Accueilūüáęūüá∑Chercher

Mariage de l'infant Juan Carlos d'Espagne et de la princesse Sophie de Grèce

Le mariage de l'infant Juan Carlos d'Espagne et de la princesse Sophie de Grèce se déroule le , à Athènes, en Grèce.

Mariage de l'infant Juan Carlos d'Espagne et de la princesse Sophie de Grèce
L'infant Juan Carlos, la princesse Irène et la princesse Sophie lors de la cérémonie catholique.
L'infant Juan Carlos, la princesse Irène et la princesse Sophie lors de la cérémonie catholique.

Type Mariage princier
Pays Grèce
Localisation Cathédrale métropolitaine d'Athènes
Cathédrale catholique d'Athènes
Palais royal d'Athènes
Organisateur Famille royale de Grèce
Famille royale d'Espagne
Date
Participant(s) Voir Invités notables
Nombre de participants 143 repr√©sentants de 27 maisons souveraines ou anciennement souveraines europ√©ennes

L'infant Juan Carlos, fils a√ģn√© du comte de Barcelone et alors h√©ritier probable du g√©n√©ral Franco, fait vraiment connaissance avec la princesse Sophie, fille du roi des Hell√®nes, Paul Ier, durant la ¬ę croisi√®re des rois ¬Ľ, un √©v√©nement mondain organis√© en 1954 par la reine des Hell√®nes, Frederika. La relation du jeune couple commence cependant beaucoup plus tardivement, apr√®s le mariage du prince Antoine de Bourbon-Siciles et de la duchesse √Člisabeth de Wurtemberg en 1958. Elle aboutit aux fian√ßailles officielles des deux jeunes gens √† Lausanne, en Suisse, le .

L'organisation du mariage donne lieu √† des tractations souvent √©pineuses entre les familles des fianc√©s, mais aussi avec le Vatican, l'√Čglise orthodoxe grecque, le r√©gime franquiste et le gouvernement hell√®ne. Elle d√©clenche, en outre, une importante pol√©mique √† Ath√®nes au moment du vote de la dot accord√©e √† Sophie par le Parlement.

Le mariage, qui se d√©roule dans la capitale grecque, donne lieu √† des festivit√©s qui s'√©talent entre le et le . Si la plupart des √©v√©nements s'adressent aux repr√©sentants des familles royales √©trang√®res venus assister aux noces, d'autres sont d√©di√©s plus sp√©cifiquement aux quelque 5 000 Espagnols qui ont fait le voyage pour assister √† l'union de celui qu'ils consid√®rent comme le prince des Asturies. Au total, les noces de Juan Carlos et Sophie r√©unissent 143 princes et princesses issus de 27 familles souveraines ou anciennement souveraines europ√©ennes, ce qui en fait le plus grand rassemblement de personnalit√©s du gotha depuis l'union de la princesse √Člisabeth et de Philip Mountbatten.

Le mariage en lui-même se divise en quatre cérémonies : l'une catholique dans la cathédrale Saint-Denis, l'autre orthodoxe dans la cathédrale métropolitaine d'Athènes et les deux dernières civiles (espagnole et grecque) au palais royal d'Athènes. Celles-ci sont suivies d'un déjeuner, servi dans les jardins du palais royal, au cours duquel plusieurs discours sont prononcés. En fin de journée, le couple princier quitte Athènes pour une lune de miel de quatre mois, qui le conduit dans différentes régions d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. À la fin de ce périple, les mariés séjournent quelques mois à Estoril, avant d'être autorisés par le père de Juan Carlos à s'installer auprès du général Franco, au palais de la Zarzuela.

Rencontre et fiançailles de Juan Carlos et Sophie

Rencontres et rapprochement du couple

Bien que tous deux descendants de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901)[1], l'infant Juan Carlos d'Espagne (1938) et la princesse Sophie de Gr√®ce (1938) appartiennent √† des dynasties relativement distantes, pour lesquelles les occasions de se c√ītoyer se limitent aux grandes r√©unions qui ponctuent la vie du gotha europ√©en[2]. Durant son enfance en exil √† Estoril, le jeune Juan Carlos fr√©quente ainsi davantage les dynasties catholiques et latines (Savoie, Orl√©ans, Bourbon-Siciles, etc.)[3] - [4] tandis que Sophie gravite dans un environnement plut√īt protestant et germanique (Hanovre, Hesse, Bade, etc.)[4] - [5].

Photographie en couleur d'une jeune fille portant un vêtement bleu. Photographie en noir et blanc d'un jeune homme portant un uniforme militaire et un béret.
Marie-Gabrielle de Savoie (1960) et Harald de Norvège (1957), deux figures longtemps associées à Juan Carlos et Sophie.

Bien qu'ils se soient probablement rencontr√©s √† Paris durant leur enfance[2], les deux jeunes gens font r√©ellement connaissance lors de la premi√®re √©dition de la ¬ę croisi√®re des rois ¬Ľ, un √©v√©nement mondain organis√© en par la reine des Hell√®nes, Frederika, afin de promouvoir le tourisme de son pays, mais aussi de trouver des conjoints convenables aux jeunes princes et princesses du vieux continent[6] - [7] - [8] - [9]. √āg√©s d'environ quinze ans, Juan Carlos et Sophie ne semblent cependant gu√®re int√©ress√©s l'un par l'autre : √† l'√©poque, l'infant d'Espagne n'a d'yeux que pour sa cousine Marie-Gabrielle de Savoie, avec laquelle il flirte ouvertement[alpha 1] - [10], et la rumeur veut que Sophie ait davantage d'atomes crochus avec le prince h√©ritier Harald de Norv√®ge qu'avec son futur √©poux[alpha 2] - [9].

C'est seulement en 1958 qu'un d√©but d'idylle se d√©veloppe entre le prince espagnol et la princesse grecque. Cette ann√©e-l√†, les deux jeunes gens se retrouvent √† l'occasion du mariage du prince Antoine de Bourbon-Siciles, petit-fils du comte de Caserte, et de la duchesse √Člisabeth de Wurtemberg, fille du duc Philippe Albert[11] - [12] - [13]. ¬ę Ensorcel√© par Sophie ¬Ľ, selon ses propres dires[14], Juan Carlos ne retrouve cependant pas la princesse avant les Jeux olympiques de 1960, durant lesquels les deux cousins font plus ample connaissance[11] - [12]. D√®s cette √©poque, la relation des deux jeunes gens est assez √©troite pour que Sophie de Gr√®ce se permette de raser elle-m√™me la moustache que s'est laiss√© pousser l'infant parce qu'elle ne lui pla√ģt pas[15] - [16] - [17].

Quelques mois plus tard, le , le prince et la princesse se revoient une nouvelle fois, √† Londres, √† l'occasion des noces du duc de Kent avec lady Katharine Worsley. Rapproch√©s par le protocole (probablement manipul√© par la reine Frederika, m√®re de Sophie, la reine Victoire-Eug√©nie, grand-m√®re de Juan Carlos, et/ou Lord Mountbatten, grand-oncle des deux jeunes gens), qui les a d√©sign√©s cavaliers, Juan Carlos et Sophie apparaissent de plus en plus clairement comme un jeune couple[15] - [18] - [19] - [20] - [21]. Ils sont pourtant s√©par√©s par une barri√®re linguistique, puisque Juan Carlos ne ma√ģtrise pas encore couramment l'anglais et que Sophie ne parle aucune langue romane[alpha 3] - [22] - [23].

Demande en mariage

Photographie d'un couple, dont la femme porte un manteau brodé, une toque et une écharpe en fourrure et l'homme un costume trois pièces.
Sophie et Juan Carlos en 1966.

Conscients des enjeux entourant la relation des deux jeunes gens, le roi et la reine des Hellènes invitent le comte et la comtesse de Barcelone à venir séjourner à Corfou, dans leur palais de Mon Repos, avec leur fils et leurs filles peu de temps après le mariage du duc de Kent[24] - [25] - [26]. Dans ses mémoires, la reine Frederika sous-entend que c'est à ce moment que Juan Carlos et Sophie se seraient secrètement promis l'un à l'autre[27]. Pourtant, l'insistance de la souveraine, qui cherche à tout prix à obtenir des fiançailles, semble au contraire avoir refroidi un moment l'infant Juan Carlos[28].

Quoi qu'il en soit, c'est un peu plus tard, le , que les fian√ßailles du jeune couple sont officiellement annonc√©es, √† Lausanne, en Suisse[15] - [29]. Profitant d'une visite des souverains hell√®nes dans la r√©publique helv√©tique √† l'occasion des pr√©paratifs de l'exposition nationale de 1964, Bourbons et Gl√ľcksbourg se retrouvent √† l'h√ītel Beau-Rivage, o√Ļ Juan Carlos demande officiellement la main de Sophie √† son p√®re. L'infant se dirige ensuite vers la princesse de Gr√®ce, mais sa demande en mariage n'est gu√®re solennelle[30] - [31]. √Ä en croire Sophie, son pr√©tendant lui aurait nonchalamment jet√© dans les mains une petite bo√ģte contenant une bague, tout en lui criant : ¬ę Prends-√ßa, Sophie, c'est pour toi ! ¬Ľ. Un peu plus tard, apr√®s un d√©jeuner chez la reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie, l'infant lui aurait pass√© un bracelet et lui aurait simplement demand√© : ¬ę On se marie, hein ? ¬Ľ[32].

Malgr√© ce que pr√©voit la loi de succession mise en place par Francisco Franco en Espagne en 1947, ni le Caudillo ni les Cortes ne sont consult√©s avant la conclusion des fian√ßailles princi√®res[33] - [34] - [35]. D√©sireux de montrer qu'il est le seul chef l√©gitime de la dynastie espagnole, le comte de Barcelone annonce donc lui-m√™me la nouvelle au dictateur, qui est ainsi la premi√®re personne ext√©rieure √† la famille √† √™tre mise au courant[33] - [36] - [37]. Irrit√© par l'attitude du pr√©tendant au tr√īne, le Caudillo ne manque cependant pas de le f√©liciter pour cette occasion[33] - [37] - [38] - [39]. Malgr√© tout, le pr√©tendant espagnol est surtout soulag√© que son fils s'unisse √† une personne de son rang. Faisant r√©f√©rence au mariage in√©gal du roi Baudouin de Belgique, il d√©clare ainsi √† ses conseillers : ¬ę Nous sommes sauv√©s d'une fabiolade ¬Ľ[10] - [40].

Fiançailles religieuses

Photographie d'un couple, dont la femme porte une robe de soirée claire, un diadème et un collier de diamants et l'homme une tenue militaire.
La reine Frederika et le roi Paul Ier de Grèce (1939), parents de Sophie.

Le , Juan Carlos et Sophie se fiancent publiquement lors d'une c√©r√©monie orthodoxe c√©l√©br√©e √† la cath√©drale d'Ath√®nes par l'archimandrite Grano. L'√©v√©nement, auquel assistent 34 personnalit√©s issues du gotha europ√©en (parmi lesquelles la princesse h√©riti√®re Beatrix des Pays-Bas et le prince h√©ritier Harald de Norv√®ge), mais pas les parents du fianc√©, donne lieu √† une b√©n√©diction des anneaux que les √©poux doivent ensuite porter toute leur vie. Offertes par le roi Paul Ier, ces alliances ont √©t√© r√©alis√©es √† partir d'une pi√®ce d'or datant de l'√©poque d'Alexandre le Grand, ce qui n'est pas sans causer un certain pincement au cŇďur √† Sophie, qui est f√©rue d'arch√©ologie[41].

Organis√©e durant la matin√©e, la c√©r√©monie religieuse est suivie d'un d√©jeuner, donn√© au palais royal √† l'attention des invit√©s du jeune couple. Le soir, un d√ģner plus intime est offert aux seuls invit√©s royaux. Pendant celui-ci, Juan Carlos offre √† sa fianc√©e une bague r√©alis√©e par le joailler ath√©nien Konstandar√°s, cr√©ateur des alliances de Paul Ier et de Frederika, en 1938. En retour, Sophie lui fait cadeau d'une bague en or. Enfin, un grand bal est organis√© en pr√©sence de 500 invit√©s issus de la bonne soci√©t√© ath√©nienne[42].

Du c√īt√© de la diplomatie espagnole, ces c√©l√©brations ne sont pas sans causer un certain malaise. Le r√©gime franquiste craint en effet que le Vatican ne soit alarm√© par la tenue d'une c√©r√©monie orthodoxe que certains journaux √©trangers pr√©sentent comme ayant valeur de mariage. L'ambassadeur d'Espagne aupr√®s du Saint-Si√®ge s'empresse donc de rassurer la Curie afin de ne pas envenimer les tractations concernant la conversion de Sophie et la c√©l√©bration du mariage catholique (voir infra)[43].

Tractations politiques et religieuses

Négociations entre Athènes, Estoril et Madrid

Photographie en noir et blanc d'un homme de profil portant un costume et une cravate.
Le comte de Barcelone, père de Juan Carlos (1959).

Immédiatement après l'annonce des fiançailles de Juan Carlos et Sophie à Lausanne, le comte de Barcelone et le roi des Hellènes entament des négociations relatives à l'organisation du mariage. Arrivé à Athènes avec sa famille le , don Juan s'oppose rapidement à Paul Ier à propos de la question religieuse et repart à Estoril, au Portugal, quelques jours plus tard[44]. Conscient de la faiblesse de sa position (il n'est que prétendant, alors que le père de Sophie est un souverain régnant)[45], le comte de Barcelone prend contact avec l'ambassadeur d'Espagne à Lisbonne pour s'assurer de l'appui du général Franco dans les discussions qui l'opposent à la Cour hellène[46]. Les négociations reprennent ensuite plusieurs semaines plus tard, fin [47].

Hormis la question religieuse, d'autres d√©tails opposent les deux familles royales. Paul Ier voudrait en effet que le mariage se d√©roule au d√©but de l'ann√©e 1962, alors que le comte de Barcelone pr√©f√®rerait une c√©r√©monie au mois de [48]. Finalement, c'est la date du qui est retenue par les deux familles[49]. L'argent constitue un autre th√®me de discussion entre Bourbons et Gl√ľcksbourg. Consciente de la situation d√©licate de son fils, la reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie d'Espagne met en vente des bijoux h√©rit√©s de sa marraine, l'imp√©ratrice Eug√©nie (√©pouse de Napol√©on III), pour participer au financement du mariage[50] - [51]. En d√©pit des rumeurs, la question du lieu o√Ļ va √™tre c√©l√©br√© le mariage ne constitue pas un sujet de tension entre les deux familles royales. Le comte de Barcelone n'envisage pas la possibilit√© d'une c√©l√©bration √† Estoril[40]. Quant √† Rome, elle n'est pas non plus consid√©r√©e comme une alternative, pas plus que La Granja, en d√©pit de ce que pr√©tendent certains journaux europ√©ens[52] - [53].

Parall√®lement √† ces discussions, le pr√©tendant espagnol demande, en , au g√©n√©ral Franco de reconna√ģtre √† son fils le titre de prince des Asturies, sans succ√®s[54]. De son c√īt√©, Juan Carlos profite d'une rencontre avec le Caudillo, le , pour solliciter une clarification de son statut, en Espagne. Le dictateur s'y refuse, car il ne peut reconna√ģtre le comte de Barcelone comme chef de la maison royale. Il d√©clare toutefois √† Juan Carlos qu'il a plus de chance de ceindre un jour la couronne que son p√®re[55].

Pourparlers avec le Saint-Si√®ge et l'√Čglise grecque

Photographie en couleur d'un homme coiffé d'une calotte et vêtu d'une étole.
Le pape Jean XXIII (1959), chef de l'√Čglise romaine.

Pendant des si√®cles, les mariages mixtes entre princes catholiques et orthodoxes (ou protestants) ont √©t√© fort rares du fait de l'intransigeance du Saint-Si√®ge[56]. Pour √©pouser Alphonse XIII d'Espagne, la princesse Victoire-Eug√©nie de Battenberg a ainsi d√Ľ renoncer publiquement √† l'anglicanisme avant son mariage[57]. Second√©s par le r√©gime franquiste, les Bourbons doivent donc engager des n√©gociations √©pineuses avec le Vatican pour obtenir son autorisation de proc√©der au mariage de Juan Carlos et Sophie[alpha 4]. Or, pendant cinq long mois, le Saint-Si√®ge exige une conversion pr√©alable de la princesse au catholicisme et tergiverse sur la possibilit√© d'organiser une c√©r√©monie orthodoxe[57] - [58].

De son c√īt√©, le gouvernement grec est pr√™t √† accepter que la princesse change de religion, mais il insiste pour que sa conversion ne devienne effective que le jour de ses noces[59] - [60] et pour que son instruction catholique ne re√ßoive aucune publicit√©[59]. En effet, Sophie est encore en deuxi√®me place dans l'ordre de succession au tr√īne de Gr√®ce et le gouvernement, qui prend en charge l'organisation du mariage, refuse de voir la princesse abjurer l'orthodoxie sur le sol hell√®ne[57] - [61] - [62]. Quant √† l'√Čglise grecque, dirig√©e par l'archev√™que-primat Chrysostome II, tout juste √©lu[63], elle exige que la c√©r√©monie orthodoxe soit plus imposante que la catholique[59] - [64].

Dans ces conditions, le comte de Barcelone, Juan Carlos et l'ambassadeur d'Espagne aupr√®s du Vatican sollicitent une audience avec le pape Jean XXIII, qui est fix√©e au [57] - [65]. Apr√®s un entretien de vingt minutes auquel aucun diplomate espagnol n'est convi√©[66], le souverain pontife donne finalement sa b√©n√©diction aux fian√ßailles[33] - [67]. Une dispense pontificale est ensuite octroy√©e le [68]. Au grand soulagement des fianc√©s et de leurs parents, le pape autorise la tenue d'une c√©r√©monie orthodoxe[57] - [69] - [70], sans r√©p√©tition des sacrements, toutefois[71]. Cela n'emp√™che pas une partie de la presse espagnole de continuer √† qualifier Sophie d'¬ę h√©r√©tique ¬Ľ apr√®s l'audience pontificale[72].

Débats autour du financement du mariage

Photographie en noir et blanc d'un homme portant un manteau et une cravate.
Le Premier ministre grec Konstantínos Karamanlís (v. 1960).

D'apr√®s la Constitution grecque, seuls le roi des Hell√®nes et le diadoque peuvent b√©n√©ficier de subsides de la part de l'√Čtat. Ils re√ßoivent ainsi une liste civile, vot√©e chaque ann√©e par le Parlement hell√©nique[73]. Or, en raison des d√©penses li√©es au mariage de sa fille a√ģn√©e, Paul Ier se retrouve dans une situation financi√®re d√©licate. Il demande donc au gouvernement de Konstant√≠nos D√≥vas une avance de 4 millions de drachmes (soit 50 000 livres) sur la liste civile, remboursable en plusieurs mensualit√©s. Le Premier ministre acc√®de √† la requ√™te royale, ce qui soul√®ve bient√īt les critiques de l'opposition. Quelques semaines plus tard, un nouveau gouvernement est √©lu, avec Konstant√≠nos Karamanl√≠s √† sa t√™te. C'est alors que le ministre des Affaires √©trang√®res, Ev√°ngelos Av√©roff, prend une initiative embarrassante pour la couronne : il d√©cide de s'acquitter personnellement du remboursement de l'avance royale, obligeant le monarque √† conclure un pr√™t aupr√®s d'une banque priv√©e pour ne pas donner le sentiment qu'il est redevable d'un homme politique[74].

Dans les semaines qui suivent, une nouvelle pol√©mique surgit pourtant en relation avec le mariage de Sophie et Juan Carlos. Tandis que, par le pass√©, le Parlement grec a toujours vot√© sans difficult√© les dots octroy√©es aux princesses de la maison royale, l'opposition se saisit cette fois du sujet, ce qui donne lieu √† des d√©bats houleux en et [75] - [76]. Ge√≥rgios Papandr√©ou se fait ainsi remarquer lorsqu'il d√©clare que le syst√®me des dots est ¬ę une coutume anachronique qui √©quivaut √† une forme d'esclavage ¬Ľ[77] - [78]. Dans ces conditions, l'Union du centre et l'Union de la gauche d√©mocratique s'abstiennent de prendre part au vote[79]. Cela n'emp√™che pas la majorit√© d'approuver une dot non imposable de 300 000 dollars pour la princesse[80] - [81]. Humili√© par les d√©bats, le roi des Hell√®nes en con√ßoit une certaine amertume vis-√†-vis du Premier ministre, qu'il accuse de ne pas d√©fendre la couronne avec assez de rigueur[82].

Préparatifs du mariage

Constitution du trousseau et préparatifs divers

Photographie en noir et blanc d'une jeune femme portant un manteau et un collier avec pendentif.
La princesse Ir√®ne de Gr√®ce (1966), sŇďur de Sophie.

Tandis que les Bourbons multiplient les contacts aupr√®s du Vatican pour obtenir son accord concernant la c√©r√©monie orthodoxe, la famille royale de Gr√®ce g√®re l'essentiel des pr√©paratifs mat√©riels. En , la reine Frederika se rend ainsi √† Paris avec ses filles afin d'y acheter la tenue que doit porter Sophie le jour de ses noces[83]. Apr√®s un bref d√©tour par Estoril, o√Ļ une rencontre est organis√©e avec le comte et la comtesse de Barcelone[84], les trois femmes se rendent √† Londres avec Juan Carlos pour y poursuivre la constitution du trousseau de mariage. Le petit groupe rentre finalement √† Ath√®nes le avec, dans ses bagages, pas moins de 105 caisses d'objets divers[85].

Une fois la question du trousseau r√©gl√©e, les Gl√ľcksbourg et leur gouvernement se lancent dans la r√©alisation des invitations, ce qui donne lieu √† de nouvelles tensions. Consid√©rant la cath√©drale Saint-Denis trop petite pour accueillir l'ensemble du corps diplomatique, le palais pr√©voit en effet de n'inviter √† la c√©r√©monie catholique que les repr√©sentants des pays hispaniques accr√©dit√©s √† Ath√®nes. Cette d√©cision provoque l'ire de l'ambassadeur de France, qui y voit une insulte √† son statut de doyen des diplomates catholiques, et l'embarras de l'ambassadeur d'Espagne, qui consid√®re la d√©cision des Grecs comme une tentative de minimiser encore la c√©r√©monie romaine[86]. Le comte de Barcelone intervient personnellement aupr√®s du ministre espagnol des Affaires √©trang√®res pour qu'il demande √† son homologue d'inviter l'ensemble des diplomates catholiques √† la cath√©drale Saint-Denis. Au grand d√©plaisir du palais, de nouvelles invitations sont donc envoy√©es aux missions √©trang√®res concern√©es[87].

En outre, la pr√©paration du programme du mariage, r√©dig√© en fran√ßais et distribu√© le jour des noces aux invit√©s et √† la presse, soul√®ve le probl√®me du statut de la princesse Sophie entre la c√©r√©monie catholique et la c√©r√©monie orthodoxe. Les deux familles s'accordent pour que, lors du parcours du palais royal √† la cath√©drale Saint-Denis, la future mari√©e soit inscrite comme ¬ę S.A.R. la princesse Sophie ¬Ľ et que, du palais √† la cath√©drale de l'Annonciation, le roi Paul Ier ait √† ses c√īt√©s ¬ę S.A.R. Mme Sa Fille ¬Ľ[88].

Parall√®lement √† ces √©v√©nements, Sophie et sa famille supervisent l'organisation des festivit√©s. Avec sa sŇďur Ir√®ne, la princesse choisit la musique qui doit √™tre jou√©e lors de la c√©r√©monie catholique[89] - [90]. Elle s'occupe √©galement de l'achat de 30 000 roses, dont les p√©tales doivent √™tre utilis√©s lors de la ¬ę danse d'Isa√Įe ¬Ľ, une √©tape importante du mariage orthodoxe[24]. De son c√īt√©, l'ambassadeur d'Espagne fait venir 45 000 Ňďillets de la r√©gion de Valence et de Catalogne pour d√©corer le temple catholique[24] - [91] - [92].

Restauration du carrosse royal et aménagement du palais d'Athènes

Le véhicule utilisé pour le mariage de Juan Carlos et Sophie est le carrosse d'apparat du comte de Chambord[93] - [94]. Commandé pour le couronnement de celui-ci (avorté après l'instauration de la Troisième République française), il a été racheté en 1873 par le roi des Hellènes, Georges Ier, et utilisé pour la première fois en 1889, lors des noces du diadoque Constantin avec la princesse Sophie de Prusse[93] - [95]. Restauré pour l'occasion, le carrosse est flanqué des armoiries de la maison royale de Grèce et doublé de soie blanche avec des galons d'or[94] - [96].

Outre la r√©fection du carrosse royal, Paul Ier fait r√©aliser des travaux d'am√©nagement √† l'int√©rieur du palais royal. Afin de pouvoir accueillir l'ensemble des invit√©s au mariage de sa fille, il dote en effet le b√Ętiment d'une nouvelle pi√®ce, la salle de r√©ception. Plus grande salle de l'actuel palais pr√©sidentiel d'Ath√®nes, elle est con√ßue par l'architecte Al√©xandros Baltatz√≠s[97].

Instruction linguistique et religieuse de Sophie

Photographie en noir et blanc d'une femme et d'un homme, montant à cheval et coiffés de chapeaux cordobés.
La duchesse d'Albe accompagnée d'un serviteur (1961).

Immédiatement après l'annonce des fiançailles, Sophie commence à prendre des cours d'espagnol. Trois fois par semaine, elle retrouve ainsi sa professeure, Julia Yatridi Bustinduy, qui lui enseigne la langue castillane[61] - [98]. À partir de , et durant trois mois, la princesse grecque reçoit par ailleurs des cours de civilisation espagnole de la part de la duchesse d'Albe, missionnée à cet effet au palais royal par sa marraine, la reine douairière Victoire-Eugénie d'Espagne[99].

Parall√®lement √† cette formation linguistique, Sophie est instruite dans la religion catholique par l'archev√™que d'Ath√®nes, Mgr Ven√©diktos Pr√≠ntezis. Dans la plus grande discr√©tion, ce dernier se rend √† dix reprises au palais royal dans le but d'expliquer √† Sophie les diff√©rences de rites et de liturgie entre l'√Čglise catholique et l'√Čglise orthodoxe. Gr√Ęce aux explications de la reine Frederika et de l'infant Juan Carlos, la princesse est, en effet, d√©j√† bien au fait de la doctrine et du dogme romains[100].

Cependant, cette formation religieuse n'est pas du go√Ľt de tout le monde, en Gr√®ce. La rumeur du changement de religion de la princesse ne tarde pas √† se propager, √† Ath√®nes, et l'archev√™que-primat orthodoxe Chrysostome II demande bient√īt des comptes √† ce sujet √† la famille royale. Questionn√© par des journalistes, Mgr Ven√©diktos Pr√≠ntezis doit, quant √† lui, nier publiquement qu'il donne des cours de cat√©ch√®se √† Sophie. Ce faisant, il d√©clenche l'inqui√©tude de l'ambassadeur d'Espagne, auquel il doit expliquer que la reine des Hell√®nes lui a interdit de rendre publics les cours donn√©s √† sa fille[99]. Tout cela n'emp√™che pas Sophie de continuer √† se pr√©parer pour son mariage. Conform√©ment √† ses engagements, la princesse renonce publiquement √† ses droits √† la couronne hell√®ne le [101].

Arrivée des participants et festivités prénuptiales

Accueil et hébergement des invités

Afin d'acheminer les nombreux invit√©s royaux √† Ath√®nes, Paul Ier affr√®te deux Lockheed Constellation[102] - [103]. L'armateur Aristote Onassis met, en outre, √† disposition des convives plusieurs avions de sa compagnie, Olympic Airways[102]. √Ä l'exception des parents et des sŇďurs de Juan Carlos, qui arrivent en Gr√®ce le [104], la plupart des invit√©s se pr√©sentent √† Ath√®nes le . Ils sont alors accueillis par la reine Frederika, le diadoque Constantin et la princesse Alice de Battenberg, veuve d'Andr√© de Gr√®ce, qui se succ√®dent √† l'a√©roport pour leur souhaiter la bienvenue[103].

Arriv√©e dans la capitale hell√©nique, chaque famille princi√®re se voit assigner une voiture avec chauffeur ainsi qu'un accompagnateur issu de la bonne soci√©t√© grecque. Charg√© de guider les invit√©s et de les informer sur le d√©roulement des festivit√©s, ce dernier participe aux ap√©ritifs servis chaque jour aux convives mais se retire, √† chaque fois, au moment du buffet. La plupart des invit√©s sont log√©s √† l'h√ītel Grande-Bretagne et √† l'h√ītel King George, situ√©s non loin du palais royal[105] - [106]. Certains, comme Lord Mountbatten, choisissent n√©anmoins de r√©sider dans l'ambassade de leur pays[50].

En plus de leurs chambres d'h√ītel, les invit√©s princiers re√ßoivent les cl√©s de motels situ√©s √† proximit√© de la plage d'Asterie, √† Glyf√°da. R√©am√©nag√©s pour l'occasion et attribu√©s √† un groupe familial, chacun de ces motels est pourvu d'une salle √† manger avec terrasse, d'un bar et d'une salle de bal avec deux groupes de musiciens. Pour un meilleur confort des convives, la plage de galets est garnie de cabines destin√©es √† faciliter la baignade en journ√©e[105].

Fêtes préliminaires

Les festivit√©s li√©es au mariage de Juan Carlos et Sophie commencent d√®s le [92]. Elles d√©butent par une soir√©e organis√©e √† l'h√ītel Grande-Bretagne √† l'attention des princes et princesses issus de la m√™me g√©n√©ration que les fianc√©s. Le diadoque Constantin y joue les amphitryons[103] - [107]. Le lendemain, , le roi Paul Ier offre aux invit√©s princiers un d√©jeuner au restaurant Asteria, sur la plage de Glyf√°da. Compos√© de sp√©cialit√©s grecques (poisson frit, agneau r√īti, kefta, fraises de Corfou et retsina), il est pr√©sent√© sous forme de buffet[107] - [108]. Le soir, une premi√®re grande r√©ception est donn√©e au palais royal √† l'attention des invit√©s princiers et des ambassadeurs extraordinaires[107] - [108]. Le prince Bernhard des Pays-Bas y danse, avec sa fille Margriet, un twist qui produit le plus grand effet[105].

Apr√®s une journ√©e pass√©e √† la plage[107], la soir√©e du est consacr√©e √† un nouveau d√ģner suivi d'un bal au palais royal. Rev√™tus de leurs plus belles toilettes et par√©s de leurs plus beaux bijoux, les invit√©s princiers sont photographi√©s tour √† tour sur les marches du grand escalier du palais royal[109]. Le roi Paul Ier de Gr√®ce ouvre ensuite le bal en ex√©cutant une danse remarqu√©e avec la princesse Grace de Monaco, sur la Valse de l'Empereur de Johann Strauss II[alpha 5] - [110]. Cette soir√©e permet aux convives les plus √Ęg√©s, comme l'infant Alphonse d'Orl√©ans et les princesses Alice de Battenberg et Marie Bonaparte, de se retrouver pour partager leurs vieux souvenirs. Elle est aussi l'occasion pour Lord Mountbatten de scandaliser sa fille Patricia et sa sŇďur, la reine de Su√®de, en manifestant un int√©r√™t appuy√© pour la princesse Marie-Gabrielle de Savoie[111].

Le lendemain, , Juan Carlos et Sophie passent la journée avec les Espagnols venus en nombre à Athènes pour assister à leurs noces[112] - [113]. Les invités royaux bénéficient donc d'un moment de liberté, qu'ils occupent selon leur bon vouloir[112].

Afflux d'Espagnols à Athènes

Portrait de trois-quarts d'une femme assise portant un diadème, un voile et un long collier de perles.
La reine Victoire-Eugénie (1922), grand-mère de Juan Carlos.

Invit√© au mariage par le comte de Barcelone[114] et Juan Carlos lui-m√™me[115], le g√©n√©ral Franco refuse de s'y rendre[116], sous le pr√©texte qu'il n'a pas √©t√© convi√© par les autorit√©s grecques[117]. Conscient que sa pr√©sence pourrait inciter d'autres chefs d'√Čtat √† ne pas assister aux noces et peu d√©sireux d'affronter de nouvelles d√©convenues[115], le Caudillo ne veut pas non plus donner l'impression d'adouber don Juan[55] - [118], qui n'est pas le seul candidat en lice pour prendre sa succession[119]. Le dictateur espagnol n'en envoie pas moins le ministre de la Marine, Felipe Jos√© Ab√°rzuza y Oliva, pour le repr√©senter au mariage[33] - [120]. Arriv√© au Pir√©e le [121], ce dernier traverse la M√©diterran√©e √† bord du Canarias, navire amiral de la flotte espagnole[33] - [55], en compagnie de 935 marins[121].

√Ä c√īt√© de ces officiels, plus de 5 000 citoyens espagnols font le d√©placement jusqu'√† Ath√®nes pour assister aux noces de celui qu'ils consid√®rent comme le prince des Asturies. Pr√©par√©e en amont par le Conseil priv√© du comte de Barcelone, qui a facilit√© la location d'avions, de bateaux de croisi√®re et d'h√ītels[122], cette arriv√©e massive de partisans de la restauration s'accompagne d'une intense propagande monarchiste. Illustr√©e par la publication, entre le et le , d'un quotidien de 64 pages, le Diario espa√Īol de Atenas, cette activit√© politique donne lieu √† une protestation officielle de l'ambassadeur d'Espagne aupr√®s du gouvernement hell√®ne[123] - [124].

Afin d'accueillir au mieux les voyageurs ib√©riques et de leur offrir la possibilit√© de saluer les fianc√©s[125], deux r√©ceptions sont organis√©es √† leur attention par les autorit√©s grecques : la premi√®re, donn√©e par le maire d'Ath√®nes, au stade panath√©na√Įque (le , au matin) et la seconde, offerte par Paul Ier et Frederika, dans les jardins du palais royal (le , √† midi)[126]. Un cocktail est, par ailleurs, donn√© par le r√©gime franquiste au club de tennis de la capitale (le , dans l'apr√®s-midi)[113] - [121]. Il est l'occasion d'honorer officiellement la pr√©sence de la reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie[127], arriv√©e dans la capitale hell√©nique le [121]. Outre ces trois √©v√©nements, un bal est organis√© dans la soir√©e du par l'ambassade espagnole √† bord du Cabo San Vicente[128], l'un des navires de croisi√®re affr√©t√©s par le secr√©tariat du comte de Barcelone[122]. Invit√©s par l'amiral Ab√°rzuza y Oliva, le pr√©tendant espagnol et son √©pouse y sont honor√©s d'une Marcha Real[128], privil√®ge qui leur avait √©t√© refus√© jusque-l√†[129].

Déroulement du mariage

La plupart des auteurs pr√©sentent le mariage de Juan Carlos et Sophie comme la succession de trois c√©r√©monies : une selon le rite catholique, la religion de Juan Carlos, √† la cath√©drale Saint-Denis, une selon le rite orthodoxe, la religion de Sophie, √† la cath√©drale m√©tropolitaine d'Ath√®nes, et une c√©r√©monie civile (grecque) dans la salle du tr√īne du palais royal[96] - [130] - [131]. Le journaliste Fernando Ray√≥n pr√©cise cependant qu'une quatri√®me c√©r√©monie, civile et espagnole, s'est √©galement tenue au sein du palais royal[132].

Cortège nuptial

Tableau d'un homme en uniforme et médaillé assis sur un cheval.
Portrait équestre de Juan Carlos revêtu de son uniforme (tableau d'Augusto Ferrer-Dalmau, 2014).

Le cort√®ge nuptial part du palais royal d'Ath√®nes vers 9 h 30. Il est ouvert par un groupe de six cavaliers suivis d'une s√©rie de douze automobiles, transportant les souverains invit√©s aux noces et les demoiselles d'honneur de Sophie. Parmi ces voitures, une premi√®re conduit la reine Frederika et le comte de Barcelone et une seconde la comtesse de Barcelone avec l'infant Juan Carlos. Une fois cette premi√®re salve de v√©hicules partie, le carrosse royal sort du palais, avec √† son bord le roi des Hell√®nes et sa fille a√ģn√©e. Tir√© par six chevaux blancs venus d'Allemagne, le carrosse est escort√© par le diadoque Constantin, qui monte un √©talon de couleur marron, et par vingt-six cavaliers de la garde royale[94].

Tenues des mariés

Le jour de ses noces, Sophie de Gr√®ce porte une robe de mari√©e √† longue tra√ģne, con√ßue par le couturier parisien d'origine gr√©co-√©gyptienne Jean Dess√®s[83] - [133], faite de lam√© argent√© et d'organza. Le voile en tulle de Bruxelles, incrust√© de dentelle de Gand, est celui que portait sa m√®re, la reine Frederika, lors de son mariage avec Paul de Gr√®ce en 1938[110] - [134] - [135]. Il est maintenu sur la t√™te de Sophie par la tiare en diamants de sa grand-m√®re maternelle, la princesse Victoria-Louise de Prusse[136] - [137]. Enfin, la princesse porte des chaussures r√©alis√©es par le cr√©ateur Roger Vivier[83].

Juan Carlos revêt, pour sa part, son uniforme de lieutenant de l'armée espagnole et arbore notamment le collier de l'ordre espagnol de la Toison d'or et le grand cordon de l'ordre grec de Georges Ier[136] - [138]. Arrivé à Athènes le [139], l'infant s'est blessé à la clavicule en s'exerçant au judo avec le diadoque Constantin le jour même[140] - [141] - [142]. Sa blessure le faisant encore beaucoup souffrir, il porte, sous sa tenue, un bandage serré qui lui donne un air tendu lors des cérémonies[141].

Cérémonie catholique et mariage civil espagnol

Organis√©e √† la cath√©drale Saint-Denis, qui a √©t√© enti√®rement d√©cor√©e d'Ňďillets rouges et jaunes (couleurs de l'Espagne) pour l'occasion[91] - [92] - [140], la c√©r√©monie catholique commence √† 10 heures[140]. D'une dur√©e de quarante-cinq minutes[132], elle est c√©l√©br√©e par Ven√©diktos Pr√≠ntezis, archev√™que d'Ath√®nes[130] - [143], assist√© de Mgr Brindisi[143].

La messe est prononcée en espagnol, en latin et en français[130] - [143]. Le duc de Noto, cousin de Juan Carlos, officie comme témoin[130]. Le Kyrie, le Sanctus et le Benedictus de la Messe du Couronnement de Mozart, passages choisis par la mariée[130], sont chantés par la chorale de la cathédrale[138]. Lors du consentement, Sophie oublie de demander l'accord de son père avant de dire oui et se met alors à pleurer[144]. Trente-trois ans plus tard, en 1995, sa fille, l'infante Elena, commet le même impair lors de son mariage avec Jaime de Marichalar[143] - [145].

√Ä l'issue de la c√©r√©monie, les mari√©s sortent de la cath√©drale au son du Grand All√©luia de Haendel, sous une haie d'honneur form√©e par des officiers espagnols des trois armes. La sortie du couple est salu√©e par les applaudissements de la foule, tandis que 21 coups de canon sont tir√©s du Lycabette, point culminant d'Ath√®nes[138]. La pr√©sence de la reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie au mariage autorise, par ailleurs, les militaires espagnols pr√©sents √† jouer la Marcha Real[146] - [147].

Cette premi√®re √©tape termin√©e, les mari√©s montent √† bord du carrosse[148] et rentrent au palais royal[59], o√Ļ leur mariage est inscrit sur le registre d'√©tat-civil par un repr√©sentant de l'ambassade d'Espagne. √Ä cette occasion, les princes Michel de Gr√®ce et Am√©d√©e de Savoie-Aoste officient comme t√©moins de Sophie tandis que les princes Alphonse d'Orl√©ans et Alphonse de Bourbon font de m√™me pour Juan Carlos[132].

Cérémonie orthodoxe et mariage civil grec

Photographie en noir et blanc d'un homme barbu coiffé d'un kamilavkion avec un voile et vêtu d'une soutane.
L'archevêque-primat Chrysostome II (v. 1925).

Apr√®s cet interm√®de au palais royal, le cort√®ge nuptial prend la direction de la cath√©drale de l'Annonciation, o√Ļ la c√©r√©monie orthodoxe d√©bute √† midi[147] - [148]. Comme le matin, Sophie effectue le trajet au c√īt√© de son p√®re, dans le carrosse royal[147], tandis que Juan Carlos se rend √† la cath√©drale dans une voiture ouverte, avec la comtesse de Barcelone[148].

Organisée en présence des douze évêques du Saint-Synode mais présidée par Chrysostome II, archevêque d'Athènes et de toute la Grèce[147] - [148], la cérémonie orthodoxe se déroule dans une chaleur suffocante[149]. Le roi Paul Ier y agit en tant que koumbaros (parrain du mariage)[150]. Pendant toute une partie de la cérémonie, des couronnes sont tenues au-dessus des têtes des mariés par le roi des Hellènes et les témoins[149] - [150].

Apr√®s avoir partag√© une coupe de vin rituel pour sceller leur union, les mari√©s se livrent finalement √† la ¬ę danse d'Isa√Įe ¬Ľ. Guid√©s par l'archev√™que, les √©poux tournent trois fois autour de l'autel, sur lequel ont √©t√© dispos√©s un plateau d'argent rempli d'amandes et une Bible[147] - [149]. La c√©r√©monie s'ach√®ve par des chants gr√©goriens entonn√©s par un chŇďur d'enfants[150].

Selon Guy de Girard de Charbonni√®res, alors ambassadeur de France en Gr√®ce, le mariage orthodoxe provoque un certain malaise au sein de la famille royale espagnole, dont la ¬ę curiosit√© se transforma en indignation devant les gestes rituels que le prince des Asturies √©tait contraint d'accomplir ¬Ľ[149] - [151]. Cependant, le journaliste Fernando Ray√≥n doute de la v√©racit√© des dires du diplomate, qui rend, dans son r√©cit, la vue √† l'infante Margarita, pourtant connue pour √™tre aveugle de naissance[152].

Une fois la seconde c√©r√©monie religieuse termin√©e, les mari√©s retournent au palais royal, o√Ļ un deuxi√®me mariage civil, grec celui-l√†, se d√©roule dans la salle du tr√īne, devant le maire d'Ath√®nes, √Āngelos Tsoukal√°s, et le pr√©sident du Conseil d'√Čtat, Char√≠laos Mitr√©lias[153]. Sont √©galement pr√©sents le Premier ministre, Konstant√≠nos Karamanl√≠s, et le ministre de la Justice, Konstant√≠nos Papakonstant√≠nou, qui officient comme notaires[153] - [154].

Déjeuner nuptial

Une fois les quatre cérémonies terminées, le mariage est suivi d'un banquet servi dans les jardins du palais royal. Donné à l'attention des invités princiers et des représentants des corps constitués, le menu se compose d'un cocktail de langoustes, d'un suprême de volaille à la manière du chef, de légumes, de foie gras à la gelée, de salade, de moka et de fruits[155] - [156]. Le déjeuner s'achève par les discours du roi Paul Ier, du comte de Barcelone et du Premier ministre, Konstantínos Karamanlís[156].

Invités et oubliés

Témoins et demoiselles d'honneur

Photographie en couleur montrant un uniforme rouge et noir exposé sur un mannequin sans tête, dans une vitrine en forme d'arche.
L'uniforme de la Real Maestranza de Caballería de Séville, porté par le duc de Noto lors du mariage.

Tout au long des quatre c√©r√©monies nuptiales, l'infant Juan Carlos est accompagn√© par diff√©rents princes europ√©ens qui jouent, tour √† tour, les r√īles de t√©moins et/ou de koumbaros (c'est-√†-dire de parrains du mariage orthodoxe). Il s'agit du diadoque Constantin de Gr√®ce, du prince Michel de Gr√®ce, du prince Alphonse de Bourbon, de l'infant Alphonse d'Orl√©ans (duc de Galliera), du prince Charles de Bourbon-Sicile (duc de Noto), du prince Marino Torlonia, du prince royal Victor-Emmanuel de Savoie, du prince Am√©d√©e de Savoie (duc d'Aoste), du prince royal Fran√ßois de Bavi√®re, du prince Christian de Hanovre, du prince Charles de Hesse-Cassel et du prince Louis de Bade[140] - [150] - [157].

De son c√īt√©, Sophie est entour√©e de huit demoiselles d'honneur venues de diff√©rents pays : la princesse Ir√®ne de Gr√®ce, la princesse Tatiana Radziwill, l'infante Mar√≠a del Pilar d'Espagne, la princesse Alexandra de Kent, les princesses Anne-Marie et Benedikte de Danemark, la princesse Ir√®ne des Pays-Bas et la princesse Anne d'Orl√©ans[140] - [150] - [158] - [159]. Chacune d'elles porte une tenue √©labor√©e par le couturier Jean Dess√®s[160].

Parmi ces jeunes gens, deux couples se forment durant les √©pousailles : celui de Constantin de Gr√®ce et d'Anne-Marie de Danemark (qui se marient √† Ath√®nes en 1964) et celui de Charles de Bourbon-Siciles et d'Anne d'Orl√©ans (qui s'unissent √† Dreux en 1965)[140] - [161]. Cela fait dire √† Sophie qu'elle a ¬ę port√© bonheur √† ses demoiselles d'honneur ¬Ľ[50].

Deux autres membres de ce groupe de jeunes princes et princesses jouent, dans les ann√©es qui suivent le mariage, un r√īle plus n√©faste dans la vie de Juan Carlos et Sophie. C'est d'abord le cas d'Alphonse de Bourbon, qui flirte avec les milieux phalangistes espagnols et √©pouse, en 1972, une petite-fille de Franco, devenant un candidat cr√©dible √† la succession du dictateur[98] - [162] - [163]. C'est aussi le cas de la princesse Ir√®ne des Pays-Bas, qui s'unit, en 1964, au prince Charles-Hugues de Bourbon-Parme, chef de file des carlistes et lui aussi candidat √† la couronne d'Espagne[161] - [164] - [165].

Invités notables

Quelque 143 repr√©sentants de 27 familles souveraines ou anciennement souveraines europ√©ennes assistent aux c√©r√©monies[166]. Un tel afflux de t√™tes couronn√©es n'avait pas √©t√© vu depuis le mariage de la princesse √Člisabeth et de Philip Mountbatten, en 1947[96] - [167].

Photographie en noir et blanc d'une femme portant un béret, un foulard noué et un manteau orné d'une broche.
La princesse Grace de Monaco (1972) est l'une des invitées les plus remarquées du mariage.

Parmi ces nombreux invités, on peut notamment citer :

Absences remarquées

Photographie en noir et blanc d'une femme √Ęg√©e portant des lunettes, une toque en fourrure et un collier de perles.
Victoria-Louise de Prusse (1966), grand-mère de Sophie, est la grande absente des festivités d'Athènes.

En dépit du grand nombre d'invités présents aux noces princières, quelques absences se font également remarquer.

C√īt√© espagnol, la non participation aux noces du Caudillo est en partie att√©nu√©e par l'envoi du ministre de la Marine, Felipe Jos√© Ab√°rzuza y Oliva, √† Ath√®nes[179]. L'absence du duc de S√©govie, fr√®re a√ģn√© du comte de Barcelone, souligne par contre la m√©sentente des deux princes et le maintien de ses pr√©tentions dynastiques par l'a√ģn√© des Bourbons[180].

C√īt√© grec, l'absence de la duchesse douairi√®re de Brunswick, grand-m√®re maternelle de Sophie, se fait encore davantage remarquer. Elle s'explique par la querelle d'h√©ritage qui divise alors la maison de Hanovre et qui aboutit, en , √† un scandale m√©diatico-judiciaire, lorsque la justice hell√®ne fait condamner ¬ę pour atteinte √† la reine ¬Ľ des journalistes ayant publi√© une interview acrimonieuse de l'illustre oubli√©e[181] - [182] - [183].

De manière plus anecdotique, on constate l'absence, pour des raisons diplomatiques, de la famille royale de Belgique[alpha 6] - [166], et celle des Romanov, qui n'ont pas été conviés au mariage[184].

Couverture médiatique

La Gr√®ce, qui ne dispose pas encore de la t√©l√©vision (celle-ci n'arrive qu'en 1966), d√©cide de faire appel aux services de l'Eurovision pour enregistrer le mariage sur une bande magn√©tique qui est ensuite envoy√©e √† Rome, d'o√Ļ elle est diffus√©e sur le reste du continent[92] - [185]. Alors que la plupart des t√©l√©visions europ√©ennes retransmettent les noces en couleur, les quelques images diffus√©es en Espagne sont en noir et blanc[186].

La presse espagnole traite abondamment du mariage de Juan Carlos et Sophie dans ses colonnes. Cependant, à la demande du régime franquiste, elle ne couvre presque pas la cérémonie orthodoxe et évite, autant que faire se peut, d'évoquer le comte et la comtesse de Barcelone[130] - [147] - [187]. Désireux de montrer l'unité de la famille royale espagnole, le journal ABC insiste par contre sur la présence, à Athènes, du prince Alphonse de Bourbon, soulignant par là l'isolement du duc de Ségovie[188].

Présents divers

Décorations décernées aux jeunes mariés

√Ä l'occasion de leur mariage, Juan Carlos et Sophie re√ßoivent plusieurs d√©corations. Le r√©gime franquiste leur d√©cerne ainsi le collier et la grand-croix de l'ordre de Charles III, honneur in√©dit pour une femme √† l'√©poque[189] - [190] - [191]. La princesse grecque re√ßoit, en outre, du comte de Barcelone l'insigne de l'ordre de la Reine Marie-Louise. De son c√īt√©, l'infant espagnol re√ßoit du roi des Hell√®nes plusieurs d√©corations grecques, parmi lesquelles la grand-croix de l'ordre du Sauveur[189].

Cadeaux de mariage

Juan Carlos fait cadeau à Sophie d'une bague en rubis et Sophie lui offre un étui à cigarettes en or et saphir[192].

Le roi Paul Ier offre au couple une caravelle en argent dor√© anglaise du XVIIIe si√®cle et un manteau en vison. La reine Frederika offre √† Sophie une commode en acajou, un service en argent et la tiare en diamants qu'elle portait le jour du mariage, et √† Juan Carlos un anneau sigillaire en or du Ve si√®cle av. J.-C. avec un cam√©e d'agate orang√©e[192] - [193]. Le diadoque Constantin et sa sŇďur Ir√®ne font cadeau de trois bracelets en or incrust√©s de pierres pr√©cieuses[194]. Enfin, le gouvernement grec offre un collier de perles[192].

Photographie en noir et blanc d'un homme à moustache, cheveux grisonnants, calvitie prononcée, vêtu d'un uniforme militaire.
Francisco Franco (1964) offre plusieurs présents aux jeunes mariés.

La reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie fait cadeau d'un bracelet en saphirs et rubis, tandis que le comte et la comtesse de Barcelone offrent un diad√®me issu des collections de la famille royale[193]. Quant au g√©n√©ral Franco, il offre √† Sophie un diad√®me transformable en broche ou en collier[192] - [193] - [190], port√© en 1997 par l'infante Cristina lors de son mariage avec I√Īaki Urdangarin[192], et √† Juan Carlos un secr√©taire en argent du XVe si√®cle[192] - [193].

La reine √Člisabeth II fait pr√©sent d'un service de table en porcelaine blanche et dor√©e, et le duc de Gloucester de vaisselle en argent. Le roi Baudouin de Belgique fait cadeau de douze coupes √† fruits en argent plaqu√© or, tandis que le roi et la reine de Danemark offrent de la vaisselle en porcelaine de Copenhague. Le prince et la princesse de Monaco font cadeau d'un voilier[192] - [193]. La reine des Pays-Bas offre trois vases en porcelaine de Delft et le roi de Norv√®ge un service √† caf√© d'or et d'argent[193]. Le comte et la comtesse de Paris offrent de la vaisselle de S√®vres. L'ex-roi Humbert II d'Italie fait cadeau d'une √©pingle en diamants[192] - [193].

John Fitzgerald Kennedy, pr√©sident des √Čtats-Unis, offre au couple un porte-cigarette de table en or. Le g√©n√©ral de Gaulle envoie √† Ath√®nes un n√©cessaire de voyage avec des flacons en cristal de Baccarat[192] - [193]. Un vase en porcelaine du XVIe si√®cle et un brocart sont offerts aux mari√©s par le pr√©sident de la r√©publique de Chine, Tchang Ka√Į-chek[192].

Les armateurs grecs Aristote Onassis et St√°vros Ni√°rchos offrent respectivement une fourrure de zibeline[192] - [193] et une parure de rubis et diamants de Van Cleef & Arpels compos√©e d'un diad√®me, d'un double collier et de boucles d'oreilles[195]. Le duc et la duchesse de Montellano font cadeau de boucles d'oreilles du XVIIIe si√®cle et la duchesse d'Albe d'un porte-cigarette en jade[192]. En outre, cette derni√®re ouvre un compte courant √† la Banque d'Espagne afin que les Espagnols qui le souhaitent puissent faire un don au couple princier[96]. Gr√Ęce √† cette initiative, les jeunes mari√©s re√ßoivent une somme √† peu pr√®s √©quivalente √† celle donn√©e √† Sophie en guise de dot par l'√Čtat grec[196] - [197].

Résidence en Espagne

Apr√®s leur mariage, Juan Carlos et Sophie re√ßoivent un autre pr√©sent de la part du Caudillo : le palais de la Zarzuela. Situ√© dans la banlieue de Madrid, non loin du palais du Pardo, cet ancien pavillon de chasse royal qui a d√©j√† accueilli Juan Carlos par le pass√© est alors en cours de r√©am√©nagement. Conscient de l'opposition du comte de Barcelone, qui voudrait voir son fils s'installer √† ses c√īt√©s √† Estoril, le dictateur cherche en effet √† vaincre les r√©ticences du couple princier et √† le persuader de faire de l'Espagne sa r√©sidence permanente[198] - [199].

Postérité

Voyage de noces

Le voyage de noces de Juan Carlos et Sophie dure quatre mois[155] - [200] et m√™le loisirs et rencontres √† caract√®re plus politique[201]. Le couple passe les premiers jours de sa lune de miel √† bord de l‚ÄôEros[alpha 7], l'un des yachts de St√°vros Ni√°rchos[202] - [203]. √Ä bord du voilier, les jeunes mari√©s se rendent sur l'√ģle de Spetsopoula, √©galement propri√©t√© de l'armateur grec[204] - [205]. Quelques jours apr√®s leur arriv√©e, les princes re√ßoivent la visite de leurs parents respectifs[203] - [205] - [206].

Photographie en noir et blanc montrant une conversation entre trois hommes portant un costume et une femme portant une robe.
Le prince et la princesse avec le président américain John Fitzgerald Kennedy (1962).

Le couple se rend ensuite √† Corfou, o√Ļ Sophie effectue son entr√©e au sein de la communaut√© catholique, le [155] - [207]. Apr√®s quelques jours pass√©s √† Mon Repos, les jeunes mari√©s poursuivent leur voyage en voilier jusqu'√† Rome, o√Ļ une audience est pr√©vue aupr√®s du pape Jean XXIII pour le remercier de son intervention au moment des n√©gociations du mariage[208]. Re√ßus par le souverain pontife le [209], Juan Carlos et Sophie ne semblent nullement avoir √©t√© admonest√©s[209] pour √™tre all√©s au-del√† de la dispense matrimoniale qui leur interdisait de r√©p√©ter les sacrements du mariage lors de la c√©r√©monie orthodoxe[152].

De la capitale italienne, o√Ļ il s√©journe chez le prince Alessandro Torlonia, oncle de Juan Carlos[210], le couple se rend par avion en Espagne, o√Ļ il arrive le [211]. En d√©pit des r√©ticences du comte de Barcelone et de son entourage, mais avec la b√©n√©diction de la reine douairi√®re Victoire-Eug√©nie, les jeunes mari√©s souhaitent en effet rendre visite au g√©n√©ral Franco pour le remercier personnellement des marques de bienveillance qu'il leur a donn√©es durant leurs noces[212] - [213]. Re√ßus au Pardo par le dictateur et son √©pouse, les jeunes mari√©s sont trait√©s avec une grande amabilit√© par le chef de l'√Čtat, qui se montre charm√© par Sophie[214] - [215].

Apr√®s cette entrevue, le couple se rend √† Monaco, o√Ļ il est re√ßu par le prince Rainier III et la princesse Grace[216]. Commence ensuite un tour du monde de deux mois, qui m√®ne d'abord Juan Carlos et Sophie en Asie. En Inde, ces derniers rencontrent Nehru et sa fille Indira Gandhi, ce qui provoque l'ire du gouvernement portugais, toujours en froid avec New Delhi √† cause de l'annexion de Goa[217]. Au N√©pal, les jeunes mari√©s sont re√ßus par le roi Mahendra. En Tha√Įlande, ils font la connaissance du roi Rama IX et de la reine Sirikit Kitiyakara. Aux Philippines, ils sont re√ßus par le pr√©sident Diosdado Macapagal. Enfin, au Japon, ils ont une audience avec le prince h√©ritier Akihito[218] - [219].

Le voyage de noces se cl√īture par un long s√©jour aux √Čtats-Unis, qui les conduit tour √† tour √† Hawa√Į, en Californie, en Nouvelle-Angleterre et en Floride. √Ä Washington, le couple est re√ßu durant une demi-heure par le pr√©sident John Fitzgerald Kennedy[205] - [220] - [221]. Le , Juan Carlos et Sophie quittent le continent am√©ricain pour se rendre au Royaume-Uni, d'o√Ļ ils gagnent Estoril[222]. Ce n'est finalement qu'en que le couple est autoris√© par le comte de Barcelone √† s'installer au palais de la Zarzuela[223] - [224].

Vie de couple et accession au tr√īne d'Espagne

Photographie montrant un couple et trois enfants entourés d'hommes en uniforme militaire ou en costume.
Sophie et Juan Carlos entourés de leurs trois enfants, le jour de leur intronisation (1975).

Dans les années qui suivent leur mariage, Juan Carlos et Sophie donnent naissance à trois enfants :

Le , Franco d√©signe Juan Carlos comme son successeur √† la t√™te de l'√Čtat, avec le titre de prince d'Espagne[229]. Apr√®s la mort du Caudillo, le prince est proclam√© roi d'Espagne par les Cortes le . En d√©pit des pr√©tentions dynastiques de son p√®re (qui lui ont √©t√© refus√©es par la loi de succession promulgu√©e par Franco), il prend alors le nom de Juan Carlos Ier[230] - [231]. En 1977, don Juan renonce finalement √† ses droits au tr√īne en faveur de son fils[232]. Apr√®s leur intronisation, Juan Carlos et Sophie r√®gnent sur l'Espagne pendant pr√®s de 39 ans, jusqu'√† l'abdication du souverain, le [233].

En 2023, Juan Carlos et Sophie sont mari√©s depuis 61 ans. Depuis 1992, toutefois, la presse espagnole et internationale se fait r√©guli√®rement l'√©cho de difficult√©s conjugales que traverse le couple[234]. Au fil des ann√©es, plusieurs liaisons sont ainsi pr√™t√©es au monarque, qui jouit d'une r√©putation de s√©ducteur[235] : d'abord avec la d√©coratrice catalane Marta Gay√†[236] puis surtout avec la femme d'affaires allemande Corinna Larsen. Affaibli par de nombreux scandales, le ¬ę roi √©m√©rite ¬Ľ vit, depuis , en exil aux √Čmirats arabes unis[237] - [238]. Son √©pouse continue, quant √† elle, √† r√©sider en Espagne[239] - [240].

Commémorations

Photographie d'un couple, dont la femme porte un foulard violet et le mari un costume et une cravate.
La reine Sophie et le roi Juan Carlos Ier, quarante-trois ans après leur mariage (2005).

Les anniversaires de mariage successifs de Juan Carlos et Sophie occasionnent diverses commémorations.

Leurs noces d'argent, le , donnent lieu √† plusieurs r√©ceptions au palais royal de Madrid. Ainsi, Juan Carlos et Sophie accueillent 17 couples s√©lectionn√©s par le journal Ya et qui f√™tent √©galement ce jour-l√† leurs 25 ans de mariage[241]. Ils re√ßoivent ensuite, tour √† tour, des membres de leur famille et de familles royales europ√©ennes (notamment l'ex-roi Sim√©on II de Bulgarie et la princesse Ir√®ne de Gr√®ce, sŇďur de Sophie), de l‚ÄôAdministration du Patrimoine national, de la D√©putation de la grandesse et du gouvernement[241]. Cette journ√©e est l'occasion pour le pr√©sident du gouvernement et ses ministres d'offrir aux monarques une statue √©questre du roi Alphonse XIII en uniforme de hussard, r√©alis√©e par Mariano Benlliure[241]. En outre, une pi√®ce comm√©morative de 500 pesetas √† leur effigie est √©dit√©e √† 200 000 exemplaires par la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre[242].

Plusieurs reportages et documentaires sont consacr√©s au couple, parmi lesquels Juan Carlos ‚Äď Sof√≠a, aniversario de boda, diffus√© sur TVE en 1997, 2002 et 2012[243], et Aniversario Real, produit par Antena 3 pour c√©l√©brer leur 40e anniversaire de mariage[244].

En 2012, alors que le roi et la reine n'ont souhait√© aucune c√©l√©bration officielle de leurs noces d'or, la Maison du roi met √† la disposition des m√©dias un CD-ROM, intitul√© Bodas de Oro de SS MM los Reyes : 50 a√Īos, 50 im√°genes, regroupant une s√©lection de photographies de Juan Carlos et Sophie depuis leur union[245] - [246].

Enfin, le mariage et ses pr√©paratifs sont relat√©s dans le t√©l√©film Sof√≠a, r√©alis√© par Antonio Hern√°ndez en 2011. Si l'histoire est centr√©e sur le personnage de la princesse Sophie, le t√©l√©film met en sc√®ne, en deux parties, les premi√®res ann√©es de la vie du couple, de sa rencontre lors de la ¬ę croisi√®re des rois ¬Ľ √† son intronisation en 1975[247] - [248].

Parenté entre Juan Carlos et Sophie

Descendants de la reine Victoria, Juan Carlos et Sophie sont cousins au troisième degré[1].


Victoria,
Reine du Royaume-Uni
Albert,
Prince de Saxe-Cobourg-Gotha
Béatrice,
Princesse du Royaume-Uni
‚ąě Henri,
Prince de Battenberg
Victoria,
Princesse royale du Royaume-Uni
‚ąě Fr√©d√©ric III,
Empereur allemand
Victoire-Eugénie,
Princesse de Battenberg
‚ąě Alphonse XIII,
Roi d'Espagne
Sophie,
Princesse de Prusse
‚ąě Constantin Ier,
Roi des Hellènes
Guillaume II,
Empereur allemand
‚ąě Augusta-Victoria,
Princesse de Schleswig-Holstein
Victoria-Louise,
Princesse de Prusse
‚ąě Ernest-Auguste,
Duc de Brunswick
María de las Mercedes,
Princesse des Deux-Siciles
Juan,
Comte de Barcelone
Paul Ier,
Roi des Hellènes
Frederika,
Princesse de Hanovre
Juan Carlos Ier,
Roi d'Espagne
Sophie,
Princesse de Grèce
Elena,
Duchesse de Lugo
‚ąě Jaime de Marichalar
Cristina,
Duchesse de Palma de Majorque
‚ąě I√Īaki Urdangarin
Felipe VI,
Roi d'Espagne
‚ąě Letizia Ortiz

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages consacrés au mariage

  • (en) Arturo E. Be√©che, ¬ę A Look Into the Past: The Wedding of Infante Juan Carlos of Spain and Princess Sophie of Greece, Athens, 1962 ¬Ľ, dans The European Royal History Journal (no XXXVII), (lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (en + de) Friederike Haedecke et Julia Melchior, ¬ę Juan Carlos & Sofia ¬Ľ, dans Royal Weddings ‚Äď K√∂nigliche Hochseiten, teNeues Verlag GmbH + Co KG, (ISBN 383279252X), p. 58-67.
  • (es) Ricardo Mateos S√°inz de Medrano, ¬ę Mayo de 1962. La boda de Atenas ¬Ľ, dans La Familia de la Reina Sof√≠a : La Dinast√≠a griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, Madrid, La Esfera de los Libros, (ISBN 978-84-9734-195-0), p. 139-157. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (es) Fernando Ray√≥n, La Boda de Juan Carlos y Sof√≠a : Claves y secretos de un enlace hist√≥rico, La Esfera de los Libros, (ISBN 84-9734-368-9). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • L√©on Zitrone, ¬ę Juan Carlos d'Espagne et Sophie de Gr√®ce ¬Ľ, dans Les Grands Mariages princiers, La Compagnie du Livre, (ISBN 2841550508), p. 52-59. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Biographies de Juan Carlos et Sophie

  • Laurence Debray, Juan Carlos d'Espagne, Paris, Perrin, , 410 p. (ISBN 978-2-262-03472-6 et 2-262-03472-9). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Bertrand Meyer-Stabley, Juan Carlos, roi d'Espagne, Paris, Hachette, , 271 p. (ISBN 2-01-018578-1). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Bertrand Meyer-Stabley, Juan Carlos et Sophie : Portrait d'une famille royale, Paris, Payot, , 269 p. (ISBN 2-228-89879-1).
  • Philippe Nourry, Juan Carlos : une histoire exemplaire, Paris, Tallandier, , 485 p. (ISBN 978-2-84734-793-7 et 2-84734-793-3). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Fernando Ray√≥n (trad. de l'espagnol), Sophie, reine d'Espagne, √Čtr√©pilly, Bartillat, , 254 p. (ISBN 2-84100-010-9).
  • Suzanne Varga, Sophie d'Espagne : Une grande reine d'aujourd'hui, Paris, Pygmalion, , 446 p. (ISBN 978-2-7564-1430-0). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Biographies de proches des mariés

  • (es) Jos√© Apezarena, El pr√≠ncipe : c√≥mo es el futuro Felipe VI, Plaza & Jan√©s Editores, , 655 p. (ISBN 84-8450-754-8). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (es) Eva Celada, Irene de Grecia : La princesa rebelde, Plaza & Jan√©s, , 274 p. (ISBN 978-84-01-30545-0 et 84-01-30545-4). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (en) Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, (ISBN 0-297-99408-5). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • (en) John Van der Kiste, A Divided Kingdom : The Spanish Monarchy from Isabel to Juan Carlos, Sutton Publishing, (ISBN 978-0-7509-3789-4). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Articles de presse

Articles de presse consacrés au mariage

  • L√©a Billon, ¬ę Juan Carlos et Sophie : le catholique et l‚Äôorthodoxe ¬Ľ, Notre Temps,‚Äé (lire en ligne).
  • (es) ¬ę La boda real entre Juan Carlos y Sof√≠a cautiva a los mon√°rquicos griegos cincuenta a√Īos despu√©s ¬Ľ, 20 Minutos,‚Äé (lire en ligne).
  • (es) ¬ę Juan Carlos y Sof√≠a : la boda de los tres s√≠es ¬Ľ, La Vanguardia,‚Äé (lire en ligne).
  • (es) ¬ę Tres veces ¬ę s√≠ ¬Ľ : la boda de Don Juan Carlos y Do√Īa Sof√≠a ¬Ľ, ABC,‚Äé (lire en ligne).
  • (es) Carmen Gallardo, ¬ę La boda de Juan Carlos y Sof√≠a : un vestido de ensue√Īo, la tiara prusiana y tres veces 'S√≠, quiero' ¬Ľ, Vanity Fair,‚Äé (lire en ligne).

Unes de magazines consacrées au mariage

  • ¬ę Le Mariage ‚Äď Don Juan Sophie ¬Ľ, Point de vue, Images du monde, no 727,‚Äé .
  • (es) ¬ę Album de la Boda de SS AA RR la Princesa Sof√≠a y el Pr√≠ncipe Juan Carlos ¬Ľ, ¬°Hola!, no 925,‚Äé .
  • ¬ę Mariage de don Juan Carlos d'Espagne et de Sophie de Gr√®ce ¬Ľ, Jours de France, no 393,‚Äé .
  • ¬ę Mariage de don Juan Carlos d'Espagne et de Sophie de Gr√®ce ¬Ľ, Paris Match, no 685,‚Äé .

Filmographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. La relation de Juan Carlos et de Marie-Gabrielle aurait duré jusqu'en 1960, non sans que le prince espagnol entretienne parallèlement une liaison avec Olghina di Robilant. Malgré son attachement à la princesse italienne, Juan Carlos aurait mis fin à leur relation sous la pression conjointe de ses parents, désireux qu'il épouse une princesse issue d'une dynastie régnante, et du général Franco, qui considérait Marie-Gabrielle comme une jeune femme trop libérée (Nourry 2011, p. 166-167 et Rayón 2005, p. 27).
  2. Au grand dam de sa famille, et de la reine Frederika, Harald lui préfère cependant une roturière, Sonja Haraldsen, qu'il finit par épouser en 1968 (Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 132 et 144-145, Debray 2013, p. 77 et Rayón 2005, p. 41).
  3. Outre le castillan, l'infant domine le portugais, l'italien et le fran√ßais tandis que la princesse ma√ģtrise le grec, l'allemand et l'anglais (Debray 2013, p. 76).
  4. Pour Philippe Nourry, ¬ę ce fut facile : l'Ňďcum√©nisme √©tait √† la mode ¬Ľ (Nourry 2011, p. 169). Ce n'est pas du tout l'avis des autres auteurs.
  5. Bertrand Meyer-Stabley situe cette danse à la date du (Meyer-Stabley 1992, p. 110), ce qui est chronologiquement impossible. Les détails qu'il donne concordent cependant avec ceux que les autres auteurs situent dans la soirée du .
  6. Cette absence, soulignée par Bertrand Meyer-Stabley, est cependant nuancée par la présence de deux princesses nées dans la maison de Belgique : l'ex-reine Marie-José d'Italie et la grande-duchesse héréditaire Joséphine-Charlotte de Luxembourg (Rayón 2005, p. 342).
  7. Bertrand Meyer-Stabley indique qu'il s'agissait du Créole (Meyer-Stabley 1992, p. 115), mais les autres sources ne concordent pas avec cette version.
  8. L’attribution de ce titre est révoquée par le décret royal no 470/2015 du .

Références

  1. Rayón 2005, p. 83.
  2. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 141.
  3. Nourry 2011, p. 105-106.
  4. Rayón 2005, p. 36-37.
  5. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 345.
  6. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 142-144.
  7. Debray 2013, p. 72.
  8. Rayón 2005, p. 34-37.
  9. Meyer-Stabley 1992, p. 103.
  10. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 140.
  11. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 144.
  12. Nourry 2011, p. 167-168.
  13. Van der Kiste 2007, p. 197.
  14. Rayón 2005, p. 38.
  15. Nourry 2011, p. 168.
  16. Debray 2013, p. 74.
  17. Rayón 2005, p. 39-40.
  18. Meyer-Stabley 1992, p. 104.
  19. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 145.
  20. Debray 2013, p. 74-75.
  21. Rayón 2005, p. 42.
  22. Debray 2013, p. 75-76.
  23. Van der Kiste 2007, p. 198.
  24. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 146.
  25. Debray 2013, p. 76-77.
  26. Rayón 2005, p. 46-47.
  27. Rayón 2005, p. 47.
  28. Debray 2013, p. 77-78.
  29. Meyer-Stabley 1992, p. 106-107.
  30. Debray 2013, p. 78-79.
  31. Rayón 2005, p. 60-61.
  32. Apezarena 2001, p. 43.
  33. Nourry 2011, p. 169.
  34. Debray 2013, p. 79-80.
  35. Rayón 2005, p. 56-57.
  36. Meyer-Stabley 1992, p. 107.
  37. Debray 2013, p. 80.
  38. Rayón 2005, p. 62-82.
  39. Van der Kiste 2007, p. 200-201.
  40. Rayón 2005, p. 102.
  41. Rayón 2005, p. 121-122.
  42. Rayón 2005, p. 122.
  43. Rayón 2005, p. 122-125.
  44. Rayón 2005, p. 86-89.
  45. Rayón 2005, p. 90-91.
  46. Rayón 2005, p. 89-90.
  47. Rayón 2005, p. 129.
  48. Rayón 2005, p. 90.
  49. Rayón 2005, p. 95 et 129.
  50. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 147.
  51. Rayón 2005, p. 103-104.
  52. Rayón 2005, p. 108-109.
  53. Jos√©-Antonio Novais, ¬ę Le mariage de don Juan Carlos et de la princesse Sophie de Gr√®ce aurait finalement lieu √† Ath√®nes ¬Ľ, Le Monde,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  54. Rayón 2005, p. 104-105.
  55. Rayón 2005, p. 179.
  56. Michel de Grèce, Mémoires insolites, Paris, Pocket, (ISBN 978-2-266-15959-3), p. 14 et 15.
  57. Debray 2013, p. 81.
  58. Rayón 2005, p. 116-117, 130 et 132-136.
  59. Meyer-Stabley 1992, p. 108.
  60. Rayón 2005, p. 96-99.
  61. Rayón 2005, p. 88.
  62. Van der Kiste 2007, p. 201-202.
  63. Rayón 2005, p. 142.
  64. Rayón 2005, p. 97, 195-197.
  65. Rayón 2005, p. 137.
  66. Rayón 2005, p. 137 et 138.
  67. Rayón 2005, p. 137-138.
  68. Rayón 2005, p. 184-185.
  69. Rayón 2005, p. 137-138, 184-185 et 199-200.
  70. (es) ¬ę As√≠ fue la boda del rey Juan Carlos y do√Īa Sof√≠a hace 58 a√Īos ¬Ľ, sur diariodesevilla.es, (consult√© le ).
  71. Rayón 2005, p. 138.
  72. Rayón 2005, p. 163-165.
  73. Hourmouzios 1972, p. 321.
  74. Hourmouzios 1972, p. 322.
  75. Hourmouzios 1972, p. 322-323.
  76. Rayón 2005, p. 172, 176-177 et 182-183.
  77. Rayón 2005, p. 182-183.
  78. (en) ¬ę Dowry For Sophia Stirs New Debate. Greeks Discuss Tradition of Women's Inferiority Conservatives Defend Plan King Set Up Savings ¬Ľ, The New York Times,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  79. (en) ¬ę Sophie's dowry approved ¬Ľ, The New York Times,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  80. Rayón 2005, p. 183-184.
  81. Debray 2013, p. 85.
  82. Hourmouzios 1972, p. 324.
  83. Rayón 2005, p. 162.
  84. Rayón 2005, p. 165-168.
  85. Rayón 2005, p. 172-173.
  86. Rayón 2005, p. 187-188.
  87. Rayón 2005, p. 189.
  88. Meyer-Stabley 1992, p. 108-109.
  89. Rayón 2005, p. 204-205.
  90. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 146-147.
  91. Rayón 2005, p. 250.
  92. (es) Raoul Higuera, ¬ę 57 a√Īos despu√©s, ¬Ņpor qu√© la boda de los Reyes Em√©ritos se conoce como ¬ęla boda de los tres s√≠es¬Ľ? ¬Ľ, sur semana.es, (consult√© le ).
  93. (es) D.P., ¬ę El carruaje perdido de la boda de Sof√≠a y Juan Carlos aparece en Tatoi, el antiguo palacio de los Grecia ¬Ľ, sur revistavanityfair.es, (consult√© le ).
  94. Rayón 2005, p. 248.
  95. (el) ¬ę őó őĪŌÄŌĀŌĆŌÉőľőĶőĹő∑ őĶŌćŌĀőĶŌÉő∑ ŌĄőĶŌÉŌÉő¨ŌĀŌČőĹ ő≤őĪŌÉőĻőĽőĻőļŌéőĹ őĪőľőĪőĺŌéőĹ ŌÉŌĄőŅ ő§őĪŌĄŌĆőĻ ¬Ľ, sur royalchronicles.gr,‚Äé (consult√© le ).
  96. (es) ¬ę Juan Carlos y Sof√≠a: la boda de los tres s√≠es ¬Ľ, sur lavanguardia.com, (consult√© le ).
  97. (el) ¬ę 7- őĎőĮőłőŅŌÖŌÉŌÖ őĒőĶőĺőĻŌČőĹ ¬Ľ, sur presidency.gr,‚Äé (consult√© le ).
  98. Varga 2015, p. 16.
  99. Rayón 2005, p. 173.
  100. Rayón 2005, p. 170-171 et 173-175.
  101. Rayón 2005, p. 203-204.
  102. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 149-150.
  103. Rayón 2005, p. 210.
  104. Rayón 2005, p. 207.
  105. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 151.
  106. Meyer-Stabley 1992, p. 109.
  107. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 152.
  108. Rayón 2005, p. 212.
  109. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 152-153.
  110. Meyer-Stabley 1992, p. 110.
  111. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 154-155.
  112. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 155.
  113. Debray 2013, p. 86.
  114. Rayón 2005, p. 143-144 et 161.
  115. Rayón 2005, p. 178.
  116. Rayón 2005, p. 193-194.
  117. Rayón 2005, p. 161 et 178.
  118. Van der Kiste 2007, p. 202.
  119. Rayón 2005, p. 51-54 et 179-181.
  120. Rayón 2005, p. 178-179.
  121. Rayón 2005, p. 209.
  122. Rayón 2005, p. 241.
  123. Nourry 2011, p. 170.
  124. Rayón 2005, p. 219-222.
  125. Rayón 2005, p. 242.
  126. Rayón 2005, p. 243.
  127. Rayón 2005, p. 243-244.
  128. Rayón 2005, p. 245.
  129. Rayón 2005, p. 208.
  130. (es) Jaime Pe√Īafiel, ¬ę La boda de los padres ¬Ľ, El Mundo,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  131. Debray 2013, p. 87-88.
  132. Rayón 2005, p. 252.
  133. Dominique Bonnet, ¬ę Au mariage de Juan Carlos d‚ÄôEspagne et de Sophie de Gr√®ce, il y 55 ans ¬Ľ, sur parismatch.com, (consult√© le ).
  134. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 156.
  135. Rayón 2005, p. 248-249.
  136. Rayón 2005, p. 249.
  137. Fran√ßois Billaut, ¬ę Archives. Les trois "oui" de Juan Carlos et Sophie d'Espagne ¬Ľ, sur pointdevue.fr, (consult√© le ).
  138. Meyer-Stabley 1992, p. 112.
  139. Rayón 2005, p. 195.
  140. Debray 2013, p. 87.
  141. Rayón 2005, p. 200.
  142. Van der Kiste 2007, p. 202-203.
  143. Rayón 2005, p. 251.
  144. (es) ¬ę Las l√°grimas de Sof√≠a (de pena) en la boda con Juan Carlos hoy hace 57 a√Īos ¬Ľ, sur elnacional.cat, (consult√© le ).
  145. (es) ¬ę Juan Carlos y Sof√≠a, boda real en Atenas ¬Ľ, sur semana.es, (consult√© le ).
  146. Nourry 2011, p. 171.
  147. Debray 2013, p. 88.
  148. Rayón 2005, p. 257.
  149. Rayón 2005, p. 258.
  150. Meyer-Stabley 1992, p. 113.
  151. Meyer-Stabley 1992, p. 114.
  152. Rayón 2005, p. 259.
  153. Rayón 2005, p. 259-260.
  154. (es) ¬ę Las solemnes nupcias reales en Atenas ¬Ľ, La Vanguardia,‚Äé (lire en ligne [PDF], consult√© le ).
  155. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 157.
  156. Rayón 2005, p. 260.
  157. Rayón 2005, p. 252 et 258.
  158. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 155-156.
  159. Beéche 2004.
  160. Celada 2007, p. 104.
  161. (es) N. Tiburcio, ¬ę El destino de las 8 damas de honor de la boda de don Juan Carlos y do√Īa Sof√≠a ¬Ľ, sur vanitatis.elconfidencial.com, (consult√© le ).
  162. Rayón 2005, p. 256 et 293.
  163. Debray 2013, p. 198-200.
  164. Rayón 2005, p. 165 et 293.
  165. Debray 2013, p. 108.
  166. Meyer-Stabley 1992, p. 111.
  167. Rayón 2005, p. 216.
  168. (es) ¬ę Album de la Boda de SS AA RR la Princesa Sof√≠a y el Pr√≠ncipe Juan Carlos ¬Ľ, ¬°Hola!,‚Äé .
  169. Rayón 2005, p. 339.
  170. Rayón 2005, p. 344.
  171. Rayón 2005, p. 343.
  172. Rayón 2005, p. 342.
  173. Rayón 2005, p. 345.
  174. Rayón 2005, p. 341.
  175. Rayón 2005, p. 346.
  176. Rayón 2005, p. 340.
  177. Rayón 2005, p. 338.
  178. Rayón 2005, p. 333.
  179. Debray 2013, p. 86 et 89.
  180. Rayón 2005, p. 217.
  181. Hourmouzios 1972, p. 327.
  182. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 141 et 350-353.
  183. Rayón 2005, p. 217-219.
  184. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 149.
  185. (es) ¬ę Tres veces ¬ę s√≠ ¬Ľ : la boda de Don Juan Carlos y Do√Īa Sof√≠a ¬Ľ, sur abc.es, (consult√© le ).
  186. (es) Manuel Rom√°n, ¬ę Lo que nunca se supo de la boda de don Juan Carlos y do√Īa Sof√≠a ¬Ľ, sur libertaddigital.com, (consult√© le ).
  187. Van der Kiste 2007, p. 203.
  188. Rayón 2005, p. 206-207.
  189. Rayón 2005, p. 211.
  190. Varga 2015, p. 14.
  191. Debray 2013, p. 89.
  192. (es) ¬ę Una familia feliz en la Zarzuela ¬Ľ, sur hola.com, (consult√© le ).
  193. Mateos S√°inz de Medrano 2004, p. 150.
  194. Celada 2007, p. 105.
  195. (es) Fernando Ray√≥n et Jos√© Luis Sampedro, ¬ę Joyas de Reinas y de Letizia ¬Ľ, El Mundo,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  196. Rayón 2005, p. 214-215.
  197. Debray 2013, p. 96.
  198. Varga 2015, p. 17-19.
  199. Rayón 2005, p. 274-276 et 287-289.
  200. Rayón 2005, p. 262.
  201. Rayón 2005, p. 262-263.
  202. Rayón 2005, p. 260 et 263.
  203. Debray 2013, p. 90.
  204. Rayón 2005, p. 261 et 263.
  205. Meyer-Stabley 1992, p. 116.
  206. Rayón 2005, p. 264.
  207. Rayón 2005, p. 267-268.
  208. Varga 2015, p. 11.
  209. Rayón 2005, p. 270.
  210. Rayón 2005, p. 269.
  211. Rayón 2005, p. 272.
  212. Rayón 2005, p. 269-270 et 273.
  213. Debray 2013, p. 90-91.
  214. Rayón 2005, p. 273-274.
  215. Debray 2013, p. 91.
  216. Rayón 2005, p. 279.
  217. Rayón 2005, p. 279-280.
  218. Rayón 2005, p. 281.
  219. Debray 2013, p. 92.
  220. Rayón 2005, p. 281-283.
  221. Debray 2013, p. 93.
  222. Rayón 2005, p. 285-286.
  223. Rayón 2005, p. 294-295.
  224. Debray 2013, p. 95-97.
  225. (en) Darryl Lundy, ¬ę Elena Maria Isabela Dominica de Silas de Borb√≥n y Grecia, Infanta de Espa√Īa ¬Ľ, sur thepeerage.com, (consult√© le ).
  226. Chantal de Badts de Cugnac et Guy Coutant de Saisseval, Le Petit Gotha, Paris, √Čditions Le Petit Gotha, coll. ¬ę Petit Gotha ¬Ľ, (1re √©d. 1993), 989 p. (ISBN 2-9507974-3-1), p. 361 et seq. (section ¬ę Maison royale d‚ÄôEspagne ¬Ľ).
  227. (en) Darryl Lundy, ¬ę Cristina Federica Victoria de Borb√≥n y Grecia, Infanta de Espa√Īa ¬Ľ, sur thepeerage.com, (consult√© le ).
  228. (en) Darryl Lundy, ¬ę Felipe VI Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borb√≥n y Grecia, Rey de Espa√Īa ¬Ľ, sur thepeerage.com, (consult√© le ).
  229. Nourry 2011, p. 212-215.
  230. Zitrone 1995, p. 54.
  231. Nourry 2011, p. 252-254.
  232. Nourry 2011, p. 311-313.
  233. ¬ę Le roi d'Espagne, Juan Carlos, abdique au nom du ¬ę renouveau ¬Ľ ¬Ľ, sur lemonde.fr, (consult√© le ).
  234. Debray 2013, p. 360-361.
  235. Debray 2013, p. 365 et 385.
  236. Debray 2013, p. 361.
  237. (es) Natalia Junquera, ¬ę Los errores que destruyeron el juancarlismo ¬Ľ, sur elpais.com, (consult√© le ).
  238. ¬ę Corruption, ma√ģtresses, chasse √† l'√©l√©phant‚Ķ Juan Carlos, ex-roi d'Espagne au pass√© sulfureux ¬Ľ, sur estrepublicain.fr, (consult√© le ).
  239. (es) ¬ę La reina Sof√≠a seguir√° viviendo en La Zarzuela tras la marcha de Juan Carlos I ¬Ľ, sur elpais.com, (consult√© le ).
  240. (es) D.P., ¬ę La decisi√≥n de Sof√≠a: no acompa√Īar√° a Juan Carlos al exilio y seguir√° residiendo en Zarzuela ¬Ľ, sur revistavanityfair.es, (consult√© le ).
  241. (es) ¬ę El Gobierno felicit√≥ a los Reyes en sus bodas de plata ¬Ľ, El Pa√≠s,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  242. (es) Alfonso R. Aldeyturriaga, ¬ę Las 500 pesetas de los Reyes de Espa√Īa ¬Ľ, sur hoy.es, (consult√© le ).
  243. (fr + es) Federico Bellido Peris, ¬ę La familia real espa√Īola en el archivo de RTVE ¬Ľ, dans Histoires de famille(s) dans le monde hispanique contemporain, √Čditions Orbis Tertius, (ISBN 978-2-36783-125-1), p. 213.
  244. (es) ¬ę Antena 3 celebra el XL aniversario de la boda de Sus Majestades los Reyes ¬Ľ, ABC,‚Äé (lire en ligne, consult√© le ).
  245. (es) EFE, ¬ę Don Juan Carlos y do√Īa Sof√≠a, 50 a√Īos de matrimonio ¬Ľ, sur rtve.es, (consult√© le ).
  246. (es) ¬ę Las Bodas de Oro de los reyes : un CD con im√°genes de su medio siglo como √ļnica celebraci√≥n oficial ¬Ľ, sur teinteresa.es, (consult√© le ).
  247. (es) ¬ę Nadia de Santiago dar√° vida a la Reina en la TV movie "Sof√≠a" ¬Ľ, sur formulatv.com, (consult√© le ).
  248. (es) ¬ę Antena 3 dedica una miniserie a la reina Sof√≠a ¬Ľ, sur lavozdegalicia.es, (consult√© le ).
Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.