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VolapĂŒk

Le volapĂŒk (/volɑˈpyk/, parfois Ă©crit sans trĂ©ma) est une langue construite crĂ©Ă©e en 1879-1880 par Johann Martin Schleyer, un prĂȘtre catholique allemand, qui lors d'une insomnie sentit que Dieu lui commandait de crĂ©er une langue auxiliaire internationale. Des congrĂšs de volapĂŒk eurent lieu en 1884 (Friedrichshafen), 1887 (Munich) et 1889 (Paris). AprĂšs un rapide dĂ©veloppement (il y aurait eu un million de volapĂŒkistes en 1889), la langue perd rapidement un grand nombre de locuteurs au profit de l'espĂ©ranto. MalgrĂ© cela, le volapĂŒk survit, rĂ©formĂ© dans les annĂ©es 1920 sous l'impulsion d'Arie de Jong. Aujourd'hui, il existe quelques dizaines de volapĂŒkistes, actifs surtout sur internet.

VolapĂŒk
Mappemonde avec la devise « Menad bal pĂŒk bal ».
« Une humanité, une langue »
Auteur Johann Martin Schleyer
Date de création 1879-1880
Nombre de locuteurs 20-30[1]
Nom des locuteurs volapĂŒkiste, volapĂŒkophone
Typologie SVO libre
Catégorie langue auxiliaire internationale
Classification par famille
Statut officiel
RĂ©gi par KadĂ€m bevĂŒnetik VolapĂŒka
Codes de langue
IETF vo
ISO 639-1 vo
ISO 639-2 vol
ISO 639-3 vol
Étendue langue individuelle
Type langue construite
Échantillon
Article premier de la DĂ©claration universelle des droits de l'homme :
Bagaf balid
Valikans pamotons as mens libik e leigiks (tefĂŒ ods) demĂŒ dinits e demĂŒ gitĂ€ts. Pebelegivons me tikĂ€l e me konsien e mutons bitön kol ods ön mod svistĂ€lik.
Reproduction d'un morceau de page d'un livre
Devise du volapĂŒk au frontispice du premier livre que lui consacre Johann Martin Schleyer (Schleyer 1880) : MenadĂ© bal, pĂŒki bal!, Pour une seule humanitĂ©, une seule langue !

Le volapĂŒk peut se dĂ©finir comme une langue agglutinante Ă  structure d'actance accusative. Du point de vue de la syntaxe, elle fait partie du type sujet — verbe — objet, mais la prĂ©sence de cas morphologiques (nominatif, accusatif, gĂ©nitif et datif ; un prĂ©dicatif, peu usitĂ©, existe nĂ©anmoins) lui donne une certaine souplesse ; c'est enfin une langue centrifuge (par exemple, l'adjectif viendra immĂ©diatement aprĂšs le nom qu'il qualifie).

Au niveau de la typologie des langues construites, c'est une langue auxiliaire internationale (Ă  l'origine tout du moins, car aujourd'hui toute prĂ©tention politique est abandonnĂ©e par les volapĂŒkistes), mixte (c'est-Ă -dire que sa grammaire et son vocabulaire s'inspirent des langues naturelles tout en y intĂ©grant de forts aspects artificiels), Ă  racines naturelles dĂ©formĂ©es (elle s'oppose donc aux langues qui intĂšgrent des racines telles qu'elles sont dans les langues naturelles, ou presque, et Ă  celles qui les crĂ©ent ex nihilo), dĂ©rivative (d'une racine empruntĂ©e elle crĂ©e un champ lexical par dĂ©rivation) et schĂ©matique (elle s'oppose ainsi aux langues naturalistes qui sont beaucoup moins rĂ©guliĂšres).

Histoire

Naissance du volapĂŒk (1878-1880)

En 1878, dans le numĂ©ro de mars de la revue de poĂ©sie catholique allemande Sionsharfe[2], paraissent de petites notes du directeur de la revue, le pĂšre Schleyer, sur la nĂ©cessitĂ© d'un alphabet phonĂ©tique international permettant de retranscrire les sons de toutes les langues du monde. Selon la lĂ©gende, Schleyer eut cette idĂ©e en entendant les cris d'un paysan de son village se plaignant que la lettre qu'il avait envoyĂ©e Ă  son fils, qui vivait en Iowa, lui Ă©tait retournĂ©e, car il s'Ă©tait trompĂ© en Ă©crivant « EiauĂ€ », selon la prononciation allemande, sur l'adresse. Avec le systĂšme de Schleyer, le paysan, mĂȘme en ne connaissant pas la graphie amĂ©ricaine « Iowa », pourrait utiliser la nouvelle graphie internationale « Aioua »[3]. Il rĂ©alise donc et publie dans le mĂȘme numĂ©ro de Sionsharfe un projet d'alphabet, fondĂ© sur les nombreuses langues qu'il connaĂźt[note 1]. Schleyer soumet son manuscrit Ă  l'administration postale allemande, qui le publie dans le journal officiel de l'Union postale universelle, sans qu'il y soit donnĂ© suite[4].

Reproduction de journal
Reproduction du journal de Schleyer. À la date du , il Ă©crit : « J'ai commencĂ© aujourd'hui les bases de ma langue mondiale et de ma grammaire (simple, raisonnable, pratique)[5] ».

Puis, une nuit d'insomnie de , aprÚs un voyage dans la plurilingue Autriche-Hongrie qui avait excité sa réflexion[6], le pÚre Schleyer a une crise mystique, qu'il raconte ultérieurement dans les termes suivants :

« D'une maniĂšre Ă  la fois mystĂ©rieuse et mystique, lors d'une nuit noire au presbytĂšre de Litzelstetten, prĂšs de Constance [...], alors que je pensais profondĂ©ment aux folies, griefs, afflictions et malheurs de notre temps, tout l'Ă©difice de mon langage international apparut soudainement dans toute sa splendeur devant mes yeux spirituels. Pour rendre tribut Ă  la vĂ©ritĂ©, et la laisser apporter la sagesse, je dois dire que cette nuit de mars 1879, j'Ă©tais trĂšs fatiguĂ©. Par consĂ©quent, je ne peux que proclamer avec gratitude et humilitĂ© que je dois Ă  mon bon gĂ©nie le systĂšme entier de la langue internationale volapĂŒk. Le , je me mis Ă  compiler et Ă  rĂ©diger pour la premiĂšre fois les principes de ma grammaire[7]. »

Il met donc de cĂŽtĂ© (tout en continuant Ă  l'utiliser rĂ©guliĂšrement) son idĂ©e d'alphabet phonĂ©tique pour accomplir ce qu'il croit ĂȘtre un ordre divin : crĂ©er entiĂšrement une langue artificielle capable d'unir l'humanitĂ© divisĂ©e. Durant une nuit et un matin, du 30 au , Schleyer Ă©crit la grammaire (ou en tout cas une premiĂšre Ă©bauche de grammaire) d'une langue complĂštement nouvelle : le volapĂŒk (vol-, dĂ©rivĂ© de l'anglais world, pour monde, -a- pour le gĂ©nitif et -pĂŒk, dĂ©rivĂ© de l'anglais speak, pik Ă©tant dĂ©jĂ  pris, pour langue : le volapĂŒk est donc la « langue du monde »)[8]. Selon Roberto GarvĂ­a, le volapĂŒk de Schleyer n'est pas nĂ© en tant que langage international pour rĂ©soudre des problĂšmes de communication, mais comme un complĂ©ment de ses recherches sur l'orthographe phonĂ©tique ; il ne s'agit pas de la « solution d'un problĂšme », mais d'une « solution en quĂȘte de problĂšme »[9].

Il publie cette grammaire le mois suivant, en , comme supplĂ©ment Ă  Sionsharfe[10]. Des journaux quotidiens rapportent la naissance de ce projet, et, dĂšs cette annĂ©e-lĂ , des volapĂŒkistes se trouvent en Allemagne, en Autriche-Hongrie, voire aux États-Unis. Ces premiers succĂšs conduisent Ă  la publication, en 1880, du premier manuel, en langue allemande, de volapĂŒk[11], marquant la vĂ©ritable diffusion du volapĂŒk auprĂšs d'un public plus vaste dĂ©passant les catholiques allemands, pour toucher plus gĂ©nĂ©ralement tous les germanophones[12].

Éclosion du mouvement jusqu'au premier congrùs (1881-1884)

Reproduction d'un journal en allemand et volapĂŒk
PremiĂšre page du second numĂ©ro du journal de Schleyer, VolapĂŒkabled, .

Toutefois, c'est notamment grĂące aux liens de son crĂ©ateur avec le monde catholique, et plus particuliĂšrement avec celui de la presse catholique, que le volapĂŒk peut se rĂ©pandre Ă  travers l'Europe germanique. Le dĂ©veloppement est tel que Sionsharfe apparaĂźt bien vite insuffisant, et qu'il faut songer Ă  crĂ©er un organe dĂ©diĂ©, ce qui est fait dĂšs 1881, avec la premiĂšre parution du VolapĂŒkabled zenodik[13] (Journal central du volapĂŒk[note 2]), revue qui ne cesse sa publication qu'en 1908[14].

DĂšs 1882, le 11 mai trĂšs exactement, est fondĂ© le tout premier club de volapĂŒk Ă  Alberweiler (Wurtemberg[note 3]). Peu aprĂšs, le volapĂŒk pĂ©nĂštre en SuĂšde, oĂč le deuxiĂšme club est fondĂ©[13]. Pendant ce temps, grammaires et dictionnaires de langue allemande s'enchaĂźnent.

C'est donc Ă  un moment oĂč le volapĂŒk est parlĂ© presque exclusivement par des germanophones que se tient son premier congrĂšs international, Ă  Friedrichshafen, les 26 et . Il n'est alors pas Ă©tonnant que la langue utilisĂ©e pour ses travaux soit l'allemand et non le volapĂŒk, vu le public, essentiellement allemand, et la jeunesse de la langue[15] - [note 4].

Internationalisation du mouvement et premiĂšre crises (1885-1887)

Partition
Hymne volapĂŒk, musique composĂ©e en 1885 par Schleyer sur des paroles de Franz Zorell.

AprĂšs cette premiĂšre rĂ©ussite, le mouvement volapĂŒkiste continue sa progression. Journaux et manuels se multiplient et le mouvement nĂ©erlandais s'illustre par son activitĂ©[15].

1886 est une annĂ©e charniĂšre, marquant le dĂ©but de la vĂ©ritable internationalisation et, paradoxalement, le dĂ©but des crises qui auront ensuite raison du mouvement. C'est alors qu'entre en scĂšne « le personnage le plus important de l'histoire du volapĂŒk, aprĂšs Schleyer[16] », Auguste Kerckhoffs. Professeur d'allemand français d'origine nĂ©erlandaise, le Dr Kerckhoffs (il est docteur en littĂ©rature allemande), qui enseigne Ă  l'École des hautes Ă©tudes commerciales de Paris, est surtout connu Ă  l'Ă©poque pour son travail sur la cryptographie[17] ; il est notamment l'auteur d'une sĂ©rie de deux articles titrĂ©s La Cryptographie militaire[18] dans lesquels il expose le fameux principe de Kerckhoffs, encore enseignĂ© aujourd'hui[19]. C'est lors de ses recherches en cryptographie qu'il rencontre pour la premiĂšre fois les langues construites, et notamment le solresol de François Sudre qui Ă©tait utilisĂ© parfois par les militaires[20].

Reproduction d'une page de titre
Page de titre de Kerckhoffs 1887a, contenant prĂ©face de Schleyer, et prĂ©sentant le volapĂŒk comme une « langue commerciale internationale ».

VolapĂŒkiste Ă  partir de 1885, il introduit avec succĂšs le volapĂŒk en France. Il en donne des cours et publie, entre autres, un Cours complet en 1886[21], qui connaĂźt sept Ă©ditions cette annĂ©e-lĂ  (et une huitiĂšme en 1887) et est traduit en de multiples langues[note 5], et lance une revue[22], dont il sera rĂ©dacteur en chef durant toute son existence. Il crĂ©e Ă©galement l'« Association française pour la propagation du volapĂŒk »[note 6] (officiellement fondĂ©e [23]), dont il devient secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, laissant la prĂ©sidence Ă  Ernest Lourdelet[24]. L'annĂ©e suivante, Kerckhoffs accompagne son Cours complet d'un dictionnaire[25].

Couverture de partition
À Paris, durant l'hiver 1886-1887, Paulus triomphe aux thĂ©Ăątre des Menus-Plaisirs dans la Volapuk-revue de William Busnach et Albert Vanloo[26], dont le titre est dĂ» au fait qu'on « ne parlait Ă  ce moment-lĂ  que du volapuk[27] ».

DĂšs 1887, le volapĂŒk semble avoir supplantĂ© toute concurrence. Dans un article du Temps de , aprĂšs s'ĂȘtre moquĂ© des propositions de rĂ©forme de l'orthographe française (le « fonĂ©tisme ») et des projets de langue auxiliaire internationale, un journaliste anonyme Ă©crit :

« Mon avis est qu'elles arrivent trop tard. Le volapĂŒk a sur elles une incommensurable avance. [...] Si jamais langue universelle a quelque chance de s'imposer au monde commercial, c'est assurĂ©ment celle-lĂ . Il n'est plus aujourd'hui un coin du monde civilisĂ©, si reculĂ© soit-il, oĂč elle n'ait des adhĂ©rents[28] - [note 7]. »

Page de titre illustrĂ©e d'angelots claironnants devant le soleil levant du volapĂŒk
Page de titre d'un programme en volapĂŒk du congrĂšs de Munich, en aoĂ»t 1887.

De grands noms de la science de l'Ă©poque adhĂšrent au mouvement, surtout en Allemagne (Alfred Kirchhoff, Max MĂŒller...), et huit nouvelles revues naissent cette annĂ©e-lĂ [15]. Mais ce qui marque vraiment l'annĂ©e 1887, c'est la tenue du 2e congrĂšs du volapĂŒk, Ă  Munich, du 6 au . Plus grand et plus international que le congrĂšs de 1884, avec environ 200 participants[29] - [30], il est nĂ©anmoins plus allemand que ne l'est en rĂ©alitĂ© le mouvement, et la majoritĂ© des discussions a Ă  nouveau lieu en langue allemande[15].

Mais si le volapĂŒk a indĂ©niablement trouvĂ© son public, la langue ne fait pas que des Ă©mules. Comme l'Ă©crit Jean-Paul Lescure Ă  propos de la France :

« DĂšs sa diffusion en France, le VolapĂŒk entraĂźne des discussions virulentes dans l'espace public [sic] : la presse, les maisons d'Ă©dition, les scĂšnes de thĂ©Ăątre se font l'Ă©cho des arguments Ă©changĂ©s. Langue internationale voire universelle pour les uns, vaste fumisterie qui n'est bonne qu'Ă  faire rire pour les autres, le thĂšme ne laisse pas indiffĂ©rent, et permet mĂȘme de faire assaut d'arguments nationalistes en s'en prenant Ă  son inventeur [Allemand][31]. »

En plus des antipathies soulevĂ©es Ă  l'extĂ©rieur du mouvement, des problĂšmes internes Ă  la langue se font sentir. Le congrĂšs dĂ©cide donc de crĂ©er une acadĂ©mie, la kadem VolapĂŒka[note 8]. Schleyer, en tant que crĂ©ateur de la langue, en est nommĂ© Ă  vie « grand-maĂźtre » (« cifal ») ; Kerckhoffs en est cependant la vĂ©ritable tĂȘte et est nommĂ© directeur (« dilekel »)[30].

Si Schleyer perd un peu de contrĂŽle sur la langue, il conserve la mainmise sur le mouvement. En plus de l'acadĂ©mie, le congrĂšs fonde le VolapĂŒkaklub valemik, association universelle de volapĂŒk[30]. Les dirigeants Ă©lus du mouvement doivent impĂ©rativement se voir confirmĂ©s par le Cifal[32].

Vers le schisme du 3e congrĂšs (1888-1889)

Photographie en couleur de la stÚle commémorative à Schleyer au rectorat de Litzelstetten
« Menade bal, pĂŒki bal » (« Pour une humanitĂ©, une langue »). StĂšle commĂ©morative Ă  Johann Martin Schleyer au rectorat de Litzelstetten.

L'acadĂ©mie bicĂ©phale va au-devant de grands problĂšmes, tant Schleyer et Kerckhoffs ont une vision diffĂ©rente de ce que doit ĂȘtre le volapĂŒk. Schleyer, en le crĂ©ant, met un point d'honneur Ă  rendre possible l'expression de toutes les nuances des langues qu'il connaĂźt. Le volapĂŒk a donc une grammaire relativement vaste. Mais quand le premier enseignant diplĂŽmĂ© de volapĂŒk (volapĂŒkatidel), Karl Lenze, vante les 505 440 formes possibles du verbe volapĂŒk, Kerckhoffs, qui voit dans le volapĂŒk une langue commerciale et non littĂ©raire ou philosophique, et cherche donc la plus grande simplicitĂ©, rĂ©pond dans sa revue que cela pourrait mener la langue Ă  sa perte[33]. DĂšs son Cours complet, il propose quelques rĂ©formes qu'il rĂ©sume ainsi :

« J'ai supprimĂ© la distinction entre of et ji, les doubles formes des pronoms öb, Ă€t, öt, ĂŒt etc., la troisiĂšme forme de l'impĂ©ratif, l'accusatif qui accompagne les prĂ©positions de mouvement, et que je n'ai admis qu'une seule et unique rĂšgle de composition[34]. »

Mais il ajoute tout de suite aprÚs que « vouloir aller au-delà me paraßtrait téméraire et de nature à compromettre l'admirable unité du systÚme[34] ». De plus, Schleyer accepte cela, puisqu'il accepte de faire du manuel de Kerckhoffs le manuel de référence.

Les deux principaux dirigeants du mouvement s'opposent certes, mais semblent tous deux prĂȘts Ă  faire des concessions. Le mouvement n'est pas condamnĂ© a priori ; et cependant, tant sur le plan organisationnel que linguistique, il connaĂźt des divisions si grandes qu'elles mettront fin Ă  l'« Ăąge d'or » du volapĂŒk.

Sur le plan organisationnel d'abord, Schleyer infirme l'Ă©lection de Heinrich Schnepper, prĂ©sident du club de Munich et organisateur du congrĂšs de 1887 Ă  la tĂȘte du mouvement allemand. Le club de Munich se divise, et le mouvement allemand, le plus important mouvement national, se fractionne en de multiples tendances ; les volapĂŒkistes en dehors de l'Allemagne ne ressentent pas ce problĂšme[32].

C'est sur le plan linguistique que le schisme se fait le plus dur, et le plus international aussi. Le conflit s'amplifie entre l'acadĂ©mie de Kerckhoffs, trĂšs rĂ©formiste (il souhaite aller encore plus loin que ce qu'il avait proposĂ© dans son Cours complet et son Dictionnaire, cf. supra), et Schleyer, qui traite la langue comme sa propriĂ©tĂ©. Au dĂ©but, Schleyer reconnaĂźt l'autoritĂ© de l'acadĂ©mie. Il est mĂȘme le premier Ă  lui poser des questions, mais il juge que les rĂ©ponses qui lui sont faites sont trop novatrices. La dispute se cristallise donc autour de la question du droit de veto rĂ©clamĂ© par Schleyer, et refusĂ© par l'acadĂ©mie (qui lui accorde simplement une triple voix)[35].

C'est dans ce contexte d'affaiblissement du mouvement que le club volapĂŒkiste de Nuremberg, crĂ©Ă© en 1885, sous l'influence de LĂ©opold Einstein, adopte l'espĂ©ranto en 1888 et forme ainsi le premier club espĂ©rantiste de l'histoire[32] - [note 9].

Tout en continuant Ă  adopter les rĂ©formes de Kerckhoffs, et afin de rĂ©soudre ces problĂšmes, l'acadĂ©mie convoque en 1889 Ă  Paris le 3e — et dernier Ă  ce jour — congrĂšs mondial de volapĂŒk. Treize pays (dont la Turquie et la Chine) y sont reprĂ©sentĂ©s, chaque pays ayant un nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s proportionnel Ă  sa population. La double tĂąche de ce congrĂšs est de ratifier les statuts de l'acadĂ©mie, qui ne sont que temporaires, et de valider les rĂ©formes votĂ©es par elle[35].

Contrairement aux deux autres, cette fois-ci les discussions ont lieu principalement en volapĂŒk, ce qui fait Ă©crire Ă  Ernst Drezen que « c'est sous la forme du volapĂŒk que le principe d'artificialitĂ© de la langue internationale rĂ©ussit l'examen pratique[36] ».

Cependant, ce congrĂšs dĂ©montre que le volapĂŒk souffre de trop de dĂ©fauts pour ĂȘtre utilisĂ© sans rĂ©formes. Comme l'Ă©crit, avec un peu trop d'emphase peut-ĂȘtre, un idiste des premiers temps :

« Le destin du volapĂŒk fut scellĂ© quand ses partisans, en 1889, firent l'expĂ©rience d'organiser un congrĂšs dans lequel le volapĂŒk serait parlĂ©. MĂȘme si quelques volapĂŒkistes rĂ©ussirent Ă  parler la langue, il n'Ă©tait que trop douloureusement Ă©vident qu'un tel but ne pouvait ĂȘtre atteint avec ce systĂšme[37]. »

Les réformes que le congrÚs a montré nécessaires ne sont pas réalisées par ce dernier : il n'a pas le temps de traiter des questions grammaticales précises. Il se contente de réclamer à Kerckhoffs une grammaire « normale » (glamat nomik) sans aucune rÚgle superflue, ce qui valide la vision « commerciale » de la langue ; et il approuve les décisions de l'académie, ce qui valide l'option plus « a posterioriste » qu'avait prise l'académie[note 10]. Enfin, le congrÚs vote de nouveaux statuts pour l'académie, renforçant l'indépendance de celle-ci par rapport à Schleyer (l'académie est qualifiée d'« autorité unique dans les questions linguistiques » [§2] ; pour valider une réforme refusée par Schleyer, elle doit la voter à la majorité qualifiée des deux tiers [§15], ce qui de facto rend impossible tout blocage de la part de Schleyer, dans une académie acquise jusque-là à Kerckhoffs)[38].

Schleyer, refusant cette Ă©volution, dĂ©clare le congrĂšs et l'acadĂ©mie illĂ©gitimes, et rĂ©unit ses partisans Ă  Allmendingen, en [39]. Il fonde une nouvelle acadĂ©mie, avec Ă  sa tĂȘte Karl Zetter, et remplace toute la hiĂ©rarchie du mouvement par des personnes acquises Ă  sa cause, du niveau mondial aux niveaux urbains, en passant par les continents et les pays. Le schisme est consommĂ©[32].

État du mouvement au moment du schisme (1889-1890)

Reproduction d'une page d'un livre.
Page de garde d'un dictionnaire volapĂŒk-japonais publiĂ© en 1888.

Au moment oĂč le schisme a lieu, le mouvement volapĂŒkiste est au plus haut. 283 clubs sont enregistrĂ©s (en Europe certes, mais aussi en AmĂ©rique, comme Ă  San Francisco, en Afrique, comme au Cap, ou en OcĂ©anie comme Ă  Melbourne ou Sydney) et 25 revues (dont 7 uniquement rĂ©digĂ©es en volapĂŒk) paraissent rĂ©guliĂšrement ; la langue est enseignĂ©e par plus de 1600 enseignants diplĂŽmĂ©s (dont 950 validĂ©s par Schleyer et 650 par l'Association française pour la propagation du volapĂŒk — donc par Kerckhoffs), qui peuvent se servir de manuels en 25 diffĂ©rentes langues. Apprendre le volapĂŒk donne accĂšs Ă  plus de 384 livres ou brochures, et le nombre total de volapĂŒkistes est estimĂ© Ă  un million[40], jusqu'en Chine et au Japon[note 11]. Ce mouvement est trĂšs hiĂ©rarchisĂ©, avec 11 grades, du Cifal, Schleyer, aux tidels (professeurs pour les petits clubs)[note 12].

Si l'on prend la typologie des langues construites proposĂ©e par D. Blanke[41], qui les classe non par leurs choix linguistiques thĂ©oriques mais par leur usage rĂ©el, le volapĂŒk fait partie de la classe des « semi-langues » (« planned semilanguages »), et une des rares, avec l'occidental et l'interlingua Ă  avoir atteint le stade 9 (utilisation orale internationale)[note 13], c'est donc une des quatre langues construites historiquement les plus avancĂ©es.

Sociologiquement, les volapĂŒkistes sont presque uniquement des membres de la bourgeoisie. Selon le Yelabuk pedipedelas (Annuaire des diplĂŽmĂ©s)[42], pas mĂȘme un ouvrier ne pratique la langue, fait que l'on peut comparer Ă  l'espĂ©ranto, qui intĂ©resse le mouvement ouvrier dĂšs le commencement[43]. Les deux tendances principales du mouvement, mĂȘme antagonistes, s'intĂ©ressent dans leur ensemble peu aux ouvriers : Schleyer le conservateur destine sa langue aux Ă©lites du monde, pendant que Kerckhoffs voit dans le volapĂŒk la langue du commerce. Donc, mĂȘme si le congrĂšs de Lausanne de la Ire Internationale (1867) a adoptĂ© une motion favorable Ă  l'idĂ©e de langue internationale, ce n'est naturellement pas vers le volapĂŒk que se tournent les ouvriers ayant des sympathies pour cette idĂ©e[44]. Par ailleurs, le volapĂŒk n'attire qu'une minoritĂ© de femmes, de 10 Ă  15 % des volapĂŒkistes, ce qui reprĂ©sente un taux beaucoup plus faible que celui que l'on rencontrera plus tard chez les espĂ©rantistes ; le volapĂŒkiste moyen est un mĂąle catholique, germanophone, issu de la classe moyenne supĂ©rieure[45].

Le schisme (1889-1892)

La destitution par Schleyer de l'acadĂ©mie de Kerckhoffs est refusĂ©e par ce dernier. ConformĂ©ment aux demandes faites par le troisiĂšme congrĂšs, il propose un bloc de rĂ©formes[46]. Le mouvement, profondĂ©ment divisĂ©, s'essouffle : les clubs ferment les uns aprĂšs les autres, s'ils ne passent pas Ă  l'espĂ©ranto ; les revues, dont celle de Kerckhoffs, cessent les unes aprĂšs les autres de paraĂźtre. L'acadĂ©mie parvient cependant Ă  publier une Glamat nomik[47] en 1891. La mĂȘme annĂ©e Schleyer raye officiellement le nom de Kerckhoffs de la liste des volapĂŒkistes, accĂ©lĂ©rant l'hĂ©morragie en Europe latine principalement « kerckhoffsienne » que la relative stabilitĂ© du mouvement en AmĂ©rique, en Asie et en Europe germanophone ne contrebalance pas.

À cette Ă©poque, Kerckhoffs rĂ©duit de plus en plus sa participation aux travaux de l'acadĂ©mie. En 1892, pensant le volapĂŒk mort, fatiguĂ© de se battre au sein de l'acadĂ©mie, renvoyĂ© de son poste de professeur d'allemand Ă  cause de critiques trop appuyĂ©es faites aux rĂšgles du ministĂšre du commerce et Ă  cause de la maladie de sa fille unique Pauline (qui en meurt le Ă  l'Ăąge de 28 ans), il dĂ©missionne[48].

Un comitĂ© est nommĂ© pour expĂ©dier les affaires courantes de l'acadĂ©mie, qui Ă©lit comme directeur le russe Waldemar Rosenberger. Sous sa direction, l'acadĂ©mie abandonne le volapĂŒk, crĂ©e une toute nouvelle langue, l'idiom neutral, et prend un nouveau nom, « Akademi internasional de lingu universal »[49]. En 1908, le 4e directeur de l'acadĂ©mie, Giuseppe Peano, lui fait abandonner l'idiom neutral et adopter sa propre crĂ©ation, le latino sine flexione, sous le nom de « Academia pro Interlingua »[39]. Kerckhoffs abandonne quant Ă  lui l'idĂ©e d'une langue auxiliaire internationale et enseigne dans divers lycĂ©es de province jusqu'Ă  ce qu'un accident de train mette fin Ă  ses jours le Ă  DĂ€rlingen en Suisse ; il est enterrĂ© Ă  Paris avec sa fille[50] - [note 14].

L'unité retrouvée d'un mouvement trÚs affaibli et mort de Schleyer (1892-1912)

Photographie en couleur de la tombe de Schleyer : crucifix surmontant une large base, ornĂ©e d'un ciboire et prĂ©sentant une longue Ă©pitaphe en volapĂŒk.
La tombe de Schleyer

Les rĂ©formateurs abandonnant l'idĂ©e d'une langue auxiliaire internationale ou en crĂ©ant de nouvelles, le volapĂŒk retrouve, trĂšs affaibli, son unitĂ© autour de Schleyer. Seul maĂźtre Ă  bord, il continue Ă  « amĂ©liorer » sa langue, la rendant de plus en plus arbitraire. Les derniers fidĂšles, rĂ©unis autour de VolapĂŒkabled zenodik jusqu'Ă  ce qu'elle cesse son activitĂ© en 1908, publient encore de rares brochures, comme en 1904[51] ou 1916[52]. En 1892 ne restaient plus que 17 pĂ©riodiques et 90 clubs[53] ; comptant encore 159 correspondants en 1901[54], la sociĂ©tĂ© mondiale des volapĂŒkistes ferme ses portes en 1912. Pour beaucoup, les espoirs de voir le volapĂŒk devenir langue auxiliaire internationale sont bel et bien morts[49].

Le , Schleyer est nommĂ© camĂ©rier secret surnumĂ©raire par le pape LĂ©on XIII[55], ce qui lui vaut de recevoir le titre de « monseigneur » sans ĂȘtre Ă©vĂȘque. Le , il meurt, laissant (par testament[56]) Ă  son ami le prĂȘtre Albert Sleumer, qui a appris le volapĂŒk en 1892, soit aprĂšs son dĂ©clin (alors qu'il avait pensĂ© Ă  l'origine Ă  Rupert Kniele, grand volapĂŒkiste de la premiĂšre heure, qui avait abandonnĂ© le mouvement aprĂšs le schisme[56]), le rĂŽle de Cifal, commençant ainsi une tradition de succession par nomination (il l'avait nommĂ© en 1910) qui dure jusqu'Ă  aujourd'hui[57].

RÎle de l'espéranto

Quel rĂŽle a jouĂ© l'espĂ©ranto dans la chute du volapĂŒk ? L.L. Zamenhof, le crĂ©ateur de l'espĂ©ranto, le dĂ©crit lui-mĂȘme dans une allocution faite le pour les 80 ans de Schleyer lors du 7e CongrĂšs mondial d'espĂ©ranto Ă  Anvers :

« Le volapĂŒk ne fut pas vaincu par l'espĂ©ranto, comme beaucoup le pensent tout Ă  fait par erreur ; il pĂ©rit par lui-mĂȘme Ă  une Ă©poque oĂč l'espĂ©ranto, travaillant tranquillement et sans artifices, Ă©tait encore trop faible pour vaincre qui que ce soit[58]. »

D'autres langues, comme l'idiom neutral, ont pu participer Ă  la marge Ă  cette chute ; mais ce sont bien les dissensions internes qui en sont responsables[59].

L'espĂ©ranto, par contre, a profitĂ© en partie de l'Ă©chec interne du volapĂŒk, en attirant ceux de ses anciens soutiens qui, pensant le volapĂŒk mort, ne se sont pas dirigĂ©s vers la crĂ©ation d'un volapĂŒkide (comme l'acadĂ©mie) et n'ont pas abandonnĂ© l'idĂ©e (comme Kerckhoffs), comme le firent les membres du club de Nuremberg[note 15].

RĂ©forme linguistique

Arie de Jong
Arie de Jong.

Le mouvement volapĂŒkiste, rĂ©duit Ă  quelques centaines de personnes, autour notamment de la petite revue nĂ©erlandaise Nuns blefik se VolapĂŒkavol (Courtes nouvelles sur le monde du volapĂŒk), organe de l'association nĂ©erlandaise de volapĂŒk (VolapĂŒkakluba valemik NedĂ€nik), survit. En 1891, le jeune sous-officier mĂ©dical de l'armĂ©e nĂ©erlandaise, le futur docteur Arie de Jong, obtient son premier diplĂŽme de volapĂŒk ; il correspondra avec d'autres volapĂŒkistes durant son engagement militaire aux Indes nĂ©erlandaises, durant lequel il sera nommĂ© Ă  l'acadĂ©mie de volapĂŒk, en 1901[60].

Une fois atteinte la retraite, en 1921, Arie de Jong rencontre le Cifal Albert Sleumer, et lui fait part de sa volontĂ© de rĂ©former quelque peu le volapĂŒk, afin de lui permettre de revenir Ă  la vie, ce que Sleumer accepte[61]. Arie de Jong dĂ©crit ainsi ses motivations en 1931 dans la prĂ©face de sa grammaire :

« Schleyer, penseur gĂ©nial du volapĂŒk, pour la formation des mots nouveaux et des mots construits, a utilisĂ© de telles abrĂ©viations que ces mots ont vu leur origine devenir difficilement reconnaissable. À cause de cela les mots nouveaux du volapĂŒk sont devenus difficilement mĂ©morisables et demandaient Ă  la mĂ©moire un travail trĂšs minutieux. En consĂ©quence, si nous voulions que le volapĂŒk obtienne Ă  nouveau la place qui Ă©tait la sienne et qu'il mĂ©rite dans la communication internationale, alors en tout premier lieu le vocabulaire du volapĂŒk devait ĂȘtre examinĂ© et humanisĂ©, lĂ  oĂč ce serait nĂ©cessaire. Mais parce que c'est certainement un devoir que soit Ă©tablie la formation des mots par une norme grammaticale ratifiĂ©e au bon moment, aussi il est nĂ©cessaire de rĂ©viser radicalement la grammaire du volapĂŒk. Cette tĂąche, c'est-Ă -dire la rĂ©vision de la grammaire et rĂ©vision des mots volapĂŒks, je l'ai accomplie[62]. »

En 1929, jugeant sa rĂ©forme prĂȘte, de Jong se rend Ă  nouveau chez Sleumer pour lui prĂ©senter ses rĂ©formes ; les deux volapĂŒkistes se rendent ensuite ensemble en Suisse, chez Jakob Sprenger, un autre acadĂ©micien, mais surtout le possesseur des droits d'auteur sur les Ɠuvres de Schleyer. Tous trois Ă©tudient et amendent quelque peu le projet, puis finalement l'acceptent[61].

Deux ans plus tard paraissent chez l'Ă©diteur bien connu Brill la Gramat VolapĂŒka[63] et un dictionnaire volapĂŒk-allemand allemand-volapĂŒk[64]. Deux ans Ă  nouveau passent avant que le Cifal n'officialise les rĂ©formes par un dĂ©cret (bĂŒad Cifala) :

« Le nouveau volapĂŒk officiel apparaĂźt avec ma connaissance et mon approbation comme le rĂ©sultat de la rĂ©vision importante et radicale de l'acadĂ©micien Arie de Jong [...]. Bien que je regrette que les changements qui sont amenĂ©s au volapĂŒk soient devenus plus nombreux que je ne l'attendais, j'ai vu avec intĂ©rĂȘt et plaisir ces rĂ©visions, parce qu'avec ce volapĂŒk rĂ©visĂ© il sera possible de rendre la vie au mouvement volapĂŒkiste, et de permettre Ă  nouveau au volapĂŒk de fleurir. Pour cette raison j'exprime ici avec emphase que j'accepte et la Gramat VolapĂŒka et le Wörterbuch der Weltsprache Ă©crits par l'acadĂ©micien Arie de Jong[65]. »

Cette rĂ©forme, seul cas dans l’histoire des langues auxiliaires oĂč une communautĂ© de locuteurs accepte des changements profonds une et une seule fois[66] - [note 16], est Ă  l'origine du VolapĂŒk nulik[note 17], qui est la seule forme encore utilisĂ©e aujourd'hui[note 18].

Relatif renouveau du mouvement

Albert Sleumer, aprĂšs la mort de Schleyer tente tant bien que mal de garder vivant le volapĂŒk, publiant en 1914 une petite biographie de Schleyer qui fait toujours autoritĂ©[67] et faisant des confĂ©rences lĂ  oĂč il le peut. Puis vient la PremiĂšre Guerre mondiale, que le mouvement, dĂ©jĂ  trĂšs affaibli, a bien du mal Ă  surmonter[68].

Mais aux Pays-Bas, Arie de Jong, qui agissait dĂ©jĂ  comme « le pouvoir derriĂšre le trĂŽne[69] », tentait de relancer le mouvement, avec un certain succĂšs. Il rĂ©ussit Ă  reformer l'Association gĂ©nĂ©rale nĂ©erlandaise de volapĂŒk (VolapĂŒkaklub valemik NedĂ€nik) en organisant son 21e congrĂšs le . L'annĂ©e suivante, il fonde avec l'acadĂ©micien J. G. M. Reynders la VolapĂŒkagased pro NedĂ€napĂŒkans (« Revue volapĂŒkiste pour nĂ©erlandophones »), qui joue en fait le rĂŽle de l'ancienne VolapĂŒkabled zenodik, et fonde une association pour les volapĂŒkistes qui vivent en dehors des Pays-Bas. En 1934-1935, il rĂ©dige pour Albert Sleumer des rĂ©formes dans l'organisation du mouvement, et se voit nommĂ© en 1934 directeur de l'acadĂ©mie (kadĂ€mal)[70].

La Seconde Guerre mondiale et ses suites

Photographie en noir et blanc de Jakob Sprenger en 1949
Jakob Sprenger en 1949.

En 1935, le gouvernement nazi interdit tous les mouvements pour les langues internationales en Allemagne, oĂč vivait Sleumer et oĂč rĂ©sident le plus de volapĂŒkistes, aprĂšs les Pays-Bas[71]. ConsĂ©cutivement Ă  l'occupation des Pays-Bas, cette loi s'y Ă©tend, mettant un terme Ă  l'action de de Jong et de sa revue. Ce n'est qu'en 1948 que la VolapĂŒkagased pro NedĂ€napĂŒkans paraĂźt Ă  nouveau, avec un Ă©dito titrĂ© Finalement aprĂšs un temps long ! (Fino pos tim lunik!).

Cette mĂȘme annĂ©e, Ă  cause de difficultĂ©s matĂ©rielles Ă©videntes dans une Allemagne dĂ©truite par la guerre, Sleumer transmet le rĂŽle de Cifal au Suisse Jakob Sprenger, aprĂšs que, Ă  partir de 1947, de Jong ait expĂ©diĂ© les affaires courantes comme « cifal nelaidĂŒpik », Cifal provisoire[72] ; malade, il transmet Ă  son tour dĂšs 1950 le poste Ă  Johann Schmidt, et meurt le [73]. ConsidĂ©rant qu'un Allemand ne pouvait toujours pas diriger le mouvement, notamment Ă  cause de problĂšmes douaniers, Schmidt transmet ses pouvoirs, tout en conservant sa fonction, Ă  Arie de Jong[74], devenu entre-temps Vicifal (Cifal adjoint). En 1956, de Jong laisse la rĂ©daction de la VolapĂŒkagased pro NedĂ€napĂŒkans Ă  Filippus KrĂŒger, qui la renomme simplement VolapĂŒkagased en 1958. La date Ă  laquelle de Jong cesse d'agir avec les pouvoirs du Cifal est inconnue, mais il meurt le Ă  Putten (c'est donc le terminus ad quem pour la reprise des pouvoirs de Cifal par Schmidt)[75].

Survie du mouvement aprĂšs la mort d'Arie de Jong

AprĂšs la mort d'Arie de Jong, le volapĂŒk entre dans sa troisiĂšme phase : aprĂšs celle de la crĂ©ation sous Schleyer, puis celle de la stabilisation avec Arie de Jong, vient celle de la conservation, qui dure jusqu'Ă  aujourd'hui[76]. Dans une lettre envoyĂ©e le Ă  Brian Bishop par Johann Schmidt, ce dernier dĂ©clare :

Photographie en noir et blanc de Johann Schmidt en 1951.
Johann Schmidt en 1951.

« Le volapĂŒk ne mĂšnera plus la bataille pour recevoir une influence et une place au milieu des autres systĂšmes [de langues auxiliaires internationales]. Je suis le Cifal et je dĂ©clare cela. Nous voulons tout organiser dans le grand mouvement volapĂŒkiste, nous voulons entretenir cette langue exactement comme on entretient le grec ancien ou le vieux saxon[77]. »

En 1962, la VolapĂŒkagased cesse de paraĂźtre[78], mais le mouvement continue d'Ă©diter de petits livres et vocabulaires (le plus important de cette pĂ©riode Ă©tant peut-ĂȘtre Jenotem valemapĂŒka „VolapĂŒk“, Histoire de la langue universelle « volapĂŒk », publiĂ© par Schmidt en 1964[79]).

Le , Schmidt dĂ©cĂšde subitement[80], laissant le rĂŽle de Cifal au polyglotte nĂ©erlandais Filippus Johann KrĂŒger (1911-1992) qui le transmet en 1984 au Britannique Brian Reynold Bishop (°1934), qui avec un autre Britannique, Ralph Midgley (fondateur de la revue Vög VolapĂŒka[81] en 1989), nommĂ© gouverneur (« guvan ») rĂ©organise les activitĂ©s sur Internet.

Le volapĂŒk aujourd'hui

Avec l'arrivĂ©e d'Internet, le mouvement volapĂŒkiste connaĂźt un nouveau regain d'activitĂ©, avec notamment la crĂ©ation de pages web, d'un groupe de discussion Yahoo (aujourd'hui fermĂ©) et d'une page Facebook et sur d'autres rĂ©seaux sociaux (Discord, Reddit...) oĂč se publient des questions sur la langue et son histoire, mais aussi des traductions de blagues, de mĂšmes... Depuis 2004, WikipĂ©dia propose une version en volapĂŒk, qui contient aujourd'hui plus de 120 000 articles, mĂȘme s'il s'agit en majoritĂ© d'Ă©bauches gĂ©ographiques crĂ©Ă©es par des bots[82].

Au niveau institutionnel, en 2014, Hermann Philipps remplace Brian Bishop comme Cifal[83], c'est-à-dire dirigeant, successeur de Schleyer, et, depuis 2015, un Cifal adjoint (« vicifal ») est nommé en la personne de Daniel Morosof, de Russie[84].

Aujourd'hui, le volapĂŒk n'est plus proposĂ© comme langue auxiliaire internationale, et toute mention politique est absente des nouveaux statuts de la SociĂ©tĂ© internationale du volapĂŒk (Sog bevĂŒnetik VolapĂŒka) promulguĂ©s en 2007 par le Cifal de l'Ă©poque, Brian Bishop[85]. Dans une interview publiĂ©e en 2015 dans une traduction en espĂ©ranto, Hermann Philipps nie la possibilitĂ© pour toute langue auxiliaire internationale de rĂ©ussir. Selon lui, le volapĂŒk s'apprend surtout par jeu et pour l'intĂ©rĂȘt historique ou interlinguistique que prĂ©sente cette langue[86].

Des Ă©crivains montrent nĂ©anmoins un intĂ©rĂȘt purement linguistique pour le volapĂŒk. Dans Le CongrĂšs, troisiĂšme nouvelle du Livre de sable, Jorge Luis Borges confie Ă  un narrateur qui lui ressemble par bien des traits[87] la mission d'aborder l'espĂ©ranto « Ă©quitable, simple et Ă©conomique » et « le volapĂŒk, qui veut explorer toutes les possibilitĂ©s linguistiques, en dĂ©clinant les verbes et en conjuguant les substantifs[88] ». Selon son traducteur Jean Pierre BernĂšs, « Borges confesse par fiction interposĂ©e ses centres d'intĂ©rĂȘt permanents[89] ».

La communautĂ© se rĂ©unit surtout autour de Facebook et du groupe Yahoo dĂ©jĂ  citĂ©s, mais la petite revue Vög VolapĂŒka (La Voix du volapĂŒk)[81], fondĂ©e en 1989 par Ralph Midgley (sous le nom de SirkĂŒlapenĂ€d, La Circulaire) et Ă©ditĂ©e aujourd'hui par Hermann Philipps, publie encore chaque mois des nouvelles, des traductions littĂ©raires, des notices historiques ou grammaticales, Ă  l'attention des volapĂŒkistes. L'Ă©diteur irlandais Evertype[note 19], dĂ©jĂ  responsable de la republication en fac-similĂ© du dictionnaire et de la grammaire d'Arie de Jong, a aussi publiĂ© un recueil de nouvelles de science-fiction publiĂ©es initialement dans Vög VolapĂŒka[90], et travaille sur la publication d'une traduction commentĂ©e de la grammaire d'Arie de Jong en anglais et en allemand[91].

En dehors des cercles volapĂŒkistes et interlinguistes, le volapĂŒk est connu par son acception courante pĂ©jorative. Par exemple, Charles de Gaulle l'Ă©voqua dans sa confĂ©rence de presse du :

« Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent Ă  toute l'Europe dans la mesure mĂȘme oĂč ils Ă©taient respectivement et Ă©minemment italien, allemand et français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient Ă©tĂ© des apatrides et s'ils avaient pensĂ© et Ă©crit en quelque espĂ©ranto ou volapĂŒk intĂ©grĂ©[92]. »

Cette signification de « crĂ©ation artificielle sans Ăąme » n'est pas la seule survivance pĂ©jorative du volapĂŒk dans le langage courant. Dans certaines langues, « volapĂŒk » a pris le sens de charabia, parmi lesquelles le danois, oĂč l'expression « det er det rene volapyk for mig » (littĂ©ralement « c'est du pur volapĂŒk pour moi ») correspond au « c'est du chinois » français.

Parfois, les deux sens pĂ©joratifs se mĂ©langent. Dans son Lexicon of Musical Invective (Lexique d'invectives musicales), oĂč il recense des critiques nĂ©gatives faites Ă  des Ɠuvres musicales du XIXe siĂšcle et du XXe siĂšcle considĂ©rĂ©es par la suite comme des chefs-d'Ɠuvre, Nicolas Slonimsky donne deux rĂ©fĂ©rences pour l'entrĂ©e « volapĂŒk », oĂč ce terme est utilisĂ© pour qualifier des symphonies ou opĂ©ras jugĂ©s Ă  la fois artificiels et incomprĂ©hensibles[93].

Alphabet et phonologie

Généralités

Chaque lettre du volapĂŒk n'est rendue que par un seul phonĂšme, qui peut cependant ĂȘtre rendu par plusieurs sons (par exemple, certaines consonnes peuvent ĂȘtre voisĂ©es ou non-voisĂ©es, selon la prĂ©fĂ©rence du locuteur[94]), et qui n'est par contre jamais modifiĂ© par ses voisins (diphtongues et triphtongues n'existent donc pas). L'accent se met toujours sur la derniĂšre syllabe du mot, quel que soit son rĂŽle par rapport Ă  la racine[95].

Le volapĂŒk, dans sa version schleyerienne, avait rĂ©duit le plus possible la prĂ©sence du phonĂšme /r/, Ă  cause de la difficultĂ© qu'auraient les Chinois Ă  le prononcer[96]. Le volapĂŒk moderne le rĂ©introduit.

Voyelles

Liste des voyelles du volapĂŒk
LettrePrononciation (API)Prononciation (en français)
A, a/ɑ/a comme dans « pĂąle »
/a/a comme dans « la »
Ä, Ă€/ɛ/Ăš comme dans « pĂšre »
/Ê/absent en français
E, e/e/é comme dans « été »
I, i/i/i comme dans « machine »
O, o/o/o comme dans « pot »
/ɔ/o comme dans « sort »
Ö, ö/Ăž/eu comme dans « jeu »
U, u/u/ou comme dans « loup »
Ü, ĂŒ/y/u comme dans « rue »

Consonnes

Liste des consonnes du volapĂŒk
LettrePrononciation (API)Prononciation (en français)
B, b/b/comme dans « bateau »
C, c/tÍĄÊƒ/tch, comme dans « tchao »
/dÍĄÊ’/dj, comme dans « adjectif »
D, d/d/comme dans « drapeau »
F, f/f/comme dans « fille »
G, g/g/toujours « dur » comme dans « gare »
H, h/h/fortement aspiré
J, j/ʃ/ch, comme dans « chien »
/ʒ/j, comme dans « jardin »
K, k/k/comme dans « karaoké »
L, l/l/comme dans « lumiÚre »
M, m/m/comme dans « musée »
N, n/n/comme dans « nourriture »
P, p/p/comme dans « poulet »
R, r/r/r roulé
S, s/s/toujours comme dans « siphon »
/z/toujours comme dans « zoologie »
T, t/t/comme dans « tente »
V, v/v/comme dans « village »
X, x/ks/toujours comme dans « taxi »
Y, y/j/toujours comme dans « yo yo »
Z, z/tͥs/ts, comme dans « tsé-tsé »
/dͥz/dz, comme dans « pizza »

Ancienne version de l'alphabet

Scan d'une page présentant les alternatives proposées par Schleyer aux voyelles avec trémas
Lettres alternatives aux trémas proposées dans Lott 1888.
Scan d'une page présentant les alternatives proposées par Schleyer aux voyelles (uniquement minuscules) avec trémas
Autre forme des lettres alternatives proposée dans Schleyer 1884a, plus proches du rendu Unicode.

Schleyer avait proposĂ© des lettres alternatives aux trĂ©mas, directement issues de son alphabet phonĂ©tique de 1878, mais ces derniĂšres ne furent que peu utilisĂ©es ; si Ă€, ö et ĂŒ Ă©taient censĂ©es ĂȘtre remplacĂ©es Ă  terme par les crĂ©ations de Schleyer, le congrĂšs de Munich adopta dĂ©finitivement les trĂ©mas[6].

Elles connurent plusieurs variantes[97] ; Schleyer les utilisait rĂ©guliĂšrement pour l'allemand (par exemple dans la prĂ©face de l’édition de 1885 du GroĆżses Wörterbuch rĂ©imprimĂ©e dans l’édition de 1888[98], oĂč l'on trouve par exemple dꞟrfte, tagꞛlih, vꞝrterbĂșh).

Ces lettres sont présentes dans l'Unicode depuis sa version 7.0[99] (latin étendu D) publiée le [100], les voici :

Lettres alternatives aux trémas
TrémaLettre proposéeCode Unicode
Ă„êžšA79A
Ă€êž›A79B
Ă–êžœA79C
Ă¶êžA79D
ĂœêžžA79E
ĂŒêžŸA79F

Dans les premiĂšres versions du volapĂŒk, Schleyer utilise aussi l'apostrophe pour marquer le phonĂšme /x/. Le congrĂšs de Munich supprime cette lettre et ce phonĂšme, et les remplace par la lettre h (et donc par le phonĂšme /h/)[6].

Grammaire

Mappemonde entourĂ© des mots  « menefe bal, pĂŒki bal » et inscrite dans un double cercle
Symbole du volapĂŒk rĂ©formĂ©. Si le volapĂŒk classique Ă©crivait « menade bal, pĂŒki bal », le moderne Ă©crit « menefe bal, pĂŒki bal ». (« Pour une humanitĂ©, une langue »)

Nom

Le nom volapĂŒk possĂšde une dĂ©clinaison Ă  deux nombres (singulier et pluriel) et quatre cas principaux :

Principaux cas en volapĂŒk
Nom du cas Singulier Pluriel
Nominatif -∅ -s
GĂ©nitif -a -as
Datif -e -es
Accusatif -i -is

L'accusatif n'a pas le sens de mouvement avec les noms que l'on retrouve dans d'autres langues, et notamment l'espéranto. Par contre, pour signifier ce mouvement, un -i (la terminaison de l'accusatif) doit s'ajouter à la préposition ou à l'adverbe (mais dans ce cas, avant la terminaison de l'adverbe)[101].

Vom binof in dom
La femme est Ă  la maison
Vom golof ini dom
Vom golof domio
La femme va Ă  la maison[note 20]

ParallÚlement, avec les adverbes (et avec les adverbes seulement), il est possible d'utiliser le génitif pour marquer l'origine d'un mouvement (vom golof domao, la femme vient de la maison)[102].

Deux cas supplémentaires sont cependant utilisés :

  • Le vocatif, que l'on marque en ajoutant la prĂ©position o au nom au nominatif (o blods, « ĂŽ frĂšres »).
  • Le prĂ©dicatif, que l'on marque en ajoutant -u (ekölom yani rediku, « il a peint la porte en rouge » ; ekölom yani redik, « il a peint la porte rouge »). Mais ce cas n'est que trĂšs rarement utilisĂ©, et il est tout aussi correct de dire ekölom yani redik pour dire « il a peint la porte en rouge », mais dans ce cas la phrase est ambiguĂ«[101].

L'usage de l'accusatif pour marquer le mouvement en modifiant les adverbes et le prĂ©dicatif sont absents en volapĂŒk classique[103].

Par contre, dÚs Schleyer, l'habitude était soit de rajouter un -i à la préposition, soit d'utiliser l'accusatif avec le substantif décliné pour préciser qu'il y avait mouvement[104]. Ici donc, de Jong a sanctionné et clarifié une pratique. L'usage du vocatif existe dÚs Schleyer, mais il semble discuté, au moins par le trÚs réformiste Kerckhoffs[105].

Pronoms personnels

Les principaux pronoms personnels sont les suivants :

Liste des pronoms personnels du volapĂŒk
SingulierPluriel
VolapĂŒkFrançaisVolapĂŒkFrançais
ob je obs nous
ol tu ols vous
om il oms ils
of elle ofs elles
on il (neutre) ons ils (neutre)
os il (impersonnel) oy on

Lesquels ont le mĂȘme pluriel que les noms (-s) et se dĂ©clinent pareillement : olas « de vous ». Les pronoms et adjectifs possessifs en dĂ©rivent : olik = ola = ton.

Il y a par ailleurs :

  • un pronom rĂ©flĂ©chi, ok/oks : ex. Löfons okis « Ils s'aiment [chacun soi-mĂȘme] ».
  • un pronom rĂ©ciproque, od/ods : ex. Löfons odis « Ils s'aiment l'un l'autre ».

Il existe encore deux pronoms personnels, mais qui ne sont presque jamais utilisés. Le premier, qui peut se trouver en poésie[106], est la personne de politesse, or/ors[note 21]. Le deuxiÚme est og/ogs, qui signifie « toi ou moi »[102], mais, comme l'a écrit Ed Robertson, « ça n'a pas pris »[66].

L'usage des pronoms a sensiblement Ă©voluĂ© avec la rĂ©forme d'Arie de Jong. Oy, or, ors et od sont des ajouts purs et simples[107]. Mais certains ont aussi eu un sens lĂ©gĂšrement diffĂ©rent : ainsi, oms Ă©tait utilisĂ© aussi bien pour un groupe d'hommes que pour un groupe mixte ; il faut maintenant utiliser le neutre ons pour les groupes mixtes. Os, qui est un neutre en volapĂŒk classique, est devenu impersonnel (il pleut = reinos). Cela fait partie des rĂ©formes antisexistes de de Jong[66].

Adjectif et adverbe

L'adjectif se forme en ajoutant -ik au radical du nom.

Il ne s'accorde avec son nom correspondant que s'il est placé devant ou s'il en est séparé par tout autre mot :

löfob bukis jönik / löfob jönikis bukis / bukis löfob jönikis
j'aime les beaux livres

L'adverbe dérivé est invariable et s'obtient en suffixant -o à l'adjectif ou nom correspondant :

del = le jour
delik = quotidien
delo = par jour
deliko = quotidiennement

Si l'adverbe est invariable, il est possible, en intercalant une voyelle avant le -o, de préciser s'il y a mouvement :

dom = la maison
binob domo = je suis Ă  la maison (sans mouvement)
golob domao = je pars de la maison (mouvement)
golob domio = je vais Ă  la maison (mouvement)

Un adverbe finissant par -ao porte donc le sens d'origine, et par -io de destination[102].

Comparatif et superlatif

Le comparatif d'égalité se forme avec l'adjectif précédé de so et suivi de Às (ÀsÀ si suivi d'un verbe). Le comparatif du supériorité se forme avec l'ajout de -um à la terminaison -ik de l'adjectif, suivi de ka (kas avant un verbe)[108].

binol so yunik Às ob = tu es aussi jeune que moi
binol so yunik ÀsÀ jinol = tu es aussi jeune que tu en as l'air
binol yunikum ka ob = tu es plus jeune que moi
binol yunikum kas jinol = tu es plus jeune que tu en as l'air

Le superlatif se forme avec l'ajout de -ĂŒn Ă  la terminaison -ik de l'adjectif, suivi du gĂ©nitif[108].

binol yunikĂŒn manas = tu es le plus jeune des hommes

Nombres

Les nombres ont subi un petit changement entre le systĂšme classique et le systĂšme moderne. Mais vu le systĂ©matisme des nombres, ce petit changement conduit Ă  de grands bouleversements. Voici la version actuelle des nombres en volapĂŒk[109] :

Les nombres en volapĂŒk
ser 0
bal 1 degbal 11 teldegbal 21 foldeg 40
tel 2 degtel 12 teldegtel 22 luldeg 50
kil 3 degkil 13 teldegkil 23 mÀldeg 60
fol 4 degfol 14 teldegfol 24 veldeg 70
lul 5 deglul 15 teldeglul 25 jöldeg 80
mĂ€l 6 degmĂ€l 16 teldegmĂ€l 26 zĂŒldeg 90
vel 7 degvel 17 teldegvel 27 tum 100
jöl 8 degjöl 18 teldegjöl 28 mil 1000 (10^3)
zĂŒl 9 degzĂŒl 19 teldegzĂŒl 29 balion 10^6
deg 10 teldeg 20 kildeg 30 telion 10^12
kilion 10^18

Le systĂšme est classique et simple. Ainsi, 4 876 329 se dira folbalion jöltumveldegmĂ€lmil kiltumteldegzĂŒl.

Pour les nombres inférieurs à 1, il faut utiliser ces mots, reconnaissables par l'utilisation du suffixe -im :

0,1 = dim
0,01 = zim
0,001 = mim
0,0001 = dimmim
0,00001 = zimmim
0,000001 = balyim

Pour lire ou Ă©crire ces nombres, il faut les lire comme des nombres entiers, et rajouter un de ces mots, par exemple :

0,345
kiltumfoldeglul mim
0,123456
tumteldegkilmil foltumluldegmÀl balyim

Les numéros ordinaux sont marqués par le suffixe -id, les fractions par le suffixe -dil et la répétition ou la multiplication par -na.

Binos dĂŒp velid soara
Il est sept heures de l'aprĂšs-midi
Foldils kil binons veldeglul zim
3/4 vaut 0,75
Ibinos visit folnaik ofa us
Ce fut sa quatriĂšme visite ici
Folna fol binos degmÀl
4 x 4 = 16

La petite modification qui a entraßné un chamboulement concerne les dizaines. En effet, pour dire « 20 », plutÎt que de dire teldeg, il fallait simplement mettre la marque du pluriel (-s) à l'unité ; « 20 » se disait donc tels, et un -e- était ajouté pour faire la liaison, « 41 » se disait donc folsebal et non foldegbal. Le systÚme fractionnel est aussi moderne.

SystĂšme verbal

Le systĂšme verbal du volapĂŒk est plutĂŽt compliquĂ©, et il a Ă©tĂ© dit que chaque verbe pouvait revĂȘtir 500 000 formes. C'est en effet possible en thĂ©orie, mais dans la pratique cela n'arrive jamais[110].

Voici un tableau rĂ©sumant les diffĂ©rents affixes prĂ©cisant aspect, mode, temps et personne du verbe volapĂŒk :

Le systĂšme verbal du volapĂŒk
VoixTempsRadicalPersonneMode
Active
∅-
Présent
∅-
(= verbe Ă  l'infinitif
moins « -ön »)
P1
-ob
Indicatif
-∅
Parfait
e-
P2
-ol
Imparfait
Ă€-
P3
-om (m), -of (f), -on (n)
Impératif
-öd
Plus-que-parfait
i-
P4
-obs
Optatif
-ös
Passive
p(a)-[note 22]
Futur
o-
P5
-ols
Conditionnel
-öv
Futur parfait
u-
P6
-oms (m), -ofs (f), -ons (n)
Participe
-öl[note 23]
Futur du passé
ö-
Impersonnel
-os
Subjonctif
--la[note 24]
Futur parfait du passé
ĂŒ-
Indeterminé
-oy

Voix

Les deux voix du volapĂŒk sont les deux voix classiques, l'actif et le passif. La voix active n'est caractĂ©risĂ©e par aucune marque, tandis que la voix passive est caractĂ©risĂ©e par l'ajout de la lettre p- avant l'augment temporel. Si contrairement aux autres temps, le prĂ©sent n'a pas d'augment temporel exprimĂ© Ă  la voix active, il en possĂšde bien un, et celui-ci s'exprime toujours Ă  la voix passive : un verbe au prĂ©sent passif verra donc son radical prĂ©cĂ©dĂ© de pa- (p- pour le passif, et -a- pour le prĂ©sent).

En volapĂŒk, le complĂ©ment d'agent est fa.

Löfob moti obik
J'aime ma mĂšre
Palöfob fa mot obik
Je suis aimé par ma mÚre

La voix moyenne n'existe pas en volapĂŒk Ă  proprement parler. Les suffixes -ik et -ĂŒk peuvent cependant en jouer le rĂŽle (cf. infra).

Temps

Le systĂšme temporel des verbes en volapĂŒk est trĂšs riche. Mais nous pouvons[110] sĂ©parer les temps en deux catĂ©gories, le temps courants, et les temps rares.

Voici les temps courants :

  • Le prĂ©sent, avec augment « a » (non-marquĂ© avec les verbes Ă  la voix active[note 25]) ;
  • Le futur, avec augment « o » ;
  • L'imparfait, avec augment « Ă€ » (utilisĂ© pour parler du passĂ© rĂ©volu) ;
  • Le parfait, avec augment « e » (utilisĂ© pour parler du passĂ© ayant un lien avec le prĂ©sent).

Et voilĂ  les temps plus rares :

  • Le futur parfait, marquĂ© par l'augment « u » (utilisĂ© pour parler d'un futur ayant dĂ©jĂ  eu lieu[111]) ;
  • Le plus-que-parfait, marquĂ© par l'augment « i » (utilisĂ© pour parler d'un passĂ© plus lointain que l'imparfait[112]) ;
  • Le futur du passĂ©, marquĂ© par l'augment « ö » (utilisĂ© pour parler de ce que dans le passĂ©, un personnage pensait ĂȘtre le futur, et qui a pu encore ne pas arriver et donc arriver encore : Ă€kredom, das öreinos, « il croyait qu'il allait pleuvoir »[113]) ;
  • Le futur parfait du passĂ©, marquĂ© par l'augment « ĂŒ » (utilisĂ© pour parler de ce que dans le passĂ©, un personnage pensait ĂȘtre le futur, et qui, si ça n'a pas eu lieu, ne peut plus avoir lieu : Ă€cedob, das ĂŒfinĂŒkol bĂŒ mudel, « je pensais que tu aurais fini — complĂštement — avant lundi »[113]).

Pour mieux comprendre les différents temps et leurs relations, il est possible de les insérer dans un tableau à double entrée[114] :

Les temps du volapĂŒk mis en relation
Imparfait
(nefinik)
Parfait
(finik)
Présent
(presenatim)
Présent
vokob
Parfait
evokob
Passé
(pasetatim)
Imparfait
Ă€vokob
Plus-que-parfait
ivokob
Futur
(fĂŒtĂŒratim)
Futur
ovokob
Futur parfait
uvokob
Futur du passé
(pasetofĂŒtĂŒratim)
Futur du passé
övokob
Futur parfait du passé
ĂŒvokob

Personnes

Les personnes sont en fait marquées par la suffixation de la majorité des pronoms personnels. Seuls ok(s), od(s), or(s) et og(s) n'existent qu'à la forme pronominale.

Modes

Il existe 6 modes en volapĂŒk. Il s'agit de :

  • L'indicatif, non-marquĂ© ;
  • L'impĂ©ratif, marquĂ© par le suffixe -öd ;
  • L'optatif, marquĂ© par le suffixe -ös, est un impĂ©ratif plus poli, moins rude[110], et peut ĂȘtre traduit en français par « veuillez (+ inf.) » : deĂŒkolös nami olik de kĂŒid obik = « veuillez ĂŽter votre main de ma cuisse » ;
  • Le conditionnel, marquĂ© par le suffixe -öv ;
  • Le subjonctif, marquĂ© par l'ajout de la, qui est prĂ©cĂ©dĂ© d'un tiret et qui « est seulement utilisĂ© lorsque c'est Ă  quelque chose de ridicule ou d'inimaginablement improbable qu'il est fait rĂ©fĂ©rence[115] ».
Vilol-la das ogivob ole dolaris lul! Drimol!
Tu veux que MOI, je te donne cinq dollars ! Tu rĂȘves !

Tous ces modes nécessitent l'usage de la marque de la personne, contrairement aux participes et à l'infinitif.

Le participe, marquĂ© par le prĂ©fixe -öl, s'utilise comme un adjectif. Il peut prendre le prĂ©fixe de temps et de voix. Comme tout adjectif, il est possible, par l'ajout d'un -o, de l'adverbialiser (gĂ©rondif)[116] (comme l'espĂ©ranto manĝante, ou le kotava etuson).

Ovisitob oli ĂŒn vig okömöl
Je te rendrai visite la semaine prochaine (litt. la semaine « viendrante », c'est-à-dire « venante » au futur)
Ägolölo ve sĂŒt, Ă€logob fleni bĂ€ldik oba
Allant [ou, moins littéralement, « comme j'allais »] le long de la route, je vis un vieil ami à moi

L'infinitif, marqué par le suffixe -ön, est assimilable à un mode. Lorsque l'infinitif est inséré dans un syntagme signifiant « afin de », il faut utiliser la particule ad[110] :

Fidobs ad lifön
Nous mangeons pour vivre

Autres marques

Pour former une question dans une phrase contenant un verbe, il faut lui ajouter la particule -li[110].

Äreidol-li gramati VolapĂŒka?
As-tu lu la grammaire du volapĂŒk ?

Comme en espĂ©ranto, la transitivitĂ© d'un verbe dĂ©pend de sa racine, mais il est possible de la modifier par des suffixes : -ik rend un verbe transitif intransitif, et -ĂŒk rend un verbe intransitif transitif[110]. Ce suffixe s'insĂšre avant les marques de personne et de mode.

Seadom su stul. Il est assis sur une chaise.
SeadĂŒkom cili sui stul. Il assoit l'enfant sur une chaise.
Eperom moni okik. Il a perdu sa monnaie.
Mon omik eperikon. Sa monnaie est perdue.

Comme en espĂ©ranto toujours, il est possible d'utiliser -ik avec un verbe dĂ©jĂ  intransitif ou -ĂŒk avec un verbe dĂ©jĂ  transitif. Dans ce cas-lĂ , il en rĂ©sulte une sorte de voix moyenne ou de causatif[110] :

Äseadikom sui stul.
Il s'assit sur la chaise.
Man pĂ€perĂŒkom moni oki fa briet.
L'homme a perdu sa monnaie à cause de l'ébriété.
L'ébriété a causé à l'homme la perte de sa monnaie.

Modifications apportées par de Jong

C'est peut-ĂȘtre dans le systĂšme verbal que de Jong a le plus modifiĂ© le volapĂŒk[117], en plus des modifications du systĂšme des pronoms personnels qui, puisqu'ils sont repris comme marqueurs de personne, modifient aussi le systĂšme verbal.

Il a supprimé un aspect, l'aoriste, qui était marqué par l'usage d'un -i- entre la marque de temps et la racine (olödob > oilödob) et un mode, le jussif, marqué par le suffixe -öz, qui était plus fort encore que l'impératif. Auguste Kerckhoffs, à l'époque de Schleyer, avait pour sa part défendu la réduction des impératifs à une seule forme et était opposé à l'aoriste[118].

Sans l'avoir supprimĂ© rĂ©ellement, de Jong a aussi modifiĂ© le subjonctif, qui Ă©tait beaucoup plus utilisĂ© auparavant. C'est peut-ĂȘtre[119] plus la raison pour laquelle le subjonctif est le seul mode sĂ©parĂ© du verbe par un tiret. La plupart des autres changements grammaticaux ont consistĂ© Ă  supprimer ou ajouter des formes. Mais ici, il a modifiĂ© le sens du subjonctif ; pour bien diffĂ©rencier le subjonctif schleyerien du subjonctif rĂ©visĂ©, de Jong a peut-ĂȘtre dĂ©cidĂ© d'en modifier la graphie[note 26].

Enfin, il a aussi ajouté deux temps qui n'existaient pas, le futur du passé et le futur parfait du passé.

DĂ©termination

Il n'existe normalement pas d'article en volapĂŒk[note 27]. Ainsi, pod peut signifier « pomme », « une pomme » ou « la pomme ». Mais, pour dĂ©cliner les mots non-dĂ©clinables, l'article el peut ĂȘtre utilisĂ©[120] :

Kanobs logön eli Sputnik me daleskop.
Nous pouvons voir Spoutnik avec un télescope.

Ici, eli marque le fait que « Spoutnik » devrait ĂȘtre Ă  l'accusatif. En plus des cas, on peut ajouter Ă  el toutes sortes de prĂ©fixes et de suffixes (par exemple, si le nom propre est portĂ© par un ĂȘtre de sexe fĂ©minin, on peut ajouter le prĂ©fixe ji-, pour donner jiel).

Cet usage de el n'existait pas en volapĂŒk classique[121], mĂȘme si ce mot existait dĂ©jĂ  du temps de Schleyer, comme le prouve cette citation de la grammaire de Kerckhoffs :

« 3. - M. Schleyer a proposé d'employer un article indéfini el, chaque fois que la clarté du style l'exige impérieusement, p. ex., le moi, el ob ou ob el[122]. »

Lexique

Noms communs

Le volapĂŒk est une langue construite mixte (il est mĂȘme devenu le paradigme de cette catĂ©gorie) dont le vocabulaire est dit « Ă  racines naturelles dĂ©formĂ©es[note 28] ». Ses racines proviennent selon Smith principalement de l'anglais, et pour le reste de l'allemand et des langues romanes[123] ; selon Blanke, en premier lieu de l'anglais et du latin, et, en second lieu, de l'allemand et du français[124].

Ces déformations obéissent à des rÚgles[125] :

  • Chaque racine (substantif) doit obligatoirement commencer et se terminer par une consonne ;
  • En volapĂŒk classique, la lettre « r » Ă©tait proscrite, remplacĂ©e le plus souvent par « l » ;
  • Chaque racine doit ĂȘtre la plus courte possible (ainsi plim vient du français « compliment ») ;
  • Chaque racine doit ĂȘtre unique, les homonymes Ă©tant Ă©vitĂ©s.

Certaines racines en deviennent mĂ©connaissables, lorsqu'elles subissent plusieurs transformations. Couturat et Leau donnent l'exemple de jim (ciseaux). Le mot d'origine est l'allemand Schere, qui, en volapĂŒk, donnerait *jer ; le « r » Ă©tant alors proscrit, il se transforme en jel, qui signifie dĂ©jĂ  « protection » ; il devient alors jil qui signifie « femelle » ; il subit alors sa derniĂšre transformation, en devenant jim. Mais de Schere Ă  jim, seul le son /ʃ/ survit[126].

Noms propres

Certains noms propres, par exemple ceux de pays, subissent cette assimilation, mĂȘme si, surtout en volapĂŒk moderne, le critĂšre de briĂšvetĂ© est moins respectĂ©. Pour ceux qui n'ont pas de forme assimilĂ©e « canonique », il n'y a pas de rĂšgle absolue. L'usage veut que le mot soit gardĂ© le plus possible proche de sa forme originelle, mais prĂ©cĂ©dĂ©e par l'article el ; c'est sur cet article que sera portĂ©e la dĂ©clinaison. Le nom propre est aussi caractĂ©risĂ© en ajoutant des suffixes et des prĂ©fixes Ă  l'article ; si un nom commun qualifie le nom propre, el n'est pas obligatoire. Il est utilisĂ© enfin avant les titres, mĂȘme en volapĂŒk, et les noms communs Ă©trangers[95].

Ätuvob no traduti ela „essen“ in el „Vödabuk VolapĂŒka pro DeutĂ€napĂŒkans“ hiela Arie de Jong, kel binon in bukem zifa Strasbourg.
Je n'ai pas trouvĂ© la traduction de « essen » dans le Vödabuk VolapĂŒka pro DeutĂ€napĂŒkans de Arie de Jong qui est dans une bibliothĂšque de Strasbourg.

En volapĂŒk classique, les volapĂŒkistes allemands avaient l'habitude de rendre la prononciation du nom en volapĂŒk dans l'alphabet phonĂ©tique de 1878, et Schleyer lui-mĂȘme signait « Jleyer Yo'ann Martin »[127], ce que les volapĂŒkistes suivant Kerckhoffs refusaient de faire[128].

Prépositions, conjonctions et interjections

Il existe deux sortes de prĂ©positions, de conjonctions et d'interjections : celles qui le sont primitivement, et qu'aucun marqueur particulier ne prĂ©cise ; et celles qui le sont par dĂ©rivation et qui sont marquĂ©es soit par -ĂŒ (prĂ©positions), soit par -Ă€ (conjonctions), soit par -ö pour les interjections[129].

Nil ProximitĂ© NilĂŒ PrĂšs de
Kod Cause KodÀ Parce que
Seil Silence Seilö! Silence !

Formation des mots

Le volapĂŒk utilise beaucoup la composition des racines pour crĂ©er de nouveaux mots ; c'est toujours un substantif qui sert de mot-souche[130]. Comme en espĂ©ranto, l'Ă©lĂ©ment dĂ©terminant vient avant l'Ă©lĂ©ment dĂ©terminĂ© : le volapĂŒk est Ă  cet Ă©gard une langue centripĂšte[note 29].

Pokamon
Argent de poche
Monapok
Poche Ă  argent
(de pok, la poche et mon, l'argent)

Si, la plupart du temps, c'est le génitif qui lie les racines (-a-), il est possible aussi de les lier avec l'accusatif (-i-) ou l'adverbe (-o-) entraßnant des nuances de sens :

Motalöf Amour maternel Amour par une mÚre
Motilöf Amour envers une mÚre
Motolöf Amour comme une mÚre

Par contre, aucune voyelle de liaison n'est utilisĂ©e lorsque la racine est prĂ©cĂ©dĂ©e d'un nombre (foldil, quatriĂšme) ou d'une prĂ©position (lĂŒgolön, s'approcher de, litt. vers-aller) ; ou lorsque le lien entre deux racines est le fait d'une conjonction (pluuneplu, plus-ou-moins)[131].

Bien entendu, si la formation se fait avec un substantif, il est toujours possible de verbaliser de telles constructions. Ainsi, avec tid, l'enseignement, et pĂŒk, la langue, il est possible de former pĂŒkitid, l'enseignement de langue ; ce substantif peut ĂȘtre verbalisĂ©, ce qui donnera pĂŒkitidön, enseigner une ou des langue(s).

En plus de la composition, le volapĂŒk utilise (mais beaucoup moins qu'au XIXe siĂšcle, parce que le nombre de racines disponibles est plus grand[132]) de nombreux affixes. Par exemple le prĂ©fixe fi- signifie « jusqu'Ă  la fin » (mekön, faire ; fimekön, terminer) et le suffixe -av qualifie les sciences et les disciplines (god, dieu ; godav, thĂ©ologie)[133].

DiffĂ©rences entre volapĂŒk classique et moderne

Arie de Jong modifia les racines du volapĂŒk principalement sur trois points[66] :

  • il rĂ©introduisit le « r », donnant Ă  certains mots[note 30] un aspect plus proche de l'Ă©tymon (par exemple, pluie se dit « rein » en volapĂŒk moderne, ce qui est plus proche de l'Ă©tymon, l'anglais rain, que le classique « lilöm ») ;
  • il chercha Ă  supprimer les isomĂ©tries, nombreuses en volapĂŒk classique[134] (par exemple lemel signifiait Ă  la fois « ocĂ©an », de le-mel, grande mer, et « acheteur », de lem-el, acheter-personne ; aujourd'hui, la nouvelle racine sean a Ă©tĂ© ajoutĂ©e[note 31], et « acheteur » se dirait plutĂŽt reman, le suffixe -el Ă©tant dorĂ©navant rĂ©servĂ© aux fabricants[66]), par la crĂ©ation de nouvelles racines et la redĂ©finition de certains affixes ;
  • il crĂ©a de nouvelles racines, soit pour rendre compte d'avancĂ©es technologiques, soit pour adopter des racines plus internationales.

Les noms propres aussi furent volapĂŒkisĂ©s avec plus de rĂ©gularitĂ© (LitaliyĂ€n Ă  la place de TĂ€l pour Italie) ; et les (rares) exceptions Ă  la rĂšgle selon laquelle tout substantif commence et se termine par une consonne, supprimĂ©es (Égypte se dit dĂ©sormais LĂ€gĂŒptĂ€n et plus ÄgĂŒptĂ€n)[66].

Exemples

Feuille contenant imprimĂ© l'hymne du volapĂŒk, dans sa version rĂ©formĂ©e
L'hymne du volapĂŒk, dans sa version rĂ©formĂ©e.
PremiĂšre strophe de l'hymne du volapĂŒk (pĂ©riode classique)[135]
Texte originalPrononciation (API)Traduction littérale
Sumolsöd stÀni blodÀla!
Dikodi valik hetobs;
Tönöls jĂŒli baladĂ€la
VolapĂŒke kosyubobs,
Vokobsöz ko datuval:
„Menade bal, pĂŒki bal!“
sumolsþd stɛni blodɛlɑ
dikodi valik hetobs
tĂžnĂžls ʃyli bɑlɑdɛlɑ
volɑpyke kosjubobs
vokobsþt͡s ko dɑtuvɑl
menɑde bɑl pyki bɑl
Prenez le drapeau de l'esprit fraternel!
Nous haĂŻssons tout conflit ;
Tenant ferme l'Ă©cole de l'esprit d'union
Nous jubilons en rencontrant le volapĂŒk[note 32],
Nous devons appeler avec l'Inventeur[note 33] :
« Pour une humanité, une langue ! »
PremiĂšre strophe de l'hymne du volapĂŒk (pĂ©riode moderne)[136]
Texte originalPrononciation (API)Traduction littérale
Sumobsöd svistama stÀni!
Neflenami obs hetobs.
Dakipobsöd ga balÀli!
VolapĂŒki beyubobs.
VokÀdobsöd ko cifal:
„Menefe bal, pĂŒki bal!“
sumobsþd svistɑmɑ stɛni
neflenɑmi obs hetobs
dɑkipobsþd gɑ bɑlɛli
volɑpyki bejubobs
vokɛdobsĂžd ko tÍĄÊƒifɑl
menefe bɑl pyki bɑl
Prenons le drapeau de la fraternité !
Nous, nous haïssons l'inimitié.
Tenons fermement l'esprit d'unité !
Nous nous rĂ©jouissons du volapĂŒk.
Écrions-nous avec le Cifal :
« Pour une humanité, une langue ! »
Exemples de mots
FrançaisVolapĂŒkPrononciation (API)Étymologie[137]
terre tal (classique)
tail (moderne)
tɑl
tɑil
terra (latin)[note 34]
ciel sil sil ciel (français)
eau vat vɑt water (anglais)
feu fil fil fire (anglais)
homme man[note 35] mɑn Mann (allemand)
femme vom[note 35] vom woman (anglais)
manger fidön fidÞn feed (anglais)
boire dlinön (classique)
drinön (moderne)
dlinĂžn
drinĂžn
drink (anglais)
grand gletik (classique)
gretik (moderne)
gletik
gretik
great (anglais)
petit smalik smɑlik small (anglais)
nuit neit neit night (anglais)
jour del del day (anglais)

Bibliographie

Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.[note 36]

Sources primaires

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  • [Kerckhoffs 1887a] (fr + vo) Auguste Kerckhoffs, Dictionnaire volapĂŒk-français et français-volapĂŒk prĂ©cĂ©dĂ© d'une grammaire complĂšte de la langue, Paris, Le Soudier, (lire en ligne [PDF]).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • [Kerckhoffs 1887b] Auguste Kerckhoffs, Cours complet de volapĂŒk contenant des thĂšmes et des versions, avec corrigĂ©s et avec un vocabulaire de 2500 mots, Paris, Le Soudier, , 8e Ă©d. (1re Ă©d. 1886) (lire en ligne [PDF]).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
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  • (de) Johann M. Schleyer, VolapĂŒk. Die Weltsprache : Entwurf einer Universalsprache fĂŒr alle Gebildete der ganzen Erde, Sigmaringen, Tappen, .
  • (de) Johann M. Schleyer, Meine Biographie, SaarbrĂŒcken, Iltis, (1re Ă©d. 1880).
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Littérature secondaire

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Sources primaires

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  • (eo + vo) AndrĂ© Cherpillod, Vortaro VolapĂŒk-Esperanto kaj Esperanto-VolapĂŒk / Vödabuk VolapĂŒk-SperantapĂŒk e SperantapĂŒk-VolapĂŒk, Courgenard, La BlanchetiĂšre, .
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  • [de Jong 2012b] (de + vo) Arie de Jong, Wörterbuch der Weltsprache fĂŒr Deutschsprechende / Vödabuk VolapĂŒka pro DeutĂ€napĂŒkans, Cathair na Mart, Evertype, (1re Ă©d. 1931) (ISBN 9781904808893, prĂ©sentation en ligne).
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Littérature secondaire

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  • (en) Detlev Blanke, « Planned Languages - A Survey of Some of the Main Problems », dans Klaus Schubert, Interlinguistics : Aspects of the Science of Planned Languages, Berlin-New York, Mouton de Gruyter, coll. « Trends in Linguistics / Studies and Monographs » (no 42), (ISBN 3110119102).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Bernard Golden, « Conservation of the Heritage of VolapĂŒk », Language Problems and Language Planning, vol. 11, no 3,‎ , p. 361-367 (ISSN 0272-2690).
  • Marcel Monnerot-Dumaine, PrĂ©cis d'interlinguistique gĂ©nĂ©rale et spĂ©ciale, Paris, Maloine, .Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
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  • (vo) Johann Schmidt, Jenotem valemapĂŒka „VolapĂŒk“, Voorburg, Repko, (lire sur Wikisource) (paru pour la premiĂšre fois dans la revue VolapĂŒkagased pro NedĂ€napĂŒkans d'Amsterdam entre 1961 et 1962).
    • (eo) Johann Schmidt (trad. du volapĂŒk par Philippe Combot), Historio de la universala lingvo Volapuko [« Jenotem valemapĂŒka „VolapĂŒk“ »], Courgenard, Chez AndrĂ© Cherpillod, .
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  • (eo) Robert Thomann (trad. du volapĂŒk par Tazio Carlevaro), « Origino, starigo kaj hodiaĆ­a stato de la VolapĂŒka Lingvo-Akademio », Monata cirkulero, vol. 121,‎ , p. 3-7.

Notes et références

Notes

  1. Les sources se contredisent sur le nombre exact, mais toutes soulignent que Schleyer était un polyglotte. Ernst Drezen parle de 40 langues maßtrisées (Drezen 1931, p. 100) ; Arden Smith parle de 55 (Smith 2011, p. 26) ; Peter Foster rapporte de 50 à 89 ((en) Peter Glover Forster, The Esperanto Movement, La Haye, Mouton, coll. « Contributions to the sociology of language » (no 32), (ISBN 9027933995, lire en ligne), p. 46).
  2. En volapĂŒk moderne, cela s'Ă©crirait plutĂŽt VolapĂŒkabled zĂ€nodik.
  3. Aujourd'hui, Alberweiler est un village membre de la commune de Schemmerhofen, dans le land de Bade-Wurtemberg.
  4. Les actes de ce premier congrÚs sont publiés en allemand et traduits en espéranto dans Haupenthal 1984.
  5. Selon l'article « Auguste Kerckhoffs » de VĂŒkiped, la WikipĂ©dia volapĂŒke, il existe des traductions en danois par Wilhelm Hansen, en allemand par Wilhelm Pflaumer, en anglais par Henry Harrison (anglais britannique) et Louis Lambert (anglais amĂ©ricain), en hongrois par BĂ©la Zsigmondy, en nĂ©erlandais par Arthur Heyligers et en suĂ©dois par Gustav Liedbeck.
  6. Nommée sur le modÚle de l'« Association nationale pour la propagation de la langue française », aujourd'hui Alliance française (Garvía 2015, p. 30).
  7. C'est cependant cette annĂ©e-lĂ  que paraĂźt l'(eo) Unua libro, livre fondateur de l'espĂ©ranto, qui supplantera le volapĂŒk.
  8. KadĂ€m VolapĂŒka en volapĂŒk moderne.
  9. Le Weltspracheverein NĂŒrnberg, aprĂšs la mort de LĂ©opold Einstein, abandonne l'espĂ©ranto pour se consacrer d'abord Ă  l'idiom neutral, puis l'abandonne Ă  son tour pour adhĂ©rer Ă  l'ido. Cf. (de) Marcus Sikosek, « Dokumente zum „Weltspracheverein NĂŒrnberg” », Esperantologio / Esperantic Studies, vol. 3,‎ , p. 45-54 (ISSN 1404-4749 et 1311-3496, lire en ligne [PDF], consultĂ© le )
  10. Par exemple, lĂ  oĂč Schleyer avait tentĂ© de crĂ©er le plus de mots monosyllabiques, le congrĂšs demande que les racines soient le plus possible reconnaissables, et donc forcĂ©ment plus longues.
  11. Avec une différence notable entre les deux pays, la Chine accueillant deux clubs et une petite trentaine de membres, surtout chinois, le Japon n'ayant aucun club enregistré, et seulement deux membres, dont un Occidental. Cf. Lescure 2011, p. 104-105.
  12. Haupenthal 1984, p. 105 les cite in extenso : 1. cifal ; 2. lecifal (dirigeant continental) ; 3. lecif (dirigeant pour grands mouvements nationaux ; jamais utilisĂ©) ; 4. cifel (dirigeant national) ; 5. xamel (examinateur national, 7 en 1889) ; 6. plofed (professeur national, 6 en 1889) ; 7. stimakopanal (membre d'honneur, 6 en 1889) ; 8. spodal (correspondant diplĂŽmĂ©, 47 en 1889) ; 9. löpitidel (professeur pour une grande ville, 237 en 1889) ; 10. cif (directeur de club local, 218 en 1889) ; 11. tidel (1000 en 1889). Tous devaient ĂȘtre confirmĂ©s par Schleyer.
  13. Cette classification divise les langues auxiliaires internationales en trois catégories : les projets de langue construite, les semi-langues construites et les langues construites. Selon le linguiste allemand, chaque LAI peut se placer sur un axe divisé en 19 étapes, de la publication de sa structure à la naissance d'enfants ayant cette langue comme langue maternelle. Sur les étapes 1 à 4 sont placés les projets, 5 à 9 les semi-langues et 10 à 19 les langues. Toujours selon lui, seul l'espéranto est devenu une vraie langue ; il n'y a donc à proprement parler qu'une seule langue construite.
  14. Schleyer en fait part dans son journal, mais note par erreur la date du ; il est donc courant de retrouver cette date dans la littérature secondaire.
  15. Le succĂšs relatif de l'espĂ©ranto et sa survie jusqu'Ă  nos jours montre que les trĂ©mas du volapĂŒk, trĂšs critiquĂ©s (par exemple dans (en) Mary Jackson, « VolapĂŒk - Esperanto for losers », sur New English review, (consultĂ© le )), ne sont pas une raison essentielle de cet Ă©chec du volapĂŒk, puisque l'alphabet de l'espĂ©ranto possĂšde des lettres qui Ă©taient bien plus difficiles Ă  imprimer au XIXe siĂšcle (ĉ, ĝ, Ä„, Ä”, Ɲ et Ć­) que les simples trĂ©mas, courants dans les langues europĂ©ennes et particuliĂšrement l'allemand.
  16. D'autres langues construites, comme le kotava ou l'ido ont connu d'importantes rĂ©visions, mais ces derniĂšres font partie du projet de la langue en question ; au contraire le volapĂŒk est restĂ© stable depuis.
  17. On parle aussi de VolapĂŒk perevidöl (volapĂŒk rĂ©visĂ©), de VolapĂŒk pevotastidöl (volapĂŒk rĂ©formĂ©), etc., par opposition au volapĂŒk original (VolapĂŒk rigik) de Schleyer.
  18. Dans la partie grammaticale de cet article, nous traiterons des « deux » volapĂŒk, en donnant principalement la forme utilisĂ©e aujourd'hui avec, le cas Ă©chĂ©ant, la forme schleyerienne immĂ©diatement aprĂšs.
  19. Cet éditeur est connu pour son attention portée aux langues et alphabets construits ou aux langues rares ou mortes ; son catalogue accueille notamment beaucoup de traductions d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll dans ces langues (il en existe entre autres en espéranto, en sambahsa-mundialect, en lingwa de planeta, lingua franca nova...).
  20. À comparer par exemple avec l'espĂ©ranto « La homino estas en la domo / La homino iras en la domon / La homino iras domen ».
  21. C'est un peu l'inverse de ce qui s'est passĂ© en espĂ©ranto, oĂč c'est la deuxiĂšme personne du pluriel, vi, utilisĂ© comme personne de politesse, qui a « mangĂ© » la deuxiĂšme personne du singulier, ci, qui n'est quasiment jamais utilisĂ©.
  22. Pa- pour le passif présent, p- + augment temporel, a- étant l'augment temporel du présent non-exprimé à la voix active.
  23. Le participe ne prend pas la marque de la personne.
  24. Avec tiret pour le séparer du verbe.
  25. Mais marquĂ© Ă  la voix passive et avec les autres catĂ©gories grammaticales, comme adelo, aujourd'hui, formĂ© du mot del, jour, avec augment temporel du prĂ©sent. En volapĂŒk classique existait un aoriste marquĂ© par l'ajout d'un « i » aprĂšs l'augment temporel ; dans ce cas lĂ , le « a » du prĂ©sent apparaissait aussi (Smith 2011, p. 28) : par exemple flapom signifiait « il frappe » et aiflapom, « il frappe sans cesse ». Arie de Jong supprime cet aspect (Robertson 1995), que Kerckhoffs dĂ©daigne dĂ©jĂ  en se contentant de le mentionner en note (Kerckhoffs 1887a, p. 24).
  26. À noter que Kerckhoffs souhaitait que chaque mode soit sĂ©parĂ© du verbe par un tiret. Cf. Kerckhoffs 1887a, p. 24.
  27. Le volapĂŒk n'est pas la seule langue, naturelle ou construite, dans laquelle il n'existe pas d'article. Pour les langues naturelles, le latin ou la majoritĂ© des langues slaves (Ă  l'exception du bulgare et du macĂ©donien) peuvent ĂȘtre citĂ©s ; chez les langues construites, le kotava a la mĂȘme particularitĂ©.
  28. Avec, par exemple, le dil de Julius Fieweger (un volapĂŒkide de 1893), et le parla de Carl Louis Spitzer (1907).
  29. Alors que, dans la syntaxe de la phrase, elle aura plutÎt une tendance nettement centrifuge, c'est-à-dire que le déterminant viendra aprÚs le déterminé
  30. Mais pas à tous ; par exemple le mot déformé donné plus haut, jim pour ciseaux est resté tel quel.
  31. Et non pas ozean comme le dit Robertson 1995, qui contredirait la rĂšgle selon laquelle une racine commence et se termine toujours par une consonne. Cf. Cherpillod 2003, p. 85-86.
  32. Ou « pour la langue universelle », VolapĂŒk Ă©tant Ă  la fois un nom propre et un nom commun.
  33. Il s'agit de Schleyer ; en volapĂŒk classique, le suffixe -al a le mĂȘme sens que -el, mais avec un sens de supĂ©rioritĂ©. Si datuvön signifie « inventer », datuvel signifie « un inventeur », mais datuval signifie « l'Inventeur ». Cf. Kerckhoffs 1887a, p. 37.
  34. En fait, le volapĂŒk classique confondait la Terre et la terre ; de Jong a distinguĂ© les deux en ajoutant un i Ă  tal. À proprement parler, l'Ă©tymologie de tail est donc le volapĂŒk tal.
  35. Il existe aussi un mot pour dire « ĂȘtre humain » : men (de l'allemand Mensch, Cherpillod 2003, p. 62). GrĂące au jeu des affixes, il est tout aussi juste de dire himen que man pour homme masculin ou jimen que vom pour femme, qui sont donc synonymes (il est mĂȘme thĂ©oriquement possible de dire *jiman ou *hivom, bien que ces formes ne se rencontrent jamais).
  36. L'Ă©diteur allemand Iltis a beaucoup publiĂ© de petits ouvrages, en allemand et en espĂ©ranto, sur le volapĂŒk et la vie de Schleyer. Nous n'en prĂ©sentons ici qu'une sĂ©lection. Pour voir leur collection, voir cette page.
  37. Aussi disponible en espéranto et en allemand.

Références

  1. (en) Paul Lafarge, « PĂŒk, Memory » [html], sur The Village Voice, (consultĂ© le ) donne 20, et Pontnau 2007, p. 24 donne 30.
  2. (de) Johann Martin Schleyer, « Ein Weltalfabet », Sionsharfe. MonatsblĂ€tter fĂŒr katholische Poesi, vol. 3, no 21,‎ , p. 186-188 (lire en ligne, consultĂ© le ).
  3. (de) Johan Martin Schleyer, « Wie kam der Erfinder der Weltsprache zur Idee seiner Erfindung », Rund um die Welt,‎ , col. 3 (lire en ligne).
  4. GarvĂ­a 2015, p. 22.
  5. Texte original : « Ich begann heute meine Weltsprache und Grammatik (einfach, vernĂŒnftig, praktisch) ».
  6. Smith 2011, p. 27.
  7. « In a somehow mysterious and mystical way, in a dark night in the rectory of Litzelstetten, near Constance, in the corner room of the second floor overlooking the yard, while I was vividly reflecting on the follies, grievances, afflictions, and woes of our time, the whole edifice of my international language suddenly appeared before my spiritual eyes in all its splendor. To pay tribute to the truth, and let her bear witness, I must say that on the night of March 1879, I was very tired; thus I can only proclaim with all gratitude and humility that I owe to my good genius the whole system of the international language VolapĂŒk. In March 31, 1879, I set up to compile and write down for the first time the principles of the grammar », GarvĂ­a 2015, p. 21.
  8. Drezen 1931, p. 99.
  9. GarvĂ­a 2015, p. 23.
  10. (de) Johann Martin Schleyer, Entwurf einer Weltsprache und Weltgrammatik fĂŒr die Gebildeten aller Völker der Erde, Singmaringen, Sionsharfe, (lire en ligne).
  11. Schleyer 1880.
  12. Drezen 1931, p. 100-101.
  13. Drezen 1931, p. 101.
  14. Drezen 1931, n. 2, p. 101.
  15. Drezen 1931, p. 102.
  16. « the most critical character in the history of VolapĂŒk, after Schleyer », GarvĂ­a 2015, p. 31.
  17. C. E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, t. 2, Office général d'édition de librairie et d'imprimerie, (lire en ligne), p. 120
  18. Auguste Kerckhoffs, « La cryptographie militaire (1) », Journal des sciences militaires, vol. 9, no 1,‎ , p. 5-38 ; Auguste Kerckhoffs, « La cryptographie militaire (2) », Journal des sciences militaires, vol. 9, no 2,‎ , p. 161-191.
  19. GarvĂ­a 2015, p. 31, qui parle d'un livre sous ce titre, alors qu'il s'agit bien d'articles de revue.
  20. GarvĂ­a 2015, p. 31.
  21. Kerckhoffs 1887b.
  22. Le VolapĂŒk. Revue publiĂ©e sous le patronage de l'Association française pour la propagation du volapĂŒk, 1886-1889.
  23. Couturat et Leau 1907, p. 142.
  24. « Association française pour la propagation du volapĂŒk », Le VolapĂŒk. Revue publiĂ©e sous le patronage de l'Association française pour la propagation du volapĂŒk, vol. 1, no 1,‎ , p. 3 (lire en ligne, consultĂ© le ).
  25. Kerckhoffs 1887a.
  26. Paulus et Octave Pradels, Trente ans de café-concert, Paris, Société d'édition et de publication (lire en ligne), p. 309.
  27. Albert Vanloo, Sur le plateau : Souvenirs d'un librettiste, Paris, Paul Ollendorff, (lire en ligne), p. 191.
  28. « FonĂ©tisme et volapĂŒk », Le Temps,‎ , p. 2.
  29. (en) Peter Glover Forster, The Esperanto Movement, La Haye, Mouton, coll. « Contributions to the sociology of language » (no 32), (ISBN 9027933995, lire en ligne), p. 47.
  30. Couturat et Leau 1907, p. 147.
  31. Lescure 2011, p. 102
  32. Drezen 1931, p. 103.
  33. Dans Le VolapĂŒk d', p. 46 ; citĂ© par Couturat et Leau 1907, p. 143.
  34. Kerckhoffs 1887b, p. 5.
  35. Couturat et Leau 1907, p. 149.
  36. « Sub la formo VolapĂŒk sukcesis en la praktika ekzameno la principo de artefarebleco de internacia lingvo » (Drezen 1931, p. 103).
  37. « The fate of VolapĂŒk was sealed when its supporters, in the year 1889, made the experiment of organising a congress at which VolapĂŒk should be spoken. Although a few VolapĂŒkists succeeded in speaking the language, it was only too painfully evident that such a goal could not be reached with this system. », (en) R. Lorenz (trad. F. Donnan), « The DĂ©lĂ©gation pour l'adoption d'une langue auxiliaire internationale », dans International Language and Science : Considerations on the Introduction of International Language into Science, Londres, Constable, (lire en ligne [PDF]), p. 16-17.
  38. Couturat et Leau 1907, p. 149-150.
  39. (eo) Věra BarandovskĂĄ-Frank, « Akademioj, lingvoj, kaj planlingvoj », dans Amri Wandel, Internacia Kongresa Universitato (eo) : 59a sesio, Florenco, Italio, 29 julio – 5 aĆ­gusto 2006, Rotterdam, UEA, (lire en ligne [PDF]), p. 26.
  40. Couturat et Leau 1907, p. 142 et Drezen 1931, p. 103 ; une liste trĂšs dĂ©taillĂ©e des Ă©ditions sur ou en volapĂŒk avant 1889 est publiĂ©e dans Kerckhoffs 1889. Il est cependant trĂšs difficile de vĂ©rifier ce chiffre de 1 million.
  41. Blanke 1989, p. 69-70.
  42. Kerckhoffs 1889 ; cité dans Drezen 1931, p. 104.
  43. Cf. l'article « Laborista Esperanto-movado » (Mouvement espérantiste des travailleurs), sur Vikipedio, la Wikipédia espérantophone.
  44. Couturat et Leau 1907, p. 150-151 ; Drezen 1931, p. 104.
  45. GarvĂ­a 2015, p. 26.
  46. La liste des réformes soutenues par Kerckhoffs se trouve dans : Couturat et Leau 1907, p. 143-145 et dans Schmidt 1964.
  47. (vo) Glamat nomik : U noms stabik volapĂŒka pelensumöl fa Kadem, Paris, Kluböp kadema bevĂŒnetik VolapĂŒka, .
  48. Caraco 1998, p. 397 et 400.
  49. Drezen 1931, p. 106.
  50. Caraco 1998, p. 391 et 399.
  51. (de) Ludwig Zamponi, Zur Frage der EinfĂŒhrung einer internationalen Verkehrssprache, Graz, (rĂ©imprimĂ© en 2012 chez Iltis, (ISBN 9783932807275)).
  52. (de) Die Weltsprache : Ein Ruf an die Gesamtmenschheit, Dresde-Leipzig, .
  53. Smith 2011, p. 31.
  54. Couturat et Leau 1907, n. 2, p. 151.
  55. Annuaire pontifical catholique, Paris, Maison de la bonne presse, (lire en ligne), p. 341.
  56. Haupenthal 1984, p. 107.
  57. Bishop 1998, p. 376.
  58. « VolapĂŒk ne estis venkita de Esperanto, kiel multaj personoj pensas tute erare; ĝi pereis per si mem en tiu tempo, kiam la trankvile kaj senartifike laboranta Esperanto estis ankoraĆ­ tro malforta, por iun venki », (eo) Louis-Lazare Zamenhof, Originala Verkaro : AntaĆ­paroloj — Gazetartikoloj — TraktaÄ”oj — Paroladoj — Leteroj — Poemoj, Leipzig, Ferdinand Hirt & Sohn, (lire en ligne).
  59. Cf. par exemple cette citation : « MalgrĂ© son sensationnel essor initial, la popularitĂ© du volapĂŒk dĂ©clina Ă  grande vitesse. MĂȘme si d'autres langues construites globales, comme l'espĂ©ranto et l'idiom neutral, peuvent avoir jouĂ© un rĂŽle dans cela, au bout du compte ce furent les dissensions internes qui dĂ©mantelĂšrent le rĂ©seau auparavant substantiel des sociĂ©tĂ©s de volapĂŒk Ă  travers l'Europe occidentale. » (texte original : « Despite its sensational initial rise, VolapĂŒk’s popularity declined at a rapid rate. While other global constructed languages, such as Esperanto and Idiom Neutral, may have played a role in this, ultimately, it was internal dissention that dismantled the once-substantial network of VolapĂŒk societies across Western Europe. », (en) « Legend Neutral », sur The Global Contemporary Art Worlds After 1989 (consultĂ© le ).
  60. Bishop 1998, p. 379.
  61. de Jong 2012b, p. xiv.
  62. « Pö fomam vödas nulik e pö fomam koboyĂŒmavödas el „Schleyer“: datikan letĂ€lenik Vpa < sevabo Ă€gebĂ€dom brefĂŒkamis somik, das vöds at tefĂŒ licin okas ivedons fikuliko sevĂ€doviks. Dub atos vöds nulik Vpa ivedons fikuliko memidoviks ed Ă€lonĂŒlons memĂ€le flagis vemo töbikis. Kludo if Ă€vilobsöv, das Vp. ödageton dönu in kosĂ€d bevĂŒnetik pladi, kel duton lĂŒ ok, e keli i meriton, tĂ€no mu balido vödastok Vpa ömutonöv paxamön e pamenedön utöpo, kö özesĂŒdosöv. Ab bi fomam vödas klĂŒlo söton pastabön dub noms gramatik kuratiko pelonöls, i Ă€zesĂŒdos ad revidön staböfo gramati Vpa. BligĂ€di at, sevabo: e revid gramata e revid vödas Vpik, edunikob » (de Jong 2012a, p. III).
  63. Réédité récemment : de Jong 2012a.
  64. Et lui aussi réédité récemment : de Jong 2012b.
  65. « VolapĂŒk calöfik nuik edavedon ko kesev e zep oba sekĂŒ revid fefik Ă€ staböfik fa kadĂ€man: ‚Arie de Jong‛ [...] Do pidob, das votĂŒkams, kels pelĂŒblinons VolapĂŒke, evedons mödikums, ka ispetob, elogob nitedĂ€lo e lobĂŒlo revidi at, bi me VolapĂŒk perevidöl at omögos ad lifĂŒkön VolapĂŒkamufi, ed ad koedön dönu florön VolapĂŒki. SekĂŒ kod at notodob is kazetiko, das ezepob ed eli „Gramat VolapĂŒka“ ed eli „Wörterbuch der Weltsprache“ pelautölis fa kadĂ€man: ‚Dr Arie de Jong‛ », Albert Sleumer, BĂŒad Cifala de 1934, Yanul 1, Texte disponible sur Wikisource.
  66. Robertson 1995.
  67. (de) Albert Sleumer, Ein berĂŒhmter katholischer Erfinder (Joh. Martin Schleyer, gest. 16 August 1912) : Ein Lebensbild, Klagenfurt, St. Josefs-Vereins-Buchdr., coll. « VolksaufklĂ€rung » (no 180), .
  68. Bishop 1998, p. 377-378.
  69. « Post la revivigo de la lingvo li [de Jong] estis la povo malantaƭ la trono », Bishop 1998, p. 381.
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  75. Bishop 1998, p. 379-381.
  76. Bishop 1998, p. 385.
  77. « VolapĂŒk ne plu odunon takomipi ad getön fluni Ă€ pladi bevĂŒ sits votik. Binob cifal e lesagob atosi. Vilobs leodĂŒkön dinis valik VolapĂŒkamufa gretik, vilobs kĂ€lön pĂŒki at, leigo asĂ€ kĂ€loy vöno-GrikĂ€napĂŒki u vöno-saxadapĂŒki », citĂ© dans : Bishop 1998, p. 386.
  78. Bishop 1998, p. 390.
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  83. (eo) Brian Bishop, « Volapuko havas novan Cifal! », La Ondo de Esperanto, no 6,‎ (lire en ligne [html], consultĂ© le ).
  84. (vo) Hermann Phillips, « VolapĂŒkanef dönu labon vicifali » [html], sur Facebook, (consultĂ© le ).
  85. (vo) Brian Bishop, « Statuds VolapĂŒkanefa », Vög VolapĂŒka, vol. 17, no 1,‎ , p. 2-8 (lire en ligne, consultĂ© le ).
  86. (eo) Detlev Blanke, « Intervjuo kun la Cifal VolapĂŒka Hermann Philipps », Informilo por Interlingvistoj, 3e sĂ©rie, nos 92-93,‎ , p. 19 (ISSN 1385-2191, lire en ligne, consultĂ© le ). Robert Pontnau note pareillement que la plupart des volapĂŒkistes est ou a Ă©tĂ© membre d'un autre mouvement pour une LAI, et que c'est l'intĂ©rĂȘt historique qui domine (Pontnau 2007, p. 24-25).
  87. Jorge Luis Borges (trad. Jean Pierre BernĂšs), ƒuvres complĂštes, tome II, Paris, Gallimard, coll. « BibliothĂšque de la PlĂ©iade », 1999, rĂ©ed. 2016, 1524 p. (ISBN 978-2-07-012816-7), p. 1334.
  88. Jorge Luis Borges (trad. de l'espagnol par Françoise Rosset, revue par Jean Pierre BernĂšs), ƒuvres complĂštes, tome II [« El Libro de arena »] [« Le Livre de sable »], Paris, Gallimard, coll. « BibliothĂšque de la PlĂ©iade », 1999, rĂ©ed. 2016, 1524 p. (ISBN 978-2-07-012816-7), p. 503.
  89. Jorge Luis Borges (trad. Jean Pierre BernĂšs), ƒuvres complĂštes, tome II, Paris, Gallimard, coll. « BibliothĂšque de la PlĂ©iade », 1999, rĂ©ed. 2016, 1524 p. (ISBN 978-2-07-012816-7), p. 1336.
  90. (vo) Frank Roger (trad. de l'anglais par Ralph Midgley), Vom filik e konots votik [« The Burning Woman and Other Stories »] [« La femme qui brûle et autres histoires »], Cathair na Mart, Evertype, (ISBN 9781904808923, présentation en ligne).
  91. (eo) Detlev Blanke, « Intervjuo kun la Cifal VolapĂŒka Hermann Philipps », Informilo por Interlingvistoj, 3e sĂ©rie, nos 92-93,‎ , p. 21 (ISSN 1385-2191, lire en ligne, consultĂ© le ).
  92. Voir la vidéo sur le site de l'INA : http://www.ina.fr/video/I00012375 (consulté le 17/06/2015).
  93. (en) Nicolas Slonimsky, Lexicon of Musical Invective, New York, W. W. Norton & Company, (1re éd. 1953) (ISBN 978-0-393-32009-1), p. 282 (ces deux références sont traduites dans la page Wikipédia de ce livre).
  94. Robertson 1994, II, a).
  95. Bishop 2015, p. 5
  96. Monnerot-Dumaine 1960, p. 34.
  97. À comparer par exemple avec celles que l'on trouve dans : Lott 1888, p. XV.
  98. Schleyer 1888, par exemple p. IX.
  99. Dans ce document : (en) « Latin Extended-D. Range: A720–A7FF » [PDF], sur unicode.org (consultĂ© le ), les nouveaux arrivants sont surlignĂ©s en jaune ; c'est le cas pour les caractĂšres volapĂŒks.
  100. (en) « Announcing The Unicode Standard, Version 7.0 » [html], sur blog.unicode.org, (consulté le ).
  101. Robertson 1994, II, c).
  102. (en) Paul Bartlett, « VolapĂŒk Grammatical Forms » [html], sur volapĂŒk.com (consultĂ© le ).
  103. Robertson 1994, III, c).
  104. Kerckhoffs 1887a, p. 29.
  105. Kerckhoffs 1887a, p. 15.
  106. Robertson 1994, II, d).
  107. Robertson 1994, III, d).
  108. Bishop 2015, p. 7.
  109. Tout ce passage est tiré de : Robertson 1994, II, g).
  110. Robertson 1994, II, e).
  111. Cf. « VolapĂŒk vifik. LĂ€rnod mĂ€lid (6e leçon du cours VolapĂŒk vifik) » [html], sur Chez le glossopoĂšte (consultĂ© le ).
  112. Cf. « VolapĂŒk vifik. LĂ€rnod lulid (5e leçon du cours VolapĂŒk vifik) » [html], sur Chez le glossopoĂšte (consultĂ© le ).
  113. Cf. « VolapĂŒk vifik. LĂ€rnod jölid (8e leçon du cours VolapĂŒk vifik) » [html], sur Chez le glossopoĂšte (consultĂ© le ).
  114. Repris Ă  : Bishop 2015, p. 12.
  115. « The subjunctive is only used where something ridiculous or unimaginably unlikely is referred to » (Robertson 1994, II, e)).
  116. Exemples repris Ă  Robertson 1994, II, e).
  117. Robertson 1994, III, e).
  118. Kerckhoffs 1887a, p. 24.
  119. « VolapĂŒk », sur IdĂ©opĂ©dia (consultĂ© le ).
  120. Exemples tirés de Robertson 1994, II, b).
  121. Robertson 1994, III, b).
  122. Kerckhoffs 1887a, p. 15-16.
  123. Smith 2011, p. 29.
  124. Blanke 1989, p. 77.
  125. Monnerot-Dumaine 1960, p. 34-36.
  126. Couturat et Leau 1907, p. 154, oĂč ils expliquent aussi comment « fer » devient lel.
  127. Couturat et Leau 1907, p. 137.
  128. Couturat et Leau 1907, p. 143-144.
  129. Robertson 1994, II, h).
  130. Monnerot-Dumaine 1960, p. 86.
  131. Bishop 2015, p. 6.
  132. Robertson 1994, III, i).
  133. La liste complĂšte des affixes est disponible dans Bishop 2015, p. 14-16 et est en cours de traduction sur cette page web : http://glossopoete.pagesperso-orange.fr/vol/affixes.html.
  134. Monnerot-Dumaine 1960, p. 88.
  135. Écrit par Franz Zorell et publiĂ© dans : (de + vo) Sigmund Spielmann, VolapĂŒk-Almanach fĂŒr 1888, Leipzig, Eduard Heinrich Mayer, (lire sur Wikisource), p. 75.
  136. RĂ©vision du texte de Franz Zorell par Arie de Jong publiĂ©e dans : (vo) Arie de Jong, « HĂŒm VolapĂŒka », VolapĂŒkagased pro NedĂ€napĂŒkans, vol. 2, no 3,‎ , p. 18.
  137. Tirée de Cherpillod 2003.

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