AccueilđŸ‡«đŸ‡·Chercher

Jotunheimen

Le Jotunheimen est un massif de montagnes situĂ© dans le Sud-Ouest de la NorvĂšge dans les Alpes scandinaves. Il constitue la rĂ©gion de plus haute altitude de cette chaĂźne de montagnes avec tous les sommets de plus de 2 300 m, y compris le GaldhĂžpiggen (2 469 m d'altitude), point culminant de la chaĂźne, de la NorvĂšge et de l'Europe du Nord. Le massif s'Ă©tend sur 3 500 km2 Ă  la limite entre les comtĂ©s d'Innlandet et de Vestland.

Jotunheimen
Carte topographique de Jotunheimen.
Carte topographique de Jotunheimen.
GĂ©ographie
Altitude 2 469 m, GaldhĂžpiggen
Massif Alpes scandinaves
Longueur 80 km
Largeur 45 km
Superficie 3 500 km2
Administration
Pays Drapeau de la NorvĂšge NorvĂšge
Landsdeler Vestlandet
Østlandet
Fylker Vestland
Innlandet
GĂ©ologie
Âge PrĂ©cambrien
Roches Gabbro, syénite, gneiss

Le massif est principalement constitué de gabbros et roches similaires, datant du précambrien, mais charriés à leur position actuelle lors de l'orogenÚse calédonienne. L'érosion fluvioglaciaire durant les glaciations quaternaires conjuguée à ces roches dures a laissé un des paysages les plus alpins de toute la chaßne. Bien qu'ayant fortement reculé depuis la derniÚre glaciation, les glaciers sont toujours omniprésents sur les montagnes, et sont les sources de plusieurs des principaux cours d'eau du Sud norvégien. Ces riviÚres glaciaires ont souvent une couleur turquoise caractéristique, en particulier visible dans les grands lacs de l'est du massif, tels que le célÚbre Gjende.

Des traces humaines remontant jusqu'Ă  6 000 ans ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans les montagnes, indiquant que le massif Ă©tait un terrain de chasse aux rennes important Ă  l'Ă©poque. Plus tard, Jotunheimen devient aussi un terrain de pĂąturage important pour le bĂ©tail en Ă©tĂ©, en lien avec des mouvements de transhumance. Le massif se fait connaĂźtre du grand public grĂące Ă  des explorations scientifiques, puis par le biais de nombreux artistes durant le XIXe siĂšcle. Ainsi, Jotunheimen devient immĂ©diatement l'un des hauts lieux du tourisme de montagne qui naĂźt Ă  cette Ă©poque. Hurrungane, la section la plus alpine du massif est aussi le berceau de l'alpinisme dans le pays. La pression industrielle accrue au dĂ©but du XXe siĂšcle, en particulier pour l'exploitation de l'Ă©nergie hydroĂ©lectrique, suscite un des premiers mouvements environnementalistes du pays. Il faut cependant attendre 1980 pour qu'une grande partie de la zone soit protĂ©gĂ©e dans le parc national de Jotunheimen.

Le massif est devenu un site touristique majeur, populaire en particulier pour la randonnée estivale, l'alpinisme, mais aussi les sports d'hiver.

Toponymie

Jusqu'au XIXe siÚcle, cette zone géographique de montagnes de formation glaciaire n'a pas de nom, mais le géologue Baltazar Mathias Keilhau, inspiré par le terme allemand Riesengebirge, propose en 1823 Jotunfjeldene (les « montagnes des géants »)[1] - [2]. L'idée est ensuite reprise et le nom changé en Jotunheimen par le poÚte Aasmund Olavsson Vinje en 1862, dans son ouvrage FjÞllstaven min, inspiré par le Jötunheimr, le royaume des géants de la mythologie nordique[J 1] - [2]. Ce nom a, à son tour, inspiré plusieurs noms de massifs norvégiens, utilisés principalement à des fins touristiques, tels que StÞlsheimen, Trollheimen et Skarvheimen[3] - [4].

GĂ©ographie

Situation

Le Jotunheimen est un massif de montagne des Alpes scandinaves situĂ© au sud de la NorvĂšge. Il n'existe pas de dĂ©finition officielle des limites du massif, mais il peut ĂȘtre dĂ©fini comme la rĂ©gion de haute montagne encadrĂ©e par les lacs Bygdin et Tyin au sud, la route 53 entre Tyin et Øvre Årdal, la route de montagne entre Øvre Årdal et Fortun, la route 55 Ă  l'ouest, la route europĂ©enne 15 au nord et la route 51 Ă  l'est[2]. Avec cette dĂ©finition, la surface du massif est d'approximativement 3 500 km2 rĂ©partis principalement entre les communes de Lom, VĂ„gĂ„ et Vang dans le comtĂ© d'Oppland et Årdal et Luster du comtĂ© de Sogn og Fjordane[2].

Le Jotunheimen est bordé à l'est par le massif de moyenne montagne de Langsua (aussi appelé Huldreheimen[5]), au sud par Skarvheimen et au nord et à l'ouest par le haut massif de Breheimen[6].

Topographie

Sommets escarpés enneigés sous une lumiÚre rasante.
Les paysages alpins du massif Hurrungane.
Vallée étroite et boisée avec un torrent en son sein.
La vallée d'Utladalen. Les hauteurs visibles sur cette photo correspondent au niveau des vallées suspendues.

Le massif de Jotunheimen comprend les plus hauts sommets de NorvĂšge et de Scandinavie : on y trouve tous les sommets des Alpes scandinaves dĂ©passant les 2 300 m, vingt-trois au total[F 1]. En particulier, le GaldhĂžpiggen, point culminant du pays du haut de ses 2 469 m d'altitude, se situe au cƓur du massif[F 1]. Par contraste, la marge du massif descend presque jusqu'au niveau de la mer au niveau du lac Årdalsvatnet (m d'altitude[7]), au sud, Ă  l'embouchure de la vallĂ©e d'Utladalen, et Ă  362 m au nord, au niveau du lac VĂ„gĂ„vatnet[8].

Les dix plus hauts sommets du massif sont[9] :

Vallée au-dessus de la limite des arbres avec des sommets enneigés à l'arriÚre-plan.
Le massif Hurrungane et la vallée Helgedalen.

Le massif compte plusieurs chaĂźnons montagneux, sĂ©parĂ©s par des vallĂ©es glaciaires profondes. À l'ouest se trouve Hurrungane, culminant Ă  Store SkagastĂžlstind, plus souvent appelĂ© Storen (2 405 m)[F 2]. Le massif d'Hurrungane offre un des paysages les plus alpins de toute la NorvĂšge, avec ses pics, ses arĂȘtes acĂ©rĂ©es et ses profonds cirques glaciaires[F 2]. Le massif est dĂ©limitĂ© Ă  l'est par une des vallĂ©es les plus profondes et Ă©troites de NorvĂšge : Utladalen, caractĂ©risĂ©e par les nombreuses vallĂ©es suspendues qui la rejoignent, donnant lieu Ă  de nombreuses chutes d'eau[J 2]. Les montagnes Ă  l'est d'Utladalen sont moins hautes et dĂ©coupĂ©es que celles d'Hurrungane ; elles sont caractĂ©risĂ©es par plusieurs vallĂ©es selon une direction est-ouest, reliant Utladalen aux grands lacs Ă  l'est, en particulier Koldedalen et MjĂžlkedalen, sĂ©parĂ©s par quelques pics[J 2]. Plus au nord, dĂ©limitĂ© par les vallĂ©es de BriedsĂŠterdalen/BĂžverdalen, Leirdalen et Gravdalen, se trouve le chaĂźnon de SmĂžrstabbtindan (StorebjĂžrn - 2 222 m), dominĂ© par ses grands glaciers[10]. Il fait face au chaĂźnon de GaldhĂžpiggen, le plus haut du massif, et Ă  la plus grande concentration de sommets de plus de 2 000 m de NorvĂšge[J 3]. Les sections de haute altitude ont un aspect de plateau assez marquĂ©, surtout dans la partie nord[J 3]. Plus Ă  l'est, de l'autre cĂŽtĂ© de la vallĂ©e de Visdalen, se trouve le chaĂźnon de Memurutindan-Veotinden (Surtningssue - 2 368 m[11]) et plus au nord celui de Glittertinden (2 464 m[12]). Ce sont les derniers paysages alpins en direction du nord-est, qui laissent peu Ă  peu place aux montagnes arrondies caractĂ©ristiques du sud-est norvĂ©gien[J 4]. Enfin, au sud de ces massifs, de l'autre cĂŽtĂ© du lac Gjende se trouve une rĂ©gion parfois appelĂ©e les Alpes de Gjende (Gjendealpene)[13]. C'est avec Hurrungane l'une des zones les plus alpines du massif, qui culmine Ă  Knutsholstinden (2 341 m)[13] - [J 5].

Climat et pergélisol

Montagnes arrondies dans un paysage enneigé.
Paysage hivernal sur les montagnes Loftet et Veslfjelltinden, au nord-ouest de Jotunheimen.

Le climat du massif est, selon la classification de Köppen, un climat de toundra (ET)[14]. Il est principalement marquĂ© par un gradient ouest-est, en particulier en ce qui concerne les prĂ©cipitations[J 6]. Ceci est liĂ© aux vents dominants, qui proviennent principalement du sud-ouest et apportent avec eux l'humiditĂ© ocĂ©anique[F 3]. Les reliefs montagneux vont forcer ces masses d'air en altitude ce qui va les refroidir et les condenser, et provoquer d'importantes prĂ©cipitations sur les versants occidentaux[J 6]. Au contraire, les versants orientaux, situĂ©s dans l'ombre pluviomĂ©trique, connaissent un climat plus sec[J 6]. Ainsi, Ă  Vetti (329 m d'altitude) dans la vallĂ©e Utladalen Ă  l'ouest, les prĂ©cipitations annuelles avoisinent les 900 mm, tandis qu'Ă  VĂ„gĂ„ (370 m) Ă  l'est, les prĂ©cipitations ne sont que de 370 mm[J 6]. Du fait des tempĂ©ratures, les prĂ©cipitations se font sous forme de neige durant une grande partie de l'annĂ©e[J 7]. L'Ă©paisseur de neige au sol est cependant fortement influencĂ©e par les forts vents d'altitude, ce qui fait que les sommets peuvent rester complĂštement libres de neige mĂȘme en hiver[J 7]. Cela favorise la formation et la conservation du pergĂ©lisol[15].

L'autre important gradient climatique est le gradient d'altitude. En effet, la pression atmosphĂ©rique, et avec elle la tempĂ©rature, diminue avec l'altitude, crĂ©ant un gradient d'approximativement 0,6 °C pour 100 m[F 3]. Les contrastes de tempĂ©rature au cours de la journĂ©e sont aussi, en gĂ©nĂ©ral, plus importants en altitude[J 8]. Cependant, ces tendances sont surtout vraies pour les tempĂ©ratures estivales, le soleil ayant essentiellement aucune influence sur les tempĂ©ratures en hiver[J 8]. En hiver, au contraire, les tempĂ©ratures les plus basses sont souvent au fond des vallĂ©es[F 3]. L'altitude affecte aussi les prĂ©cipitations, comme expliquĂ© plus haut, avec des prĂ©cipitations atteignant par exemple 1 200 mm Ă  FanarĂ„ken, Ă  2 062 m d'altitude[J 8].

Carte topographique des rĂ©gions de Jotunheimen et Dovre Rondane. Un pergĂ©lisol alpin Ă©tendu Ă  l'isotherme moyen annuel de −3,5 °C (rouge) est thĂ©oriquement attendu ; la limite de glaciation (en bleu) montre la tendance inverse.

La tempĂ©rature annuelle moyenne de l'air Ă  FannarĂ„ki est de −4,4 °C. Cette valeur est extrapolĂ©e Ă  partir d'un plus grand nombre de stations mĂ©tĂ©orologiques norvĂ©giennes officielles[16]. D'aprĂšs l'expĂ©rience d'autres rĂ©gions alpines et polaires, cette tempĂ©rature annuelle moyenne indique que le pergĂ©lisol doit ĂȘtre rĂ©pandu et s'Ă©tendre probablement jusqu'Ă  plusieurs centaines de mĂštres de profondeur. Dans le cadre du projet PACE (Permafrost and Climate in Europe), financĂ© par l'Union europĂ©enne, un forage vertical de 129 mĂštres de profondeur dans le substrat rocheux a Ă©tĂ© effectuĂ© en aoĂ»t 1999 sur JuvvasshĂži Ă  une altitude de 1 893 mĂštres[17]. La tempĂ©rature stable du sol Ă  100 mĂštres de profondeur est toujours de −2,6 °C. Le gradient gĂ©othermique mesurĂ© dans le forage de 1,19 °C/100 m permet de calculer une Ă©paisseur de pergĂ©lisol de 320 mĂštres, preuve que des occurrences de pergĂ©lisol gĂ©nĂ©ralisĂ©es doivent exister dans la rĂ©gion de Jotunheimen Ă  ces altitudes.

JuvvasshĂži est entourĂ© de plusieurs autres montagnes remarquables de Jotunheimen, notamment Glittertinden Ă  l'est, GaldhĂži et GaldhĂžpiggen au sud-ouest. Ils sont mĂȘme plusieurs centaines de mĂštres plus haut. La tempĂ©rature annuelle moyenne de l'air attendue Ă  ces sommets les plus Ă©levĂ©s est de l'ordre de −7 °C, une valeur caractĂ©ristique des zones Ă  pergĂ©lisol continu et d'une Ă©paisseur de pergĂ©lisol considĂ©rable[18]. Pour de nombreux scientifiques scandinaves, cela Ă©tait surprenant et n'a Ă©tĂ© acceptĂ© qu'Ă  la cinquiĂšme confĂ©rence internationale sur le pergĂ©lisol (ICOP) en 1988 Ă  Trondheim, suivie d'excursions sur le terrain en NorvĂšge et en SuĂšde avec des experts internationaux du pĂ©riglaciaire. Cependant, les premiĂšres dĂ©couvertes de pergĂ©lisol remontent aux annĂ©es 1970 et au dĂ©but des annĂ©es 1980, lorsque des occurrences de pergĂ©lisol Ă©pais ont Ă©tĂ© prouvĂ©es par des sondages gĂ©ophysiques[19].

RelevĂ© mĂ©tĂ©orologique de Øvre Tessa (nord-est) (746 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
TempĂ©rature moyenne (°C) −10 −8,9 −5,5 −0,5 5,8 10,3 11,6 10,5 5,5 1,3 −5 −8,2 0,6
Précipitations (mm) 35 23 26 19 34 54 67 55 48 52 43 39 495
Source : Institut météorologique norvégien[20] - [21]
RelevĂ© mĂ©tĂ©orologique de FanarĂ„ken (2 062 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
TempĂ©rature moyenne (°C) −9,5 −9,7 −8,6 −7,3 −2,7 1,2 2,7 2,4 −1,3 −2,7 −7,2 −9 −4,4
PrĂ©cipitations (mm) 119 85 85 74 59 72 104 113 115 119 133 122 1 200
Source : Institut météorologique norvégien[20] - [21]

Hydrographie

Haute chute d'eau le long d'une falaise rocheuse.
La cascade Vettisfossen dans la vallée Utladalen.

Le massif est divisĂ© par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de l'est et de l'ouest du Sud norvĂ©gien[J 9]. Cette ligne passe entre les lacs Tyin et Bygdin au sud puis continue vers le nord oĂč elle correspond essentiellement Ă  la frontiĂšre entre le comtĂ© d'Oppland et de Sogn og Fjordane[2]. À l'est, plusieurs riviĂšres notables ont leur source dans le massif ; dans le sens horaire figurent la BĂžvra, la Leira et la Visa, la SmĂ„dĂžla, la Veo, la Sjoa et la Vinstra[F 3] - [2]. Ces riviĂšres rejoindront la GudbrandsdalslĂ„gen, qui fait partie du bassin versant du fleuve Glomma[2]. À l'ouest, la principale riviĂšre est Utla, qui achĂšve sa course non loin de lĂ  dans le Sognefjord[F 3]. Les principaux affluents de l'Utla forment souvent de grandes chutes d'eau alors qu'ils rejoignent la vallĂ©e d'Utladalen depuis leurs vallĂ©es suspendues[F 3]. La plus importante de ces chutes est Vettisfossen, avec une hauteur de chute totale de 340 m dont 275 m en chute libre, ce qui en fait la plus haute chute de NorvĂšge dont le dĂ©bit ne soit pas rĂ©gulĂ©[F 3].

Jotunheimen comporte de nombreux lacs. Les plus vastes sont situĂ©s Ă  l'est, de forme allongĂ©e et formĂ©s par surcreusement glaciaire[J 9]. Il s'agit des lacs de Tyin, Bygdin, Gjende, Russvatnet et Bessvatnet[F 3]. Ils peuvent atteindre d'importantes profondeurs, jusqu'Ă  149 m pour Gjende, et environ 200 m pour Bygdin[J 9]. De nombreux petits lacs se trouvent aussi en dehors des vallĂ©es, en particulier dans des cirques glaciaires abandonnĂ©s par les glaciers, et souvent fermĂ©s par des moraines[J 10].

Une grande partie des cours d'eau du massif est protĂ©gĂ©e de l'exploitation hydroĂ©lectrique[J 11]. Cependant, ce n'est pas le cas d'un certain nombre de lacs en pĂ©riphĂ©rie qui sont rĂ©gulĂ©s, dont en particulier Bygdin, Tyin, Tesse, Prestesteinvatnet et Hervavatnet[J 11]. La vallĂ©e d'Utladalen comporte aussi un certain nombre d'infrastructures hydroĂ©lectriques, afin d'alimenter en Ă©nergie la production d'aluminium Ă  Årdal, mais la vallĂ©e est maintenant protĂ©gĂ©e contre toute nouvelle construction[F 3].

Le massif de Jotunheimen comprend un grand nombre de glaciers, principalement des glaciers de cirque et des glaciers de vallĂ©e[F 1]. Si aucun n'atteint des dimensions comparables au plus grand glacier norvĂ©gien, Jostedalsbreen et ses 474 km2[22], dans le massif voisin de Breheimen[23], la surface cumulĂ©e des glaciers du massif correspond tout de mĂȘme Ă  10 % de la surface glaciaire du pays[F 1]. Les plus vastes glaciers sont SmĂžrstabbrean (15,8 km2), Hellstugu-Vestre Memurubrean (11,4 km2), Grotbrean-GrĂ„subrean (8,0 km2), Skogadalsbreen-MjĂžlkedalsbreen-Uranosbreen (7,3 km2) et Veobrean (7,0 km2)[22]. L'Ă©volution des glaciers de la rĂ©gion est complexe, la surface de certains ayant augmenĂ© durant les derniĂšres dĂ©cennies, alors que la surface cumulĂ©e des glaciers du massif a rĂ©gressĂ© d'environ 3 % par dĂ©cennie depuis les annĂ©es 1930[24]. Ceci s'explique par le fait que le changement climatique cause une augmentation des prĂ©cipitations hivernales, compensant partiellement l'augmentation des tempĂ©ratures[25]. Cependant, durant les derniĂšres annĂ©es, le retrait des glaciers a Ă©tĂ© nettement plus marquĂ©[F 1].

GĂ©ologie

Pics rocheux de part et d'autres d'une vallée en U, avec un petit lac au premier plan et des plaques de neige un peu partout.
La vallée en U de Koldedalen, avec la montagne Falketind à droite.

La géologie du Jotunheimen, et de l'ensemble des Alpes scandinaves est fortement marquée par l'orogenÚse calédonienne, lorsque le paléocontinent Baltica, correspondant entre autres à l'actuelle Scandinavie, et le continent Laurentia, correspondant à l'Amérique du Nord et au Groenland actuels, entrent en collision durant le Silurien[15] - [J 12]. Durant cette collision, d'importantes nappes de charriage sont formées lorsque de vastes pans de terrains sont déplacés, parfois sur plusieurs centaines de kilomÚtres[1]. Une de ces nappes est celle de Jotun, un pan du socle rocheux précambrien situé en marge du continent Baltica, mais arraché et déposé au-dessus de roches plus récentes lors de la collision[1]. Ces roches, trÚs résistantes à l'érosion, forment l'essentiel du massif de Jotunheimen[F 1].

Dans l'ensemble, le massif est donc assez uniforme en termes de roches[F 1]. Une séparation notable se trouve au niveau de la faille de LÊrdal-Gjende, résultat d'une zone de cisaillement[26]. Au sud de cette faille se trouvent principalement des gabbros, tandis qu'au nord se trouvent plutÎt des roches métamorphisées, en particulier des gneiss[J 12] - [26]. Ces gneiss sont assez variés, avec divers degrés de foliation, et sont souvent assez sombres, avec parfois des minéraux comme le pyroxÚne et l'olivine[27]. En plusieurs points du massif, certains de ces minéraux riches en fer sont oxydés, ce qui donne aux roches une couleur rouge, à l'origine de certains toponymes comme Rauddalen (la vallée rouge) ou Rusteggi[J 12]. Si les roches magmatiques dominent le massif, certaines roches sédimentaires se rencontrent aussi, principalement dans les vallées en périphérie du massif[2]. Il s'agit surtout de phyllites, des roches nettement moins résistantes à l'érosion, mais qui forment un sol plus riche pour la végétation[J 13].

Paysage plat avec névés au premier plan et montagne en arriÚre-plan avec un glacier entouré de parois rocheuses verticales.
Le cirque glaciaire de la montagne Austanbotntindane.

Au cours des millions d'annĂ©es qui suivent sa formation, la chaĂźne calĂ©donienne est progressivement Ă©rodĂ©e jusqu'Ă  ne laisser qu'une pĂ©nĂ©plaine[15]. Mais au cours du tertiaire, l'Ouest scandinave subit un soulĂšvement tectonique[J 14]. Ce soulĂšvement n'est pas uniforme, mais crĂ©e deux dĂŽmes de haute altitude, un au nord centrĂ© sur Sarek et Kebnekaise (en SuĂšde) et un au sud centrĂ© sur le Jotunheimen[15]. Cette surface essentiellement plane et surĂ©levĂ©e ne se devine aujourd'hui qu'en suivant les crĂȘtes des hautes montagnes du massif[J 14].

AprĂšs la surrection, le travail d'Ă©rosion reprend de plus belle, en particulier durant les glaciations quaternaires[J 14]. En fait, la quasi-totalitĂ© de la gĂ©omorphologie actuelle est due Ă  l'Ă©rosion fluvioglaciaire[J 14]. En effet, durant les glaciations, toute la rĂ©gion est couverte d'une Ă©paisse calotte glaciaire[J 14]. Ainsi, la plupart des modelĂ©s glaciaires se trouvent dans le massif. Les glaciers commencent souvent dans des cirques glaciaires en altitude[J 10]. Ces cirques sont les principaux responsables des reliefs alpins tels que les pics ou aiguilles (tind en norvĂ©gien) et les arĂȘtes (egg), que l'on trouve en particulier dans le massif d'Hurrungane[J 10]. Lorsque les glaciers s'Ă©tendent, ils Ă©rodent de grandes vallĂ©es glaciaires[J 15]. La plupart des vallĂ©es du massif ont ce profil en auge caractĂ©ristique[J 15]. Plusieurs d'entre elles abritent un lac, rĂ©sultat du surcreusement glaciaire[J 9]. Dans certains cas, par exemple pour la vallĂ©e de Gjende, les vallĂ©es suivent l'axe de failles ou fractures majeures, qui ont constituĂ© des faiblesses dans la roche, facilitant le travail d'Ă©rosion[J 9]. Le pouvoir d'Ă©rosion d'un glacier dĂ©pend de son volume, et en consĂ©quence, les glaciers secondaires crĂ©ent des vallĂ©es moins profondes que les glaciers principaux, donnant lieu Ă  des vallĂ©es suspendues[J 9]. Celles-ci sont assez frĂ©quentes Ă  Jotunheimen, et particuliĂšrement visibles autour des vallĂ©es importantes telles qu'Utladalen et la vallĂ©e de Gjende[J 9].

Une grande partie de la roche arrachĂ©e par les glaciers est transportĂ©e par les riviĂšres glaciaires sous forme de farine de roche[J 15]. De nos jours encore, une riviĂšre comme Muru, prenant sa source dans les glaciers de Memurubrean, transporte jusqu'Ă  1 500 tonnes de sĂ©diments par jour, phĂ©nomĂšne donnant Ă  l'eau la couleur turquoise qui fait la cĂ©lĂ©britĂ© du lac de Gjende[J 15]. Une partie des matĂ©riaux arrachĂ©s par les glaciers est aussi dĂ©posĂ©e sous forme de moraines, prĂ©sentes partout dans le parc, mais aussi d'eskers, dont l'un des plus visibles est celui au sud d'Øvre Sjodalsvatnet[J 16]. Ces moraines Ă©tant plus sensibles Ă  l'Ă©rosion, elles prĂ©sentent parfois de profondes ravines, comme Ă  la sortie de la vallĂ©e Svartdalen[J 16]. Ces ravines datent de la fin de l'Ăšre glaciaire, et ont Ă©tĂ© creusĂ©es par les importants dĂ©bits d'eaux de fonte[J 16].

Plusieurs vallées en altitude perpendiculaires à une grande vallée principale avec un lac aux eaux turquoise en son sein.
La vallée du lac de Gjende et les vallées suspendues la rejoignant.

Écosystùmes

Jotunheimen possĂšde une nature variĂ©e, du fait des grandes diffĂ©rences d'altitude, mais aussi de sa situation Ă  la rencontre des natures de l'Est et de l'Ouest norvĂ©gien[F 4]. La majeure partie du massif se trouve dans l'Ă©corĂ©gion terrestre du WWF des forĂȘts de bouleaux et prairies d'altitude scandinaves, mais les vallĂ©es Ă  la frontiĂšre nord sont en zone de taĂŻga.

Fleurs mauves et petits arbres et arbustes feuillus dispersés le long d'un torrent de montagne.
Végétation à la limite des arbres dans la vallée Memurudalen, prÚs de Gjende.

Les Ă©cosystĂšmes peuvent ĂȘtre divisĂ©s en Ă©tages de vĂ©gĂ©tation, avec les forĂȘts occupant l'Ă©tage infĂ©rieur, surmontĂ© par l'Ă©tage alpin infĂ©rieur, dominĂ© par les buissons, l'Ă©tage alpin moyen dominĂ© par les landes et prairies herbacĂ©es, et enfin l'Ă©tage alpin supĂ©rieur oĂč le sol est essentiellement nu Ă  l'exception de quelques plantes isolĂ©es[J 17]. Les forĂȘts sont principalement situĂ©es dans les profondes vallĂ©es, en particulier Utladalen, Visdalen et Gjende[J 17]. Les arbres sont essentiellement des pins (Pinus sylvestris) et des bouleaux (Betula pubescens), ces derniers formant la limite des arbres[J 17], qui peut atteindre jusqu'Ă  1 200 m par exemple Ă  Gjende[F 5], ce qui est un record pour la NorvĂšge[28]. La prĂ©sence de bouleaux (et non de conifĂšres) Ă  la limite des arbres est due Ă  l'importante humiditĂ©[J 17]. La forĂȘt de pins la plus notable du massif se situe Ă  Vettismorki, sur les hauteurs de la vallĂ©e Utladalen[F 5]. Cette forĂȘt Ă©tait exploitĂ©e pour les besoins de l'activitĂ© miniĂšre Ă  Årdal, mais elle est laissĂ©e Ă  elle-mĂȘme depuis plus d'une centaine d'annĂ©es[F 5]. Elle est maintenant considĂ©rĂ©e comme l'une des plus riches forĂȘts norvĂ©giennes de pins de montagnes, avec en particulier une flore de lichens et d'espĂšces de Fungi unique[F 5]. Les autres forĂȘts de pins autour d'Årdal, en particulier Ă  Utladalen, ont Ă©tĂ© pour la plupart dĂ©cimĂ©es par les rejets fluorĂ©s de l'usine d'aluminium de la ville durant les annĂ©es 1950-1970[F 5]. Maintenant que l'usine est mieux gĂ©rĂ©e, ces forĂȘts se dĂ©veloppent Ă  nouveau[F 5].

La strate herbacĂ©e des forĂȘts de bouleaux dĂ©pend beaucoup du sol, Ă©tant pauvre dans les sols de moraines, avec typiquement des myrtilles (Vaccinium myrtillus), mais pouvant ĂȘtre plus riche dans les sols calcaires ou de schistes, avec par exemple la Renoncule Ă  feuilles de platane (Ranunculus platanifolius), la cirse Ă  feuilles variables (Cirsium heterophyllum), la trolle d'Europe (Trollius europaeus), la laitue des Alpes (Cicerbita alpina)[J 17]...

  • Petits arbres feuillus le long d'un sentier de montagne.
    ForĂȘt de bouleaux dans la vallĂ©e d'Utladalen.
  • Dense vĂ©gĂ©tation au cƓur d'une ravine.
    Denses buissons dans l'étage alpin inférieur prÚs de la vallée de Memurudalen, à l'abri d'une ravine.
  • Une multitude de petits fleurs blanches sur un sol rocheux.
    La renoncule des glaciers.

L'Ă©tage alpin infĂ©rieur est dominĂ© par les buissons de saule dans les zones humides, et de bouleau nain (Betula nana) et d'Ă©ricacĂ©es dans les zones plus sĂšches[J 18]. Les plantes Ă  cet Ă©tage sont autrement trĂšs similaires Ă  la vĂ©gĂ©tation au sol des forĂȘts de bouleaux[J 18] - [J 17]. L'Ă©tage alpin moyen est dĂ©fini comme la zone au-dessus de la limite des myrtilles[J 19]. La pĂ©riode de vĂ©gĂ©tation est courte, et ce sont principalement les herbes, telles que Carex bigelowii ou Festuca vivipara, avec quelques fleurs telles que la cassiope hypnoĂŻde (Harrimanella hypnoides) et la renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis)[J 19]. Dans les sols plus riches, on trouve aussi la dryade Ă  huit pĂ©tales (Dryas octopetala), la tofieldie naine (Tofieldia pusilla) et le pigamon des Alpes (Thalictrum alpinum)[J 19]. Enfin, l'Ă©tage alpin supĂ©rieur est avant tout le royaume des lichens[J 20], mais on y trouve tout de mĂȘme quelques plantes Ă  fleurs isolĂ©es, en particulier la renoncule des glaciers, qui pousse jusqu'Ă  2 370 m sur le sommet de Glittertinden[F 5]. La saxifrage Ă  feuilles opposĂ©es (Saxifraga oppositifolia) et l'orpin rose (Rhodiola rosea) atteignent eux aussi des altitudes importantes (environ 2 300 m) dans le massif[F 5].

Un renne sur un terrain rocailleux.
Un renne sur la montagne Veslfjellet, prĂšs de Gjende.

Les mammifĂšres les plus communs Ă  Jotunheimen sont les herbivores[J 21]. Un des plus symboliques de la Scandinavie, et assez facile Ă  observer est le renne (Rangifer tarandus)[J 22]. Dans la section occidentale du massif, autour de la vallĂ©e d'Utladalen, se trouve un troupeau de rennes sauvages d'environ 400 individus[F 6]. En Scandinavie, les rennes sauvages n'existent plus que dans le sud de la NorvĂšge, et ils sont donc l'objet de mesures spĂ©ciales de protection[J 22]. L'est de Jotunheimen est le domaine des rennes domestiques[F 6]. Parmi les rongeurs, les plus importants sont le Campagnol nordique (Microtus oeconomus) et le lemming des toundras (Lemmus lemmus), ce dernier Ă©tant le seul mammifĂšre endĂ©mique de la pĂ©ninsule Scandinave[J 21]. Ces deux espĂšces connaissent des cycles dĂ©mographiques d'une durĂ©e de deux Ă  quatre ans, qui rythment la vie de leurs prĂ©dateurs[J 21]. Plus localement, on trouve aussi la siciste des bouleaux (Sicista betulina), un des rares animaux norvĂ©giens qui hibernent[J 21]. En ce qui concerne les prĂ©dateurs, le glouton (Gulo gulo) Ă©tait auparavant commun dans le massif, mais la chasse et la diminution du nombre de rennes sauvages l'ont fait presque disparaĂźtre[J 23]. Leur nombre augmente Ă  nouveau depuis peu, et en 2005, une portĂ©e a Ă©tĂ© observĂ©e dans le massif[F 6]. MalgrĂ© sa protection depuis les annĂ©es 1930, le renard polaire (Vulpes lagopus) a disparu de Jotunheimen[J 23]. La concurrence accrue avec le renard roux (Vulpes vulpes), qui prĂ©fĂšre les vallĂ©es boisĂ©es mais s'aventure volontiers sur les hauteurs du massif, ne facilite pas les choses pour le renard polaire[J 23]. Le lynx borĂ©al (Lynx lynx) est parfois observĂ© dans les vallĂ©es de BĂžverdalen et Visdalen[F 6]. L'hermine (Mustela erminea), la belette d'Europe (Mustela nivalis), la martre des pins (Martes martes) et le vison d'AmĂ©rique (Neovison vison) vivent aussi dans ces montagnes[F 6] - [J 23]. Ces derniĂšres annĂ©es, la loutre d'Europe (Lutra lutra) se rĂ©implante peu Ă  peu dans la vallĂ©e d'Utladalen[F 6].

Deux oiseaux, un blanc et un brun, sur un sommet rocheux
Un couple de lagopĂšdes alpins dans les montagnes de Jotunheimen.

L'avifaune de Jotunheimen est assez typique de la haute montagne norvĂ©gienne[F 5]. La grande majoritĂ© des oiseaux qui nichent dans le massif sont des migrateurs, avec seulement cinq espĂšces sĂ©dentaires sur les 75 espĂšces recensĂ©es[J 24]. Ces cinq espĂšces sont l'aigle royal (Aquila chrysaetos), le grand Corbeau (Corvus corax), le lagopĂšde des saules (Lagopus lagopus), le lagopĂšde alpin (Lagopus muta) et le faucon gerfaut (Falco rusticolus)[J 25]. Les oiseaux migrateurs arrivent progressivement au printemps en provenance du sud et viennent nicher dans les montagnes durant l'Ă©tĂ©, pĂ©riode d'abondance[J 24]. Les vallĂ©es et autres zones de basse ou moyenne altitude sont le site de prĂ©dilection des passereaux tels que le pipit farlouse (Anthus pratensis), le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), le sizerin flammĂ© (Acanthis flammea) et le gorgebleue Ă  miroir (Luscinia svecica)[F 5]. Cependant, certains passereaux peuvent se trouver mĂȘme aux hautes altitudes, tels que le plectrophane des neiges (Plectrophenax nivalis), caractĂ©ristique de l'Ă©tage alpin supĂ©rieur, jusqu'Ă  2 000 m[J 24]. Le massif compte aussi un certain nombre de charadriiformes, souvent (mais pas toujours) associĂ©s aux zones humides, tels que le pluvier guignard (Charadrius morinellus), le pluvier dorĂ© (Pluvialis apricaria) et le chevalier guignette (Actitis hypoleucos)[J 24]. Cependant, dans l'ensemble, Jotunheimen n'est pas rĂ©putĂ© pour ses zones humides et les quelques espĂšces d'oiseaux associĂ©es Ă  ces milieux sont donc relativement rares dans le massif[F 5]. Parmi les rapaces, la buse pattue (Buteo lagopus) est l'espĂšce la plus commune[J 25], mais on trouve aussi le faucon crĂ©cerelle (Falco tinnunculus) et quelques rapaces nocturnes[F 5]. Le tĂ©tras lyre (Tetrao tetrix) et le grand TĂ©tras (Tetrao urogallus) peuvent ĂȘtre observĂ©s Ă  Utladalen[F 5].

Histoire

De la chasse Ă  la transhumance

Un pré avec des vaches sur des pentes douces, prÚs de bùtiments de ferme.
Chalets d'alpage et animaux en pùture dans la vallée SmÄdalen au nord-est de Jotunheimen.

La plus ancienne trace humaine Ă  Jotunheimen est une flĂšche datant de 6 000 ans, indiquant que les populations de l'Ă©poque s'aventuraient dans les montagnes pour chasser les rennes[29]. À cette Ă©poque le climat Ă©tait plus chaud qu'il ne l'est aujourd'hui[30]. D'ailleurs, certains des objets dĂ©couverts rĂ©cemment par les archĂ©ologues Ă©taient jusqu'Ă  rĂ©cemment sous les glaces[29]. Une des curiositĂ©s dĂ©couvertes sous les glaces est une chaussure datant d'entre 1420 et 1260 av. J.-C., ce qui en fait la plus vieille chaussure dĂ©couverte dans le pays[31]. Le dĂ©but du nĂ©olithique (environ 3000 av. J.-C. en NorvĂšge) semble marquer une augmentation de la prĂ©sence humaine dans le massif, avec des habitations dans les vallĂ©es, en particulier prĂšs de Russvatnet, Gjende, Tyin, et Ă  Koldedalen[F 6]. Les hommes ne venaient probablement dans les montagnes que durant l'Ă©tĂ©, restant plus en aval dans les forĂȘts en hiver[J 26]. Outre les restes d'habitations se trouvent aussi de nombreuses reliques Ă©voquant la chasse, telles que des piĂšges Ă  rennes et des armes[J 26]. Une technique de chasse courante semble avoir Ă©tĂ© d'orienter les rennes vers une zone Ă©troite oĂč se situait le piĂšge, expliquant le positionnement stratĂ©gique de ces derniers[J 26]. Les premiers fourneaux pour la production de fer des marais apparaissent autour de l'an 400 dans les vallĂ©es, et des armes en fer (surtout flĂšches et haches) ont Ă©tĂ© trouvĂ©es en grandes quantitĂ©s Ă  travers le massif[J 26]. Ceci confirme que les montagnes restent un site de chasse important pour les populations locales[J 26].

Bùtiments de ferme rouges prÚs d'un petit pré dans une vallée boisée.
Ferme de Vetti dans la vallée d'Utladalen, maintenant utilisée comme refuge touristique.

Il est difficile de dire exactement quand le massif commence Ă  ĂȘtre utilisĂ© comme terrain de pĂąture, mais une loi du GulaĂŸing datant d'avant 1263 mentionne la rĂ©gulation de la transhumance en NorvĂšge et une assemblĂ©e locale Ă  VĂ„gĂ„ mentionne en 1367 qu'elle existe depuis longtemps dans le massif[J 27]. Peu d'informations sont disponibles pour Ă©valuer prĂ©cisĂ©ment l'Ă©tendue de cette activitĂ©, mais la prĂ©sence de seize chalets d'alpage est avĂ©rĂ©e en 1668 Ă  Sjodalen, douze prĂšs de Randsverk, et plus tard, en 1907, les statistiques en indiquent 6 000 juste dans le comtĂ© d'Oppland et que la commune de Luster avait l'un des plus grands nombres de chalets d'alpage du pays[J 27]. La plupart des chalets restaient Ă  proximitĂ© de la forĂȘt de bouleau, le bois Ă©tant utilisĂ© pour le chauffage et la production de fromage[J 27]. Beaucoup de familles avaient deux chalets d'alpages, un relativement proche du village et un plus loin dans les montagnes pour la pĂąture durant la pĂ©riode la plus chaude[J 27]. À l'est, la production principale Ă©tait le fromage local, le Gudbrandsdalsost, un type de brunost, tandis qu'Ă  l'ouest Ă©tait produit du fromage de chĂšvre, du gammelost et du beurre[J 27]. Dans la partie orientale du massif, principalement Ă  Sjodalen, du fait des faibles Ă©paisseurs de neige, certaines familles pratiquaient aussi la pĂąture d'hiver, laissant les troupeaux consommer les tapis de lichens[J 27].

La pratique de la transhumance a diminuĂ© fortement Ă  partir des annĂ©es 1950-1960, et aujourd'hui, elle a entiĂšrement disparu de Jotunheimen dans son acceptation traditionnelle[J 27]. Cependant, de nombreux bĂątiments sont encore prĂ©sents dans le massif comme tĂ©moins de cette activitĂ© historique[F 6]. Ces activitĂ©s traditionnelles ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par l'Ă©levage des rennes, qui a commencĂ© en 1926 Ă  Lom et s'est maintenant Ă©tendu sur l'ensemble de la partie orientale du massif avec environ 4 500 animaux[F 7].

Explorateurs et premiers touristes

Photo en noir et blanc d'un homme tenant une corde avec une montagne en arriĂšre-plan.
William Cecil Slingsby en 1908 devant Storen.

Le massif n'était initialement connu que des populations locales, mais au cours du XIXe siÚcle, un certain nombre de personnalités scientifiques et artistiques le révÚlent aux yeux du public. La premiÚre personne à « découvrir » le massif est le botaniste Christen Smith, en 1813[J 28]. Il avait déjà exploré un grand nombre de massifs du pays, mais décrit Jotunheimen comme l'un des plus riches en plantes du pays[J 28]. En 1820, l'étudiant de médecine Christian Boeck suggÚre au géologue Baltazar Mathias Keilhau une expédition dans ces montagnes, aprÚs les avoir repérées depuis Filefjell[J 28]. Au retour de ce voyage, B. M. Keilhau écrit plusieurs articles qui font découvrir ce massif au pays et attirent une vague d'explorateurs[F 8]. Durant cette période, certains sommets sont conquis pour la premiÚre fois, dont GaldhÞpiggen, gravi en 1850 par des habitants locaux : Steinar Sulheim, Ingebrigt N. Flotten et Lars Arnesen[32].

Le marchand Thomas Heftye visite Jotunheimen pour la premiÚre fois en 1854, et décide d'organiser une expédition plus approfondie en 1859[J 29]. Si cette nouvelle expédition est en partie un échec, les montagnes font une telle impression à Thomas qu'il fonde quelques années plus tard, en 1868, l'association norvégienne de randonnée (DNT)[J 29] - [F 8]. Jotunheimen est l'une des priorités de l'association, qui dÚs 1870 achÚte une cabane prÚs de Bygdin, puis l'année suivante à Gjendebu, et en 1874, le premier sentier touristique est créé entre Memurubu et Bessheim[F 8].

Le premier touriste étranger qui publia son voyage dans le massif est l'Anglais William Henry Breton, son livre paraissant en 1835[J 30]. Le touriste étranger le plus célÚbre est probablement William Cecil Slingsby, un autre Anglais, qui visite la région pour la premiÚre fois en 1874[F 8]. Il est considéré comme le pÚre de l'alpinisme en NorvÚge, et est en particulier le premier à conquérir le sommet Storen, en 1876, considéré jusque là comme imprenable[33].

De l'exploitation Ă  la protection

Inspiré par les parcs nationaux américains, Yngvar Nielsen, alors directeur de la DNT, suggÚre dÚs 1904 la protection de Jotunheimen[J 31]. Cette suggestion arrive jusqu'au département de l'agriculture, mais sans suite[J 31]. En 1916, l'idée est relancée par N. J. Gregersen, qui s'appuie cette fois sur la loi de protection de la nature de 1910, mais cette loi ne considérait pas la protection de vastes zones naturelles, et donc la proposition meurt à nouveau[J 31].

En parallĂšle, le potentiel hydroĂ©lectrique des montagnes suscite un intĂ©rĂȘt croissant, et la mĂȘme annĂ©e, en 1916, il est envisagĂ© de construire des barrages sur le lac Gjende et la riviĂšre Sjoa[J 31]. Plusieurs voix s'Ă©lĂšvent contre ce projet, dont celle de la botaniste Hanna Resvoll-Holmsen[J 31]. L'effort qu'elle mĂšne est couronnĂ© de succĂšs et elle parvient Ă  arrĂȘter ce projet ; Ă  la place, ce sont le lac Bygdin et la riviĂšre Vinstra qui sont exploitĂ©s[J 11].

En 1938, une nouvelle proposition de protection de la rĂ©gion est formulĂ©e, mais la Seconde Guerre mondiale interrompt le processus[J 11]. Finalement, en 1954, une nouvelle loi de protection de la nature est rĂ©digĂ©e, incluant la possibilitĂ© de protĂ©ger des grands espaces naturels, et deux ans plus tard, l'agence gouvernementale Statens naturvernrĂ„d (conseil pour la protection de la nature) est crĂ©Ă©[J 11]. Cette agence appuie en faveur de la protection de Jotunheimen, sans succĂšs[J 11], et le premier parc national norvĂ©gien est finalement Rondane en 1962[34]. Il faut attendre 1973 pour la protection de la riviĂšre Sjoa et du lac Gjende[J 11]. Finalement, en 1980, le parc national de Jotunheimen et la zone de protection du paysage d'Utladalen sont crĂ©Ă©es, d'une superficie respective de 1 151 km2 et 314 km2[F 9]. La possibilitĂ© d'Ă©tendre les frontiĂšres du parc est mentionnĂ©e rĂ©guliĂšrement, mais est compliquĂ©e par le fait que la plupart des cours d'eau en dehors des limites actuelles sont exploitĂ©s[J 11]. Cependant, une telle extension est actuellement Ă  l'Ă©tude[35].

Activités

Agriculture, chasse et pĂȘche

Si la transhumance traditionnelle a essentiellement disparu du massif, les montagnes sont toujours utilisĂ©es comme terrain de pĂąture, y compris dans les aires protĂ©gĂ©es[F 10]. En particulier, l'Ă©levage extensif des rennes est pratiquĂ© dans les communes de Lom et VĂ„gĂ„ avec environ 5 000 animaux en 2008[F 10]. Les vaches et moutons paissent aussi dans la plupart des grandes vallĂ©es[F 10]. Enfin, l'agriculture traditionnelle, en particulier pĂąture et fenaison, est toujours pratiquĂ©e dans la vallĂ©e d'Utladalen afin de prĂ©server le paysage culturel[36].

La chasse est une activitĂ© populaire dans le massif. Il s'agit de chasse Ă  l'Ă©lan et au cerf, principalement dans la vallĂ©e d'Utladalen et Sjodalen, au renne sauvage et aux petits animaux, tels que le liĂšvre, le renard roux, le vison et les lagopĂšdes[F 11] - [J 32]. Les rĂ©gulations varient selon les espĂšces et si la chasse a lieu en terrains privĂ©s ou dans les zones protĂ©gĂ©es[F 11]. De mĂȘme, la pĂȘche est rĂ©gulĂ©e par diffĂ©rentes organisations selon les zones[F 11]. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les eaux sont plus poissonneuses Ă  l'est du massif, en particulier dans la Sjoa et le lac Gjende[F 11] - [J 32]. La truite est l'espĂšce principale[J 32].

Hydroélectricité

BĂątiment industriel gris avec des lignes Ă©lectrique le long d'une riviĂšre.
La centrale de Midtre Tessa.

Les riviĂšres de Jotunheimen ont suscitĂ© beaucoup d'intĂ©rĂȘt pour leur potentiel dans la production d'hydroĂ©lectricitĂ©, ce qui a engendrĂ© un important conflit avec les intĂ©rĂȘts touristiques et de protection de la nature[37]. Le conflit a rĂ©sultĂ© en la protection de tout le cƓur du massif, avec en particulier la formation du parc national, tandis que la plupart des riviĂšres autour du massif ont Ă©tĂ© exploitĂ©es[37]. Dans la partie est du massif, le lac de Bygdin est rĂ©gulĂ© pour adapter la production en aval[37] tandis que la riviĂšre Sjoa est protĂ©gĂ©e contre l'exploitation hydroĂ©lectrique[38], avec seulement une petite centrale Ă  Stuttgongfossen (puissance maximale 1,2 MW, production annuelle 7,5 GWh)[39]. Au nord-est, on trouve un certain nombre de centrales appartenant Ă  l'entreprise Eidefoss AS, autour du lac Tesse, dont en particulier la centrale SmĂ„dĂžla (13,9 MW, 45 GWh), utilisant aussi un dĂ©tournement partiel du flot de la riviĂšre Veo[40], et les centrales Øvre Tessa (16 MW, 97,6 GWh)[41], Midtre Tessa (7,2 MW, 38 GWh)[42] et Nedre Tessa I et II (20 MW, 135 GWh)[42]. Au sud-ouest, autour d'Øvre Årdal, un ensemble d'infrastructures utilise la forte hauteur de chute entre les montagnes et le lac Årdalsvatnet pour alimenter l'usine d'aluminium de Norsk Hydro dans la ville. La principale centrale est celle de Tyin, utilisant le lac Tyin comme rĂ©servoir pour rĂ©gulation, dont le dĂ©bit est renforcĂ© grĂące au dĂ©tournement de la plupart des riviĂšres de la partie orientale de la vallĂ©e d'Utladalen[37]. La puissance totale de la centrale est de 374 MW pour une production annuelle de 1 449,7 GWh[43]. Outre Tyin, l'usine utilise aussi l'Ă©nergie de la centrale de Holsbru (48,9 MW, 84 GWh)[44]. Norsk Hydro possĂšde aussi des centrales Ă  l'ouest du massif, dans la vallĂ©e de Fortun, dont en particulier celle de Skagen (270 MW, 1 407 GWh)[45] et Herva (33 MW, 107,5 GWh), qui est Ă©quipĂ©e pour pratiquer le pompage-turbinage[46].

Protection environnementale

BĂątiment en bois et en pierre.
Utladalen naturhus, un des centres d'informations du parc national de Jotunheimen.

Depuis 1980, le cƓur du massif de Jotunheimen est protĂ©gĂ© par le parc national de Jotunheimen, d'une superficie de 1 151 km2, et la vallĂ©e d'Utladalen est protĂ©gĂ©e par la zone de protection du paysage d'Utladalen, d'une superficie de 314 km2[F 9]. Ces deux formes de protection correspondent Ă  des ambitions diffĂ©rentes : un parc national protĂšge une zone naturelle vierge ou relativement intacte tandis qu'une zone de protection du paysage peut inclure des paysages culturels et permet le maintien des activitĂ©s traditionnelles, en particulier l'agriculture[F 12]. Outre ces deux grandes aires protĂ©gĂ©es, quelques petites rĂ©serves naturelles ponctuent le massif, telles que la rĂ©serve de SmĂ„dalsvatni (5,95 km2), crĂ©Ă©e en 1990[47], et Baklie (1,81 km2), crĂ©Ă©e en 2015[48].

La partie ouest du massif, autour d'Hurrungane et Utladalen, est aussi une des zones de rennes sauvages (Vest-Jotunheimen villreinomrÄde), une des 24 zones définies pour la gestion de la population de rennes sauvages[49], la NorvÚge étant le seul pays d'Europe qui abrite cette espÚce à l'état sauvage, et a donc une responsabilité de protection à l'échelle internationale[50].

Randonnée, alpinisme et sports d'hiver

Petit bĂątiment au design moderne sous la neige avec un paysage alpin en arriĂšre-plan.
Kiosque touristique au sommet de GaldhĂžpiggen.

Jotunheimen est l'un des massifs montagneux les plus visitĂ©s de NorvĂšge[J 33] - [51]. Il est impossible d'avoir un compte exact du nombre de visiteurs dans le massif, mais un indicateur est qu'en 2008, les touristes ont passĂ© 147 000 nuits dans des logements payants au sein ou Ă  proximitĂ© immĂ©diate de Jotunheimen[52]. Environ 30 % des visiteurs sont Ă©trangers[F 13].

L'accÚs au massif par la route est facile été comme hiver[F 14]. Les principaux ports d'entrée sont les grandes vallées (Gjende, Veodalen, Visdalen, Leirdalen, Utladalen), mais aussi les routes de montagne Sognefjellet (route 55), Valdresflye (route 51) et prÚs de Tyin (route 53), ces derniÚres étant fermées en hiver[F 14]. La route de Sognefjellet et de Valdresflye sont par ailleurs classées « routes panoramiques nationales »[53].

Une majoritĂ© (environ 80 %) des touristes visitent durant la saison estivale[52]. La randonnĂ©e est l'activitĂ© principale[52], et la rĂ©gion compte un grand nombre d'infrastructures dĂ©diĂ©es. Le parc national compte pas moins de 300 km de sentiers marquĂ©s, la plupart Ă©tant aussi des sentiers pour le ski de fond en hiver[F 14]. Plusieurs cabanes touristiques sont dispersĂ©es dans les montagnes. Dans les aires protĂ©gĂ©es, sept des cabanes ont du personnel (Glitterheim, Gjendebu, Memurubu, FannarĂ„ki, SkogadalsbĂžen, Vettismorki et Avdalen) et cinq autres sont en libre-service (Olavsbu, Ingjerdbu, Gravdalen Seter, StĂžlsmaradalen et Vormeli), pour une capacitĂ© cumulĂ©e de 600 lits[F 14]. La plupart de ces cabanes appartiennent Ă  l'association norvĂ©gienne de randonnĂ©e[F 14]. Il existe aussi de nombreuses options d'hĂ©bergement en dehors des aires protĂ©gĂ©es[F 14], dont en particulier Spiterstulen et Juvasshytta, principaux points de dĂ©part pour l'ascension de GaldhĂžpiggen[2]. Juvasshytta est d'ailleurs la station de montagne la plus Ă©levĂ©e d'Europe du Nord[54], Ă  une altitude 1 841 m[55], et la route d'accĂšs est aussi la plus haute de NorvĂšge[56].

  • Foule autour de bĂątiments en bois avec un toit couvert d'herbe.
    Gjendeosen, point de départ du bateau sur le lac Gjende.
  • Petit bateau sur un grand lac turquoise cernĂ© de montagnes.
    Le bateau touristique sur le lac Gjende.
  • Ensemble de bĂątiments rouges et parking au fond d'une vallĂ©e.
    La station touristique de Spiterstulen, au pied du GaldhĂžpiggen et de Glittertinden.
Remontée mécanique sur un paysage enneigé.
Le centre de ski d'été de GaldhÞpiggen.

Les randonnées d'une journée les plus populaires sont Besseggen et l'ascension de GaldhÞpiggen, suivies de la vallée d'Utladalen et de l'ascension de Glittertind ou FannarÄki[F 15]. Si une grande partie des sommets de la région sont accessibles simplement en marchant, certains nécessitent des techniques d'alpinisme plus avancées, en particulier à Hurrungane et dans les Alpes de Gjende[57]. TurtagrÞ est un point de départ populaire pour les ascensions d'Hurrungane[58]. En hiver, le ski de fond est une activité populaire, que cela soit des petits tours d'une journée ou sur des plus grandes longueurs, dont en particulier la haute route (HÞgruta), une route de cinq jours qui passe les plus hauts sommets du massif[59]. Les montagnes comprennent aussi quelques infrastructures de ski alpin, tels que la station de ski de LemonsjÞ, en périphérie du massif[60] et le Centre de ski d'été de GaldhÞpiggen, à Juvasshytta[61]. Ce dernier, comme son nom l'indique, permet de skier en été, étant situé au pied d'un glacier (Vesljuvbrean)[61].

Dans la culture populaire

Peinture Ă  l'huile d'un paysage de montagne.
La vallée de Fortun, par Johan Christian Dahl, 1836.

Au XIXe siÚcle, alors que le massif est découvert, il prend une place prépondérante dans le mouvement nationaliste romantique[62]. Ainsi, de nombreux artistes nationaux explorent les montagnes et les utilisent comme inspiration à leur retour, tels que les peintres Johannes Flintoe (1821), Johan Christian Dahl et Thomas Fearnley (1826), et Hans Fredrik Gude, mais aussi des écrivains tels que Henrik Wergeland (1832) et Peter Christen AsbjÞrnsen (1847)[J 28]. Le poÚte Aasmund Olavsson Vinje visite les montagnes pour la premiÚre fois en 1860 et est à l'origine de leur nom actuelle[J 1].

Jotunheimen est aussi fortement rattachĂ© Ă  l'Ɠuvre Peer Gynt de Henrik Ibsen[J 28]. En particulier, Besseggen (alors appelĂ© Gjendineggen) apparaĂźt explicitement dans l'histoire[63], et plusieurs des Ă©lĂ©ments de l'histoire sont inspirĂ©s d'histoires locales que Henrik Ibsen a Ă©tudiĂ©es lors de son voyage dans le massif en 1862[J 34]. Edvard Grieg, qui composa la musique pour la piĂšce Peer Gynt, doit lui aussi beaucoup Ă  Jotunheimen : il visite le massif en 1891 avec Julius Röntgen et rencontre alors Gjendine SlĂ„lien, nĂ©e prĂšs de Gjende[J 35]. Edvard Grieg entend alors Ă  l'improviste Gjendine chanter une chanson populaire, ce qui le marque profondĂ©ment[J 35]. Edvard revient rĂ©guliĂšrement visiter Gjendine dans les annĂ©es qui suivent, et ses chansons inspirent fortement le compositeur, et il la nomme explicitement dans son opus 66 de la collection Norske Folkeviser appelĂ© Gjendines BĂ„dnlĂ„t (« la berceuse de Gjendine »)[J 35].

Plus récemment, le massif est le cadre du film d'horreur norvégien Cold Prey (en VO : Fritt Vilt) réalisé par Roar Uthaug et sorti en 2006[64].

Notes et références

  • (no) Leif Ryvarden, Jotunheimen : naturen, opplevelsene, historien, Cappelen Damm, (ISBN 978-82-02-34716-1)
  1. p. 34
  2. p. 251-275
  3. p. 231-248
  4. p. 207
  5. p. 190
  6. p. 90
  7. p. 92
  8. p. 87-89
  9. p. 68
  10. p. 70
  11. p. 11
  12. p. 95-96
  13. p. 98
  14. p. 59
  15. p. 66-67
  16. p. 74-76
  17. p. 118-119
  18. p. 122
  19. p. 128-129
  20. p. 137
  21. p. 147-149
  22. p. 150-152
  23. p. 154-156
  24. p. 159-163
  25. p. 166-171
  26. p. 17
  27. p. 18-19
  28. p. 20-27
  29. p. 45
  30. p. 47
  31. p. 10-11
  32. p. 175-176
  33. p. 7
  34. p. 30-32
  35. p. 36-38
  • (no) Tom Dybwad et Harald KlĂŠbo, Forvaltningsplan for Jotunheimen nasjonalpark og Utladalen landskapsvernomrĂ„de, (ISBN 978-82-91031-93-4, lire en ligne)
  1. p. 14
  2. p. 33-35
  3. p. 15
  4. p. 21
  5. p. 16
  6. p. 17
  7. p. 18
  8. p. 19
  9. p. 7
  10. p. 52-54
  11. p. 78-79
  12. p. 10
  13. p. 88
  14. p. 20
  15. p. 59
  • Autres
  1. (en) Ivar B. Ramberg, Inge Bryhni, Arvid NĂžttvedt et Kristin Rangnes, The Making of a Land : Geology of Norway, Trondheim, Norsk Geologisk Forening, (ISBN 978-82-92394-42-7)
  2. (no) « Jotunheimen », sur Store norske leksikon (consulté le )
  3. (no) Trondhjems Turistforening Årbok 2005, (lire en ligne), p. 132-135
  4. (no) « Skarvheimen », sur Store norske leksikon (consulté le )
  5. (no) « Langsua (Huldreheimen) », sur UT.no (consulté le )
  6. (no) « Jotunheimen », sur UT.no (consulté le )
  7. (no) « Årdalsvatnet », sur Store norske leksikon (consultĂ© le )
  8. (no) « Tessa », sur Store norske leksikon (consulté le )
  9. (en) « All Mountains by Height », sur Scandinavian mountains (consulté le )
  10. (en) « SmÞrstabb Massif », sur Scandinavian mountains (consulté le )
  11. (en) « Memuru Veo Massif », sur Scandinavian mountains (consulté le )
  12. (en) « Glittertind Massif », sur Scandinavian mountains (consulté le )
  13. (no) « Gjendealpene », sur Store norske leksikon (consulté le )
  14. « Météo et Climat à Jotunheimen National Park en NorvÚge », sur Le planificateur à contresens (consulté le )
  15. (en) Matti SeppÀlÀ, The physical geography of Fennoscandia, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0-19-924590-8)
  16. (de) Lorenz King, « Permafrost in Skandinavien - Untersuchungsergebnisse aus Lappland, Jotunheimen und Dovre/Rondane », Heidelberger Geographische Arbeiten, vol. 76,‎ , p. 1-174 (ISBN 3-88570-076-X)
  17. (en) Charles Harris, Wilfried Haeberli, Daniel Vonder MĂŒhll et Lorenz King, « Permafrost Monitoring in the High Mountains of Europe: the PACE Project in its Global Context », Permafrost and Periglacial Processes, vol. 12, no 1,‎ , p. 3-11 (DOI 10.1002/ppp.377)
  18. Lorenz King, « Les limites infĂ©rieures du pergĂ©lisol alpin en Scandinavie - recherches en terrain et prĂ©sentation cartographique », Studia geomorphologica carpatho-balcanica, vol. XX,‎ , p. 59-70
  19. (en) Lorenz King, « High Mountain Permafrost in Scandinavia », Permafrost: Fourth International Conference, Proceedings,‎ , p. 612-617
  20. (no) « Temperaturnormaler normalperiode 1961-1990 », sur Institut météorologique norvégien, .
  21. (no) « NedbÞrnormaler normalperiode 1961-1990 », sur Institut météorologique norvégien,
  22. (en) Liss M. Andreassen et Solveig H. Winsvold, Inventory of Norwegian Glaciers, (ISBN 978-82-410-0826-9, lire en ligne)
  23. (en) « Breheimen Nasjonalpark », sur Jotunheimen national park (consulté le )
  24. (en) L. M. Andreassen, F. Paul, A. KÀÀb et J. E. Hausberg, « Landsat-derived glacier inventory for Jotunheimen, Norway, and deduced glacier changes since the 1930s », The Cryosphere,‎ , p. 131-145 (lire en ligne)
  25. (en) Atle Nesje, Jostein Bakke, Svein Olaf Dahl, Øyvind Lie et John A. Matthews, « Norwegian mountain glaciers in the past, present and future », Global and Planetary Change, vol. 60,‎ , p. 10-27 (lire en ligne)
  26. (en) C. Roffeis et F. Corfu, « Caledonian nappes of southern Norway and their correlation with Sveconorwegian basement domains », New Perspectives on the Caledonides of Scandinavia and Related Areas,‎ , p. 193–221
  27. (en) M. H. Battey et W. D. McRitchie, « The Petrology of the Pyroxene-Granulite Facies rocks of Jotunheimen, Norway », Norsk Geologisk Tidsskrift, vol. 55,‎ , p. 1-49 (lire en ligne)
  28. (no) Skolelaboratoriet for biologi, Universitetet i Oslo, HĂžyfjellsĂžkologi, (lire en ligne)
  29. (no) « Pilspisser fra steinalderen smelter fram fra isen i Jotunheimen », Forskning.no,‎ (lire en ligne)
  30. (no) « Klimautviklingen de siste 10 000 Ärene », sur Klimapark 2469,
  31. (no) « En bronsealdersko fra Jotunheimen », sur Norges Historie (consulté le )
  32. (no) « GaldhÞpiggen », sur Top of Norway (consulté le )
  33. (no) « William Cecil Slingsby », sur Store norske leksikon (consulté le )
  34. (no) « nasjonalparker i Norge », sur Store norske leksikon (consulté le )
  35. (no) « Supplerende vern - innspill som berÞrer store verneomrÄder », sur Sel kommune,
  36. (no) « Vetti - heilskapleg kulturlandskap », sur Jotunheimen og Utladalen - nasjonalparkstyre (consulté le )
  37. (no) « Jotunheimen - kraftutbygging », sur Store norske leksikon (consulté le )
  38. (no) « Sjoa », sur Store norske leksikon (consulté le )
  39. (no) « Stuttgongfossen », sur Norges vassdrags- og energidirektorat (consulté le )
  40. (no) « SmÄdÞla », sur Eidefoss Vannkraft (consulté le )
  41. (no) « Øvre Tessa », sur Eidefoss Vannkraft (consulté le )
  42. (no) « Midtre Tessa », sur Eidefoss Vannkraft (consulté le )
  43. (no) « Tyin », sur Norges vassdrags- og energidirektorat (consulté le )
  44. (no) « Holsbru », sur Norges vassdrags- og energidirektorat (consulté le )
  45. (no) « Skagen », sur Norges vassdrags- og energidirektorat (consulté le )
  46. (no) « Herva », sur Norges vassdrags- og energidirektorat (consulté le )
  47. (en) « SmÄdalsvatni in Norway », sur Protected planet (consulté le )
  48. (en) « Baklie in Norway », sur Protected planet (consulté le )
  49. (en) « The wild reindeers areas in Norway », sur Vill rein (consulté le )
  50. (en) « Wild reindeer in 2030 », sur Vill rein (consulté le )
  51. (no) « Topp Ä oppleve i Jotunheimen », sur Association norvégienne de randonnée (consulté le )
  52. (no) Marit Vorkinn, Bruk og brukere i Jotunheimen 1992, 2002 og 2010, Comté d'Oppland, (ISBN 978-82-93078-14-2, lire en ligne)
  53. « Routes panoramiques de NorvÚge », sur Visit Norway (consulté le )
  54. (no) « Juvasshytta - Mountain Lodge by GaldhÞpiggen », sur Visit Norway (consulté le )
  55. « Galdhopiggen, via Juvasshytta », sur Ski tour (consulté le )
  56. (en) « Juvasshytta », sur Dangerous roads (consulté le )
  57. (en) « Jotunheimen AREA », sur Summitpost (consulté le )
  58. (en) « Climbing and hiking in Jotunheimen », sur Visit Norway (consulté le )
  59. (en) « Skitouring », sur Visit Jotunheimen (consulté le )
  60. (en) « LemonsjÞ Ski Resort », sur Visit Norway (consulté le )
  61. (en) « Juvass - GaldhÞpiggen Summer Skiing Center », sur Visit Norway (consulté le )
  62. (en) Odd Inge Vistad, Line Camilla Wold, Karoline Daugstad et Jan Vidar Haukeland, « Mimisbrunnr Climate Park – a network for heritage learning, tourism development, and climate consciousness », Journal of Heritage Tourism, vol. 11,‎ , p. 43-57 (lire en ligne)
  63. (no) « De viste vei til jotunheimen », sur Historisk vandrerute Jotunheimen (consulté le )
  64. « Cold Prey », sur Allociné (consulté le )

Annexes

Bibliographie

  • (no) Frank Ivar Hansen, Turguide Jotunheimen : toppturer, breturer, hytte-til-hytte-turer, familievennlige turer, Bergen, Vigmostad & BjĂžrke, (ISBN 9788241909146)
  • (no) Helge J. Standal et Jon Hagen, Fotturer i Jotunheimen, Volda, Iriss Forlag, (ISBN 978-82-992081-5-4)
  • (no) Leif Ryvarden, Jotunheimen : naturen, opplevelsene, historien, Cappelen Damm, (ISBN 978-82-02-34716-1)
  • (no) Jan Aasgaard, Jotunheimen : gjennom historien, Dreyers Forlag, (ISBN 978-82-8265-141-7)
  • (no) Espen Finstad, Jotunheimen : historien, maten, turene, Gyldendal, (ISBN 978-82-05-40889-0)

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplĂ©mentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimĂ©dias.