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Dynastie Song

La dynastie Song (chinois : ŚģčśúĚ ; pinyin : s√≤ng ch√°o ; Wade : sung ch'ao ; prononc√© /s√ĶŇč t Éao/) est une dynastie qui a r√©gn√© en Chine entre 960 et 1279. Elle a succ√©d√© √† la p√©riode des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes et a √©t√© suivie par la dynastie Yuan. Il s'agit du premier gouvernement au monde √† √©mettre des billets de banque. Cette dynastie a √©galement vu la premi√®re d√©signation du vrai Nord √† l'aide d'une boussole.

L'histoire de la dynastie Song se divise en deux p√©riodes distinctes : les Song du Nord et les Song du Sud. Durant la p√©riode des Song du Nord (chinois : ŚĆóŚģč ; pinyin : bńõi s√≤ng, 960-1127), la capitale est la ville septentrionale de Bianjing (actuelle Kaifeng) et l'empire s'√©tend sur la plus grande partie de la Chine historique. La p√©riode des Song du Sud (chinois : ŚćóŚģč ; pinyin : n√°n s√≤ng, 1127-1279) est la p√©riode durant laquelle les Song perdent le Nord de la Chine au profit de la dynastie Jin. √Ä cette √©poque, la cour imp√©riale se r√©fugie au sud du fleuve Yangzi Jiang et la nouvelle capitale est √©tablie √† Lin'an (actuelle Hangzhou). Bien que la dynastie ait perdu le contr√īle du berceau traditionnel de la civilisation chinoise au bord du fleuve Jaune, son √©conomie ne s'effondre pas pour autant, le Sud de la Chine abritant 60 % de la population de la Chine et la majorit√© des terres les plus fertiles de la r√©gion[1]. La dynastie Song du Sud a consid√©rablement d√©velopp√© et professionnalis√© sa force navale pour d√©fendre ses eaux et ses fronti√®res et pour mener des exp√©ditions maritimes vers l'√©tranger.

Pour repousser les Jin et plus tard les Mongols, les Song ont développé des techniques militaires révolutionnaires, notamment l'usage de la poudre à canon. En 1234, la dynastie Jin est défaite par les Mongols qui mettent la main sur le Nord de la Chine. Möngke, quatrième grand Khan de l'Empire mongol, meurt en 1259 lors du siège de la ville de Chongqing. Son plus jeune frère Kubilai Khan est proclamé nouveau Grand Khan, nomination partiellement soutenue par les Mongols de l'Ouest. En 1271, Kubilai Khan est proclamé empereur de Chine[2]. Après deux décennies de guerres sporadiques, ses armées vainquent définitivement la dynastie Song en 1279. La Chine est de nouveau unifiée sous la dynastie Yuan (1271-1368)[3].

La population chinoise double au cours des Xe et XIe si√®cles. Cette croissance est due √† l'expansion de la culture du riz en Chine centrale et m√©ridionale, √† l'usage de riz pr√©coce en Asie du Sud-Est et du Sud et √† la production d'abondants surplus alimentaires[4] - [5]. Le recensement des Song du Nord fait √©tat d'une population d'environ 50 millions d'individus, soit bien plus qu'au cours des dynasties Han et Tang. Cette estimation est tir√©e des Vingt-Quatre Histoires, une compilation de livres historiques faisant r√©f√©rence dans le domaine. Cependant, on estime que la population des Song du Nord atteint les 100 millions de personnes[6]. Cette spectaculaire croissance d√©mographique a suscit√© une r√©volution √©conomique dans la Chine pr√©-moderne. L'expansion de la population est en partie due au retrait graduel du gouvernement central, qui r√©gulait jusqu'alors profond√©ment l'√©conomie de march√©. Cette croissance d√©mographique renforce √©galement le r√īle de la petite noblesse locale dans l'administration du peuple et des affaires locales. Les fonctionnaires nomm√©s dans les xian et les provinces d√©l√®guent en effet la gestion et la supervision des affaires locales √† la noblesse √©rudite.

La vie sociale durant la dynastie Song est prosp√®re. Les √©lites participent au commerce d'arts pr√©cieux. La population aime √† se rassembler au cours de f√™tes publiques et dans des clubs priv√©s. Les villes poss√®dent des quartiers d√©di√©s aux divertissements. La diffusion de la litt√©rature et des connaissances est am√©lior√©e par l'invention de l'impression par blocs de bois et par l'invention au cours du XIe si√®cle des caract√®res mobiles d'imprimerie. La technologie pr√©-moderne, la science, la philosophie, les math√©matiques et autres disciplines intellectuelles prosp√®rent. Des philosophes tels que Chen Yi et Zhu Xi ravivent le confucianisme avec de nouveaux commentaires, inspir√©s de certains id√©aux bouddhistes, et mettent en valeur une nouvelle organisation des textes classiques qui fait ressortir le cŇďur de la doctrine n√©oconfucianiste. Les examens imp√©riaux acqui√®rent une plus grande importance sous la dynastie Song.

Histoire

Les Song du Nord, 960‚Äď1127

L'empereur Song Taizu (r. 960‚Äď976).
La fondation de la dynastie

L'empereur Song Taizu (r. 960-976) unifie la Chine par la conqu√™te d'autres territoires, mettant ainsi fin √† la p√©riode des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. √Ä Kaifeng, il √©tablit un gouvernement central puissant. Il assure la stabilit√© administrative en d√©veloppant les examens imp√©riaux qui permettent de recruter les bureaucrates d'√Čtat pour leurs comp√©tences et leur m√©rite plut√īt que pour leurs positions aristocratiques ou militaires. Il d√©veloppe des projets qui assurent l'efficacit√© des communications √† travers l'empire. Parmi eux figure la cr√©ation par des cartographes de cartes d√©taill√©es de chaque province et chaque ville, le tout r√©uni dans un important atlas g√©ographique[7]. Il d√©veloppe √©galement des innovations scientifiques et techniques en soutenant des travaux tels que la construction d'une tour horloge astronomique con√ßue et fabriqu√©e par Zhang Sixun[8].

Oreiller, grès à engobe blanc et brun noir, décor incisé. Dynastie des Song du Nord, XIIe siècle. Musée Guimet, Paris.
Les réformateurs du XIe siècle

Durant le XIe siècle, les rivalités politiques divisent petit à petit les membres de la cour impériale à cause des différentes approches, opinions et politiques des ministres pour manier la société complexe et l'économie florissante des Song. Le Premier ministre idéaliste Fan Zhongyan (989-1052) est le premier à essuyer une réaction politique violente lorsqu'il tente de réformer le système de recrutement des fonctionnaires, d'augmenter le salaire des fonctionnaires de bas niveau et d'établir des programmes de partenariat pour permettre à un plus grand nombre de personnes d'être bien éduqués et d'accéder aux examens impériaux[9].

Apr√®s que Fan fut contraint de se retirer, Wang Anshi (1021-1086) devient Premier ministre de la cour imp√©riale. Avec le soutien de l'empereur Song Shenzong (1067-1085), il critique s√©v√®rement le syst√®me d'√©ducation et la bureaucratie √©tatique. Cherchant √† r√©soudre ce qu'il consid√®re comme de la corruption et de la n√©gligence, le Premier ministre met en application une s√©rie de r√©formes appel√©es ¬ę Nouvelle Politique ¬Ľ. Elles incorporent une r√©vision de la taxe fonci√®re, l'√©tablissement de plusieurs monopoles d'√Čtat, le soutien des milices locales et la cr√©ation de standards plus √©lev√©s pour les examens imp√©riaux afin de les rendre plus accessibles aux personnes qualifi√©es[10]. Ces r√©formes cr√©ent des factions politiques au sein de la cour. Les partisans r√©formateurs de Wang Anshi sont ainsi oppos√©s aux ministres conservateurs men√©s par l‚Äôhistorien et Premier ministre Sima Guang (1019-1086)[11]. Lorsque l'une des factions surpasse l'autre, les membres rivaux sont d√©mis de leurs fonctions et exil√©s du gouvernement dans des r√©gions parmi les plus recul√©es de l'empire[10]. Une des victimes les plus c√©l√®bres de cette rivalit√© politique est le po√®te et politique Su Shi (1037-1101), qui est emprisonn√© et finalement exil√© pour avoir critiqu√© les r√©formes de Wang[10].

Statue en bois polychrome de Guan Yin datant de la dynastie Liao, province de Shanxi, Chine (907‚Äď1125).
Relations extérieures

La cour des Song maintient des relations diplomatiques avec la dynastie indienne Chola, les Fatimides égyptiens, les Sriwijaya indonésiens, les Qarakhanides turques et d'autres pays qui constituent également des partenaires commerciaux[12] - [13] - [14] - [15].

Ce sont les √Čtats voisins les plus proches qui ont le plus grand impact sur sa politique int√©rieure et ext√©rieure. Depuis son origine sous Taizu, la dynastie Song alterne relations guerri√®res et diplomatiques avec les Khitans de la dynastie Liao au Nord-Est et les Tangoutes de la dynastie des Xia occidentaux au Nord-Ouest. Elle utilise la force militaire dans une tentative d'√©touffement de la dynastie Liao et de reconqu√™te des Seize Pr√©fectures, un territoire sous le contr√īle khitan qui est traditionnellement consid√©r√© comme faisant partie de la Chine historique[16]. Cependant, les forces chinoises sont repouss√©es par les arm√©es Liao qui engagent alors une campagne agressive vers les territoires septentrionaux des Song jusqu'en 1005, date de signature du trait√© de Shanyuan qui met fin aux escarmouches pr√®s de la fronti√®re. Les Song sont alors forc√©s de payer un tribut aux Khitans, m√™me si celui-ci a une faible incidence sur leur √©conomie puisque les Khitans sont largement d√©pendants de l'importation des marchandises produites par leur ennemi[17]. Plus significatif, l'√Čtat Song reconna√ģt diplomatiquement l'√Čtat Liao[18]. La dynastie Song arrive √† remporter plusieurs victoires militaires sur les Tangoutes au d√©but du XIe si√®cle, point culminant d'une campagne men√©e par le scientifique, g√©n√©ral et homme politique Shen Kuo (1031-1095)[19]. N√©anmoins, cette campagne conna√ģt un ultime √©chec √† cause d'un officier rival de Shen qui d√©sob√©it aux ordres directs. Les territoires gagn√©s aux Xia occidentaux sont par cons√©quent reperdus[20].

Un conflit majeur oppose √©galement les Song √† la dynastie L√Ĺ du Vietnam entre 1075 et 1077, √† la suite d'une dispute √† la fronti√®re et √† la rupture des relations commerciales de la part des Song vers le royaume de ńźŠļ°i ViŠĽát[21]. Apr√®s les dommages inflig√©s par les troupes de L√Ĺ au cours d'un raid militaire au Guangxi, le commandant Guo Kui (1022-1088) r√©ussit √† p√©n√©trer dans le royaume ennemi jusqu'√† ThńÉng Long (actuelle Hanoi)[22]. Cependant, les lourdes pertes dans les deux camps poussent le commandant de L√Ĺ, Th∆įŠĽĚng KiŠĽát (1019‚Äď1105), √† proposer la paix, permettant l'arr√™t mutuel de l'effort de guerre. Les territoires ennemis captur√©s pendant ce conflit sont √©chang√©s en 1082, tout comme les prisonniers de guerre[23].

La perte du Nord

Alors que la cour Song reste politiquement divis√©e et focalis√©e sur ses affaires internes, de nouveaux √©v√®nements alarmants dans l'√Čtat septentrional de Liao attirent finalement son attention. Les Jurchen, une tribu sujette de l'empire Liao, se rebellent contre ce dernier et forment leur propre √Čtat, la dynastie Jin (1115-1234)[24]. Le fonctionnaire Tong Guan (1054-1126) conseille alors √† l'empereur Song Huizong (1100-1125) de former une alliance avec les Jurchen et leur campagne militaire conjointe conquiert avec succ√®s les territoires de la dynastie Liao en 1125. Cependant, les Jurchen rel√®vent la pi√®tre efficacit√© et la faiblesse de l'arm√©e des Song. Ils brisent imm√©diatement l'alliance et lancent deux invasions en 1125 et en 1127. Au cours de la seconde, la capitale Kaifeng est captur√©e, ainsi que l'empereur retir√© Huizong, son successeur Song Qinzong et la majeure partie de la cour imp√©riale[24].

L'invasion a lieu au cours de l'ann√©e de Jingkang (chinois : ťĚĖŚļ∑) et est connue sous le nom d'Humiliation de Jingkang (chinois : ťĚĖŚļ∑šĻčśĀ•). Les forces Song restantes se regroupent alors sous les ordres de l'empereur autoproclam√© Song Gaozong (1127-1162) et se retirent au sud du fleuve Yangzi Jiang pour √©tablir la nouvelle capitale de la dynastie Song √† Lin'an (actuelle Hangzhou). La conqu√™te par les Jurchen du Nord de la Chine et le transfert de capitale de Kaifeng vers Lin'an constitue la date de division entre la dynastie des Song du Nord et celle des Song du Sud.

Les Song du Sud, 1127‚Äď1279

Song du Sud en 1142.
La lutte contre les Jin et le développement de la marine

Malgr√© leur d√©faite et leur repli au sud de la rivi√®re Huai, les Song du Sud parviennent √† soutenir leur √©conomie et √† se d√©fendre contre les assauts de la dynastie Jin, gr√Ęce √† des g√©n√©raux exp√©riment√©s comme Yue Fei ou Han Shizhong. Le gouvernement s'engage dans la construction massive de navires et am√©liore ses ports par la construction de phares et d'entrep√īts. Cette politique permet un d√©veloppement du commerce maritime vers l'√©tranger √† partir des ports de Quanzhou, Guangzhou ou Xiamen[25] - [26] - [27].

Afin de protéger les convois commerciaux sur la mer de Chine orientale, la mer Jaune, la mer d'Asie du Sud-Est, l'océan Indien et la mer Rouge, il est indispensable de composer une flotte de guerre performante[28]. La dynastie Song instaure donc la première marine militaire permanente en 1132[27], avec un quartier général basé à Dinghai[29].

Gr√Ęce √† elle, les Song peuvent faire face aux forces navales des Jin sur le fleuve Yangzi Jiang en 1161 au cours des batailles de Tangdao et Caishi. Ils utilisent des bateaux √† roues √† aubes sur lesquels des tr√©buchets envoient des bombes remplies de poudre √† canon[29]. Les forces Song de 3 000 hommes et 120 navires sont num√©riquement inf√©rieures √† celles des Jin de 70 000 hommes et 600 navires[30]. Cependant, les Song sortent victorieux des deux affrontements gr√Ęce √† la puissance destructrice de la poudre √† canon et √† la rapidit√© des bateaux √† roues[31]. La puissance maritime chinoise ira grandissante apr√®s cet √©pisode. Un si√®cle apr√®s sa cr√©ation, elle recense ainsi 52 000 marins[29].

Pour contribuer à l'effort de guerre et financer la marine, le gouvernement est pourtant contraint de confisquer certaines terres appartenant à la noblesse locale. Ceci crée des dissensions et des ressentiments envers les dirigeants Song, mais ne ralentit pas les préparations de défense[32] - [33] - [34]. Les problèmes financiers sont de plus aggravés parce que certaines grandes familles propriétaires de terres obtiennent des passe-droits, en utilisant leur réseau de connaissances au sein du gouvernement afin de ne pas payer de taxes[35].

Statue assise de Bodhisattva, dynastie Jin (1115‚Äď1234).
L'invasion du Nord par les Mongols

Le d√©but du XIIIe si√®cle est marqu√© par l'intervention en Chine des Mongols, men√©s par Gengis Khan (r. 1206-1227). Ils attaquent le royaume des Jin pour la premi√®re fois en 1205. Le royaume des Jin est compl√®tement soumis sous le r√®gne de Gengis Khan. Son fils √Ėg√∂dei met fin √† la dynastie Jin et conquiert le royaume des Xia occidentaux[36] - [37].

Pendant un certain temps, les Mongols sont alliés avec les Song, mais cette alliance est rompue lorsqu'après la chute des Jin les Song prennent possession des anciennes capitales de Kaifeng, Luoyang et Chang'an.

M√∂ngke, Grand Khan des Mongols √† partir de 1251, lance une campagne contre les Song en 1259, mais meurt le 11 ao√Ľt au cours du si√®ge de Chongqing[38].

Kubilai Khan et la conquête mongole des Song du Sud (à partir de 1260)

Kubilai Khan, fr√®re de M√∂ngke, poursuit l'assaut contre les Song, malgr√© les difficult√©s qu'il conna√ģt d'abord pour √©tablir son pouvoir. Il occupe temporairement les rives m√©ridionales du fleuve Yangzi Jiang[39] et s'appr√™te √† prendre Ezhou, mais l'approche d'une arm√©e men√©e par son fr√®re Ariq B√∂ke le contraint √† se retirer au Nord avec la plus grande partie de son arm√©e[40]. En l'absence du chef mongol, le Premier ministre Jia Sidao donne l'ordre aux forces Song de mener une attaque qui repousse les envahisseurs au nord du fleuve[41].

Des escarmouches mineures ont lieu aux fronti√®res jusqu'en 1265, date √† laquelle Kubilai remporte une importante bataille au Sichuan[42]. Entre 1268 et 1273, il impose un blocus du fleuve Yangzi et assi√®ge Xiangyang, le dernier obstacle √† la conqu√™te du bassin du Yangzi[42]. Kubilai d√©clare officiellement la cr√©ation de la dynastie Yuan en 1271. En 1275, 130 000 soldats Song men√©s par Jia Sidao sont d√©faits par le nouveau g√©n√©ral de Kubilai, Bayan[43].

En 1276, la plus grande partie des territoires Song sont conquis par les forces Yuan[37]. Cette m√™me ann√©e, l'empereur Song Gong est destitu√© et prend le titre de duc de Ying. Il est ensuite exil√© au Tibet o√Ļ il poursuit une vie monastique[44]. En 1279, au cours de la bataille de Yamen, sur le delta de la rivi√®re des Perles, l'arm√©e Yuan, men√©e par le g√©n√©ral Zhang Hongfan, √©crase d√©finitivement la r√©sistance Song. Le dernier dirigeant chinois, l'empereur Song Bing, √Ęg√© de 8 ans, est contraint au suicide, avec son Premier ministre Lu Xiufu[45] et 800 membres du clan imp√©rial. Sur les ordres de Kublai, le reste de la famille imp√©riale est √©pargn√©.

Administration de l'empire

La p√©riode de la dynastie Song voit le triomphe de l'√©lite de fonctionnaires marqu√©e par son √©ducation lettr√©e, distingu√©e notamment par le rite de passage essentiel que constituent les concours imp√©riaux, et son d√©dain pour ceux exer√ßant des fonctions non intellectuelles, comme les marchands et les militaires. Les √©lites administratives, en particulier ceux constituant l'administration centrale, purent s'exprimer et d√©battre tr√®s librement pour prononcer des avis sur la conduite des affaires de l‚Äô√Čtat, dans lesquelles les souverains ne jou√®rent pas un r√īle actif √† partir du XIe si√®cle. Par opposition aux dynasties qui l'ont pr√©c√©d√© et √† celles qui √† la m√™me √©poque lui font face en Chine du Nord, le gouvernement des Song est peu port√© vers les affaires militaires, pr√©f√©rant √† plusieurs reprises acheter la paix plut√īt que combattre, m√™me si cette √©poque est marqu√©e par d'importantes innovations dans les techniques militaires.

Institutions centrales et conseillers politiques

Les structures de l‚Äô√Čtat Song sont mises en place sous les r√®gnes de Taizong (976-997), durant les derni√®res d√©cennies du Xe si√®cle. L'empereur est en principe assist√© d'un conseil restreint d√©finissant les lignes g√©n√©rales de la politique de l'empire, compos√© de cinq √† neuf membres. Le gouvernement central reposait sur une organisation tripartite, simplifiant consid√©rablement celle h√©rit√©e des Tang, et la rendant plus efficiente : le secr√©tariat (zhongshumenxia) charg√© de la justice et de la fonction publique ; le bureau des affaires militaires (shumiyuan) ; un bureau charg√© de l'√©conomie et des finances, les ¬ę trois services ¬Ľ (sansi), appel√© ainsi parce qu'il √©tait lui-m√™me divis√© en trois sous-services (monopoles, d√©penses et population) eux-m√™mes constitu√©s de plusieurs sections g√©rant des affaires aussi diverses que les diff√©rentes taxes, l'entretien des voies d'eau, les constructions publiques, les monopoles sur le fer, le sel, le th√©, les mines, etc.[46] - [47].

La politique de l'empire est pr√©par√©e par un ensemble de hauts fonctionnaires formulant des conseils, des projets, voire des plaintes, qui √©taient √©tudi√©es, d√©battues et en principe d√©cid√©e en dernier lieu par l'empereur[48]. Le conseil, et √©galement le bureau du censorat re√ßoivent et s√©lectionnent dans les faits les avis et d√©finissent donc les lignes g√©n√©rales de la conduite de l‚Äô√Čtat[49]. Au XIe si√®cle, le pouvoir est pass√© dans les mains des ministres. Cela co√Įncida avec une p√©riode marqu√©e par une vie politique tr√®s intense, o√Ļ les luttes de factions furent √Ępres (les ¬ę r√©formistes ¬Ľ comme Fan Zhongyan et Wang Anshi et les ¬ę conservateurs ¬Ľ comme Sima Guang, selon une vision courante sans doute un brin r√©ductrice) et o√Ļ les fonctionnaires participent plus activement que jamais dans l'histoire chinoise pass√©e √† la conduite des affaires de l'empire[50].

Les examens impériaux et les élites administratives

√Črudit dans la prairie, peinture chinoise du XIIe si√®cle.

Durant la dynastie Song, un effort est fait sur le recrutement des fonctionnaires de la fonction publique. Celui-ci donne lieu à des examens impériaux qui permettent le recrutement de fonctionnaires à différents niveaux de responsabilité. Ces examens se déroulent sous forme de concours, dont le but est de recruter les personnes les plus capables pour la gouvernance. Sélectionner les hommes pour un poste en fonction de son mérite prouvé est une idée ancienne en Chine, mais difficilement mise en application. Le système de la fonction publique s'institutionnalise à petite échelle sous les dynasties Sui et Tang, mais la période Song devient la première époque à incorporer des fonctionnaires dans le gouvernement via des examens impériaux[51].

L'apparition g√©n√©ralis√©e de l'imprimerie permet la vaste diffusion des enseignements confuc√©ens et l'√©ducation de plus en plus de candidats √©ligibles aux examens[52]. Les effets de l'√©ducation se ressentent en examinant le nombre de postulants aux examens imp√©riaux de faible niveau pr√©fectoral. De 30 000 candidats par an au d√©but du XIe si√®cle, ils sont plus de 400 000 √† la fin du XIIIe si√®cle[52]. La fonction publique et son syst√®me d'examens imp√©riaux permettent une plus grande m√©ritocratie, mobilit√© et √©quit√© sociale dans la comp√©tition qui oppose les pr√©tendants √† un poste dans le gouvernement[53]. Selon les statistiques recueillies par l'√Čtat Song, Edward A. Kracke, SudŇć Yoshiyuki et Ho Ping-Ti confirment que le simple fait d'avoir un p√®re, un grand-p√®re ou un arri√®re-grand-p√®re fonctionnaire ne garantit plus d'obtenir un poste de m√™me niveau dans le gouvernement[53] - [54] - [55]. Robert Hartwell et Robert P. Hymes critiquent cette affirmation, indiquant qu'elle accorde trop d'importance √† la famille nucl√©aire et aux trois derniers ascendants paternels du candidat et ignore la r√©alit√© d√©mographique de la Chine √† cette √©poque. Il existe en effet de nombreux hommes dans chaque g√©n√©ration qui n'ont plus de fils survivants et la famille √©largie joue √©galement un r√īle important dans le r√©seau social de chacun[54] - [55].

Toutefois, beaucoup d'hommes se sentent exclus de ce nouveau système qui favorise les classes aisées, les propriétaires terriens, qui sont les seuls capables de s'offrir une meilleure éducation[53]. Une des plus grandes critiques littéraires de ce système émane du fonctionnaire et célèbre poète Su Shi. Alors que Su est un produit de ce temps, il critique l'identité, les habitudes et les attitudes des érudits fonctionnaires qui deviennent moins aristocratiques et plus bureaucratiques, en comparaison avec la période Tang[56]. Au début de la dynastie Song, les postes gouvernementaux sont disproportionnellement occupés par deux élites sociales : une élite qui a des liens avec l'Empereur fondateur de la dynastie et une élite professionnelle semi-héréditaire qui utilise un statut de clan, des relations familiales ou des mariages pour assurer la pérennité de leurs positions[57]. À la fin du XIe siècle, la première élite devient obsolète, pendant que le partenariat politique et le factionnalisme à la cour sapent la stratégie du mariage de la seconde. Ces deux élites sont peu à peu remplacées par une multitude de familles bourgeoises[58].

Ensemble de grès à couverte céladon. Chine du Sud, Zhejiang, Longquan, dynastie des Song du Sud, XIIIe siècle. Musée Guimet, Paris.
Le Rouet, peinture créée par l'artiste des Song du Nord Wang Juzheng, une des premières représentations de cette invention.

Un fonctionnaire érudit sera vu avec un regard désapprobateur par ses pairs s'il essaie d'engranger des profits en plus de son salaire officiel. Cependant, cela n'empêche aucunement beaucoup d'entre eux de gérer des relations d'affaires en utilisant des agents intermédiaires[59].

Administration des provinces

Les circonscriptions administratives reprennent les cadres posés par les dynasties précédentes. Les districts (xian) sont l'unité de base. Certaines provinces plus importantes ont un aspect spécifiquement militaire ou industriel. Le gouvernement central dépêche souvent des commissaires, qui doivent exercer des missions déterminées, de nature économique, militaire ou judiciaire, suivant les circonstances[60]. Le gouvernement met en place un système postal généralisé qui prend pour modèle celui instauré durant la dynastie Han. Le nouveau système postal permet d'accélérer la communication à travers l'empire[61]. Le gouvernement central emploie ainsi plusieurs milliers de travailleurs postaux à divers rangs de responsabilités pour assurer le fonctionnement du système et des bureaux de poste[62].

√Ä cause de la croissance importante de la population et du nombre volontairement r√©duit de fonctionnaires √©rudits (environ 20 000 durant la p√©riode Song), la bourgeoisie chinoise prend largement part aux probl√®mes de la population locale[63]. Excluant les fonctionnaires √©rudits en poste, cette √©lite sociale est constitu√©e de candidats aux examens imp√©riaux, de jeunes fonctionnaires en attente d'affectation, de tuteurs locaux et de fonctionnaires √† la retraite[64]. Ils supervisent les probl√®mes locaux et supportent n√©cessairement les installations des communaut√©s locales. Tout magistrat local nomm√© par le gouvernement doit coop√©rer plus ou moins avec les bourgeois locaux[63]. Par exemple, le gouvernement Song ‚ÄĒ √† l'exclusion du gouvernement r√©formiste de l'empereur Song Huizong ‚ÄĒ affecte une faible part des revenus de l'√Čtat √† la maintenance des √©coles de niveau pr√©fectoral ou cantonal. Pour pallier cela, les √©coles sont oblig√©es de trouver la majorit√© de leurs fonds dans des financements priv√©s[65]. Ce r√īle limit√© des fonctionnaires du gouvernement central prend son origine au d√©but de la dynastie Tang (618-907), quand le gouvernement r√©gule strictement les march√©s commerciaux et les affaires locales. D√©sormais, le gouvernement se retire de la r√©gulation du commerce et se repose sur une importante bourgeoisie locale pour g√©rer les affaires courantes des communaut√©s locales[63]. √Ä destination des cat√©gories sociales les plus d√©munies, il supporte de nombreux programmes sociaux, dont la cr√©ation de maisons de retraite, de cliniques publiques et de cimeti√®res pour les personnes les plus pauvres[1].

Loi, justice et science médico-légale

La balustrade cassée, peinture du début du XIIe siècle.

Le syst√®me judiciaire sous les Song conserve la plupart des codes juridiques de la dynastie Tang, qui constituent la base de la loi traditionnelle chinoise jusqu'√† l'√®re moderne[66]. Des chefs mobiles de la police maintiennent la loi et l'ordre dans les juridictions municipales et se hasardent parfois au niveau cantonal[67]. Les magistrats fonctionnaires supervisant les proc√®s sont cens√©s √©crire les lois et promouvoir la moralit√© dans la soci√©t√©[66]. Les magistrats tels que le fameux Bao Zheng (999-1062) incarnent la droiture, le juge moral qui fait respecter la justice et qui ne faillit jamais √† vivre pour ses principes. Les juges de cette √©poque d√©terminent les coupables dans une affaire criminelle et font appliquer les sanctions, souvent sous la forme de bastonnades[66] - [68]. Une personne emmen√©e coupable devant la cour dans une affaire criminelle ou civile n'est pas per√ßue comme compl√®tement innocente jusqu'√† preuve du contraire, alors m√™me que les accusateurs sont vus avec suspicion par le juge[68]. √Ä cause du co√Ľt important d'une proc√©dure judiciaire, le peuple pr√©f√®re g√©n√©ralement r√©gler les disputes et les querelles en priv√©, sans interf√©rence de la cour[68].

Le Mengxi Bitan de Shen Kuo dénonce les croyances traditionnelles chinoises en matière d'anatomie, ce qui éperonne l'intérêt pour les autopsies en Chine durant le XIIe siècle[69] - [70]. Le physicien et juge Song Ci (1186-1249) écrit un travail pionnier en science médico-légale sur l'examen des corps afin de déterminer la cause du décès (strangulation, empoisonnement, noyade, coups, etc.) et de prouver si la mort résulte d'un meurtre, d'un suicide ou d'un accident[71]. Song Ci insiste sur l'importance de la bonne conduite des examens par le médecin légiste et sur l'enregistrement méticuleux de chaque autopsie par un clerc officiel[72].

Armée et stratégie militaire

¬ę Quatre g√©n√©raux de Zhongxing ¬Ľ par l'artiste des Song du Sud Liu Songnian (1174‚Äď1224) ; le renomm√© g√©n√©ral Yue Fei (1103‚Äď1142) est la seconde personne en partant de la gauche.

L'arm√©e Song est surtout organis√©e pour ne jamais pouvoir menacer le contr√īle imp√©rial, souvent au d√©triment de l'efficacit√© en temps de guerre. Le conseil militaire des Song du Nord est dirig√© par un chancelier, qui ne poss√®de aucun contr√īle direct sur l'arm√©e imp√©riale. La responsabilit√© de l'arm√©e imp√©riale est r√©partie dans les mains de trois mar√©chaux, chacun nomm√© ind√©pendamment par l'Empereur. Alors que ce dernier m√®ne rarement en personne les campagnes, les forces Song manquent d'unit√© au commandement[73]. La cour imp√©riale croit souvent que des g√©n√©raux victorieux peuvent menacer l'autorit√© royale et les remplacer voire les ex√©cuter (elle craindra particuli√®rement Li Gang[74], Yue Fei et Han Shizhong[75]).

Bien que les soldats soient considérés comme inférieurs dans la hiérarchie sociale par les fonctionnaires érudits[76], il est possible d'acquérir un certain statut et un certain prestige dans la société en devenant officier de haut rang et en remportant un certain nombre de batailles[77]. À son apogée, l'armée Song compte un million de soldats[10] divisés en pelotons de 50 troupes, en compagnie de deux pelotons et en bataillons de cinq cents soldats[78] - [79]. Les arbalétriers sont séparés de l'infanterie et placés dans une propre unité, proposant une force de frappe efficace contre les charges de cavalerie[79]. Le gouvernement est enthousiaste pour financer la conception de nouvelles arbalètes à plus longue portée, permettant une utilisation des arbalétriers en tant que tireurs embusqués[80]. La cavalerie Song emploie un grand nombre d'armes différentes, dont des hallebardes, des épées, des arcs, des piques et des ancêtres des fusils et des grenades[81].

La strat√©gie et l'entra√ģnement militaires sont consid√©r√©s comme une science qui doit √™tre √©tudi√©e et perfectionn√©e. Les soldats sont test√©s sur leurs comp√©tences en maniement des armes et sur leurs capacit√©s athl√©tiques[82]. Les troupes sont form√©es pour suivre les signaux standards pour avancer selon les mouvements de banni√®res et pour s'arr√™ter au son de cloches et de tambours[79].

La marine Song a une grande importance pour la consolidation de l'Empire au Xe siècle. Pendant la guerre contre les Tang du Sud, la marine Song utilise des tactiques pour défendre d'importants ponts flottants sur le fleuve Yangzi Jiang afin de sécuriser les mouvements de troupes et les ravitaillements[83]. De grands navires de guerre permettent de transporter mille soldats sur leurs ponts[84], alors que les bateaux à roues à aubes rapides constituent l'essentiel de la flotte d'attaque dans des batailles navales victorieuses[84] - [85].

Selon le texte historique Song Shi compil√© en 1345, un total de 347 trait√©s militaires sont r√©dig√©s durant la p√©riode Song[86]. Cependant, seulement une poign√©e d'entre eux nous sont parvenus, dont le Wujing Zongyao √©crit en 1044. Il s'agit du premier livre connu qui liste des formules de poudre √† canon[87] pour l'utilisation de diff√©rentes sortes de bombes[88]. Ce trait√© fournit √©galement une description d√©taill√©e et des illustrations de lance-flammes √† pompe, mais √©galement des instructions pour la maintenance et la r√©paration d'√©quipements militaires[89].

Aspects sociaux, économiques et culturels

Peinture de jonques par Zhang Zeduan (1085‚Äď1145), extrait de la toile Le Jour de Qingming au bord de la rivi√®re.
Ma Yuan, Marcher sur un chemin de montagne au printemps. Feuille d'album, Song du Sud. Encre et couleurs l√©g√®res sur soie, 27 √ó 43 cm. Mus√©e national du palais de Taipei.

L'économie repose avant tout sur une agriculture de plus en plus performante qui permet d'alimenter une croissance démographique remarquable. La majorité de la population constitue une société rurale qui n'en reste pas moins inégalitaire, les grands domaines, surtout ceux spécialisés dans les cultures spéculatives qui profitent de la croissance des échanges internes, employant de nombreux dépendants sur lesquels la tutelle des grands propriétaires s'exerce de façon marquée.

Les diff√©rents progr√®s techniques de cette p√©riode soutiennent √©galement cette expansion √©conomique. √Ä la fois les entreprises priv√©es et publiques r√©pondent aux besoins de la croissance d√©mographique[10] - [90]. Les entrepreneurs chinois de cette √©poque investissent leurs fonds dans des soci√©t√©s par actions et dans de nombreux navires alors que le gain mon√©taire est assur√© par le vigoureux commerce √† l'√©tranger et le commerce int√©rieur le long du Grand Canal et du fleuve Yangzi Jiang[91]. Les √©changes √† longue distance, de plus en plus domin√©s par le commerce maritime, poursuivent leur essor dans la continuit√© des p√©riodes pr√©c√©dentes. Les √©minentes familles de marchands et les entreprises priv√©es sont autoris√©es √† s'occuper des soci√©t√©s qui ne sont pas encore sous le contr√īle du monopole gouvernemental[10] - [90]. L'√Čtat joue un r√īle consid√©rable dans les diff√©rentes activit√©s √©conomiques, par l'importance des pr√©l√®vements qu'il per√ßoit, mais aussi parce qu'il poss√®de de vastes domaines agricoles, des ateliers artisanaux et dispose de monopoles sur les √©changes de certains produits, et qu'il a le privil√®ge de l'√©mission de la monnaie, qui occupe une place croissante dans l'√©conomie chinoise sous les Song. Une de ses r√©ponses √† l'essor commercial de l'√©poque fut notamment l'√©mission du premier syst√®me viable de papier-monnaie √† avoir √©t√© exp√©riment√©.

L'√©poque Song est √©galement marqu√©e par un essor urbain important, en particulier celui des deux capitales, Kaifeng et Hangzhou. Les villes sont des centres artisanaux et commerciaux majeurs, et sont √©galement au cŇďur de la vie culturelle. Il s'agit d'abord de la culture des √©lites lettr√©es qui administrent l'empire et disposent du statut social le plus valoris√©, qui se manifeste notamment par les arts des lettr√©s (calligraphie, peinture, po√©sie) et les r√©flexions ¬ę philosophiques ¬Ľ, o√Ļ se m√™lent les h√©ritages de la domination du bouddhisme et des pens√©es naturalistes de l'√©poque m√©di√©vale au retour en force des pens√©es inspir√©es par la tradition confucianistes. La culture ¬ę populaire ¬Ľ s'exprime en particulier dans les espaces de loisirs des villes, profitant en particulier du rel√Ęchement du contr√īle √©tatique sur les activit√©s urbaines (d√©veloppement des petits commerces, des repr√©sentations th√©√Ętrales, et autres espaces et occasions de sociabilit√©).

Agriculture et société rurale

L'agriculture durant cette période est particulièrement prospère. Le gouvernement incite ses sujets à augmenter la surface de terres cultivées[92]. Afin de soutenir la croissance des terres arables, il lance en parallèle des travaux importants d'irrigation augmentant aussi les rendements. Sur la période Song, les documents fiscaux montrent que la Chine fait plus que tripler sa surface agricole, ce qui permet d'améliorer considérablement sa production[93] - [94]. Cette époque est également une période riche en innovations techniques agricoles. Les ingénieurs chinois améliorent les outils hérités de la dynastie Tang et inventent de nouvelles techniques, telles que le semis à cheval ou encore la roue d'eau, qui permet un arrosage des terres qui l'entourent.

Les c√©r√©ales dominent largement les cultures[95]. Le nord est traditionnellement le domaine du millet, de l'orge et du bl√©. Au sud, le riz domine largement, et la productivit√© est tr√®s importante dans les r√©gions les plus chaudes et humides du centre et du sud, notamment celles de Suzhou et de Changzhou dans le delta du Yangzi Jiang qui sont les plus exportatrices. La croissance de la productivit√© rizicole est permise √† cette p√©riode par l'introduction d'une nouvelle vari√©t√© de riz, provenant du Champa (sud-est de l'actuel Vi√™t Nam), plus r√©sistante que les vari√©t√©s utilis√©es auparavant, et qui peut √™tre r√©colt√©e deux fois par an sur les meilleures terres irrigu√©es. D'autres cultures viennent compl√©ter celles des c√©r√©ales sur de nombreuses exploitations, notamment le soja et divers fruits et l√©gumes[96]. Certaines r√©gions chinoises se sp√©cialisent dans certaines cultures. Le coton appara√ģt en Chine sur l'√ģle de Hainan. La vall√©e du lac Tai acquiert quant √† elle une r√©putation sur la culture de la canne √† sucre, apparue en Chine √† l'√©poque des Royaumes combattants[97]. La culture du th√© conna√ģt √©galement un important essor durant les Song. La production imp√©riale est par ailleurs d√©velopp√©e dans la plantation Beiyuan, dans la pr√©fecture du Fujian.

L'agriculture est donc la base de la richesse de l'Empire Song, avant tout par le syst√®me de la fiscalit√© qui regroupe les terres en diff√©rentes cat√©gories en fonction de leur taille[98]. Les documents fiscaux r√©v√®lent une profonde in√©galit√© dans les structures agraires, puisque les exploitations les plus riches dominent une large partie de la surface cultiv√©e, tandis que les charges reposent plus sur les exploitations de taille moyenne qui soutiennent donc l'enrichissement de l'√Čtat (en moyenne √† hauteur de 10 % de leur production agricole annuelle), alors que les plus grands propri√©taires b√©n√©ficient d'exemptions et autres privil√®ges. Cette situation se d√©t√©riore tout le long de la p√©riode, malgr√© des tentatives de r√©forme, ce qui aboutit √† la croissance du nombre de fermiers pauvres et d'ouvriers agricoles ne poss√©dant pas de terre[99]. Les grands propri√©taires disposent alors de vastes domaines priv√©s, les ¬ę fermes-jardins ¬Ľ (zhuangyuan), comprenant parfois plusieurs villages. Ils mettent les terres en location ou bien les font exploiter directement, souvent sous le contr√īle d'un intendant car elles pr√©f√®rent ne pas r√©sider √† la campagne. En plus d'exercer une tutelle √©conomique sur les paysans travaillant sur leur domaine, ils disposent d'une v√©ritable autorit√© sociale, juridique, de type client√©liste (ils leur fournissent des r√©sidences, du mat√©riel d'exploitation, des b√™tes, exercent un droit de regard sur les unions matrimoniales, etc.), qui place les seconds dans une v√©ritable situation de d√©pendance[100].

Artisanat

À gauche : vase des Song du Nord avec une glaçure transparent teintée de bleu, de Jingdezhen, XIe siècle ; au centre : bol des Song du Nord décoré de lotus et une glaçure transparente teintée de bleu, de Jingdezhen, XIIe ou XIIIe siècle ; à droite : maquette d'un grenier des Song du Sud avec un couvercle et une porte détachables, en porcelaine qingbai avec glaçure transparente teintée de bleu, Jingdezhen, XIIIe siècle.

En milieu urbain, les artisans forment des sortes de guildes avec lesquelles l'√Čtat doit traiter pour la perception des taxes, la r√©quisition de marchandises et l'√©tablissement des salaires de base et des prix des marchandises[91] - [101]. L'artisanat voit sa main-d'Ňďuvre augmenter gr√Ęce √† l'afflux de populations d√©munies venues des campagnes qui sont g√©n√©ralement tr√®s mal pay√©es, et les corporations se chargent de l'organisation du march√© du travail[102]. Il s'agit l√† g√©n√©ralement d'un artisanat de luxe tr√®s divers et √©clat√© entre une grande vari√©t√© de producteurs, destin√© √† satisfaire les besoins des √©lites urbaines.

L'activit√© m√©tallurgique est en pleine expansion sous les Song. Elle est men√©e √† la fois par des entrepreneurs priv√©s qui poss√®dent leurs propres fonderies et par des fonderies contr√īl√©es par le gouvernement[103]. L'√©conomie de la dynastie Song est suffisamment stable pour aboutir √† une production annuelle de plusieurs milliers de tonnes de fonte, voire plusieurs dizaines de milliers[104] - [105]. La d√©forestation √† grande √©chelle se serait poursuivie en Chine au XIe si√®cle sans l'innovation consistant √† utiliser de la houille plut√īt que du charbon de bois dans les hauts fourneaux pour la fonte du fer[104]. La majeure partie de cette fonte est r√©serv√©e √† un usage militaire pour la fabrication d'armes ou d'armures pour les troupes, mais une partie est utilis√©e pour fa√ßonner de nombreux objets en fer afin de r√©pondre √† la demande du march√© local. Ces progr√®s de la production m√©tallurgique sont permis par une exploitation plus intensive des ressources mini√®res (fer, cuivre, √©tain, plomb, etc.), permise par l'ouverture de nouvelles mines, notamment au sud de l'Empire, et la mise au point de nouvelles techniques (utilisation d'explosifs)[106]. L'√Čtat dispose de ses propres mines, et collecte au titre de taxe une partie de la production des mines priv√©es[105].

D'autres activit√©s artisanales connaissent une grande croissance, comme la c√©ramique, avec le d√©veloppement de la technique de la porcelaine qui assure √† la Chine un grand prestige dans ce domaine dans les √©changes internationaux pour de nombreux si√®cles[106]. Dans le domaine du textile, l'artisanat de la soie conna√ģt aussi une p√©riode florissante, avec la mise au point de nouvelles machines[107]. La production artisanale est donc tr√®s diverse, profite du d√©veloppement consid√©rable des √©changes qui lui offre des d√©bouch√©s consid√©rables √† l'int√©rieur de l'Empire, mais aussi √† l'ext√©rieur. De plus en plus de villes et de r√©gions peuvent alors se sp√©cialiser dans des productions sp√©cifiques pour lesquelles elles gagnent une grande r√©putation.

√Čchanges int√©rieurs et monnaie

Peinture d'un march√© lors d'une f√™te religieuse, d√©tail de la toile Le Jour de Qingming au bord de la rivi√®re de Zhang Zeduan (1085‚Äď1145).

Les √©changes int√©rieurs √† l'empire profitent d'un r√©seau de transport tr√®s performant, largement h√©rit√© des efforts d'am√©nagement des dynasties pr√©c√©dentes, et qui fait l'objet de nouveaux efforts de la part de l'administration des Song[108]. Le Nord dispose du r√©seau le plus d√©velopp√© au d√©but de la p√©riode, que ce soient par voie terrestre avec des voies disposant de relais, auberges, courriers et tours de garde √† intervalles r√©guliers, ou par voie navigable avec les nombreux canaux. Dans le Sud, c'est essentiellement ce dernier trafic qui se d√©veloppe sous les Song, avec la construction de nombreux canaux, et une majeure partie des √©changes se fait par bateau. Ce r√©seau de transport d'une densit√© incomparable dans le monde d'alors est maill√© par de nombreux centres urbains importants qui sont autant de lieux de production, d'√©changes et de consommation qui animent les √©changes int√©rieurs et fonctionnent parfois comme interfaces avec l'ext√©rieur[109]. Les besoins alimentaires de ces villes animent un important commerce de denr√©es, avant tout les c√©r√©ales, qui est la base de l'enrichissement de nombreux marchands[110]. De m√™me, le d√©veloppement d'une ¬ę bourgeoisie ¬Ľ urbaine, enrichie par les activit√©s de ces villes et des campagnes avoisinantes, assure une demande croissante en biens luxueux et raffin√©s, qui anime de nombreux circuits d'√©change.

L'√Čtat est √©galement un acteur important de cette circulation de produits divers[111]. Il ne cherche plus √† contr√īler les prix et ne proc√®de pas √† des r√©quisitions, mais se procure les produits dont il a besoin par le moyen de pr√©l√®vements sur une partie des produits √©chang√©s √† l'int√©rieur comme aux fronti√®res. Il d√©veloppe √©galement des monopoles commerciaux dirig√©s par des fonctionnaires, parfois avec l'aide de marchands priv√©s, notamment pour les besoins croissants de ses arm√©es. Les taxes commerciales et les monopoles finissent sans doute par d√©passer sous les Song du Sud les revenus des taxes fonci√®res. Ce syst√®me a cependant le d√©faut d'inciter certains marchands √† la fraude et √† la contrebande.

Un jiaozi, papier-monnaie de la période Song.

Cette croissance des √©changes int√©rieurs implique une √©volution des moyens des √©changes, √† savoir la mon√©tisation croissante de l'√©conomie. La production annuelle de monnaie frapp√©e en cuivre atteint en 1085 six milliards de pi√®ces[4]. L'avanc√©e la plus notable dans l'√©conomie des Song est la diffusion pour la premi√®re fois au monde par le gouvernement de titres de paiement imprim√©e sur papier, connue notamment sous le nom de jiaozi[4]. Cette invention trouve son origine dans les certificats de d√©p√īt √©mis par des bureaux de l'√Čtat en faveur de marchands, qui d√©veloppaient aussi √† cette p√©riode divers instruments d'√©changes (lettre de change, billet √† ordre) qui permettaient d'√©viter des transporter sur de longues distances des esp√®ces m√©talliques lourdes et pr√©cieuses[112]. Par ailleurs, l'√©conomie florissante et la forte augmentation de l'offre de produits sur le march√© entra√ģnent √† cette √©poque une p√©nurie de cuivre, qui ne permet plus de frapper suffisamment de pi√®ces de monnaie en m√©tal[113]. Pour imprimer les billets de banque, la cour imp√©riale met en place un bureau du Tr√©sor et plusieurs ateliers contr√īl√©s par le gouvernement dans les villes de Huizhou, Chengdu, Hangzhou et Anqi[114]. De nombreux ouvriers sont recrut√©s pour la production des billets de banque. Ainsi, l'atelier de Hangzhou enregistre en 1175 plus d'un millier de travailleurs quotidiens[114]. Il a fallu faire face rapidement √† l'√©mission de faux billets.

Ce qui peut √™tre consid√©r√© comme le premier syst√®me viable de papier-monnaie de l'histoire a connu une histoire chaotique[115]. L'utilisation des billets se d√©veloppant beaucoup, l'√Čtat finit par en √©mettre de plus en plus. Les valeurs faciales augmentant, il appara√ģt bient√īt qu'il n'y a plus assez de r√©serves de monnaie m√©tallique disponibles en cas d'√©change. Inflation et d√©valuation se font jour, notamment en p√©riode de guerre quand le besoin de liquidit√©s se fait sentir, du fait de la th√©saurisation. Finalement, la monnaie de papier perd la confiance de ses utilisateurs, vaut de moins en moins, et finit par ne plus √™tre accept√©e. √Ä la veille de l'invasion mongole, le syst√®me n'est plus viable et s'effondre. L'empereur Ming Renzong en interdit l'usage.

√Čchanges avec l'ext√©rieur

Peinture de bateaux de commerce de la période Song.

La puissance √©conomique de la Chine des Song se r√©percute dans les √©changes ext√©rieurs et influence m√™me les √©conomies √©trang√®res. La p√©riode des Song voit la Chine d√©velopper consid√©rablement ses relations avec l'ext√©rieur, gr√Ęce √† l'expansion des √©changes maritimes. Ils se substituent aux √©changes terrestres avec l'Asie centrale qui √©taient auparavant dominants et qui perdent d√©sormais en importance du fait de la situation politique dans cette r√©gion, et des relations conflictuelles avec les royaumes du nord et de l'ouest (Liao, Jin, Xi Xia). La Chine a des √©changes largement d√©ficitaires avec ces derniers en raison des tributs qu'elle leur verse r√©guli√®rement et de la contrebande qui s'y effectue √† ses d√©pens. Ceci a pour effet de permettre √† ces royaumes de financer leur survie sur le dos de la puissance √©conomique chinoise[116] - [117]. Les marchands chinois entrent donc en contact plus pouss√© avec les r√©seaux commerciaux maritimes tr√®s intenses de l'Asie du Sud-Est et de l'oc√©an Indien. Le g√©ographe marocain Al Idrisi √©crit en 1154 sur la prouesse des navires marchands chinois sur l'oc√©an Indien et sur leurs voyages annuels pour apporter fer, √©p√©es, soie, velours, porcelaine et divers textiles dans des lieux tels qu'Aden (Y√©men), les fleuves Indus et Euphrate dans l'actuel Irak[28]. C'est en effet √† cette p√©riode qu'appara√ģt la grande jonque √† coque rectangulaire et √† gouvernail ax√©, permettant la navigation en haute mer, apparue sans doute dans le delta du Yangzi Jiang[118]. Elle est de grande taille, dispose de quatre √† six m√Ęts, de grandes voiles et d'une capacit√© de transport consid√©rable. L'usage de la boussole pour le transport maritime se d√©veloppe √©galement sous les Song, allant de pair avec les progr√®s de la cartographie et de la connaissance du monde ext√©rieur. Ainsi, l'expansion maritime de la Chine des Song est la cons√©quence de nombreuses innovations qui ont √©t√© approfondies au cours des dynasties pr√©c√©dentes, qui assurent une sup√©riorit√© incontestable aux Chinois dans la navigation.

Les étrangers, en retour, impactent également l'économie chinoise. Par exemple, beaucoup de musulmans d'Asie occidentale et centrale viennent en Chine pour commercer, devenant ainsi une force éminente dans l'industrie d'importation et d'exportation de l'empire, alors que certains sont nommés officiers pour superviser la situation économique[119] - [120]. Le commerce maritime avec le Pacifique du Sud-Est, le monde hindou, le monde islamique et l'Afrique de l'Est apporte une grande fortune aux marchands et incite à une forte croissance de l'industrie navale de la province de Fujian[121]. Cependant, les expéditions si loin de la Chine ne sont pas sans risques. Afin de réduire les risques de pertes économiques au cours de missions de commerce maritime vers l'étranger, les historiens Ebrey, Walthall et Palais écrivent :

¬ę Les investisseurs [de la p√©riode Song] avaient pour habitude de diviser leur investissement en plusieurs navires, et chaque navire √©tait soutenu par plusieurs investisseurs. Un observateur pensa que l'investissement dans le commerce √† l'√©tranger le m√®nerait √† la fortune. Il √©crivit, ¬ę les habitants des territoires c√ītiers ont des accords intimes avec les marchands qui s'engagent dans le commerce ext√©rieur, soit parce que ce sont des compatriotes soit parce qu'ils sont des connaissances personnelles‚Ķ [Ils donnent aux marchands] de l'argent qu'ils emportent sur leurs bateaux pour acheter et ramener des marchandises √©trang√®res. Ils investissent de dix √† cent ligatures de pi√®ces, et font r√©guli√®rement des profits de plusieurs centaines de pour cent[56]. ¬Ľ

Ainsi, le commerce ext√©rieur s'intensifie sous la dynastie Song. Une cinquantaine de pays ont des relations commerciales avec la Chine √† cette √©poque, dont Ceylan, Langkasuka (sur la p√©ninsule Malaise), Samboja, Born√©o, Kelantan, Champa, Chenla, Java, l'Inde, Calicut, Bengale, La Mecque, l'√Čgypte, Bagdad, l'Irak, la dynastie Almoravides, la Sicile, le Maroc, la Tanzanie, la Somalie, les √ģles RyŇękyŇę, la Cor√©e et le Japon[122]. Des perles, de l'ivoire, des cornes de rhinoc√©ros, de l'encens, du corail, de l'agate, des carapaces de tortues et des roses sont import√©s en contrepartie des pays arabes et de Samboja, les herbes m√©dicinales de Java, le ginseng, l'argent et le cuivre viennent de Cor√©e[123].

La branche de jasmin blanc, peinture du début du XIIe siècle. Les petites peintures représentant des scènes de natures réalistes sont très populaires au cours de la période des Song du Sud.

Condition féminine

Bien que les femmes aient un rang social moins √©lev√© que les hommes (selon les principes confucianistes), elles jouissent de nombreux privil√®ges sociaux et l√©gaux, et exercent un pouvoir consid√©rable √† la maison et dans leurs petites entreprises personnelles. Alors que la soci√©t√© Song devient de plus en plus prosp√®re et que les parents des mari√©es paient des dots de plus en plus g√©n√©reuses, les femmes acqui√®rent naturellement de nombreux droits de propri√©t√©[124]. Elles ont notamment un statut √©gal √† celui des hommes dans les questions d'h√©ritage[125]. Le nombre de femmes √©duqu√©es augmente sensiblement, ce qui leur permet d'√©duquer plus efficacement leurs fils au cours de leur petite enfance[126] - [127]. Ainsi, la m√®re du scientifique, g√©n√©ral, diplomate et homme politique Shen Kuo lui a elle-m√™me enseign√© l'essentiel des strat√©gies militaires[127]. La dynastie Song conna√ģt √©galement un certain nombre de femmes √©crivains et po√®tes exceptionnelles, comme Li Qingzhao (1084-1151)[124].

Villes et culture urbaine

L'essor urbain semble marqu√© durant la p√©riode Song, profitant d'un exode rural motiv√© √† la fois par les difficult√©s des paysans pauvres les incitant √† quitter les campagnes, tandis que la myriade de petits m√©tiers urbains qui se d√©veloppent en raison de la richesse de l'√©conomie et des √©lites citadines offre de nombreuses opportunit√©s d'emplois, l'am√©lioration des moyens de transport facilitant grandement la mobilit√© des personnes[128]. La Chine comprend alors certaines des plus grandes villes du monde : la population de Kaifeng ou Hangzhou, les deux capitales successives, d√©passe le million d'habitants √† leur apog√©e[1] - [129], tandis que d'autres grandes villes se d√©veloppent dans les provinces, notamment sur les axes fluviaux et c√ītiers[130].

Jeux dans le basin de Jinming, peinture sur soie par Zhang Zeduan, représentation de Kaifeng, période des Song du Nord.

Kaifeng (Henan), capitale des Song du Nord entre 960 et 1126, dispose d'une enceinte remontant √† l'√®re des Tang, mais l'habitat, les commerces et les march√©s se sont d√©j√† √©tendus au-del√†, le long des voies de communication, ce qui a d√©j√† motiv√© la construction d'une enceinte ext√©rieure en 954, qui est pourtant d√©pass√©e par l'urbanisation d√®s le d√©but des Song[130]. Hangzhou (ou Xingzai, la ¬ę capitale provisoire ¬Ľ ; aujourd'hui au Zhejiang), capitale des Song du Sud √† partir de 1127, conna√ģt un d√©veloppement encore moins contr√īl√© : coinc√©e sur les 2 √† 3 kilom√®tres s√©parant le fleuve Qiantang √† l'est et le lac artificiel de l'Ouest, qui sert √† alimenter le Grand Canal, elle s'√©tire sur 5 kilom√®tres du nord au sud, et sa topographie ne se pr√™te pas √† un plan trac√© au cordeau. Le palais imp√©rial est situ√© au sud, entour√© de r√©sidences des √©lites administratives et marchandes, et √† proximit√© du port principal. L√† aussi l'enceinte ne marque plus la limite de l'espace urbanis√© d√®s les d√©buts de l'√©poque Song.

Le développement spontané de ces villes tranche singulièrement avec l'ordonnancement de la capitale des Tang, Chang'an, ville aristocratique aux rues tracées au cordeau formant un plan en damier. C'est que les villes de l'époque médiévale doivent de plus en plus leur essor à l'expansion du commerce et des métiers urbains, et non plus aux initiatives du pouvoir politique, dont les ambitions régulatrices sont de plus en plus timides : fin des spécialisations des quartiers intra-urbains, permettant le développement des commerces et des loisirs dans tout l'espace urbain et plus seulement dans des espaces précis et très surveillés, et donc l'affirmation de la rue comme lieu de vie et de sociabilité dans toute la ville ; fin des enceintes protégeant les quartiers et fermés la nuit lors du couvre-feu ; ce dernier fut finalement aboli à Kaifeng en 1063, permettant à la vie nocturne de s'épanouir[131].

Il en r√©sulte une vie urbaine particuli√®rement int√©ressante et riche. Le peuple prise les grandes festivit√©s religieuses telles que la f√™te des lanternes et Qingmingjie. Certains quartiers proposent en permanence des divertissements divers et vari√©s. On y rencontre fr√©quemment des marionnettistes, des acrobates, des com√©diens, des avaleurs de sabres, des charmeurs de serpents, des conteurs, des chanteurs, des musiciens ou des prostitu√©es. Les gens peuvent sortir et se distraire dans des maisons de th√©, des restaurants ou des banquets organis√©s[1] - [132] - [133]. Ils se rendent dans de nombreux clubs sociaux, comme des clubs de th√©, de cuisine exotique, d'antiquaires et de collectionneurs d'art, √©questres, de po√©sie ou de musique[1]. Parmi les activit√©s urbaines, l'op√©ra chinois est tr√®s populaire aussi bien dans l'√©lite que dans le peuple[134]. Les quatre principales salles de th√©√Ętre √† Kaifeng peuvent ainsi accueillir plusieurs milliers de spectateurs chacune[135]. Il existe √©galement d'autres passe-temps notables auxquels le peuple s'adonne tels que le jeu de go ou le xiangqi (√©checs chinois). Les conteurs publics font √©galement partie des distractions urbaines.

Arts et lettres

Calligraphie de Huang Tingjian (1045‚Äď1105).

Les lettr√©s de l'√©poque Song affectionnent en premier lieu les arts de la po√©sie, de la peinture et de la calligraphie[136], qui se compl√®tent pour permettre l'expression des talents et du temp√©rament de leurs auteurs, et manifester leur capacit√© √† canaliser et ma√ģtriser leur √©nergie vitale (qi). C'est l'aboutissement d'une longue r√©flexion qui avait d√©j√† fait l'objet de nombreux trait√©s durant les p√©riodes pr√©c√©dentes[137]. Deux des plus brillants lettr√©s des Song du Nord, Su Shi (1037-1101) et son comparse Mi Fu (1051-1107) sont ainsi reconnus pour leurs talents de po√®tes, de peintres et de calligraphes, qu'ils ont notamment d√©velopp√©s en collectionnant ou empruntant puis copiant des Ňďuvres des grands lettr√©s du pass√©, suivant les habitudes des lettr√©s[9].

C'est une p√©riode de plein √©panouissement de la culture chinoise dans les domaines de la peinture, √† l'encre sur soie et sur papier. La peinture de paysage en particulier est tr√®s bien consid√©r√©e : Fan Kuan au d√©but de la dynastie ; Zhang Zeduan (1085-1145) est connu pour sa vaste peinture de paysage panoramique, Le Jour de Qingming au bord de la rivi√®re ; Ma Yuan (v. 1190-1230), l'un des plus grands ma√ģtres de l'√©cole des Song du Sud. Dans le cadre de la cour, la peinture de fleurs et oiseaux est promue par l'empereur Huizong, lui-m√™me un artiste renomm√© tout autant qu'un m√©c√®ne et un collectionneur. L'art du portrait (Li Gonglin et ses cavaliers) ainsi que la peinture des moines du bouddhisme chan (Liang Kai, connu pour ses peintures du po√®te Li Bai et d'un immortel) ont √©galement laiss√© plusieurs Ňďuvres remarquables de l'√©poque Song[136]. L'empereur Song Gaozong quant √† lui initie un projet massif d'art durant son r√®gne, connu sous le nom de Dix huit chansons √† la fl√Ľte nomade. Ce projet artistique est un geste diplomatique vers la dynastie Jin alors que l'empereur n√©gocie la lib√©ration de sa m√®re d√©tenue par les J√ľrchens au Nord[138]. La po√©sie voit quant √† elle le d√©veloppement du genre du ci, po√®me √† chanter dans lesquels excellent Su Shi et Huang Tingjian (1045-1105)[139].

Les autres genres litt√©raires, certes jug√©s moins nobles, sont √©galement marqu√©s par des Ňďuvres marquantes. D'√©normes anthologies et encyclop√©dies sont compil√©es, en premier lieu ceux que la post√©rit√© a retenus comme les ¬ę quatre grands livres des Song¬Ľ (Song si dashu) compos√©s entre la fin du Xe et le d√©but du XIe si√®cle : le Wenyuang yinghua, anthologie litt√©raire ; le Taiping yulan, encyclop√©die de 1 000 chapitres ; le Taiping guangji, compilant des contes et histoires fantastiques ; le Cefu yuangui, constitu√© de textes politiques[140]. Dans le domaine de l'histoire, le Zizhi Tongjian compil√© dans 1 000 volumes de 9,4 millions de sinogrammes par Sima Guang (1019-1086) marque une √©tape majeure dans la tradition historiographique chinoise, couvrant l'histoire de la Chine depuis la fin du Ve si√®cle av. J.-C. jusqu'aux d√©buts des Song et reprenant de nombreux documents analys√©s de mani√®re critique[141]. Le genre de litt√©rature chinoise du voyage se popularise √©galement avec les √©crits des g√©ographes Fan Chengda (1126-1193) et Su Shi, qui a √©crit un carnet de voyage connu sous le nom de Souvenirs de la Montagne de Cloche de Pierre. Dans cet ouvrage, l'auteur utilise une √©criture persuasive pour appuyer un point philosophique[142]. Le domaine des trait√©s scientifiques et techniques (botanique, zoologie, architecturaux, m√©dicaux, arch√©ologiques, etc.) conna√ģt √©galement un d√©veloppement remarquable, en lien avec l'esprit √©rudit, compilateur et les innovations de l'√©poque[143].

Religion et pensée

Statue en bois de Bodhisattva de la dynastie Song (960‚Äď1279).

Les religions en Chine durant cette p√©riode ont une grande influence dans la vie, les convictions et les activit√©s quotidiennes des personnes et la litt√©rature chinoise spirituelle est √©galement tr√®s populaire[144]. Les principales divinit√©s du tao√Įsme et du bouddhisme, les esprits des anc√™tres et de nombreuses divinit√©s de la religion traditionnelle chinoise sont v√©n√©r√©s par des sacrifices. Tansen Sen affirme que plus de moines bouddhistes en provenance d'Inde voyagent en Chine durant la dynastie Song que lors de la pr√©c√©dente dynastie Tang (618-907)[145]. Plusieurs groupes d'√©trangers voyageant dans l'empire du Milieu pour commercer ou pour s'installer apportent de nouvelles religions. Parmi les minorit√©s religieuses dans le pays, on trouve des musulmans du Moyen-Orient, des Juifs de Kaifeng et des Persans manich√©ens[146] - [119].

Dans le domaine de la pens√©e pens√©e, le bouddhisme chinois voit son influence diminuer, dans la continuit√© de la fin de la p√©riode Tang, face au retour en gr√Ęce du confucianisme parmi les √©lites et dans les cercles du pouvoir. Il fait face √† de dures critiques : Ouyang Xiu (1007-1072) compare cette religion √† un fl√©au qui n'a pour unique rem√®de que son d√©racinement de la culture chinoise et son remplacement par les discours confuc√©ens[147]. Le retour de ce dernier courant de pens√©e, apr√®s avoir √©t√© rel√©gu√© au second plan durant l'√©poque m√©di√©vale, est un ph√©nom√®ne majeur de l'histoire de la pens√©e chinoise, souvent qualifi√© de ¬ę n√©oconfucianisme ¬Ľ. C'est en fait un confucianisme tr√®s marqu√© par les r√©flexions bouddhistes, √©bauch√© sous les Song du Nord par Cheng Yi (1033-1107) et son fr√®re Cheng Hao (1032-1095), encore tr√®s influenc√©s par la pens√©e de la religion indienne, mais aussi par les lettr√©s politiciens Sima Guang et Su Shi. Il triomphe sous les Song du Sud avec les travaux de Zhu Xi (1130-1200), qui marquent un tournant dans l'histoire de la pens√©e chinoise[148] - [149]. Il commente les classiques confuc√©ens et surtout un autre groupe d'√©crits de la tradition confuc√©enne antique qu'il r√©habilite, les ¬ę Quatre Livres ¬Ľ : les Entretiens de Confucius, la Grande √Čtude, l'Invariable Milieu et surtout le Mencius dont il reprend la conception de la morale et de la bont√© inn√©e de l'√™tre humain. Bien que ses √©crits ne soient pas directement accept√©s par ses contemporains, ce sont eux qui ont eu le plus d'influence par la suite ; d√®s 1241, avec le soutien de l'empereur Song Lizong, les Quatre Livres et leurs commentaires par Zhu Xi deviennent un standard pour les √©tudiants candidats aux examens imp√©riaux[150] - [151]. Le Japon et la Cor√©e adoptent √©galement l'enseignement de Zhu Xi, connu sous le nom de Shushigaku (śúĪŚ≠źŚ≠¶, √©cole de Zhu Xi) au Japon et Jujahak (ž£ľžěźŪēô) en Cor√©e.

Cuisine et habitudes vestimentaires

Plateau alimentaire en laque rouge avec des dessins gravés colorés à la feuille d'or représentant deux oiseaux à longue queue et une pivoine, daté de la fin du XIIe siècle.

La nourriture consommée et les habitudes vestimentaires en Chine durant la période des Song sont largement dictées par le statut et la classe sociale. L'alimentation de base des classes sociales les plus basses est constituée principalement de riz, porc et poisson salé[152]. Leurs vêtements sont en chanvre ou en coton, uniquement blancs ou noirs[153]. Le pantalon est la tenue appréciée des paysans, soldats, artisans et marchands, même si les riches commerçants choisissent souvent de s'habiller de vêtements ornés et de chemisiers masculins qui tombent sous la taille[154]. Le style vestimentaire des fonctionnaires érudits est rigoureusement codifié par un système de rang hiérarchique social. Cependant, au fur et à mesure du temps le style vestimentaire en fonction du rang n'est plus appliqué aussi strictement qu'au début de la dynastie[155]. Chaque fonctionnaire peut afficher son importance sociale en s'habillant de robes en soie de différentes couleurs qui descendent jusqu'au sol autour des pieds, de coiffes spécifiques et parfois même des gaines[156].

Les femmes sont vêtues de longues robes, de chemisiers qui tombent au niveau des genoux, de chemises et de gilets à manches longues ou courtes. Quand elles sortent, elles portent parfois des sortes d'écharpes violettes autour des épaules[155]. La principale différence entre les vêtements des femmes et des hommes réside dans le fait que les habits des hommes sont attachés sur la gauche et non sur la droite[155].

Il existe une multitude de restaurants et tavernes pour accueillir les fêtes, banquets, festivals et carnavals[157]. Ces établissements affichent le régime alimentaire varié et somptueux des classes sociales les plus aisées de l'époque. Les plats sont concoctés avec une grande variété de viandes, dont des crevettes, oies, canards, moules, fruits de mer, daims, lièvres, espèces de Perdicinae, faisans, francolins, cailles, renards, espèces de Melinae, palourdes, crabes et bien d'autres[158] - [159] - [160]. Les produits laitiers sont absents de la cuisine et de la culture chinoise. La viande bovine est peu consommée puisque les taureaux sont utilisés comme animaux de trait. La viande de chien est peu consommée dans les familles aisées, alors que les classes les plus pauvres sont amenées à en manger en cas de nécessité (mais cela ne fait pas partie de leur régime alimentaire régulier[161]). Les gens consomment également des dattes, raisins, jujubes, poires, prunes, abricots, jus de poires, jus de litchis, des boissons au miel et au gingembre, des jus de papaye, des épices et des assaisonnements de poivre du Sichuan, gingembre, piment, sauce de soja, huile, huile de sésame, sel et vinaigre[157] - [159] - [162] - [163].

Technologie, science et ingénierie

Poudre à canon

Illustration d'un trébuchet extrait du manuscrit de Wujing Zongyao, en 1044. Les trébuchets comme celui-ci sont utilisés pour lancer les premières sortes de bombes explosives[164].

Les avancées techniques en matière d'armes telles que le feu grégeois et la poudre à canon permettent l'apparition et l'amélioration des premiers lance-flammes, grenades explosives, armes à feu, canons et mines terrestres. Elles permettent aux Song de repousser leurs ennemis jusqu'à l'effondrement de la dynastie à la fin du XIIIe siècle[165] - [166] - [167] - [168] - [169]. Le manuscrit Wujing Zongyao de 1044 est le premier livre dans l'histoire à décrire des formules pour la composition de poudre à canon et son usage spécifique dans les différentes sortes de bombes[164]. Alors engagé dans une guerre avec les Mongols dans l'année 1259, le fonctionnaire Li Zengbo écrit que la ville de Qinzhou produit mensuellement entre un et deux mille bombes en acier, envoyant à Xiangyang et Yingzhou des lots d'environ dix à vingt mille bombes[170]. À leur tour, les envahisseurs mongols emploient des soldats chinois du Nord et utilisent le même type d'armes à feu contre les Chinois Song[171]. Au cours du XIVe siècle, les armes à feu et les canons font leur apparition en Europe, Inde et Moyen-Orient.

Mesure de distances et navigation mécanique

Lors de la pr√©c√©dente dynastie Han, si l'√Čtat avait besoin de mesurer les distances parcourues √† travers l'Empire, les Chinois utilisaient des odom√®tres m√©caniques[172]. L'odom√®tre chinois se pr√©sente sous la forme d'un wagon sur roues. Les roues dent√©es qui se trouvent √† l'int√©rieur suivent les mouvements de rotation des roues et signalent chaque unit√© de distance (le li chinois) parcourue par une alarme sonore compos√©e d'un tambour ou d'une cloche[173]. Les sp√©cifications de l'odom√®tre du XIe si√®cle sont d√©crites par le Grand Chambellan Lu Daolong, qui est beaucoup cit√© dans le texte historique Song Shi (compil√© en 1345)[174]. Sur la p√©riode Song, l'odom√®tre est √©galement combin√© avec un autre dispositif m√©canique ancien et complexe connu sous le nom de chariot pointant le sud[175]. Cet appareil, initialement cr√©√© par Ma Jun au IIIe si√®cle, incorpore une roue diff√©rentielle qui permet √† un personnage mont√© sur le v√©hicule de toujours pointer en direction du sud, quel que soit le sens dans lequel les roues tournent[176]. Le concept de roue diff√©rentielle est utilis√© de nos jours dans toutes les automobiles modernes afin d'appliquer un moment de force identique √† des roues tournant √† des vitesses diff√©rentes.

Polymathie, inventions et astronomie

Mécanisme intérieur de la tour horloge astronomique de Kaifeng décrit dans le livre de Su Song, écrit en 1092 et publié et imprimé en 1094.

Des personnages polymathes tels que le savant fonctionnaire Shen Kuo et Su Song (1020‚Äď1101) incarnent les avanc√©es dans tous les domaines d'√©tudes, dont la biologie, la botanique, la zoologie, la g√©ologie, la min√©ralogie, la m√©canique, l'horlogerie, l'astronomie, la m√©decine chinoise traditionnelle, l'arch√©ologie, les math√©matiques, la cartographie, l'optique ou la critique d'art entre autres[177] - [178] - [179].

Shen Kuo reconna√ģt le premier la d√©clinaison magn√©tique terrestre du vrai Nord gr√Ęce √† une boussole[180] - [181]. Il th√©orise que le climat change graduellement au cours du temps[182] - [183]. Il cr√©e une th√©orie de formation des terres comprenant des concepts accept√©s par la g√©omorphologie moderne[184]. Il effectue des exp√©rimentations en chambre noire quelques ann√©es apr√®s les premi√®res d'Ibn al-Haytham[185]. Il am√©liore √©galement de mani√®re significative la conception de mat√©riels astronomiques, ce qui lui permet de d√©finir la position de l'√©toile Polaire[186]. Shen Kuo est √©galement connu pour les m√©canismes hydrauliques, puisqu'il invente un nouveau type de clepsydre qui est plus efficace dans le calibrage de la mesure du temps[186].

Su Song est plus connu pour son trait√© d'horlogerie √©crit en 1092, qui d√©crit et illustre avec force d√©tails un tour horloge astronomique hydraulique de 12 m de haut construite √† Kaifeng. La tour horloge est compos√©e d'imposantes sph√®res armillaire et c√©leste, emmen√©es par intermittence par un m√©canisme d'√©chappement (environ deux si√®cles avant l'apparition du foliot dans les horloges du Moyen √āge)[187] - [188]. De plus, la tour horloge de Su Song est compos√©e du premier syst√®me de transmission par cha√ģne au monde[189], un composant m√©canique essentiel que l'on retrouve dans divers usages √† travers les √©poques, comme sur les bicyclettes. La tour de Su est compos√©e d'une roue √† rotation avec 133 mannequins qui √† chaque heure sortent par des portes, pendant que des cloches et des tambours s'activent[190]. Dans ce livre, Su publie √©galement un atlas c√©leste de cinq cartes du ciel. Ces cartes du ciel pr√©sentent une projection similaire √† la projection de Mercator, l'innovation cartographique r√©v√©l√©e par G√©rard Mercator en 1569[191] - [192].

Mathématiques et cartographie

Le Yu Ji Tu, ou Carte de la Voie de Yu Gong, sculpt√©e dans la pierre en 1137, localis√©e dans la For√™t de st√®les √† Xi'an. Cette carte de moins d'un m√®tre carr√© environ pr√©sente une √©chelle de 100 li pour chaque rectangle gradu√©. Les c√ītes et rivi√®res chinoises sont clairement d√©finies et localis√©es avec pr√©cision sur la carte.

Les math√©matiques chinoises connaissent des am√©liorations notables durant la p√©riode Song. Le livre publi√© en 1261 par le math√©maticien Yang Hui (1238-1298) fournit la premi√®re illustration chinoise du Triangle de Pascal, bien qu'il soit pr√©c√©demment d√©crit par Jia Xian vers l'an 1100[193]. Yang Hui fournit √©galement des r√®gles pour la construction d'arrangements combinatoires dans les carr√©s magiques, apporte des preuves th√©oriques √† la quarante-troisi√®me proposition d'Euclide sur les parall√©logrammes et est le premier √† utiliser un coefficient n√©gatif de x dans les √©quations du second degr√©[194]. Le contemporain de Yang, Qin Jiushao (1202-1261), est le premier √† introduire le symbole z√©ro aux math√©matiques chinoises[195]. Avant cela, des espaces blancs √©taient utilis√©s √† la place des z√©ros dans le syst√®me de num√©ration √† b√Ętons[196]. Il est √©galement connu pour ses travaux sur le Th√©or√®me des restes chinois, la Formule de H√©ron et des donn√©es astronomiques utilis√©es pour d√©terminer le solstice d'hiver. Le principal travail de Qing est le ¬ę Trait√© math√©matique en neuf sections ¬Ľ publi√© en 1247.

La g√©om√©trie est essentielle pour les g√©om√®tres-experts et la cartographie. Les pr√©c√©dentes cartes chinoises datent du IVe si√®cle av. J.-C.[197]. Pei Xiu (224-271) les am√©liore en y ajoutant les altitudes topographiques, un quadrillage rectangulaire formel et l'usage standard d'√©chelles de distance[198] - [199]. Suivant une longue tradition, Shen Kuo cr√©e une carte en relief, alors que les autres cartes sont uniform√©ment gradu√©es √† l'√©chelle 1:900 000[200] - [201]. Une carte d'environ un m√®tre carr√© datant de 1137 et sculpt√©e dans un bloc de pierre utilise une √©chelle de 100 li pour chaque rectangle gradu√© ; elle cartographie avec exactitude le trac√© des c√ītes et des fleuves chinois, s'√©tendant jusqu'en Inde[202] - [203]. En outre, la carte la plus ancienne connue sous format imprim√© vient de l'encyclop√©die de Yang Jia √©dit√©e en 115. Celle-ci montre la Chine occidentale, sans syst√®me de graduation qui est une caract√©ristique des cartes dessin√©es de fa√ßon plus professionnelle en Chine[204]. Bien que les livres de voyage existent depuis l'an 52 et la dynastie Tang et qu'ils utilisent des cartes illustratives (Tujing, en chinois) depuis la dynastie Sui, les livres de voyage illustr√©es deviennent de plus en plus communes sous la dynastie Song, quand la plus grande pr√©occupation des gazetiers est de servir par des illustrations les desseins politiques, administratifs et militaires[205].

Imprimerie à caractères mobiles

Une des cartes du ciel du Xin Yi Xiang Fa Yao de Su Song, publi√© en 1092, pr√©sentant une projection cylindrique similaire √† la projection de Mercator et la position correcte de l'√©toile Polaire gr√Ęce aux observations astronomiques de Shen Kuo[191] - [192]. L'atlas c√©leste de Su Song est en fait le plus ancien sous forme imprim√©e[206].

L'innovation de l'imprimerie √† caract√®res mobiles est l'Ňďuvre de l'artisan Bi Sheng (990-1051), comme l'indique le scientifique et politicien Shen Kuo dans son Mengxi Bitan en 1088[207] - [208]. La police originale en terre cuite utilis√©e par Bi Sheng a √©t√© transmise √† un de ses neveux et ensuite pr√©serv√©e pr√©cieusement[208] - [209]. Les caract√®res d'imprimerie mobiles renforcent l'usage d√©j√† largement r√©pandu des m√©thodes d'impression par blocs de bois et permettent la diffusion de milliers d'exemplaires de litt√©rature, qui sont rapidement consomm√©s par un public de plus en plus lettr√©. Les am√©liorations de l'imprimerie ont un fort impact sur l'√©ducation et la classe des fonctionnaires √©rudits, puisque plus de livres peuvent d√©sormais √™tre rapidement produits en masse. De plus, les livres imprim√©s sont beaucoup moins chers que les copies √©crites √† la main[52] - [56]. L'am√©lioration de l'imprimerie et de la culture d'impression dans la p√©riode Song est donc un catalyseur direct de la hausse de la mobilit√© sociale et de l'expansion de la classe instruite des √©lites savantes, dont la taille s'est consid√©rablement √©largie au cours des XIe et XIIe si√®cles[52] - [210].

Les caract√®res mobiles invent√©s par Bi Sheng sont finalement √©clips√©s par l'utilisation de la gravure sur bois en raison des limites de l'√©norme syst√®me d'√©criture de caract√®res chinois, pourtant l'imprimerie √† caract√®res mobiles continuera √† √™tre utilis√©e et am√©lior√©e √† des p√©riodes ult√©rieures. Le fonctionnaire de la dynastie Yuan, Wang Zhen (fl. 1290-1333), met en place un syst√®me de composition plus rapide, am√©liore les caract√®res mobiles en argile de Bi par des caract√®res en bois et exp√©rimente l'utilisation de caract√®res en √©tain[211]. Le riche patron de l'imprimerie, Hua Sui (1439-1513) de la dynastie Ming, cr√©e les premiers caract√®res mobiles en m√©tal (en bronze) en Chine en 1490[212]. En 1638, la Gazette (en) de P√©kin remplace son syst√®me d'impression par blocs en bois par des caract√®res mobiles[213]. Il faut pourtant attendre la dynastie Qing pour voir l'apparition de projets d'impression de masse utilisant l'impression √† caract√®res mobiles. Ceux-ci comprennent l'impression de soixante-six copies d'une encyclop√©die en 5 020 volumes de 1725, le Qinding Gujin tushu jicheng (¬ę La Grande Encyclop√©die imp√©riale illustr√©e des temps pass√© et pr√©sent ¬Ľ), qui a n√©cessit√© la cr√©ation de 25 000 caract√®res mobiles en bronze[214]. Au XIXe si√®cle, les Europ√©ens apportent la m√©thode de presse typographique qui remplace l'imprimerie √† caract√®res mobiles. L'impression par blocs de bois est ensuite peu utilis√©e en Asie orientale et principalement dans un but esth√©tique.

Ingénierie hydraulique et nautique

Plan et vue de c√īt√© d'une √©cluse √† sas sur un canal, concept initi√© en 984 par le Commissaire adjoint aux transports de Huainan, l'ing√©nieur Qiao Weiyo[215].

Cette p√©riode de l'histoire chinoise enregistre des avanc√©es consid√©rables √©galement en ing√©nierie hydraulique et en technologie nautique. Le Xe si√®cle voit l'invention de la premi√®re √©cluse √† sas qui permet aux bateaux d'atteindre des sections du canal situ√©es plus haut ou plus bas. Ceci permet la s√©curisation consid√©rable du trafic sur le canal et la circulation de plus gros bateaux[216]. L'apparition de compartiments de cloisons √©tanches permet en outre aux bateaux de subir plus de dommages sur leurs coques sans naufrage[56] - [217]. Au cours du XIe si√®cle, la Chine voit appara√ģtre des cales s√®ches qui permettent aux navires trop endommag√©s d'√™tre r√©par√©s[218]. Les navires y sont immobilis√©s gr√Ęce √† d'importantes traverses qui √©pousent la structure du bateau[219]. Le gouvernail mont√© sur la poupe √©quipe les navires chinois depuis le Ier si√®cle, comme en t√©moigne un mod√®le de bateau pr√©serv√© dans une tombe Han. Sous la p√©riode Song, les Chinois inventent un moyen de descendre et monter m√©caniquement le gouvernail en fonction de la profondeur de l'eau[219]. Ils arrangent les dents saillantes des ancres en suivant un motif circulaire plut√īt qu'unidirectionnel[219]. David Graff et Robin Higham indiquent que ce motif ¬ę les [rend] plus fiables ¬Ľ pour ancrer les navires[219]. On peut soutenir que l'innovation nautique la plus importante de cette p√©riode est l'introduction du compas √† aiguille magn√©tique pour la navigation en mer[200]. Cette invention est pour la premi√®re fois d√©crite par Shen Kuo dans son Mengxi Bitan en 1088, avant d'√™tre reprise par Zhu Yu dans son Pingzhou Ketan publi√© en 1119.

Génie civil et architecture

Pagode de Lingxiao haute de 42 m√®tres, construite en briques et bois, situ√©e dans le Xian de Zhengding, province du Hebei, en 1045.

L'architecture sous les Song est considérée comme étant l'apogée de la sophistication. Les auteurs tels que Yu Hao et Shen Kuo écrivent les ouvrages qui décrivent brièvement les domaines de l'architecture, de l'artisanat et de l'ingénierie structurelle dans les Xe et XIe siècles. Shen Kuo reprend le dialogue écrit de Yu Hao pour les questions techniques telles que le contreventement des pagodes par des jambes de force obliques[220]. Shen Kuo conserve également les dimensions et unités de mesure utilisées par Yu dans les constructions[221]. L'architecte Li Jie (1065-1110) écrit le Yingzao Fashi (Traité sur les méthodes d'architecture) en 1103. Il y expose longuement les travaux de Yu Hao et compile les codes standards de construction utilisés par les agences du gouvernement central et par les artisans à travers l'Empire[222]. Il aborde les méthodes standard de construction, de conception et de fabrication des fossés et des fortifications, du travail de la pierre, du bois, de la sculpture sur bois, du tournage et du perçage, du sciage, du travail du bambou, du carrelage, de la construction de murs, de la peinture et de la décoration, de la brique, du vitrage, et fournit des proportions pour les formules de mortier dans la maçonnerie[223] - [224]. Dans son livre, Li donne des détails et des illustrations nettes de composants architecturaux et des coupes de constructions. Ces illustrations montrent diverses applications des corbeaux, encorbellements, assemblages à tenon et mortaise en charpenterie, ainsi que des schémas indiquant les divers types de construction de différentes tailles[225]. Il expose également brièvement les unités standard de mesure de tous les composants de construction décrits et illustrés dans son livre[226].

Le gouvernement est √† l'origine de projets grandioses de construction. Des pagodes bouddhistes sont √©rig√©es et des ponts √©normes construits (en bois ou en pierre, en tr√©teaux ou en arc). Nombre de pagodes √©rig√©es durant la p√©riode Song d√©passent une hauteur de dix √©tages. Parmi les plus fameuses, on trouve la Pagode de fer construite en 1049 et la Pagode Liuhe datant de 1165. La plus grande est la Pagode Liaodi construite en 1055 dans la province du Hebei, qui culmine √† 84 m√®tres. Certains ponts atteignent la longueur de 1 220 m√®tres et sont suffisamment larges pour permettre √† deux charrettes de s'y croiser[227]. L'√©poque de la dynastie Song voit √©galement appara√ģtre un nouveau type de ponts, le pont arc-en-ciel. Construit en bois, ce dernier permet d'√©riger un pont en arc avec une plus grande port√©e que les ponts en pierre et √† moindre co√Ľt. Le gouvernement supervise enfin la construction de ses propres bureaux administratifs, de ses palais, appartements, des fortifications des villes, de temples pour les anc√™tres et de temples bouddhistes[228].

Les professions d'architecte, artisan, charpentier et ing√©nieur ne sont pas professionnellement √©quivalentes √† celle de fonctionnaire confuc√©en. Le savoir architectural se transmet oralement depuis des milliers d'ann√©es en Chine, dans la plupart des cas de p√®re √† fils. Des √©coles d'architecture et de g√©nie civil font leur apparition sous la p√©riode Song. Une des √©coles de g√©nie civil les plus r√©put√©es est dirig√©e par le b√Ętisseur de ponts Cai Xiang (1012-1067) dans la province du Fujian[229].

Schéma extrait du manuel architectural de Li Jie, le Yingzao Fashi, imprimé en 1103.

Outre les b√Ętiments existants et la litt√©rature technique des manuels de construction, les Ňďuvres d'art de la dynastie Song d√©peignant des paysages urbains et d'autres b√Ętiments, ce qui aide les universitaires modernes dans leurs tentatives de reconstruction et de r√©alisation de l'architecture Song. Les artistes de cette √©poque tels Li Cheng, Fan Kuan, Guo Xi, Zhang Zeduan, l'empereur Song Huizong et Ma Lin peignent des illustrations tr√®s d√©taill√©es de b√Ętiments, tout autant que d'importants paysages urbains comportant des ponts en arc, des salles et pavillons, des pagodes et des murs d'enceinte. Le scientifique et homme politique Shen Kuo est connu pour ses critiques d'art architectural, pensant qu'il est plus important pour un artiste de capturer une vue holistique d'un paysage que de se focaliser sur les angles et les coins des b√Ętiments[230]. Par exemple, Shen critique le travail du peintre Li Cheng qui √©choue dans l'observation du principe de ¬ę voir le petit dans un point de vue large ¬Ľ lorsqu'il d√©peint les b√Ętiments[230].

On trouve √©galement des tombes √† structures pyramidales sous l'√®re Song, comme les tombes imp√©riales √† Gongxian, dans la province du Henan[231]. √Ä environ 100 km de Gongxian, se trouve une tombe de la dynastie Song √† Baisha, qui dispose de fac-simil√©s √©labor√©s en brique de la construction √† ossature en bois traditionnelle en Chine, des linteaux des portes aux piliers et de l'ensemble des supports qui ornent les murs int√©rieurs[231]. Les deux grandes chambres de cette tombe sont surmont√©es d'un toit de forme conique[232]. Bordant les avenues menant aux tombes, les statues de pierre de la dynastie Song repr√©sentent des fonctionnaires, gardiens des tombes, animaux et cr√©atures mythologiques.

Archéologie

En plus de l'intérêt manifesté par la noblesse Song pour la collection d'antiquités, les fonctionnaires érudits de cette période adorent récupérer d'anciennes reliques de sites archéologiques, afin de redécouvrir les traditions des anciennes cérémonies rituelles[233]. Les fonctionnaires de la dynastie Song prétendent avoir découvert de la vaisselle en bronze qui aurait été fabriquée sous la dynastie Shang (1600 à 1046 av. J.-C.), qui porte des caractères de cette époque[234]. Certains tentent même de reproduire ces bronzes en utilisant leur propre imagination et sans avoir jamais observé un exemplaire réel de relique. Cette pratique est critiquée par Shen Kuo en 1088[233]. Ce dernier s'oppose à l'idée de ses pairs selon laquelle les anciennes reliques sont des produits créés par de fameux sages en suivant les traditions de l'ancienne classe aristocratique. Shen attribue légitimement la découverte de manuscrits et de vaisselles anciennes au travail d'artisans et roturiers des précédentes époques[233]. Il désapprouve également l'intérêt de ses pairs pour l'archéologie simplement pour améliorer les cérémonies rituelles. Shen ne donne pas seulement une approche interdisciplinaire de l'étude de l'archéologie, mais il souligne également l'importance de l'étude de la fonctionnalité et de l'enquête sur le processus de fabrication des anciennes reliques originales[233]. Shen utilise d'anciens textes et les modèles existants sur les sphères armillaires pour en créer une basée sur les anciens standards. Il décrit d'anciens équipements de guerre tels que le viseur sur les arbalètes. Alors qu'il mène une expérience sur les anciennes mesures musicales, Shen suggère de suspendre une cloche du type antique bianzhong en utilisant une poignée creuse[233].

Les érudits Song prétendent avoir collecté des reliques anciennes datant de la dynastie Shang, comme ce bronze Ding.

Malgr√© l'int√©r√™t de la noblesse pour l'arch√©ologie simplement pour revivre les anciennes c√©r√©monies rituelles, certains pairs de Shen abordent une approche similaire de l'√©tude arch√©ologique. Son contemporain Ouyang Xiu (1007-1072) compile un catalogue analytique d'anciens frottements sur pierre et bronze qui pr√©sume les concepts d'√©pigraphie et d'arch√©ologie[177]. Durant le XIe si√®cle, les √©rudits Song d√©couvrent l'ancien tombeau de Wu Liang (78-151), un √©rudit de la dynastie Han (-202 ‚Äď 220). Ils r√©v√®lent les sculptures et bas-reliefs qui d√©corent les murs de la tombe pour les analyser[235]. Sur la faillibilit√© des travaux d√©crits apr√®s cette d√©couverte, Zhao Mingcheng statue que ¬ę les inscriptions sur la pierre et le bronze sont r√©alis√©es √† l'√©poque o√Ļ les √©v√®nements ont lieu et peuvent √™tre crues sans r√©serve et ainsi les divergences peuvent √™tre lev√©es ¬Ľ[236]. L'historien R.C. Rudolph indique que l'importance donn√©e par Zhao √† la consultation des sources contemporaines pour une datation exacte se rapproche du soin pris par l'historien allemand Leopold von Ranke (1795-1886) pour obtenir un m√™me objectif[236], et se retrouve chez de nombreux √©rudits Song[237]. L'√©rudit Hong Mai (1123-1202) critique s√©v√®rement ce qu'il appelle le catalogue arch√©ologique ¬ę ridicule ¬Ľ de la cour, le ¬ę Bogutu ¬Ľ, compil√© par Zheng He et Xuan He (1111-1125) durant le r√®gne de Huizong[238]. Hong Mai s'est procur√© de l'ancienne vaisselle de la dynastie Han et l'a compar√©e avec les descriptions du catalogue. Ce qu'il y d√©couvre est tellement inexact qu'il a d√Ľ ¬ę tenir [ses] c√ītes de rire ¬Ľ[239]. Il fait remarquer que la documentation erron√©e est la faute du Premier ministre Cai Jing (1047‚Äď1126), qui a interdit aux √©rudits de lire et de consulter l'Histoire √©crite[239].

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Voir aussi

Articles connexes

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