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Ordre du Temple

L‚Äôordre du Temple est un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chr√©tienne du Moyen √āge, dont les membres sont appel√©s les Templiers.

Ordre du Temple
Image illustrative de l’article Ordre du Temple
Insigne des templiers. D'argent à la croix pattée de gueules.
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale
par Innocent II
Institut Ordre monastique
Type Militaire
Spiritualité Christianisme
R√®gle Saint Beno√ģt
Structure et histoire
Fondation
Troyes
Fondateur Hugues de Payns x Godefroy de Saint-Omer
Fin
Concile de Vienne
Liste des ordres religieux

Cet ordre fut cr√©√© √† l'occasion du concile de Troyes (ouvert le [alpha 1]), √† partir d'une milice appel√©e les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (du nom du temple de Salomon, que les crois√©s avaient assimil√© √† la mosqu√©e al-Aqsa, b√Ętie sur les vestiges de ce temple). Il Ňďuvra pendant les XIIe et XIIIe si√®cles √† l'accompagnement et √† la protection des p√®lerins pour J√©rusalem, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconqu√™te ib√©rique. Afin de mener √† bien ses missions et, notamment, d'en assurer le financement, il constitua √† travers l'Europe catholique d'Occident et √† partir de dons fonciers, un r√©seau de monast√®res appel√©s commanderies, pourvus de nombreux privil√®ges notamment fiscaux. Cette activit√© soutenue fit de l'Ordre un interlocuteur financier privil√©gi√© des puissances de l'√©poque, le menant m√™me √† effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois, ou √† avoir la garde de tr√©sors royaux.

Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'Ordre fut, en France, victime de la lutte entre la papauté avignonnaise et le roi de France Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape français Clément V, premier des sept papes avignonnais, le [alpha 1], date à laquelle Clément V fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l'ordre du Temple, à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'Ordre en France nourrit maintes spéculations et légendes sur son compte. Ailleurs, les chevaliers templiers ne furent généralement pas condamnés, mais transférés (ainsi que leurs biens) dans d'autres ordres de droit pontifical, ou bien rejoignirent la vie civile.

Naissance de l'ordre du Temple

Contexte religieux et politico-militaire

Le pape Urbain II prêchant la 1re croisade, Grandes Chroniques de France enluminées par Jean Fouquet, vers 1455-1460.

Aux XIe et XIIe si√®cles, le renouveau du monachisme chr√©tien vit la fondation de nombreux ordres religieux avec notamment les convers qui privil√©giaient le travail manuel, et la r√©novation de la vie canoniale qui adopta la r√®gle de saint Augustin, les chanoines (ordre de Saint-Lazare de J√©rusalem) ou des moines (ordre de Saint-Jean de J√©rusalem) s'engageant dans des activit√©s hospitali√®res ou dans la vie paroissiale. C'est dans ce contexte religieux que l'√Čglise catholique incita les chevaliers du si√®cle √† devenir des milites Christi, autrement dit des ¬ę chevaliers du Christ ¬Ľ d√©sirant combattre les infid√®les en Terre sainte[2].

Le pape Urbain II prêcha la première croisade le , dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d'exactions voire d'assassinats[3].

Le pape demanda donc au peuple catholique d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux p√®lerins et aux chr√©tiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement ¬ę Dieu le veut ! ¬Ľ, et tous ceux qui prirent part √† la croisade furent marqu√©s par le signe de la croix, devenant ainsi les crois√©s (terme qui n'appara√ģt qu'au concile de Latran IV en 1215 : voir le vocabulaire des croisades et de la Reconquista). Cette action aboutit le √† la prise de J√©rusalem par les troupes chr√©tiennes de Godefroy de Bouillon[4].

Hugues de Payns, futur fondateur et premier ma√ģtre de l'ordre du Temple, vint pour la premi√®re fois en Terre sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en p√®lerinage[5]. Ils en revinrent en 1107[alpha 2] puis y repartirent en 1114, se mettant alors sous la protection et l'autorit√© des chanoines du Saint-S√©pulcre, avec leurs chevaliers qui Ňďuvr√®rent alors √† la d√©fense des possessions de ces chanoines et √† la protection du tombeau du Christ[2].

Prémices de l'ordre du Temple

√Člection de Godefroy de Bouillon au titre d'avou√© du Saint-S√©pulcre. Manuscrit r√©alis√© √† Acre vers 1280.

Apr√®s la prise de J√©rusalem, Godefroy de Bouillon fut d√©sign√© roi de J√©rusalem par ses pairs, titre qu'il refusa, pr√©f√©rant porter celui d'avou√© du Saint-S√©pulcre. Il mit en place l'ordre canonial r√©gulier du Saint-S√©pulcre, qui avait pour mission d'aider le patriarche de J√©rusalem dans ses diverses t√Ęches. Un certain nombre d'hommes d'armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de prot√©ger le Saint-S√©pulcre[6].

Une institution similaire, constitu√©e de chevaliers appel√©s chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), avait √©t√© cr√©√©e en Occident pour prot√©ger les biens des abbayes et des √©glises. Ces chevaliers √©taient des la√Įcs, mais ils profitaient des bienfaits des pri√®res. Par analogie, les hommes charg√©s d'assurer la protection des biens du Saint-S√©pulcre ainsi que de la communaut√© des chanoines √©taient appel√©s milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-S√©pulcre). Il est fort probable qu'Hugues de Payns a int√©gr√© cette institution d√®s 1115[7]. Tous les hommes charg√©s de la protection du Saint-S√©pulcre logeaient chez les Hospitaliers √† l'h√īpital Saint-Jean de J√©rusalem, situ√© tout pr√®s.

Lorsque l'ordre de l'H√īpital, reconnu en 1113, fut charg√© de s'occuper des p√®lerins venant d'Occident, une id√©e naquit : cr√©er une milice du Christ (militia Christi) qui ne s'occuperait que de la protection de la communaut√© des chanoines du Saint-S√©pulcre et des p√®lerins sur les chemins de Terre sainte, alors en proie aux brigands locaux. Ainsi, les chanoines s'occuperaient des affaires liturgiques, l'ordre de l'H√īpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire. Cette r√©partition ternaire des t√Ęches reproduisait l'organisation de la soci√©t√© m√©di√©vale, compos√©e de pr√™tres et moines (oratores, litt√©ralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores)[8].

C'est ainsi que l'ordre du Temple, qui se nommait √† cette √©poque militia Christi, prit naissance, avec l'ambigu√Įt√© que cette communaut√© monastique r√©unit d√®s le d√©part des oratores et des bellatores.

Fondation de l'ordre du Temple

Baudouin II cédant une partie de son palais de Jérusalem à Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer. Histoire d'Outre-Mer, Guillaume de Tyr, XIIIe siècle.

C'est le , lors du concile de Naplouse[9], que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et de Godefroy de Saint-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Salomonici) : elle avait pour mission de s√©curiser le voyage des p√®lerins affluant d'Occident depuis la reconqu√™te de J√©rusalem, et de d√©fendre les √Čtats latins d'Orient.

Dans un premier temps, Payns et Saint-Omer se concentr√®rent sur le d√©fil√© d'Athlit, un endroit particuli√®rement dangereux sur la route emprunt√©e par les p√®lerins ; par la suite, l'une des plus grandes places fortes templi√®res en Terre sainte fut construite √† cet endroit : le ch√Ęteau P√®lerin.

Le nouvel ordre ainsi cr√©√© ne pouvait survivre qu'avec l'appui de personnes influentes. Hugues de Payns r√©ussit √† convaincre le roi de J√©rusalem Baudouin II de l'utilit√© d'une telle milice, chose assez ais√©e au vu de l'ins√©curit√© r√©gnant dans la r√©gion √† cette √©poque. Les chevaliers prononc√®rent les trois vŇďux de pauvret√©, de chastet√© et d'ob√©issance. Ils re√ßurent du patriarche Gormond de Picquigny la mission de ¬ę garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des p√®lerins ¬Ľ (¬ę ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones ¬Ľ[10]) pour la r√©mission de leurs p√©ch√©s, mission consid√©r√©e comme un quatri√®me vŇďu habituel pour les ordres religieux militaires.

Le roi Salomon tenant le Temple dans ses mains. Sculpture du portail de la cathédrale Notre-Dame de Laon, France.

Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de J√©rusalem qui correspond aujourd'hui √† la mosqu√©e al-Aqsa, mais qui √©tait appel√©e √† l'√©poque ¬ę temple de Salomon ¬Ľ, car √©tant, selon la tradition juive, situ√©e √† l'emplacement du temple de Salomon. C'est ce ¬ę temple de Salomon ¬Ľ, dans lequel ils install√®rent leurs quartiers (notamment les anciennes √©curies du Temple), qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple[11]. Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers √† avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. Voici donc la liste de ces chevaliers, pr√©curseurs ou ¬ę fondateurs ¬Ľ de l'ordre[12] - [13] :

Le premier don (de trente livres angevines) reçu par l'ordre du Temple vint de Foulque, comte d'Anjou, qui devint par la suite roi de Jérusalem[16].

Recherche de soutien

La notoriété de la milice ne parvenait pas à s'étendre au-delà de la Terre sainte, c'est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambault de Saint-Amand et Rolland), embarqua pour l'Occident en 1127[17] afin de porter un message destiné au pape Honorius II et à Bernard de Clairvaux.

Fort du soutien du roi Baudouin et des instructions du patriarche Gormond de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants[17] :

  • faire reconna√ģtre la milice par l'√Čglise et lui donner une r√®gle : rattach√©s aux chanoines du Saint-S√©pulcre, les chevaliers suivaient comme eux la r√®gle de saint Augustin ;
  • donner une l√©gitimit√© aux actions de la milice puisque la d√©nomination de moine-soldat, un amalgame d'une nouveaut√© absolue, pouvait √™tre en contradiction avec les r√®gles de l'√Čglise et de la soci√©t√© en g√©n√©ral ;
  • recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre la milice en Terre sainte.

La tourn√©e occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commen√ßa en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l'Angleterre o√Ļ ils re√ßurent de nombreux dons, la Flandre et enfin la Champagne[18].

Cette démarche d'Hugues de Payns, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125[19].

Concile de Troyes

Arrivant √† la fin de sa tourn√©e en Occident et apr√®s avoir port√© le message du roi de J√©rusalem √† Bernard de Clairvaux afin qu'il aid√Ęt les Templiers √† obtenir l'accord et le soutien du pape, Hugues de Payns participa au concile de Troyes (ainsi nomm√© parce qu'il s'est d√©roul√© dans la cath√©drale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes).

Le [alpha 1], le concile s'ouvrit en pr√©sence de nombreuses personnalit√©s religieuses dont le prologue de la r√®gle primitive du Temple donne les noms[20] : le cardinal Mathieu d'Albano, l√©gat du pape en France, les archev√™ques de Reims et de Sens, ainsi que dix de leurs √©v√™ques suffragants, quatre abb√©s cisterciens (ceux de C√ģteaux, Clairvaux, Pontigny et Troisfontaines), deux abb√©s clunisiens (ceux de Molesmes et V√©zelay), deux chanoines, deux ma√ģtres et un secr√©taire.

En plus des religieux, se trouvaient des personnages la√Įcs : Thibaut IV de Blois, comte de Champagne, Andr√© de Baudement, s√©n√©chal du comt√© de Champagne, Guillaume II, comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre.

Le concile mena √† la fondation de l'ordre du Temple et le dota d'une r√®gle propre. Celle-ci prit pour base la r√®gle de saint Beno√ģt (pr√©sence des cisterciens Bernard de Clairvaux et √Čtienne Harding, fondateur de C√ģteaux) avec n√©anmoins quelques emprunts √† la r√®gle de saint Augustin, que suivaient le Saint-S√©pulcre aux c√īt√©s desquels v√©curent les premiers Templiers. Une fois la r√®gle adopt√©e, elle devait encore √™tre soumise √† √Čtienne de Chartres, patriarche de J√©rusalem.

√Čloge de la nouvelle milice

L'√Čloge de la nouvelle milice (De laude nov√¶ militi√¶) est une lettre que saint Bernard de Clairvaux envoya √† Hugues de Payns, dont le titre complet √©tait Liber ad milites Templi de laude nov√¶ militi√¶[21] - [alpha 3] et √©crite apr√®s la d√©faite de l'arm√©e franque au si√®ge de Damas en 1129.

Bernard y souligne l'originalité du nouvel ordre : le même homme se consacre autant au combat spirituel qu'aux combats dans le monde.

¬ę Il n‚Äôest pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m‚Äôen √©tonne ; d‚Äôun autre c√īt√©, faire la guerre au vice et au d√©mon avec les seules forces de l‚Äô√Ęme, ce n‚Äôest pas non plus quelque chose d‚Äôaussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu‚Äô√©videmment rare, c‚Äôest de voir les deux choses r√©unies. (¬ß 1) ¬Ľ

De plus, ce texte contenait un passage important o√Ļ saint Bernard expliquait pourquoi les Templiers avaient le droit de tuer un √™tre humain :

¬ę Le chevalier du Christ donne la mort en toute s√©curit√© et la re√ßoit dans une s√©curit√© plus grande encore. [‚Ķ] Lors donc qu'il tue un malfaiteur, il n'est point homicide mais Malicide. [‚Ķ] La mort qu'il donne est le profit de J√©sus-Christ, et celle qu'il re√ßoit, le sien propre[22]. ¬Ľ

Mais pour cela, il fallait que la guerre soit ¬ę juste ¬Ľ. C'est l'objet du ¬ß 2 de L'√Čloge de la Nouvelle Milice. Bernard est conscient de la difficult√© d'un tel concept dans la pratique, car si la guerre n'est pas juste, vouloir tuer tue l'√Ęme de l'assassin :

¬ę Toutes les fois que vous marchez √† l‚Äôennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice s√©culi√®re, vous avez √† craindre de tuer votre √Ęme du m√™me coup dont vous donnez la mort √† votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l‚Äô√Ęme en m√™me temps. [‚Ķ] la victoire ne saurait √™tre bonne quand la cause de la guerre ne l‚Äôest point et que l‚Äôintention de ceux qui la font n‚Äôest pas droite. (¬ß 2) ¬Ľ

Bernard fait donc bien l'√©loge de la Nouvelle Milice, mais non sans nuances et pr√©cautions‚Ķ Tous ses ¬ß 7 & 8 (dans le chap. IV) tracent un portrait volontairement id√©al du soldat du Christ, afin de le donner comme un mod√®le qui sera toujours √† atteindre. Le premier √† critiquer saint Bernard est le moine cistercien Isaac de Stella qui voit dans la confusion des fonctions tripartites indo-europ√©ennes (¬ę ceux qui prient ¬Ľ (oratores), ¬ę ceux qui combattent ¬Ľ (bellatores) et ¬ę ceux qui travaillent ¬Ľ (laboratores)) une ¬ę monstruosit√©[alpha 4] ¬Ľ, mais les contradicteurs restent minoritaires[24].

Cet √©loge permit aux Templiers de rencontrer une grande ferveur et une reconnaissance g√©n√©rale : gr√Ęce √† saint Bernard, l'ordre du Temple connut un accroissement significatif : bon nombre de chevaliers s'engag√®rent pour le salut de leur √Ęme ou, tout simplement, pour pr√™ter main-forte en s'illustrant sur les champs de bataille.

Reconnaissance pontificale

Plusieurs bulles pontificales officialisèrent le statut de l'ordre du Temple.

Exemple de bulle pontificale (ici, bulle pontificale d'Urbain VIII en 1687).

La bulle Omne datum optimum a √©t√© publi√©e par le pape Innocent II le [25] sous la ma√ģtrise de Robert de Craon, deuxi√®me ma√ģtre de l'ordre du Temple. Elle fut d'une importance capitale pour l'Ordre puisqu'elle √©tait √† la base de tous les privil√®ges dont jouissaient les Templiers. En effet, gr√Ęce √† elle, les fr√®res du Temple eurent le droit de b√©n√©ficier de la protection apostolique et d'avoir leurs propres pr√™tres.

On vit donc une nouvelle cat√©gorie √©merger dans la communaut√©, celle des fr√®res chapelains qui officieraient pour les Templiers. De plus, cette bulle confirma le fait que l'ordre du Temple n'√©tait soumis qu'√† l'autorit√© du pape. La bulle cr√©a aussi une concurrence pour le clerg√© s√©culier (ce que ce dernier vit souvent d'un mauvais Ňďil). De nombreux conflits d'int√©r√™ts √©clat√®rent entre les Templiers et les √©v√™ques ou les cur√©s.

Les privilèges qu'elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne fut pas aisé de retrouver l'originale[26].

La bulle Milites Templi (Chevaliers du Temple) a √©t√© publi√©e le [27] par le pape C√©lestin II. Elle permit aux chapelains du Temple de prononcer l'office une fois par an dans des r√©gions ou villes interdites, ¬ę pour l'honneur et la r√©v√©rence de leur chevalerie ¬Ľ, sans pour autant autoriser la pr√©sence des personnes excommuni√©es dans l'√©glise. Mais ce n'est en r√©alit√© qu'une confirmation de la bulle Omne datum optimum.

La bulle Militia Dei (Chevalerie de Dieu) a √©t√© publi√©e par le pape Eug√®ne III, le [27]. Cette bulle permit aux Templiers de construire leurs propres oratoires, mais aussi de disposer d'une totale ind√©pendance vis-√†-vis du clerg√© s√©culier gr√Ęce au droit de percevoir des d√ģmes et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimeti√®res. De plus, la protection apostolique fut √©tendue aux familiers du Temple (leurs paysans, troupeaux, biens‚Ķ).

Des plaintes furent déposées par des Templiers auprès du pape concernant le fait que le clergé prélevait un tiers du legs fait par les personnes désireuses de se faire enterrer dans les cimetières de l'Ordre. La bulle Dilecti filii ordonna en conséquence au clergé de ne se contenter que d'un quart des legs[28].

Organisation et mission de l'ordre

Règle et statuts

Lettrine du XIIe siècle représentant Bernard de Clairvaux.

Apr√®s le concile de Troyes, o√Ļ l'id√©e d'une r√®gle propre √† l'ordre du Temple a √©t√© accept√©e, la t√Ęche de la r√©diger fut confi√©e √† Bernard de Clairvaux, qui lui-m√™me la fit √©crire par un clerc qui faisait s√Ľrement partie de l'entourage du l√©gat pontifical pr√©sent au concile, Jean Michel (Jehan Michiel)[29], sur des propositions faites par Hugues de Payns.

La r√®gle de l'ordre du Temple faisait quelques emprunts √† la r√®gle de saint Augustin mais s'inspirait en majeure partie de la r√®gle de saint Beno√ģt suivie par les moines b√©n√©dictins. Elle fut cependant adapt√©e au genre de vie active, principalement militaire, que menaient les fr√®res templiers. Par exemple, les je√Ľnes √©taient moins s√©v√®res que pour les moines b√©n√©dictins, de mani√®re √† ne pas affaiblir les Templiers appel√©s √† combattre. Par ailleurs, la r√®gle √©tait adapt√©e √† la bipolarit√© de l'ordre, ainsi certains articles concernaient aussi bien la vie en Occident (conventuelle) que la vie en Orient (militaire).

La r√®gle primitive (ou latine car r√©dig√©e en latin), √©crite en 1128, fut annex√©e au proc√®s-verbal du concile de Troyes en 1129 et contenait soixante-douze articles. Toutefois, vers 1138, sous la ma√ģtrise de Robert de Craon, deuxi√®me ma√ģtre de l'ordre (1136-1149), la r√®gle primitive fut traduite en fran√ßais et modifi√©e. Par la suite, √† diff√©rentes dates, la r√®gle fut √©toff√©e par l'ajout de six cent neuf retraits ou articles statutaires, notamment √† propos de la hi√©rarchie et de la justice au sein de l'Ordre.

Ni à sa fondation, ni à aucun moment de son existence, l'Ordre ne s'est doté d'une devise.

Réception dans l'ordre

Les commanderies avaient, entre autres, pour r√īle d'assurer de fa√ßon permanente le recrutement des fr√®res. Ce recrutement devait √™tre le plus large possible. Ainsi, les hommes la√Įcs de la noblesse et de la paysannerie libre pouvaient pr√©tendre √† √™tre re√ßus s'ils r√©pondaient aux crit√®res exig√©s par l'Ordre.

Tout d'abord, l'entr√©e dans l'Ordre √©tait gratuite et volontaire. Le candidat pouvait √™tre pauvre. Avant toute chose, il faisait don de lui-m√™me. Il √©tait n√©cessaire qu'il f√Ľt motiv√© car il n'y avait pas de p√©riode d'essai par le noviciat. L'entr√©e √©tait directe (prononciation des vŇďux) et d√©finitive (√† vie).

Les principaux critères étaient les suivants :

  • √™tre √Ęg√© de plus de 18 ans (la majorit√© pour les gar√ßons √©tait fix√©e √† 16 ans) (article 58 de la r√®gle) ;
  • ne pas √™tre fianc√© (article 669) ;
  • ne pas faire partie d'un autre ordre (article 670) ;
  • ne pas √™tre endett√© (article 671) ;
  • √™tre en parfaite sant√© mentale et physique (ne pas √™tre estropi√©) (article 672) ;
  • n'avoir soudoy√© personne pour √™tre re√ßu dans l'Ordre (article 673) ;
  • √™tre homme libre (le serf d'aucun homme) (article 673) :
  • ne pas √™tre excommuni√© (article 674).

Le candidat était prévenu qu'en cas de mensonge prouvé, il serait immédiatement renvoyé :

¬ę ‚Ķ si vous en mentiez, vous en seriez parjure et en pourriez perdre la maison, ce dont Dieu vous garde. ¬Ľ

‚ÄĒ (extrait de l‚Äôarticle 668)

Organisation territoriale

Possessions de l'ordre des Templiers en Europe vers 1300.

Comme tout ordre religieux, les Templiers √©taient dot√©s de leur propre r√®gle et cette r√®gle √©voluait sous forme de retraits (articles statutaires) √† l'occasion des chapitres g√©n√©raux[30]. C'est l'article 87 des retraits de la r√®gle qui nous indique la r√©partition territoriale initiale des provinces. Le ma√ģtre de l'ordre d√©signait un commandeur pour les provinces suivantes[31] - [32] - [33] :

  • Provinces d'Occident, avec les provinces de :
    • Allemagne, form√©e au XIIIe si√®cle, divis√©e en bailliages de :
    • Angleterre, divis√©e en bailliages de :
      • √Čcosse
      • Irlande
    • Aquitaine
      • Bretagne
      • P√©rigord
    • Auvergne
    • Castille et Le√≥n
    • France
    • Hongrie
    • Italie
    • Portugal
    • Provence et partie d'Espagne, divis√© en 1239 en :
    • Sicile

Hiérarchie

Les Templiers √©taient organis√©s comme un ordre monastique, suivant la r√®gle cr√©√©e pour eux par Bernard de Clairvaux. Dans chaque pays √©tait nomm√© un ma√ģtre qui dirigeait l'ensemble des commanderies et d√©pendances et tous √©taient sujets du ma√ģtre de l'Ordre, d√©sign√© √† vie, qui supervisait √† la fois les efforts militaires de l'Ordre en Orient et ses possessions financi√®res en Occident.

Avec la forte demande de chevaliers, certains parmi eux se sont aussi engagés à la commande pendant une période prédéterminée avant d'être renvoyés à la vie séculière, comme les Fratres conjugati, qui étaient des frères mariés. Ils portaient le manteau noir ou brun avec la croix rouge pour les distinguer des frères ayant choisi le célibat et qui n'avaient pas le même statut que ces derniers.

Les fr√®res servants (fr√®res casaliers et fr√®res de m√©tiers) √©taient choisis parmi les sergents qui √©taient d'habiles marchands ou alors incapables de combattre en raison de leur √Ęge ou d'une infirmit√©.

À tout moment, chaque chevalier avait environ dix personnes dans des positions de soutien. Quelques frères seulement se consacraient aux opérations bancaires (spécialement ceux qui étaient éduqués), car l'Ordre a souvent eu la confiance des participants aux croisades pour la bonne garde de marchandises précieuses. Cependant, la mission première des chevaliers du Temple restait la protection militaire des pèlerins de Terre sainte.

Ma√ģtres de l'ordre du Temple

L'expression ¬ę grand ma√ģtre ¬Ľ pour d√©signer le chef supr√™me de l'Ordre est apparue √† la fin du XIIIe et au d√©but du XIVe si√®cle dans des chartes tardives et dans les actes du proc√®s des Templiers. Puis, elle a √©t√© reprise et popularis√©e par certains historiens des XIXe et XXe si√®cles. Elle est aujourd'hui largement r√©pandue.

Or, ce grade n'existait pas dans l'Ordre et les Templiers eux-m√™mes ne semblaient pas l'utiliser[34]. Cependant, dans des textes tardifs apparaissent les qualificatifs de ¬ę ma√ģtre souverain ¬Ľ ou ¬ę ma√ģtre g√©n√©ral ¬Ľ de l'Ordre. Dans la r√®gle et les retraits de l'Ordre, il est appel√© Li Maistre et un grand nombre de dignitaires de la hi√©rarchie pouvaient √™tre appel√©s ainsi sans l'adjonction d'un qualificatif particulier. Les pr√©cepteurs des commanderies pouvaient √™tre d√©sign√©s de la m√™me fa√ßon. Il faut donc se r√©f√©rer au contexte du manuscrit pour savoir de qui l'on parle. En Occident comme en Orient, les hauts dignitaires √©taient appel√©s ma√ģtres des pays ou provinces : il y avait donc un ma√ģtre en France, un ma√ģtre en Angleterre, un ma√ģtre en Espagne, etc. Aucune confusion n'√©tait possible puisque l'Ordre n'√©tait dirig√© que par un seul ma√ģtre √† la fois, celui-ci demeurant √† J√©rusalem. Pour d√©signer le chef supr√™me de l'Ordre, il convient de dire simplement le ma√ģtre de l'Ordre et non grand ma√ģtre.

Durant sa p√©riode d'existence, s'√©talant de 1129[alpha 1] √† 1312[alpha 1], date √† laquelle le pape Cl√©ment V fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l'ordre du Temple, soit 183 ans, l'ordre du Temple a √©t√© dirig√© par vingt-trois ma√ģtres.

Cubiculaires du pape

Le terme cubiculaire (cubicularius) d√©signait au Moyen √āge celui qu'on nommait aussi le ¬ę chambrier ¬Ľ, c'est-√†-dire le responsable de la chambre √† coucher (cubiculum) du pape. Il ne doit pas √™tre confondu avec le camerlingue (camerarius), qui avait √† l'√©poque la direction des finances et des ressources temporelles de la papaut√©. Ces fonctions bien distinctes √† l'origine, ont √©t√© regroup√©es au d√©but de l'√Čpoque moderne sous le terme cubiculaires, avant d'√™tre divis√©es √† nouveau en plusieurs cat√©gories de cam√©riers.

Les cubicularii, d'abord simples domestiques du pape, avaient également des fonctions cérémonielles, d'intendance et de garde personnelle rapprochée. Ils bénéficièrent de fonctions de plus en plus importantes au fil des siècles.

Les premiers chevaliers de l'ordre du Temple à occuper cette fonction sont mentionnés par Malcolm Barber auprès du pape Alexandre III, sans que leur nom soit cependant cité[35].

C'est surtout √† partir du milieu du XIIIe si√®cle que les Templiers vont se succ√©der √† cette fonction, pour certains √† plusieurs reprises, comme Giacomo de Pocapalea, ou Hugues de Verceil, et parfois en doublon comme sous Beno√ģt XI. Les derniers Templiers cubiculaires de Cl√©ment V furent Giacomo da Montecucco, ma√ģtre de la province de Lombardie, arr√™t√© puis emprisonn√© √† Poitiers en 1307[36], d'o√Ļ il s'√©chappa en , pour se r√©fugier dans le Nord de l'Italie[37], et enfin, Olivier de Penne de 1307 √† 1308, √©galement arr√™t√© et parfois confondu avec Giacomo da Montecucco par certains historiens[38]. On retrouve ce dernier devenu commandeur hospitalier de La Capelle-Livron apr√®s la dissolution de l'ordre.

Pape Nom des Cubicularii Informations complémentaires Pape Nom des Cubicularii Informations complémentaires
Alexandre III
(1159-1181)
?? Chevaliers de l'ordre du Temple[35]Nicolas III
(1277-1280)
Hugues de Verceil (Uguccione di Vercelli, 1278-1282)[39] - [40],
Giacomo de Pocapalea (ou Jacques (fr), Jacobo ou parfois Jacopo (la), 1277-1280)[41] - [alpha 5]
tous deux chevaliers de l'ordre du Temple
Giacomo de Pocapalea étant originaire de Pocapaglia dans le Piémont
Innocent III
(1198-1216)
Francone[42] Chevalier de l'ordre du TempleMartin IV
(1281-1285)
Giacomo de Pocapalea (1282)[43]
Grégoire IX
(1227-1241)
Bonvicino (c. 1240) Chevalier de l'ordre du TempleHonorius IV
(1285-1287)
Renaud d'Angerville / d'Argéville (c. 1285/86)[44]
Toujours vivant en 1301[45]
Innocent IV
(1243-1254)
BonvicinoAdministrateur des biens de l'√©glise de Rome en Toscane et √† Anc√īne.
Participe au premier concile de Lyon (1245)
[39]
Nicolas IV
(1288-1292)
Giacomo de Pocapalea (1288-1289)[46] - [47],
Frère Nicolas, cubiculaire et notaire (1290-1292)[48]
tous deux chevaliers de l'ordre du Temple
Giacomo de Pocapalea re√ßoit en r√©compense un fief et un ch√Ęteau √† Orte
[49]
Alexandre IV
(1254-1261)
Bonvicino† 1262[50]Boniface VIII
(1294-1303)
Juan Fernandez (1296)[51] - [52],
Giacomo de Pocapalea (1294-1297)[53] - [54],
Giovanni Fernandi (1297-1300)[55],
Hugues de Verceil (1300-1302)[39] - [40]
Chevaliers de l'ordre du Temple,
Juan Fernandez, présent au chapitre général de l'ordre à Arles en 1296[51]
Hugues de Verceil √©tant de plus ma√ģtre de la province de Lombardie
Giacomo de Pocapalea reçoit Acquapendente en 1297
[54].
Urbain IV
(1261-1264)
Nicola, Paolo, Martino[46] Chevaliers de l'ordre du TempleBeno√ģt XI
(1303-1304)
puis Clément V (1305-1314)
en 1303 : il y avait deux cubicularii : un Hospitalier et un Templier (Giacomo de Pocapalea ?)[56],
Giacomo da Montecucco (ou Jacopo da Montecucco)[57] de 1304 à 1307[58]
Ordre de Saint-Jean de Jérusalem +
Giacomo da Montecucco, ma√ģtre de la province de Lombardie
Clément IV
(1265-1268)
Bernardo[46] Chevalier de l'ordre du TempleClément V (1305-1314)Olivier de Penne (Oliverius de Penna, 1307-1308)[59] ? Olivier de Penne devenu ensuite commandeur hospitalier de La Capelle-Livron.

Protection des pèlerins et garde de reliques

Des pèlerins admirent les reliques et les instruments de la Passion à Constantinople. Dans l'église de gauche, la Sainte Lance, la Sainte Croix et les clous. Dans celle de droite, la couronne d'épines. Livre des merveilles, BNF Fr2810, vers 1410-1412.

La vocation de l'ordre du Temple √©tait la protection des p√®lerins chr√©tiens pour la Terre sainte. Ce p√®lerinage comptait parmi les trois plus importants de la chr√©tient√© du Moyen √āge. Il durait plusieurs ann√©es et les p√®lerins devaient parcourir pr√®s de douze mille kilom√®tres aller-retour √† pied, ainsi qu'en bateau pour la travers√©e de la mer M√©diterran√©e. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne[60]. G√©n√©ralement, les p√®lerins √©taient d√©barqu√©s √† Acre, appel√©e aussi Saint-Jean-d'Acre, puis devaient se rendre √† pied sur les lieux saints. En tant que gens d'armes (gendarme), les Templiers s√©curisaient les routes, en particulier celle de Jaffa √† J√©rusalem et celle de J√©rusalem au Jourdain. Ils avaient √©galement la garde de certains lieux saints : Bethl√©em, Nazareth, le mont des Oliviers, la vall√©e de Josaphat, le Jourdain, la colline du Calvaire et le Saint-S√©pulcre √† J√©rusalem.

Tous les p√®lerins avaient droit √† la protection des Templiers. Ainsi, ces derniers particip√®rent aux croisades, p√®lerinages arm√©s, pour effectuer la garde rapproch√©e des souverains d'Occident. Aussi, en 1147, les Templiers pr√™t√®rent main-forte √† l'arm√©e du roi Louis VII attaqu√©e dans les montagnes d'Asie Mineure durant la deuxi√®me croisade (1147-1149). Cette action permit la poursuite de l'exp√©dition et le roi de France leur en fut tr√®s reconnaissant. Lors de la troisi√®me croisade (1189-1192), les Templiers et les Hospitaliers assuraient respectivement l'avant-garde et l'arri√®re-garde de l'arm√©e de Richard CŇďur de Lion dans les combats en marche. Lors de la cinqui√®me croisade, la participation des ordres militaires, et donc les Templiers, a √©t√© d√©cisive dans la protection des arm√©es royales de saint Louis devant Damiette.

L'ordre du Temple a aidé exceptionnellement les rois en proie à des difficultés financières. À plusieurs reprises dans l'histoire des croisades, les Templiers renflouèrent les caisses royales momentanément vides (croisade de Louis VII), ou payèrent les rançons de rois faits prisonniers (croisade de saint Louis).

En Orient comme en Occident, l'ordre du Temple était en possession de reliques. Il était parfois amené à les transporter pour son propre compte ou bien convoyait des reliques pour autrui. Les chapelles templières abritaient les reliques des saints auxquelles elles étaient dédiées. Parmi les plus importantes reliques de l'ordre se trouvaient le manteau de saint Bernard, des morceaux de la couronne d'épines, des fragments de la Vraie Croix.

Sceaux templiers

Reproduction de sceau templier lors d'une exposition à Prague.

Le mot sceau vient du latin sigillum signifiant marque. C'est un cachet personnel qui authentifie un acte et atteste d'une signature. Il existe une vingtaine de sceaux templiers connus. Ils appartenaient √† des ma√ģtres, hauts dignitaires, commandeurs ou chevaliers de l'ordre au XIIIe si√®cle. Leurs diam√®tres varient entre quinze et cinquante millim√®tres. Les sceaux templiers fran√ßais sont conserv√©s au service des sceaux des Archives nationales de France. Le sceau templier le plus connu est celui des ma√ģtres de l'ordre sigilum militum xristi qui repr√©sente deux chevaliers arm√©s chevauchant le m√™me cheval.

Il n'y a pas de consensus établi sur le symbolisme des deux chevaliers sur un même cheval. Contrairement à une idée souvent répétée, il ne s'agirait pas de mettre en avant l'idéal de pauvreté puisque l'ordre fournissait au moins trois chevaux à chacun de ses chevaliers. L'historien Georges Bordonove exprime une hypothèse qui peut se prévaloir d'un document d'époque avec saint Bernard dans son De laude novæ militiæ[61].

¬ę Leur grandeur tient sans doute √† cette dualit√© quasi institutionnelle : moine, mais soldat [‚Ķ] Dualit√© qu'exprime peut-√™tre leur sceau le plus connu qui montre deux chevaliers, heaumes en t√™tes, lances baiss√©es, sur le m√™me cheval : le spirituel et le temporel [‚Ķ] chevauchant la m√™me monture, menant au fond le m√™me combat, mais avec des moyens diff√©rents ¬Ľ[62].

Alain Demurger explique pour sa part que certains historiens ont cru y reconna√ģtre les deux fondateurs de l'ordre, Hughes de Payns et Godefroy de Saint-Omer. Il retient cependant une autre explication : le sceau symboliserait la vie commune, l'union et le d√©vouement[63].

Tenues des chapitres

Salle du chapitre de la commanderie de Coulommiers.

Un chapitre (latin : capitulum, diminutif de caput, sens premier : ¬ę t√™te ¬Ľ) est une partie d'un livre qui a donn√© son nom √† la r√©union de religieux dans un monast√®re durant laquelle √©taient lus des passages des textes sacr√©s ainsi que des articles de la r√®gle. L'usage vient de la r√®gle de saint Beno√ģt qui demandait la lecture fr√©quente d'un passage de la r√®gle √† toute la communaut√© r√©unie (RB ¬ß 66, 8). Par extension, la communaut√© d'un monast√®re est appel√©e le chapitre. La salle sp√©cifiquement b√Ętie pour recevoir les r√©unions de chapitre est aussi appel√©e ¬ę salle capitulaire ¬Ľ, ¬ę salle du chapitre ¬Ľ, ou tout simplement ¬ę chapitre ¬Ľ. La tenue se d√©roule √† huis clos et il est strictement interdit aux participants de r√©p√©ter ou de commenter √† l'ext√©rieur ce qui s'est dit durant le chapitre.

Dans l'ordre du Temple, il existait deux types de réunion de chapitre : le chapitre général et le chapitre hebdomadaire.

Transport maritime

Le lien entre l'Orient et l'Occident √©tait essentiellement maritime. Pour les Templiers, l'expression ¬ę outre-mer ¬Ľ d√©signait l'Europe tandis que ¬ę l'en de√ß√† des mers ¬Ľ et plus pr√©cis√©ment de la mer M√©diterran√©e, repr√©sentait l'Orient. Afin d'assurer le transport des biens, des armes, des fr√®res de l'Ordre, des p√®lerins et des chevaux, l'ordre du Temple avait fait construire ses propres bateaux. Il ne s'agissait pas d'une flotte importante, comparable √† celles des XIVe et XVe si√®cles, mais de quelques navires qui partaient des ports de Marseille, Nice (comt√© de Nice), Saint-Rapha√ęl, Collioure[60] ou d'Aigues-Mortes en France et d'autres ports italiens. Ces bateaux se rendaient dans les ports orientaux apr√®s de nombreuses escales.

Plut√īt que de financer l'entretien de navires, l'Ordre pratiquait la location de bateaux de commerce appel√©s ¬ę nolis ¬Ľ. Inversement, la location de nefs templi√®res √† des marchands occidentaux √©tait pratiqu√©e. Il √©tait d'ailleurs financi√®rement plus avantageux d'acc√©der aux ports exon√©r√©s de taxes sur les marchandises que de poss√©der des bateaux. Les commanderies situ√©es dans les ports jouaient donc un r√īle important dans les activit√©s commerciales de l'Ordre. Des √©tablissements templiers √©taient install√©s √† G√™nes, Pise ou Venise, mais c'√©tait dans le Sud de l'Italie, plus particuli√®rement √† Brindisi, que les nefs templi√®res m√©diterran√©ennes passaient l'hiver.

Les Templiers d'Angleterre se fournissaient en vin du Poitou à partir du port de La Rochelle[64].

On distinguait deux sortes de bateaux, les galères, et les nefs. Certaines larges nefs étaient surnommées huissiers car dotées de portes arrière ou latérales (huis), ce qui permettait d'embarquer jusqu'à une centaine de chevaux, suspendus par des sangles afin d'assurer la stabilité de l'ensemble pendant le voyage[65].

L'article 119 des retraits de la R√®gle indique que ¬ę tous les vaisseaux de mer qui sont de la maison d'Acre sont au commandement du commandeur de la terre. Et le commandeur de la vo√Ľte d'Acre, et tous les fr√®res qui sont sous ses ordres sont en son commandement et toutes les choses que les vaisseaux apportent doivent √™tre rendues au commandeur de la terre. ¬Ľ

Le port d'Acre √©tait le plus important de l'Ordre. La vo√Ľte d'Acre √©tait le nom d'un des √©tablissements poss√©d√©s par les Templiers dans la ville, celui-ci se trouvant pr√®s du port. Entre la rue des Pisans et la rue Sainte-Anne, la vo√Ľte d'Acre comprenait un donjon et des b√Ętiments conventuels[66].

Voici les noms de navires du Temple[64] :

  • Le Templ√®re, le Buscart, le Buszarde du Temple vers 1230 reliant l'Angleterre au continent ;
  • La Bonne Aventure en 1248, la Rose du Temple en 1288-1290 √† Marseille ;
  • L'Angellica en Italie du Sud ;
  • Le Faucon en 1291 et 1301 ainsi que La Santa Anna en 1302 √† Chypre.

Templiers

Des hommes de toutes origines et de toutes conditions constituaient le corps du peuple templier à chaque niveau de la hiérarchie. Différents textes permettent aujourd'hui de déterminer l'apparence des frères chevaliers et sergents.

Habit

Portrait d'Hugues de Payens (peinture d'Henri Lehmann, 1841).
Chevaliers imagin√©s au XIXe si√®cle (illustration de 1870). En r√©alit√©, ils portaient une chlamyde de laine blanche avec la croix de l'ordre en laine rouge, un bonnet orn√© d'une plume rouge, et au c√īt√©, un sabre de cavalerie √† poign√©e d'argent et cruciforme. Les fr√®res servants ou sergents, ordinairement √©cuyers, portaient le v√™tement noir[67].

La reconnaissance de l'ordre du Temple ne passait pas seulement par l'élaboration d'une règle et d'un nom, mais aussi par l'attribution d'un code vestimentaire particulier propre à l'ordre du Temple.

Le manteau des Templiers faisait référence à celui des moines cisterciens.

Seuls les chevaliers, les fr√®res issus de la noblesse, avaient le droit de porter le manteau blanc, symbole de puret√© de corps et de chastet√©. Les fr√®res sergents, issus de la paysannerie, portaient quant √† eux un manteau de bure, sans pour autant que ce dernier ait une connotation n√©gative. C'√©tait l'Ordre qui remettait l'habit et c'est aussi lui qui avait le pouvoir de le reprendre. L'habit lui appartenait, et dans l'esprit de la r√®gle, le manteau ne devait pas √™tre un objet de vanit√©. Il y est dit que si un fr√®re demandait un plus bel habit, on devait lui donner le ¬ę plus vil ¬Ľ.

La perte de l'habit était prononcée par la justice du chapitre pour les frères qui avaient enfreint gravement le règlement. Il signifiait un renvoi temporaire ou définitif de l'Ordre.

Dans sa bulle Vox in excelso d'abolition de l'ordre du Temple, le pape Cl√©ment V indiqua qu'il supprimait ¬ę le dit ordre du Temple et son √©tat, son habit et son nom ¬Ľ, ce qui montre bien l'importance que l'habit avait dans l'existence de l'Ordre.

Croix rouge

Croix pattée.

L'iconographie templi√®re la pr√©senta grecque simple, ancr√©e, fleuronn√©e ou patt√©e[68]. Quelle qu'ait √©t√© sa forme, elle indiquait l'appartenance des Templiers √† la chr√©tient√© et la couleur rouge rappelait le sang vers√© par le Christ. Cette croix exprimait aussi le vŇďu permanent de croisade √† laquelle les Templiers s'engageaient √† participer √† tout moment. Il faut cependant pr√©ciser que tous les Templiers n'ont pas particip√© √† une croisade. Il y a eu de nombreuses sortes de croix pour les Templiers. Il semble que la croix patt√©e rouge n'ait √©t√© accord√©e que tardivement aux Templiers, en 1147, par le pape Eug√®ne III[69]. Il aurait donn√© le droit de la porter sur l'√©paule gauche, du c√īt√© du cŇďur. La r√®gle de l'Ordre et ses retraits ne faisaient pas r√©f√©rence √† cette croix. Cependant, la bulle papale Omne datum optimum la nomma par deux fois. Aussi est-il permis de dire que les Templiers portaient d√©j√† la croix rouge en 1139[70]. C'est donc sous la ma√ģtrise de Robert de Craon, deuxi√®me ma√ģtre de l'ordre, que la ¬ę croix de gueules ¬Ľ devint officiellement un insigne templier.

La couleur de cette croix n'est pas √† l'origine du nom populaire de ¬ę moines rouges ¬Ľ donn√© aux Templiers. Ce nom s'explique par les r√©cits populaires[alpha 6] et les l√©gendes qui associent ces ordres militaires au diable et aux crimes de sang[72] - [73].

Visage templier

Chevalier portant camail et chapel de fer.

Dans son hom√©lie (1130-1136), appel√©e De laude nov√¶ militi√¶ (√Čloge de la nouvelle milice), Bernard de Clairvaux pr√©sente un portrait physique et surtout moral des Templiers, qui s'opposait √† celui des chevaliers du si√®cle :

¬ę Ils se coupent les cheveux ras, sachant de par l'Ap√ītre que c'est une ignominie pour un homme de soigner sa coiffure. On ne les voit jamais peign√©s, rarement lav√©s, la barbe hirsute, puant la poussi√®re, macul√©s par les harnais et par la chaleur‚Ķ ¬Ľ

Bien que contemporaine des Templiers, cette description était plus allégorique que réaliste, saint Bernard ne s'étant jamais rendu en Orient. Par ailleurs, l'iconographie templière est mince. Dans les rares peintures les représentant à leur époque, leurs visages, couverts d'un heaume, d'un chapeau de fer ou d'un camail, ne sont pas visibles ou n'apparaissent que partiellement.

Dans l'article 28, la r√®gle latine pr√©cisait que ¬ę les fr√®res devront avoir les cheveux ras ¬Ľ, ceci pour des raisons √† la fois pratiques et d'hygi√®ne dont ne parlait pas saint Bernard, mais surtout ¬ę afin de se consid√©rer comme reconnaissant la r√®gle en permanence ¬Ľ. De plus, ¬ę afin de respecter la r√®gle sans d√©vier, ils ne doivent avoir aucune inconvenance dans le port de la barbe et des moustaches. ¬Ľ Les fr√®res chapelains √©taient tonsur√©s et ras√©s. De nombreuses miniatures, qui repr√©sentent des Templiers sur le b√Ľcher, ne sont ni contemporaines, ni r√©alistes. √Ä ce moment, certains s'√©taient m√™me ras√©s pour montrer leur d√©sengagement de l'Ordre.

Enfin, les peintres officiels du XIXe siècle ont imaginé les Templiers à leur manière, mêlant idéalisme et romantisme, avec de longues chevelures et de grandes barbes.

Vie quotidienne

¬ę car de notre vie vous ne voyez que l'√©corce qui est par dehors. Car l'√©corce est telle que vous nous voyez avoir beaux chevaux et belles robes, et ainsi vous semble que vous serez √† votre aise. Mais vous ne savez pas les forts commandements qui sont par dedans. Car c'est une grande chose que vous, qui √™tes sire de vous-m√™me, deveniez serf d'autrui. ¬Ľ

‚ÄĒ Extrait de l'article 661 de la r√®gle.

La règle de l'Ordre et ses retraits nous informent de manière précise sur ce que fut la vie quotidienne des Templiers en Occident comme en Orient.

Cette vie √©tait partag√©e entre les temps de pri√®res, la vie collective (repas, r√©unions), l'entra√ģnement militaire, l'accompagnement et la protection des p√®lerins, la gestion des biens de la maison, le commerce, la r√©colte des taxes et imp√īts dus √† l'Ordre, le contr√īle du travail des paysans sur les terres de l'Ordre, la diplomatie, la guerre et le combat contre les infid√®les.

Templiers et guerre

Cheval

Chevalier du Temple chargeant sur son destrier, chapelle templière de Cressac en Charente, vers 1170-1180.

Un ordre de chevalerie ne va pas sans cheval. Ainsi, l'histoire de l'ordre du Temple fut intimement liée à cet animal. Pour commencer, un noble qui était reçu dans l'Ordre pouvait faire don de son destrier, un cheval de combat que les écuyers tenaient à dextre, c'est-à-dire de la main droite (donc à gauche). Après 1140, on comptait de nombreux donateurs de la grande noblesse léguant aux Templiers des armes et des chevaux.

Pour √©quiper son arm√©e, l'ordre du Temple fournissait trois chevaux √† chacun de ses chevaliers dont l'entretien √©tait assur√© par un √©cuyer (articles 30 & 31 de la r√®gle). La r√®gle pr√©cise que les fr√®res pouvaient avoir plus de trois chevaux, lorsque le ma√ģtre les y autorisait. Cette mesure visait sans doute √† pr√©venir la perte des chevaux, afin que les fr√®res eussent toujours trois chevaux √† disposition.

Ces chevaux devaient √™tre harnach√©s de la plus simple mani√®re exprimant le vŇďu de pauvret√©. Selon la r√®gle (article 37) ¬ę Nous d√©fendons totalement que les fr√®res aient de l'or et de l'argent √† leur brides, √† leurs √©triers et √† leurs √©perons ¬Ľ. Parmi ces chevaux se trouvait un destrier qui √©tait entra√ģn√© au combat et r√©serv√© √† la guerre. Les autres chevaux √©taient des sommiers ou b√™tes de somme de race comtoise ou percheronne. Ce pouvaient √™tre aussi des mulets appel√©s ¬ę b√™tes mulaces ¬Ľ. Ils assuraient le transport du chevalier et du mat√©riel. Il y avait aussi le palefroi, plus sp√©cialement utilis√© pour les longs d√©placements.

Selon les retraits, la hi√©rarchie de l'Ordre s'exprimait √† travers l'attribution r√©glementaire des montures. Les retraits commencent ainsi : ¬ę Le ma√ģtre doit avoir quatre b√™tes‚Ķ ¬Ľ indiquant l'importance du sujet. D'ailleurs, les trois premiers articles du ma√ģtre de l'Ordre (articles 77, 78 et 79) portaient sur son entourage et le soin aux chevaux. On apprend ainsi que les chevaux √©taient nourris en mesures d'orge (c√©r√©ale co√Ľteuse et donnant beaucoup plus d'√©nergie aux chevaux que la simple ration de foin) et qu'un mar√©chal-ferrant se trouvait dans l'entourage du ma√ģtre.

Parmi les chevaux du ma√ģtre se trouvait un turcoman, pur sang arabe qui √©tait un cheval de guerre d'√©lite et de grande valeur car tr√®s rapide.

Quatre chevaux étaient fournis à tous les hauts dignitaires : sénéchal, maréchal, commandeur de la terre et du royaume de Jérusalem, commandeur de la cité de Jérusalem, commandeurs de Tripoli et d'Antioche, drapier, commandeurs des maisons (commanderies), turcopolier. Les frères sergents tels que le sous-maréchal, le gonfanonier, le cuisinier, le maréchal-ferrant et le commandeur du port d'Acre avaient droit à deux chevaux. Les autres frères sergents ne disposaient que d'une seule monture. Les turcopoles, soldats arabes au service de l'ordre du Temple, devaient fournir eux-mêmes leurs chevaux.

C'était le maréchal de l'Ordre qui veillait à l'entretien de tous les chevaux et du matériel, armes, armures et brides, sans lesquels la guerre n'était pas possible. Il était responsable de l'achat des chevaux (article 103) et il devait s'assurer de leur parfaite qualité. Un cheval rétif devait lui être montré (article 154) avant d'être écarté du service.

Les destriers √©taient √©quip√©s d'une selle √† ¬ę croce ¬Ľ (√† crosse), appel√©e aussi selle √† ar√ßonni√®re, qui √©tait une selle montante pour la guerre et qui permettait de maintenir le cavalier lors de la charge. Les commanderies du Sud de la France, mais aussi celles de Castille, d'Aragon et de Gascogne, √©taient sp√©cialis√©es dans l'√©levage des chevaux[74]. Ceux-ci √©taient ensuite achemin√©s dans les √Čtats latins d'Orient par voie maritime. Pour cela, ils √©taient transport√©s dans les cales des nefs templi√®res et livr√©s √† la caravane du mar√©chal de l'Ordre qui supervisait la r√©partition des b√™tes selon les besoins. Lorsqu'un Templier mourait ou √©tait envoy√© dans un autre √Čtat, ses chevaux revenaient √† la mar√©chauss√©e (article 107).

Rares sont les représentations des Templiers. Il nous est cependant parvenu une peinture murale d'un chevalier du Temple en train de charger sur son destrier. Il s'agit d'une fresque de la chapelle de Cressac en Charente, datant de 1170 ou 1180.

√Čquipement militaire

Le noble des XIIe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXIIIe si√®cles devait se faire confectionner un √©quipement complet (v√™tement et armes) pour √™tre adoub√© chevalier. Ce mat√©riel, n√©cessitant essentiellement des m√©taux, valait une somme importante qui pouvait impliquer de contracter un cr√©dit ou de b√©n√©ficier d'un pr√™t. Les chevaliers et sergents templiers devaient disposer d'un tel √©quipement.

La protection du corps était assurée par[75] un écu, un haubert (cotte de maille) ainsi qu'un heaume ou un chapel de fer.

  • L'√©cu (ou bouclier) de forme triangulaire, pointe en bas, √©tait fait de bois et recouvert d'une feuille de m√©tal ou de cuir. Il servait √† prot√©ger le corps, mais sa taille fut r√©duite dans le courant du XIIe si√®cle pour √™tre all√©g√© et donc plus maniable.
  • La cotte de mailles √©tait constitu√©e de milliers d'anneaux en fer de quelques millim√®tres de diam√®tre, entrelac√©s et rivet√©s. Cette cotte √©tait constitu√©e de quatre parties :
    • Les chausses de mailles attach√©es √† la ceinture par des lani√®res de cuir.
    • Le haubert prot√©geait le corps et les bras. Il est √† noter que le haubert fut raccourci au genou au cours du XIIIe si√®cle pour √™tre plus l√©ger, apr√®s quoi il fut appel√© ¬ę haubergeon ¬Ľ. Il se distinguait par des manches courtes et l'absence de protection de t√™te solidaire.
    • Le camail ou coiffe de mailles. Un ¬ę mortier ¬Ľ ou casquette en tissu matelass√© √©tait pos√© sur la t√™te pour supporter le camail ainsi que le heaume.
    • Les mains √©taient prot√©g√©es par des gants en mailles appel√©s gants d'arme (article 325 de la r√®gle).
  • Le casque √©tait alors une calotte de fer comportant √©ventuellement une protection du visage fixe. Le chapel de fer devait son nom √† sa forme tr√®s proche du chapeau de paille √† larges bords ne prot√©geant pas le visage. Plus tard, le ¬ę heaume ¬Ľ apparut. Il couvrait toute la t√™te jusqu'au bas du cou.

Le sous-v√™tement se composait d'une chemise de lin et de braies. La protection du corps √©tait renforc√©e par le port de chausses √©ventuellement matelass√©es en tissu ou cuir et attach√©es par des lani√®res, ainsi que par un ¬ę gambison ¬Ľ ou ¬ę gambeson ¬Ľ en tissu matelass√© et recouvert de soie. Pour finir, le surcot, port√© sur la cotte, est aussi appel√© jupon d'arme, cotte d'arme ou ¬ę tabard ¬Ľ. Il √©tait cousu d'une croix rouge, insigne de l'ordre, devant comme derri√®re. Il permettait de reconna√ģtre les combattants templiers sur le champ de bataille comme en tout lieu. Le baudrier, port√© autour des reins, √©tait une ceinture sp√©ciale qui permettait d'accrocher l'√©p√©e et de maintenir le surcot pr√®s du corps.

Selon la règle (voir entre autres les travaux de Georges Bordonove), le Templier recevait comme armement une épée, une lance, une masse et trois couteaux lors de sa réception dans l'Ordre[76].

Les √©p√©es suivaient les modes occidentales de l'√©poque. Elles √©taient donc √† lames droites √† double tranchant, mani√©es √† une main √† la cr√©ation de l'Ordre puisque les mod√®les mani√©s √† deux mains n'appara√ģtront que plus tard (toute fin du XIIe si√®cle). La lance est une arme de cavalier, destin√©e √† charger ¬ę √† la lance couch√©e ¬Ľ sur l'ennemi. La masse d'arme est constitu√©e d'une hampe courte (selon mod√®les, de 40 √† 80 cm) et d'une t√™te ferr√©e ou enti√®rement constitu√©e de fer pr√©sentant d'√©ventuelles protub√©rances. L'√©p√©e √©tait accompagn√©e, selon la mode de l'√©poque, d'un couteau qui lui √©tait esth√©tiquement appareill√© de 30 √† 40 cm de longueur totale. Les deux autres couteaux √©taient des outils d'usage g√©n√©ral, servant aux menus travaux, √† l'entretien du corps, du cheval et √† la nutrition.

Drapeau

Gonfanon baussant.

Le drapeau de l'ordre du Temple était appelé le gonfanon baucent. Baucent, qui signifie bicolore, avait plusieurs graphies : baussant, baucent ou balcent. C'était un rectangle vertical composé de deux bandes, l'une blanche et l'autre noire, coupées au tiers supérieur. Il était le signe de ralliement des combattants templiers sur le champ de bataille, protégé en combat par une dizaine de chevaliers. Celui qui en était responsable était appelé le gonfanonier. Selon la circonstance, le gonfanonier désignait un porteur qui pouvait être un écuyer, un soldat turcopole ou une sentinelle. Le gonfanonier chevauchait devant et conduisait son escadron sous le commandement du maréchal de l'Ordre.

Le gonfanon devait être visible en permanence sur le champ de bataille et c'est pourquoi il était interdit de l'abaisser. Ce manquement grave au règlement pouvait être puni par la sanction la plus sévère, c’est-à-dire la perte de l'habit qui signifiait le renvoi de l'Ordre.

Selon l'historien Georges Bordonove[77], lorsque le gonfanon principal tombait parce que son porteur et sa garde avaient √©t√© tu√©s, le commandeur des chevaliers d√©roulait un √©tendard de secours et reprenait la charge. Si celui-ci venait √† dispara√ģtre √† son tour, un commandeur d'escadron devait lever son pennon noir et blanc et rallier tous les Templiers pr√©sents.

Si les couleurs templi√®res n'√©taient plus visibles, les Templiers survivants devaient rejoindre la banni√®re des Hospitaliers. Dans le cas o√Ļ celle-ci √©tait tomb√©e, les Templiers devaient rallier la premi√®re banni√®re chr√©tienne qu'ils apercevaient.

Le gonfanon baucent est représenté dans les fresques de la chapelle templière San Bevignate de Pérouse en Italie. La bande blanche se situe dans la partie supérieure. Il est aussi dessiné dans la chronica majorum, les Chroniques de Matthieu Paris en 1245. Dans ce cas, la bande blanche se trouve dans la partie inférieure[78].

Saint patron

Saint Georges était un saint très vénéré par les ordres militaires et religieux[79], mais les Templiers considéraient Marie comme leur sainte patronne[80].

Templiers vus par leurs ennemis

Les crois√©s dans leur ensemble √©taient per√ßus par les Arabes comme des barbares ignorants parfois m√™me accus√©s de cannibalisme, comme lors de la prise de la ville de Ma'arrat al-Numan, pendant la premi√®re croisade, et furent ensuite parfois d√©sign√©s comme les cannibales de Maara[81]. Au d√©but du XIIe si√®cle, les Templiers se r√©v√©l√®rent √™tre les combattants les plus redoutables que durent affronter les Arabes. Cependant, en dehors du champ de bataille, on note qu'une certaine tol√©rance religieuse les animait. En 1140, l'√©mir et chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh, par ailleurs ambassadeur aupr√®s des Francs, se rendit √† J√©rusalem. Il avait l'habitude d'aller √† l'ancienne mosqu√©e al-Aqsa, ¬ę lieu de r√©sidence de mes amis les Templiers ¬Ľ[82]. L'√©mir rapporta une anecdote pendant laquelle les Templiers prirent ouvertement sa d√©fense lors de la pri√®re. Alors que la fa√ßon de prier des musulmans √©tait √† la fois inconnue et incomprise des Francs nouvellement arriv√©s en Orient, les Templiers, eux, faisaient respecter ce culte, m√™me si celui-ci √©tait qualifi√© d'infid√®le.

Quelques ann√©es plus tard, en 1187, lors de la bataille de Hattin, le chef musulman Saladin fit d√©capiter au sabre, sur place et en sa pr√©sence, pr√®s de deux cent trente prisonniers templiers. Le secr√©taire particulier de Saladin concluait en parlant de son ma√ģtre : ¬ę Que de maux il gu√©rit en mettant √† mort un Templier ¬Ľ. En revanche, les chefs militaires arabes √©pargnaient les ma√ģtres de l'Ordre prisonniers parce qu'ils savaient que d√®s qu'un ma√ģtre mourait, il √©tait imm√©diatement remplac√©[83].

Principales batailles

Dans l'action militaire, les Templiers √©taient des soldats d'√©lite. Ils ont fait preuve de courage et se sont r√©v√©l√©s √™tre de fins strat√®ges. Ils √©taient pr√©sents sur tous les champs de bataille o√Ļ se trouvait l'arm√©e franque et ont int√©gr√© les arm√©es royales d√®s 1129[84].

Second siège d'Ascalon ()

Bataille d'Ascalon, imaginée par Gustave Doré (gravure de C.W. Sharpe, 1881).

Le siège de Damas ayant été une grosse défaite pour le roi de Jérusalem, Baudouin III, celui-ci décida de lancer une attaque sur Ascalon.

Le ma√ģtre de l'ordre, Bernard de Tramelay, appuya l'avis du roi et l'attaque fut lanc√©e le . Ce fut une h√©catombe pour les Templiers qui p√©n√©tr√®rent au nombre de quarante dans la cit√© derri√®re leur ma√ģtre. En effet, ils furent tous tu√©s par les d√©fenseurs √©gyptiens de la cit√© et leurs corps suspendus aux remparts[85].

Cet épisode a soulevé de nombreuses polémiques car certains prétendirent que les Templiers voulaient entrer seuls dans la cité afin de s'approprier tous les biens et trésors alors que d'autres pensaient qu'ils voulaient, au contraire, marquer l'Ordre d'un fait d'armes.

Toutefois, la ville d'Ascalon tomba le [86] et l'ordre du Temple √©lut un nouveau ma√ģtre : Andr√© de Montbard. Il accepta cette nomination pour contrer l'√©lection d'un autre chevalier du Temple, Guillaume II de Chanaleilles, fils de Guillaume Ier (l'un des h√©ros de la premi√®re croisade aux c√īt√©s du comte de Toulouse Raymond IV, dit Raymond de Saint-Gilles), favori du roi de France Louis VII et qui aurait permis au roi de contr√īler l'ordre.

Bataille de Montgisard ()

Bataille de Montgisard, imaginée par Charles-Philippe Larivière (tableau du XIXe siècle).

Cette bataille, men√©e le [87], fut l'une des premi√®res du jeune roi de J√©rusalem Baudouin IV, alors √Ęg√© de seize ans. Les troupes du roi avaient √©t√© renforc√©es par quatre-vingts templiers venus de Gaza √† marche forc√©e.

Cette alliance de forces eut raison de l'armée de Saladin à Montgisard, près de Ramla.

Bataille de Hattin ()

Représentation de la bataille de Hattin, provenant d'un manuscrit médiéval.

Apr√®s la mort du roi Baudouin V, Guy de Lusignan devint roi de J√©rusalem par le biais de sa femme Sibylle, sŇďur du roi Baudouin IV.

Sur les conseils du Temple (alors command√© par G√©rard de Ridefort) et de l'H√īpital, Guy de Lusignan appr√™ta l'arm√©e. Comme le temps √©tait particuli√®rement aride et que l'unique point d'eau se situait √† Hattin, pr√®s de Tib√©riade, le roi fit prendre cette direction √† ses troupes.

Le [88], Saladin encercla les Francs. Presque toute l'arm√©e fut faite prisonni√®re (environ quinze mille hommes), ainsi que le roi lui-m√™me. Saladin ayant une aversion particuli√®re pour les Templiers, ceux-ci furent tous ex√©cut√©s par d√©capitation (ainsi que tous les Hospitaliers). Un seul Templier fut √©pargn√©, le ma√ģtre en personne : G√©rard de Ridefort.

Bataille d'Arsouf ()

Bataille d'Arsouf, imagin√©e par √Čloi Firmin F√©ron (tableau du XIXe si√®cle).

Apr√®s la chute de J√©rusalem, une troisi√®me croisade fut lanc√©e √† partir de l'Europe. Richard CŇďur de Lion se retrouva seul apr√®s le retrait de la majorit√© des troupes allemandes de Fr√©d√©ric Barberousse (apr√®s la noyade de ce dernier dans un fleuve) et le retour de Philippe Auguste en France. Le ma√ģtre templier G√©rard de Ridefort fut captur√© puis ex√©cut√© le devant Acre, il fut remplac√© dans sa fonction deux ans plus tard par Robert de Sabl√©, grand ami du roi Richard, ayant pass√© dix-neuf ans √† sa cour[89]. Richard fit marcher son arm√©e le long de la mer, ce qui lui permit de rester en communication avec sa flotte et, ainsi, d'assurer continuellement l'approvisionnement de ses troupes. Form√©e d'une immense colonne, l'arm√©e de Richard avait pour avant-garde le corps des Templiers men√© par le nouveau ma√ģtre de l'ordre du Temple, Robert de Sabl√©, venaient ensuite les Bretons et les Angevins, Guy de Lusignan avec ses compatriotes poitevins, puis les Normands et les Anglais et enfin en arri√®re-garde les Hospitaliers[90].

Dans les premiers temps de la bataille, Richard subit l'initiative de Saladin mais reprit la situation en main pour finalement mettre l'armée de Saladin en déroute par deux charges successives de la chevalerie franque et ce malgré le déclenchement prématuré de la première charge[91].

Conquête de Majorque ()

Les chevaliers du Temple sont particuli√®rement actifs aupr√®s du souverain Jacques Ier d'Aragon, tant pour pr√©parer la bataille que pour la conduire. Ils joueront un r√īle d√©terminant dans la gestion des terres conquises, dans leur peuplement et leur rattachement durable √† la couronne d'Aragon.

Bataille de Mansourah ()

Bataille de Damiette.

Le comte Robert Ier d'Artois, d√©sob√©issant aux ordres de son fr√®re le roi Louis IX, voulut attaquer les troupes √©gyptiennes malgr√© les protestations des Templiers qui lui recommandaient d'attendre le gros de l'arm√©e royale. L'avant-garde franque p√©n√©tra dans la cit√© de Mansourah, s'√©parpillant dans les rues. Profitant de cet avantage, les forces musulmanes lanc√®rent une contre-attaque et harcel√®rent les Francs. Ce fut une v√©ritable h√©catombe. De tous les Templiers, 295 p√©rirent. Seuls quatre ou cinq en r√©chapp√®rent. Robert Ier d'Artois lui-m√™me, instigateur de cette attaque sans ordre, y perdit la vie[92].

Saint Louis reprit l'avantage le soir même en anéantissant les troupes qui venaient d'exterminer son avant-garde. Cependant, les Templiers avaient perdu entre-temps presque tous leurs hommes. Cette bataille indécise engendra en avril de la même année la lourde défaite de Fariskur et la capture de Louis IX, libéré contre une rançon. La nouvelle de cette capture fut désastreuse car personne n'imaginait la défaite d'un roi si pieux.

Templiers et argent

Financement

Les Templiers devaient exercer une activit√© √©conomique, commerciale et financi√®re pour payer les frais inh√©rents au fonctionnement de l'ordre et les d√©penses de leurs activit√©s militaires en Orient. Cependant, il ne faut pas confondre cette activit√© √©conomique et financi√®re avec celle plus sophistiqu√©e des banquiers italiens √† la m√™me √©poque. L'usure, c'est-√†-dire une tractation comportant le paiement d'un int√©r√™t, √©tait interdite par l'√Čglise aux chr√©tiens et de surcro√ģt aux religieux[93].

Comme le dit l'Ancien Testament (Deutéronome, 23,19) :

¬ę Tu n'exigeras de ton fr√®re aucun int√©r√™t ni pour l'argent, ni pour vivres, ni pour aucune chose qui se pr√™te √† int√©r√™t. ¬Ľ

Les Templiers prêtaient de l'argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes… Le montant du remboursement pouvait parfois être supérieur à la somme initiale à la faveur d'un change de monnaie. C'était une façon admise d'éviter l'interdit d'usure.

Lors de la croisade de Louis VII, le roi de France en arrivant √† Antioche demanda une aide financi√®re aux Templiers. Le ma√ģtre de l'ordre, √Čvrard des Barres, fit le n√©cessaire. Le roi de France √©crivait √† son intendant en parlant des Templiers, ¬ę nous ne pouvons pas nous imaginer comment nous aurions pu subsister dans ces pays [Orient] sans leur aide et leur assistance. [‚Ķ] Nous vous notifions qu'ils nous pr√™t√®rent et emprunt√®rent en leur nom une somme consid√©rable. Cette somme leur doit √™tre rendue ¬Ľ. La somme en question repr√©sentait deux mille marcs d'argent[94].

Lettre de change

L‚Äôactivit√© financi√®re de l'Ordre pr√©voyait que les particuliers pussent d√©poser leurs biens lors d'un d√©part en p√®lerinage vers J√©rusalem, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Rome. Les Templiers invent√®rent ainsi le bon de d√©p√īt. Lorsqu'un p√®lerin confiait aux Templiers la somme n√©cessaire √† son p√®lerinage, le fr√®re tr√©sorier lui remettait une lettre sur laquelle √©tait inscrite la somme d√©pos√©e. Cette lettre manuscrite et authentifi√©e prit le nom de lettre de change. Le p√®lerin pouvait ainsi voyager sans argent sur lui et se trouvait plus en s√©curit√©. Arriv√© √† destination, il r√©cup√©rait aupr√®s d'autres Templiers l'int√©gralit√© de son argent en monnaie locale. Les Templiers ont mis au point et institutionnalis√© le service du change des monnaies pour les p√®lerins.

Trésor de l'ordre

Il s'agissait d'un coffre ferm√© √† cl√© dans lequel √©taient gard√©s de l'argent, des bijoux, mais aussi des archives. Ce coffre-fort √©tait appel√© huche. Le ma√ģtre de l'Ordre √† J√©rusalem en effectuait la comptabilit√© avant que celle-ci ne f√Ľt transf√©r√©e √† la fin du XIIIe si√®cle au tr√©sorier de l'ordre. Trois articles des retraits de la r√®gle nous renseignent sur le fonctionnement financier de l'Ordre. Le ma√ģtre pouvait autoriser le pr√™t d'argent (sans int√©r√™t) avec ou sans l'accord de ses conseillers selon l'importance de la somme. Les revenus provenant des commanderies d'Occident √©taient remis au tr√©sor du si√®ge de l'Ordre √† J√©rusalem.

Tous les dons en argent de plus de cent besants √©taient concentr√©s dans le tr√©sor de l'Ordre. Les commanderies de Paris ou de Londres servaient de centres de d√©p√īts pour la France et l'Angleterre. Chaque commanderie pouvait fonctionner gr√Ęce √† une tr√©sorerie conserv√©e dans un coffre. Au moment de l'arrestation des Templiers en 1307, il a √©t√© retrouv√© un seul coffre important, celui du visiteur de France, Hugues de Pairaud. L'argent qu'il contenait a √©t√© confisqu√© par le roi et a imm√©diatement rejoint les caisses royales[95].

Que la suppression de l'Ordre par Philippe IV le Bel ait eu pour objectif de r√©cup√©rer le tr√©sor des Templiers est une hypoth√®se cependant contest√©e, car le tr√©sor du Temple √©tait bien inf√©rieur au tr√©sor royal[96]. Le roi a en fait palli√© ses difficult√©s financi√®res en essayant d'√©tablir des imp√īts r√©guliers, en taxant lourdement les Juifs et les banquiers lombards, parfois en confisquant leurs biens et en pratiquant les d√©valuations mon√©taires[97].

Garde de trésors royaux

Elle a débuté en 1146 lorsque Louis VII, en partance pour la deuxième croisade, avait décidé de laisser le trésor royal sous la garde du Temple de Paris. Cette pratique, qui ne mêlait en rien les activités financières du Temple et celles de la Couronne, prit fin durant le règne de Philippe IV le Bel.

Par la suite, cela se développa, si bien que nombre de souverains firent confiance aux trésoriers de l'Ordre. C'est ainsi qu'une autre grande personnalité, Henri II d'Angleterre, avait laissé la garde du trésor de son royaume au Temple. Par ailleurs, de nombreux Templiers de la maison d'Angleterre étaient également des conseillers royaux.

Patrimoine des Templiers

L'ordre du Temple poss√©dait principalement deux types de patrimoines b√Ętis : des monast√®res appel√©s commanderies situ√©s en Occident et des forteresses situ√©es au Proche-Orient et dans la p√©ninsule Ib√©rique.

Maison du Temple de Jérusalem

La maison du Temple √† J√©rusalem fut le si√®ge central de l'Ordre depuis sa fondation en 1129 jusqu'en 1187, date de la chute de la ville sainte reprise par Saladin. Le si√®ge central fut alors transf√©r√© √† Saint-Jean-d'Acre, ville portuaire du royaume de J√©rusalem. √Ä la suite de la perte de la ville par les chr√©tiens en 1291, le si√®ge de l'Ordre fut √† nouveau transf√©r√© dans la terre chr√©tienne la plus proche, l'√ģle de Chypre. C'est √† Chypre que vivait Jacques de Molay, le dernier ma√ģtre de l'Ordre avant son retour en France pour y √™tre arr√™t√©. Le si√®ge de l'Ordre n'a jamais √©t√© install√© en Occident.

Forteresses orientales

Forteresses templières en Orient[98].

Pour pallier la faiblesse de leurs effectifs, les crois√©s entreprirent la construction de forteresses dans les √Čtats latins d'Orient. Les Templiers ont particip√© √† cet √©lan en faisant √©difier pour leur besoin de nouveaux ch√Ęteaux forts. Ils entreprirent √©galement de reconstruire ceux qui avaient √©t√© d√©truits par Saladin vers 1187 et accept√®rent d'occuper ceux que les seigneurs d'Orient (ou d'Espagne) leur donnaient faute de pouvoir les entretenir. Certains d'entre eux permettaient de s√©curiser les routes fr√©quent√©es par les p√®lerins chr√©tiens autour de J√©rusalem. Servant d'√©tablissement √† la fois militaire, √©conomique et politique de l'Ordre, la place forte repr√©sentait pour les populations musulmanes un centre de domination chr√©tienne[99]. Les Templiers occup√®rent un nombre plus important de places fortes dans la p√©ninsule Ib√©rique lors de leur participation √† la Reconquista.

Au XIIe siècle, après la chute de la ville de Jérusalem devant les forces de Saladin en 1187, les Templiers parvinrent à résister quelques mois dans certaines de leurs places fortes mais, peu à peu, en perdirent la plus grande partie[100].

Il fallut attendre l'issue de la troisième croisade, menée par les rois de France, d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne, pour que les Templiers reconstituassent leur dispositif militaire en Terre sainte.

Au XIIIe si√®cle, dans le royaume de J√©rusalem, les Templiers poss√©daient quatre forteresses : le ch√Ęteau P√®lerin construit en 1217-1218, la forteresse de Safed reconstruite en 1240-1243, le ch√Ęteau de Sidon et la forteresse de Beaufort tous deux c√©d√©s par Julien, seigneur de Sidon en 1260.

Dans le comt√© de Tripoli, ils disposaient du ch√Ęteau de Tortose reconstruit en 1212, d'Arima et du Chastel Blanc.

Au nord, dans la principauté d'Antioche, les places fortes templières étaient Baghras (Gaston) récupérée en 1216, ainsi que Roche de Roissel et Roche-Guillaume qu'ils détenaient toujours, Saladin ayant renoncé à les conquérir en 1188.

Forteresses ibériques

D√®s 1128, l'Ordre re√ßoit une premi√®re donation au Portugal, des mains de la comtesse r√©gnante du Portugal, Th√©r√®se de Le√≥n, veuve d'Henri de Bourgogne : le ch√Ęteau de Soure et ses d√©pendances. En 1130, l'Ordre a re√ßu 19 propri√©t√©s fonci√®res. Vers 1160, Gualdim Pais ach√®ve le ch√Ęteau de Tomar, qui devient le si√®ge du Temple au Portugal.

En 1143, Raimond-B√©renger IV, comte de Barcelone, demanda aux Templiers de d√©fendre l'√Čglise d'Occident en Espagne, de combattre les Maures et d'exalter la foi chr√©tienne. Les Templiers accept√®rent non sans r√©ticence, mais se limit√®rent √† d√©fendre et pacifier les fronti√®res chr√©tiennes et √† coloniser l'Espagne et le Portugal. Une nouvelle population chr√©tienne venait en effet de s'installer autour des ch√Ęteaux donn√©s aux Templiers, la r√©gion √©tant pacifi√©e. La Reconquista fut une guerre royale. De ce fait, les ordres de chevalerie y √©taient moins autonomes qu'en Orient. Ils devaient fournir √† l'arm√©e royale un nombre variable de combattants, proportionnel √† l'ampleur de l'op√©ration militaire en cours.

Ainsi, les Templiers espagnols ont participé à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, à la réunion de Majorque au royaume d'Aragon en 1229, à la prise de Valencia en 1238, de Tarifa en 1292, à la conquête de l'Andalousie et du royaume de Grenade. Au Portugal, les Templiers ont pris part à la prise de Santarém (1146) et à celle d'Alcácer do Sal (1217).

L'action de l'ordre du Temple dans la p√©ninsule Ib√©rique fut donc secondaire, car l'Ordre tenait √† privil√©gier ses activit√©s en Terre sainte. Cependant, il poss√©dait bien plus de places fortes dans la p√©ninsule Ib√©rique qu'en Orient. En effet, on d√©nombre au moins soixante-douze sites rien que pour l'Espagne et au moins six pour le Portugal (on compte seulement une vingtaine de places fortes en Orient). C'est √©galement dans cette zone que l'on trouve les √©difices qui ont le mieux r√©sist√© au temps (ou qui ont b√©n√©fici√© de restaurations), comme les ch√Ęteaux d'Almourol, Miravet, Tomar et Pe√Ī√≠scola[101].

Forteresses dans l'Europe de l'Est

Chapelle templière à Chwarszczany (Quartschen), Pologne.
Chapelle templière à Rurka (Rörchen), Pologne.

√Ä la diff√©rence de l'Orient et de la p√©ninsule Ib√©rique o√Ļ les Templiers faisaient face aux musulmans, l'Europe de l‚ÄôEst, o√Ļ les ordres religieux-militaires √©taient √©galement implant√©s, les a confront√©s au paganisme. En effet, les territoires de la Pologne, de la Boh√™me, de la Moravie, de la Hongrie, mais aussi de la Lituanie et de la Livonie formaient un couloir de paganisme, constitu√© de terres sauvages en grande partie non encore d√©frich√©es, pris en tenailles entre l'Occident catholique et la Russie orthodoxe. Borusses (Prussiens), Lituaniens, Lives ou Coumans, encore pa√Įens, y r√©sistaient √† l'avanc√©e ‚ÄĒ lente mais inexorable ‚ÄĒ du christianisme depuis plusieurs si√®cles. La christianisation catholique, qui nous int√©resse ici, se faisait √† l'initiative de la papaut√© mais avec le soutien des princes germaniques convertis (qui y voyaient l'occasion d'agrandir leurs possessions terrestres en m√™me temps que de renforcer les chances de salut pour leur √Ęme) et avec l'appui des √©v√™ques, notamment celui de Riga, qui tenaient en quelque sorte des places fortes en territoire pa√Įen.

Apr√®s la disparition en 1238 de l'ordre de Dobrin (officiellement reconnu par le pape Gr√©goire IX sous le nom ¬ę Chevaliers du Christ de Prusse ¬Ľ), qui avait proc√©d√© aux premi√®res conversions, les Templiers se virent invit√©s formellement √† prendre pied en Europe orientale. √Ä cet effet, furent octroy√©s √† l'Ordre trois villages le long de la rivi√®re Boug ainsi que la forteresse de ŇĀuk√≥w (qu'ils se virent confier en 1257, en m√™me temps que la mission de d√©fendre la pr√©sence chr√©tienne dans cette r√©gion). Tout au long du XIIIe si√®cle, la pr√©sence des Templiers en Europe orientale est all√©e en augmentant et on compta jusqu‚Äô√† quatorze √©tablissements et deux forteresses templi√®res[102] - [103].

Cependant, les Templiers (tout comme les Hospitaliers, qui furent également présents en Europe orientale) cédèrent rapidement la place à l’ordre Teutonique dans la lutte contre le paganisme dominant ces régions reculées. Les deux ordres hésitaient à ouvrir un troisième front venant s'ajouter à ceux de la Terre sainte et de la péninsule Ibérique, alors que l'idée première de cette installation aux frontières du christianisme était surtout de diversifier les sources de revenus afin de financer la poursuite des activités principales de l'Ordre en Terre sainte.

Autre r√©gion d'Europe orientale, mais plus m√©ridionale, la Hongrie dut faire face tout comme la Pologne aux invasions d√©vastatrices des Mongols aux alentours de 1240. Pr√©sents l√† aussi, les Templiers envoyaient des informations aux rois occidentaux sans pour autant arriver √† les alerter suffisamment pour qu'une r√©action volontaire et efficace f√Ľt d√©clench√©e[alpha 7].

Commanderies

Une commanderie √©tait un monast√®re dans lequel vivaient les fr√®res de l'ordre en Occident. Elle servait de base arri√®re afin de financer les activit√©s de l'ordre en Orient et d'assurer le recrutement et la formation militaire et spirituelle des fr√®res de l'ordre. Elle s'est constitu√©e √† partir de donations fonci√®res et immobili√®res. Le terme pr√©ceptorie, est employ√© √† tort : ¬ę Il est donc absurde de parler de ¬ę pr√©ceptorie ¬Ľ alors que le mot fran√ßais correct est ¬ę commanderie ¬Ľ ; et il est de plus ridicule de distinguer deux structures diff√©rentes, pr√©ceptorie et commanderie[106] ¬Ľ.

Dans les premi√®res ann√©es de sa cr√©ation, les dons fonciers ont permis √† l'Ordre de s'√©tablir partout en Europe. Puis, il y a eu trois grandes vagues de donations de 1130 √† 1140, de 1180 √† 1190 et de 1210 √† 1220[107]. Tout d'abord, on peut noter que tous les hommes qui entraient dans l'Ordre pouvaient faire le don d'une partie de leurs biens au Temple. Ensuite, les dons pouvaient provenir de toutes les cat√©gories sociales, du roi au la√Įc. Par exemple, le roi Henri II d'Angleterre c√©da au Temple la maison forte de Sainte-Vaubourg et son droit de passage sur la Seine au Val-de-la-Haye, en Normandie. Un autre exemple que l'on peut citer est le don fait en 1255 par le chanoine √Čtienne Collomb de la cath√©drale Saint-√Čtienne d'Auxerre d'un cens per√ßu dans le bourg de Saint-Amatre[108].

Les vitraux de l'√©glise templi√®re de Marcenais. Ňíuvre de Carlo Roccella.

Même si les dons étaient en majorité composés de biens fonciers ou de revenus portant sur des terres, les dons de rentes ou revenus commerciaux n'étaient pas négligeables. Par exemple, Louis VII céda en 1143-1144 une rente de vingt-sept livres établies sur les étals des changeurs à Paris[109].

Les dons pouvaient être de trois natures différentes :

  • donation pro anima : il pouvait s'agir d'une donation importante (qui √©tait souvent √† l'origine de la cr√©ation d'une commanderie) ou alors d'un don foncier mineur ne portant que sur quelques parcelles. La motivation du donateur √©tait d'invoquer le salut de son √Ęme ou la r√©mission de ses p√©ch√©s.
  • donation in extremis : ce type de donation √©tait r√©alis√© en majeure partie par des p√®lerins agissant par pr√©caution. Ils effectuaient ce don avant de partir en Terre sainte. Peu nombreuses, ces donations ont √©t√© vite remplac√©es par le legs testamentaire.
  • donation r√©mun√©r√©e : le donateur agissait dans le but de percevoir un contre-don. Il ne s'agissait pas exactement d'une vente mais plut√īt d'un don r√©mun√©r√©, assurant le donateur d'un avoir lui permettant de recevoir de quoi vivre. Le b√©n√©ficiaire (√† cette occasion l'ordre du Temple) √©tait √©galement gagnant dans ce type de don, le contre-don √©tant d'une valeur inf√©rieure. Le but de ce type de donation √©tait de faciliter le processus de don, sachant que la cession de tout ou partie d'un bien foncier pouvait s√©rieusement entamer le revenu du donateur ou celui de ses h√©ritiers. Il n'√©tait pas rare d'ailleurs que certains conflits entre l'ordre et des h√©ritiers survinssent en de pareils cas, le litige se r√©glant parfois par le biais de la justice.
Vue de l'église de la commanderie de Balsall, West Midlands, Angleterre.

Après la réception de ces dons, il restait à l'ordre du Temple d'organiser et de rassembler le tout en un ensemble cohérent. Pour ce faire, les Templiers ont procédé à nombre d'échanges ou de ventes afin de structurer leurs commanderies et de rassembler les terres pour optimiser le revenu qui pouvait en être tiré. On peut prendre le processus de remembrement comme parallèle, tout au moins à propos du regroupement des terres autour ou dépendant d'une commanderie.

Par essence, on peut citer tous les pays de l'Occident chr√©tien du Moyen √āge comme terres d'√©tablissement de l'ordre du Temple. Ainsi, il y eut des commanderies templi√®res dans les pays actuels suivants : France, Angleterre, Espagne, Portugal, √Čcosse, Irlande, Pologne, Hongrie, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas. De m√™me, il existait des commanderies en Orient.

Selon Georges Bordonove, on peut estimer le nombre de commanderies templi√®res en France √† 700[110] La qualit√© de ces vestiges est tr√®s diverse aujourd'hui. Tr√®s peu ont pu garder int√©gralement leurs b√Ętiments. Certaines commanderies ont √©t√© totalement d√©truites et n'existent plus qu'√† l'√©tat arch√©ologique, ce qui est le cas par exemple de la commanderie de Payns dans le fief du fondateur de l'Ordre. En France, trois commanderies ouvertes au public pr√©sentent un ensemble complet[alpha 8] : pour le nord, la commanderie de Coulommiers, en r√©gion centre se trouve la commanderie d'Arville et au sud la commanderie de La Couvertoirade.

Seuls les documents d'archives et en particulier les cartulaires de l'ordre du Temple permettent d'attester de l'origine templi√®re d'un b√Ętiment.

Chute de l'ordre

Portrait imaginaire de Clément V.
Le donjon du ch√Ęteau de Gisors, o√Ļ furent emprisonn√©s les dignitaires de l'ordre, dont Jacques de Molay.
Templier embrassant un ecclésiastique, manuscrit de Jacques de Longuyon, vers 1350.
Fr√®res templiers sur le b√Ľcher, manuscrit anonyme, 1384.

La chute de l'ordre du Temple fait également l'objet d'une polémique. Cependant, les raisons pour lesquelles l'Ordre a été éliminé sont beaucoup plus complexes et celles exposées ci-dessous n'en représentent probablement qu'une partie.

Raisons

Le [111], les crois√©s perdirent Saint-Jean-d'Acre √† l'issue d'un si√®ge sanglant. Les chr√©tiens furent alors oblig√©s de quitter la Terre sainte et les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n'√©chapp√®rent pas √† cet exode. La ma√ģtrise de l'Ordre fut d√©plac√©e √† Chypre. Or, une fois expuls√© de Terre sainte, avec la quasi-impossibilit√© de la reconqu√©rir, la question de l'utilit√© de l'ordre du Temple s'est pos√©e car il avait √©t√© cr√©√© √† l'origine pour d√©fendre les p√®lerins allant √† J√©rusalem sur le tombeau du Christ. Ayant perdu la Terre sainte et donc la raison m√™me de leur existence, une partie de l'Ordre se pervertit.

Le peuple percevait d'ailleurs depuis plusieurs d√©cennies les chevaliers comme des seigneurs orgueilleux et cupides menant une vie d√©sordonn√©e (les expressions populaires ¬ę boire comme un Templier ¬Ľ ou ¬ę jurer comme un Templier ¬Ľ sont r√©v√©latrices √† cet √©gard)[112] : d√®s 1274 au deuxi√®me concile de Lyon, ils durent produire un m√©moire pour justifier leur existence[113].

Une querelle opposait √©galement le roi de France Philippe IV le Bel au pape Boniface VIII, ce dernier ayant affirm√© la sup√©riorit√© du pouvoir pontifical sur le pouvoir temporel des rois, en publiant une bulle pontificale en 1302, Unam Sanctam. La r√©ponse du roi de France arriva sous la forme d'une demande de concile aux fins de destituer le pape, lequel excommunia en retour Philippe le Bel et toute sa famille par la bulle Super Patri Solio[alpha 9]. Boniface VIII mourut le , peu apr√®s l'attentat d'Anagni. Son successeur, Beno√ģt XI, eut un pontificat tr√®s bref puisqu'il mourut √† son tour le . Cl√©ment V fut √©lu pour lui succ√©der le .

Or, √† la suite de la chute de Saint-Jean-d'Acre, les Templiers se retir√®rent √† Chypre puis revinrent en Occident occuper leurs commanderies. Les Templiers poss√©daient d'immenses richesses (certains vivant dans un luxe ostentatoire alors qu'ils avaient fait vŇďu de pauvret√©), augment√©es par les redevances (droits d'octroi, de p√©age, de douane, banalit√©s, etc.) et les b√©n√©fices issus du travail de leurs commanderies (b√©tail, agriculture‚Ķ). Ils poss√©daient √©galement une puissance militaire √©quivalente √† quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers[114] entra√ģn√©s au combat, force enti√®rement d√©vou√©e au pape : une telle force ne pouvait que se r√©v√©ler g√™nante pour le pouvoir en place. Il faut ajouter que les l√©gistes royaux, form√©s au droit romain, cherchaient √† exalter la puissance de la souverainet√© royale ; or la pr√©sence du Temple en tant que juridiction pontificale limitait grandement le pouvoir du roi sur son propre territoire.

L'attentat d'Anagni est un des reflets de cette lutte des l√©gistes pour assurer un pouvoir aussi peu limit√© que possible au roi. La position des l√©gistes, notamment Guillaume de Nogaret, en tant que conseillers du roi, a s√Ľrement eu une influence sur Philippe le Bel.

Enfin, certains historiens pr√™tent une part de responsabilit√© dans la perte de l'Ordre √† Jacques de Molay, ma√ģtre du Temple √©lu en 1293 √† Chypre apr√®s la perte de Saint-Jean-d'Acre. En effet, √† la suite de cette d√©faite, un projet de croisade germa de nouveau dans l'esprit de certains rois chr√©tiens, mais aussi et surtout dans celui du pape Cl√©ment V. Le pape d√©sirait √©galement une fusion des deux ordres militaires les plus puissants de Terre sainte et le fit savoir dans une lettre qu'il envoya √† Jacques de Molay en 1306. Le ma√ģtre y r√©pondit qu'il s'opposait √† cette id√©e, craignant que l'ordre du Temple soit fondu dans celui des Hospitaliers, sans pour autant √™tre cat√©gorique. Cependant, les arguments qu'il avan√ßa pour √©tayer ses propres vues √©taient bien minces. Enfin, Jacques de Molay manqua de diplomatie en refusant au roi d'√™tre fait chevalier du Temple √† titre honorifique[112].

Aujourd'hui, l’implication du pape dans l’arrestation des Templiers peut faire polémique. Certains historiens parlent de trois rencontres entre Philippe le Bel et Clément V, étalées de 1306 à 1308, au cours desquelles fut discuté le sort des Templiers[alpha 10].

Toutefois, ces historiens se fondent sur un chroniqueur italien du nom de Giovanni Villani, seule source contemporaine à indiquer une rencontre en 1305 entre le roi et le pape qui, selon ses dires, devait aborder la question de la suppression de l'Ordre. Certains autres historiens estiment que cette source est sujette à caution, car les Italiens avaient alors un fort ressentiment contre Clément V, pape français[115] - [116] - [117]. Les mêmes historiens attestent d'une rencontre entre le roi de France et le pape au mois de , quelques mois donc avant l'arrestation. Les légistes royaux invoqueront, un an après, cette rencontre en affirmant que le pape avait alors donné son autorisation au roi pour procéder à cette arrestation[118].

Par la bulle Faciens misericordiam, Clément V nomma en 1308 des commissions pontificales chargées d'enquêter sur l'Ordre, en marge de la procédure séculière engagée par le roi de France, Philippe IV le Bel.

Arrestation des Templiers

Proc√®s-verbal d‚Äôinterrogatoire de treize Templiers du bailliage de Caen par quatre dominicains du couvent de Caen commis par Guillaume de Paris, inquisiteur de France et deux commissaires royaux, Hugues du Ch√Ętel et Enguerrand de Villers, Archives nationales.

L'id√©e de d√©truire l'ordre du Temple √©tait d√©j√† pr√©sente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une proc√©dure. Ce fut chose faite gr√Ęce √† un atout majeur d√©nich√© par Guillaume de Nogaret en la personne d'un ancien Templier ren√©gat : Esquieu de Floyran (aussi d√©nomm√© ¬ę Sequin de Floyran ¬Ľ, ou encore ¬ę Esquieu de Floyrac ¬Ľ). Selon la th√®se officielle, Esquieu de Floyran (bourgeois de B√©ziers ou prieur de Montfaucon) √©tait emprisonn√© pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamn√© √† mort qui se confessa √† lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obsc√®nes des rites d'entr√©e dans l'Ordre et la sodomie.

Esquieu de Floyran n‚Äôayant pas r√©ussi √† vendre ses rumeurs √† Jacques II d'Aragon, y parvint en 1305 aupr√®s du roi de France, Guillaume de Nogaret payant par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les id√©es de ¬ę reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre fr√®res, baisers obsc√®nes exerc√©s par les chevaliers du Temple ¬Ľ[119]. Philippe le Bel √©crivit au Pape pour lui faire part du contenu de ces aveux[112].

En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demanda l'ouverture d'une enquête pontificale. Le pape la lui accorda le [118]. Cependant, Philippe le Bel n'attendit pas les résultats de l'enquête, prépara l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix[120]. Il dépêcha des messagers le [121] à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi [122]. Le but d'une action menée en quelques heures était de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter que ces derniers, alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupassent et ne devinssent alors difficiles à arrêter.

Au matin du , Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes p√©n√©tr√®rent dans l'enceinte du Temple de Paris o√Ļ r√©sidait le ma√ģtre de l'Ordre Jacques de Molay. √Ä la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laiss√®rent emmener sans aucune r√©sistance. √Ä Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du ma√ģtre de l'Ordre.

Un sc√©nario identique se d√©roula au m√™me moment dans toute la France. La plupart des Templiers pr√©sents dans les commanderies furent arr√™t√©s. Ils n'oppos√®rent aucune r√©sistance. Quelques-uns r√©ussirent √† s'√©chapper avant ou pendant les arrestations. Les prisonniers furent enferm√©s pour la plupart √† Paris, Caen, Rouen et au ch√Ęteau de Gisors. Tous leurs biens furent inventori√©s et confi√©s √† la garde du Tr√©sor royal.

Ceux qui, en 1306, avaient recueilli Philippe IV le Bel pendant les émeutes de Paris se retrouvaient maintenant incarcérés dans l'attente de leur procès.

Procès

Interrogatoire des Templiers par les commissaires royaux et inquisiteurs de la foi, . Archives nationales AE/II/311.

Puisque tous les Templiers du royaume de France avaient été arrêtés, Philippe IV le Bel enjoignit aux souverains européens (Espagne et Angleterre) de faire de même. Tous refusèrent car ils craignaient les foudres du pape. Le roi de France n'en fut pas découragé et ouvrit donc le procès des Templiers.

Cependant, l'ordre du Temple √©tait un ordre religieux et ne pouvait subir √† ce titre la justice la√Įque. Philippe le Bel demanda donc √† son confesseur, Guillaume de Paris, aussi Grand Inquisiteur de France, de proc√©der aux interrogatoires des cent trente-huit Templiers arr√™t√©s √† Paris. Parmi ces chevaliers, trente-huit moururent sous la torture, mais le processus des ¬ę aveux ¬Ľ avait √©t√© enclench√©, donnant lieu aux accusations d'h√©r√©sie et d'idol√Ętrie[112]. Parmi les p√©ch√©s confess√©s le plus souvent, l'Inquisition enregistra le reniement de la Sainte-Croix, le reniement du Christ, la sodomie, le ¬ę baiser immonde ¬Ľ[123] et l'adoration d'une idole (appel√©e le Baphomet). Trois templiers r√©sist√®rent √† la torture et n'avou√®rent aucun comportement obsc√®ne.

Afin d'essayer de prot√©ger l'ordre du Temple, le pape Cl√©ment V publia la bulle Pastoralis preeminentie qui ordonnait aux souverains europ√©ens d'arr√™ter les Templiers qui r√©sidaient chez eux et de mettre leurs biens sous la gestion de l'√Čglise. Le roi pour en tirer une l√©gitimit√© au nom du peuple et pour impressionner le pape, convoqua √† Tours les √©tats g√©n√©raux de 1308 qui approuv√®rent la condamnation de l'Ordre alors que le Pape avait fait interrompre la proc√©dure royale enclench√©e par Philippe le Bel[11]. De plus, le pape demandait √† entendre lui-m√™me les Templiers √† Poitiers. Mais, la plupart des dignitaires √©tant emprisonn√©s √† Chinon, le roi Philippe le Bel pr√©texta que les prisonniers (soixante-douze en tout, tri√©s par le roi lui-m√™me) √©taient trop faibles pour faire le voyage. Le pape d√©l√©gua alors deux cardinaux pour aller entendre les t√©moins √† Chinon. Le manuscrit ou parchemin de Chinon qui en traite indique que le pape Cl√©ment V a donn√© l'absolution aux dirigeants de l'Ordre √† cette occasion[alpha 11].

La premi√®re commission pontificale se tint le [124] √† Paris. Elle avait pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non les personnes physiques. Pour ce faire, elle envoya d√®s le une circulaire √† tous les √©v√™ch√©s afin de faire venir les Templiers arr√™t√©s pour qu‚Äôils comparussent devant la commission. Un seul fr√®re d√©non√ßa les aveux faits sous la torture : Ponsard de Gisy, pr√©cepteur de la commanderie de Payns. Le , quinze Templiers sur seize clam√®rent leur innocence. Ils furent bient√īt suivis par la plupart de leurs fr√®res.

Le roi de France souhaita alors gagner du temps et fit nommer à l'archiépiscopat de Sens un archevêque qui lui était totalement dévoué, Philippe de Marigny, demi-frère d'Enguerrand de Marigny.

Celui-ci envoya au b√Ľcher, le [125], cinquante-quatre templiers qui avaient reni√© leurs aveux faits sous la torture en 1307 et √©taient donc relaps. Tous les interrogatoires furent termin√©s le [126].

Concile de Vienne

Le concile de Vienne, qui se tint le [127] au sein de la cath√©drale Saint-Maurice de Vienne, avait trois objectifs : statuer sur le sort de l'Ordre, discuter de la r√©forme de l'√Čglise et organiser une nouvelle croisade.

Cependant, lors du concile, quelques Templiers décidèrent de se présenter : ils étaient au nombre de sept et désiraient défendre l'Ordre. Le roi, voulant en finir avec l'ordre du Temple, partit en direction de Vienne avec des gens d'arme afin de faire pression sur Clément V. Il arriva sur place le . Le [128], le Pape fulmina la bulle Vox in excelso qui ordonnait l'abolition définitive de l'Ordre. Pour ce qui est du sort des Templiers et de leurs biens, le pape fulmina deux autres bulles :

Toutefois, le sort des dignitaires de l'ordre du Temple restait entre les mains du pape[132].

Sort des dignitaires

Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le b√Ľcher, miniature du Ma√ģtre de Virgile. Grandes Chroniques de France, vers 1380 BL, Royal MS 20 C vii, f.48r.
Plaque comm√©morative sur l'√ģle de la Cit√©.

Une commission pontificale fut nomm√©e le [133]. Elle √©tait constitu√©e de trois cardinaux et d'avou√©s du roi de France et devait statuer sur le sort des quatre dignitaires de l'Ordre. Devant cette commission, ils r√©it√©r√®rent leurs aveux. Le ou [134], les quatre templiers furent amen√©s sur le parvis de Notre-Dame de Paris afin que l'on leur l√Ľt la sentence. C'est l√† que Jacques de Molay, ma√ģtre de l'ordre du Temple, Geoffroy de Charnay, pr√©cepteur de Normandie, Hugues de Pairaud, visiteur de France, et Geoffroy de Goneville, pr√©cepteur en Poitou ‚ÄĒ Aquitaine, apprirent qu'ils √©taient condamn√©s √† la prison √† vie.

Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clam√®rent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent d√©clar√©s relaps et remis au bras s√©culier (en l'occurrence, la justice royale). Voici la description qu'en fit, dans sa Chronique latine, Guillaume de Nangis, un chroniqueur de l'√©poque : ¬ę Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme √† cette affaire, voil√† que tout √† coup et inopin√©ment deux d'entre eux, le grand ma√ģtre et le ma√ģtre de Normandie, se d√©fendirent opini√Ętrement contre le cardinal qui avait prononc√© le sermon et contre l'archev√™que de Sens Philippe de Marigny, revenant sur leur confession et sur tout ce qu'ils avaient avou√© ¬Ľ[alpha 12].

Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux Templiers au b√Ľcher. Ils furent conduits sur l'√ģle aux Juifs[alpha 13] afin d'y √™tre br√Ľl√©s vifs. Geoffroi (ou Godefroi) de Paris fut un t√©moin oculaire de cette ex√©cution. Il √©crivit dans sa Chronique m√©trique (1312-1316), les paroles du ma√ģtre de l'Ordre : ¬ę Je vois ici mon jugement o√Ļ mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a p√©ch√©. Il va bient√īt arriver malheur √† ceux qui nous ont condamn√© √† tort : Dieu vengera notre mort. ¬Ľ Proclamant jusqu‚Äô√† la fin son innocence et celle de l'Ordre, Jacques de Molay s'en r√©f√©ra donc √† la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jug√©. La mal√©diction l√©gendaire de Jacques de Molay ¬ę Vous serez tous maudits jusqu'√† la treizi√®me g√©n√©ration ¬Ľ lanc√©e par des √©sot√©ristes et historiens par la suite inspira Les Rois maudits de Maurice Druon. Les deux condamn√©s demand√®rent √† tourner leurs visages vers la cath√©drale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignit√© qu'ils moururent. Guillaume de Nangis ajouta : ¬ę On les vit si r√©solus √† subir le supplice du feu, avec une telle volont√©, qu'ils soulev√®rent l'admiration chez tous ceux qui assist√®rent √† leur mort‚Ķ ¬Ľ.

La d√©cision royale avait √©t√© si rapide que l'on s'aper√ßut apr√®s coup que la petite √ģle o√Ļ l'on avait dress√© le b√Ľcher ne se trouvait pas sous la juridiction royale, mais sous celle des moines de Saint-Germain-des-Pr√©s. Le roi dut donc confirmer par √©crit que l'ex√©cution ne portait nullement atteinte √† leurs droits sur l'√ģle[136].

Giovanni Villani, contemporain des Templiers, mais qui n'assista pas √† la sc√®ne, ajouta dans sa Nova Cronica que ¬ę le roi de France et ses fils √©prouv√®rent grande honte de ce p√©ch√© ¬Ľ, et que ¬ę la nuit apr√®s que ledit Ma√ģtre et son compagnon eurent √©t√© martyris√©s, leurs cendres et leurs os furent recueillis comme des reliques sacr√©es par les fr√®res et d'autres religieuses personnes, et emmen√©s en lieux consacr√©s ¬Ľ[137]. Ce t√©moignage est toutefois sujet √† suspicion, Villani √©tant un Florentin et ayant r√©dig√© son ouvrage entre une et deux d√©cennies apr√®s les faits.

Absous par le pape

L'original du parchemin de Chinon a été retrouvé en 2002 par l'historienne Barbara Frale aux archives apostoliques du Vatican et publié en 2007 avec l'ensemble des documents relatifs au procès[alpha 14].

Il indique que le pape Cl√©ment V a finalement absous secr√®tement les dirigeants de l'Ordre. Leur condamnation et mise √† mort sur le b√Ľcher est donc bel et bien la responsabilit√© du roi Philippe le Bel et non celle du pape ni de l'√Čglise[138] contrairement √† une fausse id√©e largement r√©pandue[139]. Les quatre dignitaires qui ont avou√© ont tous √©t√© absous, mais seuls les deux qui ont ensuite reni√© leurs aveux ont √©t√© ex√©cut√©s.

Sort des frères

La dissolution de l'ordre lors du concile de Vienne et ensuite la mort de Jacques de Molay marquèrent la fin officielle de l'ordre du Temple. Les biens templiers, en particulier les commanderies, furent reversés par la bulle papale Ad providam en majeure partie aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Pour autant, tous les chevaliers, frères et servants templiers n'ont pas été exécutés, bon nombre d'entre eux sont retournés à la vie civile ou ont été accueillis par d’autres ordres religieux.

Templiers en France

L'ordre √©tant d√©clar√© √©teint en 1312, le pape Cl√©ment V ordonne de faire compara√ģtre tous les Templiers des provinces, et de les faire juger par des conciles provinciaux. S'ils sont absous, on pourra leur donner une pension prise sur les biens de l'Ordre. En Catalogne par exemple, le mot de la fin est donn√© par l'archev√™que de Tarragone, Guillem de Rocabert√≠, qui prononce, le , l'innocence de tous les Templiers catalans[140]. La commanderie du Mas Deu, devenue possession hospitali√®re, verse des pensions aux chevaliers, mais √©galement aux non-nobles et aux fr√®res servants[141].

En , le pape Jean XXII s'adresse aux √©v√™ques de France, pour les avertir que certains fr√®res de l'ex-ordre du Temple ¬ę avaient repris les v√™tements la√Įques ¬Ľ, et leur demande de supprimer les pensions aux fr√®res qui ne se soumettraient pas √† cet avertissement[142].

Philippe le Bel voulant mettre la main sur certains des biens des Templiers, les Hospitaliers n'auront de cesse de faire respecter les d√©cisions papales, et finiront par obtenir √† peu pr√®s partout, l√† o√Ļ √©tait d√©cid√© la d√©volution des biens des Templiers[alpha 15].

Templiers du royaume d'Aragon

Dans le royaume d'Aragon, les Templiers se répartirent dans différents ordres, principalement dans l’ordre de Montesa, créé en 1317 par le roi d’Aragon Jacques II, à partir de la branche des Templiers reconnue innocente lors du procès de 1312 en France. Les biens du Temple y furent transférés en 1319[143], mais également dans l'ordre de Saint-Georges d'Alfama, créé dans la même période par fusion entre l’ordre de Calatrava et les Templiers de France réfugiés en Espagne.

Quant aux biens des Templiers, dans le royaume d'Aragon et le comt√© de Barcelone, ils iront √† l‚ÄôH√īpital lorsque les Templiers ne les avaient pas d√©j√† vendus √† des personnes de confiance, et dans le royaume de Valence, les biens templiers et ceux des hospitaliers seront fusionn√©s dans le nouvel ordre de Montesa[alpha 16].

Templiers du Portugal

Au Portugal, ils pass√®rent √† l'ordre du Christ. Successeur ¬ę l√©gitime du Temple ¬Ľ[144], la Milice du Christ est fond√©e en 1319 par le roi Denis Ier et le pape Jean XXII. Les biens des Templiers ont √©t√© ¬ę r√©serv√©s ¬Ľ √† l'initiative du roi, pour la Couronne portugaise √† partir de 1309, et transf√©r√©s √† l‚Äôordre du Christ en 1323. On retrouve de nombreuses influences de l‚Äôordre du Christ d√®s le d√©but des ¬ę Grandes d√©couvertes ¬Ľ portugaises[145], dont on verra la croix sur les voiles des navires de Vasco de Gama lors du passage du cap de Bonne-Esp√©rance en 1498 (alors que les voiles des navires de Christophe Colomb lors de sa travers√©e de l'Atlantique en 1492, portent plus probablement la croix de l‚Äôordre de Calatrava).

Templiers d'Angleterre

En Angleterre, le roi √Čdouard II a tout d'abord refus√© d‚Äôarr√™ter les Templiers et de saisir leurs biens. Il convoque son s√©n√©chal de Guyenne et lui demande de rendre compte, √† la suite de quoi, il r√©dige le , puis le , des lettres au pape, ainsi qu'au roi du Portugal, de Castille, d'Aragon et de Naples. Il y d√©fend les chevaliers du Temple, et les encourage √† faire de m√™me[146] - [147]. Le , il re√ßoit confirmation du Pape d'arr√™ter les Templiers. Il ordonne, le , que l'on se saisisse de tous les membres de l'Ordre pr√©sents dans son pays, et qu'on les assigne √† r√©sidence, sans recourir √† la torture[148].

Un tribunal est dress√© en 1309, qui finit par absoudre en 1310 les Templiers repentis. Le transfert des biens des Templiers vers les Hospitaliers, ordonn√© par la bulle papale de Cl√©ment V en 1312, n‚Äôa de plus pas √©t√© ex√©cut√© avant 1324. C‚Äôest √† cette date que l'√©glise du Temple, si√®ge des Templiers √† Londres, fut transf√©r√©e aux Hospitaliers, avant de revenir √† la couronne d‚ÄôAngleterre en 1540 lorsque le roi Henri VIII dissout l‚Äôordre des Hospitaliers, confisqua leurs biens, et nomma le pr√™tre de l'√©glise du Temple ¬ę the Master of the Temple ¬Ľ[149].

Templiers d'√Čcosse

En √Čcosse, l'ordre de Cl√©ment V de confisquer tous les biens des Templiers, n'est pas totalement appliqu√©, en particulier depuis que Robert Ier d'√Čcosse a √©t√© excommuni√©, et n'ob√©it plus au pape. William de Lamberton, √©v√™que de St Andrew, accorde en 1311 sa protection aux Templiers en √Čcosse. En 1312, ils sont m√™me absous en Angleterre et en √Čcosse par √Čdouard II, et r√©concili√©s dans l'√Čglise[150]. Puis en 1314, les Templiers auraient aid√© Robert de Bruce √† remporter la bataille de Bannockburn contre les Anglais[151] mais leur pr√©sence au sein de cette bataille est hypoth√©tique[alpha 17]. Par contre, de nombreuses traces templi√®res ont √©t√© laiss√©es en √Čcosse bien apr√®s 1307, dans le cimeti√®re de Kilmartin par exemple, dans la Rosslyn Chapel ou encore dans le village de Kilmory (en).

Dans le monde germanique

En Europe centrale, les biens de l'Ordre furent confisqués puis redistribués pour certains aux Hospitaliers, et pour d'autres à l'ordre Teutonique. Mais peu d'arrestations eurent lieu dans cette province, et aucun Templier ne fut exécuté[152].

Les princes allemands, séculiers et ecclésiastiques, avaient pour grand nombre pris parti pour les Templiers. L'Ordre, se sentant soutenu par la noblesse et les princes, semble s'être peu préoccupé de cet appareil judiciaire : le synode de la province ecclésiastique de Mayence renvoya absous tous ceux de sa circonscription. Le synode de la province de Trêves fut réuni, et après une enquête, prononça également une sentence d'absolution. Enhardis par ces deux jugements, les Templiers essayèrent de se maintenir sur les bords du Rhin, dans le Luxembourg et le diocèse de Trêves, et probablement aussi dans le duché de Lorraine[153].

Restés sous la protection de leur famille et des seigneurs locaux, beaucoup de chevaliers se virent attribuer une rente à vie, et d'importantes indemnités durent même être versées par les Hospitaliers, en dédommagement des biens confisqués, à tel point qu'ils durent parfois revendre les biens qui venaient de leur être attribués[152].

Légendes au sujet des Templiers

L'historien et archev√™que Guillaume de Tyr r√©dige √† partir de 1167 Historia rerum in partibus transmarinis gestarum, ouvrage dans lequel il se r√©v√®le d'abord favorable aux Templiers puis de plus en plus critique √† leur √©gard √† mesure qu'ils prennent de la puissance (privil√®ges pontificaux comme l'exemption de la d√ģme et de l'excommunication, droit de r√©aliser des qu√™tes dans les √©glises, comptes √† rendre exclusivement au pape)[112]. Peu √† peu, dit-il, les membres de l'Ordre deviennent arrogants et irrespectueux envers la hi√©rarchie eccl√©siastique et s√©culi√®re : Guillaume de Tyr est ainsi √† l'origine des premi√®res l√©gendes sur les Templiers, tant√īt apolog√©tiques (l√©gende des neuf chevaliers[alpha 18] rest√©s seuls pendant neuf ans), tant√īt critiques, les accusant notamment √† plusieurs reprises de trahir les chr√©tiens pour de l'argent[154].

La fin tragique des Templiers a contribu√© √† g√©n√©rer des l√©gendes √† leur sujet. Parmi d'autres, leur qu√™te suppos√©e du Saint Graal, l'existence d'un tr√©sor cach√© (comme celui envisag√© √† Rennes-le-Ch√Ęteau par exemple), leur d√©couverte √©ventuelle de documents cach√©s sous le Temple d'H√©rode[155], certaines hypoth√®ses de leurs liens avec les francs-ma√ßons[156] - [157]. De plus, certains groupements ou soci√©t√©s secr√®tes (tels que la Rose-Croix) ou certaines sectes[alpha 19], telles que l'ordre du Temple solaire (et ses survivances, comme la Militia Templi ou l‚ÄôOrdo Templi Orientis) se r√©clameront par la suite de l'Ordre, affirmant leur filiation en s'appuyant sur la survivance secr√®te de l'Ordre, sans parvenir pour autant √† le prouver, ou en produisant m√™me parfois de faux documents.

Notes et références

Notes

  1. ¬ę √Ä partir d'une minutieuse analyse des documents existants, Rudolf Hiestand a propos√© une autre date pour le concile de Troyes et, en cons√©quence, une autre date pour la fondation de l'Ordre. Les chartes du nord-est de la France sont alors dat√©es dans le style (florentin) de l'Annonciation, qui fait d√©buter l'ann√©e non pas le , comme dans notre actuel calendrier, mais le . L'ann√©e 1129 commence donc le de notre ann√©e 1129, mais jusqu'au les hommes d'alors vivaient toujours en 1128. Le concile de Troyes, r√©uni le selon les textes de l'√©poque, s'est donc tenu le de notre actuel calendrier. [‚Ķ] La d√©monstration a convaincu et la correction de date propos√©e pour le concile de Troyes est d√©sormais accept√©e par les historiens[1]. ¬Ľ
  2. Le comte Hugues de Champagne effectua par la suite deux autres pèlerinages, le dernier étant en 1125 à la conclusion duquel il devint lui-même un Templier.
  3. Pour avoir le texte latin original : J. Leclercq et H.M. Rochais, ¬ę Liber ad milites Templi de laude nov√¶ militi√¶ ¬Ľ dans Sancti Bernardi opera, III, Rome, 1963, p. 229-237.
  4. Isaac de l'√Čtoile y voit un ¬ę nouveau monstre ¬Ľ qu'il pr√©sente en ces termes : ¬ę √Ä coups de lances et de gourdins, forcer les incroyants √† la foi ; ceux qui ne portent pas le nom du Christ, les piller licitement et les occire religieusement ; quant √† ceux qui de ce fait tomberaient durant ces brigandages, les proclamer martyrs du Christ ¬Ľ[23].
  5. plusieurs cubiculaires pouvaient être en fonction en même temps, comme cela est mentionné dans cette charte
  6. ¬ę Dans quelques cantons de Bretagne, le peuple croit encore voir errer la nuit les Templiers ou moines rouges mont√©s sur des squelettes de chevaux recouverts de draps mortuaires. Ils poursuivaient les voyageurs, s'attaquant de pr√©f√©rence aux jeunes gens et aux jeunes filles qu'ils enlevaient et qu'on ne revoyait jamais[71] ¬Ľ.
  7. Pour l’ensemble de cette section[104] - [105].
  8. Il faut garder à l'esprit que les sites templiers ont été utilisés et modifiés plusieurs siècles. Il n'existe aujourd'hui aucun site qui soit complètement d'origine templière.
  9. Voir l'article ¬ę Attentat d'Anagni ¬Ľ pour plus de d√©tails.
  10. ¬ę Au commencement d'avril 1306, Cl√©ment V se rendit de Lyon √† Poitiers, pour conf√©rer avec le roi de France‚Ķ Plusieurs affaires furent d√©battues‚Ķ mais la plus importante, ce fut celle qui eut pour r√©sultat la ruine des Templiers ¬Ľ : Histoire des papes, vol. 3, par le Comte A. de Beaufort, Perisse 1841, p. 375 ‚ÄĒ ¬ę D'apr√®s Villani, le futur pape et Philippe se seraient rencontr√©s aux alentours de Saint-Jean-d'Angely‚Ķ o√Ļ ils auraient √©tabli les conditions du pacte ¬Ľ : Ren√© Gilles, Les Templiers sont-ils coupables ?, p. 98 ‚ÄĒ ¬ę Une grave maladie qui manque de l'emporter √† la fin de 1306 le retient aux environs de Bordeaux et ne lui permet de rencontrer Philippe le Bel une deuxi√®me fois qu'en mai 1307 √† Poitiers. C'est aussit√īt apr√®s qu'√©clate l'affaire des Templiers‚Ķ Une troisi√®me entrevue avec Philippe le Bel, toujours √† Poitiers en 1308‚Ķ ¬Ľ : Yves Renouard, La Papaut√© √† Avignon, PUF 1962, p. 12.
  11. En 2002, Barbara Frale red√©couvre une copie du parchemin de Chinon dans les archives apostoliques du Vatican. Voir ¬ę Le Parchemin de Chinon : absolution papale du dernier Templier : ma√ģtre Jacques de Molay ¬Ľ, Journal of Medieval History no 30, 2004, p. 127.
  12. Guillaume de Nangis, cité par Malcolm Barber[135].
  13. L‚Äô√ģle aux Juifs, aussi nomm√©e √éle des Javiaux, ensuite appel√©e √ģle des Templiers, est une √ģle dans Paris sur la Seine qui √©tait juste √† l‚Äôouest de l‚Äô√ģle de la Cit√©. Elle a √©t√© ensuite, avec deux autres petites √ģles √† c√īt√©, rattach√©e √† l'√ģle de la Cit√©.
  14. Actes du proc√®s des Templiers : publication ROME, jeudi (ZENIT.org) ‚ÄĒ Les Archives secr√®tes du Vatican publient les actes du proc√®s contre les Templiers : une publication qui sera pr√©sent√©e √† la presse le ‚Ķ Il s‚Äôagit d‚Äôune √©dition originale des actes du proc√®s, reproduisant les pi√®ces originales. Cette √©dition sera limit√©e √† 799 exemplaires‚Ķ Elle s‚Äôinscrit dans la s√©rie des Exemplaria Pr√¶tiosa, reproduisant fid√®lement les documents les plus rares des archives secr√®tes du Vatican.
  15. Voir Dévolution des biens de l'ordre du Temple dans le Royaume de France pour plus de précisions.
  16. Voir l'article détaillé Dévolution des biens de l'ordre du Temple dans le Royaume d'Aragon pour plus de précisions.
  17. Si la source est Baigent et Leigh, Des Templiers aux francs-maçons, éditions du Rocher, J'ai Lu, 2005, p. 55, elle n'est pas historiquement fiable. On consultera par contre avec profit dans Ars Quatuor Coronati, l'article du Pr Robert L. D. Cooper : The Knights Templar in Scotland. The Creation of a Myth.
  18. Les deux fondateurs Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, accompagnés des chevaliers Geoffroy, Godemar, Roral, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambaud de Saint-Amand et André de Montbard.
  19. Groupements classés comme sectes selon le rapport parlementaire français no 2 468.

Références

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    L'auteur le nomme Regnaud d'Argeville.
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Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Contemporains des Templiers

  • Guillaume de Nangis, Chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 √† 1300 avec les continuations de cette chronique de 1300 √† 1368, vol. 1, Paris, √Čditions H. G√©raud, .

Croisades

  • Alain Demurger, Chevaliers du Christ, les ordres religieux-militaires au Moyen √āge, Paris, √Čditions du Seuil, , 407 p. (ISBN 2-02-049888-X). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Ren√© Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de J√©rusalem, Paris, √Čditions Perrin, (1re √©d. 1936, r√©impr. 1999), 3 volumes. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
    • Tome I : 1095-1130 L'anarchie musulmane
    • Tome II : 1131-1187 L'√©quilibre
    • Tome III : 1188-1291 L'anarchie franque
  • Amin Maalouf, Les Croisades vues par les Arabes, J'ai lu, (1re √©d. 1985), 315 p. (ISBN 2-290-11916-4, lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Généralistes

  • Georges Bordonove, La vie quotidienne des Templiers au XIIIe si√®cle, Hachette, (r√©impr. 1978, 83, 88, 90, 92), 7e √©d. (1re √©d. 1975), 246 p. (ISBN 978-2-0127-9483-2). Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Georges Bordonove, Les Templiers, Marabout Universit√©, (r√©impr. 1987, 1997) (ISBN 2-501-00296-2).
  • Jean-Paul Bourre, Dictionnaire templier, Dervy, 1995.
  • Simonetta Cerrini (pr√©f. Alain Demurger), La R√©volution des Templiers, Une histoire perdue du XIIe si√®cle, Paris, √Čditions Perrin, , 317 p. (ISBN 978-2-262-01923-5). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Laurent Dailliez (trad. du latin), R√®gles et Statuts de l'ordre du Temple, Paris, Dervy, , 399 p. (ISBN 2-85076-733-6). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Laurent Dailliez, Les Templiers, Paris, √Čditions Perrin, , 404 p. (ISBN 2-262-02006-X).
  • Alain Demurger, Vie et Mort de l'ordre du Temple, 1118-1314, √Čditions du Seuil, , 448 p. (ISBN 2-02-020815-6).
  • Alain Demurger, Jacques de Molay : Le cr√©puscule des Templiers, Paris, Payot et Rivages, coll. ¬ę Biographie Payot ¬Ľ, , 390 p. (ISBN 2-228-89628-4).
  • Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chr√©tienne au Moyen √āge, Paris, Seuil, coll. ¬ę Points Histoire ¬Ľ, (1re √©d. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1). Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Alain Demurger, La pers√©cution des Templiers : Journal (1307-1314), √Čditions Payot, coll. ¬ę Biblioth√®que historique Payot ¬Ľ, , 400 p., Grand format (ISBN 978-2-2289-1407-9, pr√©sentation en ligne).
  • Alain Demurger, Le Peuple templier, 1307-1312. Catalogue prosopographique des templiers pr√©sents ou (et) cit√©s dans les proc√®s-verbaux des interrogatoires faits dans le royaume de France entre 1307 et 1312, CNRS √Čditions, 2020.
  • Patrick Huchet, Les Templiers, de la gloire √† la trag√©die, Ouest-France, , 126 p. (ISBN 978-2-7373-5033-7). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Marion Melville, La vie des Templiers, Gallimard, coll. ¬ę La Suite des temps ¬Ľ, (1re √©d. 1951), 339 p., broch√© (ISBN 978-2-0702-4377-8, pr√©sentation en ligne). Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • R√©gine Pernoud, Les Templiers, Paris, Presses universitaires de France, coll. ¬ę Que Sais-Je ? ¬Ľ, (r√©impr. 2006), 126 p. (ISBN 2-13-055641-8).
  • R√©gine Pernoud, Les Templiers, chevaliers du Christ, Paris, √Čditions Gallimard, coll. ¬ę D√©couvertes Gallimard / Histoire ¬Ľ (no 260), , 128 p. (ISBN 2-07-053286-0).
  • Jeanine Redon, Templiers et Hospitaliers en Languedoc et en Roussillon, itin√©raires insolites.
  • Nicole B√©riou (dir. et r√©dacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (pr√©f. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire europ√©en des ordres militaires au Moyen √āge, Fayard, , 1029 p. (ISBN 978-2-2136-2720-5, pr√©sentation en ligne).
  • (en + fr) collectif avec Alain Demurger, Patrick Demouy, Arnaud Baudin, Thierry Leroy, Ghislain Brunel, Alain Provost, Pierre-Vincent Claverie, Michel Miguet, Philippe Josserand, Simonetta Cerrini, Malcolm Barber‚Ķ, Templiers : de J√©rusalem aux commanderies de Champagne, Paris, Somogy-√Čditions d'Art, , 327 p. (ISBN 978-2-7572-0529-7).
  • Philippe Josserand, Lu√≠s Filipe Oliveira et Damien Carraz, √Člites et ordres militaires au Moyen √āge : Rencontre autour d'Alain Demurger, Madrid, Casa de Vel√°zquez, coll. ¬ę ollection de la Casa de Vel√°zquez ¬Ľ, , 465 p. (ISBN 9788415636885).
  • Yannick Boutot, Le pape Cl√©ment V en son ch√Ęteau bordelais, Gunten, 2018, 110 p. (ISBN 9782366821659).
  • Thierry do Espirito, Les Templiers pour les nuls, First, 2018, 326 p. (ISBN 2412037574).
  • Philippe Li√©nard, Les Templiers. (Trilogie, Le 2e volume parait en janvier 2021). √Čditions Champs -√Člys√©es - Deauville (ECE-D), Paris - Bruxelles.

Patrimoine des Templiers

  • Val√©rie Alaniece et Fran√ßois Gilet, Les Templiers et leurs Commanderies, l'exemple d'Avalleur en Champagne, Langres, Dominique Gueniot, , 276 p. (ISBN 2-87825-117-2).
  • Arnaud Baudin (dir.), Ghislain Brunel (dir.), Nicolas Dohrmann (dir.) et al. (pr√©f. Philippe Adnot & Agn√®s Magnien), L'√©conomie templi√®re en Occident : patrimoines, commerce, finances, √Čditions Dominique Gu√©niot, , 543 p. (ISBN 978-2-8782-5520-1, pr√©sentation en ligne).
  • Laurent Dailliez, Guide de la France templi√®re, Paris, Table d'√Čmeraude, , 190 p. (ISBN 2-903965-23-4).
  • (en) Comit√© des travaux historiques et scientifiques, La Commanderie, Institution des ordres militaires dans l'occident m√©di√©val, Paris, √Čditions du comit√© des Travaux historiques et scientifiques, coll. ¬ę Arc Mem ¬Ľ, , 360 p. (ISBN 2-7355-0485-9).
  • (en) Karl Borchardt, ¬ę The templars in central Europe ¬Ľ, dans Zsolt Hunyadi, J√≥zsef Laszlovszky, The Crusades and the Military Orders : Expanding the Frontiers of Medieval Latin Christianity, Central European university press, , 606 p. (ISBN 978-9-6392-4142-8, lire en ligne), p. 233-244.
  • (en) Elena Bellomo, The Templar order in north-west Italy (1142-c.1330), Leiden /Boston, √Čditions Brill, , 464 p. (ISBN 978-90-04-16364-5, lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Procès des Templiers

  • Malcolm Barber (trad. de l'anglais), Le Proc√®s des Templiers, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 307 p. (ISBN 2-86847-679-1). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Georges Bordonove, La Trag√©die des Templiers, Paris, Pygmalion, coll. ¬ę Les Grandes heures de l'Histoire de France ¬Ľ, , 416 p. (ISBN 2-85704-403-8).
  • Simonetta Cerrini, Le dernier jugement des Templiers, Flammarion, 2018.
  • Alain Demurger, Le Peuple templier, 1307-1312. Catalogue prosopographique des templiers pr√©sents ou (et) cit√©s dans les proc√®s-verbaux des interrogatoires faits dans le royaume de France entre 1307 et 1312, CNRS √Čditions, 2020.
  • (la) Jules Michelet (pr√©f. Jean Favier), Le proc√®s des Templiers, Paris, √Čditions du C.T.H.S, (1re √©d. 1841-51), (2 vol.) XVI+681 / VI+540 (ISBN 978-2-7355-0152-6, pr√©sentation en ligne) (version originale en latin).
  • (fr + la) Magdalena Satora, Processus contra Templarios in Francia. Proc√®s-verbaux de la proc√©dure men√©e √† Paris (1309-1311), Brill, , 1342 p. (ISBN 978-9-0044-1257-6, pr√©sentation en ligne)
  • Julien Th√©ry, ¬ę Proc√®s des Templiers ¬Ľ, dans Nicole B√©riou (dir. et r√©dacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (pr√©f. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire europ√©en des ordres militaires au Moyen √āge, Fayard, , 1029 p. (ISBN 978-2-2136-2720-5, pr√©sentation en ligne, lire en ligne).
  • Julien Th√©ry, ¬ę Une h√©r√©sie d‚Äô√Čtat. Philippe le Bel, le proc√®s des ¬ę perfides Templiers ¬Ľ et la pontificalisation de la royaut√© fran√ßaise ¬Ľ, dans Les Templiers dans l‚ÄôAube, Troyes, La Vie en Champagne, 2013, p. 175-214 [lire en ligne].
  • Julien Th√©ry, ¬ę 'Nous ne craignons pas de mourir'. La chute des Templiers ¬Ľ, dans Les trente nuits qui ont fait l'histoire, Belin, 2014, p. 105-115 (ISBN 9782701190105).
  • Julien Th√©ry, ¬ę Pourquoi le roi de France Philippe le Bel a-t-il attaqu√© l‚Äôordre du Temple ? Une Nouvelle Alliance ¬Ľ, dans Gli ordini di Terrasanta. Questioni aperte, nuove acquisizioni (XII-XVI secolo), dir. A. Baudin, S. Merli, M. Santanicchia, P√©rouse : Fabrizio Fabbri Editore, 2021, p. 215-239, en ligne

Autre

  • Michel Lamy, Les Templiers, ces grands seigneurs aux blancs manteaux : leurs mŇďurs, leurs rites, leurs secrets, Bordeaux, √Čditions Aub√©ron, , 330 p. (ISBN 2-908650-25-8).
  • Jacques Le Goff, Marchands et banquiers du Moyen √āge, Presses universitaires de France, , 128 p. (ISBN 2-13-036467-5). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (it) Simonetta Cerrini, L'apocalisse dei Templari : Missione e destino dell'Ordine religioso e cavalleresco pi√Ļ misterioso del Medioevo, Milan, Mondadori, , 192 p. (ISBN 978-88-04-62241-3, pr√©sentation en ligne).
  • Michel Balard (dir.) et al., Les Ordres militaires et la mer, La Rochelle, √Čditions du cths, coll. ¬ę Actes des congr√®s nationaux des soci√©t√©s historiques et scientifiques (√©dition √©lectronique) ¬Ľ, (lire en ligne), ¬ę La marine du Temple dans l'Orient des croisades (auteur chapitre : Pierre-Vincent Claverie) ¬Ľ.
  • (it) Mario Dal Bello, Gli Ultimi Giorni dei Templari, Citt√† Nuova, , 152 p. (ISBN 978-88-311-6451-1, pr√©sentation en ligne) (Les Derniers Jours de l'ordre du Temple, d'apr√®s des documents issus des archives apostoliques du Vatican).

Autres sources

Récit
Documentaires et entretiens audiovisuels

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