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Reinhard Heydrich

Reinhard Heydrich est un SS-ObergruppenfĂŒhrer[alpha 1] allemand, responsable nazi de crimes de guerre et de crimes contre l’humanitĂ©, nĂ© le Ă  Halle (Saxe) et mort le Ă  Prague (protectorat de BohĂȘme-Moravie[alpha 2]) des suites de ses blessures aprĂšs un attentat de la rĂ©sistance tchĂ©coslovaque. Au moment de sa mort, il est Ă  la fois le directeur du Reichssicherheitshauptamt (RSHA) et le « vice-gouverneur » du Reich en BohĂȘme-Moravie.

Reinhard Heydrich
Illustration.
Heydrich en 1940, en uniforme de SS-GruppenfĂŒhrer (selon son insigne de col d’avant 1942).
Fonctions
Vice-gouverneur de BohĂȘme-Moravie
–
(8 mois et 6 jours)
Chancelier Adolf Hitler
Prédécesseur Néant (poste créé) mais
remplace dans les faits son supérieur hiérarchique : Konstantin von Neurath
Successeur Kurt Daluege
Directeur du RSHA
–
(2 ans, 8 mois et 8 jours)
Prédécesseur Poste créé
Successeur Heinrich Himmler (intérim) puis
Ernst Kaltenbrunner
Président de la Commission internationale de police criminelle
–
(2 ans, 10 mois et 11 jours)
PrĂ©dĂ©cesseur Otto SteinhĂ€usl (en)
Successeur Artur Nebe
Directeur de la Gestapo
–
(5 ans, 5 mois et 5 jours)
Prédécesseur Rudolf Diels
Successeur Heinrich MĂŒller
Biographie
Nom de naissance Reinhard Tristan Eugen Heydrich
Date de naissance
Lieu de naissance Halle, Empire allemand
Date de dĂ©cĂšs (Ă  38 ans)
Lieu de dĂ©cĂšs Prague, protectorat de BohĂȘme-Moravie
SĂ©pulture CimetiĂšre des Invalides
Nationalité Allemande
Parti politique NSDAP
PĂšre Richard Bruno Heydrich
MĂšre Elisabeth Anna Maria Amalia Krantz
Conjoint Lina von Osten (mariage le )
Enfants Klaus ( - )
Heider (né le )
Silke (née le )
Marte (née le )
DiplÎmé de Université technique de Munich

Signature de Reinhard Heydrich

Adjoint direct de Heinrich Himmler dĂšs 1933, il joue un rĂŽle dĂ©terminant dans l'organisation de l'appareil rĂ©pressif nazi et lors de l'Ă©limination de la Sturmabteilung (SA) en tant que force politique, principalement lors de la nuit des Longs Couteaux Ă  l’étĂ© 1934.

Il a également un rÎle majeur dans l'organisation de la Shoah par la planification et le contrÎle entre 1939 et 1942 de l'activité des Einsatzgruppen, dont la mission principale dans l'Est de l'Europe est l'extermination des Juifs par fusillade, et lors de la conférence de Wannsee qui organise la logistique des centres d'extermination, et qu'il préside le .

Ayant imprudemment choisi d’ĂȘtre peu protĂ©gĂ© malgrĂ© son rang, il tombe dans une embuscade le 27 mai 1942 organisĂ©e par la rĂ©sistance tchĂ©coslovaque et le Special Operations Executive britannique. Il n'est que lĂ©gĂšrement atteint par l'explosion d’une bombe artisanale, se remet progressivement, mais finit par mourir une semaine plus tard, son Ă©tat s'Ă©tant subitement dĂ©gradĂ© Ă  cause d’une surinfection inattendue de ses blessures. Sa disparition prive le rĂ©gime hitlĂ©rien d'un dirigeant particuliĂšrement efficace. En effet, homme trĂšs dĂ©terminĂ©, il Ă©tait depuis 1931 un maillon essentiel de la terreur nazie.

1904-1931 : avant l'entrée au parti nazi

Photographie en couleurs de la place du marché de Halle
Halle : la place du marché avec la Marktkirche et la Tour rouge.

Reinhard Heydrich a une sƓur aĂźnĂ©e, Maria, et un frĂšre cadet, Heinz (1905-1944)[1].

Son pĂšre, Richard Bruno Heydrich (en), est un excellent musicien, issu du Conservatoire royal de Dresde en 1882 avec la plus haute distinction ; il est ensuite un chanteur d'opĂ©ra relativement connu, notamment Ă  l'opĂ©ra de Weimar, puis Ă  ceux de Cologne et de Brunswick. Compositeur d'une certaine notoriĂ©tĂ©[2], il devient enfin le directeur du conservatoire de musique de Halle oĂč la mĂšre de Heydrich, Elizabeth Krantz (1871-1946)[3], enseigne le piano et est inspectrice de l'Ă©cole d'institutrices.

Ses parents lui donnent les prénoms Reinhard, Tristan et Eugen en référence, pour le prénom de Reinhard au nom du héros de l'opéra Amen composé par son pÚre, pour Tristan à l'opéra Tristan et Isolde de Richard Wagner, le prénom Eugen étant un hommage au grand-pÚre maternel, Georg Eugen Krantz (de), professeur de musique et conseiller aulique de Dresde[2]. De ce milieu familial baigné par la musique naßtra une passion pour le violon qu'il pratiquera toute sa vie[alpha 3].

ConformĂ©ment aux souhaits de sa mĂšre, Reinhard Heydrich est baptisĂ© selon le rite catholique, alors que son pĂšre est un protestant non pratiquant. À l'instar de la majoritĂ© des personnes de sa gĂ©nĂ©ration issues de la moyenne bourgeoisie, il est Ă©levĂ© de maniĂšre stricte et rigoriste, dans une ambiance nationaliste oĂč la fidĂ©litĂ© absolue au Kaiser est la rĂšgle[5]. Il devient en grandissant un adversaire rĂ©solu de l'Église catholique, sans pour autant adhĂ©rer au nĂ©o-paganisme cher Ă  Himmler. SoupçonnĂ© d'ĂȘtre Juif, son pĂšre est la cible d'injures racistes. Le jeune Reinhard est bouleversĂ©, son obsession pour la puretĂ© de la race trouvant probablement son origine dans ce traumatisme[6].

Dans son curriculum vitĂŠ rĂ©digĂ© en 1903[2], Bruno Heydrich fait preuve d'une recherche des honneurs et de la reconnaissance que l'on retrouve chez son fils. Outre sa volontĂ© d'ĂȘtre reconnu en tant que pilote de chasse, Reinhard Heydrich collectionne des titres fort Ă©loignĂ©s de ses fonctions en tant que chef du RSHA, comme celui de directeur de l'Office de l'escrime et d'inspecteur de Himmler pour la gymnastique ; en 1940, il tente, sans succĂšs, de prendre la prĂ©sidence de la FĂ©dĂ©ration internationale d'escrime[7].

La fin de la PremiÚre Guerre mondiale par la capitulation de l'Allemagne le , outre le fait qu'elle appauvrit les Heydrich comme des millions d'autres Allemands, donne naissance à la « légende du coup de poignard dans le dos », selon laquelle communistes et Juifs auraient trahi une armée invaincue.

La famille Heydrich est convaincue de la véracité de cette théorie, matrice de l'engagement des futurs nazis et de nombreux groupes ou groupuscules ultranationalistes.

Engagement précoce

Avec l'effondrement de l'Empire allemand, l'Allemagne est secouée par plusieurs insurrections de gauche, comme celle menée par les Spartakistes, lesquelles sont férocement réprimées, souvent à la demande du ministÚre de la Défense, le social-démocrate Gustav Noske, par les Freikorps (corps francs). Halle est également frappée par ces troubles.

Photographie en noir et blanc d'une plaque commémorant l'échec du putsch de Kapp
Plaque en souvenir de l'Ă©chec du putsch de Kapp Ă  la gare de Wetter.

Au début de l'année 1919, un conseil d'ouvriers et de soldats, s'inspirant du modÚle des Soviets, prend le pouvoir à Halle. Il est défait par le Corps franc Maercker. AprÚs la fin des combats, dont une partie s'était déroulée à proximité du conservatoire, Heydrich s'enrÎle comme estafette au sein du Freikorps Halle[8].

Cet engagement précoce se confirme en 1920. Le putsch de Kapp, tentative réactionnaire de rétablir la monarchie, est mis en échec à la suite d'une grÚve générale organisée par les forces de gauche. L'état d'urgence proclamé à Halle par les opposants à Kapp est réprimé dans le sang, par les troupes gouvernementales pourtant plutÎt proches du putschiste, faisant plusieurs centaines de victimes. Durant cet épisode, Reinhard Heydrich s'engage à nouveau, cette fois comme membre du service technique de secours[8].

Son engagement aux cĂŽtĂ©s des forces ultranationalistes völkisch a parfois Ă©tĂ© minimisĂ© par sa famille, mais il ne fait aucun doute. Il a Ă©tĂ© glorifiĂ© par d'autres alors qu'en fait Heydrich n'a exercĂ© que des fonctions tout Ă  fait insignifiantes â€” en 1919 aprĂšs la fin des combats, et en 1920 sans y participer[8].

Cet engagement est à la fois précoce et constant : en 1918, Heydrich adhÚre à une association de jeunesse nationaliste, le Deutsch-Nationaler Jugendbund ; il la quitte, puis s'affilie en 1920 au Deutscher Völkischer Schutz- und Trutzbund. Cette organisation, dont le slogan est Wir sind die Herren der Welt! (« Nous sommes les maßtres du monde ! »), a pour but d'alerter le peuple allemand sur la menace que représenterait « l'influence des Juifs et des sentiments et pensées d'origine étrangÚre[9] ». En 1921, il fonde avec un ami la Deutschvölkische Jugendschar, organisation avec laquelle il reste en contact lorsqu'il rejoint la Reichsmarine[10].

Heydrich termine ses Ă©tudes en 1922, avec de bonnes notes. Durant cette pĂ©riode, il devient un sportif accompli qui pratique la natation, la course, la voile et l'escrime ; comme pour le violon, sa passion pour le sport persiste tout au long de sa vie. Il devient d'ailleurs un escrimeur de niveau international et continue Ă  participer Ă  des compĂ©titions d'escrime une fois devenu le responsable de l'appareil rĂ©pressif du Reich. En 1941, il est classĂ© cinquiĂšme aux championnats d'Allemagne d'escrime[11]. En de la mĂȘme annĂ©e, il remporte ses trois engagements contre les escrimeurs hongrois, alors que l'Ă©quipe allemande est battue par la Hongrie sur le score de cinq victoires contre onze[12], mais ces victoires peuvent s'expliquer par sa position de puissant chef du rĂ©gime rĂ©pressif nazi (les trois escrimeurs hongrois l'auraient laissĂ© gagner)[13].

BrĂšve carriĂšre dans la Marine

Le , il rejoint la Reichsmarine, sans doute influencé par le récit des campagnes du comte Felix von Luckner, ami de ses parents.

Photographie en noir et blanc de cuirassés de la Reichsmarine vers 1930
Cuirassés de la Reichsmarine vers 1930.

Au cours de sa carriÚre militaire, Heydrich se fait surtout remarquer par ses talents sportifs et musicaux et par ses liaisons féminines. En 1930, il n'est d'ailleurs classé que vingt-troisiÚme lors de sa promotion comme enseigne de vaisseau. AprÚs cette promotion, il est affecté aux services de renseignements de la Marine à Kiel[14] - [15] - [alpha 4].

Peu de faits marquants lors de ces annĂ©es, si ce n'est la relation Ă©tablie avec Wilhelm Canaris, futur amiral et futur chef de l’Abwehr, le service de contre-espionnage militaire[17]. Les bonnes relations nouĂ©es entre les deux hommes n'empĂȘcheront pas le SD et l'Abwehr, et leurs chefs respectifs, de mener une guerre fĂ©roce pour le contrĂŽle des services d'espionnage. Ce conflit se terminera Ă  l'avantage de la SS et du SD aprĂšs la disgrĂące et la dĂ©mission de Canaris en .

La carriÚre de Heydrich dans la Marine est brutalement interrompue en 1931. AprÚs l'annonce de ses fiançailles avec Lina von Osten, qu'il épouse quelque temps aprÚs, il est traßné devant un tribunal d'honneur présidé par le futur amiral Erich Raeder[14], à la suite de la plainte d'une jeune fille qui s'estime déjà fiancée avec Heydrich. L'identité de celle-ci et la nature exacte de sa relation avec Heydrich restent à ce jour inconnues[alpha 5].

En eux-mĂȘmes, les faits Ă©taient relativement mineurs et ne devaient pas avoir de consĂ©quences majeures. Mais, lors du procĂšs, Heydrich se montra suffisant et mĂ©prisant, faisant preuve de mauvaise foi et d'arrogance : le verdict dĂ©boucha sur un renvoi pour indignitĂ©, rendu public le [20].

Cette hypothÚse est mise en doute par Peter Padfield, qui ne cautionne cependant pas la justification tardive avancée par Heydrich, selon laquelle il aurait été exclu de la Marine en raison de ses sympathies nazies. Pour Padfield, il s'agirait d'une mise en scÚne de Canaris destinée à faciliter l'entrée de Heydrich dans les services de renseignements du parti nazi[21].

En , Heydrich se retrouve donc sans emploi et sans perspective de carriĂšre.

1931-1939 : au service du parti

La rumeur des origines juives

La carriÚre de Heydrich à la SS et au RSHA est émaillée de rumeurs sur ses origines juives, qui ne reposent sur aucun fondement sérieux[22] - [23] - [24] - [25], mais qui sont évoquées à plusieurs reprises par ses rivaux au sein du régime nazi.

À l'origine de la rumeur, il y a le fait que la grand-mĂšre paternelle de Heydrich, Ernestine Lindner, avait Ă©pousĂ© en secondes noces, soit aprĂšs le dĂ©cĂšs de son premier mari Carl Heydrich, un serrurier, Gustav SĂŒss, dont le patronyme Ă©tait autant portĂ© par des Juifs que des non-Juifs[alpha 6]. Tout en serait restĂ© lĂ  si, dans le dictionnaire de la musique Ă©crit par Hugo Riemann, l'auteur n'avait pas fait suivre le nom de son pĂšre Bruno Heydrich du patronyme SĂŒss, pensant ainsi dĂ©voiler sa supposĂ©e origine juive, encouragĂ© en cela par un visage d'intellectuel romantique et artiste qui, selon Riemann, donnait au pĂšre de Heydrich l'air juif[26].

Le , une commission d'évaluation de l'origine raciale, dont les recherches sont effectuées à la demande de Heydrich, affirme qu'« au vu de la liste généalogique ci-jointe, il apparaßt que Reinhard Heydrich, enseigne de vaisseau de 1re classe relevé de ses fonctions, est d'origine allemande et ne présente pas de sang de couleur ni de sang juif[23]. »

MalgrĂ© ses bases particuliĂšrement fragiles, cette rumeur constituait certainement une source d'inquiĂ©tude pour Heydrich et peut-ĂȘtre un moyen de pression que Himmler pouvait employer contre lui. Il doit d'ailleurs, jusqu'en 1940, plaider devant la justice pour diverses « calomnies raciales », mĂȘme s'il ressort Ă  chaque fois blanchi[27]. Les doutes qui l'assaillaient, plus que le mĂ©pris de certains dignitaires nazis au courant, lui causaient une grande souffrance[28], mais paradoxalement renforcĂšrent sa dĂ©termination, et son engagement pour le nazisme, l'amenant par ailleurs Ă  se constituer des fichiers sur tous les pontes du rĂ©gime, notamment sur ceux dont des rumeurs en rapport avec les Juifs existaient (en particulier la « gĂ©nĂ©alogie incertaine » de Hitler, de Himmler et la vie privĂ©e de Goebbels ou Rosenberg)[29].

Création du Sicherheitsdienst (SD)

Photographie en noir et blanc du symbole du SD cousu sur la partie inférieure de la manche gauche de l'uniforme. Les lettres SD, en blanc, sont apposée sur un losange noir
Symbole du SD cousu sur la partie inférieure de la manche gauche des uniformes de ses membres.
Organisation de la SS.

Le , soit le jour mĂȘme oĂč son renvoi de la Reichsmarine est rendu public, Heydrich s'affilie au parti nazi et moins de quinze jours plus tard, sur la recommandation de Karl von Eberstein[30], il se prĂ©sente au domicile de Heinrich Himmler, alors que celui-ci soigne une grippe[31]. Cette maladie n'est peut-ĂȘtre qu'un prĂ©texte pour organiser une rencontre discrĂšte, Ă  l'abri des regards de la SA[32]. Non seulement celui-ci l'accepte dans la SS, aux critĂšres de sĂ©lection nettement plus sĂ©vĂšres et Ă  la discipline plus stricte que ceux de la SA, mais il lui confie immĂ©diatement la crĂ©ation du service de renseignements du parti nazi, le futur Sicherheitsdienst (SD), compte tenu de son expĂ©rience au sein des services de renseignements de la Marine Ă  Kiel. Sous l'appellation « service Ic », ses activitĂ©s dĂ©butent Ă  Munich le , avec des moyens inexistants et dans l'amateurisme le plus total.

Ce nouveau service monte rapidement en puissance et collecte des renseignements tout d'abord sur les policiers infiltrés dans le parti nazi, sur les ennemis de celui-ci, mais aussi et surtout sur les membres du parti nazi et de la SA. Il sert aussi d'instrument d'extorsion de fonds pour financer l'expansion de la SS[32].

Il entre au parti nazi le , sous le numĂ©ro 544 916 puis dans la SS le , avec le matricule 10120. Travailleur, bon organisateur, nazi convaincu, adjoint direct de Himmler[33], Heydrich est promu HauptsturmfĂŒhrer le .

Le , Reinhard Heydrich Ă©pouse Lina von Osten (1911-1985) Ă  l'Ă©glise Ă©vangĂ©lique de Sant Katherina de Großenbrode lors d'un mariage oĂč abondent les symboles nazis : en entrant, les futurs mariĂ©s dĂ©filent entre deux rangĂ©es de notables nazis locaux faisant le salut hitlĂ©rien, le mur de l'autel est dĂ©corĂ© d'une croix gammĂ©e et, Ă  la fin de l'office, l'orgue joue le Horst-Wessel-Lied[34]. Ce dĂ©corum ne peut que plaire Ă  la promise, dont toute la famille est nazie, un de ses cousins Ă©tant l'auteur du proverbe « Sur Fehmarn [l'Ăźle du Holstein oĂč est nĂ©e Lina] il n'y a ni serpents, ni taupes, ni Juifs[35]. » Quatre enfants vont ĂȘtre issus de ce mariage :

  • Klaus (nĂ© le , mort le [alpha 7]) ;
  • Heider (nĂ© le ) ;
  • Silke (nĂ©e le ) ;
  • Marte (nĂ©e le [alpha 8]).

En guise de cadeau de mariage, Himmler nomme Heydrich SturmbannfĂŒhrer[34].

En , il est officiellement nommĂ© Ă  la tĂȘte du Sicherheitsdienst (SD), nouvelle appellation du service Ic[34] et Ă  nouveau promu, cette fois au grade de StandartenfĂŒhrer[39].

Le , Hitler est nommé chancelier du Reich par le président Paul von Hindenburg.

Heydrich a favorisĂ© la nomination de Hitler comme chancelier, en mettant en cause le fils de Hindenburg, Oskar, dans le dĂ©tournement des subsides de l’Osthilfe, destinĂ©s Ă  soutenir l'agriculture dans l'Est de la Prusse, et en inventant de toutes piĂšces la menace d'une tentative de coup d'État des communistes[40].

Heinrich Himmler prend les rĂȘnes de la police de Munich et Heydrich devient son adjoint pour la section politique, tout en demeurant le chef du SD. Il participe aux premiĂšres rĂ©pressions menĂ©es par le rĂ©gime nazi dĂšs le mois de et contribue Ă  remplir le camp de Dachau ouvert dĂšs 1933, dont la garde est confiĂ©e Ă  la SS en . Pour ce faire, il s'appuie notamment sur le Reichstagsbrandverordnung, l'ordonnance d'urgence pour la protection du peuple et de l'État, adoptĂ©e le lendemain de l'incendie du Reichstag (Ă  la prĂ©paration et Ă  l'exĂ©cution duquel il aurait lui-mĂȘme participĂ© avec l'aide de son frĂšre Heinz, journaliste bien informĂ©[41]), qui permet de suspendre les libertĂ©s fondamentales et l'habeas corpus[42].

Heydrich bloque toutes les tentatives de contrÎle juridique sur ce qui se passe à l'intérieur du camp[43].

Dans une lettre au Reichsstatthalter de BaviĂšre, Franz von Epp, en , il demande que Thomas Mann, prix Nobel de littĂ©rature, soit internĂ© Ă  Dachau dĂšs son retour Ă  Munich (Mann avait alors quittĂ© l'Allemagne), parce qu'il avait, selon Heydrich, « une position non allemande, ennemie du mouvement national, marxiste et judĂ©ophile[43] ». À dĂ©faut, ses biens et avoirs sont saisis[44].

On passe de la terreur de rue des SA Ă  la terreur d'État de la SS, mĂȘme si celle-ci est toujours officiellement subordonnĂ©e Ă  la SA.

La nuit des Longs Couteaux

Photographie en noir et blanc de Heydrich en uniforme noir de SS-BrigadefĂŒhrer
À son bureau de chef de la police bavaroise Ă  Munich (en 1934), Heydrich en uniforme de SS-BrigadefĂŒhrer[alpha 9] ; sur son bras droit, le chevron d'honneur de la Vieille Garde
Fac-similé de la loi du 3 juillet 1934 qui régularise les multiples crimes commis lors de la nuit des Longs Couteaux
Loi du qui régularise les multiples crimes commis lors de la nuit des Longs Couteaux.

En 1934, Heydrich est avec Heinrich Himmler l'un des artisans de la nuit des Longs Couteaux qui dĂ©bouche sur l'Ă©limination de la SA en tant que force politique et qui permet Ă  la SS de dĂ©pendre directement du FĂŒhrer. Avec plus de quatre millions de membres totalement dĂ©vouĂ©s Ă  son chef, Ernst Röhm, la SA exige des rĂ©formes sociales et Ă©conomiques ; sa volontĂ© de prendre le contrĂŽle de l'armĂ©e suscite l'opposition des dirigeants militaires dont Hitler a un pressant besoin.

Heydrich parvient Ă  convaincre Hitler de l'existence d'un complot fomentĂ© par Röhm, en rĂ©alitĂ© imaginĂ© par lui-mĂȘme, Himmler et Hermann Göring[45].

AprÚs que des mesures de répression ont été approuvées par Hitler, qui est toutefois réticent à faire exécuter Röhm, la SA est décapitée par les troupes de Himmler et Heydrich au cours de la nuit du vendredi au samedi , opération qui se poursuit jusqu'au lundi [alpha 10]. Les fichiers détaillés patiemment constitués depuis 1931 par Heydrich et le SD sont particuliÚrement utiles pour désigner les victimes.

L'Ă©puration fait une centaine de victimes y compris Röhm dont l'assassinat est attribuĂ© Ă  Michel Lippert et Theodor Eicke (futur inspecteur des camps de concentration, puis commandant de la 3e division SS « Totenkopf »). De nombreux responsables de la SA sont Ă©galement exĂ©cutĂ©s, ainsi que des opposants Ă  Hitler, opposants internes comme Gregor Strasser, pendant l'agonie duquel Heydrich hurle « qu'on laisse ce porc se vider de son sang[46] », ou externes comme l'ancien chancelier Schleicher. La liste des exĂ©cutions aurait Ă©tĂ© signĂ©e par Heydrich lui-mĂȘme[45], qui reçoit les dix-huit tueurs envoyĂ©s par Sepp Dietrich[alpha 11] et leur dĂ©signe leurs cibles, avant le dĂ©but des meurtres[47]. Une partie des meurtres ont lieu dans la cour de la prison de Stadelheim, Ă  Munich, le peloton d'exĂ©cution Ă©tant commandĂ© par Sepp Dietrich en personne.

C'est sur l'insistance de Heydrich qu'est assassinĂ© Erich Klausener, directeur de l'Action catholique et fonctionnaire au ministĂšre des Transports, qui s'Ă©tait opposĂ© aux nazis lorsqu'il Ă©tait directeur de la police au ministĂšre de l'IntĂ©rieur prussien. Pour l'adversaire de l'Église catholique qu'est Heydrich, la dĂ©claration de Klausener selon laquelle la messe est une reconnaissance toute particuliĂšre de l'action sociale de l'Église et ses prĂȘches publics contre les nazis lors de la journĂ©e d'action catholique Ă  Hoppergarten sont intolĂ©rables. Heydrich remet personnellement un pistolet au HauptsturmfĂŒhrer Kurt Gildisch, en lui donnant l'ordre formel d'abattre Klausener de sa propre main. Cette fois, Heydrich a choisi une victime Ă  titre personnel, en dehors du cadre de l'Ă©puration de la SA et du Parti[46]. Pour Hermann Göring, le meurtre de Klausener « fut une action vraiment sauvage de Heydrich[46] ».

MĂȘme Wilhelm Frick, nazi convaincu et ministre de l'IntĂ©rieur[alpha 12], est choquĂ© par la cruautĂ© de Heydrich. En , il dĂ©clare qu'« il est possible que par la suite je sois forcĂ© de laisser entrer au ministĂšre Himmler, mais en aucun cas l'assassin Heydrich ne sera admis[48] ».

La SS Ă©limine ainsi une organisation rivale dont elle dĂ©pend encore formellement. En remerciement de ses services, Heydrich est Ă  nouveau promu, cette fois au grade de GruppenfĂŒhrer[alpha 13].

Le Reichssicherheitshauptamt (RSHA)

Lorsqu'en 1936, aprÚs de nombreuses luttes d'influence, notamment avec Hermann Göring, Heinrich Himmler devient Chef der Deutschen Polizei (chef de toutes les polices allemandes), Heydrich est son bras droit.

Organigramme du Reichssicherheitshauptamt en 1941
Organigramme du RSHA en 1941.

Lors de la crĂ©ation du Reichssicherheitshauptamt (connu sous le sigle RSHA) en 1939, Heydrich est promu Ă  la tĂȘte du nouvel ensemble et supervise dĂ©sormais :

  • le Sicherheitsdienst (SD), organisme de la SS qu'il dirigeait depuis sa crĂ©ation en 1931, et qui comporte notamment les deux cellules opĂ©rationnelles SD-Inland et SD-Ausland ;
  • et en complĂ©ment la Sicherheitspolizei (Sipo), organisme d'État regroupant la Gestapo et la Kriminalpolizei.

Les responsables des quatre dĂ©partements principaux du RSHA — MĂŒller, personnellement choisi par Heydrich[49] et confirmĂ© Ă  son poste, Nebe, Ohlendorf et Schellenberg[alpha 14] — sont prĂ©sents tout au long de la rĂ©pression nazie. Ces quatre adjoints de Heydrich, aux profils variĂ©s, se sont rĂ©vĂ©lĂ©s fort efficaces.

MĂŒller, ĂągĂ© de 36 ans en 1936, et Nebe, 42 ans, sont tous deux des policiers de mĂ©tier qui ont commencĂ© leur carriĂšre au dĂ©but des annĂ©es 1920. MĂŒller a servi fidĂšlement la rĂ©publique de Weimar pour laquelle il a pourchassĂ© indiffĂ©remment nazis et communistes ; il ne s'inscrit d'ailleurs au NSDAP que le . En revanche, Nebe est militant du parti depuis 1931. Ohlendorf, 29 ans, et Schellenberg, 26 ans, ont des profils plus intellectuels. Ohlendorf est diplĂŽmĂ© en droit et en Ă©conomie des universitĂ©s de Leipzig et Göttingen, Schellenberg a Ă©tudiĂ© la mĂ©decine puis le droit Ă  l'universitĂ© de Bonn. Seules la date et, sans doute, la profondeur de leur engagement politique les sĂ©parent : Ohlendorf est membre du NSDAP depuis 1925 et de la SS depuis 1926 ; Schellenberg ne s'inscrit au parti qu'en 1933, peu avant son recrutement comme juriste au Sicherheitsdienst.

La Gestapo, police politique, se charge de traquer, d'interner ou d'Ă©liminer les opposants alors que la Kripo a un rĂŽle de police criminelle traditionnelle.

Le SD-Inland a notamment pour tùche d'établir des rapports sur l'intégration de la conception nationale-socialiste du monde, la Weltanschauung dans la sphÚre individuelle, de déterminer si elle suscite de l'opposition, et dans ce cas, d'identifier les opposants. Le SD-Ausland, en dehors de ses missions d'espionnage classiques, dresse des listes de personnalités à éliminer, notamment en Autriche, et élabore des « solutions aux problÚmes tchÚque et russe »[50].

La seule force de police qui Ă©chappe Ă  l'autoritĂ© de Heydrich et dĂ©pend directement de Himmler en tant que Chef der Deutschen Polizei est l’Ordnungspolizei, la police en uniforme chargĂ©e du maintien de l'ordre au sens classique du terme (gendarmerie, police de la route, polices urbaine et rurale, etc.) dirigĂ©e par Kurt Daluege.

DĂšs l’Anschluss, l'annexion de l'Autriche Ă  l'Allemagne le , Heydrich, qui a participĂ© activement Ă  sa prĂ©paration[51], utilise son outil rĂ©pressif contre les opposants autrichiens avec la mĂȘme vigueur qu'il avait dĂ©ployĂ©e en Allemagne. AprĂšs avoir rempli le camp de concentration de Dachau, c'est au tour de celui de Mauthausen.

Depuis 1935, le SD dispose en outre d'un nouvel outil de répression, la détention préventive (Schutzhaft) qui lui permet d'interner qui bon lui semble sans aucune procédure devant les tribunaux et dont il fait un large usage en Allemagne et dans tous les territoires occupés.

À partir du , la Schutzhaft est plus terrible encore, avec l'entrĂ©e en vigueur du dĂ©cret « Nuit et brouillard » qui impose que les prisonniers disparaissent sans laisser de trace et interdit de donner le moindre renseignement Ă  leurs proches sur leur sort ou leur lieu de dĂ©tention.

La « nuit de Cristal »

Heinrich Himmler et Reinhard Heydrich en 1938 Ă  Vienne.

Le , Heydrich est Ă  Munich[52], oĂč Hitler cĂ©lĂšbre l'anniversaire de la tentative de prise du pouvoir lors du putsch de la Brasserie en 1923, en prĂ©sence de Joseph Goebbels et de nombreux dirigeants nazis.

AprÚs que Hitler eut appris la mort du diplomate Ernst vom Rath, assassiné à Paris par Herschel Grynszpan, un jeune Juif polonais, dont les parents avaient été expulsés d'Allemagne pendant la Polenaktion, Goebbels prononce un discours haineux devant les dirigeants du parti nazi, appelant à des « actions spontanées » de représailles contre les Juifs, immédiatement relayé par les participants auprÚs de leurs troupes[53] : des pogroms se déclenchent à travers toute l'Allemagne. En fait d'actions spontanées, il s'agit d'une campagne orchestrée par le parti nazi et menée par la SA, mais sans drapeaux à croix gammée.

Photographie en noir et blanc de la synagogue de la Herzog-Rudolf Strasse Ă  Munich aprĂšs son incendie
La synagogue de la Herzog-Rudolf Strasse Ă  Munich aprĂšs son incendie.

Si Heydrich n'est pas l'initiateur du déclenchement des violences contre les Juifs et si d'aprÚs certains auteurs il désapprouve ce déchaßnement de violence sauvage[54], il participe à l'encadrement de l'opération et envoie le télégramme suivant :

« On ne devra mener que des actions qui ne mettent pas en danger la vie et les biens allemands (par exemple des incendies de synagogues uniquement s'il n'y a pas de danger de propagation alentour). Les commerces et les appartements des Juifs seront seulement saccagés mais non pillés »

— Reinhard Heydrich, dans la nuit du au

Quelques heures plus tard, il précise que « les actions contre les Juifs ne devaient entraßner aucune sanction[55] ».

Le , c'est encore lui qui dresse le bilan des actions anti-juives, lors d'une confĂ©rence interministĂ©rielle : 7 500 magasins et 177 synagogues dĂ©truits, plus de cent millions de marks de dĂ©gĂąts, et 91 morts[55]. Lors de cette mĂȘme rĂ©union, il propose de concentrer les Juifs dans des ghettos, de leur faire porter un insigne distinctif[56], de les exclure des transports publics, des hĂŽpitaux, des Ă©coles et de tous les endroits oĂč ils pourraient cĂŽtoyer des Allemands[57].

Au bilan officiel dressé par Heydrich, il faut ajouter les quelque vingt mille Juifs déportés en camp de concentration, grùce à la collaboration entre la police politique et la police ordinaire[58].

« MĂȘme en Ă©liminant totalement le Juif de l'Ă©conomie, le problĂšme fondamental reste entier : il faut que le Juif quitte l'Allemagne », affirmait par ailleurs Reinhard Heydrich, le .

Lors de son bilan, Heydrich vante Ă©galement les mĂ©rites de la centrale d'Ă©migration crĂ©Ă©e Ă  Vienne en , dont il a confiĂ© la responsabilitĂ© Ă  Adolf Eichmann, et qui a permis d'accĂ©lĂ©rer les dĂ©parts de Juifs, dont cinquante mille ont quittĂ© l'Autriche depuis l’Anschluss. Le , ce modĂšle est gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  l'ensemble du Reich, sous l'autoritĂ© directe de Heydrich[59].

1939-1942 : répression et extermination

L'invasion de la Pologne

Photographie en noir et blanc de soldats allemands pénétrant en Pologne
Infanterie allemande entrant en Pologne.

Début , Heydrich organise, à la demande de Hitler et de Himmler, la mise en scÚne, dans la nuit du au , de la prétendue attaque de la station radio allemande de Gleiwitz et celle du poste des douanes de Hochlinden[60], prétextes cousus de fil blanc dont se saisit Hitler pour envahir la Pologne. « Quand les blindés rouleront, plus personne n'en parlera[60] », dit ainsi Reinhard Heydrich.

Pour Hochlinden, Heydrich ordonne Ă  la Gestapo d'extraire six dĂ©portĂ©s du camp de Sachsenhausen et de les exĂ©cuter. Leurs cadavres, revĂȘtus d'uniformes polonais sont disposĂ©s autour du poste des douanes. La mĂȘme technique est utilisĂ©e Ă  Gleiwitz[60].

L'exĂ©cution de ces deux opĂ©rations est confiĂ©e Ă  la Gestapo, plus particuliĂšrement Ă  Heinrich MĂŒller et Ă  Alfred Naujocks. Ces deux hommes organisent Ă©galement l'incident de Venlo, soit l'enlĂšvement de deux agents secrets britanniques aux Pays-Bas dans la nuit du au [61].

Le au matin, les troupes allemandes franchissent la frontiÚre : la campagne de Pologne débute.

Création des Einsatzgruppen

La crĂ©ation des Einsatzgruppen revĂȘt clairement un caractĂšre idĂ©ologique et racial, et constitue la premiĂšre Ă©tape de la destruction des Juifs d'Europe. Lors de la campagne de Pologne, dans le sillage de la Wehrmacht, les Einsatzgruppen, constituĂ©s en par Reinhard Heydrich[62], procĂšdent au massacre planifiĂ© de l'Ă©lite polonaise, en mettant l'accent sur les Juifs considĂ©rĂ©s comme opposants potentiels. De au printemps 1940, les exĂ©cutions font soixante mille victimes dans ce qui se rĂ©vĂšle ĂȘtre la « premiĂšre Ă©tape de la Shoah polonaise ».

Photographie en noir et blanc de Polonais, alignés contre un mur, lors de leur assassinat par des membres d'un Einsatzgruppe
Assassinat de Polonais par des membres d'un Einsatzgruppe, en .

Si la Wehrmacht commet elle aussi de nombreuses exactions en reprĂ©sailles aux actions de francs-tireurs le plus souvent imaginaires[63], amorçant ainsi le processus de « barbarisation » de l'armĂ©e allemande[64], l'action des Einsatzgruppen est quant Ă  elle planifiĂ©e avant mĂȘme le dĂ©but de l'invasion, dirigĂ©e vers des victimes prĂ©dĂ©finies, considĂ©rĂ©es comme des opposants ou de futurs opposants potentiels Ă  l'occupation allemande. Heydrich indique ainsi « nous voulons bien protĂ©ger les petites gens, mais les aristocrates, les curetons et les Juifs doivent ĂȘtre supprimĂ©s[65] ».

En termes d'organisation des actions Ă  mener, les leçons de l'action des Einsatzgruppen en Pologne sont tirĂ©es lors de l'attaque contre l'Union SoviĂ©tique, notamment afin d'Ă©viter les tensions avec la Wehrmacht dont certains officiers avaient protestĂ© contre la brutalitĂ© des SS en Pologne. En Union soviĂ©tique, les tĂąches et les zones de dĂ©ploiement des Einsatzgruppen, ainsi que leur mode de collaboration avec la Wehrmacht, seront ainsi dĂ©finis en concertation avec les plus hautes autoritĂ©s militaires, avant mĂȘme le dĂ©but des opĂ©rations.

À la suite d'instructions Ă©crites de Heydrich en date du , la concentration des Juifs dans des ghettos, situĂ©s dans des villes reliĂ©es au chemin de fer commence dĂšs la fin du mois de , et des JudenrĂ€te (conseils juifs) sont constituĂ©s « afin que les futures mesures en soient facilitĂ©es[66] - [67] ».

En et , quatre-vingt-sept mille Juifs et Polonais sont dĂ©portĂ©s de la partie de la Pologne annexĂ©e au Reich vers le « Gouvernement gĂ©nĂ©ral[68] », au prix de conflits incessants avec le dirigeant de celui-ci, Hans Frank. Cette expĂ©rience va ĂȘtre mise Ă  profit par la suite lorsque l'action contre les Juifs concernera l'Allemagne et tous les territoires occupĂ©s.

En , Heydrich nomme Adolf Eichmann directeur de la section spĂ©ciale IV B4 de la Gestapo, qui va devenir plus tard l’Amt B4, afin de disposer d'un spĂ©cialiste de la question juive[68].

Organisation de la destruction des Juifs d'Europe

Photographie en noir et blanc lors des funérailles du chef de la police italienne en novembre 1940. Heydrich est le deuxiÚme à partir de la gauche de l'image, Himmler le quatriÚme
Avec Himmler aux obsĂšques d'Arturo Bocchini, chef de la police italienne, le .

En 1939 et 1940, Heydrich Ă©tudie les possibilitĂ©s de vider le Reich de tous les Juifs : il confie notamment Ă  Eichmann la mission d'Ă©laborer un plan pour dĂ©porter l'ensemble de la population juive sur l'Ăźle de Madagascar. Mais dĂšs le mois de , il comprend que la « question juive » ne pourra ĂȘtre rĂ©solue par l'Ă©migration[69]. En , soit trois mois avant le dĂ©but de l'invasion de l'Union SoviĂ©tique, Heydrich, avec l'accord de Hitler, prend contact avec Hermann Göring afin de trouver un projet de solution Ă  la « question juive ».

Dans les mois qui prĂ©cĂšdent l’invasion de l'Union SoviĂ©tique du , Heydrich mĂšne d’intenses nĂ©gociations avec des responsables de l’armĂ©e afin de mieux coordonner l’action des Einsatzgruppen avec les opĂ©rations militaires[70]. Vu l’ampleur du conflit qui se prĂ©pare, les difficultĂ©s rencontrĂ©es en Pologne ne peuvent se rĂ©pĂ©ter. Un accord est finalement conclu afin de dĂ©finir avec prĂ©cision les missions des uns et des autres, ce qui n’empĂȘche ni les tensions ni les contradictions.

Quatre Einsatzgruppen sont formĂ©s, dont deux sont dirigĂ©s par de proches collaborateurs de Heydrich : Arthur Nebe[alpha 15], chef du bureau V (police judiciaire ou Kripo) pour le groupe B et Otto Ohlendorf, chef du bureau III (SD-Ausland) pour le groupe D ; le groupe A est dirigĂ© par Franz Walter Stahlecker, le groupe C par Otto Rasch. DĂ©signĂ©s par Heydrich sans ĂȘtre volontaires[71], ils accomplissent leur tĂąche avec une redoutable efficacitĂ©.

Comme en Pologne, mais sur une bien plus vaste Ă©chelle, les quatre groupes s’engouffrent dans le sillage des armĂ©es allemandes dĂšs le dĂ©but de l'opĂ©ration Barbarossa et procĂšdent Ă  l’élimination systĂ©matique des cadres du parti communiste, surtout s’ils sont Juifs, des commissaires politiques de l’ArmĂ©e rouge, des partisans et supposĂ©s tels, de ceux qui les abritent et les soutiennent ou sont soupçonnĂ©s de le faire.

À la fin du mois de , l’action s’étend Ă  tous les Juifs, hommes, femmes et enfants. D'aprĂšs Walter Blume, chef de l’Einsatzkommando 7a de l’Einsatzgruppe B, et Karl JĂ€ger, chef de l’Einsatzkommando 3 de l'Einsatzgruppe A, c'est bien Heydrich qui donne l'ordre d'exĂ©cuter toute la population juive[72].

Il n’est plus nĂ©cessaire d’ĂȘtre un opposant rĂ©el ou potentiel : le seul fait d’ĂȘtre Juif suffit pour ĂȘtre exĂ©cutĂ©.

Le plus terrible des massacres est perpĂ©trĂ© par l'Einsatzgruppe C, Ă  Babi Yar, prĂšs de Kiev, les et , avec prĂšs de 34 000 victimes[73].

Fin ou dĂ©but , Heydrich confirme lors d'un entretien avec Eichmann que « le FĂŒhrer a ordonnĂ© l'Ă©limination physique des Juifs[74] ».

Afin d’accĂ©lĂ©rer l’extermination des Juifs, mais aussi d’épargner les nerfs des tueurs, les premiers camions Ă  gaz (dĂ©jĂ  utilisĂ©s en Allemagne pour l’extermination des malades mentaux dirigĂ©e et exĂ©cutĂ©e par les services de Heydrich[75]) font leur apparition sur le front de l’Est en . Le , les premiers gazages sont organisĂ©s dans le centre d'extermination de CheƂmno, seul camp administrĂ© par la Sipo. Les autres camps d'extermination et les camps de concentration ne relĂšvent pas de l'autoritĂ© de Heydrich, mais de celle de Himmler, au travers du Wirtschafts- und Verwaltungs-Hauptamt, dirigĂ© par Oswald Pohl.

Fac-similĂ© de la lettre de Göring Ă  Heydrich Ă  propos de la « Solution finale », l'invitant Ă  organiser les opĂ©rations, d’oĂč la confĂ©rence de Wannsee
Lettre de Göring Ă  Heydrich Ă  propos de la « Solution finale », l'invitant Ă  organiser les opĂ©rations, d’oĂč la confĂ©rence de Wannsee.

AprĂšs l’organisation des Einsatzgruppen, aux activitĂ©s desquels il n’assiste jamais, mais dont il suit les rĂ©sultats de maniĂšre constante et dont il lit les rapports tous les jours[76], Heydrich se voit confier par Göring, le , la tĂąche de « produire dans les plus brefs dĂ©lais un projet d'ensemble sur les premiĂšres mesures pratiques d'organisation Ă  prendre pour mener Ă  bien la solution tant dĂ©sirĂ©e du problĂšme juif[77] ». C'est sur la base de cette instruction que Heydrich organise la confĂ©rence de Wannsee qui se tient le .

Les quatorze participants, invitĂ©s par Heydrich, ne sont pas des responsables de premier plan et reprĂ©sentent divers ministĂšres, le Gouvernement gĂ©nĂ©ral, l'appareil du parti et la SS ; parmi eux, on retrouve Ă©galement les hommes de Heydrich, dont Heinrich MĂŒller et Adolf Eichmann, ce dernier assurant le secrĂ©tariat de la confĂ©rence.

« Heydrich fit part en ouverture de la mission qui lui était confiée par le maréchal du Reich [Göring] en vue de la préparation de la solution finale de la question juive en Europe et indiqua que l'objectif de cette réunion était de clarifier les questions de fond. Le souhait du maréchal du Reich de se voir présenter un projet d'organisation, de déroulement et de conditions matérielles dans la perspective de la solution finale de la question juive en Europe, exigeait au préalable une harmonisation de toutes les instances centrales directement concernées par ces questions, dans la perspective d'une conduite parallÚle de l'orientation des actions ».

Il est Ă©galement clair sur les mĂ©thodes Ă  mettre en Ɠuvre : « Au cours de la solution finale, les Juifs de l'Est devront ĂȘtre mobilisĂ©s pour le travail avec l'encadrement voulu. En grandes colonnes de travailleurs, sĂ©parĂ©s par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenĂ©s Ă  construire des routes dans ces territoires. Ce qui sans doute permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre. »

Pour finir, il faudra appliquer un traitement appropriĂ© Ă  la totalitĂ© de ceux qui resteront car il s'agira Ă©videmment des Ă©lĂ©ments les plus rĂ©sistants, puisque issus d'une sĂ©lection naturelle, et qui seraient susceptibles d'ĂȘtre le germe d'une nouvelle souche juive, pour peu qu'on les laisse en libertĂ© (voir l'expĂ©rience de l'histoire)[78] - [79] »

Pour Heydrich, il ne s'agit plus seulement d'appliquer la solution finale, l’Endlösung, aux seuls Juifs du Reich, mais bien de l'Ă©tendre Ă  tous les Juifs d'Europe, dont il estime le nombre Ă  11 millions de personnes[79].

La conférence dure à peine deux heures et les propos de Heydrich ne soulÚvent aucune objection : bien au contraire, plusieurs participants apportent leur contribution, notamment quant au sort à réserver aux demi-Juifs, ou pour demander d'accorder la priorité à l'évacuation des Juifs du « Gouvernement général »[80].

À l'issue de la confĂ©rence, Heydrich est manifestement satisfait. Selon le tĂ©moignage d'Eichmann lors de son procĂšs, c'est la premiĂšre fois qu'il voit Heydrich aussi dĂ©tendu, causant avec MĂŒller, en fumant une cigarette et buvant un verre de cognac, ce qui ne lui arrive jamais[81].

AprĂšs cette confĂ©rence, est lancĂ©e l’opĂ©ration Reinhard, soit l’élimination systĂ©matique de tous les Juifs de Pologne et de la Russie d’Europe[82].

Lors d'un discours devant des responsables de la SS et du SD Ă  Paris, en , Heydrich dĂ©clare sans dĂ©tour que « la condamnation Ă  mort a Ă©tĂ© prononcĂ©e pour l'ensemble des Juifs d'Europe[83] ». Selon l'historien Eberhard JĂ€ckel, « l'architecte suprĂȘme du gĂ©nocide ne fut pas Himmler, mais Heydrich. Il poussa Hitler lui-mĂȘme[77] ».

Heydrich est Ă©galement actif dans la persĂ©cution des Tsiganes par les nazis. Le , il promulgue les arrĂȘtĂ©s d'application du dĂ©cret du organisant la sĂ©grĂ©gation raciale Ă  l'Ă©gard des Tsiganes et notamment l'interdiction des unions mixtes. En et , il collabore Ă  la prĂ©paration de leur expulsion du territoire du Reich, qu'il organise en [84].

Un aviateur en quĂȘte de gloire

Les activitĂ©s Ă  la tĂȘte du SD, ses promotions au sein de la SS ne suffisent pas Ă  assouvir le besoin de gloire de Heydrich : il veut aussi ĂȘtre un hĂ©ros de guerre[85] - [86].

DÚs 1939, il reçoit une formation de pilote de chasse et il participe à des engagements au-dessus de la Pologne, de la NorvÚge et des Pays-Bas. Sans aucune victoire à son actif, il capote au décollage en et endommage son appareil en le rentrant dans un hangar en 1941 : ces maladresses sont transformées en exploits par la propagande[87].

MalgrĂ© l'interdiction formelle de Himmler, il vole Ă  nouveau lors de l'invasion de l'Union soviĂ©tique. Le , il est abattu par la dĂ©fense anti-aĂ©rienne et se pose en catastrophe derriĂšre les lignes ennemies[88]. La panique est totale : le directeur du RSHA, l'adjoint le plus proche de Himmler risque de tomber aux mains des SoviĂ©tiques. Mais il est rapidement recueilli par des membres de l’Einsatzgruppe D et Ă©chappe Ă  une capture.

Cette piĂštre carriĂšre d'aviateur, sans aucune victoire en combat aĂ©rien lui vaut cependant d'ĂȘtre dĂ©corĂ© de la croix de fer de premiĂšre classe. AprĂšs cet incident, Himmler met un terme dĂ©finitif Ă  la carriĂšre de Heydrich comme aviateur[88].

Vice-gouverneur de BohĂȘme-Moravie

Photographie en couleurs du Hradčany de Prague avec la Vltava qui coule au premier plan
Partie est du Hradčany (la colline du « chĂąteau ») vue du sud. La Vltava coule au premier plan.

Depuis 1931, la carriĂšre de Heydrich est rectiligne et se place dans le sillage de celle de Himmler : Ă  la tĂȘte du SD puis du RSHA, Heydrich Ă©pure le parti, pourchasse les opposants, organise les Einsatzgruppen et met en place les mĂ©canismes de la destruction des Juifs d'Europe. En 1941, elle prend un nouveau cours.

Photographie en noir et blanc de Heydrich et Karl Hermann Frank en visite au chĂąteau de Prague en 1941
Heydrich en visite au chùteau de Prague, résidence du président tchÚque Emil Håcha, en 1941 en compagnie de Frank son adjoint.

Le , Hitler nomme Heydrich « adjoint » (en allemand : stellvertretender) du gouverneur du protectorat de BohĂȘme-Moravie[alpha 16], Konstantin von Neurath. Ce dernier, ĂągĂ© de 68 ans, est jugĂ© peu efficace et il est officiellement en congĂ© de maladie[89]. Si Neurath reste officiellement en place, il n’a plus son mot Ă  dire et la situation est claire pour tout le monde : Heydrich devient le « numĂ©ro un » en BohĂȘme-Moravie[89]. Le mĂȘme jour, il est promu SS-ObergruppenfĂŒhrer[alpha 1] und General der Polizei[90].

Traduisant une notable extension de ses pouvoirs, cette nomination permet en outre Ă  Heydrich d’avoir des rapports directs avec les plus hauts dirigeants du TroisiĂšme Reich, sans devoir passer par l’intermĂ©diaire de Himmler. De plus, il est persuadĂ© qu’elle va lui confĂ©rer un profil d’homme d’État.

Il tire ainsi parti de ses succÚs et fait oublier ses échecs comme l'accusation d'homosexualité portée contre le général Werner von Fritsch, accusation montée de toutes piÚces et qui avait débouché sur l'acquittement de Fritsch par le tribunal de guerre du Reich, le [91].

DĂšs son arrivĂ©e Ă  Prague, Heydrich fait arrĂȘter et condamner Ă  mort le Premier ministre Alois EliĂĄĆĄ, qui avait eu des contacts avec le gouvernement tchĂ©coslovaque en exil Ă  Londres[alpha 17]. Il met au pas le prĂ©sident du gouvernement fantoche, HĂĄcha, afin de dissiper toute idĂ©e d’indĂ©pendance vis-Ă -vis du Reich, aussi minime soit-elle.

La population tchĂ©coslovaque ne faisant pas preuve d’assez de docilitĂ©, Heydrich utilise rapidement son arme de prĂ©dilection : la terreur.

Entre le , date de son arrivĂ©e, et le , quatre cents TchĂ©coslovaques sont exĂ©cutĂ©s. La Gestapo s’installe au palais Petschek et fait disparaĂźtre plus de quatre mille opposants ou rĂ©sistants. Heydrich entreprend aussi de vider le Protectorat de sa population juive, en la dĂ©portant dans le camp de concentration de Theresienstadt, puis dans les camps d’extermination[alpha 18].

Il veut aussi maintenir la production industrielle tchĂ©coslovaque, vitale pour l’effort de guerre allemand, et ne plus apparaĂźtre uniquement comme un bourreau. Il augmente les rations alimentaires, met en place des soupes populaires et lutte contre le marchĂ© noir[93].

Ses responsabilitĂ©s dans le Protectorat n'empĂȘchent pas Heydrich de continuer Ă  diriger le RSHA, au prix d'allers-retours incessants entre Prague et Berlin. Il veille notamment Ă  la rĂ©pression des tendances anglophiles d'une partie de la jeunesse allemande, qui apprĂ©cie le swing[94]. Il suit Ă©galement avec attention le recrutement des prostituĂ©es du Salon Kitty, bordel de luxe frĂ©quentĂ© par de nombreuses personnalitĂ©s, dont les chambres sont truffĂ©es de micros, sans aucun rĂ©sultat probant.

Au bout de quelques mois de rĂšgne absolu sur le protectorat de BohĂȘme-Moravie, Heydrich se sait craint. Il se croit aussi respectĂ©, voire apprĂ©ciĂ© par la « partie saine » de la population.

La mort de Heydrich

Au matin du , Heydrich est au faĂźte de sa puissance : SS-ObergruppenfĂŒhrer et « vice-gouverneur » — mais de facto « gouverneur » — de BohĂȘme-Moravie depuis huit mois, directeur du RSHA, dĂ©corĂ© Ă  de nombreuses reprises, reconnu par les plus hautes personnalitĂ©s du Reich, dont Hitler lui-mĂȘme, il envisage de transposer en France les mĂ©thodes qu’il a mises en Ɠuvre Ă  Prague.

Pour lui, l’avenir est porteur de promesses et, à seulement 38 ans, il veut poursuivre son ascension.

Le guet-apens du 27 mai 1942

Photographie en couleurs de l'une des Mercedes décapotables utilisée par Heydrich
L'une des Mercedes de Heydrich, similaire Ă  celle qu'il occupait lors du guet-apens.
Photographie en couleurs du mémorial de l'opération Anthropoid situé sur le lieu de l'attaque
Mémorial de l'opération Anthropoid situé sur le lieu de l'attaque ; le réseau routier y a connu de profondes modifications.

Le vers 10 h 35, sans escorte ni protection particuliĂšre, installĂ© Ă  cĂŽtĂ© du chauffeur sur le siĂšge avant[95] d’un cabriolet dĂ©capotĂ©, Heydrich effectue son trajet habituel d’une vingtaine de kilomĂštres[alpha 19] entre sa rĂ©sidence de PanenskĂ© BƙeĆŸany et le palais ČernĂ­n (en tchĂšque : ČernĂ­nskĂœ palĂĄc), oĂč se trouvent ses bureaux[96] - [alpha 20] sur la colline du Hradčany.

Sur cet itinĂ©raire, trois rĂ©sistants tchĂ©coslovaques, tous parachutĂ©s dans la nuit du au en provenance d’Angleterre[97] - [alpha 21], sont placĂ©s en embuscade : le Slovaque Jozef Gabčík et le TchĂšque Jan KubiĆĄ du groupe Anthropoid, ainsi que le TchĂšque Josef Valčík du groupe Silver A[97].

Gabčík et KubiĆĄ attendent Ă  un arrĂȘt de tramway situĂ© dans un virage serrĂ© en Ă©pingle[95] - [alpha 22] prĂšs de l’hĂŽpital Bulovka dans le quartier de Prague 8-Libeƈ. Ils attendent d’ĂȘtre avertis par le troisiĂšme homme, Valčík[97], postĂ© cent mĂštres en amont, qui joue le rĂŽle de guetteur.

Valčik signale l’arrivĂ©e de la Mercedes de Heydrich Ă  l’aide d’un miroir. Lorsque la voiture, au ralenti dans le virage, passe Ă  moins de trois mĂštres de Gabčík, celui-ci se prĂ©cipite devant elle pour l'arrĂȘter et braque sa Sten sur Heydrich, mais l’arme s’enraye et aucun coup ne part. Heydrich ordonne Ă  son chauffeur d’arrĂȘter la voiture et, alors qu'il se lĂšve pour tenter d’abattre Gabčík, le troisiĂšme membre du commando, KubiĆĄ, qui se retrouve alors en arriĂšre de la voiture lance une grenade antichar modifiĂ©e[98], laquelle explose prĂšs de la roue arriĂšre droite. Entre l’aile arriĂšre et la portiĂšre, la carrosserie est transpercĂ©e par des Ă©clats : des dĂ©bris de mĂ©tal et des fragments de fibres de siĂšge[99] sont projetĂ©s et pĂ©nĂštrent dans le dos de Heydrich[100].

Photographie en noir et blanc de la Mercedes de Heydrich aprÚs l'assaut. Les dégùts dus à l'explosion de la bombe sont visibles à l'arriÚre du véhicule
La Mercedes de Heydrich aprĂšs l'assaut.

AprĂšs un Ă©change de tirs au pistolet, le chauffeur, le SS-OberscharfĂŒhrer Johannes Klein, part Ă  la poursuite de KubiĆĄ qui monte sur une bicyclette et s'enfuit derriĂšre la voiture immobilisĂ©e. Heydrich, ne ressentant apparemment pas ses blessures, descend aussi de voiture, mais en titubant, rĂ©plique et tente de poursuivre Gabčík parti devant la voiture : il s’effondre rapidement sur le sol. Klein ne parvient pas Ă  rattraper KubiĆĄ et revient vers Heydrich ; celui-ci saigne abondamment et ordonne Ă  Klein de poursuivre Gabčík Ă  pied[101]. Klein s'Ă©lance Ă  nouveau et retrouve Gabčík dans une boutique de boucher, mais le parachutiste fait feu Ă  deux reprises avec son pistolet[102], blessant sĂ©rieusement Klein Ă  la jambe, ce qui lui permet de s'Ă©chapper et de rejoindre une cache, aprĂšs avoir pris un tramway. À ce moment, les deux parachutistes en fuite sont persuadĂ©s que leur mission a Ă©chouĂ©.

Heydrich n'est transportĂ© Ă  l’hĂŽpital voisin Bulovka, dans une fourgonnette de livraison[99], qu'au bout d'une heure. Sa blessure n’est en elle-mĂȘme pas mortelle mais, en traversant le siĂšge, les Ă©clats de carrosserie ont Ă©galement fait pĂ©nĂ©trer dans la plaie des particules du rembourrage constituĂ© de crins de cheval[99]. Il subit une opĂ©ration, se rĂ©tablit progressivement et, six jours plus tard, prend son dĂ©jeuner assis dans son lit, mais c’est alors que son Ă©tat s'aggrave brutalement et le fait tomber dans le coma. La septicĂ©mie est foudroyante et rapidement gĂ©nĂ©ralisĂ©e[100] - [alpha 23].

Le , Ă  9 h 24, Heydrich meurt Ă  l'Ăąge de 38 ans.

Les représailles

Photographie en couleurs de l'Ă©glise Saints-Cyrille-et-MĂ©thode Ă  Prague
L'église Saints-Cyrille-et-Méthode à Prague, dans laquelle sont morts, les armes à la main, les trois membres du commando qui a assassiné Heydrich.
Reproduction en couleurs d'une affiche de propagande anglaise commémorant la destruction du village de Lidice
Affiche de propagande anglaise commĂ©morant la destruction du village de Lidice en BohĂȘme, prĂšs de Prague.

Le , les hommes de la police de sĂ©curitĂ© encerclent le village de Lidice, soupçonnĂ© d’avoir abritĂ© les parachutistes. Les 184 hommes du village sont exĂ©cutĂ©s par la SS ; les femmes sont dĂ©portĂ©es Ă  RavensbrĂŒck, d'oĂč une bonne partie d'entre elles reviendront ; en revanche, sur les 105 enfants dĂ©portĂ©s Ă  ƁódĆș, seuls 17 ont survĂ©cu, les autres ont Ă©tĂ© gazĂ©s Ă  CheƂmno[alpha 24]. Une partie des enfants du village, aux traits considĂ©rĂ©s comme aryens par les nazis, sont confiĂ©s Ă  des familles allemandes, au travers du Lebensborn[105]. AprĂšs le massacre et les dĂ©portations, Lidice est incendiĂ© et rasĂ©.

GrĂące au rĂ©seau local de rĂ©sistance, KubiĆĄ est hĂ©bergĂ© clandestinement dans la crypte de l'Ă©glise Saints-Cyrille-et-MĂ©thode, dans le centre de Prague, bientĂŽt suivi par d'autres membres de commandos parachutĂ©s depuis [alpha 25]. Vladimir Petrek, le prĂȘtre orthodoxe, fournit lui-mĂȘme de la nourriture et des journaux aux reclus. Les autres membres de l'Ă©glise sont mis plus tard au courant de la prĂ©sence des rĂ©sistants dans le bĂątiment[107].

Les Allemands proposent jusqu’à dix millions de couronnes Ă  toute personne qui permettra de retrouver le commando ayant assassinĂ© Heydrich[107].

Sur trahison d'un membre d'un autre commando — Karel Čurda, du commando Out Distance (en)[alpha 26] parachutĂ© le — qui donne entre autres le nom de la famille Moravec[109] ayant hĂ©bergĂ© les parachutistes avant l’attentat, et aprĂšs un interrogatoire « poussĂ© » de cette famille[106], les Allemands parviennent Ă  localiser le commando cachĂ© dans l'Ă©glise en compagnie des autres parachutistes.

On ne connaĂźt toujours pas aujourd'hui les raisons rĂ©elles de la trahison de Čurda[107] - [alpha 27].

Le , Ă  4 h 15 du matin, l'Ă©glise est encerclĂ©e par huit cents militaires[alpha 28], chargĂ©s de capturer les parachutistes vivants, les Allemands souhaitant Ă  tout prix organiser un procĂšs « pour l'exemple » Ă  la hauteur de l'importance de la victime[107]. Une vĂ©ritable bataille de siĂšge s'engage alors Ă  laquelle les membres du commando opposent une rĂ©sistance farouche. AprĂšs que les assiĂ©geants ont tentĂ© d'inonder la crypte, les sept rĂ©sistants pĂ©rissent finalement dans les combats, ou sont blessĂ©s puis se donnent la mort[alpha 29], aprĂšs avoir envisagĂ© de s'enfuir par les canalisations en creusant un trou dans le mur de la crypte[107]. AprĂšs les combats, c’est le traĂźtre Čurda qui est chargĂ© d’identifier les corps des rĂ©sistants alignĂ©s devant l'Ă©glise[111]. La Gestapo coupe la tĂȘte des cadavres et les expose sur une Ă©tagĂšre devant laquelle elle fait ensuite dĂ©filer parents et amis[112].

La rĂ©pression se poursuit tout au long de l’étĂ© 1942, faisant plus d’un millier de victimes. À Lezaky, les hommes et les femmes du village, soit trente-trois personnes, sont tous fusillĂ©s le aprĂšs la dĂ©couverte d’un Ă©metteur clandestin. Les complices et sympathisants des membres du commando sont condamnĂ©s Ă  mort. L’évĂȘque orthodoxe de Prague, Mgr Gordaz, le prĂȘtre de l’église dans laquelle les parachutistes avaient trouvĂ© refuge, Vladimir Petrek, et deux autres religieux sont exĂ©cutĂ©s Ă  l’issue d'un procĂšs le . Deux cent trente-six autres condamnĂ©s sont dĂ©portĂ©s Ă  Mauthausen et liquidĂ©s le [107].

Les funérailles et la succession

Photographie en noir et blanc de Hitler effectuant le salut nazi devant le cercueil de Heydrich, entouré de fleurs, le 9 juin 1942
Hitler salue le cercueil de Heydrich Ă  Berlin, le .

RapatriĂ© Ă  Berlin, le corps de Heydrich a droit Ă  des funĂ©railles nationales le 9 juin 1942, au cimetiĂšre des Invalides, orchestrĂ©es avec toute la pompe nazie. Heinrich Himmler, ReichsfĂŒhrer-SS, salue tout d'abord « le caractĂšre d'une rare puretĂ© du dĂ©funt [qui] du plus profond de son Ăąme et de son sang, a compris, rĂ©alisĂ© et matĂ©rialisĂ© la conception du monde d'Adolf Hitler[113] ».

AprĂšs Himmler, c'est le FĂŒhrer lui-mĂȘme, Adolf Hitler, qui rend hommage au dĂ©funt : « Je n'ai que peu de mots Ă  dĂ©dier Ă  ce mort. Il Ă©tait l'un des meilleurs nationaux-socialistes, l'un des plus vaillants dĂ©fenseurs de l'idĂ©e du Reich allemand, et l'un des adversaires les plus rĂ©solus de tous les ennemis du Reich[113] » (Adolf Hitler, ).

la tombe de Heydrich dans l'Invalidenfriedhof Ă  Berlin.

En privĂ©, Hitler se dĂ©chaĂźne contre l'imprudence de Heydrich : « Des gestes hĂ©roĂŻques comme se dĂ©placer dans une voiture ouverte [...] sont des folies dont la nation n'avait pas besoin. Les hommes de la stature politique de Heydrich devraient avoir conscience qu'on les guette comme du gibier et que d'innombrables personnes n'ont qu'une idĂ©e en tĂȘte : comment les tuer ? »[113].

AprĂšs un intĂ©rim assurĂ© par Himmler, Ernst Kaltenbrunner reprend les rĂȘnes du RSHA le , sans atteindre le niveau de pouvoir et d'influence de son prĂ©dĂ©cesseur[alpha 30].

De à , Lina Heydrich vit dans le chùteau et le domaine de Jungfer-Breschnan, prÚs de Prague, qu'elle fait notamment entretenir par des détenus extraits du camp de concentration de Theresienstadt. C'est dans le parc du chùteau qu'elle fait inhumer, en présence de Heinrich Himmler, son fils Klaus, mort percuté accidentellement par une camionnette le [alpha 7].

Lors de la fuite devant les troupes soviétiques, elle réquisitionne les services du conducteur d'autocar impliqué dans l'accident mortel de son fils, dont la Gestapo avait pourtant déclaré qu'il n'avait aucune responsabilité dans le décÚs de Klaus : il disparaßt lors du voyage.

Poursuivie et condamnĂ©e lors du processus de dĂ©nazification en Allemagne, Lina Heydrich multiplie les procĂ©dures pour se voir finalement disculpĂ©e ; elle intente ensuite procĂšs sur procĂšs et finit par obtenir une pension sur la base d'un jugement dĂ©clarant que Reinhard Heydrich avait Ă©tĂ© la victime d'un acte de guerre. AprĂšs avoir dĂ©fendu la mĂ©moire de son mari dans la presse et Ă  travers ses mĂ©moires, allant jusqu’à affirmer Ă  maintes reprises qu'il n'avait eu aucune part de responsabilitĂ© dans l'extermination des Juifs, elle meurt sur son Ăźle natale le [115].

L'homme au cƓur de fer

Photographie en noir et blanc de Heydrich et son Ă©pouse lors d'un concert Ă  Prague le 26 mai 1942, la veille de l'attentat qui va le tuer
Heydrich et son Ă©pouse lors d'un concert Ă  Prague, la veille de l'attentat qui va le tuer.

Grand (1,85 mĂštre), blond, athlĂ©tique, sportif, escrimeur de niveau international, bon violoniste, mariĂ© Ă  une nazie convaincue et pĂšre de quatre enfants[alpha 31], d’un rĂ©el courage physique, Heydrich semble, par bien des aspects, correspondre au profil de l'Übermensch. Mais il est aussi un mari volage, un coureur de jupons invĂ©tĂ©rĂ©, un amateur de soirĂ©es Ă©thyliques dans lesquelles il entraĂźne ses collaborateurs[116], un officier de marine Ă  la voix grĂȘle et Ă  la carriĂšre Ă©courtĂ©e, un pilote de chasse peu expĂ©rimentĂ© sans victoire Ă  son actif.

Un des traits les plus saillants de la personnalitĂ© de Heydrich est sa totale incapacitĂ© de manifester, voire d’éprouver, le moindre sentiment[117], si ce n'est du mĂ©pris, notamment Ă  l'Ă©gard de ses adjoints, ou au travers de ses frĂ©quentes et terribles crises de colĂšre[118]. Pour tous ceux qui l’ont approchĂ©, qu’il s’agisse de ses complices ou de ses victimes, c’est un homme froid et dur, l’un des plus craints du rĂ©gime nazi.

Pour Albert Speer, « Heydrich Ă©tait un homme froid qui se contrĂŽlait toujours et formulait ses idĂ©es avec une rigueur d'intellectuel[119] » ; pour Walter Schellenberg, « il pouvait ĂȘtre incorrect jusqu’à la cruautĂ©. [
] Cela ne l'empĂȘchait pas, Ă©tant donnĂ© que son supĂ©rieur, le ReichsfĂŒhrer-SS Himmler, accordait beaucoup d'importance Ă  l'image de la vie de famille, de jouer les tendres Ă©poux et les bons pĂšres de famille [
][120] » ; en parlant de Heydrich, Ernst Kaltenbrunner dĂ©clare lors de son emprisonnement pendant le procĂšs de Nuremberg : « C'Ă©tait un homme terriblement ambitieux et assoiffĂ© de pouvoir. Ce dĂ©sir de pouvoir Ă©tait sans mesure, et il Ă©tait extraordinairement intelligent et astucieux[121] » ; selon l'historien Joachim Fest, « c'Ă©tait un homme comme un coup de fouet, dans sa froideur de sentiments lucifĂ©rienne, son amoralitĂ© tranquille et son inextinguible soif de pouvoir[122] ».

Pour l’historien Robert Gerwarth[123], l'historiographie et la littĂ©rature populaire ont connu deux images successives de Heydrich. La premiĂšre est celle du nazi pervers et diabolique. Elle a son origine dans des tĂ©moignages d'anciens nazis, souvent des subalternes de Heydrich soucieux de mĂ©nager leur propre dĂ©fense : Werner Best, Karl Wolff et Walter Schellenberg. Elle est propagĂ©e par des ouvrages populaires comme celui de Charles Wighton[124]. Il s'y mĂȘle l'allĂ©gation de la parentĂ© juive de Heydrich, rĂ©pĂ©tĂ©e aprĂšs la guerre par d'anciens SS comme Wilhelm Höttl ou par l'ancien masseur de Himmler, Felix Kersten. Celle-ci a Ă©tĂ© reprise par quelques historiens, principalement Joachim Fest. La seconde image de Heydrich montre au contraire un technocrate froid et bureaucratique, plus carriĂ©riste qu'idĂ©ologue, Ă  la suite de la thĂšse avancĂ©e par Hannah Arendt Ă  l'occasion du procĂšs Eichmann. Cette approche est reprise en particulier par GĂŒnther Deschner[125].

Travailleur, bon organisateur, sachant s’entourer d’adjoints efficaces malgrĂ© leurs profils divers, il fait preuve d’une grande dĂ©termination et de beaucoup d'ambition. Exigeant pour ses collaborateurs, inaccessible au doute ou Ă  la critique, il tĂ©moigne d’une obĂ©issance totale Ă  l’égard de son supĂ©rieur immĂ©diat, Heinrich Himmler[alpha 32].

Culture populaire

Cinématographie

Bande dessinée

  • Dans Le Journal d'un ingĂ©nu, Heydrich apparait comme mĂ©fiant vis Ă  vis du diplomate Karl Von Glaubitz.
  • Dans le tome I de la sĂ©rie Block 109, Reinhard Heydrich devient ReichsfĂŒhrer de la SS, Ă  la suite de l’assassinat d'Adolf Hitler (Heinrich Himmler remplace Hitler Ă  la chancellerie du Reich). Dans cette bande dessinĂ©e, Heydrich est en continuel conflit avec Paul Zytek, Hochmeister (grand maĂźtre) du Nouvel Ordre teutonique, organisation crĂ©Ă©e par Himmler pour contrebalancer l'influence grandissante de la SS.
  • Dans Nadja le tome XI de la sĂ©rie L'Histoire secrĂšte, il est expliquĂ© que Heydrich est devenu un ĂȘtre qui a perdu son Ăąme et dont l'Ă©limination physique est vitale pour les Archontes, qui dĂ©cident d'organiser son attentat.

Notes et références

Notes

  1. Équivalent en France au grade de gĂ©nĂ©ral de corps d'armĂ©e, dans ce cas dans la police SS, puisque Heydrich n’est pas militaire. Son grade complet est ainsi : SS-ObergruppenfĂŒhrer und General der Polizei.
  2. Depuis la scission de la Tchécoslovaquie le , Prague est la capitale de la République tchÚque.
  3. La veille de l'attentat qui le blesse mortellement, il assiste encore Ă  un concert des Semaines musicales de Prague — le concert d’ouverture en fait au palais Wallenstein — oĂč est entre autres jouĂ©e une Ɠuvre de son pĂšre Bruno Heydrich : le concerto pour piano en do mineur[4].
  4. Selon Husson, Heydrich n'aurait pas fait partie des services de renseignements, mais aurait simplement servi comme officier du service des transmissions[16].
  5. D'aprÚs Knopp, il s'agirait de la fille d'un influent inspecteur principal des constructions de la Marine[18]. Pour Höhne, il s'agit de la fille d'un des directeurs d'IG Farben, qui de surcroßt était enceinte[19].
  6. L'importance de ce patronyme dans la symbolique antisĂ©mite nazie est notamment illustrĂ©e par le titre du film de propagande Le Juif SĂŒss.
  7. Klaus meurt Ă  l'Ăąge de 10 ans dans un accident de la circulation, renversĂ© par une camionnette conduite par un TchĂšque. Il est alors inhumĂ© dans les jardins du chĂąteau de Jungfern-Breschnan. Heider Heydrich, le frĂšre cadet de Klaus, a confirmĂ© — Ă  l'Ăąge de 76 ans : en 2011 — l'information selon laquelle son frĂšre aĂźnĂ© y repose toujours[36]. Cette question divisait encore les historiens tchĂšques, d'aucuns pensaient que le corps du fils Heydrich avait Ă©tĂ© rapatriĂ© aprĂšs la guerre. Selon un « mĂ©morial » anonyme, avant que sa famille ne fuie la RĂ©publique tchĂšque en 1945, la dĂ©pouille de Klaus aurait Ă©tĂ© exhumĂ©e et Ă  nouveau enterrĂ©e dans un endroit inconnu afin d'Ă©viter une Ă©ventuelle profanation ultĂ©rieure[37]. Le chauffard, selon Laurent Binet[38], aurait Ă©tĂ© dĂ©portĂ©.
  8. Soit un mois et demi aprĂšs la mort de son pĂšre.
  9. Équivalent en France au grade de gĂ©nĂ©ral de brigade, dans ce cas dans la police SS, puisque Heydrich n’est pas militaire. Son grade complet est en fait Ă  ce moment-lĂ  : SS-BrigadefĂŒhrer und Generalmajor der Polizei. La SS a une structure naissante et permet Ă  Heydrich, 30 ans et proche de Himmler, de bĂ©nĂ©ficier si tĂŽt de ce grade en apparence trĂšs Ă©levĂ©.
  10. Jour oĂč RĂŽhm est finalement assassinĂ©.
  11. Sepp Dietrich est alors commandant de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » (le « régiment des gardes du corps SS d'Adolf Hitler ») qui, sept ans plus tard, en , devient une division de la Waffen-SS.
  12. Condamné à mort et pendu à l'issue du procÚs de Nuremberg.
  13. Équivalent en France de gĂ©nĂ©ral de division, dans ce cas dans la police SS, puisque Heydrich n’est pas militaire. Son grade complet est en fait Ă  ce moment-lĂ  : SS-GruppenfĂŒhrer und Generalleutnant der Polizei. Heydrich, 30 ans et proche de Himmler, bĂ©nĂ©ficie ainsi trĂšs tĂŽt d'un grade trĂšs Ă©levĂ©. Ceci explique qu'il lui faudra attendre sept ans () pour accĂ©der au grade supĂ©rieur : SS-ObergruppenfĂŒhrer und General der Polizei (voir infra).
  14. Schellenberg succĂšde Ă  Heinz Jost en .
  15. Nebe se rapproche par la suite des conjurĂ©s du , s'enfuit aprĂšs l'attentat manquĂ© contre Hitler, se cache mais est retrouvĂ© sur dĂ©nonciation d’une ancienne maĂźtresse puis est exĂ©cutĂ© en .
  16. Son titre peut aussi ĂȘtre libellĂ© « vice-gouverneur ».
  17. MalgrĂ© ses demandes pressantes et rĂ©pĂ©tĂ©es, Heydrich ne parvient pas Ă  obtenir son exĂ©cution. NĂ©anmoins l’annĂ©e suivante, EliĂĄĆĄ va ĂȘtre la premiĂšre victime de la vague de rĂ©pression qui suit l'assassinat de Heydrich[92].
  18. Le premier camp d'extermination, Ă  CheƂmno situĂ© prĂšs de ƁódĆș dans le Warthegau, partie de la Pologne annexĂ©e au Reich, commence Ă  fonctionner en .
  19. Distance mesurée sur la carte, en tenant compte du fait qu'il passe par le quartier de Kobylisy, lieu de l'attentat.
  20. Le siÚge du protectorat est ainsi situé à quelques centaines de mÚtres à l'ouest du chùteau de Prague : celui-ci est resté palais présidentiel et son occupant est alors Emil Håcha, président sans pouvoir.
  21. Craignant, à juste titre, de terribles représailles, la résistance tchÚque ne souhaitait pas attenter à la vie de Heydrich.
  22. Ce virage permet Ă  la rue Zenklova (cs) (rue Kirchmayer Ă  l'Ă©poque), du quartier de Kobylisy, de rejoindre la rue « V HoleĆĄovičkĂĄch » (cs) (dĂ©nomination inchangĂ©e). Ce virage donne ainsi accĂšs au creux de la vallĂ©e de la Vltava (la Moldau en allemand), permet de franchir la riviĂšre, puis de rejoindre la colline du Hradčany oĂč se trouve le quartier historique du « ChĂąteau » avec, un peu plus Ă  l'ouest, le palais ČernĂ­n, siĂšge du protectorat avec les bureaux de Heydrich.
  23. Le décÚs de Heydrich serait une des « justifications » des expériences menées par le médecin SS Gebhardt sur des détenus des camps de concentration afin de lutter contre la gangrÚne gazeuse, Hitler ne lui ayant jamais pardonné d'avoir échoué dans le sauvetage de Heydrich[103].
  24. Les chiffres varient selon les auteurs. Longerich précise :
    « Dans le cadre de l'action de reprĂ©sailles consĂ©cutive Ă  l'attentat contre Heydrich, on rassembla d'abord les 88 enfants dont les pĂšres avaient Ă©tĂ© fusillĂ©s et les mĂšres dĂ©portĂ©es dans un camp de concentration dĂ©pendant de l'Office central de l'Ă©migration de Lodz. Sept y furent alors sĂ©lectionnĂ©s comme Ă©tant « germanisables », les 81 autres Ă©tant envoyĂ©s dans le camp d'extermination de CheƂmno oĂč ils furent assassinĂ©s[104]. »
  25. Les sept occupants clandestins de l'Ă©glise Saints-Cyrille-et-MĂ©thode sont, outre Jan KubiĆĄ et Josef Gabčík : Adolf OpĂĄlka le chef du groupe Out Distance qui a organisĂ© et dirigĂ© le commando chargĂ© de l’assassinat de Heydrich, le sergeant cadet Josef BublĂ­k et le sergeant Jan HrubĂœ du groupe de sabotage Bioscop larguĂ© dĂ©but 1942, le staff sergeant Jaroslav Ć varc du groupe Tin — dont la mission Ă©tait d’assassiner le ministre de l'Éducation Emanuel Moravec — et Josef Valčík, le « guetteur » de Anthropoid, initialement dans Siver A[106] ; l'Ă©glise Saints-Cyrille-et-MĂ©thode est situĂ©e Ă  l'angle des rues Resslova et « Na Zderaze », dans le quartier historique de NovĂ© Město, Ă  faible distance du ChĂąteau[96], mais sur l'autre rive de la Moldau.
  26. Le groupe Out Distance est composĂ© de trois parachutistes[108], le first lieutenant Adolf OpĂĄlka, le warrant officer Karel Čurda, et le corporal cadet Ivan Kolaƙík. C'est OpĂĄlka, en tant qu'officier, qui avait supervisĂ© KubiĆĄ et Gabčík dans le choix et la prĂ©paration de la mĂ©thode d’attaque de Heydrich : il leur avait ainsi adjoint les services de Valčík du groupe Siver A, pour son rĂŽle de guetteur au miroir peu avant l'attentat.
  27. AprĂšs cette trahison, Čurda reste un indicateur des Allemands ; aprĂšs guerre, il est arrĂȘtĂ©, jugĂ©, condamnĂ© Ă  mort et exĂ©cutĂ© en 1947.
  28. Du bataillon de rĂ©serve Deutschland et du bataillon de garde de Prague, sous le commandement du SS-BrigadefĂŒhrer Karl Fischer von Treuenfeld (en)[106].
  29. Pour six d’entre eux[110].
  30. Lors du procÚs de Nuremberg, il fut particuliÚrement terne et sa principale défense consista en l'affirmation que les principales décisions avaient déjà été prises avant lui par Heydrich[114].
  31. (voir supra) pour la liste de ses quatre enfants.
  32. Cf. le jeu de mots mentionnĂ© par Dederichs[126] : HHhH - Himmlers Hirn heisst Heydrich en français : « Le cerveau de Himmler s'appelle Heydrich Â».

Références

(de) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de l’article de WikipĂ©dia en allemand intitulĂ© « Reinhard Heydrich » (voir la liste des auteurs).
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  2. Dederichs, p. 26-28.
  3. Elisabeth Anna Maria Amalia Krantz (1871-1946), sur le site geneagraphie.com, consulté le .
  4. Burian et al., p. 59.
  5. Dederichs, p. 31.
  6. (en) GĂŒnther Deschner, Heydrich, the pursuit of total power, Orbis, , p. 61.
  7. Dederichs, p. 150.
  8. Dederichs, p. 35-37.
  9. Padfield, p. 107.
  10. Delarue, p. 124-125.
  11. Popplow, p. 14-20.
  12. Dederichs, p. 149.
  13. Gerwarth, p. 232.
  14. Delarue, p. 125.
  15. Dederichs, p. 41.
  16. Husson, p. 31.
  17. Dederichs, p. 39.
  18. Knopp, p. 152.
  19. Höhne, p. 105.
  20. Dederichs, p. 49-50.
  21. Padfield, p. 110.
  22. Dederichs, p. 62-64.
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  24. Aronson, p. 310.
  25. Williams 2001, p. 41.
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  113. Dederichs, p. 170.
  114. Wieviorka, p. 247-248.
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  118. Delarue, p. 128-129.
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  120. Knopp, p. 155.
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  123. Gerwarth, p. XIV et suivantes.
  124. Wighton.
  125. Deschner.
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  127. Binet.

Annexes

Bibliographie

Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

  • Hannah Arendt (trad. Anne GuĂ©rin), Eichmann Ă  JĂ©rusalem : Rapport sur la banalitĂ© du mal, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », , 519 p. (ISBN 9782070326211, OCLC 59168047).
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Romans

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Articles connexes

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