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Teide

Le Teide (en espagnol el Teide) est un stratovolcan situ√© sur l'√ģle de Tenerife, dans l'archipel des √ģles Canaries, √† l'ouest des c√ītes de l'Afrique du Nord. D'une altitude de 3 715 m, il est le point culminant de l'Espagne, le plus haut sommet dans l'oc√©an Atlantique et la troisi√®me plus haute structure volcanique au monde si on mesure depuis le fond marin.

Teide
Le Teide enneigé avec le Roque Cinchado au premier plan.
Le Teide enneigé avec le Roque Cinchado au premier plan.
Géographie
Altitude 3 715 m[1]
Massif Tenerife
Coordonn√©es 28¬į 16‚Ä≤ 22‚Ä≥ nord, 16¬į 38‚Ä≤ 32‚Ä≥ ouest[1]
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communaut√© autonome Drapeau des √ģles Canaries √éles Canaries
Province Santa Cruz de Tenerife
Ascension
Première XVIe siècle
Voie la plus facile Téléphérique du Teide puis sentier sommital
Géologie
√āge 200 000 ans
Roches Basanite, basalte, phonolite
Type Volcan de point chaud
Morphologie Stratovolcan
Activité Actif
Derni√®re √©ruption 800 ¬Ī 150 ans
Code GVP 383030
Observatoire Institut volcanologique des Canaries
Géolocalisation sur la carte : Îles Canaries
(Voir situation sur carte : Îles Canaries)
Teide
Géolocalisation sur la carte : Tenerife
(Voir situation sur carte : Tenerife)
Teide

Le volcanisme des √ģles Canaries et du Teide est d√Ľ √† la pr√©sence d'un point chaud. La formation de Tenerife commence il y a 12 Ma, mais le volcanisme sur l'√ģle est toujours actif, l'√©ruption la plus r√©cente datant de 1909. La formation de l'√©difice du Teide commence il y a 200 000 ans, imm√©diatement apr√®s l'effondrement vers le nord d'un √©difice volcanique plus ancien, formant la caldeira asym√©trique de las Ca√Īadas. Du fait de la diff√©renciation magmatique, les laves du Teide sont felsiques (typiquement de la phonolite) et les √©ruptions sont relativement explosives. Sa derni√®re √©ruption remonte approximativement √† l'an 800, les √©ruptions plus r√©centes sur l'√ģle √©tant dues aux rifts radiaux et √©tant majoritairement effusives. Cependant, le risque d'une √©ruption du Teide n'est pas √©cart√©, et une activit√© sismique accrue en 2004 a encourag√© le gouvernement √† augmenter la surveillance volcanologique, une √©ruption explosive pouvant avoir des cons√©quences tr√®s s√©v√®res sur cette √ģle tr√®s peupl√©e et tr√®s touristique.

Si l'√ģle de Tenerife b√©n√©ficie des apports humides des aliz√©s, la pr√©sence d'une couche d'inversion bloque l'humidit√© aux basses altitudes, et le Teide et sa caldeira ont donc un climat aride, avec des pr√©cipitations principalement hivernales. Ce climat particulier, conjugu√© √† l'isolement de l'√ģle, a permis √† une faune et flore uniques de se d√©velopper, avec un haut degr√© d'end√©misme. Le paysage est domin√© par des buissons arrondis, qui disparaissent peu √† peu avec l'altitude, laissant place √† un sol essentiellement nu au sommet.

Les √©ruptions explosives du Teide expliquent probablement le nom Echeide (¬ę l'enfer ¬Ľ) attribu√© par les premiers habitants de l'√ģle, les Guanches. Malgr√© les risques, les Guanches font pa√ģtre leur b√©tail tous les ans dans la caldeira durant la saison estivale, selon un sch√©ma caract√©ristique de la transhumance. Ils utilisent alors au mieux ce qu'offre le paysage volcanique, utilisant les formations rocheuses comme abris ou comme cachettes et exploitant l'obsidienne pour en faire des outils tranchants. La situation change fondamentalement assez peu avec la colonisation espagnole, les colons s'inspirant des adaptations guanches √† la vie sur l'√ģle. Cependant, avec le temps, de nouvelles formes d'exploitation du volcan se d√©veloppent, avec l'extraction de la ponce et du soufre. Au cours du XVIIe si√®cle et surtout du XVIIIe si√®cle, le Teide attire l'attention des scientifiques europ√©ens. Une des premi√®res priorit√©s est la mesure pr√©cise de l'altitude du pic, point de rep√®re tr√®s important pour la navigation, et souvent consid√©r√© √† tort √† l'√©poque comme plus haut sommet sur Terre. Par la suite, ce sont surtout les g√©ologues et naturalistes qui s'int√©ressent au volcan, et le Teide a une influence d√©terminante sur l'√©volution de ces sciences √† l'√©poque. Vers la fin du XIXe si√®cle, la r√©gion s'impose comme une destination importante aupr√®s des touristes √©trangers. En 1954, le Teide et sa caldeira sont class√©s parc national, puis en 2007 patrimoine mondial.

Toponymie

Photo du volcan conique partiellement enneig√© avec un d√īme marqu√© √† sa gauche et un terrain rocheux au premier plan.
Face nord-est du Teide.

Le Teide est aussi appel√© ¬ę pic du Teide ¬Ľ ou encore ¬ę pic de Teide ¬Ľ[2], en espagnol : Pico del Teide. Dans cette langue, il est aussi appel√© Pit√≥n de Az√ļcar ou Pan de Az√ļcar[3] en raison de sa ressemblance avec un pain de sucre. Il a √©t√© appel√© anciennement ¬ę pic de T√©n√©riffe ¬Ľ[4].

Le terme ¬ę Teide ¬Ľ proviendrait du terme guanche echeide qui signifie ¬ę enfer ¬Ľ[5]. En effet, pour les premiers habitants des √ģles Canaries, le volcan et ses environs √©taient interdits d'acc√®s. Une autre √©tymologie dans cette langue donne pour signification ¬ę montagne enneig√©e ¬Ľ[2].

Géographie

Situation

Le Teide se trouve sur l'√ģle de Tenerife, la plus grande des √ģles de l'archipel des Canaries situ√©e elle-m√™me dans l'oc√©an Atlantique, √† 290 km au nord-ouest des c√ītes du Sahara occidental[U 1]. Le volcan est situ√© en position centrale dans l'√ģle de Tenerife[U 1]. Administrativement, les √ģles Canaries sont une communaut√© autonome du royaume d'Espagne, et plus sp√©cifiquement, le Teide est rattach√© √† la commune de La Orotava dans la province de Santa Cruz de Tenerife[U 1].

Topographie

Animation représentant le Teide en trois dimensions.
Vue satellite tournante avec le volcan au centre.

Avant l'existence de mesures fiables, le pic du Teide a pendant longtemps √©t√© consid√©r√© comme la plus haute montagne sur Terre par les Europ√©ens[G 1]. En r√©alit√©, il culmine √† 3 715 m d'altitude[1], ce qui en fait le point culminant de l'√ģle de Tenerife, mais aussi de tout l'archipel des √ģles Canaries, de l'Espagne[G 2] et de l'oc√©an Atlantique[6]. En outre, s'il est mesur√© depuis le plancher oc√©anique sur lequel l'√ģle repose, il d√©passe 7 000 m, ce qui en fait la troisi√®me plus haute structure volcanique au monde apr√®s le Mauna Loa et le Mauna Kea, tous deux sur l'√ģle d'Hawa√Į[G 1].

La morphologie du mont est marqu√©e par son histoire volcanique longue et complexe[G 3]. Il repose sur la caldeira de las Ca√Īadas, une d√©pression asym√©trique de 15 km de diam√®tre en forme de fer √† cheval ouverte vers le nord[G 3]. Le plancher de la caldeira varie entre 2 000 et 2 200 m d'altitude, alors que ses parois s'√©l√®vent au sud jusqu'√† 2 717 m au niveau de la Monta√Īa de Guajara[G 3]. Au nord, les pentes du Teide continuent directement jusqu'√† l'oc√©an, avec cependant une rupture de pente aux alentours de 2 000 m d'altitude[G 4]. Le volcan du Teide lui-m√™me peut √™tre d√©crit comme un c√īne volcanique de km de diam√®tre √† sa base, avec des pentes assez √©lev√©es, approximativement 20 √† 40¬į[G 4] pour un volume total de 150 √† 200 km3[2]. Le sommet est marqu√© par un petit crat√®re, appel√© El Pit√≥n formant une ouverture de 100 m de diam√®tre et 30 m de profondeur[G 4]. Sur les pentes √† l'ouest du sommet principal, se d√©gage un crat√®re secondaire appel√© Pico Viejo[G 4]. Ce crat√®re est beaucoup plus vaste, avec un diam√®tre de 800 m et une profondeur de 140 m[G 4]. Il culmine √† 3 134 m[P 1], mais avec une faible hauteur de culminance, ne s'√©levant que d'une centaine de m√®tres au-dessus des pentes du volcan principal[G 5]. En dehors de ces deux sommets principaux, le relief du Teide pr√©sente aussi quelques √©vents volcaniques, formant des √©l√©vations locales, dont les plus marqu√©es sont Roques Blancos, Pico Cabras, et Monta√Īa Blanca, situ√©es pr√®s de la base du Teide[G 4].

Les pentes du Teide sont parcourues par des ravines (Barrancos) radiales[G 6]. Cependant, la plupart des ravines ont √©t√© recouvertes par les coul√©es de lave r√©centes, les Lavas Negras, en particulier sur toute la partie nord[G 6] - [G 4]. Ainsi, les ravines principales, avec des profondeurs d'environ 100 m, sont situ√©es sur le versant sud : d'est en ouest, il s'agit de Corredor Mario, Corredor La Corbata et Corredor La Bola[G 6].

Parois rocheuses de la caldeira à gauche, le volcan à droite et des formations rocheuses avec de nombreux touristes au premier plan.
Panorama du Teide depuis les Roques de García.
Carte faisant appara√ģtre le relief, les routes d'acc√®s et quelques lieux remarquables.
Carte du Teide et de sa caldeira.

La province volcanique des Canaries

Le mont Teide est un stratovolcan cr√©√© par les m√™mes forces qui ont form√© l'ensemble de l'archipel des Canaries[U 2]. L'archipel est une s√©rie d'√ģles relativement align√©es selon un axe ouest-est, mais il se prolonge vers le nord-est par une s√©rie de monts sous-marins qui font partie de la m√™me province volcanique des Canaries[G 7]. Les datations indiquent clairement que l'√Ęge de ces √ģles √©volue d'est en ouest, avec √† l'est les √ģles et monts sous-marins les plus anciens et √† l'ouest les √ģles plus r√©centes[G 8]. Ainsi, Fuerteventura et Lanzarote sont les plus anciennes √ģles avec 20,2 Ma et El Hierro la plus jeune avec 1,1 Ma, mais en comptant les monts sous-marins, on peut remonter jusqu'√† 68 Ma pour le mont Lars[G 7]. L'archipel de Mad√®re, situ√© non loin au nord des √ģles Canaries et lui aussi volcanique, pr√©sente aussi plusieurs √ģles et monts sous-marins align√©s avec la m√™me direction g√©n√©rale et des dates similaires[G 7]. Ce motif est consistant avec un point chaud, le point chaud des Canaries, de fa√ßon similaire √† l'archipel d'Hawa√Į, l'arch√©type des archipels de points chauds[G 7]. Cependant, il existe de nombreuses diff√©rences avec Hawa√Į. Premi√®rement, les √ģles de l'archipel d'Hawa√Į s'enfoncent rapidement (√† l'√©chelle g√©ologique) dans l'oc√©an, formant des atolls, tandis que le taux de subsidence est insignifiant dans les √ģles Canaries[G 9]. Si les √ģles Canaries s'enfon√ßaient √† la m√™me vitesse que les √ģles d'Hawa√Į, le Teide serait actuellement sous la mer[G 9]. Mais une des diff√©rences les plus fondamentales, et qui met en question la th√©orie du point chaud, est le fait que l'activit√© volcanique n'est pas restreinte √† l'√ģle la plus r√©cente, mais continue sur l'ensemble des √ģles de l'archipel[G 7]. Ceci a suscit√© un intense d√©bat dans la communaut√© scientifique, qui se poursuit dans une certaine mesure aujourd'hui[G 7]. Une hypoth√®se qui permet de concilier ces observations est la pr√©sence dans le manteau terrestre d'une cellule de convection qui entra√ģnerait une partie du magma plus vers l'est, activant ainsi les anciennes √ģles[G 7]. Selon cette hypoth√®se, ce magma serait aussi responsable du volcanisme √©pars au nord-ouest du continent africain jusqu'au sud de l'Espagne[7].

Formation de l'√ģle de Tenerife

Quoi qu'il en soit, la formation de l'√ģle de Tenerife aurait commenc√© un peu moins de 12 Ma avant le pr√©sent (AP)[G 7]. Elle commence par la formation d'un volcan bouclier centr√© non loin de l'actuel Teide, avec un volcanisme qui perdure jusqu'√† environ 8,9 Ma AP[G 10]. Le volcanisme s'arr√™te alors, et le volcan subit probablement quelques effondrements en plus des processus d'√©rosion[G 10]. Un nouveau volcan bouclier se forme entre 6 et 5 Ma AP, plus √† l'ouest, √† Teno puis un autre √† Anaga, √† l'est, entre 4,9 et 3,9 Ma[G 10]. Ensemble, ces trois volcans boucliers repr√©sentent 90 % du volume de l'√ģle de Tenerife[G 10]. Les laves sont des basaltes[8], des roches basiques (i.e. ayant un faible taux de silice) et donc tr√®s fluides, ce qui explique la forme caract√©ristique des volcans boucliers.

Vue de parois rocheuses depuis une zone plus haute, avec la mer et des nuages en arrière-plan.
Les falaises de la caldeira marquent le front √©rod√© du glissement de terrain, et sont donc les restes du flanc du volcan Las Ca√Īadas.

Environ 3,5 Ma AP, soit apr√®s une pause de pr√®s de 5,5 Ma, le volcanisme reprend au niveau du premier volcan bouclier[G 10]. C'est le d√©but de la phase de r√©juv√©nation, formant le volcan Las Ca√Īadas[G 10]. C'est aussi √† cette p√©riode que le volcanisme commence dans les rifts de l'√ģle[G 11], form√©s par les fractures radiales dues √† la pouss√©e du magma dans le volcan central[G 12]. Les √©ruptions du Las Ca√Īadas sont initialement des laves basiques et fluides, mais elles se diff√©rencient avec le temps (trachy-basaltes et phonolites), ce qui donne lieu √† des √©ruptions plus explosives[G 11]. Les rifts, eux, √©mettent principalement des laves non diff√©renci√©es[G 11]. Mais, environ 200 000 ans AP, le sommet du volcan est emport√© dans un gigantesque glissement de terrain vers le nord, formant la caldeira de Las Ca√Īadas[G 3]. Ces glissements de terrain massifs sont assez fr√©quents et en partie caus√©s par les fractures des rifts[G 12]. Outre la caldeira, des glissements de terrain sont aussi responsables de la vall√©e de La Orotava (environ 600 000 ans AP) et de G√ľ√≠mar (environ 850 000 ans AP)[G 13].

Formation du mont Teide

On appelle le Teide le stratovolcan qui se forme apr√®s l'effondrement du volcan Las Ca√Īadas, mais les deux volcans forment en r√©alit√© une continuit√© volcanique[G 14]. Les premi√®res √©ruptions du Teide ont lieu imm√©diatement apr√®s le glissement de terrain, c'est-√†-dire environ 200 000 ans AP[G 14]. Il est probable que les grands volumes de lave produits imm√©diatement apr√®s l'effondrement sont caus√©s par la d√©pressurisation qu'il entra√ģne[G 15]. L√† encore, les laves sont initialement mafiques, mais √† mesure que le Teide cro√ģt, les laves du r√©servoir se diff√©rencient et deviennent de plus en plus felsiques[G 15]. Ainsi, durant les premiers 50 000 ans, les roches sont des basaltes et des basanites, puis pendant environ 100 000 ans, des roches interm√©diaires avant d'arriver finalement aux √©ruptions de phonolites[G 15]. La formation du Teide est essentiellement termin√©e 30 000 ans AP[G 15]. Une seule √©ruption a eu lieu depuis, formant les Lavas Negras et le crat√®re sommital en 850 apr. J.-C.[G 15].

Cratère vu depuis sa paroi, avec des roches de couleur ocre.
Le cratère de Pico Viejo.

√Ä la place, l'activit√© volcanique se d√©place vers l'ouest pour former un nouveau stratovolcan, sur les flancs m√™me du Teide √† une altitude de 3 000 m : Pico Viejo[G 5]. L'activit√© volcanique de ce c√īne adventif s'√©tend de 27 000 √† 17 000 ans AP et subit la m√™me √©volution que celle du Teide m√™me, commen√ßant par des laves basaltiques et allant jusqu'aux laves diff√©renci√©es de phonolite[G 5]. Certaines des √©ruptions du Teide et de Pico Viejo sont des √©ruptions phr√©ato-magmatiques, formant des br√®ches volcaniques blanch√Ętres, et interpr√©t√©es comme l'interaction du volcanisme avec des eaux de fonte des neiges[G 15] - [G 5]. En particulier, une de ces √©ruptions est √† l'origine de l'explosion du sommet de Pico Viejo, formant un crat√®re d'explosion[G 5].

Ce d√©placement du centre √©ruptif vers Pico Viejo est expliqu√© par la trop grande altitude du Teide, les laves ayant des difficult√©s √† monter la chambre magmatique du volcan principal[G 5]. Cette migration vers l'ouest de l'activit√© volcanique est aussi √©vidente par le regain d'activit√© du rift nord-ouest[G 5]. Apr√®s 17 000 ans AP, Pico Viejo s'√©teint √† son tour et le volcanisme continue √† nouveau par la formation de c√īnes adventifs en p√©riph√©rie du volcan principal[G 5], une tendance qui continue jusqu'√† l'arriv√©e des premiers habitants de l'√ģle.

Climat

Sommet enneigé du volcan en arrière-plan, avec une zone plate désertique au premier-plan.
Neige sur les hauteurs du Teide.

Malgr√© leur position √† proximit√© du Sahara, les √ģles Canaries ont un climat relativement temp√©r√©[U 3]. Le taux d'ensoleillement est tr√®s √©lev√© en raison des latitudes subtropicales et de la proximit√© de l'anticyclone des A√ßores, ainsi qu'un index UV tr√®s √©lev√© induit par l'altitude du sommet (sup√©rieur √† 11 au cŇďur de l'√©t√©). Cet ensoleillement d'environ 3 450 h par an[P 2] - [U 3] est partiellement compens√© par le courant des Canaries, un courant oc√©anique relativement froid qui temp√®re le climat[U 3]. La situation est cependant tr√®s diff√©rente au niveau du Teide et de la caldeira. En effet, le climat de Tenerife est marqu√© par une couche d'inversion autour de 1 000 m d'altitude, isolant les zones de hautes altitudes des influences oc√©aniques pr√©sentes aux basses altitudes[U 3]. Ceci entra√ģne un climat nettement plus continental au Teide, avec des fortes oscillations de temp√©rature au cours de la journ√©e (typiquement de l'ordre de 15 ¬įC) et au cours de l'ann√©e (pouvant aller de ‚ąí15 ¬įC en hiver √† 30 ¬įC en √©t√©)[U 3].

Volcan conique au-dessus d'une région boisée baignée de nuages.
Mer de nuage sur le nord de Tenerife, arrosant la couronne bois√©e de l'√ģle mais laissant le Teide et sa caldeira dans un climat aride.

L'humidit√© est aussi tr√®s affect√©e par cette couche d'inversion. Ainsi, la pr√©sence de l'anticyclone des A√ßores au nord-ouest des Canaries en √©t√© induit des vents relativement constants (aliz√©s) soufflant du nord-est au sud-ouest[P 3]. Ces vents se chargent d'humidit√© en traversant l'Atlantique et vont arroser le nord de l'√ģle Tenerife, formant en particulier une dense couche de nuages entre 800 et 1 600 m d'altitude[P 3]. Mais l√† encore, la couche d'inversion emp√™che ces nuages de s'√©lever, et le climat est donc tr√®s sec au-dessus au niveau du Teide[P 3]. Ainsi, les pr√©cipitations dans la caldeira sont inf√©rieures √† 500 mm par an, la majorit√© tombant en hiver, et au total, environ un tiers se fait sous forme de neige[U 3]. Les variations peuvent √™tre tr√®s importantes d'une ann√©e √† l'autre[P 3]. Il arrive cependant que le sommet du Teide soit couvert de nuages orographiques, formant le ¬ę chapeau du Teide ¬Ľ (Toca del Teide) qui a probablement √©t√© confondu avec les signes d'une √©ruption par les navigateurs d'antan[G 16].

Relev√© m√©t√©orologique de Iza√Īa, Observatoire du Teide (p√©riode : 1981-2010)
Mois jan. f√©v. mars avril mai juin jui. ao√Ľt sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
Temp√©rature minimale moyenne (¬įC) 1,1 1,3 2,7 3,5 5,8 9,9 14 13,8 10,4 6,9 4,5 2,4 6,4
Temp√©rature moyenne (¬įC) 4,3 4,7 6,4 7,6 10,1 14,4 18,5 18,2 14,5 10,6 7,8 5,6 10,2
Temp√©rature maximale moyenne (¬įC) 7,5 8 10,2 11,8 14,5 18,9 23 22,6 18,6 14,3 11,1 8,8 14,1
Record de froid (¬įC)
date du record
‚ąí8
1945
‚ąí9,8
1971
‚ąí9,1
1921
‚ąí8,2
1954
‚ąí5,1
1934
‚ąí1,4
1961
‚ąí0,2
1982
1,2
1952
0
1970
‚ąí1,9
2012
‚ąí5
1924
‚ąí6,8
1944
‚ąí9,8
1971
Record de chaleur (¬įC)
date du record
18,3
2010
19,9
1987
22
1969
23
1966
26
2001
27,7
2008
30,4
1995
29,6
1988
27,2
1966
24,6
2019
20,8
1999
20,1
2015
30,4
1995
Nombre de jours avec gel 12,3 10,3 9 6,5 2,8 0 0 0 0 0,6 3,8 8,3 53,6
Ensoleillement (h) 226 223 260 294 356 382 382 358 295 259 220 218 3 473
Précipitations (mm) 47 67 58 18 7 0 0 5 13 37 54 60 392
Nombre de jours avec précipitations 4,5 4 4,1 2,7 1,1 0,2 0,1 0,5 1,6 3,7 4,4 5,6 33,4
Humidité relative (%) 50 54 48 45 40 32 25 30 43 55 54 52 44
Nombre de jours avec neige 2,4 2,5 2,1 0,6 0,2 0 0 0 0 0,2 0,6 1,6 10,2
Nombre de jours d'orage 0,4 0,4 0,5 0,2 0 0 0,1 0,1 0,4 0,3 0,3 0,3 3,4
Source : Agencia Estatal de Meteorología[9] - [10], Climates to travel[11].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
7,5
1,1
47
8
1,3
67
10,2
2,7
58
11,8
3,5
18
14,5
5,8
7
18,9
9,9
0
23
14
0
22,6
13,8
5
18,6
10,4
13
14,3
6,9
37
11,1
4,5
54
8,8
2,4
60
Moyennes : ‚ÄĘ Temp. maxi et mini ¬įC ‚ÄĘ Pr√©cipitation mm

Faune et flore

Plante à inflorescence érigée et fleurs rouges au premier plan, et le volcan en arrière-plan.
Vipérine de Tenerife devant le Teide.

Le Teide est dans l'√©cor√©gion terrestre du WWF des for√™ts et for√™ts claires arides des √ģles Canaries[12]. Cette √©cor√©gion est particuli√®rement riche, avec un haut degr√© d'end√©misme li√© √† l'insularisation √©cologique caract√©ristique des √ģles oc√©aniques[12]. La biodiversit√© est cependant plus √©lev√©e que pour beaucoup d'√ģles oc√©aniques du fait de la grande vari√©t√© de microclimats[12], mais aussi d'une certaine proximit√© avec le continent africain, ayant permis √† de nombreuses esp√®ces de s'installer tout en √©tant suffisamment isol√©es pour permettre la radiation √©volutive[U 4]. Ces effets sont d'autant plus importants pour le Teide et sa caldeira, qui forment un environnement unique au sein de l'archipel[U 4]. Ainsi certaines esp√®ces de plantes vasculaires sont end√©miques de la caldeira, c'est-√†-dire qu'elles n'apparaissent nulle part ailleurs dans l'archipel ou en dehors[U 4]. Ces esp√®ces proviennent parfois de l'adaptation aux milieux montagnards de plantes de basse altitude mais parfois, comme pour Stemmacantha cynaroides, elles ont pour origine des plantes de l'Atlas, qui est le milieu alpin le plus proche des √ģles Canaries[U 4]. Si la distance entre Tenerife et l'Atlas est trop importante pour imaginer une propagation directe, les anciennes √ģles de l'archipel, maintenant submerg√©es, qui avaient probablement aussi des milieux montagnards, ont probablement servi de relais, la flore suivant ainsi l'√©volution du volcanisme des √ģles Canaries d'est en ouest[G 17].

Au sein des fronti√®res du parc national du Teide, correspondant approximativement au volcan et √† la caldeira, ont √©t√© recens√©es 168 esp√®ces de plantes vasculaires, dont 58 end√©miques des √ģles Canaries et 33 de Tenerife, parmi lesquelles 12 ne se trouvent que dans le parc[13]. Le paysage de la caldeira est domin√© par les buissons de Adenocarpus viscosus, de Pterocephalus lasiospermus et de gen√™t du Teide (Cytisus supranubius), ce dernier atteignant jusqu'√† 3 000 m sur les pentes de la montagne[14]. Une des esp√®ces embl√©matiques du volcan est la violette du Teide (Viola cheiranthifolia), qui ne se trouve qu'entre 2 400 et 3 600 m d'altitude[14]. Beaucoup de ces plantes ont des adaptations sp√©cifiques pour le climat de la caldeira, avec souvent des buissons ronds aplatis qui r√©sistent mieux au vent et des petites feuilles ou des poils qui limitent l'√©vaporation et r√©duisent l'impact de l'insolation[P 4].

La faune la plus notable de la caldeira est la faune d'invertébrés[P 5]. Il existe cependant quelques espèces de vertébrés, dont plusieurs sont endémiques[U 5]. En particulier, le lézard Gallotia galloti est très facile à observer, en particulier au printemps et en été[15]. Parmi les oiseaux, le plus commun est le faucon crécerelle (Falco tinnunculus canariensis)[15], mais on trouve aussi quelques espèces endémiques comme le pinson bleu (Fringilla teydea), qui est un symbole du parc[U 5].

En ce qui concerne les invert√©br√©s, les groupes les plus repr√©sent√©s dans le parc national sont les col√©opt√®res, les h√©mipt√®res, les dipt√®res, les hym√©nopt√®res et les arachnides avec respectivement 195, 167, 163, 105 et 102 esp√®ces[U 5]. Plus de 40 % des esp√®ces sont end√©miques des √ģles Canaries, dont 70 exclusives √† la caldeira[U 5]. La r√©gion offre des environnements uniques pour les invert√©br√©s, tels que les crevasses et autres cavit√©s dans la lave, qui abritent des esp√®ces uniques, adapt√©es √† ces milieux tr√®s particuliers[P 5]. Beaucoup d'esp√®ces sont aussi associ√©es √† la flore caract√©ristique, et apparaissent en particulier durant les floraisons de printemps[15].

Histoire

Histoire éruptive

Photo satellite du Teide, avec des motifs radiaux représentant les coulées de lave.
Le Teide vu de l'espace, avec le nord vers la droite. On voit bien les différentes coulées de lave se superposant dans le paysage.

L'activit√© volcanique du complexe volcanique du Teide a √©t√© relativement soutenue durant les derniers 2 000 ans[G 18]. Cependant, il convient de diff√©rencier les √©ruptions du Teide lui-m√™me des √©ruptions des rifts adjacents, se distinguant en particulier par la composition des magmas[G 18]. Les rifts √©mettent en effet une lave plus primitive, typiquement basaltique, tandis que le volcan central √©met une lave diff√©renci√©e, mais les m√©langes sont fr√©quents, ce qui rend difficile une cat√©gorisation absolue[G 18]. Ces √©ruptions ont √©t√© dat√©es √† l'aide de la radiochronologie et autres m√©thodes scientifiques, mais aussi par la tradition orale et les toponymes des populations indig√®nes, les Guanches, et les √©crits des Europ√©ens, navigateurs qui utilisaient le Teide comme point de rep√®re ou colons espagnols[G 18] - [G 19]. Cependant, dans certains cas, ce que les marins interpr√©taient comme des √©ruptions √©taient en fait simplement des nuages orographiques proches du sommet[G 19].

S√©rie de d√īmes √† c√īt√© du volcan.
Monta√Īa Blanca et d√īmes secondaires. Les Lavas Negras sont aussi visibles √† gauche, sur les flancs du Teide.

Les √©ruptions pr√©historiques (0 - 1492 apr. J.-C.) sont principalement associ√©es au volcan central[G 18]. Elles √©mettent en g√©n√©ral des laves phonolitiques, plut√īt claires, et sont de longue dur√©e et parfois explosives, ce qui explique le nom Echeide (enfer) que les Guanches ont attribu√© au volcan[G 18]. La plus ancienne de ces √©ruptions est celle de Monta√Īa Blanca, qui date d'environ 2 000 ans AP[G 20]. Il s'agit en r√©alit√© de huit √©v√®nements √©ruptifs qui ont eu lieu directement sur le plancher plat de la caldeira, juste √† l'est du Teide, et ont form√© donc un ensemble de d√īmes, dont le principal est celui de Monta√Īa Blanca[G 20]. Il s'agit d'√©ruptions subpliniennes, projetant des lapilli et bombes de ponce[G 20]. √Ä peu pr√®s √† la m√™me p√©riode, une autre √©ruption a lieu √† Los Hornitos, dat√©e d'entre 39 av. J.-C. et 209 apr. J.-C., mais il s'agit d'une √©ruption de rift, sur la partie occidentale de la caldeira, avec des laves basaltiques[G 18]. L'√©ruption suivante est celle de Roques Blancos (environ de 85 √† 387 apr. J.-C.)[G 20]. Contrairement √† Monta√Īa Blanca, celle-ci a lieu sur la pente occidentale du Teide et donne donc lieu √† un d√īme principal prolong√© de coul√©es vers le nord-ouest[G 20]. La lave phonolitique est visqueuse, ce qui explique la morphologie de ces coul√©es, dont certaines sont √©paisses de plusieurs dizaines de m√®tres, mais elle parcourt des distances tr√®s importantes, atteignant la mer √† 14,7 km de l√†[G 20]. Ces coul√©es ont des chenaux tr√®s marqu√©s[G 20]. Une autre caract√©ristique de ces laves est l'importante quantit√© d'obsidienne[G 20].

Entre environ l'an 660 et 940 a eu lieu la derni√®re √©ruption du sommet du Teide[G 21]. Cette √©ruption est √† l'origine du crat√®re sommital actuel, √©levant le Teide d'un peu plus de 200 m, mais surtout d'un vaste √©panchement radial de lave, les Lavas Negras (les laves noires), couvrant 32,8 km2[G 21]. Ces laves doivent leur couleur noir intense √† l'obsidienne qui domine largement[G 21]. Enfin, la derni√®re √©ruption felsique du complexe volcanique du Teide est celle de Monta√Īa Reventada, entre l'an 900 et 1210, formant un alignement d'√©vents volcaniques proches de Pico Viejo[G 20]. Les laves sont en r√©alit√© issues d'un m√©lange entre les laves felsiques du Teide et celles basanitiques du rift nord-ouest, avec cependant des interfaces marqu√©es entre les deux compositions, ce qui est interpr√©t√© comme l'√©mission de deux laves diff√©rentes qui se seraient rencontr√©es dans les chemin√©es juste avant l'√©ruption[G 22]. Ceci n'est pas un fait unique dans l'histoire de Tenerife, des m√©langes similaires √©tant observ√©s par exemple dans le volcan Cuevas Negras non loin du Teide[G 22].

Toutes les √©ruptions suivantes sont des √©ruptions effusives des rifts, commen√ßant par l'√©ruption de Boca Cangrejo en 1492 observ√©e par Christophe Colomb lors de son c√©l√®bre voyage, celles de Arafo, Fasnia et Siete Fuentes (1704-1705), celle de Garachico (1706), Chahorra (1798) et finalement, la derni√®re √©ruption en 1909 √† Chinyero[G 18]. L'√©ruption de 1798 est cependant elle aussi influenc√©e par un m√©lange avec les magmas diff√©renci√©s du Teide, donnant lieu √† des laves de t√©phri-phonolites, et √† un comportement un peu plus explosif, en particulier sur l'√©vent sup√©rieur, l'√©vent inf√©rieur √©tant uniquement effusif[G 23]. Elle est √† l'origine des Narices del Teide (¬ę narines du Teide ¬Ľ) sur le flanc ouest de Pico Viejo[P 6].

√Čpoque guanche

Les premiers habitants de Tenerife arrivent dans la premi√®re moiti√© du premier mill√©naire avant l'√®re commune[U 6]. Il s'agit des Guanches, un peuple d'origine nord-africaine li√© aux Berb√®res[U 6]. Ils habitaient surtout le long des c√ītes et dans les r√©gions de moyenne altitude[P 7]. L'arch√©ologie indique que le Teide et ses environs n'√©taient habit√©s que de fa√ßon temporaire, souvent saisonni√®re, avec de nombreux restes d'habitations simples √† travers la caldeira[U 7]. Il s'agit typiquement de petites huttes circulaires ou ovales en pierre, sans ciment, avec un toit fait de branches s√®ches[P 7]. Les habitations √©taient souvent √† proximit√© de roches ou formations naturelles qui offraient protection contre le climat rigoureux[P 7], mais parfois, les Guanches vivaient directement dans des grottes ou cavernes naturelles[U 7].

L'occupation de la caldeira √©tait probablement li√©e √† la p√Ęture estivale du b√©tail, lorsque les p√Ęturages de plus basse altitude sont ass√©ch√©s[P 7]. L'√©levage √©tait consacr√© principalement aux ch√®vres et moutons, et les chiens √©taient utilis√©s pour guider les troupeaux ; ils √©taient parfois enterr√©s aux c√īt√©s de leur ma√ģtre[P 7]. Si une personne d√©c√©dait, elle √©tait en g√©n√©ral enterr√©e sur place[P 7], et donc on trouve dans la caldeira de nombreuses s√©pultures[U 7]. Dans certains cas, en particulier pour les personnes importantes, les corps sont momifi√©s[P 7]. Le Teide √©tait une montagne sacr√©e, l'axis mundi de la cosmogonie guanche[P 7], mais aussi la demeure de Guayota, une divinit√© mal√©fique, et associ√© aux enfers (Echeide qui est √† l'origine du nom Teide)[G 19]. Il est donc probable que certains rites religieux ont aussi eu lieu sur le site[P 7].

Outre l'√©levage, les visites pr√®s du volcan permettaient aux habitants de l'√ģle de recueillir l'obsidienne, qui en l'absence de m√©tal √©tait tr√®s utilis√©e pour la cr√©ation d'outils[U 7]. De fa√ßon √† ne pas devoir transporter certains objets tous les ans lors de la transhumance, beaucoup d'objets √©taient cach√©s dans des petites crevasses, nombreuses dans ce paysage volcanique[P 7].

Les √ģles Canaries √©taient connues des Europ√©ens bien avant leur colonisation de l'archipel, probablement depuis l'Antiquit√©[U 8]. En particulier, le Teide, visible m√™me √† grande distance, √©tait un point de rep√®re important pour les navigateurs europ√©ens[U 8]. En particulier, les √ģles constituent une √©tape dans le voyage de Christophe Colomb qui mena √† la d√©couverte du continent am√©ricain, ce qui consolide leur importance dans cette p√©riode des grandes d√©couvertes[U 8].

√Čpoque espagnole

Roches ocres et jaun√Ętres au premier plan avec la paroi de la caldeira en arri√®re-plan.
D√©p√īts de soufre √† proximit√© du sommet du Teide.

√Ä partir de 1494, la couronne espagnole m√®ne plusieurs campagnes aboutissant en 1496 √† la conqu√™te de l'√ģle de Tenerife[P 8]. Les Guanches y survivant sont souvent assimil√©s, mais ceux vivant √† l'√©cart des principaux peuplements coloniaux parviennent √† maintenir leur mode de vie ancestral[U 9]. Les Espagnols apprennent aussi des indig√®nes l'art de vivre dans ce terrain particulier, en particulier les techniques d'√©levage et, malgr√© la conqu√™te, il y a donc une certaine continuit√© dans l'utilisation du Teide et ses environs[U 9]. N√©anmoins, certaines nouvelles activit√©s apparaissent en lien avec les nouveaux besoins de la population de l'√ģle, et finalement, l'exploitation de la zone est un m√©lange d'activit√©s ancestrales et modernes, avec l'√©levage, la collecte de bois et de chaume, la production de charbon de bois et l'apiculture, mais aussi l'exploitation des roches, en particulier le soufre et la ponce[U 9]. L'importance de l'√©levage au Teide augmente apr√®s la colonisation, les terrains c√ītiers √©tant alors utilis√©s de fa√ßon plus intensive pour l'agriculture[16]. Le bois et le charbon en particulier √©taient les sources d'√©nergies principales de l'√ģle, et la production de charbon dans les montagnes continue jusqu'√† la deuxi√®me moiti√© du XXe si√®cle[U 9]. L'extraction du soufre du Teide remonte au XVIe si√®cle, le soufre √©tant en particulier utile pour la fabrication de poudre noire[17]. L'exploitation du soufre du crat√®re prend une ampleur industrielle √† partir de la fin du XIXe si√®cle, et en particulier pendant la Premi√®re Guerre mondiale[17]. L'ampleur de l'extraction est telle qu'elle diminue significativement la hauteur du crat√®re[G 21]. L'extraction du soufre devient ill√©gale en 1918, mais elle a probablement continu√© par la suite[U 9]. La ponce √©tait initialement exploit√©e en petites quantit√©s et transport√©e √† l'aide d'animaux, mais la construction de routes et l'augmentation des besoins pour l'agriculture et la construction dans l'√©poque moderne acc√©l√®re l'extraction, par exemple √† Monta√Īa Blanca sur les flancs du Teide[U 9]. Il existe aussi depuis 1906 une tradition d'utiliser les terres color√©es et les fleurs de la caldeira pour cr√©er une vaste composition sur la place centrale de La Orotava lors de la F√™te-Dieu[U 9] - [U 10].

Contrairement aux populations guanches, les Espagnols per√ßoivent le pic comme un √©l√©ment stable du paysage, parfois m√™me comme un protecteur de l'√ģle, appel√© Padre Teide (p√®re Teide)[G 1]. Cela s'explique en grande partie par la forte r√©duction de l'activit√© volcanique du volcan central, en particulier l'absence d'√©ruption explosive[G 1].

Des explorateurs étrangers au tourisme

D√®s le d√©but de l'√©poque espagnole, un grand nombre d'explorateurs et scientifiques √©trangers notables viennent visiter les √ģles Canaries et contribuent √©norm√©ment √† la popularit√© du Teide √† l'√©chelle mondiale.

La premi√®re ascension du Teide n'est pas connue avec certitude[18]. En 1556, le voyageur anglais George Fenner affirme que personne n'a jamais atteint le sommet[18]. En 1590, l'ing√©nieur italien Leonardo Torriani effectue la premi√®re ascension certaine[19]. En 1626, le chevalier anglais Edmund Scory d√©crit diff√©rents chemins pour gravir la montagne et les effets de l'altitude sur le corps[20]. Certaines sources indiquent qu'il aurait v√©cu sur l'√ģle en 1582, ce qui signifierait que son ascension est ant√©rieure √† celle de Torriani, mais il est plus probable qu'il r√©sidait en r√©alit√© √† Tenerife au d√©but du XVIIe si√®cle[20]. Certains auteurs affirment aussi que Thomas Stephens a gravi le pic en 1579, durant son escale √† Tenerife en route vers les Indes[21]. Une ascension encore plus ancienne est parfois mentionn√©e, qui aurait √©t√© effectu√©e en 1524 par le Fran√ßais p√®re Feutr√©e[22], bien qu'elle contredise l'affirmation de George Fenner.

√Ä partir du XVIIIe si√®cle, le volcan attire aussi l'attention des scientifiques de diff√©rents domaines[U 10]. Une des questions initiales est la mesure de l'altitude du volcan[G 24], le Teide √©tant √† une √©poque consid√©r√© comme la plus haute montagne du monde[G 1]. Ceci √©tait particuli√®rement utile pour la navigation, du fait de l'importance du Teide comme point de rep√®re des navigateurs de l'√©poque[G 24]. Louis Feuill√©e est envoy√© en 1724 par l'acad√©mie fran√ßaise des sciences, et r√©alise l'ascension du pic, mais son estimation de l'altitude (4 274 m) est erron√©e et jamais publi√©e[U 10] - [G 24]. Une valeur plus pr√©cise est calcul√©e en 1776 par Jean-Charles de Borda √† 3 713 m[G 24].

Route et b√Ętiments blancs de l'observatoire entour√©s de buissons jaunes.
L'observatoire du Teide.

Par la suite, de nombreux naturalistes viennent √©tudier le volcan, et en particulier des g√©ologues. Ainsi, du fait en partie de sa proximit√© avec l'Europe[U 10], mais aussi en raison de la relative simplicit√© du volcanisme canarien compar√© aux volcans continentaux[G 1], le Teide repr√©sente un site de recherche de grande importance dans les d√©buts de la volcanologie comme discipline scientifique[U 11]. Un des pionniers du domaine, Leopold von Buch visite l'archipel en 1815 et introduit en particulier le terme caldeira (chaudron en espagnol) dans le vocabulaire de g√©omorphologie[U 11]. D'autres g√©ologues notables, tels que Alexander von Humboldt, Charles Lyell et Georg Hartung √©tudient la g√©ologie de Tenerife et contribuent fortement √† l'√©volution des connaissances scientifiques[G 1]. Un d√©bat important √† l'√©poque est celui entre le neptunisme, qui suppose que toutes les roches sont issues de pr√©cipitations dans les oc√©ans, et le plutonisme qui affirme que les roches proviennent de la solidification de magma issu des couches int√©rieures de la terre[G 1]. L'√©tude du Teide par von Humboldt et von Buch met fin √† la th√©orie du neptunisme, en prouvant clairement l'origine magmatique des roches[G 1]. En revanche, von Buch voit dans les √ģles Canaries un exemple de sa th√©orie des crat√®res de soul√®vement, selon laquelle les montagnes et volcans √©taient form√©s par soul√®vement progressif de la cro√Ľte terrestre[G 24]. Charles Lyell utilise sa propre √©tude de l'archipel pour contrer cette hypoth√®se en prouvant que les reliefs sont au contraire cr√©√©s par accumulation de roches issues d'√©ruptions successives[G 24].

L'importance du site dans les progr√®s scientifiques s'amenuise dans les ann√©es qui suivent, en grande partie du fait de l'absence de groupe de recherche en g√©ologie en Espagne[G 25]. La cr√©ation en 1912 de l'observatoire volcanologique d'Hawa√Į fait d√©finitivement d'Hawa√Į le principal site d'√©tude volcanologique au monde[G 25] - [G 19]. La recherche au Teide ne reprend s√©rieusement que dans les ann√©es 1960, mais depuis Madrid, ce qui ralentit encore les travaux[G 19].

Outre la g√©ologie, la r√©gion et ses ciels particuli√®rement clairs attirent aussi l'int√©r√™t d'astronomes, dont en particulier Charles Piazzi Smyth en 1856 et Jean Mascart en 1910[16]. Cependant, ceux-ci s'installent sur les montagnes voisines, moins hautes mais non actives[16], et cela aboutit √† la cr√©ation en 1964 de l'observatoire du Teide de l'institut d'astrophysique des Canaries sur la montagne Iza√Īa (2 390 m), √† l'est du Teide[23].

Le tourisme au Teide se d√©veloppe √† partir de la fin du XIXe si√®cle, avec la publication de livres touristiques en Angleterre[16]. La premi√®re infrastructure sp√©cifiquement d√©di√©e au tourisme est le refuge d'Altavista, construit en 1892 sur les flancs orientaux de la montagne, √† 3 260 m d'altitude[24] - [U 11]. C'est aussi √† cette m√™me √©poque que les premiers √©lans de protection de la nature apparaissent en Espagne, ce qui conduit √† la cr√©ation des deux premiers parcs nationaux du pays en 1918 : le parc national de la Monta√Īa de Covadonga et le parc national d'Ordesa[P 9]. En 1934, l'ing√©nieur en chef du district forestier de Santa Cruz fait une demande officielle pour classer le Teide comme parc national[P 9]. Dans son document, il propose de d√©velopper les infrastructures touristiques, avec en particulier une longue route en lacets jusqu'au sommet du Teide[P 9]. La guerre civile qui √©clate en 1936 interrompt le processus[P 9]. Il faut finalement attendre 1954 pour que le Teide devienne le troisi√®me parc national espagnol et premier sur l'archipel canarien[P 9]. La cr√©ation du parc national met rapidement un terme √† l'√©levage dans la caldeira, qui est per√ßu comme ayant des effets n√©gatifs sur la flore du parc[P 10].

Peu avant la cr√©ation du parc, la premi√®re route bitum√©e permettant d'atteindre la caldeira est achev√©e, entre La Orotava et Vilaflor (route TF-21), ce qui permet une augmentation consid√©rable des afflux touristiques[16] - [U 12]. Les deux centres d'accueil des visiteurs, El Portillo et Parador de Ca√Īadas del Teide sont construits peu de temps apr√®s sur la route, de part et d'autre du volcan[U 12], et enfin le t√©l√©ph√©rique du Teide est inaugur√© en 1971[25].

Prévention

Risques

C√īne volcanique noir dans un paysage de sable noir avec quelques rares arbres.
Le volcan Chinyero, issu de la derni√®re √©ruption sur l'√ģle, en 1909.

Les dommages associ√©s au volcanisme du Teide sont relativement mod√©r√©s, avec des √©ruptions peu fr√©quentes[G 26]. Ceci est en particulier d√Ľ au fait que Tenerife est dans sa phase de r√©juv√©nation, l'activit√© √©tant sup√©rieure dans la phase bouclier, par exemple pour les √ģles de El Hierro et La Palma[G 27]. Durant les derniers si√®cles, l'essentiel de l'activit√© volcanique de Tenerife a eu lieu au niveau des rifts, en particulier le rift nord-ouest[G 27]. Le rift nord-est est en d√©clin, avec une seule √©ruption r√©cente notable, en 1704-1705[G 27]. Les laves du Teide et des rifts ont le potentiel de couler sur les 10 √† 15 km n√©cessaires pour rejoindre la c√īte, o√Ļ se situent les principales densit√©s de population[G 27]. Cependant, la capitale Santa Cruz de Tenerife, les plus grandes villes, le port et l'a√©roport de Tenerife-Nord sont principalement situ√©s dans l'est de l'√ģle, et donc peu expos√©s aux zones de volcanisme les plus actives[G 27]. Ceci est probablement li√© au fait qu'historiquement, les habitants √©vitaient les laves rugueuses (malpa√≠ses, les mauvais pays) que forme le volcanisme r√©cent[G 27]. Dans la seconde moiti√© du XXe si√®cle, la partie sud de l'√ģle a aussi subi d'importants d√©veloppements, mais cette section est elle aussi √† l'abri des coul√©es de lave gr√Ęce aux contreforts de la caldeira[G 27]. Certaines portillos, des br√®ches dans le mur de la caldeira, pourraient permettre des coul√©es de lave vers le sud, mais cela n√©cessiterait des grands volumes de lave, et c'est donc un √©v√©nement peu probable[G 27]. Finalement, le risque associ√© aux √©coulements de lave est tr√®s localis√© dans la section nord-ouest, √† l'exception de l'extr√©mit√© nord-ouest prot√©g√©e par le massif de Teno[G 27]. Les √©ruptions felsiques du Teide lui-m√™me peuvent √™tre plus dangereuses, ayant le potentiel d'√™tre explosives, comme durant l'√©ruption des Monta√Īa Blanca[G 28]. Selon la direction des vents, une telle √©ruption pourrait √™tre d√©vastatrice pour les habitants de l'√ģle, m√™me si ce type d'√©v√®nement est relativement rare dans l'histoire du volcan[G 28]. C'est en partie pour cette raison que le Teide a √©t√© plac√© sur la liste des volcans de la d√©cennie par l'association internationale de volcanologie et de chimie de l'int√©rieur de la Terre, une liste de 16 volcans pr√©sentant des hauts risques pour les populations en cas d'√©ruption[26].

La sismicité est modérée, avec seulement un séisme de magnitude supérieure à 5 depuis le début des mesures[G 26]. L'origine de la sismicité dans l'archipel est controversée, certains scientifiques avançant l'hypothèse de l'existence d'une faille allant jusqu'au continent africain, mais l'hypothèse principale l'associe simplement aux mouvements de magma[G 26]. En 2004, une augmentation de l'activité sismique enregistrée a causé beaucoup d'agitation dans les médias, laissant planer le spectre d'une nouvelle éruption, mais finalement celle-ci n'a pas eu lieu[G 26]. Malgré tout, la sismicité est un marqueur très utile pour anticiper une éruption volcanique, comme l'a montré l'exemple de l'éruption sous-marine près d'El Hierro en 2011, clairement enregistrée à l'avance par les sismographes[G 26].

Finalement, le dernier risque associ√© au volcan est le risque d'effondrement, similaire aux effondrements qui ont cr√©√© les vall√©es d'Orotava et de G√ľ√≠mar et la caldeira elle-m√™me[G 26]. Ce type d'√©v√®nement est toujours possible, la partie nord √©tant la principale section √† risque[27]. Cependant, les √©tudes r√©centes indiquent que l'√©difice volcanique est actuellement stable et ne pr√©sente donc pas de risque imminent[28].

Surveillance volcanologique

Petit boitier m√©tallique au milieu de roches jaun√Ętres.
Station automatique de mesures géochimiques sur le sommet du Teide.

Depuis 2004, l'institut géographique national espagnol est chargé de la surveillance du volcanisme des Canaries, en consultation avec les équipes de recherches en volcanologie du conseil supérieur de la recherche scientifique[6]. La surveillance du Teide a été considérablement étendue après l'activité sismique de 2004, mais elle est rendue difficile par le peu de connaissances disponibles sur le volcan du fait d'une surveillance relativement récente[29]. En particulier, du fait du manque de données, il est difficile de savoir si l'activité actuelle est à un niveau normal de repos ou une phase d'activité[29].

La surveillance est permise par un grand nombre d'outils de mesure divers r√©partis sur le Teide et le reste de l'√ģle[29]. Ceci permet d'obtenir et corr√©ler des donn√©es de sismologie, g√©od√©sie (d√©formations du sol), de g√©ochimie (en particulier mesure des gaz √©mis), gravim√©trie (mouvements de mat√©riaux en profondeur) et de magn√©tom√©trie (fluctuations du champ magn√©tique terrestre)[29] - [30].

Activités

Activités traditionnelles

Un apiculteur pr√®s d'une s√©rie de bo√ģtes et entour√© de buissons.
Apiculture dans la caldeira.

Si la d√©claration du parc national a restreint certaines activit√©s, en particulier l'√©levage, certaines activit√©s traditionnelles sont toujours en pratique, n'√©tant pas per√ßues comme contraires aux objectifs de conservation. En particulier, l'apiculture est r√©glement√©e mais autoris√©e dans la caldeira, √©tant consid√©r√©e comme positive pour la v√©g√©tation de la r√©gion[P 11]. Cette activit√© remonte au XVIe si√®cle lorsqu'un d√©cret interdit l'activit√© √† proximit√© des vignes de Tenerife en √©t√©, for√ßant un d√©placement des ruches vers les hauteurs de l'√ģle[P 11]. Cette tradition perdure au XXIe si√®cle, et ainsi, tous les ans, quelque 1 500 colonies sont transport√©es au printemps vers la caldeira o√Ļ elles restent environ 6 mois avant de retourner vers les c√ītes en automne[U 13]. L'extraction des fleurs et terres color√©es pour la F√™te-Dieu √† La Orotava est toujours permise, √©tant pratiqu√©e √† petite √©chelle, et uniquement dans les zones autoris√©es par l'administration du parc[U 13]. Enfin, les aquif√®res de la caldeira sont relativement peu utilis√©s pour alimenter l'√ģle en eau, mais certaines galeries existent n√©anmoins, en particulier pour alimenter les zones de hautes altitudes de l'√ģle, dont les infrastructures de la caldeira elle-m√™me[U 13]. Les r√®gles du parc interdisent cependant toute nouvelle concession, que ce soit pour une nouvelle exploitation ou pour augmenter le volume pr√©lev√© des exploitations actuelles[U 13].

Tourisme

Cabine de téléphérique suspendue dans le paysage de la caldeira.
Le téléphérique du Teide avec la paroi de la caldeira en arrière-plan.

Le Teide et l'ensemble du parc national constituent une √©tape presque incontournable pour les touristes de Tenerife, avec plus de 4,3 millions de visiteurs en 2018, alors que l'ensemble de l'√ģle a re√ßu 5,8 millions de touristes la m√™me ann√©e[31]. Il s'agit du plus important nombre de visiteurs depuis la cr√©ation du parc, la fr√©quentation √©tant en augmentation constante depuis 2010[31]. Le Teide est ainsi devenu le parc national le plus visit√© d'Espagne[32], mais aussi l'un des plus visit√©s d'Europe[33]. Les visites sont r√©parties relativement uniform√©ment au cours de l'ann√©e, avec cependant un maximum en ao√Ľt avec par exemple 451 514 visiteurs en ao√Ľt 2018[31].

Le volcan est accessible via la route TF-21, reliant les zones touristiques du sud-ouest de Tenerife √† La Orotava au nord ainsi qu'√† la capitale Santa Cruz gr√Ęce √† une connexion √† la route TF-24[34]. Outre la voiture, il est aussi possible de rejoindre le Teide par bus, avec un bus quotidien en provenance de Puerto de la Cruz et La Orotava au nord et un en provenance de Playa de las Am√©ricas et Los Cristianos au sud[34]. Le Teide et son parc national comprennent deux centres d'accueil et d'informations pour les visiteurs, un √† El Portillo pr√®s de l'entr√©e nord du parc, et celui de Ca√Īada Blanca pr√®s de l'h√ītel Parador de las Ca√Īadas del Teide et du site touristique des Roques de Garc√≠a, au sud du parc[P 12]. Le premier est principalement consacr√© √† la nature du parc, en particulier la g√©ologie et la faune et flore, tandis que le second s'int√©resse plus √† l'histoire humaine[P 12]. Le centre de Ca√Īada Blanca demeure, d√©but 2021, ferm√© pour r√©novations[35].

Le volcanisme, et la g√©omorphologie particuli√®re qu'il a engendr√©e dans la caldeira, constitue le principal motif de visite dans la zone[36]. Ainsi, les visites dans le parc national se r√©partissent principalement entre les Roques de Garc√≠a et le volcan Teide lui-m√™me[36]. Il existe plusieurs sentiers de randonn√©e pour acc√©der au sommet. Le plus populaire est l'acc√®s par l'est, d√©butant √† Monta√Īa Blanca, rejoignant le refuge d'altitude d'Altavista et s'achevant √† La Rambleta, juste en dessous du crat√®re sommital[37]. Ce sentier a une longueur de 8,3 km pour un d√©nivel√© de 1 187 m[37]. Alternativement, il est possible de monter depuis l'ouest, via Pico Viejo, lui-m√™me accessible par trois diff√©rents sentiers depuis la route TF-38 ou les Roques de Garc√≠a[P 13]. Enfin, il est aussi possible d'acc√©der √† La Rambleta √† 3 555 m d'altitude √† l'aide du t√©l√©ph√©rique du Teide directement depuis la route[38]. La derni√®re centaine de m√®tres entre La Rambleta et le sommet doit √™tre effectu√©e √† pied, mais l'acc√®s au sommet apr√®s 9h du matin n√©cessite une autorisation √† r√©server √† l'avance[39]. En effet, afin de prot√©ger ce site fragile, mais aussi pour des raisons de s√©curit√©, seules 200 personnes peuvent faire l'ascension durant la journ√©e[39]. Ce probl√®me peut √™tre √©vit√© en passant la nuit au refuge d'Altavista et en visitant le sommet avant 9h[39].

  • B√Ętiment au pied d'une montagne aux parois raides.
    L'h√ītel Parador de las Ca√Īadas del Teide et la Monta√Īa de Guajara en arri√®re-plan.
  • Terminal de t√©l√©ph√©rique pr√®s d'un crat√®re conique.
    La station de La Rambleta et le cratère sommital du Teide.
  • B√Ętiment ros√Ętre dans un paysage rocheux.
    Refuge Altavista, à proximité du sommet du Teide.

Protection environnementale

Volcan couvert de neige dominant une vaste forêt.
La couronne boisée de la Corona Forestal, formant l'essentiel de la zone tampon dans la classification sur la liste du patrimoine mondial.

Le Teide et sa caldeira sont inclus depuis 1954 dans le parc national du Teide[P 9]. Les limites du parc ont √©volu√© depuis sa cr√©ation, initialement de 13 571 ha, auxquels s'ajoute en 1981 une zone p√©riph√©rique lorsque le statut l√©gal du parc est chang√© en un r√©gime sp√©cial[U 14], il est finalement √©tendu √† 18 990 ha en 2002[U 15]. Le parc a √©t√© r√©compens√© en 1989 par le dipl√īme europ√©en des espaces prot√©g√©s du conseil de l'Europe, et ce dipl√īme a √©t√© renouvel√© √† plusieurs reprises depuis lors[U 15]. En plus du parc national, le volcan lui-m√™me est class√© en 1994 comme monument naturel[U 16].

En 2002, en plus de l'extension, les autorit√©s commencent le processus pour enregistrer le parc national sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[U 17]. Il est inscrit sur la liste indicative espagnole en 2005, puis candidate officiellement en 2006[U 17], et le processus est couronn√© de succ√®s avec une inscription sur la liste du patrimoine mondial l'ann√©e suivante[40]. Au parc national s'ajoute une zone tampon de 54 128 ha[40], correspondant √† la zone p√©riph√©rique de 1981 et le parc naturel de la Corona Forestal[U 1]. Enfin, le parc national fait aussi partie du r√©seau Natura 2000 √† la fois comme zone de protection sp√©ciale et comme zone sp√©ciale de conservation[41].

Dans la culture

Billet de banque vert avec un dessin du Teide.
Revers du billet de 1 000 pesetas espagnoles de 1979 o√Ļ figure le volcan Teide.

Depuis l'Antiquit√©, le Teide a inspir√© ceux qui le d√©couvrent. Il a par exemple suscit√© les l√©gendes des Guanches, premiers habitants de l'√ģle avant l'arriv√©e des Espagnols au XVIe si√®cle, selon lesquels ce volcan est habit√© par le diable Guayota[42]. Les Guanches n'ayant pas laiss√© de r√©cits √©crits, leurs croyances ont √©t√© rapport√©es par les conqu√©rants espagnols. Les Europ√©ens de leur c√īt√© associent parfois les √ģles au royaume perdu d'Atlantide, et le Teide serait le mont Atlas de la l√©gende[G 19].

Au XXe siècle, le Teide continue encore d'inspirer les artistes. Michel Verne consacre une partie de l'action du roman L'Agence Thompson and Co, qu'il attribue à son père Jules Verne, à l'ascension du sommet par les principaux héros de l'histoire[43]. André Breton consacre au Teide plus du quart de son récit poétique L'Amour fou, publié en 1937[44]. Mike Oldfield compose un morceau instrumental de quatre minutes nommé Mount Teide qui fait partie de son septième album Five Miles Out enregistré en studio en 1982[45]. Enfin, les paysages du volcan et de sa caldeira sont utilisés comme décor naturel dans plusieurs films, tels que Un million d'années avant J.C. (1966), La Chevauchée terrible (1975), Intacto (2001)[46] et Le Choc des Titans (2010)[47].

Notes et références

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Voir aussi

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