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Abbaye de Bonne-Espérance

L'abbaye de Bonne-Espérance est située à Vellereille-les-Brayeux, aujourd'hui dans la commune d'Estinnes, à km au sud-ouest de la ville de Binche, en Belgique.

Ancienne abbaye de
Bonne-Espérance
Vue générale de l'édifice.
Vue générale de l'édifice.

Ordre Prémontrés
Fondation 1130
Fermeture 1797
Diocèse Cambrai (1130-1801)
Tournai (depuis 1801)
Personnes liées Philippe de Harveng
Englebert Maghe
Style(s) dominant(s) Néoclassique
Gothique
Protection Ic√īne du bouclier bleu appos√© sur un immeuble class√© de la R√©gion wallonne Patrimoine class√© (1973, Les parties du XIIIe au XVIIIe si√®cle, no 56085-CLT-0005-01)
Ic√īne du bouclier bleu appos√© sur un immeuble class√© de la R√©gion wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, Les parties du XIIIe au XVIIIe si√®cle de l'ancienne abbaye y compris l'√©glise abbatiale et la ferme abbatiale, no 56085-PEX-0001-02)
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Wallonie
Province Hainaut
Arrondissement La Louvière
Commune Estinnes
Coordonn√©es 50¬į 23‚Ä≤ 10‚Ä≥ nord, 4¬į 08‚Ä≤ 23‚Ä≥ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye deBonne-Espérance
Géolocalisation sur la carte : Hainaut
(Voir situation sur carte : Hainaut)
Ancienne abbaye deBonne-Espérance

Raynard, seigneur de Croix-lez-Rouveroy, offre à Hugues de Fosses, abbé de Prémontré, une partie de son alleu de Ramegnies. En 1126, Hugues de Fosses y envoie des religieux prémontrés emmenés par Odon, qui y fondent un nouveau monastère l'année suivante. Après plusieurs déménagements, la communauté norbertine s'établit en 1130 sur le site actuel.

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, la communauté acquiert plusieurs milliers d'hectares de terres. Le prélat Philippe de Harveng s'y distingue comme intellectuel. La situation économique de la communauté reste relativement stable jusqu’au XIVe siècle. Le XVIe siècle est marqué dans la région par les troubles politiques et religieux au cours desquels l'abbaye subit de nombreux pillages. Elle connait alors une période d'endettement et de précarité.

√Ä partir du XVIIe si√®cle, Bonne-Esp√©rance commence √† restaurer les b√Ętiments abbatiaux, s'appuyant en partie sur des m√©c√®nes, notamment les gouverneurs des Pays-Bas espagnols. L'abbaye est ferm√©e et vendue apr√®s la R√©volution fran√ßaise. Les chanoines survivants parviennent √† la racheter, mais les difficult√©s √† reformer la communaut√© sont telles qu'ils d√©cident, en 1821, de faire don de leur abbaye au s√©minaire du dioc√®se de Tournai. Ce dernier y fonde en 1830 un √©tablissement d'enseignement, aujourd'hui appel√© le coll√®ge Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance.

L'ensemble architectural de l'ancienne abbaye de Bonne-Espérance a survécu totalement aux destructions de la Révolution française. Ce site est classé en 1973 et inscrit depuis 1993 sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.

Géographie

Localisation

Proche de l'ancienne chaussée romaine de Bavay à Cologne[1], l'abbaye de Bonne-Espérance est située à Vellereille-les-Brayeux[2], aujourd'hui dans la commune d'Estinnes, en Belgique, dans la province de Hainaut, précisément à km au sud-ouest de la ville de Binche.

Bonne-Espérance surplombe la vallée de la Haine[3] et se situe au point de confluence de deux petits cours d'eau, le ruisseau de Pincemaille et le ruisseau des Marais, qui prennent leur source à 2 ou km de là, non loin de la ligne de crête séparant le bassin de la Meuse de celui de l'Escaut[4].

Abbayes voisines

Histoire

L'histoire de l'abbaye de Bonne-Espérance est mal connue. En effet, on ne dispose que d'informations incomplètes sur l'économie, les abbés et les constructions entreprises au fil des siècles[5]. Toutefois, une source importante permettant de retracer partiellement l’histoire de l’abbaye est le travail d’Englebert Maghe, 42e abbé de Bonne-Espérance[6]. À la suite d'un conflit, Maghe vérifie, classe et copie toutes les archives de l'abbaye, qu'il compile en un cartulaire en dix-huit volumes[7]. À partir de ce cartulaire et d'une chronique antérieure[N 1], Maghe fait publier en 1704 une Chronique de Bonne-Espérance[N 2] - [7].

Origines

Dessin vectorisé du blason de Bonne-Espérance : d'azur cantonné de quatre étoiles d'or à six rais
D'azur cantonné de quatre étoiles d'or à six rais.
Photo couleur du blason de Bonne-Espérance figurant à l'entrée du cloitre
Le même blason figurant à l'entrée du cloitre.

Selon la tradition, l'abbaye est fond√©e gr√Ęce √† la g√©n√©rosit√© de Raynard, seigneur de Croix-lez-Rouveroy[N 3]. Son fils, Guillaume, est un adepte des id√©es de Tanchelin, un pr√©dicateur anversois consid√©r√© comme h√©r√©tique par l'√Čglise catholique. Norbert de Xanten, fondateur de l'ordre des chanoines r√©guliers de Pr√©montr√©, parvient n√©anmoins √† convertir Guillaume de Croix, qui devient chanoine √† l'abbaye de Pr√©montr√©[8]. Raynard de Croix offre alors √† Hugues de Fosses, abb√© de Pr√©montr√©, une partie de son alleu de Ramegnies[N 4], un lieu-dit proche de Merbes-Sainte-Marie et Peissant[9] - [10].

En 1126, Hugues de Fosses envoie à Ramegnies des religieux prémontrés emmenés par Odon, un chanoine de Laon, puis de Cuissy[11]. Ils y fondent un nouveau monastère l'année suivante[12], mais ne restent pas longtemps à cet endroit et s'installent par la suite à Sart-Richevin[N 4], sur le territoire de Vellereille-les-Brayeux, toujours sous l'impulsion de Raynard et Béatrix de Croix[13]. En 1128, la fondation est érigée en abbaye et, l'année suivante, Odon est nommé premier abbé de la communauté. Enfin, un second déménagement, en 1130, mène Odon et ses chanoines au site actuel. Ces deux déménagements s'expliquent probablement par un manque d'eau et un sol instable[10].

L'origine du nom Bonne-Esp√©rance demeure obscure. Ce nom apparait pour la premi√®re fois en 1131 dans une charte de Li√©tard, √©v√™que de Cambrai. Selon une premi√®re hypoth√®se, les chanoines, ayant bon espoir d'avoir enfin trouv√© un endroit stable pour y √©tablir leur communaut√©, auraient baptis√© leur maison Bona Spes, traduction latine de bonne esp√©rance. La l√©gende dit m√™me qu'en d√©couvrant le site, les religieux auraient prononc√© la phrase ¬ę Bon√¶ spei fecisti filios tuos ¬Ľ, qui signifie ¬ę Tu as inspir√© √† tes fils la bonne esp√©rance ¬Ľ (Sg 12,19)[14] - [15]. Une seconde hypoth√®se suppose que le lieu s'appelait d√©j√† Bonne-Esp√©rance[16] et peut-√™tre qu'un culte √† Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance existait d√©j√† √† cet endroit au moment de la fondation de l'abbaye[10].

Philippe de Harveng

Une personne-clé des débuts, qui participe substantiellement à la prospérité économique de la communauté, est le frère Philippe de Harveng (c. 1100-1183), prieur de Bonne-Espérance dès 1130-1131. Vers 1147, Philippe se querelle avec Bernard de Clairvaux au sujet du transfert d’un religieux de Bonne-Espérance vers l’abbaye de Clairvaux[17]. Cet incident conduit les supérieurs de Philippe à le pousser l’exil en 1148[7]. Cependant, trois ans plus tard, le chapitre général de Prémontré revient sur sa décision et l'innocente[18]. En 1152, Philippe de Harveng peut donc regagner le monastère, dont il devient le deuxième prélat de 1157 à 1182[7].

Gestionnaire de Bonne-Esp√©rance, Philippe de Harveng est surtout un grand intellectuel. On lui attribue plusieurs lettres √† caract√®re th√©ologique ou plus personnelles ; des Ňďuvres d'ex√©g√®se comme un opuscule sur la Damnation de Salomon, des commentaires sur le Cantique des Cantiques. Son Ňďuvre De institutione clericorum tractatus VI (¬ę six petits trait√©s sur les devoirs des clercs ¬Ľ) offre des informations utiles √† la compr√©hension de la vie religieuse durant le XIIe si√®cle, notamment chez les Pr√©montr√©s[19]. Philippe r√©dige √©galement des vies de saints √©crites en prose rim√©e, comme celles de Feuillen de Fosses, de Ghislain de Mons, de Landelin ou encore d'Oda de Rivreulle, contemporaine de Philippe, prieure d'un √©ph√©m√®re monast√®re norbertin d√©pendant de Bonne-Esp√©rance et situ√© pr√®s de FaurŇďulx[N 5]. Enfin, on lui a attribu√© bien souvent √† tort certains po√®mes[20].

Développement économique

Dessin représentant l'habit d'un chanoine de Bonne-Espérance
Habit d'un chanoine de Bonne-Espérance.

Les XIIe et XIIIe si√®cles repr√©sentent une p√©riode d‚Äôimportant d√©veloppement √©conomique pour l‚Äôabbaye : en moins de deux si√®cles, la communaut√© acquiert, par donation ou par achat, plusieurs milliers d'hectares de terres dispers√©es g√©ographiquement[21]. Comme dans d'autres abbayes pr√©montr√©es[22], l'exploitation de ces terres est tr√®s vite confi√©e √† des fr√®res convers[21], des hommes la√Įcs qui passent l'essentiel de leur journ√©e √† l'exercice de leur m√©tier[22]. Cependant, le nombre de fr√®res convers travaillant pour Bonne-Esp√©rance diminue d√®s le XIVe si√®cle, ce qui pousse l'abbaye √† faire appel √† des domestiques, puis √† passer √† un r√©gime de tenure de certaines de ses terres[21]. Cette situation entraine le d√©clin progressif de la prosp√©rit√© de l'abbaye, qui l'am√®ne √† renvoyer tous les gens de m√©tier[5].

Guerres et pillages

En bas √† gauche de cette photo couleur figurent les vestiges du refuge de Bonne-Esp√©rance √† Binche (XIIIe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXVIe si√®cle)
En bas √† gauche, les vestiges du refuge de Bonne-Esp√©rance √† Binche (XIIIe‚ÄČ‚Äď‚ÄČXVIe si√®cle).

La première moitié du XVIe siècle est marquée dans la région par la rivalité politique entre François Ier et Charles Quint. Durant cette période naissent également les tensions entre catholiques et protestants. La situation géographique de Bonne-Espérance est telle qu'elle subit onze pillages entre 1543 et 1794[5]. En 1542, puis en 1554, les troupes du dauphin de France assiègent la ville de Binche, située à quatre kilomètres de l'abbaye. Les environs sont pillés par les soldats et l'abbaye n'échappe pas au pillage[23].

Dans le contexte des guerres de religion, les 10 et , les troupes du prince d'Orange envahissent l'abbaye pour la piller, puis mettent le feu aux b√Ętiments[5]. La communaut√© se tourne alors vers le refuge de Binche[24], que l'abbaye poss√®de depuis 1380[25]. D√®s l'ann√©e suivante, l'abb√© Jean Trusse (1559-1580) commence cependant √† restaurer les b√Ętiments incendi√©s[26]. En 1572, un autre refuge de l'abbaye situ√© √† Mons est mis √† sac par les troupes de Louis de Nassau et celui de Binche subit le m√™me sort en 1576. Quant au refuge de Nivelles, il est incendi√© en 1599[27]. S'ensuit alors une p√©riode d'endettement et de pauvret√© pour la communaut√©[23].

Renouveau

Dessin repr√©sentant l'abbaye de Bonne-Esp√©rance vers 1600 dans les Albums de Cro√Ņ. On y distingue le clocher gothique √† c√īt√© d'autres b√Ętiments aujourd'hui disparus.
Bonne-Esp√©rance vers 1600 (Albums de Cro√Ņ). On distingue le clocher gothique √† c√īt√© d'autres b√Ętiments aujourd'hui disparus.

Bonne-Esp√©rance tente alors de se relever et emprunte des fonds pour pouvoir restaurer les b√Ętiments abbatiaux. Sous l'abbatiat de Jean Lucq (1580-1607), on restaure une partie du quartier abbatial √† l'aide d'un emprunt[24]. Les chanoines peuvent √©galement compter sur de pieux m√©c√®nes. Gr√Ęce aux gouverneurs des Pays-Bas espagnols, les archiducs Albert de Habsbourg et Isabelle-Claire-Eug√©nie d'Autriche, qui se montrent g√©n√©reux envers les communaut√©s religieuses, l'abb√© Nicolas Chamart (1607-1642) peut entreprendre la reconstruction de l'abbatiale d√®s 1608. En 1620, il reconstruit le dortoir incendi√© neuf ans plus t√īt[27].

Cependant, les emprunts se multiplient sous l'abbatiat d'Augustin de Felleries (1642-1671) : la situation financière de l'abbaye est telle que son successeur, Englebert Maghe (1671-1708), doit faire face à douze procès[28]. Maghe parvient à relever les finances de l'abbaye, notamment en faisant vendre des propriétés du monastère situées en France, mais doit cependant résoudre un important conflit lié à la baronnie de Chaumont, dont Bonne-Espérance possède les titres de propriété depuis des siècles. Ce conflit le pousse à vérifier, classer et copier toutes les archives de l'abbaye, qu'il compile en un cartulaire en dix-huit volumes[7] : un travail colossal qui lui permet d'obtenir gain de cause dans ce procès, même si des réserves sont émises quant à la fiabilité d'un des documents concernant la baronnie de Chaumont[28]. À partir de ce cartulaire et d'une chronique antérieure[N 1], Maghe fait publier en 1704 une Chronique de Bonne-Espérance[7], qui a peut-être été imprimée à l'abbaye même[N 6].

Au XVIIIe si√®cle, le comt√© de Hainaut, sous domination autrichienne, connait une longue p√©riode de prosp√©rit√© et de paix. Un vaste chantier de modernisation des b√Ętiments de Bonne-Esp√©rance commence alors sous la pr√©lature de Jean Patoul (1708-1724) et se poursuit avec les abb√©s J√©r√īme Petit (1724-1752) et Adrien Houze (1752-1772). Ces nouveaux b√Ętiments n√©oclassiques sont l‚ÄôŇďuvre de l'architecte montois Nicolas De Brissy[N 7]. Le chantier se termine sous l'abbatiat de Bonaventure Daublain (1772-1793) avec l'ach√®vement de l'abbatiale de Laurent-Beno√ģt Dewez en 1776 et la construction de la nouvelle infirmerie, dont la chapelle est achev√©e en 1791[29].

Les conséquences de la Révolution française

Extrait de la carte de Ferraris, dessin√©e entre 1771 et 1778, o√Ļ on distingue Bonne-Esp√©rance et alentours.
Bonne-Espérance et alentours sur la carte de Ferraris (1771-1778).

Apr√®s la bataille de Jemappes (), qui voit s'affronter les troupes r√©volutionnaires et autrichiennes, les chanoines sont contraints de quitter l'abbaye[23], qui est pill√©e la m√™me ann√©e[30]. Bonne-Esp√©rance est d√©clar√©e ¬ę bien national ¬Ľ par les autorit√©s fran√ßaises le [5]. Apr√®s la bataille de Neerwinden (), les Autrichiens reprennent temporairement le contr√īle de la r√©gion et les chanoines regagnent l'abbaye[23].

√Ä la suite de la seconde invasion fran√ßaise, l'abbaye est tour √† tour occup√©e par les troupes fran√ßaises et autrichiennes. Elle n'√©chappe pas aux imp√īts, aux r√©quisitions[31] ainsi qu'au pillage des soldats et des populations avoisinantes[32]. Une attestation dat√©e du t√©moigne de la d√©solation de l'abbaye :

¬ę nous sousign√©s maire, officiers municipaux et membre du conseil general de la commune de vellereille lez Brayeux attestons et certifions, a la demande du proviseur de l'abbaie de Bonne esperance, qu'apr√®s l'entr√©e de l'arm√©e fran√ßaise en 1790 quatre V:S: nous avons v√Ľ et trouv√©s la susditte abbaie parsem√©e des registres, papiers, parchemins et m√™me les campagnes adjacentes, le tout par pieces et morceaux, dont la plus grande partie s'est consomm√©e dans les campagnes, diff√©rents cours et jardins de la maison : en foi de quoi nous avons sign√©s le vingt neuf fructidor 3e ann√©e r√©publicaine[33]. ¬Ľ

Le , les autorit√©s fran√ßaises chassent d√©finitivement les derniers chanoines de Bonne-Esp√©rance[34]. Le 13 mars 1798 (23 vent√īse an VI), les b√Ętiments sont vendus et rachet√©s en secret par les religieux via le fermier de la basse-cour, dans l'espoir de reformer la communaut√©[35]. √Ä partir de 1805, les chanoines veulent r√©tablir l'abbaye mais ils manquent de ressources pour concr√©tiser leur projet[5]. Par ailleurs, Napol√©on et, apr√®s 1815, Guillaume Ier des Pays-Bas s'opposent au retour des ordres religieux[35]. Les difficult√©s √† reprendre la vie monastique sont telles que Winand Dupont, le procureur de la communaut√©, adresse une supplique au pape Pie VII, le , proposant de c√©der les b√Ętiments abbatiaux au dioc√®se de Tournai. Finalement, trois religieux repr√©sentant les 24 chanoines survivants se r√©solvent √† signer, le , l'acte de donation de leur abbaye au s√©minaire √©piscopal du dioc√®se de Tournai[35], pour que ce dernier puisse y √©tablir un ¬ę petit s√©minaire ¬Ľ[N 8] - [36].

Liste des abbés de Bonne-Espérance

Depuis 1830

Photo en noir et blanc d'une salle d'étude à Bonne-Espérance dans les années 1930.
Une salle d'étude dans les années 1930.

Apr√®s des travaux de restauration des b√Ętiments abbatiaux en [74], l'√©v√™ch√© de Tournai d√©cide d'ouvrir √† Bonne-Esp√©rance, le 4 mai de la m√™me ann√©e[75], un ¬ę petit s√©minaire ¬Ľ, c'est-√†-dire un √©tablissement d'enseignement secondaire destin√© en premier lieu √† la formation des pr√™tres. En 1834, le dioc√®se transf√®re de Tournai √† Bonne-Esp√©rance la section de philosophie pr√©paratoire au grand s√©minaire[75].

Gaspar-Joseph Labis, √©v√™que de Tournai, entrevoit √©galement, en 1838, la cr√©ation d'une ¬ę √©cole normale primaire ¬Ľ destin√©e √† la formation des instituteurs de l'enseignement libre. Celle-ci est inaugur√©e √† Bonne-Esp√©rance en et, rapidement, une petite ¬ę √©cole primaire d'application ¬Ľ y est ouverte[76]. En 1861, le personnel de l'√©cole normale n'est plus sous l'autorit√© du pr√©sident du s√©minaire, mais d'un directeur autonome[77]. Pour diverses raisons, notamment par manque de place et en raison de la v√©tust√© de certains locaux, son transfert est √©voqu√© plusieurs fois √† la fin du XIXe si√®cle[78]. L'√©cole normale d√©m√©nage finalement en 1925, dans ses nouveaux locaux de Braine-le-Comte[N 9] - [79].

La section de philosophie ferme ses portes en 1968[80], alors que le nombre de pr√™tres qui enseignent √† Bonne-Esp√©rance diminue sensiblement[81]. En 1985, l'√©tablissement d'enseignement primaire et secondaire (appel√© aujourd'hui ¬ę coll√®ge Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ) accueille √©galement les √©l√®ves externes et les filles[80]. L'internat, ouvert pour la premi√®re fois aux filles en [82], est encore occup√© √† ce jour par environ 80 pensionnaires.

En 2013, le dioc√®se de Tournai d√©cide de cr√©er un ¬ę Centre d'histoire et d'art sacr√© en Hainaut ¬Ľ (CHASHa) √† Bonne-Esp√©rance. Cette association sans but lucratif est destin√©e √† la conservation du patrimoine religieux de tout le dioc√®se[83]. Un espace mus√©al a √©t√© inaugur√© dans l'ancienne sacristie de la basilique[84], tandis que d'autres locaux servent de conservatoire pour les nombreuses Ňďuvres provenant de tout le Hainaut[85].

Activités de l'abbaye

La copie de manuscrits

Photo couleur d'une page du Speculum naturale de Vincent de Beauvais, manuscrit du XIVe siècle copié à Bonne-Espérance.
Une page du Speculum naturale de Vincent de Beauvais, manuscrit du XIVe s. copié à Bonne-Espérance.

Dès le début, un travail de copie de manuscrits est effectué à l'abbaye[86], même si les sources ne mentionnent pas explicitement la présence d'un scriptorium à Bonne-Espérance[87]. Bien que beaucoup de manuscrits aient disparu, une soixantaine d'entre eux produits à Bonne-Espérance existent toujours et sont conservés dans des institutions spécialisées à Mons, Bruxelles, La Haye, Paris, Maredsous et Tournai[88] - [89].

En voici quelques exemples. De 1132 √† 1135, le fr√®re Henri transcrit le texte int√©gral d'une Bible, aujourd'hui partiellement conserv√©e √† la biblioth√®que royale de Belgique[N 10] - [11], dont le d√©cor est probablement ex√©cut√© ult√©rieurement par trois ¬ę mains ¬Ľ de 1135 √† 1140[90]. En 1155, le diacre Rainard de Bonne-Esp√©rance copie un exemplaire des Antiquit√©s juda√Įques de Flavius Jos√®phe[91], qui se trouve aujourd'hui √† la biblioth√®que de l'universit√© de Mons[92]. Plusieurs autres Ňďuvres copi√©es aux XIIe et XIIIe si√®cles √† Bonne-Esp√©rance sont √©galement conserv√©es dans cette m√™me biblioth√®que : des √©crits d'Eus√®be de C√©sar√©e, d'Isidore de S√©ville[93], de Hugues de Saint-Victor[94], de Dar√®s le Phrygien ou encore la Grammaire[95] de Priscien de C√©sar√©e[96]. Vers 1300 sont notamment copi√©s √† Bonne-Esp√©rance le Decretum Gratiani[1] - [97], de m√™me que les Speculum historiale[98] et Speculum naturale[99] de Vincent de Beauvais[100]. Enfin subsiste toujours le cartulaire de Bonne-Esp√©rance en dix-huit volumes compil√© par Englebert Maghe[101].

Le ministère paroissial

Photo couleur de l'église Saint-Martin de Leugnies, construite au XIIIe siècle.
L'église Saint-Martin de Leugnies (XIIIe s.).

Certains chanoines de Bonne-Espérance exercent également une activité extérieure, le ministère paroissial[102], puisque l'abbaye reçoit le patronage de plusieurs paroisses dès le XIIe siècle. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, ces paroisses sont donc généralement desservies par des chanoines et non par le clergé séculier[103].

Bonne-Espérance en tire des avantages économiques[103]. À Gentinnes, par exemple, Bonne-Espérance possède un patrimoine foncier lié à la cure. Elle perçoit également une partie de la dime sur l'ensemble du village[104], une autre partie étant prélevée par l'abbaye de Gembloux[105]. L'abbé de Bonne-Espérance est également seigneur de Gentinnes, c'est pourquoi il y perçoit aussi des cens et des rentes[106].

Sous l'abbatiat de Philippe de Harveng, Bonne-Espérance obtient le patronage de plusieurs paroisses : Leugnies en 1161, Familleureux en 1162, Haine-Saint-Paul (avec Bois-d'Haine et Fayt) en 1163, Seneffe en 1167, Thorembais-Saint-Trond en 1172, Orbais en 1173, Erquelinnes en 1175 ; Feluy, Morlanwelz et Anderlues en 1177. À la fin du XIIe s'ajoutent à la liste Gentinnes en 1187, Courcelles en 1188, Sombreffe en 1190 et Chaumont en 1196[107] - [103]. Acquises au XIIe siècle, les paroisses de Croix-lez-Rouveroy, Carnières, Ressaix et Mont-Sainte-Aldegonde sont cédées dès la fin du XIIIe siècle à la suite d'un conflit avec l'évêque de Cambrai.[103]. Aux siècles suivants viennent s'ajouter Gouy en 1237 ou 1238, Eizingen en 1300, Vellereille-les-Brayeux en 1328[107] ; Morialmé, Senzeilles, et Soumoy en 1678[103].

Domaines de l'abbaye

L'abbaye acquiert l'essentiel de ses terres au cours des XIIe et XIIIe siècles. Ces importants domaines, repris dans le tableau ci-dessous, ne connaissent plus de modification importante par la suite.

Domaines de Bonne-Espérance[21]
Nom du domaineSituation
Domaine de l'abbayeVellereille-les-Brayeux et alentours
Domaine de Mortry et GayPoix-du-Nord
Domaines de Courrière et ChantraineFamilleureux et Mignault
Domaine de CourcellesCourcelles, Gouy, Pont-à-Celles, Souvret et Trazegnies
Domaine de Saint-Nicolas-au-BoisSeneffe
Domaine de LeugniesLeugnies
Domaine de DagnyVervins

En plus de ces domaines, d'autres possessions moins importantes de l'abbaye se situent √† Bersillies, Cousolre, La Salmagne, Villers-Sire-Nicole et Vicq. Tout cela repr√©sente, √† la fin de l'Ancien R√©gime, environ 4 709 hectares[21].

La papeterie de Bonne-Espérance

Parmi les dépendances que possède l'abbaye, on peut mentionner le moulin du Val à Estinnes-au-Mont. Bonne-Espérance possède ce moulin hydraulique depuis le milieu du XIIe siècle[108]. Au tournant du XVIIIe siècle, l'abbé Englebert Maghe utilise énormément de papier pour la copie du cartulaire de Bonne-Espérance et la rédaction de sa Chronique. Or, aucune papeterie n'existe dans le Hainaut à l'époque[109]. À la suite d'un incendie, ce moulin est converti en 1702[110] pour y triturer la chiffe, matière première servant à la fabrication du papier[108].

L'industrie ainsi créée prospère assez vite[111] et la production se diversifie. En effet, la papeterie de Bonne-Espérance produit non seulement du papier à écrire ou d'emballage, mais aussi du papier destiné à la fabrication de cartes à jouer[112]. Attirant d'abord une clientèle originaire du Hainaut et du Tournaisis, le moulin à papier fournit plus tard divers clients de Bruxelles, Ypres, Maubeuge ou encore Arras[113]. À la suite de la Révolution française, l'activité cesse et le moulin est vendu en 1798[114].

Architecture

Photo noir et blanc de la bibliothèque, qui a été restaurée dans les années 1980.
La bibliothèque a été restaurée dans les années 1980.
Photo couleur du jardin botanique et des b√Ętiments de l'aile gauche en vue a√©rienne.
Le jardin botanique et les b√Ętiments de l'aile gauche en vue a√©rienne.

Il ne reste aucune trace des premi√®res constructions en style roman. En revanche, plusieurs pi√®ces de style gothique subsistent, comme le cloitre, la salle capitulaire, la cuisine, la tour de la basilique et quelques √©l√©ments de l'ancienne abbatiale (fen√™tres, colonnes) int√©gr√©s dans des murs b√Ętis ult√©rieurement. La majeure partie de l'abbaye, de style n√©oclassique, date en fait du XVIIIe si√®cle. Par apr√®s, d'autres annexes ont √©t√© construites pour les besoins du s√©minaire, aux XIXe et XXe si√®cles, la derni√®re r√©alisation en date √©tant la piscine, termin√©e en 1969[115].

L'abbaye fait partie du patrimoine class√© reconnu comme tel par les pouvoirs publics depuis l'arr√™t√© royal du . Le caract√®re exceptionnel de ce site, seul ensemble abbatial complet en province de Hainaut[116], est rappel√© par l'inscription de Bonne-Esp√©rance dans la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie en 1993[117]. Plusieurs campagnes de restauration ont √©t√© entreprises depuis lors. Sous l'impulsion de l'association sans but lucratif ¬ę Les Compagnons de l'Abbaye ¬Ľ, la biblioth√®que a subi une restauration en 1984[118]. Les arcades du cloitre ont √©t√© √† leur tour restaur√©es en 1989, en collaboration avec la fondation Roi Baudouin. Durant les ann√©es 1990, la basilique a b√©n√©fici√© de subsides destin√©s √† la restauration ext√©rieure de cette abbatiale et de sa tour, dont les travaux se sont termin√©s en 2000[119]. Enfin, d'importantes restaurations des b√Ętiments entourant le jardin ont √©t√© entreprises dans les ann√©es 2000 et 2010[120].

Plan du site

Dessin vectoris√© montrant le plan g√©n√©ral simplifi√© des b√Ętiments abbatiaux de Bonne-Esp√©rance et des annexes plus r√©centes, tels qu'on peut les voir en 2022.
Plan g√©n√©ral simplifi√© des b√Ętiments abbatiaux et des annexes plus r√©centes, tels qu'on peut les voir en 2022. Chaque couleur correspond au si√®cle de construction du b√Ętiment :
  • XIIIe si√®cle
  • XVe si√®cle
  • XVIe si√®cle
  • XVIIIe si√®cle
  • XIXe si√®cle
  • XXe si√®cle

La façade principale

Photo couleur montrant une vue d'ensemble de la façade principale en hiver.
Vue d'ensemble de la façade principale en hiver.

D'une longueur totale de 76 m[131], le b√Ętiment principal qui donne sur l'actuel jardin botanique abrite le quartier des h√ītes et celui de l'abb√©. La disposition des diff√©rentes baies, regroup√©es par trois ou par huit, souligne la sym√©trie des diff√©rents √©l√©ments de cette fa√ßade. La r√©partition par paires des lucarnes et des chemin√©es accentue cette sym√©trie.

Au centre se dresse le frontispice, comptant trois travées de portes et fenêtres sur deux étages. De part et d'autre de ce parement central s'étendent huit travées, la troisième d'entre elles présentant une porte à perron. Enfin, deux pavillons comprenant chacun trois travées ferment la façade principale[138]. Le pavillon de gauche, auquel on accède par une porte cochère en anse de panier, abrite le quartier abbatial.

Le quartier des h√ītes

L'√©dification d'une premi√®re magna aula hospitum[139], c'est-√†-dire d'un quartier r√©serv√© aux h√ītes de marque, date de la fin du XIIIe si√®cle[140]. Situ√© √† l'origine en face de l'abbatiale, il s'est √©croul√© en 1672[141]. La construction du nouveau quartier des h√ītes a √©t√© entreprise au si√®cle suivant, sous l'impulsion de l'abb√© J√©r√īme Petit (1724-1752). Un chantier de d√©molition de b√Ętiments existants est mentionn√© pour les ann√©es 1738 √† 1740. L'op√©ration de d√©blaiement a laiss√© place au b√Ętiment qui borde l'actuel jardin botanique[142].

Ňíuvre de l'architecte montois Nicolas De Brissy[N 7], le quartier des h√ītes a √©t√© √©lev√© entre 1738 et 1741[126]. Le frontispice, enti√®rement en pierre de taille, comporte deux pilastres √† refends qui supportent l'entablement et le fronton[138]. De type circulaire, ce dernier est orn√© d'un pot √† feu et, depuis le XIXe si√®cle, timbr√© du blason de l'abbaye. √Ä l'√©tage, on distingue au centre une porte-fen√™tre en plein cintre, dont les √©coin√ßons sont d√©cor√©s d'une guirlande de fleurs[126].

Le perron gravi et la porte franchie, on arrive au bas de la cage d'escalier, ornée de différents reliefs et voutée d'une coupole. Le monumental escalier d'honneur, en pierre bleue et en chêne sculpté, comporte deux rampes aux motifs en forme de lyre qui se rejoignent à l'étage pour former une balustrade[143].

  • Photo couleur montrant le d√©tail du frontispice de la fa√ßade principale.
    Détail du frontispice de la façade principale.
  • Photo couleur montrant l'escalier d'honneur datant du XVIIIe si√®cle.
    L'escalier d'honneur (XVIIIe s.).
  • Photo couleur montrant la balustrade de l'escalier d'honneur vue d'en bas
    Balustrade de l'escalier d'honneur.

Le quartier abbatial

Photo noir et blanc montrant l'escalier du quartier de l'abbé datant du XVIIIe siècle.
Escalier du quartier de l'abbé (XVIIIe s.).

L'existence d'un quartier r√©serv√© au p√®re abb√© √† Bonne-Esp√©rance est attest√©e d√®s le XVe si√®cle. Ce lieu a √©t√© plusieurs fois restaur√© ou agrandi, en 1570, 1588 et 1640[144]. Cependant, le quartier abbatial qui subsiste aujourd'hui date de la pr√©lature d'Adrien Houze (1752-1772) : il se situe dans le pavillon de gauche de la fa√ßade principale, au-dessus de la porte coch√®re. On y acc√®de via un escalier en ch√™ne √† courbe ellipso√Įde, dont la rampe se termine par la sculpture d'un agneau couch√©. Cet escalier daterait de la pr√©lature de J√©r√īme Petit (1724-1752), puisque ses armoiries comportent elles aussi un agneau[143].

Concrètement, les appartements du père abbé consistent en quatre petites pièces de dimensions similaires, dont trois présentent un intérêt patrimonial. La pièce qui fait office d'antichambre est recouverte de lambris de chêne : elle communique, d'une part, avec une chambre à coucher, d'autre part, avec une autre pièce lambrissée. Il s'agit d'un beau salon équipé d'une cheminée en marbre de style Louis XIV et orné de petits tableaux racontant la vie de saint Frédéric de Hallum (nl)[N 11], dont les reliques sont conservées à Bonne-Espérance[145].

De ce salon, on accède à un petit oratoire circulaire, lui aussi lambrissé de chêne et orné d'un autel coiffé d'un baldaquin. Le parquet de cette chapelle privée représente une étoile, tandis qu'une peinture de Dieu dans les nuages recouvre la coupole[146].

Les ailes latérales du jardin botanique

Mesurant environ 170 m sur 70 m[117], l'actuel jardin √† la fran√ßaise a √©t√© am√©nag√© √† la fin du XIXe si√®cle[137], √† l'emplacement d'une cour d'honneur dont la fondation remonterait √† l'abbatiat d'Augustin de Felleries (1642-1671)[147]. En plus de la fa√ßade principale, deux ailes de b√Ętiments en briques entourent le jardin[126].

Construite vers 1760[132], l'aile droite abritait la boulangerie et la brasserie[148]. Elle remplaçait une précédente construction qui se situait non loin de la cuisine[132]. D'un point de vue architectural, la façade de cette aile consiste en 28 travées sur deux étages avec, au centre, la porte principale surmontée d'un cartouche entre deux larmiers. Deux travées plus loin, de part et d'autre de cette porte, s'ouvrent trois portes charretières en plein cintre[126]. Enfin, un portail attenant datant du XVIIe siècle[131] se situe entre la façade principale et l'aile droite.

Photo couleur montrant le détail du cadran solaire sur l'aile gauche.
Détail du cadran solaire.

L'aile principale de gauche (1767)[131] comprenait les ateliers de l'abbaye[132]. Elle pr√©sente en son centre un portail en plein cintre, dans un encadrement √† refends. Cette entr√©e est surmont√©e d'un grand cadran solaire sous une corniche en arc de cercle. Sur le cadran figure l'inscription latine Utere pr√¶senti, memor ultim√¶ (¬ę Profite de l'heure pr√©sente, en te souvenant de la derni√®re. ¬Ľ). √Ä l'arri√®re, la partie visible depuis l'√©tang a subi de nombreux remaniements au d√©but du XXe si√®cle : percement de fen√™tres √† l'√©tage, am√©nagement int√©rieur dans le style des ann√©es 1930, ajout d'une chapelle et d'une aile basse de la m√™me √©poque[149].

L'aile gauche du jardin se termine par un second b√Ętiment d'un seul niveau, datant de la m√™me √©poque, au milieu duquel se dresse une tourelle perc√©e d'une porte charreti√®re[150]. Il r√©pond au m√™me b√Ętiment attenant √† la ferme de la basse-cour, dans le prolongement de l'aile droite[151].

  • Aile gauche (1767).
    Aile gauche (1767).
  • Photo couleur montrant l'aile droite construite en 1760 avec, en arri√®re-plan, le clocher de la basilique datant du XVe si√®cle.
    Aile droite (1760). En arrière-plan, le clocher de la basilique (XVe s.).
  • Photo couleur montrant le b√Ętiment prolongeant l'aile gauche, avec tourelle et porte charreti√®re, datant de 1767.
    B√Ętiment prolongeant l'aile gauche, avec tourelle et porte charreti√®re (1767).
  • Photo couleur montrant l'arri√®re de l'aile gauche vue depuis l'√©tang, avec les b√Ętiments annexes datant du XXe si√®cle.
    Arri√®re de l'aile gauche vue depuis l'√©tang ; b√Ętiments annexes datant du XXe s.

Le cloitre

√Čl√©ment central de l'abbaye, le cloitre de style gothique date de la seconde moiti√© du XIIIe si√®cle : les galeries sud, est et ouest √©taient termin√©es √† la mort de l'abb√© Adam de Cousolre en 1286. L'aile nord a quant √† elle √©t√© b√Ętie sous l'abbatiat de Gauthier de Flavenne (1286-c. 1291)[149]. Au d√©but du XVIe si√®cle, le cloitre a subi d'importants remaniements, en particulier dans la galerie nord et trois trav√©es nord de l'aile ouest. Enfin, les arcades donnant sur le pr√©au int√©rieur ont √©t√© remplac√©es en 1715 par des murs de briques et de pierres perc√©s de fen√™tres en plein cintre[149] - [152].

Sur le plan architectural, chaque aile du cloitre compte neuf trav√©es, toutes couvertes de crois√©es d'ogives quadripartites. Les nervures de ces ogives s'appuient sur des culs-de-lampe de deux types. Les plus anciens, en pierre blanche d'Avesnes (XIIIe si√®cle), pr√©sentent des motifs d'une grande vari√©t√© : crochet ferm√©, bourgeon serr√© ou encore d√©cor de feuillage[153]. Ceux datant des remaniements du XVIe si√®cle, en pierre bleue d'√Čcaussinnes, sont d√©cor√©s de choux fris√©s, de feuilles entrelac√©es ou bord√©es de festons[149] - [152] - [154].

Comme dans la cuisine et la salle capitulaire, le niveau du sol du cloitre a été rehaussé. Cela se remarque à l'élévation de la voute, mais également à la hauteur de deux vestiges de portes gothiques encore visibles dans les galeries nord et ouest[121].

  • Photo couleur montrant l'aile orientale du cloitre pr√®s de la salle capitulaire.
    Le cloitre, aile orientale jouxtant la salle capitulaire.
  • Photo couleur de l'aile sud du cloitre vue depuis l'ambulacre.
    Aile sud vue depuis l'ambulacre.
  • Photo couleur montrant le d√©tail de l'extr√©mit√© est du cloitre nord, avec, de gauche √† droite, les blasons de l'abb√© Jean Patoul et celui de Bonne-Esp√©rance.
    Détail de l'extrémité est du cloitre nord, avec, de gauche à droite, les blasons de Jean Patoul et de Bonne-Espérance.
  • Photo couleur montrant un cul-de-lampe du cloitre en pierre blanche
    Cul-de-lampe du cloitre en pierre blanche (XIIIe s.)
  • Photo couleur montrant un cul-de-lampe du cloitre en pierre bleue
    Cul-de-lampe du cloitre en pierre bleue (XVIe s.)
  • Photo couleur montrant le vestige d'une porte gothique du cloitre
    Vestige d'une porte gothique du cloitre.

Le réfectoire

Photo couleur du réfectoire construit en 1738.
Le réfectoire (1738).

Le r√©fectoire de Bonne-Esp√©rance a subi de nombreuses transformations au fil des si√®cles. Le premier r√©fectoire du XIIe si√®cle a √©t√© reb√Ęti sous l'abbatiat de Jean Cornu (1510-1537)[155]. L'√©difice datant du XVIe si√®cle a lui-m√™me √©t√© d√©moli au d√©but du XVIIIe si√®cle. L'actuel r√©fectoire a en fait √©t√© construit en 1738, sous la pr√©lature de J√©r√īme Petit (1702-1752)[156].

D'un point de vue architectural, le r√©fectoire actuel est une grande salle rectangulaire de style Louis XV[157], couverte de voutes en anse de panier[158] sur des arcdoubleaux de pierre bleue[159]. Chaque arcdoubleau s'appuie sur des consoles du m√™me mat√©riau, surmontant des pilastres de ch√™ne[158]. Au plafond, on peut lire la devise ¬ę Bona Spes innocenter ¬Ľ de l'abb√© J√©r√īme Petit[156].

Les quatre parois de cette pièce sont lambrissées de chêne[157]. De toute évidence, les convives de l'époque mangeaient dos au mur, puisque des bancs du même bois, supportés par des consoles cannelées longent les parois. Pendant le repas, celui qui était chargé de la lecture à voix haute montait quelques marches pour prendre place dans la chaire située à gauche de la paroi ouest. Le galbe de cette chaire en chêne présente en bas-relief un évêque barbu, probablement Augustin d'Hippone[158].

Plusieurs murs sont √©galement recouverts de toiles peintes. √Ä droite de la chaire, une toile cintr√©e, repr√©sentant le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, orne le mur ouest[158]. En face, sur la paroi est, une ¬ę Assomption ¬Ľ du peintre tournaisien Gaudry van Lul (1832) remplace probablement une peinture ant√©rieure √† la R√©volution fran√ßaise[159].

Enfin, la paroi sud est d√©cor√©e de cinq toiles du peintre valenciennois Bernard Fromont (hauteur maximale : 2,80 m ; largeur : 1,30 m). Ces cinq sc√®nes, inspir√©es d'estampes de Corneille Galle (1622), racontent la vie de Norbert de Xanten, fondateur de l'ordre[160] :

  • La premi√®re √©voque la conversion de Norbert en 1115 sur la route de Xanten √† Vreden. Surpris par la foudre, il tombe de cheval. Il √©chappe √† la mort et d√©cide alors de se convertir[161].
  • Sur la deuxi√®me sc√®ne, on peut reconnaitre la Vierge avec J√©sus. Norbert re√ßoit l'habit blanc de l'ordre (que tiennent des anges) et la R√®gle de saint Augustin[162].
  • La troisi√®me toile montre le fondateur de l'ordre pr√™chant √† Anvers, en 1122, contre Tanchelin. Le pr√©dicateur anversois est repr√©sent√© torse nu et contorsionn√© sous le pied de Norbert qui brandit un ostensoir[163].
  • La quatri√®me toile raconte l'arriv√©e de Norbert √† Rome, contribuant √† la remise sur le tr√īne du pape Innocent II chass√© par l'antipape Anaclet II. V√™tu de blanc et coiff√© du chapeau d'archev√™que, Norbert se trouve aux c√īt√©s de l'empereur Lothaire[164].
  • Enfin, la derni√®re sc√®ne repr√©sente Norbert alit√©, se pr√©parant √† la mort, en juin 1134. Plusieurs disciples entourent l'abb√© malade[164].
  • Photo couleur d'une peinture murale, la conversion de Norbert, premi√®re sc√®ne de la vie de Norbert de Xanten dans le r√©fectoire
    La conversion de Norbert, première scène de la vie de Norbert de Xanten dans le réfectoire.
  • Photo couleur d'une peinture murale, l'Apparition de la Vierge √† Norbert, deuxi√®me sc√®ne de la vie de Norbert de Xanten dans le r√©fectoire.
    Apparition de la Vierge à Norbert, deuxième scène de la vie de Norbert de Xanten dans le réfectoire.
  • Photo couleur d'une peinture murale, une Assomption du peintre Gaudry van Lul
    Assomption de Gaudry van Lul (1832).
  • Photo couleur montrant la paroi ouest du r√©fectoire
    Détail de la paroi orientale du réfectoire.
  • Photo couleur montrant la voute en anse de panier du r√©fectoire, avec la devise de l'abb√© Petit inscrite au centre
    Détail de la voute en anse de panier, avec la devise de l'abbé Petit au centre.

Le chauffoir

Cette pièce datant du XVIIIe siècle était l'un des rares endroits chauffés dans l'abbaye[128], comme en témoigne l'imposante cheminée en chêne de style Louis XIV[165]. À l'instar du réfectoire, le chauffoir est couvert de voutes en anse de panier sur des arcdoubleaux de pierre bleue.

Sur les murs, des lambris de chêne encadrent des panneaux vides : ces emplacements étaient probablement recouverts de toiles puisqu'un inventaire effectué en 1796 mentionne la présence de neuf tableaux[165]. Au-dessus de la porte en face de la cheminée ont été ajoutées des armoiries peintes datant du XIXe siècle. Ce sont celles de Gaspar-Joseph Labis, évêque de Tournai (1835-1872), qui a contribué au développement du séminaire et à la création de l'école normale[128].

La cuisine

Photo noir et blanc datant des années 1930 de la cuisine, construite au XVIe siècle.
La cuisine (XVIe s.), photo des années 1930.

À l'angle nord-est du cloitre se situe la cuisine, une pièce de style gothique qui date vraisemblablement du XVIe siècle[124]. Deux piliers octogonaux en pierre divisent la pièce en deux vaisseaux de trois travées voutées d'ogives[157] - [124].

Le niveau actuel du sol de la cuisine n'est pas celui d'origine. En effet, des fouilles entreprises en 1957 ont permis de mettre au jour, m sous l'actuel niveau, un pavement datant de la premi√®re moiti√© du XVIIe si√®cle. Un pavement plus ancien sur lequel repose la base des colonnes a quant √† lui √©t√© d√©couvert 1,40 m sous l'actuel niveau[124] - [166] - [N 12]. Enfin, des vestiges d'une porte ogivale subsistent √† l'angle sud-est de la cuisine : elle donnait acc√®s √† la chapelle dite du Salve d√©di√©e √† la Vierge, b√Ętie en 1260 et aujourd'hui disparue[166].

La salle capitulaire

La salle capitulaire jouxte la galerie est du cloitre. Elle servait de lieu de réunion de la communauté prémontrée, sous la présidence de l'abbé. À Bonne-Espérance, cette salle du chapitre a également servi d'église lors des travaux de reconstruction de l'abbatiale, notamment au début du XVIIe siècle.

Comme le cloitre, la salle capitulaire de Bonne-Esp√©rance est un des rares √©l√©ments du XIIIe si√®cle encore visibles aujourd'hui[122]. √Čdifi√©e sous l'abbatiat de Gauthier de Flavenne (1286-1291)[140], cette pi√®ce √©tait √† l'origine probablement carr√©e, comportant trois vaisseaux de trois trav√©es. Seuls subsistent deux vaisseaux de voutes d'ogive quadripartites, reposant sur des piliers fascicul√©s et des consoles √† crochets. Trois baies s'ouvraient sur le cloitre mais ont √©t√© ferm√©es ult√©rieurement par une paroi perc√©e d'une porte et de deux fen√™tres. Dans cette paroi, des faisceaux de colonnettes ont pu √™tre d√©gag√©s lors de fouilles[157] - [167].

  • Photo couleur montrant le d√©tail d'une voute d'ogive dans la salle capitulaire.
    Détail d'une voute d'ogive dans la salle capitulaire.
  • Photo noir et blanc datant des ann√©es 1930 de la salle capitulaire, construite au XIIIe si√®cle.
    La salle capitulaire (XIIIe s.) photographiée dans les années 1930.
  • Photo couleur montrant le d√©tail d'une colonne gothique entre le cloitre et la salle capitulaire
    Détail d'une colonne entre le cloitre et la salle capitulaire.

La basilique

Photo couleur de l'extérieur de la basilique, terminée en 1776.
La basilique (1776).
Photo couleur de l'int√©rieur de la nef et du chŇďur de la basilique.
La nef et le chŇďur.
Photo couleur montrant les grandes orgues de Pierre Van Peteghem dans la basilique.
Grandes orgues par Pierre Van Peteghem.

Histoire

La première abbatiale de style roman, dont il ne subsiste aucun vestige[123], est érigée à partir de 1132. On y ajoute une tour en 1212[168]. En 1266, la première église est remplacée par une construction de style gothique[N 13] et seule la tour initiale est conservée. La deuxième abbatiale est achevée en 1274[123] et consacrée la même année par Enguerrand, évêque de Cambrai[169].

Plusieurs √©l√©ments de cette deuxi√®me √©glise sont toujours pr√©sents. Une campagne de fouilles, effectu√©e dans l‚Äôentre-deux-guerres[170] et approfondie dans les ann√©es 1950[171], a notamment mis au jour les fondations du d√©ambulatoire et des chapelles rayonnantes du chŇďur au chevet de l‚Äôactuelle basilique[170]. Enfin, √† l'avant subsistent des vestiges du transept et des collat√©raux nord et sud[123].

La tour construite en 1212 s'effondre en 1277, d√©truisant une partie de la toute nouvelle nef[172]. Plusieurs si√®cles plus tard, sous l'abbatiat d'Antoine de Merdorp (c. 1473-1495), la nef est r√©duite de plusieurs trav√©es et une nouvelle tour gothique (le clocher actuel) est √©rig√©e et surmont√©e d'une fl√®che[173] - [174]. Le , l'abbatiale gothique est incendi√©e et en grande partie d√©truite : seules les cinq chapelles rayonnantes et la tour restent relativement intactes. Une campagne de reconstruction est entreprise au si√®cle suivant, gr√Ęce √† la g√©n√©rosit√© des archiducs Albert et Isabelle[173].

En 1770, des plans sont demand√©s √† l'architecte Laurent-Beno√ģt Dewez pour la construction d'une troisi√®me abbatiale de style n√©oclassique, dont les travaux s'ach√®vent en 1776[175]. Consacr√©e seulement le , l'abbatiale Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance re√ßoit, le , le titre de basilique mineure du pape Pie XII[176].

Architecture

D'un point de vue architectural, l'abbatiale de style n√©oclassique mesure 58 m de long et 23 m de large pour les nefs[177]. Elle comporte une nef de sept trav√©es, des bas-c√īt√©s, un transept, un chŇďur et un faux d√©ambulatoire[123]. Les baies de la nef centrale pr√©sentent des linteaux bomb√©s, tandis que celles des bas-c√īt√©s, du transept et du chŇďur forment des arcs en demi-lune[178]. La nef centrale est couverte par une voute en berceau et d√©limit√©e par des colonnes corinthiennes. Les bas-c√īt√©s, de m√™me que le transept, sont d√©limit√©s par des arcs en plein cintre[179]. L'abside du chŇďur pr√©sente six colonnes corinthiennes √† f√Ľt en marbre rouge et √† chapiteau en marbre gris[179].

Décoration

Datant de 1779, l'autel majeur du chŇďur en marbre blanc est l‚ÄôŇďuvre de l'architecte Louis Montoyer[180]. La nef centrale est garnie de stalles en ch√™ne[181], surmont√©es de m√©daillons. Ces bas-reliefs sont l‚ÄôŇďuvre du sculpteur marseillais √©tabli √† Bruxelles, Augustin Ollivier (nl) et repr√©sentent les douze Ap√ītres[182]. Enfin, une grille de m√©tal, ouvrage de ferronnerie, cl√īture ces stalles[180].

Douze statues de stuc coul√©es par Joseph Fernande en 1789 occupent les niches des bas-c√īt√©s. Deux autres du m√™me sculpteur jouxtent les stalles[183]. Par ailleurs, plusieurs statues d'Augustin Ollivier (nl) ornent le chŇďur de la basilique, l√† o√Ļ Joseph Fernande a √©galement sculpt√© plusieurs bas-reliefs[184]. Enfin, sur un autel du transept tr√īne la statue en pierre blanche de Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance, qui date vraisemblablement du milieu du XIVe si√®cle[185] - [186].

Orgues

La basilique abrite deux orgues. L'orgue install√© √† la tribune est con√ßu en 1768 par Pierre Van Peteghem. Initialement livr√© √† l'abbaye d'Affligem, qui est supprim√©e apr√®s la R√©volution fran√ßaise, il est ensuite d√©mont√© puis remont√© dans la cath√©drale Notre-Dame de Tournai. En 1851, on livre un nouvel orgue √† la cath√©drale. L'orgue de Van Peteghem est donc d√©mont√© √† nouveau et arrive en 1865 √† Bonne-Esp√©rance pour √™tre install√© dans un buffet d√©j√† en place, pr√©alablement construit par Adrien Rochet (nl) en 1784 et vid√© par les r√©volutionnaires. En 1900, on d√©cide d'installer dans la basilique un deuxi√®me instrument, un orgue de chŇďur construit par Pierre Schyven, laissant √† l'abandon l'orgue de Van Peteghem[187].

La sacristie

Ind√©pendante de la basilique, la sacristie de style Louis XVI est construite en 1775 par Laurent-Beno√ģt Dewez. Elle pr√©sente un plan octogonal[133], m√™me si le volume total du b√Ętiment au sol est carr√©[151]. Chaque paroi est perc√©e au-dessus d'une baie alternativement ronde ou quadrangulaire et une fen√™tre en plein cintre suppl√©mentaire fait face √† la porte d'entr√©e. Cette derni√®re, fabriqu√©e en ch√™ne, est surmont√©e d'un fronton triangulaire et m√®ne √† l'ambulacre qui la relie √† la basilique. Aux angles, des pilastres √† chapiteau ionique supportent une corniche moulur√©e[188].

En 2013, un espace mus√©al est inaugur√© dans cette ancienne sacristie[84], √† la suite de la d√©cision du dioc√®se de Tournai de cr√©er un ¬ę Centre d'histoire et d'art sacr√© en Hainaut ¬Ľ (CHASHa) √† Bonne-Esp√©rance[83].

  • Photo couleur de l'int√©rieur de la sacristie.
    L'intérieur de la sacristie.
  • Photo couleur de l'ext√©rieur de la sacristie.
    Vue extérieure de la sacristie.

L'ancienne infirmerie et sa chapelle

Photo noir et blanc de la chapelle de l'infirmerie, dernier b√Ętiment construit avant la suppression de l'abbaye, en 1791.
La chapelle de l'infirmerie (1791), dernier b√Ętiment construit avant la suppression de l'abbaye.

L'existence d'une infirmerie est attest√©e d√®s le XIIIe si√®cle. En effet, la pr√©lature de Jean de Moustier (1253-c. 1270) a commenc√© par la construction de plusieurs √©difices, parmi lesquels la chapelle de l'infirmerie et l'infirmerie elle-m√™me, reli√©e √† la cuisine par un ¬ę petit cloitre ¬Ľ[189]. Ravag√©e par l'incendie de 1568, cette infirmerie a √©t√© restaur√©e l'ann√©e suivante[190] et existait encore au d√©but du XVIIIe si√®cle[140].

Ce b√Ętiment a √©t√© remplac√© en 1789 par celui qui se trouve encore aujourd'hui derri√®re la cuisine[191]. Il s'agit d'un b√Ętiment rectangulaire sur deux niveaux, recouvert d'un toit √† la Mansart. Chaque niveau comporte quatre pi√®ces reli√©es entre elles par un long couloir : deux d'entre elles comportent encore une chemin√©e en marbre de style Louis XVI[135].

La chapelle (1791) greffée à l'est de la façade de l'infirmerie est la toute dernière construction entreprise avant le départ des chanoines. De forme pentagonale vue de l'extérieur[191], elle présente à l'intérieur une voute en cul-de-four gaufrée de caissons en stuc. Une tribune permet de suivre l'office depuis l'étage. Enfin, l'autel de marbre blanc date lui de la fin du XIXe siècle[135].

L'ancienne basse-cour

Photo couleur de l'entrée de l'ancienne basse-cour de l'abbaye construite de 1766 à 1767, avec son portail datant du XVIIe siècle.
Entrée de l'ancienne basse-cour (1766-1767) ; portail du XVIIe s.
Photo couleur montrant la façade intérieure nord de l'ancienne basse-cour de l'abbaye.
Façade intérieure nord.

Le statut de ¬ę patrimoine immobilier exceptionnel de la R√©gion wallonne ¬Ľ attribu√© aux b√Ętiments historiques de l'abbaye de Bonne-Esp√©rance inclut √©galement la ferme abbatiale ou basse-cour situ√©e √† droite en entrant dans le jardin botanique[192]. Cette ferme en quadrilat√®re construite en briques et en pierre de taille calcaire[151] date de 1766-1767[118].

Les c√īt√©s nord et sud abritent d'anciennes √©tables et comportent chacun une tour-porche couverte d'un toit √† la Mansart. Le porche nord donnait autrefois acc√®s aux autres b√Ętiments abbatiaux et r√©pond au b√Ętiment situ√© de l'autre c√īt√© du jardin botanique. Parall√®le au porche nord, le porche sud √† l'entr√©e de la ferme est orn√© d'un portail de r√©emploi d'ordre toscan datant du XVIIe si√®cle, frapp√© du blason de l'abb√© Augustin de Felleries (1642-1671). Enfin, une vaste grange √† deux portes charreti√®res en anse de panier ferme le c√īt√© ouest de l'ancienne basse-cour[150].

La chapelle de Louis XI

Photo couleur représentant la chapelle de Louis XI, datant de 1704, à l'entrée de l'abbaye.
La chapelle de Louis XI (1704).

L'oratoire qui se trouve aujourd'hui √† l'entr√©e de l'abbaye date de 1704[193] et remplace une construction pr√©c√©dente[194], initialement situ√©e √† quelques centaines de m√®tres de l√†, en bordure du chemin menant √† Binche[N 14]. En 1457, le dauphin de France, futur roi Louis XI, est alors en exil dans le duch√© de Brabant. Selon la l√©gende, il s'endort un jour non loin de Bonne-Esp√©rance et la Vierge lui apparait en r√™ve. Elle lui r√©v√®le qu'on cherche √† le ramener en France et qu'il recevra un manteau royal recouvert de poison. Lorsqu'il re√ßoit ce cadeau, ses serviteurs posent le v√™tement sur un chien qui meurt aussit√īt. La chapelle est donc √©rig√©e pour comm√©morer la protection de Louis XI[193], qui, par la suite, offre 3 700 couronnes d'or √† l'abbaye[N 15].

Sur la chapelle est gravée l'inscription suivante :

¬ę LOVIS XI ROY DE FRANCE

DEMEVRANT A GENAPPE DEVANT

PARVENIR A LA COVRONNE

VISITOIT SOVVENT LIMAGE

MIRACVLEVSE DE NOSTRE-DAME

DE BONNE-ESPERANCE DOV

RETOVRNANT EN LAN 1461

SESTANT ENDORMI EN CE LIEV

CY LA S. VIERGE LVY APPARVT

ET LE PRESERVA DE LA MORT

QVON LVI ALLOIT DONNER

PAR DV POISON EN MEMOIRE

DVQVEL MIRACLE ON

A ICY MIT CETTE

CHAPELLE[N 16] - [194] - [195]. ¬Ľ

Le moulin à eau

L'existence d'un moulin √† l'int√©rieur de l'enclos est attest√©e d√®s la fondation de l'abbaye[196]. L'actuel moulin, situ√© en bordure du grand √©tang, date vraisemblablement du XIXe si√®cle. Selon G√©rard Bavay, ¬ę [l]e moulin de l'abbaye a √©t√© construit (ou seulement agrandi)[N 17] en 1860. Il a alors remplac√© une construction ant√©rieure ¬Ľ[197].

Sur le plan architectural, le moulin se compose d'une partie gauche comportant quatre travées et d'une partie droite, plus haute, composée de sept travées sous arc cintré[198].

  • Gravure imprim√©e en 1857 repr√©sentant une vue de l'√©tang et du moulin.
    Gravure de l'étang et du moulin (1857).
  • Photo couleur du moulin de l'abbaye en 2006.
    Le moulin en 2006.

Architecture propre aux besoins de l'école

Aux XIXe et XXe si√®cles, le petit s√©minaire s'est dot√© d'une s√©rie de nouveaux b√Ętiments n√©cessaires √† la vie scolaire de l'institution. Une premi√®re salle des f√™tes, devenue salle de jeux et r√©fectoire des externes, est construite entre 1857 et 1858 dans un style √©clectique[199]. D'autres annexes sont construites dans les ann√©es 1930 : chapelle destin√©e aux s√©minaristes[118], salles d'√©tudes et locaux. Une piscine couverte est construite en 1969[115].

  • Photo noir et blanc d'un ancien dortoir de l'internat.
    Un ancien dortoir de l'internat.
  • Photo noir et blanc montrant l'int√©rieur des douches de la piscine.
    Les douches de la piscine.
  • Photo noir et blanc montrant la salle des f√™tes.
    La salle des fêtes.
  • Photo couleur de la chapelle des Philosophes et l'internat
    La chapelle des Philosophes et l'internat.

Fête de la moisson de Bonne-Espérance

La f√™te de la moisson de Bonne-Esp√©rance a lieu chaque ann√©e depuis 1994[200] le dernier week-end d'aout au sein et aux alentours de l'abbaye. C'est l'√©v√©nement √† caract√®re agricole le plus important du Hainaut en Belgique attirant entre 15 000 et 20 000 visiteurs[201].

Le principal int√©r√™t de cette manifestation est l'exposition de nombreux tracteurs et machines agricoles, dont certains ont plus de cinquante ans[201]. La f√™te fait aussi l'objet d'animations, de spectacles et d'un march√© de produits artisanaux[202] o√Ļ les visiteurs peuvent d√©guster du fromage et de la bi√®re, produits de Bonne-Esp√©rance.

  • Tracteur expos√© lors la f√™te de la moisson √† Bonne-Esp√©rance.
    Tracteur exposé lors la fête de la moisson.
  • Tressage artisanal d'une corde lors la f√™te de la moisson √† Bonne-Esp√©rance.
    Tressage artisanal d'une corde.

Notes et références

Notes

  1. Celle de Jean de Sivry (mort en 1320 ou 1322), prieur de Bonne-Espérance. Sa chronique, jamais retrouvée, décrivait les années 1096 à 1318 (Berlière 1914-1920, col. 652-653).
  2. cf. Maghe 1704.
  3. Ou Renaud de Croix (Delmelle 1973, p. 60).
  4. Sartum Richwini, allodium in Ramelgeis et in villa Vellerella et Sartha (Puissant 1930, p. 3).
  5. Le monast√®re de Rivreulle est fond√© par Odon dans l'alleu √©ponyme, qu'il acquiert en 1140 de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin. La communaut√© norbertine s'installe √† Rivreulle avant 1156. √Ä partir du milieu du XIIIe si√®cle, on ne parle plus que de la ¬ę ferme ¬Ľ et non du plus du ¬ę monast√®re de Rivreulle ¬Ľ (Berli√®re 1890-1897, p. 427).
  6. L'impression de la Chronique à l'abbaye même est mentionné par Matthieu 1894-1895, col. 151, Berlière 1890-1897, p. 407 et Nandrin 1973, p. 69. Comme l'explique Maurice-Aurélien Arnould, le moulin du Val à Estinnes-au-Mont, qui appartenait déjà à l'abbaye, a été converti en papeterie sous l'abbatiat d'Englebert Maghe. Cependant, bien que la Chronique de Bonne-Espérance ait été tirée sur du papier fabriqué par l'abbaye, rien ne prouve que celle-ci a été imprimée à Bonne-Espérance (Arnould 1974, p. 134).
  7. De Brissy a notamment dessiné les façades de l'ancien hospice des Chartriers et du refuge de l'abbaye de Saint-Ghislain à Mons (Faider 1930, p. 11). Cf. la liste du patrimoine immobilier classé de Mons.
  8. √Ä vrai dire, il existait une clause dans le contrat sign√© entre le dioc√®se de Tournai et la communaut√© : une r√©trocession des biens √©tait possible au cas o√Ļ la communaut√© renaitrait avant la disparition de son dernier membre. Le , √† la mort du tout dernier chanoine, Andr√©-Joseph Dailly, le s√©minaire √©piscopal de Tournai devint d√©finitivement propri√©taire des b√Ętiments abbatiaux (cf. Milet 1994, p. 59-68).
  9. Toujours en activit√©, elle est aujourd'hui int√©gr√©e √† la Haute √Čcole Louvain en Hainaut.
  10. Au XIXe siècle, elle a été rachetée au collectionneur anglais sir Thomas Phillipps (Pêtre et Peeters 2005, p. 16).
  11. √Čgalement appel√© Fr√©d√©ric de Mari√ęngaarde (¬ę du Jardin de Marie ¬Ľ).
  12. Une description détaillée de ce pavement est donnée dans Milet 1994, p. 136-140.
  13. Cette deuxi√®me abbatiale mesurait environ 102 m de long, 52 m de large au transept. La nef centrale mesurait 25 m de haut √† la cl√© et les nefs lat√©rales, 15 m (P√™tre et Peeters 2005, p. 29).
  14. L'ancienne chapelle est déjà mentionnée en 1648 par les Annales du Hainaut (Milet 1994, p. 109.).
  15. Plus de précisions sur les différentes sources et mentions de cette légende et du don de Louis XI sont données dans Milet 1994, p. 107-118.
  16. ¬ę Louis XI, roi de France, demeurant √† Genappe, devant parvenir √† la couronne, visitait souvent l'image miraculeuse de Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance d'o√Ļ retournant en l'an 1461, s'√©tant endormi en ce lieu ci, la sainte Vierge lui apparut et le pr√©serva de la mort qu'on allait lui donner par du poison, en m√©moire duquel miracle on a mis ici cette chapelle. ¬Ľ
  17. L'hypoth√®se de l'extension du moulin √©tant plus logique, une gravure imprim√©e pour la premi√®re fois en 1857 (cf. Decl√®ves 1869) montrant l'existence de la partie gauche du b√Ętiment.

Références

Cet article est partiellement ou en totalit√© issu de l'article intitul√© ¬ę F√™te de la moisson de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ (voir la liste des auteurs).
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  193. Lejeune 1874, p. 236.
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  195. Milet 1994, p. 109.
  196. Bavay 2008, p. 507.
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  199. Clément 2000, p. 45.
  200. St. G., ¬ę Moisson versus mousson ¬Ľ, sur La Libre, (consult√© le )
  201. G.La, ¬ę Les F√™tes de la Moisson s'implantent au cŇďur de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, sur La DH Les Sports+, (consult√© le )
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Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Généralités

  • Bernard Ardura, Pr√©montr√©s : histoire et spiritualit√©, Saint-√Čtienne, Universit√© de Saint-√Čtienne, coll. ¬ę C.E.R.C.O.R. Travaux et recherches ¬Ľ (no 7), , 622 p. (ISBN 2-86272-073-9, lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Charles-Louis Decl√®ves, Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance, Bruxelles, Victor Devaux et Cie, (1re √©d. 1857), 271 p. (lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Joseph Delmelle, Abbayes et b√©guinages de Belgique, Bruxelles, Rossel √Čdition, , p. 60. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
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  • Joseph Hocq (photogr. H. Dupont), Bonne-Esp√©rance et ses souvenirs : conf√©rence donn√©e √† la r√©union des anciens √©l√®ves le 21 septembre 1899, Bruxelles, Victor Ernult-Doncq, , 24 p.
  • Jean-Pierre Nandrin, ¬ę Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, dans Albert D'Haenens (dir.), Abbayes de Belgique : guide, Bruxelles, Dewincklear, , p. 54-71. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Philippe P√™tre (textes) et Pierre Peeters (photographies), L'abbaye de Bonne-Esp√©rance : 1130-2005, Tournai, Incipit, , 160 p. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • √Čmile Poumon, Abbayes de Belgique, Bruxelles, Office de Publicit√©, S. A., √Čditeurs, , p. 110-111. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Edmond Puissant, ¬ę Bonne-Esp√©rance : notice ¬Ľ, dans Congr√®s arch√©ologique et historique de Mons, Bonne-Esp√©rance, Mons/Frameries, Union des imprimeries, , p. 1-14. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Maurice Servais, ¬ę L'abbaye de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, dans Au fil de l'Estinnes, les clochers de Leptines : Estinnes, pass√©, pr√©sent, futur, Estinnes-au-Val, Comit√© du 1250e anniversaire du concile de Leptines, , p. 125-130. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.

Art et architecture

  • Joseph de Borchgrave d'Altena, ¬ę La vierge de la coll√©giale Saint-Vincent et la vierge de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, dans Congr√®s arch√©ologique et historique de Mons, Bonne-Esp√©rance, Mons/Frameries, Union des imprimeries, , p. 15-16, II pl. hors-texte. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Simon Brigode, ¬ę L'architecture religieuse dans le Sud-Ouest de la Belgique : des origines √† la fin du XVe si√®cle ¬Ľ, Bulletin de la Commission royale des monuments et des sites, Bruxelles, Minist√®re de l'Instruction publique, vol. 1,‚Äé , p. 281-291 ; 335-344 (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Ghislaine De Bi√®vre (dir.), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, t. 1 : province de Hainaut, arrondissement de Thuin, Li√®ge, Mardaga, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 427-447. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Xavier Duquenne et Annique Vandael, ¬ę L'ancienne abbaye de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, dans Le patrimoine exceptionnel de Wallonie, Namur, Division du patrimoine de la Direction g√©n√©rale de l'am√©nagement du territoire, du logement et du patrimoine du Minist√®re de la R√©gion wallonne, (ISBN 2-87401-172-X), p. 141-146. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Paul Faider (avec la collaboration d'Isabelle Vercauteren), ¬ę Bonne-Esp√©rance : notice ¬Ľ, dans Congr√®s arch√©ologique et historique de Mons, Bonne-Esp√©rance, Mons/Frameries, Union des imprimeries, , p. 1-13, XIII pl. hors-texte. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Th√©ophile Lejeune, ¬ę Le monast√®re, l'√©glise et la vierge miraculeuse de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, Revue de l'art chr√©tien, vol. XVII,‚Äé , p. 225-239 (lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Le patrimoine majeur de la Wallonie : liste du patrimoine exceptionnel arr√™t√©e par le Gouvernement wallon le 08/06/1993 sur la proposition de la Commission royale des monuments, sites et fouilles, Alleur, √Čditions du Perron, (ISBN 2-87114-102-9), p. 112-115. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Roland Servais (dir.) et Pierre Decourcelle, Orgues de Wallonie, vol. 2, t. 3-4 : province du Hainaut, arrondissement de Soignies et arrondissement de Thuin, Namur, Minist√®re de la R√©gion wallonne. D.G.A.T.L.P. Division du patrimoine, (ISBN 2-87401-002-2), p. 102-105. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Lucy Tondreau, L'ancienne abbaye de Bonne-Esp√©rance, Mons, F√©d√©ration du tourisme de la Province de Hainaut, (1re √©d. 1973), 37 p. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Culte

  • A. Gr√©goire (ill. H. Dupont), Souvenir du couronnement et aper√ßu sur l'histoire du culte de Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance, Bruxelles, Victor Ernult-Doncq, , 60 p. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Dépendances

  • Philippe Annaert, ¬ę Le domaine de l‚Äôabbaye Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance et la paroisse de Gentinnes ¬Ľ, Revue d'histoire du Brabant wallon : religion, patrimoine, soci√©t√©, vol. 27,‚Äé , p. 143-160 (ISSN 2034-9300, lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Maurice-Aur√©lien Arnould, ¬ę Une entreprise monastique au XVIIIe si√®cle : la papeterie de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, √Čtudes sur le XVIIIe si√®cle, Bruxelles, √Čditions de l'universit√© de Bruxelles, vol. 1,‚Äé , p. 131-157 (ISBN 2-8004-0415-9, lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • G√©rard Bavay (coord.), Patrimoine et histoire des moulins en Hainaut : inventaire descriptif, Mons, Hannonia, coll. ¬ę Analectes d'histoire du Hainaut ¬Ľ (no 11), , p. 507-510. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Fran√ßois Le Bon, ¬ę Refuges d'abbayes ¬Ľ, Annales de la Soci√©t√© arch√©ologique de l'arrondissement de Nivelles, vol. 6,‚Äé , p. 113-126.
  • Michel R√©velard, ¬ę Une action de sauvegarde du patrimoine historique et arch√©ologique √† Binche : l'√©tude et le sauvetage de l'ancien refuge de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, Les Cahiers binchois, no 3,‚Äé , p. 9-19 (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
Abbaye
Séminaire et collège (depuis 1830)
  • Paul Cl√©ment, L'enseignement en Belgique, particuli√®rement dans le dioc√®se de Tournai, des origines √† nos jours, vol. 2 : de 1850 √† 1940, Louvain-la-Neuve, Centre Galil√©e, . Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Paul Cl√©ment, ¬ę Histoire du ¬ę Petit S√©minaire ¬Ľ de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, Bona Spes, no 141,‚Äé , p. 42-48. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Paul Cl√©ment, ¬ę Histoire du ¬ę Petit S√©minaire ¬Ľ de Bonne-Esp√©rance (suite) ¬Ľ, Bona Spes, no 143,‚Äé , p. 15-21. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.

Manuscrits produits et/ou conservés à Bonne-Espérance

  • Paul Faider, ¬ę Un manuscrit de la versio antiqua de Flavius Joseph [sic] conserv√© √† la biblioth√®que de Mons ¬Ľ, Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 7, no 1,‚Äé , p. 141-144 (lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Paul Faider et Germaine Feytmans, Catalogue des manuscrits de la Biblioth√®que publique de la ville de Mons : pr√©c√©d√© d‚Äôune introduction et suivi de tables m√©thodiques, Gand/Paris, Van Rysselberghe & Rombaut/Librairie ancienne Honor√© Champion, , XLVI-648 p., pdf (lire en ligne)
    Cet ouvrage recense entre autres les manuscrits de Bonne-Espérance conservés à la bibliothèque de l'université de Mons (avant 1966, bibliothèque de la ville de Mons).
  • Marthe S. Gilbert, ¬ę Un manuscrit enlumin√© du D√©cret de Gratien conserv√© √† la biblioth√®que du petit s√©minaire de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, Revue belge d'arch√©ologie et d'histoire de l'art, Bruxelles, Acad√©mie royale d'arch√©ologie de Belgique, vol. 15,‚Äé , p. 47-60, IV pl. hors-texte. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • Lucy Tondreau, Enluminure romane en Hainaut, Gembloux, Duculot, coll. ¬ę Wallonie, art et histoire ¬Ľ (no 16), , 80 p. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article

Philippe de Harveng

  • Ursmer Berli√®re, Philippe de Harvengt, abb√© de Bonne-Esp√©rance, Bruges, Descl√©e De Brouwer, , 46 p.
  • Ursmer Berli√®re, Philippe de Harvengt, abb√© de Bonne-Esp√©rance c. 1157-1183 : conf√©rence faite √† la r√©union des anciens √©l√®ves de Bonne-Esp√©rance le 20 septembre 1923, Charleroi, √Čditions de la Terre wallonne, , 14 p. Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
  • Philippe Delhaye, ¬ę Saint Bernard de Clairvaux et Philippe de Harveng ¬Ľ, Bulletin de la soci√©t√© historique et arch√©ologique de Langres, vol. 12, no 156,‚Äé , p. 129-138 (lire en ligne). Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article.
  • L√©opold Devillers, ¬ę Philippe de Harvengt ¬Ľ, dans Biographie nationale publi√©e par l'Acad√©mie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. XVII : Peraxyle - Pomreux, Bruxelles, Bruylant, (lire en ligne [PDF]), col. 310-313.
  • G. P. Sijen, ¬ę Philippe de Harveng, abb√© de Bonne-Esp√©rance : sa biographie ¬Ľ, Analecta Praemonstratensia, vol. 14,‚Äé , p. 37-52.
  • G. P. Sijen, ¬ę Les Ňďuvres de Philippe de Harvengt, abb√© de Bonne-Esp√©rance ¬Ľ, Analecta Praemonstratensia, vol. 15,‚Äé , p. 129-166.

Sources primaires

  • (la) Philippe Brasseur, Origines omnium Hannoniae coenobiorum octo libris breviter digestae pertinenter subnectitur auctarium de Collegiatis eiusdem Provinciae Ecclesiis, Mons, Ph. Waudr√©, (lire en ligne), p. 179-189 ; 234.
  • (la + fro + frm) Englebert Maghe, Chronicum ecclesiae beatae Mariae Virginis Bonae-Spei ordinis praemonstratensis ex archivis eiusdem‚Ķ, Bonne-Esp√©rance, (r√©impr. 1999) (lire en ligne).
    Reproduction anastatique effectuée par les Archives générales du Royaume.
  • (la) Antonius Sanderus, Bibliotheca Belgica manuscripta, sive, Elenchus universalis codicum‚Ķ, vol. 1, Lille, (lire en ligne).
    Cet ouvrage recense entre autres les manuscrits qui ont appartenu à l'abbaye de Bonne-Espérance (pp. 305-312).

Revue

  • Bona Spes. Bulletin de l'Association royale des anciens du coll√®ge Notre-Dame de Bonne-Esp√©rance, Vellereille-les-Brayeux.
    Revue trimestrielle publiée depuis 1935.

Articles connexes

Liens externes

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