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Fossa (animal)

Cryptoprocta ferox

Le fossa (Cryptoprocta ferox), aussi appelĂ© cryptoprocte fĂ©roce et unique reprĂ©sentant actuel du genre Cryptoprocta, est une espĂšce de mammifĂšres fĂ©liformes de la famille des Eupleridae, endĂ©mique de Madagascar. Il est le plus gros mammifĂšre carnivore de l'Ăźle et est parfois comparĂ© Ă  un petit puma. Les adultes mesurent 70 Ă  80 cm de long du museau Ă  la base de la queue, et pĂšsent de 5,5 Ă  8,6 kg, les mĂąles Ă©tant plus lourds que les femelles. Ses griffes semi-rĂ©tractiles permettent au fossa de grimper et de descendre des arbres la tĂȘte en avant, et l'animal peut aussi sauter d'arbre en arbre. Le fossa est un reprĂ©sentant trĂšs particulier dans sa famille, ses organes gĂ©nitaux partageant certains caractĂšres avec les fĂ©lins et les hyĂšnes.

Le fossa a une aire de répartition répandue sur Madagascar, mais les densités de peuplement sont généralement faibles. Il vit uniquement en habitat forestier, et chasse activement la nuit comme le jour. Plus de la moitié de son régime alimentaire se compose de lémuriens, les primates également endémiques de l'ßle ; les autres proies connues sont représentées par des tenrecs, des rongeurs, des lézards, des oiseaux et divers autres animaux. L'accouplement a habituellement lieu dans des arbres, sur des branches horizontales, et peut durer plusieurs heures. La portée compte un à six petits, qui naissent aveugles et sans dents. Les jeunes sont sevrés au bout de quatre mois et demi, et sont indépendants au bout d'un an. Ils atteignent la maturité sexuelle à l'ùge de deux ans, et la longévité mesurée en captivité est de vingt ans.

Sa classification a Ă©tĂ© sujette Ă  dĂ©bats, l'animal partageant des traits avec les fĂ©lins, d'autres suggĂ©rant une relation Ă©troite avec les viverridĂ©s. Sa position phylogĂ©nĂ©tique, avec celles des autres carnivores malgaches, a influencĂ© les hypothĂšses sur le nombre de colonisations de l'Ăźle par les mammifĂšres carnivores. Les Ă©tudes gĂ©nĂ©tiques ayant montrĂ© que le fossa et tous les autres carnivores de Madagascar Ă©tant plus proches entre eux, formant le clade qu'est la famille des Eupleridae, on sait aujourd'hui que les carnivores ont colonisĂ© l'Ăźle en une seule arrivĂ©e, remontant Ă  18 ou 20 millions d'annĂ©es. Le fossa est considĂ©rĂ© comme « vulnĂ©rable » par l'Union internationale pour la conservation de la nature, ses effectifs sont jugĂ©s en dĂ©clin et principalement menacĂ©s par la destruction de l'habitat. Il est gĂ©nĂ©ralement craint par le peuple malgache et est souvent protĂ©gĂ© par un tabou (fady en malgache) qui le prĂ©serve de la chasse.

Description

Fossa sur un rocher au Bioparc Valencia en Espagne.

Aspect général

Le fossa ressemble Ă  une forme diminuĂ©e d'un grand fĂ©lin, comme un puma[2], mais avec un corps svelte et des membres musclĂ©s[3], et une queue presque aussi longue que le reste du corps[2]. Sa tĂȘte ressemble Ă  celle d'une mangouste, relativement plus longue que celle d'un chat et avec un museau large et court, de grandes oreilles arrondies[3] - [2]. Il a les yeux bruns relativement Ă©cartĂ©s aux pupilles fendues. Comme de nombreux carnivores qui chassent la nuit, il possĂšde un tapetum lucidum augmentant son acuitĂ© visuelle, et qui reflĂšte une lumiĂšre orange[3]. Le Fossa mesure 70 Ă  80 cm de long du museau Ă  la base de la queue et celle-ci est longue de quelque 65 Ă  70 centimĂštres. Il y a un certain dimorphisme sexuel, les mĂąles adultes Ă©tant plus grands que les femelles, avec des fourchettes de poids respectives de 6,2-8,6 kg et de 5,5-6,8 kg[2]. Les individus plus petits se trouvent gĂ©nĂ©ralement dans le Nord et l'Est de Madagascar, tandis que les plus grands se rĂ©partissent vers le sud et dans l'Ouest[4]. De grands individus pesant exceptionnellement jusqu'Ă  20 kg ont Ă©tĂ© signalĂ©s, mais il existe un certain doute quant Ă  la fiabilitĂ© des mesures[2]. Le fossa a de bonnes facultĂ©s olfactives, auditives et visuelles ; il est robuste et les maladies sont rares en captivitĂ©[5].

Les mùles et les femelles ont le poil court et droit, formant une fourrure unie et relativement dense. Les deux sexes ont le dos généralement brun roussùtre et le ventre d'un crÚme sale. En rut, ils peuvent avoir une coloration orange sur leur abdomen à cause d'une substance rougeùtre sécrétée par des glandes exocrines pulmonaires, mais cela n'a pas été observé par tous les chercheurs. La queue est généralement d'une coloration plus claire que les flancs. Les juvéniles sont gris ou presque blancs[4] - [2].

Le dessous des pattes du fossa : patte antérieure à gauche, patte postérieure à droite.

Plusieurs des caractĂ©ristiques physiques de l'animal sont des adaptations au milieu arboricole[3]. Sa queue l'aide Ă  s'Ă©quilibrer et ses griffes semi-rĂ©tractiles lui permettent de grimper aux arbres Ă  la recherche d'une proie[2]. Ses pattes sont semi-plantigrades[4], l'animal alternant entre une dĂ©marche arboricole aux allures plantigrades et un dĂ©placement plutĂŽt digitigrade au sol[6]. Le dessous de ses pattes est presque nu et couvert de solides coussinets[4]. Le fossa est pourvu de chevilles trĂšs flexibles qui lui permettent de s'agripper facilement aux troncs pour y grimper ou en descendre, tĂȘte la premiĂšre, ou encore de sauter d'arbre en arbre. En captivitĂ©, on a observĂ© les juvĂ©niles se balancer tĂȘte en bas, accrochĂ©s Ă  des cordes Ă  nƓuds par leurs pattes arriĂšre[3].

Le fossa dispose de plusieurs glandes odorantes, moins développées chez la femelle que chez le mùle. Comme les mangoustes, il possÚde une glande périanale à l'intérieur d'un sac anal entourant l'anus comme une poche. Cette derniÚre débouche à l'extérieur par une fente horizontale au-dessous de la queue. D'autres glandes sont situées prÚs du pénis ou du vagin, les glandes péniennes émettant une forte odeur. Comme les mangoustes, il n'a pas de glandes préscrotales[4].

Organes génitaux

Les organes génitaux externes sont l'une des caractéristiques physiques les plus intéressantes de cette espÚce. Le mùle a le pénis (et son baculum) exceptionnellement long, parvenant en érection entre ses pattes avant. Le gland se prolonge jusque vers le milieu du pénis et est épineux, sauf en son bout ; à titre de comparaison, le gland des félidés est court et épineux, tandis que celui des viverridés est lisse et long[4]. La femelle fossa présente une masculinisation transitoire, commençant à un ou deux ans d'ùge, et consistant dans le développement d'un clitoris imposant et épineux qui prenant la forme d'un pseudo-pénis. Le clitoris est soutenu par un os clitoridien, qui diminue à mesure que l'animal grandit[2] - [6]. Les femelles n'ont pas un pseudo-scrotum[2], mais sécrÚtent une substance orange qui colore leurs parties inférieures, trÚs semblablement aux sécrétions des mùles[7]. Les niveaux d'hormones (testostérone, androstÚnedione, dihydrotestostérone) ne semblent pas jouer un rÎle dans cette masculinisation transitoire, ces niveaux étant identiques chez les juvéniles masculinisés et les adultes non masculinisés. La masculinisation transitoire pourrait réduire le harcÚlement sexuel des jeunes femelles par les mùles adultes, ou réduire l'agressivité des femelles territoriales[2]. Si les femelles d'autres espÚces de mammifÚres (comme la hyÚne tachetée) ont également un pseudo-pénis, chez aucune de celles-ci ce clitoris hypertrophié ne décroßt en volume quand l'animal grandit[8] - [7].

Comparaison avec les carnivores proches

Crùne de la collection du Muséum de Toulouse.

Dans l'ensemble, le fossa a des caractéristiques en commun avec trois familles de carnivores différentes, et d'éminents scientifiques l'ont placé, ainsi que d'autres membres des Eupleridae, dans les Herpestidae, les Viverridae et les Felidae. Les caractÚres félins sont principalement ceux associés au systÚme digestif[4], comme la forme des dents et les parties faciales du crùne, la langue et le tube digestif, typiques de son régime alimentaire exclusivement carnivore[3]. Le reste du crùne ressemble plus à celui du genre Viverra, tandis que la structure générale du corps est trÚs semblable à celle des différents membres de la famille des Herpestidae.

Dessins de la mùchoire supérieure et de la mandibule.

La dentition permanente est 3.1.3-4.13.1.3-4.1 (trois incisives, une canine, trois ou quatre prĂ©molaires et une molaire de chaque cĂŽtĂ© sur chaque demi-mĂąchoire), la formule dĂ©ciduale Ă©tant similaire mais dĂ©pourvue de la quatriĂšme prĂ©molaire et de la molaire. Le fossa a un grand rhinarium proĂ©minent similaire Ă  celui des viverridĂ©s, mais a des oreilles rondes plus grandes, presque aussi grandes que celles des fĂ©lins de taille similaire. Les vibrisses de sa face sont longues, les plus longues l'Ă©tant plus que sa tĂȘte. Comme certains genres de mangoustes, en particulier Galidia (qui est aussi de la famille des Eupleridae) et Herpestes (des Herpestidae), il est muni de vibrisses carpiennes. Ses griffes sont rĂ©tractiles mais ne sont pas cachĂ©es dans une gaine de peau contrairement Ă  celles des fĂ©lidĂ©s. Le fossa a trois paires de mamelons (une inguinale, une ventrale et une pectorale)[2].

Écologie et comportement

Alimentation

Le fossa est l'un des huit carnivores endĂ©miques de Madagascar. Opportuniste, il chasse des proies de taille petite Ă  moyenne. Il est le plus grand mammifĂšre terrestre actuel endĂ©mique de l'Ăźle et le seul prĂ©dateur capable de s'en prendre aux adultes de toutes les espĂšces de lĂ©muriens existantes[9] - [10], la plus grande pouvant peser jusqu'Ă  90 % du poids d'un fossa de taille moyenne[3] - [10]. Bien qu'il soit le principal prĂ©dateur des lĂ©muriens[10] - [11], les relevĂ©s de ses habitudes alimentaires rĂ©vĂšlent une grande variĂ©tĂ© de sĂ©lectivitĂ© de proies entre les individus et une spĂ©cialisation en fonction de l'habitat et de la saison ; le rĂ©gime alimentaire ne varie pas selon le sexe. Par exemple, alors que le fossa est spĂ©cialisĂ© dans la chasse de lĂ©muriens dans le parc national de Ranomafana, son rĂ©gime alimentaire est plus variable dans les autres habitats des forĂȘts humides[12].

Le petit MicrocÚbe mignon (Microcebus murinus) fait partie du régime alimentaire du fossa.

Le rĂ©gime alimentaire du fossa sauvage a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par l'analyse des excrĂ©ments caractĂ©ristiques de l'espĂšce, qui ressemblent Ă  des cylindres gris aux extrĂ©mitĂ©s torsadĂ©es, et mesurent de 10 Ă  14 cm de long pour 1,5 Ă  2,5 cm d'Ă©paisseur[13]. Les fĂšces collectĂ©es et analysĂ©es Ă  Andohahela et Andringitra renferment des restes de lĂ©muriens et de rongeurs. Les populations de l'Est du massif d'Andringitra ont la plus grande variĂ©tĂ© enregistrĂ©e de proies, des vertĂ©brĂ©s comme des invertĂ©brĂ©s. Les vertĂ©brĂ©s consommĂ©s comprennent des reptiles, une grande variĂ©tĂ© d'oiseaux (du sous-bois ou terrestres) et des mammifĂšres, avec des insectivores, des rongeurs, et des lĂ©muriens. Les invertĂ©brĂ©s consommĂ©s par le fossa dans les hautes montagnes de l'Andringitra comptent des insectes et des crabes[14] - [15]. L'Ă©tude de ces excrĂ©ments montre que les vertĂ©brĂ©s reprĂ©senteraient 94 % du rĂ©gime alimentaire du fossa, avec les lĂ©muriens comptant pour plus de la moitiĂ©, suivis des tenrecs (9 %), des lĂ©zards (9 %) et des oiseaux (2 %). Les graines, qui reprĂ©senteraient 5 % de l'alimentation, proviennent peut-ĂȘtre des estomacs des lĂ©muriens ingĂ©rĂ©s, ou de fruits consommĂ©s par le fossa pour leur eau, ces graines Ă©tant plus frĂ©quentes dans l'alimentation pendant la saison sĂšche. La taille moyenne des proies varie gĂ©ographiquement, avec seulement 40 grammes dans les hautes montagnes de l'Andringitra, mais 480 grammes dans les forĂȘts humides et plus de 1 000 grammes dans les forĂȘts sĂšches dĂ©cidues[2]. Selon une Ă©tude du rĂ©gime alimentaire du fossa menĂ©e dans la forĂȘt sĂšche Ă  feuilles caduques de l'ouest de Madagascar, plus de 90 % des proies Ă©taient des vertĂ©brĂ©s, et plus de 50 % Ă©taient des lĂ©muriens. La base du rĂ©gime est constituĂ©e d'environ six espĂšces de lĂ©muriens et de deux ou trois espĂšces de tenrecs-hĂ©rissons, de serpents et de petits mammifĂšres[13]. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le fossa cherche Ă  chasser les plus gros lĂ©muriens et rongeurs, et non les plus petits[16].

Le fossa consomme des proies aussi grosses que le Sifaka Ă  diadĂšme (Propithecus diadema).

Le fossa capture ses proies au sol ou dans les arbres. S'il chasse seul en dehors de la pĂ©riode de reproduction, les partenaires d'un couple, ou plus tard les mĂšres et leurs jeunes peuvent chasser ensemble lors de la saison reproductrice. Un fossa du groupe escalade un arbre et dĂ©niche des lĂ©muriens qu'il poursuit d'arbre en arbre, les forçant Ă  descendre vers le sol oĂč les autres fossas peuvent facilement les capturer[2]. Le fossa Ă©viscĂšre les plus gros lĂ©muriens qu'il capture ce qui, avec ses excrĂ©ments caractĂ©ristiques, permet d'identifier ses proies[10]. Les observations sur le long terme des modes de prĂ©dation du fossa sur les propithĂšques de la forĂȘt tropicale suggĂšrent que l'animal chasse dans une parcelle de son territoire jusqu'Ă  ce que la densitĂ© de proies y diminue et qu'il lui faille se dĂ©placer[17]. Le fossa peut parfois s'attaquer aux animaux domestiques, comme les chĂšvres et les petits veaux, et surtout aux poules. En captivitĂ©, le fossa consomme entre 800 et 1 000 grammes de viande par jour, des amphibiens, oiseaux, insectes, reptiles, et petits ou moyens mammifĂšres[4].

Cette grande variĂ©tĂ© de proies chassĂ©es dans des habitats diffĂ©rents de la forĂȘt tropicale est similaire Ă  la composition variĂ©e du rĂ©gime alimentaire constatĂ©e dans les forĂȘts sĂšches de l'ouest de Madagascar[14] - [15]. Le fossa Ă©tant le plus grand prĂ©dateur endĂ©mique Ă  Madagascar, sa flexibilitĂ© alimentaire combinĂ©e Ă  une activitĂ© flexible[9] lui a permis d'exploiter une grande variĂ©tĂ© de niches disponibles dans toute l'Ăźle[14] - [15], et fait potentiellement de lui une espĂšce clĂ© pour les Ă©cosystĂšmes malgaches[18].

Reproduction

La plupart des dĂ©tails connus de la reproduction Ă  l'Ă©tat sauvage proviennent des populations des forĂȘts sĂšches Ă  feuilles caduques dans l'Ouest de l'Ăźle. D'autres recherches de terrain sont nĂ©cessaires pour savoir si ces connaissances sont gĂ©nĂ©ralisables aux populations orientales[2]. L'accouplement a gĂ©nĂ©ralement lieu en septembre et octobre[4], mĂȘme s'il peut parfois ĂȘtre rĂ©alisĂ© jusqu'en dĂ©cembre[2], et peut ĂȘtre trĂšs ostensible[3]. En captivitĂ© dans l'hĂ©misphĂšre Nord, les fossas copulent au printemps, de mars Ă  juillet[5]. Dans la nature, le rapport a habituellement lieu dans les arbres, sur des branches horizontales situĂ©es Ă  une vingtaine de mĂštres du sol. Souvent, le mĂȘme arbre est utilisĂ© annĂ©e aprĂšs annĂ©e, avec une prĂ©cision remarquable quant Ă  la date du dĂ©but de la saison. Les arbres utilisĂ©s sont souvent situĂ©s Ă  proximitĂ© d'une source d'eau, et ont de grosses branches assez fortes et assez larges, d'une vingtaine de centimĂštres de diamĂštre, pour supporter le couple reproducteur. On a Ă©galement rapportĂ© certains cas d'accouplement au sol[2].

Gravure de 1927 représentant un fossa.

Il peut y avoir jusqu'Ă  huit mĂąles sur un mĂȘme site d'accouplement, restant Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la femelle rĂ©ceptive. La femelle semble choisir ses partenaires, et les mĂąles se disputent son attention par une quantitĂ© importante de vocalisations et d'interactions hostiles. La femelle peut choisir de s'accoupler avec plusieurs partenaires, et son choix ne semble pas ĂȘtre liĂ© Ă  l'apparence physique des mĂąles[2]. Elle produit une sĂ©rie de miaulements pour stimuler le mĂąle. Celui-ci la monte par derriĂšre, s'appuyant de maniĂšre lĂ©gĂšrement excentrĂ©e[2], une posture exigeant un Ă©quilibre dĂ©licat ; si la femelle devait ĂȘtre maintenue, le mĂąle aurait une difficultĂ© significative pour accomplir l'acte. Il pose ses pattes sur les Ă©paules de sa partenaire[3] ou la saisit autour de la taille, et lĂšche souvent son cou[2]. L'accouplement peut durer prĂšs de trois heures. Cet accouplement d'une longueur inhabituelle est dĂ» Ă  la nature physique du pĂ©nis en Ă©rection, qui a des Ă©pines pointant vers l'arriĂšre sur presque toute sa longueur[7]. Celles-ci pourraient Ă©galement ĂȘtre responsables du lien copulatoire qui attache l'un Ă  l'autre les deux partenaires, et qui leur rend difficile de se sĂ©parer mĂȘme si l'accouplement vient Ă  ĂȘtre interrompu[2] - [7]. La femelle peut copuler plusieurs fois avec un mĂȘme mĂąle, avec un temps total d'accouplement pouvant atteindre quatorze heures, et le mĂąle peut rester avec la femelle jusqu'Ă  une heure aprĂšs l'accouplement. Une seule femelle peut occuper l'arbre, pour s'accoupler avec plusieurs mĂąles, jusqu'Ă  une semaine. Il se peut aussi que d'autres femelles prennent sa place pour s'accoupler avec les mĂȘmes mĂąles ou d'autres[2]. Cette stratĂ©gie d'accouplement, oĂč les femelles monopolisent un site et maximisent le nombre disponible de partenaires, semble ĂȘtre unique parmi les carnivores. Une recherche publiĂ©e en 2009 suggĂšre que ce systĂšme aide le fossa Ă  surmonter des facteurs qui seraient normalement bloquants pour trouver des partenaires, comme les faibles densitĂ©s de population et la non-utilisation de taniĂšres[19].

La portĂ©e compte un Ă  six petits, gĂ©nĂ©ralement deux Ă  quatre[6] - [4]. La mise bas a lieu dans un endroit cachĂ©, comme une taniĂšre souterraine, une termitiĂšre, une anfractuositĂ© de rochers ou dans le creux d'un grand arbre[2] (en particulier ceux du genre Commiphora[3]). Contrairement Ă  ce que rapportaient d'anciennes recherches, les portĂ©es sont de sexes mixtes[4] - [2]. Les jeunes naissent en dĂ©cembre ou janvier, aprĂšs une pĂ©riode de gestation de 90 jours[4] ou de six Ă  sept semaines pour les accouplements les plus tardifs[2]. En juin 2018, le zoo de Paris a vu naĂźtre trois petits fossas, aprĂšs une gestation de moins de 50 jours selon le zoo[20]. Les nouveau-nĂ©s sont aveugles et dĂ©pourvus de dents et ne pĂšsent pas plus de 100 grammes[4] - [2]. Ils sont recouverts d'une fine fourrure gris-brun[5] ou presque blanche[2]. Ils ouvrent les yeux au bout de deux semaines environ[4] - [5] ; ils deviennent plus actifs et leur fourrure tend vers le gris perle[2]. Les petits ne consomment pas de nourriture solide avant leurs trois mois, ne quittent la taniĂšre que vers l'Ăąge de 4,5 mois et sont sevrĂ©s peu de temps aprĂšs[4] - [2]. Au bout de leur premiĂšre annĂ©e, les juvĂ©niles sont indĂ©pendants de leur mĂšre[2]. La dentition dĂ©finitive apparait vers l'Ăąge de 18 Ă  20 mois[4] - [2]. Les jeunes atteignent leur maturitĂ© physique aux environs de leurs deux ans[7] et leur maturitĂ© sexuelle au bout d'une ou deux annĂ©es supplĂ©mentaires[4] - [2], et ils peuvent rester avec leur mĂšre jusqu'Ă  ce qu'ils soient complĂštement mĂ»rs. La durĂ©e de vie en captivitĂ© est proche de la vingtaine d'annĂ©es ou plus, probablement en raison de la lenteur du dĂ©veloppement des jeunes[6].

Comportement

Le fossa a plusieurs pics d'activité s'étalant sur le jour et la nuit.

Le fossa est actif tant en journĂ©e que la nuit et est considĂ©rĂ© comme cathĂ©mĂ©ral ; les pics d'activitĂ© se situent tĂŽt le matin, tard dans l'aprĂšs-midi et tard dans la nuit. L'animal ne rĂ©utilise gĂ©nĂ©ralement pas les sites de couchage, mais les mĂšres accompagnĂ©es de leurs jeunes retournent Ă  la mĂȘme taniĂšre[2]. Le domaine vital d'un mĂąle dans la forĂȘt de Kirindy couvre jusqu'Ă  26 km2, contre 13 km2 pour une femelle. Ces territoires se chevauchent, d'environ 30 % selon des donnĂ©es provenant des forĂȘts orientales, mais les femelles ont gĂ©nĂ©ralement des rĂ©partitions sĂ©parĂ©es. Ces aires croissent Ă  la saison sĂšche, peut-ĂȘtre Ă  cause d'une nourriture moins abondante et d'une disponibilitĂ© en eau plus faible. Des fossas suivis par colliers Ă©metteurs parcouraient entre 2 et km quotidiennement[9] mais le cas d'un individu ayant fait km en 16 heures a Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ©[2]. La densitĂ© de population du fossa semble faible : dans la forĂȘt de Kirindy, oĂč il est dit commun, on estime qu'il y a un animal par km2 en 1998[3]. Une autre Ă©tude dans la mĂȘme forĂȘt menĂ©e entre 1994 et 1996 et fondĂ©e sur une technique de capture-marquage-recapture et de reprise dĂ©nombrait un individu par 3,8 km2 et un adulte pour chaque 5,6 km2[21].

À part les mĂšres accompagnĂ©es de leurs jeunes et des observations occasionnelles de couples de mĂąles, les individus vivent gĂ©nĂ©ralement seuls, et l'espĂšce est considĂ©rĂ©e comme solitaire[4] - [3] - [21]. Une publication de 2009 reporte cependant une observation dĂ©taillĂ©e d'une chasse coopĂ©rative de 45 minutes entre trois mĂąles, qui capturent et se partagent un sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxi) de trois kilogrammes. Ce comportement est peut-ĂȘtre un vestige d'une chasse coopĂ©rative nĂ©cessaire pour la chasse des lĂ©muriens gĂ©ants rĂ©cemment Ă©teints[22].

Les fossas communiquent en utilisant des sons, des odeurs et des signaux visuels. Les vocalisations comprennent des ronronnements, un cri de menace[4] et un cri de peur composé d'inhalations grasses, fortes et répétées et de halÚtements[3]. Un long cri aigu pourrait servir à attirer d'autres individus. Le mùle émet un soupir lorsqu'il a trouvé une femelle, et celle-ci miaule pendant l'accouplement[4] - [3]. Les fossas déposent leurs odeurs tout au long de l'année, sur les rochers, les arbres et le sol, en utilisant des glandes de la région anale et de la poitrine[4] - [3] - [2]. Ils communiquent également en utilisant des expressions faciales et corporelles mais la signification de ces signaux est incertaine. L'animal n'est agressif que lors de l'accouplement, et les mùles notamment se livrent à des luttes voyantes. AprÚs un court combat, le perdant fuit, poursuivi sur une courte distance par le gagnant[4]. En captivité, les fossas ne sont généralement pas agressifs et se laissent parfois caresser par les gardiens de zoo, mais les mùles adultes, en particulier, peuvent essayer de mordre[5].

RĂ©partition

Fossa dans la forĂȘt de Kirindy (au nord du Parc national de Kirindy Mitea) en 1998.
RĂ©partition (en rouge) du fossa Ă  Madagascar en 2007[23].

Le fossa a la rĂ©partition gĂ©ographique la plus Ă©tendue des carnivores malgaches ; il vit gĂ©nĂ©ralement en petit nombre dans toutes les Ă©tendues de forĂȘts restantes sur l'Ăźle, prĂ©fĂ©rant la forĂȘt vierge et tranquille. Il est Ă©galement rencontrĂ© dans certaines forĂȘts dĂ©gradĂ©es, mais en moins grand nombre. Bien que le fossa se trouve dans tous les habitats forestiers connus sur Madagascar, y compris les forĂȘts sĂšches dĂ©cidues occidentales, les forĂȘts humides de l'Est, et les forĂȘts Ă©pineuses du Sud[18], on l'observe plus souvent dans des lieux humides que dans les forĂȘts sĂšches, peut-ĂȘtre parce que la canopĂ©e rĂ©duite dans les forĂȘts sĂšches fournit moins d'ombre, et aussi parce que l'animal semble se dĂ©placer plus facilement dans les forĂȘts humides[3]. Il est absent des zones Ă  l'habitat fortement perturbĂ© et, comme la plupart de la faune malgache, du haut plateau central du pays[18].

La rĂ©partition du fossa suit diffĂ©rents gradients altitudinaux dans les parties intactes des zones protĂ©gĂ©es de Madagascar. Dans la RĂ©serve Naturelle IntĂ©grale d'Andringitra, des signes de prĂ©sence du fossa ont Ă©tĂ© signalĂ©s dans quatre sites diffĂ©rents, allant de 810 Ă  1 625 mĂštres d'altitude[14]. Une occurrence record Ă  2 000 mĂštres d'altitude est Ă©galement connue[24]. La forte prĂ©sence de l'animal sur le massif d'Andringitra a Ă©tĂ© confirmĂ©e en 1996[14]. Dans le parc national d'Andohahela, le fossa vit entre 440 et 1 875 mĂštres d'altitude[15]. Sa prĂ©sence dans ces endroits indique sa capacitĂ© Ă  s'adapter Ă  diffĂ©rentes altitudes, lui offrant une distribution couvrant tous les types de forĂȘts sur Madagascar[18].

Dénominations et systématique

Étymologie

Le nom de genre, Cryptoprocta, est formĂ© du grec ancien Îșρυπτός, (kruptos), « cachĂ© » et πρωÎșτός (proktόs), « anus », l'animal Ă©tant muni d'une poche anale[4]. La dĂ©nomination spĂ©cifique, ferox, vient du latin et signifie « fougueux, fĂ©roce », dĂ©rivĂ© de ferus (« sauvage »)[25]. Son nom vulgaire de « fossa » vient de l'appellation locale malgache, « fosa »[4] - [26] prononcĂ© /fusaÌ€/. Le mot est proche de « posa », signifiant « chat » en Iban, une autre langue austronĂ©sienne, de BornĂ©o, et les deux termes pourraient dĂ©couler de langues vĂ©hiculaires commerciales des annĂ©es 1600. Il est Ă©galement possible que le mot dĂ©rive du malais pusa, se rĂ©fĂ©rant Ă  la belette malaise (Mustela nudipes), et qui aurait donnĂ© posa pour les chats sur BornĂ©o, alors qu'Ă  Madagascar le mot aurait pu devenir fosa pour dĂ©signer le fossa. Une derniĂšre thĂ©orie, dĂ©fendue par les guides du parc zoologique et botanique du Tsimbazaza d'Antananarivo, indique que le terme "fossa" est en fait liĂ© Ă  la dĂ©couverte de l'animal qui ressemblait Ă  un chat. Lorsque cet animal a ensuite Ă©tĂ© identifiĂ© comme Ă©tant une mangouste et non un fĂ©lin, la population malgache le surnomma "faux chat" (Ă  prononcer "fossa" puisque le "ch" se prononce "se" en malgache)[26].

Taxinomie et phylogénie

Le fossa a une allure de fĂ©lin, qui lui a valu d'ĂȘtre comparĂ© Ă  un petit puma[4].

Le fossa a Ă©tĂ© initialement dĂ©crit par Edward Turner Bennett sur la base de matĂ©riel envoyĂ© de Madagascar par Charles Telfair en 1833[27]. Si son nom commun est le mĂȘme que le nom de genre de la civette malgache (Fossa fossana), ce sont deux espĂšces proches mais distinctes. En raison de traits physiques communs avec les civettes, les mangoustes, et les fĂ©lins, sa classification a Ă©tĂ© controversĂ©e. Bennett considĂšre d'abord le fossa comme un type de civette de la famille des Viverridae, une classification qui persiste longtemps parmi les taxinomistes. Sa boĂźte crĂąnienne compacte, ses grandes orbites, ses griffes partiellement rĂ©tractiles et sa dentition spĂ©cialisĂ©e de carnivore ont Ă©galement conduit certains taxinomistes Ă  placer l'animal parmi les fĂ©lidĂ©s[3]. En 1939, William King Gregory et Milo Hellman crĂ©ent une sous-famille propre au fossa au sein des fĂ©lidĂ©s, celle des Cryptoproctinae. George Gaylord Simpson replace l'animal chez les Viverridae en 1945, toujours dans sa propre sous-famille, mais en reconnaissant qu'il partage de nombreuses caractĂ©ristiques de fĂ©lins[4] - [28].

Relations des Eupleridae
avec les autres familles proches
dans l'ordre des Feliformia[29] :

Phylogénie des carnivores
malgaches (Eupleridae)[30] :

En 1993, GĂ©raldine Veron et François Catzeflis publient une Ă©tude utilisant l'hybridation de l'ADN et suggĂ©rant que le fossa est plus Ă©troitement liĂ© aux mangoustes (la famille des Herpestidae) qu'aux fĂ©lins ou aux civettes[3] - [28]. Cependant une Ă©tude morphologique de Veron publiĂ©e deux ans plus tard replace Ă  nouveau le fossa parmi la famille des Felidae[28]. En 2003, des Ă©tudes molĂ©culaires phylogĂ©nĂ©tiques utilisant des gĂšnes nuclĂ©aires et mitochondriaux menĂ©es par Anne Yoder et ses collĂšgues ont montrĂ© que tous les carnivores malgaches indigĂšnes sont un groupe monophylĂ©tique, partageant un ancĂȘtre commun distinct des lignĂ©es des autres carnivores (ils forment un clade) et qu'ils sont le plus Ă©troitement liĂ©s aux Herpestidae d'Afrique et d'Asie[30] - [31] - [29]. Pour tenir compte de ces relations, tous les carnivores malgaches sont maintenant placĂ©s dans une famille propre, celle des Eupleridae[32]. Dans cette famille le fossa est placĂ© dans la sous-famille des Euplerinae, avec le fanalouc (Eupleres goudoti) et la civette malgache (Fossa fossana), mais ses relations exactes sont mal rĂ©solues[32] - [30] - [29].

Une espĂšce Ă©teinte et proche du fossa est dĂ©crite en 1902 Ă  partir de restes subfossiles, et dĂ©crite sous le nom de Cryptoprocta spelea en 1935. Cette espĂšce Ă©tait similaire au fossa d'aujourd'hui mais plus grande (avec une estimation d'une masse corporelle Ă  peu prĂšs deux fois plus importante)[4] - [33]. À Madagascar les gens distinguent plusieurs types de fossas : le grand fosa mainty (« fossa noir ») et le fosa mena (« fossa rougeĂątre ») plus petit. Une forme blanche a Ă©tĂ© signalĂ©e dans le sud-ouest de l'Ăźle. Il est difficile de savoir si cela est purement folklorique, reflĂšte une variation individuelle liĂ©e au sexe, Ă  l'Ăąge ou Ă  des cas de mĂ©lanisme ou de leucisme ou s'il y a en effet plus d'une espĂšce de fossa vivante[4] - [33] - [2].

Le fossa et l'homme

Menaces et conservation

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considĂšre le fossa comme « vulnĂ©rable » (VU) depuis 2008 car sa population a probablement diminuĂ© d'au moins 30 % au cours des 21 derniĂšres annĂ©es ; il Ă©tait prĂ©cĂ©demment considĂ©rĂ© comme « en danger » (EN) en 2000, vulnĂ©rable en 1986 et 1996 et les « donnĂ©es insuffisantes » (DD) en 1988, 1990 et 1994[1]. L'espĂšce est dĂ©pendante de l'habitat forestier et est donc menacĂ©e par la destruction gĂ©nĂ©ralisĂ©e des forĂȘts naturelles de Madagascar, mais elle est Ă©galement capable de persister dans les zones perturbĂ©es[3] - [2]. Une sĂ©rie de marqueurs microsatellites (de courts segments d'ADN ayant une sĂ©quence rĂ©pĂ©tĂ©e) a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e pour aider les Ă©tudes de la santĂ© gĂ©nĂ©tique et la dynamique des populations chez le fossa Ă  la fois Ă  l'Ă©tat sauvage et en captivitĂ©[34]. Plusieurs agents pathogĂšnes ont Ă©tĂ© isolĂ©s Ă  partir du fossa, dont certains, comme l'anthrax et la maladie de CarrĂ©, pourraient ĂȘtre transmis par les chiens ou les chats errants[2].

Bien que l'espĂšce soit largement rĂ©pandue Ă  Madagascar, elle est localement rare dans toutes les rĂ©gions de l'Ăźle et ainsi particuliĂšrement vulnĂ©rable face Ă  l'extinction ; la fragmentation Ă©copaysagĂšre est un facteur aggravant le risque. Le fossa a une densitĂ© de population plus faible que l'on pourrait prĂ©dire Ă  partir de la taille de l'animal, et est en outre menacĂ© par la disparition rapide des forĂȘts malgaches et le dĂ©clin des populations de lĂ©muriens qui constituent une grande part de son alimentation. La disparition du fossa, localement ou totalement, pourrait grandement influer sur la dynamique des Ă©cosystĂšmes, conduisant Ă©ventuellement au surpĂąturage par certaines de ses proies. La population totale dans les aires protĂ©gĂ©es est estimĂ©e Ă  moins de 2 500 adultes, mais ce chiffre est peut-ĂȘtre surestimĂ©. Seules deux zones protĂ©gĂ©es contiendraient plus de 500 fossas adultes : le parc national de Masoala et le parc national de Midongy du sud, mĂȘme si ces estimations pourraient Ă©galement ĂȘtre surĂ©valuĂ©es. Les informations recueillies sur les populations sont insuffisantes pour une analyse de viabilitĂ© des populations correcte, mais les estimations donnent Ă  penser qu'aucune des aires protĂ©gĂ©es ne soutient une population viable. Si ce rĂ©sultat est correct, il impliquerait un processus de dĂ©clin progressif des effectifs sur une centaine d'annĂ©es, jusqu'Ă  l'extinction de l'espĂšce. Pour que celle-ci survive, il est estimĂ© qu'au moins 555 km2 sont nĂ©cessaires pour maintenir de petites populations viables sur le court terme, et au moins 2 000 km2 pour les populations de 500 adultes[21].

Dans la culture

Un tabou, nommĂ© fady Ă  Madagascar[35], offre une protection au fossa et Ă  d'autres carnivores[36]. Dans le district de Marolambo (province de Tamatave), le fossa Ă©tait traditionnellement haĂŻ et craint comme un animal dangereux. Il est dĂ©crit comme « avide et agressif », connu pour ses vols de volailles et de porcelets, et pour « prendre les petits enfants qui marchent seuls dans la forĂȘt ». Certains ne le mangeaient pas, de peur que la bĂȘte ne transfĂšre ses qualitĂ©s indĂ©sirables Ă  la personne qui la consomme[35]. À l'inverse l'animal Ă©tait parfois pris comme viande de brousse[2] ; une Ă©tude publiĂ©e en 2009 rapportait que 57 % des villages (8 dans un Ă©chantillon de 14) dans la forĂȘt de Makira consommaient de la viande de fossa. Les animaux sont gĂ©nĂ©ralement chassĂ©s Ă  l'aide de frondes, de chiens, ou plus couramment en plaçant des collets sur les chemins qu'ils empruntent[37]. PrĂšs du parc national de Ranomafana, le fossa et plusieurs de ses cousins plus petits, ainsi que la civette indienne (Viverricula indica), introduite, sont connus pour se « nourrir sur les corps des ancĂȘtres », qui sont enterrĂ©s dans la forĂȘt dans des fosses peu profondes. Pour cette raison, la consommation de ces animaux est strictement interdite par le fady. Cependant, s'ils errent dans les villages Ă  la recherche d'oiseaux domestiques, ils peuvent ĂȘtre tuĂ©s ou pris au piĂšge. Des piĂšges Ă  petits carnivores ont Ă©tĂ© observĂ©s prĂšs des enclos de poules dans le village de Vohiparara[36].

Quelques zoos possÚdent des fossas. La premiÚre reproduction en captivité a eu lieu en 1974 au parc zoologique de Lunaret, en France. En 1975, alors qu'il n'y avait que huit fossas en captivité à travers le monde, le zoo de Duisbourg, en Allemagne, a acquis un spécimen ; il a lancé par la suite un programme de reproduction, avec succÚs : la plupart des fossas de zoos actuels descendent des fossas de Duisbourg. Ce zoo a également fourni de nombreuses données sur les spécimens captifs[5].

Liens externes

Bibliographie

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Références taxinomiques

Liens externes

Notes et références

  1. Union internationale pour la conservation de la nature, consulté le 2 avril 2012
  2. Goodman (2009)
  3. Hawkins (2003), p. 1360–1363
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  7. Macdonald (2009), p. 668–669
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