Accueil🇫🇷Chercher

Bataille de Guadalcanal

La bataille de Guadalcanal, également connue sous l'appellation campagne de Guadalcanal et sous le nom de code opération Watchtower par les forces alliées, est une importante bataille de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre d'opérations de l'océan Pacifique qui s'est déroulée entre le et le sur et autour de l'île de Guadalcanal, dans le cadre de la campagne des îles Salomon. Ce fut la première offensive majeure des forces alliées contre l'empire du Japon.

Bataille de Guadalcanal
Description de cette image, également commentée ci-après
Marines américains durant la bataille de Guadalcanal, en novembre 1942.
Informations générales
Date –
(6 mois et 2 jours)
Lieu Guadalcanal (îles Salomon)
Issue Victoire stratégique alliée
Forces en présence
60 000 hommes
(forces terrestres)[3] - [4] - [Note 3]
36 200 hommes
(forces terrestres)[Note 4]
Pertes
7 100 morts
4 prisonniers
29 navires perdus
615 avions dĂ©truits[5] - [6][Note 5]
31 000 morts
1 000 prisonniers
38 navires perdus
683-880 avions dĂ©truits[5] - [7] - [8][Note 6]

Seconde Guerre mondiale – Guerre du Pacifique

Batailles

Campagne de Guadalcanal
Terrestres :

Navales :



Terrestres :

Navales :



CoordonnĂ©es 9° 25′ 00″ sud, 160° 00′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique
(Voir situation sur carte : océan Pacifique)
Bataille de Guadalcanal
Géolocalisation sur la carte : Océanie
(Voir situation sur carte : Océanie)
Bataille de Guadalcanal
GĂ©olocalisation sur la carte : ĂŽles Salomon
(Voir situation sur carte : ĂŽles Salomon)
Bataille de Guadalcanal

Le , les forces alliées, majoritairement américaines, débarquèrent sur les îles de Guadalcanal, Tulagi et Florida, dans le Sud des îles Salomon, avec l'objectif d'empêcher les Japonais de les utiliser pour menacer les voies logistiques et de communication entre les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Alliés avaient également l'intention d'utiliser Guadalcanal et Tulagi comme bases pour soutenir une campagne dont l'objectif était de capturer ou neutraliser la base principale japonaise de Rabaul sur l'île de Nouvelle-Bretagne. Ils submergèrent les défenseurs japonais en infériorité numérique, qui occupaient les îles depuis mai 1942, et prirent Tulagi et Florida ainsi qu'un aérodrome, appelé plus tard piste Henderson[Note 7], qui était en construction sur Guadalcanal. De puissantes forces navales des États-Unis appuyèrent les débarquements.

Surpris par l'offensive alliée, les Japonais firent plusieurs tentatives entre août et novembre 1942 pour reprendre la piste. Trois batailles terrestres majeures, sept batailles navales (cinq opérations nocturnes et deux batailles de porte-avions) et des batailles aériennes continues, presque quotidiennes, culminèrent à la bataille navale décisive de Guadalcanal au début du mois de novembre 1942 au cours de laquelle la dernière tentative des Japonais de bombarder l'aérodrome depuis la mer et la terre avec suffisamment de troupes pour la reprendre, fut défaite. Au mois de décembre 1942, ils renoncèrent à de nouveaux efforts, puis évacuèrent le reste de leurs forces le , face à une offensive du XIVe corps de l’US Army, cédant l'île aux Alliés.

Sur le théâtre d'opération du Pacifique, la campagne de Guadalcanal fut une victoire stratégique interarmes significative des forces alliées sur les Japonais. Ces derniers avaient atteint le point culminant de leurs conquêtes dans le Pacifique et Guadalcanal marque le passage, pour les Alliés, d'une série d'opérations défensives à une stratégie offensive sur ce théâtre ainsi que le début des opérations de reconquête, incluant les campagnes des îles Salomon, de Nouvelle-Guinée et du Pacifique central, qui aboutirent à la reddition finale du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cadre général

Considérations stratégiques

Le , les forces japonaises attaquèrent la flotte du Pacifique des États-Unis stationnée à Pearl Harbor dans l'archipel des îles Hawaï. L'attaque paralysa une grande partie de la flotte américaine de cuirassés et précipita formellement l'état de guerre ouverte entre les deux nations. Les buts initiaux des dirigeants japonais étaient de neutraliser la marine américaine, saisir des possessions riches en ressources naturelles et établir des bases militaires stratégiques pour défendre l'empire du Japon dans l'océan Pacifique et en Asie. Pour parvenir à ces objectifs, les forces japonaises occupèrent les Philippines, la Thaïlande, la Malaisie britannique, Singapour, la Birmanie, les Indes orientales néerlandaises, l'atoll de Wake, les îles Gilbert, la Nouvelle-Bretagne et Guam. Le reste des puissances alliées, dont le Royaume-Uni, l'Australie et les Pays-Bas, avait également été attaqué par le Japon et se joignit aux États-Unis[9].

Deux tentatives des Japonais pour poursuivre leur initiative stratégique et étendre leur périmètre de défense dans le Sud et le Centre du Pacifique jusqu'à menacer l'Australie et Hawaï, voire la côte Ouest des États-Unis, furent contrecarrées lors des batailles navales de la mer de Corail et de Midway. La mer de Corail fut une impasse tactique, mais une victoire stratégique des Alliés qui ne devint évidente que bien plus tard. Midway fut non seulement la première victoire majeure contre les Japonais, mais elle permit également de réduire significativement la capacité offensive des forces aéronavales du Japon. Elle n'en réduisit pas pour autant l'état d'esprit offensif des Japonais pour plusieurs mois cruciaux, au cours desquels ces derniers accumulèrent les erreurs en allant de l'avant avec des décisions impétueuses voire inconsidérées, telles que la tentative d'assaut contre Port Moresby par la piste Kokoda. Jusque-là, les Alliés étaient sur la défensive dans le Pacifique mais ces victoires stratégiques leur fournirent l'opportunité de reprendre l'initiative face à l'ennemi nippon[10].

Les AlliĂ©s choisirent les Ă®les Salomon (un protectorat du Royaume-Uni), plus prĂ©cisĂ©ment les Ă®les mĂ©ridionales de Guadalcanal, Tulagi et Florida comme premier objectif[11]. La Marine impĂ©riale japonaise (MIJ) avait envahi Tulagi au mois de mai 1942 et construit une base d'hydravions Ă  proximitĂ©. L'inquiĂ©tude des AlliĂ©s s'amplifia largement lorsqu'au dĂ©but du mois de juillet 1942, la MIJ commença la construction d'un grand aĂ©rodrome Ă  Lunga Point, sur l'Ă®le voisine de Guadalcanal. Ă€ partir d'une telle base, les bombardiers japonais Ă  long rayon d'action pourraient menacer les lignes de communications maritimes entre la cĂ´te Ouest des AmĂ©riques et la cĂ´te Est de l'Australie. Vers le mois d'aoĂ»t 1942, les Japonais disposaient sur l'Ă®le de Tulagi et les Ă®les environnantes d'environ 900 soldats de l'infanterie de marine et, sur l'Ă®le de Guadalcanal, de 2 800 hommes (dont 2 200 travailleurs forcĂ©s et administrateurs corĂ©ens, de mĂŞme que des spĂ©cialistes japonais de la construction). Ces bases pouvaient, Ă  terme, protĂ©ger la base japonaise principale de Rabaul, menacer les approvisionnements, les lignes de communication des AlliĂ©s et enfin constituer une zone de transit pour une offensive planifiĂ©e contre les Ă®les Fidji, la Nouvelle-CalĂ©donie et les Ă®les Samoa (opĂ©ration FS). Les Japonais prĂ©voyaient ainsi de dĂ©ployer 45 chasseurs et 60 bombardiers sur Guadalcanal. Dans la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale pour l'annĂ©e 1942, ces avions pouvaient fournir la couverture aĂ©rienne pour la progression des forces navales japonaises dans le Pacifique Sud.

Le plan allié pour l’invasion des îles Salomon méridionales fut conçu par l'amiral américain Ernest King, commandant en chef de la flotte des États-Unis. Il proposa l'offensive, d'une part pour interdire l'usage des îles par les Japonais comme bases opérationnelles pour menacer les routes d'approvisionnement entre les États-Unis et l'Australie, et d'autre part afin de les utiliser comme points de départ de la reconquête. Avec le consentement tacite du président Franklin Roosevelt, l'amiral préconisa également l'invasion de Guadalcanal. Du fait que les États-Unis appuyaient la proposition britannique de donner la priorité à la défaite de l'Allemagne avant le Japon, le théâtre d'opérations du Pacifique devait en permanence rivaliser avec le théâtre d'opérations européen pour l'attribution des effectifs et des moyens. C'est pourquoi le général d'armée américain Georges C. Marshall s'opposa à la campagne proposée par l'amiral King et demanda à qui devait échoir le commandement de l'opération. King lui rétorqua que la Navy et les Marines mèneraient l'opération par leurs propres moyens et donna pour instruction à l'amiral Chester Nimitz d'entamer la planification préliminaire. King gagna finalement la bataille argumentaire contre Marshall et les préparatifs de l'invasion se poursuivirent avec le soutien de l'état-major conjoint interarmées (Combined Joint Chiefs of Staff – CJCS)[12].

Le CJCS fixa pour objectif de l'année 1942-43 que la prise de Guadalcanal soit mise en œuvre conjointement à une offensive alliée en Nouvelle-Guinée sous le commandement du général Douglas MacArthur, pour conquérir les îles de l'Amirauté ainsi que l'archipel Bismarck, incluant l'île principale de Rabaul. La directive considérait que le but était la reconquête des Philippines[13] - [14] - [15]. Le comité des chefs d'état-major interarmées créa le « théâtre d'opérations du Pacifique Sud », qui fut placé sous le commandement du vice-amiral Robert L. Ghormley le 19 juin 1942, afin de mener à bien l'offensive sur les îles Salomon. L'amiral Nimitz, basé à Pearl Harbor, fut nommé commandant en chef des forces du Pacifique[16] - [17] - [18].

Corps expéditionnaire

Principaux commandants des forces américaines
L'amiral F. Fletcher
L'amiral R. Turner
Le major-général A. Vandegrift

Au mois de mai 1942, dans le cadre des préparatifs pour l'offensive dans le Pacifique, le major-général Alexander Vandegrift du Corps des Marines reçut l'ordre de transférer sa 1re division des Marines des États-Unis vers la Nouvelle-Zélande. D'autres forces terrestres, navales et aériennes des Alliés furent mises en place ou renforcèrent les bases des Fidji, des Samoa, des Nouvelles-Hébrides et de Nouvelle-Calédonie[19] - [20]. Espiritu Santo, dans les Nouvelles-Hébrides, fut choisi comme quartier général et base principale pour l'offensive baptisée du nom de code « operation Watchtower », avec pour date de début le .

Dans un premier temps, l'offensive alliée visait seulement Tulagi et les îles Santa Cruz, omettant la grande île de Guadalcanal. Cependant, après la découverte, lors de reconnaissances alliées, de travaux de construction d'un aérodrome japonais sur Guadalcanal, sa capture fut ajoutée aux objectifs et l'opération sur Santa Cruz fut abandonnée[21]. Les Japonais, par renseignement d'origine électromagnétique, étaient informés du mouvement à grande échelle des forces alliées dans la zone du Pacifique Sud, mais en conclurent que les Alliés renforçaient l'Australie, voire Port Moresby en Nouvelle-Guinée[22].

Les forces d'invasion comprenant 75 bâtiments de guerre et de transport, incluant des navires des États-Unis et d'Australie, se rassemblèrent près des Fidji, le 26 juillet 1942, oĂą elles participèrent Ă  la rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale d'un dĂ©barquement avant de partir pour Guadalcanal le 31 juillet[23] - [24]. Le commandant du corps expĂ©ditionnaire alliĂ© Ă©tait le vice-amiral amĂ©ricain Frank J. Fletcher, dont le pavillon se trouvait sur le porte-avions USS Saratoga. Le commandant des forces amphibies chargĂ©es du transport et du dĂ©barquement des troupes Ă©tait le contre-amiral Richmond K. Turner. Le major-general Vandegrift, quant Ă  lui, commandait les 16 000 hommes d'infanterie, essentiellement des Marines amĂ©ricains, affectĂ©s au dĂ©barquement[3].

Les troupes envoyĂ©es Ă  Guadalcanal sortaient directement de l'entraĂ®nement. Elles Ă©taient Ă©quipĂ©es du fusil Springfield M1903 Ă  culasse Ă  verrou et d'une dotation de munitions pour dix jours de combat. En raison de la nĂ©cessitĂ© de les lancer rapidement dans la bataille, les planificateurs de l'opĂ©ration avaient rĂ©duit les dotations initiales d'approvisionnement des troupes de 90 Ă  seulement 60 jours de combat. C'est ainsi que les hommes de la 1re division des Marines commencèrent Ă  dĂ©signer la bataille Ă  venir sous l'appellation operation Shoestring (« opĂ©ration Petit budget »)[25] - [26].

DĂ©barquement, installation et consolidation

Routes des forces amphibies alliées lors du débarquement sur Guadalcanal et Tulagi, le 7 août 1942 et batailles navales de Guadalcanal.

Le mauvais temps permit au corps expéditionnaire allié de parvenir à proximité de Guadalcanal, dans la nuit du au , sans avoir été décelé par les Japonais. La première division de Marines débarqua à l'est de la rivière Tenaru, prenant par surprise les défenseurs japonais qui n'étaient arrivés eux-mêmes sur l'île qu'au début du mois de juillet afin d'y aménager un aérodrome sur la pointe de Lunga, l'un des premiers objectifs des Marines. Par la suite cette opération fut parfois appelée Midnight Raid on Guadalcanal (en français : « Raid de minuit sur Guadalcanal »). Les forces de débarquement se divisèrent en deux groupes, l'un menant l'assaut sur Guadalcanal et l'autre sur les îles de Tulagi, Florida et les îles environnantes[27] - [28] - [Note 8]. Les navires de guerre alliés bombardèrent les plages de débarquement tandis que les avions embarqués sur les porte-avions américains bombardèrent les positions japonaises sur les îles cibles détruisant quinze hydravions japonais sur leur base, à proximité de Tulagi[29] - [30]. Les effectifs japonais étant essentiellement composés de personnel du génie et de soutien, il fut facile d'occuper l'aérodrome et la base, où les Japonais abandonnèrent quantité de matériel qui vint à point lorsque les Marines durent terminer, par la suite, l'aménagement de l'aérodrome sans leur propre matériel de génie, qui n'avait pas été débarqué. L'aérodrome — qui, après la conquête par les Américains, fut baptisé Henderson Field en l'honneur du major Lofton R. Henderson, commandant du VMSB-241, premier Marines aviateur tué au combat lors de la bataille de Midway — fut un point central des combats[31].

Tulagi ainsi que deux petites Ă®les Ă  proximitĂ©, Gavutu et Tanambogo, furent prises d'assaut par 3 000 Marines[32]. Les 886 membres du personnel de la Marine impĂ©riale japonaise (MIJ), qui armaient la base navale et la base d'hydravions sur les trois Ă®les, rĂ©sistèrent fĂ©rocement aux attaques des Marines[33] - [Note 9]. Ceux-ci sĂ©curisèrent les trois Ă®les avec quelques difficultĂ©s ; Tulagi le 8, Gavutu et Tanambogo le [34] - [35]. Les dĂ©fenseurs japonais furent tuĂ©s presque jusqu'au dernier, tandis que leurs ennemis dĂ©nombraient 122 tuĂ©s[36] - [Note 10].

En comparaison de Tulagi, Gavutu et Tanambogo, les dĂ©barquements sur Guadalcanal rencontrèrent beaucoup moins de rĂ©sistance. Ă€ 9 h 10 le , le gĂ©nĂ©ral Vandegrift et ses 11 000 Marines accostèrent sur Guadalcanal entre Koli Point et Lunga Point. Progressant vers ce dernier, ils ne rencontrèrent aucune rĂ©sistance si ce n'est la difficultĂ© de progression Ă  travers la forĂŞt tropicale — et s'arrĂŞtèrent Ă  environ 900 m de l'aĂ©rodrome de Lunga Point —. Les unitĂ©s navales japonaises de construction ainsi que les troupes de combat, sous le commandement du capitaine Kanae Monzen, paniquĂ©es par les bombardements aĂ©riens et navals, avaient abandonnĂ© la zone de l'aĂ©rodrome et fui Ă  environ 4,5 km Ă  l'ouest de la rivière Matanikau et de la rĂ©gion de Point Cruz, abandonnant derrière eux la nourriture, les approvisionnements, des bâtiments et des vĂ©hicules intacts ainsi que treize morts[37] - [23] - [38].

Marines débarquant à partir de LCP(L)s sur les plages de Guadalcanal le 7 août 1942.

Au cours des opérations de débarquement des 7 et , des appareils de l'aéronavale japonaise basés à Rabaul, sous le commandement de Sadayoshi Yamada, attaquèrent les forces amphibies alliées à plusieurs reprises, mettant le feu au transport de troupes USS George F. Elliott (qui coulera deux jours plus tard) et endommageant lourdement le destroyer USS Jarvis[39]. Au cours des attaques des deux jours, les Japonais perdirent trente-six avions tandis que les Américains en perdirent dix-neuf, dont quatorze chasseurs embarqués, dans les combats ou dans des accidents[40].

À l'issue de ces affrontements, le vice-amiral Fletcher, préoccupé par les pertes subies par sa flotte aérienne embarquée par la menace de futures attaques aériennes japonaises pesant contre ses porte-avions et soucieux du niveau de fioul des navires, décida de retirer son groupe aéronaval de la région des îles Salomon au soir du 8 août[41] - [42] - [43] - [44] - [Note 11]. Du fait de la perte de la couverture aérienne embarquée, le contre-amiral Turner décida de retirer ses bâtiments de Guadalcanal, quand bien même moins de la moitié des approvisionnements et de l'équipement lourd nécessaire aux troupes débarquées avait pu être déchargé[41]. Il avait cependant prévu de décharger autant d'approvisionnements que possible sur Guadalcanal et Tulagi durant la nuit du 8 août, puis de faire partir ses navires tôt dans la matinée du [45].

Bataille navale de l'île de Savo

Déroulement de la bataille de l'île de Savo.

Cette bataille constitue le premier engagement naval de la bataille de Guadalcanal. Le vice-amiral Gunichi Mikawa avait prévu une contre-attaque et rassemblé pour ce faire la 6e division de croiseurs du contre-amiral Aritomo Gotō stationné à Kavieng avec les moyens de la 8e flotte de la Marine impériale japonaise disponibles à Rabaul. Dans la soirée du 7 août cinq croiseurs lourds (Chōkai sur lequel le vice-amiral Mikawa avait sa marque, Kako, Furutaka, Aoba, Kinugasa), deux croiseurs légers (Tenryu et Yubari) et un destroyer (Yunagi) se rassemblèrent au cap St. George sous les ordres du vice-amiral Mikawa et se mirent en route pour Guadalcanal. Contournant l'île de Bougainville par le nord, où ils furent repérés par un sous-marin américain et une reconnaissance aérienne australienne, ils descendirent « the Slot » (« la fente »)[Note 12] l'après-midi du 8 août. Auparavant, le vice-amiral Mikawa avait envoyé des hydravions de reconnaissance pour le renseigner sur la situation à Guadalcanal, lesquels identifièrent deux groupes navals américains près de Guadalcanal et de Tulagi où il avait l'intention d'attaquer la nuit suivante[46]. Au cours de la nuit du au , alors que les navires de transports américains procédaient au déchargement des troupes et du matériel, deux groupes de croiseurs et de destroyers alliés patrouillant de part et d'autre de l'île de Savo et appartenant au groupe naval de couverture (la Task Force 62), sous le commandement du contre-amiral Victor Crutchley, furent attaqués et défaits de nuit par le groupe naval du vice-amiral Mikawa et du contre-amiral Gotō.

Le Quincy pris dans les projecteurs des navires japonais est en train de couler.

Au cours de cette bataille navale nocturne autour de l'île de Savo, le groupe naval japonais réussit à couler, en peu de minutes, un croiseur lourd australien (le HMAS Canberra) et trois croiseurs lourds américains (les USS Astoria, Vincennes, et Quincy ainsi qu'à endommager gravement le croiseur lourd USS Chicago[47] et deux destroyers américains. Les Japonais ne subirent que des avaries modérées, sur les tourelles avant du Chokai[48]. Le vice-amiral Mikawa, qui n'avait pas connaissance du retrait des porte-avions américains du vice-amiral Fletcher, se retira vers Rabaul immédiatement après l'attaque sans tenter d'attaquer les navires de transports ; car il était préoccupé par les potentielles attaques aériennes diurnes des porte-avions américains s'il était resté dans la zone. Dépourvu de sa couverture aéronavale, le contre-amiral « Kelly » Turner décida de retirer le reste de ses forces navales au soir du et, ce faisant, abandonna les Marines débarqués avec très peu d'équipement lourd, de faibles provisions et une partie des troupes toujours embarquées. La décision du vice-amiral Mikawa de ne pas aller attaquer les navires de transport alliés tout proches, lorsqu'il en eut l'opportunité, s'avéra une erreur stratégique cruciale pour les Japonais[49].

Opérations initiales

Périmètre de défense initial des Marines autour de la piste d'atterrissage de Lunga Point, Guadalcanal, le .

Dans un premier temps, le travail des 11 000 Marines de Vandergrift sur Guadalcanal fut difficile. En effet, non seulement l'opĂ©ration dans son ensemble avait Ă©tĂ© montĂ©e rapidement et seul l'Ă©quipement minimum avait Ă©tĂ© emportĂ©, mais la situation fut compliquĂ©e par le retrait de l'amiral Turner, de ses transports et des cargos le au matin, alors que la moitiĂ© du ravitaillement Ă©tait encore dans les cales. Après la bataille de Savo, les Marines se retrouvèrent seuls. Ils se bornèrent donc Ă  sĂ©curiser comme ils le pouvaient le pĂ©rimètre immĂ©diat de la piste d'aviation construite par les Japonais et Ă  lancer quelques patrouilles. Ils s'attachèrent notamment Ă  former un pĂ©rimètre de dĂ©fense lâche autour de Lunga Point et de l'aĂ©rodrome, dĂ©plaçant les approvisionnements dĂ©barquĂ©s Ă  l'intĂ©rieur du pĂ©rimètre et poursuivant la construction de l'aĂ©rodrome. Après quatre jours d'efforts intenses, les approvisionnements furent transfĂ©rĂ©s des plages de dĂ©barquement vers des dĂ©pĂ´ts dispersĂ©s Ă  l'intĂ©rieur de ce pĂ©rimètre dĂ©fensif. Cinq jours de vivres avaient Ă©tĂ© dĂ©barquĂ©s des navires de transport, ce qui, avec les provisions capturĂ©es sur les Japonais, donnait aux Marines un total de quatorze jours de vivres[50]. De manière Ă  Ă©conomiser les approvisionnements, les troupes furent rationnĂ©es Ă  deux repas par jour[51]. Les travaux sur l'aĂ©rodrome dĂ©butèrent immĂ©diatement en utilisant principalement le matĂ©riel japonais saisi. Le , l'aĂ©rodrome fut baptisĂ© Henderson Field (piste Henderson en français), d'après Lofton R. Henderson, un officier aviateur des Marines tuĂ© pendant la bataille de Midway. Le , 10 819 Marines avaient effectivement pris pied sur l'Ă®le de Guadalcanal[52]. MalgrĂ© les bombardements journaliers par des navires japonais — qui pouvaient se dĂ©placer sans opposition près de l'Ă®le — et par des bombardiers venant de Rabaul, les Marines auront rĂ©ussi Ă  rendre la piste Henderson opĂ©rationnelle.

Peu après le dĂ©barquement, les troupes alliĂ©es furent confrontĂ©es Ă  une souche sĂ©vère de la dysenterie qui, dès la mi-aoĂ»t, affecta un Marines sur cinq. Les maladies tropicales affectèrent les forces combattantes des deux camps durant toute la campagne. Bien que certains ouvriers corĂ©ens du bâtiment se rendissent aux Marines, la plus grande partie du personnel japonais et corĂ©en restant se rassembla juste Ă  l'ouest du pĂ©rimètre de Lunga Point, sur la rive occidentale de la rivière Matanikau, et survĂ©cut principalement en se nourrissant de noix de coco. Un avant-poste naval japonais se trouvait Ă©galement Ă  Taivu Point, environ 35 kilomètres (22 miles) Ă  l'est du pĂ©rimètre de Lunga Point. Le , un destroyer japonais en provenance de Rabaul parvint Ă  dĂ©barquer cent treize soldats de l'infanterie de marine en renfort de la position japonaise de Matanikau[53].

Au soir du , une patrouille de vingt-cinq Marines menée par le lieutenant-colonel Frank Goettge et composée pour l'essentiel de personnel du renseignement fut débarquée à l'ouest du périmètre défensif de Lunga Point, entre la pointe Cruz et la rivière Matanikau, pour une mission de reconnaissance et avec pour objectif secondaire de prendre contact avec un groupe de soldats japonais dont les forces américaines croyaient qu'il pourrait se rendre. Peu après le débarquement, une section des troupes de marine japonaises attaqua et anéantit presque complètement la patrouille de Marines[54] - [55] - [56] - [Note 13].

Carte des attaques des Marines du à l'ouest de la rivière Matanikau.

En rĂ©ponse, le , Vandegrift envoya trois compagnies du 5e rĂ©giment de Marines attaquer les troupes japonaises concentrĂ©es Ă  l'ouest de la Matanikau. Une compagnie lança son attaque en traversant le banc de sable de l'embouchure de la Matinakau tandis qu'une autre traversait la rivière, environ 1 000 m Ă  l'intĂ©rieur des terres. Elles prirent d'assaut les troupes japonaises retranchĂ©es dans le village de Matanikau. La troisième, quant Ă  elle, attaqua en venant de la mer, plus loin Ă  l'ouest de la rivière, avec pour objectif le village de Kokumbuna. Après avoir brièvement occupĂ© les deux villages, les trois compagnies de Marines se replièrent dans le pĂ©rimètre de Lunga avec un bilan de soixante-cinq Japonais tuĂ©s pour quatre Marines morts dans les combats. Cette opĂ©ration, parfois qualifiĂ©e de « première bataille de Matanikau », fut la première des actions menĂ©es le long de la rivière Matanikau au cours de la campagne[57].

Le , le porte-avions d'escorte USS Long Island livra deux escadrilles d'avions des Marines à Henderson Field : une escadrille de dix-neuf Grumman F4F Wildcat et une escadrille de douze Douglas SBD Dauntless. Les chasseurs des Marines entrèrent en action le jour suivant contre le premier des raids aériens presque quotidiens effectués par les bombardiers japonais. Le , vingt-deux P-39 Airacobras de l'US Army[57] et leurs pilotes arrivèrent à Henderson Field. Comme le code allié pour l'île était Cactus, ce fut rapidement le surnom (Cactus Air Force-CAF) qui fut donné aux forces aériennes qui y opéraient. À la fin du mois d'août, l'aérodrome abritait un peu plus de soixante avions.

Entre-temps cependant, la Task Force 61 de Fletcher était revenue dans l'archipel des Salomon et les Japonais n'avaient plus la maîtrise absolue des environs de l'île. Après une première tentative terrestre à l'est du périmètre de Lunga, l'opération déboucha les 24 et sur la bataille des Salomon orientales et les renforts japonais ne purent être débarqués comme prévu.

Bataille de Tenaru

Principaux commandants des forces japonaises
Le lieutenant-général Haruyoshi Hyakutake
Le major-général Kiyotake Kawaguchi
Le colonel Kiyonao Ichiki
Déroulement de la bataille de la rivière Tenaru le 21 août 1942.

En réponse aux débarquements alliés sur Guadalcanal, le quartier général impérial japonais entreprit la planification d'une contre-offensive dès le baptisée opération KA (à ne pas confondre avec l'opération KE ou KE-GO[58] organisant le retrait des troupes japonaises de Guadalcanal à partir de la fin du mois de janvier 1943)[59] - [60]. Pour ce faire, il affecta la 17e armée de l'Armée impériale japonaise à la reconquête de Guadalcanal. Cette unité, de la taille d'un corps d'armée et basée à Rabaul, était placée sous le commandement du lieutenant-général Haruyoshi Hyakutake. Elle devait, par ailleurs, être soutenue et appuyée par des unités navales japonaises comprenant la flotte combinée sous le commandement de Isoroku Yamamoto, qui avait son quartier général dans l'archipel des îles Truk.

Soldats japonais, tués lors de l'assaut contre les positions américaines, sur un banc de sable à Guadalcanal après la bataille, le 22 août 1942.

La 17e armée était alors massivement impliquée dans la campagne japonaise de Nouvelle-Guinée et n'avait que peu d'unités disponibles. Parmi celles-ci, la 35e brigade d'infanterie sous le commandement du major-général Kiyotake Kawaguchi se trouvait à Palau, le 4e régiment d'infanterie était stationné aux Philippines et le 28e régiment d'infanterie, sous le commandement du colonel Kiyonao Ichiki, se trouvait à bord de navires de transport à proximité des îles de Guam. Ces unités débutèrent immédiatement leur mouvement en direction de Guadalcanal via Truk et Rabaul, mais le régiment d'Ichiki étant le plus proche, il parvint le premier dans la zone.

Un premier Ă©lĂ©ment de l'unitĂ© d'Ichiki, composĂ© de 917 soldats, dĂ©barqua de plusieurs destroyers Ă  Taivu Point, Ă  l'est de Lunga Point après minuit dans la nuit du au , puis se dĂ©plaça Ă  marche forcĂ©e sur environ 15 km en direction du pĂ©rimètre dĂ©fensif des Marines. Sous-estimant la puissance des forces alliĂ©es, l'unitĂ© d'Ichiki mena une attaque nocturne frontale contre la position des Marines Ă  Aligator Creek (souvent dĂ©signĂ©e sous l’appellation Ilu River sur les cartes des Marines) en passant Ă  travers les bancs de sable de la rivière Tenaru Ă  l'est du pĂ©rimètre de Lunga, aux premières heures de la journĂ©e du 21 aoĂ»t. Le bataillon d'Ichiki fut taillĂ© en pièces, notamment grâce au nouvel appui aĂ©rien dont disposaient les Marines. Ă€ l'aube, les unitĂ©s de Marines lancèrent une contre-attaque au cours de laquelle les survivants japonais de l'offensive nocturne furent presque tous tuĂ©s. Ichiki Ă©tait d'ailleurs au nombre des morts, mĂŞme s'il a Ă©tĂ© affirmĂ© plus tard qu'il aurait commis seppuku après s'ĂŞtre rendu compte de l'ampleur de la dĂ©faite, plutĂ´t que de mourir au combat[61]. Au total, seuls 128 des 917 des membres de cet Ă©lĂ©ment prĂ©curseur du rĂ©giment d'Ichiki survĂ©curent Ă  cette bataille. Les survivants se replièrent vers Taivu Point, rendirent compte de leur dĂ©faite au quartier gĂ©nĂ©ral de la 17e armĂ©e et attendirent des renforts ainsi que des ordres de la base de Rabaul[62] - [63].

Bataille navale des Salomon orientales

Attaque aérienne contre le porte-avion Enterprise au cours de la bataille des Salomon orientales.

Alors que la bataille de Tenaru prenait fin, d'autres renforts japonais Ă©taient dĂ©jĂ  en route. Trois navires de transport lents appareillèrent le Ă  partir des Ă®les Truk avec Ă  leur bord les 1 400 soldats formant le reste du 28e rĂ©giment d'infanterie d'Ichiki auxquels s'ajoutaient 500 hommes des troupes de marine de la 5e Yokosuka force navale spĂ©ciale de dĂ©barquement japonaise[64]. Les navires de transport Ă©taient escortĂ©s par 13 bâtiments de combat commandĂ©s par le contre-amiral Raizo Tanaka, qui prĂ©voyait de dĂ©barquer les troupes sur Guadalcanal le [65] - [66]. Afin de fournir une couverture aĂ©rienne au dĂ©barquement des troupes et un appui aĂ©rien Ă  l'opĂ©ration pour reprendre l'aĂ©rodrome de Henderson Field aux forces alliĂ©s, Yamamoto ordonna Ă  ChĹ«ichi Nagumo d'appareiller avec un groupe aĂ©ronaval Ă  partir des Ă®les Truk le et de rejoindre les Ă®les Salomon du Sud. Le groupe aĂ©ronaval de Nagumo comprenait trois porte-avions et 30 autres bâtiments de combat[67].

Simultanément, trois groupes aéronavals américains sous le commandement de Fletcher approchèrent de Guadalcanal dans le but de contrer les efforts offensifs japonais. Les 24 et , les deux forces aéronavales engagèrent la bataille des îles Salomon orientales qui se solda par la retraite des deux flottes, chacune ayant subi des dommages certains, la flotte japonaise ayant notamment perdu un porte-avion léger. Le convoi de Tanaka, après avoir subi de lourdes avaries dues aux attaques aériennes des appareils de Henderson Field, incluant notamment le naufrage de l'un des navires de transport, fut obligé de se dérouter vers les îles Shortland dans le Nord des Salomon afin de transborder les troupes survivantes sur des destroyers pour un débarquement ultérieur sur Guadalcanal[68] - [69] - [Note 14].

Ă€ partir de cette date, les Japonais devinrent plus prudents, d'autant plus que les avions de Henderson se montraient efficaces. Dès lors, les dĂ©barquements de renforts se firent de nuit : le , 900 hommes (ceux qui n'avaient pu ĂŞtre dĂ©barquĂ©s lors de la bataille des Salomon orientales), quelques centaines le lendemain et 1 200 le . Le gĂ©nĂ©ral Kiyotake Kawaguchi, commandant de la 35e brigade d'infanterie, dĂ©barqua au cours de cette pĂ©riode et dirigea les opĂ©rations. La plupart de ces dĂ©barquements eurent lieu Ă  l'est de la position des Marines et les forces japonaises commencèrent un mouvement tournant vers le sud de cette position.

Batailles aériennes au-dessus de Henderson Field et renforcement des défenses de Lunga

Commandant des unités aériennes américaines
Le général de brigade Roy S.Geiger

Durant tout le mois d', un nombre rĂ©duit d'appareils amĂ©ricains et leurs Ă©quipages continuèrent Ă  arriver Ă  Guadalcanal. Ă€ la fin du mois d'aoĂ»t, 64 appareils de diffĂ©rents modèles et de diffĂ©rentes unitĂ©s des Marines et de l'USAAF Ă©taient stationnĂ©s Ă  Henderson Field[70]. Le 3 septembre, le commandant de la 1re brigade aĂ©rienne des Marines, le gĂ©nĂ©ral de brigade Roy S. Geiger, arriva avec son Ă©tat-major et prit le commandement de toutes les opĂ©rations aĂ©riennes Ă  Henderson Field[71]. Les batailles aĂ©riennes entre les appareils alliĂ©s de Henderson et les bombardiers et chasseurs japonais de la 11e flotte aĂ©ronavale de Rabaul Ă©taient presque quotidiennes. Entre le et le , les AmĂ©ricains perdirent quinze appareils et les Japonais environ dix-neuf. Plus de la moitiĂ© des Ă©quipages amĂ©ricains furent secourus alors que la plupart des Ă©quipages japonais ne furent jamais rĂ©cupĂ©rĂ©s. Le vol aller-retour de huit heures entre Rabaul et Guadalcanal, environ 1 120 milles (1 802 km) en tout, entrava sĂ©rieusement les efforts des Japonais pour s'assurer de la supĂ©rioritĂ© aĂ©rienne au-dessus d'Henderson Field. En effet, la distance Ă  parcourir par les Japonais Ă©tait largement supĂ©rieure Ă  celle des AmĂ©ricains, rĂ©duisant leur autonomie de combat et augmentant la fatigue des Ă©quipages avant l'engagement du combat. Les observateurs cĂ´tiers australiens sur les Ă®les de Bougainville et la Nouvelle-GĂ©orgie Ă©taient par ailleurs souvent en mesure d'avertir en avance les forces alliĂ©es sur Guadalcanal de l'arrivĂ©e des vagues aĂ©riennes japonaises, laissant ainsi le temps aux chasseurs amĂ©ricains de dĂ©coller et de se mettre eux-mĂŞmes en mesure d'attaquer les bombardiers et chasseurs japonais alors qu'ils approchaient.

Chasseurs F4F Wildcat des Marines prenant de l'altitude au-dessus de Henderson Field.

Ce faisant, les forces aériennes japonaises étaient en train de perdre lentement une guerre d'usure dans les cieux de Guadalcanal[72] - [73] - [Note 15].

Pendant ce temps, Vandegrift poursuivait ses efforts pour renforcer et amĂ©liorer les dĂ©fenses du pĂ©rimètre de Lunga. Entre le et le , il dĂ©plaça trois bataillons de Marines, dont le 1er bataillon commando sous le commandement de Meritt A. Edson (les Edsons Raiders), le 1er bataillon parachutiste des Marines des Ă®les de Tulagi et Gavutu vers Guadalcanal. Ces unitĂ©s augmentèrent de 1 500 hommes les effectifs initiaux de 11 000 hommes dont Vandegrift disposait pour la dĂ©fense de Henderson Field[23] - [74]. Le 1er bataillon de parachutistes qui avait subi de lourdes pertes au cours de la bataille de Tulagi et Gavutu–Tanambogo au mois d'aoĂ»t fut placĂ© sous le commandement d'Edson[75] - [74].

Le dernier bataillon déplacé, le 1er bataillon du 5e régiment de Marines fut transféré par bateau à l'ouest de la rivière Matanikau près du village de Kokumbuna le avec pour mission d'attaquer les unités japonaises des environs, à l'image de la première action contre Matanikau le . Cette fois-ci cependant, les Marines furent entravés par un terrain difficile, un soleil de plomb et des défenses japonaises bien organisées. Le lendemain matin, les Marines s'aperçurent que les défenseurs japonais s'étaient enfuis durant la nuit, si bien que les Marines retournèrent au périmètre de Lunga par bateau. Les pertes au cours de cette action se montèrent à vingt Japonais et trois Marines[76].

De petits convois navals alliés arrivèrent à Guadalcanal les et , le 1er et le afin d'approvisionner les Marines en nourriture, munitions, carburant pour avion et amener des techniciens d'aviation. Le convoi du amena également trois cent quatre-vingt-douze sapeurs-bâtisseurs pour entretenir et améliorer l'aérodrome de Henderson Field.

Tokyo Express

Les opérations de jour devenant très risquées et occasionnant des pertes considérables, les forces navales japonaises prirent l'habitude d'intervenir de nuit avec des bâtiments rapides, débarquant leurs cargaisons en hommes et en matériels au cap Espérance, au nord de Guadalcanal. Dissimulés aux vues de l'aviation en demeurant le long des rives, sous le couvert de la jungle, les navires japonais venaient bombarder presque chaque nuit les forces américaines jusqu'aux abords de l'aérodrome de Henderson Field, puis disparaissaient. L'amiral Ernest King, le nouveau chef des opérations navales de la Marine des États-Unis, relate de manière laconique : « nos hommes avaient fini par appeler les navires participant à cette attaque régulière le Tokyo Express ».

Le , la 35e brigade d'infanterie de Kawaguchi atteignit les îles Truk et fut embarquée sur des navires de transport lents pour le reste du voyage vers Guadalcanal. Les dommages infligés au convoi de Tanaka au cours de la bataille des Salomon orientales amenèrent les Japonais à reconsidérer leurs tentatives de livrer des troupes supplémentaires à Guadalcanal au moyen de navires de transport lents. C'est pourquoi les bateaux transportant les hommes de Kawaguchi furent finalement envoyés à Rabaul. À partir de là, les Japonais planifièrent le transfert des hommes de Kawaguchi vers Guadalcanal au moyen de destroyers en provenance d'une base navale japonaise des îles Shortland. Les destroyers japonais étaient habituellement capables de faire des allers-retours le long de « la fente » (détroit de Nouvelle-Géorgie) vers Guadalcanal puis d'effectuer le trajet retour dans la même nuit durant toute la campagne, minimisant ainsi leur exposition aux attaques aériennes alliées. Ces « courses » restèrent connues dans l'histoire sous le nom de « Tokyo Express » pour les Alliés et de « transports de rats » pour les Japonais[Note 16] - [77] - [78] - [79]. Le fait d'acheminer les troupes de cette façon empêchait cependant l'essentiel de l'équipement lourd, des approvisionnements, des véhicules, des munitions et des vivres d'être livrés à Guadalcanal avec elles. De plus, cette activité détournait un certain nombre de destroyers dont la MIJ avait par ailleurs cruellement besoin pour l'escorte de convois navals commerciaux. Seule l'incapacité, ou l'absence de volonté empêcha les commandeurs navals alliés de contrer les forces navales japonaises de nuit, laissant ainsi le contrôle nocturne des mers autour des îles Salomon aux Japonais. Cependant, tout navire japonais restant à la portée des appareils de Henderson Field de jour, soit environ 200 milles (322 km), était en très grand danger face aux attaques aériennes. Cette situation tactique perdura pendant plusieurs mois au cours de la campagne[80].

Entre le et le , divers croiseurs lĂ©gers japonais et patrouilleurs furent en mesure de dĂ©barquer environ 5 000 hommes Ă  Taivu Point, dont l'essentiel de la 35e brigade, une grande partie du 4e rĂ©giment Aoba, ainsi que les restes du rĂ©giment d'Ichiki. Le gĂ©nĂ©ral Kawaguchi, qui dĂ©barqua Ă  Taivu Point avec la tournĂ©e du Tokyo Express du , fut placĂ© Ă  la tĂŞte de toutes les forces japonaises sur Guadalcanal[81] - [82] - [83]. Un convoi supplĂ©mentaire de barges amena 1 000 hommes de la brigade de Kawaguchi, sous le commandement du colonel Akinosuke Oka, Ă  Kamimbo, Ă  l'ouest du pĂ©rimètre de Lunga[84].

Bataille de la crĂŞte d'Edson

Commandants des forces terrestres japonaises
Le général Kiyotake Kawaguchi
Le colonel Akinosuke Oka
Commandants des forces terrestres américaines
Le major-général A. Vandegrift
Le lieutenant-colonel Merritt A. Edson

La bataille de la crĂŞte d'Edson, ou Edson Ridge, aussi appelĂ© Bloody Ridge[59] - [85], tient son nom du colonel Merritt A. Edson, l'officier qui la dĂ©fendit avec ses Marines. La bataille dura trois jours au cours desquels plusieurs assauts japonais, parfois appuyĂ©s par des raids aĂ©riens en provenance de Rabaul, furent repoussĂ©s avec de lourdes pertes. Les Japonais eurent entre 600 et 850 tuĂ©s ou disparus[86] et 505 blessĂ©s tandis que les pertes amĂ©ricaines se limitèrent Ă  une trentaine de tuĂ©s et une centaine de blessĂ©s[87].

Le , Kawaguchi dĂ©voila son plan d'attaque destinĂ© Ă  mettre en dĂ©route et dĂ©truire l'ennemi dans les environs de l'aĂ©rodrome de l'Ă®le de Guadalcanal. Le plan d'attaque de Kawaguchi prĂ©voyait que ses forces, divisĂ©es en trois grandes unitĂ©s, parviennent Ă  s'approcher du pĂ©rimètre de Lunga par voie terrestre, pour y mener une attaque surprise de nuit. Les forces d'Oka devaient attaquer le pĂ©rimètre Ă  partir de l'ouest tandis que le deuxième Ă©chelon d'Ichiki, renommĂ© bataillon Kuma, devait attaquer par l'est. L'assaut principal devait, quant Ă  lui, ĂŞtre menĂ© par le corps central de Kawaguchi, composĂ© de 3 000 hommes rĂ©partis en trois bataillons, Ă  partir de la jungle au sud du pĂ©rimètre de Lunga[88] - [89] - [Note 17]. Dès le , l'essentiel des troupes avait d'ores et dĂ©jĂ  entamĂ© sa marche d'approche Ă  partir de Taivu en direction de Lunga Point le long de la bande cĂ´tière. Environ deux cent cinquante soldats japonais restèrent en arrière afin de protĂ©ger la base d'approvisionnement de la brigade Ă  Taivu[90] - [91].

Pendant ce temps, des Ă©claireurs indigènes commandĂ©s par Martin Clemens, un officier des coastwatchers au sein des forces de dĂ©fense britanniques du protectorat des Ă®les Salomon et officier de district britannique pour Guadalcanal, transmit aux Marines amĂ©ricains des renseignements au sujet des troupes japonaises de Taivu Ă  proximitĂ© du village de Tasimboko. Edson prĂ©voyait un raid contre la concentration de troupes japonaises de Taivu[92] - [93]. Le , après avoir Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s par bateau Ă  proximitĂ© de Taivu, les hommes d'Edson capturèrent le village de Tasimboko alors que les dĂ©fenseurs japonais battaient en retraite dans la jungle[94] - [95] - [96] - [97]. Ă€ Tasimboko, les troupes d'Edson dĂ©couvrirent le principal dĂ©pĂ´t logistique de Kawaguchi, lequel comprenait notamment d'importants stocks de vivres, de munitions, de matĂ©riel mĂ©dical et de puissants Ă©metteurs radio Ă  ondes courtes. Après avoir dĂ©truit tout ce qu'ils pouvaient trouver Ă  l'exception de certains documents et Ă©quipements qu'ils emportèrent, les Marines regagnèrent le pĂ©rimètre de Lunga. Les amoncellements d'approvisionnements ainsi que les documents recueillis renseignèrent les Marines sur la prĂ©sence de pas moins de 3 000 soldats japonais sur l'Ă®le, planifiant apparemment une offensive[98] - [95] - [99].

Carte du périmètre défensif de Lunga montrant les itinéraires d'approche des forces japonaises ainsi que leur principales attaques. Les offensives d'Oka se déroulèrent à l'ouest (gauche), le bataillon Kuma lança son offensive par l'est (droite) et le corps central attaqua la crête d'Edson (crête de la Lunga) dans la partie basse et centrale de la carte.

Edson, de mĂŞme que le colonel Gerald C. Thomas, officier des opĂ©rations de Vandegrift, crut avec raison que l'attaque des Japonais s'effectuerait Ă  partir d'une crĂŞte de corail herbeuse longue de 1 000 yards (914 m) qui s'Ă©tendait sur un axe nord-sud, parallèlement Ă  la rivière Lunga et situĂ©e au sud de Henderson Field. La crĂŞte, dĂ©nommĂ©e crĂŞte de la Lunga, constituait en effet un itinĂ©raire d'approche naturel vers l'aĂ©rodrome. Par ailleurs, elle dominait les zones environnantes, y compris la piste Henderson elle-mĂŞme. Enfin Ă  cette pĂ©riode elle n'Ă©tait quasiment pas dĂ©fendue. Le , les 840 hommes du bataillon d'Edson furent dĂ©ployĂ©s sur et autour de la crĂŞte[100] - [101] - [102].

Dans la nuit du , le 1er bataillon de Kawaguchi attaqua les Raiders entre la rivière Lunga et la crĂŞte du mĂŞme nom, forçant une compagnie de Marines Ă  se replier sur les hauteurs avant l'arrĂŞt de l'offensive japonaise Ă  la tombĂ©e de la nuit. La nuit suivante, les Raiders d'Edson firent face Ă  la totalitĂ© des 3 000 hommes de la brigade de Kawaguchi appuyĂ©s par un assortiment de pièces d'artillerie lĂ©gère. L'attaque japonaise dĂ©buta juste après la tombĂ©e de la nuit par l'assaut du 1er bataillon de Kawaguchi contre le flanc droit d'Edson sur le versant occidental de la crĂŞte. Après avoir percĂ© les lignes de dĂ©fenses des Marines, l'assaut du bataillon fut finalement arrĂŞtĂ© par les unitĂ©s de Marines de deuxième Ă©chelon chargĂ©es de dĂ©fendre le Nord de la crĂŞte[103] - [Note 18].

Deux compagnies du 2e bataillon de Kawaguchi montèrent Ă  l'assaut du bord mĂ©ridional de la crĂŞte et repoussèrent les troupes d'Edson vers la colline 123 situĂ©e plus au nord sur la partie centrale de la crĂŞte. Durant toute la nuit, les Marines, appuyĂ©s par l'artillerie, dĂ©firent vague après vague les attaques frontales japonaises, dont certaines finirent au corps Ă  corps. Les quelques unitĂ©s japonaises infiltrĂ©es au-delĂ  de la crĂŞte jusqu'aux abords de l'aĂ©rodrome furent Ă©galement repoussĂ©es, de mĂŞme que les attaques des unitĂ©s des bataillons Kuma et Oka sur les autres points du pĂ©rimètre de Lunga. Le , Kawaguchi ordonna le repli des survivants de sa brigade anĂ©antie qui dĂ©butèrent alors une marche de cinq jours vers l'ouest, en direction de la vallĂ©e de Matanikau pour rejoindre l'unitĂ© d'Oka[104] - [105] - [106]. Au total, les forces de Kawaguchi eurent 850 tuĂ©s et les Marines, 31 morts et 103 blessĂ©s[86] - [107] - [108].

Le , le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Hyakutake Haruyoshi apprit Ă  Rabaul la dĂ©faite de Kawaguchi et transmit la nouvelle au quartier gĂ©nĂ©ral impĂ©rial au Japon. Au cours d'une rĂ©union d'urgence, les Ă©tats-majors de commandement de l'ArmĂ©e impĂ©riale japonaise et de la Marine impĂ©riale japonaise conclurent que « Guadalcanal pourrait devenir la bataille dĂ©cisive de la guerre ». Les consĂ©quences de la bataille commencèrent dès lors Ă  avoir un impact dĂ©terminant sur les opĂ©rations japonaises dans d'autres rĂ©gions du Pacifique. Hyakutake rĂ©alisa qu'en envoyant suffisamment de troupes et de matĂ©riel pour dĂ©faire les forces alliĂ©es Ă  Guadalcanal, il ne pourrait pas en mĂŞme temps soutenir efficacement l'offensive majeure qui Ă©tait en cours sur la piste Kokoda en Nouvelle-GuinĂ©e. Hyakutake, avec l'assentiment du quartier gĂ©nĂ©ral, ordonna Ă  ses troupes en Nouvelle-GuinĂ©e qui Ă©taient arrivĂ©es Ă  30 milles (48,3 km) de leur objectif de Port Moresby, de battre en retraite jusqu'Ă  ce que l’affaire de Guadalcanal soit rĂ©solue. Dès lors, Hyakutake se prĂ©para Ă  envoyer plus de troupes vers Guadalcanal pour une nouvelle tentative de reconquĂŞte de Henderson Field[109].

Extension des opérations et réaction japonaise

Mise en place des renforts

Le porte-avion Wasp en feu après avoir été frappé par les torpilles d'un sous-marin japonais le 15 septembre.

Alors que les Japonais se regroupaient Ă  l'ouest de la rivière Matanikau, les forces amĂ©ricaines se concentrèrent sur la consolidation et le renforcement de leurs dĂ©fenses du pĂ©rimètre de Lunga. Le , Vandegrift dĂ©plaça un autre bataillon, le 3e bataillon du 2e rĂ©giment de Marines (3/2), de Tulagi vers Guadalcanal. Le , un convoi naval alliĂ© amena 4 157 hommes de la 3e brigade provisoire de Marines (composĂ©e du 7e rĂ©giment de Marines plus un bataillon du 11e rĂ©giment de Marines et quelques unitĂ©s complĂ©mentaires d'appui), 137 vĂ©hicules, des tentes, du kĂ©rosène, des munitions, des rations et des Ă©quipements du gĂ©nie sur Guadalcanal. Ces renforts cruciaux permirent Ă  Vandegrift d'Ă©tablir, Ă  partir du , une ligne de dĂ©fense ininterrompue autour du pĂ©rimètre de Lunga. Alors qu'il participait Ă  la couverture de ce convoi de renforts, le porte-avions USS Wasp fut coulĂ© par le sous-marin japonais I-19 au sud-ouest de Guadalcanal, laissant temporairement un seul porte-avion alliĂ© (USS Hornet) opĂ©rationnel dans la zone du Pacifique Sud[110] - [111] - [112] - [113]. Vandegrift procĂ©da Ă©galement Ă  quelques changements dans le commandement supĂ©rieur de ses unitĂ©s combattantes, ordonnant notamment le transfert hors de l'Ă®le de plusieurs officiers ne rĂ©pondant pas Ă  ses critères de performance, provoquant ainsi la promotion de jeunes officiers qui avaient, quant Ă  eux, fait leurs preuves depuis le dĂ©but de la campagne. L'un de ceux-ci fut le colonel rĂ©cemment promu Merritt Edson qui fut placĂ© Ă  la tĂŞte du 5e rĂ©giment de Marines[114].

Entre le 14 et le , une accalmie se produisit dans la guerre aérienne au-dessus de Guadalcanal, aucun raid aérien japonais n'ayant lieu en raison de la mauvaise météo. Ces quelques jours furent mis à profit par chacun des deux camps pour renforcer ses unités aériennes. Les Japonais livrèrent ainsi 85 chasseurs et bombardiers à leurs unités aériennes de Rabaul, tandis que les Américains envoyaient 23 chasseurs et avions d'attaque à Henderson Field. Le les Japonais comptabilisaient un total de 117 appareils à Rabaul tandis que les Alliés comptaient 71 appareils à Guadalcanal. La guerre aérienne reprit le avec un raid aérien japonais qui fut contré par les chasseurs de l'US Navy et des Marines basés à Henderson Field[115].

Les Japonais commencèrent immĂ©diatement Ă  prĂ©parer leur nouvelle tentative pour reprendre Henderson Field. Le 3e bataillon du 4e (Aoba) rĂ©giment d'infanterie avait dĂ©barquĂ© le Ă  Kamimbo Bay Ă  l'extrĂŞme ouest de Guadalcanal, trop tard cependant pour se joindre Ă  l'attaque de Kawaguchi. Ă€ l'heure des prĂ©paratifs de la nouvelle offensive, ce bataillon avait finalement rejoint les forces de Oka près de la Matanikau. Plusieurs tournĂ©es de destroyers du « Tokyo Express » apportèrent les 14, 20, 21 et , des vivres et des munitions, ainsi que 280 hommes du 1er bataillon du rĂ©giment Aoba Ă  Kamimbo. Pendant ce temps la 2e division d'infanterie et la 38e division d'infanterie japonaises furent transportĂ©es des Indes orientales nĂ©erlandaises vers Rabaul Ă  partir du . Les Japonais prĂ©voyaient de transfĂ©rer un total de 17 500 hommes de ces deux divisions vers Guadalcanal afin de prendre part Ă  la prochaine attaque contre le pĂ©rimètre de Lunga prĂ©vue pour le [116] - [117] - [118] - [119].

Premières offensives hors du périmètre : opérations le long de la Matanikau

Une patrouille de Marines américains traversant la rivière Matanikau en .

Vandegrift et son état-major savaient que les troupes de Kawaguchi avaient battu en retraite vers une zone à l'ouest de la Matanikau et que de nombreux groupes de traînards japonais étaient éparpillés dans toute la région située entre le périmètre de Lunga et la rivière. Grâce aux renforts arrivés le , Vandegrift pouvait enfin envisager une stratégie autre que purement défensive. C'est pourquoi il décida de conduire une nouvelle série d'opérations au moyen de petites unités autour de la vallée de la Matanikau. L'objectif de ces opérations était de nettoyer la partie orientale de la Matanikau des troupes japonaises dispersées et de maintenir le corps de bataille principal des soldats japonais sous pression, pour l'empêcher de consolider ses positions si près des principales défenses des Marines à Lunga Point[120] - [121].

La première opération des Marines, une attaque contre des forces japonaises à l'ouest de la Matanikau, conduite entre le 23 et le 27 septembre par des éléments de trois bataillons des Marines, fut repoussée par les troupes de Kawaguchi sous le commandement d'Akinosuke Oka. Le les Marines commencèrent une poussée pour établir des positions défensives le long de la rivière Matanikau, à l'ouest de la position américaine. L'attaque au sol fut combinée avec un petit assaut amphibie sur le flanc. Pourtant, Vandegrift se rendit rapidement compte que les forces japonaises étaient plus importantes et mieux installées qu'il ne l'avait estimé, repoussant ainsi l'assaut américain. Au cours de l'action, trois compagnies de Marines furent même encerclées par les forces japonaises près de Point Cruz (Ouest de la Matanikau). Elles eurent de lourdes pertes et s'échappèrent in extremis avec l'assistance du destroyer USS Monssen ainsi qu'une péniche de débarquement armée de personnels des U. S. Coast Guard[122] - [123] - [124].

Dans une seconde action entre les 6 et , une force plus importante de Marines parvint avec succès Ă  traverser la rivière Matanikau, attaqua les forces japonaises fraĂ®chement dĂ©barquĂ©es de la 2e division d'infanterie sous le commandement des gĂ©nĂ©raux Masao Maruyama et Yumio Nasu, et infligea de lourdes pertes au 4e rĂ©giment d'infanterie japonais. Mieux prĂ©parĂ©e grâce Ă  de meilleurs renseignements, cette attaque, qui coĂ»ta la vie Ă  environ 700 soldats japonais pour 65 morts et 125 blessĂ©s amĂ©ricains[125] - [126] - [127] - [128] - [129] - [130], aboutit Ă  un Ă©largissement du pĂ©rimètre amĂ©ricain vers l'ouest. Cette deuxième offensive força les Japonais Ă  battre en retraite Ă  partir de leurs positions Ă  l'est de la rivière et empĂŞcha les prĂ©paratifs japonais pour l'offensive majeure planifiĂ©e contre les dĂ©fenses amĂ©ricaines de Lunga[131] - [132] - [133].

Entre le 9 et le le 1er bataillon du 2e régiment de Marines prit d'assaut deux avant-postes japonais à environ 30 milles (48,3 km) à l'est du périmètre de Lunga à Gurabusu et Koilotumaria près d'Aloa Bay. Cette attaque coûta la vie à trente-cinq Japonais contre dix-sept Marines et trois marins de l'US Navy du côté des Américains[134] - [Note 19].

Bataille navale du cap Espérance

Durant toute la dernière semaine de septembre et la première semaine d'octobre, les tournées du Tokyo Express transportèrent des troupes de la 2e division d'infanterie japonaise vers Guadalcanal. La Marine impériale japonaise promit d'appuyer l'offensive planifiée de l'armée, non seulement en acheminant les troupes et les approvisionnements nécessaires sur l'île, mais également en intensifiant les attaques aériennes sur Henderson Field et en envoyant des navires de guerre pour bombarder l'aérodrome[135] - [116] - [136] - [137] - [119].

Pendant ce temps, Millard F. Harmon, commandant des forces de l'US Army dans le Sud du Pacifique, parvint Ă  convaincre le vice-amiral Robert L. Ghormley que les unitĂ©s de Marines sur Guadalcanal avaient besoin d'ĂŞtre immĂ©diatement renforcĂ©es si les AlliĂ©s entendaient dĂ©fendre l'Ă®le contre la prochaine attaque japonaise. Ainsi, le , les 2 837 hommes du 164e rĂ©giment d'infanterie de la division Americal embarquèrent sur des navires en Nouvelle-CalĂ©donie pour le voyage vers Guadalcanal oĂą l'arrivĂ©e Ă©tait prĂ©vue pour le . Afin de protĂ©ger le convoi de transport du 164e RI, Ghormley ordonna Ă  la Task Force 64, composĂ©e de quatre croiseurs et cinq destroyers sous l'autoritĂ© du contre-amiral Norman Scott, d'escorter les transports de troupes afin d'intercepter et combattre tout navire japonais qui approcherait Guadalcanal ou menacerait l'arrivĂ©e du convoi[138] - [139] - [140] - [Note 20].

Le croiseur USS Helena, membre de la Task Force 64 sous le commandement de Norman Scott.

L'Ă©tat-major de la 8e flotte de Mikawa programma une vaste et importante tournĂ©e du Tokyo Express pour la nuit du . Deux transports d'hydravions et six destroyers Ă©taient prĂ©vus pour acheminer 728 soldats ainsi que de l'artillerie et des munitions vers Guadalcanal. Au mĂŞme moment, mais dans le cadre d'une opĂ©ration distincte, trois croiseurs lourds et deux destroyers sous le commandement du contre-amiral Aritomo GotĹŤ reçurent pour mission de bombarder Henderson Field avec des obus explosifs spĂ©ciaux dans le but de dĂ©truire la Cactus Air Force ainsi que les infrastructures de l'aĂ©rodrome. Du fait que les navires de guerre amĂ©ricains avaient Ă  ce moment-lĂ  pour mission d'interdire toute livraison du Tokyo Express vers Guadalcanal, les Japonais ne s'attendaient Ă  aucune opposition des forces navales alliĂ©es de surface cette nuit-lĂ [141] - [142] - [143] - [144].

Cependant, juste avant minuit, les navires de guerre de Scott détectèrent les forces de Gotō sur leurs radars près de l'entrée du détroit entre les îles de Savo et de Guadalcanal. Le groupe naval de Scott se trouva en position de barrer le T à la formation de Gotō qui ne se doutait de rien. Ouvrant le feu, les navires américains coulèrent un croiseur et un destroyer japonais et causèrent d'importants dégâts à un autre croiseur. L'amiral Gotō fut également mortellement blessé et le reste des navires de guerre japonais dut renoncer à la mission de bombardement pour battre en retraite. Durant l'échange de feu, un destroyer américain fut toutefois coulé tandis qu'un croiseur et un autre destroyer subirent de lourds dommages. Ce faisant, le convoi d'approvisionnement japonais parvint, quant à lui, a remplir avec succès sa mission de débarquement à Guadalcanal et entama son voyage de retour sans avoir été découvert par la force de Scott[145]. Plus tard dans la matinée du , quatre destroyers japonais du convoi d'approvisionnement revinrent cependant pour prêter main-forte à la retraite des navires endommagés de Gotō. Deux de ces destroyers furent coulés plus tard dans la journée par des avions de la Cactus Air Force partis de Henderson Field. Le convoi de l'armée américaine parvint à Guadalcanal comme prévu le jour suivant et livra avec succès sa cargaison de matériels et d'hommes[146] - [147] - [148].

Bombardements maritimes de Henderson Field

En dĂ©pit de la victoire amĂ©ricaine au cap Esperance, les Japonais poursuivirent leurs plans et prĂ©paratifs de la grande offensive qu'ils programmaient pour plus tard dans le courant du mois d'octobre. Rompant avec leur pratique habituelle de n'utiliser que des navires rapides pour transporter les hommes et les matĂ©riels vers l'Ă®le, les Japonais dĂ©cidèrent de risquer un dĂ©part unique mais massif avec des navires de transport plus lents mais ayant une capacitĂ© d'emport plus importante. Le 13 octobre, un convoi comprenant six navires cargos accompagnĂ©s de huit destroyers de protection prit le dĂ©part des Ă®les de Shortland pour Guadalcanal. Le convoi transportait 4 500 hommes des 16e et 230e rĂ©giments d'infanterie, quelques troupes de marine, deux batteries d'artillerie lourde et une compagnie de chars de combat[149] - [Note 21].

Croiseur de bataille japonais Haruna.

Afin de protĂ©ger les convois Ă  l'approche contre les attaques de la Cactus Air Force, Yamamoto envoya deux croiseurs de bataille Ă  partir des Ă®les Truk avec pour mission de bombarder Henderson Field. Le Ă  01 h 33, le KongĹŤ et le Haruna, escortĂ©s d'un croiseur lĂ©ger et de neuf destroyers, atteignirent Guadalcanal et ouvrirent le feu sur l'aĂ©rodrome Ă  une distance de 17 500 yards (16 002 m). Durant une heure et vingt-trois minutes, les deux croiseurs de bataille tirèrent 973 obus de 14 pouces (355,6 mm) sur le pĂ©rimètre de Lunga, la plupart s'abattant Ă  proximitĂ© et dans le carrĂ© de 2 400 yards (2 195 m) de l'aĂ©rodrome. Un grand nombre de ces projectiles Ă©taient des obus Ă  fragmentation, spĂ©cialement destinĂ©s Ă  dĂ©truire des cibles Ă  terre. Le bombardement endommagea lourdement les deux pistes principales, incendia presque tout le carburant d'aviation disponible, dĂ©truisit 48 des 90 appareils de la Cactus Air Force et fit 41 morts dont six pilotes. Le groupe naval japonais regagna ensuite immĂ©diatement Truk[150] - [151] - [152] - [Note 22].

Navire cargo japonais détruit à Tassafaronga par des appareils de la CAF le 15 octobre.

En dépit des dommages très importants, le personnel de la base Henderson fut en mesure de réparer et de rendre une piste opérationnelle en quelques heures. Dans le même temps, dix-sept appareils de modèle SBD et vingt Wildcats de la base d'Espiritu Santo furent rapidement envoyés à Henderson tandis que les avions de transports de l'US Army et des Marines commencèrent des norias pour acheminer du carburant à partir d'Espiritu Santo. Informés de l'approche d'un important renfort japonais, les Américains cherchèrent désespérément un moyen d'entraver ce convoi avant qu'il n'atteigne Guadalcanal. Utilisant du carburant siphonné des avions détruits ainsi qu'un stock qui avait été caché dans la jungle à proximité, la Cactus Air Force attaqua le convoi à deux reprises le 14, mais ne fit aucun dégât[153].

Le convoi japonais atteignit Tassafaronga sur Guadalcanal à minuit le 14 octobre et commença à décharger. Durant toute la journée du 15 octobre, un ballet continu d'appareils de la Cactus Air Force bombarda et frappa le convoi durant les manœuvres de déchargement, parvenant à détruire trois navires cargos. Le reste du convoi reprit le départ cette même nuit, après avoir déchargé toutes les troupes et près des deux tiers des approvisionnements et des équipements. Plusieurs croiseurs japonais bombardèrent également Henderson au cours de la nuit du 14 au 15 octobre, détruisant quelques avions supplémentaires, mais échouant à causer plus de dommages significatifs à l'aérodrome[154] - [155].

Bataille pour Henderson Field

Commandants des unités japonaises impliquées
Le major-général Masao Maruyama
Commandants des unités américaines impliquées
Le lieutenant-colonel Lewis « Chesty » Puller
Le lieutenant-colonel Robert K. Hall

Entre le 1er et le , les Japonais procĂ©dèrent au transfert de 15 000 hommes vers Guadalcanal, mettant Ă  disposition de Hyakutake un total de 20 000 hommes pour son opĂ©ration visant Ă  reprendre Henderson Field aux AmĂ©ricains. En raison de la perte de leurs positions sur la rive orientale de la Matanikau, les Japonais dĂ©cidèrent qu'une attaque des dĂ©fenses amĂ©ricaines le long de la cĂ´te reprĂ©senterait un coĂ»t et une difficultĂ© prohibitifs. C'est pourquoi Hyakutake dĂ©cida que l'axe principal de son attaque partirait du Sud de Henderson Field. Sa 2e division (augmentĂ©e des troupes de la 38e division) sous les ordres du lieutenant-gĂ©nĂ©ral Masao Maruyama, forte de 7 000 hommes rĂ©partis en trois rĂ©giments d'infanterie de trois bataillons chacun, reçut l'ordre de traverser la jungle Ă  pied et d'attaquer les dĂ©fenses amĂ©ricaines Ă  partir du Sud, en longeant la rive est de la rivière Lunga[156] - [157]. La date de l'attaque fut fixĂ©e au , puis dĂ©calĂ©e au 23. Cependant, afin de faire diversion et protĂ©ger ainsi la prĂ©paration de l'attaque principale par le Sud, Hyakutake avait prĂ©vu de lancer une attaque par l'Ouest du pĂ©rimètre le long du corridor cĂ´tier, sous les ordres du major-gĂ©nĂ©ral Tadashi Sumiyoshi avec cinq bataillons d'infanterie appuyĂ©s par de l'artillerie lourde (environ 2 900 hommes). Les Japonais estimaient alors les effectifs amĂ©ricains Ă  10 000 hommes alors qu'en rĂ©alitĂ© ils s'Ă©levaient dĂ©jĂ  Ă  23 000[135] - [158] - [159] - [160] - [148] - [161] - [Note 23].

Carte de la bataille, 23-26 octobre. L'attaque des forces de Sumiyoshi Ă  l'ouest, sur la Matanikau (Ă  gauche) et l'attaque de la 2e division de Maruyama par le sud (Ă  droite).

Le , une compagnie japonaise du génie débuta l'ouverture d'une piste, appelée « la route de Maruyama », à partir de la Matanikau en direction de la limite sud du périmètre américain de Lunga Point. La piste, longue de 15 milles (24 km) traversait des terrains parmi les plus difficiles de Guadalcanal, incluant plusieurs rivières et cours d'eau, des ravins profonds et boueux, des crêtes abruptes le tout couvert d'une végétation tropicale très dense. Entre le 16 et le , la 2e division débuta sa progression le long de la route Maruyama[162] - [163] - [164] - [165] - [Note 24].

Le , les forces de Maruyama luttaient toujours contre la jungle pour atteindre les lignes américaines. Dans la soirée, après avoir appris que ses forces devaient maintenant gagner leurs positions d'attaque, Hyakutake reporta l'attaque au mercredi à 19 h. Les Américains restèrent totalement ignorants de l'approche des forces de Maruyama[166] - [167] - [164].

Sumiyoshi fut informé par l'état-major de Hyakutake du report de l'offensive au , mais ne fut pas en mesure de contacter ses troupes pour les en informer. Ce faisant, au crépuscule du , deux bataillons du 4e régiment d'infanterie et les neuf chars de la 1re compagnie de chars indépendante lancèrent leur assaut par l'ouest sur les défenses des Marines américains à l'embouchure de la Matanikau. Le feu de l'artillerie et de l'infanterie des Marines parvint à repousser les attaques, détruisant tous les chars et tuant de nombreux soldats japonais tandis que les Américains ne subissaient que des pertes légères[168] - [169] - [170] - [171] - [172] - [Note 25].

Soldats morts de la 2e division japonaise couvrant le champ de bataille à la suite des assauts ratés des 25-26 octobre.

Finalement, tard dans la journĂ©e du , les forces de Maruyama atteignirent le pĂ©rimètre amĂ©ricain de Lunga. Durant deux nuits consĂ©cutives, elles lancèrent sans succès de nombreux assauts frontaux contre les positions dĂ©fendues par les hommes du 1er bataillon du 7e rĂ©giment de Marines commandĂ© par le lieutenant-colonel « Chesty » Puller et du 3e bataillon du 164e rĂ©giment d'infanterie de l'US Army commandĂ© par le lieutenant-colonel Robert Hall. Les unitĂ©s de Marines et de l'armĂ©e amĂ©ricaine Ă©quipĂ©es de fusils, de mitrailleuses, de mortiers, d'artillerie (incluant Ă©galement l'usage d'obus Ă  balles) et de canons anti-char de 37 mm provoquèrent un vĂ©ritable carnage dans les rangs japonais[173]. Quelques petits groupes de Japonais percèrent les dĂ©fenses amĂ©ricaines, mais ils furent tous chassĂ©s et dĂ©truits au cours des jours suivants. Plus de 1 500 hommes de Maruyama furent tuĂ©s au cours des attaques, tandis que les AmĂ©ricains perdirent 60 hommes. Durant ces mĂŞmes jours, les appareils de Henderson Field dĂ©fendirent la position contre des attaques aĂ©riennes et navales japonaises, dĂ©truisant 14 avions et coulant un croiseur lĂ©ger[174] - [175] - [176] - [177] - [178] - [Note 26].

D'autres attaques japonaises le long de la Matanikau le furent Ă©galement repoussĂ©es avec de lourdes pertes pour les Japonais. Finalement, le 26 octobre Ă  8 h, Hyakutake annula toutes les attaques prĂ©vues ultĂ©rieurement et donna l'ordre de retraite Ă  ses forces. Environ la moitiĂ© des survivants de Maruyama reçut l'ordre de se retirer vers la haute vallĂ©e de la Matanikau tandis que le 230e rĂ©giment d'infanterie sous les ordres du colonel Toshinari ShĹŤji fut envoyĂ© vers Koli Point, Ă  l'est du pĂ©rimètre de Lunga. Les Ă©lĂ©ments de tĂŞte de la 2e division parvinrent au quartier gĂ©nĂ©ral de la 17e armĂ©e dans la rĂ©gion de Kokumbona, Ă  l'ouest de la Matanikau le . Le mĂŞme jour, l'unitĂ© de ShĹŤji parvint Ă  destination et y Ă©tablit un camp. DĂ©cimĂ©e par les morts au combat, les blessĂ©s, la malnutrition et les maladies tropicales, la 2e division fut incapable de participer Ă  de nouvelles actions offensives et cantonnĂ©e au rĂ´le de force dĂ©fensive le long de la cĂ´te pour le reste de la campagne. Au total, les Japonais perdirent entre 2 200 et 3 000 hommes au cours de ces combats, tandis que les AmĂ©ricains n'en perdirent qu'environ 80[179] - [180] - [181] - [182] - [157] - [Note 27].

Bataille navale des îles Santa Cruz

L'USS Hornet est torpillé et achevé par un appareil embarqué japonais.

Alors que les troupes de Hyakutake étaient en train d'attaquer le périmètre de Lunga, des porte-avions japonais, accompagnés d'autres bâtiments de guerre importants sous le commandement général d'Isoroku Yamamoto, prirent position au sud des îles Salomon. À partir de là, les forces navales japonaises espéraient engager et défaire de manière décisive toute force navale alliée (prioritairement américaine), en particulier les groupes aéronavals chargés de répondre à l'offensive terrestre de Hyakutake. Les forces aéronavales alliées dans la région, maintenant sous le commandement de William Halsey, Jr., espéraient également rencontrer les forces navales japonaises dans une bataille. Nimitz avait remplacé Ghormley par Halsey le après en être arrivé à la conclusion que la vision de Ghormley était devenue trop pessimiste et à courte vue pour commander efficacement les forces alliées dans la zone du Pacifique Sud[183] - [184] - [185].

Les deux flottes aéronavales ennemies s'affrontèrent au matin du , dans ce que l'histoire retiendra comme la bataille des îles Santa Cruz. Après plusieurs affrontements aériens, les bâtiments de surface alliés furent forcés de battre en retraite de la zone des combats avec la perte d'un porte-avion (Hornet) et un autre (Enterprise) fortement endommagé. Cependant, les forces aéronavales japonaises en présence se retirèrent également du fait des lourdes pertes subies parmi les appareils embarqués et des dégâts significatifs sur deux porte-avions. Bien qu'étant en apparence une victoire tactique japonaise pour ce qui concerne le nombre de navires coulés et endommagés, la perte par les Japonais de nombreux équipages d'avion expérimentés et irremplaçables s'avéra finalement un avantage stratégique à long terme pour les alliés dont les pertes aériennes au cours de la bataille furent relativement basses. Les porte-avions japonais ne devaient plus jouer de rôle significatif dans la suite de la campagne[186] - [187] - [188].

Opérations terrestres du mois de novembre

Afin d'exploiter la victoire de Henderson Field, Vandegrift envoya six bataillons de Marines, rejoints plus tard par un bataillon de l'US Army, mener une offensive à l'ouest de la Matanikau. L'opération, dirigée par Merritt Edson, avait pour objectif de capturer la position de Kokumbona, quartier général de la 17e armée à l'ouest de Point Cruz. La défense de Point Cruz était à la charge du 4e régiment d'infanterie japonais, commandées par Nomasu Nakaguma. Ce régiment était sérieusement sous-dimensionné en raison d'importantes pertes dues aux combats, aux maladies tropicales et à la malnutrition[189] - [190] - [191] - [192] - [193] - [194].

Des Marines américains tirent les corps sans vie de soldats japonais hors de leurs bunkers dans la zone de Point Cruz après la bataille du début du mois de .

L'offensive amĂ©ricaine dĂ©buta le et, après quelques difficultĂ©s, parvint Ă  dĂ©truire dès le les forces japonaises dĂ©fendant la position de Point Cruz, y compris les unitĂ©s du deuxième Ă©chelon envoyĂ©es pour renforcer le rĂ©giment de Nakaguma. Cependant, au mĂŞme moment, d'autres forces amĂ©ricaines dĂ©couvrirent des troupes japonaises nouvellement dĂ©barquĂ©es Ă  proximitĂ© de Koli Point Ă  l'est du pĂ©rimètre de Lunga, avec lesquelles elles engagèrent le combat. Devant la nĂ©cessitĂ© de contrer cette nouvelle menace, Vandegrift arrĂŞta provisoirement l'offensive de la Matanikau le , alors que les AmĂ©ricains Ă©taient sur le point de percer les dĂ©fenses japonaises et de prendre Kokumbona. L'offensive fit 71 tuĂ©s du cĂ´tĂ© amĂ©ricain et 450 pour les Japonais[193] - [195] - [196] - [197] - [198].

Ă€ Koli Point, Ă  l'aube du , cinq destroyers japonais avaient en effet dĂ©barquĂ© 300 hommes pour appuyer ShĹŤji et ses unitĂ©s qui Ă©taient alors en route pour rejoindre Koli Point Ă  la suite de la bataille pour Henderson Field. Ayant appris le dĂ©barquement, Vandegrift envoya un bataillon de Marines sous les ordres de Herman H. Hanneken pour intercepter les Japonais Ă  Koli. Peu après avoir dĂ©barquĂ©, ces derniers engagèrent et repoussèrent le bataillon de Hanneken vers le pĂ©rimètre de Lunga. En rĂ©ponse, Vandegrift ordonna au bataillon de Marines de Puller ainsi qu'Ă  deux bataillons du 164e rĂ©giment d'infanterie, accompagnĂ©s du bataillon de Hanneken, d'avancer en direction de Koli Point pour y attaquer les forces japonaises[199] - [200] - [201] - [202] - [203] - [204] - [205] - [Note 28].

Alors que les troupes amĂ©ricaines dĂ©butaient leur mouvement, ShĹŤji et ses hommes parvinrent Ă  Koli Point. Ă€ partir du , les troupes amĂ©ricaines tentèrent d'encercler ShĹŤji et ses hommes dans la crique de Gavaga Ă  proximitĂ© de Koli Point. Pendant ce temps, Hyakutake donna l'ordre Ă  ShĹŤji d'abandonner les positions Ă  Koli et de rejoindre les forces japonaises Ă  Kokumbona dans la zone de la Matanikau. Exploitant une brèche constituĂ©e d'un ruisseau marĂ©cageux sur le front sud des lignes amĂ©ricaines, ShĹŤji et 2 000 Ă  3 000 de ses hommes parvinrent Ă  s'Ă©chapper dans la jungle vers le sud, entre le 9 et le . Le , les AmĂ©ricains prirent d'assaut la position et tuèrent les derniers soldats japonais restant dans la poche de rĂ©sistance. Les AmĂ©ricains dĂ©nombrèrent les corps de 450 Ă  475 Japonais morts dans la zone de Koli Point et prirent la plupart des armes lourdes et des approvisionnements que ShĹŤji avait dĂ» laisser sur place. Les forces amĂ©ricaines eurent 40 tuĂ©s et 120 blessĂ©s au cours de l'opĂ©ration[206] - [207] - [208] - [209] - [210] - [204] - [211].

Le , Vandegrift ordonna Ă  Carlson et ses commandos de faire mouvement Ă  pied Ă  partir d'Aola et d'attaquer tout Ă©lĂ©ment des forces de ShĹŤji qu'il pourrait rattraper. Avec le reste des compagnies de son bataillon qui arriva quelques jours plus tard, Carlson et ses hommes se mirent en marche pour une patrouille de 29 jours d'Aola jusqu'au pĂ©rimètre de Lunga. Les commandos de Carlson devaient jusque-lĂ  assurer la sĂ©curitĂ© de 500 Seabees qui s'efforçaient de construire un aĂ©rodrome Ă  proximitĂ© de Koli Point. Halsey, agissant sur recommandation de Turner, avait en effet approuvĂ© cette construction. Celle-ci fut finalement abandonnĂ©e Ă  la fin du mois de novembre en raison du terrain inappropriĂ©[212] - [213] - [Note 29].

Les commandos de Carlson débarquent sur la plage d'Aola Bay le .

Au cours de la patrouille, les commandos engagèrent plusieurs combats avec les troupes de ShĹŤji qui battaient en retraite, tuant presque 500 d'entre eux et ne dĂ©nombrant que 16 tuĂ©s dans leurs rangs. En plus des pertes subies au cours des attaques des commandos de Carlson, les maladies tropicales et le manque de nourriture causèrent de nombreuses pertes supplĂ©mentaires aux unitĂ©s de ShĹŤji. Au moment oĂą ces dernières atteignirent la rivière Lunga Ă  la mi-novembre, Ă  peu près Ă  mi-chemin entre Koli Point et la Matanikau, seuls 1 300 hommes du corps de troupe principal Ă©taient encore en vie. Lorsque ShĹŤji atteignit les positions de la 17e armĂ©e Ă  l'ouest de la Matanikau, seuls 700 Ă  800 survivants Ă©taient encore Ă  ses cĂ´tĂ©s. La plupart des survivants de l'unitĂ© furent par la suite intĂ©grĂ©s Ă  d'autres unitĂ©s japonaises dĂ©fendant le mont Austen et la haute vallĂ©e de la rivière Matanikau[214] - [215] - [216] - [217] - [218] - [219] - [220]. Enfin, toujours durant la mĂŞme pĂ©riode, les tournĂ©es du Tokyo Express des 5, 7 et 9 novembre amenèrent des troupes supplĂ©mentaires de la 38e division d'infanterie japonaise, incluant l'essentiel du 228e rĂ©giment d'infanterie. Ces troupes fraĂ®ches furent rapidement mises en place dans les zones de Point Cruz et de la Matanikau et aidèrent avec succès Ă  rĂ©sister aux attaques amĂ©ricaines ultĂ©rieures des 10 et . Les AmĂ©ricains et les Japonais restèrent ainsi Ă  se faire face le long d'une ligne juste Ă  l'ouest de Point Cruz durant les six semaines qui suivirent[221] - [192] - [222] - [223].

Agonie progressive des Japonais

Bataille navale de Guadalcanal

Commandant du groupe naval japonais
Le vice-amiral Hiroaki Abe
Commandants des groupes navals américains
Tous furent tués au cours de la bataille

Après la dĂ©faite de Henderson Field, l'ArmĂ©e impĂ©riale japonaise (AIJ) planifia une nouvelle opĂ©ration pour reprendre l'aĂ©rodrome au mois de , mais des renforts complĂ©mentaires Ă©taient nĂ©cessaires avant qu'elle ne pĂ»t ĂŞtre dĂ©clenchĂ©e. L'AIJ demanda donc l'assistance de l'amiral Yamamoto, chef de la flotte combinĂ©e, afin d'acheminer les renforts nĂ©cessaires vers l'Ă®le ainsi que d'apporter le soutien de la Marine impĂ©riale japonaise Ă  la prochaine offensive. Yamamoto fournit onze grands navires de transport pour acheminer les 7 000 hommes de la 38e division d'infanterie, leurs munitions, leur nourriture et leurs Ă©quipements lourds de Rabaul vers Guadalcanal. Il fournit Ă©galement une flotte de navires de guerre incluant deux croiseurs de bataille, le Hiei et le Kirishima. Tous deux Ă©taient Ă©quipĂ©s d'obus spĂ©ciaux Ă  fragmentation, avec lesquels il Ă©tait prĂ©vu qu'ils bombardent Henderson Field dans la nuit du 12 au afin de le dĂ©truire en mĂŞme temps que les appareils qui s'y trouvaient stationnĂ©s. Il s'agissait ainsi de permettre aux navires de transport japonais, lourds et lents, d'atteindre Guadalcanal pour dĂ©charger le jour suivant et en toute sĂ©curitĂ© les renforts attendus[224]. La flotte des navires de guerre Ă©tait commandĂ©e Ă  partir du Hiei par le vice-amiral Hiroaki Abe[225].

Au début du mois de novembre, les renseignements militaires alliés obtinrent des informations sur les préparatifs japonais d'une nouvelle offensive[226]. Les Américains prirent alors des dispositions pour se préparer à ce nouvel affrontement. Ils envoyèrent le vers Guadalcanal, sous le commandement de l'amiral Turner de la Task Force 67, un grand convoi de renforts et de réapprovisionnement transportant des Marines de relève, deux bataillons d'infanterie de l'US Army, des munitions et des vivres. Les navires de transport étaient protégés par deux groupes navals, commandés par les contre-amiraux Daniel J. Callaghan et Norman Scott, et par des appareils en provenance de Henderson Field[227] - [228] - [Note 30]. Les navires furent attaqués à plusieurs reprises les 11 et par des appareils japonais en provenance de Rabaul et passant par la base aérienne de Buin sur Bougainville, mais la majorité des navires purent procéder aux opérations de déchargement sans dommages sérieux[229] - [230].

Des avions de reconnaissance américains parvinrent à repérer l'approche de l'unité de bombardement du vice-amiral Abe et transmirent l'avertissement au commandement allié[231]. Turner détacha alors tous les navires de combat utilisables, sous les ordres de Callaghan, pour protéger les troupes débarquées de l'attaque navale japonaise et du débarquement de troupes. Le groupe naval de Callaghan comprenait deux croiseurs lourds, trois croiseurs légers et huit destroyers[232]. Il ordonna parallèlement aux navires de soutien à Guadalcanal d'appareiller en début de soirée le [233].

Vers 1 h 30 le , la force navale de Callaghan intercepta le groupe de bombardement d'Abe entre Guadalcanal et l'île de Savo. En plus des deux croiseurs de bataille, la force navale d'Abe incluait un croiseur léger et onze destroyers. Dans l'obscurité totale, les deux forces navales s’entremêlèrent avant d'ouvrir le feu à des portées inhabituellement courtes. Dans la mêlée qui s'ensuivit, les navires de guerre d'Abe coulèrent ou endommagèrent sévèrement tous les navires alliés à l'exception d'un croiseur et d'un destroyer. De plus, Callaghan et Scott furent tués. Deux destroyers japonais furent coulés et un autre, ainsi que le Hiei, lourdement endommagés. Bien qu'il eût défait la force navale de Callaghan, Hiroaki Abe donna l'ordre à ses bâtiments de combat de se retirer sans bombarder Henderson Field. Le Hiei coula plus tard dans la journée à la suite des attaques répétées des appareils de la CAF et du porte-avion américain Enterprise. Du fait de l'échec de Hiroaki Abe à neutraliser Henderson Field, Yamamoto ordonna au convoi de transport de troupes, commandé par Raizo Tanaka localisé à proximité des îles Shortland, d'attendre un jour supplémentaire avant de poursuivre vers Guadalcanal. Il ordonna par ailleurs à Nobutake Kondo de rassembler une autre force navale de bombardement en utilisant des bâtiments de guerre de la base de Truk et du groupe naval d'Abe pour mener une attaque contre l'aérodrome Henderson le [234] - [235] - [236].

Pendant ce temps, vers 2 h le , un groupe naval de croiseurs et de destroyers sous les ordres du vice-amiral Gunichi Mikawa en provenance de Rabaul, réussit un bombardement de Henderson Field sans aucune opposition. Ce dernier causa quelques dégâts, mais échoua à mettre l'aérodrome ou ses appareils hors de combat. Alors que les forces de Mikawa se retiraient vers Rabaul, le convoi de transport de Tanaka confiant dans le fait que l'aérodrome était maintenant détruit ou tout au moins sévèrement endommagé, commença sa descente le long de l'étroit chenal menant à Guadalcanal. Durant toute la journée du , des appareils en provenance de l'aérodrome ainsi que de l'Enterprise attaquèrent les bâtiments de Mikawa et de Tanaka, coulant l'un des croiseurs lourds et sept navires de transport. L'essentiel des troupes embarquées dans les transports fut secouru par les destroyers d'escorte de Tanaka qui retournèrent dans les Shortlands. Après la tombée de la nuit, Tanaka et les quatre transports restants poursuivirent en direction de Guadalcanal tandis que les forces de Kondo approchaient de Lunga Point pour bombarder la piste d'aviation[237] - [238] - [Note 31].

Le cuirassé américain Washington faisant feu sur le Kirishima.

Afin d'intercepter le groupe naval de Kondo, Halsey, qui manquait de navires en état de se battre, détacha deux bâtiments de combat, les cuirassés Washington et South Dakota et quatre destroyers du groupe aéronaval de l'Enterprise. La force américaine sous le commandement de Willis A. Lee à bord du Washington, atteignit Guadalcanal et l'île de Savo juste avant minuit le 14 novembre, peu avant l'arrivée de la force de bombardement de Kondo. Celle-ci se composait du Kirishima et de deux croiseurs lourds, deux croiseurs légers et neuf destroyers. Après que les deux forces furent entrées en contact, les navires de Kondo coulèrent très rapidement trois destroyers américains et endommagèrent gravement le quatrième. Les bâtiments japonais aperçurent ensuite le South Dakota, sur lequel ils ouvrirent le feu et réussirent à l'endommager. Alors que les navires de Kondo se concentraient sur ce dernier, le Washington parvint à s'approcher des navires japonais sans avoir été détecté et ouvrit le feu sur le Kirishima, le touchant à plusieurs reprises et lui causant des dommages mortels. Après avoir chassé sans succès le Washington vers les îles Russell, Kondo ordonna à ses navires de se retirer sans avoir bombardé Henderson Field. L'un des destroyers japonais fut également coulé au cours de l'engagement[239] - [240].

Alors que les navires de Kondo se retiraient, les quatre navires de transport japonais s'Ă©chouèrent près de Tassafaronga sur Guadalcanal Ă  04 h 00 et commencèrent rapidement Ă  dĂ©charger. Ă€ 05 h 55, l'artillerie et les avions amĂ©ricains commencèrent Ă  attaquer les navires de transport Ă©chouĂ©s, dĂ©truisant les quatre transports avec l'essentiel des approvisionnements qu'ils contenaient. Seuls 2 000 Ă  3 000 hommes de l'armĂ©e parvinrent Ă  terre. Du fait d'avoir Ă©chouĂ© Ă  livrer l'essentiel des approvisionnements et des troupes, les Japonais furent finalement forcĂ©s d'annuler leur offensive planifiĂ©e pour novembre. De fait, le rĂ©sultat de cette bataille constitua une victoire stratĂ©gique significative pour les AlliĂ©s et marqua le dĂ©but de la fin des tentatives japonaises pour reprendre l'aĂ©rodrome[241] - [242].

Le , le lieutenant-général japonais Hitoshi Imamura prit le commandement de la 8e armée de région à Rabaul. Ce nouveau commandement comprenait la 17e armée de Hyakutake, et la 18e armée japonaise en Nouvelle-Guinée. L'une des premières priorités d'Imamura au moment d'assumer ce commandement fut la poursuite des tentatives pour reprendre l'aérodrome de Guadalcanal. L'offensive alliée à Buna en Nouvelle-Guinée, changea cependant les priorités. Considérant que les tentatives alliées étaient une menace bien plus importante pour Rabaul, Imamura reporta les nouveaux efforts de renforcement de Guadalcanal pour se concentrer sur la situation en Nouvelle-Guinée[243] - [244] - [Note 32].

Bataille navale de Tassafaronga

Commandant des forces navales japonaises
Le vice-amiral Raizo Tanaka
Commandant des forces navales américaines

Les Japonais continuèrent à rencontrer des problèmes dans l'acheminement d'approvisionnements suffisants pour leurs troupes sur Guadalcanal. Des tentatives pour n'utiliser que des sous-marins les deux dernières semaines de novembre échouèrent à répondre à ces problèmes. Une tentative d'établir des bases dans les îles Salomon centrales pour acheminer des convois de barges vers Guadalcanal échoua également en raison des attaques destructrices de l'aviation alliée. Le 26 novembre, la 17e armée notifia à Imamura qu'elle faisait face à une pénurie alimentaire critique : certaines unités sur la ligne de front ne furent pas réapprovisionnées pendant six jours successifs et même les rations des troupes sur les arrières du front furent réduites au tiers. La situation critique força les Japonais à revenir à l'utilisation de destroyers pour livrer les approvisionnements nécessaires[245] - [246] - [247]. Les personnels de la 8e flotte conçurent alors un plan pour aider à réduire l'exposition des destroyers chargés de délivrer les approvisionnements à Guadalcanal. De grands barils d'huile et de carburant furent nettoyés et remplis de matériels médical et de vivres, avec suffisamment d'air pour en assurer la flottabilité et enfilés ensemble sur des cordes. Lorsque les destroyers atteindraient Guadalcanal ils feraient un virage serré et les barils seraient alors lâchés et un nageur ou un bateau en provenance de la côte pourrait alors récupérer le bout flottant de la corde et le ramener jusqu'à la plage, ou les soldats pourraient alors haler ces approvisionnements[248] - [249] - [250] - [245] - [251] - [252] - [253] - [254].

L'unité de renforcement de Guadalcanal de la 8e flotte (le Tokyo Express), commandée à ce moment-là par Raizo Tanaka, avait reçu pour mission de Mikawa d'effectuer les cinq premières courses vers Tassafaronga en utilisant la méthode des barils dans la nuit du 30 novembre. L'unité navale de Tanaka était organisée autour de huit destroyers, dont six affectés au transport de 200 à 240 barils d'approvisionnement chacun[255] - [256] - [251] - [257] - [258]. Informé de la tentative d'approvisionnement des Japonais par des sources de renseignement, Halsey donna l'ordre à la Task Force 67, composée de quatre croiseurs et de quatre destroyers sous le commandement du contre-amiral Carleton H. Wright, d'intercepter la force navale de Tanaka et de la tenir éloignée de Guadalcanal. Deux destroyers supplémentaires se joignirent au groupe naval de Wright au départ d'Espiritu Santo, au cours de la journée du 30 novembre[259] - [260] - [249] - [250] - [261] - [262] - [263] - [264].

L'USS Minneapolis après la bataille de Tassafaronga.

À 22 h 40 le 30 novembre, les forces de Tanaka arrivèrent au large de Guadalcanal et s'apprêtèrent à décharger les barils d'approvisionnement. Pendant ce temps, les navires de guerre de Wright approchèrent en passant par le Ironbottom Sound (littéralement le détroit au fond de fer) mais en arrivant de la direction opposée. Le groupe de Wright détecta les forces de Tanaka au radar et le commandant du destroyer requit l'autorisation d'ouvrir le feu avec des torpilles. Wright attendit quatre minutes avant de donner l'autorisation, permettant ainsi à Tanaka d'échapper à une configuration de tir optimale. Toutes les torpilles américaines manquèrent leurs cibles. Dans le même temps, les croiseurs de Wright ouvrirent le feu touchant rapidement et détruisant l'un des destroyers d'escorte japonais. Le reste des navires de Tanaka abandonna la mission de livraison, augmenta sa vitesse et lança un total de 44 torpilles en direction des croiseurs de Wright[265] - [266] - [267] - [268] - [269] - [270]. Les torpilles japonaises frappèrent et coulèrent le croiseur américain Northampton et endommagèrent gravement les croiseurs Minneapolis, New Orleans, et Pensacola. Les destroyers restants de Tanaka s'en tirèrent sans dommages, mais sans parvenir à livrer les approvisionnements aux troupes en souffrance sur Guadacanal[266] - [271] - [272] - [273].

Le 7 dĂ©cembre 1942, les troupes de Hyakutake perdaient environ 50 hommes par jour de malnutrition, de maladies, et par les attaques terrestres et aĂ©riennes alliĂ©es[274]. D'autres tentatives ultĂ©rieures du groupe de destroyers de Tanaka le 3, 7 et 11 dĂ©cembre pour livrer les approvisionnements ne parvinrent pas Ă  attĂ©nuer la crise, et l'un des destroyers de Tanaka fut coulĂ© par une torpille lancĂ©e d'un PT boat amĂ©ricain[275] - [276] - [277] - [278].

DĂ©cision japonaise de battre en retraite

Le 12 décembre 1942, la Marine impériale proposa que Guadalcanal soit abandonnée. Au même moment, plusieurs officiers d'état-major de l'armée au quartier général impérial suggérèrent également que de nouveaux efforts pour reprendre Guadalcanal seraient impossibles. Une délégation menée par le colonel de l'Armée impériale japonaise Joichiro Sanada, chef de la section des opérations du quartier général impérial effectua une visite à Rabaul le 19 décembre et consulta Imamura ainsi que son état-major. Au retour de la délégation à Tokyo, Sanada recommanda l'abandon de Guadalcanal. Les principaux chefs du quartier général impérial approuvèrent la recommandation de Sanada le 26 décembre et donnèrent l'ordre à leurs états-majors d'élaborer des plans pour une retraite de Guadalcanal, l'établissement d'une nouvelle ligne de défense dans la portion centrale des îles Salomon et un déplacement des priorités et des ressources vers la campagne en Nouvelle-Guinée[279] - [280] - [281] - [282] - [283].

Le 28 décembre, le général Hajime Sugiyama et l'amiral Osami Nagano informèrent personnellement l'empereur Hirohito de la décision de battre en retraite de Guadalcanal. Le 31 décembre, l'empereur approuva formellement la décision. Les Japonais commencèrent secrètement à préparer leur évacuation, appelée opération Ke, qui devait débuter au cours de la dernière partie du mois de janvier 1943[282] - [281] - [284] - [285] - [243] - [286] - [283].

Bataille des monts Austen, du Cheval au galop et de l'Hippocampe

Le major-général Alexander Patch (au centre) succède à Vandegrift (à droite) le .

Au mois de dĂ©cembre, la 1re division des Marines Ă©puisĂ©e par les combats des mois prĂ©cĂ©dents, fut retirĂ©e du front pour rĂ©cupĂ©rer, et remplacĂ©e progressivement au cours du mois suivant, par le XIVe corps qui prit les opĂ©rations sur l'Ă®le Ă  son compte. Ce corps d'armĂ©e Ă©tait composĂ© de la 2e division des Marines, de la 25e division d'infanterie et la division Americal de l’US Army. Le major-gĂ©nĂ©ral Alexander Patch de l’US Army remplaça Vandegrift au poste de commandant des forces alliĂ©es sur Guadalcanal, qui au mois de janvier totalisaient plus de 50 000 hommes[287] - [288] - [289] - [290] - [291] - [292] - [293]. Les rĂ©giments d'infanterie de la division Americal Ă©taient des unitĂ©s de la Garde nationale. Le 164e Ă©tait du Dakota du Nord, le 182e du Massachusetts et le 132e de l'Illinois. Le 147e faisait auparavant partie de la 37e division d'infanterie. Pendant son sĂ©jour Ă  Guadalcanal, la 1re division de Marines dĂ©plora 650 morts, 31 disparus, 1 278 blessĂ©s et 8 580 qui contractèrent certains types de maladies, essentiellement la malaria. Le 2e rĂ©giment de Marines Ă©tait arrivĂ© Ă  Guadalcanal avec la plus grande partie de la 1re division de Marines, mais demeura Ă  l'arrière afin de rejoindre son unitĂ© de rattachement, la 2e division de Marines. Le 35e rĂ©giment de la 25e division d'infanterie arriva Ă  Guadalcanal le 17 dĂ©cembre, le 27e rĂ©giment le 1er janvier et le 161e rĂ©giment le 4 janvier. Les unitĂ©s de quartier gĂ©nĂ©ral de la 2e division de Marines, le 6e rĂ©giment de Marines et diverses unitĂ©s d'appui et d'armes lourdes arrivèrent Ă©galement les 4 et 6 janvier. Le major-gĂ©nĂ©ral John Marston, commandant de la 2e division de Marines resta en Nouvelle-ZĂ©lande parce qu'il Ă©tait plus ancien dans le grade que Patch. C'est donc le brigadier-gĂ©nĂ©ral Alphonse De Carre qui commandait la 2e division de Marines sur Guadalcanal. Le nombre total de Marines sur Guadalcanal et Tulagi au 6 janvier 1943 s'Ă©levait Ă  18 383.

Le 18 décembre, les forces alliées (essentiellement américaines) commencèrent à attaquer des positions japonaises du mont Austen. Une solide position fortifiée japonaise, appelée le Gifu, résista aux attaques au point que les Américains furent forcés d'arrêter temporairement leur offensive le 4 janvier 1943[294] - [295] - [296] - [192] - [297] - [298].

Les AlliĂ©s reprirent leur offensive Ă  partir du 10 janvier, attaquant Ă  nouveau les Japonais sur le mont Austen ainsi que sur les deux crĂŞtes Ă  proximitĂ© dĂ©nommĂ©es Hippocampe et Cheval au galop. Après quelques difficultĂ©s, les AlliĂ©s prirent les trois mouvements de terrain au 23 janvier. Au mĂŞme moment, les Marines avancèrent les long de la cĂ´te nord de l'Ă®le, rĂ©alisant des gains significatifs. Les AmĂ©ricains perdirent 250 hommes au cours de l'opĂ©ration tandis que les Japonais dĂ©ploraient 3 000 morts, soit environ 12 pour 1 en faveur des AmĂ©ricains[299] - [300] - [301]

Évacuation Ke et bataille de l'île de Rennell

Le 14 janvier, un raid du Tokyo Express débarqua l'équivalent d'un bataillon de soldats pour jouer le rôle d'arrière-garde pour l'opération d'évacuation Ke. Un officier d'état-major de Rabaul accompagna les troupes afin de notifier à Hyakutake la décision officielle d'abandonner l'île. Au même moment, des navires japonais ainsi que des avions firent mouvement pour prendre position autour de la zone de Rabaul et de Bougainville dans le but d'exécuter l'opération de retrait. Les services de renseignement alliés détectèrent les mouvements japonais, mais les interprétèrent de manière erronée comme une nouvelle tentative de reprendre Henderson Field et Guadalcanal[302] - [303] - [304] - [305] - [306] - [307].

L'USS Chicago en train de couler le 30 janvier durant la bataille de l'île de Rennell.

Patch, se méfiant de ce qu'il pensait être une imminente offensive japonaise, n'engagea qu'une portion relativement limitée de troupes pour continuer la lente offensive contre les forces de Hyakutake. Le 29 janvier, Halsey, agissant à partir des mêmes renseignements envoya vers Guadalcanal un convoi de réapprovisionnement protégé par un groupe de croiseurs. Apercevant le groupe naval de croiseurs, les bombardiers nippons à torpilles, attaquèrent cette flotte ce même soir et endommagèrent gravement le croiseur américain Chicago. Le jour suivant, de nouveaux appareils à torpilles attaquèrent et le coulèrent. Halsey donna l'ordre aux reliquats du groupe naval de retourner à sa base et au reste de ses forces navales de prendre position dans la mer de Corail au sud de Guadalcanal, afin d'être prête à contrer ce qui était perçu comme une nouvelle offensive japonaise[308] - [309] - [310] - [311] - [Note 33].

Pendant ce temps, la 17e armĂ©e japonaise se retira vers la cĂ´te ouest de Guadalcanal tandis que des unitĂ©s d'arrière-garde jugulaient l'offensive amĂ©ricaine. Au cours de la nuit du 1er fĂ©vrier, 20 destroyers de la 8e flotte de Mikawa, sous les commandement de ShintarĹŤ Hashimoto parvinrent Ă  extraire avec succès de l'Ă®le 4 935 soldats, principalement de la 38e division. Les Japonais et les AmĂ©ricains perdirent chacun un destroyer par des attaques aĂ©riennes liĂ©es Ă  cette mission d'Ă©vacuation[312] - [313] - [314] - [315] - [316] - [317].

Dans les nuits des 4 et 7 fĂ©vrier, Hashimoto et ses destroyers achevèrent l'Ă©vacuation de la plupart des troupes japonaises restantes. Hormis quelques attaques aĂ©riennes, les forces alliĂ©es, toujours dans l'anticipation d'une grande offensive japonaise, ne firent aucune tentative pour interdire Ă  Hashimoto ces convois d'Ă©vacuation. Au total, les Japonais Ă©vacuèrent avec succès 10 652 hommes de Guadalcanal[318]. Le 9 fĂ©vrier, Patch rĂ©alisa que les Japonais Ă©taient partis et dĂ©clara Guadalcanal sĂ»re pour les forces alliĂ©es, mettant ainsi fin Ă  la campagne[319] - [320] - [321].

Conséquences

Après le départ des Japonais, Guadalcanal et Tulagi furent transformées en bases majeures pour soutenir la progression des forces alliées dans la chaîne des îles Salomon. En plus de Henderson Field, deux pistes pour des chasseurs furent construites à Lunga Point et un aérodrome pour bombardiers à Koli Point. Des installations logistiques navales portuaires de grande envergure furent établies à Guadalcanal, Tulagi et Florida. Le mouillage autour de Tulagi devint une importante base avancée pour les navires de guerre alliés ainsi que les bâtiments de transport qui soutenaient la campagne des îles Salomon. Plusieurs unités terrestres majeures furent stationnées dans d'immenses campements et baraquements sur Guadalcanal avant leur déploiement ultérieur dans les Salomon[322].

Importance historique

La campagne de Guadalcanal a coĂ»tĂ© selon les diffĂ©rentes sources entre 25 000 et 28 580 hommes aux Japonais, dont environ 4 300 marins, les chiffres prĂ©cis restant difficiles Ă  Ă©valuer. L'opĂ©ration Ke a permis l'Ă©vacuation d'un effectif estimĂ© entre 9 100 et 13 000 hommes toujours selon les diffĂ©rentes sources. Les pertes amĂ©ricaines sont mieux connues et s'Ă©lèvent Ă  environ 1 600 au sol, dont une majoritĂ© de Marines et environ 5 000 marins lors des batailles navales autour de l'Ă®le. Les belligĂ©rants ont subi des pertes en avions et en navires de guerre Ă  peu près Ă©quivalentes, les Japonais Ă©tant, quant Ă  eux, incapables de remplacer leurs pertes en particulier au niveau des aviateurs de l'aĂ©ronavale basĂ©e Ă  terre après celles de leurs camarades des porte-avions Ă  Midway. Ă€ l'issue de la bataille, les AmĂ©ricains n'ont plus qu'un porte-avions, l'Enterprise, et les Britanniques mettront Ă  leur disposition le porte-avions Victorious, qui opĂ©rera avec la marine amĂ©ricaine mais ne prendra part Ă  aucune action majeure. Les mois suivants seront difficiles pour les AlliĂ©s, surtout les AmĂ©ricains, jusqu'Ă  ce que la puissance industrielle de ces derniers atteigne un niveau de production qui leur permette de dĂ©verser sur les théâtres d'opĂ©ration une profusion d'hommes et de matĂ©riel. MatĂ©riel qui, au contraire, fera dĂ©faut aux Japonais. Ce faisant, la prise de Guadalcanal par les AlliĂ©s constitue la première brèche dans le pĂ©rimètre que le Japon avait Ă©tabli dans les six premiers mois de la guerre et la preuve que, dĂ©sormais, les AlliĂ©s avaient l'initiative.

Après la bataille de Guadalcanal, les Japonais furent très clairement sur la défensive dans le Pacifique. Leur acharnement à renforcer Guadalcanal avait affaibli les efforts sur d'autres théâtres, contribuant ainsi au succès d'une contre-offensive australienne et américaine en Nouvelle-Guinée, qui culmina avec la capture des bases clés de Buna et de Gona au début de l'année 1943. Les Alliés avaient ainsi gagné une initiative stratégique qu'ils n'abandonnèrent plus par la suite. Au mois de juin, ils lancèrent l'opération Cartwheel qui, après modification au mois d'août 1943, formalisa la stratégie d'isolement de Rabaul et de coupure des lignes de communication maritimes. La neutralisation ultérieure de Rabaul et les forces alliées qui y furent concentrées facilitèrent la campagne du Pacifique Sud-Ouest sous le commandement du général MacArthur et la campagne de saute-mouton d'île en île du Pacifique central sous les ordres de l'amiral Nimitz, les deux axes d'efforts progressant avec succès vers le Japon. Le reliquat des défenses japonaises dans la zone du Pacifique Sud fut par la suite détruit ou contourné par les forces alliées alors que la guerre avançait vers sa conclusion[323] - [324].

Question des ressources

La bataille de Guadalcanal fut l'une des premières campagnes prolongées dans le Pacifique, en parallèle de la campagne concurrente mais néanmoins liée des îles Salomon. Les deux campagnes furent des batailles qui mirent à rude épreuve les capacités logistiques des nations combattantes impliquées. Au début de la campagne, les Américains furent limités par les difficultés d'approvisionnement en raison des nombreuses pertes de croiseurs et porte-avions, qui n'avaient pas encore été compensées par les importants programmes de construction navale. Ce besoin incita pour la première fois au développement d'une capacité de transport aérien efficace. À défaut d'acquérir la supériorité aérienne, le Japon dut recourir aux barges, aux destroyers et aux sous-marins pour acheminer les renforts, avec des résultats très inégaux[325] - [326].

Henderson Field au mois d'août 1944.

La Marine américaine subit des pertes humaines si élevées durant la campagne qu'elle refusa de publier officiellement le chiffre global des victimes pendant plusieurs années. Cependant, alors que la campagne se poursuivait et que le public américain percevait la situation critique à Guadalcanal et l'héroïsme des forces américaines, davantage de moyens furent envoyés dans la zone. Cela représentait un gros problème pour le Japon, dont le complexe militaro-industriel s'avéra incapable de suivre l'intensité de la production de l'industrie américaine. Ainsi, les Japonais perdaient des unités irremplaçables tandis que celles des Américains étaient rapidement remplacées et même renforcées[325] - [326].

La campagne de Guadalcanal fut coĂ»teuse pour le Japon d'un point de vue stratĂ©gique ainsi qu'en termes de pertes matĂ©rielles et humaines. Environ 25 000 combattants expĂ©rimentĂ©s furent tuĂ©s au cours de la campagne. La ponction sur les ressources contribua directement Ă  l'Ă©chec du Japon Ă  atteindre son objectif dans la campagne de Nouvelle-GuinĂ©e. L'État japonais perdit Ă©galement le contrĂ´le du Sud des Ă®les Salomon et ainsi la possibilitĂ© d'interdire les liaisons maritimes alliĂ©es vers l'Australie. La principale base japonaise Ă  Rabaul fut dès lors directement menacĂ©e par la puissance aĂ©rienne alliĂ©e. Plus important encore, des forces terrestres, aĂ©riennes et navales limitĂ©es avaient disparu Ă  jamais dans la jungle de Guadalcanal et les mers environnantes. Les Japonais ne furent, par la suite, jamais en mesure de remplacer aussi vite que les AlliĂ©s les avions et les navires dĂ©truits et coulĂ©s au cours de cette campagne, de mĂŞme que les Ă©quipages de vĂ©tĂ©rans hautement expĂ©rimentĂ©s, en particulier les Ă©quipages aĂ©ronavals[326] - [327] - [324].

Question stratégique

La victoire alliée à la bataille de Midway permit aux États-Unis de rétablir la parité navale dans le Pacifique. Cependant, ce fait seul ne changea pas le cours de la guerre. C'est seulement après les victoires alliées à Guadalcanal et en Nouvelle-Guinée que la poussée offensive japonaise prit fin et que l'initiative stratégique passa du côté des Alliés, de manière permanente comme il s'avéra ensuite. La campagne de Guadalcanal mit un terme à toutes les tentatives d'expansion japonaises et plaça les Alliés très clairement en position de suprématie[328] - [329]. Cette victoire fut ainsi le premier maillon d'une longue chaîne de succès qui finalement mena à la reddition du Japon et à l'occupation des îles japonaises[326] - [327] - [324].

La politique de l'« Europe d'abord » adoptée par les États-Unis avait initialement permis uniquement des actions défensives face à l'expansion japonaise, afin de concentrer les ressources sur la défaite de l'Allemagne. Cependant, l'argument de l'amiral King pour l'invasion de Guadalcanal, ainsi que sa mise en œuvre avec succès, convainquirent Franklin Delano Roosevelt que le théâtre Pacifique pouvait tout aussi bien être appréhendé de manière offensive[330] sans remettre en question la priorité donnée à l'Europe. À la fin de l'année 1942, il était clair que le Japon avait perdu la campagne de Guadalcanal. Ce fut un sérieux coup porté aux plans stratégiques du Japon pour la défense de son empire et une victoire inattendue pour les Américains[331] - [327] - [7] - [332]

La victoire psychologique fut probablement tout aussi importante que la victoire militaire. Sur un pied d'égalité, les Alliés avaient battu les meilleures forces terrestres, aériennes et navales du Japon. Après Guadalcanal, les soldats alliés considérèrent les armées japonaises avec beaucoup moins de crainte et d'admiration qu'auparavant. Avec l'arrivée de nouveaux renforts début 1943, les chances de victoire pour les Alliés dans la guerre du Pacifique se trouvèrent décuplées[325].

« Le Tokyo Express n'a plus de terminus sur Guadalcanal. »

- Major-général Alexander Patch,
commandant des forces américaines sur Guadalcanal.

« Guadalcanal n'est plus simplement le nom d'une île dans l'histoire militaire du Japon. C'est le nom du cimetière de l'armée japonaise. »

- Major-général Kiyotake Kawaguchi de l'Armée impériale japonaise,
commandant de la 35e brigade d'infanterie Ă  Guadalcanal[333].

Au-delà de Kawaguchi, plusieurs responsables politiques et militaires japonais, y compris Naoki Hoshino, l'amiral Nagano et Torashirō Kawabe, affirmèrent peu après la guerre que Guadalcanal fut le tournant décisif du conflit. « En ce qui concerne le tournant [de la guerre], le moment où l'action positive a cessé ou est même devenu négative, c'était, je crois, à Guadalcanal[334]. »

Sources

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages principaux

  • (en) Joseph H. Alexander, Edson's Raiders: The 1st Marine Raider Battalion in World War II, Naval Institute Press, (ISBN 9781557500205, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Eric M. Bergerud, Touched with Fire: The Land War in the South Pacific, Penguin, (ISBN 9780140246964, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Herbert C. Brown, Hell at Tassafaronga: The History of the Heavy Cruiser New Orleans (CA 32), Ancient Mariners Press Llc, (ISBN 9780970072146).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Martin Clemens, Alone on Guadalcanal: A Coastwatcher's Story, Bluejacket Books, (ISBN 1591141249, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Russell Sydnor Crenshaw, South Pacific Destroyer: The Battle for the Solomons from Savo Island to Vella Gulf, Naval Institute Press, (ISBN 155750136X).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Russel Sydnor Crenshaw, The Battle of Tassafaronga, Naval Institute Press, (ISBN 9781591141464, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Paul S. Dull, A Battle History of the Imperial Japanese Navy, 1941-1945, Naval Institute Press, (1re Ă©d. 1978) (ISBN 9781591142195, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) David C. Evans, The Japanese Navy in World War II : In the Words of Former Japanese Naval Officers, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, , 2e Ă©d. (ISBN 9780870213168), « The Struggle for Guadalcanal ».Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Richard B. Frank, Guadalcanal: The Definitive Account of the Landmark Battle, New York, Penguin Group USA, (1re Ă©d. 1990) (ISBN 9780140165616, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Oscar E. Gilbert, Marine Tank Battles of the Pacific, Da Capo press, (ISBN 9781580970501, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Samuel B. Griffith, The Battle for Guadalcanal, Champaign, Illinois, USA, University of Illinois Press, (rĂ©impr. 1991) (1re Ă©d. 1963) (ISBN 9780252068911).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Eric Hammel, Guadalcanal, Decision at Sea: The Naval Battle of Guadalcanal, November 13-15, 1942, Pacifica Military History, (ISBN 9781890988197, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Eric Hammel, Carrier Clash: The Invasion of Guadalcanal & The Battle of the Eastern Solomons August 1942, St. Paul, Minnesota, USA, Zenith Press, (ISBN 9780760320525, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Eric Hammel, Carrier Strike: The Battle of the Santa Cruz Islands, October 1942, Pacifica Press, (ISBN 0935553371).
  • (en) Tameichi Hara, Japanese Destroyer Captain, New York & Toronto, Ballantine Books, (ISBN 0345278941).
  • (en) Saburo Hayashi, Kogun: The Japanese Army in the Pacific War, Greenwood Pub Group, (ISBN 9780313202919, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Carl K. Hixon, Guadalcanal: An American History, Naval Institute Press, (ISBN 9781557503459).
  • (en) Frank O. Hough, Verle E. Ludwig et Henry I. Shaw Jr., Pearl Harbor to Guadalcanal, CreateSpace Independent Publishing Platform, (ISBN 9781481969253, lire en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • Michel HĂ©rubel, La Bataille de Guadalcanal, Presses de la CitĂ©, (ISBN 9782258021006).
  • (en) James D. Hornfischer, Neptune's Inferno: The U.S. Navy at Guadalcanal, New York, Bantam Books, (ISBN 9780553806700 et 9780553908077, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Stanley C. Jersey, Hell's Islands: The Untold Story of Guadalcanal, College Station, Texas A&M University Press, (ISBN 9781585446162, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) C. W. Kilpatrick, Naval Night Battles of the Solomons, Exposition Press, (ISBN 9780682403337).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Kerry L. Lane, Guadalcanal Marine, University Press of Mississippi, (ISBN 9781578066643, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Roger Letourneau et Dennis Letourneau, Operation KE: The Cactus Air Force and the Japanese Withdrawal from Guadalcanal, Naval Institute Press, (ISBN 9781591144465, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Bruce Loxton et Christopher David Coulthard-Clark, The Shame of Savo: Anatomy of a Naval Disaster, US Naval Institute Press, (1re Ă©d. 1994) (ISBN 9781557508386, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) John B. Lundstrom, The First Team And the Guadalcanal Campaign: Naval Fighter Combat from August to November 1942, Naval Institute Press, (1re Ă©d. 1993) (ISBN 9781591144724, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) William Manchester, Goodbye, Darkness A Memoir of the Pacific, Boston, Little, Brown, and Company, (1re Ă©d. 1979) (ISBN 0316545015 et 9780316054638).
  • (en) William L. McGee, The Solomons Campaigns, 1942-1943: From Guadalcanal to Bougainville-Pacific War Turning Point, vol. 2 : Amphibious Operations in the South Pacific in WWII, BMC Publications, (ISBN 9780970167873).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Thomas G. Miller, Cactus Air Force, Harper & Row, (ISBN 9780934841177).
  • (en) Samuel Eliot Morison, History of United States Naval Operations in World War II, vol. 5 : The Struggle for Guadalcanal, August 1942 - February 1943, University of Illinois Press, (rĂ©impr. 1977) (1re Ă©d. 1949) (ISBN 9780252069963, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Williamson Murray et Allan R. Millett, A War To Be Won: Fighting the Second World War, United States of America, Harvard University Press, coll. « Belknap Press series », (1re Ă©d. 1990) (ISBN 9780674041301, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • Henri Ortholan, La bataille de Guadalcanal : 1942 - 1943, Bernard Giovanangeli Éditeur, (ISBN 9782758700531).
  • (en) Oscar F. Peatross, John P. McCarthy (rĂ©dacteur) et John Clayborne (rĂ©dacteur), Bless 'em All: The Raider Marines of World War II, ReView Publications, (ISBN 9780965232500).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Theodore Roscoe, United States Destroyer Operations in World War II., Naval Institute Press, (ISBN 9780870217265, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Gordon L. Rottman, Japanese Army in World War II: The South Pacific and New Guinea, 1942-43, Oxford and New York, Osprey Publishing, (ISBN 9781841768700, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Henry J. Shaw, Jr., First Offensive: The Marine Campaign for Guadalcanal, DIANE Publishing, (ISBN 9780788135255, prĂ©sentation en ligne, lire en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Michael S. Smith, Bloody Ridge: The Battle That Saved Guadalcanal, Presidio Press, (ISBN 9780891417187, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) John Toland, The Rising Sun: The Decline and Fall of the Japanese Empire, 1936-1945, New York, The Modern Library, (1re Ă©d. 1970) (ISBN 9780812968583, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article

Internet

.

autres sources

Ouvrages

  • (en) Saul M. Braun, The struggle for Guadalcanal (American battles and campaigns), Putnam, (ISBN 1591141141).
  • (en) Bureau of Yards and Docks, Seabee Book-Building the Navy's Bases in World War II: A History of the Bureau of Yards and Docks, 1940-1946, Volume 2, Washington, United States Government Printing Office, (ISBN 9781460949641, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article
  • (en) Christopher Chant, The Encyclopedia of Codenames of World War II, Routledge, (ISBN 9781134647873).
  • (en) James F. Christ, Battalion of the Damned: The 1st Marine Paratroopers at Gavutu and Bloody Ridge, 1942, Naval Institute Press, .
  • (en) Jack Coggins, The campaign for Guadalcanal: A battle that made history, DoubleDay, (ISBN 0385043546).
  • (en) John Crawford, New Zealand's Pacific frontline: Guadalcanal-Solomon Islands Campaign, 1942-45, New Zealand Defence Force, (ISBN 0-473-01537-4).
  • (en) Andrieu D'Albas, Death of a Navy: Japanese Naval Action in World War II, Devin-Adair Pub, (ISBN 081595302X).
  • (en) Jefferson DeBlanc, Guadalcanal Air War, The: Col. Jefferson DeBlanc's Story, Pelican, (ISBN 9781589805873).
  • (en) Dale Dye, The road to victory: from Pearl Harbor to Okinawa, Osprey Publishing, (ISBN 9781849088879).
  • Christian-Jacques Ehrengardt, La Guerre aĂ©rienne 1939 - 1945, Paris, Éditions Tallandier, .
  • (en) Arthur C. Farrington, The Leatherneck Boys: A Pfc at the Battle for Guadalcanal, Sunflower University Press, (ISBN 0897451805).
  • (en) Eric Augustus Feldt, The Coastwatchers, Victoria, Australia, Penguin Books, 1946 (texte original), 1991 (dernière Ă©dition) (ISBN 0140149260).
  • (en) Robert Lee Hadden, The Geology of Guadalcanal: a Selected Bibliography of the Geology, Natural History, and the History of Guadalcanal, Alexandria, Virginia, Topographic Engineeering Center, Engineer Research and Development Center, US Army Corps of Engineers, , 360 p. (lire en ligne). — RĂ©pertorie les sources d'information au sujet des corps des Marines de la patrouille de reconnaissance du Lieutenant-colonel Frank B. Goettge qui tomba dans une embuscade au mois d'aoĂ»t 1942.
  • (en) Eric Hammel, Coral Blood, Pacifica Military History, (ISBN 9781890988159).
  • (en) John Hersey, Into the Valley: Marines at Guadalcanal, Bison Books, 2002 (paperback edition) (ISBN 0803273282).
  • (en) Edwin P. Hoyt, Guadalcanal, Military Heritage Press, (ISBN 0880291842).
  • (en) Richard G. Hubler et John A Dechant, Flying Leathernecks – The Complete Record of Marine Corps Aviation in Action 1941-1944., Garden City, New York, Doubleday, Doran & Co., Inc, .
  • (en) Robert Leckie, Helmet for my Pillow, ibooks, Inc., 2001 (rĂ©Ă©dition) (ISBN 1596870923).
  • (en) Robert Leckie, Challenge for the Pacific: the Bloody Six-month Battle Of Guadalcanal, Da Capo Press, (ISBN 0306809117).
  • (en) Robert Leckie, Strong men armed: the United States Marines against Japan, Da Capo Press, (ISBN 9780306818929).
  • (en) Walter Lord, Lonely Vigil; Coastwatchers of the Solomons, New York, Naval Institute Press, (ISBN 1591144663).
  • (en) John B. Lundstrom, Black Shoe Carrier Admiral: Frank Jack Fletcher at Coral Seas, Midway & Guadalcanal, Annapolis, Maryland, USA, Naval Institute Press, (ISBN 1591144752).
  • (en) Ore J. Marion, Thomas Cuddihy et Edward Cuddihy, On the Canal: The Marines of L-3-5 on Guadalcanal, 1942, Stackpole Books, (ISBN 0811731499).
  • (en) Herbert Christian Merillat, Guadalcanal Remembered, University Alabama Press, (ISBN 0-8173-1290-0).
  • (en) Herbert L. Merillat, The Island: A History of the prĂ©nom1 Marine Division on Guadalcanal, August 7 - December 9, 1942, Houghton Mifflin Company, (ASIN B0007DORUE).
  • (en) John Jr. Miller, Guadalcanal: The first Offensive, Washington, D.C., United States Army Center of Military History, coll. « United States Army in World War II », (1re Ă©d. 1949) (lire en ligne).
  • (en) Joseph Mueller, Guadalcanal 1942: The Marines Strike Back, London, Osprey, coll. « Campaign series » (no 18), (ISBN 9781855322530, OCLC 28111740).
  • (en) Robert Sinclair Parkin, Blood on the Sea: American Destroyers Lost in World War II, Da Capo Press, (ISBN 0306810697).
  • (en) Jonathan B. Parshall et Anthony P. Tully, Shattered Sword, Potomac Books, Inc., (ISBN 9781597973090, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Henry Varnum Poor, Henry A. Mustin et Colin G. Jameson, The Battles of Cape Esperance, 11 October 1942 and Santa Cruz Islands, October 26, 1942 (Combat Narratives. Solomon Islands Campaign, 4-5), Naval Historical Center, (ISBN 0-945274-21-1).
  • (en) Floyd W. Radike, Across the Dark Islands: The War in the Pacific, New York, Presidio Press, (ISBN 0891417745).
  • (en) Don Richter, Where the Sun Stood Still: The Untold Story of Sir Jacob Vouza and the Guadalcanal Campaign, Toucan, (ISBN 0-9611696-3-X).
  • (en) Lisle Abbott Rose, The Ship that Held the Line: The USS Hornet and the prĂ©nom1 annĂ©e of the Pacific War, Bluejacket Books, (ISBN 1-55750-008-8).
  • (en) Gordon L. Rottman et Duncan Anderson (consultant editor), U.S. Marine Corps Pacific Theater of Operations 1941-43, Oxford, Osprey, (ISBN 1-84176-518-X).
  • (en) George W. Smith, The Do-or-Die Men: The 1st Marine Raider Battalion at Guadalcanal, Pocket, (ISBN 0743470052).
  • (en) Edward P. Stafford (prĂ©f. Paul Stillwell), The Big E: The Story of the USS Enterprise, Naval Institute Press, 2002 (rĂ©Ă©dition) (ISBN 1-55750-998-0).
  • (en) Rafael Steinberg, Island fighting (World War II Collectors Edition), Time-Life Books, (ISBN 9780783557076).
  • (en) Richard Tregaskis, Guadalcanal Diary, Random House, (ISBN 0-679-64023-1).
  • (en) Merrill B. Twining, No Bended Knee: The Battle for Guadalcanal, Novato, California, USA, Presidio Press, (ISBN 0-89141-826-1).
  • (en) David J. Ulbrich, Preparing for Victory: Thomas Holcomb and the Making of the Modern Marine Corps, 1936-183, Naval Institute Press, (ISBN 9781591149033).
  • Charles H. Walker, Combat Officer: A Memoir of War in the South Pacific, New York, Presidio Press, (ISBN 0345463854).
  • (en) Irving Werstein, Guadalcanal, Crowell, .
  • (en) H.P. Willmott, The Barrier and the Javelin: Japanese and Allied Pacific Strategies, February to June 1942, Naval Institute Press, (ISBN 9781591149491, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) H.P. Willmott, Robin Cross et Charles Messenger, World War II, Dorling Kindersley, (ISBN 9781405312622, prĂ©sentation en ligne).Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article

Internet

Autres lectures

  • Claude Bertin, Guadalcanal, La lutte pour le Pacifique, Éditions Famot, 2004.
  • Robert Chavanac, Sayonara Guadalcanal, roman (cĂ´tĂ© japonais), Éditions Fleuve Noir, 1969.
  • Hugh Morgan, Les As de la Marine impĂ©riale japonaise 1941-1945, Royaume-Uni Paris (10 Bd Malesherbes, 75008), Osprey aviation DelPrado, coll. « Les Combats du Ciel » (no 4), (ISBN 2843490189, OCLC 470290640).
  • Styling Mark, Les as du Corsair, Royaume-Uni Paris (10 Bd Malesherbes, 75008), Osprey aviation DelPrado, coll. « Les Combats du Ciel » (no 10), (ISBN 978-2843490255).
  • Barrett Tillman, Les as sur Wildcat, Royaume-Uni Paris (10 Bd Malesherbes, 75008), Osprey aviation DelPrado, coll. « Les Combats du Ciel » (no 12), (ISBN 2843490294).

Annexes

Articles connexes

RĂ©cits

Filmographie

Notes et références

Notes

  1. Zimmermann référence la participation d'habitants natifs des Salomon dans la campagne. Guadalcanal et le reste des îles Salomon étaient sous contrôle politique britannique durant la Seconde Guerre mondiale à l'exception de la partie nord des îles Salomon, incluant Bougainville et Buka, qui faisaient partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée sous mandat australien.
  2. Des commandos fidjiens commandés par des officiers et des sous-officiers du Corps expéditionnaire néo-zélandais assistèrent les Américains dans les derniers stades de la campagne.
  3. Approximativement 20 000 des U.S. Marines et 40 000 hommes de l'U.S. Army ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s sur Guadalcanal Ă  diffĂ©rents moments de la campagne.
  4. Rottman, p. 65. 31 400 hommes de l'ArmĂ©e impĂ©riale japonaise et 4 800 hommes de la Marine impĂ©riale japonaise furent dĂ©ployĂ©s Ă  Guadalcanal durant la campagne. Jersey affirme qu'un total de 50 000 hommes des armĂ©es et marine japonaises ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  Guadalcanal et que la majeure partie de la garnison navale de 1 000 Ă  2 000 hommes fut Ă©vacuĂ©e avec succès en novembre et dĂ©cembre 1942 par les navires de guerre du Tokyo Express (Jersey, p. 348-350).
  5. 85 Australiens ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans la bataille de l'Ă®le de Savo. Le nombre total de morts indigènes est inconnu. La plupart, si ce n'est la totalitĂ©, des autres morts Ă©taient amĂ©ricains. Les chiffres comprennent les soldats tuĂ©s, toutes causes confondues, Ă  savoir les combats, la maladie et les accidents. Les pertes totales se chiffrent Ă  1 768 morts pour les forces terrestres, 4 911 morts pour les forces navales et 420 morts pour les forces aĂ©riennes. Quatre membres d'Ă©quipage amĂ©ricains capturĂ©s par les Japonais lors de la bataille des Ă®les Santa Cruz survĂ©curent Ă  leur captivitĂ©. Un nombre inconnu d'autres AmĂ©ricains des forces terrestres, navales et aĂ©riennes furent, selon les dossiers japonais, capturĂ©s par les Japonais pendant la campagne, mais n'ont pas survĂ©cu Ă  leur captivitĂ©, les dates et les conditions de leur mort restant inconnues (Jersey, p. 346, 449). Des documents japonais capturĂ©s ont rĂ©vĂ©lĂ© que deux Ă©claireurs des Marines capturĂ©s furent attachĂ©s Ă  des arbres et Ă©corchĂ©s vifs et conscients par un chirurgien de l'armĂ©e pour une dĂ©monstration mĂ©dicale (Clemens, p. 295). Le nombre des navires coulĂ©s comprend Ă  la fois les navires de guerre et les « grands » bâtiments auxiliaires. Le nombre des avions dĂ©truits comprend Ă  la fois les pertes au combat et les pertes opĂ©rationnelles.
  6. Les chiffres comprennent les soldats tuĂ©s toutes causes confondues, Ă  savoir les combats, les maladies et les accidents. Les pertes s'Ă©lèvent Ă  24 600-25 600 morts pour les forces terrestres, 3 543 morts pour les forces navales, et 2 300 morts les forces aĂ©riennes. Environ 9 000 hommes sont morts de maladies. La plupart des personnes capturĂ©es Ă©taient des travailleurs forcĂ©s corĂ©ens affectĂ©s Ă  des unitĂ©s de construction navale japonaises. Le nombre de navires coulĂ©s comprend des navires de guerre et les « grands » bâtiments auxiliaires. Le nombre d'avions dĂ©truits comprend Ă  la fois les pertes au combat et les pertes opĂ©rationnelles.
  7. Du nom du premier officier aviateur du Corps des Marines, Lofton R. Henderson, tué à la bataille de Midway
  8. La force de débarquement dénommée Task Force 62, comprenait six croiseurs lourds, deux croiseurs légers, quinze destroyers, treize navires de transport, six navires cargos, quatre destroyers de transport (APD) et cinq dragueurs de mines.
  9. Le personnel de la MIJ comprenait des spécialistes japonais et coréens de la construction ainsi que des troupes de combat aguerries.
  10. Approximativement 80 Japonais s'échappèrent vers l'île de Florida, où ils furent découverts et tués par des patrouilles de Marines dans les deux mois qui suivirent.
  11. Loxton, Frank et Morison soutiennent que la situation du carburant de Fletcher n'était pas critique, mais ce dernier prétendit qu'elle l'était afin de donner une justification complémentaire à son retrait de la zone des combats.
  12. « La fente » correspond au détroit de Nouvelle-Géorgie qui s'étend de l'île de Bougainville et l'île de San Cristobal au milieu de l'archipel des îles Salomon
  13. Goettge fut l'un des premiers tués. Seuls trois Marines parvinrent à regagner le périmètre de Lunga Point. Sept Japonais furent tués dans l'escarmouche. Plus de détails sur l'événement dans : Clark, Jack, Goettge Patrol, Pacific Wreck Database and Broderson, Ben, Franklin native recalls key WWII battle.
  14. Un nombre inconnu, mais important, de membres du 5e Yokosuka fut tué lors du naufrage du navire de transport.
  15. En comparaison des 560 milles (901 km) séparant Lunga Point de Rabaul, Berlin était environ à 460 milles (740 km) des bases aériennes alliées dans l'Est de l'Angleterre. Plus tard, l'amiral de la flotte des États-Unis, William F. Halsey rendit hommage aux observateurs côtiers australiens, The Coastwatchers saved Guadalcanal, and Guadalcanal saved the South Pacific. Voir aussi : Behind Enemy Lines: An Amateur Radio Operator's Amazing Tale of Bravery
  16. Le terme « transport de rat » fut utilisĂ© car, Ă  l'image des rats, les navires japonais entraient en action de nuit. La 35e brigade d'infanterie, issue de la 18e division, comptait 3 880 hommes et s’organisait autour du 124e rĂ©giment d'infanterie accompagnĂ© de diverses unitĂ©s d'appuis rattachĂ©es.
  17. La plupart des hommes du deuxième échelon d'Ichiki étaient originaires d'Asahikawa, Hokkaidō. Kuma fait référence aux ours bruns qui vivent dans cette région du Japon.
  18. Les Marines qui défirent finalement l'assaut de Kokusho appartenaient très probablement au 11e régiment de Marines avec l'appui du 1er bataillon de génie (Smith, p. 167 ; et Frank, p. 235).
  19. Quinze de ces Marines et les trois marins de l'U.S. Navy furent tués lorsque le LCVP (Landing Craft Vehicle & Personnel ou Higgins boat) qui les transportait de Tulagi vers Aola Bay sur Guadalcanal s'égara. L'un des Japonais tué au cours de l'assaut, Ishimoto, était un agent de renseignement et interprète japonais qui avait travaillé dans la région des îles Salomon avant la guerre et qui était soupçonné d'être impliqué dans le meurtre de deux prêtres catholiques et deux nonnes à Tasimboko le (le mystérieux Mr. Moto sur Guadalcanal).
  20. Étant donné que tous les bateaux de la Task Force 64 n'étaient pas disponibles, le groupe de Scott fut désigné sous l'appellation Task Group 64.2. Les destroyers américains appartenaient à l'Escadre 12, commandée par le capitaine Robert G. Tobin à Farenholt.
  21. Le 16e régiment d'infanterie appartenait à la 2e division et le 230e à la 38e division.
  22. Raizō Tanaka commandait l'escadron de destroyer numéro 2 qui faisait partie de l'écran de protection des croiseurs.
  23. Les troupes japonaises transférées à Guadalcanal durant cette période comprenaient toute la 2e division d'infanterie (Sendai), deux bataillons de la 38e division d'infanterie et diverses unités d'artillerie, de chars, de génie, et de soutien. Les forces de Kawaguchi comprenaient également ce qui restait du 3e bataillon du 124e régiment d'infanterie qui, à l'origine, faisait partie 35e brigade d'infanterie commandée par Kawaguchi durant la bataille de la crête d'Edson.
  24. Hyakutake envoya un membre de son état-major — le colonel Masanobu Tsuji — pour surveiller la progression de la 2e division le long de la piste et lui rendre compte si l'attaque pouvait être lancée le 22 octobre comme prévu. Masanobu Tsuji a été identifié par certains historiens comme le plus probable coupable de la marche de la mort de Bataan.
  25. Les Marines perdirent deux hommes au cours de l'action. Les pertes de l'infanterie japonaise ne sont pas rĂ©pertoriĂ©es, mais d'après Frank indiscutablement sĂ©vères. Griffith affirme pour sa part que 600 soldats japonais furent tuĂ©s. Seuls 17 des 44 membres de la 1re compagnie indĂ©pendante de chars survĂ©curent Ă  la bataille.
  26. Le 164e régiment d'infanterie fut la première unité de l'armée américaine à être engagée dans les combats de la guerre. Elle fut plus tard décorée de la Presidential Unit Citation.
  27. Des Silver Star furent décernées au sergent Norman Greber de l'Ohio, au soldat de deuxième classe Don Reno du Texas, Jack Bando de l'Oregon, Stan Ralph de New York et au caporal Michael Randall de New York pour leur action durant la bataille.
  28. Jersey affirme que les troupes qui débarquèrent appartenaient à la 2e compagnie du 230e régiment d'infanterie commandé par le lieutenant Tamotsu Shinno et la 6e batterie du 28e régiment d'artillerie de montagne avec deux canons.
  29. Les deux compagnies de commandos du 2e Raider envoyées à Aola furent les compagnies C et E. Les unités de construction d'Aola firent mouvement vers Koli Point où elles construisirent avec succès un aérodrome à partir du . (Miller, p. 174.)
  30. Les renforts amĂ©ricains totalisaient 5 500 hommes, incluant le 1er bataillon de gĂ©nie de l'air des Marines, des relèves pour les unitĂ©s terrestres et aĂ©riennes, le 4e bataillon de relève des Marines, deux bataillons du 182e rĂ©giment d'infanterie de l'U.S. Army, des munitions et des approvisionnements.
  31. Les sorties aériennes américaines furent possibles grâce aux approvisionnements de 488 barils de 55 gallons d'essence octane-100 cachés dans une zone prévue sous la canopée de la jungle par un marin de la Cub-1, August Martello.
  32. Le 24 décembre, la 8e flotte, la 11e flotte aérienne et toutes les autres unités navales japonaises dans la zone des îles de Nouvelle-Guinée et des Salomon furent combinées sous un commandement unique, désignée sous l'appellation de flotte de la zone sud-est avec Jinichi Kusaka comme commandant en chef.
  33. Après avoir débarqué leur chargement, les transports américains évacuèrent le 2e régiment de Marines de l'île. Ce régiment était sur Guadalcanal depuis le début de la campagne.

Références

  1. John L. Zimmerman 1949, p. 173-175.
  2. Jersey 2007, p. 356-358.
  3. Frank 1992, p. 57, 619-21.
  4. Rottman 2005, p. 64.
  5. Frank 1992, p. 598-618.
  6. Lundstrom 2005, p. 456.
  7. Shaw, Jr. 1992, p. 52.
  8. Rottman 2005, p. 65.
  9. Murray et Millett 2009, p. 169-195.
  10. Murray et Millett 2009, p. 196.
  11. Loxton et Coulthard-Clark 1997, p. 3.
  12. Bowen 2007.
  13. Morison 2001, p. 12.
  14. Frank 1992, p. 15-16.
  15. John Miller Jr. 1959, p. 5.
  16. Murray et Millett 2009, p. 199-200.
  17. Jersey 2007, p. 85.
  18. Lundstrom 2005, p. 5.
  19. Loxton et Coulthard-Clark 1997, p. 5.
  20. John Miller Jr. 1959, p. 11.
  21. Frank 1992, p. 35-37, 53.
  22. Bullard 2007, p. 122.
  23. Morison 2001, p. 15.
  24. McGee 2002, p. 20-21.
  25. Frank 1992, p. 53.
  26. Jersey 2007, p. 275.
  27. Frank 1992, p. 60.
  28. Jersey 2007, p. 95.
  29. Hammel 2004, p. 66-67.
  30. Lundstrom 2005, p. 38.
  31. Ehrengardt 1996, p. 77.
  32. Frank 1992, p. 51.
  33. Frank 1992, p. 50.
  34. Shaw, Jr. 1992, p. 8-9.
  35. McGee 2002, p. 32-34.
  36. Frank 1992, p. 79.
  37. Jersey 2007, p. 113-115, 190, 350.
  38. Frank 1992, p. 61-62 & 81.
  39. Loxton et Coulthard-Clark 1997, p. 90-103.
  40. Frank 1992, p. 80.
  41. Hammel 2004, p. 100.
  42. Loxton et Coulthard-Clark 1997, p. 104-105.
  43. Frank 1992, p. 94.
  44. Morison 2001, p. 28.
  45. Morison 2001, p. 31.
  46. John L. Zimmerman 1949, p. 51.
  47. John L. Zimmerman 1949, p. 52.
  48. Hornfischer 2011, p. 44-92.
  49. Morison 2001, p. 19-59.
  50. Smith 2000, p. 16-17.
  51. Shaw, Jr. 1992, p. 13.
  52. Frank 1992, p. 125-127.
  53. Smith 2000, p. 20, 35-36.
  54. John L. Zimmerman 1949, p. 58-60.
  55. Smith 2000, p. 35.
  56. Jersey 2007, p. 196-199.
  57. Shaw, Jr. 1992, p. 18.
  58. Letourneau et Letourneau 2012.
  59. Smith 2000.
  60. Chant 2013, p. 99 et 101.
  61. Steinberg 1998, p. 30.
  62. Frank 1992, p. 156-158 & 681.
  63. Smith 2000, p. 43.
  64. Smith 2000, p. 33-34.
  65. John L. Zimmerman 1949, p. 70.
  66. Frank 1992, p. 159.
  67. Hammel 2004, p. 124-125, 157.
  68. Hara 1961, p. 118-119.
  69. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 293.
  70. John L. Zimmerman 1949, p. 74.
  71. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 297.
  72. Frank 1992, p. 194-213.
  73. Lundstrom 2005, p. 45.
  74. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 298.
  75. Smith 2000, p. 103.
  76. Frank 1992, p. 197.
  77. Griffith 2000, p. 113.
  78. Frank 1992, p. 198-199, 205 et 266.
  79. Alexander 2000, p. 139.
  80. Morison 2001, p. 113-114.
  81. Frank 1992, p. 201-203.
  82. Griffith 2000, p. 116-124.
  83. Smith 2000, p. 87-112.
  84. Frank 1992, p. 218-219.
  85. Griffith 2000, p. 120.
  86. John L. Zimmerman 1949, p. 90.
  87. Griffith 2000, p. 121.
  88. Frank 1992, p. 219-220.
  89. Smith 2000, p. 113-115 & 243.
  90. Frank 1992, p. 220.
  91. Smith 2000, p. 121.
  92. John L. Zimmerman 1949, p. 80.
  93. Griffith 2000, p. 125.
  94. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 298-299.
  95. Frank 1992, p. 221-222.
  96. Smith 2000, p. 129.
  97. Griffith 2000, p. 129-130.
  98. Griffith 2000, p. 130-132.
  99. Smith 2000, p. 130.
  100. Frank 1992, p. 223 & 225-226.
  101. Griffith 2000, p. 132 & 134-135.
  102. Smith 2000, p. 130-131, 138.
  103. Smith 2000, p. 161-167.
  104. Smith 2000, p. 162-193.
  105. Frank 1992, p. 237-246.
  106. Griffith 2000, p. 141-147.
  107. Griffith 2000, p. 144.
  108. Smith 2000, p. 184-194.
  109. Smith 2000, p. 197-198.
  110. Evans 1986, p. 179-180.
  111. Frank 1992, p. 247-252.
  112. Griffith 2000, p. 156.
  113. Smith 2000, p. 198-200.
  114. Frank 1992, p. 263.
  115. Frank 1992, p. 272.
  116. Griffith 2000, p. 152.
  117. Frank 1992, p. 224, 251-254, & 266.
  118. Jersey 2007, p. 248-249.
  119. Smith 2000, p. 132 & 158.
  120. Smith 2000, p. 204.
  121. Frank 1992, p. 270.
  122. Smith 2000, p. 204-215.
  123. Frank 1992, p. 269-274.
  124. John L. Zimmerman 1949, p. 96-101.
  125. Dye 2011.
  126. Lane 2004, p. 221-222.
  127. Hammel 2010, p. 101.
  128. Morison 2001, p. 145.
  129. Leckie 2011, p. 77-78.
  130. Shaw, Jr. 1992, p. 31.
  131. Griffith 2000, p. 169-176.
  132. Frank 1992, p. 282-290.
  133. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 318-322.
  134. Frank 1992, p. 290-291.
  135. Rottman 2005, p. 61.
  136. Frank 1992, p. 224, 251-254, 266-268, & 289-290.
  137. Dull 2007, p. 225-226.
  138. Frank 1992, p. 293-297.
  139. Morison 2001, p. 147-149.
  140. Dull 2007, p. 225.
  141. Frank 1992, p. 295-296.
  142. Morison 2001, p. 149-151.
  143. D'Albas 1965, p. 183.
  144. Dull 2007, p. 226.
  145. Hornfischer 2011, p. 157-188.
  146. Frank 1992, p. 299-324.
  147. Morison 2001, p. 154-171.
  148. Dull 2007, p. 226-230.
  149. Frank 1992, p. 313-315.
  150. Evans 1986, p. 181-182.
  151. Frank 1992, p. 315-320.
  152. Morison 2001, p. 171-175.
  153. Frank 1992, p. 319-321.
  154. Frank 1992, p. 321-326.
  155. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 327-328.
  156. Shaw, Jr. 1992, p. 34.
  157. Rottman 2005, p. 63.
  158. Frank 1992, p. 289-340.
  159. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 322-330.
  160. Griffith 2000, p. 186-187.
  161. Morison 2001, p. 149-171.
  162. Frank 1992, p. 339-341.
  163. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 330.
  164. Rottman 2005, p. 62.
  165. Griffith 2000, p. 187-188.
  166. Griffith 2000, p. 193.
  167. Frank 1992, p. 346-348.
  168. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 332-333.
  169. Frank 1992, p. 349-350.
  170. Rottman 2005, p. 62-63.
  171. Griffith 2000, p. 195-196.
  172. John Miller Jr. 1959, p. 157-158.
  173. Frank 1992, p. 361-362.
  174. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 336.
  175. Frank 1992, p. 353-362.
  176. Griffith 2000, p. 197-204.
  177. John Miller Jr. 1959, p. 147-151, 160-162.
  178. Lundstrom 2006, p. 343-352.
  179. Frank 1992, p. 363-406, 418, 424, 553.
  180. John L. Zimmerman 1949, p. 122-123.
  181. Griffith 2000, p. 204.
  182. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 337.
  183. Morison 2001, p. 199-207.
  184. Frank 1992, p. 368-378.
  185. Dull 2007, p. 235-237.
  186. Dull 2007, p. 237-244.
  187. Frank 1992, p. 379-403.
  188. Morison 2001, p. 207-224.
  189. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 343.
  190. Griffith 2000, p. 214-15.
  191. Frank 1992, p. 411.
  192. Anderson 1993.
  193. Shaw, Jr. 1992, p. 40-41.
  194. John L. Zimmerman 1949, p. 130-31.
  195. Griffith 2000, p. 215-218.
  196. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 344-345.
  197. John L. Zimmerman 1949, p. 131-133.
  198. Frank 1992, p. 412-420.
  199. John L. Zimmerman 1949, p. 133-138.
  200. Griffith 2000, p. 217-219.
  201. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 347-348.
  202. Frank 1992, p. 414-418.
  203. John Miller Jr. 1959, p. 195-197.
  204. Shaw, Jr. 1992, p. 41-42.
  205. Jersey 2007, p. 297.
  206. John L. Zimmerman 1949, p. 133-141.
  207. Griffith 2000, p. 217-223.
  208. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 347-350.
  209. Frank 1992, p. 414-423.
  210. John Miller Jr. 1959, p. 195-200.
  211. Jersey 2007, p. 297-305.
  212. Peatross, McCarthy et Clayborne 1995, p. 132-133.
  213. Frank 1992, p. 420-421.
  214. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 348-350.
  215. Shaw, Jr. 1992, p. 42-43.
  216. Frank 1992, p. 420-424.
  217. Griffith 2000, p. 246.
  218. John Miller Jr. 1959, p. 197-200.
  219. John L. Zimmerman 1949, p. 136-145.
  220. Jersey 2007, p. 361.
  221. Frank 1992, p. 420-421, 424-25, 493-497.
  222. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 350-58.
  223. John L. Zimmerman 1949, p. 150-52.
  224. Hammel 1988, p. 38-39.
  225. Hammel 1988, p. 93.
  226. Hammel 1988, p. 37.
  227. Hammel 1988, p. 41-46.
  228. Frank 1992, p. 429-430.
  229. Frank 1992, p. 432.
  230. Hammel 1988, p. 50-90.
  231. Hara 1961, p. 137.
  232. Hammel 1988, p. 99-107.
  233. Hammel 1988, p. 92.
  234. Frank 1992, p. 428-461.
  235. Hammel 1988, p. 103-104.
  236. Hara 1961, p. 137-156.
  237. Frank 1992, p. 465-474.
  238. Hammel 1988, p. 298-345.
  239. Hammel 1988, p. 349-395.
  240. Frank 1992, p. 469-486.
  241. Frank 1992, p. 484-488, 527.
  242. Hammel 1988, p. 391-395.
  243. Dull 2007, p. 261.
  244. Frank 1992, p. 497-499.
  245. Evans 1986, p. 197-198.
  246. Crenshaw 1998, p. 136.
  247. Frank 1992, p. 499-502.
  248. Hara 1961, p. 160-161.
  249. Roscoe 1953, p. 206.
  250. Dull 2007, p. 262.
  251. Crenshaw 1998, p. 137.
  252. Toland 2003, p. 419.
  253. Frank 1992, p. 502.
  254. Morison 2001, p. 295.
  255. Dull 2007, p. 262-263.
  256. Evans 1986, p. 198-199.
  257. Morison 2001, p. 297.
  258. Frank 1992, p. 502-504.
  259. Brown 2001, p. 124-125.
  260. USSBS, p. 139.
  261. Crenshaw 1998, p. 26-33.
  262. Kilpatrick 1987, p. 139-142.
  263. Morison 2001, p. 294-296.
  264. Frank 1992, p. 504.
  265. Hara 1961, p. 161-164.
  266. Dull 2007, p. 265.
  267. Evans 1986, p. 199-202.
  268. Crenshaw 1998, p. 34, 63, 139-151.
  269. Morison 2001, p. 297-305.
  270. Frank 1992, p. 507-510.
  271. Crenshaw 1998, p. 56-66.
  272. Morison 2001, p. 303-312.
  273. Frank 1992, p. 510-515.
  274. Frank 1992, p. 527.
  275. Dull 2007, p. 266-267.
  276. Evans 1986, p. 203-205.
  277. Morison 2001, p. 318-319.
  278. Frank 1992, p. 518-521.
  279. Jersey 2007, p. 384.
  280. Frank 1992, p. 536-538.
  281. Griffith 2000, p. 268.
  282. Hayashi 1979, p. 62-64.
  283. Toland 2003, p. 426.
  284. Frank 1992, p. 534-539.
  285. Toland 2003, p. 424-426.
  286. Morison 2001, p. 318-321.
  287. Frank 1992, p. 247-252, 293, 417-420, 430-431, 521-522, 529.
  288. Griffith 2000, p. 156, 257-259, 270.
  289. John Miller Jr. 1959, p. 143, 173-177, 183, 189, 213-219.
  290. Jersey 2007, p. 304-305, 345-346, 363, 365.
  291. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 360-362.
  292. Shaw, Jr. 1992, p. 46-47.
  293. John L. Zimmerman 1949, p. 156-157, 164.
  294. Frank 1992, p. 529-534.
  295. Miller 1995, p. 232-237, 244, 249-252.
  296. Jersey 2007, p. 350-351.
  297. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 363-364.
  298. Griffith 2000, p. 263-265.
  299. Frank 1992, p. 563-567.
  300. Miller 1995, p. 290-305.
  301. Jersey 2007, p. 367-371.
  302. Miller 1995, p. 338.
  303. Frank 1992, p. 540-560.
  304. Morison 2001, p. 333-339.
  305. Griffith 2000, p. 269-279.
  306. Jersey 2007, p. 384-388.
  307. Hayashi 1979, p. 64.
  308. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 367-368.
  309. Frank 1992, p. 568-576.
  310. Miller 1995, p. 319-342.
  311. Morison 2001, p. 342-350.
  312. Frank 1992, p. 582-588, 757-758.
  313. Jersey 2007, p. 376-378.
  314. Morison 2001, p. 364-368.
  315. Miller 1995, p. 343-345.
  316. John L. Zimmerman 1949, p. 162.
  317. Dull 2007, p. 268.
  318. Twining 1996, p. 210.
  319. Frank 1992, p. 589-597.
  320. Jersey 2007, p. 378-383, 383, 400-401.
  321. Miller 1995, p. 342-348.
  322. Bureau of Yards and Docks 1947, p. 246-256.
  323. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 374.
  324. John L. Zimmerman 1949, p. 166.
  325. Murray et Millett 2009, p. 215.
  326. Hough, Ludwig et Shaw Jr. 2013, p. 372.
  327. Miller 1995, p. 350.
  328. Willmott 2008, p. 522-523.
  329. Parshall et Tully 2005, p. 416-430.
  330. Hornfischer 2011, p. 11-15.
  331. Willmott, Cross et Messenger 2005, p. 208.
  332. Alexander 2000, p. 81.
  333. Leckie 1999, p. 9 et autres.
  334. John L. Zimmerman 1949, p. 167.
Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.