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Parc national de Fundy

Le parc national de Fundy est un parc national situ√© sur la rive nord de la baie de Fundy de la province du Nouveau-Brunswick au Canada, √† environ 90 km au sud-ouest de Moncton. Ses 206 km2 se partagent en deux paysages : d'une part, une c√īte d√©coup√©e et connue pour les plus hautes mar√©es du monde et, d'autre part, un plateau entaill√© de ravins abrupts et couvert d'une for√™t mixte compos√©e d'√©pinette rouge, de sapin baumier, de bouleau jaune, de bouleau √† papier, d'√©rable √† sucre et d'√©rable rouge.

Parc national de Fundy
Cap Matthews
Géographie
Pays
Province
Comtés
Coordonnées
45¬į 37‚Ä≤ 00‚Ä≥ N, 65¬į 02‚Ä≤ 00‚Ä≥ O
Ville proche
Superficie
205,9 km2
Point culminant
Partie de
Administration
Nom local
(en) Fundy National Park, Parc national de Fundy
Type
Catégorie UICN
II
WDPA
Création
Patrimonialité
Visiteurs par an
258 168
Administration
Site web
Carte

Peu fr√©quent√© par les Micmacs et les Mal√©cites, le territoire du parc a √©t√© colonis√© vers 1820 par des habitants des √ģles Britanniques qui pratiquaient une agriculture de subsistance et exploitaient la for√™t. Les rives de la rivi√®re Point Wolfe et de la Haute rivi√®re Salmon virent l'implantation de scieries jusqu'√† ce que, par √©puisement de la ressource, la r√©gion soit partiellement abandonn√©e dans les ann√©es 1920. Le parc a √©t√© cr√©√© le √† l'issue d'une longue n√©gociation entre les gouvernements provincial et f√©d√©ral.

Administr√© par Parcs Canada, il est visit√© chaque ann√©e par 260 000 personnes. Il constitue l'aire centrale de la r√©serve de biosph√®re de Fundy, reconnue par l'UNESCO en 2007.

Toponymie

Le parc est nomm√© ainsi d'apr√®s sa situation au bord de la baie de Fundy. On a longtemps cru que Fundy provenait du portugais fondo, qui veut dire ¬ę profond ¬Ľ. Il est cependant plus probable qu'il s'agit de la corruption de ¬ę cap fendu ¬Ľ, l'ancien nom fran√ßais du cap Split, qui est situ√© sur la p√©ninsule Blomidon √† l'entr√©e du bassin des Mines. En 1604, Marc Lescarbot utilise le nom de baye Fran√ßoise. Lors de la capture de Port-Royal en 1614 par Samuel Argall, ce dernier lui donne le nom de Argall's Bay. Le nom de la baie appara√ģt sous la forme de Baye Foundy sur la carte de John Thornton de 1688 et de Fundi Bay sur la carte de Herman Moll de 1720. Au milieu du XVIIIe si√®cle, Bay of Fundy finit par s'imposer en anglais[1].

Géographie

Localisation

Carte du parc national de Fundy

Le parc national a une superficie de 205,9 km2[2]. Il est situ√© dans le Sud-Est du Nouveau-Brunswick, sur la rive nord de la baie de Chignectou, une des extr√©mit√©s de la baie de Fundy. Il est principalement compris dans la paroisse d'Alma, et dans une moindre mesure dans la paroisse d'Elgin, toutes deux sises dans le comt√© d'Albert, ‚ÄĒ √† l'exception de l'extr√©mit√© ouest situ√©e dans la paroisse de Saint-Martins (comt√© de Saint-Jean) et dans les paroisses de Hammond et de Waterford (comt√© de Kings). Il est situ√© √† 90 km de Moncton et √† 110 km de Saint-Jean. Le parc partage ses limites avec les zones naturelles prot√©g√©es de la Gorge-de-la-Rivi√®re-Point-Wolfe et de la Colline-McManus.

Relief

Le parc est situ√© sur le bord des collines Cal√©doniennes qui sont compos√©es d'un plateau[3] s'√©levant rapidement de la mer jusqu'√† une altitude de 300 m. Le sommet du parc est la colline Rossiter[4] qui culmine √† une altitude de 385 m. La c√īte du parc, cisel√©e par les ravins profonds des rivi√®res Point Wolfe, Haute Salmon et Goose, est compos√©e de bas-fonds intertidaux, de plages en pente douce, d'anses abrit√©es et de falaises de 150 m[5].

Hydrographie

Les chutes Dickson.

Le territoire du parc comprend une partie de trois bassins versants, ceux des rivières Point Wolfe, Haute Salmon et Goose[6]. Le parc est aussi traversé par trois autres rivières : Point Wolfe Est, Forty Five et Broad. La forte pente des collines Calédoniennes en direction de la baie a parsemé le parc de nombreuses chutes d'eau, dont les chutes Dickson et Laverty.

Plage d'Alma à marée basse.

Les mar√©es de la baie de Fundy sont parmi les plus fortes du monde. Elles atteignent en moyenne 12 m au niveau du parc national et peuvent m√™me atteindre 16 m lors des mar√©es de vives-eaux. Ce ph√©nom√®ne est d√Ľ √† la seiche (mouvement d'oscillation de l'eau dans la baie) qui met environ 13 heures pour aller de l'extr√©mit√© de la baie jusqu'√† l'entr√©e et en revenir. Cet effet est amplifi√© par les mar√©es dont le cycle est de 12 heures et 25 minutes. Un facteur secondaire est la forme de la baie, qui est plus √©troite et moins profonde au fond, ce qui amplifie le ph√©nom√®ne[7].

Géologie

Différentes formations rocheuses à Herring Cove.

La majorit√© des roches du parc font partie de la zone avalonienne des Appalaches. R√©siduelle du microcontinent Avalonia, cette zone est compos√©e de roches volcaniques du N√©oprot√©rozo√Įque recouvertes en partie de roches s√©dimentaires du Cambrien. Ce petit continent est entr√© en collision avec Laurentia pendant l'orogen√®se acadienne[8]. Les roches de la zone d'Avalon, dont les plus vieilles datent d'environ 600 millions d'ann√©es, sont les plus anciennes de la province[9]. Les roches des secteurs d'Herring Cove et d'Alma sont beaucoup plus jeunes. Elles proviennent de l'√©rosion de la jeune cha√ģne appalachienne au cours du Carbonif√®re, il y a environ 325 millions d'ann√©es, qui cr√©a le bassin des Maritimes[8]. Le paysage √† cette √©poque correspondait √† une jungle tropicale travers√©e par des cours d'eau imposants. On trouve sur la plage d'Alma des roches ressemblant √† du sable fin et contenant de nombreux fossiles de plantes ainsi que des veines de charbon[10].

La province fut enti√®rement couverte par les glaciers lors de la glaciation du Wisconsin. Au cours de leur retrait, l'inlandsis se s√©para en deux calottes glaciaires dont l'une occupa la zone actuelle des collines Cal√©doniennes[11]. Les glaciers ont fondu il y a environ 13 000 ans, laissant sur leur passage un till de fond. Un autre signe du passage des glaciers est la pr√©sence d'un kettle qui a √©t√© rempli par l'√©tang MacLaren[12].

Climat

Sur la c√īte, le climat est caract√©ris√© par des √©t√©s frais et humides et des hivers doux et humides. La temp√©rature moyenne annuelle est d'environ 6 ¬įC, avec une moyenne estivale de 14,5 ¬įC, et une moyenne hivernale de ‚ąí3 ¬įC[13]. La moyenne des pr√©cipitations y est de 1 185 mm √† Alma, et il s'√©coule en moyenne 147 jours sans gel par ann√©e[14].

Sur les plateaux, les √©t√©s sont g√©n√©ralement chauds et pluvieux, et les hivers doux et neigeux. La moyenne estivale y est de 15 ¬įC et la moyenne hivernale de ‚ąí5 ¬įC[15]. Le lac Wolfe, situ√© au nord-ouest du parc, re√ßoit des pr√©cipitations moyennes de 1 210 mm par ann√©e, et en moyenne 102 jours par an se passent sans gel[14].

Relevé météorologique d'Alma
Mois jan. f√©v. mars avril mai juin jui. ao√Ľt sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
Temp√©rature moyenne (¬įC) ‚ąí7,2 ‚ąí6,5 ‚ąí1,8 3,9 9,4 13,8 17 17 13,3 8 2,7 ‚ąí3,8 5,5
Pr√©cipitations (mm) 162 102 135,8 110,8 129 114,4 119,9 98,7 124 128,2 149,7 156,2 1 530,6
dont neige (cm) 74,7 54,5 55,6 18,1 1,4 0 0 0 0 0,8 125 54,3 271,9
Source : Environnment Canada[16]

Milieu naturel

Les forêts sombres du parc se détachent nettement du reste de la région.

Selon la commission de coop√©ration environnementale, le parc est situ√© dans l'√©cor√©gion de niveau III des collines et plaines du Maine/Nouveau-Brunswick des for√™ts temp√©r√©es de l'Est[17] - [18]. Le cadre √©cologique canadien partage quant √† lui le parc en deux √©cor√©gions distinctes : la premi√®re, qui comprend le sud du parc et la c√īte de la baie de Fundy[19], est caract√©ris√©e par des √©t√©s frais et humides, des hivers doux et humides, et par des for√™ts d'√©pinette rouge, de sapin baumier et d'√©rable rouge[20] ; la seconde, correspondant aux hautes-terres du sud du Nouveau-Brunswick, est caract√©ris√©e par des √©t√©s chauds et pluvieux et des hivers doux et neigeux, et par des for√™ts mixtes d'√©rable √† sucre, d'√©rable rouge, d'√©pinette blanche, d'√©pinette rouge et de sapin baumier[21]. Enfin, selon le classement du fonds mondial pour la nature, le parc est situ√© dans l'√©cor√©gion des for√™ts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie[22].

Flore

Sentier dans une bétulaie de bouleaux jaunes.

On a recens√© 658 esp√®ces de plantes vasculaires, 276 esp√®ces de bryophytes et 400 esp√®ces de lichens dans le parc national. La for√™t de Fundy est une for√™t mixte compos√©e en majorit√© d'√©pinette rouge (Picea rubens), de sapin baumier (Abies balsamea), de bouleau jaune (Betula alleghaniensis), de bouleau √† papier (Betula papyrifera), d'√©rable √† sucre (Acer saccharum) et d'√©rable rouge (Acer rubrum). Les sous-bois de ses for√™ts sont peupl√©s de mousses, de dryopt√®re spinuleuse (Dryopteris carthusiana) et de quatre-temps (Cornus canadensis)[23].

Forêt d'épinette rouge sur le sentier Mathews Head.

Les forêts de feuillus ne représentent que 5 % du couvert forestier. Les essences feuillues les plus abondantes sont le bouleau jaune et le bouleau à papier, mais on y trouve aussi de l'érable à sucre, de l'érable rouge et du hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia). Les sous-bois sont peuplés de claytonie de Caroline (Claytonia caroliniana) et d'érythrone d'Amérique (Erythronium americanum). Les peuplements purs de conifères sont rares dans le parc et ils sont représentés principalement par l'épinette rouge et le sapin baumier[23]. Les quelques tourbières du parcs sont couvertes d'un tapis de sphaigne (Sphagnum sp.) sur lequel poussent des épinettes noires (Picea mariana) et des mélèzes laricins (Larix laricina). On y recense trois genres de plantes carnivores : la sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea), des droséras (Drosera sp.) et des utriculaires (Utricularia sp.)[24].

Arbuste de thé du Labrador sur le sentier du ruisseau Kinnie.

On trouve aussi quelques espèces de plantes rares dans le parc. Les falaises de la pointe Wolfe et la vallée de la rivière Goose servent de refuge à la primevère laurentienne (Primula laurentiana), et les vallées des rivières Point Wolfe et Point Wolfe Est et du ruisseau Bennett abritent la sélaginelle fausse-sélagine (Selaginella selaginoides), la viorne comestible (Viburnum edule), la doradille verte (Asplenium viride), le carex capillaire (Carex capillaris) et le lycopode sélagine (Huperzia selago)[25].

Faune

On recense 38 esp√®ces de mammif√®res dans le parc. Les ongul√©s qui fr√©quentent le site sont l'orignal (Alces americanus) et le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus). Les principaux carnivores du parc sont le coyote (Canis latrans), le raton laveur (Procyon lotor), l'ours noir (Ursus americanus), le renard roux (Vulpes vulpes) et le lynx roux (Lynx rufus). Parmi les petits mammif√®res, on rencontre la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), le li√®vre d'Am√©rique (Lepus americanus), le tamia ray√© (Tamias striatus), l'√©cureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), le castor du Canada (Castor canadensis) et le grand polatouche (Glaucomys sabrinus)[26] - [27]. Trois esp√®ces ont disparu de la r√©gion depuis le d√©but de la colonisation : le loup (Canis lupus), le caribou (Rangifer tarandus) et la martre d'Am√©rique (Martes americana). Quant au couguar (Puma concolor), il est observ√© une ou deux fois par an, mais il n'existe aucun indice direct de sa pr√©sence[27] ; parmi les mammif√®res, seule cette esp√®ce est consid√©r√©e en p√©ril dans le parc[28].

Le parc est fr√©quent√© par 260 esp√®ces d'oiseaux. Les principales esp√®ces rencontr√©es dans le parc sont le grand pic (

Dryocopus pileatus), le junco ardois√© (Junco hyemalis), le bec-crois√© bifasci√© (Loxia leucoptera), le grand h√©ron (Ardea herodias), le cormoran √† aigrettes (Phalacrocorax auritus), le b√©casseau semipalm√© (Calidris pusilla), le pluvier semipalm√© (Charadrius semipalmatus), et le faucon p√®lerin (Falco peregrinus)[29]. Les esp√®ces consid√©r√©es en p√©ril par le COSEPAC sont l'engoulevent bois-pourri (Caprimulgus vociferus), l'engoulevent d'Am√©rique (Chordeiles minor), l'hirondelle rustique (Hirundo rustica), le martinet ramoneur (Chaetura pelagica), le moucherolle √† c√īt√©s olive (Contopus cooperi), la paruline du Canada (Wilsonia canadensis), le faucon p√®lerin (Falco peregrinus) et le quiscale rouilleux (Euphagus carolinus)[28].

Le parc de Fundy est fr√©quent√© par 18 esp√®ces d'amphibiens et de reptiles[27]. Les anoures sont repr√©sent√©s par la rainette crucif√®re (Pseudacris crucifer), la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus), la grenouille l√©opard (Lithobates pipiens), la grenouille des marais (Lithobates palustris), la grenouille verte (Lithobates clamitans), le ouaouaron (Lithobates catesbeianus) et le crapaud d'Am√©rique (Anaxyrus americanus). Les urod√®les sont repr√©sent√©s par la salamandre macul√©e (Ambystoma maculatum), la salamandre cendr√©e (Plethodon cinereus), la salamandre √† quatre orteils (Hemidactylium scutatum), la salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus), la salamandre √† points bleus (Ambystoma laterale), la salamandre √† deux lignes (Eurycea bislineata) et le triton vert (Notophthalmus viridescens)[30]. Les quatre esp√®ces de reptiles sont la couleuvre ray√©e (Thamnophis sirtalis), la couleuvre √† ventre rouge (Storeria occipitomaculata), la couleuvre verte (Liochlorophis vernalis) et la couleuvre √† collier (Diadophis punctatus)[31].

Trois espèces de poisson d'eau douce seulement vivent dans les cours d'eau du parc : l'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), le saumon atlantique (Salmo salar) et l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata)[32]. Les marais salés sont quant à eux visités par le choquemort (Fundulus heteroclitus) et l'épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus)[33]. Deux de ces espèces, le saumon atlantique et l'anguille d'Amérique, sont considérées en péril[28]. Les cours d'eau du parc ont perdu, depuis le début de la colonisation, entre 66 % et 80 % des espèces de poissons qu'ils hébergeaient auparavant, pour des raisons diverses[34].

Les estrans rocheux abritent la balane Semibalanus balanoides, des bigorneaux (Littorina sp.), le doris rugueux (Onchidoris bilamellata), le pourpre de l'Atlantique (Nucella lapillus), l'acmée à écaille de tortue (Testudinalia testudinalis), la stromatée à fossettes (Peprilus triacanthus) et des tortues. Les estrans boueux sont quant à eux occupés par le corophie tourneur (Corophium volutator), la mye commune (Mya arenaria) et la grande gravette (Alitta virens)[35].

Histoire

Période amérindienne et colonisation

Ruine du barrage et rivière Point Wolfe.

Les Micmacs et les Mal√©cites ont laiss√© peu de traces dans la r√©gion. Ils consid√®rent comme hasardeuse la navigation sur la c√īte, et pr√©f√®rent utiliser le r√©seau de portage int√©rieur, beaucoup plus ais√©, reliant la rivi√®re Petitcodiac au fleuve Saint-Jean[36].

Les Acadiens s‚Äôinstallent √† Chipoudy en 1710, √† quelques kilom√®tres √† l'est du parc, mais sont chass√©s par les Britanniques en 1755 lors de la d√©portation des Acadiens[37]. Il faut attendre 1825 pour voir s'√©tablir les premiers Blancs dans la r√©gion du parc. Les √©migrants provenaient principalement de l'√Čcosse, de l'Irlande et de l'Angleterre. Bien que conc√©d√©es, les terres sur les plateaux sont peu propices √† l'agriculture et sont abandonn√©es en moins d'une g√©n√©ration[36].

Les villages sur la c√īte sont plus prosp√®res. Le plus important est le village de Point Wolfe o√Ļ les habitants vivent de la p√™che, des scieries et des petits chantiers navals. Le travail est saisonnier : l'hiver, les hommes travaillent dans les camps de bucherons et participent √† la drave au printemps ; en √©t√© et en automne, ils sont occup√©s sur leurs fermes. Cependant, au d√©but du XXe si√®cle, la raret√© de la ressource en bois provoque l'exode de la plupart des habitants. De plus, l'engorgement des rivi√®res par les billots de bois provoque la disparition des saumons des rivi√®res du parc[36], r√©duisant du m√™me coup √† l'inactivit√© les p√™cheries existantes.

Village de Point Wolfe vers 1915.

Les b√Ľcherons arrivent √† Point Wolfe en 1826. En 1831, les vingt hommes de John Ward & Sons coupent 1 800 m3 de bois qui sont livr√©s aux quais de Saint-Jean. √Ä la mort de Ward en 1846, ses exploitations sont achet√©es par les Vernon de Saint-Jean. Ces derniers am√©liorent grandement l'efficacit√© de la scierie, portant sa production √† 14 000 m3 de bois tout en employant 48 hommes. Le dernier propri√©taire de la scierie est C. T. White, de Sussex, qui reconstruit le barrage sur la rivi√®re, installe le t√©l√©phone et devient le premier propri√©taire d'une automobile au village. Il l√®gue ses affaires √† son fils Garfield en 1914. En 1918, le march√© s'effondre, la scierie ferme et Garfield White est oblig√© de vendre son entreprise √† une compagnie am√©ricaine[38]. Une ferme exp√©rimentale de pomme de terre s'installe √† Herring Cove au d√©but des ann√©es 1940[37].

Création

Les sept sites proposés lors de la création du parc.

L'idée d'un parc national au Nouveau-Brunswick germe quand l'Association de la protection de la chasse et la pêche du Nouveau-Brunswick organise une pétition pour l'établissement d'un parc national dans la province. Cette association forme un comité, composé de notables de la province, qui suggère au gouvernement fédéral six sites potentiels, avec deux favoris, l'un dans la région du mont Carleton, paradis de la chasse et de la pêche, et l'autre dans le comté d'Albert, correspondant au parc actuel. Après étude des propositions, la branche des Parcs nationaux favorise le site de Lepreau et celui d'Albert, entrant ainsi en contradiction avec les autorités provinciales qui préfèrent celui du mont Carleton, avec l’appui de l'historien William Francis Ganong. Le fédéral réplique en favorisant un site, non proposé par la province, au mont Champlain, entre Fredericton et Saint-Jean. Les débats entre le fédéral et le provincial au sujet du site à choisir, et l'absence de vision sur ce que devait être un parc néo-brunswickois, font tomber le projet en veilleuse vers 1937[39]. L'idée refait surface après la fin de la Seconde Guerre mondiale. La branche des parcs nationaux ayant proposé les sites de Lepreau, du mont Champlain et d'Albert, la province arrête son choix sur ce dernier site[40].

Village d'Alma vers 1930.

L'expropriation √† Fundy se d√©roule plus facilement que pour les parcs des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et de l'√éle-du-Prince-√Čdouard, la province ayant mieux communiqu√© sur son projet. De plus, elle permet aux expropri√©s d'aller en appel s'ils ne sont pas satisfaits du montant propos√© en compensation. La moiti√© nord de la zone vis√©e est compos√©e de terres de la couronne sous bail √† la Hollingsworth and Whitney, une compagnie foresti√®re du Maine. Le reste est divis√© en 130 lots priv√©s. La province ach√®te les terrains et les baux de la Hollingsworth & Whitney √† l'amiable pour 325 000 $CA, √† la satisfaction de la compagnie. Elle exproprie ensuite les deux scieries de la r√©gion. Enfin, elle indemnise les autres propri√©taires, qui re√ßoivent entre 4 000 et 10 000 $CA pour les r√©sidences permanentes, et 2 000 $CA pour les r√©sidences secondaires. La plupart des expropri√©s s'installent √† Alma, √† l'est du parc[41]. Au total, les expropriations co√Ľtent 850 000 $CA √† la province. Le parc est officiellement cr√©√© le [36].

L'anse Herring et le cap Owls vus de la route du parc en 1950.

La fr√©quentation des deux parcs nationaux des Maritimes d√©j√† existants avait doubl√© entre 1945 et 1947. Cette forte affluence encourage la branche des Parcs nationaux √† investir beaucoup plus pour Fundy que pour les parcs pr√©c√©dents. Entre 1948 et 1950, elle d√©pense 2,2 millions $CA √† Fundy, √† comparer au 1,1 million $CA pour les quatre premi√®res ann√©es du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

Elle commence par niveler enti√®rement le secteur destin√© √† l'administration, au d√©triment du patrimoine naturel et culturel du site. Elle fait construire un terrain de golf de neuf trous dessin√© par Stanley Thompson au co√Ľt de 100 000 $CA, ainsi qu'une piscine d'eau sal√©e, voisine de la plage. Pour l'h√©bergement dans le parc, elle fait construire un terrain de camping ainsi que 29 chalets voisins du golf. L'une des d√©penses les plus extravagantes est celle de la r√©sidence du directeur du parc. Autoris√©e √† un prix de 12 000 $CA, elle est √©difi√©e au co√Ľt de 30 000 $CA, soit le prix de trois √† quatre fermes √† Alma. Une √©cole d'artisanat est aussi install√©e dans le parc, mais cette derni√®re dispara√ģt quelques ann√©es plus tard[42].

Période actuelle

S'il est le mod√®le de l‚Äôam√©nagement des parcs nationaux au d√©but des ann√©es 1950, la perception de celui-ci √©volue rapidement, devenant un v√©ritable anti-mod√®le lors de l'√©tablissement du parc national de Terra-Nova, √† Terre-Neuve-et-Labrador, moins de dix ans plus tard. Le premier directeur de ce dernier veut, entre autres, que les b√Ętiments du nouveau parc soient mieux int√©gr√©s au paysage. Le naturaliste R.D. Muir, qui avait visit√© tous les parcs nationaux canadiens l'ann√©e pr√©c√©dente, publie une violente critique sur Fundy, disant qu'il a l'impression que les attraits naturels du parc ont √©t√© d√©molis, couverts ou d√©grad√©s[43]. Pour pallier l'augmentation de la fr√©quentation du parc, on construit un motel ainsi que 24 chalets en 1958 dans le secteur de l'administration. Le camping de Chignecto est quant √† lui construit en 1967. En 1972, un lot de 53 ha situ√© au nord-est du parc est acquis de l'entreprise J.D. Irving par le f√©d√©ral pour agrandir le territoire[37].

Le centre de recherches sur la pomme de terre ferme définitivement ses portes en 1976 en déménageant à Benton[37]. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, la tordeuse des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumiferana), un papillon dont la chenille est un ravageur indigène, détruit les forêts de conifères du parc, ne laissant que de vastes clairières de régénération[5]. Durant les années 1980, le gouvernement fédéral réintroduit trois espèces animales dans le parc, soit le faucon pèlerin et le saumon atlantique en 1982 et la martre d'Amérique en 1984. Le barrage historique de Point Wolfe est démoli en 1985 pour permettre la libre migration des saumons[37].

En 1990, un rocher menace les abords du pont de Point Wolfe, un pont couvert. Le , l'administration du parc décide de faire dynamiter le rocher. À la suite d'un premier essai infructueux, les dynamiteurs optent pour des explosifs plus puissants. Malgré les précautions prises, le rocher emporte le pont lors de son explosion. La société d'histoire locale fait pression sur le parc pour qu'il reconstruise un pont couvert à cet endroit. Le nouveau pont, réalisé à l'identique et peint en rouge, est inauguré durant l'été 1992, ce qui en fait le seul pont couvert construit dans la province depuis 1952[44].

Trois infrastructures sont reconnues comme édifice fédéral du patrimoine, soit l'édifice de l’administration en 1988, la résidence du directeur du parc en 1991 et l'ensemble constitué par le pavillon de bain et la piscine d'eau salée en 2005[45]. Le parc compte également quelques ruines des anciens villages, tels les cimetières, des vestiges de l'exploitation forestière et deux ponts couverts, dont celui de la Rivière-Forty-Five-No 1[46].

Le projet de recherche sur écosystème du Grand Fundy (Grand Fundy Ecosystem : GFE) est mis en place en 1991, permettant une meilleure compréhension de l'impact de la foresterie et de l'activité humaine sur le parc et ses environs[37]. Le parc national est ainsi reconnu comme aire centrale de la réserve de biosphère de Fundy, qui est désigné par l'UNESCO le [47]. Le , environ 85 % du parc est constitué comme réserve intégrale[48] - [49].

Tourisme et administration

√Čdifice de l'administration.

Le parc est administr√© depuis Alma par Parcs Canada, une agence du minist√®re de l'Environnement du Canada. Pour l'ann√©e financi√®re 2011-2012, l'agence dispose d'un budget de 696 millions de dollars pour g√©rer 42 parcs nationaux, 956 lieux historiques nationaux ‚ÄĒ dont 167 g√©r√©s directement par l'agence ‚ÄĒ et quatre aires marines nationales de conservation[50].

Fréquentation

Le parc a re√ßu 258 168 visiteurs au cours de l'ann√©e 2011‚Äď2012, ce qui en fait le site de Parcs Canada le plus visit√© de la province[51]. Ainsi, 40 % des visiteurs qui sont h√©berg√©s dans le parc proviennent du Nouveau-Brunswick, 8 % de la Nouvelle-√Čcosse et de l'√éle-du-Prince-√Čdouard, le reste provenant de l'ext√©rieur des provinces maritimes. Des visiteurs provenant de l'ext√©rieur des Maritimes, 59 % sont des couples et 29 % des familles[52].

Infrastructures

La route 114 traverse le parc du sud-est au nord-ouest. Elle relie le parc √† Moncton √† l'est et √† Sussex √† l'ouest. Le parc poss√®de un r√©seau routier de 72 km dont 34 km sont asphalt√©s[53].

Le parc poss√®de trois terrains de camping totalisant 569 emplacements[54]. Il offre aussi quatre terrains de camping situ√©s dans l'arri√®re-pays accessibles seulement par randonn√©e p√©destre[55]. On peut aussi y loger dans une yourte[56] ou dans un motel de 20 chambres et 24 chalets administr√©s par une compagnie priv√©e[57].

Le parc est parcouru par 100 km de sentiers de randonn√©e p√©destre. Ils sont reli√©s √† deux sentiers de longue randonn√©e, le sentier p√©destre Fundy et le sentier Dobson, qui relient le parc √† Saint-Martins et Riverview[54]. Ces derniers font partie du sentier Nouveau-Brunswick. Six des sentiers du parc sont quant √† eux accessibles aux v√©los tout terrain[58]. Il est aussi possible de pratiquer la natation, soit dans la piscine d'eau sal√©e, soit dans les lacs Wolfe et Bennett[59], ainsi que la p√™che, le tennis, le boulingrin, le canotage et l'observation ornithologique[58]. Le parc poss√®de aussi un terrain de golf de neuf trous[60].

Durant l'hiver, on peut pratiquer le ski de fond, la raquette, la luge ainsi que l'observation de la nature[61].

Photographies

  • Vue du rivage
    Vue du rivage
  • Point Wolfe
    Point Wolfe
  • Les chutes Laverty
    Les chutes Laverty
  • Photographie satellite du parc et de ses environs
    Photographie satellite du parc et de ses environs
  • Contraste infrarouge entre le parc (sombre) et les villes avoisinantes
    Contraste infrarouge entre le parc (sombre) et les villes avoisinantes

Notes et références

  1. (en) William B. Hamilton, Place names of Atlantic Canada, Toronto, University of Toronto Press, , 503 p. (ISBN 0-8020-7570-3, lire en ligne), p. 9‚Äď10
  2. ¬ę Syst√®me de rapport et de suivi pour les aires de conservation ¬Ľ, sur Conseil canadien des aires √©cologiques (consult√© le )
  3. ¬ę Plateau des collines cal√©doniennes ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  4. (en) ¬ę Rossiter Hill ¬Ľ, sur Bivouac.com (consult√© le )
  5. Parcs Canada 2005, p. 5
  6. Parcs Canada 2005, p. 20A
  7. ¬ę Les Mar√©es ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  8. Minist√®re des Ressources naturelles, ¬ę G√©ologie du Substrat Rocheux du Nouveau-Brunswick ¬Ľ, (consult√© le )
  9. Vincent F. Zelazny, Notre patrimoine du paysage : L'histoire de la classification écologique des terres au Nouveau-Brunswick, Fredericton, Ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, , 2e éd. (ISBN 978-1-55396-204-5, lire en ligne), p. 197
  10. ¬ę G√©ologie ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  11. (en) Marc Foisy et Gilbert Prichonnet, ¬ę A reconstruction of glacial events in southeastern New Brunswick ¬Ľ, Revue canadienne des sciences de la Terre, vol. 28, no 10,‚Äé , p. 1594-1612 (lire en ligne)
  12. ¬ę Les collines cal√©doniennes ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  13. ¬ę C√īte de la baie de Fundy ¬Ľ, sur √Čcor√©gions du Canada (consult√© le )
  14. Parcs Canada 2005, p. 16
  15. ¬ę Hautes Terres du sud du Nouveau-Brunswick ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  16. ¬ę Normales climatiques au Canada 1971-2000: Alma ¬Ľ, sur Archives nationales d'information et de donn√©es climatologiques (consult√© le )
  17. Les régions écologiques de l'Amérique du Nord : Vers une perspective commune, Montréal, Commission de coopération environnementale, , 70 p. (ISBN 2-922305-19-8, lire en ligne), p. 18-19
  18. ¬ę Atlas environnementale de l'Am√©rique du Nord ¬Ľ, sur Commission de coop√©ration environnementale (consult√© le )
  19. ¬ę Carte de l'√©cor√©gion maritime de l'Atlantique ¬Ľ, sur site du CEC Cadre √©cologique du Canada
  20. ¬ę C√īte de la baie de Fundy ¬Ľ, sur √Čcor√©gions du Canada (consult√© le )
  21. ¬ę Hautes terres du sud du Nouveau-Brunswick ¬Ľ, sur √Čcor√©gions du Canada (consult√© le )
  22. (en) ¬ę New England-Acadian forests (NA0410) ¬Ľ, sur World Wildlife Fund (consult√© le )
  23. ¬ę Plateau des collines cal√©doniennes : Plantes ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  24. ¬ę Plateau des collines cal√©doniennes : Tourbi√®res ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  25. Parcs Canada 2005, p. 30
  26. ¬ę Plateau des collines cal√©doniennes : Mammif√®res ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  27. ¬ę Centre de ressources √©ducatives : Parc national du Canada Fundy ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  28. ¬ę 6-Liste des esp√®ces √©valu√©es par COSEPAC √† ce jour par aire patrimoniale prot√©g√©e ¬Ľ, Parcs Canada, sur Explorateur Web Biotics (consult√© le )
  29. ¬ę Plateau des collines cal√©doniennes : Oiseaux ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
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  32. ¬ę Programme ¬ę De l‚Äôeau pour la vie ¬Ľ au parc national Fundy : Am√©liorer l‚Äôint√©grit√© √©cologique des √©cosyst√®mes aquatiques ¬Ľ, sur Les sciences et la technologie pour les Canadiens (consult√© le )
  33. ¬ę Marais sal√©s ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  34. (en) Douglas Clay, ¬ę The State of Aquatic Ecosystems ¬Ľ, dans State of the Greater Fundy Ecosystem, (lire en ligne)
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  40. (en) MacEachern 2001, p. 107‚Äď108
  41. (en) MacEachern 2001, p. 114‚Äď119
  42. (en) MacEachern 2001, p. 119‚Äď125
  43. (en) MacEachern 2001, p. 220‚Äď222
  44. √Čric Clusiau, Des toits sur nos rivi√®res : Les ponts couverts de l'est du Canada, Montr√©al, √Čditions Hurtubise HMH, , 119 p. (ISBN 2-89428-420-9)
  45. (en) ¬ę Federal Heritage Buildings Review Office ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  46. Parcs Canada 2005, p. 34‚Äď35
  47. ¬ę Historique ¬Ľ, sur R√©serve de biosph√®re de Fundy (consult√© le )
  48. Canada. ¬ę DORS/2000-387 R√®glement sur la constitution de r√©serves int√©grales dans les parcs nationaux du Canada ¬Ľ, art. Annexe 6 [lire en ligne]
  49. Parcs Canada 2005, p. 29‚Äď32
  50. ¬ę Rapports sur les plans et les priorit√©s 2011-2012: Parcs Canada ¬Ľ, sur Conseil du Tr√©sor du Canada (consult√© le )
  51. ¬ę Fr√©quentation √† Parcs Canada : 2007-08 √† 2011-12 ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  52. Parcs Canada 2005, p. 8
  53. Parcs Canada 2005, p. 43
  54. (fr+en) Parcs Canada, Sel et Sapin : Guide des visiteurs, , 32 p. (lire en ligne)
  55. ¬ę Camping en arri√®re-pays ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  56. ¬ę S√©journez dans une yourte! ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  57. ¬ę Fundy Highlands Inn & Chalets ¬Ľ, sur Fundy Highlands Inn & Chalets (consult√© le )
  58. ¬ę Activit√©s estivales ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  59. ¬ę Natation ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  60. ¬ę Golf ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )
  61. ¬ę Activit√©s hivernales ¬Ľ, sur Parcs Canada (consult√© le )

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Alan MacEachern, Natural Selections : National Parks in Atlantic Canada, 1935-1970, Montr√©al et Kingston, McGill-Queen's University Press, , 384 p. (ISBN 0-7735-2157-7, pr√©sentation en ligne)
  • Parcs Canada, Parc national du Canada Fundy : Plan directeur, Alma, , 72 p. (ISBN 0-662-74523-X, lire en ligne)

Article connexe

Lien externe

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