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Puncak Jaya

Le Puncak Jaya ou pyramide Carstensz est une montagne d'Indon√©sie situ√©e sur l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e, dans la province de Papouasie centrale. Ses 4 884 m√®tres d'altitude font de cette montagne le point culminant de l'Indon√©sie et de l'Oc√©anie, ce qui l'inscrit dans la cat√©gorie des sept sommets, et place la Nouvelle-Guin√©e en premi√®re position dans le classement des √ģles par altitude. D√©couverte par le N√©erlandais Jan Carstenszoon en 1623, la montagne n'est approch√©e qu'au d√©but du XXe si√®cle et n'est gravie qu'en 1962 en raison de sa relative inaccessibilit√©. La pr√©sence du Puncak Jaya dans la liste des sept sommets attire cependant de nombreux alpinistes d√©sireux de gravir les points culminants des sept continents. Le Puncak Jaya et les sommets voisins sont un des rares endroits √† pr√©senter des glaciers sous des latitudes √©quatoriales. Ces quelques glaciers, dont le glacier Carstensz, qui s'√©tend sur la face orientale du Puncak Jaya, sont les restes d'une calotte glaciaire beaucoup plus importante, qui a commenc√© √† r√©gresser √† la fin de la derni√®re p√©riode glaciaire, il y a 12 000 ans. Inclus dans le parc national de Lorentz, le Puncak Jaya est situ√© √† proximit√© de la mine de Grasberg, une mine √† ciel ouvert constituant un des plus importants gisements d'or et de cuivre au monde.

Puncak Jaya
Vue de la face nord du Puncak Jaya.
Vue de la face nord du Puncak Jaya.
Géographie
Altitude 4 884 m[1] - [2] - [3]
Massif Cha√ģne de Sudirman[4] - [5]
(monts Maoke)
Coordonn√©es 4¬į 04‚Ä≤ 44‚Ä≥ sud, 137¬į 09‚Ä≤ 34‚Ä≥ est[6]
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Province Papouasie centrale
Kabupaten Mimika
Ascension
Première par Heinrich Harrer, Albert Huizenga, Russell Kippax et Philip Temple[6] - [3]
Voie la plus facile Voie Normale (Voie Harrer)[4] - [7]
Géologie
√āge Roches : Mioc√®ne[8] - [9]
Montagnes : Pliocène[10]
Roches Calcaires[8] - [9] - [11]
Type Volet synclinal perché
Géolocalisation sur la carte : Indonésie
(Voir situation sur carte : Indonésie)
Puncak Jaya
Géolocalisation sur la carte : Moluques et Nouvelle-Guinée occidentale
(Voir situation sur carte : Moluques et Nouvelle-Guinée occidentale)
Puncak Jaya

Toponymie

Lorsque la montagne est d√©couverte par les explorateurs n√©erlandais qui allaient ensuite coloniser ce qui deviendra l'Indon√©sie, elle est baptis√©e Carstenzpiramide en n√©erlandais[4], en fran√ßais ¬ę pyramide Carstensz ¬Ľ, en l'honneur du navigateur n√©erlandais Jan Carstenszoon, commandant de la premi√®re exp√©dition europ√©enne √† l'avoir vue[1]. Il existe de nombreuses variantes de toponymie, toutes erron√©es, bas√©es sur Carstensz Pyramid, le nom en anglais de la montagne, et qui sont Karstens Pyramid, Carstens Pyramid, Carstenz Pyramid, Carstenzs Pyramid, Carstesz Pyramid, Carstes Pyramid, Carstez Pyramid, Karstensz Pyramid, Karstenz Pyramid, Karstesz Pyramid, Karstes Pyramid, y compris avec la variante Piramid[1].

Apr√®s la reconnaissance de l'ind√©pendance de l'Indon√©sie le [12], la partie occidentale de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e reste sous contr√īle des N√©erlandais[3] - [13]. Ce n'est que le et apr√®s deux ans d'affrontements arm√©s que la Nouvelle-Guin√©e n√©erlandaise est int√©gr√©e √† l'Indon√©sie[3] - [13]. La montagne est alors rebaptis√©e Puncak Soekarno[14] en indon√©sien en l'honneur du premier pr√©sident de l'Indon√©sie, tandis que les communistes adoptent le nom de Puncak Jaya, en fran√ßais ¬ę Pic de la Victoire ¬Ľ[1] - [6] - [15]. De ce dernier nom appara√ģtront des formes erron√©es telles que Puncak Jaja ou Puncak Jaia[1].

Actuellement, les noms de ¬ę Puncak Jaya ¬Ľ et ¬ę pyramide Carstensz ¬Ľ sont utilis√©s indiff√©remment bien que les alpinistes semblent pr√©f√©rer la derni√®re forme[1] - [2] - [6]. Puncak Jaya Kesuma[1], Puncak Jayakesuma[2], Jaya Kesuma[1], Jayakesuma[16], Mount Jayakesumu[17], Puntiak Djaja[18], Puncak Djaja, Punjak Jaya soit en fran√ßais ¬ę pic Jaya ¬Ľ[14], Mount Carstensz[4] - [6] - [17], Carstensz Toppen[17], Carstensz Pyramida[17], Gunung Jaya[19] soit en fran√ßais ¬ę mont Jaya ¬Ľ[19], Peak Sukarno[17] et Gunung Sukarno[20] sont aussi des variantes utilis√©es. En amung (appel√©e aussi damal[21]), la langue des Amungme, un des groupes papous vivant dans la cha√ģne de Sudirman, la montagne est appel√©e Nemangkawi[20].

Le nom de Puncak Jaya est parfois utilis√© pour nommer le Nga Pulu qui se situe √† proximit√©[1] - [17]. En effet, cette montagne est consid√©r√©e par certains Indon√©siens comme le point culminant de leur pays en lieu et place du Puncak Jaya, alors qu'elle culmine officiellement √† 4 862 m√®tres d'altitude, soit 24 m√®tres de moins que le Puncak Jaya[1]. Une autre montagne actuellement non nomm√©e et situ√©e √† 500 m√®tres √† l'ouest du Nga Pulu, soit au nord-est du Puncak Jaya[2], est elle aussi parfois appel√©e ¬ę Puncak Jaya ¬Ľ[17].

Géographie

Localisation

Carte topographique de la région du Puncak Jaya.

Le Puncak Jaya est situ√© dans l'ouest de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e ce qui l'inclut dans l'Oc√©anie[1] - [6]. Il fait partie de la cha√ģne de Sudirman[4] - [8], un des massifs des monts Maoke qui parcourent le centre de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e d'est en ouest[6] - [5]. Il n'est distant que de quatre-vingts kilom√®tres √† vol d'oiseau de la mer d'Arafura situ√©e au sud[5] - [9] - [15].

Le Puncak Jaya est entour√© par la plaine m√©ridionale de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e au sud[17], par la cha√ģne des Explorateurs au sud-est et par la cha√ģne Hens au nord[22] - [23]. Les sommets les plus proches sont le Carstensz Oriental et le pic Wollaston √† l'est-sud-est, le Nga Pulu √† l'est-nord-est, le Grasberg et le Ngga Pilimsit au nord-ouest[24], le Platen Spitz au sud-ouest et le mont Vennus au sud[22] - [25]. La mine de Grasberg, une des plus importantes mines d'or au monde, se situe √† environ cinq kilom√®tres √† vol d'oiseau du Puncak Jaya en direction du nord-ouest et la ville la plus proche, Tembagapura, est situ√©e √† une dizaine de kilom√®tres √† vol d'oiseau vers le sud-ouest[25].

Administrativement, la montagne se situe dans l'est de l'Indonésie, dans la province de Papouasie centrale et dans l'est du kabupaten de Mimika, non loin des kabupaten de Puncak Jaya qui se situe au nord, de Jayawijaya au nord-est et de Merauke au sud-est[1].

Topographie

Image satellite montrant le Puncak Jaya (au centre) et la mine de Grasberg en 2005.

L'altitude du Puncak Jaya est encore sujette √† d√©bat. Officiellement, il culmine √† 4 884 m√®tres[2] - [5] - [6] mais certaines sources comme les cartes de navigation a√©rienne australiennes ou des atlas mentionnent des altitudes de 5 020 m√®tres[18], 5 030 m√®tres[1] - [19] ou encore 5 039 m√®tres[14]. L'exp√©dition australienne du d√©but des ann√©es 1970 qui a effectu√© la premi√®re cartographie des environs du Puncak Jaya avec des instruments modernes a obtenu une altitude de 4 883,87 m√®tres pour le Puncak Jaya[26]. Du fait de sa pro√©minence, le Puncak Jaya est le plus haut sommet entre l'Himalaya et les Andes en passant par l'oc√©an Pacifique[4] - [6]. Le sommet plus √©lev√© le plus proche est le mont enneig√© Yulong qui se trouve √† 5 262 kilom√®tres √† vol d'oiseau en direction du nord-ouest, en Chine, dans le Yunnan[6], et qui culmine √† 5 596 m√®tres d'altitude[27].

Le sommet du Puncak Jaya est constitu√© d'une masse rocheuse formant une falaise de 500 √† 600 m√®tres de hauteur[1] qui domine le glacier Carstensz de 300 m√®tres[15]. Tandis que la base de cette falaise pr√©sente une inclinaison de seulement 10 √† 15¬į, les quatre-vingts derniers m√®tres sont quasiment √† la verticale et en surplomb, formant alors une corniche[1].

Hydrographie

Carte animée montrant le recul de la calotte glaciaire du Puncak Jaya au cours de la période 1850-2003.

Le Puncak Jaya et les sommets avoisinants constituent un des rares endroits au monde o√Ļ des glaciers sont situ√©s sous des latitudes proches de celle de l'√©quateur[1]. En plus du Puncak Jaya, c'est le cas du Puncak Mandala, du Nga Pulu et du Ngga Pilimsit, eux aussi situ√©s sur l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e[2] - [15] - [17] - [28], du Kilimandjaro, du Rwenzori et du mont Kenya en Afrique et des Andes √©quatoriennes en Am√©rique du Sud[29]. Un autre glacier existait en Nouvelle-Guin√©e sur le Puncak Trikora mais il a enti√®rement fondu entre 1939 et 1962[15] - [28]. Reliques de l'ancienne calotte glaciaire qui s'√©tendait sur 863 km2 il y a 15 000 ans[30], les glaciers couvrant les pentes du Puncak Jaya et des sommets voisins ne mesuraient plus qu'environ km2 au d√©but des ann√©es 1970[31] et 2,1 km2 en 2002[32] - [33]. Parmi ces glaciers, les deux √† √™tre des glaciers de vall√©e sont le glacier Carstensz qui s'√©tend √† l'est du Puncak Jaya et le glacier Meren qui se trouvait sur la face sud-ouest du Nga Pulu mais qui a enti√®rement fondu √† la fin du XXe si√®cle[32] - [33].

Le Puncak Jaya alimente un seul bassin versant, celui donnant sur la mer d'Arafura située à environ quatre-vingts kilomètres à vol d'oiseau au sud[15] - [22] par l'intermédiaire de deux fleuves : l'Otomona et l'Otokwa[2] - [25]. Le versant nord du Puncak Jaya alimente la rivière Aghawagon qui prend sa source aux pieds des glaciers Carstensz dans la vallée Jaune et de Meren dans la vallée du même nom[25]. Cette rivière forme la rivière Otomona Est en rejoignant la rivière Wanagon[25]. Le fleuve Otomona est ensuite formé de la confluence des rivières Otomona Est et Ouest[2] - [25]. Le versant sud du Puncak Jaya donne quant à lui sur la rivière Nasura qui alimente le fleuve Otokwa via la rivière Tsing[22] - [25] - [34].

Géologie

Image satellite montrant le Puncak Jaya et les glaciers ainsi que la mine de Grasberg.

La formation des monts Maoke auxquels appartient le Puncak Jaya est la cons√©quence de la collision entre la plaque australienne situ√©e au sud et la plaque Maoke situ√©e au nord[35]. La surrection de ces montagnes aurait d√©but√© √† la fin du Plioc√®ne, il y a environ dix millions d'ann√©es[11], lorsque des terrains s√©dimentaires compos√©s de calcaires, de marnes et de gr√®s[11] datant du Jurassique ont commenc√© √† se d√©former[10]. Ces d√©formations seraient encore √† l'Ňďuvre et se traduiraient par des mouvements essentiellement horizontaux au niveau du Puncak Jaya[10]. Dans le secteur du Puncak Jaya, cette collision s'est traduite par la prise en √©tau de terrains qui se sont retrouv√©s comprim√©s et soulev√©s, formant alors le massif compos√© du Puncak Jaya et des sommets voisins[8]. Sous la pression, ces terrains se sont d√©form√©s avec l'apparition de structures g√©ologiques pseudo-parall√®les orient√©es selon un axe sud-sud-est/nord-nord-ouest[8]. De l'ext√©rieur du massif vers l'int√©rieur se succ√®dent une faille, une falaise, un synclinal et un anticlinal dispos√©s de mani√®re pseudo-sym√©trique[8]. Le sommet du Puncak Jaya se trouve √† la limite sud de ces structures et constitue une pro√©minence de la falaise qui le relie au Carstensz Oriental[8] - [25]. Superpos√© √† ces structures tectoniques se rajoute un pluton ayant entra√ģn√© un m√©tamorphisme, situ√© √† l'ouest du Puncak Jaya, √† l'emplacement des mines de Grasberg et d'Ertsberg[8] et mis en place au Plioc√®ne[36].

Les roches formant le sommet du Puncak Jaya sont des calcaires très résistants[3] - [8] - [11] - [28] ce qui est confirmé par les alpinistes l'ayant gravi qui parlent d'une roche aussi dure que le verre[1]. Ces calcaires datant du Miocène[8] - [9] peuvent former des reliefs karstiques, notamment à l'est du Puncak Jaya[22] - [11]. Le relief a été modelé par l'érosion, notamment glaciaire[8] - [17]. Ces glaciers ont creusé des vallées glaciaires telles que les vallées Jaune et de Meren, des ombilics glaciaires tels que les prairies de Carstensz, des moraines, des cirques et des pics[8]. De cette calotte glaciaire qui a commencé à régresser à la fin de la dernière période glaciaire, il ne reste plus que les petits glaciers qui se trouvent sur le Puncak Jaya, le Carstensz Oriental, le Nga Pulu et le Ngga Pilimsit[8].

Climat

Du fait de sa latitude proche de l'équateur, le climat présent en Nouvelle-Guinée est de type équatorial et dominé par l'influence de la zone de convergence intertropicale[37]. Cette zone est caractérisée par de forts mouvements convectifs de l'atmosphère induits par la convergence des alizés en provenance des hémisphères nord et sud[37]. Cette zone de convergence intertropicale subit une faible saisonnalité et se trouve au-dessus de la Nouvelle-Guinée lors de l'hiver dans l'hémisphère nord. Le Puncak Jaya influence aussi grandement le climat local en raison de son altitude d'une part mais aussi de la topographie, contribuant ainsi à créer un microclimat[37].

Ainsi, tandis que les plaines et les contreforts des monts Maoke sont soumis √† un climat typiquement √©quatorial caract√©ris√© par des temp√©ratures √©lev√©es et une forte pluviom√©trie r√©partie tout au long de l'ann√©e[9], le Puncak Jaya et les sommets environnants connaissent une influence montagnarde typique des hauts sommets situ√©s aux latitudes proches de l'√©quateur[37] - [38] - [39]. Ce microclimat pr√©sente certaines caract√©ristiques communes au climat √©quatorial des basses altitudes comme une faible variabilit√© annuelle des temp√©ratures[40] de l'ordre de 0,5 ¬įC[28] et une forte pluviom√©trie, mais il se diff√©rencie par une variabilit√© saisonni√®re dans la r√©partition des pr√©cipitations et l'ensoleillement[28] - [41] - [42]. Ces pr√©cipitations conna√ģtraient ainsi un maximum annuel entre fin-d√©cembre et fin-mars par extrapolation des mesures effectu√©es au mont Wilhelm situ√© en Papouasie-Nouvelle-Guin√©e[43]. Le taux √©lev√© d'humidit√© atmosph√©rique, 88 % en moyenne et jusqu'√† 100 %[42], entretenu par les fortes temp√©ratures et la proximit√© de la mer d'Arafura situ√©e √† environ quatre-vingts kilom√®tres √† vol d'oiseau[9] expliquent cette relative constance annuelle des temp√©ratures[41]. La convection provoqu√©e par les masses d'airs chaudes et humides en provenance du sud et butant contre les monts Maoke sont √† l'origine de la formation de nombreux nuages qui d√©versent leur humidit√© sur les flancs du Puncak Jaya sous la forme de pluie mais aussi de neige[41] - [43]. Cette pluviom√©trie, qui atteint 5,5 m√®tres par an en dessous de 3 500 m√®tres d'altitude, est sensiblement du m√™me ordre de grandeur √† haute altitude[41] - [38] - [44]. Il pleut ainsi plusieurs heures par jour m√™me √† haute altitude[3], g√©n√©ralement de la fin de la matin√©e ou du d√©but de l'apr√®s-midi jusqu'√† la fin de la nuit[5] - [9] - [17] - [38] - [45]. Ces pr√©cipitations peuvent se faire sous forme de neige lorsque les temp√©ratures deviennent n√©gatives, comme c'est souvent le cas la nuit[3] - [9] - [38]. Cette couche de neige atteint des √©paisseurs entre quinze et trente centim√®tres au petit matin[7] mais fond rapidement au cours de la journ√©e, notamment lorsque la neige laisse place √† la pluie[38] - [46].

L'absence de donn√©es m√©t√©orologiques pr√©cises est due √† l'inexistence de station m√©t√©orologique dans le secteur du Puncak Jaya et plus particuli√®rement √† tr√®s haute altitude[47] - [48]. Les chiffres les plus pr√©cis ont √©t√© obtenus lors des Carstensz Glaciers Expeditions qui ont install√© des instruments de mesure la premi√®re fois entre les mois de d√©cembre et mars et la seconde fois en f√©vrier[47] ainsi que par des alpinistes qui ont relev√© ponctuellement des temp√©ratures[38]. Ainsi, si les temp√©ratures peuvent varier de 12 √† 37 ¬įC la journ√©e avec une hausse rapide lorsque le soleil se l√®ve[40], elles peuvent descendre √† ‚ąí8 ¬įC au camp de base √† 4 300 m√®tres d'altitude et jusqu'√† ‚ąí10 ¬įC au sommet du Puncak Jaya[38]. Ces temp√©ratures pr√©sentent une moyenne quotidienne variant entre 2,5 ¬įC et 6,5 ¬įC entre les mois de d√©cembre et mars, chiffres √† g√©n√©raliser √† l'ensemble de l'ann√©e en raison de leur faible variabilit√©[40].

Le vent, qui est généralement faible avec une moyenne légèrement supérieure à deux mètres par seconde et un maximum à quatre mètres par seconde, présente une variabilité nycthémérale[42]. Le jour, les vents sont anabatiques en s'élevant depuis le fond des vallées vers les sommets le long des parois de la montagne, tandis que la nuit, le phénomène a tendance à s'inverser pour donner une circulation catabatique avec des vents se dirigeant vers les vallées depuis les sommets[42]. Ce régime de brise de montagne, combiné aux autres facteurs atmosphériques et à l'altitude, augmente la rapidité du changement du temps si bien qu'au cours d'une même ascension, les alpinistes peuvent être confrontés au soleil, à la pluie et à la neige[38].

Faune

Graphium weiskei, une des cinq espèces de papillons présentes à proximité du Puncak Jaya.

Les plus hauts sommets des monts Maoke √©tant int√©gralement entour√©s d'une for√™t pluviale, les esp√®ces montagnardes vivant sur les plus hauts sommets de cette cha√ģne de montagne dont le Puncak Jaya pr√©sentent de fortes diff√©rences avec celles vivant √† plus basse altitude[39]. Ainsi, les esp√®ces du sommet du Puncak Jaya sont plus fortement apparent√©es aux esp√®ces vivant dans les r√©gions temp√©r√©es des h√©misph√®res nord et sud que celles vivant √† quelques dizaines de kilom√®tres dans les plaines de Nouvelle-Guin√©e[39].

Aucune exp√©dition scientifique men√©e dans le but d'inventorier la faune du Puncak Jaya n'a eu lieu si bien que les connaissances actuelles sont parcellaires[49]. En ce qui concerne les invert√©br√©s, les seuls recens√©s sont cinq esp√®ces de papillons, un Angonix, Deilephila dohertyi, Graphium weiskei, Leistera pulchristrigata et Tiracola rufimargo, retrouv√©s sur le glacier Meren mais vraisemblablement emport√©s accidentellement par le vent car en √©tat de l√©thargie avanc√©e[49]. Le seul reptile trouv√© est un individu du genre Lobulia captur√© √† 4 050 m√®tres d'altitude[49]. Les oiseaux sont plus nombreux car 26 esp√®ces ont √©t√© recens√©es dont les plus fr√©quentes sont la caille de montagne, le merle des √ģles, le m√©liphage de MacGregor, la paramythie hupp√©e, le pipit de Nouvelle-Guin√©e et le miro des rochers, huit nomades et migratoires et trois, la colombine d'√Čtienne, l'h√©miprocn√© √† moustaches et un martin-chasseur, qui vivent habituellement en environnement tropical[49] - [50]. En ce qui concerne les mammif√®res, vingt esp√®ces ont √©t√© r√©pertori√©es soit par observation, soit par capture, soit par identification d'ossements[50]. Il s'agit de dix esp√®ces de marsupiaux, le dendrolague unicolore, le pademelon √† queue courte, le possum pygm√©e √† longue queue, le pygm√©e √† queue z√©br√©e, une nouvelle esp√®ce de thylogale, le Dasyure tachet√©, Microperoryctes longicauda, un Phalanger, Pseudochirops cupreus et Dasyurus albopunctatus, de huit esp√®ces de rongeurs, Baiyankamys habbema, Hyomys goliath, Mallomys rothschildi, Paramelomys rubex, Coccymys ruemmleri, Rattus niobe, Rattus richardsoni et d'une esp√®ce non identifi√©e, d'une esp√®ce d'√©chidn√©, l'√©chidn√© √† longue trompe, ainsi qu'une esp√®ce de canid√©, le chien[51] - [52] - [53]. La majorit√© de ces esp√®ces ne sont toutefois plus pr√©sentes √† ces altitudes √©lev√©es non pas en raison de changements climatiques ou d'un changement du biotope, mais vraisemblablement sous la pression de la chasse pratiqu√©e depuis 5 000 ans dans les pelouses alpines du Puncak Jaya, ainsi qu'en raison de l'arriv√©e de nouveaux pr√©dateurs repr√©sent√©s par le chien[54].

Flore

Esp√®ce du genre Nepenthes sur les contreforts des monts Maoke √† proximit√© du Puncak Jaya √† environ 2 600 m√®tres d'altitude.

De m√™me que pour la faune, la flore pr√©sente sur le Puncak Jaya comme sur les autres sommets des monts Maoke est plus apparent√©e aux esp√®ces des r√©gions temp√©r√©es des h√©misph√®res nord et sud que celles des for√™ts pluviales de Nouvelle-Guin√©e[39]. Du fait de l'√Ęge relativement r√©cent des monts Maoke, les √©cosyst√®mes montagnards pr√©sents autour du Puncak Jaya ont d√Ľ se constituer en seulement quelques millions d'ann√©es ce qui se traduit par une flore peu diversifi√©e et montrant une faible sp√©ciation par rapport √† des √©cosyst√®mes similaires mais situ√©s en zones temp√©r√©es[10]. N√©anmoins, une dizaine d'esp√®ces sont end√©miques au Puncak Jaya[11].

La flore alpine pr√©sente sur le Puncak Jaya forme des pelouses, des landes et des toundras qui s'√©tendent entre la limite sup√©rieure des zones de buissons autour de 4 050 m√®tres d'altitude[55] et la limite inf√©rieure des glaciers et des falaises formant le sommet du Puncak Jaya[56] autour de 4 585 m√®tres d'altitude[16]. Toutefois, cette limite sup√©rieure de la flore alpine est conditionn√©e par un sol inadapt√© √† ce type de plantes et non par une altitude trop √©lev√©e, signe que la limite climatique de la flore alpine n'est apparemment pas atteinte en Nouvelle-Guin√©e[56].

Entre 4 000 et 4 500 m√®tres d'altitude s'√©tend une pelouse alpine se pr√©sentant sous la forme de touffes plus ou moins connect√©es parsem√©e de buissons notamment dans les zones rocailleuses[57] et dont la taille n'exc√®de pas quarante centim√®tres[56] - [58]. Les esp√®ces herbac√©es composant cette pelouse domin√©e par Deschampsia klossii[16] - [57] sont principalement des carex, un cystopt√®re, une sagine, Anaphalioides mariae, Epilobium detznerianum, Frullania reimersii, Grammitis, Keysseria wollastonii, Papuzilla laeteviridis, Pteris montis-wilhelminae, Scleranthus singuliflorus et Tetramolopium klossii ; des esp√®ces de mousses, Rhacomitrium crispulum, Bryum pachytheca et Distichium capillaceum ainsi que deux esp√®ces de lichen, Thamnolia vermicularis et une Cetraria, sont √©galement pr√©sentes[56] - [58]. Plus haut en altitude et jusqu'√† la limite inf√©rieure des glaces, la v√©g√©tation est form√©e d'une toundra domin√©e par des mousses telles que Bryum pachytheca et Distichium capillaceum et pr√©sentant quelques herbac√©es comme une sagine, Deschampsia klossii, Epilobium detznerianum, Epilobium prostratum, Keysseria wollastonii, une Pilea, Poa wisselii, Rhacomitrium crispulum et Scleranthus singuliflorus[59]. Dans la vall√©e Jaune dont le sol est form√© de moraines de petites tailles s'est constitu√© une toundra compos√©e d'une renoncule, Breutelia aristifolia, Deschampsia klossii, Geranium potentilloides var. alpestre, Gnaphalium breviscapum et Tetramolopium klossii[57]. Ces communaut√©s herbac√©es sur les sols profonds parsem√©s de buissons dans des zones caillouteuses semblent avoir atteint le stade de climax[57].

Les glaciers situés à proximité du Puncak Jaya sont colonisés par une cryoflore composée d'algues appartenant à la division des chlorophytes telles que Chlamydomonas antarcticus, Chlorosphaera antarctica, Mesotaenium berggrenii, Scotiella antarctica, Scotiella nivalis et Scotiella norvegica var. carstenszis ainsi que de bactéries appartenant à la division des cyanophytes telle que Nostoc fuscescens var. carstenszis[60]. Ces micro-organismes forment des associations créant des amas cellulaires de taille centimétrique colorés en brun ou en jaune-marron et présents surtout dans la zone d'ablation des glaciers Carstensz et Meren[61].

Démographie

Carte des peuples du parc national de Lorentz. Le Puncak Jaya est en territoire Damal.

La r√©gion autour du Puncak Jaya est habit√©e par les Damal, r√©partis en deux sous-groupes : les Damal proprement dit sur le versant Nord des monts Maoke et les Amungme Damal sur le versant Sud[62] - [63] - [64]. Les autres groupes de la r√©gion sont les Dani occidentaux au nord-est et notamment dans la vall√©e de Baliem, les Moni et les Wolani au nord-ouest, les Ekari √† l'ouest et les Sempan au sud[63]. Ces Papous, pr√©sents en Nouvelle-Guin√©e depuis 30 000 ans, ont colonis√© les monts Maoke depuis au moins 26 000 ans et des traces d'activit√© datant d'il y a 5 500 ans ont √©t√© trouv√©es √† tr√®s haute altitude non loin du Puncak Jaya[65]. Une occupation ant√©rieure √† 12 000 ans pr√®s du Puncak Jaya √©tait impossible en raison de l'√©tendue de la calotte glaciaire √† l'√©poque[66]. Ces populations vivent actuellement dans des villages dispers√©s dans les vall√©es des monts Maoke, entre 1 200 et 2 500 m√®tres d'altitude[63].

Le Puncak Jaya, les sommets voisins et les glaciers sont inclus dans le territoire des Amungme Damal dont les villages les plus proches, Tsinga et Waa, sont situ√©s √† dix kilom√®tres √† vol d'oiseau au sud, dans des vall√©es situ√©es entre 1 500 et 1 700 m√®tres d'altitude[67] - [68]. Le plateau de Kemabu situ√© juste au nord du Nga Pulu est quant √† lui fr√©quemment visit√© par des Damal qui s'y rendent pour la chasse[67] - [68] - [69]. C'est d'ailleurs en raison de leur connaissance du plateau et des sentiers qui le traversent que les Damal sont souvent choisis comme guides et porteurs par les exp√©ditions se rendant au Puncak Jaya[67] - [70]. Le secteur est aussi emprunt√© occasionnellement par des employ√©s papous travaillant √† la mine de Grasberg et qui empruntent le col New Zealand mais sans jamais s'aventurer au pied du Puncak Jaya[69]. Ce sentier est encore largement m√©connu et peu emprunt√© par les Papous, en raison du r√©cent d√©senglacement du col New Zealand survenu apr√®s la Seconde Guerre mondiale[69].

Homme du groupe papou des Dani.

Ces populations ont fait l'objet d'une occidentalisation partielle, si bien qu'ils m√©langent coutumes et habitudes traditionnelles et modernes[63]. Ainsi, bien que la carabine tende √† remplacer l'arc pour la chasse, ils utilisent des outils en pierre et en os et arborent encore des d√©corations corporelles comme les plumes, les colliers, les peintures corporelles et les √©tuis p√©niens[63] - [64]. L'√©conomie bas√©e sur le troc et la monnaie de coquillage est encore largement accept√©e, notamment dans les secteurs recul√©s o√Ļ des objets en m√©tal comme les couteaux sont beaucoup plus appr√©ci√©s que les billets[63]. Les missions install√©es dans les villes et les gros villages ont diffus√© le christianisme, qui c√ītoie l'animisme[16], ainsi que l'instruction si bien que beaucoup de Papous parlent l'indon√©sien[63].

Histoire

Découverte et exploration

Image aérienne du Puncak Jaya (à droite dans les nuages), du Nga Pulu (à gauche) et des glaciers qui les recouvrent en 1936.
Image aérienne du Puncak Jaya (à droite), du Nga Pulu (à gauche) et des glaciers qui les recouvrent en 1972. Le glacier Carstensz est au centre droit de l'image et le glacier Meren au centre gauche.

La Nouvelle-Guin√©e est habit√©e depuis des mill√©naires et ses premiers habitants repr√©sent√©s par des groupes de chasseurs-cueilleurs ont d√©j√† d√Ľ voir les sommets enneig√©s des monts Maoke il y a 30 000 ans[68]. Le plus ancien t√©moignage d'une pr√©sence humaine √† proximit√© du Puncak Jaya est fournie par des traces dans un foyer situ√©es au nord du Puncak Jaya et datant de plus de 5 000 ans[68].

Le premier Europ√©en √† d√©crire le Puncak Jaya est le navigateur n√©erlandais Jan Carstenszoon √† la fin du XVIIe si√®cle[1] - [68]. Le , il aper√ßoit la montagne alors qu'il se trouve sur la c√īte Sud de la Nouvelle-Guin√©e, √† environ quatre-vingts kilom√®tres √† vol d'oiseau de la montagne[15] - [16]. De retour en Europe en 1663, personne ne croit √† son r√©cit d'une montagne couverte de neiges √©ternelles √† hauteur de l'√©quateur[1]. Ce n'est qu'√† partir de 1899 lorsque les N√©erlandais prennent le contr√īle de l'ouest de la Nouvelle-Guin√©e que des exp√©ditions d'exploration permettent d'obtenir une position et une altitude approximatives pour la montagne qui est alors d√©nomm√©e Carstensz Toppen[68]. Jusque dans les ann√©es 1930, le centre de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e reste largement inexplor√© par les Europ√©ens, ce qui ne facilite pas l'approche de la montagne[3]. Toutefois, en 1912 et 1913[71], une exp√©dition men√©e par A. F. R. Wollaston parvient √† franchir la for√™t et les mar√©cages de la plaine m√©ridionale de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e, √† atteindre les monts Maoke et √† entamer leur ascension[16] - [68]. Les 224 hommes passent trois jours au-dessus de 3 000 m√®tres d'altitude, entament un inventaire de la flore et atteignent le front d'un glacier qu'ils nomment glacier Van de Water[68]. Mais cette exp√©dition ne r√©pond pas √† certaines interrogations qui sont de prouver l'existence de montagnes plus √©lev√©es dans l'int√©rieur de la cha√ģne de montagnes et de d√©montrer les liens de parent√© entre les populations papoues vivant de part et d'autre de ces montagnes[68]. D'autres exp√©ditions suivront, comme celle men√©e par le lieutenant Doorman en 1914 ou encore celles men√©es par Roux en 1926 et 1939[71].

La premi√®re tentative d'ascension du Puncak Jaya est le fait d'un groupe d'alpinistes mandat√©s par la Soci√©t√© g√©ographique royale n√©erlandaise et men√©s par Anton Colijn en 1936[72] - [68]. L'exp√©dition d√©marre d'Aika situ√©e sur la c√īte Sud de la Nouvelle-Guin√©e[68]. Apr√®s 56 jours de marche et d'ascension, Colijn accompagn√© de deux autres Europ√©ens et de 38 porteurs dayaks atteint un sommet situ√© sur le rebord d'un glacier[68]. Il s'agit en fait du Nga Pulu, consid√©r√© √† l'√©poque comme le point culminant des Indes orientales n√©erlandaises, situ√© juste √† c√īt√© du Puncak Jaya et couvert lui aussi de glaciers[72]. Ce n'est que plus tard, apr√®s que les glaciers ont commenc√© √† fondre et que l'on se rend compte des altitudes r√©elles, que le Nga Pulu perd son titre de plus haut sommet des Indes orientales n√©erlandaises au profit du Puncak Jaya[72]. Les positions des fronts glaciaires sont indiqu√©es avec des cairns, une vue a√©rienne est r√©alis√©e, les altitudes des diff√©rents sommets sont estim√©es et une collecte de quelques mots des populations papoues vivant dans le sud des monts Maoke confirme qu'ils sont apparent√©s aux Damal vivant dans le nord des montagnes[68]. Au cours de cette exp√©dition, deux jours avant d'atteindre le sommet, le docteur Jean Jacques Dozy, un g√©ologue, extrait un √©chantillon d'une masse rocheuse sombre et contenant de la chalcopyrite[16] - [68]. La formation rocheuse est baptis√©e Ertsberg, en fran√ßais ¬ę montagne du Minerai ¬Ľ, apr√®s avoir √©t√© photographi√©e et √©chantillonn√©e[68]. Cet affleurement de minerai de cuivre est √† l'origine de la mine d'Ertsberg et de celle de Grasberg situ√©e juste √† c√īt√©[36] - [73] - [74].

Premières ascensions

Malgré leur évacuation en raison de l'avancée des Japonais en Nouvelle-Guinée[3], les missionnaires et les fonctionnaires coloniaux installés dans la région juste avant la Seconde Guerre mondiale s'établissent de nouveau après le conflit et étendent leur présence notamment avec la création de pistes d'atterrissage[68]. De nouvelles expéditions permettent la découverte de nouvelles régions telle que la vallée de Baliem située à l'est du Puncak Jaya[68]. Ces découvertes géographiques et ethnologiques, la présence d'Européens à l'intérieur des terres en Nouvelle-Guinée et les récents exploits d'alpinistes dans l'Himalaya relancent l'intérêt des alpinistes pour le Puncak Jaya[72] - [68].

La premi√®re exp√©dition dont le but principal est l'ascension du Puncak Jaya se met en marche en 1961 depuis la Nouvelle-Z√©lande[73]. Men√© par Collin Putt, le groupe part d'Illaga situ√©e √† soixante-dix kilom√®tres √† vol d'oiseau √† l'est du Puncak Jaya et emprunte des sentiers trac√©s par les Papous[73]. Traversant le plateau de Kemabu, les membres de cette exp√©dition se livrent √† des observations de la flore et de la g√©ologie[73]. En route pour le sommet, le groupe √©choue √† passer un col √† 4 500 m√®tres d'altitude, baptis√© depuis col New Zealand, ce qui le contraint √† faire demi-tour[75]. Cette exp√©dition ne fut pas la seule √† avoir des difficult√©s √† franchir ce col car ce fut aussi le cas de l'exp√©dition Cendarawasih compos√©e de Japonais et de militaires indon√©siens[73]. Ne parvenant pas √† localiser le col en raison du brouillard, ils escalad√®rent la falaise situ√©e √† l'ouest, redescendirent sur le col et gravirent le Nga Pulu[73].

Le Puncak Jaya est cependant gravi moins d'un an plus tard[6] - [72]. Philip Temple, un des membres de l'exp√©dition n√©o-z√©landaise, sert de guide au groupe men√© par Heinrich Harrer et compos√© en outre d'Albert Huizenga et de Russell Kippax[6] - [72] - [73]. Heinrich Harrer est envoy√© en 1939 par les autorit√©s nazies dans l'Himalaya pour gravir le Nanga Parbat culminant √† 8 114 m√®tres d'altitude et situ√© dans le Raj britannique[76] - [77]. La Seconde Guerre mondiale se d√©clenchant tr√®s vite, il est arr√™t√© mais parvient √† s'√©vader vers le Tibet o√Ļ il passe sept ans au cours desquels il se lie d'amiti√© avec le dala√Į-lama[76]. Rentr√© en Autriche, il gravit des sommets dans les Andes, en Alaska et en Afrique au cours des ann√©es suivantes avant de se lancer dans l'ascension du Puncak Jaya[6] - [76]. Il raconte cette ascension et sa rencontre avec les Papous dans son livre I come from the Stone Age[3] - [72] et dira par la suite[78] - [79] :

¬ę Sur l'Eiger, je voulais tester mes comp√©tences, dans l'Himalaya, j'ai appris √† conna√ģtre la solitude, au Tibet, des personnes hors du commun. Sur l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e, j'ai retrouv√© tout cela. ¬Ľ

‚ÄĒ Heinrich Harrer

Empruntant la m√™me route que la pr√©c√©dente exp√©dition[80], les quatre hommes r√©ussissent √† franchir le col d√©sormais libre de glace qui posa difficult√© aux n√©o-z√©landais et le baptisent col New Zealand[73]. Ce retrait des glaces est constat√© sur les autres glaciers gr√Ęce aux cairns qui avaient √©t√© √©rig√©s en 1936[73]. Lors de leur passage, les alpinistes en profitent pour √©lever de nouveaux cairns √† l'emplacement des fronts glaciaires de leur √©poque[73]. Ouvrant une voie d√©sormais baptis√©e ¬ę Voie Harrer ¬Ľ ou ¬ę Voie normale ¬Ľ, les alpinistes parviennent au sommet du Puncak Jaya le [6] - [72].

Expéditions scientifiques et exploitation minière

En 1963, un atterrissage sur le glacier Carstensz √† l'initiative d'un glaciologue am√©ricain est annul√© en raison du vent et de l'importante couche de neige trop molle pour les roues de l'appareil[73]. Cette catastrophe a√©rienne a √©t√© √©vit√©e, ce qui ne fut pas le cas pour deux autres avions[73]. Le premier √† s'√™tre √©cras√© est un avion-cargo de l'arm√©e am√©ricaine en 1944 sur le Nga Pulu et dont les restes furent visit√©s par une √©quipe charg√©e de r√©cup√©rer les corps[73]. Le second accident eut lieu en 1963 lorsqu'un avion n√©erlandais transf√©rant des prisonniers indon√©siens entre Merauke et Biak percuta le Puncak Jaya[73]. Cet incident survint au cours de la crise militaire entre les N√©erlandais, la puissance coloniale de l'√©poque en Nouvelle-Guin√©e occidentale, et l'Indon√©sie qui souhaitait r√©cup√©rer ce territoire[13]. Apr√®s la p√©riode transitoire dirig√©e par l'Autorit√© ex√©cutive temporaire des Nations unies et qui prend fin le [13], le gouvernement indon√©sien cr√©e la nouvelle province de Nouvelle-Guin√©e occidentale et installe des fonctionnaires √† l'int√©rieur des terres[73]. Cette bureaucratie commence √† d√©livrer des permis pour les alpinistes √† partir de 1971 comme ceux en provenance d'Allemagne, d'Autriche, des √Čtats-Unis, de Hong Kong et d'Indon√©sie[73].

C'est aussi √† partir de cette p√©riode que le projet de l'exploitation du gisement d'Ertsberg voit le jour lorsqu'une concession mini√®re est accord√©e par l'Indon√©sie √† la compagnie am√©ricaine Freeport-McMoRan[36] - [73]. Ce projet se concr√©tise par la construction d'une piste carrossable empruntant deux tunnels depuis la c√īte Sud de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e jusqu'√† l'Ertsberg, l'implantation de villages de travailleurs le long de cette piste et notamment Tembagapura, en fran√ßais ¬ę la ville du cuivre ¬Ľ, et la cr√©ation des infrastructures mini√®res[73] - [74]. L'exploitation de cette mine et les prospections aux alentours permettent la d√©couverte du gisement de Grasberg contenant lui aussi du minerai de cuivre[36] - [74].

Au d√©but des ann√©es 1970 s'organise la plus grande mission scientifique men√©e pour √©tudier le Puncak Jaya et ses environs connue sous le nom de Carstensz Glaciers Expeditions[74]. Scind√©e en deux exp√©ditions, cette mission est compos√©e de scientifiques australiens et d'un indon√©sien[74]. La premi√®re exp√©dition se d√©roule du au et la seconde du 1er janvier au [74]. Obtenant le soutien de Freeport-McMoRan, les scientifiques de la premi√®re exp√©dition acheminent leur √©quipement jusqu'√† la mine d'Ertsberg[74] d'o√Ļ ils effectuent une reconnaissance de la zone durant deux semaines[81]. Ceux de la seconde exp√©dition choisissent une approche depuis Illaga en recrutant des porteurs[81]. Le travail scientifique consiste √† √©tudier les glaciers, notamment les glaciers Carstensz et Meren, r√©aliser des relev√©s topographiques, cr√©er une base de donn√©es photographique des glaciers, √©tudier la g√©ologie et notamment les traces de la derni√®re glaciation et du recul des glaciers et √©tablir un inventaire floristique autour du Puncak Jaya et du Nga Pulu mais aussi au-del√† du col New Zealand, sur le plateau de Kemabu[81]. Deux des membres de la seconde exp√©dition profitent de leur pr√©sence sur le site pour gravir le Puncak Jaya le et placer √† son sommet une borne g√©od√©sique qui permet par la suite de mesurer pr√©cis√©ment l'altitude de la montagne √† 4 883,87 m√®tres[81]. Les r√©sultats de l'exp√©dition se traduisent par la cr√©ation d'une carte topographique centr√©e sur les vall√©es Jaune et de Meren avec pour limites les sommets environnants et les prairies de Carstensz[2], la constitution d'une banque d'image des glaciers, une meilleure compr√©hension de la formation, du maintien et de l'√©volution des reliefs glaciaires, la caract√©risation du climat montagnard autour du Puncak Jaya, l'√©tablissement d'un bilan hydrique pour les glaciers autour du Puncak Jaya, la mise en √©vidence d'un certain end√©misme des esp√®ces floristiques et faunistiques sur le Puncak Jaya et les sommets voisins et une reconstitution des pal√©oenvironnements avec la mise en √©vidence d'une influence de l'Homme depuis des centaines d'ann√©es[39] - [81].

En , un camp de base a été aménagé à l'initiative de deux agences tchèques de trekking et d'expéditions[45]. Cet aménagement comprenait deux tentes, l'une servant de lieu de vie et l'autre servant de réserve avec notamment du matériel de camping, d'escalade et de survie[45]. Jusqu'en , ces deux tentes pouvaient être utilisées par n'importe qui désirant faire l'ascension du Puncak Jaya et demandant au préalable le code ouvrant la tente servant de réserve[45]. Le mois suivant, ces installations légères sont retrouvées détruites et pillées, vraisemblablement par des Papous, si bien qu'elles ne seront pas réaménagées et réapprovisionnées[45].

Ascension

Formalités et acheminement

Depuis l'incorporation par la force et les pressions diplomatiques de la Nouvelle-Guinée néerlandaise à l'Indonésie le [3] - [13], la principale difficulté pour les alpinistes désirant gravir le Puncak Jaya reste l'insécurité régnant dans la région[3] - [6] - [13]. Cette insécurité est provoquée par les guérillas menées par différents groupes armés, notamment l'Organisation pour une Papouasie libre, contre les autorités indonésiennes depuis 1965[13]. Ainsi, des permis sont obligatoires pour s'approcher de la montagne lorsque son accès n'est pas simplement interdit[3] comme entre 1995 et [72]. Ces groupes armés peuvent s'en prendre aux touristes, y compris les alpinistes, dont certains y ont laissé la vie[3].

Ces permis sont réputés difficiles à obtenir en raison de la bureaucratie locale[3] et sont obligatoires pour se payer les services d'un hélicoptère car un pilote transportant des passagers non munis des permis en question risque de perdre sa licence de vol[72]. Ces autorisations sont délivrées entre autres par la police secrète indonésienne, la police fédérale, l'armée et les ministères des affaires étrangères et du tourisme à la fois à Jakarta, la capitale de l'Indonésie, et à Jayapura, la capitale de la province de Papouasie[82]. Cependant, bien qu'il soit nécessaire d'obtenir les permis de Jakarta pour obtenir les permis provinciaux à Jayapura, les autorités provinciales ne sont pas obligées de délivrer les leurs, si bien que les démarches effectuées à Jakarta peuvent se révéler infructueuses[82]. Ces formalités font qu'une expédition pour gravir le Puncak Jaya demande des mois, voire des années de préparation[3].

Les alpinistes ayant r√©solu les d√©marches administratives font ensuite face aux difficult√©s d'acheminement[72]. La r√©gion est encore mal cartographi√©e[2] - [24] et les infrastructures routi√®res sont r√©duites au minimum[72]. De plus, de nombreux contr√īles des permis sont effectu√©s avec confirmation de la part des autorit√©s ce qui multiplie les occasions de se voir interdire de progresser dans son voyage[82]. L'acc√®s √† pied au camp de base prend en moyenne six jours √† partir de l'a√©roport le plus proche[72] situ√© √† Illaga[3] - [83], en direction de l'est-nord-est[23] - [25]. Ce trek vers le Puncak Jaya commence √† environ 2 000 m√®tres d'altitude dans une for√™t pluviale tr√®s humide jusqu'au plateau de Kemabu √† environ 3 500 m√®tres d'altitude[75]. L√†, la marche se fait dans une for√™t clairsem√©e de foug√®res arborescentes via le lac Larson et en direction du col New Zealand, un col situ√© √† environ 4 500 m√®tres d'altitude √† environ deux kilom√®tres √† vol d'oiseau au nord-nord-est du Puncak Jaya[2] - [24] et o√Ļ la neige n'est pas rare[75]. La descente du col du c√īt√© de la vall√©e de Meren se fait face au versant Nord du Puncak Jaya[2], en direction du camp de base situ√© √† environ 4 300 m√®tres d'altitude[2] - [45] - [75].

Le second moyen par voie terrestre consiste √† passer par la mine de Grasberg situ√©e √† l'ouest du Puncak Jaya[3] - [25] - [83]. Cet acc√®s est constitu√© d'une piste caillouteuse partant de la ville de Timika et rejoignant la mine par le sud via la ville de Tembagapura[3] - [25]. Entre Tembagapura et la mine s'offre le choix de continuer sur la piste en passant par des tunnels ou bien d'emprunter un t√©l√©ph√©rique[3]. De la mine, une piste part vers l'est en direction du Puncak Jaya qui est atteint apr√®s avoir d√©pass√© le Zebra Wall, une falaise √† l'aspect ray√©[38], et la vall√©e de Meren[3]. N√©anmoins, cette voie d'acc√®s est impraticable en raison du refus de la compagnie mini√®re Freeport-McMoRan de d√©livrer les permis autorisant les alpinistes √† passer par la mine[3] - [83]. L'h√©licopt√®re, bien que revenant tr√®s cher, constitue le meilleur moyen de se rendre au camp de base au pied du Puncak Jaya[3] - [72]. Ces deux derniers moyens d'acc√®s permettant de rejoindre le pied du Puncak Jaya en seulement quelques heures en partant de basses altitudes, il est fortement recommand√© de passer une nuit au Zebra wall situ√© √† environ 3 700 m√®tres d'altitude afin de s'acclimater au changement d'altitude[3]. La derni√®re voie d'acc√®s venant du village de Tsinga au sud et contournant le Puncak Jaya par l'est pour passer par le col New Zealand est elle aussi ferm√©e[3] - [25] - [80].

Tous ces obstacles ne facilitent pas l'acc√®s au Puncak Jaya et son ascension si bien que cette montagne est r√©put√©e pour √™tre le plus difficile des sept sommets[3] - [6] - [15]. En , √† peine plus d'une centaine d'alpinistes avaient gravi la montagne[3] - [84]. Parmi ceux-ci, quelques-uns uns des plus c√©l√®bres sont Heinrich Harrer, alpiniste autrichien ayant particip√© √† la premi√®re ascension de la face nord de l'Eiger, Reinhold Messner, celui qui a propos√© le Puncak Jaya comme alternative au mont Kosciuszko pour la liste des sept sommets mais √©galement premier alpiniste ayant r√©ussi l'ascension des quatorze sommets de plus de 8 000 m√®tres et second alpiniste √† avoir gravi les sept sommets, Ripto Mulyono, un Indon√©sien membre de l'√©quipe nationale d'alpinisme d'Indon√©sie ayant d√©j√† gravi vingt fois le Puncak Jaya en 2005, ou encore Frenky Kowass, un Indon√©sien qui a install√© les premi√®res cordes fixes sur la ¬ę voie normale ¬Ľ[78].

Ascension du sommet

La voie d'ascension la plus facile pour le sommet du Puncak Jaya est la ¬ę Voie normale ¬Ľ ou ¬ę Voie Harrer ¬Ľ[4] - [7], du nom d'Heinrich Harrer, le chef de la premi√®re exp√©dition ayant gravi la montagne[6] - [72]. La difficult√© de cette voie est √©valu√©e par l'UIAA de III √† IV sur la majeure partie du trajet entre le camp de base et le pied du dernier mur o√Ļ la pente varie de 10 √† 15¬į[7]. Le dernier mur est constitu√© d'une paroi rocheuse quasiment √† la verticale de 80 m√®tres de hauteur o√Ļ la difficult√© augmente pour atteindre V √† V+[7]. La roche √©tant tr√®s dure[1], il y a tr√®s peu de rochers instables et d'√©boulis[5] si bien que ce passage pose g√©n√©ralement peu de difficult√©s[7]. Une fois cette falaise franchie, la progression se fait sur une ar√™te rocheuse en dents de scie jusqu'au dernier obstacle, une falaise de dix m√®tres de hauteur mais totalement lisse ce qui fait augmenter la difficult√© de VI √† VII+[4] - [7]. Cette derni√®re falaise peut √™tre soit escalad√©e √† l'aide de poign√©es bloquantes, soit contourn√©e[4] - [7]. La descente du sommet se fait ensuite essentiellement en rappel gr√Ęce √† des cordes de grande longueur[7]. Cette ascension aller-retour entre le camp de base et le sommet par cette voie dure de douze √† quinze heures[7].

Deux autres voies existent pour atteindre le sommet mais elles sont plus difficiles[7]. L‚ÄôAmerican Direct propose une ascension directe vers le sommet essentiellement par de l'escalade[7]. Cette voie expos√©e est de difficult√© croissante √† mesure que l'on s'approche du sommet[7]. La troisi√®me voie, l‚ÄôEast Ridge, est de difficult√© interm√©diaire entre la ¬ę Voie Normale ¬Ľ et l‚ÄôAmerican Direct[7]. Elle offre une progression dans des terrains accident√©s, donc avec un risque de chute de rochers, et avec quelques passages plus escarp√©s[7].

Le climat √©quatorial pr√©sent dans la r√©gion entra√ģne une faible variation annuelle des temp√©ratures et des pr√©cipitations[38]. Ces conditions climatiques font que l'ascension du Puncak Jaya peut √™tre entreprise tout au long de l'ann√©e malgr√© son altitude proche des 5 000 m√®tres[3] - [38]. La meilleure p√©riode de la journ√©e pour gravir le sommet est de cinq heures du matin √† deux heures de l'apr√®s-midi lorsque les pr√©cipitations sont en principe absentes[5] - [38]. En revanche, le temps changeant rapidement √† cause de l'altitude, des conditions climatiques aussi vari√©es que du soleil, de la pluie et de la neige peuvent √™tre rencontr√©es au cours d'une m√™me ascension[38].

√Čcosyst√®me

Menaces

Montage de deux images satellite illustrant le recul des glaciers autour du Puncak Jaya entre 1990 et 2003.
Image satellite d'une partie de la Papouasie centrale montrant le Puncak Jaya et la mine de Grasberg (en haut) et les rejets miniers dans la rivière Ajkwa à la limite du parc national de Lorentz.

Le r√©chauffement climatique serait l'un des ph√©nom√®nes responsables de la fonte prononc√©e des glaciers de Nouvelle-Guin√©e dont celui du Puncak Jaya[15] - [28] - [85]. Le glacier du Puncak Trikora situ√© lui aussi en Nouvelle-Guin√©e a d√©j√† enti√®rement fondu dans les ann√©es 1960[15]. La fonte de ces glaciers, qui se traduit par la diminution de leur volume, de leur superficie et de leur longueur, est observ√©e depuis le milieu du XIXe si√®cle et avec pr√©cision depuis 1936[31] - [85] - [86]. Les mesures depuis le d√©but du XXe si√®cle sont effectu√©es par vues a√©riennes, par la construction de cairns √† l'extr√©mit√© des langues glaciaires et par des relev√©s topographiques[32] - [34]. Ces observations sont corrobor√©es par les extrapolations qui indiquent un d√©but du retrait des glaciers au milieu du XIXe si√®cle[86]. Ainsi, entre 1936 et l'exp√©dition australienne de 1972 √† 1974, le front du glacier Meren a recul√© de 1 375 m√®tres, perdant une centaine de m√®tres en altitude, sa surface a diminu√© de 0,9 km2 tandis que le front du glacier Carstensz reculait lui de 533 m√®tres, perdait aussi une centaine de m√®tres d'altitude pour une diminution de la superficie du glacier de 0,35 km2[85] - [86]. Entre ces deux dates, la totalit√© des surfaces couvertes de glace autour du Puncak Jaya est pass√©e de 13 √† 6,9 km2 de superficie[9] - [85]. En 2002, la superficie des glaciers du Puncak Jaya et des sommets environnants totalisait 2,1 km2 dont 0,7 km2 pour le glacier Carstensz tandis que les glaciers Meren et Wollaston avaient d√©j√† disparu en 2000[32] - [33].

Cette perte de volume et de superficie glaciaire entra√ģne des cons√©quences sur le biotope situ√© aussi bien √† proximit√© imm√©diate qu'√† plus grande distance[85]. Ainsi, les surfaces d√©gag√©es des glaces et les zones de surcreusement qui se remplissent d'eau formant des lacs sont colonis√©es par la faune et la flore et la cryoflore est oblig√©e de migrer vers des altitudes plus √©lev√©es tout en disposant d'un biotope r√©duit[85]. Ce retrait des glaciers traduit soit un bilan hydrique n√©gatif, soit un ph√©nom√®ne cyclique de surge glaciaire[85]. L'explication la plus probable du retrait des glaciers autour du Puncak Jaya reste une perte de masse due au r√©chauffement climatique, sans toutefois √©carter l'hypoth√®se d'une combinaison avec une surge glaciaire[85]. Un autre facteur, de faible ampleur mais inhabituel, mis en √©vidence au cours des Carstensz Glaciers Expeditions est la diminution de l'alb√©do des glaciers par augmentation de la cryoflore √† la surface de la glace[9] - [61].

La pr√©sence de la mine de Grasberg √† quelques kilom√®tres √† l'ouest du Puncak Jaya repr√©sente une certaine menace pour l'√©cosyst√®me de la montagne et des sommets environnants[87]. Actuellement, les nuisances ne les atteignent pas car la mine se situe en aval des montagnes et les rejets miniers partent vers le sud en direction de la mer d'Arafura[87]. Le p√©rim√®tre de la mine est aussi bien d√©limit√© car elle est situ√©e en bordure de la concession accord√©e √† Freeport-McMoRan[87]. Le Puncak Jaya est inclus dans le parc national de Lorentz, ce qui √©carte l'√©tablissement de toute activit√© √©conomique autre que celle exerc√©e traditionnellement par les Papous[87]. Mais l'√©ventualit√© de la d√©couverte de nouveaux gisements plus proches du Puncak Jaya et qui impliquerait une extension de la concession mini√®re n'est pas impossible, en raison de l'existence d'une clause stipulant que des concessions mini√®res peuvent √™tre accord√©es dans le parc, si les gisements sont qualifi√©s de ¬ę rares et d'une extr√™me grande valeur ¬Ľ[87]. Le projet de la construction d'une route menace aussi le secteur du Puncak Jaya depuis 1997[87]. Cette route devrait relier la mine de Grasberg √† la ville de Beoga situ√©e au nord-est en passant par le massif du Puncak jaya[87]. Diff√©rents trac√©s sont envisag√©s, mais la construction d'une route dans ce secteur a d√©j√† √©t√© incluse dans le plan de d√©veloppement du parc national de Lorentz[87]. La construction d'une nouvelle mine ou d'une route entra√ģnerait de graves menaces pour l'√©cosyst√®me alpin du Puncak Jaya, avec la destruction d'une partie de l'habitat, son morcellement, l'introduction d'esp√®ces animales et v√©g√©tales ou encore l'afflux de personnel ou de visiteurs[87].

Protection

Carte du parc national de Lorentz incluant le Puncak Jaya à son extrémité nord-ouest.

Le Puncak Jaya est inclus dans le parc national de Lorentz qui couvre une partie des monts Maoke et de la plaine m√©ridionale de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e sur 25 056 km2 de superficie[88]. Ce parc, cr√©√© en sur la base d'une r√©serve naturelle, est inscrit en 1999 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[88]. Il a pour vocation de pr√©server les √©cosyst√®mes dont 90 % sont consid√©r√©s comme vierges[87] mais aussi le mode de vie traditionnel des Papous[16]. Toute activit√© autre que la recherche scientifique et le mode de vie traditionnel des Papous est ainsi interdit[87]. Afin d'√©viter que les rejets de la mine de Grasberg pr√©sente √† l'ouest n'empi√®tent sur le parc, une zone tampon a √©t√© cr√©√©e conjointement avec Freeport-McMoRan sur toute la bordure ouest du parc[87]. Toutefois, cette zone tampon s'arr√™te au sud de la mine de Grasberg et couvre donc seulement une petite partie des contreforts des monts Maoke au sud du Puncak Jaya[87].

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Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

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