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Fraude Ă  la viande de cheval de 2013

La fraude Ă  la viande de cheval de 2013 est une fraude alimentaire commise Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne en faisant passer de la viande de cheval pour de la viande de bƓuf. Portant sur environ 4,5 millions de plats prĂ©parĂ©s, elle touche, Ă  des degrĂ©s divers, des dizaines de millions de consommateurs.

Affichage sur la façade d'un supermarché.
Annonce du retrait de hamburgers à la viande de cheval dans un supermarché Tesco en .

Connue depuis 2007, cette affaire Ă©clate dans les Ăźles Britanniques Ă  la mi-, et connaĂźt plusieurs rebondissements. RĂ©vĂ©lĂ©e en France sur des lasagnes de la marque Findus contenant 100 % de viande de cheval, elle implique toute la chaĂźne du commerce alimentaire europĂ©en dont des abattoirs, des intermĂ©diaires (Draap Trading), des nĂ©gociants (Spanghero) et des transformateurs (Comigel). De trĂšs nombreuses marques agroalimentaires sont concernĂ©es. Le motif est essentiellement Ă©conomique, la viande de cheval Ă©tant moins chĂšre Ă  l'achat pour les fournisseurs et fabricants que la viande bovine. Le , l'enquĂȘte se conclut par la mise en examen de deux responsables de la sociĂ©tĂ© Spanghero et de deux intermĂ©diaires commerciaux nĂ©erlandais, qui ont modifiĂ© l'Ă©tiquetage sur des lots de minerai de viande afin d'augmenter leurs bĂ©nĂ©fices. Les derniers jugements sont rendus en 2019.

Survenant plus de vingt ans aprĂšs la crise de la vache folle, cette fraude met en relief les insuffisances persistantes des structures de contrĂŽle relatives Ă  la traçabilitĂ© de la viande transformĂ©e en Union europĂ©enne, et les carences structurelles d'une information objective permettant de protĂ©ger les consommateurs. Elle s'inscrit dans un contexte de tricheries gĂ©nĂ©ralisĂ©es en matiĂšre d'abattage des chevaux. Les irrĂ©gularitĂ©s constatĂ©es dans la filiĂšre de la viande chevaline persistent, d'aprĂšs diffĂ©rentes enquĂȘtes menĂ©es notamment en 2015 et 2017.

DĂ©finition et ampleur

Cette fraude constitue le scandale alimentaire le plus médiatisé des années 2010[Br 1], et l'un de ceux dont l'impact a modifié l'opinion publique à l'échelle mondiale[Ta 1]. L'implication du cheval contribue vraisemblabement à sa médiatisation, et à l'attention internationale qu'elle a suscitée[Ta 2].

Les médias et chercheurs britanniques[Br 1], ainsi que certains médias français[1], l'ont surnommée « Horsegate », d'autres médias français l'« affaire Findus »[M 1] - [2] et l'« affaire Spanghero »[Fi 1], aprÚs que la responsabilité de ce groupe a été établie. Findus a fait pression sur des groupes de presse et des journalistes pour qu'ils cessent d'associer la société à ce scandale[3] - [M 2] - [4]. Le nom « lasagnegate » est utilisé par la presse[5] et à la télévision suisse[6], celui de « Chevalgate » par la journaliste d'investigation française Anne de Loisy, dans le chapitre de son ouvrage récapitulant l'affaire, Bon appétit ![AdL 1].

La fraude Ă  la viande de cheval porte sur 800 tonnes, environ 4,5 millions de plats cuisinĂ©s distribuĂ©s par des grandes marques dans une quinzaine de pays europĂ©ens, pour plusieurs dizaines de millions de consommateurs trompĂ©s, rien que pour le trio Comigel-Spanghero-Findus[AdL 2]. Au total, plus de 40 pays sont touchĂ©se_de_couverture_15-0">[Ta 3].

En Europe, la viande de cheval frauduleuse a circulĂ© au moins de 2007 Ă  2009, par l'intermĂ©diaire de la sociĂ©tĂ© de Jan Fasen[AdL 3], puis rĂ©guliĂšrement dĂšs l'annĂ©e 2011. Une trĂšs grande partie a donc Ă©tĂ© consommĂ©e avant la rĂ©vĂ©lation du scandale, en 2013[AdL 4]. Le dĂ©roulement de l'affaire suit celui de tous les scandales alimentaires, avec des promesses de mesures pour calmer l'opinion publique, qui n'ont pas toutes Ă©tĂ© tenues[FI 1]. À commencer par Findus, chaque entreprise impliquĂ©e dans la circulation des denrĂ©es frauduleuses a accusĂ© son propre fournisseur d'ĂȘtre responsable[AdL 5].

Cette fraude met en relief la maniĂšre dont l'industrie europĂ©enne produit les plats prĂ©parĂ©s Ă  la viande, un article du New Scientist considĂ©rant que le scandale rĂ©el porte sur ces mĂ©thodes de production, plutĂŽt que sur les tabous alimentaires et la prĂ©sence Ă©ventuelle de rĂ©sidus de produits vĂ©tĂ©rinaires[E 1]. La tromperie Ă©conomique est motivĂ©e par un gain financier, cette fraude ne constituant pas une crise sanitaire comme ont pu l'ĂȘtre la crise de la vache folle et celle de la grippe aviaire[An 1] : le fort bĂ©nĂ©fice rĂ©sultant de cette substitution de viande constitue la motivation principale[FI 2].

D'un point de vue sociologique, elle appartient à la catégorie des « délinquances en col blanc », et témoigne de la capacité des industriels fraudeurs à rechercher et à s'adapter aux failles de la traçabilité et de la sécurité alimentaire[E 2], cette fraude délibérée et sophistiquée étant menée par des délinquants chevronnés, dans l'objectif de tromper leurs clients et consommateurs sur ce qu'ils achÚtent[Br 1].

L'enquĂȘte a Ă©tĂ© extrĂȘmement complexe, en raison des trĂšs nombreuses ramifications dans le parcours de la viande frauduleuse[Vo 1]. En 2019, Glenn Taylor publie un ouvrage chez la Royal Society of Chemistry, rĂ©capitulant les grandes lignes de cette affaire, la dĂ©crivant comme la premiĂšre affaire criminelle basĂ©e sur la nourriture : The Horse Who Came to Dinner: The First Criminal Case of Food. Une critique du commissaire europĂ©en Hendrik Emons parle de ce livre comme « dĂ©crivant les problĂšmes [causĂ©s par cette fraude] pour le bon fonctionnement du marchĂ© et la confiance des consommateurs »[E 3].

DĂ©couverte en Irlande et au Royaume-Uni

Les prĂ©mices de la dĂ©couverte de l'affaire de la viande de cheval surviennent en quand Alan Reilly, directeur de l'autoritĂ© de sĂ©curitĂ© alimentaire irlandaise, est surpris par les prix de commercialisation trĂšs bas de certains hamburgers. Il lance une sĂ©rie de tests et d'analyses[AdL 6]. Les premiĂšres preuves de fraude sont collectĂ©es le [Ta 4]. Un inspecteur sanitaire de Newry en Irlande du Nord constate un problĂšme d'Ă©tiquetage et d'emballage sur un stock de viande surgelĂ©e d'origine polonaise[M 3]. Cette viande appartient Ă  l'entreprise McAdams, basĂ©e en Irlande[M 3]. Le dossier est transfĂ©rĂ© quelques semaines plus tard d'un pays Ă  l'autre[M 3]. Trois mois sont nĂ©cessaires aux autoritĂ©s irlandaises pour remonter la filiĂšre[M 3]. Un laboratoire d'analyses irlandais dĂ©tecte de l'ADN de cheval dans des steaks hachĂ©s « pur bƓuf »[Note 1] vendus dans les Ăźles britanniques, vraisemblablement en raison d'additifs alimentaires protĂ©inĂ©s fabriquĂ©s Ă  partir de carcasses Ă©quines en Pologne[7] - [8].

Le scandale Ă©clate le , faisant la une des journaux britanniques[AdL 7], avec la rĂ©vĂ©lation publique de ces dĂ©couvertes de traces d'ADN Ă©quin et de viande chevaline, jusqu'Ă  29 %, dans les steaks hachĂ©s Ă©tiquetĂ©s au bƓuf des supermarchĂ©s Tesco, Lidl et Iceland[M 3]. Le contexte britannique implique donc un mĂ©lange entre viande bovine et viande chevaline[Ta 5].

Affaire des lasagnes Findus

Photographie d'un bĂątiment industriel
Une usine Findus en Angleterre.

Bien que des carences et des irrĂ©gularitĂ©s graves soient dĂ©jĂ  dĂ©tectĂ©es dans la filiĂšre Ă©quine française en 2012[9], l'affaire des lasagnes Ă©clate les 7 et 8 fĂ©vrier 2013[AdL 7]. Findus rend publics les rĂ©sultats d'un test ADN de contrĂŽle rĂ©alisĂ© par la marque. Ce test, bientĂŽt confirmĂ© par la Food Standards Agency (FSA), montre que certains lots de plats prĂ©parĂ©s Ă  base de bƓuf (lasagnes, moussaka, hachis parmentier) contiennent en rĂ©alitĂ© jusqu'Ă  100 % de viande de cheval[Fi 2]. Comigel, sous-traitant de Findus, retire les produits incriminĂ©s et porte plainte contre X, s'estimant victime d'une fraude, tout en mettant en cause la sociĂ©tĂ© Spanghero[10] - [AdL 8]. Le circuit d'approvisionnement, d'acheminement, de transformation et de commercialisation est long et complexe[AdL 9] - [Ge 1]. Il permet Ă  certaines sociĂ©tĂ©s d'utiliser Ă  leur profit les diffĂ©rences lĂ©gislatives et rĂ©glementaires des États[Ge 1] comme le dĂ©montre le tableau ci-aprĂšs :

Circuit de la viande de cheval trouvée dans les lasagnes Findus[O 1]
Nom et localisation de la société RÎle Action
CarmOlimp[11], Doly-Com[M 4] (Roumanie) Abattoirs / Ateliers Abattage d'animaux et dĂ©coupe de la viande, production de minerais de viande de bƓuf et de cheval.
Draap trading Ltd (Chypre) Intermédiaire commercial Achat de minerais de viande de cheval aux abattoirs roumains, en sous-traitant avec la filiale néerlandaise Windmeijer Meat trading.
Spanghero (France) NĂ©goce NĂ©goce de minerais de viandes.
Comigel (France - Luxembourg) Préparateur Préparation des plats cuisinés pour de nombreuses marques (Picard, Findus, Tesco, etc.), via son usine luxembourgeoise Tavola [12].
Findus (SuÚde) Vendeur en gros Vente en gros des plats cuisinés préparés par Comigel aux supermarchés et hypermarchés.
Picard Surgelés (Europe, Asie) Vendeur au détail Vente au détail aux consommateurs de produits alimentaires surgelés dans ses propres magasins.
E. Leclerc, Auchan, Carrefour, Casino, Cora etc. Grande distribution Vente au détail aux consommateurs de plats cuisinés de grandes marques agroalimentaires (Davigel, Nestlé, William Saurin, etc) en supermarchés et hypermarchés dans de nombreux pays européens.

Cette viande provient originellement de CarmOlimp[11] et Doly-Com[M 4], deux abattoirs roumains. L'enquĂȘte diligentĂ©e par le gouvernement français montre qu'en quittant la Roumanie, la viande Ă©tait correctement Ă©tiquetĂ©e comme du cheval[13] - [M 4]. La viande est achetĂ©e par Draap Trading Ltd, une sociĂ©tĂ© nĂ©erlandaise qui la fait transiter par Chypre[Ge 2].

AprÚs avoir livré la viande de cheval à une compagnie d'entreposage de Bréda, Draap la revend congelée à Spanghero[14], qui l'envoie congelée à Comigel, dont l'usine de fabrication de plats cuisinés Tavola a ensuite fourni Findus et ALDI[15]. Spanghero est mis en cause dans la falsification des documents en rapport avec cette viande[16].

À la suite des contrĂŽles coordonnĂ©s par l'Union europĂ©enne aprĂšs une rĂ©union de crise le , plusieurs pays dont la France, l'Allemagne, l'Autriche, la NorvĂšge, la SuĂšde et la Suisse[17], dĂ©couvrent que des lots de lasagnes surgelĂ©es vendus dans leurs points de vente contiennent eux aussi de la viande de cheval, alors qu'ils sont Ă©tiquetĂ©s « viande de bƓuf »[Fi 3]. Des lasagnes Findus produites par Comigel sont retrouvĂ©es et retirĂ©es de la vente hors d'Europe, notamment Ă  Hong Kong[18].

Autres rappels, saisies et retraits de viandes mal étiquetées

Vue de prÚs sur des lasagnes avec pùte et viande hachée.
Des lasagnes, préparations alimentaires à base de minerai de viande fortement concernées par la fraude.

Dans la foulĂ©e, de nombreuses autres marques retirent des plats prĂ©parĂ©s qui contiennent de la viande de cheval : Picard, Panzani, NestlĂ©, Carrefour, Auchan, Cora, etc.[19] - [M 5]. D'autres fournisseurs sont mis en cause. Le , 86 kilos de lasagnes vendus en Bulgarie sont retirĂ©s de la vente en raison de prĂ©sence non-dĂ©clarĂ©e de viande chevaline. D'autres dĂ©couvertes rĂ©vĂ©lĂ©es par l'AFP le portent sur un lot de cent kilos de viande de cheval frauduleusement Ă©tiquetĂ© « bƓuf » vendu sur les marchĂ©s locaux de Roumanie, sur la dissimulation de viande de cheval dans des kebabs vendus Ă  Vienne en Autriche, et sur une tonne de hamburgers surgelĂ©s Ă  la viande de cheval, vendus dans les hĂŽtels et restaurants des Ăźles Canaries[18]. Le , 130 clients sont identifiĂ©s aux Pays-Bas et 370 dans le reste de l'Union EuropĂ©enne, pour 50 000 tonnes de viande frauduleuse au total. Les acheteurs qui ont transformĂ© ou revendu la viande sont Ă  leur tour tenus d'informer leurs propres clients, et de rappeler les produits[20].

Sociétés et pays concernés

De nombreuses sociétés, fabricants, fournisseurs et revendeurs, sont concernés par cette fraude dont :

La plupart des pays européens sont concernés de façon plus ou moins importante par la fraude :

Mais aussi hors d'Europe :

Certaines usines ont été identifiées :

Liste des usines dont proviennent les échantillons analysés comme frauduleux
Groupe parent Nom de l'usine Estampille Adresse Localisation % de viande frauduleuse dans l'Ă©chantillon
ABP Food Group[21]
Silvercrest FoodsIE 565 EC[E 4]Ballybay, Irlande54° 07â€Č 57″ N, 6° 54â€Č 25″ O29,1[21] - [E 4]
DalepakUK HN012 EC[E 4]Leeming Bar Industrial Estate, Northallerton, Angleterre54° 18â€Č 17″ N, 1° 33â€Č 59″ O0,1[E 4]
Liffey Meats Liffey MeatsIE 325 EC[E 4]Ballyjamesduff, Irlande53° 51â€Č 10″ N, 7° 12â€Č 23″ OTraces[E 4]
Comigel Tavola—Capellen, Luxembourg49° 38â€Č 52″ N, 5° 59â€Č 08″ E30–100[24].
Wholesaler Willy Selten BV Wholesaler Willy Selten BV-Oss, Pays-Bas-- [E 5]

Findus

Photographie d'un produit sur une table
Du hachis parmentier, l'un des produits commercialisés par Findus et concernés par la fraude.

La sociĂ©tĂ© Findus effectue le 4 des tests ADN sur ses produits : 29 produits de la marque, censĂ©s ĂȘtre fabriquĂ©s Ă  base de viande de bƓuf, contiennent du cheval. Parmi eux on trouve des lasagnes, du hachis parmentier et de la moussaka. Les lasagnes contiennent notamment 100 % de viande de cheval (issue de minerai de viande en provenance de Roumanie). Ces trois produits sont retirĂ©s des circuits de vente[36] - [Fi 3]. La marque adopte une stratĂ©gie de communication de crise visant Ă  se prĂ©senter comme une victime, notamment en portant plainte contre ses fournisseurs[FI 3] - [E 6]. Elle communique abondamment sur l’absence allĂ©guĂ©e de risques alimentaires, et le rĂŽle de Findus qui aurait permis de dĂ©masquer la fraude[O 2].

Selon Jean-Marc Sylvestre, Findus est bien « la premiĂšre victime de cette fraude » mais la sociĂ©tĂ© l'a favorisĂ©e en faisant pression sur les prix de ses fournisseurs[37]. D'aprĂšs Christophe Ginistry, elle est Ă©galement coupable « de proposer ce type de produit ». Il estime que la marque a commis une erreur : alors que Findus est « censĂ© s’entourer de toutes les prĂ©cautions possibles pour assurer une qualitĂ© optimale », le fait de se prĂ©senter en victime en disant avoir Ă©tĂ© « trompĂ© » par ses fournisseurs reprĂ©senterait « un aveu de faiblesse voire d’incompĂ©tence », au dĂ©triment des consommateurs[38]. Au contraire, d'autres spĂ©cialistes estiment que la communication de crise de Findus Ă©tait particuliĂšrement bien maĂźtrisĂ©e[39]. François Allard-Huver analyse la « contre-offensive » menĂ©e par la sociĂ©tĂ© Findus afin d'apparaĂźtre en victime comme « intĂ©ressante », notant que l'industriel a ensuite misĂ© sa communication sur la notion de « transparence »[E 7].

Spanghero

Le , BenoĂźt Hamon, ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© de l'Ă©conomie sociale et solidaire, accuse la sociĂ©tĂ© Spanghero de s'ĂȘtre rendue coupable d'une « tromperie Ă©conomique » en vendant sciemment de la viande de cheval Ă©tiquetĂ©e « viande de bƓuf » : le code douanier prĂ©sent sur le minerai de viande arrivant chez Spanghero est bien celui du cheval, mais en partant, la viande porte un code douanier correspondant Ă  du bƓuf[FI 4]. StĂ©phane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la ForĂȘt, dĂ©cide aussitĂŽt la suspension de l'agrĂ©ment sanitaire octroyĂ© Ă  cette sociĂ©tĂ©, lui permettant de traiter de la viande[40] - [41]. La fraude porte sur 750 tonnes de minerai de viande de cheval, dont 550 ont servi Ă  la fabrication par Comigel de plus de 4,5 millions de plats prĂ©parĂ©s vendus dans treize pays europĂ©ens[42] et 200 tonnes ont servi Ă  la prĂ©paration de merguez surgelĂ©es commercialisĂ©es par Spanghero sous la marque « À la table de Spanghero », depuis retirĂ©es du marchĂ©[E 8]. Le PDG de la sociĂ©tĂ©, BarthĂ©lĂ©my Aguerre, affirme aux journalistes venus l’interroger que la fraude « vient d'ailleurs »[AdL 2] - [FI 5]. Cependant, l'enquĂȘte Ă©tablit clairement la responsabilitĂ© de la sociĂ©tĂ©, dĂ©jĂ  mise en cause en 2008 pour non-conformitĂ© dans l'Ă©tiquetage de ses produits[An 2], puis en 2010 pour des faits similaires portant sur 4 000 tonnes de cheval Ă©coulĂ©es comme bƓuf halal entre 2006 et 2009[AdL 12].

Le , Stéphane Le Foll annonce avoir « suffisamment d'éléments » pour rétablir en partie les agréments sanitaires de Spanghero sur les plats cuisinés, la charcuterie et la découpe de viande[43]. Le , des auditions de cadres et de responsables ont lieu chez Spanghero, qui dénonce « le viol de sa présomption d'innocence »[44]. Le négoce de viande reste interdit à la société, qui déclare le renoncer à cette activité[M 8]. Le , la société dépose une plainte auprÚs du procureur de la République de Paris pour tromperie et escroquerie[M 9]. Le , le directeur de fait de Spanghero, Jacques Poujol, est remercié par les responsables de la maison mÚre, la coopérative basque Lur Berri. Avec Patrice Monguillon, un autre cadre de la société, il a depuis été placé en examen pour escroquerie en bande organisée[AdL 10].

Draap Trading Ltd

DÚs la révélation du circuit de la viande des lasagnes Findus, des soupçons de malversations se portent sur la société de trading chypriote Draap Trading Ltd, qui a vendu la viande roumaine à Spanghero[AdL 3]. La société est détenue par une holding domiciliée dans les ßles Vierges britanniques[Ge 2]. Jan Fasen, citoyen néerlandais résidant en Belgique, en est le directeur. Le nom « Draap » est une inversion de paard, le mot néerlandais pour « cheval »[Ge 2] - [45]. La société a notamment modifié les factures du minerai de viande, pour effacer la mention de l'espÚce cheval[FI 6].

Lidl

Le , Lidl procÚde au retrait en Finlande, au Danemark et en Belgique, de plusieurs produits élaborés avec de la viande de cheval : goulashs, raviolis, pennes bolognese ; ces préparations ont été fabriquées par les sociétés Dreistern et Copack en Allemagne, et Copack en Belgique[27].

Nestlé

Le , NestlĂ© annonce avoir dĂ©couvert 1 % d'ADN Ă©quin dans deux produits. Ses raviolis et tortellini vendus sous l'appellation Buitoni Beef Ravioli et Beef Tortellini sont retirĂ©s de la vente en Espagne et en Italie[31] - [46] - [47]. Le lendemain, la marque retire du marchĂ© des lasagnes fabriquĂ©es dans son usine française Davigel et destinĂ©es aux entreprises de restauration collective en France et au Portugal, « Lasagnes Ă  la Bolognaise gourmandes »[M 7], en prĂ©cisant que « la sĂ©curitĂ© alimentaire n'est pas en cause, mais le mauvais Ă©tiquetage de produits fait qu'ils ne remplissent pas les critĂšres trĂšs stricts que les consommateurs attendent de notre part »[M 10]. Le retrait concerne Ă©galement des plats prĂ©parĂ©s pour bĂ©bĂ© contenant des traces d'ADN de cheval[48]. Ces produits proviennent du sous-traitant HJ Schypke, lui-mĂȘme un sous-traitant allemand de la filiale de NestlĂ© basĂ©e en Belgique, fournie par JBS ToledoƄ[31].

Le , Nestlé annonce cesser de s'approvisionner auprÚs de la société espagnole Servocar, les tests effectués ayant montré la présence de plus de 1 % de cheval dans des lots de viande servant à fabriquer des fusilli à la viande Buitoni Completissimo et des cannelloni au micro-ondes La Cocinera[Fi 5].

Interspan

Le , l'Autorité de sécurité alimentaire et de contrÎle vétérinaire et phytosanitaire de la Slovénie annonce que des tests ADN ont confirmé la présence de viande de cheval dans des lasagnes produites par la société luxembourgeoise Trada et distribuées par la chaßne de supermarchés autrichienne Interspan[33]. Ces lasagnes ont été importées par la société croate Ledo[33].

Iglo

Le , Birds Eye publie des tests ADN qui montrent la prĂ©sence de 2 % de viande de cheval dans le chili con carne vendu en Belgique par la sociĂ©tĂ© Iglo (appartenant aux fonds d'investissements The Blackstone Group et BC Partners[49]) et prĂ©parĂ© par la firme belge Frigilunch NV[23] - [50]. La sociĂ©tĂ© fait retirer trois spĂ©cialitĂ©s de ses plats prĂ©parĂ©s qui contiennent du bƓuf de la vente au Royaume-Uni[23]. AprĂšs recherches, la marque a demandĂ© Ă  Frigilunch de cesser de s'approvisionner auprĂšs de l'irlandais QK Meats[51].

Ikea

Le , Ikea annonce le retrait de boulettes de viande dans 14 pays européens à la suite de l'annonce de la découverte de viande chevaline par un laboratoire tchÚque. Ikea fait procÚder au retrait des boulettes de viande de ses rayons et du menu de ses restaurants dans 25 pays, majoritairement en Europe mais aussi en Malaisie, en Thaïlande, à Hong Kong et en République dominicaine[28] - [52]. Toutefois, des tests supplémentaires ne révÚlent pas la présence de viande de cheval dans ces produits[53], ce qui est contredit le par l'Agence suédoise de sécurité alimentaire (Livsmedelsverket), des tests réalisés par le fournisseur, Dafgard, ont confirmé la présence d'ADN équin dans des produits, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'Agence suédoise[28].

Burger King et Taco Bell

Restaurant
Un restaurant Burger King Ă  Somain, en France.

La chaßne Burger King découvre fin que la viande provenant d'un fournisseur irlandais incriminé, Silvercrest, contient des traces de cheval[54] - [7]. Le , l'autorité britannique de sécurité alimentaire (FSA) révÚle les résultats de tests positifs pour le cheval dans les produits de la chaßne de restauration rapide Taco Bell[O 3].

Auchan

Le , des hamburgers, des lasagnes, des cannellonis et des boulettes de viande de la marque de distributeur Auchan vendus au Portugal et contenant moins d'1 % de cheval sont retirĂ©s de la vente[O 4]. Le retrait concerne au total 79 tonnes et 18 839 boĂźtes de produits cuisinĂ©s[O 4]. Le fournisseur portugais impliquĂ© ne fournissait que les magasins Auchan de son pays[O 4].

En , du cheval est détecté dans de la farce de porc commercialisée par les supermarchés Auchan en Russie[M 11].

RĂ©sultats des tests ADN

En fĂ©vrier et , l’Union europĂ©enne lance un programme de trois mois de tests ADN sur la viande transformĂ©e en circulation dans les pays membres, dans le but de rassurer les consommateurs[AdL 11]. Le plan consiste en 2 500 tests ADN alĂ©atoires dans toute l'Europe sur des aliments transformĂ©s pour dĂ©tecter la prĂ©sence de cheval, et 4 000 contrĂŽles pour dĂ©tecter la prĂ©sence Ă©ventuelle de phĂ©nylbutazone, un anti-inflammatoire pour les chevaux qui rend la viande impropre Ă  la consommation[55] - [56].

Au , 99 % des 1 797 tests sur la viande vendue au Royaume-Uni commandĂ©s par la FSA se sont rĂ©vĂ©lĂ©s nĂ©gatifs[O 3]. Les tests europĂ©ens rĂ©vĂšlent par contre que 5 % des produits alimentaires testĂ©s contiennent du cheval, un quart d'entre eux provenant de France, ce qui en fait le pays oĂč la fraude est la plus rĂ©pandue[M 12], avec 13,3 % d'analyses positives. Les autoritĂ©s françaises insistent Ă  nouveau sur l'absence de danger sanitaire, malgrĂ© le fait qu'un produit sur 7 ne soit pas conforme Ă  son Ă©tiquetage[AdL 11]. Cette premiĂšre vague de test rĂ©vĂšle, en France, que les viandes frauduleuses proviennent de quatre fabricants qui s'approvisionnent aux Pays-Bas[An 3].

Une seconde vague de tests ADN débute en . Les industriels sont prévenus que les tests auront lieu entre le et le . Seules 0,61 % des viandes contiennent du cheval, contre 4,6 % l'année précédente. La France ne compte plus d'échantillons positifs, mais l'Allemagne, la Bulgarie, l'Espagne, la Lettonie, la Hongrie, le Portugal et la Slovénie sont toujours concernés par la fraude[AdL 11].

Mises en examen et condamnations

BĂątiment gris
SiĂšge d'Europol Ă  la Haye, aux Pays-Bas.

Europol gĂšre la coordination des enquĂȘtes entre les autoritĂ©s nationales, les raids sur les lieux impliquĂ©s, ainsi que les arrestations des fraudeurs soupçonnĂ©s[55] - [56]. Le , l'enquĂȘte se conclut sur la mise en examen de quatre personnes : les Français Jacques Poujol et Patrice Monguillon, et les NĂ©erlandais Jan Fasen et Hendricus Windmeijer[57]. L'enquĂȘte ne permet alors pas de dĂ©terminer si les cadres de Spanghero connaissaient la nature de la viande qu'ils achetaient Ă  Draap Trading[FI 7]. Bien qu'ayant Ă©tĂ© placĂ©s en dĂ©tention provisoire fin 2014, en attendant que les peines soient prononcĂ©es, Jacques Poujol et Jan Fasen sont libres, et continuent d'exercer des activitĂ©s commerciales[M 13]. Le procĂšs français, dĂ©cidĂ© en mars 2018[58], se tient finalement au tribunal correctionnel Ă  partir du 21 janvier 2019 Ă  Paris[59], avec une interruption Ă  l'ouverture en raison d'une question prioritaire de constitutionnalitĂ©[60]. L'un des enjeux est de savoir si Jacques Poujol savait qu'il achetait de la viande de cheval aux NĂ©erlandais[61]. En effet, le Français et le NĂ©erlandais se rejettent la faute l'un sur l'autre[62]. Pour MaĂźtre Bordenave, avocate de la partie civile interrogĂ©e en janvier 2019, la fraude a vraisemblablement Ă©tĂ© pensĂ©e de maniĂšre Ă©laborĂ©e par ces quatre personnes[63]. Des reprĂ©sentants des sociĂ©tĂ©s Findus, Picard, Tavola, Carrefour, des associations de dĂ©fense des consommateurs, la FĂ©dĂ©ration nationale bovine et l'Interprofession du bĂ©tail et des viandes se sont constituĂ©s en parties civiles[60].

La société Comigel, mise en cause pour avoir transformé de la viande frauduleuse pendant plusieurs mois, n'a pas été condamnée[64]. Les pressions « pousse au crime » que font peser les industriels pour obtenir de la viande aux prix les plus bas ont été évoquées[FI 8], mais aucun distributeur n'a été condamné. Foodwatch regrette que les distributeurs n'aient pas eu à rendre de comptes[59], et estime que les sanctions prononcées sont trop légÚres[65]. Le jugement est rendu en avril 2019[M 14].

Jan Fasen

Jan Fasen (JohannĂšs Fasen), surnommĂ© « le roi des chevaux », directeur nĂ©erlandais de la sociĂ©tĂ© Draap trading, a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ© le Ă  neuf mois de prison ferme par le tribunal de Breda (Pays-Bas) pour avoir vendu de la viande de cheval sud-amĂ©ricain comme Ă©tant du bƓuf allemand halal, entre 2007 et 2009[AdL 3]. Le , sa peine est allĂ©gĂ©e Ă  six mois avec sursis[AdL 13]. Il a falsifiĂ© des documents, et trompĂ© plusieurs sociĂ©tĂ©s en Europe[Fi 6] - [66]. Jan Fasen a vendu son faux bƓuf halal au futur directeur de Spanghero, Jacques Poujol, ce qui dĂ©montre que les personnes impliquĂ©es dans cette fraude europĂ©enne entretenaient des relations commerciales depuis de nombreuses annĂ©es[AdL 13], notamment de façon rĂ©guliĂšre entre 2006 et 2009[61]. Pourtant, aucune des entreprises françaises trompĂ©es par Fasen Ă  l'Ă©poque n'a dĂ©posĂ© de plainte[AdL 14]. Fin , Jan Fasen est mis en examen et placĂ© en dĂ©tention provisoire. Il est soupçonnĂ© d'avoir jouĂ© un rĂŽle clĂ© dans la fraude[O 5]. En appel, il est condamnĂ© Ă  6 mois de prison et 50 000 euros d’amende, et Hendricus Windmeijer Ă  des travaux d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral[61]. Ayant exercĂ© de nouvelles activitĂ©s commerciales, Jan Fasen est de nouveau poursuivi en avril 2017, dans le cadre d'un vaste trafic europĂ©en de viande de cheval[Fi 7], pour avoir jouĂ© un rĂŽle clĂ© dans la vente de viande de cheval impropre Ă  la consommation[67].
En raison du contrĂŽle judiciaire dont il fait l'objet en Espagne, il est absent lors du premier jour du procĂšs Spanghero Ă  Paris, en France[63]. Une peine de quatre ans ferme et un mandat d'arrĂȘt sont requis contre lui au terme du procĂšs[68]. Le , il est condamnĂ© Ă  2 ans de prison[69]. Jan Fasen est finalement arrĂȘtĂ© Ă  la demande de la France le , Ă  Calp, alors qu'il se trouvait en libertĂ© sous caution[67].

Hendricus Windmeijer

Hendricus Windmeijer est un nĂ©gociant en viandes, qui a traitĂ© avec Spanghero pour revendre le minerai de viande de cheval de Draap Trading[70]. En 2012, il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ© en appel Ă  des travaux d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, pour avoir falsifiĂ© des factures de vente de viande et des certificats de traçabilitĂ©, dont certains Ă©taient Ă©tablis pour Jacques Poujol[61].

Son avocat ayant demandĂ© la relaxe de son client, soupçonnĂ© d'avoir changĂ© les Ă©tiquettes de la viande entreposĂ©e[71], Hendricus Windmeijer est finalement condamnĂ© en avril 2019 par contumace Ă  12 mois de prison avec sursis[72].

Jacques Poujol et Patrice Monguillon

Anciens cadres de la société Spanghero, Jacques Poujol et Patrice Monguillon sont poursuivis entre autres pour escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux, et tromperie sur une marchandise[73]. Jacques Poujol est l'ancien directeur de fait de la société[73]. Il s'est fortement enrichi dans le négoce de viande, jusqu'à l'éclatement de la fraude qui a rapidement vu des soupçons peser sur lui, en raison de ses voyages en Roumanie et de ses relations d'affaire avec les Pays-Bas[73]. Benoßt Hamon cite nommément la « holding Poujol » comme responsable de l'achat de la viande de cheval retrouvée dans les plats surgelés de la marque Findus[73]. Mis en examen le , il est placé en détention provisoire[73], puis relùché. Le 12 février 2019, une peine d'un an de prison ferme ainsi qu'une interdiction à vie d'exercer dans le secteur de la viande sont requis par le parquet contre lui[68].

Il est finalement condamnĂ© Ă  deux ans de prison (dont 18 mois avec sursis), 100 000 euros d'amende, et une interdiction de deux ans d'exercer dans le commerce de viande[65].

Patrice Monguillon est l'ancien directeur de l'usine Spanghero de Castelnaudary[74]. AuditionnĂ© fin janvier 2019, il assure avoir voulu sauver son entreprise, et avoir ignorĂ© qu'il achetait du cheval[75]. Il est condamnĂ© Ă  12 mois de prison avec sursis[65].

Willy Selten

La viande de cheval retrouvĂ©e dans les aliments britanniques a transitĂ© par l'abattoir Red Lion[Eve 1]. Le , le NVWA, (Nederlandse Voedsel- en Warenautoriteit), autoritĂ© sanitaire des Pays-Bas pour la sĂ©curitĂ© de l'alimentation, envoie un message d'alerte sur 50 000 tonnes de viande de bƓuf susceptibles d'avoir Ă©tĂ© mĂ©langĂ©es avec de la viande de cheval par les entreprises Wiljo BV et Wholesale Meat Willy Selten B.V[E 5]. Le grossiste Willy Selten est mis en examen, puis condamnĂ© Ă  cesser son activitĂ© le . Il liquide son entreprise la semaine suivante[AdL 15]. Il employait principalement des ouvriers polonais, dans des « conditions dĂ©plorables Â»[Vo 2]. Les chevaux Ă©taient importĂ©s d'Irlande, oĂč ils s'achetaient trĂšs bon marchĂ©[Vo 3]. Ils transitaient par un abattoir anglais. Une association de protection animale anglaise a reconstituĂ© le circuit frauduleux de ces chevaux irlandais, prouvant que la viande Ă©tait importĂ©e par la sociĂ©tĂ© de Willy Selten[Vo 4].

Le , l'intĂ©ressĂ© reconnaĂźt les faits qui lui sont reprochĂ©s, avoir mĂ©langĂ© de la viande de bƓuf et de la viande de cheval, « Ă  la demande d'un de ses clients »[M 15]. Il est condamnĂ© Ă  deux ans et demi de prison le [76] - [M 14].

Contexte de fraudes dans l'industrie de la viande chevaline

La fraude europĂ©enne Ă  la viande de cheval s'inscrit dans un contexte impliquant de nombreuses ventes illĂ©gales de chevaux ĂągĂ©s, malades, abandonnĂ©s ou blessĂ©s Ă  l'abattoir[Ta 6]. Il n'y a pas de lien direct entre ces deux fraudes, hormis l'implication de Jan Fasen dans les deux[Fi 7] : la premiĂšre implique le remplacement de la viande de bƓuf par du cheval dans les denrĂ©es alimentaires, la seconde la circulation de viande de cheval Ă©tiquetĂ©e comme du cheval, mais frauduleuse. Les dĂ©couvertes dans la filiĂšre viande chevaline fin 2013 rĂ©vĂšlent de nombreuses tentatives pour contourner la rĂ©glementation sur l'abattage des chevaux[64]. Ces animaux sont revendus discrĂštement aux abattoirs en fin de carriĂšre[64]. Officiellement, leurs propriĂ©taires doivent arrĂȘter les traitements antibiotiques et anti-inflammatoires pendant les six mois qui prĂ©cĂšdent leur revente Ă  l'abattoir[64]. En Irlande, environ 70 000 chevaux non-tracĂ©s ou abandonnĂ©s par leurs propriĂ©taires ont disparu des statistiques et ont Ă©tĂ© revendus illĂ©galement Ă  des abattoirs anglais et nĂ©erlandais, aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s de fausses puces[Vo 5]. Alors qu'ils n'avaient aucune valeur marchande en Irlande, leur revente pour la viande leur donnait une valeur marchande d'environ 500 euros chacun. Le faux Ă©tiquetage comme viande de bƓuf augmentait encore cette valeur[Vo 6].

Circulation de viande chevaline impropre Ă  la consommation

Le , l'AFSCA (Agence fĂ©dĂ©rale pour la sĂ©curitĂ© de la chaĂźne alimentaire belge) saisit 16,2 tonnes de viande de cheval frauduleuse[77]. Une grande partie provient d'un rĂ©seau qui en a fait circuler 82 tonnes[77]. Les chevaux proviennent de centres Ă©questres, de particuliers, et bien que l'AFSCA se veuille rassurante sur les dangers pour la santĂ© humaine, Ă©galement de laboratoires pharmaceutiques[77]. D'aprĂšs les autoritĂ©s nĂ©erlandaises, une partie de cette viande a Ă©tĂ© revendue Ă  des restaurants servant du cheval, et a servi Ă  la fabrication de croquettes pour animaux et de saucisses[AdL 16].

Cette fraude implique un rĂ©seau mafieux opĂ©rant notamment dans les Ardennes françaises, en Belgique et dans le sud de la France[AdL 17]. Bien que l'absence de risque sanitaire soit officiellement invoquĂ©e, la grande raretĂ© des contrĂŽles (0,38 % des chevaux abattus) laisse prĂ©sumer que certains Ă©taient en rĂ©alitĂ© impropres Ă  la consommation, les chevaux de selle recevant trĂšs souvent des traitements Ă  la phĂ©nylbutazone[AdL 18]. La fraude rĂ©vĂ©lĂ©e en porte sur 200 chevaux de laboratoire impropres Ă  la consommation, revendus dans la filiĂšre alimentaire avec la complicitĂ© de vĂ©tĂ©rinaires vĂ©reux[AdL 19].

Failles dans la traçabilité des chevaux

Des failles dans la traçabilitĂ© font qu'en SuĂšde, selon l'association de l’industrie Ă©quine (HNS), 4 000 Ă  9 000 chevaux disparaissent des statistiques chaque annĂ©e, sur 20 000 chevaux mourant annuellement parmi les 360 000 environ recensĂ©s dans ce pays. Seuls 14 000 sont dĂ©clarĂ©s morts chaque annĂ©e[78]. Environ 100 000 chevaux manquent aux statistiques pour la pĂ©riode 2000-2012, peut-ĂȘtre — selon un reprĂ©sentant de l'inspection vĂ©tĂ©rinaire — parce que des abattoirs situĂ©s en Belgique, au Danemark ou en Italie les achĂštent 2 Ă  4 fois le prix payĂ© en SuĂšde aux propriĂ©taires[78]. Les mĂȘmes carences existent en France, oĂč le systĂšme d'identification rĂ©pertoriant les Ă©quidĂ©s (SIRE), pourtant considĂ©rĂ© comme l'un des systĂšmes de traçabilitĂ© Ă©quine les plus fiables d'Europe, a des limites Ă©videntes pour ce qui concerne le suivi des chevaux traitĂ©s Ă  la phĂ©nylbutazone[AdL 20]. En France, 40 % des chevaux prĂ©sents dans le pays ne sont pas correctement identifiĂ©s, notamment pour des raisons financiĂšres[AdL 21].

Augmentation des abattages Ă©quins

En Irlande, l'abattage des chevaux a connu une nette augmentation depuis les annĂ©es 2010, entraĂźnant une problĂ©matique d'Ă©coulement de cette viande depuis un pays non-hippophage. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne touche la Roumanie, oĂč 30 000 chevaux sont abattus la seule annĂ©e 2012, en consĂ©quence d'une loi nationale interdisant la circulation des attelages hippomobiles sur les routes nationales[AdL 21]. Cela entraĂźne un effondrement du prix de la viande de cheval et des opportunitĂ©s commerciales en Roumanie, favorisant vraisemblablement la fraude[FI 9]. En France, l'Ă©quitaxe entrĂ©e en vigueur en 2013 et 2014 a favorisĂ© une nouvelle vague de fraudes Ă  l'abattage, dans un contexte de paupĂ©risation des dĂ©tenteurs d'Ă©quidĂ©s[AdL 21].

Autres affaires judiciaires relatives Ă  de la viande chevaline frauduleuse

Le , 26 personnes organisant un trafic de chevaux sont arrĂȘtĂ©es dans toute l'Union EuropĂ©enne, notamment en France et en Belgique. Selon les autoritĂ©s françaises, ce rĂ©seau est responsable de l'abattage de 4 700 chevaux impropres Ă  la consommation[79]. Patrick Rochette, grossiste Ă  Narbonne en France, est soupçonnĂ© d’en ĂȘtre la tĂȘte pensante dans ce pays[80]. Il a fait l'objet de deux condamnations par la justice, en 1998 et 2007, pour import de denrĂ©es non conformes aux normes sanitaires[AdL 22]. En , il est mis en examen pour faux, usage de faux, tromperie et association de malfaiteurs, mais Ă©chappe Ă  la prison. ImpliquĂ© directement dans l'abattage des 200 chevaux de laboratoire impropres Ă  la consommation, il est condamnĂ© Ă  une amende et Ă  l'interdiction de poursuivre son activitĂ©[AdL 16]. Le , 12 personnes, dont 9 vĂ©tĂ©rinaires, sont arrĂȘtĂ©es en France[M 16].

Le 28 fĂ©vrier 2023, le tribunal correctionnel de Marseille condamne vingt-quatre prĂ©venus. La principale responsabilitĂ© est attribuĂ©e Ă  Patrick Rochette, qui a Ă©tĂ© le plus lourdement condamnĂ©, avec trois ans de prison dont deux ans avec sursis, une amende de 15 000 euros et une interdiction pendant cinq ans d’exercer toute activitĂ© en lien avec la filiĂšre Ă©quine. La peine d'une annĂ©e sera purgĂ©e Ă  domicile sous bracelet Ă©lectronique. Fabrice Daniel a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  deux ans de prison dont six mois ferme Ă  purger sous bracelet Ă©lectronique, Ă  une interdiction d’exercice pendant cinq ans dans la filiĂšre Ă©quine et Ă  une amende de 20 000 euros. À l’exception d’un marchand espagnol de chevaux, absent lors des dĂ©bats et condamnĂ© Ă  deux ans de prison dont un an ferme, l’ensemble des peines prononcĂ©es contre les 21 autres prĂ©venus sont toutes couvertes par le sursis et s’échelonnent de deux Ă  trente mois[81].

Questions soulevées

Risque sanitaire

Les autoritĂ©s sanitaires assurent que la substitution de viande de cheval Ă  la viande de bƓuf n'entraĂźne a priori pas de risques pour le consommateur[82]. Toutefois, la nature frauduleuse de la viande et l'absence de traçabilitĂ© ne permettent pas de garantir le respect des normes microbiologiques et l'absence de mĂ©dicaments interdits[AdL 23]. La Roumanie est l'un des foyers de la trichinose, une maladie parasitaire dans le cycle de laquelle peut intervenir le cheval. La connaissance des conditions de santĂ© et d'Ă©levage des chevaux concernĂ©s est difficile[83]. Selon John Warner, professeur de pĂ©diatrie et chef de service Ă  l'Imperial College London, il est possible, mais non certain, que les personnes souffrant d'allergie aux poils Ă©quins puissent dĂ©velopper une rĂ©action allergique croisĂ©e Ă  la viande de cheval[84] - [trad 1].

Phénylbutazone

L'une des préoccupations concerne la contamination possible de la viande chevaline par la phénylbutazone, un anti-inflammatoire non stéroïdien utilisé pour calmer la douleur chez les chevaux[85] - [86] - [87]. Les animaux traités par ce produit ne doivent en principe pas entrer dans la chaßne alimentaire humaine[85].

La Food Standards Agency (FSA) rĂ©pond Ă  ces prĂ©occupations en janvier, qui ont Ă©galement Ă©tĂ© soulevĂ©es par des personnalitĂ©s politiques telles que Mary Creagh du Labour party, en indiquant qu'il y a seulement cinq cas de chevaux abattus au Royaume-Uni traitĂ©s avec la phĂ©nylbutazone, aucun d'eux n'Ă©tant entrĂ© dans la chaĂźne alimentaire humaine[88]. La premiĂšre sĂ©rie de tests organisĂ©e par l'Union europĂ©enne en 2013 aboutit au constat que 193 Ă©chantillons de viande de bƓuf sur les 4 000 testĂ©s dans toute l'Europe sont contaminĂ©s par de la viande de cheval et que parallĂšlement 16 Ă©chantillons de viande de cheval sur 3 000 sont contaminĂ©s par la phĂ©nylbutazone[E 9]. L'examen ultĂ©rieur de 206 carcasses de chevaux abattus au Royaume-Uni entre le et le montre que huit d'entre elles sont contaminĂ©es, six ayant Ă©tĂ© expĂ©diĂ©es en France, oĂč elles ont pu entrer dans la chaĂźne alimentaire[89]. Des tests supplĂ©mentaires indiquent qu'aucun des produits de Findus ne contient de phĂ©nylbutazone[90]. En tout, 540 carcasses contaminĂ©es sont entrĂ©es sur le territoire français. La Food Standards Agency a gĂ©nĂ©ralisĂ© les tests de la phĂ©nylbutazone en 2013[AdL 20].

Les taux relevĂ©s sont trĂšs infĂ©rieurs aux seuils limites[89] - [90]. Sally Davies dĂ©clare que le niveau de contamination, 1,9 mg/kg, entraĂźne « trĂšs peu de risques pour la santĂ© humaine »[trad 2] - [90]. Elle ajoute qu'il faudrait consommer 500 Ă  600 hamburgers contenant 100 % de viande de cheval pour recevoir la dose humaine quotidienne thĂ©rapeutique[91].

La journaliste d'investigation Anne de Loisy s'Ă©tonne de l'insistance des diffĂ©rentes autoritĂ©s sur le peu de risque posĂ© par les rĂ©sidus de phĂ©nylbutazone, ce alors que ce produit est interdit dans les produits alimentaires d'origine animale depuis 1997[AdL 24]. Certains journalistes soupçonnent que la viande chevaline en provenance des États-Unis, oĂč la phĂ©nylbutazone est couramment utilisĂ©e, puisse ĂȘtre entrĂ©e dans la chaĂźne alimentaire via le Mexique, puis exportĂ©e vers l'Europe[92].

Anémie infectieuse équine

Les experts du gouvernement britannique ont exprimĂ© la crainte que la viande de cheval en provenance de Roumanie puisse ĂȘtre contaminĂ©e par l'AnĂ©mie infectieuse Ă©quine (AIE), rappelant que Spanghero, accusĂ©e d'avoir remplacĂ© du bƓuf, « a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© au centre d'une alerte concernant une contamination Ă  la bactĂ©rie E. coli »[93].

Bien qu'en thĂ©orie l'AIE ne soit pas transmissible Ă  l'homme, cela pourrait ĂȘtre indicateur de problĂšmes de santĂ© supplĂ©mentaires chez les chevaux roumains, supposĂ©s vivre dans de piĂštres conditions[94]. Depuis 2007, l'Union europĂ©enne a restreint l'exportation de chevaux vivants depuis la Roumanie vers les autres États membres s'ils n'ont pas fait l'objet d'un test de dĂ©pistage[E 10] - [E 11]. La viande contaminĂ©e a pu ĂȘtre Ă©coulĂ©e clandestinement depuis la Roumanie vers l'Italie et la France[95] - [96].

Traçabilité alimentaire et information du consommateur

Cette crise rĂ©vĂšle la complexitĂ© de la chaĂźne agroalimentaire europĂ©enne et mondiale, mais aussi l'insuffisance des mesures et contrĂŽles de traçabilitĂ© prises aprĂšs celle de la vache folle, les plats cuisinĂ©s n'Ă©tant pas concernĂ©s par ces mesures[E 12]. Des vides juridiques sont optimisĂ©s par des sociĂ©tĂ©s de production et de commercialisation de plats cuisinĂ©s, dans le but d'augmenter les dividendes de leurs actionnaires[AdL 25]. Plus que les rĂ©glementations existantes, le manque de moyens des structures europĂ©ennes ou Ă©tatiques (douanes et services de contrĂŽle vĂ©tĂ©rinaire notamment, selon le principe de subsidiaritĂ©) de contrĂŽle, et l'absence de transparence et d'informations obligatoires du consommateur pour les aliments transformĂ©s, semblent en cause. La Cour des comptes britannique signale le manque de moyens des autoritĂ©s de contrĂŽle dans un rapport rendu le , aucune analyse n'ayant Ă©tĂ© menĂ©e sur la prĂ©sence de viande de cheval depuis dix ans[AdL 14]. La Cour des comptes française arrive aux mĂȘmes conclusions, dans un rapport rendu en fĂ©vrier 2014[AdL 26]. La capacitĂ© Ă  suivre la circulation de la viande n'est pas en cause, puisque la provenance des lasagnes surgelĂ©es de la marque Findus contenant du cheval roumain a pu ĂȘtre reconstituĂ©e trĂšs rapidement[An 4].

Une analyse publiée en 2017 met en cause un déséquilibre de pouvoir entre fournisseurs et acheteurs, postulant que la dépendance mutuelle entre acteurs fait des détaillants les partenaires commerciaux les plus exposés aux conséquences de ce type de fraude[E 13].

Plusieurs associations de consommateurs rĂ©clament l'Ă©tiquetage obligatoire de la provenance de tout ingrĂ©dient animal sur les plats prĂ©parĂ©s[97] - [M 17], mais cette mesure n'est pas en Ɠuvre, en raison des rĂ©ticences des industriels qui Ă©voquent des coĂ»ts importants[An 1]. Selon la journaliste d'investigation Anne de Loisy, ces coĂ»ts seraient en rĂ©alitĂ© trĂšs faibles : les producteurs craignent plutĂŽt les rĂ©actions nĂ©gatives des consommateurs s'ils venaient Ă  apprendre que des produits Ă©laborĂ©s vendus sous l'Ă©tiquette de productions locales sont en fait prĂ©parĂ©s Ă  partir d'ingrĂ©dients industriels provenant de diffĂ©rents pays[AdL 27]. Les tentatives d'imposer cet Ă©tiquetage ont Ă©chouĂ© sous la pression de lobbyistes de la viande[AdL 28]. Des associations de consommateurs se sont mobilisĂ©es pour que les promesses faites pendant la crise soient tenues, arguant que l'Ă©tiquetage des plats cuisinĂ©s est attendu par 90 % des EuropĂ©ens[AdL 29].

En , soit un an et demi aprÚs la révélation de la fraude, aucune mesure dans ce sens n'a été prise[64].

Tabous alimentaires

Cette affaire met en lumiĂšre la question controversĂ©e de l'hippophagie – la consommation de viande de cheval. L'Ă©moi suscitĂ© dans le monde anglo-saxon est dĂ» en grande partie au fait que l'hippophagie y est culturellement taboue, le cheval Ă©tant associĂ© Ă  des qualitĂ©s de noblesse et Ă  des mythes[E 14] - [Ge 2]. La viande de cheval n'est normalement pas consommĂ©e en Irlande ni en Grande-Bretagne[Ge 2]. Selon le professeur Reilly, « en Irlande, ce n'est pas notre culture de manger la viande de cheval et, par consĂ©quent, nous ne prĂ©voyons pas d'en trouver dans un hamburger »[trad 3] - [98]. Des parallĂšles sont faits, dans les mĂ©dias britanniques, entre l'immigration depuis l'Europe de l'Est, et l'idĂ©e de faire manger du cheval aux Britanniques Ă  leur insu[E 14].

La rĂ©action est tout aussi vive dans la presse spĂ©cialisĂ©e pour les pratiquants de l'Ă©quitation, extrĂȘmement choquĂ©s d'avoir pu consommer Ă  leur insu et contre leur grĂ© la viande d'un animal considĂ©rĂ© comme un compagnon[99]. Éric Baratay, spĂ©cialiste en relation homme-animal, estime que cette crise est rĂ©vĂ©latrice du nouveau statut du cheval, de plus en plus considĂ©rĂ© comme un animal qu'on ne peut pas manger[E 15].

RĂ©actions

Plusieurs chercheurs qualifient les rĂ©actions Ă  la prĂ©sence de viande de cheval dans des produits Ă©tiquetĂ©s « pur bƓuf » de « panique morale », en raison notamment de propos xĂ©nophobes et nationalistes, ou encore de l'emploi du terme « contamination »[E 16] - [E 17]. La presse a jetĂ© la suspicion sur l'innocuitĂ© de la viande de cheval[E 18]. L'image publique de l'Irlande s'en est trouvĂ©e amĂ©liorĂ©e, en raison du rĂŽle clĂ© des autoritĂ©s irlandaises dans la dĂ©couverte de la fraude[Ta 7]. En revanche, le marchĂ© roumain de la production de viande a subi de nombreuses critiques, souvent infondĂ©es[E 19].

Le public découvre à cette occasion l'existence de spéculations financiÚres sur la viande, entraßnant le transport de denrées sur des milliers de kilomÚtres, et de nombreuses possibilités de fraude de la part des différents intermédiaires[AdL 30] - [GP 1]. Il a également découvert l'existence du minerai de viande[AdL 31]. DÚs la révélation de l'affaire en France, la premiÚre réaction des médias a été d'interroger des consommateurs dans des supermarchés, recueillant presque à chaque fois des témoignages d'effroi[FI 10]. Cette fraude se traduit par un rejet idéologique massif de la « production alimentaire néolibérale »[E 20]. Les consommateurs sont mis au courant du décalage important entre les publicités pour ces produits, mettant en avant des productions locales et des images de plats « maison », et la réalité d'une production mondialisée et industrialisée[FI 11].

Parodies et « nettoyage Â» du web

Le scandale a entraßné l'apparition de nombreux détournements et de parodies de la marque Findus. Le logo et la marque font l'objet de détournement de publicité dans les médias sociaux. L'agence de communication Rosbeef lance, à Paris, une campagne publicitaire qui utilise des affiches titrant « Chez Findus, nous sommes trÚs à cheval sur la qualité et la provenance des ingrédients ». Cette publicité est à l'initiative de l'agence de communication, sans l'aval de Findus. Dans un premier temps, Findus désavoue cette campagne[100] - [101]. Devant le trÚs bon accueil du web, Findus fait marche arriÚre, reconnaissant que cette campagne est intelligente[102] - [103].

Les détournements sur le web sont basés notamment sur le jeu de mots en anglais find us (« nous trouver »)[104] - [Fi 8] - [2].

La marque fait appel à une agence de e-réputation française pour nettoyer son image[3] - [M 2]. ConcrÚtement, l'agence Reputation Squad a tenté de modifier les références à une « affaire Findus » et les associations de mots entre Findus d'une part et « tromperie » ou « escroquerie » d'autre part[105]. L'implication d'une société payée par Findus pour tenter de modifier les informations contenues dans la présente page de Wikipédia est confirmée fin 2014, dans un reportage de Médias, le magazine[106] - [107] - [108].

Au Royaume-Uni, de nombreuses blagues se font au détriment de la société Tesco[E 21].

Achats alimentaires

Ce scandale alimentaire, survenant plus de dix ans aprĂšs la crise de la vache folle, marque durablement les consommateurs europĂ©ens, notamment français[E 7]. Le Britannique Owen Paterson, ministre de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales, va jusqu'Ă  parler d'une « conspiration criminelle internationale[109] ». Une Ă©tude de la Sofres rĂ©vĂšle que la confiance envers les Ă©tiquetages et la sĂ©curitĂ© alimentaire a diminuĂ© d'environ 20 points en France, en 2014[E 22]. Une analyse des publications effectuĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux durant la crise conclut Ă  une importante perte de confiance des Britanniques dans la consommation de hamburgers[E 21].

Ventes de plats cuisinés

En France, les ventes de plats cuisinĂ©s surgelĂ©s ont baissĂ©[110] : Nielsen a relevĂ© une baisse globale de 45 % des ventes de lasagnes, hachis parmentier et moussakas dans la semaine suivant la rĂ©vĂ©lation publique de la fraude, les ventes de plats surgelĂ©s ayant globalement plongĂ© de 16 %[111]. Le , presque un mois aprĂšs l'Ă©clatement de l'affaire en France, la firme d'Ă©tudes de marchĂ© SymphonyIRI annonce 30 % de diminution du volume des ventes de plats cuisinĂ©s, sans signe de redressement[112]. Le , un sondage de BVA rĂ©vĂšle qu'un quart des Français cessent tout achat de plats cuisinĂ©s au bƓuf, ce qui profite aux boucheries traditionnelles en circuit court, 4 % d'entre eux dĂ©clarant de plus se tourner vers le vĂ©gĂ©tarisme[113]. Cette baisse s'effectue Ă©galement au profit de produits issus de l'agriculture biologique, et des boucheries chevalines[114].

Durant la crise, 31 % des Britanniques dĂ©clarent renoncer Ă  l’achat de plats cuisinĂ©s, 7 % d'entre eux se disant prĂȘts Ă  ne plus du tout consommer de viande. 53 % souhaitent l'interdiction de toute importation de viande[O 6]. Une baisse hebdomadaire constante de la valeur et du volume des achats de hamburgers au dĂ©tail est constatĂ©e pendant six semaines consĂ©cutives aprĂšs la premiĂšre annonce du scandale de la viande de cheval au Royaume-Uni, particuliĂšrement chez les personnes ĂągĂ©es[E 23].

L’annĂ©e 2013 est, Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne, la premiĂšre annĂ©e oĂč les ventes de produits surgelĂ©s ont baissĂ© aprĂšs vingt ans de croissance ininterrompue. Les lasagnes et les raviolis sont les produits les plus touchĂ©s, avec une baisse des volumes de l'ordre de 19 %[AdL 32]. Une enquĂȘte auprĂšs de 4 598 consommateurs de lasagnes prĂ©parĂ©es, dans 6 pays europĂ©ens montre une importante prĂ©occupation pour l'origine de la viande, mais des prĂ©occupations diffĂ©rentes en matiĂšre de sĂ©curitĂ© alimentaire selon les pays concernĂ©s[E 24].

La question de savoir si la fraude a profité aux circuits d'alimentation halal n'a pas trouvé de réponse[E 25].

Hippophagie et filiĂšre viande chevaline

Photographie d'un panneau avec une inscription
Satire du scandale Ă  l'extĂ©rieur d'un pub de Wetherby, dans le Yorkshire de l'Ouest (« chevaux hennissant dans nos hamburgers »). En anglais, les prononciations de neigh (« hennir »), et de nay (« aucun » ou « pas », terme spĂ©cifique Ă  l’Écosse) sont les mĂȘmes.

DÚs la découverte de l'affaire en France, Brigitte Bardot a de nouveau réclamé l'interdiction de l'hippophagie, un combat dans lequel elle est engagée depuis plusieurs décennies[Fi 9]. Aucune société impliquée n'a reconnu sa culpabilité ni n'a présenté d'excuses publiques aux personnes trompées qui refusent la consommation de viande de cheval, que ce soit pour des raisons culturelles, éthiques ou religieuses[115]. Les bouchers chevalins français constatent aprÚs l'éclatement de l'affaire une augmentation générale de 10 à 15 % de leurs ventes, sûrement due à cette médiatisation soudaine de la viande de cheval[M 18] - [116].

En rĂ©action Ă  la fraude, l'État français durcit les rĂšgles d'abattage pour les chevaux le , notamment en rendant obligatoire la prĂ©sentation du feuillet mĂ©dicamenteux de l'animal Ă  l'abattoir[117]. Cependant, les multiples rĂ©vĂ©lations et condamnations se poursuivent dans la filiĂšre de la viande chevaline, dĂ©crite fin dans Le Monde comme Ă©tant « minĂ©e par la fraude », avec de nombreux cas d'abattages d'animaux impropres Ă  la consommation[M 19]. Cette filiĂšre, dĂ©jĂ  fragilisĂ©e par la crise agricole, perd la confiance des consommateurs[118].

Réactions politiques dans l'Union européenne

Dans les Ăźles Britanniques, cette fraude entraĂźne des discussions quant Ă  l'efficacitĂ© de l’autocontrĂŽle des industriels de la viande. Karen Jennings, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint d'UNISON, dĂ©clare que « l'industrie n'est pas apte Ă  s'auto-rĂ©guler »[119]. À l'issue de la rĂ©union de crise française du , le ministre de l'agriculture StĂ©phane Le Foll dĂ©clare une « mise sous surveillance » de la filiĂšre viande[M 20].

Compte tenu de l'ampleur et des consĂ©quences de la fraude qui touche plusieurs pays de l'Union europĂ©enne, les fonctionnaires, ministres europĂ©ens et le commissaire europĂ©en Tonio Borg mettent en place une rĂ©union ministĂ©rielle de crise en urgence Ă  Bruxelles le , pour rĂ©soudre les failles dans les systĂšmes de contrĂŽle europĂ©ens sur la sĂ©curitĂ© alimentaire. Ils ordonnent une vaste campagne de tests ADN sur les plats prĂ©parĂ©s Ă  base de viande de bƓuf surgelĂ©e[120]. Le spĂ©cialiste en droit europĂ©en Alberto Alemanno estime que cela ne rĂ©glera pas le problĂšme de la fraude : « Les responsables politiques vont donc vendre aux consommateurs l'illusion qu'ils rĂ©pondent Ă  leurs inquiĂ©tudes, alors qu'ils se contentent en rĂ©alitĂ© de la premiĂšre option promettant un rapide retour Ă  la normale. On rĂ©pond au non-respect des rĂšgles d'Ă©tiquetage par l'Ă©tablissement de nouvelles rĂšgles en la matiĂšre [
] »[121].

Six mois aprÚs le début de la crise, un examen indépendant des réseaux d'approvisionnement alimentaire est commandé par le gouvernement britannique, et entrepris par le professeur Chris Elliott de l'université Queen's de Belfast[Br 1]. Il recommande huit mesures pour garantir l'intégrité des aliments industriels au gouvernement : privilégier les consommateurs, une tolérance zéro sur les fraudes, la collecte de renseignements, les services de laboratoire, l'audit, le soutien gouvernemental, le leadership et la gestion des crises[Br 1].

Le prĂ©sident de la RĂ©publique française François Hollande s'est prononcĂ© en faveur de l'indication du pays d'origine sur tout produit carnĂ©[M 21]. Le , le SĂ©nat adopte une rĂ©solution demandant Ă  la Commission d’amĂ©liorer la traçabilitĂ© et l’étiquetage des plats cuisinĂ©s (en indiquant notamment le pays d’origine de la viande utilisĂ©e comme ingrĂ©dient) dans le cadre du droit Ă  l’information des citoyens selon l’intitulĂ© du rĂšglement europĂ©en no 1169/2011. Il s'agit pour le SĂ©nat de favoriser « la maĂźtrise et Ă  la parfaite connaissance de son alimentation »[122]. En France, un renforcement des sanctions encourues en cas de tromperie Ă©conomique est envisagĂ©, les peines prĂ©vues (deux ans de prison maximum) n'Ă©tant pas considĂ©rĂ©es comme dissuasives[An 5].

Pertes financiÚres des sociétés concernées

Tesco a perdu 360 millions d'euros de valeur boursiĂšre le mercredi , au lendemain de la rĂ©vĂ©lation publique du scandale dans les Ăźles Britanniques[123]. En France, les salariĂ©s de la petite entreprise Fraisnor, qui fabrique des lasagnes mais n'est pas impliquĂ©e dans le scandale, ont manifestĂ© contre la mise en pĂ©ril de leur activitĂ©[O 7], ce qui n'a pas empĂȘchĂ© l'usine de fermer en , supprimant 110 emplois[O 8]. DiffĂ©rentes sociĂ©tĂ©s concernĂ©es par la prĂ©paration de plats cuisinĂ©s ont dĂ» licencier une partie de leur personnel[AdL 33].

La croissance de la société Findus est stoppée net en France (contre une augmentation prévue du chiffre d'affaires 2013 de 10 %) ; le chiffre d'affaires du secteur des plats cuisinés surgelés baisse de 17 % en 2013[M 22]. La société Findus estime, le , avoir perdu un million d'euros auquel s'ajoute le coût des tests ADN réalisés sur l'ensemble des produits vendus. Toutefois, les plats préparés mis en cause ne représentent que 5 % de son chiffre d'affaires, ce qui ne met pas l'ensemble de la société en péril[124]. En , la société a affiché une croissance de 14 %[125]. L'effet de sa campagne de communication de crise est analysé comme positif sur son chiffre d'affaires, et sur la confiance des consommateurs[E 6].

La sociĂ©tĂ© du fraudeur nĂ©erlandais Willy Selten a fait faillite, avec 11 millions de dettes rĂ©clamĂ©es[Eve 1].

Utilisation des denrées retirées de la vente

Des associations d'aide alimentaire, déjà affectées par la décision européenne de réduire ses aides, ont demandé que les produits ne présentant pas de risque sanitaire soient ré-étiquetés et distribués aux personnes dans le besoin[126]. Le , Benoßt Hamon a donné son accord pour cette redistribution en France[M 6]. En Belgique, Marc Tarabella s'est montré favorable à cette idée, tout comme en Allemagne Dirk Niebel[M 23]. Plusieurs personnes s'élÚvent contre le gaspillage que représenterait la destruction de toutes ces denrées alimentaires saines[127]. Toutefois, le groupe Mestdagh a détruit des lots concernés en Belgique[128].

Gains des laboratoires d'analyse privés

Cette fraude a renforcé et enrichi les laboratoires privés de bioanalyse, chargés d'effectuer des analyses ADN[Ta 8]. En particulier, la multinationale Eurofins Scientific a communiqué dans les médias pendant la crise, pour inciter les entreprises agroalimentaires à faire appel à ses services[AdL 34]. Cela a permis à cette société de réaliser un bénéfice important en 2013[AdL 34], au détriment des laboratoires publics[AdL 35].

Absence de conséquences sur la réglementation européenne

D'aprĂšs un reportage d'Arte diffusĂ© en avril 2015, deux ans aprĂšs la fraude, aucun changement rĂ©glementaire n'est intervenu dans l'industrie de la viande : « il est impossible pour le consommateur de savoir d'oĂč vient vraiment la viande »[Vo 7].

Une analyse des mesures de protection mises en place au Royaume-Uni, publiée en 2017, conclut que si le systÚme de contrÎle s'est vraisemblablement amélioré, aucun accent n'est mis sur la répression des fraudes alimentaires[Br 1]. Le principe du libre-échange en Europe a favorisé cette fraude[E 26].

En janvier 2019, l'avocat d'UFC-Que choisir Claude Frety Ă©voque cette affaire comme l'une des deux grandes affaires responsables de la perte de confiance envers la filiĂšre viande Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne, avec la crise de la vache folle[129]. L'ONG Foodwatch note en avril 2019 qu'aucune nouvelle rĂ©glementation europĂ©enne n'empĂȘche ce type de fraude de se reproduire[65].

Chronologie

Date ÉvĂ©nement
La Food Safety Authority of Ireland (FSAI) reçoit les rĂ©sultats d'analyse du laboratoire IdentiGEN sur des Ă©chantillons achetĂ©s du 7 au 9 novembre 2012 : des salamis (19), des plats prĂ©parĂ©s Ă  base de bƓuf (31) et des hamburgers au bƓuf (27). Le test quantitatif rĂ©vĂšle que 23 (85 %) des hamburgers de bƓuf sont positifs pour l'ADN de viande porcine et 10 (37 %) pour l'ADN de cheval. Les hamburgers proviennent de six fournisseurs irlandais et trois du Royaume-Uni. Les produits contenant de l'ADN Ă©quin proviennent de deux points de fabrication en Irlande et d'un troisiĂšme au Royaume-Uni[E 27].
Les autorités gouvernementales irlandaises découvrent que les hamburgers, produits par les usines irlandaises Silvercrest Foods et britannique Dalepak d'ABP Food Group, administré par Larry Goodman, contiennent 29 % de viande de cheval[130].
La FSAI reçoit les résultats du laboratoire de séquençage d'ADN qui confirme la présence de traces de cheval et de porc[E 27].
La FSAI reçoit la confirmation en laboratoire sur la présence d'ADN de cheval dans un autre lot d'échantillons de hamburgers achetés le 10 décembre à partir des lots de produits identiques ou similaires aux échantillons originaux qui ont été testés positifs[E 27].
La FSAI reçoit le résultat des dix hamburgers échantillonnés du 7 au 9 novembre 2012, testés positifs pour l'ADN de cheval, qui se sont révélés négatifs pour la présence de la phénylbutazone et d'autres substances interdites[E 27].
La FSAI reçoit les résultats semi-quantitatifs du laboratoire allemand d'Eurofins Scientific qui corrobore les premiers résultats du laboratoire IdentiGEN .

Les résultats quantitatifs d'IdentiGEN indiquent qu'un test sur dix hamburgers a montré un niveau estimé à 29 % d'ADN équin. Ce produit a été fabriqué par Silvercrest Foods pour le compte de Tesco[E 27].

La FSAI annonce que de la viande de cheval a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans des hamburgers surgelĂ©s au bƓuf vendus dans plusieurs supermarchĂ©s irlandais et britanniques, y compris Tesco, Asda, Dunnes Stores, Lidl, ALDI et Iceland. La FSAI a effectuĂ© ses tests sur une sĂ©lection de produits de boucherie et de charcuterie Ă  consommer de prĂ©fĂ©rence entre et [98].
Elle informe les cinq détaillants concernés (Tesco, Dunnes Stores, ALDI, Lidl et Iceland) de ses conclusions. Les produits incriminés sont retirés immédiatement[E 27].
Tesco perd 360 millions d'euros de valeur sur les marchés[123].
La FSAI retient les 24 résultats de tests du laboratoire allemand d'Eurofins Scientific[130].
Le FSAI demande au Health & Safety Executive (HSE) de prélever des échantillons de hamburgers d'un ensemble d'établissements de restauration et de vente au détail. Ces échantillons sont analysés par le laboratoire Eurofins en Allemagne, sous la direction du HSE à Cork. Tous ces échantillons sont testés négativement, à l'exception d'un échantillon provenant de Tesco, ce qui confirme les précédents résultats[E 27].
Tesco change de fournisseur[131].
Findus est alertĂ© par un test interne que son produit « lasagnes de bƓuf » n'est pas « conforme Ă  la spĂ©cification »[86].
RĂ©vĂ©lation publique que les lasagnes au bƓuf, la moussaka et le hachis parmentier de la marque Findus, vendus au Royaume-Uni, en France et en SuĂšde, contiennent de la viande de cheval[132]. Sur 18 produits testĂ©s, 11 sont positifs Ă  la viande de cheval[132].
La DGCCRF fait une inspection chez Spanghero et examine les documents de traçabilité des lots concernés sur les quatre derniers mois, qui semblent attester la conformité des procédures[133].
La FĂ©dĂ©ration du commerce et de la distribution (FCD) annonce que six autres enseignes de grandes distributions (Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix et Picard) dĂ©cident de retirer de la vente certains produits contenant de la viande de cheval dans des plats au bƓuf[134].
Les ministres de l'Union européenne se réunissent en urgence à Bruxelles[120].
Les rĂ©sultats de l'inspection de la DGCCRF permettent de dĂ©terminer la source de la fraude[133]. Le gouvernement français accuse l'entreprise Spanghero, mais celle-ci se dĂ©fend de toute malversation[13]. Un homme de 63 ans est arrĂȘtĂ© dans les abattoirs Peter Boddy, Ă  Todmorden[135] dans le Yorkshire de l'Ouest. Deux hommes, ĂągĂ©s de 64 et 42 ans et travaillant Ă  Meats Ltd Farmbox prĂšs de Aberystwyth[135], au Pays de Galles, sont arrĂȘtĂ©s Ă©galement Ă  la suite de l'enquĂȘte de la Food Standards Agency (FSA) le [136].
Spanghero retrouve une partie de son agrément sanitaire. Nestlé rappelle des raviolis et des tortellini de la marque Buitoni. Lidl retire en Finlande, au Danemark et en Belgique plusieurs produits fabriqués par les sociétés Dreistern et Copack en Allemagne et en Belgique : goulashs, raviolis et pennes bolognese contenant de la viande de cheval[27].
Nestlé rappelle des lasagnes destinées à la restauration en France et au Portugal[M 10], et des plats préparés pour bébé contenant des traces d'ADN de cheval[48].
L'Autorité de sécurité alimentaire et de contrÎle vétérinaire et phytosanitaire de la Slovénie confirme la présence de viande de cheval dans des lasagnes produites par la société luxembourgeoise Trada et distribuées par la chaßne de supermarchés autrichienne Interspan[33].
Thiriet, grossiste en produits surgelĂ©s, annonce arrĂȘter de travailler avec Comigel, le fabricant de lasagnes[Fi 10].
Deux pour cent de viande de cheval sont détectés dans le chili con carne vendu par Iglo en Belgique. Retrait de trois plats préparés de la marque au Royaume-Uni[23]. Saisie de deux lots de viande chez Spanghero, qui renonce à l'activité de négoce de viande[M 24].
Ikea retire des boulettes de viande dans 25 pays, majoritairement en Europe[28].
Au total, 99 % des 1 797 tests d'ADN de cheval sur la viande vendue au Royaume-Uni sont nĂ©gatifs[O 3]
Pas moins de 79 tonnes de hamburgers, lasagnes, cannellonis et boulettes de viande de la marque distributeur Auchan vendus au Portugal et contenant moins d'1 % de cheval sont retirĂ©s de la vente[O 4].
L'autoritĂ© sanitaire des Pays-Bas envoie un message d'alerte sur 50 000 tonnes de viande de bƓuf susceptibles d'avoir Ă©tĂ© mĂ©langĂ©es avec de la viande de cheval par les entreprises Wiljo BV et Wholesale Meat Willy Selten B.V[E 5].
Résultats des tests ADN européens sur les plats préparés à base de viande : 5 % des produits testés contiennent du cheval, un quart d'entre eux provient de France[M 12]
Le grossiste Willy Selten est mis en examen aux Pays-Bas pour avoir volontairement mĂ©langĂ© de la viande de bƓuf et de la viande de cheval. Il doit cesser son activitĂ©[AdL 15].
Willy Selten reconnaßt les faits qui lui sont reprochés[M 15].
Début de la seconde vague de tests ADN sur les plats préparés[AdL 11].
Mise en examen de quatre personnes impliquĂ©es dans l'affaire Spanghero (deux intermĂ©diaires nĂ©erlandais et deux cadres de Spanghero). Fin de l'enquĂȘte[57].
Willy Selten est condamné à deux ans et demi de prison par le tribunal de Bois-le-Duc[76].
12 fĂ©vrier 2019 Quatre ans de prison ferme et un mandat d'arrĂȘt sont requis contre Jan Fasen[68].
16 avril 2019 Jan Fasen est condamnĂ© Ă  2 ans de prison[69], Jacques Poujol est condamnĂ© Ă  2 ans de prison dont 18 mois avec sursis, 100 000 euros d'amende, et deux ans d'interdiction d'exercer dans la viande[137]. Patrice Monguillon et Hendricus Wimdmeijer sont condamnĂ©s Ă  un an de prison avec sursis[M 14].
23 juillet 2019 Jan Fasen est arrĂȘtĂ© Ă  la demande de la France, Ă  Calp[67].

Notes et références

Citations originales

  1. John Warner who sits on the AC Clinical Panel is Professor of Paediatrics and head of department at Imperial College. He reviewed the evidence and made comment for us when asked if it could be possible for individuals allergic to horses to have a reaction if accidentally consuming horse meat. He said; « Yes, it is very possible that horse hair allergy could also lead to cross reactivity to horse meat. It is not invariable but certainly possible ».
  2. very little risk to human health.
  3. In Ireland, it is not our culture to eat horse meat and therefore, we do not expect to find it in a burger.

Notes

  1. Le terme de « bƓuf » souvent utilisĂ© dans le commerce est lui-mĂȘme parfois impropre puisqu'il s'agit souvent de vache « Ă  viande », ainsi que de taureau ou vache laitiĂšre dits « de rĂ©forme », voir « Les Viandes - Le bƓuf », sur meilleurduchef.com.

Podcast

  1. Résumé.
  2. DĂ©claration de BenoĂźt Hamon Ă  42 min 40.
  3. 9 min 50-10 min.
  4. 38 min 30.
  5. 23 min 20.
  6. 26 min 45.
  7. 27 min 44.
  8. 50 min 30.
  9. 43 min 42.
  10. 8 min 45-9 min 33.
  11. 15 min 30-15 min 50.

Reportage

  1. 29 min.
  2. 30 min.
  3. 33 min.
  4. 36 min.
  5. 34 min.
  6. 35 min.
  7. 58 min.

Ouvrages grand public

  • Anne de Loisy, « ...au cheval clandestin », dans Bon appĂ©tit !, Presses de la CitĂ©, (ISBN 978-2-258-10211-8)
  1. de Loisy 2015, p. Voir le chapitre entier.
  2. de Loisy 2015, p. 135.
  3. de Loisy 2015, p. 146.
  4. de Loisy 2015, p. 145-146.
  5. de Loisy 2015, p. 448.
  6. de Loisy 2015, p. 144.
  7. de Loisy 2015, p. 134.
  8. de Loisy 2015, p. 134-135.
  9. de Loisy 2015, p. 137-138.
  10. de Loisy 2015, p. 150.
  11. de Loisy 2015, p. 154-155.
  12. de Loisy 2015, p. 136.
  13. de Loisy 2015, p. 147.
  14. de Loisy 2015, p. 148.
  15. de Loisy 2015, p. 145.
  16. de Loisy 2015, p. 161.
  17. de Loisy 2015, p. 153.
  18. de Loisy 2015, p. 154.
  19. de Loisy 2015, p. 159.
  20. de Loisy 2015, p. 156.
  21. de Loisy 2015, p. 158.
  22. de Loisy 2015, p. 160.
  23. de Loisy 2015, p. 138.
  24. de Loisy 2015, p. 157.
  25. de Loisy 2015, p. 136-137.
  26. de Loisy 2015, p. 149.
  27. de Loisy 2015, p. 165-166.
  28. de Loisy 2015, p. 167.
  29. de Loisy 2015, p. 168-169.
  30. de Loisy 2015, p. 139-141.
  31. de Loisy 2015, p. 142-143.
  32. de Loisy 2015, p. 162.
  33. de Loisy 2015, p. 151-153.
  34. de Loisy 2015, p. 163.
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  • (en) Richard Evershed et Nicola Temple, Sorting the Beef from the Bull: The Science of Food Fraud Forensics, Bloomsbury Publishing, , 320 p. (ISBN 1472911342 et 9781472911346)
  1. Evershed et Temple 2016, p. rech. "Selten".
  • Sibylle Vincendon, Le 2e Ă  1 €: Comment le marketing nous manipule, Fayard, (ISBN 9782213687827)

Études et rapports

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  1. Taylor 2019, p. Chap. 1.1.
  2. Taylor 2019, p. chap. 2.3.
  3. e_de_couverture-15" class="mw-reference-text">Taylor 2019, p. 4e de couverture.
  4. Taylor 2019, p. Chap. 1.3.
  5. Taylor 2019, p. Chap. 1.2.
  6. Taylor 2019, p. Chap. 1.7.
  7. Taylor 2019, p. Chap. 1.6.
  8. Taylor 2019, p. chap. 2.2.4.
  • Autres rĂ©fĂ©rences scientifiques ou officielles
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Liens externes

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