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Krakatoa

Le Krakatoa, Krakatau ou Gunung Krakatau en indon√©sien et en javanais, est un volcan de subduction de la ceinture de feu p√©ri-Pacifique[alpha 1], et dont les √©ruptions sont √† forte dominante explosive (volcan dit ¬ę gris ¬Ľ). Constituant une √ģle volcanique, il forme un archipel de quatre √ģles principales dans le d√©troit de la Sonde en Indon√©sie, entre Sumatra et Java. Sa g√©ographie a √©t√© boulevers√©e au moins √† deux reprises, au cours des deux grandes √©ruptions des ann√©es 416 ou 535 et 1883. Malgr√© ces √©v√©nements, l'archipel accueille une vie animale et v√©g√©tale riche, notamment gr√Ęce au climat tropical dont il b√©n√©ficie. L'archipel fait partie du parc national d'Ujung Kulon, class√© au patrimoine mondial de l‚Äôhumanit√© par l'UNESCO.

Krakatoa
Krakatau (id)
L'Anak Krakatau, le 20 octobre 2013.
L'Anak Krakatau, le .
Géographie
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Archipel Grandes √ģles de la Sonde
Localisation Détroit de la Sonde (océan Indien)
Coordonn√©es 6¬į 06‚Ä≤ 07‚Ä≥ S, 105¬į 25‚Ä≤ 23‚Ä≥ E
Nombre d'√ģles 4
Île(s) principale(s) Krakatoa
Point culminant Rakata (813 m sur Krakatoa)
Géologie
Géologie Île volcanique
Type Volcan de subduction
Morphologie Stratovolcan
Activité En éruption
Dernière éruption Depuis le [1]
Code GVP 262000
Observatoire Krakatoa volcano observatory
Administration
Statut Inclus dans le parc national d'Ujung Kulon

Province Lampung
Kabupaten Lampung du Sud
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+7
Géolocalisation sur la carte : Indonésie
(Voir situation sur carte : Indonésie)
Krakatoa
Krakatoa
Géolocalisation sur la carte : Sumatra
(Voir situation sur carte : Sumatra)
Krakatoa
Krakatoa
Îles en Indonésie

Le volcan est surtout connu pour son explosion du 27 ao√Ľt 1883, une des plus violentes de m√©moire humaine, qui tua plusieurs dizaines de milliers de personnes et provoqua un tsunami qui ravagea plusieurs c√ītes. Les effets de cette √©ruption explosive furent perceptibles jusqu'en Europe, peu apr√®s la catastrophe avec l'effet de l'onde de choc sur le niveau des mers, puis avec une n√©bulosit√© particuli√®re due aux cendres en suspension dans l'atmosph√®re, qui dura plusieurs ann√©es. Cette catastrophe a aussi grandement inspir√© la litt√©rature, le cin√©ma, la t√©l√©vision et la musique.

Au XXe si√®cle, le volcan donne naissance √† une nouvelle √ģle, l'Anak Krakatau ou ¬ę enfant du Krakatoa ¬Ľ, offrant un terrain d'√©tudes √† de nombreux scientifiques. Le site du volcan est toujours actif. Le , une √©ruption qui r√©duit la hauteur de l'Anak Krakatau des deux tiers provoque un tsunami meurtrier sur les littoraux du d√©troit de la Sonde, en Indon√©sie.

Toponymie et étymologie

La mention la plus ancienne du Krakatoa en Occident est pr√©sente au XVIe si√®cle, sur une carte de Lucas Janszoon Waghenaer qui appelle l'√ģle Pulo Carcata. Pulo est une variante de pulau, le mot indon√©sien pour ¬ę √ģle ¬Ľ. En 1708, une autre carte fait mention de Karata.

Aujourd'hui, deux orthographes sont acceptées : Krakatoa et Krakatau. La première est notamment commune en anglais et en français. L'orthographe Krakatau, écrite aussi Krakatao en vieux portugais, est utilisée par les Indonésiens et les géologues. L'origine de cette différenciation n'est pas claire, elle pourrait être le résultat d'une erreur typographique produite par une source britannique relatant l'éruption volcanique massive de 1883.

Il existe quatre th√©ories sur l'origine du nom Krakatau. Selon la premi√®re, peu probable, rapport√©e par le j√©suite fran√ßais Guy Tachard, il proviendrait d'une onomatop√©e imitant le son du cacato√®s, qui √©tait pr√©sent sur l'√ģle et audible depuis le haut des m√Ęts des bateaux[2]. Selon la deuxi√®me, la plus cr√©dible, il serait issu du sanskrit karka ou karkata ou encore karkataka signifiant ¬ę homard ¬Ľ ou ¬ę crabe ¬Ľ[3] - [4] - [5], ou bien de ‚Äôkrakańća signifiant ¬ę scie ¬Ľ ou ¬ę √©p√©e ¬Ľ[6]. Selon la troisi√®me th√©orie, il viendrait du malais kelakatu signifiant ¬ę fourmi √† ailes blanches ¬Ľ[3]. La derni√®re th√©orie jug√©e s√©rieuse affirme que Krakatoa signifierait ¬ę mont silencieux ¬Ľ[7]. L'histoire selon laquelle le nom proviendrait d'une d√©formation linguistique de Kaga tau signifiant en langage familier betawi ¬ę je ne sais pas ¬Ľ, r√©ponse qu'aurait obtenue un capitaine de navire en demandant √† un autochtone le nom de l'√ģle, est largement reconnue comme fantaisiste[3].

Géographie

Situation

Situation de l'archipel du Krakatoa dans le détroit de la Sonde en Indonésie.

Les √ģles form√©es par le Krakatoa sont situ√©es au milieu du d√©troit de la Sonde, √† mi-distance entre les c√ītes de Sumatra au nord-ouest et de Java au sud-est, en Indon√©sie. Le littoral le plus proche, pr√®s de la ville de Serang, se trouve √† 42 kilom√®tres √† l'est et la capitale Jakarta √† 160 kilom√®tres dans la m√™me direction. Administrativement, l'archipel d√©pend de la province de Lampung sur Sumatra.

Topographie

Avant 1883, l'archipel du Krakatoa consiste en trois √ģles principales : Lang (¬ę longue ¬Ľ en n√©erlandais) au nord-est, Verlaten (¬ę abandonn√©e ¬Ľ ou ¬ę d√©serte ¬Ľ) au nord-ouest ‚Äď qui t√©moignent toutes deux de l'existence d'une ancienne et tr√®s large caldeira dont elles forment une partie du bord ‚Äď et l'√ģle volcanique Krakatoa, la plus grande, au sud, d'une longueur de neuf kilom√®tres et d'une largeur de cinq[8]. Il existe √©galement un √ģlet couvert d'arbres nomm√© Poolsche Hoed (¬ę chapeau polonais ¬Ľ, en raison de sa forme) √† quelques centaines de m√®tres de Lang, et des rochers ou des bancs de sable entre les √ģles[8]. C'est sur Krakatoa que se situent trois c√īnes volcaniques : Rakata (813 m√®tres d'altitude) au sud, Danan (445 m√®tres, probablement un volcan double) au centre et Perboewatan ou Perbuatan (122 m√®tres) au nord[8].

Vue satellite de l'archipel de Krakatoa en 2001.

Apr√®s l'√©ruption de 1883, la topographie est partiellement boulevers√©e. Lang est l'√ģle qui a subi le moins de changements, la superficie qu'elle a gagn√©e par les d√©p√īts de cendres et d'√©jectas √©tant rapidement r√©duite par l'action √©rosive de la mer[8]. Elle a depuis pris le nom de Krakatau-Ketjil ou Panjang. Verlaten a subi quelques d√©g√Ęts au sud-est, sur le versant faisant face √† l'explosion, mais a surtout tripl√© de superficie pour la m√™me raison que Lang. √Ä son extr√©mit√© nord-est, un cordon littoral se forme, avec un petit lac d'eau saum√Ętre au bout, mais il est progressivement d√©truit par les vagues[8]. Verlaten a depuis √©t√© renomm√©e Sertung. Poolsche Hoed a totalement disparu[8]. Enfin, l'√ģle de Krakatau a √©t√© en grande partie souffl√©e par l'explosion. Il ne reste que sa partie m√©ridionale, avec le c√īne de Rakata qui perd dix m√®tres de hauteur et un volume important au nord, mais reste le point culminant de l'archipel avec 813 m√®tres d'altitude[8]. De Danan, il ne reste qu'un minuscule √ģlet rocheux nomm√© Bootsmansrots (le ¬ę rocher du bosco ¬Ľ)[8]. L'endroit pr√©cis o√Ļ se situait Perboewatan se trouve d√©sormais immerg√© √† 550 m√®tres de profondeur[8]. En 1927, lors d'une nouvelle √©ruption, Anak Krakatau (l'¬ę enfant de Krakatoa ¬Ľ) √©merge au centre des trois √ģles principales, et gagne rapidement sur la mer en raison de la quantit√© et de la vitesse d'√©mission des cendres et des ponces pour se stabiliser en ao√Ľt 1930. Son altitude a d√©pass√© 300 m√®tres en 1999[9] et a continu√© √† cro√ģtre jusqu'au : ce jour-l√†, l'√©ruption commenc√©e en juin a caus√© l'effondrement de son flanc, ce qui lui a fait perdre les deux tiers de sa hauteur, laquelle est pass√©e de 338 √† 110 m[10].

Géologie

Le Krakatoa se trouve √† 140 kilom√®tres au nord-est de la tranch√©e de la zone de subduction[9] de la plaque australienne sous la plaque eurasienne et plus particuli√®rement celle de la Sonde, √† l'endroit o√Ļ la limite entre les deux plaques effectue un brusque changement de direction, probablement en raison d'une √©paisseur inhabituellement faible de la cro√Ľte dans la r√©gion[11] et √† la jonction entre deux failles. Le volcan, compris dans la ceinture de feu du Pacifique, se situe approximativement √† 120 kilom√®tres au-dessus du plan de Wadati-Benioff[9].

√Čvolution de la topographie du site du Krakatoa : cons√©quences des phases √©ruptives.

L'√©tude stratigraphique du Krakatoa r√©v√®le cinq phases √©ruptives[9]. La premi√®re phase correspond √† la formation du Krakatoa pr√©historique, constitu√© d'un c√īne unique et se caract√©rise par deux coul√©es de lave et des d√©p√īts de ponces observables de nos jours √† Sertung et Panjang, ainsi que sur le c√īne de Rakata uniquement pour la coul√©e la plus r√©cente[9]. La deuxi√®me phase est un √©pisode destructif li√© √† l'√©ruption de 535, qui a vu la formation d'une nu√©e ardente et des chutes d'√©jectas, avec des ignimbrites dans les couches basses de d√©p√īts correspondant √† des mat√©riaux lourds et des cendres plus l√©g√®res par-dessus[9]. La troisi√®me phase d√©marre avec la formation sur l'√ģle volcanique de Krakatoa des c√īnes de Rakata, Danan et Perboewatan dont les seuls vestiges se situent sur le premier : une succession de laves and√©sitiques et basaltiques et de d√©p√īts d'√©jectas comprenant des scories, des lapillis et des cendres[9]. La quatri√®me phase est un second √©pisode destructif, li√© √† l'√©ruption de 1883, qui n'a laiss√© de l'√ģle de Krakatoa que le c√īne √©ventr√© du Rakata et des d√©p√īts principalement constitu√©s de ponces contenant de l'obsidienne et de cendres avec une distribution grossi√®re sur Sertung et Panjang et le versant externe de Rakata[9]. La cinqui√®me et derni√®re phase correspond √† la formation de l'Anak Krakatau[9].

L'√©ruption de 1883 qui a √©ventr√© en partie le c√īne de Rakata a mis √† nu un pan du dyke qui comblait l'ancienne chemin√©e volcanique[8]. De la m√™me fa√ßon, Bootsmansrots est une petite plate-forme rocheuse compos√©e de plaques parall√®les inclin√©es √† 45¬į par rapport √† la surface de la mer, reliquats d'un dyke autrefois inclus dans les flancs du Danan[8]. Les versants externes des √ģles de Sertung et de Panjang, et dans une moindre mesure de Krakatau (ou Rakata), gardent les traces du relief de la caldeira que formait le volcan avant 535, avec de nombreuses ravines et cr√™tes, partiellement enfouies sous les d√©p√īts de l'explosion de 1883[9]. L'Anak Krakatau est constitu√© de deux c√īnes embo√ģt√©s, le plus r√©cent ayant presque enti√®rement recouvert l'ancien c√īne dont le rebord nord-est culmine √† 156 m√®tres d'altitude. Ses laves ont la particularit√© de s'√©pancher dans toutes les directions, et certaines ont significativement accru la superficie de l'√ģle[9].

Les minéraux primaires qui composent aussi bien la lave que les bombes volcaniques du jeune Anak Krakatau sont constituées d'augite, d'hypersthène, de plagioclase et parfois de petits grains d'olivine. La plupart de ces cristaux se trouvent majoritairement sous forme de phénocristaux mais aussi sous forme de microlithes et de micro-granules[9].

Climat

Le climat sur l'archipel du Krakatoa est de type tropical, avec un fort taux d'humidit√© mais une saison relativement s√®che de mai √† octobre, avec un creux de pr√©cipitations en ao√Ľt, alors que le pic se situe en janvier avec plus de 300 mm d'eau. Les temp√©ratures se situent g√©n√©ralement entre 25 et 32 ¬įC.

Relev√©s sur l'Anak Krakatau (130 m)[12] - [13]
MoisJanvF√©vMarsAvrMaiJuinJuilAo√ĽtSeptOctNovD√©cAnn√©e
Temp√©ratures moyennes (¬įC) 27 27 27 28 28 28 27 27 28 28 28 27 27,5
Pr√©cipitations moyennes (mm) 350 200 200 80 100 50 40 30 40 100 125 200 1 515

Faune et flore

Avant l'√©ruption de 1883, l'archipel est couvert d'une v√©g√©tation luxuriante typique des r√©gions tropicales humides mais l'√©v√©nement d√©truit probablement toute forme de vie[14]. Toutefois, la vie refait rapidement son apparition sur les √ģles avec la croissance d'arbres et d'arbustes, probablement transport√©s sous forme de graines par les courants marins ou rel√Ęch√©s dans les fientes d'oiseaux, si bien qu'en 1886 30 esp√®ces de plantes sont d√©j√† inventori√©es et, en 1920, 300 esp√®ces v√©g√©tales et 600 esp√®ces animales. Mais en 1953, un nouveau regain d'activit√© volcanique d√©truit 90 % de la v√©g√©tation de Sertung et Panjang.

Carte de la répartition végétale du Krakatoa en 1992.

Aujourd'hui, une v√©ritable for√™t tropicale s'est implant√©e sur les trois √ģles principales, avec pas moins de 400 esp√®ces de plantes, 54 de papillons, 30 d'oiseaux, 17 de chauves-souris, 9 de reptiles et de nombreux insectes. Les cr√™tes de Sertung sont couvertes du genre Timonius alors que Terminalia pousse sur les pentes plus basses et que Casuarina est pr√©sent uniquement sur le versant nord et Dysoxylum sur le versant sud-est[15]. Panjang est presque int√©gralement couverte de ce dernier, mais on trouve √©galement Casuarina au sud-ouest et Ficus nervosa subsp. pubinervis sur la c√īte est[15]. Les cr√™tes et le versant sud-est du demi-c√īne de Rakata sont couvertes de Neonauclea et de Ficus sur lesquels se d√©veloppent des mousses au-del√† de 550 m√®tres d'altitude, ainsi que des buissons d'une esp√®ce de Schefflera, alors que Casuarina pousse dans les restes de l'ancien crat√®re et que la sous-esp√®ce Ficus nervosa subsp. pubinervis est pr√©sente tout autour du littoral[15]. Sur l'Anak Krakatau, le milieu reste √† la merci des √©ruptions et des coul√©es de lave, comme entre 1972 et 1975, 1979 et 1980, ainsi qu'au milieu des ann√©es 1990, et la v√©g√©tation de Casuarina[15] a √©t√© gravement affect√©e[16]. De plus, la pr√©sence r√©currente de gaz toxiques et la chaleur du sol autour du crat√®re, ainsi que le manque d'eau dans les pentes sup√©rieures fortement inclin√©es et excessivement drain√©es, emp√™chent pratiquement toute colonisation v√©g√©tale en dehors de la frange littorale. L√†, on trouve quelques badamiers, cocotiers et ipom√©es pied-de-ch√®vre dont les graines, apport√©es par la mer, s'implantent sur des sols pas encore colonis√©s[17].

La colonisation relativement rapide par les plantes est due √† deux facteurs : le climat tropical et la richesse des sols. Les esp√®ces s'installent plus facilement sur les cendres que sur les coul√©es de lave, ce contraste √©tant clairement visible sur l'Anak Krakatau. Ces deux facteurs r√©unis font que la colonisation est plus rapide qu'√† Surtsey ou au mont Saint Helens d'une part et qu'√† Hawa√Į d'autre part, et que la v√©g√©tation ne respecte pas n√©cessairement l'ordre g√©n√©ralement √©tabli, √† savoir herbes, foug√®res et broussailles puis arbres, mais se fait de fa√ßon plus erratique[14]. Ainsi les insectes trouvent une source de nourriture, suivis par les oiseaux et les chauve-souris qui participent √† la dispersion des fruits et acc√©l√®rent le processus[14].

Histoire

√Čruption en 416 ou en 535

La date de la premi√®re √©ruption historiquement document√©e pour le Krakatau est d√©battue. Elle est en g√©n√©ral dat√©e de 416, mais la date de 535 est parfois propos√©e. Le Pararaton ou ¬ę Livre des Rois ¬Ľ, une chronique javanaise √©crite au XVIe si√®cle, relate qu'en l'ann√©e 338 de l'√®re Saka, soit 416 du calendrier gr√©gorien :

¬ę Un son tonitruant √©tait entendu depuis la montagne Batuwara... un bruit similaire depuis Kapi... la terre enti√®re √©tait puissamment secou√©e et de violents √©clairs, accompagn√©s d'une lourde pluie et d'orages, se d√©roulaient, mais non seulement cette lourde pluie n'√©teignait pas le feu sur la montagne Kapi, mais au contraire l'augmentait ; le bruit √©tait effrayant, finalement la montagne Kapi dans un formidable rugissement explosa en morceaux et coula dans les profondeurs de la terre. L'eau de la mer remonta et inonda la c√īte, la r√©gion √† l'est de la montagne Batuwara, jusqu'√† la montagne Raja Basa ; les habitants de la partie nord du pays de la Sonde vers la montagne Raja Basa ont √©t√© noy√©s et emport√©s avec tous leurs biens. L'eau s'apaisa mais la r√©gion o√Ļ se situait Kapi fut remplac√©e par la mer, et Java et Sumatra furent s√©par√©es en deux parties. ¬Ľ

‚ÄĒ Pararaton

On estime le plus souvent aujourd‚Äôhui que cette √©ruption avait une puissance d‚Äôenviron 400 m√©gatonnes de TNT (soit 20 000 fois la puissance de la bombe d‚ÄôHiroshima). Elle d√©truisit le c√īne volcanique ouvrant une caldeira de km de large et laissant les trois √ģles de Krakatau, Verlaten et Lang (Rakata, Panjang et Sertung). Cette √©ruption entra√ģna sans doute des tsunamis. On ignore toutefois les destructions qu‚Äôils purent causer[18] - [19]. Si ce sc√©nario et cette datation sont aujourd‚Äôhui encore les plus souvent retenus, David Keys, correspondant en arch√©ologie pour le quotidien britannique The Independent, et Ken Wohletz, g√©ologue au Los Alamos National Laboratory, ont propos√© une date plus tardive et un sc√©nario diff√©rent, impliquant une √©ruption bien plus puissante et aux cons√©quences historiques d√©terminantes[20] - [18]. Pour Keys et Wohletz il se pourrait que le r√©cit du Pararaton, dont les premiers manuscrits ont √©t√© √©crits √† la fin du XVe si√®cle, contienne une erreur de date et se rapporte en fait √† une √©ruption qu‚Äôil faudrait placer en f√©vrier 535 de l'√®re chr√©tienne. Selon Wohletz un volcan, le proto-krakatau, occupait alors l‚Äôactuel d√©troit de la Sonde. C‚Äôest au cours d‚Äôune immense √©ruption, correspondant √† l‚Äô√©jection de 200 km3 de magma qu‚Äôil aurait laiss√© une caldeira de 50 km de diam√®tre, l‚Äôactuel d√©troit s√©parant les deux √ģles de Java et Sumatra. La perturbation atmosph√©rique r√©sultant de cette √©ruption expliquerait les anomalies climatiques bien attest√©es dans plusieurs endroits de la plan√®te vers 535 : les changements climatiques de 535-536. Selon Keys, les retomb√©es de l'√©ruption auraient obscurci la totalit√© de la Terre durant au moins deux ans √† partir de cette date. Cette √©ruption aurait rejet√© une telle quantit√© de poussi√®re, d'eau, de soufre et de gaz dans la stratosph√®re qu'un hiver volcanique aurait r√©gn√© sur notre plan√®te pendant plusieurs ann√©es[20] - [18]. Le fait est que les sources anciennes, ainsi que les mesures dendrochronologiques[21] attestent de perturbations m√©t√©orologiques et climatiques, qui peuvent correspondre aux effets d'une puissante √©ruption volcanique[22], sans toutefois n√©cessairement poss√©der un caract√®re exceptionnel. Ce nuage volcanique aurait bloqu√© les rayons du soleil, causant de mauvaises r√©coltes et conduisant √† la famine. Elle aurait entra√ģn√©, selon certaines th√©ories, des exodes massifs et des invasions en Eurasie, en particulier celles des Avars depuis la Mongolie jusqu'√† Constantinople affaiblie[23], ainsi que des √©pid√©mies et des changements politiques, religieux et sociaux[24].

Si l'existence d'une perturbation climatique vers 535 est certaine, et si son attribution au volcanisme poss√®de de forts arguments, l'attribution au Krakatoa n'a pas suscit√© l'unanimit√©, pas plus que la volont√© d'en tirer un tr√®s grand nombre de cons√©quences historiques dans des domaines tr√®s vari√©s[25]. Plusieurs objections peuvent en effet √™tre faites aux hypoth√®ses de Keys et Wohletz : leur sc√©nario ne correspond pas au r√©cit le plus courant de cr√©ation du d√©troit de la Sonde[26] ni aux observations g√©ologiques pratiqu√©es sur le complexe volcanique du Krakatoa, qui l'attribuent √† un graben[9] - [1]. Par ailleurs, comme le reconna√ģt au demeurant Ken Wohletz, aucun √©l√©ment tir√© de l‚Äôanalyse g√©ologique ne permet de dater les √©ruptions du Krakatoa entre -6600 et 1215 : la date de 535 n‚Äôest avanc√©e que par rapport aux perturbations climatiques attest√©es ailleurs sur le globe. Ainsi pour Mike Baillie, dendrochronologue √† l‚Äôuniversit√© de Belfast, l‚Äôhypoth√®se de Keys ne s‚Äôappuie sur aucune preuve[27]. Les √©ruptions volcaniques de cette puissance laissent un signal acide typique dans les carottes glaciaires polaires : or selon M. Baillie les carottes pr√©lev√©es au Groenland, et d√©sormais dat√©es presque √† l‚Äôann√©e pr√®s n‚Äôont r√©v√©l√© aucun signal entre 536 et 545, le signal le plus proche se trouvant durant les ann√©es 520. Pour Baillie les perturbations climatiques des ann√©es 530 ne seraient donc pas √† expliquer par une explosion volcanique mais par une collision com√©taire, hypoth√®se qui reste aussi controvers√©e. Toutefois un signal acide typique de telles √©ruptions a √©t√© retrouv√© dans les pr√©l√®vements d'une carotte glaciaire antarctique[28] pour l'ann√©e 542 plus ou moins dix-sept ans. Le signal a √©t√© attribu√© par les √©diteurs de la carotte au volcan Rabaul avec mention de l'hypoth√®se du Krakatoa. Surtout une publication a r√©cemment montr√© qu‚Äôun signal volcanique existait bel et bien pour 535[29]. Le Krakatau n‚Äôest cependant pas le seul candidat √† une puissante √©ruption √† cette √©poque et l‚Äô√©ruption du Rabaul est aussi souvent mise en rapport avec les √©v√©nements climatiques de 535 et des ann√©es suivantes. L‚Äôampleur et l‚Äôimpact exact de ces √©v√©nements sont aussi actuellement discut√©s et parfois difficiles √† √©tablir. Si les deux livres contemporains de David Keys[30] et Mike Baillie[31] ont rencontr√© un certain succ√®s populaire, la r√©action de la communaut√© des historiens a √©t√© plus contrast√©e, plusieurs chercheurs cependant se sont pench√©s sur les √©v√©nements climatiques des ann√©es 535 et suivantes[32]. Dans son √©tude des perturbations climatiques des ann√©es 530 en mer M√©diterran√©e, Antti Arjava, chercheur √† l‚Äôuniversit√© d‚ÄôHelsinki[33] souligne les faiblesses de sp√©culations trop g√©n√©rales ou trop simplistes[34] et attire l‚Äôattention sur les lacunes et les ambigu√Įt√©s des sources disponibles. √Ä partir du cas de l‚Äô√Čgypte apparemment peu touch√©e, il insiste sur la variabilit√© r√©gionale et son importance √† cette √©poque et sur la r√©silience de soci√©t√©s habitu√©es aux cons√©quences des al√©as climatiques[35]. Il conclut qu‚Äôen elles-m√™mes, et sans pr√©juger de leur lien avec la peste de Justinien ‚ÄĒ qui ne peut √™tre actuellement prouv√© ‚ÄĒ les perturbations climatiques des ann√©es 530-540 ont eu des implications historiques limit√©es et que l‚Äôexplication de leur origine est encore tr√®s incertaine. La question reste donc actuellement ouverte du point de vue scientifique.

Observations intermédiaires

Au moins trois explorateurs hollandais rapportent avoir observé des éruptions au Danan et au Perboewatan en mai 1680 et février 1681.

En f√©vrier 1780, les √©quipages du HMS Resolution et du HMS Discovery, sur la voie du retour au pays apr√®s le d√©c√®s du capitaine James Cook √† Hawa√Į, font escale quelques jours au Krakatoa. Ils d√©tectent deux anneaux pr√®s de l'√ģle, l'un d'eau chaude et l'autre d'eau froide. Ils d√©crivent les autochtones vivant sur l'√ģle comme ¬ę amicaux ¬Ľ et dessinent quelques esquisses. Dans son journal, John Ledyard appelle l'√ģle Cocoterra.

En 1809, les Hollandais établissent un bagne à un endroit non spécifié de l'archipel. Il se maintient pendant environ une décennie.

En 1880, Rogier Verbeek m√®ne une √©tude officielle de l'√ģle et publie un √©pais rapport en 1884-1885. Il s'av√®re tr√®s pr√©cieux dans la compr√©hension de l'impact g√©ologique et biologique de l'√©ruption de 1883.

Prémices

Jusqu'√† cette journ√©e fatidique, Krakatoa est une √ģle qui mesure neuf kilom√®tres de long sur cinq kilom√®tres de large. Elle est couverte d'une v√©g√©tation luxuriante typique des r√©gions tropicales humides, mais d√©j√† une activit√© sismique intense se fait sentir dans la r√©gion du volcan, jusqu'en Australie.

Dormant depuis 1681, Perboewatan se r√©veille le en √©mettant des panaches de vapeur et de cendres jusqu'√† six kilom√®tres de haut et un son audible jusqu'√† Batavia, l'actuelle Jakarta. L'activit√© d√©cro√ģt pendant quelques semaines, mais, le 19 juin, de nouvelles explosions se produisent, puis le 20 juillet un nouveau c√īne se forme selon toute vraisemblance entre Perboewatan et Danan. Le 11 ao√Ľt, l'activit√© gagne encore en intensit√© avec des panaches s'√©levant en pas moins de onze points distincts. Les bateaux continuent pourtant √† emprunter le d√©troit de la Sonde : celui qui passe le 14 ao√Ľt navigue dans l'obscurit√© pendant quatre heures, tellement les √©missions de cendres sont √©paisses.

Déroulement

Schéma d'une éruption plinienne.

L'√©ruption paroxystique commence le √† 13 heures locales (UTC+7) : une violente explosion est entendue √† plus de cinquante kilom√®tres du volcan, suivie d'une autre, encore plus forte vers 14 heures, puis d'une s√©rie de d√©tonations sans cesse plus violentes jusque vers 17 heures[36]. L'explosion de 14 heures est accompagn√©e d'abondantes projections de cendres propuls√©es jusqu'√† plus de vingt-sept kilom√®tres de hauteur et dont une autre partie retombe, recouvrant tout dans un rayon de 160 kilom√®tres autour du Krakatoa, plongeant la r√©gion dans une nuit totale[36].

√Ä 10 h 2, le 27 ao√Ľt, survient la plus forte explosion ; le bruit le plus fort entendu par des oreilles humaines[37] est audible dans toutes les Indes orientales n√©erlandaises bien s√Ľr, mais aussi √† Alice Springs dans le centre de l'Australie et √† l'√ģle de Rodrigues dans le sud-ouest de l'oc√©an Indien, situ√©es respectivement √† 3 500 et √† 4 800 kilom√®tres du Krakatoa. Le bruit de l'explosion est entendu sur environ un douzi√®me de la surface de la terre, ce qui en ferait le ph√©nom√®ne sonore le plus important de l'histoire humaine[37]. Beaucoup de personnes deviennent totalement ou partiellement sourdes sur un rayon de plusieurs dizaines de kilom√®tres[38]. L'√©ruption plinienne atteint le niveau 6 sur l'√©chelle d'explosivit√© volcanique, d√©veloppe une √©nergie correspondant √† 13 000 bombes d'Hiroshima et expulse entre 10 et 20 km3 de mati√®re dans l'air. √Ä Batavia, quelques vitrines √©clatent, des lanternes √† gaz s'√©teignent[36].

Onde du tsunami généré par l'éruption du Krakatoa en 1883.

Des vagues colossales cons√©cutives √† l'effondrement du crat√®re d√©ferlent √† plusieurs reprises les 26 et sur les c√ītes de Java et de Sumatra. Dans les r√©gions basses bordant le d√©troit de la Sonde, tout est balay√©, d√©truit, tordu, emport√©[36]. La station baln√©aire d'Anyer et son ancien phare, pourtant renforc√© de plaques d'acier, sont totalement balay√©s par le tsunami[39]. √Ä Merak, une vague de quarante-six m√®tres d√©ferle sur la ville ; quand elle se retire, rien n'indique que l'endroit ait √©t√© habit√©. √Ä Teluk Betung, grand port de la r√©gion de Sumatra, l'eau monte de vingt-deux m√®tres, nivelant tout[36]. Une oscillation anormale des eaux est enregistr√©e par les mar√©graphes jusque dans le golfe de Gascogne et dans la Manche[40] √† 18 000 kilom√®tres du lieu de la catastrophe[36]. Elle a probablement √©t√© caus√©e par une onde de choc a√©rienne r√©sultant de l'explosion, car elle s'est produite trop t√īt pour √™tre un reliquat du tsunami. Ces ondes de choc ont circul√© plusieurs fois autour du globe et sont encore d√©tectables √† l'aide de barographes cinq jours plus tard[41].

Vers midi, une pluie de cendres chaudes s'abat autour de Ketimbang √† Sumatra et un millier de personnes sont tu√©es par ces simples retomb√©es, sans compter les victimes des tsunamis successifs[36]. Cet √©v√©nement unique serait d√Ľ, selon Verbeek et d'autres historiens et scientifiques, √† une d√©flagration lat√©rale ou √† une nu√©e ardente au ras de l'eau similaire √† celles de la montagne Pel√©e en 1902 et du mont Saint Helens en 1980, si bien que le nord-ouest de Ketimbang est √©pargn√© gr√Ęce √† la protection jou√©e par l'√ģle de Sebesi[36].

De plus faibles √©ruptions se d√©roulent jusqu'√† mi-octobre. Verbeek d√©ment les t√©moignages selon lesquels le volcan aurait √©t√© actif des mois apr√®s l'explosion principale, en les mettant sur le compte des vapeurs provenant de roches encore chaudes, des glissements de terrain caus√©s par une mousson particuli√®rement intense et des hallucinations provoqu√©es par des ph√©nom√®nes √©lectriques[42]. Finalement, aucune nouvelle √©ruption ne se produit avant 1913 et l'√ģle de Krakatoa a presque enti√®rement disparu, laissant uniquement le c√īne √©ventr√© de Rakata au sud.

Causes de l'éruption

Les causes de la violence de l'√©ruption font l'objet de quatre th√©ories divergentes. Des chercheurs contemporains ont expliqu√© que le volcan se serait enfonc√© dans la mer au matin du , laissant de l'eau inonder la chambre magmatique et causant une s√©rie d'explosions phr√©ato-magmatiques massives[36]. Ou bien l'eau de mer, sans √™tre directement en contact avec le magma, l'aurait toutefois refroidi et durci provoquant un effet ¬ę cocotte-minute ¬Ľ, lib√©rant toute l'√©nergie accumul√©e seulement au moment o√Ļ la pression suffisante fut atteinte[36] - [43]. Ces deux th√©ories supposent que l'√ģle s'est affaiss√©e avant les explosions ; pourtant aucune preuve ne vient appuyer cette conclusion et les pierres ponces ainsi que l'ignimbrite d√©pos√©es ne sont pas compatibles avec une interaction entre du magma et de l'eau de mer[36]. Une autre hypoth√®se suppose qu'un effondrement sous-marin massif, voire un simple affaiblissement partiel, aurait soudainement ouvert la chambre magmatique hautement pressuris√©e[36]. La derni√®re explication affirme que l'explosion finale serait due √† un m√©lange magmatique provoqu√© par une infusion soudaine de magma basaltique chaud dans le magma plus froid et plus l√©ger de la chambre. Cela aurait provoqu√© une rapide et insoutenable mont√©e en pression, entra√ģnant une explosion cataclysmique. Les preuves de cette th√©orie sont l'existence de ponces constitu√©es de mat√©riaux l√©gers et fonc√©s, t√©moins d'une origine thermique importante. Malgr√© tout, la quantit√© de ces mat√©riaux serait inf√©rieure √† 5 % du volume en ignimbrite du Krakatoa et pour cette raison certains chercheurs rejettent cette explication comme cause essentielle de l'explosion du [36].

Conséquences

Photographie prise en 1894 de la chaudière du bateau à vapeur Barouw retrouvée après l'éruption dans la rivière Kuripan dans le Sud de Sumatra.

Le bilan humain est lourd : les autorit√©s n√©erlandaises √©valuent le nombre total de victimes √† 36 417. C'est l'√©ruption volcanique la plus meurtri√®re de l'histoire apr√®s celle du Tambora, √©galement en Indon√©sie, en 1815. De nombreuses colonies sont d√©truites, y compris Teluk Betung et la majeure partie de Ketimbang √† Sumatra, Sirik et Semarang √† Java. Les zones de Banten et Lampung sont d√©vast√©es. Des documents rapportent la pr√©sence de squelettes flottant au travers de l'oc√©an Indien en direction de l'Afrique sur des radeaux de pierres ponces un an apr√®s l'√©ruption[36]. Certaines r√©gions √† Java n'ont jamais √©t√© repeupl√©es et sont retourn√©es √† la jungle, si bien que le parc national d'Ujung Kulon a √©t√© cr√©√©, dans un p√©rim√®tre incluant le Krakatoa et ses eaux.

Les r√©gions touch√©es sont sous administration des Indes orientales n√©erlandaises depuis plusieurs ann√©es d√©j√†. Le journaliste britannique Simon Winchester √©crit que les relations entre les communaut√©s musulmanes et chr√©tiennes sont tr√®s tendues[44]. Les autorit√©s religieuses de l'ouest de Java, en particulier, sous la houlette des sultans, sont tr√®s strictes et montrent une hostilit√© croissante vis-√†-vis des colons au cours du XIXe si√®cle[45]. Persuad√©s qu'une croisade (Perang Salib) est en cours[46], ils n'h√©sitent pas √† pr√īner dans les √©coles islamiques (pesantren) le retour des ¬ę brebis √©gar√©es ¬Ľ de Java et Sumatra dans le giron de l'islam[47]. Dans ces conditions, la situation de d√©solation qui suit l'√©ruption catalyse le d√©clenchement dans les zones touch√©es d'une vague meurtri√®re anti-occidentale par les fondamentalistes musulmans, une des toutes premi√®res de l'histoire[48]. Les sp√©cialistes de l'islam indon√©sien ne citent rien √† ce sujet et ces affirmations pourraient comporter de nombreuses inexactitudes. En effet, √† l'√©poque, il n'y avait pas de ¬ę communaut√© chr√©tienne ¬Ľ dans l'ouest de Java, si ce n'est la petite population europ√©enne des villes. Il n'y avait pas de colons mais des fonctionnaires coloniaux n√©erlandais. En outre, traditionnellement √† Java, il n'y a pas d'autorit√©s religieuses mais des kyai, c'est-√†-dire des ma√ģtres en religion. Enfin, il n'y avait d√©j√† plus de sultan dans l'ouest de Java depuis la dissolution du sultanat de Banten en 1813.

Le panache de cendres volcaniques est mont√© √† quatre-vingts kilom√®tres dans l'atmosph√®re et a r√©pandu suffisamment de particules pour abaisser la temp√©rature mondiale moyenne de 0,25 ¬įC l'ann√©e suivante, avec une amplitude approximative de 0,18 √† 1,3 ¬įC[49]. Les mod√®les climatiques continuent √† √™tre chaotiques durant quelques ann√©es, et les temp√©ratures ne reviennent √† la normale qu'apr√®s 1888. L'√©ruption a √©mis une quantit√© inhabituelle de dioxyde de soufre haut dans la stratosph√®re tout autour de la plan√®te. La concentration d'acide sulfurique a augment√© dans les cirrus, augmentant l'alb√©do des nuages et la r√©flexion des rayons solaires incidents jusqu'√† ce qu'il retombe en pluies acides[49]. Ces poussi√®res sont √©galement √† l'origine des couchers de soleil flamboyants, puis rouge lie-de-vin qui inspir√®rent nombres d'artistes, comme William Ashcroft (en) avec ses centaines de chromolithographies ou Edvard Munch avec Le Cri en 1893[50] - [51], ainsi que des colorations vives inhabituelles de la lune comme √† Londres. Dans plusieurs villes des √Čtats-Unis, des lueurs rougeoyantes sont prises pour des incendies et l'on fait appel aux pompiers. Ces ph√©nom√®nes de nuages noctulescents essentiellement compos√©s de glace sont provoqu√©s par la diffraction de la lumi√®re par les particules de lave pulv√©ris√©e mont√©es dans la stratosph√®re et se manifestent pendant environ trois ans. Ceci engendre √©galement le ph√©nom√®ne appel√© anneau de Bishop, un halo visible autour du Soleil et de la Lune, qui sera pour la premi√®re fois officiellement rapport√© par le r√©v√©rend S. Bishop √† Hawa√Į le .

Cependant l'√©ruption a aussi des effets b√©n√©fiques sur l'environnement local. Un an seulement apr√®s le cataclysme, de l'herbe pointe d√©j√† sur les bouts d'√ģlots √©pargn√©s. Deux ans plus tard, vingt-six esp√®ces de plantes y poussent, et, en 1924, ces fragments de terre sont recouverts d'une for√™t dense. Les r√©gions proches comme Lampung, presque st√©riles avant l'√©ruption, deviennent tr√®s fertiles. Cela attire une population importante. On estime par ailleurs que cette √©ruption a permis la survie du rhinoc√©ros de Java.

L'enfant du Krakatoa

Panache surtseyen lors de l'éruption de 1927-1928 du volcan qui a vu l'émersion de l'Anak Krakatoa.

Verbeek, dans son rapport sur l'√©ruption, pr√©dit que toute nouvelle activit√© se manifestera dans la zone comprise entre les anciens c√īnes de Perboewatan et Danan[42]. Cette pr√©diction s'av√®re juste puisqu'en 1927 des signes d'√©ruption sous-marine surtseyenne sont observ√©s par un r√©seau de scientifiques √† cet endroit, tandis que la population est mise √† l'abri par crainte de la retomb√©e des blocs qui sont propuls√©s √† 1 200 m√®tres d'altitude. Quelques jours plus tard, une nouvelle √ģle volcanique, Anak Krakatau (l'¬ę enfant de Krakatoa ¬Ľ), √©merge de 9 m√®tres au-dessus de la surface. Initialement, les √©ruptions sont constitu√©es de ponces et de cendres, et l'√ģle, ainsi que deux bancs, sont rapidement √©rod√©s ; mais finalement Anak Krakatau gagne rapidement sur la mer en raison de la quantit√© et de la vitesse d'√©mission des mat√©riaux pour se stabiliser en ao√Ľt 1930.

Depuis lors, plus de quarante √©ruptions se sont succ√©d√©, la derni√®re √©tant en cours depuis le [52], et ont progressivement fait grandir l'√ģle √† un rythme moyen de cinquante centim√®tres par mois. Le premier c√īne atteint 67 m√®tres d'altitude en 1933 et 138 m√®tres en 1950 mais, √† cause de l'√©rosion, il s'ouvre √† plusieurs reprises √† la mer entre ces deux dates. Par la suite, un second c√īne commence √† appara√ģtre, au fond du lac ainsi form√© √† l'int√©rieur du crat√®re, correspondant au remplacement progressif des √©missions de cendres par des coul√©es de lave qui finissent par combler le lac et rendre plus r√©sistants les flancs du volcan √† l'√©rosion. En 1960, le nouveau c√īne atteint 30 m√®tres, puis 160 m√®tres en 1968 et 181 m√®tres en 1977[53]. Au d√©but de 2018, il est haut de plus de 300 m√®tres pour trois √† quatre kilom√®tres de diam√®tre, Anak Krakatau offre d'exceptionnels sujets d'√©tudes aux volcanologues et aux botanistes.

Le , l'Anak Krakatoa √©met un nuage de cendres de plus de deux kilom√®tres de haut[54], pr√©sageant d'un regain √©ruptif[55]. Le nombre de secousses croissant approchait les 6 000 par jour en fin de semaine[56].

Le , √† la suite d'une √©ruption d√©but√©e au cours de l'√©t√© pr√©c√©dent[52], un regain d'activit√© de l'Anak Krakatoa induit un glissement de terrain sous-marin qui provoque un tsunami dans le d√©troit de la Sonde[57]. Le , les autorit√©s d√©nombrent 429 morts et plus d'une centaine de disparus[58] sur les √ģles de Java et de Sumatra[59] - [60]. La hauteur du volcan est r√©duite de 338 m√®tres de hauteur √† 110 m√®tres et deux km¬≤ de l'√ģle volcanique o√Ļ se trouve l'Anak Krakatoa se sont engloutis dans les flots. L'Agence indon√©sienne de vulcanologie √©value qu'entre 150 et 180 millions de m¬≥ de rochers et de cendres sont tomb√©s dans la mer[61]. Une nouvelle phase √©ruptive s'est d√©clench√©e le 10 avril 2020[52] - [62] - [63].

Le , une √©ruption projette un nuage de cendres de 3 000 m√®tres de haut[64].

Risques futurs

L'Anak Krakatau le .

Le Krakatoa est surveill√© par le Krakatoa Volcano Observatory, √† Carita, sur la c√īte ouest de l'√ģle de Java. Un r√©seau de stations suit constamment le volcan. Quatre stations permanentes sont install√©es sur l'archipel dont trois sur l'Anak Krakatau et enregistrent des donn√©es sur les secousses telluriques, sur la d√©formation du terrain par GPS, sur les variations du niveau de la mer, sur les √©missions de gaz, sur les ondes √©lectromagn√©tiques et sur le climat. Trois stations sismologiques temporaires compl√®tent le dispositif sur Krakatau, Panjang et Sertung. Ce complexe communique par t√©l√©m√©trie avec l'observatoire √† Carita. De plus, six autres stations temporaires mesurent les s√©ismes autour du d√©troit de la Sonde[65]. Les donn√©es collect√©es permettent d'√©valuer la probabilit√© d'une catastrophe imminente. Un des facteurs d√©terminants est la quantit√© de silice pr√©sente dans le magma que les volcanologues mesurent dans les √©chantillons d'√©jectas. Plus la teneur en silice est importante, plus le magma devient visqueux, plus les gaz ont du mal √† s'√©chapper et la pression augmente. Lorsqu'elle est finalement trop forte, le volcan explose violemment, lib√©rant une grande quantit√© de mati√®re et en particulier la silice, entamant un nouveau cycle. Le Krakatoa suit naturellement ce mod√®le.

Par sa situation, le Krakatoa pose de r√©els risques pour les populations c√īti√®res de Java et de Sumatra et pour le trafic √©conomique transitant par les importantes routes maritimes √† travers le d√©troit. La densit√© de population en Indon√©sie est relativement √©lev√©e, particuli√®rement dans cette r√©gion o√Ļ elle d√©passe cent habitants par kilom√®tre carr√© en moyenne dans les zones peupl√©es. Dans un rayon de cinquante kilom√®tres autour du volcan la population s'√©l√®ve d√©j√† √† pr√®s de 275 000 habitants et atteint 5,8 millions dans un rayon de cent kilom√®tres. La population indon√©sienne est donc particuli√®rement vuln√©rable et le faible indice de d√©veloppement humain du pays rend critique la question de la destruction des infrastructures, de l'approvisionnement alimentaire et des exodes, maux in√©vitablement engendr√©s par une √©ruption de grande ampleur. Le relief qui peut prot√©ger par endroits la population des retomb√©es directes pouvant √™tre produites par les nu√©es ardentes, peut aussi favoriser localement des glissements de terrain[66]. Mais comme le prouve l'√©ruption de 1883, le principal risque est li√© aux tsunamis, mena√ßant les installations portuaires √† l'est et les r√©gions touristiques au sud. En effet, Java et Sumatra pourraient √™tre touch√©es en moins d'une heure. Dans les zones pr√©serv√©es, la mangrove et les r√©cifs coralliens prot√®gent naturellement la c√īte tandis que dans les zones urbanis√©es des projets de brise-vagues sont envisag√©s[67].

Activités

√Čtudes scientifiques

Dans le domaine de la biologie, le ¬ę probl√®me Krakatoa ¬Ľ consiste √† d√©terminer si les √ģles furent totalement st√©rilis√©es par l'√©ruption de 1883 ou si des traces de vie surv√©curent[14] - [68]. Lorsque les premiers chercheurs atteignent les lieux en mai 1884, la seule esp√®ce qu'ils trouvent est une araign√©e dans une crevasse sur le versant sud du Rakata[69]. Toutefois, la vie recolonise rapidement les √ģles : le versant oriental est re-v√©g√©talis√© par des arbres et des arbustes, probablement transport√©s sous forme de graines par les courants marins ou rel√Ęch√©s dans les fientes d'oiseaux. Le milieu reste fragile et la v√©g√©tation des diff√©rentes √ģles a √©t√© gravement affect√©e, √† plusieurs reprises, par les √©ruptions r√©centes[16].

Industrie minière

En octobre 1916, un Allemand du nom de Johann Handl obtient un permis de prospection mini√®re pour extraire des ponces. Sa concession couvre une superficie de 8,7 km2, correspondant grossi√®rement √† la moiti√© orientale de l'√ģle de Krakatoa, pour une dur√©e de trente ans. Il occupe le versant m√©ridional du Rakata environ quatre ans lorsqu'il est contraint de renoncer √† son activit√© en raison d'une violation des termes de l'accord. Entretemps, il a construit une maison et plant√© un jardin avec quatre familles europ√©ennes et environ trente coolies. Il semblerait qu'il ait √©galement introduit involontairement le rat noir. Il a d√©couvert, en creusant, la pr√©sence de bois non br√Ľl√© en dessous des d√©p√īts de cendre de 1883, ainsi que d'eau douce √† cinq m√®tres de profondeur[70].

Tourisme

La c√īte occidentale de Java est devenue une zone baln√©aire tr√®s appr√©ci√©e des Jakartanais ais√©s, qui viennent y passer le week-end. Krakatoa est une excursion qui fait partie de leurs activit√©s. Le point de d√©part est le port de Labuan, mais on peut √©galement s'y rendre depuis les stations baln√©aires d'Anyer et Carita.

Les √ģles Krakatau sont un lieu de pratique de la plong√©e sous-marine.

Protection environnementale

Réserve naturelle de Pulau Anak Krakatau
Administration
Type
Réserve naturelle marine (d)
Catégorie UICN
Ib (zone de nature sauvage)
WDPA
Création

Apr√®s le d√©part de Handl, la partie occidentale de l'√ģle de Krakatoa ainsi que Verlaten sont class√©es monument national en juillet 1919. La partie orientale est ajout√©e en 1925 et les √ģles sont incluses dans la r√©serve d'Ujung Kulon, √©tablie en 1921 √† la pointe ouest de Java[71]. En 1980 elle est √©lev√©e au statut de parc national[71], s'√©talant sur une superficie de 1 206 km2 dont 443 km2 marins. Un diff√©rend, bas√© sur le fait que l'archipel ne pouvait pas √† la fois √™tre administr√© par les autorit√©s de la province de Lampung √† Sumatra et d√©pendre d'un parc javanais, a conduit √† la cr√©ation en 1990 d'une r√©serve s√©par√©e au sein du parc. Elle est surveill√©e par des gardes install√©s sur l'√ģle de Sertung, bien que depuis 1996 ils soient priv√©s de bateau pour patrouiller de fa√ßon permanente. Enfin, en 1992, le parc est class√© au patrimoine mondial de l'UNESCO[71] - [72]. Les derniers rhinoc√©ros de Java, dont la population est estim√©e √† moins de soixante individus, ont trouv√© refuge dans le parc mais restent absents du Krakatoa, beaucoup plus au large[71] - [73].

Le Krakatoa dans la culture

Littérature

  • Les vingt-et-un ballons (The Twenty-One Balloons) de William P√®ne du Bois raconte l'histoire d'un scientifique de San Francisco qui entreprend un voyage autour du monde en montgolfi√®re en 1883. Des oiseaux percent son ballon et il chute dans les eaux de l'archipel du Krakatoa. Alors qu'il nage vers la c√īte, il aper√ßoit un village de 80 habitants. Ils forment une soci√©t√© secr√®te qui s'enrichit en extrayant des diamants des mines du volcan. Lorsqu'il explose le , les 81 personnes s'entassent sur une plateforme accroch√©e √† 20 montgolfi√®res et survolent le monde, avant de sauter en parachute. Ce roman a obtenu la m√©daille Newbery en 1948.
  • Ned Curzon, le personnage principal du roman Les Clowns de l'√Čden (The Computer Connection) d'Alfred Bester, devient immortel en ¬ę mourant ¬Ľ sur l'√ģle lors de l'explosion de 1883 (les h√©ros du livre sont des immortels qui le sont devenus en ¬ę mourant ¬Ľ tout d'abord de mort violente).
  • Dans le chapitre 3b de La Jeunesse de Picsou (Life and Times of Scrooge McDuck, 1998) de Don Rosa, intitul√© Le Cow-boy capitaine du Cutty Sark, Balthazar Picsou surmonte le tsunami caus√© par l'√©ruption du Krakatoa.
  • La trilogie Stone (1999-2001) de l'auteur fantastique Graham Edwards commence par l'√©ruption du Krakatoa.
  • Dans le roman Chants de la Terre lointaine (Songs of Distant Earth) d'Arthur C. Clarke un volcan g√©ant nomm√© Krakan rentre en √©ruption. Il existe aussi un plus petit volcan, l'Enfant de Krakan.
  • Un po√®me d'Aim√© C√©saire, Corps perdu, s'ouvre sur ¬ę Moi qui Krakatoa ¬Ľ : le po√®te s'identifie r√©guli√®rement √† un volcan et se qualifie lui-m√™me de ¬ę p√©l√©en ¬Ľ, adjectif issu du nom d'un autre volcan, cette fois martiniquais : la montagne Pel√©e. Le volcan est une des images pr√©f√©r√©es de C√©saire car son √©ruption est √† la fois destructrice et cr√©atrice (enfantement d'une √ģle par le volcan)[74].
  • St√©phane Audeguy √©voque l'√©ruption du Krakatoa dans son roman La Th√©orie des nuages, Gallimard, 2005.
  • Dans le roman Le Retour des Tigres de Malaisie - Plus anti-imp√©rialistes que jamais (2012) de Paco Ignacio Taibo II, Sandokan est confront√© au tsunami d√©clench√© par l'√©ruption du Krakatoa.
  • Le roman Mortel Sabbat de Douglas Preston et Lincoln Child prend l'origine de la trag√©die sur laquelle enqu√™te l'inspecteur Pendergast dans l'√©ruption de 1883 du Krakatoa[75].

Cinéma et télévision

  • Krakatoa √† l'est de Java (Krakatoa, East of Java) est un film am√©ricain de 1969 mettant en sc√®ne Maximilian Schell, Diane Baker et Brian Keith sur fond d'√©ruption du Krakatoa en 1883. Le volcan se situe en r√©alit√© √† l'ouest de Java, contrairement au Tambora. Les r√©alisateurs, avertis de l'erreur, ont toutefois jug√© qu'il n'√©tait pas n√©cessaire de changer le titre car il faisait selon eux plus ¬ę exotique ¬Ľ, m√™me si, plus tard, il a √©t√© rebaptis√© Volcano. Le film a fait l'objet d'une adaptation romanesque par Michael Avallone sous le titre original.
  • Dans l'√©pisode Inferno de la s√©rie Doctor Who, le Docteur indique qu'il aurait entendu le son de l'explosion. Dans l'√©pisode Rose, une esquisse datant de 1883 retrouv√©e sur la c√īte montre le docteur face au volcan.
  • Dans l'√©pisode 6 Le volcan tragique de la s√©rie t√©l√©vis√©e Au cŇďur du temps, Tony et Doug essaient de convaincre un scientifique que le volcan va bient√īt entrer violemment en √©ruption.
  • Selon certaines hypoth√®ses, le Krakatoa a √©t√© envisag√© comme une localisation possible de l'√ģle de Lost : Les Disparus. Elles ont gagn√© en popularit√© au moment o√Ļ le site web de marketing viral find815.com a accord√© du cr√©dit au fait que l'√ģle pouvait √™tre situ√©e quelque part dans les environs du d√©troit de la Sonde[76].

Musique

  • Krakatoa est une chanson principalement spoken word du groupe Styx sur leur album The Serpent Is Rising (1973), qui a inspir√© le r√©alisateur George Lucas dans la cr√©ation du logo audio Deep Note de la soci√©t√© THX.
  • Le guitariste d'origine su√©doise Yngwie Malmsteen a enregistr√© une chanson instrumentale intitul√©e Krakatau, disponible sur l'album Odyssey sorti en 1988.
  • The Brain Surgeons ont une chanson intitul√©e Krakatoa.
  • Le groupe de metal Saxon a √©galement une chanson intitul√©e Krakatoa, disponible notamment sur la version remix√©e de son album Crusader.
  • Le Krakatoa est √©voqu√© par le groupe de new wave The B-52's dans leur chanson Lava pr√©sente sur l'album de leurs d√©buts en 1979.
  • Le groupe fran√ßais Indochine fait r√©f√©rence au Krakatoa dans son morceau intitul√© √Ä l'Est de Java.

Notes et références

Notes

  1. La vision g√©ographique traditionnelle de ¬ę ceinture de feu du Pacifique ¬Ľ ne doit pas √™tre prise au pied de la lettre, car pr√©cis√©ment ici, dans le contexte des volcans indon√©siens, elle n'est pas bien en accord avec le fait g√©odynamique qu'il s'agit de la subduction de la plaque australienne sous la plaque eurasiatique.

Références

  1. (en) Global Volcanism Program - Eruptive history of Krakatau.
  2. Winchester 2003, p. 27.
  3. Winchester 2003, p. 28.
  4. (nl) Rogier Diederik Marius Verbeek, Krakatau, 1886, page 87.
  5. (en) Lee Khoon Choy, A Fragile Nation: The Indonesian Crisis, World Scientific Publishing Company, juillet 1999, page 149 (ISBN 9810240031).
  6. (en) Arysio Nunes dos Santos, Atlantis: The Lost Continent Finally Found, Atlantis Publications, 2005, page 311 (ISBN 0976955008).
  7. (fr) Encyclopædia Universalis.
  8. (en) Rubert Furneaux, Krakatoa, Secker & Warburg, 1964 (ISBN 0722137176).
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Voir aussi

Articles connexes

Filmographie

Bibliographie

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