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Relations entre la France et l'Iran

Les plus anciennes relations entre la France et l'Iran attestĂ©es datent du haut Moyen Âge. Elles ont d'abord un objectif politique et religieux lors des croisades, puis avec l'envoi de missionnaires. Par la suite, les relations franco-iraniennes se dĂ©veloppent dans un but plus commercial Ă  partir des SĂ©fĂ©vides. Entre la RĂ©volution française et la PremiĂšre Guerre mondiale, de nombreux contacts se nouent entre les deux pays, avec la mise en place d'une influence culturelle française grandissante en Perse. Ces relations sont pĂ©riodiquement ternies par les manƓuvres des grands empires occidentaux (russe et britannique principalement) visant Ă  peser sur le destin de l'Iran, stratĂ©giquement situĂ© sur les routes entre le Proche-Orient et l'Inde.

Relations entre la France et l'Iran
Drapeau de la France
Drapeau de l'Iran
France et Iran
France Iran
Ambassades
Ambassade d'Iran en France
Ambassade de France en Iran

Depuis la rĂ©volution iranienne et le soutien de la France Ă  l'Irak lors de la guerre Iran-Irak, les relations se sont dĂ©gradĂ©es. De 2003 Ă  2015, les relations entre les deux pays ont Ă©tĂ© fortement influencĂ©es par le dossier nuclĂ©aire iranien et sous la prĂ©sidence de Nicolas Sarkozy, la France a pris des mesures trĂšs sĂ©vĂšres contre l'Iran (dont la proposition du PrĂ©sident français d'imposer un embargo pĂ©trolier europĂ©en Ă  l'Iran). Pendant cette pĂ©riode une multitude d'affaires ont envenimĂ© les relations bilatĂ©rales dĂ©jĂ  trĂšs tendues (prises de position de Bernard Kouchner, attaques successives contre l'Ambassade d'Iran Ă  Paris, affaire Clotilde Reiss, l'affaire Kakavand...). À partir de la victoire de Hassan Rohani, Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle iranienne, et le dĂ©but d'une nouvelle phase dans les nĂ©gociations nuclĂ©aires, les relations bilatĂ©rales sont entrĂ©es dans une nouvelle phase et la signature de l'accord de Vienne sur le nuclĂ©aire iranien (JCPOA ou le Plan Global d'Action conjointe) entre l'Iran et les pays du groupe dit 5+1 (les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et l'Allemagne) le (soit 300 ans aprĂšs que le premier Ambassadeur de Perse ait Ă©tĂ© reçu au Palais de Versailles par le roi de France, Louis XIV) a dĂ©finitivement ouvert un nouveau chapitre dans les relations franco-iraniennes.

Avec la dĂ©cision unilatĂ©rale () du PrĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, de sortir de l'accord nuclĂ©aire et d'appliquer des sanctions contre l'Iran et toutes les entreprises europĂ©ennes et françaises travaillant avec l'Iran (le principe d'extraterritorialitĂ© des lois US), un coup d'arrĂȘt a Ă©tĂ© portĂ© aux dĂ©veloppement des grandes entreprises françaises en Iran ainsi qu'aux grands contrats qui avaient Ă©tĂ© signĂ©s entre les deux pays (Total, PSA, Renault, Airbus, ATR....). Le dans le cadre du sommet du G7 la France invite le ministre iranien des affaires Ă©trangĂšres pour discuter du programme nuclĂ©aire iranien alors que les relations entre Iran et Etats-Unis sont tendues Ă  la suite du retrait des États-Unis de l'accord nuclĂ©aire signĂ© en 2015. Cette rencontre franco-Iranienne marque un nouveau chapitre dans les relations anciennes entre les 2 pays.

Avant 1789

Période pré-safavide

Pendant le haut Moyen Âge, la Perse est surtout connue en Europe Ă  travers des rĂ©cits bibliques, grecs ou latins. Pendant les croisades, lancĂ©es par les Francs, tous les pays musulmans, dont la Perse, sont considĂ©rĂ©s comme des ennemis de la chrĂ©tientĂ©. Les invasions mongoles permettent d'Ă©tablir des contacts entre l'Orient et l'Occident et la France joue un rĂŽle important Ă  ce sujet. En effet, le but de l'Europe est alors de convertir les Mongols, comme ils l'ont fait plus tĂŽt avec les envahisseurs barbares. Des missionnaires franciscains et dominicains sont envoyĂ©s en Perse Il-khanide et des missions sont Ă©tablies Ă  Soltaniyeh, Maragha, Tabriz et Tiflis (aujourd'hui Tbilissi).

La majoritĂ© des lettres Ă©changĂ©es entre les Mongols et les souverains occidentaux contiennent des demandes de soumission. C'est Eljigidei, un chef mongol en ArmĂ©nie et en Perse qui initie l'ouverture diplomatique en 1248 en Ă©crivant Ă  Louis IX. Celui-ci en retour envoie le dominicain AndrĂ© de Longjumeau apporter une lettre Ă  GĂŒyĂŒk, mais le moine arrive aprĂšs la mort du Khan (dirigeant, roi en mongol et en turc) et sa veuve et rĂ©gente, Oghul QaĂŻmich renvoie l'ecclĂ©siastique sans autre ouverture. Les contacts entre les Francs et les Mongols se perpĂ©tuent, sans dĂ©boucher sur une alliance. C'est OldjaĂŻtou qui relance les relations en Ă©crivant Ă  Philippe le Bel en 1305 pour proposer une alliance contre les Mamelouks[1]. Alors que les prĂ©parations d'une nouvelle croisade s'enlisent, OldjaĂŻtou lance une attaque infructueuse contre les Mamelouks (1312–1313). Cette politique est par la suite abandonnĂ©e par son successeur, Abou-SaĂŻd Bahadour qui signe le TraitĂ© d'Alep avec les Mamelouks en 1322. Alors que la coopĂ©ration diplomatique est abandonnĂ©e, les activitĂ©s missionnaires, commerciales et les voyages continuent.

PĂ©riode safavide

Carte reprĂ©sentant l'État safavide entre 1512 et 1722.

L'avĂšnement de Shah IsmaĂŻl (1501) correspond Ă  l'extension de la puissance ottomane dans le golfe Persique et l'ocĂ©an Indien. Le Shah souhaite alors une alliance avec certains souverains europĂ©ens pour contrer les Ottomans, mais les Français restent absents. En effet, François Ier avait signĂ© en 1536 un traitĂ© d'alliance avec Soliman le Magnifique afin de restreindre le pouvoir de Charles Quint, ce qui l'empĂȘche de rĂ©pondre aux souhaits du Shah. À la suite des invasions des Ottomans dans le nord-ouest de la Perse, en 1547 puis en 1604, les Perses sont forcĂ©s de capituler et l'alliance de la France avec les Turcs empĂȘche Henri IV de rĂ©pondre aux demandes d'ouverture adressĂ©es par le Shah Abbas Ier.

La premiÚre tentative pour établir des relations directes entre la France et la Perse est faite par Louis XIII, qui se sert du prétexte d'envoyer une mission de marchands marseillais pour convaincre Shah Abbas de la volonté du roi de France de servir de médiateur entre la Perse et les Ottomans. Cette mission est menée par Louis Deshayes et a pour but non avoué de réduire l'influence du Portugal (et de l'Espagne, qui est son suzerain entre 1580 et 1640) en Orient. Le Shah allait accorder des privilÚges aux Français, comme les droits exclusifs de protéger les catholiques en Perse, des facilités pour établir des missions catholiques et le monopole du commerce sur la route du levant, mais cette mission est rendue impossible par le grand vizir des Ottomans.

Alors que les missionnaires présents en Iran sont surtout des augustins portugais ou des carmélites italiens et espagnols, Richelieu envoie deux moines capucins à la cour de Shah Abbas[2]. Les missionnaires français jouent par la suite un rÎle important, en informant les marchands, les voyageurs et les diplomates grùce à leur connaissance poussée de l'Iran. Le plus représentatif de ces missionnaires est le capucin Raphaël du Mans, qui réside à Ispahan de 1647 à sa mort en 1696, qui joue un rÎle de traducteur et de négociateur lors de l'établissement de la Compagnie française des Indes, ainsi qu'un rÎle d'informateur auprÚs de Colbert.

La guerre de Succession d'Espagne et les projets pour diminuer la puissance navale de Mascate mettent en sommeil les relations franco-persanes, qui sont renouvelĂ©es par la mission de Jean Billon de Cancerille Ă  la cour safavide en 1700. Celui-ci recommande que le commerce avec l'Orient se fasse par la route du Levant. La mission de Billon de Cancerille est suivie par celle de Jean-Baptiste Fabre (qui meurt en route Ă  Erevan) puis celle de Pierre-Victor Michel. Ce dernier rĂ©ussit Ă  obtenir un traitĂ© de capitulation en 1708[3]. Ce premier traitĂ© officiel accorde la protection aux missions chrĂ©tiennes et facilite le commerce. Des clauses monĂ©taires et une lettre additionnelle promettant le dĂ©ploiement de navires de guerre français dans le golfe Persique afin de combattre les Omanis sont trĂšs avantageuses pour les Persans. Toutefois, la guerre en France et les difficultĂ©s rencontrĂ©es lors du voyage retardent la ratification du traitĂ© Ă  1712. Le clergĂ© armĂ©nien, irritĂ© par le prosĂ©lytisme des missionnaires, rĂ©ussit Ă  faire annuler leurs privilĂšges qui doivent ĂȘtre renĂ©gociĂ©s. De plus, malgrĂ© les privilĂšges accordĂ©s aux marchands de Saint-Malo, aucun bateau français n'apparaĂźt dans le golfe Persique, ce qui fait douter le gouvernement persan de l'authenticitĂ© des lettres remises par les missionnaires au nom de Louis XIV. Mohammad Reza Beg, maire d'Erevan, est envoyĂ© en France, et est reçu en grande pompe par Louis XIV Ă  Versailles le , ce qui marque le dĂ©but de nouvelles nĂ©gociations pour dĂ©boucher sur un nouvel accord le , cette fois-ci plus favorable pour le commerce français[4]. Cependant, avec la chute de la dynastie safavide en 1722, l'accord ne sera pas appliquĂ© et le commerce français en Perse n'augmentera pas. La crĂ©ation de la Compagnie française des Indes orientales (1719), privilĂ©giant la route passant par l'ocĂ©an limitera par la suite les relations franco-persanes.

Entre la Révolution française et la PremiÚre Guerre mondiale

1789–1849

MalgrĂ© l'hostilitĂ© de Catherine II de Russie vis-Ă -vis de la Perse et de la RĂ©volution française, l'ascendance des Qajars en Perse ainsi que les changements induits par la rĂ©volution en France ne rapprochent pas les deux pays. En 1804, cependant, Fath Ali Chah Qadjar espĂšre que NapolĂ©on pourra l'aider Ă  rĂ©cupĂ©rer la GĂ©orgie, alors que NapolĂ©on pense que le souverain perse pourrait accĂ©lĂ©rer la dĂ©faite de la Russie et ouvrir la voie vers l'Inde. C'est Ă  ces fins qu'est conclu le TraitĂ© de Finkenstein le . Mais la volte-face de NapolĂ©on, qui signe le TraitĂ©s de Tilsit le 7 juillet de la mĂȘme annĂ©e, les difficultĂ©s rencontrĂ©es sur la route de la Perse pour faire parvenir le traitĂ© au souverain Qajar et les manƓuvres diplomatiques des Britanniques rendent le traitĂ© de Finkenstein inopĂ©rant. L'inaction des Français par la suite pousse Fath Ali Shah Ă  se tourner vers les Britanniques Ă  la place[5]. En 1811, les relations entre la France et la Perse sont interrompues. Pendant la pĂ©riode qui suit, les relations sont menĂ©es par des intermĂ©diaires sans statut diplomatique; par exemple l'ArmĂ©nien Davoud Khan Malekshah Nazar, qui sert les cours française et perse entre 1802 et 1818[6], les officiers français instruisant les troupes de Abbas Mirza Ă  Tabriz[7] et Madame de la MariniĂšre, française servant de tuteur Ă  certains enfants de la cour[8].

Pendant les rÚgnes de Mohammad Chah Qadjar (1834-1848) et Louis-Philippe Ier (1830-1848), les négociations sont relancées par les Persans, dont les relations avec les Anglais se détériorent aprÚs la perte de Hérat (1837). Mirza Hosein Khan est envoyé à la cour française en août 1838 et est reçu par Louis-Philippe Ier. La France accepte ensuite de fournir des armes et des instructeurs militaires à l'Iran afin de remplacer les Britanniques. En septembre de l'année suivante, Mirza Hossein Khan quitte Paris accompagné d'un souffleur de verre, d'un armurier et de neuf sous-officiers sous le commandement de Henry Boissier[9].

À TĂ©hĂ©ran, les Russes sont peu enclins Ă  partager leur influence, et Mohammad Shah s'arrange pour que les officiers français ne reçoivent pas leur solde. La mission quitte la Perse en 1840 mais les liens culturels demeurent forts entre les deux pays. EugĂšne Bore, envoyĂ© par l'AcadĂ©mie des inscriptions et belles-lettres obtient un firman le [10] l'autorisant, ainsi que les lazaristes, Ă  ouvrir des Ă©coles françaises.

Les relations sont rĂ©tablies en 1844, cette fois Ă  l'initiative des Français, qui veulent signer un traitĂ© commercial mais aussi pour protĂ©ger les missionnaires lazaristes qui ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s en AzerbaĂŻdjan. Cette mission dĂ©bouche sur la nomination de Ernest Cloquet en tant que mĂ©decin personnel du Shah en 1846 et la proclamation de dĂ©crets visant Ă  protĂ©ger les Ă©coles lazaristes fondĂ©es afin d'Ă©duquer les ChaldĂ©ens d'Iran. Ce renouveau des relations franco-perses, stimulĂ© par l'envoi d'une expĂ©dition scientifique menĂ©e par le gĂ©ographe Hommaire de Hell, est une nouvelle fois arrĂȘtĂ© par la chute de Louis-Philippe Ier en fĂ©vrier 1848, car la Perse ne fait pas partie des prioritĂ©s de la RĂ©publique. Les condolĂ©ances pour la mort de Mohammad Shah (1848) n'arrivent Ă  TĂ©hĂ©ran qu'en . Par la suite, Amir Kabir, grand vizir de Nassereddine Shah, n'aura pas confiance dans le gouvernement rĂ©publicain français et rejettera toute tentative de rapprochement, dont un traitĂ© commercial en 1848, et oubliera mĂȘme de payer les employĂ©s français du gouvernement persan.

1850–1871

Dessin représentant Amin o Dowleh, chef de la délégation perse à la cour de Napoléon III.

Ces deux dĂ©cennies sont une pĂ©riode de comprĂ©hension et d'entente cordiale entre les deux pays, avec des dĂ©lĂ©gations bien Ă©tablies Ă  TĂ©hĂ©ran et Ă  Paris. En 1852, le premier ministre Mirza Aqa Khan Nour Etemad al-Dawleh a besoin d'une puissance mĂ©diatrice afin de l'aider Ă  conclure de nouveau une alliance avec les Anglais. Le premier ministre perse accepte alors un traitĂ© commercial proposĂ© par la France 3 ans plus tard, en . Ce traitĂ© est finalisĂ© en 1856 et en , le dĂ©lĂ©guĂ© perse en France revient avec une mission militaire française en Perse[11]. Un an plus tard, un nouveau dĂ©lĂ©guĂ© perse est nommĂ© Ă  Paris ; ce dĂ©lĂ©guĂ© est aussi chargĂ© de l'Ă©ducation en Europe d'environ 60 Ă©tudiants, diplĂŽmĂ©s de Dar-ol-Fonoun pour la plupart. À cette Ă©poque, la reprĂ©sentation diplomatique de l'Iran en France est relativement importante, avec un attachĂ© militaire Ă  Paris et plusieurs consuls Ă  Paris et en province. NapolĂ©on III, qui est empereur Ă  partir de 1852, rĂ©pond en Ă©tablissant une lĂ©gation française Ă  TĂ©hĂ©ran en juillet 1854. La tĂȘte de cette lĂ©gation n'est considĂ©rĂ©e que comme un poste mineur depuis Paris, principalement un poste d'observation aux intĂ©rĂȘts limitĂ©s. Les fonctionnaires qui se succĂšdent Ă  ce poste permettent quand mĂȘme d'asseoir les bases de l'influence française en Perse Ă  travers les rĂŽles de protection, d'Ă©ducation, de mĂ©decins Ă  la cour et de conseillers militaires.

C'est Ă  cette Ă©poque que sont ouverts plusieurs consulats français en Iran, Ă  Racht en 1864 et Ă  Tabriz en 1866. La tradition du mĂ©decin de cour français est maintenue avec la nomination en 1858 du docteur Joseph DĂ©sirĂ© Tholozan (du corps de santĂ© de l'armĂ©e française) Ă  ce poste. Les conseillers militaires retrouvent eux aussi une place d'honneur avec la mission du colonel Victor Brongniart qui sert directement sous les ordres du commandant de l'armĂ©e perse, certains officiers restant mĂȘme aprĂšs la fin de leur contrat en tant qu'instructeurs au CollĂšge militaire de TĂ©hĂ©ran ou en contribuant Ă  la crĂ©ation d'usines d'armes modernes comme le capitaine Michel Rous[11].

Cette époque se finit par la défaite française à Sedan en 1870, la chute de l'empire pour la république et la capitulation de Paris, qui fait perdre toute confiance envers la France aux Iraniens.

De 1871 Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale

Nassereddine Shah visitant l'Exposition de Paris en 1889.
Mozaffareddine Chah fait la couverture du Petit Journal le , lors de sa visite Ă  Paris.

Pendant cette pĂ©riode, les relations sont officiellement maintenues, mais n'ont pas grande importance politique, une France vaincue n'ayant que peu d'intĂ©rĂȘt pour le gouvernement perse qui est extrĂȘmement faible et qui recherche des protecteurs puissants. Le pays n'a presque aucune infrastructure, ni route carrossable, ni chemin de fer, ni aucune infrastructure hospitaliĂšre, Ă  part quelques dispensaires dans les grandes villes, dont certains sont tenus par des sƓurs d'Ă©ducation française. Pendant cette mĂȘme pĂ©riode, la Perse est en proie Ă  une trĂšs grande rivalitĂ© entre la Grande-Bretagne et la Russie, dans le cadre du Grand Jeu. La position de la France - puissance neutre dans la rivalitĂ© des deux pays - est alors paradoxale: son influence culturelle est grandissante avec la pratique de la langue française dans l'Ă©lite, mais elle ne perce pas d'un point de vue commercial et politique. De cette Ă©poque subsisteront d'ailleurs de nombreux emprunts au français dans la langue persane. Du cĂŽtĂ© français, les livres de Marcel et Jane Dieulafoy font dĂ©couvrir Ă  un large public français la misĂšre et l'arriĂ©ration sociale de la Perse et ses grandeurs archĂ©ologiques passĂ©es.

La représentation diplomatique de la Perse en France est alors plus forte que jamais, puisqu'on compte treize consuls ou vice-consuls perses résidant en France (deux à Paris et Bastia, un à Bayonne, Béziers, Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Nice et Rouen). La relation cordiale entre les deux pays se renforce encore avec les visites officielles de Nassereddine Shah et de Mozaffareddine Chah en France, ainsi que la participation de la Perse aux grandes expositions de 1878 et 1900. En 1905, Samad Khan Momtaz os-Saltaneh est nommé ambassadeur de Perse à Paris.

Pendant ce temps, en Perse, l'activitĂ© diplomatique et commerciale des reprĂ©sentants français continue, et les mĂ©decins français des Qadjars fournissent une source importante d'influence Ă  la cour. Certains Français ont agi de leur propre chef pour dĂ©velopper des projets Ă©conomiques en Perse, comme l'Ă©tablissement de raffineries de sucre dans le Guilan en 1878 par Messieurs Barral et Rambaud, l'Ă©clairage au gaz de TĂ©hĂ©ran en 1881 par Boital[12], ou encore l'ouverture de pharmacies Ă  Tabriz et TĂ©hĂ©ran par M. Coppin. En 1912, un « syndicat franco-iranien » est mĂȘme crĂ©Ă©, permettant d'exploiter du charbon et divers minĂ©raux au sud de la mer Caspienne.

Cependant, à partir des années 1890, la France commence à chercher une alliance avec la Russie (alliance franco-russe), puis, quelques années plus tard, entrevoit la possibilité d'une triple alliance avec la Grande-Bretagne. La Russie limitera les ambitions de la France dans cette partie du globe. Malgré la création de l'Union franco-persane en 1909, l'aide de la France se limite à envoyer quelques conseillers en matiÚres militaires, agricoles et financiÚres. La Perse est alors un des pays les plus pauvres du monde, avec un fort taux d'analphabétisme et une situation sanitaire précaire.

Malgré ces quelques réussites commerciales, et en prenant en compte les exportations d'armes et d'alcool, la France n'est que le cinquiÚme partenaire commercial de la Perse en 1914 ; ce qui souligne le déclin de l'influence française[13]. Malgré ce déclin économique, les contributions culturelles, archéologiques et à l'éducation en Perse montrent un fort dynamisme. De plus, le gouvernement français accorde une protection officielle aux citoyens suisses, grecs et italiens, ainsi qu'à partir de 1911 aux officiers suédois qui encadrent et forment depuis plusieurs décennies la gendarmerie persane (comme le font les officiers russes qui encadrent la brigade cosaque persane).

Le chah Mozaffaredin Ă  sa visite en France (photo prise Ă  Martigny-les-Bains en 1902).

Pendant la PremiÚre Guerre mondiale, cette politique est maintenue. La Perse souhaite cependant que la France participe à l'évacuation des troupes russes et britanniques de Perse en 1917, et en septembre de cette année, la France envoie un hÎpital mobile (appelé « l'Ambulance ») à Tiflis (Tbilissi aujourd'hui) pour traiter les blessés russes qui combattent contre les Ottomans. Cette « Ambulance » est ensuite envoyée à Ourmia aprÚs le départ des Russes (fin de la guerre négociée par Lénine) afin de fournir une aide humanitaire ainsi qu'un assistance militaire. Cette décision, qui a été prise par le Quartier général de Tiflis sans concertation ni avec Paris, ni avec Téhéran, aura des répercussions non voulues, puisque des combats éclatent entre les milices chrétiennes présentes dans la région et le Parti démocratique de l'Azerbaïdjan, soutenu par les Bolcheviks.

Sur l'ensemble de la période, on voit donc que la France reste dans le cadre des relations entre l'Iran d'une part et la Grande-Bretagne ainsi que la Russie d'autre part; la politique française restant réservée par rapport à celle de ces deux autres partenaires européens.

PĂ©riode entre la PremiĂšre Guerre mondiale et la chute de Mohammad Reza Shah Pahlavi

Ascension de la dynastie Pahlavi

À l'issue de la PremiĂšre Guerre mondiale, la Perse, thĂ©oriquement neutre, est en fait soumise Ă  l'influence britannique, puisque l'Empire russe s'est effondrĂ©. En effet, la prĂ©sence des South Persia Rifles et le fait que la brigade cosaque persane soit payĂ©e par la lĂ©gation britannique montre cette influence. Cette hĂ©gĂ©monie britannique indispose Paris, puisque la Perse est adjacente Ă  la « Bande de Mossoul », zone allouĂ©e Ă  la France aprĂšs les accords Sykes-Picot de 1916. Le dĂ©part des Russes et des Allemands de Perse offre alors l'occasion Ă  la France de rĂ©aliser ses ambitions dans ce pays. Les diplomates français arguent du fait que la France n'y a pas de passĂ© colonial, et peut alors y exercer une influence notable.

À cette Ă©poque, l'influence diplomatique de la France est pourtant faible en Perse : la Belgique avait alors plus de reprĂ©sentants diplomatiques en Perse que la France, et Morgan Shuster ne fait aucune rĂ©fĂ©rence Ă  la France dans son livre The strangling of Persia, rĂ©cit de son poste de conseiller financier auprĂšs du gouvernement perse en 1911.

La France pour augmenter sa présence en Perse réalise donc plusieurs projets :

  • CrĂ©ation d'une banque française Ă  TĂ©hĂ©ran,
  • Augmentation du nombre d'enseignants français Ă  Dar-ol-Fonoun et Ă  la facultĂ© de Droit de l'UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran;
  • Fondation d'un lycĂ©e français et d'une Ă©cole d'agriculture;
  • Ajout d'une section commerciale Ă  la lĂ©gation française;
  • Mise en place d'un service international de TSF pour contrer les services britanniques et allemands;
  • Publication d'un journal en langue française en Iran, dont la langue est de plus en plus parlĂ©e (c'Ă©tait encore la langue diplomatique et une sorte de lingua franca au Proche-Orient);
  • Augmentation du nombre de consulats.

Les autres projets, plus politiques, étaient d'envoyer des conseillers au gouvernement persan, et d'envoyer une mission militaire française pour entraßner l'armée persane.

La publication de l'accord anglo-persan de 1919 ainsi que le refus des Britanniques de laisser la Perse participer Ă  la confĂ©rence de Versailles montrent que les Britanniques sont fortement rĂ©ticents Ă  laisser la Perse dĂ©cider de son sort et que d'autres puissances Ă©trangĂšres fassent de l'ingĂ©rence dans les relations perso-britanniques. Le premier ministre de l'Ă©poque, Wotouq-al Dawla a mĂȘme essayĂ© de convaincre Bonin, diplomate français en Perse, de se faire aider par son collĂšgue amĂ©ricain afin d'obtenir auprĂšs des britanniques l'annulation de l'accord anglo-persan aprĂšs qu'il a Ă©tĂ© signĂ©[14]. Le coup d'État de Reza Pahlavi du amĂšne les Français Ă  penser que la pĂ©riode française en Perse est enfin arrivĂ©e. En effet, le fait que les diplomates britanniques Ă  TĂ©hĂ©ran ne soient pas au courant de l'implication de leur gouvernement, qu'une majoritĂ© d'officiers ayant rĂ©alisĂ© le coup d'État aient Ă©tĂ© formĂ©s en France, ainsi que la dĂ©cision de Reza Khan de refuser tout ingĂ©rence britannique dans l'organisation de l'armĂ©e le laisse Ă  penser. De plus, Reza Khan dĂ©cide en juin 1943 d'envoyer 46 Ă©lĂšves officiers se former dans des Ă©coles militaires françaises[15]. Cependant, aprĂšs la confĂ©rence de San Remo de , la France, prĂ©fĂ©rant mettre en place ses protectorats au Proche-Orient, accepte de ne pas contester l'hĂ©gĂ©monie britannique en Perse.

Les rapports de la France avec Reza Shah

Musée national d'Iran, conçu par l'architecte français André Godard au début du XXe siÚcle.

Les Perses ne sont pas indifférents à la victoire de la France sur l'Allemagne et au prestige militaire de Clemenceau. La France est alors trÚs bien considérée par Reza Shah, qui envoie les cadets de l'armée perse en formation en France. Ce programme de formation est autorisé par le Parlement persan en 1922 et durera une décennie. Des officiers français sont recrutés par l'armée iranienne pour former des Iraniens à l'académie militaire de Téhéran[16].

De plus, la France est alors le modÚle pour la formation de l'éducation secondaire en Iran, le dabirestan persan étant fondé sur le modÚle du lycée français. Les cursus de l'université de Téhéran sont aussi calqués sur le modÚle français, et les conseillers et professeurs français apportent une aide notable, particuliÚrement aux facultés de médecine et des beaux-arts[16]. De nombreux étudiants iraniens partent aussi étudier en France à cette époque. C'est une époque nouvelle qui s'ouvre: officiellement la Perse prend le nom d'Iran et une loi interdit le voile islamique. Le pays entre dans la modernité.

Ce sont des articles dans des journaux satiriques français qui font se détériorer les relations franco-persanes entre 1933 et 1938; des relations qui deviennent encore plus délétÚres avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement socialiste du Front populaire en France en 1936. En effet, les Iraniens pensent que les grÚves désorganisent l'économie française, ce qui explique le manque de commandes des Iraniens à ce moment-là, ainsi que le refus de l'Iran de participer à l'exposition universelle de Paris de 1937. Les relations diplomatiques avec la France sont rompues en 1938 sous le prétexte d'articles satiriques dans des journaux français à propos de Reza Shah. D'autre part le chah se rapproche de l'Allemagne du TroisiÚme Reich qui à la veille de la guerre est son premier partenaire commercial.

Les relations diplomatiques sont rétablies en mars 1939 à l'occasion du mariage du prince Mohammad Reza avec la princesse Faouzia Fouad.

Les Ă©vĂ©nements de 1940 et l'avĂšnement du gouvernement de Vichy restaurent la confiance de Reza Shah envers la France, qui dĂ©clare Ă  la fĂȘte de Norouz en 1941: « Les Français ont finalement compris, comme nous et aprĂšs nous, que pour ĂȘtre fort, il faut un gouvernement fort »[17]. Le paradoxe est qu'il prononce cette phrase peu de temps avant d'ĂȘtre contraint par les occupants anglo-soviĂ©tiques d'abdiquer et de finir sa vie relĂ©guĂ© en exil en Afrique du Sud. L'occupation anglo-soviĂ©tique de l'Iran en 1941, par crainte de son rapprochement avec l'Allemagne, l'abdication du chah puis l'alliance tripartite entre les Iraniens, les Britanniques et les SoviĂ©tiques ont pour consĂ©quence la fermeture des reprĂ©sentations diplomatiques françaises vichyssoises. L'Iran n'a de toute façon plus aucune indĂ©pendance, Ă©tant devenu de fait un protectorat anglo-soviĂ©tique. Ni Roosevelt, ni Churchill ne se dĂ©placent pour rendre visite au jeune chah lorsqu'ils se rĂ©unissent pour la confĂ©rence de TĂ©hĂ©ran en 1943 et Staline ne vient le voir que rapidement. Le nord du pays est occupĂ© encore plusieurs annĂ©es aprĂšs l'armistice par les troupes soviĂ©tiques qui fomentent des soulĂšvements prosoviĂ©tiques, tandis que se prĂ©pare un rapprochement des communistes de l'AzerbaĂŻdjan soviĂ©tique et de l'AzerbaĂŻdjan iranien. Les compagnies pĂ©troliĂšres sont le monopole des Anglais. La France est occupĂ©e alors Ă  son propre relĂšvement et celui de ses colonies.

La France et Mohammad Reza Shah

C'est le gĂ©nĂ©ral de Gaulle qui aide Ă  restaurer le prestige de la France auprĂšs du chah d'Iran. En effet, le dirigeant de la France libre s'Ă©tait dĂ©jĂ  arrĂȘtĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran en , sur le chemin de Moscou, afin d'assurer au nouveau monarque, Mohammad Reza Pahlavi (que personne n'avait invitĂ© Ă  la confĂ©rence de TĂ©hĂ©ran quelques mois auparavant) l'importance que la France attache Ă  la continuitĂ© monarchique en Iran. De Gaulle se rendra encore en Iran en 1963 et le chah sera le seul chef d'État que le vieux gĂ©nĂ©ral acceptera de recevoir Ă  Colombey avant de mourir. Le rĂšgne du nouveau chah apparaĂźt prometteur aprĂšs la guerre, car il a Ă©tĂ© Ă©duquĂ© dans une Ă©cole de langue française (au l'Rosey, en Suisse) et choisit des gouvernantes françaises pour ses enfants. De plus, le langage politique et idĂ©ologique des hommes politiques iraniens (dont Mossadegh) est le français ; nombre de premiers ministres qui suivent Mossadegh parlent couramment le français. Toutefois, la position de la France au cours des guerres de dĂ©colonisation (Guerre d'AlgĂ©rie, d'Indochine) ternit son image auprĂšs du peuple iranien.

La France est à cette époque trÚs présente en Iran au point de vue culturel, mais n'a qu'une importance mineure du point de vue diplomatique, comme le montre l'attribution de seulement 6 % des parts à la Compagnie française des pétroles aprÚs la crise de 1953 et le démantÚlement de l'Anglo-Iranian Oil Company.

La politique de grandeur du chah et son soutien de la part de Washington se perçoivent avec rĂ©serve en France Ă  partir du dĂ©but des annĂ©es 1970, alors que les opinions mĂ©diatiques changent aprĂšs les bouleversements culturels de l'aprĂšs en Europe et que la politique intĂ©rieure du chah est jugĂ©e en Europe comme Ă©tant de plus en plus autoritaire. Le prĂ©sident Pompidou envoie son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas aux cĂ©lĂ©brations de PersĂ©polis [18] en 1971 (pour le 2500e anniversaire de la monarchie perse), alors que monarques et chefs d'État s'y bousculent.

Malgré ces réserves, la France profite de l'augmentation du pouvoir d'achat de l'Iran à la suite du premier choc pétrolier en vendant sa technologie nucléaire, par un contrat signé en 1975 par lequel Framatome se voit confier la construction de cinq centrales nucléaires et l'Iran se voit attribuer une participation dans Eurodif, compagnie créée pour fournir de l'uranium enrichi. La révocation du contrat par le gouvernement de Bakhtiar en 1979 et l'arrivée de la république islamique mettent en péril les relations franco-iraniennes.

RĂ©publique islamique d’Iran

Relations pendant la révolution iranienne

Les relations franco-iraniennes connaissent un intermĂšde thĂ©Ăątral — qui rĂ©trospectivement fait figure de chant du cygne — avec l'arrivĂ©e inattendue de l'ayatollah Rouhollah Khomeini en France le . Celui-ci arrive de son exil de Nadjaf et s'installe Ă  Neauphle-le-ChĂąteau, Ă  une trentaine de kilomĂštres de Paris, avec la permission du prĂ©sident Giscard d'Estaing. Ce dernier ne faisait pas mystĂšre de son dĂ©dain envers le shah. Mohammad Reza Shah, pensant que la popularitĂ© de l'ayatollah baisserait une fois Ă©loignĂ© de Nadjaf, demande au gouvernement français de le garder lĂ -bas, son expulsion ou extradition Ă©tant rendue impossible par la fascination que le personnage suscite alors.

L'ayatollah, encensé par la presse européenne et les intellectuels de l'époque (Michel Foucault prend sa défense, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre se rendent à Téhéran aprÚs la chute du chah en signe de soutien à la révolution islamique), y demeure jusqu'au , date de son retour en Iran. Malgré la sympathie ressentie par les Iraniens envers la France pour avoir accueilli le nouvel homme fort du pays et les opposants de tous bords au régime Pahlavi, aucun privilÚge particulier n'est accordé à la France par le nouveau régime. AprÚs la victoire de la révolution, des vagues successives de réfugiés (monarchistes, puis nationalistes libéraux puis marxistes et enfin musulmans libéraux) arrivent à Paris et en France, aggravant alors la tension entre les deux pays. Chapour Bakhtiar, ancien premier ministre, est le premier réfugié dont l'extradition est demandée par la république islamique, régime qui tente de l'assassiner une premiÚre fois en , sans succÚs, avant d'y réussir à son domicile de Suresnes en 1991.

À partir de 1981, le nouveau gouvernement français, socialiste et laĂŻc, Ă©prouve de fortes inimitiĂ©s envers le nouveau rĂ©gime iranien qui a des vellĂ©itĂ©s thĂ©ocratiques. Les dirigeants de l'opposition iranienne, particuliĂšrement ceux des moudjahiddines du peuple iranien ainsi que Abolhassan Bani Sadr (qui avait fait une partie de ses Ă©tudes en France) se rĂ©fugient en France Ă  partir de 1981. Ces Ă©migrĂ©s partagent la vision de François Mitterrand selon laquelle la « dictature des mollahs Â» est Ă  portĂ©e de main[19]. L'enseignement est bouleversĂ© en Iran avec l'introduction de normes islamiques. Le français n'y a plus sa place et l'anglais est la seule langue Ă©trangĂšre vĂ©ritablement reconnue, malgrĂ© la crise des otages et la rupture des liens diplomatiques amĂ©ricano-iraniens, comme dans une sorte de fascination-rĂ©pulsion. L'Ăšre de la France semble terminĂ©e.

Guerre Iran-Irak et attentats contre la France

AprĂšs le bombardement le par IsraĂ«l de la centrale nuclĂ©aire irakienne de Tammuz (nom irakien de la centrale, en français : Osirak), dont les rĂ©acteurs ont Ă©tĂ© livrĂ©s par les Français, la France rĂ©agit en prenant parti pour l'Irak. Presque tous les citoyens français rĂ©sidant en Iran sont Ă©vacuĂ©s en , et, Ă  la demande des États arabes de la rĂ©gion, l'aide française Ă  l'Irak s'intensifie. Des Mirage F1, commandĂ©s en 1977 sont alors livrĂ©s Ă  l'Irak. En , la France prĂȘte cinq Super-Étendard transportant des missiles Exocet[20] afin de dĂ©truire les installations iraniennes leur permettant d'exporter leur pĂ©trole. La rĂ©ponse de la rĂ©publique islamique ne se fait pas attendre et prend la forme de prise d'otages au Liban et d'attaques terroristes sur le sol français[21].

Bien que la France ait clairement pris parti pour l'Irak lors de ce conflit, elle rĂ©ussit tout de mĂȘme Ă  continuer Ă  vendre des armes Ă  l'Iran grĂące Ă  des canaux indirects.

À la suite de la rĂ©volution de 1979, la France refuse de fournir de l'uranium enrichi Ă  l'Iran. L'Iran n'a pas non plus pu cautionner son investissement dans Eurodif, sociĂ©tĂ© anonyme fondĂ©e en 1973 par la France, la Belgique, l'Espagne et la SuĂšde. En 1975, la part suĂ©doise de 10 % dans Eurodif est attribuĂ©e Ă  l'Iran Ă  la suite d'un accord entre la France et l'Iran. La compagnie française nationalisĂ©e CogĂ©ma et le gouvernement iranien fondent alors la Sofidif (SociĂ©tĂ© franco-iranienne pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse), possĂ©dant respectivement 60 % et 40 % des parts. En retour, la Sofidif a acquis une part de 25 % dans Eurodif, ce qui donne Ă  l'Iran sa part de 10 % dans Eurodif. Reza Shah Pahlavi prĂȘte un milliard de dollars amĂ©ricains (et encore 180 millions de dollars amĂ©ricains en 1977) pour la construction de l'usine Eurodif, afin d'avoir le droit d'acheter 10 % de la production du site. En 1982, le prĂ©sident François Mitterrand refuse de donner le moindre uranium Ă  l'Iran, qui a aussi rĂ©clamĂ© la dette d'un milliard de dollars amĂ©ricains. Le , l'ex-prĂ©sident du directoire d'Eurodif Georges Besse (alors prĂ©sident de la rĂ©gie Renault) est assassinĂ©. L'assassinat intervient le mĂȘme jour que le premier remboursement français Ă  l'Iran dans le cadre d'Eurodif (330 millions de dollars amĂ©ricains). L'acte est revendiquĂ© par des militants d'extrĂȘme gauche d'Action directe. Cependant, ils ont niĂ© toute responsabilitĂ© pendant leur procĂšs. Dans leur enquĂȘte La RĂ©publique atomique, France-Iran le pacte nuclĂ©aire, David Carr-Brown et Dominique Lorentz insistent sur la responsabilitĂ© des services secrets iraniens, qui auraient manipulĂ© Action directe Ă  travers les liens de cette organisation avec les Fractions armĂ©es rĂ©volutionnaires libanaises (FARL). Plus important encore, ils montrent comment l'affaire des otages français est liĂ©e au chantage iranien. Le chantage iranien envers la France est, selon Gilles MĂ©nage, partiellement motivĂ© par la libĂ©ration d'Anis Naccache, chef du commando qui a tentĂ© d'assassiner Chapour Bakhtiar en 1980[22]. Ce chantage s'exprime lors de la sĂ©rie d'attentats en France en 1985-1986[23]. Finalement, un accord est trouvĂ© en 1991 : la France rend plus d'1,6 milliard de dollars amĂ©ricains. L'Iran reste actionnaire d’Eurodif via la Sofidif, un consortium franco-iranien actionnaire Ă  hauteur de 25 % d'Eurodif. Cependant, l'Iran s'est abstenu de demander l'uranium produit[24] - [25].


Chapour Bakhtiar est assassinĂ© le 6 aoĂ»t 1991 Ă  Suresnes, en France, par trois assassins iraniens en mĂȘme temps que son secrĂ©taire, Soroush Katibeh, aggravant ainsi la mĂ©fiance entre les deux nations.

La France se lance Ă  partir de 1987 dans une « guerre diplomatique » pour contrer les attaques terroristes. Paris demande d'abord Ă  ce qu'un traducteur de l'ambassade d'Iran Ă  Paris sans statut diplomatique, Wahid Gordji, comparaisse devant les autoritĂ©s judiciaires françaises pour sa collaboration prĂ©sumĂ©e avec un groupe terroriste ; c'est ensuite au tour de TĂ©hĂ©ran d'accuser le premier conseiller Ă  l'ambassade française, Paul-Marie Torri, d'espionnage. Il sera arrĂȘtĂ© puis libĂ©rĂ© le mĂȘme jour que Wahid Gordji[26] Cette crise diplomatique se solde par une rupture des relations le , les diplomates Ă©tant confinĂ©s dans leurs ambassades jusqu'en dĂ©cembre et les relations diplomatiques ne reprenant complĂštement qu'en .

La révolution puis la guerre Iran-Irak ont complÚtement détruit ce qui restait de culture française en Iran. Le départ de la famille royale et de la haute bourgeoisie, dont la deuxiÚme langue était le français, puis la fermeture des instituts culturels français sont des facteurs déterminants dans cette perte d'influence. Seul l'Institut français de recherche en Iran (IFRI) reste actif, bien qu'il soit officiellement fermé.

Une politique commerciale plus indĂ©pendante des États-Unis (1991–2003)

AprÚs la guerre du Golfe (1990-1991), les pays de la communauté européenne cherchent à adopter une politique plus indépendante, en particulier la France. C'est elle en effet qui mÚne un mouvement de protestation des pays occidentaux contre la loi d'Amato-Kennedy en 1996, car Total avait remporté l'année précédente un contrat de forage en Iran. Depuis l'élection de Mohammad Khatami à la présidence, les pays européens essayent de rétablir le dialogue avec l'Iran. C'est dans ce contexte que le ministre français des affaires étrangÚres, Hubert Védrine, aprÚs avoir essuyé un refus de Jacques Chirac en 1997[27], se rend à Téhéran en août 1998 et invite formellement Khatami en France, visite qui aura lieu l'année suivante. Aujourd'hui, l'Union européenne représente la moitié du commerce extérieur de l'Iran, mais la part de la France reste trÚs inférieure à celle de l'Allemagne ou de l'Italie.

La France Ă©tait en 2002 le troisiĂšme fournisseur de l’Iran, avec 8,5 % des importations iraniennes (2598 MUSD) et son 7e client avec 3,5 % des exportations iraniennes (1078 MUSD)[28]. Les exportations françaises Ă©taient particuliĂšrement concentrĂ©es dans l'industrie automobile, la pharmacie et l'industrie pĂ©troliĂšre. PSA y fait assembler des Xantia, 206 et 405, alors que Renault y prĂ©pare le lancement de sa Logan sur un marchĂ© trĂšs dynamique. La volontĂ© iranienne d'exporter, un moment, les modĂšles ainsi produits donne lieu Ă  des tensions avec les constructeurs. La France importait pour sa part une trĂšs grande majoritĂ© d'hydrocarbures — 3 % des hydrocarbures français proviennent d'Iran. Sont aussi importĂ©s des pistaches ou des tapis qui reprĂ©sentent toutefois un volume beaucoup moins important.

Un accord protégeant et encourageant les investissements est signé par la délégation française du Ministre délégué au commerce extérieur le à Téhéran et entre en vigueur le [29].

Des relations dictĂ©es par la question du nuclĂ©aire (2003–2013)

La France fait partie du groupe UE-3 (avec l'Allemagne et le Royaume-Uni), qui a entamĂ© les nĂ©gociations avec l'Iran visant Ă  faire arrĂȘter la production d'uranium enrichi par l'Iran. La France redoute en fait que le programme nuclĂ©aire civil de l'Iran ne cache un programme militaire, comme le signale le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Philippe Douste-Blazy le : « Aucun programme nuclĂ©aire civil ne peut expliquer le programme nuclĂ©aire de l'Iran. C'est un programme nuclĂ©aire militaire clandestin »[30]. Pour Georges Malbrunot, « depuis presque dix ans, la France apparaĂźt, avec IsraĂ«l, comme le pays occidental le plus dur contre l’Iran »[27].

Une attitude d'abord conciliante (2003-2005)

La France est Ă  l'origine des premiĂšres nĂ©gociations en 2003 aprĂšs les rĂ©vĂ©lations, en 2002, de l'existence du site clandestin d'enrichissement d'uranium de Natanz : ce dialogue avec la RĂ©publique islamique provoque d'ailleurs la colĂšre du prĂ©sident amĂ©ricain George W. Bush, partisan de sanctions contre TĂ©hĂ©ran. Dans le contexte de la guerre d'Irak, les nĂ©gociateurs emmenĂ©s par Dominique de Villepin cherchent alors Ă  montrer « que l'on pouvait traiter le problĂšme des armes de destruction massive autrement que par la guerre ». Le ministre des Affaires Ă©trangĂšres obtient le feu vert de Jacques Chirac pour construire une coalition internationale, mais « se heurte aux rĂ©ticences du Quai d'Orsay, soucieux de ne pas aggraver les tensions avec les États-Unis aprĂšs l'Ă©pisode irakien. La "troĂŻka" formĂ©e par la France avec l'Allemagne et le Royaume-Uni est d'abord bien accueillie par l'Iran, qui redoute l'imposition de sanctions des Nations unies rĂ©clamĂ©es par les États-Unis »[31].

Des relations particuliĂšrement tendues (2005-2013)

Hassan Rohani, 29 janvier 2005

Durant la premiĂšre moitiĂ© de l’annĂ©e 2005 se dĂ©roulent plusieurs visites bilatĂ©rales :

  • Le , le prĂ©sident de la RĂ©publique française Jacques Chirac, intransigeant sur l'abandon du programme nuclĂ©aire militaire iranien, reçoit le SecrĂ©taire iranien au Conseil suprĂȘme de sĂ©curitĂ© nationale, Hassan Rohani (futur prĂ©sident en 2013), Ă  la demande de ce dernier. Rohani, qui « cĂŽtoie rĂ©guliĂšrement les ministres des Affaires Ă©trangĂšres français, allemand et britannique » et reprĂ©sente « une figure trĂšs apprĂ©ciĂ©e car trĂšs sincĂšre » d'aprĂšs l'ancien ambassadeur François Nicoullaud[32], propose de demander quels sont les contrĂŽles supplĂ©mentaires que l'AIEA juge nĂ©cessaires sur les installations nuclĂ©aires iraniennes pour que l'Agence Ă©tablisse une fois pour toutes la bonne foi de l'Iran : il s'engage Ă  respecter ses exigences. Jacques Chirac donne son accord mais Paris ne demandera jamais Ă  l’AIEA de procĂ©der aux contrĂŽles dĂ©cidĂ©s lors de la rencontre Rohani-Chirac. D'aprĂšs un expert des relations franco-iraniennes, « les fonctionnaires ont probablement bloquĂ© cette demande ». Quelques annĂ©es aprĂšs, dans ses MĂ©moires de directeur de l’AIEA, l'Égyptien Mohamed el-Baradei Ă©voquera ce malentendu, affirmant que ses « contacts avec Jacques Chirac allaient dans un sens, et ce que les fonctionnaires français faisaient en parallĂšle allaient dans un autre sens »[33].
  • Le prĂ©sident Khatami rencontre le prĂ©sident de la RĂ©publique française Ă  Paris le , en marge d’une confĂ©rence de l’UNESCO, lors de laquelle il donne un discours sur le dialogue entre les civilisations. Le ministre des Affaires Ă©trangĂšres reçoit son homologue iranien, M. Kamal Kharrazi, qui accompagne le prĂ©sident de l’Iran.
  • M. Xavier Darcos, le ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la CoopĂ©ration au dĂ©veloppement et Ă  la francophonie, se rend Ă  TĂ©hĂ©ran et Ă  Bam le et .

Plus aucune rencontre n'a lieu pendant les huit annĂ©es suivantes, notamment marquĂ©es par la prĂ©sidence de Mahmoud Ahmadinedjad. Avec le dĂ©but de la prĂ©sidence de Nicolas Sarkozy, les tensions avec l'Iran se sont accrues, la position française s'Ă©tant rapprochĂ©e de la position amĂ©ricaine en faveur de sanctions Ă  l'encontre du rĂ©gime iranien[34]. Pour l'ancien ambassadeur de France en Iran François Nicoullaud, « la France a [mĂȘme] basculĂ© vers une position souvent plus dure que celle des États-Unis ». Selon Yves-Michel Riols : « Face Ă  l'impasse des pourparlers et Ă  la dĂ©couverte du site militaire souterrain de Fordow, la France prend l'initiative d'Ă©largir les sanctions, en 2011, pour frapper de plein fouet la machine Ă©conomique iranienne : embargo sur les exportations de pĂ©trole et gel des avoirs de la banque centrale Ă  l'Ă©tranger »[31].

Les motivations de l'intransigeance française

Un tĂ©lĂ©gramme diplomatique rĂ©digĂ© par l’ambassade amĂ©ricaine Ă  Paris et rĂ©vĂ©lĂ© par WikiLeaks en 2010 dĂ©taille les motivations de la France dans son intransigeance Ă  l'Ă©gard du programme nuclĂ©aire iranien :

  • « une croyance ferme en la non-prolifĂ©ration pour prĂ©server la dissuasion nuclĂ©aire française » : selon Georges Malbrunot, « Paris ne veut pas que dans la foulĂ©e d’un Iran nuclĂ©aire, la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite se lancent dans la course Ă  la bombe »[27].
  • « une prĂ©occupation rĂ©elle s’agissant de la menace (que la bombe iranienne fait peser) sur IsraĂ«l », notamment de la part de Laurent Fabius.
  • « une colĂšre personnelle liĂ©e Ă  la façon dont l’Iran a essayĂ© de manipuler la France » dans l’affaire de la chercheuse Clotilde Reiss, sans compter de nombreux autres irritants[27].

Ces motivations perdurent malgrĂ© l'alternance au pouvoir : en effet, d'aprĂšs Georges Malbrunot, « face Ă  une direction iranienne qui a changĂ©, il convient de signaler la continuitĂ© de l’équipe de diplomates français qui gĂšrent depuis des annĂ©es le dossier Iran depuis Paris ou Ă  l’ONU, que leurs dĂ©tracteurs dĂ©peignent avec malice comme des « ayatollahs de l’anti prolifĂ©ration » ou de « grands admirateurs d’IsraĂ«l », voire parfois les deux en mĂȘme temps »[27]. De plus, un spĂ©cialiste estime que « la France se perçoit comme le gardien du temple du contentieux nuclĂ©aire iranien. Paris a toujours eu un sentiment de paternitĂ© du dossier iranien qui a Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment constitutif de la culture stratĂ©gique française », le Quai d'Orsay plaçant ses meilleurs Ă©lĂ©ments sur ce dossier ; et ce au point d'attiser les rivalitĂ©s entre les diffĂ©rentes directions, les « Moyen-Orientaux » s'offusquant d'ĂȘtre marginalisĂ©s au profit des « ayatollahs de la non-prolifĂ©ration ». Pour Yves-Michel Riols, « la France a beaucoup investi dans ce domaine [le nuclĂ©aire], en renseignement et en expertise technique »[31].

La relance par François Hollande du partenariat entre la France et l'Arabie saoudite ajoute une motivation supplĂ©mentaire : celle-ci redoute en effet « l’expansionnisme irano-chiite dans le monde arabe, que ce soit chez elle, Ă  BahreĂŻn, en Irak, au Liban et bien sĂ»r en Syrie, oĂč la chute de Bachar el-Assad – alliĂ©e de l’Iran - a Ă©tĂ© dĂ©finie comme une prioritĂ© par la monarchie wahhabite » dans le contexte de la guerre civile syrienne[27].

Panorama des Ă©changes franco-iraniens

La crise nuclĂ©aire avec l'Iran, Ă  partir de 2003, puis les sanctions internationales adoptĂ©es contre la RĂ©publique Islamique par le conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, l'UE et les États-Unis ont beaucoup modifiĂ© le panorama commercial des annĂ©es 1990, prĂ©cipitant l'Iran dans un marasme Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent. Les exportations françaises se sont contractĂ©es et les importations de pĂ©trole ont Ă©tĂ© complĂštement suspendues tandis que Total achevait son retrait du pays.

D'aprĂšs Le Monde : « Alors qu'ils avoisinaient les 4,5 milliards d'euros Ă  leur plus haut en 2006, les Ă©changes commerciaux entre Paris et TĂ©hĂ©ran sont tombĂ©s Ă  379 millions d'euros pour les huit premiers mois de 2013. La France, qui exportait encore pour 803 millions d'euros l'an passĂ©, a vu ses ventes chuter de moitiĂ© [entre janvier et novembre 2013]. En cause : la dĂ©cision de l'Union europĂ©enne d'interdire depuis 2012 au secteur bancaire iranien l'accĂšs au rĂ©seau Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). Une mesure qui paralyse les flux financiers et empĂȘche les sociĂ©tĂ©s de rapatrier dans l'Hexagone les bĂ©nĂ©fices engrangĂ©s en Iran »[35].

Une anecdote rapportĂ©e par Georges Malbrunot illustre la vigilance de l'administration française quant au respect des sanctions internationales par les entreprises hexagonales qui rĂ©alisent des activitĂ©s en Iran : en 2012, « l’une d’elles a dĂ» livrer au ministĂšre de l’Économie l’intĂ©gralitĂ© de ses factures, soit deux mĂštres cubes de paperasse »[27].

AprÚs avoir supprimé le poste de représentant chargé des affaires économiques et commerciales auprÚs de son ambassade à Téhéran pendant quelques années, la France décide de le renouveler en 2014 et satisfait ainsi le souhait des industriels et diplomates français sur place, auquel le Quai d'Orsay s'est un temps opposé[36].

Le cas du secteur automobile

Le secteur automobile a été particuliÚrement touché. En 2012 et 2013, une polémique éclate alors que les groupes PSA et Renault, implantés en Iran depuis l'époque du Shah[37] (Peugeot a notamment occupé jusqu'à 30 % du parc iranien[35]), se voient interdire toute nouvelle vente dans le pays, du fait du renforcement des sanctions internationales contre l'Iran, de la fusion de PSA avec General Motors, et d'un ordre du président américain Barack Obama[37].

Fin , le prĂ©sident de la Commission des finances du SĂ©nat, Philippe Marini, s'alarme des nouvelles sanctions amĂ©ricaines contre l'Iran qui vont, selon lui, affecter durement les groupes automobiles français. Dans une tribune transmise Ă  l'agence Reuters, il appelle les autoritĂ©s françaises Ă  obtenir de la prĂ©sidence des États-Unis une exemption pour la France ou l'engagement que les mesures prĂ©vues ne seraient pas mises en Ɠuvre Ă  son encontre[37].

Mais selon Le Monde, la perte du marchĂ© iranien ne correspondrait qu'Ă  un manque Ă  gagner pour Peugeot de 640 Ă  850 millions d'euros, soit une part dĂ©risoire de son chiffre d'affaires en 2011, qui s'Ă©levait Ă  42,7 milliards d'euros[38] ; tandis que PSA rĂ©fute tout lien entre la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois et la cessation de ses activitĂ©s en Iran[39]. Quant Ă  Renault, la crise commerciale avec l'Iran lui coĂ»te 500 millions d'euros en 2013[40] : « prĂšs de 103 000 vĂ©hicules ont Ă©tĂ© vendus en Iran en 2012, contre seulement 31 382 entre janvier et septembre 2013 », ses activitĂ©s s'Ă©tant arrĂȘtĂ©es Ă  l'Ă©tĂ© 2013[41].

Les marques sud-corĂ©ennes et chinoises ont ainsi profitĂ© de ce contexte pour s'implanter dans le pays[35]. Et durant le second semestre 2013, General Motors, qui avait fait pression sur PSA lors de leur alliance afin que le groupe français interrompe ses livraisons de piĂšces dĂ©tachĂ©es en Iran, mĂšne une offensive pour y Ă©tendre ses propres activitĂ©s commerciales, notamment en prenant contact avec Iran Khodro, la sociĂ©tĂ© iranienne qui assemblait pour le compte de PSA des Peugeot 206 et 405 Ă  partir de kits de piĂšces prĂ©parĂ©s dans le site industriel de Vesoul (Haute-SaĂŽne)[41]. Cette initiative est encouragĂ©e par un dĂ©cret signĂ© par Barack Obama le , l’Executive Order Act 13645, qui sanctionne la fourniture de piĂšces dĂ©tachĂ©es ou de services Ă  des sociĂ©tĂ©s iraniennes mais pas la fourniture de vĂ©hicules : un constructeur comme General Motors, qui n’a pas d’activitĂ© industrielle dans le pays, est ainsi avantagĂ©, alors que Renault se voit interdit d’assembler en CKD (Complete Knock Down, en français un nĂ©cessaire non assemblĂ©)[41].

En novembre 2013, l'accord international sur le nucléaire iranien engage les pays négociateurs à suspendre certaines sanctions sur le secteur automobile notamment[42].

Discorde sur les droits de l'homme

Les ministres des affaires Ă©trangĂšres de la France, de l'Allemagne, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Chine pendant une rĂ©union sur le programme nuclĂ©aire iranien en mars 2006.

Du point de vue politique, la France exprime rĂ©guliĂšrement sa prĂ©occupation au sujet des droits de l'homme en Iran au gouvernement iranien, de maniĂšre directe comme lors de la convocation en aoĂ»t 2005 du chargĂ© d'affaires iranien Ă  Paris afin d'exprimer son intĂ©rĂȘt pour le sort de Akbar Gandji, journaliste emprisonnĂ© ainsi que de son avocat, M. Soltani, ou de maniĂšre indirecte comme le montre la remise du prix des Droits de l’Homme Ă  la femme de M. Emadeddin Baqi, un dissident iranien combattant pour les droits de prisonniers et contre la peine de mort, le . Le soulĂšvement postĂ©lectoral de 2009 a Ă©galement contribuĂ© Ă  considĂ©rer l'Iran comme un État infrĂ©quentable[27].

RĂ©chauffement des relations (2013-2018)

En 2013, l'Ă©lection Ă  la prĂ©sidence de Hassan Rohani, soucieux dans ses discours de rĂ©tablir le dialogue avec l'Occident, entraĂźne un rĂ©chauffement des relations franco-iraniennes. En juillet, François Hollande est invitĂ© Ă  venir Ă  son investiture devant le Parlement iranien, dĂ©but aoĂ»t Ă  TĂ©hĂ©ran, alors qu'il a Ă©tĂ© l'un des derniers chefs d'État Ă  le fĂ©liciter[27]. Mais dans une position commune, l’Union europĂ©enne dĂ©cide de ne pas envoyer de reprĂ©sentants assister Ă  la cĂ©rĂ©monie d’investiture. En parallĂšle, les deux anciens Premiers ministres Michel Rocard et Dominique de Villepin, qui avaient nĂ©gociĂ© avec Hassan Rohani la question nuclĂ©aire en 2003, proposent leurs services pour aller Ă  TĂ©hĂ©ran fĂ©liciter ce dernier, comme l'ancien chef de la diplomatie britannique Jack Straw l'avait fait de son cĂŽtĂ©. Mais le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Laurent Fabius s'oppose Ă  ces initiatives, avant de rencontrer l'ambassadeur iranien Ă  Paris et de s'entretenir avec son homologue Javad Zarif[43]. Le , François Hollande et Hassan Rohani se rencontrent briĂšvement au siĂšge de l'ONU lors de la 68e AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies. Le prĂ©sident français, seul dirigeant occidental de premier plan Ă  rencontrer le prĂ©sident iranien Ă  cette occasion, Ă©voque « un premier contact qui en appelle d'autres »[44].

En , Hassan Rohani effectue une visite de deux jours en France, ce qui n'Ă©tait plus arrivĂ© Ă  un prĂ©sident iranien depuis 1998[45]. L'objectif est de renouer les liens Ă©conomiques entre les deux pays[45]. À cette occasion, PSA et Iran Khodro annoncent la crĂ©ation d’une coentreprise pour dĂ©velopper et produire des vĂ©hicules de marque Peugeot en Iran dĂšs 2017, alors que PSA se contentait de fournir des piĂšces et des vĂ©hicules en piĂšces dĂ©tachĂ©es Ă  Iran Khodro avant le refroidissement des relations entre les deux pays. PSA est le premier constructeur international Ă  annoncer un accord industriel d’une telle ampleur[46].

Depuis 2018

Avec la dĂ©cision unilatĂ©rale du PrĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump de sortir de l'accord nuclĂ©aire () et d'appliquer des sanctions contre l'Iran et toutes les entreprises europĂ©ennes et françaises travaillant avec l'Iran (le principe d'extraterritorialitĂ© des lois US), un coup d'arrĂȘt a Ă©tĂ© portĂ© aux dĂ©veloppement des grandes entreprises françaises en Iran ainsi qu'aux grands contrats qui avaient Ă©tĂ© signĂ©s entre les deux pays (Total, PSA, Renault, Airbus, ATR....). Emmanuel Macron, ainsi que l'ensemble des pays europĂ©ens, dĂ©cident alors de demeurer dans l'accord nuclĂ©aire, de tenter de le faire vivre par tous les moyens et de faire face aux dĂ©cisions amĂ©ricaines (la remise Ă  jour et l'application des lois de blocages au niveau europĂ©ens pour empĂȘcher l'application des lois extraterritoriales US), ceci en dĂ©pit d'importants dĂ©saccords politiques avec l'Iran dans d'autres domaines (capacitĂ©s balistiques iraniennes, politique rĂ©gionale de l'Iran, le conflit en Syrie et au YĂ©men...). Alors que la tension augmente entre les États-Unis et l'Iran, le PrĂ©sident français s'efforce d’Ɠuvrer Ă  une dĂ©sescalade entre les deux pays[47]. ClĂ©ment Therme, chercheur au CERI, doute nĂ©anmoins de la possibilitĂ© pour Emmanuel Macron d'ĂȘtre un mĂ©diateur arguant que la France, alliĂ©e militaire de l'Arabie saoudite, n'est « pas un facteur neutre Â». De surcroĂźt, il observe que les nominations au Quai d'Orsay et au ministĂšre de la DĂ©fense, les fonctionnaires promus durant les derniers mois « ont des positions anti-iraniennes Â»[48].

DĂ©but 2020, aprĂšs l’assassinat du gĂ©nĂ©ral iranien Qassem Soleimani, reprĂ©sentant d’un État souverain invitĂ© par les autoritĂ©s irakiennes Ă  Bagdad, par une frappe amĂ©ricaine, la diplomatie française demeure alignĂ©e sur celle du gouvernement amĂ©ricain[49], Emmanuel Macron assurant Donald Trump de « son entiĂšre solidaritĂ© avec les alliĂ©s Â»[50]. L'escalade entre Paris et TĂ©hĂ©ran est encore accentuĂ©e par un tweet du PrĂ©sident français utilisant le terme de « Golfe arabo-persique » au lieu de l'appellation historique « Golfe Persique », provoquant des rĂ©actions indignĂ©es en Iran[51]. L'ayatollah Khamenei, le mĂȘme mois, traite la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni de « valets de l'AmĂ©rique Â»[51].

Coopération scientifique et culturelle

L'influence culturelle de la France a quasiment disparu à la fin des années 1980. Seul l'anglais (et dans une moindre mesure l'allemand) est appris en tant que langue de culture étrangÚre aujourd'hui. La coopération scientifique et culturelle entre les deux pays est régie par un accord général datant de 1993 et un accord culturel du . Dans ce cadre, la France promeut les relations entre universités, la France est le sixiÚme pays accueillant des étudiants iraniens. Elle compte ouvrir un centre pour l'échange inter universitaire à l'ambassade de Téhéran dans le cadre du projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration de mai 2006.

Les relations entre les universitĂ©s sont appuyĂ©es par la promotion de partenariats scientifiques (sismologie, biologie, environnement, urbanisme, sciences humaines et sociales, mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire), en accord avec les rĂšgles de vigilance et avec le cofinancement iranien (un programme d'action intĂ©grĂ©e appelĂ© Gundishapur a Ă©tĂ© signĂ© en juillet 2004. Le dialogue culturel entre les deux pays se traduit par une volontĂ© d'augmenter l'apprentissage du français dans le secondaire et le supĂ©rieur, d'organiser des Ă©vĂšnements culturels de part et d'autre. L'Institut français de recherche en Iran (en persan : Ű§Ù†ŰŹÙ…Ù† Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù†ŰŽÙ†Ű§ŰłÙŠ ÙŰ±Ű§Ù†ŰłÙ‡ ۯ۱ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù†) est aujourd'hui le seul centre de recherche Ă©tranger auquel il est permis de prendre part Ă  la diffusion de l’information de la culture perse et iranienne.

La France fournit une importante aide humanitaire Ă  l'Iran aprĂšs la tremblement de terre de Bam () ayant fait prĂšs de 32 000 victimes. Elle est un des trois premiers pays Ă  le faire avec l'Italie et le Japon. La France participe aujourd’hui Ă  la reconstruction de la ville et de sa citadelle historique (l'Arg-Ă© Bam, classĂ© au patrimoine mondial de l'UNESCO). L'aide d'urgence s'Ă©lĂšve Ă  5,22 M€ et la contribution Ă  la reconstruction s'Ă©lĂšve Ă  une subvention de 500 000 â‚Ź du ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres français et 160 000 â‚Ź du ministĂšre de la culture. De plus, plusieurs grandes entreprises françaises ont fait des dons afin de participer Ă  l'effort de reconstruction: 2,8 M€ ont Ă©tĂ© recueillis, provenant de dons de Total, Peugeot, Renault, BNP Paribas, servant Ă  mettre en service un hĂŽpital, Ă  cartographier la citadelle, et Ă  aider Ă  prĂ©venir les risques sismiques (fourniture de 20 stations sismographiques portables[52].

Les dĂ©lĂ©gations archĂ©ologiques françaises (1895–1979)

La célÚbre Frise aux archers du palais de Darius à Suse, découverte par les Dieulafoy (exposée au Louvre).

La recherche archĂ©ologique en Perse (Iran) commence avec les explorations du gĂ©ologue britannique W. K. Loftus en 1847 et est continuĂ©e par Marcel Dieulafoy en 1884–1886, aidĂ© de sa femme Jane. L'intĂ©rĂȘt des archĂ©ologues se porte alors principalement sur le site de Suse, capitale du royaume d'Élam et Ă©galement une des capitales de l'empire achĂ©mĂ©nide.

En 1895, RenĂ© de Balloy, ambassadeur français Ă  TĂ©hĂ©ran, obtient de Nassereddine Shah un monopole français sur les explorations archĂ©ologiques en Perse. En 1897, Jacques de Morgan, ingĂ©nieur des mines, est nommĂ© par le ministĂšre français de l'Instruction publique (dĂ©cret ministĂ©riel du ) et une somme de 100 000 francs lui est allouĂ©e pour l'Ă©tablissement de la DĂ©lĂ©gation en Perse (DP).

En 1900, une convention est signĂ©e entre Mozaffareddine Chah et la France, qui se voit attribuer le droit exclusif de fouiller et de garder les dĂ©couvertes faites. Le gouvernement persan ne recevait une compensation que pour les objets en or et en argent. Jusqu'en 1912, un nombre croissant d'Ă©quipes viennent fouiller des sites archĂ©ologiques iraniens : Tepe Musiān dans la plaine de Dehloran, les champs de « dolmens » dans le Guilan, des fossiles Ă  Maragha


AprĂšs la dĂ©mission de Morgan, la DĂ©lĂ©gation est renommĂ©e Mission archĂ©ologique en Perse (MAP), les travaux continuent sans personne Ă  la tĂȘte de la mission, les fonds Ă©tant rĂ©partis entre diffĂ©rents chercheurs. Les travaux doivent s'arrĂȘter pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, puis reprennent vĂ©ritablement en 1920 avec la nomination de Roland de Mecquenem Ă  la tĂȘte de la MAP. Sous sa direction, les fouilles Ă  Suse prennent un nouvel essor jusqu'en 1938. À partir de 1939, c'est le site de Chogha Zanbil qui commence Ă  ĂȘtre explorĂ©, de mĂȘme que les sites de Tepe Giyan et Tepe Sialk.

En 1929, le gouvernement persan dĂ©nonce les termes du traitĂ© prĂ©cĂ©demment signĂ© avec les Français. À partir de ce moment, tous les artefacts archĂ©ologiques -Ă  l'exception des tablettes d'argile, des Ă©lĂ©ments de dĂ©cor architecturaux et des objets de valeur considĂ©rĂ© comme patrimoine iranien- seront divisĂ©s Ă©quitablement entre le MusĂ©e national d'Iran et le MusĂ©e du Louvre.

AprĂšs une pĂ©riode d'arrĂȘt des fouilles au cours de la Seconde Guerre mondiale, les travaux reprennent de nouveau en 1946, sous la direction de Roman Ghirshman, nommĂ© Ă  la tĂȘte de la Mission archĂ©ologique en Iran (MAI). Sous sa direction, les fouilles Ă  Suse et Ă  Chogha Zanbil sont trĂšs importantes et connaissent des avancĂ©es notables. De plus, le site de Masjed-e Soleyman commence aussi Ă  ĂȘtre fouillĂ© Ă  cette Ă©poque.

En 1968, la direction de la nouvelle DĂ©lĂ©gation archĂ©ologique française en Iran (DAFI) est confiĂ©e Ă  Jean Perrot, qui va crĂ©er des liens plus Ă©troits avec le dĂ©partement d'archĂ©ologie de l'UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran, le dĂ©partement persan des antiquitĂ©s (Edāreh-ye kol-e bāstān shenāsi), le centre persan pour la recherche archĂ©ologique (Markaz-e paĆŸuheshā va kāveshā-ye bāstān shenāsi) et l'organisation nationale pour la prĂ©servation des monuments historiques en Iran (Sāzmān-e melli-e hefāzat-e ātar-e bāstāni-ye Irān). À partir de 1969, le systĂšme de rĂ©partition des objets trouvĂ©s entre les deux pays prend fin, toutes les antiquitĂ©s trouvĂ©es Ă©tant alors conservĂ©es en Iran.

Les fouilles françaises en Iran et la délégation archéologique qui le permettait prennent fin avec la révolution de 1979.

Cependant, depuis 1983, l'institut français de recherche en Iran, issu de la fusion de la DAFI et de l’Institut Français d’Iranologie de TĂ©hĂ©ran (IFIT) d'Henry Corbin a pris le relais des dĂ©lĂ©gations archĂ©ologiques et continue Ă  Ă©tudier le monde iranien.

Notes et références

  1. Mostaert & Cleaves, p. 56-57.
  2. F. Richard, 1995, I, p. 16-17.
  3. La Perse et la France, doc. no 73 "Lettre de Michel" et doc. no 74 "MĂ©moire de Chah Kouli Khan".
  4. Hurewitz, I, p. 56-58.
  5. Hedayat, Rawzat al-safar, IX, p. 454-455.
  6. AMAE, CP Perse, vol.15, p. 121 et 247.
  7. AMAE, M et P Perse, 3.
  8. AMAE, ADP Perse, 12; CP Perse, vol. 20, p. 229.
  9. AMAE, CP Perse, vol.19 p. 48.
  10. AMAE, CP Perse, vol.21, p. 7.
  11. SHAT (Service Historique de l'Armée de Terre), 7N, 1664.
  12. AMAE, CP Perse, vol.38, p. 163.
  13. Voir à ce sujet le pamphlet de 1911 du député Louis Marin « L'inacceptable rétrécissement de notre influence en Perse ».
  14. AMAE, Perse-Iran 33, fol.9,10 septembre 1919, fol.33, 14 septembre 1919;Pers-Iran 34, fol.12, mai 1920.
  15. Cronin, p. 130-131.
  16. Zangana, p. 184-187.
  17. Jean Helleu, plénipotentiaire français en Perse, rapport, fin mars 1941, AMAE.
  18. Le traiteur, le décorateur et la plupart des entreprises qui participent au projet sont français.
  19. (en) Article France § iv. Relations with Persia since 1918, EncyclopÊdia Iranica.
  20. http://www.politiqueglobale.org/article.php3?id_article=1312.
  21. J.Garçon, "La France et le conflit Iran-Irak", Politique étrangÚre 52, 1987, p. 357-66.
  22. voir le point de vue de Gilles MĂ©nage dans L'Avocat de la terreur.
  23. Cultures & Conflits : Les attentats de 1986 en France (Partie 2).
  24. Le Monde, 11 novembre 2001, http://www.politiqueglobale.org/article.php3?id_article=1967.
  25. (en) Middle East Intelligence Bulletin, février 2002, http://www.meib.org/articles/0202_l2.htm.
  26. « GĂ©nĂ©ralitĂ©s Iran »(Archive.org ‱ Wikiwix ‱ Archive.is ‱ Google ‱ Que faire ?), Quid.
  27. Iran : Pourquoi la France est aussi intransigeante ?, blog de Georges Malbrunot, 10 novembre 2013.
  28. [PDF] Statistiques économiques 2003 de la Mission économique française à Téhéran.
  29. Texte de l'accord sur le site de l'assemblée nationale française..
  30. (en) « France: Iran program 'military' », CNN, (consulté le ).
  31. Yves-Michel Riols, Iran : la France en premiĂšre ligne sur le dossier, Le Monde, 20 novembre 2013.
  32. Rohani est-il vraiment un " mollah mou " ?, Le Point, 20 juin 2013.
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  34. « NuclĂ©aire iranien : Fillon parle d'une tension », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consultĂ© le ).
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  36. Georges Malbrunot, Iran: Paris rouvrira début 2014 son poste d'attaché commercial à Téhéran, 22 novembre 2013.
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  38. PSA Peugeot Citroën subit le contrecoup des sanctions contre l'Iran, Le Monde, 30 mars 2012.
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  40. L'Iran plombe les comptes de Renault, Europe 1, 26 juillet 2013.
  41. Comment General Motors a dĂ©logĂ© PSA d’Iran, L'Usine nouvelle, 4 novembre 2013.
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  43. Hollande-Rohani : les coulisses d'une rencontre souhaitée par Téhéran, Georges Malbrunot, 20 septembre 2013.
  44. Hollande et Rohani : une poignée de main historique, Le Point, 24 septembre 2013.
  45. « Les relations Ă©conomiques entre la France et l’Iran en cinq chiffres », sur www.lemonde.fr, Le Monde, (consultĂ© le ).
  46. Philippe Jacqué, « PSA signe son grand retour en Iran », sur www.lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  47. Isabelle Lasserre, Iran: Macron continue d’Ɠuvrer Ă  une dĂ©sescalade, lefigaro.fr, 22 septembre 2019
  48. États-Unis - Iran : le risque d’une « guerre totale » dĂ©cryptĂ©, entretien avec ClĂ©ment Therme, emilemagazine.fr, 27 septembre 2019
  49. Jean-Dominique Merchet, AprĂšs l’assassinat du gĂ©nĂ©ral Soleimani, la France sans marge de manƓuvre dans la crise avec l’Iran, lopinion.fr, 5 janvier 2020
  50. Mort du général Soleimani : la France appelle l'Iran à éviter toute "escalade militaire susceptible d'aggraver" l'instabilité régionale, francetvinfo.fr, 6 janvier 2020
  51. Armin Arefi, « Golfe arabo-persique » : quand Macron heurte les Iraniens, lepoint.fr, 20 janvier 2020
  52. Contribution française à la reconstruction de Bam, site du MAE.

Annexes

Bibliographie

  • Article « France Â» de l'EncyclopĂŠdia Iranica
  • Documents officiels conservĂ©s aux archives du MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres (abrĂ©viĂ©s AMAE dans les rĂ©fĂ©rences ci-dessus)
  • « La correspondance des souverains mongols et des rois de France » in P.Labal, Ă©d., Le siĂšcle de Saint Louis, Paris, 1970
  • A. Mostaert et F.W. Cleaves, Les lettres de 1289 et 1305 des Ilkhans Arghoun et OldjaĂŻtou Ă  Philippe le Bel, Cambridge, Mass., 1962.
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  • A. Zangana, « Khaterāt » in E. SafaÄ«, Ă©d., Rezā Shah KabÄ«r dar aina-ye khaterāt, TĂ©hĂ©ran, 2535=1355/1976, p. 184–87.
  • [PDF] Statistiques Ă©conomiques de la Mission Ă©conomique française Ă  TĂ©hĂ©ran

Articles connexes

Liens externes

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