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Anastase Ier (empereur byzantin)

Anastase Ier (latin : Flavius Anastasius Augustus et grec ancien : ő¶őĽő¨ő≤őĻőŅŌā ŠľąőĹőĪŌÉŌĄő¨ŌÉőĻőŅŌā), parfois surnomm√© Dicorus en raison de ses yeux vairons, n√© √† Dyrrachium (aujourd'hui Durr√ęs) en √Čpire vers 430 et mort √† Constantinople le , est un empereur byzantin ou empereur romain d'Orient de 491 √† sa mort en 518.

Anastase Ier
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Anastase Ier (empereur byzantin)
Monnaie frappée à l'effigie d'Anastase Ier.
Règne
-
(27 ans, 2 mois et 29 jours)
Période Thrace
Précédé par Zénon
Suivi de Justin Ier
Biographie
Nom de naissance Flavius Anastasius
Naissance v. 430
Bederiana, Dyrrachium (auj. Durr√ęs, en √Čpire)
Décès (88 ans)
Constantinople, Empire byzantin[Note 1]
Père Pompeius
Mère Anastasia Constantina
Fratrie Flavius Paulus
√Čpouse √Ülia Ariadn√®

Arriv√© tardivement sur le tr√īne gr√Ęce √† ses liens avec l'imp√©ratrice √Ülia Ariadn√®, il a occup√© auparavant des postes importants au sein du Grand Palais de Constantinople et s'est impliqu√© dans les questions th√©ologiques qui secouent le christianisme, en adh√©rant au monophysisme. Au moment de son couronnement, sa l√©gitimit√© est fragile alors qu'il doit faire face √† un contexte g√©opolitique nouveau, marqu√© par la disparition depuis peu de tout l'Empire romain d'Occident. Il doit d'abord consolider son pouvoir et s'oppose aux Isauriens qui ont la haute main sur l'arm√©e depuis plusieurs ann√©es, mena√ßant de porter sur le tr√īne un parent de Z√©non, le pr√©d√©cesseur d'Anastase.

Apr√®s son succ√®s, il m√®ne une politique marqu√©e par la prudence. Dans ses relations avec l'ext√©rieur, il compose avec les royaumes barbares qui occupent d'anciennes terres romaines, reconnaissant leur l√©gitimit√© tout en affirmant la sup√©riorit√©, au moins formelle, de l'Empire romain d'Orient. Il tente notamment de circonscrire la puissance du royaume ostrogoth de Th√©odoric le Grand, qui domine l'Italie. Face aux Sassanides, il privil√©gie l√† encore une posture d√©fensive. Cela n'emp√™che pas une courte confrontation avec cet empire rival, qui n'entra√ģne aucun changement territorial d'importance. Sur le plan interne, il r√©organise les finances imp√©riales et laisse √† ses successeurs un exc√©dent budg√©taire important, attestant de sa bonne gestion. En revanche, en mati√®re religieuse, il rompt quelque peu avec la politique de conciliation de Z√©non entre les monophysites et les partisans du concile de Chalc√©doine. Influenc√© par ses propres convictions, il m√®ne une politique plus favorable aux monophysites, suscitant des contestations d'une partie de la population et les r√©voltes infructueuses du g√©n√©ral Vitalien.

D√©c√©d√© √† un √Ęge avanc√©, il laisse √† ses successeurs, Justin Ier et Justinien Ier, un empire stable, prosp√®re et d√©fendu par des fronti√®res solides, bien qu'affaibli par de fortes tensions religieuses. Toutefois, en d√©pit de sa r√©putation de bon administrateur, il est peu √©tudi√© par les historiens modernes, son r√®gne intervenant dans une p√©riode de transition entre les derniers soubresauts de l'empire d'Occident, qui chute en 476, et le renouveau imp√©rial de Justinien.

Sources

Photographie du portrait d'un homme couronné sur la page d'un manuscrit.
Représentation probablement fantaisiste d'Anastase dans le Mutinensis gr. 122, manuscrit du XVe siècle.

Le r√®gne d'Anastase est mentionn√© dans un nombre assez divers de sources. Comme souvent avec les sources primaires, elles souffrent de partis pris, notamment en mati√®re religieuse et les convictions monophysites d'Anastase lui ont r√©guli√®rement valu des jugements n√©gatifs de la part de ses contemporains. Parmi les sources grecques, la chronique de Jean Malalas est particuli√®rement int√©ressante car il est un contemporain d'Anastase et a certainement acc√®s √† des t√©moignages oraux[1]. Il s'appuie beaucoup sur les travaux perdus d'Eustathe d'√Čpiphanie[2]. Les autres chroniques grecques sont, pour la plupart, bas√©es sur les √©crits de Jean Malalas et post√©rieures au r√®gne d'Anastase, ce qui rend leur exactitude variable, telle la Chronicon Paschale ou encore la chronique de Th√©ophane le Confesseur[3]. Sans grande valeur historique, Priscien de C√©sar√©e lui d√©die un √©loge, de m√™me que Procope de Gaza, dans lesquels ils c√©l√®brent ses vertus et le comparent √† certaines grandes figures romaines comme Pomp√©e[4], sur le mod√®le propre √† ce genre litt√©raire. N√©anmoins, ils mettent en valeur certains aspects du r√®gne d'Anastase parfois peu d√©velopp√©s ailleurs, comme son action de b√Ętisseur[5] - [6]. Jean le Lydien, qui a aussi laiss√© quelques textes, lui est tr√®s favorable et le d√©crit comme ¬ę le plus doux des empereurs ¬Ľ[7].

Au-del√† des chroniques, les sources eccl√©siastiques sont aussi pr√©cieuses, √©clairant notamment les controverses religieuses. √Čvagre le Scholastique a produit des textes importants sur l'√©poque d'Anastase bien que la chronologie en soit souvent erron√©e[8]. Si ses √©crits concernent majoritairement la r√©gion d'Antioche dont il est originaire, il n'en d√©crit pas moins la plupart des √©v√©nements du r√®gne d'Anastase, m√™me s'il se montre parfois s√©v√®re √† l'√©gard de l'empereur. Pr√©sent au sein m√™me de l'administration byzantine, il dispose certainement de t√©moignages oraux ou √©crits de premier ordre[1]. Il a une appr√©hension positive plut√īt positive d'Anastase en raison de ses succ√®s contre les Isauriens et de ses r√©formes administratives, m√™me s'il lui reproche sa politique religieuse[9]. Les hagiographies, particuli√®rement pris√©es des auteurs byzantins, fournissent aussi des d√©tails int√©ressants, comme la Vie de Saint-Sabas √©crite par Cyrille de Scythopolis[10].

Les sources latines sont également exploitables pour l'analyse du règne d'Anastase. Marcellinus Comes qui écrit en latin mais vit à Constantinople décrit relativement précisément les invasions barbares dans les Balkans ou les émeutes urbaines à Constantinople[11]. De même, Josué le Stylite, qui écrit en langue syriaque, a produit des textes relatifs notamment aux guerres contre les Sassanides, repris dans la Chronique du Pseudo-Denys de Tell-Mahré[12]. Ces textes issus des provinces orientales de l'Empire permettent aussi d'appréhender les controverses autour du monophysisme, très présent dans ces régions, à l'instar de Jean de Nikiou, d'origine égyptienne et qui écrit au VIIe siècle.

Certains textes administratifs d'Anastase ont parfois survécu de manière fragmentaire et apportent des éclairages sur sa vision de l'administration de l'Empire tandis que des vestiges archéologiques et numismatiques peuvent aussi être convoqués. De manière générale, l'appréhension du règne d'Anastase reste parcellaire et sujette à des sources souvent incomplètes et lacunaires, ce qui incite à la prudence dans la recherche d'interprétations de certains événements ou réformes[13].

Origines et accession à l'Empire

Carte en couleur de l'Empire romain en 395.
Carte de la division de l'Empire romain en 395. La partie orientale, gouvernée par Anastase, figure en violet.

Origines familiales et personnalité

Photographie d'une pièce ouvragée représentant une femme en tenue d'impératrice sous un chapiteau supporté par deux colonnes.
Feuillet de diptyque impérial représentant l'impératrice Ælia Ariadnè, musée national du Bargello.

La date de naissance exacte d'Anastase est inconnue, sa famille √©tant mal connue. Il est probablement n√© vers 430 √† Dyrrachium, dans une famille d'origine illyrienne o√Ļ se recrutent de nombreux membres de l'administration municipale[14]. Il est le fils d'un noble, Pompeius[Note 2]. Sa m√®re, Anastasia Constantina, est de religion arienne. Elle est la sŇďur de Clearchus, lui aussi arien, m√™me si ces affirmations sur les ob√©diences religieuses d'Anastase sont sujettes √† caution car venant d'auteurs hostiles √† ces courants du christianisme[16]. Il a pour fr√®re Flavius Paulus, consul pour l'Est en 496, mari de Magna Sabiniana, et pour sŇďur C√¶saria, femme de Flavius Secondinus, pr√©fet de Rome en 492 et consul pour l'Est en 511[17]. Anastase se rend √† Constantinople √† une date inconnue et s'engage dans l'administration du Grand Palais. Il devient silentiaire et rentre dans le cercle des proches de l'empereur avant de devenir d√©curion, l'un des officiers du corps des silentiaires. Par cette fonction, il p√©n√®tre dans le cubiculum, soit la chambre de l'empereur, ce qui fait de lui un courtisan qui gravite dans les hautes sph√®res imp√©riales[18].

Physiquement, il est de grande taille et surtout, il pr√©sente la particularit√© d'avoir les yeux vairons, ce qui lui doit son surnom de Dicorus (en grec : őĒőĮőļőŅŌĀőŅŌā, ¬ę deux-pupilles ¬Ľ). Son regard, partag√© entre un Ňďil bleu et un autre noir, pourrait lui avoir procur√© une certaine √©tranget√©[19]. Sur le plan personnel, un fils lui est attribu√©, mais n√© hors mariage, il est consid√©r√© comme ill√©gitime, et Anastase s'efforce, par la suite, de rester chaste. Cette pratique atteste d'une pi√©t√© parfois fervente. En effet, Anastase est particuli√®rement vers√© en th√©ologie et r√©put√© pour sa culture. Il a v√©cu un temps en √Čgypte, o√Ļ il aurait adopt√© le monophysisme, une doctrine condamn√©e par le concile de Chalc√©doine et le pape[18]. Rapidement, Anastase devient l'un des membres √©minents de ce courant du christianisme. En effet, depuis l'H√©notique promulgu√© par Z√©non, une formule de compromis a √©t√© adopt√©e entre les monophysites et les catholiques. En 489, Anastase est pressenti pour devenir patriarche de Constantinople, mais c'est finalement Fravitas qui est nomm√©. Celui-ci ne tarde pas √† exiger d'Anastase l'abandon de ses opinions monophysites, qu'il n'h√©site pas √† d√©fendre publiquement. Finalement, il est expuls√© de l'√©glise Sainte-Sophie, o√Ļ il pr√™chait r√©guli√®rement[20].

Arrivée au pouvoir

Cela ne l'emp√™che de rester une personnalit√© importante de la cit√© imp√©riale. √Ä la mort de Z√©non, aucun successeur n'a √©t√© d√©sign√© √† l‚Äôavance. La d√©signation du nouvel empereur oppose des acteurs diff√©rents. Cette pr√©rogative rel√®ve alors de la comp√©tence du S√©nat ; cependant, cette assembl√©e doit tenir compte des souhaits des chefs militaires importants. En l'occurrence, les principaux chefs militaires, les Isauriens, soutiennent Longin, le fr√®re de Z√©non, que celui-ci aurait s√Ľrement nomm√© comme successeur s'il avait anticip√© sa mort. Cet ascendant des Isauriens s'explique en bonne partie par la n√©cessit√© de contrecarrer l'influence des Goths sur la cour imp√©riale, elle aussi importante jusqu'√† leur installation en Italie. D√©sormais, le palais imp√©rial et la famille r√©gnante, notamment l'imp√©ratrice √Ülia Ariadn√®, qui conservent une influence sur le S√©nat, sont pr√™ts √† mettre un terme √† la domination isaurienne[21]. Z√©non lui-m√™me, d'origine isaurienne et donc √† la l√©gitimit√© imp√©riale fragile, a d√Ľ lutter pour conserver son tr√īne, ce qui ne favorise pas la solidit√© des pr√©tentions de son fr√®re. Pour parer aux projets de Longin, Ariadn√®, qui appara√ģt comme la principale source de l√©gitimit√©, opte pour un de ses proches, Anastase, depuis longtemps pr√©sent dans les arcanes du pouvoir. En outre, son √Ęge avanc√© (autour de soixante ans), en fait le candidat parfait pour un r√®gne de transition. Reconnu pour son honn√™tet√©, un caract√®re plut√īt √©nergique et peu col√©rique, ¬ę c'est un personnage sans √©clat, sans v√©ritable appui mais inspirant le respect ¬Ľ, comme le souligne Georges Tate[19].

Cette d√©signation surprise, intervenue rapidement, est accept√©e sans difficult√©, d'autant qu'Anastase, sur la demande du patriarche de Constantinople, signe un document dans lequel il garantit ne pas remettre en cause le dogme catholique issu du concile de Chalc√©doine et de l'H√©notique[22]. Le De ceremoniis, ouvrage √©crit par Constantin VII Porphyrog√©n√®te au Xe si√®cle revient assez longuement sur la c√©r√©monie d'intronisation d'Anastase. Il est port√© sur le pavois dans l'Hippodrome pour √™tre couronn√© devant les hauts dignitaires, l'arm√©e et les factions repr√©sentant le peuple, avant de prononcer un discours √† leur intention. Selon Pierre le Patrice, Euph√©mius l'aurait couronn√©, √† l'abri des regards, d'un diad√®me pour renforcer sa l√©gitimit√© divine, √† une √©poque o√Ļ le r√īle du patriarche dans le c√©r√©monial s'affirme de plus en plus[23]. C'est d'ailleurs le premier empereur √† avoir √©t√© couronn√© avec certitude par la plus haute autorit√© religieuse de l'Empire[Note 3]. De son c√īt√©, Longin est plac√© devant le fait accompli, avant d'avoir pu mobiliser ses partisans. Il est possible qu'Anastase ait cherch√© √† consolider sa stature imp√©riale par des alliances matrimoniales, √† l'image du mariage d√®s 491 entre sa ni√®ce, Ir√®ne, et Anicius Olybrius, petit-fils de l'empereur d'Occident Olybrius et fils d'Anicia Juliana et de Flavius Areobindus Dagalaiphus, deux des dignitaires les plus influents √† la cour imp√©riale[14]. Anastase lui-m√™me √©pouse √Ülia Ariadn√® le [24].

Guerre contre les Isauriens

Carte de l'ouest de la Turquie faisant figurer plusieurs noms de régions, dont l'Isaurie.
Carte de l'Isaurie.

D√®s son arriv√©e au pouvoir, Anastase doit conforter sa place, encore fragile. Il ne peut ignorer l'influence des Isauriens sur les troupes de Constantinople et la pr√©sence de Longin, qui reste un candidat l√©gitime pour le tr√īne. Les Isauriens sont originaires d'une r√©gion isol√©e et pauvre de l‚ÄôAsie Mineure. S'ils ont √©t√© soumis par l'Empire romain, ils ont conserv√© une tradition militaire forte[25] et constituent un vivier de recrutement pour l'arm√©e de l‚Äôempire d‚ÄôOrient naissant pour s'opposer aux ¬ę grandes invasions ¬Ľ mais aussi √† l'influence devenue trop grande des peuples germaniques au sein de l'appareil militaire[26] D√®s lors, ils acqui√®rent une place pr√©pond√©rante dans le destin de l'Empire, et c'est de leurs rangs qu'est issu Z√©non, le pr√©d√©cesseur d'Anastase. S'ils sont en partie divis√©s √† l'av√®nement d'Anastase, ils restent puissants. De ce fait, le nouvel empereur exile rapidement Longin en √Čgypte, pour √©carter la menace d'un coup d'√Čtat. Plus encore, il d√©cide de chasser les Isauriens de Constantinople tout en les privant de leur subvention annuelle. Cette d√©cision marque le d√©but d'une guerre qui dure jusqu'en 497. Les Isauriens d√©cident d'unir leurs forces en Asie Mineure et de recruter nombre de soldats issus de l'Isaurie. Ils atteignent rapidement les dimensions d'une arm√©e importante, pr√™te √† se battre pour conserver ses privil√®ges. En face, Anastase mobilise les arm√©es d‚ÄôEurope et fait appel aux f√©d√©r√©s. Cette force franchit le Bosphore et combat les Isauriens en Phrygie. Le sort de la bataille tourne rapidement en faveur des imp√©riaux, car Lingis, le g√©n√©ral en chef des rebelles, est tu√© au d√©but de l'affrontement. Lourdement d√©faits, les Isauriens sont contraints √† la fuite et n'√©chappent que de peu √† l'an√©antissement. Il faut encore plusieurs ann√©es d'√Ępres combats, men√©s par Jean le Bossu et Jean le Scythe, pour r√©duire leur r√©sistance, alors qu'ils se sont r√©fugi√©s dans leur r√©gion d'origine pour mener des raids dans les territoires voisins[27]. Contr√īlant le golfe d'Issos, ils restent en mesure de se ravitailler jusqu'√† la destruction de leur flotte lors d'une temp√™te[28]. En 497, les principaux chefs des Isauriens tombent, certains sont tu√©s, d'autres sont faits prisonniers et ramen√©s √† Constantinople pour √™tre exhib√©s[29]. Si cette guerre longue et difficile a contraint l'empereur √† mobiliser ses forces en Asie plut√īt qu'en Europe pour contrer les peuples germaniques, elle renforce son pouvoir de mani√®re d√©cisive[30] - [31]. La propagande imp√©riale n'h√©site d'ailleurs pas √† s'en servir, √† l'image du pan√©gyriste Christodore, qui √©crit les Isaurica, un po√®me c√©l√©brant la victoire d'Anastase[4].

Politique extérieure

Dans le contexte troubl√© de la fin du Ve si√®cle, marqu√© par la disparition de l'Empire romain d'Occident et la recomposition g√©opolitique qui en d√©coule, Anastase m√®ne une politique ext√©rieure r√©aliste et prudente, int√©grant ces changements. Comme le souligne Sylvain Destephen, ¬ę la pr√©f√©rence donn√©e √† la diplomatie et √† la fortification des fronti√®res plut√īt qu'√† des exp√©ditions se traduit par une politique ext√©rieure d'√©quilibre, mais sans √©clat, permettant √† la fois de d√©fendre les int√©r√™ts majeurs de l'Empire sans mettre en p√©ril ses forces vives ¬Ľ[SD 1].

Défense des Balkans

Carte de la péninsule de Constantinople, faisant notamment figurer le tracé du mur d'Anastase, de la mer Noire à la mer de Marmara.
Tracé du mur d'Anastase.

Au cours de son r√®gne, Anastase m√®ne principalement une politique √©trang√®re d√©fensive, maniant la force et de la diplomatie. La fronti√®re danubienne, moins menac√©e depuis le d√©part des Ostrogoths, est menac√© par l'arriv√©e des Proto-Bulgares[32]. En outre, les n√©cessit√©s de la lutte contre les Isauriens entra√ģnent un engagement des forces europ√©ennes en Asie Mineure, d√©ployant des effectifs r√©duits le long de la fronti√®re danubienne. Les Bulgares peuvent alors mener plusieurs raids en Europe. En , ils tuent le ma√ģtre des milices Julien au cours d'une bataille[33]. En , ils sont difficilement repouss√©s par Aristos et en , ils peuvent piller la Thrace et revenir au-del√† du Danube sans opposition[34]. En 517, un nouveau raid particuli√®rement d√©vastateur intervient et des cavaliers barbares, probablement des G√©pides, p√©n√®trent jusqu'en Gr√®ce et Anastase ne parvient pas √† faire lib√©rer les nombreux captifs[35].

Face √† ce nouvel adversaire, les possibilit√©s d'Anastase sont r√©duites. Les Bulgares ne sont pas int√©ress√©s par un accord de paix assorti d'un tribut et ils refusent d'√™tre incorpor√©s dans l'arm√©e byzantine. Par ailleurs, les troupes locales se mutinent r√©guli√®rement et protestent contre l'insuffisance de leur solde et de leur approvisionnement, ce dont profite le g√©n√©ral Vitalien[36]. Pour prot√©ger Constantinople d'incursions en provenance de l'ouest, Anastase renforce les d√©fenses de la ville. Il reprend le projet d'un long mur de plus de cinquante kilom√®tres de long, barrant l'isthme √† soixante kilom√®tres √† l'ouest de la cit√© imp√©riale. Cette imposante fortification, aussi connue sous le nom de mur d'Anastase, subsiste jusqu'au VIIe si√®cle et constitue un ouvrage d√©fensif efficace. Toutefois, le co√Ľt de l‚Äôentretien et la n√©cessit√© de d√©ployer des garnisons importantes pour sa d√©fense expliquent son abandon[37]. Sur le Danube, Anastase r√©habilite le limes dans la r√©gion de Scythie Mineure pour prot√©ger la Thrace et fortifie sa ville natale, qui s'affirme comme une position imp√©riale strat√©gique dans la r√©gion[38].

Contexte nouveau en Occident

Anastase doit aussi composer avec les changements géopolitiques intervenus en Occident.

La papauté, influente en Italie, représente une puissance spirituelle grandissante, qui concurrence les patriarches orientaux et notamment le patriarche de Constantinople. De plus en plus, le pape prétend définir le dogme et le droit canon. En l'occurrence, il s'oppose aux doctrines hérétiques : l'arianisme, professé par les Ostrogoths, les Vandales et les Wisigoths et le monophysisme. Pour autant, les relations entre Constantinople et Rome restent cordiales car l'empereur d'Orient continue d'être perçu comme le protecteur naturel de la papauté. De plus, Anastase compte sur le pape pour contrecarrer la montée en puissance des Ostrogoths, misant sur leurs divergences théologiques[39].

De plus, Th√©odoric le Grand, vainqueur d'Odoacre qu'il assassine en 493, a √©tabli un royaume ostrogoth en Italie et reconna√ģt formellement la suzerainet√© de l'empire d'Orient. De ce fait, les apparences sont pr√©serv√©es alors que Th√©odoric doit coexister avec ce qu'il reste de la soci√©t√© romaine toujours pr√©sente dans la p√©ninsule italienne. Pour autant, il domine le plus puissant des royaumes barbares et entretient une fronti√®re commune avec l'Empire byzantin en Illyrie, faisant peser un danger sur les Balkans et Constantinople[39].

Anastase et la papauté

Les relations avec la papaut√©, initialement bonnes, se refroidissent lors de l'av√®nement de G√©lase Ier. Fervent d√©fenseur de la foi d√©finie lors du concile de Chalc√©doine, il r√©prouve le monophysisme et les tentatives de conciliation apparues sous Z√©non. L'H√©notique, qui introduit une formule de consensus sur la double nature du Christ, objet des disputes th√©ologiques, est r√©prouv√©, de m√™me que son auteur, le d√©funt patriarche Acace de Constantinople. Le pape appelle √† rayer son nom des diptyques, ce qui provoque la col√®re dans l'empire d'Orient. Cette dispute th√©ologique est aussi un moyen pour le pape de s'√©manciper de la tutelle imp√©riale qu'il juge excessive. Cette opposition r√©v√®le deux conceptions diff√©rentes des rapports entre l'empereur et l'√Čglise. Alors que le pape cherche √† se d√©gager une autonomie d'action, l'empereur byzantin veut conserver la haute main sur les questions eccl√©siastiques. Anastase ne parvient pas √† le faire revenir sur sa d√©cision de r√©probation d'Acace. Th√©odoric soutient la position pontificale, ce qui r√©duit l'influence de l'empereur. Pour autant, les relations ne sont pas coup√©es. En r√©alit√©, c'est un jeu complexe qui se noue entre ces diff√©rents acteurs qui ont chacun besoin l'un de l'autre. Le pape ne peut compl√®tement rompre avec Anastase et il souhaite que celui-ci reconnaisse la l√©gitimit√© de Th√©odoric, esp√©rant ainsi que le chef ostrogoth se soumettra √† certaines r√®gles. En outre, l'empereur continue d'occuper une place d√©terminante comme protecteur de la foi. Th√©odoric lui-m√™me d√©sire recevoir l'approbation de Constantinople pour accro√ģtre son pouvoir en Occident[40].

Quand G√©lase meurt en 496, son successeur Anastase II plaide pour une conciliation avec Constantinople et y envoie deux l√©gats pontificaux. Le pape accepte de reconna√ģtre l'H√©notique et de garder le nom d'Acace sur les diptyques. En √©change de cette concession, qui pourrait lui attirer l'hostilit√© d'une partie du clerg√© et de la population en Italie, il obtient qu'Anastase reconnaisse Th√©odoric comme roi d'Italie. Les ornements imp√©riaux qu'Odoacre a renvoy√©s √† Constantinople en 476, apr√®s avoir renvers√© Romulus Augustule, sont transmis √† Th√©odoric. Toutefois, l'accord est mis √† mal par le d√©c√®s d'Anastase II. L'√©lection de son successeur donne lieu √† des manifestations violentes √† Rome, alors qu'une part notable des repr√©sentants eccl√©siastiques et des habitants refusent toute concession √† l'Empire d'Orient. C'est le schisme laurentien. Symmaque, hostile aux monophysites, est d'abord √©lu, mais il est concurrenc√© par Laurent, antipape entre 501 et 507, plus favorable au rapprochement avec Constantinople[41] - [42]. Avec le premier, les relations sont particuli√®rement tendues et Anastase aurait √©crit un libelle √† son √©gard, l'accusant de comploter avec le S√©nat de Rome pour le faire excommunier et d'adh√©rer aux th√®ses manich√©ennes, ce qui provoque une r√©ponse tout aussi acerbe de Symmaque qui rappelle son attachement aux principes du concile de Nic√©e I et les critiques √† l'√©gard d'Acace[43].

Des relations fluctuantes avec les royaumes barbares

Carte de l'Europe occidentale faisant figurer les frontières du royaume ostrogoth.
Carte du royaume ostrogoth sous Théodoric.
Miniature montrant des soldats en armure se battre et notamment un roi en tuant un autre.
Miniature du XVe siècle, conservée à la bibliothèque nationale de France qui représente la bataille de Vouillé lors de laquelle Clovis tue Alaric II et affirme sa domination sur la Gaule.

Entre-temps, les relations se sont tendues entre l'empire d'Orient et les Ostrogoths. Si Th√©odoric a enfin √©t√© reconnu comme monarque d'Italie et a rev√™tu des insignes imp√©riaux, il n'est pas consid√©r√© comme un empereur pour autant par Anastase. Or, il a des vis√©es expansionnistes qui menacent le territoire de l'empire d'Orient en Pannonie. Cette r√©gion est alors occup√©e par les G√©pides mais Th√©odoric les vainc en 504 et s'empare de Sirmium, la principale cit√© de la r√©gion, c√©d√©e par Valentinien III √† l'empire d'Orient en . En outre, il s'est alli√© au g√©n√©ral Mundus, un chef g√©pide qui m√®ne des raids en Dacie, mena√ßant les positions imp√©riales[44]. Anastase envoie son ma√ģtre des milices d'Illyrie le combattre mais il est vaincu en , en partie √† cause de l'intervention de troupes de Th√©odoric. Le roi ostrogoth √©vite tout de m√™me une d√©t√©rioration trop sensible de ses relations avec Constantinople ; prudemment, il tente de n√©gocier avec Anastase mais celui-ci ne donne aucune suite √† ses avances, bien qu'il reconnaisse l'annexion de Sirmium en 510 et de l'ensemble de la Pannonie, sauf Bassianae[45].

Face √† l'√©chec de la solution militaire, l'empereur d√©cide de contre-attaquer diplomatiquement et utilise les rivalit√©s entre les peuples germaniques. D√®s 512, il installe des H√©rules dans la r√©gion orientale du Srem[46]. Plus √† l'ouest, dans l'ancienne Gaule, le roi des Francs, Clovis Ier s'est constitu√© un puissant royaume susceptible de contester l'h√©g√©monie de Th√©odoric. En se convertissant au catholicisme, Clovis a renforc√© sa position. Pour s'offrir son alliance, Anastase le nomme patrice et lui conf√®re la dignit√© consulaire apr√®s sa victoire √† Vouill√© en 507, qu'il c√©l√®bre par un triomphe. D√®s lors, Th√©odoric ne peut plus l√©gitimement revendiquer la Gaule car le droit de Clovis √† administrer cette terre est reconnu par l'empereur romain d'Orient. En revanche, la nature exacte du consulat de Clovis a fait d√©bat parmi les historiens car son nom ne figure pas dans les fastes consulaires, liste traditionnelle des consuls. Il s'agirait alors plut√īt d'un consulat honoraire, d'une valeur imm√©diatement inf√©rieure[47]. L'intervention de la marine byzantine qui m√®ne une op√©ration en mer Adriatique contre les Ostrogoths en 507 a parfois √©t√© consid√©r√©e comme une action concert√©e avec Clovis alors rival de Th√©odoric en Occident mais rien n'atteste d'une telle coordination[48].

Anastase entretient aussi des bonnes relations avec les Burgondes, autres rivaux des Goths, tant avec Gondebaud, pourtant arien, qu'avec son fils Sigismond, qui se rallie au catholicisme. Celui-ci se définit même comme un soldat (miles) de l'empereur dans une missive, à tel point que Théodoric finit par intercepter les messagers diplomatiques qui passeraient par l'Italie[49] - [50]. Par ailleurs, il entretient des relations qualifiées d'amicales avec le roi des Vandales Thrasamund[51].

Ces manŇďuvres n'emp√™chent pas Th√©odoric de poursuivre ses ambitions. Pour parer √† la menace franque, il envahit la Septimanie en . En 511, il profite du d√©sordre interne au royaume wisigoth pour s'en faire proclamer roi. Il compl√®te son r√©seau d'alliances en s'associant √† des peuples germains, dont les H√©rules et la ligue des Thuringes. En r√©action, Anastase use encore de la diplomatie. Il s'allie aux Lombards pour que ceux-ci attaquent les H√©rules et les chassent de Slovaquie. √Ä la mort d'Anastase, le royaume de Th√©odoric est clairement le plus puissant d'Occident. Toutefois, la diplomatie byzantine est parvenue √† contr√īler son expansion dont les bases restent fragiles et fortement li√©es au prestige personnel du roi ostrogoth[52].

Relations accrues avec les Arabes

Carte représentant les zones d'implantation des peuples et royaumes dans l'espace méditerranéen et moyen-oriental vers 550
Carte du monde méditerranéen et moyen-oriental sous Justinien, quelques années après la mort d'Anastase, qui fait figurer les zones d'influence des principaux peuples arabes, que sont les Ghassanides, les Lakhmides et les Kindites (Kindah), entre l'Empire d'Orient et les Sassanides.

C'est en Orient que le principal effort militaire d'Anastase se porte. En face de l'Empire byzantin se dresse l'empire des Perses Sassanides, une puissance d'importance avec laquelle les relations sont pourtant apais√©es depuis plusieurs d√©cennies. Cependant, en 488, l'empereur Kavadh Ier arrive au pouvoir et consolide rapidement son emprise sur le tr√īne. En outre, les relations byzantino-perses se crispent autour du contr√īle de la vaste zone frontali√®re entre les deux empires, en partie constitu√©es de zones d√©sertiques. Dans ces territoires, des peuples vari√©s coexistent et entretiennent des relations avec les deux grandes puissances r√©gionales. Les Ghassanides se convertissent au christianisme et se rapprochent de Constantinople, tout comme les Kindites. Mais d'autres peuples, comme les Lakhmides, sont des alli√©s des Perses et des ennemis des Ghassanides. S'ils sont aussi chr√©tiens, ils se tournent vers le nestorianisme, une doctrine combattue dans l'Empire mais populaire dans les provinces perses. Ces tribus contribuent elles-m√™mes √† menacer la paix. Au d√©but des ann√©es 490, les Lakhmides lancent un raid contre les Byzantins, annon√ßant la venue de temps plus troubles en Orient. En 498, ils pillent la Palestine, l'Arabie et la Syrie. Le g√©n√©ral byzantin Eug√®ne parvient toutefois √† les vaincre. En outre, les propres alli√©s de l'Empire romain d'Orient se retournent parfois contre lui, m√©contents des privil√®ges qui leur sont parfois retir√©s ou les trouvant simplement insuffisants. Ils vont m√™me jusqu'√† attaquer les provinces frontali√®res syriennes et palestiniennes mais sont repouss√©s par le duc Romanos qui en profite aussi pour ramener l'√ģle de Jotab√© dans l'orbite imp√©riale[53]. C'est alors une position strat√©gique pour le contr√īle du commerce en mer Rouge. Le retour de fonctionnaires douaniers permet d'y collecter d'importants revenus douaniers qui contribuent √† l'effort significatif d'Anastase pour consolider les finances de l'Empire[54].

Pour calmer la situation, Anastase accorde des concessions aux Kindites, qui dominent l'Arabie centrale et aux Ghassanides. Il renouvelle leur statut d'alliés de l'Empire au travers d'un foedus et confère à leurs dirigeants le statut de phylarque[55]. Formellement, ils sont subordonnés aux gouverneurs des provinces frontalières de l'Empire mais en réalité, ils sont fortement autonomes[56]. Néanmoins, cette alliance s'avère solide car elle perdure tout au long du VIe siècle, jusqu'à la bataille de Yarmouk[57].

La guerre d'Anastase

Carte en couleur.
Carte de la frontière perso-byzantine.

Dans le m√™me temps, les relations se tendent avec les Perses. Kavadh Ier a √©t√© renvers√© en 496 et il ne r√©cup√®re son tr√īne qu'avec l'aide des Huns Shvetah√Ľna en 499[58]. N√©anmoins, ils exigent de Kavadh le versement d'un lourd tribut en compensation de leur aide. L'empereur perse se tourne alors vers Anastase, lui demandant de reprendre les paiements que l'Empire byzantin doit aux Sassanides depuis un trait√© de 442. Anastase est plut√īt favorable √† cette requ√™te. Il ne soutient pas les Arm√©niens qui se rebellent contre Kavadh. Cependant, il ne veut pas que le versement prenne la forme d'un tribut mais d'un pr√™t. Ainsi, Anastase devient le cr√©diteur de Kavadh et non son oblig√©. L'empereur sassanide ressent cette demande comme une humiliation et un rejet du trait√© de 442. S'appuyant sur ce qu'il consid√®re comme un casus belli, il d√©clenche la guerre d'Anastase en 502[59].

Ce conflit, d'envergure limit√©e, dure quatre ans. Kavadh esp√®re contraindre Anastase √† lui payer le tribut demand√© et lance des op√©rations en Soph√®ne et en M√©sopotamie romaine, compos√©es de raids et de si√®ges, sans r√©elle volont√© de conqu√™tes territoriales. Les troupes frontali√®res, charg√©es de d√©fendre le limes, sont rapidement d√©pass√©es avec les chutes de Th√©odosiopolis et de Martyropolis, m√™me si la ville d'Amida r√©siste fermement avant de c√©der en janvier 503. En parall√®le, les Arabes interviennent aussi dans ce conflit. Les Lakhmides accompagnent d'abord les Perses en 502 et m√®nent un raid jusqu'√† Edesse puis un autre en Palestine en 503, alors que les Ghassanides s'en prennent √† leur territoire la m√™me ann√©e, pour soulager les Byzantins[60]. Pour riposter, Anastase envoie le ma√ģtre des milices d'Orient Ar√©obindus et les ma√ģtres des milices pr√¶sentalis (responsable des troupes de la capitale), Hypace et Patricius, combattre les Sassanides √† la t√™te d'une arm√©e qui pourrait avoir compt√© jusqu'√† 60 000 hommes[61]. Mais les trois hommes se coordonnent mal : alors qu'Ar√©obindus s'attaque √† Nisibis, il est d√©fait et ne peut √™tre soutenu √† temps par Hypace et Patricius, alors occup√©s √† assi√©ger Amida. Finalement, c'est le magister officiorum, Celer, qui prend la t√™te des op√©rations √† l'√©t√© 503. Pour autant, il n'obtient aucun succ√®s d√©cisif et se contente de reprendre Amida en 504[62]. En face, les Perses n'ont pas plus de r√©ussites et le conflit s'enlise. Ils se retirent en 505 alors que les Huns les attaquent[63]. En 506, un trait√© de paix est sign√©. Anastase s'engage √† verser 550 livres d'or √† Kavadh, ce qui est moins que le tribut demand√© initialement et, selon Procope de C√©sar√©e, une tr√™ve de sept ans est d√©cid√©e[64]. Dans le m√™me temps, Anastase fait renforcer les fortifications frontali√®res, fortifiant Dara, une position situ√©e √† proximit√© directe de la fronti√®re et renomm√©e pour un temps Anastasiopolis[65], ainsi que Th√©odosiopolis. La M√©sopotamie romaine est alors en mesure de soutenir une future invasion perse[66]. La paix semble √™tre respect√©e jusqu'√† la mort d'Anastase et les quelques vell√©it√©s guerri√®res des Lakhmides et des Ghassanides sont mat√©es par leur puissance tut√©laire[67].

Quelques √©v√©nements viennent troubler la paix en Orient lors des derni√®res ann√©es du r√®gne d'Anastase comme une tentative avort√©e d'invasion du Pont par les Tzanes en 506[68] - [Note 4], un soul√®vement en Arm√©nie en 513, rapidement mat√© et, surtout, une incursion des Sabires au sud du Caucase, qui attaquent autant les Perses que les Byzantins et confirment la n√©cessit√© de renforcer les d√©fenses de la fronti√®re orientale[69]. Anastase r√©agit en consentant √† des remises d'imp√īts pour les r√©gions affect√©es d'Arm√©nie et de Cappadoce et certaines cit√©s, comme Euchaita, b√©n√©ficient d'une attention particuli√®re[70].

En mer Rouge

Alors qu'Anastase est plut√īt prudent et d√©fensif sur la plupart des fronts, il m√®ne une politique active et aventureuse en mer Rouge et dans les territoires au sud de l'√Čgypte byzantine. Il noue des relations √©troites avec les deux royaumes r√©gionaux : celui d'Aksoum et celui d'Himyar sur la c√īte y√©m√©nite. Ils repr√©sentent d'importants partenaires commerciaux pour l'Empire, exportant des produits pr√©cieux d'Afrique et d'Arabie comme l'√©b√®ne, l'encens, l'ivoire ou les √©pices. Ils sont aussi d'importants comptoirs commerciaux sur la voie maritime qui relie le monde m√©diterran√©en √† l'Extr√™me-Orient. Ce commerce aboutit au port d'Eilat, dans le golfe d'Aqaba. √Ä cette √©poque, le commerce entre l'Empire et le monde indien repose principalement sur les Aksoumites, car les navires byzantins ne s'aventurent pas au-del√† du d√©troit de Bab-el-Mandeb. Toutefois, les relations entre le royaume d'Aksoum et le royaume d'Himyar se d√©t√©riorent sur fond de querelles religieuses. Le second s'est converti au juda√Įsme et r√©agit mal aux exactions commises par les Aksoumites contre les Juifs. En repr√©sailles, les Himyarites tuent des commer√ßants byzantins. Le roi aksoumite, Andas, riposte militairement, probablement √† l'instigation d'Anastase. Apr√®s son succ√®s, l'empereur lui envoie un √©v√™que monophysite qui participe √† l'√©vang√©lisation de la r√©gion, en particulier du Y√©men, tandis que le roi d'Aksoum lui envoie comme cadeaux deux girafes et un √©l√©phant[71]. Anastase parvient donc √† √©tendre la sph√®re d'influence de l'Empire √† des r√©gions √©loign√©es[72] - [73].

Dans les provinces imp√©riales d'Afrique, la seule perturbation ext√©rieure est un raid des Mazices en Libye, entre 512 et 515, qui pillent la Cyr√©na√Įque[74].

Gouvernement de l'Empire

Fin connaisseur de l'administration imp√©riale, Anastase a r√©form√© de nombreux pans des institutions byzantines par le biais d'√©dits et de textes qui ont parfois √©t√© codifi√©s quelques ann√©es plus tard dans le Code justinien. Bon gestionnaire, Ernst Stein le qualifie de ¬ę fiscaliste rigoureux ¬Ľ, guid√© par un d√©sir d'assanissement des finances publiques sans pour autant accro√ģtre les imp√īts[SD 2]. Pour s'assurer de la r√©ussite de ses r√©formes, il s'entoure de fonctionnaires qualifi√©s, recrut√©s sur la base de leur m√©rite et non de leur richesse. Le plus connu d'entre eux est Marinus, v√©ritable architecte de la politique fiscale et budg√©taire d'Anastase, ainsi que Polycarpus, qui semble mener plusieurs r√©formes autour de 498[75].

Ňíuvre administrative

Photographie d'un bloc de pierre gravé d'un texte en grec.
Bloc de basalte gravé en grec, retranscrivant l'édit d'Anastase à Qasr al Hallabat.

Réorganisation du système fiscal

Quand il arrive au pouvoir, la situation financi√®re de l'Empire est fragile et garde encore la trace du d√©sastre de la bataille du Cap Bon (468), dont la d√©faite met un terme √† une exp√©dition dispendieuse contre le royaume vandale[76]. Sa premi√®re r√©forme fiscale est l'abolition du chrysargyre un imp√īt dont l'assiette repose sur les artisans et les commer√ßants des villes. Pr√©lev√© tous les cinq ans, il devient une charge fiscale de plus en plus lourde sans avoir un rendement int√©ressant pour l'Empire. L'abolition pourrait avoir pour objectif de stimuler le commerce urbain alors que les rentr√©es fiscales reposent d√©sormais sur l'√©conomie rurale et le commerce international[77] - [78]. Cette d√©cision est tr√®s bien accueillie par la population mais moins par l'administration. En revanche, il instaure rapidement un nouvel imp√īt, le chrysoteleia, mal connu et s√Ľrement relativement √©ph√©m√®re car seul Malalas l'√©voque. Il consisterait en un remplacement d'une obligation militaire ainsi que d'un imp√īt en nature (l'annone[Note 5]) par une taxe en or que Karayannopulos estime √™tre un palliatif √† un d√©ficit du tr√©sor imp√©rial[79]. Quoi qu'il en soit, la suppression du chrysargyre a un n√©cessaire impact sur les rentr√©es fiscales mais Anastase s'efforce d'en annuler les effets par une action r√©formatrice pour consolider l'√©tat des finances publiques[80].

Il r√©organise l'administration fiscale, qui confond alors assez fortement les biens de la Couronne, eux-m√™mes distincts des biens de l'Empire, avec les biens priv√©s de l'Empereur. Anastase va c√©der une partie de ses biens (le res privata) √† la Couronne (le patrimonium) et les faire administrer par un comes sacri patrimonii, qui cohabite avec le comes rerum privatarum (comte du domaine priv√©), qui continue √† g√©rer les biens restant la propri√©t√© de l'Empereur au sens strict. Les deux fonctionnaires disposent du m√™me statut et des m√™mes pr√©rogatives sur leur champ de comp√©tences[81]. Ce transfert, qui concerne notamment des propri√©t√©s c√©d√©es √† l'Empereur √† l'occasion de condamnations ou de d√©ch√©ances, comme celle des Isauriens, permet de compenser la fin du chrysargyre. Les revenus tir√©s de ces biens sont alors directement affect√©s au financement de l'√Čtat, ce qui permet d'abonder le tr√©sor imp√©rial. Ainsi, ces biens ne changent pas v√©ritablement de nature, ils continuent d'√™tre englob√©s au sein de l'ensemble tr√®s large qu'est le res privata mais c'est l'affectation des revenus qui √©volue. D√®s lors qu'ils appartiennent au patrimoine, ils financent le fisc et non plus la cour imp√©riale[82]. La date exacte de ce changement n'est pas connue avec certitude et oscille entre 497 et 518, alors que Th√©odoric proc√®de √† la m√™me r√©forme en Italie, sans qu'il soit possible de conna√ģtre le degr√© d'interactions entre les deux souverains[83] - [Note 6]. En d√©finitive, les d√©cisions fiscales d'Anastase semblent surtout guid√©es par le soin de renforcer les ressources en or de l'Empire[84].

Fiscalité des routes commerciales

Photographie d'une plaque de pierre faisant figurer un texte en grec.
Le tarif d'Abydos, connu aussi comme l'édit d'Anastase, qui régit les règles commerciales pour le passage du détroit des Dardanelles, conservé au musée archéologique d'Istanbul.

Anastase veille √† la r√©gulation du commerce ext√©rieur de l'Empire avec l'apparition des commerciaires, charg√©s de pr√©lever les taxes sur les importations aux fronti√®res de l'Empire. Ils prennent la suite des comites commerciorum plac√©s sous la responsabilit√© du comte des largesses sacr√©es alors que les commerciaires sont d√©pendants de la pr√©fecture du pr√©toire. Ils ont notamment un r√īle important dans le contr√īle du commerce de la soie[85].

Le commerce des Détroits, partie essentielle des échanges entre la Cité impériale et la Méditerranée d'une part, la mer Noire de l'autre, est aussi réorganisé. Une stèle parfois connue sous le nom d'édit d'Anastase a été retrouvée à Abydos sur les Dardanelles, datant vraisemblablement de son règne et qui rappelle les règles en vigueur dans la collecte des taxes douanières à cet endroit. Le texte spécifie notamment que le comte des détroits, chargé de cette collecte, est responsable sur ses deniers propres de la bonne exécution de sa mission et se voit sanctionné d'une amende de cinquante pièces d'or en cas de manquement[86].

Réforme de l'administration municipale

Anastase s'assure que le rendement de l'imp√īt est optimal. Il rend les curiales, les repr√©sentants des √©lites locales qui gouvernent les cit√©s, responsables sur leurs deniers propres, de la perception de l'imp√īt. S'il s'av√®re que la somme vers√©e est inf√©rieure √† ce qui est attendu, ils doivent payer la diff√©rence. Toutefois, cette r√©forme a un effet pervers. Les curiales sont tent√©s d'accro√ģtre d√©mesur√©ment la pression fiscale sur la population et surtout sur les plus pauvres car les plus riches sont en mesure de les corrompre ou de les menacer. Par cons√©quent, ils sont en partie d√©charg√©s de leur mission fiscale et assist√©s de fonctionnaires sp√©cifiques, les vindices, nomm√©s par le pr√©fet du pr√©toire avec pour objectif d'am√©liorer le pr√©l√®vement de l'imp√īt[87].

Le doute subsiste sur l'efficacit√© de cette r√©forme car ces agents aussi tendent √† exiger des sommes importantes aupr√®s des contribuables. Par ailleurs, plusieurs chroniqueurs font de cette r√©forme la responsable du d√©clin des administrations municipales, qui doit certainement √™tre recherch√© ailleurs que dans cette seule √©volution. En effet, les vindices sont loin de prendre en charge l'ensemble des fonctions des curiales au sein des conseils municipaux et la politique int√©rieure d'Anastase est, dans l'ensemble, plut√īt favorable aux cit√©s. Mischa Meier estime ainsi qu'il est difficile de conna√ģtre le v√©ritable impact de l'introduction des vindices, d'autant qu'ils ne sont pas pr√©sents dans toutes les cit√©s et semblent ne pas avoir subsist√© tr√®s longtemps √† la mort d'Anastase[88]. Michel Kaplan juge, pour sa part, que cette r√©forme marque une √©volution vers une fiscalit√© byzantine dans laquelle le lien est plus direct entre l'√Čtat et le contribuable, alors que les curiales forment jusque-l√† un interm√©diaire distinct de l'administration centralis√©e[89] - [SD 3] - [90].

En plus de cette r√©forme des curiales et des vindices, Anastase renforce aussi les pouvoirs du defensor civitatis, dont le r√īle est de prot√©ger les habitants contre les abus de l'administration. √Člu, il doit pr√™ter serment aupr√®s de l'√©v√™que de sa province et veille surtout √† ce que la fiscalit√© soit justement appliqu√©e. Ce souhait semble avoir eu des r√©sultats contrast√©s car, quelques ann√©es plus tard, Justinien r√©forme cet office √† nouveau pour le rendre plus ind√©pendant des gouverneurs. Dans l'ensemble, ces r√©formes de l'administration municipale apparaissent plut√īt comme des adaptations √† l'√©volution des √©lites locales, en particulier l'affermissement des √©v√™ques, plut√īt que comme une entreprise d√©lib√©r√©e de saper les fondements de la cit√© et de ses institutions antiques, d√©j√† en partie archa√Įques[91] - [92].

Administration provinciale et palatiale

Un certain nombre de textes administratifs d'Anastase ont √©t√© retrouv√©s, qui r√©glementent divers aspects du gouvernement de son Empire. Ainsi, sur le site d'Apollonie de Cyr√®ne, en Cyr√©na√Įque, plusieurs fragments d'un √©dit sur l'administration militaire de la r√©gion ont pu √™tre d√©couverts[93]. De m√™me, √† Qasr al Hallabat, en Jordanie, des vestiges font √©tat d'un texte qui l√©gif√®re sur les ducs et leur bureau dans la r√©gion. Les duch√©s sont alors les subdivisions des circoncriptions militaires dirig√©es par les ma√ģtres des milices (les magister militum). En l'occurrence, le texte r√©glemente la solde des ducs et l'organisation de leur bureau. D'autres parties concernent l'annone, o√Ļ se retrouve le souci de l'empereur de r√©guler les finances de son Empire (interdiction faite aux officiers de profiter des permissions des soldats pour s'emparer de leur solde, allocations destin√©es √† l'entretien des chevaux et des chameaux etc.)[94] - [95]. En Orient, Anastase contribue aussi √† assouplir la distinction entre les limitanei (les troupes frontali√®res) et les comitatenses, les troupes mobiles charg√©es des campagnes. Dans les faits, ces derni√®res tendent √† se fixer r√©gionalement et sont d√©sormais directement subordonn√©es au duc de leur zone d'appartenance[96]. Anastase se montre attentif aux particularismes locaux pour adapter sa politique. Ainsi, dans les Balkans, pour contrer les difficult√©s d'approvisionnement de la troupe, il maintient la coemptio, c'est-√†-dire la possibilit√© pour l'√Čtat d'acheter des biens √† prix fixes aux diff√©rents marchands ou paysans, alors qu'il fait dispara√ģtre cette pratique dans d'autres r√©gions de l'Empire[97].

Toujours dans le cadre d'une politique fiscale favorable √† la population, il r√©duit l'imp√īt des Limitanei, les troupes frontali√®res. De m√™me, il consent √† des remises d'imp√īts pour les r√©gions frapp√©es par les guerres[87].

Sans surprise s'agissant de son ancienne fonction palatine, il gratifie les silentiaires de certains privilèges, notamment pour l'héritage. Certains textes, notamment les éloges à son égard, laissent à penser qu'il cherche à circonscrire voire à abolir la pratique du suffragium, qui se rapproche d'une forme de vénalité des charges. Certains textes démontrent une volonté d'encadrement mais c'est véritablement sous Justinien que des efforts substantiels sont menés contre cette pratique[98]. Attentif à maintenir une justice égalitaire, il demande une particulière attention au respect des droits des plus démunis dans le cadre d'une procédure judiciaire. Inversement, il appelle à la vigilance quand l'affaire met en cause un aristocrate avec un risque de corruption de la justice[99].

Législation agraire et familiale

Deux √©dits d'Anastase t√©moignent de son action dans le domaine agricole. Il tente de r√©guler le r√©gime du colonat, devenu interm√©diaire entre l'esclave et l'homme libre, et rattach√© √† une terre. Honorius leur permet d'obtenir la libert√© apr√®s trente ans d'absence de la terre d'attachement mais cela favorise l'abandon de parcelles qui pourraient √™tre productives. Pour r√©guler le ph√©nom√®ne, Valentinien III a d√©j√† impos√© qu'un colon absent d'une terre depuis trente ans se voie rattach√© √† sa nouvelle terre de fixation au lieu de devenir libre mais cela n'a cours qu'en Occident. Anastase d√©cide de distinguer deux conditions : celle de l'adscrit dont les biens appartiennent au propri√©taire et celle au bout duquel les individus deviennent des colons apr√®s trente ans de pr√©sence sur une terre. Ils sont bien tenus de travailler celle-ci et de payer l'imp√īt aff√©rent mais leurs biens leur appartiennent et ils sont donc libres. N√©anmoins, comme le souligne Michel Kaplan, cette r√©forme demeure difficile √† interpr√©ter. Soit elle va dans le sens d'un asservissement relatif d'hommes libres, soit vers un alignement sur le r√©gime le plus favorable, c'est-√†-dire celui de colon libre[100] - [101]. Anastase s'attaque aussi au probl√®me des terres inoccup√©es et donc improductives, qui risquent de ne plus √™tre imposables. Pour √©viter un impact trop fort sur les finances publiques, les empereurs se sont r√©guli√®rement efforc√©s de rattacher ces terres √† d'autres contribuables. Anastase d√©cr√®te que les habitants de la m√™me circonscription de recensement que la parcelle abandonn√©e sont collectivement responsables de l'imp√īt de celle-ci[102].

Il légifère aussi en matière familiale. Ainsi, quand un homme divorce de sa femme avec le consentement de cette dernière, elle peut se remarier au bout d'un an et non plus de cinq. Des lois sont passées sur l'héritage et le statut des différents membres de la famille, autorisant par exemple les hommes sans descendance à adopter un enfant issu d'une relation illégitime pour en faire leur héritier. Il s'intéresse aussi à l'encadrement des cas d'émancipation des enfants et des droits des tuteurs[103].

Troubles urbains

Photographie d'une mosa√Įque repr√©sentant un cheval et son cavalier, debout √† ses c√īt√©s.
Mosa√Įque de pavement avec un aurige ¬ę bleu ¬Ľ, mus√©e national romain.

Un des aspects marquants des premi√®res d√©cennies de l'Empire romain d'Orient est la croissance d√©mographique des cit√©s. En parall√®le, les violences urbaines se multiplient alors que l'administration municipale classique, fond√©e sur les curiales, d√©cline. Les populations urbaines se divisent entre des factions, des groupes identifi√©s par des couleurs, charg√©s d'organiser les courses de chars. Toutefois, elles repr√©sentent parfois les diff√©rentes tendances qui traversent l'opinion publique byzantine, d√©bouchant sur des oppositions violentes qui menacent la tranquillit√© publique. Deux de ces factions sont tr√®s influentes : les Bleus et les Verts[104]. D√®s les premi√®res ann√©es du r√®gne d'Anastase, des troubles apparaissent, peut-√™tre foment√©s par les Isauriens. Les Verts sont parfois associ√©s au parti des monophysites et Anastase a pu √™tre consid√©r√© comme un de leurs partisans, m√™me si cette hypoth√®se est de moins en moins admise car les √©v√©nements attestent plut√īt du contraire[105]. Ainsi, en 498, ce sont les Verts qui protestent contre l'arrestation de certains de leurs membres et vont jusqu'√† blesser Anastase lors de leurs manifestations. L'empereur aurait r√©agi par la nomination d'un pr√©fet de la ville, Platon, plut√īt favorable aux Verts, m√™me si ces derniers finissent par demander qu'il soit livr√© en p√Ęture aux b√™tes lors d'une r√©volte ult√©rieure[106].

En 501, les Bleus et les Verts sont engag√©s dans de v√©ritables combats de rue qui causent plus de 3 000 morts, parmi lesquels un fils ill√©gitime d'Anastase. Face √† cette violence croissante, l'empereur doit envoyer l'arm√©e et il interdit la f√™te des Brytes, associ√©e √† l'av√®nement du printemps et √† l'origine directe de ces violences. Pour autant, en 507, c'est une v√©ritable insurrection des Verts qui s'empare d'Antioche, en partie incendi√©e et apparemment dirig√©e contre la communaut√© juive. Les Verts parviennent √† repousser les soldats envoy√©s contre eux, pourtant soutenus par les Bleus, et tuent le pr√©fet des vigiles. Anastase r√©agit par la nomination d'un nouveau comte d'Orient qui r√©prime violemment les fauteurs de troubles[107] - [108]. Les factions sont √† nouveau impliqu√©es dans le mouvement insurrectionnel qui s'empare de la capitale en 512. Dans l'ensemble, le r√®gne d'Anastase est marqu√© par une recrudescence de ces violences urbaines, sans qu'il soit forc√©ment ais√© de discerner une pr√©f√©rence de l'Empereur pour l'une ou l'autre des factions. Pour Jacques Jarry, √† rebours d'autres historiens, il aurait plut√īt √©t√© favorable aux Bleus du fait d'une politique int√©rieure tourn√©e vers les propri√©taires terriens, partisans traditionnels de cette Faction m√™me si cette interpr√©tation est aussi sujette √† caution[109]. Alan Cameron a √©t√© jusqu'√† mettre en avant l'action d'un c√©l√®bre conducteur de char, Porphyrius, qui aurait r√©guli√®rement chang√© de couleur √† la demande d'Anastase pour entretenir une rivalit√© sportive confin√©e au sein de l'Hippodrome[110]. Au-del√† de ses convictions politiques et religieuses, Anastase para√ģt surtout √™tre anim√© par l'imp√©ratif de pr√©server l'ordre imp√©rial et, pour ce faire, il n'h√©site pas √† user de la ruse voire de la tromperie, pour mieux reprendre la main[111].

Un empereur b√Ętisseur

Anastase semble aussi avoir favoris√© diverses constructions sous son r√®gne, au-del√† du mur d'Anastase qui est probablement son entreprise la plus ambitieuse m√™me s'il n'en est pas √† l'origine. Plusieurs auteurs ont mis en exergue ses r√©alisations, comme Jean de Nikiou qui √©crit qu'il aime construire de nouveaux √©difices ou Jean le Lydien qui souligne sa g√©n√©rosit√© dans l'am√©nagement des cit√©s, notamment la construction de ports et de fortifications[112]. Il fait par exemple am√©nager le port de Julien √† Constantinople. Attentif √† la solidit√© financi√®re de son Empire, il ne se lance pas dans des d√©penses somptuaires mais plut√īt dans des constructions dont il esp√®re des b√©n√©fices √† diff√©rents niveaux. Il favorise l'entretien de greniers dans diff√©rentes cit√©s de l'Empire, notamment en Orient, pour favoriser leur approvisionnement[113] et contribue √† l'am√©nagement de Constantinople puisqu'il serait √† l'origine de la construction de la citerne de Mocius. Il fait aussi construire une salle du palais des Blachernes, aussi appel√© triclinos, qui est nomm√© d'apr√®s lui et pourrait √™tre √† l'initiative de la Chalk√®, l'entr√©e monumentale du Grand Palais, construite pour c√©l√©brer sa victoire sur les Isauriens[114]. Il am√©liore aussi le port de C√©sar√©e en Palestine[115] et fait restaurer le phare d'Alexandrie[116], ainsi que l'aqueduc de J√©rusalem[117]. Plusieurs √©glises lui sont attribu√©es, dont une √† Amida ou encore l'√©glise des Saints Serge, L√©once et Bacchus √† Bosra, sans qu'il soit toujours facile de d√©gager son degr√© d'implication dans ces diff√©rentes constructions. Il contribue aussi √† l'agrandissement du monast√®re Mor Gabriel. Sur le plan militaire, il s'attelle √† restaurer de nombreuses fortifications, tant sur la fronti√®re orientale que dans une entreprise de r√©tablissement du limes danubien. Au total, selon l'historien Carmelo Capizzi, Anastase aurait contribu√© √† soixante-neuf constructions[118].

Monnaies

Un grand nombre de pièces de monnaie au nom d'Anastase ont été retrouvées, qui témoignent des décisions prises par l'Empereur dans ce domaine[Note 7]. Depuis les réformes stabilisatrices de Dioclétien, les monnaies romaines ont peu évolué mais ont malgré tout connu quelques dépréciations, qui frappent surtout le nummus. Perdant l'essentiel de sa valeur, son usage devient de plus en plus complexe, nécessitant d'en produire de grandes quantités. Dans la perspective plus large d'assainir les finances publiques, Anastase procède à une importante réforme monétaire, relatée dans plusieurs sources de l'époque. Le nummus, aussi appelé follis, est décomposé en plusieurs multiples de 40, 20, 10 et 5 nummi pour essayer de réguler la circulation monétaire. Surtout, il fait marquer facialement la valeur de la pièce pour la fixer et éviter qu'elle ne fluctue trop, ce qui est particulièrement apprécié par la population selon Marcellinus Comes, d'autant qu'elle permet un sursaut des échanges quotidiens de faible valeur[120] - [121] - [SD 4]. Plusieurs historiens ont estimé que cette évolution fait rentrer la monnaie romaine dans sa période byzantine et cette caractéristique perdure au moins quelques siècles[122] - [123].

Par ailleurs, plusieurs royaumes barbares émettent des monnaies romaines au nom d'Anastase, confirmant par-là, la prépondérance toujours accordée à l'Empire, même si celle-ci est désormais purement formelle. Ainsi, des trémissis dits pseudo-impériaux, frappés notamment par les Wisigoths ont été retrouvés représentant l'empereur Anastase[124]. De même, Clovis fait battre des solidus figurant Anastase[125].

Selon Procope de C√©sar√©e dans son Histoire secr√®te, les r√©alisations √©conomiques et administratives d'Anastase consolident fortement l'√©tat des finances imp√©riales, au point de laisser un exc√©dent de 320 000 livres d'or. N√©anmoins, ce chiffre doit √™tre pond√©r√©, car il √©mane d'un r√©cit qui vise surtout √† discr√©diter l'empereur Justinien et, en l'occurrence, ses folles prodigalit√©s qui √©puisent rapidement cette manne bien r√©elle[126].

  • Monnaies byzantines
  • Nummi de la fin du r√®gne d'Anastase Ier : une pi√®ce de 40 nummi (ou follis), marqu√©e d'un M et une pi√®ce de 5 nummi ( ou pentanummium), marqu√©e d'un E. Ces lettres permettent de fixer la valeur de ces pi√®ces.
    Nummi de la fin du règne d'Anastase Ier : une pièce de 40 nummi (ou follis), marquée d'un M et une pièce de 5 nummi ( ou pentanummium), marquée d'un E. Ces lettres permettent de fixer la valeur de ces pièces.
  • Tr√©missis frapp√© √† Arles ou √† Narbonne, dans le royaume wisigoth, au nom d'Anastase Ier, repr√©sent√© sur l'avers. Sur le revers, c'est la figure de la Victoire qui est repr√©sent√©e. Cette pi√®ce a probablement √©t√© √©mise √† la fin du r√®gne d'Anastase
    Trémissis frappé à Arles ou à Narbonne, dans le royaume wisigoth, au nom d'Anastase Ier, représenté sur l'avers. Sur le revers, c'est la figure de la Victoire qui est représentée. Cette pièce a probablement été émise à la fin du règne d'Anastase[124]
  • Solidus √† la Victoire frapp√© par Clovis Ier, au nom et au type d'Anastase.
    Solidus à la Victoire frappé par Clovis Ier, au nom et au type d'Anastase.

Entourage d'Anastase

Photographie d'une plaque rectangulaire en ivoire, représentant un homme en tenue d'apparat, surplombé d'une inscription latine.
Diptyque consulaire représentant Aréobindus présidant les jeux du cirque en 506. Pièce conservée au musée de Cluny.

La pr√©dominance des parents de l'Empereur au sein de la cour constitue l'un des aspects marquants de la cour imp√©riale sous Anastase. Pr√®s d'une dizaine d'entre eux occupent le consulat, dont le r√īle est encore important dans la symbolique imp√©riale, tandis que plusieurs de ses neveux sont nomm√©s √† d'importants postes militaires, √† l'image d'Hypace, ma√ģtre des milices praesentalis lors de la guerre contre les Sassanides[127].

Par ailleurs, Anastase s'entoure principalement de personnalit√©s proches de ses convictions monophysites. S√©v√®re d'Antioche, qui devient patriarche d'Antioche en 512, en est un parfait exemple et nombre de ses proches gravitent autour du pouvoir. C'est le cas du comte des largesses sacr√©es Cl√©mentinus, √©lev√© au rang de consul pour l'ann√©e 513, qui est un protecteur des monophysites[128], de m√™me que Flavius Probus, consul d√®s 502 et qui pr√©sente S√©v√®re √† l'empereur. Au-del√†, Vincent Puech a soulign√© les faveurs accord√©es par Anastase √† un groupe de notables originaires de Syrie, place forte du monophysisme. Calliopius, dignitaire venu d'Antioche, est une des figures de la cour imp√©riale, vicaire du ma√ģtre des milices d'Orient, certains de ses parents occupent aussi de hautes fonctions comme son fils Th√©odosius, pr√©fet augustal d'Alexandrie. Marinus est un autre exemple de ce tropisme syrien de l'administration d'Anastase. Originaire d'Apam√©e, il devient pr√©fet du pr√©toire d'Orient et s'illustre contre Vitalien en 515, tout en √©tant le principal ma√ģtre d'Ňďuvre de la politique fiscale d'Anastase[129] - [130]. D'autres pr√©fets du pr√©toire comme Polycarpus nomm√© en 498 et Sergius en 517 viennent respectivement de B√©ryte et de Zeugma[131].

Pour autant, Anastase ne m√®ne pas d'√©purations contre les partisans du concile de Chalc√©doine. Plusieurs figures fortes de l'Empire en sont des partisans. Son neveu, Hypace, tr√®s influent, en est une parfaite illustration. De m√™me, Ar√©obindus d√©montre une loyaut√© inflexible √† Anastase quand la foule tente de le proclamer empereur √† l'occasion d'√©meutes en 512. Il est alors ma√ģtre des milices d'Orient, l'un des plus hauts postes militaires de l'Empire. Enfin, Celer s'illustre aussi aux c√īt√©s de l'Empereur, grimpant les √©chelons de la hi√©rarchie jusqu'√† devenir magister officiorum et d'agir comme l'un des principaux ministres de l'Empire. Ambivalent, il contribue √† d√©mettre de ses fonctions le patriarche chalc√©donien Mac√©donius II en 512 mais s'assure aussi du r√©tablissement √† leurs postes de pr√™tres chalc√©doniens en Syrie[132] - [133]. Au-del√† des √©l√©ments de rupture entre Z√©non et Anastase, que ce soit la religion ou la fin de la supr√©matie isaurienne, bien des √©lites gardent leur position d'un r√®gne √† l'autre, √† l'image d'Ar√©obindus, lui-m√™me fils d'un consul sous L√©on Ier en 461[134]. C'est un √©l√©ment relev√© par Vincent Puech dans son analyse des √©lites de cette √©poque, qui connaissent r√©guli√®rement un certain renouvellement d'un empereur √† l'autre mais qui ne concerne jamais l'enti√®ret√© de ce corps social[135].

La question religieuse

Photo en couleur d'un dytique en ivoire.
L'Ivoire Barberini, diptyque en ivoire du VIe si√®cle repr√©sentant un empereur triomphant √† cheval, expos√© au mus√©e du Louvre. Longtemps, Anastase a √©t√© identifi√© comme le souverain repr√©sent√© mais l'hypoth√®se que ce soit plut√īt Justinien est de plus en plus retenue[136]

La controverse monophysite

Son règne est traversé par des révoltes et des guerres civiles, qui se fondent sur des divisions religieuses de plus en plus prononcées. Celles-ci parcourent le monde chrétien autour de l'enjeu de la nature du Christ. Plusieurs doctrines apparaissent. Elles mettent l'accent soit sur son caractère divin avec le monophysisme qui proclame que la nature divine a absorbé la nature humaine, soit sur son caractère humain (l'arianisme), alors que le concile de Chalcédoine professe le dyophysisme, soit la double nature. C'est le symbole de Chalcédoine. Ces controverses revêtent aussi un aspect politique et opposent des pouvoirs parfois concurrents, tant sur un plan théologique entre les différents patriarcats que temporel entre les souverains, sans compter les divergences linguistiques qui favorisent les interprétations différentes[137]. Certains rois barbares adoptent notamment l'arianisme, s'opposant ainsi directement à la foi officielle, associée à l'Empire.

Anastase est un tenant du monophysisme, surtout pr√©sent dans les provinces orientales et combattu par la papaut√©, notamment au travers du concile de Chalc√©doine de 451. L'empereur Z√©non avait choisi une voie m√©diane avec l'H√©notique, un texte r√©dig√© par Acace de Constantinople en vue d'apaiser les luttes entre les tenants et les d√©tracteurs du concile de Chalc√©doine qui a proclam√© que le divin et l'humain constituent ¬ę deux natures distinctes ¬Ľ du Christ contre les monophysites. C'est d'abord un texte de compromis qui s'abstient de discuter des points de friction mais permet d'affirmer les points de convergence des diff√©rents courants du christianisme[138]. Le patriarche Euph√©mius de Constantinople incite Anastase √† se faire le partisan de ce texte au moment de son accession au tr√īne, ce qui introduit imm√©diatement une franche hostilit√© entre les deux hommes. Anastase finit par le faire d√©poser en 496, apr√®s que le patriarche a convoqu√© un synode r√©affirmant son attachement √† l'H√©notique. L'empereur le fait passer pour un partisan de Longin et multiplie les entreprises contre lui. Il finit par r√©unir lui-m√™me un synode pour le d√©mettre de ses fonctions[139]. Il est remplac√© par Mac√©donius II, d'ob√©dience chalc√©donienne mais plus mod√©r√© et apte √† r√©tablir une certaine concorde avec les monophysites de plus en plus influents dans d'autres r√©gions de l'Empire[140].

Image d'une icone représentant Sévère d'Antioche.
Ic√īne copte du XIXe si√®cle repr√©sentant S√©v√®re d'Antioche, grande figure du monophysisme.

Durant les vingt premi√®res ann√©es de son r√®gne, Anastase maintient une stricte neutralit√© entre les deux camps. Dans l'ensemble, conscient des cons√©quences graves qu'auraient un soutien trop affirm√© au monophysisme, notamment dans la relation avec Rome, il joue l'apaisement[141]. Mais, avec l‚Äô√Ęge et devant l‚Äôagitation qui gagne la Syrie et la Palestine, ses sympathies monophysites se font plus √©videntes et, en 511, il fait d√©mettre le patriarche Mac√©donius II de Constantinople. Son successeur, Timoth√©e Ier, acquis aux th√®ses monophysites, convoque un synode en 515 qui condamne le concile de Chalc√©doine et contribue largement √† ce qu'un grand nombre de partisans de ce concile soient d√©mis de leurs charges cl√©ricales. D√®s 512, c'est le tour du patriarche d'Antioche, Flavien II soup√ßonn√© de nestorianisme d'√™tre cong√©di√© au profit de S√©v√®re d'Antioche, et en 516 celui du patriarche de J√©rusalem, √Člie Ier qui a refus√© de reconna√ģtre S√©v√®re[142]. Cependant, son successeur se garde de renoncer √† la foi chalc√©donienne dans une Palestine o√Ļ le monophysisme reste minoritaire[142]. Certaines figures hostiles √† Chalc√©doine s'imposent et influencent les choix d'Anastase, √† l'image du po√®te de Syrie, Philox√®ne de Mabboug, chef de file de l'opposition √† Flavien. Le successeur de ce dernier, S√©v√®re d'Antioche, devient l'un des grands th√©ologiens du monophysisme. En 508, il a rencontr√© l'Empereur et r√©dig√© √† son intention le Type d'Anastase, qui interpr√®te l'H√©notique dans un sens bien moins favorable aux th√®ses chalc√©doniennes, sans pour autant √™tre √©lev√© au rang d'√©dit imp√©rial[143]. Dans l'ensemble, le monophysisme a pour lui un dynamisme intellectuel aliment√© par des figures th√©ologiennes de premier ordre, ce qui explique le basculement progressif de la Syrie. A contrario, les d√©fenseurs du concile de Chalc√©doine souffrent souvent de l'accusation de nestorianisme et peinent √† faire des d√©cisions du concile quelque chose d'autre qu'un simple compromis[144]. Par ailleurs, Mischa Meier a √©mis l'hypoth√®se, dont il reconna√ģt lui-m√™me qu'elle est difficile √† objectiver, qu'Anastase a privil√©gi√© l'Orient √† tendance monophysite, plus riche et dynamique, mais menac√© par les Perses, sur un Occident jug√© moins strat√©gique pour la stabilit√© de l'Empire[145].

En √Čgypte, la situation est rendue plus complexe par l'existence d'un fort courant particulariste, qui conteste r√©guli√®rement les d√©cisions de Constantinople. Les autorit√©s religieuses, dont le patriarche d'Alexandrie, sont de plus en plus hostiles √† Chalc√©doine et sont marqu√©es par l'influence d√©terminante de Cyrille d'Alexandrie. Quand Dioscore II est intronis√© comme patriarche en 516 par les autorit√©s imp√©riales, la foule s'en prend au pr√©fet augustal, le gouverneur de la province, qu'elle massacre[146]. Les causes exactes de ce mouvement restent obscures, car Dioscore adh√®re au monophysisme, mais la population locale, de m√™me que les √©lites, ont pu protester contre une immixtion du pouvoir central dans leur organisation religieuse. La place de l'arm√©e, aux convictions chalc√©doniennes, est alors souvent contest√©e[Note 8], tandis qu'une p√©nurie d'huile d'olive a pu constituer un terreau fertile au soul√®vement[147] - [148].

Révolte de Vitalien

Ces oppositions th√©ologiques prennent parfois des tours plus violents avec la multiplication d'√©meutes dans diff√©rentes cit√©s, dont Antioche. Dans les r√©gions monophysites, les moines qui se r√©clament de Chalc√©doine sont parfois chass√©s ou remplac√©s, √† l'image du massacre de 350 moines chalc√©doniens venus se rendre en p√®lerinage sur la tombe de Saint Sim√©on le Stylite en 517[149]. √Ä Constantinople, ce sont plut√īt les sympathies monophysites trop ouvertement affich√©es par Anastase qui provoquent des √©meutes. Elles √©clatent notamment en 512, en r√©action √† l'usage du Trisagion monophysite dans la liturgie. Pendant plusieurs jours, des violences sont perp√©tr√©es au cŇďur m√™me de la cit√© imp√©riale, notamment au sein de l'Hippodrome de Constantinople, devenu un camp insurg√©. Anastase, abandonn√© par ses principaux ministres, se r√©fugie dans le quartier des Blachernes alors que la foule propose m√™me √† Ar√©obindus de devenir empereur mais celui-ci refuse. Dans l'ensemble, ce mouvement manque de coh√©sion et d'un v√©ritable chef pour parvenir √† renverser l'empereur[150]. Finalement, Anastase se rend dans la kathisma, la loge imp√©riale de l'Hippodrome, sans sa tenue imp√©riale et dans une posture de profonde humilit√©. Cette attitude d√©contenance les √©meutiers qui, impressionn√©s par l'acte de l'empereur, se soumttent √† lui. N√©anmoins, il ne change gu√®re sa politique et ses proches ministres, souvent directement contest√©s lors des √©v√©nements, en particulier le pr√©fet du pr√©toire Marinus et fait ex√©cuter les principaux instigateurs de la s√©dition[146] - [151].

D'autres soul√®vements interviennent d√®s 513, √† l'instigation de Vitalien, qui demande le r√©tablissement de Mac√©donius. Cette r√©volte, principalement religieuse, s'appuie aussi sur d'autres ressorts, notamment le m√©contentement des F√©d√©r√©s dont la solde n'est pas pay√©e et qui seraient alors sous le commandement de Vitalien[152] - [153]. En effet, Anastase refuse de leur fournir l'annone[154]. Rapidement, Vitalien prend le contr√īle des Balkans et masse une importante arm√©e qui se dirige vers Constantinople o√Ļ Anastase fait √©riger de grandes croix de bronze et baisse les imp√īts dans certaines provinces d'Asie proches de la capitale, comme la Bithynie, pour √©viter toute propagation de la r√©bellion[155]. Quand Vitalien arrive devant les murailles de Constantinople, Anastase ouvre des n√©gociations, qui portent sur le r√©tablissement de la foi promue par le concile de Chalc√©doine et le r√®glement des griefs qui concernent l'arm√©e de Thrace[156]. L'empereur parvient ais√©ment √† convaincre les officiers de Vitalien de sa bonne volont√©. Celui-ci, encourag√© au compromis par ses hommes, mais aussi vraisemblablement peu int√©ress√© par la perspective d'un coup d'√Čtat, accepte de se retirer sans combattre en M√©sie[157] - [158].

Cependant, Anastase ne se satisfait pas de cette situation et nomme un nouveau général, Cyrille, comme magister militum pour la Thrace, avec comme mission de traquer Vitalien. Ce dernier parvient à corrompre les soldats impériaux, s'empare de Cyrille à Odessus et l'exécute. Anastase riposte par l'envoi d'une grande armée, dirigée notamment par son neveu Hypace et, malgré une victoire initiale, concède une nouvelle défaite écrasante à l'automne 513. Vitalien est alors en position de force, s'empare d'un butin qui lui permet de gagner à sa cause l'essentielle des cités de la région[157]. En 514, il marche à nouveau sur Constantinople, accompagnée d'une grande flotte qui lui permet de menacer la cité impériale depuis la mer. Confronté à de nouvelles émeutes, Anastase choisit la voie de la négociation et parvient une nouvelle fois à un compromis. Vitalien est nommé magister militum pour la Thrace et reçoit d'importantes sommes d'argent, en particulier une rançon pour la libération d'Hypace, tandis qu'Anastase rétablit le trisagion issu du concile de Chalcédoine et la restauration des évêques déposés[159].

Pour autant, certaines des demandes de Vitalien peinent à être honorées, en particulier sa demande d'un nouveau concile et il se révolte une dernière fois à la fin de l'année 515. Il s'empare notamment de Sycae (aujourd'hui Galata) et menace directement Constantinople. Face à la réticence de ses principaux généraux à combattre Vitalien, Anastase nomme à la tête de son armée Marinus, un dignitaire peu expérimenté militairement mais qui vainc la flotte rebelle[Note 9]. Vaincu aussi sur terre, Vitalien doit encore se replier[160]. Anastase peut célébrer son succès par une procession religieuse jusqu'à une église dédiée à Saint Michel à Sosthenion, une pratique encore rare dans l'Empire byzantin en cas de succès impérial[161] - [162].

Ces r√©voltes de Vitalien illustrent plus largement les difficult√©s rencontr√© par Anastase avec certains g√©n√©raux, qui ne partagent absolument pas ses convictions monophysites. Ainsi, en 516, quand il convoque les √©v√™ques de l'Empire pour un synode, ceux d'Illyrie, une r√©gion chalc√©donienne, pr√©f√®rent ne pas s'y rendre de peur des repr√©sailles de soldats partisans de Chalc√©doine[163]. N√©anmoins, si Anastase ne pr√©cipite pas les choses pour r√©tablir l'unit√© avec Rome, il a conscience de l'influence grandissante de la papaut√©, y compris sur les terres imp√©riales, en particulier dans les Balkans. De ce fait, il tente d'ouvrir des n√©gociations √† la fin de sa vie, mais il se heurte √† l'intransigeance papale repr√©sent√©e par Hormisdas, qui occupe le Saint-Si√®ge depuis 514. Face √† ce qu'il con√ßoit comme une ing√©rence de la papaut√© dans les affaires de son Empire, il va jusqu'√† √©crire une lettre acrimonieuse au pape en 517 : ¬ę Vous pouvez vous opposer √† mes projets, r√©v√©rend seigneur. Vous pouvez m'insulter mais vous ne pouvez pas me commander ¬Ľ[164]. Ainsi, √† la mort d'Anastase, aucun nouveau concile n'a pu se tenir pour r√©tablir la concorde[142].

Lutte contre le paganisme

Anastase met fin aussi √† des pratiques anciennes issues de l'ancien culte imp√©rial, apparent√©es au paganisme. C'est notamment le cas des venationes, les c√©l√®bres jeux du cirque qui sont bannis en 499, m√™me s'ils semblent avoir subsist√© encore quelques d√©cennies, jusqu'√† la fin du consulat en 534, autant d'√©tapes qui marquent l'√©vanouissement progressif de tout un plan de la culture romaine antique[165]. Ainsi, en 502, il interdit aussi les pantomimes, souvent associ√©s aux c√©l√©brations des Dieux antiques[166]. Ces prohibitions visent aussi √† calmer les violences urbaines qui peuvent y √™tre associ√©es, notamment l'√©meute intervenue √† Constantinople en 501 √† l'occasion de spectacles de pantomimes[167]. Il fait aussi interdire les donations et legs qui serviraient √† entretenir des cultes pa√Įens[168].

Mort et succession

Photographie de la partie supérieure d'une pièce ouvragée en ivoire, représentant plusieurs personnages et une inscription latine.
Anastase représenté au centre, en haut du diptyque consulaire en l'honneur de Flavius Probus, son petit-neveu, élevé à la dignité consulaire en 517.

Il meurt le [169], √† l'√Ęge de quatre-vingt-huit ans. Les versions divergent sur les conditions de sa mort et les chroniqueurs se plaisent √† laisser planer le sc√©nario d'une vengeance divine, soit qu'Anastase ait sombr√© dans une crise de d√©mence, soit qu'il ait √©t√© foudroy√© comme l'aurait pr√©dit une proph√©tie. Il aurait d'ailleurs apport√© du cr√©dit √† celle-ci en faisant concevoir une salle souterraine pour s'en servir d'abri mais ne serait pas parvenu √† la rejoindre √† temps. Dans tous les cas, il para√ģt difficile de souscrire √† ces r√©cits romanc√©s[170]. Il est enterr√© dans la n√©cropole imp√©riale de l'√©glise des Saints-Ap√ītres de Constantinople, aux c√īt√©s d'Ariadn√®, morte en 515. Un chroniqueur byzantin largement ult√©rieur, Nicolas M√©sarit√®s, √©crit que son tombeau en marbre imite l'arche de No√©, dans l'attente d'un prochain d√©luge[130]. Cela fait √©cho aux tendances eschatologiques qui existent √† l'√©poque du r√®gne d'Anastase et que Meier a nettement soulign√©es. Sans descendance puisque son seul fils meurt lors de son r√®gne, il a trois neveux (Hypace, Flavius Pompeius et Flavius Probus) qui ont occup√© d'importantes fonctions sous son r√®gne et pourraient pr√©tendre au tr√īne, mais aucun n'a √©t√© officiellement nomm√©[Note 10]. La succession d'Anastase reproduit quelque peu le sc√©nario de sa propre accession au tr√īne avec des rivalit√©s palatines qui aboutissent √† la nomination comme empereur de Justin Ier, g√©n√©ral sous Anastase et alors commandant de la garde imp√©riale, les Excubites. Pour autant, l'entourage familial d'Anastase, notamment ses neveux et ni√®ces, garde une importante influence sur la cour byzantine durant les d√©cennies √† venir, √† l'image d'Hypace, bri√®vement pr√©tendant au tr√īne lors de l√† s√©dition Nika en 532 contre Justinien[171].

Historiographie

Carte de l'Empire bysantin en 565.
Carte de l'Empire byzantin à la mort de Justinien en 565, dont les conquêtes (principalement l'Italie et l'Afrique du Nord) sont en partie rendues permises par les efforts de consolidation de l'Empire par Anastase.

Le r√®gne d'Anastase Ier, en d√©pit de sa longueur, a parfois √©t√© mis au second plan des recherches historiques. L'historien allemand Mischa Meier d√©plore ainsi que cet empereur ¬ę fut pratiquement inconnu jusqu'√† pr√©sent et trop longtemps n√©glig√© par la recherche moderne ¬Ľ[172]. Il souffre d'abord des jugements parfois n√©gatifs des historiens de son √©poque, comme en t√©moigne l'affirmation de Malalas selon laquelle il p√©rit du fait d'un orage, symbole de la col√®re divine due √† sa d√©fense du monophysisme. En outre, quelque peu √©clips√© par la chute de l'Empire d'Occident quelques ann√©es plus t√īt et l'√©pop√©e justinienne quelques ann√©es plus tard, il s'int√®gre dans une p√©riode, l'Antiquit√© tardive, qui a parfois √©t√© consid√©r√©e comme d√©cadente[Note 11]. Louis Br√©hier est assez partag√© sur le bilan d'Anastase. S'il lui reconna√ģt ses r√©alisations int√©rieures, il lui reproche sa politique religieuse, principal grief port√© √† son encontre : ¬ę Apr√®s avoir donn√© aux monophysites des positions inexpugnables qui rendaient toute conciliation impossible, il laissait l'Empire en proie √† des divisions irr√©m√©diables et menac√© d'une guerre civile ¬Ľ[173]. C'est un constat souvent partag√© d'une action religieuse aux r√©sultats contrast√©s dans un Empire tiraill√© par des convictions divergentes. Georg Ostrogorsky est lui aussi assez critique √† son √©gard, consid√©rant que son r√®gne ¬ę ne fut qu'une succession de r√©voltes et de guerres civiles, sans compter que les m√©thodes s√©v√®res de son administration alimentaient √† souhait le m√©contentement ¬Ľ[174].

La majeure partie des historiens actuels ont r√©√©valu√© son action pour en faire un acteur cl√© de la stabilisation de l'Empire d'Orient encore jeune. Ernst Stein note que ¬ę l'on pourrait facilement compter Anastase parmi les plus grands empereurs si sa politique religieuse ne s'√©tait r√©v√©l√©e tr√®s pr√©judiciable aux int√©r√™ts de l'√Čtat ¬Ľ[175]. Des ouvrages r√©cents, comme celui de Mischa Meier, ont mis l'accent sur son entreprise r√©formatrice et son action en mati√®re de politique √©trang√®re. Il le voit comme un homme conscient des √©volutions fondamentales de son temps et de l'av√®nement d'une √©poque nouvelle en Occident, o√Ļ des royaumes barbares ont pris la place de Rome et avec lesquels il faut d√©sormais composer[176]. Dans la biographie qu'elle lui consacre, Fiona Haarer souligne son action coh√©rente dans diff√©rents domaines, qui contribuent √† la mise en place de sp√©cificit√©s proprement byzantines dans un monde romain en transition. Elle contribue aussi √† relativiser les m√©rites souvent attribu√©s √† Z√©non par des sources qui lui sont favorables, au profit de l'Ňďuvre restauratrice d'Anastase[177].

Dans sa biographie de Justinien, Georges Tate loue l'action d'Anastase. Il estime que celui-ci, premier dirigeant d'un Empire romain d√©sormais oriental, est parvenu √† en pr√©server la stabilit√© int√©rieure et √† ne pas se consommer dans des guerres sans fin avec les nombreux ennemis de l'Empire, se bornant √† en d√©fendre les fronti√®res. Par ses r√©formes et sa politique fiscale, il laisse √† ses successeurs un Empire solide et qui demeure la premi√®re puissance r√©gionale. Par bien des aspects, les historiens estiment qu'il a donn√© les moyens √† Justinien de mener sa politique ambitieuse. En revanche, le maintien de dissensions religieuses profondes est √† mettre au passif d'Anastase dont l'intransigeance est parfois critiqu√©e. C'est l√† le sympt√īme d'une chr√©tient√© qui, th√©oriquement amen√©e √† √™tre sous l'autorit√© d'un seul Empire, est en r√©alit√© d√©j√† divis√©e au sein m√™me de celui-ci[178]. C√©cile Morrisson quant √† elle, tout en soulignant le contexte favorable de l'action d'Anastase dans un cadre g√©opolitique plut√īt calme, estime que les comp√©tences fiscales d'Anastase ¬ę eurent d'heureux r√©sultats ¬Ľ[179]. Dans l'ensemble, ce r√īle de stabilisation de l'Empire d'Orient constitue le legs le plus durable d'Anastase[180].

Notes et références

Notes

  1. L'essentiel des sources (Zacharie le Rh√©teur, Marcellinus Comes ou Th√©odore le Lecteur) le font mourir √† 88 ans mais Jean Malalas √©voque un √Ęge de 90 ans et cinq mois.
  2. Le nom de son p√®re n'est pas certain. Un neveu et deux des petits-neveux d'Anastase portent ce nom, ce qui laisse sugg√©rer que leur grand-p√®re et arri√®re-grand-p√®re se nomme Pompeius car c'est une pratique courante de r√©percuter le nom d'un a√Įeul chez ses descendants. Dans tous les cas, les sources ne s'attardent gu√®re sur le p√®re d'Anastase, ce qui pourrait signifier qu'il n'a qu'un r√īle mineur, tandis que plusieurs chroniqueurs √©voquent une parent√© tr√®s hypoth√©tique avec Pomp√©e[15]
  3. Cet aspect doit se lire au prisme de la place de plus en plus grande de la religion dans les c√©r√©monies d'investiture imp√©riale. Voir Vincent Puech, ¬ę La christianisation du c√©r√©monial imp√©rial dans l'Antiquit√© tardive ¬Ľ, dans Le Prince chr√©tien de Constantin aux royaut√©s barbares (IVe‚ÄČ‚Äď‚ÄČVIIIe si√®cle), Coll√®ge de France - Institut d'√©tudes byzantines, , 227-245 p. (lire en ligne).
  4. Il semble que ce soit vers cette √©poque qu'un tribut annuel commence √† √™tre pay√© aux Tzanes pour maintenir la paix. Voir (en) Emanuele E. Intagliata, ¬ę Rome and the Tzani in late antiquity: a historical and archaeological review ¬Ľ, Anatolian Studies, vol. 68,‚Äé , p. 131-150.
  5. L'annone √©voqu√©e ici est l'imp√īt en nature qui contribue √† l'√©quipement et au ravitaillement de l'arm√©e et non l'annone comme distribution de bl√© dans la capitale.
  6. Cette réforme a fait l'objet de nombreux commentaires sur le sens à lui donner. Pour des auteurs comme Karayannopoulos ou His ((de) R. His, Die Domänen der römischen Kaiserzeit, Leipzig, , p. 21-28), il s'agit d'une forme de privatisation du fisc car si les revenus du patrimoine lui sont affectés, les biens associés restent du domaine privé mais Delmaire rejette cette idée.
  7. Des monnaies byzantines du règne d'Anastase ont été retrouvées en Asie centrale, en particulier en Sogdiane et jusqu'en Chine, qui témoignent des relations commerciales de l'époque. Il pourrait aussi s'agir de pièces issues de la somme versée par Anastase à Kavadh et utilisées ensuite jusqu'aux confins de l'Empire perse[119]
  8. Dès 509, des émeutes éclatent entre les partisans de Jean II d'Alexandrie et les troupes du général Dagalaifus.
  9. Selon Jean Malalas, il aurait fait usage d'une substance similaire à du feu grégeois, apparu plus tardivement, ce qui rend cette affirmation douteuse ((en) James Riddick Partington, A History of Greek Fire and Gunpowder, Johns Hopkins University Press, (ISBN 0-8018-5954-9), p. 5.).
  10. Seule la chronique anonyme dite Anonymus Valesianus évoque une histoire certainement romancée, dans laquelle Anastase aurait hésité entre les trois hommes. Pour les départager, il leur aurait demandé de venir s'asseoir sur trois sièges et, en dessous de l'un d'eux, un message ferait de son détenteur l'héritier mais deux de ses neveux choisissent de s'asseoir sur le même siège, en laissant un vacant, destiné justement à l'héritier. Il aurait alors affirmé que la prochaine personne à pénétrer dans la pièce serait vouée à lui succéder et Justin serait entré.
  11. L’idée d’une décadence de la civilisation romaine est exposée dans deux ouvrages célèbres, les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence de Montesquieu en 1734 et, en 1776, le Decline and fall of the Roman Empire d’Edward Gibbon.

Références

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  1. Un ouvrage √©lectronique √©tant parfois d√©pourvu de pagination, l'emplacement de la r√©f√©rence est donn√© par ces membres de phrases, qui sont ais√©ment recherchables. ¬ę La pr√©f√©rence donn√©e [‚Ķ] dans une situation excellente ¬Ľ .
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  • Divers
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  6. Sur ces textes, voir notamment la traduction française d'Alain Chauvot (Alain Chauvot, Procope de Gaza, Priscien de Césarée. Panégyriques de l'empereur Anastase Ier. Textes traduits et commentés, Rudolf Habelt, (lire en ligne))
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  22. Tous les historiens ne sont pas d'accord avec la r√©alit√© de cette exigence patriarcale. Voir (de) Ralph Johannes Lilie, ¬ę Die Kr√∂nung des Kaisers Anastasios ¬Ľ, Byzantinoslavica, vol. 56,‚Äé , p. 3-12
  23. Sur le c√©r√©monial du couronnement, voir notamment Audrey Becker, ¬ę Dieu et le couronnement des empereurs protobyzantins ¬Ľ, dans Les Dieux et le pouvoir - Aux origines de la th√©ocratie, Presses universitaires de Rennes, , 143-156 p. (lire en ligne).
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  37. Sur cette muraille, voir notamment (en) J. Crow et A. Ricci, ¬ę Investigating the hinterland of Constantinople: interim report on the Anastasian Long Wall ¬Ľ, Journal of Roman Archaeology, vol. 10,‚Äé , p. 253-288.
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  47. Sur ce d√©bat, voir par exemple (en) Ralph Mathisen, ¬ę Clovis, Anastasius, and Political Status in 508 C.E.: The Frankish Aftermath of the Battle of Vouill√© ¬Ľ, dans The Battle of Vouill√© - Where France Began, De Gruyter, , 79-110 p. (lire en ligne).
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  105. Voir par exemple Manojlovic qui voit en Anastase un repr√©sentant des Verts (G. Manojlovic, ¬ę Le peuple de Constantinople ¬Ľ, Byzantion,‚Äé , p. 658 et suiv.)
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  110. Voir à ce sujet l'ouvrage qu'il consacre à ce personnage : (en) Alan Cameron, Porphyrius the Charioteer, Oxford, Clarendon Press, .
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Annexes

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