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Ernesto Palacio (auteur)

Ernesto Palacio (San MartĂ­n, 1900 ‒ Buenos Aires, 1979) Ă©tait un avocat, historien, essayiste, enseignant, journaliste et homme politique argentin.

Ernesto Palacio
Description de l'image Ernesto Palacio (escritor).png.
Naissance
San MartĂ­n (Argentine)
DĂ©cĂšs
Buenos Aires (Argentine)
Nationalité Drapeau de l'Argentine Argentin
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Espagnol

ƒuvres principales

  • Historia de la Argentina 1515-1938 (1954)
  • TeorĂ­a del Estado (1949
  • Catilina. La revoluciĂłn contra la plutocracia en Roma (1946)

D’abord anarchiste, il Ă©volua bientĂŽt, sous l’influence notamment de Maurras, vers une extrĂȘme droite nationaliste et catholique, dĂ©sireuse de renouer avec la tradition hispanique. Il exposa ses idĂ©es dans plusieurs pĂ©riodiques, dont en particulier La Nueva RepĂșblica, et fonda un Ă©phĂ©mĂšre Parti libĂ©rateur, avant de rallier dans les annĂ©es 1940 le pĂ©ronisme et de siĂ©ger sous cette Ă©tiquette Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s. On lui doit des ouvrages d’histoire, dont une retentissante Historia de la Argentina, et des essais politiques. Il fut l’un des pionniers du rĂ©visionnisme historique en Argentine, lequel s’appliquait Ă  corriger l’historiographie nationale alors dominante, dĂ©formĂ©e, selon Palacio, par le prisme libĂ©ral des vainqueurs du XIXe siĂšcle ; dans son entreprise rĂ©visionniste, il fut amenĂ© Ă  tenter une rĂ©habilitation partielle de la figure controversĂ©e du dictateur Rosas.

Formation et carriùre d’enseignant

Ernesto Palacio naquit en 1900 Ă  San MartĂ­n, dans la proche banlieue nord-est de Buenos Aires, au sein d’une famille de notables ; il Ă©tait le petit-fils d’un philosophe, le fils d’un homme politique, et son frĂšre Ă©tait un dessinateur de renom. Il suivit en 1919 des Ă©tudes de droit Ă  la facultĂ© de Droit et des Sciences sociales de l’universitĂ© de Buenos Aires et se diplĂŽma comme avocat en 1926[1] - [2].

Il poursuivit ensuite une carriĂšre d’enseignant, d’abord comme professeur d’histoire de l’antiquitĂ© et d’histoire argentine Ă  l’École de commerce pour jeunes filles (de 1931 Ă  1938), puis de gĂ©ographie au collĂšge Justo JosĂ© de Urquiza de Buenos Aires jusqu’en 1942, et enfin d’histoire du Moyen Âge au CollĂšge national Bernardino Rivadavia (de 1931 Ă  1955), toujours Ă  Buenos Aires[3] - [1].

Activité journalistique

Palacio cofonda la revue littĂ©raire d’avant-garde Martin Fierro, qui parut de 1924 Ă  1927. Ensuite, de 1929 Ă  1931, il codirigea aux cĂŽtĂ©s de Rodolfo Irazusta La Nueva RepĂșblica, revue d’extrĂȘme droite fondĂ©e en 1927, Ă  laquelle il contribua rĂ©guliĂšrement et qui fut Ă  la base du renouveau nationaliste dans les Ă©lites argentines[4]. Par leurs contributions, Juan Carulla, les frĂšres Rodolfo et Julio Irazusta, Roberto de Laferrere, CĂ©sar Pico et Palacio lui-mĂȘme feront de cette revue le portevoix de l’intĂ©gralisme prĂŽnĂ© par l’écrivain Leopoldo Lugones[5]. Palacio Ă©dita Ă©galement l’hebdomadaire Nuevo Orden, dont le premier numĂ©ro parut en juillet 1940 et qui dĂ©veloppait les thĂšses de la droite catholique dure[6]. Ardent partisan du fascisme, il s’efforça d’amalgamer Ă©troitement l’idĂ©ologie de droite avec la religion, en arguant qu’un dictateur fasciste dotĂ© d’une forte foi religieuse serait Ă  mĂȘme de rĂ©aliser le rĂȘve du « royaume de Dieu sur terre »[7]. Dans ses billets pour cette revue, ainsi qu’en sa qualitĂ© de fondateur (en 1942) et dirigeant du petit parti politique Partido Libertador, il se fit aussi le porte-parole des sentiments anti-britanniques en Argentine[3]. Il s’opposa Ă  la reconnaissance par l’Argentine de l’apport des cultures indigĂšnes et plaida pour une patrie intĂ©gralement blanche[8].

En 1938, il fonda l’Institut de recherches historiques Juan Manuel de Rosas, de la revue duquel il devint l’un des contributeurs et dont il siĂ©gea au comitĂ© de direction[1].

Il dirigea pendant un temps la revue littéraire Sur[9].

Pensée politique

Si Palacio adhĂ©ra d’abord Ă  l’anarchisme, il se rallia cependant bientĂŽt, sous l’influence du maurrassisme, au mouvement nationaliste argentin, celui-ci promettant en effet une rĂ©gĂ©nĂ©ration de la sociĂ©tĂ© argentine, et devint dans le mĂȘme temps, incitĂ© par ses conversations avec son ami CĂ©sar Pico et par la lecture des Ă©crits du penseur espagnol Ramiro de Maeztu[3], un fervent adepte de l’Église catholique[10].

TeorĂ­a del Estado

Palacio exposa ses conceptions politiques dans un ouvrage de 1949 intitulĂ© TeorĂ­a del Estado, transcription d’un discours prononcĂ© en 1948 Ă  la facultĂ© de Droit et des Sciences sociales de l’universitĂ© de Buenos Aires. L’auteur commence par signaler que si la rĂ©alitĂ© est bien l’objet de l’action politique, cela n’est vrai que « dans certaines limites, dĂ©terminĂ©es par sa nature propre, et en obĂ©issant Ă  des lois qu’il est nĂ©cessaire de connaĂźtre » ; cette rĂ©alitĂ© est changeante et doit ĂȘtre envisagĂ©e dans la perspective longue du temps comme histoire. Palacio souligne que la rĂ©alitĂ© n’a aucun caractĂšre mĂ©canique, car « ses mouvements ne sont pas isochroniques ni fatals, mais inopinĂ©s (quoique prĂ©visibles au-dedans de certaines limites) et dramatiques »[11]. Pour Palacio, la rĂ©alitĂ© politique est indĂ©pendante des systĂšmes de gouvernement, mĂȘme si les auteurs de science politique aiment Ă  nous la « montrer de prĂ©fĂ©rence sous la forme de systĂšmes de gouvernement successifs ». Se demandant oĂč rĂ©side la pouvoir et si c’est le roi qui l’exerce dans une monarchie ou le peuple dans les dĂ©mocraties, il affirme que « tout observateur un peu attentif aux phĂ©nomĂšnes politiques devra reconnaĂźtre que la rĂ©alitĂ© historique des États correspond rarement aux catĂ©gories aristotĂ©liciennes, et qu’il y a des monarchies absolues apparentes qui prĂ©sentent des traits oligarchiques accusĂ©s, des dĂ©mocraties apparentes qui sont des despotismes camouflĂ©s, des tyrannies supposĂ©es qui se caractĂ©risent par la faiblesse du titulaire, instrument docile aux mains de camarillas militaires ou ploutocratiques »[12] - [1].

La rĂ©alitĂ© structurelle de la sociĂ©tĂ© politique est figurĂ©e par Palacio comme une interrelation constante entre Ă©lĂ©ments qui « (Ă  l’image de la relation entre bassin, lit, courant et rives, dans l’exemple d’un fleuve) constitue la structure de la sociĂ©tĂ© politique, de l’État, ce qui fait que c’est telle sociĂ©tĂ© et non autre chose »[13]. Pour illustrer la nature de la structure politique, il se rĂ©fĂšre Ă  la pyramide classique oĂč figurent au sommet un pouvoir personnel, plus bas une classe gouvernante, et Ă  la base enfin le peuple, et que l’on retrouve dans la monarchie absolue ou constitutionnelle ou dans le rĂ©gime aristocratique « comme dans celui de la rĂ©publique romaine, ou de la dĂ©mocratie moderne ; chez les Abipons et les Esquimaux autant que dans l’Espagne franquiste ou aux États-Unis »[13]. Palacio prĂ©cise que quand mĂȘme la structure politique serait inaltĂ©rable, elle est nĂ©anmoins dynamique, et non statique, dans la relation rĂ©ciproque de ses Ă©lĂ©ments : « Les conditions de pĂ©rennitĂ© de la sociĂ©tĂ© politique sont permanentes. Les rĂ©gimes en revanche sont accidentels et varient en fonction de certaines lois de l’évolution historique, que la philosophie de l'histoire tente de prĂ©ciser »[14] - [1].

La sociĂ©tĂ© politique connaĂźt dans l’histoire des pĂ©riodes de stabilitĂ© relative « durant lesquelles les peuples travaillent et s’agrandissent » et des pĂ©riodes de convulsion « oĂč la sociĂ©tĂ© souffre et perd son sang dans la discorde civile ». Palacio signale que le phĂ©nomĂšne rĂ©volutionnaire « peut se prolonger sur des gĂ©nĂ©rations, crĂ©ant des Ă©tats de perturbation endĂ©mique [
]. La rĂ©volution ne serait-elle pas la consĂ©quence d’un dĂ©sĂ©quilibre dans l’ordre naturel qui tente de se rĂ©tablir violemment, par une espĂšce d’impĂ©ratif biologique ? »[15]. L’essence de la rĂ©volution rĂ©side pour Palacio « dans la supplantation d’une classe dirigeante par une autre, quels que soient les principes qui la sous-tendent. Faisant abstraction des Ă©piphĂ©nomĂšnes et des moyens instrumentaux dont il sera question plus bas, comparons les deux types les plus ordinaires de phĂ©nomĂšne rĂ©volutionnaire, que sont celui de la rĂ©volution aristocratique contre le despotisme et celui de la rĂ©volution populaire contre l’oligarchie. Dans les deux cas, l’action rĂ©volutionnaire se definit comme le mouvement d’une minoritĂ© emmenĂ©e par un caudillo, en vue de s’emparer du pouvoir. Dans les deux cas, Ă©piphĂ©nomĂšne constant, le peuple acclame et y adhĂšre, et le pouvoir se conquiert par des instruments constants Ă©galement : force militaire ou peuple armĂ©, ce qui en substance est la mĂȘme chose. Le caudillo de la minoritĂ© rĂ©volutionnaire s’appelle Iunius Brutus ou Cromwell, qui abattent la monarchie romaine ou anglaise au nom de la libertĂ© ; CĂ©sar ou LĂ©nine, qui combattent le privilĂšge au nom de l’égalitĂ©. Il est intĂ©ressant de relever que, malgrĂ© les principes contradictoires qui sont invoquĂ©s, le dosage entre pouvoir personnel et pouvoir minoritaire ne dĂ©pend pas tant des principes que des personnes »[16] - [1].

Quant Ă  la loi, Palacio soutient que celle-ci, Ă©crite ou non, est une expression de pouvoir. « Par les exigences de la structure politique, tout pouvoir est limitĂ© [
]. La loi nĂ©cessaire, la loi adĂ©quate, la loi bĂ©nĂ©fique est une manifestation de volontĂ© du lĂ©gislateur, dans laquelle celui-ci Ɠuvre comme l’interprĂšte de la collectivitĂ©, Ă  l’intĂ©rieur des limites que cette mĂȘme collectivitĂ© lui assigne et qu’il ne pourra pas outrepasser, sous peine de ne pas obtenir son consentement. La loi tyrannique, en revanche, est la manifestation d’un pouvoir usurpateur ; elle provoque les situations de tension [
] »[17] - [1].

Selon le politologue JosĂ© Luis de Imaz, l’ouvrage Ă©tait une critique voilĂ©e Ă  l’adresse de Juan PerĂłn :

« Des annĂ©es plus tard, La TeorĂ­a del Estado d’Ernesto Palacio me tomba dans les mains, magnifique Ă©tude sur la circulation des Ă©lites, dont le destinataire final, selon ce qui se disait, Ă©tait PerĂłn, qui n’accusa pas rĂ©ception de la critique implicite dans le livre. Dans son Ă©tude, Palacio dĂ©veloppait l’articulation entre Conductor, Ă©lites dirigeantes et masse populaire. Il mit cela en graphique sous forme d’un triangle isocĂšle dont le sommet est le Conductor, que les Ă©lites soutenaient, cependant celles-ci provenaient d’une constante rĂ©novation populaire. Si l’ascension et la descente de dirigeants se figeaient, la prĂ©sumĂ©e Ă©lite devenait l’oligarchie[18]. »

Fonctions politiques

Palacio fut l’un de ceux qui Ă  la fin de la dĂ©cennie 1920 avaient, par leurs idĂ©es et Ă©crits, ouvert la voie au renversement du prĂ©sident HipĂłlito Yrigoyen, mais qui durent bientĂŽt dĂ©chanter face au rĂ©gime de facto du gĂ©nĂ©ral Uriburu, instaurĂ©[2] au lendemain du coup d’État de 1930. En attendant, Palacio fut briĂšvement ministre supplĂ©ant de l’IntĂ©rieur et de l’Instruction publique dans la province de San Juan, lorsque celle-ci subit une intervention fĂ©dĂ©rale entre 1930 et 1931[19] - [1].

Palacio, qui fut l’un des reprĂ©sentants de sa gĂ©nĂ©ration qui s’enthousiasmĂšrent pour le pĂ©ronisme, fut Ă©lu dĂ©putĂ© national en 1946[20] et siĂ©gea Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s jusqu’en 1952, oĂč il occupa de 1946 Ă  1947 le poste de prĂ©sident de la commission de la culture[1]. Il dĂ©clara avoir rejoint le mouvement pĂ©roniste en raison de l’autoritarisme manifestĂ© par PerĂłn[3].

Travaux d’historien et essais politiques

En tant qu’historien, Palacio fit paraĂźtre plusieurs ouvrages, dont le plus connu reste son Historia de la Argentina 1515-1976, en deux tomes, dont l’édition finale parut en 1979.

La historia falsificada (1939) et le révisionnisme historique

La historia falsificada (littĂ©r. l’Histoire falsifiĂ©e), opuscule publiĂ© en 1939, peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme la prĂ©figuration du futur courant historiographique dĂ©nommĂ© rĂ©visionnisme historique. Palacio y entreprenait de rĂ©futer « la fausse idĂ©e d’une histoire dogmatique et absolue, dont les conclusions doivent ĂȘtre acceptĂ©es avec rĂ©vĂ©rence comme une chose jugĂ©e » et qui interdisait, par le « terrorisme de la science officielle », tout « effort d’originalitĂ© interprĂ©tative » ou toute « nouvelle Ă©valuation des personnages » du passĂ© argentin. Il fustigea en outre la persistance d’une vision historique libĂ©rale, qu’il jugeait pĂ©rimĂ©e dans la dĂ©cennie 1930, attendu que cette idĂ©ologie Ă©tait ostensiblement mise Ă  mal en Europe et dans les AmĂ©riques. Plaidant pour une rĂ©vision de l’histoire nationale qui tendrait fondamentalement Ă  « rĂ©tablir le lien avec la tradition hispanique », il estimait d’autree part que de cette entreprise de rĂ©vision dĂ©coulait tout naturellement une « exaltation de Rosas », en guise de « restauration des valeurs dĂ©considĂ©rĂ©es » par le rĂ©gime vainqueur du XIXe siĂšcle, et de façon gĂ©nĂ©rale une remise en question de son habituel catalogue d’idoles et de rĂ©prouvĂ©s :

« Rosas reprĂ©sente l’honneur, l’unitĂ©, l’indĂ©pendance de la patrie. Si aprĂšs [18]53, nous sommes restĂ©s une nation, c’est Ă  Rosas que nous le devons, Ă  l’union qu’il affermit pendant sa dictature et que la tentative sĂ©cessionniste ultĂ©rieure ne parvint pas Ă  briser[2]. »

Historia de la Argentina (1954)

Par cet ouvrage paru en 1954, qui eut un grand retentissement en Argentine et trouva un large public, Palacio offre un aperçu de ses apports au nouveau courant historique et intellectuel appelĂ© rĂ©visionnisme historique. Dans son avant-propos Ă  la premiĂšre Ă©dition, l’auteur indique qu’il se propose de raconter le « drame d’une destinĂ©e frustrĂ©e », en effet : « notre histoire ne souffre pas tant de lacunes d’information que de dĂ©fauts d’interprĂ©tation. Elle ne se trouve pas viciĂ©e par le manque de connaissance de qui s’est passĂ©, mais par sa falsification dĂ©libĂ©rĂ©e ». À l’instar d’auteurs tels que Jacques Bainville en France ou Hilaire Belloc en Angleterre, le livre de Palacio prĂ©sente un bilan interprĂ©tatif complet du passĂ© national argentin selon la grille de lecture rĂ©visionniste. Il insiste sur l’influence constante de la franc-maçonnerie « sans l’action occulte et attisante de laquelle beaucoup d’évĂ©nements historiques resteraient inexplicables ». Il souligne la « patience et la persĂ©vĂ©rance d’araignĂ©e » de l’Angleterre dans son projet de subvertir et de faire main basse sur les colonies espagnoles, et Ă©voque Ă  tout moment une Espagne impĂ©riale assaillie par la Grande-Bretagne, la France et le Portugal : « nous sommes la continuation de l’Espagne en AmĂ©rique, et la patrie commence avec la conquĂȘte. C’est Ă  cette entreprise de siĂšcles que nous devons notre ĂȘtre »[2].

Dans son panthĂ©on figurent Dorrego, Artigas (« le vainqueur de batailles, Ă  qui revient sans conteste le titre de fondateur de notre fĂ©dĂ©ralisme rĂ©publicain ») et, comme de juste, Rosas, de qui il loue les efforts pour « concilier deux termes apparemment contradictoires — l’autonomie et l’unitĂ© [...] surmontant des obstacles qui Ă  tout autre auraient Ă©tĂ© infranchissables : jalousies et intrigues internes, calomnie systĂ©matique, rĂ©sistance armĂ©e, intervention Ă©trangĂšre »[2]. Si pour atteindre ce but, Rosas fit preuve d’une excessive duretĂ©, cela est, argue Palacio, parce que Rosas Ă©tait « le seul Ă  dominer la totalitĂ© des circonstances, tant par sa situation que par sa comprĂ©hension exceptionnelle de la rĂ©alitĂ© concrĂšte ». Le fĂ©dĂ©ralisme, explique-t-il, « n’était pas la barbarie, mais la tradition [...], tradition de libertĂ©s communales et d’inspiration hispanique et catholique, Ă  laquelle les peuples obĂ©issaient ». Les unitaires en revanche Ă©taient la minoritĂ©, mais « se croyaient propriĂ©taires d’une panacĂ©e et les dĂ©positaires exclusifs de la civilisation, ce qui leur communiquait une ardeur de fanatiques [...]. Cette foi absolue dans une espĂšce de paradis mahomĂ©tan sur terre, basĂ© sur le libre commerce, la prospĂ©ritĂ© et la "philosophie" explique toute leur action ». Cependant, Ă  partir de 1852, aprĂšs la chute du dictateur, le rosisme devint un tabou, « une espĂšce de culte secret », mais qui devait pĂ©riodiquement affleurer, notamment sous la forme des rĂ©bellions de la montonera de Felipe Varela et du Chacho Peñaloza, ou encore par les origines mĂȘmes du parti radical, dirigĂ© par Leandro N. Alem, fils d’un mazorquero, et par un neveu de celui-ci, le prĂ©sident HipĂłlito Yrigoyen[2].

Ouvrages

Couverture du livre
La InspiraciĂłn y la Gracia de 1929.
  • (es) La InspiraciĂłn y la Gracia, Buenos Aires, Editorial Gleizer, , 154 p.
  • (es) El EspĂ­ritu y la Letra, Buenos Aires, Editorial Serviam,
  • (es) Historia de Roma, Buenos Aires, Editorial Albatros,
  • (es) Historia de Oriente, Buenos Aires, Albatros,
  • (es) Dante Alighieri, De la monarquĂ­a (traduction d’Ernesto Palacio; titre original De Monarchia), Buenos Aires, Losada, , 159 p.
  • (es) El Tercer Estado, Buenos Aires, Eudeba (Editorial Universitaria de Buenos Aires)
  • (es) Catilina. La revoluciĂłn contra la plutocracia en Roma, Buenos Aires, Editorial Claridad,
  • (es) TeorĂ­a del Estado, Buenos Aires, Editorial PolĂ­tica, , 218 p. (rĂ©Ă©dition sous le mĂȘme titre chez Editorial Universitaria de Buenos Aires, 1979)
  • (es) La historia falsificada, Buenos Aires, A. Peña Lillo Editor, , 82 p.
  • (es) Historia de la Argentina 1515-1938, Buenos Aires, Peña Lillo, ; Historia de la Argentina 1515-1976, Buenos Aires, Ediciones Alpe,
  • (es) PolĂ­tica y cultura (avant-propos de Luis C. Alen Lascano), Buenos Aires, SecretarĂ­a de Cultura, , 94 p.

Notes et références

  1. (es) Sandro Olaza Pallero, « Ernesto Palacio y su teoría del estado (1949) », Blog de historia argentina, (consulté le )
  2. (es) Jorge MartĂ­nez, « El escritor de "justiciero veneno" », La Prensa, Buenos Aires,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  3. (en) Philip Rees, Biographical Dictionary of the Extreme Right Since 1890, New York, Simon & Schuster, , p. 286.
  4. (es) José Luis Romero, Las ideas políticas en la Argentina, Fondo de Cultura Económica, , 268 p. (lire en ligne) (traduction anglaise sous le titre A History of Argentine Political Thought, Stanford, Stanford University Press, , 294 p. (ISBN 978-0-8047-0108-2), p. 228.
  5. R. Griffin & M. Feldman, Fascism, p. 336.
  6. (en) Graciela Ben-Dror, The Catholic Church and the Jews : Argentina, 1933-1945, Lincoln, University of Nebraska Press, , 278 p. (ISBN 978-0-8032-1889-5, lire en ligne), p. 174.
  7. (en) Federico Finchelstein, The Ideological Origins of the Dirty War : Fascism, Populism, and Dictatorship in Twentieth Century Argentina, Oxford University Press, , p. 44.
  8. F. Finchelstein, The Ideological Origins of the Dirty War, p. 16.
  9. (en) René de Costa, Humor in Borges, Détroit (Michigan), Wayne State University Press, , 145 p., p. 113.
  10. (en) Roger Griffin et Matthew Feldman, Fascism : The Fascist Epoch, Londres & New York, Routledge, (lire en ligne), p. 353.
  11. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 35.
  12. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 36-37.
  13. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 42.
  14. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 44.
  15. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 44-45.
  16. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 99-100.
  17. (es) E. Palacio, TeorĂ­a del Estado, , p. 123.
  18. (es) JosĂ© Luis de Imaz, « Los que mandan, 40 años despuĂ©s », Revista Valores en la Sociedad Industrial, Buenos Aires, Universidad CatĂłlica Argentina, no 61,‎ xxii, p. 55
  19. P. Rees, Biographical Dictionary of the Extreme Right, p. 287.
  20. (es) Alberto Ciria, Partidos y Poder en La Argentina Moderna (1930-1946), Buenos Aires, Ed. de La Flor ; rééd. Hyspamerica, 1975 ; rééd. 1986, 414 p., traduction anglaise sous le titre Parties and Power in Modern Argentina (1930-1946), SUNY Press, , 357 p. (ISBN 978-0-87395-079-4, lire en ligne), p. 151.
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