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John Henry Newman

John Henry Newman, né à Londres le et mort à Edgbaston le , est un saint catholique. De son vivant, il fut ecclésiastique, théologien et écrivain britannique. Il se convertit au catholicisme en 1845.

John Henry Newman
Image illustrative de l’article John Henry Newman
John Henry Newman par Sir John Everett Millais (1881)
Saint
Naissance
Londres, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
DĂ©cĂšs
Edgbaston, Birmingham, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Nationalité Anglais
Ordre religieux Congrégation de l'Oratoire
BĂ©atification Birmingham
par BenoĂźt XVI
Canonisation 13 octobre 2019 à Rome, par le pape François
VĂ©nĂ©rĂ© par Église catholique romaine
Communion anglicane
FĂȘte 9 octobre (Église catholique romaine)
11 août (Communion anglicane)
Saint patron Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham

Étudiant Ă  l'UniversitĂ© d'Oxford, il est ordonnĂ© prĂȘtre anglican. Ses travaux sur les PĂšres de l'Église le conduisent Ă  analyser les racines chrĂ©tiennes de l'anglicanisme et Ă  dĂ©fendre l'indĂ©pendance de sa religion face Ă  l'État britannique, sous la forme de « tracts ». Ainsi naĂźt le Mouvement d'Oxford, dont John Newman est l'un des principaux acteurs. Ses recherches sur les PĂšres de l’Église et sa conception de l’Église l'amĂšnent Ă  se convertir au catholicisme, qu'il voit dĂ©sormais comme la confession la plus fidĂšle aux racines du christianisme. C'est au cours de cette pĂ©riode qu'il Ă©crit le cĂ©lĂšbre poĂšme Lead, Kindly Light (1833).

Il part pour l'Irlande afin de fonder une universitĂ© catholique Ă  Dublin, Ă  la demande des Ă©vĂȘques de ce pays. Pour mieux faire comprendre sa conception de l’éducation et de la science il donne un cycle de confĂ©rences : L'IdĂ©e d'universitĂ©, avant de dĂ©missionner en 1857 Ă  cause du manque de confiance de la part des Ă©vĂȘques irlandais face Ă  son entreprise. Sa conversion au catholicisme est incomprise et critiquĂ©e par ses anciens amis anglicans. Il est aussi regardĂ© avec mĂ©fiance par une partie du clergĂ© catholique anglais du fait de ses positions considĂ©rĂ©es comme trĂšs libĂ©rales. En rĂ©action Ă  des calomnies, John Newman dĂ©crit sa conversion au catholicisme dans Apologia Pro Vita Sua. Cet ouvrage change la perception des anglicans Ă  son Ă©gard et accroĂźt sa notoriĂ©tĂ©. L’incomprĂ©hension suscitĂ©e par la proclamation du dogme de l’infaillibilitĂ© pontificale conduit Newman Ă  dĂ©fendre l’Église et la place primordiale de la conscience dans sa Lettre au duc de Norfolk. Sa conception de la conscience sera en partie dĂ©veloppĂ©e lors du Concile Vatican II. Il Ă©crit par la suite la Grammaire de l'assentiment, qui se veut une dĂ©fense de la foi face au dĂ©veloppement du positivisme. Le nouveau pape LĂ©on XIII, Ă©lu en 1878, dĂ©cide de le crĂ©er cardinal en 1879. John Newman meurt onze annĂ©es plus tard Ă  l’ñge de 89 ans.

ThĂ©ologien et christologue reconnu[1], il est l'une des figures majeures du catholicisme britannique, avec Thomas More, Henry Edward Manning et Ronald Knox. Il a exercĂ© une influence considĂ©rable sur les intellectuels catholiques, notamment les auteurs venus de l'anglicanisme. Pour Xavier Tilliette, il apparaĂźt comme « une grande personnalitĂ© singuliĂšre, une sorte de cierge pascal dans l'Église catholique du XIXe siĂšcle »[2]. Ses Ɠuvres, dont la Grammaire de l'assentiment et l'Apologia Pro Vita Sua, sont une rĂ©fĂ©rence constante chez des Ă©crivains tels que G. K. Chesterton, Evelyn Waugh ou Julien Green, mais aussi pour des thĂ©ologiens et des philosophes comme Avery Dulles, Erich Przywara et Edith Stein, qui a traduit en allemand son ouvrage L'IdĂ©e d'universitĂ©.

Proclamé vénérable par la Congrégation pour la Cause des Saints en 1991 et béatifié à Birmingham le par le pape Benoßt XVI, il est proclamé saint le par le pape François[3].

Biographie

Origines familiales

John Henry Newman est l'aßné d'une fratrie de six enfants. La famille aurait des origines hollandaises, et le nom « Newman », auparavant écrit « Newmann », suggÚre des racines juives, sans que celles-ci soient prouvées[4]. Sa mÚre, Jemima Fourdrinier, est issue d'une famille de huguenots français, graveurs et fabricants de papier, depuis longtemps installés à Londres.

Le pÚre, John Newman, d'appartenance whig, fonde une banque[5], emménage avec sa famille à Ham, puis s'installe à Brighton en 1807 et à Londres l'année suivante[6]. Les guerres napoléoniennes l'acculent à la banqueroute[7] en 1816[8], et la famille emménage alors dans sa maison de campagne de Norwood. Peu aprÚs, John prend la gérance d'une brasserie située prÚs d'Alton et les Newman s'installent dans cette localité pour se rapprocher de ce nouveau lieu de travail[8].

Le frĂšre cadet de John Henry, Charles Robert (1802-1884), homme intelligent mais caractĂ©riel et athĂ©e affirmĂ©, mĂšne une vie isolĂ©e, tandis que le benjamin, Francis William (1805-1897), fait carriĂšre au University College de Londres comme professeur de latin. Deux des trois sƓurs, Harriett Elizabeth (1803) et Jemima Charlotte (1807), Ă©pousent deux frĂšres, Thomas et John Mozley. De l'union de Jemima Charlotte et John naĂźt Anna Mozley, qui Ă©ditera en 1892 la correspondance de Newman. La troisiĂšme sƓur, Mary Sophia, nĂ©e en 1809, meurt en 1828, ce qui affectera profondĂ©ment le jeune John[9].

Jeunesse

À l'Ăąge de sept ans, en , Newman est inscrit Ă  l'Ă©cole privĂ©e de George Nicholas Ă  Ealing[10], oĂč il poursuit sa scolaritĂ© jusqu'en 1816[11]. Parmi ses professeurs se trouve le pĂšre du biologiste Thomas Henry Huxley, qui enseigne les mathĂ©matiques[12]. Newman y reçoit une Ă©ducation chrĂ©tienne[10] et se fait remarquer par son zĂšle studieux, mais aussi par sa timiditĂ© envers les autres Ă©lĂšves dont il ne partage pas les jeux[13]. Il se dĂ©crit lui-mĂȘme comme ayant Ă©tĂ© « trĂšs superstitieux » pendant sa jeunesse[11]. Il Ă©prouve un grand plaisir Ă  lire la Bible, mais Ă©galement les romans de Walter Scott, alors en cours de publication, et, entre 1810 et 1813, il Ă©tudie les Anciens tels qu'Ovide, Virgile, HomĂšre et HĂ©rodote[13]. Par la suite, il dĂ©couvre des auteurs agnostiques comme Thomas Paine et David Hume, qui l'influencent pendant un certain temps.

En 1816, lors de la faillite de la banque Ramsbottom, Newman & Co qu'a fondĂ©e son pĂšre[8], John Henry, contrairement Ă  ses amis qui rejoignent leur famille, passe l'Ă©tĂ© Ă  Ealing. Il a quinze ans et, alors qu'il entre dans sa derniĂšre annĂ©e de collĂšge[14], il fait la connaissance du rĂ©vĂ©rend Walter Mayers, protestant Ă©vangĂ©lique proche du mĂ©thodisme de John Wesley[15]. TrĂšs impressionnĂ© par ce prĂȘtre avec lequel il entretient de longues conversations, il finit par adhĂ©rer lui-mĂȘme Ă  l'Ă©vangĂ©lisme[16]. Quelques mois plus tard, cette conversion s'approfondit : « Quand j'eus quinze ans (en automne 1816), un grand changement se fit dans mes pensĂ©es. Je subis les influences de ce qu'Ă©tait le dogme et cette impression, grĂące Ă  Dieu, ne s'est jamais effacĂ©e ou obscurcie[14] - [17]. » Cette Ă©volution s'effectue de maniĂšre progressive : « Mes sentiments personnels ne furent pas violents ; mais ce fut, sous la puissance de l'Esprit, un retour Ă  des principes que j'avais dĂ©jĂ  sentis, et en quelque mesure mis en Ɠuvre quand j'Ă©tais plus jeune, ou bien leur renouvellement. »[18].

Newman dĂ©crira plus tard, dans Apologia Pro Vita Sua, son adhĂ©sion Ă  l'Ă©vangĂ©lisme. Le point central est pour lui de « demeurer dans la pensĂ©e de deux ĂȘtres et de deux ĂȘtres seulement, absolus et lumineusement Ă©vidents : moi-mĂȘme et mon CrĂ©ateur. »[19]. Certains auteurs ont vu lĂ  l'expression d'un « isolĂ© volontaire », voire Ă©gotiste[19]. Louis Bouyer, lui, perçoit dans la conversion de Newman une prise de conscience de soi, indĂ©pendance aussitĂŽt confrontĂ©e Ă  celle du CrĂ©ateur, Dieu, rendu accessible par l'apprĂ©hension de soi en tant qu'individu[20]. Le livre de Thomas Scott, Force de la vĂ©ritĂ©, marque profondĂ©ment Newman, qui affirme Ă  propos de l'auteur : « Humainement parlant, je lui dois presque mon Ăąme »[21]. Thomas Scott y explique sa conversion et sa recherche d'une foi intĂ©grale dans l'Église anglicane ; sa devise, « la saintetĂ© plutĂŽt que la paix », influence Newman, alors passionnĂ©ment en quĂȘte de vĂ©ritĂ©[22]. De plus, l'Histoire de l'Église lui fait dĂ©couvrir les PĂšres de l'Église[23]. DĂ©sormais, il considĂšre que sa vocation implique le cĂ©libat[22], idĂ©e qu'il confirme pratiquement tout au long de sa vie[24]. Enfin, son attachement au protestantisme Ă©vangĂ©lique et au calvinisme lui rend l'Église catholique romaine intolĂ©rable[14] - [22] et il « [partage] vigoureusement les prĂ©jugĂ©s contre les papistes idolĂątres et le pape “AntĂ©christ” »[25].

Étudiant à Oxford

Admis au Trinity College d'Oxford le , il s'y installe aprĂšs six mois d'attente en [14]. Sa correspondance avec le rĂ©vĂ©rend Walter Mayers tĂ©moigne de son esprit critique[26], et sa lecture des « Private Thoughts » de l'Ă©vĂȘque William Beveridge l'invite Ă  remettre en cause certains aspects du protestantisme Ă©vangĂ©lique que prĂŽne Mayers[27]: fort de ce nouvel apport, Newman s'interroge sur la pertinence des dons sensibles dans les conversions mĂ©thodistes et semble entrevoir que la conversion peut, par le baptĂȘme, se passer de toute expĂ©rience sensible[27].

Oxford lui plaĂźt et, toujours de nature discrĂšte et timide, il s'adonne Ă  ses Ă©tudes[28]. Il se prend d'amitiĂ© avec John William Bowden, de trois ans son aĂźnĂ©, avec qui il suit les cours[29]. Ses camarades cherchent Ă  l'emmener aux fĂȘtes alcoolisĂ©es de l'universitĂ©, mais il ne s'y sent pas Ă  l'aise et leurs tentatives sont vouĂ©es Ă  l'Ă©chec[30]. Il redouble d'efforts pour obtenir une bourse, 60 livres sur neuf ans, qui lui est accordĂ©e en 1818[31], mais cette allocation reste insuffisante pour couvrir les frais universitaires alors que la banque paternelle a suspendu tout paiement.

En 1819, son nom est retenu pour Lincoln's Inn, la facultĂ© de droit d'Oxford. Commencent alors des annĂ©es de travaux universitaires acharnĂ©s[32]. DĂšs l'Ă©tĂ© 1819 et jusqu'Ă  l'examen en , John Henry Ă©tudie prĂšs de dix heures par jour pour rĂ©ussir Ă  ses examens avec mention[33]. Pourtant, en proie Ă  l'anxiĂ©tĂ©, il Ă©choue Ă  l'examen final et n'obtient son diplĂŽme, sans la mention souhaitĂ©e, qu'en 1821[34]. Le de cette mĂȘme annĂ©e, son pĂšre l'interroge sur son orientation et, contrairement Ă  l'attente de celui-ci, qui envisageait une carriĂšre au barreau, John Henry lui annonce son choix de l'Église anglicane[35].

Comme il désire rester à Oxford pour financer ses études, il donne des cours particuliers et sollicite un poste de lecteur à Oriel College, alors « centre intellectuel d'Oxford »[14] - [35] que fréquentent des penseurs tels que Richard Whately ou Thomas Arnold[36]. Newman passe l'examen et est coopté comme « fellow » d'Oriel le [14] - [37].

Son entrĂ©e dans le cercle trĂšs fermĂ© des « Noetics » (surnom des membres d'Oriel College)[38] reprĂ©sente un tournant dans sa vie : les « Noetics » sont Ă©lus de maniĂšre fort sĂ©lective et tous recherchent l'excellence intellectuelle[39]. Leur frĂ©quentation permet Ă  Newman d'affiner sa pensĂ©e religieuse, trĂšs marquĂ©e par la foi simple du protestantisme Ă©vangĂ©lique[40](il Ă©crit plus tard qu'il professait alors des dogmes « Ă  un moment oĂč la religion Ă©tait pour [lui] affaire de sentiment et d'expĂ©rience plutĂŽt que de foi »[41]), d'autant qu'il rencontre des thĂ©ologiens tels que Richard Whately ou Edward Hawkins qui se rĂ©clament de la doctrine de la rĂ©gĂ©nĂ©ration baptismale tout en affirmant la visibilitĂ© et l'autoritĂ© de l'Église anglicane[40]. En 1823, Edward Bouverie Pusey le rejoint.

PrĂȘtre anglican

Portrait de John Henry Newman daté du 23 juin 1824, jour de sa premiÚre homélie.

Le , dimanche de la TrinitĂ©, Newman est ordonnĂ© diacre au sein de l'Église anglicane. Dix jours plus tard, il prononce son premier sermon Ă  l'Ă©glise d'Over Worton (Oxfordshire), et en profite pour rendre visite Ă  son ancien professeur Walter Mayers. GrĂące Ă  Pusey, il obtient la cure de Saint-ClĂ©ment Ă  Oxford[40] et exerce deux annĂ©es durant ses activitĂ©s paroissiales tout en publiant des articles pour l’EncyclopĂŠdia Metropolitana sur Apollonius de Tyane, CicĂ©ron et les miracles. C'est aussi l'Ă©poque oĂč il dĂ©couvre l’Analogie de la religion naturelle de Joseph Butler, dont les thĂšmes se rapprochent des siens[40].

En 1825, Ă  la demande de Richard Whately, il devient vice-principal de Saint-Alban's Hall, mais ne demeure qu'un an Ă  ce poste. La sympathie intellectuelle qu'il Ă©prouve pour Whately, Ă©crit-il plus tard, a grandement contribuĂ© Ă  son « amĂ©lioration mentale » et Ă  sa victoire partielle contre la timiditĂ©. D'autre part, la rĂ©flexion qu'il mĂšne avec lui sur la logique lui permet d'Ă©baucher une premiĂšre dĂ©finition prĂ©cise de l'Église chrĂ©tienne. Cependant, lorsque Robert Peel, auquel il s'oppose pour des raisons personnelles, est rĂ©Ă©lu en 1827 dĂ©putĂ© de l'UniversitĂ© d'Oxford, il met un terme Ă  leur collaboration.

En 1826, il est nommĂ© tuteur Ă  Oriel College[42], oĂč le rejoint comme enseignant Richard Hurrell Froude, qu'il dĂ©crit comme l'« un des hommes les plus perspicaces, intelligents et profonds qui soient ». Ensemble, Froude et Newman Ă©laborent une conception exigeante du tutorat, plus clĂ©ricale et pastorale que sĂ©culiĂšre[42]. Cette nouvelle collaboration marque sa pensĂ©e spirituelle : comme il l'indiquera plus tard, « Il [Froude] m'apprit Ă  regarder avec admiration l'Église de Rome et par lĂ  mĂȘme Ă  me dĂ©tacher de la RĂ©forme. Il grava profondĂ©ment en moi l'idĂ©e de la dĂ©votion Ă  la Sainte Vierge et m'amena graduellement Ă  croire en la PrĂ©sence rĂ©elle. »[43] - [44].

C'est Ă  cette pĂ©riode que Newman se lie aussi d'amitiĂ© avec John Keble[42] et qu'il est retenu, en 1827, pour le prĂȘche de Whitehall.

Maladie et deuil

À la fin de l'annĂ©e 1827, deux Ă©preuves incitent Newman Ă  se dĂ©tacher de l'intellectualisme de sa formation. Examinateur, il est victime d'un effondrement nerveux le , sans doute dĂ» Ă  un excĂšs de travail[45]. Il part alors chez son ami Robert Isaac Wilberforce afin de se reposer, mais quelques semaines plus tard, le , sa sƓur Mary Sophia meurt aprĂšs une grande fatigue[45] ; cette disparition brutale le bouleverse et l'amĂšne, alors qu'il se met Ă  la poĂ©sie[46], Ă  concevoir une forme de rĂ©miniscence vivante lui permettant d'apprĂ©hender la rĂ©alitĂ© Ă©ternelle de la dĂ©funte et Ă  relier son destin Ă  la volontĂ© divine[46].

Pendant cette période, il se rapproche de John Keble, dont le recueil de poÚmes, The Christian Year, influence sans doute sa propre poésie[47] et confirme l'importance qu'il accorde aux sentiments dans la vie spirituelle[48].

Newman poursuit son Ă©tude de la patristique, commencĂ©e peu avant sa maladie le sur les conseils de Charles Lloyd[49], et favorisĂ©e par ses lectures et les articles qu'il rĂ©dige pour l'EncyclopĂŠdia Metropolitana[47]. Sa rĂ©flexion aboutit Ă  la publication en 1833 d'un livre sur l'arianisme, Les Ariens du quatriĂšme siĂšcle ; il dĂ©cĂšle chez les PĂšres de l'Église un authentique humanisme chrĂ©tien[50]. Pendant ses vacances de 1828 il lit Ignace d'Antioche et Justin de Naplouse[50], puis se penche en 1829 sur IrĂ©nĂ©e de Lyon et Cyprien de Carthage[51]. Il entreprend dans la mĂȘme pĂ©riode l'Ă©tude des Ɠuvres complĂštes d'Athanase d'Alexandrie et de GrĂ©goire le Grand[52]. Mais ces recherches l'inquiĂštent lorsqu'il reçoit le la charge de nouveaux Ă©lĂšves. Il craint alors de ne pouvoir autant se consacrer aux PĂšres de l'Église qu'il le souhaiterait[51].

Rupture avec la tendance Low Church

L'annĂ©e suivante, Newman soutient, choix qu'il regrette par la suite, la nomination de Hawkins plutĂŽt que celle de John Keble au poste de prĂ©vĂŽt d'Oriel College. De lĂ  date, selon lui, l'impulsion qui conduit au mouvement d'Oxford. La mĂȘme annĂ©e, il est nommĂ© vicaire de Saint-Mary-the-Virgin, l'Ă©glise de l'universitĂ©, charge Ă  laquelle est attachĂ©e la fonction de chapelain de Littlemore, tandis que Pusey devient professeur rĂ©gent d'hĂ©breu.

Toujours officiellement proche des protestants Ă©vangĂ©liques, Newman Ă©volue toutefois dans ses positions sur la place du clergĂ© au sein de l'Église anglicane. Ses Ă©crits montrent qu'il y est de plus en plus favorable, l'Ă©loignant des protestants Ă©vangĂ©liques. En particulier, il diffuse une lettre anonyme proposant aux clercs anglicans une mĂ©thode susceptible d'Ă©liminer la mainmise des protestants non conformistes sur la Church Missionary Society dont il est le secrĂ©taire local, ce qui lui vaut d'en ĂȘtre renvoyĂ© le . Trois mois plus tard, il quitte aussi la SociĂ©tĂ© biblique, parachevant ainsi sa rupture avec la tendance « Low Church » de l'Église d'Angleterre.

En 1831, il est invité par Froude à partager ses congés, vacances pendant lesquelles il continue d'écrire des poÚmes et voit se renforcer l'amitié qui le lie à son hÎte, dont la vie ascétique lui inspire une certaine admiration[53].

En 1831 et 1832, il est dĂ©signĂ© pour prĂȘcher devant toute l'universitĂ©, et en 1832, ses diffĂ©rends avec Hawkins quant Ă  la « nature essentiellement religieuse » du tutorat devenant particuliĂšrement aigus, il dĂ©missionne de son poste de tuteur Ă  Oriel College.

Lorsque Whately est nommĂ© Ă©vĂȘque, Newman espĂšre ĂȘtre appelĂ© auprĂšs de lui[54], mais, ce souhait restant vain, Froude lui propose de l'accompagner lors de son voyage en MĂ©diterranĂ©e[55].

Voyage en Méditerranée

La place Saint-Pierre vers 1858.

Le , il accompagne Froude en voyage de santĂ© Ă  travers l'Europe mĂ©ridionale Ă  bord du vapeur HermĂšs qui fait escale Ă  Gibraltar, Malte, aux Ăźles Ioniennes, puis en Sicile, enfin Ă  Naples et Ă  Rome[56], oĂč Newman fait la connaissance de Nicholas Wiseman.

Pendant ce pĂ©riple, John Henry Newman Ă©crit la plupart des courts poĂšmes publiĂ©s plus tard sous le titre de Lyra Apostolica, et ses sentiments se partagent entre le dĂ©goĂ»t de la foi chrĂ©tienne des pays latins, dont l'histoire lui rappelle pourtant les PĂšres de l'Église, et l'admiration pour la nature qu'il dĂ©couvre[57], comme en tĂ©moigne l'une de ses lettres oĂč, s'il voit en Rome « l'endroit le plus merveilleux sur Terre », la religion catholique romaine lui paraĂźt « polythĂ©iste, dĂ©cadente et idolĂątre »[58] - [59].

De Rome, Newman retourne seul en Sicile, oĂč il tombe malade Ă  Leonforte. Le « pĂšlerinage de beautĂ© » se transforme alors en « une expĂ©rience biface, de dĂ©couverte et de dĂ©tresse, d'enchantement et de dĂ©sarroi », s'inscrivant dĂ©sormais parmi les Ă©vĂ©nements les plus importants de sa vie[60]. Pendant plus d'un mois, en effet, son Ă©tat s'aggrave et il croit mourir, Ă©preuve qu'il met Ă  profit pour approfondir sa foi. Il envisage l'Ă©ventualitĂ© de sa propre mort comme une lutte entre Dieu et lui. L'expĂ©rience est pour lui si marquante qu'il la relatera plus tard sous le titre My Illness in Sicily, « creusant au fond de sa mĂ©moire[61] » pour ne terminer ce rĂ©cit qu'en .

Dans ce qui peut apparaĂźtre comme « une retraite involontaire, une ordalie[61] », il vit sa maladie comme un combat entre sa volontĂ©, dans laquelle il discerne le diable, et celle de Dieu[62]. Au terme de l'Ă©preuve, il acquiert la certitude de « l'amour Ă©lectif de Dieu » et reconnaĂźt : « J'Ă©tais sien[63] ». Xavier Tilliette observe Ă  cet Ă©gard : « L'accent ne trompe pas, c'est celui qui Ă©mane des conversions, y compris des conversions intĂ©rieures qui se produisent dans une vie dĂ©jĂ  dĂ©diĂ©e[63] ». Newman Ă©crit Ă  ce propos : « Je sentais que Dieu luttait contre moi, et je sentais – Ă  la fin je sus pourquoi – que c'Ă©tait pour ma volontĂ© propre [
] cependant, je sentais aussi et je ne cessais de dire : "Je n'ai pas pĂ©chĂ© contre la lumiĂšre" »[64]. Bien que se jugeant superficiel et manquant d'amour pour Dieu[64], il se sent promis Ă  une mission plus grande en Angleterre[62]. En , une fois guĂ©ri, il quitte Palerme Ă  destination de Marseille. Le voilier Conte Ruggiero, dont il est le seul passager en compagnie d'une cargaison d'oranges, se trouve encalminĂ© au large de Bonifacio[65]. Newman Ă©crit alors le poĂšme « Lead, kindly Light », qui deviendra un cantique trĂšs populaire en Grande-Bretagne.

Les Tracts for the Times

Portrait du révérend John Henry Newman.

Il revient Ă  Oxford le . Le 14, John Keble prononce Ă  Saint-Mary son sermon sur l'« Apostasie nationale », que Newman va considĂ©rer comme le point de dĂ©part du Mouvement d'Oxford : ce fut « Keble qui inspira, Froude qui donna l'impulsion et Newman qui poursuivit l'Ɠuvre », Ă©crit Richard William Church. La naissance du Mouvement est aussi attribuĂ©e Ă  H. J. Rose, rĂ©dacteur en chef du British Magazine, « fondateur, originaire de Cambridge, du Mouvement d'Oxford ». Les 25 et , au presbytĂšre d'Hadleigh (Suffolk), se tient une rĂ©union d’ecclĂ©siastiques de la Haute Église anglicane, sans Newman, oĂč est prise la dĂ©cision de soutien Ă  la doctrine de la succession apostolique dans cette Église, ainsi que de l'utilisation du Book of Common Prayer dans son intĂ©gralitĂ©[66].

Quelques semaines plus tard, Newman commence Ă  rĂ©diger de façon anonyme les Tracts for the Times, d'oĂč le nom de « mouvement tractarien » ou « tractarianisme » donnĂ© ensuite au Mouvement d'Oxford[67]. Il s'agit d’assurer Ă  l'Église d'Angleterre une solide base doctrinale et disciplinaire, afin de prĂ©parer la fin de son « Ă©tablissement » officiel par la monarchie britannique ou l'Ă©ventuelle rupture des ecclĂ©siastiques de la Haute Église avec l'institution Ă©tablie, perspective envisageable de par l'attitude du gouvernement envers l'Église d'Irlande, Ă©glise rĂ©formĂ©e officielle qui devient indĂ©pendante de l'autoritĂ© de l'État en 1871. Les tracts sont complĂ©tĂ©s par les sermons que prononce Newman Ă  Saint-Mary le samedi aprĂšs-midi, et qui exercent pendant huit annĂ©es une influence croissante, notamment sur les jeunes universitaires[68]. En 1835, Pusey appose ses initiales sur un tract, ce qui, ayant valeur d'engagement, marque son adhĂ©sion au Mouvement d'Oxford, d'oĂč la dĂ©nomination de « puseyisme » qui lui est parfois attribuĂ©e[69].

En 1836, les membres du Mouvement renforcent leur cohĂ©sion interne en s'opposant unanimement Ă  la nomination de Renn Dickson Hampden comme professeur rĂ©gent de thĂ©ologie Ă  Oxford, car ses ConfĂ©rences de Bampton, prĂȘchĂ©es en 1832 avec l'assistance de Blanco White, sont soupçonnĂ©es d'hĂ©rĂ©sie[70], ce que corrobore Newman dans le pamphlet Elucidations of Dr Hampden's Theological Statements.

Une caricature de Newman, publiée par le magazine Vanity Fair en 1877.

À cette date, Newman devient rĂ©dacteur en chef Ă  la British Critic et donne une sĂ©rie de confĂ©rences dans une chapelle de Saint-Mary, oĂč il dĂ©fend la thĂ©orie de l'anglicanisme comme une « Via Media » entre le catholicisme et le protestantisme populaire[71] ; il s'agit lĂ  d'Ɠuvrer Ă  la rĂ©conciliation de l'anglicanisme avec la fidĂ©litĂ© apostolique et dogmatique rĂ©vĂ©lĂ©e, selon les PĂšres de l'Église dont Newman approfondit toujours la pensĂ©e[72], au dĂ©but du christianisme[73]. Leur lutte contre diffĂ©rentes hĂ©rĂ©sies alors majoritaires, dont l'arianisme, incite Newman Ă  rechercher, face aux divisions de l'Église, la meilleure maniĂšre d'ancrer l'anglicanisme dans le respect de la tradition, donc de la foi, qui reprĂ©sente Ă  ses yeux la vĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e[72].

En 1838, Newman et Keble décident de publier, sous le titre Remains, les écrits de Richard Hurrell Froude, mort deux ans auparavant ; la parution fait scandale[74], certains Anglais se trouvant choqués par la vie d'ascÚse que révÚlent ses « Journaux », avec exercices et examens de conscience[74]. D'aucuns vont jusqu'à y voir une apologie déguisée du catholicisme[75].

Doutes et Ă©volutions

L'influence de Newman Ă  Oxford culmine en 1839, annĂ©e oĂč, pourtant, son Ă©tude de l'hĂ©rĂ©sie monophysite l’amĂšne Ă  douter : contrairement Ă  ce qu'il croyait, la doctrine catholique, constate-t-il, est restĂ©e fidĂšle au concile de ChalcĂ©doine (451)[75] ; en d'autres termes, elle ne s'est pas Ă©cartĂ©e du christianisme d'origine, interrogation qui redouble Ă  la lecture d'un article de Nicholas Wiseman paru dans la Dublin Review, oĂč figurent les mots de saint Augustin contre les donatistes : « Securus judicat orbis terrarum » (« le verdict du monde est concluant »)[76]. Newman explique ainsi sa rĂ©action :

« Cette petite phrase, ces mots de saint Augustin, me frappĂšrent avec une force que des mots ne m'avaient jamais fait ressentir jusqu'alors... C’était comme ces mots, “Tolle, lege... Tolle, lege”, prononcĂ©s par l'enfant, qui avaient converti saint Augustin lui-mĂȘme. “Securus judicat orbis terrarum” ! Ces grandes paroles d'un PĂšre de l'Église, interprĂ©tant et rĂ©sumant tout le cours de la longue histoire de l'Église, rĂ©duisaient en miettes la thĂ©ologie de la “Via Media” ».
« For a mere sentence, the words of St Augustine, struck me with a power which I never had felt from any words before... they were like the "Tolle, lege, - Tolle, lege," of the child, which converted St Augustine himself. "Securus judicat orbis terrarum!" By those great words of the ancient Father, interpreting and summing up the long and varied course of ecclesiastical history, the theology of the Anglican Via Media was absolutely pulverised »[77] »

.

Oriel College, Oxford.

Newman poursuit cependant ses travaux de thĂ©ologien pour la Haute Église, jusqu'Ă  la publication du Tract 90[78], le dernier de la sĂ©rie, dans lequel il examine en dĂ©tail les Trente-neuf articles fondateurs de l'anglicanisme[79] et affirme leur compatibilitĂ© avec les dogmes catholiques. Les Trente-neuf articles, ajoute-t-il, ne s'opposent pas Ă  la doctrine officielle de l'Église catholique[79], mais uniquement Ă  certains excĂšs et Ă  des erreurs communĂ©ment partagĂ©es[80].

Cette thĂ©orie n’est pas nouvelle, mais elle provoque l'indignation gĂ©nĂ©rale Ă  Oxford. Archibald Campbell Trait, futur archevĂȘque de CantorbĂ©ry, ainsi que trois autres professeurs, dĂ©noncent cette thĂšse comme « ouvrant une voie par laquelle des hommes pourraient violer leurs engagements solennels vis-Ă -vis de l'universitĂ© »[81]. L'inquiĂ©tude est partagĂ©e par de nombreuses autoritĂ©s de l'institution, et, Ă  la demande de l'Ă©vĂȘque d'Oxford, la publication des Tracts est interrompue.

Newman, comme il l'explique plus tard, est « sur son lit de mort pour ce qui Ă©tait de son appartenance Ă  l’Église anglicane ». Il dĂ©missionne alors de son poste de rĂ©dacteur en chef Ă  la British Critic. DĂ©sormais, il pense que la position des anglicans est similaire Ă  celle des semi-ariens lors de la controverse de l'arianisme[82], et le projet d'un diocĂšse anglican Ă  JĂ©rusalem, avec des nominations relevant alternativement des gouvernements britannique et prussien, achĂšve de le convaincre du caractĂšre non apostolique de l'Église d'Angleterre[83].

En 1842, il se retire Ă  Littlemore[79] - [84], oĂč il vit dans des conditions monacales avec un petit groupe de proches[85], auxquels il demande de rĂ©diger des biographies des saints anglais[86], tandis qu'il achĂšve son Essai sur le dĂ©veloppement de la doctrine chrĂ©tienne, oĂč il cherche Ă  se rĂ©concilier avec la doctrine et la hiĂ©rarchie de l'Église catholique romaine. Il Ă©tudie les Ă©crits d'Alphonse de Liguori, dont il retire la certitude que l'Église catholique n'est pas, comme il le croyait, une foi superstitieuse[87]. En , il publie anonymement dans l'Oxford Conservative Journal une rĂ©tractation officielle des critiques qu'il a adressĂ©es Ă  l'Église romaine, et en septembre, il prononce son dernier sermon anglican Ă  Littlemore, puis il dĂ©missionne de Saint-Mary le [86].

Conversion au catholicisme

Nicholas Wiseman, gravure (1860).

Le , Newman Ă©crit son dernier sermon anglican, « On the Parting of Friends »[88]. John Keble, s'affirmant ainsi comme l'une des rares personnes Ă  le soutenir Ă  travers sa correspondance, assigne son retrait aux vives critiques et aux calomnies dont il est l'objet[89]. Newman, quant Ă  lui, soutient qu'il doute depuis plus de trois ans de la validitĂ© de l'anglicanisme[90], que sa dĂ©cision a Ă©tĂ© longuement mĂ»rie, qu'il ne se sent plus en sĂ©curitĂ© dans une Église schismatique[91]. D'ailleurs, ajoute-t-il, sa conversion au catholicisme ne saurait ĂȘtre le fruit que de sa rĂ©flexion sur la foi, car loin d'y trouver son intĂ©rĂȘt, il perdra son statut et ses amis, et s'engagera dans une communautĂ© oĂč il ne connait personne[92]. Cependant, il diffĂšre sa dĂ©cision effective, prĂ©fĂ©rant poursuivre son Ă©tude des pĂšres de l'Église et, comme il l'explique dans sa correspondance, prier pour savoir s'il « [est] victime d'une illusion »[93]. Au cours de l'Ă©tĂ©, il achĂšve ses travaux sur S. Athanase d'Alexandrie et commence Ă  rĂ©diger un nouvel ensemble de rĂ©flexions thĂ©ologiques[94].

Deux annĂ©es s'Ă©coulent avant qu'il ne soit officiellement reçu dans l'Église catholique romaine, le [95], par Dominique Barberi, passioniste italien[96] au CollĂšge de Littlemore. Sa conversion, assure-t-il, qui lui apporte la paix et la joie[97].

Le , il quitte Oxford pour le CollĂšge thĂ©ologique d'Oscott, prĂšs de Birmingham, oĂč rĂ©sidait Nicholas Wiseman, vicaire apostolique pour le district central d'Angleterre[98]. Il publie alors l'une de ses Ɠuvres majeures, fruit de ses rĂ©flexions thĂ©ologiques : Essay on the Development of Christian Doctrine[98]. Se sĂ©parer d'Oxford lui est difficile, encore que sa conversion soit suivie par d'autres, de plus en plus nombreuses, parmi les membres du mouvement d'Oxford[99].

À l'instigation de Nicholas Wiseman, il part pour Rome en afin de se prĂ©parer Ă  la prĂȘtrise catholique et poursuivre ses Ă©tudes[100]. Il est reçu par le pape Pie IX[101], mais son arrivĂ©e devient trĂšs vite source d'incomprĂ©hension auprĂšs des thĂ©ologiens. Ainsi, l'Église catholique amĂ©ricaine condamne son Essay on the Development of Christian Doctrine[102], dĂ©cision que reprennent certains doctrinaires italiens sous le chef d'hĂ©rĂ©sie[103]. Dans l'espoir de lever les incomprĂ©hensions dont il est l'objet, Newman se voit contraint de faire traduire son ouvrage[104].

L'Oratoire

La coupole de l'Oratoire de Birmingham.

À Rome, John Henry Newman s'interroge sur sa vie en tant que catholique ; d'abord attirĂ© par les dominicains, et notamment par les Ă©crits d'Henri Lacordaire[100], il se dĂ©tourne progressivement de cet ordre au profit de la congrĂ©gation de l'Oratoire et de son fondateur, saint Philippe NĂ©ri[105], qui, entre autres, ne pratiquant pas la profession de vƓux religieux, lui convient mieux aprĂšs des annĂ©es passĂ©es dans l'anglicanisme[106]. Le pape Pie IX, enthousiaste, lui en facilite l'entrĂ©e, de mĂȘme que celle de certains de ses amis anglicans convertis, le noviciat se rĂ©duisant pour eux Ă  trois mois[107]. Newman est donc ordonnĂ© prĂȘtre le par le cardinal Giacomo Filippo Fransoni, prĂ©fet de la CongrĂ©gation pour la propagation de la foi[108]. AprĂšs avoir reçu la bĂ©nĂ©diction du pape le , il dĂ©cide de partir le pour le Royaume-Uni et d'y fonder le premier oratoire de l'Angleterre, l'Oratoire de Birmingham[109]. ArrivĂ© Ă  Londres la veille de NoĂ«l 1847, il s'installe Ă  Maryvale oĂč, de fait, le premier Oratoire d'Angleterre est Ă©rigĂ© canoniquement le [110].

Chez les Oratoriens prĂ©sents Ă  Maryvale, deux tendances se dessinent : l'une, gravitant autour de Frederick William Faber et des plus jeunes, est plus critique envers les anglicans et, Ă  l'instar du catholicisme italien, cherche par la conversion Ă  changer l'anglicanisme ; l'autre s'articule autour de la conception de Newman d'une Église catholique vue comme la fidĂ©litĂ© au vrai christianisme des PĂšres de l'Église[111]. Toutefois, la tendance que reprĂ©sente Frederick William Faber le conduit provisoirement Ă  critiquer l'anglicanisme en des termes particuliĂšrement sĂ©vĂšres[112].

Nicholas Wiseman invite les Oratoriens Ă  prĂȘcher pendant le carĂȘme Ă  Londres, prĂȘches qui se rĂ©vĂšlent un Ă©chec, mais qui aboutissent Ă  la fondation de l'Oratoire de Londres avec Frederick William Faber comme supĂ©rieur[113], Newman, quant Ă  lui, restant au sein de l'Oratoire de Birmingham[113]. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par une nouvelle vague de conversion d'anglicans au catholicisme, dont celle de Henry Edward Manning, futur cardinal[114].

À la demande de Nicholas Wiseman, Newman reçoit de Pie IX le titre de doctor honoris causa en thĂ©ologie[115]. En 1847, il rĂ©side successivement Ă  St. Wilfrid's College (Cheadle, Staffordshire), Ă  St Ann's (Birmingham) et Ă  Edgbaston.

Pie IX nomme Nicholas Wiseman cardinal et archevĂȘque de Westminster. En 1851, il rĂ©tablit la hiĂ©rarchie catholique au Royaume-Uni en y crĂ©ant de nouveaux diocĂšses[116], initiative que le protestantisme populaire conteste vigoureusement, en s'en prenant non seulement au Vatican, mais aussi aux catholiques en gĂ©nĂ©ral[117]. Newman prend leur dĂ©fense non pas en condamnant les anglicans, mais en dĂ©nonçant leur opinion erronĂ©e[118].

Fondation de la Catholic University of Ireland

Maison de John Henry Newman dans la Catholic University of Ireland Ă  Dublin.

Au cours des annĂ©es 1850, les Ă©vĂȘques irlandais s'opposent Ă  l'institution de la Queen's University of Ireland, qui admet catholiques et protestants, car ils y voient la volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de la Grande-Bretagne[119] d'imposer progressivement l'anglicanisme dans leur pays. C'est dans ce contexte qu'ils demandent Ă  Newman de fonder une nouvelle universitĂ© Ă  Dublin, la « Catholic University of Ireland ».

Dans un premier temps, en , Newman donne des confĂ©rences oĂč il expose sa conception de l'Ă©ducation et de l'universitĂ©, ainsi que la culture christianisĂ©e et la possibilitĂ© de concilier science et thĂ©ologie[120]. Ces notions sont encore prĂ©cisĂ©es lors de nouvelles interventions, qui conduisent Ă  l'une de ses principales Ɠuvres, Idea of a University (L'idĂ©e d'universitĂ©)[120]. TrĂšs vite, Newman en est nommĂ© recteur, mais les Ă©vĂȘques d'Irlande ne lui laissent aucune marge de manƓuvre, ce qui incite Nicholas Wiseman Ă  essayer, mais en vain, de le faire consacrer Ă©vĂȘque[121]. Mal considĂ©rĂ© et peu Ă©coutĂ©, Newman fonde cependant une facultĂ© de philosophie et de littĂ©rature en 1854, puis une facultĂ© de mĂ©decine en 1856[122] ; il tente aussi un rapprochement avec certains Irlandais inquiets de ses origines britanniques en se mettant Ă  l'Ă©tude de la culture celtique[123]. Pour autant, les Ă©tudiants n'affluent pas, les Ă©vĂȘques refusent toujours leur confiance et barrent la route aux laĂŻcs ; faute de pouvoir procĂ©der Ă  des nominations, Newman finit par dĂ©missionner en 1857[122].

Crises et déboires

La chambre de John Henry Newman.

En 1851, Newman donne une sĂ©rie de confĂ©rences « Present Position of Catholics in England » (« Situation actuelle des catholiques en Angleterre ») oĂč il dĂ©fend l'Église catholique face aux attaques de Giovanni Giacinto Achilli. Celui-ci, ancien prĂȘtre dominicain italien installĂ© depuis peu en Angleterre, a Ă©tĂ© rendu Ă  l'Ă©tat laĂŻc pour avoir eu des relations avec des femmes. Il proteste contre l'Église, la taxant d'obscurantisme et d'injustice. Newman dĂ©voile la vie cachĂ©e d'Achilli Ă  Rome dans un discours oĂč il dĂ©nonce des actes qu'il juge immoraux. Achilli lui intente un procĂšs en diffamation, ce qui oblige son accusateur Ă  rechercher des tĂ©moins Ă  grands frais, puis Ă  payer leur logement Ă  Londres lors d'une procĂ©dure qui, de plus, traĂźne en longueur[124]. D'abord menacĂ© de prison, Newman se trouve finalement condamnĂ© Ă  payer une lourde amende de 100 livres Ă  laquelle s'ajoutent les frais, soit 14 000 livres. The Times dĂ©clare que la justice s'est dĂ©shonorĂ©e et que la condamnation de Newman est inique[125]. Pour faire face aux dĂ©penses, Newman lance une souscription publique qui rĂ©ussit au-delĂ  de ses espĂ©rances, puisqu'il lui reste un surplus qu'il consacre Ă  l'achat de Rednall, une petite propriĂ©tĂ© situĂ©e dans les collines de Lickey, avec une chapelle et un cimetiĂšre oĂč il sera enterrĂ©.

Ce procÚs a été une épreuve pour Newman[126], d'autant qu'il s'est vu vilipendé par certains qui, critiquant son caractÚre, l'ont décrit comme « trop sensible » et affligé d'un « tempérament morbide »[126].

Lors de son dĂ©part pour Dublin, il confie la charge de l'oratoire de Birmingham Ă  un oratorien qui, de façon prĂ©maturĂ©e, sans l'aval du Saint-SiĂšge, procĂšde Ă  une rĂ©forme de l'institution ; en consĂ©quence, Newman, dĂ©noncĂ© pour hĂ©tĂ©rodoxie, doit partir pour Rome, oĂč il prĂ©sente sa dĂ©fense devant le cardinal Alessandro BarnabĂČ, lequel lui tĂ©moigne bien peu d'Ă©gards[127].

À son retour, il commence la rĂ©daction de ses rĂ©flexions sur les relations entre la foi et la raison. Il y donne une place non nĂ©gligeable aux composantes psychologiques et scientifiques ; mais son travail s'interrompt le lorsque l'archevĂȘque Nicholas Wiseman lui demande de diriger une nouvelle traduction de la Bible en anglais[128], mission qui va l'occuper pendant plus d'un an. En 1858 cependant, aprĂšs des mois de labeur, l'Ɠuvre est abandonnĂ©e sur l'intervention d'Ă©vĂȘques amĂ©ricains qui, ayant entrepris le mĂȘme travail, exigent de Nicholas Wiseman qu'il renonce Ă  son projet[129]. D'abord, l'archevĂȘque hĂ©site, puis cĂšde Ă  la pression, si bien que Newman, qui Ă©prouve d'ailleurs bien des difficultĂ©s Ă  se faire rembourser les frais engagĂ©s, se voit contraint de laisser la traduction inachevĂ©e[130].

En 1858, il projette de fonder une maison de la congrégation de l'Oratoire à Oxford, mais se heurte à l'opposition du cardinal Henry Edward Manning et de quelques autres, qui craignent que cela n'incite les catholiques anglais à envoyer leurs fils étudier à l'université d'Oxford ; aussi le projet est-il abandonné.

À la mĂȘme pĂ©riode, Newman connaĂźt aussi quelques dĂ©boires liĂ©s Ă  sa participation Ă  une revue tenue par des catholiques, The Rambler, qui se fait de plus en plus critique envers l'autoritĂ© ecclĂ©siale[131]. Convaincu de la bonne foi des participants, il cherche Ă  concilier la ligne Ă©ditoriale avec la position officielle de l'Église[132], mais certains dĂ©tournent ses propos et le citent pour Ă©tayer leur critique. De ce fait, il est dĂ©noncĂ© auprĂšs du Saint-Office pour hĂ©rĂ©sie et obligĂ© de fustiger publiquement l'interprĂ©tation fallacieuse qui est faite de ses Ă©crits[133]. En fin de compte, il dĂ©missionne de la rĂ©daction[134].

L'Apologia Pro Vita Sua

La chapelle privée du cardinal Newman.

Depuis 1841, Newman a une attitude dĂ©concertante pour bon nombre d'Anglais : converti au catholicisme, il ne dĂ©nonce que trĂšs rarement l'anglicanisme, prĂ©fĂ©rant se concentrer sur la dĂ©fense du catholicisme et de ses dogmes[135]. Paradoxalement, cette attitude suscite aussi la mĂ©fiance de bon nombre de ses nouveaux coreligionnaires. Son isolement s'accentue encore lorsque le cardinal Manning juge sa conception de l'autoritĂ© de l'Église non conforme Ă  la doctrine officielle[135].

En 1862 paraĂźt un pamphlet faisant Ă©tat de son retour Ă  l'anglicanisme, ce qu'il dĂ©nonce immĂ©diatement, et en , dans une recension de l'History of England de James Anthony Froude, parue dans le Macmillan Magazine, Charles Kingsley Ă©crit que « le pĂšre Newman nous informe que pour son bien, la vĂ©ritĂ© n'est pas nĂ©cessaire, et, dans l'ensemble, ne doit pas ĂȘtre une vertu du clergĂ© romain »[136].

Newman publie alors, sous la forme de pamphlet polémique, le feuilleton de sa conversion et de ses démarches depuis le début du mouvement d'Oxford ; en fait, il s'agit d'une véritable autobiographie spirituelle, publiée sous le nom Apologia Pro Vita Sua, qui retrace la recherche de la vérité ayant conduit à sa conversion. L'ouvrage est un grand succÚs de librairie, et lui vaut le soutien et les félicitations de nombreux catholiques dont il a levé les doutes[137], tout en lui permettant de renouveler le dialogue avec les anglicans du mouvement d'Oxford, en particulier John Keble et Edward Bouverie Pusey qu'il ne cÎtoie plus depuis prÚs de vingt ans[138].

À la suite de ce succĂšs, Newman cherche Ă  fonder une Ă©cole ouverte aux catholiques Ă  proximitĂ© de l'UniversitĂ© d'Oxford, projet qui lui tient d'autant plus Ă  cƓur qu'il est lui-mĂȘme venu au catholicisme par ses Ă©tudes au sein de l'universitĂ© et qu'il considĂšre les anglicans comme des amis partageant, malgrĂ© certaines diffĂ©rences, une foi proche de la sienne[139]. Cependant, le cardinal Henry Edward Manning s'oppose Ă  l'entreprise et demande au Vatican de la dĂ©noncer sous le prĂ©texte qu'Oxford est un lieu d'athĂ©isme hostile au catholicisme. C'est donc un Ă©chec, comme l'a Ă©tĂ© le projet de fonder un nouvel oratoire Ă  Oxford[140], ce qui incite Newman Ă  prendre du recul et Ă  Ă©crire l'un de ses plus cĂ©lĂšbres poĂšmes, « Le Songe de Gerontius ».

L'Oratoire finit nĂ©anmoins par ĂȘtre autorisĂ©, mais le cardinal Alessandro BarnabĂČ, suspectant Newman d'hĂ©rĂ©sie, lui en interdit l'accĂšs. Newman demande des explications au Saint-SiĂšge et apprend qu'il a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© dĂšs 1860, d'oĂč la mĂ©fiance de la Curie romaine. La tentative de justification qu'il entreprend aussitĂŽt fait long feu pour la simple raison que Nicholas Wiseman a, par Ă©tourderie, oubliĂ© de lui transmettre les documents nĂ©cessaires Ă  sa dĂ©fense[141]. Une fois cette bĂ©vue reconnue, les soupçons du Saint-SiĂšge s'estompent, et aussi bien le cardinal BarnabĂČ que le pape s'efforcent de tĂ©moigner des marques d'estime Ă  Newman, par exemple en l'invitant Ă  participer en tant que thĂ©ologien au Ier concile ƓcumĂ©nique du Vatican, honneur qu'il dĂ©cline pourtant[141].

DerniÚres années

Newman à l'Oratoire, lors de ses derniÚres années de vie.

En 1870, Newman publie sa Grammaire de l'assentiment, son travail le plus abouti, dans laquelle la foi religieuse est étayée par des arguments souvent différents de ceux qu'emploient les théologiens catholiques. En 1877, lors de la réédition de ses travaux anglicans, il ajoute une longue préface et de nombreuses notes aux deux volumes sur la Via Media en réponse aux critiques anti-catholiques qu'il émettait alors.

Lors du Ier concile ƓcumĂ©nique du Vatican (1869-1870), il s'oppose Ă  la dĂ©finition de l'infaillibilitĂ© pontificale prĂ©sentĂ©e par les thĂ©ologiens qui reviennent de Rome. Dans une lettre privĂ©e Ă  son Ă©vĂȘque, publiĂ©e Ă  son insu, il dĂ©nonce « la faction insolente et agressive » qui a soutenu ce dogme. Cependant, il ne s'y oppose pas lors de sa proclamation et, lors de l'attaque du Premier ministre Gladstone accusant l'Église catholique d'avoir « Ă©galement rĂ©pudiĂ© la pensĂ©e moderne et l'histoire ancienne », il trouve plus tard l'occasion de prĂ©ciser son attitude. Dans une lettre au duc de Norfolk, Newman affirme qu'il a toujours cru en cette doctrine, mais a craint qu'elle n'affecte les conversions en Angleterre en raison des spĂ©cificitĂ©s historiques locales du catholicisme[142] ; en cela, il affirme la compatibilitĂ© entre le catholicisme et la libertĂ© de conscience que certains anglicans, depuis la proclamation du dogme de infaillibilitĂ©, ont entrepris de dĂ©noncer[143].

En 1878, Ă  son grand plaisir, son ancien collĂšge le choisit comme « Honorary Fellow » (membre honoraire) de l'universitĂ© d'Oxford[144]. La mĂȘme annĂ©e meurt le pape Pie IX qui n'avait guĂšre confiance en lui, et son successeur, LĂ©on XIII, suivant la suggestion du duc de Norfolk, dĂ©cide de l'Ă©lever au cardinalat, une distinction remarquable pour un simple prĂȘtre. La proposition est faite en et son annonce publique est largement approuvĂ©e dans le monde anglophone. Ainsi, John Henry Newman est crĂ©Ă© cardinal le , recevant le titre de San Giorgio al Velabro[145]. Il profite de sa prĂ©sence Ă  Rome pour souligner sa constante opposition au libĂ©ralisme en matiĂšre religieuse.

À Rome, il tombe gravement malade, mais rejoint, peu aprĂšs son apparente guĂ©rison, l'Oratoire en Angleterre, oĂč, frappĂ© par une rechute, il meurt le , Ă  89 ans[146].

Le cardinal Newman est enterrĂ© dans le cimetiĂšre de Rednall Hill (Birmingham). Il partage sa tombe avec son ami, le rĂ©vĂ©rend-pĂšre Ambrose St. John, qui s'est converti au catholicisme en mĂȘme temps que lui. Dans le cloĂźtre de l'oratoire de Birmingham, oĂč sont placĂ©es des plaques commĂ©moratives, il voulut que soit inscrite au-dessous de son nom cette Ă©pitaphe : Ex umbris et imaginibus in veritatem (« Des ombres et des images vers la vĂ©ritĂ© »)[146].

HĂ©ritage

La théologie de Newman

John Henry Newman
Image illustrative de l’article John Henry Newman
Biographie
Nom de naissance John Henry Newman
Naissance
Londres
Ordre religieux Congrégation de l'Oratoire
Ordination sacerdotale par le
card. Giacomo Filippo Fransoni
DĂ©cĂšs
Edgbaston
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape LĂ©on XIII
Titre cardinalice Cardinal-diacre
de San Giorgio al Velabro

Blason
« Cor ad cor loquitur »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L'influence de Newman, comme controversiste et prĂ©dicateur, est immense. Pour l'Église catholique, sa conversion est source d'un grand prestige et dissipe de nombreux prĂ©jugĂ©s. Plus prĂ©cisĂ©ment, son influence se fait dans l'idĂ©e d'une spiritualitĂ© plus large et dans la notion de dĂ©veloppement, tant au niveau de la doctrine qu'Ă  celui du gouvernement de l'Église. Il approfondit ainsi la notion de dĂ©veloppement homogĂšne du dogme. Le contenu de la foi, prĂ©sent dĂšs l'origine, trouve progressivement, dans l'histoire de l'Église une comprĂ©hension et une formulation plus amples et plus prĂ©cises.

Bien qu'il ne se soit jamais considéré comme un mystique, Newman développe l'idée que la vérité spirituelle est connue par l'intuition directe, comme une nécessité antérieure à la base rationnelle du credo catholique. Pour les anglicans, mais aussi pour certaines communautés protestantes plus strictes, son influence est également grande, mais d'un autre point de vue : en effet, il a défendu la légitimité des dogmes catholiques et l'importance de la part austÚre, ascétique et solennelle du christianisme[143] - [142].

Newman affirme que, Ă  part une conviction intĂ©rieure irrĂ©ductible Ă  la raison, il n'existe pas de preuve rationnelle de l'existence de Dieu. Dans le Tract 85, il se confronte aux difficultĂ©s du « Credo » et des Écritures, concluant sur le caractĂšre insurmontable de ces derniĂšres si elles ne sont pas transcendĂ©es par l'autoritĂ© d'une Église infaillible. Dans le cas de Newman, de telles affirmations ne mĂšnent pas au scepticisme, parce qu'il a toujours eu une trĂšs forte conviction intĂ©rieure. Dans le Tract 85, son seul doute concerne l'identitĂ© de la vĂ©ritable Église. Mais, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, son enseignement aboutit Ă  ce que l'homme sans cette conviction intĂ©rieure ne peut qu'ĂȘtre un agnostique, tandis que celui qui la possĂšde est destinĂ© Ă  devenir, tĂŽt ou tard, catholique.

Conception du christianisme

Statue du cardinal Newman Ă  l'Oratoire de Londres.

À travers la thĂ©ologie et les textes fondamentaux, Newman a toute sa vie recherchĂ© un christianisme authentique. Pour lui, celui-ci doit se fonder sur la RĂ©vĂ©lation : la VĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par Dieu[147]. Il se demande comment la foi originelle des apĂŽtres a pu se rĂ©sumer sous la forme de diffĂ©rents credo, comment la religion chrĂ©tienne s'est dĂ©veloppĂ©e et dans quelle mesure elle dĂ©crit la RĂ©vĂ©lation sans la trahir[148]. Les PĂšres de l'Église lui permettent d'aller au fondement de cette vĂ©ritĂ©. Cette quĂȘte de la vĂ©ritĂ© devient alors son principal objectif et il s'en explique ainsi : « Je suis frappĂ© d'un triste pressentiment que le don de la vĂ©ritĂ©, une fois perdu, est perdu pour toujours. Ainsi le monde chrĂ©tien, graduellement, devient stĂ©rile et s'Ă©puise, comme une terre exploitĂ©e Ă  fond et qui devient du sable »[149].

Il place d'emblĂ©e l'Église au cƓur de sa rĂ©flexion[150]. Il refuse de faire de la Bible le seul pilier de la foi. Celle-ci doit ĂȘtre prĂ©sente, selon lui, dans la rĂ©alitĂ© concrĂšte et dans l'expĂ©rience quotidienne, et vĂ©cue au sein de l'Église[150]. Il considĂšre que l'Église transmet les vĂ©ritĂ©s chrĂ©tiennes Ă  travers la rĂ©vĂ©lation issue de la Tradition[150] et s'appuyant sur la succession apostolique[67] : Dieu agit, et la vie chrĂ©tienne existe, non pas par une expĂ©rience sensible, comme l'affirment les protestants Ă©vangĂ©liques, mais par la foi et la grĂące qui peuvent agir sans forcĂ©ment donner des expĂ©riences psychologiques visibles[151]. Être chrĂ©tien consiste, pour Newman, en un don de soi, renouvelĂ© dans la foi[151].

L'Ă©tude des PĂšres de l'Église, encouragĂ©e par l'Ă©criture d'articles encyclopĂ©diques[152], puis par des recherches sur l'arianisme, l'incite Ă  approfondir sa foi. Les paroles d'OrigĂšne sur la difficultĂ© de percer les mystĂšres de la Bible le marquent : « Quiconque croit que les Écritures sont venues de celui qui est l'auteur de la nature peut bien s'attendre Ă  y retrouver la mĂȘme sorte de difficultĂ©s que l'on trouve dans la constitution de la nature »[153]. Pour lui, Dieu parle Ă  travers l'Église[154]. Cette Ă©tude patristique l'amĂšne Ă  examiner les principaux conciles[155] et Ă  rechercher la vĂ©ritĂ© en remontant aux sources du christianisme.

La crise religieuse qui touche le Royaume-Uni au XIXe siĂšcle amĂšne l'Église anglicane Ă  se libĂ©rer de l'emprise de l'État[67]. Newman souhaite alors retourner aux origines du christianisme et du catholicisme intĂ©gral que reprĂ©sente pour lui l'anglicanisme[156] - [157]. Cette tentative de conciliation entre le christianisme originel et l'unitĂ© de l'Église anglicane est l'objet de ses recherches, dĂ©veloppĂ©es un temps sous le nom de « Via Media »[73]. Finalement, il remet ce point de vue en cause et considĂšre que l'anglicanisme s'Ă©loigne du christianisme des origines[156].

Conception de la Tradition chrétienne

John Henry Newman, avant mĂȘme sa conversion au catholicisme, accorde une grande importance Ă  la Tradition dans le christianisme[158]. Certains protestants refusent tout dogme et toute vĂ©ritĂ© en dehors de la Bible, suivant l'adage « Sola scriptura » (l'Écriture seulement). Ils contestent la crĂ©ation de nouveaux dogmes par l'Église catholique[159]. Newman, au contraire, met en valeur la tradition chrĂ©tienne dans un cycle de confĂ©rences Ă  Saint-Mary en 1837 intitulĂ© « Lectures on the Prophetical Office of the Church »[159]. Il dĂ©cline la Tradition sous deux formes : la « Tradition Ă©piscopale » et la « Tradition prophĂ©tique ». Pour lui, ces deux types de tradition sont indissociables[158].

La « Tradition Ă©piscopale »[160], qui regroupe l'ensemble des documents officiels de la hiĂ©rarchie, valorise tant la hiĂ©rarchie, et donc la succession apostolique, que l'ensemble des textes fondateurs et des credos de l'Église. Elle s'ajoute Ă  l'Écriture sainte et permet de l'interprĂ©ter. FigĂ©e dans des Ă©crits, cette Tradition permet de conserver et de protĂ©ger la foi de l'Église[158].

La « Tradition prophĂ©tique »[160], ensemble des Ă©crits des docteurs de l'Église, la liturgie et les rites, s'exprime dans la vie des chrĂ©tiens[158]. Elle est constituĂ©e, selon Newman, de ce que saint Paul appelle « la vie de l'Esprit »[161]. La Tradition prophĂ©tique est pour Newman la Tradition vĂ©cue au quotidien et de maniĂšre continuelle par les chrĂ©tiens[161].

Newman interprĂšte donc la Tradition comme quelque chose de vivant, changeant et actuel. Cependant, il affirme que l'anglicanisme est susceptible de s'Ă©carter de la vĂ©ritĂ© de la foi s'il se dĂ©tache des PĂšres de l'Église et donc de la Tradition. Pour Newman, l'Église a toujours besoin de revenir aux sources, Ă  son fondement, car en s'Ă©cartant de la tradition Ă©piscopale, l'anglicanisme peut perdre ce qui fait la richesse de la Tradition[161]. L'importance donnĂ©e par Newman aux PĂšres de l'Église et Ă  la patristique dĂ©coule donc de sa conception de la Tradition[161].

ThĂ©ologie de l'Église

Sa vie durant, Newman a Ă©tudiĂ© l'Église et sa signification. La recherche du christianisme originel l'a poussĂ© Ă  se pencher sur les Ă©crits des PĂšres de l'Église et il a vu dans la crise de l'arianisme au IVe siĂšcle des similitudes avec celles qui affectent le christianisme au XIXe siĂšcle.

Il se demande si l'anglicanisme peut ĂȘtre l'hĂ©ritier du christianisme authentique des PĂšres de l'Église ; ce Ă  quoi il rĂ©pond positivement, Ă  cela prĂšs que la papautĂ© en a trahi l'essence. Si l'anglicanisme vit au XIXe une crise de sa pratique, lui cherche Ă  travers le mouvement d'Oxford et son Ɠuvre de « Via Media », Ă  en dĂ©finir une doctrine authentique, fondĂ©e sur la foi rĂ©vĂ©lĂ©e par les PĂšres de l'Église et sur les sacrements[162].

Cependant, sa recherche le conduit peu Ă  peu Ă  prendre ses distances. AprĂšs des annĂ©es de rĂ©flexions, sur les PĂšres de l'Église en particulier, il est parvenu Ă  la conclusion que l'anglicanisme se dĂ©part du christianisme vĂ©ritable, tant l'analyse de l'histoire de l'Église, et notamment celle des hĂ©rĂ©sies, souligne sa diffĂ©rence d'avec les dogmes et la Tradition chrĂ©tienne. Son refus de l'autoritĂ© de Rome s'assimile Ă  l'hĂ©rĂ©sie donatiste et aussi, constate-t-il lors de nouvelles recherches, Ă  celle des monophysites[163]. DĂ©sormais, Ă©crit-il plus tard : « Il Ă©tait difficile de soutenir que les eutychiens et les monophysites Ă©taient des hĂ©rĂ©tiques, Ă  moins que les protestants et les anglicans ne le fussent aussi ; difficile de trouver des arguments contre les PĂšres de Trente qui ne fussent pas contraires aussi aux PĂšres de ChalcĂ©doine ; difficile de condamner les papes du XVIe siĂšcle sans condamner les papes du Ve »[164].

Alors, concilier l'anglicanisme et le christianisme des PĂšres de l'Église s'avĂšre difficile, tant se dĂ©robent les fondements nĂ©cessaires Ă  sa « Via Media »[165], et la doctrine des PĂšres de l'Église ne s'accommode pas d'une Église locale se coupant de l'Église universelle[166]. Newman prend donc acte de cette impossibilitĂ© : « À quoi servait de poursuivre la controverse ou de dĂ©fendre ma position, si, aprĂšs tout, je forgeais des arguments pour Arius et EutychĂšs, et je devenais l'avocat du diable contre le patient Athanase et le majestueux LĂ©on ? »[167].

Ainsi, sa rĂ©flexion l'aura conduit Ă  nuancer et Ă  changer son regard sur l'Église catholique. S'il n'y dĂ©cĂšle plus de diffĂ©rences dogmatiques avec la foi des PĂšres de l'Église, il relĂšve en celle de l'anglicanisme protestant un Ă©cart de plus en plus appuyĂ©. Les griefs se sont inversĂ©s : d'abord suspicieux de ce qu'il a cru ĂȘtre une foi « superstitieuse », sa mĂ©fiance s'estompe lorsqu'il approfondit la question, notamment Ă  travers les Ă©crits d'Alphonse de Liguori, et parvenu au bout de sa longue rĂ©flexion, il prend du recul pour que mĂ»risse son propos et s'assure sa dĂ©cision. Alors seulement fait-il le choix de se convertir au catholicisme.

Newman voit maintenant en l'Église catholique l'hĂ©ritiĂšre des PĂšres de l'Église et, par lĂ , du seul christianisme authentique car rĂ©vĂ©lĂ©, conversion et foi n'excluant pas la critique de certaines attitudes papales. Pour lui, l'Église est bien une institution divine mais ancrĂ©e dans le monde, et donc constituĂ©e de pĂ©cheurs.

La place de la conscience

La Conscience, dessin sur charbon, 1877, illustration de François Chifflart.

DĂ©finition de la conscience

Pour Newman la conscience est le propre de la nature humaine, « sentiment de responsabilitĂ©, de honte ou de frayeur »[168], Ă©cho d’une admonition extĂ©rieure ou murmure secret du cƓur[169]. C'« est une loi de notre esprit, mais qui dĂ©passe Ă  quelque titre notre esprit ; qui nous intime des injonctions ; qui signifie responsabilitĂ© et devoir, crainte et espĂ©rance : et qui est dotĂ©e d’une spontanĂ©itĂ© la distinguant du reste de la nature »[170] - [171].

La conscience se dĂ©finit comme une capacitĂ© Ă  obliger (enjoindre) et Ă  juger[171]. Les premiers sermons la prĂ©sentent comme « ce guide, implantĂ© dans notre nature pour y distinguer la rectitude et la malice, et pour revĂȘtir la rectitude d’une autoritĂ© absolue, [qui] n’a rien d’aimable ni de misĂ©ricordieux. La conscience est sĂ©vĂšre, elle est mĂȘme intraitable. Elle ne parle pas de pardon, mais de punition »[172], et ses effets peuvent ĂȘtre la bonne conscience, la paix intĂ©rieure, mais aussi la condamnation[173].

La conscience se prĂ©sente comme une facultĂ© de jugement, fragile mais irrĂ©ductible : voix, motion, insistante mais faible[173], indĂ©pendante de la volontĂ© de l’homme qui a la facultĂ© de lui dĂ©sobĂ©ir mais reste impuissant Ă  la dĂ©truire[173].

Théologie de la grùce : Lectures on Justification

Les Lectures on Justification sont tirĂ©es d'un ensemble de confĂ©rences donnĂ©es par Newman Ă  Saint-Mary en 1838, alors qu'il est encore anglican[174]. Une fois converti au catholicisme, comme il ne renie rien de ses propos, son objectif devient de concilier deux Ă©lĂ©ments, l'effet de la grĂące et celui des Ɠuvres (les bonnes actions) dans le salut. En effet, les protestants, notamment Martin Luther, se sont dĂ©tournĂ©s de la doctrine catholique de la justification, rejetant l'idĂ©e que les Ɠuvres puissent contribuer au salut et affirmant que seule la foi en Dieu donne accĂšs au paradis[175]. Cette thĂ©ologie a fortement imprĂ©gnĂ© l'anglicanisme et a conduit Ă  faire de la justification une affaire privĂ©e entre l'homme et Dieu[176]. Newman tente de mettre au point une thĂ©orie de la justification qui concilie les deux thĂ©ologies, ce qu'il rĂ©ussit, du moins aux yeux du thĂ©ologien allemand Ignaz von Döllinger qui y voit « le plus beau chef-d'Ɠuvre de la thĂ©ologie que l'Angleterre ait produit depuis un siĂšcle. »[177], et d'aucuns lui assignent mĂȘme une profonde portĂ©e ƓcumĂ©nique[177] - [178] - [179].

Dans ce TraitĂ© sur la Justification, Newman commence par critiquer la conception trop littĂ©rale de la Bible qu'ont certains protestants. S'appuyant sur l'interprĂ©tation des PĂšres de l'Église[175], il dĂ©nonce deux dĂ©rives, la sĂ©lection exclusive de certains passages, nuisible Ă  la perception de la logique du salut dans son indivisible globalitĂ©[180], et le danger, aux dĂ©pens de l'enseignement des conciles et des Ă©crits patristiques, de la lecture biblique comme seule source d'interprĂ©tation. Semblable choix contient en germe une possible interprĂ©tation subjective, dĂ©tachĂ©e de tout contexte temporel et historique, ce qui revient pour Newman Ă  nier la RĂ©vĂ©lation qui se poursuit, au-delĂ  de la mort du Christ, Ă  travers l'action de l'Esprit Saint prĂ©sent dans l'Église[181].

Dans un deuxiÚme temps, Newman critique la conception des protestants selon laquelle seule la foi conduit au salut, ce qui implique que Dieu n'est plus l'acteur de la justification et de la sanctification des personnes ; si la foi personnelle conduit en soi au salut, ce sont la conversion et la foi qui sont premiÚres, le Christ se trouvant relégué au rang de second[181]. L'homme devient alors sa propre justification, paradoxe total pour Newman : « Ainsi la religion finit-elle par consister dans la contemplation de soi et non du Christ »[182].

Newman s'oppose ensuite Ă  la conception de la justification de Martin Luther, selon laquelle Dieu justifie en ne reconnaissant plus la culpabilitĂ© de l'homme, ce Ă  quoi Newman s'oppose en dĂ©veloppant une thĂ©ologie de la « Parole de Dieu » ; comme il le montre dans la GenĂšse oĂč c'est par la parole que Dieu crĂ©e le monde, cette « Parole de Dieu » est action[183] - [184]. Quand Dieu dĂ©clare quelqu'un justifiĂ©, la justification ne consiste plus en une non-reconnaissance de la culpabilitĂ© de la personne justifiĂ©e, mais Dieu fait d'elle une personne juste : « Il ne s'agit pas de la concession silencieuse d'une faveur, mais de l'Ă©clatement visible de sa puissance et de son amour [
]. Soyons sĂ»rs de cette consolante vĂ©ritĂ© : la grĂące divine qui justifie rĂ©alise ce qu'elle dĂ©clare »[185].

Pour Newman, Dieu, dans la justification, transforme l'homme, non pas par un acte extĂ©rieur Ă  lui-mĂȘme, mais en le changeant intĂ©rieurement. Or ce changement qui justifie est un pur don de Dieu : « Ce n'est ni une qualitĂ©, ni un acte de notre esprit, ni la foi, ni le renouvellement, ni l'obĂ©issance, ni quoi que ce soit de connaissable Ă  l'homme [
] mais un certain don de Dieu qui contient toutes ses rĂ©alitĂ©s »[186]. Ainsi la justification consiste-t-elle Ă  vivre avec Dieu : « ĂȘtre justifiĂ©, c'est recevoir la divine PrĂ©sence, c'est devenir le Temple du Saint-Esprit »[186].

Si Dieu nous a justifiĂ©s, affirme Newman, c'est pour que notre conduite, nos actions et nos Ɠuvres, relĂšvent du Salut de Dieu. Il n'y a pas de dichotomie dans la justification entre la foi et les Ɠuvres : « Le Christ n'a pas gardĂ© uniquement dans ses mains le pouvoir de justifier ; son Esprit nous le dispense par le moyen de nos propres actions. Il nous a donnĂ© l'aptitude Ă  lui plaire[187]. » Le justifiĂ© vit alors, pour Newman, avec le Christ. Et le Christ continue de nous justifier, « au-dedans de nous, avec nous, Ă  travers nous, par nous »[188]. Notre vie devient le signe de la justification de Dieu, et de la prĂ©sence de Dieu qui nous justifie continuellement : « Il n'y a qu'une seule rĂ©conciliation : il y a dix mille justifications »[189] - [190]. La justification peut se comprendre conformĂ©ment Ă  la parole de saint Paul « ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi », les mĂ©rites de la personne se confondant alors avec ceux de Dieu[178]. Ainsi la justification naĂźt du fait de cette prĂ©sence de Dieu en nous : « Le PĂšre-Tout-Puissant nous regarde ; il ne nous voit pas nous, mais la prĂ©sence sacrĂ©e de son fils qui se rĂ©vĂšle spirituellement en nous »[188].

Naissance de L'Idée d'université

Bureau de John Henry Newman Ă  l'Oratoire de Birmingham.

L'idĂ©e d'une universitĂ© est nĂ©e de la demande des Ă©vĂȘques irlandais en butte aux Queen's colleges qu'installe le gouvernement anglais en Irlande. Il s'agit d'Ă©viter que les catholiques de ce pays n'aient d'autre choix que de frĂ©quenter une universitĂ© de Sa MajestĂ©, de surcroĂźt tenue par des anglicans. Aussi suggĂšrent-ils Ă  Newman de fonder ce qui deviendra l'University College Dublin[191]. Face Ă  la surprise que manifestent les Ă©vĂȘques devant sa conception de l'universitĂ©, Newman donne, entre 1852 et 1858, une sĂ©rie de confĂ©rences susceptibles d'Ă©clairer ses choix, corpus ensuite repris dans son ouvrage L'IdĂ©e d'universitĂ©[192].

Autonomie de la culture

Au cours de ces conférences, Newman expose sa conception du rÎle de l'université : certes destinée à transmettre un savoir et des connaissances, elle se doit surtout d'éduquer l'intelligence[192], de conduire à la recherche de la vérité, quitte à passer par des approches et des méthodologies spécifiques aux différentes disciplines[192].

Elle n'a pas de finalitĂ© pratique, son but n'Ă©tant pas de former un bon citoyen ou mĂȘme un bon religieux ; sa mission est de « rendre Ă  l'intellect ce qui lui est dĂ» »[193], exigence, cela dit, n'impliquant pas l'indiffĂ©rence Ă  la rĂ©alitĂ© ou au savoir technique. Essentiellement destinĂ©e Ă  ouvrir les esprits et non Ă  les enfermer dans ce que Newman appelle la « bigoterie » de la spĂ©cialisation[193], sa richesse est d'aspirer, par l'enseignement de tous les savoirs, Ă  l'universalitĂ© du savoir[193] dont elle demeure le siĂšge oĂč se perpĂ©tue, non l'acquisition d'un savoir-faire, mais la primautĂ© de la culture[194].

Place des sciences et de la théologie

Alors mĂȘme que cette discipline commence Ă  ĂȘtre remise en cause, Newman prĂ©conise l'Ă©tude de la thĂ©ologie, enseignement, pense-t-il, qui sert les sciences[194], dont la prĂ©tention Ă  l'universalitĂ© et l'ambition de donner une explication globale du monde et des choses, alors que, paradoxalement, elles se spĂ©cialisent, ne ressortent pas Ă  leur spĂ©cificitĂ© originelle[195]. Ainsi, la thĂ©ologie et la philosophie se doivent d'ĂȘtre enseignĂ©es de pair avec les disciplines scientifiques, sans pour autant prĂ©tendre, comme elles, Ă  une explication du monde, mais justement, en les interrogeant sur leurs limites et la finalitĂ© qu'elles croient pouvoir dire de l'homme et de l'univers[195].

Pour Newman, en effet, les sciences, du moins celles qui outrepassent leur domaine de recherche, sont dans l'erreur : « Une douzaine de disciplines diverses envahissent son territoire pour le piller [
]. Elles ne peuvent manquer de faire fausse route dans une matiĂšre qu'elles n'ont absolument pas mission de connaĂźtre. J'en appelle Ă  ce principe de grande portĂ©e : toute science, si exhaustive soit-elle, se fourvoie quand elle s'Ă©rige en interprĂšte unique de ce qui survient au ciel et sur la terre »[196] - [197].

Le rĂŽle qu'assigne Newman Ă  la thĂ©ologie est d'ĂȘtre une fonction de rĂ©gulation et de critique face au savoir scientifique, sciences et thĂ©ologie devant dialoguer et s'enrichir mutuellement[198]. La thĂ©ologie n'est pas, de nature, supĂ©rieure aux sciences ; elle permet un autre regard sur l'homme et de s'approcher d'une autre vĂ©ritĂ©, qui est d'un autre ordre[198].

La place du savoir face Ă  la culture et Ă  l'Ă©ducation

Le dernier grand thĂšme dĂ©veloppĂ© par Newman est celui de la hiĂ©rarchie des savoirs et la place de la culture[198]. Il montre que le modĂšle Ă©ducatif dĂ©passe la simple sphĂšre des connaissances. En effet, chaque savoir tend Ă  rĂ©pondre Ă  la question du comment, Ă©vacuant par consĂ©quent celle du pourquoi[199]. Il obĂ©it Ă  une technique opĂ©ratoire qui, par des mĂ©canismes, conduit Ă  tout voir selon un mĂȘme mode de fonctionnement et, par lĂ -mĂȘme, tend Ă  rendre difficile, voire Ă  empĂȘcher toute autre vision d'une rĂ©alitĂ© qui ne serait pas soumise Ă  ces mĂ©canismes[200].

Pour Newman, l'enseignement chrétien ne doit pas nier la foi en lui laissant une place, permettant l'ouverture au mystÚre de la foi. Il s'agit donc de développer deux types de connaissance, l'une rationnelle et l'autre qui, située au-delà de la logique du savoir, donne accÚs à un niveau de vérité autre que celui des disciplines scolaires[199].

L'Ɠuvre littĂ©raire : l'apologiste

Dans l'ouvrage La Littérature autobiographique en Grande-Bretagne et en Irlande, Robert Ferrieux consacre un sous-chapitre à l'apologie qu'il range dans la catégorie de « l'autobiographie de circonstance » ; il examine ce genre en s'appuyant essentiellement sur l'exemple de John Henry Newman. C'est à cette analyse qu'est en grande partie emprunté le propos faisant l'objet de cette section[201].

Le plaidoyer pro domo

Avec son Apologia Pro Vita Sua, parue en 1867, Newman se distingue comme l'un des grands Ă©crivains autobiographiques du XIXe siĂšcle. Peut-ĂȘtre a-t-il, dans le choix d'un titre latin, Ă©tĂ© inspirĂ© par un illustre prĂ©dĂ©cesseur, le poĂšte romantique Samuel Taylor Coleridge qui avait publiĂ© en 1817 sa Biographia Literaria, livre se prĂ©sentant dĂ©jĂ  comme une sorte d'apologie, puisqu'il se situe surtout par rapport Ă  la prĂ©face composĂ©e par William Wordsworth lors de la deuxiĂšme Ă©dition en 1800 des Lyrical Ballads. DĂšs la premiĂšre page, en effet, Coleridge insiste sur ce qu'il appelle une « exculpation » (disculpation), rĂ©pondant Ă  une « charge » (accusation), signifiant par lĂ  son dĂ©sir apologĂ©tique, prĂ©lude nĂ©cessaire Ă  l'exposition de ses idĂ©es[202] - [203].

L'essence de l'apologie de soi, en effet, est un plaidoyer pro domo rendu nĂ©cessaire par une accusation. Socrate, est-il dit, a corrompu les jeunes de la citĂ©, et John Henry Newman, selon Charles Kingsley, ne considĂšre pas que l'amour de la vĂ©ritĂ© « soit une vertu nĂ©cessaire » (« be a necessary virtue »)[204]. Charles Kingsley, en effet, dans un compte-rendu de l'Histoire de l'Angleterre de J. A. Froude pour le Macmillan's Magazine, a insĂ©rĂ© une phrase vengeresse Ă  l'Ă©gard de Newman : « La vĂ©ritĂ© en soi n'a jamais Ă©tĂ© une vertu aux yeux du clergĂ© de l'Église romaine. Le pĂšre Newman nous informe qu'elle n'a point besoin ni, tout compte fait, l'obligation d'en ĂȘtre une, et que la ruse est l'arme qui a Ă©tĂ© donnĂ©e aux Saints pour repousser les forces viriles et brutales du monde des mĂ©chants » (« Truth, for its own sake, had never been a virtue with the Roman clergy. Father Newman informs us that it need not, and on the whole ought not to be; that cunning is the weapon which heaven has given to the Saints wherewith to withstand the brute male force of the wicked world [
] »). AprĂšs une correspondance polĂ©mique – les deux hommes ne se sont pas rencontrĂ©s – la rĂ©ponse de Newman a Ă©tĂ© son Apologia Pro Vita Sua[205], rĂ©ponse non pas Ă  une sollicitation intime, mais Ă  la blessure d'une injustice venue de l'extĂ©rieur.

Le besoin autobiographique n'est donc pas premier : c'est parce que Newman se sait sous le coup d'une calomnie intellectuelle et morale qu'il entreprend de rendre compte de lui-mĂȘme. S'il n'avait Ă  rĂ©pondre de ses actes, au sens quasi pĂ©nal du terme, devant le tribunal des hommes, et non plus de sa seule conscience (le mot « charge » [accusation] revient sans cesse sous sa plume), il n'aurait sans doute pas pris la peine de ce rappel systĂ©matique de sa vie spirituelle. Qui plus est, il ressent la nĂ©cessitĂ© de se justifier au nom de l'Église tout entiĂšre, visĂ©e Ă  travers sa personne par ses dĂ©tracteurs. Son apologie, ambitieusement appelĂ©e Pro Vita Sua (« Pour sa vie »), ce qui tĂ©moigne de l'importance « vitale » de l'engagement, devient alors une nĂ©cessitĂ©, un devoir (duty), comme il l'Ă©crit, envers lui-mĂȘme, la cause catholique et le clergĂ©[206].

L'épreuve obligée

À ce compte, l'apologie ne peut se dĂ©velopper dans les conditions de sĂ©rĂ©nitĂ© qui caractĂ©risent nombre d'entreprises autobiographiques. Au contraire, c'est la passion qui la gouverne et, de fait, Newman blĂȘmit sous l'insulte et entend bien ne pas se laisser traiter de fripon ou de sot sans relever le gant. De plus, se savoir ainsi placĂ© en position d'infĂ©rioritĂ© le rend malgrĂ© lui agressif et le dĂ©tachement qu'il affiche lorsqu'il prĂ©tend se trouver dĂ©sormais « dans un flux de pensĂ©es d'une Ă©lĂ©vation et d'une sĂ©rĂ©nitĂ© telles qu'aucune calomnie ne saurait le perturber » (« in a train of thought higher and more serene than any which slander can disturb »)[207], ne peut longtemps faire illusion, puisqu'aussitĂŽt il envoie « voler » Mr Kingsley dans les espaces infinis avec une vigueur peu commune (« away with you, Mr Kingsley and fly into space »)[208] - [209].

Dans de telles conditions, la dĂ©marche autobiographique cesse d'ĂȘtre un plaisir : « On conçoit aisĂ©ment l'Ă©preuve que reprĂ©sente pour moi d'Ă©crire ainsi l'histoire de ma personne ; mais je ne saurais reculer devant la tĂąche » (« It may be easily conceived how great a trial it is to me to write the following history of myself; but I must not shrink from the task »)[210]. Exposer les motifs profonds de sa conduite Ă  des adversaires pour lesquels il ne ressent que mĂ©pris ou haine est une vĂ©ritable souffrance : Newman a honte de se livrer ainsi au regard de ses dĂ©tracteurs. Les mots « obligation », « trial » (Ă©preuve), « reluctance » (rĂ©pugnance) reviennent sans cesse dans son rĂ©cit et chaque fois qu'il doit rĂ©vĂ©ler un dĂ©tail personnel, c'est une trĂšs grande violence qu'il se fait, Ă©prouvant le sentiment d'un intrusion sacrilĂšge dans le plus secret des dĂ©bats, celui que conduit son Ăąme avec Dieu : « Il n'est pas agrĂ©able de donner Ă  chaque contradicteur superficiel ou dĂ©sinvolte l'avantage de connaĂźtre mes pensĂ©es les plus intimes » (« Its is not pleasant to be giving to every shallow or flippant disputant that advantage over me of knowing my most private thoughts »)[211] - [212].

L'a priori des données

Un tel fonds de passion et une rĂ©ticence aussi prononcĂ©e ne sauraient a priori constituer les meilleures garanties d'objectivitĂ©. À trop vouloir se justifier, l'apologiste risque, mĂȘme Ă  son insu, de se trahir : organiser le rĂ©cit de sa vie spirituelle et intĂ©rieure pour prouver au monde le bien-fondĂ© d'une attitude est tentant et, en ce genre d'entreprise, la fin appelle les moyens. LĂ  se situe ce que Georges Gusdorf a appelĂ© la « reconstruction a posteriori »[213]. Newman, bien conscient de ce pĂ©ril, souligne au dĂ©but de son ouvrage les nombreuses difficultĂ©s qu'il va rencontrer. RĂ©ussira-t-il Ă  empĂȘcher que sa conversion au catholicisme romain, Ă©vĂ©nement majeur de sa vie et dernier Ă©pisode de son rĂ©cit, influence et colore son propos ? Il se porte aussitĂŽt au devant de l'objection : « De plus, mon intention est de rester, tout simplement personnel et historique. Je n'expose pas la doctrine catholique, je ne fais rien de plus qu'expliquer ma personne, mes opinions et mes actes [
] Tout ce que je dĂ©sire, dans la mesure de possible, c'est de rendre compte de faits » (« Moreover, I mean to be simply personal and historical, I am not expounding the Catholic doctrine, I am doing no more than explaining myself, and my opinions and actions [
] I wish, as far as I am able, to state facts »)[211] - [212].

Il y a lĂ , comme chez tous les apologistes, un a priori des donnĂ©es qui ne correspond pas exactement aux buts de l'autobiographie. Newman n'a pas besoin de passer toute son existence en revue, puisque sa dĂ©marche se limite Ă  une section bien dĂ©finie de son activitĂ©. Il lui faut rĂ©unir un faisceau de preuves d'autant convaincantes qu'elles se rapprochent de la pĂ©riode oĂč il a Ă©tĂ© mis en cause. Ainsi, il ne s'intĂ©resse aux divers aspects de sa vie que dans la mesure oĂč ils peuvent contribuer Ă  Ă©chafauder son systĂšme de dĂ©fense et de persuasion : « Je me prĂ©occupe de bout en bout, Ă©crit-il, de questions relatives Ă  la croyance et Ă  l'opinion, et si j'introduis d'autres gens dans mon rĂ©cit, ce n'est ni pour eux-mĂȘmes ni parce que j'ai ou ai eu de l'affection pour eux, mais parce que et dans la seule mesure oĂč ils ont influencĂ© mes vues thĂ©ologiques » (« I am all along engaged upon matters of belief and opinion, and am introducing others into my narative, not for their own sake, or because I loved or have loved them, so much as because, and in so far as, they have influenced my theological views »)[214]. Rien d'Ă©tonnant, en consĂ©quence, que son apologie consacre trente et une pages Ă  trente-deux annĂ©es de son existence, alors que presque le double est rĂ©servĂ© aux deux seules, cruciales pour lui et ses adversaires, qui ont dĂ©finitivement changĂ© le turbulent agitateur anglican en un catholique convaincu[215].

Le genre du présent

Genre du prĂ©sent, donc, que cette apologie qui, par nature, tend Ă  se dĂ©velopper en surface mais, invitant Ă  livrer le meilleur de soi, n'en constitue pas moins un document autobiographique de valeur. RĂ©tablir une situation jugĂ©e compromise exige d'abord un systĂšme de dĂ©fense exempt de malhonnĂȘtetĂ© intellectuelle : Newman le sait qui accumule les vertus dont il entend faire la preuve : il « mĂ©prise et dĂ©teste, assure-t-il, le mensonge, et le chipotage, et le parler hypocrite, et la rouerie, et la ruse, et la fausse suavitĂ©, et le discours creux, et le faire-semblant [
] et [il] prie que leur piĂšge lui soit Ă©pargnĂ© » (« scorn and detest lying, and quibbling, and double-tongued practice, and slyness, and cunning, and smoothness, and cant, and pretence [
], and I pray to be kept from the snare of them »)[216]. Historien de son esprit, comme il se dĂ©finit lui-mĂȘme[217], il prĂ©cise au fil des pages son programme et sa mĂ©thode : pas d'anecdote ou de romantisme[218] ; malgrĂ© le manque de documents « autobiographiques » qu'il dĂ©plore[219], il a trouvĂ© quelques notes de qui illustrent son propos[220] ; il se dĂ©fie de sa mĂ©moire et, le cas Ă©chĂ©ant, prĂ©fĂšre Ă©carter un argument possible plutĂŽt que courir le risque de dĂ©former la rĂ©alitĂ©[221] ; il s'efforce enfin de s'exprimer avec toute la clartĂ© nĂ©cessaire et ne nĂ©glige pas, Ă  l'occasion, de structurer son ouvrage « avec une rigueur et peut-ĂȘtre aussi, ajoute Robert Ferrieux, une gaucherie tout universitaires »[222] : « Ainsi ai-je rassemblĂ© de mon mieux ce qu'il y avait Ă  dire sur l'Ă©tat gĂ©nĂ©ral de mon esprit de l'automne 1839 Ă  l'Ă©tĂ© 1841 ; et cela fait, j'entreprends de raconter comment mes apprĂ©hensions ont affectĂ© ma conduite et mes relations envers l'Ă©glise d'Angleterre » (« I have thus put together, as well as I could, what had to be said about my general state of mind from the autumn of 1839 to the summer of 1841; and having done so, I go on to narrate how my misgivings affected my conduct and my relations towards the Anglican church »)[223].

Le rendez-vous avec soi

En gĂ©nĂ©ral, l'apologiste, Ă  force de se justifier, apprend peu Ă  peu et comme malgrĂ© lui Ă  se connaĂźtre ; parti du principe de sa compĂ©tence absolue, il s'aperçoit, arrivĂ© au terme de sa quĂȘte, qu'il n'est plus tout Ă  fait le mĂȘme homme qu'au dĂ©but[222]. Newman ne fait pas exception : son ton se fait peu Ă  peu moins pĂ©remptoire, l'argumentation moins dogmatique, l'expression moins polĂ©mique[222]. Il s'intĂ©resse maintenant Ă  ses hĂ©sitations et Ă  ses angoisses, il s'interroge : « [
] J'ai cru que j'avais raison ; comment savoir avec certitude que je l'avais toujours, combien d'annĂ©es avais-je Ă©tĂ© convaincu de ce que je rejetais aujourd'hui ? Comment reprendre jamais confiance en moi ? » (« [
] I then thought I was right; how was I certain that I was right now, how many years had I thought myself sure of what i now rejected? How could I ever again have confidence in myself? »[224]. Est-il certain de quelque chose, de lui-mĂȘme ? « Avoir la certitude, c'est savoir qu'on sait ; comment s'assurer que je ne changerai pas Ă  nouveau aprĂšs ĂȘtre devenu catholique ? » « To be certain is to know that one knows; what test had I, that I should not change again, after that I had become a Catholic? »)[224] - [222].

Ainsi, le rĂ©cit l'a aidĂ© Ă  surmonter, une fois encore, les sollicitations de sa conscience et lui a apportĂ© une confirmation dont il avait secrĂštement besoin : « Insensiblement, Ă©crit Robert Ferrieux, l'apologie s'est rapprochĂ©e de l'autobiographie et la justification muĂ©e en dĂ©couverte »[222]. Vers la fin de son livre, Newman peut Ă©crire en toute sĂ©rĂ©nitĂ© : « [
] je n'ai plus rien Ă  raconter sur l'histoire de mes opinions religieuses [
] Je n'ai eu Ă  signaler aucun changement ni aucun affre d'angoisse. J'ai Ă©tĂ© dans un parfait Ă©tat de paix et de satisfaction [
] Ce fut comme de rentrer au port aprĂšs la tempĂȘte, et j'en ressens un bonheur qui, Ă  ce jour, ne s'est jamais dĂ©menti » (« [
] I have no further history of my religious opinions to narrate [
] I have had no changes to record, and have had no anxiety of heart whatever. I have been in perfect peace and contentment [
] It was like coming into port after a rough sea; and my happiness on that score remains to this day without interruption »)[225]. SuprĂȘme gratification, il remercie Mr Kingsley des tracas qu'il lui a causĂ©s[226] ; en dĂ©finitive, commente Robert Ferrieux, « il n'a rien Ă  regretter : la traversĂ©e en valait la peine »[227].

Influence

Personnalité

Le cardinal Newman dans ses derniÚres années, portrait par Emmeline Deane.

Le cardinal Newman, avec ses forces et ses faiblesses, est un homme charismatique, convaincu du sens de son propre destin. PoÚte inspiré, il possÚde un authentique talent littéraire. Plusieurs de ses premiers poÚmes restent, écrit R. H. Hutton « inégalés pour la magnificence de leur composition, la pureté de leur goût, et leur rayonnement total », et « Le Songe de Gerontius », le dernier et le plus long de tous, est parfois considéré comme la plus convaincante tentative de représentation du monde invisible depuis l'époque de Dante[228].

Sa thĂ©orie du dĂ©veloppement doctrinal et son affirmation de la suprĂ©matie de la conscience, ont parfois conduit Ă  faire de lui, malgrĂ© toutes ses dĂ©nĂ©gations, un libĂ©ral. Qu'il accepte chaque Ă©lĂ©ment du credo catholique est cependant une certitude, et, sur l'infaillibilitĂ© pontificale comme en matiĂšre de canonisation, il a des positions trĂšs avancĂ©es. De plus, alors qu’il a prĂ©tendu prĂ©fĂ©rer les formes de dĂ©votion anglaises aux italiennes, il est l’un des premiers Ă  les introduire en Angleterre et Ă  les mĂȘler aux rites locaux spĂ©cifiques.

La devise qu'il adopte lorsqu'il devient cardinal, « Cor ad cor loquitur » (Le cƓur parle au cƓur)[229], et la phrase qui est gravĂ©e sur le mĂ©morial Ă©rigĂ© en son honneur Ă  Edgbaston, « Ex umbris et imaginibus in veritatem » (Hors des ombres et des images dans la vĂ©ritĂ©), semblent dĂ©voiler, autant que faire se peut, le secret d'une vie qui a suscitĂ© l'intĂ©rĂȘt de ses contemporains, en mĂȘlant affection et curiositĂ©, adhĂ©sion et sĂ©vĂšre retenue.

Newman et Manning

Les deux grandes figures de l'Église catholique en Angleterre au XIXe siĂšcle devinrent tous les deux cardinaux et sont tous les deux d'anciens ecclĂ©siastiques anglicans. Mais il existe peu de sympathie entre eux[230].

Le caractÚre de Newman est réservé, tandis que Manning est un homme expansif. L'un est professeur d'université, l'autre défenseur des travailleurs, l'un est un solitaire, l'autre une grande figure de la vie mondaine de la société victorienne.

L'origine de leur opposition tient aussi Ă  des raisons plus fondamentales : Newman pose le problĂšme important de l'intĂ©gration des catholiques dans un pays majoritairement anglican[230]. L'anglicanisme a pris des mesures anti-catholiques, et l'une d'entre elles, qui lui tient particuliĂšrement Ă  cƓur, est l'interdiction qui est faite aux catholiques d'intĂ©grer les universitĂ©s. Or, pense-t-il, leur participation Ă  la vie publique dĂ©pend dans une large mesure de cet accĂšs Ă  l'enseignement supĂ©rieur[231] ; aussi n'a-t-il de cesse, malgrĂ© des Ă©checs rĂ©pĂ©tĂ©s, de nĂ©gocier pour l'obtention de ce droit, quitte Ă  laisser certaines questions en suspens[231]

Le cardinal Manning, quant Ă  lui, enclin Ă  partager les vues traditionnelles qu'entretiennent les victimes de l'ostracisme anglican, est partisan d'une ligne de conduite plus stricte face aux restrictions qui sont imposĂ©es, d'oĂč son refus de transiger ou de nĂ©gocier sur la question de l'appartenance des catholiques aux universitĂ©s[230].

Cependant, pour ce qui est des questions sociales, Manning s'avĂšre plus moderne dans son approche, puisqu'il passe pour ĂȘtre l'un des pionniers de la doctrine sociale de l'Église, et de fait, il joue un rĂŽle majeur dans l'Ă©laboration de l'encyclique Rerum Novarum[232].

Postérité

Lorsque, dans les annĂ©es 1860, des catholiques commencent Ă  frĂ©quenter Oxford, ils y crĂ©ent un club qui reçoit, en 1888, le nom de « Oxford University Newman Society ». Un des fondateurs en Ă©tait Gerard Manley Hopkins, Ă©minent poĂšte, lui-mĂȘme reçu dans l'Église catholique (en 1865) par Newman. Finalement, l'Oratoire d'Oxford devait ĂȘtre fondĂ© cent ans plus tard, en 1993, dans des locaux appartenant auparavant Ă  la Compagnie de JĂ©sus.

La renommée de Newman croßt aprÚs sa mort, aussi bien dans le domaine théologique que littéraire. Dans une lettre du , Paul Claudel oriente Jacques RiviÚre dans le choix de ses lectures religieuses en ces termes : « Livres à lire : avant tout Pascal [...] Tout ce que vous pourrez trouver de Newman[233] ». James Joyce considÚre qu'« aucun prosateur n'est comparable à Newman[234] ». Et G. K. Chesterton lui consacre plusieurs essais entre 1904 et 1933, en indiquant dans l'avant-propos de son ouvrage Orthodoxie qu'il prend modÚle sur l'Apologia.

À partir de 1922, des Newman Centres se dĂ©veloppent principalement dans les universitĂ©s amĂ©ricaines et britanniques, avec pour vocation de dĂ©velopper une vie de foi et de rĂ©flexion conformĂ©ment Ă  la pensĂ©e de Newman sur les universitĂ©s. On en compte plus de 300 Ă  l'heure actuelle dans le monde[235].

Certains de ses Ă©crits ont Ă©tĂ© traduits en allemand par Edith Stein, et elle s'en inspire dans sa philosophie[236]. Le thĂ©ologien Erich Przywara affirme Ă  propos de l'influence de Newman : « Ce que saint Augustin a Ă©tĂ© pour le monde antique, saint Thomas pour le Moyen Âge, Newman mĂ©rite de l'ĂȘtre pour les temps modernes »[237].

La pensĂ©e de Newman sur la conscience et la relation avec l'autoritĂ© de l'Église, notamment dans sa Lettre au duc de Norfolk, a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par des thĂ©ologiens au point d'ĂȘtre reprise par le magistĂšre de l'enseignement catholique, notamment lors du Concile Vatican II et de la dĂ©claration Dignitatis Humanae[238].

Le CatĂ©chisme de l'Église catholique reprend la conception de la conscience de Newman par sa citation d'un extrait de la Lettre au duc de Norfolk en son numĂ©ro 1778[239].

En 1990, lors du centenaire de sa mort, le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoit XVI, considĂšre que Newman est l'un des « grands maĂźtres de l'Église »[240].

En 2001 pour les cĂ©lĂ©brations du bicentenaire de la naissance de John Henry Newan, le compositeur estonien de musique classique Arvo PĂ€rt compose Littlemore Tractus, une Ɠuvre pour chƓur (sur un sermon du futur cardinal) et orgue crĂ©Ă©e Ă  St Martin-in-the-Fields, qui sera adaptĂ©e en 2014 Ă©galement en une brĂšve symphonie intitulĂ©e Swansong[241].

AprÚs sa béatification, un film réalisé par Liana Marabini est en cours de tournage sur sa vie avec F. Murray Abraham dans le rÎle-titre[242].

En 2001 la fondation de l'Institut Newman d'Uppsala est inspirĂ©e par l’attitude de grande ouverture intellectuelle du philosophe et thĂ©ologien.

BĂ©atification

Le procÚs en béatification de John Henry Newman commence en 1958[243].

AprÚs un examen approfondi de sa vie par la Congrégation pour les causes des saints, Jean-Paul II le proclame vénérable en 1991[244].

En 2005, le postulateur de la cause annonce la guĂ©rison, attribuĂ©e Ă  l’intercession de Newman, de Jack Sullivan, souffrant d’une maladie de la moelle Ă©piniĂšre. AprĂšs un examen par des experts mandatĂ©s par le Vatican, la CongrĂ©gation pour les causes des saints ne trouve aucune explication scientifique Ă  cette guĂ©rison[245] et un conseil des experts atteste de son caractĂšre inexplicable. Aussi, le , les cardinaux de la CongrĂ©gation pour les causes des saints se prononcent-ils par un vote pour l'attribuer Ă  un miracle[246], ce qui permet d'ouvrir la procĂ©dure de bĂ©atification. Le , BenoĂźt XVI reconnaĂźt la guĂ©rison de Jack Sullivan comme miraculeuse. Le mĂȘme jour, il autorise le cardinal Angelo Amato, prĂ©fet de la CongrĂ©gation, Ă  ouvrir le procĂšs en canonisation.

La bĂ©atification de John Henry Newman est cĂ©lĂ©brĂ©e le Ă  Birmingham par BenoĂźt XVI, lors de sa visite au Royaume-Uni[247]. C'est la premiĂšre bĂ©atification, et la seule avec celle de Jean-Paul II le , prĂ©sidĂ©e par ce pape-lĂ  depuis le dĂ©but de son pontificat[248]. À l'occasion de ce voyage, le souverain visite Ă©galement l'Oratoire saint Philippe NĂ©ri, dans le quartier d'Edgbaston, lieu de rĂ©sidence de Newman de 1854 jusqu'Ă  sa mort en 1890[249].

Le , le bienheureux John Henry Newman est choisi comme patron pour l'ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham qui est Ă©rigĂ© le jour mĂȘme. Il s'agit d'une structure destinĂ©e Ă  accueillir les groupes d'anglicans d'Angleterre et du Pays de Galles qui demandent Ă  entrer en pleine communion avec l'Église catholique[250].

Canonisation

Le , le pape François signe le décret d'un second miracle attribué au bienheureux Newmann, permettant ainsi sa future canonisation[251].

Le , le bienheureux John Henry Newman est canonisé lors la messe de canonisation célébrée par le Pape François place Saint-Pierre et devient saint John Henry Newman[3] - [252].

Publications

Ouvrages traduits en français

Essais et homélies
  • John Henry Newman (trad. Marie-Martin Olive, prĂ©f. IrĂšne Fernandez), Grammaire de l'assentiment, Ad Solem, coll. « Ecrits newmaniens », , 625 p. (ISBN 978-2-940-40251-9)[253]
  • L'IdĂ©e d'universitĂ©, Ad Solem, 2007 (ce texte a Ă©tĂ© traduit en allemand par Edith Stein)
  • Essai sur le dĂ©veloppement de la doctrine chrĂ©tienne, Ad Solem, 2007
  • MĂ©ditations sur la doctrine chrĂ©tienne, Ad Solem, 2000
  • Les Ariens du quatriĂšme siĂšcle, TĂ©qui, 1988
  • Douze sermons sur le Christ, trad. Pierre Leyris, introduction de Louis Bouyer, Éditions du Seuil, coll. « Livre de Vie », 1995
  • Esquisses patristiques. Le siĂšcle d'or, Ad Solem, 2007
  • Sermons universitaires : Quinze sermons prĂȘchĂ©s devant l'UniversitĂ© d'Oxford, de 1826 Ă  1843, Ad Solem, 2007
  • Sermons paroissiaux, 8 tomes, Éditions du Cerf, 1993-2007.
  • L’Antichrist, prĂ©face de Louis Bouyer, Ad Solem, 1995
  • Le MystĂšre de l'Église, TĂ©qui, 1983
Textes autobiographiques et Ă©pistolaires
Divers
  • Le Songe de Gerontius, Ă©d. bilingue, Éditions L’Âge d’Homme, 1989
  • Callista, rĂ©cit du IIIe siĂšcle, TĂ©qui, 1992.
  • Callista, Tableau historique du IIIe siĂšcle, version numĂ©rique aux Editions Blanche de Peuterey[254]
Anthologies
  • John Henry Newman, textes choisis, Ă©d. par Keith Beaumont, ArtĂšge, 2010
  • Pour connaĂźtre Newman (textes rĂ©unis par Charles Stephen Dessain), Ad Solem, 2002

PĂ©riode anglicane

  • Arians of the Fourth Century (1833)
  • Tracts for the Times (1833-1841)
  • British Critic (1836-1842)
  • Lectures on the Prophetical Office of the Church (1837)
  • Lectures on Justification (1838)
  • Parochial and Plain Sermons (1834-1843)
  • Select Treatises of St. Athanasius (1842, 1844)
  • Lives of the English Saints (1843-1844)
  • Essays on Miracles (1826, 1843)
  • Oxford University Sermons (1843)
  • Sermons on Subjects of the Day (1843)
  • Essay on the Development of Christian Doctrine (1845)
  • Retractation of Anti-Catholic Statements (1845)

PĂ©riode catholique

  • Loss and Gain (roman - 1848)
  • Faith and Prejudice and Other Sermons
  • Discourses to Mixed Congregations (1849)
  • Difficulties of Anglicans (1850)
  • Present Position of Catholics in England (1851)
  • Idea of a University (L'IdĂ©e d'universitĂ©)(1852 et 1858)
  • Cathedra Sempiterna (1852)
  • Callista (nouvelle - 1855)
  • Apologia Pro Vita Sua (autobiographie - 1866, 1865)
  • Letter to Dr. Pusey (1865)
  • The Dream of Gerontius (Le Songe de GĂ©rontius) (1865)
  • An Essay in Aid of a Grammar of Assent (1870)
  • Sermons Preached on Various Occasions (divers/1874)
  • Letter to the Duke of Norfolk (1875)
  • Five Letters (1875)
  • Sermon Notes (1849-1878)
  • Select Treatises of St. Athanasius (1881)
  • On the Inspiration of Scripture (1884)
  • Development of Religious Error (1885)

Divers

  • Addresses to Cardinal Newman and His Replies, with Biglietto Speech (1879)
  • Discussions and Arguments (divers/1872)
  • Essays Critical and Historical (divers/1871)
  • Historical Sketches (divers/1872)
  • Historical Tracts of St. Athanasius (1843)
  • Tracts Theological and Ecclesiastical (divers/1871)
  • Autobiographical Writings, Ă©d. Henry Tristram, Londres-New York, Sheed & Ward, 1956

Écrits

La DĂ©couverte du corps de saint Marc, vers 1562, Le Tintoret, PinacothĂšque de Brera.

John Henry Newman fut le principal acteur de mouvement d'Oxford[255]. Son Ă©tude des PĂšres de l'Église l'a conduit au catholicisme en 1845. Il a fondĂ© l'Oratoire d'Angleterre en 1848[256] et a Ă©tĂ© crĂ©Ă© cardinal par LĂ©on XIII en 1879[257].

Commentaire selon Marc (Mc 16, 15-20)

Ne sois pas timide

« La vie de saint Marc comporta les contrastes suivant : d'abord, il abandonna la cause de l’Évangile dĂšs que parut un danger ; plus tard, il se conduisit non seulement en bon chrĂ©tien, mais en serviteur de Dieu rĂ©solu et diligent, fondant et gouvernant cette Église d'Alexandrie, cĂ©lĂšbre pour sa rigueur. L'instrument de cette transfiguration paraĂźt avoir Ă©tĂ© l’influence de saint Pierre, digne restaurateur d'un disciple timide et apte Ă  laisser retomber son courage. Nous trouverons un encouragement dans les circonstances de sa vie en pensant que les plus faibles d'entre nous peuvent, par la grĂące de Dieu, devenir forts.

Et nous en tirerons l'avertissement de nous mĂ©fier de nous-mĂȘme et encore de ne pas mĂ©priser des frĂšres qui se montreraient faible, ni de dĂ©sespĂ©rer d'eux, mais plutĂŽt d'avoir Ă  porter leurs fardeaux et de les aider Ă  avancer. Certaines personnes sont d'un naturel impĂ©tueux et actif. D'autres aiment Ă  ĂȘtre tranquilles et cĂšdent Ă  la premiĂšre opposition. Aussi, les bouillants doivent-ils ĂȘtre tempĂ©rĂ©s et les indolents stimulĂ©s. L'histoire de MoĂŻse nous fournit l'exemple d'un esprit fier et fougueux qui s'est laissĂ© dompter jusqu'Ă  se conduire avec une extrĂȘme humilitĂ©.
L'histoire de saint Marc nous montre l'exemple d'un changement contraire et plus rare, celui de la timidité en audace[258]. »

— St John Henry Newman. Sermons paroissiaux, t. 2, Paris, Cerf, 1993, p. 156-157[259].

Écrits mis en musique

  • They are at rest est un poĂšme mis en musique par Edward Elgar (1857 - 1934). Elgar a illustrĂ© les strophes 1 et 3 du poĂšme de John Henry Newman. Cette piĂšce, « Ă©lĂ©gie pour chƓur non accompagnĂ© », fut crĂ©Ă©e au Royal Mausoleum de Frogmore (Windsor), le 22 janvier 1010 pour commĂ©morer l’anniversaire de la mort de la reine Victoria.

Enregistrements : They are at rest, From the album ‘Treasures of English Church Music’ / Conductor : John Rutter / Choir : The Cambridge Singers, enregistrĂ© en 1900, copyright 1991-1995.

Partition manuscrite du Songe de Gerontius, signée par Elgar, avec les artistes de la premiÚre (sources: site wikipedia en anglais)
  • Le Songe de GĂ©rontius, est une oeuvre pour voix et orchestre en deux parties composĂ©e par Edward Elgar en 1900 (op.38), Ă  partir du poĂšme de John Henry Newman. Elle fut crĂ©Ă©e le 3 octobre 1900 dans le cadre du Festival de Birmingham, au Birmingham Town Hall. Elle est souvent prĂ©sentĂ©e comme un oratorio, mais Elgar n'approuvait pas cet usage (et d'ailleurs le terme n’apparaĂźt pas sur la partition). Cette oeuvre est largement considĂ©rĂ©e comme le chef-d'oeuvre d’Elgar, tant par sa durĂ©e que par son intensitĂ©.

Enregistrements :

  1. - The Dream of Gerontius op. 38. Avec : Catherine Wyn-Rogers, alto ; Andrew Staples, tĂ©nor ; Thomas Hampson, baryton. RIAS Kammerchor et Staatsopernchor. Staatskapelle Berlin : direction, Daniel Barenboim. 2 CD. Decca. DurĂ©e : 35’42’’ et 58’19’’. 2017.
  2. - The Dream of Gerontius op. 38. avec Andrew Davis Stuart Skelton, Sarah Connolly, David Soar. BBC Symphony Chorus & Orchestra : direction, Sir Andrew Davis. CD. Chandos / BBC Radio
  3. - The Dream of Gerontius op. 38. Avec Lilli Katriina Paasikivi-Ilves (en), Mark Tucker and David Wilson-Johnson (baritone) ; the Sydney Symphony Orchestra : direction, Vladimir Ashkenazy. Nominated for an ARIA Award in 2012.
  4. - The Dream of Gerontius, Sea Pictures. Avec : Dame Janet Baker, Richard Lewis, Kim Borg. Hallé Choir, Sheffield Philharmonic Chorus, Ambrosian Singers, Hallé Orchestra, London Symphony Orchestra : direction, Sir John Barbirolli, © EMI. 1964 (version considérée comme "disque de légende" par Lionel Esparza, France Musique, 19 octobre 2020)[260].

Annexes

Bibliographie

Texte de Apologia Pro Vita Sua
  • (en) John Henry Newman, Apologia Pro Vita Sua, Londres, J. M. Dent and Sons Ltd, coll. « Everyman's Library », , p. 326.Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
Ouvrages en langue française
Articles en langue française
Autres langues
  • (en) Avery Dulles, John Henry Newman,
  • John Connolly et Brian Hughes (dir.), Newman and Life in the Spirit : Theological Reflections on Spirituality for Today, Fortress Press, 2014
  • (en) James, ed. Collins, Philosophical Readings in Cardinal Newman, Éditions Regnery, Chicago, 1961
  • (en) Ian Ker, Newman the Theologian,
  • (en) Ian Ker, Newman and the Fullness of Christianity,
  • (en) Ian Ker, John Henry Newman: A Biography, New York N.Y., Oxford, (ISBN 0192827057), rĂ©Ă©d. 2009, 2011
  • (en) Ian Ker, Newman and conversion,
  • (en) Ian Ker, The Cambridge Companion to Newman,
  • (en) Jay Newman, The Mental Philosophy of John Henry Newman, Presse universitaire Wilfrid Laurier, Ontario, Canada, 1986 (ISBN 0889201862)
  • (en) Thomas J. Norris, Newman and His Theological Method: A Guide for the Theologian Today, Leiden, E. J. Brill, (ISBN 9004048847)
  • (en) J. H. Walgrave, Newman the Theologian: The Nature of Belief and Doctrine as Exemplified in His Life and Works, Geoffrey Chapman, Londres, 1960
  • (en) W. Ward, The Life of John Henry cardinal Newman, Londres,
Ouvrages généraux

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

    1. Xavier Tilliette L'Église des philosophes, p. 117
    2. Xavier Tilliette L'Église des philosophes, p. 161
    3. « L’Église compte cinq nouveaux saints canonisĂ©s par le Pape François - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consultĂ© le )
    4. Newman Louis Bouyer 2009, p. 11
    5. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 9
    6. Newman Louis Bouyer 2009, p. 13
    7. Newman Louis Bouyer 2009, p. 12
    8. Newman Louis Bouyer 2009, p. 21
    9. Newman Louis Bouyer 2009, p. 18
    10. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 10
    11. Newman Louis Bouyer 2009, p. 15
    12. Cyril Bibby, T. H. Huxley: Scientist Extraordinary.
    13. Newman Louis Bouyer 2009, p. 16
    14. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 11
    15. Newman Louis Bouyer 2009, p. 22
    16. Newman Louis Bouyer 2009, p. 31
    17. Apologia Pro Vita Sua, traduction L. Michelin-Delimoges, Bloud et Gay, Paris, 1939, p. 23.
    18. Newman Louis Bouyer 2009, p. 32
    19. Newman Louis Bouyer 2009, p. 37
    20. Newman Louis Bouyer 2009, p. 40
    21. Newman Louis Bouyer 2009, p. 41
    22. Newman Louis Bouyer 2009, p. 42
    23. Newman Louis Bouyer 2009, p. 43
    24. Newman Louis Bouyer 2009, p. 44
    25. Xavier Tilliette L'Église des philosophes, p. 167
    26. Newman Louis Bouyer 2009, p. 49
    27. Newman Louis Bouyer 2009, p. 50
    28. Newman Louis Bouyer 2009, p. 55
    29. Newman Louis Bouyer 2009, p. 58
    30. Newman Louis Bouyer 2009, p. 59
    31. Newman Louis Bouyer 2009, p. 61
    32. Newman Louis Bouyer 2009, p. 64
    33. Newman Louis Bouyer 2009, p. 66
    34. Newman Louis Bouyer 2009, p. 70
    35. Newman Louis Bouyer 2009, p. 72
    36. Newman's Oxford : A Guide for Pilgrims, Ecumenical undertaking between the Vicar of Littlemore and the Fathers of the Oratory at Birmingham, Oxonian Rewley Press (c. 1978) p. 10.
    37. Newman Louis Bouyer 2009, p. 73
    38. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 12
    39. Newman Louis Bouyer 2009, p. 76
    40. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 13
    41. L'Idée d'université 2010, p. 65
    42. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 14
    43. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 15
    44. Apologia Pro Vita Sua, traduction L. Michelin-Delimoges, Bloud et Gay, Paris, 1939, p. 54.
    45. Newman Louis Bouyer 2009, p. 134
    46. Newman Louis Bouyer 2009, p. 139
    47. Newman Louis Bouyer 2009, p. 145
    48. Alain Thomasset, L'ecclésiologie de J. H. Newman anglican, Volume 197 de Bibliotheca Ephemeridum theologicarum Lovaniensium, Peeters Publishers, 2006, p. 352.
    49. Newman Louis Bouyer 2009, p. 147
    50. Newman Louis Bouyer 2009, p. 149
    51. Newman Louis Bouyer 2009, p. 150
    52. Newman Louis Bouyer 2009, p. 148
    53. Newman Louis Bouyer 2009, p. 166
    54. Newman Louis Bouyer 2009, p. 167
    55. Newman Louis Bouyer 2009, p. 168
    56. Newman Louis Bouyer 2009, p. 169
    57. Newman Louis Bouyer 2009, p. 175
    58. Newman Louis Bouyer 2009, p. 177
    59. Newman Louis Bouyer 2009, p. 179
    60. Xavier Tilliette 2002, p. 209
    61. Xavier Tilliette 2002, p. 210 sqq.
    62. Newman Louis Bouyer 2009, p. 184
    63. Xavier Tilliette 2002, p. 218
    64. Newman Louis Bouyer 2009, p. 187
    65. Xavier Tilliette 2002, p. 221
    66. Newman Louis Bouyer 2009, p. 198
    67. Newman Louis Bouyer 2009, p. 200
    68. Newman Louis Bouyer 2009, p. 202
    69. Newman Louis Bouyer 2009, p. 247
    70. Renn Dickson Hampden, The Scholastic Philosophy considered in its relation to Christian Theology, 1832.
    71. Newman Louis Bouyer 2009, p. 252
    72. Newman Louis Bouyer 2009, p. 254
    73. Newman Louis Bouyer 2009, p. 208
    74. Newman Louis Bouyer 2009, p. 248
    75. Newman Louis Bouyer 2009, p. 249
    76. Newman Louis Bouyer 2009, p. 261
    77. (en) Thomas J. Norris, Newman and his theological method : a guide for the theologian today p.55, BRILL, (lire en ligne)
    78. Le « fatal Tract 90 » selon Xavier Tilliette.
    79. La Pensée de John Henry Newman 2010, p. 24
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    261. Selon La Croix (« Ramon Fernandez déchiffre la grammaire de Newman », 7 juillet 2010), il s'agit de 2 études des années 1920, également reprises dans le recueil Messages datant de 1926.
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