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Charlotte de Belgique

Charlotte de Belgique, née au chùteau de Laeken (Belgique) le et morte le au chùteau de Bouchout à Meise (Belgique), est une princesse de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha et duchesse en Saxe. Elle est l'unique fille de Léopold Ier, roi des Belges, et de la reine Louise d'Orléans. En qualité d'épouse de l'archiduc Maximilien d'Autriche, vice-roi de Lombardie-Vénétie puis empereur du Mexique, elle devient, en 1857, archiduchesse d'Autriche, puis, en 1864, impératrice du Mexique.

Charlotte de Belgique
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L'impératrice Charlotte.

Titre

Impératrice du Mexique

–
(3 ans, 2 mois et 9 jours)

Prédécesseur Ana María de Huarte y Muñiz (indirectement)
Successeur Abolition de l'empire

Signature

Signature de Charlotte de Belgique
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Charlotte demeure un peu plus de deux années au Mexique en tant qu'impératrice consort. Elle seconde son mari, qui la laisse gouverner lors de ses absences de Mexico. Lorsque l'empereur Napoléon III ordonne le retrait de l'aide militaire française destinée à appuyer le pouvoir impérial de Maximilien, la situation du couple impérial mexicain devient intenable. De sa propre initiative, Charlotte décide de se rendre personnellement en Europe afin de tenter une ultime démarche auprÚs de Paris et du Vatican.

Elle dĂ©barque en France en , mais essuie les refus successifs de l'empereur NapolĂ©on III et du pape Pie IX. À Rome, sa santĂ© mentale paraĂźt compromise au point qu'un mĂ©decin aliĂ©niste prĂ©conise le confinement de Charlotte dans sa propriĂ©tĂ© de Miramare. C'est au cours de son sĂ©jour en rĂ©sidence surveillĂ©e que l'empereur Maximilien est fusillĂ© au Mexique en . Ignorant qu'elle est veuve, Charlotte est ramenĂ©e en Belgique. Elle y demeure prĂšs de soixante ans dans un Ă©tat psychique dĂ©lĂ©tĂšre, donnant lieu depuis lors Ă  de nombreuses spĂ©culations, avant de mourir en 1927.

Biographie

PremiÚres années

Huile sur toile représentant Charlotte en robe de satin clair.
Charlotte de Belgique par Franz Xaver Winterhalter en 1842.

Marie Charlotte Amélie Auguste Victoire Clémentine Léopoldine de Saxe-Cobourg et Gotha, plus connue sous le nom de Charlotte de Belgique, est la fille du roi des Belges Léopold Ier et de la reine Louise d'Orléans. Son prénom rend hommage à la défunte princesse de Galles, premiÚre épouse de son pÚre. Elle est le quatriÚme et dernier enfant et la seule fille du couple, aprÚs Louis-Philippe (mort à moins d'un an en 1834), Léopold (né en 1835) et Philippe (né en 1837)[1]. La derniÚre grossesse de la reine est difficile au point que l'on craint en avril une fausse couche, mais le à une heure du matin, Charlotte naßt en bonne santé[K 1]. Initialement déçu par la naissance d'une fille, qui n'est pas dynaste en Belgique à cette époque, le roi est peu à peu charmé par sa fille[2] qui devient sa favorite[B 1]. Petite-fille par sa mÚre du roi des Français Louis-Philippe Ier et cousine de la reine Victoria, Charlotte effectue des séjours réguliers à Ostende en été et passe de longues vacances chez ses grands-parents maternels dans les résidences royales françaises[B 2] et chez sa cousine à Windsor[K 2].

LĂ©opold Ier et sa famille : de gauche Ă  droite le futur LĂ©opold II et son pĂšre en uniforme militaire, Charlotte, Louise en robe de cour et Philippe en uniforme militaire.
LĂ©opold Ier et sa famille par Charles Baugniet vers 1850.

À la mort de sa mĂšre, le [B 3], Charlotte n'a que 10 ans. La petite fille turbulente et expansive devient rapidement une adolescente pensive et introvertie. La dĂ©funte reine Louise supervisait personnellement l'Ă©ducation et l'instruction des enfants royaux. Respectant les souhaits de la dĂ©funte, le roi dĂ©signe la comtesse Denise d'Hulst, une aristocrate française, pour veiller particuliĂšrement sur Charlotte, dont elle devient la gouvernante[B 4]. Fuyant Laeken dĂšs qu'il le peut, le roi LĂ©opold est peu prĂ©sent auprĂšs de ses enfants, qui en pĂątissent[B 5]. TrĂšs tĂŽt, Charlotte est Ă  mĂȘme de s'exprimer Ă  l'oral et Ă  l'Ă©crit en français, anglais et allemand. Son instruction religieuse est confiĂ©e au pĂšre Victor-Auguste Dechamps, plus tard cardinal et archevĂȘque de Malines et donc primat de Belgique. La religion tient une place majeure dans la vie de la princesse[3].

Le roi LĂ©opold exige que ses enfants effectuent de frĂ©quents examens de conscience, estimant que les tĂȘtes couronnĂ©es doivent possĂ©der une grande force de caractĂšre. AprĂšs le retour de madame d'Hulst en France, c'est la comtesse Marie-Auguste de BovĂ©e, sa nouvelle gouvernante, qui Ă©duque Charlotte, l'engageant Ă  lire et mĂ©diter quotidiennement L'Imitation de JĂ©sus-Christ[K 3]. À 13 ans, son auteur favori est Plutarque, tandis qu'elle juge Ovide puĂ©ril. TrĂšs tĂŽt, elle est persuadĂ©e que les princes devront rendre davantage de comptes Ă  Dieu que le reste de l'humanitĂ©[K 4]. Sa manie d'apprendre lui rend la sociĂ©tĂ© insipide, Ă©crit-elle Ă  15 ans. À cet Ăąge, elle est considĂ©rĂ©e comme une beautĂ© distante, consciente de sa dignitĂ© et cherchant Ă  atteindre une inaccessible perfection morale[K 5]. Elle a tendance Ă  juger sĂ©vĂšrement son entourage et s'entend davantage avec son frĂšre Philippe qu'avec LĂ©opold[B 6].

Union avec Maximilien de Habsbourg-Lorraine

Photographie représentant Charlotte en robe à crinoline au bras de Maximilien en habit civil
La princesse Charlotte et son fiancé l'archiduc Maximilien photographiés par Louis-Joseph Ghémar (1857).

En 1856, alors que Charlotte s'apprĂȘte Ă  fĂȘter ses seize ans, deux prĂ©tendants sollicitent sa main : le prince Georges de Saxe — rapidement Ă©vincĂ© — et le roi Pierre V de Portugal. Ce dernier est le candidat favori de la reine Victoria et aussi du roi LĂ©opold[B 7]. Par choix personnel, et sous l'influence de madame d'Hulst affirmant qu'Ă  la cour portugaise aucun prĂȘtre ne la comprendra, Charlotte dĂ©cline l'offre de mariage avec le roi Pierre V[B 8]. Elle explique : « Quant Ă  Pedro, c'est un trĂŽne, il est vrai, je serais Reine et MajestĂ© mais qu'est-ce que cela, les couronnes de nos jours sont de lourds fardeaux et comme on regrette plus tard d'avoir cĂ©dĂ© Ă  de si folles considĂ©rations[P 1]. »

Au mois de , la princesse rencontre à Bruxelles l'archiduc Maximilien d'Autriche, frÚre cadet de l'empereur François-Joseph. Elle est immédiatement charmée par ce prince de huit ans son aßné[B 8] : ce sera lui qu'elle épousera[1]. Son pÚre lui laisse d'ailleurs le choix de son futur époux ; comme elle en témoigne dans une lettre adressée à sa grand-mÚre Marie-Amélie : « il m'a écrit la lettre la plus impartiale, me mettant sous les yeux les avantages de l'un et de l'autre sans vouloir en rien m'influencer[P 1] ». Quant au roi Léopold, il écrit à son futur gendre : « Vous avez conquis en mai [...] toute ma confiance et ma bienveillance. J'ai aussi remarqué que ma fillette partageait ces dispositions ; cependant il était de mon devoir de procéder avec précaution[P 2] ». Charlotte déclare : « si comme il est en question l'Archiduc était investi de la vice-royauté d'Italie, ce serait charmant, c'est tout ce que je désire[P 2] ». Les fiançailles sont conclues le [DC 1].

Charlotte est littĂ©ralement exaltĂ©e par la perspective de son mariage avec Maximilien[V 1]. Elle ne tarit pas d'Ă©loges sur son fiancĂ©, auquel elle imagine un destin d'exception[B 8]. Elle ignore cependant qu'aprĂšs leur premiĂšre rencontre, Maximilien serait rentrĂ© Ă  Vienne sans mĂȘme mentionner Charlotte. S'il reste favorable Ă  la proposition de mariage belge, il ne manifeste pas d'enthousiasme et n'est pas amoureux[C 1]. Opportuniste, il nĂ©gocie Ăąprement la dot de sa promise[V 1]. Jusqu'ici, Maximilien, prisant les arts, l'architecture flamboyante et les vastes domaines, ne peut donner corps Ă  ses projets, ni mener le train de vie qu'il souhaite. L'archiduc dit de sa fiancĂ©e : « Elle est petite, je suis grand, ce qui doit ĂȘtre. Elle est brune, je suis blond, ce qui est bien aussi. Elle est trĂšs intelligente, ce qui est un peu ennuyeux, mais sans doute en viendrai-je Ă  bout ». Le mariage est cĂ©lĂ©brĂ© le , au palais royal de Bruxelles[C 2]. Cette nouvelle alliance avec la Maison de Habsbourg-Lorraine conforte la lĂ©gitimitĂ© de la dynastie belge – encore rĂ©cente – au sein des maisons souveraines fiĂšres de leur anciennetĂ©.

Charlotte en Italie

Huile sur toile représentant un groupe d'aristocrates sur un débarcadÚre au pied duquel est arrimée une barque sur laquelle deux princes et un équipage de marins se tiennent debout
Visite de l'impĂ©ratrice Élisabeth au chĂąteau de Miramare en 1861. Charlotte de Belgique (en toilette rose) accueille Élisabeth pendant que Maximilien et son frĂšre l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche attendent Ă  bord par Cesare Dell'Acqua (1865).
Photographie en couleurs représentant le chùteau de Miramare de couleur claire et de style éclectique dominant la mer
Le chùteau de Miramare au début du XXIe siÚcle.

En , l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier nomme son frĂšre Maximilien vice-roi du royaume lombardo-vĂ©nitien. AprĂšs une courte halte Ă  Schönbrunn, oĂč ils rencontrent la famille impĂ©riale autrichienne, les jeunes mariĂ©s se rendent Ă  Miramare (que Charlotte dĂ©couvre), oĂč ils demeurent durant huit jours. Ils visitent ensuite Venise et VĂ©rone. Le , Charlotte et Maximilien font leur entrĂ©e solennelle Ă  Milan, oĂč ils sont chaleureusement accueillis. Certains journaux prĂ©tendent que leur entrĂ©e aurait Ă©tĂ© ridicule en raison de leurs voitures et de leurs livrĂ©es. LĂ©opold, duc de Brabant, Ă©crit au comte de Flandre : « Tous les valets portaient des hallebardes ! À Paris on a beaucoup parlĂ© de cela [...]. Si nous pĂ©chons ici par trop de simplicitĂ©, on leur reproche Ă  eux un luxe bouffon d'un autre temps et qui paraĂźt de nos jours trop dĂ©placĂ© »[K 6].

En Italie, le couple archiducal rĂ©side officiellement Ă  Milan, siĂšge du gouvernement de Lombardie-VĂ©nĂ©tie[DC 2]. Ils sĂ©journent tantĂŽt au Palais royal, tantĂŽt Ă  la villa de Monza au caractĂšre plus intime[DC 3]. En sa qualitĂ© de gouverneur, Maximilien est dotĂ© d'une cour importante comprenant chambellans et majordomes. Charlotte est entourĂ©e d'une grande-maĂźtresse, de dames d'honneur et d'une suite nombreuse. C'est cependant Ă  Venise que Charlotte se plaĂźt le mieux. Lors des fĂȘtes de PĂąques de 1858, Maximilien et elle descendent le Grand Canal Ă  bord d'une gondole d'apparat. Charlotte accomplit Ă©galement des visites aux institutions de charitĂ© et aux Ă©coles[K 7]. De fastueuses fĂȘtes et des bals sont donnĂ©s en l'honneur de la noblesse, mais les aristocrates y brillent par leur absence. En 1859, Charlotte acquiert l'Ăźle de Lokrum et son couvent en ruine. Elle fait procĂ©der rapidement Ă  la transformation de cette abbaye bĂ©nĂ©dictine en rĂ©sidence secondaire[K 8] - [N 1]. Sur le plan privĂ©, Maximilien dĂ©laisse rapidement son Ă©pouse, qui se plaint aprĂšs un an de mariage de sa solitude et de son ennui[V 2].

Le , Maximilien, jugé par le gouvernement de Vienne trop libéral dans les réformes qu'il souhaite entreprendre, trop indulgent à l'égard des rebelles italiens et trop dépensier[K 9], est contraint par son frÚre l'empereur d'Autriche de démissionner de sa fonction de vice-roi de Lombardie-Vénétie[DC 3]. Charlotte et Maximilien se retirent dÚs lors au chùteau de Miramare à l'une des extrémités du golfe de Trieste[DC 4]. La construction du chùteau se termine en 1860 selon les plans de Maximilien et grùce à la dot de Charlotte. Son frÚre, le futur Léopold II, ne manque pas de noter dans son journal : « La construction de ce palais par les temps qui courent est une folie sans borne »[5]. Lors de cet exil doré mais forcé à Miramare, Charlotte brosse un portrait idyllique de cette retraite au cours de laquelle l'éloignement des époux devient de plus en plus marqué. Pour tromper son ennui, Charlotte pratique l'équitation, peint et nage. Quant à leur vie conjugale, elle est réduite à néant[V 3].

On aperçoit Charlotte et Maximilien, en uniforme d'amiral, Ă  la sortie de l'Ă©glise, oĂč les attend le marĂ©chal O'Donnell, chef de l'armĂ©e espagnole, et son Ă©tat-major.
Visite de Maximilien et Charlotte Ă  TĂ©touan en . Gravure de Gustave Janet.

Entretemps, Maximilien et Charlotte entreprennent un voyage Ă  bord du yacht Fantasia, qui les mĂšne jusqu'Ă  MadĂšre en , sur les lieux oĂč la princesse Marie-AmĂ©lie du BrĂ©sil, jadis fiancĂ©e Ă  Maximilien, est morte six ans auparavant[6]. LĂ , Maximilien est en proie Ă  d'intenses regrets mĂ©lancoliques[7]. Souffrante, Charlotte reste seule Ă  Funchal durant trois mois, tandis que son Ă©poux poursuit seul son pĂšlerinage sur les traces de sa dĂ©funte fiancĂ©e jusqu'au BrĂ©sil oĂč il visite trois Ă©tats : d'abord Bahia, puis Rio de Janeiro et enfin EspĂ­rito Santo[7]. Au retour de son pĂ©riple, Maximilien revient par Funchal, oĂč Charlotte et lui s'apprĂȘtent Ă  rentrer en Europe, non sans avoir fait une escale Ă  TĂ©touan, oĂč ils accostent le [8].

Le , parvient Ă  Miramare une dĂ©lĂ©gation de notables mexicains qui offrent officiellement Ă  l'archiduc la couronne de leur pays. En rĂ©alitĂ©, les nĂ©gociations Ă  ce sujet sont en cours depuis plus de deux ans : NapolĂ©on III rĂȘve de crĂ©er un empire latin et catholique qui limiterait l'influence des États-Unis d'AmĂ©rique alors en proie Ă  la guerre de SĂ©cession. L'empereur des Français promet de soutenir militairement Maximilien si celui-ci accepte de partir pour le Mexique. Toutefois, l'archiduc hĂ©site et tarde Ă  accepter de tenter l'aventure. Il subordonne son assentiment Ă  la ratification par le peuple mexicain du choix des notables et exige des garanties pour assurer le pays contre les dangers qui menacent son indĂ©pendance et son intĂ©gritĂ©. Quant Ă  Charlotte, elle estime que la rĂ©ception de la couronne mexicaine constitue une mission visant Ă  ramener l'ordre et la civilisation sous la banniĂšre des Habsbourg, qui rĂ©gneraient de nouveau sur un empire oĂč le soleil ne se couche jamais[V 4].

Le départ pour le Mexique

Un navire à trois mùts entouré d'autres embarcations navigue sur les eaux de Venise
La frĂ©gate SMS Novara par Josef PĂŒttner - (Venise aprĂšs 1862).

Le dans la salle du trĂŽne de Miramare, Maximilien devient officiellement empereur du Mexique. Il affirme que les vƓux du peuple mexicain lui permettent de se considĂ©rer comme l'Ă©lu lĂ©gitime du peuple. En rĂ©alitĂ©, Maximilien a Ă©tĂ© trompĂ© par quelques conservateurs mexicains qui l'assurent fallacieusement d'un appui populaire massif. Pour tout document justificatif, la dĂ©putation mexicaine produit les actes d'adhĂ©sion sur lesquels on s'est contentĂ© d'Ă©crire en marge le chiffre de la population de la localitĂ© Ă  laquelle chacun des dĂ©lĂ©guĂ©s appartient, comme si tous les habitants s'Ă©taient rendus aux urnes[C 3]. Maximilien leur dĂ©clare qu'il « accepte la couronne des mains de la nation mexicaine » et jure « d'assurer par tous les moyens le bien-ĂȘtre, la prospĂ©ritĂ©, l'indĂ©pendance et l'intĂ©gritĂ© de cette nation »[C 4].

Maximilien et Charlotte ont une conversation avec le pape. Charlotte porte une robe noire et une mantille d'Ă©tiquette sur la tĂȘte, tandis que Maximilien est en uniforme.
Audience de Maximilien et Charlotte auprĂšs du pape Pie IX le 19 avril 1864 - gravure d'aprĂšs Ferdinand Laufberger.

Ce mĂȘme , un dĂźner officiel est prĂ©vu Ă  Miramare dans le grand salon aux Mouettes. Au bord de la dĂ©pression nerveuse, Maximilien se retire dans ses appartements, oĂč il est examinĂ© par le docteur August von Jilek ; ce dernier le trouve prostrĂ© et si accablĂ© qu'il lui propose de se reposer au pavillon du Gartenhaus. Charlotte prĂ©side donc seule le banquet. Le dĂ©part pour le Mexique est fixĂ© au . À bord de la frĂ©gate autrichienne SMS Novara, escortĂ©e par la frĂ©gate française ThĂ©mis, Maximilien se montre plus serein. Charlotte et lui font escale Ă  Rome afin d'y recevoir la bĂ©nĂ©diction du pape Pie IX. Le , lors de l'audience pontificale, chacun Ă©vite d'Ă©voquer directement la spoliation des biens du clergĂ© par les rĂ©publicains mexicains, mais le pape ne peut s'empĂȘcher de souligner que Maximilien devra respecter les droits de ses peuples et ceux de l'Église[C 5].

Durant la longue traversĂ©e, Maximilien et Charlotte Ă©voquent peu les difficultĂ©s diplomatiques et politiques auxquelles ils seront bientĂŽt confrontĂ©s, mais ils conçoivent dans ses moindres dĂ©tails l'Ă©tiquette de leur future cour. Ils commencent Ă  rĂ©diger un manuscrit de six-cents pages relatif au cĂ©rĂ©monial, Ă©tudiĂ© dans ses aspects les plus minutieux. La Novara fait escale Ă  MadĂšre et en JamaĂŻque. Les voyageurs essuient de lourds orages avant une derniĂšre escale en Martinique. En vue de Veracruz, Charlotte Ă©crit Ă  sa grand-mĂšre : « Nous allons toucher dans quelques heures le sol de notre nouvelle patrie... Je suis ravie des Tropiques et je ne rĂȘve que de papillons et de colibris [...] Je n'aurais jamais cru que en ce qui regarde les rĂ©gions oĂč nous allons vivre, mes souhaits fussent aussi complĂštement comblĂ©s. »[C 6].

Le rĂšgne

Portrait en pied, peinture Ă  l'huile reprĂ©sentant Charlotte en robe de cour de couleur blanche , elle porte une couronne sur un voile qui descend jusqu'Ă  la taille, dans sa main elle tient un Ă©ventail. À l'arriĂšre-plan, de lourdes draperies rouges masquent un paysage arborĂ©
Portrait de l'impératrice Charlotte par Albert Graefle (1865).
Photographie en couleurs représentant une imposante bùtisse grise surplombant une colline arborée
Le chùteau de Chapultepec au début du XXIe siÚcle.

Maximilien et Charlotte font leur entrĂ©e solennelle Ă  Mexico, le [C 7]. Au palais national de Mexico, dont l'Ă©tat requiert d'importants travaux, ils prĂ©fĂšrent le chĂąteau de Chapultepec comme rĂ©sidence[C 8]. Ils jouissent aussi en Ă©tĂ© du palais des CortĂ©s Ă  Cuernavaca. Maximilien et Charlotte commencent leur rĂšgne animĂ©s par une gĂ©nĂ©reuse confiance. Peu aprĂšs leur arrivĂ©e au Mexique, ils entreprennent d'onĂ©reux amĂ©nagements dans leurs diverses propriĂ©tĂ©s et aux alentours, alors que la situation du TrĂ©sor est catastrophique[C 9]. Charlotte prise beaucoup les diverses fĂȘtes, parades militaires, bals et reprĂ©sentations thĂ©Ăątrales[C 10].

En dĂ©pit des descriptions idylliques que Maximilien et Charlotte adressent Ă  leurs proches en Europe[C 11], il ne leur faut guĂšre de temps pour mesurer l'insĂ©curitĂ© et le dĂ©sordre qui rĂšgnent dans leur empire. Leurs rĂ©sidences sont perpĂ©tuellement surveillĂ©es par une importante garde armĂ©e destinĂ©e Ă  repousser des bandes rebelles qui se risquent jusqu'aux abords des palais[K 10]. L'intervention française, soutenue par des contingents belges et espagnols, succĂšde Ă  une longue guerre civile qui a tout dĂ©sorganisĂ©[C 12]. Les quelque 30 000 Ă  40 000 soldats du corps expĂ©ditionnaire français, dirigĂ©s par le marĂ©chal Bazaine, doivent contrer de multiples escarmouches menĂ©es par les guĂ©rilleros sur un territoire grand comme quatre fois la France[C 13].

Il apparaßt clairement que seule une minorité conservatrice du peuple mexicain a réellement fait appel aux puissances étrangÚres. L'empereur tente en vain une conciliation entre les partis libéraux et conservateurs[K 11]. Il décide de mener une politique libérale, mais il s'aliÚne les conservateurs et le clergé en approuvant la sécularisation des biens ecclésiastiques au profit du domaine national[C 14]. Lorsqu'il s'absente de Mexico, parfois durant plusieurs mois, Maximilien laisse Charlotte gouverner : elle préside le conseil des ministres et donne, au nom de son mari, une audience publique les dimanches[C 15]. La popularité des souverains est déjà éteinte avant la premiÚre année de leur rÚgne[C 16].

Sans enfant issu de son mariage, Maximilien, Ă  la dĂ©sapprobation de Charlotte[C 17], dĂ©cide en d'adopter les deux petits-fils du prĂ©cĂ©dent empereur Augustin Ier du Mexique — AgustĂ­n de Iturbide y Green et Salvador de Iturbide y MarzĂĄn —, fondant ainsi la maison de Habsbourg-Iturbide. AgustĂ­n n'a que deux ans lors de son adoption et doit ĂȘtre, selon la volontĂ© de Maximilien, sĂ©parĂ© de sa mĂšre. Cette situation heurte Charlotte, obligĂ©e par son mari d'aller chercher elle-mĂȘme l'enfant chez ses parents. Quant Ă  l'opinion publique, elle est unanime contre Maximilien[C 18]. Afin que Charlotte ne puisse jamais contraindre son mari Ă  revenir sur sa dĂ©cision d'adoption des Iturbide, Maximilien demande la publication dans les journaux europĂ©ens du traitĂ© secret conclu entre les Iturbide et lui[C 19].

Un an aprĂšs l'arrivĂ©e de Maximilien et Charlotte, la situation au Mexique est toujours dĂ©lĂ©tĂšre et la pacification du pays est enrayĂ©e. Charlotte Ă©crit : « Comme un dĂ©sastre ne vient pas seul, l'intĂ©rieur continue Ă  ĂȘtre ravagĂ©. Des bandes sortent comme de dessous terre lĂ  oĂč il n'y en avait pas avant »[C 20]. La question du financement dĂ©tĂ©riore les rapports entre la France et le Mexique[C 16]. Les rĂ©publicains de l'ancien prĂ©sident mexicain Benito JuĂĄrez multiplient les coups de main et enrĂŽlent de nombreux Ă©lĂ©ments venus des États-Unis, oĂč la guerre de SĂ©cession a pris fin. La lĂ©gion belge, composĂ©e de 4 000 hommes, est sĂ©vĂšrement battue par les juĂĄristes Ă  la bataille de TacĂĄmbaro, le , mais elle remporte la victoire de la Loma le sous les ordres du lieutenant-colonel — plus tard gĂ©nĂ©ral — Alfred van der Smissen[9].

Face Ă  une situation aussi complexe qu'inextricable, Maximilien se rĂ©sout, sous la pression du marĂ©chal Bazaine et de l'armĂ©e française[10], Ă  adopter une rĂ©pression implacable Ă  l'encontre des rebelles. Il publie le « dĂ©cret noir » du qui, tout en promettant une amnistie aux dissidents qui se rendront, dĂ©clare en son premier article : « Tous les individus faisant partie de bandes ou de rassemblements armĂ©s existant sans autorisation lĂ©gale, qu'elles proclament ou non un prĂ©texte politique [...] seront jugĂ©s militairement par les cours martiales. S'ils sont dĂ©clarĂ©s coupables, lors mĂȘme que ce ne serait que du seul fait d'appartenir Ă  une bande armĂ©e, ils seront condamnĂ©s Ă  la peine capitale et la sentence sera exĂ©cutĂ©e dans les vingt-quatre heures[11]. » En vertu de ce dĂ©cret, plusieurs centaines[12] d'opposants sont sommairement exĂ©cutĂ©s[C 21].

Séjour au Yucatån et départ du Mexique

Photographie représentant sur fond de ciel bleu une pyramide de style maya derriÚre un temple rectangulaire et plat, le tout en pierre grise
Uxmal : Grande pyramide vue de la pyramide du Devin. Au premier plan la maison des tortues et Ă  droite le groupe du pigeonnier.

Quant Ă  Charlotte, elle effectue Ă  partir du une visite officielle de presque deux mois dans le YucatĂĄn. Sans Maximilien, mais accompagnĂ©e par une suite imposante, elle s'embarque sur le Tabasco, navire en piĂštre Ă©tat dont le tangage rend la traversĂ©e du golfe du Mexique trĂšs Ă©prouvante. Le YucatĂĄn, Ă©loignĂ© des tragiques Ă©vĂ©nements qui ensanglantent le reste du Mexique, rĂ©serve un accueil presque chaleureux Ă  l'impĂ©ratrice[C 22]. Ce voyage lui offre une succession de festivitĂ©s jusqu'Ă  son arrivĂ©e Ă  MĂ©rida, capitale de la province[K 12]. La voyageuse en profite ensuite pour s'arrĂȘter Ă  Uxmal, l'antique citĂ© maya dont elle admire les curiositĂ©s archĂ©ologiques[C 23]. Lorsqu'elle revoit Maximilien Ă  Cuernavaca la veille du jour de l'an 1866, il lui fait part des nouveaux projets lĂ©gislatifs qu'il a conçus. Charlotte et son mari demeurent quelques jours Ă  Cuernavaca, oĂč le matin du , elle apprend la nouvelle de la mort de son pĂšre le roi LĂ©opold presque quatre semaines auparavant[C 24]. Le , un nouveau deuil affecte Charlotte : sa grand-mĂšre maternelle, la reine Marie-AmĂ©lie, Ă  laquelle elle Ă©tait trĂšs attachĂ©e, meurt en Angleterre[B 9].

À partir de , NapolĂ©on III, poussĂ© par l'opinion publique française, hostile Ă  l'expĂ©dition mexicaine, dĂ©cide de commencer Ă  retirer les troupes qui devaient soutenir Maximilien au Mexique jusqu'en 1867[13]. À l'issue du retrait du corps expĂ©ditionnaire français, Maximilien ne disposera plus autour de lui que de l'appui de quelques soldats mexicains impĂ©rialistes auxquels se sont joints des Belges et des Autrichiens[C 25]. L'annonce du retrait français incite la lĂ©gation belge Ă  quitter le pays, elle aussi. Au printemps 1866, Charlotte prend l'initiative de tenter directement une ultime dĂ©marche auprĂšs de NapolĂ©on III afin qu'il revienne sur sa dĂ©cision d'abandonner la cause mexicaine. AnimĂ©e par ce dessein, Charlotte quitte le Mexique le [C 26].

Certains suspectent Charlotte d'ĂȘtre tombĂ©e enceinte peu avant ce voyage et qu'Alfred van der Smissen, aide de camp de l'impĂ©ratrice, serait l'amant de Charlotte et le pĂšre cachĂ© de son enfant, mais cette hypothĂšse Ă©mise Ă  la fin du XXe siĂšcle est infirmĂ©e depuis lors[14] - [N 3].

Retour en Europe

Charlotte photographiée en noir et blanc a l'air mélancolique, elle se tient debout, les mains posées sur le dossier d'un fauteuil capitonné
Photographie de l'impératrice Charlotte en robe de deuil, par EugÚne Disdéri.

Le , l'impĂ©ratrice Charlotte dĂ©barque en Europe avec ses deux fils Ă  bord du paquebot ImpĂ©ratrice EugĂ©nie. Elle vient plaider la cause du Mexique Ă  Paris et Ă  Rome. Lorsqu'elle accoste Ă  Saint-Nazaire, aucune cĂ©rĂ©monie officielle de bienvenue n'est prĂ©vue. Alors qu'elle pensait ĂȘtre invitĂ©e Ă  rĂ©sider aux Tuileries, Charlotte doit descendre au Grand HĂŽtel Ă  Paris. Averti par Bazaine de l'arrivĂ©e de Charlotte en France, NapolĂ©on III tergiverse avant de la rencontrer. Il a interrompu sa cure Ă  Vichy pour soigner l'inflammation aiguĂ« de la prostate et de la vessie dont il souffre. À Saint-Cloud, il reçoit le tĂ©lĂ©gramme de Charlotte sollicitant une entrevue. Malade et alitĂ©, l'empereur ne souhaite pas voir Charlotte. Il envoie d'abord l'impĂ©ratrice EugĂ©nie au Grand HĂŽtel avant d'accepter de la recevoir le lendemain , au chĂąteau de Saint-Cloud[B 10].

Charlotte a minutieusement préparé sa plaidoirie sous forme d'un mémoire d'une vingtaine de pages. L'entrevue avec Napoléon III se solde par un échec complet : l'empereur, affirmant qu'il ne peut rien décider sans l'aval de ses ministres, refuse de négocier de nouvelles garanties financiÚres et militaires en faveur du Mexique. Deux jours plus tard, Charlotte revient à Saint-Cloud pour tenter d'infléchir de nouveau la décision de l'empereur. Une vive discussion éclate en présence de l'impératrice Eugénie, qui se laisse tomber dans un fauteuil en simulant un évanouissement. Le conseil des ministres du confirme la position de Napoléon III et s'oppose formellement à maintenir toute ingérence de la France au Mexique. Le , Napoléon III se rend personnellement au Grand HÎtel pour confirmer à Charlotte que la France n'agira plus au Mexique. Son refus est irrévocable[K 13].

ÉbranlĂ©e par le refus de NapolĂ©on III, Charlotte quitte la France pour se rendre dans son domaine de Miramare. Elle Ă©vite de passer par Bruxelles[N 4] et Vienne. La Belgique et l'Autriche s'Ă©tant dĂ©jĂ  retirĂ©es, Charlotte ne songe mĂȘme pas Ă  demander de l'aide Ă  sa famille ou Ă  sa belle-famille. En effet, bien que le dĂ©funt pĂšre de Charlotte, LĂ©opold Ier, ait Ă©tĂ© relativement rĂ©ticent Ă  l'aventure mexicaine[2], son fils, devenu LĂ©opold II, autrefois ardent partisan des ambitions de sa sƓur, ne peut plus ignorer l'hostilitĂ© des Belges envers un pays qui leur apporte souvent de mauvaises nouvelles. Charlotte est dĂ©sormais isolĂ©e et ne peut compter sur le soutien de quiconque en Europe[B 11].

AprĂšs un sĂ©jour d'un mois Ă  Trieste, Charlotte se met en route vers le Vatican, pour tenter de gagner le souverain pontife Ă  sa cause, mais le pape Pie IX n'a aucune raison de compromettre l'Église dans cette entreprise[18]. Le , Charlotte arrive Ă  Rome. Durant plusieurs jours, l'impĂ©ratrice va s'entretenir avec le souverain pontife. À Rome, Charlotte adopte un comportement Ă©trange. Elle revĂȘt des habits de deuil et affirme que tout le monde veut l'empoisonner. Elle demande Ă  ĂȘtre conduite Ă  la fontaine de Trevi pour s'y dĂ©saltĂ©rer car elle n'a pris aucune boisson les jours prĂ©cĂ©dents, craignant d'ĂȘtre empoisonnĂ©e. Elle refuse de regagner son hĂŽtel et prĂ©tend demeurer dans les appartements pontificaux[B 11]. Le pape la laisse manger une partie de son propre dĂźner et contrevient aux rĂšgles du Saint-SiĂšge en laissant Charlotte dormir[N 5] au Vatican[18].

DĂ©pĂȘchĂ© par le roi LĂ©opold II inquiet des nouvelles qu'il reçoit de Charlotte, son frĂšre Philippe, comte de Flandre arrive prestement Ă  Rome le [B 12]. Deux jours plus tard, il emmĂšne sa sƓur et les deux princes Ă  Miramare. L'impĂ©ratrice persiste dans ses idĂ©es fixes d'empoisonnement. Le comte de Flandre narre au roi LĂ©opold II les errements comportementaux de leur sƓur. AprĂšs avoir examinĂ© Charlotte, Josef Gottfried von Riedel, un mĂ©decin aliĂ©niste viennois, pose le diagnostic de « folie avec des idĂ©es fixes de persĂ©cution[K 14] », estimant que le climat mexicain l'a prĂ©disposĂ©e Ă  son Ă©tat, aggravĂ© par le refus qu'elle a essuyĂ© en France[B 11]. ArrivĂ©e Ă  Miramare, Charlotte est maintenant littĂ©ralement sĂ©questrĂ©e au pavillon du Gartenhaus de Miramare, que surveillent des agents de la sĂ»retĂ© autrichienne[DC 5].

Peinture à l'huile représentant Maximilien en tenue bleue portant un sombrero, entouré de deux autres hommes, fusillés par un peloton de six hommes, tandis qu'un autre soldat recharge son fusil et que derriÚre le mur observent une dizaine de spectateurs
L'ExĂ©cution de Maximilien, (reprĂ©sentation imaginaire) par Édouard Manet (1868).

Lorsque la nouvelle de l'exĂ©cution Ă  Santiago de QuerĂ©taro de Maximilien est connue, la famille royale belge interrompt sa visite Ă  Paris, oĂč elle s'Ă©tait rendue pour visiter l'Exposition universelle, et regagne Bruxelles au dĂ©but . Sa famille dĂ©cide de dissimuler Ă  Charlotte la mort de Maximilien [DC 6]. Le mari de Charlotte Ă©tant mort, un problĂšme d'autoritĂ© se pose. Charlotte acceptait jusqu'ici sa rĂ©clusion Ă  Miramare, alors en territoire autrichien, croyant que Maximilien exigeait ce confinement pour sa sĂ©curitĂ©. LĂ©opold II considĂšre qu'il n'y a aucune raison que Charlotte reste en Autriche. Cependant un autre Ă©cueil se dresse : aprĂšs l'arrestation de Maximilien le , son frĂšre François-Joseph lui a restituĂ© son rang dans la famille royale, persuadĂ© que personne n'oserait fusiller un archiduc. De fait, Charlotte est Ă  nouveau archiduchesse et dĂ©pend donc en principe du bon vouloir de sa belle-famille Habsbourg[DC 7].

En , le roi Léopold II mandate à Vienne la reine Marie-Henriette, accompagnée du baron Adrien Goffinet, homme de confiance du roi, afin de plaider auprÚs de la cour d'Autriche la libération de Charlotte et de la ramener en Belgique[DC 1]. Quand la reine Marie-Henriette arrive à Miramare le [DC 8], elle découvre Charlotte dans un état physique et psychique dramatique. Elle constate que depuis neuf mois Charlotte est en réalité prisonniÚre de la sécurité autrichienne. Marie-Henriette et Goffinet réussissent, aprÚs deux semaines de négociations, à soustraire Charlotte à ses gardiens et à la convaincre de revenir avec eux en Belgique[DC 9].

Retour et Ă©tablissement en Belgique

Gravure montrant les pompiers tentant d'Ă©teindre le feu avec des lances Ă  eau sous les regards d'une foule nombreuse
Incendie du Pavillon de Tervueren (gravure d'Auguste Trichon) (1879).
Gravure noir et blanc montrant un chùteau avec des tours d'angle rondes, entouré d'un étang.
Le chùteau de Bouchout, résidence de l'impératrice Charlotte (gravure de Charles Baude) (1880).
La princesse Charlotte abritée par une ombrelle de couleur claire est promenée en calÚche dans son domaine de Bouchout
La princesse Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique à Bouchout vers 1914.
Sous la neige s'avance le corbillard tiré par quatre chevaux caparaçonnés de deuil et escorté par des piqueurs
Les obsĂšques de Charlotte de Belgique Ă  Laeken, le .

ArrivĂ©e en Belgique, Charlotte rĂ©side jusqu'au prĂšs de Bruxelles, dans le pavillon construit dans le parc de Tervueren par Charles Vander Straeten pour Guillaume d'Orange[19], qui s'avĂšre insuffisamment meublĂ© et trop froid Ă  la mauvaise saison. Elle rejoint donc LĂ©opold II et Marie-Henriette au chĂąteau de Laeken, oĂč elle s'installe dans les anciens appartements de ses frĂšres[B 13]. Lorsque Charlotte apprend en l'exĂ©cution de son mari six mois auparavant, elle est moralement brisĂ©e[C 28]. Dans un ensemble de prĂšs de 400 lettres retrouvĂ©es en 1995 et principalement destinĂ©es Ă  un officier français rencontrĂ© au Mexique, Charles Loysel[V 5], elle se dĂ©clare « morte » Ă  la chute de l'empire du Mexique. Ces lettres par leur nombre et leur longueur (parfois jusqu'Ă  vingt pages) offrent Ă©galement le tĂ©moignage d'une vie quotidienne ponctuĂ©e par les crises de paranoĂŻa et les soins qui lui sont prodiguĂ©s[N 6].

Ses deux fils adoptifs sont revenus avec elle en Europe. L'aĂźnĂ© AgustĂ­n part Ă©tudier en Angleterre puis aux États-Unis. Le second, Salvador, reste en Europe[N 7]. En , Charlotte quitte Laeken pour regagner Tervueren, oĂč trente-sept personnes sont prĂ©posĂ©es Ă  son service, dont cinq laquais Ă  sa table[K 15]. Elle continue de vouer un culte passionnĂ© Ă  son dĂ©funt mari, collectionnant tout ce qui lui avait appartenu. AprĂšs l'incendie du pavillon de Tervueren — dont elle est paradoxalement ravie[C 29] — en , Charlotte rĂ©side dĂ©finitivement au chĂąteau de Bouchout Ă  Meise, non loin du chĂąteau de Laeken, que son frĂšre, le roi LĂ©opold II, acquiert pour elle[B 14].

Charlotte disparaĂźt complĂštement de la sphĂšre publique, protĂ©gĂ©e par les hautes grilles de son domaine, le long desquelles passent des gardes en livrĂ©e, le mousqueton sur l'Ă©paule. Elle ne reçoit que les visites de sa famille : principalement de ses belles-sƓurs la reine Marie-Henriette et la comtesse de Flandre. Le dimanche, un abbĂ© vient dire la messe au chĂąteau. Pour se distraire, elle se promĂšne, s'adonne Ă  la broderie, joue aux cartes et Ă©coute son gramophone depuis qu'elle a renoncĂ© Ă  jouer au piano. On ne lui annonce pas la mort de ses proches parents (LĂ©opold II en 1909 et sa belle-sƓur, la comtesse de Flandre, Ă©pouse de son frĂšre Philippe, en 1912), ni celle de ses serviteurs car elle ne pose jamais de questions Ă  leur sujet[K 16].

Sa dame d'honneur, HĂ©lĂšne, comtesse de Reinach-Foussemagne, raconte au sujet de Charlotte : « La plupart du temps, la malheureuse s'absorbait en de longs silences, ou au contraire en des discussions passionnĂ©es en français, anglais, allemand, italien, espagnol, avec d'imaginaires interlocuteurs, discussions trop incohĂ©rentes, trop dĂ©cousues pour qu'on puisse deviner quelles pensĂ©es occupaient ce cerveau. [...] Dans ses soliloques passent de temps en temps, bien rarement, des phrases, des interjections qui prouvent que parfois sa pensĂ©e obscurcie revient sur ces lamentables souvenirs : « Monsieur, on vous a dit qu'on avait eu un Ă©poux ; un Ă©poux, Monsieur, et puis la folie ! La folie est faite des Ă©vĂ©nements ! S'il avait Ă©tĂ© aidĂ© par NapolĂ©on[21] !
 » » Pour leur part, la princesse Marie-JosĂ© et le prince Charles Ă©voquent les visites Ă  leur grand-tante, se rappelant une dame ĂągĂ©e tenant des propos confus [K 17]. Les pĂ©riodes de luciditĂ© se font plus rares au fil du temps. À Bouchout, les crises de monomanie destructrices oĂč elle laisse libre cours Ă  de vĂ©ritables explosions de colĂšre (elle dĂ©truit de la vaisselle, des vases en cristal, s'acharne sur une camĂ©riste, lacĂšre des tableaux ou dĂ©chire des livres) alternent avec des pĂ©riodes calmes oĂč elle vaque sereinement Ă  des occupations simples[K 18].

Pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, la Belgique est envahie et seul subsiste un « lambeau de terre », La Panne, sur lequel le roi Albert Ier, neveu de Charlotte, s'installe jusqu'Ă  l'armistice. Charlotte ne voit pas sa famille pendant ces annĂ©es de guerre. En dĂ©pit du conflit, sa qualitĂ© d'archiduchesse d'Autriche la mettant Ă  l'abri de l'occupant, son mode de vie ne change aucunement. Le pavillon autrichien flotte sur le toit du chĂąteau de Bouchout. En , un officier allemand s'Ă©tant enquis de la raison de la prĂ©sence des couleurs autrichiennes sur une propriĂ©tĂ© en Belgique occupĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Moritz von Bissing, Ă  la tĂȘte du Gouvernement gĂ©nĂ©ral impĂ©rial allemand de Belgique, fait apposer aux grilles du chĂąteau une pancarte : « Cette habitation, propriĂ©tĂ© de la couronne de Belgique, est occupĂ©e par Sa MajestĂ© l'impĂ©ratrice du Mexique, archiduchesse Maximilien d'Autriche, belle-sƓur de l'empereur François-Joseph, notre illustre alliĂ©. J'ordonne aux soldats allemands passant par ici de ne pas sonner et de laisser la place intacte[22]. »

AlitĂ©e durant quelques jours en raison de la grippe, Charlotte meurt paisiblement Ă  Bouchout, le , Ă  l'Ăąge de 86 ans[1]. Le , sous une neige abondante, son cercueil Ă©tant portĂ© par six anciens lĂ©gionnaires belges survivants de l'expĂ©dition du Mexique, elle est inhumĂ©e dans la crypte royale Ă  l'Ă©glise Notre-Dame de Laeken[C 30] en prĂ©sence du roi Albert Ier et de ses fils LĂ©opold et Charles. Le , un service funĂšbre est cĂ©lĂ©brĂ© en l'Ă©glise de Meise en prĂ©sence cette fois de l'ensemble de la famille royale : le roi Albert Ier, la reine, leurs deux fils, la princesse Marie-JosĂ©, la duchesse de Brabant, le prince et la princesse NapolĂ©on, ainsi que la princesse ClĂ©mentine[21]. Une grande partie de sa fortune est gĂ©rĂ©e par le roi LĂ©opold II, et sera utilisĂ©e pour financer l'entreprise coloniale du Congo[23].

Depuis 1902, Charlotte hébergeait dans son domaine de Bouchout le peintre Edwin Ganz, spécialiste de la représentation de chevaux et proche de la famille royale[24], en particulier de la princesse Clémentine[25]. AprÚs la mort de Charlotte, l'artiste continue à occuper les dépendances du chùteau jusqu'à sa mort en 1948[26].

En 1938, l'État belge achĂšte le domaine de Bouchout en vue d'y implanter le Jardin botanique national de Belgique, trop Ă  l'Ă©troit sur son site bruxellois, le Palais des Plantes, nouveau complexe de serres, est inaugurĂ© 20 ans plus tard[27]. Ce jardin prend le nom de Jardin botanique de Meise en 2014 ; l'intĂ©rieur du chĂąteau a Ă©tĂ© rĂ©amĂ©nagĂ© Ă  partir de 1980 en salles de rĂ©unions et de confĂ©rences, pour accueillir congrĂšs, expositions et autres Ă©vĂ©nements festifs[28].

Opinions au sujet de la maladie de l'impératrice

Photographie en couleurs représentant un chùteau de pierres claires entouré d'un étang et de pelouses avec une vingtaine de bernaches du Canada.
Le chùteau de Bouchout au début du XXIe siÚcle.

La nature de la pathologie mentale de Charlotte, psychose, paranoĂŻa, monomanie..., extrĂȘmement difficile Ă  dĂ©terminer avec certitude a posteriori, a donnĂ© lieu Ă  plusieurs hypothĂšses.

Plusieurs auteurs avancent une origine causĂ©e par une intoxication. Cette hypothĂšse est notamment Ă©mise par Joan Haslip, qui rĂ©vĂšle qu'un des mĂ©decins de la cour mexicaine ajoutait du bromure dans le cafĂ© de Charlotte Ă  son insu[29]. Au Mexique, dĂšs , des bruits se rĂ©pandent que la folie de l'impĂ©ratrice est attribuĂ©e Ă  un poison qui lui aurait Ă©tĂ© versĂ© rĂ©guliĂšrement Ă  petites doses[30]. Les recherches de Roger Heim corroborent cette Ă©ventualitĂ©, Ă  savoir que Charlotte a pu ĂȘtre « peu Ă  peu intoxiquĂ©e alors qu'elle Ă©tait encore au Mexique, par l'introduction dans sa nourriture pendant un temps prolongĂ© d'une drogue psychotrope[31] - [32] ». Lorsqu'elle se rend en visite officielle au YucatĂĄn, Charlotte Ă©crit Ă  son mari le : « Le docteur est trĂšs gentil. Sans ses petits mĂ©dicaments bien appropriĂ©s, je serais probablement tombĂ©e malade et je n'aurais pas pu supporter tout ceci. À plusieurs reprises, il me semblait qu'il y avait du poison dans l'air[33]. »

D'autres auteurs, comme Laurence Van Ypersele, Émile Meurice, Dominique Paoli ou Coralie Vankerkhoven, s'appuyant d'une part sur la correspondance de Charlotte (au cours de la seule annĂ©e 1869, de fĂ©vrier Ă  juin, elle Ă©crit quelque 400 lettres et billets) et d'autre part sur les rapports rĂ©digĂ©s par les mĂ©decins qui l'ont examinĂ©e[N 8], privilĂ©gient l'Ă©tude de l'aspect psychologique de la pathologie de Charlotte[V 6], Ă©voquant des causes biographiques et personnelles pour expliquer la dĂ©mence de l'impĂ©ratrice : le deuil de sa mĂšre Ă  10 ans (la transformation radicale de son caractĂšre enjouĂ© et expansif vers l'introversion), son sens aigu du devoir, son idĂ©al religieux Ă©levĂ©, son mysticisme latent, son exaltation lors de ses fiançailles, son idĂ©alisation de Maximilien, l'absence de vie conjugale, les dĂ©senchantements et dĂ©sillusions en Italie, puis au Mexique[V 7]. Coralie Vankerkhoven mentionne, elle aussi, les signes avant-coureurs de la maladie : les malaises ressentis Ă  Uxmal (premiers signes de psychose nourris par l'Ă©trangetĂ© des conditions du sĂ©jour au YucatĂĄn), le contrecoup des annonces successives de la mort de son pĂšre, puis de sa grand-mĂšre, jusqu'Ă  son arrivĂ©e en Europe oĂč s'installera dĂ©finitivement son trouble dĂ©lirant[V 8].

La pathologie dont souffre Charlotte est à rapprocher de celle de ses cousins Pierre de Saxe-Cobourg et Siegfried en BaviÚre. Tous trois souffrent d'idées de persécution se fixant sur des personnalités ayant joué un rÎle clef dans leur vie : pour Charlotte, il s'agit évidemment de Napoléon III, pour Pierre, c'est sa tante la comtesse Isabelle d'Eu qui l'aurait privé de ses droits au trÎne brésilien, quant à Siegfried, il voyait en la personne de Luitpold de BaviÚre, le prince-régent, le responsable de ses déboires. Jusqu'à ce jour, il n'existe pas d'étude comparative au sujet des cas de folie au sein de la famille Cobourg[34].

Ordres

RĂ©plique de la croix de l'Ordre de Saint Charles.

Pendant le Second Empire mexicain, Charlotte est :

Elle reçoit également les décorations suivantes :

Dans la culture populaire

La vie de l'impĂ©ratrice Charlotte a inspirĂ© des Ɠuvres cinĂ©matographiques, des opĂ©ras, des feuilletons tĂ©lĂ©visĂ©s, des romans, ainsi qu'une bande dessinĂ©e.

Cinéma

Bette Davis qui incarna Charlotte (1938).

Plusieurs films relatent la vie de Charlotte de Belgique :

Opéras

  • Maximilien, opĂ©ra historique en trois actes et neuf scĂšnes ; livre de R.S. Hoffman inspirĂ© du drame JuĂĄrez und Maximilian de Franz Werfel ; musique de Darius Milhaud (1932)[39].
  • Carlota, opĂ©ra en un acte de Francisco Zendejas ; musique de Luis Sandi (1948)[40].
  • La emperatriz de la mentira, opĂ©ra d'Ángel Norzagaray ; musique de Dmitri Dudin (2012)[41] - [42]

Télévision

  • Le rĂ©alisateur mexicain Raul Araiza consacre deux telenovelas au couple impĂ©rial :
    • Maximiliano y Carlota (1966) ; Charlotte y est incarnĂ©e par Maria Rivas.
    • El carruaje (1972) ; Charlotte y est incarnĂ©e par l'actrice argentine Nelly Meden.
  • Bernard Juncker et Jean-Marie De Coninck rĂ©alisent en 1993 un documentaire Charlotte et Maximilien, ou L'Empire des archidupes pour la RTBF, basĂ© sur un scĂ©nario de Janine Lambotte[43].

Romans en langue espagnole

  • El cerro de las campanas (1868) de Juan Antonio Mateos.
  • Noticias del Imperio (1987) de Fernando del Paso.
  • Charlotte ou La nuit mexicaine (1989) de Liliane Wouters.
  • MamĂĄ Carlota (2008) d'Adolfo Arrioja VizcaĂ­no.
  • El Ășltimo prĂ­ncipe del Imperio Mexicano (2010) de C.M. Mayo.
  • JuĂĄrez en el Convento de las Capuchinas: La reuniĂłn secreta con Maximiliano (2014) d'Adam J. Oderoll.
  • Carlota. La emperatriz que enloqueciĂł de amor (2017) de Laura MartĂ­nez-Belli.

Bande dessinée

En 2018 paraßt chez Dargaud le premier volume d'une série de bande dessinée biographique, Charlotte impératrice, par Matthieu Bonhomme (dessin) et Fabien Nury (scénario)[46]. Le deuxiÚme tome, intitulé Charlotte impératrice - l'Empire, paraßt le . Le tome 3 paraßt le et s'intitule Adios Carlotta. Un dernier tome est prévu[47].

Théùtre

Actes d'Ă©tat civil

Ascendance

HĂ©raldique


Blason de Charlotte de Belgique Blason
Parti de Mexique et de Belgique.

soit : Parti

  • en 1) d’argent Ă  une aigle royale contournĂ©e, dĂ©vorant un serpent, perchĂ© sur un double figuier de Barbarie, plantĂ© dans un rocher, mouvant lui-mĂȘme d’une mer alĂ©sĂ©e, le tout au naturel.
  • et en 2) de sable, au lion d'or, armĂ© et lampassĂ© de gueules, sur-le-tout, Ă©cartelĂ©, aux I et IV, contre-Ă©cartelĂ©, aux 1 et 4 de gueules aux trois lĂ©opards d'or, armĂ©s et lampassĂ©s d'azur (d'Angleterre) ; au 2 d'or, au lion de gueules, armĂ© et lampassĂ© d'azur, dans un double trescheur fleuronnĂ© et contre-fleuronnĂ© du second (d'Écosse) ; au 3 d'azur, Ă  la harpe d'or, cordĂ©e d'argent (d'Irlande) ; aux II et III, burelĂ©s de dix piĂšces de sable et d'or au crancelin de sinople, brochant sur le lion (de Saxe).
Ornements extérieurs
L'Ă©cu est entourĂ© de la cordeliĂšre des douairiĂšres d'argent, accolĂ© de l’Ordre de la Reine Marie-Louise et timbrĂ© de la couronne du 2nd Empire de Mexique.
DĂ©tails
RĂ©union des armes de son Ă©poux et de son pĂšre LĂ©opold 1er.


Annexes

Articles connexes

Bibliographie

Le symbole Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article renvoie aux ouvrages utilisĂ©s pour la rĂ©daction de cet article.

  • (pt) Sylvia Lacerda Martins de Almeida, Uma filha de D. Pedro I : Dona Maria AmĂ©lia, Sao Paulo, Companhia Editora Nacional, , 172 p.
  • AndrĂ© BĂ©nit, Charlotte, Princesse de Belgique et ImpĂ©ratrice du Mexique (1840-1927) : Un conte de fĂ©es qui tourne au dĂ©lire, Plougastel, Historic'one, , 228 p. (ISBN 978-2-91299-462-2).
  • AndrĂ© BĂ©nit, « Charlotte de Belgique, impĂ©ratrice du Mexique. Une plongĂ©e dans les tĂ©nĂšbres de la folie. Essai de reconstitution fictionnelle », dans Mises en littĂ©rature de la folie, Universidad de La Lagune, coll. « MonografĂ­as de Çédille » (no 7), (ISSN 1699-4949, lire en ligne), p. 13-54.
  • AndrĂ© BĂ©nit, LĂ©gendes, intrigues et mĂ©disances autour des « archidupes ». Charlotte de Saxe-Cobourg-Gotha, princesse de Belgique / Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche : RĂ©cits historique et fictionnel, Bruxelles, Éditions scientifiques internationales Peter Lang, , 438 p. (ISBN 978-2-8076-1470-3)[49].
  • Marthe Bibesco, Charlotte et Maximilien, Paris, Ditis, , 438 p..
  • Damien Bilteryst, Philippe comte de Flandre : FrĂšre de LĂ©opold II, Bruxelles, Éditions Racine, , 336 p. (ISBN 978-2-87386-894-9, prĂ©sentation en ligne). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • AndrĂ© Castelot, Maximilien et Charlotte du Mexique : la tragĂ©die de l'ambition, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-26201-765-1). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Victor Capron, Le Mariage de Maximilien et Charlotte. Journal du duc de Brabant. 1856-1857, Bruxelles, .
  • Olivier Defrance, LĂ©opold Ier et le clan Cobourg, Bruxelles, Racine, , 370 p. (ISBN 978-2-87386-335-7). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Olivier Defrance, Ramener Charlotte. La mission du baron Adrien Goffinet Ă  Vienne et Miramar – juillet 1867, Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, , 88 p. (ISBN 978-2-87212-669-9). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Suzanne Desternes et Henriette Chandet, Maximilien et Charlotte, Paris, Librairie AcadĂ©mique Perrin, , 520 p.
  • Michel Huberty et Alain Giraud, L'Allemagne dynastique : HESSE-REUSS-SAXE, t. I, Le Perreux-sur-Marne, , 597 p. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Michel de GrĂšce, L'ImpĂ©ratrice des adieux, Paris, Plon, (ISBN 978-2-7382-1502-4).
  • (en) Joan Haslip, The Crown of Mexico : Maximilian and his Empress Carlota, New York, . Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Mia Kerckvoorde, Charlotte : la passion, la fatalitĂ©, Paris, Duculot, . Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Janine Lambotte, Charlotte et Maximilien : l'Empire des archidupes, Ă©ditions Labor/RTBF Éditions, (ISBN 2-8040-0907-6 et 978-2-8040-0907-6, OCLC 30898347, lire en ligne)
  • (en) M. M. McAllen, Maximilian and Carlota. Europe's Last Empire in Mexico, Trinity University Press, , 521 p. (ISBN 978-1-59534-183-9). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • Gustave LĂ©on Niox, ExpĂ©dition du Mexique, 1861-1867; rĂ©cit politique & militaire, Paris, .
  • Dominique Paoli, L'ImpĂ©ratrice Charlotte : « Le soleil noir de la mĂ©lancolie », Paris, Perrin, , 328 p. (ISBN 978-2-262-02131-3). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.
  • HĂ©lĂšne de Reinach-Foussemagne, Charlotte de Belgique, impĂ©ratrice du Mexique, Paris, Plon, .
  • Coralie Vankerkhoven, Charlotte de Belgique, une folie impĂ©riale, Bruxelles, Le Bord de l'Eau, , 222 p. (ISBN 978-2-35687-156-5). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article.

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. L'impĂ©ratrice garde l'Ăźle de Lokrum parmi ses biens personnels. En raison de la dĂ©mence de sa sƓur, LĂ©opold II est nommĂ© tuteur et se charge de l'entretien de la propriĂ©tĂ© durant quelques annĂ©es avant que l'Ăźle de Lokrum soit placĂ©e sous l'administration de l'intendant de la liste civile impĂ©riale d'Autriche. Ensuite, la possession de l'Ăźle passe en 1880 au prince hĂ©ritier de Habsbourg, l'archiduc Rodolphe, fils unique de l'empereur François-Joseph. AprĂšs la mort de Rodolphe, la famille impĂ©riale vend l'Ăźle Ă  la famille de Windisch-Graetz. Lors de son mariage avec le prince Othon de Windisch-Graetz en 1902, l'archiduchesse Élisabeth-Marie (fille unique de Rodolphe) reçoit l'Ăźle comme cadeau[4].
  2. Le pĂšre de l'enfant Ă  l'origine de la rumeur Ă©tait bien Van der Smissen, mais sa mĂšre Ă©tait la princesse MĂ©lanie Metternich, fille du chancelier autrichien.
  3. Les tenants de cette thĂšse, dĂ©mentie depuis le dĂ©but du XXIe siĂšcle[14] - [15] - [N 2], invoquaient la date de naissance d'un enfant nĂ© Ă  Bruxelles le et dĂ©clarĂ© de parents inconnus, mais cette date de naissance ne coĂŻncidait pas avec la prĂ©sence de Charlotte Ă  Bruxelles (elle Ă©tait confinĂ©e Ă  Miramare depuis oĂč elle est restĂ©e jusqu'en ). Ce fils serait le futur gĂ©nĂ©ral français Maxime Weygand ; devenu adulte, ce dernier prĂ©sentait une certaine ressemblance physique avec Van der Smissen, ce qui confortait les partisans de cette version d'une relation intime entre Charlotte et le gĂ©nĂ©ral belge, alors colonel. Cette thĂšse soutenue par Dominique Paoli[16] et prĂ©sentĂ©e dans une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision d'Alain Decaux est confortĂ©e par les propos de l'historien AndrĂ© Castelot[C 27], qui s'appuyait sur la rĂ©vĂ©lation que lui fit le roi LĂ©opold III de Belgique disant « Weygand est le fils de Van der Smissen ». La protection que le roi des Belges LĂ©opold II de Belgique — dont Van der Smissen deviendra l'aide de camp — Ă©tendit Ă  distance sur l'enfant en veillant Ă  fournir des fonds qui permirent de le faire adopter par une famille de Nimal, puis par la famille française Weygand, semblait Ă©galement Ă©tayer cette possibilitĂ©.
  4. Le Moniteur belge assure, à tort : « Bruxelles, le . S.M. l'impératrice du Mexique est attendue de moment en moment à Bruxelles. On assure que l'auguste voyageuse a exprimé le désir qu'aucun honneur officiel ne soit rendu à son arrivée et à son départ »[17].
  5. En rĂ©alitĂ©, Charlotte ne dort que quelques heures dans la bibliothĂšque pontificale avant d'ĂȘtre reconduite dans un hĂŽtel Ă  la tombĂ©e de la nuit[B 11].
  6. Parmi les soins prodigués, la presse évoque « un traitement par l'électricité » ajoutant : « Cet agent merveilleux, qui n'a pas dit son dernier mot, remporte tous les jours de nouveaux succÚs dans la cure des affections mentales et surtout de la lypémanie. »[20].
  7. AgustĂ­n meurt en 1925 Ă  Washington, Salvador meurt en 1895 Ă  Ajaccio.
  8. À son arrivĂ©e Ă  Miramare en , Charlotte est examinĂ©e par le professeur Riedel directeur de la maison d'aliĂ©nĂ©s de Vienne et par le docteur Jilek, mĂ©decin personnel de l'empereur d'Autriche, lequel co-signe un rapport adressĂ© Ă  Philippe comte de Flandre[K 12]. Ce rapport prĂ©cise que leur patiente « souffre dĂ©cidĂ©ment de folie avec des idĂ©es fixes de persĂ©cution qui sont produites par une maladie mentale plus grave et plus forte qu'on ne pouvait le croire d'abord. »

Références

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