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Authie (fleuve)

L‚ÄôAuthie est un fleuve c√ītier du Nord de la France qui se jette dans la Manche apr√®s un cours long de 108,18 kilom√®tres[1] sis dans les d√©partements de la Somme et du Pas-de-Calais, dans le bassin Artois-Picardie. Son cours, orient√© ouest - nord-ouest, √©pouse la direction des autres fleuves c√ītiers du nord de la France, la Canche au nord, la Somme et la Bresle au sud.

l'Authie
Illustration
L'Authie à Hem.
Carte.
Localisation du cours de l'Authie
Loupe sur carte verte Authie (fleuve) sur OpenStreetMap.
Caractéristiques
Longueur 108,18 km [1]
Bassin 1 305 km2 [2]
Bassin collecteur l'Authie
D√©bit moyen 10,8 m3/s (Quend) [3]
Nombre de Strahler 3
Organisme gestionnaire EPTB Authie[4]
Régime pluvial océanique
Cours
Source près de la route D176E
· Localisation Coigneux
¬∑ Altitude 131 m
¬∑ Coordonn√©es 50¬į 07‚Ä≤ 50‚Ä≥ N, 2¬į 33‚Ä≤ 09‚Ä≥ E
Embouchure la Manche
· Localisation entre Quend et Conchil-le-Temple
· Altitude m
¬∑ Coordonn√©es 50¬į 22‚Ä≤ 04‚Ä≥ N, 1¬į 36‚Ä≤ 44‚Ä≥ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Gézincourtoise, Pendé
· Rive droite Quilliene, Grouche, Fliers
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Pas-de-Calais, Somme
Cantons Acheux-en-Ami√©nois, Pas-en-Artois, Doullens, Bernaville, Auxi-le-Ch√Ęteau, Cr√©cy-en-Ponthieu, Hesdin, Campagne-l√®s-Hesdin, Montreuil, Rue, Berck
Régions traversées Hauts-de-France
Principales localit√©s Nampont, Auxi-le-Ch√Ęteau, Doullens

Sources : SANDRE:¬ę E5500570 ¬Ľ, G√©oportail, Banque Hydro, OpenStreetMap

Son cours r√©gulier, li√© √† la pr√©sence d'un puissant aquif√®re, a depuis longtemps attir√© les hommes qui y ont d√©velopp√© une activit√© agricole encore dominante aujourd'hui. La vall√©e de l'Authie, autrefois fronti√®re entre le royaume de France et les possessions des Habsbourgs d'Autriche et d'Espagne, occup√©e par de nombreux villages et de petites agglom√©rations, rec√®le un riche patrimoine architectural, abbayes et ch√Ęteaux s'√©grenant le long des rives du fleuve. Son embouchure formant une vaste baie, comprise entre Fort-Mahon-Plage et Berck, typique des estuaires picards, abrite une faune et une flore diversifi√©es attirant de nombreux visiteurs.

Hydronymie

Le nom du fleuve est attest√©, pour la premi√®re fois, en 723 sous la forme Alteia[5]. Ce nom proc√®de d'un type toponymique celtique (gaulois)[6] de sens inconnu altegia[5]. D'un point de vue phon√©tique : on a une palatalisation de l'intervocalique /g/ > /j/, puis un amu√Įssement /j/ > /‚ąÖ/, ph√©nom√®ne bien connu en linguistique historique[5].

Un terme gaulois attegia est reconnu par Xavier Delamarre[7], au sens de ¬ę cabane, hutte ¬Ľ et dont sont issus les toponymes de type Ath√©e, Athis. Il s'analyse en ad- (pr√©verbe) et tegia (maison, cf. vieil irlandais teg 'maison'; vieux gallois tig, gallois tŇ∑; vieux breton tig, breton ti 'maison'). Il est vraisemblable qu'Authie contienne le m√™me √©l√©ment tegia pr√©c√©d√© d'un autre pr√©fixe. Le m√™me auteur explique Arthies (Artegiae 680) comme pouvant provenir d'un * Are-tegia, solution possible pour Authie, sachant que /r/ passe r√©guli√®rement √† /l/ devant consonne[7] - [note 1].

Géographie

Le cours du fleuve

Un vieux moulin sur le fleuve c√ītier √† Hem.

L'Authie prend sa source √† Coigneux √† 131 m d'altitude[8] (mais serait plut√īt 104 m d'apr√®s IGN et g√©oportail), arrose la commune d'Authie et adopte une direction ouest - nord-ouest selon l'orientation tectonique g√©n√©rale des cours d'eau de cette r√©gion (Somme, Canche) recevant l'apport de son premier affluent notable, la Quilliene, √† Thi√®vres. Le fleuve baigne ensuite Doullens o√Ļ il conflue avec son principal tributaire (la Grouche), Auxi-le-Ch√Ęteau, puis Argoules et Nampont au nord de la for√™t de Cr√©cy, avant de se jeter dans la Manche entre Fort-Mahon-Plage (poulier) et Berck (musoir). En p√©n√©trant dans le Marquenterre, l'Authie incline, √† cause de l'action de petits affluents, le Fliers en particulier, son cours vers le sud-est, puis forme, √† Groffliers, un estuaire qui continue √† se d√©placer. Son cours s√©pare, peu apr√®s Auxi-le-Ch√Ęteau, les d√©partements de la Somme et du Pas-de-Calais, donc la r√©gion Hauts-de-France.

Thièvres, au confluent de l'Authie et de la Kilienne. (2)

L'Authie entaille le vaste plateau inclin√© vers l'ouest occupant l'Artois et le Ponthieu ; une couverture de limons pl√©istoc√®ne peu √©paisse recouvre l'argile √† silex et le socle de craie. Ce dernier appara√ģt sur les versants de la vall√©e du fleuve c√ītier qui l'entaille, tandis que le fond de celle-ci est compos√© d'alluvions.

Le profil en long du fleuve est assez r√©gulier et caract√©ris√© par une pente moyenne faible (‚Äį), plus forte en amont de Doullens (2,3 ‚Äį), elle n'est plus que 0,4 ‚Äį en aval de Dompierre-sur-Authie faisant de l'Authie un cours d'eau √† √©coulement lent[9].

L'ensemble du cours peut être divisé en plusieurs entités géographiques et paysagères[2] :

  • la haute-vall√©e, entre la source sise √† Coigneux et les communes d'Occoches et d'Outrebois en aval de Doullens, se caract√©rise par un habitat de fond de vall√©e et la pr√©sence d'un couvert bois√© important.
  • la vall√©e moyenne, entre les villages cit√©s et Dompierre-sur-Authie et Douriez, pr√©sente un paysage de peupleraies. L'habitat se situe le long du cours d'eau, mais √©galement perpendiculairement √† ce dernier dans les nombreux vallons secs aboutissant √† la vall√©e principale.
  • la basse-vall√©e, qui court de Dompierre-sur-Authie √† la ¬ę falaise morte ¬Ľ pr√®s de Colline-Beaumont, est marqu√©e par la pr√©sence de nombreux √©tangs autrefois souvent consacr√©s √† la pisciculture, puis √† la chasse et p√™che ; les villages s'√©cartant souvent du fleuve et de ses zones inondables pour se blottir au pied des coteaux.
  • les ¬ę bas-champs ¬Ľ et la baie de l'Authie[note 2] s'ouvrent sur la Manche entre les pointes sableuses du Haut Banc et de Routhiauville, derri√®re lesquelles l'estuaire du fleuve s'amenuise depuis des mill√©naires, avan√ßant vers le nord et r√©duisant ainsi l'influence marine et la navigation. L'estuaire offre ainsi, d'un point de vue g√©omorphologique, un bel exemple d'estuaire picard avec une zone en propagation (poulier), au sud, et une zone en r√©gression (musoir), au nord[10]. Dans cet espace, des digues appel√©es rencl√ītures, mises en place par les paysans d√®s le XIIe si√®cle, ont acc√©l√©r√© le processus naturel et fait avancer la rive gauche (sud) de pr√®s de 4 kilom√®tres. La rive droite (nord) a connu alternativement des √©pisodes d'√©rosion et d'accumulation au gr√© des divagations du chenal de l'Authie. Pour limiter celles-ci, une nouvelle digue fut √©difi√©e en 1868, allong√©e une dizaine d'ann√©es plus tard, puis partiellement d√©truite par le cours d'eau avant d'√™tre ensevelie sous les sables[11].

Communes et cantons traversés

Depuis le regroupement des deux communes de Frohen-le-Grand, et Frohen-le-Petit, dans la nouvelle commune de Frohen-sur-Authie, l'Authie traverse quarante-quatre communes[note 3], vingt-deux dans chacun des deux d√©partements et onze cantons[12] : dans le sens amont vers aval : Coigneux (source), Couin, Saint-L√©ger-l√®s-Authie, Authie, Thi√®vres, Thi√®vres, Sarton, Orville, Amplier, Authieule, Doullens, Hem-Hardinval, Occoches, Outrebois, M√©zerolles, Frohen-sur-Authie, B√©alcourt, Beauvoir-Wavans, Auxi-le-Ch√Ęteau, Willencourt, Le Ponchel, Vitz-sur-Authie, Gennes-Ivergny, Boufflers, Tollent, Le Boisle, Labroye, Raye-sur-Authie, Dompierre-sur-Authie, Tortefontaine, Ponches-Estruval, Douriez, Dominois, Saulchoy, Argoules, Maintenay, Roussent, Nampont, Nempont-Saint-Firmin, Tigny-Noyelle, Villers-sur-Authie, Colline-Beaumont, Quend, Conchil-le-Temple.

Soit en termes de cantons, l'Authie prend source dans le canton d'Acheux-en-Ami√©nois, traverse les canton de Pas-en-Artois, canton de Doullens, canton de Bernaville, canton d'Auxi-le-Ch√Ęteau, canton de Cr√©cy-en-Ponthieu, canton de Hesdin, canton de Campagne-l√®s-Hesdin, canton de Montreuil et a son embouchure entre les deux canton de Rue et canton de Berck.

Toponymes

L'hydronyme Authie se retrouve dans les neuf toponymes suivants : Authie, Authieule, Dompierre-sur-Authie, Frohen-sur-Authie, Raye-sur-Authie, Saint-Léger-lès-Authie, Vauchelles-lès-Authie, Villers-sur-Authie, Vitz-sur-Authie.

Vauchelles-lès-Authie n'est pas dans la liste des communes traversées, mais est voisine de Authie, Saint-Lèger-lès-Authie et Thièvres.

Bassin versant

Carte du bassin versant de l'Authie.

L'Authie traverse une seule zone hydrographique ¬ę l'Authie ¬Ľ (E550)[1][note 4].

L'Authie b√©n√©ficie d'un bassin versant (de 1 305 km2)[2] extr√™mement simple qui correspond √† un val de l'Artois, o√Ļ le fleuve, rectiligne, collecte un r√©seau sym√©trique d'affluents √©l√©mentaires ; la vall√©e pr√©sente toutefois un profil dissym√©trique, au versant en pente douce de la rive droite s'oppose le versant raide de la rive gauche[13]. La dissym√©trie de la vall√©e est issue de la sensibilit√© diff√©rente des versants expos√©s au sud aux ph√©nom√®nes de cryoclastie li√©s √† l‚Äôalternance de gel / d√©gel lors des p√©riodes de glaciations du Quaternaire. Les versants expos√©s au sud ou √† l‚Äôest sont ainsi en pente forte et oppos√©s aux versants nord ou ouest en pente douce[14]. En amont de Doullens, ce bassin s'√©tend cependant au-del√† des anticlinaux bordant le val au d√©triment des bassins de la Somme et de la Canche. La largeur moyenne du petit fleuve est comprise entre 10 et 15 m√®tres dans la partie aval du cours. Sa pente moyenne naturelle est de un pour mille mais elle est compens√©e par la pr√©sence de 22 barrages[15].

L'ensemble de son bassin s'√©tend sur plusieurs pays : le Ponthieu et l'Ami√©nois au sud du cours du fleuve, le Pays de Montreuil et le Ternois au nord et recouvre totalement ou partiellement le territoire de 156 communes (73 dans la Somme, 83 dans le Pas-de-Calais) regroupant 75 200 habitants (28 500 dans la Somme, 46 700 dans le Pas-de-Calais)[16] - [17], soit une densit√© moyenne faible de 57 h/km2 (plus √©lev√©e dans la vall√©e que sur les plateaux bordant celle-ci). Seules, six communes du bassin d√©passent 2 000 habitants[18].

Organisme gestionnaire

L'Institution Interd√©partementale Pas-de-Calais/Somme pour l'Am√©nagement de la Vall√©e de l'Authie a √©t√© fond√©e en 1993 et a la responsabilit√© de coordonner actions et projets concernant le fleuve c√ītier ainsi que de veiller √† la qualit√© de ses eaux[2]. Devenue, le [4], √Čtablissement public territorial de bassin (EPTB), elle a √©t√© charg√©e d'√©laborer un Sch√©ma d'am√©nagement et de gestion des eaux (SAGE)[19] dont les objectifs principaux sont d'am√©liorer la qualit√© des eaux, de favoriser l'√©coulement de celles-ci pour que perdure la richesse biologique du fleuve, mais √©galement d'accompagner les mutations socio-√©conomiques de la vall√©e en assurant la promotion d'une politique coh√©rente de d√©veloppement du tourisme et des loisirs respectueuse de l'environnement[2]. L'arr√™t√© de validation de ce SAGE n'a pas encore √©t√© sign√© mais un certain nombre de validations (de l'√©tat des lieux, du choix de la strat√©gie) par les autorit√©s pr√©fectorales devrait conduire √† une mise en Ňďuvre rapide[19].

Affluents

L'Authie à Frohen-sur-Authie.

L'Authie a cinquante-trois tronçons affluents référencés[1] ; ces affluents de l'Authie sont peu puissants et de faible longueur (d'amont en aval) :

Rang de Strahler

Donc son rang de Strahler est de trois par la Quilliene ou la Grouche.

Hydrologie

Débits mensuels de l'Authie sous la forme d'un histogramme

Dans le cadre d'un r√©gime pluvial oc√©anique, l'Authie assure un d√©bit r√©gulier et relativement soutenu de 10,8 m3/s √† l'exutoire[3]. L'ensemble du bassin versant est affect√© par un climat oc√©anique caract√©ris√© par une temp√©rature moyenne annuelle de 10 ¬įC, un faible nombre de jours de gel, des pr√©cipitations relativement √©lev√©es comprises entre 800 et 900 mm par an sauf √† proximit√© de l'estuaire o√Ļ elles s'abaissent brutalement √† moins de 650 mm/an[22].

L'Authie à Dompierre-sur-Authie

√Ä Dompierre-sur-Authie, √† une trentaine de kilom√®tres de son embouchure[23], le d√©bit de l'Authie, observ√© sur 45 ann√©es (de 1963 √† 2007), atteint en moyenne 7,9 m3/s pour un bassin versant de 784 km2 (soit gu√®re plus de 60 % de sa superficie totale). Le fleuve pr√©sente des variations limit√©es du module, la p√©riode des hautes eaux peut √™tre enregistr√©e √† la fin de l'hiver et au printemps avec une moyenne mensuelle de 9,32 m3/s, 9,36 m3/s et 8,91 m3/s atteinte respectivement en mars, avril et mai.

√Čtiage ou basses eaux

Les basses eaux interviennent √† la fin de l'√©t√© et durant l'automne avec des d√©bits compris entre 6,39 m3/s et 6,73 m3/s de septembre √† novembre (le mois d'octobre voyant le plus bas module de l'ann√©e). Les p√©riodes d'√©tiage, tout comme les crues, sont limit√©es. La r√©gularit√© du d√©bit du fleuve s'explique par le puissant aquif√®re des niveaux crayeux du Cr√©tac√© (S√©nonien[note 6], Turonien et plus rarement C√©nomanien) qui renferme une nappe puissante en communication directe avec les cours d‚Äôeau de la r√©gion[24]. Cette nappe alluviale contribue √† 80 % du d√©bit de l'Authie[25] et y joue un r√īle r√©gulateur majeur. Pendant les mois de faibles pr√©cipitations (essentiellement en p√©riode estivale), la rivi√®re est aliment√©e par la nappe, d‚Äôautant plus que son niveau est bas par rapport √† celui de cette derni√®re, durant l'automne et l'hiver √† plus importante pluviosit√©, ce sont les hautes eaux de la rivi√®re qui contribuent √† la recharge des nappes[26].

Crues

Malgr√© cette caract√©ristique, la vall√©e de l'Authie peut conna√ģtre des inondations, surtout dans la partie aval du cours entre Dompierre-sur-Authie et Quend sur une superficie estim√©e √† 2 200 hectares. Les crues actuelles du fleuve pouvaient autrefois √™tre localement renforc√©es par des barrages de castor, des emb√Ęcles naturels et aujourd'hui par les foss√©s de drainage et l'accumulation d'emb√Ęcles au niveau de ponts ou de barrages de moulins faisant alors obstacle √† l'√©coulement[9]. √Ä proximit√© de l'estuaire des surcotes et l'influence des mar√©es font aussi ressentir leurs effets, √©ventuellement cumul√©s[9].

Lame d'eau et débit spécifique

En √©tablissant une comparaison entre le d√©bit et le bassin versant, l'Authie pr√©sente un module relativement abondant ainsi que l'atteste une lame d'eau de 317 mm/an (bien inf√©rieure √† celle du bassin de la Canche de l'ordre de 427 mm mais largement sup√©rieure √† celle du bassin de la Somme qui atteint seulement 196 mm, la moyenne nationale √©tant de 300 mm)[27]. Son d√©bit sp√©cifique (ou Qsp) est de 10 litres par seconde et par kilom√®tre carr√© de bassin (9,5 l/s/km2 pour l'ensemble des cours d'eau fran√ßais, mais 13,5 l/s/km2 dans le cas du bassin de la Canche et 6,9 pour celui de la Somme)[28].

Histoire

Une longue occupation humaine

Ne pouvant franchir avec ses troupes les bas champs inond√©s de l'Authie pour remonter vers le nord, √Čdouard III est contraint d'affronter l'arm√©e du roi de France qu'il √©crase √† la bataille de Cr√©cy.

Les premi√®res traces d'occupation humaine de la vall√©e de l'Authie remontent de 200 √† 300 000 ann√©es durant le Moust√©rien. De nombreux outils de l'√©poque n√©andertalienne ont √©t√© d√©couverts[29] sans pour autant que les sites mis au jour rev√™tent l'importance de celui trouv√© √† Caours sur le Scardon √† une quinzaine de kilom√®tres au sud. Si les hommes peuplent la vall√©e √† l'√©poque gauloise (des bijoux, des armes et des monnaies ont √©t√© d√©couverts dans un sanctuaire de l'√©poque pr√©-romaine √† Dompierre-sur-Authie[30]), puis durant celle de la Belgique romaine, le cours de l'Authie reste √† l'√©cart des grands courants de circulation. Les voies de communication ne suivent pas la vall√©e orient√©e d'est en ouest mais la traversent selon une direction nord-sud. Ainsi en va-t-il pour la route de l'√©tain reliant l'actuel port de Boulogne-sur-Mer au Sud de la France avant la p√©riode d'occupation romaine[31] ainsi que pour les voies romaines assurant les liaisons entre Paris (Lutecia), Amiens (Samarobriva) et la mer de Bretagne par le port de Boulogne-sur-Mer (Gesoriacum)[31]. La vocation agricole de la vall√©e est d√©j√† attest√©e car la prospection a√©rienne et les fouilles arch√©ologiques ont permis de retrouver de nombreuses grandes exploitations gallo-romaines (villa rustica) notamment √† Nampont[32] mais, en revanche, pas d'agglom√©rations poss√©dant de vastes ensembles monumentaux.

Vue de l'allée principale d'une muche.

La vall√©e de l'Authie devient, √† partir de la guerre de Cent Ans et de la bataille de Cr√©cy, un lieu d'affrontement et un enjeu primordial dans les combats que se livrent les grandes entit√©s politiques. Au XVIe si√®cle, au cours de la lutte entre la France et les Habsbourgs d'Autriche et d'Espagne, l'Authie devient la fronti√®re entre les Fran√ßais qui restent ma√ģtres de la Picardie et les Espagnols pr√©sents en Artois apr√®s la signature du trait√© de Madrid le et du second trait√© de Cateau-Cambr√©sis le [33]. Le cours du fleuve se couvre de puissantes forteresses, fran√ßaises au sud, espagnoles au nord. Dans la premi√®re moiti√© du XVIIe si√®cle, la r√©gion sert √† nouveau de champ de bataille dans le cadre de la guerre de Trente Ans jusqu'en 1648, puis de la guerre qui oppose la France √† l'Espagne jusqu'en 1659. √Ä l'issue de cette derni√®re, le trait√© des Pyr√©n√©es, sign√© le , redonne l'Artois √† la France et fait perdre √† l'Authie son statut frontalier[33]. Les nombreux combats se d√©roulant dans la vall√©e, les exactions de la soldatesque entra√ģnent la ruine de nombreux √©difices et villages et conduisent les habitants √† am√©nager des muches, souterrains-refuges, √©tablies √† proximit√© ou plus souvent sous leur village o√Ļ ils peuvent se r√©fugier en cas de danger avec leurs biens et leur b√©tail. Il arrive souvent que l'entr√©e soit localis√©e dans l'√©glise, la muche se situant sous la place du village, comportant all√©es de circulation et chambres pour abriter les familles avec animaux, victuailles et toutes les richesses que chacune poss√©dait. Plusieurs dizaines ont √©t√© r√©pertori√©es dans la Somme et dans le Pas-de-Calais[34].

L'Artois revenu √† la France, l'Authie n'en constitue pas moins une limite administrative entre des provinces au statut fiscal diff√©rent. Au nord du fleuve, diff√©rentes impositions ne sont pas appliqu√©es comme la gabelle, la taille, les aides et le timbre, ce qui entra√ģne une contrebande de part et d'autre du cours de la part de Picards cherchant √† acheter du sel √† moindre co√Ľt[33]. Ce probl√®me de d√©limitation de territoire ne se termine pas avec la fin de l'Ancien R√©gime et l'√©tablissement des d√©partements par la R√©volution, Auxi-le-Ch√Ęteau reste ainsi pendant un an, en 1790-1791, divis√©e en deux, une partie de la commune dans la Somme, l'autre dans le Pas-de-Calais avant de revenir √† ce dernier[33].

Comme cela avait été le cas à des époques antérieures, les moyens de communication nouveaux comme le chemin de fer au XIXe siècle évitent la vallée de l'Authie. Aucune voie ferrée, même d'intérêt local, ne s'installe le long du fleuve. Les grands axes ferroviaires se contentent de franchir perpendiculairement l'Authie tout comme les voies routières d'importance. Seules des routes départementales longent le cours d'eau, la D 319 au nord, la D 224 au sud et encore s'en éloignent-elles à proximité de l'estuaire. La vallée présente une faible densité de réseaux de transport si on la compare avec ses homologues septentrionales, en particulier l'Aa[35].

Même si quelques navires de faible tonnage ont remonté le cours de l'Authie dans sa basse vallée à diverses époques de l'histoire, l'Authie n'a jamais été aménagée pour la navigation. Pourtant, en 1272, il est envisagé, par le comte de Ponthieu, Jean de Nesle, le creusement d'un canal de la baie de l'Authie à Rue dont le port commence à s'ensabler, cette voie d'eau devant être alimentée par les eaux de l'Authie. Face aux difficultés techniques, les travaux ne sont pas engagés et l'idée de canal est abandonnée dès 1277[36]. Au XVIIIe siècle, un projet, resté à l'état embryonnaire, de rendre l'Authie navigable de l'embouchure à Doullens a également été établi[2].

Patrimoine

Sur une centaine de kilom√®tres, l'Authie d√©roule son cours, le long duquel des abbayes, de nombreux ch√Ęteaux rappellent son riche pass√©, mais √©galement les nombreuses guerres et ravages que subit cette r√©gion.

Pr√®s des sources du fleuve, Authie garde le souvenir, outre son prieur√©, √©difi√© d√®s le VIIe si√®cle, d√©pendant de l'abbaye de Corbie, des tisseurs de velours install√©s au bord d'une retenue d'eau de 1824 √† 1957, et de Louis Dewailly, riche n√©gociant ami√©nois occupant le ch√Ęteau et dont l'action en faveur de la commune et de ses habitants a marqu√© l'histoire locale[37]. Plus en aval, Doullens poss√®de une des citadelles les plus vastes de France, √©difi√©e au XVIe si√®cle par Robert Mailly sur l'ordre de Fran√ßois Ier pour d√©fendre la ville menac√©e par les Habsbourgs, ma√ģtres de l'Artois voisin[38]. En suivant le cours du fleuve, on ne s'√©loigne gu√®re des r√©alit√©s guerri√®res, car Auxi-le-Ch√Ęteau garde les vestiges de son ouvrage fortifi√©, √©lev√© en 1178 par Philippe d'Alsace, comte de Flandre et ruin√© durant la guerre de Trente Ans en 1637[39]. √Ä Dompierre-sur-Authie, le donjon d'aspect m√©di√©val ne date que du XVIe si√®cle et jouxte le manoir du XVIIe si√®cle, √©difi√© en pierre et en briques, par Charles de Rambures, celui qui, pr√©cis√©ment, prit et d√©truisit la forteresse d'Auxi-le-Ch√Ęteau[40]. L'abbaye de Dommartin, situ√©e sur la rive oppos√©e, rappelle que la vall√©e fut √©galement une terre de foi. Fond√©e en 1125 par les chanoines r√©guliers de Pr√©montr√©, quelques ann√©es seulement apr√®s la fondation de l'ordre par Saint Norbert de Xanten, elle fut reconstruite au XVIIIe si√®cle[40].

Le moulin de Maintenay

Cet √©difice religieux pr√©c√®de le plus c√©l√®bre des monuments de la vall√©e : l'abbaye de Valloires et ses jardins. √Črig√©e, √† partir de 1137, par Guy II, comte de Ponthieu, cette abbaye cistercienne connut deux si√®cles de prosp√©rit√© avant d'√™tre ravag√©e par la Guerre de cent ans, puis celle de trente ans[41]. Reconstruite au XVIIIe si√®cle, de 1741 √† 1756, pr√©serv√©e des destructions lors de la R√©volution, elle offre une grande unit√© architecturale. Depuis 1989, les jardins abritent une collection de 4 000 esp√®ces de v√©g√©taux et vari√©t√©s d'arbustes dans quatre espaces diff√©rents ; au centre du parc, une roseraie (qui abrite 2 000 rosiers dont beaucoup de vari√©t√©s anciennes) respecte l'esprit cistercien en laissant dominer le blanc et le rose p√Ęle[41]. Les autres lieux patrimoniaux de la basse vall√©e de l'Authie r√©pondent √† un registre plus profane : ch√Ęteau Renaissance du XVIe si√®cle √† Argoules[42], forteresse du XVe si√®cle de Nampont, construite sur une √ģle de l'Authie et rare vestige de la s√©rie d'ouvrages militaires d√©fendant la fronti√®re du royaume[40].

Plus pr√®s de l'estuaire, le moulin de Maintenay, dont les fondations remontent √† la fin du XIIe si√®cle, offre le meilleur exemple de l'ancienne activit√© meuni√®re de la vall√©e. Propri√©t√© de l'abbaye de Valloires depuis 1197, il a √©t√© utilis√© par les moines jusqu'au XVIIIe si√®cle. Revendu √† des particuliers, il reste moulin √† farine jusqu'√† la Seconde Guerre mondiale, puis est transform√© en scierie qui arr√™te ses activit√©s dans les ann√©es 1970 avant d'√™tre restaur√© et transform√© en √©comus√©e[43] - [44]. Au XIXe si√®cle, la vall√©e de l'Authie a compt√© jusqu'√† une cinquantaine de moulins[45] (un tous les deux kilom√®tres, ce qui montre le faible peuplement de la vall√©e lorsqu'on compare cette statistique avec les 60 moulins de la Durdent concentr√©s sur les 24 km de cours de ce petit fleuve c√ītier de Seine-Maritime) dont les meules broyaient les c√©r√©ales, le colza, le lin, l'Ňďillette ou la cameline[46] pour en extraire la farine ou l'huile.

En 2021, une passerelle est mise en place au lieudit "Pont-à-Cailloux" pour assurer la continuité de la piste cyclable entre les départements de la Somme et du Pas-de-Calais. Cet ouvrage est réalisé dans le cadre du Plan vélo-route européen, l'EuroVelo 4, ou encore VéloMaritime (partie française) qui va de Kiev en Ukraine à Roscoff en Bretagne[47].

La passerelle entre Fort-Mahon et Conchil-le-Temple.

Activités

La vallée de l'Authie, ici à Frohen-sur-Authie, se prête au développement du tourisme vert.

L'√©conomie de la vall√©e de l'Authie et des plateaux qui l'encadrent est domin√©e par l'agriculture, les terres agricoles (surface agricole utile) repr√©sentant 85 % de la superficie du bassin versant[48]. La polyculture (c√©r√©ales, betterave √† sucre, colza, pomme de terre) occupe les plateaux aux terres fertiles recouvertes de limons, l'√©levage (essentiellement bovin) est localis√© dans la vall√©e o√Ļ se pratiquent √©galement la culture du tabac et la sylviculture, tout particuli√®rement la populiculture en plein essor. Globalement, depuis une trentaine d'ann√©es, l'√©levage (sauf dans la vall√©e) r√©gresse face √† la mise en cultures des terres[16]. Ainsi soumise √† d'importantes pressions agricoles, l'Authie pr√©sente une mauvaise qualit√© de l'eau li√©e √† de fortes concentrations en nitrates, mati√®res organiques et mati√®res en suspension[49]. Toutefois sur les terres les moins fertiles, on assiste √† une d√©prise agricole, ainsi les coteaux abrupts, domaine des larris, pelouses calcicoles piquet√©es de rares arbustes, autrefois occup√©s par l'√©levage des moutons, ont √©t√© abandonn√©s, retrouvant un couvert forestier[45]. L'activit√© piscicole est encore peu pr√©sente avec seulement deux lieux d'√©levage √† Beauvoir-Wavans et √† Douriez[50].

L'activit√© industrielle est peu repr√©sent√©e en dehors des petites agglom√©rations de Doullens (industrie agro-alimentaire avec Cofranlait, industrie chimique avec Rosenlew dans la commune voisine de Beauval)[51], d'Auxi-le-Ch√Ęteau (pr√©sence d'un √©quipementier automobile, Techform, d√©pendant du groupe Thyssen-Krupp[52]) et de l'exploitation de ballasti√®res au niveau de l'estuaire. Des activit√©s traditionnelles comme l'industrie textile √† Doullens avec la filature de coton Julien Thiriez p√®re et fils et l'√©maillerie √† Auxi-le-Ch√Ęteau (usine Aubecq) dans la haute vall√©e ont aujourd'hui disparu. Il subsiste toutefois, sous une forme artisanale, une activit√© de vannerie, h√©riti√®re d'une longue tradition, au Boisle[53].

La vall√©e de l'Authie, peu urbanis√©e, riche en sites patrimoniaux, a su d√©velopper l'activit√© touristique en multipliant les possibilit√©s d'h√©bergement (g√ģtes ruraux, terrains de camping) et les activit√©s (randonn√©e, cyclotourisme, sports nautiques, cano√ę-kayak)[54]. Ce tourisme vert, auquel on peut adjoindre les activit√©s de d√©couverte du patrimoine naturel de la baie de l'Authie, vient s'ajouter aux activit√©s baln√©aires plus anciennes pr√©sentes sur le littoral dans les stations de Fort-Mahon-Plage et de Berck[48]. La p√™che de loisirs, pratiqu√©e sur la quasi-totalit√© du cours ainsi que dans les nombreux √©tangs artificiels li√©s √† la pr√©sence de l‚Äôeau et √† son captage ais√© en fond de vall√©e, et la chasse, plus pr√©sente dans la partie aval et l'estuaire (nombreux gabions), peuvent √™tre consid√©r√©es comme des activit√©s touristiques √† part enti√®re[45].

Environnement

La baie de l'Authie

La baie de l'Authie (voir sa g√©ographie ci-dessus), dont deux espaces (Baie d'Authie et Dunes de Berck, respectivement de 233 et 238 hectares) ont √©t√© acquis, entre 1986 et 2003, par le Conservatoire du littoral, abrite un milieu naturel diversifi√©. Le paysage, au nord de l'estuaire du fleuve et √† proximit√© de la pointe de Routhiauville au sud, est fortement marqu√© par la pr√©sence dunaire : dunes blanches, dunes bois√©es, prairies arri√®res-dunaires‚Ķ soumises aux attaques incessantes de la mer[55]. De multiples esp√®ces v√©g√©tales s'y rencontrent comme le rare iris f√©tide (Iris foetidissima), l'oyat (Ammophila arenaria), le panicaut des dunes et l'√©lyme des sables ou seigle de mer[56]. L'avifaune, dont la diversit√© n'√©gale pas, certes, celle de la baie de Somme voisine, ne manque pas d'int√©r√™t avec la pr√©sence, permanente ou temporaire, de l'aigrette garzette (Egretta garzetta), de la spatule blanche (Platalea leucorodia), du faucon p√®lerin (Falco peregrinus), de l'√©pervier d'Europe (Accipiter nisus), du pic √©peichette (Dryobates minor), du cochevis hupp√© (Glerida cristata) et m√™me de quelques cigognes. Le milieu dunaire abrite des espaces humides, les pannes, mares temporaires en g√©n√©ral √† sec durant la p√©riode estivale[57]. Ces pannes se sont form√©es au d√©but du XIXe si√®cle lorsque l'estran recouvrait, lors des grandes mar√©es, des d√©pressions sableuses. Progressivement ces derni√®res furent isol√©es du milieu marin par la mise en place de cordons de dunes mais furent toujours aliment√©es en eau par les pr√©cipitations et les nappes phr√©atiques[58]. Aujourd'hui, les pannes abritent des esp√®ces v√©g√©tales comme la menthe aquatique (Mentha aquatica) ou encore l'orchis incarnat (Dactylorhiza incarnata) et des esp√®ces animales vari√©es tels le crapaud calamite (Epidalea calamita), le h√©ron cendr√© (Ardea cinerea), le gr√®be hupp√© (Podiceps cristatus) ainsi que de nombreuses grenouilles et libellules[57]. Dans la partie m√©ridionale de la baie dominent les polders, conquis sur la mer gr√Ęce √† l'√©dification des rencl√ītures, domaine des cultures et des p√Ęturages. Ces espaces humides, entrecoup√©s de canaux de drainage, de foss√©s, de mares et d'√©tangs, abritent de nombreuses esp√®ces de Joncs, de Roseaux et d'autres v√©g√©taux aquatiques[55].

Pour pr√©server ce milieu fragile fr√©quent√© par pr√®s de 500 000 visiteurs par an, le Conservatoire du littoral envisage de restaurer le p√Ęturage ovin extensif pour entretenir le milieu dunaire[59], mais √©galement d'am√©liorer l'accueil des touristes par des am√©nagements mieux adapt√©s √† la probl√©matique environnementale actuelle : parkings int√©gr√©s au paysage, sentiers de d√©couverte balis√©s[60]

Le fleuve et la vallée

Flore : sur le seul plan floristique, on trouve dans la vallée 16 espèces protégées parmi lesquelles des fougères, la parnassie des marais, seule représentante en France du genre Parnassia, des orchidées comme l'orchis grenouille ou la spiranthe d'automne.

Faune : la faune amphibie du cours d'eau et des rives de fleuve c√ītier contenait encore √† la fin du XXe si√®cle une population importante de tritons cr√™t√©s. Cette esp√®ce est fortement menac√©e (ou a d√©j√† disparu) dans de nombreuses r√©gions par la destruction de son habitat li√©e aux activit√©s humaines[61].

L'Authie est repr√©sentative des ¬ę hydrosyst√®mes fluviatiles nord-atlantiques ¬Ľ en raison de la diversit√© et repr√©sentativit√© de son ichtyofaune et de celle de ses habitats aquatiques rh√©ophiles (terme d√©signant les esp√®ces animales ou v√©g√©tales pr√©f√©rant les eaux anim√©es par de forts courants) et lentiques (terme d√©signant les organismes vivant dans les lacs, les √©tangs, les marais, les eaux stagnantes ou tout autre hydrosyst√®me travers√© par des courants faibles √† nuls)[61].

Qualité de l'eau

Selon une √©tude dat√©e de 1979 et produire par l'OREAP (Organisme r√©gional d'√©tude pour l'am√©nagement de la Picardie)[62], tout √† la fin des ann√©es 1970 l'Authie apparaissait encore globalement ¬ę de bonne qualit√©, avec toutefois des foyers de pollution bien localis√©s (secteur Doullens-Occoches, secteur Vitz-Dompierre) on observe, au d√©bouch√© du Fliers et du canal de Retz, une tr√®s nette d√©t√©rioration de la qualit√© de cette rivi√®re, notamment sur le plan bact√©riologique : en p√©riode estivale, les taux de germes f√©caux sont √©lev√©s ; les plus mauvais r√©sultats atteignent 1.100.000 E Coli/lOO ml et 1.100.000 streptocoques f√©caux/ 100 ml en aval de l'√©cluse Waben. Les valeurs imp√©ratives sont d√©pass√©es dans 60 % des cas, √† mar√©e haute comme √† mar√©e basse ¬Ľ

En 2017 l'Authie est, avec la Bresle, l'un des rares cours d'eau de la Seine au Danemark √† encore accueillir le saumon atlantique, poisson migrateur consid√©r√© comme un bon bioindicateur de la qualit√© de l'eau[61]. Par rapport aux autres cours d'eau r√©gionaux et de l'Ouest de l'Europe, la qualit√© de l'eau est redevenue globalement bonne (les rejets industriels et urbains y √©tant moindre qu'ailleurs et plut√īt en diminution).

Subsiste toutefois une pollution chronique d'origine agricole ou li√©e √† l'imperm√©abilisation de certaines zones du bassin versant ; l'√©rosion et le ruissellement li√©s aux pratiques d'agriculture intensive et √† l'augmentation des terres labourables au d√©triment des surfaces en herbe sont √† l'origine de fortes concentrations de mati√®res en suspension (MES) et d'une pollution chronique par les nitrates et par des pesticides[48]. Selon les donn√©es r√©colt√©es sur huit points de mesure par l'Agence de l'eau[63], on ne trouvait pas en 2004 dans les captages d'eau potable de la nappe (nappe qui alimente certaines sources et une partie de l'Authie en p√©riode de basses-eaux) de teneur en pesticide sup√©rieure √† 0,5őľg/l (pour les mol√©cules recherch√©s), mais 45 % des analyses en contenaient √† des doses comprises entre 0,1 et 0,5 őľg/l[63].

En 2004 selon l'Agence de l'eau les principaux param√®tres physico-chimiques facteurs de d√©gradation de la Qualit√© de l'eau du bassin de l'Authie √©taient les MES[63], les nitrates[63], les pesticides phytosanitaires[63] et moindrement d'autres nutriments[63]. Pour les nitrates, en 2004 toujours, seuls 20 % de ces m√™mes captages contenaient moins de 25 mg/l[63] (seuil que l'OMS recommande de ne pas d√©passer pour la sant√© humaine), et 10 % en contenaient de 40 √† 50 mg[63]. Concernant l'am√©nagement du cours d'eau, le principal probl√®me √©tait encore celui des seuils et des barrages[63]. l'indice diatom√©e ne montre que rarement un bon √©tat √©cologique[63], probablement en raison des nutriments et s√©diment apport√©s par le ruissellement issus de l'√©rosion[63] (qui n'est plus filtr√©s par les prairies, marais et ripisylves autrefois omnipr√©sents dans tous les fonds de vall√©es et par les prairies qui dominaient sur les pentes).

Paysage agricole de la vallée de l'Authie (près de Doullens).

La qualit√© de l'eau est donc maintenant plut√īt d√©grad√©e par l'√©rosion des sols et √† une g√©n√©ralisation de l'eutrophisation dans le bassin versant. Ces deux facteurs contribuent √† l'envasement et √† une certaine anoxie des s√©diments de sections importantes du fleuve, ainsi qu'au colmatage par envasement ou encroutement de fray√®res (de salmonid√©s notamment, qui n√©cessitent un substrat de type gravier tr√®s a√©r√©s pour permettre l'oxyg√©nation des Ňďufs[64]) sont source de d√©gradation √©cologique du cours de ce petit fleuve et de son estuaire, lequel est par ailleurs potentiellement fortement concern√© par les probl√®mes de saturnisme aviaire. Les seuils et certains ouvrages implant√©s en travers du lit du cours d‚Äôeau peuvent aussi g√™ner ou emp√™cher la circulation de poissons (migrateurs notamment).

Concernant l‚Äô√Čtat des masses d'eau au regard de la Directive cadre sur l'eau, il est plut√īt meilleur qu'ailleurs dans les r√©gions adjacentes, mais en 2004, l'hydrologie du bassin, malgr√© certains efforts de restauration, est encore consid√©r√©e comme tr√®s l√©g√®rement perturb√©e sur 63 % du fleuve, et moyennement perturb√©e sur les 37 % restant.

Pour le réseau Natura 2000 et la trame verte et bleue du SRCE, le secteur de vallée de l'Authie est néanmoins l'un des grands corridors écologiques (couloir fluviatile / continuum fluvial) majeurs et essentiels du nord de la France en raison de ses prairies et marais tourbeux qui abritent de nombreuses espèces animales et végétales[65].

Flore et habitats subaquatiques

Ce cours d'eau est principalement peupl√© d'herbiers subaquatiques d'eau douce qui sont un habitat utilis√© par de nombreuses esp√®ces d'invert√©br√©s aquatiques ; ces herbiers, tr√®s semblables √† ceux qu'on trouve dans la Canche voisine, √©taient jusque dans les ann√©es 1960 riches en renoncules aquatiques (Ranunculus fluitans[66] qu'on trouve encore significativement pr√©sente dans certains affluents de la Canche et de l'Authie). Ils comprennent encore plusieurs esp√®ces de Callitriche[66] du Faux Cresson de fontaine (Apium nodiflorum aussi d√©nomm√© Ache nodiflore[66]), du vrai cresson de fontaine (aussi dit ¬ę officinal ¬Ľ (Nasturtium officinale)[66], de la Veronique aquatique Veronica anagallis-aquatica[66] et de Rubanier dress√© Sparganium erectum[66] (essentiellement sous sa forme subaquatique, ondulante sous l'eau) sous ainsi que d'une Glyc√©rie (glyc√©rie pliss√©e)[66].

Diverses esp√®ces de mousses aquatiques dont la Fontinale (Fontinalis antipyretica) sont √©galement pr√©sentes, formant tr√®s localement des ¬ę coussins ¬Ľ ou des tapis denses formant des abris pour certains escargots et divers invert√©br√©s dont les gammares.

Dans les courbes, dans les sections plus profondes ou larges, ainsi que dans les bras o√Ļ le courant est ralenti, le fond peut √™tre envas√© ; et dans les zones o√Ļ le courant est plus vif il est g√©n√©ralement compos√© de gravier et de rognons de silex (ocres-bruns) formant des fray√®res pour les salmonid√©s et d'autres esp√®ces.
Dans certains segments d'affluents et du fleuve le fond est colmat√© par un biofilm encroutant plus ou moins continue de bact√©ries et cyanobact√©ries qui contribuent par biolithogen√®se √† former des bryophytes (jouant ainsi un r√īle de puits de carbone).

Certaines sections ou zones plus pierreuses sont colonisées par des éponges d'eau douce (organismes filtreurs).

L'ichtyofaune

Outre l'emblématique saumon, d'autres poissons migrateurs ou sédentaires, tels que la truite fario, (qui devient truite de mer le cas échéant), la lamproie fluviatile, la lamproie de Planer et le chabot considérés comme patrimoniaux ou comme bon indicateur écologique, sont également présents dans les affluents de l'Authie, parfois de manière relictuelle.

L'Authie, près de Maintenay, aux eaux poissonneuses et à la riche ripisylve.

L'Authie est un cours d'eau d'une grande richesse halieutique. Elle est class√©e ¬ę cours d‚Äôeau √† salmonid√©s ¬Ľ dit de ¬ę premi√®re cat√©gorie ¬Ľ depuis 1987[67]. L'Authie et ses affluents sont pour cette raison soumis, au nom du Code de l'environnement (arr√™t√© du 18/04/1997), √† l‚Äôobligation de ¬ę libre circulation ¬Ľ des poissons migrateurs. Il n'existe pas de grands barrages hydro√©lectriques sur le fleuve, mais vingt-deux petits barrages ou ¬ę seuils ¬Ľ - plus ou moins difficilement franchissables par les poissons migrateurs dans le sens de la remont√©e ont √©t√© recens√©s sur le cours principal et ses affluents. Pour faciliter ou permettre le passage des poissons et notamment leur montaison jusqu'en amont du cours d'eau ou dans ses tributaires, l'ouverture d√©finitive des barrages, ou √† d√©faut leur am√©nagement, ont √©t√© progressivement mis en Ňďuvre[68]. Quelques-uns de ces barrages sont encore infranchissables ou posent des probl√®mes majeurs, notamment √† Tollent en partie aval du fleuve[69]

De mars √† [70], une partie des poissons remontant le fleuve ou ses affluents ont √©t√© captur√©s √† environ 10 km de l‚Äôestuaire dans une cage √† Nampont avec identification de l‚Äôesp√®ce, mesure du poids, de la taille, du sexe-ratio, de l‚Äô√©tat de sant√© et identification plus pr√©cise des p√©riodes migratoires (qui dans un contexte de d√©r√®glement climatique restent cependant li√©es aux conditions environnementales globales, mais aussi √† des conditions locales de temp√©rature, d'oxyg√©nation, de d√©bit, de pollution, etc.)[70]. Quelques saumons atlantiques et truites de mer ont √©t√© en outre dot√©s d‚Äôune puce RFID permettant leur suivi par radio-tracking afin de mieux connaitre leurs parcours, leurs difficult√©s et leurs temps de migration et de mieux identifier leurs zones de repos, de nourrissage, de fray√®re, de front de migration, etc[70], de permettre de recueillir des informations sur les points de blocage et de retard √† la continuit√© √©cologique pour les grands salmonid√©s migrateurs sur l‚ÄôAuthie, retard li√© √† la pr√©sence de diff√©rents ouvrages[70]. Les √©metteurs sont pos√©s pr√®s de la nageoire dorsale. Si un poisson √©quip√© est captur√© par des p√™cheurs, ces derniers sont invit√©s √† le remettre √† l‚Äôeau en signalant le lieu et la date de la prise, ou √† envoyer le no de puce RFID √† la f√©d√©ration en pr√©cisant son no , la date et le lieu de capture[70].

Des puces RFID sont d√©j√† utilis√©es ailleurs pour le suivi des saumons, par exemple - dans le cadre d'un projet de 600 millions de US dollars - sur le fleuve Columbia d√®s 1986, pour √©tudier les couloirs, dates et vitesse de migration des saumons chinook dans un cours d'eau comptant environ 400 retenues d'eau sur son parcours et de nombreux affluents[71] et longeant un complexe nucl√©aire ayant lib√©r√© une importante pollution radioactive dans le fleuve (les 14 sous-esp√®ces de chinook sont en voie de disparition ou fort d√©clin dans tous les cours d'eau du Nord-Ouest du Pacifique[71], de m√™me que la plupart des saumons dans le monde). Dans le fleuve Columbia, pr√®s de deux millions de saumons sont ainsi ¬ę tagg√©s ¬Ľ chaque ann√©e[71], ce qui a permis de rep√©rer les zones dangereuses pour les poissons et d'y r√©duire les taux de mortalit√© de 15 √† 20 %[71].

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Institution interd√©partementale Pas-de-Calais/Somme pour l'am√©nagement de la vall√©e de l'Authie, ¬ę Sch√©ma d'am√©nagement et de gestion des eaux du bassin versant de l'Authie : √Čtat des lieux ¬Ľ, D√©partements du Pas-de-Calais et de la Somme, Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • G√©rard Bacquet, Val d'Authie, Auxi-le-Ch√Ęteau, √Čditions Ch√Ęteau, (ASIN B0000DP6VS)
  • Hughes C. Dewerdt, Guillaume Paques et Fr√©d√©rick Willmann, Les muches souterrains, refuges de la Somme, Saint-Avertin, √Čditions Alan Sutton, coll. ¬ę Pass√© simple ¬Ľ, , 153 p. (ISBN 978-2-84910-754-6) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
  • Eric Alibert, La C√īte d'Opale, Paris, Gallimard - Conservatoire du littoral, coll. ¬ę Carnet du Littoral ¬Ľ, (ISBN 978-2-07-051467-0) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
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  • CATTEAU (E.), DUHAMEL (F.), MORA (F.), CORNIER (T.), BLONDEL (C.), BASSO (F.). Inventaire et cartographie des habitats naturels et des esp√®ces v√©g√©tales du site FR 2200348 ‚ÄúVall√©e de l‚ÄôAuthie‚ÄĚ . Bailleul : Centre r√©gional de phytosociologie/Conservatoire botanique national de Bailleul, pour l'Institution inter-d√©partementale Pas-de-Calais/Somme pour l‚Äôam√©nagement de la Vall√©e de l'Authie, 2008. 2volumes, texte :138 p. + annexes, fascicule cartographique

Voir aussi

Liens externes

Vidéographie

Notes et références

Notes

  1. L'explication doit √™tre semblable √† celle d'Authie (Calvados) o√Ļ il ne semble pas y avoir eu de rivi√®re, ce qui voudrait dire que c'est la rivi√®re Authie qui emprunte son nom au lieu Authie (Somme)
  2. Appelée également baie d'Authie.
  3. Le site du SANDRE n'a pas été réactualisé et ne tient pas compte du regroupement de ces deux communes.
  4. le SANDRE 2020 n'affiche plus les superficies des zones hydrographiques, ni les répartitions par type de terrains
  5. rd pour rive droite et rg pour rive gauche
  6. Le S√©nonien est l'ancienne appellation du dernier √©tage du M√©sozo√Įque, aujourd'hui subdivis√© en 4 √©tages : Coniacien, Santonien, Campanien et Maestrichtien.

Références

  1. Sandre, ¬ę Fiche cours d'eau - L'Authie (E5500570) ¬Ľ (consult√© le )
  2. SAGE de l'Authie, p. 12
  3. Le débit de l'Authie à l'exutoire sur le site de l'Agence de l'eau Artois-Picardie.
  4. ¬ę L'institution devient EPTB en juillet 2006 ¬Ľ, sur http://www.eptb-authie.fr/public/, EPTB Authie (consult√© le )
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979, p. 39a. (ISBN 2-85023-076-6)
  6. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de Normandie, Charles Corlet, éditions PUC, 1994.
  7. Dictionnaire de la langue gauloise, √Čditions errance. p. 59.
  8. La source de l'Authie sur le site de l'Agence de l'eau Artois-Picardie.
  9. Atlas des zones inondables - Vallée de l'Authie, Agence de l'eau Artois-Picardie Lire en ligne [PDF]
  10. Christine Dobroniak, ¬ę Les progr√®s de la s√©dimentation dans un estuaire de type picard : l'estuaire de l'Authie (Nord-Pas-de-Calais) ¬Ľ, M√©diterran√©e, no 93, 1999, p. 65-68. Lire en ligne sur Pers√©e.
  11. L'évolution de l'estuaire d'Authie de 1860 à nos jours, Association de Défense Contre la Mer en Baie d’Authie - ADCMBA, 10 octobre 2011 Lire en ligne [PDF]
  12. Carte des communes du bassin de l'Authie sur cpie-authie.org.
  13. Article de Pierre-Jean Thumerelle in Guide des merveilles naturelles de France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 69.
  14. Rapport de la fédération Nord Nature sur l'environnement des zones traversées par la future A 24, p. 4 Lire en ligne [PDF]
  15. Les barrages sur l'Authie dans Gestion et protection des zones humides sur eau-artois-picardie.fr Lire en ligne [PDF]
  16. Conf√©rence locale sur l'eau, Auxi-le-Ch√Ęteau, d√©cembre 2004, dossier de presse, p. 6 Lire en ligne [PDF]
  17. Voir le périmètre d'intervention de l'EPTB sur Tendances évolutives du territoire et des usages du SAGE Authie, Annexe cartographique, carte 3 [PDF]
  18. Conférence locale sur l'eau, op. cit., p. 5.
  19. Le SAGE Authie sur gesteau.eaufrance.fr.
  20. Sandre, ¬ę Fiche cours d'eau - foss√© de marieux (E5501690) ¬Ľ (consult√© le )
  21. G√©oportail - IGN, ¬ę G√©oportail ¬Ľ (consult√© le )
  22. Carte de Météo France sur Le Ponthieu et le Vimeu, document émanant du ministère de l'agriculture Regardez en ligne [PDF]
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  71. Des puces sur les saumons, consulté 2013-03-09
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