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Acanthaster planci

L’acanthaster pourpre (Acanthaster planci) est une espĂšce d’étoiles de mer de couleurs vives, de la famille des Acanthasteridae, de l'ordre des Valvatida (anciennement Spinulosida). Elle est aussi appelĂ©e « couronne Ă©pineuse », « couronne du Christ » ou « couronne d’épines » ou encore « coussin de belle-mĂšre »[1] - [2].

Cette espĂšce carnassiĂšre vit dans les rĂ©cifs coralliens de la zone tropicale du bassin Indo-Pacifique ; elle se nourrit presque exclusivement de corail. De dimensions imposantes, de couleurs et de morphologie variables, elle est dotĂ©e de piquants dont le venin, qui provoque la nĂ©crose des tissus, est toxique pour un grand nombre d’espĂšces, l’Homme y compris, ce qui lui fait craindre peu de prĂ©dateurs. Sa capacitĂ© de reproduction est trĂšs importante, les femelles pouvant produire plusieurs dizaines de millions d’Ɠufs par saison. Les larves, planctoniques, sont particuliĂšrement mobiles et peuvent dĂ©river sur des centaines de kilomĂštres.

L’acanthaster est ainsi connue pour ĂȘtre localement une espĂšce invasive Ă  fort potentiel de destruction sur les rĂ©cifs coralliens[3], dont elle consomme les polypes en grande quantitĂ©, et elle a fait l’objet de tentatives d’éradication dans certaines rĂ©gions du monde telles que le Japon ou l’Australie[4]. Les facteurs Ă  l’origine de ces invasions sporadiques des rĂ©cifs par cette Ă©toile de mer Ă©taient encore Ă  l’étude en 2016[5].

Cette espÚce est actuellement en cours de redéfinition, et d'éclatement en plusieurs espÚces distinctes : les informations contenues sur cette page pourraient ne pas s'appliquer à toutes les espÚces prochainement décrites.

Couronne du Christ, Coussin de belle-mĂšre, Acanthaster pourpre

Description

C'est une grosse Ă©toile de mer aux couleurs variables suivant les rĂ©gions, allant du rouge au violet profond en passant par diverses teintes de gris, de rose, de bleu et de marron, unie ou chamarrĂ©e, avec souvent une couleur diffĂ©rente pour les Ă©pines[6] ; ces couleurs semblent suivre parfois des variantes gĂ©ographiques. Toute la face supĂ©rieure est couverte de piquants mobiles longs de 4 Ă  cm, rendus venimeux par des composĂ©s prĂ©sents sous leur Ă©piderme[6]. Les piquants sont entourĂ©s de pĂ©dicellaires, qui protĂšgent les nombreuses papules respiratoires rouge vif. Celles-ci ont la capacitĂ© de se rĂ©tracter en cas de menace : ce phĂ©nomĂšne change la couleur gĂ©nĂ©rale de l'Ă©toile pour l'observateur, la faisant gĂ©nĂ©ralement apparaĂźtre plus sombre[7]. Elle atteint en moyenne de 25 Ă  40 cm de diamĂštre, avec un diamĂštre maximal enregistrĂ© de prĂšs de 80 cm[6]. Elle possĂšde de 8 Ă  23 bras plutĂŽt courts, de section triangulaire (cinq chez les juvĂ©niles, seize en moyenne chez l'adulte[6] - [8]), rayonnants autour d'un large disque central aplati. Son poids varie de 200 g Ă  kg[8] ; le poids est gĂ©nĂ©ralement proportionnel Ă  la taille[9].

De trois Ă  seize madrĂ©porites assurent la rĂ©gulation de la pression hydrostatique interne de l’animal[6].

Comme beaucoup d'Ă©toiles de mer, Acanthaster planci est capable de perdre un ou plusieurs bras sans grand danger pour sa survie : elle peut rĂ©gĂ©nĂ©rer le ou les bras manquant(s) Ă  une vitesse de 2,5 mm/mois[6] - [10].

Biologie et comportement

Alimentation

Au stade larvaire, cette étoile de mer se nourrit d'algues, d'abord de phytoplancton pélagique (Dinoflagellés et diatomées notamment). Le juvénile, vagile, va tout d'abord se nourrir d'algues encroûtantes (par exemple des Corallinaceae telles que celles des genres Lithothamnium ou Porolithon)[6].

Lorsqu'elle atteint environ 10 mm de diamĂštre[6], l'acanthaster juvĂ©nile devient corallivore et commence Ă  se nourrir principalement des polypes du corail, contre lequel elle va dĂ©velopper un important potentiel de destruction : l'acanthaster adulte escalade les rĂ©cifs, dĂ©vagine son estomac sur le corail, libĂšre ses enzymes digestives puis en absorbe les tissus ainsi liquĂ©fiĂ©s. Un seul individu peut ainsi dĂ©truire jusqu'Ă  m2 de coraux par an[6]. Un massif corallien en bon Ă©tat peut supporter entre 1 et 15 acanthasters par hectare[11], mais ce chiffre est aujourd'hui largement dĂ©passĂ© dans de nombreux endroits, notamment en IndonĂ©sie et en Australie[12].

Tant qu'ils sont en faible densitĂ©, les adultes se nourrissent seulement la nuit, en se tenant Ă  distance les unes des autres et vivant cachĂ©es pendant la journĂ©e. Mais, poussĂ©es par la faim ou la promiscuitĂ© lors des grandes invasions, elles deviennent aussi diurnes et peuvent se regrouper en gigantesques fronts de plusieurs centaines d'individus[13]. En 1978, un front de 83 000 individus a Ă©tĂ© observĂ© au sud de l'Ăźle de Tutuila[14] et, sur la Grande BarriĂšre de corail australienne, on a relevĂ© des densitĂ©s de plus de 14 000 individus/km2[12]. Ces fronts invasifs laissent sur leur passage une large bande blanche de corail mort, qui peut par la suite se recouvrir d'algues pour former Ă  terme une bande verte (oĂč pourront prolifĂ©rer des algues toxiques comme Gambierdiscus toxicus), qui pourra Ă  son tour provoquer une invasion d'oursins et la fuite des poissons coralliens[15].

L'acanthaster semble s'attaquer prĂ©fĂ©rentiellement Ă  certaines espĂšces de corail Ă  croissance rapide, comme Acropora, Montipora et Pocillopora[6] - [11] - [16] - [17], mais Ă©pargne souvent les espĂšces protĂ©gĂ©es par des animaux symbiotiques inquilinistes quand elle le peut (certains Pocillopora, Seriatopora, Stylophora)[18] ou celles oĂč les nĂ©matocystes (cellules urticantes des polypes) sont abondantes. Elle Ă©vite enfin certaines autres espĂšces Ă  croissance lente (comme les Porites)[6].

L'acanthaster se nourrit plus pendant l'Ă©tĂ©, avant la reproduction ; durant les pĂ©riodes de disette, elle peut vivre sur ses rĂ©serves et jeĂ»ner pendant prĂšs de neuf mois[6]. Dans les cas d'invasion ou de pĂ©nurie de nourriture, elle peut s'attaquer Ă  des coraux habituellement Ă©vitĂ©s et, dans les cas extrĂȘmes, l'intĂ©gralitĂ© du corail peut mĂȘme ĂȘtre consommĂ©e sans distinction, ainsi qu'une grande partie de la faune sessile (Ă©ponges, gorgones). Elle peut aussi se nourrir occasionnellement d'algues, de mollusques et d'autres Ă©chinodermes, ou mĂȘme pratiquer le cannibalisme si nĂ©cessaire (notamment envers les jeunes)[11].

  • une Ă©toile de mer orange sur des coraux. La zone qu'elle vient de quitter est grise, dĂ©vorĂ©e.
    Acanthaster planci se nourrissant de coraux.
  • Plusieurs acanthaster dĂ©vorent des coraux branchus, qui deviennent blanc pur.
    Groupe d'acanthasters se nourrissant dans du corail (Acropora).
  • La moitiĂ© d'une table de corail est blanche.
    Cicatrice de nourrissage d'une acanthaster.
  • Gros plan sur l'estomac partiellement dĂ©vaginĂ© d'une acanthaster, dĂ©rangĂ©e en plein repas.
    Gros plan sur l'estomac partiellement dévaginé d'une acanthaster, dérangée en plein repas.
  • Les plis de la paroi stomacale sont visibles sur le corail.
    Les plis de la paroi stomacale sont visibles sur le corail.
  • Gros plan sur l'anus d'une acanthaster, entre les piquants et les papules respiratoires.
    Gros plan sur l'anus d'une acanthaster, entre les piquants et les papules respiratoires.
  • Gros plan sur les glandes digestives d'une acanthaster prĂ©datĂ©e.
    Gros plan sur les glandes digestives d'une acanthaster prédatée.

Sens

ocelle : un petit point rouge Ă  la pointe du bras.
Ocelle d'acanthaster, organe de la vision.

Les acanthasters sont sensibles au contact (qui provoque notamment la sécrétion du venin et la rétractation des papules respiratoires), ainsi qu'à certains composés chimiques présents dans l'eau[19]. Elles sont ainsi capables de communiquer par signaux chimiques, notamment pour la reproduction, le nourrissage ou dans les cas d'aggrégations[20]. Chaque bras comporte à son extrémité une petite ocelle composée qui permet une vision rudimentaire[21] mais suffisante pour conditionner l'orientation[21], et pourrait jouer un rÎle dans l'orientation et la sélection de la nourriture[22], ainsi que l'orientation à certaines distances[21]. De plus, l'ensemble du corps semble parcouru de nerfs pourvus de photorécepteurs permettant de capter les variations de luminosité[21].

RĂ©cif expĂ©rimental (a), image d'une extrĂ©mitĂ© de bras (b) et « Ɠil » composĂ© (c) d'une A. planci (illustration de Sigl et al., 2016).

Locomotion

L'acanthaster se dĂ©place grĂące aux nombreux podias qui tapissent sa face infĂ©rieure. Ce sont des excroissances charnues partiellement rĂ©tractiles, trĂšs mobiles et adhĂ©sives, grĂące auxquelles elle peut dĂ©placer son imposante masse sur des surfaces verticales, mĂȘme en cas de houle.

Sa vitesse de dĂ©placement dĂ©pend du type de terrain et de l'activitĂ© de l'acanthaster. Elle varie de 20 Ă  30 mĂštres par heure[5] sur du sable Ă  0,25 mĂštre par heure sur du corail, quand elle se nourrit[6]. De gros adultes ont Ă©tĂ© observĂ©s se dĂ©plaçant de plus de 500 m en une journĂ©e (ce qui demeure exceptionnel et ne permet pas des migrations internationales significatives des adultes)[5]. En moyenne, les acanthasters ne parcourent pas plus d'une trentaine de mĂštres par jour, et ne le font que quand elles ont terminĂ© de consommer les ressources alimentaires de leur habitat initial[5].

Quand elle est dérangée, l'acanthaster est capable de se mettre en boule pour protéger sa face ventrale plus vulnérable ; dans cet état, elle peut rouler plusieurs mÚtres avant de se rétablir une fois la menace disparue.

  • Face orale d'une acanthaster, montrant les nombreux podia.
    Face orale d'une acanthaster, montrant les nombreux podia.
  • Une acanthaster escaladant le corail aux Îles Fidji.
    Une acanthaster escaladant le corail aux Îles Fidji.
  • Les acanthaster sont des Ă©toiles trĂšs souples, capable de se mettre en boule.
    Les acanthaster sont des Ă©toiles trĂšs souples, capable de se mettre en boule.

Reproduction et mode de vie

Une acanthaster éjecte sa semence, juchée en haut d'un bloc
Acanthaster en train d'Ă©jecter ses gamĂštes.

Reproduction

Cette espĂšce est dioĂŻque (c'est-Ă -dire Ă  sexes sĂ©parĂ©s) ; les gamĂštes sont Ă©mis dans l'eau de mer Ă  la pĂ©riode la plus chaude de l'annĂ©e. Les individus essaient de synchroniser la reproduction, et adoptent gĂ©nĂ©ralement une position bombĂ©e caractĂ©ristique au sommet d'un bloc de corail pour optimiser la dispersion des gamĂštes. Une seule femelle peut Ă©mettre de 4 Ă  65 millions d’Ɠufs en une seule fois[6]. La fertilisation sera meilleure s’il y a agrĂ©gation des individus (provoquĂ©e par communication hormonale[6]) mais elle est encore trĂšs bonne Ă  m[6]. Le taux de fertilisation est encore de 5,8 % Ă  100 m de distance avec un seul mĂąle, ce qui est sans doute un record chez les Ă©chinodermes et mĂȘme la plupart des organismes marins[23]. La synchronisation de la pĂ©riode de reproduction est, semble-t-il, dĂ©terminĂ©e par des phĂ©romones[6].

La fécondité des femelles est liée à leur masse. En moyenne, une femelle d'une taille donnée pourra pondre :

  • 20 cm de diamĂštre : 0,5-2,5 millions d'Ɠufs, soit 2-8 % du poids de la femelle
  • 30 cm de diamĂštre : 6,5-14 millions d'Ɠufs, soit 9-14 % du poids de la femelle
  • 40 cm de diamĂštre : 47-53 millions d'Ɠufs, soit 20-25 % du poids de la femelle[24].

Les capacitĂ©s de rĂ©gĂ©nĂ©ration de cette Ă©toile lui permettent, si elle se retrouve coupĂ©e en deux, de former deux individus autonomes Ă  condition que les moitiĂ©s d'Ă©toiles ne soient pas victimes d'infection, de parasitisme ou de prĂ©dation avant les 6 semaines nĂ©cessaires Ă  la cicatrisation complĂšte[25], pĂ©riode durant laquelle la plaie rend les individus particuliĂšrement vulnĂ©rables[26]. La rĂ©gĂ©nĂ©ration Ă  partir de plus petites parties semble plus rare, et cette Ă©toile ne semble pas capable de reconstituer un individu complet Ă  partir d'un seul bras, ce qui est l'apanage de certaines espĂšces de la famille des Ophidiasteridae[27]. Pour ces raisons, la reproduction asexuĂ©e est trĂšs limitĂ©e chez cette espĂšce, et l'autotomie reproductive n'a jamais Ă©tĂ© observĂ©e.

Phase larvaire pélagique

une larve transparente d'Ă©toile de mer, fortement agrandie
Larve brachiolaria d'acanthaster.

Les Ɠufs puis larves ainsi produits peuvent dĂ©river sur de trĂšs longues distances au grĂ© des courants, rendant difficile l'Ă©tude de la dynamique migratoire de l'espĂšce. Les acanthasters passent par deux stades larvaires : le stade bipinnaria (4e Ă  5e jour), puis le stade brachiolaria (6e Ă  12e jours)[6]. Suivant l'abondance de nourriture, la forme pĂ©lagique peut ainsi durer entre 14 et plus de 50 jours (avec un optimum Ă  22 jours[5]), permettant aux larves de dĂ©river sur de grandes distances, jusqu'Ă  300 km[11] ; on observe toutefois une connectivitĂ© limitĂ©e au-delĂ  de 1 000 km[5]. Leur taux de survie diminue nettement avec la durĂ©e de la pĂ©riode planctonique (0,82% Ă  30 jours, 0,03% Ă  50 jours)[5]. Elles se nourrissent de phytoplancton et sont la proie des nombreux planctonivores et en particulier du corail prĂšs des rĂ©cifs. La sous-alimentation semble cependant ĂȘtre la cause principale de l'importante mortalitĂ© Ă  ce stade ; inversement, la sur-nutrition pourrait jouer un rĂŽle dĂ©terminant dans les invasions, permettant Ă©galement d'accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement de l'animal[28]. La tempĂ©rature optimale pour leur survie est de 26 Ă  28 °C ; des tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă  14 °C ou supĂ©rieure Ă  33 °C leur sont lĂ©tales[6].

Phase larvaire benthique

une trĂšs petite acanthaster se nourrit sur des algues corallines.
Acanthaster juvénile se nourrissant d'algues encroûtantes.
une trĂšs petite acanthaster rose se nourrit sur du corail, en laissant une trace blanche derriĂšre elle
acanthaster juvénile commençant à se nourrir de corail.

Une fois atteint le stade compĂ©tent, la larve mature se fixe ensuite Ă  partir du 12e jour[6] Ă  un substrat (gĂ©nĂ©ralement des algues corallinales poussant sur du corail mort[5]) pour entamer, en phase larvaire benthique, une premiĂšre mĂ©tamorphose vers un stade herbivore, avec une forme dĂ©jĂ  reconnaissable de petite Ă©toile de mer discoĂŻde Ă  nombreuses branches, forme qu'elle conservera jusqu'Ă  atteindre une taille suffisante pour s'aventurer en terrain dĂ©couvert et commencer Ă  consommer du corail (gĂ©nĂ©ralement 10 mm[6]). La question de la profondeur prĂ©fĂ©rĂ©e du lieu de fixation est encore largement non-rĂ©solue : on a longtemps pensĂ© que les juvĂ©niles Ă©taient plus abondants en crĂȘtes de rĂ©cifs, mais le recrutement pourrait aussi se faire au pied des tombants coralliens[5].

Le passage de l'herbivorie au rĂ©gime carnivore est encore peu Ă©tudiĂ© mais semble ĂȘtre une phase stratĂ©gique de la vie de ces Ă©toiles : en effet, au dĂ©but, les juvĂ©niles sont encore suffisamment vulnĂ©rables pour ĂȘtre sĂ©vĂšrement blessĂ©s voire tuĂ©s par les mĂ©canismes de dĂ©fense du corail, et la prĂ©dation du corail sur les juvĂ©niles semble pouvoir jouer un rĂŽle important dans la dynamique de population de l'espĂšce[29].

La surface de l'estomac d'Acanthaster planci est nettement supérieure à celle des autres étoiles de mer[8], ce qui lui confÚre une croissance bien plus rapide en cas d'abondance de nourriture[11].

Croissance

Il faut entre un et trois ans Ă  une acanthaster pour atteindre sa taille adulte[8], le temps d'accumuler suffisamment de rĂ©serves pour se mĂ©tamorphoser. Une fois que ses Ă©pines ont bien poussĂ©, elle peut passer plus de temps Ă  se nourrir, n'ayant plus rien Ă  craindre de la plupart des prĂ©dateurs, et ainsi s'assurer une croissance rapide et de bonnes chances de reproduction[11]. Bien nourries, ces Ă©toiles peuvent croĂźtre de 10 Ă  15 cm par an, et atteindre un diamĂštre de 30 cm en trois ans[5].

Le professeur Charles Birkeland note qu'on assiste souvent Ă  des invasions d'acanthaster trois ans aprĂšs les Ă©pisodes de fortes pluies (notamment avec les cyclones tropicaux), qui lessivent le sol des Ăźles et enrichissent la mer en matiĂšre organique, provoquant une prolifĂ©ration du phytoplancton ; ce phĂ©nomĂšne est plus important sur les rĂ©cifs des Ăźles montagneuses ou trĂšs Ă©tendues, notamment en prĂ©sence d'agriculture intensive[14]. Le type de lagon semble jouer aussi un rĂŽle important, un lagon profond et trĂšs fermĂ© avec un courant faible favorisant le dĂ©veloppement des algues et empĂȘchant la dispersion des larves[14]. Les expĂ©riences menĂ©es en laboratoire ont enfin mis en Ă©vidence une meilleure survie des larves en diminuant la salinitĂ© et en augmentant la tempĂ©rature[30] : ces deux facteurs peuvent donc eux aussi intervenir dans les phĂ©nomĂšnes d'explosion de population.

Adulte

une jeune acanthaster violette au disque central bombé sous un rocher.
Jeune acanthaster Ă  Hawaii.

Il semble que les acanthasters puissent dĂ©velopper deux modes de vie diffĂ©rents suivant les conditions : en cas d'abondance de nourriture et de forte densitĂ© de population, la maturitĂ© sexuelle arrive trĂšs tĂŽt (Ă  l'Ăąge d'un an), au dĂ©triment de la croissance, dĂ©passant rarement 25 cm. Ces individus ont tendance Ă  se regrouper et Ă  se reproduire plus rapidement, rĂ©duisant Ă©galement leur espĂ©rance de vie (autour de trois ans). Inversement, les individus isolĂ©s vont connaĂźtre une croissance plus longue, la maturitĂ© sexuelle arrivant vers trois ans, et atteindre des tailles beaucoup plus impressionnantes (gĂ©nĂ©ralement 40 cm, jusqu'Ă  80), et ainsi un potentiel reproductif Ă  terme plus important, aidĂ© par une longĂ©vitĂ© accrue (jusqu'Ă  une dizaine d'annĂ©es, parfois jusqu'Ă  quatorze ans[5])[31]. L'Ă©thologie connaĂźt elle aussi de grandes diffĂ©rences entre ces deux « modes », puisqu'on constate que, dans les populations invasives, les Ă©toiles semblent adopter un comportement beaucoup plus audacieux et ĂȘtre moins sĂ©lectives dans leur recherche de nourriture[31].

Ces deux modes de vie alternatifs coïncident respectivement avec les deux « stratégies » du ModÚle évolutif r/K développé par les études sur la dynamique des populations animales. L'acanthaster serait donc l'un des rares animaux à pouvoir changer de stratégie pour s'adapter à son environnement[31]. Cette adaptation concerne cependant plus la vie des individus que l'écologie de l'espÚce : l'exceptionnelle fécondité de l'acanthaster la rapproche ainsi résolument de la « stratégie r », d'autant plus que l'absence de soins prodigués à la progéniture et l'existence de cannibalisme, notamment sur les juvéniles, semble incompatible avec une « stratégie K ».

Venin

Gros plan sur des piquants d'une Acanthaster planci vert olivĂątre. Certains piquants laissent Ă©chapper dans l'eau du venin vert
DĂ©tail des Ă©pines et du venin

Les épines d'acanthaster sont particuliÚrement pointues, capables de percer une combinaison de plongée, et rendues encore plus efficaces par leur mobilité, permettant à l'animal d'orienter ses piquants pour en optimiser l'angle de pénétration. La piqûre d'acanthaster inocule un venin puissant proche des stéroïdes (plus précisément des saponines, substances détruisant les parois cellulaires et notamment les cellules sanguines), accompagné d'allergÚnes, d'anticoagulants, et de toxines peptidiques particuliÚres appelées plancitoxines. Curieusement, la séquence peptidique de ces derniÚres est relativement proche des DNAse II humaines[32].

Une telle piqĂ»re provoque une vive douleur sur le coup, mais le pic de douleur se situe cependant sur les jours suivant l'envenimation. TrĂšs souvent la rĂ©gion autour du point de contact devient inflammatoire avec un Ă©rythĂšme et un ƓdĂšme, ainsi qu'un fort risque d'infection. Le membre piquĂ© va gonfler et s'engourdir, pouvant Ă©voluer jusqu'Ă  la paralysie (doigt, main, pied), symptĂŽme qui peut persister plusieurs semaines[1] - [6].

Les envenimations les plus importantes (piqûre multiple, prolongée, etc.) peuvent générer des symptÎmes généraux tels que des frissons, des nausées et des vomissements, ainsi que parfois des réactions potentiellement dangereuses pour un baigneur isolé (convulsions, paralysie, malaise syncopal, choc anaphylactique, etc.)[1] - [6].

La toxicitĂ© du venin, quoique moyenne, est donc normalement non mortelle pour l'homme : pour rĂ©duire et tenter de stopper la forte douleur, il faut retirer les piquants Ă  l'aide d'une pince puis dĂ©sinfecter la plaie Ă  l'alcool ou Ă  la teinture d'iode ; les piquants ayant pĂ©nĂ©trĂ©s plus profondĂ©ment doivent ĂȘtre retirĂ©s chirurgicalement ; et si les symptĂŽmes persistent, il faut se rendre dans un lieu mĂ©dicalisĂ©[33].

D'aprĂšs certaines sources, il semble que, mĂȘme des annĂ©es aprĂšs, une seconde piqĂ»re dĂ©clenche chez certaines personnes une rĂ©action encore plus violente[11].

RĂ©partition et habitat

Spécimen thaïlandais.
Spécimen malgache.

On la trouve dans les rĂ©cifs coralliens des rĂ©gions tropicales depuis la mer Rouge jusqu'Ă  l'ocĂ©an Indien et l'ocĂ©an Pacifique, ainsi que tout le long des cĂŽtes pacifiques du Panama, jusqu'au Japon, avec une prĂ©sence notable et invasive dans la grande barriĂšre de corail en Australie[6]. Elle est absente de l'ocĂ©an Atlantique et donc des CaraĂŻbes. D'aprĂšs des recherches rĂ©centes, il semblerait que cette rĂ©partition ait abouti Ă  une sĂ©paration en quatre sous-espĂšces (mer Rouge, ocĂ©an Indien nord, ocĂ©an Indien sud, Pacifique), qui n'auraient pas toutes la mĂȘme capacitĂ© Ă  produire des invasions (ce serait lĂ  la seule diffĂ©rence de comportement connue entre ces populations)[34]. Les colorations semblent avoir une variabilitĂ© supĂ©rieure Ă  ce nombre de subdivisions : violettes et bleues en ThaĂŻlande et aux Maldives, souvent orange et parfois grises en Australie, de grises Ă  marron dans le Pacifique et au Japon, vertes et rouges Ă  HawaĂŻ, violettes, bleues ou rouges dans l'ocĂ©an Indien etc.

L'acanthaster vit dans les eaux marines, Ă  des profondeurs variant de la surface (quand elle n'est pas trop agitĂ©e) jusqu'Ă  −65 m[6], les individus matures tendant Ă  se rapprocher de la surface[6]. On la trouve presque toujours Ă  proximitĂ© de sa source de nourriture, principalement dans des eaux calmes, car elle n’aime ni le courant, ni le ressac[6] - [11].

Elle n’apprĂ©cie pas les substrats meubles (comme le sable), oĂč elle a du mal Ă  s'accrocher avec ses pieds ambulacraires, et oĂč elle est davantage exposĂ©e Ă  ses prĂ©dateurs, surtout lorsqu'elle est Ă  l'Ă©tat juvĂ©nile. Elle se cache normalement de la lumiĂšre en journĂ©e en se logeant dans des anfractuositĂ©s ou sous les colonies de corail, mais devient de plus en plus tĂ©mĂ©raire avec l'Ăąge[35]. Les jeunes vivent gĂ©nĂ©ralement cachĂ©s, en profondeur, ne sortant que la nuit tant qu'ils sont vulnĂ©rables aux prĂ©dateurs[6].

Le mode de vie du stade larvaire pĂ©lagique est encore mal connu mais il semble avoir la possibilitĂ© de dĂ©river sur de trĂšs grandes distances[11], possibilitĂ© peut-ĂȘtre augmentĂ©e par le trafic maritime humain (les larves pourraient ĂȘtre transportĂ©es par ballastage).

Écologie

Symbioses

une minuscule crevette rouge et blanche entre les piquants d'une Acanthaster
Une crevette symbiotique Periclimenes soror entre les piquants d'une acanthaster.

L'acanthaster est connue pour s'attaquer préférentiellement au corail à croissance rapide (comme acropora) au profit du corail à croissance lente (comme porites), ce qui favoriserait ainsi la biodiversité au sein d'un récif[11] ; cet effet « bénéfique » semble cependant annihilé lors des invasions massives[36].

Certains animaux peuvent vivre en mutualisme avec les acanthasters, notamment des crevettes nettoyeuses comme la « crevette des astérides » Periclimenes soror[37], qu'on trouve souvent vivant à l'abri des prédateurs entre les piquants de ces étoiles, qu'elles débarrassent des parasites en retour.

Prédation subie

Un tronçon de bras d'acanthaster prédatée (à La Réunion).

TrĂšs peu de prĂ©dateurs semblent capables de s'attaquer Ă  une Acanthaster planci adulte : les trois seuls animaux consommant rĂ©guliĂšrement des individus adultes en bonne santĂ© semblent ĂȘtre le Triton GĂ©ant (Charonia tritonis), un gros mollusque gastĂ©ropode armĂ© d'un aiguillon venimeux[5], ainsi que les poissons-globes Arothron hispidus et Arothron stellatus[38]. La « couronne d'Ă©pines » a cependant quelques autres prĂ©dateurs occasionnels[39], peu spĂ©cifiques et s'attaquant de prĂ©fĂ©rence aux jeunes adultes et aux juvĂ©niles, tels que d'autres poissons-globes (du genre Arothron[38]), le bec de canne bleutĂ©[39], certains gros balistes (Balistapus undulatus, Balistoides viridescens[39], Pseudobalistes flavimarginatus[38]) et le poisson-napolĂ©on[11], ainsi que d'autres gros mollusques comme le casque cornu (Cassis cornuta), la fĂ©roce crevette arlequin (Hymenocera picta)[39], et le ver polychĂšte Pherecardia striata[6] (un charognard capable d'entrer dans un individu abĂźmĂ© pour l'achever en le dĂ©vorant de l'intĂ©rieur[26]). D'autres ne consomment occasionnellement que les juvĂ©niles ou les individus affaiblis, comme le mĂ©rou lancĂ©olĂ© (Promicrops lanceolatus), la langouste fourchette (Panulirus penicillatus) ou certains crabes de la famille des Xanthidae[6] ; le plus fĂ©roce prĂ©dateur des juvĂ©niles semble ĂȘtre le crabe Schizophrys aspera, mĂȘme si de nombreux autres petits invertĂ©brĂ©s peuvent, sinon les consommer entiĂšrement, du moins les endomager gravement[40]. On a mĂȘme observĂ© l'absorption d'un jeune Acanthaster planci par un polype solitaire de Paracorynactis hoplites[41] - [5]. La prĂ©dation larvaire est trĂšs mal connue mais sans doute importante, et des exemples de prĂ©dation des Ɠufs et des larves de cette espĂšce ont Ă©tĂ© observĂ©s de la part de certains coraux ou de certains poissons planctonivores tels que Chromis dimidiata[6].


  • Gros Triton vivant, blanc Ă  rayures jaunes et taches brunes, opercule fermĂ©, posĂ© sur le rĂ©cif corallien.
    Le triton géant (Charonia tritonis) est le principal prédateur connu d'Acanthaster planci adulte.
  • Le poisson-ballon Ă©toilĂ© Arothron stellatus est un prĂ©dateur courant de l'acanthaster.
    Le poisson-ballon étoilé Arothron stellatus est un prédateur courant de l'acanthaster.
  • La crevette Arlequin est un prĂ©dateur occasionnel de l'acanthaster.
    La crevette Arlequin est un prédateur occasionnel de l'acanthaster.
  • Le ver de feu Pherecardia striata est un prĂ©dateur opportuniste de l'acanthaster.
    Le ver de feu Pherecardia striata est un prédateur opportuniste de l'acanthaster.
  • Le crabe Schizophrys aspera est un prĂ©dateur important des juvĂ©niles.
    Le crabe Schizophrys aspera est un prédateur important des juvéniles.

EspĂšce invasive

Quatre Acanthaster (une verte, deux rouge-brun, une brun-rougeùtre) posées sur une petite surface de corail blanchi
Invasion du lagon de Rurutu (Polynésie française) par Acanthaster planci. Le corail, vidé de ses polypes, est devenu blanc.

Une Ă©tude de 1989 laisse supposer que cette espĂšce connait des Ă©pisodes invasifs depuis au moins 7 000 ans[42]. Cependant, la population de cette espĂšce d'Ă©toile de mer semble avoir augmentĂ© depuis les annĂ©es 1970 et ĂȘtre en partie responsable de la diminution des coraux, notamment au niveau de la Grande barriĂšre de corail[43] et en IndonĂ©sie[6]. Dans les annĂ©es 1970, l'Australie avait rĂ©agi en organisant de vastes campagnes de ramassage (privĂ©es et publiques), alors que l'IndonĂ©sie n'a jamais mis en Ɠuvre les moyens nĂ©cessaires au contrĂŽle de la situation. La multiplication de ces prĂ©dateurs dans le « triangle corallien » pacifique, une zone particuliĂšrement importante pour la biodiversitĂ© marine inquiĂšte les spĂ©cialistes de la biologie marine[44], d'autant plus que cette zone concentre les trois quarts des espĂšces marines du monde, dont plus de 600 sortes de coraux[45].

Cependant, les critĂšres de population normale et d’invasion restent difficiles Ă  Ă©tablir : le repĂšre subjectif souvent utilisĂ© reste la densitĂ© d'acanthasters Ă  partir de laquelle la vitesse de destruction du corail devient manifestement supĂ©rieure Ă  sa capacitĂ© de rĂ©paration. Dans les programmes de comptage systĂ©matiques menĂ©s en Australie (Green Island en 1980 par exemple[46]), cela reprĂ©sentait 100 adultes/km2[47]. Dans les Ă©tudes sous-marines de moindre ampleur, l'unitĂ© utilisĂ©e est souvent le nombre d'individus repĂ©rĂ©s par minute de plongĂ©e : Ă  partir de deux acanthasters/minute, on considĂšre que la population est anormalement Ă©levĂ©e[48]. Potts dĂ©finit ainsi une invasion : « agrĂ©gation de plusieurs centaines ou milliers d'individus qui persistent Ă  forte densitĂ© pendant des mois ou des annĂ©es et causent de fortes mortalitĂ©s des coraux sur des grandes Ă©tendues[11]. »

ugroupe d'acanthasters terminant de consommer une table d'acropora.
Groupe d'acanthasters finissant un acropora tabulaire en Australie.

De mĂȘme, l'appellation « espĂšce invasive » n'est pas rĂ©ellement adaptĂ©e pour l'acanthaster, dans la mesure oĂč ses « explosions de population » ont presque toujours eu lieu sur des sites oĂč elle Ă©tait prĂ©sente depuis longtemps, avec une densitĂ© de population « normale ». Elle reprĂ©sente donc l'une des rares espĂšces invasives sur son lieu de vie naturel, ce qui en rend difficile la classification dans les programmes de lutte et l'identification de ces invasions[11].

Il existe plusieurs théories au sujet de cette explosion de population et le débat dans le monde scientifique est ouvert. Voici les principales hypothÚses énoncées :

  • la surpĂȘche, voire la disparition, de ses principaux prĂ©dateurs tels que le triton gĂ©ant (Charonia tritonis), un mollusque gastĂ©ropode recherchĂ© par les touristes pour sa belle coquille. Cet argument est devenu minoritaire[28] Ă©tant donnĂ© la faible prĂ©dation subie par l'acanthaster, et le fait que le Triton a toujours Ă©tĂ© un animal assez peu rĂ©pandu, et ne privilĂ©gie pas spĂ©cifiquement cette proie. Quant aux autres prĂ©dateurs potentiels, ils ne semblent pas non plus rechercher activement l'acanthaster ni en consommer souvent. De plus, la plupart de ces poissons ne sont pas pĂȘchĂ©s industriellement : le baliste est peu pĂȘchĂ© et assez courant, comme les poissons-ballons, et le napolĂ©on est protĂ©gĂ©. Pour tous les prĂ©dateurs potentiels Ă©voquĂ©s, aucun ne semble avoir connu d'effondrement brutal de population au cours des derniĂšres dĂ©cennies, en tout cas pas Ă  l'Ă©chelle des explosions de population de l'acanthaster pourpre. De plus, les prodigieuses capacitĂ©s de rĂ©gĂ©nĂ©ration de l'acanthaster font que la prĂ©dation lui est rarement mortelle[25] : mĂȘme si la moitiĂ© de son corps est dĂ©vorĂ© par un prĂ©dateur, l'Ă©toile a environ 75 % de chances de survivre[10] (en l'absence de prĂ©dateur opportunistes) et de se rĂ©gĂ©nĂ©rer en quelques mois, Ă  raison de 0,1 mm/jour[6] ;
  • la prolifĂ©ration pourrait ĂȘtre le rĂ©sultat d'un processus naturel cyclique, liĂ© Ă  la vitesse de reproduction de ces animaux. Cette thĂ©orie est basĂ©e sur le fait que la Grande barriĂšre de corail australienne avait connu une invasion d'Acanthaster pourpre dans les annĂ©es 1970 et dans les annĂ©es 1980, et que des traces d'invasions plus anciennes ont Ă©tĂ© confirmĂ©es par les Ă©tudes gĂ©ologiques[49]. Cet argument « naturaliste » est contestĂ© par le fait que, lors des grandes invasions rĂ©centes, la frĂ©quence et la capacitĂ© de destruction des colonies Ă©tait bien supĂ©rieure Ă  la capacitĂ© de rĂ©silience des rĂ©cifs coralliens, qui n'auraient donc sans doute jamais existĂ© si de telles invasions avaient Ă©tĂ© un phĂ©nomĂšne « naturel »[28] ;
  • la pollution gĂ©nĂ©rĂ©e par les effluves journaliĂšres des agglomĂ©rations urbaines et de l'agriculture qui y est pratiquĂ©e. Celle-ci pourrait soit intoxiquer la microfaune prĂ©datrice des larves (Ă  cause des pesticides), soit provoquer une efflorescence algale (Ă  cause des engrais) permettant aux larves, voraces, d'ĂȘtre mieux nourries et ainsi d'accĂ©lĂ©rer leur croissance et d'optimiser leurs chances de survie. Cet argument, actuellement dominant, demeure discutĂ©[5], et contestĂ© notamment par le fait qu'il devrait concerner parallĂšlement d'autres espĂšces, ce qui ne semble pas ĂȘtre le cas[50]. Cependant peu d'espĂšces ont, Ă  l'Ăąge adulte, une nourriture aussi abondante et disponible que le corail avec une pression de prĂ©dation aussi nĂ©gligeable ;
  • un autre argument pour expliquer l'augmentation de la frĂ©quence de ces invasions serait la mauvaise santĂ© du corail lui-mĂȘme. En effet, les acanthasters repĂšrent principalement leur nourriture via des signaux chimiques et le corail « stressĂ© » Ă©met des signaux particuliers qui attirent d'autant plus les acanthasters[51]. De plus, dans un environnement en mauvaise santĂ©, d'autres facteurs peuvent favoriser cette Ă©toile de mer, comme l'absence de symbiotes protecteurs du corail (crevette pistolet, ver arbre de NoĂ«l, huĂźtre corallicole, crabes trapĂšze[52]
) ou d'habitat pour les prĂ©dateurs naturels (crevette arlequin, ver charognard), une faible diversitĂ© des coraux, ou encore une faible densitĂ© en nĂ©matocystes sur les polypes coralliens.
Gros plan sur la face aborale d'une acanthaster : on voit nettement les épines et les pédecellaires ; les papules rouges sont rétractées.
Les épines venimeuses de l'acanthaster lui font craindre peu de prédateurs à l'ùge adulte.

La théorie actuellement majoritaire dans le milieu scientifique[30] - [28] est cependant que ces explosions de population seraient surtout liées à l'efflorescence de micro-algues qui résulterait du développement de l'agriculture, et qui perturberait le réseau trophique.

Par ailleurs, l'argument de la surpĂȘche des prĂ©dateurs semble bien faible Ă©tant donnĂ© la pression de prĂ©dation presque nĂ©gligeable qu'ils exercent sur les adultes, et le taux de fĂ©conditĂ© extrĂȘme de la population : un seul couple suffirait en effet Ă  reconstituer toute la population, avec plusieurs millions d’Ɠufs Ă  chaque ponte. Ainsi, le moteur des invasions ne serait pas Ă  trouver dans la population adulte, qui quelle que soit sa densitĂ© produira toujours un nombre d’Ɠufs astronomique, mais dans le taux de survie des larves jusqu'Ă  l'Ăąge adulte, pĂ©riode pendant laquelle la mortalitĂ© est supĂ©rieure Ă  99,9999 %[53], la plus imperceptible variation de ce taux suffisant Ă  entraĂźner une invasion massive. C'est pourquoi les campagnes d'« Ă©radication » sont considĂ©rĂ©es comme vaines, les associations pouvant tout au plus « nettoyer » une petite aire protĂ©gĂ©e des acanthasters adultes qui la menacent, mais en aucun cas endiguer le flux permanent de milliards de larves[30]. Et encore : en 1980, une Ă©quipe nombreuse aidĂ©e par l'armĂ©e tenta en vain, pendant plusieurs mois, de protĂ©ger le cĂ©lĂšbre spot de plongĂ©e de Green Island sur la Grande BarriĂšre de corail, mais l'invasion finit par submerger la capacitĂ© d'Ă©limination des Ă©quipes, d'autant plus que le front d'Ă©toiles de mer avançait autant de jour que de nuit[47].

Impact sur les récifs coralliens

Exemple d'un récif polynésien (Moorea) avant, pendant et aprÚs une invasion d'acanthasters.

Les effets des invasions d'acanthasters sont trĂšs variables. Une Ă©tude du rĂ©seau ReefCheck menĂ©e sur environ 400 km de longueur du tiers mĂ©dian de la grande barriĂšre de corail a montrĂ© que, 8 ou 9 ans aprĂšs le dĂ©but d'une invasion, jusqu'Ă  60 % du rĂ©cif Ă©tait affectĂ©, surtout dans sa partie externe, et jusqu'Ă  10 % Ă©tait entiĂšrement dĂ©cimĂ©[11] ; le taux de couverture corallienne est par endroits passĂ© de 78 % Ă  2 % en six mois[6]. Selon une Ă©tude de 2013[44] (confirmĂ©e en 2016[5]), ces Ă©toiles constitueraient la principale cause de mortalitĂ© du corail en IndonĂ©sie, avec des taux de mortalitĂ© dĂ©passant 50 % sur de nombreux sites.

En Polynésie française, l'ßle de Moorea a perdu plus de 96% de sa couverture corallienne à cause des acanthasters entre 2005 et 2010[5].

La résilience aprÚs cela est lente : les scientifiques estiment qu'il faudrait 12 à 15 ans pour que les coraux à croissance rapide recolonisent l'espace et 50 ans pour ceux à croissance lente, en admettant qu'aucune nouvelle invasion ou perturbation ne survienne[6], les coraux jeunes étant plus vulnérables que les grosses colonies[54]. Les conséquences ne se limitent pas aux coraux : on a remarqué que lors d'une invasion d'acanthasters, les populations de poissons corallivores diminuaient, au profit des espÚces herbivores[6], modifiant ainsi durablement la composition de l'écosystÚme[55].


Exemple de rĂ©cif fragilisĂ© par des acanthasters puis dĂ©truit par une tempĂȘte en Australie.

L'Homme et Acanthaster planci

Depuis les premiĂšres grandes invasions modernes, notamment en 1969 sur la grande barriĂšre de corail australienne et sur l'Ăźle de Guam, de nombreux gouvernements ont mis en place des programmes de lutte contre les acanthasters, sans jamais parvenir Ă  contrĂŽler de maniĂšre durable la population[47].

Un homme porte à mains nues une grosse acanthaster, car ses épines inférieures ne sont pas dangereuses
Ses épines rendent cet animal difficile à manipuler : seules celles de la face orale, usées, ne sont pas dangereuses.

Les chiffres sont parfois impressionnants : en 1969, 240 000 individus ont Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s Ă  Okinawa, puis 354 470 Ă  Ngadarak (Palaos) en 1977[14]. En 1980, on en rĂ©colta 490 000 Ă©toiles Ă  Samoa[6]. Au total, 13 millions d'acanthasters furent pĂȘchĂ©es aux Ăźles RyĆ«kyĆ« entre 1970 et 1983 (dont 6 millions pour la seule Okinawa), pour un coĂ»t total de prĂšs de trois millions de dollars[14] - [56]. Dans tous les cas, ces opĂ©rations n'ont pu aboutir qu'Ă  la limitation relative et provisoire de la population sur certains secteurs (aires marines protĂ©gĂ©es, spots de plongĂ©e
), mais n'ont jamais Ă©branlĂ© le potentiel invasif de l'espĂšce[47], d'autant plus qu'Ă  la moindre menace, les acanthasters libĂšrent leurs millions d’Ɠufs en quelques secondes.

Plusieurs méthodes sont utilisées pour le délicat contrÎle de la population de cet animal imposant et dangereux[57] :

  • les premiĂšres opĂ©rations consistaient Ă  ramasser les acanthasters de maniĂšre plus ou moins artisanale, et souvent peu efficace : les Ă©toiles de mer Ă©taient parfois rĂ©coltĂ©es et emmenĂ©es par bateau sur le continent pour servir d'engrais, notamment au Japon, mais le volume d'acanthasters Ă  ramasser dĂ©passait bien vite la capacitĂ© des flottes engagĂ©es[56]. Elles Ă©taient ramassĂ©es soit Ă  la main avec d'Ă©pais gants de protection, soit enfilĂ©es par dizaine le long d'un pieu taillĂ© en pointe ;
  • pour augmenter la cadence d'Ă©limination, le Japon et l'Australie dĂ©cidĂšrent de tuer les acanthasters sur place. La premiĂšre mĂ©thode consistait Ă  les couper en deux puis les rejeter Ă  la mer : elle fut rapidement abandonnĂ©e quand on dĂ©couvrit que les Ă©toiles de mer survivaient souvent Ă  cette mĂ©thode, et se rĂ©gĂ©nĂ©raient, peut-ĂȘtre mĂȘme en deux nouvelles acanthasters[10]. Certains plongeurs prĂ©fĂšrent enterrer les acanthasters Ă  l'envers dans du sable[58], celui-ci les empĂȘchant d'avoir une prise pour se retourner, ce qui les expose Ă  certains prĂ©dateurs (mollusques, vers de vase
) : cette mĂ©thode semble efficace, mais a un rendement assez faible et oblige Ă  manipuler les Ă©toiles de mer. Une autre façon Ă©tait de les remonter sur un bateau oĂč elles Ă©taient plongĂ©es dans un bac d'eau douce (parfois additionnĂ©e de produits pour piscine acides ou chlorĂ©s), ce qui les tuait immĂ©diatement par choc osmotique, puis rejetĂ©es Ă  la mer : cette mĂ©thode s'avĂ©ra plus efficace, mais avec toujours une cadence assez faible, mĂȘme si l'injection d'air comprimĂ© dans les Ă©toiles de mer pour les faire remonter toutes seules vers le bateau a pu accĂ©lĂ©rer les cadences[59] ;
  • la technique moderne la plus utilisĂ©e est le fusil-injecteur sous-marin[57] : cette « arme » est dĂ©veloppĂ©e par une sociĂ©tĂ© australienne, et comporte un long injecteur Ă  piston manuel et un rĂ©servoir dorsal rempli d'une solution Ă  base de bisulfate de sodium, un produit acide mais biodĂ©gradable utilisĂ© dans les piscines[60]. Quatre injections dans des parties diffĂ©rentes du disque central sont nĂ©cessaires pour empĂȘcher l'Ă©toile de mer de « cloisonner » la partie de son corps atteinte, et assurer l'Ă©limination de l'animal. Avec cette mĂ©thode, un plongeur Ă©quipĂ© de 5 L de produit peut tuer jusqu'Ă  200 acanthasters en une plongĂ©e — ce qui reste faible vu le nombre d'individus composant une invasion[15].

Le succÚs des campagnes d'éradication est étroitement lié au nombre d'individus en cause (de part et d'autre), mais aussi à la topographie du site (superficie, accessibilité, isolement) et de la saison, étant impératif de procéder avant la période de fertilité[61].

Dans la culture

Cette espÚce a inspiré deux Pokémon dans la série de jeux vidéo japonais éponyme : Vorastérie et Prédastérie (en anglais : Mareanie et Toxapex). Tous deux sont décrits comme se nourrissant du Pokémon corail Corayon (en anglais : Corsola), et se défendant au moyen des piquants venimeux sur leurs bras[62].

Étymologie et appellations

TrÚs grosse Acanthaster planci gris-bleu et rouge, bombée sur un récif
Acanthaster planci aux Fidji.

Acanthaster vient du grec acanthos (épine) et aster (étoile) : le genre signifie donc « étoile épineuse ». Le nom planci vient du naturaliste italien Giovanni Bianchi alias Janus Plancus[1].

En français, on l'appelle communément « couronne d'épines », « Couronne du Christ », « acanthaster pourpre » ou plus malicieusement « coussin de belle-mÚre », et depuis la médiatisation des phénomÚnes invasifs on entend souvent l'appellation « étoile de mer dévoreuse de corail ». En anglais elle est généralement nommée Crown-of-thorns starfish (plus rarement Coral-eating starfish), traduit tel quel dans la plupart des langues européennes : Stella corona di spine en italien, Estrella de mar corona de espinas en espagnol et Dornenkronenseestern en allemand[63]. Son nom polynésien est Taramea, et on l'appelle Bula aux Fidji, Rrusech au Palau, et Alamea aux ßles Tonga et Samoa[6].

L'acanthaster possĂšde de nombreux noms dans tous les pays oĂč elle est prĂ©sente, ce qui a permis aux chercheurs d'avoir une idĂ©e des lieux d'invasions anciennes. Charles Birkeland a ainsi pu cartographier les Ăźles de l'indopacifique oĂč cette espĂšce Ă©tait distinguĂ©e par les populations locales des autres Ă©toiles de mer, signe selon lui d'invasions historiques ; le rĂ©sultat de ce relevĂ© fut utilisĂ© pour vĂ©rifier la liste des facteurs de risques qu'il avait Ă©tablie dans le mĂȘme article : « Les habitants des Ăźles montagneuses ont souvenir d'invasions anciennes, connaissent des traitements traditionnels pour soigner les piqĂ»res d'A. planci, et utilisent des dĂ©nominations spĂ©cifiques pour A. planci. Les habitants des atolls n'ont pour leur part aucun souvenir d'invasions et nomment A. planci avec des termes gĂ©nĂ©riques dĂ©signant indistinctement toutes les Ă©toiles de mer[14] ».

Systématique et classification

pédicellaires rouges en forme de ciseaux, minuscules organes à la surface du corps des acanthasters
Pédicellaires d'Acanthaster planci, critÚre utilisé pour ranger les Acanthasteridae dans l'ordre des Valvatida.

Le premier scientifique occidental à avoir découvert cette espÚce fut Georg Everhard Rumphius en 1705 (qui la nomma Stella marina quindecium radiotorum, « étoile de mer à quinze bras rayonnants »), mais elle ne fut réellement décrite qu'en 1758 par Carl von Linné[6], qui la nomma Asterias planci à partir d'illustrations rapportées par les naturalistes italiens Plancus et Gualtieri en 1743. C'est Paul Gervais qui fixa le nom du genre « Acanthaster » en 1841.

Cette espĂšce a connu plusieurs synonymes taxinomiques : Asterias planci Linnaeus, 1758, Asterias echinites Ellis & Solander, 1786, Acanthaster echinites (Ellis & Solander, 1786), Asterias solaris Schreber, 1793, Acanthaster solaris Schreber, 1793, Stellonia echinites L. Agassiz, 1836, Asterias echinus Gervais, 1841, Acanthaster echinus Gervais, 1841, Acanthaster mauritiensis de Loriol, 1885, et Acanthaster pseudoplanci Caso, 1962[19].

Acanthaster planci est classée au sein de l'embranchement des échinodermes, dans la classe des Asteroidea (étoiles de mer). Elle fait partie de l'ordre des Valvatida depuis 2011, aprÚs avoir été longtemps classée comme Spinulosida (étoiles épineuses, mais qui n'ont pas de pédicellaires, contrairement aux acanthasters).

Le genre Acanthaster est, selon les connaissances actuelles, le seul reprĂ©sentant de la famille des Acanthasteridae (y compris dans le registre fossile), et la famille la plus proche semble ĂȘtre celle des Oreasteridae[64], famille de grosses Ă©toiles tropicales (les « Ă©toiles-coussins »), qui comporte d'autres espĂšces pouvant se nourrir de corail, comme celles du genre Culcita. Des fossiles de l'EocĂšne prĂ©sentent des Ă©toiles d'apparence orĂ©astĂ©ride relativement proches morphologiquement des acanthasters, suggĂ©rant un taxon basal[64].

Il y a débat parmi les scientifiques quant aux espÚces à inclure dans ce genre. Ainsi, l'espÚce la plus proche d'Acanthaster planci a longtemps été, selon les sources, soit Acanthaster ellisi[65] (souvent considérée comme une simple sous-espÚce du Pacifique Est), soit Acanthaster brevispinus[66] - [67], espÚce beaucoup plus rare, caractérisée par des piquants plus courts et nombreux sur le disque central, et qui semble préférer les substrats meubles et une alimentation plus omnivore. La possibilité d'hybridation entre ces trois « types » d'acanthasters rend la détermination cladistique d'autant plus difficile[68].


La distinction d'Acanthaster planci en sous-espĂšces voire espĂšces est donc encore peu claire[34] - [69], et la corrĂ©lation entre les coloris et la zone gĂ©ographique semble complexe, Ă©tant donnĂ© qu'une mĂȘme population peut comporter une grande diversitĂ© de robes entre les individus, et que les larves ont un potentiel migratoire assurant un important brassage gĂ©nĂ©tique Ă  grande Ă©chelle. Au moins quatre groupes gĂ©nĂ©tiques distincts ont Ă©tĂ© identifiĂ©s : Mer Rouge, OcĂ©an Indien sud et ouest, OcĂ©an Indien nord et est, et Pacifique[34].

Haszprunar, Vogler et Wörheide proposent depuis 2017 de diviser l'espÚce en 4[70] :

  • Acanthaster planci (Linnaeus, 1758) -- nord de l'ocĂ©an Indien, bleue et rouge
  • Acanthaster mauritiensis de Loriol, 1885 -- sud de l'ocĂ©an Indien
  • Acanthaster cf. solaris (Schreber, 1795) -- ocĂ©an Pacifique, max. 23 bras
  • Acanthaster benziei Wörheide, Kaltenbacher, Cowan & Haszprunar, 2022 -- Mer Rouge (max. 14 bras, mais des observations jusqu'Ă  16[71])[72].

Haszprunar & Spies (2014) comptent Ă©galement Acanthaster ellisii (Gray, 1840), qu'ils considĂšrent valide mĂȘme si elle ne figure pas dans la plupart des Ă©tudes rĂ©centes[73].

L'espĂšce pacifique se caractĂ©riserait par une couleur plus souvent grisĂątre et moins de bras (encore moins, pas plus de 14, pour l'espĂšce de Mer Rouge), et la « vraie » A. planci serait la seule avec une livrĂ©e fixe, bleue et violette. Cependant la diversitĂ© des robes et des tailles interdit toute gĂ©nĂ©ralitĂ© visuelle sur ces espĂšces, et si leur statut est en voie de confirmation, elles n'ont pour le moment aucune clef fiable de dĂ©termination autre que gĂ©nĂ©tique (ou gĂ©ographique)[70]. Cette nouvelle division, si elle demande encore Ă  ĂȘtre confirmĂ©e, commence progressivement Ă  ĂȘtre utilisĂ©e dans la littĂ©rature scientifique, notamment l'appellation « Acanthaster cf. solaris » pour les spĂ©cimens du Pacifique[5].


  • Acanthaster planci planci, typique de la forme du nord de l'ocĂ©an Indien (ici Ă  Koh Lanta)
    Acanthaster planci planci, typique de la forme du nord de l'océan Indien (ici à Koh Lanta)
  • Acanthaster mauritiensis, typique de l'ocĂ©an Indien du sud (ici Ă  La RĂ©union).
    Acanthaster mauritiensis, typique de l'océan Indien du sud (ici à La Réunion).
  • Acanthaster « solaris », typique du Pacifique (ici Ă  Guam).
    Acanthaster « solaris », typique du Pacifique (ici à Guam).
  • Acanthaster benziei de Mer Rouge.
    Acanthaster benziei de Mer Rouge.

Notes et références

  1. DORIS, consulté le 30 mai 2014
  2. Nom vernaculaire en français d’aprĂšs Termium plus, la banque de donnĂ©es terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada.
  3. (en) The Nation, « Army of starfish spotted feasting on coral off Phi Phi », sur nationthailand.com, The Nation (Thailand),
  4. « Grande barriĂšre de corail: un petit plan pour le rĂ©cif, un grand plan pour l’Australie », sur liberation.fr, LibĂ©ration,
  5. (en) Morgan S. Pratchett, Ciemon F. Caballes, Jennifer C. Wilmes, Samuel Matthews, Camille Mellin, Hugh P.A. Sweatman, Lauren E. Nadler, Jon Brodie, Cassandra A. Thompson, Jessica Hoey, Arthur R. Bos, Maria Byrne, Vanessa Messmer, Sofia Valero-Fortunato, Carla C.M. Chen, Alexander C.E. Buck, Russell C. Babcock, Sven Uthicke, « 30 Years of Research on Crown-of-thorns Starfish (1986-2016): Scientific Advances and Emerging Opportunities », Diversity, vol. 9, no 41,‎ (DOI 10.3390/d9040041, www.mdpi.com/1424-2818/9/4/41/pdf).
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Voir aussi

Articles connexes

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Références taxinomiques

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