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Guerres médiques

Les guerres m√©diques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire ach√©m√©nide au d√©but du Ve si√®cle av. J.-C. Elles sont d√©clench√©es par la r√©volte des cit√©s grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Ath√®nes en leur faveur entra√ģnant des repr√©sailles. Les deux exp√©ditions militaires des souverains ach√©m√©nides Darius Ier et Xerx√®s Ier constituent les principaux √©pisodes militaires de ce conflit ; il se conclut par la victoire spectaculaire des cit√©s grecques europ√©ennes conduites par Ath√®nes et Sparte.

Guerres médiques
Description de cette image, également commentée ci-après
Le monde grec pendant les guerres médiques (v. 500-479 av. J.-C.)
Informations générales
Date 490 av. J.-C. - 479 av. J.-C.
Lieu Principalement en Gr√®ce, en Anatolie, en mer √Čg√©e, √† Chypre
Issue Paix de Callias
Belligérants
Une coalition de cités grecques menées par Athènes et SparteL'Empire perse et ses alliés (dont Thessalie, Béotie, Thèbes, Macédoine et Phénicie)

Guerres médiques

Batailles

Elles marquent traditionnellement le passage de l'√©poque archa√Įque √† l'√©poque classique[1]. M√™me s'il ne faut pas en exag√©rer la port√©e ‚ÄĒ pour l'empire ach√©m√©nide ce conflit semble initialement assez p√©riph√©rique ‚ÄĒ, les guerres m√©diques apparaissent comme le point de d√©part de l'h√©g√©monie ath√©nienne en mer √Čg√©e, mais aussi comme la prise de conscience d'une certaine communaut√© d'int√©r√™ts du monde grec face √† la Perse, id√©e que reprend, pr√®s de deux si√®cles plus tard, Alexandre le Grand.

Sources et historiographie

Photographie du buste d'Hérodote, principale source antique sur les guerres médiques
Hérodote, principale source antique sur le conflit.

L'historien qui étudie les guerres médiques se trouve face à une difficulté majeure : il ne dispose que de sources écrites grecques et le seul récit exhaustif est celui d'Hérodote et son Enquête. Pour saisir les enjeux et la nature réels des affrontements, l'historien doit soumettre ce récit à une analyse critique et prudente[2].

H√©rodote est un Grec n√© vers 480 pendant la seconde guerre m√©dique √† Halicarnasse, cit√© situ√©e en Asie mineure, √† la crois√©e des mondes ionien et perse. Cette origine, ainsi que ses nombreux voyages dans l'empire ach√©m√©nide et en M√©diterran√©e, explique sa bonne connaissance des deux bellig√©rants[3]. Son Ňďuvre, connue sous le nom d'Histoires ou Enqu√™te, est capitale pour la connaissance du conflit. Consid√©r√© comme le p√®re de l'Histoire, H√©rodote ne se contente pas d'√©num√©rer les √©v√©nements, il tente d'expliquer les raisons profondes de la guerre et de donner aussi bien le point de vue des Grecs que celui des Perses. Ce v√©ritable souci d'objectivit√© lui valut des critiques de certains auteurs anciens, comme Plutarque, qui l'ont accus√© de pr√©f√©rer les ¬ę barbares ¬Ľ √† son propre peuple[4].

Les historiens ont repris à leur compte le récit d'Hérodote jusque dans les années 1950. Par la suite, l'école des Annales, le multiculturalisme et surtout les progrès des études achéménides ont permis de critiquer, relativiser et parfois même de totalement remettre en cause Hérodote[5]. Cependant, les recherches archéologiques, anthropologiques et ethnographiques des années 1990 et 2000 ont démontré l'exactitude d'Hérodote[6] - [7] et sa grande objectivité[8].

L'Ath√©nien Thucydide est l'autre grand historien du Ve si√®cle av. J.-C. ; son Histoire de la guerre du P√©loponn√®se traite partiellement de la suite et des cons√©quences des guerres m√©diques. X√©nophon, √©galement ath√©nien, est de la g√©n√©ration suivante, mais il conna√ģt bien les Perses car il les a servis comme mercenaire lors de l'exp√©dition des Dix Mille en 401 (relat√©e dans l'Anabase). D'autres d√©tails sont rapport√©s par Platon au livre III des Lois[9] et par des chroniqueurs plus tardifs comme √Čphore, Diodore de Sicile, Plutarque et Pausanias. La Biblioth√®que de Photius et la Souda, compilations byzantines du IXe si√®cle, offrent des aper√ßus de textes antiques aujourd'hui disparus.

Le th√©√Ętre grec comprend certaines ¬ę pi√®ces d'actualit√© ¬Ľ commentant les √©v√©nements √† chaud, et donc particuli√®rement instructives pour l'√©tude des mentalit√©s de l'√©poque[10]. La Chute de Milet de Phrynichos, jou√©e en 493, √©meut les Ath√©niens jusqu'aux larmes et exacerbe les passions en faveur de la guerre. Eschyle a combattu √† Marathon et Salamine ; sa pi√®ce Les Perses, √©crite en 472 et c√©l√©brant la victoire ath√©nienne, est jou√©e dans tout le monde grec, de la Sicile √† l'Asie mineure[10].

Les Ach√©m√©nides n'ont pas laiss√© de chroniques ou de t√©moignages √©crits de leur propre histoire ; leur m√©moire se transmettait par voie orale et s'est donc essentiellement perdue[11]. Certains de ces r√©cits ont cependant √©t√© recueillis par H√©rodote et Ct√©sias, m√©decin grec √† la cour d'Artaxerx√®s II[12]. Les textes perses √† la disposition des historiens contemporains sont d'ordre administratif ou religieux ; ils n'offrent gu√®re d'informations sur les guerres m√©diques, mais permettent parfois de recouper ou d√©mentir les renseignements fournis par les Grecs[7], comme certaines tablettes de Pers√©polis relevant les voyages des fonctionnaires[13]. L'√©pigraphie apporte de nombreux renseignements gr√Ęce aux inscriptions et √† l'iconographie des monuments perses, par exemple en fournissant la liste des pays et des peuples vaincus : les Grecs, qu'ils soient d'Asie mineure ou d'Europe, sont consid√©r√©s comme des sujets par les Grands Rois des guerres m√©diques, Darius, Xerx√®s et Artaxerx√®s[14].

Ces guerres sont dites ¬ę m√©diques ¬Ľ car les Grecs confondaient les Perses et les M√®des, deux peuples unifi√©s par Cyrus le Grand au VIe si√®cle av. J.-C.[15]

Aux origines du conflit : la révolte de l’Ionie

Carte représentant l'Empire perse en 490 av. J.-C.
L’Empire perse en 490 av. J.-C.

Au VIe si√®cle av. J.-C., le roi perse Cyrus II, de la dynastie des Ach√©m√©nides, transforme son petit royaume vassal des M√®des en un immense empire, s'√©tendant de l'Inde √† la M√©diterran√©e, par une suite de guerres de conqu√™te[16]. En 547, il annexe la Lydie de Cr√©sus, qui dominait l'Asie mineure, puis assujettit les cit√©s c√īti√®res grecques de l'Ionie et des Dardanelles[17].

Les guerres médiques sont initialement la conséquence de l'impérialisme perse, du fonctionnement économique et commercial grec et, dans une moindre mesure, des luttes politiques internes des cités[18] - [19] - [20] - [21].

La r√©volte de l'Ionie repr√©sente un √©pisode d√©cisif vers la confrontation. Elle a pour origine la volont√© de Darius Ier d'√©tendre son empire vers la Propontide (mer de Marmara) et le Pont-Euxin (mer Noire), entre autres pour contr√īler les sources d'approvisionnement en bl√©, en or et en bois de construction navale[22]. Pour cela, il doit s'attaquer aux Scythes, ma√ģtres d'un puissant empire en Russie m√©ridionale et dont les relations commerciales avec les Grecs sont fructueuses et actives.

Sur le chemin de la conqu√™te, avec l'aide de contingents grecs ioniens, Darius s'assure la ma√ģtrise de la Thrace, tandis que le roi Amyntas Ier de Mac√©doine reconna√ģt sa suzerainet√© (513). Les ports de Byzance et de Chalc√©doine sont soumis : la Perse contr√īle gr√Ęce √† eux le trafic maritime entre la M√©diterran√©e et la mer Noire[23]. L'objectif final de l'exp√©dition contre les Scythes est un √©chec, ceux-ci appliquant la technique de la terre br√Ľl√©e. D√©tail important, l'arm√©e perse √©chappe au d√©sastre et √† l'encerclement gr√Ęce √† la loyaut√© du contingent grec qui garde le pont sur le Danube (Ister)[24].

Carte représentant la position de l'Ionie en Asie mineure
Position de l'Ionie en Asie mineure.

En 508, c'est l'√ģle de Samothrace qui tombe sous le joug perse. M√™me Ath√®nes sollicite vers 508 leur alliance. De la campagne contre les Scythes, Darius tire la conclusion qu'il peut compter sur la fid√©lit√© des Grecs ioniens. En revanche, ceux-ci estiment qu'ils pourraient se r√©volter sans risque excessif, car l'exp√©dition a prouv√© que l'empire ach√©m√©nide n'est pas invuln√©rable[25].

Les motifs de la révolte

Les causes profondes de la révolte sont d'ordre économique, social, politique et culturel.

L'Ionie est constitu√©e de douze cit√©s grecques fond√©es depuis au moins le VIIIe si√®cle avant l'√®re chr√©tienne : Milet, √Čph√®se, Phoc√©e, Clazom√®nes, Colophon, Pri√®ne, T√©os, Chios, Samos, √Črythr√©e, Myonte et L√©b√©dos. Il faut y ajouter les cit√©s de l'√Čolide, r√©gion situ√©e au nord-ouest de l'Ionie, dont celle de Smyrne. Autonomes, elles sont toutes soumises au pouvoir perse[26]. Milet dispose d'un statut √† part : son trait√© d'amiti√© conclu avec Cyrus avant la conqu√™te de la r√©gion lui assure une relative ind√©pendance[27]. C'est pourtant Milet qui se trouve √† l'origine du soul√®vement de 499.

Ces cit√©s sont unies au sein de la Ligue ionienne, une alliance forg√©e au VIIe si√®cle av. J.-C. qui ne joue plus de r√īle militaire depuis la conqu√™te de Cyrus mais qui conserve un r√īle religieux, culturel et politique √† travers une amphictyonie charg√©e du culte de Pos√©idon Helikonios au sanctuaire du Panionion, au cap Mycale[28]. Cette institution facilite les √©changes n√©cessaires √† une r√©volte commune.

Théoriquement, la domination perse n'est pas écrasante. Chaque cité conserve ses institutions, à la condition de payer un tribut et éventuellement d'entretenir des garnisons perses. Darius Ier et ses successeurs respectent les coutumes des différents peuples de leur empire et se chargent parfois de rappeler à l'ordre les fonctionnaires zélés.

Cela change avec la r√©forme de la taxation sous Darius qui fixe un montant pr√©cis d'or et d'argent √† payer pour chaque satrapie[29]. Le tribut annuel exig√© s'√©l√®ve pour l'ensemble de l'Ionie √† 400 talents ou 2 400 000 drachmes[30]. Ces taxes sont en outre injustement r√©parties au sein de chaque cit√© : les familles li√©es aux tyrans (officiellement amis du Grand Roi) au pouvoir sont exempt√©es, et la pression fiscale sur les pauvres favorise les tenants de la d√©mocratie et d'une r√©volution politique et sociale[31].

Depuis 512, la mer Noire est un ¬ę lac perse ¬Ľ, la Thrace est devenue une satrapie. Or, Milet s'y fournit en bl√© et en toutes sortes de mati√®res premi√®res. La colonisation perse ferme l'acc√®s des mers septentrionales au moment o√Ļ Sybaris, l'entrep√īt occidental de Milet, tombe sous les coups de Crotone (510). De plus, les Perses favorisent syst√©matiquement les rivaux ph√©niciens de Tyr et Sidon. Enfin, la prise de Byzance ferme les d√©troits et le commerce vers le Pont-Euxin[32]. Ainsi, la politique ext√©rieure de Darius appauvrit les marchands ioniens, tr√®s influents au sein des cit√©s[22].

Les Perses demeurent, aux yeux de nombreux Grecs ioniens, des barbares r√©tifs aux ¬ę charmes ¬Ľ de la civilisation qui conservent leur langue, leur religion et leurs coutumes. De nombreux ¬ę intellectuels ¬Ľ ont pr√©f√©r√© l'exil √† la domination √©trang√®re[23]. Il existe une volont√© d'√©mancipation des cit√©s ioniennes qui les pousse d'une part √† rejeter les tyrans impos√©s par les Perses, ainsi que de nombreux colons[32], et d'autre part √† se lib√©rer du joug ach√©m√©nide. Lorsque la r√©volte √©clate, elle a comme premi√®re cons√©quence, dans de nombreuses cit√©s, l'√©viction des tyrans et la proclamation de l'isonomie. Il est exag√©r√© de parler de r√©volte √† la suite de l'√©veil d'une ¬ę conscience nationale ¬Ľ contre l'occupant ; il est pr√©f√©rable de parler d'une crise sociale et politique[33].

La stratégie d'Aristagoras, déclencheur de la révolte

Carte décrivant les événements de la révolte de l'Ionie
√Čv√©nements de la r√©volte de l'Ionie.

La situation se prête à une rébellion, et Aristagoras, le tyran de Milet, va en tirer parti.

L'√ģle de Naxos, au cŇďur de la mer √Čg√©e, est consid√©r√©e comme ¬ę la plus riche ¬Ľ[34]. En 500, son peuple chasse les aristocrates qui la dirigent. Ces derniers se r√©fugient √† Milet o√Ļ ils demandent l'aide d'Aristagoras pour reprendre le pouvoir. Celui-ci sollicite l'autorisation et l'aide d'Artapherne, fr√®re du Grand Roi Darius Ier et satrape de Lydie, l'une des provinces de l'empire[35]. Artapherne accepte, mais au cours de l'exp√©dition, Perses et Mil√©siens se querellent : leurs divisions les forcent √† se replier apr√®s quatre mois de si√®ge[36].

Les Perses tiennent Aristagoras comme responsable de cet échec et exigent qu'il assume les frais de cette guerre stérile. Aristagoras commence à craindre d'être destitué ou même assassiné : il n'a pas d'autre choix que de se révolter[37]. La guerre est déclarée et les Milésiens s'emparent par surprise de la flotte perse qui a participé à l'expédition[31]. Aristagoras renonce à la tyrannie (en paroles seulement d'après Hérodote[38]), proclame l'isonomie et l'égalité des cités ioniennes qui se débarrassent de leurs tyrans[33].

Malgr√© cette union, Aristagoras sait qu'il est en inf√©riorit√© militaire face √† Artapherne. En 499, il s'embarque donc pour Sparte, qui poss√®de l'arm√©e la plus puissante, afin de solliciter son aide. Le moment est peu propice, car Sparte est divis√©e par la rivalit√© de ses deux rois Cl√©om√®ne Ier et D√©marate[Note 1]. Malgr√© des promesses de butin, l'appel √† la ¬ę fraternit√© ¬Ľ entre Grecs et aux dieux communs, les Spartiates refusent de s'engager[39].

Aristagoras se tourne alors vers Ath√®nes. L'√©coute est meilleure, car la ville s'inqui√®te des intrigues d'Hippias, tyran chass√© d'Ath√®nes en 510, r√©fugi√© √† Sardes, si√®ge de la satrapie de Lydie, o√Ļ il compte sur l'appui perse pour r√©tablir sa tyrannie[25]. Ath√®nes envoie 20 tri√®res, suivie par √Čr√©trie avec 5 autres, par reconnaissance pour Milet qui jadis l'avait aid√©e contre ses ennemis[40]. Aucune autre cit√© ne r√©pond √† l'appel.

L'intervention d'Erétrie et d'Athènes

Il faut plus de six ans √† Artapherne pour mater le soul√®vement. En effet, les premiers combats sont favorables aux Ioniens. D√©but 498, la flotte grecque met en fuite la flotte ph√©nicienne lors d'un premier combat sur les c√ītes de Pamphylie. Sur terre, les Perses se pr√©parent √† assi√©ger la ville de Milet quand Charopinos, le fr√®re d'Aristagoras, avec l'aide des contingents ath√©niens et √©r√©triens, organise une diversion et ravage Sardes[41], sans arriver √† prendre son acropole d√©fendue par Artapherne lui-m√™me[42]. L'arm√©e perse qui assi√©geait Milet revient vers Sardes √† marche forc√©e, obligeant les Grecs √† se replier[43]. Artapherne, apr√®s avoir fait sa jonction avec ces renforts, les intercepte sur les hauteurs d'√Čph√®se et remporte une victoire compl√®te[42].

√Ä la fin de l'√©t√© 498, le corps exp√©ditionnaire ‚Äď ou du moins ce qu'il en reste ‚Äď plie bagage pour rentrer sur Ath√®nes ou √Čr√©trie[44]. Cette d√©fection n'emp√™che pas la r√©volte de gagner de l'ampleur.

Généralisation et écrasement du soulèvement

À l'automne 498, la révolte gagne Chypre, la Propontide, l'Hellespont jusqu’à Byzance, puis toute la Carie, satrapie située au sud de l'Ionie. Au début 497, la situation est critique pour les Perses, qui lèvent alors simultanément trois armées et une nouvelle flotte. La révolte est écrasée à Chypre, puis dans les cités de l'Hellespont. Lentement mais systématiquement, les corps de troupes perses reconquièrent une à une les cités rebelles. Aristagoras tente de porter le combat en Thrace, mais il y trouve la mort dans des circonstances obscures[45].

Quant aux Cariens, ils sont vaincus sur la rivière Marsyas à l'automne 497, puis à Labranda lors de l'été 496, malgré l'aide des Milésiens. Les Cariens se ressaisissent et infligent une grave défaite aux Perses à l'automne suivant à Pédassos. Après de longues négociations, ils déposent les armes définitivement en 494. Milet se retrouve alors seule.

Contrairement aux Perses, les insurgés ont du mal à financer flottes et mercenaires[46]. Les défections dans leurs rangs sont nombreuses.

La prise de Milet

Au d√©but de l'ann√©e 494, les Perses massent leurs troupes contre Milet. La ville est assaillie √† la fois par terre et par mer. Une bataille navale opposant environ 350 navires grecs √† 600 navires ph√©niciens, √©gyptiens et chypriotes se d√©roule au large de l'√ģlot de Lad√© durant l'√©t√© 494[47]. La flotte grecque est an√©antie. Milet est prise et ras√©e peu apr√®s (la poliorc√©tique perse l'emportant g√©n√©ralement sur celle des Grecs), et sa population d√©port√©e sur les berges du Tigre[40].

Au cours de l'ann√©e 493, les Perses soumettent les derni√®res villes et √ģles rebelles (Chios, Lesbos et T√©n√©dos) tandis que leur flotte longe victorieusement les c√ītes de l'Hellespont et de la Chalc√©doine.

Les conséquences de la défaite ionienne

Cette d√©faite entra√ģne en Gr√®ce continentale, en particulier √† Ath√®nes, une profonde r√©action de tristesse. Toutefois, en 493, le po√®te Phrynichos, auteur d'une trag√©die intitul√©e La prise de Milet dont il est d√©j√† sujet plus haut dans cet article, est condamn√© √† une amende de 1 000 drachmes pour avoir rappel√© des √©v√®nements malheureux et fait fondre en larmes le public. Cette curieuse condamnation pourrait venir d'hommes soucieux de se m√©nager l'alliance des Perses dans les luttes de pouvoir des grandes familles ath√©niennes[40].

Cette r√©volte a attir√© l'attention de Darius vers l'Occident et peut-√™tre suscit√© en lui des id√©es expansionnistes, ou du moins le d√©sir d'√©tablir en Gr√®ce m√™me des r√©gimes qui lui soient favorables[48]. Le r√īle jou√© par Ath√®nes et √Čr√©trie lui montre la n√©cessit√© d'imposer son autorit√© sur les deux rives de la mer √Čg√©e. Cependant, si l'on excepte le sort de Milet, Darius use d'une mod√©ration relative : il impose un fort tribut aux cit√©s mutines mais leur laisse l'autonomie[49].

Première guerre médique

La campagne avortée de 492

Pour punir Ath√®nes et √Čr√©trie de leur aide aux insurg√©s ioniens et assurer leur domination sur l'√Čg√©e, les Perses pr√©parent une exp√©dition contre la Gr√®ce continentale[47]. Darius charge son gendre[50] Mardonios de reprendre en main la Mac√©doine et la Thrace, th√©oriquement soumises, mais dont les garnisons perses avaient √©t√© √©vacu√©es lors de la r√©volte de l'Ionie. Au printemps 492, Mardonios rassemble sa flotte et son arm√©e en Cilicie, puis franchit l'Hellespont et traverse la Thrace et la Mac√©doine. La flotte fait voile vers Thasos, la soumet au passage, et suit la c√īte europ√©enne jusque vers Acanthos[47].

Assaillie par une violente tempête au moment de doubler le cap du mont Athos, la flotte perd la moitié de ses navires. Mardonios doit donner l'ordre de la retraite, ce qui lui vaut d'être temporairement relevé de son commandement[5].

L’expédition perse de 490

Toute l'ann√©e 491 est consacr√©e aux pr√©paratifs militaires et diplomatiques de cette offensive. De nombreuses cit√©s grecques re√ßoivent des ambassadeurs demandant ¬ę la terre et l'eau ¬Ľ, c'est-√†-dire leur soumission. Certaines s'ex√©cutent, mais Ath√®nes comme Sparte refusent et mettent √† mort les ambassadeurs perses, sans toutefois prendre de v√©ritables mesures pour devancer la future offensive[51].

L'arm√©e perse est dirig√©e par l'amiral Datis et le g√©n√©ral Artapherne, fils du satrape de Lydie qui avait d√Ľ faire face √† la r√©volte de l'Ionie et donc neveu de Darius. Le d√©but de l'exp√©dition est un succ√®s : elle traverse cette fois directement la mer √Čg√©e, droit sur l'Eub√©e et l'Attique, apr√®s avoir pris au passage le contr√īle de Naxos et D√©los (490). Gr√Ęce √† l'aide de la marine ph√©nicienne[52], la domination perse est ainsi √©tablie relativement ais√©ment sur les Cyclades[53].

H√©rodote n'a pas laiss√© de donn√©es pour le nombre de soldats perses. D'autres auteurs anciens post√©rieurs ont avanc√© des chiffres totalement fantaisistes allant de 100 000 √† 500 000 hommes[54]. Les historiens contemporains consid√®rent qu'environ 25 000 hommes ont pu y participer[54], ce qui est d√©j√† consid√©rable pour l'√©poque[Note 2]. Au total, la flotte de Datis rassemble au moins 200 tri√®res[55].

La prise d'√Čr√©trie

L'exp√©dition perse atteint la pointe m√©ridionale de l'Eub√©e, ravage Carystos, qui refusait d'ouvrir ses portes, puis atteint √Čr√©trie. 4 000 cl√©rouques ath√©niens envoy√©s en renfort prennent la fuite et Er√©trie se retrouve seule[56] - [57]. Apr√®s six jours d'un si√®ge meurtrier, des tra√ģtres ouvrent les portes aux Perses[58]. La ville est pill√©e, ses temples incendi√©s, sa population est captur√©e, encha√ģn√©e puis d√©port√©e en Basse-M√©sopotamie, marquant ainsi la premi√®re √©tape de la vengeance du Grand Roi[58].

La bataille de Marathon 490

Représentation d'un hoplite grec
Hoplite grec.

L'arm√©e perse est conseill√©e par Hippias, l'ancien tyran d'Ath√®nes qui esp√®re reprendre le pouvoir[59]. Le d√©barquement a lieu le 12 septembre 490 av. J.-C. (date la plus commun√©ment admise) sur une plage d'environ quatre kilom√®tres de long qui borde la plaine de Marathon, dans le d√®me du m√™me nom, √† quarante kilom√®tres d'Ath√®nes. Les Ath√©niens n'attendent pas l'ennemi derri√®re leurs remparts, mais, conduits par le strat√®ge Miltiade[Note 3], les hoplites ath√©niens et plat√©ens, environ 10 000 hommes[Note 4], se rendent √† la rencontre des Perses[60]. Ils sont accompagn√©s d'un nombre inconnu d'esclaves lib√©r√©s peu avant et servant d'infanterie l√©g√®re munie de frondes et de javelots[61]. Le 17 septembre 490 (date la plus commun√©ment admise), les Perses d√©cident d'attaquer Ath√®nes par terre et par mer.

Les Ath√©niens doivent battre les Perses dans la plaine de Marathon, puis regagner leur cit√© pour la prot√©ger d'une attaque par la mer. Miltiade conna√ģt les points faibles de l'arm√©e perse pour avoir combattu avec eux lors de l'offensive contre les Scythes[62]. En effet cette arm√©e est compos√©e de soldats d'origines diff√©rentes, ne parlant pas les m√™mes dialectes et n'ayant pas l'habitude de combattre ensemble. De plus, l'armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les combats au corps √† corps.

Au contraire, l'armement des Grecs est celui d'une infanterie lourde : les hoplites sont protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain (bronze). S'y ajoutent une épée, une lance longue et un bouclier fait de peau et de lames de métal. Enfin, les hoplites combattent en rangs serrés (phalange) leurs boucliers formant devant eux une véritable muraille[63].

Le choc est favorable aux Grecs : H√©rodote pr√©tend que 6 400 Perses furent tu√©s, la plupart noy√©s en s'enfuyant, et qu'Ath√®nes ne perd que 192 citoyens[64]. Une fois le d√©barquement repouss√©, les Grecs doivent rentrer pr√©cipitamment √† Ath√®nes pour emp√™cher que la flotte perse ne s'en prenne √† la ville laiss√©e sans d√©fense[Note 5]. Les navires perses ont besoin d'une dizaine d'heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phal√®re. Par une marche forc√©e de sept ou huit heures, d√©j√† fatigu√©s par la bataille qu'ils viennent de mener, les hoplites grecs arrivent environ une heure avant la flotte ennemie. Constatant l'√©chec de la manŇďuvre, les Perses renoncent √† d√©barquer et battent en retraite[65].

La victoire athénienne

La victoire de Marathon devint symbolique pour les Grecs et confère un grand prestige à Athènes. Elle sert lors de la seconde guerre médique : désormais, les cités savent qu'elles peuvent battre les Perses sur le champ de bataille, et sans cette donnée morale, il est probable que la résistance à l'invasion de Xerxès dix ans plus tard aurait été bien moindre[66].

Pour les Ath√©niens, cette victoire repr√©sente une double r√©alit√©[67] : tout d'abord un incontestable succ√®s militaire qui permet de repousser le corps exp√©ditionnaire perse, mais aussi une victoire qui met en valeur le r√īle des soldats-citoyens que sont les hoplites dans la d√©fense de la cit√© et de la d√©mocratie[Note 6] - [68]. Les diplomates ath√©niens utilisent par la suite Marathon pour justifier leur h√©g√©monie sur le monde grec.

Du c√īt√© perse, Marathon est un √©chec mineur[60]. La campagne men√©e par Datis et Artapherne a atteint ses objectifs : le contr√īle de la mer √Čg√©e et l'installation de gouvernements amis dans presque toutes les cit√©s insulaires[69]. Darius se d√©tourne du front grec, car une r√©volte a √©clat√© en √Čgypte, dirig√©e par le satrape Aryand√®s. Selon H√©rodote, cela l'emp√™che de lancer une exp√©dition contre la Gr√®ce qu'il pr√©voyait de diriger lui-m√™me, car il consacre les derniers mois de son r√®gne √† r√©primer la r√©bellion et meurt en 486[70]. √Ä cette date, l'empire perse est √† son apog√©e territorial. Son fils Xerx√®s Ier lui succ√®de[60].

Seconde guerre médique

En 485, un an apr√®s avoir succ√©d√© √† son p√®re, Xerx√®s d√©cide de venger cette humiliante d√©faite. Il est encourag√© par son beau-fr√®re Mardonios, qui dirigeait d√©j√† l'exp√©dition de 492[71], ainsi que par les nombreux ren√©gats grecs r√©fugi√©s √† sa cour, comme le parti aristocratique ath√©nien ou D√©marate, roi spartiate d√©chu pour b√Ętardise[72].

Les pr√©paratifs durent quatre ans, de 485 √† 481. Xerx√®s met sur pied une gigantesque exp√©dition qui fait souffler ¬ę un vent de terreur sur la Gr√®ce[73]. ¬Ľ Il d√©cide de mener une invasion par terre et par mer.

Les forces en présence

Représentation d'un corps à corps entre un hoplite et un guerrier perse
Corps à corps entre un guerrier perse et un hoplite.

L'empire perse, avec ses 7 500 000 km2 et une population qui atteignait peut-√™tre vingt millions d'habitants, semble beaucoup plus puissant que les √Čtats grecs qui comptent √† peine un million d'habitants (estimation approximative) sur un territoire de 103 000 km2[74]. De plus, les cit√©s grecques sont divis√©es : des centaines restent prudemment neutres ou, comme Th√®bes, s'allient √† l'ennemi (les ¬ę m√©disants ¬Ľ). Beaucoup changent de camp tout au long de la guerre[75].

Les effectifs sont sujets √† controverse, car les chiffres des historiens de l'Antiquit√© apparaissent fantaisistes. On soup√ßonne les Grecs d'avoir surestim√© le nombre de leurs ennemis pour valoriser leur combat et il n'existe pas de sources perses sur le sujet. Ainsi, Ct√©sias √©voque 800 000 hommes et 1 000 tri√®res[76]. Pour sa part, H√©rodote √©value les troupes √† 1 700 000 fantassins, 80 000 cavaliers et 1 200 tri√®res, en se basant sur l'inspection qu'aurait faite Xerx√®s √† Dorisque, une grande plaine de la Thrace[77]. Selon l'historien de la Perse Pierre Briant, toutes ces estimations manqueraient de fondement et l'¬ę argument de vraisemblance ¬Ľ ne peut se transformer en donn√©e historique[78]. Toutefois, il ne fait pas de doute que Xerx√®s, voulant prendre sa revanche apr√®s une d√©faite humiliante, avait mis sur pied une troupe extr√™mement nombreuse, tant sur terre que sur mer[79].

Les historiens contemporains ont g√©n√©ralement revu ces chiffres √† la baisse, ne serait-ce que pour des raisons logistiques et d'approvisionnement en eau impliqu√©es par les chiffres d'H√©rodote, mais leurs estimations varient assez fortement. Les effectifs des Perses sont estim√©s de 75 000 hommes (selon l'historien allemand Hans Delbr√ľck) √† 300 000 (pour Hanson)[80], mais le consensus moderne estime plut√īt qu'ils se situent entre 300 000 et 500 000 hommes[79] - [81]. √Ä cela s'ajoutaient quelque 20 000 √† 60 000 cavaliers divis√©s en six corps d'arm√©e. La flotte compterait quant √† elle environ 600 vaisseaux, fournis essentiellement par les Ph√©niciens, les √Čgyptiens et les Ioniens[78]. Plus que les chiffres, ce qui importe pour les contemporains de l'√©v√®nement est l'impression d'une lev√©e en masse gigantesque : ¬ę L'Asie s'est vid√©e de tous ses m√Ęles ¬Ľ √©crit Eschyle dans sa trag√©die Les Perses.

Les Grecs coalis√©s auraient √©t√© de 7 000 √† 35 000 hoplites (auquel il faut rajouter 40 000 hommes plus sommairement arm√©s). En revanche, ils ne poss√®dent pas de cavalerie. Sur mer, ils ne disposeraient que d'environ 370 tri√®res[82] ou pent√©contores. Si l'on admet que chaque navire a un √©quipage complet (environ 150 rameurs, une dizaine d'officiers, une dizaine d'hommes d'√©quipage et environ 15 soldats) cela repr√©sente environ 70 000‚Äď75 000 hommes. Les 200 tri√®res ath√©niennes mobilisent √† elles seules environ 40 000 hommes, dont 34 000 citoyens des couches populaires[83].

Armes et tactiques

Les historiens d√©battent encore de la valeur respective des arm√©es perses et grecques. Certains consid√®rent que les Perses √©taient beaucoup plus √©volu√©s et perfectionn√©s, avec une ma√ģtrise sup√©rieure de la cavalerie et de l'archerie, la poliorc√©tique, le g√©nie militaire, l'espionnage, les op√©rations militaires sophistiqu√©es encore inconnues des Grecs[84]. √Ä l'inverse, d'autres insistent sur la sup√©riorit√© de l'armement hoplite, avec son bouclier, sa lance en fer et sa cuirasse de bronze, ainsi que sur la discipline de la phalange[85] - [86]. La culture guerri√®re exacerb√©e et exceptionnelle des Grecs, dans un √©tat de guerre permanent √† cause des perp√©tuelles luttes de voisinage entre cit√©s, est aussi mise en avant pour expliquer leur r√©sistance √† l'invasion[87].

Bien que Xerxès possède une armée de métier permanente, ses soldats proviennent de toutes les satrapies d'un immense empire multiethnique, leurs armes varient donc énormément selon les régiments : lances, massues, haches, épées à double tranchant en cuivre, arcs, javelots, dagues, etc.[88]. Les casques en cuir ou en métal sont courants, les armures et boucliers plus rares. Enfin, les mercenaires grecs et les cités médisantes leur apportent le savoir-faire militaire de l'ennemi.

Les campagnes militaires perses débutent au printemps. Sur les champs de bataille, leur tactique consiste souvent à placer les archers à pied devant l'infanterie légère et lourde, la cavalerie encadrant l'ensemble et le général en chef se trouvant à l'avant[89].

La cavalerie perse, à cheval et à chameau, pouvant aussi bien livrer des charges frontales que harceler l'ennemi avec arc et javelines, surclasse celle des Grecs. En revanche, l'infanterie perse est inférieure aux hoplites grecs. Enfin, si les Perses ne sont pas une nation maritime, ils peuvent compter sur les flottes phéniciennes et égyptiennes, au moins aussi performantes que celles des Grecs pour la navigation ou l'abordage[90].

Carthage ou l'alliance de revers

√Ä partir de 484, Xerx√®s planifie l'invasion de la Gr√®ce, ne laissant rien au hasard. La plus grande puissance militaire grecque se trouve en Sicile, entre les mains de G√©lon, tyran de Syracuse, qui m√®ne une politique annexionniste et agressive depuis sa prise de pouvoir. Il repr√©sente un alli√© potentiel de poids pour les Grecs, c'est pourquoi Xerx√®s encourage Carthage, grande rivale de G√©lon en Sicile, √† s'attaquer √† lui[91]. La combinaison des deux exp√©ditions en 480, celle de Xerx√®s et celle des Carthaginois sur Agrigente et Syracuse, n'est pas une simple co√Įncidence et rel√®ve d'un plan habilement mis au point[92].

Le ¬ę m√©disme ¬Ľ

La plupart des cit√©s grecques restent longtemps sans s'inqui√©ter du ¬ę p√©ril perse ¬Ľ, en particulier apr√®s la victoire ath√©nienne de Marathon. Les Grecs renouent avec leurs querelles intestines d√®s que le p√©ril est pass√©. Ainsi, Miltiade, apr√®s un √©chec devant P√°ros en 489 av. J.-C., est frapp√© d'une lourde amende par Ath√®nes et meurt peu apr√®s[93]. De 487 √† 486, Ath√®nes tente en vain de s'emparer de sa vieille rivale √Čgine, tandis que Sparte continue sa politique h√©g√©monique dans le P√©loponn√®se, devenant ainsi la cit√© la plus puissante de la Gr√®ce.

Les haines ancestrales entre certaines cit√©s et les int√©r√™ts imm√©diats poussent nombre de Grecs vers Xerx√®s[94]. Pour H√©rodote, la majorit√© ne souhaite pas la guerre et m√™me ¬ę montrait beaucoup d'inclination pour les M√®des ¬Ľ[95]. Les Perses s'allient ainsi avec certains peuples ou certaines cit√©s en Gr√®ce continentale m√™me, sans compter les Ioniens redevenus vassaux de l'empire depuis l'√©crasement de leur r√©volte 15 ans plus t√īt. Ainsi, les Mac√©doniens et surtout la B√©otie avec Th√®bes se rangent du c√īt√© des envahisseurs, c√©dant ainsi √† ce qu'on appelle le ¬ę m√©disme ¬Ľ. Le refuge naturel des opposants politiques spartiates et ath√©niens est √† la cour de Suse[96]. Hippias, ancien tyran d'Ath√®nes, conseille Darius lors de la premi√®re guerre m√©dique ; D√©marate, roi spartiate d√©chu, guide Xerx√®s lors de la seconde[76] - [97].

Enfin, Xerx√®s parvient √† corrompre Delphes et son tr√®s influent oracle d'Apollon[98] - [99]. √Čpargn√© pendant toute la dur√©e des hostilit√©s, les divinations de sa pythie sont largement favorables aux Perses[100]. Apr√®s la victoire grecque, Delphes se justifie en affirmant avoir √©t√© prot√©g√©e par une intervention divine[101] - [102].

Stratégie, mobilisation et logistique

Le plan de l'invasion a √©t√© con√ßu par Mardonios, fils d'une sŇďur de Darius Ier et donc cousin de Xerx√®s Ier. Ce plan consiste √† reprendre le projet de 492, en passant par voie terrestre √† travers la Thrace et la c√īte mac√©donienne[103]. Pour cela, il est n√©cessaire selon Mardonios d'avoir un corps d'arm√©e terrestre consid√©rable, soutenu par une flotte amenant le ravitaillement et charg√©e d'√©viter les contre-attaques de la flotte grecque sur les arri√®res de l'arm√©e perse. Pour √©viter les temp√™tes du nord-est, fr√©quentes et brutales dans la r√©gion du mont Athos, et ne pas r√©√©diter le d√©sastre de 492, Xerx√®s ordonne le percement d'un canal afin de couper l'isthme de l'Akt√®[104]. Il est long de 2,4 km et assez large pour que deux tri√®res y circulent de front. Des ponts sont construits sur le Strymon par des d√©tachements d'√©claireurs perses.

Pour mener √† bien l'invasion terrestre, Xerx√®s charge les Ph√©niciens et les √Čgyptiens de construire un double pont flottant sur l'Hellespont depuis Abydos jusqu‚Äô√† un promontoire situ√© entre Sestos et Madytos, sur une distance de 1 400 m. Selon H√©rodote, le premier pont ayant √©t√© bris√© par une temp√™te, Xerx√®s en fait construire un second en assemblant 674 vaisseaux au moyen de c√Ębles dont chaque demi-m√®tre pesait 26 kg[105]. Puis on pose des planches que l'on couvre de terre tandis que de hautes barri√®res de bois, servant de parapet, sont install√©es pour que les animaux ne soient pas effray√©s par la vue de mer.

Enfin, des villes sont sélectionnées pour devenir les principaux magasins centralisant l'approvisionnement nécessaire à une telle armée. Ce sont les cités de Doriskos, Eion et Therma situées respectivement aux débouchés des vallées fertiles de l'Hèbre, du Strymon et de l'Axios ainsi que Leukè Actè sur l'Hellespont et Tyrodiza[106].

Au printemps 480, la mobilisation des troupes perses s'op√®re comme pr√©vu. La flotte se rassemble dans la rade de Phoc√©e et dans celle de Cym√© en Ionie tandis que les troupes terrestres hivernent √† Sardes et √† Cristalla en Cappadoce. √Ä l'arriv√©e de Xerx√®s avec ses troupes d'√©lite, l'immense arm√©e s'√©branle, rejoint Abydos puis franchit les ponts de bateaux le 10 mai. Ensuite l'arm√©e se dirige vers Sestos, puis Dorikcos o√Ļ le 16 juin s'op√®re la jonction avec la flotte[107].

La flotte de guerre athénienne

Apr√®s la mort de Miltiade, les luttes politiques ath√©niennes opposent les d√©mocrates men√©s par Th√©mistocle, parvenu au pouvoir juste apr√®s Marathon, et des aristocrates comme Xanthippe, le p√®re du futur P√©ricl√®s, et Aristide, plus mod√©r√©. Ils sont tous les deux ostracis√©s[93] par Th√©mistocle, archonte en 493 et strat√®ge en 490. Ambitieux et sans scrupules, il est √©loquent, courageux et tenace[108]. Il consid√®re que l'avenir d'Ath√®nes passe par la cr√©ation d'une grande flotte permanente et par la construction d'un nouveau port plus profond et mieux abrit√© au Pir√©e[109]. Les arguments qu'il avance sont multiples : se prot√©ger de la piraterie de sa voisine et rivale √Čgine, se pr√©munir d'une attaque perse comme celle de Marathon, pourvoir au ravitaillement face √† la rapide croissance de la population, contr√īler les routes commerciales[Note 7]. Enfin, une flotte repr√©sente du travail pour de nombreux citoyens pauvres ou modestes (rameurs, construction et entretien des navires).

La d√©couverte des mines d'argent du Laurion au sud-est d'Ath√®nes permet √† Th√©mistocle de financer ce tr√®s co√Ľteux projet. Il obtient que le produit de la ferme des mines, environ 50 √† 100 talents par an, soit consacr√© √† la construction de cette flotte. Les cent citoyens les plus riches re√ßoivent en plus chacun un pr√™t d'un talent pour construire et armer une tri√®re. En 480, Ath√®nes poss√®de la plus puissante flotte de Gr√®ce, 200 tri√®res pr√™tes √† prendre le large[110].

Une union panhellénique

Les pr√©paratifs perses ne sont √©videmment pas pass√©s inaper√ßus. Ath√®nes craint la vengeance des Perses et Sparte constate que sa grande rivale dans le P√©loponn√®se, Argos, est contact√©e par les envoy√©s de Xerx√®s. L'id√©e d'une union panhell√©nique s'impose et un congr√®s des diff√©rentes cit√©s grecques est convoqu√© sur l'isthme de Corinthe √† la fin de l'automne 481. Sparte, dont l'arm√©e est consid√©r√©e comme la plus puissante[111], pr√©side le congr√®s. Pour une fois les int√©r√™ts imm√©diats de Sparte et d'Ath√®nes se confondent. Une r√©conciliation g√©n√©rale intervient, comme entre Ath√®nes et √Čgine. Cependant, par crainte ou par int√©r√™t, de nombreuses cit√©s restent neutres et seules 31 d'entre elles s'engagent par serment dans une alliance d√©fensive, la ligue hell√©nique, et pr√©parent des contingents de soldats[94]. Le commandement des troupes est confi√© √† deux Spartiates, le roi L√©onidas Ier pour les fantassins et Eurybiade pour la flotte grecque[112].

Appelé à l'aide par les Grecs, Gélon, tyran de Syracuse exige le commandement des armées alliées grecques, ce qu'on lui refuse. Il est surtout trop occupé à lutter contre les Carthaginois, qui seront vaincus sur terre et sur mer à Himère[113].

La progression perse et la stratégie grecque

Durant l'hiver 481-480 les Grecs tergiversent sur le plan de campagne et ne peuvent s'opposer à l'avancée perse au printemps 480. La première ligne de défense au niveau de la vallée du Tempé (entre Thessalie et Macédoine) est abandonnée, ce qui jette les Thessaliens immédiatement dans les bras des Perses[114].

En ao√Ľt, tandis que les Perses envahissent la Pi√©rie, L√©onidas choisit une position d√©fensive tr√®s forte au d√©fil√© des Thermopyles[Note 8] qui commande l'acc√®s √† la B√©otie et √† la Gr√®ce centrale. Quant √† Eurybiade, il s'installe au nord de l'Eub√©e en un lieu nomm√© l'Art√©mision afin d'emp√™cher les navires perses de contourner cette position. Les Perses, pour garder le contact avec leur flotte, doivent emprunter la seule route importante qui passe par les Thermopyles. L√†, entre le golfe Maliaque et la montagne, l'√©troite chauss√©e passe dans un d√©fil√© dont le passage le plus √©troit est de quatre m√®tres de largeur et qui, de plus, est barr√© par les vestiges d'un mur construit en zigzag. Enfin, les marais sont nombreux et forment un obstacle suppl√©mentaire. Entre les 4 000 hoplites environ dont dispose L√©onidas et la flotte d'Eurybiade (avec Th√©mistocle √† la t√™te du contingent des tri√®res ath√©niennes, de loin le plus nombreux) les liaisons sont constantes[115].

Les victoires perses

Soldat perse plantant une lance dans un hoplite grec. Empreinte d'un sceau-cylindre ach√©m√©nide, Ve ‚Äď‚ÄČIVe si√®cle av. J.-C. British Museum.

Artémision

Carte représentants les principaux faits militaires de la seconde guerre médique
Principaux événements militaires de la seconde guerre médique.

Au sortir de la Thessalie, les troupes de Xerxès font mouvement vers le sud. Les fantassins quittent la cité de Therma et arrivent vers le 24 juillet dans la plaine trachinienne au bord du golfe maliaque. Sa flotte s'élance une dizaine de jours après afin que l'arrivée des troupes terrestres et navales soit conjointe[116].

Eurybiade, devant l'importance des forces ennemies, quitte l'Art√©mision et longe le canal d'Eub√©e pour occuper l'√©tranglement de Chalcis, laissant L√©onidas √† la merci d'un d√©barquement sur ses arri√®res. Cette manŇďuvre force les Perses √† progresser plus au sud que pr√©vu et √† mouiller au cap S√©pias, pr√®s d'une c√īte rocheuse et escarp√©e o√Ļ ils ne peuvent h√Ęler leurs navires sur la terre ferme et o√Ļ la profondeur des eaux emp√™che de nombreux navires de s'amarrer solidement. Une violente temp√™te de trois jours d√©truit une partie des navires, plusieurs milliers d'hommes se noient[117]. La principale cons√©quence est que Xerx√®s, bien qu'il garde la sup√©riorit√© num√©rique, n'est plus en mesure de diviser ses forces navales de mani√®re √† convoyer l'arm√©e tout en livrant combat √† la flotte grecque.

√Ä Chalcis, Eurybiade reprend confiance et remonte prendre sa garde √† l'Art√©mision pour prot√©ger les arri√®res de L√©onidas. L'affrontement encha√ģne escarmouches et batailles rang√©es avec √©peronnages et abordages. Les deux flottes luttent trois jours et les pertes sont lourdes des deux c√īt√©s. Lorsque les Grecs apprennent la mort de L√©onidas, ils prennent la fuite[118]. La victoire perse est laborieuse mais incontestable.

Les Thermopyles 480

Dans un premier temps, sur terre, les alli√©s command√©s par L√©onidas tiennent fermement leur position et repoussent les Perses, leur infligeant de grandes pertes[119]. Mais lorsqu'il s'aper√ßoit que les Perses sont sur le point de le contourner, il d√©cide de se sacrifier avec quelques centaines d'hommes, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur d√©fense et √† l'arm√©e de se retirer en bon ordre. Les 300 Spartiates rest√©s aux Thermopyles sont tous massacr√©s, y compris L√©onidas[120]. Cette bataille devint l'embl√®me de la r√©sistance grecque et de l'esprit de sacrifice des Spartiates.

Le sac d’Athènes

Photographie d'une copie du décret de Thémistocle ordonnant l'évacuation d'Athènes
Copie du décret de Thémistocle ordonnant l'évacuation d'Athènes, musée épigraphique d'Athènes.

Xerxès reprend sa progression sur mer et sur terre. Il gagne la Béotie, est rejoint par les cités médisantes et rase Thespies et Platées[121]. Il pénètre ensuite en Attique et s'avance vers Athènes.

Pour les Ath√©niens, la situation est difficile. √Ä l'√©poque, la ville ne poss√®de pas de remparts et il y a peu de points fortifi√©s en Attique susceptibles de retarder l'ennemi[122]. Aussi sous l'impulsion de Th√©mistocle, la population est √©vacu√©e en particulier vers √Čgine, Tr√©z√®ne et Salamine tandis que les ostracis√©s sont rappel√©s, tel Aristide, avec l'annulation de tous les d√©crets d'exil port√©s pour des raisons politiques. Cimon, le fils de Miltiade, pourtant l'un des adversaires de Th√©mistocle, d√©pose son ex-voto sur l'Acropole pour bien signifier que le temps de l'¬ę Union Sacr√©e ¬Ľ est venu et qu'il est temps de combattre non pas √† cheval mais sur les vaisseaux[Note 9]. La cit√© est ainsi abandonn√©e √† l'exception de quelques centaines d'irr√©ductibles qui souhaitent d√©fendre l'Acropole et ses sanctuaires.

Le 28 septembre 480 av. J.-C., les Perses investissent la ville, prennent d'assaut l'Acropole et la mettent à sac[53], massacrant tous ceux qui résistent encore. La victoire perse semble proche, Xerxès n'a mis que trois mois à atteindre Athènes depuis qu'il a passé les Dardanelles[123].

Le tournant de la guerre : Salamine 480

Carte décrivant la bataille de Salamine
Bataille de Salamine.

Après la mort de Léonidas, l'armée terrestre des cités grecques coalisées se retire vers le sud et la flotte quitte l'Artémision. La situation pour les Grecs est dramatique. La défaite des Thermopyles, la soumission de la Béotie et la prise d'Athènes sèment le découragement dans les esprits. Cléombrote Ier, le frère de Léonidas et roi des Spartiates, ne songe qu'à protéger le Péloponnèse par la construction d'un mur vers l'Isthme de Corinthe, étroite bande de terre facile à défendre. Dans la même logique, Eurybiade souhaite, maintenant que la flotte a assuré l'évacuation de l'Attique, retourner à proximité des forces terrestres afin d'entreprendre des actions combinées. Ce point de vue est partagé par les Corinthiens, deuxième flotte de la coalition. Logiquement, Sparte et Corinthe préfèrent défendre à tout prix le Péloponnèse afin d'épargner leur territoire[124].

Th√©mistocle a un autre plan qu'il impose √† Eurybiade gr√Ęce au soutien d'√Čgine et de M√©gare, il est vrai, directement menac√©es en cas de repli sur l'Isthme de Corinthe. Il s'agit de combattre dans la rade √©troite de Salamine car il est persuad√©, √† juste titre, que les Perses ne pourront pas entreprendre de manŇďuvre d'encerclement et que leurs navires se g√™neront mutuellement et seront autant de proies pour un abordage ou un √©peronnage par les solides tri√®res grecques. Enfin il est persuad√© qu'en coupant l'arm√©e perse de sa flotte elle fera demi-tour[125].

Th√©mistocle, selon Plutarque et H√©rodote, utilise la ruse et fait parvenir par son esclave Sicinnos un message √† Xerx√®s l'informant du d√©sir de fuite d'une partie des g√©n√©raux grecs par la passe occidentale de la baie d'√Čleusis encore libre. Cette manŇďuvre fonctionne pleinement et une partie de la flotte perse, les navires √©gyptiens, termine l'encerclement des Grecs en bloquant l'acc√®s par M√©gare tandis que l'√ģlot de Psyttalie est occup√© par un d√©tachement avec pour objectif de recueillir les √©quipages perses et achever les Grecs lorsque la bataille √©clatera[126].

Photographie d'une maquette de trière
Maquette de trière du Ve siècle av. J.-C..

De son c√īt√©, Xerx√®s doit absolument neutraliser les navires grecs s'il veut assurer son approvisionnement et pouvoir contourner par la mer l'inexpugnable Isthme de Corinthe[127]. Sa flotte de guerre perse comprend les Ph√©niciens de Tyr, Sidon dirig√©s par les g√©n√©raux perses M√©gabaze et Pr√©xaspe. Au centre le corps de bataille est dirig√© par Ach√©m√©n√®s, demi-fr√®re de Xerx√®s, qui tient le r√īle de Grand Amiral et dirige plus pr√©cis√©ment les navires de Cilicie et de Lycie. Enfin √† l'aile gauche se trouvent les flottes d'Ionie (donc grecques), du Pont et de Carie dirig√©es par un prince ach√©m√©nide, Ariabign√®s et o√Ļ combat Art√©mise Ire, reine d'Halicarnasse.

Le plan grec fonctionne comme prévu, le 29 septembre, la moitié de la flotte perse est anéantie, le reste prend la fuite. Contrairement à Artémision et malgré des pertes importantes, la victoire grecque est éclatante[114].

Le départ de Xerxès

La situation apr√®s la d√©faite cuisante de Salamine n'est pas pour autant d√©sesp√©r√©e pour les Perses. Leur arm√©e de terre est toujours aussi puissante. Malgr√© la perte d'une partie de leur flotte, les immenses ressources de l'empire peuvent permettre la construction de nombreux navires alors que pour les Grecs, la destruction des chantiers de l'Attique est une perte irrempla√ßable. Mais Salamine et la sup√©riorit√© provisoire des Grecs en mer font craindre au Grand Roi une attaque sur l'Hellespont pour y d√©truire les ponts de bateaux. Si cela se produisait, il risquerait d'√™tre coup√© de tout ravitaillement et de toute communication avec son empire. Il courrait le danger de tout perdre[Note 10] - [128]. D√©but octobre, laissant le commandement de son arm√©e √† Mardonios, son beau-fr√®re, celui qui dirigeait d√©j√† l'exp√©dition de 492, Xerx√®s abandonne ses troupes pour retourner en Asie Mineure. Il passe l'Hellespont dans les derniers jours de l'ann√©e 480 sans difficult√© car la Gr√®ce du Nord est enti√®rement sous son contr√īle. La Thessalie, la Mac√©doine et la Thrace sont toujours ses alli√©es et des garnisons perses strat√©giquement plac√©es surveillent toute la route[129]. Le roi perse s'√©tablit √† Sardes d'o√Ļ il garde le contact avec Mardonios[130].

Quant aux vainqueurs ils sont surpris par l'inaction des Perses et ne semblent pas comprendre dans un premier temps l'ampleur de leur succ√®s. Quand il appara√ģt que les Perses font retraite, Th√©mistocle dans l'euphorie de la victoire propose de couper la route de l'Asie √† Xerx√®s en traversant l'√Čg√©e. Mais Aristide et Eurybiade objectent la prudence. De plus les Grecs ont perdu √† Salamine plus de 40 navires et ne peuvent les remplacer aussi rapidement que leurs adversaires. Enfin, envoyer toute la flotte aussi loin de la Gr√®ce alors que les r√©fugi√©s d'Ath√®nes sont encore sur l'√ģle de Salamine et que les c√ītes grecques sont non prot√©g√©es est assez hasardeux. La saison enfin devient dangereuse pour la navigation. Pour Aristide une √©ventuelle d√©faite d'Ath√®nes ferait le jeu de Sparte, d'autant que Sparte est en train de finir le mur qui barre l'isthme du P√©loponn√®se et donc ne ressent plus la menace perse avec la m√™me acuit√©[131].

Négociations

Mardonios, le nouveau g√©n√©ralissime perse, d√©clare apr√®s Salamine : ¬ę Les Chypriotes, les hommes de Ph√©nicie, de Cnide et d'√Čgypte, seuls √©taient vaincus, non les Perses qui n'ont pu combattre ¬Ľ[132]. Cet √©tat d'esprit est r√©v√©lateur de la volont√© des Perses de continuer le combat malgr√© le d√©part de Xerx√®s Ier. Cependant Mardonios estime impossible la poursuite des op√©rations √† l'approche de la mauvaise saison et prend ses quartiers d'hiver en Thessalie.

Sur le conseil de ses alli√©s th√©bains, il en profite pour lancer d'intenses manŇďuvres diplomatiques visant √† isoler Sparte[133]. Il tente de convaincre ceux qui craignent l'h√©g√©monie spartiate sur le P√©loponn√®se, les ennemis traditionnels des Lac√©d√©moniens : Argos, Elis et Mantin√©e. Il passe un accord secret avec les Argiens pour qu'ils bloquent les renforts des alli√©s grecs vers l'Isthme. Il s'efforce √©galement de d√©tacher Ath√®nes du reste de ses alli√©s en lui promettant l'h√©g√©monie sur la Gr√®ce et de financer la reconstruction de la ville d√©truite. Le roi de Mac√©doine, Alexandre, est charg√© des n√©gociations. Malgr√© la haine des Ath√©niens pour la Perse, Mardonios peut l√©gitimement esp√©rer un retournement d'alliance : ils sont fatigu√©s de la guerre, d√©sesp√©r√©s par la perte de leurs maisons et leurs biens, exasp√©r√©s par leurs alli√©s qui laissent l'Attique √† la merci des ennemis et se contentent de prot√©ger le P√©loponn√®se, et inquiets du monopole spartiate sur le commandement militaire. Cependant, Alexandre se voit r√©pondre que ¬ę tant que le soleil suivrait son chemin habituel ¬Ľ[134] les Ath√©niens ne feraient pas alliance avec le souverain perse. Inquiets, les Spartiates envoient eux aussi une ambassade afin de contrer l'argumentation des Perses. Elle est re√ßue assez fra√ģchement par les Ath√©niens furieux que l'on puisse douter de leur d√©termination. Ils pr√©cisent que ¬ę le fait d'√™tre Grec, de partager le m√™me sang et la m√™me langue, d'avoir des sanctuaires et des sacrifices communs ainsi que des mŇďurs semblables ¬Ľ leur interdit la trahison. Enfin, les pr√™tres ath√©niens lancent des mal√©dictions sur tous ceux qui n√©gocieraient avec les Perses ou abandonneraient l'alliance[135].

Reprise des hostilités

Au printemps, Mardonios envahit alors de nouveau l'Attique, qui est une fois de plus √©vacu√©e par ses habitants, r√©occupe Ath√®nes et s'installe en B√©otie. Cette fois, peut-√™tre par crainte d'une d√©fection ath√©nienne, les Spartiates sont d√©cid√©s √† r√©agir. Pausanias, r√©gent de Sparte √† seulement 20 ans et neveu de L√©onidas Ier, partisan d'une action directe contre Mardonios, est nomm√© g√©n√©ral en chef. Il parvient √† r√©unir sous ses ordres la plus grande arm√©e grecque de l'Antiquit√©[136] : elle comprend des troupes de Sparte, sans doute 10 000 hoplites et 30 000 √† 35 000 suppl√©tifs, plus 8 000 Ath√©niens et quelques milliers d'hommes venant des autres cit√©s de Gr√®ce, telles Corinthe, √Čpidaure, M√©gare, Plat√©es, Tr√©z√®ne, Chalcis, Phlionte, √Čgine, etc. Les Grecs alignent au total environ 110 000 hommes dont 60 000 hoplites.

Les Grecs franchissent l'Isthme de Corinthe, arrivent pr√®s d'√Čleusis afin de passer en B√©otie. Mardonios choisit un emplacement, au sud de Th√®bes pr√®s de Plat√©es, qui doit favoriser sa cavalerie[137].

Platées 479 et la mort de Mardonios

Le 27 ao√Ľt 479 av. J.-C., au cours de la bataille de Plat√©es, les troupes alli√©es provenant d'au moins 24 cit√©s et dirig√©es par Sparte affrontent le gros des forces perses et grecques m√©disantes. Mardonios, qui combat en premi√®re ligne face aux Spartiates, meurt le cr√Ęne fracass√© et aussit√īt ses troupes se d√©bandent[138]. Tandis que 40 000 Perses, command√©s par Artabaze, un rival de Mardonios, se replient sans combattre et quittent la Gr√®ce, les fuyards sont massacr√©s. Au total pr√®s de 10 000 Perses et 1 000 Grecs m√©disants auraient trouv√© la mort contre √† peine 1 500 du c√īt√© des alli√©s, un √©norme butin est pris dans le camp de Mardonios[139]. Th√®bes, alli√©e des Perses, est prise rapidement et ses chefs sont ex√©cut√©s. Il n'y a d√©sormais plus d'arm√©e perse en Europe.

La contre-attaque grecque : le cap Mycale et le siège de Sestos

La victoire grecque est parachev√©e par la victoire navale du cap Mycale, en Ionie (Asie mineure) √† l'automne 479, o√Ļ la flotte ennemie qui avait √©t√© tir√©e √† terre pr√®s du mont Mycale est totalement incendi√©e. Dans le m√™me temps, de nombreuses cit√©s soumises aux Perses se r√©voltent[140].

Les alli√©s d√©cident ensuite de s'attaquer au pont de bateaux construit par Xerx√®s sur le d√©troit des Dardanelles. Une fois sur place, ils se rendent compte que les Perses l'ont d√©j√† retir√© et se sont retranch√©s √† Sestos sur la rive europ√©enne du d√©troit, ville d'o√Ļ Xerx√®s √©tait parti √† la conqu√™te de la Gr√®ce trois ans plus t√īt. Les Spartiates et les autres p√©loponn√©siens rentrent alors chez eux car ils jugent la victoire d√©finitive, tandis que les Ath√©niens restent pour assi√©ger la ville. Apr√®s un si√®ge de plusieurs mois, Sestos est prise d'assaut, le commandant perse crucifi√© et les c√Ębles du pont sont ramen√©s en triomphe √† Ath√®nes[141].

Conséquences et persistance des guerres médiques

Pour les Anciens, comme Thucydide et Hérodote, la prise de Sestos marque la fin des guerres médiques[142]. En réalité, les guerres entre Perses et Grecs, mais aussi les alliances et les échanges, se poursuivirent jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 330 av. J.-C. Cette conquête a été rendue possible par la naissance du panhellénisme durant les guerres médiques de 490 à 478 qui sont devenues dans l'imaginaire grec le symbole de la lutte victorieuse de la civilisation contre la barbarie[143].

Les cités grecques qui avaient pris le parti de Xerxès et succombé au médisme ne furent pas punies, à l'exception de Thèbes qui dut livrer et laisser exécuter deux de ses chefs les plus impliqués[144]. Le souvenir de ces divisions resta longtemps un sujet de haine entre Grecs.

Les Ath√©niens sortirent renforc√©s de la guerre, et compens√®rent la destruction de leur cit√© par le butin pris sur les Perses. Ils exploit√®rent leurs victoires dans leur propagande, en √©levant le combat entre Perses et Grecs en duel hom√©rique. Surtout, leur flotte devint pour 75 ans, jusqu'au d√©sastre d'Aigos Potamos, la grande puissance de la mer √Čg√©e et de la mer Noire[145].

En 477, gr√Ęce √† cette propagande et √† cette puissance, Ath√®nes cr√©a la ligue de D√©los regroupant les cit√©s qui voulaient lutter contre le danger perse, avec des institutions politiques et militaires communes sous son h√©g√©monie[146]. Dans un premier temps, l'alliance multiplia les offensives en soutenant la r√©volte de l'√Čgypte contre Artaxerx√®s Ier (r√©volte d'Inaros qui s'acheva par un d√©sastre) ou en envahissant Chypre en 450[147]. Cependant, Ath√®nes utilisa aussi la ligue pour accro√ģtre son pouvoir en Gr√®ce et elle finit par se heurter aux int√©r√™ts de Sparte, ce qui d√©boucha sur la guerre du P√©loponn√®se[148].

Les Perses, malgr√© l'√©chec ind√©niable de l'invasion, rest√®rent encore un empire puissant, objet de crainte et d'admiration par les Grecs qui continuaient √† parler du ¬ę grand roi ¬Ľ (Megas Basileus, őúő≠ő≥őĪŌā őíőĪŌÉőĻőĽőĶŌćŌā) pour d√©signer le souverain ach√©m√©nide. Malgr√© la mort de Mardonios et la retraite de leurs troupes, il est m√™me possible que les Ach√©m√©nides aient consid√©r√© leur offensive comme une victoire : Xerx√®s a vaincu les Spartiates aux Thermopyles, abattu leur roi, ras√© Ath√®nes et r√©duit en esclavage ceux qui n'avaient pas fui, pill√© les temples grecs et rapport√© leurs tr√©sors √† Suse[149] - [48].

En 449, la paix de Callias fut conclue avec la ligue de Délos. Pendant plus d'un siècle, par la diplomatie, l'or et l'accueil des exilés politiques, ils intervinrent avec succès dans les affaires grecques[150]. Le style de vie et la culture perses furent largement imités par les Grecs dès les années qui suivirent les guerres médiques[151], amorce d'une culture commune vouée à une brillante postérité[152].

L'échec improbable : hypothèses d'explications

Apr√®s la conqu√™te des cit√©s grecques d'Asie par Cyrus, l'√©crasement de leur r√©volte sous Darius suivi de la soumission de la mer √Čg√©e et de la moiti√© de la Gr√®ce continentale lors de la premi√®re guerre m√©dique, la soumission de nombreuses cit√©s √† Xerx√®s et m√™me l'engagement de leurs forces dans son arm√©e au d√©but de la seconde guerre, il est difficile d'expliquer l'√©chec de l'invasion en 479. M√™me si les Perses avaient un certain nombre de raisons d'estimer avoir emport√© une victoire, la faillite de leur annexion, leur repli et les raids grecs victorieux sur la c√īte asiatique constituent un indiscutable retournement de situation √† la mort de Darius. Les historiens anciens et contemporains se sont beaucoup interrog√©s pour savoir comment une trentaine de petites cit√©s ont pu vaincre un immense empire pourvu d'alli√©s sur place.

H√©rodote avance une raison √† la fin de son Ňďuvre : la terre rude et hostile des Grecs aurait produit un peuple d'hommes libres et belliqueux, bien meilleurs guerriers que les ¬ę esclaves ¬Ľ ¬ę mous et eff√©min√©s ¬Ľ d'un empire trop prosp√®re[153]. Simpliste et partiale, cette id√©e est cependant en partie reprise par les historiens militaires contemporains ; Hanson pr√©tend ainsi qu'en ¬ę deux si√®cles, aucune phalange grecque ne put √™tre vaincue par les troupes perses ¬Ľ[154], oubliant les victoires perses √† √Čph√®se, aux Thermopyles et beaucoup d'autres au Ve et IVe si√®cles av. J.-C.[155]. La sup√©riorit√© militaire de la r√©volution hoplitique mise au point par les cit√©s grecques est r√©guli√®rement avanc√©e par les auteurs contemporains[156].

Pour Thucydide, c'est l'unité des Grecs qui leur permet de vaincre les barbares[157]. C'est la même idée que développe un siècle plus tard Isocrate en appelant les Grecs au panhellénisme, seul moyen d'anéantir les Perses[158]. Au XXe siècle, l'historien américain Peter Green a beaucoup insisté sur ce paramètre dans son ouvrage Les Guerres médiques[18].

Pierre Briant, historien moderne de la Perse, souligne les erreurs tactiques commises par Xerx√®s et Mardonios, en particulier la mauvaise utilisation de leur cavalerie[159]. Plus d√©terminante encore selon lui fut la r√©volte de Babylone en ao√Ľt 479 qui for√ßa les Perses √† combattre sur deux fronts, celui de Babylone √©tant privil√©gi√© car au centre de leur territoire[160]. Cette r√©volte serait responsable de la d√©faite de Xerx√®s tout comme la r√©volte √©gyptienne emp√™cha son p√®re Darius de poursuivre ses conqu√™tes lors de la premi√®re guerre m√©dique. Le manque de stabilit√© de l'immense empire ach√©m√©nide serait donc son plus grand point faible[151].

La mémoire des guerres médiques

Photo de fragment d'un relief de la frise sud du temple d'Athéna Niké représentant un combat entre Athéniens et Perses
Fragment d'un relief de la frise sud du temple d'Athéna Niké d'Athènes représentant un combat entre Athéniens et Perses, vers 430-425, British Museum.

Les guerres m√©diques deviennent rapidement un sujet litt√©raire √† Ath√®nes, en premier lieu chez des auteurs tragiques. Les deux premi√®res pi√®ces de th√©√Ętre √† traiter de ce sujet sont dues √† Phrynichos, et elles ont √©t√© perdues : Le Sac de Milet relatant cet √©v√©nement de la R√©volte d'Ionie et fut interdite pour avoir trop √©mu le public, et Les Ph√©niciennes qui se d√©roule pendant une victoire navale, Salamine ou le Cap Mycale, qui avait Th√©mistocle pour chor√®ge[161]. Mais la grande Ňďuvre traitant des guerres m√©diques est Les Perses d'Eschyle, qui avait lui-m√™me combattu durant ces conflits, et dont le chŇďur √©tait financ√© par P√©ricl√®s. Les guerres contre les Perses sont donc rapidement devenues des th√®mes dignes d'√™tre trait√©s au m√™me titre que les r√©cits h√©ro√Įques qui √©taient jusqu'alors les seuls sujets exploit√©s par les auteurs de th√©√Ętre grecs[162]. Mais cela fut de courte dur√©e, car les pi√®ces √©crites par la suite ne prirent pour toile de fond que des r√©cits mythiques, m√™me si elles avaient un message politique actualis√©[163]. Il n'en reste pas moins que les √©crits d'Eschyle, comme ceux d'H√©rodote qui r√©dige ses Histoires peu apr√®s, permettent de pr√©server la m√©moire de ces conflits et de leur conf√©rer une dimension √©pique.

De la m√™me mani√®re, des repr√©sentations artistiques des guerres m√©diques sont r√©alis√©es, alors que d'ordinaire les artistes grecs privil√©gient les conflits mythologiques. D√®s la premi√®re moiti√© du Ve si√®cle de nombreuses poteries attiques montrent des oppositions entre guerriers grecs et perses[164], et le relief c√īt√© sud du temple d'Ath√©na Nik√© de l'Acropole (construit au plus tard dans les ann√©es 430-425) figure un combat entre Grecs et Perses[165].

Par la suite, les guerres médiques restent importantes dans la mémoire et l'identité d'Athènes. Les politiciens et lettrés de la cité reconstruisirent progressivement les grandes victoires des guerres médiques, avant tout celle de Marathon qui fut perçue comme une véritable bataille légendaire. Dans les luttes politiques du IVe siècle, elle est une référence incontournable. Elle est invoquée par les opposants de la démocratie en tant que symbole de la plus grande valeur d'un régime modéré face à la démocratie plus ouverte, que représenterait la victoire des rameurs de Salamine, qui est vue comme la source de l'impérialisme qui aurait mené Athènes à la défaite lors de la Guerre du Péloponnèse. Démosthène l'utilise pour justifier la résistance à Philippe II de Macédoine, tandis que ses opposants s'en servent pour justifier le panhellénisme et une expédition contre les Perses[166].

De fait les entreprises de Philippe II de Macédoine puis Alexandre le Grand contre la Perse sont à plusieurs reprises présentées comme une revanche des guerres médiques. Par la suite le topos est repris par d'autres souverains et auteurs antiques : les Attalides de Pergame mettent en parallèle leur triomphe face aux Galates avec ceux des guerres médiques ; Auguste et ses successeurs assimilent leurs rivaux Parthes aux Perses ; la mémoire des guerres médiques est ainsi préservée dans la culture grecque d'époque romaine, notamment chez les orateurs de la seconde sophistique qui y font souvent référence[167].

√Ä l'√©poque contemporaine, en devenant un topos litt√©raire int√©gr√© par la culture europ√©enne, les conflits des guerres m√©diques servent encore de r√©f√©rence : en Gr√®ce au moment de la guerre d'ind√©pendance o√Ļ les Turcs sont assimil√©s aux Perses, dans le reste de l'Europe o√Ļ √† plusieurs reprises des pays attaqu√©s se voient comme les Grecs devant r√©sister √† la barbarie et la tyrannie d'un ennemi qui prend les traits des Perses. Par exemple, les Fran√ßais de la p√©riode de la R√©volution fran√ßaise face √† la Premi√®re Coalition, ou les Espagnols faisant face √† Napol√©on Ier, ou encore √† nouveau les Fran√ßais au moment de leur rivalit√© puis de leur lutte contre l'Allemagne durant la Premi√®re Guerre mondiale[168].

Le topos de la victoire des Grecs défendant leur liberté et leur identité face à la menace de Perses despotiques mis en avant par les auteurs antiques a également exercé une influence chez les historiens spécialisés dans l'histoire de la Grèce antique qui l'ont souvent repris tel quel, ce qui a été facilité par l'absence de source perse antique sur le conflit. Les études récentes ont cependant relativisé cette approche en mettant en avant le manque d'unité du monde grec face aux Perses, et le progrès des connaissances sur l'empire perse ont donné une image plus pondérée de sa domination, qui va à rebours de la vision traditionnelle d'une emprise de nature despotique et cruelle. En tout état de cause elle n'impliquait pas une domination culturelle qui menace l'identité grecque[169].

Dans le domaine des repr√©sentations mentales, le r√©cit de H√©rodote sur les guerres m√©diques occupe une place de poids dans l'image de l'¬ę Orient ¬Ľ et des ¬ę Orientaux ¬Ľ en Occident. On a ainsi pu proposer de tracer une continuit√© entre celui-ci et les discours des m√©dias occidentaux sur l'Orient lors de la premi√®re guerre du Golfe[170].

Dans la culture

Comics

Films

Notes et références

Notes

  1. Sparte est une diarchie.
  2. L'historien Pierre Briant (Darius : Les Perses et l'Empire, p. 88) se distingue en consid√©rant que l'arm√©e command√©e par Datis √©tait de ¬ę faible ampleur ¬Ľ.
  3. Miltiade est un adversaire résolu d'Hippias, lequel avait fait assassiner son père.
  4. Sur un total d'environ 30 000 citoyens selon Raoul Lonis (La Cit√© dans le monde grec, p. 44).
  5. Selon Plutarque et Lucien de Samosate, c'est à cette occasion que Phidippidès aurait couru annoncer la nouvelle donnant son nom au marathon.
  6. Le système démocratique mis en place par Clisthène a moins de 20 ans lors de la bataille de Marathon.
  7. Plutarque affirme que Th√©mistocle ¬ę attira les citoyens d'Ath√®nes vers la marine en leur assurant que par elle ils parviendront non seulement √† se d√©fendre contre les Barbares mais que plus tard, ils dicteront la loi aux autres Grecs ¬Ľ.
  8. Les ¬ę Portes Chaudes ¬Ľ √† cause des sources thermales qui s'y trouvent.
  9. Dans le monde grec, les armes ont une signification sociale et politique, les aristocrates combattent à cheval, les petits propriétaires forment la majorité de la phalange, les pauvres servent comme rameurs sur les trières, ainsi Platon identifie la marine à la démocratie.
  10. Ce qui manqua d'arriver à son père Darius lors de sa guerre contre les Scythes et c'est ainsi que Cyrus II périt lors d'une de ses conquêtes orientales.

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Voir aussi

Sources antiques

Ouvrages contemporains

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  • Marie-Fran√ßoise Baslez, Histoire politique du monde grec antique, Armand Colin,
  • Pierre Briant, Histoire de l'empire perse, Fayard,
  • Pierre Briant, Darius : Les Perses et l'Empire, Gallimard, coll. ¬ę D√©couvertes Gallimard / Histoire ¬Ľ (no 159),
  • (en) Philip de Souza, The Greek and Persian Wars, 499‚Äď386 BC., Osprey Publishing, , 96 p. (ISBN 1-84176-358-6)
  • Victor Hanson, Les guerres grecques, Autrement,
  • (en) Tom Holland, Persian Fire : The First World Empire and the Battle for the West, Abacus, , 418 p. (ISBN 0-385-51311-9)
  • Pierre Ducrey, Guerre et guerriers dans la Gr√®ce antique, Hachette litt√©ratures, collection Pluriel,
  • Patrice Brun, La bataille de Marathon, Larousse,
  • √Čric Gl√Ętre, Salamine et les guerres m√©diques, collection ¬ę les grandes batailles de l'Histoire ¬Ľ, Socomer, 1990
  • Peter Green, Les Guerres m√©diques, Tallandier,
  • Philip Huyse, La Perse antique, Les Belles Lettres,
  • Michel Kaplan, Le Monde Grec, Histoire ancienne, Br√©al,
  • Fran√ßois Lef√®vre, Histoire du monde grec antique, Le livre de poche,
  • Pierre L√©v√™que, L'aventure grecque, Armand Colin,
  • Dominique Lenfant (dir.), Les Perses vus par les Grecs. Lire les sources classiques sur l'empire ach√©m√©nide, Paris, Armand Colin, , 432 p. (ISBN 978-2-200-27035-3)
  • Pierre L√©v√™que, Pierre Briant, Le monde grec aux temps classiques. Tome 1, PUF, Nouvelle Clio, 1995
  • Raoul Lonis, La Cit√© dans le monde grec, Nathan-Universit√©, .
  • Claude Moss√© et Anne Schnapp-Gourbeillon, Pr√©cis d‚Äôhistoire grecque, Armand Collin, , 372 p. (ISBN 2-200-31292-X).
  • Henri Pigaillem, Salamine et les guerres m√©diques, Economica, 2004.
  • Maurice Sartre, Histoires grecques, Seuil, 2006.
  • √Čdouard Will, Le Monde grec et l'Orient, tome I : le Ve si√®cle, collection ¬ę Peuples et Civilisations ¬Ľ, PUF, 1992.
  • Catherine Grandjean (dir.), Gerbert S. Bouyssou, V√©ronique Chankowsky, Anne Jacquemin et William Pillot, La Gr√®ce classique : D'H√©rodote √† Aristote, 510-336 avant notre √®re, Paris, Belin, coll. ¬ę Mondes anciens ¬Ľ, .

Articles connexes

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