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Culture de l'√Čcosse

La culture de l'√Čcosse forme une synth√®se des diff√©rentes cultures, celtes, germaniques et anglaise principalement, ayant baign√© le monde. Les reliefs naturels, d√©limitant g√©ographiquement les Highlander, montagneux, isol√©s, au Nord, et les Lowlands, plus ouverts aux √©changes culturels et commerciaux avec l'Angleterre, ont jou√© un r√īle important dans l'√©tablissement du panorama culturel √©cossais.

Statue du poète Robert Burns à Dumfries.

L'histoire de l'√Čcosse a marqu√© cette diversit√© d'origines, par les diff√©rents peuples ayant habit√© le pays. Durant l'Antiquit√© et le haut Moyen √āge, les Ga√ęl, √† l'Ouest, les Pictes, au Nord, les Bretons insulaires et les Angles, au Sud, ont constitu√© une mosa√Įque de cultures et de langues, influenc√©e √©galement par les invasions vikings. Ces origines diverses se traduisent encore au d√©but du XXIe si√®cle dans les diff√©rentes langues parl√©es en √Čcosse, anglais, scots et ga√©lique √©cossais, ainsi que dans les diff√©rentes mythologies refl√©t√©es dans les l√©gendes et croyances populaires. √Ä partir de la fin du Moyen √āge, l'unification politique de l'√Čcosse a tendu √† l'effacement partiel des disparit√©s culturelles, le clivage entre Lowlands et Highlands demeurant toutefois tr√®s pr√©sent.

Le syst√®me de clans a constitu√© la base de la soci√©t√© √©cossaise jusqu'au XVIIIe si√®cle. L'Acte d'Union r√©unit en 1707 l'√Čcosse √† l'Angleterre au sein du Royaume de Grande-Bretagne. Des soul√®vements, les r√©bellions jacobites, d√©chirent le pays entre 1715 et 1745, tandis que les philosophes des Lumi√®res √©cossaises ont largement particip√© au mouvement europ√©en des Lumi√®res, particuli√®rement avec David Hume et Adam Smith. En 1746, l'√©chec de la derni√®re r√©bellion jacobite se solde par une r√©pression des symboles nationaux, tels le tartan, le kilt ou la cornemuse, et par une d√©sagr√©gation de la soci√©t√© traditionnelle. Au XIXe si√®cle, la r√©volution industrielle, combin√©e aux Highland Clearances, des mouvements d'√©migration massifs vers le Nouveau Monde, va radicalement modifier le panorama culturel √©cossais et achever le changement de la soci√©t√©.

C'est √† cette √©poque, o√Ļ la culture √©cossaise traditionnelle re√ßut un apport consid√©rable de la culture anglaise, et plus largement occidentale, que deux grands auteurs √©cossais, Robert Burns et sir Walter Scott, ont chacun c√©l√©br√© la sp√©cificit√© √©cossaise, qui s'est plus tard int√©gr√©e au mouvement de la Renaissance √©cossaise, aux accents plus nationalistes. Le sport s'est √©galement d√©velopp√©, le football gagnant rapidement une grande popularit√© alors que le golf se codifiait peu √† peu.

Au début du XIXe siècle, le nationalisme culturel écossais cohabite avec une politique d'union au sein du Royaume-Uni, et l'héritage culturel pèse un poids variable dans le sentiment d'appartenance nationale. Divers organismes publics et privés assurent la préservation de cet héritage, dont certains aspects ont diffusé dans le reste du monde, particulièrement en Amérique septentrionale et en Australasie.

Caractéristiques générales

Influences géographiques

Carte topographique de l'√Čcosse.

La g√©ographie est un √©l√©ment essentiel de la culture √©cossaise. En effet, les montagnes, et particuli√®rement la cha√ģne des Grampians, divisent le territoire entre les Lowlands, terres fertiles allant du sud au centre, et les Highlands, terres plus aust√®res et sauvages du nord. Pour les r√©dacteurs de l'Encyclop√©die de Diderot et d'Alembert, la fronti√®re entre Lowlands et Highlands se situait le long de la rivi√®re Tay[1]. Tandis que les √Čcossais des Lowlands ont √©t√© historiquement agriculteurs ou marchands puis industriels et ouvriers, ceux des Highlands avaient une tradition plus guerri√®re comprenant les clans, des petits fermiers et des chasseurs. La philosophie diff√©rait √©galement : la structure et l'appartenance au clan √©tait source de fiert√© dans les Highlands, tandis que les possessions mat√©rielles prenaient le pas pour les Lowlands. Enfin, le ga√©lique √©tait pr√©sent dans les Highlands, et le reste toujours dans la partie nord-ouest, tandis que le scots √©tait parl√© dans les Lowlands[2].

Le contraste culturel entre habitants des Highlands et des Lowlands fut remarqué dès le début du XVIIIe siècle par les voyageurs anglais, notant les divergences de langues, de religion et de mode de vie entre ces populations peu en contact l'une avec l'autre[2]. En 1775, Samuel Johnson remarqua :

¬ę Pour l'habitant du Sud de l'√Čcosse, la configuration des montagnes et des √ģles est aussi inconnue que celle de Born√©o ou Sumatra : ils ont juste entendu parler un peu des deux et devinent le reste. Ils sont √©trangers en langage et en mani√®res[Note 1]. ¬Ľ

‚ÄĒ Samuel Johnson, A Journey to the Western Islands of Scotland, 1775

Si, √† l'√©poque de la Renaissance, les Lowlanders consid√©raient les Highlanders comme des paresseux et des criminels, leur regard a chang√© du tout au tout √† la fin du XVIIe si√®cle alors que les Highlands se sont trouv√©s plac√©s sur la sc√®ne politique, par les soul√®vements jacobites, puis culturelle. En parall√®le, le terme ga√©lique sassenach, longtemps utilis√© par les Highlanders pour d√©signer aussi bien les habitants des Lowlands que les Anglais, vit son sens se restreindre aux seuls Anglais. Les habitants des Highlands sont alors devenus les principaux repr√©sentants de l'√Čcosse en tant que nation[2], ce que r√©sume le professeur Roderick Watson, de l'universit√© de Stirling[3] :

¬ę Tout ce que le visiteur occasionnel associe √† l'√Čcosse ‚ÄĒ kilts, cornemuses, montagnes et clans ‚ÄĒ vient de la minorit√© ga√©lique, m√™me si la promotion en est g√©n√©ralement faite par ceux des Lowlands. ¬Ľ

Influence celte : Ga√ęls, Pictes et Bretons insulaires

Carte des peuples au milieu du Ve si√®cle. En vert, les Ga√ęls, en bleu les Pictes et en rouge les Bretons insulaires.

Les Celtes vinrent du Danube et se s√©par√®rent en deux groupes culturels et linguistiques : les Ga√ęls, parlant une langue du groupe Q-celtique, et les brittophones tels que les Brigantes vivant en √Čcosse m√©ridionale et parlant une langue du groupe P-celtique. Les historiens grecs d√©crivent les Celtes comme des guerriers de haute stature, aux yeux bleus et moustachus, portant de grandes capes avec les cheveux ramen√©s en arri√®re. L'h√©ritage des Ga√ęls provient essentiellement de manifestations chr√©tiennes, telles que le livre de Kells ou les d√©corations de torsades entrelac√©es se terminant en animaux ou t√™tes humaines connues √† travers les croix celtiques. Sur le plan litt√©raire √©galement, les premiers po√®mes en ga√©lique √† nous √™tre parvenus sont religieux. Ainsi, le nord-ouest de l'√Čcosse, o√Ļ fut √©tabli le royaume de Dal Riada, poss√®de un h√©ritage celte. Le second groupe, principalement au nord-est, est constitu√© par les Pictes, qui sont consid√©r√©s comme les descendants probables d'un peuple natif de l'√ģle m√©lang√© √† des brittophones. Leur h√©ritage se retrouve dans les pierres pictes et des fortifications appel√©es broch. L'influence de leur culture est moins persistante, puisqu'ils durent c√©der leur place aux Ga√ęls et Scandinaves au IXe si√®cle ; ces derniers auront une empreinte culturelle durable dans les H√©brides et les Orcades[4]. Enfin, le Sud-Ouest de l'√Čcosse √©tait tenu par des Bretons insulaires, avec le royaume gallois de Gododdin connu par le po√®me Y Gododdin. Contrairement √† l'Angleterre, l'√Čcosse fut peu marqu√©e par la culture latine puisque les Romains, apr√®s avoir conquis l'Angleterre vers 45 apr. J.-C., se sont retranch√©s au sud du mur d'Hadrien. Cependant, l'arriv√©e de la langue latine marque le d√©but de l'histoire √©crite de l'√Čcosse, avec l'usage de l'alphabet amen√© par les Romains ; le latin sera ensuite utilis√© pour r√©diger les chroniques, dans des ouvrages tels que le Scotichronicon de Jean de Fordun[3].

Au IXe si√®cle, Kenneth MacAlpin devient roi des Ga√ęls et des Pictes. Ses descendants selon la tanistrie, la maison d'Alpin, r√©gneront jusqu'en 1034, et le terme de scotia qui d√©signait l'Irlande ou l'√Čcosse commence √† se fixer pour se r√©f√©rer au nord de l'√ģle de Bretagne. La descendance est bris√©e temporairement par Macbeth, mormaer de Moray, puis restaur√©e par Malcom III et sa maison de Dunkeld qui restera sur le tr√īne jusqu'en 1286. √Ä travers les mariages, les anglo-normands gagn√®rent de l'influence et construisirent de nombreux b√Ętiments tandis que leur langue rempla√ßait le ga√©lique au sud et √† l'est, commen√ßant √† √©tablir la fronti√®re entre les Lowlands et les Highlands. Cette langue donnera le scots qui, au XIVe si√®cle, a pris le dessus dans les Lowlands : par exemple, le po√®te William Dunbar parlant scots dit √† son confr√®re Walter Kennedy, venant d'une zone de culture ga√©lique (G√†idhealtachd), qu'il pratique une langue inf√©rieure. Le scots emprunte √† la grammaire du ga√©lique et aussi √† son vocabulaire, avec certains mots bien connus de la culture √©cossaise : whisky et loch. D'autres emprunts viennent du vieux norrois par les Vikings au Nord, tels que kirk pour d√©signer l'√©glise, ou du fran√ßais √† travers l'origine anglo-normande avec par exemple ashet pour d√©signer une assiette[3].

Influence germanique : Angles et Vikings

Au VIIe si√®cle, lors des invasions germanique de la Grande-Bretagne, les Angles s'installent dans le Sud de l'√Čcosse avec le royaume de Bernicie, lui-m√™me remplac√© par la plus vaste Northumbrie. Cet apport a eu une influence consid√©rable sur la culture de l'√Čcosse ainsi que sur la langue √©cossaise parl√©e dans les Lowlands, le Scots. Cette derni√®re est une langue germanique tr√®s similaire √† l'anglais, et toutes deux poss√®dent le vieil anglais comme anc√™tre commun[5]. Le Nord et une partie de l'Ouest de l'√Čcosse ont √©t√© quant √† eux colonis√©s (en) par les Vikings (principalement norv√©giens), entre le VIIIe si√®cle et le XVe si√®cle, o√Ļ ils se sont install√©s dans les √ģles Nordiques des Orcades et des Shetland, les H√©brides, les √ģles de Firth of Clyde, mais aussi sur la partie continentale, dans les comt√©s de Caithness et Sutherland. Si une partie d'entre-eux se sont assimil√©s √† la langue celtique qu'est le ga√©lique √©cossais, une autre partie a donn√© naissance √† une nouvelle langue germanique, le norne. Cette langue √©tait parl√©e dans les Shetland, les Orcades et le Caithness. Bien que consid√©r√©e comme morte depuis le XVIIIe si√®cle, elle laissa un h√©ritage consid√©rable dans le vocabulaire employ√© par les √Čcossais de ces r√©gions[5].

Influence française : la Auld Alliance

En 1295, la Auld Alliance, (ou Ald Allyance ; en ga√©lique √©cossais : An Seann-Chaidreachas), entre la France et l'√Čcosse fut sign√©e √† Paris entre John Balliol et Philippe le Bel. Il s'agit √† l'origine d'un accord militaire, qui ouvrit la voie √† des √©changes culturels et commerciaux prolong√©s. D√®s le XIIIe si√®cle, la France h√©bergeait nombre d'√Čcossais, en particulier des √©tudiants ; la rue des √Čcossais, √† Paris, fut nomm√©e en raison du grand nombre de marchands √©cossais y tenant des √©choppes[6].

L'influence fran√ßaise en √Čcosse conna√ģtra son apog√©e au XVIe si√®cle, lorsque Marie de Guise fut r√©gente d'√Čcosse alors que sa fille Marie Stuart, reine d'√Čcosse, √©tait l'√©pouse du roi de France Fran√ßois II[7]. C'est √† cette √©poque que furent √©galement import√©es en France des danses traditionnelles √©cossaises[6].

C'est en 1560 que fut rompue en grande partie la ¬ę Vieille Alliance ¬Ľ, par la signature du trait√© d'√Čdimbourg. Certains aspects perdur√®rent assez tardivement, comme la garde √©cossaise des rois de France (jusqu'en 1791). En 1589, Henri IV comptait encore soixante cavaliers √©cossais dans son arm√©e et √©tait entour√© de conseillers √©cossais, √† l'image de ses pr√©d√©cesseurs[6]. Il assura cinq ans plus tard √† Jacques Ier d'Angleterre (Jacques VI d'√Čcosse) sa volont√© de maintenir l'alliance franco-√©cossaise[8].

Ainsi, la fin de l'Auld Alliance ne marqua pas la disparition des rapports culturels privil√©gi√©s entre l'√Čcosse et la France[7], qui furent marqu√©s, entre autres, par de nombreux mariages entre les deux noblesses[6]. √Ä cette m√™me √©poque, il √©tait courant pour les jeunes √Čcossais de la noblesse de venir achever leur √©ducation en France, tandis que l'universit√© de Saint Andrew attirait les √©tudiants fran√ßais[6].

Si, en 1707, l'Acte d'Union, signant l'inclusion de l'√Čcosse aux c√īt√©s de l'Angleterre et de l'Irlande au sein du Royaume-Uni, marqua un ralentissement des √©changes en raison des divergences politiques entre les deux pays, le XVIIIe si√®cle, si√®cle des Lumi√®res, vit toutefois des √©changes culturels d'importance, avec ainsi le s√©jour de Jean-Jacques Rousseau chez David Hume. Les id√©es de Thomas Reid ont influenc√© de fa√ßon durable les penseurs fran√ßais ; ses textes furent r√©guli√®rement propos√©s au baccalaur√©at jusqu'√† la fin du XIXe si√®cle[9].

Contrecoup des rébellions jacobites

Portrait de Samuel Johnson par Joshua Reynolds.

En 1703, Martin Martin tente le premier de d√©crire la civilisation des Highlands telle qu'il la conna√ģt au travers de son livre A Description of the Western Isles of Scotland.

En 1707, l'Acte d'Union r√©unit l'√Čcosse aux royaumes d'Angleterre et d'Irlande au sein du Royaume-Uni ; les r√©bellions jacobites vont alors ensanglanter le pays des ann√©es 1715 √† 1745. Apr√®s la d√©faite de la bataille de Culloden, le Dress Act de 1746 va chercher √† supprimer tous les signes nationalistes √©cossais, punissant ainsi d'emprisonnement et de d√©portation dans les colonies le port du kilt, du tartan, ou de tout autre v√™tement reconnu traditionnellement √©cossais[10]. Le syst√®me de clans se d√©sagr√®ge alors, les chefs de clan √©tant assimil√©s √† l'aristocratie britannique et d√©laissant souvent leurs terres pour la vie √† Londres. ¬ę L'union des royaumes n'a jamais √©quivalu √† une totale assimilation ¬Ľ, malgr√© la centralisation politique, pr√©cise toutefois l'historien Bernard Cottret, qui retrouve dans le souverain un facteur d'unit√© sup√©rieur √† une organisation parlementaire et politique longtemps partag√©e[11].

Samuel Johnson et James Boswell, en 1763, vont voyager √† travers l'√Čcosse ; ce p√©riple donnera naissance au livre A Journey to the Western Islands of Scotland, publi√© en 1775. L'ouvrage vise √† discuter des probl√®mes sociaux et des conflits qui affectent le peuple √©cossais, mais √©galement √† faire l'√©loge de beaucoup de facettes uniques de la soci√©t√© √©cossaise comme une √©cole pour sourds-muets √† √Čdimbourg[11]. Johnson se sert aussi de cet ouvrage pour prendre part √† une discussion sur l'authenticit√© des po√®mes d'Ossian traduits par James Macpherson : selon lui, ils ne peuvent pas √™tre des traductions de la litt√©rature √©cossaise ancienne en raison du fait que ¬ę en ces temps rien n'avait √©t√© √©crit en G√†idhlig ¬Ľ[12].

Clearances et révolution industrielle

√Ä partir de 1792, les Highland Clearances, des vagues d'√©migration et de d√©placement de la population rurale, d'abord libres, puis forc√©s, vont s√©v√®rement affecter la d√©mographie √©cossaise. La culture est √©galement frapp√©e avec le remplacement de noms ga√©liques par des noms anglais √† la prononciation similaire : par exemple, MacMhuirich devient Curry. Alors que la visite en √Čcosse du roi George IV en 1822, organis√©e par sir Walter Scott, va marquer le d√©but du Renouveau celtique en √Čcosse, ce dernier touchera principalement les classes ais√©es. L'√Čcosse devient alors √† la mode ; c'est l'√©poque de la publication des romans de Walter Scott. La culture traditionnelle √©cossaise s'est alors consid√©rablement amoindrie depuis la fin du XVIIe si√®cle[12].

Avec la révolution industrielle, les Lowlands vont se rapprocher de l'Angleterre, sous l'impulsion des échanges économiques et industriels nouveaux, tandis que les Highlands, plus isolés géographiquement, profiteront moins de la manne économique de l'époque. Les grands propriétaires terriens - chefs de clans devenus gestionnaires - vont alors intensifier les Clearances, remplaçant les petites métairies constituant leurs domaines par de vastes élevages de moutons ou des réserves de chasse au détriment des habitants.

Ce que les Clearances ont commenc√©, la Premi√®re Guerre mondiale l'a achev√©. Un grand nombre d'√Čcossais figuraient parmi les millions de tu√©s, et ceci a grandement affect√© la population ga√©lophone restante. Le recensement de 1921, le premier √† avoir √©t√© conduit apr√®s la fin de la guerre, a montr√© une diminution significative de la population parlant le ga√©lique. Ainsi, leur proportion avait chut√© √† 34,56 %.

Données linguistiques

L'anglais et le ga√©lique √©cossais sont les deux langues officielles de l'√Čcosse. Une autre langue, ayant le statut de langue r√©gionale, le scots, est √©galement reconnue selon les termes de la Charte europ√©enne des langues r√©gionales ou minoritaires.

Anglais écossais

L'anglais √©cossais est la vari√©t√© r√©gionale de l'anglais en usage en √Čcosse, appel√©e en anglais Scottish English ou Scottish Standard English[13]. C'est la langue √©crite usuelle en √Čcosse dans les textes non litt√©raires. Elle ne doit pas √™tre confondue avec le scots, langue germanique tr√®s proche mais distincte de l'anglais moderne ; quoique les deux noms aient souvent √©t√© employ√©s l'un pour l'autre, l'usage moderne est de s√©parer clairement les deux[14].

L'anglais écossais est le résultat de l'interférence linguistique entre le scots et l'anglais à partir du XVIIe siècle[15]. Le passage de nombreux locuteurs du scots à l'anglais se fit au prix de nombreux compromis phonologiques et transferts sémantiques, ainsi que de phénomènes d'hypercorrection[16]. L'orthographe, la ponctuation et la grammaire de l'anglais écossais suivent généralement l'usage de l'Oxford English Dictionary. L'anglais des Highlands diffère un peu de celui des Lowlands, en ce qu'il reflète une plus grande influence phonologique, grammaticale et lexicale de la langue de substrat, le gaélique écossais.

En d√©pit de variations r√©gionales et sociales, l'anglais √©cossais poss√®de un certain nombre de traits de prononciation caract√©ristiques. Il existe peu de diff√©rences de grammaire avec les autres vari√©t√©s d'anglais, bien que la forme progressive s'emploie typiquement avec une plus grande fr√©quence qu'ailleurs, par exemple avec certains verbes de sens statif (¬ę I'm wanting a drink ¬Ľ ¬ę Je veux un verre ¬Ľ). Au futur, la forme progressive indique souvent une supposition (¬ę You'll be coming from Glasgow ¬Ľ ¬ę Tu dois venir de Glasgow ¬Ľ)[16].

L'anglais √©cossais poss√®de un certain nombre de mots peu usit√©s au sud du Royaume-Uni (ainsi que dans d'autres vari√©t√©s d'anglais) ; certains font partie du vocabulaire g√©n√©ral, tels que outwith ¬ę hors de ¬Ľ (plut√īt que outside of), off of ¬ę dans ¬Ľ (dans l'usage de into), wee ¬ę petit ¬Ľ (mot du scots, employ√© aussi en anglais irlandais), pinkie ¬ę petit doigt, auriculaire ¬Ľ (plut√īt que ¬ę little finger ¬Ľ), janitor ¬ę concierge, gardien ¬Ľ (plut√īt que caretaker) ; d'autres d√©signent des r√©alit√©s culturelles sp√©cifiques, comme haggis ou caber.

Gaélique écossais

Le ga√©lique √©cossais, appel√© G√†idhlig, est une langue ga√©lique (celtique) historiquement parl√©e dans les Highlands et dans les √ģles[17]. Il est reconnu comme langue r√©gionale de l'√Čcosse en 2004 par le Royaume-Uni selon la Charte europ√©enne des langues r√©gionales ou minoritaires[18] - [Note 2] puis comme langue officielle aux c√īt√©s de l'anglais par le parlement √©cossais le 21 avril 2005[19]. Il est utilis√© dans la signalisation routi√®re bilingue.

En 2001, le ga√©lique comptait 92 400 locuteurs, soit 1,9 % de la population[20]. Les r√©gions o√Ļ il est parl√© sont d√©sign√©es par G√†idhealtachd (prononc√© /k…õňź…ô…ętaxk/). Avec l'expulsion de paysans par les grands propri√©taires terriens au XIXe si√®cle, la langue est v√©hicul√©e par une diaspora et se d√©cline par exemple en ga√©lique canadien pratiqu√© en Nouvelle-√Čcosse et en particulier sur l'√ģle du Cap-Breton. L'importance de la langue dans la culture est surtout historique, comme langue des Gaels ou Scots, venus d'Irlande[17]. Cependant, elle reste d'actualit√© : en 2002, les recueils de po√©sie en ga√©lique (avec traduction) ont √©t√© plus achet√©s que ceux en anglais[21].

Scots

Le scots (appel√© en scots the Scots leid, the Scotch tung, etc.) est une langue germanique parl√©e en √Čcosse et dans le nord de l'Irlande (dans l'Ulster). D√©riv√© du vieux northumbrien, l'un des dialectes septentrionaux du vieil-anglais parl√© au nord de la rivi√®re Humber, en Grande-Bretagne, avant l'invasion normande de 1066, et influenc√© par le vieux norrois apport√© dans l'√ģle par les Vikings danois au IXe si√®cle, il demeure tr√®s proche de l'anglais. Le scots constitue notamment l'idiome r√©gional propre aux Lowlands, dont l'un des dialectes est le doric[22].

En raison de différences existant entre les dialectes du scots et de la non-existence d'une autorité de régulation, il n'existe pas d'orthographe standard pour le scots et ce en dépit de plusieurs efforts émanant de locuteurs de cette langue[23] - [24].

Le scots n'a pas connu l'importante modification de la prononciation des voyelles (grand changement vocalique) qu'a connu l'anglais. À titre d'exemple, le mot anglais town se prononce avec une diphtongue, mais le mot équivalent en scots, toun, se prononce /tun/[23].

Le poète Robert Burns, auteur entre autres de la chanson Auld Lang Syne, est l'un des écrivains de langue scots les plus connus et les plus populaires.

Place de l'héritage culturel dans le système éducatif

De nombreux √Čcossais n√©s dans les ann√©es 1950 ont d√©clar√© que l'√©ducation n'avait pas jou√© son r√īle dans la transmission de la culture. En effet, avec la renaissance d'un nationalisme √©cossais, l'enseignement de l'histoire et des traditions pouvait √™tre vu comme un acte partisan. Ainsi, un des points de vue est que l'histoire du pays avant l'Acte d'Union ne devrait pas √™tre enseign√©e car elle ¬ę fomente un dangereux nationalisme ¬Ľ[21]. L'histoire √©tait donc enseign√©e de fa√ßon succincte, souvent limit√©e √† l'√©cole primaire, et lorsque la p√©riode couverte √©tait ant√©rieure √† l'Acte d'Union, l'accent √©tait alors mis sur l'histoire anglaise ; les √©l√®ves n'√©taient donc pas au courant d'√©v√®nements essentiels tels que les Highland Clearances. De m√™me, la litt√©rature se r√©sumait le plus souvent au seul enseignement de Robert Burns. Le ph√©nom√®ne √©tait particuli√®rement fort dans les internats qui pr√©paraient leurs √©tudiants aux examens anglais et non √©cossais. L'attitude changea progressivement, jusqu'√† un l√©ger encouragement √† l'enseignement de la culture √©cossaise dans les ann√©es 1990.

Apr√®s cette p√©riode assez creuse, l'int√©r√™t des √Čcossais pour leur culture se montra particuli√®rement vif. Cependant, cette culture est alors acquise plut√īt qu'h√©rit√©e, ce que corrobore une anecdote de Sandy Stronac, directeur du festival du doric, rapport√©e par le premier ministre Alex Salmond : ¬ę Sandy √©tait occup√© √† se lamenter sur [la perte de l'idiome du doric] mais l'int√©r√™t dans le festival du doric est exceptionnellement √©lev√©, la musique au fiddle ou √† la cornemuse et les Country dances font toujours partie de la soci√©t√© du nord-est, tandis que les √©coles sont pass√©es d'une position d'hostilit√© √† l'usage du Scots √† un encouragement l√©ger. La th√©orie de Sandy, et peut-√™tre peur, est que la culture populaire et le langage sont en danger de devenir une curiosit√© pour l'amateur enthousiaste plut√īt que quelque chose de naturel pour les gens ¬Ľ[21].

Organismes de promotion culturelle

La forteresse du ch√Ęteau d'√Čdimbourg, g√©r√©e par Historic Scotland.
Le massif du Ben Lawers (Perth and Kinross), propriété du National Trust for Scotland.

La premi√®re charte pour les arts en √Čcosse vit le jour en 1993 sous l'√©gide de repr√©sentants des arts, des mus√©es, des films, et de la Convention of Scottish Local Authorities (COSLA)[25]. Les collectivit√©s locales (villes et r√©gions) sont tr√®s impliqu√©es dans la culture et, avec des financements priv√©s, permettent d'assurer que des mus√©es d'importance nationale soient gratuits et ouverts √† tous[26], tels que le Hunterian Museum and Art Gallery de Glasgow, la Collection Burrell ou le City Art Center d'√Čdimbourg. Leurs collections sont souvent issues de legs.

Trois organismes majeurs d√©pendent aussi du gouvernement √©cossais. Le minist√®re √† l'Europe, aux Affaires externes et √† la Culture est charg√© du premier : les Archives nationales d'√Čcosse, bas√©es √† √Čdimbourg, qui furent cr√©√©es en 1999 en remplacement du Scottish Record Office[27]. Cette collection, issue d'un service d'archives en √Čcosse remontant au XIIIe si√®cle, est l'une des plus riches d'Europe. Elle recueille et rend accessible au public la plupart des sources historiques concernant l'√Čcosse et ses rapports avec les nations voisines au cours de son histoire. Le second est Historic Scotland, cr√©√© en 1991 pour pr√©server le patrimoine architectural[28]. En plus de son r√īle consultatif, cet organisme est charg√© de la restauration des b√Ętiments class√©s. Depuis 2005, il d√©cerne chaque ann√©e le Young Scots Award (litt. ¬ę prix des Jeunes √Čcossais ¬Ľ), qui r√©compense la meilleure initiative de pr√©servation du patrimoine d√©velopp√©e par de jeunes √Čcossais[29]. Il travaille sur la restauration des b√Ętiments anciens en collaboration avec le Scottish Civic Trust, une association priv√©e fond√©e en 1967[30]. Le troisi√®me est le Scottish Natural Heritage, charg√© des sites naturels.

Le National Trust for Scotland est un organisme priv√© fond√© sur les dons qui promeut l'h√©ritage culturel et naturel, s'int√©ressant particuli√®rement aux ch√Ęteaux et grandes demeures ainsi qu'√† la pr√©servation des espaces naturels. Il est actuellement plac√© sous le patronage du prince Charles[31]. Au niveau international, plusieurs sites font partie du patrimoine mondial de l'Unesco[32].

Médias

La plupart des m√©dias √©cossais sont des branches de compagnies diffusant √† l'√©chelle du Royaume-Uni[33]. Ainsi, le groupe de t√©l√©vision publique BBC Scotland[34], cr√©√© en 1953, et sa branche ga√©lique BBC Alba sont rattach√©s au groupe de m√©dias de la britannique BBC. De m√™me, les principales stations de radio sont celles de la BBC : BBC Radio Scotland et BBC Radio nan Gaidheal. De nombreuses stations r√©gionales et ind√©pendantes existent cependant[35]. Les cha√ģnes priv√©es ont fait leur apparition en 1957 avec Scottish Television, la deuxi√®me cha√ģne la plus ancienne du groupe britannique ITV, et en 1961 avec Grampian Television[36] - [37]. Ces cha√ģnes, les plus importantes en √Čcosse, ont fusionn√© en 2006 pour donner STV, toujours rattach√©e √† ITV[36]. Les quotidiens de diffusion nationale sont domin√©s par The Herald et The Scotsman[38]. Fond√© en 1783, The Herald, d'orientation centre-gauche, est l'un des plus anciens quotidiens de langue anglaise[39]. The Scotsman fut fond√© plus tardivement √† √Čdimbourg, en 1817[40], et d√©fend les positions pro-unionistes[41].

Perspectives actuelles

La sp√©cificit√© d'une culture √©cossaise dans le paysage anglais va de pair avec le sentiment d'une identit√© √©cossaise. Dans l'√©tude Scottish Social Attitudes de 2002, trois cinqui√®mes des sond√©s avaient un sentiment d'√™tre britanniques, ce qui montre une coexistence entre le nationalisme culturel √©cossais et une politique d'union au sein du Royaume-Uni. Cependant, cette coexistence est fragile : plus de 75 % se consid√®rent plus √©cossais que britannique, et les sond√©s sont plus fiers du symbole du drapeau de l'√Čcosse que de celui du Royaume-Uni. Enfin, dans l'ordre des pr√©occupations de la population, √™tre √Čcossais vient en seconde place apr√®s √™tre parent, et devant le probl√®me de l'emploi[21].

La part de l'h√©ritage culturel dans le sentiment actuel est variable. Ainsi, Ginnie Atkinson, Managing Director du Festival international du film d'√Čdimbourg d√©clarait que ¬ę la litanie de batailles pour de justes causes et la lib√©ration de l'oppression n'ont jamais d√©fini, pour moi, √™tre √Čcossais[Note 3] ¬Ľ ; elle donne ainsi une d√©finition culturelle plus moderne : ¬ę √™tre √Čcossais, c'est savoir pourquoi chaque syllabe de Billy Connolly est amusante, c'est rencontrer Sean Connery au milieu d'un groupe de fans et le reconna√ģtre comme √Čcossais en quelques mots[Note 4] ¬Ľ. Un autre √©clairage sur les symboles est apport√© par ce t√©moignage :

¬ę Je n'ai pas une jambe plus courte que l'autre pour que je puisse chasser le haggis dans les collines. Je ne suis ni mesquin ni pingre. [‚Ķ] √ätre √Čcossais pour moi c'est √™tre fier de notre h√©ritage, nos paysages, notre gentillesse ‚ÄĒ qui n'est seconde √† aucune autre ‚ÄĒ nos traditions, musique et langage [...]. Le son des cornemuses et des tambours √©veille en moi une fiert√© nationale comme nul autre instrument que je connais. Pourriez-vous imaginer chanter Flower of Scotland au piano ou √† la guitare[21]? ¬Ľ

Par ailleurs, si les symboles perdurent, l'√Čcosse voit comme de nombreux pays les effets de la culture am√©ricaine, ce que r√©sume l'√©crivain Alan Bissett :

¬ę Comme la plupart des gens de moins de trente-cinq ans, j'ai grandi satur√© de culture populaire am√©ricaine. La scottishness √©tait quelque chose de d√©poussi√©r√© et sorti du placard pour les matchs de football ou Hogmanay. [...] Nos rues ont exactement la m√™me allure que celles n'importe o√Ļ ailleurs en Occident ‚ÄĒ aseptis√©es, des paradis pi√©tonniers de vente au d√©tail, flanqu√©es avec chic par Virgin, McDonald et Gap[Note 5] - [21]. ¬Ľ

Symboles nationaux

Croix de saint André

Le drapeau de l'√Čcosse arbore un sautoir blanc, une crux decussata repr√©sentant la croix du martyr chr√©tien l'ap√ītre saint Andr√©, patron de l'√Čcosse sur un fond bleu. Il est souvent connu sous le nom de Croix de saint Andr√© ou The Saltire (sautoir en anglais). En langage h√©raldique il est blasonn√© d'azur, au sautoir d'argent.

C'est l'un des plus anciens drapeaux au monde, et le plus ancien drapeau national encore en usage[42] apr√®s celui du Danemark. Selon la l√©gende, apparue au XVe si√®cle, le roi Angus II des Pictes mena les Pictes et les Ga√ęls durant une bataille contre les Angles sous le roi Athelstan d'Est-Anglie. Le roi Angus et ses hommes furent encercl√©s et le souverain se mit √† prier pour leur d√©livrance. Durant la nuit, Saint Andr√©, qui avait √©t√© martyris√© sur une croix diagonale, apparut √† Angus et l'assura de la victoire. Le lendemain un sautoir blanc sur un fond de ciel bleu apparut des deux c√īt√©s et encouragea les Pictes et les Ga√ęls mais fit perdre confiance aux Angles qui furent battus. La l√©gende conclut que la croix de Saint Andr√© devint ainsi le drapeau √©cossais, sans faire √©tat de ses utilisations ant√©rieures. Le symbole qu'il porte est traditionnellement dat√© du xie si√®cle ; c'est en 1286 que, en l'absence de roi, les Gardiens du Royaume l'ont pour la premi√®re fois port√© sur leurs sceaux[42].

C'est en 1385 que le Parlement d'√Čcosse d√©cr√®te que les soldats √©cossais doivent arborer la croix de Saint Andr√© comme signe distinctif et, en 1503, appara√ģt le premier drapeau constitu√© uniquement du Saltire, sans la figure du saint ; en 1549, le fond rouge d'origine est remplac√© par le fond bleu encore utilis√© aujourd'hui[42]. En 1606, le drapeau de l'√Čcosse fut int√©gr√© √† celui de l'Angleterre afin de former l'Union Flag[43], √† la suite de l'Union des Couronnes de 1603.

À certaines époques, des couleurs aussi claires que le bleu ciel ou aussi foncées que le bleu marine ont été utilisées, mais les versions récentes ont largement convergé vers le modèle officiel du Pantone 300[44].

√Čtendard Royal d'√Čcosse

L'√Čtendard Royal d'√Čcosse reprend le motif port√© par le blason de l'√Čcosse, qui est dit, en langage h√©raldique, ¬ę d'or au lion rampant de gueules arm√© et langu√© d'azur au double trescheur fleuronn√© et contre-fleuronn√© du second. ¬Ľ

Cette banni√®re, √©galement appel√©e Lion Rampant, fut utilis√©e par les rois d'√Čcosse depuis le XIIe si√®cle jusqu'√† l'Union des Couronnes de 1603[45]. Il s'agit de la banni√®re personnelle du souverain ; son usage est ainsi restreint, par l'acte de 1672 du Parlement d'√Čcosse, au seul roi r√©gnant et √† ses repr√©sentants directs (ambassadeurs par exemple)[46].

Au XXIe si√®cle, l'√Čtendard Royal flotte sur les r√©sidences royales de Holyrood et Balmoral lorsque la reine √Člisabeth II en est absente.

Hymnes

L'√Čcosse ne poss√®de pas d'hymne national qui lui soit propre[47] - [48] - [49]. Le Parlement √©cossais a √©mis l'avis que l'hymne national du Royaume-Uni, God Save the Queen, soit utilis√© en tant qu'hymne national de l'√Čcosse. L'utilisation d'un hymne s√©par√© est pourtant populaire, car, en pratique, plusieurs situations le rendent n√©cessaire, tels que les √©v√®nements sportifs auxquels participe s√©par√©ment l'√©quipe d'√Čcosse. En l'absence d'un hymne officiel, plusieurs chansons concourent au titre de jure d'hymne √©cossais. En juin 2006, l'Orchestre national royal d'√Čcosse a organis√© un sondage en ligne afin de d√©terminer la chanson pr√©f√©r√©e des √Čcossais en tant qu'hymne national. Avec plus de 10 000 votes, Flower of Scotland est arriv√© premier (41 % des voix), suivi de Scotland the Brave (29 % des voix)[50].

The Flower of Scotland (Fl√Ļir na h-Alba en ga√©lique √©cossais) a √©t√© compos√© en 1974 par Roy Williamson du groupe traditionnel The Corries. En 1990, il est utilis√© pour la premi√®re fois lors d'une rencontre officielle. Jusque-l√† l'hymne jou√© pour l'√Čcosse √©tait le God Save the Queen. √Ä la demande du XV √©cossais, Flower of Scotland fut jou√© comme hymne pour le dernier match du Tournoi des Six Nations, dans une rencontre qui les opposa aux Anglais[51]. En 1993, la f√©d√©ration √©cossaise de rugby √† XV d√©cida qu'il serait jou√© avant chaque match de l'√Čcosse. Jug√©e trop agressive par certains, la chanson a fait l'objet d'une p√©tition populaire pr√©sent√©e au Parlement √©cossais en 2004 pour qu'elle cesse d'√™tre utilis√©e lors des rencontres sportives et soit remplac√©e par une autre[47]. Depuis 2000, Flower of Scotland est jou√©e avant les matchs de football de l'√©quipe d'√Čcosse lors de la coupe de l'UEFA[52]. Ce chant patriotique c√©l√®bre √† la fois la beaut√© des paysages de l'√Čcosse et la victoire des patriotes √©cossais, fleur de l'√Čcosse, c'est-√†-dire les plus braves, contre l'invasion anglaise √† la fin du XIIIe si√®cle et au d√©but du XIVe si√®cle, au cours de la premi√®re guerre d'ind√©pendance de l'√Čcosse. Men√©s par Robert the Bruce, les √Čcossais renvoy√®rent chez elle ¬ę l'arm√©e du fier √Čdouard ¬Ľ (proud Edward's army), √Čdouard II d'Angleterre lors de la bataille de Bannockburn qu'ils remport√®rent en 1314, et qui d√©boucha sur pr√®s de quatre si√®cles d'ind√©pendance.

La m√©lodie de Scotland the Brave (Alba an Aigh en ga√©lique √©cossais) semble dater du d√©but du XXe si√®cle[53]. Elle √©tait d√©j√† connue sous le nom de Scotland the Brave. Toutefois, ce n'est que vers 1950 que les premi√®res paroles furent √©crites par le journaliste √©cossais Cliff Hanley, pour le chanteur Robert Wilson. Scotland the Brave est utilis√©e pour repr√©senter l'√Čcosse lors des Jeux du Commonwealth[54]. Toutefois, c'est Flower of Scotland qui remporte la faveur g√©n√©rale lors des matches de rugby jou√©s par l'√©quipe nationale d'√Čcosse. En 2006, Scotland the Brave a √©t√© adopt√© comme marche de r√©giment par le Royal Regiment of Scotland[55].

Armoiries

Armoiries du royaume d'√Čcosse.

Les armoiries de l'√Čcosse (ou armoiries royales d‚Äô√Čcosse) √©taient les armoiries historiques des rois et reines d‚Äô√Čcosse, utilis√©es jusqu‚Äô√† l'Acte d'Union de 1707. Elles connurent d'importantes modifications lors de l‚Äôunion avec le royaume d‚ÄôAngleterre en 1603, puis selon les diff√©rentes alliances des souverains successifs. Au d√©but du XXIe si√®cle, les armoiries de l'√Čcosse empruntent leur forme aux armes royales du Royaume-Uni utilis√©es en √Čcosse.

Elles auraient √©t√© utilis√©es pour la premi√®re fois par Guillaume Ier d'√Čcosse au XIIe si√®cle. Les armoiries du Kyng of Scottz (roi des √Čcossais) ont √©t√© d√©crites pour la premi√®re fois √† cette √©poque dans un registre du Coll√®ge des Armoiries de Londres[56].

Les armoiries de l'√Čcosse sont blasonn√©es ainsi[57] :

écu : d'or au lion rampant de gueules armé et langué d'azur au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même. Le lion est souvent armé et lampassé d'azur ;
supports : deux licornes encha√ģn√©es ;
cimier : un lion couronné, de front, assis sur une couronne, portant un sceptre et une épée ;
devise : Nemo me impune lacessit (¬ę Personne ne me provoque impun√©ment ¬Ľ, en latin) ;
cri de guerre : In defens (orthographe écossaise de l'anglais defence).

Chardon

Collier et plaque d'un chevalier de l'ordre du Chardon.

Le chardon aux √Ęnes (Onopordum acanthium) est l'un des symboles nationaux de l'√Čcosse depuis le r√®gne d'Alexandre III (1249-1286) ; il fut utilis√© d√®s 1470 sur des pi√®ces d'argent frapp√©es sous Jacques III[58].

La l√©gende veut qu'une arm√©e ennemie ait autrefois tent√© d'attaquer les √Čcossais de nuit. L'un des soldats √©trangers, probablement pieds-nus, aurait march√© sur un chardon ; son cri aurait √©veill√© les sentinelles √©cossaises, qui auraient alors sonn√© l'alerte. Certaines sources sugg√®rent qu'il s'agirait de la bataille de Largs, qui a marqu√© le d√©but du retrait du souverain viking H√•kon IV de Norv√®ge[59]. Dans certaines variantes de la l√©gende, il s'agit d'une arm√©e anglaise.

L'ordre du Chardon est un ordre de chevalerie √©cossais, institu√© le , par le roi d‚ÄôAngleterre Jacques II et roi d'√Čcosse sous le nom de Jacques VII, qui r√©gna sur les deux pays de 1685 √† 1689. Leur devise est √©galement Nemo me impune lacessit. Le si√®ge de l‚ÄôOrdre se situe dans la cath√©drale Saint-Gilles d'√Čdimbourg, Thistle Chapel. Il s'agit de la plus haute d√©coration sp√©cifiquement √©cossaise, √©quivalente √† l'Ordre de la Jarreti√®re en Angleterre, auquel il est second dans le protocole[60].

Arts

Architecture

Abbotsford House, demeure de sir Walter Scott.
Salon de musique dessiné par Charles Rennie Mackintosh (1901)

Deux types d'habitation traditionnelle sont particuliers √† l'√Čcosse. Le premier, la black house (taigh dubh en ga√©lique √©cossais), est un type de maison basse, aux murs de pierres s√®ches et au toit de chaume[61], autrefois commun dans les Highlands et les H√©brides[62]. La maison-tour, elle, constitue la base de nombreux ch√Ęteaux b√Ętis entre le XIe si√®cle et le XVIIe si√®cle[63]. Con√ßue pour la d√©fense et l'habitation, elle fut particuli√®rement utilis√©e dans les Scottish Borders, au Sud du pays.

L'architecture classique, qui tire son inspiration de l'Antiquit√© gr√©co-romaine, fut introduite en √Čcosse par William Bruce[64] (circa 1630 - 1er janvier 1710). Personnage cl√© du palladianisme en √Čcosse, il eut une grande influence sur les architectes qui lui furent post√©rieurs. On lui doit notamment la restructuration du palais royal de Holyrood, ainsi que nombre de demeures de l'aristocratie.

√Ä partir de la seconde moiti√© du XVIIIe si√®cle, l'architecture n√©oclassique se d√©veloppa, en grande partie sous l'impulsion de Robert Adam, dont les r√©alisations d√©pass√®rent largement le cadre de l'√Čcosse[65]. Consid√©r√© par beaucoup comme le plus grand architecte de la fin du XVIIIe si√®cle[66], il a vu certains de ses b√Ętiments d'√Čdimbourg class√©s au patrimoine mondial de l'UNESCO[67].

Au XIXe si√®cle, en parall√®le avec le d√©veloppement du roman gothique et du nationalisme romantique, est apparu en architecture le style n√©ogothique. Un mouvement de ce style, le Scottish baronial style, est n√© en √Čcosse ; il s'agit d'une fusion de l'architecture n√©ogothique et de l'ancienne architecture d√©fensive √©cossaise[68]. Abbotsford House, la demeure du romancier sir Walter Scott, fut ainsi construite dans ce style[68].

Alors que l'Art nouveau fleurissait en Europe, Charles Rennie Mackintosh (1868 √† Glasgow - 1928 √† Londres) fut le principal porte-parole de son pendant britannique, le mouvement Arts & Crafts[69]. Architecte et d√©corateur, il appliqua son style, formel et √©pur√©, √† ses b√Ętiments, comme la Glasgow School of Art[70], ainsi qu'√† ses int√©rieurs, o√Ļ se retrouve l'influence du style, souple et floral, de son √©pouse Margaret[71].

Peinture

Les plus anciennes traces d'art d√©coratif sur le territoire √©cossais remontent √† la p√©riode picte. Ce sont des sph√®res de pierre grav√©e de l'√©poque n√©olithique, de l'√Ęge du bronze et de l'√Ęge du fer[72]. La plupart ont √©t√© retrouv√©es dans le nord-est de l'√Čcosse, et plus particuli√®rement dans l'Aberdeenshire. Les motifs grav√©s sur les pierres sont de nature g√©om√©trique, spirales, cercles concentriques et lignes bris√©es. Les pierres pictes, de facture plus tardive, sont elles des st√®les, dat√©es entre le IVe si√®cle et le IXe si√®cle, dont le but et la signification ne sont que partiellement compris. Les symboles pr√©sents sur ces st√®les, g√©n√©ralement organis√©s en paires, peuvent √™tre r√©partis en trois cat√©gories : symboles abstraits, animaliers, et objets (tels que miroirs et peignes). Peu d'autres exemples du travail artistique des Pictes sont parvenus √† l'√©poque contemporaine.

L'art celte chr√©tien d√©velopp√© dans les monast√®res chr√©tiens des √ģles des H√©brides a √©merg√© √† partir du VIIe si√®cle ; il a donn√© naissance √† des manuscrits enlumin√©s semblables au livre de Kells. Il a initialement √©merg√© dans le monast√®re de saint Columba sur Iona, puis s'est r√©pandu dans les autres scriptoria, et a prosp√©r√© jusqu'√† la R√©forme protestante. Il n'y probablement pas eu d'√©cole √©cossaise sp√©cifique au sein de ce style, pourtant n√© en √Čcosse[73].

L'art profane ne s'est v√©ritablement d√©velopp√© qu'√† partir de la Renaissance, sous le m√©c√©nat des rois Jacques III, Jacques IV et Jacques V. Si le d√©m√©nagement de la cour royale √† Londres en 1603 a marqu√© un ralentissement dans l'essor de l'art √©cossais, c'est toutefois au XVIIe si√®cle que George Jamesone d'Aberdeen (vers 1589 - 1644), premier artiste √©cossais identifiable avec certitude, r√©alisa ses Ňďuvres[74]. √Ä la m√™me p√©riode, John Michael Wright (vers 1617 - 1694), un portraitiste baroque, est actuellement consid√©r√© comme l'un des chefs de file des peintres britanniques de son √©poque, en particulier pour le caract√®re r√©aliste de ses portraits[75]. Il a √©t√© favoris√© par des clients au plus haut niveau de la soci√©t√©, √† une √©poque o√Ļ les artistes √©trangers √©taient g√©n√©ralement pr√©f√©r√©s. Ses peintures de la royaut√© et de l'aristocratie font, au XXIe si√®cle, partie des collections les plus prestigieuses.

La p√©riode des Lumi√®res √©cossaises marque un jalon dans le d√©veloppement de l'histoire culturelle et artistique de l'√Čcosse. Les peintres Allan Ramsay[76], Gavin Hamilton[77], Henry Raeburn[78] et David Allan[79] ont ainsi acquis une renomm√©e europ√©enne. La peinture de Raeburn, par son travail de la lumi√®re, annonce les d√©veloppements du romantisme et de l'impressionnisme[78].

Le XIXe si√®cle vit la naissance du mouvement impressionniste et la naissance, en 1826, de la Royal Scottish Academy[80]. La Glasgow School of Art vit le jour en 1845 ; il s'agit de l'une des quatre √©coles d'art ind√©pendantes de l'√Čcosse. C'est √† partir des ann√©es 1890 que s'est d√©velopp√© le mouvement artistique qui porte son nom, incluant les Glasgow Boys et Charles Rennie Mackintosh. Ce mouvement a apport√© une importante contribution √† la sc√®ne europ√©enne en d√©veloppant le style Art nouveau dans l'architecture, la peinture et la d√©coration[81].

Dans les ann√©es 1920, le mouvement des Coloristes √Čcossais s'est constitu√© ; ce groupe tirait son inspiration du mouvement post-moderne[82]. √Ä cette m√™me √©poque a prosp√©r√© la Renaissance √©cossaise, comme en litt√©rature, dans le cadre plus large du celtic revival, et les ann√©es qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ont vu prosp√©rer l'art √©cossais, avec l'apparition d'artistes de renomm√©e internationale tels que Eduardo Paolozzi, l'une des figures du pop art britannique[83].

  • Repr√©sentation de la pierre grav√©e picte de Towrie.
    Représentation de la pierre gravée picte de Towrie.
  • Portrait de sir John et Lady Clerk par Henry Raeburn (v. 1790).
    Portrait de sir John et Lady Clerk par Henry Raeburn (v. 1790).
  • Un paradoxe par Frances MacDonald de l'√©cole de Glasgow (1905).
    Un paradoxe par Frances MacDonald de l'école de Glasgow (1905).

Sculpture

  • Art pr√©historique en √Čcosse (en)
  • Sculpture √©cossaise (en)

Photographie

  • Photographie √©cossaise (en), Document Scotland (en) (2012)

Littérature

Le Book of the Dean of Lismore, manuscrit de 1512 écrit principalement en gaélique et contenant aussi du scots et du latin. Des vers y relatent l'histoire d'Ossian.

La litt√©rature √©cossaise est la litt√©rature √©crite en √Čcosse ou par des auteurs √©cossais. Elle a principalement utilis√© le ga√©lique √©cossais, l'anglais, le scots, le brittonique, le fran√ßais et le latin.

√Čmergence de la litt√©rature √©cossaise

Si les Pictes ont vraisemblablement parlé une langue brittonique, de même que les peuples proches du Pays de Galles, du fait de la survie de noms de lieu et de noms personnels, aucun exemple de leur littérature n'est parvenu à l'ère moderne.

√Ä la fin du Moyen √āge, entre 1200 et 1700, les √©lites culturelles √©cossaise et irlandaise partageaient une forme litt√©raire de ga√©lique. Quelques textes ga√©liques √©crits en √Čcosse √† cette √©poque ont surv√©cu dans les sources irlandaises, tel que le Lebor Bretnach[84], produit d'une litt√©rature ga√©lique florissante √©tablie au monast√®re d'Abernethy[85]. Parall√®lement, le fran√ßais prosp√®re au XIIIe si√®cle en tant que langue litt√©raire et produit des Ňďuvres telles que le Roman de Fergus, et probablement certains autres pans de la l√©gende arthurienne.

Le premier important texte écossais connu en moyen anglais date de 1375 ; il s'agit du poème épique The Brus, composé par John Barbour, considéré comme le père de la poésie écossaise[86]. Il s'agit d'un mélange de roman historique et de chronique médiévale, dont le style fut repris par d'autres auteurs contemporains de Barbour. De nombreux romans de chevalerie du Continent furent traduits à cette même époque.

Au XVe si√®cle, la po√©sie, d√©sormais en moyen √©cossais, influenc√©e par la Renaissance, fut principalement l'Ňďuvre des makars, h√©ritiers des bardes[87].

Le premier texte classique majeur √† avoir √©t√© totalement traduit en anglais moderne naissant fut la traduction en vers de l'√Čn√©ide de Gavin Douglas en 1513[88] - [89]. √Ä la fin du si√®cle, Jacques VI, m√©c√®ne de la litt√©rature et de la musique, a cr√©√© le Castalian Band, sur le mod√®le de la Pl√©iade fran√ßaise de l'√©poque[90].

Les premières ballades remontent au début du XVIIe siècle, avec l'impression du Chevalier elfe aux environs de 1610[91].

C'est à partir du XVIIIe siècle que le roman écossais s'est véritablement développé avec des auteurs tels que Tobias Smollett, dont les romans picaresques ont influencé, entre autres, Charles Dickens[92].

Influence de Burns et Scott

Portrait de sir Walter Scott par Henry Raeburn (1822).

Parmi les auteurs écossais les plus connus, deux sont fortement associés à l'ère romantique, Robert Burns et Walter Scott.

Robert Burns, auteur de nombreux po√®mes et chansons d'inspiration folklorique √©cossaise, dont Auld Lang Syne, est consid√©r√© comme le plus grand auteur de langue scots[93]. Il est consid√©r√© comme le po√®te national de l'√Čcosse[93]. Si ses Ňďuvres les plus connues sont en scots, il a √©galement largement √©crit en anglais et dans un scots ¬ę all√©g√© ¬Ľ, accessible √† une plus large audience. Pionnier du mouvement romantique[94], il fut apr√®s sa mort une source d'inspiration pour les fondateurs du lib√©ralisme comme du socialisme[95], et il eut une influence persistante sur la litt√©rature √©cossaise[94].

Walter Scott a tout d'abord recueilli des ballades √©cossaises dans le Minstrelsy de la Fronti√®re √©cossaise avant de se lancer dans une carri√®re de romancier en 1814 avec Waverley, souvent appel√© premier roman historique. D'autres romans, tels que Rob Roy, ont contribu√© √† son image de patriote. P√®re du roman historique, il a contribu√© √† forger une image romantique de l'√Čcosse et de son histoire. C'est √† lui, notamment, que l'on doit le retour de l'usage du tartan et du kilt[96], dont le port avait √©t√© interdit par une loi du Parlement en 1746[97].

Poésie

Le Rêve d'Ossian, par Jean-Auguste-Dominique Ingres (1813)

En 1760, James Macpherson a prétendu avoir retrouvé les poèmes écrits par Ossian. Il en a publié des traductions qui ont acquis une popularité internationale, étant proclamées comme l'équivalent celtique des épopées classiques[98]. Fingal, publié en 1762, a été rapidement traduit dans plusieurs langues européennes et son appréciation profonde de la beauté naturelle et de la tendresse mélancolique, ainsi que son traitement de la légende ancienne fit plus que n'importe quel simple travail pour provoquer le romantisme, principalement en Allemagne, avec Goethe et Herder. Beaucoup d'auteurs écossais, dont le jeune Walter Scott, furent inspirés par ce texte ; il s'avéra ultérieurement que les poèmes n'étaient pas des traductions directes du gaélique mais des adaptations destinées à combler les attentes esthétiques de son audience[99].

Au XXe si√®cle, le po√®te Sorley MacLean, par ses travaux dans le champ de la po√©sie ga√©lique √† une √©poque o√Ļ peu d'auteurs de renom utilisaient le ga√©lique dans leurs Ňďuvres, a cr√©√© sa r√©putation de p√®re de la renaissance du ga√©lique √©cossais. Il fut l'un des po√®tes √©cossais les plus influents du XXe si√®cle[100].

Depuis 2004, Edwin Morgan est le Makar √©cossais, po√®te national officiellement nomm√©. Sa po√©sie aborde aussi bien les sujets courants que politiquement engag√©s ou sujets √† controverse[101]. Le 1er mai 2009, Carol Ann Duffy fut nomm√©e Po√®te laur√©at du Royaume-Uni ; elle est la premi√®re femme, et la premi√®re √Čcossaise, √† occuper ce poste[102].

Mouvement Kailyard

J. M. Barrie en 1901.

L'introduction du mouvement connu comme le mouvement Kailyard, √† la fin du XIXe si√®cle, a ramen√© les √©l√©ments de fantaisie et de folklore √† la mode[103]. J. M. Barrie, l'auteur de Peter Pan, est un exemple de ce m√©lange de modernit√© et de nostalgie. Cette tradition a √©t√© vue comme une pierre d'achoppement importante pour la litt√©rature √©cossaise, par sa peinture id√©alis√©e, pastorale, de la culture √©cossaise, s'√©loignant de plus en plus de la r√©alit√© de la vie en √Čcosse √† cette p√©riode[104]. Cette tradition a √©t√© satiris√©e par George Douglas Brown dans son roman The House with the Green Shutters, devenu l'un des romans fondateurs de la litt√©rature moderne √©cossaise[104].

Romans policiers et d'aventure

Une tradition intellectuelle écossaise, remontant au philosophe David Hume, se reflète dans les livres de Sir Arthur Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes : bien que Holmes soit maintenant vu dans le cadre de Londres par excellence, on peut soutenir que son esprit de déduction est plus écossais qu'anglais[105].

Les plus c√©l√®bres Ňďuvres de Robert Louis Stevenson sont toujours aussi populaires et ont donn√© lieu √† de nombreux films et pi√®ces de th√©√Ętre. L'√Čtrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) d√©peint la double personnalit√© d'un docteur bon et intelligent se transformant en monstre psychopathe apr√®s qu'il a absorb√© un m√©dicament dans l'intention de s√©parer le bon c√īt√© de sa personnalit√© du mauvais. Enlev√© ! est un roman historique qui se d√©roule √† la suite des r√©bellions jacobites, alors que L'√éle au tr√©sor est le roman de pirates et d'aventures par excellence.

La forme de fiction criminelle dite ¬ę Tartan Noir ¬Ľ est particuli√®re √† l'√Čcosse[106], bien que l'authenticit√© du genre ait √©t√© contest√©e. Elle prend ses racines dans la litt√©rature √©cossaise, mais emprunte des √©l√©ments d'ailleurs, en incluant le travail de James Ellroy et du genre roman noir[107].

La Renaissance écossaise

La Renaissance √©cossaise fut un mouvement litt√©raire de la fin du XIXe si√®cle et du d√©but du XXe si√®cle en √Čcosse[108]. Ce mouvement a influenc√© la litt√©rature, mais aussi la musique, les arts visuels et la politique. Les artistes de la Renaissance √©cossaise avaient un int√©r√™t particulier envers la philosophie contemporaine et la technologie, ainsi que sur l'incorporation du folklore dans l'art. Ils √©taient √©galement pr√©occup√©s de l'avenir des langues menac√©es d'√Čcosse telles que le ga√©lique. Son pendant est le Celtic revival en Irlande √† la m√™me √©poque.

L'écrivain principal de cette période fut Hugh MacDiarmid, poète engagé aux convictions politiques, léninistes et nationalistes, marquées[109].

Moyen √āge

John Duns Scot (vers 1266 √† Duns - 1308 √† Cologne), surnomm√© le docteur subtil, th√©ologien et philosophe √©cossais, fondateur de l‚Äô√©cole scolastique dite scotiste, fut l'un des penseurs √©cossais majeurs du Moyen √āge. Il est appel√© ¬ę maistre Jehan d'Escosse ¬Ľ par Rabelais dans Gargantua[Note 6].

Scot a eu une influence considérable sur la pensée catholique[110]. Les doctrines pour lesquelles il est le plus connu sont l'univocité de l'être (l'existence est le concept le plus abstrait que nous possédions), le principe d'individuation (une manière de distinguer les différents aspects d'une même chose), ainsi que le primat de la volonté. Il a développé une argumentation complexe en faveur de l'existence de Dieu et défendit la doctrine de l'immaculée conception.

Lumières écossaises

Les Lumi√®res √©cossaises sont la contribution intellectuelle de l‚Äô√Čcosse au mouvement des Lumi√®res qui a agit√© l‚ÄôEurope au XVIIIe si√®cle. Cette p√©riode de ferment intellectuel, qui a dur√© approximativement de 1730 √† 1800, a √©t√© permise en grande partie par les conditions √©conomiques et politiques qui ont caract√©ris√© l‚Äô√Čcosse au si√®cle des Lumi√®res √† la suite de l‚ÄôActe d‚ÄôUnion (1707) entre l‚ÄôAngleterre et l‚Äô√Čcosse, et a plac√© l'√Čcosse sur le devant de la sc√®ne culturelle de l'√©poque[4]. Un creuset d‚Äôo√Ļ ont √©merg√© beaucoup d‚Äôid√©es qui distinguent les Lumi√®res √©cossaises √©tait le Poker Club d‚Äô√Čdimbourg.

La premi√®re figure principale des Lumi√®res √©cossaises √©tait Francis Hutcheson[111], qui occupait la chaire de philosophie √† l‚Äôuniversit√© de Glasgow de 1729 √† 1746. Ce professeur de philosophie morale, qui propose des id√©es alternatives aux th√®ses de Thomas Hobbes, a fond√© l'une des branches principales de la pens√©e √©cossaise et s‚Äôest oppos√© au disciple de Hobbes, l‚Äô√Čcossais David Hume. Sa pens√©e se fonde sur les principes utilitaristes et cons√©quentialistes, selon lesquels la vertu est ce qui apporte le plus grand bien au plus grand nombre de gens.

Hume lui-même est sans doute le penseur le plus important des Lumières écossaises[111]. Sa philosophie morale a fini par triompher de celle de Hutcheson et ses recherches en économie politique ont inspiré un travail plus détaillé à son ami Adam Smith. Hume est en grande partie responsable de la tonalité pratique prise par les Lumières écossaises, car il s'est principalement intéressé à la nature de la connaissance, et il a développé des idées liées à l’évidence, à l’expérience et à la causation. Ces idées ont influé sur la méthode scientifique et le rapport moderne entre la science et la religion.

Hume s‚Äôint√©ressait plus √† la philosophie qu‚Äô√† l‚Äô√©conomie, mais ses id√©es ont n√©anmoins men√© √† d‚Äôimportants travaux dans ce dernier domaine[112]. Apr√®s la d√©fense passionn√©e par Hume du libre-√©change, Adam Smith a d√©velopp√© ce concept en 1776 et publi√© Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Selon Dugald Stewart, le premier biographe de Smith, le m√©rite principal de la Richesse des nations ne vient pas de l‚Äôoriginalit√© de ses principes, mais du raisonnement syst√©matique, scientifique, utilis√© pour les valider, et de la clart√© avec laquelle ils sont exprim√©s[113]. En ce sens, l‚Äôouvrage est une synth√®se des sujets les plus importants d‚Äô√©conomie politique, une synth√®se audacieuse qui va bien au-del√† de toute autre analyse contemporaine. Parmi les observateurs ant√©rieurs √† Smith qui l‚Äôont inspir√© se trouvent John Locke, Bernard Mandeville, William Petty, Richard Cantillon, Turgot ainsi que bien s√Ľr Fran√ßois Quesnay et David Hume[114]. Si Smith est aujourd‚Äôhui surtout connu en tant qu‚Äô√©conomiste, il se consid√©rait avant tout comme professeur de philosophie morale (qu‚Äôil avait enseign√©e √† Glasgow). Ainsi, la Richesse des nations ne traite pas seulement d‚Äô√©conomie (au sens moderne), mais aussi d‚Äô√©conomie politique, de droit, de morale, de psychologie, de politique, d‚Äôhistoire, ainsi que de l‚Äôinteraction et de l‚Äôinterd√©pendance entre toutes ces disciplines. L‚Äôouvrage, centr√© sur la notion d‚Äôint√©r√™t personnel, forme un ensemble avec la Th√©orie des sentiments moraux, o√Ļ il avait expos√© la sympathie inh√©rente √† la nature humaine. L‚Äôensemble devait √™tre compl√©t√© par un livre sur la jurisprudence que Smith n‚Äôa pu terminer, et dont il a fait br√Ľler le manuscrit √† sa mort.

Les penseurs des Lumi√®res √©cossaises ont d√©velopp√© une ¬ę science de l‚Äôhomme ¬Ľ[115] fond√©e sur l‚ÄôŇďuvre de Hume dans le domaine de la philosophie morale et sur ses √©tudes de la nature humaine. La trace historique de cette science se manifeste dans les Ňďuvres par les principaux penseurs √©cossais comme Adam Ferguson, James Burnett, John Millar et William Robertson, qui ont √©tudi√© le comportement humain dans les cultures antiques et primitives √† la clart√© du concept de modernit√© sociologique. Les Lumi√®res √©cossaises ont ainsi d√©plac√© le centre d‚Äôint√©r√™t des sujets intellectuels et √©conomiques vers des sujets sp√©cifiquement scientifiques.

Musique

Harpe de la Reine Marie, fabriquée dans l'Ouest des Highlands vers l'année 1400[116].

La musique traditionnelle d'√Čcosse fait partie des musiques celtiques. Si elle est souvent r√©sum√©e √† la grande cornemuse √©cossaise celle-ci, bien qu'elle ait jou√© un r√īle majeur, n'est ni la seule cornemuse employ√©e, ni l'instrument pr√©pond√©rant.

La harpe celtique (cl√†rsach en ga√©lique √©cossais) √©tait consid√©r√©e comme l'instrument national √©cossais avant l'apparition de la cornemuse au XVe si√®cle ; les harpistes √©taient des personnages d'importance jouissant de droits sp√©ciaux[117]. Des pierres grav√©es de l'est de l'√Čcosse laissent penser que la harpe √©tait pr√©sente chez les Pictes bien avant le IXe si√®cle. Seules trois harpes m√©di√©vales existent actuellement ; deux d'entre elles, la harpe de la reine Marie et la harpe de Lamont, sont conserv√©es au Mus√©e National d'√Čdimbourg. Avec le d√©litement de la soci√©t√© traditionnelle √©cossaise √† la fin du XVIIe si√®cle, les harpistes ne b√©n√©fici√®rent plus du m√©c√©nat et devinrent itin√©rants. √Ä la fin du XVIIIe si√®cle, la cl√†rsach traditionnelle avait disparu du paysage culturel √©cossais. √Ä partir des ann√©es 1890, un nouveau type de cl√†rsach √©mergea, dans le cadre de la Renaissance √©cossaise et du Celtic Revival[118]. √Ä l'origine tendues de boyau de mouton, elles sont au XXIe si√®cle mont√©es le plus souvent avec des cordes en nylon et sont g√©n√©ralement accord√©es en mi b√©mol majeur.

La cornemuse est un instrument de musique √† vent et plus particuli√®rement √† anches largement r√©pandu en Eurasie et au Maghreb. Instrument pastoral d'origine grecque, elle a d√©velopp√© au cours des si√®cles un r√©pertoire √† part enti√®re qui culmine avec la musique de Cour et la musique militaire. La cornemuse fut bannie par les d√©crets publi√©s dans le sillage du Dress Act de 1746. Durant la p√©riode d'expansion de l'Empire britannique, les r√©giments √©cossais ont popularis√© la cornemuse jusqu'en Inde et dans les autres colonies britanniques. Diff√©rents types de cornemuses sont jou√©s en √Čcosse, au rang desquelles se trouvent la Great Highland Bagpipe (la cornemuse des r√©giments et des pipe-bands), la Border pipe du sud de l'√Čcosse et du nord de l'Angleterre et la Scottish smallpipes √† soufflet ; toutes peuvent se jouer en solo ou en formation, les pipe bands. Les morceaux compos√©s pour la cornemuse couvrent un vaste r√©pertoire, depuis les danses et la musique militaire jusqu'√† des musiques d'inspiration religieuse ou encore des complaintes traditionnelles. La musique traditionnelle compos√©e pour la Great Highland Bagpipe est appel√©e P√¨obaireachd ; les concours de cornemuse font partie int√©grante des Highland Games.

Fichier audio
Skye Boat Song (Clan Stewart Pipe Band)

Le fiddle est un autre terme pour d√©signer le violon, dans la musique irlandaise, britannique, klezmer ou tzigane. L'instrument est apparu en √Čcosse √† la fin du XVIIe si√®cle ; il est mentionn√© pour la premi√®re fois en 1680 dans un document de l'abbaye cistercienne de Newbattle (Midlothian), Lessones For Ye Violin. Le fiddle dans les musiques populaires des pays anglo-saxons a la particularit√© d'√™tre jou√© sur plusieurs cordes en m√™me temps. Les musiques pour le fiddle sont plus caract√©ristiques de certaines r√©gions de l'√Čcosse que du pays dans son ensemble. On distingue ainsi les compositions de l'Ouest des Highlands, influenc√©es par la cornemuse, le style des Shetland, plus vif, d'influence scandinave, et les airs plus lents de Strathspey et du Nord-Est de l'√Čcosse.

Danse

Les danses traditionnelles écossaises peuvent se répartir en trois groupes : country dances, céilidh dances et Highland dances. L'accordéon, le fiddle, le piano et la cornemuse sont parmi les instruments les plus utilisés.

Country dances et céilidh dances

Country dancers aux Jeux de Skagit Valley, aux √Čtats-Unis.

Il s'agit de danses de société pour trois à six couples placés en ligne, inspirées des danses de cour des XVIIe siècle et XVIIIe siècle ainsi que des quadrilles du XIXe siècle. Les pas en ont été codifiés par la Royal Scottish Country Dance Society. On distingue les reels, les gigues et les strathspeys selon la musique utilisée ; marches et valses sont plus rares[119].

Reels et gigues ont un tempo rapide ; les pas sont rapidement encha√ģn√©s. Les strathspeys, au contraire, ont un tempo plus lent et sont des danses d'apparence plus formelle.

Les danseurs composent des formations appelées sets. Chaque set comprend généralement trois à quatre couples, mais certaines danses nécessitent cinq à six couples, voire plus. Les couples sont en général mixtes. La formation la plus habituelle est en longueur, une ligne d'hommes faisant face à une ligne de femmes.

Les c√©ilidh (terme ga√©lique signifiant ¬ę visite ¬Ľ) √©taient √† l'origine des soir√©es √©quivalentes aux fest-noz bretons[Note 7], d'une grande importance sociale et culturelle dans une soci√©t√© rurale de tradition orale. Un c√©ilidh √©tait, outre une veill√©e entre voisins, l'occasion de raconter des l√©gendes, r√©citer des po√©sies et des chansons traditionnelles, jouer de la musique, et danser. Par m√©tonymie, le terme d√©signe √©galement les danses qui s'y pratiquent. Plus simples que les country dances, celles-ci ont un r√©pertoire plus limit√©. Elles sont √©galement dans√©es par couples, en formation ou en ronde[120].

Danses des Highlands

Jeune concurrente des jeux de Bellingham exécutant une danse de l'épée.

L'expression Highland dancing d√©signe au d√©but du XXIe si√®cle un style de danse en solo, qui a principalement √©volu√© dans le contexte des jeux des Highlands o√Ļ il accompagne la musique de la cornemuse. Les danseurs, v√™tus de kilts, portent des chaussures sp√©ciales appel√©es ghillies, proches des demi-pointes de la danse classique, avec laquelle les danses des Highlands ont de nombreux points communs[121] - [122].

Il existe trois grands types de danses des Highlands[123] - [124]. Le Highland fling est √† l'origine une danse de victoire ex√©cut√©e apr√®s une bataille ; il s'agit d'une danse de pr√©cision, dans√©e √† l'origine sur un bouclier, aujourd'hui disparue. Les danses de l'√©p√©e, elles, se pratiquent au-dessus d'une √©p√©e nue et son fourreau (ou deux √©p√©es nues), pos√©s l'un sur l'autre √† angle droit. Le dernier type de danse des Highlands, le seann triubhas (¬ę vieux pantalon ¬Ľ en ga√©lique √©cossais), n'est pas une danse guerri√®re, au contraire des pr√©c√©dentes, mais tire son inspiration du bannissement du kilt apr√®s les r√©bellions jacobites de 1745, bien qu'elle ne soit apparue qu'au XIXe si√®cle. Les premiers pas figurent un √Čcossais portant un pantalon et tentant de l'enlever en secouant les jambes, tandis que la fin de la danse montre, par des pas plus rapides, la joie du port du kilt[125].

1896 - 1921 : diffusion des films en √Čcosse

L'√Čcosse fut rapidement dot√©e des technologies cin√©matrographiques : le kin√©toscope fut montr√© √† √Čdimbourg en 1894 et, en 1896, eurent lieu les premi√®res s√©ances de projection payantes utilisant l'invention des fr√®res Lumi√®re. Le cin√©ma devint une forme importante de loisir apr√®s la Premi√®re Guerre mondiale pour les √©cossais, qui √©taient auparavant amateurs de music-hall. Par exemple, en 1950, les habitants de l'Angleterre se rendaient en moyenne 28 fois par an au cin√©ma tandis que ceux de l'√Čcosse y allaient 36 fois, avec un pic de 51 fois pour les habitants de Glasgow. De plus, la densit√© des salles de cin√©ma √† Glasgow par nombre d'habitants en 1917 √©tait la plus √©lev√©e de Grande-Bretagne avec plus d'une centaine de salles, et le Green's Playhouse qui ouvrit ses portes en 1930 √† Glasgow fut le plus grand cin√©ma d'Europe[126]. Cependant, la part de l'√Čcosse dans l'industrie du cin√©ma √©tait restreinte : les aspects de production et de commercialisation √©taient principalement concentr√©s autour de Londres, et la pr√©sence de l'√Čcosse √©tait surtout dans la diffusion en salles. Ainsi, en 1920, quatre des principaux circuits de cin√©ma de Grande-Bretagne appartenaient et √©taient contr√īl√©s par des √Čcossais.

Certaines des Ňďuvres r√©alis√©es entre l'apparition du cin√©ma en 1896 et 1900 peuvent √™tre qualifi√©es d'√©cossaises car √©tant tourn√©es en √Čcosse par des √©cossais sur des sujets locaux : en 1896, Robert Paul filmait des sc√®nes de la vie √† Glasgow et le r√©giment des Gordon Highlanders, tandis que William Walker faisait des films sur la vie √† Aberdeen. Sur le plan historique, le premier film o√Ļ appara√ģt la famille royale de Grande-Bretagne fut r√©alis√© au ch√Ęteau de Balmoral en 1896. Dans l'ensemble, peu de films furent produits en √Čcosse, et les tentatives du d√©but du XXe si√®cle ne furent pas concluantes : The Harp King est produit en 1919 par Ace Film Producing Company puis celle-ci se retrouve en banqueroute, Football Draft est produit en 1921 par le studio Broadway Cinema Productions qui ferme trois ans plus tard, Mairi ‚Äď the Romance of a Highland Maiden de 1921 est l'unique essai d'Andrew Patterson qui retourne apr√®s √† sa carri√®re de photographe, et les films de Harry Lauder (All for the sake of Mary, I love a lassie) ne furent pas commercialis√©s[127].

1922 - 1960 : mouvement Kailyard, Clydesidism, et les √Čcossais √† Londres

Dans cette p√©riode, des entreprises de Londres ou de Hollywood r√©alis√®rent de nombreuses productions sur des sujets √©cossais, parfois en √Čcosse et avec des acteurs ou r√©alisateurs locaux. Deux courants majeurs peuvent √™tre distingu√©s : Kailyardism, adaptation au cin√©ma de la litt√©rature de ce mouvement, et Clydesidism. Dans le Kailyardism, les personnages sont des habitants de petites communaut√©s rurales livr√©s √† des intrigues locales ; deux th√®mes r√©currents sont les enfants qui partent pour une ville qui ne les satisfait pas avant de revenir au village trouver le bonheur, et des √©trangers repr√©sentant par exemple l'√©tat ou la ville dont les villageois triomphent par leur astuce. La principale critique de ce courant est √©mise dans l'analyse marxiste Scoth Reels, o√Ļ ces films sont jug√©s r√©actionnaire par leur promotion d'une ¬ę structure sociale quasi-f√©odale ¬Ľ[128]. Parmi ces films se trouvent The Little Minister de Richard Wallace en 1934, Wee Willie Winkie de John Ford en 1937, ainsi que les c√©l√®bres Whisky Galore! d'Alexander Mackendrick en 1949 et Brigadoon par Vincente Minnelli en 1954. Le Clydesidism est engag√© plus directement dans la vie moderne en montrant la condition ouvri√®re avec des films comme Floodtide de Frederick Wilson en 1949 sur la construction des bateaux et The Brave Don't Cry de Philip Leacock en 1952 sur les mines de charbon[127].

Au niveau de l'industrie cin√©matographique, le passage au son en 1929-1931 n√©cessita des investissements que les amateurs √©cossais ne pouvaient se permettre, et la centralisation de l'industrie √† Londres fut accentu√©e. S'il est difficile de parler d'un cin√©ma √©cossais dans cette p√©riode, un certain nombre d'√Čcossais ont en revanche marqu√©s le cin√©ma britannique. John Grierson, influenc√© par le presbyt√©rianisme √©cossais, voyait le cin√©ma comme un sujet s√©rieux et un moyen id√©al de communication et d'√©ducation pour la soci√©t√©. En 1929, il dirigea le premier documentaire britannique d'importance, Drifters et la m√™me ann√©e fonda le d√©partement du documentaire √† l'Empire Marketing Board. Un second √Čcossais majeur fut John Reith, √©galement influenc√© par le presbyt√©rianisme puisqu'il √©tait fils d'un pasteur. Reith fut le premier directeur g√©n√©ral de la BBC et eut une influence dans l'√©tablissement d'une culture nationale. Enfin, John Maxwell participa au d√©veloppement d'une entreprise majeure en dirigeant British National Pictures. Le d√©veloppement de cette compagnie lui permit de compter jusqu'√† 460 salles au Royaume-Uni en 1937, contre 345 pour sa concurrente imm√©diate, Gaumont. Le plus c√©l√®bre studio de la compagnie, √† Elstree, compta par ses r√©alisateurs Alfred Hitchcock dont le film Blackmail de 1929 fut le premier film parlant britannique[127].

1960 - 2010 : le cinéma écossais

Le ch√Ęteau d'Eilean Donan, apparu dans plusieurs films (Le monde ne suffit pas (1999), Highlander (1986), Loch Ness (1996)).

L'histoire de l'√Čcosse a fourni la trame de nombreux films, comme Braveheart (1999), qui se concentre sur William Wallace et les guerres d'ind√©pendance √©cossaises, ou d'adaptations de romans comme Enlev√© !, de Robert Louis Stevenson (adapt√© √† cinq reprises depuis 1938[129] - [130] - [131] - [132]) ou encore Rob Roy de Walter Scott (1995)[133]. D'autres r√©alisateurs se sont concentr√©s sur la culture et la soci√©t√© √©cossaises, comme Ken Loach avec Ae Fond Kiss... (2004), qui s'int√©resse √† la communaut√© pakistanaise de Glasgow[134] - [135], ou encore Trainspotting (1996), adapt√© du roman √©ponyme de l'√©crivain √©cossais Irvine Welsh par Danny Boyle, et qui d√©crit la vie de jeunes toxicomanes de Glasgow[136]. Certains films se sont concentr√©s sur les aspects ¬ę typiques ¬Ľ de la culture, et parfois du surnaturel, √©cossais. Si Local Hero, de Bill Forsyth (1983), est une com√©die bas√©e sur le contraste entre une grosse compagnie p√©troli√®re am√©ricaine et une petite ville c√īti√®re typique[137], le th√®me populaire du ch√Ęteau √©cossais hant√© a servi lui aussi de trame sc√©naristique. Il fut entre autres exploit√© dans la com√©die de Ren√© Clair Fant√īme √† vendre (1935)[138].

Des sites √©cossais ont servi pour le tournage de films √† succ√®s : le si√®ge du MI-6 pour l'aventure de James Bond Le monde ne suffit pas (1999) se trouve au ch√Ęteau d'Eilean Donan[139], et le film Haute Voltige (1999) fut en partie tourn√© au ch√Ęteau de Duart[140]. Le pont du Forth et le glen Coe figurent dans Les 39 marches (1935) d'Alfred Hitchcock, adapt√© du roman √©ponyme de l'√©crivain et homme politique John Buchan, n√© en √Čcosse[141]. Dans le registre de la com√©die, Monty Python : Sacr√© Graal ! (1975) a √©t√© tourn√© sur des sites de Highlands tels que l'l'√ģle de Skye, le ch√Ęteau de Doune et le glen Coe[142]. De mani√®re plus r√©cente, les paysages du glen Nevis se trouvent dans les films de la saga Harry Potter o√Ļ le parcours du train Poudlard Express passe sur le viaduc de Glenfinnan[143]. Enfin, le premier film de la franchise Highlander a puis√© une partie de son inspiration dans la culture √©cossaise traditionnelle, particuli√®rement le syst√®me de clans[144].

Les acteurs √©cossais les plus c√©l√®bres ont souvent tourn√© aux √Čtats-Unis ; pour certains, Hollywood a h√©berg√© la majeure partie de leur carri√®re cin√©matographique. C'est le cas, par exemple, de Sean Connery, qui a longtemps interpr√©t√© le r√īle de l'espion James Bond, sans jamais se d√©partir de son accent √©cossais[145] - [146]. Il demeure au d√©but du XXIe si√®cle l'un des acteurs √©cossais les plus populaires[146]. Si la carri√®re d'Ewan McGregor a d√©but√© en Grande-Bretagne aupr√®s du r√©alisateur Danny Boyle, qui lui donna son premier r√īle ¬ę remarquable ¬Ľ, celui de l'h√©ro√Įnomane Renton dans Trainspotting[147], c'est toutefois avec le tournage de la seconde trilogie de Star Wars sous la direction de George Lucas qu'il a gagn√© une renomm√©e internationale[148].

Le Festival international du film d'√Čdimbourg, cr√©√© en 1947, est l'un des plus anciens festivals de cin√©ma existants[149]. Initialement d√©di√© aux films documentaires, le Festival d'√Čdimbourg accueille √©galement au d√©but du XXIe si√®cle les autres formes du cin√©ma, courts et longs m√©trages, films d'animation[149].

Vie quotidienne

Clans

Répartition géographique des clans écossais.

Le terme ¬ę clan ¬Ľ est directement issu du mot ga√©lique √©cossais ¬ę clann ¬Ľ[150], qui d√©signe les enfants, au sens de jeune membre de la famille, les enfants en g√©n√©ral √©tant d√©sign√©s du mot ¬ę leanabh ¬Ľ[150]. Le pr√©fixe Mac[151] au d√©but de la plupart des noms propres veut dire ¬ę fils ¬Ľ en ga√©lique √©cossais ; ainsi, Andrew MacDonald est parmi les ¬ę fils de Donald ¬Ľ. En ga√©lique, lorsqu'il s'agit d'une femme, Mac est remplac√© par Nic, qui veut dire ¬ę fille ¬Ľ. Margaret MacRae devient par exemple Mairead NicRath en ga√©lique. Chaque clan est ainsi en th√©orie le regroupement des membres d'une vaste famille, descendant tous d'un anc√™tre commun, bien que la filiation exacte ne soit pas forc√©ment connue, et reconnaissant l'autorit√© patriarcale du chef du clan. √Ä l'int√©rieur du clan, les septs sont des branches de la famille principale ; ils disposent g√©n√©ralement de leur propre tartan. Samuel Johnson d√©crit ainsi la gen√®se des clans √©cossais :

¬ę Les habitants des montagnes forment des races distinctes, et prennent garde √† pr√©server leurs g√©n√©alogies. Les hommes d'un district isol√© m√™lent n√©cessairement leur sang en se mariant entre eux, et forment enfin une seule famille, avec un int√©r√™t commun dans l'honneur et la disgr√Ęce de chacun de ses individus. Ainsi commence cette union d'affections, et cette coop√©ration d'efforts, qui constitue un clan. Ceux qui se consid√®rent anoblis par leur famille, vont tenir leurs anc√™tres en haute estime, et ceux qui des g√©n√©rations durant ont v√©cu ensemble au m√™me endroit, vont perp√©tuer les histoires locales et les pr√©jug√©s h√©r√©ditaires. Ainsi, chaque habitant des Highlands peut parler de ses anc√™tres, et d√©nombrer les outrages que leur ont inflig√© les mauvais voisins de la vall√©e d'√† c√īt√©[Note 8]. ¬Ľ

‚ÄĒ Samuel Johnson, A journey to the western islands of Scotland (1775)

L'autorit√© du chef √©tait absolue et d√©cidait du devenir du clan, de ses alliances et de ses guerres. En √©change de l'all√©geance des membres du clan, le chef rendait la justice et leur devait protection[12]. Jusqu'√† la bataille de Culloden, le clan a constitu√© la structure de la soci√©t√© √©cossaise. La coh√©rence de ce mod√®le faisait passer le clan avant ses membres. Lorsqu'un individu d'un clan, accus√© de vol, √©chappait √† la justice, un autre homme du m√™me clan pouvait √™tre jug√© √† sa place[12]. Par ailleurs, si tous les membres du clan portent le m√™me nom de famille, qui est celui du clan, traditionnellement, seul le chef se r√©clame de ce nom. Ainsi, le chef du clan Macfarlane sera appel√© ¬ę Macfarlane ¬Ľ, sans r√©f√©rence √† son pr√©nom, et sans utiliser la formule de politesse ¬ę monsieur ¬Ľ ; les hommes de qualit√© du clan seront appel√©s par leur nom complet, selon les conventions habituelles. En revanche, les membres mineurs seront appel√©s par leur seul pr√©nom, auquel sera accol√© leur lieu de r√©sidence, par exemple ¬ę Iain de Tallisker ¬Ľ[12].

Avec le délitement de la société traditionnelle après 1746, le chef du clan est devenu laird, propriétaire terrien, secondé par le tacksman dans l'administration de ses domaines. Le tacksman, souvent un parent proche du laird, payait une rente au laird pour les terres qui lui étaient allouées. Sa charge était semi-héréditaire, au sens que si une même famille occupait la terre durant plusieurs générations, elle la quittait à la fin du bail et perdait ainsi son statut dans le clan. Toutefois, certaines familles de tacksmen ont conservé indéfiniment leur statut ; il s'agit dans ce cas des familles situées à la tête du sept d'un clan[152]. Le statut des simples membres du clan a alors changé ; de membres du clan, partageant les terres, auxquels le chef devait aide et protection, ils sont devenus des métayers louant les terrains du laird[153].

En plus de sa devise propre, chaque clan possède un ensemble de symboles distinctifs. Outre le tartan, dont le motif varie selon le clan et le sept, chaque clan est associé à un arbre, dont un rameau est traditionnellement épinglé sur le bonnet, le Tam o'shanter. La broche qui le retient porte le symbole du clan, appelé crest[153] - [Note 9].

Naissance et enfance

¬ę Taigh gun ch√Ļ, gun chat, gun leanabh beag,
Taigh gun ghean, gun ghàire.
¬Ľ

Une maison sans chien, chat, ou un enfant,
Est une maison sans joies ou rires.

Législation

La naissance doit √™tre l√©galement d√©clar√©e dans les 21 jours aupr√®s du Register of Births, Deaths and Marriages (litt. ¬ę Registre des Naissances, D√©c√®s et Mariages ¬Ľ) par l'un des parents ou, en cas d'incapacit√© de leur part, d'un tiers proche des parents ou ayant l'enfant √† sa charge, m√©decin, sage-femme ou soignant par exemple. Si le p√®re n'est pas mari√© √† la m√®re, sa paternit√© ne peut √™tre reconnue que par une signature commune du registre ou par un jugement rendu dans ce sens[154]. Les responsables l√©gaux de l'enfant sont par d√©faut les deux parents, d'apr√®s la loi sur la famille de 2006 (Family Law (Scotland) Act 2006)[155]. Leur responsabilit√© est compl√®te jusqu'√† l'√Ęge de 16 ans ; elle conserve un r√īle consultatif jusqu'√† 18 ans, voire 25 dans le cas de d√©pendance financi√®re dans le cadre d'√©tudes sup√©rieures[156]. L'adoption est r√©gul√©e par une loi de 2007 (Adoption and Children (Scotland) Act 2007)[157]. Les services d'adoption y sont plac√©s sous la responsabilit√© des autorit√©s locales. Un enfant peut √™tre aussi bien adopt√© par un couple que par une personne seule ; lorsqu'il est √Ęg√© de 12 ans ou plus, son consentement est indispensable. Tout comme dans le reste du Royaume-Uni, l'adoption homoparentale est possible en √Čcosse.

Accouchement

Du bannock.

Les particularit√©s de l'accouchement dans le nord-est de l'√Čcosse au XIXe si√®cle furent d√©crites¬≤ par le r√©v√©rend Walter Gregor[158]. Pour l'accouchement, la m√®re √©tait entour√©e de la sage-femme et d'amies du voisinage, o√Ļ seules les femmes sans enfants √©taient autoris√©es √† venir. La coutume pour celui entrant dans la maison pendant l'accouchement √©tait de souhaiter qu'il soit rapide. Une fois l'enfant n√©, il √©tait sanctifi√© avec la m√®re en allumant une bougie et en faisant trois fois le tour du lit (ou en la tournant trois fois autour de leurs t√™tes lorsque faire le tour n'√©tait pas possible). Une bible, du pain et du fromage (ou une bible et un biscuit) √©taient plac√©s sous l'oreiller et les mots suivants √©taient r√©p√©t√©s : ¬ę May the Almichty debar a‚Äô ill fae this umman, an be aboot ir, an bliss ir an ir bairn ¬Ľ (soit ¬ę Puisse le tout-puissant prot√©ger cet homme du malheur [...] et b√©nir l'enfant ¬Ľ en scots). Une fois que le fromage et le pain, ou le biscuit, avaient rempli leur r√īle ils √©taient distribu√©s parmi les amis pr√©sents qui n'√©taient pas mari√©s, et destin√©s √† √™tre plac√©s sous leurs oreillers pour susciter des r√™ves. La naissance d'un enfant √©tait ensuite c√©l√©br√©e par le merry mecht, o√Ļ l'on mangeait du fromage (le cryin kebback o√Ļ kebback signifie fromage) et dans certains endroits du cryin bannock, qui est une sorte de galette frite faite de sucre, lait et avoine. Chacun pr√©sent emportait un morceau du fromage et le distribuait √† ses amis.

La croyance aux f√©es √©tait particuli√®rement importante et elles √©taient craintes tant que l'enfant n'√©tait pas baptis√©. La croyance voulait que les f√©es soient les sujets de l'enfer et qu'elles doivent payer une d√ģme tous les sept ans (the teind to hell), o√Ļ elles pr√©f√©raient sacrifier un nouveau-n√© humain plut√īt que l'une des leurs :

¬ę There came a wind out of the north,
A sharp wind and a snell,
[...]
But aye, at every seven years
They pay the teind to hell
¬Ľ

‚ÄĒ Walter Scott, Poetical works (1838)

Les fées enlevaient ainsi un nouveau-né, l'amenant dans leur royaume par le dog-hole, et le remplaçant par un leurre appelé changeling. Une interprétation proposée à cette histoire la fait remonter au temps des pictes qui, lors de leurs invasions, emportaient beaucoup de femmes et d'enfants[159]. De nombreuses méthodes étaient proposées pour ramener un enfant enlevé, par exemple :

¬ę Dans les highlands, afin de retrouver l'enfant perdu, [...] il √©tait recommand√© aux parents de suivre le conseil suivant : ¬ę placer le changeling sur la plage √† un niveau inf√©rieur √† celui atteint par la mer √† mar√©e haute, sans tenir compte de ses cris, et les f√©es, plut√īt que de laisser leur prog√©niture se noyer, l'emporteront et ram√®neront l'enfant vol√©. Le signe que cela a √©t√© fait est la fin des cris de l'enfant. ¬Ľ ¬Ľ

‚ÄĒ C. J. S. Thompson, Hands of Destiny (2003), chapitre The Folklore of Birth and Infancy

Les moyens que les habitants utilisaient pour se pr√©munir des forces malveillantes furent d√©taill√©s par J. M. McPherson, et il remarqua que ¬ę le pain et le fromage semblent √™tre les offrandes habituelles pour apaiser les f√©es, et on les retrouve encore et encore li√©s √† des rites domestiques ¬Ľ[160]. Un autre moyen tr√®s utilis√© √©tait le feu : du charbon ardent jet√© dans de l'eau o√Ļ le nouveau-n√© √©tait baign√©, ou de la tourbe ardente jet√©e sur un berceau emprunt√©. Les coutumes changeant au fil du temps, il arrive que deux traditions s'affrontent, comme dans la situation racont√©e par John Mill de Dunrossness en 1758, lorsque sa femme mit au jour son second enfant : ¬ę [la sage-femme locale] prit un grand couteau de cuisine et fit des croix sur le lit apr√®s la naissance de l‚Äôenfant, en accord avec ses coutumes superstitieuses ‚Äď des restes du papisme ‚Äď et ma femme lui demanda de sortir avec ses mal√©fices ¬Ľ[161].

Certains nouveau-nés naissent avec une membrane sur la tête, appelée coiffe. Celle-ci avait la réputation d'empêcher le naufrage d'un navire et, selon les interprétations, soit les capitaines des vaisseaux l'achetait à bon prix, soit l'enfant serait un bon matelot[162].

Baptême

Le sacrement du bapt√™me est primordial pour les chr√©tiens et devait √™tre fait tr√®s vite : un enfant n'ayant pas √©t√© baptis√© n'aura pas re√ßu de nom et, en cas de d√©c√®s, serait condamn√© √† errer et √† hanter ses parents. Le sacrement, d√©livr√© par l'√Čglise d'√Čcosse, prend place √† la fin de l'office religieux, pratiqu√© indiff√©remment par immersion ou aspersion[Note 10]. Il est aussi important pour les non-chr√©tiens, qui avaient une c√©r√©monie similaire avant les temps du christianisme, o√Ļ un enfant √©tait admis comme membre de la communaut√© dans un rituel impliquant l'usage d'eau, l'octroi d'un nom et la protection contre les d√©mons[160]. De m√™me que l'enfant doit √™tre baptis√©, la m√®re doit aller √† l'√©glise pour une c√©r√©monie : tant qu'elle ne s'y rendait pas, elle √©tait consid√©r√©e comme heathen ce qui est une fa√ßon p√©jorative de dire inchr√©tien ; la m√™me c√©r√©monie √©tait courante dans la tradition norv√©gienne jusqu'aux ann√©es 1930[163]. La c√©r√©monie se d√©roulait de la fa√ßon suivante :

¬ę La m√®re et l'enfant allaient √† l'√©glise et [le pr√™tre] les rencontrait √† l'entr√©e, en tendant √† la m√®re une bougie allum√©e. [...] La bougie signifiait plus ou moins une purification de la personne. Et ils √©taient b√©nis avec de l'eau b√©nite et un psaume √©tait dit et des pri√®res vari√©es dites, et la m√®re √©tait conduite dans l'√©glise par le pr√™tre, tenant l'√©tole du pr√™tre. Et il y avait des pri√®res vari√©es et des choses, mais alors qu'ils allaient dans l'√©glise il disait ¬ę Entre dans le Royaume de Dieu ¬Ľ et il conduisait la m√®re jusqu'√† l'autel o√Ļ la m√®re et le b√©b√© √©taient b√©nis de nouveau et des pri√®res vari√©es et des intercessions dites, et remerciements pour la vie de la m√®re √©pargn√©e et l'enfant n√©... C'√©tait sa premi√®re vraie sortie, et c'√©tait √† l'√©glise. Elle se r√©unirait peut-√™tre avec des amis apr√®s. C'√©tait une occasion, d√©finitivement une occasion... c'√©tait particulier pour elle, n'est-ce pas ? Tout est tr√®s ordinaire maintenant... ¬Ľ

‚ÄĒ Ciorstaigh Docherty, interrog√©e √† sa maison de Torcroy vers Kingussie le 16 mars 1992 par Margaret Bennett, dans Scottish Customs from the Cradle to the Grave (1992)

Si plusieurs enfants étaient apportés au baptême, alors il fallait établir un ordre. Il était généralement considéré meilleur de baptiser un garçon en premier car si une fille était baptisée d'abord, alors il y aurait inversion : la fille grandirait avec une barbe et le garçon sans[162]. Ceci dépendant des endroits, d'autres interprétations donnent la priorité à la fille, considérant que le garçon pouvait laisser sa barbe dans l'eau et la fille risquerait de la recevoir[160].

Après le baptême, la mère pouvait se promener avec l'enfant et visiter ses voisins, qui devaient alors poser un peu de sel sur la bouche de l'enfant. L'utilisation du sel comme purification se retrouve dans de nombreuses religions, ainsi que son emploi contraire : renverser du sel était un signe de mauvais augure et Jack Wasserman décrivit que des travaux de restauration sur La Cène ont permis de voir que Judas renversait un bol de sel, même si cela n'est pas décrit dans la Bible, ce qui présagerait de sa trahison à venir[164]. Le feu, supposé repousser les mauvais esprits, peut aussi se voir combiné au sel :

¬ę J'ai un souvenir assez net d'avoir moi-m√™me √©t√© consid√©r√© comme √©tant la malencontreuse victime du mauvais Ňďil. [...] Pour supprimer cette influence n√©faste, je fus l'objet de l'op√©ration suivante, qui fut prescrite et supervis√©e par un voisin 'qualifi√©' en de telles choses : une pi√®ce de six pence fut emprunt√©e √† un voisin, un bon feu fut gard√© ardent dans l'√Ętre, la porte fut verrouill√©e, et je fus plac√© sur une chaise en face du feu. Celle qui op√©rait, une vieille femme, prit une cuill√®re √† soupe et la remplit d'eau. Avec la pi√®ce elle prit autant de sel que possible et mit les deux dans la cuill√®re. L'eau fut alors tourn√©e avec l'index jusqu'√† ce que le sel soit dissout. La plante de mes pieds et la paume de mes mains furent baign√©es avec cette solution trois fois puis je dus la go√Ľter trois fois. La [vieille femme dessina] avec son index mouill√© sur mon front. Elle lan√ßa alors le reste de la cuill√®re dessus le feu. ¬Ľ

‚ÄĒ James Napier, Folklore, Plain Labels Books, 1879, (ISBN 1603030905).

√Čducation

L'√©ducation de l'enfant est importante, et en particulier l'id√©e de s'en occuper t√īt, ce qui est r√©sum√© par l'adage ¬ę Am fear nach do dh‚Äôionnsaich aig a‚Äô ghl√Ļin, cha‚Äôn ionnsaich e ris an uileinn ¬Ľ, soit ¬ę celui qui n'a pas appris quand il √©tait petit n'apprendra pas quand il sera grand ¬Ľ[Note 11].

Mariage

¬ę Is minig a bha 'm p√≤sadh luath 'na ph√≤sadh truagh,
's am pòsadh mall 'na phòsadh dall.
¬Ľ

Un mariage précoce est souvent un mauvais mariage,
un mariage tardif, souvent un mariage aveugle[165].

Lors des fian√ßailles[166], l'homme offre une bague √† la femme. Si les futurs fianc√©s ach√®tent d√©sormais souvent la bague ensemble, il n'en reste pas moins que la femme est celle qui choisit et l'homme celui qui paye, dans la tradition du cadeau. Particuli√®rement dans la r√©gion de Glasgow, la bague est parfois grav√©e des initiales du couple et de la date des fian√ßailles ; quelle que soit la r√©gion, les bagues de diamant sont les plus offertes. La bague de fian√ßailles est port√©e au quatri√®me doigt de la main gauche, √† la place de l'alliance √† venir. Depuis les ann√©es 1970, des bagues de fian√ßailles destin√©es √† √™tre port√©es par les hommes, les signet rings, sont apparues ; le couple ach√®te alors deux bagues. Le fait de mettre la bague pour la premi√®re fois est consid√©r√© comme le d√©but des fian√ßailles ; les futurs fianc√©s choisissent souvent d'√™tre seuls pour ce moment. Une soir√©e simple √† laquelle assistent la famille et les amis proches du couple est ensuite tenue ; les convives trinquent alors √† la sant√© des fianc√©s et leur offrent souvent des cadeaux. Si ces derniers sont traditionnellement mineurs, ils peuvent √©galement √™tre de valeur, mais sont dans tous les cas destin√©s √† l'√©tablissement du futur m√©nage. Un g√Ęteau, pr√©figurant le g√Ęteau du mariage, est souvent pr√©par√©.

Photographie d'un mariage civil écossais ; le marié et son témoin portent le kilt.

Le mariage civil existe en √Čcosse depuis la deuxi√®me moiti√© du XIVe si√®cle[167]. Actuellement, le mariage civil cohabite avec le mariage religieux au titre de la loi sur le mariage en √Čcosse de 1977 (Marriage (Scotland) Act 1977). L'√Ęge minimum est de 16 ans pour chacun des √©poux ; les unions consanguines, jusqu'au troisi√®me degr√©, ne sont pas reconnues. Le mariage civil est c√©l√©br√© par l'√©quivalent d'un officier d'√Čtat civil (district registrar), qui peut recevoir les objections de parties tierces avant la c√©r√©monie. Le d√©lai maximal entre le d√©p√īt de la demande et la c√©l√©bration du mariage est de trois mois, et au minimum de quatorze jours[168].

Le mariage religieux peut être célébré par un prêtre, un pasteur, ou tout représentant d'une religion reconnu apte à célébrer un mariage par la loi de 1977[168]. Dans tous les cas, la signature d'un acte de mariage est impérative, mais la célébration religieuse dispense de la célébration civile.

Avant 1929, la nubilit√© √©tait de 12 ans pour les femmes et 14 ans pour les hommes ; les mineurs n'avaient pas besoin de l'accord de leur responsable l√©gal afin de se marier[169]. Tout mariage c√©l√©br√© en √Čcosse √©tant reconnu valide dans le reste du Royaume-Uni, de nombreuses unions ont ainsi √©t√© r√©alis√©es, particuli√®rement au XIXe si√®cle[170]. En 2007, on a compt√© 29 866 mariages en √Čcosse, contre 29 898 l'ann√©e pr√©c√©dente[171].

Civile ou religieuse, la c√©r√©monie de mariage comporte en √Čcosse certaines caract√©ristiques traditionnelles[172]. Le mari√© et les hommes pr√©sents portent la tenue traditionnelle √©cossaise, compos√©e d'un kilt et ses accessoires et d'une courte veste noire ; un brin de bruy√®re blanche porte-bonheur, parfois orn√© d'un ruban de tartan, est fr√©quemment accroch√© au revers de la veste. La mari√©e, elle, porte la robe blanche habituelle en Occident.

Parmi les traditions entourant le mariage figure le lavage des pieds de la future mari√©e. L'alliance d'une femme mari√©e est plac√©e dans l'eau ; la premi√®re des femmes c√©libataires qui lavent ses pieds √† trouver l'alliance est dite √™tre la suivante √† se marier. La tradition du first foot (litt. ¬ę premier pied ¬Ľ) concerne la premi√®re personne que rencontre la mari√©e sur le chemin de l'√©glise ; la mari√©e doit lui offrir une pi√®ce et un verre de whisky. Apr√®s la c√©r√©monie, le p√®re de la mari√©e coupe parfois un ruban barrant la porte de l'√©glise et symbolisant le fait de donner sa libert√© √† sa fille. Toujours √† la sortie de l'√©glise, le nouveau mari√© peut jeter des pi√®ces aux enfants pr√©sents afin d'assurer la bonne fortune de son mariage. Un joueur de cornemuse joue en l'honneur des mari√©s au sortir de l'√©glise ou du bureau du district registrar ; il pourra √©galement jouer √† la r√©ception. Lors de celle-ci, le mari√© enl√®ve souvent la jarreti√®re, habituellement bleue, de sa nouvelle √©pouse et la lance aux hommes c√©libataires rassembl√©s ; celui qui attrapera la jarreti√®re est cens√© √™tre le suivant √† se marier[172].

Hospitalité

¬ę An l√†mh a bheir, ‚Äėsia gheibh. ¬Ľ

La main qui donne est celle qui reçoit[173].

Le village d'Inverie, dans la p√©ninsule de Knoydart (Highlands), o√Ļ se trouve le pub le plus isol√© de Grande-Gretagne[174].

L'hospitalit√© √©cossaise a √©t√© rapport√©e par de nombreux voyageurs. En 1695, Martin Martin attribue le manque de popularit√© de la premi√®re auberge de Harris, alors nouvellement ouverte, √† cette tradition d'accueil qui rendrait les auberges inutiles[175]. Pr√®s d'un si√®cle plus tard, en 1773, Johnson y fait plusieurs fois r√©f√©rence dans son r√©cit de voyage en √Čcosse, la pr√©sentant comme un trait d√©finitivement acquis des habitants de l'√Čcosse[Note 12] - [12]. Johnson la rattache d'ailleurs au syst√®me de clans, estimant que l'urbanit√© des habitants des Highlands est issue de celle des chefs de clan[Note 13]. Quelques ann√©es plus tard, l'historien et grammairien Pierre-Nicolas Chantreau consid√®re l'hospitalit√© comme une caract√©ristique du peuple √©cossais :

¬ę [...] nous en fumes parfaitement bien re√ßus, non parce que nous exhib√Ęmes notre lettre, mais parce que les H√©bridiens sont des Ecossois les plus hospitaliers, et que personne n'exerce l'hospitalit√© comme les peuples de l'√Čcosse. ¬Ľ

‚ÄĒ Pierre-Nicolas Chantreau, Voyage dans les trois royaumes d'Angleterre, d'√Čcosse et d'Irlande, fait en 1788 et 1789, 1792

Plusieurs coutumes particuli√®res √©maillent l'hospitalit√© √©cossaise. Une ancienne loi de l'hospitalit√©, rapport√©e en 1578 par l'√©v√™que et historien √©cossais John Lesley, est que l'invit√© d√©fend son h√īte et partage toutes ses querelles, tant que le repas qu'il a partag√© avec lui n'est pas dig√©r√©[Note 14]. De mani√®re plus r√©cente, lorsque l'invit√© s'en va, le deoch an doruis (litt. ¬ę boisson de la porte ¬Ľ en ga√©lique √©cossais, habituellement traduit par ¬ę coup de l'√©trier ¬Ľ) lui est offert par son h√īte. Lorsque le tenancier d'un pub sert un deoch an doruis √† l'un de ses clients, le verre n'est pas compt√© dans la note[176].

Décès

¬ę Amaisidh an dall air an reilig. ¬Ľ

L'aveugle trouvera son chemin vers la tombe[165].

Un enterrement des Highlands, James Guthrie (1882)

Lors de la veill√©e fun√®bre, le corps du d√©funt a traditionnellement le visage d√©couvert et son linceul √©tait autrefois g√©n√©ralement de lin[177]. Si Martin rapporte en 1695 que les assistants, et plus particuli√®rement la famille proche, chantaient des complaintes c√©l√©brant le mort[178], cette coutume semblait avoir disparu lors du voyage de 1773 de Johnson, qui constate[12] que ¬ę [...] certaines des anciennes solennit√©s sont pass√©es d'usage, et des chanteurs ne sont plus lou√©s afin de suivre la procession[Note 15] ¬Ľ. La lecture de psaumes peut √©galement faire partie du rituel[177].

En 1859, le journaliste fran√ßais Louis √Čnault d√©crit ainsi l'organisation d'une veill√©e √† l'√ģle de Skye :

¬ę La maison mortuaire, comme nous disons en notre affreux langage, √©tait situ√©e dans un glen qui s'ouvrait sur le lac √† deux miles de Kirkibost. Nous arriv√Ęmes vers midi.

Le corps √©tait √©tendu sur un banc, drap√© dans son linceul, mais le visage √©tait d√©couvert comme dans les fun√©railles italiennes. Il √©tait beau, avec une expression calme et souverainement repos√©e. La joue p√Ęle avait perdu ces bouquets de roses trop vives que la phthisie fait √©clore aux pommettes ; les l√®vres avaient des nuances de violettes de Parme, et le dessous de l'Ňďil semblait noirci comme avec du kohl de Java. On avait mis sur sa poitrine un plat de bois, avec quelques pinc√©es de sel et de terre soigneusement s√©par√©es. La terre est l'embl√®me du corps qui tombe en poussi√®re ; le sel est le symbole de l'√Ęme incorruptible et immortelle.

On avait eu soin d'√©teindre le feu partout, et des sentinelles, arm√©es de b√Ętons, √©taient pos√©es √† toutes les issues pour emp√™cher qu'un chien ou qu'un chat pass√Ęt devant le cadavre, ce qui serait consid√©r√© comme un mauvais pr√©sage par toute la maison. ¬Ľ

‚ÄĒ Louis √Čnault Angleterre, √Čcosse, Irlande : voyage pittoresque, 1859

Cette coutume de disposer du sel et de la terre sur un plat pos√© sur la poitrine du d√©funt est √©galement rapport√©e par Donald MacLeod[175], qui pr√©cise que, parfois, une Bible ouverte √©tait √©galement pos√©e sur le bas du visage afin d'emp√™cher les esprits mal√©fiques de s'approprier le corps. Une croyance autrefois r√©pandue √©tait que l'esprit de la derni√®re personne enterr√©e dans un cimeti√®re en garde la porte (Faire chlaidh en ga√©lique √©cossais), et n'est relev√© de sa veille que par l'esprit de la personne suivante √† √™tre enterr√©e[179]. La formule traditionnelle ga√©lique prononc√©e lors d'un d√©c√®s est ¬ę A Chuid de Pharas dha ! ¬Ľ (litt. ¬ę Puisse-t-il avoir sa part de Paradis ! ¬Ľ), √©quivalente √† la formule fran√ßaise ¬ę Paix √† son √Ęme ¬Ľ[175]. L'enterrement est habituellement suivi d'une collation, g√©n√©ralement servie √† la maison du d√©funt.

Cairn comm√©moratif de la famille MacArthur, joueurs de cornemuse des MacDonalds, Seigneurs des √éles, √† l'√ģle de Skye. √Ä l'arri√®re-plan se trouvent les ruines du ch√Ęteau de Duntulm.

Depuis l'√©poque picte[180], les cairns peuvent servir √† marquer un lieu de m√©moire, qu'il s'agisse d'une tombe ou du site d'une bataille[181]. √Ä cette p√©riode, le corps √©tait d√©pos√©, accompagn√© de divers objets, sous une couche de sable sec, par-dessus laquelle √©tait ensuite dress√© le cairn. Un ancien dicton ga√©lique dit ainsi ¬ę Cuiridh mi clach air do ch√†rn ¬Ľ (litt. ¬ę je viendrai d√©poser une pierre sur ton cairn ¬Ľ, au sens de ¬ę je ne t'oublierai pas ¬Ľ)[182].

Sur le plan légal, actuellement[183], tout décès survenant sur le territoire écossais doit être déclaré à l'état-civil avant huit jours écoulés. Les enfants mort-nés doivent être déclarés après la vingt-quatrième semaine de grossesse. Le don d'organes est régi par le principe du consentement présumé ; en absence d'opposition du défunt exprimée de son vivant, il est considéré comme ayant donné son accord. Une cérémonie civile ou religieuse peut avoir lieu avant l'enterrement. La crémation n'est possible qu'après la levée de tout obstacle médicolégal ; l'enterrement ne peut avoir lieu que dans les cimetières.

Cuisine

Le clapshot (pur√©e de pommes de terre et de navets) accompagn√© par deux oatcakes, g√Ęteaux secs et tr√®s plats en forme de quart de cercle.
Un haggis non encore cuisiné.

Historiquement, le r√©gime √©cossais √©tait constitu√© de tr√®s peu de viande, de poisson sal√© ou fum√© et reposait sur l'avoine, qui est avec l'orge l'une des seules c√©r√©ales cultivables sous le climat du nord de l'√Čcosse. L'√©crivain Samuel Johnson disait de l'avoine que c'est ¬ę une graine, qui en Angleterre est g√©n√©ralement donn√©e aux chevaux, mais qui en √Čcosse nourrit les gens[Note 16] ¬Ľ et les flocons d'avoine entrent en effet dans de nombreuses recettes. Le porridge, partie int√©grante du petit d√©jeuner, est une bouillie coup√©e √† cuisson rapide o√Ļ les flocons sont pr√©par√©s dans du lait ou de l'eau, et il se consomme sal√© ou sucr√© ; le porridge est remu√© avec une sorte de cuill√®re en bois appel√©e spurtle. L'avoine entre √©galement dans la composition des bannocks (sorte de g√Ęteaux plats), des farces, du boudin noir, et des oatcakes ; ces derniers sont consid√©r√©s comme le pain √©cossais.

Enfin, les flocons font partie des ingr√©dients communs aux variantes du plat national √©cossais, le haggis, avec les abats du mouton (cŇďur, foie et poumons) hach√©s avec de l'oignon, du suif, et des √©pices dont le poivre et le sel. L'ensemble est traditionnellement bouilli dans la panse du mouton pendant environ trois heures[184], mais la plupart des haggis commercialis√©s actuellement sont pr√©par√©s dans un boyau synth√©tique. Connu en France en tant que ¬ę panse de brebis farcie ¬Ľ, le haggis est le plat principal du d√ģner de la Burns' Night, soir√©e du 25 janvier o√Ļ le po√®me Adress to a Haggis (Ode √† un Haggis) de Robert Burns est r√©cit√©. Le haggis est traditionnellement servi avec des neeps and tatties (navets et pommes de terre), et accompagn√© d'un dram (un verre de whisky √©cossais)[184]. Pour r√©pondre aux questions des voyageurs demandant quels ingr√©dients entraient dans la composition du haggis, la cr√©ature fictive du haggis sauvage vit le jour. Originaire des Highlands, le haggis sauvage est une esp√®ce d'oiseau ressemblant √† l'autruche qui a, selon les versions, soit trois pattes, dont deux longues et une courte[185], soit quatre pattes, deux longues d'un c√īt√© et les autres plus courtes[186], afin de pouvoir courir plus vite autour des montagnes, ce qui rappelle le dahu.

L'avoine fut remplac√©e comme base alimentaire par la pomme de terre au d√©but du XVIIIe si√®cle ; celle-ci apporta de la vitamine C pr√©sente jusqu'alors en faibles quantit√©s. La pomme de terre marqua aussi l'histoire : elle √©tait devenue primordiale dans l'alimentation des paysans, et vint √† manquer √† cause du mildiou dans les ann√©es 1840 ce qui conduisit √† des √©meutes dans les Highlands[187]. La population des Highlands √©tant alors consid√©r√©e comme trop nombreuse, cela donna une marge de manŇďuvre aux propri√©taires terriens qui souhaitaient expulser les paysans pour convertir les champs en p√Ęturages.

L'√Čcosse est aussi connue pour sa malbouffe avec des recettes apparues √† la fin des ann√©es 1990, consistant par exemple √† faire frire des barres de chocolat mars ou des pizzas.

Whisky

Les deux alambics de la distillerie Ardbeg.

Le Scotch Whisky est le nom couramment utilis√© pour qualifier le whisky en provenance d'√Čcosse. Cette appellation est prot√©g√©e par une loi de 1988, le Scotch Whisky Act[188], qui stipule que le scotch doit √™tre distill√© et vieilli en √Čcosse.

La premi√®re trace de whisky (uisge beatha, litt. ¬ę eau de vie ¬Ľ en ga√©lique √©cossais) en √Čcosse remonte √† 1494. Il s'agit d'une note se r√©f√©rant √† la production d‚Äôeau-de-vie dans un document officiel l'Exchequer's roll qui pr√©cise ¬ę 8 bolls[Note 17] of malt to Friar John Cor, by order of the King to make aqua vitae[Note 18] ¬Ľ t√©moignage d'une pratique d√©j√† bien install√©e[189]. On consid√®re g√©n√©ralement que les moines de Dal Riada firent profiter les √Čcossais de leurs connaissances dans le domaine de la distillation lorsqu'ils vinrent √©vang√©liser les Pictes de Cal√©donie[190].

L'Acte d'Union qui rattache l'√Čcosse √† l'Angleterre en 1707 impose l'homog√©n√©isation des taxes entre les deux pays. C'est le coup d'envoi d'un essor de la contrebande et d'un affrontement entre les clandestins et les ¬ę Excisemen ¬Ľ charg√©s de collecter les taxes qui durera jusqu'au XIXe si√®cle. En 1713, l'instauration d'une taxe sur le malt provoque une r√©volte, affaiblit la consommation de bi√®re locale (produite √† base d'orge malt√©) et favorise la production domestique (non soumise √† la taxe) de whisky. En 1781, afin d'enrayer le ph√©nom√®ne, la distillation domestique est interdite[189].

En 1784, le Wash Act cherche √† simplifier le syst√®me de taxation afin de le rendre plus efficace[191]. Les contr√īles sur les distilleries officielles sont renforc√©s, la production est encourag√©e dans les Highlands par des taxes all√©g√©es sous r√©serve que la production ne soit pas export√©e. De plus, une taille minimum des alambics est impos√©e. √Ä l'approche de la r√©volution industrielle, la production clandestine s'intensifie encore dans les Highlands tandis que la qualit√© de ces whiskies est r√©put√©e sup√©rieure √† celle des Lowlands[190].

La distillation ne devient légale qu'avec l'Excise Act de 1823[189].

Au début du XXIe siècle, il y a cinq grandes régions de production : la vallée de la Spey (Speyside), les Highlands, les Lowlands, les Îles et Campbeltown[192].

Costumes

Le costume traditionnel écossais est caractérisé par l'utilisation de motifs de tartan sous diverses formes. Dans sa version complète, il n'est aujourd'hui porté, en général, que lors d'occasions spécifiques, telles que les mariages, certaines cérémonies officielles, ou encore lors de jeux des Highlands[21].

Tartan

Les plis de tartan d'un kilt.

Le tartan est une étoffe de laine à carreaux de couleurs, typique des peuples celtes. Il s'agit d'un motif de lignes horizontales et verticales entrecroisées, de multiples couleurs. L'usage des tartans était à l'origine réservé aux tissus, mais ils sont maintenant utilisés sur de nombreux autres matériaux. Les kilts écossais sont ainsi quasiment toujours réalisés dans un tissu à motif de tartan[193].

Un tartan est constitu√© de bandes altern√©es de fils teints dans la masse, aussi bien pour la trame que pour la cha√ģne. La trame est tiss√©e en serg√© simple, la cha√ģne passant deux fils dessus et deux dessous, en progressant d'un fil √† chaque passage. Ceci forme des hachures diagonales aux sites d'entrecroisement et cr√©e de nouvelles couleurs √† partir du m√©lange des deux teintes d'origine. Les sch√©mas r√©sultants se r√©p√®tent horizontalement et verticalement en un motif original appel√© sett.

Jusqu'au XIXe si√®cle, les tartans √©taient simplement des motifs de tissu diff√©rents, et l'on choisissait son tartan selon son go√Ľt personnel. Ce n'est qu'au milieu du si√®cle que des tartans sp√©cifiques ont √©t√© associ√©s √† des clans, des familles, ou encore des institutions √©cossaises[194]. √Ä l‚Äô√©poque moderne, le tartan repr√©sente souvent un clan √©cossais pr√©cis. Le motif est constitu√© de bandes altern√©es de fils de laine color√©s tiss√©s √† angle. Les blocs de couleur qui en r√©sultent se r√©p√®tent verticalement et horizontalement, formant un motif de carr√©s et de lignes distinctif, le sett. Les kilts sont presque toujours d√©cor√©s de tartans. Le tartan est aussi appel√© plaid en Am√©rique du Nord, mais en √Čcosse, ce mot d√©signe un tissu tartan jet√© sur l‚Äô√©paule ou une couverture.

Le tartan a été intégré sous diverses formes à la mode contemporaine. Si la marque Burberry est célèbre pour son tartan à fond ocre, le tartan a également été intégré à la mode punk, et ses réapparitions périodiques dans la mode en ont fait un cliché parfois adapté avec fantaisie par les créateurs[193].

Costumes masculin et féminin

Marié et ses témoins en costume traditionnel.

Le costume traditionnel masculin comprend un kilt (ou, s'il s'agit d'un pantalon en tartan, de trews). Le sporran, porté à la ceinture, est une sacoche de petite taille qui supplée à l'absence de poches dans le kilt. Les chaussures traditionnelles sont les ghillies, des chaussures de cuir souple et épais, lacées au-dessus de la cheville. Le sgian dubh est un petit poignard, à l'origine fabriqué à partir de la pointe d'une épée brisée, qui est porté dans la chaussette droite. Lors d'occasions formelles, une courte veste noire, sur le modèle du spencer, est portée, sur une chemise blanche et un gilet noir. Ce costume, appelé en anglais Highland dress, remonte au XIXe siècle ; il fut particulièrement popularisé lors de la visite du roi George IV organisée par Walter Scott[194].

Traditionnellement, les femmes ne portent pas le kilt, mais de longues jupes de tartan s'arrêtant à la cheville. Dans le cas de port d'une robe, une écharpe de tartan, le sash, est portée sur l'épaule, fixée par une broche reprenant le symbole du clan, ou crest.

Saint Andrew's Day

Le saint patron de l'√Čcosse est l'ap√ītre Andr√©. Le jour de sa f√™te, le 30 novembre, est le jour de la f√™te nationale de l'√Čcosse depuis 2006[195]. Il s'agit d'un jour f√©ri√© (Bank Holiday) ; si le 30 novembre est un samedi ou un dimanche, le jour f√©ri√© est report√© au lundi de la semaine suivante. √Ä cette occasion, les b√Ętiments officiels sont pavois√©s. Depuis 2002, c'est le drapeau de l'√Čcosse qui est utilis√©, et non l'Union Flag, drapeau du Royaume-Uni[196].

Burns Night

Tous les 25 janvier est c√©l√©br√©e la Burns Night (la nuit de Burns) ; il s'agit d'une comm√©moration de la vie et de l'Ňďuvre de Robert Burns, auteur de nombreux po√®mes en langue scots. Le 25 janvier est parfois appel√© Robert Burns Day[197]. Lors de cette soir√©e sont tenus les Burns dinners (soupers de Burns)[198]. Le premier souper eu lieu √† la fin du XVIIIe si√®cle dans l'Ayrshire ; il fut organis√© par les amis du po√®te √† la date anniversaire de sa mort, le 21 juillet. Bien que la date ait chang√© depuis, de tels √©v√®nements furent par la suite organis√©s sur une base r√©guli√®re[184]. La Burns Night peut √™tre une occasion plus ou moins formelle, mais se voulant toujours divertissante. Un souper d√©contract√© se limitera √† du haggis, du whisky et la lecture de quelques po√®mes[199]. Les soir√©es plus formelles ob√©issent √† un d√©roulement tr√®s codifi√©[200].

Hogmanay

Hogmanay √† √Čdimbourg (Prince's Street Gardens).

Hogmanay (ňĆh…Ēgm…ô'ne:) est le nom √©cossais du dernier jour de l'ann√©e ; il est synonyme des c√©l√©brations du nouvel an dans la tradition √©cossaise. Sa date officielle est le 31 d√©cembre. Cependant, cette date n'est que le d√©but d'une f√™te qui dure toute la nuit jusqu'au matin du 1er janvier ou souvent du 2 janvier. Les racines de Hogmanay remontent aux f√™tes pa√Įennes du solstice d'hiver[201]. En Europe, elles √©taient devenues les f√™tes des Saturnales, un √©v√©nement festif romain de l‚Äôhiver : les gens les f√™taient compl√®tement libres et sans inhibitions. Les Vikings f√™taient Yule, qui devint plus tard les douze jours de No√ęl, ou Daft Days (les jours stupides) comme ils √©taient parfois appel√©s en √Čcosse. Les festivit√©s de l'hiver devinrent clandestines avec la R√©forme, mais furent tol√©r√©es √† la fin du XVIIe si√®cle.

Chaque r√©gion de l'√Čcosse poss√®de ses coutumes particuli√®res pour Hogmanay. Le fait de chanter Auld Lang Syne √† minuit est toutefois r√©pandu dans l'ensemble de l'√Čcosse[202]. Avant de chanter le po√®me de Burns, l'assistance forme une ronde en se tenant la main ; les bras sont entrelac√©s lorsque sonnent les douze coups de minuit. La coutume traditionnelle ne requiert toutefois le croisement des bras que pour le dernier couplet[203].

Sport

Le sport joue un r√īle central dans la culture √©cossaise, et a √©t√© fortement influenc√© par le climat de l'√Čcosse, √† la fois temp√©r√© et oc√©anique. En effet les sports ¬ę tout-temps ¬Ľ comme le rugby, le football et le golf y sont pr√©dominants. Cependant, beaucoup d'autres disciplines y sont aussi pratiqu√©es, voire y ont √©t√© invent√©es. C'est le cas par exemple du rugby √† VII, invent√© en 1883 par un apprenti boucher d'√Čdimbourg, du curling, du shinty, de la crosse f√©minine, et du golf, pratiqu√© depuis le XVe si√®cle. L'√Čcosse a connu nombre de grands sportifs ; actuellement, on peut citer Andy Murray, deuxi√®me joueur de tennis mondial, et Chris Hoy, champion olympique et multiple champion du monde de cyclisme sur piste, qui d√©fendent les couleurs de l'√Čcosse dans leurs disciplines respectives. Dans les sports m√©caniques, on peut citer le pilote Colin McRae, champion du monde des rallyes en 1995.

Football

Rencontre du 27 avril 2008 entre Celtic FC et Rangers FC de Glasgow (Old Firm)

Le football est l'un des sports les plus populaires en √Čcosse[204] o√Ļ il est parfois appel√© The Beautiful Game. En raison de sa popularit√©, il fait partie des activit√©s que le public associe √† la masculinit√©. Pratiqu√© depuis le XIXe si√®cle, √† l'origine principalement dans la r√©gion de Glasgow et le Dunbartonshire, il compte en 2009 131 883 licenci√©s[205]. La f√©d√©ration √©cossaise est, apr√®s la f√©d√©ration anglaise, la plus ancienne au monde, et la Coupe d'√Čcosse de football fut la premi√®re coupe nationale √† √™tre cr√©√©e.

La F√©d√©ration d'√Čcosse de football (Scottish Football Association ou SFA en anglais) est l'association regroupant les clubs de football d'√Čcosse et organisant les comp√©titions nationales ainsi que les matchs internationaux de la s√©lection d'√Čcosse. Fond√©e en 1873, elle fut affili√©e √† la FIFA entre 1910 et 1920, entre 1924 et 1928 et depuis 1946 ; elle est membre de l'UEFA depuis sa cr√©ation en 1954.

L'√©quipe d'√Čcosse de football est l‚Äô√©quipe constitu√©e par une s√©lection des meilleurs joueurs √©cossais ; elle repr√©sente l'√Čcosse dans les comp√©titions internationales majeures de football telles que la Coupe du monde, le Championnat d'Europe et les Jeux du Commonwealth, sous l'√©gide de la F√©d√©ration d'√Čcosse de football. Avec l'√©quipe d'Angleterre, elle est la doyenne des √©quipes nationales de football. En 1872, elles prirent part ensemble au premier match international officiel[204]. L'√©quipe d'√Čcosse ne peut toutefois pas disputer les Jeux olympiques, car l'√Čcosse n'est pas membre du Comit√© international olympique. Les √Čcossais jouent en bleu marine et blanc.

D√®s 1906, le match Angleterre-√Čcosse a attir√© 102 000 spectateurs √† Glasgow et un record de 150 000 spectateurs fut atteint √† Hampden en 1937, nombre jamais √©gal√© pour un match entre √©quipes nationales en Europe[204]. Le football en √Čcosse a √©t√© sujet depuis son origine √† de violentes rivalit√©s entre supporters, marqu√©es notamment d'antagonisme religieux entre catholiques et protestants[206]. Les clubs les plus concern√©s par ces rivalit√©s sont probablement les clubs de Glasgow du Celtic FC[207], rassemblant des supporters √† majorit√© catholique, et du Rangers FC, dont les supporters sont principalement protestants[204]. Depuis 1888, ces deux clubs s'opposent chaque ann√©e lors de l'Old Firm, l'un des plus grands derbies europ√©ens, ce qui fut √©voqu√© par l'√©crivain George Blake dans son roman The Shipbuilders (1935).

Rugby à XV

Le stade de Murrayfield lors de la coupe du monde du rugby de 2007.

Le rugby √† XV est un sport populaire en √Čcosse, avec environ 27 000 licenci√©s et 2 500 arbitres en 2008[208]. Son histoire commence en 1871 avec le premier match international, √† Raeburn Place, entre l'√Čcosse et l'Angleterre. Depuis le d√©but, avec le tournoi britannique de rugby √† XV 1882-1883, l'√Čcosse a remport√© le tournoi quatorze fois seul et a partag√© la victoire √† huit reprises. Au , l'√Čquipe d'√Čcosse de rugby √† XV est neuvi√®me au classement des √©quipes nationales de rugby[209], et sa derni√®re victoire remonte √† 1999. Elle dispute tous les quatre ans la coupe du monde de rugby.

La Scottish Rugby Union (SRU) est la f√©d√©ration charg√©e d‚Äôorganiser et de g√©rer le rugby √† XV en √Čcosse. Fond√©e en 1873, elle est la deuxi√®me f√©d√©ration √† √™tre cr√©√©e[210]. La SRU dirige les √©quipes nationales √©cossaises, et chapeaute les comp√©titions de clubs (242 lui sont affili√©s) chez les hommes, les femmes et les jeunes. Elle poss√®de √©galement le stade de Murrayfield √† √Čdimbourg o√Ļ l‚Äô√©quipe nationale joue presque toutes ses rencontres √† domicile depuis 1925.

Le rugby √† XV √©cossais senior de haut niveau est structur√© selon quatre niveaux de comp√©tition diff√©rents. Le championnat d'√Čcosse de rugby est disput√© par des clubs, la Celtic League et la coupe d'Europe de rugby sont accessibles √† des franchises r√©gionales ; les autres comp√©titions internationales sont jou√©es par l'√©quipe nationale.

Golf

Vue aérienne du terrain de Gleneagles Hotel.

Le golf est apparu en √Čcosse au XVe si√®cle, et le jeu moderne du golf a √©t√© pour la premi√®re fois d√©velopp√© et √©tabli dans le pays. Le jeu joua un r√īle clef dans la sensibilisation sportive nationale[211] - [212].

L'√Čcosse est largement consid√©r√©e comme la ¬ę patrie du golf ¬Ľ[212] - [213] - [214], et le golf fait partie des ic√īnes culturelles de l'√Čcosse[212] ; cet argument est souvent utilis√© √† des fins de promotion touristique[215]. Les golfeurs constituent environ 2 % des touristes ayant visit√© l'√Čcosse en 2004[216].

Le Royal and Ancient Golf Club of St Andrews, fondé en 1754, est, avec l'Honourable Company of Edinburgh Golfers, l'un des plus anciens clubs de golf au monde[217]. Il fut, jusqu'en 2004, l'une des autorités de la réglementation de ce sport. Cette fonction est depuis occupée par la R&A[218]. Le premier Open britannique a été organisé au Prestwick Golf Club en 1860[219].

Alors que, dans d'autres r√©gions du monde, le golf est consid√©r√© comme un sport √©litiste, il est pratiqu√© en √Čcosse par l'ensemble de la soci√©t√©[220] - [221], ou tout au moins par davantage de joueurs issus des classes populaires que dans d'autres pays[222]. De nombreux terrains de golf appartiennent aux communaut√©s locales, avec des frais d'acc√®s peu √©lev√©s, y compris des parcours prestigieux tels que l'Old Course de St Andrews ou les links de Musselburgh[223]. Ainsi en 1681, le duc d'York, afin de relever un d√©fi lanc√© par deux lords anglais quant √† l'origine anglais ou √©cossaise du golf, choisit pour partenaire le cordonnier John Patersone, r√©put√© meilleur joueur de la r√©gion[224].

Shinty

Match de shinty.

Le shinty (camanachd ou iomàin en gaélique écossais) est un sport d'équipe à deux équipes de douze joueurs, munis de crosses, appelées camàn. Le but est de faire entrer la balle dans les buts en la propulsant à l'aide des crosses, à la manière du hockey sur gazon. Issu du même sport ancien que le hurling[225] irlandais, il est en 2009 presque exclusivement pratiqué dans les Highlands.

Le nom du jeu serait issu du terme ga√©lique seanntag, ¬ę saut ¬Ľ ou ¬ę bond ¬Ľ[225].

La fédération de shinty est la Camanachd Association.

Highland Games

Les jeux des Highlands (Highland Games en anglais) sont des √©v√®nements sportifs se d√©roulant tout au long de l'ann√©e, en √Čcosse et dans d'autres pays, et dont le but est de c√©l√©brer la culture √©cossaise, et principalement l'h√©ritage culturel et sportif des Highlands. Certains aspects des jeux sont devenus embl√©matiques de l'√Čcosse ; c'est le cas notamment des d√©fil√©s de joueurs de cornemuse, des participants habill√©s en kilt, et des √©preuves de force. Les plus c√©l√®bres en sont probablement le tir √† la corde (tug o'war en anglais) et Toss the Caber, un lancer de tronc d'arbre ; celui-ci, mesurant entre 5 et 6,5 m√®tres, doit atterrir perpendiculairement au sol. Si certains font remonter la tradition des jeux des Highlands au XIe si√®cle et au roi Malcolm III d'√Čcosse, les jeux sous leur forme actuelle ont √©t√© d√©velopp√©s au XIXe si√®cle, √† la p√©riode victorienne, apr√®s les Clearances[225] - [226].

Bien que centrés sur les compétitions de cornemuses, de tambours-majors, de danse des Highlands et d'épreuves de force, les jeux des Highlands sont aussi le lieu de spectacles et d'expositions liés aux différents aspects de la culture traditionnelle écossaise, et particulièrement gaélique[225].

Les jeux tenus √† Dunoon tous les mois d'ao√Ľt, appel√©s Cowal Games, sont les plus importants tenus en √Čcosse, avec pr√®s de 3 500 participants et quinze √† vingt mille spectateurs venus du monde entier. Au niveau mondial, les jeux attirant le plus de personnes se d√©roulent aux √Čtats-Unis, √† l'initiative du Caledonian Club de San Francisco fond√© en 1866[225] - [227].

Croyances

Religion

La croix de saint Martin (IXe siècle) devant l'abbaye d'Iona, l'un des premiers centres religieux des Îles Britanniques.

L'√Čcosse, comme toutes les nations constitutives du Royaume-Uni, est un √Čtat chr√©tien par tradition. L'√Čglise d'√Čcosse, connue aussi sous le nom de Kirk, est reconnue comme √©glise nationale du pays par la loi de 1921 sur l'√Čglise d'√Čcosse (Church of Scotland Act 1921)[228]. Cependant, cela ne lui conf√®re pas un statut d'√©glise officielle et elle reste ind√©pendante du pouvoir politique. √Ä la suite de la Glorieuse R√©volution de 1688, les adeptes d'une forme √©piscopalienne de gouvernement de l'√©glise furent expuls√©s des congr√©gations de l'√Čglise d'√Čcosse. Ils se regroup√®rent au sein de l'√Čglise √©piscopalienne √©cossaise, qui fait maintenant partie de la communion anglicane.

Les divisions au sein des presbyt√©riens √©cossais (schisme de 1843) conduisent √† la cr√©ation d'√©glises dissidentes, telle l'√Čglise libre d'√Čcosse, qui adh√®re √† une forme conservatrice de calvinisme.

On trouve √©galement d'autres branches, tels les m√©thodistes, les congr√©gationalistes et l'√Čglise de J√©sus-Christ des saints des derniers jours.

De mani√®re g√©n√©rale, les diff√©rentes branches du protestantisme √©cossais ont fortement marqu√© la vie courante en √Čcosse, avec en particulier le respect strict du sabbat chr√©tien. Ce repos total du dimanche demeure d'actualit√© aujourd'hui, particuli√®rement dans les H√©brides, √† forte population presbyt√©rienne, o√Ļ l'instauration d'un service de ferries desservant Harris le dimanche, par la compagnie Caledonian MacBrayne, a d√©clench√© en 2006 un toll√© g√©n√©ral[229].

L'√Čglise la plus importante en √Čcosse apr√®s l'√Čglise d'√Čcosse est l'√Čglise catholique romaine, qui a surv√©cu √† la R√©forme, en particulier dans les √ģles comme Uist et Barra, malgr√© son interdiction du XVIe si√®cle au XVIIIe si√®cle, et rassemble environ 20 % de la population[230]. L'√Čglise catholique romaine a √©t√© renforc√©e dans l'ouest de l'√Čcosse par l'immigration irlandaise, au XIXe si√®cle. Ce ph√©nom√®ne se poursuit au XXe si√®cle, √† la faveur de l'immigration de nombreux catholiques d'Italie et de Pologne. La majeure partie de l'√Čcosse, et principalement la r√©gion centrale autour de Glasgow, a souffert de probl√®mes li√©s au sectarisme, notamment la rivalit√© entre deux √©quipes de football : les Celtics, d'ob√©dience catholique, et les Rangers, d'ob√©dience protestante.

R√©cemment, d'autres religions ont √©t√© introduites, √† la faveur de l'immigration mais aussi par conversion. Les groupes les plus importants sont l'hindouisme, le sikhisme et diverses formes d'islam, introduits principalement par les immigrants d'Asie australe. L'islam est la plus importante religion non-chr√©tienne d'√Čcosse, avec environ 50 000 pratiquants, bien qu'elle repr√©sente moins de 1 % de la population[231]. Parmi les autres religions minoritaires, on trouve le bouddhisme, le baha√Įsme et le mouvement rastafari. Il existe aussi de petits groupes n√©o-pa√Įens et divers organismes pr√īnant le rationalisme et le s√©cularisme.

Une partie de la population d'√Čcosse (28 %) se d√©clare ¬ę sans religion ¬Ľ. Il s'agit de la ¬ę religion ¬Ľ la plus fr√©quemment indiqu√©e dans le recensement de 2001 apr√®s l'√©glise d'√Čcosse[231].

Mythologie

Le h√©ros du cycle d'Ulster C√ļchulainn √† la bataille

La mythologie √©cossaise est l'ensemble des mythes et l√©gendes populaires en √Čcosse. Certains, organis√©s en cycles, comme le cycle d'Ulster et le cycle Fenian, sont partag√©s avec la mythologie irlandaise ; certains aspects, particuliers √† l'√Čcosse, ne figurent pas dans les versions irlandaises connues. Les l√©gendes √©cossaises sont riches en cr√©atures fantastiques, particuli√®rement dans les H√©brides, ainsi qu'en manifestations surnaturelles telles qu'apparitions de fant√īmes, pr√©sages et don de seconde vue.

Les r√©cits du cycle d'Ulster refl√®tent les liens linguistiques et historiques √©troits unissant l'Ulster et l'ouest de l'√Čcosse[119]. R√©dig√© principalement en prose, le cycle se d√©roule sous le r√®gne du roi Conchobar Mac Nessa, soit approximativement entre 30 av. J.-C. √† 35 apr. J.-C. Environ quatre-vingts histoires d√©crivent une soci√©t√© guerri√®re, o√Ļ druides et bardes √©taient puissants. De nombreux h√©ros figurent dans les l√©gendes du cycle ; C√ļchulainn en est l'une des figures pr√©√©minentes, apparaissant, entre autres, dans le T√°in B√≥ C√ļailnge, ou Razzia des vaches de Cooley, o√Ļ la reine Medb envahit l'Ulster afin de s'emparer du taureau qui lui manque pour √™tre aussi riche que son √©poux. Sur l'√ģle de Skye, la cha√ģne de montagnes des Cuillins tirerait son nom de celui du h√©ros. Le manuscrit de Glenmasan, dat√© du XVe si√®cle, refl√®te des adaptations du cycle sp√©cifiquement √©cossaises[232].

L'entrée de la grotte de Fingal.

Le cycle Fenian, plus tardif, narr√© en vers, s'int√©resse √† l'histoire de Finn Mac Cumaill et ses compagnons, les Fianna[119]. Les l√©gendes semblent se d√©rouler au IIIe si√®cle ; elles se distinguent des autres cycles de l√©gendes celtiques par leur association forte avec les communaut√©s ga√©lophones d'√Čcosse, et de nombreux textes sont sp√©cifiques √† ce pays, bien que les sources principales soient irlandaises. Le cycle Fenian aurait donn√© naissance √† une longue tradition orale, qui aurait √©t√© traduite du ga√©lique en anglais par l'√©crivain James Macpherson au XVIIIe si√®cle dans ses po√©sies ossianiques. On attribue √† Finn de nombreuses particularit√©s g√©ographiques, comme la Chauss√©e des G√©ants en Irlande, afin de se rendre en √Čcosse √† pied sec. Il a √©galement donn√© son nom √† la grotte de Fingal, en √Čcosse, qui laisse voir le m√™me basalte hexagonal caract√©ristique de la Chauss√©e des G√©ants.

De nombreuses cr√©atures fantastiques peuplent les l√©gendes √©cossaises. Elles sont g√©n√©ralement associ√©es √† un loch, qu'il soit de mer ou d'eau douce. L'each uisge est ainsi un cheval mal√©fique, g√©n√©ralement noir, et emporte ceux qui montent sur son dos au fond du loch qu'il habite afin de les d√©vorer[179]. Sa contrepartie hantant les rivi√®res est le kelpie, ou cheval ondin, une cr√©ature consid√©r√©e g√©n√©ralement comme inoffensive[179]. Le monstre du loch Ness est une l√©gende d'apparition r√©cente, d√©velopp√©e depuis les ann√©es 1930 √† partir de la l√©gende plus ancienne d'un monstre habitant le loch, et que saint Colomban en aurait banni aux environs du VIIe si√®cle. Le brownies est, lui, un petit g√©nie domestique, parfois malicieux, effectuant de nuit les t√Ęches m√©nag√®res de la maison o√Ļ il s'est install√©[179].

D'autres apparitions sont liées aux fortes croyances écossaises en présages et seconde vue. Ainsi, la banshee (bean sith en gaélique écossais) est un esprit féminin annonçant la mort par ses hurlements[233], les keenings, et se présente parfois sous l'apparence d'une lavandière.

Rayonnement culturel

Tartan Day

Joueurs de cornemuse paradant dans les rues de New York lors du Tartan Day de 2002.

Le Tartan Day (litt. ¬ę jour du tartan ¬Ľ) n'est pas une c√©l√©bration √©cossaise, mais d'Am√©rique du Nord. Elle c√©l√®bre les liens historiques et actuels qui existent entre l'√Čcosse et les descendants d'immigr√©s √©cossais en Am√©rique du Nord. Il est c√©l√©br√© le 6 avril, date anniversaire de la D√©claration d'Arbroath de 1320.

En 1982, sous l'impulsion du Caledonian Club de New York, le gouverneur Hugh Carey de l'√Čtat de New York et le maire Ed Koch de New York ont d√©clar√© le 1er juillet 1982 comme jour de tartan, une c√©l√©bration du 200e anniversaire de l'abrogation de l'Act of Proscription ((en), ¬ę Loi de la proscription ¬Ľ) du 12 ao√Ľt 1747, interdisant aux √Čcossais de porter le tartan. Le 20 mars 1998 aux √Čtats-Unis, la R√©solution 155 (S. Res. 155) propos√©e par le r√©publicain Trent Lott, alors chef de file du parti majoritaire, est adopt√©e √† l'unanimit√©. Le 6 avril a √©t√© officiellement d√©clar√© par le S√©nat des √Čtats-Unis comme jour de c√©l√©bration de la contribution apport√©e par des g√©n√©rations d'√Čcossais-Am√©ricains √† la prosp√©rit√© des √Čtats-Unis modernes[234].

Au Canada, l'id√©e d'un Scots Day ((en), ¬ę Jour des √Čcossais ¬Ľ), imm√©diatement renomm√© Tartan Day dans le but de favoriser l'identification de l'h√©ritage √©cossais, a commenc√© sous l'impulsion de la Federation of Scottish Clans (ou Clans) de Nouvelle-√Čcosse en 1986. P√©titionn√©e par Jean Watson, le pr√©sident du Clan Farquharson, une premi√®re motion est adopt√©e en 1987. Le 19 d√©cembre 1991, en r√©ponse √† l'action lanc√©e par la Clans et diverses soci√©t√©s √©cossaises du Canada, le gouvernement de l'Ontario adopte une r√©solution proclamant l'anniversaire de la D√©claration d'Arbroath (le 6 avril 1320) comme ¬ę Jour du tartan ¬Ľ, cette date marquant la c√©l√©bration de leurs racines √©cossaises[234] - [235]. Chaque Am√©ricain d'origine √©cossaise est ce jour-l√† invit√© √† porter le tartan.

Ballet romantique

La danseuse Marie Taglioni dans le r√īle de la Sylphide.

Le ballet romantique La Sylphide, cr√©√© en 1832 √† l'Op√©ra de Paris avec Marie Taglioni dans le r√īle-titre, fut le premier ballet o√Ļ une danseuse effectuait les pointes. Le livret d'Adolphe Nourrit, inspir√© du conte Trilby de Charles Nodier (1822), se d√©roule en √Čcosse et raconte l'histoire d'un jeune √Čcossais, James, qui est aim√© par une sylphide, que lui seul peut voir. Durant premier acte, dans la tradition du ballet color√©, les costumes des danseurs sont inspir√©s de costumes traditionnels, ici √©cossais. La chor√©graphie, inspir√©e des danses traditionnelles √©cossaises, est dite de demi-caract√®re[236]. Le deuxi√®me acte est lui dans la tradition du ballet blanc, qu'il contribua √† instaurer, et se distingue par des pas l√©gers et a√©riens s'opposant √† la chor√©graphie du premier acte. La Sylphide fut, avec Giselle, l'un des √©l√©ments fondateurs du ¬ę grand ballet romantique ¬Ľ[237] - [238], et fut abondamment copi√© tout au long du XIXe si√®cle[236].

Robert Burns en Russie

En Russie, Robert Burns est consid√©r√© comme le ¬ę po√®te du peuple ¬Ľ[239]. Durant la p√©riode sovi√©tique, ses Ňďuvres, traduites en russe, furent incorpor√©es √† la propagande √©tatique, qui le consid√©rait comme l'arch√©type du po√®te populaire[239]. La traduction de Samouil Marchak, publi√©e en 1924, fut particuli√®rement populaire, se vendant √† l'√©poque √† plus de 600 000 exemplaires[240] - [241]. La Russie fut par ailleurs le premier pays √† honorer officiellement Burns avec un timbre comm√©moratif issu en 1956, dix ans avant le Royaume-Uni[239]. En 2009, sa po√©sie figure toujours aux programmes scolaires russes aux c√īt√©s des po√®tes russes.

Promotion de la culture pour l'économie

Alasdair Macleod, du conseil des H√©brides ext√©rieures, d√©clara : ¬ę nous n'avons pas besoin d'avoir du tartan tout le temps, mais il y a un b√©n√©fice dans le tartan, les cornemuses et les danses des Highlands : [on peut] assembler tout √ßa de fa√ßon √† le vendre au monde et s√©duire les gens pour qu'ils viennent et offrent un b√©n√©fice √©conomique ¬Ľ[242]. La promotion de l'image de l'√Čcosse par des √©l√©ments culturels bien connus est aussi une des fa√ßons pour les entreprises de promouvoir leurs produits √† l'√©tranger. L'organisation Scotland the Brand fut fond√©e dans ce but en 1994 et compta jusqu'√† plus de 400 entreprises avant d'√™tre liquid√©e en 2004 ; elle aura co√Ľt√© au total 10 millions de livres Sterling, dont 6 aux contribuables et 4 aux entreprises[243].

Annexes

Notes

  1. ¬ę To the Southern inhabitants of Scotland, the state of the mountains and islands is equally unknown with that of Borneo or Sumatra: of both they have only heard a little and guess the rest. They are strangers to the language and the manners ¬Ľ
  2. (fr) Texte de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires Consulté le 17 juillet 2009
  3. ¬ę the litany of battles for just causes and freedom from repression have never defined, for me, being Scottish. ¬Ľ
  4. ¬ę Being Scottish is knowing why every syllable Billy Connolly speaks is funny; it's meeting Sean Connery in the midst of a bunch of luvvies and recognising him as Scottish just from a wee aside. ¬Ľ
  5. ¬ę Like most people under thirty-five, I grew up saturated with American popular culture. Scottishness was something dusted off and brought out from the cupboard for football matches or Hogmanay.[...] Our high streets look exactly the same as those anywhere else in the West ‚ÄĒ sanitised, pedestrianised retail dreams, flanked sleekly by Virgin, McDonald's and Gap. ¬Ľ
  6. Fin du chapitre XII, o√Ļ ma√ģtre Jehan d'Escosse sert de caution √† l'opinion que ¬ę la b√©atitude des h√©ros et semi-dieux est en ce qu'ils se torchent le cul d'un oison ¬Ľ. Rabelais, Gargantua, ch. XII, √©d. par G√©rard Defaux, Deuxi√®me √©dition revue et corrig√©e ; ouvrage publi√© avec le concours du Centre national du livre, Le Livre de Poche, Biblioth√®que classique, 2003, p. 181.
  7. (en)¬ę The ceilidh of the Western Hebrides corresponds to the veill√©e of Lower Brittany [‚Ķ], and to similar story-telling festivals which formerly flourished among all the Celtic peoples. ¬Ľ W. Y. Evans Wentz, The Fairy-faith in Celtic countries, Oxford University Press, 1911, p. 32.
  8. ¬ę The inhabitants of mountains form distinct races, and are careful to preserve their genealogies. Men in a small district necessarily mingle blood by intermarriages, and combine at last into one family, with a common interest in the honour and disgrace of every individual. Then begins that union of affections, and co-operation of endeavours, that constitute a clan. They who consider themselves as ennobled by their family, will think highly of their progenitors, and they who through successive generations live always together in the same place, will preserve local stories and hereditary prejudices. Thus every Highlander can talk of his ancestors, and recount the outrages which they suffered from the wicked inhabitants of the next valley. ¬Ľ
  9. ¬ę Chaque clan avait son slogan, ou cri de guerre particulier, et le tartan √† ses couleurs ; sur la toque du montagnard, une branche de l'arbre favori, du gen√©vrier, de l'if ou du ch√™ne, se dressait, comme le cimier d'un casque. ¬Ľ
  10. ¬ę Le bapt√™me se conf√®re presque toujours en pr√©sence du peuple, le matin ou le soir, et toujours √† l'issue de l'office. Si c'est une fille qu'on pr√©sente au bapt√™me, il ne faut qu'un parrain et une marraine ; si c'est pour un gar√ßon, il doit y avoir deux parrains et deux marraines : c'est une pr√©rogative du sexe dont les Anglois n'ont pas su m'expliquer l'origine. Apr√®s une esp√®ce d'invocation √† l'√™tre supr√™me, le ministre prend l'enfant dans ses bras, ordonne aux parrains de le nommer, le plonge dans l'eau, si la complexion et l'√©tat du nouveau-n√© s'y opposent pas, ou lui verse quelques gouttes sur le visage et le baptise au nom du P√®re, du Fils et du St-Esprit. Il termine ensuite la c√©r√©monie par une courte pri√®re, qui est tir√©e de la Bible, et une invitation aux parrains de veiller √† l'√©ducation de l'enfant dont ils viennent de se rendre les parents spirituels. ¬Ľ Pierre-Nicolas Chantreau, Voyage dans les trois royaumes d'Angleterre, d'√Čcosse et d'Irlande, fait en 1788 et 1789, 1792.
  11. Ou, litt√©ralement, ¬ę celui qui n'a pas appris quand il arrivait au genou n'apprendra pas quand il arrive au coude ¬Ľ.
  12. ¬ę He that wanders about these wilds, either procures recommendations to those whose habitations lie near his way, or, when night and weariness come upon him, takes the chance of general hospitality. If he finds only a cottage, he can expect little more than shelter; for the cottagers have little more for themselves: but if his good fortune brings him to the residence of a gentleman, he will be glad of a storm to prolong his stay. ¬Ľ
  13. ¬ę Civility seems part of the national character of Highlanders. Every chieftain is a monarch, and politeness, the natural product of royal government, is diffused from the laird through the whole clan. ¬Ľ
  14. ¬ę Ane ancient custom among the Scottishmen, that wheresoever they happen to lodge, they defend their hosts from all hurt, even to the shedding of their blood and losing of their lives for them, if need be, so long as their meat is undigested in their stomachs ¬Ľ John Lesley, De origine, moribus, ac rebus gestis Scotiae libri decem, 1578
  15. ¬ę [...] some of the ancient solemnities are worn away, and singers are no longer hired to attend the procession. ¬Ľ
  16. ¬ę A grain, which in England is generally given to horses, but in Scotland supports the people. ¬Ľ
  17. Ancienne unité de volume des céréales, équivalente à 21,862 litres (Dictionary of Collective Nouns and Group Terms, The Gale Group, Inc. (2008))
  18. ¬ę 8 balles de malt au Fr√®re John Cor, par ordre du Roi afin de faire de l'aqua vitae. ¬Ľ

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