Accueilūüáęūüá∑Chercher

Birka et Hovgården

Birka et Hovg√•rden sont deux sites de Su√®de formant un ensemble arch√©ologique de l'√Ęge des Vikings inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, situ√©s respectivement sur les √ģles de Bj√∂rk√∂ et Adels√∂ sur le lac M√§lar, √† environ 30 km de Stockholm.

Birka et Hovgården *
Image illustrative de l’article Birka et Hovgården
Coordonn√©es 59¬į 20‚Ä≤ 06,504‚Ä≥ nord, 17¬į 32‚Ä≤ 33,504‚Ä≥ est
Pays Drapeau de la Suède Suède
Subdivision Stockholm
Type Culturel
Critères (iii), (iv)
Superficie 226 ha
Zone tampon 2 272 ha
Numéro
d’identification
555
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1993 (17e session)
Géolocalisation sur la carte : Suède
(Voir situation sur carte : Suède)
Birka et Hovgården
Géolocalisation sur la carte : comté de Stockholm
(Voir situation sur carte : comté de Stockholm)
Birka et Hovgården
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Birka est fond√©e au milieu du VIIIe si√®cle. √Ä cette √©poque, le lac M√§lar est une baie de la mer Baltique, le niveau de la mer √©tant m au-dessus du niveau actuel du lac. Birka est alors une position strat√©gique, prot√©g√©e par le d√©dale d'√ģles et √©cueils, et √† la crois√©e de plusieurs routes maritimes importantes. Elle devient une plaque tournante du commerce en Su√®de, √©clipsant le site plus ancien de Helg√∂ et se d√©veloppant √† une √©chelle bien sup√©rieure, atteignant une population estim√©e entre 700 et 1 000 habitants √† son apog√©e. Le site de Birka regroupe de nombreux artisans, utilisant des mati√®res premi√®res diverses en provenance des territoires scandinaves tels que l'ambre, le fer du Bergslagen, les fourrures et duvets, les bois et ivoire. Les produits transform√©s sont ensuite vendus aux fermes de la r√©gion mais surtout √† l'√©tranger en √©change de produits de luxe, tels que de la c√©ramique, de la soie et broderies fines et de l'argent. Au d√©but l'essentiel du commerce se faisait avec l'Europe de l'Ouest, mais avec l'expansion vers l'est des Var√®gues et le d√©veloppement des routes commerciales de la Volga et du Dniepr, le commerce se recentra √† partir de la fin du IXe si√®cle sur l'Orient et en particulier le monde musulman.

Il est probable que Birka jouissait d'un statut spécial garanti par le roi de Suède ou un roi local qui, entre autres, lui donnait son propre conseil (Thing) dirigé par un préfet et offrait protection à tous ses habitants, même étrangers. Ainsi, par sa taille et ce statut particulier, Birka peut être considérée comme la première ville de Suède, et est souvent qualifiée de proto-ville. Faisant face à Birka et fondé en même temps, se trouvait le domaine royal de Hovgården. Il s'agissait de la résidence du roi (ou de l'un des rois) de Suède, ainsi que le site du conseil. Il est possible que Birka et Hovgården aient été au moins partiellement en conflit avec les pouvoirs religieux et politique de Gamla Uppsala. C'est peut-être d'ailleurs dans le cadre de ce conflit qu'eut lieu dans les années 840 l'attaque de Anund II d'Upsal sur Birka.

Birka est l'une des principales destinations des missionnaires chrétiens pour évangéliser la Suède. En particulier, les missions de l'archevêque Anschaire de Brême en 829 et en 852 ou 853 sont documentées dans Vita Anskarii, qui est notre seule source contemporaine sur la vie de Birka. Si les missionnaires parviennent à construire une église et à convertir plusieurs personnes, y compris le préfet de la ville, l'opposition de la religion nordique est très forte, et des missionnaires sont assassinés.

La proto-ville est abandonn√©e brutalement autour de l'an 970, et son r√īle et sa population sont probablement transf√©r√©s vers Sigtuna, fond√©e √† la m√™me √©poque. Les causes de cet abandon ne sont pas enti√®rement connues, mais il s'agit probablement d'une combinaison de facteurs tels que la fermeture du lac M√§lar, l'interruption du commerce avec l'Est d√Ľ √† des conflits, et enfin une bataille qui, √† cette √©poque, d√©truisit une partie de la ville. Hovg√•rden semble avoir cependant conserv√© son statut de domaine royal et, dans les ann√©es 1270, un palais y est construit, utilis√© comme r√©sidence estivale par le roi. Ce palais est d√©truit √† la fin du XIVe si√®cle.

Ces deux sites sont ensuite totalement abandonn√©s et oubli√©s pendant plusieurs si√®cles puis red√©couverts gr√Ęce √† l'arch√©ologie, ponctuellement en 1680 mais surtout √† partir de 1871 avec des s√©ries de fouilles importantes. Birka est aujourd'hui l'un des sites arch√©ologiques les plus importants et les mieux pr√©serv√©s de l'√Ęge des Vikings et offre une grande quantit√© d'informations sur la soci√©t√© scandinave de l'√©poque. Afin de le prot√©ger pour les g√©n√©rations futures, le site est achet√© par l'√Čtat su√©dois au XXe si√®cle et class√© au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993. Birka est aussi un site touristique important, avec environ 60 000 √† 70 000 visiteurs par an. Le site comprend en particulier un mus√©e, des reconstitutions de maisons d'√©poque ; il propose des √©v√©nements √† th√®me durant la saison touristique.

Toponymie

Le nom Birka est une graphie su√©doise du nom latin de la ville Birca que l'on conna√ģt gr√Ęce aux sources de l'√©poque tels que Vita Anskarii √©crit par Rimbert[1]. Il y a en revanche un d√©bat quant √† l'origine de ce nom. De nombreux historiens pensent qu'il s'agit simplement d'une latinisation de Bj√∂rk√∂[1], qui signifie l'√ģle (√∂) des bouleaux (bj√∂rk). Mais le nom Birk a √©t√© utilis√© √† partir du Moyen √āge pour d√©signer un grand nombre de lieux scandinaves, en particulier des villes marchandes qui avaient un statut sp√©cial garanti par des lois de Bjarkey[2]. Il est donc aussi possible que le nom de la ville marchande d√©crite par Rimbert vienne de ce concept de Birk. Certains pensent que le contraire est aussi possible, et que le nom Birk ou Bjarkey est en r√©alit√© d√©riv√© de Birka/Bj√∂rk√∂, qui aurait √©t√© la premi√®re ville √† avoir ce statut sp√©cial, et que par la suite d'autres villes marchandes ont repris ce mod√®le et ont utilis√© des lois similaires conservant le nom de ¬ę lois de Bjarkey ¬Ľ[C 1].

Cette question est partiellement li√©e √† un d√©bat qui a anim√© les historiens depuis le XVIIIe si√®cle pour savoir si le Birka de ces sources √©crites correspond bien au site de Bj√∂rk√∂[3]. Des alternatives ont √©t√© propos√©es dont, en particulier, des sites du V√§sterg√∂tland, de l'√Ėsterg√∂tland ou sur les √ģles √Öland[A 1]. Aujourd'hui, l'analyse des sources √©crites, mais surtout les importantes d√©couvertes arch√©ologiques, ont forg√© le consensus que la Birka de Rimbert est bien la ville situ√©e sur Bj√∂rk√∂ √† l'√©poque viking[A 1] - [1].

Le nom Hovg√•rd ou Hovedg√•rd est un nom commun durant le Moyen √āge su√©dois, d√©signant un domaine appartenant √† une personne de haut rang ou le domaine principal d'un grand ensemble de terres[4]. Le nom de l'√ģle Adels√∂ signifie litt√©ralement ¬ę √ģle de la noblesse ¬Ľ.

Situation

Carte avec motifs verts et bleus
Carte topographique de l'archipel autour de Birka et Hovg√•rden tel qu'il devait appara√ģtre √† l'√Ęge des Vikings. La ligne bleue indique la c√īte actuelle.

Birka et Hovg√•rden sont situ√©es respectivement sur les √ģles de Bj√∂rk√∂ et Adels√∂ sur le lac M√§lar, √† 30 km √† l'ouest de Stockholm[A 2] en Su√®de. Elles font toutes deux partie de la commune d'Eker√∂, dans le comt√© de Stockholm. Ces deux √ģles se font face et sont s√©par√©es par un d√©troit de quelques centaines de m√®tres de large. Le site, tel que d√©fini dans son inscription au patrimoine mondial, couvre au total une superficie de 226 ha, comprenant toute la partie nord de l'√ģle de Bj√∂rk√∂ et le site de Hovg√•rden[5] - [6]. √Ä cela s'ajoute une zone tampon de 2 272 ha couvrant le reste de Bj√∂rk√∂ et une vaste section d'Adels√∂, ainsi qu'une portion du lac entre les deux √ģles[5] - [6].

G√©ologiquement, le lac M√§lar fait partie de la p√©n√©plaine sub-cambrienne[B 1]. C'est un territoire marqu√© par de nombreuses failles et fissures[B 1] formant un paysage accident√©, ce qui explique l'importante quantit√© d'√ģles situ√©es dans le lac. √Ä la fin des glaciations du Quaternaire, les glaciers laissent le socle rocheux √† nu ou couvert de moraines, mais toute la r√©gion autour du lac M√§lar actuel √©tait alors situ√©e sous les eaux. Des s√©diments, en particulier de l'argile, se d√©pos√®rent dans les sections les plus profondes[7]. Mais √† la suite du rebond post-glaciaire, le niveau du sol s'√©leva progressivement et ces terrains √©merg√®rent[7]. Ainsi, sur Bj√∂rk√∂ et Adels√∂ on peut distinguer les plateaux rocheux, tr√®s peu fertiles et couverts de for√™ts, et les plaines argileuses, qui sont parmi les plus fertiles de toute la Su√®de (apr√®s la Scanie)[B 1].

Le rebond isostatique continue encore de nos jours √† un rythme moyen de 0,5 cm/an[B 1]. Ainsi, √† l'√©poque viking, le niveau de l'eau √©tait m plus haut qu'il ne l'est aujourd'hui[A 3] et l'actuel lac √©tait alors une partie de la mer Baltique[B 1]. De m√™me, l'actuelle √ģle de Bj√∂rk√∂ √©tait alors s√©par√©e en deux, la partie nord appel√©e Bj√∂rk√∂ et la partie sud appel√©e Gr√∂ns√∂[A 3] ; Hovg√•rden √©tait alors la pointe sud de l'√ģle d'Adels√∂[8].

Histoire

Contexte et fondation

Carte d'un littoral avec routes navigables tracées en noir
Routes commerciales d'Europe du Nord-ouest à l'époque viking.

La plus ancienne trace d'occupation sur l'ensemble du site est un cimeti√®re au nord-ouest de Hovg√•rden qui semble avoir √©t√© utilis√© entre l'an 600 et 1100[9]. Sur Gr√∂ns√∂ (partie sud de Bj√∂rk√∂ qui constituait une √ģle s√©par√©e √† l'√©poque) on trouve m√™me des cairns de l'√Ęge du bronze[9]. Mais il faut attendre le VIIIe si√®cle pour la fondation de la proto-ville de Birka et du domaine royal associ√© de Hovg√•rden. La date exacte est difficile √† d√©terminer mais semble se situer aux alentours de l'an 750[A 4]. En effet, le style des artefacts les plus anciens trouv√©s sur le site semble indiquer la p√©riode de transition entre l'√Ęge de Vendel et l'√Ęge des Vikings, c'est-√†-dire la toute fin du VIIIe si√®cle[A 4]. Ces objets sont aussi tr√®s similaires √† ceux trouv√©s √† Stara√Įa Ladoga[A 4], dont la fondation est dat√©e par dendrochronologie √† 753[10]. Enfin, le plus ancien b√Ętiment sur le site de Birka a √©t√© d√©couvert au niveau du mur d'enceinte, et dat√© du milieu du VIIIe si√®cle[9].

√Ä cette √©poque, l'essentiel de la Su√®de vit d'une √©conomie agraire, les habitants vivant dans des fermes essentiellement autonomes, alliant agriculture, exploitation de la for√™t, chasse, p√™che, etc.[C 2] Mais l'√Ęge des Vikings voit l'apparition de proto-villes, o√Ļ se concentrent les activit√©s de commerce et d'artisanat, tant en Su√®de que dans le reste des pays autour de la mer Baltique, avec par exemple Hedeby, Ribe et Stara√Įa Ladoga[B 1]. Dans le cas de la Su√®de, un tel lieu existe d√©j√†, dans une certaine mesure, depuis l'√©poque Vendel : Helg√∂, situ√© sur une √ģle √† environ 10 km au sud-est de Birka[A 5]. Ce site est actif entre l'an 200 et 800 environ[11], et peut √™tre consid√©r√© comme le pr√©d√©cesseur de Birka[A 5]. Cependant, sa taille et son importance √©taient probablement significativement moindre[11]. Le site d'Helg√∂ √©tait probablement connect√© √† une r√©sidence royale √† Hundhamra, situ√© sur une √ģle voisine, un mod√®le repris avec Birka et la r√©sidence royale de Hovg√•rden[A 5].

L'√ģle de Bj√∂rk√∂ est un site id√©al pour le commerce. Elle est en effet situ√© sur l'actuel lac M√§lar, alors un prolongement de la mer Baltique, qui constitue le cŇďur du Svealand (l'une des principales r√©gions de Su√®de) et sa principale voie de communication, le pays n'ayant alors peu ou pas de routes terrestres d√©velopp√©es[B 1]. Plus pr√©cis√©ment, l'√ģle est √† l'intersection de plusieurs voies de communication majeures sur le lac : au sud le passage de S√∂dert√§lje (ferm√© par la suite √† cause du rebond post-glaciaire, mais am√©nag√© depuis le XIXe si√®cle avec le canal de S√∂dert√§lje[12]), au nord, le passage Fyrisleden vers Gamla Uppsala, √† l'ouest, l'int√©rieur des terres avec en particulier l'acc√®s au m√©taux du Bergslagen et √† l'est, le passage au niveau de l'actuelle Stockholm[A 5] - [B 1]. Un autre avantage est que le d√©dale d'√ģles et de canaux form√© par l'archipel du M√§laren et de Stockholm offre aux habitants de l'√ģle un haut degr√© de protection[C 1].

Un centre de commerce et d'artisanat

Peigne en bois de cervidés trouvé dans les Terres Noires. Ce type de peignes était un des produits typiques de l'artisanat de la ville.

Par contraste avec l'√©conomie agraire qui dominait l'ensemble de la Su√®de, Birka avait un r√īle bien d√©fini de commerce et d'artisanat[13].

On peut distinguer tr√®s nettement deux phases dans le commerce de la ville[14]. La premi√®re s'√©tale de la cr√©ation de la ville √† la fin du IXe si√®cle et correspond √† des √©changes commerciaux quasi-exclusifs avec l'Europe de l'Ouest, en particulier avec les villes marchandes de Dorestad et Wolin[14]. La seconde phase correspond √† une ouverture vers l'est, et en particulier l'actuelle Russie et l'Est du monde musulman[14]. Cette phase est amorc√©e par la fondation de la Rus' de Kiev par des colons su√©dois (Var√®gues) et l'√©tablissement des routes commerciales le long de la Volga et du Dniepr[14]. Elle correspond √† une croissance de Birka, lui permettant d'atteindre une population maximale estim√©e entre 700 et 1 000 personnes[A 4].

Une des pièces d'Hedeby, trouvée dans une tombe au nord du fort. Ces pièces étaient tellement nombreuses à Birka que les historiens pensaient initialement qu'elles étaient frappées dans la ville. Elles étaient en réalité frappées à Hedeby.

Les principaux biens d'exportation √©taient le fer du Bergslagen, des fourrures d'animaux chass√©s localement ou obtenus (par √©change ou par force) aupr√®s des peuples Samis et finnois, les bois de rennes ou d'√©lans, l'ivoire de morse, l'ambre, le miel du sud su√©dois, du duvet d'eider, etc.[A 6] - [15] Des esclaves √©taient aussi export√©s vers les march√©s orientaux[14]. Beaucoup de ces biens √©taient probablement achemin√©s depuis le Nord de la Scandinavie vers Birka en hiver, la neige et glace facilitant le transport d'objets lourds par voie terrestre[A 6]. Il est possible aussi que des grands march√©s √©taient organis√©s en hiver sur les glaces de la mer Baltique autour de Birka, de tels march√©s √©tant document√©s au Moyen √āge[B 1].

Fréquemment, les objets exportés ne se présentaient pas dans leur état d'origine, mais étaient transformés par l'artisanat établi dans la proto-ville[15]. Par exemple, les bois d'animaux étaient taillés en peignes, le fer était forgé en différents objets, les fourrures et le cuir étaient tannés, etc.[15] - [16]. La ville avait aussi sa production textile et sa joaillerie[16] Toute la production artisanale n'était pas destinée à l'export international : une grande partie était destinée aux fermes de la région[A 6]. Ceci était essentiel car Birka ne pouvait être autosuffisante, l'importante population dépendait de la production des fermes de la région, pour la nourriture, le chauffage mais aussi les matériaux de construction[A 6]. D'après les estimations, et compte tenu des faibles surplus de l'agriculture, il est possible que près d'un quart de la région du Mälardalen ait été nécessaire pour approvisionner la ville[B 1].

Les biens importés incluaient la céramique, le verre et souvent des produits de luxe, tels que la soie, la broderie byzantine et de grandes quantités de pièces, en particulier en argent[15]. Ces produits étaient très rarement échangés avec les fermes de la région, et restaient en général la propriété des marchands de la ville[A 6].

Birka et les tentatives d'évangélisation de la Suède

Formes géométriques sur fond bleu
Croix en argent trouvées dans des tombes de femmes à Birka.

Une grande partie des connaissances sur l'histoire de Birka est issue de deux textes approximativement contemporains de la ville : Vita Anskarii de Rimbert et Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum d'Adam de Brême, tous deux racontant principalement les missions d'évangélisation de Birka et de la Suède.

Vita Anskarii est la biographie d'Anschaire de Br√™me r√©dig√©e par son compagnon et successeur Rimbert entre 869 et 876[17]. Anschaire √©tait un moine franc envoy√© en √† Birka pour convertir les Su√©dois √† la religion chr√©tienne[A 7]. Son voyage fut mouvement√© : il fut attaqu√© par des pirates lors de la travers√©e de la mer Baltique, et il perdit la plupart de ses biens, y compris 40 livres saints emmen√©s par Anschaire[A 7]. Ils durent terminer le voyage en grande partie √† pied[A 7]. √Ä leur arriv√©e, ils furent accueillis par le roi Bj√∂rn II at Hauge qui autorisa Anschaire √† pr√™cher[A 7].

Croix en pierre au sommet d'une colline
Croix d'Anschaire √©rig√©e en 1834 en l'honneur de la mission d'Anschaire, au sommet de la colline o√Ļ se situait le fort viking.

Anschaire ne parvint pas √† convertir le roi √† la religion chr√©tienne, mais il parvint √† baptiser le pr√©fet de la ville Hergeir[C 3]. Apr√®s un an et demi sur place, il rentra √† Hambourg o√Ļ il devint √©v√™que[18]. Il envoya alors l'√©v√™que Gauzbert et son compagnon Nithard pour continuer sa mission √† Birka[18] - [C 3]. Cependant, les Su√©dois n'appr√©ciaient pas tous leur pr√©sence et, en , un groupe assassina Nithard, br√Ľla la r√©sidence de Gauzbert et le for√ßa √† l'exil[18] - [C 3]. La m√™me ann√©e, une flotte danoise attaqua Hambourg, perturbant l'organisation d'Anschaire, et Birka se retrouva sans missionnaire chr√©tien jusqu'en 850 ou 851, quant Anschaire envoya l'ermite Ardgar pour contacter Hergeir qui √©tait rest√© fid√®le √† la religion[18] - [C 3]. Anschaire effectua une seconde visite, avec Erimbert, neveu de Gauzbert en 852 ou 853[18] - [19]. Apr√®s une longue n√©gociation avec le roi et l'assembl√©e, il fut autoris√© √† pr√™cher et √† construire une √©glise[20]. Erimbert resta apr√®s le d√©part d'Anschaire et, au fil des ann√©es, plusieurs pr√™tres se relay√®rent pour maintenir active la mission chr√©tienne[21]. Apr√®s la mort d'Anschaire, en , on ne sait que tr√®s peu sur ce que devinrent les efforts d'√©vang√©lisation en Su√®de, mais le livre d'Adam de Br√™me mentionne l'archev√™que Unni, qui mourut en √† Birka lors d'une mission, prouvant que l'archev√™ch√© de Hambourg-Br√™me continuait √† s'int√©resser √† la conversion des pa√Įens nordiques[21].

Le pouvoir politique à Birka et Hovgården

Monticule au milieu d'un champ
Monticule fun√©raire √† Hovg√•rden, interpr√©t√© comme la tombe d'√Čric II Bj√∂rnsson, p√®re de Bj√∂rn II.

Si Vita Anskarii et Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum sont principalement centr√©s sur la vie religieuse de la Su√®de, ils donnent aussi des d√©tails importants sur la structure politique autour de Birka. Lors du premier voyage d'Anschaire, le roi est Bj√∂rn II. Il est pr√©cis√© qu'il ne r√©sidait pas √† Birka, et les historiens s'accordent pour dire que le roi r√©gnait tr√®s probablement depuis Hovg√•rden[19]. Dans les ann√©es 850, lorsque Anschaire effectue sa seconde visite, le roi est Olof Ier de Su√®de et il est racont√© qu'un conflit de succession, opposant Bj√∂rn et son fr√®re Anund II d'Upsal, eut lieu entre les deux visites[C 3]. Anund √©tait exil√© pour une raison inconnue et avait trouv√© refuge au Danemark o√Ļ il avait convaincu les Danois de l‚Äôaider √† reprendre le tr√īne en √©change de Birka[C 3]. Les Danois envoy√®rent 21 bateaux pleins de soldats, qui vinrent s'ajouter aux 11 bateaux d'Anund[C 3]. Le roi Bj√∂rn n'√©tant pas pr√©sent √† Birka, c'est Hergeir qui n√©gocia la paix, offrant √† Anund 100 livres d'argent de la part des habitants de la ville[C 3]. Anund tenta alors de convaincre les Danois de ne pas attaquer la ville, malgr√© sa promesse initiale, et sugg√©ra de se r√©f√©rer aux dieux par un tirage au sort[C 3]. Le tirage au sort sugg√©ra que la volont√© des dieux √©tait d'√©pargner Birka, et √† la place, la flotte danoise attaqua une ville slave[C 3].

Il n'est pas clairement √©tabli si les rois de Hovg√•rden √©taient les rois de toute la Su√®de ou simplement des rois locaux[22]. Par exemple, avant leur conflit, Bj√∂rn co-r√©gnait probablement avec son fr√®re Anund, le premier r√©sidant √† Hovg√•rden, le second √† Gamla Uppsala[23]. Plus tard dans Vita Anskarii, il est fait r√©f√©rence √† un repr√©sentant su√©dois des ¬ę Dieux pa√Įens ¬Ľ (probablement un √©missaire de Gamla Uppsala) qui mentionne √† Birka, alors dirig√© par le roi Olof, ¬ę votre ancien roi Erik ¬Ľ, impliquant que ce roi n'√©tait pas le leur[22]. Des historiens sugg√®rent que l'aristocratie suione √©tait en conflit ou en tout cas m√©fiante envers le roi de Birka[22]. Une explication serait que le roi de Birka √©tait issu d'une nouvelle dynastie (la dynastie de Muns√∂) d'origine gothe, tandis que l'aristocratie suione r√©sidait toujours √† Gamla Uppsala[22]. Selon ce sch√©ma, Fornsigtuna, fond√©e √† la m√™me √©poque que Birka, a √©t√© probablement √©tablie en opposition √† celle-ci, √† un emplacement strat√©gique sur l'√©troit chenal reliant Birka et Gamla Uppsala[22]. Cette id√©e permet de rationaliser la description d'Adam de Br√™me qui d√©crit Birka comme ¬ę la ville des Goths situ√©e au milieu des territoires suiones ¬Ľ[22].

Si le roi exer√ßait une certaine autorit√© sur la ville depuis Hovg√•rden, la ville avait une structure politique ind√©pendante, avec une assembl√©e (Thing) et un pr√©fet qui la dirigeait[C 1]. √Ä l'√©poque, chaque r√©gion (Folkland ou Hundred) avait son assembl√©e et ses lois ; ces lois favorisaient souvent les habitants de la r√©gion par rapport aux √©trangers[C 1]. Cette situation √©tait peu souhaitable pour une ville d√©pendante du commerce et donc comptant une population √©trang√®re importante ; de plus, Birka √©tait situ√©e √† la fronti√®re de plusieurs provinces[C 1]. La ville fut donc munie de sa propre assembl√©e et d'un texte de loi unique, appel√©e loi de Bj√∂rk√∂ ou Bjarkey qui, entre autres, garantissait la protection √† tous les hommes libres quelle que soit leur provenance[C 1]. Cette loi servit probablement de mod√®le pour de nombreuses villes marchandes en Scandinavie durant le Moyen √āge, qui prirent le nom de Birk et avaient leurs propres lois de Bjarkey[C 1]. Cette loi est aussi probablement la pr√©d√©cesseure des lois ou privil√®ges (en su√©dois Stadsprivilegier) qui d√©finissent le statut des villes √† partir du Moyen √āge en Su√®de[A 8]. Pour cette raison, Birka est parfois consid√©r√©e comme la premi√®re ville de Su√®de[A 8] - [24].

Déclin

Dessin sommaire
Reconstruction du palais Alsn√∂ Hus, tel qu'il devait appara√ģtre en 1280.

La ville de Birka connut un déclin subit[19]. La date précise de ce brusque fléchissement peut être fixée autour de l'an 970 ; en effet, des pièces datant de ont été retrouvées à Birka, mais le site n'a livré aucune pièce en provenance de la prolifique monnaie anglo-saxonne des années 980[A 4]. Des habitants ont probablement continué à vivre à Birka jusque dans les années 1000, comme en témoignent des objets trouvés dans la partie centrale de la ville, mais l'ère de grandeur était certainement terminée[A 4]. D'après Adam de Brême, l'évêque de Skara Adalvard le Jeune passa par Birka lors de son trajet vers Sigtuna dans les années 1060, afin de trouver la tombe de l'archevêque Unni, et trouva le site totalement abandonné[A 7].

Les causes de cet abandon ne sont pas certaines, et il s'agit probablement d'une combinaison de facteurs. L'une de ces raisons pourrait √™tre le rebond post-glaciaire, qui changea la morphologie de la mer Baltique et ferma certains canaux importants pour la navigation depuis Birka, en particulier le passage de S√∂dert√§lje[25]. Il est aussi possible que Birka ait disparu √† cause d'un affaiblissement du commerce avec l'Est, cons√©quence des assauts de Sviatoslav Ier dans la r√©gion de la Volga[25]. En outre, le site de la Garnison, au sud de la ville, montre qu'une importante bataille eut lieu aux alentours de la date estim√©e de l'abandon de la ville, et que plusieurs b√Ętiments furent d√©truits durant cet assaut[26]. Enfin, il est aussi plausible que la ville ait √©t√© simplement transf√©r√©e vers Sigtuna, fond√©e autour de et qui h√©rita du r√īle de Birka comme centre du commerce dans la r√©gion du lac M√§lar[19].

En revanche, il semblerait que Hovg√•rden conserva son importance en tant que domaine royal m√™me apr√®s l'abandon de Birka, comme en t√©moigne la pierre runique de Hovg√•rden, √©rig√©e autour de [9]. L'√©glise d'Adels√∂ fut construite non loin au XIIe si√®cle[9], et le domaine est mentionn√© dans une lettre de comme domaine royal (Mansionem Regiam Alsnu)[27]. Hovg√•rden revient sur les devants de la sc√®ne politique su√©doise avec la construction du palais Alsn√∂ hus par Magnus III de Su√®de aux environs de 1270, probablement destin√© √† √™tre une r√©sidence d'√©t√©[28]. Ce b√Ętiment constitu√© de briques, un nouveau mat√©riau pour l'√©poque dans la r√©gion, a √©t√© construit sur le site m√™me de l'ancien ch√Ęteau viking[29]. Ce palais fut un lieu important de l'histoire de Su√®de, avec par exemple l'ordonnance d'Alsn√∂ (ou Statut d‚ÄôAlsn√∂) en 1279 ou 1280, qui d√©finit le statut de la noblesse su√©doise[30]. Il fut cependant d√©truit √† la fin du XIVe si√®cle, peut-√™tre incendi√© par les Vitaliens[31].

Fouilles archéologiques et protection

Texte manuscrit.
Page du journal de Hjalmar Stolpe décrivant les fouilles en 1875.

Apr√®s l'abandon de Birka et de Hovg√•rden, ces deux sites sont essentiellement oubli√©s[A 9]. Mais dans les ann√©es 1680, l'arch√©ologue Johan Hadorph, qui √©tudiait les lois de Bjarkey, √©mit l'hypoth√®se que ces lois sont en rapport avec l'√ģle de Bj√∂rk√∂[A 9]. Il organisa des fouilles, qui furent donc les premi√®res fouilles de Birka, et ses trouvailles sont aujourd'hui encore expos√©es au mus√©e historique de Stockholm[A 9]. Il fallut attendre 1825 pour la reprise des fouilles par Alexander Seton, qui √©tudia plus pr√©cis√©ment quelques tombes de Hemlanden, √† l'est de la ville[A 9]. En 1834, la croix d'Anschaire fut √©rig√©e pour c√©l√©brer la premi√®re visite de l'archev√™que[32], ce qui prouve que les historiens de l'√©poque consid√©raient que Bj√∂rk√∂ √©tait bien l'√ģle de Birka mentionn√©e dans les textes de l'√©poque[A 9].

Les premières fouilles extensives se firent sous la direction de l'entomologiste Hjalmar Stolpe à partir de 1871[A 9]. Il se rendit à Birka afin de trouver de l'ambre, des insectes y étant parfois piégés[A 9]. En cherchant l'ambre, il identifia les Terres Noires et comprit qu'il s'agissait du site de la ville viking ; il entreprit donc des fouilles archéologiques[A 9]. Il étudia près de 20 ans Birka, en particulier les Terres Noires et les tombes de Hemlanden, et fit découvrir le site au reste du monde en 1874, lorsque le site accueillit un congrès international d'archéologie[A 9]. Il déterra une telle quantité d'objets qu'il n'eut jamais le temps de tous les analyser[A 9].

La fin de ses recherches correspond aussi √† un √©lan de la soci√©t√© su√©doise pour la protection de son h√©ritage, et ainsi, peu apr√®s la cr√©ation des premiers parcs nationaux du pays (en 1909[33]), l'√Čtat acheta une grande partie de Bj√∂rk√∂ entre 1912 et 1914 pour prot√©ger le site pour la post√©rit√©[A 10]. L'√ģle de Bj√∂rk√∂ subit alors les m√™mes exc√®s que les parcs nationaux[33] : l'id√©al de l'√©poque √©tait l'absence d'intervention humaine, et donc la v√©g√©tation se d√©veloppa √† tel point que le site devint impossible d'acc√®s[A 10]. Durant cette p√©riode, c'est le site de Hovg√•rden qui fut l'objet des principales recherches, avec les travaux de Bengt Thordeman entre 1916 et 1920 au palais d'Alsn√∂ hus[29]. Les travaux de Bengt indiqu√®rent l'existence d'un site viking autour de l'emplacement du palais m√©di√©val[29]. En parall√®le, Hanna Rydh √©tudia les tombes du site de Hovg√•rden[34].

Photo d'un site terrestre.
Fouilles dans les Terres Noires en 1991.

La situation √† Birka changea en 1931, avec une restauration active du site[A 10], incluant en particulier un programme de p√Ęture pour contr√īler la v√©g√©tation[A 11]. √Ä la m√™me √©poque, Holger Arbman effectua quelques fouilles au niveau du mur d'enceinte, ainsi qu'entre les Terres Noires et le fort, d√©couvrant le site de la Garnison ; mais surtout il reprit l'analyse des objets issus des fouilles de Hjalmar et publia son analyse au d√©but des ann√©es 1940 dans une publication en deux volumes : Birka I[A 10]. Il ne put pas compl√©ter l'inventaire ; la suite fut accomplie par sa successeure Greta Arwidsson qui publia Birka II en trois volumes entre 1984 et 1988[A 10]. Holger Arbman mena aussi quelques fouilles √† Hovg√•rden en 1966 afin de localiser plus pr√©cis√©ment les restes du b√Ętiment viking[34]. Entre 1969 et 1971, des fouilles mineures confirm√®rent l'existence d'un port de l'√©poque viking[A 10]. Depuis les ann√©es 1970, les recherches sont plus r√©guli√®res[35] et, si la plupart √©taient initialement concentr√©es sur les Terres Noires et les tombes, depuis 1999 elles se sont √©tendues aux structures militaires et en particulier le fort et la Garnison[26]. Entre 1992 et 1994, une nouvelle salve de recherches arch√©ologiques fut men√©e √† Hovg√•rden et localisa pr√©cis√©ment les ruines vikings, ainsi que les ports vikings et m√©di√©vaux[34].

Enfin, en 1993, la protection du site fut renforc√©e gr√Ęce √† son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO d'apr√®s les crit√®res (iii) et (iv)[36] avec les justifications suivantes[5] :

¬ę Crit√®re iii: L'ensemble de Birka-Hovgarden apporte un t√©moignage exceptionnellement bien pr√©serv√© sur le r√©seau commercial tr√®s d√©velopp√© des Vikings pendant les deux si√®cles de leur ph√©nom√©nale expansion √©conomique et politique. ¬Ľ

¬ę Crit√®re iv: Birka est l'un des exemples les plus complets et les mieux pr√©serv√©s d'une ville commer√ßante Viking entre les VIIIe si√®cle et Xe si√®cle. ¬Ľ

Site archéologique

Carte de Birka.

La ville de Birka fut abandonnée soudainement à la fin du Xe siècle, et n'a subi depuis qu'une influence humaine limitée, principalement via l'agriculture, ce qui explique le bon état de conservation du site archéologique[5].

Les Terres Noires

Le cŇďur du site arch√©ologique de Birka est la partie nomm√©e ¬ę Les Terres Noires ¬Ľ (Svarta Jorden), correspondant √† la principale zone habit√©e √† l'√©poque viking[A 12]. Le nom ¬ę terres noires ¬Ľ d√©signe une strate arch√©ologique riche en mati√®re organique, et donc apparaissant souvent sombre, qui indique une zone peupl√©e pendant une longue p√©riode. Dans le cas de Birka, cette couche fait jusqu'√† m d'√©paisseur[B 2] et couvre environ 7 ha d√©limit√©s √† l'est par le mur d'enceinte et √† l'ouest par la ligne de c√īte de l'√©poque[A 12]. Outre la couleur, le phosphore est un indice d'une occupation prolong√©e. La concentration en phosphore des terres noires est en effet bien plus importante que les terrains alentour ; cependant cette mesure indique que la zone habit√©e s'√©tale au-del√† du mur vers le nord-est, sur une superficie de 13 ha[A 12]. La pr√©sence de zones habit√©es √† l'ext√©rieur du mur indique peut-√™tre un changement dans la taille ou la position de la ville, qui se serait √©tendue initialement plus √† l'est mais aurait √©t√© d√©plac√©e ou r√©tr√©cie vers l'ouest avant la construction de la muraille[A 12]. La partie sup√©rieure des Terres Noires a √©t√© en partie endommag√©e par l'agriculture qui a √©t√© men√©e sur l'√ģle depuis l'abandon de la ville[A 12].

Modèle réduit d'un village avec maisons et habitants
Maquette de Birka dans le musée du site.

Les fouilles dans les Terres Noires ont donn√© √©norm√©ment d'informations sur l'organisation de la ville, ainsi que sur ses habitants[19]. Birka √©tait form√©e de parcelles d√©limit√©es par des rues avec foss√©s, chaque parcelle avait typiquement une ou deux maisons et des b√Ętiments annexes utilis√©s comme ateliers ou boutiques, une grande partie des habitants √©tant marchands et/ou artisans[19]. Les b√Ętiments √©taient typiquement des maisons √† colombages, avec des murs en torchis et des toits de chaume, bois ou tourbe[19].

Le haut pH ainsi que la forte concentration en phosphore offrent un milieu id√©al pour la conservation des m√©taux[A 12]. Ainsi, un tr√®s grand nombre d'objets en bronze ou en fer ont √©t√© trouv√©s dans les Terres Noires[A 12], ainsi qu'une grande quantit√© de pi√®ces, en particulier des pi√®ces d'origine arabe, confirmant l'importance du commerce avec l'Est[19]. Les fouilles ont aussi r√©v√©l√© de nombreux objets en verre, c√©ramique, os et m√™me des tissus, r√©v√©lant la nature des objets produits et √©chang√©s dans le commerce de la ville, et aussi les objets de la vie quotidienne de la soci√©t√© scandinave[A 12] - [19]. L'arch√©ologie renseigne m√™me sur les habitudes alimentaires de l'√©poque, avec par exemple la d√©couverte d'une grande quantit√© d'ossements de bŇďuf, cochons, moutons, ch√®vres, ainsi que diverses esp√®ces d'oiseaux et de poissons prouvant qu'ils √©taient consomm√©s r√©guli√®rement[A 12].

Les ports

Trois petits bateaux dans une eau peu profonde
Reconstitutions de bateaux vikings à Birka.

Birka √©tant situ√© sur une √ģle et √©tant destin√©e au commerce, les ports avaient une importance capitale[A 13]. L'ouest de la ville √©tait d√©limit√© par la mer, formant une baie peu profonde qui √©tait tr√®s certainement utilis√©e comme site de mouillage[C 1]. En outre, deux sites ont conserv√© leur nom en hamn indiquant des ports : Kugghamn, √† l'extr√©mit√© nord du mur et Korshamn, un peu plus √† l'est[C 1] - [A 13]. Kugghamn est peut-√™tre une r√©f√©rence au cogue, un type de bateau utilis√© par exemple par les Frisons, et qui avait un fort tirant compar√© aux bateaux vikings et donc n√©cessitait un port plus profond[C 1]. Finalement, il est possible qu'il exist√Ęt un autre port dans la baie Salviksgropen encore plus √† l'est[A 13].

Du fait du faible tirant d'eau des bateaux vikings, il était initialement supposé que les bateaux n'avaient pas besoin de quai[A 13]. En réalité, les bateaux de l'époque avaient des tailles diverses, et les plus grands nécessitaient probablement des structures particulières[A 13]. Lors des fouilles de 1969-1971, un quai a été découvert près des Terres Noires, constitué d'un tas de pierres grossières d'une dimension totale de 3 m × 10 m, ainsi que des vestiges de poteaux en bois[A 13]. De tels quais ont été découverts depuis dans plusieurs autres sites nordiques de l'époque[A 13]. D'autres structures rectangulaires en pierre ont été découvertes à Kugghamn et Korshamn et sont probablement des quais du même type[A 13].

Les installations de défense

Photo d'un terrain vague
Une des ¬ę portes ¬Ľ dans les ruines du mur d'enceinte de Birka.

Birka possédait plusieurs installations défensives, qui ont été construites à différentes périodes de l'histoire de la ville.

La proto-ville √©tait entour√©e d'un mur d'enceinte semi-circulaire, la partie ouest de la ville √©tant en contact direct avec la mer Baltique[B 2]. Les restes de ce mur sont encore partiellement visibles de nos jours, couvrant une longueur de 450 m, mais il continuait initialement vers le sud jusqu'au fort, pour une longueur totale estim√©e √† 700 m[B 2]. La partie manquante a √©t√© probablement d√©truite par l'agriculture[37]. Ce mur √©tait un mur creux, c'est-√†-dire constitu√© de deux couches parall√®les en pierre et d'une partie interm√©diaire remplie de terre et de tourbe[37]. Il est probable qu'il √©tait surmont√© de palissades en bois, ainsi que de tours en bois au niveau des portes[A 14]. En plusieurs points, des monticules fun√©raires plus anciens sont incorpor√©s √† l'√©difice[A 14]. La construction a eu lieu en plusieurs √©tapes, mais certainement apr√®s l'an 900[37], et une section peut √™tre m√™me dat√©e plus pr√©cis√©ment apr√®s 925 compte tenu du fait qu'une pi√®ce de cette ann√©e fut trouv√©e en dessous[C 1]. Il est probable qu'un mur existait d√©j√† auparavant, mais fut d√©truit et reconstruit pour s'adapter √† la taille croissante de la ville[37]. La fonction du mur a probablement aussi √©volu√© avec le temps, initialement presque administrative pour devenir plus d√©fensive durant le Xe si√®cle, indiquant peut-√™tre une augmentation des menaces √† cette √©poque[37].

Sur une √ģle comme Birka, la principale menace provenait de la mer. Pour y faire face, le mur √©tait prolong√© dans la mer par une structure en bois prot√©geant la baie et le port √† l'ouest de la ville[B 2]. Ce genre de protection consiste en g√©n√©ral en des poteaux en bois verticaux plant√©s dans la baie, et pouvant en certains points √™tre ouverts ou ferm√©s par des portes flottantes, contr√īlant l'acc√®s au port[A 14]. Certains de ces rondins peuvent encore √™tre vus lorsque le niveau du lac est bas[A 14].

Photo d'un terrain comprenant un rempart bas et l'affleurement d'un rocher.
Le fort vu depuis l'ouest. On distingue nettement la falaise au premier plan et les ruines du rempart semi-circulaire.

Vita Anskarii nous indique que lors de l'attaque d'Anund, les marchands et les habitants se r√©fugi√®rent dans un fort situ√© √† proximit√© de la ville[B 3]. C'est probablement celui situ√© au sud de la ville, sur le point culminant de l'√ģle[B 3]. Ce b√Ętiment, appel√© ¬ę le fort ¬Ľ (Borgen), est une colline fortifi√©e, un type de fortification situ√© sur un promontoire naturel tr√®s commun en Europe √† partir de l'√Ęge du bronze[B 3]. Dans la r√©gion du lac M√§lar, on trouve environ 500 collines fortifi√©es, datant surtout de l'√©poque des invasions barbares, offrant protection en cette √®re d'instabilit√©[B 3]. Cependant, ce type de fort devint tr√®s rare √† l'√Ęge des Vikings, et celui de Birka peut ainsi √™tre vu comme une transition entre les forts traditionnels de l'√Ęge du fer germanique et les ch√Ęteaux m√©di√©vaux, et est probablement inspir√© des structures d√©fensives du reste de l'Europe, tels que les ringfort[B 3]. C'est l'un des b√Ętiments les plus massifs que l'on connaisse de cette √©poque en Su√®de[B 3]. Aujourd'hui encore, c'est l'une des structures les plus visibles de Birka, avec un rempart semi-circulaire de 350 m de long, 2 √† m de haut et de 7 √† m d'√©paisseur[B 3]. Le rempart est interrompu dans la partie ouest, la colline formant une falaise qui √† l'√©poque viking donnait directement sur la mer et offrait une protection suffisante[B 3]. En 1996, une section du mur fut analys√©e et r√©v√©la qu'il s'agit aussi d'un mur creux et qu'il √©tait surmont√© d'un parapet ou de cr√©neaux en bois[B 3]. La date de construction du fort semble co√Įncider avec la fondation de la ville, mais on distingue deux phases : le rempart initial br√Ľla au d√©but du IXe si√®cle et le rempart dit ¬ę tardif ¬Ľ, de construction plus robuste, subit plusieurs incendies entre la fin du Xe si√®cle et le d√©but du XIe si√®cle[B 3]. √Ä l'instar du mur d'enceinte de la ville, le mur tardif fut construit sur quelques monticules fun√©raires, dont en particulier une tombe particuli√®rement massive, qui √©tait probablement visible de loin, contenant un homme et son cheval et dat√©e du milieu du VIIIe si√®cle c'est-√†-dire tr√®s proche de la date estim√©e de fondation de Birka[B 3]. Tout semble indiquer une personne de haute importance, faisant partie des familles ayant fond√© la ville[B 3].

Fouilles sur un terrain vallonné avec vue sur un lac
Fouilles de la Garnison en 2004.

La partie nord du mur est perc√©e de deux ouvertures, probablement des portes d'acc√®s vers la ville[A 14]. La porte nord-ouest m√®ne √† une s√©rie de quatre terrasses servant √† compenser la forte pente entre le fort et le lac[A 14] - [38] - [B 4]. Cette zone √©tait potentiellement un point faible dans la d√©fense de la ville, car elle forme une vall√©e entre deux collines, permettant l'acc√®s √† la ville depuis la mer[B 4]. Elle fut appel√©e ¬ę la Garnison ¬Ľ (Garnisonen) lors des fouilles des ann√©es 1930, du fait de la pr√©sence d'une grande quantit√© d'armes et de l'absence d'objets typiquement associ√©s √† une pr√©sence f√©minine[B 4]. Des fouilles plus r√©centes indiquent que ces terrasses comprenaient plusieurs b√Ętiments datant du d√©but du IXe si√®cle √† la fin de l'occupation de la ville, entour√©s de palissades[38]. Des b√Ętiments √©taient probablement des habitations et une forge, mais le b√Ętiment le plus notable est ¬ę le hall des guerriers ¬Ľ (Krigarnas hus), datant de la seconde moiti√© du Xe si√®cle[38] - [26]. Situ√© sur la plus vaste des terrasses se tenait en effet ce hall de 19 m de long et 9,5 m de large, rappelant le grand hall de Gamla Uppsala[B 4]. Les murs ext√©rieurs √©taient doubles, offrant ainsi une bonne isolation, avec un mur ext√©rieur en colombages et un mur int√©rieur en torchis[B 4]. Le toit √©tait de plus soutenu par deux rang√©es de piliers[26], et l'int√©rieur √©tait probablement s√©par√© en deux pi√®ces distinctes avec un foyer chacune[B 4]. La partie nord-ouest √©tait probablement le si√®ge d'honneur, comme l'indiquent les objets r√©v√©lant un haut statut social trouv√©s dans cette section du hall[26]. Le hall semble aussi avoir √©t√© un lieu de sacrifices d'animaux ou d'objets, probablement en l'honneur d'Odin[26] - [B 4]. Un grand nombre de coffres et serrures fut d√©couvert, mais surtout des armes et armures de toutes sortes, avec en particulier souvent des influences orientales marqu√©es[B 4]. Ce b√Ętiment et le reste de la Garnison semblent avoir √©t√© br√Ľl√©s vers la fin du Xe si√®cle, et une grande quantit√© d'armes est √©parpill√©e autour du site, ce qui indique qu'une confrontation violente a probablement eu lieu √† cette √©poque avec un ennemi en provenance de la mer[26] - [38]. Cette bataille est peut-√™tre l'une des raisons de l'abandon de Birka, m√™me si ce lien n'est pas fermement √©tabli[26].

Les tombes

Photo d'un terrain boisé
Les tumuli funéraires de Hemlanden sont souvent très proches les uns des autres.

L'√ģle de Bj√∂rk√∂ comprend au moins 2 500 tombes r√©parties sur diff√©rents sites[A 15]. Le plus vaste est le site de Hemlanden situ√© au nord-est des Terres Noires, avec 1 600 s√©pultures, ce qui en fait l'un des plus importants cimeti√®res proto-historiques de Scandinavie[A 15] - [B 2]. En outre, on trouve un important site au sud du fort √† Bjorgs Hage et Kvarnbacka, comptant environ 400 tombes et un autre entre le fort et les Terres Noires[A 15]. Seulement 1 100 tombes environ ont √©t√© √©tudi√©es, et elles r√©v√®lent parfois la pr√©sence de plus d'une personne par tombe, il est donc difficile de savoir le nombre exact de personnes enterr√©es sur l'√ģle[39].

Ces tombes diff√®rent parfois fortement les unes des autres, et offrent un grand nombre de renseignements sur la soci√©t√© et les habitants de Birka. La forme d'enterrement la plus traditionnelle pour les populations scandinaves √† l'√©poque viking, caract√©ristique des rites de la religion scandinave, √©tait la cr√©mation, avec les cendres plac√©es sous des tumulus, ou plus rarement sous des formations en pierre, tels que des bateaux de pierre ou des cairns triangulaires (Treudd)[19]. Cependant, une proportion importante des tombes contient des squelettes entiers, ce qui implique souvent une population locale convertie √† la religion chr√©tienne, ou une population √©trang√®re enterr√©e selon ses coutumes[A 15]. Enfin, Birka compte plusieurs tombes √† chambre, o√Ļ le corps et diff√©rents objets se trouvent dans une chambre en bois, souvent recouvert d'un grand tumulus[40]. Ce type de tombes √©tait probablement r√©serv√© aux personnes riches ou de haut statut social[35]. 111 d'entre elles ont √©t√© d√©couvertes et fouill√©es, ce qui est une concentration tr√®s inhabituelle pour la Su√®de, et refl√®te probablement une influence du reste de l'Europe[40]. Beaucoup de ces tombes contiennent un couple, et en g√©n√©ral, la r√©partition des sexes est tr√®s √©gale[40].

Photographie de pierres alignées sur un terrain boisé
Bateau de pierre dans le cimetière de Kärrbacka, au sud-est de Björkö by.

Les diff√©rents types de tombes ne sont pas r√©partis uniform√©ment dans les diff√©rents sites, avec par exemple les cr√©mations surtout √† Hemlanden et au sud du fort, tandis que les corps non br√Ľl√©s et/ou les tombes √† chambres sont surtout pr√®s du mur d'enceinte √† Hemlanden et entre le fort et les Terres Noires[A 15]. De m√™me l'√Ęge des s√©pultures est non uniforme, avec les plus anciennes typiquement au sud du fort, tandis que les plus r√©centes (Xe si√®cle) sont √† Hemlanden[A 15].

Si le type de tombe renseigne sur la religion ou le statut social, la plus importante source d'information pour les arch√©ologues est leur contenu. Premi√®rement, lorsque les corps ne sont pas br√Ľl√©s, il est possible de trouver des traces de v√™tements[A 16]. Les v√™tements trouv√©s dans les tombes de Birka sont souvent en laine ou en lin avec des attaches ou des broches en bronze[A 16] Plusieurs tombes contiennent m√™me des fragments en soie, Birka √©tant l'une des plus importantes concentrations de soie de l'√Ęge des Vikings[41]. Deuxi√®mement, en plus des corps ou des cendres, les tombes contiennent souvent des objets, refl√©tant le statut ou la profession du d√©funt[A 16]. C'est tout particuli√®rement le cas pour les tombes √† chambres, qui si elles ne repr√©sentent que 10 % des tombes √©tudi√©es, concentrent plus de la moiti√© de la valeur totale des objets[35]. On peut ainsi trouver des armes, des bijoux, et autres objets de luxe et il n'est pas rare que des chevaux y soient enterr√©s[40]. C'est justement dans une de ces tombes √† chambres (la tombe Bj 581) qu'a √©t√© d√©couverte une des principales preuves de l'existence de femmes guerri√®res vikings de haut rang, lorsqu'en 2017, le squelette dans la tombe a √©t√© prouv√© par g√©n√©tique √™tre celui d'une femme[42]. La tombe avait d√©j√† √©t√© analys√©e par Hjalmar Stolpe, mais malgr√© la silhouette f√©minine du squelette, les arch√©ologues supposaient jusque-l√† qu'il s'agissait d'un homme du fait des nombreux objets militaires et symbolisant la strat√©gie que contenait la tombe[42].

  • Bijou form√© d'une boucle et d'une tige en forme de T
    Pendentif Mjöllnir trouvé dans une tombe à chambre de Hemlanden.
  • Pierre mont√©e sur un anneau
    Bague avec une inscription coufique signifiant ¬ę Allah ¬Ľ, trouv√© dans une tombe au nord du Fort, montrant les contacts de Birka avec la civilisation musulmane.
  • Deux bijoux
    Broches tortues, trouvées dans une tombe de Hemlanden.
  • Bijou form√© d'un cavalier mont√© sur une cheval
    Attaches de vêtement en argent en forme de cavalier trouvé dans une tombe à chambre sous le mur de Birka.

Hovgården

Photo d'une pierre gravée
Pierre runique de Hovgården, U11. Cette pierre était très endommagée, la peinture initiale disparue et les inscriptions étaient à peine visibles[43]. La peinture rouge a été ajoutée pour la visibilité.

Si Birka a conserv√© l'essentiel de son h√©ritage viking du fait de son abandon au Xe si√®cle, ce n'est pas le cas de Hovg√•rden, le site √©tant toujours utilis√© durant le Moyen √āge. Cette zone a aussi re√ßu moins d'attention de la part des arch√©ologues, avec seulement trois s√©ries de fouilles : en 1916-1920, en 1966 et en 1992-1994[34].

L'histoire du site s'√©tale sur plusieurs si√®cles. Les vestiges les plus anciens sont un ensemble de tombes au nord-ouest, dont les plus anciennes remontent au XIIe si√®cle indiquant que la zone √©tait habit√©e avant la fondation de Birka[9]. Mais le site subit une transformation importante au VIIIe si√®cle en devenant le centre du pouvoir royal dans la r√©gion. Les traces les plus √©videntes de l'√®re viking sont les √©normes tumuli situ√©s au nord de l'√©glise. Trois d'entre eux, appel√©s ¬ę tumuli royaux ¬Ľ (kungsh√∂gar), rappellent fortement ceux de Gamla Uppsala, le plus grand mesurant 45 m de diam√®tre et 5 √† 6 m de haut[44] - [34]. Il est traditionnellement suppos√© que ces tumuli sont les tombes des rois de Birka, mais n'ayant pas √©t√© analys√©s, la date de leur √©rection est inconnue et certains historiens supposent qu'elles pourraient √™tre plus anciennes[45] - [46]. Un peu plus √† l'ouest se trouve un autre tumulus lui aussi tr√®s grand (25 m de diam√®tre[47]) mais plus plat, qui √©tait probablement le lieu o√Ļ se tenait l'assembl√©e (Thing) d'o√Ļ son nom ¬ę tumulus de l'assembl√©e ¬Ľ (tingsh√∂g)[46]. Enfin, un peu plus au nord se trouve le tumulus de Skopintull, le seul de Hovg√•rden qui fut analys√© (en 1917), et dat√© du d√©but du Xe si√®cle[48]. Il contient les restes d'un homme et d'une femme, tous deux ayant subi une cr√©mation dans un bateau, ainsi que plusieurs animaux, dont des chiens et des chevaux et surtout une grande quantit√© d'objets de valeur, le tout indiquant un tr√®s haut statut social et une grande richesse[48].

Photo de pierres alignées sur un terrain vague
Les ruines d'Alsnö Hus au premier plan, et l'église d'Adelsö en arrière-plan.

Hovg√•rden √©tant suppos√© √™tre le domaine royal associ√© √† Birka, une grande partie des recherches arch√©ologiques avait pour but de trouver les restes de la r√©sidence royale de l'√©poque[34]. Il fallut attendre les excavations de 1991-1994 pour y parvenir, avec la d√©couverte des traces d'un b√Ętiment viking, imm√©diatement √† l'est et partiellement recouvertes par les ruines d'Alsn√∂ Hus[49]. Ce b√Ętiment pr√©sente des fortes similarit√©s avec le grand hall de la Garnison et √©tait situ√© sur une petite butte surplombant la baie lui offrant une vue directe sur Birka[9]. Entre l'√©glise et Alsn√∂ Hus se trouve une d√©pression qui formait une baie √† l'√©poque viking ; cette zone fut aussi analys√©e durant les fouilles des ann√©es 1990, ce qui r√©v√©la qu'il s'agissait du port viking, avec un quai en pierre d'environ 30 √† 40 m de long sur sa partie est, mais aussi un b√Ętiment juste √† c√īt√© interpr√©t√© comme un atelier, peut-√™tre utilis√© par un orf√®vre[9]. Non loin du port se trouve la pierre runique de Hovg√•rden, dat√©e des ann√©es 1070, qui a la particularit√© de mentionner le roi, ce qui est interpr√©t√© comme une preuve que la r√©sidence royale √©tait toujours active malgr√© l'abandon de Birka[9].

Enfin, la majeure partie des structures visibles aujourd'hui datent du Moyen √āge, avec par exemple l'√©glise d'Adels√∂ datant du XIIe si√®cle, et les restes du palais Alsn√∂ hus, datant du XIIIe si√®cle. Il s'agissait d'un b√Ętiment rectangulaire de 30 √ó 13,5 m, constitu√© d'un niveau partiellement souterrain en pierre, tandis que la partie au-dessus du niveau du sol √©tait construite en briques[9]. La partie visible du b√Ętiment avait probablement deux √©tages, le rez-de-chauss√©e constitu√© d'une cuisine et d'une autre pi√®ce, tandis que l'√©tage sup√©rieur √©tait un grand hall, qui √©tait probablement la salle o√Ļ le roi recevait ses invit√©s[29]. Des vestiges de deux petits b√Ętiments furent aussi trouv√©es √† proximit√© directe du palais, l'un probablement construit √† la m√™me √©poque, l'autre un peu plus ancien[29]. Les restes du port m√©di√©val furent aussi d√©couverts, juste en aval du port viking, formant de nos jours encore une baie[34].

Gestion et protection

Photographie de deux b√Ętiments en mat√©riaux naturels
Quelques reconstitutions de maisons vikings à Birka.

Le site arch√©ologique de Birka fut achet√© entre 1912 et 1914 par l'√Čtat su√©dois, par le biais de l'Acad√©mie royale des sciences de Su√®de[50]. √Ä la fin des ann√©es 1920, la direction du site fut transf√©r√©e √† l'Acad√©mie Royale Su√©doise des Belles-Lettres, de l'Histoire et des Antiquit√©s, une branche de la Direction nationale du patrimoine de Su√®de[50]. Birka et Hovg√•rden sont depuis 2015 sous le contr√īle de l'Administration des biens immobiliers de l'√Čtat su√©dois (Statens fastighetsverk)[51]. La protection de ces sites est assur√©e par un conseil (f√∂rvaltningsr√•d) regroupant des repr√©sentants de Statens fastighetsverk et des conseils d‚Äôadministration du comt√© de Stockholm et de la commune d'Eker√∂[9]. Tous les six ans, le conseil r√©dige un plan qui donne les grandes lignes et objectifs de la protection et de la mise en valeur du site[9].

Pour faciliter la gestion, le site est divis√© en plusieurs zones. La zone d'entr√©e comprend la p√©riph√©rie d'Hovg√•rden et la p√©ninsule d'√Öngholmen (qui √©tait sous le niveau de la mer durant l'√Ęge des Vikings et donc sans valeur pour l'arch√©ologie) o√Ļ se situe aujourd'hui le mus√©e de Birka et les reconstitutions de maisons vikings[9]. Le principal objectif de cette zone est l'accueil du public, et les r√®gles y sont donc tr√®s souples quant √† la construction d'infrastructures[9]. Une seconde zone, appel√©e zone centrale, comprend l'essentiel des sites arch√©ologiques de Hovg√•rden et la zone autour du fort de Birka : c'est une zone comprenant des sites arch√©ologiques majeurs et o√Ļ se concentrent aussi l'essentiel des visiteurs, avec donc le plus grand risque de dommages[9]. Les principaux objectifs de la protection dans cette zone sont la canalisation des touristes et la mise en valeur du patrimoine[9]. Enfin, le reste du site est divis√© entre zone interm√©diaire et zone ext√©rieure, correspondant √† un nombre de visiteurs d√©croissant, la zone ext√©rieure √©tant essentiellement √† l'√©cart des touristes[9]. La nomination au patrimoine mondial ajoute une zone tampon, qui inclut le reste de l'√ģle de Bj√∂rk√∂ et toute une grande section centrale de l'√ģle d'Adels√∂[5].

Si le patrimoine culturel est protégé, c'est aussi le cas du patrimoine naturel. Le site de Birka et Hovgården inclut en particulier dans ses frontières une petite réserve naturelle (au sud de Grönsö, incluse dans la zone tampon), et aussi quelques segments de littoral protégé[9].

Tourisme

Photo de gens assis au bord d'un cours d'eau
Touristes attendant le bateau sur le quai d'Hovgården.

Birka et Hovg√•rden forment un site touristique populaire, avec environ 60 000 √† 70 000 visiteurs par an[52]. La plupart des touristes sont su√©dois, mais environ 30 % sont √©trangers, en particulier en provenance d'Allemagne, du Royaume-Uni, des √Čtats-Unis et d'Italie[53]. Birka est accessible soit avec son bateau, l'√ģle disposant d'un petit port de plaisance, soit en saison avec l'une des compagnies offrant des tours r√©guliers depuis des ports du lac M√§lar, dont en particulier Str√∂mma Kanalbolaget qui relie Birka √† Stockholm en deux heures[54]. Hovg√•rden est accessible en voiture et en bus gr√Ęce √† un ferry entre l'√ģle de Muns√∂ et celle d'Adels√∂[55], et il est possible de se rendre en 15 minutes √† Birka depuis Hovg√•rden gr√Ęce √† un bateau de Str√∂mma[54].

L'essentiel des infrastructures touristiques de Birka est situ√© sur la presqu'√ģle d'√Öngholmen, dans un ensemble appel√© Birka vikingastaden (¬ę Birka, la ville viking ¬Ľ) g√©r√© par la compagnie Str√∂mma Turism & Sj√∂fart depuis 2007[56]. Jusqu'en 2015, Str√∂mma et la direction nationale du patrimoine (RA√Ą) travaillaient en √©troite collaboration : la compagnie louait les locaux √† RA√Ą et √©tait responsable des infrastructures et de l'organisation des visites, RA√Ą formait les guides, qui sont tous des arch√©ologues, et le personnel du mus√©e √©tait des employ√©s de RA√Ą[52]. Cette collaboration se poursuit avec Statens fastighetsverk. Parmi les installations se trouvent le mus√©e de Birka, construit en 1996 par RA√Ą et con√ßu tout en bois par l'architecte Gunnar Mattsson[57]. Il contient entre autres une maquette repr√©sentant Birka telle qu'elle devait √™tre √† l'√©poque viking et quelques objets trouv√©s durant les fouilles ou des r√©pliques, la vaste majorit√© des objets trouv√©s √©tant conserv√©s au mus√©e historique de Stockholm[58] - [59]. Non loin du mus√©e se trouve le village viking : une reconstitution de plusieurs b√Ętiments construits avec les m√©thodes de l'√©poque[60]. La construction commen√ßa en 2006 et le village se d√©veloppa en particulier entre 2007 et 2009 avec une collaboration entre Str√∂mma et l'universit√© de Gotland[60]. Enfin, la presqu'√ģle compte aussi un caf√© et un restaurant[61]. Durant la saison touristique, et en particulier en √©t√©, de nombreux √©v√®nements sont organis√©s sur le site, avec par exemple des reconstitutions de batailles, des simulations de fouilles arch√©ologiques, et durant quelques jours, le village viking prend vie avec des artisans en costume d'√©poque[62].

Hovgården, moins connu, reçoit moins de touristes[63]. Il est cependant possible d'y effectuer une visite guidée, et le site dispose d'un café et de quelques boutiques d'artisanat[64].

Notes et références

  • (sv) Bj√∂rn Ambrosiani, Birka, Uddevalla, (ISBN 978-91-7209-659-2, lire en ligne)
  1. p. 10-13.
  2. p. 5-6.
  3. p31-32.
  4. p. 42-44.
  5. p. 45-48.
  6. p. 49.
  7. p. 6-9.
  8. p. 50-51.
  9. p. 14-17.
  10. p. 18-19.
  11. p. 52-53.
  12. p. 20-23.
  13. p. 23-24.
  14. p. 25-28.
  15. p. 28-30.
  16. p. 33-39.
  • (en) Lena Holmquist Olausson, ¬ę Patterns of settlement and defence at the Proto-town of Birka, Lake M√§lar, Eastern Sweden ¬Ľ, dans The Scandinavians from the Vendel Period to the Tenth Century : An Ethnographic Perspective, Woodbridge, Judith Jesch, (ISBN 0851158676, lire en ligne)
  1. p. 153-155.
  2. p. 155-159.
  3. p. 159-161.
  4. p. 161-163.
  • (en) Gary Dean Peterson, Vikings and Goths : A History of Ancient and Medieval Sweden, Jefferson (N. C.), McFarland & Company, , 324 p. (ISBN 978-1-4766-6218-3, pr√©sentation en ligne)
  1. p. 206-207.
  2. p. 176.
  3. p. 166-169.
  • Autres
  1. (sv) ¬ę Birka ¬Ľ, sur Nationalencyklopedin.
  2. (sv) ¬ę Birk ¬Ľ, sur Nationalencyklopedin.
  3. (sv) P√•vel Nicklasson, ¬ę Birkas bel√§genhet : En 1800-talsdebatt med sentida ekon ¬Ľ, F√∂rnv√§nnen,‚Äé , p. 274-287 (lire en ligne).
  4. Olsen G, Kulturhistoriskt lexikon för nordisk medeltid. Band VI, Malmö, .
  5. ¬ę √Čvaluation de l'organisation consultative (ICOMOS), Birka et Hovg√•rden ¬Ľ, sur Patrimoine mondial de l'UNESCO.
  6. Comité du patrimoine mondial, Adoption des Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, UNESCO, (lire en ligne).
  7. (sv) ¬ę Landh√∂jning ‚Äď fr√•n havsbotten till lersl√§tt ¬Ľ, sur Sveriges geologiska unders√∂kning.
  8. (sv) ¬ę Historik ¬Ľ, sur Hovg√•rden.
  9. (sv) Förvaltningsrådet för Birka och Hovgården, Förvaltningsplan för världsarvet Birka och Hovgården Birka och Hovgården 2013 - 2018, Riksantikvarieämbetet, .
  10. (en) Neil Oliver, Vikings, Weidenfeld & Nicolson, , 284 p. (ISBN 978-0-297-86787-6).
  11. (sv) Staffan Skerfving, ¬ę J√§rn√•lderns Helg√∂ : Vad var det egentligen? ¬Ľ, sur Institutionen f√∂r Arkeologi Lunds Universitet, .
  12. (en) ¬ę A brief history of S√∂dert√§lje ¬Ľ, sur Destination S√∂dert√§lje.
  13. (en) M. A. MacLeod, ¬ę The moot question of urbanism: recent excavations at Birka ¬Ľ, Northern Studies, vol. 33,‚Äé , p. 11-24 (lire en ligne).
  14. (en) Bj√∂rn Ambrosiani, ¬ę Birka and Scandinavia's trade with the east ¬Ľ, Russian History, vol. 32,‚Äé , p. 287-296.
  15. (en) T. Douglas Price, Ancient Scandinavia : An Archaeological History from the First Humans to the Vikings, , 560 p. (ISBN 978-0-19-023197-2, présentation en ligne).
  16. (sv) ¬ę Hantverk p√• Bj√∂rk√∂ ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  17. (en) James T. Palmer, ¬ę Rimbert‚Äôs Vita Anskarii and Scandinavian Mission in the Ninth Century ¬Ľ, Journal of Ecclesiastical History, vol. 55, no 2,‚Äé .
  18. (en) ¬ę Medieval Sourcebook: Rimbert: Life of Anskar, the Apostle of the North, 801-865 ¬Ľ, sur Universit√© Fordham.
  19. (en) John Haywood, Northmen : The Viking Saga AD 793-1241, (ISBN 978-1-250-10614-8).
  20. (en) Carole M. Cusack, Conversion Among the Germanic Peoples, , 214 p. (ISBN 978-0-304-70155-1, présentation en ligne).
  21. (en) Anders Winroth, The Conversion of Scandinavia : Vikings, Merchants and Missionaries in the Remaking of Northern Europe, , 238 p. (ISBN 978-0-300-20553-4).
  22. (sv) Anders Carlsson, ¬ę Birkas kungsg√•rd p√• Adels√∂ och Svearnas Fornsigtuna. - tv√• aristokratiska milj√∂er i M√§lardalen ¬Ľ, dans Johan Callmer et Erik Rosengre, "...Gick Grendel att s√∂ka det h√∂ga huset..." : Arkeologiska k√§llor till aristokratiska milj√∂er i Skandinavien under yngre j√§rn√•lder., (lire en ligne).
  23. (en) Philip Line, Kingship and State Formation in Sweden : 1130 - 1290, Leiden, Brill, , 697 p. (ISBN 978-90-04-15578-7, présentation en ligne).
  24. (sv) ¬ę Birka ooh Hovg√•rden ¬Ľ, sur Riksantikvarie√§mbetet.
  25. (en) Gwyn Jones, A History of the Vikings, Oxford University Press, , 504 p. (ISBN 978-0-19-280134-0, présentation en ligne).
  26. (en) Charlotte Hedenstierna-Jonson, The Birka warrior : The material culture of a martial society, Université de Stockholm, , 118 p. (ISBN 91-89338-15-4).
  27. (sv) ¬ę Alsn√∂hus - ett svenskt medeltidspalats ¬Ľ, sur Adels√∂ Hembygdslag.
  28. (sv) ¬ę √Ąrvdkultur ¬Ľ, sur Statens fastighetsverk.
  29. (sv) ¬ę Alsn√∂ hus ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  30. ¬ę Su√®de : histoire ¬Ľ, sur Encyclop√©die Larousse en ligne.
  31. (sv) ¬ę Det historiska Adels√∂ ¬Ľ, sur Adels√∂.
  32. (sv) ¬ę Ansgarskorset ¬Ľ, sur Birka Vikingastaden.
  33. (en) Claes Grundsten, National parks of Sweden, Stockholm, Max Ström, (ISBN 978-91-7126-160-1).
  34. (sv) ¬ę Hovg√•rden ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  35. (en) Nils Ringstedt, ¬ę The Birka Chamber-Graves- Economic and Social Aspects ¬Ľ, Current Swedish Archeology, vol. 5,‚Äé , p. 127-146.
  36. ¬ę Inscription : Birka et Hovgarden (Su√®de) ¬Ľ, sur Patrimoine mondial.
  37. (sv) ¬ę Stadsvallen ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  38. (sv) ¬ę Garnisonen ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  39. (sv) ¬ę Allm√§nt om Bj√∂rk√∂s gravar ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  40. (sv) ¬ę Birkas kammargravar ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  41. (en) Marianne Vedeler, Silk for the Vikings, Oxford, Oxbow Books, , 125 p. (ISBN 978-1-78297-215-0, présentation en ligne).
  42. ¬ę Le squelette d'un grand chef viking d√©couvert en Su√®de est en r√©alit√© celui d'une femme ¬Ľ, BFMTV,‚Äé (lire en ligne)
  43. (sv) ¬ę Runsten U 11 ¬Ľ, sur Hovg√•rden.
  44. (sv) ¬ę RA√Ą-nummer Adels√∂ 48:4 ¬Ľ, sur Riksantikvarie√§mbetet.
  45. (sv) ¬ę Kungsh√∂garna ¬Ľ, sur Hovg√•rden.
  46. (sv) ¬ę Tingsh√∂g ¬Ľ, sur Hovg√•rden.
  47. (sv) ¬ę RA√Ą-nummer Adels√∂ 48:7 ¬Ľ, sur Riksantikvarie√§mbetet.
  48. (sv) ¬ę Skopintull ¬Ľ, sur Mus√©e historique de Stockholm.
  49. (sv) ¬ę Terrass 1 - Stort vikingatida hus ¬Ľ, sur Hovg√•rden.
  50. Birgitta Gärdin, Birka på Björkö, Université de Södertörn, (lire en ligne).
  51. (sv) ¬ę Statens fastighetsverk ut√∂kar sitt innehav med ett 70-tal kulturfastigheter ¬Ľ, sur Statens fastighetsverk.
  52. (sv) Terese Magnusson, Världsarv och Turism : De svenska världsarven ur ett turistiskt perspektiv., European Tourism Research Institute, (lire en ligne).
  53. (sv) ¬ę Str√∂mma ut√∂kar sitt publika engagemang p√• Birka ¬Ľ, My News Desk,‚Äé (lire en ligne).
  54. (en) ¬ę Birka Vikingastaden ¬Ľ, sur Getting here.
  55. (sv) ¬ę Bes√∂ka Birka och Hovg√•rden ¬Ľ, sur Commune d'Eker√∂.
  56. (sv) Jacob Seifors et Lisa Enochson, Vikingastaden Birka : en studie över besökares förväntningar och upplevelser, Université de Södertörn, (lire en ligne).
  57. (sv) ¬ę Nominerade objekt 2000 ¬Ľ, sur Svensk Tr√§.
  58. (sv) ¬ę Ny utgr√§vning av vikingagrav i Birka ¬Ľ, sur Commune d'Eker√∂.
  59. (en) ¬ę Museum & shop ¬Ľ, sur Birka vikingastaden.
  60. (en) ¬ę The Viking Village ¬Ľ, sur Birka vikingastaden.
  61. (en) ¬ę Restaurant & Caf√© ¬Ľ, sur Birka vikingastaden.
  62. Cette liste est indicative, et correspond √† certaines des activit√©s offertes en 2016 : (en) ¬ę Upcoming events ¬Ľ, sur Birka vikingastaden.
  63. (sv) ¬ę √Örsredovisning 2015 ¬Ľ, sur Statens fastighetsverk.
  64. (sv) ¬ę Hovg√•rden √§r Birkas kungsg√•rd ¬Ľ, sur Hovg√•rden.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.