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Invasion anglo-russe de la Hollande

L'invasion anglo-russe de la Hollande (également connue sous le nom de campagne de Hollande, d'expédition anglo-russe en Hollande et d'expédition du Helder) est une campagne militaire de la Deuxième Coalition qui s'est déroulée du au , et qui fut marquée par l'invasion de la région de Hollande (République batave) par une coalition composée de forces britanniques et russes. La campagne avait pour double objectif de neutraliser la flotte batave et de favoriser un soulèvement des partisans de l'ancien stathouder Guillaume V contre le gouvernement batave, favorable aux Français. Une coalition entre des armées française et batave de puissance équivalente s'opposa à cette invasion.

Invasion anglo-russe de la Hollande
Description de cette image, également commentée ci-après
Débarquement des troupes britanniques à Callantsoog.
Informations générales
Date 27 ao√Ľt-19 novembre 1799
Lieu Hollande-Septentrionale, République batave
Issue Victoire de l'alliance franco-batave et retrait des troupes anglo-russes
Forces en présence
30 √† 35 00035 √† 40 000
Pertes
10 700 tu√©s ou bless√©s9 300 tu√©s, bless√©s ou captur√©s

Deuxième Coalition

Batailles

Guerre de la Deuxième Coalition


Campagne de Hollande


Campagne de Suisse


Campagne d'√Čgypte


2e Campagne d'Italie

D'un point de vue tactique, le conflit fut dans un premier temps favorable aux Anglo-Russes, vainqueurs lors de la bataille de Callantsoog puis du combat du Zyp. Les batailles suivantes furent cependant favorables aux Franco-Bataves, qui remportèrent un succès stratégique à Bergen malgré leur infériorité numérique, et parvinrent à affaiblir les forces anglo-russes en tirant profit du terrain malgré la défaite d'Alkmaar. La dernière bataille, livrée à Castricum, infligea de lourdes pertes aux deux camps, mais constitua une victoire décisive pour le camp républicain. À la suite de cette dernière, le chef de l'état-major britannique, Frederick d'York, comte d'Ulster et duc d'York et Albany ordonna un repli de ses troupes au niveau de la tête de pont initiale, située à l'extrême nord de la péninsule. La convention d'Alkmaar, négociée le avec le général en chef des troupes franco-bataves, le général Guillaume Brune, mit fin aux hostilités, en permettant aux troupes britanniques et russes de quitter la zone sans violence.

Contexte

Stathouder Guillaume V
Guillaume V d'Orange-Nassau, dernier stathouder des Provinces-Unies chassé par la Révolution batave et par les Français pendant la campagne des Flandres.
La République batave en 1798.

Les Provinces-Unies prirent part à la Première Coalition qui se souleva contre la République française issue de la Révolution après 1792. En 1795, à la fin de leur campagne en Flandres, les troupes du stathouder Guillaume V et leurs alliés britanniques et autrichiens furent défaites par les troupes françaises menées par le général Jean-Charles Pichegru, appuyées par un contingent de révolutionnaires patriotes bataves menés par le général Herman Willem Daendels[1]. Devant l'avance des troupes françaises et le recul des troupes néerlandaises, le stathouder quitta le pays pour Londres, le , pendant que les patriotes se soulevaient dans les grandes villes ; la République batave fut proclamée le lendemain à Amsterdam[2]. La capture de la flotte hollandaise, survenue dans la nuit du en constitua l'un des principaux épisodes.

La conqu√™te de l'ancienne r√©publique des Provinces-Unies en 1795 ne marqua toutefois pas la fin de la guerre, mais un simple changement d'all√©geance du pays qui se retrouva d√®s lors au cŇďur des combats. Son r√īle dans le conflit, en revanche, √©volua fortement. La France n'avait en effet pas sp√©cialement besoin de leur arm√©e de terre, mais plut√īt de leur puissance navale, qui lui faisait alors d√©faut[3]. En 1796, dans le cadre de la nouvelle alliance, les Bataves lanc√®rent un programme de construction navale. La constitution des √©quipages fut n√©anmoins probl√©matique, √©tant donn√© que les officiers de l'ancienne marine √©taient ouvertement orangistes. Plusieurs officiers comme Jan Hendrik van Kinsbergen, h√©ros de la bataille du Dogger Bank, refus√®rent de servir dans la nouvelle arm√©e. Le commandement des forces navales fut ainsi confi√© √† des officiers favorables au nouveau gouvernement, tels que Jean-Guillaume de Winter, en d√©pit de son exp√©rience limit√©e. Cela conduisit √† des d√©b√Ęcles lors des batailles de Saldanha Bay en 1796, puis Camperdown en 1797. Au cours de cette derni√®re, la marine batave, compos√©e des deux vaisseaux hollandais, le Jupiter et le Vrijheid, provoqua de nombreux d√©g√Ęts, mais ne parvint pas √† √©viter des pertes trop importantes. La R√©publique fut ainsi contrainte de reprendre son programme naval √† z√©ro[4]. La r√©ussite de ce dernier permit cependant aux Bataves de disposer d'une force de frappe suffisante pour susciter la crainte d'une √©ventuelle invasion de la Grande-Bretagne ou de l'Irlande aux c√īt√©s des Fran√ßais[Note 1].

La Premi√®re Coalition prit fin en 1797, mais le Royaume-Uni trouva rapidement un nouvel alli√© en la personne de l'empereur Paul Ier de Russie. Les nouveaux alli√©s remport√®rent plusieurs succ√®s dans des affrontements terrestres contre les Fran√ßais, tout particuli√®rement dans les r√©publiques sŇďurs cisalpine et helv√©tique o√Ļ les arm√©es de la Deuxi√®me Coalition parvinrent √† repousser les troupes fran√ßaises sur un large front au d√©but de l'ann√©e 1799. Les Britanniques, et en particulier le Premier ministre William Pitt le Jeune, √©taient alors d√©sireux de maintenir cette dynamique en attaquant l'¬ę empire fran√ßais ¬Ľ en plusieurs points. Alors m√™me que le Prince d'Orange militait fortement en faveur d'une action militaire qui pourrait lui permettre de reprendre le pouvoir, la R√©publique batave apparut alors comme une cible id√©ale pour une telle attaque. La d√©fiance croissante de la population batave √† l'√©gard du r√©gime mis en place par les Fran√ßais ne manqua pas d'attirer l'attention des services de renseignements britanniques. Cependant, √©tant donn√© que les informations √©taient communiqu√©es par des √©missaires orangistes, elles laiss√®rent croire √† tort aux Britanniques que l'emprise de la France sur la R√©publique batave √©tait limit√©e et qu'une frappe pr√©cise lanc√©e par les Britanniques contre Amsterdam pourrait provoquer un soul√®vement massif contre les Fran√ßais[5]. Le fait que la coalition conclue avec la Russie le reposait en partie sur une campagne militaire conjointe contre les Bataves acheva toutefois de convaincre les Britanniques[5].

Dans le cadre de cette entente, l'empereur Paul Ier mit 45 000 soldats russes √† la disposition de la coalition, en l'√©change de subventions britanniques. Cette alliance fut ent√©rin√©e dans un accord proclam√© le , dans lequel Paul promit d'engager une force de dix-sept bataillons d'infanterie, deux compagnies d'artillerie, une compagnie du g√©nie ainsi qu'un escadron de hussards pour la ¬ę Campagne de Hollande ¬Ľ, soit 17 593 hommes au total. En √©change, la Grande-Bretagne promit de payer une contribution de 88 000 ‚ā§, puis de 44 000 ‚ā§ par mois une fois que les troupes seraient engag√©es. La Grande-Bretagne devait elle-m√™me apporter 13 000 hommes, et fournir la majeure partie des navires de transport et d'escorte[6].

Déroulement de la campagne

D√®s l'√©clatement du conflit, il √©tait convenu que l'exp√©dition commune ne devrait pas se cantonner √† un simple conflit militaire. Pitt supposa en effet que, tout comme les populations suisse et italienne, les Bataves soutiendraient avec enthousiasme une invasion hostile aux Fran√ßais. D'apr√®s l'historien britannique Simon Schama : ¬ę Une fois que le drapeau Orange fut hiss√©, il semblait croire que l'arm√©e batave marcherait sur les forces de la coalition jusqu'au dernier homme, et que sa R√©publique s'effondrerait √† la moindre occasion ¬Ľ[7]. En d√©finitive, ces pr√©visions se r√©v√©l√®rent erron√©es[8].

Préparatifs

Lieutenant général anglais Abercromby
Sir Ralph Abercromby, lieutenant général chargé du rassemblement des troupes britanniques.
Carte du th√©√Ętre d'op√©rations en Hollande septentrionale.

Les forces britanniques se rassemblèrent dans la région de Canterbury, sous le commandement du lieutenant général Ralph Abercromby. Elles se composaient principalement de volontaires issus des milices, qui avaient récemment obtenu l'autorisation de rejoindre les régiments traditionnels. Une flotte de transport britannique dirigée par l'amiral Popham fut envoyée vers Reval pour récupérer le contingent russe, tandis que les troupes britanniques se regroupaient progressivement. Il fut finalement décidé de ne pas attendre le retour de Popham, et d'envoyer une division dirigée par Abercromby pour établir une tête de pont sur laquelle les troupes russes, accompagnées d'une seconde division britannique commandée par le chef de l'état-major, le duc d'York, pourraient facilement débarquer[9].

L'enjeu √©tait alors de savoir √† quel endroit le d√©barquement serait le plus efficace. Plusieurs localisations sur la c√īte n√©erlandaise furent envisag√©es. De nombreux strat√®ges √©taient favorables √† l'embouchure de la Meuse, ou √† un espace situ√© √† proximit√© de Scheveningen, les deux offrant la possibilit√© de d√©ployer des troupes d'attaque rapidement pour mettre √† mal les lignes d'approvisionnement de l'arm√©e d'occupation fran√ßaise en R√©publique batave[9] - [Note 2]. Cependant, les bancs de sable situ√©s √† proximit√© des c√ītes n√©erlandaises rendaient la navigation p√©rilleuse et constituaient un risque important pour ces deux emplacements. Au contraire, l'extr√™me nord de la p√©ninsule de la Hollande, plus facilement navigable, permettrait √† la flotte britannique active sur la mer du Nord de soutenir l'offensive. Les fortifications modestes de cette zone constituaient en outre un atout suppl√©mentaire. Par ailleurs, le fait qu'une partie importante de la flotte batave, qui constituait un objectif important de l'exp√©dition, se trouva √† cet endroit offrait l'opportunit√© de la mettre en d√©route ou d'au moins la d√©placer. Du fait de la pr√©sence d'un port, l'espace semblait √©galement propice √† une avanc√©e rapide vers l'un des objectifs strat√©giques de l'offensive, la ville d'Amsterdam[10]. La zone situ√©e au sud du Helder fut ainsi choisie pour accueillir le d√©barquement d'un premier convoi de 17 √† 20 000 hommes command√©s par Abercromby[11] - [9].

Les Britanniques ne cherch√®rent pas √† dissimuler leurs pr√©paratifs, tant et si bien que les autorit√©s fran√ßaises et bataves en √©taient par cons√©quent conscientes[12]. Cependant, le lieu exact du d√©barquement leur √©tait inconnu, ce qui les contraignit √† r√©partir leurs bataillons en plusieurs endroits pour se parer √† toutes les √©ventualit√©s. √Ä ce moment-l√†, l'arm√©e batave se composait de deux divisions (compos√©es d'environ 10 000 hommes chacune), la premi√®re command√©e par le lieutenant-g√©n√©ral Daendels et la seconde par le lieutenant-g√©n√©ral Jean-Baptiste Dumonceau. Ce dernier prit ses fonctions dans le d√©partement de l'Ems afin de prot√©ger la mer des Wadden contre un risque de d√©barquement, o√Ļ une incursion des ennemis par l'est. Daendels √©tait, quant √† lui, positionn√© au nord de la Hollande, avec une base √† Schagen. Les troupes fran√ßaises (seulement 10 √† 12 000 sur le contingent de 25 000 stipul√© dans le trait√© de La Haye[13] - [Note 3]) √©taient divis√©es entre la Z√©lande (un autre point de d√©barquement potentiel, o√Ļ l'exp√©dition de Walcheren eut lieu en 1809) et le milieu du pays, s'√©tirant entre la c√īte et Nim√®gue. L'int√©gralit√© des forces franco-bataves furent plac√©es sous le commandement du g√©n√©ral fran√ßais Guillaume Brune[9]. Brune admit toutefois que son arm√©e √©tait mal organis√©e, notamment en raison des carences de l'approvisionnement[14]. Conscient des difficult√©s, le gouvernement batave se tourne secr√®tement vers la Prusse pour n√©gocier la neutralit√© de la jeune r√©publique. Cette manŇďuvre n'√©chappent pas aux Fran√ßais, pour qui les Bataves n'en deviennent que plus suspects, malgr√© la bienveillance de l'ambassadeur Florent-Guiot[14].

Débarquement à Callantsoog et reddition de la flotte batave

Carte du débarquement britannique à Callantsoog.

L'invasion tourna rapidement en faveur des Britanniques. La flotte batave, dirig√©e par le contre-amiral Samuel Story, mais diminu√©e, √©vita le combat, permettant aux troupes britanniques de d√©barquer sans rencontrer d'opposition √† proximit√© de Callantsoog, le . Contraint de diviser ses troupes en deux du fait de la nature du champ de bataille, form√© d'une bande √©troite de dunes bord√©es par les plages de la mer du Nord d'un c√īt√© et de mar√©cages de l'autre, le g√©n√©ral Daendels conc√©da une d√©faite au cours de la bataille de Callantsoog, lorsqu'il tenta d'emp√™cher l'√©tablissement d'une t√™te de pont de la division dirig√©e par le g√©n√©ral Abercromby. En raison de probl√®mes de communication, le flanc droit de son front ne put √† aucun moment prendre part compl√®tement au combat, tandis que le front gauche s'engagea de mani√®re d√©sordonn√©e dans la bataille. Sur les flots, les Britanniques utilis√®rent leurs navires de guerre √† leur avantage √† proximit√© des c√ītes, infligeant de lourdes pertes aux Bataves[15].

Daendels conclut alors que la forteresse du Helder ne pourrait √™tre tenue et √©vacua ses garnisons, offrant ainsi aux assaillants une base fortifi√©e. Cette d√©cision eut un impact d√©sastreux sur le moral des troupes bataves ; la vue du drapeau du prince Guillaume, fils du stathouder d√©chu qui rejoignit rapidement le combat, acheva de semer le doute au sein de la flotte batave engag√©e dans le Zuiderzee. Lorsque l'amiral Story d√©cida tardivement de s'attaquer √† la flotte britannique, il dut faire face √† une mutinerie g√©n√©rale[16], au sein de laquelle les marins orangistes √©taient command√©s par leurs propres officiers, les capitaines Van Braam et Van Capellen[Note 4]. Ce concours de circonstances conduisit √† ¬ę l'incident de Vlieter ¬Ľ, marqu√© par la reddition de la flotte n√©erlandaise compos√©e de 632 canons et 3 700 hommes √† l'amiral Mitchell, sans qu'un seul coup de feu ne fut tir√©[16]. Le prince monta alors √† bord du navire amiral de Story, le Washington, o√Ļ il fut adoub√© par les mutins[17].

Premiers affrontements terrestres à Arnhem et Krabbendam

Polder de Zijpe (Krabbendam)
Carte de la commune de Zijpe (en 1865), th√©√Ętre des combats du combat du Zyp.

Les forces terrestres bataves, à l'instar de la population civile, se montrèrent néanmoins moins sensibles au pouvoir de persuasion du prince Guillaume. Entre toute autre chose, l'invasion eut surtout pour effet d'unir le pays contre les envahisseurs. Les déclarations arrogantes du prince, ordonnant sur un ton péremptoire au peuple néerlandais de rallier les Orangistes ne fut ainsi pas enclin à convaincre les Bataves de l'intérêt du retour d'un stathouder[Note 5]. Sans surprise, l'appel au soulèvement prononcé par le fils de l'ancien stathouder en personne à Lingen trouva peu d'échos auprès de la population. Un regroupement hétéroclite d'orangistes, émigrés vers le pont Westervoortsche à proximité d'Arnhem, fut facilement mis en déroute par un petit détachement de la Garde nationale batave le , ce qui démontra que les envahisseurs devraient s'employer pour parvenir à leurs fins[17]. D'autres offensives orangistes dans l'Est du pays aboutirent au même résultat. Cependant, le Directoire exécutif de la République batave déclara la loi martiale, ce qui conduisit entre autres mesures d'urgence à l'arrestation et à l'exécution de l'une des partisanes aristocrates du stathouder, la baronesse Judith van Dorth[18] - [Note 6].

Dans le m√™me temps, les forces franco-bataves post√©es en Hollande re√ßurent plusieurs renforts[19]. Le g√©n√©ral Brune d√©ploya une division command√©e par le g√©n√©ral fran√ßais Dominique Vandamme et ordonna au g√©n√©ral Dumonceau de d√©ployer l'essentiel de sa seconde division batave en marche forc√©e depuis la Frise. Ce dernier parvint le √† Alkmaar. L'arm√©e franco-batave se composait alors d'environ 25 000 hommes, contre environ 20 000 chez les Britanniques. √Čtant donn√© cette sup√©riorit√© num√©rique et face au risque de voir l'arm√©e britannique renforc√©e √† tout moment, Brune d√©cida d'attaquer les positions tenues par Abercromby[20].

Le combat du Zyp, qui eut lieu près d'Alkmaar sur le polder de Zijpe le fut cependant favorable aux britanniques, et mit en déroute les Bataves et les Français[21]. Ces derniers furent pénalisés par une gestion médiocre des hommes qui constitua la cause principale de cette défaite[22]. Dans son plan d'attaque, le général Brune prévoyait trois assauts sur des villages et positions stratégiques à Eenigenburg, Krabbendam et Petten. Cependant, une fois arrivées à Tuitjenhorn, les troupes de la colonne commandée par Dumonceau et le général-major Bonhomme furent stoppées dans leur progression car la route qu'elles devaient emprunter dans les plans de Brune n'existait pas[22] - [23]. Elles furent alors contraintes d'emprunter une route étroite menant à Eenigenburg, suivies par la division dirigée par Daendels qui se trouvait derrière elles[22] - [23].

Le hameau de Krabbendam se situait √† proximit√© de l'une des seules routes d'acc√®s au polder de Zijpe, o√Ļ Abercromby avait install√© l'un de ses camps. Le polder constituait quant √† lui une redoute naturelle, les digues faisant office de remparts, et le canal de drainage l'entourant de douves[24]. La route d'acc√®s √©troite constituait non seulement l'une des rares voies d'acc√®s faciles, mais √©galement l'une des plus faciles √† d√©fendre. Le plan initial des Franco-Bataves √©tait d'attaquer ce point d'entr√©e au moyen des deux divisions mais √©tant donn√© que les troupes de Daendels furent contraintes d'emprunter une route situ√©e plus √† l'est, seule la division command√©e par Dumonceau fut en mesure d'attaquer √† temps[21]. La nature d√©favorable du terrain l'emp√™cha cependant de se d√©ployer compl√®tement, contraignant de nouveau les troupes √† s'engager de mani√®re d√©sordonn√©e dans le combat. Par la suite, la division fran√ßaise command√©e par le g√©n√©ral Vandamme ne fut pas non plus en mesure de franchir les obstacles form√©s par le canal et la digue situ√©e derri√®re lui qui prot√©geait les troupes britanniques. Vandamme ne parvint ainsi pas √† affaiblir le flanc droit des troupes d'Abercromby comme pr√©vu[25].

Gr√Ęce √† la sup√©riorit√© des Britanniques sur les flots, √† la fois sur la mer du Nord et le Zuiderzee, les 4 000 troupes britanniques suppl√©mentaires command√©es par le duc d'York (alors commandant en chef) et compl√©t√©es par les 13 000 troupes russes de Hermann von Fersen arriv√©es le [26] purent facilement d√©barquer au Helder[27]. La nouvelle arm√©e, compos√©e de 35 √† 40 000 soldats poss√©dait alors un avantage num√©rique sur les Franco-Bataves, affaiblis, et leurs 23 000 soldats[28].

Une stratégie élaborée et audacieuse…

√Ä la t√™te de plus de 35 000 hommes[27], le duc d'York d√©cida d'exploiter au plus vite sa sup√©riorit√© num√©rique et se pr√©para en cons√©quence √† une attaque sur un large front[29]. Cette attaque se d√©roula sur un terrain particulier. Du c√īt√© de la mer du Nord, la p√©ninsule de Hollande √©tait bord√©e par des plages et une large bande de dunes, √† l'exception d'une courte section au sud de Petten, o√Ļ seule une grande digue prot√©geait l'arri√®re-pays des inondations. Tout au long se trouvait une bande vallonn√©e pouvant √™tre facilement travers√©e par une arm√©e en marche. Plus loin √† l'est, cependant, la nature des terrains diff√©rait sensiblement, avec d'anciennes tourbi√®res et des terres basses issues d'anciens lacs ass√©ch√©s par les N√©erlandais au cours du XVIe si√®cle. Ces terres basses √©taient entrecoup√©es de foss√©s et de canaux de drainage plus larges, utilis√©s pour la gestion de l'eau de la r√©gion, et qui constituaient des obstacles importants pour des troupes en mouvement, m√™me lorsqu'elles √©taient ass√©ch√©es. L'inondation de ces cours d'eau par les ing√©nieurs n√©erlandais dans le but de r√©duire la libert√© de mouvement des troupes anglo-russes devint une pratique de plus en plus courante au gr√© de la campagne. Cependant, au moment o√Ļ la bataille de Bergen d√©buta, le , les inondations n'avaient pas encore eu lieu, si bien que seuls les cours d'eau naturels constituaient les principaux obstacles √† la progression des troupes[30].

Le duc d'York d√©veloppa un plan d'attaque audacieux, avec pour objectif de prendre en tenaille les troupes franco-bataves. Il divisa ainsi ses forces en quatre colonnes. Celle situ√©e le plus √† droite, plac√©e sous le commandement du g√©n√©ral russe Hermann, se composait de 9 000 soldats russes et 2 500 troupes britanniques et quitta Petten et Krabbendam, afin de rallier le village de Bergen[29]. √Ä ses c√īt√©s, un bataillon anglo-russe de 6 500 hommes, command√© par le lieutenant-g√©n√©ral Dundas, avait pour objectif de rejoindre Schoorldam. Le r√©giment suivant, form√© de 5 000 hommes dirig√©s par le lieutenant-g√©n√©ral James Pulteney, devait rallier la zone de Langedijk et les hameaux d'Oudkarspel et Heerhugowaard[29]. Enfin, la quatri√®me colonne, compos√©e de 9 000 unit√©s d'infanterie et 160 cavaliers plac√©s sous le commandement du lieutenant-g√©n√©ral Abercromby[29], devait attaquer le flanc droit de l'arm√©e franco-batave en arrivant dans un premier temps √† Hoorn puis en continuant en direction du sud vers Purmerend[31].

Les forces bataves, concentr√©es dans les villages de Langedjk, de Sint Pancras et sur le Koedijk se composaient alors d'environ 12 000 hommes, tandis que les forces fran√ßaises, camp√©es √† Alkmaar, Bergen et Schoorl comptaient environ 10 000 soldats[29].

‚Ķmais une mise en Ňďuvre laborieuse

Malgré le caractère élaboré de la stratégie, l'exécution du plan par les Anglo-Russes fut désastreuse. L'offensive des Russes, qui était censée débuter à l'aube du , fut ainsi lancée vers trois heures du matin, dans une obscurité totale[32]. Bien qu'elle parvint à prendre un avantage initial sur les troupes françaises, placées sur la partie gauche de l'armée franco-batave et prises de court, l'armée russe subit également des pertes inutiles à cause de tirs alliés, l'obscurité empêchant de distinguer correctement les ennemis des alliés[32]. Elle atteignit finalement Bergen, mais se heurta à une contre attaque de renforts français, qui progressaient vers le nord depuis Egmond aan Zee. Ces derniers menacèrent de prendre le front droit des troupes russes à revers en progressant le long de la plage. Les Russes, forcés de quitter Bergen, battirent en retraite de manière désordonnée en direction de leur point de départ, afin de se défendre contre cette menace. Dans la confusion, le général Hermann fut capturé[33]. L'attaque en tenaille par l'aile droite se solda ainsi par un échec cuisant[34].

Capture de Hermann a Bergen
Capture du lieutenant-général Hermann à Bergen.
Troupes anglo-russes à la bataille de Bergen.

Apr√®s avoir lanc√© sa marche √† l'aube, la colonne men√©e par le g√©n√©ral Dundas (accompagn√© par le commandant en chef, le duc d'York) fut fortement ralentie dans sa progression par plusieurs cours d'eau difficiles √† franchir, les Franco-Bataves ayant d√©truit plusieurs ponts[35]. Alors qu'ils avan√ßaient lentement vers Schoorldam, le g√©n√©ral Dumonceau, charg√© de la d√©fense du hameau √† la t√™te de la seconde division batave, parvint √† lancer une attaque de diversion sur les Russes pendant leur assaut sur Bergen, ce qui contribua √† faire r√©gner le d√©sordre dans leurs rangs. Lorsque Dundas finit par atteindre Schoorldam, Dumonceau fut bless√© par des tirs de mitraille. Le d√©roulement du combat du c√īt√© n√©erlandais √† la suite de cet √©v√©nement est inconnu √©tant donn√© que le rempla√ßant de Dumonceau, le g√©n√©ral-major Bonhomme, ne pr√©para pas de rapport apr√®s la bataille. Cependant, sa division fut contrainte de se battre en retraite vers Koedijk dans le d√©sordre. Malgr√© cela, les Britanniques ne furent pas en mesure de profiter de ce repli, en partie du fait d'une contre-attaque batave, mais surtout parce que les troupes russes situ√©es sur le flanc droit furent aussi contraintes de battre en retraite sous la forme d'une mesure d'arri√®re garde des troupes de Frederick d'York et de Dundas[36].

La troisi√®me colonne, command√©e par les g√©n√©raux Pulteney, George Don et Eyre Coote, fut √©galement confront√©e aux difficult√©s pos√©es par le terrain[37]. Elle fut ainsi contrainte d'emprunter une route situ√©e sur une digue, la Langedijk (¬ę longue digue ¬Ľ) faisant office de fronti√®re entre plusieurs polders. Sur le c√īt√© droit, la digue √©tait flanqu√©e d'un canal de drainage, tandis que plusieurs foss√©s situ√©s de l'autre c√īt√© rendaient compliqu√© un d√©ploiement des troupes. La route conduisait au village d'Oudkarspel, o√Ļ la premi√®re division batave du g√©n√©ral Daendels avait entrepris plusieurs travaux (les Bataves se plaignirent cependant du fait que Brune avait interdit le d√©veloppement de fortifications compl√®tes, ce qui rendait la d√©fense du hameau plus difficile)[37]. La premi√®re attaque de ce point d'appui par Pulteney se traduisit par un d√©sastre, les Britanniques ayant pris la fuite en toute h√Ęte sous le feu des tirs d'artillerie bataves pour pouvoir se mettre √† l'abri derri√®re une autre digue. Plusieurs autres attaques frontales des Britanniques se sold√®rent √©galement par des pertes humaines importantes, alors que les tentatives d'encerclement se heurt√®rent √† la pr√©sence du canal[38].

Cependant, le g√©n√©ral Daendels commit l'erreur d'ordonner une sortie de sa redoute √† cent grenadiers. Non seulement celle-ci fut facilement repouss√©e, mais la retraite des grenadiers permit √©galement aux Britanniques de p√©n√©trer dans les retranchements bataves et de les mettre en d√©route. Ce repli ne fut stopp√© qu'au bout de la Langedijk, mais les tirs d'artillerie britanniques caus√®rent de lourdes pertes. Alors que Daendels se pr√©parait √† mener une contre-attaque avec un unique bataillon de grenadiers, les Britanniques s'√©taient d√©j√† retir√© au niveau de leurs positions initiales, apr√®s que Pulteney eut √©t√© averti de la d√©b√Ęcle de son arm√©e sur le flanc droit. Sans parvenir √† conqu√©rir leurs positions, les Britanniques caus√®rent d'importantes pertes aux Bataves et firent de nombreux prisonniers[38].

Enfin, la longue marche de la quatri√®me colonne, dirig√©e par le g√©n√©ral Abercromby, ne rencontra aucune opposition. Il atteignit Hoorn sans accroc et parvint √† prendre d'assaut une garnison mal gard√©e dans la ville. Hoorn fut occup√©e et ses habitants arbor√®rent les couleurs du stathouder[38]. Cependant, la marche entam√©e √† partir de Hoorn en direction du sud, qui √©tait l'objectif premier de la manŇďuvre et devait permettre √† Abercromby de prendre le flanc droit de l'arm√©e franco-batave, se r√©v√©la impossible en raison des obstacles pr√©par√©s par les d√©fenseurs, raison pour laquelle Abercromby avait pu si facilement marcher jusqu'√† Hoorn. Apr√®s la retraite des autres colonnes, Abercromby re√ßut l'ordre d'√©vacuer Hoorn et de regagner son point de d√©part de la m√™me mani√®re. Les habitants de Hoorn abaiss√®rent alors de nouveau leurs drapeaux orange. Les progr√®s d'Abercromby furent ainsi totalement vains, et l'auraient de toute fa√ßon √©t√© m√™me si l'attaque sur le flanc droit avait r√©ussi. Une route plus directe, et parsem√©e de moins d'obstacles, aurait peut-√™tre augment√© les chances de succ√®s[39].

En définitive, aucun des deux camps ne prit l'ascendant en termes de possessions territoriales. Cependant, les pertes humaines furent significatives pour les deux camps, dans des proportions similaires[40].

Un contexte favorable aux envahisseurs en dépit du climat

Général britannique Frederick d'York
Les plans du duc d'York pour la bataille d'Alkmaar furent dans un premier temps contrariés par les conditions météorologiques.

Au lendemain de la reddition de l'escadre batave le , la flotte britannique contr√īlait non seulement la mer du Nord mais √©galement le Zuiderzee. Les Britanniques ne tir√®rent pas profit de cet avantage et des cons√©quences psychologiques de la reddition sur le moral des troupes bataves, en lan√ßant par exemple un d√©barquement en direction d'Amsterdam. Le g√©n√©ral Krayenhoff, alors charg√© de la mise en place des lignes de d√©fense de la ville, consid√©ra pourtant que la ville se serait retrouv√©e sans d√©fense face √† une telle offensive. Toujours selon ses dires, la campagne aurait m√™me pu √™tre scell√©e √† cette occasion. Cependant, la flotte britannique demeura √©trangement passive. La situation √©volua cependant au cours des derniers jours de la bataille de Bergen, lorsque les Britanniques occup√®rent les ports de Medemblik, Enkhuizen et Hoorn, laiss√©s sans d√©fense, tout en prenant le contr√īle de la Frise occidentale. Plusieurs √ģles du Zuiderzee furent √©galement occup√©es, trop tard cependant pour esp√©rer pouvoir capturer Amsterdam[41].

Sur terre, le sort du conflit √©tait entre les mains des envahisseurs, qui re√ßurent de nouveaux renforts de la part des Russes √† partir du , dans des proportions au moins √©gales aux pertes qu'ils avaient subies pr√©c√©demment. L'offensive du duc d'York fut diff√©r√©e d'environ deux semaines en raison de la m√©t√©orologie d√©favorable[42], ce qui permit aux d√©fenseurs d'achever leurs op√©rations d'inondation ainsi que des fortifications. La commune de Langedijk, alors devenue une ¬ę √ģle ¬Ľ √©troite au milieu d'un lac prot√©g√© par les fortifications r√©cemment renforc√©es d'Oudkarspel, se pr√©sentait alors comme une sorte de ¬ę Thermopyles ¬Ľ imprenable. Alors que la premi√®re division batave command√©e par Daendels d√©fendait toujours cette partie du front, le g√©n√©ral Brune fut en mesure de d√©placer une partie importante de cette division (en particulier ses unit√©s de cavalerie) vers son autre aile[43] - [Note 7]. La c√īte orientale de la p√©ninsule devint encore plus imp√©n√©trable du fait des inondations, et une deuxi√®me ligne de d√©fense fut mise en place entre Monnickendam et Purmerend. La principale cons√©quence de ces initiatives d√©fensives fut de rendre absolument infranchissable la partie sud-est de la p√©ninsule pour les assaillants, limitant de fait le th√©√Ętre des op√©rations √† une bande relativement √©troite constitu√©e de la plage, de dunes, et d'une plaine situ√©e imm√©diatement derri√®re elles, dans une zone grossi√®rement d√©limit√©e par Alkmaar et la mer[44].

Des républicains contraints à un nouveau repli

Les conditions climatiques s'am√©lior√®rent au d√©but du mois d'octobre, et le duc d'York mit √† ex√©cution son plan pour ce qui devint la bataille d'Alkmaar du (m√™me si le nom de ¬ę deuxi√®me bataille de Bergen ¬Ľ aurait sembl√© plus appropri√©, √©tant donn√© que la ville d'Alkmaar ne fut jamais directement impliqu√©e, au contraire du village qui fut √† nouveau au cŇďur de la bataille). L'aile gauche du duc d'York, command√©e par le g√©n√©ral Abercromby, fut d√©plac√©e vers l'extr√™me droite[45], les autres colonnes se d√©pla√ßant vers la gauche afin de lib√©rer de l'espace. Cela eut pour effet de placer des bataillons constitu√©s exclusivement de troupes britanniques sur les deux ailes (Pulteney et Abercromby), accompagn√©s d'un m√©lange de troupes anglo-russes dans la colonne la plus proche d'Abercromby, dirig√©es par le nouveau g√©n√©ral en chef russe, Ivan Essen. La quatri√®me colonne, situ√©e entre Pulteney et Essen, √©tait compos√©e de troupes britanniques command√©es par le g√©n√©ral Dundas. Dans son plan, le duc d'York esp√©rait faire converger ses trois colonnes du flanc droit vers l'aile gauche franco-batave, compos√©e de la division fran√ßaise de Vandamme pr√®s de la c√īte ; la seconde division batave de Dumonceau, alors plac√©e sous les ordres de Bonhomme, √©tant plac√©e au centre des troupes franco-bataves. La division de Pulteney avait quant √† elle pour r√īle de faire √©cran face aux troupes de Daendels et de le dissuader d'attaquer[46].

La strat√©gie d'attaque peut √™tre d√©crite comme un ¬ę enveloppement simple ¬Ľ, dans lequel la colonne d'Abercromby tenta de d√©router l'aile gauche fran√ßaise en progressant le long de la plage. Pour r√©aliser cet objectif, le lancement de l'offensive d√Ľt √™tre diff√©r√© jusqu'√† 6 h 30 du matin, √† un moment o√Ļ la mar√©e basse permettait √† Abercromby d'utiliser la plage[47]. La colonne centrale des Anglo-Russes progressa lentement, fortement ralentie par les dunes sur la droite et les plaines entrecoup√©es de cours d'eau entre les dunes et le canal d'Alkmaar sur la gauche. Les Franco-Bataves men√®rent, quant √† eux, un combat d‚Äôarri√®re-garde, en s'appuyant sur Bergen pour les Fran√ßais et Koedijk pour les Bataves, o√Ļ ils prirent position. Au cours de l'apr√®s-midi, le bataillon britannique de la colonne d'Essen men√© par le g√©n√©ral Coote s'engouffra rapidement dans les dunes, mais se retrouva trop loin du reste des autres troupes d'Essen, qui avan√ßaient beaucoup plus lentement depuis l'arri√®re. Cela permit aux Fran√ßais de lancer une attaque vigoureuse √† partir de Bergen, avec deux colonnes dirig√©es respectivement par les g√©n√©raux Gouvion et Boudet pour exploiter la faille[48]. Ces derni√®res furent repouss√©es avec difficult√©, mais parvinrent √† prot√©ger le village de Bergen durant toute la journ√©e, en d√©pit des assauts continus des Anglo-Russes[49].

Au m√™me moment, la colonne du g√©n√©ral Abercromby progressait tr√®s lentement le long de la plage[50], principalement parce que la mar√©e commen√ßait √† remonter, ce qui r√©duisait la plage √† une bande tr√®s √©troite compos√©e de sable meuble. Les troupes et les chevaux se retrouv√®rent ainsi assoiff√©s et √©puis√©s. Au cours de l'apr√®s-midi, elle d√Ľt en outre subir les attaques de tirailleurs fran√ßais, qui leur inflig√®rent de nombreuses pertes, notamment parmi les officiers. Finalement, les Fran√ßais envoy√®rent des renforts de plus en plus substantiels dans les dunes, avant que le g√©n√©ral Vandamme, accompagn√© d'un r√©giment de cavalerie, ne mena personnellement une charge contre l'artillerie √† cheval britannique qui tomba temporairement aux mains des Fran√ßais[50]. Cette attaque fut cependant finalement repouss√©e par une contre-attaque men√©e par Henry William Paget, qui contraignit les Fran√ßais √† se replier sur Egmond aan Zee[50] - [51].

Avec la tomb√©e de la nuit, les principaux mouvements prirent fin. Abercromby avait alors pass√© la latitude de Bergen, ce qui signifiait, en th√©orie, que les Fran√ßais avaient √©t√© d√©bord√©s sur ce front[50]. M√™me s'il ne disposait pas en r√©alit√© de moyens suffisants pour exploiter cet avantage, le g√©n√©ral Brune se sentit suffisamment menac√© par cette progression pour ordonner une retraite g√©n√©rale et strat√©gique √† partir de Bergen et de ses autres positions au , le lendemain matin. Les Fran√ßais et les Bataves se trouvaient alors repli√©s sur leurs lignes secondaires[50]. Daendels battit en retraite au niveau des positions renforc√©es de Monnickendam et Purmerend, permettant √† Krayenhoff d'achever les inondations √† l'avant de cette ligne. Bonhomme et Vandamme occupaient ainsi une nouvelle ligne entre Uitgeest, Castricum et Wijk aan Zee. Celle-ci prot√©geait la partie la plus √©troite de la p√©ninsule de Hollande, √† l'endroit o√Ļ la rivi√®re IJ coupe presque la Hollande en deux. Ils attendirent alors la prochaine manŇďuvre de l'ennemi depuis cette position[52].

Une attaque générale motivée par des conditions précaires

√Ä la suite de la retraite de l'arm√©e franco-batave, la majeure partie de la p√©ninsule de Hollande septentrionale se trouvait, au moins d'un point de vue th√©orique, aux mains des Anglo-Russes[53]. Cependant, des parties importantes de la province, comme les anciens lacs de Beemster, Schermer, et Wormer, avaient √©t√© inond√©es, privant les Britanniques de terres agraires et de routes de ravitaillement potentielles. En cons√©quence, la plupart des approvisionnements devaient transiter par le Helder, puis √™tre transport√©s non sans difficult√©s par des routes quasiment infranchissables en raison des pluies incessantes. En plus de leurs soldats, les Britanniques devaient √©galement nourrir les quelque 3 000 d√©serteurs et mutins que le prince h√©ritier esp√©rait int√©grer dans une brigade, mais que les Britanniques n'utilis√®rent pas au cours des combats[Note 8]. Les provisions vinrent ainsi rapidement √† manquer[54], tandis que les conditions rendaient difficile la communication des ordres militaires au sein des rangs britanniques[53].

Le duc d'York, apr√®s avoir install√© ses quartiers g√©n√©raux √† Alkmaar, qui lui avait ouvert ses portes le , ne perdit pas de temps pour continuer l'offensive. Il savait en effet qu'il lui serait n√©cessaire de consolider ses positions et s'√©tablir dans des conditions moins pr√©caires[53]. Ayant appris que Brune avait re√ßu des renforts de six bataillons fran√ßais envoy√©s de Belgique[55], son objectif √©tait de contraindre les Fran√ßais √† se replier derri√®re Haarlem, afin de couper toute communication avec les Bataves[53]. Au moment s'engager dans l'√©tape suivante du conflit, la bataille de Castricum le , ses effectifs, en partie d√©cim√©s par les maladies[Note 9] ne comptaient plus que quelque 27 000 hommes[56] - [Note 10].

Une journée de combat acharnée

Bataille de Castricum
Peinture du XIXe siècle représentant la bataille de Castricum.

Le duc d'York avait pr√©vu une attaque g√©n√©rale en assignant aux diff√©rentes colonnes des points de d√©part plus libres et plus rapproch√©s de l'ennemi[57]. Brune, de son c√īt√©, divisa son aile gauche en trois divisions, en positionnant Gouvion pr√®s de Wijk aan Zee, dans les dunes, Boudet √† sa droite, autour de Castricum, et la seconde division batave, toujours sous le commandement de Bonhomme, aux alentours d'Uitgeest[58]. Deux avant-postes fran√ßais, situ√©s √† Bakkum et Limmen, furent confi√©s au g√©n√©ral de brigade Pacthod. Le matin du , ces deux derniers furent attaqu√©s par les trois colonnes britanniques : Abercromby le long de la plage, Essen au milieu et Dundas par la gauche, tandis que Pulteney √©tait occup√© √† contenir les troupes de Daendels, sans grande utilit√©[58]. √Ä la gauche du centre d'o√Ļ elles partirent, les brigades des g√©n√©raux Burrard et Coote s'empar√®rent d'Akersloot et de Limmen[57]. Les Anglo-Russes de la colonne d'Essen franchirent facilement les avant-postes fran√ßais. Les Russes parvinrent quant √† eux √† s'emparer de Bakkum et des dunes environnantes, ce qui les poussa √† attaquer le village de Castricum en force[57]. Le village fut n√©anmoins d√©fendu avec d√©termination par Pacthod. Il changea ainsi plusieurs fois de main au cours de la journ√©e √† mesure que Brune et Boudet acheminaient des renforts[57]. La bataille attira en retour des renforts en provenance de la colonne de Dundas et Abercromby, ce dernier envoyant m√™me personnellement sa brigade de r√©serve pour attaquer Castricum √† la fin de l'apr√®s-midi[58].

Brune commanda alors une attaque de ba√Įonnettes qui repoussa les troupes britanniques et russes dans le d√©sordre[57]. Elles furent ensuite pourchass√©es en direction de Bakkum par un r√©giment de cavalerie fran√ßais dirig√© par le g√©n√©ral Barbou, et √©chapp√®rent de peu √† la d√©route gr√Ęce √† une intervention surprise d'une unit√© de dragons l√©gers command√©e par Lord Paget, lanc√©e √† partir d'une vall√©e dissimul√©e dans les dunes. La cavalerie fran√ßaise fut ainsi √† son tour mise en d√©route, les dragons attaquant des troupes franco-bataves √©puis√©es apr√®s la toute r√©cente reprise de Castricum, et marquant le d√©part d'une retraite d√©sordonn√©e[59].

Cette progression des Britanniques fut cependant stoppée par une contre-attaque des hussards bataves commandés par le colonel Quaita[Note 11]. Cet assaut marqua le tournant de la bataille. Les troupes anglo-russes, stoppées dans leur progression, durent battre en retraite vers Bakkum et Limmen, poursuivies par la cavalerie franco-batave. Seule la tombée rapide la nuit permit de mettre fin au massacre[59].

Au m√™me moment, les troupes du g√©n√©ral fran√ßais Gouvion et la colonne britannique d'Abercromby s'affrontaient dans une bataille distincte pr√®s de la plage et dans les dunes. En dehors d'une attaque d'artillerie, dans laquelle l'artillerie batave de Gouvion infligea de lourdes pertes aux Britanniques[60], cette derni√®re demeura plut√īt statique, surtout √† partir du moment o√Ļ Abercromby se retira avec la r√©serve britannique pour rejoindre Essen. Les combats s'intensifi√®rent de nouveau dans la soir√©e, lorsque Abercromby fit son retour et tenta une offensive. Gouvion parvint cependant √† tenir sa ligne[59].

Sur l'aile droite batave du g√©n√©ral Daendels, les inondations rendirent les lignes imp√©n√©trables, emp√™chant le moindre mouvement au cours de cette journ√©e. Un √©trange incident se produisit cependant, lorsque le g√©n√©ral britannique George Don, sous couvert d'un drapeau blanc, tenta d'obtenir la permission de franchir les lignes bataves pour se rendre en mission aupr√®s du gouvernement batave. Cependant, √©tant donn√© le d√©but des combats sur la gauche du front batave, Daendels consid√©ra que la manŇďuvre de Don n'avait rien d'une mission diplomatique[53]. En outre, Don portait sur lui des papiers qui pouvaient laisser penser √† une s√©dition. Accus√© d'espionnage, il fut ainsi arr√™t√© par Daendels, et envoy√© aux quartiers g√©n√©raux de Brune. Don fut ensuite incarc√©r√© dans la forteresse de Lille dont il ne sortit que plusieurs ann√©es plus tard, dans le cadre d'un √©change avec le rebelle irlandais James Napper Tandy[61].

En d√©finitive, les Fran√ßais quitt√®rent la zone de combats, laissant les Britanniques et les Russes ma√ģtres du champ de bataille[62]. La premi√®re cons√©quence du conflit fut de contrarier les projets offensifs des deux partis, √©tant donn√© que Brune √©tait d√©termin√© √† attaquer √† son tour le [62]. Les Anglo-Russes de leur c√īt√©, perdirent l'avantage num√©rique dont ils disposaient avant la bataille. √Ä la suite de la bataille de Castricum, le duc d'York fut contraint d'admettre d'une part que l'insurrection du peuple hollandais sur laquelle il comptait ne se produirait pas, et d'autre part que l'espoir de voir les troupes fran√ßaises se replier ne se r√©aliserait pas, d'autant plus que l'inaction de l'arm√©e imp√©riale en Suisse et en Allemagne laissait toute latitude aux Fran√ßais de se consacrer √† la d√©fense de la Hollande[62].

Retraite des Anglo-Russes et capitulation

√Ä la suite de cette nouvelle d√©faite, le duc d'York, confront√© aux difficult√©s croissantes auxquelles son arm√©e faisait face, d√©cida de convoquer un conseil de guerre avec ses lieutenants-g√©n√©raux. √Ä l'issue de cette assembl√©e, un retrait de l'arm√©e anglo-russe au niveau de la t√™te de pont originelle situ√©e sur le polder de Zijpe fut d√©cid√©. Les envahisseurs renonc√®rent de ce fait √† tous les territoires conquis depuis le [63]. Les villes de Hoorn, Enkhuizen et Medemblik furent ainsi √©vacu√©es. Les troupes bataves poursuivant les Britanniques emp√™ch√®rent que les entrep√īts contenant les stocks de la marine ne soient br√Ľl√©s dans ces villes. La retraite se d√©roula dans une telle h√Ęte que deux h√īpitaux militaires de campagne remplis de soldats britanniques bless√©s accompagn√©s de 400 femmes et enfants furent abandonn√©s √† Alkmaar[64]. Aussit√īt que le g√©n√©ral Brune fut instruit du mouvement r√©trograde des alli√©s, il s‚Äôavan√ßa dans toutes les directions pour les suivre, mais les routes se trouvaient tellement endommag√©es, qu'il ne put rien entreprendre contre eux[63].

Départ des Anglo-Russes du Helder.
Flotte batave prise à Vlieter
Le traité d'Alkmaar ne permit pas aux Bataves de récupérer leurs navires perdus lors de la capitulation de Vlieter en dépit de leurs demandes.

La retraite stratégique s'acheva le , même si le duc de Gloucester, en plein repli depuis Hoorn, lança un combat d'arrière-garde contre Daendels au cours des jours suivants. À la mi-octobre, la situation était revenue au niveau de l'avant , les Anglo-Russes se retrouvant retranchés dans leur redoute naturelle, assiégés par les Franco-Bataves. L'aggravation des conditions météo, marquées par des vents violents, rendit l'approvisionnement par la mer difficile. Le duc d'York se trouva alors confronté à la menace d'un siège en plein hiver, alors que le risque de famine pour ses troupes grandissait ; au , seuls onze jours de stocks de nourriture étaient disponibles[65]. Il décida donc d'approcher Brune pour lui proposer une capitulation honorable et un retrait de l'ensemble des troupes avant la fin du mois de novembre[66]. Celle-ci fut transmise par le général Knox le [67].

Les n√©gociations qui suivirent furent rapides. Sous l'impulsion du gouvernement batave, Brune exigea dans un premier trait√© le retour de l'escadre batave captur√©e, ainsi que la lib√©ration de 15 000 soldats d√©tenus au Royaume-Uni[68]. Jugeant les conditions de capitulation inacceptables, le duc d'York mena√ßa de d√©truire une digue situ√©e pr√®s de Petten, et donc d'inonder les terres situ√©es autour du polder de Zijpe. Le g√©n√©ral Krayenhoff, qui avait lui-m√™me pass√© les pr√©c√©dentes semaines √† inonder une grande partie de la p√©ninsule, ne se laissa toutefois pas impressionner par cette menace. Conscient que le processus √©tait facilement r√©versible, il le fit savoir √† Brune. Cependant, ce dernier se laissa plus facilement impressionner (o√Ļ en tout cas le laissa croire, Krayenhoff ayant mentionn√© une offrande de plusieurs ¬ę magnifiques chevaux ¬Ľ du duc √† Brune, ce qui aurait pu faire pencher la balance), et s'entendit avec les Britanniques sur un accord tr√®s favorable aux Anglo-Russes[69].

Dans cet accord, la convention d'Alkmaar, qui fut sign√©e le , il n'√©tait plus question de restitution des navires bataves. Une √©vacuation sans violence fut accord√©e aux troupes anglo-russes et aux mutins orangistes, √† condition qu'elle soit finalis√©e avant le 1er d√©cembre. L'accord incluait un √©change de 8 000 prisonniers de guerre, parmi lesquels des marins bataves captur√©s au cours de la bataille de Camperdown (dont l'amiral De Winter)[69]. Les Britanniques promirent √©galement de restituer la forteresse de Den Helder avec ses canons dans un bon √©tat. En dehors du retour de leurs prisonniers, les Bataves se sentirent l√©s√©s par cet accord, mais ils ne furent pas en mesure de n√©gocier de meilleures conditions[70].

L'armistice rentra en vigueur imm√©diatement et l'√©vacuation des troupes s'acheva le , lorsque le g√©n√©ral Pulteney quitta la p√©ninsule avec les derni√®res troupes britanniques[69] - [71] - [Note 12]. Les Russes font leur voyage le long du littoral anglais et √† travers la Manche jusqu'aux √ģles anglo-normandes de Jersey et Guernesey o√Ļ ils s√©journ√®rent avant leur retour d√©finitif √† Riga et √† Saint-Petersbourg en 1800[72].

Effectifs, ordres de bataille et pertes

La campagne opposa quelque 30 √† 35 000 Franco-Bataves √† 35 √† 40 000 Anglo-Russes[13]. Dans son Histoire de la campagne faite en 1799, en Hollande, McCarthy √©value les forces r√©publicaines √† 33 000 hommes et les Coalis√©s √† 44 120 hommes . Les ordres de bataille donn√©s ci-apr√®s sont tir√©s de cet ouvrage[73] - [74].

Les pertes furent de 10 700 tu√©s ou bless√©s pour les Fran√ßais et les Hollandais. Ce chiffre correspond aux pertes subies au combat, sur la base des rapports r√©dig√©s par le g√©n√©ral Krayenhoff et par l'auteur de The Campaign in Holland, 1799 by a subaltern. Il n'inclut par cons√©quent pas les pertes li√©es aux maladies, aux d√©sertions et aux autres circonstances de la guerre.

Les Coalis√©s perdirent 9 300 tu√©s, bless√©s ou captur√©s au combat, selon les rapports r√©dig√©s par le g√©n√©ral Abercromby et le Duc d'York apr√®s chaque bataille, et n'incluent pas non plus les pertes li√©es aux maladies et aux autres circonstances de la guerre[75].

Ordre de bataille franco-batave

Les forces franco-bataves se composaient de deux divisions bataves de 10 000 hommes chacune, et d'un contingent de soldats fran√ßais estim√© √† 10 √† 15 000 hommes selon les sources[27].

Armée française
Guillaume Brune, commandant en chef franco-batave, en uniforme de général de la Révolution.
Bivouac de la cavalerie française d'après Dirk Langendijk.

La cavalerie est constituée par 4 escadrons du 10e régiment de dragons, 4 escadrons du 4e régiment de chasseurs à cheval, un du 5e et 4 du 16e.

  • R√©serve g√©n√©rale

McCarthy donne en plus de ces unit√©s ¬ę 4 compagnies du 4e r√©giment √† cheval, 1 compagnie du 8e r√©giment idem, 2 compagnies des 6e et 7e r√©gimens (sic) √† pied ¬Ľ

Armée batave
Le général Herman Willem Daendels (au centre) et le lieutenant-colonel C.R.T. Krayenhoff, chroniqueur de la campagne, sous l'uniforme républicain en janvier 1795.
Vestiges des fortifications amstellodamoises de 1799.
  • √Čtat-major :
  • Infanterie
    L'infanterie de la République batave a elle aussi adopté l'organisation française en demi-brigades.
    • Infanterie de ligne :
      • 1re demi-brigade d'infanterie de ligne : trois bataillons ;
      • 2e demi-brigade : idem ;
      • 3e demi-brigade : un bataillon ;
      • 4e demi-brigade : deux bataillons ;
      • 5e demi-brigade : trois bataillons ;
      • 6e demi-brigade : idem ;
      • 7e demi-brigade : idem.
    • Infanterie l√©g√®re :
      • Premier, 2e, 3e et 4e bataillons de chasseurs √† pied.
  • Cavalerie et artillerie

La cavalerie aligne quatre escadrons du premier régiment et deux du second, quatre escadrons de hussards et des dragons.

L'artillerie est forte deux compagnies d'artillerie légère et deux bataillons d'artillerie à pied.

Armée anglaise

  • √Čtat-major g√©n√©ral
    • son Altesse Royale le duc d'York, commandant en chef ;
    • lieutenant-g√©n√©ral Ralph Abercromby, commandant en second et de l'aile droite ;
    • colonel Alexandre Hope, chef d'√©tat-major ;
    • colonel Robert Anstruther (en), quartier-ma√ģtre g√©n√©ral ;
    • colonel John Hope, Adjudant-General. Gri√®vement bless√© √† la cheville lors du d√©barquement, il fut renvoy√© au Royaume-Uni pour √™tre soign√© mais revint aux Pays-Bas en septembre[76] ;
    • lieutenants-g√©n√©raux James Pulteney, commandant de l'aile gauche (bless√© en novembre), David Dundas et Samuel Hulse ;
    • major-g√©n√©ral Farringdon, commandant de l'artillerie ;
    • colonel Hay, commandant du g√©nie, tu√© au combat ;
    • majors-g√©n√©raux S.A.R. William, duc de Gloucester[77], Doyle, Burrard, Coote, Moore, Don, Cavan, Chatam, Manners, Hutchinson, Knox (commandant l'avant-garde) et Macdonald (commandant la r√©serve).
  • Infanterie
    L'infanterie est organisée en 10 brigades (dont deux de Gardes) articulées en une aile droite (4 brigades dont les deux de Gardes), un centre (3 brigades) et une aile gauchee (idem). L'avant-garde est constituée d'un bataillon composite de grenadiers et d'un autre d'infanterie légère.
    • Aile droite :
      • 1re brigade des Gardes (Doyle), r√©giment des Grenadiers (constitu√© par les compagnies de grenadiers des trois r√©giments de Foot Guards), 1er r√©giment de Foot Guards (Les Grenadier Guards actuels) ;
      • 2e brigade des Gardes (Burrad) : 2e et 3e r√©giments de Foot Guards (Coldstream Guards et Scots Guards actuels[78]) ;
      • 1re brigade d'infanterie (Coote) : 2d (Queen's) Regiment of Foot (1 bataillon), 27th Rgt of Foot (id.), 29th Rgt of Foot (id.), 85th Rgt of Foot (id.) ;
      • 2e brigade (Moore) : 14th Rgt of Foot, 21st Rgt of Foot, 49th Rgt of Foot, 79th Rgt of Foot et 92nd Rgt of Foot √† un bataillon chacun[Note 13].
    • Aile gauche :
      • 3e brigade (Don) : 17th et 40th Regiments of Foot √† deux bataillons chacun ;
      • 4e brigade (Lord Cavan) : 20th (2 Btns) et 63 rd Regiment of foot (1 Btn) ;
      • 5e brigade (Macdonald) : 23 rd et 53 rd Regiments of Foot √† 1 bataillon.
    • Centre :
      • 6e brigade (Lord Chatam) : 4th (The King's Own) Rgt of Foot (3 Btns), 31st Rgt of Foot (1 Btn) ;
      • 7e brigade (Duc de Gloucester) : 5th et 35th Rgts of Foot √† deux bataillons ;
      • 8e brigade (Manners) : 9th (2 Btns) et 56th Rgt of Foot (1 Btn)[Note 14].
Types de Light Dragoons anglais à la fin du XVIIIe siècle. Aquarelle de Paul Sandby.
  • Cavalerie et artillerie

La cavalerie est constituée des 7th, 11th, 15th et 18th Light Dragoons, les trois premiers à quatre escadrons et le dernier n'en comptant que deux.

L'artillerie aligne les 3e et 4e régiments ainsi qu'une compagnie d'artillerie à cheval.

Corps russe

  • √Čtat-major g√©n√©ral
    • lieutenant-g√©n√©ral Johann Hermann von Fersen, chef de corps. Apr√®s sa capture lors de la bataille de Bergen, il sera remplac√© par le g√©n√©ral-major Essen.
    • lieutenant-g√©n√©ral Mikha√Įl Jerebtsov (ru), commandant en second, tu√© au combat.
    • g√©n√©raux-majors Nikola√Į Sutthoff (ru), Piotr Kaptsevitch (ru) (commandant de l'artillerie), Ivan Essen, d'Arbanev, Sedmoratsky et Emm√©.
Type de cosaque circa 1800, d'apr√®s Aleksander OrŇāowski, peintre polonais (1777-1832).
  • Infanterie
    L'infanterie russe est organis√©e en trois divisions et une ¬ę avant-garde ¬Ľ :
    • 1re division sous le commandement du g√©n√©ral Jerebtsov : brigade du g√©n√©ral comte de Fersen : r√©giment de Jerebtsov (1 bataillon), r√©giment de Fersen (2 bataillons) ; brigade du colonel Doubianski (ru) : 3 bataillons composites de grenadiers ;
    • 2e division sous le commandement du g√©n√©ral d'Essen : brigade de Sedmoratsky : deux bataillons du r√©giment de Sedmoratsky, un bataillon composite de grenadiers ;
    • 3e division sous le commandement du g√©n√©ral d'Emm√© : deux bataillons du r√©giment d'Emm√©, un bataillon composite de grenadiers ;
    • l'¬ę avant-garde ¬Ľ sous les ordres du g√©n√©ral Sutthoff est compos√©e de deux bataillons du r√©giment de Sutthoff et un bataillon de grenadiers de P√©tersbourg.
  • Cavalerie et artillerie

La cavalerie russe compte 4 escadrons de hussards constituant un régiment et 6 escadrons de cosaques du Don et de l'Oural.

L'artillerie est constituée d'un régiment.

Conséquences du conflit

Leçons tirées du conflit pour les deux camps

En dépit de sa courte durée, la campagne de Hollande permit aux deux armées de tirer plusieurs enseignements importants[79].

Le d√©roulement des diff√©rentes batailles de l'exp√©dition anglo-russe d√©montra √† la fois l'importance d'une tactique √©labor√©e, mais √©galement celle du commandement des hommes dans sa mise en Ňďuvre. En premier lieu, chaque offensive fut lanc√©e par l'arm√©e qui b√©n√©ficiait de l'avantage du nombre. Ce fut d'abord le cas des Anglo-Russes √† la suite de leur d√©barquement, puis des Franco-Bataves √† Krabbendam avant que les envahisseurs ne reprennent l'avantage √† Bergen et Alkmaar. La derni√®re bataille d√©cisive de Krabbendam fut quant √† elle men√©e par deux arm√©es d'effectif √©gal[79]. En termes de manŇďuvres militaires, le combat du Zyp du d√©montra que la maxime militaire recommandant de ne pas attendre l'attaque d'un ennemi dans ses premi√®res lignes[79] m√©rite d'√™tre enfreinte lorsqu'il s'agit de d√©fendre certaines positions[79]. L'attaque du , men√©e par des Anglo-Russes en net surnombre, qui devait ob√©ir √† un plan complexe et audacieux se solda par une d√©route du fait du manque de discipline des troupes ; alors qu'elle aurait pu sceller le sort de la campagne, elle constitua finalement la bataille la plus meurtri√®re pour les envahisseurs[79]. Dans la bataille du , le duc d'York se conformera un plan d'attaque plus circonscrit, dirig√© plut√īt vers le succ√®s imm√©diat plut√īt que vers des avantages futurs, et ex√©cut√© avec habilet√© et pr√©cision[79]. Enfin, la bataille du constitue l'exemple d'une action engag√©e par une cause accidentelle, et dans laquelle les opposants gardent pour seul objectif de ne pas c√©der ; c'est pour cette raison qu'elle fut l'une des plus acharn√©es et sanglantes[79].

Forte de ses succ√®s dans plusieurs campagnes en Europe avant la Hollande, au cours desquelles les soldats purent franchir facilement les cours d'eau les plus larges, prendre les forteresses les plus puissantes et franchir les Alpes, pour permettre le passage de la cavalerie et des canons, l'arm√©e fran√ßaise d√©montra que la nature constituait de moins en moins un obstacle et que la puissance de l'arm√©e se mesurait principalement √† sa taille et √† la valeur de ses g√©n√©raux[80]. L‚Äôopini√Ętret√©, la pers√©v√©rance et la d√©termination des troupes constitua en outre une caract√©ristique marquante des guerres de la R√©volution fran√ßaise[80]. Au demeurant, la campagne de Hollande d√©montra √† quel point la nature du terrain doit √™tre prise en consid√©ration, tant elle peut avoir une influence d√©terminante sur l'issue des combats[80]. Alors que la nature plate du territoire des Pays-Bas aurait laiss√© penser le contraire, elle se r√©v√©la impropre √† une ¬ę guerre de plaines ¬Ľ, et offrit bien plus d'avantages √† la d√©fense qu'aux envahisseurs[81]. Le g√©n√©ral Brune en fut ainsi la victime lors de la bataille du , avant que les Anglo-Russes n'en p√Ętissent au cours des affrontements suivants √† la suite de la d√©route de Bergen, puis face √† l'incapacit√© de tirer profit de la victoire de Alkmaar. C'est √©galement en grande partie pour cette raison que le duc d'York dut se r√©signer √† battre en retraite, ayant pris conscience que ses troupes ne pourraient pas esp√©rer obtenir de victoire en ces terres si hostiles[80].

Impact du conflit sur la géopolitique européenne

Carte du traité de Lunéville
Le traité de Lunéville, signé en 1801, reconnut les gains territoriaux de la France sur le Saint-Empire.

La campagne de Hollande, qui permit à la France de conserver les territoires acquis à la suite de la campagne de Flandres, et survenue au cours de la Deuxième Coalition, a contribué, dans une certaine mesure, à l'évolution des relations géopolitiques au sein de l'Europe.

La signature du traité de Lunéville entre la France et l'Autriche, faisant principalement suite aux victoires de Marengo et de Hohenlinden le , marqua ainsi le retour de la paix sur le continent, et eut pour conséquence la reconnaissance du Rhin comme limite orientale de la France par le Saint-Empire. L'Autriche y reconnut en outre l'annexion des provinces belges et les républiques batave et helvétique par ce même traité.

Un an plus tard, le , le trait√© d'Amiens fut sign√© entre la France, la R√©publique batave, l'Espagne et le Royaume-Uni. Ce dernier rendit Le Cap √† la R√©publique batave mais conserva Ceylan, c√©da Malte √† l'ordre des chevaliers de Saint-Jean, restitua Minorque √† l'Espagne mais conserva l'√ģle de la Trinit√©. Elle promit √©galement d'√©vacuer l'√Čgypte mais ne reconnut pas les annexions fran√ßaises sur le continent. √Ä cette date, l'Europe se retrouva en paix pour la premi√®re fois depuis dix ans. La France dominait alors l'Europe continentale tandis que le Royaume-Uni poursuivait sa domination des mers.

La ¬ę paix d'Amiens ¬Ľ fut √©galement marqu√©e par la lib√©ration de plusieurs officiers britanniques et bataves, captur√©s par les deux camps au cours du conflit. Theodorus van Capellen et √Ügidius van Braam, partisans orangistes, refus√®rent cependant de retourner en Hollande, ce qui leur valut d'√™tre condamn√©s par une cour martiale n√©erlandaise en 1803, et accus√©s de d√©sertion, refus de devoir et d√©loyaut√©. Ils furent √©galement accus√©s de parjure (pour ne pas avoir respect√© leur serment de loyaut√©). En cons√©quence, ils furent bannis √† vie de la Hollande, sous peine de mort[82]. Samuel Story fut quant √† lui jug√© par contumace aux Pays-Bas et pr√©f√©ra s'exiler √† Br√™me plut√īt que d'aller plaider sa d√©fense dans son pays d'origine. Du c√īt√© britannique, George Don, futur g√©n√©ral de l'arm√©e, fut autoris√© √† revenir en Grande-Bretagne.

Apr√®s la victoire, la France demanda au Directoire batave la cession de l'√ģle de Walcheren et du port de Flessingue, qui contr√īlent l'embouchure de l'Escaut et l'acc√®s au port d'Anvers[14]. L'av√®nement du Consulat √† la suite du coup d'√Čtat de Napol√©on Bonaparte ‚ÄĒ qui, √©chaud√© par la n√©gociation prussienne, exigea imm√©diatement six millions de florins[14] et rempla√ßa l'ambassadeur Florent-Guiot par S√©monville d'une part et Brune par Augereau d'autre part ‚ÄĒ renfor√ßa l'emprise fran√ßaise sur la R√©publique batave[14]. Avant la disparition de la R√©publique batave en 1806, transform√©e en un royaume de Hollande confi√© √† Louis Bonaparte, deux changements de r√©gimes auront √©t√© impos√©s par les Fran√ßais en 1801 et 1805. En 1810, la Hollande fut finalement annex√©e par la France et divis√©e en d√©partements fran√ßais[83].

Un échec relatif au Royaume-Uni

Les termes de la capitulation furent favorables aux Britanniques et à leurs alliés russes, qui purent retirer leurs troupes sans violence, et les engager sur d'autres fronts par la suite. Les premiers rapports des Britanniques au sujet de la conduite des troupes russes étaient accablants, ce qui conduisit le tsar Paul Ier à les déshonorer. Cependant, le duc d'York, les jugeant trop sévères, envoya une lettre à Paul pour disculper plusieurs régiments russes[84].

Le Parlement et l'opinion publique britanniques furent dans un premier temps satisfaits de la conduite des troupes britanniques. L'amiral Mitchell, comme le g√©n√©ral Abercromby, re√ßurent un vote de remerciement du Parlement, et re√ßurent tous deux des √©p√©es honorifiques d'une valeur de 100 guin√©es de la part de la ville de Londres. Mitchell fut √©galement nomm√© chevalier de l'ordre du Bain[85]. Cependant, une fois que la d√©faite de l'exp√©dition devint plus √©vidente, et que ses co√Ľts furent mis au jour, l'opinion populaire √©volua d√©favorablement. Le chef de file de l'opposition au parlement, Richard Brinsley Sheridan, √©mit de vifs reproches √† l'encontre du gouvernement dans un discours prononc√© le , devant la Chambre des communes[86].

De lourdes pertes pour la République batave

Pour la R√©publique batave, les pertes mat√©rielles subies pendant le conflit furent substantielles. La marine perdit ainsi 16 navires de ligne, cinq fr√©gates, trois corvettes, ainsi qu'un brick, sur un total de 55 navires. De facto, la reddition fut accept√©e par les Britanniques au nom du stathouder, pour des raisons diplomatiques, mais de nombreux navires furent ¬ę achet√©s ¬Ľ au stathouder par la marine britannique par la suite[87].

Au cours des ann√©es qui suivirent la campagne, plusieurs lignes de d√©fense furent mises en place en Hollande septentrionale, notamment dans le but de prot√©ger Amsterdam. Le roi Guillaume Ier d√©cida ainsi d'am√©nager la nouvelle ligne d'eau de Hollande en 1815, sur les conseils de Krayenhoff. Les Pays-Bas firent cependant de nouveau l'objet d'une tentative d'invasion en 1809 lors de l'exp√©dition de Walcheren, cette fois-ci par la Z√©lande[88]. Dans la plus importante attaque de cette ann√©e, environ 40 000 soldats, 6 000 chevaux avec l'artillerie travers√®rent la mer du Nord. Le but de l'op√©ration √©tait d'attaquer la base navale d'Anvers contr√īl√©e par l'Empire fran√ßais et fournir ainsi une diversion pour aider les Autrichiens √† la suite de la d√©faite de Wagram. Elle se solda cependant une nouvelle fois par un √©chec pour le Royaume-Uni et ses alli√©s.

Notes et références

Notes

  1. Un plan d'invasion de l'Irlande, au moyen d'une escadre batave fut d√©velopp√© et atteignit un niveau d'avancement important en 1797. Schama, p. 278‚Äď279, 281.
  2. La citation exacte mentionne : ¬ę Most military men were of opinion that the landing should take place near the mouth of the Meuse. ¬Ľ
  3. Il est fait mention de 15 000 soldats fran√ßais dans The Campaign in Holland, 1799, p. 5-6.
  4. Le second devint vice-amiral de la Marine royale néerlandaise nouvellement créée au lendemain de son retour d'exil en Angleterre, et commanda les forces néerlandaises lors du Bombardement d'Alger en 1816.
  5. L'historien n√©erlandais Colenbrander prit partiellement la d√©fense du prince, en notant que l'amiral Adam Duncan pronon√ßa un discours similaire dans lequel le stathouder √©tait consid√©r√© comme ¬ę souverain l√©gitime ¬Ľ du peuple n√©erlandais, ce qui semblait viser √† agacer les partisans m√™me les plus fervents du prince. Colenbrander, p. 212.
  6. Pour plus de détails sur cette exécution, voir le lien suivant : Dorth, Judith van.
  7. Les Britanniques avaient cependant le sentiment qu'ils pourraient empêcher de tels mouvements en masquant Daendels avec la division du général Pulteney. Campaign, p. 43.
  8. Les régiments formés par le prince ne furent pas utilisés au cours de la campagne de Hollande. Un projet de les utiliser pour un assaut en Frise fut abandonné par manque de moyens de transport. Source : Report of the Royal Commission on Historical Manuscripts. Vol. 17, p. 96 [lire en ligne].
  9. La malaria √©tait un probl√®me end√©mique en Hollande septentrionale et ne fut √©radiqu√©e qu'au XXe si√®cle. Dans les deux camps, les troupes furent ainsi touch√©es par des fi√®vres palud√©ennes. Une √©pid√©mie de typho√Įde pourrait d'√™tre d√©clar√©e √† la m√™me p√©riode, les maladies pr√©sentant les m√™mes sympt√īmes. Cf. Thiel, P.H. van (1922) Anopheles en Malaria in Leiden en Naaste Omgeving (diss.) dans Pamphlets on Protozoology (Kofoid Collection), p. 2.
  10. Krayenhoff estimait quant √† lui que seuls 17 000 soldats √©taient aptes au combat en date du 13 octobre du fait du nombre de soldats malades. Krayenhoff, p. 224‚Äď225.
  11. Selon son propre rapport apr√®s la bataille, Quaita ordonna la charge de sa propre initiative. Voir ¬ę Quaita, Francois ¬Ľ, dans P.C. Molhuysen, P.J. Blok (eds.), Nieuw Nederlandsch Biografisch Woordenboek. Deel no 5, 1921, p. 545 ; Jomini ne mentionne quant √† lui pas Quaita, et attribue ainsi personnellement √† Brune cette initiative, bien qu'il mentionne les hussards ; Jomini, p. 215. Krayenhoff, p. 202, attribue √©galement l'assaut √† Quaita.
  12. Krayenhoff, alors à la tête des ingénieurs de guerre bataves, explique notamment comment il a personnellement inspecté la forteresse au nom des Franco-Bataves pour vérifier que les conditions du traité avaient bien été respectées ; Krayenhoff, ch. IX.
  13. Pour l'organisation contemporaine de l'infanterie anglaise voir : (en) Regiments of Foot.
  14. Sir Henry Bunbury, dans son ouvrage Narratives of some passages… (voir Bibliographie en anglais), donne un ordre de bataille légèrement différent de celui de McCarthy pour les troupes britanniques [lire en ligne].

Références

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  2. Schama 1977, p. 190-192.
  3. Schama 1977, p. 235.
  4. Schama 1977, p. 282-292.
  5. Schama 1977, p. 390.
  6. Campaign, p. 2 ; Schama, p. 390.
  7. Schama 1977, p. 391.
  8. Campaign, p. 70 ; Ehrman, p. 257.
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  41. Krayenhoff, p. 165‚Äď168 ; Campaign p. 37‚Äď38.
  42. MacCarthy 1817, p. 130-134.
  43. Krayenhoff 1832, p. 182.
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  48. MacCarthy 1817, p. 142-143.
  49. Campaign, p. 44‚Äď48. Krayenhoff, p. 176‚Äď182.
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  72. (ru)Dr Alex Zotov, Les grenadiers de Gatchina sur les √ģles Britanniques.
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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En français

  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle M. MacCarthy, Histoire de la campagne faite en 1799, en Hollande : Traduite de l'anglais, Plancher, (lire en ligne).
  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle A.H. Jomini, Histoire critique et militaire des guerres de la R√©volution : nouvelle √©dition : R√©dig√©e sur de nouveaux documens, et augment√©e d'un grand nombre de cartes et de plans, t. XV, (ISBN 1272266508, lire en ligne), Ch. XCIII.
  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle P. Gayant, Tableau Des Guerres de La R√©volution, de 1792 a 1815, (lire en ligne).
  • Anonyme, M√©moires historiques sur la campagne du g√©n√©ral en chef Brune en Batavie, du 5 fructidor an 7, au 9 frimaire an 8 : R√©dig√©s par un officier de son √Čtat-major, Favre, 1800-1801, 120 p. (lire en ligne).
  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle Annie Jourdan, ¬ę La R√©publique batave et le 18 brumaire ¬Ľ, Annales historiques de la R√©volution fran√ßaise, no 318,‚Äé , p. 753-772 (lire en ligne).

En anglais

  • (en) Lt-Gen. Sir Henry Bunbury K.C.B., Narratives of some passages in the great war with France, from 1799 to 1810, Londres, Richard Bentley, (lire en ligne).
  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle (en) Simon Schama, Patriots and Liberators. Revolution in the Netherlands 1780-1813, Vintage books, (ISBN 0-679-72949-6).
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  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle (en) J. Ehrman, The Younger Pitt: The consuming struggle, Stanford University Press, , 36 p. (ISBN 0804727546).

En néerlandais

  • Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle (nl) C.R.T. Krayenhoff, Geschiedkundige Beschouwing van den Oorlog op het grondgebied der Bataafsche Republiek in 1799, Nim√®gues, wed. J.C. Vieweg en Zoon, , 528 p. (ISBN 1151609498) [lire en ligne].
  • (nl) Albert Alberts, De huzaren van Castricum : Een geschiedenis van de Nederlandse Republik van 1780 tot 1800, Querido, , 336 p. (ISBN 9021420015 et 9789021420011).
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