plus en plus profond√©ment en territoire byzantin √† la recherche de butin[7]. Malgr√© la volont√© de Toghrul-Beg et d'Alp Arslan de calmer les ardeurs turkm√®nes pour se concentrer sur la conqu√™te de l'√Čgypte[9], les souverains seldjoukides sont progressivement engag√©s dans la conqu√™te de l'Anatolie.

Situation de l'Empire byzantin à la veille des conquêtes seldjoukides

L'Empire byzantin vers 1025, sous Basile II.

Depuis les conqu√™tes de Basile II (976-1025), qui ont consid√©rablement renforc√© l‚Äôempire √† la fin du Xe si√®cle et au d√©but du XIe si√®cle, l'Empire byzantin subit une d√©sagr√©gation progressive. Certaines conqu√™tes sont cependant faites au lendemain de la mort de Basile, parmi lesquelles la prise d‚Äô√Čdesse. N√©anmoins, Constantin VIII (1025-1028), son fr√®re et successeur, rend le pouvoir aux eunuques du palais au d√©triment des chefs militaires qui avaient b√©n√©fici√© des largesses de Basile, entra√ģnant un profond ressentiment entre les deux cat√©gories sociales. √Ä la mort de Constantin VIII, en 1028, succ√®de la dynastie des princes √©poux et adopt√©s, dont la politique contribue √† affaiblir l‚ÄôEmpire. Ainsi, le r√®gne de Romain III Argyre (1028-1034) est marqu√© par des complots de palais dont lui-m√™me est une des victimes. Le ph√©nom√®ne se reproduit sous le r√®gne de Michel V (1041-1042), d√©pos√© √† la suite d'une √©meute[10].

L‚Äôarriv√©e au pouvoir de Constantin IX Monomaque (1042-1055) en 1042 correspond sensiblement aux premi√®res incursions des Turcs seldjoukides aux fronti√®res orientales de l‚ÄôEmpire. Le r√®gne de Constantin IX est d√©sastreux pour Byzance, en particulier par la ruine du tr√©sor en grande partie accumul√© par Basile II. En fait, comme il l‚Äôavoue √† Psellos[11], Constantin IX consid√®re la dignit√© imp√©riale comme une retraite dor√©e qui lui permet de s‚Äôamuser. Face √† cette situation de d√©clin pour l‚ÄôEmpire, les Turcs se rapprochent progressivement. En outre, les conqu√™tes r√©centes (prise d‚Äô√Čdesse, invasion progressive de la G√©orgie ou progression en Arm√©nie dans la r√©gion d‚ÄôAni) ont d√©truit les √Čtats tampons qui s√©parent l‚ÄôEmpire byzantin de l‚ÄôEmpire musulman pour en faire des r√©gions, certes byzantines, mais affaiblies par les guerres et par une administration d√©faillante[12]. Un exemple de cette carence administrative est fourni par une mesure de Constantin IX pr√©voyant de remplacer le service de protection des fronti√®res caucasiennes ‚ÄĒ qui incombait aux Ib√®res ‚ÄĒ par un nouvel imp√īt. Or, comme les aristocrates qui b√©n√©ficient d'immenses dotations dans la r√©gion r√©sident le plus souvent √† Constantinople, les d√©fenseurs ne sont plus assez nombreux pour esp√©rer stopper les invasions turques. √Ä cela s'ajoute la d√©sagr√©gation du syst√®me des stratiotes. Ces paysans soldats assurent un service militaire en l'√©change de terres qu'ils exploitent et dont les ressources leur permettent l'achat du mat√©riel militaire n√©cessaire. Mais peu √† peu l'aristocratie fonci√®re s'√©tend au d√©triment des stratiotes qui voient leurs terres rachet√©es et deviennent des serfs. La source de la puissance militaire byzantine d√©p√©rit peu √† peu sous le r√®gne des successeurs de Basile II qui ne cherchent plus √† freiner la progression de l'aristocratie fonci√®re[13]. Au contraire, m√©fiant envers l'arm√©e, la noblesse civile qui gouverne l'empire soutient la r√©duction des effectifs militaires[14].

Premiers conflits entre Turcs et Byzantins

Des premières batailles au tournant de Manzikert

C'est en 1048 qu'a eu lieu la première expédition turque en territoire byzantin. Néanmoins, l'alliance entre les Byzantins et les Géorgiens permet de repousser les Seldjoukides dirigés par Ibrahim Yinal à la bataille de Kapetrou. La capture du prince géorgien Liparit aboutit à une trêve entre l'Empire byzantin et Toghrul-Beg, qui accepte de libérer Liparit. Malgré ce succès et cet accord, la paix est des plus précaires. Dès 1052, Toghrul profite de la guerre que mène Byzance contre les Petchénègues pour mener une campagne dans les terres orientales de l'empire. En 1053 et 1054, il fait campagne dans le Vaspourakan, mais il est une nouvelle fois vaincu et ne peut s'emparer de Manzikert[15].

Alp Arslan, neveu de Toghrul (1063-1072), poursuit l'avanc√©e seldjoukide. √Ä partir de 1067, il acc√©l√®re la conqu√™te territoriale en prenant d'abord le contr√īle de l'Arm√©nie en 1064, avant de s'attaquer sans succ√®s √† √Čdesse[16]. Il profite alors du certain d√©sordre qui r√®gne dans l'Empire byzantin, malgr√© la relative continuit√© du r√®gne de Constantin X (1059-1067). Sa strat√©gie est d'annihiler progressivement les d√©fenses frontali√®res byzantines par des assauts r√©it√©r√©s[17]. La d√©fense byzantine r√©side en effet dans un r√©seau de forteresses con√ßues pour r√©sister aux assauts de l'ennemi en attendant l'arriv√©e d'une arm√©e de secours, strat√©gie victorieuse face aux anciens √©mirats musulmans comme celui des Hamdanides[18]. Cependant, elle est inefficace contre la mobilit√© des troupes seldjoukides, par ailleurs parfaitement adapt√©es au combat dans les zones d√©sertiques de l'est anatolien, aux conditions proches de celles r√©gnant en Asie centrale[19]. En 1067, Alp Arslan capture C√©sar√©e et ravage la Cilicie[20]. La chute d'Ani a en effet laiss√© un vide dans le syst√®me de d√©fense byzantin qui facilite les raids turcs[18]. Toutefois, cette p√©n√©tration de plus en plus profonde entra√ģne la r√©action byzantine[21].

Le nouvel empereur, Romain Diog√®ne (1067-1071), l√®ve une grande arm√©e compos√©e de nombreux mercenaires pour mettre fin aux provocations turques. Dans un premier temps, il lib√®re le Pont des incursions et bat une arm√©e turque √† Tephrik[22]. Se dirigeant vers la Syrie, il reprend Hi√©rapolis, mais ne peut emp√™cher la chute d'Amorium[23]. Les Turcs entreprennent alors la conqu√™te de la Cappadoce (Iconium tombe en 1069) avant que Romain ne les fasse battre en retraite[24]. 1070 est une nouvelle ann√©e de guerre entre Seldjoukides et Byzantins. Alp Arslan √©choue une nouvelle fois √† prendre √Čdesse, tandis que Manuel Comn√®ne, qui dirige l'arm√©e byzantine, est battu pr√®s de S√©baste, fait prisonnier puis lib√©r√© par un rebelle seldjoukide[22]. En 1071, Romain Diog√®ne d√©cide d'en finir avec la menace turque. Le , les deux arm√©es se rencontrent √† Manzikert, cependant, la bataille tourne √† l'avantage des Turcs notamment √† la suite de la trahison des Doukas (priv√©s du pouvoir depuis que Romain est empereur). Manzikert se solde par un d√©sastre pour les Byzantins et Romain Diog√®ne, qui est captur√©[25] - [26].

Conquête de l'Asie Mineure par les Seldjoukides

Les domaines de Philarète. Les territoires en vert correspondent à ceux dominés par les Seldjoukides.
Alp Arslan humiliant l'empereur Romain IV après sa défaite de Manzikert.

Romain Diog√®ne est finalement lib√©r√© par Alp Arslan et une paix relativement indulgente pour l'Empire byzantin est sign√©e. En effet, Alp Arslan ne d√©sire pas tant accro√ģtre son autorit√© sur l'Asie Mineure que conqu√©rir l'√Čgypte fatimide. Ainsi, en √©change du d√©part des Turcs, Romain Diog√®ne c√®de plusieurs forteresses frontali√®res (Manzikert, Argish, etc.) et paie un lourd tribut en or[27]. Cependant, en l'absence de Romain, les Doukas ont repris le pouvoir, et l'empire retombe dans la guerre civile. La lutte, qui oppose le plus souvent le gouvernement civil du Palais aux chefs de l'arm√©e, reprend en 1071. Romain IV, discr√©dit√© par la d√©faite de Manzikert, est d√©pos√© par Michel VII Doukas, rendant caduc le trait√© sign√© avec Alp Arslan[28].

Les querelles intestines facilitent la progression des Turcs, qui se mettent au service des diff√©rentes factions byzantines. Ils progressent dans le centre de la p√©ninsule anatolienne, dont la population autochtone est clairsem√©e[29]. Le syst√®me d√©fensif byzantin d√©clinant depuis plusieurs d√©cennies, est inapte √† emp√™cher la progression turque. Les quelques villes qui tentent de r√©sister sont isol√©es et doivent c√©der les unes apr√®s les autres : peu √† peu, la majorit√© de l'Anatolie passe aux mains des Seldjoukides et les autochtones chr√©tiens y deviennent des dhimmis (¬ę prot√©g√©s ¬Ľ, soumis √† une capitation suppl√©mentaire, le hara√ß, ce qui pousse les pauvres, c'est-√†-dire la majorit√©, √† se convertir √† l'islam)[30]. La mort d'Alp Arslan en 1072 n'enraye en rien ce processus puisque Malik Chah Ier poursuit sa politique. La r√©volte de Roussel de Bailleul provoque l'intervention du Seldjoukide Artoukh, qui capture puis lib√®re Roussel[31]. Bien que le chef normand soit finalement captur√© par Alexis Comn√®ne, les guerres civiles byzantines constituent l'une des causes parmi les plus importantes de la turcisation de l'Anatolie.

La situation se d√©grade √† nouveau lorsqu'en 1077, les arm√©es d'Occident et d'Orient proclament chacune un empereur √† la place de Michel VII. Nic√©phore Bryenne, le pr√©tendant de l'arm√©e occidentale, entra√ģne certains √©l√©ments turcs jusqu'en Europe[32]. Il est vaincu, et Nic√©phore Botaniat√®s r√©ussit √† s'emparer du pouvoir, malgr√© une tentative turque de l'arr√™ter. Son r√®gne de trois ans (1078-1081) est une succession de r√©voltes militaires, √† l'image de celle de Constantin Doukas. Ce fils de Michel VII est envoy√© par Nic√©phore pour combattre les Turcs, puis se r√©volte contre lui, sans succ√®s. √Ä Antioche, dont la r√©gion est devenue une enclave byzantine, le pouvoir revient de facto √† Philar√®te, qui assure de lui-m√™me la d√©fense du Taurus contre les Seldjoukides au nom du basileus.

Face √† cet √©tat d'anarchie, les Turcs continuent leur progression. Certains servent de mercenaires dans l'arm√©e de Nic√©phore Melissenos, qui tente de prendre le pouvoir tout en installant les Turcs dans les villes de Nic√©e, de Cyzique et autres, qui passent bient√īt sous leur contr√īle. Pour la premi√®re fois en effet, les Seldjoukides ne se contentent plus de raids, mais s'installent durablement en Anatolie[33]. C'est ainsi que depuis 1074 et la donation par Malik Chah de l'Asie mineure √† son oncle S√ľleiman Ier s'est constitu√© un embryon d'√Čtat seldjoukide en lieu et place des anciennes terres de l'Empire byzantin. Th√©oriquement, S√ľleiman est vassal de Malik Shah, mais peu √† peu, il s'√©loigne de son suzerain, plus occup√© √† s'emparer de Damas ou J√©rusalem. Ainsi, en 1077, S√ľleyman se d√©clare Sultan de l'√Čtat ind√©pendant de Roum avec Nic√©e, r√©cemment conquise, pour capitale. Malik Shah r√©clame l'aide de Byzance, √† qui il demande la capture et l'envoi des fils de KutalmńĪŇü, dont S√ľleyman. √Ä Constantinople, cependant, on reste persuad√© que l'adversaire principal reste Malik Shah, qui essuie donc un refus[32].

Conflit ouvert entre Seldjoukides et Byzantins (1081-1180)

Stabilité rétablie à Constantinople (1081-1096)

Alexis Ier Comnène réussit à endiguer la progression des Seldjoukides (1081-1094).
Le Grand Empire Seldjoukide s'√©tend, en 1092, jusqu'√† la Mer √Čg√©e.

Stabilisation de la frontière sous Alexis Ier

Tandis que l'Empire byzantin perd progressivement la plupart de ses territoires asiatiques √† l'exception de la Mysie, de la Bithynie, du Pont et de la Syrie du Nord[34] au profit du nouveau sultanat de Roum, Nic√©phore III essaye de se maintenir sur le tr√īne. Il est toutefois renvers√© en 1081 par Alexis Comn√®ne (1081-1118), un ancien g√©n√©ral notamment vainqueur des pr√©tendants au tr√īne Nic√©phore Bryenne ou Nic√©phore Basilakios. Avec Alexis Comn√®ne commence une nouvelle √®re de stabilit√© pour l'Empire byzantin, fragilis√© par plusieurs ann√©es de guerres civiles.

Alexis se retrouve face √† un √Čtat turc qui a profit√© des errements de ses pr√©d√©cesseurs : S√ľleyman a acquis plusieurs cit√©s en √©change de son soutien √† diverses tentatives de coup d'√Čtat. De ce fait, les terres dirig√©es par Philar√®te se trouvent de plus en plus isol√©es de Constantinople, qui n'y exerce plus aucune autorit√© r√©elle[35]. Ainsi, en quelques ann√©es, la plus grande partie de l'Asie Mineure est pass√©e entre les mains des Seldjoukides. N√©anmoins, le Sultanat cr√©√© par S√ľleyman reste assez fragile[36] face aux bandes turques d'Anatolie qui conservent une ind√©pendance relative, ainsi que face aux populations chr√©tiennes, grecques ou arm√©niennes[37]. De plus, la signature d'un trait√© entre Alexis et le Sultan permet √† Constantinople d'√©loigner toute menace de si√®ge. S√ľleyman n'abandonne pourtant pas la conqu√™te de nouvelles terres. En 1081, c'est Smyrne qui tombe aux mains des Turcs, suivie d'Antioche en 1084, mettant ainsi fin √† l'√©ph√©m√®re principaut√© de l'Arm√©nien Philar√®te[38]. La d√©faite de S√ľleyman lors d'une bataille pr√®s d'Alep en [39], puis sa mort l'ann√©e d'apr√®s, pr√©cipitent la chute de sa principaut√© qui subit une grande offensive en 1086 et dispara√ģt l'ann√©e suivante. √Ä cette date, le sultanat se divise en de multiples √©mirats. Mais Alexis Ier, occup√© par ses guerres contre les Normands et les Petch√©n√®gues, ne peut profiter de la situation, ne reprenant que Cyzique. Le sultanat de Roum est alors dirig√© par Abul Qasim (1086-1092), qui s'allie avec Alexis pour contrer les vis√©es de Malik Shah et pr√©server l'existence de son √Čtat.

Menace des √©mirs ¬ę maritimes ¬Ľ

La menace vient alors des √©mirs qui se sont rendus ind√©pendants √† la mort de S√ľleyman : Tangripermes, ou Tengribirmish, qui s'est taill√© un territoire autour d'√Čph√®se[40], et surtout Zachas, l'√©mir de Smyrne, qui n'est pas tenu par le trait√© d'alliance entre Alexis et Abul Qasim. Zachas souhaite tout d'abord r√©unir les diff√©rents territoires qui se sont rendus ind√©pendants, mais surtout, il sait en tant qu'ancien prisonnier √† Constantinople que la capitale byzantine ne peut √™tre prise sans une flotte[41] : il en fait donc construire une dans le but de prendre Constantinople par mer. Il conquiert d'abord les √ģles de Chios, Samos, Rhodes et Lesbos, ainsi que les cit√©s c√īti√®res de Clazom√®nes et de Phoc√©e. Apr√®s une premi√®re d√©faite, la nouvelle flotte byzantine reconstruite par Alexis et dirig√©e par Constantin Dalass√®ne reprend l'√ģle de Chios[42]. Zachas r√©agit en concluant une alliance avec les Petchen√®gues, et esp√®re ainsi pouvoir assi√©ger la capitale de l'empire par terre et par mer[43]. Pour parer √† la menace, Alexis fait appel aux Coumans, adversaire traditionnel des Petchen√®gues[43].

La victoire, le , d'Alexis sur les Petchen√®gues √† la bataille de la colline de Lebounion met un terme aux espoirs de Zachas. Celui-ci doit fuir face √† une flotte dirig√©e par Jean Doukas et Constantin Dalass√®ne. En 1093, Zachas assi√®ge Abydos, mais l'alliance entre KńĪlńĪ√ß Arslan, le nouveau sultan de Roum, et Alexis l'oblige √† battre en retraite. Zachas meurt ensuite lors d'une rencontre avec KńĪlńĪ√ß Arslan[44]. En effet, malgr√© le trait√© de paix, la situation a chang√© au sein du sultanat. Abul Qasim pr√©pare une attaque contre Constantinople finalement repouss√©e. En fin de compte, Alexis s'allie avec le sultan de Roum contre Malik Shah qui s'appr√™te √† lancer une offensive contre Nic√©e dans l'espoir de replacer la cit√© dans le giron de l'Empire seldjoukide. Le g√©n√©ral byzantin Tatikios r√©ussit effectivement √† faire lever le si√®ge, mais sans pour autant reprendre la ville[45]. C'est √† cette √©poque que Malik Shah propose une alliance √† Alexis, qui pr√©voit le retour des villes de Bithynie (dont Nic√©e) et du Pont √† l'Empire byzantin avec, comme contrepartie, le mariage d'une des filles d'Alexis au fils a√ģn√© de Malik Shah. Ce dernier souhaite r√©tablir la lign√©e de S√ľleyman repr√©sent√©e par KńĪlńĪ√ß Arslan √† la t√™te du sultanat de Roum. La mort de Malik Shah, en 1092, entra√ģne la fin du projet et KńĪlńĪ√ß Arslan Ier (1092-1107) devient le nouveau sultan de Roum la m√™me ann√©e.

Première croisade et début de la reconquête

L'Empire byzantin et le Sultanat des Seldjoukides de Roum avant les croisades.
Naissance de la croisade
Godefroy de Bouillon et les barons reçus par l'empereur Alexis.

Vers 1090, la situation sur la fronti√®re orientale semble se stabiliser. Alors que les Turcs paraissaient en mesure d‚Äôenvahir compl√®tement l‚Äôempire, la venue d‚ÄôAlexis Ier a chang√© la donne. Il a jou√© des divisions turques tout en √©loignant les menaces les plus importantes. De plus, la mort de Malik Shah fragilise un empire seldjoukide qui se divise en de multiples factions, et le sultan KńĪlńĪ√ß Arslan semble bien dispos√© envers l'Empire byzantin, d'autant plus qu'√† l'est, les Danichmendides (une autre peuplade turque) menacent le sultanat de Roum. Malgr√© quelques conqu√™tes, comme la reprise des villes de Cyzique et Apollonia[46], Alexis n‚Äôest cependant pas en position de force pour reprendre pied dans la majorit√© du territoire anatolien qu‚Äôil consid√®re comme faisant partie int√©grante de l‚Äôempire. Les fronti√®res occidentales, malgr√© l'an√©antissement presque total des Petch√©n√®gues, ne peuvent √™tre d√©pouill√©es de troupes[47].

Face √† une telle situation, les arm√©es des puissances chr√©tiennes occidentales apparaissent √† Alexis comme le seul recours possible s'il veut reconqu√©rir l'Asie Mineure. Apr√®s des rapports conflictuels avec le pape Gr√©goire VII au d√©but de son r√®gne, l'av√®nement d'Urbain II marque le d√©but d'une politique d'apaisement entre l'empereur et le pape. Urbain souhaite en effet l'alliance entre les deux √Čglises bris√©e en 1054 pour lib√©rer les chr√©tiens d'Orient des Turcs[48]. Cette politique papale s'est trouv√©e exacerb√©e par la prise de J√©rusalem en 1073 par les Turcs qui rend plus difficile le p√®lerinage. Du c√īt√© byzantin, Alexis se sert du concile de Plaisance comme d'une tribune o√Ļ ses ambassadeurs auraient suppli√© l'aide des Chr√©tiens pour d√©fendre l'empire selon Bernold de Constance[N 3].

Lors du concile de Clermont le , Urbain II reprend les demandes byzantines et encourage les soldats chr√©tiens √† intervenir en Orient. L'ampleur du mouvement qui se dessine alors provoque la surprise du pape et de l'empereur[49]. En effet, de nombreux chevaliers, en particulier francs, ne poss√®dent aucune terre et esp√®rent en trouver en Orient, m√™me si la motivation religieuse reste primordiale. Pour Alexis, la surprise est grande, il s'attendait √† trouver des troupes de mercenaires dont il se serait servi pour renforcer sa propre arm√©e. √Ä la place, ce sont des arm√©es enti√®res qui convergent vers Constantinople. En homme d'√Čtat, il est parfaitement conscient du danger que peuvent faire courir de telles troupes sur l'empire[50]. D'une part, Constantinople reste tr√®s riche et suscite les convoitises. D'autre part, il sait que ces chefs d'arm√©e ne seraient pas forc√©ment d'accord pour c√©der leurs conqu√™tes √† l'Empire. D√®s lors, les points de vue des deux partis divergent fortement. L'Empire byzantin souhaite se servir des crois√©s comme des auxiliaires, des mercenaires dont elle s'est souvent servie depuis sa cr√©ation (Ghassanides, garde varangienne, etc.) pour r√©cup√©rer ses terres ancestrales. L'id√©e m√™me de croisade lui est inconnue[51]. Au contraire, les crois√©s n'entendent pas se faire dicter la loi par les empereurs byzantins et souhaitent pour certains se constituer leur propre √Čtat.

Coopération entre Byzantins et croisés, et reprise de Nicée

La croisade populaire dirig√©e par Gautier Sans-Avoir et Pierre l'Ermite est la premi√®re √† arriver dans l'empire. Partie de Cologne, elle est tr√®s h√©t√©roclite avec des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. La premi√®re partie de cette croisade est men√©e par Gautier. Apr√®s quelques altercations en Hongrie, elle atteint la ville de NiŇ° dans l'Empire byzantin o√Ļ elle est ravitaill√©e. La m√™me cit√© est pill√©e par certains crois√©s ayant suivi Pierre l'Ermite suivant √† quelques jours pr√®s les hommes de Gautier. Les Byzantins r√©priment alors ces pillages en massacrant les meneurs. Les 30 000 p√®lerins de Pierre atteignent finalement Constantinople en . Malgr√© les quelques troubles ayant eu lieu, Alexis Ier fait un tr√®s bon accueil √† Pierre l'Ermite et lui fait franchir le Bosphore avec ses hommes qui sont assign√©s √† r√©sidence √† Civitot[52]. Alexis est en effet parfaitement conscient que cette troupe n'a aucune chance de vaincre les Turcs et les encourage √† attendre l'autre croisade. N√©anmoins, Gautier Sans-Avoir m√®ne ses hommes en direction de Nic√©e, dans l'espoir d'en d√©coudre avec les Turcs. Ceux-ci √©crasent les 25 000 p√®lerins dont peu survivent[53]. Ce relatif √©chec ne change pas grand chose. Alexis sait qu'une autre croisade, celle des barons, doit arriver sous peu √† Constantinople. C'est sur celle-ci que les espoirs de la chr√©tient√© reposent.

La prise de Nicée est la première reconquête d'importance de l'Empire byzantin en Asie Mineure.

Ces croisés arrivent en ordre dispersé à Constantinople de la fin 1096 à . En chemin, ils sont ravitaillés par les Byzantins. Godefroy de Bouillon, le premier arrivé à Constantinople, reçoit un accueil chaleureux d'Alexis, qui compte sur lui et ses hommes pour reconquérir l'Asie Mineure. Malgré des tensions dues au refus de certains chefs croisés de faire allégeance à Alexis mais aussi à certaines altercations entre les croisés et les troupes byzantines qui les escortent, les croisés acceptent finalement de céder les terres ayant appartenu aux Byzantins et qu'ils auraient conquises sur les Turcs. Les troupes croisées deviennent alors plus ou moins des mercenaires au service de l'Empire byzantin.

En , les crois√©s soutenus par l'arm√©e byzantine viennent mettre le si√®ge devant la capitale du sultanat de Roum, Nic√©e. Le trait√© entre les crois√©s et l'empereur stipulait en effet que Nic√©e serait la premi√®re ville reprise et c√©d√©e √† l'Empire byzantin. KńĪlńĪ√ß Arslan, apr√®s sa victoire sur la croisade populaire, est parti en guerre contre d'autres princes musulmans, esp√©rant prendre le contr√īle de M√©lit√®ne. Lorsqu'il revient √† Nic√©e le , le si√®ge est d√©j√† en place et il n'a pas les forces n√©cessaires pour le faire lever. Il bat alors en retraite tandis que le , les crois√©s ach√®vent l'encerclement de Nic√©e. Mais la ville est tr√®s bien d√©fendue et se ravitaille en eau gr√Ęce √† un lac proche. Finalement, les crois√©s demandent l'aide d'Alexis pour couper cette ligne de ravitaillement. C'est une flotte dirig√©e par Manuel Boutoumit√®s qui s'en charge. La situation devient d√©sesp√©r√©e pour les Turcs qui acceptent de se rendre, mais uniquement √† Alexis. Finalement, le , l'√©tendard byzantin flotte sur Nic√©e occup√©e par l'arm√©e byzantine[54], √† la stupeur des crois√©s. Les seigneurs s'inclinent devant le fait accompli, tandis que les soldats s'insurgent de cet acte qui les prive de tout butin[55] (ce que voulait d'ailleurs Alexis). Finalement, m√™me si aucune dispute n'√©clate entre Byzantins et crois√©s, un certain ressentiment se fait sentir entre les deux partis.

Reconquête partielle de l'Asie Mineure avec l'aide des croisés

La victoire des croisés à Dorylée ouvre la voie à Alexis Ier dans sa reconquête de l'Asie Mineure.

L'ensemble des chefs crois√©s ayant renouvel√© son serment d'all√©geance √† Alexis, la croisade reprend le , avec en soutien un contingent byzantin dirig√© par Tatikios, qui assure le ravitaillement des crois√©s tout en s'assurant que les villes reprises reviennent dans le giron de l'empire. La prise de Nic√©e a fortement fragilis√© les Turcs seldjoukides ; ils s'allient avec les Danichmendides qui, apr√®s la mort de S√ľleyman, se sont forg√© un territoire ind√©pendant de fait au nord-est de l'Anatolie. Ces derniers tendent une embuscade aux crois√©s √† proximit√© de Doryl√©e le . C'est un √©chec et les Turcs doivent battre en retraite. Cette nouvelle victoire provoque l'affaiblissement des territoires turcs.

Profitant de la situation, Alexis envoie son beau-fr√®re Jean Doukas conqu√©rir par mer et par terre des territoires aux d√©pens des Seldjoukides[56]. Le basileus craint en effet que malgr√© leur fragilit√©, les Turcs ne s'unissent. Jean Doukas envahit l'Ionie et la Phrygie, ainsi que le territoire de l'ancien √©mirat de Smyrne, et d√©fait Tengribirmish devant Eph√®se, reconquise et confi√©e au duc Petzeas[57] - [58]. Certaines √ģles de la mer √Čg√©e conquises par Zachas sont r√©cup√©r√©es par l'amiral byzantin Kaspax, tandis que les byzantins imposent √† nouveau leur contr√īle sur la Lydie et la Phrygie.

En outre, la progression des crois√©s au sein du territoire turc permet √† Alexis Ier d'esp√©rer reprendre la ville d'Antioche, perdue une quinzaine d'ann√©es plus t√īt. En attendant de se joindre lui-m√™me √† la croisade, Alexis envoie le g√©n√©ral Tatikios et un corps de troupes en soutien des crois√©s[59] - [56]. Antioche est bient√īt assi√©g√©e, mais le d√©part de Tatikios[N 4] pour Chypre entra√ģne de la part de Boh√©mond un rejet des engagements qu'il a pris √† l'√©gard de l'Empire byzantin. Cependant, la ville d'Antioche tenue par le Turc Yaghi Siyan, un vassal de l'√©mir d'Alep Ridwan (1095-1113), r√©siste au si√®ge des crois√©s. Malgr√© tout, le , la ville finit par √™tre prise gr√Ęce √† la trahison de certains de ses habitants[60].

De son c√īt√©, Alexis souhaite venir en aide aux crois√©s, mais alors qu'il traverse l'Asie mineure, il rencontre √Čtienne II de Blois qui a d√©sert√© le peu avant que la cit√© ne soit assi√©g√©e par Kerbogha. √Čtienne l'informe alors que la situation des crois√©s est sans espoir[56]. Alexis d√©cide en cons√©quence de rebrousser chemin, consid√©rant que ses forces ne sont pas suffisantes pour vaincre les Turcs. Pour √©viter toute nouvelle invasion de l'Asie mineure par ces derniers, il ravage le pays qu'il traverse pour d√©truire toute source de ravitaillement pour les Turcs[56] - [61].

Cette campagne a toutefois permis à Alexis de consolider ses positions en Asie mineure. Finalement, le , Kerbogha doit se replier, vaincu par les croisés[62]. Néanmoins, ces derniers refusent de rendre la ville à Alexis Ier malgré le fait qu'elle ait été, quinze ans auparavant, encore aux mains des Byzantins. En effet, Godefroy considère que le repli d'Alexis se traduit par l'abandon de ses droits sur la ville. Cet échec, entre autres[63], sonne le glas des ambitions byzantines pour la récupération des territoires syriens de l'empire perdus lors de l'invasion seldjoukide à la suite de la bataille de Manzikert.

Fin du règne d'Alexis Ier et retour des conflits frontaliers

La premi√®re croisade a √©t√© ind√©niablement un succ√®s pour l'Empire byzantin qui r√©tablit sa souverainet√© sur les parties occidentales et m√©ridionales de l'Anatolie. Malgr√© l'√©chec subi √† Antioche et la persistance du sultanat de Roum qui a fix√© sa capitale √† Iconium, Constantinople n'est plus directement menac√©e. L'Empire byzantin qui semblait au bord de la destruction se r√©tablit. Du c√īt√© turc, la priorit√© n'est plus la prise de Constantinople mais bien la lutte contre les √Čtats latins d'Orient. De plus, la mort en 1092 de Malik Chah Ier, le sultan de l'Empire Seldjoukide, entra√ģne une guerre civile qui fragilise profond√©ment l'Empire seldjoukide[64]. Au contraire, le sultanat de Roum gagne en coh√©sion. Cette coh√©sion est renforc√©e par l'alliance que KńĪlńĪ√ß Arslan fait avec les Danichmendites √† la suite de la Premi√®re croisade. Malgr√© tout, des tensions persistent en Asie Mineure o√Ļ Alexis tente de r√©organiser les territoires r√©cemment repris. L'Anatolie byzantine comprend √† cette date le duch√© de Tr√©bizonde, une partie du th√®me des Arm√©niaques, la partie occidentale de l'Anatolie limit√©e √† l'est par une ligne allant de Sinope √† Philom√©lion et la c√īte m√©ridionale avec le port d'Attalie[65]. Les Turcs reprennent l'offensive en 1113 en direction de Nic√©e, sans succ√®s. En 1115, c'est Malik Chah Ier[66], le nouveau sultan de Roum, qui tente de r√©cup√©rer les provinces septentrionales de la p√©ninsule anatolienne. Mais en 1117, lors de la bataille de Philom√©lion, les Byzantins remportent une victoire[67], qui procure un trait√© de paix avantageux √† l'Empire. Ce trait√© n'est cependant pas une assurance contre les assauts turcs qui reprennent rapidement, et Laodic√©e de Phrygie est r√©cup√©r√©e par les Seldjoukides tandis qu'Antalya est isol√©e du reste du territoire byzantin. Telle est la situation de l'Empire √† la mort d'Alexis en 1118.

Jean II et la poursuite des progrès byzantins (1118-1143)

Jean II Comnène continue la politique de son père en reprenant une partie de l'Asie Mineure aux Turcs.
L'émirat des Danichmendides à sa création à la fin du XIe siècle.

Le nouvel empereur byzantin Jean II Comn√®ne (1118-1143) n'entend pas abandonner la lutte contre les Turcs alors que son p√®re avait pr√©vu une offensive de grande envergure contre les Turcs peu avant sa mort[68]. Ainsi, d√®s 1119, il reconquiert la ville de Laodic√©e de Phrygie apr√®s un long si√®ge pour en faire une forteresse[69]. Progressivement, l'ensemble de la vall√©e du M√©andre est conquise. La prise de Sozopolis permet en outre de r√©tablir les liens terrestres avec Antalya[70] ; seule l'offensive dirig√©e par le duc de Tr√©bizonde Constantin Gabras contre les Danichmendides se solde par un √©chec. Ces progr√®s substantiels sont surtout obtenus gr√Ęce √† l'anarchie croissante en Anatolie turque[71]. En effet, le successeur de Malik Sh√Ęh Ier, le sultan de Roum Mas`√Ľd Ier (1116-1155), doit lutter contre des √©mirs aux pr√©tentions autonomistes voire ind√©pendantistes. C'est ainsi qu'en 1024, il prend M√©lit√®ne √† l'√©mir Toghroul qui doit se r√©fugier √† Constantinople[72]. En 1126, c'est le propre fr√®re de Mas`√Ľd, 'Arab, qui manque de le renverser. En effet, apr√®s avoir pris Ankara et Kastamonu, 'Arab r√©ussit √† chasser Mas`√Ľd qui s'exile √† Constantinople. Au milieu de cette situation de plus en plus confuse, Gumuchtegin (1104-1135), l'√©mir danichmendide, se renforce. Il soutient Mas`√Ľd contre 'Arab et lui permet de r√©cup√©rer son tr√īne[N 5] et prend la c√īte de Paphlagonie, livr√©e par le gouverneur byzantin Kasanios[73] - [74] ainsi que les villes d'Ancyra (Ankara) ou de Kastra Komneni (Kastamonu) qui avaient √©t√© annex√©es par l'Empire byzantin apr√®s la lutte entre Mas`√Ľd Ier et 'Arab.

D√®s lors, le principal adversaire pour Constantinople devient l'√©mir danichmendide qui contr√īle la majeure partie de l'Anatolie[75]. √Ä partir de 1130 ou 1132, l'Empire byzantin lance une s√©rie d'offensives contre Gumuchtegin, Kastamonu passant d'une main √† l'autre plusieurs fois avant d'√™tre d√©finitivement conquise par les Byzantins[71]. En 1134, la mort de Gumuchtegin[76] facilite la t√Ęche des Byzantins, les Turcs plongeant dans une nouvelle guerre civile qui permet √† Jean II de prendre la ville de Gangra en Galatie, o√Ļ il laisse une garnison de 2 000 hommes[77] avant de signer un trait√© de paix avec Mas`√Ľd Ier, sultan de Roum. Cette campagne prive les Turcs de la plupart de leurs d√©bouch√©s maritimes, la c√īte bordant la mer Noire redevenant byzantine jusqu'au fleuve Tchorok √† l'est de Tr√©bizonde. Ces conqu√™tes permettent √† l'Empire byzantin de redevenir une puissance maritime importante[71], puissance affermie par la soumission du royaume arm√©nien de Cilicie. En 1139, Jean II lance une derni√®re campagne en Asie mineure contre l'√©mir danichmendide Mehmed Gazi III (1134-1142) alli√© au duc de Tr√©bizonde Constantin Gabras qui, √† l'image de Philar√®te, cherche √† √©chapper √† l'autorit√© imp√©riale. L'√©mir turc prend d'abord la forteresse de Vakha mais Jean l'emp√™che d'envahir la Bithynie et la Paphlagonie. L'empereur byzantin √©choue cependant √† prendre possession de la ville de N√©oc√©sar√©e apr√®s un si√®ge de six mois[78] - [79]. La mort de l'√©mir danichmendide signe la fin du conflit en 1142.

Les projets lointains de Manuel Ier

Alliance entre Amaury et Manuel. Les Croisés devant Péluse.
La bataille de Myrioképhalon

D√®s le d√©but de son r√®gne, Manuel Ier Comn√®ne (1143-1180), le successeur de Jean II Comn√®ne, reprend l'offensive en Asie mineure. Il s'allie avec l'√©mir danichmendide pour combattre le sultan Mas`√Ľd Ier. En effet, le retrait byzantin √† la suite du si√®ge de N√©oc√©sar√©e a permis aux Turcs de s'avancer jusqu'√† Antalya[80], d'autant plus que la mort de Gumuchtegin provoque une lutte intestine au sein de l'√©mirat danichmendide qui avantage les Seldjoukides. La population turkm√®ne du sultanat s'infiltre alors en direction de la vall√©e du M√©andre et de la Gediz. Manuel r√©plique √† ses incursions et dirige deux exp√©ditions contre Mas`√Ľd de 1144 √† 1146. Il repousse les Turcs et les vainc √† AkŇüehir avant de ravager les faubourgs d'Iconium[81]. La capitale du sultanat est sauv√©e par l'intervention de Mas`√Ľd avant que l'imminence d'une nouvelle croisade incite les deux souverains √† faire la paix[80] - [81] - [82]. Les ann√©es qui suivent sont relativement calmes en Asie Mineure. Manuel se concentre plut√īt sur ses conqu√™tes en Italie et sur ses relations avec les crois√©s alors m√™me que la deuxi√®me croisade traverse son territoire. Cependant, vers 1150, la situation devient explosive en Anatolie, les Arm√©niens de Cilicie se r√©voltent contre l'autorit√© byzantine[83], les crois√©s se d√©tachent de l'influence byzantine.

Par ailleurs, Nur ad-Din (1146-1174), l'√©mir zengide d'Alep s'allie avec Mas`√Ľd. Nur ad-Din, dont l'√©mirat se situe pr√®s d'Antioche, entre l'Asie mineure et l'√Čgypte, am√®ne ainsi Manuel Ier √† faire des projets concernant une r√©gion tr√®s √©loign√©e de Constinantinople, car l'alliance avec Mas`√Ľd fait peser sur les √Čtats latins d'Orient une grave menace. D'une part le comt√© d'√Čdesse est d√©truit, y compris la portion c√©d√©e par B√©atrice d'√Čdesse aux Byzantins. En effet, la ville de Turbessel acquise par l'empire est prise le par un lieutenant de Nur ad-Din[84]. C'est en 1158 que Manuel peut intervenir apr√®s avoir r√©tabli la situation en Cilicie et re√ßu la soumission de Renaud de Ch√Ętillon[85]. Une alliance est alors sign√©e entre Baudouin III (1143-1162) et Manuel Ier pour l'attaque d'Alep mais ce projet est interrompu par la signature d'une tr√™ve entre l'Empire byzantin et l'√©mir d'Alep[86] - [87] avec la restitution de milliers de prisonniers par Nur ad-Din[88]. Lors de son retour √† Constantinople, Manuel Ier doit affronter KńĪlńĪ√ß Arslan II (1155-1192), le nouveau sultan de Roum qui tente de vaincre l'arm√©e byzantine pr√®s d'Iconium. Mais, en 1161, ce dernier est vaincu par les Byzantins et doit signer un trait√© o√Ļ il reconna√ģt √™tre devenu le vassal de l'empire[89] - [N 6]. Ce trait√© pr√©voit l'envoi par KńĪlńĪ√ß Arslan de troupes auxiliaires en soutien √† l'arm√©e byzantine ainsi que la r√©trocession de plusieurs villes[90]. Cependant, cette paix reste pr√©caire. En 1164, Nur ad-Din lance de nouvelles offensives contre Antioche alors qu'Amaury Ier de J√©rusalem (1163-1174) tente de prendre le contr√īle de l'√Čgypte. La ville n'est sauv√©e que par une intervention byzantine[91] mais Amaury comprend que pour esp√©rer conqu√©rir l'√Čgypte, il doit s'allier avec Manuel qui pourrait alors emp√™cher la principaut√© d'Antioche d'√™tre envahie.

L'Empire byzantin et le sultanat de Roum en 1170.

Manuel profite de cette occasion et accepte l'alliance propos√©e par Amaury. Il esp√®re ainsi renforcer sa position aupr√®s des √Čtats latins, apparaissant d'une certaine mani√®re comme un protecteur. De surcro√ģt, le trait√© pr√©voit un partage de l'√Čgypte, ce qui permettrait √† l'Empire byzantin de remettre la main sur une partie de cette r√©gion perdue aux profits des Arabes au milieu du VIIe si√®cle. Toutefois, Amaury n'attend pas les troupes byzantines et passe √† l'attaque d√®s 1168. Face au danger, Al-Adid (1160-1171), le calife fatimide d'√Čgypte, demande l'aide de Nur ad-Din en √©change d'un tiers de l'√Čgypte. L'envoi de Shirkuh et de Saladin conduit √† la d√©faite des Francs[92]. L'√Čgypte devient une province turque dirig√©e par Nur ad-Din. Malgr√© cet √©chec, Manuel refuse d'abandonner la partie et envoie le m√©gaduc Andronic Kontost√©phanos avec une flotte et une arm√©e tr√®s importantes (pr√®s de 200 vaisseaux)[93]. Cette arm√©e participe avec les troupes d'Amaury au si√®ge de Damiette (septembre-). La m√©sentente entre Andronic et le roi de J√©rusalem aboutit √† un √©chec et les troupes byzantines rembarquent. En 1170, Saladin s'√©mancipe de la tutelle turque en √Čgypte tandis que Nur ad-Din continue ses offensives contre les √Čtats crois√©s. Ce dernier meurt en 1174 et l'√Čtat turc d'Alep dispara√ģt, tombant aux mains de Saladin. Peu apr√®s, Manuel abandonne d√©finitivement tout projet d'invasion de l'√Čgypte.

Carte de l’Empire byzantin en 1180 à la mort de Manuel.

Bataille de Myrioképhalon et conséquences

Alors que l'Empire byzantin se projette dans des conqu√™tes lointaines et co√Ľteuses tant en hommes qu'en argent, les Seldjoukides se renforcent, profitant de l'accalmie qui r√®gne en Anatolie. KńĪlńĪ√ß Arslan II √©limine d'abord son principal rival, l'√©mir danichmendide[94]. Il tente m√™me de s'allier avec Nur ad-Din, mais doit renoncer √† son projet face aux inqui√©tudes de l'Empire byzantin. Le trait√© de 1162 est renouvel√© en 1173, mais rapidement, il appara√ģt que KńĪlńĪ√ß Arslan II refuse de payer le tribut en or ainsi que de rendre √† l'Empire byzantin certaines villes frontali√®res[95] comme S√©baste.

Ces provocations d√©clenchent une campagne punitive de Manuel vers la capitale du sultanat, Iconium. Les Turcs lui proposent alors la paix, ce qu'il refuse malgr√© les avis contraires de certains de ses g√©n√©raux[96]. Il divise alors son arm√©e en deux colonnes ; la premi√®re, dirig√©e par Andronic Vatatz√®s, se dirige vers Amasya, mais tombe dans une embuscade o√Ļ Andronic perd la vie. De m√™me, l'arm√©e de Manuel, qui continue de marcher vers Iconium, doit se d√©placer au travers de d√©fil√©s souvent bois√©s. C'est ainsi que l'arm√©e byzantine tombe dans une embuscade pr√®s de la forteresse de Myriok√©phalon le [97]. C'est surtout l'aile droite qui souffre des assauts ennemis avant que Manuel ne r√©ussisse √† chasser les archers turcs. Les pertes sont nombreuses des deux c√īt√©s mais surtout, l'arm√©e byzantine perd dans la bataille ses machines de si√®ge, ce qui rend d√©sormais impossible la prise d'Iconium. Malgr√© tout, la paix sign√©e √† l'instigation de KńĪlńĪ√ß Arslan est relativement avantageuse pour les Byzantins[94], et seules les forteresses de Doryl√©e et Soublaion sont d√©mantel√©es[94].

Pour les Turcs, cette victoire leur permet de consolider leur position et ils deviennent une puissance importante[98] : d'une part, ils ne forment plus qu'un seul √Čtat, et d'autre part ils prouvent leur capacit√© √† r√©sister aux assauts byzantins. Ces derniers ont pourtant progressivement regagn√© du terrain en Asie Mineure depuis l'av√®nement des Comn√®ne, et bien que cette d√©faite ne remette pas en cause ces gains territoriaux, elle affaiblit la position de l'Empire byzantin, contraint de cohabiter avec un √Čtat occupant certains de ses territoires les plus anciens.

La défaite de Myrioképhalon n'est pas suivie d'une invasion turque. En effet, en 1177, une attaque turque est repoussée à Hyelion et Leimocheir, et certains territoires sont gagnés par les Byzantins. Pourtant, à la mort de Manuel en 1180, les frontières de l'empire sont plus fragiles qu'à son avènement[99]. À l'est, les Seldjoukides sortent renforcés de la bataille de Myrioképhalon, l'Empire byzantin ayant montré son incapacité à reprendre l'ensemble de l'Asie mineure. Bien au contraire, après Myrioképhalon, les Seldjoukides sortent de la vassalité dans laquelle ils étaient durant la plus grande partie du règne de Manuel.

√Čclatement de l'Empire byzantin (1180-1262)

Le sultanat de Roum vers 1190.

La chute de Constantinople (1180-1204)

√Ä l'image de la bataille de Manzikert, ce n'est pas tant la d√©faite de Myriok√©phalon qui est d√©sastreuse pour l'Empire byzantin, mais ce qui s'ensuit. En effet, la mort de Manuel Ier entra√ģne une nouvelle p√©riode d'instabilit√© pour l'Empire byzantin. D√®s 1182, le jeune Alexis II Comn√®ne (1180-1182) est renvers√© par Andronic Ier Comn√®ne, lui-m√™me d√©pos√© par Isaac II Ange (1185-1195) en 1185. KńĪlńĪ√ß Arslan II tire profit de la situation pour contr√īler les c√ītes m√©ridionales de l'Anatolie[N 7] et prend possession de Cotyaeum et de Sozopolis avant de faire la paix avec Isaac II.

Mais la situation se d√©grade aussi pour le sultanat de Roum. √Ä la fin de son r√®gne, KńĪlńĪ√ß Arslan proc√®de √† la division de son territoire entre ses dix fils. De plus, la troisi√®me croisade men√©e par Fr√©d√©ric Barberousse, apr√®s avoir caus√© des dommages au sein de l'Empire byzantin, entre en territoire seldjoukide. La ville d'Iconium est prise et KńĪlńĪ√ß Arslan est contraint d'accepter le passage de Fr√©d√©ric Barberousse sur son territoire, m√™me si cette exigence est remise en cause par les fils de KńĪlńĪ√ß Arslan, apr√®s la mort de celui-ci en 1192. Cette p√©riode de troubles suit le d√©clin g√©n√©ral des Seldjoukides. En effet, l'empire irakien des grands Seldjoukides dispara√ģt en 1194. Au sein du sultanat, l'av√®nement de Kay Khusraw Ier[N 8] (1192-1197) ne change rien √† la situation et les querelles entre fr√®res continuent.

Du c√īt√© byzantin, l'arriv√©e au pouvoir d'Isaac Ange n'enraye pas le d√©clin de l'empire, bien au contraire. La Bulgarie se r√©volte et se constitue en √Čtat ind√©pendant, tandis que Th√©odore Mancaphas r√©ussit √† se rendre ma√ģtre d'un territoire en Lydie. Finalement vaincu par Basile Vatatz√®s, il se r√©fugie aupr√®s du sultan d'Iconium, qui lui fournit des troupes pour ravager les terres byzantines avant qu'il ne soit fait prisonnier[100]. La fin du XIIe si√®cle voit le pouvoir changer de main dans les deux camps : Alexis III Ange (1195-1203) renverse son propre fr√®re et prend la direction de l'Empire byzantin en 1195 tandis que Kay Khusraw Ier est renvers√© par S√ľleyman II Shah (1197-1204) en 1197, et doit se r√©fugier d'abord √† Damas, puis √† Constantinople[98].

Malgr√© des difficult√©s chez les deux adversaires, les Turcs r√©ussissent √† grignoter des territoires aux d√©pens des Byzantins. C'est ainsi qu'en 1197, Ma√ßoud[N 9], l'√©mir d'Angora (Ankara) prend possession de plusieurs cit√©s paphlagoniennes o√Ļ les populations grecques sont contraintes √† la fuite et remplac√©es par des Turcs[101]. En 1198, c'est l'interception par le sultan de Roum de deux chevaux, envoy√©s par Saladin √† l'Empire byzantin, qui met le feu aux poudres. Alexis III r√©plique en arr√™tant tous les marchands ayant commerc√© avec Iconium. En repr√©sailles, la vall√©e du M√©andre est ravag√©e impun√©ment par le sultan[102].

Le d√©but du XIIIe si√®cle est marqu√© par la quatri√®me croisade et la prise de Constantinople par les crois√©s, que ne peuvent emp√™cher ni Alexis III ni Alexis V. En 1203, Alexis III pr√©f√®re fuir devant l'assaut des troupes crois√©es sur Constantinople, qui placent Alexis IV (1203-1204) et Isaac II (1203-1204) sur le tr√īne. Toutefois, c'est en 1204, apr√®s l'usurpation du tr√īne imp√©rial par Alexis V, que Constantinople est prise par les Crois√©s. Cet √©v√©nement a d'√©normes cons√©quences pour l'Empire byzantin. Constantinople devient la capitale de l'empire latin de Constantinople[N 10].

La prise de la ville par les crois√©s entra√ģne l'√©clatement de l'Empire byzantin : celui-ci se divise en trois territoires. √Ä l'ouest, le despotat d'√Čpire est dirig√© par Michel Doukas ; dans la r√©gion de l'ancien royaume du Pont, l'empire de Tr√©bizonde est fond√© par Alexis (1204-1222) et David Comn√®ne (1204-1214), deux petits-fils d'Andronic Comn√®ne. √Ä l'ouest de l'Anatolie, l'empire de Nic√©e, fond√© par Th√©odore Lascaris (1204-1222) avec le soutien du sultan d'Iconium, est ce qui reste de l'Empire byzantin[N 11].

Lutte entre Turcs et √Čtats grecs de Nic√©e et de Tr√©bizonde (1204-1261)

La situation de l'Empire byzantin en 1204 (les frontières sont approximatives).
Michel VIII Paléologue, le restaurateur de l'Empire byzantin est le dernier empereur à régner sur un Empire byzantin autant asiatique qu'européen.

La prise de Constantinople a des cons√©quences capitales dans la lutte entre l'Empire byzantin et les Turcs. D√©sormais, les Byzantins sont divis√©s en trois √Čtats diff√©rents dont deux sont exclusivement situ√©s en Anatolie. Quant au sultanat de Roum, il voit le retour en 1205 de Kay Khusraw Ier (1205-1211) qui d√©pose le jeune KńĪlńĪ√ß Arslan III (1204-1205). Les relations entre Grecs et Turcs deviennent alors plus complexes, car les Seldjoukides combattent non plus un mais deux adversaires qui se combattent parfois eux-m√™mes.

√Ä partir de 1210, les rapports pacifiques qui existent entre Nic√©e et Iconium se d√©gradent. D√©j√†, en 1207, les Seldjoukides ont repris Laodic√©e de Phrygie[103]. Kay Khusraw s'allie √† l'empereur latin en 1209[104] - [105] et pr√©voit d'attaquer l'empire de Nic√©e, pr√©textant sa volont√© de r√©tablir Alexis III sur le tr√īne[106]. Cependant, il subit une d√©faite lors de la bataille d'Antioche du M√©andre en 1211 et p√©rit des mains de Th√©odore durant la bataille[107].

Cette victoire permet √† Th√©odore de consolider sa fronti√®re orientale et c'est la derni√®re grande confrontation entre les Byzantins et les Seldjoukides. En effet, la succession de Kay Khusraw suscite des animosit√©s entre ses fils. Kay K√Ęwus Ier (1211-1220) r√©ussit √† prendre le dessus et signe la paix avec l'empire de Nic√©e[108]. Th√©odore profite d'ailleurs des conflits internes des Seldjoukides pour proc√©der √† des conqu√™tes en Carie, en Cappadoce ainsi qu'en Galatie, sur les bords de la mer Noire[109]. L'empire de Tr√©bizonde ne profite pas autant des probl√®mes des Turcs, bien au contraire : Alexis Ier est captur√© par Kay K√Ęwus lors d'une partie de chasse en 1214. Bien qu'il soit finalement lib√©r√©, l'empire de Tr√©bizonde est contraint de c√©der la ville de Sinope et l'empereur subit la tutelle du sultan. Cette acquisition, coupl√©e avec la prise d'Antalya en 1207, permet aux Seldjoukides de devenir un important carrefour commercial dans la r√©gion[110]. De plus, les deux empires grecs d'Anatolie sont d√©finitivement s√©par√©s.

Les ann√©es qui suivent ne sont agit√©es par aucun trouble marquant entre les Seldjoukides et l'empire de Nic√©e. Jean III Vatatz√®s (1222-1254) a m√™me renforc√© les liens commerciaux avec les Seldjoukides tout en instaurant un syst√®me de fiefs militaires pour d√©fendre la fronti√®re[111]. C'est l'empire de Tr√©bizonde qui subit les vell√©it√©s offensives des Turcs. Ainsi Kay Qubadh Ier (1220-1237), le successeur de Kay K√Ęwus, doit mener une offensive contre Tr√©bizonde dont l'empereur, Andronic Ier Gidos (1222-1235), cherche √† se d√©faire de son lien de vassalit√© avec le sultan. Il tente de reprendre la ville de Sinope et attaque Samsun. La flotte seldjoukide r√©plique en attaquant une partie de la c√īte de l'empire, tandis que Tr√©bizonde est assi√©g√©e. Le si√®ge est finalement lev√©, mais apr√®s avoir soutenu sans r√©ussite les adversaires des Seldjoukides, Andronic n'a pas d'autre choix que de renouveler le trait√© de vassalit√© et de payer un tribut au sultanat[112]. Toutefois, le sultanat seldjoukide voit ses fronti√®res orientales menac√©es par l'avanc√©e des Mongols dirig√©s par Gengis Khan (1206-1227) puis √Ėgede√Į (1229-1241), avec qui il signe un trait√© de paix.

Malgr√© cette pr√©caution, Kay Khusraw II (1237-1246), le successeur de Kay Qubadh, affronte une arm√©e mongole en 1243. Son arm√©e comprend d'ailleurs un contingent provenant de Tr√©bizonde. L'empereur Manuel Ier (1238-1263) honore ainsi son titre de vassal. Malgr√© sa sup√©riorit√©, Kay Khusraw est √©cras√© lors de la bataille de K√∂se Dańü le . Cette bataille marque le d√©but du d√©clin du sultanat seldjoukide alors m√™me qu'il √©tait encore au fa√ģte de sa puissance √† la mort de Kay Qubadh en 1237. Un tel √©v√©nement change la situation des empires grecs. Les Mongols sont alors la puissance majeure en Asie mineure et Jean III Doukas Vatatz√®s, le nouvel empereur de Nic√©e, signe un trait√© d'alliance avec le sultan de Roum[113] tandis que l'empereur de Tr√©bizonde devient vassal des Mongols, de m√™me que son ancien suzerain Kay Khusraw II[114].

Jusqu'en juillet 1261 et la reprise de Constantinople par Michel VIII Pal√©ologue, le sultanat de Roum n'est plus une menace pour l'empire de Nic√©e. La mort de Kay Khusraw en 1246 est √† l'origine d'une nouvelle crise de succession qui se termine par la mise en place d'une sorte de triumvirat √† la t√™te du sultanat[N 12]. Une telle division profite aux Mongols qui s'immiscent progressivement dans les affaires int√©rieures turques. Du c√īt√© byzantin, les fronti√®res orientales n'int√©ressent gu√®re les empereurs de Nic√©e qui se concentrent sur la reprise de terres europ√©ennes, avec comme objectif la reprise de Constantinople. Les relations entre les deux √Čtats sont donc relativement pacifiques, y compris lorsque Michel Pal√©ologue (le futur empereur Michel VIII) trouve refuge √† Iconium alors qu'il est accus√© de conspiration par Th√©odore II Lascaris (1254-1258). Il devient une sorte de mercenaire et le sultan d'Iconium lui fournit des troupes pour combattre les Mongols[115]. Malgr√© cette aide, le sultanat est ravag√© par une exp√©dition turque et le sultan d'Iconium demande √† Th√©odore de lui fournir des troupes conform√©ment au trait√© sign√© entre Jean II et Kay Khusraw. En √©change, le sultan offre √† l'empereur les villes de Laodic√©e et de Ch√īnai[116]. Malgr√© cela, Th√©odore II n'envoie qu'un petit contingent[117], sa lutte contre le despotat d'√Čpire ne lui permettant pas d'envoyer de nombreux soldats dans des campagnes hasardeuses.

Cette situation de calme perdure jusqu'√† la reprise de Constantinople par Michel VIII (1261-1282) en 1261. √Ä cette date, l'Empire byzantin semble √™tre paradoxalement en position de force par rapport aux Turcs. Sa rel√Ęche et sa division ne l'emp√™chent pas de survivre alors que le sultanat de Roum conna√ģt sous le r√®gne de Kay Qubadh Ier son apog√©e. Mais d√®s la mort de celui-ci, les invasions mongoles ont en fait quasiment d√©truit l'h√©g√©monie seldjoukide au sein de la communaut√© turque qui se d√©sagr√®ge tr√®s vite, ce qui permet √† l'Empire byzantin de garder ses territoires asiatiques malgr√© les nombreuses guerres qu'il m√®ne en Europe.

Constitution de l'Empire ottoman et déclin de l'Empire byzantin (1261-1402)

Incursions turques sous Michel VIII (1261-1282)

Andronic II échoue dans ses tentatives de préserver les derniers territoires asiatiques de l'Empire byzantin.
L’Empire byzantin sous Michel VIII en 1265.

Sous Michel VIII Pal√©ologue, la situation asiatique de l'Empire byzantin n'a pas vraiment chang√© par rapport √† 1204. La plus grande perte est probablement l'ind√©pendance de l'empire de Tr√©bizonde qui prive l'Empire byzantin d'une importante place commerciale. √Ä l'image de ses pr√©d√©cesseurs, Michel continue de mener une politique offensive en Europe en cherchant √† r√©int√©grer le despotat d'√Čpire dans l'empire et √† √©viter une nouvelle croisade contre lui. D√®s lors, il n'a plus les moyens pour mener une politique d'envergure en Asie mineure, malgr√© la d√©sagr√©gation du sultanat de Roum. Bien au contraire, il signe la paix avec le Mongol Houlagou Khan, qui r√®gne en Asie mineure ; amiti√© destin√©e √† servir de bouclier contre d'√©ventuelles intentions offensives du sultanat de Roum[118]. En fait, il ne n√©gocie presque plus avec les Turcs, qui ne sont plus qu'une puissance secondaire, mais plut√īt avec les Mongols ou les Musulmans tels Baybars (1260-1277).

Les Seldjoukides, conduits depuis 1265 par Pervane (1265-1277), le r√©gent de Kay Khusraw III (1265-1284), ambitionnent de chasser les Mongols d'Anatolie. C'est dans ce but qu'est sign√©e une alliance secr√®te avec Baybars[119]. Les Mongols sont ainsi d√©faits par Baybars √† la bataille d'Elbistan et en repr√©sailles, les Mongols exercent une lourde r√©pression sur les Seldjoukides, coupables d'avoir fui durant la bataille. Dans une telle situation de d√©pendance, il est compr√©hensible que les Turcs seldjoukides ne puissent plus esp√©rer de conqu√™tes sur l'Empire byzantin. √Ä la mort de Pervane en 1277, le sultanat de Roum n'est plus qu'une r√©alit√© th√©orique. Kay Khusraw est soumis aux volont√©s mongoles et les tribus turkm√®nes se d√©tachent de l'autorit√© seldjoukide en s'infiltrant pour leur compte en Anatolie. C'est l'√Ęge d'or de l'√©poque des beylicats, inaugur√©e par la bataille de K√∂se Dańü.

Parmi ces principaut√©s, celle des Karamanides s'empare de Konya le [120]. Les autres principaux beylicats sont ceux des Germiyanides, des Saruhanides, des Aydinides qui prennent leur ind√©pendance √† la fin du XIIIe si√®cle. De m√™me, la tribu KayńĪ, qui donne naissance plus tard aux Ottomans, s'√©tablit √† la fronti√®re entre les territoires turcs et byzantins. S√∂ńü√ľt, prise aux Byzantins en 1265, devient la premi√®re capitale de l'√©mirat ottoman[121]. L'erreur principale de Michel VIII est alors d'affaiblir la d√©fense de la fronti√®re, gravement menac√©e par l'√©mergence de ces petites principaut√©s en mal de conqu√™tes. Ainsi, les colons qui assuraient la d√©fense de la fronti√®re contre les incursions turques en √©change de privil√®ges sont supprim√©s par Michel[122]. Celui-ci souhaite diminuer les d√©penses pour se consacrer √† la reconstruction de Constantinople, √† la suite de l'occupation latine, et de ses luttes en Europe[123].

En outre, la reprise de Constantinople en 1261, suivie par la disparition de l'Empire latin de Constantinople, d√©place le centre de gravit√© de l'empire en dehors des territoires asiatiques[124]. Les fronti√®res sont alors lib√©r√©es de toute contrainte pour les √©mirats turcs qui multiplient leurs incursions dans la vall√©e du M√©andre et en Carie[N 13]. Face au danger, Michel envoie son fr√®re Jean Pal√©ologue, qui r√©ussit √† mettre la r√©gion en √©tat de d√©fense et √† y mettre fin aux incursions turques. Restauration √©ph√©m√®re : son d√©part est suivi de nombreux raids turcs, qui aboutissent √† la prise de Tralles[125] - [126]. En r√©action, Andronic II, le fils de Michel, est envoy√© contre les Turcs en 1281. Il reprend la ville de Tralles, renomm√©e Andronicopolis. Mais les d√©fenses insuffisamment reconstruites, ainsi que le manque d'approvisionnement, entra√ģnent la chute de la ville, prise par les Turcs[127]. Le trait√© qui s'ensuit livre la ville aux Turcs ; ils y installent un √©mirat qui menace de plus en plus les possessions asiatiques de l'Empire byzantin[128]. En fait, c'est l'ensemble de ces possessions qui sont progressivement travers√©es par des bandes turques qui, √† l'image de ce qui s'√©tait pass√© √† la fin du XIe si√®cle, exercent un contr√īle de plus en plus important sur ces territoires. Si les villes arrivent parfois √† r√©sister, il n'en est pas de m√™me des campagnes travers√©es par les bandes turques[129]. Michel VIII r√©ussit cependant √† repousser les Turcs de la Bithynie lors d'une campagne en 1281 et fortifie les rives du fleuve Sangarios[130].

Accélération du déclin byzantin (1281-1304)

Osman Ier accompagné de guerriers Ghazis. Ces derniers très combatifs fournissent les meilleurs troupes à l'armée ottomane naissante.

N√©anmoins, le mouvement d'invasion s'acc√©l√®re apr√®s la mort de Michel VIII en 1282. De plus, certains habitants des territoires asiatiques de l'Empire byzantin se consid√®rent abandonn√©s par le pouvoir central, ce qui donne lieu √† une rancŇďur tenace qui s'exprime notamment par une adh√©sion √† la doctrine ars√©nite. Ce mouvement appara√ģt √† la suite de la destitution du patriarche Ars√®ne Autorianos par Michel VIII. Les ars√©nites contestent cette destitution et refusent de reconna√ģtre l'autorit√© des patriarches succ√©dant √† Ars√®ne. Au-del√† de cette querelle religieuse se cache une question politique. Les ars√©nites sont bien souvent les partisans de l'ancienne famille r√©gnante des Lascaris remplac√©e par les Pal√©ologue. Pendant ce temps, les Ottomans, encore secondaires par rapport √† d'autres √©mirats, s'√©tendent pourtant de plus en plus et occupent la Bithynie[131].

Durant sept ann√©es, le nouveau basileus ne se pr√©occupe pas des affaires asiatiques et ne m√®ne pas de campagne contre les Turcs, contrairement aux volont√©s de son p√®re[132]. Cependant, √† partir de 1290, Andronic II commence √† s'int√©resser √† ses possessions asiatiques, qu'il tient √† ne pas perdre. Il y construit des forts et entra√ģne son arm√©e en pr√©paration √† des campagnes contre les √©mirats turcs[133]. Il transporte aussi sa cour en Anatolie pour mieux superviser les combats. Il tente m√™me de reconstituer le syst√®me des akritoi ou des colons supprim√©s par Michel VIII le long de la fronti√®re avec les Turcs, mais sans succ√®s[134]. Ensuite, il ordonne au g√©n√©ral Alexis Philanthrop√©nos de repousser les Turcs. Ce dernier, apr√®s une campagne victorieuse dans la vall√©e du M√©andre et en Carie, tente de se rebeller, mais il est vaincu[135], malgr√© le soutien des populations lib√©r√©es[N 14]. Cet √©v√©nement conduit √† l'abandon de la campagne en d√©cembre 1296. Jean Tarchaniot√®s est alors nomm√© g√©n√©ral dans la r√©gion la m√™me ann√©e. Malgr√© de nombreux succ√®s, il est contraint d'abandonner son poste devant l'opposition du patriarche et celle de ses officiers, qui lui reprochent de ne pas les laisser se servir dans la solde des soldats[136]. Les g√©n√©raux qui viennent ensuite n'arrivent pas, quant √† eux, √† obtenir les succ√®s de leurs pr√©d√©cesseurs, et tol√®rent les d√©voiements financiers de leurs officiers[137].

De leur c√īt√©, les √©mirats de Saroukan, Kermian et Karaman occupent les provinces maritimes et s'√©tendent √† l'int√©rieur des terres aux d√©pens des Byzantins[138]. Or, malgr√© les dires de Th√©odore M√©tochit√®s[N 15], le r√®gne d'Andronic se caract√©rise par une suite de d√©faites pour l'Empire byzantin. Ainsi, en 1302, √† la bataille de Bapheus, l'arm√©e byzantine dirig√©e par Michel IX Pal√©ologue est vaincue par les troupes ottomanes d'Osman Ier (1281-1326)[N 16], qui capturent plusieurs forts situ√©s entre Nic√©e et Nicom√©die[133]. Deux ans apr√®s, c'est Progonos Sgouros, le commandant des arbal√©triers byzantins qui est vaincu dans la r√©gion de Kaitokia[139]. Les villes de Bithynie tentent tant bien que mal de r√©sister aux assauts turcs. La d√©fense de Philadelphie est prise en main par l'√©v√™que, Magn√©sie est dirig√©e de mani√®re quasi ind√©pendante par Attaliot√®s et Michel IX r√©ussit √† tenir Pergame quelques mois avant de se replier √† Constantinople[140].

Seul un secours ext√©rieur para√ģt alors pouvoir sauver les derni√®res possessions asiatiques de l'Empire byzantin. Andronic demande d'abord l'aide de Mahmoud Ghazan Khan, le khan mongol de Perse, mais celui-ci meurt en 1304. Il tente de faire une offre comparable √† son successeur en 1305 et m√™me si les Mongols promettent d'envoyer 40 000 hommes contre les Turcs selon Georges Pachym√©r√®s, le seul r√©sultat de ces contacts consiste en la prise d'une forteresse byzantine par les Ottomans, pour sanctionner ces agissements. Cette nouvelle perte contribue √† supprimer les communications entre Nic√©e et Nicom√©die[141]. Cependant, entre-temps, Andronic II re√ßoit le soutien d'une compagnie de Catalans qui se met au service de l'empire contre les Turcs.

√Čpisode catalan

Osman Ier, le fondateur de l'émirat ottoman contribue à la perte des territoires asiatiques de l'Empire byzantin.

Cette compagnie, dirig√©e par Roger de Flor, est lev√©e par Fr√©d√©ric II de Sicile pour combattre Charles II d'Anjou. Lorsque la paix intervient entre les deux souverains, elle se trouve libre. Roger de Flor offre alors ses services √† Andronic en √©change du titre de m√©gaduc, de la main d'une princesse byzantine, ainsi qu'une solde pour l'ensemble de ses soldats deux fois sup√©rieure √† celle que l'on donne aux mercenaires habituels[142]. Cette troupe plut√īt indisciplin√©e est envoy√©e en Asie par Andronic II alors m√™me que les Turcs envahissent les derni√®res terres byzantines de l'Anatolie laiss√©es √† l'abandon.

En , les 6 000 Catalans sont √† Cyzique et obligent les Turcs √† lever le si√®ge[143]. En avril, ils se lancent dans la conqu√™te de l'Asie mineure et √©crasent les Turcs qui assi√®gent Philadelphie[144]. L'ensemble des troupes turques qui s'opposent √† leur progression est vaincu et bient√īt Roger de Flor et ses hommes sont dans le Taurus. C'est dans cette r√©gion qu'ils battent une arm√©e turque aux Portes de Fer[145]. Mais ces conqu√™tes sont r√©duites √† n√©ant par la m√©sentente croissante entre les Catalans et les habitants de l'Anatolie. Ainsi, √† Magn√©sie, les habitants pillent le butin accumul√© par Roger de Flor et lorsque ce dernier revient, il met le si√®ge devant la cit√©[144]. Finalement, il ne peut continuer sa campagne contre les Turcs car Andronic le rappelle en Europe o√Ļ il est en guerre contre les Bulgares[146].

Cependant, les relations se d√©gradent entre les Catalans install√©s depuis leur retour √† Gallipoli[N 17] par Berenguer d'Enten√ßa et les Byzantins. La situation est d√©sastreuse pour l'Empire byzantin, les Catalans se sont forg√© un territoire ind√©pendant au sein m√™me de l'empire tandis que les Turcs reprennent les territoires perdus et assi√®gent Philadelphie. Andronic r√©ussit pourtant √† convaincre Roger de Flor de combattre les Turcs et celui-ci s'appr√™te √† s'acquitter de sa t√Ęche avec 3 000 hommes[147] avant d'√™tre assassin√© sur les ordres de Michel IX ()[N 18].

La r√©action catalane ne se fait pas attendre. Ils pillent impun√©ment une grande partie des terres europ√©ennes pendant pr√®s de deux ans, entra√ģnant avec eux des soldats de diverses nationalit√©s, y compris des Turcs[148]. Finalement, apr√®s s'√™tre divis√©s, les Catalans fondent le duch√© de N√©opatrie. Ces troubles profitent bien s√Ľr aux Turcs qui, √† l'exception de la Bithynie et de quelques autres villes, ont pris toutes les villes anatoliennes de l'Empire byzantin. Ainsi, la cit√© d'√Čph√®se est prise par Sasa Bey, un lieutenant du clan de MenteŇüe, le , apr√®s avoir pris le contr√īle de la vall√©e du Caystre, et Magn√©sie tombe aux mains des Saruhanides en 1313. Il en est ainsi pour de nombreuses cit√©s byzantines.

Constantinople entre guerres civiles et assauts turcs

Carte des beylicats d’Anatolie vers 1330.

Alors m√™me que les Byzantins perdent leurs derni√®res places fortes asiatiques, les Turcs commencent leurs incursions europ√©ennes. Celles-ci ont commenc√© en parall√®le avec les pillages men√©s par la compagnie catalane en Thrace. Mais le d√©part de celle-ci pour Ath√®nes ne signifie pas le retour √† la paix pour la p√©ninsule de Gallipoli et ses alentours. De nombreux Turcs prennent le relais des Catalans et pillent la Thrace. Michel IX est une premi√®re fois vaincu par les Turcs dirig√©s par Halil en 1311. Il faut attendre 1314 pour qu'une nouvelle arm√©e soutenue par les Serbes n'arrive √† encercler et √† vaincre les 1 800 Turcs pr√©sents dans la p√©ninsule de Gallipoli[149]. Dans le m√™me temps, les Ottomans prennent le contr√īle de l'√ģle d'ńįmralńĪ situ√©e en mer de Marmara gr√Ęce √† l'action de l'amiral Emir Ali. C'est la premi√®re des √ģles de cette mer √† √™tre occup√©e par les Turcs et ces derniers y installent une base navale leur permettant de couper les communications entre Brousse et le reste de l'Empire.

De surcro√ģt, l'ann√©e 1321 est le d√©but d'une nouvelle guerre civile d√©sastreuse pour l'Empire byzantin. Elle oppose Andronic II √† son petit-fils Andronic III qu'il d√©sh√©rite au profit d'un b√Ętard de son second fils Constantin. Cette guerre civile qui dure jusqu'en 1328 ach√®ve de d√©sorganiser l'empire qui ne peut d√©fendre les quelques places fortes qu'il garde encore en Anatolie. La plus grande perte est celle de la ville de Brousse, r√©duite par la famine le [150]. Les Ottomans qui en sont les nouveaux ma√ģtres en font leur capitale √† partir du r√®gne d'Orkhan (1326-1360), le successeur d'Osman Ier. Cependant, Andronic II r√©ussit de nouveau √† sauver Philadelphie en rappelant le g√©n√©ral Philanthrop√©nos, qui, malgr√© sa c√©cit√© et son √Ęge avanc√©, r√©ussit √† repousser les Turcs[151]. Malgr√©, tout, √† cette date, les Ottomans, alors qu'ils ne sont qu'un petit √©mirat parmi d'autres, font d√©j√† figure d'adversaire principal pour l'Empire byzantin.

L'Empire byzantin à la fin du règne d'Andronic II.

La victoire d'Andronic III (1328-1341) en 1328 met provisoirement fin √† la guerre civile. Le nouvel empereur souhaite restaurer la grandeur de l'empire mais celui-ci ne peut assurer une guerre sur deux fronts, √† la fois contre les Serbes et les Bulgares et contre les Turcs. Andronic se concentre plut√īt dans la lutte contre les premiers et essaie de sauvegarder ses derniers territoires asiatiques en signant en 1329 un trait√© avec l'√©mir de Phrygie (Saroukhan)[152], le plus puissant des √©mirs turcs qui r√©side √† K√ľtahya et Umur Bey, l'√©mir de Smyrne. Mais il ne peut emp√™cher les Ottomans de poursuivre leurs incursions. En 1328, ils mettent le si√®ge devant Nic√©e. Andronic tente de faire lever celui-ci en envoyant une arm√©e de 2 000 hommes en Asie Mineure, qu'il dirige avec Jean Cantacuz√®ne[153]. Celle-ci est battue le √† P√©l√©kanon[154] - [155].

Apr√®s cette d√©faite, le gouverneur de Nic√©e comprend qu'il n'a plus aucune chance d'√™tre secouru et livre la ville aux Turcs le [156]. C'est ensuite la ville de Nicom√©die qui est prise d'assaut. En 1333, Andronic III vient pourtant traiter directement avec Orkhan √† qui il donne 12 000 hyperp√®res d'or en √©change de la sauvegarde des derni√®res terres byzantines de l'Asie Mineure[157]. Pourtant, la cit√© de Nicom√©die tombe en 1337[158] et seules des villes comme Philadelphie ou H√©racl√©e du Pont sont encore byzantines en Asie.

Andronic III, entre alliances et belligérance avec les Turcs

Miniature d'Andronic III.

√Ä cette date, l'√©mirat ottoman devient une force de plus en plus importante qui se lance √† l'assaut de ses voisins. En fait, les Ottomans profitent de leur proximit√© d'avec les territoires byzantins pour gagner en puissance. En effet, les autres √©mirats turcs, en atteignant les rivages de la mer √Čg√©e, peinent √† trouver des territoires pouvant satisfaire leurs ambitions[159]. Au contraire, les Ottomans, oblig√©s de faire face √† la r√©sistance byzantine r√©ussissent √† entretenir une ferveur guerri√®re et une forte combativit√©, attirant des troupes parfois indisciplin√©es (les ghazis) mais qui, install√©es aux fronti√®res de l'Empire byzantin, peuvent ravager celui-ci[160]. En d√©finitive, Osman se retrouve tr√®s t√īt avec une tr√®s forte population au sein de son territoire qu'il r√©ussit cependant √† discipliner pour que son √©mirat ne perde pas en coh√©sion[161] - [N 19].

Les autres √©mirats turcs n'en sont pas moins de dangereux adversaires pour l'empire, notamment ceux qui ‚ÄĒ au contraire de Constantinople ‚ÄĒ disposent d'une force maritime importante. Ainsi, une flotte de corsaires de plus en plus pr√©gnante se met en place en mer √Čg√©e. Cette derni√®re est principalement commandit√©e par Saroukhan, √©mir de Magn√©sie, Umur Bey, √©mir d'A√Įdin √† Smyrne et Khidr beg, √©mir d'√Čph√®se[162]. Les √ģles de la mer √Čg√©e n'√©tant pas unies (certaines √©tant sous domination latine, d'autres byzantine et les derni√®res appartenant aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de J√©rusalem), leur d√©fense n'en est que plus difficile. Les Hospitaliers arrivent avec succ√®s √† d√©fendre leurs possessions contre les √©mirs turcs mais cela ne suffit pas √† les arr√™ter.

En 1333, les c√ītes de la Thrace sont ravag√©es par un raid maritime de Saroukhan, √©mir de Phrygie, dont les troupes d√©barquent ensuite. L'arm√©e d'Andronic a cependant un effet dissuasif face aux violations r√©p√©t√©es du trait√© de 1329 par Saroukhan. Andronic est m√™me oblig√© de diriger une exp√©dition pour chasser les Turcs de Rodosto[163]. √Ä partir de 1332, Andronic fait partie de la ligue des puissances chr√©tiennes, une ligue navale compos√©e des Byzantins, des V√©nitiens, des Hospitaliers et des Francs de Chypre. Le but de cette derni√®re est Smyrne d'o√Ļ partent les exp√©ditions d'Umur bey. La ville n'est cependant pas attaqu√©e et la ligue doit se contenter de quelques victoires sur l'√©mir de Karasi avant que la mort du pape Jean XXII, l'initiateur du mouvement, ne mette un terme aux activit√©s de la ligue[164].

Les Turcs commencent m√™me √† assaillir l'Europe et Andronic doit une nouvelle fois les repousser pr√®s de Thessalonique puis dans les environs de Constantinople. Pour faire face √† ces multiples attaques, Andronic permet √† Beno√ģt et Martin Zaccaria de devenir souverain de l'√ģle de Chios. Ces derniers remportent plusieurs succ√®s contre les corsaires turcs. Gris√© par ces victoires, Martin s'√©loigne de la tutelle byzantine et prend seul la direction de l'√ģle. Face au danger d'une nouvelle puissance concurrente, Andronic envoie une centaine de navires qui reprennent l'√ģle en 1329. Paradoxalement, c'est avec l'aide de Saroukhan et d'Umur bey qu'Andronic peut reprendre le contr√īle de l'√ģle de Lesbos et de la ville de Phoc√©e aux Italiens en 1335[162]. Ainsi, Saroukhan lui envoie des hommes et ravitaille l'arm√©e imp√©riale durant son si√®ge de Phoc√©e. Umur bey quant √† lui signe un trait√© qui instaure une alliance d√©fensive entre les deux √Čtats contre les Ottomans et les Italiens[165] tandis qu'Umur bey voit son √Čtat reconnu par Andronic qui lui fournit en outre, une somme de 100 000 hyperp√®res[166]. Ces alliances avec les √©mirs turcs peuvent appara√ģtre √©tonnantes mais √† cette date, l'Empire byzantin craint surtout les multiples seigneurs italiens implant√©s en mer √Čg√©e et qui menacent les possessions de l'empire, d'autant plus que la papaut√© se refuse √† admettre l'entr√©e des Byzantins dans une √©ventuelle croisade[167]. Saroukhan ou Umur bey apparaissent alors comme des alli√©s possibles pour Constantinople.

Premiers pas des Ottomans en Europe (1341-1355)

Vue satellite de la péninsule de Gallipoli, qui devient en 1354 le premier territoire européen conquis de manière durable par les Turcs.
L'Empire ottoman en 1359

La mort d'Andronic III en 1341 est √† l'origine d'une nouvelle guerre civile d√©sastreuse pour l'empire[N 20]. Celle-ci √©clate entre Jean Cantacuz√®ne, nomm√© r√©gent de Jean V Pal√©ologue (1341-1376) et Anne de Savoie, la femme d'Andronic III, lorsque celle-ci, sous l'influence du patriarche Jean Calecas, d√©met Jean Cantacuz√®ne de toutes ses fonctions[168]. En r√©action, il se proclame empereur le sans toutefois remettre en cause la place sur le tr√īne de Jean V[169]. Pour parvenir √† ses fins, Jean Cantacuz√®ne fait appel √† Umur bey mais l'arm√©e de celui-ci √©choue √† prendre Thessalonique[170] et il doit retourner √† Didymotique en [171] - [172]. Jean Cantacuz√®ne est alors accul√© par les troupes serbes et bulgares qui soutiennent Anne de Savoie. Mais les soldats d'Umur bey, toujours pr√©sents en Thrace, les repoussent. Devant les d√©faites d'Umur bey face √† la croisade de l'Archipel[N 21], Jean Cantacuz√®ne demande l'aide d'Orkhan[173] √† la fin de l'ann√©e 1344 et lui donne sa fille Th√©odora en mariage[174]. En √©change, Orkhan lui fournit 6 000 hommes alors qu'il vient de les refuser √† Anne de Savoie[175]. Cette derni√®re r√©ussit alors √† obtenir de Saroukhan l'envoi de 6 000 hommes destin√©s √† combattre Jean Cantacuz√®ne, mais qui pr√©f√®rent piller les alentours de Constantinople et s'attaquer √† la Bulgarie plus riche[176]. Finalement, en 1347, Jean Cantacuz√®ne p√©n√®tre √† Constantinople. √Ä la m√™me √©poque, les Ottomans prennent le contr√īle du beylicat des KaresiońüullarńĪ. En Europe, les troupes turques qui soutiennent Jean Cantacuz√®ne ‚ÄĒ couronn√© entre-temps sous le nom de Jean VI (1347-1354) ‚ÄĒ menacent l'int√©grit√© de l'Empire byzantin. Jean VI et Jean V Pal√©ologue, les deux empereurs, sont oblig√©s de les combattre en 1348 alors qu'ils reviennent vers Constantinople[177].

Les Ottomans sont cependant les meilleurs alli√©s de Jean VI dans ses diverses campagnes. Ainsi, lorsque Jean V, qui poss√®de le territoire des Rhodopes, et Mathieu Cantacuz√®ne qui a d√Ľ c√©der celui-ci √† la place des territoires environnants Andrinople se livrent √† une v√©ritable guerre, c'est Jean VI qui intervient avec l'aide des Ottomans dirig√©s par Soliman, le fils d'Orkhan pour r√©tablir Mathieu dans ses droits. Mais les territoires de Mathieu sont pourtant pill√©s par les Ottomans[178] qui r√©ussissent toutefois √† repousser une arm√©e serbo-bulgare venue soutenir Jean V[179]. En 1350, lorsque la r√©bellion z√©lote menace de s√©parer Thessalonique du reste de l'empire, Jean VI obtient dans un premier temps l'aide de 20 000 cavaliers turcs pour reprendre le contr√īle de la cit√©. M√™me si cette troupe repart en Asie Mineure avant l'op√©ration, Jean r√©ussit √† obtenir l'aide de 22 bateaux pirates turcs, qui lui permettent de ramener Thessalonique dans le giron de l'empire[180]. En 1350, Jean VI utilise des navires turcs qui remontent le fleuve pour reprendre B√©roia, tomb√©e aux mains des Serbes quelques ann√©es auparavant[181]. De m√™me, lorsque les Serbes acquis √† la cause de Jean V attaquent l'Empire byzantin, ce sont 10 000 Ottomans[182] (Nic√©phore Gr√©goras parle de 12 000[183]) qui viennent au secours de Jean VI et repoussent les Serbes en 1352. De nouveau, les territoires byzantins sont pill√©s[184]. Les Turcs en profitent pour s'installer en Thrace et occuper la forteresse de Tzimp√© pr√®s de Gallipoli[185]. Jean Cantacuz√®ne demande sans succ√®s aux Ottomans de rendre cette place aux Byzantins en √©change de 10 000 hyperp√®res d'or[186] et s'appr√™te √† demander l'arbitrage d'Orkhan, le p√®re de Soliman[187] - [N 22]. Cependant, le , un tremblement de terre d√©vaste la cit√© de Gallipoli et les Turcs profitent de la situation pour s'en emparer et en faire une t√™te de pont pour leurs conqu√™tes europ√©ennes[188]. Les ran√ßons et les multiples demandes de Jean VI demandant √† Orkhan d'abandonner la cit√© sont inutiles[189]. D√®s lors, l'alliance byzantino-ottomane est rompue et Jean VI ne peut plus esp√©rer conserver son tr√īne. La population consid√®re que son alliance avec les Turcs est la source des probl√®mes de l'empire[190] et la prise de Gallipoli cr√©e un mouvement de panique dans la population qui craint que Constantinople ne soit menac√©e. √Ä la fin de l'ann√©e 1355, Jean V prend la t√™te de l'empire et Jean VI se retire dans un monast√®re[191].

Conquête de la Thrace byzantine (1355-1370)

La péninsule balkanique à la veille de l'invasion ottomane.

√Ä l'av√®nement de Jean V, la situation de l'Empire byzantin est d√©sastreuse. Ses finances sont vides, ses guerres intestines l'ont ruin√© et il appara√ģt de plus en plus divis√©. Ainsi, Mathieu Cantacuz√®ne, coempereur avec son p√®re √† partir de 1352 poss√®de toujours le domaine d'Andrinople apr√®s l'arriv√©e au pouvoir de Jean V jusqu'en 1357. En Mor√©e, l'autre fils de Jean VI, Manuel, est despote de Mistra. Presque ind√©pendant de Constantinople, il y m√®ne une lutte acharn√©e contre les pirates turcs[192]. L'√©mirat ottoman, lui, n'est pas le plus puissant de tous les √Čtats turcs, il ne contr√īle que le nord-ouest de l'Anatolie. Mais la prise de Gallipoli lui offre un formidable tremplin pour des conqu√™tes europ√©ennes et l'Empire byzantin ne peut lui opposer aucune r√©sistance. Ainsi, Orkhan accuse Jean V d'√™tre coupable de la capture de son fils par des pirates phoc√©ens. Jean est oblig√© de payer une ran√ßon et doit reconna√ģtre la tutelle ottomane sur les villes de Thrace dont Orkhan s'est empar√©[193]. Dans cette deuxi√®me moiti√© du XIVe si√®cle, l'Empire byzantin appara√ģt √† la d√©rive et incapable de r√©sister aux Ottomans qui enserrent de plus en plus Constantinople. De plus, en 1352, Orkhan s'est rendu ma√ģtre de Chalc√©doine situ√© en face de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore. Dans cette situation, les V√©nitiens ont m√™me l'id√©e de prendre possession de Constantinople pour l'emp√™cher de tomber aux mains des Turcs[194].

En transf√©rant sa capitale √† Andrinople, Mourad Ier affirme le caract√®re europ√©en de l'√Čtat ottoman.

De Gallipoli, les Ottomans men√©s par Soliman, le fils d'Orkhan se rapprochent peu √† peu d'Andrinople apr√®s avoir sans succ√®s soutenu le renversement de Jean V au profit de Mathieu[195]. En 1359, les Ottomans se pr√©sentent devant Constantinople mais n'essaient pas d'en prendre possession[196]. En 1361, ils prennent Didymotique[197] - [198] qui √† l'image des villes de Tchorlou et Kirk Kiliss√© est plusieurs fois reprise par les Byzantins. Ces conqu√™tes ainsi qu'une bataille ayant eu lieu pr√®s de Lulle Bourgas gagn√©e par les Ottomans ouvrent la voie d'Andrinople aux Ottomans qui en prennent possession en 1361[193] mais qui n'est d√©finitivement acquise qu'en 1369[199] - [N 23]. Mourad Ier (1360-1389), le successeur d'Orkhan continue cette politique d'expansion europ√©enne en obligeant Jean V √† reconna√ģtre sa souverainet√© sur la Thrace. Les Ottomans, gr√Ęce au concours des diff√©rentes bandes turques pr√©sentes en Europe depuis plusieurs ann√©es prennent la ville de Philippopolis en 1363[200]. Pour renforcer leur emprise sur les territoires nouvellement conquis, les Ottomans installent des colons turcs √† la place des populations indig√®nes transform√©es en esclaves[201].

Face au danger, Jean V tente d'en appeler aux princes occidentaux pour qu'ils mettent en place une croisade contre les Turcs. Il essaie de renouer le dialogue avec l'autorit√© papale en promettant au pape Innocent VI qu'un l√©gat permanent pourrait r√©sider √† Constantinople et intervenir dans la nomination aux dignit√©s eccl√©siastiques. En √©change, une croisade dirig√©e par Jean V serait lanc√©e[202]. C'est le projet d'union qui ressurgit. Une nouvelle fois Jean V s'oppose aux refus de son clerg√© d'accepter l'autorit√© papale. Ainsi, l'exp√©dition du l√©gat Pierre Thomas n'aboutit qu'√† la reprise de Lampsaque pour un court moment. En 1366, c'est Am√©d√©e VI de Savoie, cousin de Jean V, qui intervient √† Constantinople. Jean V apr√®s un voyage en Europe pour mander l'aide des √Čtats chr√©tiens est d√©tenu prisonnier par les Bulgares. Am√©d√©e VI r√©ussit √† bloquer l'avance des Turcs en prenant d'assaut Gallipoli, ce qui permet de d√©gager l'acc√®s maritime √† Constantinople[202]. Apr√®s avoir contraint les Bulgares √† lib√©rer Jean V, Am√©d√©e chasse les Turcs de plusieurs forteresses de l'Hellespont avant de repartir en Savoie[203]. Cette exp√©dition, bien que victorieuse, est largement insuffisante pour permettre √† l'Empire byzantin de reprendre possession de la Thrace alors que les Turcs pr√©sents eu Europe sont pourtant isol√©s du territoire ottoman[204]. De plus, Louis Ier de Hongrie se refuse √† intervenir contre les possessions europ√©ennes des Ottomans. Devant l'√©chec d'une croisade des √Čtats catholiques, certains dignitaires eccl√©siastiques de Constantinople se tournent vers l'id√©e d'une croisade orthodoxe. Jean V ne d√©sesp√®re pourtant pas d'obtenir le soutien de la papaut√©.

L'Empire byzantin à la recherche de soutiens extérieurs (1370-1389)

En 1369, il entreprend un nouveau voyage et lors de sa rencontre avec Urbain V il renonce √† tous les dogmes contraires au rite catholique[205]. Cela est cependant insuffisant. D'une part, l'abjuration n'est pas le fait du clerg√© grec et d'autre part aucune croisade ne survient. Seule Venise est int√©ress√©e par l'id√©e d'une croisade pour emp√™cher Constantinople de devenir turque. Jean V fait alors de lourdes concessions, il c√®de l'√ģle de T√©n√©dos mais le refus de son fils Andronic qui assure la r√©gence bloque l'accord. Finalement, un accord est trouv√© et Jean V obtient un pr√™t de 30 000 ducats[206]. Cette intervention v√©nitienne est d'autant plus pressante que Mourad reprend ses offensives europ√©ennes. Tr√®s vite, Ivan Aleksandre Asen devient vassal des Ottomans et ces derniers atteignent les rives du Danube. Face √† la pression turque, Jean V obtient m√™me le commandement d'une petite flottille offerte par Venise pour lui permettre de rejoindre Constantinople[207]. Pendant ce temps, les efforts d'union des √Čtats orthodoxes au sein d'une croisade sont r√©duits √† n√©ant par les conqu√™tes ottomanes. Les Bulgares n'ont plus de marge de manŇďuvre, les Serbes sont √©cras√©s √† la bataille de la Maritsa et les Byzantins profitent de cette d√©faite pour reprendre Serres[208] que les Ottomans tentent de leur reprendre en 1372 sans succ√®s comme ils tentent de s'emparer de Thessalonique[209].

Ainsi, d√®s 1372, la Bulgarie et la Serbie deviennent des vassaux de l'Empire ottoman[210]. Tout espoir de croisade orthodoxe n'est donc plus qu'une utopie. Les derniers voyages de Jean V en Europe, l'envoi d'ambassadeurs jusqu'au roi de France Charles V restent lettre morte. Par cons√©quent, Jean V est contraint de signer un trait√© humiliant avec Mourad Ier en 1374. Jean devient le vassal du sultan[211] et peu apr√®s, il d√©sh√©rite son fils Andronic de la succession au profit de son autre fils Manuel. C'est le d√©but d'un nouvel affrontement fratricide au sein de l'Empire byzantin dont Mourad se sert √† ses propres fins. Dans un premier, Andronic tente de se r√©volter et obtient le soutien de Saoudj, le fils du sultan. Ce complot est mis au jour et Saoudj est aveugl√© par son p√®re[212]. Somm√© de faire de m√™me avec Andronic, Jean V ne fait que le rendre borgne. Cela n'arr√™te pas Andronic qui profite de l'aide de G√™nes pour s'√©vader. Il s'assure ensuite du soutien de Mourad au prix d'un lourd tribut[213]. En 1376, Andronic parvient √† prendre le contr√īle du tr√īne byzantin et devient le nouveau basileus sous le nom d'Andronic IV (1376-1379). Une de ses premi√®res mesures est de rendre Gallipoli aux Turcs[214] - [N 24]. En 1379, ce sont Jean V et Manuel qui reprennent le pouvoir gr√Ęce au soutien de la marine v√©nitienne et de l'arm√©e ottomane en renouvelant leurs engagements de vassalit√© aupr√®s de Mourad II[215] gr√Ęce √† la promesse d'un tribut plus important que celui pay√© par Andronic IV et d'un engagement possible √† c√©der de la ville de Philadelphie[216]. Au moment o√Ļ Jean V redevient empereur (1379-1391), Constantinople ne semble pas pouvoir r√©sister tr√®s longtemps[N 25].

L'Empire byzantin vassal de Bayezid Ier (1389-1402)

Carte du Moyen-Orient vers 1389. L'Empire byzantin (en marron) se réduit à quelques territoires autour de Constantinople. À la suite de l'occupation de Gallipoli, les Ottomans (vert foncé) étendent rapidement leur suprématie sur la péninsule balkanique en soumettant la Serbie, ce qui leur donne un grand avantage sur les autres émirats turcs rivaux en Anatolie (en vert).

L'isolement de Constantinople (1389-1396)

La bataille de Kosovo Polje confirme l'h√©g√©monie turque sur la p√©ninsule balkanique malgr√© l'union des √Čtats chr√©tiens.

L'Empire byzantin poss√®de encore quelques territoires aux alentours de Thessalonique, dirig√©s par Manuel, le fils de Jean V qui s'est enfui de Constantinople pour mener lui-m√™me la r√©sistance. Ces territoires sont tr√®s vite convoit√©s par Mourad. Apr√®s avoir pris Serr√®s le [217], Hayr-ad-Din, un g√©n√©ral ottoman, assi√®ge Thessalonique mais l'inexistence de marine ottomane fait durer le si√®ge jusqu'en 1387, date √† laquelle la cit√© c√®de[218] - [219]. Les Ottomans quant √† eux, continuent leur progression au sein de la p√©ninsule balkanique notamment contre les chefs albanais. En 1386, ils prennent possession de Sofia et s'ouvrent la voie du Danube. Toutefois, la lourde d√©faite des Ottomans √† la bataille de Plońćnik marque le d√©but d'une p√©riode de soul√®vements dans les Balkans men√©e par des princes bulgares, serbes et valaques. Finalement, apr√®s avoir soumis la Bulgarie, Mourad Ier p√©rit lors de la bataille de Kosovo Polje en 1389 qui se termine sur un succ√®s ottoman et la soumission d√©finitive de la Serbie[220].

C'est son fils Bayezid Ier (1389-1403) qui lui succ√®de. Lorsque celui-ci acc√®de au pouvoir, l'Empire ottoman reste tr√®s europ√©en. Les √©mirats turcs de l'Asie Mineure sont loin d'√™tre soumis. La politique de Bayezid Ier s'oriente donc dans trois directions. Renforcer l'emprise ottomane sur ses vassaux europ√©ens, soumettre les autres √©mirs turcs et enfin prendre Constantinople. L'Empire byzantin est alors soumis √† une tutelle tr√®s √©troite. Bayezid aide ainsi Jean VII Pal√©ologue (-), le fils d'Andronic IV √† prendre le tr√īne qu'il garde quelques mois en 1390. Lorsqu'il est d√©pos√© par Manuel II et Jean VII, il r√©ussit √† obtenir du sultan le territoire de Selymbria. C'est la m√™me ann√©e que la derni√®re possession byzantine en Asie mineure tombe aux mains des Ottomans. La ville de Philadelphie qui a pu garder son ind√©pendance en √©change d'un lourd tribut tombe en 1390[221] aux mains de Bayezid soutenu dans cette entreprise par un petit contingent byzantin men√© par Manuel II et Jean V[N 26]. Jean V est ensuite somm√© de d√©truire une forteresse qu'il vient de construire √† proximit√© de la Corne d'Or[222]. Sa mort en 1391 ne change en rien la situation. Mais, son successeur Manuel (1391-1425), s'est √©chapp√© de Brousse pour ceindre la couronne imp√©riale ce qui n'est pas du tout du go√Ľt de Bayezid. Ce dernier r√©agit en mettant en place le blocus de Constantinople avant de l'abandonner en 1392[223].

Pendant ce temps, l'un des derniers territoires encore sous souverainet√© byzantine, la Mor√©e, est en pleine guerre. Le P√©loponn√®se est en effet partag√© entre les Grecs et les Francs de la principaut√© d'Acha√Įe. Bayezid demande alors √† l'ensemble de ses vassaux de venir √† Serr√®s[224]. L√†, il donne tort aux Grecs et condamne les Pal√©ologue √† mort, y-compris Manuel II[222]. Le sultan commue la sentence et seuls des conseillers du basileus sont ex√©cut√©s tandis que plusieurs forteresses de Mor√©e sont contraintes d'accepter des garnisons turques[225]. Th√©odore Pal√©ologue, le despote de Mor√©e tente d'obtenir l'assistance v√©nitienne sans r√©sultat et Bayezid se contente d'une exp√©dition punitive. Il vainc ainsi l'arm√©e du despotat pr√®s de Corinthe et prend possession des forteresses de L√©ontation et d'Akova (d√©but 1395)[226]. Quant √† Constantinople, elle subit √† partir de 1394 un blocus de huit ans apr√®s le refus exprim√© par Manuel II de payer tribut au sultan[222]. Pendant ce temps, Bayezid r√©duit la r√©sistance des autres √©mirs turcs, notamment les √©mirs maritimes (Saruhanides, Aydinides, etc.) et l'√©mir Karamanide en 1392[227]. En Europe, Bayezid ach√®ve de conqu√©rir la p√©ninsule balkanique en prenant la Bosnie et la Valachie.

De Nicopolis à Ankara

La victoire ottomane √† Nicopolis symbolise l'√©chec des √Čtats chr√©tiens occidentaux pour sauver Constantinople. Miniature de Jean Colombe tir√©e des Passages d'outremer, vers 1474. BNF Fr.5594 f.263v.

Cependant, la situation d√©sesp√©r√©e de Constantinople provoque le lancement d'une nouvelle croisade pour d√©faire le blocus de la ville. Elle est dirig√©e par Sigismond, roi de Hongrie et comprend un contingent de 10 000 soldats fran√ßais ainsi que des Allemands, des Valaques, des chevaliers teutoniques et les bulgares du royome d'Ivan Stratzimir. Malgr√© cette mobilisation, les crois√©s sont lourdement vaincus √† la bataille de Nicopolis. Bayezid se retourne alors contre Constantinople et prend la ville de Selymbria, l'une des derni√®res possessions byzantines[228]. De m√™me, la Mor√©e subit un raid qui la ravage, Argos voit sa population de 30 000 habitants d√©port√©e en Asie mineure[229] et l'arm√©e du despotat est vaincue le pr√®s de L√©ontarion[228] tandis qu'Ath√®nes est provisoirement occup√©e. L'arm√©e turque se retire ensuite en Thessalie[230].

Pendant ce temps, le blocus de Constantinople se resserre au point de ressembler √† un si√®ge en r√®gle. Il appara√ģt que la ville est le prochain objectif de Bayezid. L'un des ambassadeurs envoy√©s par Manuel II en Occident r√©ussit √† obtenir de Charles VI de France l'envoi de 1 200 hommes dirig√©s par le mar√©chal Boucicaut[231]. Celui-ci ne peut proc√©der qu'√† des coups de main contre les Turcs[232], qui sont chass√©s des rives du Bosphore et de la mer de Marmara. Apr√®s ces op√©rations, Boucicaut d√©barque √† Constantinople, qui voit son blocus provisoirement rompu. Manuel se joint alors √† Boucicaut quand celui-ci repart en France avec pour objectif de lever une nouvelle croisade, tandis qu'un petit corps de Francs reste √† Constantinople et r√©ussit √† obtenir quelques succ√®s contre les Turcs[233]. Ce voyage de l'empereur byzantin est avant tout une succession de r√©ceptions fastueuses, mais couronn√©es de bien peu de r√©sultats. Cependant, lorsque Manuel rentre √† Constantinople en 1403, il conna√ģt d√©j√† la lourde d√©faite de Bayezid lors de la bataille d'Ankara en 1402 contre les forces mongoles de Tamerlan. Cette d√©faite, qui provoque la dislocation de l'Empire ottoman, est une chance inesp√©r√©e pour Constantinople, qui peut de nouveau esp√©rer survivre.

De la bataille d'Ankara à la chute de Constantinople (1402-1453)

Une paix précaire (1403-1422)

Mourad II tente sans succès de s'emparer de Constantinople en 1422.
L'Empire byzantin en 1403.

La d√©faite de 1402 a de graves cons√©quences pour l'Empire ottoman[234] qui semble compl√®tement d√©truit. Les √©mirs turcs reprennent leur ind√©pendance tout comme les vassaux europ√©ens, et les fils de Bayezid (mort en 1403) se disputent sa succession. Manuel profite de cet √©v√©nement inesp√©r√© pour reprendre des territoires aux Ottomans. Il r√©cup√®re Thessalonique, une partie de l'actuelle c√īte bulgare et quelques territoires proches de Constantinople[235] - [236]. De plus, Soliman, √† la t√™te de la partie europ√©enne de l'Empire ottoman, devient vassal de l'Empire byzantin[237]. Mais ce dernier n'a pas les ressources pour regagner ses anciens territoires et les √Čtats occidentaux d√©chir√©s par les guerres ne peuvent profiter de la d√©sagr√©gation de la puissance ottomane. La guerre civile ottomane oppose surtout Soliman √† son fr√®re Mousa. Apr√®s pr√®s de huit ans de guerre, Soliman meurt au cours d'une bataille en 1411, et l'Empire ottoman est divis√© en une partie europ√©enne dirig√©e par Mousa et en une partie asiatique dirig√©e par Mehmed. Mousa s'oppose alors √† Constantinople o√Ļ il vient faire une d√©monstration de force en , avant d'essayer sans succ√®s de r√©cup√©rer Selymbria et Thessalonique[238]. Peu apr√®s, c'est Mehmed (1413-1421) qui emp√™che Mousa de mettre le si√®ge devant Constantinople[239].

Finalement, en juillet 1413, Mousa est tu√© lors d'une bataille qui l'oppose √† Mehmed, ce qui fait de ce dernier l'unique survivant des fils de Bayezid. D√®s l'ann√©e suivante, les √©mirs turcs de l'Anatolie sont de nouveau soumis √† l'autorit√© de Mehmed. Manuel profite de ses rapports pacifiques avec le nouveau sultan[240] - [N 27] pour confirmer la souverainet√© byzantine sur les territoires c√©d√©s par Soliman ¬Ľ[241]. Il r√©ussit notamment √† r√©affirmer la souverainet√© byzantine sur l'ensemble de la Mor√©e, et le P√©loponn√®se redevient une province byzantine. Ainsi, le jeune Jean VIII, fils de Manuel y est envoy√© pour soutenir le despote Th√©odore II[242]. Pendant ce temps, les Ottomans r√©affirment leur h√©g√©monie sur les Balkans. L'opposition entre Venise et la Hongrie ruine tout espoir de croisade. Manuel r√©ussit √† calmer les relations entre les deux √Čtats[243], mais cela ne suffit pas √† susciter le d√©clenchement d'une nouvelle croisade, pas plus que ses voyages en Occident. D'autant plus que Venise, √† la suite de sa victoire sur la marine ottomane en 1419, n'a plus de raisons de s'opposer au Sultan. Malgr√© ses bonnes relations avec le Sultan, l'Empereur byzantin n'h√©site pas √† consolider les d√©fenses des quelques territoires qui lui restent. Ainsi, il remet en √©tat l'Hexamilion qui barre l'isthme de Corinthe en 1415[244], ce qui montre que les bonnes relations turco-byzantines restent pr√©caires[245]. Mais sans soutien ext√©rieur, Manuel II ne peut pas esp√©rer am√©liorer la situation de l'Empire byzantin. Il tente alors de soutenir Mustapha, un pr√©tendu fils de Bayezid, qui souhaite renverser Mehmed[243]. Mustapha se rend ainsi √† Constantinople puis √† Thessalonique. L'√©chec de Mustapha en 1416 ne provoque pourtant pas de r√©actions de vengeance de la part de Mehmed Ier contre l'Empire byzantin. Manuel II refuse de livrer Mustapha √† Mehmed, mais accepte de le garder prisonnier si Mehmed paie la pension de Mustapha[246]. √Ä la mort du Sultan en 1421, les relations entre les deux empires sont tr√®s pacifiques, mais Manuel ne peut plus esp√©rer b√©n√©ficier de la fragilit√© ottomane cons√©cutive √† la d√©faite de 1402 pour reconstruire l'Empire byzantin.

Les bastions byzantins en péril (1422-1425)

Les restes de l'Hexamilion, plusieurs fois reconstruit par les Byzantins, plusieurs fois détruit par les Ottomans.

Le nouveau sultan Mourad II (1421-1451) propose alors de renouveler la paix qui r√©gnait entre son p√®re et Manuel II. Il veut √† tout prix raffermir la position ottomane en Europe et propose m√™me de c√©der Gallipoli √† l'Empire byzantin[247]. Face √† lui, Manuel doit composer avec son fils Jean VIII (1425-1448), qui pr√©f√®re soutenir Mustapha, enferm√© dans une prison de l'Empire byzantin et toujours d√©sireux de devenir sultan ottoman. Manuel choisit alors de faire confiance √† Mustapha, qui l'assure de toute sa bienveillance envers l'Empire byzantin s'il devenait sultan. Ainsi, il lui promet de lui rendre Gallipoli, toutes les villes c√īti√®res de la mer Noire jusqu'√† la fronti√®re valaque ainsi que d'autres cit√©s de la Thrace[248]. Mustapha est alors lib√©r√© et assi√®ge Gallipoli conjointement avec l'arm√©e byzantine avant que celle-ci ne l'assure elle-m√™me sous le commandement de D√©m√©trios[249]. Il bat une premi√®re fois Mourad ; mais lorsque Gallipoli tombe, Mustapha emp√™che les Byzantins d'y p√©n√©trer, contrairement √† l'accord qui avait √©t√© conclu[N 28] - [250]. Manuel √©choue alors √† s'allier avec Mourad et ne peut rien lorsque Mustapha, victime de la d√©fection d'une partie de ses troupes, est captur√© et tu√©[251].

D√®s lors, Mourad d√©cide de punir l'Empire byzantin pour avoir soutenu Mustapha. Mourad assi√®ge alors Constantinople ; mais des effectifs insuffisants, l'absence de si√®ge maritime et la d√©termination des d√©fenseurs l'oblige √† lever le si√®ge en [252]. En outre, Mourad doit faire face √† une nouvelle r√©bellion, celle de K√ľ√ß√ľk Mustafa, elle aussi encourag√©e par les Byzantins. Apr√®s avoir mat√© cette r√©volte, les Ottomans pillent la Mor√©e, apr√®s avoir d√©truit l'Hexamilion reconstruit par Manuel pour ch√Ętier les Byzantins[253], sans pour autant prendre Mistra ; ils repartent, en laissant le prince d'Acha√Įe dans sa guerre contre le despote de Mor√©e. C'est la ville de Thessalonique qui devient alors la nouvelle cible des Ottomans. La ville, reprise une vingtaine d'ann√©es auparavant, est assi√©g√©e en 1422, et, en 1423, les Byzantins pr√©f√®rent c√©der la cit√© aux V√©nitiens, ainsi que les r√©gions alentour. Les Turcs laissent des troupes devant la ville, qu'ils ne prennent qu'en 1430. En effet, Mourad pr√©f√®re consolider ses positions en Asie mineure, notamment contre les Karamanides et contre l'√©mir de Kastamouni, qu'il soumet vers 1425[254]. La m√™me ann√©e, au mois de juin, Manuel II abandonne son titre d'empereur pour devenir moine, avant de mourir deux mois plus tard. C'est son fils Jean VIII Pal√©ologue qui lui succ√®de.

Dernières tentatives de résistance de Byzance (1425-1448)

La bataille de Varna (1444) est la dernière tentative d'importance menée par les Chrétiens pour porter secours à Constantinople.

La Morée, réduit de la résistance byzantine

Le despotat de Morée en 1450 tente de devenir le réduit de la résistance byzantine.
L’Empire byzantin en 1450

Depuis le si√®ge de Constantinople, Jean VIII appara√ģt comme le vrai dirigeant de l'Empire byzantin et c'est lui qui envoie une ambassade pour signer un trait√© avec Mourad le [255]. L'Empire byzantin est le vassal de l'Empire ottoman et perd la quasi-totalit√© de ses ports de la mer Noire √† l'exception de Mesembria et Derkos. De plus, Constantinople doit payer un tribut annuel de 300 000 pi√®ces d'argent au sultan[256]. Jean VIII tente alors de d√©fendre ses derniers territoires et notamment la Mor√©e. Avec les invasions ottomanes, la Mor√©e est devenue la derni√®re province encore sous domination byzantine √† l'exception de Constantinople. Cette situation am√®ne l'hell√©nisation de l'empire, qui ‚ÄĒ outre Constantinople elle-m√™me ‚ÄĒ se r√©duit donc d√©sormais en pratique √† ses seules possessions grecques[N 29]. S√©par√©e des Turcs par plusieurs √Čtats tampons, la Mor√©e r√©ussit √† garder son ind√©pendance. L'Empire byzantin, priv√© de ses terres traditionnelles, se replie dans l'hell√©nisme. Le terme d'¬ę Hell√®ne ¬Ľ ne sert plus seulement √† d√©signer la langue parl√©e dans l'Empire mais aussi ses habitants. Le terme de ¬ę Romaioi ¬Ľ utilis√© par les habitants de l'Empire pour parler d'eux-m√™mes dispara√ģt[257]. C'est le caract√®re romain de l'Empire qui commence √† dispara√ģtre[257] alors que jusqu'au d√©but du XVe si√®cle, les Byzantins s'affirment encore comme Romains.

Le despote de Mor√©e, Th√©odore (1407-1443), r√©ussit √† d√©faire une arm√©e du despotat d'√Čpire et en 1427, Constantin Dragas√®s dirige une partie de la province de Mor√©e avec Th√©odore II. En outre, la victoire de Thomas Pal√©ologue, (devenu codespote en 1430), sur le dernier prince franc d'Acha√Įe permet √† l'Empire byzantin de contr√īler l'ensemble du P√©loponn√®se √† l'exception de quatre places fortes v√©nitiennes[258], la Mor√©e √©tant dirig√©e par trois despotes : Th√©odore, Thomas et Constantin[N 30]. √Ä la suite du trait√©, Mourad laisse l'Empire byzantin en paix et soumet les Karamanides[259]. De plus, la Serbie, la Valachie et le Comt√© palatin de C√©phalonie et Zante deviennent des vassaux de l'Empire ottoman. La Hongrie, quant √† elle, perd ses territoires m√©ridionaux. Jean VIII est conscient que, malgr√© le trait√© qu'il a sign√© avec le Sultan ottoman, la situation de Constantinople est des plus pr√©caires. Il tente de nouveau de faire appel √† une croisade. Ainsi, lors du concile de Florence (1437-1439), l'union des deux √Čglises est sign√©e. Mais une nouvelle fois, le basileus doit s'opposer √† la col√®re populaire, et de nombreux dignitaires eccl√©siastiques tels que Marc d'√Čph√®se refusent l'id√©e d'une union avec le clerg√© latin[260], d'autant plus que les autorit√©s eccl√©siastiques des provinces occup√©es s'int√©ressent de moins en moins au sort de l'Empire byzantin[261].

La situation de l'Empire byzantin s'aggrave lorsqu'il retombe dans une guerre civile opposant D√©m√©trios Pal√©ologue, adversaire de l'union religieuse, et le basileus, ainsi que Constantin Dragas√®s. D√©m√©trios, qui poss√®de la c√īte byzantine de la mer Noire, se voit priv√© d'une partie de son territoire par Jean VIII ; lorsque Constantin lui propose d'√©changer leurs possessions respectives, D√©m√©trios demande le soutien du sultan, qui lui envoie des troupes pour assi√©ger Constantinople d'avril √† juillet 1442. Constantin tente alors de secourir Jean VIII, mais est arr√™t√© par une flotte turque[262]. Finalement, Mourad dissuade D√©m√©trios de s'emparer du tr√īne. Ce dernier, apr√®s avoir de nouveau complot√© contre Jean VIII, est arr√™t√©, puis, apr√®s s'√™tre √©vad√©, re√ßoit la possession de plusieurs √ģles. Pendant ce temps, les √Čtats chr√©tiens continuent leur lutte contre les Turcs. Ces derniers r√©duisent les ultimes r√©sistances serbes sans pour autant s'emparer de Belgrade, puis envahissent la Transylvanie. Ils sont alors stopp√©s par Jean Hunyadi alors qu'ils s'appr√™tent √† p√©n√©trer en Hongrie. Jean Hunyade remporte deux victoires sur les Ottomans. Ces succ√®s relancent l'id√©e de croisade contre les Turcs, y compris dans le camp v√©nitien. Philippe le Bon envoie quelques gal√®res √† Constantinople, mais sans r√©sultat[263]. La situation de Mourad devient complexe, d'autant plus que les Karamanides se r√©voltent contre la tutelle ottomane[264].

La bataille de Varna et Constantinople abandonnée à son destin

√Ä la fin de l'ann√©e 1443, Jean Hunyade lance une offensive dans les Balkans qui bouscule les Turcs, mais il ne peut progresser jusqu'en Thrace et de l√† vers Constantinople du fait de l'hiver. En 1444, une nouvelle croisade s'organise qui r√©unit les Hongrois, les Valaques, la flotte v√©nitienne et quelques navires envoy√©s par Alphonse II de Naples. En , l'arm√©e des crois√©s se dirige vers Varna o√Ļ elle esp√®re s'embarquer pour Constantinople. Mais le retard de le flotte chr√©tienne oblige les crois√©s √† combattre les troupes de Mourad revenues d'Anatolie le . La bataille de Varna est un d√©sastre pour les crois√©s dont les survivants sont contraints √† battre en retraite. La flotte chr√©tienne partant de Constantinople d√©vaste en vain plusieurs places fortes turques, mais cela est insuffisant pour compenser l'√©chec de cette nouvelle tentative pour sauver Constantinople. Jean VIII tente encore de susciter l'aide des √Čtats chr√©tiens, et la Mor√©e cherche √† se poser comme le centre de la r√©sistance byzantine. Constantin Pal√©ologue prend possession de divers territoires grecs et fait reconstruire l'Hexamilion[265] - [266]. Il veut essayer de mener une croisade avec Ladislas III Jagellon. Mais la r√©plique ottomane d√©truit tous ses espoirs. Mourad rassemble ses forces √† S√©r√®s tandis que Constantin et Thomas se retranchent derri√®re l'Hexamilion. Chalcondyl√®s d'Ath√®nes est envoy√© en tant qu'ambassadeur au Sultan et lui demande de quitter les terres byzantines[267]. Mourad refuse et retient prisonnier Chalcondyl√®s[268]. L'arm√©e ottomane, qui compte 60 000 hommes selon Joseph von Hammer-Purgstall, bombarde durant trois jours l'Hexamilion qui est franchi, et la Mor√©e est une nouvelle fois ravag√©e. Corinthe est ainsi incendi√©e par Tourakhan, un g√©n√©ral turc, et l'Hexamilion est compl√®tement ras√©[269] - [270]. Patras est aussi ravag√©e √† l'exception de sa citadelle, et Mistra est semble-t-il sauv√©e par les conditions m√©t√©orologiques qui emp√™chent les Turcs de franchir les montagnes du P√©loponn√®se[271] ; cependant, les despotes sont contraints de payer un tribut au sultan[272] et 60 000 prisonniers sont emmen√©s hors du P√©loponn√®se par Mourad[273]. En , une derni√®re tentative de Jean Hunyade men√©e conjointement avec Georges Scanderbeg, un chef albanais, pour porter secours √† Constantinople, √©choue[274]. La m√™me ann√©e, Jean VIII meurt et laisse un empire presque condamn√© √† Constantin XI Pal√©ologue.

Constantin XI et la chute de Constantinople (1448-1453)

Les Turcs sous les murailles de Constantinople
Enluminure de Jean Le Tavernier dépeignant le siège.

L'arriv√©e au pouvoir de Constantin XI est officialis√©e par l'accord de Mourad II que Phrantz√®s s'est charg√© d'obtenir[275]. Le nouveau basileus signe alors un nouveau trait√© apr√®s avoir envoy√© une ambassade √† Mourad. Ce dernier est toujours le suzerain de l'empereur byzantin et il n'h√©site pas √† soutenir D√©m√©trios lorsque celui-ci lutte contre Thomas Pal√©ologue pour la souverainet√© de la Mor√©e[276]. Constantin XI r√©ussit √† obtenir un accord entre les deux fr√®res mais ils reprennent leur lutte en 1451 et les Turcs soutiennent de nouveau D√©m√©trios qui r√©ussit √† mettre en difficult√© son fr√®re et √† obtenir un √©change de territoires[277]. Ces conflits internes ne facilitent pas la situation de Constantinople qui ne compte plus que sur la r√©sistance de Scanderbeg en Albanie pour retarder la chute de l'Empire byzantin. √Ä cette √©poque, les Grecs sont conscients qu'ils sont au bord de l'an√©antissement[N 31]. La mort du sultan Mourad II en 1451 et l'arriv√©e au pouvoir de Mehmed II ajoutent encore √† la d√©tresse byzantine. Mehmed re√ßoit une ambassade byzantine √† qui il assure la paix et accepte de payer la pension d'Orkhan, le petit-fils de Soliman d√©tenu √† Constantinople[278]. De m√™me, il assure son soutien √† D√©m√©trios comme l'avait fait Mourad[279]. Le nouveau sultan, comme Bayezid avant lui, se fixe comme objectif de prendre Constantinople[280]. Tranquille sur le front europ√©en o√Ļ une tr√™ve est sign√©e avec Jean Hunyade[281], il doit faire face √† une nouvelle r√©volte des Karamanides[282]. Cependant, ces derniers se soumettent d√®s l'arriv√©e du sultan[283]. √Ä la m√™me √©poque, le conflit religieux relatif √† l'union continue de faire rage √† Constantinople. Malgr√© une forte opposition, Constantin XI souhaite faire aboutir l'union. Il envoie de nouvelles ambassades √† Rome et le , l'union est proclam√©e au sein de la basilique Sainte-Sophie[284] - [285]. Mais la date est trop tardive pour esp√©rer un quelconque soutien d'importance. Mehmed II apr√®s avoir soumis les Karamanides pr√©pare soigneusement sa conqu√™te de Constantinople pour √©viter un √©chec tel que celui de Mourad II en 1422.

Le sultan isole Constantinople diplomatiquement en signant des trait√©s avec Venise et Jean Hunyade. La Mor√©e est ravag√©e par un raid turc et Skanderbeg, malgr√© ses nouveaux succ√®s, n'a pas les moyens d'assister Constantinople[286]. Aux alentours de Constantinople, sur le Bosphore, la forteresse de Rumeli HisarńĪ est b√Ętie pour emp√™cher tout secours maritime en direction de Constantinople[287] - [288]. Les relations entre les deux empires se d√©gradent lorsque les Byzantins reprochent √† Mehmed de ne pas payer la pension d'Orkhan et menacent de lib√©rer celui-ci[289]. Le massacre de paysans de la banlieue de Constantinople ne fait qu'ajouter au climat d√©l√©t√®re qui r√®gne √† cette √©poque. Constantin XI manifeste sa d√©sapprobation envers cet acte et en r√©ponse, Mehmed II d√©clare la guerre √† l'Empire byzantin[290]. Constantin essaie une derni√®re fois de demander le soutien des √Čtats occidentaux mais sans succ√®s. Seul le G√©nois Giovanni Giustiniani se rend √† Constantinople avec 700 hommes[291]. Le si√®ge d√©bute au d√©but du mois d' apr√®s que, au d√©but de l'ann√©e, les Ottomans ont pris possession des derni√®res cit√©s byzantines proches de Constantinople comme Epibatai pr√®s de la mer de Marmara ou Anchialos et Mesembrya sur la mer Noire[292]. Les effectifs byzantins sont tr√®s faibles. Phrantz√®s parle de 4 973 hommes soutenus par pr√®s de 2 000 ou 3 000 √©trangers[293]. On aboutit donc au total le plus commun√©ment admis de 7 000 hommes. Moins d'une dizaine de navires d√©fendent la Corne d'Or barr√©e par une cha√ģne dress√©e par Constantin le . En face, les Ottomans disposent d'effectifs variables selon les sources. Ils approchent souvent les 200 000 hommes[294] mais seuls quelque 80 000 hommes sont de v√©ritables soldats[295]. Le cardinal Isidore de Kiev parle de 300 000 hommes[296] et Nicol√≤ Barboro de 160 000[297]. Cette sup√©riorit√© num√©rique se retrouve dans la flotte. L'artillerie est aussi tr√®s pr√©sente au sein des troupes turques qui poss√®dent plusieurs canons de tr√®s gros calibre ; l'un d'entre eux, fabriqu√© par le Hongrois Orban, peut tirer des boulets d'1,86 m de circonf√©rence. Malgr√© cette sup√©riorit√©, les assauts turcs sont constamment repouss√©s et ce fameux canon finit par exploser. De m√™me, la tentative de Mehmed II de faire passer ses navires dans la Corne d'Or selon une vieille technique russe ne r√©ussit pas √† forcer la d√©cision. Par ailleurs, quatre navires chr√©tiens r√©ussissent √† forcer le blocus et √† approvisionner Constantinople √† la stupeur du sultan[298]. Cette longue r√©sistance porte atteinte au moral des troupes turques mais les assi√©g√©s sont de plus en plus affaiblis par le si√®ge. Et le , jour de l'assaut g√©n√©ral, les troupes turques r√©ussissent √† p√©n√©trer dans la ville gr√Ęce √† une petite poterne et √† la panique dans les rangs des d√©fenseurs caus√©e par la blessure et le d√©part de Giustiniani[299]. Cette intrusion au sein m√™me de Constantinople surprend les d√©fenseurs qui sont submerg√©s, y compris Constantin XI qui meurt au cours des derniers combats. Lorsque Mehmed II p√©n√®tre dans la ville, il vient de signer la fin d'une guerre longue de quatre si√®cles et la chute d√©finitive de l'h√©ritier de l'Empire romain qu'√©tait l'Empire byzantin.

Conséquences

La chute de la Morée

La chute de Constantinople précède de quelques années la destruction du despotat de Morée et de l'Empire de Trébizonde. La Morée est le dernier territoire de l'Empire byzantin encore libre de la tutelle turque après la chute de Constantinople ; mais ce refuge est instable depuis l'invasion turque de 1452, et la population cherche avant tout à se débarrasser des despotes de la famille Paléologue[300]. Un soulèvement albanais provoque l'intervention du général turc Umur Pasha en . En 1454, Thomas et Démétrios demandent l'intervention de Turahan Beg, le père d'Umur Pasha, pour rétablir l'ordre[300]. Les deux despotes, vassaux du sultan, profitent de la bienveillance de Mehmed II pour conserver leurs territoires. Cependant, ils cherchent aussi à susciter une croisade en Occident, ce qui provoque l'intervention du sultan en 1458[301], alors qu'Athènes est déjà tombée aux mains des Ottomans deux ans auparavant[302].

Mehmed II part d'Andrinople et laisse une partie de son armée assiéger Corinthe. Il entreprend de ravager le territoire de la Morée, et même la citadelle de Patras est contrainte de capituler[301]. En , Corinthe cède et la partie nord-ouest de la Morée devient turque[301]. Thomas et Démétrios sont contraints de se partager le reste du territoire et de verser un tribut annuel au sultan. Toutefois, les deux despotes se querellent dès le départ de Mehmed II : Thomas cherche l'appui du pape, tandis que Démétrios espère bénéficier de l'aide ottomane. La Morée byzantine est alors dans un état de chaos qui décide Mehmed II à la conquérir. En , il part d'Andrinople et obtient le la soumission de Démétrios ainsi que de la ville de Mistra[303]. Thomas s'enfuit en Italie, et ses terres sont envahies par les Ottomans[302]. Seul un certain Constantin Graitzas réussit à tenir en échec les troupes turques jusqu'en , date à laquelle sa forteresse de Salmenikon, près de Patras, finit par se rendre[304].

Fin de l'empire de Trébizonde

L'Empire de Trébizonde et les territoires environnants vers 1400.

L'empire de Tr√©bizonde, qui vit √† l'√©cart de l'Empire byzantin depuis 1204, souffre au cours du XIVe si√®cle de troubles politiques fr√©quents qui minent sa position. Tr√®s vite, il suscite les convoitises des Turcs, mais aussi des G√©nois et des V√©nitiens, qui esp√®rent tirer profit de la position commerciale avantageuse de la ville de Tr√©bizonde. En 1456, le gouverneur ottoman d'Amasya tente de prendre la ville, mais se contente de prisonniers et d'un lourd tribut[305]. L'empereur Jean IV de Tr√©bizonde tente de faire appel √† Ouzoun Hassan contre les Ottomans, mais il meurt en 1458. Son successeur David II contribue √† la chute de son empire en provoquant l'ire du sultan : il demande l'annulation du tribut qu'il lui paie et essaie de susciter une croisade en Occident[306]. Or, Mehmed II voit dans la destruction de l'empire de Tr√©bizonde l'occasion de mettre d√©finitivement fin √† l'Empire byzantin[307]. En , Mehmed II se met √† la t√™te d'une arm√©e de 60 000 cavaliers et 80 000 fantassins soutenue par une flotte importante[308]. L'√©mir de Sinope et Uzun Hasan, les deux alli√©s de David, n'osent intervenir face √† la puissance ottomane. Pendant pr√®s d'un mois, Tr√©bizonde r√©siste √† l'arm√©e ottomane mais d√®s son arriv√©e, Mehmed II demande la reddition de la ville. David accepte et la ville capitule le [309].

Conséquences pour les Turcs

Portrait romantique du dernier croisé qui illustre l'échec des tentatives chrétiennes pour défendre Constantinople contre les Turcs.

Avec cette victoire, les Turcs et en particulier l'Empire ottoman deviennent une des plus grandes puissances du monde méditerranéen. Cette guerre contre l'Empire byzantin permet notamment aux Ottomans de devenir la puissance dominante parmi les autres émirats turcs issus du déclin seldjoukide à la suite de l'invasion mongole. Profitant des errements de la politique orientale menée par Michel VIII Paléologue et Andronic II, les premiers sultans ottomans peuvent étendre leur territoire dans toute la partie nord-ouest de l'Anatolie, avant de se lancer à la conquête de la péninsule balkanique à partir de la deuxième moitié du XIVe siècle. La conquête de Constantinople leur assure la domination de ce qui fut auparavant les terres principales de l'Empire byzantin. De plus, ils peuvent, à partir de 1453, se consacrer à la poursuite de leur progression en Europe et en Afrique. Mehmed II fait aussi de Constantinople sa nouvelle capitale, ce qui symbolise le changement d'ère et s'attribue de facto l'héritage de l'Empire byzantin[310]. À la suite de cette victoire et de la réduction des dernières places byzantines, les Turcs poursuivent leur progression jusqu'à l'échec du siège de Vienne en 1529.

Conséquences pour le monde chrétien

La date de la chute de Constantinople, en 1453, est l'une de celles qui symbolise traditionnellement le passage du Moyen √āge √† la Renaissance. C'est en effet la fin d'un monde, la fin du dernier reste de l'Empire romain, puisque l'Empire byzantin n'est autre que l'Empire romain d'Orient.

La chute de l'Empire byzantin constitue un choc majeur pour le monde chr√©tien en g√©n√©ral m√™me si celui-ci, plong√© dans d'autres pr√©occupations, l'oublie assez vite[311]. L'Empire byzantin ayant √©t√© durant pr√®s d'un mill√©naire un des √Čtats majeurs de la chr√©tient√©, la papaut√© tente sans succ√®s d'appeler √† une croisade pour lib√©rer Constantinople. C'est ce que fait Pie II en 1464, mais sa mort met un terme au lancement d'une croisade dont les membres ne vont pas plus loin que le port d'Anc√īne[312]. De m√™me, le tsar Ivan III de Russie, √©poux de Sophie, la fille de Thomas Pal√©ologue, tente de reprendre l'h√©ritage antique en faisant de Moscou, nouveau centre de l'orthodoxie, la troisi√®me Rome[313].

Toutefois, les cons√©quences de la d√©faite byzantine sont plus profondes. Malgr√© les divisions qui existent entre catholiques et orthodoxes, la perte de Constantinople constitue un grave √©chec pour la chr√©tient√© qui ne peut que constater l'avanc√©e inexorable des Ottomans. Cependant, le d√©clin de l'Empire byzantin entra√ģne d'autres cons√©quences pour l'Europe : le regain intellectuel sous la dynastie Pal√©ologue ne s'ach√®ve pas en 1453, et les √©rudits byzantins se r√©fugient en Italie o√Ļ ils contribuent de mani√®re primordiale √† la Renaissance. Ils apportent en effet leurs connaissances des mondes grecs et latins de l'Antiquit√©, en particulier par les livres qu'ils apportent avec eux. Par ailleurs, la chute de Constantinople marque aussi la fin de la domination chr√©tienne sur l'une des villes les plus importantes d'un point de vue commercial puisqu'elle constitue le lien entre l'Europe et l'Asie[314].

Notes et références

Notes

  1. Essentiellement les Seldjoukides du milieu du XIe siècle au XIIIe siècle et les Ottomans à partir du début du XIVe siècle.
  2. Cagri Beg obtient le Khurasan et ses dépendances orientales.
  3. L'idée qui prédomine aujourd'hui étant qu'effectivement Alexis a demandé l'aide de l'Occident sans pour autant chercher à lancer une croisade, concept qui lui est inconnu. C'est la thèse développée par Chalandon dans son livre sur Alexis Ier et qui a été reprise par Ostrogorsky ou encore Steven Runciman.
  4. Selon Anne Comnène, Bohémond aurait informé Tatikios que certains chefs croisés le soupçonnaient de travailler avec les Turcs et voulaient de ce fait le tuer. Cela aurait provoqué le départ de Tatikios.
  5. 'Arab se réfugie alors à Constantinople.
  6. En 1162, le sultan de Roum est reçu triomphalement à Constantinople par l'empereur byzantin.
  7. À partir de cette date, Trébizonde et les territoires alentours sont presque définitivement coupés de l'Empire byzantin ce qui explique son évolution aboutissant à son indépendance en 1204 bien que le mouvement commence dès les tentatives d'émancipation de Constantin Gabras.
  8. Kay Khusraw Ier ne contr√īle que les territoires entourant Iconium. De fait, sa capitale correspondant √† celle du sultanat de Roum, c'est lui qui succ√®de √† son p√®re en tant que sultan mais le reste du sultanat est aux mains de ses neuf autres fr√®res.
  9. Masoud est l'un des dix fils de KńĪlńĪ√ß Arslan II et re√ßoit le domaine d'Angora √† la mort de son p√®re. Il est assassin√© par S√ľleyman II Shah en 1204.
  10. Le reste des territoires de l'Empire byzantin qui n'est pas conserv√© par les Byzantins sont divis√©s en plusieurs √Čtats : le royaume de Thessalonique, la principaut√© d'Acha√Įe, le duch√© d'Ath√®nes et le duch√© de Naxos.
  11. Les trois √Čtats pr√©tendent √™tre les successeurs de l'Empire byzantin. Ainsi, les empereurs de Tr√©bizonde prennent le titre de basileus et autocrator des Romains Grand Comn√®ne tandis que les despotes d'√Čpire ont le titre de basileus jusqu'√† ce que Jean III Vatatz√®s oblige Th√©odore Ier √† y renoncer vers 1240. Cependant, les despotes d'√Čpire continuent √† revendiquer l'h√©ritage imp√©rial au moins jusqu'en 1261.
  12. Kay K√Ęwus II reste √† Konya, KńĪlńĪ√ß Arslan IV r√®gne √† Sivas et Kay Qubadh II r√®gne √† Malatya. KńĪlńĪ√ß Arlsan IV r√©unifie le sultanat en 1261.
  13. Voici ce qu'en dit Georges Pachym√®re : ¬ę On affaiblit de la sorte la r√©gion orientale tandis que les ¬ę Perses ¬Ľ (les Turcs) devenaient de plus en plus entreprenants et envahissaient des pays priv√©s de toute d√©fense. ¬Ľ.
  14. Voici la r√©action des r√©gions lib√©r√©es selon Georges Pachym√©r√®s : ¬ę Dans les nombreux monast√®res de cette contr√©e, le nom de l'empereur cessa d'√™tre comm√©mor√© et fut remplac√© par celui de Philanthrop√©nos. ¬Ľ.
  15. Théodore Métochitès présente Andronic en pourfendeur des Turcs, reprenant la Bithynie, la Phrygie et la Mysie tout en consolidant les villes et les frontières.
  16. Selon Bartusis dans son livre The Last Byzantine Army, l'arm√©e byzantine compte 2 000 hommes dont la moiti√© d'Alains oppos√©s √† pr√®s de 5 000 Ottomans.
  17. Face au risque d'une mutinerie dans ses propres rangs, Andronic n'envoie pas les Catalans se battre aux c√īt√©s de l'arm√©e byzantine contre les Bulgares.
  18. Roger de Flor va volontairement saluer Michel IX dont il conna√ģt l'inimiti√© √† son √©gard et lorsqu'il d√ģne avec lui, il est assassin√©.
  19. La phrase suivante illustre bien les talents de meneur d'hommes d'Osman : ¬ę Sultan, fils du sultan des ghazis, ghazi, fils de ghazis, Margrave des horizons, h√©ros du monde. ¬Ľ Cette inscription se trouve dans la mosqu√©e de Brousse. En contr√īlant, les ghazis, soldats en qu√™te continuelle de pillages depuis l'√©poque des Seldjoukides, Osman renforce consid√©rablement sa puissance militaire.
  20. Au sujet de cette guerre, voici ce qu'en dit Jean Cantacuz√®ne dans ses m√©moires : ¬ę la pire des guerres civiles dont les Romains eussent fait l'exp√©rience, un conflit qui d√©truisit pratiquement tout, condamnant le grand Empire romain √† n'√™tre plus que l'ombre de lui-m√™me. ¬Ľ.
  21. Cette croisade lancée à l'instigation du pape Clément VI est composée de Venise, Rhodes et Chypre. Elle parvient à prendre Smyrne en 1343 ou 1344 et Umur bey meurt en 1348 alors qu'il tente de la reprendre.
  22. Selon Louis Bréhier dans son livre Vie et mort de Byzance, un accord serait intervenu entre Jean VI et les Turcs stipulant que la forteresse devenait possession turque. Il s'appuie sur le livre de Gibbons The Foundation of the Ottoman Empire de 1916. Ostrogorsky quant à lui indique simplement que les Turcs se sont implantés dans la forteresse de Tzimpé sans indiquer l'existence d'un quelconque accord avec les Byzantins relatif à la possession de la ville.
  23. Il est difficile de dater r√©ellement la prise d'Andrinople. Pour Inalc√Įk, elle est prise en 1361 mais les Byzantins la contr√īlent encore en 1366. Il est donc probable que la cit√© a √©t√© prise et reprise plusieurs fois avant d'√™tre d√©finitivement aux mains des Ottomans vers 1368 ou 1369.
  24. Voici le jugement de D√©m√©trius Cydon√®s sur les progr√®s ottomans : ¬ę Les Turcs sont les ma√ģtres en toute chose et nous devons nous soumettre √† eux ou payer le prix de notre d√©sob√©issance. √Ä quel sommet de puissance ne sont-ils pas parvenus ! √Ä quelle profondeur de servitude ne sommes-nous pas tomb√©s ! ¬Ľ.
  25. Démétrius Cydonès écrit ainsi que : tous ceux qui sont hors des murs de la ville (Constantinople) sont asservis aux Turcs et ceux qui sont à l'intérieur succombent sous le poids de la misère et des révoltes.
  26. À cette date, la souveraineté byzantine sur Philadelphie est très formelle.
  27. La r√©ponse de Mehmed aux ambassadeurs de Manuel illustre cette sympathie entre les deux empereurs : ¬ę Allez dire √† mon p√®re, l'empereur des Romains qu'avec le secours de Dieu et la coop√©ration de mon p√®re l'empereur, j'ai pu reprendre ce que mes anc√™tres m'avaient l√©gu√©. √Ä partir de ce jour, je suis et je serai son sujet, comme un fils √† l'√©gard de son p√®re. Car il ne me trouvera jamais indiff√©rent ni ingrat. Qu'il me donne ses ordres et j'ex√©cuterai tous ses d√©sirs avec le plus grand plaisir, comme un serviteur.
  28. Voici ce que dit Mustapha √† D√©m√©trios : ¬ę Ce n'est pas au profit de l'empereur Manuel que j'ai pris les armes et gagn√© une victoire, j'ai fait vŇďu de reconqu√©rir les villes de l'islamisme, et, si le Proph√®te m'entend, j'accomplirai ce vŇďu. J'observerai du reste fid√®lement le trait√© qui me lie √† ton ma√ģtre ; il peut se fier √† mon serment. Quant √† tes troupes, je n'en ai pas besoin, tu es libre de repartir. ¬Ľ.
  29. Cet extrait d'un texte de G√©miste Pl√©thon t√©moigne de cette √©mergence de l'hell√©nisme : ¬ę Il n'y a pas de pays qui soit plus intimement associ√© aux Grecs que le P√©loponn√®se‚Ķ C'est un pays que la m√™me race grecque a toujours habit√©, aussi loin que la m√©moire puisse remonter, aucun autre peuple ne s'y √©tait √©tabli auparavant, aucun autre venu de l'ext√©rieur ne l'a occup√© par la suite‚Ķ Au contraire, les Grecs l'ont toujours occup√© comme le leur, et m√™me si, pour cause de surpeuplement, ils ont √©migr√© et occup√© d'autres territoires d'un grand int√©r√™t, ils ne l'ont jamais abandonn√©. ¬Ľ.
  30. Théodore, despote depuis 1407 reste le seul à posséder le titre de despote de Morée mais Constantin arrivé en 1427 et Thomas arrivé en 1430 ont aussi le titre de despote. Théodore garde comme capitale la ville de Mistra qui est aussi celle du despotat de Morée. Constantin réside à Glarentza et dirige la Messénie, le Magne et la ville de Vostitsa. Enfin, Thomas a pour capitale Kalávryta.
  31. Gennade II Scholarios dit ainsi √† D√©m√©trios peu apr√®s sa lutte contre Thomas Pal√©ologue : ¬ę Tu ne combats pas seulement pour tes droits, mais pour le reste des Hell√®nes qui p√©riront au milieu de nos discordes. Puisses-tu prendre de meilleures r√©solutions dans l'int√©r√™t de ce qui reste de notre race infortun√©e, expos√©e √† s'√©vanouir au moindre souffle ou √† √™tre d√©vor√©e par nos ennemis. ¬Ľ.

Références

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  23. Michel Psellos, Chronographie, t. X, p. 13-14.
  24. Michel d'Attalie, Histoire éditions Bekker, p. 125-138.
  25. Michel Psellos, Chronographie, X, p. 19-22.
  26. Michel d'Attalie, Histoire, éditions Bekker, p. 159 et suite.
  27. A. Ducellier, M. Kaplan, B. Martin, Le Proche-Orient médiéval, éditions Hachettes université, p. 183.
  28. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, p. 366.
  29. D. et J. Sourdel vont même jusqu'à écrire dans La Civilisation de l'islam classique, éditions Arthaud, p. 111, que l'Anatolie aurait été "abandonnée" par ses populations, ce que l'archéologie dément.
  30. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, √©ditions Texto, p. 64, et Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 371.
  31. Nicéphore Bryenne, Histoire, II, p. 61.
  32. A. Ducellier, M. Kaplan, B. Martin, Le Proche-Orient médiéval, éditions Hachette université, p. 184.
  33. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 371.
  34. A. Ducellier et M. Kaplan, Byzance IVe-XIVe siècle, éditions Hachette supérieur, p. 56 - leur carte exagère un peu les conquêtes turques, voir Empire de Trébizonde).
  35. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 239.
  36. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 247.
  37. Claude Mutafian et √Čric van Lauwe, Atlas historique de l'Arm√©nie, ed. Autrement, paris, 2001, (ISBN 2-7467-0100-6), p. 52-55.
  38. Gérard Dédéyan, Histoire du peuple arménien, Privat, Toulouse 2007, p. 336.
  39. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 248.
  40. Anne Comnène, l'Alexiade, V, 1, 5.
  41. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 381.
  42. Chalandon, Alexis Comnène, p. 127.
  43. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, p. 381.
  44. Anne Comnène, L'Alexiade.
  45. Chalandon, Alexis Comnène, p. 101.
  46. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 251.
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  48. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 253.
  49. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 253-254.
  50. Jean Richard, Histoire des croisades, édition Fayard, p. 57.
  51. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 382-383.
  52. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 255.
  53. Anne Comnène, L'Alexiade, p. 210-212.
  54. Chalandon, Histoire de la première croisade, p. 163-165.
  55. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - I. 1095-1130 L'anarchie musulmane, Paris, Perrin, (réimpr. 2006), 883 p., p. 100.
  56. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 257.
  57. Foss, Ephesus after Antiquity: À late antique, Byzantine and Turkish City, 1979, p. 118.
  58. Cheynet, 2006, p. 435.
  59. Chalandon, Essai sur le règne d'Alexis Comnène, p. 194.
  60. F. Chalandon, Histoire de la première croisade, p. 202-205.
  61. Anne Comnène, L'Alexiade, livre 11.
  62. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, I, p. 105-107.
  63. Voir pour cela l'article sur Alexis Ier Comnène).
  64. M. Kaplan, A. Ducellier, B. Martin, Le Proche-Orient médiéval, éditions Hachette université, p. 186.
  65. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 260.
  66. À ne pas confondre avec le sultan Malik Chah Ier, sultan de l'Empire seldjoukide mort en 1092.
  67. John Julius Norwich, A Short History of Byzantium, New York, Vintage Books, 1997.
  68. Anne Comnène, l'Alexiade, XV, XI, 1-23.
  69. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance, l, 4,2.
  70. Kinnamos, Epitome, I, 2 (313).
  71. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 265.
  72. Michel le Syrien, Chronique universelle, III, p. 219.
  73. Michel le Syrien, Chronique universelle, III, p. 227.
  74. Th√©odore Prodrome, √Čpigrammes et √©crits divers, p. 1378.
  75. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance, l; 8,4.
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  144. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 515.
  145. Ramon Muntaner, Cronica catalana, p. 207.
  146. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 342.
  147. Ramon Muntaner, Cronica catalana, p. 211.
  148. Schlumberger, Expéditions des Almugavares ou Catalans en Orient, p. 248-251.
  149. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 346.
  150. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 523.
  151. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 182.
  152. Jean Cantacuzène, Histoire en 4 livres, II, p. 5.
  153. Bartusis, The Last Byzantine Army, p. 91.
  154. Grant, R G. Battle a Visual Journey Through 5000 Years of Combat. Londres, Dorling Kindersley, 2005 122.
  155. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, II, p. 32-36.
  156. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 528.
  157. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, I, p. 446-448.
  158. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, II, p. 24.
  159. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, éditions Texto, p. 269.
  160. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 170.
  161. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, éditions Texto, p. 70.
  162. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 353.
  163. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, II, p. 22.
  164. Donald MacGillivray Nicol (trad. Hugues Defrance), ¬ę Le suicide de Byzance, le r√®gne d‚ÄôAndronic III ¬Ľ, p. 197-198.
  165. Donald MacGillivray Nicol, Le Règne d’Adronic III, p. 199.
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  167. Nicéphore Grégoras, II, p. 585.
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  169. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 356.
  170. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, III, p. 64.
  171. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 539.
  172. Cantacuzène, Histoire en 4 livres, III, p. 66.
  173. Donald MacGillivray Nicol, ¬ę La seconde guerre civile. ¬Ľ, p. 226.
  174. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 541.
  175. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 227.
  176. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 229.
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  178. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 551.
  179. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 265.
  180. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 252.
  181. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 253.
  182. Cantacuzène, III, p. 248.
  183. Nicéphore Grégoras, Histoire romaine, III, p. 181.
  184. Cantacuzène, IV, 4.
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  186. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, éditions Fayard, p. 24.
  187. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 266.
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  198. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, p. 38.
  199. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 298.
  200. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 286.
  201. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 559.
  202. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 370.
  203. Halecki, Un empereur de Byzance à Rome, 1355-1375, Varsovie (1930), p. 147-149.
  204. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, p. 39.
  205. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, p. 41.
  206. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 296-297.
  207. Halecki, Un empereur de Byzance à Rome, 1355-1375 p. 228-229.
  208. Halecki, Un empereur de Byzance à Rome, p. 247.
  209. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 299.
  210. Jiretchek, Geschichte des Serben, éditions Gotha, 1911, I, p. 437.
  211. Oxford History, p. 264.
  212. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 375.
  213. Oxford History, p. 271.
  214. Démétrius Cydonès, Correspondance no 25, éditions Cammelli, p. 16.
  215. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 564.
  216. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 305.
  217. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 309.
  218. Phrantzès, Chronicus majus, I, p. 11.
  219. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 567.
  220. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, 1996, p. 567.
  221. Chalkokondylès, I, p. 58.
  222. Oxford History, p. 273.
  223. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 379.
  224. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 571.
  225. Phrantzès, Chronicon majus, I, p. 15.
  226. Zakythinos, Le Despotat grec de Morée, I, p. 155 et suite.
  227. Von Hammer, Histoire de l'Empire ottoman, p. 300-302.
  228. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 385.
  229. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 329.
  230. zakythinos, Le despotat grec de Morée, p. 156-157.
  231. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 386.
  232. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 577.
  233. Démétrius Cydonès, Correspondance no 50, p. 129-130.
  234. Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, I, p. 325 et suite.
  235. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 342.
  236. Doukas, Histoire, XVIII, p. 157.
  237. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 390.
  238. Cambridge Medieval History, IV, p. 686.
  239. Iorga, GEschichte des osmanischen Reiches, I, p. 356-359.
  240. Georg Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, p. 579-580.
  241. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 350.
  242. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, p. 580.
  243. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 393.
  244. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 392.
  245. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 351.
  246. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 352.
  247. Nicolae Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, I, p. 379.
  248. Joseph Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, p. 220.
  249. Doukas, XXIV, p. 79.
  250. Phrantzès, Chronicon majus, I, p. 40.
  251. Nicolae Iorga, I, Geschichte des osmanischen Reiches, p. 379-380.
  252. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 396.
  253. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Albin Michel, p. 581.
  254. Iorga, op. cit., I, p. 385.
  255. Joseph Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, vol. II, p. 249.
  256. Oxford History, p. 276.
  257. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, éditions Texto, p. 49.
  258. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, p. 582.
  259. Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, I, p. 386-387.
  260. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, éditions Texto, p. 53.
  261. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 408.
  262. Iorga, Geschichte des psmanischen Reiches, I, p. 430.
  263. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 410.
  264. Iorga, Geschichte des romanischen Reiches, I, p. 433.
  265. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, p. 320.
  266. Chalcondylès, VI, p. 99.
  267. Chalcondylès, VI, p. 108.
  268. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, p. 322.
  269. Chalcondylès, VII, p. 108.
  270. Phrantzès, Chronicon majus, II, p. 9.
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  272. Zakythinos, Le despotat grec de Morée, p. 232-234.
  273. Doukas, XXXII, p. 125.
  274. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, trad. J-J Hellert II, p. 335-337.
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  277. Zakythinos, Le Despotat grec de Morée, p. 242-245.
  278. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, II, p. 367.
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  280. Steven Runciman, La chute de Constantinople, éditions Texto, p. 104.
  281. Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, II, p. 6.
  282. R. Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, éditions Fayard, p. 83.
  283. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 419.
  284. Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, II, p. 14.
  285. Schlumberger, Le Siège, la Prise et le Sac de Constantinople par les Turcs en 1453, p. 8.
  286. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, p. 419.
  287. John Julius Norwich, A Short History of Byzantium, New York, Vintage Books, 1997, p. 373.
  288. Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, II, p. 9-12.
  289. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, II, p. 370.
  290. Schlumberger, Le siège, la prise et le sac de Constantinople par les Turcs en 1453, p. 27.
  291. Runciman, The fall of Constantinople, 1965, p. 83-84.
  292. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 403.
  293. Phrantzès, Chronicon majus, III, p. 838.
  294. Georges Phrantz√®s, Chronicon majus, texte grec report√© dans Classicorum auctorum e Vaticanis codicibus editorum, t. IX, Rome 1837, p. 1‚Äď10.
  295. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p. 422.
  296. Epistola reverendissimi patris domini Isidori cardinalis Ruteni scripta ad reverendissimum dominum Bisarionem episcopum Tusculanum ac cardinalem Nicenum Bononiaeque legatum (lettre du cardinal Isidore au cardinal Johannes Bessarion), daté du 6 juillet 1453.
  297. Nicolò Barboro, Giornale dell'Assedio di Costantinopoli, 1453.
  298. John Julius Norwich, A Short History of Byzantium, New York, Vintage Books, 1997, p. 376.
  299. La prise de Constantinople, Jean Claude Cheynet.
  300. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions texto, p. 419.
  301. Donald M. Nicol, Les Derniers siècles de Byzance, éditions Texto, p. 420.
  302. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot 1996, p. 593.
  303. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 421.
  304. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 422.
  305. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 430.
  306. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 430-431.
  307. Miller, Trebizond: The Last Greek Empire, p. 97-100.
  308. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 431.
  309. Miller, Trebizond: The Last Greek Empire, p. 100-105.
  310. Steven Runciman, La Chute de Constantinople, éditions Texto, p. 224.
  311. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p. 433.
  312. Madden, Thomas F. Crusades the Illustrated History. 1st ed. Ann Arbor: University of Michigan P, 2005 p. 189.
  313. Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, √©ditions Payot, p. 594.
  314. Davis, Ralph. The Rise of the Atlantic √Čconomies Ithaca, New York, Cornell UP, 1973. 9-10.

Voir aussi

Sources primaires

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  • Michel le Syrien, Chronique universelle, t. III, √©ditions et traduction fran√ßaise par J. B. Chabot, vol., 1899-1910.
  • Nic√©tas Choniat√®s, Grandeur et catastrophe de Byzance, √©crits originaux du (XIIe si√®cle)
  • Jean Cinnamus, Chronique, √©crits originaux du XIIe si√®cle.
  • Jean Cantacuz√®ne, Histoire en 4 livres, P. G. (Patrologiae Cursus completus Migne. S√©ries graeco-latina), √©crits originaux du XIVe si√®cle.
  • Laonicos Chalcondyle, Chroniques, √©ditions Heisenberg, 1903, √©crits originaux : XIIIe si√®cle
  • Th√©odore Prodrome, √Čpigrammes et √©crits divers, P. G., CXXXIII, √©crits originaux du XIe si√®cle.
  • Ramon Muntaner, Cronica catalana, √©crits originaux du XIVe si√®cle, traduite par J. A. Buchon en 1827.
  • Georges Pachym√®re, Histoire, √©ditions Albert Failler, √©crits originaux du XIIIe si√®cle.
  • Michel Psellos, Chronographie, 1re √©ditions Sathas, Bibliotheca Medii aevi (BMA), 1874. √Čdit√© r√©cemment par les Belles Lettres.
  • Guillaume de Tyr, Histoire des croisades
  • Nic√©phore Gr√©goras, Histoire, Byzantina Historia, √©ditions L. Schoppen, vol. (corpus scriptorum historiae byzantinae (CSHB), 1829-55), XIVe si√®cle.
  • Laonicos Chalcondyle, Historiae, √©ditions E. Darko, Laonici Chalcocondylae Historiarum Demonstrationes, 2. vol. (Budapest 1922-27), √©crits originaux XVe si√®cle.
  • Michel d'Attalie, Histoire, √©ditions Bekker, CSHB, 1883.
  • Georges Phrantz√®s, Chronicon Majus, P. G., CLVI, √©crits originaux du XVe si√®cle.
  • Kritoboulos d'Imbros, Histoire, √©ditions M√ľller, F.H.G.V., 54-161, 1870, √©crits originaux du XVe si√®cle.
  • D√©m√©trios Kydones, Correspondances, √©ditions et traduction fran√ßaise Cammelli, Collection byzantine publi√©e sous le patronage de l'association Guillaume Bud√© (CBB).
  • Doukas, Istoria Turco-ByzantinńÉ (1341-1462), √©ditions V. Gr√©cu, Bucarest, 1958 ; traduit en anglais par H. G. Magoulias, Doukas : Decline and Fall of Byzantium to the Ottoman Turks, D√©troit, 1975, √©crits originaux du XVe si√®cle.

Ouvrages postérieurs à la période étudiée

Ouvrages généraux
  • Louis Br√©hier, Vie et mort de Byzance, Paris, Albin Michel, , 632 p. (ISBN 2-226-17102-9) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Alain Ducellier, Michel Kaplan et Bernadette Martin, Le Proche-Orient m√©di√©val, Hachette universit√© (ISBN 978-2-01-005523-2 et 2-01-005523-3) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Alain Ducellier, M. Kaplan, Byzance, IVe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXVe si√®cle, Hachette sup√©rieur (ISBN 978-2-01-145577-2 et 2-01-145577-4) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Georg Ostrogorsky, Histoire de l'√Čtat byzantin, Payot, , 647 p. (ISBN 978-2-228-90206-9) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • John Julius Norwich, Histoire de Byzance (330-1453) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • (en) Cambridge Medieval History, √Čditions Paul Fourrache, (ISBN 0-521-85360-5) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Charles Diehl, Histoire de l'Empire byzantin (1919), Paris, √Čditions du Trident, 2007.
Ouvrages sur les Seldjoukides
Ouvrages sur les premières campagnes
  • Jean-Claude Cheynet, Manzikert - un d√©sastre militaire ?, dans Byzantion 50, 1980, p. 410-438
  • Claude Cahen, La Campagne de Mantzikert d‚Äôapr√®s les sources musulmanes, dans Byzantion 10, 1934, p. 613-642.
  • (en) Haldon, John (2001), The Byzantine Wars: Battles and Campaigns of the Byzantine Era, Stroud: Tempus, (ISBN 0-7524-1795-9)
Ouvrages sur les croisades et les Comnènes
  • Ren√© Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de J√©rusalem, √©ditions Perrin, (ISBN 978-2-262-01569-5 et 2-262-01569-4) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • F. Chalandon, les Comn√®nes, 1912.
  • Steven Runciman, Histoire des croisades, √©ditions Tallandier, 2006, (ISBN 2-84734-272-9)
  • Jean Richard, Histoire des croisades, √©dition Fayard
  • Amin Maalouf, Les croisades vues par les arabes, √©ditions J'ai lu, 1983
  • √Člisabeth Malamut, Alexis Ier Comn√®ne, Ellipses, 2007.
Ouvrages sur l'Empire ottoman
  • (de) Nicolae Iorga, Geschichte des osmanischen Reiches, √©ditions Gotha, 1908-1909.
  • Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, depuis son origine jusqu'√† nos jours traduit par J. J. Hellert, Bellizard, 1836 Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, √©ditions Fayard, 2010. Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Mehmet Fuat K√∂pr√ľl√ľ, Les Origines de l'Empire ottoman, Porcupine Press, , 143 p. (ISBN 978-0-87991-457-8)
  • Franz Babinger, Mehmet le Conqu√©rant et son temps, Paris,
Ouvrages sur la période 1204-1453
  • Raoul Gomez Estangui, Byzance face aux Ottomans : exercice du pouvoir et contr√īle du territoire sous les derniers Pal√©ologues (milieu XIVe-milieu XVe si√®cle), Paris, Publications de la Sorbonne,
  • Ren√© Grousset, L'Empire des steppes, 1938 (sur l'influence mongole en Asie Mineure) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Schlumberger, Exp√©ditions des Almugavares ou Catalans en Orient, 1902. Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Donald MacGillivray Nicol (trad. Hugues Defrance), Le Suicide de Byzance, le r√®gne d‚ÄôAndronic III.
  • Donald MacGillivray Nicol, Les Derniers Si√®cles de Byzance 1261-1453, traduit par Hugues Defrance, √©ditions Texto, 1993(parution en anglais), (ISBN 978-2-84734-527-8) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople 1204-1453, √©ditions Perrin. (ISBN 2-262-02098-1)
  • (en) John Julius Norwich, Byzantium; v. 3: The Decline and Fall. Viking, 1995 (ISBN 0-670-82377-5). Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • (en) Mark C. Bartusis, The Late Byzantine Army : Arms and Society, 1204-1453, University of Pennsylvania Press,
  • Denis A. Zakythinos, Le Despotat grec de Mor√©e, √©ditions Les Belles Lettres, 1953.
  • Steven Runciman, La Chute de Constantinople (1453), √©ditions Texto, traduit par H√©l√®ne Pignot, (ISBN 978-2-84734-427-1) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Georges Ostrogorsky, ¬ę Byzance √Čtat tributaire de l'Empire turc ¬Ľ in ZRVI, V (1958), p. 49-58
  • C√©cile Morrisson et Angeliki Laiou, Le Monde byzantin, tome 3 : l'empire grec et ses voisins (1204-1453), PUF, coll. ¬ę Nouvelle Clio ¬Ľ,
  • (en) Marios Philippides et Walter K. Hanak, The Siege and the Fall of Constantinople in 1453 : Historiography, Topography, and Military Studies, Farnham/Burlington (Vt.), Ashgate, , 759 p. (ISBN 978-1-4094-1064-5, lire en ligne)
Articles divers portant sur le sujet
  • Albert Failler, ¬ę La restauration et la chute d√©finitive de Tralles au XIIIe si√®cle ¬Ľ, Revue des √©tudes byzantines, vol. 42,‚Äé , p. 249-263
  • Ir√®ne Beldiceanu-Steinherr, ¬ę La conqu√™te d'Andrinople par les Turcs. La p√©n√©tration turque en Thrace et la valeur des chroniques ottomanes ¬Ľ, Travaux et m√©moires, vol. I,‚Äé , p. 439-461
  • Albert Failler, ¬ę √Čph√®se fut-elle prise en 1304 par les Turcs de Sasan ? ¬Ľ, Revue des √©tudes byzantines, vol. 54,‚Äé , p. 245-248
  • Albert Failler, ¬ę Les √©mirs turcs √† la conqu√™te de l'Anatolie au d√©but du XIVe si√®cle ¬Ľ, Revue des √©tudes byzantines, vol. 52,‚Äé , p. 69-112

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Articles connexes

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