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Charles de Foucauld

Charles de Foucauld, nĂ© le Ă  Strasbourg (France) et mort le Ă  Tamanrasset (AlgĂ©rie française), est un officier de cavalerie de l'armĂ©e française devenu explorateur et gĂ©ographe, puis religieux catholique, prĂȘtre, ermite et linguiste.

Charles de Foucauld
Image illustrative de l’article Charles de Foucauld
Photo de Charles de Foucauld dans le Hoggar.
Saint, prĂȘtre, ermite
Naissance
Strasbourg, France
DĂ©cĂšs
Tamanrasset, Algérie française
Nom de naissance Charles EugĂšne de Foucauld de Pontbriand
Nationalité France Français
Ordre religieux Ordre cistercien de la Stricte Observance
Vénéré à El Menia (Algérie)
BĂ©atification
par BenoĂźt XVI
Canonisation
par François
FĂȘte 1er dĂ©cembre
Attributs Il est reprĂ©sentĂ© portant une bure blanche avec un SacrĂ©-CƓur rouge cousu sur sa poitrine. Cette robe est serrĂ©e Ă  la taille par une ceinture de cuir Ă  laquelle pend un chapelet.

Il est béatifié le par le pape Benoßt XVI puis canonisé le par le pape François. Il est commémoré le 1er décembre.

Orphelin Ă  l'Ăąge de six ans, Charles de Foucauld est Ă©levĂ© par son grand-pĂšre maternel, le colonel Beaudet de Morlet. Il intĂšgre l'Ă©cole spĂ©ciale militaire de Saint-Cyr. À la sortie, son classement lui permet de choisir la cavalerie. Il rejoint donc l'École de cavalerie de Saumur oĂč il se signale par son humour potache, tout en menant une vie dissolue grĂące Ă  l'hĂ©ritage perçu Ă  la mort de son grand-pĂšre. Il est ensuite affectĂ© en rĂ©giment. À vingt-trois ans, il dĂ©cide de dĂ©missionner afin d'explorer le Maroc en se faisant passer pour un juif. La qualitĂ© de ses travaux lui vaut la mĂ©daille d'or de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie et une grande renommĂ©e Ă  la suite de la publication de son livre Reconnaissance au Maroc (1888).

De retour en France et aprĂšs diverses rencontres, il retrouve la foi chrĂ©tienne et devient moine chez les trappistes le . Puis il part pour la Syrie, toujours chez les trappistes. Sa quĂȘte d'un idĂ©al encore plus radical de pauvretĂ©, d'abnĂ©gation et de pĂ©nitence le pousse Ă  quitter La Trappe afin de devenir ermite en 1897. Il vit alors en Palestine, Ă©crivant ses mĂ©ditations (dont la PriĂšre d'abandon) qui seront le cƓur de sa spiritualitĂ©.

OrdonnĂ© prĂȘtre Ă  Viviers en 1901[1], il dĂ©cide de s'installer dans le Sahara algĂ©rien Ă  BĂ©ni AbbĂšs. Il ambitionne de fonder une nouvelle congrĂ©gation, mais personne ne le rejoint. Il vit avec les BerbĂšres, adoptant une nouvelle approche apostolique, prĂȘchant non pas par les sermons, mais par son exemple. Afin de mieux connaĂźtre les Touaregs, il Ă©tudie pendant plus de douze ans leur culture, publiant sous un pseudonyme le premier dictionnaire touareg-français. Les travaux de Charles de Foucauld sont une rĂ©fĂ©rence pour la connaissance de la culture touareg.

Le , Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage. Il est trÚs vite considéré comme un martyr et fait l'objet d'une véritable vénération appuyée par le succÚs de la biographie de René Bazin (1921). De nouvelles congrégations religieuses, familles spirituelles et un renouveau de l'érémitisme s'inspirent des écrits et de la vie de Charles de Foucauld.

Son procÚs en béatification commence dÚs 1927. Interrompu durant la guerre d'Algérie, il reprend et Charles de Foucauld est déclaré vénérable le par Jean-Paul II, puis bienheureux le par Benoßt XVI. Le pape François signe le le décret reconnaissant un miracle attribué au bienheureux. Il est canonisé le dimanche .

Biographie

Enfance

Le jeune Charles de Foucauld vers 5 ans, sa mùre et sa sƓur cadette, v. 1863.

La famille de Charles de Foucauld est originaire du PĂ©rigord et appartient Ă  la vieille noblesse française ; leur devise est : « Jamais arriĂšre »[B 1]. Plusieurs de ses ancĂȘtres ont participĂ© aux Croisades[C 1], source d'un grand prestige dans la noblesse française. Son arriĂšre-grand-oncle, Armand de Foucauld de Pontbriand, vicaire gĂ©nĂ©ral et cousin germain de l'archevĂȘque d'Arles, Mgr Jean Marie du Lau d'Allemans, et l'archevĂȘque lui-mĂȘme, sont victimes des massacres de septembre, lors de la RĂ©volution française[B 2]. Sa mĂšre, Élisabeth Beaudet de Morlet, est issue de la noblesse lorraine[B 3], alors que son grand-pĂšre, rĂ©publicain, a fait fortune pendant la RĂ©volution[F 1]. Élisabeth de Morlet Ă©pouse en 1855, le vicomte Édouard de Foucauld de Pontbriand, inspecteur des forĂȘts[A 1]. De leur union, naĂźt le un enfant, nommĂ© Charles, qui meurt Ă  l'Ăąge d'un mois[B 3].

Charles de Foucauld adolescent (1872).

Leur deuxiĂšme fils naĂźt Ă  Strasbourg le [A 2], dans la maison familiale situĂ©e Ă  l'ancien emplacement de l'hĂŽtel particulier du maire Dietrich, oĂč fut chantĂ©e pour la premiĂšre fois La Marseillaise en 1792[B 3]. L'enfant est baptisĂ© en l'Ă©glise Saint-Pierre-le-Jeune (actuellement Ă©glise protestante, les deux cultes s'y cĂŽtoyaient jusqu'en 1898) le de la mĂȘme annĂ©e[B 4], fĂȘte de la saint Charles BorromĂ©e. Il reçoit le prĂ©nom de son frĂšre aĂźnĂ©, mort Ă  l'Ăąge d'un mois.

Quelques mois aprĂšs sa naissance, son pĂšre est mutĂ© Ă  Wissembourg. En 1861, Charles EugĂšne de Foucauld de Pontbriand est ĂągĂ© de trois ans quand naĂźt sa sƓur Marie-InĂšs-Rodolphinet[B 4]. Sa mĂšre Élisabeth, profondĂ©ment catholique, l'Ă©duque dans la foi chrĂ©tienne, favorisant les nombreux actes de dĂ©votion et de piĂ©tĂ©[B 4]. Elle meurt d'une fausse couche[A 3] le , suivie de son Ă©poux, atteint de neurasthĂ©nie, le [B 5] suivant.

Orphelins, Charles (ĂągĂ© de 5 ans 1/2)[C 1] et sa sƓur Marie (3 ans) sont confiĂ©s Ă  leur grand-mĂšre paternelle, la vicomtesse Clothilde de Foucauld, mais celle-ci meurt peu aprĂšs d'une crise cardiaque[A 3] - [F 2]. Les enfants sont recueillis par leurs grands-parents maternels, le colonel Beaudet de Morlet et sa femme, qui vivent Ă  Strasbourg.

Le colonel Beaudet de Morlet, ancien polytechnicien, officier du génie, éduque avec beaucoup d'affection ses petits-enfants[F 2]. Charles de Foucauld écrira de lui : « Mon grand-pÚre dont j'admirais la belle intelligence, dont la tendresse infinie entoura mon enfance et ma jeunesse d'une atmosphÚre d'amour dont je sens toujours avec émotion la chaleur »[F 2].

La maison habitée par Charles de Foucauld à Nancy d'août 1871 à octobre 1876.

Charles suit ses Ă©tudes Ă  l'Ă©cole Ă©piscopale de Saint-Arbogast, oĂč il obtient de bons rĂ©sultats scolaires. Il entre en 1868 en sixiĂšme au lycĂ©e de Strasbourg[A 4]. De tempĂ©rament introverti et colĂ©rique[A 5], il est souvent malade et poursuit ses Ă©tudes grĂące Ă  des cours particuliers[B 6].

Portrait d'InĂšs Moitessier par Ingres (1856).

Lors de l'été 1868, il part chez sa tante, InÚs Moitessier, au chùteau de Louÿe, dans l'Eure. Elle se sent responsable de son neveu. Sa fille Marie Moitessier (future Marie de Bondy) devient l'amie de Charles de Foucauld, de huit ans son cadet[A 6]. C'est une fervente pratiquante, qui entretient une relation trÚs proche avec son cousin Charles, ayant parfois un rÎle maternel auprÚs de lui[B 7].

En 1870, la famille Beaudet de Morlet fuit la guerre entre la France et la Prusse et se rĂ©fugie Ă  Berne en Suisse. À la suite de la dĂ©faite, la famille s'installe Ă  Nancy en octobre 1871[A 7] - [B 8]. Charles de Foucauld entre alors en troisiĂšme au lycĂ©e laĂŻc[A 7]. Il a pour professeur Jules Duvaux[B 8] - [A 7] et se lie d'amitiĂ© avec Gabriel Tourdes[A 7]. Les deux jeunes gens se passionnent pour des lectures classiques[F 3]. Gabriel restera pour Charles l'un des « deux incomparables amis » de sa vie[F 3]. Son Ă©ducation dans un lycĂ©e laĂŻc dĂ©veloppe chez lui un sentiment patriotique, accompagnĂ© d'une mĂ©fiance envers l'Allemagne[A 8]. Il fait sa premiĂšre communion le et est confirmĂ© par Mgr Joseph-Alfred Foulon Ă  Nancy[F 4].

En , alors qu'il est en classe de rhĂ©torique, il commence Ă  s'Ă©loigner de la foi, avant de devenir agnostique[A 9]. Il affirme plus tard : « Les philosophes sont tous en dĂ©saccord. Je demeurai douze ans sans nier et sans rien croire, dĂ©sespĂ©rant de la vĂ©ritĂ©, ne croyant mĂȘme pas en Dieu. Aucune preuve ne me paraissait Ă©vidente »[2]. Cette perte de la foi se double d'un mal-ĂȘtre : il se trouve alors « tout Ă©goĂŻsme, toute impiĂ©tĂ©, tout dĂ©sir de mal, j'Ă©tais comme affolĂ© »[3] - [F 5].

Le , sa cousine Marie épouse Olivier de Bondy[A 10]. Quelques mois plus tard, le , Charles de Foucauld obtient son premier baccalauréat avec mention bien[A 10].

Jeunesse dissipée

Charles de Foucauld Ă©lĂšve officier.

Il est envoyĂ© Ă  l'Ă©cole Sainte-GeneviĂšve, tenue par les jĂ©suites et alors encore situĂ©e Ă  Paris dans le Quartier latin, afin de prĂ©parer le concours d'entrĂ©e Ă  l'École spĂ©ciale militaire de Saint-Cyr[A 8]. Charles s'oppose Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© de l'internat et dĂ©cide d'abandonner toute pratique religieuse. Il obtient son deuxiĂšme baccalaurĂ©at en [B 9]. Il mĂšne alors une vie dissipĂ©e et est exclu du lycĂ©e pour « paresse et indiscipline » en [A 11].

Il retourne alors Ă  Nancy, oĂč il suit les cours d'un prĂ©cepteur, tout en parcourant secrĂštement des lectures lĂ©gĂšres[A 12] - [B 10]. Il veut dans ses lectures avec Gabriel Tourdes « jouir d'une façon complĂšte de ce qui est agrĂ©able au corps et Ă  l'esprit »[B 9]. Cette boulimie de lecture amĂšne les deux compĂšres Ă  se plonger dans les Ɠuvres de l'Arioste, de Voltaire, Érasme, Rabelais et Laurence Sterne[F 6].

En , Charles intĂšgre Saint-Cyr, oĂč il est admis Ă  la 82e place sur 412[B 11]. Il est l'un des plus jeunes de la promotion de Plewna[A 12], Ă  laquelle appartiennent, entre autres, Philippe PĂ©tain, les futurs gĂ©nĂ©raux Georges de Bazelaire, Charles Roques, Victor d'Urbal, Charles Alexis Vandenberg et Antoine de Vallombrosa, marquis de MorĂšs. Il a dix-huit ans quand son grand-pĂšre l’émancipe ; devenu majeur, il peut alors jouir d'un important hĂ©ritage[A 13].

Des examens mĂ©dicaux rĂ©vĂšlent chez lui une obĂ©sitĂ© prĂ©coce[A 14]. Poursuivant ses Ă©tudes malgrĂ© son peu d'assiduitĂ© au travail[B 11], Charles de Foucauld se confie rĂ©guliĂšrement Ă  son ami Gabriel Tourdes, auquel il dĂ©crit son ennui profond Ă  Saint-Cyr, et Ă©voque avec nostalgie sa vie auprĂšs de son grand-pĂšre[B 12]. La santĂ© de ce dernier se dĂ©tĂ©riore, et il meurt le . Charles de Foucauld, ĂągĂ© de 19 ans, confie mĂ©lancoliquement Ă  Gabriel Tourdes sa douleur : « On m'enlĂšve du mĂȘme coup ma famille, mon chez moi, ma tranquillitĂ©, et cette insouciance qui Ă©tait si douce. Et tout cela je ne le retrouverai plus jamais »[4]. MalgrĂ© son attitude, que beaucoup considĂšrent comme dĂ©plorable — il est souvent puni pour des petits actes d'indiscipline — Charles de Foucauld est reçu, de façon mĂ©diocre [5], au terme des deux annĂ©es de prĂ©paration, Ă  l'Ă©cole de cavalerie de Saumur[A 15]. Il dĂ©crit Ă  Gabriel Tourdes son ennui et sa vision de Saint-Cyr : « Tu me demandes si, en quittant Saint-Cyr, je ne sais s'il faut rire ou pleurer : Foutre ! Oui ! Je le sais : il faut rire, et terriblement, et furieusement, c'est effroyable : tu ne te figures pas quel enfer est Saint-Cyr »[F 7].

À Saumur, il mĂšne une vie dissolue, profitant Ă  dix-neuf ans de l'important patrimoine dont il a hĂ©ritĂ©. Celui-ci s'Ă©lĂšve Ă  plus de 353 500 francs[Note 1]. Il s'emploie Ă  les dĂ©penser lors de soirĂ©es agitĂ©es en compagnie de son compagnon de chambrĂ©e, Antoine de Vallombrosa, marquis de MorĂšs qui deviendra cĂ©lĂšbre comme capitaine d'industrie, homme politique et aventurier, noceur impĂ©nitent[F 7]. SurnommĂ© le « lettrĂ© fĂȘtard », il profite alors de sa fortune pour faire venir des prostituĂ©es de Paris qui dĂ©filent dans sa chambre, et qu'il traite avec peu de respect[B 13]. Cette attitude libertine se double d'une indiscipline volontaire et rĂ©pĂ©tĂ©e. Il est puni de nombreuses fois pour dĂ©sobĂ©issance, quittant l'Ă©cole sans autorisation, Ă©tant en retard, ne se levant pas le matin
 Il a plus de dix-neuf jours d'arrĂȘt simple et quarante jours d'arrĂȘt de rigueur[B 13]. Aux examens de sortie, Foucauld est classĂ© 87e sur 87.

NommĂ© en octobre 1879 Ă  SĂ©zanne dans la Marne, il ne s'y plaĂźt pas et demande Ă  ĂȘtre mutĂ©. Foucauld est alors affectĂ© en 1880 au 4e Hussards (qui deviendra le 4e Chasseurs d'Afrique) Ă  Pont-Ă -Mousson[B 14]. C'est alors la pĂ©riode la plus dissolue de sa vie. Il donne des fĂȘtes qui tournent Ă  l'orgie[6]. Il dĂ©pense son argent dans l'achat de livres, de cigares et en soirĂ©es[A 16]. Il vit en concubinage avec Marie Cardinal, une actrice qui travaille Ă  Paris, s'affiche avec elle, et est puni pour s'ĂȘtre « commis en public avec une femme de mauvaise vie »[A 17]. Sa tante, inquiĂšte de ses frasques, lui Ă©crit et le fait placer une premiĂšre fois sous conseil judiciaire afin d'Ă©viter qu'il ne dilapide sa fortune[B 14] - [A 17]. Il Ă©crit au sujet de cette pĂ©riode : « J'Ă©tais moins un homme qu'un porc »[7].

Il est envoyĂ© Ă  SĂ©tif, en AlgĂ©rie française, avec son rĂ©giment[A 17], et emmĂšne sa concubine alors que son colonel le lui a interdit[F 8]. CondamnĂ© Ă  trente jours d'arrĂȘt, puis Ă  la prison, pour sa conduite qui fait scandale, il est mis temporairement hors-cadre de l'armĂ©e pour « indiscipline » en fĂ©vrier 1881[A 18]. Il a vingt-trois ans. Plus tard, il dira de cette conduite : « Jamais je ne crois n’avoir Ă©tĂ© dans un si lamentable Ă©tat d’esprit. [
] J’étais toute vanitĂ©, toute impiĂ©tĂ©, tout dĂ©sir du mal ; j’étais comme affolĂ©[8]. »

Il se retire Ă  Évian et y vit avec Marie Cardinal. Mais apprenant que son rĂ©giment se bat en Tunisie, contre la tribu des Kroumirs il demande sa rĂ©intĂ©gration — qui lui est accordĂ©e quelques mois plus tard — au 4e Chasseurs d'Afrique, acceptant de rompre avec sa concubine[A 19] - [F 9]. Il affirmera ressentir alors « l'inquiĂ©tude vague d'une conscience mauvaise qui, tout endormie qu'elle est, n'est pas tout Ă  fait morte »[9].

Charles de Foucauld rejoint ses camarades qui combattent dans le Sud-Oranais, aprĂšs l'insurrection dirigĂ©e par le Cheikh Bouamama. Au cours de cette campagne, il rencontre François-Henry Laperrine[B 15], qui devient son ami et a sans doute une influence morale sur lui[B 16]. À la fin des combats, au bout de six mois de lutte, il part en garnison, fin 1881, Ă  Mascara, en AlgĂ©rie[A 20]. Cette campagne a marquĂ© un tournant dans la vie de Charles de Foucauld : non seulement il a fait preuve d'un bon comportement militaire, mais s'est aussi rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre un bon chef, soucieux de ses hommes. Cette pĂ©riode correspond aussi Ă  la fin de sa vie de dĂ©bauche[A 20].

Il mûrit un projet de voyage en Orient : « J'aime bien mieux profiter de ma jeunesse en voyageant ; de cette façon, au moins, je m'instruirai et je ne perdrai pas mon temps »[10]. Il demande un congé qui lui est refusé. Il démissionne alors de l'armée[A 21]. Sa famille renforce son contrÎle judiciaire, car il a déjà dilapidé plus d'un quart de son héritage[A 21].

Explorateur au Maroc

Le rabbin-explorateur Mardochée Aby Serour, guide de Charles de Foucauld, aprÚs leur expédition au Maroc, alors ùgé d'une cinquantaine d'années, années 1880.

Charles de Foucauld s'installe Ă  Alger dĂšs mai 1882 et y prĂ©pare son voyage[A 22]. La rencontre avec Oscar Mac Carthy, gĂ©ographe et conservateur de la bibliothĂšque d'Alger, confirme le projet : ce sera le Maroc, pays encore trĂšs mal connu. Il Ă©tudie pendant une annĂ©e l'arabe et l'islam, ainsi que l'hĂ©breu[A 23]. Suivant les conseils de Mac Carthy, il rencontre le rabbin MardochĂ©e Aby Serour qui lui propose de devenir son guide et lui dit de se faire passer pour un Juif afin de mieux passer inaperçu dans ce pays[11] alors interdit aux chrĂ©tiens, sous peine de mort[12] - [13] et peuplĂ© en majoritĂ© de tribus Ă©chappant au contrĂŽle direct du sultan[A 24]. Pour que la composition soit juste, Foucauld vit dans le quartier juif d'Alger, laisse pousser sa barbe, ses papillotes, adopte le costume traditionnel juif, acquiert les maniĂšres juives et se fait oublier. À cette occasion, il se rend compte par lui-mĂȘme des vexations antisĂ©mites Ă  l'Ă©gard des Juifs, venant tant des musulmans que des Français Ă©tablis en AlgĂ©rie[14].

Il comprend plus tard que l'interdiction faite aux chrĂ©tiens d'entrer sur ces territoires n'est pas due Ă  l'intolĂ©rance religieuse de l'islam mais Ă  la crainte d'ĂȘtre envahi par une nation Ă©trangĂšre (comme ce fut le cas pour l'AlgĂ©rie, la Tunisie ou le SĂ©nĂ©gal) ; de fait, il Ă©tait plus facile aux Arabes de tuer un supposĂ© espion qu'un « infidĂšle », d'oĂč toute la dangerositĂ© de son voyage avec Serour car d'autres explorateurs avant lui (souvent dĂ©guisĂ©s en musulmans) dans la rĂ©gion avaient Ă©tĂ© assassinĂ©s[13].

Le voyage rĂ©putĂ© pĂ©rilleux commence le en compagnie du rabbin MardochĂ©e Aby Serour. Charles de Foucauld se fait alors appeler « rabbin Joseph Aleman », disant ĂȘtre nĂ© en Moldavie, avoir Ă©tĂ© chassĂ© de son pays par les Russes, et cherchant Ă  visiter la communautĂ© juive du Maroc pour qu'elle lui accorde son aide pĂ©cuniaire[A 25]. Il emporte avec lui tous les instruments de travail nĂ©cessaires Ă  son expĂ©dition : sextant, boussoles, baromĂštres, thermomĂštres, cartes et papiers qu'il dissimule sur sa mule[A 25].

Il vit comme un pauvre, suivant son guide, et respectant le shabbat. Encore en Algérie, il croise à Tlemcen, le 13 juin, des officiers français qui ne le reconnaissent pas. L'un d'eux ricane en voyant Charles de Foucauld et dit : « Regardez ce juif accroupi en train de croquer des olives. Il a l'air d'un singe »[A 26] - [B 17]. Foucauld et Serour arrivent au Maroc, aidés dans cette mission par Samuel ben Simhon du mellah de FÚs, puis à Boujaad par Sid ben-Daoud et son petit-fils El Hadj-Idriss, musulman marocain cultivé et ouvert à l'Occident[14]. Les deux voyageurs bénéficient de l'hospitalité de familles juives marocaines. Foucauld monte sur la terrasse pour faire ses mesures pendant qu'Aby Serour fait le guet, détournant l'attention des éventuels curieux[A 27]. Devant l'impossibilité de traverser le Rif sauvage, ils prennent la route de FÚs[A 28]. Foucauld décide d'explorer l'est avant d'aller plus au sud[A 27]. Devant les craintes d'Aby Serour, Charles de Foucauld engage, pour assurer leur sécurité, des cavaliers et négocie dans les différents villages la protection de caïds[A 27]. Ils atteignent MeknÚs le 23 août, puis partent vers le sud malgré les vives réticences d'Aby Serour. Pendant les trajets, Foucauld note, sur un minuscule cahier dissimulé dans sa manche, ses remarques et des croquis, en s'abritant des regards de ses accompagnateurs. Le soir commence un long travail pour recopier sur un cahier de plus grande taille les différentes annotations prises pendant la journée. L'expédition atteint le Haut Atlas, le col de Tizi n'Telouet ; Charles de Foucauld est le premier Européen à explorer cette partie du Maroc[A 29] - [B 17]. S'y étant fait passer pour un Juif, il écrit que « les Israélites..., aux yeux des musulmans, ne sont pas des hommes » au sens viril, c'est-à-dire qu'ils comptent comme des femmes, car « les chevaux, les armes sont interdits »[15].

Reconnaissance du Maroc : croquis de Charles de Foucauld gravé par Dujardin.

Charles de Foucauld est touché par la beauté des paysages, mais aussi par la piété musulmane. Il écrit dans ses notes de voyages :

« Une nuit du destin, aprÚs le vingt-septiÚme jour du ramadan. Alors, les démons sortent de la terre, ce qui justifie la nuit de priÚre pour se soustraire à leurs tentations. On comprend, dans le recueillement de nuits semblables, cette croyance des Arabes à une nuit mystérieuse, leïla el Kedr, dans laquelle le ciel s'entrouvre, les anges descendent sur la terre, les eaux de la mer deviennent douces et tout ce qu'il y a d'inanimé dans la nature s'incline pour adorer son Créateur »[A 30].

Il explore le Maroc jusqu'à Tissint (en), située entre Tata et Foum Zguid, avant de faire demi-tour devant les dangers et le manque d'argent. Abandonnant son compagnon de route, avec qui il a souvent des relations animées sur notamment le chemin à emprunter ou la vitesse de marche[16], il part à Mogador afin de demander de l'argent à sa famille. Il y reste plusieurs semaines, travaillant à rédiger son carnet de voyage[B 18]. Une fois l'argent reçu, il rejoint Aby Serour[A 31]. Ensemble, ils remontent le Haut Atlas, accompagnés par trois Arabes censés les protéger mais qui les dépouillent, en leur laissant la vie sauve et sans dérober les instruments et carnets de l'explorateur[B 19]. Charles de Foucauld et Aby Serour se réfugient auprÚs de la communauté juive et regagnent l'Algérie aprÚs prÚs de onze mois de voyage, au lieu des cinq prévus initialement[A 31] - [B 20].

Foucauld parle d'Aby Serour en des termes pĂ©joratifs dans sa correspondance privĂ©e ; il ne lui rendra hommage que trĂšs tardivement (aprĂšs sa « conversion »)[17]. Il procĂšde pareillement Ă  l'Ă©gard des Juifs dans son ouvrage sur le Maroc, peu avare en descriptions antisĂ©mites[13] - [17] - [14] - [18] : « J’écris des Juifs du Maroc moins de mal que je n’en pense »[18]. Des Ă©lĂ©ments biographiques de Foucauld laissent penser qu'Ă  Saint Cyr et Saumur, il s'est imprĂ©gnĂ© de l'antisĂ©mitisme qui rĂ©gnait dans l'armĂ©e française aprĂšs la dĂ©faite de 1870 face Ă  l'Allemagne, et qui atteindra son apogĂ©e en 1892 avec l'affaire Dreyfus[13]. Quant Ă  MardochĂ©e Aby Serour passablement usĂ© avant l'Ăąge par ce voyage, il meurt moins de deux ans aprĂšs leur retour, dans l'oubli et la misĂšre, Ă  Alger en 1886[19].

Ce voyage au cƓur du Maroc de juin 1883 Ă  mai 1884, et la masse considĂ©rable de renseignements rapportĂ©s, notamment gĂ©ographiques et ethnologiques, valent Ă  Charles de Foucauld la mĂ©daille d'or de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie de Paris le 9 janvier 1885[A 32]. À la Sorbonne, il reçoit les palmes acadĂ©miques pour son travail[A 32]. De retour en France, il retrouve les siens, et notamment sa tante paternelle InĂšs Moitessier, mais la vie parisienne l'ennuie.

L'avant-dernier jour de l'annĂ©e 1884, sa sƓur Marie Ă©pouse Raymond de Blic, neveu d'Alexis de Tocqueville. Ils seront entre autres les parents de l'amiral Charles de Blic (1887-1965) qui aura pour parrain Charles de Foucauld[20].

Foucauld repart pour Alger oĂč Mac Carthy lui prĂ©sente un spĂ©cialiste de gĂ©ographie, le commandant Titre. Charles de Foucauld rencontre ainsi la fille du commandant, Marie-Marguerite, avec qui il envisage de se marier[A 33]. Sa famille s'oppose Ă  ce mariage et aprĂšs plusieurs mois de rĂ©flexion, il choisit de façon dĂ©finitive le cĂ©libat. Il dĂ©cide alors de repartir dans le Sahara, oĂč il mĂšne une seconde expĂ©dition, s'embarquant le 14 septembre 1885 pour Alger[B 21]. Il dĂ©couvre une partie du Sahara et dessine de nombreux croquis de cette expĂ©dition[21] - [A 34]. Il rentre en France en fĂ©vrier 1886[B 21].

Conversion

Charles de Foucauld en 1886.

De fĂ©vrier Ă  octobre 1886, Foucauld loue une chambre Ă  Paris prĂšs du domicile de sa cousine Marie de Bondy[A 35]. ÂgĂ© de 28 ans, ayant regagnĂ© l'estime des membres de sa famille, son attitude change. Il s'intĂ©resse Ă  la spiritualitĂ© et se met Ă  lire tant le Coran qu'« ÉlĂ©vation sur les mystĂšres » de Bossuet, livre offert par Marie de Bondy. Il ne retrouve plus le plaisir d'antan dans les lectures coquines, qui le dĂ©goĂ»tent maintenant[A 36]. Il mĂšne une vie de plus en plus sobre, loin des frasques qui choquaient tant sa famille. Il travaille tout au long de l'annĂ©e 1887 Ă  la correction dĂ©finitive de Reconnaissance au Maroc[B 22], qui paraĂźt en 1888.

L'expĂ©rience au Maroc a Ă©tĂ© une rĂ©vĂ©lation pour Foucauld. Il affirmera en 1901 : « L'Islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces Ăąmes vivant dans la continuelle prĂ©sence de Dieu, m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines »[22] - [23] - [B 23]. Sa mĂ©fiance vis-Ă -vis de la foi chrĂ©tienne s'estompe progressivement Ă  travers les discussions avec sa cousine Marie de Bondy, au cours desquelles ils parlent religion. Marie de Bondy joue un rĂŽle trĂšs important dans sa conversion. Il la dĂ©crit plus tard comme « l'ange terrestre » auquel il pourra se confier[B 24]. Mais surtout, il participe Ă  des dĂźners mondains[B 25] qui changent sa perception de la foi : « À Paris je me suis trouvĂ© avec des personnes trĂšs intelligentes, trĂšs vertueuses et trĂšs chrĂ©tiennes. Je me suis dit que peut-ĂȘtre cette religion n'Ă©tait pas absurde »[24] - [A 37]. Il se met Ă  frĂ©quenter la paroisse Saint-Augustin, oĂč officie l'abbĂ© Huvelin[A 38].

Église Saint-Augustin - Paris - plaque souvenir de la conversion de Charles de Foucauld.

Il cherche alors Ă  le rencontrer, et se dĂ©cide Ă  le voir dans le confessionnal de l'Ă©glise Saint-Augustin le [A 39]. Charles de Foucauld exprime sa volontĂ© de retrouver la foi. L'abbĂ© Huvelin lui demande alors de se confesser, ce que Foucauld fait[A 39]. Il lui donne ensuite la communion[B 26]. C'est, d'aprĂšs lui, une seconde rĂ©vĂ©lation : « AussitĂŽt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui : ma vocation religieuse date de la mĂȘme heure que ma foi : Dieu est si grand. Il y a une telle diffĂ©rence entre Dieu et tout ce qui n'est pas Lui. »[2] - [A 40].

Cette conversion pousse Foucauld à vouloir changer radicalement de vie, il devient croyant et commence à prier ; il lit le bréviaire et les PÚres du désert[B 27]. L'abbé Henri Huvelin devient son pÚre spirituel, et tente de modérer ses ardeurs. Il le met en garde devant une vocation religieuse trop rapidement discernée, et lui demande de prendre son temps.

TrĂšs vite, des difficultĂ©s se prĂ©sentent pour la foi de Foucauld[A 41] : « Dans les commencements, la foi eut bien des obstacles Ă  vaincre. Moi qui avais tout doutĂ©, je ne crus pas tout en un jour. Les miracles de l'Évangile me paraissaient incroyables »[2]. L'abbĂ© Henri Huvelin invite Foucauld Ă  s'attacher Ă  l'imitation du Christ et la mĂ©ditation de l'Évangile. L'abbĂ© Henri Huvelin affirme que « JĂ©sus a tellement pris la derniĂšre place que jamais personne n'a pu la lui ravir »[A 42] - [B 27]. C'est lĂ  une deuxiĂšme rĂ©vĂ©lation pour Charles de Foucauld, qui veut alors imiter le Christ. AprĂšs plus de dix-huit mois d'attente et d'obĂ©issance au pĂšre Henri Huvelin, Foucauld approfondit sa vocation religieuse : il veut entrer dans un ordre qui « imite la vie cachĂ©e de l'humble et pauvre ouvrier de Nazareth », se sentant indigne d'ĂȘtre prĂȘtre et de prĂȘcher[A 42].

Le , il visite la trappe cistercienne de Fontgombault et semble trÚs attiré par la pauvreté radicale de cet ordre[B 28]. En septembre 1888, il donne sa démission de l'armée aprÚs sa derniÚre période de réserve et apprend avec indifférence le succÚs de son ouvrage Reconnaissance au Maroc, unanimement loué par le monde scientifique[A 43] - [B 29].

Fin 1888, sur les conseils de l'abbĂ© Huvelin, Charles de Foucauld part pour un pĂšlerinage de quatre mois en Terre sainte. Il arrive le Ă  JĂ©rusalem[A 44], visite Nazareth le , oĂč il approfondit son dĂ©sir de prendre la derniĂšre place[B 30]. Il est de retour en France le et annonce qu'il veut rentrer Ă  la Trappe[A 44]. Sur les conseils de l'abbĂ© Huvelin, il visite au mois de mai l'abbaye de Solesmes[B 31], puis la grande Trappe de Soligny. Le 20 septembre 1889, il lit Le Livre des fondations de ThĂ©rĂšse d'Ávila. Les Ă©crits de ThĂ©rĂšse d'Ávila constituent dĂšs lors, avec les Évangiles, la base de ses lectures spirituelles[A 45]. Il prend la dĂ©cision d'entrer Ă  la Trappe de Notre-Dame des Neiges[A 45], dĂ©cision qu’il explique dans une lettre Ă  Henry de Castries du : « Il restait donc Ă  entrer dans l’Ordre oĂč je trouverais la plus exacte imitation de JĂ©sus. Je ne me sentais pas fait pour imiter Sa vie publique dans la prĂ©dication : je devais donc imiter la vie cachĂ©e de l’humble et pauvre ouvrier de Nazareth. Il me sembla que rien ne me prĂ©sentait mieux cette vie que la Trappe[25]. »

À l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges

AprĂšs plus de trois ans de discernement, Foucauld dĂ©cide, avec l'aval de son pĂšre spirituel, d'entrer Ă  l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges, en ArdĂšche aprĂšs une retraite effectuĂ©e en 1889 au centre spirituel jĂ©suite ManrĂšse Ă  Clamart et Ă  l'issue de laquelle il confirme son choix d'entrer dans la vie religieuse : « Je suis rentrĂ© hier de Clamart, et j’y ai pris enfin la dĂ©cision d’entrer Ă  la Trappe »[26]. DĂšs le 18 dĂ©cembre 1889, il lĂšgue tous ses biens Ă  sa sƓur[A 46] - [B 32]. Il fait ses adieux Ă  Marie de Bondy le , adieux trĂšs difficiles qui rĂ©vĂšlent l'importance de son don total Ă  Dieu[A 47]. Il choisira cette date pour renouveler sa consĂ©cration Ă  Dieu[B 33].

Notre-Dame des Neiges (ArdĂšche).

Il entre Ă  Notre-Dame-des-Neiges le [27] - [A 47]. Il prend l'habit de novice et le nom de FrĂšre Marie-AlbĂ©ric[C 2]. Foucauld aime immĂ©diatement cette vie de pauvretĂ©, de silence, de travail et de priĂšre[B 34]. Il se montre trĂšs dĂ©tachĂ© et devient vite un exemple au sein de la communautĂ© par son obĂ©issance et son humilitĂ©[A 48]. Il explique Ă  Marie de Bondy ce qu'il vit : « Dans ce triste monde, nous avons au fond un bonheur que n'ont ni les saints, ni les anges, celui de souffrir avec notre Bien-AimĂ©, pour notre Bien-AimĂ©. Quelque dure que soit la vie, quelque longs que soient ces tristes jours, quelque consolante que soit la pensĂ©e de cette bonne vallĂ©e de Josaphat, ne soyons pas plus pressĂ© que Dieu ne le veut de quitter le pied de la Croix »[C 3]. Sa recherche de la pauvretĂ© se poursuit par son dĂ©part, Ă  sa demande, pour la trappe cistercienne de AkbĂšs, une fondation rĂ©cemment faite (1886) par Notre-Dame-des-Neiges, prĂšs d'Alexandrette en Syrie ottomane[B 35] - [A 49], en plein territoire musulman[B 36]. Il dĂ©missionne des membres rĂ©servistes de l'armĂ©e le 16 juillet 1891, puis de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie[B 37] - [A 49] - [C 4]. Il explique Ă  sa cousine Marie de Bondy sa dĂ©marche dans une lettre : « Cette dĂ©marche me fait plaisir ; le 15 janvier j'ai quittĂ© tout ce qui m'Ă©tait un bien mais ils restaient en arriĂšre ces misĂ©rables embarras, le grade, la petite fortune et cela me fait plaisir de les jeter par la fenĂȘtre »[A 49].

À AkbĂšs, la recherche de la perfection de Foucauld lui donne trĂšs vite la rĂ©putation d'un saint[A 50] - [B 37], malgrĂ© ses mortifications trĂšs importantes qui inquiĂštent tant son supĂ©rieur que l'abbĂ© Henri Huvelin. Il expose ses goĂ»ts dans une quĂȘte de pauvretĂ© et d'humilitĂ© : « Si on me parle d'Ă©tudes, j'exposerai que j'ai un goĂ»t trĂšs vif pour demeurer jusqu'au cou dans le blĂ© et dans le bois et une rĂ©pugnance extrĂȘme pour tout ce qui tendrait Ă  m'Ă©loigner de cette derniĂšre place que je suis venu chercher dans cette abjection dans laquelle je dĂ©sire m'enfoncer toujours plus Ă  la suite de Notre-Seigneur... et puis, en fin de compte, j'obĂ©irai »[A 50]. Les supĂ©rieurs voient en lui le possible prochain supĂ©rieur de la Trappe et lui demandent de reprendre des Ă©tudes afin de devenir prĂȘtre. Tout en regrettant ce choix, qui, Ă  ses yeux, l'Ă©loigne de la derniĂšre place et de l'humilitĂ© qu'il recherche, Foucauld, dirigĂ© par l'abbĂ© Huvelin, s'exĂ©cute et commence des Ă©tudes de thĂ©ologie.

Charles de Foucauld Ă©met des doutes sur sa vocation trappiste. Il Ă©crit Ă  l'abbĂ© Huvelin : « Vous espĂ©rez que j'ai assez de pauvretĂ©. Non. Nous sommes pauvres pour les riches, mais pas pauvre comme je l'Ă©tais au Maroc, pas pauvre comme Saint François. Je le dĂ©plore sans me troubler. Sur cela aussi je garde le silence et l'obĂ©issance. Peu Ă  peu, sans me faire remarquer, je pourrai obtenir des permissions qui me feront mieux pratiquer la pauvretĂ© »[A 51] - [28] - [C 5]. MalgrĂ© les rĂ©serves qu'il exprime auprĂšs du maĂźtre des novices, Dom Louis de Gonzague, au sujet du confort relatif du monastĂšre, il prononce le 2 fĂ©vrier 1892 ses vƓux monastiques et reçoit la tonsure[B 37].

Les interrogations de Foucauld s'amplifient et se portent sur la possibilitĂ© de vivre plus profondĂ©ment la pauvretĂ© et l'oubli de lui-mĂȘme. Ses lettres Ă  l'abbĂ© Huvelin montrent que ses interrogations sont de plus en plus constantes et fortes. L'abbĂ© tente, lĂ  encore, de modĂ©rer les ardeurs de Foucauld. Le 26 aoĂ»t 1893, il Ă©crit Ă  l'abbĂ© Huvelin son intention de crĂ©er un nouvel ordre religieux[A 52] - [C 6]. Il prĂŽne une pauvretĂ© absolue et une simplicitĂ©, en priant non pas en latin, mais dans la langue locale, ce qui annonce dans une certaine mesure la rĂ©forme liturgique introduite par le concile Vatican II[A 53]. L'abbĂ© Huvelin lui rĂ©pond tardivement, lui demandant d'attendre et de continuer ses Ă©tudes en vue du sacerdoce, malgrĂ© ses rĂ©ticences[A 54]. Foucauld commence, dĂšs 1895, Ă  rĂ©diger une rĂšgle. Devant le refus de ses supĂ©rieurs de fonder un nouvel ordre, il propose d'imiter la pauvretĂ© de Nazareth en devenant ermite au pied de la Trappe[B 38]. Il y renonce face aux difficultĂ©s que sa dĂ©marche poserait Ă  l'Ordre auquel il appartient. Lors de l'une de ces mĂ©diations en 1896, Foucauld Ă©crit son texte le plus fameux, la PriĂšre d'abandon[Note 2] - [F 10], rĂ©sumant sa spiritualitĂ© :

« Mon PĂšre, je me remets entre Vos mains ; mon PĂšre je me confie Ă  Vous, mon PĂšre, je m'abandonne Ă  Vous ; mon PĂšre, faites de moi ce qu'Il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout, je suis prĂȘt Ă  tout : j'accepte tout : je Vous remercie de tout ; pourvu que Votre volontĂ© se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre VolontĂ© se fasse en toutes Vos crĂ©atures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre CƓur aime, je ne dĂ©sire rien d'autre mon Dieu ; je remets mon Ăąme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cƓur, parce que je Vous aime, et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre en Vos mains sans mesure : je me remets entre Vos mains, avec une infinie confiance, car Vous ĂȘtes mon PĂšre[F 11]. »

Le , l'abbaye d'AkbĂšs est protĂ©gĂ©e par des soldats pendant que commence le gĂ©nocide des ArmĂ©niens chrĂ©tiens[A 55]. Charles de Foucauld qui veut ĂȘtre au plus proche des plus pauvres dĂ©couvre enfin l'intĂ©rĂȘt de la prĂȘtrise face aux massacres de mars 1896[A 56] celui d'ĂȘtre au plus prĂšs de ceux qui souffrent et des plus pauvres : « Point d'abri, ni d'asile, par ce froid terrible, point de pain, aucune ressource, des ennemis de toutes parts, personne pour les aider »[B 39].

Charles de Foucauld refuse de faire ses vƓux solennels, qui seraient dĂ©finitifs. Avec l'accord de l'abbĂ© Huvelin, qui ne doute plus de sa vocation particuliĂšre[B 40], il demande Ă  ĂȘtre relevĂ© de ses vƓux temporaires. L'abbĂ© Huvelin le mettra cependant vivement en garde contre son penchant pour la mortification : « Pour la mortification, vous ne la trouverez jamais suffisante. Dans votre Ăąme, vous vous direz toujours : qu'est-ce que c'est que cela ?... et puis aprĂšs ?... Vous avez besoin d'ĂȘtre dĂ©fendu contre ce mouvement Ă  l'infini qui amĂšne l'inquiĂ©tude, et ne laisse jamais fixĂ© quelque part – ce mouvement n'est possible que dans les cƓurs oĂč il n'y a jamais d'excĂšs »[29]. Ses supĂ©rieurs religieux lui opposent un refus et lui enjoignent de gagner l'Abbaye de StaouĂ«li en AlgĂ©rie[A 57]. Le 10 septembre 1896, il part pour l'AlgĂ©rie[B 41]. Face Ă  la dĂ©termination de Foucauld, ils dĂ©cident de l'envoyer Ă  Rome, afin qu'il Ă©tudie en vue du sacerdoce[B 41]. Foucauld obĂ©it, et arrive Ă  Rome le . Il affirme que l'obĂ©issance est pour lui source de paix : « Cette habitude de demander ce que l'on doit faire, mĂȘme pour les petites choses, a mille bons effets : elle donne la paix ; elle habitue Ă  se vaincre ; elle fait regarder comme rien les choses de la terre ; elle fait faire une foule d'actes d'amour. »[A 58] - [30]. L'abbĂ© gĂ©nĂ©ral des trappistes est bientĂŽt convaincu de la vocation personnelle de Charles de Foucauld et dĂ©cide de le dispenser de ses vƓux le [B 42].

Vie Ă  Nazareth

Abbé Henri Huvelin.

Charles de Foucauld quitte Rome le 26 fĂ©vrier, aprĂšs avoir reçu l'approbation de l'abbĂ© Huvelin, auquel il obĂ©it comme si celui-ci Ă©tait son supĂ©rieur[A 59]. Il part alors pour la Terre sainte oĂč il arrive le 24 fĂ©vrier 1897[B 42].

Il commence un pĂšlerinage habillĂ© comme un paysan palestinien. Il arrive Ă  Nazareth le , et se prĂ©sente au monastĂšre des Clarisses[31], oĂč il demande Ă  ĂȘtre jardinier, avec pour seul salaire un morceau de pain et l'hĂ©bergement dans une cabane[B 43] - [A 60]. Il rĂ©pare les murs de la clĂŽture, fait des commissions pour les religieuses, dessine des images pieuses, tout en s'octroyant de nombreux temps de priĂšre[A 61]. Les clarisses s'inquiĂštent de son rĂ©gime alimentaire et lui donnent des figues et des amandes qu'il redistribue secrĂštement aux enfants[A 61]. Charles de Foucauld confesse Ă  son pĂšre spirituel ses dĂ©fauts : « PriĂšres mal faites... Paresse Ă  me lever... Gloutonnerie. DĂ©sirs d'Ă©lĂ©vation, comme ĂȘtre supĂ©rieur Ă  la Trappe »[A 62], mais celui-ci cherche Ă  tempĂ©rer ses scrupules et sa recherche immodĂ©rĂ©e de la mortification[B 27].

Il commence Ă  rĂ©diger ses mĂ©ditations[B 44], pour « fixer les pensĂ©es », Ă©crivant plus de 3 000 pages en trois ans[B 44]. Ce sera sa plus grande pĂ©riode mystique et le fondement de sa spiritualitĂ©[32] - [A 63], faite de grands moments de joies intĂ©rieures[B 45]. Il conçoit sa vocation comme celle de « crier l'Évangile sur les toits, non par ta parole, mais par ta vie »[B 46]. Ses mĂ©ditations le conduisent progressivement Ă  ne plus vivre uniquement en prĂ©sence de Dieu, et « jouir tout seul » du Christ[A 64], mais Ă  imiter JĂ©sus pour aller vers les autres. « L'Ăąme voit qu'elle jouit, qu'elle jubile, qu'elle reçoit beaucoup. Mais elle ne rend rien, elle reste inutile. Et plus je jouissais, plus je dĂ©sirais travailler »[A 65] - [B 47].

Menant cette vie d'ascĂšse, Foucauld acquiert une rĂ©putation de saintetĂ© auprĂšs des Clarisses de Nazareth[33], et la supĂ©rieure des Clarisses de JĂ©rusalem veut alors le rencontrer[B 48]. Elle l'encourage au sacerdoce et Ă  la fondation d'un ordre religieux[A 66]. Il passe une semaine de retraite spirituelle Ă  Aphram-Taybeh en mars 1898. Il choisit de se faire appeler « Charles de JĂ©sus », et en mai 1900 prend pour devise : « Jesus Caritas »[B 49]. MalgrĂ© certains doutes et tĂątonnements sur sa vocation de fondateur, Foucauld croit trouver la solution en achetant le Mont des BĂ©atitudes afin de s'y installer comme prĂȘtre ermite. AprĂšs avoir demandĂ© de l'argent Ă  sa sƓur, il paie le terrain, mais il est en fait victime d'une escroquerie[A 67]. EncouragĂ© par son pĂšre spirituel et la supĂ©rieure des Clarisses de JĂ©rusalem, Foucauld demande Ă  ĂȘtre ordonnĂ© auprĂšs du patriarche de JĂ©rusalem. Celui-ci lui dit d'attendre[B 50]. Le projet n'aboutissant pas, il se dĂ©cide Ă  se prĂ©parer au sacerdoce en France.

À la fin du mois d'aoĂ»t 1900, Foucauld s'embarque pour Marseille. Il revoit, pour la premiĂšre fois depuis dix ans, l'abbĂ© Huvelin[A 68]. Il gagne le lendemain la trappe de Notre-Dame-des-Neiges, et part pour Rome afin d'obtenir l'autorisation de devenir prĂȘtre. AprĂšs avoir reçu les ordres mineurs, le , il est enfin ordonnĂ© prĂȘtre au Grand SĂ©minaire de Viviers, le 9 juin de l'annĂ©e suivante[B 51]. Il se dĂ©cide alors Ă  partir pour le dĂ©sert du Sahara.

PrĂȘtre ermite Ă  BĂ©ni-AbbĂšs

Charles de Foucauld avec son neveu et filleul Charles de Blic, au chĂąteau de Barbirey, 1900.

Charles de Foucauld part pour BĂ©ni-AbbĂšs, dans le dĂ©sert d'AlgĂ©rie, Ă  la frontiĂšre avec le Maroc[A 69], dĂ©sireux de s’implanter non pas « lĂ  oĂč la terre est la plus sainte, mais lĂ  oĂč les Ăąmes sont dans le plus grand besoin[34]. » Il dĂ©barque Ă  Alger en septembre 1901, oĂč il s'installe chez les PĂšres blancs ; il rencontre Mgr GuĂ©rin, l'Ă©vĂȘque du diocĂšse de BĂ©ni-AbbĂšs, Ă  GhardaĂŻa[A 70]. Puis il part en direction de BĂ©ni-AbbĂšs, oĂč il est reçu par des militaires qui l'accueillent avec joie, d'autant plus qu'ils voient en Charles de Foucauld l'un de leurs frĂšres du fait de son passĂ© militaire[A 71] - [B 52].

Au mois d'octobre 1901, le « PĂšre de Foucauld » s'installe Ă  BĂ©ni-AbbĂ©s, une oasis situĂ©e sur la rive gauche de la Saoura, au sud de l'Oranie, dans le Sahara occidental[A 72] - [B 53]. Il Ă©difie avec l'aide des soldats prĂ©sents une « Khaoua » (fraternitĂ©)[A 73], composĂ©e d'une chambre d'hĂŽte, d'une chapelle, et de trois hectares de potager[A 74], achetĂ©s grĂące Ă  l'aide de Marie de Bondy[B 53]. La chapelle est terminĂ©e le 1er dĂ©cembre 1901[B 53]. Sa vie s'organise autour d'une rĂšgle stricte : cinq heures de sommeil, six heures de travail manuel entrecoupĂ© de longs temps de priĂšres[B 54]. Il est cependant trĂšs vite dĂ©bordĂ© par les longs moments qu'il prend pour Ă©couter les pauvres et les militaires qui viennent le voir[A 75] - [B 55]. Il dĂ©crit Ă  Gabriel Tourdes son Ă©tat d'Ăąme : « Vivant du travail de mes mains, inconnu de tous et pauvre et jouissant profondĂ©ment de l'obscuritĂ©, du silence, de la pauvretĂ©, de l'imitation de JĂ©sus. L'imitation est insĂ©parable de l'amour. Quiconque aime veut imiter, c'est le secret de ma vie. PrĂȘtre depuis le mois de juin dernier, je me suis senti appelĂ© aussitĂŽt Ă  aller aux brebis perdues, aux Ăąmes les plus abandonnĂ©es, afin d'accomplir envers elles le devoir de l'amour. Je suis heureux, trĂšs heureux, bien que je ne cherche en rien le bonheur »[A 75].

RĂ©gion oĂč se situe BĂ©ni-AbbĂšs.

Le , il rachĂšte la libertĂ© d'un premier esclave, qu'il appelle « Joseph du SacrĂ©-CƓur ». Une partie de l'annĂ©e 1902 est consacrĂ©e Ă  un Ă©change de correspondance avec Mgr GuĂ©rin, prĂ©fet apostolique du Sahara, au sujet de sa lutte contre l'esclavage dans le Hoggar. L'annĂ©e suivante, il songe Ă  accomplir des voyages au Maroc et Ă  y installer une fraternitĂ©. Il voudrait ĂȘtre rejoint par des compagnons auxquels il demanderait trois choses : « ĂȘtre prĂȘts Ă  avoir la tĂȘte coupĂ©e — ĂȘtre prĂȘts Ă  mourir de faim — Ă  lui obĂ©ir malgrĂ© son indignitĂ© ».

Le , Charles de Foucauld reçoit la visite de Mgr GuĂ©rin[A 76]. Foucauld cherche un compagnon en vue de l'Ă©vangĂ©lisation et demande Ă  aller vers le sud afin de prĂ©parer celle-ci[A 77]. Le commandant François-Henry Laperrine s'intĂ©resse Ă  la prĂ©sence de Charles de Foucauld et cherche Ă  le faire venir dans sa tournĂ©e d'approvisionnement vers le sud[A 78] - [F 12]. Foucauld s'y montre d'autant plus favorable que Laperrine semble vouloir utiliser des mĂ©thodes beaucoup moins violentes que ses prĂ©dĂ©cesseurs[F 13]. Le Foucauld demande Ă  Mgr GuĂ©rin l'autorisation d'accompagner Laperrine, mais la rĂ©bellion des tribus contre la prĂ©sence coloniale rend impossible cette dĂ©marche. Apprenant l'ouverture de ce conflit, Foucauld part toutefois le 2 septembre 1903 dans le sud afin de secourir les blessĂ©s des combats de Taghit et d'El-Moungar[F 14]. Il revient et rĂ©dige une petite introduction au catĂ©chisme qu'il intitule L'Évangile prĂ©sentĂ© aux pauvres nĂšgres du Sahara. Quelque temps plus tard, François-Henry Laperrine lui demande de venir avec lui lors de la prochaine tournĂ©e d'approvisionnement dans le Sud. L'abbĂ© Henri Huvelin lui Ă©crit d'« aller oĂč vous pousse l'Esprit »[A 79].

Tournée dans le Sahara

Foucauld part en tournĂ©e d'« apprivoisement »[Note 3] le 13 janvier 1904, en direction du sud, vers le Hoggar[A 80] - [B 56]. Le lui et ses compagnons arrivent Ă  l'oasis Adrar oĂč ils rejoignent le commandant Laperrine[F 15]. La tournĂ©e se poursuit vers Akabli. Foucauld note alors tous les lieux possibles d'installation[A 80]. Il collecte des informations sur la langue touarĂšgue auprĂšs des populations du sud du Sahara central[A 81] et y commence la traduction des Évangiles afin de pouvoir la transmettre aux Touaregs[B 57].

Il découvre l'attitude de certains militaires coloniaux, qui le déçoit[A 81] - [B 58] - [B 59]. Arrivée non loin de la frontiÚre algérienne en cours de stabilisation, la tournée doit faire demi-tour et rejoindre Tit[A 82]. Foucauld souhaite s'y installer mais le commandant Laperrine refuse. La tournée s'achÚve à In Salah en septembre. Foucauld rejoint Mgr Guérin le et il rentre à Béni-AbbÚs le [A 83].

IntriguĂ© par Charles de Foucauld, le gĂ©nĂ©ral Hubert Lyautey, nommĂ© en AlgĂ©rie, dĂ©cide de le visiter Ă  BĂ©ni-AbbĂšs le [A 84]. De cette rencontre naĂźt une amitiĂ© rĂ©ciproque[F 16] et une certaine admiration de Lyautey pour Foucauld[B 60]. Ce dernier rĂ©dige au cours de cette pĂ©riode les MĂ©ditations sur les Saints Évangiles[B 60]. Au mois d'avril 1905, le commandant Laperrine prie Charles de Foucauld de repartir avec lui dans une tournĂ©e dans le Hoggar. AprĂšs avoir demandĂ© conseil Ă  Mgr GuĂ©rin et l'abbĂ© Huvelin, il participe Ă  nouveau aux tournĂ©es d'approvisionnement[F 17] - [A 85]. Il part le , continue sa vie de priĂšre tout en apprenant la langue tamahaq. Le , ils rencontrent l'amenokal (chef de tribu) Moussa Ag Amastan qui dĂ©cide de faire alliance avec l'autoritĂ© française[B 61]. Charles de Foucauld et Moussa Ag Amastan se dĂ©couvrent et semblent s'apprĂ©cier mutuellement. De leur rencontre naĂźt une amitiĂ© profonde[F 18]. Le Touareg autorise Charles de Foucauld Ă  s'installer dans le Hoggar[A 86], ce que fait ce dernier en se dirigeant vers Tamanrasset[A 87].

Tamanrasset

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Tamanrasset
Localisation de l'Assekrem et de Tamanrasset.

Foucauld arrive Ă  Tamanrasset le 13 aoĂ»t 1905, accompagnĂ© de Paul, un ancien esclave[B 62]. Il se construit une maison en pierre et terre sĂ©chĂ©e[A 88] - [F 19]. Foucauld a dĂ©sormais pour objectif de mieux connaĂźtre la culture touarĂšgue, et fait de la rĂ©daction d'un dictionnaire touareg-français une prioritĂ© de son apostolat[B 63] - [A 89] - [F 20]. Il aide les populations qu'il rencontre et continue Ă  distribuer mĂ©dicaments et aliments afin d'ĂȘtre en confiance avec eux et « leur prouver que les chrĂ©tiens les aiment »[B 64].

Le , Moussa Ag Amastan obtient officiellement des autorités françaises l'investiture d'amenokal du Hoggar[A 89]. Il visite à plusieurs reprises Charles de Foucauld et lui demande conseil sur l'attitude à adopter face aux autorités françaises. Foucauld lui conseille de rechercher le bien de son peuple, ainsi que de développer l'instruction et le droit des femmes[A 90] - [F 21]. Paul, qui l'accompagnait, décide de quitter Tamanrasset en mai 1906. Resté seul, Foucauld ne peut donc plus dire la messe, une personne au moins étant requise dans l'assistance, à l'époque, pour pouvoir célébrer[B 65] - [A 91].

Les Ă©tudes de Foucauld lui permettent de dĂ©couvrir la complexitĂ© insoupçonnĂ©e de la langue et de la culture touarĂšgues[B 64]. Il Ă©crit Ă  Marie de Bondy : « Ici ma vie est surtout employĂ©e Ă  l’étude de la langue touarĂšgue. C’est beaucoup plus long que je ne croyais, car la langue est trĂšs diffĂ©rente de ce qu’on croyait ; on la croyait trĂšs pauvre et trĂšs simple ; elle est au contraire riche et moins simple qu'on ne pensait »[35]. Il fait venir durant l'Ă©tĂ© 1906 son ami Motylinski afin qu'il l'aide Ă  terminer son dictionnaire touareg-français[B 65]. AprĂšs le dĂ©part de Motylinski, Foucauld dĂ©cide, en septembre 1906, de repartir pour BĂ©ni-AbbĂšs[B 66]. Il envisage de rĂ©partir son temps entre les deux rĂ©gions[B 66] : trois mois Ă  BĂ©ni-AbbĂšs, six mois Ă  Tamanrasset, trois mois Ă  voyager d'un site Ă  l'autre ; mais il finira par abandonner dĂ©finitivement BĂ©ni-AbbĂšs.

Son retour Ă  Tamanrasset rĂ©vĂšle le fort attachement des Touaregs Ă  « FrĂšre Charles de JĂ©sus »[Note 4], oĂč Foucauld est accueilli avec joie[B 66] - [A 92]. Il reçoit souvent des officiers français, dont le capitaine Edouard Charlet, avec lesquels il a des Ă©changes trĂšs fructueux. Foucauld perçoit cependant, dans l'attention qu'ils lui tĂ©moignent, un obstacle Ă  sa recherche de la derniĂšre place[B 67].

Le il rejoint Mgr GuĂ©rin Ă  la Maison CarrĂ©e des PĂšres blancs et lui demande d'envoyer des religieuses. Ce dernier le lui refuse, arguant d'un climat difficile en France, liĂ© Ă  la Loi de sĂ©paration des Églises et de l'État, la division des Français au sujet de l'Affaire Dreyfus et les tensions entre l'Allemagne et la France au sujet du Maroc[B 68] - [A 93]. Cependant, Mgr GuĂ©rin agrĂ©e en partie les demandes de Charles de Foucauld, en l'autorisant Ă  vivre, pour la premiĂšre fois, sa rĂšgle de vie religieuse, en compagnie de frĂšre Michel[B 68]. Il a l'autorisation exceptionnelle de pouvoir exposer le Saint-Sacrement pour l'adoration eucharistique lorsqu'il y aura deux adorateurs pendant au moins trois heures[B 68].

Ils repartent pour Béni-AbbÚs le 10 décembre et voient le général Lyautey[B 68] - [A 93]. Le frÚre Michel et Charles de Foucauld partent ensuite en direction de In Salah, mais trÚs vite la santé de frÚre Michel se dégrade, celui-ci ne supportant pas l'austérité et les pénitences[B 69]. Ils interrompent alors leur voyage durant un mois et Foucauld étudie le touareg avec Ben-Messis, un lettré arabe[A 94]. Ils travaillent sans relùche. Le , il apprend la mort de son ami Motylinski[A 94] - [B 70].

Face à l'impossibilité pour frÚre Michel de s'adapter à la dure rÚgle de vie de Foucauld, ce dernier le renvoie[A 94] - [B 70] - [F 22]. Le frÚre Michel repart vers Alger avec une compagnie militaire[Note 5]. Foucauld finit son travail sur le dictionnaire touareg-français qu'il donne à Laperrine afin de le publier. Par humilité, il impose que la publication ne se fasse pas sous son nom, mais au nom du défunt Motylinski[A 95] - [B 70] - [F 22].

De juillet 1907 à Noël 1908, Charles de Foucauld reprend sa vie érémitique à Tamanrasset, recueillant des poésies touarÚgues contre quelques sous[A 95] - [F 23] et travaillant plusieurs heures par jour. Cependant, il reste profondément seul. Il ne reçoit aucun courrier pendant plus de six mois[A 96]. Il n'a pas non plus la possibilité de célébrer la messe, de garder l'Eucharistie, et donc d'adorer[A 97] - [B 71]. Il n'a encore fait aucune conversion. Ces difficultés se font d'autant plus grandes que la famine touche le Hoggar[B 71]. Foucauld doute alors de son efficacité, mais veut rester avec les plus pauvres[F 24]. Il donne sa nourriture aux victimes de la famine et passe Noël sans célébrer la messe[A 98]. Le , épuisé et amaigri, Foucauld ne peut plus bouger et croit mourir[B 72] - [F 25]. Lui qui distribuait des vivres est alors sauvé par les Touaregs qui lui donnent, en pleine famine, du lait de brebis[B 73] - [F 26]. Cet épisode marque une deuxiÚme « conversion » de Charles de Foucauld, qui vit alors un appel à un plus grand abandon spirituel.

Lever de soleil sur l'Assekrem.

Apprenant que Foucauld est malade, Laperrine lui fait parvenir des vivres[F 26]. Le , Mgr GuĂ©rin lui envoie de Rome une lettre venant du pape Pie X qui l'autorise exceptionnellement Ă  cĂ©lĂ©brer la messe sans servant[F 27] - [A 96]. Cette autorisation le met dans une grande joie. Ces rĂ©cents Ă©vĂšnements, dont le fait d'avoir Ă©tĂ© sauvĂ© par les Touaregs, changent profondĂ©ment la maniĂšre de voir de Charles de Foucauld. Il ne cherche plus Ă  convertir, mais Ă  aimer ; il Ă©crit Ă  Mgr GuĂ©rin[A 99] : « Je suis ici non pour convertir d'un seul coup les Touaregs, mais pour essayer de les comprendre et les amĂ©liorer. Je suis certain que le bon Dieu accueillera au ciel ceux qui furent bons et honnĂȘtes sans qu'ils soient catholiques romains »[Note 6]. Il reprend et continue son travail sur la culture et la langue touarĂšgues. Il travaille jusqu'Ă  onze heures par jour Ă  des travaux linguistiques qui l'absorberont jusqu'Ă  sa mort : rĂ©daction d'un lexique, transcription, traduction et commentaire de poĂ©sies touarĂšgues[A 100].

L'armée construit un nouveau fort à quelques kilomÚtres de Tamanrasset[F 28], Fort Motylinski[A 100]. Foucauld veut fonder une association de laïcs[F 29], et demande l'approbation de l'abbé Huvelin et de Mgr Guérin pour aller en France afin de développer cette association[A 101]. Le , Foucauld reçoit les encouragements de l'abbé Huvelin et décide donc de partir. Le il embarque d'Alger pour la France[A 101].

Début de la fraternité

Charles de Foucauld arrive Ă  Paris le [F 30]. Il y retrouve l'abbĂ© Huvelin et lui prĂ©sente les statuts de son Union de laĂŻcs[B 74]. Il y rencontre Ă©galement Louis Massignon, converti rĂ©cemment, avec qui il prie Ă  la Basilique du SacrĂ©-CƓur de Montmartre le [A 102]. Foucauld voit en Massignon son hĂ©ritier et lui propose de le rejoindre dans le dĂ©sert[F 31], mais celui-ci refuse. Le , Foucauld fait la connaissance du gendre de Marie de Bondy, Georges-PalamĂšde, Marquis de Forbin des Issarts, se rend Ă  la trappe Notre-Dame-des-Neiges afin de promouvoir son association de laĂŻcs, puis rencontre Mgr Bonnet[A 103]. Il passe quelques jours avec sa sƓur Marie et repart pour l'AlgĂ©rie le 7 mars.

Foucauld arrive Ă  In Salah et invente un chapelet, le « Chapelet de l'amour », pour chrĂ©tiens et musulmans[A 104] - [B 75]. Mgr Bonnet et Mgr Livinhac, SupĂ©rieur gĂ©nĂ©ral des PĂšres blancs, approuvent les statuts de l'« Union des FrĂšres et SƓurs du SacrĂ©-CƓur », « pieuse union »[A 105], tout en attendant l'autorisation de Rome[F 32].

Le 11 juin, Foucauld retourne Ă  Tamanrasset. Il poursuit ses travaux auprĂšs des Touaregs et son lexique[B 76]. Il entreprend d'organiser la confrĂ©rie apostolique des « FrĂšres et SƓurs du SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus ». Il fait une tournĂ©e d'approvisionnement avec le commandant Laperrine en septembre et dĂ©couvre l'Assekrem[A 104] - [B 76]. Il revient ensuite Ă  Tamanrasset et y reprend sa vie habituelle.

Reconstitution - entreprise en 1954, achevée en 1956[36] - de l'Ermitage de Charles Foucauld sur le plateau de l'Assekrem.

En avril 1910, Foucauld part de nouveau pour une tournĂ©e avec Laperrine[A 106]. Il dĂ©cide de construire, avec l'aide de soldats, un ermitage au sommet de l'Assekrem[A 106] - [B 77], ce qui lui permettrait de vivre Ă  l'Ă©cart des visites et Ă  l'abri de la chaleur de l'Ă©tĂ© saharien. Le , il retourne Ă  Tamanrasset oĂč il se trouve surchargĂ© : la pluie Ă©tant revenue, de nombreux nomades sont revenus prĂšs de Tamanrasset et sollicitent son aide[A 107].

Entre-temps, à l'été 1910, Moussa ag Amastan fait une visite officielle en France : c'est la « Mission Touareg »[37]. Foucauld le recommande auprÚs de sa famille, et Amastan la visite. Il lui écrit, voyant la richesse de la famille Foucauld, son incompréhension : « Toi tu vis comme un pauvre »[A 108].

L'arrivée de Moussa ag Amastan à Paris en 1910 dans une revue Le Petit Journal.

Les mois qui suivent sont marqués par de nombreuses séparations. Foucauld apprend la mort de Mgr Guérin à l'ùge de trente-sept ans le . Quelques jours plus tard, son ami de promotion, le commandant La Croix, meurt à Alger[A 108]. Il apprend le 15 août la mort de son pÚre spirituel, l'abbé Henri Huvelin, décédé le 10 juillet[A 109]. En outre, le commandant Laperrine est muté et doit quitter le Sahara à la fin de l'année.

Foucauld veut cependant développer sa confrérie. Il repart en France le [B 78] et en revient le 3 mai[F 33] - [B 79]. Il consacre les deux mois suivants à ses travaux sur le lexique, mais aussi à la construction de maisons en dur pour le village, entre autres pour Moussa Ag Amastan[A 110], tout en aidant au développement de l'hygiÚne, dont il apprend les rudiments aux Touaregs[B 77].

En juillet 1911, Foucauld part pour son ermitage dans l'Assekrem[B 80] qu'il agrandit[A 110]. Devant sa santĂ© qui se dĂ©tĂ©riore, il Ă©crit son testament[A 111] - [B 75] : « Je dĂ©sire ĂȘtre enterrĂ© au lieu mĂȘme oĂč je mourrai et y reposer jusqu'Ă  la rĂ©surrection. J'interdis qu'on transporte mon corps, qu'on l'enlĂšve du lieu oĂč le bon Dieu m'aura fait achever mon pĂšlerinage. »

De retour à Tamanrasset pour Noël 1911, Foucauld se passionne pour les missions d'étude du Transsaharien[B 75], aidant à la reconnaissance des possibles passages du train. Il participe à la mission d'étude, trouvant des guides touaregs pour l'exploration de pistes possibles, utilisant ses baromÚtres pour les relevés altimétriques demandés par les scientifiques[D 1].

La fin de l'annĂ©e 1912 et le dĂ©but de l'annĂ©e 1913 sont marquĂ©s par le dĂ©veloppement d'une instabilitĂ© politique dans le Sahara avec des menaces de rezzous venant du Maroc[B 81]. Foucauld achĂšve la rĂ©daction de son lexique touareg et commence sa relecture[B 81]. Il songe Ă  aller de nouveau en France pour dĂ©velopper son Union de laĂŻcs, car il veut faire redĂ©couvrir aux laĂŻcs leur vocation apostolique par la bontĂ©, la tendresse et la charitĂ©[Note 7]. Du 22 avril au mois de septembre 1913, il entreprend ce voyage. Il visite sa famille et ses amis, dont François-Henry Laperrine. Il apprend que le gĂ©nĂ©ral Hubert Lyautey est critiquĂ© pour sa gestion trop « pacifique » du Maroc : Charles de Foucauld l'encourage alors Ă  ne pas dĂ©missionner, et le dĂ©fend auprĂšs des personnes qu'il rencontre[A 112]. Il accepte les dĂźners mondains afin de rĂ©aliser cette tĂąche[B 82] - [A 113]. Il participe Ă  une confĂ©rence Ă  la Sorbonne sur le projet du Transsaharien[D 1]. Il rencontre l'abbĂ© Antoine Crozier qui a rassemblĂ© les 26 premiers membres de l'Union des FrĂšres et SƓurs du SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus[B 82] et l'appuie dans ce projet. Sa rencontre avec le cardinal LĂ©on Adolphe Amette est moins fructueuse : celui-ci le reconduit froidement aprĂšs l'avoir reçu[B 83] - [A 114]. Foucauld rentre en AlgĂ©rie le 28 septembre et arrive Ă  Tamanrasset le 22 novembre, oĂč il reprend son travail habituel[A 114].

  • Assekrem.
  • IntĂ©rieur de l'ermitage de Charles de Foucauld reconstruit.
    Intérieur de l'ermitage de Charles de Foucauld reconstruit.
  • Panorama depuis l'Ermitage de Charles de Foucauld Ă  l'Assekrem.
    Panorama depuis l'Ermitage de Charles de Foucauld Ă  l'Assekrem.
  • Assekrem.
    Assekrem.

Guerre et mort

DerniĂšre photographie de Charles de Foucauld vivant (c. 1915).

Le , il apprend la dĂ©claration de guerre en Europe[B 84] - [A 115]. Du fait de sa santĂ© de plus en plus prĂ©caire, Foucauld hĂ©site Ă  partir sur le front afin de devenir aumĂŽnier militaire. Finalement il Ă©crit Ă  sa cousine Marie, aprĂšs de multiples dĂ©bats de conscience : « Vous sentez qu'il m'en coĂ»te d'ĂȘtre si loin de nos soldats et de la frontiĂšre : mais mon devoir est, avec Ă©vidence, de rester ici pour aider Ă  y tenir la population dans le calme[B 85] ». Il tĂąche alors de minimiser auprĂšs des Touaregs l'importance des combats qui ont lieu en France[B 86]. À la fin de l'annĂ©e 1914, il tombe malade[B 86].

Le dĂ©veloppement de son Union des FrĂšres et SƓurs du SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus est arrĂȘtĂ© par la guerre, mais Charles de Foucauld continue d'approfondir son rĂšglement, dĂ©veloppant le cƓur de sa thĂ©ologie[B 87]. Il s'intĂ©resse aux travaux qui visent Ă  l'installation de la transmission sans fil, ainsi qu'Ă  l'apparition de pistes automobiles[D 2]. Il aide l'armĂ©e Ă  tracer des pistes dans le Hoggar, espĂ©rant apercevoir bientĂŽt les premiers vĂ©hicules[D 3].

Foucauld sécurise son ermitage de Tamanrasset en construisant, entre l'été 1915 et l'été 1916[38], un fortin en briques pour donner à la population un refuge en cas d'attaque[A 116] - [B 87]. Il contient des vivres, un puits, et des armes[39].

Le , Djanet tombe à la suite de rezzous opérant à partir du Maroc espagnol et se multipliant[B 87].

Charles de Foucauld refuse de s'installer avec l'armée à Fort Motylinski, préférant demeurer auprÚs des Touaregs[A 117]. En juin 1916, ses voisins touaregs lui conseillent pourtant de se réfugier dans le fort. Le danger ne vient en fin de compte pas du Maroc. Une grande partie de la population du Sahara et du Sahel se soulÚve contre l'occupant français, à l'instigation de la Sanusiyya (confrérie senousiste) venant de Tripoli[B 88]. Le 28 novembre, Foucauld a fini la relecture du lexique touareg-français. Il écrit à sa cousine Marie de Bondy, dans ce qui sera sa derniÚre lettre :

« On trouve qu'on n'aime jamais assez, mais le bon Dieu qui sait de quelle boue il nous a pétris et qui nous aime bien plus qu'une mÚre ne peut aimer son enfant, nous a dit, Lui qui ne ment pas, qu'il ne repousserait pas celui qui vient à Lui ».

Des pillards venus de Tripoli entendent parler de Charles de Foucauld, et veulent alors l'enlever. Les motifs du rapt sont sans doute financiers, les pillards espĂ©rant obtenir une rançon contre sa libĂ©ration[B 89]. Le 1er dĂ©cembre, un Touareg connu de Charles de Foucauld trahit sa confiance et permet aux Senoussistes d'investir le fortin[A 118]. L'arrivĂ©e de deux tirailleurs algĂ©riens les surprend et, dans la panique, l’adolescent auquel on avait confiĂ© la garde de Charles de Foucauld l'abat d'une balle dans la tempe[B 90] - [B 63].

Si pour Jean-Jacques Antier, Foucauld est ligotĂ© par les assaillants qui l'humilient, lui crachent dessus et pillent le fortin[A 119], pour Jean-François Six, les circonstances de la mort de Charles de Foucauld ne font pas de lui un martyr : voir ci-dessous l'image du martyr. L’universitaire algĂ©rien musulman Ali MĂ©rad met hors de cause la Sanousiyya dans la mort de Charles de Foucauld[40].

La tombe de Charles de Foucauld à El Menia (Algérie).

Le soir mĂȘme, les Touaregs l'enterrent Ă  mĂȘme le sol, avec les musulmans, Ă  quelques mĂštres de la porte oĂč il est mort[A 120]. Le gĂ©nĂ©ral Laperrine arrive sur les lieux un an plus tard, le 15 dĂ©cembre 1917, retrouve la dĂ©pouille jetĂ©e dans le fossĂ© et l'inhume Ă  quelques mĂštres de lĂ [B 91]. Le corps est encore dĂ©placĂ© pour ĂȘtre mis dans un tombeau, le , Ă  El GolĂ©a, appelĂ© aujourd'hui El MĂ©niaa. Ces dĂ©placements sont contraires Ă  la volontĂ© que Foucault avait manifestĂ©e dans son testament[A 111] - [B 75].

AprÚs la mort de Charles de Foucauld, ses amis touaregs comme Ouksem entrent en dissidence contre l'armée française[41] : en décembre 1916 ou en 1917, la tribu des Dag-Ghali se rallie à l'insurrection senoussiste, à laquelle les autorités coloniales répondent par une « cruelle répression »[42], les militaires français se livrant à des expéditions punitives : ils « chassaient les troupeaux et les gens, razziaient et faisaient des prisonniers »[43].

Spiritualité

À l’imitation de JĂ©sus, « le ModĂšle unique », Charles de Foucauld a dĂ©veloppĂ© une spiritualitĂ© de la qualitĂ© d’ĂȘtre, en donnant jour aprĂšs jour des preuves d’amour Ă  chacun des autres, sans exception, reconnus comme frĂšres, Ă  Ă©galitĂ© de dignitĂ©, avec un cƓur qui aime et irradie[44].

« On fait du bien, non dans la mesure de ce qu’on dit et ce qu’on fait, mais dans la mesure de ce qu’on est[45]. »

Lectures et sources d'inspiration

Charles de Foucauld aime lire les livres de son Ă©poque aussi bien que ceux des grands mystiques du passĂ©. Il lit et mĂ©dite la Bible en arabe, Ă©ditĂ©e par les PĂšres de Beyrouth ; un article paru dans Excelsior, « Comment aimer Dieu ? » a profondĂ©ment inspirĂ© sa vie intĂ©rieure. Il tient absolument Ă  rencontrer son auteur, Antoine Crozier, un prĂȘtre stigmatisĂ©, qui devint son ami et l'influença dans la crĂ©ation d'une confrĂ©rie du SacrĂ©-CƓur[46]. Il dĂ©couvre Ă©galement un ouvrage faussement attribuĂ© Ă  Jean-Pierre de Caussade (1675-1751) intitulĂ© L’abandon Ă  la Providence divine, un livre qui fait grande impression sur Charles de Foucauld. Il Ă©crit Ă  ce sujet : « Je ne cesse de le relire depuis deux ans et toujours j’y trouve du nouveau. » Il ajoute dans une lettre de 1904 : « C’est le livre dont je vis le plus »[47].

Il fait venir de Rome la Somme ThĂ©ologique de saint Thomas d'Aquin. Il est imprĂ©gnĂ© de la lecture des trĂšs grands auteurs mystiques comme ThĂ©rĂšse d'Avila et Jean de la Croix ; Jean Chrysostome est l'objet de ses mĂ©ditations quotidiennes, ainsi que L'Imitation de JĂ©sus-Christ. On retrouve aussi quelques livres d'importance mineure, comme JĂ©sus Adolescent, livre du chanoine Caron, un de ses amis, ou Les Quatre Évangiles en un seul, du chanoine Weber. DĂšs sa conversion, il a lu les PĂšres du dĂ©sert. Un court texte, le ModĂšle unique[48], rĂ©sume la spiritualitĂ© de Charles de Foucauld : l'Évangile, le SacrĂ©-CƓur et la Sainte Face de JĂ©sus. Quand Charles de Foucauld revient en France en avril 1909, il passe une nuit de priĂšre, avec Louis Massignon, dans la Basilique du SacrĂ©-CƓur de Montmartre[49]. L'adoration du Saint-Sacrement et en particulier l'adoration nocturne est un fondement de sa spiritualitĂ©.

Imitation de la vie de Nazareth

La conversion de Charles de Foucauld est marquée par les mots de l'Abbé Henri Huvelin : « Jésus a tellement pris la derniÚre place que jamais personne n'a pu la lui ravir »[B 27]. Cette phrase est extraite de la « parabole de la Noce et des Invités » (Luc, 14, 7) : « Jésus dit aux invités une parabole, parce qu'il remarquait qu'ils choisissaient les premiÚres places ; il leur dit : Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la premiÚre place, de peur qu'on ait invité quelqu'un de plus important que toi, et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : « CÚde-lui la place » ; alors tu irais tout confus prendre la derniÚre place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la derniÚre place, afin qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : « Mon ami, avance plus haut ». Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. Car tout homme qui s'élÚve sera abaissé et celui qui s'abaisse sera élevé ». Charles de Foucauld remarque alors qu'il n'y a rien d'autre pour lui que cette chÚre derniÚre place. Il veut imiter Jésus. C'est ainsi dans cet objectif qu'il part pour Tamanrasset, loin de la capitale. Cette imitation (imitatio Christi en latin liturgique) le conduit à vouloir l'imiter dans sa vie cachée, qui correspond à la période de la vie de Jésus de Nazareth qui n'est pas mentionnée dans le Nouveau Testament, avant sa vie publique. Charles de Foucauld perçoit dans cette vie cachée une profonde humilité et abnégation de Jésus.

À travers l'humilitĂ©, Charles de Foucauld recherche la derniĂšre place[F 34] - [B 60]. Il ne veut pas se diffĂ©rencier des personnes avec qui il vit ; il mĂšne une vie similaire Ă  la leur, travaillant pour gagner sa vie, refusant de manifester sa supĂ©rioritĂ© du fait de son statut de prĂȘtre. Il Ă©crit Ă  son ami Gabriel Tourdes : « Vivant du travail de mes mains, inconnu de tous, et pauvre, et jouissant profondĂ©ment de l'obscuritĂ©, du silence, de la pauvretĂ©, de l'imitation de JĂ©sus. L'imitation est insĂ©parable de l'amour, quiconque aime veut imiter : c'est le secret de ma vie »[A 75]. Par cette imitation de l’abaissement de JĂ©sus, travaillant comme un pauvre artisan Ă  Nazareth, Charles de Foucauld concrĂ©tise une conception du travail comme kĂ©nose[50].

Cette imitation de la vie cachĂ©e de JĂ©sus conduit Charles de Foucauld Ă  dĂ©velopper toute une spiritualitĂ© personnelle, ainsi qu'une vision personnelle de l'apostolat. Alors que les missionnaires cherchaient traditionnellement Ă  prĂȘcher, Ă  l'image de la vie publique de JĂ©sus, Foucauld au contraire veut dĂ©velopper un apostolat dans le silence et la discrĂ©tion. Il perçoit sa vocation comme celle de vivre la vie de Nazareth[F 35], il Ă©crit en 1905 : « Mes derniĂšres retraites de diaconat et de sacerdoce m'ont montrĂ© que cette vie de Nazareth, ma vocation, il fallait la mener, non dans la Terre sainte tant aimĂ©e, mais parmi les Ăąmes les plus malades, les brebis les plus dĂ©laissĂ©es »[F 18]. Il acquiert la conviction que cette vie de Nazareth peut se vivre partout[B 92], il cherche ainsi Ă  « prendre pour seul exemple la vie de JĂ©sus Ă  Nazareth. Qu'il daigne me convertir. Me rendre tel qu'il me veut. L'aimer, lui obĂ©ir, l'imiter »[A 87]. Foucauld approfondit alors un nouvel apostolat par les relations quotidiennes avec le milieu social, Ă  l'image de Priscilla et Aquila dans les Actes des apĂŽtres[51].

Eucharistie

La spiritualitĂ© de Charles de Foucauld accorde une trĂšs grande importance Ă  l'eucharistie, dans laquelle il reconnaĂźt la prĂ©sence de JĂ©sus cachĂ© dans l'hostie. L'imitation de la vie cachĂ©e de JĂ©sus et l'eucharistie participent de la mĂȘme logique pour Charles de Foucauld. Il place l'adoration eucharistique comme « l'Ɠuvre caractĂ©ristique, spĂ©ciale » de l'Union des laĂŻcs dont il a Ă©crit les statuts[F 24]. Pendant toute sa vie, il passe ainsi des heures Ă  adorer le Saint-Sacrement[A 121] et considĂšre cette priĂšre comme prioritaire sur toute autre activitĂ©. Il veut apporter l'eucharistie dans les lieux oĂč celle-ci est la moins prĂ©sente, c'est-Ă -dire dans le Sahara[F 17]. Dans ses mĂ©ditations, il affirme que c'est cette adoration de l'eucharistie qui le conduit Ă  vouloir aller vers les autres. Il Ă©crit lorsqu'il est Ă  Nazareth :

« L'ùme voit qu'elle jouit, qu'elle jubile, qu'elle reçoit beaucoup. Mais elle ne rend rien, elle reste inutile. Et plus je jouissais, plus je désirais travailler »[A 65].

AprĂšs avoir Ă©tĂ© ordonnĂ© prĂȘtre, Foucauld continue Ă  accorder une importance primordiale Ă  l'eucharistie. Dans sa solitude en plein Sahara, il Ă©crit Ă  Marie de Bondy qu'il est avec son « meilleur ami » et que « rien ne lui manque »[C 7] - [F 36]. Il affirme :

« Quand on voit la sainte hostie, que dire sinon que la nuit de cette vie a perdu ses tĂ©nĂšbres ?... À cĂŽtĂ© d'elle, tous les rois de la terre sont comme s'ils n'Ă©taient pas, de purs nĂ©ants »[B 93].

Charles de Foucauld développe une conception originale de l'eucharistie, qui constitue une nouveauté théologique. Il croit que la présence eucharistique rayonne, donne des grùces et permet, par sa simple présence, la sanctification de personnes qui vivent à proximité[B 68] - [F 24].

Cet amour de l'eucharistie se dĂ©ploie au fil du temps : il Ă©crit en 1907, Ă  propos de sa dĂ©votion Ă  l'eucharistie : « Autrefois, j'Ă©tais portĂ© Ă  voir d'une part l'infini, le saint sacrifice, d'autre part le fini, tout ce qui n'est pas lui, et Ă  toujours tout sacrifier Ă  la cĂ©lĂ©bration d'une sainte messe... Mais ce raisonnement doit pĂ©cher par quelque chose, puisque, depuis les apĂŽtres, les plus grands saints ont sacrifiĂ© en certaines occasions la possibilitĂ© de cĂ©lĂ©brer Ă  des travaux de charitĂ© spirituelle, voyages ou autres »[F 37]. Il choisit de partir Ă  Tamanrasset afin de vivre un plus grand amour du prochain, quitte Ă  ne plus pouvoir cĂ©lĂ©brer la messe, ni adorer l'eucharistie, malgrĂ© la vraie souffrance que cette sĂ©paration entraĂźne[F 38]. Il cherche alors Ă  faire rayonner, dans la charitĂ© envers les autres, l'amour qu'il porte Ă  l'eucharistie. Il veut voir « JĂ©sus en tous les humains »[F 37]. Il Ă©crit quatre mois avant sa mort Ă  Louis Massignon : « Il n'y a pas, je crois, de parole de l'Évangile, qui ait fait sur moi une impression et transformĂ© davantage ma vie que celle-ci : « Tout ce que vous faites Ă  l'un de ces petits, c'est Ă  Moi que vous le faites. » Si l'on songe que ces paroles sont celles de la VĂ©ritĂ© incrĂ©Ă©e, celles de la bouche qui a dit : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », avec quelle force on est portĂ© Ă  chercher et aimer JĂ©sus dans ces petits »[G 1].

Apostolat novateur

Charles de Foucauld dĂ©couvre trĂšs vite la limite de l'Ă©vangĂ©lisation classique sur les populations touarĂšgues[F 39]. Celles-ci sont de nature assez indĂ©pendante, ce qui conduit Foucauld Ă  refuser d'employer la prĂ©dication comme moyen principal des conversions[D 4]. Son dĂ©sir d'imiter la vie cachĂ©e de JĂ©sus le conduit Ă  innover de façon radicale dans l'apostolat, qui n'est dĂšs lors plus conçu comme une stratĂ©gie[D 5], mais consiste alors Ă  essayer d'ĂȘtre, dans sa vie quotidienne, un exemple de vie chrĂ©tienne[D 4]. Ceci se traduit par une prĂ©sence chrĂ©tienne auprĂšs des populations non-chrĂ©tiennes en menant une vie semblable Ă  celles-ci, tout en cherchant Ă  imiter la vie de JĂ©sus.

Progressivement, Charles de Foucauld considĂšre qu'il ne faut pas chercher Ă  tout prix des conversions, encore moins des conversions forcĂ©es[D 6]. Il faut aimer son prochain, mĂȘme si sa religion est diffĂ©rente, le respecter, et essayer de le comprendre[D 7]. L'Ă©tude de la langue touarĂšgue par Charles de Foucauld entre pleinement dans cette dĂ©marche d'acceptation, de comprĂ©hension et d'aide aux populations pour lesquelles on ne fait « pour ainsi dire rien »[D 8].

Cette connaissance de l'autre doit conduire, pour Charles de Foucauld, Ă  rechercher son bien-ĂȘtre matĂ©riel, par l'Ă©ducation[C 8] et le progrĂšs technique[D 8], mais aussi Ă  dĂ©velopper l'intelligence de l'autre et sa dignitĂ©, et cela sans rien attendre en retour[D 9] - [D 4], afin de faire des populations indigĂšnes « nos Ă©gaux »[D 9]. Il Ă©crit Ă  Marie de Bondy : « Il faudrait instruire d'abord, convertir ensuite. On ne peut pas en faire d'abord des chrĂ©tiens et civiliser ensuite »[B 94]. Cette dĂ©marche conduit ainsi Ă  se faire aimer, pour mieux amener Ă  la religion en la faisant aimer et apprĂ©cier par le comportement quotidien, qui est celui de l'imitation de JĂ©sus[D 9]. Comme il l'Ă©crit Ă  Mgr GuĂ©rin : « PrĂȘcher JĂ©sus aux Touaregs. Je ne crois pas que JĂ©sus le veuille ni de moi ni de personne. Ce serait un moyen de retarder, non d'avancer leur conversion. Cela les mettrait en dĂ©fiance, les Ă©loignerait, loin de les rapprocher. Il faut y aller prudemment, doucement, les connaĂźtre, nous faire d'eux des amis »[F 39].

Il voulait pour son apostolat outre des sƓurs blanches et des religieux, des professeurs qui viennent de France, professeurs de français (il apprenait aux enfants touaregs les Fables de La Fontaine) et de musique, puis des personnes Ă©tudiant la culture et civilisation touarĂšgues pendant au moins six ans ; c'Ă©tait donc dĂ©jĂ  aussi une relation d'« amitiĂ© partagĂ©e » et non Ă  sens unique, presque, dirait-on aujourd'hui, d'Ă©changes culturels, la reconnaissance de leur culture et de leur identitĂ©.

Charles de Foucauld refuse pendant longtemps le terme de missionnaire : « Ma vie n’est point ici celle d’un missionnaire, mais celle d’un ermite », Ă©crivait-il Ă  Henry de Castries le 28 octobre 1905[52]. Le , il Ă©crivait encore Ă  Mgr GuĂ©rin, en soulignant les mots : « Je suis moine, non missionnaire, fait pour le silence, non pour la parole »[53]. Ce refus d'ĂȘtre appelĂ© « missionnaire » le conduit Ă  vouloir dĂ©velopper un apostolat de la prĂ©sence silencieuse, « incognito »[D 10]. Dans sa correspondance, il est convaincu que cette prĂ©sence est essentielle afin de « dĂ©fricher »[D 11], premiĂšre Ă©tape vers la conversion. Pour Charles de Foucauld, le premier apostolat que doivent poursuivre des missionnaires isolĂ©s est celui qui passe par « de la bontĂ©, de l'amour et de la prudence »[D 12], mĂȘme si cette Ă©tape peut prendre des « siĂšcles » avant la conversion[D 13] - [D 7]. Outre son monumental dictionnaire français-touareg et les lexiques, les poĂ©sies touarĂšgues, il avait traduit des extraits de la Bible en tamachek, la langue touarĂšgue, ainsi que les quatre Évangiles, qui ne furent pas retrouvĂ©s.

Abandon Ă  Dieu

Charles de Foucauld dĂ©veloppe une vĂ©ritable spiritualitĂ© autour de l'abandon Ă  Dieu, symbolisĂ©e par la PriĂšre d'abandon issue d’une mĂ©ditation sur la phrase que JĂ©sus prononce alors qu’il est sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains[54] ». La logique de l'abandon Ă  Dieu l'amĂšne Ă  vouloir se donner Ă  Dieu en lui offrant sa libertĂ©. Cela se traduit par l'obĂ©issance Ă  ses supĂ©rieurs[A 122], dans lesquels il voit la main de Dieu[A 123]. Cette conception radicale de l'obĂ©issance l'amĂšne Ă  considĂ©rer que « tous les actes deviennent de purs actes d'amour »[A 65]. L'obĂ©issance aux supĂ©rieurs est ainsi un moyen de s'abandonner Ă  Dieu et de faire sa volontĂ© ; c'est aussi un moyen de vivre l'imitation de JĂ©sus[A 89].

Cet abandon Ă  Dieu est pour Charles de Foucauld un cheminement qui unit la misĂ©ricorde de Dieu, son amour et la souffrance. La dĂ©votion au SacrĂ©-CƓur, qu'il prend comme ornement sur son habit de religieux, symbolise l'amour de JĂ©sus, avec le cƓur, et la souffrance par la prĂ©sence de la Croix[G 2]. Ce don Ă  Dieu nĂ©cessite une volontĂ©, un combat[G 3] : pour Charles de Foucauld, « il n'y a pas d'oblation sans immolation »[G 4]. C’est dans cet esprit d’imitation de JĂ©sus qu’il abandonne toute espĂšce de bien matĂ©riel, se dĂ©pouillant jusqu’à l’extrĂȘme[Note 8].

Cet abandon de sa libertĂ© rĂ©pond Ă  la recherche de l'oubli total de soi pour Ă©pouser la volontĂ© de Dieu[55] ; par le choix de la derniĂšre place et les mortifications, il s'approfondit Ă  la fin de 1908. Il n'a alors encore entraĂźnĂ© aucune conversion. De plus, pendant cette annĂ©e, il ne peut cĂ©lĂ©brer la messe. Il doit mĂȘme sa vie au secours matĂ©riel apportĂ© par des pauvres. Foucauld abandonne alors tous ses dĂ©sirs de fondation, de conversions, et s'offre comme un pauvre Ă  Dieu[G 2]. Cet abandon complet de lui-mĂȘme et l'offrande de sa vie Ă  Dieu est pour lui le seul moyen de porter du fruit[G 4], Ă  l'image du « grain de blĂ© » qui tombe en terre dans l'Évangile, et qu'il mĂ©dite Ă  de nombreuses reprises[G 4].

Vision de l'islam

Le regard porté par Charles de Foucauld sur l'islam évolue au fil du temps. L'exploration du Maroc et la ferveur qu'il observe chez les populations musulmanes et juives joue sans doute un rÎle essentiel dans le début de sa conversion. Il est un temps attiré par le Coran, avant de définitivement s'en écarter[C 9]. Toute sa vie est toutefois marquée par la proximité des populations musulmanes, tant à la trappe en Syrie qu'à Nazareth et enfin en Algérie.

L'approche qu'il dĂ©veloppe est celle, non de la conversion immĂ©diate, mais de la dĂ©couverte et de l’intĂ©rĂȘt bienveillant Ă  l’égard des autres en qui il voit des frĂšres. À Tamanrasset en 1907, il s’interdit tout prosĂ©lytisme, affirmant mĂȘme : « Je suis moine, non missionnaire, fait pour le silence non pour la parole[56]. » Il cherche de mĂȘme Ă  proposer l’exemple de ce qu'il appelle la « religion naturelle »[B 95] : cette conception tend Ă  amener Ă  l'« amour de Dieu » et Ă  l'« acte d'amour parfait »[B 95]. Elle le conduit Ă  dĂ©velopper ce qu'il appelle le « chapelet de l'amour », qui peut ĂȘtre rĂ©citĂ© tant par les musulmans que par les chrĂ©tiens[A 104] - [B 75]. Il pense que les musulmans ne peuvent pas comprendre le christianisme sans ĂȘtre ouverts Ă  une Ă©ducation « Ă©gale Ă  la nĂŽtre », afin qu'ils puissent juger par eux-mĂȘmes leur religion[F 40] : « Il semble qu’avec les musulmans la voie soit de les civiliser d’abord, de les instruire d’abord, d’en faire des gens semblables Ă  nous ; ceci fait, leur conversion sera chose presque faite elle aussi car l’islamisme ne tient pas devant l’instruction ; l’histoire et la philosophie en font justice sans discussion : il tombe comme la nuit devant le jour[57]. » En attendant, il est persuadĂ© que ceux d'entre eux qui ne connaissent pas JĂ©sus-Christ sans qu'il y ait faute de leur part accĂšderont au Paradis, mĂȘme non baptisĂ©s, s'ils le mĂ©ritent par leur vie[D 14]. Cette idĂ©e est reprise par l'Église catholique, lors du Concile Vatican II, dans la dĂ©claration Dignitatis Humanae.

Petit FrĂšre Universel

Cette fraternitĂ© universelle n’est pas un sentiment idĂ©aliste et vague, envers l’ensemble de l’humanitĂ©, mais l’acte concret et personnel d’ĂȘtre frĂšre de celui-ci, de celle-lĂ , de chacun sans exception, « bon ou mauvais, ami ou ennemi, bienfaiteur ou bourreau, chrĂ©tien ou infidĂšle », selon les mots mĂȘmes de Foucauld, car « c’est en aimant les hommes qu’on apprend Ă  aimer Dieu »[58].

Charles de Foucauld a ainsi Ă©tĂ© le chantre de la fraternitĂ© universelle[59]— malgrĂ© le contexte antinomique de la colonisation avec tout ce qu'elle permettait, comme la vente publique d'esclaves, (les touaregs avaient des esclaves, les iklans), la montĂ©e de l'antisĂ©mitisme illustrĂ©e par l'Affaire Dreyfus et des nationalismes qui mĂšneront Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale — vingt ans aprĂšs la fin de la Traite des Noirs, englobant tous les hommes dans son amour, quelles que soient leur condition sociale et leur race. Il fait de cette universalitĂ© son projet de vie et la raison d'ĂȘtre de sa conversion, comme il l’a confiĂ© Ă  Henri Duveyrier : « Tous les hommes sont les enfants de Dieu qui les aime infiniment : il est donc impossible d’aimer, de vouloir aimer Dieu, sans aimer, vouloir aimer les hommes. L’amour de Dieu, l’amour des hommes, c’est toute ma vie, ce sera toute ma vie, je l’espĂšre. » (Lettre Ă  Henri Duveyrier[60], qui, du reste, a probablement plongĂ© celui-ci dans la consternation). Il veut aimer tous les hommes sans distinction avec une prĂ©fĂ©rence pour les pauvres : « Envelopper tous les hommes, en vue de Dieu, dans un mĂȘme amour et un mĂȘme oubli » ; et Massignon souligna qu'il avait appris Ă  aimer les autres avec une dĂ©licatesse inexprimable. À Beni AbbĂšs, il consacre sa chapelle au SacrĂ©-CƓur, la Khaoua c'est-Ă -dire « FraternitĂ© du SacrĂ©-CƓur » : « Je veux habituer tous les habitants, chrĂ©tiens, musulmans, juifs, Ă  me regarder comme leur frĂšre, le frĂšre universel. Ils commencent Ă  appeler la maison « la FraternitĂ© », et cela m'est doux » (Lettre Ă  Marie de Bondy, 1890, 1902). « Les indigĂšnes commencent Ă  l'appeler la khaoua, et Ă  savoir que les pauvres y ont un frĂšre ». Cette fraternitĂ© qui puise sa source dans l’amour de Dieu, PĂšre de tous ses enfants, ne cessa de grandir en son cƓur jusqu’à en imprĂ©gner toute sa vie. « Son exemple fut des plus convaincants pour son entourage d’alors, comme pour nous aujourd’hui : l’homme est d’abord un frĂšre ou une sƓur, avant d’ĂȘtre un Ă©tranger, un concurrent ou un ennemi » (Mgr Grallet). Il rachĂšte plusieurs esclaves, comme les PĂšres blancs le faisaient, tels Joseph du SacrĂ©-CƓur et Abd-JĂ©sus.

ƒuvres non spirituelles

Exploration du Maroc

Avant son exploration par Charles de Foucauld avec Abi Serour, le Maroc ne comptait que 700 km de pistes rĂ©pertoriĂ©es[A 1]. Charles de Foucauld relĂšve plus de 2 690 km de pistes, et plus de 3 000 cotes d'altitudes. Il a corrigĂ© le relevĂ© du cours du Dra et rapportĂ© des milliers d'observations, de cartes et des dessins qu'il publie dans son livre Reconnaissance au Maroc[A 33]. Cet ouvrage, Ă©ditĂ© en 1888, lui vaut la mĂ©daille d'or de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie. Les dĂ©couvertes et travaux de Charles de Foucauld au Maroc sont louĂ©s par la communautĂ© scientifique, et le discours du rapporteur lors de la remise de la mĂ©daille de GĂ©ographie montre leur impact :

« En onze mois, un seul homme, M. le vicomte de Foucauld, a doublĂ© pour le moins la longueur des itinĂ©raires levĂ©s au Maroc. Il a repris, en les perfectionnant, 689 kilomĂštres de travaux de ses devanciers, et il y a ajoutĂ© 2 250 kilomĂštres nouveaux... C'est vraiment une Ăšre nouvelle qui s'ouvre, grĂące Ă  M. de Foucauld, de la connaissance gĂ©ographique du Maroc et on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de ces rĂ©sultats si beaux et si utiles ou du dĂ©vouement, du courage et de l'abnĂ©gation ascĂ©tique grĂące auxquels ce jeune officier français les a obtenus [
] Il a conquis des renseignements trĂšs nombreux, trĂšs prĂ©cis, qui renouvellent littĂ©ralement la connaissance gĂ©ographique et politique tout entiĂšre du Maroc »[B 96].

La reconnaissance de la qualité des travaux de Charles de Foucauld est internationale : un membre de la Royal Geographical Society de Londres affirme qu'on « ne saurait estimer trop haut la contribution apportée par M. de Foucauld à notre connaissance du Maroc »[B 97].

Culture touarĂšgue

Dictionnaire touareg–français de Foucauld (1951).

Outre sa Reconnaissance au Maroc (1888), Charles de Foucauld a laissé de nombreux documents scientifiques. En 1951, l'Imprimerie nationale de France, avec le concours du Gouvernement général de l'Algérie, publie son dictionnaire touareg-français complet, en quatre volumes, issu de son important travail de recherche en vue de la connaissance des Touaregs et plus généralement des BerbÚres.

Charles de Foucauld est convaincu que l'Ă©vangĂ©lisation passe par le respect et la comprĂ©hension des cultures dans lesquelles il vit[D 15]. À maintes reprises dans sa correspondance, il dĂ©plore la connaissance superficielle et l'irrespect manifestĂ© envers le peuple touareg par des missionnaires et des membres de l'administration française[D 15]. La mĂ©connaissance de la langue est l'obstacle majeur Ă  la comprĂ©hension des Touaregs. Charles de Foucauld travaille plus de douze ans Ă  l'apprentissage de la culture touarĂšgue[61]. DĂšs 1907, Foucauld recueille les poĂšmes touarĂšgues en contrepartie d'une petite rĂ©munĂ©ration[62]. Toutes les poĂ©sies Ă©tant apprises par cƓur par les Touaregs, Foucauld recopie celles qu'on lui dicte, passant des heures Ă  Ă©couter les femmes les rĂ©citer[62]. En parallĂšle de ses travaux scientifiques[61], comme le lexique, des Ă©lĂ©ments de grammaire, un dictionnaire des noms de lieux, Foucauld s'emploie Ă  traduire et dĂ©velopper des commentaires et analyses des poĂ©sies. Il finit ce travail sur l'Ɠuvre poĂ©tique des Touaregs le 28 novembre 1916[61], deux jours avant sa mort. L'ensemble de ces travaux constitue une vĂ©ritable encyclopĂ©die du Hoggar et des Touaregs[D 15].

La majorité des travaux scientifiques de Charles de Foucauld a été trÚs vite occultée au profit d'une vision hagiographique de sa vie, mettant plus l'accent sur son cheminement spirituel[61]. En 1925 et 1930, André Basset a publié les deux volumes des Poésies touarÚgues, comprenant plus de 575 poÚmes (soit 5670 vers)[61]. Ignorés jusqu'à aujourd'hui par les hagiographes et la quasi-totalité des biographes de Charles de Foucauld, ces travaux ont pourtant été connus et utilisés par les spécialistes dÚs leur parution. Certains d'entre eux ont bénéficié récemment de rééditions qui les ont mis à la portée d'un public un peu plus large : ré-édition en 1984 des textes en prose[61], puis ré-édition en 1997 d'une partie des poÚmes[63].

L'ensemble de l'Ɠuvre scientifique de Charles de Foucauld reste « pour toute personne qui se spĂ©cialise dans l'Ă©tude du monde touareg une rĂ©fĂ©rence incontournable »[61], d'autant qu'elle constitue une importante source pour l'analyse ethnographique[61] - [64].

Lutte contre l'esclavage dans le Hoggar

Libération des esclaves d'Alger par F.-A. Vincent, 1806.

DĂšs l'occupation de l'AlgĂ©rie en 1830, la France avait aboli l'esclavage[A 124], position officialisĂ©e lors du DĂ©cret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, qui devait s'appliquer Ă©galement dans les colonies. Cependant, afin de mĂ©nager les susceptibilitĂ©s et les intĂ©rĂȘts des chefs de tribu et des marabouts, l'esclavage est maintenu. En arrivant Ă  BĂ©ni-AbbĂšs, Charles de Foucauld dĂ©couvre que l'esclavage existe encore[D 16]. TrĂšs vite, il rachĂšte la libertĂ© d'un premier esclave, Joseph, le 9 janvier 1902[A 74], puis d'un deuxiĂšme le 4 juillet, afin de montrer son opposition Ă  cette pratique[D 17], tout en laissant ces anciens esclaves libres de pratiquer leur foi[A 74].

Immédiatement, Charles de Foucauld dénonce la pratique de l'esclavage dans sa correspondance, tant auprÚs de Marie de Bondy que d'Henri de Castries et Mgr Guérin[F 41] :

« La plus grande plaie de ce pays est l'esclavage. Je cause familiÚrement chaque jour, en particulier, hors de la présence des maßtres, avec beaucoup d'esclaves »[65].

Charles de Foucauld apprend à Mgr Guérin que l'esclavage est maintenu sur ordre du Général Risbourg[A 124], confirmé par le colonel Billet[F 42]. Foucauld s'offusque de cette pratique dans sa correspondance :

« C'est de l'hypocrisie de mettre sur les timbres et partout « liberté, égalité, fraternité, droits de l'homme », vous qui rivez le fer des esclaves, qui condamnez aux galÚres ceux qui falsifient vos billets de banque et qui permettez de voler des enfants à leurs parents et de les vendre publiquement, qui punissez le vol d'un poulet et permettez celui d'un homme »[F 43] - [66].

Il demande Ă  son ami Henri de Castries de tout faire afin d'agir en France[F 44]. Il Ă©crit Ă  Mgr Livinhac le 8 fĂ©vrier 1902 pour lui demander d'agir auprĂšs des sĂ©nateurs catholiques : « Nous n'avons pas le droit d'ĂȘtre des chiens muets et des sentinelles muettes : il nous faut crier quand nous voyons le mal »[F 44]. En attendant, Foucauld donne la prioritĂ© Ă  l'Ɠuvre des esclaves, installant un local pour leur accueil[D 17].

NĂ©anmoins, Foucauld se voit tempĂ©rĂ© dans ses revendications par Mgr GuĂ©rin, qui lui demande, au nom du rĂ©alisme politique, de ne pas agir politiquement. À plusieurs reprises, il lui demande d'arrĂȘter l'achat de ses esclaves, parce que les chefs de tribus sont mĂ©contents des initiatives du « marabout blanc »[B 98]. De plus, le climat politique en France est marquĂ© par une vague d'anticlĂ©ricalisme avec les lois du gouvernement Waldeck-Rousseau[B 99]. Mgr GuĂ©rin voit dans l'antiesclavagisme virulent de Charles de Foucauld une Ă©ventuelle difficultĂ© pour le maintien des PĂšres blancs en AlgĂ©rie[B 99] et lui enjoint donc d'arrĂȘter son activitĂ© publique contre l'esclavage le 17 septembre 1902[F 45]. Charles de Foucauld Ă©crit qu'il lui obĂ©ira[F 46], non sans ĂȘtre en dĂ©saccord avec lui : « Ces raisons ne me laissent pas — soit dit une derniĂšre fois — sans regretter que les reprĂ©sentants de JĂ©sus se contentent de dĂ©fendre « Ă  l'oreille » (et non « sur les toits ») une cause qui est celle de la justice et de la charitĂ© »[F 47].

Peu Ă  peu, l'activisme et la proximitĂ© de Charles de Foucauld avec les autoritĂ©s conduisent Ă  un changement de la situation. Le 15 dĂ©cembre 1904, Foucauld annonce Ă  Henri de Castries que « d'un commun accord, les chefs d'annexe des oasis ont pris des mesures pour la suppression de l'esclavage. Non en un jour, ce qui ne serait pas sage, mais progressivement »[A 125]. Les esclaves ne peuvent plus ĂȘtre vendus, ceux qui avaient un esclave peuvent le garder, mais il ne pourra plus changer de maĂźtre ; s'il est maltraitĂ©, le chef d'annexe l'affranchira[A 125].

Vision de la colonisation

La colonisation française est portée principalement par les idéalistes laïcs, comme Léon Gambetta ou Jules Ferry. Ce dernier affirme en 1885 : « Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... Je répÚte qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures »[D 18] - [67]. Des entrepreneurs soutiennent aussi la colonisation avec par exemple le canal de Suez, et les missionnaires chrétiens voient dans la colonisation une possibilité d'évangélisation. La colonisation est d'autant plus recherchée qu'elle constitue un remÚde provisoire dans laquelle « la génération de Charles de Foucauld trouvera un moyen d'exprimer son patriotisme »[68] - [D 19].

Charles de Foucauld soutient la colonisation française, cependant ce soutien est différent de la plupart des autres Français : « Il s'est montré néanmoins plus lucide que la plupart des responsables coloniaux de sa génération, et ne s'est pas privé d'avertir ses compatriotes qu'ils perdraient leur empire africain faute d'une volonté politique de justice et de progrÚs »[69]. Certains voient dans le soutien de Charles de Foucauld à la colonisation une dissociation entre sa pensée spirituelle et politique[D 3]. Jean-François Six souligne quant à lui l'unité de sa pensée[D 3] : Charles de Foucauld voit dans la colonisation une mission civilisatrice au bénéfice des populations colonisées, celle-ci apportant une ouverture de l'intelligence qui permet d'ouvrir à l'évangélisation[D 20].

Foucauld croit au bienfait du progrĂšs technique qu'il assimile Ă  la civilisation[D 21]. Il appuie l'arrivĂ©e de chaque progrĂšs technique au Sahara, comme le projet du chemin de fer transsaharien[D 22], la transmission sans fil[D 2] ou la construction de pistes automobiles[D 3]. Ce progrĂšs issu de la colonisation a pour vocation de faire des colonisĂ©s « non nos sujets, mais nos Ă©gaux, ĂȘtre partout sur le mĂȘme pied que nous »[D 23]. Il conçoit la colonisation de maniĂšre humaniste et fraternelle : « Que ces frĂšres cadets deviennent Ă©gaux Ă  nous »[D 16] - [70].

MalgrĂ© son soutien Ă  la colonisation française, Charles de Foucauld la considĂšre, Ă  de nombreuses reprises, de maniĂšre trĂšs sĂ©vĂšre : il dĂ©nonce l'absence d'investissement et d'aide au dĂ©veloppement : « ... Notre AlgĂ©rie, on n'y fait rien pour les indigĂšnes ; les civils ne cherchent la plupart qu'Ă  augmenter les besoins des indigĂšnes pour tirer d'eux plus de profit, ils cherchent leur intĂ©rĂȘt personnel uniquement ; les militaires administrent les indigĂšnes en les laissant dans leur voie, sans chercher sĂ©rieusement Ă  leur faire faire des progrĂšs »[D 24] - [71]. Il critique vivement les exactions des militaires dans le Sahara[D 25], ainsi que les civils qui ne recherchent que leur intĂ©rĂȘt et le dĂ©veloppement de leur profit[D 26], mais aussi l'absence de lutte contre l'esclavage par les autoritĂ©s coloniales[D 27].

Les rapports qu'il entretient avec l'armĂ©e française seront nombreux. Il Ă©tablit des relations amicales avec l'armĂ©e, ce qui lui sera reprochĂ© aprĂšs sa mort. Cela ne l'empĂȘche pas de critiquer les exactions et les abus commis par certains militaires dans le Hoggar, comme les rĂ©quisitions et les sous-paiements d'indemnitĂ©[D 25]. Il a un regard parfois trĂšs sĂ©vĂšre sur certains officiers :

« Ce que je vois des officiers du Soudan m'attriste. Ils semblent des pillards, des bandits, des flibustiers. Je crains que ce grand empire colonial qui pourrait et devrait enfanter tant de bien ne soit prĂ©sentement pour nous qu'une cause de honte, qu'il nous donne lieu de rougir devant les sauvages mĂȘmes ; qu'il fasse maudire le nom Français et hĂ©las le nom chrĂ©tien, qu'il rende ces populations, dĂ©jĂ  si misĂ©rables, plus misĂ©rables encore »[A 126].

Foucauld nĂ©anmoins ne se croit pas le reprĂ©sentant de l'armĂ©e, d'ailleurs il se mĂ©fie de cette proximitĂ©, Ă©crivant Ă  Mgr GuĂ©rin : « Sauront-ils sĂ©parer entre les soldats et les prĂȘtres, voir en nous les serviteurs de Dieu, ministres de paix et de charitĂ©, frĂšres universels ? Je ne sais... »[D 28].

Charles de Foucauld développe une analyse sur l'efficacité de la colonisation. Dans une lettre à René Bazin, il affirme qu'il y a une incompatibilité profonde entre la religion musulmane et l'assimilation des populations musulmanes à la France. Non pas que les populations ne puissent pas progresser comme beaucoup de personnes le pensaient à son époque, et auxquelles Foucauld s'oppose[D 29], mais parce qu'il considÚre que les musulmans « regardent l'Islam comme une vraie patrie »[D 30]. La politique d'assimilation des populations musulmanes lui semble impossible, d'autant qu'aucun effort pour l'éducation et l'exemple de vie n'est fait pour les populations. Il affirme ainsi dans sa lettre que « si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent français est qu'ils deviennent chrétiens »[D 30].

Signature de Charles de Foucauld

Signature du frĂšre Charles de Foucauld.

Cette question mineure concerne les diffĂ©rents noms dĂ©signant Charles de Foucauld. « Charles de Foucauld de Ponbriand » est son nom complet. Cette dĂ©nomination est utilisĂ©e pour le dĂ©signer dans la pĂ©riode qui prĂ©cĂšde son entrĂ©e dans les ordres. « PĂšre de Foucauld », dĂ©signe sa fonction Ă  partir son ordination. « FrĂšre Charles » a la prĂ©fĂ©rence de sa famille spirituelle : pour les Petites SƓurs de JĂ©sus, ce nom exprime mieux son idĂ©al de fraternitĂ© et sa volontĂ© de rester humble. On trouve aussi le nom de « petit frĂšre universel ».

La façon dont Charles de Foucauld se dĂ©signait lui-mĂȘme dans ses correspondances a variĂ© au cours des annĂ©es : aprĂšs avoir signĂ© ses lettres « FrĂšre Marie-AlbĂ©ric » Ă  l'Ă©poque de la Trappe, « FrĂšre Charles » aprĂšs sa sortie de la Trappe, puis « Charles de JĂ©sus » ou « FrĂšre Charles de JĂ©sus » Ă  partir de 1899[F 48], il semble, aprĂšs 1913 ou 1914, ne plus guĂšre signer que « Charles de Foucauld » ou « Fr. Charles de Foucauld »[72] - [F 48].

HĂ©ritage

HĂ©ritage spirituel

Plaque commémorative, rue du ManÚge à Nancy.

À la mort de Charles de Foucauld en plein conflit mondial, il semble que sa spiritualitĂ© ait peu d'avenir : personne ne l’a rejoint dans sa congrĂ©gation religieuse[73]. Son association de laĂŻcs, l’Union des FrĂšres et SƓurs du SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus, ne comprend que quarante-huit membres et n'a plus de direction.

L'Union est progressivement reprise par Louis Massignon, qui publie les premiers extraits de son directoire en 1917[A 127]. En 1919, le cardinal Amette donne un avis favorable Ă  la reprise de l'Union, sous la prĂ©sidence de Mgr Le Roy, dĂ©signĂ© par Mgr Livinhac[74]. En 1928, Massignon publie l’intĂ©gralitĂ© du directoire de l'Union[A 128]. En 1947, il crĂ©e la SodalitĂ©[Note 9] et diffĂ©rents groupes ou fraternitĂ©s regroupĂ©s ensuite en « Association ». L’Union devient Union-SodalitĂ© et regroupe les nombreuses associations autour de la spiritualitĂ© de Charles de Foucauld. Elle comprend actuellement plus de 1 000 membres dans 53 pays[75].

La notoriĂ©tĂ© de Foucauld s'accroĂźt avec la publication, en 1921, d'une biographie rĂ©digĂ©e par RenĂ© Bazin Ă  la demande de Louis Massignon, qui rencontre un grand succĂšs[A 127]. De nombreux laĂŻcs suivent le modĂšle proposĂ© par Foucauld, telle Suzanne Garde, qui suscite un groupe d'infirmiĂšres laĂŻques. AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, Magdeleine de Vimont crĂ©e les « NazarĂ©ennes du PĂšre de Foucauld », communautĂ© de femmes laĂŻques qui se consacrent aux enfants et jeunes handicapĂ©s. La tombe de Charles de Foucauld et les endroits oĂč il a vĂ©cu sont l'objet de pĂšlerinages et de « Goums » sur ses traces[76] - [77].

Au cours des annĂ©es 1920, les premiers prĂȘtres ermites prenant modĂšle sur Charles de Foucauld se dĂ©clarent[A 127] : en 1924, l'amiral Malcor, ordonnĂ© prĂȘtre, prend l'habit du pĂšre de Foucauld et s'installe Ă  Sidi-SaĂąd, prĂšs de Kairouan en Tunisie. Charles Henrion l'y rejoint suivi de quelques disciples, ce qui aboutit Ă  la crĂ©ation de « l'Ɠuvre de Bou-SaĂąda »[78]. Charles Henrion convertit grĂące Ă  son habit et au SacrĂ©-CƓur, Jean Cocteau qui fait alors sa premiĂšre communion. De mĂȘme, Albert PeyriguĂšre et Charles-AndrĂ© Poissonnier deviennent religieux et s'installent au Maroc[79].

Dans la foulĂ©e de ces premiers ermites, naissent progressivement les premiĂšres congrĂ©gations religieuses. En aoĂ»t 1933, la premiĂšre congrĂ©gation des Petits frĂšres du SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus est crĂ©Ă©e Ă  la Basilique du SacrĂ©-CƓur de Montmartre[A 129]. La mĂȘme annĂ©e, les Petites SƓurs du SacrĂ©-CƓur sont fondĂ©es Ă  Montpellier[A 129]. En septembre 1939, Magdeleine Hutin fonde la congrĂ©gation des Petites SƓurs de JĂ©sus au Sahara ; Ă  sa mort, en 1991, la congrĂ©gation compte 1 400 membres[A 129]. En 1956 sont fondĂ©s les Petits FrĂšres de l'Évangile[A 129]. La mĂȘme annĂ©e, le pĂšre RenĂ© Voillaume fonde les Petits FrĂšres de JĂ©sus (tout d'abord appelĂ©s FrĂšres de la Solitude), suivis des Petites SƓurs de l'Évangile en 1963.

Plus rĂ©cemment, sƓur Norbert-Marie, aprĂšs avoir visitĂ© Marthe Robin, fonde les Petites SƓurs de Nazareth et de l'UnitĂ© qui vivent Ă  cĂŽtĂ© de l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges. La congrĂ©gation des Petites SƓurs de la Consolation du SacrĂ©-CƓur et de la Sainte-Face est fondĂ©e en 1989 : elle cĂ©lĂšbre la forme ordinaire de la messe mais en latin et la liturgie en grĂ©gorien[80]. Au dĂ©but du XXIe siĂšcle, il y a en tout plus d'une vingtaine de congrĂ©gations qui poursuivent la spiritualitĂ© de Charles de Foucauld Ă  travers le monde[A 130] - [81].

Quant aux laĂŻcs, ils ne sont pas en reste. D'une part, bien avant 1950 et selon certains dĂšs avant la Seconde Guerre Mondiale, dans plusieurs villes de France, des groupes de chrĂ©tiens (hommes et femmes, cĂ©libataires et mariĂ©s, laĂŻcs et prĂȘtres) avaient pris l'habitude de se retrouver pour vivre la spiritualitĂ© de Charles de Foucauld. Ceux-ci se regroupent et c'est ainsi qu'en 1950, la FraternitĂ© Charles de Foucauld est reconnue officiellement par Mgr de ProvenchĂšres, archevĂȘque d'Aix-en-Provence. Ce mouvement prend en 1955 le nom de « FraternitĂ© sĂ©culiĂšre Charles de Foucauld ». Elle est prĂ©sente aujourd'hui sur les cinq continents et dans quarante-six pays. Avec 6 000 membres environ, c'est aujourd'hui le groupe le plus nombreux de la famille spirituelle de Charles de Foucauld. Elle regroupe des femmes et des hommes de toute origine ethnique, de tous milieux sociaux, d'Ă©tats de vie diffĂ©rents, qui veulent s'entraider pour vivre l'Évangile en s'inspirant des intuitions originelles de Charles de Foucauld[82]. D'autre part, « dans les mĂȘmes annĂ©es, de jeunes chrĂ©tiennes sentent l'appel Ă  une vie contemplative, vĂ©cue dans le cĂ©libat, liĂ©e par des vƓux et sans prendre la forme d'une vie religieuse en communautĂ©. » Ainsi naissent la FraternitĂ© Jesus Caritas (1952), reconnue ensuite officiellement comme institut sĂ©culier fĂ©minin, puis la FraternitĂ© Charles de Foucauld (1991), une association de femmes gardant le cĂ©libat[83].

Quant aux prĂȘtres, qui dĂ©sirent donner Ă  leur vie et Ă  leur ministĂšre presbytĂ©ral le souffle Ă©vangĂ©lique de Charles de Foucauld, ils se regroupent dĂšs 1951 dans l'Union sacerdotale qui prendra, en 1976, le nom de FraternitĂ© sacerdotale Jesus Caritas et est prĂ©sente aujourd'hui aussi sur tous les continents[84].

À la suite de Charles de Foucauld, de nombreuses personnes ont Ă©tudiĂ© ou fait connaĂźtre la civilisation et le peuple touareg, par exemple Henri Lhote, le frĂšre Antoine Chatelard, Dominique Casajus, ou le photographe Alain SĂšbe.

Le modĂšle de monachisme proposĂ© par le bienheureux Charles de Foucauld, mĂȘme s'il respecte les formes traditionnelles des vƓux religieux, constitue une rĂ©volution de la vie religieuse : il envisage la disparition de la sĂ©paration des convers et des moines, la suppression totale de la propriĂ©tĂ© privĂ©e tant personnelle que communautaire. De mĂȘme, il dĂ©veloppe aussi la prĂ©sence des moines immergĂ©s dans le monde, Ă©tant ainsi le prĂ©curseur des prĂȘtres ouvriers[A 127]. Enfin, le modĂšle d'apostolat par l'exemple, en s'abstenant de prĂ©dication - mĂȘme si Charles de Foucauld n'a jamais condamnĂ© ceux qui prĂȘchent -, est profondĂ©ment novateur dans l'Église[A 127].

Jean-Paul II range Charles de Foucauld parmi les grands saints : « Ils sont tellement prĂ©sents dans la vie de toute l’Église, tellement influents par la lumiĂšre et la puissance de l’Esprit Saint! »[85]. Il voit dans Charles de Foucauld la mĂȘme recherche de la « saintetĂ© inconnue de la vie quotidienne » que chez ThĂ©rĂšse de Lisieux[A 131]. En 1974, le cardinal Duval affirme que « Le pĂšre de Foucauld a Ă©tĂ© le prĂ©curseur de Vatican II, car l'idĂ©e centrale du Concile est que tout chrĂ©tien doit porter tĂ©moignage du Christ. Or Charles de Foucauld a insistĂ© sur le fait que tous les chrĂ©tiens, mĂȘme laĂŻques, doivent porter le tĂ©moignage de l'amour fraternel »[A 132]. Le 2 fĂ©vrier 2006, est fondĂ© le monastĂšre du CƓur de JĂ©sus par Johanne Wilson, l'abbĂ© Éric Tremblay et Simon Dufour. Aujourd'hui, la communautĂ© situĂ©e Ă  Chicoutimi au Canada compte cinq moines et dix moniales, sans compter la prĂ©sence de plus de soixante-dix laĂŻcs qui sont membres associĂ©s[86].

BĂ©atification et canonisation

La statue de Charles de Foucauld sculptée par Daphné Du Barry, devant l'église Saint-Pierre-le-Jeune catholique de Strasbourg.

Le processus de reconnaissance par l'Église catholique de Charles de Foucauld prend presque un siĂšcle. La longueur de ce procĂšs en bĂ©atification est due en grande partie Ă  la complexitĂ© du personnage de Charles de Foucauld, mais aussi aux Ă©vĂšnements qui affectent l'Église catholique en AlgĂ©rie. Le procĂšs ne commence que dix ans aprĂšs sa mort, en 1927[87]. La collecte des nombreuses lettres et Ă©crits de Charles de Foucauld, et leur transcription en trois exemplaires aux fins de transmission au Vatican, ne sont terminĂ©es qu'en 1947[87].

La procĂ©dure est suspendue en 1956, Ă  la suite de la guerre d'AlgĂ©rie[87]. La publication en 1986 d'un livre controversĂ© sur Charles de Foucauld, L'Évangile du fou de Jean-Edern Hallier, ternit son image[87]. La position de Charles de Foucauld en faveur de la colonisation, et son interprĂ©tation de la PremiĂšre Guerre mondiale, diffĂ©rente de celle de BenoĂźt XV, a pu crĂ©er des difficultĂ©s, d'autant plus que la dĂ©colonisation Ă©tait dĂ©fendue par de nombreuses organisations, notamment les Nations unies[88] - [87]. En outre, la position de l'Église catholique en AlgĂ©rie, considĂ©rĂ©e comme instrument de la colonisation, Ă©volue Ă  la suite de la guerre. Enfin, l'important travail de Charles de Foucauld sur la culture touarĂšgue d'AlgĂ©rie a permis de relativiser la vision trop coloniale qui lui Ă©tait attachĂ©e[87].

Le 24 avril 2001, le pape Jean-Paul II approuve le décret d'héroïcité des vertus du PÚre de Foucauld qui devient ainsi vénérable[89].

Charles de Foucauld est béatifié par le pape Benoßt XVI le [90]. Il est crédité d'un miracle : la guérison d'une Italienne atteinte d'un cancer qui a prié Charles de Foucauld d'intercéder en sa faveur. Lors de la cérémonie de béatification[91], durant laquelle le ministre français de la Justice, garde des Sceaux, Pascal Clément prononce une allocution[92], le pape déclare que la vie de Charles de Foucauld est « une invitation à aspirer à la fraternité universelle »[87].

Le , le pape François autorise la publication d'un décret reconnaissant plusieurs miracles et martyres dont un miracle attribué à Charles de Foucauld[93]. Cette procédure permet la canonisation prochaine de l'ermite par le pape[94] - [95] - [96]. Il est canonisé le dimanche [97].

HĂ©ritage dans la culture

En 1921, l'Ă©crivain RenĂ© Bazin Ă©crit la biographie de Charles de Foucauld : Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara qui devient vite un best-seller vendu Ă  plus de 200 000 exemplaires[98].

LĂ©on Poirier rĂ©alise un film en 1936 sur Charles de Foucauld[99], ayant pour sujet sa vie et son Ɠuvre, sans toutefois Ă©voquer son travail scientifique : L'Appel du silence[61].

Durant l'Ă©tĂ© 1946, l'abbĂ© Xavier Louis, aumĂŽnier des Invalides, un disciple de Charles de Foucauld, de la promotion Gallieni de l'École spĂ©ciale militaire de Saint-Cyr, ancien capitaine de mĂ©haristes dans le dĂ©sert tchadien de 1931 Ă  1937, organise Ă  l'HĂŽtel des Invalides, une exposition qui connaĂźt un vif succĂšs, intitulĂ©e Charles de Foucauld, l'Africain, qui retrace toute sa vie, avec des objets personnels. Cette exposition est financĂ©e par les Fondations Charles de Foucauld de Raoul Follereau[100], dont Louis Massignon conteste la lĂ©gitimitĂ©[101]. Les croix du sud, insignes des compagnies militaires sahariennes, arborent alors un petit SacrĂ©-CƓur sous l'Ă©pĂ©e, avec l'inscription : « Oasis sahariennes », dans un croissant (1948)[102].

Une piÚce de théùtre pour les familles, Charles de Foucauld, prince du désert est écrite par l'abbé Pierre Amar, curé de paroisse et cofondateur du Padreblog[103].

Un court-métrage, La trace du premier pas, a été réalisé en 2009 sur ses premiÚres années à la Trappe[104].

En 2008, un ensemble de reportages est publié sous la forme de DVD par des religieuses[105]. Un documentaire de France 3 sur Charles de Foucauld est diffusé en janvier 2010[106] - [107].

Plaque de l'avenue Charles-de-Foucauld Ă  Paris.

Plusieurs vitraux en France reprĂ©sentent Charles de Foucauld : Ă  Montmartre, Ă  l'Église Saint-Maurice de Lille[108], Ă  l'Ă©glise du SacrĂ©-CƓur de Dijon et dans la chapelle de l'hĂŽtellerie de la Sainte-Baume.

Le PĂšre Charles de Foucauld fut cĂ©lĂšbre bien avant sa bĂ©atification. Une place de Saumur oĂč il fut Ă©lĂšve Ă  l'Ă©cole de cavalerie porte son nom et Ă  Saint-Cyr-l'École CoĂ«tquidan, une paroisse, depuis 2008[109]. Sur le parvis de l'Ă©glise Saint-Pierre-le-Jeune catholique de Strasbourg (paroisse de son baptĂȘme) a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e une statue en bronze le reprĂ©sentant, inaugurĂ©e le 25 novembre 2006, ce parvis portant lui-mĂȘme le nom de Place Charles-de-Foucauld depuis le 29 novembre 2008 [110]. Son nom est Ă©galement donnĂ© Ă  la Maison des Énarques Ă  Strasbourg, rue de la ComĂ©die.

Évolution de la perception de Charles de Foucauld

AprÚs la mort de Charles de Foucauld, René Bazin écrit sa biographie, publiée en 1921. Elle devient un best-seller et contribue au développement de trois images de Charles de Foucauld : la premiÚre est celle d'un ermite du désert, vivant seul et éloigné de tous[E 1], la deuxiÚme est celle d'un saint mort en martyr[E 2], la derniÚre est celle d'un fervent colonisateur, agent secret de la colonisation[E 3]. Ces images populaires, développées dans les récits hagiographiques ont été nuancées et en partie remises en cause par des recherches plus poussées sur la vie de Charles de Foucauld.

Image du martyr

Sur la rĂ©alitĂ© du martyre de Charles de Foucauld, sa foi chrĂ©tienne a sans doute Ă©tĂ© la cause principale de sa mort, cependant sa mort n'Ă©tait pas Ă  proprement parler un martyre, mais plutĂŽt un assassinat par manque de « professionnalisme » des agresseurs de Charles de Foucauld. Certains auteurs ont hĂątivement affirmĂ© que, sachant l'importance qu'il avait pour les Français, ces pillards voulaient enlever Foucauld pour avoir une rançon, puis qu'ils lui firent subir des humiliations du fait de sa foi chrĂ©tienne[E 2]. En rĂ©alitĂ©, les rares tĂ©moignages Ă  peu prĂšs fiables laissent penser que les assaillants Ă©taient moins intĂ©ressĂ©s par la personne de l'ermite que par le contenu (armes, vivres) du fortin oĂč il vivait[111]. Dans la panique suscitĂ©e par l'arrivĂ©e de deux tirailleurs algĂ©riens, le jeune homme qui avait sa garde, Sermi ag-Tohra, a tirĂ© sur lui, et rien ne permet d'affirmer que la foi du PĂšre de Foucauld ait Ă©tĂ© mise en cause au moment de sa mort[111].

Louis Massignon réplique dans une « lettre de la Badaliya » à un article du journal égyptien Al-Destur du 16 novembre 1946 présentant Charles de Foucauld comme un espion : « Foucauld n'est pas le « qiddis al jasusiya », le saint-patron de l'espionnage franco-chrétien au Sahara, c'est l'ermite martyrisé du Hoggar musulman, son « dakhil », son hÎte, otage et rançon »[112].

L'affirmation par Jean-François Six[113] en 1958 que Charles de Foucauld n'est pas mort en martyr soulĂšve « une tempĂȘte de protestations ».

Image du colonisateur

Les premiĂšres tensions sur le sens de la vie de Charles de Foucauld apparaissent lors de la publication, en 1936, du livre Sur les traces du PĂšre de Foucauld du pĂšre Georges GorrĂ©e, ex-petit frĂšre de JĂ©sus[100]. En 1939, lorsque ce mĂȘme auteur entreprend la publication d'un deuxiĂšme livre sous le titre de Charles de Foucauld, officier de renseignement, le pĂšre franciscain Abd-el-Jalil, un ancien musulman converti au catholicisme, communique son inquiĂ©tude Ă  son parrain Louis Massignon, redoutant les consĂ©quences de ces Ă©crits sur la canonisation et sur l'image du pĂšre de Foucauld auprĂšs des musulmans[100]. Le livre est finalement publiĂ© en 1940 sous le titre de Les AmitiĂ©s sahariennes du PĂšre de Foucauld[114].

En 1949[112], son image de partisan de la colonisation conduit l'Académie des sciences coloniales à demander au pape de faire de Charles de Foucauld le saint patron de la colonisation[E 3]. Louis Massignon démissionne de l'Académie des sciences Coloniales en juin 1949[E 2]. Il s'opposera sa vie durant contre cette vision[E 2].

Le colonialisme de Charles de Foucauld a été caricaturé, conduisant à en faire le héraut de l'Algérie française. Cette utilisation de la figure de Charles de Foucauld par les partisans de l'Algérie française entraßne la suspension de sa procédure de béatification par le pape Pie XII lors du déclenchement de la guerre d'Algérie.

En 1997, Paul Pandolfi exploite pour la premiÚre fois des écrits inédits du capitaine Dinaux, l'officier qui commandait la colonne militaire que Charles de Foucauld accompagnait lors de son installation dans le Hoggar, et conteste, en référence à la Vie de Charles de Foucauld publiée par Jean-François Six en 1962, « la notation idyllique de J.-F. Six, pour qui Foucauld s'avançait « désarmé » » lors de son voyage vers le sud en 1905[115].

L'image de Charles de Foucauld comme colonisateur est rĂ©actualisĂ©e en 2002 par Jean-Marie Muller qui publie Charles de Foucauld, frĂšre universel ou moine-soldat ?[87] et appelle de ses vƓux en 2003 une Ă©dition scientifique complĂšte des Ă©crits de Charles de Foucauld[116].

C'est la raison pour laquelle la perspective de la canonisation de Charles de Foucauld en 2020, relance la question de son hĂ©ritage politique et religieux : dans un article du Monde du 3 juillet 2020, Ladji Ouattara Ă©crit : « sa canonisation est perçue par certains intellectuels touaregs comme un “dĂ©ni d’histoire” et une “expression de la banalisation de la mĂ©moire coloniale” par le pape François »[117].

Les universitaires Dominique Casajus et Paul Pandolfi considÚrent pour leur part qu'il faut trouver une voie médiane entre la vision laudative de Bazin et celle critique de Muller : « En faire un ultra de la colonisation est absurde ». Ils citent notamment une phrase de Charles de Foucauld, qui notait en 1912 que si la France oubliait « la fraternité écrite sur nos murs » et ne désirait que l'« exploitation » des peuples colonisés, alors « l'union que nous leur avons donnée se retournera contre nous, et ils nous jetteront à la mer à la premiÚre difficulté européenne »[118].

Modernité et complexité

La publication en 2020 de ses Ɠuvres spirituelles et autres Ă©crits a contribuĂ© Ă  modifier l'image de Charles de Foucauld, notamment celle de son apostolat. La modernitĂ© de sa vision, par la place importante que Foucauld donne aux laĂŻcs, par son respect de la libertĂ© de conscience, mais aussi son rapport avec d'autres religions, est mise en avant lors du Concile Vatican II[A 132].

Enfin, la redécouverte de ses travaux scientifiques[61] a complÚtement renouvelé la vision de Charles de Foucauld, permettant d'en avoir une image plus complexe. Les études des ethnologues sur les Touaregs ont revalorisé son immense travail.

Le lieutenant Charles de Foucauld a donnĂ© son nom Ă  la promotion 1941-1942 de l'Ă©cole spĂ©ciale militaire de Saint-Cyr et Ă  la promotion 1977-1978 de sous-lieutenants de l'EAABC (École d'application de l'arme blindĂ©e et de la cavalerie) Ă  Saumur[119].

ƒuvres

ƒuvres spirituelles

  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Jean-François Six), Conseils Ă©vangĂ©liques : Directoire, Seuil (rĂ©impr. 2001) (1re Ă©d. 1927), 192 p.
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Bernard Jacqueline), ConsidĂ©rations sur les fĂȘtes de l'annĂ©e, Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », (rĂ©impr. 1995), 602 p. (ISBN 978-2-85313-149-0) mĂ©ditations liturgiques (1897-1898) Tome I
  • Charles de Foucauld, Qui peut rĂ©sister Ă  Dieu ?, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 360 p. (ISBN 978-2-85313-046-2) MĂ©ditations sur l'Écriture sainte, 1896-1898
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Maurice Bouvier), MĂ©ditations sur les psaumes, Montrouge, Nouvelle CitĂ©, (rĂ©impr. 2005), 445 p. (ISBN 978-2-85313-419-4, LCCN 86132231) (1897-1898)
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Bernard Jacqueline), En vue de Dieu seul, Paris, Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », (rĂ©impr. 1998, 1999), 288 p. (ISBN 978-2-85313-001-1, LCCN 74178803) (Tome IV, vol.1) mĂ©ditations sur la foi et l'espĂ©rance (juin 1897 Ă  juin 1898).
  • Charles de Foucauld, Aux plus petits de mes frĂšres, Paris, Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », (rĂ©impr. 1995), 192 p. (ISBN 978-2-85313-002-8, LCCN 74189014) (1897-1898)
  • Charles de Foucauld, Commentaire de Saint Matthieu, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 378 p. (ISBN 978-2-85313-205-3) Tome V (1886-1900)
  • Charles de Foucauld, La BontĂ© de Dieu, Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 324 p. (ISBN 978-2-85313-298-5) (1898)
  • Charles de Foucauld, L'Imitation du Bien AimĂ©, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 300 p. (ISBN 978-2-85313-317-3) Volume 16 (1898-1899)
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Maurice Bouvier), Petit frĂšre de JĂ©sus, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 318 p. (ISBN 978-2-85313-438-5 et 2-85313-438-5) Tome VII (1898 – 1900)
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Maurice Bouvier), L'Esprit de JĂ©sus, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 349 p. (ISBN 978-2-85313-483-5) (vol.8) mĂ©ditations de l'Évangile (1896-1915)
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Maurice Bouvier), La DerniĂšre Place,, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 285 p. (ISBN 978-2-85313-425-5) Tome IX, vol 1, Retraites en Terre sainte (1897)
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Maurice Bouvier), Crier l'Évangile, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 191 p. (ISBN 978-2-85313-450-7) Tome IX (1898 – 1900)
  • Charles de Foucauld, Seul avec Dieu, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 255 p. (ISBN 978-2-85313-462-0) Retraites Ă  N.-D. des Neiges et au Sahara
  • Charles de Foucauld, RĂšglements et Directoire, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 708 p. (ISBN 978-2-85313-276-3, LCCN 96193255) (vol.11-12) 5 textes de fondation
  • Charles de Foucauld, Carnet de Beni Abbes, Paris, Nouvelle CitĂ©, , 219 p. (ISBN 978-2-85313-258-9, LCCN 94227218) Tome XIII (1901 – 1905)
  • Charles de Foucauld, Carnets de Tamanrasset, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 418 p. (ISBN 978-2-85313-129-2) 1905-1916 Tome XIV
  • Charles de Foucauld, Voyageur dans la nuit, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 292 p. (ISBN 978-2-85313-038-7, LCCN 85174576) (1888-1916)
  • Charles de Foucauld, Au fil des jours, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 1re Ă©d., 252 p. (ISBN 978-2-85313-309-8, LCCN 99210662) anthologie des Ă©crits spirituels
  • Charles de Foucauld, Contemplation, Paris, Beauchesne, , 192 p. (ISBN 978-2-7010-0469-3, lire en ligne)
  • Charles de Foucauld, Cette chĂšre derniĂšre place : lettres Ă  mes frĂšres de la Trappe, Paris, Éditions du Cerf, , 481 p. (ISBN 978-2-204-04143-0)
  • Charles de Foucauld, L'Évangile prĂ©sentĂ© aux pauvres nĂšgres du Sahara, Grenoble et P., Arthaud, coll. « Collection Foucauld l'Africain », (rĂ©impr. 1947), 262 p.
  • Charles de Foucauld, Le ModĂšle unique, MontsĂ»rs, Ă©ditions RĂ©siac, (rĂ©impr. 1990), 43 p. (ISBN 978-2-85268-188-0, OCLC 463439907, lire en ligne)

Correspondance

  • Charles de Foucauld, Charles de Foucauld et MĂšre Saint-Michel, abbesse des Clarisses de Nazareth: Lettres inĂ©dites, prĂ©sentĂ©es par Sylvestre Chauleur, Saint-Paul, , 90 p.
  • Charles de Foucauld, Lettres Ă  Henry de Castries, Grasset, , 224 p.
  • Charles de Foucauld, Georges GorrĂ©e (intro), Lettres inĂ©dites au gĂ©nĂ©ral Laperrine, pacificateur du Sahara, La Colombe, Editions du Vieux Colombier,
  • Charles de Foucauld, Lettres Ă  mes FrĂšres de La Trappe. Correspondance inĂ©dite prĂ©sentĂ©e et annotĂ©e par A. Robert, Le Cerf,
  • Charles de Foucauld, Lettres Ă  Mme de Bondy. De la Trappe Ă  Tamanrasset, Paris, DesclĂ©e de Brouwer, , 256 p.
  • Charles de Foucauld, Lettres Ă  sa sƓur Marie de Blic, Le Livre Ouvert, , 229 p. (ISBN 978-2-915614-07-7 et 2-915614-07-5) (1883-1916)
  • Charles de Foucauld, L'aventure de l'amour de Dieu - 80 lettres inĂ©dites de Charles de Foucauld Ă  Louis Massignon, Paris, Seuil,J.F. Six, À complĂ©ter avec trois lettres de Louis Massignon Ă  Charles de Foucauld (ed. F.Angelier), parues dans le numĂ©ro 19 du Bulletin de la SociĂ©tĂ© des Amis de Louis Massignon, 2006.
  • Charles de Foucauld, Correspondances lyonnaises (1904-1916), Paris, Karthala, coll. « ChrĂ©tiens en libertĂ© », , 192 p. (ISBN 978-2-84586-673-7 et 2-84586-673-9, lire en ligne)
  • Charles de Foucauld, Correspondances sahariennes, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Textes », , 1061 p. (ISBN 978-2-204-05740-0 et 2-204-05740-1, LCCN 98183479) lettres inĂ©dites aux PĂšres blancs et aux SƓurs blanches 1901-1916
  • Charles de Foucauld, prĂ©sentation et mise en texte de Jean-François Six et Brigitte Cuisinier, Charles de Foucauld, abbĂ© Huvelin, BruyĂšres-le-ChĂątel (Essonne), Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », , 320 p. (ISBN 978-2-85313-605-1) 20 ans de correspondance entre Charles de Foucauld et son directeur spirituel (1890-1910)
  • Charles de Foucauld, Lettres Ă  un ami de lycĂ©e, Paris, Nouvelle CitĂ©, coll. « SpiritualitĂ© », (rĂ©impr. 1987), 224 p. (ISBN 978-2-85313-062-2 et 2-85313-062-2) 1874-1915 : correspondance avec Gabriel Tourdes
  • Lettres au Commandant Paul Garnier, ouvrage non rĂ©Ă©ditĂ©. (Introuvable).
  • Lettres Ă  monsieur RenĂ© Basset, doyen de la facultĂ© des lettres d'Alger, Études et Documents BerbĂšres, no 19-20 (2002), 2004
  • Lettres Ă  Henri Duveyerier extraits [lire en ligne]
  • Lettres du PĂšre de Foucauld au reporter photographe Felix Dubois
  • Lettre du PĂšre Charles de FOUCAULD adressĂ©e Ă  RenĂ© BAZIN en 1917 (octobre)

ƒuvres scientifiques

  • Charles de Foucauld, Esquisses sahariennes, trois carnets inĂ©dits de 1885, Jean Maisonneuve Ă©diteur, , 131 p. (ISBN 978-2-7200-1038-5 et 2-7200-1038-3, prĂ©sentation en ligne)
  • Charles de Foucauld, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, (rĂ©impr. L'Harmattan, coll. Les Introuvables 1998), 499 p. (ISBN 978-2-7384-6645-7, lire en ligne)
  • Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 : ouvrage illustrĂ© de 4 photogravures et 101 dessins d'aprĂšs les croquis de l'auteur. Atlas, Paris, Challamel, (lire en ligne)
  • 1918-1920. Dictionnaire abrĂ©gĂ© touareg-français (dialecte de l’Ahaggar), publiĂ© par RenĂ© Basset, Alger, Carbonnel, 2 tomes.
  • 1922. Avec Adophe de Calassanti-Motylinski, Textes touareg en prose (dialecte de l’Ahaggar), Paris, Carbonnel
  • 1920. Notes pour servir Ă  un essai de grammaire touarĂšgue (dialecte de l’Ahaggar), publiĂ©es par RenĂ© Basset, Alger, Carbonnel.
  • Grammaire, dialogues et dictionnaire touaregs / A. de Motylinski par RenĂ© Basset, revus et complĂ©tĂ©s par le P. de Foucauld 1908
  • 1925-1930. PoĂ©sies touarĂšgues (dialecte de l’Ahaggar), Paris, Leroux, 2 tomes.
  • 1940. Dictionnaire abrĂ©gĂ© touareg-français des noms propres (dialecte de l’Ahaggar), publiĂ© par AndrĂ© Basset, Paris, Larose.
  • 1951-1952. Dictionnaire touareg-français, Paris, Imprimerie nationale, 4 tomes (rĂ©Ă©dition L'Harmattan, 2005).
  • Charles de Foucauld (prĂ©f. Salem Chaker, Marceau Gast et HĂ©lĂšne Claudot), Textes touaregs en prose, Aix-en-Provence, Édisud, , 360 p. (ISBN 2857443900) rĂ©Ă©dition revue et complĂ©tĂ©e de Foucauld 1922
  • Chants touaregs : Recueillis et traduits par Charles de Foucauld (prĂ©f. Dominique Casajus), Paris, Éditions Albin Michel, coll. « SpiritualitĂ©s », , 344 p. (ISBN 978-2-226-09432-2, LCCN 2001318092, prĂ©sentation en ligne) rĂ©Ă©dition partielle de Foucauld 1925-1930

Voir aussi

Livres

  • RenĂ© Bazin, Charles de Foucauld : explorateur du Maroc, ermite au Sahara, Plon, (rĂ©impr. Nouv. Ă©d (25 aoĂ»t 2003) Nouvelle CitĂ©), 543 p. (ISBN 978-2-85313-441-5, lire en ligne)
  • Paul Goubert, Foucauld, prĂ©face du pĂšre BessiĂšres, comprenant une eau forte de Jos Jullien, Impr.-Libr. de l'ArchevĂȘchĂ©, 1931.
  • Jacob Oliel, De JĂ©rusalem Ă  Tombouctou: l'odyssĂ©e saharienne du rabbin MardochĂ©e 1826-1886, 270 p. (ISBN 2-7191-0389-6) Éditions Olbia, 1998
  • Robert HĂ©risson Avec le pĂšre de Foucauld et le gĂ©nĂ©ral Laperrine : carnet d'un Saharien, 1909-1937
  • Georges GorrĂ©e, Sur les traces de Charles de Foucauld, Éditions Arthaud, 1936.
  • J.-M. Bouteloup, L’Appel du dĂ©sert, Vie et martyre du PĂšre Charles de Foucauld. AndrĂ© Lesot, Paris, 1936. 128 p.
  • Marie Andre, prĂ©face de Mgr Nouet, L'Ermite du Grand dĂ©sert : Le pĂšre Charles de Foucauld, librairie Missionnaire, Paris, Ă©d. Apostolat de la PriĂ©re, Toulouse, 1937, 91 p.
  • RenĂ© Pottier, La Vocation saharienne du PĂšre de Foucauld, Plon, 1939.
  • RenĂ© Pottier, Charles de Foucauld et Marie de Magdala, Fernand Sorlot, 1942.
  • Georges GorrĂ©e, Les AmitiĂ©s sahariennes du pĂšre de Foucauld, Ă©d. Arthaud, 1946, 2 volumes.
  • RenĂ© Pottier, Charles de Foucauld, Le prĂ©destinĂ©, Fernand Sorlot, Paris, 340 pages, 1946.
  • Pierre Nord (AndrĂ© Brouillard), Charles de Foucauld Français d'Afrique, 1957.
  • LĂ©on Cristiani, Charles de Foucauld, 1858-1916, PĂšlerin de l'absolu, Apostolat, 1960.
  • Michel Carrouges, Charles de Foucauld, Éditions Casterman, illustrĂ© par RenĂ© Follet, 1961.
  • Jean-François Six, Vie de Charles de Foucauld, Éditions du Seuil, 1962.
  • Marguerite Castillon du Perron, Charles de Foucauld, Éditions Grasset, 1982 - Prix Claire-Virenque de l’AcadĂ©mie française
  • Jean-Edern Hallier, L'Évangile du fou : Charles de Foucauld, le manuscrit de ma mĂšre morte. Paris, Albin Michel, 1986 (biographie romancĂ©e).
  • Antoine Chatelard, La Mort de Charles de Foucauld, Paris, Karthala Editions, coll. « ChrĂ©tiens en libertĂ© », (rĂ©impr. 2001), 2e Ă©d., 352 p. (ISBN 978-2-84586-120-6 et 2845861206, LCCN 2001366475, lire en ligne)
  • Jean-Luc Maxence, L'Appel au dĂ©sert, Charles de Foucauld, Antoine de Saint-ExupĂ©ry, Paris, Presses de la Renaissance, , 364 p. (ISBN 978-2-85616-838-7 et 2-85616-838-8)
  • Antoine Chatelard, Charles de Foucauld. Le chemin vers Tamanrasset, Paris, Karthala, coll. « ChrĂ©tiens en libertĂ© », , 2e Ă©d., 326 p. (ISBN 978-2-84586-244-9 et 2-84586-244-X, prĂ©sentation en ligne)
  • Philippe Frey, Le Testament de sable, Desmaret Ă©ditions, coll. « Roman », , 283 p. (ISBN 978-2-913675-24-7 et 2-913675-24-7)
  • Jean-François Six, Maurice Serpette, Pierre Sourisseau, Le Testament de Charles de Foucauld, Paris, Fayard, , 300 p. (ISBN 978-2-213-62282-8 et 2-213-62282-5)
  • Alain Vircondelet, Charles de Foucauld, comme un agneau parmi des loups, Monaco, Le Rocher (Ă©ditions), , 364 p. (ISBN 978-2-268-02661-9 et 2-268-02661-2)
  • Jean-Jacques Antier, Charles de Foucauld, Paris, Éditions Perrin, (rĂ©impr. 2001, 2004, 2005), 384 p. (ISBN 978-2-262-01818-4 et 2-262-01818-9)
  • Mauricette Vial-Andru, Charles de Foucauld au cƓur du dĂ©sert, TĂ©qui, (rĂ©impr. 2005) (ISBN 978-2-7403-0904-9 et 2-7403-0904-X, lire en ligne)
  • Marcel Nadeau, L'expĂ©rience de dieu avec Charles de Foucauld, Éditions Fides, , 145 p. (ISBN 978-2-7621-2510-8 et 2-7621-2510-3, lire en ligne)
  • Mgr Jean-Claude Boulanger, L'Évangile dans le sable : L'expĂ©rience spirituelle de Charles de Foucauld, Paris, DesclĂ©e De Brouwer, , 220 p. (ISBN 978-2-220-05880-1, OCLC 470722022)
  • Josette Fournier (dir.), Charles de Foucauld : amitiĂ©s croisĂ©es,, Éditions Cheminements, , 271 p. (ISBN 978-2-84478-569-5, LCCN 2007474633, lire en ligne)
  • Jean-François Six, Le Grand RĂȘve de Charles de Foucauld et Louis Massignon, BussiĂšre, Albin Michel, , 374 p. (ISBN 978-2-226-18276-0)
  • Jean-François Six, Charles de Foucauld autrement, France, DesclĂ©e de Brouwer, coll. « Biographie », , 447 p., poche (ISBN 978-2-220-06011-8)Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • Dominique Casajus, Charles de Foucauld, moine et savant, Paris, CNRS, , 165 p. (ISBN 978-2-271-06631-2, lire en ligne)
  • Lionel Galand, Lettres au Marabout : Messages touaregs au PĂšre de Foucauld, Paris, Belin, coll. « Hors Collection », , 192 p. (ISBN 978-2-7011-2102-4, LCCN 00299065, lire en ligne)
  • Christophe Mory, Charles de Foucauld, Paris, Pygmalion, coll. « Chemins d'EternitĂ© », (ISBN 978-2-85704-971-5 et 2857049714, LCCN 2005543202)
  • Alain Durel, Les Amants du silence. Le roman de Charles de Foucauld (Éditions de l’ƒuvre, 2009), roman (ISBN 978-2-35631-039-2)
  • Éric-Emmanuel Schmitt, "La nuit de feu" (Albin Michel, 2015), roman.
  • Patrick Levaye, Charles de Foucauld : RepĂšres pour Aujourd'hui (Éditions PremiĂšre Partie, dĂ©cembre 2016) (ISBN 978-2-36526-128-9)
  • Ali MĂ©rad, "Charles de Foucauld au regard de l'Islam" (Ă©d. Chalet, 1976, 130 p.)
  • Pierre Sourisseau, Charles de Foucauld 1858-1916, Salvator, 2016.
  • SĂ©bastien de Courtois, Passer par le dĂ©sert. Sur les traces de Charles de Foucauld, Bayard, 2016.
  • Jean-François Six, Foucauld aprĂšs Foucauld, Cerf, 2016.
  • Jean-François Six, Charles le libĂ©rĂ©, Salvator, 2016.
  • Jean-François Six, Charles de Foucauld. Sa vie, sa voie, ArtĂšge, 2016.
  • François Sureau, Je ne pense plus voyager : La mort de Charles de Foucauld, Gallimard nrf, , 153 p. (ISBN 9782070179176, lire en ligne)
  • ValĂ©rie ChĂ©biri, " Mission Touareg ", ou le voyage de l'AmĂ©nokal Moussa ag Amastan, Paris, Editions Saint-HonorĂ©, 2019.
  • Josette Fournier, Charles de Foucauld, Editions Saint-LĂ©ger, 250 p., 2021.
  • Dominique Casajus et Paul Pandolfi, Charles de Foucauld homme de science, Vulaines sur Seine, Le Croquant, (lire en ligne)

Articles

  • Les Cahiers Charles de Foucauld (44 volumes)
  • Paul Fournier (dir.), « Charles de Foucauld. Approches historiques », Courrier de la FraternitĂ© sĂ©culiĂšre Charles de Foucauld no 131, numĂ©ro spĂ©cial 2007-2008.
  • Dominique Casajus, « Charles de Foucauld face aux Touaregs : Rencontre et malentendu », Terrain, no 28,‎ , p. 29-42 (lire en ligne)
  • Dominique Casajus, « RenĂ© Bazin et Charles de Foucauld : un rendez-vous manquĂ© ? », Impacts, vol. 2, no 34,‎ , p. 149-163 (lire en ligne)
  • Dominique Casajus, « Charles de Foucauld a-t-il Ă©tĂ© un pionnier du dialogue islamo-chrĂ©tien ? », dans Catherine Mayaux (dir.), Écrivains et intellectuels français face au monde arabe, Paris, HonorĂ© Champion, (lire en ligne), p. 209-218.
  • Dominique Casajus, « Un linguiste improvisĂ©, une Ɠuvre inachevĂ©e », dans François Gaudin (dir.), Charles de Foucauld lexicographe et missionnaire, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, (lire en ligne)
  • Paul Pandolfi, « Sauront-ils sĂ©parer entre les soldats et les prĂȘtres ? : sur l’installation du PĂšre de Foucauld dans l’Ahaggar », Journal des africanistes, vol. 67, no 2,‎ , p. 49-71 (lire en ligne)
  • Jean-François Six, « Mise au point : Charles de Foucauld, les chrĂ©tiens et les musulmans », Groupe de Recherches Islamo-ChrĂ©tien,‎ (lire en ligne)
  • Constant HamĂšs, recension de Galand (Lionel), Ă©d., Lettres au Marabout. Messages touaregs au PĂšre de Foucauld, Archives de sciences sociales des religions, 2000, document 112.19, mis en ligne le 19 aoĂ»t 2009, [lire en ligne]
  • RenĂ© Chudeau, Le pĂšre de Foucauld, Annales de gĂ©ographie, annĂ©e 1917, volume 26, numĂ©ro 139, p. 70 Ă  72
  • Raoul Bauchard, Le PĂšre de Foucauld et le Marquis de MorĂšs Ă  l'École de cavalerie de Saumur, brochure de 1947.
  • Michel Pierre, article paru dans L'Histoire, dĂ©cembre 2006, p. 64-69
  • Georges GorrĂ©e, « Charles de Foucauld », Hommes et Destins : Dictionnaire biographique d'Outre-Mer, AcadĂ©mie des Sciences d'Outre-Mer, vol. 1, no 2,‎ (lire en ligne)
  • Les mardis de Dar el-Salam, NumĂ©ro thĂ©matique Charles de Foucauld, Vrin, 1959
  • Le bulletin L'Appel du Hoggar devenu Bulletin Trimestriel des AmitiĂ©s Charles de Foucauld, revue Ă©ditĂ©e par l'Association des AmitiĂ©s Charles de Foucauld, articles aujourd'hui disponibles sur le site La FrĂ©gate, pages consacrĂ©es au rayonnement du Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)
  • RĂ©gis de Foucauld, « Le bienheureux Charles de Foucauld de Pontbriant », Bulletin de la SociĂ©tĂ© historique et archĂ©ologique du PĂ©rigord, vol. 4e livraison, t. 132,‎ , p. 505-508 (lire en ligne)
  • Pierre Sourisseau, « Aujourd'hui Charles de Foucauld », Choisir,‎ (lire en ligne)
  • Ubexy, Charles de Foucauld, extrait de Leurs demeures en Lorraine, Marcel Cordier, Ă©ditions Pierron, Sarreguemines

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Soit environ deux millions d'euros actuels, reprĂ©sentant 10 000 euros de rente mensuelle.
  2. Ce texte, le plus connu parmi ceux qu'il a Ă©crits, est publiĂ© sans titre par RenĂ© Bazin en 1924. En 1940, les Petites SƓurs de JĂ©sus retouchent le texte et en font leur priĂšre. En 1946, le Bulletin de l'Association de Charles de Foucauld publie la priĂšre sous le titre La PriĂšre d'abandon du PĂšre de Foucauld
  3. C'est-à-dire « dont le seul but est de mettre en confiance ces populations qui nous connaissent si mal et sont encore méfiantes » selon Charles de Foucauld cité par Georges Gorrée « Les amitiés sahariennes du PÚre de Foucauld », Arthaud, tome 2, p. 77 cité par Casajus 1997
  4. Cette admiration pour Charles de Foucauld ne signifie pas pour autant conversion : une femme confiera plus tard qu'elle et ses compagnes ne cessaient de prier Dieu pour que l'ermite se convertisse à l'islam, désolées qu'un homme si saint fût promis à la damnation éternelle (Casajus 1997).
  5. FrĂšre Michel Goyat fera plus tard profession Ă  la Chartreuse de La Valsainte en Suisse oĂč il restera fidĂšlement : il meurt Ă  la Chartreuse de Montrieux en 1963. cf.Jean-Jacques Antier, Charles de Foucauld, Paris, Éditions Perrin, (rĂ©impr. 1997, 2001, 2004), 384 p. (ISBN 978-2-262-01818-4 et 2-262-01818-9), p. 235 et cf.Charles de Foucauld (prĂ©f. Mgr Michel Gagnon), Correspondances Sahariennes, Lettres aux PĂšres blancs, Paris, Le Cerf, , 1061 p. Deux articles dĂ©taillĂ©s sur le FrĂšre Michel : Fanch Morvannou, « Michel Goyat (1883-1963) I et II », Bulletin trimestriel des AmitiĂ©s Charles de Foucauld, Paris, nos 153 et 154,‎ ; Fanch Morvannou, Un chartreux breton, disciple Ă©phĂ©mĂšre de Ch.de Foucauld, Michel Goyat (1883-1963), Regards Ă©tonnĂ©s, de l'expression de l'altĂ©ritĂ©... Ă  la construction de l'identitĂ©. MĂ©langes offerts Ă  GaĂ«l Milin, , p. 417-442.
  6. Cette affirmation de Charles de Foucauld est trÚs novatrice pour l'époque : elle sera reformulée lors du Concile Vatican II plus de 50 ans plus tard.
  7. « Tout chrĂ©tien doit ĂȘtre apĂŽtre : ce n’est pas un conseil, c’est un commandement, le commandement de la charitĂ©. [...] Les laĂŻcs doivent ĂȘtre apĂŽtres. [...] Par quels moyens ? Par les meilleurs, Ă©tant donnĂ©s ceux auxquels ils s’adressent : avec tous ceux avec qui ils sont en rapport sans exception, par la bontĂ©, la tendresse, l’affection fraternelle, l’exemple de la vertu, par l’humilitĂ© et la douceur toujours attrayantes et si chrĂ©tiennes ; avec certains, sans leur dire jamais un mot de Dieu ni de la religion, patientant comme Dieu patiente, Ă©tant bon comme Dieu est bon. [...] Avec d’autres, en parlant de Dieu dans la mesure qu’ils peuvent porter ; dĂšs qu’ils sont en la pensĂ©e de rechercher la vĂ©ritĂ© par l’étude de la religion, en les mettant en rapport avec un prĂȘtre trĂšs bien choisi et capable de leur faire du bien. » CitĂ© par Laurent Touze, op. cit., p. 507-508 (Lettre Ă  Joseph Hours du 3 mai 1912).
  8. , « [
] Nourriture insuffisante et dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. Sept heures de sommeil tout habillĂ© sur le sol de terre battue [
]. Ni linge, ni vĂȘtements de rechange : pieds nus (sandales Ă  l’extĂ©rieur). Aucune propriĂ©tĂ©, mĂȘme collective, donc aucune sĂ©curitĂ© matĂ©rielle. Pas de provisions. » (Jean-Jacques Antier, op. cit., p. 125-126.)
  9. Terme signifiant « Confrérie » dans le droit canon.

Ouvrages

Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

Jean-Jacques Antier, Charles de Foucauld, Paris, Éditions Perrin, (rĂ©impr. 1997, 2001, 2004), 384 p. (ISBN 978-2-262-01818-4 et 2-262-01818-9)Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article

  1. p. 17.
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  15. p. 41.
  16. p. 45.
  17. p. 47.
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  48. p. 107
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  82. p. 203
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  85. p. 210
  86. p. 213
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  96. p. 240.
  97. p. 237.
  98. p. 238.
  99. p. 246.
  100. p. 247.
  101. p. 248.
  102. p. 250.
  103. p. 252.
  104. p. 253.
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