Hans Hartung
Hans Hartung, né le à Leipzig, et mort le à Antibes, est un peintre français, photographe et architecte d'origine allemande, l'un des plus grands représentants de l'art abstrait.
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Hans Heinrich Ernst Hartung |
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Galerie Emmanuel Perrotin (d), Artists Rights Society |
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Conjoints |
Anna-Eva Bergman (de Ă ) Anna-Eva Bergman (Ă partir de ) |
Distinctions | Liste dĂ©taillĂ©e Rubenspreis () Commandeur des Arts et des Lettresâ () Ordre bavarois de Maximilien pour la science et l'art () MĂ©daille militaire Grand prix des beaux-arts de la Ville de Paris (d) Ordre Pour le MĂ©rite pour les sciences et arts (d) Croix de guerre 1939-1945 Grand officier de l'ordre du MĂ©rite de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d'Allemagne Grand officier de la LĂ©gion d'honneurâ |
Ses expĂ©rimentations techniques extrĂȘmement libres des annĂ©es 1920 en font aux yeux de nombreux historiens et critiques, et notamment Will Grohmann, le prĂ©curseur et le pionnier de nombreux mouvements dâavant-garde qui se dĂ©velopperont dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle : entre autres les courants dits informels, gestuels, tachistes, lyriques, ainsi que l'action painting.
Hartung fut par ailleurs lâarchitecte dâune villa Ă Antibes devenue aujourdâhui la fondation Hartung-Bergman reconnue dâutilitĂ© publique, classĂ©e « Architecture contemporaine remarquable », et qui est chargĂ©e de la conservation et de la valorisation de son Ćuvre, ainsi que de celle de son Ă©pouse, lâartiste dâorigine norvĂ©gienne Anna-Eva Bergman. La Fondation a Ă©tĂ© dirigĂ©e de 1994 Ă 2014 par François Hers et lâest depuis 2014 par Thomas Schlesser.
Biographie
La formation
Son grand-pĂšre maternel et son pĂšre, musicien amateur et peintre autodidacte, sont mĂ©decins. Sa vocation est prĂ©coce ; Hans Hartung raconte cette expĂ©rience faite dĂšs l'Ăąge de six ans : « Sur un de mes cahiers d'Ă©cole, j'attrapais des Ă©clairs dĂšs qu'ils apparaissaient. Il fallait que j'aie achevĂ© de tracer leurs zigzags sur la page avant que n'Ă©clate le tonnerre. Ainsi, je conjurai la foudre »[1]. De 1912 Ă 1914, sa famille s'installe Ă BĂąle. L'astronomie et la photographie l'Ă©merveillent : il construit son propre tĂ©lescope grĂące auquel il observe des « fragments du rĂ©el » dont l'apparence abstraite anticipe sur ses futures Ćuvres. Il frĂ©quente ensuite jusqu'en 1924 le lycĂ©e de Dresde, se passionnant pour Rembrandt, Goya, Frans Hals, Le Greco, puis les expressionnistes allemands, Oskar Kokoschka, Emil Nolde. Copiant librement certaines Ćuvres, il en simplifie la composition pour n'en retenir que les masses colorĂ©es. DĂšs 1922, il atteint l'abstraction dans une sĂ©rie d'aquarelles dĂ©terminantes.
Ces Ćuvres comptent Ă©normĂ©ment pour Hartung car, dit-il, « la tache y devenait libre, elle sâexprimait par elle-mĂȘme, par sa forme, par son intensitĂ©, par son rythme, par sa violence, par son volume[2]. » Un an plus tard, il exĂ©cute dans un mĂȘme registre dâabstraction pure, des fusains, des craies noires et des sanguines plus structurĂ©s dont il explique : « On trouve ici en prĂ©mices presque la totalitĂ© de mes Ă©lĂ©ments, de mes signes et rythmes futurs, les taches, les « poutres », les courbes, les lignes[3]. »
Matricielles et pionniĂšres, ces expĂ©rimentations ne seront nĂ©anmoins vĂ©ritablement connues et exposĂ©es quâaprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale. Quelques aquarelles de 1922 sont montrĂ©es pour la premiĂšre fois, et de façon relativement confidentielle, galerie Craven en 1956 et elles sont surtout reproduites et prĂ©sentĂ©es dans un ouvrage fondamental de Will Grohmann : Hans Hartung Aquarelle 1922. Cet ouvrage publiĂ© en 1966 inscrit la pratique de Hartung du dĂ©but des annĂ©es 1920 comme un prĂ©cĂ©dent historique remarquablement prĂ©coce de tout lâart informel et gestuel de la seconde partie du XXe siĂšcle.
En 1924 et 1925, Hartung poursuit des Ă©tudes de lettres classiques, de philosophie et d'histoire de l'art Ă Leipzig. Il assiste Ă une confĂ©rence de Kandinsky, artiste Ă lâĂ©gard duquel il manifestera frĂ©quemment une certaine distance critique[4]. Il s'inscrit en 1925 et 1926 Ă l'AcadĂ©mie des beaux-arts de Dresde oĂč, Ă l'occasion de l'Exposition internationale qui se tient de juin Ă septembre Ă la Jahresschau Deutscher Arbeit, il dĂ©couvre le parcours de la peinture française, de l'impressionnisme au cubisme. Durant l'Ă©tĂ©, il visite lâAllemagne, la Suisse, la France, l'Italie Ă bicyclette, lors dâun long voyage au cours duquel il fait de nombreuses photographies, en particulier de sites remarquables comme Venise ou les temples de SĂ©linonte.
Câest cette mĂȘme annĂ©e 1926, Ă lâĂąge de 22 ans, quâil part sâinstaller Ă Paris. Il sâinscrit Ă la Sorbonne « avec la ferme intention de ne jamais en franchir le seuil[5] », Ă lâacadĂ©mie dâAndrĂ© Lhote dont il nâaime guĂšre lâenseignement, Ă celle de Fernand LĂ©ger, qui ne le satisfait pas davantage. Il Ă©crit : « Fernand LĂ©ger nâacceptait quâune maniĂšre de peindre : la sienne. Il fallait le copier, le servir, sâasservir. Je nây restai que deux semaines[5]. » Il arpente surtout les galeries modernes, notamment celle des frĂšres Rosenberg, sâenthousiasme pour ce quâil voit de Picasso, et frĂ©quente abondamment le Louvre, y passant des journĂ©es entiĂšres Ă regarder les maĂźtres anciens et Ă les copier en les adaptant Ă ses propres visions : il signe ainsi sur papier une version complĂštement abstractisante dâun tableau du Greco. Il effectue deux sĂ©jours au BarcarĂšs, prĂšs de Perpignan, et voyage en Belgique et Hollande. Il rencontre Anna-Eva Bergman, jeune peintre norvĂ©gienne qu'il Ă©pouse en . En 1931, aprĂšs un sĂ©jour sur la CĂŽte d'Azur pendant l'hiver, il expose pour la premiĂšre fois Ă Dresde, et avec Anna-Eva Bergman l'annĂ©e suivante Ă Oslo, travaillant un moment dans une Ăźle du sud de la NorvĂšge.
Ă la conquĂȘte d'une mĂ©thode
AprĂšs la mort de son pĂšre et face Ă la montĂ©e du nazisme, Hartung quitte l'Allemagne pour les BalĂ©ares, confiant au passage Ă Paris quelques toiles Ă la galerie Jeanne Bucher. Il construit une petite maison sur la cĂŽte nord de Minorque. Il y vit avec Anna-Eva Bergman, mais souffre de mauvaises conditions sanitaires et est accusĂ© dâespionnage par la population locale. Sans argent, il regagne Paris en 1934, passe par Stockholm puis rentre en Allemagne, Ă Berlin. N'acceptant pas le rĂ©gime nazi, victime dâun interrogatoire brutal de la Gestapo pour avoir rendu visite Ă des amis juifs pour certains et communistes pour dâautres (Fritz Schultze et Eva Knabe), il parvient Ă passer en France et s'installe Ă Paris. Il s'y lie avec Jean HĂ©lion et Henri Goetz, rencontre Kandinsky, Mondrian, Alberto Magnelli, CĂ©sar Domela, MirĂł et Calder avec qui il expose.
Ces annĂ©es sont, sur le plan esthĂ©tique, marquĂ©es par le perfectionnement de sa mĂ©thode, qualifiĂ©e de « spontanĂ©itĂ© calculĂ©e[6] » mais qui demeura, sinon secrĂšte, du moins trĂšs peu connue de son vivant. Pour Ă©laborer ses peintures Ă lâhuile, Hartung faisait un premier dessin pulsionnel et automatique suivi, de maniĂšre diffĂ©rĂ©e, lente et minutieuse, dâune mĂ©thodique mise au carreau Ă une Ă©chelle plus grande. Il utilisera cette mĂ©thode jusquâĂ la fin des annĂ©es 1950 et son abandon de la peinture Ă lâhuile au profit de peintures industrielles.
En 1936, lâhistorienne et critique dâart allemande Herta Wescher Ă©crit au sujet de Hartung dans la revue Axis : « Ce langage ne cesse de sâenrichir, et la dynamique des deux dimensions est poussĂ©e Ă lâextrĂȘme, tout en Ă©tant soumise Ă un dĂ©licat Ă©quilibre formel[7]. » En 1937, Hartung vend au collectionneur amĂ©ricain Albert Eugene Gallatin T1936-1 qui rejoint les collections du Museum of Living Art, premier musĂ©e dâart moderne aux Ătats-Unis.
Face à de grandes difficultés matérielles, la maladie de sa femme, leur divorce, le retrait de son passeport par l'ambassade d'Allemagne, Hartung bénéficie de l'hospitalité d'Henri Goetz et travaille dans l'atelier du sculpteur Julio Gonzålez.
Il y signe notamment la seule et unique sculpture de toute sa carriĂšre en 1938, annĂ©e au cours de laquelle on retrouve certaines de ses Ćuvres dans deux importantes expositions londoniennes : lâune sur le collage (« Exhibition of Collages » chez Guggenheim Jeune) oĂč il prĂ©sente T1938-16, lâautre aux New Burlington : « Exhibition of Twentieth Century German Art », manifestation qui rĂ©unit des artistes allemands considĂ©rĂ©s comme « dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s » dans leur propre pays, mĂȘme si Hartung ne sera pas officiellement et publiquement qualifiĂ© de la sorte par le rĂ©gime nazi, qui lâignore.
L'engagement contre le nazisme
En 1939, il s'inscrit sur la liste des volontaires contre l'hitlĂ©risme en cas de guerre et Ă©pouse Roberta GonzĂĄlez (1909-1976), la fille du sculpteur, elle-mĂȘme peintre et sculptrice. En septembre 1939, la France est dĂ©cidĂ©e Ă arrĂȘter et enfermer un certain nombre de ressortissants allemands prĂ©sents sur le territoire national. MalgrĂ© son opposition au rĂ©gime, Hans Hartung fait partie de ceux qui sont arrĂȘtĂ©s. LibĂ©rĂ© le , il s'engage dans la LĂ©gion Ă©trangĂšre pour la durĂ©e de la guerre sous le nom de Jean Gauthier et est envoyĂ© en Afrique du Nord. PrĂ©sentant peu de goĂ»t pour la chose militaire, il est dĂ©signĂ©, avec un autre camarade du nom d'AndrĂ©as Rosenberg, pour repeindre l'intĂ©rieur du rĂ©fectoire du quartier militaire de Sidi Bel AbbĂšs. AprĂšs la signature de l'armistice, il est dĂ©mobilisĂ©, quittant l'armĂ©e le [8].
Il se rĂ©fugie alors avec la famille GonzĂĄlez dans le Lot. Pendant toute cette pĂ©riode, dans des conditions matĂ©rielles difficiles, il continue de produire, notamment des sĂ©ries dâencres abstraites, quelques peintures, mais aussi des sĂ©ries de « tĂȘtes » inspirĂ©es par Julio GonzĂĄlez et Guernica de Pablo Picasso. AprĂšs la mort de Julio GonzĂĄlez en 1942 et l'occupation de l'ensemble de la France, Hartung passe en 1943 en Espagne. dans des conditions trĂšs pĂ©rilleuses : il doit trouver des faux papiers, un passeur, traverse les chemins de crĂȘte des PyrĂ©nĂ©es de nuit alors que veillent les sentinelles allemandes et finit par ĂȘtre arrĂȘtĂ© par la police franquiste une fois la frontiĂšre passĂ©e. Il est incarcĂ©rĂ© dans plusieurs prisons, notamment Ă Figueras, et raconte Ă ce sujet avoir Ă©tĂ© « interrogĂ© par la police secrĂšte de Figueras Ă coups de poing dans le visage, de gifles et de mises au secret dans des cellules minuscules et sans nourriture ni couvertures pendant plusieurs jours. » Il ajoute : « jâai Ă©tĂ© menacĂ© dâĂȘtre livrĂ© aux Allemands si je ne voulais pas donner des indications sur mon guide et le chemin prĂ©cis pour le passage des PyrĂ©nĂ©es[9]. » Il est finalement envoyĂ© au camp de concentration de Miranda del Ebro durant sept mois. LĂ , il enseigne lâhistoire de lâart Ă ses codĂ©tenus dâaprĂšs les souvenirs de lâenseignement de Wilhelm Pinder Ă Leipzig, fait des portraits et au moins un autoportrait.
AprĂšs une intervention du consul de la France libre, Hartung rejoint l'Afrique du Nord et s'engage Ă nouveau dans la LĂ©gion, sous le nom de Pierre Berton cette fois-ci. AffectĂ© au RĂ©giment de marche de la LĂ©gion Ă©trangĂšre comme brancardier, blessĂ© durant l'attaque de Belfort en , plus prĂ©cisĂ©ment dans le bois de Buc. Comme il nây a aucune organisation ou presque pour les victimes, il est expĂ©diĂ© dans la cour dâune ferme sur son brancard ; Hartung reste deux jours sans secours. La gangrĂšne commence Ă gagner sa plaie. Il est enfin conduit Ă Dijon, Ă 200 kilomĂštres. Dans lâambulance, un soldat postĂ© au-dessus de lui fait une hĂ©morragie et le sang dĂ©gouline sur Hartung. Mais la voiture nâa pas le temps de sâarrĂȘter. Lâhomme meurt sur le trajet. Hans arrive enfin Ă lâhĂŽpital. On lui annonce quâon va lâopĂ©rer. Et quand il se rĂ©veille, il explique avoir eu « la sensation bizarre quâil [lui] manquait quelque chose[10] ». Il surprend la conversation des infirmiers Ă cĂŽtĂ© de lui et il comprend alors quâon lui a coupĂ© la jambe au niveau du genou. Malheureusement, le genou ne cicatrice pas et se gonfle de pus : il faut transfĂ©rer Hartung de Dijon Ă Toulouse avec cette fois trois jours de trajet dans des conditions de souffrance atroces. Les mĂ©decins qui le rĂ©ceptionnent lâexaminent et dĂ©cident de couper Ă nouveau, au niveau de la cuisse. Il assiste Ă la seconde amputation, lucide, car il nây a pas moyen de lâanesthĂ©sier complĂštement. Il vieillira avec une prothĂšse et deux bĂ©quilles. Il est rĂ©formĂ© le .
Une figure de la seconde Ă©cole de Paris
De retour Ă Paris en 1945, oĂč il est aidĂ© par Calder, il est naturalisĂ© français en 1946, dĂ©corĂ© de la croix de guerre 1939-1945, de la mĂ©daille militaire et de la LĂ©gion d'honneur (chevalier en 1952).
Dans les annĂ©es suivantes, Hartung participe Ă plusieurs expositions : une premiĂšre exposition personnelle a lieu Ă Paris en 1947 Ă la galerie Lydia Conti qui le rĂ©vĂšle au public, et il est remarquĂ© par les critiques. Il est notamment lâobjet dâun vif intĂ©rĂȘt de Charles Estienne et de LĂ©on Degand, mais aussi de Denys Sutton, James Johnson Sweeney et Madeleine Rousseau, qui Ă©crit dans le premier ouvrage monographique qui lui soit consacrĂ©, Ă lâinstigation du collectionneur allemand Ottomar Domnick : « Câest ainsi quâune toile de Hartung câest, sans doute, un moment de lâexistence du peintre ; mais, plus encore, câest un moment de notre civilisation, avec les contraintes, les dangers, les espoirs quâelle apporte et qui, en grande partie, dĂ©terminent lâattitude individuelle de chacun[11]. »
Lors de la 24e édition de la Biennale de Venise, en 1948, Hartung apparaßt dans deux espaces : tandis que sa toile T1946-17 est exposée dans le pavillon français, sa toile T1947-27 est quant à elle dans la section consacrée à la collection de Peggy Guggenheim.
Alain Resnais rĂ©alise sur lui un film, intitulĂ© Visite Ă Hans Hartung, qui est prĂ©sentĂ© en 1948 en Allemagne et en 1950 Ă Paris. Ă partir de 1949, il rĂ©alise plusieurs expositions personnelles ou collectives et fait la connaissance de GĂ©rard Schneider, Pierre Soulages, Georges Mathieu, Willi Baumeister et Mark Rothko. Il est alors reconnu comme l'un des chefs de file de l'art informel et un des prĂ©curseurs de lâAction Painting. Une rĂ©trospective de son Ćuvre est prĂ©sentĂ©e dĂšs 1952 au musĂ©e de BĂąle.
En 1952, Hans Hartung et Anna-Eva Bergman se revoient pour la premiĂšre fois depuis prĂšs dâune quinzaine dâannĂ©es lors de la rĂ©trospective du beau-pĂšre dĂ©cĂ©dĂ© de Hartung : le sculpteur Julio Gonzalez. Ils retombent amoureux.
Il commence à exposer à Paris à la galerie de France de Myriam Prévot et Gildo Caputo et est élu en 1956 membre de l'Académie des arts de Berlin. En 1957, Hartung se remarie avec Anna-Eva Bergman. Multipliant les expositions de ses peintures, gravures et lithographies, il reçoit en 1960 le grand prix international de peinture de la Biennale de Venise.
Un changement technique et stylistique majeur intervient en 1960. Expérimentant les peintures industrielles, acryliques et vinyliques, Hartung cesse de procéder par la mise au carreau minutieuse de dessin spontané, mais attaque directement le support et recourt beaucoup au grattage dans la matiÚre fraßche. Au sujet de évolution, Jean Clair écrit :
« En 1961, commençait pour Hartung une pĂ©riode nouvelle. Non pas tant mutation que passage, dans la dynamique interne de lâĆuvre Ă un palier diffĂ©rent, Ă quelque chose de plus ample et plus tendu Ă la fois. Comme au cinĂ©ma on voit sâouvrir lâĂ©cran du format ancien au format du cinĂ©mascope, on vit la toile se dĂ©ployer en longueur jusquâĂ atteindre les 2,50 m. Sur sa surface, de grandes nĂ©buleuses en suspension, zĂ©brĂ©es de traits Ă©pars, non pas peints, mais imprimĂ©s dans lâĂ©paisseur fraĂźche de la pĂąte, comme des graffites sur la muraille[12]. »
La maßtrise et la renommée
En 1964, Hartung effectue avec Anna-Eva Bergman un voyage en bateau au long de la cĂŽte de l'extrĂȘme nord de la NorvĂšge et en rapporte des milliers de photographies. Ă l'occasion de la publication du catalogue de ses gravures, celles-ci sont dans leur totalitĂ© exposĂ©es Ă Brunswick (Basse-Saxe) en 1965. De larges rĂ©trospectives de son Ćuvre sont prĂ©sentĂ©es au musĂ©e de Turin en 1966, au MusĂ©e national d'Art moderne de Paris en 1968, puis Ă Houston, Ă QuĂ©bec et Ă MontrĂ©al en 1969, tandis que ses toiles rĂ©centes sont exposĂ©es Ă New York. Hans Hartung reçoit le prix d'honneur de la Biennale de gravure de Ljubljana en 1967, le grand prix des Arts de la ville de Paris en 1970. Pour son soixante-dixiĂšme anniversaire, le musĂ©e de Cologne lui consacre en 1974 une nouvelle rĂ©trospective et la revue Cimaise un numĂ©ro spĂ©cial. En 1968, Hartung fait construire prĂšs d'Antibes une maison et des ateliers dont il conçoit les plans et oĂč il sĂ©journe en permanence Ă partir de 1972. D'autres rĂ©trospectives lui sont consacrĂ©es en 1975 Ă Berlin et Ă Munich, le Metropolitan Museum of Art de New York exposant une trentaine de ses Ćuvres monumentales. En 1975-1976, AndrĂ© Parinaud organise l'exposition itinĂ©rante en France, Trente crĂ©ateurs, rĂ©unissant Pierre Alechinsky, Olivier DebrĂ©, Hans Hartung, François HeaulmĂ©, Roberto Matta, Zoran MuĆĄiÄ, Edouard Pignon et Pierre Soulages. Les Ăditions Skira publient Un monde ignorĂ© vu par Hans Hartung, avec des reproductions de ses photographies et des textes de Jean Tardieu.
Hartung est Ă©lu en 1977 Ă l'AcadĂ©mie des beaux-arts et le Centre Pompidou organise une exposition itinĂ©rante de ses gravures et lithographies. Un timbre-poste reproduisant l'une de ses peintures est Ă©mis en 1980[13]. Ă cette occasion, le musĂ©e de la Poste prĂ©sente les tapisseries et gravures sur bois de Hartung et d'Anna-Eva Bergman. Hartung est en 1981 le premier peintre Ă recevoir le prix Kokoschka crĂ©Ă© par le gouvernement autrichien. La mĂȘme annĂ©e, la StĂądtische Kunsthalle de DĂŒsseldorf, puis la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich organisent une grande exposition rĂ©trospective ainsi que la Fondation Henie-Onstad en NorvĂšge. Hartung se voit consacrer en 1982 une salle personnelle permanente Ă la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich. Le conseil rĂ©gional de Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur inaugure en 1983 au musĂ©e Picasso d'Antibes une exposition de ses photographies tandis que le Kupferstich-Kabinett der Staatlichen Kunstsammlungen de Dresde expose les soixante et une lithographies et gravures qu'il lui a offertes. En 1984 est ouverte au Hessisches Landesmuseurn de Darmstadt une salle consacrĂ©e Ă ses peintures, et Hartung reçoit la croix de grand officier de l'ordre du MĂ©rite de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d'Allemagne. En 1989, il est Ă©levĂ© Ă la dignitĂ© de grand officier de la LĂ©gion d'honneur[14]. Dans les derniĂšres annĂ©es de sa vie, Hartung va peindre au pistolet Ă peinture, ce qui lui permit de faire plus trois cents toiles l'annĂ©e de sa mort, en 1989.
Postérité
La derniĂšre sĂ©ance de travail de Hartung, le , a lieu une semaine aprĂšs la chute du mur de Berlin et Hartung meurt le . Les nĂ©crologies et hommages qui succĂšdent au dĂ©cĂšs lient souvent la disparition du peintre et la rĂ©unification de lâAllemagne, en particulier Jack Lang, ministre de la Culture, qui dĂ©clare : « Homme de crĂ©ation et de libertĂ©, Hans Hartung nous quitte au moment oĂč Leipzig, sa ville natale, retrouve ses valeurs[15]. » AprĂšs sa mort, Hartung connaĂźt un relatif oubli et une certaine marginalisation dans les annĂ©es 1990, mais il est toutefois lâobjet de plusieurs expositions importantes, dont une Ă la Tate Gallery Ă Londres consacrĂ©e Ă ses Ćuvres sur papier en 1996 : Hans Hartung : works on paper 1922 - 1956[16]. Il est aussi redĂ©couvert par des commissaires dâexposition et des artistes dâune gĂ©nĂ©ration postĂ©rieure Ă la sienne, comme Xavier Douroux, qui lui consacre une exposition en 1996[17] et, vingt ans plus tard, le prĂ©sente au Fonds HĂ©lĂšne et Ădouard Leclerc pour la Culture avec Hans Hartung et les peintres lyriques, dont Cy Twombly, Albert Oehlen, Charline von Heyl ou encore Shirley Jaffe. Depuis les annĂ©es 2000, de nombreux crĂ©ateurs contemporains, de courants et de technique trĂšs diversifiĂ©s, ont manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt et admiration pour Hartung, notamment Jean-Luc Godard qui lâexpose entre Matisse et Nicolas de StaĂ«l au centre Pompidou en 2006[18], Markus LĂŒpertz[19], Christopher Wool[20], Larry Clark[21], Abraham Poincheval[22], Katharina Grosse, ou encore Romain Goupil qui lui consacre un film de 52 minutes en 2019[23].
Hartung photographe
Hartung sâintĂ©resse trĂšs tĂŽt Ă la photographie. Enfant, il confectionne son propre appareil, en fixant sur un tĂ©lescope une boĂźte Ă cigare faisant office de chambre noire. Il photographie ainsi ses premiĂšres vues lointaines, dont un clichĂ© de la lune en 1916. Ces expĂ©rimentations prĂ©coces marquent le dĂ©but dâune passion qui durera toute une vie, et se dĂ©veloppera en parallĂšle Ă sa peinture.
« J'ai la manie de tout photographier », confie lâartiste au milieu des annĂ©es 1970. Muni dâun appareil Leica et dâun Minox, Hartung a notamment pour habitude de photographier quotidiennement les personnes de son entourage et celles quâil rencontre. Il en rĂ©sulte une abondante production de portraits, parmi lesquels ceux de Georges Pompidou, Mark Rothko, Marcel Breuer, Alexander Calder, Zao Wou-Ki, Henry Geldzahler, Hans Richter, etc. Les Ćuvres ainsi rĂ©alisĂ©es agissent, selon ses propres termes, comme une « seconde mĂ©moire » : « fixĂ© sur la pellicule, affirme-t-il, le souvenir reprend toute sa force, toute son acuitĂ©, rĂ©veille les circonstances[24]. »
Pour lâartiste, tout est sujet : outre les portraits, il effectue Ă partir des annĂ©es 1960 de nombreux clichĂ©s aĂ©riens lors de ses voyages en avion, notamment des parterres de nuages. Lâabstraction nâest jamais loin dans ses choix de prise de vue : effets dâombre et de lumiĂšre, cailloux oblongs, fissures et taches forment un rĂ©pertoire de motifs qui ne sont pas sans liens avec sa peinture. Ă lâaffĂ»t de la moindre Ă©trangetĂ© visuelle, il nâhĂ©site pas Ă tirer parti des dĂ©fauts et accidents de la pellicule[25]. Il joue en outre sur les temps de pose, obtenant, dans les annĂ©es 1960, des effets lumineux comparables Ă ceux de ses toiles rĂ©alisĂ©es au spray.
On aurait tort toutefois de rĂ©sumer sa pratique photographique Ă un travail prĂ©paratoire Ă son Ćuvre peint, ni mĂȘme Ă un dĂ©doublement de celui-ci. En , la revue Camera, dans un dossier pionnier consacrĂ© Ă ce sujet, estime que le peintre a trouvĂ© dans la photographie un outil lui permettant de confirmer l'existence de ses intuitions abstraites dans le monde environnant[26].
Si le dossier de Camera amorce la diffusion vĂ©ritable des photographies dâHartung, les premiĂšres expositions de cette partie de son Ćuvre ne voient le jour que dans les annĂ©es 1970. L'une des rĂ©trospectives les plus marquantes a lieu en 1982, au MusĂ©e national d'Art moderne, sous le commissariat d'Alain Sayag. Exhaustives, ces expositions prennent en compte les tout premiers clichĂ©s de l'artiste, soulignant le rĂŽle prĂ©curseur jouĂ© par la photographie dans sa quĂȘte de formes remarquables et abstraites.
Expositions
- 1931 : Dresde, Galerie Heinrich KĂŒhl, Hans Hartung, GemĂ€lde, Aquarelle und Zeichnungen
- 1947 : Paris, galerie Lydia Conti, Hans Hartung
- 1948 : Paris, galerie Lydia Conti, Hartung dessins 1922-1948
- 1949 : Munich, Galerie Otto Stangl, Hans Hartung
- 1952 : BĂąle, Galerie dâArt moderne, Hartung
- 1956 : Paris, galerie Craven, Hartung. Dessins 1921-1938
- 1961 : Paris, Galerie de France, Hartung 1922-1939
- 1968 : Birmingham, City Museum and Art Gallery, Hans Hartung
- 1969 : Paris, musĂ©e national dâArt moderne, Hans Hartung
- 1969 : Houston, Museum of Fine Arts, Hans Hartung
- 1975 : New York, Metropolitan Museum of Art, Hans Hartung Paintings 1971-1975
- 1975 : Berlin, Neue Nationalgalerie, Hans Hartung â Werke aus fĂŒnf Jahrzehnten
- 1980 : Paris, musĂ©e dâArt moderne de la Ville de Paris, Hartung. Ćuvres de 1922 Ă 1939
- 1981 : Mannheim, Galerie Lauter, Hans Hartung: Bilder, Gouachen und Grafiken aus den 70er Jahren
- 1989 : Colmar, musée Unterlinden, Hans Hartung. PremiÚres recherches abstraites 1922-1938
- 1996 : Londres, Tate Gallery, Hans Hartung. Works on Paper 1922-1956
- 1997 : Dijon, Le Consortium, Hans Hartung, derniĂšres peintures, 1989
- 1998 : Nagoya, Aichi Arts Center, Hans Hartung
- 2000 : Turin, Galleria civica dâArte moderna e contemporanea, Hans Hartung
- 2004 : Cologne, Museum Ludwig, Hans Hartung. So beschwor ich den Blitz
- 2004 : La Haye, Gemeentemuseum Den Haag, Hans Hartung. Conceptualisme avant la lettre
- 2006: Paris, Galerie Berthet-AittouarÚs - Hors champs : les années 1970, Peintures
- 2007 : Leipzig, Museum der bildenden KĂŒnste, Hans Hartung Spontanes KalkĂŒl
- 2010 : Paris, BibliothĂšque nationale de France, Hans Hartung. Estampes
- 2014 : Cannes, Centre dâart La Malmaison, Hans Hartung. Hommage Ă Daniel Cordier
- 2016 : Siegen, Museum fĂŒr Gegenwartskunst, Hartung und die FotograïŹe
- 2016 : Aubagne, musĂ©e de la LĂ©gion Ă©trangĂšre, Centre dâart contemporain, Les PĂ©nitents noirs, Beau geste. Hans Hartung peintre et lĂ©gionnaire
- 2016 : Landerneau, Fonds HĂ©lĂšne & Ădouard Leclerc pour la culture, Hartung et les peintres lyriques
- 2017 : PĂ©rouse, Galleria nazionale dellâUmbria, Hans Hartung. Polittici
- 2018 : Vézelay, musée Zervos, Hans Hartung, les années de guerre
- 2018 : Bonn, Kunstmuseum Bonn, Hans Hartung â Malerei als Experiment. Werke von 1962-1989
- 2018 : New York, Nahmad Contemporary, Hans Hartung
- 2018 : Londres, Simon Lee Gallery, Hans Hartung
- 2018 : New York, galerie Perrotin, A Constant Storm â Works from 1922 to 1989
- 2019 : Paris, musĂ©e dâArt moderne de Paris, Hartung, la fabrique du geste
- 2022 : Galerie Raphael Durazzo, Germany
Citations
- « Mes Ă©clairs enfantins ont eu, jâen suis sĂ»r, une influence sur mon dĂ©veloppement artistique, sur ma maniĂšre de peindre. Ils mâont donnĂ© le sens de la vitesse du trait, lâenvie de saisir par le crayon ou le pinceau lâinstantanĂ©, ils mâont fait connaĂźtre lâurgence de la spontanĂ©itĂ©. Il y a souvent, dans mes tableaux, des lignes zigzaguĂ©es, brisĂ©es, qui courent et traversent mes toiles comme elles le faisaient sur mes livres des Ă©clairs[27]. »
- « Jâavais le sentiment de participer aux forces qui rĂ©gissent la nature. Je voulais traduire par des formes, des images, les lois de la matiĂšre qui peuvent paraĂźtre dĂ©sordonnĂ©es, arbitraires mais qui pourtant sâorganisent dans une volontĂ© qui, en fin de compte, les harmonise et qui maintient lâordre[28]. »
- « Cela me fait plaisir dâagir sur la toile. Câest cette envie qui me pousse : lâenvie de laisser la trace de mon geste sur la toile, sur le papier. Il sâagit de lâacte de peindre, de dessiner, de griffer, de gratter[29]. »
- « Le plaisir de vivre se confond pour moi avec le plaisir de peindre. Quand on a consacrĂ© toute sa vie Ă la peinture, quand on a essayĂ© dâaller toujours plus loin, il est impossible de sâarrĂȘter[30]. »
- « Lâart me paraĂźt un moyen de vaincre la mort[30]. »
- « Peindre a donc toujours supposĂ© pour moi lâexistence de la rĂ©alitĂ©, cette rĂ©alitĂ© qui est rĂ©sistance, Ă©lan, rythme, poussĂ©e, mais que je nâapprĂ©hende totalement quâautant que je la saisis, que je la cerne, que je lâimmobilise pour un instant que je voudrais voir durer toujours[30]. »
Collections publiques
- Centre Pompidou, Paris, musĂ©e national dâArt moderne/ Centre de crĂ©ation industrielle
- MusĂ©e dâArt moderne de Paris
- Musée de Grenoble
- Musée Picasso, Antibes
- Kunstsammlung NordrheinWestfalen, DĂŒsseldorf
- Sammlung Domnick, NĂŒrtingen
- Museum Folkwang, Essen
- Hamburger Kunsthalle
- Staatliche Kunstsammlungen, Dresde
- Galerie Nationale d'Art Moderne et Contemporain, Rome
- Bayerische StaatsgemÀldesammlungen, Pinakothek der Moderne
- Tate Modern, Londres
- Kunstmuseum, BĂąle
- Fondation Gandur pour lâart, GenĂšve
- Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul-de-Vence
- Museum of Modern Art, New York
- Philadelphia Museum of Art, Philadelphie
- Philadelphia Museum of Art, Philadelphie Solomon R. Guggenheim Museum, New York,
- Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, Washington
- Musée d'art contemporain de Skopje Philadelphia Museum of Art, Philadelphieusée d'art contemporain de Skopje[31].
- Musée national des beaux-arts du Québec[32]
- Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, Antibes
DĂ©corations
- Grand Officier de la LĂ©gion d'honneur[33].
- Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres Promotion du [34].
- MĂ©daille militaire.
- Croix de guerre 1939-1945 avec une citation à l'ordre du régiment.
- Lauréat du prix Rubens de la ville Siegen en 1958
- Grand Prix international de peinture de la Biennale de Venise en 1960
- Lauréat du prix Oskar Kokoschka en 1981
Notes et références
- Hartung 2016, p. 20.
- Hartung 2016, p. 82.
- Hartung 2016, p. 83.
- Hartung 2016, p. 87.
- Hartung 2016, p. 94.
- Collectif, Hans Hartung, Spontanes KalkĂŒl, catalogue d'exposition, Leipzig, Museum der Bildenden KĂŒnste, 4 novembre 2007 - 10 fĂ©vrier 2008, Kiel, Kunsthalle zu Kiel, 15 mars - 18 mai 2008, Bielefeld / Leipzig, 2007.
- Herta Wescher, « New Work in Paris », Axis, Londres, no 6,â , p. 29.
- A.-P. Comor, La LĂ©gion Ă©trangĂšre, histoire et dictionnaire, Paris, Ăditions Robert Laffont, 2013, p. 452-453.
- Hartung 2016, p. 206.
- Hartung 2016, p. 217.
- Madeleine Rousseau, Hans Hartung, Stuttgart, Domnick Verlag, , « Vie et oeuvre »
- Jean Clair, « Hans Hartung, la nue, les Ă©clairs », LâArt vivant, no 20,â
- « Ćuvre originale de Hans Hartung », sur www.ladressemuseedelaposte.fr (consultĂ© le )
- Décret du 30 décembre 1988.
- Jack Lang citĂ© sur France Inter, « Disparition du peintre Hans Hartung mort Ă Antibes », journal du 9 dĂ©cembre 1989, archives de lâINA.
- Jennifer Mundy, Hans Hartung : works on paper,1922 - 1956, Catalogue d'exposition, Tate gallery, Londres, 16 Juillet - 27 Octobre 1996, Londres, Antibes, Tate Gallery, Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman,
- Xavier Douroux (dir.), Hans Hartung, peintre moderne â Des Ćuvres de 1937 Ă 1989, Catalogue d'exposition, le Capitou, FrĂ©jus, 6 juillet - 26 septembre 1996, Milan, FrĂ©jus, Skira, le Capitou, Centre d'art contemporain,
- « Jean Luc Godard ou les impossibles surmontés - revue art contemporain - revue art contemporain », sur www.lacritique.org (consulté le )
- Markus LĂŒpertz, « Sur Hans Hartung â Entretien avec Siegfried Gohr », avril 2004, So beschwor ich den Blitz, Cologne, Museum Ludwig, Buchhandlung Walther König, 2004.
- Chrisopher Wool, « selected works », Hartung, 10 perspectives, Milan, 5 Continents, 2006, p. 122-141.
- Larry Clark, « Mon tableau de Hartung infuse en moi le dĂ©sir de travailler, me stimule », in collectif, Hans Hartung â la fabrique du geste, catalogue d'exposition, MusĂ©e dâart moderne de Paris, 11 octobre 2019 - 1er mars 2020, Paris, MusĂ©e dâart moderne de Paris, Paris-MusĂ©e, 2019, p. 259.
- Abraham Poincheval, « Hartung, câest la fabrication dâun monde qui semble pouvoir exploser Ă tout moment », in Ibid., p. 258.
- « Hans Hartung, la fureur de peindre | Les Poissons Volants » (consulté le )
- Hartung 2016, p. 295.
- Schmidt Eva, RĂŒttinger Ines, Hartung und die FotograïŹe/ Hartung et la photographie, Siegen, Museum fĂŒr Gegenwartskunst, et Antibes, Fondation Hartung Bergman, Munich, Hirmer, 2016
- Camera, Lucerne, édition française, n° 8, août 1960
- Hartung 2016, p. 20-21.
- Hartung 2016, p. 102.
- Hartung 2016, p. 239.
- Hartung 2016, p. 319.
- Sylvain Lecombre, La collection française du MusĂ©e d'art contemporain de Skopje, Ăditions Magor, Skopje, 2015.
- « Hans Hartung | Collection Musée national des beaux-arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le )
- A.-P. Comor, La LĂ©gion Ă©trangĂšre histoire et dictionnaire, Paris, Ăditions Robert Laffont, 2013, p.453-454.
- Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.
Annexes
Monographies
- Hans Hartung, Autoportrait, Les presses du réel, (ISBN 978-2-84066-654-7)
- Madeleine Rousseau et Ottamar Domnick, Hans Hartung, préface de James Johnson Sweeney, Stuttgart, Domnick Verlag, 1949.
- Giuseppe Marchiori, Hans Hartung, Rome, galleria II Segno, 1958
- RenĂ© De Solier, Hartung. Peintures, Antibes, musĂ©e dâAntibes, chĂąteau Grimaldi, 1959.
- Roger Van Gindertael, Hans Hartung, Paris, Ăditions Pierre TisnĂ©, 1960 (Ă©ditions en anglais et en allemand en 1961 et 1962).
- Dominique Aubier, Hans Hartung, Paris, Le MusĂ©e de Poche, Ădition Georges Fall, 1961.
- Jean Tardieu, Hans Hartung, Paris, Ăditions Fernand Hazan, 1962.
- Raymond Bayer, Entretiens sur l'art abstrait, GenÚve, Pierre Caillé, 1964.
- Rolf SmĂŒcking, Hans Hartung [L'Ćuvre gravĂ© 1921-1965], Brunsweig, Galerie SchmĂŒcking, 1965 (Ă©dition complĂ©tĂ©e en 1990).
- Umbro Appolino, Hans Hartung, Milan, Fratelli Fabbri, 1966.
- Will Grohmann, Hans Hartung.Aquarelle 1922, Saint-Gall, Erker Verlag, 1966.
- Jiri Sliblik, Hans Hartung, Prague, Odeon, 1967.
- Jean Tardieu, Un monde ignorĂ© vu par Hans Hartung, GenĂšve, Ăditions Albert Skira, 1974.
- Hans Hartung, Autoportrait, récit recueilli par Monique Lefebvre, Paris, Bernard Grasset, 1976 (ISBN 978-2246004066).
- Pierre Descargues, Hartung, Paris, Ăditions Cercle d'Art, 1977 (Ă©ditions en anglais et en allemand en 1977 et 1983).
- Jean Tardieu, Les Figures du mouvement : 12 dessins de Hans Hartung, Paris, Ăditions de Grenelle, 1987.
- Pierre Daix, Hartung, Paris, Bordas/Gervis, 1991.
- Lydia Harambourg, Hans Hartung, dans L'Ăcole de Paris 1945-1965, Dictionnaire des peintres, NeuchĂątel, Ides et Calendes, 1993 (ISBN 2825800481).
- Jacques Damez, Hans Hartung photographe â La LĂ©gende dâune Ćuvre, Bruxelles, La Lettre volĂ©e, 2003
- Annie Claustres, Hans Hartung. Les aléas d'une réception, Dijon, Les Presses du réel, 2005 (ISBN 978-284066133-7).
- Collectif, Hartung.10 perspectives, Milan, 5 Continents Ăditions, 2006.
- Davide Rampello, Nicole Laffont, Hartung. LâĆuvre ultime, GaĂšte, Artistic Publishing, 2009.
- Odile Burluraux , Hans Hartung. The Final Years 1980-1989, Londres, Timothy Taylor Gallery, 2011.
- Collectif, Beau Geste, Hans Hartung, Peintre et légionnaire, Aubagnes, Gallimard/Fondation Hartung-Bergman, 2016 (ISBN 978-2-07-017873-5).
- Pierre Wat, Hans Hartung : la peinture pour mémoire, Paris, Hazan, 2019.
- Thomas Kirchner, Antje Kramer-Mallordy, Martin Schieder (dir.), Hans Hartung et lâabstraction. « RĂ©alitĂ© autre, mais rĂ©alitĂ© quand mĂȘme », actes du colloque international Hans Hartung, Deutsches Forum fĂŒr Kunstgeschichte et Fondation Hartung-Bergman, Dijon, Les presses du rĂ©el, 2019.
Articles connexes
Liens externes
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- (en) Union List of Artist Names
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- Discogs
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- Ressource relative Ă l'audiovisuel :
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- Site de la Fondation Hans Hartung - Anna-Eva Bergman Ă Antibes (riche panorama des Ćuvres, biographies, publications, expositions)
- « Hans Hartung » sur le site des images de la Réunion des musées nationaux