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Cha√ģne Transantarctique

La cha√ģne Transantarctique, ou monts Transantarctiques, est une longue cha√ģne de montagnes situ√©e en Antarctique et traversant une grande partie du continent, de la terre Victoria √† la mer de Weddell, en s√©parant sa partie orientale d'une part de sa partie occidentale et de la c√īte ouest de la mer de Ross d'autre part. Elle est entrecoup√©e par de nombreux glaciers aliment√©s par l'inlandsis Est-Antarctique et s'√©panchant depuis le plateau Antarctique. Elle culmine √† 4 528 m√®tres d'altitude au mont Kirkpatrick et poss√®de vingt sommets d'au moins 4 000 m√®tres d'altitude. Malgr√© le climat polaire qui y r√®gne, la glace n'est pas partout pr√©sente dans la cha√ģne, √† l'instar des vall√©es s√®ches de McMurdo o√Ļ les pr√©cipitations sont rares et l'√©vaporation intense en √©t√©, m√™me si des cours d'eau intermittents issus de la fonte des glaciers parviennent bri√®vement √† se former ; en hiver il fait g√©n√©ralement trop froid pour que la neige puisse tomber, en particulier au sud et √† haute altitude, o√Ļ elle s'accumule essentiellement sous l'effet du vent. Ces conditions expliquent que la vie est rare dans la cha√ģne, pour l'essentiel concentr√©e sur la c√īte de la mer de Ross o√Ļ vivent des phoques et des oiseaux, notamment des manchots. La cha√ģne est l'une des plus anciennes sur Terre, datant du Cambrien, et r√©sulte d'une association entre rift et subduction, alternant p√©riodes de volcanisme, de m√©tamorphisme et d'√©rosion‚Äďs√©dimentation. Le relief actuel est d√Ľ √† une surrection atteignant son paroxysme √† l'√Čoc√®ne, mais dont l'origine est encore mal comprise.

Cha√ģne Transantarctique
Carte topographique de la cha√ģne Transantarctique.
Carte topographique de la cha√ģne Transantarctique.
Géographie
Altitude 4 528 m, Mont Kirkpatrick[1]
Longueur 3 200 km
Largeur 400 km
Superficie 584 000 km2
Administration
Pays Drapeau de l'Antarctique Antarctique
Revendications territoriales Territoire antarctique australien
Dépendance de Ross
Territoire chilien de l'Antarctique
Territoire antarctique britannique
Antarctique argentine
Aucune (Terre Marie Byrd)
Géologie
√āge Cambrien
Roches Gneiss, schiste, granite, roches siliciclastiques, grès, brèche, calcaire, shale, siltite, charbon, tuf, basalte

Apr√®s sa d√©couverte en 1841 par James Clark Ross depuis la mer, la cha√ģne Transantarctique constitue au d√©but du XXe si√®cle un obstacle pour les explorateurs de l'√Ęge h√©ro√Įque, √† l'instar de Robert Falcon Scott, Ernest Shackleton et Roald Amundsen, qui cherchent tour √† tour √† rallier le p√īle Sud, d'abord magn√©tique puis g√©ographique, finalement atteints en 1909 et en 1911. Les exp√©ditions qu'ils m√®nent r√©alisent en parall√®le les premiers travaux cartographiques et √©tudes de la cha√ģne. √Ä partir de 1928, avec Richard Byrd, les Am√©ricains s'int√©ressent au continent avec des moyens qui s'accroissent jusqu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale, incluant des avions et des moyens de communication longue distance. La connaissance de la cha√ģne se fait plus pr√©cise, la cartographie est progressivement compl√©t√©e et les recherches scientifiques se multiplient. En pr√©vision de l'ann√©e g√©ophysique internationale en 1957-1958, des bases sont construites, notamment sur l'√ģle de Ross. La Nouvelle-Z√©lande prend une part importante dans l'exploration de la cha√ģne. Des sommets importants sont gravis √† partir des ann√©es 1960. Toutefois, les moyens sont surtout mis dans les travaux scientifiques et la cha√ģne Transantarctique demeure difficile d'acc√®s, tant par voie maritime qu'a√©rienne, si bien que l'alpinisme reste tr√®s peu d√©velopp√© et l'environnement globalement pr√©serv√©, avec l'existence d'une zone g√©r√©e sp√©ciale dans les vall√©es s√®ches de McMurdo et d'une vingtaine de zones sp√©cialement prot√©g√©es. En outre, des sites et monuments historiques pr√©servent la m√©moire de l'exploration √† travers la cha√ģne.

Toponymie

Le nom ¬ę cha√ģne Transantarctique ¬Ľ (en anglais : Transantarctic Mountains) est employ√© pour la premi√®re fois en 1960 par le g√©ologue Warren B. Hamilton[2]. Il est recommand√© en 1962 par l'Advisory Committee on Antarctic Names, une administration am√©ricaine pour les noms g√©ographiques. Cette appellation purement descriptive, en contraste avec beaucoup d'autres noms g√©ographiques du septi√®me continent, est √† pr√©sent internationalement accept√©e[3].

Géographie

Situation

La cha√ģne Transantarctique s'√©tend en forme de sigmo√Įde, interm√©diaire entre un ¬ę S ¬Ľ et un S long ¬ę ‚ąę ¬Ľ, sur la majeure partie de l'Antarctique de la terre de Oates, √† environ 69¬į 15' de latitude sud en terre Victoria septentrionale, jusqu'√† la terre de la Reine-√Člisabeth, sur la c√īte m√©ridionale de la mer de Weddell. Avec une longueur totale d'environ 3 200 kilom√®tres, c'est l'une des plus longues cha√ģnes de montagnes existantes sur Terre[4] - [5]. Elle longe sur les deux tiers de sa longueur toute la c√īte occidentale de la mer de Ross, dont la partie m√©ridionale est occup√©e par la barri√®re de glace du m√™me nom, et s√©pare sur le tiers restant l'Antarctique oriental de l'Antarctique occidental. Elle est bord√©e sur ses versants ouest et sud par le plateau Antarctique et elle approche le p√īle Sud √† moins de 300 kilom√®tres, √† environ 87¬į 30' de latitude sud.

Bien qu'elles soient en suspens depuis le trait√© sur l'Antarctique en 1959, cinq pays ont √©mis des revendications territoriales sur la cha√ģne : l'Australie (Territoire antarctique australien), la Nouvelle-Z√©lande (d√©pendance de Ross), le Chili (Territoire chilien de l'Antarctique), le Royaume-Uni (Territoire antarctique britannique) et l'Argentine (Antarctique argentine). La partie de la cha√ģne qui se trouve dans la terre Marie Byrd reste non revendiqu√©e.

Géomorphologie

Vue plongeante depuis une hauteur rocheuse sur un paysage glaciaire parsemé de montagnes, sous un ciel bleu profond.
Vue depuis l'extr√©mit√© nord-est du cha√ģnon Gonville and Caius vers le cha√ģnon Convoy √† l'ouest-nord-ouest avec le glacier Mackay (au centre).

De l'extr√©mit√© de la terre Victoria jusqu'au cha√ģnon Wisconsin de la cha√ģne Horlick, la cha√ģne Transantarctique forme une barri√®re continue de 40 √† 400 kilom√®tres de large, le long de la mer de Ross. Sa plus grande largeur se trouve entre la p√©ninsule Adare et la cha√ģne USARP, en terre Victoria septentrionale. Elle se r√©tr√©cit en plusieurs endroits, notamment au niveau de la cha√ģne du Prince-Albert, de la cha√ģne Cook et de la cha√ģne Duncan. Elle est seulement entrecoup√©e par des glaciers qui s'√©panchent depuis l'inlandsis Est-Antarctique vers la mer de Ross[6]. Ainsi, le glacier Priestley s√©pare la terre Victoria septentrionale de sa partie m√©ridionale, le glacier Byrd s√©pare cette derni√®re de la cha√ģne Transantarctique centrale, le glacier Beardmore s√©pare cette derni√®re de la cha√ģne de la Reine-Maud et le glacier Reedy s√©pare cette derni√®re de la cha√ģne Horlick[7].

Massif montagneux isolé, cerné par un inlandsis, avec un versant abrité des vents dominants et dépourvu de neige.
Vue a√©rienne de la cha√ģne Thiel, isol√©e dans l'inlandsis de l'Antarctique.

Au-del√† du cha√ģnon Wisconsin, la cha√ģne Transantarctique est discontinue : la cha√ģne Horlick se termine par le cha√ģnon Ohio, puis se trouvent la cha√ģne Thiel, la cha√ģne Pensacola et le cha√ģnon Argentina. Ces deux derniers sont s√©par√©s par le glacier Support Force[6].

Des sommets d√©passent 4 000 m√®tres dans les quatre plus grands groupes de massifs, de la terre Victoria √† la cha√ģne de la Reine-Maud. Le plus √©lev√©, le mont Kirkpatrick, culmine √† 4 528 m√®tres d'altitude. Au-del√†, l'altitude d√©cro√ģt progressivement[1]. De la cha√ģne Horlick au cha√ģnon Argentina, mais aussi en arri√®re de la partie principale de la cha√ģne Transantarctique, de nombreux sommets √©mergent de l'inlandsis sous la forme de nunataks[6].

Subdivisions

La cha√ģne Transantarctique est d√©coup√©e en groupes[7] et en massifs[6] :

Assemblage de quadrants formant une carte topographique.
Carte topographique de la Terre Victoria septentrionale (d'après l'USGS).
Assemblage de quadrants formant une carte topographique.
Carte topographique de la Terre Victoria méridionale (d'après l'USGS).
Assemblage de quadrants formant une carte topographique.
Carte topographique de la cha√ģne Transantarctique centrale (d'apr√®s l'USGS).
Assemblage de quadrants formant une carte topographique.
Carte topographique de la cha√ģne de la Reine-Maud (d'apr√®s l'USGS).
Assemblage de quadrants formant une carte topographique.
Carte topographique de la cha√ģne Horlick et des montagnes extr√™me-orientales (d'apr√®s l'USGS).
Subdivision de niveau 1 Subdivision de niveau 2 Subdivision de niveau 3 Point culminant Altitude
Terre Victoria septentrionale Cha√ģne USARP Collines Wilson, cha√ģnon Daniels, pics Emlen, nunataks Outback, collines Helliwell, cha√ģnon Morozumi, nunataks Monument, collines Sequence Big Brother Bluff 2 840 m
Cha√ģne Bowers Cha√ģnon des Explorateurs, cha√ģnon Posey, cha√ģnon Lanterman, massif Molar Mont Marwick 2 590 m
Cha√ģne Freyberg Cha√ģnon Alamein, cha√ģnon Salamander, hauteurs Gallipoli Mont Camelot 2 590 m
Cha√ģne ANARE Pic Drabek 2 090 m
Cha√ģne Concord Cha√ģnon Everett, cha√ģnon Mirabito, cha√ģnon King, massif Leitch, cha√ģnon Quartzite occidental, cha√ģnon Quartzite oriental Pic Thomson 2 350 m
Cha√ģne de l'Amiraut√© Hauteurs Robinson, cha√ģnon Homerun, cha√ģnon Lyttleton, cha√ģnon Dunedin, cha√ģnon Dubridge, cha√ģnon McGregor, p√©ninsule Adare, p√©ninsule Hallett Mont Minto 4 163 m
Cha√ģne Victory Cha√ģnon Millen, cha√ģnon des Cartographes, cha√ģnon Barker, pics Lawrence, p√©ninsule Daniell, √ģle Coulman Mont Riddolls 3 295 m
Cha√ģne Southern Cross Collines Caudal, collines Lichen, cha√ģnon Mesa, cha√ģnon Deep Freeze, cha√ģnon Arrowhead, cha√ģnon du Montagnard, Northern Foothills Mont Hewson 3 720 m
Terre Victoria m√©ridionale (Prince-Albert et McMurdo) Cha√ģne du Prince-Albert Cha√ģnon Eisenhower Pic Timber 3 070 m
Cha√ģnon Kirkwood Mont Endeavour 1 810 m
Cha√ģnon Convoy Collines d'Allan, collines de Coombs Mont Brooke 2 675 m
Zone des vall√©es s√®ches de McMurdo Cha√ģnon Clare, cha√ģnon Gonville and Caius, cha√ģnon Willett, cha√ģnon St Johns, cha√ģnon Olympus, cha√ģnon Asgard, collines Kukri Shapeless Mountain 2 739 m
Archipel de Ross et p√©ninsule Brown √éle Beaufort, √ģle de Ross, √ģle Black, √ģle White Mont Erebus 3 794 m
Cha√ģne Quartermain Cha√ģne Lashly Mont Feather 2 985 m
Cha√ģnon de la Royal Society Mont Lister 4 025 m
Cha√ģnon Warren Mont Guyon 2 541 m
Cha√ģnon Boomerang Pic Alligator
Cha√ģnon Worcester Mont Harmsworth 2 765 m
Cha√ģne Cook Ar√™tes Finger, cha√ģnon Conway, collines Brown Mont Longhurst 2 846 m
Cha√ģne Darwin Collines Meteorite Mont Ellis 2 330 m
Cha√ģnon Britannia Mont McClintock 3 492 m
Cha√ģne Transantarctique centrale Cha√ģne Churchill Collines Darley, nunataks Lonewolf, nunataks Wallabies, nunataks All-Blacks, nunataks Wilhoite, nunataks Mizar, cha√ģnon des Arpenteurs, cha√ģnon Swithinbank, cha√ģnon Nash, cha√ģnon des G√©ologues, cha√ģnon Holyoake, cha√ģnon Cobham, nunataks Chappell Hunt Mountain 3 239 m
Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth Collines Campbell, collines Taylor, cha√ģnon Frigate, cha√ģnon Holland, monts Moore Mont Markham 4 351 m
Cha√ģnon Miller D√īme Martin 2 680 m
Cha√ģnon de la Reine-Alexandra Hauteurs Morris, collines MacAlpine, collines Colbert, monts Adams, monts Marshall, √ģle Buckley Mont Kirkpatrick 4 528 m
Cha√ģne de la Reine-Maud Cha√ģnon Commonwealth Cha√ģnon Separation Flat Top 4 000 m
Cha√ģnon Hughes Mont Kaplan 4 230 m
Cha√ģnon Dominion Mont Mills 2 954 m
Cha√ģnon Supporters Mont White 3 470 m
Cha√ģne Grosvenor Massif Otway Pic Mom 3 260 m
Cha√ģne Barton Mont Usher 3 648 m
Cha√ģne Bush Hauteurs Anderson D√īme Husky 3 581 m
Cha√ģne du Prince-Olav Pics Cathedral, collines Gabbro, cha√ģnon Lillie, hauteur Seabee, collines Cumulus, massif Roberts Mont Wade 4 084 m
Cha√ģne Duncan Mont Schevill 1 997 m
Cha√ģnon Herbert Mont Fridtjof Nansen 4 069 m
Cha√ģnon Quarles Mont Ruth Gade 3 513 m
Plateau Rawson Mont Alice Gade 3 410 m
Cha√ģne Hays Pics Medina, collines Karo, plateau Nilsen, monts Rawson Non nomm√© 3 940 m
Cha√ģne Tapley Butte Evans 2 570 m
Cha√ģne Gothic Pics Organ Pipe Mont Zanuck 2 526 m
Cha√ģne Harold-Byrd Nunataks Fallone, cha√ģne Bender, pics Berry Mont Mahan 1 260 m
Escarpement Watson Plateau California, plateau Stanford, plateau Michigan, collines Quartz, collines Caloplaca Pic Teller 3 550 m
Cha√ģne La Gorce Collines Davis Mont Paine 3 330 m
Cha√ģne Horlick Cha√ģnon Wisconsin Nunataks Ford, nunataks Gierloff, Long Hills Pic Faure 3 941 m
Cha√ģnon Ohio Mont Schopf 2 990 m
Montagnes extr√™me-orientales Cha√ģne Thiel Massif Ford, collines Stewart Anderson Summit 2 812 m
Cha√ģne Pensacola Escarpement Pecora, cha√ģnon Patuxent, nunataks Rambo, cha√ģnon Neptune, collines Williams, collines Schmidt, cha√ģnon Forrestal, pics Cordiner, massif Dufek Pic England 2 150 m
Cha√ģnon Argentina Collines Schneider, collines Panzarini Mont Spann 925 m

Principaux sommets

Il existe vingt sommets d'au moins 4 000 m√®tres d'altitude dans la cha√ģne Transantarctique[1] :

Imposante montagne enneigée, dominant la mer et baignée par une lumière rosée rasante.
Vue du mont Lister, 15e plus haut sommet de la cha√ģne, depuis l'√ģle de Ross.
Sommet Altitude (en mètres) Massif
Mont Kirkpatrick 4 528 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Elizabeth 4 480 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Markham 4 351 Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth
Mont Bell 4 303 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Mackellar 4 297 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Kaplan 4 230 Cha√ģne de la Reine-Maud
Fleming Summit 4 200 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Minto 4 163 Cha√ģne de l'Amiraut√©
Mont Miller 4 160 Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth
Mont Dickerson 4 120 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Wade 4 084 Cha√ģne de la Reine-Maud
Mont Fisher 4 080 Cha√ģne de la Reine-Maud
Pic Centennial 4 070 Cha√ģne de la Reine-Maud
Mont Fridtjof Nansen 4 069 Cha√ģne de la Reine-Maud
Mont Lister 4 025 Cha√ģnon de la Royal Society
Mont Wexler 4 024 Cha√ģne de la Reine-Maud
Pic Decennial 4 020 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Adam 4 010 Cha√ģne de l'Amiraut√©
Flat Top 4 000 Cha√ģne de la Reine-Maud
Mont Korsch 4 000 Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth

Il existe en outre dix-sept sommets ultra-proéminents[8] :

Relief volcanique entièrement couvert de neige vu depuis une péninsule rocheuse distante.
Vue du mont Erebus, sommet le plus pro√©minent de la cha√ģne, sur l'√ģle de Ross, depuis la p√©ninsule de Hut Point.
Sommet Proéminence (en mètres) Massif
Mont Erebus 3 794 Archipel de Ross
Mont Minto 2 616 Cha√ģne de l'Amiraut√©
Mont Kirkpatrick 2 601 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Miller 2 354 Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth
Mont Lister 2 325 Cha√ģnon de la Royal Society
Mont Markham 2 103 Cha√ģnon de la Reine-Elizabeth
Hawkes Heights 2 000 Cha√ģne Victory
Mont Murchison 1 927 Cha√ģne Southern Cross
Mont Supernal 1 804 Cha√ģne Southern Cross
Mont Kaplan 1 783 Cha√ģne de la Reine-Maud
Mont Melbourne 1 699 Cha√ģne Southern Cross
Mont Terror 1 696 Archipel de Ross
Mont Elizabeth 1 657 Cha√ģnon de la Reine-Alexandra
Mont Discovery 1 637 P√©ninsule Brown
Mont McClintock 1 621 Cha√ģnon Britannia
Mont Brewster 1 598 Cha√ģne Victory
Mont Morning 1 515 P√©ninsule Brown

Hydrographie

Vue satellite d'un glacier strié dans le sens de son épanchement et séparant deux massifs.
Vue satellite du glacier Byrd, un courant glaciaire coupant la cha√ģne perpendiculairement.

Les principaux glaciers de la cha√ģne Transantarctique sont des glaciers √©missaires, provenant de l'inlandsis Est-Antarctique, contraints dans des vall√©es et prolongeant, pour les plus importants, des courants glaciaires : c'est le cas du glacier David en Terre Victoria m√©ridionale, qui se termine par la langue de glace Drygalski en mer de Ross, du glacier Byrd entre la terre Victoria m√©ridionale et la cha√ģne Transantarctique centrale et du glacier Scott dans la cha√ģne de la Reine-Maud qui alimentent la barri√®re de Ross[9]. Parmi les autres glaciers √©missaires figurent, du nord au sud, les glaciers Mariner, Aviator, Reeves, Mawson, Ferrar, Skelton, Mulock, Darwin, Nimrod, Beardmore, Shackleton, Amundsen et Reedy[6]. Ils sont globalement perpendiculaires √† l'orientation de la cha√ģne, empruntant de larges failles g√©ologiques, et d√©finissent ses groupes et massifs[10]. Les glaciers Rennick et Lillie ont la particularit√© de se jeter directement dans l'oc√©an Austral au nord de la terre de Oates[6]. Le courant glaciaire Foundation et son affluent le glacier Academy, ainsi que le glacier Support Force, sont des courants glaciaires bordant les montagnes extr√™mes-orientales de la cha√ģne et tr√®s peu contraints par le relief, alimentant la barri√®re de Filchner-Ronne[9]. Les glaciers secondaires naissent sur les versants de la cha√ģne Transantarctique et sont des glaciers de vall√©e.

Vue depuis un lac gelé couvert de glace bleue et bordé par un glacier descendant en pente faible d'une montagne.
Vue du lac Fryxell, au pied du glacier Canada, dont la glace bleue, compos√©e d'eau douce, scelle l'eau saum√Ętre situ√©e en dessous.

Les deux seules rivi√®res reconnues du continent s'√©coulent dans la cha√ģne Transantarctique : l'Onyx et l'Alph√©e[11]. Tous les autres cours d'eau sont des ruisseaux. L'Onyx s'√©coule sur une trentaine de kilom√®tres vers l'ouest, √† l'oppos√© de la c√īte, dans la vall√©e de Wright, une des vall√©es s√®ches de McMurdo, entre les cha√ģnons Olympus au nord et Asgard au sud, pour d√©boucher dans le lac Vanda. Il s'√©coule en moyenne deux mois par an, g√©n√©ralement de d√©but d√©cembre √† d√©but f√©vrier, et la plus grande partie de l'eau de fonte s'√©vapore avant m√™me d'arriver au lac[12]. Dans cette vall√©e, une partie de la neige qui tombe au sol est sublim√©e et les sols sont en g√©n√©ral secs[13]. L'Alph√©e est form√© par des eaux de fonte retenues par la moraine lat√©rale gauche du glacier Koettlitz, sur le pi√©mont m√©ridional du cha√ģnon de la Royal Society, et se termine en cours sous-glaciaire dans le d√©troit de McMurdo.

Géologie

Schéma montrant l'empilement de formations stratigraphiques du Précambrien à l'époque actuelle.
Séquence stratigraphique de la terre Victoria méridionale.

√Ä la fin du N√©oprot√©rozo√Įque, l'apparition d'un rift provoque l'ouverture du super-pal√©ocontinent Rodinia, √† travers son socle constitu√© de gneiss, de schiste et de granite d'√Ęge arch√©en, visible uniquement dans la r√©gion du glacier Nimrod[14]. Ce rift entra√ģne la mise en place d'une marge passive au niveau de l'actuelle cha√ģne Transantarctique[14], associ√©e √† une s√©dimentation importante, avec des d√©p√īts de roches siliciclastiques pr√©sentes dans la cha√ģne Pensacola (formation de Hannah Ridge) et la cha√ģne Transantarctique centrale (groupe de Beardmore)[15]. En terre Victoria m√©ridionale, le socle est constitu√© de roches m√©tamorphiques (formation de Horney, groupes de Koettlitz et de Skelton) avec des intrusions d'√Ęge n√©oprot√©rozo√Įque √† cambrien pr√©coce[15]

Montagne formée de strates de couleur ocre à brune dominant des montagnes enneigées.
Vue du versant d'une montagne dans la cha√ģne pr√©sentant de nombreuses strates.

Au Cambrien, le mouvement des plaques s'inverse et donne naissance √† une zone de subduction[14]. Ceci r√©sulte en la compression des roches s√©dimentaires et magmatiques existantes, entra√ģnant un m√©tamorphisme plus ou moins important, ainsi que la formation de nombreux plutons granitiques[16]. Des roches volcaniques silicat√©es sont √©mises au niveau de la cha√ģne de la Reine-Maud et de la cha√ģne Thiel[15]. Des batholites sont responsables de la d√©formation des strates et du m√©tamorphisme conduisant √† l'orogen√®se de Ross[14] - [15]. Des roches siliciclastiques et carbonat√©es d'√Ęge cambrien √† ordovicien sont constitu√©es dans la cha√ģne Pensacola (formation de Patuxent) et dans la cha√ģne Transantarctique centrale (groupe de Byrd)[15]. En terre Victoria septentrionale, trois terranes sont pr√©sents, interpr√©t√©s comme la pr√©sence de deux zones de subduction parall√®les, formant donc deux arcs volcaniques[17]. La marge continentale correspond au terrane de Wilson, compos√© de roches m√©tamorphiques avec des intrusions du Cambrien √† l'Ordovicien pr√©coce[15] - [17]. Le terrane de Bowers, bord√© de part et d'autre par les failles de Lanterman et de Leap Year, correspondrait √† la section entre les deux zones de subduction, avec son arc volcanique ; il est compos√© de strates siliciclastiques fossilif√®res et volcanoclastiques avec des roches volcaniques mafiques surmont√©es de conglom√©rats[15] - [17]. Enfin, celui de Robertson Bay correspond au reste de la cro√Ľte oc√©anique et de ses s√©diments formant un prisme d'accr√©tion, compos√© d'une s√©quence de turbidite d'√Ęge cambrien √† ordovicien[15] et qui, fortement pliss√© comme celui de Bowers, est en revanche peu m√©tamorphis√©[18].

√Ä l'issue de ces √©v√©nements, une cha√ģne de montagnes existe au niveau de l'actuelle cha√ģne Transantarctique[16]. Cependant, entre la fin du Silurien et le d√©but du D√©vonien, la surface d'√©rosion de Kukri est sculpt√©e, sans pour autant aboutir √† une p√©n√©plaine[19]. Une s√©dimentation importante entra√ģne la formation de gr√®s √† ar√©nite, riche en quartz, en milieu continental (groupe de Taylor)[14] - [19]. Alors que la subduction se poursuit tout au long du Pal√©ozo√Įque, en marge de l'oc√©an Panthalassa[14] - [20], des arcs volcaniques pr√©sentent une activit√© magmatique intermittente, en particulier en terre Victoria septentrionale et en terre Marie Byrd[14] - [21], avec des prolongements notamment en Patagonie et dans le Sud de l'Australie[14] - [20]. Au Carbonif√®re, cette activit√© reste toutefois suffisamment √©loign√©e de la majeure partie de la cha√ģne Transantarctique pour que celle-ci soit peu affect√©e par des d√©formations ‚ÄĒ voire connaisse une nouvelle surface d'√©rosion, dite de Maya, dans les couches d√©voniennes et parfois confondue avec celle de Kukri ‚ÄĒ et par la s√©dimentation. Dans le cas contraire, ces s√©diments sont d√©gag√©s par la glaciation qui survient √† la fin de cette p√©riode[22].

Entre le Permien et le Trias, des bassins s√©dimentaires dans l'int√©rieur de la terre Victoria et un bassin structural √©voluant en bassin d'avant-pays en arri√®re de la cha√ģne Transantarctique centrale[14] - [23], probablement sous l'influence de l'orogen√®se panafricaine[24], ainsi qu'une plate-forme isol√©e au niveau de la cha√ģne Thiel, r√©sultent en une continuation de l'accumulation de s√©diments, formant le groupe de Victoria[14] - [23]. Les gr√®s du groupe de Taylor et les s√©diments du groupe Victoria forment ensemble le supergroupe de Beacon, qui constitue une grande partie des sommets et ar√™tes rocheuses de la cha√ģne Transantarctique sur presque toute sa longueur[25]. Les strates associ√©es au groupe Victoria sont compos√©es de diamictite d'origine glaciaire, de charbon et de shale, indicatifs d'un climat temp√©r√© et humide[25] et enfin de siltite et de gr√®s[23] d'origines diverses mais progressivement plus volcanique[26]. Au d√©but du Jurassique, l'influence de la subduction sur la g√©ologie de la r√©gion arrive √† sa fin avec le d√©but du rifting entra√ģnant la fracturation du Gondwana[27]. Le rifting est vraisemblablement initi√© par un panache mantellique[28], avec un magma riche en silice (formations de Hanson et de Shafer Peak), suivi par l'apparition de la province magmatique de Ferrar (formation d'Exposure Hill), de nature basaltique et caract√©ris√©e par des d√©p√īts pyroclastiques, sous forme de lahars, de br√®ches et de tufs, par des effusions de lave de plusieurs centaines de m√®tres d'√©paisseur et par des intrusions de sills d√©passant 1 000 m√®tres[14] - [27]. Le contexte g√©ologique pourrait s'expliquer par un bassin arri√®re-arc[29] et expliquerait que la marge continentale se d√©place alors vers l'ext√©rieur de la cha√ģne[14]. La fracturation du Gondwana entra√ģne une r√©organisation importante des blocs tectoniques, avec en particulier celui de Ellsworth-Whitmore qui se d√©place et pivote, comme d'autres dans la r√©gion, se d√©solidarisant de la cha√ģne Transantarctique et rejoignant l'Antarctique oriental[29].

Sch√©ma repr√©sentant la cha√ģne Transantarctique au bord d'une zone de subduction aliment√©e par un rift oc√©anique.
Sch√©ma tr√®s simplifi√© du contexte g√©ologique actuel le long de la cha√ģne Transantarctique.

Ces contraintes tectoniques m√®nent en outre √† la surrection de la cha√ģne √† partir du Cr√©tac√©[14] - [10]. L'√©paississement crustal induit une fronti√®re lithosph√©rique majeure entre la bordure du craton de l'Antarctique oriental et les zones d'att√©nuation crustale en mer de Ross, avec l'apparition du rift ouest-antarctique, et en mer de Weddell[14] - [10]. La surrection culmine √† l'√Čoc√®ne et engendre les reliefs actuels, mais son origine reste inconnue[28]. Dans tous les cas, ce processus est accompagn√© d'une fracturation et de d√©nudation qui segmente les diff√©rents massifs le long de ces failles majeures[10]. Le produit de cette √©rosion comble en grande partie les bassins du rift ouest-antarctique[30]. Le groupe volcanique de McMurdo na√ģt au d√©but de l'√Čoc√®ne sur son rebord sud-est ; il comprend le mont Morning, le mont Discovery, le mont Erebus, le mont Terror, le mont Bird et le mont Melbourne. Son lien avec la province volcanique de la terre Marie Byrd, sur le rebord oppos√© du rift, implique certainement la pr√©sence d'un panache mantellique[31] - [32]. L'influence d'un rebond isostatique au Mioc√®ne n'est pas √† exclure dans l'√©l√©vation de la cha√ģne le long de la mer de Ross[31]. Quoi qu'il en soit, le relief qu'elle constitue initie probablement la glaciation antarctique[33].

Climat

La cha√ģne Transantarctique conna√ģt un climat polaire, le plus froid et le plus sec au monde[34]. Toutefois, en raison de l'√©tendue de la cha√ģne, ce climat varie de fa√ßon importante aussi bien en fonction de la latitude que de l'altitude. Ainsi, les temp√©ratures sont en moyenne 30 ¬įC plus √©lev√©es √† la base McMurdo, √† 77¬į 50' S au niveau de la mer, qu'au p√īle Sud, √† plus de 2 800 m√®tres d'altitude[35].

Vall√©e ¬ę en U ¬Ľ couverte de galets grossiers.
Vue de la vallée de Wright depuis le pied du col Bull en direction de l'ouest durant l'été austral.

Les r√©gions c√īti√®res bordant l'ouest de la barri√®re de Ross connaissent dans l'ensemble un climat similaire √† celui du d√©troit de McMurdo. Les pr√©cipitations y sont rares[36], de l'ordre de 188 mm par an √† la base Scott avec un pic en f√©vrier[37] et plus rares encore dans la vall√©e de Wright avec environ 50 mm[12]. Elles sont associ√©es √† un air humide temp√©r√© circulant sur la barri√®re de Ross[36]. Or, quand l'essentiel des pr√©cipitations peut subvenir en √©t√©, le taux d'humidit√© dans cette vall√©e reste g√©n√©ralement trop bas, entre 30 et 40 %, bien que de la pluie fine soit occasionnellement observ√©e[12]. L'√©vaporation est largement sup√©rieure aux pr√©cipitations[12]. Les temp√©ratures peuvent √™tre relativement cl√©mentes. Au sol, elles peuvent avoisiner 15 ¬įC en √©t√© en pleine journ√©e sur les versants au nord les mieux abrit√©s, comme au lac Vanda, alors que les versants au sud moins ensoleill√©s sont sensiblement plus froids[36]. De plus, les vall√©es sont balay√©es quasiment en permanence par des vents catabatiques secs, habituellement peu violents mais parfois forts, descendant du plateau Antarctique et engendr√©s par le froid qui y r√®gne[36] - [38]. En raison de la neige qu'ils charrient, ils peuvent grandement alt√©rer la visibilit√©[39]. Les mois les plus doux sont d√©cembre et janvier, avec des temp√©ratures journali√®res moyennes allant de ‚ąí4 √† +1 ¬įC, respectivement sur l'√ģle de Ross et dans les vall√©es s√®ches de McMurdo, alors que les mois les plus froids sont juillet et ao√Ľt, avec des temp√©ratures journali√®res moyennes qui vont respectivement de ‚ąí27 √† ‚ąí38 ¬įC ; les temp√©ratures annuelles moyennes sont d'environ ‚ąí20 ¬įC[40]. Plus au nord, au cap Hallett en terre Victoria septentrionale, les temp√©ratures sont globalement comparables tant en hiver et qu'en √©t√©, mais plus douces au printemps et en automne[40], influenc√©es par la proximit√© de la mer[41] ; la moyenne annuelle y est de ‚ąí15 ¬įC[40].

Au bord du plateau Antarctique, en amont du glacier Scott sur le versant m√©ridional de la cha√ģne de la Reine-Maud, la temp√©rature ne d√©passe presque jamais 0 ¬įC. Les pr√©cipitations, exclusivement neigeuses, y sont exceptionnelles et sont en g√©n√©ral souffl√©es depuis le centre du plateau[36].

√Čcosyst√®me

La cha√ģne appartient √† l'√©cozone antarctique et √† l'√©cor√©gion de Maudlandia, qui couvre l'int√©gralit√© du continent √† l'exception de la p√©ninsule Antarctique. Elle est caract√©ris√©e par un climat extr√™me et des zones d√©pourvues de glace √† l'int√©rieur des terres[5].

Phoque passant la tête par un trou de respiration dans la banquise, laquelle est bordée par une barrière de glace et, au-delà, des montagnes.
Vue d'un phoque respirant √† travers la banquise avec la cha√ģne Transantarctique en arri√®re-plan.

Cinq esp√®ces de phocid√©s sont pr√©sentes sur les c√ītes septentrionales de la cha√ģne Transantarctique, en terre Victoria : le Phoque crabier (Lobodon carcinophaga), le Phoque de Ross (Ommatophoca rossii), le Phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii), le L√©opard de mer (Hydrurga leptonyx) et l'√Čl√©phant de mer du sud (Mirounga leonina), ce dernier passant toutefois l'essentiel de son temps en mer, alors que les pr√©c√©dents d√©barquent plus r√©guli√®rement sur les bords de mer ou sur la banquise[5]. Le L√©opard de mer est un pr√©dateur pour les juv√©niles des autres esp√®ces de phoques et, lors des plong√©es, pour le Manchot Ad√©lie (Pygoscelis adeliae) et le Manchot empereur (Aptenodytes forsteri), qui poss√®dent des aires de reproduction pr√®s des c√ītes[5]. Les oiseaux marins pr√©sents sur le continent sont le Fulmar argent√© (Fulmarus glacialoides), le P√©trel g√©ant (Macronectes giganteus), le Damier du Cap (Daption capense), le P√©trel des neiges (Pagodroma nivea), l'Oc√©anite de Wilson (Oceanites oceanicus), le Labbe de McCormick (Stercorarius maccormicki) et le P√©trel antarctique (Thalassoica antarctica)[5]. Le Labbe de McCormick se nourrit d'Ňďufs et de poussins de Manchots Ad√©lie ainsi que d'oisillons morts de l'empereur, alors que le P√©trel g√©ant n'h√©site pas √† s'attaquer massivement aux juv√©niles du Manchot empereur[42].

Les seules autres formes de vie animales adapt√©es aux conditions de vie extr√™mes sont des invert√©br√©s. Les arthropodes sont repr√©sent√©s par des collemboles, des acariens, dont Nanorchestes antarcticus ayant une distribution m√©ridionale jusque dans la cha√ģne de la Reine-Maud, et des n√©matoc√®res d√©pourvus d'ailes (Belgica sp.)[5] - [43]. Les n√©matodes privil√©gient les sols humides et rocheux, √† l'instar des vall√©es s√®ches de McMurdo[43]. Plusieurs esp√®ces de tardigrades ont √©galement √©t√© d√©couvertes[43]. Enfin, les rotif√®res colonisent les mousses pr√©sentes autour des sites g√©othermiques, √† l'instar du mont Melbourne[5] - [43].

Des espèces de mycètes, incluant des lichens et des levures, sont adaptées aux sols rocheux, enrichis par les excréments des oiseaux marins ou autour des sites géothermiques[5] - [43]. Des algues se développent dans les environnements humides, soit dans les sources soit en peuplements épiphytes sur des mousses ou des colonies de cyanobactéries[5] - [43]. Les plus petits micro-organismes découverts sont des bactéries[5] - [43] et des amibes[43].

Histoire

D√©couverte et barri√®re sur la route du p√īle

Illustration ancienne en noir et blanc avec des montagnes enneigées en médaillon dominant au-dessus des nuages une mer houleuse avec des icebergs.
Repr√©sentation du mont Minto et du mont Adam, dans la cha√ģne de l'Amiraut√©, en 1847.
Illustration ancienne en noir et blanc avec un bateau voguant au milieu des icebergs et domin√© par une √ģle volcanique coiff√©e d'une colonne de fum√©e.
Représentation du mont Erebus et du mont Terror en 1868.

La cha√ģne Transantarctique est aper√ßue pour la premi√®re fois depuis la mer de Ross en 1841 par James Clark Ross, √† la recherche du p√īle Sud magn√©tique, alors inaccessible car situ√© √† l'√©poque √† l'int√©rieur des terres. Il identifie notamment le cap Adare et la cha√ģne de l'Amiraut√©[44], puis observe la cha√ģne ANARE[45] et la cha√ģne Southern Cross[46], au nord de la terre Victoria, nomme la cha√ģne du Prince-Albert[47], et d√©couvre enfin l'√ģle de Ross avec ses deux principaux volcans, qu'il nomme en l'honneur de ses navires[48] - [49]. En , un baleinier norv√©gien nomm√© Antarctica fait un bref passage au cap Adare et Alexander von Tunzelmann pose le pied sur le continent[50]. Quatre ans plus tard, Carsten Borchgrevink, qui a fait partie du groupe de von Tunzelmann, m√®ne l'exp√©dition Southern Cross ; il arrive au cap Adare en et y installe un petit abri pour y passer l'hiver austral[51] - [52]. La cha√ģne de l'Amiraut√© est donc la premi√®re observ√©e in situ par ces exp√©ditions, mais l'essentiel de la cha√ģne Transantarctique reste en grande partie masqu√© au-del√† de la barri√®re de Ross.

En , l'exp√©dition Discovery, bas√©e sur l'√ģle de Ross, entreprend d'approcher le plus pr√®s possible du p√īle Sud g√©ographique. Robert Falcon Scott, chef de l'exp√©dition, Ernest Shackleton et Edward Adrian Wilson se lancent en tra√ģneau √† chien sur la barri√®re de Ross mais doivent faire demi-tour apr√®s avoir d√©pass√© la latitude de 82¬įS. Ils observent notamment le cha√ģnon Worcester[53], la cha√ģne Cook[54], la cha√ģne Darwin[55], le cha√ģnon Britannia[56], la cha√ģne Churchill[57] et le mont Markham, dans le cha√ģnon de la Reine-Elizabeth ; ils cartographient une partie de la cha√ģne Transantarctique, mais n'en ont qu'une repr√©sentation partielle[58] - [59]. Pendant ce temps, l'√©quipe d'Albert Armitage d√©couvre l'existence des vall√©es s√®ches de McMurdo et le glacier Ferrar[59], en bordure septentrionale du cha√ģnon de la Royal Society[60] et √† l'est de la cha√ģne Quartermain[61]. En , fort de cette reconnaissance, Scott conduit une nouvelle √©quipe le long de ce m√™me glacier ; ils sont les premiers √† franchir la cha√ģne Transantarctique et √† atteindre le plateau Antarctique le mois suivant mais doivent rebrousser chemin avant de parvenir au p√īle Sud magn√©tique[58] - [59].

Photo en noir et blanc de deux tentes pyramidales sur un glacier devant un massif montagneux peu élevé.
Photographie de l'exp√©dition Nimrod men√©e par Ernest Shackleton sur le glacier Beardmore, devant le mont Buckley dans le cha√ģnon de la Reine-Alexandra, en 1908.

Au d√©but de l'ann√©e 1908, l'exp√©dition Nimrod, men√©e par Ernest Shackleton, s'√©tablit sur l'√ģle de Ross. En , il d√©cide d'envoyer une √©quipe dirig√©e par Edgeworth David effectuer la premi√®re ascension du mont Erebus, qui parvient au sommet le 9[62] - [63] - [64]. Entre octobre 1908 et , le p√īle Sud magn√©tique est finalement atteint par une partie de l'exp√©dition Nimrod. L'√©quipe dirig√©e par Edgeworth David longe la c√īte orientale de la cha√ģne Transantarctique, parvient difficilement √† franchir les langues de glace Nordenskj√∂ld et Drygalski avant de traverser la cha√ģne du Prince-Albert en remontant le glacier Reeves, pour aboutir en terre Victoria[48] - [65] - [66]. Pendant ce temps, trois hommes de l'exp√©dition r√©alisent des travaux g√©ologiques dans la r√©gion du glacier Ferrar et de la vall√©e de Taylor, la plus m√©ridionale des vall√©es s√®ches[67] - [68]. Parall√®lement, Shackleton conduit lui-m√™me une √©quipe vers le p√īle Sud g√©ographique. Ils parcourent la barri√®re de Ross plein sud et d√©couvrent d√©but une voie par le glacier Beardmore, entre le cha√ģnon de la Reine-Alexandra (cha√ģne Transantarctique centrale) et le cha√ģnon Commonwealth (cha√ģne de la Reine-Maud), qu'ils mettent pratiquement un mois √† remonter. Ils r√©alisent l'√©tendue de la cha√ģne Transantarctique. Ayant abouti √† leur tour sur le plateau Antarctique et battu le record certifi√© de latitude extr√™me, tous p√īles confondus, ils sont contraints de faire demi-tour le , √† moins de 100 milles symboliques (185 km) du p√īle Sud, au-del√† des 88¬į S[58] - [63].

Photo en noir et blanc de deux hommes et cinq chiens attach√©s √† un tra√ģneau √† l'arr√™t sur la banquise devant un volcan.
Photographie d'une √©quipe en tra√ģneau √† chien devant le mont Erebus, probablement Robert Falcon Scott et Cecil Meares en 1911.
Photo en noir et blanc d'une tente pointue isolée sur un glacier dans une vaste vallée.
Photographie du camp de l'expédition Terra Nova sur le glacier Ferrar vers 1912.

En , Roald Amundsen se lance √† son tour vers le p√īle Sud, √† bord du Fram, en tenant secrets ses plans jusqu'√† Mad√®re[69]. Lorsque Scott, √† la t√™te de l'exp√©dition Terra Nova, arrive √† Melbourne le , il y d√©couvre un t√©l√©gramme adress√© par son nouveau rival[67] - [69]. En , pendant qu'il fait construire un refuge au cap Evans, sur l'√ģle de Ross[67], l'exp√©dition Amundsen accoste √† la baie des Baleines[69]. Le Terra Nova, apr√®s avoir d√©pos√© Thomas Griffith Taylor et son √©quipe d'exploration au pied des vall√©es s√®ches de McMurdo, se rend vers la baie des Baleines pour y √©tablir un camp secondaire mais, Victor Campbell constatant qu'elle est d√©j√† occup√©e, il fait demi-tour et se rend au cap Adare pour y mener des recherches avec cinq autres hommes durant une ann√©e[67]. L'extr√©mit√© septentrionale de la cha√ģne Bowers est observ√©e par le lieutenant du navire, Harry Pennell[70]. Apr√®s l'hiver austral, parfaitement organis√©e et √©quip√©e avec ses chiens de tra√ģneaux, l'exp√©dition Amundsen se lance vers son objectif le et se retrouve au pied de la cha√ģne de la Reine-Maud d√®s le [69]. Scott, pour sa part, quitte l'√ģle de Ross le 3 novembre, accompagn√© par seize membres de son exp√©dition ; ses moyens motoris√©s le l√Ęchent en moins de trois jours et, en arrivant au pied du glacier Beardmore le , l'int√©gralit√© des poneys a √©t√© tu√©e pour fournir de quoi manger[71]. Apr√®s une semaine de reconnaissance, Amundsen et ses quatre compagnons prennent la d√©cision d'ouvrir une voie par le glacier Axel Heiberg, malgr√© la forte pente dans sa partie amont et ses nombreuses crevasses. Ils parviennent sur le plateau Antarctique le 21 novembre et atteignent le p√īle le 14 d√©cembre[69]. Le , Scott parvient √† son tour au bord du plateau Antarctique mais la plupart de ses hommes ont √©t√© contraints de rebrousser chemin[71]. Lorsque Scott arrive enfin au p√īle Sud, le 18 janvier[71], il y trouve une tente surmont√©e d'un drapeau norv√©gien et un mot qui lui est adress√©, constatant, d√©moralis√©, qu'il a √©t√© devanc√© de plus d'un mois[72]. Pendant ce temps, l'√©quipe de Campbell demande √† √™tre d√©plac√©e du cap Adare aux c√ītes de la baie Terra Nova, √† l'extr√©mit√© m√©ridionale de la cha√ģne Southern Cross pour y conduire une nouvelle s√©rie de travaux g√©ologiques durant six semaines. Toutefois, lorsque le Terra Nova est de retour, la baie est prise par les glaces et l'√©quipe est contrainte de passer tout l'hiver dans un igloo et une grotte de glace sur l'√ģle Inexpressible. Le , ils commencent √† faire marche vers l'√ģle de Ross et, apr√®s plus d'un mois √† longer les c√ītes et √† franchir les langues de glace, en se nourrissant notamment des vivres abandonn√©s par l'√©quipe d'Edgeworth David quatre ans plus t√īt, ils atteignent l'√ģle de Ross[67]. Ils apprennent alors qu'aucun des cinq membres de l'exp√©dition de Scott parvenus au p√īle Sud n'est rentr√© vivant : Edgar Evans meurt apr√®s une chute sur le glacier Beardmore, Lawrence Oates, √† bout de force, se sacrifie en quittant sa tente en pleine temp√™te pour laisser une chance √† Robert F. Scott, Edward Adrian Wilson et Henry Robertson Bowers, qui meurent finalement dans leur tente sous une temp√™te de neige, √† un jour de marche d'un d√©p√īt de vivres sur la barri√®re de Ross[73].

√ąre moderne et reconnaissances a√©riennes

Vue aérienne de la confluence de deux glaciers dans un environnement montagneux couvert de neige.
Vue a√©rienne de la confluence entre le glacier Murray (√† gauche) et le glacier Dugdale (√† droite), avec le mont Sabine en arri√®re-plan, dans la cha√ģne de l'Amiraut√©, en 1956-1957.

Lors du d√©clenchement de la Premi√®re Guerre mondiale, la plus grande partie de la cha√ģne Transantarctique est encore inexplor√©e. En 1928, Richard Byrd arrive √† la baie des Baleines et sur la barri√®re de Ross avec des moyens consid√©rables financ√©s par les m√©dias et le grand public, avec la participation de l'arm√©e des √Čtats-Unis, dont trois avions et des √©quipements de radiocommunication qui avaient tant fait d√©faut √† Ernest Shackleton lors de son exp√©dition Endurance (1914-1917)[74]. En d√©but d'ann√©e 1929, il effectue des reconnaissances a√©riennes pendant que des √©quipes pr√©parent une mission terrestre[75]. Ainsi, en novembre, Laurence Gould et cinq compagnons se lancent en tra√ģneau √† chien vers la cha√ģne de la Reine-Maud, situ√©e √† 800 kilom√®tres de la base Little America[75], avec la double mission d'apporter une assistance √† Byrd et son pilote en cas de probl√®me a√©rien lors du premier survol du p√īle Sud et de mener des travaux g√©ologiques et glaciologiques[76]. Le premier objectif est rempli sans incident le 29, non sans que le Ford Trimotor ait d√Ľ larguer des r√©servoirs vides et pr√®s de 150 kilogrammes de rations de secours pour passer au-dessus du glacier Liv. Ils en profitent pour observer la cha√ģne Grosvenor et le plateau Nilsen dans la cha√ģne Hays. Au retour, ils survolent le glacier Axel Heiberg[77]. Les scientifiques se consacrent alors enti√®rement √† leurs travaux, se rendent sur le versant septentrional du mont Fridtjof Nansen[78], puis cartographient 280 kilom√®tres le long du versant septentrional de la cha√ģne de la Reine-Maud jusqu'au glacier Leverett et la cha√ģne Harold-Byrd[77] et parcourent une distance record d'environ 2 500 kilom√®tres en deux mois et demi[76]. L'exploration de la cha√ģne de la Reine-Maud se poursuit lors de la seconde exp√©dition de Byrd de 1933 √† 1935, avec deux √©quipes d√©p√™ch√©es vers sa partie orientale et vers le glacier Scott pour en effectuer la travers√©e en direction du plateau Antarctique[79]. Elles en profitent pour r√©aliser, en , la premi√®re ascension des monts Durham (860 m) dans la cha√ģne Tapley et Weaver (2 778 m) dans les monts Rawson de la cha√ģne Hays[80]. La cha√ģne Horlick est aper√ßue pour la premi√®re fois, d'abord par les airs puis un mois plus tard par une des √©quipes au sol[81]. La troisi√®me exp√©dition de Byrd de 1939 √† 1941 est la premi√®re enti√®rement financ√©e et dirig√©e par le gouvernement am√©ricain. Les derni√®res zones non cartographi√©es entre les glaciers Beardmore et Liv sont compl√©t√©es par avions[82] - [83].

Photo en noir et blanc de trois navires poussant à l'unisson un grand iceberg ovale.
Photographie a√©rienne des brise-glace USS Burton Island, Atka et Glacier poussant un iceberg dans le d√©troit de McMurdo le , avec la cha√ģne Transantarctique en arri√®re-plan.

Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, l'exploration et la cartographie de la cha√ģne Transantarctique reprennent avec l'op√©ration Highjump (1946-1947), toujours organis√©e par Richard Byrd, qui demeure la plus grande exp√©dition de tous les temps sur le continent. √Ä cette occasion, la cha√ģne USARP[84], la cha√ģne Bowers[70] et la cha√ģne ANARE[45], en Terre Victoria septentrionale, ainsi que la cha√ģne Horlick[81] sont photographi√©es par les airs. En 1955-1956 est lanc√©e la premi√®re op√©ration Deep Freeze, d'abord command√©e par Byrd pour son cinqui√®me et dernier s√©jour en Antarctique, puis par George Dufek[85], avec pour mission d'√©tablir plusieurs bases scientifiques, dont la base antarctique McMurdo sur la p√©ninsule de Hut Point √† l'√ģle de Ross[80] - [85]. Au cours d'un vol aller-retour entre celle-ci et la mer de Weddell est d√©couverte et photographi√©e la cha√ģne Pensacola[86]. Ces bases doivent servir √† organiser l'ann√©e g√©ophysique internationale en 1957-1958[80] - [85]. √Ä cette occasion, douze nations affluent sur le continent et coop√®rent entre elles[80] - [87]. La base antarctique Scott est achev√©e tout pr√®s de celle de McMurdo, le , par les N√©o-z√©landais, en vue de l'exp√©dition Fuchs-Hillary, qui a pour but de r√©aliser la premi√®re travers√©e transantarctique terrestre et de r√©ussir ce qu'avait entrepris Ernest Shackleton quarante ans plus t√īt[80] - [85]. D√®s le mois suivant, ils gravissent le mont Harmsworth, point culminant du cha√ģnon Worcester √† 2 765 m√®tres d'altitude, en style alpin en moins de 24 heures, non sans effectuer des mesures et des observations g√©ologiques[88]. Un an plus tard, ce sont le mont Longhurst, plus haut sommet de la cha√ģne Cook √† 2 846 m√®tres d'altitude[88], et le mont Huggins, √† 3 736 m√®tres dans le cha√ģnon de la Royal Society[89], qui sont gravis pour la premi√®re fois, respectivement par Harry Ayres et Roy Carlyon[88] - [90] et par Bernie Gunn et Richard Brooke[89] ; la trentaine d'autres premi√®res a surtout vocation √† effectuer des relev√©s[88]. Des √©quipes n√©o-z√©landaises de la New Zealand Geological Survey Antarctic Expedition (NZGSAE) explorent la zone comprise entre le cha√ģnon Convoy[91] et les cha√ģnons Willett[92] et St Johns[93], autour du cha√ģnon Clare[94], dans les vall√©es s√®ches de McMurdo[88], et en profitent pour nommer le cha√ģnon Kirkwood[95] ; au sud-ouest, elles cartographient le cha√ģnon Boomerang[96] et d√©couvrent le cha√ģnon Warren[97] ; plus au sud, elles compl√®tent la cartographie de la cha√ģne Cook[54] et explorent les cha√ģnons de la Reine-Elizabeth[98] et Miller[99]. En d√©finitive, Edmund Hillary, recourant aux autoneiges et √† des tracteurs reconvertis[80] - [85], remonte le glacier Skelton, entre le cha√ģnon Worcester et le cha√ģnon de la Royal Society, pour devancer au p√īle le Britannique, parti de la mer de Weddell[85]. Le cha√ģnon Olympus est cartographi√© en 1958-1959 par la premi√®re exp√©dition antarctique de l'universit√© Victoria de Wellington[100]. Dans le m√™me temps, une √©quipe de l'United States Antarctic Research Program (USARP) partie explorer la cha√ģne Horlick[81] d√©couvre finalement la cha√ģne Thiel[101].

Proue d'un bateau vue depuis une plate-forme, avec une p√©ninsule occup√©e par une cabane et, au-del√† d'une mer couverte de glace, une cha√ģne montagneuse.
Vue de l'USNS Southern Cross dans la baie des Quartiers d'hiver au d√©but des ann√©es 1980, avec la cabane Discovery √† droite et la cha√ģne Transantarctique en arri√®re-plan.

L'Institut d'√©tudes g√©ologiques des √Čtats-Unis (USGS) entreprend, de 1959 √† 1967, un travail exhaustif de cartographie √† l'aide de tellurom√®tres et de photographies a√©riennes de l'US Navy[54] - [57]. Elle envoie deux nouvelles √©quipes vers la cha√ģne Thiel entre 1960 et 1962[101]. Apr√®s avoir dans un premier temps servi uniquement au d√©chargement, les h√©licopt√®res sont employ√©s pour la premi√®re fois afin d'explorer la cha√ģne Transantarctique en 1962 par l'√©quipe du g√©ologue George Doumani. Elle survole la partie amont du glacier Scott √† la recherche des montagnes rocheuses les plus australes du continent. Au sol, l'√©quipe utilise des motoneiges et gravit le mont Early (2 720 m), au sud de la cha√ģne Hays. Elle se fait en outre d√©poser au mont Blackburn (3 276 m), √† l'extr√©mit√© sud-ouest du plateau California, sur la rive oppos√©e du glacier[102]. L'USGS les utilise √† son tour en 1962-1963 pour explorer la cha√ģne ANARE[45]. De son c√īt√©, la NZGSAE poursuit ses √©tudes en 1963-1964 dans la cha√ģne ANARE[45] et dans la cha√ģne Concord[103], puis l'ann√©e suivante dans la cha√ģne Southern Cross[46]. De nouvelles exp√©ditions sont men√©es dans la cha√ģne de la Reine-Maud jusqu'aux ann√©es 1970 par l'USARP et le New Zealand Antarctic Research Program (NZARP)[83].

L'¬ę autoroute du p√īle Sud ¬Ľ relie depuis 2006 la base antarctique McMurdo √† la base antarctique Amundsen-Scott en passant par le glacier Leverett dans la cha√ģne de la Reine-Maud. Cette portion est la plus difficile √† maintenir en raison de la n√©cessit√© de boucher les nombreuses crevasses et de niveler le glacier[104] - [105].

Développement de l'alpinisme

Photo en noir et blanc d'une montagne couverte et entourée de glaciers.
Photographie par Roald Amundsen en 1911 du mont Fridtjof Nansen, premier sommet de plus de 4 000 m√®tres gravi dans la cha√ģne en 1962.

L'essor de l'alpinisme sur le continent commence r√©ellement en 1962 avec l'ascension par Vic R. McGregor, Peter M. Otway, Kevin P. Pain et Wally W. Herbert du mont Fridtjof Nansen, dans le cha√ģnon Herbert, le 4 000 le plus m√©ridional et le premier √† √™tre gravi du continent ; elle est accompagn√©e en quelques semaines par celles d'une dizaine de sommets de la cha√ģne de la Reine-Maud environnant 3 000 m√®tres d'altitude, dont le mont Usher dominant la cha√ģne Barton avec 3 648 m√®tres et le mont Mills dominant le cha√ģnon Dominion avec 2 954 m√®tres[106], toutes effectu√©es par le versant sud depuis le plateau Antarctique offrant un faible d√©nivel√©[107]. Quelques mois plus tard, en d√©cembre, Bernie Gunn r√©alise la premi√®re ascension du mont Lister, point culminant du cha√ģnon de la Royal Society √† 4 025 m√®tres d'altitude[89]. En 1967, Edmund Hillary et son √©quipe r√©alisent la premi√®re ascension de l'imposant mont Herschel, √† 3 335 m√®tres dans la cha√ģne de l'Amiraut√©, par son ar√™te nord, apr√®s s'√™tre fait d√©poser par h√©licopt√®re au cap Hallett et avoir utilis√© des motoneiges pour l'approche jusqu'au pied de la montagne[106]. Toutefois, par crainte d'une demande croissante de soutien logistique, les gouvernements rendent impossible toute ascension par des exp√©ditions priv√©es sur leurs revendications territoriales ou sur les zones d'intervention √† proximit√© de leurs bases, position officielle qui demeure parmi les autorit√©s am√©ricaines et n√©o-z√©landaises[106] - [108].

En 1976-1977, les alpinistes renomm√©s Walter Bonatti, membre du programme antarctique italien, et le N√©o-z√©landais Gary Ball r√©alisent les premi√®res des Rucker (3 816 m), Hooker (3 800 m) et Giulia (3 650 m), ainsi que la seconde ascension du mont Lister, dans le cha√ģnon de la Royal Society[107]. Edmund Stump gravit le pic Grizzly (environ 2 200 m)[109] et le Spectre des pics Organ Pipe (2 020 m) avec son fr√®re Mugs en [102] - [109] - [88], puis le mont Zanuck (2 526 m) avec Paul Fitzgerald en 1987[109], tous situ√©s dans la cha√ģne Gothic ; il r√©alise aussi les premi√®res du mont Markham[88] (4 351 m) dans le cha√ģnon de la Reine-Elizabeth avec David Edgerton et Russell Korsch en 1985[88], et du mont McClintock[88] (3 492 m), point culminant du cha√ģnon Britannia. Paul Fitzgerald est probablement l'auteur de premi√®res le plus prolifique dans la cha√ģne Transantarctique[107]. Le mont Adam, second 4 000 de la cha√ģne de l'Amiraut√©, est gravi en 1981 par Bill Atkinson et Walt Fowlie, avec des passages cot√©s 6a+[107]. En 1988, une √©quipe priv√©e australienne dirig√©e par Greg Mortimer obtient une autorisation exceptionnelle de se rendre dans la cha√ģne Transantarctique √† la seule fin de gravir le mont Minto, point culminant de la cha√ģne de l'Amiraut√© √† 4 163 m d'altitude[108]. Ils y parviennent le par l'ar√™te sud[110] mais doivent compter sur un h√©licopt√®re de Greenpeace pour pouvoir opportun√©ment reprendre la mer en raison des diff√©rents contretemps subis et de l'arriv√©e de la banquise[111].

Activités

Accès et alpinisme

Bateau entour√©e de glace de mer devant une cha√ģne de montagnes imposante.
Vue du bateau citerne Lawrence H. Gianella, charg√© du ravitaillement des bases McMurdo et Scott, dans le d√©troit de McMurdo, avec la cha√ģne Transantarctique en arri√®re-plan.

Les possibilit√©s d'acc√®s √† la cha√ģne Transantarctique √† des fins priv√©es sont tr√®s limit√©es[112]. Par la voie maritime, le d√©barquement et le rembarquement d'une exp√©dition sont possibles par h√©licopt√®re, dont le transport n√©cessite toutefois un navire suffisamment grand et, g√©n√©ralement √† ce titre, la pr√©sence d'autres passagers avec des int√©r√™ts et un agenda souvent incompatibles[112]. De ce point de vue, un yacht offre plus de souplesse mais les possibilit√©s d'accostage sont restreintes et, en fonction du but fix√©, peuvent allonger la dur√©e de l'exp√©dition et accro√ģtre la quantit√© de provisions n√©cessaires. De plus, les personnes restant √† bord sont soumises √† l'isolement et doivent rester vigilantes vis-√†-vis des icebergs[112]. Dans tous les cas, le voyage depuis la Nouvelle-Z√©lande ou l'Australie vers la mer de Ross reste long et cher, incitant √† r√©duire le temps de l'exp√©dition. En outre, la banquise rend les eaux navigables en g√©n√©ral uniquement de fin d√©cembre √† mi-f√©vrier, ce qui laisse une fen√™tre trop courte pour une exp√©dition √† l'int√©rieur des terres. L'acc√®s aux bases scientifiques McMurdo et Scott n'a jamais √©t√© d√©livr√© √† des exp√©ditions priv√©es[112].

Avion à hélices posé sur un immense glacier près de barils verts, avec des montagnes en fond, sous un soleil éblouissant.
Vue du d√©p√īt de carburant de la cha√ģne Thiel.

Depuis 1967, l'United States Antarctic Program interdit en g√©n√©ral l'usage de ses pistes d'atterrissage. Un vol vers la partie m√©ridionale de la cha√ģne Transantarctique n'est pas possible sans ravitaillement pour un avion priv√© et n√©cessite l'organisation pr√©alable de d√©p√īts de carburant au sol, rendant la pr√©paration complexe et co√Ľteuse ; le moyen le plus simple serait de passer par le p√īle Sud[112]. En fait, √† partir de l√†, une des solutions envisageables serait de se servir des vents favorables pour se d√©placer en snowkite, se rendre vers les montagnes et finalement redescendre vers la barri√®re de Ross. Autrement, par la voie a√©rienne, la solution la plus efficace demeure l'utilisation des h√©licopt√®res de la base priv√©e de Patriot Hills, dans les monts Ellsworth, qui permettent d'atteindre la cha√ģne de la Reine-Maud[112].

Petit glacier descendant d'un plateau cerné de sommets enneigés entre deux montagnes nues et brunes et confluant dans un large glacier en formant des crevasses concentriques.
Vue du glacier Overflow descendant du cha√ģnon de la Royal Society et confluant avec le glacier Ferrar.

Les sommets de la cha√ģne Transantarctique sont globalement moins rocheux et moins pentus que les sommets du massif Sentinel ; ils pr√©sentent un int√©r√™t essentiellement en ski de montagne[113]. Le mont Elizabeth, deuxi√®me plus haut sommet de la cha√ģne, est toujours vierge. Plus largement, les voies restant potentiellement √† ouvrir sont innombrables[113].

Protection environnementale

Vue aérienne de massifs montagneux aux sommets enneigés mais entourés de vallées dépourvues de neige présentant quelques petits lacs.
Vue a√©rienne du glacier Ferrar (au centre), avec le cha√ģnon de la Royal Society (√† gauche) et les vall√©es s√®ches de McMurdo (√† droite).

Une zone g√©r√©e sp√©ciale (ZGSA), dite ¬ę vall√©es s√®ches de McMurdo, terre Victoria du Sud ¬Ľ, se trouve dans la cha√ģne Transantarctique. Elle est caract√©ris√©e par la plus grande zone libre de glace en Antarctique, avec approximativement 30 % de la surface d√©pourvue de neige et de glace. Elle poss√®de une importante valeur scientifique et biologique, avec des glaces contenant le t√©moin du climat pass√©, alors que le climat actuel est analogue √† celui de la Terre boule de neige et de Mars. Elle contient des micro-habitats et des communaut√©s biologiques rares ainsi que des propri√©t√©s g√©ologiques et des min√©raux caract√©ristiques. C'est un environnement quasiment vierge, globalement non perturb√© ni contamin√© par la pr√©sence humaine. Le paysage, compos√© de hautes cr√™tes et de larges vall√©es, avec des contrastes entre des terrains libres de glace et ceux couverts de glaciers, pr√©sente une valeur esth√©tique. Les activit√©s conduites dans la zone incluent des recherches scientifiques, comme des op√©rations en rapport avec les m√©dias, l'art et l'√©ducation. La zone est ouverte aux touristes. Un site de recherche √©cologique √† long terme est √©tabli dans la vall√©e de Taylor[114].

La cha√ģne compte √©galement dix-neuf zones sp√©cialement prot√©g√©es terrestres (ZSPA), dont dix dans l'archipel de Ross, et vingt-trois sites et monuments historiques (SMHA) : le ¬ę cap Adare, c√īte de Borchgrevink ¬Ľ, qui inclut le SMHA des cabanes historiques de Carsten Borchgrevink ainsi que de la mission nord de Scott et leurs environs[115], g√©r√© par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; le ¬ę cap Hallett, terre Victoria du Nord, mer de Ross ¬Ľ[117] ; la ¬ę pointe Edmonson, baie Wood, mer de Ross ¬Ľ[118] ; la ¬ę baie Botany, cap G√©ologie, terre Victoria ¬Ľ, qui inclut le SMHA de la maison de Granite[119], g√©r√© par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; les ¬ę vall√©es Barwick et Balham, terre Victoria du Sud ¬Ľ[120] ; la ¬ę terrasse Linnaeus, cha√ģne Asgard, terre Victoria ¬Ľ[121] ; le ¬ę glacier Canada, lac Fryxell, vall√©e Taylor, terre Victoria ¬Ľ[122] ; la ¬ę partie inf√©rieure du glacier Taylor et Blood Falls de la vall√©e Taylor, dans les vall√©es s√®ches de McMurdo en terre Victoria ¬Ľ[123] ; l'¬ę √ģle Beaufort, d√©troit de McMurdo, mer de Ross ¬Ľ[124] ; la ¬ę vall√©e New College, plage Caughley, cap Bird, √ģle de Ross ¬Ľ[125] ; la ¬ę baie Lewis, mont Erebus, √ģle de Ross ¬Ľ[126] ; les ¬ę zones g√©othermiques de haute altitude de la r√©gion de la mer de Ross ¬Ľ[127] ; le ¬ę cap Royds, √ģle de Ross ¬Ľ[128] ; la ¬ę baie Backdoor, cap Royds, √ģle de Ross ¬Ľ, qui inclut le SMHA de la cabane historique de sir Ernest Shackleton et ses environs[129], g√©r√© par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; le ¬ę cap Evans, √ģle de Ross ¬Ľ, qui inclut les SMHA de la cabane historique Terra Nova du capitaine Robert Falcon Scott et ses alentours et de la croix sur la colline Wind Vane[130], g√©r√©s tous deux par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; le ¬ę cap Crozier, √ģle de Ross ¬Ľ, qui inclut les SMHA du panneau de messages historique de Discovery et de l'igloo de pierre de Wilson[71] - [131], g√©r√©s tous deux par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; les ¬ę hauteurs Arrival, p√©ninsule de Hut Point, √ģle de Ross ¬Ľ[132] ; la ¬ę pointe Hut, √ģle de Ross ¬Ľ, qui inclut le SMHA de la cabane Discovery du commandant Robert Falcon Scott[133], g√©r√© par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni[116] ; et la ¬ę vall√©e Davis et √©tang Forlidas, massif Dufek, montagnes Pensacola ¬Ľ[134]. Plusieurs de ces ZSPA sont notamment des aires de reproduction du Manchot Ad√©lie (cap Adare[115], cap Hallett[117], vall√©e New College[125], cap Royds[128], cap Crozier[131]) et du Manchot empereur (√ģle Beaufort[124], cap Crozier[131]).

Les autres SMHA dans la cha√ģne sont : la cabane Lillie Marleen dans la cha√ģne Concord, g√©r√©e par l'Allemagne ; la cache √† messages de l'Antarctic dans les √ģles Possession, par la Nouvelle-Z√©lande et la Norv√®ge ; la tombe de Nikolai Hansen au cap Adare, par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni ; la cache √† messages de Scott sur l'√ģle Coulman, par ces deux m√™mes pays ; la glaci√®re de l'√ģle Inexpressible, par la Nouvelle-Z√©lande, l'Italie et le Royaume-Uni ; le d√©p√īt de vivres de la moraine Porte de l'Enfer sur cette m√™me √ģle, par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni ; le camp E et le camp sommital de l'exp√©dition Terra Nova sur le mont Erebus, g√©r√©s tous deux par le Royaume-Uni, la Nouvelle-Z√©lande et les √Čtats-Unis ; la croix sur ce m√™me sommet, g√©r√©e par la Nouvelle-Z√©lande ; la plaque comm√©morant la centrale nucl√©aire PM-3A et le monument √† Richard E. Byrd √† la base antarctique McMurdo, g√©r√©s par les √Čtats-Unis ; la cabane A √† la base Scott, g√©r√©e par la Nouvelle-Z√©lande ; la croix d'Observation Hill, par la Nouvelle-Z√©lande et le Royaume-Uni ; la croix de George Vince √† la pointe Hut, par ces deux m√™mes pays ; et le cairn d'Amundsen dans la cha√ģne de la Reine-Maud, par la Norv√®ge[116].

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

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Liens externes

Notes et références

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  116. [PDF] Liste révisée des Sites et Monuments Historiques, Secrétariat du traité sur l'Antarctique.
  117. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬ļ106 - Cap Hallett, terre Victoria du Nord, mer de Ross (170¬į 14' E, 72¬į 19' S), Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  118. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į 165 - Pointe Edmonson, baie Wood, mer de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  119. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į 154 - Baie Botany, cap G√©ologie, terre Victoria, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  120. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬ļ 123 - Vall√©es Barwick et Balham, terre Victoria du Sud, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  121. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į 138 (ZSPA) - Linnaeus Terrace, cha√ģne Asgard, terre Victoria, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  122. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į 131 (ZSPA) - Glacier Canada, lac Fryxell, vall√©e Taylor, terre Victoria, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  123. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į 172 - Partie inf√©rieure du glacier Taylor et Blood Falls de la vall√©e Taylor, vall√©es s√®ches de McMurdo, terre Victoria, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  124. [PDF] Plan de gestion de la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique n¬į105 - √éle Beaufort, McMurdo Sound, mer de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  125. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique no 116 - Vall√©e New College, plage Caughley, cap Bird, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  126. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l'Antarctique n¬į156 - Baie Lewis, mont Erebus, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  127. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l'Antarctique n¬į175 - Zones g√©othermiques de haute altitude de la r√©gion de la mer de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  128. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬į121 - Cap Royds, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  129. [PDF] Plan de gestion de la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬į 157 - Baie Backdoor, cap Royds, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  130. [PDF] Plan de gestion de la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) no 155 - Cap Evans, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  131. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬į124 - Cap Crozier, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  132. [PDF] Plan de gestion pour la Zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬į 122 - Hauteurs Arrival, p√©ninsule de Hut Point, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  133. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) no 158 - Pointe Hut, √ģle de Ross, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
  134. [PDF] Plan de gestion pour la zone sp√©cialement prot√©g√©e de l‚ÄôAntarctique (ZSPA) n¬ļ 119 - Vall√©e Davis et √©tang Forlidas, massif Dufek, montagnes Pensacola, Secr√©tariat du trait√© sur l'Antarctique.
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