Accueilūüáęūüá∑Chercher

Mont Roraima

Le mont Roraima est une montagne d'Am√©rique du Sud partag√©e entre le Br√©sil, le Guyana et le Venezuela. Il s'agit d'un tepuy, une montagne tabulaire caract√©ristique du plateau des Guyanes. D√©limit√© par des falaises d'environ 1 000 m√®tres de hauteur, son plateau sommital pr√©sente un environnement totalement diff√©rent de la for√™t tropicale humide et de la savane qui s'√©tendent √† ses pieds. Ainsi, la forte pluviom√©trie est √† l'origine de formations pseudokarstiques, dont de nombreuses et grandes grottes, ainsi que du lessivage du sol. La flore s'est adapt√©e √† ces conditions climatiques et g√©ologiques avec un fort end√©misme et une abondance de plantes carnivores qui trouvent dans les insectes captur√©s les nutriments absents dans le sol. La faune est peu pr√©sente mais marqu√©e elle aussi par un end√©misme prononc√©, notamment chez les reptiles et les amphibiens. Cet environnement est prot√©g√© au sein du parc national Canaima au Venezuela et du parc national du Mont Roraima au Br√©sil. Le point culminant de la montagne s'√©l√®ve sur le rebord m√©ridional de la falaise, en territoire v√©n√©zu√©lien, √† 2 810 m√®tres d'altitude ; cette pro√©minence constitue le plus haut sommet de l'√Čtat de Bol√≠var. Une autre petite ant√©cime constitue le point culminant du Guyana √† 2 772 m√®tres d'altitude dans le nord du plateau, non loin de la borne marquant le tripoint entre les fronti√®res br√©silienne, guyanienne et v√©n√©zu√©lienne.

Mont Roraima
Vue du mont Roraima depuis le Venezuela au sud-ouest.
Vue du mont Roraima depuis le Venezuela au sud-ouest.
Géographie
Altitude 2 810 m, Maverick Stone[1] - [2]
Massif Sierra de Pacaraima
(plateau des Guyanes)
Coordonn√©es 5¬į 08‚Ä≤ 28‚Ä≥ nord, 60¬į 45‚Ä≤ 50‚Ä≥ ouest[1]
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Drapeau du Guyana Guyana
Drapeau du Venezuela Venezuela
√Čtat
Région
√Čtat
Roraima
Cuyuni-Mazaruni
Bolívar
Municipalité
Neighbourhood Council
Municipalité
Uiramut√£
Mazaruni/Lower Berbice Essequibo
Gran Sabana
Ascension
Première par Everard im Thurn et Harry Perkins
Voie la plus facile Paratepui Route
Géologie
√āge Prot√©rozo√Įque
Roches Grès
Type Tepuy
Géolocalisation sur la carte : Brésil
(Voir situation sur carte : Brésil)
Mont Roraima
Géolocalisation sur la carte : Guyana
(Voir situation sur carte : Guyana)
Mont Roraima
Géolocalisation sur la carte : Venezuela
(Voir situation sur carte : Venezuela)
Mont Roraima

D√©couvert et explor√© tardivement au XIXe si√®cle, le mont Roraima n'est gravi qu'en 1884 par une exp√©dition britannique et sa faune, sa flore et sa g√©ologie restent encore largement m√©connues malgr√© de nombreuses campagnes d'√©tude. Un r√©cit de l'une de ces exp√©ditions a largement inspir√© Arthur Conan Doyle pour l'√©criture de son roman d'aventures Le Monde perdu en 1912, lui-m√™me √† l'origine de nombreux autres ouvrages, films et t√©l√©films. Avec l'arriv√©e du tourisme notamment dans les ann√©es 1980, le mont Roraima constitue un sommet appr√©ci√© des randonneurs en raison de son environnement singulier et de ses conditions d'acc√®s et d'ascension relativement ais√©es. Celle-ci se fait quasi exclusivement par le c√īt√© sud, par un passage naturel √† flanc de falaise. L'escalade d'autres faces de la montagne est en revanche tr√®s technique mais permet l'ouverture de nouvelles voies.

Toponymie

Le mont Roraima est appel√© monte Roraima, tepuy Roraima ou encore cerro Roraima[2] en espagnol et monte Roraima en portugais. Son orthographe correcte serait cependant ¬ę Roroima ¬Ľ[3].

Son point culminant est le Maverick Stone, litt√©ralement en fran√ßais ¬ę rocher Maverick ¬Ľ, en espagnol Carro Maverick, litt√©ralement ¬ę voiture Maverick ¬Ľ[3]. Son nom viendrait de sa ressemblance avec le mod√®le de voiture du m√™me nom du constructeur am√©ricain Ford[3].

Géographie

Localisation

Vue de la borne marquant le tripoint Brésil-Guyana-Venezuela.

Le mont Roraima est situ√© dans le Nord de l'Am√©rique du Sud, dans l'Est du plateau des Guyanes, plus exactement dans la sierra de Pacaraima, dans la r√©gion de plateaux couverte par la Gran Sabana. Il est partag√© entre trois pays : le Br√©sil √† l'est pour 5 % de sa superficie, le Guyana au nord pour 10 % et le Venezuela au sud et √† l'ouest pour 85 %[1] - [3]. En tenant compte de la revendication v√©n√©zu√©lienne sur la moiti√© occidentale du Guyana, la montagne n'est partag√©e qu'entre le Br√©sil et le Venezuela. Administrativement, elle fait partie du munic√≠pio br√©silien d'Uiramut√£ de l'√Čtat de Roraima, du Neighbourhood Council guyanien de Mazaruni/Lower Berbice Essequibo de la r√©gion de Cuyuni-Mazaruni ainsi que de la municipalit√© v√©n√©zu√©lienne de Gran Sabana de l'√Čtat de Bol√≠var. Sa partie v√©n√©zu√©lienne est incluse dans le parc national Canaima[2] et la br√©silienne dans celui du Mont Roraima[4]. D'autres tepuys entourent le mont Roraima : le tepuy Kukenan √† l'ouest, le tepuy Yuruan√≠ au nord-ouest et le tepuy Wei-Assipu √† l'est[4].

Bien qu'il se trouve dans une r√©gion recul√©e d'Am√©rique du Sud, le mont Roraima n'en est pas moins accessible de mani√®re relativement ais√©e en ce qui concerne le c√īt√© v√©n√©zu√©lien[2]. Cette situation s'explique par la proximit√© d'une route internationale, appel√©e autopista 10 au Venezuela et BR-174 au Br√©sil, reliant la ville v√©n√©zu√©lienne de Car√ļpano sur la c√īte cara√Įbe √† la ville br√©silienne de C√°ceres, localis√©e non loin de la Bolivie, via Manaus, situ√©e dans le centre de l'Amazonie. Cet axe de communication majeur passe √† l'ouest du mont Roraima en traversant la Gran Sabana et dessert de nombreuses petites villes et villages. C√īt√© br√©silien et guyanien, la r√©gion est en revanche totalement isol√©e et tr√®s peu habit√©e, seulement accessible par plusieurs journ√©es de marche √† travers la for√™t tropicale humide ou par de petits a√©rodromes locaux[5] - [6].

Topographie

Vue de la falaise méridionale avec le Maverick Stone à gauche et la Gran Sabana à leurs pieds.

Le mont Roraima est un tepuy, un type de plateau cern√© par des falaises, typique du plateau des Guyanes[7]. La montagne est de forme arqu√©e dans le sens nord‚ÄĒsud-est‚ÄĒouest avec un r√©tr√©cissement en son centre caus√© par la pr√©sence d'un important cirque naturel sur son flanc Nord-Ouest[1]. Des falaises rectilignes atteignant environ 1 000 m√®tres de hauteur forment la plupart de ses autres faces comme au sud, au sud-est, √† l'est ainsi qu'au nord-est et au nord-ouest, ces deux derni√®res falaises imitant l'avant d'un navire s'avan√ßant dans la for√™t tropicale humide et appel√©e ¬ę la proue ¬Ľ[1] - [4] - [7] - [8]. √Ä l'extr√©mit√© m√©ridionale de la montagne, une portion de la falaise s'est d√©tach√©e et forme un imposant monolithe naturel : le T√∂k-Wasen[4]. Les falaises sont cern√©es √† leurs pieds par des pentes abruptes mais peu √©lev√©es au sud et √† l'est car elles se prolongent tr√®s vite sur de hauts plateaux situ√©s √† environ 1 200 m√®tres d'altitude et couverts par la Gran Sabana[1] - [5]. √Ä l'inverse, les pentes occidentales et septentrionales forment de courtes vall√©es d√©bouchant sur un plateau √† environ 600 m√®tres d'altitude occup√© par une for√™t tropicale humide[1] - [5].

Vue du plateau sommital avec une zone marécageuse au centre.

Le plateau sommital subhorizontal mesure un peu plus de 10 kilom√®tres de longueur, une largeur maximale de 5 kilom√®tres pour 33 √† 50 km2 de superficie et reste au-dessus des 2 200 m√®tres d'altitude avec une moyenne de 2 600 √† 2 700 m√®tres[1] - [9] - [10]. Sa surface, tr√®s min√©rale, pr√©sente des formations pseudokarstiques sculpt√©es par les conditions climatiques, rochers ruiniformes, gouffres, ravines, appel√©s le ¬ę Labyrinthe ¬Ľ, la ¬ę vall√©e des Cristaux ¬Ľ, les ¬ę Jacuzzis ¬Ľ, etc[4] - [11]. L'une de ces formations, le Maverick Stone, constitue le point culminant de la montagne avec 2 810 m√®tres d'altitude[1] - [2] - [10]. Il se trouve dans l'extr√©mit√© m√©ridionale du plateau, au sommet de la falaise qui domine le Venezuela[1]. Cette altitude fait de lui le point culminant de l'√Čtat de Bol√≠var[1], le point culminant du pays √©tant le Pico Bol√≠var avec 4 978 m√®tres d'altitude, mais aussi le point culminant de la Gran Sabana[12] ainsi que le quatri√®me sommet le plus √©lev√© du plateau des Guyanes derri√®re le Pico da Neblina, le Pico 31 de Mar√ßo et le Cerro Marahuaca[13]. Une autre pro√©minence s'√©levant √† 2 772 m√®tres d'altitude, √† 8,25 kilom√®tres du sommet dans le Nord du plateau, constitue quant √† elle le point culminant du Guyana, sur la fronti√®re avec le Venezuela[14]. Enfin, toujours dans le Nord du plateau, √† 2 734 m√®tres d'altitude se trouve le tripoint entre les fronti√®res br√©silienne, guyanienne et v√©n√©zu√©lienne, mat√©rialis√© par une borne[15]. Le sommet plus √©lev√© le plus proche du mont Roraima est le Cerro Marahuaca situ√© √† 540,73 kilom√®tres, au Venezuela, en direction de l'ouest-sud-ouest et qui s'√©l√®ve √† 2 832 m√®tres d'altitude[1] - [16]. Le col le plus bas entre ces deux sommets se trouvant √† une altitude de seulement 472 m√®tres, il conf√®re au mont Roraima une hauteur de culminance de 2 238 m√®tres[1].

Carte topographique du mont Roraima.
Image satellite annotée du mont Roraima.

Climat

Du fait de sa latitude proche de l'√©quateur, le mont Roraima est sous l'influence d'un climat tropical[17]. Celui-ci est caract√©ris√© sur la Gran Sabana par des temp√©ratures moyennes constantes tout au long de l'ann√©e comprises entre 20 et 22 ¬įC ainsi que des pr√©cipitations annuelles de plus de 1 500 millim√®tres, parfois entre 1 800 et 3 000 millim√®tres en fonction des conditions orographiques[2], avec une saison s√®che de d√©cembre √† mars[9] - [18].

Les conditions climatiques au sommet de la montagne sont n√©anmoins diff√©rentes de celles √† ses pieds[2] - [8] - [19]. Ainsi, tout au long de l'ann√©e, les temp√©ratures sont proches de 10 ¬įC et elles peuvent descendre √† 2 ¬įC la nuit[17] - [19]. Les pr√©cipitations, comprises entre 2 000 et 4 000 millim√®tres, sont elles aussi constantes en raison de la grande n√©bulosit√© et des orages fr√©quents[2] - [8]. Elles entra√ģnent une hygrom√©trie de 75 √† 85 % et sont apport√©es par les vents dominants venant du nord-est ou du sud-est[2].

Nuages butant contre les falaises du mont Roraima.
Relev√© m√©t√©orologique √† Santa Elena de Uair√©n (868 m)
Mois jan. f√©v. mars avril mai juin jui. ao√Ľt sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
Temp√©rature minimale moyenne (¬įC) 16,4 16,5 16,9 17,1 17,5 17,3 16,5 16,6 16 15,8 16,2 16,2 16,58
Temp√©rature moyenne (¬įC) 21,4 21,7 22,1 21,8 21,7 21 20,6 20,9 21,2 21,5 21,5 21 21,37
Temp√©rature maximale moyenne (¬įC) 28,5 29,1 29,2 28,5 27,8 26,8 26,6 27 27,8 28,9 28,5 28,1 28,07
Pr√©cipitations (mm) 68 57 87 165 214 254 229 186 113 122 114 85 1 694
Humidité relative (%) 79 76 76 80 85 88 88 87 84 82 83 79 82,25
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
28,5
16,4
68
29,1
16,5
57
29,2
16,9
87
28,5
17,1
165
27,8
17,5
214
26,8
17,3
254
26,6
16,5
229
27
16,6
186
27,8
16
113
28,9
15,8
122
28,5
16,2
114
28,1
16,2
85
Moyennes : ‚ÄĘ Temp. maxi et mini ¬įC ‚ÄĘ Pr√©cipitation mm

Géologie et hydrologie

Vue de l'intérieur de la cueva Ojos de Cristal.

Le plateau du mont Roraima est compos√© de gr√®s[6], une roche s√©dimentaire, form√© au Prot√©rozo√Įque, il y a environ 1,7 √† 2 milliards d'ann√©es[8] - [9] - [19], appel√© ¬ę formation Roraima ¬Ľ[2] - [7] et compos√© √† 98 % de grains de silice[10]. Il est parcouru de couches d'argile, de conglom√©rats et de dykes de diorite datant du M√©sozo√Įque[2]. Cette masse rocheuse, l'une des plus anciennes sur Terre, repose sur un socle de granites et de gneiss[2]. Elle recouvrait √† l'origine une bonne partie du plateau des Guyanes mais sous l'effet de l'√©rosion et des mouvements tectoniques, elle s'est fractur√©e et r√©duite aux tepuys actuels au cours des derniers 180 millions d'ann√©es[2] - [7]. Cette roche contient d'importantes quantit√©s de quartz ; dans la ¬ę vall√©e des Cristaux ¬Ľ, les concentrations √©lev√©es de ce min√©ral tapissent le sol en formant des cristaux blancs ou roses de plusieurs centim√®tres[8] - [9]. Le gr√®s, √©rod√© par les conditions climatiques, peut prendre des formes monolithiques ou chaotiques pouvant ressembler √† des animaux, des objets ou des formes naturelles et aux noms √©vocateurs de ¬ę dauphin ¬Ľ, ¬ę tortue ¬Ľ, ¬ę singe ¬Ľ, ¬ę √©glise ¬Ľ ou bien des apparences plus tourment√©es ressemblant m√™me √† un d√©dale dans le ¬ę Labyrinthe ¬Ľ[4] - [8] - [9]. Le sol r√©sultant de cette roche-m√®re gr√©seuse est tr√®s acide, pauvre en nutriments et tr√®s mince quand il n'est pas totalement absent[7]. En effet, les cours d'eau lessivent ce sol, entra√ģnant les nutriments et les particules qui ne parviennent pas √† former une couche d'√©paisseur cons√©quente[2] - [19].

√Ä l'int√©rieur du plateau, de nombreuses grottes et gouffres conf√®rent au mont Roraima une structure pseudokarstique[2] - [20]. Ces cavit√©s souterraines forment un r√©seau appel√© en espagnol Sistema Roraima Sur, soit en fran√ßais ¬ę Syst√®me Roraima Sud ¬Ľ[20]. Avec un d√©veloppement de 10 820 m√®tres et un d√©nivel√© de 72 m√®tres, il s'agit de la plus grande grotte quartzique au monde[20]. Elle n'a √©t√© cartographi√©e que de 2003 √† 2005, ce qui a permis de d√©couvrir qu'elle √©tait connect√©e √† la cueva Ojos de Cristal longue de 2 410 m√®tres et explor√©e par une √©quipe de sp√©l√©ologues slovaques en 2003[10] - [20]. L'ensemble de ce syst√®me souterrain repr√©sentait en 2013 un d√©veloppement de plus de quinze kilom√®tres, pour un d√©nivel√© total de 73 m√®tres[21]. Sur les parois, de nombreux sp√©l√©oth√®mes se sont d√©velopp√©s comme des stalactites noires group√©es de moins de 50 centim√®tres de longueur, inclin√©es dans le sens oppos√© aux courants d'air et dont l'origine est inconnue[10]. Ces cavit√©s ont √©t√© am√©nag√©es par l'infiltration de l'eau de surface et le niveau de l'eau √† l'int√©rieur est fortement d√©pendant des pr√©cipitations en surface : un couloir √† sec peut ainsi se transformer en rivi√®re souterraine qui va se tarir √† nouveau[10]. Ainsi, les cours d'eau qui parcourent le plateau et qui ne s'en √©chappent pas directement sous la forme de chutes d'eau[19] finissent par dispara√ģtre dans la roche en empruntant le r√©seau de grottes[10] - [20]. L'une de ces ouvertures √† la surface du plateau, El Fosso, est une d√©pression en forme de puits de plusieurs m√®tres de profondeur et dont le fond est inond√©[8]. Elle correspond √† une ancienne grotte de faible dimension dont le plafond s'est effondr√©[20]. L'eau qui s'y d√©verse s'engouffre dans les anfractuosit√©s de la roche et en ressort sous la forme d'une cascade[8]. D'autres plans d'eau sont √©parpill√©s sur le plateau comme le lac Gladys[4] - [3] - [9]. Cette eau qui s'√©coule du mont Roraima sous la forme de cascades, comme le Salto Roraima, ou par voie souterraine[10] donne naissance √† de nombreux cours d'eau √† ses pieds, certains temporaires, d'autres permanents[5]. Sur le versant m√©ridional, les principaux sont le r√≠o Kukenan[8] - [9] et le r√≠o Arabop√≥ qui rejoignent le bassin versant de l'Or√©noque via le Caron√≠ au Venezuela[3] - [5]. Au nord, de nombreux torrents alimentent la rivi√®re Kako, sous-affluent de l'Essequibo via le Mazaruni au Guyana[3] - [5]. √Ä l'est de la montagne se trouve la source du rio Cotingo, cours d'eau s'√©coulant au Br√©sil et sous-affluent de l'Amazone[3] - [5].

  • Formations rocheuses ruiniformes
    Formations rocheuses ruiniformes
  • Formations rocheuses ruiniformes et chaos
    Formations rocheuses ruiniformes et chaos
  • Formations rocheuses ruiniformes et d√©p√īt de sable
    Formations rocheuses ruiniformes et d√©p√īt de sable
  • La ¬ę tortue ¬Ľ
    La ¬ę tortue ¬Ľ
  • El Fosso
    El Fosso
  • Quartz de la ¬ę vall√©e des Cristaux ¬Ľ
    Quartz de la ¬ę vall√©e des Cristaux ¬Ľ

Faune et flore

Végétation du plateau : Cyrilla racemiflora (feuilles rouges) et une Huperzia (touffe verte).

La faune et la flore des tepuys en général sont largement méconnues du fait de l'exploration tardive de cette région d'Amérique du Sud et de nouvelles espèces sont découvertes chaque année[2]. Les spécimens répertoriés sont caractérisés par un fort endémisme, notamment chez les animaux, ce qui induit une forte menace ou danger d'extinction[2] - [7].

Au pied de la montagne et jusqu'au bas des falaises s'√©tend une for√™t pluviale sempervirente[2] - [7]. Elle est domin√©e par des individus d'une hauteur moyenne de 25 √† 45 m√®tres et parfois 60 m√®tres des genres Clusia, Drimys, Graffenrieda, Magnolia, Miconia, Moronobea, Myrcia et Viburnum[2]. Le sous-bois est domin√© par les foug√®res arborescentes et des palmiers comme des Bromeliaceae, des Eriocaulaceae, Geonoma appuniana et Euterpe catinga[2]. Cette for√™t est caract√©ris√©e par la pr√©sence de Bonnetia roraimae, un arbre ayant servi √† d√©finir le district √©cologique oriental des tepuys[2]. Du fait de sa position sous les falaises, cette for√™t comporte de nombreux √©piphytes, des esp√®ces v√©g√©tales croissant sur d'autres plantes, g√©n√©ralement des branches d'arbres[7]. Contre la falaise, l√† o√Ļ le sol est plus gr√©seux et le climat plus frais, subsistent des esp√®ces apparent√©es aux esp√®ces andines ainsi que des Bromeliaceae des genres Brocchinia, Lindmania[22] et Navia[2]. Au-del√† des pentes aux pieds des falaises s'√©tend au nord, √† l'ouest et √† l'est une for√™t tropicale humide constituant le prolongement septentrional de la for√™t amazonienne tandis qu'au sud, le paysage est plus ouvert avec une savane, la Gran Sabana[4].

La v√©g√©tation sur le plateau fait partie de l'√©cor√©gion de pantepui et reste largement inconnue[2]. Trois formations v√©g√©tales s'y c√ītoient et se d√©veloppent au milieu de la roche nue : les for√™ts d'arbres, les for√™ts d'√©piphytes et les savanes s√®ches ou humides sous la forme de marais[2]. Elle est marqu√©e par de nombreuses esp√®ces end√©miques telles que Stegolepis guianensis, Orectanthe sceptrum, Bejaria imthurnii, Stomatochaeta condensata, Thibaudia nutans, Connellia augustae, Connellia quelchii, Tillandsia turneri, Bonnetia roraimae, Epidendrum secundum, des foug√®res et des plantes carnivores adapt√©es au sol particulier qui s'y trouve telles que Heliamphora nutans, Brocchinia reducta, Brocchinia tatei, Drosera roraimae, Utricularia quelchii et Utricularia humboldtii[2] - [3] - [7] - [19]. Ces derni√®res capturent des insectes et y trouvent les nitrates n√©cessaires √† leur d√©veloppement et absents du sol gr√©seux et lessiv√© sur lequel elles poussent[19] - [8] - [7]. Les for√™ts qui se trouvent le long des cours d'eau et dans les ravines sont caract√©ris√©es par leur faible nombre d'esp√®ces, leurs arbres de 8 √† 15 m√®tres de hauteur et leurs adaptations √† des conditions rudes comme des feuilles coriaces[2]. La roche nue est colonis√©e par des tapis de lichens, d'algues et de cyanobact√©ries[10].

Les esp√®ces animales au pied de la montagne sont repr√©sent√©es par de nombreux mammif√®res. Certains ont une aire de r√©partition tr√®s √©tendue, car pr√©sents notamment dans la for√™t amazonienne, comme le paresseux √† trois doigts, le tamanoir, le fourmilier √† collier, le tapir du Br√©sil, le tatou g√©ant, le capybara, le paca, le p√©cari √† collier, le chien des buissons, l'agouti dor√©, le coati commun, le kinkajou, l'olingo de Beddard, des daguets, le jaguar, le jaguarondi, l'oncille, le puma, le margay ou encore des primates comme le douroucouli commun, le hurleur roux, le titi √† fraise, l'ouakari √† t√™te noire, le capucin olive et le saki √† face p√Ęle[2]. D'autres ont une aire de r√©partition plus restreinte, notamment des opossums comme l'opossum √† oreilles blanches, l'opossum √† grosse queue ou encore Marmosa tyleriana, mais aussi le renard des savanes, la belette √† longue queue, les rongeurs Zygodontomys brevicauda, Podoxymys roraimae, trois esp√®ces du genre Rhipidomys et deux esp√®ces du genre Cavia[2].

L'avifaune est repr√©sent√©e par plusieurs centaines d'esp√®ces dont les plus communes de la for√™t pluviale sont le canard des Bahamas, le faucon aplomado, la conure cuivr√©e, le g√©ocoucou pavonin, le petit-duc guat√©malt√®que, la chev√™che des terriers, le bruant chingolo, le toucanet de Derby, cinq esp√®ces de colibris, etc[2]. Certaines d'entre elles sont end√©miques de cette r√©gion d'Am√©rique du Sud et sont confin√©es √† l'environnement imm√©diat des tepuys[2]. C'est le cas du martinet des t√©puis, du colibri des t√©puis, du troglodyte des t√©puis, du tinamou des t√©puis, du conure aile-de-feu, du toui des t√©puis, de l'engoulevent du Roraima, du campylopt√®re rouge√Ętre, de la coquette paon, du brillant √† couronne verte, de l'anabate √† gorge blanche, du grallaire sobre, du cotinga cordon-rouge, du manakin √† t√™te blanche et du manakin olive[2].

Du fait de leur mobilité plus réduite par rapport aux autres animaux, les amphibiens et reptiles présentent de fortes disparités d'espèces entre le bas du mont Roraima et son sommet[2]. Ainsi, tandis que les espèces vivant dans la forêt pluviale à ses pieds sont communes comme l'iguane vert, les lézards du genre Tupinambis, les serpents Bothrops asper et Lachesis muta, un serpent corail du genre Micrurus et Boa constrictor, les espèces qui vivent au sommet sont plus spécifiques comme les grenouilles Oreophrynella nigra et Oreophrynella quelchii[2] - [3].

La faune cavernicole est représentée par de nombreuses espèces de chauve-souris[2], le guacharo des cavernes[20], des criquets, des araignées et des mille-pattes[10]. Cet écosystème souterrain fragile est perturbé par la présence des randonneurs en surface : leurs excréments apportés par les pluies dans les parties souterraines équivalent à plusieurs années de matière organique produite dans les grottes et des polluants comme des combustibles, des eaux usées par la toilette des randonneurs, etc. empruntent la même voie[20]. Ces perturbations extérieures provoquent un déséquilibre écologique qui se traduit par la prolifération de micro-organismes[20].

Histoire

Lithographie de Robert Hermann Schomburgk datant de 1840 et représentant des tepuys dont celui du mont Roraima (à droite).
Lithographie de Charles Barrington Brown datant de 1870

Le mont Roraima aurait √©t√© d√©couvert par les Europ√©ens en 1595 au cours de la colonisation espagnole et britannique de cette partie de l'Am√©rique du Sud[9]. Le po√®te, officier et explorateur britannique Walter Raleigh aper√ßoit une ¬ę montagne de cristal ¬Ľ d'o√Ļ s'√©chappent de nombreuses cascades[3] qu'il consid√®re comme impossible √† gravir et qui pourrait √™tre le mont Roraima[9]. D'autres aventuriers √† la recherche d'Eldorado feront des incursions dans la r√©gion[2]. Celle-ci est habit√©e depuis au moins 10 000 ans par les Am√©rindiens mais les Pem√≥ns, apparent√©s aux Cara√Įbes, qui vivent autour de la montagne n'y sont pr√©sents que depuis 300 ans[2]. La d√©couverte certaine du mont Roraima remonte √† 1838 par Robert Hermann Schomburgk, un explorateur et scientifique allemand[8] - [3]. Progressant depuis le nord-est dans la jungle de la colonie de la Guyane britannique, il est le premier √† apercevoir la montagne au cours de son exploration de la r√©gion pour le compte de la Royal Geographical Society[3] - [8]. En 1845, il y retourne afin d'√©tudier la flore et constate que le sommet a l'air inaccessible en raison de ses hautes falaises[3]. Ce genre d'exp√©dition d'√©tude de la flore est aussi entrepris en 1864 par Carl Ferdinand Appun, un botaniste et naturaliste allemand[3]. En 1869 et 1872, le g√©ologue britannique Charles Barrington Brown emprunte lui aussi la m√™me route depuis le nord-est pendant 17 jours[3]. Il atteint l'extr√©mit√© sud-est du mont Roraima et, constatant la pr√©sence de hauts pinacles de pierre dans ce secteur, sugg√®re d'entreprendre l'ascension de la montagne au moyen d'un ballon[3]. Une autre exp√©dition men√©e par Flint et Edginton atteint la montagne en 1877 et constate elle aussi le caract√®re imp√©n√©trable des falaises nord, est et sud qui sont d√©sormais explor√©es[3]. L'avifaune est √©tudi√©e par Henry Whitely[3]. Il constate que des hommes √©quip√©s de cordes et d'√©chelles pourraient atteindre le sommet du mont Roraima par sa falaise m√©ridionale[3]. Contrairement √† son voisin, le plateau sommital du tepuy Kukenan ne lui semble accessible que par un ballon depuis le sud-est en raison des vents dominants[3].

Randonneurs au sommet du mont Roraima en 2010.

Bien que ses parois verticales en rendent l'acc√®s tr√®s difficile, il est le premier grand tepuy √† √™tre escalad√©[2] - [19]. Everard im Thurn et Harry Perkins dirigent une exp√©dition financ√©e par la Royal Geographical Society qui atteint le sommet le [8] - [19] - [20] en partie gr√Ęce aux observations et suggestions fournies par Henry Whitely[3]. Les membres du groupe d√©couvrent alors un paysage que personne n'avait jamais contempl√©, y compris les Pem√≥ns vivant √† ses pieds qui disaient que ce qu'il y avait au sommet des falaises resterait inconnu aussi longtemps que le monde existerait[8]. Tr√®s vite, de nouvelles exp√©ditions compos√©es de botanistes (sp√©cialistes des orchid√©es, √©cologues, etc.), zoologues (herp√©tologistes, entomologistes, etc.) et g√©ologues (limnologues, √©daphologues, etc.) sont entreprises dans le but d'explorer et d'√©tudier la faune et la flore en grande partie inconnues ainsi que la g√©ologie singuli√®re du lieu : Frederick Vavasour McConnell et John Joseph Quelch en 1894 et 1898, trois exp√©ditions de la Boundary Commission en 1900, 1905 et 1910, Koch Grumberg en 1911, C. Clementi en 1916 ainsi que G.H. Tate financ√© par le mus√©um am√©ricain d'histoire naturelle de New York en 1917[8]. Les grottes commencent √† √™tre √©tudi√©es par des sp√©l√©ologues v√©n√©zu√©liens √† la fin des ann√©es 1930 et surtout depuis les ann√©es 1970 ; leurs travaux d√©montrent que des cavit√©s souterraines, de surcro√ģt de grandes dimensions, peuvent se d√©velopper dans les roches quartziques[20]. D'autres √©tudes du milieu naturel suivront, dont de nombreuses du naturaliste et explorateur v√©n√©zu√©lien Charles Brewer-Car√≠as[8]. Celui-ci est √† l'origine de la d√©couverte et de l'inventaire de nombreuses esp√®ces vivant sur le plateau[8]. √Ä la suite de l'extension du parc national Canaima vers l'est dont le mont Roraima en 1975, la for√™t pluviale aux pieds du mont Roraima est d√©clar√©e zone de protection int√©grale, ce qui interdit toute activit√© humaine autre que la recherche[2]. Seule une petite partie n'est pas class√©e comme telle afin de permettre la randonn√©e[2].

Du fait de sa d√©couverte et de son exploration tardive, il a longtemps √©t√© consid√©r√© comme le point culminant du plateau des Guyanes[1]. Ce n'est qu'en 1931 qu'une commission internationale se rend sur le mont Roraima pour d√©terminer l'emplacement exact du tripoint entre les fronti√®res br√©siliennes, guyaniennes et v√©n√©zu√©liennes[3]. Les falaises septentrionales au niveau de la ¬ę proue ¬Ľ ne sont gravies qu'en 1973 par les Britanniques Mo Anthoine, Joe Brown, Hamish MacInnes et Don Whillans[6] - [8]. Avec l'am√©lioration de l'√©tat de la route et notamment l'extension de son rev√™tement dans les ann√©es 1980, le tourisme a pu se d√©velopper dans la r√©gion[9].

Ascension

Vue du mont Roraima (à droite) et du tepuy Kukenan (à gauche) depuis le village de Paratepui.

Le mont Roraima est, avec l'Auyan Tepuy, le seul tepuy du parc national Canaima accessible aux randonneurs[2], environ 200 par mois[10]. Son ascension dure au total de trois à cinq jours en partant de San Francisco de Yuruaní, une petite localité vénézuélienne située à l'ouest, sur l'autopista 10[1] - [8]. Elle est accessible en bus par l'autopista 10 depuis Ciudad Guayana ou Ciudad Bolívar au nord ou depuis Santa Elena de Uairén au sud[9] - [19]. La région peut aussi être gagnée par voie aérienne, Santa Elena de Uairén et Canaima disposant chacun d'un petit aéroport[23]. De nombreuses agences de voyages organisent l'excursion, avec des guides et porteurs[1] - [9]. De San Francisco de Yuruaní, le mont Roraima doit être rejoint en parcourant à pied en une journée ou en voiture en quelques heures la vingtaine de kilomètres de la route à travers la Gran Sabana[8] - [11] - [19]. Au pied de la montagne, le village de Paraitepuy qui accueille un bureau du parc national Canaima est le lieu de passage obligé pour les randonneurs[8] - [9].

Vue de la ¬ę Rampe ¬Ľ, principale voie d'acc√®s au sommet du mont Roraima.

L'ascension proprement dite se fait par la Paratepui Route[19] ou Im Thurn Route du nom de l'explorateur ayant ouvert la voie lors de la premi√®re ascension de la montagne en 1884[8]. Elle emprunte une rampe naturelle dans la falaise Sud-Ouest du mont Roraima et d√©bouche sur le plateau, non loin du Maverick Stone, le point culminant[4] - [9] - [19]. Voie la plus facile, elle ne n√©cessite aucun √©quipement ou entra√ģnement particulier et, de ce fait, est emprunt√©e par la quasi-totalit√© des randonneurs[9] - [19]. Les seules difficult√©s sont repr√©sent√©es par le passage √† gu√© de quelques cours d'eau qui peut s'av√©rer d√©licat en cas de fortes pluies[19], le passage sous quelques petites cascades ainsi que par la forte d√©clivit√© du sentier depuis le d√©part au pied de la montagne jusqu'√† l'arriv√©e sur le plateau[8] - [11]. La longueur du sentier n√©cessite cependant de passer une nuit en cours de route au camp de base situ√© √† environ 2 000 m√®tres d'altitude, au pied des falaises, ainsi qu'une autre nuit au sommet[8] - [9]. L'exploration du plateau n√©cessite plusieurs jours et des emplacements restant √† sec et connus des guides servent de bivouac[8] - [9]. La redescente n√©cessite deux jours, parfois un seul si le d√©part se fait t√īt et avec un bon rythme de marche[9].

Il est possible de gravir le mont Roraima autrement que par la Paratepui Route mais l'ascension se fait alors en escaladant directement la falaise, le plus souvent par des voies encore jamais ouvertes[19]. Cette option nécessite une grande expérience et un équipement adapté[19]. La voie aérienne, notamment par hélicoptère, pour se rendre au sommet de la montagne est interdite[24].

La meilleure période pour entreprendre l'ascension du mont Roraima est durant la saison sèche, de décembre à mars[9] - [19]. Cependant, l'ensoleillement est alors assez fort et les températures élevées, ce qui peut rendre pénible la route en direction de la montagne[19]. En revanche, à proximité du mont Roraima, les conditions sont généralement plus humides et brumeuses tout au long de l'année, y compris au sommet qui retient les nuages[19]. Les conditions climatiques, la faune et la flore tropicales imposent les précautions habituelles liées à ces régions fragiles telles que le respect du milieu naturel, l'absence de source de pollution, etc[3] - [24]. Une attention doit être portée aux espèces animales et végétales qui peuvent s'avérer dangereuses ainsi qu'à la vaccination liée aux maladies tropicales[24].

Légendes

Illustration de la falaise de la montagne escaladée dans Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle et qui est similaire à celle du mont Roraima.

Pour les Pemóns vivant à ses pieds, le mont Roraima constitue le lieu de vie des esprits mawari, gardiens de la savane, et il est associé à plusieurs légendes[2] - [9].

L'une d'elles explique sa formation[25]. Il existait il y a longtemps un arbre immense, l'Arbre de la Vie[25]. Il dominait toute la for√™t et avait la capacit√© de produire tout type de fruits[25]. Cependant, Pia voulait montrer ses talents de b√Ľcheron et entreprit de couper l'arbre avec sa hache[25]. Malgr√© les dissuasions et les mises en garde de nombreuses personnes, il met son plan √† ex√©cution[25]. L'Arbre de la Vie, malgr√© la protection des esprits, ne r√©siste pas aux coups de hache et il s'√©croule au sol[25]. Les racines, soulev√©es par la chute de l'arbre, entra√ģnent de grandes quantit√©s de roches qui forment une cha√ģne de montagnes en retombant[25]. Le tronc, √©tendu sur le sol, se transforme en une grande masse de pierre qui s'√©l√®ve vers le ciel : le mont Roraima[25]. Enfin, un immense flot jaillit de l√† o√Ļ se tenait l'arbre et noie toutes les terres √† l'exception des plus hauts sommets o√Ļ ont pu se r√©fugier quelques rescap√©s[25].

La femme du Soleil, abandonnée par son mari et par ses deux fils, est à l'origine des pluies qui tombent sur le mont Roraima et des cascades précipitées de ses falaises[26]. En effet, elle vit au sommet de la montagne et lorsqu'elle pense à sa solitude, elle se met à pleurer, produisant les orages qui affectent fréquemment le mont[26]. Si son chagrin perdure et s'intensifie, ses larmes forment les cours d'eau qui donnent naissance aux nombreuses cascades qui dévalent ses flancs[26].

Dans la fiction

Les récits de la première ascension du mont Roraima à l'époque victorienne ont inspiré Arthur Conan Doyle pour l'écriture de son roman d'aventures Le Monde perdu en 1912[8] - [9] - [19]. Cet ouvrage, dont plusieurs autres romans, films, téléfilms et séries télévisées ont été tirés ou se sont inspirés par la suite, raconte les aventures d'une expédition partant à l'ascension d'un tepuy à la recherche d'une flore et d'une faune préhistoriques, dont des dinosaures et des hommes-singes[8] - [9]. Appliquée à la réalité, la description de l'ascension de la falaise ferait passer les personnages par le monolithe situé à l'extrémité méridionale du mont Roraima[9]. L'un de ces films inspirés du Monde perdu est Là-haut, un long métrage d'animation en images de synthèse des studios Pixar[27]. Pour le concevoir, une équipe du film s'est rendue sur le mont Roraima afin d'observer ses formations rocheuses, sa faune et sa flore[27].

Références

  1. (en) ¬ę Monte Roraima, Venezuela ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le ).
  2. (en) Programme des Nations unies pour l'environnement et Centre de surveillance de la conservation de la nature, Canaima National Park Venezuela, , 8 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  3. (es) ¬ę Roraima Tepuy ¬Ľ, La Gran Sabana y Canaima (consult√© le )
  4. (ru) ¬ę –ö–į—Ä—ā–į –†–ĺ—Ä–į–Ļ–ľ—č, –í–Ķ–Ĺ–Ķ—Ā—É—ć–Ľ–į (Carta Roraimi, Venesou√©la) : carte issue d'images a√©riennes annot√©es de la RAf (Royaume-Uni) de 1952. ¬Ľ, –ď–Ķ–ĺ–ü–ĺ—ć–∑–ł—Ź.–†—É (GeoPoesia.ru) (consult√© le ).
  5. (en) Caraur√≠n, Venezuela; Brazil; Guyana, U.S. National Imagery and Mapping Agency, coll. ¬ę Latin America, Joint Operations Graphic / 1501 AIR ¬Ľ, (pr√©sentation en ligne, lire en ligne)
    Carte aéronautique au 1 : 250 000
    .
  6. (en) Dougald MacDonald, ¬ę New Route in Remote Guyana ¬Ľ, Climbing (consult√© le ).
  7. (es) ¬ę Ambiente Natural ¬Ľ, Instituto Nacional de Parques (consult√© le ).
  8. (en) Lindsay Elms, ¬ę Mount Roraima: An Island Forgotten by Time ¬Ľ (consult√© le ).
  9. (en) Dana Kennedy, ¬ę An Unearthly Plateau in Venezuela ¬Ľ, The Seoul Times (consult√© le ).
  10. (en) BraŇąislav ҆m√≠da, Marek Audy et Luk√°Ň° Vlńćek, The speleological expedition Roraima 2003 Cueva Ojos de Cristal, Audy, 20 p. (pr√©sentation en ligne, lire en ligne).
  11. (en) ¬ę Paratepui route ¬Ľ, Summitpost (consult√© le ).
  12. (en) ¬ę La Gran Sabana ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le ).
  13. (en) ¬ę Guiana Highlands ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le ).
  14. (en) ¬ę Mount Roraima-Guyana High Point, Guyana/Venezuela ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le ).
  15. (en) ¬ę Monte Roraima-Triple Country Point, Brazil/Guyana/Venezuela ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le )
  16. (en) ¬ę Cerro Marahuaca, Venezuela ¬Ľ, Peakbagger (consult√© le ).
  17. (es) ¬ę Informaci√≥n General ¬Ľ, Instituto Nacional de Parques (consult√© le ).
  18. (en) ¬ę Santa Elena De Uairen, Venezuela:Climate, Global Warming, and Daylight Charts and Data ¬Ľ, World Climate (consult√© le ).
  19. (en) ¬ę Monte Roraima ¬Ľ, Summitpost (consult√© le ).
  20. (es) Rafael B. Carre√Īo et Francisco Blanco, Notas sobre la exploraci√≥n del sistema k√°rstico de Roraima Sur, Estado Bol√≠var, Bolet√≠n de la Sociedad Venezolana de Espeleolog√≠a, , 8 p. (ISSN 0583-7731, pr√©sentation en ligne, lire en ligne)
  21. ¬ę World's longest caves - Compiled by Bob Gulden ¬Ľ, sur www.caverbob.com, (consult√© le ).
  22. La totalit√© des esp√®ces du genre Cottendorfia, √† l'exception de Cottendorfia florida, a √©t√© d√©plac√©e dans le genre Lindmania : [PDF] Bruce K. Holst, ¬ę Checklist of venezuelan Bromeliaceae with notes on species distribution by state and levels of endemism ¬Ľ, Selbyana, Mary Selby Botanical Gardens, vol. 15,‚Äé , p. 132-149 (lire en ligne).
  23. (es) ¬ę Ubicaci√≥n ¬Ľ, Instituto Nacional de Parques (consult√© le ).
  24. (es) ¬ę Recomendaciones ¬Ľ, Instituto Nacional de Parques (consult√© le ).
  25. (en) Odeen Ishmael, Guyana Legends : Folk Tales of the Indigenous Amerindians, Xlibris Corporation, , 214 p. (ISBN 9781465356680, pr√©sentation en ligne, lire en ligne), ¬ę The Creation of Mount Roraima ¬Ľ, p. 56-59
  26. (en) Odeen Ishmael, Guyana Legends : Folk Tales of the Indigenous Amerindians, Xlibris Corporation, , 214 p. (ISBN 9781465356680, pr√©sentation en ligne, lire en ligne), ¬ę Why There Are Storms on Mount Roraima ¬Ľ, p. 60-65.
  27. (en) ¬ę Production Notes ¬Ľ, Disney (consult√© le ).

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.