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Constantin IX Monomaque

Constantin IX Monomaque (en grec : őöŌČőĹŌÉŌĄőĪőĹŌĄőĮőĹőŅŌā őė Ļ őúőŅőĹőŅőľő¨ŌáőŅŌā, KŇćnstantinos IX Monomakhos), parfois surnomm√© ¬ę le Gladiateur ¬Ľ[N 1], n√© vers 1000 √† Antioche et mort le √† Constantinople, est un bureaucrate et s√©nateur devenu empereur byzantin entre le et le .

Constantin IX Monomaque
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Constantin IX Monomaque
Mosaique √† Sainte-Sophie repr√©sentant Constantin IX. Il porte l‚Äôapokombia, contenant des offrandes qu'il est de coutume que l'empereur fasse √† l'√Čglise.
Règne
-
12 ans et 7 mois
Période Macédonienne
Précédé par Zoé Porphyrogénète
Michel V
Co-empereur Zoé Porphyrogénète (1028-1050)
Suivi de Théodora Porphyrogénète
Biographie
Naissance vers 1000
(Antioche)
Décès (~55 ans)
(Constantinople)[1]
Père Théodose Monomachos
√Čpouse Inconnue
Pulchérie Sklèros
Zoé Porphyrogénète
Descendance Anna

Issu d'une famille de la noblesse byzantine, il arrive au pouvoir par son mariage avec Zo√© Porphyrog√©n√®te, derni√®re repr√©sentante, avec sa sŇďur, de la prestigieuse dynastie mac√©donienne. Son r√®gne intervient donc √† la fin de cette √®re d'expansion progressive et de prosp√©rit√© pour l'Empire byzantin, qui rencontre alors des d√©fis d'ampleur. Longtemps consid√©r√© comme hostile √† l'arm√©e et peu pr√©occup√© par la d√©fense des fronti√®res, il a pourtant combattu des menaces nouvelles, comme les Normands en Italie du Sud, les Petch√©n√®gues dans les Balkans et les Seldjoukides en Orient. Capable d'√©tendre une derni√®re fois la fronti√®re orientale par l'incorporation d'Ani en Arm√©nie, il est toutefois en difficult√© face √† ces forces √©mergentes qui gagnent peu √† peu du terrain.

Sur le front int√©rieur, ses d√©cisions ont √©t√© largement d√©battues, tandis que son pouvoir est √† plusieurs reprises contest√© du fait de l'extinction √† venir de la dynastie mac√©donienne. S'il sort vainqueur des diff√©rentes r√©bellions auxquelles il fait face, gr√Ęce √† une habile ma√ģtrise des r√©seaux de pouvoir, leur survenue atteste l'instabilit√© grandissante de la sc√®ne politique imp√©riale, tandis que l'√©conomie conna√ģt des signes d'essoufflement. Reconnu pour avoir ouvert le S√©nat byzantin √† des pans plus vastes de la soci√©t√© byzantine, notamment aux marchands et commer√ßants, il a √©t√© vu par Paul Lemerle comme un symbole de l'√®re de prosp√©rit√© du monde byzantin du milieu du XIe si√®cle. Ainsi, il ouvre une importante √©cole de droit, fait participer nombre d'intellectuels √† son gouvernement et promeut la culture dans l'Empire. N√©anmoins, d'autres historiens ont vu en lui un empereur peu pr√©occup√© des troubles les plus urgents qui frappent l'Empire, d√©pensier, plus int√©ress√© par des plaisirs futiles et qui se refuse √† quitter Constantinople, ce qui peut s'expliquer par sa sant√© fragile.

Enfin, son r√®gne voit la rupture avec l'√Čglise d'Occident en 1054, un √©v√©nement dont la port√©e reste limit√©e √† court terme, mais qui symbolise l'√©cart grandissant entre Rome et Constantinople. √Ä sa mort, l'Empire s'appr√™te √† conna√ģtre des d√©fis de grande ampleur qui vont jusqu'√† remettre en cause son existence m√™me. C'est probablement ce qui explique les interpr√©tations si diff√©rentes qui ont pu √©merger √† propos du r√®gne de Constantin IX, tant√īt jug√© responsable de l'aggravation prochaine de la situation de l'Empire, tant√īt reconnu pour ses efforts afin d'y apporter des r√©ponses plus ou moins adapt√©es.

Sources littéraires

Le r√®gne de Constantin IX intervient √† un moment de floraison intellectuelle de l'Empire, qu'il contribue √† entretenir. De ce fait, plusieurs textes font r√©f√©rence √† son √©poque. Le plus important est la Chronographie de Michel Psellos, figure majeure de son temps, chroniqueur, mais aussi acteur du jeu politique complexe du monde byzantin du XIe si√®cle. Psellos est un des prot√©g√©s de l'empereur, qui favorise son ascension aux c√īt√©s d'autres intellectuels, et il livre au moins sept pan√©gyriques en sa faveur[2]. Pour autant, dans sa Chronographie post√©rieure au r√®gne de Constantin, il n'h√©site pas √† souligner les d√©fauts du souverain, qu'il juge trop d√©pensier[3]. En compl√©ment de cette Ňďuvre fondamentale, les √©crits de Jean Skylitz√®s, dont l'ouvrage s'arr√™te presque √† la mort de Constantin, et de Michel Attaleiat√®s, autres historiens principaux du si√®cle, permettent d'avoir une vision plus distanci√©e des √©v√©nements. Attaleiat√®s reprend le jugement d'un homme port√© sur les plaisirs de la vie et les distractions futiles, tout en notant le raidissement de son comportement dans les derni√®res ann√©es de sa vie[4]. Jean Zonaras, qui vit quelques d√©cennies apr√®s la mort de Constantin, livre aussi des √©l√©ments sur son r√®gne. Des textes arm√©niens offrent une perspective ext√©rieure, en particulier sur les r√©gions les plus orientales de l'Empire, tout en √©tant plus critiques envers Constantin et les Byzantins en g√©n√©ral. Ainsi, Aristak√®s Lastivertsi d√©nonce les mŇďurs dissolues de l'empereur et son manque de r√©flexion dans la conduite des affaires. La simultan√©it√© de la prise d'Ani et des premi√®res incursions turques contribuent en grande partie au peu d'estime des chroniqueurs arm√©niens √† l'encontre de Constantin[5].

Biographie

Famille

Constantin[6] est n√© √† Antioche[7], fils de Th√©odose Monomaque, juge et bureaucrate important sous Basile II et Constantin VIII. Issu d'une noble famille byzantine, il a deux sŇďurs, H√©l√®ne Monomaque (vers -vers ) et Eupr√©pie Monomaque (vers -apr√®s )[8]. Cette derni√®re semble avoir eu une certaine pr√©sence √† la cour de son fr√®re, lui d√©conseillant notamment d'amener sa ma√ģtresse au Grand Palais, sans r√©sultats. Selon Psellos, qui loue l'intelligence d'Eupr√©pie, elle aurait eu du m√©pris pour son fr√®re, et a critiqu√© plusieurs de ses d√©cisionsvol. 2,_livre_VII,_p. 143_;_vol. 2,_livre_VI,_p. 16._10-0">[9].

La famille Monomaque est ancienne et remonte au moins au d√©but du IXe si√®cle avec plusieurs fonctionnaires d'importance comme Paulos Monomaque, le grand-p√®re de Constantin, ambassadeur vers les ann√©es 950, tandis que plusieurs de ses a√Įeux occupent des rangs prestigieux, comme ceux de magister ou de patrice, qui les placent dans les hautes sph√®res de la soci√©t√© byzantine. Th√©odose est d'ailleurs impliqu√© dans un complot contre Basile II qui aboutit √† sa disgr√Ęce temporaire. Probablement originaires d'Antioche, les Monomaques s'installent vite √† Constantinople et montrent une certaine d√©votion pour Saint Georges, une pratique entretenue par Constantin au cours de son r√®gne. Si le nom de famille a des √©vocations guerri√®res, puisque Monomaque signifie ¬ę qui se bat en combat singulier ¬Ľ, les parents de Constantin sont principalement des fonctionnaires[10] - [11].

Sa seconde épouse, Pulchérie Sklèros, est la nièce maternelle de Romain III Argyre. Cette union avec une parente de l'empereur témoigne de la place élevée qu'occupent Constantin et sa famille dans la hiérarchie de l'Empire[12]. Compromis dans un complot sous le règne de Michel IV en 1035, il est exilé par Jean l'Orphanotrophe à Mytilène pendant sept ans[13] - [14].

Arrivée au pouvoir

Enluminure représentant en or, rouge et bleu l'arrivée par bateau d'un homme couronné dans une grande ville médiévale.
L'arrivée à Constantinople de Constantin Monomaque pour être reçu par Zoé, illustration tirée de la chronique de Skylitzès de Madrid.

En 1042, la situation de l'Empire byzantin est atypique. Face √† l'absence de repr√©sentants masculins apr√®s les morts de Basile II (962-1025) et de Constantin VIII (962-1028), la dynastie mac√©donienne n'est plus repr√©sent√©e que par les deux filles de Constantin VIII : l'a√ģn√©e Zo√© Porphyrog√©n√®te et Th√©odora Porphyrog√©n√®te. Comme la tradition politique byzantine interdit la d√©tention du pouvoir supr√™me par une femme seule, √† l'exception d'Ir√®ne l'Ath√©nienne, un mariage avec Zo√© devient la promesse du tr√īne. Ainsi, en 1028, elle a √©pous√© Romain III Argyre puis s'est √©prise de Michel IV, qu'elle prend comme mari apr√®s la mort suspecte de Romain. Quand Michel meurt le , elle devient veuve √† nouveau alors qu'elle est √Ęg√©e d'une soixantaine d'ann√©es. Pour quelques mois, c'est Michel V, le neveu de Michel IV, qui ceint la couronne en tant que fils adoptif de Zo√©. N√©anmoins, il s'attire vite l'hostilit√© franche de l'aristocratie, contre laquelle il prend des mesures fortes, mais aussi celle de la population, quand il d√©cide d'exiler Zo√© et Th√©odora, incarnations de la l√©gitimit√© mac√©donienne. Face √† cette fronde g√©n√©ralis√©e, il est contraint d'abandonner le pouvoir d√®s le et de se r√©fugier au monast√®re du Stoudion[15].

Zo√© d√©cide alors de trouver un troisi√®me √©poux et proc√®de √† une s√©lection. Apr√®s avoir repouss√© plusieurs candidats, dont Constantin Dalass√®ne, elle jette son d√©volu sur Constantin[16], qu'elle conna√ģt au moins depuis le r√®gne de Romain III puisque des rumeurs affirment qu'elle entretient alors une liaison avec lui[17]. L'union est c√©l√©br√©e le et Constantin IX est couronn√© le lendemain par le patriarche. Celui-ci, s'il a consenti √† un troisi√®me mariage pour Zo√©, n'a pas proc√©d√© au mariage, ce qui constitue une entorse aux r√®gles canoniques[18]. Selon Jean Skylitz√®s, c'est un pr√™tre de la Nea Ekklesia du nom de Styp√®s qui a offici√©[14]. Le choix de Constantin peut surprendre, car il n'a pas d'exp√©rience de la guerre ni de postes importants au sein de l'administration. Pour autant, si Constantin est qualifi√© d'inoffensif par Michel Psellos, √Čric Limousin rappelle ses liens √©troits avec tout un pan de l'aristocratie byzantine, en particulier des familles mises √† l'√©cart par Michel IV comme les Skl√®roi ou les Argyres, voire des familles plus r√©centes comme les Makrembolitz√®s[19]. D√®s son av√®nement, il confirme l'exil de Jean l'Orphanotrophe, transf√©r√© sur Lesbos, et de Michel V, envoy√© sur Chios o√Ļ il meurt d√®s l'√©t√© suivant[20]. Probablement dans la quarantaine √† son av√®nement, le nouvel empereur est d√©crit comme avenant et d√©cide d'un grand nombre de promotions s√©natoriales quand il prend le pouvoir. Selon Anthony Kaldellis, il entend placer son r√®gne sous le sceau de ¬ę la g√©n√©rosit√© et l'indulgence ¬Ľ[21].

√Čv√©nements int√©rieurs

Mosa√Įque repr√©sentant en pied, sur un fond dor√©, le Christ sur√©lev√© aux c√īt√©s d'un homme et d'une femme couronn√©s et portant l'aur√©ole.
Le Christ entre Constantin IX et Zo√©, mosa√Įque de Sainte-Sophie.

Le r√®gne de Constantin est marqu√© par la prodigalit√© dont il fait preuve, jouissant d'un tr√©sor imp√©rial abondant √† la suite des conqu√™tes de ses pr√©d√©cesseurs et de l'√®re d'expansion √©conomique que conna√ģt l'Empire dans la premi√®re moiti√© du XIe si√®cle. Alors que Zo√© a √©t√© priv√©e d'acc√®s √† ce tr√©sor par Romain III, son troisi√®me √©poux s'assure qu'elle peut en profiter autant que de besoin. Il distribue aussi un grand nombre de cadeaux, tant sous des formes mon√©taires que par des donations de terre ou des exemptions fiscales, en particulier pour le monde religieux.

Personnalité et vie sentimentale

D√®s son accession au tr√īne, il appara√ģt vite que le mariage qu'a contract√© Constantin avec Zo√© a pour seul but de lui permettre d'acc√©der √† la dignit√© imp√©riale. S'il a une bonne relation avec Zo√©, meilleure en tout cas que celle que lui ont r√©serv√©e les deux pr√©c√©dents √©poux de l'imp√©ratrice, il entretient depuis quelques ann√©es une relation avec sa cousine, Marie Skl√®raina, avec qui il n'a pu se marier en raison de l'interdit pesant sur une troisi√®me union. Bien vite, il impose la pr√©sence de sa ma√ģtresse √† la cour, ce √† quoi Zo√© ne s'oppose pas, d'autant qu'elle est certainement au courant de la liaison quand elle choisit Constantin comme √©poux[22]. Si Marie Skl√®raina est d'abord cantonn√©e au palais des Manganes, Constantin aspire √† officialiser sa relation avec elle et finit par l'√©lever au rang de sebaste (Augusta), ce qui l'am√®ne quasiment au m√™me statut que celui d'imp√©ratrice, d'autant qu'elle se montre une v√©ritable conseill√®re de l'empereur dans ses choix politiques. En d√©pit de cette situation tout √† fait inhabituelle √† la cour imp√©riale, Zo√© consent √† signer un trait√© d'amiti√© avec Marie Skl√®raina, dont les appartements sont contigus de ceux de Constantin[23]. La cour prend alors une configuration atypique, avec l'imp√©ratrice Zo√©, sa sŇďur Th√©odora dont le statut est similaire et une quasi-imp√©ratrice de fait[22]. Quand Marie Skl√®raina s'√©teint en 1046, Constantin semble en avoir tir√© une grande affliction et il la fait enterrer dans le monast√®re de Saint-Georges-des-Manganes. En 1050, c'est Zo√© qui meurt √† son tour, mais l'√©v√©nement ne trouble gu√®re l'empereur[24]. Dans les derni√®res ann√©es de son r√®gne, il prend une nouvelle ma√ģtresse, probablement issue d'une famille de la noblesse g√©orgienne, √©lev√©e elle aussi au rang de sebaste apr√®s la disparition de Zo√©[24].

Dans sa jeunesse, Constantin semble réputé pour sa beauté et son aspect athlétique, souligné par Michel Psellos, parfois avec emphase. Néanmoins, le même auteur met en exergue une certaine déchéance physique au fur et à mesure de son règne[25]. En effet, il souffre de plusieurs maladies dont la goutte et l'arthrite qui le handicapent dans ses déplacements et expliquent qu'il ne quitte pas Constantinople. En revanche, cela ne l'empêche pas de prendre la tête des défenseurs près des murailles quand il est assiégé par le rebelle Léon Tornikios[26].

Un empereur contesté

Le r√®gne de Constantin IX voit la r√©apparition de r√©voltes militaires d'envergure, pour la premi√®re fois depuis les ann√©es 980[27]. La premi√®re √©mane du g√©n√©ral le plus estim√© de son temps, Georges Maniak√®s, qui b√©n√©ficie du respect et de la loyaut√© de ses soldats et qui se r√©volte face √† ce qu'il per√ßoit comme de l'ingratitude de la part du pouvoir imp√©rial. √Ä cet √©gard, Jean-Claude Cheynet souligne qu'il ne s'appuie pas sur un groupe de partisans particuliers au-del√† de ses troupes. Une fois parti d'Italie o√Ļ il est gouverneur, il d√©barque √† Dyrrachium dont il bat le gouverneur local, avant de nouer une alliance avec le chef serbe Stefan Vojislav de Diocl√©e[28]. Ensuite, il continue sa marche et vainc une autre arm√©e en Bulgarie, puis prend la direction de Thessalonique. En , la bataille d√©cisive intervient pr√®s d'Ostrovo[N 2]. L'empereur est repr√©sent√© par l'eunuque √Čtienne Pergamos. Alors que Maniak√®s prend la t√™te de l'attaque et perce les lignes ennemies, il re√ßoit un coup mortel qui met un terme √† son soul√®vement. √Čtienne revient triomphant dans la cit√© imp√©riale et ram√®ne la t√™te du rebelle √† l'empereur[29] - [CH 1] - [30].

√Ä peu pr√®s au m√™me moment que Maniak√®s, c'est le gouverneur de Chypre, Th√©ophile √Črotikos, qui se soul√®ve en prenant pr√©texte de la fiscalit√© pour pousser la population locale √† s'en prendre aux fonctionnaires locaux. Constantin IX doit d√©p√™cher une flotte pour ramener l'ordre dans l'√ģle, tandis que le rebelle est fait prisonnier et expos√© au sein de l'hippodrome de Constantinople[31] - [32].

Toujours en 1043, un complot est d√©voil√© qui implique le gouverneur de M√©lit√®ne et l'eunuque √Čtienne, celui-l√† m√™me qui s'est oppos√© √† Maniak√®s. Une fois mis au courant, Constantin IX le fait tonsurer et exiler. Quant au gouverneur, il est exhib√© dans l'hippodrome, aveugl√© et exil√© lui aussi[32].

Enluminure représentant une scène de siège : assaillants et défenseurs s'envoient des traits, un engin de siège est tombé au pied des murailles.
Léon Tornikios à l'assaut de Constantinople. Chronique de Skylitzès de Madrid.

Le soul√®vement le plus grave intervient en 1047, quand L√©on Tornikios prend les armes contre l'empereur, dont il est pourtant un cousin et un proche de sa sŇďur Euprepeia. √Ä l'origine au , ce sont les tagmata de Mac√©doine qui s'opposent √† lui, peut-√™tre en raison de leur d√©mobilisation apr√®s la victoire contre les Petch√©n√®gues, qui les laisse sans solde l√† o√Ļ les arm√©es d'Orient combattent toujours[CH 2]. Si Tornikios est alors √† M√©lit√®ne, il semble d√©j√† √™tre en contact avec les conspirateurs. Constantin parvient √† retourner des officiers contre lui, le d√©met de son poste et le fait tonsurer[33]. Toutefois, le , √† l'aide de complices, L√©on Tornikios s'enfuit de Constantinople et rallie √† lui les troupes de Mac√©doine et de Thrace, qui sont les plus importantes de la partie occidentale de l'Empire. Install√© √† Andrinople, il se fait couronner empereur et vise directement Constantinople, pour emp√™cher que l'arm√©e d'Orient ne vienne en aide √† Constantin[34].

Le , Tornikios est devant les murailles de Constantinople. En face, l'empereur prend la t√™te de la d√©fense de la ville et arme une partie des habitants. Il est dans le quartier des Blachernes, √† proximit√© directe des remparts, pour √™tre au plus pr√®s des combats. Sa pr√©sence semble galvaniser les troupes et assure leur loyaut√©, car ils ne c√®dent pas aux acclamations de L√©on Tornikios. Si la panique semble un temps s'emparer des d√©fenseurs, L√©on Tornikios n'en profite pas et Constantin peut rapidement reprendre le contr√īle de la situation. Gr√Ęce aux engins de si√®ge qu'il a √©lev√©s sur les remparts, il peut harceler son adversaire et il n'h√©site pas √† armer des prisonniers pour gonfler ses effectifs[CH 3]. Bient√īt, les soutiens de Tornikios s'√©tiolent. Quelques jours seulement apr√®s avoir mis le si√®ge devant la ville, Tornikios se retire et tente d'assi√©ger Rhaidestos, seule ville thrace rest√©e fid√®le √† Constantin IX, sans plus de succ√®s. Si les troupes loyalistes d'Occident sont vaincues, bient√īt, l'empereur b√©n√©ficie des renforts venus d'Orient. Cette opposition entre les arm√©es d'Occident et les arm√©es d'Orient, aux int√©r√™ts divergents, est alors un trait de plus en plus marqu√© de la vie politique byzantine que Constantin sait exploiter[CH 4]. Encercl√©s, les rebelles abandonnent la cause de Tornikios qui, esseul√©, est livr√© √† l'empereur. Celui-ci le fait aveugler le jour de No√ęl 1047 et un po√®te de la cour, Jean Mavropous, livre un pan√©gyrique √† la gloire de Constantin IX quelques jours plus tard[35]. Apr√®s cette r√©volte, le r√®gne de Constantin ne conna√ģt plus de r√©bellions d'importance, ce qui atteste sa ma√ģtrise du jeu politique byzantin[36] - [37].

En dehors de ces soul√®vements militaires, Constantin doit aussi faire face √† la r√©volte d'une partie de la capitale en 1044, qui trouve une explication partielle dans la mise en avant excessive de sa ma√ģtresse au d√©triment des deux sŇďurs mac√©doniennes, qui sont tr√®s populaires et incarnent toujours la dynastie l√©gitime des Mac√©doniens[38]. En outre, Constantin est critiqu√© pour les largesses qu'il accorderait √† sa favorite[39]. Surtout, cet √©pisode illustre l'influence grandissante de la notabilit√© constantinopolitaine des marchands et des artisans, dont la richesse s'est accrue avec la prosp√©rit√© de l'Empire. Deux ans auparavant, ce sont des troubles similaires qui ont renvers√© Michel V. Ils expriment alors s√Ľrement un m√©contentement d'√™tre tenu √† l'√©cart du gouvernement de l'empereur[40] - [41]. Les communaut√©s juives et musulmanes de la cit√© participent aussi aux √©meutes et sont, pour cela, exil√©es √† P√©ra, sur l'autre rive de la Corne d'Or[42] - [43].

Politique militaire

Carte montrant les Balkans et la Turquie actuelle avec les frontières médiévales de l'empire byzantin.
L'Empire byzantin en 1025 à la mort de Basile II, faisant figurer en marron les conquêtes ultérieures, notamment l'incorporation de la région d'Ani sous Constantin IX.

Sur un plan militaire, Constantin IX met un terme √† l'expansionnisme des deux derniers si√®cles, ce qui lui a parfois valu d'√™tre consid√©r√© comme hostile √† l'arm√©e[44]. L'une des mesures les plus controvers√©es de son r√®gne est le d√©mant√®lement de l'arm√©e du duch√© d'Ib√©rie, qui aurait gravement affaibli la fronti√®re orientale alors m√™me que la menace turque est croissante. Au total, 50 000 hommes auraient √©t√© d√©mobilis√©s, ce qui semble consid√©rable pour la r√©gion et concernerait donc avant tout des paysans mobilisables en temps de guerre[45]. √Ä la place de ce ¬ę service militaire ¬Ľ, ils sont d√©sormais redevables de l'imp√īt. Selon Jean Skylitz√®s, une partie de la population pr√©f√®re fuir plut√īt que de payer cette nouvelle taxe, sans qu'il soit possible de d√©terminer l'exactitude et l'ampleur de ce ph√©nom√®ne[46]. Plusieurs chroniqueurs et historiens ont estim√© que cette d√©cision a facilit√© la p√©n√©tration turque dans la r√©gion et, √† terme, participerait au d√©clin de l'arm√©e byzantine apr√®s les r√©ussites de l'√®re mac√©donienne. Georg Ostrogorsky a particuli√®rement soutenu cette opinion et y a vu le symbole de l'hostilit√© de l'aristocratie civile, dont serait membre Constantin IX, envers l'arm√©e[47]. Pour les historiens plus r√©cents comme Jonathan Harris ou Anthony Kaldellis, cette d√©cision ne traduit pas une volont√© d√©lib√©r√©e d'affaiblir l'appareil militaire byzantin. Au contraire, l'empereur a toujours √©t√© attentif √† la d√©fense des fronti√®res et les Turcs ont d√©j√† commenc√© leurs incursions quand il prend cette d√©cision. Il est possible que cette arm√©e ait √©t√© d'une efficacit√© toute relative. John Haldon met ainsi en rapport sa dissolution avec ses performances m√©diocres contre les premi√®res incursions turques dans les ann√©es 1040[48]. √Ä une √©poque o√Ļ les empereurs se reposent de plus en plus sur une force professionnelle, Constantin a peut-√™tre pr√©f√©r√© un apport fiscal √† une troupe de faible qualit√©. Ce choix s'int√®grerait alors dans la fiscalisation grandissante de la strateia, soit la transformation d'une obligation militaire (la strateia) en une obligation fiscale, du fait de l'inadaptation des anciennes troupes locales, recrut√©es ponctuellement, au retour des guerres offensives √† partir du Xe si√®cle[HA 1]. Les empereurs pr√©f√®rent une arm√©e professionnelle ou le recrutement de mercenaires, qui vont de pair avec une simplification de l'organisation militaire de l'Empire[49]. Constantin IX a ainsi favoris√© le recrutement de mercenaires d'origine occidentale, souvent qualifi√©s de Francs, √† l'image d'Herv√© Frankopoulos qui participe √† plusieurs de ses campagnes et jouit d'un prestige certain dans l'Empire. Le chroniqueur Guillaume d'Apulie va jusqu'√† souligner les bonnes dispositions de l'empereur envers les soldats francs[50].

Au sein de l'Empire, l'√©volution en faveur d'une ¬ę d√©militarisation ¬Ľ des th√®mes s'incarne dans le passage progressif d'un gouverneur militaire (le strat√®ge) √† des administrateurs civils comme le juge (krit√®s) ou le praitor, une tendance dans laquelle s'inscrit l'empereur. Son administration, qui laisse une large place aux civils, int√®gre un nouveau poste, l‚Äôepi ton kriseon, responsable de ces administrateurs locaux, avec pour mission de contr√īler leurs d√©cisions et de pr√©venir les cas de corruption[44] - [51] - [52]. L'enjeu crucial de la r√©forme de Constantin en Ib√©rie est alors de conna√ģtre l'usage de l'imp√īt pr√©lev√© mais aucune information n'existe √† ce sujet[53].

Ouverture sociale

Constantin IX est r√©put√© pour sa politique d'ouverture du S√©nat byzantin √† des couches sociales qui en sont g√©n√©ralement exclues : les marchands et les artisans, qui b√©n√©ficient s√Ľrement du dynamisme √©conomique de l'Empire. Conform√©ment √† la tradition romaine, l'√©lite politique n'inclut pas les marchands, aussi riches soient-ils, et les grandes familles aristocratiques de l'Empire se distinguent avant tout par leur service de l'√Čtat, qu'il soit civil ou militaire. Au XIe si√®cle, le S√©nat, qui regroupe l'√©lite de la soci√©t√© byzantine, semble comprendre des membres nouveaux. Michel Psellos souligne tout particuli√®rement le r√īle de Constantin IX, puis de Constantin X, dans cette promotion alors que d'autres sources sont muettes, comme Michel Attaleiat√®s ou Jean Skylitz√®s. Le ph√©nom√®ne est difficile √† mesurer avec exactitude, mais quelques sources attestent une certaine ouverture sociale, notamment des sceaux s√©natoriaux portant le nom de familles inconnues jusqu'alors[54]. √Ä l'√©poque, le gouvernement imp√©rial pratique la vente de charges et de dignit√©s qui permettent l'ascension sociale de leurs b√©n√©ficiaires, tout en alimentant le tr√©sor public, au moins √† court terme, d'o√Ļ la tentation d'√©largir le champ des privil√©gi√©s. Pour Constantin IX, qui fait face √† la d√©fiance d'une partie de la vieille aristocratie promue sous la dynastie mac√©donienne, c'est un moyen de s'appuyer sur une autre composante de la soci√©t√© byzantine[40]. Cependant, chaque charge s'accompagne d'une rente annuelle (la roga), qui, par sa dur√©e p√®se sur les finances imp√©riales. Si l'ampleur de l'ouverture du S√©nat par Constantin reste difficile √† mesurer, ses successeurs sont effectivement confront√©s √† un nombre de plus en plus important de rogai √† verser[55].

Politique religieuse et schisme avec la papauté

Photographie des deux faces du sceau : l'une représente un homme et un enfant auréolés, le revers une série de caractères grecs.
Sceau de plomb de Michel Cérulaire en tant que patriarche de Constantinople.

Tout au long de son r√®gne, Constantin IX cohabite avec le patriarche Michel C√©rulaire, r√©put√© pour sa grande autonomie et sa capacit√© √† se distinguer, voire √† s'opposer, au pouvoir imp√©rial. √Ä cet √©gard, Jean-Claude Cheynet le qualifie de ¬ę patriarche tyrannos ¬Ľ[56]. Si les relations sont parfois difficiles, c'est bien Constantin qui l'a nomm√© au poste patriarcal √† la mort d'Alexis Studite en 1043, probablement en remerciements du soutien apport√© par la famille C√©rulaire √† sa cause[40].

Miniature médiévale représentant un ecclésiastique barbu assis sur un siège.
Michel Cérulaire au moment de sa nomination comme patriarche dans la chronique de Skylitzès de Madrid.

Cette difficult√© √† contr√īler le patriarche devient patente en 1054, une ann√©e marqu√©e par un √©v√©nement aux cons√©quences d√©terminantes pour l'avenir des relations entre l'Empire byzantin et l'Europe occidentale : la s√©paration des √Čglises d'Orient et d'Occident en 1054. Consid√©r√©e comme une date cl√©, sa port√©e r√©elle a √©t√© largement relativis√©e depuis et elle est d√©sormais per√ßue comme une √©tape dans un processus de distanciation entre Rome et Constantinople, entam√© au moins depuis le VIIIe si√®cle[57] - [58]. Depuis plusieurs si√®cles, diff√©rentes controverses th√©ologiques sont venues perturber les rapports entre les deux p√īles de la chr√©tient√©, sur fond de rivalit√© politique, car le patriarche de Constantinople r√©pugne r√©guli√®rement √† reconna√ģtre la primaut√© papale, tandis que ce dernier s'est progressivement d√©tourn√© de l'empereur byzantin au profit de puissances occidentales comme l'Empire carolingien. En plus de l'enjeu de la primaut√© papale, des controverses th√©ologiques comme la querelle du Filioque √† propos de la nature du Saint-Esprit sont des sujets de discorde r√©currents, qui peuvent aussi s'expliquer par des diff√©rences culturelles et linguistiques. Ces divergences trouvent √† s'exprimer en 1054, alors m√™me que la papaut√© et l'Empire sont alli√©s face aux Normands. N√©anmoins, c'est aussi en Italie du Sud que les querelles s'enveniment quand les repr√©sentants du patriarche entendent mettre fin √† des pratiques du rite latin, notamment l'usage du pain azyme. En outre, le patriarche Michel Ier C√©rulaire semble avoir fait fermer les √©glises constantinopolitaines affili√©es au rite latin[59].

Michel C√©rulaire fait figure de patriarche d√©termin√© et dot√© d'une forte autonomie, tant √† l'√©gard de Rome que de l'empereur, ce qui complique in√©vitablement toute n√©gociation, m√™me si son r√īle dans la rupture a probablement √©t√© exag√©r√©[60]. Quand le pape L√©on IV envoie son l√©gat, le cardinal Humbert reconnu pour son intransigeance, pour r√©soudre la crise et discuter de l'alliance avec l'Empire fragilis√©e par la d√©faite de Civitate, c'est un √©chec complet. Quand il a connaissance d'un pamphlet anti-latin publi√© par un moine du Stoudion, l'empereur a beau contraindre le coupable √† se r√©tracter, le mal est fait[58]. Le cardinal d√©pose une bulle d'excommunication √† l'intention du patriarche le en pleine procession, lequel r√©plique de la m√™me mani√®re √† l'occasion d'un synode r√©uni √† la h√Ęte le . Ces √©v√©nements se d√©roulent tandis que le pape est d√©c√©d√© en et que la vacance du si√®ge papal rend potentiellement invalides les d√©cisions de ses repr√©sentants[61]. M√™me si la rupture est consomm√©e, elle n'est qu'une √©tape de plus dans une s√©paration progressive qui n'est pas encore consid√©r√©e comme in√©luctable et ne fait r√©ellement sentir ses effets que bien plus tard[62] - [63].

Photographie aérienne d'un ensemble monastique dans un environnement boisé
Le monastère Nea Moni de Chios, fondé juste avant l'arrivée au pouvoir de Constantin, voit son développement largement favorisé par l'empereur.

Le r√īle de Constantin IX dans cette crise est imparfaitement connu. Vieillissant, il est s√Ľrement d√©sar√ßonn√© par l'attitude de Michel C√©rulaire, qui s'appuie sur la population de la capitale, largement favorable au patriarche[58]. L'empereur a re√ßu avec attention les l√©gats papaux et cherche vraisemblablement √† conserver l'alliance contre les Normands. Les divergences religieuses entre Rome et Constantinople sont s√Ľrement secondaires √† ses yeux face √† la n√©cessit√© d'une coalition en Italie du sud. Par ailleurs, la bulle d'Humbert est √©logieuse pour l'empereur et bien dirig√©e contre le patriarche. Cela n'emp√™che pas Constantin d'y r√©agir assez vigoureusement, peut-√™tre pour satisfaire une partie de l'√©lite politique proche de C√©rulaire et de la population, dont les manifestations ont tourn√© √† l'√©meute. C'est probablement √† son initiative qu'un synode est convoqu√© qui excommunie le cardinal Humbert, qui a refus√© de s'y pr√©senter, l√† aussi sans viser le pape ou le dogme catholique en tant que tel[64] - [65].

En-dehors du schisme de 1054, dont la port√©e s'est surtout fait ressentir bien apr√®s sa mort, Constantin IX se montre attentif au bon fonctionnement mat√©riel de l'√Čglise. Il fournit √† la basilique Sainte-Sophie les fonds n√©cessaires √† la tenue d'une synaxe (une assembl√©e de croyants) eucharistique quotidienne[66] et publie diff√©rents √©dits qui encadrent le statut particulier de la communaut√© monastique du Mont Athos. Comme beaucoup d'empereurs byzantins, il prend soin de financer la restauration, la construction ou l'entretien d'un certain nombre d'√©tablissements religieux, √† l'image du monast√®re tout juste fond√© de la N√©a Moni sur l'√ģle de Chios, √† qui il conf√®re plusieurs avantages financiers. Il favorise aussi beaucoup le monast√®re de la Grande Laure de l'Athos et donne des terres du domaine imp√©rial pour favoriser la constitution de monast√®res, √† l'image de la Th√©otokos de Bessai dans la r√©gion d'√Čph√®se, cr√©√© par Lazare de Gal√®sion. Selon La Vie de Saint Niphon, Constantin IX serait √©galement √† l'origine de la restauration du monast√®re de Mesopotamon, pr√®s de l'actuelle Gjirokast√ęr[67]. Mais son Ňďuvre principale demeure la restauration √† grands frais du monast√®re de Saint-Georges-des-Manganes √† Constantinople[68].

Pratique du pouvoir et succession

Miniature médiévale représentant le couronnement d'un souverain debout.
Couronnement de Constantin IX représenté dans la chronique de Skylitzès de Madrid.

Le r√®gne de Constantin IX intervient dans une p√©riode troubl√©e, celle d'une dynastie finissante. Avec l'extinction in√©luctable de la lign√©e des Mac√©doniens, les ambitions imp√©riales s'affrontent de plus en plus √† la cour byzantine, d'abord sous la forme de la comp√©tition pour devenir l'√©poux des deux derni√®res descendantes de Constantin VIII, ensuite pour fonder une nouvelle dynastie. La r√©surgence des soul√®vements militaires au d√©but du r√®gne de Constantin Monomaque t√©moigne de l'instabilit√© qui couve. N√©anmoins, il est parvenu √† se maintenir sur le tr√īne durant douze ans, sans √™tre renvers√©. Pour cela, il a d√Ľ faire preuve d'habilet√© pour se concilier des int√©r√™ts divergents √† la cour byzantine[69].

Dans la vision historique classique, il est un repr√©sentant de l'aristocratie civile et gouverne comme tel, en s'appuyant sur la bureaucratie au d√©triment des g√©n√©raux. Pour autant, cette th√®se doit √™tre nuanc√©e. Certes, il s'appuie sur une √©lite politique et intellectuelle pour gouverner, √† l'image de tous les lettr√©s qui occupent son gouvernement[70]. Cette classe de fonctionnaires imp√©riaux, appel√©s basilikoi, est r√©guli√®rement l'objet des attentions de l'empereur pour se les concilier. Pour autant, il s'est probablement appuy√© dans les premi√®res ann√©es de son r√®gne sur les √©lites de la dynastie mac√©donienne avant de s'en d√©tourner progressivement, ce qui favorise les r√©voltes de Maniak√®s, d'Erotikos ou de Tornikios. Il est aussi attentif √† placer des eunuques, qui ne peuvent pr√©tendre √† la dignit√© imp√©riale, √† des postes strat√©giques, √† l'image d'Etienne Pergamos nomm√© comme g√©n√©ral de l'arm√©e qui combat Maniak√®s[CH 5]. √Ä partir de 1044, il s'ouvre de plus en plus √† l'aristocratie marchande qui a largement impuls√© la r√©volte de 1044 qui agite la capitale. C'est tout l'objet de l'ouverture du S√©nat byzantin √† des familles nouvelles[40]. √Čric Limousin a vu dans la capacit√© de Constantin IX √† s'appuyer sur des pans diff√©rents de la soci√©t√© byzantine la caract√©ristique d'un homme de r√©seau. C'est d'autant plus n√©cessaire qu'il est dans l'incapacit√© d'√©tablir une nouvelle dynastie puisque toute procr√©ation avec Zo√©, vieillissante, est inconcevable et qu'il n'a pas de descendant m√Ęle d'une pr√©c√©dente relation. Sa l√©gitimit√© est donc par nature fragile. Par cette propension √† construire des r√©seaux d'alliances autour de la personne de l'empereur, Constantin IX tente de trouver une solution post-mac√©donienne qui, si elle ne lui survit pas, trouve un aboutissement avec l'av√®nement de la dynastie des Comn√®nes quelques d√©cennies plus tard, dont les r√©seaux s'ancreront √† la solidit√© d'unions matrimoniales que ne pouvait convoquer Constantin Monomaque avec autant de force[71].

D√©nu√© d'h√©ritier naturel, Constantin √©choue √† organiser sa succession. Dans les derniers temps de son existence, influenc√© par les eunuques de sa cour, il voit en Nic√©phore Proteuon, membre d'une famille alli√©e, un pr√©tendant s√©rieux au tr√īne imp√©rial. Seulement, Th√©odora est toujours en vie et, bien que retir√©e dans un monast√®re, incarne encore, aux yeux d'une partie de la soci√©t√©, la l√©gitimit√© des Mac√©doniens. Or, apr√®s la mort de Zo√© en 1050, les relations entre Constantin et le clan des Mac√©doniens se sont distendues. Ainsi, d√®s que ses partisans ont connaissance du projet de succession, Th√©odora est inform√©e et quitte son couvent pour la capitale[72]. Quand il meurt en (le est la date la plus souvent retenue), l'imp√©ratrice vient tout juste de reprendre les r√™nes du pouvoir et Nic√©phore Proteuon est √©cart√©[1] - [N 3].

Souvent vilipend√© par les chroniqueurs de son temps pour sa prodigalit√©, qu'elle soit dans ses r√©alisations artistiques, son train de vie et celui de la cour ou les promotions dont il gratifie nombre de ses partisans, il semble avoir resserr√© la discipline budg√©taire dans les derni√®res ann√©es de son r√®gne, alors que l'√©conomie byzantine commence √† conna√ģtre un ph√©nom√®ne d'inflation apr√®s des d√©cennies de stabilit√© mon√©taire. C'est aussi √† partir de 1050 que Constantin met de c√īt√© Constantin Lichoud√®s, l'un de ses principaux ministres et pilier d'un certain nombre de r√©formes[73]. Dans l'ensemble, la plupart des lettr√©s qui composent l'entourage proche de l'empereur sont progressivement contraints de se retirer, probablement en raison de leur programme de r√©formes trop ambitieux ou contraire √† diff√©rents int√©r√™ts de la soci√©t√© byzantine[74]. Ainsi, Jean Xiphilin finit par se retirer dans un monast√®re de l'Olympe de Bithynie, de m√™me que Jean Mavropous, rel√©gu√© comme √©v√™que d'un lointain dioc√®se d'Anatolie[75].

L'économie sous Constantin IX

Photographie des deux faces d'une monnaie aux contours irréguliers.
Monnaie byzantine repr√©sentant Nic√©phore III Botaniat√®s qui r√®gne entre 1078 et 1081, au terme des plusieurs vagues de d√©valuation mon√©taire. L'aspect relativement p√Ęle de la pi√®ce symbolise la diminution de la quantit√© d'or pr√©sente et, par cons√©quent, de sa valeur.

Au milieu du XIe si√®cle, l'√©conomie byzantine atteint son apog√©e m√©di√©val. Les conqu√™tes successives ont abond√© le tr√©sor imp√©rial, tandis que la monnaie byzantine r√®gne en ma√ģtre sur l'espace m√©diterran√©en, au point d'√™tre parfois qualifi√©e de dollar du Moyen √āge. Pourtant, un mouvement s'amorce sous Constantin IX[76]. Le poids des d√©penses s'accro√ģt, √† l'image des g√©n√©rosit√©s accord√©es par l'empereur d√©taill√©es pr√©c√©demment. Peu √† peu, la monnaie s'affaiblit et n√©cessite un premier mouvement de d√©valuation[N 4], alors m√™me que la force de la nomisma byzantine r√©side dans la permanence de sa valeur. Pendant son r√®gne, le titre en or de l'histam√©non (la pi√®ce √† la plus forte valeur) passe de 93 % √† 81 % et celui du t√©tart√©ron de 93 % √† 72 %, ce qui correspond √† une d√©valuation de 1 % par an. En parall√®le de cette d√©valuation mon√©taire, une d√©valuation des dignit√©s d'Empire se fait jour. Au fur et √† mesure des promotions et de l'affaiblissement de la valeur mon√©taire, certains titres voient leur prestige et le pouvoir d'achat associ√© se r√©duire[74]. Sous Constantin IX, ce ph√©nom√®ne reste limit√© mais il s'accentue notablement dans les d√©cennies suivantes, avec la cr√©ation de nouveaux titres de plus en plus √©lev√©s[77]. La responsabilit√© de Constantin IX a fait l'objet de d√©bats entre les historiens. Pour certains, comme Costas Kaplanis ou Anthony Kaldellis, c'est la politique de l'empereur qui est √† l'origine de la d√©valuation en raison de l'importance des d√©penses imp√©riales, en particulier dans la guerre des Petch√©n√®gues, ne laissant pas d'autres options pour pr√©server la monnaie byzantine √† court terme, tout en entamant gravement √† long terme son r√īle de monnaie pivot dans le monde m√©diterran√©en[76]. Cependant, d'autres analyses montrent que la d√©valuation aurait eu pour cause l'intensification des √©changes li√©e au dynamisme √©conomique de l'Empire, qui n√©cessite d'accro√ģtre le volume de pi√®ces de monnaie en circulation, au risque d'en abaisser la valeur[78]. C'est notamment la conclusion de C√©cile Morrisson qui rejette la responsabilit√© de Constantin IX dans l'affaissement de la monnaie byzantine[79] - [N 5] - [80].

Enfin, si la prodigalit√© de Constantin a souvent √©t√© soulign√©e voire critiqu√©e par ses contemporains, une inflexion sensible appara√ģt dans les derni√®res ann√©es de son r√®gne, peut-√™tre sous l'impulsion de nouveaux ministres puisque vers 1050 les principaux intellectuels de son gouvernement sont peu √† peu rel√©gu√©s, remplac√©s notamment par un certain Jean le Logoth√®te[81]. Attaleiat√®s mentionne une fiscalit√© bien plus agressive envers les propri√©taires terriens, tandis que Jean Skylitz√®s, moins pr√©cis, confirme l'augmentation des imp√īts, en lien selon lui avec la construction de l'√©glise de Saint-Georges-des-Manganes[81].

L'Empire byzantin face aux menaces nouvelles

L'un des aspects majeurs du règne de Constantin XI est l'irruption de forces nouvelles à ses frontières, qui sont en mesure de menacer les différentes conquêtes acquises au cours des dernières décennies. Trois adversaires se distinguent et constituent une véritable menace pour l'Empire byzantin sur trois fronts distincts. À l'est, si l'Empire continue de s'étendre, il commence à se confronter aux Seldjoukides, dans les Balkans ce sont les Petchénègues qui mettent de plus en plus sous pression la frontière danubienne, tandis que les Normands font régner une instabilité toujours plus grande dans l'Italie du Sud. Si Constantin a parfois été décrit comme peu porté sur l'action militaire, voire négligeant dans la défense des frontières, il parvient globalement à maintenir les frontières de l'Empire, sauf en Italie[82].

Le retour de la menace Rus'

Photographie d'une couronne ornée de forme hémisphérique et doublée à la base d'un bandeau de fourrure.
La coiffe ou couronne de Monomaque, l'un des symboles du pouvoir des tsars de Russie dont Constantin aurait fait cadeau à son petit-fils Vladimir II Monomaque. Elle est en fait datée du XIVe siècle.

En 1043, les Rus' de Kiev menacent √† nouveau l'Empire byzantin, qu'ils ont d√©j√† attaqu√© √† plusieurs reprises lors de raids maritimes qui ont pu viser Constantinople. La cause qui pousse Iaroslav le Sage √† attaquer est mal connue, mais des tensions semblent √©merger entre des marchands de l'Empire et de la principaut√© ukrainienne, avec la mort d'un marchand rus'[83]. Peut-√™tre le prince russe cherche-t-il aussi √† affirmer son ind√©pendance par rapport √† l'influence byzantine. Une explication alternative, souvent rejet√©e aujourd'hui en raison de discordances chronologiques, serait une tentative de soutien de Iaroslav √† Georges Maniak√®s[84]. Constantin IX cherche une solution diplomatique avec un adversaire qui semblait √™tre devenu un alli√© depuis la conversion des Rus' au christianisme sous Basile II, sans r√©sultats. Iaroslav confie une importante flotte √† son fils Vladimir, mais Constantin IX a pr√©par√© les d√©fenses de la capitale. Il en a expuls√© les Rus' qui pouvaient s'y trouver et a mobilis√© une importante flotte, soutenue par une force terrestre pour barrer le Bosphore. Lui-m√™me s'est embarqu√© sur un navire avant de se positionner sur une colline pour superviser les op√©rations, laissant le commandement op√©rationnel √† Basile Th√©odorokanos[85]. Gr√Ęce au feu gr√©geois, la marine byzantine prend rapidement l'avantage et de nombreux navires rus' sont coul√©s tandis que les rescap√©s sont tu√©s d√®s qu'ils touchent terre. La d√©faite tourne rapidement √† la d√©route et au massacre pour les Rus'. Les fuyards tentent de rentrer chez eux par la voie terrestre, mais ils sont intercept√©s √† Varna, sur la c√īte de l'actuelle Bulgarie et vaincus par Katakal√īn K√©kaum√©nos[86]. Pour l'empereur, c'est un triomphe qu'il peut c√©l√©brer en faisant parader des captifs[87].

Au-delà de cet épisode guerrier, l'historiographie russe accorde une place particulière à Constantin Monomaque. En effet, sa fille se marie avec le futur Vsevolod Ier de Kiev, fils de Iaroslav, donnant naissance à Vladimir II Monomaque et la chronique médiévale Le Dit des princes de Vladimir fait de Constantin le donateur légendaire de la fameuse couronne de Monomaque à son petit-fils. Cette coiffe devient alors un symbole du pouvoir impérial russe et l'un des aspects de la prétention de la Russie à reprendre l'héritage romano-byzantin, au travers du concept de Troisième Rome[88].

La frontière orientale contestée

Enluminure montrant en plusieurs sc√©nettes, de droite √† gauche, un homme venant implorer un souverain couronn√©, assis dans un b√Ętiment.
Le roi Gagik II se soumet à Constantin.

L'influence byzantine sur l'Arménie et la Géorgie

En 1042, l'Empire byzantin a repouss√© loin ses fronti√®res orientales, jusqu'au nord de la Syrie et de l'Irak, aux confins du Caucase et autour du lac de Van, des r√©gions perdues √† l'√©poque d'H√©raclius. Il a aussi impos√© sa domination sur les royaumes chr√©tiens du Caucase, tant le royaume de G√©orgie que le royaume d'Arm√©nie. Sous Basile II, le roi Hovhann√®s-Smbat III d'Arm√©nie a promis de c√©der ses terres √† l'Empire √† sa mort, qui intervient en 1041[89]. Dans un premier temps, ni Michel IV, ni Constantin IX ne tentent de r√©clamer leur d√Ľ, jusqu'au milieu de l'ann√©e 1043. Or, les Arm√©niens sont peu dispos√©s √† renoncer √† leur ind√©pendance et nomment un nouveau roi, Gagik II d'Arm√©nie. S'il est pr√™t √† faire all√©geance √† l'empereur, il refuse de rendre la cit√© d'Ani, capitale de son royaume. En 1044, Constantin IX mande le dux d'Ib√©rie, Michel Iassit√®s, d'imposer la pr√©sence de l'Empire par la force. C'est d'abord un √©chec et l'empereur envoie l'eunuque Nicolas, ancien parakimom√®ne et domestique des Scholes du temps de Romain III Argyre. Il conna√ģt bien la r√©gion o√Ļ il a guerroy√© une dizaine d'ann√©es plus t√īt. Une alliance est aussi nou√©e avec l'√©mir de Dvin, auquel l'empereur promet de c√©der tout fort dont il s'emparerait pour aider les Byzantins. Finalement, la cit√© d'Ani est prise au d√©but de l'ann√©e 1045 et Gagik se rend √† Constantinople o√Ļ il c√®de ses titres en √©change de richesses et de terres[90] - [91]. La conqu√™te d'Ani, qui devient un duch√© frontalier, constitue alors la derni√®re phase de l'expansion orientale de l'Empire byzantin. Selon Anthony Kaldellis, c'est une r√©ussite √† porter au cr√©dit de Constantin, qui renforce la pr√©sence byzantine en Arm√©nie et constitue un glacis protecteur pour l'Ib√©rie, d'autant que les forts conquis par l'√©mir de Dvin sont bien vite r√©cup√©r√©s[N 6] - [92].

L'√©tendue de la domination byzantine sur ces confins arm√©niens demeure mal connue, en particulier les relations avec le clerg√© local, rattach√© √† l'√©glise apostolique d'Arm√©nie, ind√©pendante de Constantinople depuis qu'elle a refus√© les conclusions du concile de Chalc√©doine. Il ne semble pas que Constantin IX ait exerc√© une r√©pression √† l'√©gard des partisans de cette √Čglise, m√™me si le catholicos Petros Ier Getadartz est disgraci√© par Katakal√īn K√©kaum√©nos, devenu dux d'Ib√©rie puis exil√© √† Constantinople[90]. S'il est fastueusement re√ßu par l'empereur et le patriarche, il est contraint de rester dans la cit√© imp√©riale, avant d'√™tre autoris√© √† se rendre √† S√©baste o√Ļ il meurt en 1054[93].

Constantin s'ingère aussi dans les affaires du royaume de Géorgie, alors divisé entre les partisans de Liparit IV de Kldekari, allié des Byzantins, et ceux du roi Bagrat IV. En 1048, l'arbitrage de l'empereur dote Liparit de la moitié du territoire royal en échange de sa reconnaissance de la suzeraineté de Bagrat. Après la bataille de Kapetrou qui intervient la même année et lors de laquelle Liparit est capturé par les Turcs, Constantin s'efforce de le faire libérer et lui fait de nouveau promouvoir les intérêts byzantins en Géorgie[24].

L'irruption des Turcs

Sous Constantin IX, l'Orient byzantin voit l'√©mergence d'une force nouvelle, celle des Seldjoukides. Issus des peuples turcs venus d'Asie centrale, ils s'emparent de l'Iran sous Toghrul-Beg au d√©but des ann√©es 1040 et deviennent alors une force dominante du monde musulman, allant jusqu'√† concurrencer les Fatimides. Cette progression les met aussi en contact avec les confins orientaux de l'Empire byzantin, depuis que celui-ci s'est √©tendu en Arm√©nie. N√©anmoins, l'objectif premier des chefs seldjoukides est surtout d'affermir leur domination parmi les Musulmans, aux d√©pens des Bouyides qui contr√īlent alors Bagdad. Dans le Caucase, ils m√®nent d'abord des raids, souvent destructeurs, dont l'objectif est moins une installation durable que la constitution de butins[82].

Le premier raid turc serait intervenu vers 1045 quand KutalmńĪŇü, le cousin de Toghrul-Beg, p√©n√®tre dans le Vaspourakan et vainc le gouverneur local, √Čtienne Leichoud√®s. En 1048, c'est un autre parent du sultan qui s'avance jusqu'√† Tbilissi. Deux g√©n√©raux byzantins, Katakal√īn K√©kaum√©nos et Aaron, lui tendent une embuscade et le massacrent avec ses hommes[94]. Cependant, ces √©v√©nements ne sont que des alertes face √† une menace grandissante. D'autres peuples turcomans commencent √† progresser vers l'ouest, dont des Oghouzes, qui sont envoy√©s dans le Caucase par les Seldjoukides. Les g√©n√©raux byzantins sont contraints de se replier √† Th√©odosioupolis, o√Ļ ils sont rejoints par Liparit IV, un prince g√©orgien qui sert les int√©r√™ts byzantins depuis quelques ann√©es et qui a √©t√© appel√© √† l'aide par Constantin. Ensemble, ils s'opposent aux Turcs lors de la bataille de Kapetrou, dont le r√©sultat est incertain. Si les Turcs se retirent, ils ont amass√© un important butin par le pillage d'Arzen et se sont empar√©s de Liparit[95] - [96] - [97].

Photographie en couleurs du d√īme dor√© repr√©sentant un Christ en majest√©.
D√īme de l'√©glise du Saint-S√©pulcre, restaur√©e sous Constantin IX.

Confronté à cette nouvelle menace, Constantin IX commence à nouer des relations diplomatiques avec le sultan seldjoukide. S'il refuse de payer tribut, il accepte le financement de la restauration de la mosquée de Constantinople, ainsi que le remplacement du nom du calife des Fatimides par celui du sultan dans les prières[98]. Lors de son ambassade, Constantin désire surtout libérer Liparit, qui a été jusque-là un allié fidèle des Byzantins. Les conditions dans lesquelles il obtient sa libération varient selon les chroniqueurs mais, dans tous les cas, le prince géorgien revient sur ses terres[99] - [100]. Si ces actions diplomatiques assurent une paix fragile entre les deux puissances, il en est tout autrement des bandes turcomanes qui razzient les terres frontalières de l'Empire seldjoukide. Elles n'obéissent qu'imparfaitement aux ordres du sultan et par leur mobilité constituent une menace difficile à contrecarrer. Constantin envoie l'eunuque Nicéphore, nommé au poste de rhaiktor, pour ramener dans le giron byzantin l'émir de Dvin qui a fait allégeance au sultan[101] - [102]. Avec l'aide des Géorgiens, il chasse une bande de pillards turcomans et ramène l'émir Abu al-Aswar à son statut de vassal de l'Empire[99] - [103]. L'Empire peut alors profiter des dissensions internes des Seldjoukides et la frontière reste relativement stable jusqu'en 1054[104].

En 1054, une incursion des Seldjoukides vise la puissante forteresse de Mantzikert, qui contr√īle la r√©gion du lac de Van. En d√©pit d'un si√®ge de plusieurs semaines, le gouverneur byzantin Basile Apokap√®s sort victorieux[105].

Si les Seldjoukides représentent une menace grandissante, la paix règne en Syrie avec les Fatimides, rivaux traditionnels de Constantinople dans la région. Constantin IX peut faire aboutir l'accord conclu par Romain III Argyre prévoyant la restauration de l'église du Saint-Sépulcre (Jérusalem), par l'envoi de fonds et d'un architecte[106] - [107]. Des cadeaux sont échangés entre Constantinople et Le Caire, l'empereur reçoit un éléphant et une girafe, alors que du grain est envoyé aux Fatimides alors confrontés à une famine[108].

La soumission par l'installation dans l'Empire

Depuis que Basile II a ramen√© la fronti√®re byzantine sur le Danube, l'Empire byzantin se retrouve directement en contact avec des peuples qui dominent la steppe eurasienne, dont les Petch√©n√®gues, qui ont multipli√© les raids depuis 1025. De culture nomade et guerri√®re, ils constituent un d√©fi pour les arm√©es imp√©riales apr√®s avoir longtemps √©t√© un alli√© contre les Bulgares[109]. Dans les ann√©es 1040, leur influence est d√©clinante face √† la structuration progressive de la Rus' de Kiev et la pression des Oghouzes depuis l'est, qui les pousse √† agir de plus en plus dans la r√©gion danubienne[110]. En 1046, √† la suite d'une guerre civile, 20 000 d'entre eux trouvent refuge dans l'Empire et s'adressent au dux du Paristrion pour devenir des sujets de l'Empire. Constantin IX accepte et re√ßoit leur chef, K√©g√©n√®s, qu'il gratifie de nombreux cadeaux, tout en parvenant √† les christianiser et les installer sur la fronti√®re. √Ä certains √©gards, cette pratique rappelle celle, plus ancienne, des peuples f√©d√©r√©s de la fin de l'Empire romain, c'est-√†-dire un accord pass√© avec un peuple consid√©r√© comme barbare qui peut s'installer dans les fronti√®res imp√©riales, mais doit combattre pour l'Empire[111]. Pour l'empereur, c'est l√† une occasion de semer la discorde parmi ce peuple. Bient√īt, ceux qu'il a accueillis lancent des raids contre les terres des Petch√©n√®gues rest√©s au nord du Danube, qui commencent √† r√©agir[112]. Le khan Tyrach proteste aupr√®s de Constantin IX puis, profitant de la rigueur de l'hiver 1046-1047, franchit le Danube. Les Byzantins s'organisent et, avec l'aide de K√©g√©n√®s, lui infligent une lourde d√©faite[113]. Ils d√©cident n√©anmoins de les √©pargner et de les installer en Bulgarie, tandis que Tyrach est amen√© √† Constantinople pour √™tre baptis√©[114] - [115] - [116].

La révolte des Petchénègues

Photographie des deux faces d'une monnaie.
Histaménon (monnaie byzantine) représentant Constantin IX à droite et le Christ pantocrator à gauche. L'empereur est représenté portant le loros, avec un sceptre surmonté d'une croix et un orbe crucigère.

Vers l'année 1049, Constantin IX décide de déployer les Petchénègues installés dans l'Empire en Orient[N 7], pour qu'ils participent à la défense de la frontière. S'ils acceptent dans un premier temps, ils finissent par revenir dans les Balkans, autour de Preslav. Ce revirement signe l'échec de la politique d'intégration de Constantin IX. Réarmés, les Petchénègues, qui refusent de se rendre sur un front aussi éloigné de leur terre d'origine, sont en mesure de résister à l'Empire. La réaction de l'empereur est mal connue. Il semble avoir convoqué Kégénès mais, ce faisant, se serait aliéné l'ensemble des Petchénègues[117]. Ces derniers commencent à piller les environs d'Andrinople et écrasent les forces byzantines menées par le dux Constantin Arianitès. Constantin tente de ramener l'ordre en libérant Tyrach, mais ce dernier prend rapidement la tête du soulèvement. Il doit alors appeler des unités de l'armée d'Orient pour le combattre, avec l'aide des mercenaires francs de Hervé Frankopoulos. Néanmoins, quand l'armée byzantine passe à l'attaque, vers , elle le fait dans le désordre et subit une nouvelle défaite. Il est alors possible que la méfiance mutuelle des armées d'Orient et d'Occident complique toute entente. Pour y remédier, Constantin nomme l'eunuque Constantin à la tête de troupes qui comprennent surtout des forces orientales. En , les Petchénègues marchent à leur rencontre. Cette fois, c'est la précipitation du général Samuel Bourtzès, lors d'une attaque prématurée, qui conduit à la défaite[118]. Néanmoins, les Byzantins se replient avec discipline et limitent leurs pertes, tandis que des renforts venus de Constantinople et de Bulgarie rétablissent en partie une situation devenue très précaire[119].

En r√©action √† ces multiples revers, Constantin IX tente d'abord d'envoyer son alli√© K√©g√©n√®s, aupr√®s des Petch√©n√®gues, mais ces derniers le tuent. Constantin change alors de strat√©gie militaire. Il rassemble une arm√©e h√©t√©roclite, compos√©e de mercenaires francs, de la garde varangienne et d'archers mont√©s venus d'Orient, capables de mener des actions de gu√©rilla contre les Petch√©n√®gues. La force ainsi constitu√©e annihilent tout un contingent des r√©volt√©s √† Charioupolis et trois ans durant, les harc√®lent jusqu'√† ce que l'empereur soit en mesure de mobiliser une nouvelle arm√©e de campagne. Celle-ci s'avance jusqu'√† Preslav o√Ļ elle est bloqu√©e par une d√©fense efficace des Petch√©n√®gues. Contraints de se replier, les Byzantins sont attaqu√©s en pleine retraite et dispers√©s, sans pour autant √™tre √©cras√©s, apparemment gr√Ęce √† l'action du futur empereur Nic√©phore Botaniat√®s[120]. Constantin peut r√©unir les survivants √† Andrinople et envisager une nouvelle campagne[121]. Cette fois, ce sont les Petch√©n√®gues qui commencent √† souffrir de la dur√©e du conflit et demandent √† n√©gocier la paix. En √©change d'une grande autonomie dans la r√©gion du Bas Danube, les Petch√©n√®gues reconnaissent la suzerainet√© imp√©riale et la guerre se termine apr√®s plusieurs ann√©es d'affrontements harassants pour un camp comme pour l'autre[122].

L'insoumission des Serbes

La victoire des Serbes à Bar représentée dans la chronique de Skylitzès de Madrid.

En dehors du danger petch√©n√®gue, la position byzantine dans les Balkans est aussi remise en cause par les Serbes. Soumis √† la suite des Bulgares par Basile II, ils ont maintenu une autonomie politique et l'autorit√© byzantine √† leur encontre y est plus diffuse. Ainsi, quand Constantin IX arrive sur le tr√īne, l'Empire est aux prises avec la r√©volte de Stefan Vojislav, qui tente d'√©tablir une principaut√© ind√©pendante en Diocl√©e, correspondant grosso modo √† l'actuel Mont√©n√©gro. L'empereur envoie contre lui le gouverneur de Dyrrachium, Michel, avec une importante arm√©e, recrut√©e parmi la population locale des th√®mes d'Occident. Il s'agit alors dans l'histoire byzantine d'une des derni√®res mobilisations de ces troupes, souvent utilis√©es par le pass√© pour combattre les invasions ennemies[123]. Num√©riquement imposante (40 000 √† 60 000 hommes), elle est surtout compos√©e de soldats sans r√©elle exp√©rience militaire et subit une lourde d√©faite dans une passe montagneuse √† Bar. Cette victoire affranchit Stefan Vojislav de la tutelle imp√©riale[124]. Il meurt cependant en 1043 et ses fils se d√©chirent pour la succession, ce qui permet √† l'Empire byzantin de r√©tablir son influence dans la r√©gion[28].

Les Normands menacent l'Italie byzantine

Photographie d'une couronne en 5 panneaux émaillés et dorés.
Couronne de Constantin IX, Mus√©e national hongrois. Sont repr√©sent√©s : l'empereur Constantin IX, sa femme Zo√© et sa sŇďur Th√©odora, deux femmes dansant et deux incarnations de la Vertu.

En Italie byzantine, le r√®gne de Constantin voit la menace grandissante des Normands. Jusqu'en 1040, les Normands sont des mercenaires au service des Byzantins avant de se r√©volter et de soutenir les soul√®vements des Lombards. En 1042, le p√©ril est d√©j√† s√©rieux. Le normand Guillaume Bras-de-Fer, nomm√© duc d'Apulie, se constitue un embryon de principaut√© apr√®s plusieurs victoires contre le cat√©pan Michel Dokeianos[125] - [126]. Quand Constantin IX arrive au pouvoir, Georges Maniak√®s, un g√©n√©ral r√©put√©, vient d'arriver pour prendre la direction des op√©rations, alors que le chef lombard Argyre assi√®ge la cit√© de Trani. Le nouvel empereur r√©ussit √† attirer Argyre dans son camp par des promesses de titres et de richesses. Surtout, il d√©met Maniak√®s de ses fonctions au profit d'un certain Pardos. Furieux, Maniak√®s r√©agit violemment, d'autant qu'il est en contentieux avec Romain Skl√®ros, le fr√®re de la ma√ģtresse de l'empereur, qui jouit de ce fait d'une certaine impunit√©[127]. Il refuse de partir de l'Italie et fait tuer son rempla√ßant quand il arrive en . C'est un acte de r√©bellion ouverte, de la part d'un g√©n√©ral dont les succ√®s pass√©s (conqu√™te d'Edesse et √©ph√©m√®re invasion de la Sicile) font un pr√©tendant possible pour un tr√īne fragilement tenu par les diff√©rents √©poux de Zo√©. Il a d√©j√† √©t√© mis √† l'√©cart par Michel IV et supporte peut-√™tre mal d'√™tre ainsi cong√©di√© √† nouveau[28]. Rapidement, il r√©unit une arm√©e et attire des Normands √† son service. En , il traverse la mer Adriatique et laisse l'Italie derri√®re lui, toujours menac√©e[128].

Entre 1043 et 1055, la pr√©sence byzantine dans la p√©ninsule se d√©grade gravement. Les Normands √©tendent leur domination dans toutes les directions, contre les principaut√©s lombardes jusqu'aux portes des √Čtats pontificaux et au sud, face aux Byzantins, souvent dans la violence. Parmi les chefs normands, Robert Guiscard se taille vite une r√©putation de f√©rocit√©. Les autorit√©s imp√©riales sont d√©sempar√©es face √† la progression r√©guli√®re des Normands. Argyre, devenu cat√©pan, est rappel√© en 1045 ou 1046 et ses successeurs, malgr√© des succ√®s sans lendemain, perdent du terrain l'un apr√®s l'autre. Les sources sont lacunaires sur les √©tapes de la conqu√™te normande mais, irr√©m√©diablement, la pr√©sence byzantine se cantonne √† quelques points d'appui[129]. √Ä Constantinople, Constantin IX semble ne pas se pr√©occuper outre mesure de ces revers, s√Ľrement plus inquiet des invasions petch√©n√®gues et turques. En 1051, Argyre est de nouveau nomm√© √† Bari, o√Ļ il d√©cide de prendre des mesures afin de se concilier la population locale. La confiance de Constantin √† son √©gard semble t√©moigner de sa volont√© de s'appuyer sur les √©lites locales pour se concilier la population, conscient que l'Italie byzantine ne peut gu√®re esp√©rer de renforts des autres r√©gions de l'Empire[130]. Il s'ins√®re aussi dans une coalition anti-normande, autour du pape L√©on IX. En 1051, le comte d'Apulie, Drogon de Hauteville, est assassin√© par un Grec, peut-√™tre √† l'instigation des autorit√©s byzantines. Cet √©v√©nement ne ralentit gu√®re les Normands, car son successeur, Onfroi de Hauteville, remporte une victoire d√©cisive √† la bataille de Civitate le sur une coalition r√©unissant les forces du Saint-Empire romain germanique, du pape et du gouverneur byzantin Argyre. Ce succ√®s marque la domination de la chevalerie normande et est couronn√© par la capture du pape[131].

Cette défaite compromet gravement les positions byzantines. Le comté normand de Lecce est fondé dans le Salento en 1055 par la prise d'Otrante[132]. À la mort de Constantin IX en 1055, le catépanat byzantin est en voie de disparition, même si celle-ci n'intervient qu'en 1071[133].

Vie culturelle et artistique

Dessin monochrome représentant trois personnages couronnés et auréolés, surplombés par le Christ et par deux anges.
Constantin IX, entour√© de Zo√© et de Th√©odora, repr√©sent√©s sur un manuscrit du XIe si√®cle (Codex Sina√Įt. 364). Repris par Andr√© Grabar dans son ouvrage L'empereur dans l'art byzantin de 1936.

Le r√®gne de Constantin IX est l'incarnation de ce que l'historien Paul Lemerle a qualifi√© avec emphase de ¬ę gouvernement des philosophes ¬Ľ[134] - [N 8]. Au terme de la renaissance mac√©donienne et du renouveau culturel et artistique de l'Empire depuis la moiti√© du IXe si√®cle, le monde byzantin produit un grand nombre d'intellectuels de premier plan au tournant de l'ann√©e 1050. Plus ou moins directement, ils participent au gouvernement de l'Empire et Constantin IX leur donne une place pr√©pond√©rante √† sa cour, qui va de pair avec l'int√©r√™t marqu√© qu'il a pour la culture. Jean Mavropoulos, l'historien Michel Psellos et Constantin Lichoud√®s sont les plus √©minentes figures qui incarnent ce r√©gime des philosophes et qui sont dans l'entourage proche de l'empereur[135]. Avec elles, un ensemble de pratiques connaissent une certaine renaissance, comme les pan√©gyriques ou les discours oratoires[136].

Vers 1045, avec l'appui de Jean Mavropoulos, Constantin IX √©dicte une novelle qui fonde le nomophylax, le ¬ę gardien des lois ¬Ľ, qui pr√©side l'√©cole de droit de Constantinople. D√©sormais, l'enseignement juridique est dispens√© par une institution proche de l'√Čtat et non par des fondations priv√©es et il doit veiller √† fournir aux futurs fonctionnaires et magistrats le meilleur bagage th√©orique possible pour qu'ils servent ensuite au mieux les int√©r√™ts de l'Empire[137] - [75]. Ce souhait de renforcer l'assise juridique de l'Empire se retrouve par ailleurs dans la cr√©ation √©voqu√©e de la fonction d‚Äôepi ton kriseon. Au-del√†, cette r√©forme trouve sa place dans le renouveau de l'universit√© de Constantinople qui s'est d√©velopp√©e depuis les d√©buts de l'√®re mac√©donienne. Situ√©e dans le quartier de la Magnaure, elle propose un enseignement dans diff√©rents domaines, comme le droit, la grammaire ou la philosophie. Jean Xiphilin, futur patriarche, est le premier nomophylax de l'Empire, une fonction prestigieuse d√®s son origine[138]. Une √©cole de philosophie est aussi fond√©e par l'empereur, mais les historiens ne disposent pas d'autant de d√©tails sur son organisation[139].

Photographie en couleurs d'un panneau émaillé et doré.
Zoom sur la partie de la couronne de Monomaque représentant Constantin IX. Il est représenté avec le labarum dans sa main droite et l'akakia dans sa main gauche, un rouleau en tissu contenant de la poussière et qui symbolise la brièveté du monde matériel.

Cette √©cole de droit[N 9] est install√©e dans le monast√®re de Saint-Georges-des-Manganes, restaur√© √† grands frais par Constantin et qui constitue une extension du d√©j√† tr√®s vaste Palais imp√©rial. Tr√®s investi dans la vie culturelle de l'Empire, Constantin semble aussi √† l'origine de la fonction de ma√ģtre des rh√©teurs (ma√Įst√īr t√īn rh√©tor√īn) ou encore de celle de consul des philosophes (Hypatos ton philosophon), conf√©r√© √† Psellos[140] - [141].

Le r√īle de Constantin comme m√©c√®ne est attest√© par l'existence d'une mosa√Įque le repr√©sentant, avec Zo√©, aux c√īt√©s de J√©sus-Christ, dans la basilique Sainte-Sophie. Cette mosa√Įque, tr√®s √©tudi√©e, a en fait √©t√© remani√©e au moins une fois, tant pour les visages de Constantin et de Zo√© que pour la l√©gende figurant en dessous d'eux, ce qui atteste que d'autres personnages ont d'abord √©t√© repr√©sent√©s aux c√īt√©s du Christ, puis que des retouches ont √©t√© effectu√©es. Il n'est pas √©vident de savoir qui exactement Constantin et Zo√© ont remplac√©. Certains travaux penchent pour une mosa√Įque qui d√©peint d'abord Zo√© et son premier √©poux, Romain III Argyre[142], d'autres estiment que c'est d'abord Jean Ier Tzimisk√®s et Basile II, qui co-r√®gnent ensemble. Quoi qu'il en soit, la retouche vise √† magnifier la figure de Constantin, repr√©sent√©e dans l'√©glise principale de Constantinople √† la droite du Christ. Il porte une sorte de sacoche qui comprend certainement les apokombia, soit les dons qu'il est de coutume que le souverain apporte √† l'√Čglise. La mosa√Įque pourrait alors servir de contre-don √† la g√©n√©rosit√© de l'empereur[143].

Enfin, l'une des post√©rit√©s artistiques les plus notables de Constantin IX est la d√©couverte de sa couronne pr√©sum√©e en 1870 en Hongrie. Compos√©e de plusieurs plaques en or, elle repr√©sente diff√©rentes figures imp√©riales dont Constantin, entour√© de sa femme Zo√© et de Th√©odora, la sŇďur de celle-ci. Elle serait l'une des trois seules couronnes byzantines √† avoir subsist√©, mais l'authenticit√© de cette pi√®ce fait toujours d√©bat. Nicolas Oikonomid√®s y voit un faux cr√©√© au XIXe si√®cle[144], tandis que d'autres historiens jugent authentique la pi√®ce, mais que sa destination exacte n'est pas connue, qu'elle soit une couronne, une sorte de ceinture ou tout autre objet d'apparat. Dans les ann√©es 2000, Timothy Dawson a d√©fendu l'hypoth√®se d'un cadeau r√©compensant un personnage haut plac√©, peut-√™tre l'eunuque Etienne Pergamos qui a remport√© la victoire contre George Maniak√®s[145].

Unions et postérité

Constantin IX a épousé en premières noces une noble, fille d'un membre distingué de la cour impériale, qui meurt de maladie avant 1025, sans postéritéVI,_15_161-0">[146].

Veuf, il s'est remarié avec Pulchérie Sklèros, fille de Basile Sklèros, aveuglé et exilé en , et par sa mère Pulchéria Argyropoulina, nièce maternelle de l’empereur Romain III Argyre, décédée avant , qui est sans doute la mère de sa fille unique : probablement prénommée Marie, mais parfois connue sous le nom d'Irène ou d'Anne, elle meurt en . Elle épouse en le prince Vsevolod Ier de Kiev, grand-duc de Kiev, à la suite de l'accord de paix entre la Rus' de Kiev et l'Empire[147] - [148]. C'est de ce mariage qu'est issu Vladimir II Monomaque, qui prend le nom de son grand-père byzantin[149].

Apr√®s la mort de sa seconde √©pouse, il h√©site √† contracter une troisi√®me union (toujours r√©prouv√©e par l'√Čglise byzantine) et vit maritalement avec une ni√®ce de sa d√©funte femme, Marie Skl√®raina (morte apr√®s )[11].

Apr√®s avoir √©pous√© en l'imp√©ratrice Zo√© Porphyrog√©n√®te, il r√©ussit √† obtenir de cette derni√®re le maintien de sa ma√ģtresse au palais. L'imp√©ratrice, pour le moins tr√®s complaisante, officialise ce m√©nage √† trois en lui accordant le titre in√©dit de ¬ę s√©baste ¬Ľ. Elle l'autorise en outre √† participer au conseil en vertu d'un ¬ę contrat d'amiti√© ¬Ľ[125].

Apr√®s les disparitions de Marie Skl√®raina et de l'imp√©ratrice Zo√© en , Constantin IX tombe amoureux en de la princesse g√©orgienne Gorandouxt, d√©sormais appel√©e Ir√®ne. Son origine est mal connue, mais elle semble venir du Caucase. D√©crite comme la fille d'un roi alain alors √† Constantinople selon Psellos, il a parfois √©t√© consid√©r√© qu'elle est la parente du roi Bagrat IV, d√®s lors que les termes G√©orgiens et Alains sont souvent synonymes chez les Byzantins. Toutefois, cette filiation est contest√©e, notamment par Anthony Kaldellis, qui estime plut√īt qu'elle peut √™tre la fille de tout autre prince caucasien pr√©sent √† Constantinople. Dans tous les cas, elle jouit d'un statut privil√©gi√©, √† l'image de Marie Skl√®raina[24].

Historiographie

Constantin IX a suscit√© des r√©actions contrast√©es chez les historiens, influenc√©s par les chroniqueurs de l'√©poque qui ont souvent vilipend√© sa prodigalit√© et son d√©sint√©r√™t pour la d√©fense de l'Empire. S√Ľrement influenc√©s par les √©checs √† venir de l'Empire, dont ils sont les premiers t√©moins, Constantin appara√ģt vite comme un responsable de premier ordre[150]. Son r√®gne, intervenant √† un moment de basculement pour l'histoire byzantine, a √©t√© diversement analys√©. R√©guli√®rement, il a √©t√© per√ßu comme le repr√©sentant de l'aristocratie civile, hostile au monde militaire et participant, en cela, au d√©clin de l'Empire face aux forces nouvelles qui l'assaillent. C'est l'avis de Georg Ostrogorsky, qui per√ßoit dans les ann√©es de r√®gne de Constantin tous les ferments de la crise √† venir : la d√©militarisation de l'Empire, l'affaiblissement de sa monnaie en raison de d√©penses toujours plus √©lev√©es et d'une tendance √† la g√©n√©rosit√© excessive envers de larges couches de la population, ainsi que des privil√®ges fiscaux excessifs accord√©s √† l'aristocratie. Au-del√† de la personne de l'empereur, qu'il d√©crit comme ¬ę insignifiant et faible ¬Ľ, l'historien yougoslave critique donc un r√©gime, celui de l'aristocratie civile incarn√©e par les diff√©rents courtisans qui ont pu l'entourer dans son gouvernement[151]. En outre, Constantin est parfois r√©duit √† un statut de parvenu, arriv√© au pouvoir gr√Ęce √† ¬ę son heureuse √©toile ¬Ľ et l'union avec Zo√©, dans la droite ligne du r√®gne des princes-√©poux de la fin de l'√©poque mac√©donienne. Pour Charles Diehl, il est un ¬ę empereur jouisseur et peu guerrier ¬Ľ, qui cherche √† affaiblir la mont√©e en puissance de l'aristocratie en r√©duisant le r√īle de l'arm√©e et en rempla√ßant les troupes nationales par des mercenaires, au risque de compromettre la d√©fense de l'Empire[152]. Louis Br√©hier en tire le portrait s√©v√®re d'un homme avec qui s'interrompt l'√®re de conqu√™te et d'expansion de l'Empire, incapable de s'√©lever au niveau de Basile II, ¬ę parvenu banal ¬Ľ, ¬ę consid√©rant le pouvoir imp√©rial comme une retraite dor√©e qui lui permettait de s'amuser ¬Ľ, s√©ducteur qu'il qualifie de ¬ę Philinte ¬Ľ[N 10] pour sa propension √† se concilier tout le monde[153]. Plus r√©cemment, Warren Treadgold a vu en lui un indolent, choisi comme √©poux pour sa faiblesse, excessivement g√©n√©reux au point de menacer la stabilit√© financi√®re de l'Empire[154].

N√©anmoins, d'autres historiens ont profond√©ment revu le r√®gne de Constantin IX. D√©j√†, Paul Lemerle a remis en cause la distinction entre l'aristocratie civile et la noblesse militaire, pr√©f√©rant voir en Constantin IX un m√©c√®ne, ouvrant son gouvernement aux lettr√©s et incarnant le dynamisme de la soci√©t√© byzantine de l'√©poque, capable d'√©largir le cercle du S√©nat √† de nouvelles couches de la population. Pond√©r√©, Michael Angold estime que Constantin a un r√©el programme de r√©formes de l'Empire, mais qu'il n'est pas suffisamment solide face aux nombreux d√©fis de l'Empire. Il met notamment en exergue les limites de ce qu'il consid√®re √™tre une politique de d√©sengagement militaire, rompant avec l'expansionnisme mac√©donien, alors que les menaces affluent aux fronti√®res[73]. De m√™me, son incapacit√© √† fonder une nouvelle dynastie fragilise durablement sa l√©gitimit√© et sa capacit√© √† impulser des transformations profondes, en d√©pit d'une habilet√© √† gouverner en s'appuyant sur les diff√©rentes sph√®res d'influence de l'√©lite byzantine. Anthony Kaldellis a grandement r√©√©valu√© l'action de Constantin, dont il consid√®re qu'il a r√©agi avec √©nergie aux menaces sur les fronti√®res de l'Empire, contrairement aux critiques r√©guli√®res sur son inaction en la mati√®re. Il remet en cause l'influence de Michel Psellos, tr√®s critique envers Constantin IX, dans la post√©rit√© de ce dernier et voit en lui un dirigeant ¬ę capable, √©nergique, plein de ressources et consciencieux, l'un des meilleurs de l'histoire de l'Empire ¬Ľ, mais p√©nalis√© par la masse des d√©fis qui se pr√©sentent √† lui[23].

Notes et références

Notes

  1. Ce surnom se retrouve dans des ouvrages anciens, par exemple Nicolas Bocquillon, Dictionnaire biographique des personnages illustrés, célébres ou fameux de tous les siècles et de tous les pays, Raymond, (lire en ligne), p. 225.
  2. une ville de la région historique de Macédoine en Grèce.
  3. Un an plus tard, sous le règne de Michel VI Bringas, son cousin Théodose Monomaque tente un soulèvement qui est rapidement réprimé.
  4. Lors du siècle qui précède, la nomisma a déjà perdu une partie de sa valeur mais selon un rythme et une intensité largement inférieurs.
  5. À terme, en 1081, le système monétaire byzantin a tellement subi de dévaluations qu'une vaste réforme est entreprise par Alexis Ier Comnène pour le refonder, sans parvenir à retrouver la stabilité et la réputation d'avant le XIe siècle.
  6. Michel Iassit√®s, envoy√© pour les reprendre, tombe dans une embuscade et est remplac√© par K√©kaum√©nos, qui m√®ne cette t√Ęche √† bien.
  7. Il ne s'agit que des Petchénègues vaincus en 1047 et non de ceux groupés autour de Kégénès qui continuent d'occuper la frontière danubienne.
  8. Il s'agit du titre de la quatrième des cinq études de Lemerle dans son ouvrage Cinq études sur le XIe siècle byzantin.
  9. En dépit de l'intérêt impérial pour cette institution, elle ne semble pas avoir eu une longévité notable après la mort de Constantin (Cheynet 2007, p. 362-363).
  10. Ce terme se réfère à l'un des personnages du Misanthrope de Molière, connu pour être consensuel.

Références

  • Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations √† Byzance (963-1210), Paris, Publications de la Sorbonne, (lire en ligne)
  1. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę Des deux r√©bellions militaires [‚Ķ] supprimer instantan√©ment tout d√©sordre ¬Ľ .
  2. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę Les soldats mac√©doniens qui soutinrent [‚Ķ] pour faire pr√©valoir leurs vues ¬Ľ .
  3. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę Ayant r√©uni les siens [‚Ķ] mais sans grande efficacit√© ¬Ľ .
  4. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę L'empereur eut dans les deux crises [‚Ķ] combattre les Petch√©n√®gues trop indociles ¬Ľ .
  5. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę Au cours du XIe si√®cle [‚Ķ] qui fut quasi exclusive au si√®cle suivant ¬Ľ .
  1. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę There is, however [‚Ķ] theme armies were disbanded ¬Ľ .
Divers
  1. Kaldellis 2017, p. 213.
  2. Voir par exemple, S√©bastien L√ľthi, ¬ę Michel Psellos, pan√©gyrique 1 : traduction princeps et commentaire ¬Ľ, Byzantion, vol. 77,‚Äé , p. 501-565.
  3. Limousin 2015, p. 31-32.
  4. Kaldellis et Krallis 2012, p. 89-91.
  5. Viada Arutjunova-Fidanjan, ¬ę L‚Äôimage de l‚Äôempire byzantin dans l‚Äôhistoriographie arm√©nienne m√©di√©vale (xe-xie s.) ¬Ľ, dans L'Arm√©nie et Byzance, (ISBN 9782859448240, lire en ligne), notes 45 et 56.
  6. ¬ę Dernier descendant en ligne masculine d‚Äôune noble famille ¬Ľ selon Psellos 1967, Livre VI, chapitre 14.
  7. Psellos, Orationes panegyricæ, éd. G. T. Dennis, Stuttgart-Leipzig, 1994, p. 90.
  8. Limousin 2015, p. 27.
  9. vol. 2,_livre_VII,_p. 143_;_vol. 2,_livre_VI,_p. 16.-10" class="mw-reference-text">Psellos 1967, vol. 2, livre VII, p. 143 ; vol. 2, livre VI, p. 16..
  10. Jean-Claude Cheynet, ¬ę Par saint Georges et par saint Michel ¬Ľ, dans La Soci√©t√© byzantine : l'apport des sceaux, Centre de recherche d‚Äôhistoire et civilisation de Byzance, , p. 285-305.
  11. Kazhdan 1991, p. 1398.
  12. Limousin 2015, p. 27-28.
  13. Jean Skylitzès, op. cit., chapitre 1.
  14. Kaldellis 2017, p. 180.
  15. Psellos 1967, 5, 38.
  16. Jean-Claude Cheynet et Jean-Fran√ßois Vannier, √Čtudes prosopographiques, Paris, Publications de la Sorbonne, (ISBN 978-2-85944-110-4, lire en ligne), p. 81.
  17. Garland 1999, p. 146.
  18. Garland 1999, p. 147.
  19. Limousin 2015, p. 28.
  20. Wortley 2010, p. 399.
  21. Kaldellis 2017, p. 180-181.
  22. Garland 1999, p. 149-150.
  23. Kaldellis 2017, p. 181.
  24. Kaldellis 2017, p. 201.
  25. Sur la description physique de Constantin par Psellos et, plus largement, la perception du corps de l'empereur par le chroniqueur, voir Corinne Jouanno, ¬ę Le corps du prince dans la Chronographie de Michel Psellos ¬Ľ, Revue pluridisciplinaire du monde antique, vol. 19,‚Äé , p. 205-221 (lire en ligne).
  26. Sur le sujet de l'arthrite rhumato√Įde dont souffre Constantin, voir (en) D.E. Caughey, ¬ę The arthritis of Constantine IX ¬Ľ, Annals of the Rheumatic Diseases, vol. 33,‚Äé , p. 77-80 (lire en ligne).
  27. Kaldellis 2017, p. 208.
  28. Kaldellis 2017, p. 184.
  29. Kaldellis 2017, p. 184-185.
  30. Sur le personnage de Maniak√®s et sa r√©volte, voir Luisa Andriollo, ¬ę Le charme du rebelle malheureux : Georges Maniak√®s dans les sources grecques du XIe si√®cle ¬Ľ, dans Travaux et m√©moires - M√©langes Jean-Claude Cheynet, vol. 21/1, Association des amis du centre d'histoire et civilisation de Byzance, (lire en ligne), p. 1-12.
  31. Rodolphe Guilland, ¬ę La collation et la perte ou la d√©ch√©ance des titres nobiliaires √† Byzance ¬Ľ, Revue des √©tudes byzantines, vol. 4,‚Äé , p. 43 (lire en ligne).
  32. Kaldellis 2017, p. 185.
  33. Kaldellis 2017, p. 193-194.
  34. Kaldellis 2017, p. 194.
  35. Kaldellis 2017, p. 194-195.
  36. Limousin 2015, p. 29-30.
  37. Plus largement, sur la r√©bellion de 1047, voir Eric Limousin, ¬ę Les m√©tiers √† Constantinople : un √©l√©ment du contr√īle social et politique de la ville ¬Ľ, dans Entre deux rives. Villes en M√©diterran√©e au Moyen √āge et √† l'√©poque moderne, Presses universitaires de Provence, coll. ¬ę Le temps de l'histoire ¬Ľ, (ISBN 979-10-320-0145-5).
  38. Garland 1999, p. 150-151.
  39. (en) Angelik√≠ LaŠłĮou, ¬ę Imperial Marriages and Their Critics in the Eleventh Century: The Case of Skylitzes ¬Ľ, Dumbarton Oaks Papers, vol. 46,‚Äé .
  40. Limousin 2015, p. 29.
  41. Sur le r√īle des guildes commer√ßantes et les troubles urbains du XIe si√®cle, voir (en) Speros Vryonis, ¬ę Byzantine ? HMOKRATIA and the Guilds in the Eleventh Century ¬Ľ, Dumbarton Oaks Papers, vol. 17,‚Äé , p. 289-314 (lire en ligne).
  42. (en) David Jacoby, Byzantium, Latin Romania and the Mediterranean, Ashgate, (ISBN 9780860788447), p. 154.
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  45. Jean-Claude Cheynet, ¬ę Les effectifs de l'arm√©e byzantine aux Xe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXIIe si√®cles ¬Ľ, Cahiers de civilisation m√©di√©vale, vol. 152,‚Äé , p. 332-333 (lire en ligne).
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  47. Ostrogorsky 1983, p. 355-356.
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  49. Voir √† cet √©gard, Jean-Claude Cheynet, ¬ę La politique militaire de Basile II √† Alexis Ier Comn√®ne ¬Ľ, Recueil des travaux de l'institut d'√©tudes byzantines, vol. XXIX-XXX,‚Äé .
  50. (en) Szymon Wierzbinski, ¬ę Normans and other Franks in 11th Century Byzantium: the Careers of the Adventurers before the Rule of Alexius I Comnenus ¬Ľ, Studia Ceranea,‚Äé , p. 277-288.
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  53. Kaldellis 2017, p. 211.
  54. Jean-Claude Cheynet, ¬ę La soci√©t√© urbaine ¬Ľ, dans Autour du premier humanisme byzantin et des cinq √©tudes sur le XIe si√®cle, Coll√®ge de France - Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance, coll. ¬ę Travaux et m√©moires ¬Ľ, (ISBN 978-2-916716-64-0), p. 476-477.
  55. Jean-Claude Cheynet, ¬ę Le r√īle de la bourgeoisie constantinopolitaine (XIe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXIe si√®cles) ¬Ľ, Recueil des travaux de l'institut d'√©tudes byzantines, vol. XLVI,‚Äé , p. 97-98.
  56. Jean-Claude Cheynet, ¬ę Le patriarche tyrannos : le cas de C√©rulaire ¬Ľ, dans Ordnung und Aufruhr im Mittelalter, M.-T. F√∂gen, , p. 1-17.
  57. Cheynet 2007, p. 111-113.
  58. Jean-Claude Cheynet, ¬ę Le schisme de 1054 : un non-√©v√©nement ? ¬Ľ, dans Faire l'√©v√©nement au Moyen-√āge, Presses universitaires de Provence, (lire en ligne), p. 299-312.
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  68. Sur ces aspects du r√®gne de Constantin IX, voir Rosa Beno√ģt-Meggenis, ¬ę Les monast√®res patronn√©s par l'empereur ¬Ľ, dans L'empereur et le moine, Maisons de l'Orient et de la M√©diterran√©e, (lire en ligne), p. 139-172.
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  76. Costas Kaplanis, ¬ę The Debasement of the "Dollar of the Middle Ages" ¬Ľ, The Journal of Economic History, Cambridge University Press,‚Äé , p. 768-801.
  77. Voir √† ce sujet Jean-Claude Cheynet, ¬ę D√©valuation des dignit√©s et d√©valuation mon√©taire dans la seconde moiti√© du XIe si√®cle ¬Ľ, Byzantion, vol. 53,‚Äé , p. 453-477.
  78. Sophie M√©tivier (dir.), Economie et soci√©t√© √† Byzance (VIIIe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXIIe si√®cles), Editions de la Sorbonne, (lire en ligne), p. 157-165.
  79. C√©cile Morrisson, ¬ę La d√©valuation de la monnaie byzantine au XIe si√®cle : Essai d'interpr√©tation ¬Ľ, Travaux et m√©moires, vol. 6,‚Äé , p. 16.
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  93. René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071 [détail des éditions], p. 592-593.
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Voir aussi

Bibliographie

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