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Attila

Attila, né aux alentours de 395[Note 1] dans les plaines du Danube et mort en dans la région de la Tisza dans l'Est de la Hongrie actuelle, fréquemment appelé Attila le Hun, est le souverain des Huns de 434 jusqu'à sa mort en mars 453. Il est aussi le chef d'un empire tribal composé de Huns, Ostrogoths, et Alains entre autres, sur le territoire de l'Europe centrale et orientale.

Attila
Illustration.
Attila suivi de ses hordes barbares foule aux pieds l’Italie et les Arts (détail), vue d'artiste romantique, Eugène Delacroix, 1847.
Titre
Roi des Huns
‚Äď 453
(18 ou 19 ans)
Avec Bleda (jusqu'en 445)
Prédécesseur Ruga
Successeur Ellac
Biographie
Titre complet Roi des Huns
Date de naissance vers 395
Lieu de naissance Plaines danubiennes
Date de décès
Lieu de décès Vallée de la Tisza (Hongrie)
Nationalité Turco-mongol
Père Moundzouk
Conjoints Êrekan
Ildico
Enfants Ellac
Dengitzic
Ernakh
Hormidac (?)
Religion Chamanisme
Liste des rois huns

Pendant son r√®gne, il est l'un des ennemis les plus redout√©s des empires romains occidental et oriental. Apr√®s une tentative infructueuse pour conqu√©rir la Perse, il se tourne vers l'Europe, traverse le Danube par deux fois, pille les Balkans, d√©truit la ville de Naissus (Nis) et massacre sa population en 441. Mais il ne peut prendre Constantinople, dont il obtient cependant ran√ßon. Il tente ensuite de conqu√©rir la Gaule romaine, franchit le Rhin en 451 et marche jusqu'√† Aurelianum (Orl√©ans), pillant au passage Metz et Reims ainsi que la r√©gion de Verdun, avant d'√™tre vaincu √† la bataille des champs Catalauniques, pr√®s de Ch√Ęlons-en-Champagne.

Il franchit ensuite les Alpes, entre en Italie, d√©vastant une partie de la plaine du P√ī, dont la ville d'Aquileia, mais doit rebrousser chemin, certainement √† la suite du d√©clenchement d'une √©pid√©mie qui ravage ses troupes. Il projette cependant de nouvelles campagnes contre les Romains quand il meurt en mars 453. Apr√®s sa mort, son proche conseiller Ardaric des G√©pides m√®ne une r√©volte germanique contre la domination des Huns, et l'Empire hunnique s'effondre rapidement.

La culture hunnique et la personnalité d'Attila ont fasciné ses contemporains. L'historiographie chrétienne a une vision négative du personnage, mais d'autres traditions, scandinaves et germaniques, l'ont érigé en figure positive. Ces mythes divergents se retrouvent dans les nombreuses représentations artistiques d'Attila, de l'Antiquité à nos jours. Les Hongrois le célèbrent comme un héros fondateur.

Biographie

Sources écrites et archéologie

L'historiographie d'Attila se heurte à une difficulté majeure : elle ne dispose que de sources écrites en grec et en latin par les ennemis des Huns. Ses contemporains laissent de nombreux témoignages à son sujet, mais il n'en reste que des fragments[1].

Priscus est un diplomate et historien de langue grecque. Plus qu'un t√©moin, c'est un acteur de l'√©poque d'Attila. Il est membre de l'ambassade de l'empereur romain Th√©odose II √† la cour du souverain hunnique en 449. Il est l'auteur de huit livres d'une Histoire couvrant une p√©riode allant de 434 √† 452 et dont il ne reste aujourd'hui que des fragments[2]. En outre, Jordan√®s et Procope de C√©sar√©e, historiens du VIe si√®cle, le citent dans leurs Ňďuvres. Bien que Priscus soit √©videmment partial de par ses fonctions, son t√©moignage est une source primaire majeure et il est le seul √† avoir donn√© une description physique d'Attila.

Jordanès est un historien goth ou alain de langue latine du VIe siècle. Il laisse un ouvrage, Histoire des Goths, qui constitue l'autre grande source concernant l'Empire hunnique et ses voisins. Sa vision reflète celle de son peuple et de la postérité d'Attila un siècle après sa mort. Marcellinus Comes, chancelier de Justinien à la même époque, est une source précieuse concernant les relations des Huns avec l'Empire romain d'Orient[3].

De nombreuses sources ecclésiastiques contiennent des informations utiles bien qu'éparses, parfois difficiles à authentifier et déformées par le temps et les moines copistes du VIe siècle au XVIIe siècle. Les chroniqueurs hongrois du XIIe siècle, considérant les Huns comme des ancêtres glorieux, reprennent des éléments historiques et les ajoutent à leurs légendes[4].

La littérature et la transmission du savoir des Huns étaient uniquement orales, à travers les épopées et les poèmes chantés qui se transmettaient de génération en génération[5]. Très indirectement, cette histoire orale nous est transmise par les littératures nordiques et germaniques des peuples voisins couchées par écrit entre le IXe siècle et le XIIIe siècle. Attila est le personnage central de nombreuses épopées médiévales comme la Chanson des Nibelungen, qui est l'une des plus connues, ou encore d'Eddas et de sagas[4] - [5].

L'archéologie fournit des détails sur le mode de vie, l'art et les techniques guerrières des Huns. Il reste quelques traces de batailles ou de sièges mais aujourd'hui encore la tombe d'Attila et l'emplacement de sa capitale n'ont toujours pas été localisés[6].

Origines d'un nom

Le nom sous lequel Attila est connu aujourd'hui vient des Germains qui l'ont transmis aux Romains qui l'ont √† leur tour transcrit en grec et en latin. Dans sa propre langue, le hunnique, son nom devait √™tre proche phon√©tiquement mais probablement avec un sens diff√©rent[7]. Attila est un diminutif du gotique ūźĆįūźćĄūźćĄūźĆį / atta signifiant ¬ę p√®re ¬Ľ[8]. Pour les Goths, voisins, vassaux ou esclaves des Huns, Attila est donc le ¬ę Petit p√®re ¬Ľ. Ils reproduisent ainsi dans leur propre langue un son qui a une autre signification en hunnique. Celle-ci ne peut faire l'objet que d'hypoth√®ses √† partir de racines turques, comme at ¬ę cheval ¬Ľ et son d√©riv√© atlińü ¬ę cavalier ¬Ľ ou at- ¬ę fl√®che ¬Ľ qui donne le d√©riv√© atlińü ¬ę illustre ¬Ľ[9].

Enfance mal connue dans un empire jeune

Le monde méditerranéen en 450.

La date de naissance d'Attila n'est pas connue, le journaliste et romancier √Čric Deschodt et l'√©crivain Hermann Schreiber avancent la date de 395[10] - [11], mais l'historien Iaroslav Lebedynsky et l'arch√©ologue Katalin Escher s'accordent pour qualifier cette hypoth√®se ¬ę de pure fantaisie ¬Ľ et pr√©f√®rent l'estimer entre la derni√®re d√©cennie du IVe si√®cle et la premi√®re du Ve si√®cle[12].

Il est le fils de Moundzouk[13]. Ce dernier est le fr√®re des rois Octar et Ruga, qui ont r√©gn√© conjointement sur les Huns. La diarchie est r√©currente chez ce peuple sans que les historiens sachent si c'√©tait coutumier, institutionnel ou occasionnel[14]. Sa famille est donc de lignage noble mais les historiens ne savent pas si elle constitue une dynastie royale. M√™me s'ils sont en voie de s√©dentarisation depuis leur arriv√©e en Europe, les Huns forment une soci√©t√© de ¬ę pasteurs guerriers ¬Ľ[15] se nourrissant essentiellement de viande et de lait, produits de leurs √©levages de b√©tail et de chevaux. Attila re√ßoit donc une √©ducation de cavalier et d'archer[16]. Comme d'autres enfants de son peuple, sa t√™te est tr√®s t√īt enserr√©e par des bandages de fa√ßon √† obtenir une d√©formation volontaire du cr√Ęne, pratique esth√©tique ou spirituelle[17] - [18]. Il parle sa langue maternelle, le hunnique, apparent√© √† une langue turque, mais comme il fait partie de la classe dirigeante, il apprend aussi le langage des Goths[17].

Il grandit dans un monde en mutation dans lequel les Huns, son peuple, sont des nomades install√©s depuis peu en Europe[19]. Apr√®s avoir travers√© la Volga dans les ann√©es 370 et annex√© le territoire des Alains, ils s'attaquent aux royaumes goths jusqu'aux Carpates et aux rives du Danube. Ils sont tr√®s mobiles, leurs archers √† cheval ont acquis une r√©putation d'invincibilit√© et les peuples germaniques semblent impuissants face √† ces nouvelles tactiques[20]. De vastes mouvements de population perturbent le monde romain install√© √† l'ouest et au sud et dont les fronti√®res sont d√©limit√©es par le Rhin et le Danube. En 376, les Goths passent le Danube, se soumettent aux taxes romaines dans un premier temps, puis se rebellent contre l'empereur Valens qu'ils tuent lors de la bataille d'Andrinople en 378[21]. Le 31 d√©cembre 406, pour fuir les Huns, les Vandales, des Alains, des Su√®ves et des Burgondes franchissent le Rhin gel√© et p√©n√®trent en Gaule romaine[22]. En 418, les Wisigoths obtiennent un territoire en Aquitaine seconde avec un statut th√©orique de ¬ę f√©d√©r√©s ¬Ľ romains mais restent, dans les faits, insoumis voire hostiles. En 429, les Vandales fondent un royaume ind√©pendant en Afrique du Nord. Pour mieux faire face √† ces invasions, l'Empire romain est g√©r√© depuis 395 par deux gouvernements administratifs et militaires distincts, l'un √† Ravenne dirige l'Ouest, l'autre √† Constantinople s'occupe de l'Est. Du vivant d'Attila, malgr√© quelques querelles de pouvoir, l'Empire romain reste uni et dirig√© par la m√™me famille, les Th√©odosiens[23].

Les Huns dominent un vaste territoire aux fronti√®res floues d√©termin√©es par l'assujettissement d'une constellation de peuples plus ou moins autonomes. Certains sont assimil√©s, beaucoup conservent leurs rois, d'autres sont tributaires ou reconnaissent la suzerainet√© th√©orique du roi des Huns mais restent ind√©pendants[24]. Bien que les Huns soient indirectement la source des probl√®mes des Romains, les rapports entre les deux empires sont cordiaux : les seconds utilisent les premiers comme mercenaires contre les Germains et m√™me dans leurs guerres civiles. Ainsi l'usurpateur romain Jean en recrute des milliers en 425[Note 2]. Ils √©changent des ambassades et des otages (comme √Ütius qui devient ami du jeune Attila aux alentours de 411-414). Cette alliance dure de 401 √† 450 et permet aux Romains de remporter de nombreux succ√®s militaires[25]. Les Huns consid√®rent que les Romains leur versent des tributs tandis que ceux-ci pr√©f√®rent consid√©rer qu'ils leur octroient des subsides contre des services rendus. Lorsque Attila devient adulte sous le r√®gne de son oncle Ruga, les Huns sont devenus une grande puissance au point que l'ancien patriarche de Constantinople Nestorius en vient √† d√©plorer la situation par ces termes : ¬ę Ils sont devenus les ma√ģtres et les Romains les esclaves ¬Ľ[26].

Succession trouble

En 434, Ruga meurt et ses neveux Bleda et Attila deviennent rois. La succession n'est peut-être pas évidente car des Huns s'enfuient à Constantinople dont deux membres de la famille royale Mamas et Atakam, peut-être d'autres neveux ou même les fils de Ruga[26]. L'historien hongrois contemporain István Bóna estime probable que le père de Bleda et d'Attila, Moundzouk, a régné avant Ruga[27] mais aucune source ne l'atteste[12].

De 435 à 440, le règne de Bleda est marqué par le triomphe des Huns face à l'Empire romain d'Orient. Ce triomphe est avant tout diplomatique. Le traité de Margus, ville située non loin du limes, prévoit un doublement du tribut annuel versé par Constantinople, soit 700 livres d'or[Note 3], la promesse de ne plus accueillir d'opposants en exil, de ne pas chercher à retourner les alliés des Huns contre eux et l'ouverture d'un marché frontalier[28]. Durant cette période, les Huns étendent leur empire jusqu'aux Alpes, au Rhin et à la Vistule[29].

Pourtant, d√®s 440, lors de l'invasion de l'Arm√©nie romaine par les Perses sassanides, qui d√©tourne momentan√©ment l'attention de Constantinople des Huns, Bleda attaque l'Empire romain d'Orient. √Ä ce moment, Attila, ayant entam√© de son c√īt√© des pourparlers avec un repr√©sentant de Constantinople, n'aide son fr√®re qu'en dernier recours au moment du si√®ge de Sirmium (en), en 441. Il ne le fait sans doute que pour √©viter d'√™tre l√©s√© sur le partage du butin. La politique s√©par√©e d'Attila, lors de la guerre de 441-442, s'explique peut-√™tre aussi par sa volont√© de n√©gocier avec les Romains la remise des princes h√©ritiers hunniques r√©fugi√©s dans l'Empire √† la mort de Ruga et qui auraient pu pr√©tendre √† la succession en cas de d√©c√®s de son fr√®re[30].

Attila, seul roi des Huns

Aire dominée par les Huns vers 450.

Entre la fin 444 et le d√©but 445, Attila attire Bleda dans un pi√®ge et l'assassine, sans que l'on sache de quelle fa√ßon, l'√©v√©nement √©tant signal√© par ses contemporains, mais non comment√©[31]. Le roi des Skires, Edecon, et le roi des G√©pides, Ardaric, participent avec leurs forces auxiliaires √† la prise de pouvoir. Attila a aussi √† la cour le soutien des partisans de la guerre comme les deux fr√®res On√©g√®se et Scottas, des Barbares hell√©nis√©s de la r√©gion du Pont ou encore Elsa, le lieutenant de Ruga, et Eskam, grand propri√©taire dans les plaines m√©ridionales. Parmi les ralli√©s, il y a aussi des Romains, comme le Pannonien Constantiolus et l‚Äôaffranchi de M√©sie Primus Rusticus, qui se partagent le secr√©tariat d‚ÄôAttila. Un certain Berichus, d‚Äôorigine inconnue, l‚Äôoncle d‚ÄôAttila A√Įbars et Laudarik, certainement roi d‚Äôun peuple germanique alli√©, sont plac√©s aux plus hauts rangs. Le reste des fid√®les de Bleda p√©rit en fuyant, comme un dignitaire qui enterre √† Szik√°nes un tr√©sor de 1 440 pi√®ces d‚Äôor[Note 4] provenant sans doute du trait√© de 443[32].

Attila devient donc le seul roi des Huns.

Portrait d'un souverain

Les sources anciennes ne parlent d'Attila que lorsqu'il devient roi, c'est donc seulement à partir de ce moment que l'on peut dresser son portrait[12].

Apparence physique

¬ę Sa taille √©tait courte, sa poitrine large, sa t√™te tr√®s grosse. De petits yeux, la barbe clairsem√©e, les cheveux grisonnants, le nez aplati, le teint mat, il reproduisait ainsi les caract√©ristiques de son origine. ¬Ľ

‚ÄĒ Jordan√®s, Histoire des Goths, XXXV.

Cette description permet de se faire une image assez pr√©cise d'Attila, aucune image de son visage n'ayant √©t√© retrouv√©e. Les repr√©sentations, peintures, gravures et monnaies datant du Moyen √āge et de la Renaissance sont fantaisistes[33].

Certains chercheurs ont suggéré que cette description est typiquement est-asiatique, car elle a toutes les caractéristiques combinées qui correspondent au type physique des gens de l'Asie de l'Est, et les ancêtres d'Attila peuvent provenir de là[34] - [35]. D'autres historiens croyaient aussi que les mêmes descriptions étaient également évidentes chez certains Scythes[36] - [37].

L'ambassadeur romain Priscus est surpris de son apparence simple, sans bijoux ni v√™tements de luxe ; il mange dans de la vaisselle de bois alors que ses invit√©s sont servis dans de la vaisselle d'or[38]. Cette simplicit√© est aux antipodes du c√©r√©monial √† la cour de Rome ou de Constantinople o√Ļ l'empereur vit dans un luxe ostentatoire et fait l'objet d'une v√©n√©ration. Cette aust√©rit√© dans l'apparence est calcul√©e de fa√ßon √† impressionner ses visiteurs par un effet de contraste[18].

√Čpouses et enfants

Attila dispose de nombreuses √©pouses et utilise les mariages pour nouer des alliances dynastiques et diplomatiques[39]. La plus importante est √ärekan, que Jordan√®s nomme Kreka, m√®re d'Ellac, son fils a√ģn√© et successeur d√©sign√©, et de deux autres fils[33]. Elle dispose d'une suite nombreuse, son statut particulier lui conf√®re un r√īle protocolaire et elle re√ßoit les ambassadeurs byzantins[40]. La plus connue est Ildico, la femme aupr√®s de qui Attila meurt lors de sa nuit de noces[39]. La transcription de ces deux noms √©tant incertaine, les historiens ne savent pas s'il s'agissait de femmes hunniques ou germaines. Les √©pouses sont relativement libres, disposent d'une ind√©pendance mat√©rielle et de leurs propres r√©sidences[33]. Honoria, sŇďur de l'empereur Valentinien III, lui aurait propos√© de l'√©pouser, mais, lorsqu'Attila fait valoir cette proposition, il est poliment √©conduit. Attila aurait eu de nombreux autres fils mais seuls trois sont connus avec certitude : Ellac, Dengitzic et Ernakh, son pr√©f√©r√© d'apr√®s Priscus[38]. Hormidac, un chef hun qui attaqua l'Empire romain en 466/467, n'est connu que par Sidoine Apollinaire qui le pr√©sente comme un fils d'Attila[41] - [42].

Une fois adulte, le fils a√ģn√© Ellac participe √† la gestion de l'Empire aux c√īt√©s de son p√®re qui lui confie la charge de la partie orientale[39]. Lorsque des banquets officiels sont organis√©s, ses fils y participent, Ellac devant ¬ę fixer ses yeux sur le sol par respect pour son p√®re ¬Ľ[38].

Organisation du pouvoir

Sous le r√®gne d'Attila, l'Empire hunnique ne conna√ģt pas d'expansion territoriale importante et durable, la nouveaut√© r√©side surtout dans la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul homme du fait du meurtre de Bleda et de la disparition de la diarchie[43]. Les historiens ignorent le titre et la fonction exacte qu'il occupe au sein de son peuple, les Romains le d√©signent simplement comme ¬ę le roi ¬Ľ.

√Ä l'inverse des empereurs romains et donc √† l'√©tonnement de leurs ambassadeurs, Attila vit au milieu de son peuple et en partage les mŇďurs[44]. Les Huns sont des √©leveurs nomades mais il semble que sous son r√®gne commence une certaine s√©dentarisation, en particulier avec la construction d'une capitale dont l'emplacement exact est inconnu mais qui est situ√© entre les rivi√®res Tisza et Timi»ô. Elle est constitu√©e de nombreuses maisons de bois dont certaines sont pourvues de thermes √† la romaine. √Čgalement en bois, le vaste palais royal orn√© de portiques fastueux impressionne les ambassadeurs romains en 449. Attila dispose de plusieurs autres r√©sidences de taille plus modeste, relais de son pouvoir √† travers son vaste territoire[44].

Pour régner sur une confédération de peuples nomades et sédentaires très différents, il ne dispose pas d'une administration organisée, sa puissance repose sur des élites dominant une structure souple de fidélités variées[45]. Le premier cercle dirigeant appartient à une souche princière hunnique mais nombre de personnages importants sont d'une ethnie différente. Son bras droit Onégèse est un Hun, son secrétaire Oreste est un Romain de Pannonie[46], les peuples soumis ou alliés aux Huns conservent souvent leurs propres rois comme Edecon, roi des Skires, Ardaric, roi des Gépides, Candac, roi des Alains, et Valamir, roi des Ostrogoths. Ces derniers sont engagés dans un rapport de pouvoir personnel avec Attila, ils lui doivent leurs places et l'ont soutenu lors de son putsch contre Bleda. Ils lui sont donc fidèles mais cette relation peut être fragilisée par la disparition du souverain[45].

Une des priorit√©s d'Attila est d'emp√™cher que certains Huns soient tent√©s de passer du c√īt√© romain pour servir comme mercenaires. Lorsqu'il contraint Rome ou Constantinople au tribut ou lors des n√©gociations de paix, il exige toujours que lui soient remis ceux qu'il consid√®re comme des tra√ģtres et des d√©serteurs. Cette politique porte ses fruits et le ph√©nom√®ne des transfuges reste anecdotique[47].

Religion

Les croyances ont une place importante dans le monde des Huns mais la religion d'Attila est mal connue[48]. Beaucoup de ses sujets germains sont des chr√©tiens ariens mais il semble que les Huns et Attila pratiquent une religion traditionnelle polyth√©iste et animiste avec des chamans d'une grande importance sociale. Ces chamans pratiquent la divination par scapulomancie, pratique typique des √©leveurs nomades turco-mongols. Les devins ont jou√© un grand r√īle dans la vie d'Attila, dans sa vie de famille en lui pr√©disant sur lequel de ses fils il pouvait compter et dans les batailles en influant sur ses d√©cisions[49].

Chaudron hunnique

Concernant ses convictions et cultes, les historiens actuels divergent sur plusieurs points importants : Michel Rouche pense qu'Attila se voyait comme un dieu lui-m√™me[50]. Rouche d√©duit des grands chaudrons hunniques de bronze retrouv√©s par les arch√©ologues qu'Attila pratiquait un ¬ę cannibalisme sacr√© ¬Ľ en faisant des sacrifices humains et en buvant du sang humain[51]. Edina Bozoky rejette totalement les affirmations de Rouche sur des pratiques pour lesquelles il n'existe selon elle aucun t√©moignage ni aucune trace mat√©rielle et qui reposent sur des comparaisons anachroniques avec d'autres peuples[52]. Quant √† l'id√©e que le roi des Huns ait pu pr√©tendre √™tre un dieu, Katalin Escher et Iaroslav Lebedynsky pensent au contraire qu'il croyait √† son destin providentiel et √† son charisme surnaturel comme ¬ę tant d'autres chefs militaires ¬Ľ[53].

Il est en revanche certain qu'il utilise aussi cette religion à des fins de politique intérieure. Ainsi au cours de son règne, Attila affirme avoir reçu une épée sacrée du dieu de la guerre, légitimation suprême et présage fédérateur précieux pour un règne qui met son peuple en état de guerre permanent[54] - [49].

Guerre et diplomatie

L'action d'Attila est essentiellement connue par ses relations avec les autres peuples et avec l'Empire romain en particulier.

Stratégie du tribut

Selon l'historien Otto John Maenchen-Helfen, les Huns vivent en pasteurs guerriers de l'√©levage de chevaux et de moutons puis quand ils deviennent ¬ę les ma√ģtres de populations paysannes, comme les Germains et les Sarmates, ils trouvent plus simple et agr√©able de les ran√ßonner que de travailler eux-m√™mes ¬Ľ[55]. Ainsi, l'historien Michel Rouche les qualifie de ¬ę soci√©t√© de pr√©dateurs ¬Ľ[56]. Pour maintenir leur niveau de vie mais aussi la fid√©lit√© de leurs alli√©s, les Huns de plus en plus puissants commencent √† exiger des tributs de leurs riches voisins romains et perses. S'ils ne paient pas, ils lancent des razzias qui rapportent autant si ce n'est plus de butin. Galvanis√©s par leurs succ√®s, les aristocrates hunniques deviennent de plus en plus avides. Pour l√©gitimer son pouvoir et accro√ģtre sa richesse, Attila doit donc imp√©rativement maintenir les √Čtats voisins sous pression. Ainsi il saisit tous les pr√©textes pour accro√ģtre ses intimidations, sommations et revendications[57].

Offensive contre Constantinople

Le , un tremblement de terre d√©truit une grande partie de la muraille th√©odosienne de Constantinople dont cinquante-sept tours s'effondrent, et d√©vaste de nombreuses villes et villages de la province de Thrace[58]. La destruction des silos entra√ģne une famine importante. Attila profite de l'occasion pour mobiliser toutes ses troupes : il franchit le limes et p√©n√®tre en Dacie aur√©lienne. Les troupes romaines stationn√©es √† Marcianopolis tentent de lui couper la route mais sont √©cras√©es √† la bataille de l'Utus, leur g√©n√©ral Arnegiscle est tu√©.

Les Huns pillent ensuite les provinces de Mésie, de Macédoine et de Thrace[59]. L'empereur d'Orient, Théodose II, se concentre sur la défense de sa capitale mais Attila n'attaque pas Constantinople et se retire avec un immense butin[60].

D'√Ępres n√©gociations de paix commencent, Attila est en position de force et place haut ses exigences : en plus d'une augmentation du tribut, il r√©clame la cession d'une zone de cinq jours de marche situ√©e au sud du Danube. D√©placer ainsi la fronti√®re, en plus de la valeur symbolique, donnerait un avantage tactique aux Huns[60]. En 449, Th√©odose met au point un plan : il envoie une ambassade[Note 5] officiellement pour finaliser le trait√© de paix mais avec l'objectif secret d'organiser l'assassinat d'Attila. Cinquante livres d'or sont vers√©es √† Edecon mais celui-ci d√©voile le plan au roi qui met fin au complot pour la plus grande humiliation des Romains[61].

Malgr√© cet √©chec, Th√©odose a l'habilet√© de faire tra√ģner les n√©gociations tout en renfor√ßant ses troupes pour r√©√©quilibrer le rapport de force. En 450, le trait√© de paix pr√©voit un retour √† la situation territoriale d'avant 447 et la restitution des prisonniers romains en √©change du paiement d'un tribut dont le montant n'est pas connu[62]. C'est un succ√®s diplomatique relatif pour Th√©odose mais il irrite les militaires romains exasp√©r√©s par l'arrogance d'Attila dont les ambassadeurs leur parlent d√©sormais comme √† des sujets[63].

Mais le , l'empereur Th√©odose II meurt dans un accident de cheval et le ¬ę parti des bleus ¬Ľ ou parti des s√©nateurs et des aristocrates, triomphe avec l‚Äôav√®nement de Marcien, au temp√©rament belliqueux et farouchement oppos√© √† l'id√©e d'acheter la paix avec les Barbares. Le ministre de Th√©odose, Chrysaphios, est ex√©cut√©. Instigateur de la tentative d'assassinat, cela ne peut que plaire √† Attila. Malgr√© sa victoire initiale, Attila laisse Constantinople se relever car il est d√©sormais occup√© par l'empire d'Occident[64].

Casus belli en Occident

Selon des auteurs du XVIIIe si√®cle, cette miniature d√©peint le futur empereur romain Valentinien III et sa sŇďur Honoria, avec leur m√®re en arri√®re. Des √©tudes plus r√©centes, au XXe si√®cle, rejettent cette affirmation[65].

Le roi des Huns s'oppose de plus en plus √† l'Empire romain d'Occident. En 448, Attila accepte de recevoir √† sa cour le chef d'une bagaude en fuite qui veut le pousser √† la guerre en Gaule[66]. En 449, il s'oppose √† Rome dans une querelle de succession chez les Francs. Enfin en 450, Honoria fait directement appel √† lui. Honoria, sŇďur de l'empereur Valentinien III, est ¬ę Augusta ¬Ľ et donc officiellement porteuse d'une partie du pouvoir imp√©rial. Son fr√®re cadet Valentinien III d√©cide de l'en √©carter et de la marier contre sa volont√© √† un vieux s√©nateur. Pour se venger, Honoria envoie son anneau sigillaire √† Attila en lui demandant son aide et en lui promettant le mariage. C'est pour lui une occasion r√™v√©e pour l√©gitimer une intervention en Occident avec de grandes ambitions. Les historiens ne savent pas si c'est un coup de bluff ou une vis√©e r√©elle mais il r√©clame, en plus de la main d'Honoria, que la Gaule lui soit remise en dot[67] - [68]. Valentinien refuse toute n√©gociation, Marcien l'encourage √† rester ferme et lui promet son aide[69]. Attila lance alors des pr√©paratifs militaires et cherche √† s'allier aux Vandales et aux Wisigoths. Ces derniers refusent car ils craignent trop sa politique expansionniste[70].

√Čchec de l'invasion de la Gaule

Itinéraires et pillages supposés des Huns en Gaule.

Attila se lance au printemps 451 dans une campagne contre la Gaule √† la t√™te d'une arm√©e r√©unissant les Huns et leurs vassaux germaniques, G√©pides, Ostrogoths, Skires, Su√®ves, Alamans, H√©rules, Thuringiens, Francs ripuaires (les Francs saliens √©tant alli√©s aux Romains), Alains et Sarmates. Les effectifs sont impossibles √† √©valuer mais il est certain qu'ils sont tr√®s nombreux au regard des crit√®res de l'√©poque et que l'arm√©e se d√©place lentement[71]. La Gaule est alors secou√©e par des r√©voltes, Attila esp√®re √©galement que le fŇďdus unissant les Romains et les Wisigoths ne sera pas respect√© et qu'il pourra affronter ses ennemis s√©par√©ment ou convaincre l'un des deux de se rallier √† lui[71]. Attila se pr√©sente devant Divodurum Mediomatricorum, l'actuelle Metz, qui refuse de se rendre. Le , alors qu'il d√©sesp√®re de s'en emparer, la muraille sud de la ville s'effondre. Les Huns, exasp√©r√©s par un long si√®ge, massacrent la population[72].

Une anecdote hagiographique rest√©e dans les m√©moires chr√©tiennes concerne sainte Genevi√®ve qui par ses pri√®res aurait fait √©pargner Paris par Attila[73]. Ce dernier marche directement sur Orl√©ans mais celle-ci r√©siste et Attila doit l'assi√©ger plusieurs semaines[74]. Ce si√®ge donne le temps aux Romains command√©s par le patrice √Ütius et aux Wisigoths du roi Th√©odoric de rassembler les forces n√©cessaires √† un affrontement[75]. Attila l√®ve le si√®ge et affronte √Ütius √† la bataille des champs Catalauniques aux environs de Troyes. L'affrontement fait de nombreux morts, dont Th√©odoric ; Attila √©chappe de peu √† ses ennemis. La victoire est du c√īt√© des Romains mais les Wisigoths se repliant sur Toulouse pour r√©gler la succession de Th√©odoric entre ses fils, Attila peut retirer ses troupes sans √™tre poursuivi. Il passe alors par Troyes o√Ļ, √† la mani√®re de sainte Genevi√®ve √† Paris, l'intercession de saint Loup de Troyes (√©v√™que de la cit√©) lui fait √©pargner la ville. Malgr√© quelques succ√®s mineurs, cette campagne est un √©chec, Attila n'a pu trouver aucun alli√© sur place et, une fois unis, ses adversaires sont les plus forts[76]. Ses pertes sont √©lev√©es et, dans sa retraite, il abandonne une partie du butin qu'il a amass√©[77]. Pour maintenir son autorit√© √† l'int√©rieur et son prestige √† l'ext√©rieur, Attila doit agir, c'est pourquoi il organise une autre campagne d√®s l'ann√©e suivante[78].

Invasion de l'Italie

La colonne de Marcien érigée en 452 pour célébrer sa victoire sur les Huns.
Rencontre d'Attila avec le pape L√©on le Grand par Rapha√ęl - Palais du Vatican

Au printemps 452, Attila passe les Alpes et prend Aquilée après un long siège puis avec moins de difficulté s'empare de Padoue, Vérone, Milan et Pavie[78]. La situation semble désespérée pour Rome et Valentinien III décide de négocier. Le il envoie une délégation composée du pape Léon Ier, d'un ancien consul et d'un ancien préfet du prétoire[78]. Attila accepte un traité car son armée est victime d'une épidémie et surtout son empire est attaqué à l'est par les troupes de Marcien décidé à porter secours à Rome[79]. Attila se retire victorieux avec un butin immense. Bien que son armée soit un peu affaiblie, il menace les ambassadeurs de revenir l'année suivante si Honoria et sa dot ne lui sont pas remises. Cependant, comme en 451, Attila doit céder devant ses adversaires unis et les deux gouvernements romains solidaires[79].

Mort et successions

Mort d'Attila par Ferenc Paczka

D√©but 453, Attila meurt de fa√ßon soudaine et inattendue dans son sommeil, √©touff√© par un saignement de nez durant la nuit de noces avec la Germaine Ildico, qui est retrouv√©e au matin, prostr√©e pr√®s du cadavre. Certaines chroniques byzantines rapportent qu'il aurait √©t√© assassin√©, l'historien Michael Babcock trouve cette hypoth√®se cr√©dible et avance que Marcien aurait pu organiser une machination comme Th√©odose II avant lui l'avait essay√©[80] ; cependant les historiens Michel Rouche, Edina Bozoky, Katalin Escher et Iaroslav Lebedynsky n'y croient gu√®re et, pour ces derniers, ¬ę on ne peut ni balayer cette id√©e d'assassinat, compte tenu de l'anciennet√© des soup√ßons, ni prouver quoi que ce soit ¬Ľ[81].

Il est enterré secrètement dans un triple cercueil d'or, d'argent et de fer[82] et les esclaves qui creusent sa tombe sont égorgés afin qu'elle ne soit jamais découverte et profanée[62]. Son emplacement est encore inconnu au XXIe siècle[83].

Sa succession d√©g√©n√®re en conflit entre ses fils, dont les principaux sont Ellac, Dengitzic et Ernakh. Ancien alli√© d'Attila, le roi Ardaric et ses G√©pides soul√®vent les peuples f√©d√©r√©s et vainquent les Huns √† la bataille de la Nedao au cours de laquelle Ellac trouve la mort, entra√ģnant la dislocation de l'Empire hunnique[45]. Les tribus hunniques se d√©sunissent et reprennent pour chefs des membres de leurs aristocraties, tandis que les diff√©rents peuples f√©d√©r√©s par Attila se dispersent. Dengitzic tente une derni√®re incursion au sud du Danube en 469 et une chronique byzantine, la Chronicon Paschale, nous rapporte sa fin : ¬ę Dengitzic, fils d'Attila, fut tu√© en Thrace. Sa t√™te fut apport√©e √† Constantinople, promen√©e en procession et plant√©e sur un pieu au Cirque de Bois. Toute la ville vint la voir ¬Ľ. Avec sa mort dispara√ģt toute possibilit√© de restaurer l'Empire hunnique[84].

Si son empire ne lui a pas surv√©cu plus de deux ann√©es, les proches non hunniques d'Attila continuent √† jouer un grand r√īle dans la g√©opolitique du Ve si√®cle et dans les √©v√©nements qui accompagnent la d√©sagr√©gation de l'Empire romain d'Occident : Oreste place sur le tr√īne le dernier empereur romain Romulus Augustule et Edecon est le p√®re d'Odoacre qui le d√©pose en 476, mettant ainsi fin √† l'empire d'Occident[45].

Image d'Attila du Ve siècle jusqu'à aujourd'hui

Vision occidentale : ¬ę fl√©au de Dieu ¬Ľ

Les Huns menés par Attila, déferlant sur l'Italie, vus par Ulpiano Checa y Sanz (1887).

Attila est surtout connu dans l'historiographie et dans la tradition chr√©tienne occidentale pour avoir √©t√© le ¬ę fl√©au de Dieu ¬Ľ. Cette expression a √©t√© forg√©e par saint Augustin pour d√©signer Alaric en 410, mais d√®s le VIe si√®cle Gr√©goire de Tours pense d√©j√† que les Huns sont un instrument divin[85]. Au si√®cle suivant Isidore de S√©ville pr√©cise l'id√©e : ¬ę Les Huns sont le b√Ęton de la fureur de Dieu. Chaque fois que la col√®re de Dieu s'abat sur les fid√®les, c'est par eux qu'ils sont frapp√©s ¬Ľ[86]. L'expression n'appara√ģt qu'au VIIe si√®cle dans une hagiographie de saint Loup o√Ļ Attila se pr√©sente comme √©tant le ¬ę fl√©au de Dieu ¬Ľ ; bien que ¬ę fl√©au ¬Ľ soit rest√© dans les m√©moires, ¬ę fouet ¬Ľ traduit mieux le terme original de flagellum[87]. Les chroniqueurs et hagiographes chr√©tiens poursuivent cette tradition et en font un v√©ritable ¬ę antih√©ros ¬Ľ[88]. Les hagiographies lui pr√™tent de nombreux crimes et martyres imaginaires comme saint Nicaise √† Reims, saint Memorius √† Saint-Mesmin et de nombreux autres[88]. √Ä partir de ces chroniques se d√©veloppent de nouvelles l√©gendes mettant en sc√®ne des √©v√™ques prot√©geant leurs cit√©s d'Attila : Jean √† Ravenne, G√©minien √† Mod√®ne, Alpin √† Ch√Ęlons, Auctor √† Metz, etc.[89]. Sainte Ursule et les onze mille vierges mortes en martyre √† Cologne constituent l'invention hagiographique la plus impressionnante, couch√©e par √©crit au Xe si√®cle, elle reste populaire durant tout le Moyen √āge[90]. Certains r√©cits vont m√™me identifier les Juifs aux Huns[91].

Personnage romanesque en Italie

En Italie, à partir du XIVe siècle, Attila devient un héros littéraire[92]. Des épopées en vers ou en prose narrent ses aventures chevaleresques et lui prêtent une naissance extraordinaire : il serait le fils d'une princesse et d'un lévrier. Dans ces récits, par sa nature semi-bestiale et ses mauvaises actions, il est encore représenté comme l'ennemi du christianisme. L'un des plus populaires, l'Estoire d'Atile, est copié puis imprimé à Venise à travers les siècles ; la dernière édition daterait de 1862[93].

Héros germanique et scandinave

Illustration d'¬ę Atli ¬Ľ (Attila) dans l'Edda po√©tique (√©dition de 1893).

Attila n'a pas laissé une image aussi négative dans les territoires non romains. La Chanson de Walther, chanson de geste en hexamètres latins, attribuée au moine Ekkehard Ier de Saint-Gall, vers 930, dépeint Attila comme un roi puissant et généreux[94]. La Chanson des Nibelungen, Nibelungenlied en allemand, une épopée médiévale allemande composée au XIIIe siècle, le présente, sous le nom d’Etzel, sous un jour positif malgré son paganisme[95].

Dans les sagas islandaises √©crites au XIIe si√®cle, Attila et les Huns sont mis en sc√®ne dans des guerres √©piques les opposant aux Burgondes, aux Goths ou aux Danois comme dans la Brevis historia regum Dacie de Saxo Grammaticus[96]. Dans l‚ÄôEdda po√©tique, un recueil de chants scandinaves, les racines des plus anciens remontant au Ve si√®cle, le personnage du roi Atli est ¬ę issu de l'Attila historique ¬Ľ[97]. Les po√®mes de l'Edda qui le mettent en sc√®ne sont Atlam√°l (Les Dits groenlandais d'Atli), Gu√įr√ļnarkvi√įa II (Le Second chant de Gudr√ļn), Sigur√įarkvi√įa hin skamma (Le Chant bref de Sigurd), Gu√įr√ļnarhv√∂t (L‚Äôexhortation de Gudr√ļn), Atlakvi√įa (Le Chant d'Atli). Ces chants sont repris en prose au XIIIe si√®cle par Snorri Sturluson, le plus grand √©crivain scandinave m√©di√©val[98].

Dans ces l√©gendes, Attila est le fr√®re de Brynhildr ou Sigrdr√≠fa, la premi√®re √©pouse de Sigurd. Apr√®s la mort de celui-ci, il √©pouse Gudr√ļn (Kriemhild dans le domaine germanique). Par la ruse, il attire chez lui ses beaux-fr√®res Gunnar et H√∂gni dont il tente en vain d‚Äôobtenir le secret de l‚Äôemplacement de l‚Äôor du Rhin, puis les fait mettre √† mort. Gudr√ļn se venge en faisant p√©rir Attila, selon une version, dans l‚Äôincendie de son palais ; selon une autre, par le poison, apr√®s lui avoir fait manger le cŇďur de leurs fils[99].

Le personnage de Gudr√ļn, sŇďur du roi des Burgondes, serait issu de l'Ildico historique : la mort tragique d'Attila, les soup√ßons d'assassinat et d'implication de sa jeune √©pouse auraient donn√© naissance √† une tradition litt√©raire dans laquelle le motif de la vengeance f√©minine tient une place majeure[100].

Dans l‚Äôensemble de ces mythes, Attila est repr√©sent√© de fa√ßon assez ¬ę sympathique ¬Ľ, il est tol√©rant, loyal, g√©n√©reux et chevaleresque. Ses d√©m√™l√©s tragiques sont dus √† sa na√Įvet√© et √† ses difficult√©s √† comprendre les autres peuples[95].

Roi mythique hongrois

Fête d'Attila, huile sur toile, par le peintre hongrois Mór Than (1870).

Lorsqu'au Xe si√®cle les Hongrois, nomades venus de l'Est, s'installent dans les Carpates et commencent √† mener des razzias en Europe, les chr√©tiens les identifient imm√©diatement aux Huns[101]. Quand ils se convertissent et commencent √† √©crire leur propre histoire, ils adoptent cette id√©e, revendiquent la filiation avec Attila et le transforment en h√©ros positif. Il devient ainsi l'anc√™tre de la dynastie √Ārp√°d dans la Gesta Hungarorum r√©dig√©e vers 1210[102].

Dans ces mythes fondateurs, Attila est glorifi√©, ses vertus morales et guerri√®res exalt√©es[103]. √Ä la Renaissance, la Chronica Hungarorum utilise encore la figure du roi des Huns pour accro√ģtre le prestige et la l√©gitimit√© de la monarchie hongroise alors √† son apog√©e, Matthias Ier de Hongrie est c√©l√©br√© comme un ¬ę second Attila ¬Ľ[104]. L'origine hunnique des Hongrois et la figure d'Attila est encore un th√®me r√©current de la litt√©rature hongroise du XVIe au XIXe si√®cle. En 1857, le compositeur et pianiste virtuose Franz Liszt compose un po√®me symphonique sur la bataille des champs Catalauniques. Le d√©veloppement du nationalisme hongrois garde Attila comme une r√©f√©rence majeure de l'identit√© nationale, la disparition de son brillant empire est mise en parall√®le avec le destin des Hongrois sous domination autrichienne et ottomane. Au XIXe si√®cle, l'historienne Edina Bozoky recense une vingtaine de drames, neufs po√®mes et trois romans hongrois utilisant Attila, notamment deux Ňďuvres de grands auteurs que sont l'√©crivain M√≥r J√≥kai et le po√®te J√°nos Arany[105]. Plus de quinze Ňďuvres √† ce sujet sont encore √©crites au XXe si√®cle. Le pr√©nom Attila reste populaire tout au long du si√®cle[106] comme en t√©moignent Attila J√≥zsef, Attila Csihar, Attila Zsiv√≥czky ou Attila Horv√°th.

¬ę Huns ! Je l√®ve haut l'√©p√©e de Dieu, qu'elle propage jusqu'√† la fin du monde, l'empire, le nom, la gloire de notre peuple ! ¬Ľ
Discours d'Attila dans le poème épique et nationaliste de János Arany, 1863.

Le mythe d'Attila est aussi tr√®s utilis√© dans la politique hongroise, particuli√®rement par l'extr√™me droite dans les ann√©es 1930. Certains d√©veloppent un n√©opaganisme pr√©tendant retourner aux sources hunniques et construisent une tour √† la m√©moire d'Attila, d'√Ārp√°d et de Kopp√°ny[107]. Ces groupes connaissent une r√©surgence avec la Troisi√®me R√©publique hongroise : une ¬ę Sainte √Čglise des Huns ¬Ľ est fond√©e en 1997 et une ¬ę Alliance hunnique ¬Ľ en 2002. En 2010, une statue √©questre d'Attila est inaugur√©e √† Budapest par le ministre de la D√©fense Csaba Hende. √Ä cette occasion, des arbres sont plant√©s aux fronti√®res historiques de la Hongrie, officiellement pour qu'ils prennent racine aupr√®s d'Attila[107].

Symbole politique

Affiche de propagande britannique en 1917.

Bien qu'au si√®cle pr√©c√©dent Voltaire et Montesquieu aient d√©peint un Attila contrast√© et pourvu de grandes qualit√©s[108], au XIXe si√®cle Attila devient une m√©taphore du tyran et les Huns des ennemis barbares et brutaux. Benjamin Constant en 1815 et Victor Hugo en 1824 comparent Napol√©on √† Attila[109]. Les Fran√ßais et dans une moindre mesure les Anglais et les Am√©ricains comparent les Allemands aux Huns, Victor Hugo compare cette fois Guillaume Ier √† Attila en 1871. Lors de la Premi√®re Guerre mondiale, Guillaume II est encore compar√© √† Attila, la bataille de la Marne devenant une r√©p√©tition des champs Catalauniques. En 1914, Rudyard Kipling lance un appel √† la guerre contre les Huns. Les affiches canadiennes et am√©ricaines comparent la destruction de la Belgique par l'Allemagne aux ravages d'Attila, la propagande proclame ¬ę Beat the Hun ¬Ľ, que l'on peut traduire par ¬ę √Čcrasons le Hun ¬Ľ[109].

Les anecdotes historiques et morales d'Attila sont propag√©es par l'√©cole : ¬ę amen√© par sa monture favorite, Balamer, guid√©e par le vent jusqu'√† l'√©p√©e de Tengri, Attila s'exclame : ¬ę L√† o√Ļ passe mon cheval, l'herbe ne repousse pas. ¬Ľ ¬Ľ Cette phrase a longtemps √©t√© un lieu commun de l'enseignement primaire en France[110] - [111].

Paradoxalement, les Allemands reprennent parfois √† leur compte la m√©taphore, lors de la r√©volte des Boxers, Guillaume II galvanise ses troupes en les incitant √† suivre le mod√®le d'Attila, il d√©clare : ¬ę Pas de piti√© ! Pas de prisonniers ! Il y a mille ans les Huns du roi Attila se sont fait un nom qui retentit formidablement aujourd'hui encore dans les m√©moires et les contes ; que le nom des Allemands acqui√®re en Chine la m√™me r√©putation, pour que plus jamais un Chinois n'ose regarder un Allemand de travers ¬Ľ[112]. √Ä la fa√ßon des Hongrois, au XXe si√®cle, les nationalistes et les touranistes turcs r√©cup√®rent √©galement la figure d'Attila, lib√©rateur des nations opprim√©es par les rois √©trangers et la religion, pr√©curseur de la Turquie moderne et la√Įque[113].

Plus r√©cemment, en 2011, le g√©n√©ral serbe Ratko Mladińá est surnomm√© Attila aussi bien dans son propre pays qu'√† l'√©tranger[114]. Des pamphl√©taires utilisent encore la figure n√©gative d'Attila, comme Sandy Franks et Sara Nunnally qui le comparent avec Wall Street[115].

Dans les arts

√Ä une moindre √©chelle qu'en Hongrie, le roi des Huns est rest√© populaire dans le reste de l'Europe, sa figure ayant sans cesse int√©ress√© les artistes. Pour l'historienne Edina Bozoky, la richesse et la vari√©t√© des Ňďuvres sur Attila sont exceptionnelles dans l'histoire litt√©raire : ¬ę chaque pays, chaque √©poque se fabrique un Attila √† son image ¬Ľ[116].

Sculpture, vitraux, peintures et gravures

Le Martyre de sainte Ursule, huile sur toile du Caravage (1610).

L'art chr√©tien a beaucoup repr√©sent√© Attila, enluminures des ouvrages hagiographiques comme celles de La L√©gende dor√©e de Jacques de Voragine, statues, retables et vitraux des √©glises. Attila y est souvent un personnage secondaire visant √† valoriser les saints, comme Alpin, Loup, Genevi√®ve, Ursule et les vierges de Cologne. L'une des peintures les plus renomm√©es est Le Martyre de sainte Ursule r√©alis√©e par Le Caravage en 1610, Attila y est repr√©sent√© avec un air sombre et un arc √† la main tandis qu'une fl√®che transperce la poitrine de la martyre[117]. Les peintres, sculpteurs et graveurs hongrois de la Renaissance et de l'√Ęge baroque en r√©alisent des portraits en majest√© dans l'art officiel[118].

Th√©√Ętre

Attila est une des derni√®res trag√©dies de Corneille, en 1667. Drame amoureux dans lequel Attila doit choisir entre Honorie l'imp√©ratrice et Ildione la sŇďur du roi de France, Corneille consid√®re que c'est sa meilleure pi√®ce de th√©√Ętre mais elle ne remportera pas un grand succ√®s[119]. Pour Nicolas Boileau en revanche, Attila signe le d√©clin du g√©nie de Corneille, r√©sum√© par son exclamation d√©sol√©e : ¬ę J'ai vu Ag√©silas, h√©las ! Mais apr√®s l'Attila, hol√† ! ¬Ľ En montrant un Attila rong√© par ses ambitions de conqu√™tes glorieuses et aux prises avec des amours tumultueuses, Corneille parle de la France du jeune et ambitieux Louis XIV des ann√©es 1660[120].

Musique et opéra

Attila est tr√®s utilis√© dans l'op√©ra. D√®s 1672, Pietro Andrea Ziani compose un Attila sur un livret de Matteo Noris. En 1807 √† Hambourg, en 1818 √† Palerme, en 1827 √† Parme et en 1845 √† Venise des op√©ras intitul√©s Attila sont repr√©sent√©s avec des succ√®s divers. Le plus connu reste celui de Giuseppe Verdi en 1846. Zacharias Werner, √©crivain autrichien, √©crit Attila, K√∂nig der Hunnen (Attila, roi des Huns) sur les derni√®res ann√©es de sa vie et la fait publier en 1807. Il met en sc√®ne la campagne d'Italie et le pillage d'Aquil√©e, Attila y est d√©peint comme une m√©taphore de Napol√©on. Celui-ci ordonne d'ailleurs de d√©truire toutes les copies de l'ouvrage en 1810[121]. Cette Ňďuvre est √† l'origine de l'op√©ra de Verdi, Attila, sur un livret de Temistocle Solera en 1846.

Aux XXe et XXIe siècles, Henri Salvador écrit et chante un humoristique Attila est là en 1967, en 2009 Danton Eeprom donne ce nom un à titre de musique électronique dans son premier album Yes is More[122]. Le poète et député hongrois Sándor Lezsák écrit un opéra-rock Attila, az Isten kardja mis en scène et joué par Levente Szörényi en 1993[123].

En 2002, Olivier Boreau compose une pièce pour orchestre d'harmonie sous le titre éponyme Attila.

Attila est également le nom utilisé par un groupe de deathcore américain originaire d'Atlanta et formé par Chris Fronzak en 2005.

Plus récemment, le nom Attila est parfois employé dans des morceaux de rap. Booba, en plus de l’évoquer dans plusieurs de ses morceaux, a nommé une de ses chansons d’après lui.

Le groupe Attila Jazz Quintet a été créé par Pierre Levy, musicien, écrivain et producteur de radio. Il s'est produit pendant huit ans, et a continué sous le nom Pierre Levy Quintet pendant dix années à jouer un jazz inspiré par le jazz des années 50/60, surtout par Charles Mingus, Horace silver et Thelonious Monk.

Littérature

La litt√©rature russe et sovi√©tique de la premi√®re moiti√© du XXe si√®cle, dans l'√©lan du ¬ę scythisme ¬Ľ, qui c√©l√®bre les racines asiatiques de la Russie, s'empare de la figure d'Attila. Val√©ri Brioussov lui consacre un po√®me en 1921 o√Ļ Attila personnifie la crainte de la destruction et l'espoir du renouveau. Ievgueni Zamiatine √©crit le roman historique Le Fl√©au de Dieu sur la jeunesse d'Attila. De nombreux autres √©crivains de pays diff√©rents lui ont aussi consacr√© un roman historique comme l'Allemand Felix Dahn dans ses Romans historiques de la Grande Migration publi√©s entre 1882 et 1901, le Canadien Thomas Costain en 1959, ou encore l'auteur am√©ricain de thrillers historiques William Dietrich avec Le Fl√©au de Dieu en 2005. Si Attila est repr√©sent√© en Barbare, il sert aussi √† critiquer un monde romain d√©cadent, mou et d√©prav√©[124].


Attila figure parmi les cinq personnages principaux du roman surr√©aliste de Pierre Levy RAGA EN CHAT BEMOL paru chez Kirographaires en 2012. Une partie du roman se situe √† Budapest o√Ļ se trouve le palais du Roi-Pr√©sident Hunno-Hongrois, ainsi pr√©sent√© dans le roman.

Cinéma et télévision

Le premier film mettant en sc√®ne Attila est un film muet italien en 1918[125]. En 1924, dans le film allemand Les Nibelungen de Fritz Lang, Rudolf Klein-Rogge joue le roi Attila. Les films am√©ricains Le Signe du pa√Įen de Douglas Sirk et italien Attila, fl√©au de Dieu de Pietro Francisci sortis tous deux en 1954 conservent cette image. √Ä l'inverse, le t√©l√©film Attila le Hun de Dick Lowry en 2001, d√©peint un Attila, incarn√© par Gerard Butler, beaucoup plus positif et s√©duisant[126]. D√©but√©e en 2005, la s√©rie t√©l√©vis√©e Kaamelott d'Alexandre Astier met √©galement en sc√®ne Attila dans quelques √©pisodes (interpr√©t√© par Lan Truong), en en faisant cette fois une interpr√©tation humoristique. Attila appara√ģt √©galement en 2008, dans un √©pisode de la s√©rie de la BBC, Heroes and Villains (en), il est interpr√©t√© par Rory McCann. Il appara√ģt √©galement dans le film La Nuit au mus√©e sorti en 2006 o√Ļ il est interpr√©t√© par Patrick Gallagher.

Bande dessinée

Attila est le personnage central du huiti√®me √©pisode de la saga des Timour dessin√©e par Sirius dans le journal Spirou, Le Fl√©au de Dieu (1958), repris en album en 1960 sous le titre Timour contre Attila. Le chef hun n'y est pas pr√©sent√© comme une brute ou un barbare : au fil de l'histoire, une estime r√©ciproque na√ģt entre les deux hommes. La bande dessin√©e historique de Jean-Yves Mitton et Franck Bonnet Attila mon amour sort en six volumes de 1999 √† 2003. Sur un ton humoristique, Manu Larcenet et Daniel Casanave transforment le conqu√©rant en d√©pressif dans Une aventure rocambolesque d'Attila le Hun - le Fl√©au de Dieu publi√© en 2006[127]. Le Fl√©au des dieux de Val√©rie Mangin et Aleksa Gajińá transpose le combat entre Attila et √Ütius en space opera[128]. En 2019, les √©ditions Gl√©nat et les √Čditions du Cerf publient L√©on le grand, d√©fier Attila (sc√©nario de France Richemond, dessin de Stefano Carloni, couleurs de Luca Merli) dans lequel on d√©couvre comment le pape L√©on le Grand aurait dissuad√© Attila et sa horde de piller Rome en 452. Dab's a √©galement cr√©√© Le Club des Huns, une bande dessin√©e humoristique centr√©e autour d'Attila qui, pour retrouver sa gloire pass√©e, d√©cide d'envahir la Gaule avec ses guerriers[129].

Jeux vidéo

Hommage

Dans les mathématiques

Matrice Attila ou matrice des uns.

On d√©signe parfois par ¬ę matrice Attila ¬Ľ la matrice de Mn(K) dont tous les coefficients sont des ¬ę 1 ¬Ľ, du fait de son appellation ¬ę la matrice des uns ¬Ľ. Cette notation r√©cente n'est pas universelle et conduit parfois √† des erreurs avec des √©tudiants qui n'ont pas compris l'allusion sous-jacente.

Référencement

Notes

  1. La date de naissance d'Attila n'est pas connue, diverses hypoth√®ses sont discut√©es dans le paragraphe ¬ę Enfance mal connue dans un empire jeune ¬Ľ
  2. C'est √Ütius, qui joue plus tard un r√īle majeur, qui est charg√© de cette op√©ration.
  3. Environ 227 kilogrammes.
  4. vingt livres romaines.
  5. À laquelle participe Priscus, auteur du seul témoignage contemporain conservé sur Attila.

Références

  1. Escher et Lebedynsky 2007, p. 25.
  2. Rouche 2009, p. 413.
  3. Escher et Lebedynsky 2007, p. 30.
  4. Escher et Lebedynsky 2007, p. 32.
  5. Rouche 2009, p. 354.
  6. Escher et Lebedynsky 2007, p. 33-37.
  7. (en) Otto J. Maenchen-Helfen, The World of the Huns : Studies in Their History and Culture, University of California Press, , 602 p. (ISBN 978-0-520-01596-8, lire en ligne), chapitre 9.4.
  8. Escher et Lebedynsky 2007, p. 57.
  9. Escher et Lebedynsky 2007, p. 59.
  10. √Čric Deschodt, Attila, Folio, , 286 p. (ISBN 978-2-07-030903-0), p. 24.
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  12. Escher et Lebedynsky 2007, p. 40.
  13. Jordanès, XXXV.
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Voir aussi

Sources anciennes

Ouvrages contemporains

Expositions et colloques

  • Jean-Yves Marin (dir.), Attila : les influences danubiennes dans l'Ouest de l'Europe au Ve si√®cle : √Čglise Saint-Georges du Ch√Ęteau, 23 juin-1er octobre 1990, Caen, Publications du Mus√©e de Normandie, (BNF 35099180).
  • Danielle Buschinger (dir.), Attila dans la r√©alit√© historique, la litt√©rature et les beaux-arts : Actes du colloque de Saint-Riquier (d√©cembre 2002), Amiens, Presses du Centre d‚Äô√Čtudes m√©di√©vales, Universit√© de Picardie, (ISBN 978-2-901121-97-8).

Articles connexes

Liens externes

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